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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: A l'étranger
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Loin de l'Angleterre...
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Eurora
LégendePoufsouffle
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Poufsouffle

Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Eurora, Lun 7 Juin - 23:33


    HJ : Désolée de la longueur d’avance … Mais toute la partie avec Alexandre est importante pour la suite, je n’ai donc rien pu enlever >_< J’espère toutefois que la lecture n’en sera que des plus agréables x) ]


    C’était la nuit. La nuit profonde. Là où le temps semblait se suspendre entre le jour précédent et le jour suivant, où rien n’avait la même dimension. Le moment où tout n’était qu’obscurité, où plus aucune lumière n’osait percer de crainte de cette obscurité saisissante. L’heure à laquelle les forces du mal pouvaient bien se déverser en trombes sur le monde, l’heure à laquelle elles pouvaient triompher. C’était leur heure de triomphe avant que le jour ne revienne et que la lumière n’envahisse de nouveau le monde de sa présence et où l’espoir revenait, où le bien réapparaissait pour combattre le Mal. Et depuis la nuit des temps, ce même équilibre existait sans que puisse apparaître un quelconque gagnant. Les deux extrémités se combattaient, encore et encore, sans que daigne apparaître la moindre lueur qui démontrerait qu’un camp a l’avantage sur l’autre. Une quête incessante, à égalité presque, l’un et l’autre des camps ayant tour à tour le choix de prendre le dessus sur l’autre. Ce serait toujours ainsi. Depuis toujours et pour toujours, cette lutte perdurerait. Cela ne pouvait en être autrement. Il y avait des trêves, parfois, mais jamais pour toujours … Les deux camps ne pouvaient éternellement parvenir à se mettre d’accord, l’un refaisait irrémédiablement un faux pas, relançant alors la bataille entre les Bien et le Mal. Les deux étaient, seraient toujours, étroitement liés car la survie de l’un dépendait de l’autre … Si l’un venait à disparaître, alors l’autre n’avait plus de raison d’être. Il n’aurait plus la même valeur, plus de valeur auquel se comparer. Et toutefois, Eurora souhaitait au moins une paix provisoire, une pause… Tous compromis était-il réellement impossible à envisager ?! … Impossible, oui, sans doute. Aucune confiance n’existait et ne pouvait existait entre les deux… Aussi, un compromis serait-il inimaginable.

    Cette nuit-là, la veille du jour où elle devait partir en voyage chez sa sœur, il se passa quelque chose d’étrange … D’étrange et merveilleux à la fois, mais particulièrement d’étrange et auquel elle ne s’attendait certes pas. La nuit noire était omniprésente, et le silence était aussi profond qu’il l’était à cette heure-là. Il n’était pas très avancé dans la nuit. Il devait être à peine une heure du matin… Devait être car Eurora n’a pas regardé l’heure exactement. Elle ne dormait pas. Pas encore. Elle était pour le moins désespérée de ne même pas savoir comment elles allaient faire pour trouver la maison familiale en arrivant … N’avait-elle pas prise une décision un peu précipitée quant à celle d’aller se rendre là-bas, alors qu’elle ne savait même pas où se rendre … ?! C’est alors qu’un crépitement apparu dans le silence de la pièce et que dans un vacillement de flammes, son Phénix réapparut, après deux jours d’absence. Un moment déconcertée, la jeune femme sauta sur ses pieds alors qu’il se posait à côté d’elle, quelque chose se trouvant attaché à l’une de ses pattes. Un petit paquet semblait-il. Tout se passa tellement vite par la suite qu’Eurora ne s’en rendit même pas compte. Alors même qu’elle ouvrait le paquet et qu’elle prenait entre ses doigts une espèce de coffret assez ancien et orné de runes qu’Eurora ne put déchiffrer étant donné qu’elle n’avait jamais étudié cette matière auparavant, elle se sentit subitement entraînée, arrachée à la pièce où elle se trouvait et tirée en avant comme si une espèce de crochet l’avait saisie à l’estomac … Elle ne put pas même lui opposer de résistance. Lorsque tout ceci s’arrêta et qu’elle toucha le sol de ses pieds de nouveau, elle comprit qu’elle venait d’effectuer un voyage par portoloin.

    Elle se releva, trébucha pour se remettre debout car ce voyage lui avait rappelé qu’elle n’appréciait guère de voyager ainsi. Elle ne put cependant pas voir quoique ce soit car déjà des bras l’enserrait et son cœur lui-même sursauta en reconnaissant cette odeur si particulière de son frère… Les deux personnes restèrent dans les bras l’un de l’autre pendant de nombreuses minutes, comme si cette simple présence leur suffisait à se raconter leurs aventures passées … Bien qu’Eurora était mue d’une incommensurable interrogation vis-à-vis de ce qui était arrivée à son frère, elle ne parvint à prononcer un seul mot lorsqu’ils se reculèrent l’un de l’autre. Eurora se contenta d’observer ce qu’elle voyait du visage de son frère, avec un sentiment de torture en voyant ce visage ravagé par de récents combats de toute évidence… Une plaie assez récente se dessinait sur son visage alors qu’elle ne put s’empêcher d’y poser sa main. Il était pourtant jeune, et déjà si marqué par ce qui lui avait été fait subir…
    Elle s’en voulut pendant quelques secondes de lui infliger cela… Après tout, c’était de sa faute n’est-ce pas ? C’était une histoire qui la regardait. C’était son histoire et Alexandre l’y aidait plus qu’il ne pouvait même sans doute… Alors que ce serait à elle d’essayer de résoudre tout ceci, d’y mettre un terme. Mais il la protégeait …

    « Je vais te soigner » , murmura t-elle. « C’est affreux… »
    « Laisse, c’est déjà pratiquement guéri… Je ne sens plus rien ».
    Il s’était sais de sa main et avec force, l’en avait écarté de son visage. Eurora ne l’aurait pas cru mais il avait plus de force qu’elle l’aurait imaginé. La force n’avait aucunement à voir avec le physique … Les apparences étaient bien souvent trompeuses, cela en démontrait encore ce soir. Son regard était plus noir que jamais, tout en demeurant d’une douceur instantanément lorsqu’il croisait ceux d’Eurora, ceux de sa sœur. Elle semblait l’apaiser de sa présence. Il semblait y avoir pourtant y avoir une lueur de souffrance… Ce que la jeune femme ne comprit pas. Elle n’eut pas le temps d’analyser ceci plus en détails, car il reprenait dans un souffle …

    « Tu voulais me voir ? … Je ne sais pas combien de temps nous disposons avant que je ne doive repartir. Je pense que cet abri peut m’offrir une bonne cache pour la nuit mais il faut que je bouge dès le lever du soleil. Mais tu seras sans aucun doute repartie avant cela… Pourquoi voulais-tu me voir ? »

    Pour la nuit, il était en sécurité… Eurora observa autour d’elle... Malgré l’obscurité quasiment complète, elle parvenait à discerner le décor d’une maison assez démeuble de tous mobilier… Simplement le nécessaire s’y trouvait. Une table, un lit, une armoire… Quelques photos encore présentes et une fine pellicule de poussières recouvrait le sol.

    « Cette maison est abandonnée ? »
    « Leur occupants sont partis si c’est ce que tu veux savoir » , lui répondit-il tandis qu’il ne la quittait pas des yeux. « Je ne peux t’en dire plus ».
    La jeune femme hocha la tête puis reprit, après un silence…
    « Voilà, je voulais te demander … J’ai besoin d’aller voir la maison de mes parents, mais je ne sais même où elle est à part Munich et comment la retrouver … J’ai supposé que tu savais toi où elle était car tu y étais allé, étant donné que tu m’as fait parvenir ce coffret qui devait se trouver dans la maison à l’origine… Je voulais savoir si tu pouvais m’aider… »

    Elle avait parlé vite, sans lui laisser le temps de répliquer car elle savait que l’idée ne lui plairait pas tant que cela. Aussi, mieux valait fait vite … Le regard qu’il eut ensuite ne la trompa pas. Cette expression d’horreur se figeant sur son visage, sur ses traits déjà marqués par la détresse et la souffrance … Dans ces yeux s’alluma une lueur horrifiée et Eurora sentit ses doigts se resserrer sur la main qu’il tenait encore …

    « Tu ne peux pas. Je refuse que tu y ailles, c’est trop risqué… Imagine qu’ils surveillent encore la maison, qu’ils y aient des sentinelles… Imagine un instant qu’ils se doutent que tu comptes y retourner un jour ou l’autre ! Imagine qu’ils te tendent un piège … »
    « Je sais… Mais je sais aussi me défendre. Et je ne serai pas seule », répondit-elle tout en baissant toutefois les yeux pour éviter de croiser son regard qui lui faisant autant de mal que si un poignard s’enfonçait dans sa poitrine, peu à peu, très lentement, lui promettant une très longue douleur. « Sara sera avec moi ».
    Soudain, son frère la lâcha soudainement et recula de plusieurs pas comme si la seule idée qui lui traversait l’esprit à ce moment fut la plus horrible qui soit et que bien qu’il tentât de ne pas y penser, il ne pouvait s’en empêcher. Il éclata ensuite soudainement… Pour la première depuis longtemps, il s’écria avec un léger tremblement dans la voix …

    « Tu n’as pas le droit… J’ai décidé il y a plusieurs mois de cela de t’éviter tout cela, de faire tout ce qui était en mon possible pour t’éviter tout ça et toi, tu veux aller te jeter dans la gueule du loup maintenant ?!! … Tes parents étaient deux aussi, et plus expérimentée que vous deux réunis encore ! Et ils n’ont pas survécu …Tout juste ont-ils eu le temps de vous sauver, toutes les trois. Et tu crois pouvoir les battre, résoudre cela toute seule ?!!... »

    Il se laissa reculer puis tomber sur le lit derrière lui où il demeura immobile, le regard vide un long moment… Eurora sentit une pointe de culpabilité l’envahir de nouveau. Bien entendu qu’elle savait tout ce qu’il faisait pour elles… Mais c’était si dur de rester inactive. Il devait comprendre que c’était important pour elle. Elle s’approcha de quelques pas et se baissa à sa hauteur, posa les mains sur ses genoux, où les siennes reposaient. Elle leva un regard presque suppliant vers lui et lui dit en ces mots…

    « Alexandre, je sais tout ce que tu fais pour moi mais, c’est à moi également d’essayer de mettre un terme à tout ceci. C’est mon histoire. Je culpabilise déjà assez comme cela de t’avoir laissé t’occuper seul de tout ça, je ne veux pas que cela continue. Tu finiras par y laisser ta peau... ».
    « Toi aussi… Et je refuse que tu te risques ta vie, que tu te meures… rends toi compte que cela réduirait à néant tous les efforts de tes parents pour vous garder en vie …Je refuse, je ne t’aiderai pas sur ce plan ».
    « Et moi, je ne veux pas te perdre ! Je veux en finir une bonne fois pour toutes avec tout ça ! J’en ai marre que tu sacriffasses ta vie pour m… pour nous ».
    « Tu es plus importante que moi ».
    N’importe quoi. Tout simplement n’importe quoi. Voilà qu’il lui ressortait ce même discours.
    « Personne n’est plus important qu’un autre… C’est purement objectif. Tu es aussi important que moi … J’ai perdu presque toute ma famille, je ne souhaite pas te perdre non plus ! Je suis en train de reconstruire ma famille, et je veux que tu en fasses partie tu as compris ?! » . Eurora termina sur ces mots en plantant son regard sur le sien, laissant transparaître à la fois sa détermination et à la fois la faiblesse qu’elle ressentirait s’il la quittait définitivement.
    « Et je ne veux pas non plus te perdre… Par conséquent, je ne t’aiderai pas à aller te mettre en danger là-bas… » . Un froid sembla être jeté. Personne ne lâcherait c’était certain, c’était peine perdue. Son regard était tout aussi emprunt de souffrance de la perdre que de détermination dans ce qu’il venait d’affirmer.
    « Alexandre… S’il te plait, j’ai besoin de ton aide ».

    Autant sa voix que son regard devinrent implorant mais de toute évidence, l’interpellé ne bougea pas. Son visage semblait aussi figé que la glace, et son visage aussi froid que le marbre. Rien ne sembla traverser un instant ses yeux, aucun sentiments, il s’efforçait de se contrôler en réalité, de trouver la force suffisante … Se relevant sans lui lâcher les mains, elle s’assit à côté, sur le lit, se sentant soudain impuissante… Des larmes commençèrent à briller dans ses yeux alors qu’un silence persistait.

    « Je crois alors que je n’ai plus rien à faire ici… » , dit-elle entre deux sanglots… « Au revoir,… Ou adieu… », ajouta t-elle en essayant de contrôler le ton de sa voix, ne voulant pas montrer la tristesse dont elle était emprunt. Elle voulait se lever mais n’en avait pas la force... Peut-être parce que cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas vu Alexandre et qu’elle rechignait à déjà le quitter … Une partie d’elle cependant le pensait. L’autre restait obstinément en colère contre lui …On ne pouvait pas faire plus buté, il battait les records !!!... Et dire qu’elle avait pensé deux jours auparavant qu’il serait la seule personne à pouvoir l’aider et finalement, elle s’était trompée. Lourdement trompée… Elle eut l’impression que le monde venait de s’écrouler autour d’elle, et peu importait à présent ce qui se passerait ensuite, elle ne se relèverait pas… Lasse, déçue, elle retira sa main de celle de son frère et se recula même pour s’écarter de lui. Mais elle demeura là encore où elle était, incapable de faire le moindre geste … Mais malgré le silence de ses pleurs, Alexandre fut attentif et sembla s’en rendre compte, conscient du mal qu’il faisait ou laissait derrière lui.

    « Tu pleures ? »
    « … Moi, non… et ça ne te regarde pas »
    « Bien sûr que si… » Il la força à le regarder et pour bien qu’elle n’échappe pas au regard qu’il lui envoya, il maintint son visage entre ses mains.
    « C’est pour ton bien ».
    « Pour mon bien ?!! » … Cette fois, elle ne put s’empêcher d’éclater, vibrant complètement face à la colère qui l’immergeait… « Si tu me connaissais réellement bien, tu saurais que pour mon bien, j’ai besoin de résoudre moi-même cette histoire, que j’ai besoin de voir là où mes parents ont habité, de voir où je suis née, de voir tué de mes mains ceux qui ont osé séparer ma famille… Si tu me connaissais réellement, tu saurais tout ceci ! Je ne peux vivre tant que je ne connaisse pas ceci ! Tu … Tu n’as pas de cœur, voilà ce que tu es ! »

    Et tant pis, si elle venait de le blesser sur le moment… Tant pis si elle le mettait en colère, tant pis s’il lui en voulait et s’il se tournait subitement et qu’elle ne le revoyait jamais. Tant pis, mais ça devait sortir ! Mais contrairement à ce à quoi elle s’attendait, Alexandre ne fit rien. Ce qui fut bien pire à son sens. Il resta là, à ne rien dire, immobile, sans réactions, comme un bloc de marbre… Ses yeux ne trahissaient rien. Son expression était telle cependant que si on venait de le gifler… Sans doute se sentait-il comme si elle venait de l’insulter et quelques secondes après que sa colère se fut déchargée, Eurora en ressentit du remords…

    « Je suis désolée, je… Je ne le pensais pas… »
    « … Bien sûr que si tu le pensais. Sinon tu ne l’aurais pas dit ».
    Sa voix était sèche, sans émotions. Dure… Froide. Eurora en perdit sa voix, devint blanche comme un linge. Ce fut plus dure que n’importe quelle autre souffrance physique … Le frissonnement qui la saisit et sa culpabilité en furent accentués. Cette fois, elle sentit sa gorge se nouer et les larmes affluer. Elle ne dit cependant rien du tout… Elle en avait assez dit. Et des mots qu’elle regrettait déjà.
    « Va t’en… va t’en je te prie… Avec le portoloin. Tu as dit la vérité. Je n’ai pas de cœur. Laisse-moi… De toutes les façons, je ne suis bon à rien, même pas capable de conserver auprès de moi ceux que j’aime. Je ne l’ai jamais su, mais je continuerai à me battre jusqu’au bout… Pour vous. Qu’importe ce qui adviendra et parce que je n’ai aucun autre but… »

    Il venait d’énoncer ces mots d’un ton morne d’où s’échappaient cependant mille maux, mille douleurs comme s’il avait vécu mille vies et toutes les tortures que lui imposaient toutes ces vies empilées… Ces mots lui avaient coûté de s’échapper, mais il les pensait vraiment. Il se leva, se détourna d’Eurora, échappant alors à son regard. Il ne voulait qu’une seule chose, être seul. La présence d’Eurora ici lui était trop, beaucoup trop douloureuse… Il n’aurait même pas du céder, il n’aurait pas dû la revoir ; cela ravivait des douleurs en lui qui ne pourraient jamais guérir… Au moins, lorsqu’elle n’était pas là, il y pensait toujours mais cela faisait moins mal … Et ces mots qu’elle venait de dire – qui l’avait heurté et blessé jusqu’au plus profond de lui -, il savait que c’était la vérité… Du moins préférait-il s’en convaincre. Du moins s’en était-il convaincu pendant de nombreuses années. Dans le seul but de survivre, de combattre ses propres démons. De combattre ses sentiments …

    Néanmoins, Eurora n’avait pas bougé d’un millimètre et sans bouger, elle continuait de pleurer silencieusement. Elle n’avait pas voulu le vexer, elle n’avait pas voulu … Elle l’avait perdu, et c’était de sa faute. Elle avait perdu son frère, celui qui pendant quinze années de son existence avait été celui qu’elle considérait comme son frère et qui l’était toujours … En retrouvant sa sœur, devait-elle absolument perdre son frère ? Ne pouvait-elle pas garder les deux… ? Elle ne demanderait rien d’autre. Plus jamais. Elle voulait simplement ceci et elle ne demanderait jamais rien d ‘autre …

    « Alexandre attend ! ». Elle s’était levée d’un bond et précipitée sur lui. Elle s’était ensuite jetée dans ses bras, les larmes envahissant à cet instant son visage en abondance. Sa voix étouffée du fait que son visage se trouvait enfoui contre son épaule, on pouvait cependant comprendre ce qu’elle disait … « Je t’en prie, j’ai besoin de toi… Je regrette ce que j’ai dit et ne le pensais pas » . Sous ses bras, elle le sentit comme trembler, envahi d’une faiblesse … « Il faut me croire… Mais je ne peux pas rester à ne rien faire… Je ne peux que te promettre que d’être très prudente… Je ne peux pas te promettre le reste, que je n’irai pas à la recherche de mes origines… » . Elle releva un visage humidifié par les larmes. Mais peu pouvait bien lui importer… Ces larmes ne reflétaient pas même le dizième de la souffrance qu’une rupture d’avec lui pouvait signifier. Elles étaient cependant sincères. Il le savait, et regrettait déjà le ton avec lequel il avait parlé. Néanmoins, c’était plus fort que lui… Son instinct le poussait à la protéger, à la surprotéger même,... Elle était ce qui lui restait, et ne voulait pas la perdre. Comment vivrait-il sinon ? Malgré ce qu’il était devenu, elle était la seule qui ne s’était pas détournée de lui … La seule susceptible de le comprendre. Il l’écarta un peu, essuya doucement ses joues sur lesquelles glissaient les signes d’une tristesse plus pure que n’importe laquelle qu’il eut put voir de sa vie chez quiconque d’autre.

    « Cesse donc, ne pleure pas. Je ne les mérite pas ».
    Il souriait légèrement et semblait faire preuve d’une forte volonté pour s’empêcher de céder, de se laisser envahir …
    « Pourquoi … ne les mériterais-tu pas ? ».
    « Je ne les mérite pas, c’est tout … L’ancien sans doute les méritait. Mais pas moi… Eurora, tu sais très bien ce que je suis devenu, je suis devenu un monstre … Un monstre qui en plus, cherche à surprotéger tous ceux auxquels il tient… »
    « Alexandre regarde-moi. Tu n’es pas un monstre » , et sur ces mots, elle le força à le regarder droit dans les yeux sans ciller un seul instant. « Tu es ce que tu es devenu. Mais tu n’es pas un monstre. Et encore moins au fond je le sais » . Et illustrant ses mots, elle posa une main à l’emplacement de son cœur. Elle ne tolèrerai jamais qu’il se dévalorise, que ce soit lui ou un autre de ses amis. Elle ajouta ensuite, venant appuyer ses propos…
    « … Alexandre sera toujours là, celui que j’ai toujours connu ».
    Plusieurs secondes durant, le jeune homme ferma les yeux, semblant prendre une profonde inspiration en lui-même et plonger au cœur de lui-même. Eurora se demandait contre quelle force il pouvait bien se battre en ce moment présent … Chose qu’elle n’allait pas tarder à comprendre… Elle faillit lui demander si ça allait bien, l’observant avec inquiétude…

    « Tout va bien Alex… ? » , commença t-elle à dire bien qu’elle ne voyait pas comment l’aider s’il ne lui disait rien …

    Ce qui s’ensuivit par la suite, Eurora douta pendant plusieurs heures que ça se fut passé. Son cœur bondissait dans sa poitrine alors qu’il y repensait, et en même temps, il se serrait d’une angoisse lancinante alors qu’un vertige continuait de la saisir. Ainsi qu’autre chose qu’elle avait longtemps dissimulé en elle-même, qu’elle n’avait jamais voulu admettre bien qu’elle le savait pertinemment … Elle n’avait jamais voulu y penser, elle n’avait jamais voulu croire qu’elle eut pu ressentir autre chose pour celui qu’elle avait si longtemps considéré comme son propre frère … Les barrières d’Alexandre cédèrent et son visage se rapprochant du sien, ses lèvres se posèrent sur les siennes alors qu’il refermait ses bras autour d’elle et qu’Eurora sentit quelque chose défaillir tout au fond d’elle …

    ***

    Aux environs de six heures ce matin-là, Eurora se réveilla… Ouvrant les yeux et regardant autour d’elle, elle reconnut le décor de sa propre chambre dans son bureau, à Poudlard. Instinctivement, ses yeux cherchèrent son frère … Alexandre. Son frère de cœur du moins, et après tout ce s’était déroulé la nuit derrière, ce dernier mot, cœur, était plus qu’important. Se redressant sur son lit, elle douta alors de sa réalité. L’avait-elle bien rencontré ? N’avait-elle pas tout simplement rêvé tout ceci ?!! Avait-elle vraiment pris un portoloin … et l’avoir rejoint ?... Ramenant la couverture contre elle, elle jeta des coups d’oeils partout… Il n’y avait rien ici. S’enveloppant dans la couverture, ses yeux s’immobilisèrent alors sur la table de chevet où était posés… Quelque chose qui n’y était pas avant. Sa main droite s’approcha et se saisit du petit flacon qui contenait une sorte de liquide argenté … Une lettre était posée devant et elle se saisit avant tout de celle-ci. Avec des doigts tremblants, elle l’ouvrit puis le cœur battant comme jamais il n’avait battu, elle la parcourut des yeux.

    « Voici dans ce flacon tout ce dont je me souviens du jour où j’ai été visiter la maison de tes parents. Je pense que cela te sera utile pour la retrouver. Si tu as besoin de moi, sers toi du miroir que je t’ai laissé … C’est un miroir à double sens. Je garderai l’autre toujours avec moi. Prends soin de toi… et fait attention à vous. Je t’aime fort. Alexandre ».
    … Alors, elle n’avait pas rêvé, elle l’avait vraiment vu cette nuit … Le portoloin lui avait vraiment été envoyé et l’avait fait rejoindre là-bas… où elle avait passé une bonne partie de la nuit. Pas la peine de culpabiliser, se dit-elle soudain. Il n’y avait pas le temps. Ce qui était fait était fait, et bien qu’elle ressentait un étrange nœud à l’estomac, elle ne ressentait pas de regrets … Ce qui accentua sa culpabilité mais elle fit semblant de ne pas y penser. Il fallait qu’elle s’occupe du flacon. Elle savait ce qu’il contenait … Il s’agissait de la même substance que lui avait confié Jensen, plusieurs semaines auparavant. Des souvenirs. Peu de temps après, elle était allée s’acheter une pensine, à l’Allée des Embrumes, sachant qu’elle en aurait de toute les façons besoin d’un jour ou l’autre et décidant d’en posséder une pour elle. Sans attendre, elle passa dans la salle de bain et alla s’habiller, délaissant au passage la couverture qui retomba au sol en une masse informe. Dix minutes plus tard, elle sortait de son appartement en hâte, se dirigeant vers la sortie afin de rentrer chez elle, de visionner les souvenirs d’Alexandre, de s’en imprégner jusqu’aux moindres détails qui puissent l’aider à retrouver la maison. Et ensuite, il serait sans doute temps d’aller retrouver sa sœur, devant les grilles de l’école.

    ***

    && &&

    ” Secret “ – Maroon 5 -

    Le soir, Eurora était à l’heure devant les grilles de Poudlard, attendant l’arrivée de Sara. Elle était enveloppée dans une longue cape grise fourrée et son visage était dissimulé sous le capuchon de ladite cape. Elle avait pris avec elle tous les précieux objets qu’elle possédait et qu’elle pensait avoir besoin durant le périple, et même une fois arrivée à destination … A contrario, elle ne s’était pas beaucoup encombrée de vêtements. Elle n’avait que ce qu’elle avait sur elle … En d’autres termes, elle n’avait pris que le stricte nécessaire et ce qui ferait qu’elle serait à l’aise pour se déplacer.

    La jeune Directrice était là depuis déjà une demie-heure, à attendre sous le soleil encore assez haut dans le ciel. Elle avait prévenu tout le monde à l’Ordre, elle avait laissé un mot posé bien évidence sur la table de la cuisine qui plus est, sans précisément dire où elle allait, - juste qu’elle partait en vacances à l’étranger - … Elle était passée à la Goutte de Lait, l’auberge dirigée par Nathalie. Elle lui avait exposé brièvement les raisons pour lesquelles elle serait indisponible durant ces prochains jours mais que s’il y avait une urgence, elle conservait son gallion à portée de mains. Et en ce moment présent, elle réfléchissait, elle songeait aux souvenirs que lui avait confié Alexandre … Elle essayait de pas penser à ce qui s’était passé entre eux : ce n’était pas le moment de voir son esprit détourné. Aussi se concentrait-elle simplement sur ces souvenirs. Elle faisait défiler chaque image qu’elle avait vue, chaque détail qui pouvait la lui faire se souvenir de l’emplacement où était la ruelle. Par chance, Alexandre avait lui-même jeté un coup d’œil sur le nom de la rue … Elle l’avait donc en tête et comme si elle craignait de l’oublier, elle ne cessait de se le répéter. « Karl-May Strass »… Alors qu’elle attendait sa sœur, c’est alors que ses pensées la tournèrent de nouveau vers Alexandre … Elle était perdue … Ce qui s’était passé la nuit dernière, - ce qu’ils s’étaient dit -, semblait avoir changé beaucoup de choses en elle ; elle ne savait plus trop comment le considérer … Comme un frère ? En tous cas, ce qui était certain, c’était que ses sentiments n’étaient pas quelque chose d’anodin et bien qu’ils ne puissent les vivre c’était certain, ils ne pouvaient pas faire semblant … Le mieux alors, si on ne voulait pas qu’ils finissent par les rattraper, était de demeurer loin de l’autre … Mais c’était si douloureux, ça le serait encore plus si elle ne le revoyait plus. Mais elle ne voulait pas gâcher son histoire, elle avait une vie et sa vie était Lohann et Akshay … En même temps, était-on toujours certains de ce qu’on voulait ?! Sur le moment oui. Eurora était tellement perdue … Elle ne savait plus que penser. Elle ne parvenait pas à se décider… Pouvait-on aimer avec autant de force deux personnes en même temps ?!
    Non, c’était impossible. Du moins, elle le pensait …
    Mais il serait bien temps d’y songer à un autre moment … D’ailleurs, elle voyait Sara arriver au loin. Elle approchait doucement mais sûrement. Déjà, Eurora sentait une angoisse monter en elle et son cœur se mettre à battre plus fort. Elle esquissa un sourire alors que sa sœur s’arrêtait près d’elle et elle répondit lorsqu’elle la salua. Les mots semblèrent difficilement se déverser lui sembla t-il…

    « Je sais où on doit aller, » dit-elle simplement ensuite, n’en disant pas plus sur la manière dont elle avait acquéri cette information mais Sara devait bien se douter – peut-être – qu’Alexandre y avait à voir là-dedans.

    Lorsqu’elle serra la main de Sara, prêtes à transplaner, Eurora sentit sa main trembler, incertaine quelques secondes si elle voulait bien continuer … Elle pouvait encore faire demi-tour, ce n’était pas trop tard ! Mais elle n’était pas quelqu’un à abandonner si vite. Sa décision était prise il y avait longtemps de cela. Elle voulait aller, elle voulait voir. C’était important. Un jour ou l’autre, n’était-ce pas ce qu’on devait faire, aller à la recherche de ses origines ? N’était-ce pas ce que Jensen avait fait de son côté ?! La seule pensée de son ami raffermit sa conviction, sa détermination. Elle aussi avait besoin de savoir d’où elle venait pour pouvoir parvenir à construire son futur. Elle aussi avait besoin de connaître la vérité. Toute la vérité. Elle sentait son cœur vibrer dans sa poitrine, encore plus fort d’habitude ou que la veille … Son esprit et son cœur pour une fois s’étaient alliés et ressentait cette même impression qu’ils n’étaient plus loin du but à présent …

    Tenant toujours la main de sa sœur dans la sienne, elle ferma les yeux et repenser au lieu où elle devait aller … Tel qu’elle souvenait, tel qu’elle l’avait vu dans le souvenir de son frère … Le nom de la ruelle se mit à flotter dans son esprit … A présent que l’idée du lieu était bien clair, elle banda toute sa volonté et sa détermination qui les pousseraient toutes deux vers leur destination … L’instant fatidique arrivait … Puis la décision. Eurora se sentit soudainement tirée par le nombril, cette impression au fond d’elle typique à celle du transplanage … Durant ce cours voyage, elle avait toujours conscience de la présence de sa sœur à ses côtés et ne la lâchait toujours pas … Elle devait rester unies.

    Puis, tout fut fini ensuite. Elles furent arrivées et ouvrirent les yeux … Une ruelle parmi tant d’autres, des maison alentours … Mais la seule qui attirait son attention fut la maison en question sur laquelle sa pensée s’était fixée plus tôt, avant le transplanage … Face à elle. La jeune femme retint son souffle, comme si une réminiscence de son passé la heurtait de plein fouet et qu’une étrange sensation se distilla en elle. Dix sept ans après, voilà qu’elle remettait les pieds, ici, là où elle était née … Pour le moment, il lui était bien incapable de bouger. A première vue, elle était certaine d’une chose. La maison n’était plus habitée depuis au moins quinze ans bien qu’habituellement, une maison inhabitée depuis de si nombreuses années serait en bien pire état. Ce qui la convainquit de la présence de la magie dans les environs… Sur la maison.

    Les lieux étaient encore emprunts de magie … Cela se sentait, flottait dans les airs… Magie noire ? Magie blanche ? Ou peut-être les deux … De toutes les manières, les deux étaient complémentaires …Et ce n’était que l’usage de l’un qui en faisait de la mauvaise ou de la bonne magie. Les deux à l’origine pouvaient être bonnes. Si Sara ne l’avait pas poussée en avant, Eurora serait restée encore là durant des heures sans parvenir à bouger d’un millimètre. Mais elles avancèrent jusqu’au petit portillon qui les fit entrer dans le jardin envahi par la végétation en tous genres … Du lierre poussait même sur la maison et recouvrait une bonne partie de la façade. Comme si un incendie avait ravagé la maison – ou voulu ravager -, les murs étaient noircis mais pourtant, ils tenaient debout, et c’est ce qui étonna Eurora au plus haut point … Sans doute que leurs ravisseurs – les anciens collègues mangemorts de leurs parents – avaient voulu effacer toutes les traces de leur existence mais que la maison n’en avait rien voulu, qu’elle ne s’était pas laissée faire. Sans aucun doute la magie imprégnant fortement les lieux, même après 17 ans …

    C’est alors que distinguant du coin de l’œil une minuscule stèle plantée dans la neige, Eurora s’immobilisa … Peut-être fut-ce le fait qu’elle était parfaitement la seule sur ce coin fit qu’elle s’en aperçut … En tout les cas, elle se sentit attirée par celle-ci et elle traversa le parterre d’herbe où l’herbe à présent battait follement jusqu’à ses avant jambes. Le souffle court, Eurora se laissa tomber à genoux et dégagea la végétation qui l’empêchait de voir clair ce qui y était écrit dessus … Caressant la pierre comme si elle était vivante et fragile et qu’elle craignait de l’abîmer, elle se figea soudain et eut un mouvement de tête vers Sara dans l’intention de l’interpeller … Mais aucun son ne sortit. Son souffle se glaça dans sa trachée et ses lèvres tremblèrent mais s’empêchant de céder aux larmes, elle serra ses lèvres entres elles alors que pourtant, ses yeux s’emplissaient de larmes …

    C’était ici. C’était vraiment ici qu’ils avaient vécu … Et cette pierre en témoignait … Seule monument encore existant témoignant qu’ils n’étaient pas qu’un souvenir. Eurora approcha sa main et caressant la pierre du bout des doigts, elle dessina de son toucher chacune des lettres gravées sur la stèle, écartant les herbes se trouvant sur le passage …

    « Darla et Jörgen Strassenbald

    Décédés le 16/03/1993

    La mort pour le poète est la victoire »


    Ses épaules tremblèrent, sa gorge se noua, l’émotion l’étreignait et il en fallut peu pour qu’elle les laisse librement couler sur son visage … Secouée de soubresauts, elle demeura là, immobile devant la stèle, à genoux, jusqu’à ce que sa sœur s’agenouille à ses côtés. Ce fut elle qui dû l’aider à se relever afin qu’elles reviennent sur le chemin principal du jardin qui menait à l’entrée de la maison. Eurora n’eut pas même conscience de la présence de son étreinte autour de ses épaules… Elle était dans un autre monde. C’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait s’en empêcher … Il y avait trois ans de cela, elle ne savait pas même que les parents qui l’avaient élevée n’étaient pas ses vrais. Puis, ceux-ci avaient fini par mourir, assassinés, et elles les avaient pleurés comme s’ils avaient été ses vrais parents … ça l’était, en quelques sortes. Elle avait ensuite su que ses parents biologiques n’étaient plus en vie… Mais elle n’en avait jamais eu la preuve, et au fond d’elle, ils vivaient encore, comme si elle voulait se persuader qu’ils étaient là encore là, à côté d’elle … Aujourd’hui, elle avait la preuve irréfutable qu’ils ne reviendraient jamais, qu’ils étaient vraiment morts … C’était comme si elle le découvrait, comme si elle ne l’avait jamais su encore jusque là comme s’ils étaient morts une seconde fois … Le même choc l’oppressait … La même tristesse, les mêmes larmes … Ils avaient donné leur vie pour les sauver … A cet instant précis, Eurora aurait presque espéré que tout aurait été mieux s’ils n’avaient pas eu le temps de les sauver – au moins n’auraient-ils pas été séparés – mais ce serait égoïste pour Sara de penser ainsi …

    Sans l’aide de sa soeur qui la soutenait, Eurora n’aurait pas eu la force d’avancer et serait demeurée près de la stèle jusqu’à la nuit, pendant des jours même … Jusqu’à ce que la force lui revienne enfin, ou la volonté … Même si elle aurait eu l’impression de repartir avec une moitié de cœur seulement, laissant la seconde sur la stèle, à côté de ses parents. Elle était sans doute la plus affectée par cela bien qu’elle savait pertinemment qu’elles ressentaient la même douleur … A moins que Sara soit la plus forte face à telles tragédies ? Eurora avait vu presque tout son entourage mourir et pourtant, elle ne semblait pas encore préparée … La question étant « pouvait-on un jour être prêts ? ».

    Si la mort était une victoire pour le poète, alors elle ne devait pas avoir une âme de poète, puisqu’elle n’en saisissait pas du tout le sens victorieux … En cet instant du moins. Tout simplement.

    HJ : Sara, je te laisse le privilège de nous faire entrer … A toi l’honneur =D
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Sara Shake, Mar 8 Juin - 19:47


Le soleil avait pris une teinte rougeâtre, tandis qu'il descendait doucement vers l'horizon. Sara marchait sur un chemin qui semblait ne jamais finir ; elle avait l'impression que des heures s'étaient écoulées depuis qu'elle avait posé le pied sur la terre battue. Malgré le crépuscule qui tombait, la jeune femme avait très chaud. Elle épongea son front du revers de la main et s'arrêta, reprenant son souffle. Soudain, une vieille maison apparut dans son champ de vision. Intriguée, elle continua sa route, gardant bien la bâtisse des yeux. Au fur et à mesure qu'elle se rapprochait, un brouillard épais se formait. Un froid intense y régnait. Sara frissonna et s'arrêta : la maison n'était plus en vue. Elle avait beau regarder autour d'elle, il n'y avait qu'une épaisse fumée. Fumée ? N'était-ce pas du brouillard ? Non, c'était bien de la fumée, comme si quelque chose brûlait. Brusquement, des flammes jaillirent de nulle part. La fumée fut balayée par un vent glacial et la jeune femme put voir ce qui brûlait : la fameuse maison qu'elle avait aperçue plus tôt. Seulement, la bâtisse semblait ne pas être affectée par le feu, comme ce dernier n'était qu'une illusion. De la magie. C'est alors que des silhouettes apparurent devant la maison. Elles semblaient courir, fuyant un quelconque danger. Si tel était le cas, il fallait les aider ! Sara voulut sortir sa baguette magique, seulement elle ne se trouvait pas dans son étui. L'avait-elle perdue en chemin ? Avant qu'elle n'ait pu se poser davantage de question, des détonations brusques se firent entendre non loin de sa position. Des éclairs de toutes les couleurs fusaient de toute part. Une bataille s'engageait. Ne voulant pas rester au milieu de tous ces sorts jetés à l'aveuglette, la jeune femme se mit à courir loin de la maison maudite. Mais c'était inutile. Quelle que soit la direction qu'elle prenait, Sara courait droit vers la maison en feu, droit vers le champs de bataille. Prenant peur, elle tenta de s'enfuir mais elle fut soudain incapable de bouger. Devant ses yeux, l'horreur des combats prenait forme. Des dizaines et des dizaines de personnes se battaient, certaines tombant mortes, d'autres gravement blessées. Un bon nombre d'entre elles étaient habillées de façon bien étrange : elles portaient des espèces de capes noires et leurs visages étaient recouverts par un voile tout aussi noir que leurs vêtements. Des Mangemorts. Et pas n'importe lesquels. Des Mangemorts allemands. Sara entendait les uns et les autres crier, sans pouvoir identifier la signification de leurs paroles. C'est alors que l'une des silhouettes se tourna vers elle. C'était une belle femme aux cheveux d'or, à présent souillés par la poussière et le sang. Elle criait quelque chose à Sara mais celle-ci ne comprenait pas. Elle voulut le lui dire mais aucun son ne sortait de sa bouche. Elle se sentait drôle, tout à coup. Comme si elle était légère. La jeune femme qui se battait la regardait avec des yeux horrifiés. Qu'avait-elle donc ? Sara ne mit pas bien longtemps à comprendre : en fait, elle était en train de disparaître. Ses mains commençaient à devenir transparente, ainsi que ses bras, ses jambes, ses pieds. Le reste du corps suivrait bientôt. Elle voulut crier mais elle ne savait rien faire d'autre que de regarder. Et quoi donc ! La femme aux cheveux blonds avait repris la bataille et était en mauvaise posture. Heureusement, un homme vint vite à sa rescousse. Enfin, c'est ce que Sara croyait. Plusieurs Mangemorts s'approchèrent d'eux, qui étaient cloués au sol, bras dans les bras. Ils se murmuraient quelque chose à l'oreille. Leur visage exprimait la tristesse plus que la peur. Ils s'embrassèrent alors, sous les ricanements des Mangemorts. L'un d'eux leva sa baguette et prononça deux mots, que Sara identifia parfaitement, avant de disparaître totalement... « Avada Kedava »

La jeune femme se réveilla brusquement, alertée par un cri. Le sien.
Chris était penché sur elle, une main posée sur son épaule. Ses yeux exprimaient de l'inquiétude. Sara cligna des yeux deux fois et regarda autour d'elle. Elle se trouvait dans sa chambre, dans son appartement à Poudlard, loin de ce cauchemar. Les images de ce derniers restaient encore imprimés dans son esprit, tandis qu'elle se forçait à reprendre une respiration plus constante. Son cœur battait tellement fort qu'elle avait peur qu'il n'éclate.

« Ça va, chérie ? » demanda le Serpentard.

Sara hocha la tête et se retourna, encore sous le choc. Elle ferma les paupières et visualisa le visage des deux amants qui s'étaient fait tués par les Mangemorts : si tristes, si amoureux mais par dessus tout, fiers et courageux. Ses parents. Les Strassenbald. Une larme perla aux coins de ses yeux et la jeune femme craqua. Elle se mit à pleurer, se laissant bercer par Chris, qui restait silencieux : il connaissait très bien l'histoire de sa bien-aimée. Le jeune homme caressa ses cheveux d'une main, gardant la jeune femme contre lui de l'autre. Sara se blottit encore plus près de son corps et laissa libre court à ses sentiments, s'endormant petit à petit.
Lorsqu'elle se réveilla, la Serdaigle avait les yeux et le cœur lourd ; les premiers pour avoir tant pleuré, le deuxième triste et blessé. Sara resta quelques minutes les yeux fixés au plafond, repensant à ce cauchemar qui était revenu hanté ses nuits. Elle ne bougea que lorsque Chris fit irruption dans la chambre, une tasse fumante entre les mains. Il sourit à la vue de sa compagne réveillée et vint s'asseoir au bord du lit. Il passa une main sur la joue de Sara et embrassa son front.

« Comment tu te sens ? » demanda-t-il.

« Engourdie... » répondit Sara en se redressant.

« C'était... ce cauchemar, de nouveau ? »

« Ouais... sauf que cette fois, c'était mille fois pire »

« C'est ce que j'ai cru comprendre ! Mais ce sera bientôt fini, ce soir tu vas enfin savoir... »

« Si c'était vrai... » murmura la jeune femme en se frottant les yeux.

Chris déposa sa tasse sur la table de nuit et s'installa aux côtés d'elle. Elle posa sa tête contre son torse et ferma les yeux, qui ne demandaient que ça. Seulement, le répit fut de courte durée. Le réveil-matin sonna : c'était l'heure de partir pour le boulot. Le Serpentard regarda l'horloge et annonça qu'il allait être en retard s'il ne parait pas maintenant. Sara se défit de son étreinte et sortit du lit à sa suite. Dans le hall, ils se dirent « A ce soir » agrémenté d'un baiser amoureux et partirent chacun de leur côté : lui en dehors, elle dans la salle de bains.

La jeune femme se déshabilla et entra dans la douche quelques secondes plus tard. L'eau qui coula sur son corps nu fut d'abord fraîche mais cependant agréable, puis devint de plus en plus chaude, voire bouillante. Le visage légèrement levé vers le cornet de douche,
Sara resta ainsi pendant plusieurs minutes, savourant la caresse de l'eau qui semblait purifier, effacer les événements de la veille. Mais elle revoyait toujours ces visages. Baissant la tête, elle prit du shampoing au miel et s'en savonna les cheveux énergiquement, distraitement. Après plus de cinq minutes, la jeune femme se rendit compte que de la mousse coulait sur son œil gauche. Elle se rinça la tête et tenta de mettre de l'ordre dans son esprit. Si elle avait fait ce rêve, c'était sans doute à cause de l'appréhension des découvertes qu'elle ferait à Munich. Seulement, cette fois-ci, le rêve était brutal, si réel ; Sara avait vraiment eu l'impression d'être là. Cela ne faisait qu'augmenter son malaise. Elle aurait tellement voulu aider ses parents à se sauver... Mais ses jambes et ses bras avaient refusé de l'écouter. Elle s'était contentée de les regarder se faire tuer par ces abominables hommes en cape et voile noirs. Sara serra les poings et pleura encore, ses larmes se mêlant à l'eau de la douche. Des larmes de tristesse, des larmes de colère. Ces Mangemorts avaient tué ses parents. Ils les avait empêchés de vivre une belle vie avec leur famille, avec Sara, Eurora et leur petite sœur dont elles ne connaissaient pas encore l'identité. Ils les avaient séparés. Ils les avaient brisés. Désormais, il leur fallait payer.

*****

« Je reviens au plus tôt, je te le promets » dit Sara en embrassant Chris.

L'heure du rendez-vous avez Eurora était arrivé. La jeune femme avait bien entendu prévenu son bien-aimé qu'elle partait à la recherche de son passé, de ses origines et que le voyage pouvait durer plusieurs jours. Tout cela dépendant de ce qu'elles allait trouver.
Chris lui assura que la boutique sera bien tenue, puisque c'était le week-end ; il ne devait pas donner cours, ni Ismaël d'ailleurs. Sara sourit et le jeune homme l'embrassa une dernière fois avant de la regarder s'éloigner dans le couloir. Bien entendu, Chris n'était pas le seul à avoir été prévenu : ses confrères et consœurs savaient déjà qu'elle partait en voyage à l'étranger quelques jours et que si elle avait besoin d'eux, elle comptait sur leur aide.

Sara resserra sa cape et son écharpe autour de ses épaules et son cou et s'engagea dans le Parc de l'école. La neige craqua sous chacun de ses pas, la détendant un peu avant le moment fatidique. Ce n'était pas du stress qu'elle ressentait, non, plutôt de l'appréhension, de la peur, de la déception ou de la peine éventuelles. Qu'allait-elle apprendre, découvrir ? Et si elle ne trouvait rien aux réponses ? Si ce voyage s'avérait être une catastrophe ? La jeune femme ferma les yeux et repoussa toutes les hypothèses négatives. Pourquoi toujours être pessimiste ? Elle rouvrit les yeux et marcha d'un pas déterminé vers les grilles de Poudlard. Une silhouette attendait déjà derrière ces dernières. Ce devait être Eurora. Soudainement impatiente de partir, Sara pressa le pas et dépassa l'enceinte de l'école de sorcellerie quelques minutes plus tard. La personne qui se trouvait là était bien sa sœur : elle esquissa un sourire en la voyant. La Serdaigle la salua, en la prenant dans ses bras. La Directrice répondit positivement à ce salut chaleureux et dit :

« Je sais où on doit aller »

Trois jours plus tôt, sa sœur lui avait pourtant dit qu'elle ne savait pas où aller exactement. Le seul indice qu'elle avait réussi à dérober était la nom de la ville dans laquelle elle était née : Munich. Si aujourd'hui, elle connaissait l'endroit précis où elles devaient se rendre, c'était qu'elle avait réussi à joindre son frère de cœur, Alexandre. C'était bon à savoir. Sara sourit simplement et hocha la tête. Eurora prit sa main et laissa passer plusieurs secondes avant de finalement transplaner. Gardant bien sa main serrée sur celle de sa sœur, la Serdaigle eut l'impression que le voyage durait éternellement. Et pour cause ! L'Allemagne se trouvant à plusieurs milliers de kilomètres, il fallait donc un certain temps et une certaine quantité d'énergie pour y transplaner.

Subitement, elles atterrirent.
Sara ouvrit les yeux : elles étaient dans une ruelle bien banale à première vue. Mais bien vite, un détail retint l'attention de la jeune femme. Un seul. Une maison, comme celle qu'elle voyait dans ses rêves. Un frisson parcourut son échine. Elle serra ses poings et ferma les yeux, chassant les images qui avaient soudainement prit d'assaut son esprit. Ce n'était qu'un cauchemar, rien de plus. Sara prit une profonde inspiration et fit un pas hésitant, intimant à sa sœur de se diriger vers la maison abandonnée. Car celle-ci était bien abandonnée, bien que ses murs fussent encore un état remarquable, après dix-sept ans d'inoccupation des lieux. La jeune femme était certaine que si la bâtisse tenait encore et était dans un état plus ou moins correcte, c'était grâce à la magie. D'ailleurs, au fur et mesure que la petite grille du jardinet se rapprochait, l'air empestait la magie - non pas qu'elle avait une mauvaise odeur - mais elle n'aurait su dire si c'était de la blanche ou de la noire.

Un grincement les accueillit, tandis que
Sara poussait la grille et pénétrait dans le jardinet broussailleux et couvert de neige, suivie par Eurora. La jeune femme observa la porte de la maison, fermée, la peinture écaillée noircie par le temps. Une partie des murs étaient également noirs, comme si un incendie les avait léchés. En pensant à ça, la Serdaigle revit cette maison en feu, ses parents combattant avec bravoure une horde de Mangemorts. Elle secoua la tête pour faire partir ces images et continua son observation. Oui, la maison était bien abandonnée ; aucun de signe de vie ne laissait paraître le contraire. Du lierre courait sur certaines parties de murs noircis, allant même jusqu'au toit où de la mousse et de la moisissure s'étaient formées. Néanmoins, l'habitation restait debout. Le regard de Sara s'arrêta alors sur le jardinet, dont la végétation avait fait état des lieux. Eurora était à genoux, face à quelque chose ; elle se retourna dans l'intention d'appeler sa sœur mais ne dit mot. La Serdaigle la rejoignit et s'accroupit à côté d'elle. Ce qu'elle contemplait, c'était une stèle sur laquelle était écrit ces quelques mots :

« Darla et Jörgen Strassenbald

Décédés le 16/03/1993

La mort pour le poète est la victoire »

Darla... Jörgen... Leurs parents... Dans moins d'un mois, ce serait le dix-septième anniversaire de leur mort. La gorge de
Sara se noua et un sanglot s'y engouffra. Elle le ravala difficilement et essaya les perles de larmes qui menaçaient de couler sur ses joues. Ainsi, cette maison était bel et bien celle de leurs défunts parents. L'émotion l'empêchait de dire quoique ce soit à Eurora. Mêlé à la tristesse qu'elle ressentait en lisant cette gravure, un sentiment d'impatience s'empara de la jeune femme. Elles allaient enfin trouver des réponses, enfin... Sara voulait rester plus longtemps près de ce mémorial mais il fallait poursuivre. Elle se releva et entraîna sa sœur, la tirant doucement par la bras. Alors, bras dessus, bras dessous, les deux jeunes femmes s'éloignèrent et gagnèrent la porte de la maison.

Hésitant,
Sara la regarda quelques secondes, se demandant ce qui se trouverait derrière. Sous les soubresauts que les sanglots de sa sœur provoquaient, la jeune femme ferma les yeux, prit une inspiration pour se donner contenance et essaya d'ouvrir la porte avec la poignée. Étonnamment, le battant bougea. Abandonnée depuis dix-sept ans, maints cambrioleurs et vandales avaient du se servir de ce qui restait. Peut-être expliquerait-ce le fait que la porte soit ouverte... à moins que quelqu'un d'autre les avait précédé ? Mais quand ? Combien d'années ? Sara déglutit et posa un pied sur le carrelage brisé du hall d'entrée. Prenant la main de Eurora, elle s'avança et se retrouva dans la salle de séjour. Un vieux sofa rongé par les mites était éventré, laissant apparaître la mousse qui avait dû être moelleuse, à l'époque. Sara s'imagina assise dedans, entourée de ses sœurs et ses parents... Mais la pièce était vide, les murs étaient pâles et des tas de débris et autres vieilleries jonchaient le sol, recouvert d'une épaisse couche de poussière. Cela sentait le renfermé.

Sara s'avança dans la pièce et observa : il n'y avait aucun cadre, aucune photo. Elle aurait bien continué le tour du salon mais un bruit intercepta son attention. Eurora la rejoignit, le regard levé vers les étages. Y avait-il quelqu'un dans la maison ou n'était-ce qu'un rongeur qui avait établi son territoire là ? Elles auraient quand même dû être plus prudentes ; elles dégainèrent leur baguette magique et s'approchèrent des escaliers. Des bruits de pas se firent entendre quelques secondes, faisant grincer imperceptiblement le plancher, puis, plus rien. Ce ne pouvait être des souris, ni des rats. Des sans abris peut-être ? Il n'y avait qu'une seule façon de le savoir. Monter. Et regarder. Non sans une pointe de crainte, Sara monta les marches le plus doucement possible, suivie de près par Eurora, qui marchait dans ses pas, se voulant faire le moins de bruit qu'il était possible.

Arrivées sur le pallier, elles s'arrêtèrent et regardèrent. Aucun trace, à part peut-être des traces de pas étouffées dans la poussière. Elles menaient aux divers portes de l'étage. Ainsi donc, un visiteur inconnu avait osé pénétrer la demeure et violé les pièces. Et il se cachait. Avait-il entendu les deux sœurs entrer ? Prêtes à tout, elles s'avancèrent et poussèrent la première porte qui leur vint : ce n'était que la salle de bains mais personne n'y trouvait.
Sara visita la pièce voisine, Eurora restant dans le couloir pour surveiller leurs arrières. Mais la jeune Serdaigle sortit bredouille. il ne restait plus qu'une porte, du moins à cette étage, car une trappe dans le plafond indiquait qu'il y avait un grenier. Avec prudence, les deux jeunes femmes arrivèrent à la dernière pièce : une chambre, comme la précédente, mais plus grande et... pas aussi vide. Quelqu'un était assis sur le lit, la tête relevée vers elles, l'air surpris.

C'était une jeune femme, peut-être un peu plus jeune que
Sara et Eurora mais des cheveux tout aussi blonds, des yeux bleus. Sara l'avait déjà vue mais ne la connaissait pas ; par contre, Eurora la connaissait bien et lui avait déjà à plusieurs reprises d'elle. Mais aucune des deux sœurs jumelles n'avaient pensé la revoir un jour, disparue tout d'un coup. Elena Lewis.
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Elena Lewis, Sam 12 Juin - 23:54


Le temps s’était arrêté pour Elena. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était arrivée dans la vieille demeure et encore moins depuis quand elle était assise sur ce vieux lit à regarder la peluche qu’elle avait ramassé et les papiers qui était sur le bureau. Ca faisait un petit moment que la jeune fille fixait les papiers et elle n’en avait rien tiré. Aucune date correcte, aucune phrase compréhensible. Juste des bouts de papiers inutiles en fin de compte.
Elle avait visité toute la maison, était passée dans toutes les pièces et elle n’avait rien entendu et rien vu de suspect. Avait-elle loupé quelque chose au salon ? Elle se remémora la pièce vide et mise à part le vieux canapé éventré, il n’y avait rien. La cuisine était dans le même état ainsi que les autres pièces de la maison. Ravagée par le temps et envahit par la poussière et quelques petits insectes auxquels Elena ne prêtait pas la moindre attention.

Mais alors, pourquoi Elena était venue jusqu’ici ? De la poussière et une maison dégradée par le temps et des sans abris certainement ? De vieux papiers justes bons à faire bruler ?
Elle était perdue dans ses pensées, perdue dans un univers de questions et de doutes. Des larmes commencèrent à se former dans ses yeux, elle les laissa sortir. Elle s’était interdit de pleurer avant, mais maintenant qu’elle était dans la maison où elle était née, qu’elle était là où elle voulait, elle pouvait pleurer. Elle pouvait baisser les bras et abandonner toute recherche sur ses parents biologiques et retourner chez elle.

Tant de volonté accumulée et évanouie en si peu de temps. Comment était-il possible ?
Et les réponses qu’elles cherchaient alors ! Qui pourrait-lui donner ? Qui allait l’aider à lui dire qui était vraiment ses parents ? Comment pourrait-elle continuer à vivre sans savoir qui étaient-ils vraiment ? Un mélange de colère et de tristesse s’échappaient de ses larmes. Son père l’avait suffisamment aidé dans ses recherches et le voyage qu’elle avait entrepris n’avait servit à rien visiblement. A part voir la maison où elle avait passé les premiers mois de sa vie, Elena n’avait rien trouvé d’enrichissant.

Elle s’essuya les yeux et prit une bonne respiration. Au moment où elle posait enfin les vieux papiers à côté d’elle, preuve qu’elle décidait alors d’abandonner la partie, elle vit la porte bouger. Pas le moment de prendre sa baguette ou même de bouger un membre. La jeune fille, toujours assise au bord du lit crasseux, fixait l’entrée de la chambre maintenant encombrée par deux jeunes femmes et Elena ne mit pas longtemps à les reconnaître. Malgré tout ce temps passé loin de Poudlard et ses locaux, elle reconnut son ancienne directrice de maison et une collègue à elle. Eurora et Sara Shake, ses anciennes collègues chez les aurors, étaient juste devant elle.
Ses larmes cessèrent instantanément de couler. Elle lança un regard à la fois surpris et interrogateur aux deux filles.

Etaient-elles là pour la ramener à Poudlard ? Allait-elle avoir des problèmes pour avoir quitter l’école sans raison majeur apparente ? Son ancienne directrice allait-elle lui retirer des points, la punir pour ses absences ou encore la déception qu’elle a pu causer à sa maison ?
Encore des tas de questions qui s’opposaient à Elena. Mais les quelles étaient les plus importantes pour le moment ? Ses parents ou l’école ?

N’ayant pas bougé d’un millimètre devant les deux sorcières qui pointaient leurs baguettes en direction de la jeune fille, cette dernière avait toujours ses yeux fixés sur elles. Qu’est-ce qu’elles attendaient ? Pourquoi étaient-elles là ? Qu’est-ce qui les amenaient dans la maison de ses parents en Allemagne? Osant bouger pour la première fois depuis des heures, Elena prit la parole.

« Eurora ! Mademoiselle Shake ! Mais… Qu’est-ce vous faites là ? Je sais que j’aurais du prévenir que je partais de l’école, j’aurais du vous laisser un mot, je suis désolée, je ne voulais pas vous décevoir et… »
Arrêtant net ce flot de paroles interminable, la jeune fille venait de penser à la seule question qui ne lui était pas encore venue à l’esprit…
« Euh… Comment connaissez-vous l’existence de cette maison ?»

Quelle était donc la raison de la présence des deux sorcières ? Avaient-elles suivit Elena jusqu’ici ? Non impossible, la poufsouffle n’était pas si importante comme sorcière, ce n’était qu’une étudiante.
La tête de la jeune fille allait exploser avec autant de questions qui étaient apparues en si peu de temps. Elle respira profondément, mit les pensées concernant ses parents de côté, et se concentra sur les deux sorcières de Poudlard et ce qu’elles voulaient. Elle resta assise en attendant que l’une d’elles, veuillent bien répondre aux questions d’Elena.
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Eurora
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Eurora, Ven 25 Juin - 12:14


    All of my Memories keep you near.
    In silent moments imagine you here.
    All of my Memories keep you near.
    Your silent whispers, silent tears.


    ♪ Memories... ♪

    Tout simplement. Non, il n’y avais aucune victoire à la mort … Comment pouvait-on le penser… Comment. La seule victoire était qu’ils étaient parvenus à sauver leurs enfants… Ils avaient fait en sorte qu’il survive, qu’ils puissent vivre… Aujourd’hui, Eurora ne souhaitait que se venger. Etait-ce qu’ils auraient voulu ?? Ne les avaient-ils pas sauvé justement pour qu’elles vivent, et non pour qu’elles soient à leur tout pourchassées… Pourtant, c’était comme un oxygène, quelque chose d’irrémédiable qu’elle ressentait … Qu’elle devait faire pour réussir à reprendre un cours de vie « normal »…

    Souvenirs…

    Revenir en un tel lieu … Revenir de son enfance… Eurora ne pensait pas que cela lui ferait tel effet, que cela l’affecterait autant que cela … Les jambes tremblantes, elle se laissa emmener et suivit Sara alors que celle-ci la portait quasiment … C’était… C’était très étrange. Une sorte de douleur la tiraillait au fond d’elle, qui se répandait dans ses veines jusque son cœur alors qu’elle avait cette sensation d’inconnu et pourtant, au fond d’elle elle connaissait ces lieux … Elle y avait vécu, mais ne parvenait à se souvenir de rien. Il y a des années … Il y a des années, leurs parents avaient habité ici ; et c’était également le lieu où ils avaient été tués … Un sentiment de vive nausée la prit soudainement à la gorge et elle s’empêcha de respirer. Le vide dans son esprit … Le vide dans son cœur, elle ne savait plus vraiment ce qu’elle ressentait en ce moment présent… Un mélange flou d’émotions l’emplissaient, naissait soudain en elle et se distordaient tels des serpents ondulants en d’amples mouvements … Un frisson naquit au creux de son échine alors qu’une pensée s’insinuait dans son esprit… Un serpent qui annihilait tous souvenirs qui pourraient lui revenir en flash d’une vie oubliée… Un serpent qui viendrait peu à peu se resserrer autour d’elle, lui donnant une mort lente et indolore, lente très lente afin qu’elle se rende bien compte de ce qui se passait, que peu à peu ses poumons étaient privés d’oxygène… Et puis plus rien ; ensuite, plus rien. Il n’y a rien de pire que le néant. En cet instant, Eurora craignait d’y sombrer … Elle se raccrocha à sa sœur. Elle avait oublié momentanément ce qu’elle était devenue ; elle n’était que sa sœur en ce moment présent et rien d‘autres et entres sœurs, elles partageaient en ce moment le même moment qui les tiraillait de l’intérieur … Elles traversaient toutes deux cette épreuve au cœur du passé. Pendant un moment, elles furent réellement plongées dans les méandres d’un passé qui ne revivraient plus jamais … Ce sentiment fut accru lorsqu’elles franchirent les portes de la maison. Cette dernière s’ouvrit en un grincement puis, elle s’ouvrit, laissant apparaître un hall poussiéreux d’une maison laissés à l’abandon depuis longtemps. Pourtant, mis à part cela, tout était normal. Tout était trop normal … Comme si rien ne s’était passé. Rien du tout … Comme si tout simplement ses parents étaient partis en vacances et Eurora, en proie à une angoisse et un espoir grandissant, espéra d’un seul coup que ce fut vrai. Que les occupants de cette maison étaient simplement partis en vacances.

    C’était quelque chose … C’était son cœur qui espérait, et son cœur qui communiqua à sa raison qu’ils étaient encore là … Eurora avait reprit contenance à présent ; elle lâcha Sara, avançant d’elle-même dans la pièce qui leur faisait face ; elles demeuraient toutefois l’une à côté de l’autre.

    Aucun souvenirs… Rien qui put lui remémorer quelque chose de près ou de loin …
    Eurora parcourut la pièce du regard … Vide. Pas une once de vie, pas un meuble… A part un sofa dont l’intérieur, en mousse, était éventré… Avec un malaise grandissant, Eurora s’imagina au milieu de ses parents et de ses sœurs alors qu’ils étaient tous ensembles assis sur ce même sofa. Elle aurait voulu y prendre place. Mais ne serait-ce pas accroître cette douleur sourde qui s’insinuait au fond d’elle alors qu’elle imaginait simplement cela … ?! Pourtant, ses pieds ne lui répondaient plus ; elle était incapable de les faire obéir… Elle avança vers le vieux sofa et lorsqu’elle s’y assit, une déception vive l’empreint toute entière … En effet, elle ne ressentit rien en s’y asseyant… Aucune impression de déjà-vu, aucune impression qu’elle avait déjà vécu cette scène … Aucun flashback. Elle ne se souvenait de rien … Le néant. Elle se releva, elle n’avait plus envie que cela de rester assise ici, à espérer attendre quelque chose qui ne viendrait pas. Un passé qui, sans doute, était trop loin pour pouvoir encore en sentir le moindre souffle de vie …

    Elle aurait tellement aimé …
    Alors que tout dans la maison semblait murmurer dans la seule volonté de lui faire savoir des choses, elle n’avait pourtant aucune idée de ce que ces murmures pouvaient bien signifier, comme s’il s’agissait d’une langue qu’elle ne connaissait pas, dont elle n’avait jamais entendu parler…

    C’est alors qu’un bruit intercepta son attention et levant le regard vers le plafond, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas été la seule à l’avoir entendu. Une interrogation subite se lut dans son regard et elle croisa celui de sa sœur, synonyme du sien par ce qui s’y lisait également … Y avait-il quelqu’un dans la maison ?! Etait-ce pour cela qu‘elle avait cette impression que la maison, bien qu’elle soit poussiéreuse, n’était pas abandonnée … Qu’il y avait des êtres vivants en ce lieu … Etait-ce des clochards qui avaient trouvés refuge ici contre les intempéries et la nuit ? Ou des rats … ? Ou des ennemis … La jeune Phénix sentit son cœur se serra à cette seule pensée que les meurtriers de ses parents puissent se trouver ici, tout près mais l’instant d’après, elle se raisonna. Bien sûr que non, c’était impossible … Qu’iraient-ils bien faire ici de nouveau ? Et s’ils avaient soupçonné qu’un jour ou l’autre elles seraient revenues sur les traces de leurs parents… ? Et ‘ils avaient mis la maison sous surveillance … ?! Et si c’était Alexandre qui avait eu raison et qu’elles s’étaient laissées emporter dans un piège … Son cœur se serra de culpabilité. C’était elle qui avait voulu venir, et c’était à cause d’elle que Sara l’y avait accompagnée… C’était elle qui avait émis cette idée de revenir ici.

    Le plus doucement possible – et avec encore plus de précautions qu’auparavant -, elles sortirent de la pièce pour revenir dans le hall puis monter les escaliers menant à l’étage … Eurora avait l’impression de grimper vers l’étage avec une boule d’anxiété de coincée dans la gorge et dans l’intérieur de sa cape, sa main agrippait fermement sa baguette, comme un moyen de se rassurer … Le temps semblait comme ralentir sa course, retenant en haleine son cours.

    Arrivées au palier, ils n’y avait plus aucun bruits, plus aucun signes d’une quelconque présence … Mis à part un silence angoissant typique de toutes les maisons abandonnées que l‘on pouvait trouver …Il y avait cependant des traces légères de pas sur le sol, dans la poussière ; signe que le sol avait été foulé il y avait peut-être plusieurs jours … Qui avait osé venir en ces lieux profaner les souvenirs de ses parents ?! … Eurora suivit des yeux Sara qui avançait vers chacune des portes se trouvant le long de l’actuel corridor… Aucune pièce ne semblait fournir une cachette à un éventuel intrus. Surveillant leurs arrières, et observant les alentours attentivement, l’attention d’Eurora fut attirée par une sorte de trappe dans le plafond … Elle ressentit l’envie irrésistible d’aller voir là-haut ; les greniers recèlent de beaucoup de trésors c’est bien connu… Peut-être … Secouant la tête, les deux soeurs s’occupèrent avant tout de la dernière pièce qu’elles n’avaient pas visitée… La porte s’ouvrit sur une chambre.

    Une jeune femme aux cheveux d'un blond très lumineux s’y trouvait, assise sur le rebord d’un lit. Etait-ce elle l’intruse ?... Quoiqu’il en soit, elle ne les avait sans doute pas entendues jusque là car l’air qui s’afficha sur son visage représenta la parfaite surprise. Evidemment puisque si elle s’était introduite ici, elle devait certainement penser que la maison était abandonnée … - Elle l’était d’ailleurs -. La lumière était diffuse, ne permettant pas un parfait éclairage de la chambre et de distinguer dans sa totalité la personne face à elles qui les observaient toute autant surprise qu'elles l'étaient…

    Cependant…

    Le plus curieux était que son visage ne lu paraissait pas inconnu … Tendant sa mémoire à le recherche de souvenirs perdus dans le fond de son esprit tourmenté, des flash-back lui revinrent… Une cérémonie… Des décorations somptueuses… beaucoup de personnes … Elle, au milieu de tous, avec son fils, et des amis… Ulann est là lui aussi… Elle se penche, lui glisse un papier plié en deux derrière le collier qu’il a autour du cou … Puis, son regard se relève, croise un instant celui au loin de Jensen, elle esquisse un sourire … De toute évidence, il discute déjà avec quelqu’un … Une collègue à lui, Takara … Elle aussi, Eurora ignore ce qu’aujourd’hui, elle est devenue …Puis, le regard de la Phénix se porte sur une autre personne à ses côtés … Une jeune femme blonde ; une étrange la saisit mais elle ‘y accorde pas réellement d’importance. Elena Lewis… Une ancienne préfète du temps où Eurora était encore la Directrice de fière Maison. Elle ne la connaît pas vraiment ...

    Une question s’insinua dans son esprit ... Que fait-elle ici… ?!! Les deux sœurs (trois ?) ne bougent pas d’un millimètre alors qu’elles ont leur baguette, par prudence, de pointée droit sur l’intruse… Un vilain réflexe dirons-nous. Toutefois, reconnaissant son ancienne préfète, Eurora relâcha sa vigilance tout en ramenant son bras parallèle à son corps sans pourtant faire un pas en avant … L’important est que ce n’était pas un parfait inconnu ; elle ne devait pas leur être dangereuse… A moins que ce soit un piège ?!!! … A moins que ce soit quelqu’un qui avait pris son apparence grâce à du polynectar… Tel un poison se dispersant en elle, cette idée lui parvint subitement… Aucun risque ne devaient être pris. Une interrogation demeurait également… Qu’est-ce qu’Elena Lewis peut bien faire ici, dans la maison familiale des Strassenbald, décédés il y a de si nombreuses années …

    Le silence fut rompu… Ce fut pour qu’Elena se confonde en excuses … De toute évidence, elle pensait que c’était car elle avait quitté l’école sans prévenir et qu’Eurora et Sara l’avaient retrouvée et étaient venues pour la chercher … Il y avait méprise… Grande méprise… En venant ici, les deux sœurs désiraient simplement voir l’endroit où elles avaient habitées il y a de cela dis sept années… Et elle ne s’attendaient pas à y trouver quelqu’un … Sa seconde déclaration interpella cependant davantage la jeune Directrice de Poudlard … Comment ça comment qu’elles connaissaient l’existence de cette maison ?!... C’était plutôt à elles de le lui demander … La logique voudrait que les intruses ce n’était pas elles deux ; ou alors il manquait une pièce du puzzle égarée pendant longtemps. Perplexe, Eurora lâcha d’un seul souffle …

      « Comment ça comment qu’on connaît cette maison ?! »

    C’était trop fort …Comment ça c’était elles les intruses maintenant …?!! Tournant la tête vers Sara, elle échangea un regard de perplexité totale alors qu’elle tentait de rassembler les pièces de puzzle … Quelque chose avait dû lui échapper … Faisant de nouveau face à Elena, elle reprit prudemment tout en scrutant son interlocutrice du regard, le défi s’y lisant… Ainsi qu’un mélange d’étonnement et de curiosité…

      « Sache que nous y avons vécu, il y a longtemps …Nous sommes donc chez nous. Je pense par ailleurs que la question … peut t’être retournée … Comment es-tu arrivée, et comment … t’es-tu introduite ici… ?! »

    Devant la maison, lorsqu’elles venaient d’arriver, Eurora avait ressenti la présence d’une magie ancienne faîte il y a de cela longtemps sans doute … mais même malgré les années, les endroits emprunts de magie en conservaient les traces. Eurora avait même songé que cette magie quelqu’elle était, protégeait ce lieu et empêchait éventuellement que n’importe quel intrus puisse y pénétrer …

    De toute évidence, elle s’était lourdement trompée … Car Elena l’avait franchie elle aussi …
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Sara Shake, Sam 7 Aoû - 14:03


{Un grand retard > je m'excuse les filles}


Venir dans cette maison n'était peut-être pas une bonne idée. Au fur et à mesure que les deux sœurs visitaient les pièces en vue de découvrir un éventuel intrus, le cœur de la jeune Serdaigle battait plus fort, plus vite. Elle avait même de plus en plus de mal à respirer, tant une pression inconnu montait dans sa poitrine. Cependant, ce n'était pas le moment de flancher. Sara, qui avait toujours gardé pour elle ce qu'elle ressentait vis-à-vis de son ancienne vie, n'allait pas fuir maintenant qu'elle pouvait tout découvrir. La jeune femme resserra la prise sur sa baguette magique et respira un bon coup. Arrivée à la dernière porte, elle s'arrêta un moment, se demandant ce qu'elle allait trouver dans cette dernière pièce. Eurora derrière elle, elle poussa le battant.

Ce qu'elle découvrirent dans cette chambre fut étonnant. Pas à cause du mobilier poussiéreux et vieux, ni à cause du désordre qui y régnait, mais parce qu'une personne se trouvait assise sur le lit défoncé, la tête levée vers les deux sœurs, les yeux humides, avec au fond une lueur de surprise. Bien entendu, cette jeune personne ne s'attendait pas à ce que quelqu'un visite cette maison à l'abandon... le pire, c'était que la personne assise n'était pas méconnue de Sara. Ni de Eurora, d'ailleurs. Il s'agissait de Elena Lewis, une jeune femme qui était Auror à l'époque, et qui avait disparu de la circulation du jour au lendemain.

Revoir Elena faisait un drôle d'effet à Sara. Déjà parce que cela faisait des mois qu'elle ne l'avait pas vue ! Et puis, la voir ici, en ce lieu, lui faisait bizarre. Pourquoi ? C'était la seule question qui lui venait à l'esprit. Pourquoi avait-elle disparu sans rien dire ? Pourquoi était-elle venue ici, dans l'ancienne maison de Sara et Eurora ? La jeune femme jeta un regard à sa sœur. Son expression en disait long sur qu'elle pensait, elle aussi.

« Eurora ! Mademoiselle Shake ! Mais… Qu’est-ce vous faites là ? Je sais que j’aurais du prévenir que je partais de l’école, j’aurais du vous laisser un mot, je suis désolée, je ne voulais pas vous décevoir et… »


La jeune femme les avait reconnues. Et elle pensait qu'elles venaient pour la ramener à Poudlard... Sara secoua la tête. Mais Elena n'en avait pas fini. Cependant, la question qu'elle posa...

« Euh… Comment connaissez-vous l’existence de cette maison ? »


N'était pas à poser aux deux sœurs, mais plutôt à elle. Après tout, cette maison était celle des parents de Sara et Eurora. Et puis, il y avait des protections qui empêchaient tout intrus de s'introduire à l'intérieur. Même avec le temps, la magie persistait. Alors ?!

« Comment ça comment qu’on connaît cette maison ?! Sache que nous y avons vécu, il y a longtemps …Nous sommes donc chez nous. Je pense par ailleurs que la question … peut t’être retournée … Comment es-tu arrivée, et comment … t’es-tu introduite ici… ?! »


Serrant sa baguette magique dans sa main, Sara demeura impassible, et perplexe. Et s'il s'agissait d'une ruse ? Un grand mage noir aurait très bien pu briser les protections de la maison. Mais au fond, elle savait que ce n'était pas ça. La jeune femme observa Elena. Qu'avait-elle à dire pour sa défense ?
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Elena Lewis
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Elena Lewis, Jeu 12 Aoû - 15:33


La jeune poufsouffle avait stoppé ses larmes, elles ne coulaient plus. Était-ce de la simple volonté ou était-ce à cause du stress causé par Eurora et Sara, elle ne saurait le dire. La scène était comme figée depuis plusieurs minutes, seules les respirations se faisaient entendre. Les deux sorcières étaient toujours coincées dans l’entrée de la pièce et Elena était toujours assise sur son vieux lit dépouillé.
La seule chose qui était venue perturbée ce silence constant était le flot de paroles d’Elena et la réponse d’Eurora. Sara, elle, restait impassible, attendant que quelque chose se passe, peut être attendait-elle qu’Elena se lève, crie, pleure de nouveau, leur tende un piège ou autre chose. En tout les cas, mademoiselle Shake restait assez distante quant à la scène dont elle était une des protagoniste.

Elena ne savait pas vraiment ce qu’elle devait faire. Demander aux jeunes femmes d’abaisser leurs baguettes, prendre la sienne et la lever pour se défendre, se lever du lit afin de se mettre à leur hauteur… Elle était en situation inférieur, il ne valait peut être mieux pas se montrer agressive envers deux anciennes collègues, même si la situation était assez bizarre il fallait bien l’admettre.
Plus que bizarre même, Elena était en expédition dans la maison où elle était née et au lieu de trouver des réponses à ses questions, elle était tombée nez à nez avec son ancienne directrice de maison et son ancienne collègue chez les aurors. Elle était passée de l’état de tristesse et d’abandon à celui de surprise mêlé à la joie de retrouver quelque chose ou plutôt quelqu’un en rapport avec Poudlard.

Mais avec la réponse d’Eurora, Elena n’était plus sûre d’être contente de les revoir. Elle s’était sentie agressée sur le moment, bien qu’elle savait pertinemment qu’Eurora ne serait jamais méchante avec elle, mais sur le coup elle en avait douté, ça avait été plus fort qu’elle. Surement parce qu’elle se sentait intimidée par les deux sorcières.

Elena se demandait toujours pourquoi Eurora et Sara étaient ici, car aucunes d’elles n’avaient répondu à sa question. Eurora avait « riposté » une phrase à Elena et cette dernière venait seulement de l’analyser. Son ancienne directrice venait de dire qu’elles avaient vécu ici il y a longtemps, que c’était leur maison, et qu’elles étaient donc chez elles. Mais alors… Elena secoua la tête et reconstitua tout ça dans sa tête.

Le père adoptif d’Elena lui avait donné l’adresse de cette maison, lui disant que ses parents, ses vrais parents avaient vécus ici quelque temps, et qu’elle aussi par la même occasion. Et impossible de se tromper, il n’y avait qu’une maison à cette adresse, et qu’une adresse possible pour cette maison. Et les deux sorcières venaient de dire qu’elles avaient vécues là elles aussi étant jeunes. Le père d’Elena ne lui avait pas parlé d’autres sorciers qui avaient habités là ou avaient racheté cette maison. Alors qu’est-ce que les filles faisaient là? Elena était complètement perdue, encore plus qu’à son arrivée dans la demeure.
Elle sortit enfin de ses réflexions, elle devait une explication aux deux sorcières, elle prit alors la parole et tenta de trouver les bons mots afin d’être clair et compréhensible.

Mon père, enfin mon père adoptif, m’a expliqué que je n’étais pas sa vraie fille, après une grande conversation, il m’a donné un bout de papier avec l’adresse de cette maison, et m’a dit que j’avais vécu ici étant bébé. Il ne m’a pas donné d’énormes détails mais m’a dit que mes parents biologiques étaient morts et que peut être je trouverais certaines réponses ici. Mais je n’ai rien trouvé du tout comme vous pouvez le constater.

Elena baissa la tête, comme si elle avait perdue un combat, un signe de honte peut être ou de réelle tristesse. Elle espérait avoir été claire avec les mots qu’elle avait choisit. Elle espérait surtout éviter que Sara ou Eurora ne se mette en colère contre elle, de peur d’avoir dit quelque chose de mal, ou bien qu’elles croient que la jeune préfète leur mente. Ce qui serait totalement faux bien entendu, mais difficile de se faire comprendre dans un état de panique pareil, et qui plus est, dans un environnement aussi bizarre et tendu.
Elena jouait maintenant avec son bracelet comme elle le faisait à chaque fois qu’elle était stressée, attendant qu’une des deux sorcières veuille bien parler.
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Eurora, Mer 18 Aoû - 15:35


    >> Clik sur la musique du rp <<

    Etrange sensation lorsqu’on avait l’impression que quelque chose nous échappait. Comme en cet instant. Comment était-elle parvenue à entrer ? Tout était silencieux aux alentours. Rien ne bougeait, personne ne parlait. La jeune directrice pouvait même entendre jusqu’aux respirations de chacune des personnes présentes ici… La respiration de sa sœur à côté d’elle, son silence impassible mais perplexe : ce serait donc à elle de briser le silence qui s’était installé. Néanmoins, elle était bien trop perplexe en cet instant pour pouvoir prononcer un seul mot. Réorganiser ses pensées. Réorganiser ses pensées. Comment avait-elle pu s’introduire ici … Elle avait bien senti que la magie présente en ces lieux s’y trouvait toujours ; ils devaient certainement le protéger de toutes intrusions… Ce devait d’ailleurs être l’une des raisons pour laquelle la maison était encore dans un état plus ou moins potable. Dans le cas contraire, elle n’était pas certaine qu’elle n’aurait pas été en ruine depuis longtemps… Ou même que les mangemorts ne l’aurait pas détruite tout simplement. Or, la maison tenait encore. Il n’y avait aucun doute, la magie tenait encore ici. Il suffisait même de fermer les yeux deux secondes et l’on pouvait la sentir imprégner les lieux.

    Avait-elle volé l’identité de quelqu’un ? Hypothèse qu’Eurora réfuta dans son esprit. La Elena qu’elle connaissait préfète de sa Maison n’utiliserait pas ce subterfuge… A moins qu’elle ait des raisons évidentes de se rendre ici ? Qui plus est, c’était son… père qui lui avait donné cette adresse ? Pourquoi son père ? … Père adoptif excusez-moi. Détail qui a son importance. Ainsi, elle aussi serait fille adoptée ? Eurora avait l’impression d’en rencontrer à tous les coins de rues.

    Pourtant, elle avait rêvé bien des fois de ses parents … Comme des flashs d’une enfance dont seul son inconscient se souvenait et qui lui revenaient pendant son sommeil … Ses parents, elle les avait vue, en bas, dans ce même décor, dans ce salon, ce salon à présent recouvert de draps blanc, vide de vie, et pourtant Merlin seul savait combien de souvenirs se cachait en ces murs … Elle s’était vus, elle et sa sœur, jouant au sol avec des jouets, et sa mère, sur le canapé, balançant au gré de ses chants une autre petite fille sur ses genoux, plus jeune. Peut-être était-ce une enfant dont elle avait la garde ? Peut-être était-ce l’enfant d’une des voisines qu’elle avait l’habitude de garder. Ce ne serait pas la maison qui leur fournirait les réponses. Les murs demeuraient aussi muets que des tombes.

    Pour le moment, la seule explication qui lui venait était que cette maison avait eu d’autres occupants avant que ses parents ne l’achètent. Et ses occupants avaient eu une fille, et c’était Elena. Quel âge avait Elena ? Comme tous les élèves, elle avait eu sa fiche en mains. Elle avait dix-sept ans, pas plus. A l’époque, lorsqu’elle l’avait vue la dernière fois… Des mois s’était écoulés depuis. Elle devait avoir 18 ans là … 19 ? Elle ne savait plus ; le temps était étrange parfois. Il n’avait plus la même profondeur à certains moments, paraissait passer bien plus vite parfois, ou plus lentement. Si elle avait cet âge, alors il y avait quelque chose d’étrange … La maison appartenait à ses parents à l’époque. Eurora et Sara avaient deux ans.

    Quelques mois avant d’être séparées …

    « Je ne comprends pas… »

    Une soudaine lassitude s’empara d’elle. Abaissant quelque peu sa baguette, elle marcha vers le lit sur lequel elle s’effondra, passant inconsciemment ses doigts sur la couverture mitée sans aucun doute mais dont les dessins étaient encore parfaitement discernables. Une preuve de ce qui avait existé avant. Cette maison était le – seul - garant immuable d’un passé enfoui dans le lointain. Avec des gestes lents, elle découvrit le lit de son drap, comme espérant que les draps encore en place laisseraient entrevoir une partie de ce qui était perdu, comme si elle voulait voir le décor dans lesquels ses parents avaient sans doute dormi. Son geste créa un souffle d’air qui sembla faire s’envoler autre chose … Quelque chose qui se trouvait caché sous le drap, quelque chose preuve d’un passé qui jamais ne renaîtrera.

    Une photo s’en était échappée. Une photo de deux personnes : un homme brun et une femme aux cheveux blonds… cheveux semblables déjà aux trois personnes présentes ici. Un regard espiègle pour l’un, un sourire rieur pour l’autre. Le décor, c’était le salon, en bas. Une photo, témoin de deux existences qui s’étaient éteintes il y avait longtemps. Ce que découvrit Eurora sous les draps fut un lit fait comme s’il attendait quelqu’un à dormir. Mais il était froid, comme témoignant du fait de ne pas avoir servi pendant longtemps. Ou comme témoignant de l’hospitalité de ses habitants. Il n’y avait rien d‘autre cependant sous le lit et Eurora s’était retournée alors subitement, le regard sombre. Elle n’avait pas vu la photo s’envoler sur le moment. C’est là que son regard rencontra cette photo au sol … Une main se portant à son cœur subitement alors qu’elle enregistrait une douleur aigue dans la poitrine, elle resta interdite un instant.

    Les battements de son cœur s’accélèrent, un frisson se répandit dans son corps alors qu’elle reconnaissait le visage de la femme sur la photo… comme ressemblant étrangement à celui également qu’elle contemplait tous les matins dans son miroir. Aussitôt, en un mouvement, elle s’était laissée tomber à genoux et sa main tremblante s’était emparée de ce trésor. Un instant, une infinie reconnaissance et une tendresse immuable vinrent teinter son regard. La photo était ancienne. Cela se voyait par sa couleur un peu jaunie qui caractérisait l’ensemble de la photo. Elle n’en était pas moins emplie de vie. Les deux personnages souriaient, lui souriaient, comme s’ils étaient là, devant elle … Elle ressentait leur présence rien qu’en les observant, rien qu’en plongeant dans ce décor, comme si elle voulait entièrement s’y enfoncer, comme si elle voulait entrer carrément dans la photo …

    Consciente de nouveau des deux personnes se trouvant avec elle, elle releva un regard sombre vers Elena. Avec l’impression d’avoir le cœur au bord des lèvres, sa voix fut cependant forte dans le silence de la pièce, quoique rauque, mais assurée.

    « Connais-tu ces deux personnes ? ». Prononçant ces mots, elle avait porté une main dans l’intérieur de sa cape, cherchant quelque chose … Une photo qu’elle gardait toujours sur elle depuis que son frère la lui avait donnée. Elle porta sa propre photo à côté de la première dans sa main tout en répétant … « Sais-tu qui sont-ils ? » Et ce qu’il en est arrivé … Et ce qu’ils ont fait pour nous, pour moi, pour Sara …

    Sa question sembla raisonner dans toute la pièce. Ses mots semblèrent créer une coupure tranchante avec le silence précédent. Mots qui s’éteignirent peu à peu mais Eurora demeura impassible, observant Elena, attendant une réponse

    Une réponse à ses questions. Probablement une réponse à toutes ses questions.
    A leurs questions.

    => Photo qu'Eurora vient de découvrir...
    Spoiler:
     

    => Photo qu'Eurora possède déjà...
    Spoiler:
     
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Elena Lewis
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Elena Lewis, Mar 24 Aoû - 16:54


Ce vieux lit dépouillé et poussiéreux semblait plus confortable qu’Elena ne le pensait. Elle était assise là depuis plus longtemps qu’elle ne l’aurait pensé. Et la situation dans laquelle elle et les deux sorcières se trouvaient devenaient de plus en plus étrange. Elena tentait de se sortir de là, mais Eurora était vraiment très curieuse et posait des questions auxquelles la préfète ne savait pas trop quoi répondre. Quant à Sara, elle était toujours aussi silencieuse, mais ses yeux en disaient long, sa baguette toujours brandit se joignait à son regard. Méfiance et réflexion. Elena se demandait ce à quoi mademoiselle Shake pouvait bien penser à son propos. On aurait dit qu’elle pensait qu’Elena préparait quelque chose de louche ou que sa présence ici ne signifiait rien de bon. Bien sur, la poufsouffle n’avait aucune pensée négative, elle voulait seulement découvrir certaines choses sur son passé, elle ne pensait pas attirer de si grands ennuis.

Elle entendit Eurora prononcer quelques mots. Quelques mots qui eurent beaucoup de mal à être prononcés. Elena leva la tête et vit son ancienne directrice abaisser sa baguette et s’avancer vers elle. Son regard plein de tristesse, elle semblait perdue, désemparée. Elena se revit quelques minutes ou heures plutôt, elle ne savait plus trop.. Mais elle était dans le même état, triste, prête à baisser les bras tellement les questions se percutaient à elle, elle déprimait et ne cessait de pleurer. Mais elle s’était calmée avec l’arrivée de Sara et Eurora. C’était au tour de Rora de se laisser aller visiblement…
Passant sa main sur le lit miteux ainsi que sur sa couverture, son ancienne directrice fut interpellée par quelque chose. Elle sortit sa main de dessous la couverture et en dénicha une.. Photo?
Alors là, Elena n’en revenait pas. Depuis le temps qu’elle était assise là à s’apitoyer sur son sort, à se demander pourquoi elle avait tant voulu chercher des informations sur son passé, et bien il y avait cette petite photo qui pouvait avoir une si grande importance pour elle.

Elle vit Eurora la prendre et la regarder attentivement. Qu’y avait-il de si précieux pour qu’elle l’observe comme ça? Sara, toujours silencieuse, ne bougea pas lorsque Rora découvert la photo, et ne dit rien non plus. Elena resta là, sans bouger, sans mot dire, de peur de troubler Eurora dans ses réflexions. Même sans parler, Elena se rendit compte qu’Eurora était plongées dans ses pensées, elle était plus qu’ailleurs, elle ne semblait même plus ici. C’est alors qu’elle se tourna vers la préfète, un regard que cette dernière n’avait jamais vu chez sa directrice, du genre « l’heure est grave .. ».
Elena était un peu étonnée de la voir comme ça, à la fois effrayante et sure d’elle, emplie d’une telle volonté que la poufsouffle n’aurait rien pu faire contre elle. La jeune fille se sentit agressée aux premières paroles d’Eurora, comme si elle voulait savoir tout ce qu’Elena savait, comme si elle était sure qu’elle aurait la vérité qu’elle veut entendre.

Elena regarda Eurora plus terrorisée que jamais, comme si elle venait de commettre quelque chose de grave. La directrice commença à la questionner sur les gens de la photo, comme si Elena savait qui c’était. Que devait-elle dire? Mentir afin d’éviter le courroux des deux sorcières ou bien la vérité? Elena, tu es une poufsouffle, et bonne ou mauvaise, il faut toujours dire la vérité, avec plus ou moins de tact bien évidemment. Elle regarda alors les photos puis Eurora et lui répondit.

Euh.. Et bien.. Je ne les connais pas, je ne les ai jamais vu, et cette photo n’est pas à moi. Qui sont-ils?

Elena était à deux doigts de craquer à nouveau, de lâcher toutes les larmes de son corps et de s’effondrer. Pouvait-elle se le permettre devant son ancienne directrice et Sara? Pleurer servirait-il à quelque chose de toute façon ? Elena ravala ses larmes et regarda devant elle, les deux sorcières l’observait toujours. Elle prit son courage à deux mains et se leva du vieux lit. Elle regarda l’une après l’autre mademoiselle Shake et Eurora. Qu’est-ce qu’elle avait à perdre de toute manière ? Elle prit alors la parole afin de se défendre du mieux qu’elle pourrait.

Je ne suis pas ici pour causer du tord à qui que ce soit. Je n’ai rien fait de mal, ni détériorer la maison. Je suis juste venue dans cette maison car elle appartenait à mes parents et je voulais savoir qui ils étaient, voila tout.

La détermination était plus forte dans son regard que dans sa voix, mais elle avait eu le courage de prononcer ces mots. Ceci étant fait, elle continua de regarder les deux jeunes femmes en attendant une réaction, une réponse ou même un geste, comme par exemple que Sara abaisse sa baguette ou que Rora change de regard envers elle. En espérant qu’elle ait été convaincante…

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Sara Shake
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Sara Shake, Mar 14 Sep - 16:55


Se rendant compte que la jeune femme assise en face d'elles ne représentait aucun menace, Sara abaissa sa baguette magique mais garda ses doigts crispés dessus. Sans savoir pourquoi, elle avait des frissons qui lui parcouraient l'échine, la faisant trembler légèrement. Pourtant, au fond d'elle, elle savait qu'elle n'avait rien à craindre. C'était juste que... cette situation devenait de plus en plus étrange. L'ex Serdaigle était venue en Allemagne dans l'espoir de découvrir enfin ses origines et voilà qu'elle et sa sœur tombaient sur une ancienne collègue Auror et jeune préfète à Poudlard. Si ce n'était pas un piège, alors Elena devait avoir une bonne raison de se trouver ici.

Les pensées se bousculaient dans la tête de Sara. Encore plus lorsque Elena leur révéla qu'elle avait été adoptée et que cette maison avait appartenu à ses parents biologiques. La jeune femme sentit une boule se former dans sa gorge et déglutit difficilement sa salive. Jetant un regard à Eurora qui semblait lasse, elle chercha dans son expression quelque chose qui trahissait sa compréhension à l'histoire. Mais la Directrice ne paraissait pas saisir les morceaux pourtant évidents à recoller. Elle sortit deux photos et les montra à la préfète, lui demandant si elle connaissait les deux personnes sur le cliché. Elena lui répondit que non et répéta qu'elle n'était ici que pour chercher des réponses. Et qu'ici était son ancienne maison.

Soudain, un souvenir revint en mémoire de Sara. Elle revit Alexandre, le frère adoptif d'Eurora, leur remettre une preuve de leur parenté. C'était à partir de ce moment que la vie de la jeune femme avait basculé. Et celle d'Eurora, par la même occasion. Le pire, c'était qu'elles n'étaient pas les seules sœurs à s'être perdue. Il y en avait une autre, une plus jeune, bien cachée et introuvable. Et si... ? La respiration haletante - elle avait oublié de respirer alors qu'elle se remémorait ce jour - Sara fit aller ses yeux de Elena à Eurora, puis à elle, sa personne se reflétant dans le vieux miroir crasseux en face d'elle. Elle déglutit à nouveau et s'approcha de Elena, se mettant à genoux devant elle, le regard fixé sur ses yeux bleus, iris claires entourées de vert. Le même vert que les yeux de Sara et que les petites tâches qui piquetaient le regard bleu de sa sœur jumelle.

La jeune préfète devait se demander ce qu'il prenait à Sara de s'agenouiller devant elle et de la fixer ainsi. Sara savait qu'elle devait la mettre mal à l'aise mais une révélation de telle importance lui faisait perdre tous ses moyens. Se tournant brusquement vers Eurora qui se tenait à deux pas, elle lui prit les photos des mains, précautionneusement et les remontra à Elena, un grand sourire aux lèvres, ses yeux émeraude légèrement humide.

« Ces personnes... ce sont nos parents... Ils ont vécu dans cette maison il y a environ dix-sept ans, alors qu'Eurora et moi n'avions même pas trois ans. Un malheur s'est abattu sur notre famille et nous a séparées ; à jamais de nos parents... quelques années l'une de l'autre. »


Elle se tourna vers Eurora, se demandant si elle avait compris. Au fond d'elle-même, elle le savait. Reprenant après plusieurs secondes de silence, Sara ferma les yeux, en proie à une tristesse soudaine

« Mais nous n'étions pas les seules enfants de ces deux personnes... Non... Nous avions une petite sœur, plus jeune que nous de plus d'un an. Nous avons été séparées d'elle également... et nous cherchions en vain où elle se trouvait. Nous espérions trouver des réponses ici... et... je crois que nous en avons trouvées. Elena... »


Ne trouvant plus la force de continuer, Sara se tourna vers Eurora...
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Eurora, Ven 17 Sep - 1:12


Eurora, les mains tremblantes à présent, avait toujours la photo entre ses mains et son regard n’était plus dirigé vers Elena ; regard qu’elle sentait elle-même un peu trop inquisiteur sur la jeune fille et elle ne voulait paraître si dure… Si elle l’était, c’était bien malgré elle mais, cette situation était… pour le moins étrange. Considérablement à vrai dire. Elle ne savait que penser. Elle espérait silencieusement que Sara lui vienne en aide d’une quelconque manière que ce soit… Pour le moment, elle était plus que perdue … Il fallait commencer par ordonner ses pensées, mais tout se mélangeait tellement dans son esprit qu'il était ardu de parvenir à démêler quoique ce soit.

La jeune Directrice releva doucement la tête vers… vers Elena lorsqu’elle lui répondit et son regard brillait tellement à cet instant qu’elle aurait cru elle-même qu’elle allait craquer… Mais, elle conserva son calme et son sang-froid ; elle ne put cependant lui répondre… Par les mots qui se formaient dans son esprit. Comme elle venait de le leur dire, Elena n’était pas venue pour leur nuire. Elle n’avait pas besoin de le dire ; Eurora en était persuadée mais, elle ne put rien dire sur cela, hormis un bref hochement de tête… Elle l’était intimement convaincue, comme quelque chose qu’elle avait toujours su, au fond, mais… voilà, elle ne pouvait pour le moment réagir ou même réfléchir. Car, les paroles qu’elle avait prononcé, bien qu’elles aient été dites dans toute la sincérité possible et d’une voix qui ne sous-entendait aucun mensonge, lui avait causé une brusque choc… Justement encore plus car elles semblaient si sincères…

Son attention se riva de nouveau sur les deux photos qu’elle tenait dans ses mains, le regard tout autant ému. Puis, relevant la tête, elle tenta de formuler de la manière dont les mots s’acheminaient dans son esprit…

« C’est… », commença t-elle avant de s’interrompre en proie à la plus intense émotion. Il lui était bien impossible de dire quoique ce soit… Elle avala sa salive, priant pour que Sara lui vienne en aide. Pour cela, elle tourna le visage en sa direction. C’est là qu’elle l’entendit prendre la parole… Infiniment reconnaissante, elle l’écouta, se contentant d’assister.

En voyant sa sœur s’approcher tout d’abord et se mettre à genoux devant Elena, Eurora ne comprit pas ; elle les regarda l’une après l’autre alternativement… La jeune Phénix faillit lui demander si quelque chose n’allait pas mais, elle n’osait parler… en imaginant seulement que les mots auraient pu sortir. Se tournant alors vers elle, elle laissa sa sœur jumelle lui prendre les photos des mains puis les montrer à Elena… et lui expliquer, et dans sa voix l’on pouvait discerner vraisemblablement qu’elle était elle aussi émue.

Eurora se sentit tressaillir, à chacun des mots qu’elle entendit de sa sœur… Elle ignorait si elle allait tenir, mais entendre prononcer à haute voix depuis si longtemps l’horrible tragédie qui avait frappé leur famille et les avaient séparé, ce fut… Trop. Son regard se baissa, espérant éviter qu’on ne le voit un peu trop humide, et dans l’espoir de parvenir à se ressaisir un peu plus facilement. Seules ses mains qu’elle avait crispé sur le rebord de sa cape pouvait indiquer le trouble dans lequel elle se trouvait. Chacun des mots de Sara semblait marteler son cerveau, et elle eut l’intime conviction qu’ils avaient exactement le même effet sur un autre cerveau… innocent d’une personne se trouvant avec elles ce soir-là… Ou plutôt, de trois personnes.

La jeune femme se leva du lit sur lequel elle se tenait et fit quelques pas dans la pièce, laissant Sara parler, tournant ostensiblement le dos à toutes en proie à la plus vive agitation intérieure. Lorsqu’elle se rendit compte que la voix de sa sœur s’était tue, elle se tourna vers elle et s’aperçut qu’elle l’observait… De toute évidence, elle avait peine à continuer… Cela se comprenait amplement… « A moi ? » Qu’y avait-il à dire après ?... Elle hocha cependant silencieusement la tête, sans savoir si elle se sentait la force de poursuivre et sans savoir ce qu’elle devait dire, ou ce qu’elle avait à dire… Pourtant, elle devait parler ; c'était elle qui en savait le plus long. Esquissant un maigre sourire et respirant profondément, elle prit la parole et sa voix lui parut à elle-même énormément rauque et étrangère… Comme si cela faisait longtemps qu’elle n’avait parlé.

« En vérité… Nos parents nous ont… Ils ont donné leur vie pour nous sauver. Ils… Nous ont confiées à des amis à eux, des amis qui, conscients sans nul doute des risques qu’ils prenaient en se mêlant à cette affaire, se sont par la même mis en danger… C’est ainsi que ma… Que Mr et Mrs Caldin ne sont plus là pour… en témoigner aujourd'hui, mais jusqu’au bout ils m’ont protégée… Jusqu’au bout ils ont… tenu la parole qu’ils avaient donnée à leurs amis… Heureusement, Mr Shake n’a pas connu ce sort… (elle jeta un bref coup d’œil en direction de Sara, esquissa un bref sourire, certes crispé puis retourna son attention sur Elena)… Nos parents… étaient … mangemorts… J’ignore par quelles circonstances et sans doute le saurons-nous jamais, mais ils ont voulu se retourner contre leurs anciens … alliés, et… Mais, ceux-ci n’étaient évidemment pas de cet avis… On ne quitte pas un groupe soudé tel que leur élite juste comme ça, juste en le voulant… Ils devaient sans doute avoir découvert sur eux des... choses terribles pour que... Pour qu'ils aient si peur et veulent prendre la fuite et... que leurs anciens amis veulent les tuer... Mais… Ils ont eu juste le temps… d’organiser… notre fuite… qui s'est faite le 15 Mars 2059… »

Son débit de paroles était certes haché, hésitant mais sa voix tremblait tellement alors qu'elle énonçait des faits qui lui arrachait le cœur rien que d’y penser, qu'elle en était certainement toute excusée.

Pendant des semaines et des semaines, ses parents se sentaient pourtant épiés. Les quelques pages de journal intime qu’elle tenait de son frère, Alexandre, écrite de la main de sa mère et trouvées certainement ici dans cette maison… Il lui semblait les voir devant ses yeux… L’écriture tremblante, comme guidée parfois par la peur… Des lettres où le désespoir de jamais s’en sortir se lisait à chaque mot, chaque syllabe. Ils savaient qu’ils étaient condamnés … ils s’étaient battus, jusqu’à ce qu’ils mettent enfin leurs enfants hors de tous dangers. Mais après… Eurora soupçonnait qu’ils seraient restés en arrière, qu’ils ne se seraient pas enfuis, en espérant que leur sacrifice puisse masquer le départ de leurs filles. Au fond d’elle, elle en était intimement persuadée.

Pendant des semaines, ils s’étaient sentis épiés, jusqu’au point où sa mère finissait par ne plus sortir du tout… Et… Pendant qu’elle parlait, à présent, Eurora ne se sentait aucune force d’observer ni Elena, ni Sara. Elle fixait son regard en face, droit sur le mur qui lui faisait face, incapable de soutenir aucun regards. Comme pour se donner plus de courage qu’elle n’en avait, elle parlait, le regard dans le vide, comme un orateur qui, au fil d’un discours, se laisserait emporter par le fil de ses propos. Il faudrait qu’elle leur montre ces pages de journal qu’elle conservait si précieusement chez elle… Il faudrait… Elle n’y avait jamais songé depuis qu’elle les avait…

« … C’est ainsi que… Le 16 Mars 2059 à 1h15 du matin selon le rapport de police qui a eu lieu par la suite et que m’a répété Alexandre…, c’est ainsi que leurs trois enfants… se sont retrouvées orphelines, à des milles et des milles d’ici même, ignorantes du massacre et du sacrifice de leurs parents… »

Et elle jurerait, l’avoir ressenti, ce jour-là… Il y avait eu de l’orage ce soir-là et elle avait été soudain réveillée, et s’était mise à pleurer… Ce souvenir était vivant en elle. Mais même après que le coup de tonnerre se fut tut et que la pluie l’eut remplacé, la petite Eurora avait continué de pleurer jusqu’à ce qu’elle soit vidée de larmes… Les Caldin n’avait jamais pensé que seul l’orage eut put être le seul coupable de ceci car la petite pleurait à s’en arracher le cœur dans la poitrine et sa peine n’en finissait pas. C’était plus profond… Plus profond que cela : Un lien venait d’être brisé. Deux liens.

Elle s’était tut, la respiration haletante et s'était retenue tout le long de ses paroles de verser la moindre larme ; il avait fallu qu'elle reste concentrée sur son récit, qu'elle puise tout au fond d'elle-même pour y trouver la force. Elle sentait son cœur lourd cogner contre sa poitrine, comme s’il désirait en sortir. Le silence, lui aussi, était … pesant, mais elle ne se sentait pas la force de dire quoique ce soit d’autre. Elle tourna le regard vers la jeune Préfète, l’observa à la dérobée et l’espace d’un instant, fut troublée et s’en voulut de ne pas avoir vu plus tôt que devant elle, ce n’était rien d’autre que leur petite sœur… celle là même qu’elle avait vue sur les genoux de sa mère, dans l’un de ses rêves qu’elle avait fait et qui n’était qu’une réminiscence de son passé… tandis que les deux autres jouaient par terre avec divers jouets. Ce souvenir d'un bonheur parfait, et à jamais enterré.

Mettons cela sur le fait que cela faisait 17 ans qu’elle ne l’avait pas vue et qu’elle avait bien changé…
Eurora se tourna légèrement vers le miroir sale et poussiéreux se trouvant encore ici, et intacte malgré les années passées ici - signe encore que personne de leurs ennemis n'avaient pu profaner ce lieu familial -. Un instant, son regard se posa sur les trois silhouettes qu'elle voyait se refléter et dont l'image lui était renvoyée.

[HJ : Comme il est simplement indiqué dans le contexte que nous sommes à l'aube du 22e siècle, je suis donc partie sur la base que nous étions actuellement en 2080...^^ J'espère que ça convient = ) ]
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Elena Lewis
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Elena Lewis, Mer 29 Sep - 18:37


Visiblement, ses derniers mots avaient convaincus les deux sorcières. Sara avait abaissé sa baguette sans pour autant l'avoir rangé. Elena ne pouvait que la comprendre, vu la tention qui régnait, il était normal que toutes soient sur la défensive, et encore... Elena n'était même pas sure que Sara se rende compte qu'elle ait sa baguette en main, mais plutot quelque chose à quoi s'agripper afin de se départir de sa frustration. Ou du moins essayer...
Eurora quant à elle avait changé de regard envers la préfète, elle s'était détournée surement pour tenter de cacher ses émossions ou peut être même des larmes. Trop d'émotion surement, parce que contre toute attente, Elena vit son ancienne directrice se lever et lui tourner le dos. Première fois depuis leur arrivée qu'elle ne regardait pas la préfète. Sara, avait non seulement baissé sa baguette mais avait aussi changer d'expression, elle semblait plus... seraine ou moins agressive envers Elena. Ce qui surpris cette dernière bien évidemment. Et ce qui l'étonna encore plus, c'est que la serdaigle s'approcha d'elle, doucement, les yeux toujours fixés sur la préfète. Les questions commencèrent à apparaitre dans son esprit. Que faisait Sara? Allait-elle... Pas eu le temps de mettre toutes ces interrogations dans l'ordre que la serdaigle s'était agenouillée devant Elena. Mais qu'est-ce qui se passait ici? Cette question dut se lire assez clairement sur le visage de la jeune fille. Eurora qui s'était montré jusque là, compréhensive envers son ancienne préfète, tournait le dos à la conversatoin. Et Sara, qui s'était montrée distante et même méfiante, était très proche d'Elena, un petit sourire aux lèvres, prête à devenir douce et gentille.

La préfète était plutot perturbée par ce qui se passait mais n'osait ne rien dire de peur de mettre en colère les deux sorcières ou bien de les vexer. La situation était déjà assez spéciale, autant ne pas en rajouter. Les émotions de la jeune fille étaient sur le point d'exploser. Elle était tellement contente de revoir deux membres de son ancienne école, elle avait envie de leur dire, mais en même temps elle était tétanisée et n'osait bouger. Elle éprouvait aussi un choc de voir Eurora réagir de la sorte avec elle, et elle était assez intimidée par Sara. Les larmes qu'elle avait contenue jusqu'à maintenant étaient sur le points de se déverser. Non, pas maintenant. Elle avait déjà pleurer avant que les deux jeunes femmes arrivent, elle allait devoir se retenir encore un peu. Elle ferma les yeux, repira un bon coup et réouvrit les yeux. La voix de Sara lui fit reprendre pied. Elle se concentra sur les mots que celle-ci prononcait. Mais qu'est-ce qu'elle disait? Ses parents, à elle et Eurora, donc elles étaient soeurs, jumelle, et.. quoi déjà? Une autre soeur? Donc ça faisait trois filles en tout. Une petite soeur, qui plus est, et puis.. Quoi Elena? Qu'est-ce qu'elles avaient trouvé ?

La préfète avait tout écouté, mais n'était pas sure d'avoir tout compris. Ou plutot si, elle avait tout compris, mais avait peur de se tromper, ou alors son esprit refusait de voir la vérité, ou de tout simplement l'accepter. D'après Sara, ça voudrait dire qu'Elena serait...
Eurora releva la tête vers Elena mais ne dit rien, juste un hochement de tête, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle se leva du lit, laissant la préfète en tête à tête avec Sara. Une fois ses paroles prononcées, cette dernière se tut, plus par contrainte que par sa volonté, visiblement elle voulait continuer ses explications, mais les émotions lui nouaient la gorge. Eurora qui refesait face à la situation, prit à son tour la parole, Elena leva ses yeux dans sa directoin, bien décidée a comprendre plus de choses qu'avant.

La préfète se rendit compte dès la première phrase, que Rora avait du mal à parler et à contenir toutes les émotions qu'elle enfermaient en elle. Plus elle parlait, plus les joues d'Elena s'empourpraient, ses yeux commencaient à se remplir de larmes et ses mains étaient moites. Les émotions affluaient et étaient sur le point d'exploser. Les phrases étaient enregistrées, les mots l'avaient percuté, et son esprit tentait de tout remettre en ordre. Eurora, Sara, leurs parents, cette maison, leur passé, ces deux soeurs jumelles, une troisième soeur... Elena était-elle la petite soeur perdue? La petite soeur orpheline, dont le passé était inconnu...

Tout se chamboulait dans sa tête. La préfète se remémorait son passé, son enfance, ses parents adoptifs. L'histoire que son père lui avait raconté sur ses parents biologiques et ce que venait de relater les deux sorcières collait parfaitement avec le passé de la jeune fille. Tout s'expliquait d'un coup. Le regard inquisiteur des deux soeurs sur Elena, leur comportement plutot étrange avec la jeune fille, leurs réactions ainsi que leurs propos. Tout semblait logique à présent, mais... Etaient-elles bien sure que la préfète était leur jeune soeur? C'était assez dur de se faire à l'idée. L'ancienne directrice des poufsouffles et un ancienne collègue auror étaient en fait les deux grandes soeurs jumelles d'Elena. Et pendant tout ce temps, personne ne s'en était rendu compte. C'était tellement bizarre, et si soudain. Elena avala sa salive alors que sa respiration devenait plus rapide, elle s'était remise à jouer avec son bracelet. Et prenant son courage à deux mains, elle se décida enfin à prendre la parole, il semblait que c'était à son tour de parler.

Donc.. Si j'ai bien compris.. Je serais la euhh.. petite soeur perdue? La troisième fille? Votre petite soeur? Vos parents, enfin les gens sur les photos que vous avez, ce serait aussi mes parents, c'est bien ça? C'est ça hin?

Les yeux de la jeune fille s'emplirent de larmes, non pas de tristesse, mais de joie. Elle ne pouvait pas se tromper, quelques chose au fond d'elle lui disait qu'elle avait raison et avait envie d'exploser pour s'exprimer. Se pouvait-il que les mystères de son passé soient résolus, enfin? Elle avait retrouvé la maison de ses parents, elle les avait vu en photo, et avait par la même occasion retrouvé ses deux soeurs. Autant de merveilles en un seul coup, était-ce vraiment la réalité? Le regard brillant, elle baissa la tête et regarda son barcelet, c'est alors qu'elle vit une larme, une seule et unique larme tomber sur sa main, preuve qu'elle ne rêvait pas et que tout ce qui venait de se passer était bien réel.
Elle releva la tête, un petit sourire aux lèvres, de peur de trop exprimer sa joie, et regarda, chacune leur tour, les deux sorcières présentes. Nan, elle les observait plutot, et maintenant qu'elle y faisait plus attention, elle décela les ressemblances flagrantes entre Eurora et Sara. Les même cheveux blond, le même regard, la même posture, mais aussi la forme de leur bouche était casi identique.
Mais Elena aussi avait quelques caractéristiques de ressemblance, les cheveux blonds, la forme des yeux, et elle avait un point commun avec Eurora : les poufsouffles.
Son regard continuait de faire des va et viens, mémorisant les expressions de leur visage, attendant qu'une des deux ou même les deux en même temps aient une réaction.
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Eurora, Jeu 30 Sep - 23:33


[J'adore ton RP *_* ]

Elle devait parler, elle devait dire quelque chose… Elle se sentait la responsabilité de parler, sans pouvoir l’expliquer. C’était elle qui en savait le plus, grâce à son frère ; c’était elle qui était le plus en danger aussi… En effet, si ceux dont son frère s’occupaient d’entraîner sur ses traces afin de détourner l’attention de sa sœur de cœur, il n’en demeurait pas moins qu’elle demeurait la plus exposée à un potentiel danger. C’était sa famille adoptive qu’il était parvenu à assassiner ; c’était elle qui savait le plus de choses. Elle ignorait comment, pourquoi… Mais elle le savait. S’ils retrouvaient la trace de son frère, s’ils le tuaient, s’ils s’infiltraient dans ses pensées, ils sauraient tout… Non seulement ils sauraient tout du lien très proche qui unissaient les deux jeunes gens, mais en plus de cela, ils pourraient se servir de lui comme appât. Et s’il y avait une chose qu’elle savait, c’était que si Alexandre était en danger à cause d’elle, elle ne réfléchirait pas à « si c’était un piège », pour une fois. Elle foncerait, en se fichant des conséquences. Quitte à se mettre en danger, quitte à faire tout pour le libérer, et ce même si elle devait y rester. La seule pensée que sa famille puisse être touchée encore plus lui était une pensée intenable. Cette seule pensée lui oppressait tellement la poitrine qu’il lui fut impossible de respirer pendant plusieurs longues secondes.

Etait-ce une bonne chose finalement d’avoir reconstituée ce qui restait de sa famille ? Etait-ce une bonne chose d’avoir dit une bonne partie de l’histoire ? N’aurait-il pas été mieux de ne pas tout dire, dans le seul but de maintenir plus de sécurité autour d’Elena ? Elena qui, encore cinq minutes auparavant, ignorait tout et en cela elle était en sécurité. Plus qu’elle ne pouvait le soupçonner. Eurora savait ce dont elle parlait… Elle avait échappé elle-même en voulant sauver sa mère, Mrs Caldin. Même si ça avait été un piège ; ils s’étaient d’ailleurs servis d’Alexandre ; ils avaient pris sa place. Eurora n’en devait qu’à la chance d’avoir pu s’échapper, de s’être rendue compte à temps que c’était un piège. Maintenant, il faudrait qu’Elena soit aussi sur ses gardes… Eurora était-elle obligée de tout dire ? ou pouvait-elle se contenter de ce qu’elle venait de dire ? Devait-elle toute la vérité ? Une part d’elle disait que non. Mais une autre…

Les mots ne semblaient en tous cas pas pouvoir encore sortir. Elle restait sans bouger, les mains glacées, non pas qu’il faisait froid dans la maison quoiqu’un peu… Ce qui était normal. Eurora avait froid rien que de penser qu’inconsciemment elle venait d’inclure une autre personne dans cette histoire, alors que cette dernière avait passé 17 ans de sa vie dans l’ignorance… Ce qui avait été préférable d’un certain côté. Mais, avec raison, elle songeait à son propre sentiment lorsqu’elle avait appris que celle qui l’avait vue grandir, et élevée, n’était pas sa véritable mère. Elle leur en avait voulu… De leur avoir caché la vérité. Mais pas longtemps. Jusqu’à temps qu’Alexandre lui apprenne tout. Néanmoins, elle avait vu tout son monde s’écrouler en une seconde et elle leur en avait voulu. Tout ce qu’elle avait cru la vérité n’était qu’un voile tissé dans le mensonge. Mais, non, pas entièrement, s’était-elle rassurée… La sincérité avec laquelle Mr et Mrs Caldin l’avaient élevée. Elle avait été comme une fille pour eux, au même titre qu’Alexandre et Marie étaient leurs enfants. Elle ne pouvait remettre en cause leurs sentiments. Et aujourd’hui, alors que sur le moment elle les avait détestés, elle honorait leur mémoire. Comme pour ses vrais parents, elle ne recherchait qu’une seule chose : Les venger.

Tournant le regard vers la jeune Préfète, elle l’observa attentivement. Son visage était impassible bien qu’intérieurement elle était secouée de sentiments et d’émotions tous autant étranges et contradictoires les uns les autres. Que ressentait-elle ? Sans doute la même chose qu’elle-même avait ressenti ?... Elle ne savait pas. A quel point étaient-elles semblables ? Réagissait-elle de la même manière à des évènements ? Etait-elle secouée de la même émotion ? Ressentait-elle cette envie de venger des parents qu’elle n’avait pas connu avec la même intensité que celle dont Eurora était secouée ? Elle savait bien que son regard posé sur elle pouvait l’interroger ; elle se demandait très probablement même ce qu’elle pouvait bien penser, si elle allait éclater d’une quelconque manière ? Et laquelle ? Car, jusque là, on ne pouvait pas dire que la jeune Directrice avait exposé réellement quelles étaient les émotions qui l’animait.

« Ces trois enfants… Ont grandi loin de tout cela… Très loin… En sécurité, dans l’ignorance du dernier geste que leurs parents ont fait pour eux. Mais alors que tous les enfants grandissent et que bien souvent ils voient leur innocence s’envoler, la Vérité finit toujours par les rattraper … Et oui, tu es bien la troisième, je crois. Dans le cas contraire, je doute que tu aurais pu entrer jusqu’ici de toute façon… »

L’impression que son histoire n’était pas finie. La sensation qu’il lui restait à conclure, que l’histoire n’était pas achevée, qu’il en manquait un bout avait fini par lui rendre provisoirement la parole. D’une voix basse, la gorge resserrée. Indirectement, elle répondit aux questions que se posaient Elena… Sans savoir si elle les posait car elle l’ignorait réellement ou bien si c’était simplement pour s’assurer qu’elle avait bien compris.

« Cela fait longtemps que je le sais, en vérité… J’avais un doute, un pressentiment… Jamais je ne saurai ce qui m’a empêchée de le vérifier, en imaginant que j’aurai découvert quelque chose du moins. Sans doute n’ais-je pas voulu écouter au fond de moi… Nos parents nous ont mises en sécurité, je ne pouvais les décevoir… Tant que tu ignorais tout qui plus est tu étais plus en sécurité… »

La peur d’être déçue aussi, qu’au final elle se serait trompée. Cette peur l’avait alors tétanisée. Eurora demeura silencieuse pendant un moment. De longues secondes durant lesquelles elle sembla méditer longuement sur quelque chose. Elle finit par ajouter en se rapprochant d’un ou deux pas, sans quitter Elena des yeux avec laquelle elle semblait de plus en plus se rendre compte de similarités. Quelque chose dans la forme du visage, dans le dessin de la bouche, dans l’éclat des yeux même… Et les cheveux ! Toutes trois avaient hérité de la chevelure blonde de leur mère. Peu à peu, elle fut certaine qu’elles ne faisaient pas erreur, qu’elles étaient bien toutes trois de la même famille…

« Et dire que… J’en ai rêvé. Dans ce salon, en bas, directement j’ai reconnu le lieu. Nous trois… Nos parents… Une famille réunie... Je nous ais vues. Sans doute un des derniers soirs… Je ne peux pas expliquer pourquoi, je sais juste que ça s’est passé… Nous étions si jeunes… ».

Depuis fort longtemps elle n’osait même plus prononcer ce mot… Famille. De crainte de remuer le passé, de crainte de ne pouvoir avancer… De crainte de ressentir des regrets, ou même de vivre dans le passé. A personne elle n’avait jamais dit les rêves qui hantaient parfois ses nuits. Celui-là était le plus joyeux, mais aussi le plus triste, même s’il provenait d’un passé heureux. D’autres… Comme celui où elle revoyait le jour où ses parents avaient combattu, celui où sa mère tombait, puis où son père faisait face avec témérité en se lançant dans la bataille qu’il savait la dernière, son cri déchirant lorsque son épouse s’écroula lentement en arrière… ça, non, elle pouvait pas. Elle avait assisté impuissante à ceci dans son rêve. Elle ne pouvait se l’expliquer. Et elle ne pouvait le redire. C’était trop horrible. Et deuxièmement, autant éviter des souffrances inutiles aux personnes à qui l’on tient.

Elle semblait bien bavarde à présent, mis elle n’avait pas l’impression que c’était elle qui parlait. Compliqué. Elena les observait l’une après l’autre, sans oser un mot. En même temps, c’était normal… Elle devait encore être sous le choc de la révélation. Les croyait-elle même ou les prenait-elle pour deux folles ? Non, impossible, et elle le savait pertinemment au fond d’elle. Puis, un flash… Eurora demeura interloquée, un moment elle vit sa mère, dans son rêve, avec cette expression sur le visage… Cette expression déterminant une joie immense alors qu’elle avait sa plus jeune fille sur les genoux et qu’elle regardait les deux autres jouer au sol. Eurora ressortit tremblante de sa vision. Son visage s’effaça… Celui d’Elena reprit place de nouveau devant ses yeux. Eurora se rapprocha encore un peu, une expression égarée de gravée sur ses traits, une lueur étrange brillant dans les yeux et le timbre de voix hésitant, tremblant d’émotions. La voix rauque, elle lâcha douloureusement, presque hypnotisée par quelque chose qu'elle seule était en mesure de voir…

« … Elle avait le même regard que… toi tout à l’heure »

[HJ : Sara, je te laisse poster après elle pour le suivant x) Là, j'étais tellement inspirée que j'ai direct' commencé après avoir lu sa rep' *_* ]
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Elena Lewis
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Elena Lewis, Jeu 4 Nov - 19:32


Toujours sous le choc des dernières révélations, les sentiments d'Elena se mélangeaient, la peur, l'étonnement, la joie, la crainte, la stupeur, le soulagement. Tant de choses qui se percutaient entre elles dans l'esprit de la jeune fille, elle n'arrivait plus à retrouver pieds dans toute cette histoire. Elle s'était arrêtée d'observer ses... deux soeurs, de peur de paraître impolie ou dérangeante. Ses deux soeurs... La jeune fille avait encore du mal à y croire. Quelques heures auparavant, elle repensait à son école, à ses amis, aux professeurs, à ses anciens collègues aurors dont faisaient parties Eurora et Sara, cette dernière l'avait formée au combat et Rora avait été sa directrice, et aussi un guide pour ses premiers pas en tant que préfète. Toutes deux avaient contribuées à la formation d'Elena et l'avait fait devenir une bonne sorcière. Mais se dire qu'aujourd'hui il s'agissait de ses deux soeurs, inconsciemment elles avaient joué leur rôle à la perfection.

Eurora, jusque là silencieuse, avait repris la parole, brisant le silence pesant dans lequel les trois filles étaient plongées. Elle venait de confirmer les questions que se posait Elena. Oui, elle était bien la petite dernière du trio, la petite soeur manquante au puzzle. Mais alors que la jeune préfète levait les yeux vers son ancienne directrice pour mieux voir les émotions défiler sur son visage, une phrase l'interpella. Dans son dicours, Eurora venait de dire que tant qu'elle restait dans l'ignorance, Elena était en sécurité, ce qui voulait dire qu'elle ne l'était plus. Parlait-elle des mangemorts? Danger ou non, Elena avait eu besoin de trouver la vérité sur son passé, et peu importaient les risques. Avant de partir pour ce voyage, elle avait longuement parlé avec son père adoptif et il l'avait prévenu des risques qu'elle pourrait rencontrer, mais elle s'en fichait, elle était têtue et irait jusqu'au bout des choses. La partie incomplète à l'intérieur d'elle la poussait à retrouver sa vraie identité, il lui était impossible de vivre en totale harmonie sans ça. Voilà pourquoi elle était partie loin de chez elle, avait quitté son école, ses amis, ses cours, avait tout abandonné, pour ça. Sa vie.

Mais en arrivant dans cette maison, jamais elle n'aurait pu croire qu'elle pourrait découvrir autant de choses. Elle avait juste demandé à savoir qui étaient ses vrais parents, une photo ou un journal intime, quelque chose pour les identifier. Résultat, elle avait découvert et visité la maison où elle était née, retrouvé ses deux grandes soeurs, vu ses parents en photos et découvert ce qui leur étaient vraiment arrivées. Un si grand choc émotionnel pour une jeune fille de 17 ans qui ne s'attendait vraiment pas à tout ça. Mais maintenant, elle n'était plus seule, elle avait une famille, et quelque part au fond d'elle, elle savait que ses soeurs seraient là pour elle.

Malgré la situation, Eurora avait réussi à détendre l'atmosphère qui régnait dans le salon, son flût de paroles avait comme habillé la pièce, brisant le silence et mettant la préfète un peu plus à l'aise. Cette dernière se rapprocha encore un peu d'Elena avec un regard perdu dans le vide, comme si quelque chose voilait ses yeux. Elle tourna son regard vers la jeune fille et lui dit tout simplement qu'à travers le regard de la jeune sorcière, elle avait revu celui de sa mère. Leur mère...
Phrase qui donna immédiatement les larmes aux yeux à la préfète, impossible de les retenir cette fois ci, elle laissa quelques larmes couler sur ses joues, des larmes de joies. Elle avait été touchée par ces quelques mots, car pour elle c'était un compliment de ressembler à sa mère, car même si elle ne l'avait pas connu, sa mère était tout pour elle, son ange gardien, un modèle, une référence. Et dire qu'elle lui ressemblait, ne serait-ce qu'un peu, était la plus belle chose que quelqu'un povait lui rappeler.

Stoppant les larmes qui affluaient dans ses yeux, Elena détourna son regard d'Eurora pour le tourner vers Sara qui jusqu'à présent avait été presque spectatrice de la scène qui se déroulait devant ses yeux, tant elle avait été silencieuse et discrète. La préfète esquissa un leger sourire en sa direction et voulait lui poser toute sorte de question. Qu'est-ce qu'elle pensait de tout ça? Que ressentait-elle? Etait-elle contente d'avoir retrouvé son autre soeur? Tant de questions qui se chamboulaient dans sa tête. Mais une seule lui importait en ce moment, et elle n'hésita pas à la lui poser.

Sara, est-ce que vous.. tu... euhhh.. Est-ce que ça va ?

Ne sachant pas si elle devait la vouvoyer ou la tutoyer, elle avait préféré tourner la question à son avantage, pour ne pas se tromper. Elle avait toujours vouvoyer Sara, et la tutoyer d'un coup, était presque aussi brutal que d'apprendre qu'elles avaient un lien fraternel.



[ pardon pour cet énorme retard les filles.. manque de motivation, d'inspiration et de temps.. :/ Sorry.. Sara, à ton tour Wink



{ RP FINI - OUVERT POUR D'AUTRES RPs }


Dernière édition par Eurora le Ven 11 Mar - 11:13, édité 1 fois (Raison : Edit Eurora pour annoncer la fin du RP.)
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Philéas Byrne
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Philéas Byrne, Sam 2 Juil - 21:43


Privé avec Andrew Ceffyl



La lassitude est une présence sournoise qui vous guète dans l'ombre et vous tombe dessus au moment le moins opportun. C'est ce qui venait d'arriver au jeune chercheur, blasé et écœuré par les agissements d'un ministère qui se disait au service du peuple et qui n’ œuvrait pourtant qu'à ses propres desseins. Toutes ces bassesses et magouilles avaient fini par devenir étouffantes pour le sorcier, qui avait un besoin urgent de changer d'air.

Le destin faisant parfois bien les choses, une lueur d'espoir était apparu sous la forme d'une lettre apportée par un hibou grand duc. L'émissaire au vol silencieux avait apporté une lettre d' Hyppolithe Ceffyl, ce dernier avait invité l'irlandais à venir lui rendre une petite visite dans son manoir familiale à l'abri des montagnes de Gwynedd.
Une telle invitation était inespérée, non seulement elle tombait à point nommé, mais en plus l'idée de séjourner à nouveau dans la vaste propriété donnait des ailes à l'aubergiste.

C'est pourtant en utilisant un portoloin, et non en volant qu'il se rendit à Snowdonia. L'endroit était toujours aussi somptueux que dans ses rêves, à la fois sauvage et authentique. De douces brises soulevèrent les bords de la cape aigue-marine du sorcier aux traits orientaux, tandis que celui-ci caressait du regard l'horizon montagneux. Il s'avança vers l'un des quelques bosquets qui parsemaient la vallée, pour se mettre sous le couvert des arbres. L'endroit été désert, mais cela ne servait à rien de prendre des risques. Une fois dissimulé sous l'épais manteau vert, Phil' sortit sa cape d'invisibilité et son balai de son sac. Il enfila la première et chevaucha le deuxième, avant de s'élever dans le ciel tel une flèche décoché au dieu solaire.

Se rendre à un endroit dissimulé à la vue de ceux qui ne connaissaient pas son existence n'avait rien de facile, encore moins évident quand le lieu dit était incartable et protégé des transplanages intempestifs. Heureusement pour l'irlandais, il n'était pas un moldu et connaissait le secret de cette demeure pour y avoir déjà séjourné. Il savait donc où se rendre, pour rencontrer le sage sorcier gallois. Il devait juste éviter de déranger l'un des verts gallois communs qui hantaient cette réserve, histoire de ne pas finir comme un certain postier...

Au bout d'un temps indéfini à arpenter les cieux sur Céleste Aquilon, le dernier né des Byrne vit surgir la bâtisse de derrière un sommet granitique. Il s'agissait d'un vaste manoir qui ressemblait à une citadelle médiévale en ardoise blanche. Plutôt ostentatoire pour le sorcier de Pré-au-Lard, mais il devait reconnaître que le résultat état là ! Les formes modernes et brutes du bâtiment s'érigeaient avec majesté au bord d'une falaise, surplombant un immense lac qui refléter le ciel azur. L'espace d'un instant, l'image qu'il avait sous les yeux lui fit penser à Azkaban. Le disciple de Rowena n'avait décidément que cela en tête.

S'approchant au ras du sol du parvis de la propriété, il se posa et retira sa cape d'invisibilité. Il était dorénavant hors de vue de quiconque. Du moins pas tout à fait, il ne fallut pas longtemps aux yeux de l'animagus pour déceler la présence d'un autre sorcier près du manoir. Le doute n'était pas permis, c'était l’inénarrable Andrew qui se trouvait face à lui.

"Alors cette chasse au chapeaurouge ? J'aurais aimé me joindre à toi, mais j'ai eu quelques... imprévus !" lança-t-il avec son sourire ironique, en avançant vers le fils de son hôte.
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Andrew Ceffyl
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Andrew Ceffyl, Dim 3 Juil - 18:24


Andrew cueillait des fruits dans le bosquet à côté de sa demeure pour préparer une tarte maison, sa sacoche remplit le jeune Ceffyl rentra chez lui. En arrivant à la porte, il entendit quelque chose qui trancha le vent. Quand soudainement, une silhouette apparu sur un balai volant. Philéas qui était caché sous une cape d’invisibilité s’approcha de lui.

«Alors cette chasse au chaporouge ? J'aurais aimé me joindre à toi, mais j'ai eu quelques... imprévus !» lança-t-il avec son sourire ironique, en avançant vers le fils de son hôte.

Le garçon lui fit un grand sourire à son tour, pour lui faire comprendre que tout s’était bien passé. Mais la réalité était toute autre, il s’était perdu dans les montagnes et s’était fait attaquer par une meute de chartier : de grands furets mangeurs de gnomes sauvage.

« Euh, mon père à laisser quelque chose pour toi sur son bureau. » dit-il en posant sa main sur la poignée de porte en bronze qui se métamorphosa en une poignée d’argent, preuve de son appartenance à la famille galloise et de la désactivation du sortilège de métamorphose qui s'abattrait sur tout intrus. «Tu ne voudrais pas finir en ver de vase ?» glissa-t-il à son ami irlandais.

La porte donnait sur un grand hall au couleur de l’équipe transylvaine de quidditch, l'intérieur de la maison constituée d’ardoise blanche se découpait en une multitude de pièces.
Le bureau de son père qui se situait au premier étage, se présentait comme une petite pièce carrée avec en son centre un meuble disproportionné pour son usage. On ne discernait plus la couleur des murs sous les photos et affiches des membres de son ancienne équipe.

’Drew prit une petite enveloppe signée de son père et la donna à son camarade, puis remonta l’escalier de marbre blanc immaculé pour rejoindre sa chambre. Une fois dans la pièce presque vide, il y prit son sac de voyage. Avant de se rendre dans sa cuisine soigneusement décorée par sa mère,Gwendolyne, pour y poser sa sacoche de fruit fraîchement cueillis.

« Maman et Papa sont partis voir Phoebe, qui est allée en vacances avec une amie à elle. Ça te dit un jus de fruit avant de partir ? » proposa-t-il avec un sourire en coin.
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Philéas Byrne
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Philéas Byrne, Mar 5 Juil - 2:47


Il y a des sourires qui en disent long...
D'ailleurs ce n'était pas l’expression de façade qui venait d'apparaitre sur le visage du jeune gallois qui allait tromper Philéas. Il avait passé suffisamment de temps avec son cadet bleu & bronze pour deviner qu'il y avait anguille sous roche. Mais puisqu'il allait bien, l'irlandais ne voyait aucune raison de l'ennuyer avec des questions indiscrètes.

A peine eut-il prit cette résolution, qu' Andrew lui annonça une nouvelle qui lui fit l'effet d'une douche froide. Il semblait qu' Hyppolithe n'était pas chez lui, ce qui ne manqua pas de surprendre le voyageur. Il lui semblait de plus en plus évident qu'il n'aurait pas la chance de s'entretenir avec l'expérimenté sorcier de si tôt. Le gérant soupira avant d'emboiter le pas de son ami qui lui, au moins, était présent.

Maugréant intérieurement, il avait faillit rater le changement de nature de la poignée de porte. C'est donc avec un air surpris qu'il profita du spectacle, en se demandant comme à chaque fois s'il était le résultat d'une expérimentation de Gwendolyne. Il ne prit même pas la peine de répondre à la boutade de 'Drew, trop intrigué par la fiabilité d'un tel sortilège.

L'aubergiste ne pu toutefois contenir une nouvelle vague de fascination en entrant dans le luxueux vestibule, dont le choix des couleurs de l'aménagement lui arracha un petit sourire nostalgique. Son acolyte ne lui laissa guère le temps de s'extasier d'avantage et se lança à l'assaut des escaliers de marbre blanc. Il en redescendit à peine une minute plus tard avec une petite enveloppe signée à l'encre émeraude qu'il confia à Philéas.

Ouvrant celle-ci pour en découvrir le contenu, l'animagus aux yeux noirs s'interrogeait sur la nature du message qu'elle transportait. Il espérait ne pas y apprendre une terrible nouvelle, ne se souvenant que trop bien de la dernière fois où il s'était trouvé dans une telle situation.

La lettre:
 

Phil' venait à peine de replier la lettre, qu'il vit 'Drew passer devant lui avec deux sacs sur les bras. Il lui emboita donc le pas et le suivit jusqu'à la cuisine. Le plus âgé des deux sorciers venait de prendre place sur un tabouret haut, quand son condisciple lui proposa à boire. Pour une fois que c'était lui qu'on servait, il n'allait pas se plaindre. Cependant, il déclina l'offre en souriant.

"Je te remercie, mais j'ai l'intime conviction que tu ne pourras pas t'empêcher de glisser un truc immonde dans mon verre !" lança-t-il à son ami en plissant les yeux d'un air suspicieux. "Puis je crois que nous n'avons pas de temps à perdre en mondanité, regardes la mission que ton père m'a confié." lui confia-t-il en faisant glisser la lettre sur le plan de travail pour que son cadet puisse la lire à son tour. "Tiens, en parlant de boisson... j'ai faillit oublier ça !".

Comme pour ponctuer la fin de sa phrase, le jeune Byrne plongea la main dans sa besace et en extirpa une bouteille d'hydromel hors-d'âge.

"Je l'avais amené pour ton père, mais elle devra attendre son retour ! " déclara-t-il en haussant les épaules. " Bon, tu as une idée de l'endroit où on pourrait commencer nos recherches ? Que penses-tu d'aller vers la côte ? " demanda le sorcier au teint de bronze.
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