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[Habitation] La colline étoilée
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Mangemort 39
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Mangemort 39, Jeu 9 Juin - 22:58


Message important [Post unique]

Ecrire n’était pas tout à fait votre point fort. Vous n’aimiez pas le faire. Cependant les mots se dressant sur le papier raisonnaient en vous en un écho grandissant. Ils vous donnaient envie de poursuivre et c’était pour cette raison que vous preniez du temps pour cette lettre. Pour la personnaliser comme il le fallait. Vous aviez rencontré Azphel en haut d’un arbre. Vous aviez comparé vos marques. A présent, il était temps pour lui d’indiquer si oui ou non il était avec vous.

Cette lettre le testerait, déjà pour voir s’il viendrait. Mais surtout elle lui donnerait une mission, mission de laquelle vous prendriez des nouvelles constamment.

Un sourire fendit votre visage masqué au moment où vous terminiez votre lettre. Puis vint le moment de l’ensorcellement. C’était cela le plus compliqué. Car le premier Condicionalis était déjà long à réaliser. Et complexe. Pour ce faire il vous fallait l’aide des autres. Le deuxième était d’autant plus compliqué qu’en plus de la condition il devait prendre effet à retardement, pour laisser le temps à la lettre d’être lue.

Une fois le travail fait, vous siffliez Killer. Bordel, ce que cet animal pouvait vous répugner. Il était franchement moche d’abord, et ensuite il voulait toujours vous croquer les doigts. Certes, à présent que cela faisait un moment que vous le côtoyiez, vous aviez développé une technique pour l’éviter, mais tout de même. Il fallait surtout lui donner à manger. Mais ne jamais laisser de quoi manger dans votre main ou il finissait par vous la picorer aussi. Le temps qu’il engloutisse le tout et vous deviez déjà avoir attaché la lettre.

Cela se passa sans embuche pour vous cette fois-ci. Et enfin vous pouviez envoyer la lettre. Vous n’aviez pas peur, vous saviez que les sortilèges conditionnels avaient bien fonctionné. Ce qui vous inquiétait le plus était la réception de ce message… Car Azphel était peut-être bien l’un de ceux dont vous doutiez le plus.




Très cher Azphel,

Nous connaissons ta marque. Nous savons que tu as en toi le potentiel et les idées. Mais peut-être n’as-tu pas la meilleure volonté… Nous comptions sur toi pour les affiches mais tu nous as déçus. Alors nous te donnons une chance de te rattraper. Car le grand Moment approche. Le Moment où la Société magique devra faire face à une nouvelle réalité loin du Secret, loin de toute tentative d'étouffer nos pouvoirs. Mais avant ceci, il nous faut être forts et unis !

C'est pourquoi, tu vas rencontrer d'autres partisans, d'autres sorcières et sorciers partageant les mêmes idées, les mêmes convictions que nous tous.

Mais attention ! Nos ennemis sont capables de tout pour mettre à mal nos projets, c'est pourquoi ton identité doit rester secrète ! Il s'agit de ton bien le plus précieux. Veille donc à la cacher le soir où la rencontre aura lieu.

Nous t’attendons samedi prochain pour prendre connaissance de ta future mission, et pour l’occasion nous te dévoilons un lieu parfaitement secret. Tu as rendez-vous à Robie House, dans l’Allée des Embrumes, à 20h précises. Sois prudent.

Pour la dignité de notre sang



Description : Un parchemin jauni, une écriture parfaitement banale… Rien qui puisse réellement distinguer la lettre. Mais c’est Killer, le hibou horrible des Mangemorts qui apporte la lettre, et ça fait toute la différence. Il est particulièrement de mauvaise humeur et s’amusera sans doute à picorer les doigts des destinataires. A ce propos, le parchemin est enchanté d’un Aparecium Condicionalis, et ne se dévoile qu’aux yeux de son destinataire. Il s’enflammera après avoir dévoilé ses mots.

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Aya Lennox
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Dim 24 Juil - 14:48


PV Azphel.
LA d'Aya évidemment accordé durant tout le RP.




Première visite



Le soir laisse idées germer, la nuit se dessiner d’infinies possibilités.

Entre ses doigts fuselés, aux longs ongles vernis couleur neige, l’adresse est marquée sur le vieux morceau de parchemin fripé par maintes manipulations hésitantes. Il lui avait tendu, Allée des Embrumes, et elle avait accepté. Soucieuse depuis cette rencontre de ce que serait cet instant où elle s’y rendrait vraiment. Il n’y aurait peut-être qu’échange hasardeux. Mais pour l’instant, tout lui avait paru bien nébuleux.

Mais ces incertitudes l’ont vite lassée. Plus de questions à se poser.

C’est fini maintenant. Les dés ne sont pas jetés mais c’est tout comme. Elle peut plus faire demi-tour, petit point de lumière dans la nuit aux alentours.

Il est temps de savoir. D’apprendre à connaître ce qu’elle n’a fait que deviner.
Que lui réservera-t-il ce soir ?

Sous sa capuche, elle garde yeux prêts à saisir l’action. Baguette disposée à dégainer.
Elle se sent tendue, comme infiltrée, menacée. Pourtant rien d'autre qu'elle n'avait semblé percer la nuit dans les rues vides qu'elle avait traversé.
Et cette sensation la suit toujours. Serait-ce ce qui accompagne la baisse de garde totale ?
Trop tard pour se le demander.


Soit.

Arrivée face à la bâtisse, elle soupire. S’arrête, observe l'empire abandonné. C’est beau. Tristement, fatalement, magnifiquement délaissé aussi. Ça se sent.
Une faible lumière perce derrière les fenêtres. Il est temps, elle est en retard.

Mais d’abord, allume quelque chose qu’elle tient au bord des lèvres, d’une pression sur un vieux briquet argenté. Capuche désormais rabattue sur ses épaules, cheveux blonds épars et pleins d’un mouvement de frisson sous le souffle tiède du vent. Yeux froidement maquillés. Identité pleinement dévoilée. La face de clarté enluminée plongée dans le sombre désert autour d’elle. Pas âme qui vive à part elle. Et lui.

La colline étoilée.

Elle a d’abord cru à une mièvre poésie. Une facétie de légende peinturlurée. Et pourtant, les yeux relevés sur le ciel, elle ne croit plus à la plaisanterie. Et savoure la tristesse de ces points lumineux épars, surplombant de partout la ville recluse dans son lourd silence.

Etrangement calme. Tout, tellement calme. Elle se fond dans son profond et muet chant intérieur, dégage de ses lèvres sa cigarette avant de la reprendre, dans une dernière bouffée fatale.

Un lourd rideau, au rez-de-chaussée, bouge légèrement. Ses prunelles habituées à la douce lumière en plein obscur s’y posent, et elle se rend compte qu’elle n’a l’air que d’un chat errant, à attendre ici que les étoiles ne se désagrègent. Il sait qu’elle est là, patiente à l’intérieur. Il est temps de montrer ton visage.

Clope écrasée au sol, dernier vestige du passage de ses lèvres, elle s’avance vers la demeure. Le bruit charmant de ses talons sur le porche accueille sa démarche lente mais assurée. Comme si elle veut encore laisser au destin le soin de lui faire changer d’avis.

Elle est sûre, pourtant, mais aime pâtir de doutes envahissants. Elle se nourrit de ses doutes, les avale, envahisseurs accueillis comme héros.

Après tout,
« Ils verraient bien ».

Sa main glisse de sa manche pour finir en un poing délicatement abattu sur la porte.

Ouvre, dépêche-toi d’ouvrir, avant que d’impatience désormais totalement assumée je ne me tue.

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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Jeu 4 Aoû - 11:14


Le manoir juché sur la colline étoilée avait une odeur particulière ce soir là, un parfum de tranquillité au milieu d'une aura impénétrable de noirceur. Azphel patientait calmement dans son salon, attendant la venue d’Aya. Leur rencontre sur le Chemin aboutissait à cette soirée qui devait être une étape relativement importante, autant pour elle que pour lui. Quelques doutes s'étaient dissipés quant à la force de conviction de la sorcière depuis ce jour, mais leur histoire commune était destinée à prendre un tournant décisif et à laisser derrière eux beaucoup de questions ; bien qu'elle devait revêtir une importance toute particulière pour Aya. Elle avait beaucoup plus à perdre que lui qui avait déjà franchi ce point de non retour longtemps auparavant. Aimer la magie noire était chose aisée, s'y adonner corps et âmes ne pouvait se faire sans sacrifices.


Le sorcier nourrissait tout de même une inquiétude, puisque Aya semblait traîner quelques éléments de son passé avec elle, des morceaux qu'elle tentait de fuir ou des vestiges qui lui couraient après, difficile de savoir sans le lui demander, mais elle était partie précipitamment de l'Occamy sans donner de raison après des regards inquiets jetés dans une ruelle, où Azphel n'avait rien entrevu de plus que des silhouettes anonymes.  

Avant de fuir, elle lui avait fait la promesse de venir ce soir, et c'était le plus important pour lui pour le moment. Même s'il gardait une réserve, les passés des gens finissants toujours par leur causer beaucoup d’ennuis. Il préférait être seul avec Aya et la savoir pleinement focalisée sur son ambition plutôt que d’avoir à se retourner sans cesse pour surveiller ce qui se passe dans leur dos. Il n'espérait pas avoir de mauvaises surprises.


Le mage noir se leva de son canapé et alla jusqu'à la large fenêtre qui donnait sur l'entrée de la propriété. Il tira légèrement le rideau et épia les ténèbres environnantes, tentant de deviner la présence de la sorcière qui devait arriver. Le ciel était assez clair et parsemé d'étoiles, embelli par la lune à qui il ne manquait pour être pleine qu'un quartier. Seuls les arbres qui bordaient la propriété garantissaient la pénombre aux visiteurs. Le mage noir referma le rideau après avoir aperçu un minuscule éclat de lumière rougeoyante, qui disparut presque aussitôt.



Deux minutes plus tard, des coups légers mais sûrs frappèrent à la porte. Il l'entrouvrit sur la silhouette d'Aya, à l'heure au rendez-vous. Il l'accueillit d'un sourire et de mots amicaux :

- Salut, j'espère que tu vas bien ? Entre, dit-il en l'invitant d'un geste de la main.



Une forte odeur de tabac accompagna l'entrée de la sorcière dans le vestibule et il la guida jusqu'au salon où son long canapé entourait une table basse sur laquelle reposait sa baguette et de grands verres vides accompagnés de bouteilles d’eau. Les armoires qui garnissaient l'immense pièce contenaient toutes des objets magiques, anciens ou contemporains, mais qui avaient pour points communs d’être ou rares ou affublés de pouvoirs mystérieux selon leur histoire.
 Il n’y aurait rien d'autre ici ce soir que ce décor, l'essentiel se déroulant en bas, là où les regards ne pouvaient prétendre voir.



Il s'installa dans le canapé, l'invitant à faire de même. Il essayait d'avoir l'air le plus détendu possible, bien qu'il ressentait maintenant un certain stress quant à la position qu'il devait avoir envers elle et à ce qu’elle-même attendait de lui. Il se remplit un verre d'eau et en proposa à la sorcière en la dévisageant. Elle paraissait aussi indéchiffrable qu'à leur première rencontre, ses yeux semblaient à la fois tout dire et ne rien dire et il savait déjà que si elle avait des inquiétudes elle les garderait très certainement pour elle, bien logées au fond de ces deux iris sombres. Il n'essaierait donc pas de savoir et se contenterait d'aborder la partie pratique de leur accord aux limites encore inconnues.



- On passera en bas, après, dit-il calmement. ll se peut que tout ce qui se passe ce soir ne te plaise pas. Mais si tu es toujours guidée par un sentiment de vengeance, j'estime que cela est nécessaire, du moins pour que tu saches ce que tu crois être prête à faire ou non.

La voix d'Azphel était étrangement douce, certainement atténuée par le sacrifice qu'il demanderait à la sorcière… En bas, le regard énigmatique qui lui faisait face se voilerait et tremblerait. S’il ne le faisait pas, c'est qu'elle était encore plus convaincue de se vouer aux ténèbres qu'il ne l'était à son âge…

- On va pratiquer quelques sortilèges, rarement faciles. Il est possible que tu sois incapable d'en utiliser quelques-uns, mais tous sont considérés comme dangereux, ou de magie noire. On testera quelque chose de plus profond ensuite, quand j'aurais pu juger de ta force.


Le sorcier décroisa ses deux mains, gardant un sourire léger comme le fil de leur conversation, à l'instar d'un adulte qui aurait expliqué le Quidditch à un enfant. Il attendait d'Aya une absence de réaction ou des questions.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Sam 13 Aoû - 19:28


- Salut, j'espère que tu vas bien ? Entre.

Salut
, regard d’Azphel soutenu par ses mirettes sombres, hochement léger du menton, elle accompagne le geste de son hôte par son entrée dans le vestibule.

Ses yeux voguent sur la demeure du mage. L’ancien, elle l’aime. Elle est née au beau milieu de l’architecture victorienne mélangée aux siècles de magie de sa famille. Rien de logique dans la construction, que du mélange d’années, de siècles, de secrets de famille. Mais la demeure d’Azphel en est très différente. Ce lugubre, cette noirceur assumée, elle la reconnaît bien, c’est typique de son comparse. Il semble y avoir des secrets ici, secrets qui ne demandent qu’à être percés.  

Alors qu’elle le suit jusqu’au salon, elle détache sa cape et la dégage de ses épaules et de ses bras recouverts par la mousseline d’une blouse ancienne. Ses jambes sont arrêtées près d’un long canapé, et ses prunelles scintillent à la vue d’armoires pleines d’objets antiques ou plus récents, aux origines aussi cabalistiques que ne le suggèrent leur apparence.

A la suite de l’homme, elle prend place sur le canapé.

Hochement de tête à la proposition d’un verre d’eau. Elle l’engloutit en une demi-seconde, se découvrant une soif écrasante. Ses bronches, ses poumons semblent lui coller à la peau. Son œsophage se débat en dedans. Pas peur, pas stressée. Soif, juste soif.

Bouche sèche.

Autant quelque chose semble vouloir crier, autant ses yeux se contentent de rester vrillés sur Azphel, lourds dans la distance qu’ils semblent vouloir tenir pour règle.

Qu’est-ce que tout cela donnera ?
Jusqu’où ira-t-il ?
Pas de gêne, pas de peur.
Un pressentiment, sans pour autant savoir s’il est bon ou mauvais.
Seras-tu impitoyable, seras-tu détestable ou sauras-tu éveiller quelque chose ce soir ?

Déjà il ouvre la bouche. Expose le programme prévu pour cette nuit.
Il se peut que tout ce qui se passe ce soir ne te plaise pas. Mais si tu es toujours guidée par un sentiment de vengeance, j'estime que cela est nécessaire, du moins pour que tu saches ce que tu crois être prête à faire ou non.

Tu sais, Azphel, qu’elle est prête à tout. Tu sais que celle que tu as face à toi se fout du point de non-retour. Du moins, c'est là un point encore bien sibyllin. Les doutes, ils sont toujours là, comme quelque chose, là, qui tape, tape, tape doucement sur son épaule.

La pousserais-tu dans ses retranchements ?


Elle s’apprête à ouvrir la bouche, la ferme immédiatement alors qu’il continue, calme débiteur.

On va pratiquer quelques sortilèges, rarement faciles. Il est possible que tu sois incapable d'en utiliser quelques-uns, mais tous sont considérés comme dangereux, ou de magie noire. On testera quelque chose de plus profond ensuite, quand j'aurais pu juger de ta force.


Au cœur de ses ténèbres, là, derrière ses pupilles fuligineuses, quelque chose s’éveille. Il va la juger à ses sortilèges, et pour la première fois, elle se sent attisée par l’idée de démontrer la force que sa colère l’a obligé à ravaler jusqu’à présent.

- Ce soir, je suis quelque part à la merci de ce que tu chercheras à me faire découvrir. Je n’ai pas peur, ni de ce que tu vas me faire faire, ni de ce que je vais peut-être apprendre sur moi.

Elle se tait un moment, et un sourire perce ses lèvres. Confronte-la, confronte-moi à ce que tu penses être nécessaire. Je suis prête à beaucoup.

Ne joue pas cette soirée comme tu poserais une carte trop faible,
Joue, joue le jeu comme si c’était la dernière partie d’un long combat.
Solitaire ou pas, avec lui ou pas.
Ce que tu vas lui prouver, tu te le prouveras aussi à toi-même.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Sam 20 Aoû - 9:47


L es ombres, si elles veillaient à maintenir leur présence naturelle dans le manoir, étaient absntes des intentions d’Azphel et d'Aya. Il n'y avait aucun doute dans les manières du mage noir, ni dans le regard noirâtre de la jeune fille. Elle était venue sans le voile d'innocence qu'elle avait semblé porter au jour de leur rencontre improbable sur le Chemin de Traverse, et sans les doutes qui avaient accompagné l'histoire de son enfance, brièvement expliquée. Son regard renvoyait les réponses qu'Azphel cherchait. Aya savait exactement ce qu'elle voulait, et elle était prête à s'écarter des voies canoniques de la magie, sans se soucier de ce qui en résulterait pour elle ou de l'image qu'on pourrait avoir de sa jeune personne, ni même des conséquences dramatiques que pourraient avoir ses choix.

Elle dégageait un mélange surprenant de fragilité et de fermeté, et une grâce caractéristique de son âge. Elle avait un côté insondable et c'était encore la seule chose qui effrayait le sorcier. Il savait cette faculté être une arme et devinait qu'elle ferait une très bonne Occlumens, elle l'était un peu naturellement. Lui-même l'avait appris illégalement, formé par un ancien Seigneur des ténèbres. Il avait dans l'intention de l'apprendre à la jeune fille ou au moins de lui faire comprendre que cette formation difficile et éprouvante ne pourrait être qu'un atout pour elle, quoi qu'elle décide de faire par la suite.
Azphel n'avait jamais cru au monde parfait et il savait très bien qu'en dépit des apparences proprettes du Minsitère, les défenseurs du bien n'hésitent pas à utiliser la légilimancie sur les personnes les plus faibles. Tout le monde fait pareil.

- Ce soir, je suis quelque part à la merci de ce que tu chercheras à me faire découvrir. Je n’ai pas peur, ni de ce que tu vas me faire faire, ni de ce que je vais peut-être apprendre sur moi.
Après un léger sourire et un regard soutenu, Aya acheva : Confronte-moi à ce que tu penses être nécessaire. Je suis prête à beaucoup.

Elle ne se donnait pas un genre ou une fausse ambition pour une banale histoire de vengeance sur fond de crise d'adolescence. Elle énonçait un fait, une vérité, et son calme olympien maintenu par sa capacité de rétention d'émotions avait quelque chose de froid.
Sur ce point elle se détachait d'Azphel, qui avait traversé bien des doutes au même âge. S'il avait toujours été convaincu qu'il devait apprendre à connaître la magie dans son ensemble, il avait eu moins d'assurance quant aux conséquences de ses actes ni aux chemins dangereux où l'emmèneraient ses choix. Il avait juste eu beaucoup de chance en entrant chez les Mangemorts assez jeune et avait été plutôt bien entouré. Côtoyer le pouvoir lui avait offert une certaine immunité, quoi qu'il ne doutait pas que si les Aurors de l'époque avaient eu des soupçons sur lui, les choses auraient pu très mal tourner. Mais il avait parfaitement joué son jeu.

Il hocha la tête pensivement.

- L'Occlumancie. Tu devras apprendre à résister aux incursions extérieures avant d'entreprendre quoi que ce soit. Ne l'apprends pas de manière légale, en cas de problème, ça ne ferait que maintenir des soupçons à ton égard. Et inutile que les gens le sachent, c'est quelque chose que tu garderas pour toi. Je t'aiderais quand le moment sera venu.

Azphel but tranquillement son verre d'eau. Aya maintenait un silence d'élève studieux, prêt à tout écouter sans poser de questions. Cela confortait le sorcier dans sa certitude qu'il n'avait pas proposé son aide à n'importe qui, mais une partie de lui espérait voir Aya se rebeller, parler de ses doutes. Qu'elle lui explose à la figure à un moment ou à un autre. Les conséquences ? La morale ? Le choix de vie ou de mort ? La prison ? Les Mangemorts ? Le ministère ? Sa famille ?
Quelque chose.

Il voulait voir une réaction humaine, la part de petite fille en elle. Il ne la ferait pas craquer pour voir ça, il voulait qu'elle le fasse naturellement. Il ressentait le besoin de voir sa part la plus intime d'humanité, pour être sûr qu'il n'allait pas entraîner la jeune femme à être un monstre déshumanisé. Il avait arpenté ce chemin et il avait failli ne pas en revenir. L'humanité a quelques bons côtés à accorder et en être dépourvu finit par priver même de la joie.

Azphel se leva.
- Tu viens, on descend.

Il invita la jeune sorcière à la suivre et sortit du salon pour passer à côté de la cuisine avant d'emprunter une petite porte qui donnait sur un étroit escalier de bois s'enfonçant sous le manoir. Arrivé sur le sol de terre, il appuya sur un interrupteur et des lumières moldues accrochées au plafond éclairèrent la pièce obscure. Il y faisait frais, juste ce qu'il fallait pour apprécier un soir d'été.
La pièce était rectangulaire avec une petite alcôve qui contenait un lourd coffre de bois, dans lequel Azphel renfermait des petits morceaux de son passé. Aya ne pourrait pas y toucher mais elle le voyait. Il n'y avait aucun meuble hormis une chaise sur le côté et en tout et pour tout cinq cages d'acier à taille humaine. Quatre étaient vides, soigneusement alignées contre le mur du fond. La dernière était au centre de la pièce.
À l'intérieur, attaché et pendu par les mains, il y avait un homme d'âge moyen, ni beau ni moche, un personnage quelconque. Azphel le regarda, constatant qu'il se portait toujours bien. Puis il dévisagea Aya. Il ne lui dirait pas qui était cet homme, elle n'avait pas besoin de le savoir. Il n'inventerait même pas une histoire pour justifier ou non de sa présence.

- Tu peux lui faire ce que tu veux, dit le sorcier calmement à l'intention de la sorcière, il ne parlera pas. Si ça t'aide, imagine toi qu'il est l'objectif de ta quête, ce qui t'a poussé à venir ce soir. Le sorcier s'écarta et alla s'asseoir sur la chaise, son regard s'imprégnant des expressions de la jeune fille. Montre moi ce que tu peux faire.

Il gardait son calme et un certain détachement face à la situation, qu'il savait pourtant délicate. Bientôt il saurait les forces et les faiblesses d'Aya. Il se demandait si elle allait supporter cela, ou si sa jeunesse n'allait pas la faire fuir en courant.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Lun 12 Déc - 17:12


Ce RP se déroule des mois après le précédent, suite de ce RP.

Dans l'obscurité londonienne, à l'orée d'une forêt, Aya et Azphel apparurent. Ce soir, la Colline n'avait d'étoilée que le nom, une fine couche nuageuse empêchant de voir les millions de points lumineux scintiller dans le ciel. Ils venaient de quitter le café et la ruelle et Azphel aurait du se sentir chez lui, mais son coeur continuait de battre fort. Pourtant rien n'avait dérapé, il ne s'était rien passé de bien méchant, mais il n'avait su anticiper la réaction d'Aya. La scène repassait dans sa tête et il avait eu tout le temps de la voir s'emparer de sa baguette. Il avait été tout proche de l'arrêter, mais il l'avait laisser faire. Et si elle avait tué le moldu ? Bravo Azphel, absence de réaction très mature pour quelqu'un qui veut lui apprendre à ne pas se faire prendre.

Ils marchèrent en silence, il la tenait toujours par le bras. Sous un léger coup de baguette magique, les grilles du manoir s'ouvrirent pour les laisser passer avant de se refermer derrière eux. Il déverrouilla la porte d'entrée et ils entrèrent dans le manoir.

- Mer*de, ça caille. Ça fait plusieurs jours que je suis pas venu, je vais chercher du bois. Les lumières s'allumèrent sur son passage et il entra dans le salon. le canapé était là, au centre, Aya le trouverait. Il sortit par la double porte fenêtre qui donnait sur la terrasse et réapparut quelques instants plus tard avec des rondins de bois dans la main. Il remplit la cheminée et l'alluma magiquement avant de s'éclipser dans la cuisine. Quelques minutes plus tard, il revint avec un plateau qui contenait deux tasses, une bouilloire fumante et suffisamment de café pour ne pas fermer l'oeil de la nuit. Il les posa calmement sur la table avant de s'asseoir et de se servir une tasse de café, en silence.

- Le feu devrait tenir toute la nuit, ça se réchauffe assez vite. L'alimenter deux fois par jour suffit normalement. Y aura pas de problème de chaleur à l'étage, ça se diffuse très bien.
Il s'enfonça dans le canapé et jeta un oeil à son salon. Son manoir était pitoyable et symbolisait toutes les tragédies de la vie d'Azphel. Il n'y avait jamais totalement vécu ou alors en état de déchéance totale. il s'était fait mordre ici et changé en loup-garou. Thomas y était revenu un soir et avait détruit en quelques coups de baguette des années d'amitié, en plus d'avoir failli tuer Lily. Non, vraiment, ce manoir n'était qu'un piège à mauvais souvenirs. Les yeux du mage noir avaient quelques peu rougis et il chassa ses pensées, contemplant la fine couche de poussière qui recouvrait ses meubles. Il se racla la gorge pour trouver une contenance et but de longues gorgées de café.

- Ce soir, ça aurait pu se finir autrement. Je parle pas d'ici, je veux dire pour le moldu. Il s'imposa une pause, analysant la sorcière, se demandant si elle se repassait le film de leur fin de soirée. Je sais pas ce que j'aurais fait, mais tu as agi très vite, je ne m'y attendais pas. Quoi qu'il en soit il ne s'est rien passé de grave alors tout va bien. Il sourit à Aya, cherchant dans ses yeux noirs des mots silencieux. Il n'avait rien à lui reprocher, il s'en voulait d'être resté spectateur de l'action, de n'avoir rien fait. Fait quoi ? Défendre le moldu en se mettant entre lui et Aya ? Ça aurait été idiot. Avoir demandé au moldu de reposer le téléphone, peut-être.

- Tu as une chambre d'amis, première porte à l'étage. Elle est à toi. Tu peux rester aussi longtemps que tu en auras besoin. Berlioz aussi, précisa-t-il. Et... il fit semblant d'hésiter, comme s'il allait dire quelque chose d'important, si tu t'enfuis, préviens moi à l'avance que je ne m'inquiète pas.
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Aya Lennox
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Mar 13 Déc - 11:21


Ce soir, la nuit est épaisse. Le roc froid, là, au-dessus des têtes perce à peine le voile de sa pâle lumière. Et Aya, entraînée par Azphel jette un œil curieux à l'infini. Plutôt triste ce soir. La Colline ne ressemble plus tellement à la Colline étoilée. Elle n’est plus théâtre du saccage des astres. Elle est Colline dérangée par le souffle froid, par l'hiver qui prend sa place.

Il y a de cela plusieurs mois, lorsqu’elle a pour la première fois mis les pieds ici, c’était un vent tiède qui l’avait accueillie. Le ciel était dégagé. Les astres offerts sur leur plateau de nuit. Ce soir, c’est le froid qui court dans ses mèches, le froid qui laisse crever la nature, la laisse crever pour dans un espoir fou lui permettre de renaître de ses cendres, tiède arnaqueur au sceau marqué du cercle vicieux.  

Le portail s’est ouvert sur eux, ils se retrouvent à présent piégés dans l’algide de la baraque. Elle fait glisser ses mains glacées le long des manches de sa cape, s’avance dans le couloir à la suite de son hôte. Mer*de, ça caille. Ça fait plusieurs jours que je suis pas venu, je vais chercher du bois.

Il la laisse seule, sous les lumières artificielles, comme déclenchées sur leur passage.
Et ses yeux détaillent, en attendant, le salon au milieu duquel elle s’est plantée.

Plus jamais elle ne retournera chez elle. Elle l’a décidé ce soir, alors que quelques heures auparavant, elle se demandait encore ce qu’il adviendrait d’elle et à quel moment elle finirait par retourner en Ecosse.
Mais l’histoire d’Azphel, sa fuite de chez ses parents pour mieux revenir en tant que présage de mort lui a ouvert les yeux. Aujourd’hui, plus rien ne pourra sauver les Lennox. A ses yeux, ils sont pourris, foutus. Peut-être a-t-elle encore, quelque part, un semblant de considération pour son grand-père, qui s’est manifesté plusieurs fois mais à qui elle n’a jamais réussi à parler. Mais Papa n’est qu’un salaud glacial. Et sa grand-mère peuple ses cauchemars, ainsi que ses rêves les plus fous.
Elle finit par redresser la tête sous le bruit d’un doux crépitement, ses yeux se perdent sur l’incandescence, puis sur les étagères habillées de nombreux étranges objets. Parfois reconnaissables, parfois pas du tout. Elle se dirige nonchalamment sur le canapé, s'installe dessus, garde silence quelques secondes avant de soupirer. Elle a de la chance.

En attendant Azphel qui a de nouveau disparu, elle fouine dans son sac qu’elle a ensorcelé avant son départ pour contenir quelques objets. Elle dérange des livres, sa main rencontre quelque chose de froid, puis de très doux, bref, mais soudain une voix masculine et très chaude la coupe dans ses recherches, passablement agacée : Elle a encore fait des siennes, ce soir ? Enki, bordel. Tu m’as effrayé. Tant mieux. Sais-tu depuis combien de temps je suis enfermé ici ? Accroche-moi au moins comme porte-clés. Que je m'ennuie dehors. Bien sûr, je vais me trimballer avec une tête réduite parlante en guise de porte-clés. Elle continue à fouiner sans vraiment faire gaffe à l'emplacement exact d'Enki. Au final, elle a presque emmené toutes ses affaires… Aurait du en oublier certaines. Tu doutes de mes charmes ? Pas du tout, c’est pour eux que je t’ai choisi. Non, tu m’as choisi parce que je ne voulais pas quitter la boutique. Aussi. J'avais à faire, au moins, là-bas. Tu parles. Mets-la en veilleuse. Donne-moi à observer. Bientôt. Pour l'instant, tu n'es pas concerné.

Elle referme le sac dans une insulte vaudou, au moment où Azphel revient de la cuisine, chargé d’un plateau. Une délicate odeur de café l’accompagne, et Aya humecte ses lèvres. Un café ne lui fera certainement pas de mal. Elle s’est pourtant aisément débarrassée des effluves de whisky, a retrouvé la justesse des gestes. Mais la situation précédente et la satisfaction carnassière qu’elle a éprouvé lui ont légèrement foutu le palpitant.

Il couve silence en se servant une tasse, s’enfonce dans le canapé à ses côtés. Le feu devrait tenir toute la nuit, ça se réchauffe assez vite. L'alimenter deux fois par jour suffit normalement. Y aura pas de problème de chaleur à l'étage, ça se diffuse très bien. Elle se sert à son tour, hoche légèrement la tête en sirotant directement une gorgée. Puis, à nouveau, le silence. Le feu fait son efficace boulot, maintenant, la cape ne sert plus à rien. Elle la fout derrière elle, puis amène ses jambes pliées sur le canapé pour pouvoir faire face au profil d'un Azphel méditatif. A quoi pense-t-il ? A ce soir, ou à ce qui l'entoure ? Il n'a encore rien dit sur son impulsivité, n'a pas bronché mot à la suite de son petit jeu avec le Moldu. A plutôt agi mécaniquement, comme habitué, a balayé d'un coup d'Oubliettes le passage d'une gosse qui voulait simplement jouer et montrer que ça ne lui plaisait pas. Taper du poing et piquer une crise auraient suffi, mais c'est pas du genre d'Aya. Elle, ce qu'elle voulait aussi, c'était éviter que le Moldu ne pose des problèmes à Azphel après qu'il ait écouté son récit. Azphel aurait pu se débrouiller, bien sûr, et rien n'était fait, mais c'était plus fort qu'elle.

Elle pose les yeux sur Azphel, qui sort de sa contemplation et de ses pensées. Ce soir, ça aurait pu se finir autrement. Je parle pas d'ici, je veux dire pour le moldu. Engage-t-il après une gorgée de café. Regard scrutateur. Radar intérieur fixé sur elle. Je sais pas ce que j'aurais fait, mais tu as agi très vite, je ne m'y attendais pas. Quoi qu'il en soit il ne s'est rien passé de grave alors tout va bien. Il lui sourit, elle se déride légèrement bien que ses mirettes restent plantées sur lui sans faire de vagues. Peut-être qu’on lui a rendu service, tente-t-elle dans un haussement d’épaules. N’ajoute rien d’autre. Elle ne saurait pas plus expliquer son geste. Peut-être était-ce frénésie. Peut-être que si elle avait vraiment été d’humeur, elle l’aurait fait souffrir juste pour le plaisir. Qui sait. Elle n’arrive pas à soupeser certaines de ses réactions. N’y arrive plus.

Ses lèvres rencontrent à nouveau le liquide brûlant. Tu as une chambre d'amis, première porte à l'étage. Elle est à toi. Tu peux rester aussi longtemps que tu en auras besoin. Berlioz aussi. Et... Une hésitation, une mise en garde ? si tu t'enfuis, préviens-moi à l'avance que je ne m'inquiète pas. Ses yeux se détachent de sa tasse, attirés à nouveau par les scrutateurs d’Azphel. Un sourire sincère et amusé s’accroche à ses lèvres, répond au sien, perdure, elle repose son café. Merci Azphel. Je ne sais pas ce que j’aurais fait. J’aurais trouvé, mais tout ça, tu te doutes que c’est bien mieux que ce à quoi je m’attendais.
Elle finit par faire silence, détache ses fuligineux des émeraudes et observe ses mains, ravissement perdu. Tu fais beaucoup. Et moi je ne te donne rien. Tu m’as rien demandé pour l’instant. On a jamais fait ça, pour moi. J’ai jamais été à court de quoi que ce soit, toujours à l’abri, mais je n’en avais jamais conscience. Et aujourd’hui, ce que j’avais autrefois, je n’en veux plus. C’est rien qu’un tissu de mensonges. Quelque chose pour m'endormir.


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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Mer 14 Déc - 10:46


S avoir que la Colline étoilée allait retrouver un semblant de vie avec Aya était réconfortant. Peu importait combien de temps elle resterait là, même si ce n'était pas vraiment chez elle, la maison lui appartenait pour le moment. Et puis ça allait permettre à Azphel de passer plus de soirées avec Tina, ce qui ne serait pas un mal vu les dernières semaines. Pour sa propre famille, il verrait. Il n'allait pas partir en quête de vengeance comme ça alors qu'il s'était éloigné de Tina et qu'Aya, qu'il avait promis de former et protéger, venait de revenir. Lui ne pouvait faire machine arrière sur sa promesse.

La sorcière à côté de lui n'avait pas de famille ni de personnes sur qui compter. Elle lui faisait déjà confiance petit à petit, avançant pas après pas dans sa direction. Il devinait que s'il la laissait dans la nature, elle disparaîtrait sans que personne ne se souvienne jamais d'elle ou se retrouverait à la Une de tous les journaux du pays, un nombre entre les mains, faisant la fierté des autorités. Des con*ards aux lois trop carrées dans un monde qui ne tourne pas rond.
Azphel avait bu toute sa tasse de café, un liquide brûlant qui l'avait, couplé au feu crépitant, presque instantanément réchauffé. C'est comme ça qu'il l'avait toujours avalé, un café tiède ne servait à rien selon lui. Il s'en resservit une tasse fumante, reposant ses yeux verts dans les reflets d'ombre de la sorcière à ses côtés. Un sourire sincère lui échappa. Il était content qu'elle soit là et qu'elle aille bien.

- Merci Azphel. Je ne sais pas ce que j’aurais fait. J’aurais trouvé, mais tout ça, tu te doutes que c’est bien mieux que ce à quoi je m’attendais. La sorcière se perdit dans le silence et observa ses mains, pensive. Tu m’as rien demandé pour l’instant. On a jamais fait ça, pour moi. J’ai jamais été à court de quoi que ce soit, toujours à l’abri, mais je n’en avais jamais conscience. Et aujourd’hui, ce que j’avais autrefois, je n’en veux plus. C’est rien qu’un tissu de mensonges. Quelque chose pour m'endormir.

- Je comprends. Mais tu n'as pas à me remercier. Je ne fais que tenir mes engagements envers toi. Elle n'avait rien à lui donner mais ce n'était pas le plus important. Au fond de lui il savait qu'un jour elle entreprendrait son grand voyage, elle déciderait d'aller confronter la personne qui brûlait ses rêves jour après jour et lui dirait Plus jamais. Cela prendrait six mois, un an, dix ans, peut-être moins ou plus. Mais ce jour-là, avec tout l'attachement qu'il aurait pour elle, il aurait peur. De perdre cette ombre jumelle ou qu'elle se perde complètement. Alors il lui fallait faire attention à elle, plus qu'elle ne pouvait le comprendre. Elle lui rappelait trop ses propres erreurs, son passé désastreux, ses choix douteux et ce qu'il avait perdu.
Même si Azphel réussissait à confronter le miroir, à en supporter le reflet qu'il voyait et la noirceur qui s'agitait autour de lui. Cet affrontement futur restait une inconnue en ce qui concernait Aya.

- T'auras jamais à me donner quoi que ce soit, tu sais. Il retrouvait sa voix douce, presque attendrie par leur lien invisible, leurs silences, les discussions muettes entre leurs regards, ces mots que la plupart des gens sont incapables de voir. Je ne t'aide pas pour que tu me sois redevable mais juste.... Il l'observait, son visage angélique, presque innocent s'il n'était pas capable de déceler dans le noir de ses yeux les ombres qui grandissaient en elle ...pour que tout se passe bien, acheva-t-il.

Ce serait sûrement moins dur pour elle d'accomplir le geste final que pour lui de le voir ou savoir. Il se rappelait cette sensation... la première fois qu'il avait tué. Ce contraste entre les frissons, les coups de poignards invisibles dans le corps auxquels se mêlait la chaleur, les battements frénétiques du coeur, la montée d'adrénaline, l'excitation de l'avoir accompli, d'avoir tué... ôté la vie à quelqu'un qui avait malgré lui gâché la vie du sorcier, transformé des nuits de sommeil en veillée blanches, des pensées joyeuses en vendetta silencieuses...
Oui, la sorcière blottie là dans le canapé aimerait ça. Il le sentait. Pas parce qu'elle ou d'autres sorciers étaient capables de donner la mort sans sourciller, mais parce que Aya avait déjà eu trop de nuits blanches, trop de pensées maltraitées par une seule personne qui avait fait de sa vie un quotidien de rancoeur et d'envies morbides.

Azphel reposa sa tasse et prit dans ses mains le petit Berlioz qui remuait assez peu sur le canapé. Ses pattes griffaient un peu mais il était plutôt docile. Il se demandait depuis combien de temps il était le compagnon de la sorcière, si cette petite créature pouvait par quelque moyen que ce soit deviner la noirceur de sa propriétaire, là où elle souhaitait aller. En avait-il conscience ? Que pensait-il si c'était le cas ? Le mage noir reposa la bestiole à côté de sa propriétaire. Le retour d'Aya lui faisait se poser trop de questions, il était temps pour lui de la laisser là.
- Je vais te laisser du coup, dit-il en reprenant sa tasse pour la boire en quelques gorgées. Je pense que je reviendrais te voir demain ou après demain. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu me fais signe, d'accord ? Il posa les clés du manoir sur la table. Il y a sur la maison des enchantements que moi seul peut franchir, mais tu pourras entrer et sortir sans problème avec ces clés. Et.. si tu devais inviter des inconnus ici, préviens-moi avant, s'il te plaît. Par inconnus il entendait tous types de sorciers pouvant entrer dans la vie d'Aya, moins ses conquêtes personnelles que d'éventuels mages qui prétendraient vouloir l'aider. Le manoir avait difficilement supporté les inconnus jusque-là. Sur ces mots il se leva, prêt à partir.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Mer 14 Déc - 11:42


Je ne fais que tenir mes engagements envers toi.

Engagements comme scellés par le lien fraternel et Ô combien incompréhensibles au premier abord. Elle-même ne l’a pas pigé de suite, a tenté de tromper l’évidence et de remettre en cause ce que nul ne peut expliquer par les mots.

Rien, non, tu n’y es même pas obligé mais tu le fais, tu le fais et t’es là, c’est ce qui compte, pour l’instant. Bien qu’obsédée par tout ce qui l’a forgée, elle parvient, ne serait-ce que l’espace d’un instant, à oublier le poids qu’elle porte sur ses épaules. Il lui rappelle trop de choses pourtant, comme si, parmi toutes ces silhouettes qu’elle est parvenue à détester, à haïr de tout son cœur, de toutes ses tripes, au milieu de tout ce beau théâtre d’illusions, sa silhouette à lui, qui veille, comme quelqu’un qui s’est trop longtemps caché, il apparait au milieu de sa maison de verre, au milieu de ses glaces, il se reflète partout, sur le sol, sur les murs, dans ses lustres de cristal, petite Aya gamine qui court vers lui, je sais qu’un jour tu apparaîtras, mais attends, me laisse pas là, mais c’est qu’une illusion, qu’une foutue vision, il disparaît et elle reste au milieu de ces masques, avec le temps elle finira par oublier, mais qu’importe, maintenant il est bien là.

Azphel,
lui, a réussi à se relever. Attrape sa main, à elle aussi, elle sait qu’elle peut te la tendre. Pas de paroles en l’air. Bien qu’elle n’ait rien à te rendre, pour l’instant, elle reste là. Regards juxtaposés. Un jour elle trouvera. T'auras jamais à me donner quoi que ce soit, tu sais. Si. Si, elle donnera. Elle finira par donner. Je ne t'aide pas pour que tu me sois redevable mais juste pour que tout se passe bien. Et tout se passera bien maintenant.

Si seulement quelqu’un lui avait dit.

Si seulement, face à la tombe, si seulement quelqu’un prendre main gamine, si seulement dire « Tout va bien se passer, j'y veillerai ». Mais non, non, la gosse est là, elle voit la mort, elle voit les corps tout autour, non, seulement leurs corps à eux qui essuient les larmes, la grande silhouette de la Moira qui observe le cercueil, froide, vide, p*tain de Moira, tu sais que dans une autre civilisation ton nom est destin, et elle, qui doit porter du noir, on lui a posé une foutue voilette noire devant les yeux, comme pour cacher ce qui s’éveille, elle doit porter du noir et elle a fini par détester ça.

La tasse sur la table, elle cache sa bouche de ses doigts pliés en poing, se concentre, retire, retire le voile, non tu peux pas, depuis ce jour il est là, il s’est mêlé à ton visage, laisse tomber.

Il veut être là pour que tout se passe bien et depuis longtemps elle a attendu ces mots. Aujourd’hui, ils sont là, comme gravés dans le silence, dans l’espace, c’est lui qui le dit, celui qui est revenu d’entre les songes.

Plongée dans son monde muet, elle observe Azphel copiner avec Berlioz. La silhouette blanche du furet disparaît entre ses mains, les yeux d’encre de la créature l’observent, il observe les mirettes émeraudes et se laisse séduire. Le petit a un peu plus d’un an, le petit a grandi et le petit s’est habitué. Il s’est habitué à la forêt blonde, habitué aux longues siestes sur le canapé. Elle ne sait pas ce qu’il adviendra de lui. Elle a presque peur pour lui. Il est l’innocence, elle l’a acheté parce qu’elle voulait cette innocence auprès d’elle, il sait pas ce qui traverse son esprit, il lui donne toute son affection mais il pige pas, il la juge pas. Il est là.

Il retourne près d’elle, après sa conversation avec Azphel, précipité. Grimpe et se blottit le long de son bras.
Je vais te laisser du coup. Déjà ? Elle relève ses mirettes sur lui, finit par acquiescer. Il est attendu ailleurs et elle ne peut le retenir, de toute façon. Je pense que je reviendrais te voir demain ou après-demain. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu me fais signe, d'accord ? Très bien. Mais elle attendra. Le bruit des clés fait dériver son regard vers la table. Il y a sur la maison des enchantements que moi seul peut franchir, mais tu pourras entrer et sortir sans problème avec ces clés. Et… si tu devais inviter des inconnus ici, préviens-moi avant, s'il te plaît. Je suis plus du genre à vagabonder qu’à inviter, ne t’en fais pas. Elle ne se le permettrait pas.

Elle se lève à sa suite et le suit jusqu’à la porte, comme la gosse.
Le port de ses épaules, sa grande taille, ses mains. Et puis finalement il disparaît dehors. La porte se ferme après un dernier regard, et elle sourit toute seule, dans le hall d’entrée. Berlioz frotte museau contre joue, content de la chaleur, content de la sécurité. Oui, p'tite bestiole, on est là. A bientôt, chuchote-t-elle avant de se retourner pour observer la baraque.
Dans les murs, le soir. Pas idée que les étoiles, non, elles sont pas là.
Elles tentent de percer du dehors, toutes les ombres qui guettent, qui veillent. Qui n'attendent que le noir pour se manifester.
Et elle éteint petit à petit les lumières sur son passage. Allez-y, venez, essayez seulement.
Laissez-vous prendre par la toile, laissez-vous séduire par la parade du fauve.
Le feu crépite,
mais pour l'instant, laissez-la accueillir ses songes.


| Fin du RP. |
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Ven 16 Déc - 15:38


L.A accordés pour le RP

L'Ombre blanche

* * *

D eux jour seulement s'étaient écoulés depuis qu'Azphel avait proposé à Aya de loger dans son manoir londonien, le temps qu'elle fasse le point sur elle, qu'elle puisse se retrouver un chemin dans les ombres devant elle. Deux jours depuis qu'il l'avait retrouvée, par le plus grand des hasards... Et un mélange de réactions contradictoires. La peur de retrouver un fantôme, une chimère, et l'indéniable plaisir de la savoir vivante et en bonne santé. Il n'avait pas aimé sa fuite mais il s'était montré incapable de la lui reprocher.

Le mage noir arriva devant les grilles de sa propriété, en provenance directe du Chemin de Traverse où il avait récupéré sa jeune panthère noire. Il resta un moment immobile, hésitant, les bras chargés de l'animal, d'une litière, et dans sa veste, une petite chatte blanche. Un vague moment d'appréhension. Et si ? Et si elle était déjà repartie, pour courir après son destin en toute insouciance.
Alors qu'elle avait rétablie la balance de leur relation muette, pouvait-elle tout foutre en l'air d'un simple revers de la main ?
Azphel déposa au sol la panthère qui se montrait jusque là particulièrement docile. Il la serra gentiment entre ses jambes pour qu'elle n'aille pas gambader partout et vérifia l'intérieur de ses poches, en ressortit le petit chaton blanc.

L'animal émit un miaulement qui aurait réussi à attendrir le plus sombre des hommes et Azphel lui adressa un sourire mélancolique. Il embrassa la petite peluche sur la tête et la serra contre lui, glissa son index sous ses petits coussinets.
- Tu veilleras sur elle, hein ? Tu me le promets ? Elle en a besoin... Il releva la chatte, la regarda dans les yeux. Tu lui ressembles un peu, vous allez vous entendre je pense.
Oubliant ses craintes de fuite de la sorcière, il replaça le chaton dans la large poche intérieure de sa cape, puis récupéra la litière, le sac de croquettes et prit dans son bras droit la panthère qui opposa un gémissement de mécontentement.

Les lourdes grilles pivotèrent sur leurs gonds, libérant le passage au Maître des lieux. Il remonta l'allée et un sourire illumina son visage, en même temps qu'un immense soulagement libéra le noeud qu'il avait dans l'estomac. Aya était là, sur le porche, parfaite ombre blanche qui patientait. Azphel arriva à sa hauteur et malgré ses bras chargés, déposa une bise sur la joue de la sorcière.
- Tu vas bien ? Échange de leurs regards, comme si en un battement de cils il devinerait tout de suite sa réponse. Tu peux me décharger de ça, s'il te plaît ? dit-il en lui logeant la panthère dans les bras. Celle-ci ne broncha pas et avait même l'air d'apprécier ce transfert. Je suis passé sur le chemin de Traverse, expliqua le mage en entrant, et comme tu vois, j'ai pas pu m'empêcher de ramener quelque chose.

Il gagnèrent le salon où il avait laissé Aya deux soirs plus tôt et il se laissa quelques furtive secondes à la regarder. Elle avait l'air d'aller très bien et la petite panthère dans ses bras avait déclenché des sourires extravagants sur son visage d'ordinaire si réservé. Aya lui faisait plaisir à voir.
- Je lui ai pas encore donné de nom. J'ai pas d'idée en fait, mais si ça te convient, j'aimerais qu'elle reste ici au moins jusqu'à l'âge adulte. Il y a assez d'animaux dans ma maison, à Godric's Follow, que je partage avec... Valentina. Il se rendit compte à ce moment qu'il n'avait jamais mentionné l'italienne auparavant. Lors de leur première entrevue, il n'avait pas eu le temps de le faire, et là, il redécouvrait tout juste Aya, même s'il avait l'impression de la connaître depuis toujours, comme une présence qui l'aurait suivi en silence. Valentina est ma compagne, expliqua-t-il, vous avez quelques points communs d'ailleurs. Elle a déjà des animaux pas forcément compatibles... alors je pense que ce serait bien que la petite (il rejoignit Aya et la panthère et lui caressa la tête de l'animal avec affection) grandisse ici, au moins jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge adulte.

Un miaulement retentit et Azphel recula, rejoignit son canapé, ôtant sa cape avec beaucoup de précautions. La petite chatte blanche se frayait déjà un chemin parmi les pans de la veste et il la recueillit dans ses mains. Viens là toi. Il embrassa longuement l'animal sur la tête. Rappelle toi de ce que je t'ai dit. Puis il l'approcha d'Aya.
- Elle est pour toi, dit-il simplement. Je me suis dit que ça te ferait du bien d'avoir un autre compagnon en plus de Berlioz. J'espère que j'ai bien choisi ?
Il était certain que la sorcière craquerait pour l'animal, mais peut-être préférait-elle ne pas avoir d'attaches, même pour des animaux. C'était d'ailleurs un des buts d'Azphel quand il l'avait achetée, mais il ne voulait pas le révéler à Aya. C'était mieux de lui faire croire à un cadeau spontané qu'à son envie personnelle de la voir attacher de l'importance à des choses. Il logea la chatte dans les mains d'Aya, avec un clin d'oeil complice adressé à l'animal.
- J'ai conscience que ça fait peut-être beaucoup pour toi. Je veux dire, avec la panthère qui va rester là aussi. J'essaierai de passer tous les matins au minimum, pour la nourrir. Elle sort de son sevrage, elle ne va pas encore manger trop, je laisserai des morceaux de viande dehors, ils devraient facilement lui tenir un ou plusieurs jours. Elle a l'air très affectueuse, dit-il alors que le félin était justement venu se frotter à lui, mais difficile de prévoir comment elle va grandir. Je te demande pas de l'éduquer, je passerai le faire de toute façon, mais vu qu'elle va partager tes journées, il est possible qu'elle s'attache à toi et t'obéisse. À voir.

Azphel resta un moment silencieux, observa Aya. Les animaux donnaient inévitablement un peu de bonheur, mais il avait conscience que tout ça allait représenter une pause dans la vie de la sorcière. Elle savait qu'elle était parfaitement libre de rester ou de quitter la Colline étoilée, n'importe quand. Les animaux n'avaient pas pour but de la retenir, et si jamais elle devait partir, il s'en occuperait.
- Je vais aménager derrière à coups de baguette. Je sais pas si tu as fait le tour hier ? Elle ne pourra pas aller bien loin mais y a les premières pentes de la colline et quelques arbres dans le fond, je pense que ça lui fera beaucoup de bien et que ça va l'aider à se développer comme il faut. Je vais essayer de lui aménager un abri, mais encore une fois, tu seras sûrement seule avec elle le soir. Si tu vois qu'il fait trop froid dehors ou même qu'elle ne veut pas y rester, n'hésite pas à la faire dormir à l'intérieur, j'ai rien contre. J'espère juste que tout se passera bien entre les deux et qu'elles ne seront pas un problème pour toi ?

À ces interrogations, il ouvrit la double porte fenêtre qui donnait sur la cour et l'arrière du manoir et offrait une vue plongeante mais éloignée sur tout Londres. Il était dix heures du matin. Un soleil resplendissant montait dans le ciel, mais l'hiver proclamait son arrivée imminente par un froid insistant. Ça n'empêcha pas Azphel de relever les manches de son pull jusqu'aux coudes. Il avait du travail. Maintenant qu'il avait craqué pour une panthère, il allait devoir l'assumer. La journée allait être très longue. Il sortit sur la terrasse, le félin noir le suivant timidement.


Dernière édition par Azphel le Lun 19 Déc - 15:08, édité 1 fois
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Dim 18 Déc - 14:42


Elle a dormi tout le jour et dédié ses nuits à l’insomnie.
Elle n’arrive tout simplement plus à pioncer. A défaut d’être connivence, la nuit laisse les idées germer, prendre le dessus sur les priorités du corps. Comment en arrive-t-on là.
Sommeil insaisissable qui nargue, silhouette occulte, qui chantonne son chant langoureux des sépulcres. Juste au-dessus du minois qui tente de se fermer, de pas écouter, arrête, p*tain de mélodie qui prend la tête.

Les matins ont finalement tous le même goût âpre. Impossible d’en profiter. Elle hait les levers de l’éternel Phébus.

Pourtant,
une confession à faire. Jamais elle ne s’est autant sentie chez elle. Elle peut voguer où elle le veut, vaquer, s’occuper à ne rien faire, éloigner les pensées d’un geste de la main pour les accueillir à nouveau, assise sur le perron dans le froid, le soir à fumer sa énième cigarette au goût toujours plus odieux, goudron sur la langue, goudron sur le palais, les visages sont méconnaissables dans sa tête, il n’y en a pas un, pas même celui qu'elle passe son temps à attendre, elle peut fermer les rideaux le jour et se balancer dans le noir, les ouvrir la nuit pour épier les étoiles.
Oui, ses yeux qui s’ouvrent sur les étoiles, elles sont là sous le voile, faire disparaître le voir du geste de la patte, comme pour effacer les mauvaises pensées de son ardoise nocturne, les milliers d’étoiles qui attendent le lever des longs cils recourbés, mirettes de fauve nocturne, ouvrez-vous et laissez venir les ténèbres. C’est votre relation d’amour funeste qui l’habite, habite, l'habitude, presque feu au bas-ventre, feu des reins et pourtant quand la lune revient, vous l’effrayez, vous la faites fuir, draps qui s’ouvrent pour accueillir l’encore gamine.
Elle ne s’est jamais sentie aussi chez elle que dans ce théâtre abandonné. Toit qui s’ouvrirait presque sous le ciel. Toit dont les voiles s’agitent sous l’appel, sous-

- Réveille-toi.

Ses paupières clignotent, des milliers de points de lumière la surprennent. Elle a enfin dormi cette nuit.
Aya s’échappe du sommeil, yeux attirés par les rideaux ouverts sous le jour timide. Les draps sentent les landes, elle a rêvé s’y être échappée. Pourtant, en s’étirant, elle est là, à la Colline, chez Azphel qui ne s’est toujours pas montré. Pas maîtresse des lieux, Jouet dans sa maison de poupée. Bonjour Enki, chuchote-t-elle à la tête réduite qui s’est décidée à la réveiller, là, en face, posée quelque part au hasard. Elle ne se souvient pas l’avoir foutu là. regretterait presque.
Berlioz l’a quittée dans la nuit pour se lover dans son vieux peignoir antique. Elle attrape la bestiole d’une main, embrasse la petite tête crayeuse, Salut toi, se débarrasse du dépouillé en enfilant du foncé.

Pas sûr de ce qu’elle fout vraiment, encore un peu endormie, elle descend les escaliers, se fraye un chemin dans le couloir et accueille le froid dehors pour chercher de quoi réchauffer la baraque. Plus l’hiver avance et plus il caille. Logique. Incessant cercle vicieux des saisons. Mais l’air froid la dérange moins que toute autre chose.

Il n’est toujours pas revenu, lance Enki, désormais placé sur le rebord de la cheminée. Il a des choses à faire, il n’a pas à me consacrer tout son temps. Il a sa vie ailleurs aussi, tu comprends ? Elle observe la buche s’incendier correctement, reporte ses yeux sur la tête qui l’observe. Je dis ça parce que j’ai l’impression que tu t’ennuies. Depuis quand tu te soucies vraiment de mon ennui ? Je réfléchis, si tu veux tout savoir. Il faudra bien que tu les affrontes un jour. C’est prévu, réplique-t-elle d’un ton sec en se redressant, après un court soupir.

En passant devant des fenêtres, un pressentiment. Berlioz dans ses pattes, silhouette longiligne se cache, il sent quelque chose lui aussi et file dans les escaliers se cacher. Mauviette. Elle ouvre la porte d’entrée, toutefois interloquée, et le glacé l’accueille maintenant sur le perron.

Enki a été sévère trop vite, il est revenu. Et un petit sourire répond à celui d’Azphel qui s’avance, accompagné… Elle comprend rapidement la fuite de Berlioz, les yeux plissés sur la silhouette caché dans les bras du mage. Il tient une bestiole dans ses bras, bestiole farouche, bestiole encore timide par sa jeunesse. Il la rejoint sur le perron. Tu vas bien ? Lui demande-t-il en laissant ses lèvres rencontrer sa joue. Elle écarquille à peine les yeux, se contente de croiser son regard dans un échange signifiant certainement un oui, tout va bien que lui seul peut saisir. Tu peux me décharger de ça, s'il te plaît ? Elle offre ses bras sans se faire prier, plutôt ravie de l’offre bien qu’étonnée. La peluche noire est adorable, et dans un sourire s’étirant, elle rencontre les grands yeux célestes plutôt disposés. Nul besoin de lui faire la cour, elle semble pour l’instant encore docile et sûrement troublée. Aya s’entiche de la fourrure noire, un doigt glisse le long de la truffe de l’animal. Je suis passé sur le chemin de Traverse et comme tu vois, j'ai pas pu m'empêcher de ramener quelque chose. Explique Azphel, Aya sur ses pas. Acheteur compulsif, je vois, se moque-t-elle gentiment, comprenant toutefois sa démarche.
Elle s’amène à ses côtés jusqu’au salon, la panthère dans ses bras, la cajolant discrètement. Elle a presque le don de lui fendre le cœur, animal sauvage et farouche devant s’habituer à un nouvel environnement. Un peu comme toi. Sauf que t’es moins farouche. Et puis créature grandira. Un peu comme toi, aussi. Je lui ai pas encore donné de nom. J'ai pas d'idée en fait, mais si ça te convient, j'aimerais qu'elle reste ici au moins jusqu'à l'âge adulte. Un hochement de tête. Aucun problème pour elle. Il y a assez d'animaux dans ma maison, à Godric's Follow, que je partage avec... Valentina. Valentina ? Elle relève la tête pour rencontrer les émeraudes, le questionnant. Valentina est ma compagne, vous avez quelques points communs d'ailleurs. Pas choquée ni interloquée, mais il ne lui a jamais parlé d’elle. Un petit sourire étire ses lèvres à nouveau alors que le nouvel hôte de la Colline lui mordille les cheveux et avance une patte pour en secouer une mèche. Elle n’avait même jamais songé à la vie sentimentale d’Azphel. Elle a déjà des animaux pas forcément compatibles... alors je pense que ce serait bien que la petite grandisse ici, au moins jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge adulte. Il s’avance vers elles, gratifie la petite d’une caresse sur la tête. Il me reste donc peut-être encore quelqu’un à rencontrer, dans ce cas, répond Aya qui se fait couper par un autre miaulement. Qui ne vient absolument pas de la noiraude.  

Le propriétaire des lieux s’immobilise, à la suite du regard interrogateur de la jeune femme. Il rejoint le canapé, s’affaire sous sa cape qui s’agite. Qu’est-ce que… Les ténébreux de la blonde s’animent, une minuscule petite chose blanche s’échappe du tissu pour rejoindre les pattes accueillantes d’Azphel. Mon dieu. Après un long baiser sur la tête de ce qui semble être une petite chatte chétive, il s’avance vers elle.
Il est temps pour toi de vagabonder, je crois, songe Aya en offrant sa liberté et le soin de découvrir les lieux à la panthère. Elle est pour toi, explique simplement Azphel alors qu’elle se redresse. Elle se désintéresse malgré elle des émeraudes pour rencontrer les prunelles timides de la demi-portion de félin. Pour moi ? Je me suis dit que ça te ferait du bien d'avoir un autre compagnon en plus de Berlioz. J'espère que j'ai bien choisi ? Et-
Et comment. Elle n’en revient presque pas. C’est vrai qu’elle a Berlioz, qu’elle gardera aussi longtemps que possible auprès d’elle, mais ça, ça, c’est… Elle tend les mains et accueille la créature sans sourire. Et pourtant, ses yeux s’agitent. Que dire. Elle regarde la chatte avec précaution, comme par peur d’abimer de ses fuligineuses ce petit, ce, cet innocent mécanisme de vie. Azphel, c’est. Elle hésite sur la formulation, préfère se taire avant de revenir à lui. Un baiser sur sa joue, voilà, plutôt que de parler, un baiser sur la joue et une rapide étreinte pour remercier. Faire gaffe de pas étouffer la créature, non, là, elle va bien. Fille de lumière. Avoir cette minuscule créature fascinante de vie entre les mains, c’est presque. Mer**. Encore un cadeau. Bordel, Az, encore un cadeau.

J'ai conscience que ça fait peut-être beaucoup pour toi. Il lui explique rapidement l’état des choses, concernant la panthère. Elle a l'air très affectueuse mais difficile de prévoir comment elle va grandir. Je te demande pas de l'éduquer, je passerai le faire de toute façon, mais vu qu'elle va partager tes journées, il est possible qu'elle s'attache à toi et t'obéisse. À voir. Je saurais veiller sur elle, si tu en as besoin, réplique-t-elle automatiquement, couvant maintenant le chaton. Elle laisse ses doigts glisser sur les minuscules pattes, devinant les articulations, le moelleux des coussinets. Comme déjà complice, son nez rencontre le museau effrayé et curieux. Elle-
s'arrête, il la regarde, ravale son sourire. Pas par fierté mais parce qu’il a touché juste. Il sait qu’elle ne peut que craquer. Félicitations. Elle lui est reconnaissante mais lui en voudrait presque de lui offrir quelque chose d’aussi précieux qu’une autre vie innocente. Sais-tu ce que tu fais, au moins, en me confiant ça ?

(…) J'espère juste que tout se passera bien entre les deux et qu'elles ne seront pas un problème pour toi ? Pas du tout, elle le suit, le chaton jouant avec la pointe de ses cheveux épars. Qu’est-ce qu’ils ont tous, avec ses cheveux ? Qu’importe, ces petites paluches peuvent faire ce qu’elles veulent. Comment refuser ces offrandes gratuites, ce non-jugement si facile à obtenir ? Ça me fera de la compagnie, et de l’occupation. Un raclement de gorge lointain de la part d’un Enki qui a bien envie de se moquer. Si seulement il pouvait se mettre en veille, au moins de temps en temps.

Le félin noir le suit jusqu’au dehors, tout comme Aya, qui s'arrête cependant au dernier pas pouvant la mener au-dehors. Apparemment, il a prévu de bosser aujourd’hui.
Dans un baiser sur la tête du chaton, elle l'installe avec délicatesse sur une couverture laissée à l'abandon sur le canapé et s’enfuit vers la cuisine. Ses deux mains rencontrent le lavabo froid, elle s'y appuie, inspire longuement par la bouche. Quelle idée, Azphel. Tu tiens à lui offrir une parade de blanc immaculé ? Un attachement, une autre, nouvelle attache dans ce monde. Comme un manteau blanc que tu lui mettrais sur les épaules, à défaut de la voir se parer de noir. Un oeil à la fenêtre, à la vue. Elle se détache du lavabo, fait quelques pas en arrière pour jeter un œil au chaton qui s'amuse avec une frange de la grosse couverture. Lux, Lux, gamine de lumière, parée de sa jeunesse mais pas comme un fardeau. Comment ne pas pourrir les autres quand on s'y adonne déjà soi-même ? Mer**. Fais quelque chose. Il est là.

Elle observe la silhouette d'Azphel qui redécouvre les lieux, en devient l'architecte pour le confort de la forme noire qui se frotte contre lui. Étrangement, ils se ressemblent aussi. Dans un #Locomotor, baguette en main, elle laisse glisser dans l'air une tasse de café chaud. Tasse qui vient lui chatouiller les narines de son irrésistible saveur. Je pense que c'est une priorité, ça aussi, entonne-t-elle dans un sourire, restée sur le pas de la porte-fenêtre. Tu as besoin d'aide ?, ajoute-t-elle en laissant la fumée de sa première cigarette se battre contre la brise.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Lun 19 Déc - 17:48


L à, posé sur sa terrasse, Azphel respirait à plein poumons, laissant la fraîcheur agressive s'engouffrer en lui. De l'air beaucoup moins anxiogène que celui qu'il aspirait depuis des semaines, chargé de sa rancoeur envers lui-même et des doutes liés à son éloignement à la fois volontaire et involontaire de Tina. Il avait fait le tri dans ses pensées et ses priorités. S'ajoutait maintenant Aya, revenue d'il ne savait où, d'un tête-à-tête avec son passé. Mais elle était là bien réelle, plus seulement une apparition, et c'était tout ce qui importait. Elle faisait partie des choses que l'on pressent de celles dont on devine l'importance en les apercevant. Il la savait d'une manière ou d'une autre étroitement liée à son futur. Il ne pourrait pas l'abandonner, même s'il n'était pas encore certain de lui-même, de où jusqu'il irait pour l'aider dans sa quête. La chatte blanche était une autre promesse adressée, à lire entre les lignes.

- Je pense que c'est une priorité, ça aussi.
La voix d'Aya l'arracha de ses pensées et ses longues inspirations méditatives. La petite panthère avait déjà bondi jusqu'à elle pour se frotter à ses jambes. Elle venait d'attirer une tasse de café sous les yeux d'Azphel et le sorcier la récupéra dans un sourire ravi.
- Merci, je vais m'asseoir quelques minutes pour en profiter.
- Tu as besoin d'aide ?
- Oui, je veux bien, mais on voit ça après, lui dit-il en se penchant pour récupérer le félin de son autre main avant de s'asseoir à la table de sa terrasse. Il resta un moment pensif à la caresser, observant son émerveillement de découverte. La petite bête vulnérable qu'elle était changerait bientôt, mais il était impossible de ne pas fondre pour cet adorable donneur de câlins qui était là, juste à portée de main. Aya s'assit à son tour à la table.
- Je pensais désherber en premier lieu à coup de baguette, pour rendre à ce terrain une allure convenable et m'assurer qu'il n'y ait rien qui sorte du sol sur lequel elle ou toi puisse se blesser. Il me faudrait de l'aide avec le bois, pour en faire une clôture assez haute dans le fond, histoire qu'elle ne se sente pas l'envie de passer par dessus. Je ferais un abris dans l'après-midi si le temps est avec nous.

Le sorcier relâcha la panthère, la regardant dévaler la pente en toute insouciance. Son regard glissa sur Aya, ses cheveux légers chatouillants ses épaules, son visage si secret et révélateur à la fois. Il la dévisagea un moment, ses yeux émeraudes rivés dans ces perles ténébreuses qu'il connaissait par coeur. Elle avait l'air de se plaire d'être ici, être revenue sur Londres lui faisait surement du bien.
- Ça va le manoir ? Il n'est pas un peu trop grand à ton goût ?
D'où l'idée de lui offrir de la compagnie. La solitude se faisait particulièrement ressentir ici, il en avait fait l'expérience à différentes périodes de sa vie, souvent volontairement. Je pense que vous vous entendriez, avec Valentina, dit le sorcier en réponse à son affirmation un peu plus tôt. Je pense qu'il n'est pas utile de préciser qu'elle a un rapport avec la magie similaire au mien, même si nos histoires sont très différentes l'une de l'autre. Les yeux d'Azphel glissèrent vers la panthère qui avait dévalé la pente et trouvait dans un fouillis d'herbes un intérêt surprenant. Il trempa ses lèvres dans son café, rigolant aux réactions attendrissantes de l'animal. Son regard finit par s'enfuir sur le paysage puis la sorcière qui avait trouvé un sourire qu'il ne lui connaissait pas avant, quelque chose de rassurant et doux.

- Pour ce que j'ai dit y a deux soirs, ça ressemble à ton histoire. Il devinait qu'Aya devait attendre secrètement plus de détails sur ça, ce qu'il avait fait et pourquoi il s'était proposé de la suivre. Ma petite soeur était ce que j'ai eu de mieux dans ma vie. Elle a atterri à Poufsouffle en arrivant à Poudlard, la première dans la famille. Ça n'a pas plu à tout le monde mais moi, je m'en foutais. Au contraire, je crois que je l'ai toujours aimée pour ça, ses différences avec le reste de la famille. Pour mon père ça passait à peu près, ma mère j'en parle pas, elle l'aurait reniée s'il elle avait été capable de s'opposer à notre paternel. Pour la magie c'était plus compliqué. Vu qu'on avait pas d'autre choix que de passer nos dimanche en famille, à entendre des extrémistes prôner la magie noire et à s'entraîner aux sortilèges, ça s'est rapidement vu que Cyrielle était différente, qu'elle ne suivrait pas les directives de ses parents, n'en déplaise aux autres. Le regard d'Azphel alternait entre la sorcière et la panthère, buvant son café, marquant de légères pauses, sans être gêné de la discussion pourtant sujet sensible en temps normal. Elle n'a jamais caché son désintérêt de la magie noire et son ouverture d'esprit, et ça, ce n'est passé pour personne. Je ne m'en rendais pas trop compte alors, je pensais que rien ne pouvait arriver, que malgré son insolence et sa volonté de se démarquer des autres, elle restait leur fille. Un enfant ça se protège non ? Question pour tous les co*nards du monde. Que ceux qui répondent non brûlent en enfer.

Le sorcier ne put réprimer un frisson mais s'efforça à adresser un sourire à Aya, lui montrant que ce n'était rien. Quelque part, il voulait qu'elle sache. Leur relation de confiance passait par une route similaire, il lui fallait l'emprunter dans le même sens qu'elle.
- J'ai compris que j'étais naïf un peu trop tard. Je voyais la méchanceté de mes oncles envers elle comme de la taquinerie. Qu'est-ce que j'étais con... Il secoua la tête, le sourire un peu forcé avec les souvenirs de plus en plus douloureux qui remontaient dans sa tête. Noël, mes seize ans. Je suis resté à Poudlard parce que... parce que je m'intéressais de plus en plus sérieusement à la magie noire, à la magie tout court. Je me suis dit que rester au château sans avoir de cours serait une bonne opportunité pour étudier et dépouiller la bibliothèque de tous ses secrets, essayer de trouver des trésors dans Poudlard. Cyrielle elle, est rentrée, comme tous les ans. C'était noël, j'imaginais pas que quoi que ce soit de mauvais puisse se passer. Et puis un hibou est arrivé, le vingt-trois, le vingt-quatre peut-être. Pas beaucoup de mots sur le parchemin, du blabla du style "chéri, il s'est passé quelque chose... ...un terrible accident au manoir... ta soeur est morte... blablabla" J'ai presque pas réagi. Parce que c'était impossible. Elle était à mes yeux tout ce qu'il y avait de bien dans ma famille, elle était mon espoir, quelqu'un qui faisait ressortir ce qu'il y avait de mieux en moi quand on était ensemble.... alors elle ne pouvait pas partir. Quelques heures plus tard, quand j'ai compris la portée de ce qui était écrit, j'ai complètement craqué, j'ai perdu pied. On m'a récupéré dans les cachots, j'avais brûlé la lettre et essayé de détruire un mur sans être capable de quoi que ce soit. J'avais encore rien contre ma famille à ce moment-là, mais quand je suis arrivé à Liverpool, j'ai vite compris que ce n'était pas un accident ordinaire. Certains visages, certaines attitudes ne mentent jamais. Officiellement c'est un "sort perdu" qui est responsable d'une mauvaise chute de ma soeur... Un sort perdu pendant une réunion...

Azphel secoua la tête. Il se retint de balancer sa tasse dans l'herbe et la posa calmement sur la table.

- Depuis ce jour, plus rien n'est pareil. J'ai continué d'être le fils modèle, de me tourner vers la magie noire comme mes parents l'avaient toujours voulu, mais ce n'était pas pour les satisfaire. Dès que j'ai fini mes études, j'ai quitté la maison et j'y suis jamais retourné. Azphel éclata d'un rire nerveux, cynique. Enfin si, j'y suis retrourné. Ses émeraudes vacillantes était rivés dans les yeux d'Aya. Le dernier jour de sa vie, j'étais là. C'était obligatoire. Mais même face à leur propre mort, mes parents n'ont pas eu la décence de me dire la vérité. Je cherche encore le responsable du sortilège qui a causé la mort de Cyrielle, même si j'ai ma petite idée... Sûrement un des oncles que j'ai évoqué l'autre soir. Voilà pour l'histoire, même s'il y a plein de détails à côté. Ça y est j'ai envie d'un whisky bo*del.

Azphel tira de sa poche un paquet de cigarettes écrasé et en prit une. T'en veux une ? dit-il en passant le paquet à Aya, une éphémère entre les lèvres. Il alluma sa blonde avec son zippo qu'il envoya glisser sur la table. C'est le moment que choisit sa panthère pour rappliquer sur la terrasse, un bâton trois fois plus grand qu'elle entre les crocs. Elle n'avait pas l'air de vouloir jouer avec, mais plutôt envie de lui régler son compte.
- Viens là, dit Azhel en faisant claquer sa langue, sa cigarette dans la main. L'animal se tourna vers lui et quand il réitéra son appel, elle lâcha sa prise pour courir dans sa direction. Clope au bec, il la prit dans les bras avant de retransférer l'éphémère loin de la panthère. Comment je vais bien pouvoir t'appeler toi ? Il réfléchit un instant, le regard planté dans celui du morceau de fourrure qui avait tout d'attendrissant. Duchesse, peut-être, ça t'irait ? Azphel resta un instant figé, comme à attendre une réponse de la panthère, mais elle se contentait d'agiter ses pattes avant, tentant de lui griffer le nez ou d'attraper sa cigarette lorsqu'il l'approchait trop près d'elle. Quelques années auparavant il l'aurait sûrement appelée Ténèbres ou une co*nerie du genre. Mais quelque chose de doux, c'était sûrement mieux. Tu vas changer ma vie ? demanda-t-il dans un regard silencieux à la petite bête.

Le mage noir finit par écraser l'éphémère et relâcha la petite, qui resta un moment complètement immobile à le contempler, comme si elle attendait quelque chose de lui. Finalement, elle repartit régler ses comptes au bâton qu'elle avait trouvé. Azphel se leva de la table, il était temps de rendre présentable la nouvelle maison de cette petite bête, mais avant, il se tourna vers Aya.
- Si tu te poses la question, au moment de le faire, de me débarrasser de mes parents, j'ai aimé ça. Vraiment. Je crois que j'étais prêt à le faire depuis le jour où Cyriele est morte, il m'a juste fallut du temps pour accepter qui j'étais.

Il inspira une longue bouffée d'air frais, chargée d'un passé haït et d'un présent assumé. Je te laisse jouer avec ta baguette pour faire une jolie montagne de bois dans le fond, si ça te va. Je vais m'occuper de remettre le terrain en état. On verra cette aprem pour son abris, de toute façon, je crois qu'elle est davantage préoccupée par gagner son combat avec le bâton que par tout autre chose.
Il se rendit compte en l'observant à quel point cette petite boule de poils le mettait de bonne humeur. C'était grâce à elle qu'il avait pu parler de Cyrielle sans trop s'affaiblir. Il avait bien fait d'entrer dans cette boutique au hasard, il l'aimait déjà cette petite. Il prendrait soin d'elle comme il veillerait à ce que Aya ne sombre pas. Le mage noir jeta un oeil en arrière dans la maison ; la chatte blanche y était sagement installée, calée dans une couverture sur le canapé. Elle devait avoir sommeil puisqu'elle ne bougeait pas d'un poil. Il était temps de s'occuper de la panthère et de profiter de cette journée, de dissiper des ombres ou des doutes entre Aya et lui.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Mer 21 Déc - 0:39


Tasse fumante en main, une gorgée en descente dans l’œsophage, elle observe un court moment Azphel. Plutôt rayonnant aujourd’hui. Quelque part, les émeraudes brillent un peu plus, comme attisées par, par le, pour changer elle n’arrive pas vraiment à l’identifier. Par la p’tite bestiole qu’il semble couver de l’œil, qui court un peu partout, certainement.

Au final, le frais n’est pas si dérangeant. Bien au contraire. Elle n’a qu’une maille au-dessus de sa robe à bretelles, a bof peur de chopper froid. y a pas moins important que le chopper froid, quand t’es là, quand t’attends, tasse en main, attendre quoi, elle sait pas, elle continue de l’observer, il est là.
En gros, il voudra bien de son aide. Elle s’en fout, elle le fera. Elle ne s’est proposée ni par politesse, ni par réelle envie. Elle loge ici, elle surveillera la panthère, s’occupera de ce qu’il faut. Veiller à l’entretien paraît tout à fait naturel.

C’est limite étrange de se poser ici, sur la terrasse. Elle a envie de rire, elle sait pas vraiment pourquoi, tout lui paraît tellement – tout lui est incompréhensible. Pour l’instant se contente d’avaler une autre flopée brûlante avant de passer sa langue sur ses lèvres, trop avide du fiel ancré dans ses babines. Les mirettes sont sur elle, elle tente pas de cacher quoi que ce soit, à quoi bon, il devinerait, ou poserait une question. Il sent tout. Non, sois agréable. Ça va le manoir ? Il n'est pas un peu trop grand à ton goût ? Un sourire pour première réponse. Elle jette un œil à ses doigts autour de la tasse, les relève sur lui. Non, je m’y sens bien. Voix off : peut-être mieux que partout où j’ai été jusqu’à présent, mieux que dans le grand jardin, mieux qu’entre tous les murs où les souvenirs ont vieilli pour rester douleur vive. C’est la solitude qui prime, solitude pourtant loin du calvaire de devoir faire semblant et de devoir regarder dans les yeux sans laisser la rétine suggérer autre chose que de la vieille rancœur - j'fais rimer latitude, solitude et incertitudes. Je pense que vous vous entendriez, avec Valentina. Je pense qu'il n'est pas utile de préciser qu'elle a un rapport avec la magie similaire au mien, même si nos histoires sont très différentes l'une de l'autre. Je ne sais pas. Mais je reste curieuse de connaître celle qui partage ta vie.

Le silence les recouvre à nouveau de son voile de tranquillité. Mais des questions subsistent. Et alors qu’Azphel couve le félin des yeux, félin qui flâne, qui découvre, elle rencontre elle, le coin replié des lèvres du mage dans des sourires et des moqueries attendries à l’égard de la bête. Elle-même ne s’en empêche pas, ses babines s’étirent, miséricordieuses, filez au rare sourire de la dryade le ciel, pardon fiel, qu'importe, en offrandes.

Pour ce que j'ai dit y a deux soirs, ça ressemble à ton histoire. Elle perd son sourire et comprend que c’est le temps des confessions.

Quand ton univers entier se désagrège sous tes pieds, qu’est-ce que tu fais ?
Tu arraches le mal jusqu’à sa racine, n’est-ce pas ?

Elle ne comprend que trop bien la réaction d’Azphel. Yeux rivés dans ses émeraudes vacillantes tout le long de son discours. Il a tout déballé, et elle pige mieux. Sa famille assumait cet amour pour les ténèbres, la sienne, à elle, le cache aux yeux du monde, n’ose même pas mettre les choses au clair. C’est ça l’hypocrisie, chez elle. Ne pas assumer ce penchant mais faire du mal, constamment. Avec plaisir et puis tout ravaler, forcer silence.

Parmi ses proches à lui, l’hypocrisie a pris une forme légèrement différente.
Le petit cœur d’Innocence, de Différence est parti. Parti, emporté par la haine de ces êtres qui ont élevé le jeune Azphel et forgé celui qui se tient face à elle aujourd’hui, travail sur lui dont il aurait préféré être privé, sans aucun doute. Ils ont préféré l’enterrer plutôt que d’avouer. Enterrer la vérité, laisser le secret prendre le dessus, l’hypocrisie ternir à jamais le cœur de quelqu’un qui mérite de savoir et de fuir l’hostilité. La pourriture, oui. Elle connaît trop bien ce mot. Pour se l’être fait coller à la peau.

Elle baisse les yeux sur ses mains accaparées par sa tasse au breuvage désormais glacé. Elle ne sait pas quoi lui dire. Lui dire quoi, de toute façon ? Lui dire qu’elle ne comprend que trop bien ? Qu’elle ne peut que trop bien saisir la détresse dans laquelle il a été plongé suite à sa perte ? Ou encore la rage qui décompose l’être en songeant que tout ce qui l’a depuis toujours entouré n’est qu’un foutu tissu de mensonges ?

Non, il le sait, le sent déjà, qu’elle ne peut que comprendre. Il n’a qu’à la regarder ; elle comprend. L’histoire est déjà écrite. En tirer quelque chose, oui, mais la remuer, trop la remuer, c’est une foutue mauvaise idée. Ils auront tout le temps de le faire. Pour l’instant, elle digère. T'en veux une ? Il la coupe dans ses réflexions, elle se surprend à être restée figée pendant un long instant. Merci, réplique-t-elle en posant sa tasse et en embrasant sa deuxième.

Leaving through the night and starting fires, going through society's desires. Elle le regarde à nouveau, sa cigarette fumant nonchalamment entre ses doigts fuselés. Smoke and retribution, keep it burning. La panthère hésite, se blottit finalement dans les bras d’un Azphel on ne peut plus séduit par la créature. Only cause of sorrow I'll be learning. C’est donc ça, cette histoire qui a dévoré Azphel durant des années, qui a décidé de ses actes, qui l’a dans un sens 'mené à la baguette'. Can't help but think about the situation, tryna get to see but my mind's racing. Représailles particulières. Châtiment dont on ne peut se soustraire. Il l’a fait. Il continue à poursuivre la révélation pourtant, le fin mot de l’histoire. Only got each other we can turn to, lying here, I know they'll never break you free. Toujours, nous courrons toujours après quelque chose, toujours la même course.

Taisez-moi. Les voix, taisez-vous. N’importe quoi.
Quelque part l’envie de laisser une larme s’échapper. Pas par pitié, mais quelque part à cause de lui. Toujours prendre l’histoire des autres sur ses épaules, elle sait pas pourquoi, la responsabilité elle la cherche toujours. Répercussions indésirables. Elle ne s’en fout donc jamais vraiment. Elle ne sera jamais réellement indifférente. Jamais inhumaine, jamais trop humaine non plus. La clope la dégoûte, désolée, elle la laisse glisser de ses doigts pour finir dans la tasse. Café t’façon froid, café t’façon foutu, comme tout un tas de choses.

Le rideau des longs cils recourbés se lèvent. Si tu te poses la question, au moment de le faire, de me débarrasser de mes parents, j'ai aimé ça. Vraiment. Je crois que j'étais prêt à le faire depuis le jour où Cyrielle est morte, il m'a juste fallut du temps pour accepter qui j'étais.


accepter qui individu vraiment être


Sait pas. Une part d’elle, si, l’admet et accueille cette nature comme un cadeau, une manière de se racheter en se drapant du tissu des mânes. Et pourtant tout ça c’est comme jouer au clair-obscur. Un p*tain d’imbroglio. C’est pas raisonnable de se laisser bouffer par ça, et pourtant t’as pas le choix. il m’a juste fallu du temps pour accepter qui j’étais.
Elle aimera sans doute ça aussi.
Et il le sait déjà.
Il ne l’a pas dit sans se douter de ses questions. De sa vraie question, au fond, qui fuse comme un éclat de tout là-bas, du trou béant dans son ventre qui bouffe tout sur son passage. Comment c’était de les tuer ?

Je te laisse jouer avec ta baguette pour faire une jolie montagne de bois dans le fond, si ça te va. Je vais m'occuper de remettre le terrain en état. On verra cette aprem pour son abri, de toute façon, je crois qu'elle est davantage préoccupée par gagner son combat avec le bâton que par tout autre chose.

Un hochement de la tête fugace. Faisons ça, empêchons-nous de réfléchir pour le moment.
Pourtant, voilà. Sa baguette en main, elle peut pas s’en empêcher et lui prend un court instant la main. Le temps de plonger les mirettes de fauve dans la verdure de ses ténébreuses à lui. J’ai entendu. Je comprends tout. Tout paraît si évident. Et puis Mer**, elle part, s’occuper de préparer à l’animal qui a encore tout à vivre et à lui offrir le confort qu’il mérite vraiment.

De nombreux coups de baguettes plus tard.

Tout a été fait précautionneusement et la panthère s’est trouvée un coin dans le salon, occupée de la mâchoire avec un nouveau jouet. Elle ne sait pas si l’objectif du jour a été parfaitement rempli mais, épuisés, ils avaient décidé de s’arrêter là, la nuit commençant de toute façon à tomber. C’est pas que le noir dérange, mais ça reste une motivation en plus pour ranger les baguettes et rentrer siffler quelque chose qui, à défaut d’être chaud, est réconfortant.

A l’instant, bambin-félin préfère observer Aya qui le tient tout contre elle, un verre à la main. Eh bien, ma biche. T’as l’air de te plaire, ici. Un sourire étire les lèvres nues, elle fait glisser un index sous le menton duveteux de la bestiole qui ouvre la gueule sur deux dents à peine acérées. Pauvre petite chose encore sans défense.

Azphel, lui, est parti chercher de quoi ranimer le feu ; la baraque s’est adonnée au froid glaçant. Un verre de whisky est tout près pour lui, sur la table basse du salon, alors qu’elle préfère cajoler sa favorite en sirotant l’éthanol. Elle sait qu’il a vu le verre du coin de l’œil, en arrivant, les bras chargés de petit bois. Le connaissant, doit le convoiter avec une certaine impatience. Surtout après cette journée de travail.

Et c’est ce qu’il confirme, en attrapant le verre. Elle jette un œil à Enki qui semble ne pas vouloir broncher mot. Soit jaloux de la nouvelle préoccupation de sa Maîtresse, soit conscient qu’il a intérêt à la fermer, à écouter s’il veut, de toute façon il est là pour ça.

Les préoccupations nocturnes reviennent, comme incitées par l’ambiance pesante, par le ciel étoilé qui commence à poindre à quelques endroits, les nuages qui se sont faits la malle, les nuages qui ont décidé d’être cléments ce soir. Elle repense à l’histoire d’Azphel. Elle a volontairement évité le sujet cet après-midi, emportée par le travail et ne désirant pas plomber leur motivation par d’autres questions. Il sait pourtant qu’elle en a ; évidence. Évidence tout comme le silence retenu.

Azphel, entame-t-elle finalement en laissant le chaton quitter ses bras. Elle laisse encore le silence prendre le dessus sur les mots, sur les questions. Boit une gorgée qui lui fait serrer la gorge. Tu n’as pas, toi, des fois, la douloureuse sensation qu’un jour, elle reviendra ? Elle s’appuie à l’arrière du canapé où il s’est installé, lèvres contre rebord du verre qui ne va tarder à déchanter. Evite volontairement le jeu des regards. Débarquée là, d’un coup, à la sortie d’un mauvais rêve et que c’est elle, elle qui est venue te réveiller. Ou au détour d’une rue, comme une inconnue, au loin. Elle sait pas si elle fait bien de demander ça, mais- J’ai l’impression d’être tarée, de me laisser aller à ces idées. De devenir tarée.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Mer 21 Déc - 14:56


L a main de la sorcière était venue se loger dans celle d'Azphel, au moment de se lever pour aller travailler. Debouts sur la terrasse, les deux mages noirs se dévisageaient, leurs regards plus parlants que jamais. Un moment de tendresse et de compréhension silencieuse, quelque chose qu'eux seuls étaient capables de percevoir. Ce qu'il aimait chez elle, c'est qu'ils n'avaient pas besoin de parler. L'intensité et la profondeur de leur échange passait par leurs yeux et ce contact si simple, empreint de mysticisme, une symbiose d'émeraude et d'onyx qui se mélangeaient en silence. Jusqu'à se dissiper.
Trop court. Trop long. Infini et éphémère.

Il n'était plus l'heure des grandes discussions mais celles des petites attentions.
La fin de matinée, l'après-midi, passèrent rapidement. Duchesse occupa le plus clair de son temps à se faire les dents sur tous les morceaux de bois qu'elle put trouver, s'arrêtant seulement pour observer ce que les coups de baguettes impérieux des deux sorciers, dans de grands gestes harmonieux, construisaient tout autour d'elle. Azphel put constater que sa baguette, reliée à celle d'Aya, formait un duo d'une souplesse et d'une qualité évidente. Leurs fluides mouvements de poignets se ressemblaient et le bien-être du petit morceau de vie noir qui gigotait partout autour d'eux les impliquait de manière égale.

Le temps s'écoula avec clémence, le soleil réchauffant les sorciers alors que sous leurs efforts, le froid âpre s'atténuait à petit feu. Le milieu d'après-midi arriva vite et le soleil disparaissant rapidement, ils jugèrent bon d'arrêter là, le sorcier jaugeant leur travail avec un regard aussi satisfait qu'attendri. Le terrain avait plus fière allure, parfaitement nettoyé des mauvaises herbes et pièges retors qui auraient pu blesser quelqu'un. Aya avait parfaitement usé de sa baguette et offert, tout en contrebas, une palissade solide et suffisamment haute pour que Duchesse ne puisse s'enfuir. Le sorcier avait tout juste eu le temps d'assembler quelques planches pour un abri de fortune pour la panthère, que déjà les étoiles apparaissaient dans un ciel pourtant toujours bleu. La lune, presque transparente, se manifestait aussi pour dire bonsoir au soleil déclinant.

Azphel arrêta là son travail, invita la sorcière à faire de même, à venir goûter un repos qu'elle avait largement mérité. Il finirait l'abri le lendemain, Duchesse aurait un luxueux confort pour elle ce soir.

La sorcière était partie s'installer dans le salon que le froid avait pétrifié dans la journée par manque d'entretien de la cheminée. Azphel s'occupait du bois et, comme le matin alors qu'elle lui avait présenté une tasse de café brûlant salutaire, Aya avait anticipé ses envies et senti que la soirée se prolongerait autour d'un verre. Le mage noir lui octroya un sourire complice, un peu amusé, quand il repassa devant la table, les bras chargés de combustible et de son paquet de cigarettes frigorifié. Merci, murmura-t-il reconnaissant, à la vue du liquide ambré qui patientait dans un verre à son attention.

L'air extérieur avait refroidi le sorcier. La nuit était vite tombée, comme si le soleil avait fui devant l'arrivée de la lune écrémée. Il mit les buches dans la cheminée, adressant un regard furtif à la tête parlante posée là. Le genre d'accessoire dont Azphel se passait volontiers, mais il devinait que la chose devait servir à Aya, comme un ami ou quelqu'un à qui elle pouvait parler. Le mage noir était presque certain qu'il devait savoir sur elle plus de choses que lui, même si la tête ne comprendrait surement jamais les paroles muettes entre les deux sorciers. Elle n'était pas capable de sentir ce qu'eux sentaient.

- Merci pour tout ce que tu as fait, on s'est bien débrouillés, dit le mage, posant son regard éclatant sur la sorcière.
Il avait perdu sa méfiance, ses doutes sur elle. Aya était là, comme une partie intégrante de sa vie, un fragment qui était destiné à y entrer pour bien des raisons et qui ne pourrait en sortir que si un drame survenait.

Mais la sorcière était silencieuse et il comprit qu'elle allait relancer leur discussion maintenant que leur après-midi de travail main dans la main était achevée. Azphel s'enfonça dans le canapé, à côté de la couverture qui avait accueilli la nouvelle amie d'Aya une bonne partie de la journée. Il veilla à la laisser en place de façon à ce que le petit chaton puisse s'y lover. Le sorcier adressa un coup de baguette muet à la cheminée et les flammes s'éveillèrent pour entonner un chant de réconfort instantané. Le salon n'eut besoin que de quelques secondes pour étouffer la froideur accumulée toute la journée par une ambiance tiède et cosy. Duchesse se précipita devant le feu, son regard bleu alternant entre un voile d'admiration pour les flammes qui crépitaient et un manifeste questionnement en regardant la tête réduite qui appartenait à Aya. Des réactions qui suffirent à attendrir et amuser les deux sorciers.
Finalement, la panthère s'allongea devant l'âtre, recroquevillée sur ses pattes, les paupières lourdes. Elle semblait épuisée par sa journée passée à courir et à décharner des morceaux de bois redoutables. Tant mieux, tu dormiras bien, dit Azphel tout haut.

Une première gorgée de whisky pur. Dur à avaler comme à chaque fois, mais le réconfort implicitement promis était bien là.

- Azphel. Voix douce, comme un mot de velours disposé avec toute l'attention du monde.
Le sorcier pivota sur le canapé, ravi d'écouter ce qu'elle avait à dire ou lui demander. Ce n'avait été affirmé haut et fort, mais cette journée faisait pour tous les deux suite au départ d'Aya. Elle laissait au passé leurs retrouvailles et leurs doutes. Ils avançaient. Vers des inconnus. Et vers des ombres. Ils avaient vu et verraient.
Tu n’as pas, toi, des fois, la douloureuse sensation qu’un jour, elle reviendra ?
Il aurait voulu rester impassible, mais Azphel se raidit. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle parle de Cyrielle. Pas de cette façon. Il voulut ouvrir la bouche et dire quelque chose, mais ses efforts se paralysèrent en même temps que l'attitude figée de la sorcière, murée dans un silence lourd de questions et une fuite de son regard qu'elle n'avait pas en temps normal. Elle veut savoir, elle se demande. Azphel resta incapable de parler. Leurs verres semblaient étrangement figés eux aussi, bloqués dans leurs mains incertaines, au bord de lèvres hésitantes, côtoyant des paroles inaudibles.
- Débarquée là, d’un coup, à la sortie d’un mauvais rêve et que c’est elle, elle qui est venue te réveiller. Ou au détour d’une rue, comme une inconnue, au loin. J’ai l’impression d’être tarée, de me laisser aller à ces idées. De devenir tarée.

Il ne dit rien et attendit patiemment. Qu'elle lui offre ses perles d'onyx, qu'il puisse lire dans ses gestes et sentir ce qu'elle pense dans ses hésitations. Lui-même hésitait, complètement. Il ferait certainement un arrêt cardiaque si Cyrielle débarquait tout à coup dans sa vie. Les perles sombres se représentèrent alors à lui, reflétant cette âme, soeur jumelle, jetée dans un flot de questions perturbées. Perturbantes. La main d'Azphel se resserra inconsciemment sur son verre, si fort qu'il s'étonna de ne pas l'avoir brisé. En un geste machinal, liquide ambré porté à ses lèvres, il en but une grosse gorgée. Il se rendit compte qu'il l'avait vidé d'une traite et adressa un regard à la tête réduite, se demandant si elle allait écouter le moindre de ses mots, les mélangeants, en réservant une conclusion que seule Aya entendrait. Il l'évita finalement et attira à lui une bouteille de whisky qui risquait de passer sa dernière soirée en sa compagnie.

Il se resservit dans des gestes minutieux, ordonnés, où il s'efforça de conserver un calme, au moins en apparence. Reposa ses yeux sur l'ange blanc au miroir sombre, tentant d'en percevoir la vulnérabilité cachée derrière ces questions. Ou peut-être que c'était simplement sa vulnérabilité à lui qu'elle avait présumé. Non, ce n'est pas ça. Azphel prit une profonde inspiration et parla d'une voix douce, ses yeux rivés dans les ténébreux de la sorcière, refusant catégoriquement de s'en décrocher.
- Je l'ai espéré. Longtemps. Ma dernière année et demi à Poudlard a été.. chaotique. Je m'attendais à la voir surgir à chaque coin de couloirs, à la voir arriver dans le parc, à espérer pouvoir la ramener à la vie... Mais les morts ne reviennent pas à la vie... ils ne peuvent pas.. La voix d'Azphel avait baissé peu-à-peu jusqu'à devenir feutrée. Il se demandait si Aya espérait par un miracle le retour de Mysie dans sa vie.
C'est pour ça que je suis parti après Poudlard. Y avait les mensonges qui m'ont toujours foutu le doute. Mais le manoir familial me rappelait trop de souvenirs... Tous trop douloureux. Je la voyais partout, pas seulement dans mes rêves. Il s'arrêta, tenta de transmettre un peu de compassion dans le regard qui lui faisait face. T'es pas tarée tu sais. Tu es juste humaine. J'ai arrêté d'espérer un retour, j'ai juste avancé comme j'ai pu. Même si rien ne me ferait plus plaisir que de la revoir, je sais que ça n'arrivera pas.

Le manque de sa mère devait bien être présent pour Aya, mais la petite fille qu'elle était alors ne pouvait être tenue responsable de ce qui était arrivé. À cet instant, dans leur silence de douleur partagé, il crut discerner toute la sensibilité qui se cachait derrière les mortelles ambitions de la sorcière. La petite fille qui avait dû grandir trop vite, accepter trop tôt les horreurs de la vie. Elle était là, encore cachée derrière des mots, mais plus visible que jamais.
La petite chatte blanche passa devant le canapé, et Azphel l'attrapa au vol avant de la lever vers le plafond de ses deux mains. Hey, coucou toi ! Tu te plais ici ? Il ne faisait pas ça pour s'amuser, mais pour provoquer un sourire sur le visage de la sorcière. Après quelques gratouilles affectueuses, il posa l'animal sur la couverture au milieu du canapé, ce qui sembla parfaitement lui convenir. Aya s'assit à son tour et Azphel reprit leur discussion :
- C'est ce qui t'arrive ? Tu as l'impression de la voir quelque part ou qu'elle te suit ? Cette sensation devrait finir par disparaître... je crois.
Il s'arrêta, pas certain de croire les mots qui sortaient de sa bouche. Les traumatismes sont vécus différemment d'une personne à une autre et l'âge peut changer beaucoup de choses quant à leur perception. Peut-être qu'Aya revoyait des flashbacks de son enfance et que ses souvenirs se pointaient dans sa vie dès lors qu'elle ne prenait garde... Il ne lui fit pas part de sa pensée, préférant laisser Aya parler librement de ce qui lui faisait du mal plutôt que de la forcer à le faire. La sorcière avait pris la chatte blanche dans ses mains fragiles. Elles paraissaient être vulnérables toutes les deux.
- Si des ombres te poursuivent, tu n'auras qu'à me le dire et je viendrais t'aider. Il s'était rapproché de la chatte et de la sorcière et avait posé une main prévenante sur elles. Ça me fait penser que j'aurais peut-être dû prendre quelque chose pour qu'on puisse communiquer tous les deux, dit-il d'une voix évasive. Mais... Son regard avait basculé dans le vide, sur son verre sur la table et il le prit de sa main gauche. Si tu as besoin pour quoi que ce soit, je viendrais. Même pour chasser des fantômes ou capturer des lucioles.
Le sorcier rigola après sa tentative visant à faire rire la sorcière, laissant ensuite s'engouffrer en lui une nouvelle gorgée de whisky.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Lun 26 Déc - 20:37


les morts ne reviennent pas à la vie... ils ne peuvent pas…

Non, ils ne peuvent pas.

Et pourquoi les ramener, pourquoi les forcer à revenir ?

Tout serait tellement étrange, non ?

Trop tard, c’est trop tard.

Tout serait tellement, totalement ridicule.

Comment retrouver ce qu’il y avait avant, avant tout ça ?

Trop tard. Les deux mots assemblés qui font mal, qui empêchent le cœur de panser ses plaies.

Quand c’est trop tard, c’est juste trop tard.

Les ciseaux funestes sont déjà venus séparer les corps qui s'aiment.

Ne pas pouvoir ramener à la vie. Le principe du départ et de la douleur de la perte. Tenter de raviver les souvenirs. Futile. J'ai un goût bizarre dans la bouche.

Je la voyais partout, pas seulement dans mes rêves.

La voir partout. Comment mentir ? Comment le cacher ? La voir partout, dans la rue, marcher et voir au-dessus des têtes un visage bien trop connu et qu’on a vu mourir ; en entrant dans un magasin et dans un regard circulaire croiser la forme d’une silhouette qui lui ressemble trop, beaucoup trop ; voir dans le vide d’inconnus les traits identiques d’un être autrefois aimé et qu’on se refuse à oublier. Quelque part, est-elle toujours là ? Cœur de vie chaud et sauvage, âme repartie du corps pour rejoindre un autre et vagabonder dans des vies qui ne sont pas la sienne, qui n’ont rien à voir avec celle qu’elle a quitté. Non, c’est impossible.

La mort est là, partie intégrante de la vie. Et quand on part, on.
On part, point barre.

Un décès peut parfois, animé par la douleur de la perte, vous apporter espoir en un lendemain meilleur, un lendemain d’après la mort, qui ouvre à l’esprit tout l’impénétrable de l’existence, tout ce qu’on ne comprend pas en étant en vie. Offrir à celui qui part la possibilité de rattraper une existence déchue par ailleurs. Là où tout est plus simple (?).

Tu parles. La mort, c’est la mort. un départ sans la notion du rebrousser chemin.

Il s’est arrêté quelques instants, et les mirettes d’Aya tremblent. T'es pas tarée tu sais. Tu es juste humaine. J'ai arrêté d'espérer un retour, j'ai juste avancé comme j'ai pu. Même si rien ne me ferait plus plaisir que de la revoir, je sais que ça n'arrivera pas.

Elle conserve, entretient le silence.

Comment faire ?

La culpabilité, culpabilité depuis longtemps tue lui bouffe le ventre, intérieur bordélique, plus de mécanisme fidèle, elle revoit le visage blanchâtre et les yeux vitreux, ça lui tord le ventre. L’image s’évertue à lui cloisonner la rétine, elle a beau tenter d’oublier le cadavre, l’amertume, le dégoût, la bile lui restent, lui travaillent la gorge. Horrible poison qui s’imprègne dans les babines.

Elle n’arrive plus à déglutir sans y penser, sans sentir l’âpre sur la langue. A l’instant, oui, la sensation est de retour. Hey, coucou toi ! Tu te plais ici ? Un sourire forcé, trahi par ses yeux vides, ses ténèbres sans lointain, sa foutue suie.

La petite chatte blanche reste immaculée. Et elle l’aura comme maîtresse. Elle, qui a parfois du mal à s’occuper d’elle-même. L’indépendance, c’est bien beau. Mais quand tout le reste ne suit pas, qu’est-ce qu’on fait ?

Elle tente de reprendre contenance, avale son verre d’une traite, non sans grimacer et le, les rejoint sur le canapé. Sa patte attrape la bouteille de whisky laissée aux bons soins de la soif sans étanchéité, elle se sert, le port du corps droit et ferme, se sert précautionneusement un autre verre qu’elle entame tout de suite.

Dégager, dégager le dégueulasse du palais, dé-ga-ge.

C'est ce qui t'arrive ? Tu as l'impression de la voir quelque part ou qu'elle te suit ? Cette sensation devrait finir par disparaître... je crois.

L’œil bienveillant sur elle. Elle, elle. Elle humecte ses lèvres, pose le verre sur la table, au hasard, ne veut plus le voir, la chaleur a envahi la trachée. Oui. Mais, ça devrait passer, non ? Elle garde fermeté, refuse de laisser dévoiler le brasier, la tourmente dans sa bouche. Ne me regarde pas trop, s’il te plaît. Ne me laisse pas me dévoiler autant. Si ? Tu devineras. Tu sens.

Petite chatte blanche miaule museau pointé vers sa maîtresse, viens par là. Les doigts d’Aya s’emparent de la douce fourrure, du cœur de chaleur, elle laisse la créature au pelage diurne s’installer sur ses genoux, la cajole avec attention, faire gaffe, faire attention. Si des ombres te poursuivent, tu n'auras qu'à me le dire et je viendrais t'aider.
Je le sais, mais ? Elle porte une main repliée à ses lèvres, ferme les yeux douloureusement l'espace d'une seconde. Déglutit. Ne dis plus rien pour l’instant, elle peut, veut plus t’entendre. Si tu as besoin de moi pour quoi que ce soit, je viendrais. Même pour chasser des fantômes ou capturer des lucioles. Elle- Excuse-moi.

Elle se lève d’un coup, laissant à sa nouvelle amie le soin de reprendre sa place dans la couverture toute seule. Dém*rde-toi, je suis désolée, mais dém*rde-toi, tu devras t’y habituer avec moi. Je reviens, réplique-t-elle brutalement, précipitamment, jeté comme ça à la gueule, je suis désolée, tu comprendras, je ne pars pas vraiment.

Le dehors, le froid du dehors. Elle l’a côtoyé toute la journée, elle veut le retrouver. Elle sent qu’elle doit dégager de l’intérieur. Où il est là, où il l’observe, où le feu qui crépite l’observe, où le chaton l’observe, où Enki l’observe, où la bouteille l’observe, où là, dans le reflet de la vitre, elle s’observe, où.

Elle halète, retrouvée au-dehors porte ses mains à ses bras, se cajole elle-même, se rassure. Respire mal, tu respires mal, tu as le goût dégueulasse dans la bouche, c’est plus l’amertume, c’est la suie, ou l’écume de cette nuit c’est l’eau de mer, les feuilles mortes, mortes et entassées, ce qui remonte de la rate ? non, le liquide gluant dégueulasse, elle déteste ce goût, il lui donne envie de gerber. Ne gerbe pas, tu sais que c’est la dernière chose à faire, calme-toi.

Sa main gauche quitte son bras, il caille la vache, p*tain, il caille. Elle cherche, cherche là dans la poche de sa maille son remède, son ambré personnel, viens vite à mes lèvres, tu sais tout soigner. Trouvé, trouvé et dans la main fébrile, elle est vide, bordel, elle chuchote entre ses lèvres, colère. Va te faire f*utre, elle crie un peu plus fort, emportée, c’est ridicule. Complètement ridicule. La flasque part dans les airs, là, atterri un peu plus loin dans le noir, le bruit de ferraille qui heurte un caillou répond à son injure. Elle empoigne sa baguette, s’avance un peu dans le noir, elle la voit luire, là, d’ici, la lumière du porche qui se reflète dessus l’a trahie, #Confringo aboit-elle. Tout, tout ne sert à rien. Le récipient n’est plus que carcasse fumante, et encore.

Irréparable.
Comme tout.

Pourriture.
C'est terrible.
Dès qu'on admet le départ de Mysie, dès qu'on lui rappelle qu'elle le portera toujours sur ses épaules.
Cette sensation de fin dans la bouche.
Tu n'es qu'une pourriture.
Souillon.

Ses yeux animés se tournent vers le porche. Encore emportée. Elle sait qu'il est là, elle voit sa silhouette. Se calme peu à peu.
Ne regarde pas l'aberration.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Mer 28 Déc - 15:37


T out aurait pu être différent pour Aya, Azphel le croyait. Si Mysie ne l'avait pas quittée si jeune, dans une redoutable atrocité, la sorcière n'aurait pas été là sur son canapé, figée dans un silence tremblotant, proche, il le devinait, de se laisser aller à un désarroi douloureux. Il avait essayé de l'aider, d'accompagner ses mots de gestes doux vers elle, mais c'était peut-être là son erreur, il aurait sûrement mieux fait de ne pas évoquer Mysie ?

Ce n'était pas pour la blesser.
Elle devrait l'affronter de toute façon, si dur que cela serait pour elle, Aya devrait faire face à cette mort et il lui fallait faire son deuil si elle souhaitait avancer. Je le sais, mais elle se brise au moindre mot...
- Oui, ça va passer, dit-il alors qu'elle le fuit inexorablement, laissant sentir l'évidence en lui : elle va craquer, s'effondrer ou faire quelque chose de stupide. Aya avait toujours témoigné d'une force de conviction indéfectible, mais face à ses émotions, elle perdait encore tous ses moyens. Il aurait pu faire plus, je dois faire plus, ouvrir sa gueule pour s'excuser, parler d'autre chose, calmer le jeu avant qu'elle n'implose, ne pas se contenter de lui mettre le petit chat en évidence, comme si la tendresse de l'animal allait tout arranger, retenir une colère que le mage noir lui-même ne pouvait pleinement apaiser.

Ses tremblements, ses frissons sur sa peau, ses gestes hésitants de jeune fille fragile.
Je reviens...
Trop tard. Raté. Moment brisé.

Quelques secondes, Azphel resta immobile sur le canapé, regarda le petit chaton qui paraissait tout désorienté et la bouteille de whisky qui risquait d'être rapidement ravagée après ce début de discussion. Ce n'était pas évident de parler de tout ça, de confronter Aya à ses douleurs, mais si elle ne le faisait pas... il avait peur de la voir sombrer, craquer un jour et pour en avoir fait l'expérience, il devinait que si cela arrivait ce serait par un acte motivé par une colère extrême... Elle foutrait tout en l'air. Tout ce pourquoi il cherchait à la protéger. Il ne pouvait pas se permettre ça, alors qu'il s'était promis de la préparer, de la protéger quoi qu'il lui en coûte.

- Aya ! hurla-t-il à travers le salon, se levant brusquement.
Il ne se rendit compte que durant sa foulée jusqu'à la porte d'entrée que son coeur battait la chamade et que ses mains tremblaient. Il resta immobile.
Bordel. Va te faire foutre.
La silhouette blanche de la sorcière n'était que l'ombre de la jeune fille de dix-huit ans qu'elle était. Elle balança quelque chose qu'elle avait dans les mains, qui émit un bruit de feraille en retombant. Il allait avancer vers elle quand il se rendit compte qu'elle avait sa baguette dans la main.
Confringo !
Un bruit d'explosion métallique éclata à l'extérieur. La chatte et Duchesse avaient sursauté et rappliquaient devant la porte, mais Azphel les empêcha de sortir avec un regard noir.

La sorcière s'était retournée vers lui, baignée dans le halo de lumière du porche et il s'avança vers elle calmement. Elle était immobile, tremblante, apeurée, et ne répondait qu'à la colère.
Le regard d'émeraude d'Azphel s'était quelque peu embué, triste de la voir ainsi, de l'avoir mise dans cet état. Lentement, sa main resserra celle de la sorcière qui tenait sa baguette, en une prise à la fois ferme et délicate.
- Ça va aller, dt-il. Ça va aller, d'accord ? De son autre main il remit en place une mèche de cheveux d'Aya avant de caresser sa joue d'un revers de la main affectueux et de la prendre dans ses bras.
Il la serra de toutes ses forces, comme un père aurait étreint son enfant, un frère aurait serré sa soeur comme au dernier jour...
- Ça va aller, je te le promets. Ce sera pas toujours comme ça, ça ira.
Fais plus. La flasque qu'elle venait de détruire n'était plus qu'un bout de métal déglingué fumant.
- Viens, on retourne à l'intérieur.

Les deux félins les regardèrent passer avec des yeux chargés d'incompréhension. Enki n'avait rien entendu de la scène mais dévisageait sa propriétaire avec suspicion. Le mage noir avait raccompagné Aya au canapé, son bras autour de ses épaules, et cherchait à la sonder du regard alors qu'elle disparaissait dans ses propres doutes. Il déglutit en admettant qu'il lui fallait lui laisser du temps.
- Je vais nous faire du café, je ramène ça tout de suite.
Il n'attendit ni réponse ni accord de sa part et partit à la cuisine, des remords dans l'âme. Une tasse lui échappa des mains alors que ses pensées remuaient les attitudes impulsives de la sorcière. Il poussa les débris de son pied et resta un moment les bras appuyés sur la table, le regard perdu vers l'extérieur à travers la fenêtre.

Trois minutes plus tard, il revenait dans le salon avec deux tasses fumantes et un regard qu'il voulait doux. Il les posa sur la table mais vida son verre de whisky en premier. Aya affichait un calme de circonstance, sûrement déçue de s'être emporté de la sorte. Il choisit de ne pas lui en tenir rigueur.
- Je suis désolé, je n'aurais pas dû parler de Mysie. Si j'avais su que ça te mènerait à ça, je me serais abstenu. C'est à partir de ton âge que j'ai commencé à accepter de mon côté, alors ça viendra, ne t'en fais pas. Pour ce qui est de la haine en toi, elle ne disparaîtra sûrement que lorsque tu auras fait ce que tu veux faire. Mais ça viendra.

La voix du mage noir était moins hésitante qu'auparavant. Il se voulait rassurant et confiant pour aider la sorcière. La gérer lui semblait bien compliqué sur le moment, mais il ne lui avait pas menti, il serait là pour elle, pour les souvenirs qu'elle lui rappelait de lui et tout ce qu'il sentait en elle.
- Il faudrait que l'on s'entraîne toi et moi, dit-il pour changer la conversation avant qu'Aya ne remue trop ses peines. J'ai vu que tu es apte à détruire une flasque sans rencontrer de résistance, mais j'aimerais te pousser un peu dans tes retranchements. Au niveau combat je parle. Je veux voir si tu es capable de contrer des attaques par surprise. Mais nous ferons ça plus tard, pas ce soir.
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