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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Académie de Poudlard ~¤~ :: Le Parc :: Le Lac
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Petit moment a deux
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Ulysse Daiklan
Gryffondor
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Re: Petit moment a deux

Message par : Ulysse Daiklan, Lun 29 Oct - 23:28



L.A Jade ♥




Un simple mordillement de lèvre qui fait apparaître un éclat que je peux sentir dans mes yeux. Sourire mutin alors que j’écoutais ce sa réponse. Pourquoi je l’embêterais hein ? Je réponds d’un simple haussement d’épaule. Qui sait, elle aurait pu être dans des recherches avancées pour diriger le monde en tant que Madame La Ministre de la Magie. Ce qu’elle pourrait totalement faire, j’en suis sûr.

Je fais la moue à sa nouvelle phrase. Des choses que l’on n’arrive pas à mettre de côté hein ? Je ne peux que comprendre au vu des derniers mois. Des cernes, et des insomnies. Des images qui reviennent, des interrogations et des peurs. Rien de plus normal après tout. Tout dépends de la notion de normalité. Je réfléchis quelques secondes avant de répondre à sa demande, détournant doucement les yeux.  

- Un peu pareil. Je suppose que tout ne peut pas être juste mis de côté, donc autant faire avec.

Je regarde le ciel, ou plutôt les branches d’arbres qui se balancent au fil du vent. Le silence autour, je pourrais presque en oublier le reste du monde dans cette petite bulle. Puis le contact, dans mes cheveux qui me donne un frisson presque immédiat. Je tourne la tête vers Jade, un sourire sur les lèvres. Je pourrais presque ronronner là, mais on va éviter, ce serait étrange pour un humain.

Le contact était simple, naturel. Quand les choses étaient-elle devenues aussi simple avec elle ? Je me souviens que les débuts étaient compliqués. Euphémisme, elle m’avait carrément envoyé ch*er lorsque j’avais osé lui parler du cauchemar. Cauchemars que nous avions eu en commun d’ailleurs, je ne serais toujours pas expliquer comment. C’était quelques jours avant. Avant cet éventement. Quand tout était plus simple. Et là, je retourne un peu à ce moment. Où tout était plus simple.

Sa question, me fait un peu plus sourire. Normal qu’elle l’ignorait. Moi-même je l’ignorais jusqu’à ce que la voix dans ma tête semble vouloir m’imposer cette idée farfelue. Puis il y avait Azénor, qui avait toujours été de bon conseil, donc j’avais décidé de l’écouter. Comme toujours.

- Quelques semaines environ. J’ai parlé à Azénor de mon projet de devenir animagus, elle m’a conseillé la méditation en premier. Donc j’ai commencé par là.

Projet dont je n’avais pas parlé à Jade d’ailleurs. Ni à Lhiya. Ni à personne à part ma mentor en fait je crois. Je fronce les sourcils en constatant à quel point je ne parle pas souvent de ce genre de choses. Puis la moue de l’Italienne me redonne immédiatement le sourire. Tout comme sa question.

- Je t’avoue que c’est compliqué. Au début, t’essaye de penser à rien. Alors tu penses que tu ne penses à rien. Alors tu te dis que penser que tu dois penser à ne penser à rien, bah c’est déjà quelque chose. Puis tu essaye de te souvenir dans quel livre il y avait les meilleures explications. Et là, tu réalise que t’as pas médité du tout, c’est assez frustrant. Mais j’ai trouvé l’astuce, et je suis sûre que tu pourrais y arriver.

Une mine joueuse sur le visage je fixe la demoiselle qui me fait face. Je pèse le pour et le contre. Pourquoi est-elle aussi peu sûre d’elle-même ? C’est quand même dommage ça. Alors que si j’y arrive, elle doit y arriver, c’est de la pure logique. Je plisse doucement les yeux.

- Tu veux essayer ? Si tu dis oui, tu pourras me demander ce que tu veux à la fin.


Je fais ma meilleure tête d’ange. Avant de prendre sa main dans la mienne, et de m’assoir. Un grand sourire sur les lèvres, je regarde la blonde, droit dans les yeux. J’ai jamais essayé de partager ma technique sur quelqu’un d’autre pour voir si ça fonctionne, mais autant essayer.

- Tu me fais confiance ? Alors ferme les yeux.

J’attends qu’elle le fasse. D’ailleurs, je ne sais pas trop pourquoi elle m’a écouté au lieu de m’assommer avec son livre mais bon. Je laisse le silence s’installer doucement, caressant sa main du bout du pouce à intervalles réguliers. Puis je me rapproche doucement d’elle, parlant plus bas mais de façon ç ce qu’elle m’entende. Une voix plus posée qu’avant.

- Ok, c’est bien comme ça. D’abord, tu dois te concentrer sur ta respiration. Pas comme si tu essayais de la maîtriser, plutôt comme si tu l’observais, en la laissant faire son boulot toute seule.

J’attends. Laissant mon pouce garder son rythme. Quelques minutes, à peine. Je l’observe, un sourire en coin. De loin je dois avoir l’air d’un psychopathe à sourire à une fille qui a les yeux totalement fermés. Je pourrais totalement l’embrasser là, maintenant. Mais je crois que ce serait contre-productif. Toujours sur un nombre pair du rythme, je reprends la parole, toujours aussi bas.

- Parfait. Maintenant, tu va essayer d’imaginer l’espace, avec toutes les étoiles. Tu flotte. Puis devant toi se trouve un trou noir. Lentement il approche vers toi. N’ait pas peur, juste attends qu’il arrive. A ton rythme. Puis tu va te sentir aspirée dedans, avant de te retrouver dans le vide complet. Tu oublies les sensations, comme un fourmillement là où tu touchais quelque chose avant. Ma voix se fait de plus en plus lointaine. Les images commenceront à venir d’elle-même lorsque tu te sentira seule avec toi-même.

Elle doit me prendre pour un fou. Et pourtant ça marche. Jamais longtemps avec moi, les images qui m’apparaissent me faisant immédiatement revenir à moi-même. Mais bon. Mon pouce n’arrête pas sa danse. Autant, ça n’a pas marché du tout et elle attend juste mon signal pour arrêter le carnage, je ne sais pas. Je fais la moue à cette idée. Deux minutes où je compte les allers-retours de mon doigt sur sa peau toute douce. Un, deux. Un, deux. Un, deux. Patiemment, j’attends. Je l’observe, sans qu’elle ne puisse le voir. Je reprends la parole toujours aussi doucement.

- Une fois que tu as finis et que tu veux revenir, il faut que tu t’imagine faire le chemin inverse. Comme si une corde dans ton dos t’attirait de nouveau en dehors du trou noir. Puis tu entends ta respiration. Puis tu pourras ouvrir les yeux.

Je me mords la lèvre, attendant qu’elle ouvre les yeux. C’est sûr elle me prend pour un fou. Elle va faire une lettre à Aaron pour me faire enfermer à sainte Mangouste. Regard prudent, toujours en me mordillant la lèvre je recommence à parler. Encore.

- Alors ?

Je fais la tête de l’enfant qui va se faire engueuler. Je n’ai pas lâché sa main, bien que l’exercice soit finit, jouant nerveusement avec ses bracelets. Je sais pas du tout ce que ça va donner. Et en plus elle a le droit de me demander ce qu’elle veut. Bon c’est pas ce qui m’inquiète le plus, mais quand même un peu. Imaginez, elle me regarde et me sort un gros « T’as pensé à te faire soigner ? ». L’enfer. Quoi qu’elle est si chou que j’aurais du mal à l’imaginer faire ça. Pitié, si elle m’insulte faites qu’elle le fasse en Italien. Ce sera toujours aussi violent mais le taux de mignonnitude fera bien mieux passer la pilule. Je tente un sourire timide. Alors ?

 

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Re: Petit moment a deux

Message par : Jade Wilder, Jeu 1 Nov - 21:10


C'est drôle, à cet instant, Jade se sentait un peu plus proche d'Ulysse. Ils s'étaient déjà rapprochés ces derniers temps, parlant bien plus qu'avant. En même temps, elle avait aussi apprit à accepter que quelqu'un puisse l'apprécier, du moins un minimum et pourtant... il y avait encore bien des peurs qui restaient cachées dans leur tanière mais qui étaient bel et bien présentes. Si elles se cachaient, c'était pour ne pas avoir à parler, à avouer et être déçues ensuite. Ou peut-être que c'était juste elle qui avait peur d'être déçue et cachait ce qui la hantait. Certainement.

Mais là, juste à ce moment là, la pression se faisait moins importante. Juste un moment de calme, où tout pouvait être simple dans un monde où rien ne l'est jamais. Où l'injustice règne avant tout, parce-qu'il n'y a que ça pour faire tourner le Monde. Pas dans cette petite bulle, créée à la va-vite, probablement fragile mais qui tenait. Cela tombait bien, ils étaient dans un coin que les autres élèves n'avaient pas encore envahit, peut-être que cette bulle allait pouvoir survivre un peu plus longtemps.

- Un peu pareil. Je suppose que tout ne peut pas être juste mis de côté, donc autant faire avec.

Le regard de la jeune fille se posa sur le gryffon. C'était presque amusant à quel point il pouvait avoir une attitude enfantine parfois et sérieuse à d'autres moments. Elle aurait aimé pouvoir conjuguer les deux, elle aussi. Retrouver l'innocence et l'insouciance qu'elle avait avant. Elle avait remarqué qu'Ulysse semblait plus... préoccupé, depuis quelques temps. Bien entendu, elle n'avait jamais osé poser la question pour des raisons qui la dépassaient. La peur de déranger, de dire ou faire n'importe quoi... mais aussi, la peur de s'attacher. Et pourtant, c'était déjà fait. Heureusement ou malheureusement ? Pour le moment, l'adolescente était dans l'incapacité de répondre à cette question. C'était peut-être l'occasion de lui demander, alors. Et comme toujours, aucun son ne sortit de sa bouche, seul un hochement de tête, montrant qu'elle comprenait. Oh oui, elle ne pouvait que comprendre. Continuer sa vie comme si de rien n'était, alors qu'un tout autre scénario avait lieu il y a peu encore... la vie change à une vitesse folle. Sans doute trop vite pour l'être humain d'ailleurs.

La méditation pouvait-elle être un remède ? Ou au moins un début de remède ? Pour elle, ça semblait compromis, n'ayant jamais été très réceptive à ce genre de chose. A chaque fois qu'elle avait essayé de ne rien faire, de se retrouver seule avec elle-même, elle avait paniqué plus que de raison et retrouver son calme n'était pas aisé. Elle admirait beaucoup les gens qui en étaient capables car elle... sans doute pas.

- Quelques semaines environ. J’ai parlé à Azénor de mon projet de devenir animagus, elle m’a conseillé la méditation en premier. Donc j’ai commencé par là.

Regard interrogateur, tandis que les lèvres de la blondinette s'entrouvraient, des questions se bousculant sans qu'elle ne les prononce directement. Azénor ? Il la connaissait bien ? Est-ce que... est-ce qu'elle aurait pu lui parler de leur entretien ? Non, sans doute pas. Question numéro 1, c'est réglé. Enfin presque. Pour la seconde question, c'était plus corsé déjà. Les Animagus fascinaient la blondinette, vraiment. Cela lui semblait presque irréel et pourtant, elle avait lu tant de choses sur eux et vue une personne se transformer sous ses yeux. Impressionnant et difficile à comprendre quand on a été élevée dans l'optique que ce genre de chose est impossible, même en ayant déjà découvert la magie. Là encore, elle ne savait pas qu'Ulysse projetait de devenir animagus. C'était du travail d'après ce qu'elle avait lu. En revanche, elle ne doutait pas qu'il réussisse, bien au contraire. Elle l'avait vu têtu et acharné, nul doute que pour ça il le serait également.

S'ensuivit une description de la méditation made in Ulysse Daiklan. A cet instant précis, Jade aurait pu éclater de rire, car ce qu'il disait était non seulement totalement vrai, mais en plus dit avec tant d'aisance dans son absurdité que s'en était drôle. Seul un sourire prit place, amusé, pas moqueur. Jusqu'à ce qu'il émette une hypothèse dont il ne savait rien. Elle, arriver à méditer ? Cette possibilité était encore plus drôle que le reste. Elle avait beau être studieuse, elle se concentrait toujours sur quelque chose d'extérieur, pas sur elle-même. C'était ce "elle-même" qui se montrait problématique.

- Tu veux essayer ? Si tu dis oui, tu pourras me demander ce que tu veux à la fin.

Regardez moi cette bouille d'ange... Le pire, c'est qu'il parvenait à l'attendrir à partir de rien. Elle savait pourtant, qu'elle ne devait pas s'attacher, pas céder à ce regard de chaton qui attend ses câlins. Elle le savait, mais ne pouvait pas en tenir compte. En même temps, la promesse due était attirante également, parce-qu'elle avait tant de choses à lui demander. Des choses qu'elle n'arriverait jamais à prononcer, pas comme ça, pas... jamais. Elle était ridicule. Se mordant la lèvre, sceptique, la blondinette ne savait pas quoi faire. Refuser, c'était le décevoir, pas envie. Accepter, c'était se lancer dans quelque chose qui l'avait souvent déstabilisée. Et ça, elle ne pouvait vraiment pas en ce moment. Entre temps, Ulysse s'était redressé, assis en face d'elle.

- Tu me fais confiance ? Alors ferme les yeux.

Aw. Ok, cette fois elle craquait. Bien sûr qu'elle lui faisait confiance, sans doute beaucoup trop pour sa santé mentale, mais oui. Elle lui faisait confiance. Il était temps qu'elle lâche un peu du lest pour une fois... ou en tout cas, qu'elle essaye de lâcher du lest.

- D'accord... je te fais confiance.

Sourire, sincère, avant qu'elle ne ferme les yeux. Le pire étant que ça n'avait pas été difficile à dire, ni à penser, parce-que c'était bel et bien le cas. Comment, c'était une très bonne question, car jamais la jeune fille n'aurait cru pouvoir dire ça à quelqu'un aussi facilement. Quand était la dernière fois ? Avec Shela, peut-être et c'était il y a un moment déjà, sans compter que la verte avait galéré avant d'avoir cette confiance. En même temps, Ulysse également... Bon, il était temps de se lancer. Désormais, elle ne pouvait plus reculer et d'un côté... elle était curieuse. Voilà, c'est dit.

Inspirant doucement, Jade finit enfin par fermer les yeux. Rien que ça, c'était quelque chose pour elle. Une perte de contrôle, laissée entre les mains d'un autre. Se faire confiance à elle-même était cependant plus difficile que faire confiance à ce garçon. pour une fois, ça lui serait utile. Respirant doucement, la jeune fille s'efforça de se concentrer pour calmer les battements de son cœur. Voilà qui n'était pas une tâche facile, allez savoir pourquoi. Mais elle essayait.

- Ok, c’est bien comme ça. D’abord, tu dois te concentrer sur ta respiration. Pas comme si tu essayais de la maîtriser, plutôt comme si tu l’observais, en la laissant faire son boulot toute seule.

Ah voilà, on y venait. Sauf que c'était différent de ce dont elle avait l'habitude. Maîtriser, c'était son truc. Elle avait besoin d'avoir la main sur le frein pour être sûre de freiner à temps. Lâcher prise, ça signifiait uniquement qu'elle se mettait en dangers à ses yeux. Et comment était-elle sensée faire le vide, alors qu'il était tout proche. Elle sentait son coeur battre si fort qu'il pouvait sans doute le sentir lui-même, vraiment. Pourtant, elle fit de son mieux pour se calmer et faire ce qu'il disait. Mais à chaque fois qu'elle pensait qu'il ne fallait pas y penser, bah elle y pensait quand même. Exactement comme il avait dit quelques minutes plus tôt, ironiquement. Sa respiration avait au moins le mérite de rester calme par rapport aux battements de son coeur, véritable tambour dans sa cage thoracique et ce grâce à une seule chose: sa main. Ce petit contact qu'il faisait sur le dos de sa main la calmait, l'apaisait. Voilà bien quelque chose d'inédit, mais ce qui l'était plus encore, c'était qu'un tel contact ait lieu entre eux. Sachant qu'elle ne laissait quasiment jamais personne la toucher, le calcul était vite fait...

- Parfait. Maintenant, tu va essayer d’imaginer l’espace, avec toutes les étoiles. Tu flotte. Puis devant toi se trouve un trou noir. Lentement il approche vers toi. N’ait pas peur, juste attends qu’il arrive. A ton rythme. Puis tu va te sentir aspirée dedans, avant de te retrouver dans le vide complet. Tu oublies les sensations, comme un fourmillement là où tu touchais quelque chose avant. Ma voix se fait de plus en plus lointaine. Les images commenceront à venir d’elle-même lorsque tu te sentira seule avec toi-même.

Il était temps qu'elle arrête de penser à tout ce qui l'entourait, tout ce qui la hantait. Ça n'était pas gagné. Mais de son mieux, elle se laissait porter par la voix masculine, toute proche. Elle avait du mal à visualiser ce qu'il disait, en faisant une figuration plus qu'autre chose et perdant alors tout relâchement. Pourtant de l'extérieur, elle le sentait, son corps se détendait doucement, comme bercé par cette voix qui lui parlait calmement, posément. Jamais on ne lui parlait comme ça, ça faisait... du bien. Après un moment, Jade comprit ce qu'il se passait. Elle était bien loin du compte, de ce qu'il lui avait décrit, mais elle était bien. Les seuls instants qui lui étaient accordés de cette manière, c'était quand elle écoutait de la musique, seule. Autrement dit, Ulysse ne pouvait la pousser à laisser de côté ses craintes et ses doutes, mais il était capable de la détendre, la calmer et personne n'avait jamais réussit ça auparavant.

- Une fois que tu as finis et que tu veux revenir, il faut que tu t’imagine faire le chemin inverse. Comme si une corde dans ton dos t’attirait de nouveau en dehors du trou noir. Puis tu entends ta respiration. Puis tu pourras ouvrir les yeux.

Elle l'entendait à peine, ou plutôt, de très loin. Et même si elle n'était sans doute pas parvenue à ce qu'il souhaitait de base, l'Italienne n'avait aucune envie de "revenir". Elle était bien là, simplement bercée par un geste somme toute banal, mais pas pour elle. Par une voix calme, somme toute banale, mais pas pour elle. Tout reposait là dessus, visiblement. Tout reposait sur lui. Pas sur ce qu'elle était capable de faire, mais sur lui. C'était agréable, si agréable que s'en était grisant. Elle aurait pu s'endormir, là. Mais elle n'en fit rien, parce-que ça aurait signifié ne plus l'entendre comme elle l'entendait.

- Alors ?

C'était vraiment obligé ? Sans doute allait-il penser qu'elle se foutait de lui si elle ne rouvrait pas les yeux. Alors, sans répondre dans un premier temps, elle rouvrit les yeux après une ou deux minutes, tombant directement sur ses yeux à lui. Il attendait une réponse, normal après tout. Aussitôt, elle sourit, posant les yeux sur sa main tenant toujours la sienne. Elle n'avait pas envie que ce contact se termine, il était trop agréable. En attendant, elle releva les yeux vers lui, penchant doucement la tête.

- Alors je suis un cas désespéré, désolée...

Sourire véritablement désolé, parce-qu'il avait essayé et fait de son mieux, c'était elle qui avait un vrai problème. Se retrouver face à soi-même, c'était également se retrouver face à ses problèmes et ça la terrifiait. Sans doute que son cerveau lui mettait un gros stop et lui ordonnait de reculer quand elle essayait. Cependant...

- Je n'ai pas réussi, je n'arrive pas à... abandonner mes défenses, je crois. Sans mes barrières, j'ai peur de ce que je vais trouver, de ce que je vais... comprendre. Ce n'est pas ta faute.

Elle le fixait intensément.

- Tu as réussi autre chose. Je me sentais... bien. Détendue. Je ne sais pas comment te l'expliquer mais ta voix me calmait. Si bien que je n'avais pas envie de rouvrir les yeux.

Un rire nerveux lui échappa, alors que de sa main libre, elle remettait une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle était ridicule. Lentement, sa tête se baissa.

- Désolée, tu dois me prendre pour une folle...

Et il aurait probablement raison. Elle était tellement étrange, tellement en décalage avec les autres adolescents de son âge, ça ne devait pas être normal, elle devait avoir quelque chose qui clochait quelque part. C'était la réponse la plus logique après tout.
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Re: Petit moment a deux

Message par : Ulysse Daiklan, Mer 21 Nov - 0:04


L.A Jade ♥




Une minute ou deux, les notes d’une chanson oubliée auraient eu le temps de défiler dans mon esprit d’ici là. J’attends toujours nerveusement le verdict. Imaginez, elle ne répond même pas, juste un regard chelou avant de se lever et partir à reculons ? Je crois que je ne saurais pas comment réagir dans ce genre de cas. Ce serait problématique.

Mais ça va. Au bout d’un long moment, je la vois ouvrir les yeux. Puis sourire. C’est bon signe ça non ? Inconsciemment mon corps se détend. Elle regarde nos mains, sans esquisser le moindre mouvement pour enlever la sienne. Elle penche la tête, j’esquisse une moue, ne sachant trop ce qu’elle va dire. Puis après écoute, je fronce les sourcils. Elle un cas désespéré ? J’espère qu’elle ne le pense pas sérieusement.

- Tu es loin d’être un cas désespéré Jade Wilder. Dans tout les livres que j’ai lu ils disaient que c’était normal de ne pas y arriver la première fois.


Donc tu ne commences pas à te rabaisser ok ?

Bon je n’ai pas rajouté ça, mais je l’ai pensé très fort et fait passer par un sourire en coin et un levé de sourcil. Elle enchaînât, je l’écoutais. Je comprenais trop bien la sensation de peur de ce que l’on va trouver. Une vérité que j’enterre depuis des mois sous cernes et insomnies, comme si c’était la seule solution possible.

Elle me fixait, son regard plongé dans le miens, tandis que j’essayais de décrypter quelque chose dans ses prunelles. Qu’est-ce qu’elle aurait peur de savoir ? Quels secrets peuvent se cacher sous ses boucles blondes et cet accent ? D’ailleurs, comment une demoiselle Italienne est arrivée à Poudlard ? Une fraction de seconde le froncement de sourcils réapparaît. Je ne connais pas grand-chose d’elle en fait.

Je sais qu’elle est jolie – mais toute personne l’ayant croisé le sait aussi -, qu’elle a un accent charmant – mais toute personne l’ayant écouté le sait aussi -, qu’elle pourrait passer plusieurs heures sur un parchemin pour que tout soit parfait selon ce qu’elle attends, à la virgule près. Je sais qu’elle est plus fragile qu’elle ne veut le montrer. Bon déjà parce qu’elle me l’a dit il y a littéralement deux secondes, mais aussi grâce aux cours de l’autre cougar (pour une fois qu’elle sert à quelque chose elle). Qui aurait crû que la préfète indémontable des Poufsouffle pouvait se laisser atteindre de cette manière ? Vous me direz, c’est une Pouffy justement, donc attaquez-vous à leur capacité et c’est la fin. Faites-leur un câlin et c’est repartit. Oh. J’ai envie de la prendre dans mes bras du coup, c’est malin.

Le temps de ma réflexion, elle recommençât à parler. Mon regard s’attendrit automatiquement en écoutant ce qu’elle disait. Un sourire apparaissait sur mon visage, ne sachant que répondre. Y’avait-il au moins quelque chose à répondre ? A part me mordre la lèvre inférieure sans m’en rendre compte, je ne réagissais pas.

Je caressais doucement sa main du bout du pouce, comme lors de l’essai. Inconsciemment. Je la regardais, simplement. Un réchauffement de cœur sauvage apparût lorsqu’elle laissât son rire échapper, avant de s’arrêter un instant. Un geste, une simple mèche remise, comme un arrêt dans le temps.

Je ne comprenais pas d’où venais ces excuses. Pourquoi je la prendrais pour une folle ? Bien au contraire. J’ai tiré une gueule bizarre pour qu’elle dise ça ? Peut-être mon absence de réponse, ça fait qu’elle croit que je vais partir, comme j’en avait peur juste avant. Je me penche doucement vers sa joue et pose un bisou dessus, essayant de capter son regard en me penchant dans la trajectoire de ses yeux baissés.

- Pas du tout.

Je me redressais avant d’avancer la main vers son menton et lui faire doucement relever la tête, qui était tout d’un coup bien plus proche de la mienne. Mon regard encré dans le sien, et la mine terriblement sérieuse je cherchais mes mots. Quoi dire, quoi faire ? Comment la rassurer ? Je ne veux pas qu’elle pense devoir se cacher chaque fois qu’elle me parle sincèrement. Je ne veux vraiment pas. Je soupire et recommence à parler.

- Arrête de te dévaloriser comme ça. Je ne te prends pas pour une folle et je suis sûre que si tu t’entraînais sérieusement tu pourrais méditer en quelques semaines, voir jours. Capisce ? Puis t’as pas à garder tes ‘’défenses’’ comme tu dis. Pas avec moi.

Je sens mon cœur battre doucement, avant de laisser ma main retomber le long de son bras avec un sourire faible mais sincère. J’espère au moins qu’elle sait que je suis sincère. Et pas qu’elle va redoubler de défense en croyant que je vais juste jouer avec elle ou quoi.

J’ai déjà vécu ça une fois, je ne supporterais pas de le vivre une seconde fois. Voir quelqu’un de cher à mon cœur partir parce qu’elle ne me fait pas confiance, qu’elle garde ses doutes et ses peurs pour elle. Je le vivrais mal je crois. Pourquoi les filles ont-elles toujours une carapace ? Cette chose impossible à percer, qui les empêches de laisser sortir leurs mots et leurs sentiments tant qu’elles ne sont pas en colère ? Si Violet m’avait parlée de tout ça avant de.. D’exploser, peut-être que ça n’aurait pas fait autant de dégâts justement. Et en imaginant que la même chose se reproduise avec Jade je sens mon estomac se retourner.

Je ravale ma salive, toujours plongée dans son regard. J’espère vraiment qu’elle a compris que j’étais sincère.  


 

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Re: Petit moment a deux

Message par : Jade Wilder, Sam 8 Déc - 17:20


Aux yeux de Jade, se décrire était une tâche très compliquée. Pas forcément au niveau des défauts, ça elle était une championne historique pour s'en trouver, en revanche ce n'était pas la même chanson pour les qualités... Passons, l'un de ses défauts, c'est qu'elle était têtue. Une idée dans la tête et il était presque impossible de l'en défaire, souvent mis à mal puisqu'il s'agissait rarement de bonnes choses. Comme ces derniers temps justement, où elle était persuadée d'être une incapable ne méritant absolument pas la place qu'on lui avait offerte à l'école de magie. Bien sûr, ça n'avait pas été une idée acquise toute seule en un clin d'oeil. Les cours l'avaient confortée dans cette conviction décourageante, tout comme certains professeurs ou certains évènements. Au final, c'était une tempête qui grondait au loin depuis bien longtemps et que le soleil n'avait pu repousser éternellement. Combien de temps avant que l'orage ne fasse tomber les éclairs qui détruisent et brisent ? La question pouvait se poser, mais la réponse restait très confuse. En attendant, la simple pluie ne l'aidait pas non plus. Bien sûr qu'elle était un cas désespéré, Ulysse ne se rendait pas compte à quel point. Sans doute qu'en prenant conscience de tout ce qu'elle avait dans la tête, de tout ce dont elle doutait, il fuirait lui aussi. C'était logique après tout, les gens s'approchaient, tentaient de découvrir ce qui se cachait au delà du masque et s'en allaient, ou mouraient. Dans les deux cas, ce n'était pas quelque chose qu'elle souhaitait pour lui, il ne méritait pas ça.

Quelle égoïste elle était, en ne révélant pas la réalité des choses maintenant avant que ça ne soit trop tard. Et pourtant, impossible de penser autrement qu'en se disant qu'elle n'avait pas envie de le perdre, tout simplement. Souhait puéril, guidé par des sentiments qu'elle s'était toujours interdit et qui avaient prouvé un fondement instable peu de temps auparavant. Pourquoi s'accrocher à une utopie ? Parce-qu'elle n'avait que ça. Parce-que ça lui faisait du bien d'être pour une fois normale aux yeux de quelqu'un.

Ne pas savoir quoi répondre, garder le silence sans savoir si ça valait la peine d'expliquer. C'était difficile, d'expliquer. Surtout quand on est incapable de mettre des mots sur des sentiments, de dire ce qui ne va pas, ce qui torture de façon insidieuse. Une honte que de désirer quelque chose d'impossible. C'était déjà improbable avant et elle avait depuis eu des preuves que les rêves n'étaient que des rêves. S'acharner ne servait à rien et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de le faire. D'esquisser un sourire qui se voulait rassurant pour le Gryffondor, comme si tout allait bien alors que c'était la tempête qui régnait dans sa tête. La vérité était cruelle, il l'aidait beaucoup. Depuis le début de leurs échanges, les choses avaient évolué dans un sens qu'elle n'aurait jamais pu présager. Et à présent, elle était attachée à ce garçon, ses paroles lui mettaient du baume au coeur et elle aimait à passer du temps auprès de lui. Elle, la fille si solitaire, trouvait du bonheur à ses discussions avec quelqu'un d'autre. Ces moments, ces contacts, même ces paroles qui voulaient dire tout et son contraire. Ça lui faisait du bien, tout simplement. Une dernière chose gnangnan à ajouter au tableau ? La façon avec laquelle il l'observait. Une façon bien particulière, qui ne pouvait que toucher un peu plus son coeur. Mais bon sang, qu'est-ce qu'il lui prenait...

A force de temps et d'évènements, Jade avait prit l'habitude de s'attendre au pire. Toujours. Le plus ironique étant que la plupart du temps, ça la forçait à ne pas vivre sa vie comme elle l'aurait souhaité, mais comme elle y était obligée. Se privant certainement de meilleurs moments, de ce dont elle avait vraiment envie, au final. Mais avait-elle vraiment le choix ? Voir partir les autres étaient une habitude, elle était même certaine à cet instant de faire fuir le Gryffon avec de simples mots, aussi sincères soient-ils. C'était peut-être ça le vrai problème, qu'elle soit elle-même.

Parallèlement, ce n'était qu'avec ces mêmes personnes dont elle avait si peur de la fuite que naissait aussi cette envie d'être soi. Cette spontanéité qui lui faisait peur et la soulageait d'un poids à la fois. Oppositions et rapprochements conséquents, difficile de s'y retrouver dans tout ça. De trouver une voie, bonne à prendre, sans trop de risques. Est-ce qu'elle existait au moins ? Là tout de suite, le plus simple serait sans doute de quitter les lieux tout simplement et de laisser un souvenir agréable s'évaporer sous les folles bourrasques, restant cependant au coeur de son esprit, de ses souvenirs. Ça n'aurait été que logique, sa logique, mais rien que d'envisager cette possibilité lui donnait mal au coeur. Alors elle ne bougeait pas, prenait le risque tout en l'appréhendant, sans l'assumer vraiment. M'enfin attendons un peu, qui sait ce qui allait se passer ensuite, à ses yeux il était évident qu'Ulysse finirait par la trouver trop bizarre, pas assez joyeuse, trop timide, pas assez honnête. Je vous l'ai dis, trouver des défauts était plus simple que dénicher des compliments. Un mouvement, suivit peu après d'un contact contre la joue, douceur qui ne laisse pas indifférent et qui colore à nouveau les joues, comme si la promesse de l'arc-en-ciel n'était réservée qu'à ce garçon.

- Pas du tout.

Relever alors les yeux, vers un regard ancré au sien. Un regard qui, l'espace de quelques instants, figea le reste du Monde pour ne se concentrer que sur l'essentiel. Drôle de sensation, frisson qui n'a point d'origine connue alors que les visages sont bien plus proches que ce que la prudence autorise. Son coeur battait, sans qu'elle n'ose ou n'ait envie de s'écarter. La prudence l'ennuyait alors.

- Arrête de te dévaloriser comme ça. Je ne te prends pas pour une folle et je suis sûre que si tu t’entraînais sérieusement tu pourrais méditer en quelques semaines, voir jours. Capisce ? Puis t’as pas à garder tes ‘’défenses’’ comme tu dis. Pas avec moi.

Difficile de trouver ses mots, de savoir avec quels moyens agrémenter les idées qui germaient dans son esprit. La fuite n'était définitivement plus envisageable, ça lui était tout simplement impossible. Mais que faire alors, tandis que le contact qu'il avait installé se rompait doucement. Plus que les paroles, regretter cette absence soudain pesante. Beaucoup plus qu'elle ne l'aurait dû. Un sortilège doux-amer qui ne laisse pas indifférent. Il avait l'air sincère, comment allier cette constatation avec tout le reste ? La plupart des choses étaient cohérentes, montraient là aussi qu'il ne la prenait pas pour une idiote... Et puis il y avait eu ce cours. Cours où elle était passée d'un bonheur jamais ressentit à une déception auquel son coeur était bien trop habitué sans pour autant que ça soit dans cette même situation. Comment exprimer tout ça, expliquer tout ça, comment donner un minimum d'apparence normale à ses pensées ? Et alors que ces paroles la touchaient bien plus qu'elle n'osait l'exprimer, quelque chose d'autre prit le pas. Quelque chose qu'elle ne parvint à contrôler.

- Pourquoi...

Détourner le regard, pour en cacher les débordements, eau salée qui ne venait pas des eaux déchainées mais de sentiments désordonnés. Non non non, elle ne pouvait pas craquer maintenant, elle n'avait pas le droit surtout. Secouer la tête pour occulter ce qu'il était impossible d'accepter, pour preuve, elle n'y parvint pas et prit sa tête entre ses mains.

- Tu ne comprends pas ce que je...

Impossibilité de finir cette phrase, de justifier pourquoi elle craquait. Avoir peur de le blesser alors qu'elle ne voulait que comprendre et en soi, soulager sa conscience. Avoir une réponse concrète qui anéantirait définitivement ses espoirs pour essayer de guérir ensuite et de repartir comme on peut. Plus elle entretenait cet espoir et plus la chute serait difficile alors autant crever l'abcès dès maintenant... Ça, c'était son cerveau. Son coeur lui, aurait préféré conserver l'illusion un peu plus longtemps. Inspirer lentement, faire rouler les perles en dehors des joues dans l'espoir d'un minimum de dignité. Et le regarder sans détour cette fois, pour feindre un courage qu'elle ne possédait en rien.

- Tu es amoureux d'Elhiya...

Flashs souvenirs, des regards et des échanges, un baiser et des mots tendres, chainons qui s'imbriquent parfaitement jusqu'à ce qu'elle comprenne et ne chute. Préférer cette formulation à "tu sors avec cette fille là, pas avec moi". Et ne pas ajouter "pas de moi" malgré qu'on le pense si fort. Il y avait une certaine forme de jalousie oui, qu'elle s'efforçait de conserver au fond de son coeur pour ne pas gâcher les choses. Et alors, qu'était-elle en train de faire là ? Mais ce besoin de réponse était plus fort, prête à ce que, comme prévu, la tempête se déchaine et détruise tout.
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Re: Petit moment a deux

Message par : Ulysse Daiklan, Mer 6 Fév - 18:25


L.A Jade ♥


Je vois les rouages de ses pensées s’agiter sous les cheveux de la Blairelle. Je penche la tête, fronçant les sourcils à son premier mot. Pourquoi quoi ? Je ne comprends pas. Je la vois simplement détourner le regarde, laissant le soin au soleil de se refléter dans les quelques goutes qui s’accumulent au bord de ses cils. Je serre les lèvres. Qu’est-ce que j’ai encore pu bien dire ? Je suis forcément à l’origine de ce changement d’humeur mais je n’arrive pas à me figurer ce que j’ai bien pu faire. Mon cœur se resserre face à ce gout amer de déjà-vu. Pourquoi je ne comprends jamais rien, c’est fatiguant à la fin. Ses mains rejoignent sa tête comme pour se débarrasser de maux dont elle n’arrive pas à me parler.

Oui. Merci Jade, j’avais vu que je ne comprenais pas. Je lui jette un regard qui la supplie de m’expliquer, mais évidemment ça elle ne peut pas le voir. Communication à sens unique. J’inspire un grand coup, agacé envers moi-même de ne pas comprendre ce qu’il se passe. Je suis obligé de formuler ma requête à voix haute pour qu’elle le fasse ? Bien soit.

- Explique moi alors.

Elle balaye ses lares d’une main avant d’ancrer son regard dans le miens. Un frisson me parcourt avant qu’elle n’inspire profondément. Ou pas. Mais dans ma tête elle a inspiré profondément avant de lâcher sa phrase. Un gros vide. Si je pensais ne pas comprendre avant, je comprends encore moins maintenant. La première réponse me venant en tête étant un « Et alors ? » je décidais de la garder uniquement dans ma tête. Je crois que ce n’est pas ce qu’elle veut entendre.

Je réfléchis, quelques secondes. J’essaye de comprendre ce qui peut la mettre dans cet état. Elle me fait penser à Violet quelques minutes avant qu’elle rompe parce que.. Oh. C’était ça le problème ? Mais pourquoi elle m’en a pas parlé avant ?

- Oui je suis amoureux de Lhiya et de toi.

Je penche la tête sur le coté sans comprendre, et le cœur qui bat un peu trop vite. Même si c’est la façon la moins romantique de tous les temps pour le faire, ça reste une déclaration. Et je crois que je ne l’ai même pas faite à Lhiya. Je ravale ma salive. Ma main passe dans mes cheveux. Visiblement ce qu’elle avait du mal à comprendre, c’était mon attitude par rapport à elle tout en étant amoureux de Lhiya. Comme si les deux ne pouvaient coexister. Et je peux comprendre, je veux dire. Encore aujourd’hui les mœurs préfèrent les couples qui fonctionnent en duo. J’ai essayé pourtant, mais ça n’a pas très bien fonctionné. La rupture avec Violet a été plutôt… violente. Très violente. Ce genre de relations demandent à se reposent entièrement l’un sur l’autre. Et j’en suis désormais incapable, je n’arrive pas à trouver cela sain. Comment aider quelqu’un qui va mal si on n’arriv e même pas à prendre soin de soi-même seul ? Non pas possible, pas dans mes projets.

Je sonde l’Italienne, cherchant par quel bout lui expliquer. Ça ne va pas être simple vu que je pensais qu’elle avait déjà compris. Comme Lhiya au fond, on n’avait jamais eu vraiment besoin de s’expliquer. Pas dans ma mémoire en tout cas. Je soupirais avant de me lancer.

- J’aimerais que tu comprennes. Je ne peux pas m’engager dans une relation qui promet d’être exclusif en sentiments. Parce que c’est pas facile pour moi. J’ai essayé vraiment, ça a juste été un carnage, nous blessant tout les deux plutôt que de ne blesser personne.

Je serre la mâchoire, ravalant ma salive. Par tous les dieux, pourquoi faut-il que ce soit si compliqué ? Y’a pas moyen de juste faire passer ses sentiments par un sortilège ou quoi ? Juste expliquer qu'être bien ensemble sans se vouer l'un à l'autre permets moins souffrir lorsqu'on ne l'est plus.  Ce serait tellement plus simple mais bon. Je capture sa main dans les miennes en la regardant dans les yeux.

- Je veux être avec toi, vraiment. Je suis bien quand je suis avec toi. Mais je ne peut-être pas être avec toi de la façon dont tu l’entendais. Mais au final cela reviendrait à la même chose, les moments que l’on passerait ensemble seraient les mêmes, c’est juste ce que l’on fait le reste du temps qui diffère.

Je fais la moue. Relâchant sa main avant de plier mes jambes et appuyer ma tête sur mes genoux. Je ne sais pas quoi dire. J’ai envie de lui dire que je ne sais pas quoi dire. Mais même ça c’est compliqué. Sérieusement, qui a eu l’idée d’inventer les sentiments ? Je soupire, regardant au loin.

- Tu sais, j’ai jamais voulu te blesser. Je pensais juste que tu avais compris.

Et j’arrêtais de parler. Regardant toujours au loin. Je ne sais pas comment elle va réagir, tout peut très bien se dérouler comme très mal. Je garde le regard au loin, mon cœur battant la chamade à cause du stresse. Il ne me reste plus qu’à espérer.

 

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Re: Petit moment a deux

Message par : Jade Wilder, Lun 4 Mar - 20:56


Tempête intérieure, mais qu'est-ce qu'il lui prenait ? Jade avait l'habitude de renier ses sentiments, elle ne pouvait faire autrement, ayant apprit bien trop tôt qu'ils étaient une faiblesse pour quiconque sait les utiliser. Mais depuis quelques temps, les choses avaient changé. Elle s'était accordé des moments où ses sentiments primaient, avait accepté d'accorder des confiances qu'elle n'était toujours pas sûre d'assumer. A croire qu'elle n'apprenait jamais, puisque déjà, ces moments d'égarements lui avaient donné des coups de poignard supplémentaires.

Mais tout cela n'était rien par rapport à ce qu'elle ressentait pour Ulysse. C'était différent, elle n'aurait pu expliquer, assumer en quoi, mais ça n'avait rien à voir. Quelque chose de fort, beaucoup trop fort, qu'elle-même ne pouvait vaincre malgré tous ses essais... et malgré ce qu'elle avait comprit, finalement. Ce fameux cours, où elle avait ressentit un bonheur sans nom avant d'être presque certaine que son coeur s'était brisé en mille morceaux. Une incompréhension totale, alors que la justification aurait pu être toute naturelle si le temps avait séparé les deux évènements mais non. Quelques minutes, du verre brisé, une colère et une inquiétude figurées. Alors, elle était incapable de comprendre. Son esprit d'adolescente pour qui les sentiments étaient si incertains, refusait de laisser tomber sans pour autant se permettre de trop y croire. En tout cas, voilà ce dont elle avait essayé de se persuader. La vérité était toute autre et elle avait sans doute besoin de parler au Gryffondor pour percer l'abcès directement. Après tout, ce n'était pas possible n'est-ce pas ? Ses espoirs ne pouvaient qu'être vains, qui s'intéresserait à une fille comme elle ? A force de rejeter les sentiments et de voir les autres la fuir, la blondinette avait finit par se résigner au fait qu'elle n'intéresserait jamais personne, qui que ce soit, pour quoi que ce soit. Une idée idiote peut-être, sans doute aux yeux de tous ceux qui n'étaient pas à sa place. Mais comment faire comprendre aux gens à quel point l'amour peut faire peur ?

La réponse faisait peur. Elle l'attendait, voulait l'entendre, mais en avait terriblement peur. Quelle que soit la conclusion possible, du moins dans les scénarios envisagés, elle serait éprouvante. Peut-être trop pour elle. Mais dans tout ce qu'elle avait pu imaginer, les lignes de scénarios gribouillées, les scènes qui passent par la tête sans trouver de conclusion... jamais elle n'aurait pu s'attendre à ça.

- Oui je suis amoureux de Lhiya et de toi.

Difficile de décrire la sensation qui parcourut son corps. Un choc, sans doute, figuré par un sentiment de chaleur mêlé à un froid qui gèle jusqu'à l'os. Oui non, moi non plus je ne sais pas comment c'est possible, mais là c'était le cas. Ce n'était rien par rapport à ce qu'il se passait dans sa tête. D'abord, l'information la plus importante. Amoureux ? D'elle ? Lisez plus haut, en aucun cas elle n'aurait cru que le Gryffon confirmerait un doute qu'elle pensait totalement dingue et pourtant... Pourtant, son coeur sembla rater un battement avant de reprendre de plus belle ses coups dignes des plus grands concerts. Un instant, l'adolescente en vint même à se demander si elle ne rêvait pas. N'imaginait pas tout ça. Et l'envie d'y croire aussi, soudain, tellement perturbant. Elle ne devrait pas, mais n'arrivait pas à lutter pour autant. Bon sang.

Alors seulement, assimiler la seconde information. Elhiya était aussi dans l'équation et sans mentir, l'adolescente se retrouva dans une incompréhension totale l'espace de quelques instants. Les paupières papillonnent, avant que les pupilles ne cherchent un point incertain puisqu'elles ne parvenaient à se fixer. Il était amoureux... de deux filles ? Une fois l'information assimilée, ce n'était pas si étonnant que ça, mais cette compréhension laissa place à autre chose: de la peur. Une peur qui grandit, celle de n'être qu'une pièce rapportée, que ce qu'elle ressentait ne soit alors que trop fort par rapport à ce qu'elle devait espérer. Mal au coeur.

- J’aimerais que tu comprennes. Je ne peux pas m’engager dans une relation qui promet d’être exclusif en sentiments. Parce que c’est pas facile pour moi. J’ai essayé vraiment, ça a juste été un carnage, nous blessant tout les deux plutôt que de ne blesser personne.

Bon sang. Était-elle vraiment sérieuse ? Avait-elle réellement des sentiments pour quelqu'un qui en avait... pour plusieurs personnes ? Mais bon sang, quand est-ce que ses choix allaient être les bons ? m*rde, elle n'avait pas choisit en fait, c'était encore pire. Parce-qu'alors, se rendre compte à quel point elle tenait à ce sentiment, à quel point il lui faisait du bien et à quel point... elle avait peur de le voir s'évanouir. Allait-elle vraiment tout gâcher ? Gâcher quelque chose qui pour la première fois depuis longtemps, lui faisait du bien ? Panique intérieure. Ce n'était pas que ce sentiment doucereux, auquel elle était attachée. Mais à Ulysse, tout simplement. Double panique. Elle était amoureuse d'Ulysse. Conclusion d'une longue réflexion qui animait son coeur d'un mélange de bonheur et de peur. Encore une fois, m*rde, comment est-ce que c'était physiquement POSSIBLE ? Ne pas savoir quoi dire, totalement incertaine de la bonne façon de réagir. Et puis, penser aux paroles du Gryffondor. Le blesser... elle ne voulait pas le blesser. Mais était-elle capable de partager ? De ne pas ressentir cette jalousie qui lui était si familière ? La main d'Ulysse entrant en contact avec la sienne suffit à la faire sursauter, comme si elle était dans un autre monde. Quelque chose s'était suspendu, pas vraiment malheureusement. A l'instant, elle aurait vraiment voulu avoir la possibilité de mettre le temps sur pause. Juste une fois. Mais non.

- Je veux être avec toi, vraiment. Je suis bien quand je suis avec toi. Mais je ne peut-être pas être avec toi de la façon dont tu l’entendais. Mais au final cela reviendrait à la même chose, les moments que l’on passerait ensemble seraient les mêmes, c’est juste ce que l’on fait le reste du temps qui diffère.

Chaque mot semblait résonner dans cette bulle, prendre une importance considérable dans un coeur qui avait tant besoin de ce genre de mot. Bien plus besoin qu'elle ne pouvait l'avouer. Mais il y avait un mais, et il était facile de voir dans l'attitude d'Ulysse qu'il comprenait lui-même, sans qu'elle n'ait besoin de dire quoi que ce soit, que c'était une situation dont elle n'avait pas l'habitude. Qu'elle ne croyait pas possible. Et qui, alors, lui offrait autant de bonheur qu'elle déversait de la peur. Non, c'est faux. Juste que le second sentiment était amplifié par des convictions ridicules, un exemple qu'elle avait toujours eu auprès de ses parents. Seulement, il n'y avait pas que ça. S'il n'y avait que ça, ce serait si simple. La main s'en va, perte de contact.

- Tu sais, j’ai jamais voulu te blesser. Je pensais juste que tu avais compris.

Compris... Non. Elle avait imaginé bien autre chose, un scénario qu'elle voulait faux, qui l'était finalement, mais préférence pour le nouveau ? Pas sûr. Parce-qu'elle se retrouvait tout de même avec un problème de taille: elle-même.

Ce qu'elle connaissait des couples était sans doute illusoire. Après tout, il y avait des dizaines de relations différentes, ce qui les liait était plus beau à ses yeux que toutes leurs particularités. Mais lorsqu'on appliquait cette notion à elle-même, les choses s'avéraient différentes. Compliquées. Les sentiments, ce n'était pas son truc, ça ne l'avait jamais été. Ils lui faisaient peur, parce-que c'était une des nombreuses façons de l'atteindre. Comment ? Par des dizaines de moyens encore une fois, mais par dessus tout, la peur de perdre l'autre. C'était aussi le cas avec des personnes qui avaient pris, qu'elle le veuille ou non, une place importante dans sa vie, dans son coeur. Chacune de ces personnes. Si elles s'en allaient, ça lui ferait du mal. Si elles la mettaient de côté, ça lui ferait du mal. Et si elles l'abandonnaient, ça lui ferait du mal. Des "si" qui ne devraient pas être envisagés, mais qui ne cessaient de faire un énorme pêle-mêle dans sa tête, un gribouillis qui donnait mal à la tête et qu'elle ne parvenait à démêler. Alors que dire, face à un sentiment qui semblait plus fort encore ?

Ulysse avait des sentiments pour elle. Mais aussi pour Elhiya. A cet instant précis, étonnamment, pas de jalousie. Mais Jade se connaissait parfaitement et savait à quel point elle pouvait être violente en aimant quelqu'un. Elle n'aimait pas souvent, ne se l'autorisait que rarement, alors en aimant, elle aimait vraiment. Fort. Et si elle aimait trop fort pour supporter une telle façon de voir ce sentiment si précieux qu'est l'amour ? Le pire, c'est qu'elle n'avait aucune idée de la réponse. Et cette peur, amplifiée par les paroles qu'il avait prononcé plus tôt. Lui faire du mal... Elle ne voulait pas lui faire du mal. Au point de renoncer à lui, et à ce sentiment qu'il provoquait chez elle ? Aucune idée. Elle n'en savait rien. Que dire, que faire ? Fuir, ça aurait la meilleure solution. Combien de fois est-ce qu'elle avait eu cette pensée depuis que le préfet était arrivé ? Elle avait arrêté de compter.

C'est à cet instant seulement qu'elle finit par relever les yeux vers Ulysse. Il semblait... perdu. Désarçonné peut-être. Est-ce que ça comptait autant pour lui que ça comptait pour elle ? A priori, c'est en tout cas ce qu'il avait dit, et ce qu'il montrait. Et avec tout ce qu'il lui avait prouvé, la jeune fille ne pouvait avoir le moindre doute sur sa sincérité. Alors la question restait la même, car il aurait été bien plus facile de se dire qu'il se fichait d'elle. Mais la sincérité de ses mots donnait un sens tout particulier à ce qu'il se passait. A ce qu'il s'était passé jusque là. Est-ce qu'elle voulait que ça s'arrête ? Certainement pas. Et alors, une idée, saugrenue, un peu bête, traverse l'esprit. Cette fois, c'est sa main à elle qui rejoignit celle du rouge.

- Il y a au moins une chose que j'avais compris...

Le coeur battant à un rythme fou, l'esprit en pause pour une fois, juste l'espace de quelques secondes, Jade se redressa légèrement, s'avançant lentement - en tout cas elle en avait l'impression - jusqu'à ce que ses lèvres rejoignent celles de l'adolescent à ses côtés. Elle-même ne pouvait s'expliquer cet élan, c'était incohérent avec ce qu'elle était, sa façon d'être. Elle n'agissait qu'en ayant toutes les cartes en main et ce n'était pas du tout le cas à cet instant. Mais une chose était en effet certaine: ses sentiments étaient vrais. Elle les ressentaient, ne pouvait les nier malgré tout ses efforts. Et si c'était la seule chose dont elle était certaine, elle avait besoin de le prouver de cette façon. Parce-que ce n'était pas grand chose pour les autres, mais pour elle, un simple baiser, aussi chaste soit-il, avait une signification toute particulière. Par réflexes, ses paupières s'étaient closes, juste le temps d'un instant où elle laissait ses sentiments parler avant sa raison. Et bon sang, que ça faisait du bien. Pendant quelques secondes, elle mit de côté tout le reste pour ne se fier qu'au plus important. Et elle espérait tant qu'il comprendrait lui aussi, à quel point elle était sincère.

Aussi lentement qu'il avait été initié, le contact prit fin, retour tout doux à la réalité. Pour le moment en tout cas. Le temps d'un regard et de joues brûlantes soudain. Des questions ridicules qui passent par la tête, si ça lui avait plu, si elle n'avait pas fait une gaffe, si elle avait bien fait. Oui, elle avait bien fait. C'était certain. Mais il y avait le reste et elle ne pouvait l'oublier. Mordant sa lèvre inférieure, sans bouger d'abord, l'adolescente finit par s'appuyer au sol pour se redresser, évitant le regard qu'elle avait jusque là cherché. Parce-qu'elle cherchait autre chose alors, ses mots et ses sentiments, des conclusions qu'elle n'était pas sûre de pouvoir trouver. Elle ne savait plus. Regard vers l'horizon, sans qu'il n'y ait vraiment de point d'encrage. Son regard était plutôt perdu dans un monde qui lui était inconnu. Où elle espérait trouver des réponses qui ne pouvaient être dénichées sans... sans quoi ? Autant d'incertitude, elle était désespérante. Prendre une inspiration tremblante, visiblement troublée, alors que sa main agrippait son propre bras, position gênée, un peu protectrice, comme si elle avait peur que ses paroles ne cassent tout et mettent tout ça en danger. Ce qui n'était peut-être pas faux, seul Ulysse pourrait répondre à ça. Commençons par le début.

- J'ai des sentiments pour toi... Et je n'ai... pas l'habitude de ressentir ça. Je ne pensais pas que c'était possible...

Soupir, premier aveu où elle se dévoilait déjà beaucoup. Beaucoup trop. Pourtant ça n'était que le début. Rire nerveux.

- Je ne sais pas quoi dire... Je... Ça me fait peur. Je ne sais pas comment on gère une relation et je ne sais pas si je pourrais gérer... ce genre de relation.

Avaler difficilement sa salive. Si elle gâchait tout, elle s'en voudrait irrémédiablement. L'idée de tout perdre parce-qu'elle était incapable de savoir apprivoiser ses sentiments lui donnait mal au coeur. Et l'idée de lui faire du mal à lui était encore plus douloureuse. Et plus inacceptable.

- Je ne veux pas te faire du mal mais... je ne veux pas te perdre. Je ne veux pas perdre... ça.

Le regarder, les yeux embués, elle ne pouvait être plus sincère. Elle aurait pu lui dire que ok, tout allait bien ! Mais ça n'aurait pas été sincère et elle ne voulait pas bâtir une relation sur un mensonge. Elle aurait pu fuir, comme prévu depuis un moment sans qu'elle n'ait le cran de le faire, mais c'était renoncer et là encore, elle ne voulait pas ça. Alors la sincérité semblait la solution la plus raisonnable. Même si elle mettait alors des informations essentielles entre les mains du Gryffondor. Et plus encore, il avait entre les mains toutes les clés, le côté d'une Jade qui se cache, qui n'a pas le droit de paraitre. Mais qui finirait forcément par entrer en compte, quelle que soit la relation qui les lieraient. Une attente, une perte de contrôle qu'elle ne se permettait jamais et qui à nouveau, réveillait espoir et peur. Tant d'espoir, qu'il pouvait réduire à néant en une seconde. Une parole.
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Re: Petit moment a deux

Message par : Ulysse Daiklan, Mar 16 Avr - 11:43


L.A Jade ♥️


Mes yeux fixés sur l’horizon comme cherchant à m’enterrer finirent par changer de cible lorsque sa main entre en contact avec la mienne. Une moue se dessine sur mon visage, ne comprenant pas du tout ce qu’il se passait. Ce temps, si manipulable avait semblé s’étirer à l’infini dans ce silence de réflexions où elle s’était plongée. Silence maintenant brisé par quelques mots au sens flou que je ne comprenais pas.

Décidément la communication était compliquée.

Je la vois se redresser, la première idée qui me viens en tête est celle de son départ. Comme ça, sans plus d’explication. Une montagne russe sentimentale en sentant ses lèvres sur les miennes pendant que j’entends mon cerveau débloquer comme une épaule qui se déboite.

Sans la douleur.

Mes yeux se ferment, ignorant mon cœur qui bat la chamade, qui suit le rythme du baiser auquel je en m’attendais pas. Je savoure l’instant, le cœur qui se remplis peu à peu d’une sensation que je ne pensais pas ressentir aujourd’hui. De la satisfaction ? De la joie ? Du bonheur ? Pas le temps d’y réfléchir qu’elle recule d’une lenteur comme une torture. J’en veut plus mais je me retiens. Ce n’aurait été qu’une fuite, une façon d’échapper au reste de la discussion. Lorsque la chamade se transforme en douloureux pincement mes doutes reprennent le dessus.

Je la regarde les yeux perdus. Est-ce qu’elle a compris ? Est-ce que je m’étais bien exprimé ? Je ne voudrais pas lui faire encore plus mal en lui faisant miroiter l’illusion que je pourrais faire un choix. Mes yeux inquiets croisent les siens pendant que j’attends la suite de ses paroles comme une épée de Damoclès prête à s’abattre sur une partie de moi. Sablier étiré à nouveau, pendant que je suis suspendu à ses lèvres – au sens figuré -.

Ses mots raisonnent comme une chanson muette dans mon esprit. Inconcevable. Déjà, elle a des sentiments pour moi. Enfin ça je m’en doutais sinon je ne me serais pas jeté à l’eau. Mais elle a toujours des sentiments pour moi. Malgré tout ça. Je crois que mon cerveau cesse définitivement de fonctionner. Je ne devais pas avoir l’air con tiens, à papillonner des yeux la bouche ouverte pendant qu’elle se délivre. Le mot gérer me fait bloquer et réagir. Gérer ? Y’a rien à gérer, si ?

Au moins cela me permets de sortir de ma léthargie. Je reprends mes esprits pile le temps qu’elle finisse sa dernière phrase. Je la regarde, essayant de mettre en mots les idées qui se bousculent dans mon esprit. Ses yeux où les perles s’accumulent me font plus de mal que je n’aimerais le croire. Je ravale difficilement ma salive.

- Je ne veux pas perdre ça non plus. Ni te faire de mal d’ailleurs.

Je soupire. Compliqué à exprimer, je ne veux pas faire ça, mais je ne veux pas avoir à choisir non plus. Égoïste ? Peut-être. Tant pis, je ne peux pas non plus lui faire croire qu’en la choisissant je serais certain de lui être entièrement dévoué. Ce serait mentir.

- Il n’y aurait pas grand-chose à gérer en fait. Ce serait exactement la même chose qu’avant au final, sauf que lorsqu’on est pas ensemble on fait ce que l’on veut.

En évitant les non-dits. Est-ce que la vérité fait plus mal que l’illusion ? C’est une bonne question. Je pars du principe que l’illusion une fois brisée fait bien plus mal que de vivre en accord avec soi-même. Si elle ne l’accepte pas je serais triste, c’est une évidence, mais je ne peux pas renier qui je suis. Je ne peux pas renier mes sentiments, que ce soit pour elle ou Elhiya. Je fronce les sourcils. Peut-être pense-t-elle que mon égoïsme va au-delà de juste assumer mes sentiments ? Il faut que j’éclaircisse ce point.

- Après tu sais, c’est évident que ce qui est applicable à moi le sera à toi. Je ne ferais pas de crise de jalousie si tu te montres avec quelqu’un d’autre. Au contraire, si c’est quelqu’un qui te rends heureuse quand tu es avec, tout ce que je veux c’est que tu aille bien.

Bon, et quelqu’un que j’estime la mériter aussi. Parce que si elle se mets à sortir avec De Lanxorre je ne réponds plus de moi je crois. En bref, quelqu’un qui la traite bien, sinon je vrille. Je peux ne pas être jaloux mais faut pas me demander de ne pas protéger les personnes que j’aime. Je serre la mâchoire à la recherche de comment la rassurer, mais je ne suis pas dans sa tête. Je peux pas savoir quoi dire, ni comment agir pour le moment. Je joue avec ses bracelets avant de la regarder de nouveau.

- Si tu as des questions tu peux me les poser tu sais…

Parce que là je ne sais pas quoi dire. Je ne peux pas inventer les questions, puis mieux vaux passer par le dialogue, non ? Un léger sourire pour l’inciter, peut-être la mettre un peu plus en confiance. J’attends, sa réponse, sa réaction, ce qu’elle va dire. Trop crucial pour que je le gâche de quelques paroles en l’air.

 

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