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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: A l'étranger
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Dans la campagne irlandaise
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Mangemort 87
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 87, Jeu 1 Sep - 18:51


Long, il était long à venir, l’affreux luron que tu te désespérais de voir. Non que tu ne lui voues une affection trop catégorique ; mais il avait su te faire confiance, pire, te surprendre, et dans un monde aussi charnière que celui-ci, c’était le genre d’os sur lequel le charognard que tu étais s’abreuvait jusqu’à plus soif. Il allait venir. Hein. Il le fallait. T’étais pas assez inspirée pour écrire un En attendant Tremblement, donc il avait intérêt.

Bord*l, tu en avais marre d’avoir besoin d’un autre. Ce sentiment était plus oppressant que tout autre, car il était pour beaucoup la prémisse d’une attache, et que l’attache était bien une chose que tu ne pouvais te permettre. Tu avais caché à tous, masqués compris, une partie de ton identité. Lui, lui l’avait vue dès le premier jour. Il ne ferait sans doute pas le lien, enfin il fallait espérer. Mais il fallait qu’il répondre, crument qu’il dise qui Il était, comment le contacter. Un CRAC s’engouffra entre les herbes. L’appréhension te hérissait presque le poil. Redressait les inexistantes moustaches ; ces capteurs sensoriels au nom ignoré qui semblaient clairsemer les pores juste au dessus de tes lèvres.

Saurait-il ? Dirait-il ? Il ne parla pas tout de suite, non. Il regardait sa main. Tu préférais pas savoir ce qu’il avait encore fait avec. Frémissement d’ailes ; quelques plumes tombent en pluie. Moineaux et mésanges le craignent. Toi, tu l’attends. Toute déprise que tu soies, tu l’attends. Tu n’aimes pas le concept de l’attente, en vérité. Tu te rappelles une fois avoir demandé à un homme de t’attendre. Tu n’allais chercher que destrier, mais il en était mort. Alors fallait combler l’attente du vide le plus profond, du creux des mots. Des voix contraires s’articulaient, masculines, féminines, toujours féroces et félines.

dégoût de vivre
usurpation identitaire
éternelle mascarade
où l'on croit dominer un soi
pire ! être un soi
pour n'apprendre qu'à petit pas
qu'il est moulé
désossé
approprié
pour une vague fumée
le rideau claquait


Jouer avec un bout d’herbe pour ne pas penser au sens des mots qui se tissait. Sens qui n'était que désordre. La seule usurpation était civile. Pour être soi, il suffisait de rester masquée. A vie. Car le jour où tu avais été marquée, les flammes avaient craché trois lettres. L. N. É.
- Que me vaut le plaisir de ce tête à tête chère 87 ?

Ton sourire carnassier ne résista à sa tirade. Dents prêtes à vous bouffer cru. 

- Pas sûre que ce soit un réel plaisir pour toi. Mentor, j’ai besoin de comprendre les racines des ténèbres. Dans quels pas je marche. Les tiens, certes, me guident depuis que vous m’avez accordé la marque. Mais il est un masque dont je n’ai jamais connu l’identité. Assez court, en vérité, il s’arrêtait à la chute de son nez. 49... 
Des flashs rapides s’imposaient. Assez peu déplaisants. [PARENTAL ADVISORY - EXPLICIT CONTENT], comme il aurait dit. Avec lui, tu avais commencé par The Kill, ignorant que The Hunt ne faisait que commencer.  
J’ai besoin de le retrouver.  
Pourquoi ? Fallait pas pousser. Déjà, tu confiais un besoin, t'en remettais à lui. Expliquer les motifs serait trop... Trop. Tu n'étais pas prête à ça.
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Mangemort 39
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 39, Mer 21 Sep - 16:35


Vous dégustiez un instant le silence qui suivit vos paroles. Porté par le vent, il avait la douceur de la nuit, le goût sucré d’un fruit mûr et la fraîcheur de l’eau des montagnes. Il méritait presque de ne pas être brisé, mais puisque vous aviez posé une question, il aurait été impoli à la donzelle de ne pas vous répondre. Il était cependant impoli également de parler et de ne pas vous permettre de goûter quelques infimes secondes encore à la beauté de ce silence. Tant pis. 87 avait à cœur de gâcher les instants. C’était même sa spécialité. Mais elle n’y pouvait rien, elle ne pouvait pas vous égaler, quoi qu’elle veuille faire. Vous étiez bien trop au-dessus d’elle pour qu’elle ne puisse un jour espérer arriver à votre niveau.

Alors elle parla. Elle débita son jargon qu’il vous fallut comprendre. Car si vous lui aviez appris beaucoup, l’expression normale entre deux êtres issus du commun des mortels n’avait pas encore fait l’objet de vos cours. Et elle avait ainsi la fâcheuse tendance à compliquer les choses. Pourtant elle arrivait à vous faire sourire. Car l’aspect révérencieux dont elle drapait ses mots vous faisait presque plaisir. Ils étaient enveloppés d’une cape de respect, taillée dans le meilleur tissu qui soit.

Votre sourire s’évanouit cependant à l’annonce d’un nom. 49. Non pas qu’il vous soit totalement inconnu, mais il s’agissait d’un ancien. D’un de ceux qui avait décidé de ne pas vous révéler son identité. Au début tout du moins. Vous aviez fini par le savoir, heureusement… Tout en l’ayant assez brièvement connu d’ailleurs. En vérité son identité vous avait tout à fait surpris. Car vous le connaissiez avant, mais vous ne pensiez pas que lui, qui s’était toujours fait passer pour un imbécile à Poudlard, aurait pu avoir l’étoffe d’un véritable Mage Noir.

- J’ai besoin de le retrouver.

Et vous, de quoi aviez-vous besoin ? De beaucoup. D’être un minimum considéré par les élèves de Poudlard. De voir 70, ses yeux, ses lèvres. Couvrir sa bouche de baisers et… Mettre un terme à vos fantasmes irréalisables aussi. Sans doute. Vous haussiez les épaules tout d’abord. Dans un mouvement réflexe, qui indiquait simplement que vous ne saviez pas. Mais s’agissait-il de la réponse à sa question ou de celle à la vôtre ? Aucune idée. D’autant que vous penchiez la tête sur le côté, prouvant ainsi que vous réfléchissiez. Vous ne saviez pas ce qu’il fallait lui répondre. Alors, dans le doute, vous lui offriez la réponse la plus facile.

- Je connais pas de 49

Oui, vous lui mentiez. Parce qu’en fait, quelque chose vous chagrinait. Non pas le souvenir de 49 lui-même mais plutôt le fait qu’elle vous fasse venir, vous, pour essayer de le savoir. Pourquoi ne pas demander à 67 ? Pourquoi ne pas le faire au Bastion ? Quel besoin de discrétion avait-elle ?

En soupirant, vous vous approchiez d’elle et avanciez une main, quasiment au contact de la sienne. Vous la sentiez soucieuse. Si elle vous demandait une telle chose, il s’agissait sans doute d’une recherche importante. Et vous vouliez être un mentor pour elle, de bout en bout. Une béquille sur laquelle s’appuyer quoi qu’il se passe.

- Pourquoi tu veux un 49 ? Ton cher 39 te suffit pas ?

Vous accompagniez la remarque d’un sourire, espérant la détendre. Vous n’aimiez pas cette histoire.


Dernière édition par Mangemort 39 le Lun 10 Oct - 18:04, édité 1 fois
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 87, Dim 9 Oct - 9:07


Il te souriait, encourageant. Ou satisfait. Ou condescendant. Ou rêveur. Ou menteur. Il est des mille et des cents de traductions de sourire. D’honnêtes à manipulateurs, en passant par les plus protecteurs, ils enlisent les visages plus qu’ils les illuminent. Dans le même temps, ils sont beaucoup plus simples à regarder que d’autres expressions faciales. The lesser of two evils. Bref, tu n’allais t’amuser à interpréter ce qu’il pouvait se passer dans la tête du métamorphomage, sinon un, t’allais finir aussi barrée que lui, deux, t’allais même plus te rappeler de ta question. De ton besoin. Des réponses plus que des silences, je suppose.

Un temps. Il ne dit rien. Hausse les épaules, ça sent mauvais. Et cette tête penchée, imitation des statues antiques ? Déesses grecques et romaines laissaient dodeliner leur mâchoire arrondie de part et d’autre de leurs cervicales. Pour avoir l’air plus douces, empathiques, que leurs pairs masculins. Djendeur quand tu nous tiens. Si ton maître voulait paraître doux, c’était mauvais signe. Ça donnait le sentiment qu’il allait apporter une réponse que tu ne voulais pas entendre, et le savait, et voulait t’y préparer pour éviter de devoir te voir déchanter. Non. Ça pouvait pas être ça. Il avait pas le droit de pas savoir, sinon toi, tu pouvais plus.

Vers qui devais-tu te tourner pour en retrouver les pas ? Ou alors fallait-il laisser tomber la quête ? Tu peux pas. T’arrives pas. Tu peux pas oublier ses traits un peu durs, sa barbe de trois jours, sa poigne affirmée qui tranchait avec la langue de jeune avec laquelle il t’avait recrutée à vos débuts. Tu peux pas oublier, car t’as appris qu’on fait pas l’amour à des idées mais à des gens, et que les gens sont pas parfaits, et que les gens font des bébés. Tu n’étais qu’à l’étape « découvrir le degré d’imperfection du type » mais ça promettait.

Il desserra enfin les lèvres, les laissa chatouiller par la brise champêtre. Oui, tu sais, il fait bon et beau et il a mieux à faire que s’occuper de toi, mais tu en as besoin. Tu sais pas ce que tu feras s’il ne peut t’aider. Vers qui il faudrait te tourner. Comme une irrévocable sentence, les mots tombent.
- Je connais pas de 49.


Tu crois entendre la corneille dont on tranche la tête avec toute la lenteur qu’une hache permet. Bon, bah retourne te coucher, quoi. La famille est plus large que tu l’avais espéré, et les liens manquent entre les maillons de la chaine des ombres. Il soupire et t’approche avec une douceur que tu n’aurais pas anticipé, effleurant ta main dans un semblant de tentative pour la saisir. Il n’y avait pas à dire, il était déroutant, ton mentor.

- Pourquoi tu veux un 49 ? Ton cher 39 te suffit pas ?
- T’en fais pas, j’ai toujours besoin d’un 39. Mais j’ai partagé avec 49 d’autres souvenirs.
Tu as la bizarre impression que les arbres pourraient vous entendre et, prudente, louvoies vers ton maître. Avec un regard mi-espiègle, mi-grave, tu susurres à son oreille. Le meurtre nous ouvrait des appétits charnels.

T'as l'impression qu'il joue. T'as besoin qu'il t'aide. Qu'il comprenne que tu cherches pas juste un fantôme du passé. Tu prends sa main tendue, fermement, et l'appliques sur ton ventre rendu plat par ton habit amélioré. C'est bizarre à faire, car ce n'est pas le type de gestes auquel tu es accoutumée. Il ne se passe rien, d'abord, puis un pied lui cogne la main.
- Aide-moi. Ou juge moi et je te bute.
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 39, Lun 10 Oct - 19:23


- T’en fais pas, j’ai toujours besoin d’un 39. Mais j’ai partagé avec 49 d’autres souvenirs.

Vous cligniez des yeux, comme pour montrer le point d’arrêt que votre cerveau effectuait après cette phrase. D’autres souvenirs. Vous eûtes un instant l’impression que l’on tranchait quelque chose, à vif, à l’intérieur de votre ventre. Qu’un monstre endiablé se déchaînait les quelques instants où vous n’arriviez pas à trouver ce qui vous gênait. 49 était plus vieux que vous dans l’Ordre Noir, et si elle vous demandait son identité, c’est qu’elle ne l’avait connu que masqué. Vous, pourtant, aviez l’impression de l’avoir totalement initiée aux Masques et à l’idéologie. Alors que pouvait-elle avoir à faire avec 49 ? N’aviez-vous pas la primeur de la chose ?

Mais les événements se succédèrent avec plus de vitesse et plus de surprise encore que vous ne pouviez l’imaginer. Elle prit votre main, la déposa sur son ventre, et vous murmura quelques paroles à l’oreille. Un instant vous souriez, puis vous compreniez que celle que vous aviez initiée, votre petite protégée, quasiment votre fille, avait cédé au péché. Vous déglutissiez.

Votre réaction fut plus prompte encore lorsque quelque chose bougea, dans son ventre. Vous retiriez alors vivement votre main, l’air quasiment dégoûté. Non, dégoûté, réellement, vous l’étiez. Vous ne vous attendiez pas à cela. Et qu’en plus elle vous fasse toucher un être à peine formé… Vous en aviez un haut-le-cœur.

- ]Et tu cherches 49 parce que ce serait le père de ton gosse !? T’es sûre que c’est lui au moins !?

L’expression de votre visage était étrange. Presque folle. Et vous partiez d’un rire de dément. En fait, vous étiez profondément abasourdi par la nouvelle. Choqué. Destabilisé. Vous ne pensiez tout simplement pas ça possible. Et dire que cet avorton s’était permis de poser la main sur elle sans même révéler son identité. Comment avaient-ils faits ? Dans le noir, sous un masque ? Sans jamais se parler ? Elle ne l’avait même pas reconnu ? Il vous semblait pourtant à un moment, à Poudlard, où ils étaient bien proches ces deux là… Vous reculiez, et vous secouiez la tête, parfaitement désabusé.

- Ca t’avancerait à quoi que je te dise qui c’est hein ? Je sais qui il est. Mais j’suis sûr que t’es même pas sûre de son matricule. T’as de la chance que je connaisse un 49. Mais ça se trouve c’est même pas lui. Pis quoi tu vas venir lui dire « coucou, v’la ton gosse » ?

Rageusement, la salive vous montait dans la gorge et vous crachiez simplement à ses pieds.

- S’il ta baisé comme une chienne sans retirer son masque, c’est parce qu’il voulait pas de toi ! Qui voudrait d’une gonzesse qui s’allonge sous le premier masque qu’elle trouve hein ?
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 87, Mar 18 Oct - 2:40


Tu t’attendais pas à sa réaction. Tu étais venue à lui, honnête et vulnérable, et voyais son sourire troublé vite virer déglutition dégoûtée. Ça commençait mal, si mal... Sa main ne s’attarda pas longtemps sur ton ventre. L’amas de cellules se permit un petit coup de pied pour signaler sa présence, faire coucou au mentor, et bam, il se retira, comme brûlé. Brûlure était sans doute le terme approprié, oui, car l’instant d’après il cherchait à t’exposer à la même violence. Verbale, certes, mais pas moins délétère. Il doutait de tes affirmations ?

Oui. T’étais sûre que c’était 49. Motif numéro 1 : tu ne te faisais, à ta sortie de prison, que des meufs. Et lui. Il avait été l’exception de tes pirouettes. Motif numéro 2 ? Il doutait que tu soies capable d’identifier un masque ? Soit, soit ! Sauf que tu l’avais rencontré plusieurs fois, et à moins qu’il se soit amusé à donner le matricule d’un collègue, non, c’est lui que t’avais croisé... En fait non. Il n’avait pu s’amuser à mentir sur son numéro. Preuve en est ; déjà, à l’époque, 67 l’appelait 49, et tu t’interrogeais sur les divergences hiérarchiques que supposaient la possibilité pour certains, mais pas tous, de divulguer le matricule de masqués.

C’était lui. Pourquoi était-ce si difficile à entendre ? Avaient-ils de massifs désaccords, aurais-tu dû t’adresser directement à ton Maître ? Peut-être, oui. Lui... Lui ne t’aurait jamais parlé comme ça. Parce que ça allait de mal en pis : après la tentative de remise en question de tes certitudes, il riait, jouait à « moi je sais », te crachait aux pieds... Une hargne que tu n’aurais soupçonné. Du jugement pour une grossesse involontaire, t’en avais reçu, des menaces de mise à mort aussi, mais jamais tu n’en aurais attendu de lui. Sans doute idéalisais-tu le lien qui vous unissait.

S’il ta baisé comme une chienne sans retirer son masque, c’est parce qu’il voulait pas de toi ! Qui voudrait d’une gonzesse qui s’allonge sous le premier masque qu’elle trouve hein ?


Ta main trembla, se fermant en un poing, se voulant prêt à partir lui refaire le pif mais ne parvenant à faire le moindre mouvement. Tu avais toujours été traitée de S*l*pe, attaquée pour tes moeurs, sexualisée par des inconnus et t’approprier ces étiquettes était un moyen de survie. Pourquoi ton attirail sinon pour réaffirmer un « I’m good on that pussy sh*t »? Et pourtant... Pourtant que le rejet vienne de 39, ce n’était pas pareil.

Tu t’en foutais, de savoir si 49 t’avait jamais respectée. Tu l’avais pas baisé par amour, juste pour l’impulsion, et le contexte glauque entourant vos ébats en témoignait assez gracieusement. Tu l’avais pas baisé parce qu’il était lui, tu t’étais juste une nuit embrasée pour vos idées communes, une fois qu’il n’y avait plus personne à tuer. Et les raisons pour lesquelles tu voulais garder l’enfant, ou contacter 49, ne regardaient que toi. Qu’il se mêle de ce qui le regardait.

Le seul dont tu avais espéré de gagner le respect, c'était 39. Et vu l'échec, il valait mieux écourter au plus vite la rencontre. Avant que ça dégénère. Regard fixé droit sur lui, et ses mensonges quant à l'importance de votre mentorat.
- Je m’en bats les reins de ton avis sur ma sexualité. Je veux juste son nom. Me fais pas regretter d’être venue vers toi. Ton timbre était d'un froid si glacial qu'il en devenait râpeux, mais c'était le maximum que ton calme pouvait permettre.
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 39, Lun 24 Oct - 22:15


Le poing qui se ferme, face à vous. Et la déception, tout simplement, dans vos yeux. Vous aviez cru un instant qu’elle serait différente. Que cette fille que vous aviez initiée pourrait être à part de cette jeunesse décadente dans laquelle vous ne vous reconnaissiez plus. Vous aviez fait vos erreurs et en aviez payé le prix. Peut-être aviez-vous simplement souhaité qu’elle ne paie pas autant les siennes.

Mais un enfant… Un enfant était pire que les années que vous aviez eu à passer. Car plus que quatre années en dehors de toute civilisation, il s’agissait de s’enchaîner toute une vie à un gosse de son propre sang. Le mettre au monde, supporter ses cris et changer ses couches, le faire parler, lui apprendre la vie et le monde. Trop de responsabilités. Trop de faiblesses aussi.

Vous n’appréciiez pas cette chose. La faiblesse. Vous en aviez beaucoup en vous, mais cette demoiselle que vous croyiez si forte était en train de s’en créer une. Elle était en train de s’entailler le ventre au couteau et d’indiquer à ses ennemis où appuyer.

Vous vous mordilliez la lèvre.

- Je m’en bats les reins de ton avis sur ma sexualité. Je veux juste son nom. Me fais pas regretter d’être venue vers toi.

Vous ne saviez simplement pas comment réagir. Ses mots vous transperçaient comme des bris de glace tranchants. Ils s’enfonçaient en vous sans pouvoir s’en extirper. Vous n’aviez cure de ce que les autres avaient pu penser de votre sexualité, à l’époque. Et pourtant vous aviez dû rendre des comptes… Elle aussi devait en rendre. Mais que serait-il advenu si l’une de vos conquêtes s’était pointée devant vous, le ventre prêt à exploser tant il était gonflé ?

Vous aussi, vous fermiez les poings. La désapprobation se lisait purement et simplement sur votre visage, quelle que soit la forme que vous lui donniez. Pour vous, elle gâchait sa vie. Et sans aucun doute les chances de votre ordre.

- Une place chez nous ça se mérite… A quoi bon faire des gosses et leur offrir le monde tel qu’il est si tu veux vraiment qu’il change hein ? Il sera dépendant de toi, et toi de lui, et tu vas t’affaiblir encore et encore !

Elle ne comprenait pas… Vous auriez pu lui donner le nom, là tout de suite, et qu’elle disparaisse de votre vue. Mais il fallait qu’elle comprenne ce que vous aviez à dire. Ce que ça impliquait, cette chose dans son ventre. Ce petit machin qui bougeait, qui était simplement vivant. Alors vous vous rapprochiez, et la détresse se lisait dans votre regard.

- Je te donne le nom si tu réponds franchement à ma question 87. Si ton gosse est menacé, qui tu choisis ? Nous ou lui ?

Pour vous le choix était simple et déjà fait. Si elle avait décidé de le garder, elle lui accordait plus d’importance encore qu’à votre idéologie.
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 87, Mer 2 Nov - 8:17


On t’a dit un jour que sous la peau épaisse il y avait un être humain. Tu as ri.

.i trusted you.

Tu as ri car l’idée t’était désuette : tu avais fui déjà les moeurs sociales, désintégré un paquet de caractéristiques permettant de te reconnaître. Tu n’étais une mononoke mais à ta manière tu t’identifiais animale. C’était simple le changement d’espèce : il suffisait de le penser très fort. De ne jamais regarder un miroir. On oubliait plus vite qu’on le pensait.

.i trusted you.

Pour toi, toi qui jugeais si clair que tu avais enterré ton humanité, les mots de ton mentor coupaient plus profond que tous les couteaux existants. Par ego, tu retenais les marques de tristesse que l’humiliation menaçait de lâcher le long de tes opales. En trace de brisure il n’y avait que les contractions -des mains, échine, mâchoire, orteils, tempes, narines, lèvres- un robot qui se ramassait, se condensait, si fort et si vite que les boulons menaçaient de faire cessetion.

.i trusted you.

Chez lui, déception et jugement se tiraient la bourre. Les mois avaient passé depuis que tu avais rejoint ta nouvelle famille, et pourtant, quelques syllabes suffisaient à tout te ravir. Pour lui. Être enceinte, ça voulait dire que tu ne méritais plus ta place. Pour lui. Être enceinte, c’est être dépendante. Faible. Tu perdais ta valeur avant les eaux.

.i trusted you.

Tu le regardais sans comprendre. Sans savoir où vos chemins s’étaient assez écartés pour qu’il ne te lise pas. Il te donnait il y a à peine quelques mois l’impression de saisir plus de tes nuances que la majorité des vivants, et voilà qu’il faisait 412 pas en arrière. T’avais les yeux qui brûlaient des ouragans de rage et d’appel et de haine et de perte. *Rappelle toi 39. Rappelle toi de pourquoi tes jeux sur mon cuir étaient si efficaces dans ma formation. Rappelle toi de mes douleurs ventrales. Rappelle toi des odeurs de gerbe que j’oubliais parfois de masquer en quittant la salle de bain. Rappelle toi de mes pertes de conscience. Il y a longtemps que tu sais. Pourquoi n’as-tu voulu le voir ?*

.i trusted you.

Il te promet une faiblesse croissante. Voit dans le plasma dont tu t’emplis la menace d’une soumission. Incapable de percevoir que plasma ne rime pas avec magma pour rien. Incapable de comprendre que peut-être, si tu n’étais enceinte, tu serais encore une partisane lambda. Un pion dans le jeu d’échecs le plus déterminant du monde magique. C’est parce que tu étais enceinte qu’il fallait que ce monde change, encore plus vite, encore plus fort. Il fallait réduire toutes les occasions d’oppression que le Ministère promettait à ton petit.

.i trusted you.

Loin était le 39 dont la vivacité virevoltait ; il semblait arrêté à un rythme sénile. Posait à son aide des conditions. Pire : opposait Mangemorts et le tas de cellules que tu construisais. Tu le regardais, dans un silence angoissant. angoissé. S’il avait su lire tes yeux comme à tes débuts, il y aurait vu un monde qui se morcelait en Pourquoi, des carreaux entiers qu’il arrachait des murs en quelques mots. L’espoir de compréhension était un hameçon qu’il lui avait enfoncé dans la langue il y a un peu plus de huit mois. A chaque seconde suplémentaire, il tirait sur celui-ci. Des parcelles de chair partait avec le fer.

.i trusted you.

Tu essaies de ramasser tes pensées éparpillées dans le néant. De les ramener à toi, en toi, de les densifier assez pour les lui livrer avec sens. Sans être trop sûre d’y parvenir.
- Mais pourquoi tu vois rien puta*n !
Sous la colère, tu avançais brutalement et tes mains tremblantes se collaient à son torse. Regard vrillé dans le sien, cherchant à le faire réagir, avant qu'elles le repoussent avec une violence non mesurée. Enfant, ça te faisait du bien -souvent tu poussais l’eau sous la douche, la claquait avec vigueur pour reprendre le fil de tes pensées. Ici, tu étais toujours aussi éparpillée, et tes bras retombèrent, ballants.

.i trusted-

- J’étais enceinte quand tu m'as formée. C’est parce que lui qu’il m’est devenu si nécessaire de ne plus oeuvrer pour mais avec vous. Fallait que tout change. Plus vite. Ça brûlait l'urgence- l'urgence de tout faire pour anéantir le Ministère et ses secrets. J'veux pas les laisser corrompre l’avenir de ce gosse. Rage qui déchire dans les tempes. Ouragan sous cloche d'impuissance. Je fais pas ça juste pour moi - je me bats pour deux. T’es trop c*n de me demander de choisir ! Il est pourquoi je suis là. Vous êtes pourquoi il peut être. Pourquoi tu...Le sang semble palpiter sous les ongles -contraste saisissant avec le puissant vide que tu éprouves en parlant à un mur.

.never again.

Tu ne ris plus. Sous les poils drus, l'incompréhension ouvre une sombre mue.
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 39, Ven 2 Déc - 1:16


Vos mots semblèrent la percuter avec violence. Virulence. Force. Ils produisirent un éclat en un éclair, déchirèrent en un instant le voile sombre d’incompréhension se dressant entre vous. Pour mieux le rapiécer peu après.

Elle savait ce que vous pensiez d’elle à présent, de cet acte, inhumain. Car s’il s’agissait pour elle de donner la vie, vous ne voyiez là que la tristesse d’un enfant maudit. Père inconnu, mère inconsciente, monde incandescent, vie incohérente.

A mesure que le temps passait, vous vous enfonciez plus profondément dans une cage de déception. A moins que ce ne soit son image qui, condamnée à finir au bas de l’estime, s’entourait d’une cage descendant le long de l’échelle qu’elle avait pris soin de gravir. Lentement.

Ses mains vinrent percuter votre torse. Vous fûtes repoussé. Une seconde, le voile se déchira de nouveau et ses paroles vous explosèrent à la figure. Elle expliquait ses raisons. De rage elle criait, réfutait, débâtait. Et vous aviez envie de répondre.

Un court instant vous pensiez que cette femme n’était qu’une enfant, perdue, l’enfant que vous aviez formée. Qu’elle avait peur. Qu’elle avait eu confiance en vous, qu’elle attendait de vous un avis, un conseil. Vous aviez tenté de répondre à ses attentes. Mais vous ne pouviez que lui donner le fond de votre pensée. Rien des mots qu’elle aurait souhaité entendre.

Vous ne vous attendiez cependant pas à une telle violence. Et vous fûtes déséquilibré. Vous tombiez. Vos mains vous rattrapèrent avant que le sol ne s’interpose, mais vos poignets crissèrent. Votre corps s’affaissa. Vous touchiez sol. Et la grimace qui déforma votre visage facilita l’arrivée des larmes que vous aviez retenues. Car la descente progressive de cette demoiselle dans votre estime ne vous laissait pas indemne.

Alors vous vous releviez. Et votre premier réflexe fut d’aller vers elle. Plus doucement. Avec plus d’apaisement. Vous étiez simplement triste. Vos bras s’écartèrent et, sans même comprendre ce que vous faisiez, vous passiez une main dans son dos, tandis que l’autre appuyait sur le derrière de sa tête pour la coller contre vous. Un câlin en somme. Une forme de réconfort à laquelle vous étiez loin d’être accoutumé.

Les larmes roulaient, silencieuses, traçant en votre chair un sillon profond. Une blessure. Une brûlure. Il allait vous falloir du temps pour vous reconstruire. C’est pourquoi vous ne pûtes rien faire d’autre que de lui répondre, la voix brisée.

- Nous laisse pas… Sa petite tête va faire tourner la tienne… Compte sur son père A… Ash…

Un reniflement suivit, car vous sentiez la goutte vous venir au nez, et ce n’était pas bien agréable. Vous en profitiez aussi un peu, car vous sentiez le suspens à son comble. Et enfin vous ajoutiez dans un souffle, au creux de son oreille, un simple :

- Ashton Parker

Et vous vous reculiez. Doucement. Les yeux fixés sur son visage.
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Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 87, Sam 7 Jan - 11:34


Il était une bonne chose que tu ne sois pas Legilimens. Si tu avais lu ses notions de valeur, de hiérarchisation des vécus, de rendre des compte... Si tu avais eu accès à ça, alors que tu te rappelais de sa discussion avec Evan au Chaudron, il y a quelques années, car elle avait entaché toute ta perception de l’énergumène, tu lui aurais probablement pété la gueul*. Il en était rien, alors tu le repoussas juste... avant d’être plus que surprise par sa réaction. Soit tu calculais plus ta force, soit être perplexe/déçu pompait trop son énergie vitale, mais ton mentor finit au tapis. Wow. En temps normal, tu aurais pu vanner dessus, parce que d’habitude c’est lui qui te mettait minable magiquement, quoique tu progresses avec le temps. Mais il y avait beaucoup trop de conditionnel, le temps normal était le présent, et dans ce présent l’envie de blaguer était absente. Tu étais blessée, et lui...

Lui tu le comprenais pas. Voilà qu’il dégainait la séquence émotions. Comme ça, sur commande, un petit désaccord, des mots qui percent l’âme, des syllabes-couteau, qu’on fait passer d’une oreille à l’autre, bien lentement, sans pouvoir compter sur le sang de vampire pour corriger le tout, non, juste la douleur, cette fcking douleur bien humaine. Et dans ta douleur de n’être comprise - dans ton isolement de tes double-triple-quadruple-qu’en sais je-concombre vies sa réponse était les larmes ? Tu comprenais pas. Il avait pas tellement l’air ému par ton histoire, par tes struggles personnels. C’était ses émotions à lui, et t’arrivais pas à les assimiler. Vous viviez dans deux mondes parallèles. Deux repères de valeurs, d’idées, qui allaient dans le même sens mais pas au même rythme ni de la même manière. Et là, il aurait pu te parler la langue des gobelins que ça aurait eu le même effet. Tu le regardais, pupilles vidées, et son langage non-verbal était pas vraiment plus clair. Les yeux qui brillent. La main contre ton dos. Ta tête contre son torse. Tous tes membres se rigidifient. Un Duro mental.

Je ne pars pas... Tu ne comprends pas. Sans vous, je n’existe pas.

Vous aviez atteint ce stade d’interdépendance. Il était inconcevable de te battre pour la liberté seule. Tu savais que quand tu étais seule, tu ne faisais que piétiner, t’embourber. C’était la force du groupe qui était la base de ton identité. De toute façon, tu n’avais pas d’identité propre, et étais le patchwork de tous ces gens que tu disais mépriser. Mais il continuait. Comme s’il n’avait entendu tes mots. En même temps, tu parlais un peu dans son col, alors ça se comprenait. Mais les siens... Les siens furent un ouragan. De tous les noms qu’il pouvait balancer. De tous. Il avait fallu que ce soit un homme que tu croyais connaître. Tu portais l’enfant de celui que tu peinais à appeler ami, mais qui avait grand mal à s’en distinguer. Oh dog.
L’espace sous tes pieds sembla s’effriter, des tremblements agitèrent tes mains osseuses. Avant de faire une bêtise, tu lâchas un « Merci » balbutié et transplanas aussi vite que possible loin du messager de la vérité.

[Fin de RP pour ma part]
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Permis de Transplanage


Re: Dans la campagne irlandaise

Message par : Mangemort 39, Dim 15 Jan - 18:33


Peut-être était votre choc émotionnel qui vous empêchait de distinguer réellement ce qu’elle fit. Vous entendîtes à peine un merci, puis elle partit, et vous laissa vide. Que venait-il de se passer ? Qu’aviez-vous dit ? Qu’avait-elle répondu ?

Tut avait été bloqué, par vos larmes, votre esprit, vos pensées. Cette révélation changeait tout ce que vous pensiez d’elle. Peut-être parce que vous la voyiez comme votre fille, un instant, et qu’elle ne pouvait qu’être chaste, prude et innocente. Parce qu’elle portait l’enfant d’un inconnu et que vous voyiez en elle des mœurs sexuelles que vous peiniez à comprendre. A concevoir. Pour une fille en tout cas.

Car pour vous, aucun problème. Vous aviez pu coucher avec qui vous souhaitiez, et même parfois qui vous ne souhaitiez pas vraiment mais un trou était un trou, sans vous soucier de quoi que ce soit. Précisément parce que vous n’aviez pas grand-chose à craindre. Pas de ventre qui s’arrondit, pas de vie à porter, pas de môme auquel rester enchaîné. Mais vous vous questionniez un instant sur votre propre parentalité. Aviez-vous, parmi vos nombreuses coucheries inconscientes, un jour planté votre graine ? Peut-être. Et la fille, l’avait-elle gardé ? Peut-être. Aucune idée…

Bon bah, tant pis.

Vous transplaniez, pis c’était fini.

[RP Terminé]
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Re: Dans la campagne irlandaise

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 Dans la campagne irlandaise

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