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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Rues de Londres
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Dans un café
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Azphel
Maitre de JeuSerpentard
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Re: Dans un café

Message par : Azphel, Ven 2 Déc - 10:02


Cette année encore, l'hiver prévenait qu'il allait jouer de malice, se montrant précoce dès la fin de l'automne, pour certainement s'éteindre à petit feu avant l'arrivée du printemps. Cette soirée était fraîche et l'air expiré par Azphel dans la rue qu'il descendait était cristallisé. Une rue de Londres. Il était venu ici par hasard, faire remuer des idées trop lourdes à porter ou trop grandes pour penser. Soirée classique qu'il finirait certainement en rejoignant le Chaudron Baveur ou en détournant les pieds, préférant l'intimité de son salon de campagne, comme un meilleur pote de soirée.

Les mois passaient et le sorcier se rendait compte que tout ce qui devait changer pour lui, ce qu'il avait espéré changer, n'avait pas bougé. Sa vie semblait être mise en pause sur un fil invisible, sans retour en arrière, sans avancée possible. Il avait peut-être simplement atteint un âge où les choix n'influent plus sur grand chose, où les promesses n'ont plus besoin d'être tenues, ou quoi qu'il fasse, le temps se fiche de lui, ne répercute que des voix lointaines, celle d'un présent dont il était maître, des voix qui ne changeraient plus rien. À rien.

Un panache de fumée volumineux s'extirpa de ses lèvres quand il s'alluma une cigarette. Relevant les yeux au ciel, il s'aperçut que les étoiles étaient masquées par une brume fragile et qu'en l'absence de lune, seuls les halos des réverbères et des enseignes ouvertes éclairaient les rues qu'il empruntait. C'est en se concentrant dessus, sur les lumières émises, qu'il se rendit compte qu'il s'était bien écarté du centre londonien et n'avait clairement pas pris la direction du Chaudron Baveur. Longue expiration, longue inspiration et il termina sa cigarette en bouffées rapides, regardant autour de lui. Dernier panache de fumée qui s'incorpore à la blancheur de l'air environnant. Il hésita un petit moment entre transplaner jusque chez lui ou rejoindre ce qui semblait être un bar un peu plus bas dans la ruelle.

Il en prit finalement la direction et s'arrêta devant la porte. Pas le genre de bar racoleur ultra fréquenté, assurément. Plutôt le vieux rafiot paumé au bout d'une rue sans nom dans lequel seuls les poivrots qui le connaissent viennent y faire le chiffre d'affaire du patron.
- Ça ira bien pour ce soir, expira-t-il en poussant la porte. Un verre ne lui ferait pas de mal pour se réchauffer.

Dans sa jeunesse de loup-garou il avait souvent mis les pieds dans ce genre d'endroit. Il était une époque où le monde moldu avait présenté un anonymat relativement confortable pour lui, en plus de lui apprendre à utiliser l'Imperium avec brio. Il n'avait pas d'argent moldu sur lui et un oubliette discret ferait certainement l'affaire ce soir. Le bar était suffisamment paumé pour le permettre et même si le gérant derrière son comptoir lui lança un regard suspect en voyant entrer un inconnu, son regard révélait au mage noir qu'il était bien content d'avoir un client à servir. Il n'y avait pas foule dans son commerce ; bien reconnaissable au bout du comptoir un vieux qui devait servir de pilier depuis des années, le genre de type qui transpirait et expirait de l'alcool à longueur de journée, refilant toutes ses économies en guise de salaire au patron. Il permettait surement à lui seul de faire tourner la boutique.

Une autre silhouette se trouvait au milieu du comptoir, recroquevillée sur elle-même, invisible sous sa capuche, sûrement pas une habituée, mais même de dos, Azphel était certain qu'il s'agissait d'une femme. La fumée de sa cigarette planait dans le bar et Azphel fronça les sourcils en voyant le logo d'interdiction de fumer collé au dessus du comptoir comme un avertissement. Le type derrière le bar reposa le verre qu'il avait dû astiquer plus que nécessaire et s'avança vers le sorcier.
- B'soir. Qu'est-ce que je vous sers ?
- Votre meilleur vhisky.
- Le meilleur est à 6£ le verre.
- Ça ira. Mettez m'en un double. Pas de glace.

Le type acquiesça en silence et se baissa derrière son comptoir pour en sortir un vielle bouteille qu'il ne devait pas ouvrir souvent à en juger par la couche de poussière dessus. Azphel se débarrassa de son blouson qu'il posa sur le tabouret à sa gauche et reçut le verre avec un remerciement silencieux. Ses lèvres rencontrèrent le liquide tiède et il grimaça. Au moins pas de doute, il lui avait servi son meilleur. Le sorcier se délecta du breuvage en scrutant l'établissement. La jeune femme au milieu du comptoir semblait agitée et il la devinait sur le départ. Bizarrement, on aurait dit que quelque chose s'agitait sous son vêtement, ou peut-être qu'elle était prise de spasmes ou quelque chose dans le genre. Si elle partait, il allait donc rester seul avec le sac à vin à l'autre bout du comptoir. Il paraissait totalement inoffensif, plus proche de la loque que de l'être humain capable, mais regardait la jeune femme comme s'il en avait jamais vu d'autre auparavant. Un regard que le mage noir n'aimait pas du tout, mais il en fit abstraction en regardant le gérant récupérer son dû auprès de la femme. Il n'était pas là pour em*erder les vieux alcooliques de toute façon, juste pour boire un verre dans son coin.

Il tiqua sur l'attitude de la jeune femme.
Elle ne donnait pas l'impression de savoir quoi payer exactement. Sa voix sembla étrangement familière au sorcier, même si cela devait plus être son comportement que la voix en elle-même. C'était une sorcière, il en aurait mis sa main à couper. Le tenancier récupéra ses pièces sans montrer la moindre gratitude, il paraissait heureux de la voir déguerpir de son bar. Elle passait d'un pas rapide à côté d'Azphel quand quelque chose rebondit sur le comptoir. Un furet ? Une fraction de seconde seulement et l'animal disparaissait en quête de nourriture sous le regard aussi affolé que surpris du propriétaire.

- Berlioz, non ! Reviens ici.
Une voix reconnaissable, venue d'une ombre.
Azphel fit volte face pour dévisager la sorcière qui se ruait à la poursuite de son animal de compagnie. Son capuchon s'était rabaissé et les longs cheveux blonds de la jeune femme s'affolèrent autour d'un visage que le sorcier n'avait pas oublié. Le mage noir se leva du tabouret, davantage pour observer la scène que pour aider, alors que la sorcière se ruait derrière le comptoir à la poursuite de son animal de compagnie et que le gérant poussait des jurons scandalisé. Le poivrot au bout du comptoir maugréait quelques mots de surprise.

- Aya ? Mot à demi soufflé, une question pour lui-même, pour se convaincre qu'elle était réellement là.
- Virez moi cette chose ! hurla le gérant.
La sorcière, non sans mal, parvint finalement à récupérer son animal qui avait réussi à embarquer un morceau de viande séchée.
- Foutez-moi le camp d'ici !
- Aya. Mot de certitude.
Le bras du sorcier arrêta la sorcière alors qu'elle passait à côté de lui, son animal lové dans ses mains. Il la dévisagea en une fraction de seconde, sonda ses yeux noirs énigmatiques. Elle n'avait pas changé.
- Virez-moi cte bestiole de chez moi ! Et que j'vous revois plus !
- Calmez-vous. Y a pas mort d'homme. Elle vous a payé plus que nécessaire alors bouclez la. La voix d'Azphel n'était pas menaçante, juste autoritaire. Sa main retenait toujours le coude de la jeune sorcière. Tu as le temps de prendre un verre avant de disparaître ?

Il la relâcha, la laissant décider. Après une réflexion brève, elle s'assit à côté de lui, sous le regard colérique du patron.
- Vous n'avez pas d'objection je crois, lui lança Azphel. Le regard du sorcier se reporta sur la sorcière. Elle l'avait certainement reconnu, ce qui expliquait son départ rapide après son arrivée. Ne voulait-elle pas le voir ou ne souhaitait-elle pas qu'il la voit ? La main du sorcier caressa le furet toujours logé dans les mains de sa propriétaire avec un quelque chose de satisfait sur la tête. Coucou Berlioz. J'ai arrêté de te chercher depuis longtemps, dit Azphel à Aya, je n'étais pas certain de te revoir un jour. Tu es sur Londres pour longtemps ?

Du peu qu'il l'avait connue, il avait toujours été difficile de deviner les intentions d'Aya. Elle lui en avait révélé quelques-unes mais l'avait pris au dépourvu en s'enfuyant rapidement de chez lui après sa promesse de l'aider. Il ne la connaissait pas tant qu'il le croyait et deviner les intentions de la sorcière relevait du pur hasard. Il y avait fort à parier que sa fuite était destinée à marquer une distance entre eux. Par peur de lui ou d'elle-même, ou à cause son désir naturel de ne pas se révéler.
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Aya Lennox
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Re: Dans un café

Message par : Aya Lennox, Ven 2 Déc - 15:03


Cette saleté de bestiole a choisi son moment pour avoir faim.

Aya ?

Berlioz est jeune, Berlioz est énergique et Aya peine à le récupérer derrière le comptoir où des bruits de casseroles, de tasses, de verres dérangés se répercutent dans le silence. Elle garde visage fermé, juste concentré sous le regard d’Azphel, qui s’est redressé, qui la voit, qui l’a reconnue, qui... Mer**. Berlioz, s’il te plaît, susurre-t-elle entre ses lèvres presque scellées de silence forcé, de discrétion volontaire mais totalement inutile désormais. Le gérant, lui, ne tente pas la modération. Il fulmine, ordonne à la sorcière de virer cette chose.

- Crève, grogne-t-elle, presque à part.

Les yeux sombres de la blonde se relèvent, fugitifs, sur l’énergumène qui n’en a visiblement pas fini, alors que Berlioz, plutôt satisfait, se love amoureusement dans ses bras. Foutez-moi le camp ! qu’il crie, rendu fou par la situation, par l’idée qu’un furet blanc a filé de sous une capuche pour lui piquer un pauvre morceau de viande. Imbécile. Il aurait mieux fait de te sauter à la tronche, tiens, là on se serait entendu. Et puis Mer**, elle tente de filer.

- Aya.

La voix, cette voix revient, la retient. Tout comme le bras d’Azphel qui l’empêche d’aller plus loin. Elle croise son regard, le garde l’espace de quelques longues secondes, ancré dans le sien, au fond de ses mirettes sombres qui tentent de ne rien dire.
Il la sonde, il la reconnaît.
Non, laisse-moi filer, non, tiens, oblige-moi à rester, qu’importe, on y est maintenant. Virez-moi c’te bestiole de chez moi ! Et que j'vous revois plus ! Mais ferme donc un peu ta… Calmez-vous. Y a pas mort d'homme. Elle vous a payé plus que nécessaire alors bouclez la. Il la coupe net, il les coupe tous. Tu as le temps de prendre un verre avant de disparaître ?
Elle répond pas par le verbe, hésite, le regard d’Azphel toujours aussi transperçant. Rien chez lui ne semble la juger sur sa fuite, comme si son retour tardif restait quelque part bien accueilli. Le patron s’impatiente, tente de dire un truc, se retrouve coupé net par la situation. Oui.

Elle dégage de ses épaules frêles sa cape noire, dévoilant une robe sage et remet en place nonchalamment ses longs cheveux rendus sauvages par sa bataille avec la petite bête. Puis, d’un geste insolent vers le serveur, lui fait comprendre qu’elle aimerait la même chose que son partenaire de comptoir. J'ai arrêté de te chercher depuis longtemps, je n'étais pas certain de te revoir un jour. Ses pupilles, comme incitées, se retrouvent à dévisager presque douloureusement Azphel.

- Je sais.

Mini phrase, un peu comme soufflée. Tu es sur Londres pour longtemps ?

- Non, je. Je ne sais pas. Je viens d’arriver, précise-t-elle, reprenant de la contenance, retrouvant son cher calme si chéri. Je sais pas où aller pour l'instant, je me débrouillerai avec ce que me permettent mes économies. Je voulais te retrouver.

Le serveur amène son verre, n’interroge pas du regard Azphel qui n’en a pour l’instant dégusté qu’un filet. Elle ne le regarde pas, le serveur, n’offre son regard qu’à lui, et s’attaque à son breuvage d’une brève gorgée la faisant un peu grimacer.

- Azphel, jette-t-elle en se désintéressant de son verre. Je tiens à… Punaise, s’excuser, c’est pas dans ses habitudes. Surtout qu’on ne s’excuse pas soi-même. Je suis désolée d’être partie. D’avoir pris la fuite. C’était… lâche, je crois.

Elle hésite sur le terme de lâche. N’aime pas s’autofustiger. Ça paraît évident. Mais lucide, elle l’admet presque pour elle-même. Souhaite y mettre des mots. Peut-être pour contrebalancer. Pour se venger elle-même de ce qu’elle a fait, ce qu’elle s’est fait.
Un coup d’œil au-dessus de l’épaule d’Azphel. Le vieux la fixe avec un peu plus de curiosité malsaine, maintenant qu’il sait ce qui se cachait sous la cape. Qu’importe. Un verre de plus et il s’endort dans sa piquette.

- Je suis retournée dans le nid à serpents, reprend-elle, exposant les faits. J'ai pris la fuite pour rejoindre mes nuisibles chéris. Je ne sais pas pourquoi je suis retournée là-bas. Peut-être pour être sûre de quelque chose. Pour voir si j’étais vraiment prête.
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Re: Dans un café

Message par : Azphel, Mar 6 Déc - 16:03


Azphel ne savait même plus depuis combien de temps il n'avait plus vu Aya. Il ne l'avait pas oubliée mais avait fini par se faire à l'idée qu'il ne la reverrait peut-être pas, ce qu'il avait regretté vu l'ordinaire de son quotidien qu'elle avait su changer en y entrant. Fréquenter Aya Lennox l'avait remis en phase avec lui-même, peut-être pas pour le meilleur. À son départ soudain s'étaient enchaînés les bars et les soirées à se noyer dans l'alcool à réfléchir à de noirs desseins, amenant les dangereuses pensées qu'il traînait avec lui ces jours-ci. Retrouver ses oncles et leur faire payer leurs actes passés. Une idée qui lui était venue directement après avoir pris la décision d'orienter la sorcière vers la magie noire, après avoir promis à Aya de l'aider dans sa propre quête de vengeance et sa soif d'apprendre la magie noire.

Pourtant la revoir ne déclenchait rien de particulier. Il n'était pas certain de pouvoir espérer quoi que ce soit d'elle. Rien ne lui disait qu'elle ne s'était pas évaporée en souhaitant faire machine arrière. Il avait pu s'apercevoir qu'approcher la vie privée d'Aya n'était pas une mince affaire et que si la belle pouvait accorder sa confiance, elle ne le faisait jamais complètement, toujours sur la réserve.
Le jeune Azphel qui quittait Poudlard avec la ferme intention de confronter ses parents n'était décidément pas loin du tout de cette jeune sorcière.
Pourtant cette inconnue qu'il retrouvait réussit à faire apparaître un sourire sur le visage d'Azphel en acceptant de se joindre à lui. Il restait curieux de l'écouter, de savoir ce qu'elle devenait, ce qu'elle avait pu faire. De savoir si elle allait bien. Même si la réponse pouvait ne pas lui plaire et qu'elle devait s'envoler définitivement suite à se verre.

Le vieux affalé dans sa pestilentielle odeur de vin se régala les yeux à l'autre bout du comptoir quand la sorcière prit ses aises, se révélant dans une légère robe noire contrastant avec son teint de porcelaine et ses longs cheveux blonds. Elle ressemblait à un ange de ténèbres. Le regard fugitif d'Azphel vers le bout du comptoir était froid, mais le vieux ne le calculait pas lui. De toute façon, s'il devenait trop intrusif la sorcière se ferait comprendre, il en était certain.
Et Azphel ne souhaitait pas faire de vagues. Éviter les actes inutiles tant qu'à faire. Le pauvre gérant pétrifié derrière son bar n'y était pour rien s'il assistait aux retrouvailles de deux mages noirs. Il en avait pas la moindre idée et grand bien lui en faisait, cela lui permettrait de s'en tirer à bon compte contre quelques verres et l'acceptation du silence.

La voix d'Aya avait quelque chose de réconfortant et de lointain à la fois, comme celle d'une personne que l'on reconnait sans savoir de qui il s'agit.
- Je sais. Non, je. Je ne sais pas. Je viens d’arriver. Je sais pas où aller pour l'instant, je me débrouillerai avec ce que me permettent mes économies. Je voulais te retrouver.

Azphel se taisait et observait, attendait les pauses pour les analyser, les hésitations ; regarda un instant le vieux au bout du bar avant de proposer d'un regard au gérant qu'il aille lui tenir compagnie après qu'il ait offert son verre à Aya.
- Azphel... Je tiens à… Je suis désolée d’être partie. D’avoir pris la fuite. C’était… lâche, je crois.


OK. Longue gorgée de whisky, passage amer. Elle voulait le retrouver ? Et s'enfuir en le voyant, visiblement. Pourtant le remord était perceptible dans sa voix et il devinait qu'il n'était pas simple pour elle de lui présenter ses excuses. Aya lui semblait sincère.

- Je n'ai jamais associé la peur ou l'attrait de la magie noire à la lâcheté. Maintenant... Azphel remua son verre et observa sans les voir les bouteilles derrière le comptoir. Tu aurais pu me parler. Son regard se replongea sur Aya, ni tendre ni froid, elle toujours muette d'expressions, parfaitement soignée d'apparence même s'il était évident quelle faisait face à une situation imprévue. Azphel récupéra ses cigarettes dans son manteau et posa le paquet entre eux comme une invitation. Il en alluma une en regardant le patron du bar s'enquiller des verres avec le vieux qui ne calculait que la boisson et Aya. Un épais nuage de fumée s'évapora au dessus du sorcier. Il avait envie de parler mais ne savait ni quoi dire ni espérer, alors les secondes de silence quémandèrent pour lui des explications à Aya.

- Je suis retournée dans le nid à serpents. J'ai pris la fuite pour rejoindre mes nuisibles chéris. Je ne sais pas pourquoi je suis retournée là-bas. Peut-être pour être sûre de quelque chose. Pour voir si j’étais vraiment prête.

Le mage noir hocha la tête en silence, longue bouffée de cigarette et grosse gorgée de whisky à l'appui. Et ? demanda-t-il comme s'il espérait plus. Je ne suis pas sorti de Poudlard en sachant ce que j'allais devenir. Je savais juste... que j'allais le devenir. La vraie question était de savoir quand. J'ai jamais eu pour certitude que la magie noire était ma vocation, si on met de côté ma famille d'extrémistes, mais quand il m'a semblé évident que je devais me tourner vers elle pour accomplir ce que je souhaitais, il n'y a plus eu de doutes. Le verre de whisky se décomposa au contact du palais du sorcier. Son regard s'avança un moment dans celui d'Aya avant de le fuir. Il savait qu'il était inutile d'y aller, les rares moments de faiblesses dont elle était capable ne lui apprendraient rien sur les convictions de la sorcière.

- Aujourd'hui. Que veut Aya ? Le sorcier se posait réellement la question même s'il ne s'attendait pas à une réponse précise. Il jeta sa cigarette dans l'évier derrière le comptoir sans que le gérant ne le remarque.  Si tu as besoin d'aide pour les prochains jours, tu sais que tu peux compter sur moi. S'il te faut un endroit où dormir, je peux te laisser les clés de la Colline, je n'y vis pas.

Il ne pouvait y vivre alors qu'il avait des choses à réparer. L'endroit n'était plus opportun, associé à trop d'horreurs et trop d'idées noires. Ce n'était pas pour rien qu'il avait voulu tester Aya là-bas, quelques mois auparavant.
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Aya Lennox
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Re: Dans un café

Message par : Aya Lennox, Mar 6 Déc - 19:24


Qu’espérait-elle, exactement ? Qu’il l’accueillerait à bras ouverts, comme une chère amie perdue, tant attendue et enfin retrouvée ?

Bien sûr que non.


Elle ne pouvait que supposer la réaction d’Azphel. Son plan de lui rendre visite, en pleine nuit, sans s’annoncer, a échoué ce soir. Au contraire, la surprise n’en a été que plus garantie. Ni elle, ni lui ne s’étaient attendus à se retrouver face à face, ici, dans l’endroit le plus ignoré au centre de ce si beau, arf, non, de ce si grand monde féroce.

Elle savait pertinemment que fuir cette nuit-là lui ferait perdre une bonne partie de sa crédibilité. Crédibilité si chérie, face à celui qui lui aurait enseigné avec application ce qu’elle devait savoir si elle voulait avancer au cœur de ces ténèbres, ses ténèbres. Au moment même où ses pieds avaient rebroussé chemin, elle savait qu’elle regretterait amèrement de laisser derrière elle celui qui lui avait tendu une main gantée de noirs secrets.

Elle l’avait à peine agrippée, cette main, de sa petite patte encore habillée de blanc immaculé. Mais dans ce geste, perdu au beau milieu de milliers d’autres gestes paraissant anodins, une promesse était née. Promesse dont elle avait rompu le charme en se volatilisant.


Pourtant, là, assise dans ce bar, auprès de lui
elle guette bien trop ses réactions pour les avoir vraiment prédits.


Intérieurement, elle connaît Azphel. Peut-être même trop bien. Elle ne sait presque rien de son passé, ne peut que le supposer.
Et pourtant, elle le connaît. Lire en lui paraît bien difficile. Mais quelque chose perce quand il est face à elle.

Ce soir pas tellement.

Elle jette un œil au vieux à l’autre bout du comptoir. Il n’a pas cessé. Il ne cessera pas. Je n'ai jamais associé la peur ou l'attrait de la magie noire à la lâcheté. Il a raison. Il l’exaspère. Il a raison. Elle tique, fronce un peu les sourcils dans un mouvement imperceptible, faites qu’il lui ait échappé. Ce comportement n’a rien à voir avec ce qu’elle convoite et ce qui l’habite.
Mais comment veut-il qu’elle lui explique sa peur ? Elle ne peut se l’expliquer elle-même. Qu’attend-il, comme explication ? Maintenant... Tu aurais pu me parler. Te parler, Azphel. Oui, elle aurait pu. Elle aurait pu tout te déballer. T’expliquer en long et en large ce qu’elle ne peut furieusement pas expliquer. T’expliquer que pour la première fois de sa vie, tu l’aurais mis face à un sort qu’elle aurait pu choisir de donner, elle. Alors que ce qu’on lui a pris a été décidé par la personne qu’elle abhorre le plus au monde.

Elle garde le silence à sa remarque. C’est vrai qu’elle aurait pu lui parler.
Mais sa réaction à ses explications la glace immédiatement. Et ? Je ne suis pas sorti de Poudlard en sachant ce que j'allais devenir. Je savais juste... que j'allais le devenir. La vraie question était de savoir quand. J'ai jamais eu pour certitude que la magie noire était ma vocation, si on met de côté ma famille d'extrémistes, mais quand il m'a semblé évident que je devais me tourner vers elle pour accomplir ce que je souhaitais, il n'y a plus eu de doutes.
Il capte son regard. Il le fuit. Etonnant. Aya se contente d’observer Azphel sans ciller, laissant la cigarette qu’elle lui a subtilisé fumer nonchalamment entre ses lèvres nues. Son semi-silence depuis maintenant quelques minutes laisse présager quelque chose.
Plus de doutes ? Toujours des doutes, Azphel. Pas sur la portée des actes, pas sur leur légitimité. Elle sait ce dont elle est capable, attend d’avoir tous les outils en main. Mais le doute est humain, le doute généralisé est incessant. Bien ou mal, elle sait ce qu’elle doit faire, elle a fait son choix, n’use même plus de ces mots pour définir ce vers quoi elle veut se tourner.
Elle tire une taffe, le regard perdu, relevant la tête à la question qui cette voix la fait légèrement ciller. Aujourd'hui. Que veut Aya ? Tu le sais. Sa réponse instantanée se perd dans le vide. Bien vite il lui propose quelque chose.  Si tu as besoin d'aide pour les prochains jours, tu sais que tu peux compter sur moi. S'il te faut un endroit où dormir, je peux te laisser les clés de la Colline, je n'y vis pas. L’étonnement la cloue à son tabouret. Pour une fois, ses yeux révèlent quelque chose et glissent immédiatement vers un ailleurs, un autre chose à regarder. De la gêne, peut-être, d’avoir formulé sa phrase ainsi, d’avoir dit qu’elle ne savait où aller. Et pourtant, maintenant mise au pied du mur, elle se rend compte qu’elle l’avait peut-être dit pour une bonne raison. Sans aucun doute, même.

Un drôle de sourire, à la limite du rire perce son visage. Elle retrouve les mirettes d’Azphel qui l’observe, presque interloqué. Elle humecte ses lèvres, vide son verre d’une traite, grimaçant à peine lorsqu’elle le repose. Plus rien ne lui brûle l’œsophage. A part la quantité d’informations. Me prêter la Colline ? Elle n'ajoute rien de plus pour l'instant. Se contente de hausser les épaules en perdant son sourire. Elle sent sa langue s’engourdir légèrement, reprend sur un ton un peu voilé Tu te souviens de ce que je t’ai dit, la dernière fois que l’on s’est vus ? Elle n’attend aucune approbation, continue en laissant son coude glisser sur le comptoir pour maintenir légèrement sa tête en laissant ses doigts agripper sa mâchoire. Je t’ai dit que je n’avais peur de rien. Ni de ce que j’allais faire, ni même de ce que j’allais découvrir sur moi. Je t’ai aussi dit que j’étais prête à beaucoup. Il y a quelque chose de faux là-dedans.
Elle s’arrête et fait claquer son verre sur le comptoir, signalant sèchement qu’elle en veut un autre. Ce qui est faux, reprend-elle du même ton, c’est que je ne suis pas prête à beaucoup. Je suis prête à tout. J’ai seulement eu besoin de m’en persuader à nouveau. Après tout, l’être humain est constamment en proie au doute. C’est peut-être par là l’une de ses batailles les plus importantes. Se défaire du doute. Ou, au mieux, l’utiliser à son propre bénéfice.

Le serveur la coupe en arrivant avec deux autres verres, toujours aussi grognon. S’il ne se doute pas qu’ils ne seront pas payés, il n’en perd pour autant pas son air grognon et méprisant. Ce que je veux ? Ce que je veux c’est détruire ce doute, et détruire celle qui m’a fait remettre en cause ma propre existence. Celle qui a foutu ma vie en l’air. Foutre ta vie en l'air, à ce point-là ? Oui. Peut-être que ce qui se cache au fond d'elle a été créé par elle de toute pièce, fait partie d'elle comme un trait de caractère dont on ne peut se débarrasser en aucun cas. Mais ce qui est sûr, c'est que la chose s'est éveillée lorsqu'elle a été confrontée au pire. Lorsque son beau monde tout chaud, tout confortable s'est à deux reprises écroulé. Elle a été forgée pour ça, au milieu de tout ça.
Elle ne perd pas son calme, et pourtant sa façon de prendre son verre révèle une tension pourtant bien cachée.


vaniteuse de ta propre rage

Loin de la peur ou du questionnement. Elle sait son acte légitime. Elle veut faire sa propre justice.

tisse lentement
sûrement
ta lourde et vicieuse petite toile

Elle sait vers quoi se tourner parce qu'elle le sent. C'est instinctif. Je sais que tu veux m’aider. Je te remercie de me proposer de loger chez toi pour un temps. Et j’accepte. Mais ce que je veux surtout savoir, c’est si tu veux toujours m’aider.
Sa bouche se perd sur son verre, elle en avale une petite gorgée. Je comprendrais que tu me dises non. Tu as peut-être mieux à faire aujourd’hui. Mais je sais que tu as des choses à me dire. Déjà, des choses à m’enseigner. Mais aussi des choses sur toi. Et tu sais qu'en dépit de tout, on se ressemble et tu peux me faire confiance.
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Re: Dans un café

Message par : Azphel, Ven 9 Déc - 14:39


Retrouver Aya de cette façon chamboulait Azphel. Il ne le montrait pas bien entendu, distant dans ses regards, mais il ne savait pas vraiment comment s'y prendre avec elle. Il ne pouvait lui tourner complètement le dos, déjà parce qu'il lui avait légèrement laissé entrevoir qui il était, mais aussi parce qu'il n'arrivait pas à lui en vouloir. Il la détestait intimement. Lui en voulait clairement de s'être sauvée de la sorte, mais quelque part, il savait qu'elle n'avait fait que suivre son instinct. Se retrouver face à soi, quand on ne se connait pas, ça fait peur. Il l'avait mise devant ses responsabilités ce soir-là, lui avait clairement demandé de faire ce qu'elle disait vouloir faire, et elle s'était dérobée à ça.

En dépit de sa déception, Azphel savait que lui-même aurait agi de la sorte à une autre époque, et il ne pouvait clairement lui reprocher cela alors qu'elle ne faisait que lui rappeler le jeune sorcier qu'il avait été. Elle lui rappelait un peu sa soeur également et même si elle n'aurait jamais été aussi attirée par la magie noire que l'était Aya, Cyrielle aurait pu détester sa famille avec autant de haine, sans jamais franchir la ligne imaginaire du Bien et du Mal. Mais Aya avait déjà clairement fait son choix et les actes qui en découleraient ne mettraient plus longtemps à arriver.
Essayer de mettre de la distance dans ses propos était en conséquence impossible pour Azphel qui ressentait de l'attachement et une part de responsabilité dans la détermination d'Aya.

Elle termina son verre sans broncher quand il lui proposa de passer quelques jours à la Colline. Mlle Lennox laissait place à Aya et elle dériva sur leurs discussions passées. Des mots un peu masqués au départ, qui laissèrent finalement place à des paroles pleines de convictions. Elle avait ses doutes, les auraient toujours... mais elle affirmait avoir plus de convictions encore qu'auparavant. Elle aurait sûrement peur d'elle-même, un jour.. mais il était inutile de lui rappeler. Le fait de se retrouver ici la laissait autant dans l'embarras que lui. Elle avait désiré le retrouver visiblement mais aucun des deux n'avait pensé que ça arriverait ce soir. Il observait ses hésitations, tout comme il présumait qu'elle analysait les siennes. Il se plongeait dans les yeux noirs de la sorcière qui reflétaient à merveille sa personne. Il devinait qu'elle devait soigner ses gestes en ce moment, pour tenter de se montrer infaillible, comme il aimait le faire, comme il la connaissait. La sorcière sûre et forte qu'il avait vu en ouvrant sa porte était bien là, mais la sorcière vulnérable qu'elle cachait derrière cette apparence devait l'être aussi.

Et derrière cette distance qu'elle avait voulu, les longs mois n'avaient suffi à dissiper les craintes du loup-garou. Que deviendrait Aya quand elle accomplirait sa vengeance ? Et si la petite sorcière fragile qu'il devinait sagement enfouie derrière cette jeune femme forte apparaissait soudain, et ne pouvait supporter le choc ?
Azphel était sorti du cadre du bar, plongé dans ses pensées. C'est le serveur qui leur rapporta deux verres en parlant dans sa barbe qui le ramena là.

- Je sais que tu veux m’aider. Je te remercie de me proposer de loger chez toi pour un temps. Et j’accepte. Mais ce que je veux surtout savoir, c’est si tu veux toujours m’aider. Elle finit après avoir bu une gorgée : Je comprendrais que tu me dises non. Tu as peut-être mieux à faire aujourd’hui. Mais je sais que tu as des choses à me dire. Déjà, des choses à m’enseigner. Mais aussi des choses sur toi. Et tu sais qu'en dépit de tout, on se ressemble et tu peux me faire confiance.
Bien sûr que je le sais. Il but une grande gorgée dans son verre, son regard émeraude discutant avec les prunelles sombres de la sorcière. Elle devait deviner qu'il avait répondu oui. Elle avait certainement compris depuis longtemps que le chemin de la magie noire était un moteur pour lui, viscéralement dangereux mais auquel il ne pouvait se soustraire. La main droite d'Azphel empoigna la gauche d'Aya, un geste inhabituel, à la fois doux et protecteur, un geste de tendresse. Ce devait être la première fois qu'il agissait ainsi avec elle, mais il ne voulait pas mettre plus de distance entre eux.
- Tu as réfléchi aux conséquences ? Sa voix n'était plus neutre, mais douce, presque inquiète malgré une forme de fermeté. Là où tout cela pourrait te conduire ? Azkaban est un risque réel et c'est tout sauf un lieu de vacances. Avoir des Aurors à ses trousses, c'est pas non plus une partie de plaisir. Sans compter que.. accomplir sa vengeance permet parfois de découvrir qu'on poursuivait une chimère. Il est possible qu'une fois que tu aies obtenu ce que tu veux, tu ne te sentes par rassasiée, que rien ne change pour toi. Il hésita sur la formulation. Tu te rendras comptes que rien n'a changé et que l'exécution de la magie noire, simplement, est ce qui t'apaise.

Ses doigts glissèrent de la main de la sorcière, jusque sur le comptoir, récupérant son verre. Le whisky était très bon et réchauffait rapidement le corps et l'esprit. Il reprit une cigarette dans le paquet sur le comptoir.
- Bien sûr que je vais t'aider. Je ferai ce que je pourrais, comme promis. S'il y a des choses que tu veux apprendre, tu peux me le demander.

Jeu dangereux. Pas d'hésitation pourtant. Il se massa l'avant bras gauche d'un air pensif, là où trônait sa marque des ténèbres dévastée. C'était dans son sang depuis tout petit et dans son coeur depuis l'adolescence. La magie noire lui avait été imposé à la maison et même s'il avait tenté de s'en détourner à Poudlard, en quittant l'école il était absolument certain de vouloir s'y consacrer pour accomplir son désir de vengeance. Exactement comme Aya.
- Il reste quelqu'un à qui tu tiens, dans ta famille ? Il n'y a plus que des restes dans la mienne.
Un demi sourire qui s'envole et une longue gorgée d'alcool. Azphel parlait très rarement de sa famille et quand il le faisait, c'était soit en mal, soit pour expliquer qu'il n'avait plus aucun lien avec. Ou pour des souvenirs douloureux.
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Aya Lennox
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Re: Dans un café

Message par : Aya Lennox, Ven 9 Déc - 18:45


Bien sûr que je le sais.

Il le sait. Il le dit. C’est presque l’essentiel, pour l’instant.

Elle le regarde. Il la regarde. Ses yeux lui font passer un message. Il est d’accord, elle le sait. Comment a-t-elle pu imaginer qu’il ne serait pas d’accord ? Ils verraient bien, je vois, j’ai vu, tu verras bien, tu as vu, elle l’a vu, elle voit tout, elle voit tous ces gestes au milieu de la nuit, qui ne servent à rien, mais d'un coup aperçoit cette main secourable tendue vers elle, elle l’empoigne, s’y accroche.

je peins ton portrait, sombre inconnu
peu à peu tu m’apparais, qui es-tu
-non
ne dis rien, je sais que c’est toi

Et puis,
ce n’est pas qu’une illusion, la main d’Azphel est bien là, couve sa patte avec tendresse. Un geste. Ses mirettes opaques s’éveillent un peu de leur torpeur, elle observe ce lien soudain sans surprise. Il abaisse les barrières, tout comme elle, peu à peu. Chasse la distance d’un mouvement de la main, comme une brume épaisse, une fumée qui encercle, qui étouffe ses prisonniers d’un soir ou pour l'éternité. Souffle sur la fumée, dégage-la. Voilà.

Tu as réfléchi aux conséquences ? Il avait déjà abordé ce sujet, lors de leur première rencontre. Celui des conséquences. De la vraie justice, qui cherche toujours à triompher des individus dans l’objectivité de leurs actes. Faire le mal pour soi ne devrait pas exister, selon eux, ceux du dehors, ces points de lumière qui l’entourent et s’agitent autour d’elle, comme des nuisibles qu’elle tente d’ignorer. En vain. Ils veillent. Jugent. Mais son ton à lui semble tendrement inquiet, loin de la sentence et de la lourde menace qui vous pèse toujours sur la tête. Là où tout cela pourrait te conduire ? Oui, plus loin que tout, figure mercurienne. Azkaban est un risque réel et c'est tout sauf un lieu de vacances. Avoir des Aurors à ses trousses, c'est pas non plus une partie de plaisir. Sans compter que.. accomplir sa vengeance permet parfois de découvrir qu'on poursuivait une chimère. Il est possible qu'une fois que tu aies obtenu ce que tu veux, tu ne te sentes par rassasiée, que rien ne change pour toi.

Elle baisse les yeux sur leurs mains. S’interroge. Tu te rendras comptes que rien n'a changé et que l'exécution de la magie noire, simplement, est ce qui t'apaise. Les conséquences me semblent bien lointaines, réplique-t-elle en laissant la main d’Azphel la quitter, à la rescousse de l’incandescent breuvage qui l’attendait. Ce ne sont pas des chimères, et tu le sais. Si je ne le fais pas, je… Je ne préfère même pas l’imaginer. Je ne peux pas rester là, à la voir me détruire petit à petit, à attiser par son existence ce qu’elle provoque en moi. Ce n’est pas qu’une histoire de vengeance. Elle s’arrête et amène son poing à sa bouche, laisse son index saillant et plié glisser le long de l’arête de son nez. Je dois être aussi sournoise qu’elle, aussi discrète et vicieuse que l’hypocrisie qui m’a toujours entourée. Si je me fais chopper, si je dois payer mes actes, je les paierai. En sachant que je l’ai fait.
Elle laisse un silence planer. Elle n’avait même pas remarqué que deux verres leurs étaient à nouveau confiés, au bon vouloir de leur desiderata d’ivre chaleur. Sirote une gorgée. S’arrête. Je n’ai plus vraiment peur de changer. Je change de jour en jour. M’adapte à mon appétit, le refourgue à ce que je dois ravaler pour un temps. C’est comme ça que je dois faire table rase du passé, en saisissant, en tentant de contrôler aussi ce que je convoite.
Elle rêvasse un instant, retraçant du bout de l’index les contours de son verre. Il reprend en s’allumant une cigarette : Bien sûr que je vais t'aider. Je ferai ce que je pourrais, comme promis. S'il y a des choses que tu veux apprendre, tu peux me le demander.
Un petit sourire, le deuxième ce soir, étire ses lèvres avant qu’elle ne repose les yeux sur lui. Tu connais la portée de mes ambitions. Tu as déjà commencé, la dernière fois, à ton bon vouloir, à tenter de m’enseigner quelque chose. Elle insiste un peu sur le « tenter », levant un sourcil accompagné d’un petit sourire.

Il reste quelqu'un à qui tu tiens, dans ta famille ? Il n'y a plus que des restes dans la mienne. S’il reste dans sa famille quelqu’un à qui elle tient ? Elle grimace, presque prise de court par la question. Puis décide d’avaler une grosse, beaucoup trop grosse gorgée qu’elle ne déglutit finalement pas si difficilement, s’étant habituée à la texture et à la force de son éthanol, nol, gnôle. Si on peut appeler ça une famille, ricane-t-elle. Le décès de Mysie a tout démantelé. Pour ne pas dire fatalement écœurés les uns des autres. Tout ne tenait déjà qu’à un fil. Mais… Il s’est passé quelque chose, le soir où elle est morte. Déjà, pour moi. Mais pour tous les autres aussi. Mon père a déjà commencé à prendre ses distances, après le décès de ma mère. Il n’a pas déménagé mais il est devenu encore pire qu’avant. Certes, c’est une réponse vague. Mais ça reste une réponse. Et au moins, la température est prise. Elle évite le sujet de sa grand-mère. Et son grand-père n’a pas grand-
A moins que. Le messager de lumière. Aya se ressaisit, nez dans le verre, sortie de sa rêverie. Elle lance un regard à Azphel en se promettant d’en parler plus tard. Un jour. Pour l’instant, ses yeux deviennent intéressés. Quand tu dis qu’il n’y a que des restes… Elle réprime à peine un drôle de sourire, comme une réponse à celui qu’elle a cru apercevoir sur les traits du mage lorsqu’il lui a livré cette information.

Elle se rend rapidement compte, comme à chaque fois, que ce n'est pas une blague, que l'alcool réchauffe. Là, le bout de ses doigts. Si ses sens sont toujours intacts, sa dernière gorgée lui file une conscience plus brute de son corps, plus tangible. L'impression morbide et plus aiguisée de n'être que du gibier, que de la chair. Et le patron, là, à l'autre bout du bar, avec le vieux sous le bras, décide enfin de virer le pilier de comptoir lorsqu'il se met à roupiller sur place. Il était temps. Ce qui est sûr, c'est qu'il fera de beaux rêves. Merci, la drôle de blonde.
Et il n'ira pas loin, de toute évidence. Aya reste persuadée qu'il finira sa nuit devant le bar, baignant dans sa pathétique condition et dans la piquette qu'il évacuera.
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Azphel
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Re: Dans un café

Message par : Azphel, Dim 11 Déc - 16:45


Fumée planante dans le bar qui s'imprègne d'une odeur de tabac perçante. Le gérant ne bronche pas. Ou plutôt, il ne parle pas, mais ses regards sont suffisamment éloquents pour faire comprendre à Azphel que les deux sorciers commencent à sérieusement le déranger. Le vieux poivrot qu'il s'efforçait de supporter aussi, mais les quelques billets qu'il avait déposé sur le comptoir empêchaient le patron de le mettre dehors.

Aya se détendait un peu, plus différente, un peu plus expressive. Quelques hésitations et coupures dans ses propos mais ils n'étaient plus deux inconnus qui se faisaient face. Il savait qu'il avait sa confiance mais que ce n'était pas pour autant qu'elle lui raconterait sa vie comme on lirait un livre. Et réciproquement. Elle ne s'était pas étendue sur sa famille et il préférait la laisser libre de ne pas approfondir maintenant. Ce qu'elle disait lui suffisait, sa force conviction restait palpable au milieu du noeud de haine qui la rongeait.
Ils auraient tout le temps d'en parler dans un endroit plus calme. Surtout qu'elle attendait elle aussi des explications de sa part et le loup-garou savait qu'il n'y échapperait pas. D'ailleurs, à peine avait-il entrouvert une porte qu'elle la poussa du pied :
Quand tu dis qu’il n’y a que des restes…

Azphel termina sa cigarette alors que le poivrot au regard d'espoir fou finit par quitter l'établissement. Un certain soulagement pour Azphel de le voir partir, malgré le côté inoffensif qui se dégageait de lui. Faute d'avoir l'envie de parler à ses bouteilles, le gérant revint dans leur direction, posant un regard noir sur les cigarettes. Azphel lui fit un clin d'oeil en guise d'excuse avant d'accorder toute son attention à Aya.
- Oui, des restes. Il poussa un soupir, noyant deux ou trois mauvaises pensées dans une gorgée de whisky. Même genre d'histoire que toi, un petit côté sectaire en plus. Ma famille avait la bonne idée d'afficher ses convictions aux yeux de tous et les réunions de magie noire était monnaie courante dans mon enfance. Toutes les semaines en fait.  Du coup, je suis comme le personnage moldu, Obélisque ou quelque chose dans l'esprit, je suis tombé dedans quand j'étais petit.
Azphel marqua une pause. Le gérant faisait semblant de ne pas écouter et pas du tout semblant de ne rien comprendre. Il devait le prendre pour un fou.
- Il n'y avait que ma soeur qui sortait de l'ordinaire, qui avait compris que la magie noire n'était pas une solution à tout. Elle était tellement normale, innocente, que personne ne lui a jamais laissé l'illusion qu'elle faisait réellement partie de la famille. Y avait toujours des petites piques de la part de nos oncles, des sous entendus de ma mère... Il s'interrompit et brassa de l'air avec ses mains. Pourquoi parlait-il toujours autant ? Pu*ain d'alcool. C'est tellement bon le silence.

Bref, ça s'est arrangé quand elle morte. Le défaut de famille n'en était plus un. J'étais un peu le fils prodigue avant ça, l'ennui pour mes parents, c'est que je ne suis pas rentré à la maison pour combler leurs attentes. J'ai fui, le plus loin possible, j'ai mis toute la distance imaginable entre eux et moi. Et j'ai attendu le bon moment pour les retrouver et les tuer.
Disant cela, il se rendit compte que le gérant le regardait. Un regard qui glissa vers son téléphone accroché au mur.
- Je te donnerai les détails une autre fois, dit-il à Aya dans un sourire. Mais oui, plus que des restes. Les réunions se sont arrêtées, mes oncles ont pris un peu de distance, mais je me rappelle plus toute la chronologie, j'ai du mal à relier tous les faits. Quoi qu'il en soit, y a plus que des miettes. Je les cherche en ce moment et quand je les aurais trouvés... et bien.. j'aurais sûrement achevé ce que j'ai commencé. En ce qui te concerne, j'espère que ça te prendra moins de temps qu'à moi.

Il se laissa tenter par les dernières gouttes de son verre, comme s'il cherchait à déjà ensevelir la conversation. Se concentrant sur la sorcière il devint pensif, essayant d'imaginer à quoi ressemblait sa famille. C'était dommage pour elle qu'elle n'ait personne sur qui compter. Elle a Berlioz. Azphel eut un sourire en dévisageant le patron, se rappelant sa réaction excessive quand l'animal était sorti de sa cachette.
- Berlioz aussi peut venir à la Colline. Vous risqueriez de vous ennuyer tous les deux si vous étiez séparés. Y a une télévision moldue si tu aimes ce genre d'outil pour passer le temps.
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Aya Lennox
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Re: Dans un café

Message par : Aya Lennox, Lun 12 Déc - 12:11


C’est la première fois qu’elle entend Azphel lui parler de son passé. De sa famille, de ce qui l’a forgé. Aussi garde-t-elle silence, les yeux rivés sur lui.

Jusqu’à présent, elle n’a pu qu’imaginer. Ce qu’a été son enfance, comment étaient ses parents, sa famille en général. Tout n’était basé que sur des suppositions, car Azphel sait cacher, sait taire. Un point commun partagé qui ne les met sûrement pas dans la facilité, ne serait-ce qu’avec les autres. Mais les autres, qu’est-ce qu’on s’en fout. Entre eux, ça devrait marcher. N’est-ce pas l’essentiel ?

Ainsi donc, la famille d’Azphel était pleinement plongée dans la magie noire. Au point d’en organiser des réunions hebdomadaires. Cela n’étonne pas la jeune blonde, qui reprend une gorgée sans ciller. Elle ne voyait de toute façon pas Azphel dans une famille couverte de pimprenelles.

Par contre, elle voit bien qu’il s’emporte dans son récit, très certainement poussé par l’alcool qui réchauffe le cœur et délie la langue. Mais n’en tient pas compte. Plus intéressée par son récit que par ce qui les entoure, le contexte, le gérant qui commence à éteindre les lumières les plus éloignées d’eux, qui s’impatiente tout autour.

Ainsi, un nœud du problème était la sœur d’Azphel. Une protégée qui a succombé à ce qui l’entourait, au mauvais, et à l’indifférence, à la moquerie des personnes qui auraient du choyer, protéger cette innocence, ce petit cœur chaud et rassurant de vie au milieu du sombre. Un peu comme toi. Elle ne comprend que trop bien la réaction d’Azphel, sa décision de partir. Partir, fuir vraiment.

J'ai fui, le plus loin possible, j'ai mis toute la distance imaginable entre eux et moi. Et j'ai attendu le bon moment pour les retrouver et les tuer.

La phrase la frappe, un peu comme une révélation. Elle se souvient lui avoir déblatéré toute sa haine, allée des Embrumes : Je le sais. Je le sais parce que je le vois dans ses yeux. Et c'est pour ça que je la hais. Et que je veux la tuer.

A l’époque, sous certains accès de colère, elle aurait pu tout massacrer pour la tuer, l’éviscérer, en bref, agir dangereusement, trop dangereusement pour elle et bien trop à découvert. Elle ne préfère pas imaginer ce qu’aurait été sa vie si elle avait laissé sa rage prendre le dessus. Bien sûr, peu à peu, elle se sait dévorée. Mais elle compense par autre chose. Tout comme Azphel, qui avait du prendre sur lui pour les quitter, fuir et attendre. Patience amère de vengeance.

Couper les ponts.

Il arrête cependant son récit. Elle relève le regard, regard qui s’était perdu dans mille possibilités, mille projets, une idée qui perce, regard dérivé de l’émeraude de ses prunelles pour arriver quelque part, là, sur sa mâchoire. Peut-être que cela me prendra des années. Je ne veux pas que mon geste soit perdu dans l’espace. Je veux qu’il ait du sens, et un certain charme esthétique. Encore tant de questions à te poser...

Un haussement d’une épaule, amusé, mais quelque peu retenu. Elle dérive de lui, pose ses lurettes ébènes pour juger sa dernière gorgée de whisky, l’ensevelir dans sa chair, tête légèrement renversée pour accueillir les gouttes retardataires.
Une fois le verre vide en main, un drôle de sourire perce. La situation, là, dans son ensemble, est loin de ce qu’elle a pu imaginer. Et pourtant, il a posé les fondations de son histoire. ‘Manque plus que le corps plus détaillé. Mais il semble qu’il lui fasse confiance, lui aussi. Elle repose les yeux sur lui, il la jauge, elle ne sait pas ce qu’il pense, peut le deviner. Ou pas. Il doit toujours se demander ce qui traverse son esprit, ou se poser des questions sur sa famille, le sujet initial, ce qu’elle va devenir. Que des suppositions, avec lui. Toujours. Toute son enveloppe à lui est une certitude, il l’est, demeure et ses points communs avec elle l’ont rendu à la fois fascinant mais bien réel à ses yeux. Loin des autres, trop transparents.

Berlioz aussi peut venir à la Colline. Vous risqueriez de vous ennuyer tous les deux si vous étiez séparés. Y a une télévision moldue si tu aimes ce genre d'outil pour passer le temps.

Il la coupe dans ses réflexions, elle répond par un fin sourire. Elle n’a même pas remarqué que Berlioz s’est à nouveau frayé un chemin dans son cou, maintenant bien endormi dans la forêt blonde. Je comptais l’emmener, de toute façon. Le petit a du mal sans moi.

Elle dérive, puis surprend le regard du gérant. Toujours en train d’essuyer des verres, ou de ranger, bref, de faire son boulot, il mime le désintérêt mais ses yeux intrigués et effrayés ne la trompent pas. Il a absolument tout entendu, et en attendant de trouver une solution au problème que sont ces deux étranges énergumènes, il s’occupe, attend, espère qu’ils partiront tout seuls. Mais la situation lui est intenable. Il s’avance vers le comptoir, puis recule, s’énerve en solitaire et en grommelant qu’il a bien entendu tuer, magie noire, mort. Enfin bref, des bribes de récit, qui lui ont foutu la puce à l’oreille. Ils sont fous. C’est des malades. Déjà qu’il avait du mal à les supporter dès le départ, d’entendre ça dans son troquet tranquille, c’est inadmissible. Elle sent qu’il va faire un truc, son radar interne fixé sur lui, et plus alerte maintenant, le port du cou droit, visage dur et sévère planté sur sa silhouette, attend qu’il commette l’erreur.

Elle n’a pas peur qu’il appelle la police Moldue. Mais elle ne supporte pas les gens qui écoutent les conversations des autres et s’en mêlent par leurs expressions exagérées. Il est inoffensif, même plutôt pathétique, certes. Mais il lui a tapé sur le système toute la soirée.
La main d’Aya attrape le poignet d’Azphel, le Moldu s’avance vers le téléphone, son autre patte glisse dans la poche de sa cape, il leur jette un œil inquiet, se retourne vers le téléphone, elle lâche le poignet, attrape sa baguette au moment où le mouchard décroche le combiné : #Petrificus Totalus.

Le temps de quelques battements de son cœur paniqué et le voilà figé, téléphone en main. On écoute pas les conversations des autres, et on se montre sympathique avec la clientèle. Point barre. Que ça te serve de leçon. Elle l’a immobilisé d’un ton serein, alors qu’il composait un numéro. Et après un regard vers Azphel, elle se lève du tabouret.

Maintenant face à lui, elle voit ses yeux écarquillés, paniqués, faire des allées et retour. Il pige pas. Evidemment. Comment y croire quand on en a jamais eu l'idée ? Les ténébreux d’Aya couvent le visage fatigué par les années, un sourire carnassier aux lèvres. Moi, je pense que ce n’est pas très correct de juger ses clients. Elle prend le téléphone et le repose sur son socle, sans vraiment y faire gaffe. Il va sans dire que nos consommations nous seront offertes, pour dédommager votre manque évident de professionnalisme. Mais je doute que ce soit le plus important, en ce moment. Mh ?

Son visage se détourne des globes oculaires de son interlocuteur muet, pour se plonger dans les émeraudes derrière elle. Il s’est lui aussi levé. Par chance, le serveur a baissé les stores auparavant. Histoire de faciliter le travail. Travail bien fait doit savoir être discret. Mon ami se fera une joie de vous retravailler la mémoire. Vous ne nous en voudrez pas, j’en suis certaine. Parfois, il vaut mieux oublier. Non ? Il ne peut faire de geste, mais elle est certaine qu’il est d’accord avec elle, le menton menacé de la pointe d’un drôle d'accessoire dont il n'avait qu'entendu des légendes dont il se moquait allègrement. Aujourd'hui, un peu moins.
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Azphel
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Re: Dans un café

Message par : Azphel, Lun 12 Déc - 16:17


Les mots d'Azphel se dispersèrent dans le bar et il remercia intérieurement Aya de ne pas lui en demander plus. De toute façon elle avait bien repéré que le gérant qui suivait leur conversation commençait à s'agiter de tics nerveux à mesure qu'il comprenait qu'il n'était pas en présence d'enfants de choeur.

- Peut-être que cela me prendra des années. Je ne veux pas que mon geste soit perdu dans l’espace. Je veux qu’il ait du sens, et un certain charme esthétique.

La phrase procura à Azphel un frisson. Un sourire étira ses lèvres, mais la chair de poule marquait ses avants-bras. Il y avait vraiment quelque chose de sombre en elle, il pouvait le sentir et devinait que ça risquait de faire très mal le jour où la colère de la sorcière s'exprimerait. Il l'observa en silence alors qu'elle penchait la tête en arrière pour accueillir les dernières gouttes de son verre. Ce regard sombre, ce teint blafard couplé à ses longs cheveux blonds. Aya ressemblait à un ange noir, ou une rose blanche parée d'épines redoutables. Il ne pourrait pas la préserver de sa noirceur, il ne pouvait que la préparer à l'affronter.

- Je comptais l’emmener, de toute façon. Le petit a du mal sans moi.
Berlioz. Elle tenait à lui. Ce petit compagnon à quatre pattes était une attache pour elle, et l'inverse était certainement vrai. À défaut d'être accrochée à une part de sa famille, elle a de l'attache pour certaines choses. Ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de lui offrir un autre compagnon, surtout si elle devait rester quelques temps à la Colline. Un chien. Ou peut-être un chat. Il y réfléchirait, mais c'était important pour Azphel qu'Aya soit attachée à quelque chose.
Les gestes de la sorcière interrompirent ses pensées et il la vit, ses yeux froids de noirceurs juchés sur lui, ce misérable gérant qui prenait peur après avoir entendu quelques bribes de conversations. En la voyant ainsi, sur le qui-vive, il sût qu'il allait se passer quelque chose, qu'Aya ne partirait pas du bar sans avoir dit ce qu'elle pensait au patron. Il aurait presque pu anticiper son attaque. Le frisson qui le parcourait la lui avait signalée.

La main d'Aya se resserra sur le poignet d'Azphel. Le gérant avait enfin pris une décision, sûrement voulait-il appeler de l'aide et signaler la présence de deux dangereux individus dans son établissement. De son autre main, féline, la comparse d'Azphel s'empara de sa baguette magique. Non ! Il l'avait hurlé, mais aucun son ne sortit de sa bouche.
#Petrificus Totalus.

L'espace d'une seconde, le moldu resta raidit sur ses pieds, le combiné en main, avant de tomber à la renverse sur le sol. La langue d'Azphel passa sur ses lèvres et il entrouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais rien ne sortit, alors qu'il gardait les yeux écarquillés, presque stupéfait. Le type l'avait mérité, ils ne seraient pas partis sans lui faire une remarque, mais il n'était peut-être pas nécessaire d'en arriver là. C'était trop tard. Et ce n'était pas si grave à la fois, elle ne l'avait pas blessé. Mais son geste impulsif n'était pas nécessairement une bonne chose pour elle...

Le mage noir se leva du tabouret sans cesser de suivre la sorcière des yeux qui alla mettre les choses au point avec le moldu. L'espace d'un instant, il la crut capable de pire. Mais elle était étrangement calme dans ses propos, froide et sûre d'elle. De sacrées épines. Leurs regards se croisèrent alors qu'elle expliquait au gérant qu'Azphel allait lui effacer la mémoire. Le mage noir hocha la tête.
- Faisons ça, oui, dit-il en prenant sa baguette dans sa veste.

Il passa devant Aya pour venir s'accroupir au-dessus du moldu, sa baguette le menaçant. Il ne savait pas ce que c'était, mais il en avait peur, c'était tout bon pour lui. Vous allez à nouveau pouvoir bouger dans quelques secondes, mais je vous déconseille de tenter un truc stupide, c'est compris ? Les yeux de l'homme dévisageaient Azphel comme un fou. Nous partirons ensuite sans faire de vagues, et vous ne vous souviendrez de rien. On est d'accord ? L'homme cligna de yeux plusieurs fois ce que le sorcier interpréta comme un oui. Finite, prononça-t-il calmement, s'appuyant de sa main sur l'homme pour qu'il ne bouge pas.
Qu..qu..qu'est-ce que vous m'avez fait, balbutia-til. La peur dansait dans ses yeux. Azphel expira longuement. Vous allez oublier que nous sommes venus, et demain, vous servirez vos clients habituels. Tout ira très bien. Oubliettes.

Lentement, Azphel se redressa alors que l'homme à terre avait perdu la lueur de peur dans ses yeux. Il paraissait totalement inoffensif et déboussolé.
- Partons, dit le sorcier à Aya en prenant ses affaires.
Quelques secondes plus tard, ils ressortaient de ce bar miteux. La nuit enveloppait toute la ruelle d'un épais manteau, mais une dizaine de mètres plus bas dans la rue, Azphel reconnut le poivrot du bar, allongé contre un mur, probablement trop ivre pour se déplacer. Il empoigna Aya par le bras, et dans craquement sonore ils transplanèrent.


Fin du RP ici, sujet libre
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Leo Keats Gold
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Re: Dans un café

Message par : Leo Keats Gold, Sam 14 Jan - 5:15


RP Azphel
Musique

Y a comme une goutte de sirop de trop,
Dans tes veines.
Dis Papa,
Pourquoi tu marches pas droit ?


Y a comme un peu trop de grenadine qui palpite dans tes tempes. Une goutte de trop/. C'est bizarre tu sais. Ça fait pas ça la grenadine normalement. Ça rend pas la tête toute alouette. C'est pas censé te rendre australopithèque. Dieu le dit lui même. Alors pourquoi, sur toi ça marche ? Pourtant j'ai bien vu. T'as pas lâché la bouteille. T''as bien dilué. Avec un autre truc transparent. Ça devait être de l'eau. Y a que ça qui n'a aucune couleur, n'est-ce pas ? Je ne comprends pas pourquoi, parfois, les cachets que tu avales sans cesse ont tant d'effet sur ta tête. C'est pas censé faire moins mal après ? Toi t'as l'air complètement assommé. Et arrête de hocher la tête en m'écoutant parler. Tu ne sais bien que je ne suis pas vraiment là. Que comme un théâtre de marionnette, c'est toi qui engranges les musettes. Qui choisit les dialogues. Tu ne sais même pas qui je suis. Des fois je me demande si tu sais encore qui tu es, ou si tout comme avec moi, tu dialogues avec tes facettes. Et arrête de boire autant, ça donne le cerveau tout en girouette, et mal à la tête. C'est pas comme si t'avais un truc à fêter.
Ah si.
Attends.

Une danse sur les toits de la ville,
Arrosé d'eau de pluie,
De larmes de dieu
Qui pleure sur ta vie
- Il pleut sur les tuiles de la ville.  

Y avait eu comme un flash, une douleur, un électrochoc-défibrillateur dans la poitrine, et tu t'étais réveillé. T'avais ouvert un peu les yeux, juste assez pour laisser passer un peu de lumière, et t'avais attendu, doucement, que le monde se réveille. Qu'il te fasse cette place qu'il s'évertuait pourtant à te refuser. Et pourtant ça n'avait pas marché. Et pourtant le ciel avait cassé. La cascade arrêté de couler. Les étoiles s'étaient quand même décrochées. Et le voile sous la surface de l'eau avait quand même craqué. Et toi, t'avais rien pu faire pour l'empêcher. T'avais pu qu'observer le monde partir en vrille. À travers deux prunelles embuées. Mais c'était y a longtemps maintenant. T'avais pu te faire à l'idée. Le monde n'avait plus grand chose à offrir. Foncer vers la lumière, sans jamais s'arrêter, ça semblait être un discours quelque peu établi. Dont on ne pouvait changer une seule lettre.

Alors on se contentait des chambres jaunis à coup de cancerette,
Des pâles en Krr-Krr des ventilateurs en fin de vie,
Et d'un vide grand comme la mer juste sous le sternum


À croire que rien d'autre ne nous devait être dû. À croire que la mer-amer ne nous avait laissé que ça, que les endroits sombres et glauques, en "ne te montre pas trop, fais toi discret, tout ira bien". Mais t'avais pas envie toi. D'être discret. Toi tu voulais gueuler dans les rues. Réveiller le cœur de la ville, enfin être entendu. T'avais envie d'exister.  De faire quelque chose d'incroyable, de fou, qu'on te remarque. T'en avait marre d'être transparent, de devoir attendre ton tour, sans arrêt, sans répit. De prendre un ticket. Et de piétiner dans la file d'attente. Toi tu voulais sauter le portique. Découvrir si ton ciel de faïence tiendrait, ou si toi aussi, tu les verrais. Les câbles, les tuyaux, les bêtes noires de gens, se glissant contre les murs comme tes ombres et tes cauchemars au milieu de la nuit. Ceux qui t’enserrent, ceux qui font que tu n'oses pas laisser ton pied dépasser du  lit pendant les insomnies. Que tu as peur des miroirs, des monstres du placard.

Le sel et le sable qui attaque la peau des mollets,
L'acidité de l'eau qui pénètre les os.
Le corps en cancerette
-Goût praliné.  


Les ongles qui grattent, qui râpent sur la porte de bois. Sans que tu n'avances. Tes pupilles ont bloqué sur ton reflet. Que tu n'arrives plus à voir depuis bien trop longtemps.
Flash
-Douloureux
Flash
-Malheureux
Flash
-Mortel
De cette lame
Dans tes os.
Flash
-Terreur.
Cette envie de malheur
-Crier
-Hurler
-Frapper
-Tambouriner
-Déchirer
-Arracher
-Mordre
-Étriper
-Égorger.
Et courir, dans la ville , courir jusqu'à ce que les ombres arrêtent de suivre, courir jusqu'à ne plus pouvoir respirer.  Courir à en perdre haleine, et beaucoup plus que ça. Courir. Fuir. Jusqu'au café du coin, où les jambes menacent de lâcher.
Alors s'y réfugier,
S'écrouler à une table.
Dans un râle commander un -sirop de grenadine- bien corsé.
Pour oublier.
Pour avancer.
8h27.
La serveuse qui te jauge étrangement,
Mais ce n'est pas le moment,
Sous la porte,
L'une des ombres se faufile,
Tu n'as aucun moyen
-D'y échapper.
Piéger.
Les mains
-Qui se mettent à trembler.
La peur dans le ventre,
Insoutenable,
Et les poumons, près à brûler.
Les yeux apeurés
-D'un enfant terrifié.

Dis Papa, qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
Dis Papa, pourquoi tout tangue comme ça ?
Dis Papa, c'est quoi ton problème au juste ?
Ça t'amuse au fond, avoue,
D'attirer l'attention
-Par ta démolition.
Tu te plais
Dans ta cassation.
Hein Papa ?
C'est bien ça ?

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Azphel
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Maitre de Jeu
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Spécialité(s) : Loup-Garou
Occlumens
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Re: Dans un café

Message par : Azphel, Lun 16 Jan - 13:58


PV Léo

Cigarette douce, cancérigène à souhait, qui s'insère en volutes dans les poumons, salvatrice, comme une cigarette après le sexe, clope de bonheur, de détente qui ravit un corps éprouvé. C'est peut-être un rien ce bout de chemin sur lequel Azphel marche, les pensées comme à l'accoutumée, perdu dans un engrenage de directions entremêlées. Coeur qui hésite, fait mal, tape, brule. Seul moyen d'exorciser ces douleurs intérieures, c'est de cloper à donner envie à ses poumons de cracher, c'est de boire à noyer son ballotages de pensées.
Londres, oui qu'est-ce que je fous à ? Suis-je revenu par inconscience ici aussi où l'ombre et la lumière m'ont sortit de l'obscurité ?

Le bar, il le reconnait et reste un moment à finir sa clope en longues bouffées qui s'échappent par ses lèvres entrouvertes en un panache de toxicité. Le mégot se termine, mort, dans le caniveau, et il en rallume un aussitôt, rien à carrer d'avoir l'air d'un ahuri à contempler une façade, à entendre des murmures et les délétères promesses du goudron qui s'insinue en lui qu'il finira par y rester. La magie, la clope ? Qu'importe ce qui le tuerait, une seule fois il vivrait, alors au diable les bonnes consciences, aux enfers la bienséance, autant s'enivrer de la vie, rompre les conventions et prendre la main de l'ombre pour s'offrir une vie sans regrets.

Jusqu'au philtre, l'amante se consume et il crache avec amertume ce goût de ferraille sur les lèvres, il préférerait celui du rouge à lèvres. Il entre dans le bar, c'est le matin, un café lui ferait du bien. Café noir, encore, toujours, boisson qui coule davantage dans ses veines que la raison. L'intérieur est comme il s'en rappelle, le gérant aussi mais lui ne s'en rappelle.
C'est un autre jour, c'est pas le passé, c'est aujourd'hui et demain qui se mettent à avancer.

Y a un type au comptoir, qui lui rappelle dans sa posture, sa tête basse, le côté paumé qui vit en lui, qui aime se soûler dans un bar pour rendre ivres ses pensées. Bars, bars, bars, encore, pour le meilleur, mais surtout pour le pire, jusqu'à la mort. Le mage noir va s'asseoir, machinalement à côté du gars. Il a un café et il se voit pas commander autre chose, mais la gueule du mec est triste et sûrement qu'un bon bourbon lui aurait fait plus de bien. Pourtant il est pas mal. Plutôt beau gosse du peu qu'il le voit, le genre de gars qu'on s'imagine main dans la main avec une modèle et pas en train de vomir son chagrin. Chagrin palpable, pensées troublées, c'est évident, Azphel ne connait que trop bien le visage recroquevillé non loin de lui.

Signe au serveur : Mettez-moi un café.
Un moment le loup garde le silence, mains jointes sur un comptoir où sautille un petit rongeur imaginaire, et , son café arrivant, fumant, il tourne la tête vers l'homme. Pas qu'il aime la conversation avec les inconnus, mais il joue des même regards perdus lorsqu'il est en peine alors :
- Chagrin du coeur ? Excusez si je suis indiscret, mais vous n'avez pas l'air en grande forme.
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Re: Dans un café

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