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Balade au clair de lune
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Heather Wells
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Heather Wells, Sam 19 Sep 2015 - 16:08


La jeune femme n'était pas stupide, elle voyait bien que que le gamin était en train de s'enfiler tout le rhum, tout son rhum. Elle avait l'extrême générosité de le partager et voilà comment elle était récompensée ! Décidée à se remettre à égalité en termes de boisson, elle s'avala plusieurs gorgées. En plus, son sort n'avait rien touché, la dépression.

C'était désormais au tour de Lestrange de tirer. Au lieu de faire le civilisé, il lança un caillou comme un stupide moldu. Ce dernier rebondit plusieurs fois à la surface du lac avant d'y sombrer définitivement, sans ne rien toucher. Le petit Serdaigle espérait peut-être augmenter sa chance de toucher l'un de ses bateaux, ce qui était bête, c'était qu'aucun n'était sur sa trajectoire. Evidemment, elle aurait empêcher la pierre de rebondir plusieurs fois si ça avait été le cas.

Avalant une nouvelle gorgée de rhum qui lui brûla intégralement la gorge, elle lança hilare :

- T'as beau tricher, tu resteras toujours mauvais !

Elle envoya ensuite un bombarda au centre, légèrement sur la droite.
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Ebenezer Lestrange
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Ebenezer Lestrange, Lun 19 Oct 2015 - 23:02


- Raté ! qu'il avait chantonné en mode sale gosse, chose qu'il était.

Elle ne lui aurait pas piqué sa sucette bouteille et ne l'aurait pas traité de tricheur, elle les aurait peut-être eus ses petits bateaux de papier. Parce que la trajectoire du Bombarda n'avait pas été trop compliquée à deviner et un coup de baguette, une bribe de mots murmurée et hop ! Un petit navire du centre avait été droitisé. Résultat, zéro dommage. Pour fêter ça, il récupéra le rhum des mains de Wells.

A son tour, marre de lapider le lac, technique plus radicale. Au risque de déranger le calamar et de se faire noyer par son adversaire pour abus. Il balança donc un #Eolo Procella dans un coin, en haut, à gauche, évitant soigneusement ses bateaux. Il alla ensuite s'échouer, les pieds quasi dans l'eau. Il était bien mieux assis par terre pour faire consciencieusement baisser le niveau de la poisson des pirates. Il allait virer alcoolique s'il continuait comme ça. D'un côté, qui avait fourré cette bouteille dans ses mains de gamin ? Wells, en bonne adulte responsable. Dingue comment à chaque fois qu'il croisait Wells, il finissait torché. La dernière sauterie, ça avait commencé au whisky et ça avait fini en trou noir... Il n'aimait pas les trous de mémoire et fallait bien se trouver un sujet de discussion alors il se jeta à l'eau.

- Dites, vous vous en souvenez de la soirée à la TS ?

Nouvelle rasade de rhum.
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Heather Wells
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Heather Wells, Mer 11 Nov 2015 - 1:31


Encore raté, et Lestrange la narguait en plus. Il récupéra alors le rhum qui ne tarda néanmoins pas à retourner dans ses mains. Ensuite, il lança un courant d'air sur les bateaux, ce qui en déplaça légèrement quelques uns. Heather fronça les sourcils, là, de suite, elle ne comprenait pas l'intérêt.

Alors que la jeune femme réfléchit à quelque endroit elle allait envoyer le bombarda, la gamin lui demanda si elle se souvenait de leur dernière soirée à la Tête de Sanglier. Elle aussi y repensait de temps en temps, se demandant bien ce qui avait put se passer à cette soirée, mais surtout combien de litre elle avait bu pour avoir un tel trou noir.

- Absolument pas, mais j'étais avec toi, donc pas besoin, ça devait pas être une excellente soirée...

Soudain, sans prévenir, l'Irlandaise se leva et poussa-tira le gamin jusqu'à la flotte.

- Ça t'apprendra à tricher, je sais que tu triches !
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Ebenezer Lestrange
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Ebenezer Lestrange, Dim 6 Déc 2015 - 17:23


Il méditait sur un sujet super sérieux, lui. Parce qu'ils s'étaient pris une sérieuse cuite et qu'il voulait sérieusement élucider le trou noir de cette affaire. D'ailleurs, il était même aigle et donc super sérieux par nature. Et devant tant de sériositude, Wells ne put s'empêcher de le pousser à l'eau. Elle n'avait visiblement pas atteint la majorité intellectuelle, elle stagnait même au stade embryonnaire. Puis la flotte était glacée alors il se retint de glapir au dernier moment et se contenta de lui lancer un regard haineux. Tout ça parce qu'il avait triché. C'était vraiment trop injuste alors il sortit du lac, algues verdâtres dans les cheveux, attrapa Wells et repartit en courant dans l'eau, l'embarquant au passage. C'était vraiment froid.

Puis, comme un gosse de trois ans et oubliant au passage qu'il avait en face de lui une garde-chasse qui pouvait le coller jusqu'à mort s'ensuive, il l'éclaboussa bien comme il faut avant de décider qu'il allait lui faire bouffer un des petits bateaux de papier hé, hé, reviens me chercher, je voudrais voyager. D'ailleurs, un navire vert voguait juste à côté de lui, rendu visible après collision avec les deux boulets intergalactiques qui avaient décidé de jouer à la bataille narvale... Il l'attrapa délicatement par le foc avant d'en faire une boule et de tenter de le fourrer dans la bouche de Wells en hurlant "Coulé !". Bon fallait peut-être qu'il se calme un peu sur le rhum. Peut-être. En attendant, il s'en reprendrait bien une p'tite goutte.

Retour sur le plancher des vaches, rasade de liquide ambré, on referme et plouf! Une bouteille à la mer pour que sa collègue alimente son alcoolisme. Puis, vu qu'il était galant et surtout un peu c*n parce qu'il avait abandonné sa bouteille, il retourna voir la garde-chasse dans la flotte. Glaglagla crièrent ses dents et il eut l'impression que celles de la sorcière appuyaient vivement leur déclaration. En plus, ils avaient presque plus de rhum.
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Heather Wells
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Heather Wells, Lun 21 Déc 2015 - 23:51


Le Serdaigle s'explosa dans le, sans doute gelée à cette période de l'année, avec un splash bien satisfaisant. La jeune femme partit même d'un fou rire incontrôlable quand elle le vit ressortir à moitié recouvert d'algues vertes et gluantes. Par contre, elle rigola un tout petit peu moins quand il fonça droit sur elle, lui fit une plaquage mémorable et qu'ils finirent tous à la flotte.

La première chose à laquelle elle pensait désormais, c'était le froid qui envahissait son corps. La Garde chasse repoussa en arrière les cheveux qui collaient désormais sur son visage, puis jeta sur le rivage sa veste qui ne lui était plus d'aucune utilité. Alors qu'elle voulait nager pour rejoindre la terre, elle se fit éclaboussée par l'élève. Et pas qu'un peu en plus. C*nnard.

- Vas-y bouge Lestrange, tu fais chi*r p*tain !

Mais il ne sembla pas avoir bien saisit le message. Il se jeta soudainement sur lui et tenta de lui faire avaler Merlin savait quoi. Elle résista autant qu'elle put. Cependant, elle ne put s'empêcher d'avaler de l'eau par le nez et par la bouche, manquant de la faire s'étouffer. Il finit par la laisser tranquille et rejoindre le rivage tandis qu'elle put cracher tous ses poumons. Saleté de gosse.

Lui jeter la fin de rhum, était-ce une façon de tenter de se racheter ? Bonne idée, dommage que cela ne marchait pas. Voyant que le Serdaigle la rejoignit de nouveau, elle finit cul sec l'alcool. Ils avaient pas l'air stupides, là, comme ça, a flotouiller dans l'eau, congelés comme des glaçons. Ils claquaient des dents et avaient également les lèvres bleues.

- Vas-y j'ai froid, je vais me changer.

Elle sortit alors de l'eau, belle comme une sirène, ou tout du moins aussi belle qu'une sirène torchée, avant de récupérer sa veste et se rendre à grandes enjambées dans sa cabane. Elle se réfugia à l'intérieur, appréciant le feu de cheminée qui réchauffait son corps frigorifié. Sans vraiment se soucier de la fenêtre qui offrait la vue, elle se changea assez rapidement.

La rousse trébucha sur un truc qui traînait par terre, manquant de s'ouvrir un doigt de pied dessus. Elle reconnut bien vite ce qu'était ce morceau de métal a moitié détruit. Son croup avait dû fouiller ses affaires et les déplacer. Ramassant les morceaux elle les montra avec un sourire enjoué à l'élève après avoir ouvert sa fenêtre.
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Ebenezer Lestrange
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Ebenezer Lestrange, Jeu 7 Jan 2016 - 23:31


Quelle idée de rentrer se changer pour se réchauffer ! Ils auraient tout aussi bien pu se serrer comme les manchots en hiver et ça aurait été cool. Enfin, le rhum qu'il avait dans les artères trouvait ça cool, lui il savait pas trop ce qui se passer alors il suivit la rousse, sourire aux lèvres, chemise trempée et trou de mémoire pour le sort qui permettait de sécher les vêtements. Il flottait un peu. Le chaud de l'alcool versus l'eau glacée du lac. Elle cavalait, la garde-chasse et lui, ricanait à moitié. Ou alors c'était le froid qui lui faisait claquer des dents à l'image de la porte de la cabane de l'hideuse qui lui claqua sous le nez.

Il s'était posté à la fenêtre, attendant sagement il ne savait trop quoi. Peut être une bouteille de whisky pour pouvoir jouer les gangsters amerloques après avoir fait les pirates ? Et son regard parcourait l'herbe ennuyeuse au plus haut point avant de dériver vers l'intérieur de la sinistre masure. Il y avait un feu dedans, il aurait bien aimait se planter devant histoire de se réchauffer les fesses. Et il y avait Wells aussi. Une Wells cul-nu d'ailleurs et il avait une légère impression de déjà-vu. Alors il la contempla pendant que le goût du Plonk remontait le long de sa gorge. Battement de cils, froncement des sourcils, il y avait une tâche brune au bas du dos de la rousse. Dingue comment un seul bidule faisait remonter les souvenirs. Il colla. juste pour te faire plaisir

La fenêtre s'ouvrit brusquement, le faisant sursauter et Wells rhabillée lui montrer un truc. Alors il lui fit un sourire à la colgate, montra l'école du doigt et lui fit signe qu'il revenait bientôt.

- Au fait, ça y est, j'me souviens de la soirée, z'êtes pas trop mal fichue pour une vieille peau, lui déclara-t-il avant de filer vers Poudlard, tout joyeux.
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Mary Drake
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Mary Drake, Dim 4 Déc 2016 - 20:15


J'suis un légume. T'savais pas ?!

( Pv with Kohane et Azaël )


N'ayez crainte, Ô gentes dames, Ô gents hommes ! Ne fuyez pas face à ma tête fatiguée, ma couleur étrange, mes yeux si rouges, et pas bruns. Ne prenez pas la fuite, ne retournez pas à vos humbles dortoirs, vos humbles salles de cours ! N'allez point prévenir les directeurs, les professeurs. Même si le couvre-feu ne tardera pas à arriver. Il n'est pas encore là. J'ai tout mon temps ! Voyons, il n'y a pas à s’inquiéter... Je ne suis qu'un vulgaire végétal, à l'échelle d'une rose... Non. Je suis moins gracieuse qu'une fleur. Disons juste, chers camarades, qu'il ne faut pas changer de côté à ma vue. Juste, me suivre et faire comme moi.

Je dois vous avouer que ma narratrice est une pomme de terre. Oui, je sais, rien de très distingué. La pauvre petite, elle est reléguée au rang de féculent. J'ai toujours eu de la peine pour elle. On naît comme on naît. Quant à moi, je n'ai pas encore d'idée précise en tête. Disons juste que je suis plus... Plus légumes. Faut dire que l'autre, là, elle n'aime pas trop ça. Elle ne sait pas ce qu'elle rate. M'enfin bon, ça fait une bouffeuse de moins. Je vais pas me plaindre, je suis déjà en voie de disparition. M'enfin bon, nous sommes dans une école et les gosses en général, ils n'aiment pas trop ça. En tant que légumagus, j'ai pas trop de soucis à me faire.

Quand je sors enfin de cette masse informe et dégoûtante que sont les couloirs, je prends une bouffée d'air frais. Je n'ai jamais trop aimé cela, d'autant plus que le soleil n'est pas au rendez-vous. L'hiver approche, ça devient difficile de pousser. Je lutte chaque jour, pourtant, aucunes feuilles ne veut sortir de ma peau. Je n'ai plus d'autres choix, il faut que je me bouge, sinon, jamais je ne serais prête pour le jour de Noël. J'irais bien chercher de l'engrais, mais ici, ils sont plus classiques. Un sort par ici, un autre par là. Je ne peux pas m'auto grandir. Si ?

J'avance jusqu'au lac, histoire de trouver un endroit assez humidifié. Une pelle traîne dans mon dos. A chaque obstacle qu'elle rencontre, elle s'amuse à faire un looping pour retomber dans un gros 'pouf' que l'on entend à une centaine de mètres. Je ne m'inquiète pas pour autant. Personne n'a eu l'audace de me suivre en pleine crise, j'en suis persuadé. A part une mouche énervée, je ne vois pas qui d'autre je pourrais croiser. Quelques lombrics, éventuellement. A part eux... J'vous attends, moi, mais bonne chance pour me retirer une fois que je serais partie. Aussi solide que l'épée d'Arthur, il va falloir de la force et du courage pour me sortir... De terre.

Une fois que l'endroit propice a été trouvé, je prends ma pelle et commence à creuser. Une botte de terre, deux bottes de terres, ça use, ça use... Pas marrant, je sais, pas besoin de me regarder avec des yeux comme ça. En plus, la sueur commence à s'accumuler sur mon visage. Je goutte, je m'arrose alors que je ne suis pas enracinée ! Mais ça ne va pas ça. Pas du tout même. J'essaie une première fois, tête la première, mais je suis trop grande. Je recommence donc ma dur labeur. Je n'y arrive toujours pas. Une carotte, une courge, un petit pois ! Je dois prendre racine, non d'un fruit sec !
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Azaël Liderick
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Azaël Liderick, Jeu 8 Déc 2016 - 16:28


Le couvre-feu n'est pas encore tombé que t'es déjà dans un état avancé. Genre très très avancé. Peut être même un peu trop. A force de te dire que l'alcool c'est de l'eau, t'as fini par appliquer ça au mot. Depuis que t'as fini les cours aujourd'hui, tu te balades dans le parc en descendant une bouteille de rhum. Et le liquide a bien diminué. Il doit en rester à peu près trois gorgées. Autant dire que ton esprit est complètement embrumé, perdu dans les vapeurs de l'alcool. Et d'autres substances sous forme de cachets que tu as malencontreusement avalé. Le moldu à qui tu les as acheté t'as dit que ça permettait de s'envoler. Mais toi, t'as plus l'impression de t'enfoncer.

T'es tiré de tes pensées par un vacarme assourdissant qui vient d'un peu plus loin. Sans même chercher à comprendre ce que ça peut bien être, tu suis le bruit, d'un pas mal-assuré. C'est un genre de bruit métallique qui cogne et qui rebondit sans aucune douceur. Et ça tape autant dans ta tête que sur les obstacles. Le bruit te paraît décuplé, multiplié. Assourdissant. Faudrait qu'il s'arrête. Et justement, il finit par disparaître. Peut être qu'à présent, il te suffit de penser à une chose pour qu'elle se produise. Ce serait plutôt pratique. Mais tu comprends rapidement que ce n'est pas toi qui a fait cesser ce brouhaha.

En effet, tu te retrouves face à une Serdaigle qui creuse un trou. Avec une pelle. C'était sans doute cette pelle que tu entendais. Et tu la regardes faire, te demandant vaguement pourquoi elle ne fait pas ça par magie plutôt que se fatiguer de la sorte. Mais quand tu la vois essayer de faire rentrer sa tête dans le trou, là, tu perds vraiment le sens de la réalité. Tu t'imagines qu'elle est une toute nouvelle espèce d'arbre, et que si ses pieds ressortent assez, elle pourra pousser. Mais pour l'instant, la tête semble trop grosse pour le trou. Ton âme de jardinier se réveille alors en toi, et te pousse à aller la voir.

Un pas, deux pas, trois pas, et te voilà devant elle, à observer le trou d'un oeil expert. Ou plutôt d'un oeil complètement défoncé. Mais dans ce cas, ça revient sans doute à peu près au même. Tu sors alors ta baguette et élargit un peu le trou, tout en lui donnant de la profondeur. Et tu te jettes dedans tête la première. En faisant le poirier, s'il te plaît. Tu tiens droit quelques instants avant de sortir de ton trou pour éviter de manger trop de terre. Et tu te tournes vers ta camarade pour lâcher d'un ton très professionnel :

- Ça manque de sel minéraux ici. C'pas terrible pour la croissance.

Tu réfléchis quelques instants à ce que tu viens de dire. Tu mâchonnes un peu quelques grains de terre que tu n'as pas pu t'empêcher d'avaler d'un air distrait et tu hoches la tête. En tant que navet qui se respecte, tu préfères largement te planter ailleurs. T'as la face pleine de terre. Mais ça ne te dérange pas. C'est plutôt normal en fait. Tu rêves même d'y retourner, en bon petit navet que tu es. T'aurais peut être pas dû prendre les cachets. Ni t'arroser au rhum. C'est chimique tous ces trucs là, si ça se trouve tu vas te transformer en OGM.
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Kohane Werner
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Kohane Werner, Mar 27 Déc 2016 - 17:01





Tu sais qu't'en a de la chance, Klaus... de ne pas vivre dans ce monde de fous.
Un oeil de Moke qui guette
une mouche, un moucheron qui passerait à portée de main ou à portée de langue.
Un oeil qui se tourne vers moi tandis que je lui tapote le crâne de mon index, allongée sur mon lit.
Ouais, t'as franchement d'la chance.
Pas de réponse.
Le coup d'oeil n'a duré que quelques secondes.
Voilà qu'il se désintéresse déjà de moi.
C'est silence. Complet. Dans le dortoir. La plupart sont dans la salle commune, en train de finir de dîner dans la Grande Salle de travailler bien sagement à la bibliothèque. Le couvre-feu n'est pas encore là même s'il n'est pas loin.
Il n'y a que moi. Et Klaus. Lequel ne bouge pas, installé confortablement sur le lit, surveillant les moindres mouvements d'ailes dans les airs.
Pas un mot alors que je l'observe.
Tu n'aimerais pas prendre ma place pendant que je prends la tienne ? Juste un instant.
Silence radio.
Il s'en fout complètement, en fait !

-Eh ! Tu pourrais répondre au moins, non ?!

Le cri parti du coeur et de l'énervement. Les mots balancés tout haut, retombés dans le vide.
Il n'y a personne.
Seulement Klaus qui me lance un regard blasé au son de ma voix qui retentit dans le rien.
Puis il retourne à sa recherche d'insectes en tout genre.

Mon corps roule et tombe au sol.
C'est pas vrai.
Je me mets à parler à mon Moke. Et pire ! A attendre qu'il me réponde !
C'est quoi cette histoire ?
Surtout qu'il s'en fout royalement...

Je me relève rapidement, réajuste ma chemise.
J'en peux plus. Rester enfermée dans ce dortoir... c'est étouffant.
Besoin de sortir, courir, sauter.

Fuir.


Partir avant d'étouffer.
Se précipiter hors du dortoir, traverser la salle commune à grands pas.
J'entends quelques voix qui me disent que c'est bientôt le couvre-feu.
La ferme ! J'fais c'que j'veux ! Cette foutue règle de couvre-feu n'existe même plus dans mon esprit tellement j'ai pu la violer au cours de mes deux années à Poudlard. Alors pourquoi m'en soucierais-je aujourd'hui ?
J'ai besoin de marcher. Marcher. Comme toujours.
Fuir les draps et le lit, repousser le sommeil.
Déambuler.
Seulement
ça.



L'air frais me prend à la gorge.
M'enveloppe comme un vieil ami.
La clarté s'assombrit -ténèbres.
Tout se recouvre de ce film obscur qui cache les visages et ne donne à voir que les ombres. Découpées dans un paysage tout aussi noir dont on ne distingue que les contours.

Marcher, pas rapides.
Toujours ce sentiment d'être dans l'éternelle fuite.
Et pourtant... un jour... faudra bien que je me retourne. Plus vive, plus forte que jamais.
Se retourner et leur mettre mon poing dans le figure, à ces ombres.
Pour qu'elle ne reviennent plus me hanter. Ou qu'elles se plient à ma volonté.

Cependant, pour l'heure, je n'ai pas la force nécessaire pour ça.
Pour ce demi-tour vif et surprenant, ce coup qui doit partir sans avertir et cogner. Fort. Faire craquer les os sous sa puissance, expulser le sang par la plaie ouverte.
Ce soir, comme toujours, je cherche un autre échappatoire que le combat. L'affrontement.
Tant qu'on peut l'éviter, autant le faire.
Tant qu'on peut s'esquiver...

Si je le pouvais, je me métamorphoserais en fourmi -minuscule fourmi- et j'irai, parmi les hautes herbes du parc, loin de tout ça. M protéger, refaire ma bulle d'antan. Ma bulle de protection contre la folie humaine.
Bonne idée, non ?

Pff... stupide idée, oui.
Ca servirait à rien ; t'es déjà allée trop loin.
Parlons plutôt de ta propre folie. Au lieu de causer des autres.


Tss... encore cette fichue voix.
Elle s'était calmée. Elle avait même disparue.
Elle qui me culpabilisait sur ma propre violence.
Je croyais avoir réussi à la faire partir...

Mais je suis partie.

Bah non. Clairement non.
T'es encore là.
Sinon, comment je t'entendrais ?

Ah, ça ?
T'es fatiguée, c'est tout.
Tu t'imagines des trucs.


...

Ouais, Ok, je suis partie mais je suis revenue.
Juste pour voir comment t'allais.


Diagnostic ?

Bah... ça va pas mieux.
En plus, t'es fatiguée. Tu dors plus et tu marches. T'as vu tes cernes ?!
Pis si tu arrives encore à m'entendre... c'est que ça ne va clairement pas mieux.


...
Parce que te reviens comme ça, pour voir comment je vais ?
Mais à ton avis ?! Comment peut-on aller bien dans un monde qui tourne carré ou rectangle ?
Il y a... il y a toujours ce... cette rage aux tripes, tu sais. Qui me fait avancer. Alors peut-être que si, grâce à elle, ça va mieux, tu ne crois pas ?

Cette rage te fait avancer, certes. Tu dois apprendre à la contrôler, l'utiliser.
Mais ta santé mentale... bah... tu sais...


- Ça manque de sel minéraux ici. C'pas terrible pour la croissance.

Hein ?
C'est quoi le rapport entre ma santé mentale et les sels minéraux ?
Et la croissance...?

C'est pas moi qui ai dit ça.
Tu va vexer, si tu arrives à confondre ma voix si divine et douce avec celle-là !
Mais va donc voir ce que c'est. J'suis sûre que ça va t'intéresser.
En plus, tu le connais... tu la connais, cette voix.
T'es juste trop crevée pour t'en rendre compte.
Ah làlà, heureusement que je suis là ! Que ferais-tu, sans moi ?


J'me passerais bien de tes services, tu sais.



Malgré tout, j'avance en direction de la voix.
Parce que ça m'intrigue ; qui peut traîner encore par ici, alors que le couvre-feu approche à grands pas ? Quels sont les petits élèves assez courageux, fous ou perdus pour enfreindre le règlement du ruskov barbu ?
Un pas
deux pas
trois pas.

Je tombe sur deux silhouettes qui se détachent du voile opaque.
Deux silhouettes autour d'un trou assez grand pour contenir un corps.
Silence alors que j'arrive à leur hauteur.
Un coup d'oeil rapide. Je les reconnais bien vite.

Il y a elle, rencontrée à Godric's Hollow.
Reine du silence et du regard perçant.
Le coeur saignant, la plaie béante.
Une pelle à la main, ce soir. Rien que ça. Une pelle. Pour creuser sa tombe.

Et lui.
Plein d'étoiles et de terre qu'il semble finir de mâchouiller, d'avaler.
Lui.
Et ses ailes invisibles qui ne paraissent pas le porter ce soir.
Complètement parti, à l'ouest. Et cette herbe qu'il mâchouille devant ce trou à grandeur d'homme...

-Oh bon sang !

Murmure dans la nuit.
J'viens de comprendre un truc.
Au revoir fourmi, Moke et que sais-je encore !
Non
le mieux pour échapper au monde c'est de s'en cacher...
Sous terre.



Je dévisage un instant mes deux compagnons nocturnes.
Scrute leurs prunelles perdues dans le noir.
Vous aussi, vous avez eu la même idée ?
Je m'approche un peu plus du trou, m'assois, regarde.
Hum... l'emplacement n'est pas trop mal, non ? Un radis pourrait s'y enterrer pour des siècles et des siècles, vous croyez pas ?
J'ai pas envie d'pousser. J'ai pas envie qu'on me déterre et qu'on me mange.
Je veux juste être un embryon de radis lové dans son trou de terre.
Loin de tout, loin du monde.

Un sourire étrange se dessine sur mes lèvres.
Etre un radis pour échapper au monde des humains.
Non d'un concombre, en voilà une idée ! Encore mieux que la fourmi -elle travaille tout le temps- ou le Moke !
Ce trou paraît tellement... parfait ! Génial ! Tombé du ciel !

Attends une minute...
si ce trou est là...
et que eux aussi, sont là...
coïncidence ?

Mon attention se reporte à nouveau sur ces deux compagnons.
Une crise de folie ou de légume.
Et nous voilà ensemble, pour fuir un monde humain pas assez fruité... légumé... ça existe pas comme mot ? Ah... déception.

-Il y a déjà quelqu'un qui pousse dans ce trou ?

Histoire que je ne pique pas la place d'un de mes congénères.
Ca pourrait finir en bagarre. Puis en ratatouille, pot au feu, soupe.
Pas vraiment envie. Je suis juste un radis qui veut retrouver la bonne odeur de sa terre et se lover entre ses bras.

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Mary Drake
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Mary Drake, Mer 28 Déc 2016 - 22:32


La terre s'accumule ; Une botte, deux bottes, et trois. La masse informe continue à grandir, pourtant. Le trou s'acharne à ne pas s'approfondir. J'approche ma tête du vide, histoire de comprendre ce qui ne va pas. Faut pas chercher très loin. Au fond, y'a de l'eau. Et dans le noir, l'eau peut avoir l'apparence de la terre. Mais je suis pas assez idiote pour confondre un liquide et un solide. Je s'rais déjà trempée si le truc qui passait derrière moi par la pelle était de l'eau. Sauf si ma transpiration était en fait ce qui s'trouve dans le lac pas très loin. Je ne suis qu'une légumagus écervelée. C'est sûrement cette patate de narratrice qui me fait perdre la tête. N'ayez crainte, j'aurais dû me taire. C'est carrément le moment pour paniquer. Pour couronner l'affaire, t'as un mec qui vient agrandir ce bassin d'eau pour ensuite faire un poirier à l'intérieur. Je sais pas comment il arrive à en ressortir. Même si cette affaire tient du surnaturel, j'le précise, il n'en sort pas indemne. Mâchouillant quelque chose, la tête pleine de terre mouillée. Il a une allure d'éléphant qui vient de se rouler dans la boue. Ça manque un peu de classe.

Ensuite, il me parle d'une affaire de sels minéraux. J'sais pas trop ce que c'est. J'ai jamais été branchée botanique, j'aime pas être étudiée alors. Toute façon, avec ce bazar manquant ou pas, vaut mieux pas pousser dedans. Déjà, c'était mon trou, que j'ai pris du temps à creuser, pas comme cet énergumène qui utilise sa baguette magique. Mais il s'est pris pour qui ? Les légumes, ils prennent du temps pour pousser, j'en suis la preuve. On n'utilise pas d'engrais ou quoi que ce soit de pas naturel, sinon on fini immangeable. Même les vers voudront plus de nous, mais on ferait quoi, sérieusement ? Quoi que, être dégueulasse, vivre éternellement... Mais pourrir. Beurk. J'ai pas besoin de ça. J'préfère mourir avec toute ma dignité, mangé dans un plat gastronomique. Faut réfléchir aussi, loin de moi l'envie d'être une crudité. Déjà, c'est qu'une déco et on peut finir dans une poubelle ou pire, dans la gueule d'une créature qui connaît pas la brosse à dents. Je réprime un frisson, prête à répondre à ce... A ce... A ce quoi d'ailleurs ?

Sauf que pour mes pauvres racines, y'a un bruit qui m'interrompt. De peur d'être un déchet abîmé, j'attrape la pelle et me mets en garde. Mon allure est très claire et veut tout dire. Si tu t'approches, je t'en fous un, de coup. On verra qui sera jeté à la poubelle héhé. Mouais. La silhouette s'approche. Commettre un légumocide, ce sera pour une autre fois. La fille qui vient de débarquer, jamais il ne me viendra l'idée de la frapper. J'la connais bien. Fin, on peut dire ça. On a déjà parlé avec nos yeux, y'a un moment. Et parfois, le silence en dit bien plus que les paroles. J'vous promets, c'est la vérité avec un grand W. Wérité. Yeah. C'était l'instant poétique qui ne casse pas trois pattes à un canard. J'ai pas envie de lui faire un câlin non plus, moi qui suis pleine de boue. Ce qui me chiffonne vraiment, c'est le fait que j'entende sa voix. J'aimais bien le mystère qui tournait autour, toussa toussa. Le pire et je dis bien le pire, c'est qu'elle demande si le trou, ce p*tain de trou, est pris ou pas. Non mais je rêve. Il a fait quoi au monde ce truc ? Il est temps de remettre les choses au clair là.... J'espère qu'elle parlait bien de celui-là. D'un autre côté, j'en vois pas d'autre qui peuvent contenir son enveloppe.

-Bon, y'a carotte sous roche, dis-je en ponctuant ma phrase d'une touche humoristique pas terrible. Déjà, faut arrêter de m'empêcher de me planter quelque part. J'AI creusé ce trou, et le fait est qu'avec ma chance, il est trempé. Mais si vous voulez mourir noyés, libre à vous de vous y enraciner. En plus, comme dirait, le... ce... Faut que tu me dises ce que t'es toi - regard vert le premier perturbateur - ça manque de sels minéraux. Votre magie, elle n'est pas géniale, y'a que moi qui ai une pelle. Allez, sociabilise un peu. Donc on trouve un endroit sympa, j'vous donne un peu ma pelle. Pis j'me plante et chacun son trou. Ou vous finissez comme des algues, comme vous voulez.
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Azaël Liderick
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Azaël Liderick, Sam 7 Jan 2017 - 17:32


Tu mâchonnes toujours un peu de terre. Ou un peu de boue ? Tu te sens comme un peu humide. T'aimes bien l'humidité. Un peu c'est bien. Pour aider à pousser. Tout le monde a besoin d'eau pour grandir. Ou de rhum. Toi, t'es un navet alcoolisé et tout humidifié. Tu passes ta main (ou tes racines ? Je sais plus, même moi je suis perdue là) sur ton visage. Enfin... Sur ton truc de navet. Et tu te rends compte que t'es tout plein de boue. La terre est visqueuse ici. Presque liquide. T'aurais pu crever noyé. C'est franchement pas une bonne fin pour un navet. Décidément, ce trou est loin d'être parfait. Mauvais emplacement, mauvaise terre, et même pas d'engrais.

Et puis des pas se font entendre. S'approchent tout doucement. De toi. De l'autre légume. Et du trou. Ce trou inutile car complètement noyé. Ce trou qui ne pourrait accueillir aucun légume digne de ce nom. Ce trou qui a été créé, mais qui ne pourras jamais réellement exister. Parce qu'il ne pourra pas remplir sa fonction première de trou, à savoir accueillir des légumes, se reboucher, et les aider à pousser. Si t'étais pas un navet, mais un être pourvu de compassion, t'aurais sûrement eu de la peine pour ce trou qui existait pour rien. Un peu comme toi au fond. Tu t'en rendrais compte si t'étais pas persuadé d'être un navet.

-Il y a déjà quelqu'un qui pousse dans ce trou ?

Tiens, tu la connais cette voix. Tu regardes le nouveau légume qui vient d'arriver. Qui se trouve être ta soeur d'alcool. Tu la revois, et t'es encore complètement à l'ouest. A croire que ce sera toujours comme ça. La dernière fois, vous avez volé ensemble. Vers les étoiles. Vers le firmament. Vous avez tourné avec le monde, main dans la main, et tout allait bien. Parce que vous étiez tous les deux. Alors peut être que maintenant aussi, elle va tout changer. Que grâce à elle, tu vas pouvoir trouver le bon endroit pour planter tes racines. Ou juste les retrouver. Parce que t'es un peu paumé quand même. Pas facile d'être un navet déterré, ça complique pas mal les choses pour trouver sa place. Tu voudrais lui répondre. Lui dire que non, il est pas pris, parce que c'est un trou qui vaut pas le coup. Mais l'autre est plus rapide que toi. Elle parle beaucoup pour un légume. Elle doit être un légume très intelligent. Elle a peut être presque fini sa croissance.

-Bon, y'a carotte sous roche. Déjà, faut arrêter de m'empêcher de me planter quelque part. J'AI creusé ce trou, et le fait est qu'avec ma chance, il est trempé. Mais si vous voulez mourir noyés, libre à vous de vous y enraciner. En plus, comme dirait, le... ce... Faut que tu me dises ce que t'es toi, ça manque de sels minéraux. Votre magie, elle n'est pas géniale, y'a que moi qui ai une pelle. Donc on trouve un endroit sympa, j'vous donne un peu ma pelle. Pis j'me plante et chacun son trou. Ou vous finissez comme des algues, comme vous voulez.

Tu hausses les épaules. Elle a rien compris. T'as pas envie de l'empêcher de se planter, tu voulais juste l'aider. Surtout qu'apparemment, elle en avait besoin vu l'endroit qu'elle a choisi pour s'enterrer. Elle est quand même pas très douée. Peut être que les navets sont l'élite des légumes, et que t'es le seul à pouvoir réfléchir. Quoi que tu te demandes ce qu'elle est, ta soeur. Parce qu'elle est parfaite quand même. Alors elle doit savoir, un peu comme tous les légumes, qu'il faut pas se planter là.

- Moi j'suis un navet. Ca se voit quand même. Vous êtes quoi vous ?

Ouais, faut se tenir au courant. Histoire de faire un potager bien rangé si vous en venez à vous planter à côté. Pas de conflit de voisinage autorisé. Une fois les racines bien implantées, il n'est plus question de bouger jusqu'à la récolte. Alors vous allez devoir apprendre à vous comporter comme un joli potager. Tout le monde dans son trou, et les légumes seront bien gardés. Tu t'éloignes un peu de l'endroit où vous vous trouvez. Histoire de chercher un lieu propice pour votre croissance. Et tu désignes un petit carré de terre entre deux arbres, qui sera exposé au soleil de temps en temps, et qui est un peu plus éloigné du lac, pour ne pas vous noyer.

- Ici ça peut être bien non ?
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Kohane Werner
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Kohane Werner, Sam 14 Jan 2017 - 13:42





La nuit autour de la terre fait se confondre les couleurs et les matières.
Si bien que sur le coup, je ne remarque pas ce qui cloche dans ce fichu trou.
Bah quoi, c'est juste une tombe. Ou un carré de potager. Là où, bordel de m*rde, j'ai envie de me planter. M'enfouir. Me cacher. Pour ne plus jamais réapparaître aux yeux du monde.
Rentrer à nouveau dans une cavité protectrice
presque retrouver les eaux maternelles
et flotter à nouveau dans un nulle part sécurisant.
Mais qu'est-ce que je raconte ?
Un radis n'a pas besoin d'eaux maternelles pour grandir, grossir, se développer ! Simplement de terre. La Terre-Mère. Doucereuse et nourricière. Seulement ça.
Pourquoi est-ce que je pense encore en tant qu'être humain ?

Ca va plus
du tout
ça !


Faut que je m'enterre au plus vite.
Pour renouer les liens avec mes racines originelles.
Ma nature première
Le Radis !
Et qu'importe si certains la nient, cette nature, cette part de moi.
J'les em*erde tous autant qu'ils sont !
J'suis un radis, voilà tout.
Et nul ne saura m'empêcher de l'être.

Mais pour m'accomplir pleinement en tant que tel, me faut me planter.
Et ce trou
Ce fichu trou, là !
Pourquoi personne ne bouge ? Pourquoi personne ne plonge ?



Mes yeux glisse du potentiel futur habitat aux deux autres légumes.
Ces légumes que je connais -et que j'aime.
Mais là, il va falloir outre-passer ses sentiments. Parce que quand ça concerne la Terre, tout est différent. Ce facteur change considérablement la donne. Peut-être arriverons-nous à faire une colocation de légumes ? Une coplantation ? Un truc comme ça...
Mais si jamais ça n'est pas possible, ça risque de tout faire foirer.
Va falloir se battre pour sa parcelle de terrain.
Et je n'en ai pas envie.
Jamais je ne frapperai ma reine du silence au coeur palpitant, au coeur saignant.
Encore moins mon frère d'alcool dont les yeux sont toujours remplis d'étoiles -même si ce soir ses pupilles paraissent plutôt remplies d'étoiles en forme de légumes divers et variés. Un vrai potager en lui seul !

Tout a coup une voix s'élève.
Oh
C'est étrange.
De l'entendre parler, elle.
Elle dont j'ai ignoré jusqu'ici son doux ton. Ou presque. Seulement le merci à peine murmuré, à peine effleuré l'autre fois. Le merci qui s'est perdu sous la pluie, dispersé dans le parc de Godric's Hollow.
Le merci entendu sans vraiment l'avoir entendu.
Et ce soir, c'est sa voix pleine, entière que j'écoute.
Sa voix qui sonne étrange, moi qui étais habituée à son éternel silence.
Au milieu de la nuit, ses sons se répercutent.
Et le discours
s'allonge
s'allonge
s'allonge.

Elle nous fait comprendre que ce fichu trou, cible de toutes les attention est rempli d'eau !
Quoi ?
Y'a de l'eau là dedans ?
Boooh...
pas vrai, si ?
A ces mots, je tends le cou et tente de scruter le fond.
Mais la nuit entremêle tout et j'suis pas très sûre que ce soit vraiment liquide, là, là-bas.
Mon regarde se reporte sur mon frère d'alcool et je remarque qu'il ne mâche pas que de l'herbe ou de la terre. Y'a de la boue, aussi.
De la
boue...
Ah bah
oui, alors
y'a vraiment de l'eau au fond !



Une moue qui se dessine sur mon visage alors que le légume continue son discours.
Partir, déménager, aller se planter ailleurs ?
Hum...
Un instant de réflexion tandis que mes yeux se perdent dans la cavité ouverte au sein de la terre.
Après tout, puisqu'on peut pas se planter là et que moi je veux à tout prix me planter...
Bah déménager est la plus simple et plus logique solution, non ?
Mais ça veut dire qu'il faut se lever, qu'il faut bouger, qu'il faut aller trouver un Eldorado où planter ses racines. On va finir immigrés sur une terre qui, si ça se trouve, appartient à d'autres légumes. Des légumes moins sympas que nous qui nous jetteront dehors. Ou nous enfermeront dans un minuscule potager, loin de tout, un potager où il manquera encore plus de sels minéraux qu'ici et où l'eau viendra nous submerger deux fois par jour si bien que nous ne pourrons pas pousser.
Le tableau est terrible, dans mon esprit.
Mais ici, on ne peut clairement pas pousser.
Alors, qui tente rien n'a rien, n'est-ce pas ?

- Moi j'suis un navet. Ca se voit quand même. Vous êtes quoi vous ?

Un navet.
Oh, mon frère est un navet !
C'est beau, quand même. C'est parfait. Comme tout ce qu'il est. Tout ce qui touche à lui.
Rien n'est plus magnifique que cette pièce manquante qui m'est tombée du ciel l'autre fois.
Et même ce soir, des légumes plein la tête, il reste merveilleux.
Un navet qui brille dans le noir. Un navet étoilé ! Un navet qui doit s'enterrer pour mieux décoller.

-J'suis un radis. Juste un radis qui veut retrouver sa Terre-Mère.



Je vois soudain son ombre de navet bouger, s'éloigner.
Eh, tu vas où ?
Reste avec moi ! Avec nous !
Va pas de planter en nous abandonnant, quand même.
Mais non, il s'arrête. Ouf. Il ne s'est pas enraciné tout seul.
Il désigne un endroit entre deux arbres, assez éloigné du lac. Propose qu'on en fasse notre lieu d'habitation.

A mon tour, je me lève et le rejoins. Je scrute la nuit histoire de voir si le lieu est vraiment vide de tout légume. J'ai pas envie qu'un choux, qu'une citrouille, qu'un concombre ou que sais-je encore nous foute dehors sous prétexte que c'était son carré de terre avant d'être le notre et que, comme on est dans une société où la propriété privée existe bel et bien -même chez les légumes, les légumes communistes ont du mal à percer et pousser en ce moment, je crois- comme la propriété privée existe, donc, il ne nous reste plus qu'à déguerpir et acheter notre propre terrain !
Pas envie de telles embrouilles.
Alors je vérifie en amont, sait-on jamais.

Apparemment, tout me semble calme.
Pas d'autres légumes à l'horizon.
On devrait réussir à se creuser chacun son trou côte à côte, planter ses petites racines et attendre le jour pour s'abreuver de soleil. Attendre la pluie pour s'hydrater.
Faudrait peut-être quand même que quelqu'un vienne nous arroser, les jours où il n'aura pas plu pendant longtemps ?
On devrait peut-être laisser un mot à l'adresse du garde-chasse... ou du concierge...
Veuillez prendre soin de ces trois légumes récemment plantés dans le parc jusqu'à ce qu'ils arrivent à maturité. Cordialement. Les trois légumes.
Un truc comme ça...

Mais en fait, si ça se trouve, on s'en sortira bien tous seuls.
Pour l'heure, faut d'abord qu'on trouve le moyen de se planter. Bien comme il faut. Que nos racines trouvent leur place dans cette terre.

-J'crois qu'on peut se planter là.
Je tourne la tête vers le légume à la pelle.
-Dis, tu va nous prêter un peu de ton outil alors ? Parce que va falloir recreuser encore de nouveaux trous !

On va finir par en faire partout dans le parc, si ça se trouve.
Parce que peut-être qu'au fond de cette terre-ci, on va encore découvrir un truc nul qui fera obstacle à notre croissance.
En attendant, je commence à délimiter de mes pas un carré qui sera mon endroit à moi. Ma parcelle à moi. Là où mes pauvres racines trouveront leur bonheur.

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