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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Rues de Londres
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Un Chantier
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Elliot West
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Re: Un Chantier

Message par : Elliot West, Mer 5 Juil - 16:53


La prison n’était pas une période dont j’appréciai parler avec mon entourage. Enfin mon elfe vu que c’était la seule chose vivante qui restait plus d’une journée à mes côtés. Le froid, le silence, toutes ces choses qui inconsciemment vous force à vous remettre en question, à réfléchir à des choses sur vous, vos idées, vos pensées, vos façons de réagir. La prison ça change un homme. Littéralement. J’en étais la preuve.

Je n’étais pas un tueur sanguinaire ou encore un tortionnaire de renom, rien de tout ça, simplement quelqu’un qui avait voulu appliquer sa propre justice, celle qui lui allait. Parfois lorsque la situation l’impose il faut savoir prendre ses responsabilités. Les miennes m’avaient mené jusqu’à Azkaban. Là-bas on y fait pas de grandes rencontres, à part un détraqueur de temps en temps… Sauf une fois, pour une raison que je n’avais pas comprise on m’avait transféré dans une autre aile de la prison, je m’étais alors retrouvé avec les matricules en 400. C’était intéressant, et beaucoup plus vivant que de mon côté. Notamment avec 413 avec qui nous avions pu échanger quelques conversations à travers les barreaux de nos cellules.

Je sortais, de temps en temps, histoire de respirer l’air frais et odorant de la ville. C’était important de voir la tête des gens, se dire qu’on n’est peut-être pas tout seul. A force de longer les murs, un détail récurrent à plusieurs rues m’avait attiré l’esprit et sorti de mes pensées. Une espèce d’affiche, un message qui n’avait aucun sens pour le commun des mortels, mais pas pour moi. 789. Ces trois chiffres en disait long, très long. Mon matricule. Etait-ce une coïncidence ? Je ne pense pas. Et puis un message, « on a des choses à construire à l’étage supérieur des barges ». Wut ? J’étais resté planté là comme une andouille à essayer de comprendre ce que cela pouvait bien signifier. Peut-être qu’au final ça ne m’étais pas adressé.

Il me fallut un long moment avant de percuter. Les barges, la rue anglaise Barge House, littéralement. Et puis des choses à construire… Alors là, aucune idée. Cela avait piqué ma curiosité, comme un genre de rendez-vous secret, chose que je ne pratiquais plus depuis mon entrée à Azkaban. Il fallait marcher. Flemme.


Jean emmène-moi là-bas s’il te plaît.

Bien entendu Maître.

Et me voilà au début de la rue. J’avançai doucement, de manière à bien tout observer et être sûr de ne pas passer à côté de quelque chose qui aurait pu avoir son intérêt. On aurait dit un papy qui essayait de rentrer chez lui, avançant petit pas par petit pas, le regard vers le ciel. Puis finalement les quelques barrières du chantier qui se trouvaient là me firent tilter. Mais oui andouille ! Construire ! On fait quoi sur un chantier ? On construit pardi !

La main sur ma baguette j’avançai doucement dans les entrailles de cet endroit qui semblait louche. Une fois un peu plus avancé et hors de vue des passants je lançai à celui ou celle qui m’avait donné rendez-vous ici :


Y’a quelqu’un ? C’est 789. J’ai reçu le message. Je sais pas ce que vous me voulez, mais peu de personnes connaissent mon matricule. Je suppose que c'est important.

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Re: Un Chantier

Message par : Lizzie Bennet, Mar 25 Juil - 18:49


J’aurais pas du mettre son matricule. Je déteste qu’on m’appelle par mon matricule de détenue. Les seuls chiffres que j’arborais faisaient référence à l’orgueil de mon avant-bras. Mais les autres… Oh, les autres étaient un calvaire. C’était ceux qui rappelaient l’homme à sa condition d’esclave, ceux qui nous retiraient toute humanité. J’avais passé les premiers mois (ou peut-être jours, à Azkaban le temps se dévêt de sens) à m’insurger chaque fois qu’on m’affublait de ce ridicule numéro.

Mais bon. Je savais pas comment faire autrement pour attirer son attention. Sans attirer les Aurors dans la foulée, parce que eux, on allait éviter. Avant, je les bouffais au petit déjeuner, mais depuis quelques semaines j’ai perdu de l’appétit. Cela faisait longtemps que je n’avais convaincu un Auror de quitter ses fonctions. Oh, j’en avais blessé, oui, mais eux aussi m’avaient bien amochée. A deux contre un, j’aurais aussi pu y rester. Enfin. Faut pas se plaindre, tout le monde est à égalité dans la mort.

Allait-il m’aider à prôner l’égalité dans la vie aussi ? A démanteler les systèmes de sanction et d’oppression qui débordaient à Azkaban ? Aujourd’hui, je le saurais. Aujourd’hui. S’il venait. S’il était là quand Ashton se cachait de ses enfants. Ou s’il fallait que je continue seule, ici comme pour le reste.

C’est un CRAC qui a attiré mon attention, et j’ai approché du lieu de transplanage ; enfin, approché, avec modération. Fallait qu’il comprenne qu’on pouvait pas discuter de ça au milieu de la rue. Pas avant que la tournure soit assez propre et légale pour pouvoir devenir publique. Je me suis assise en équilibre sur une poutre du chantier, et balançant les jambes dans le vide, je lui ai adressé un léger signe.
— Moins fort… L’idée des mots cachés c’est pas de rameuter tout le quartier.


J’ai attendu qu’il me rejoigne. Ce n’est que quand il fut à portée de voix que j’ai lâché :
— 413, je sais pas si tu te rappelles de moi ? J'avais gardé de toi le souvenir de quelqu'un aimant la construction, l'élaboration, la conception, tout ça.
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Elhiya Ellis
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Re: Un Chantier

Message par : Elhiya Ellis, Mer 20 Sep - 16:15




La danse hésitante d"un flocon de neige



Pv Eury Cheri
La Mutuel
Flash back, les filles ont 14ans
On pique le sujet en cas de soucis => MP


L'ancien chantier laissé a l'abandon, par faute de financement, s'offrait de nouvelles lettres de noblesses. Devenant, le temps des vacances d'hiver, un point de ralliement joyeux et leger. Bien loin des gravas et autre morceau de beton. La grande patinoire extérieure de Londres proposée à tous les habitants avait enfin vu le jour sous les regards émerveillés des marmots. Plusieurs tiraient les mains de leurs parents en une supplique bruyante et amusante. Le nez fourré dans une étoffe de laine épaisse, le regard lapis lazullis aux aguets, scrutait l’effervescence palpable du lieu. Impatience contaminente caressant doucement son être venait lui chuchoter que l’heure se rapprochait.

Sous quelques longues secondes, la petite tête brune qu’elle chérissait n’allait pas tarder à   se montrer. Le temps avait passé depuis leur premier échange, les partages s’étaient multipliés, confortant l’anglaise dans ses convictions fraichement acquises. Elle si froide, si prompte à se moquer du monde, à dénigrer autrui, avait pourtant été domptée par le regard mélancolique d’une enfant de son âge. Et l’acceptait. Etonnant vu son individualisme farouche. La facilité, la nécessité de se protéger aurait du lui dicter de fuir rapidement. Or il n’en avait été diffèrent. Un peu plus à chaque fois, le désir de voir fleurir un sourire lumineux sur les lèvres d’Eurydice s’était épanoui.

Il aurait été bien plus simple de se fermer à toute possibilité d’être blessée, de fermer la porte au nez aux moindres sentiments capables d’éveiller en elle des faiblesses qui la suivraient éternellement. Et pourtant, aujourd’hui, sous un soleil hivernal et une brise mordante, Elhiya attendait sagement, étouffant ses restes de précipitations de petite fille que sa précieuse orchidée arrive.

La foule se pressait dans un désordre assourdissant pour récupérer des souliers d’une forme bien étrange. Son amie avait choisi cette activité qui lui était inconnue, lui jurant qu’elle trouverait ca marrant. Glisser sur un amas de flocon de neige compacte, se laisser porter par le vent, sentir quelques faux embruns crées par le raclement de la lame sur la glace gifler leur joues rebondies.. Il n’en avait pas fallu plus pour que la jeune adolescente trépigne d’impatience à l’idée de cette découverte.

Ses parents avaient certes râlé brièvement. Une activité sans leur surveillance, moldu de surcroît alors que personne ne pouvait venir soigner d’un coup de baguette les éventuels genoux saignant ou les phalanges ripées. La négociation n’avait pas duré bien longtemps, une promesse de revenir au foyer pour se réchauffer une fois les tours de pistes terminés avait assagit les éclats de voix. Au retour, les attendraient donc un chocolat viennois maison et de délicieux biscuits, spécialité de la maitresse de maison. Mais ce n’était pas cette promesse de douceur qui animait la blondinette pour le moment. Les yeux rivés sur les premiers patineurs, elle observait certaines chutes, certains rire pendant que d’autres virevoltaient avec grâce au milieu de tout ce petit monde. Bientôt, elle ferait de même, s’abandonnant sans retenue à un nouveau plaisir partager avec la bonne personne.




Dernière édition par Elhiya Ellis le Jeu 21 Sep - 15:14, édité 2 fois
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Re: Un Chantier

Message par : Eurydice Wildsmith, Jeu 21 Sep - 12:28


PV Elhiya ♥
LA mutue
l

Eurydice avait troqué son habituel uniforme pour un pantalon de velours bleu marine et un pull. Un bonnet blanc avec un pompon au sommet recouvrait ses cheveux auburn dans une joyeuse promesse d'amusement. Elle se sentait bien. De légers cernes se dessinaient néanmoins sous ses yeux. Les cauchemars avaient déjà débuté. Ils continuaient sans relâche, compagnons traîtres de la nuit à la torturer. Elle portait également les mitaines grises offertes l'année précédente et espérait ne pas les abîmer lors de ses cascades sur la glace. C'était si précieux. Elle déroulait sans cesse le film de ses souvenirs pour ne pas que son cœur sombre dans l'obscurité, parce qu'Elhiya était de l'espoir à l'état pur. Sans fin.

L'hiver était parfait dans son manteau blanc, drapée de pureté que les hommes s'empressaient de tâcher comme par vocation. Elle aimait l'hiver comme un sentiment vivifiant qui vous prend au corps. Elle aimait les lèvres gercées des hommes meurtries et les joues colorées des jeunes minois qui se baladaient.

En arrivant, elle se jeta dans la foule, ballottée de toute part, en quête de chaussons pour aller sur la glace puis elle s'octroya une petite pause une fois sortie du parcours du combattant. C'était une inspiration pour survivre. Une deuxième pour vivre. Une lueur commençait à poindre dans ses mirettes : celle de l'excitation. C'était sa première fois à la patinoire avec la blondinette. Ses deux paires de patin en main, elle était bien décidée à retrouver Elhiya. Un regard autour d'elle suffit pour lui donner la nausée. Il y avait en cette belle journée des couples qui pullulaient partout débordant d'amour lancinant.
Seule la frimousse rougie par le froid lui donna envie de se précipiter à sa rencontre à petites foulées.

« Coucou, prête à devenir une championne de la glace ? » dit-elle moqueuse.  *Qu'est-ce-qu'elle était rayonnante dans son lainage. *
Tout en lui parlant, elle retira ses baskets et commença le laçage laborieux pour habiller ses petits pieds *d'enfants * se dit-elle en grimaçant légèrement. L'anglaise était plus petite que la moyenne avec comme seul horizon les poitrines des jeunes femmes. Elle aurait aimé pouvoir se plonger dans des prunelles profondes que dans des décolletés hivernaux.

« Si tu veux de l'aide pour le laçage, n'hésite pas. » Ses chevilles ne devaient pas souffrir. Elles devaient épouser la forme. Cela l'obsédait qu'elle puisse se briser ou se blesser. Léger stress qui palpitait. Elle savait qu'elle n'hésiterait pas à user de magie pour redonner le sourire à son amie même s'il fallait les assommer à l'aide des oubliettes. Elle serait prête à tout, dans un dangereux tout.* Mauvaise idée ma petite, est-ce réellement un sort que tu maîtrises par hasard ? * La sauvageonne allait se rendre compte que les blessures de l'âme sont irréparables d'un coup de baguette magique.
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Re: Un Chantier

Message par : Elhiya Ellis, Ven 22 Sep - 16:41




La danse hésitante d"un flocon de neige


Un bout de nez rougi par le froid, un charmant bonnet orné d’un énorme pompon, Euridce et des reflets auburn sur le contour de ses joues avaient fait leur apparition. Un large sourire chaleureux avait illuminé le visage frigorifié de la blonde.

« Championne de gamellage tu veux dire oui ! Je trébuche déjà en étant sur la terre ferme alors là ! »

Son rire enfantin avait accompagné le laçage des fameuses chaussures étranges nécessaire pour toute escapade sur cet épais manteau blanc. Nouveauté rafraichissante. Même le cuir qui épousait son pied, sa cheville était promesse de divertissement exaltant. Le fin cordon noir mourrait enfin en deux larges boucles. Il avait fallu plusieurs tentatives à la novice pour ne pas avoir l’impression d’étrangler sa précieuses articulation, et plusieurs autres pour ne pas sentir le soulier montant trop lâche. Fière bien que peu rassurée, ses opales pétillantes se posaient enfin sur sa comparse, déjà debout, toute prête, en train de l’attendre patiemment

« Te moque pas, c’est pas vraiment courrant ces trucs ! et puis je tiens comment la deeeeessuuus ? »

Petite perte d’équilibre en se redressant, alors que la fine plaque de fer touchait le revêtement moelleux disposé à l’occasion pour les apprentis patineurs. Ses bras avait fait des moulinets, tentative désespérée de ne pas tomber qui s’avérait utile. D’un nouveau rire franc, Elhiya tendait sa main couverte d’une moufle lapin à sa future sauveuse.

« Je crois que je vais m’agripper à toi ! Promis j’essayerai de ne pas t’entrainer dans mes chutes... Tiens d’ailleurs t’as vu, j’ai presque les mêmes gants que toi, sauf que pour moi, ma mère a choisi le motif lapin, c’est mignon aussi non ? »

De sa main de libre l’adolescente s’amusait à faire rebondir le couvre main en forme d’animal au-dessus de ses doigts déjà rouges. Jamais l’animal en laine ne prenait réellement forme par simple flemme de le nouer avec le bouton prévu à cet effet. Les mouvements étaient moins précis, impossible d’attraper un mouchoir, ou de replacer le lacet récalcitrant à l’intérieur de la bottine. Mais malgré cette nonchalance réelle et enfantine, la présence de l’écrin de laine sur la main de son amie ne lui avait pas échappé. Ce simple détail avait eu pour effet de lui réchauffer le cœur, la jeune sorcière prenait soin des cadeaux qu’elle lui avait fait l’année passée, tout comme le fameux ruban de satin bleu avait encore élu domicile dans sa chevelure dorée. Noué avec soin à une barrette sans fioriture, à l’abris sous son couvre-chef de mohair rose pale. Symbole irremplaçable de son affection pour l’autre jeune fille.

Avançant avec prudence vers la petite porte de plastique ouverte, Elhiya cherchait son équilibre, serrant fortement la main qu’elle tenait à chaque fois que fébrile, le sol la rappelait à lui. Hésitante mais gorgée de l’impatience caractéristique de son âge, son pied foula timidement le glace déjà rayée de multiples passage. Elle avait lâché la main d’Eurydice pour se laisser glisser le long de la rambarde, les doigts agrippée dessus pour ne pas rester sur le passage, sur tirant avec ses bras pour se déplacer. La sensation était étrange, légère, agréable. Il suffisait de se laisser glisser dans un premier temps. De se laisser guider, de lâcher prise…  D’abandonner sa rambarde de sécurité.

D’un regard pétillant de malice posé sur son amie, Elhiya avait levé les bras, repliant ses coudes vers elle, tentant de… de faire quelque pas gracieux ..


« Bon j’y vais.. »

Avec pour seul élan la petite propulsion qu’elle avait donné sur le rebord la blonde avança tranquillement en ce marrant, s’adressant, sur le ton des plus enjoués, à Eurydice sans voir où elle était

« Gniiiiii c’est marrant, ça fait quasi tout tout seul ! »

Avoir 14ans ne signifiait pas que l’enfant s’était déjà étouffé, offrant une multitude de petits plaisirs simples
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Re: Un Chantier

Message par : Eurydice Wildsmith, Dim 24 Sep - 18:46


Eurydice assistait à l'envol de ce qui allait devenir sa patineuse préférée. Loin d'être rassurée, elle se tenait tout près d'elle prête à être aussi chevaleresque que possible. L'image était assez hilarante. Elle se mordillait les lèvres, signe d'une légère inquiétude. Elle était certaine que si elle devait être quelqu'un tout droit sorti d'un conte de fée, elle aurait été le prince, non pas la princesse. Cela allait de soi. Elle n'avait jamais eu besoin de personne pour la relever. La belle s'était essuyée la boue du menton toute seule. Et toutes ses larmes. Enfouies à vingt mille lieux sous terre.

« Je te préviens, t'as pas intérêt à te rompre la nuque ou n'importe quel os. Je ne sais pas transplaner » répondit-elle en l'aidant à se relever tout en bougonnant gentiment. L'hôpital Sainte Mangouste où travaillait son père n'était pas ce qu'il y avait de plus près. Et elle n'avait pas une once d'envie de le déranger.
Mais Son rire résonnait tranquillement et propageait un fourmillement de bonheur chez la brune. Elle n'était pas toujours honnête avec elle-même mais elle s'efforçait petit à petit de se dévoiler à cette autre qui lui avait volé un bout d'âme.

Face à son engouement, elle ne put qu’acquiescer. Les lapins étaient dotés d'adorables truffes, prêtes à faire craquer n'importe quel enfant. Ce n'était pas le cas de la demoiselle. "Mignon" ne faisait pas parti de son vocabulaire. Néanmoins, toute la naïveté de la blondinette qui commençait pourtant à grandir l'apaisait et la terrifiait à la fois. Douceurs de l'adolescence.

Elle se demandait si celle-ci pourrait accepter sa part sombre, si elle serait dégoûtée de voir ce qu'elle faisait aux poupées. Elle en avait possédées beaucoup trop. C'était irrépressible. Tous ses entrelacs. Ses gestes la calmaient. Délicieusement.

« Tu vois que ça m'arrive d'avoir des bonnes idées. » Loin d'être moroses. Surtout quand elle voyait à quel point Elhiya illuminait autour d'elle. Quand elles étaient ensemble, l'Anglaise n'avait besoin de personne d'autre. Elle s'élança à sa suite dans une série de pas vifs, décrivant un petit cercle sur elle-même. Cela lui donnait un léger tournis même si c'était celui de l'exaltation. Elle se sentait renouer avec la glace, avec la nature bien que le décor soit factice. Il n'y avait qu'à lever les yeux pour apercevoir un morceau de ciel bleu qui lui donnait vraiment envie de vivre.

Elle se souvenait de toutes ses fois où elle avait voulu jouer à la professionnelle, à l'artiste, du bruit que ses patins faisaient quand ils crissaient sur la glace dans une impulsion magnifique avant de retomber brutalement. Toutes ces chutes. Tous ces bleus qui viraient au violets. Des engueulades à table, toute prête à lui asséner qu'elle avait des jeux trop dangereux à son âge. Elle s'était sentie prisonnière de cette bulle superficielle.

Un sourire fleurit sur ses lèvres tandis qu'elle continuait à observer Elhiya évoluer. Il fallait enterrer le passé.
« Au fait ça me fait penser, tu te rappelles quand j'étais tombée dans le lac en faisant la folle dans l'arbre juste à côté ? J'ai cru que t'allais t'évanouir » plaisanta t-elle en lui lançant un regard brillant.
C'était lors d'une de ses parties d'escalades un peu trop mouvementées. Son pied avait glissé de la branche et en quelques secondes elle s'était retrouvée trempée. Par le plus grand des hasards, Elhiya passait par là mais cela n'avait pas freiné l'ascension de la belle. Son expression était exquise parce qu'en une fraction, la britannique avait vu la cristallisation de ses sentiments. Elle s'était sentie aimée. Cela avait explosé dans son cœur malgré tout le boucan qu'elle avait pu faire. Il n'y avait pas eu de cris brisant cette image.

Elle lâcha sa main et slaloma autour d'Elia en se laissant porter par la vitesse s'échauffant doucement. Le bruit des coups répétés avait ce rythme lancinant qui n'appartenait qu'à cet endroit, couvrant toute la nuisance sonore des bouches inconnus autour des deux jeunes filles. Si son corps ne lui avait pas tant apporté de souffrances, elle aurait aimé pouvoir imaginer cette nudité fusionnante à la glace dans une danse endiablée. Elle n'aimait plus celui-ci, qui changeait à vue d'oeil, sans l'attendre.
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Re: Un Chantier

Message par : Elhiya Ellis, Mar 26 Sep - 15:28




La danse hésitante d"un flocon de neige


Un souvenir, une caresse de l’esprit, un effleurement proche du cœur, un sourire faiblement esquissé. Les chutes de la brunette se faisaient plus fréquentes qu’Elhiya aurait voulu, la faisant frémir et trembler à chaque bruit d’impact, empoignant son palpitant sournoisement, nourrissant ses craintes et ses peur d’enfant. Des genoux écorchés, des mains égratignées, des bosses et des bleus, rien de bien grave en surface, mais tellement effrayants quand ils étaient sur une bouille qu’on voulait voir sourire continuellement. Avec discrétion et douceur, la blonde essayer de taire ses désirs de protection qui entourait l’autre enfant. Les laisser parler risquait de l’étouffer, de la noyer. Alors calmement, silencieusement, elle avait appris à dompter ces doses d’adrénaline qui la parcourrait à chaque petit accident. Un doux sourire venait prendre place sur son visage dans ces moments, accueillant la blessure avec le plus de douceur possible, ne voyant comment agir autrement.

Et c’était toujours cette même tendresse qui s’exprimait en compagnie de la jeune anglaise. Elle lui avait souri à l’évocation de ce moment mouillé, cherchant son équilibre sur la glace ennemie en baissant les bras, s’accoutumant peu à peu à la sensation étrange de perte de prise. D’une petite pression du pied droit, Elhiya tentait de suivre la brunette pour lui parler, pointe d’amusement dans la voix


« Ne t’en fais pas, je crois que je vais pouvoir te rendre la pareille aujourd hui, si je ne tombe pas au moins 100 fois alors t’as du boooooool »

Equilibre fragile, attraction terrestre trop important, Elhiya avait atterrit sur son postérieur en rigolant, levant le nez sur son amie qui n’allait pas tarder à s’enquérir de son état. La seule douleur était celle du contact surprenant de la glace sur son pantalon. Rien de plus. Dans une tentative désespérée de se relever, Elhiya avait glissée sur le côté, pouffant doucement de rire. Elle, capable de trébucher juste dans les couloirs de l’école en bavassant, dans le parc de pré-au-lard en butant dans un caillou, ne risquait pas de finir patineuse de renom. En tout cas cette activité moldue avait au moins le mérite d’être amusante pour le moment.

Se marrant bêtement car elle n’arrivait pas à se relever, la blondinette, insouciante, avait levé sur sa protectrice du jour un regard pétillant d’un amusement palpable. Reste d’enfance qui filait à une vitesse effrénée… Moment béni où rien d’autre que le sourire de l’autre, ses rires, ses joies ne comptaient... Doux nouveau souvenir en pleine construction qui sera chéri chaque hiver à la construction de cette patinoire…

La brulure sur ses doigts à nus n’avait rien de terrible, au contraire la peau changeait de couleur donnant l’impression que les animaux en laine avait tenter de grignoter leur propriétaire. Détail désuet sauf pour la gamine qu’elle était. Vision étriquée, composée uniquement de ce qui lui importait uniquement et qui la faisait sourire. Glissant sur les fesse jusqu’au bord de la rambarde, elle avait levé la main vers Eurydice en rigolant


« Verdict : les lapins en laine ca protège rien du tout ! »

Un peu de légèreté encore permise à leur age. Elhiya fini par se relever, s’accrochant au rebord de bois, fière comme jamais, prête à conquérir à nouveau ce sol capricieux

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Re: Un Chantier

Message par : Eurydice Wildsmith, Mer 27 Sep - 21:31


Elle avait cette impression qu'elle devenait de plus en plus à l'aise sur la glace. L'enchantement commençait à opérer. La britannique chassa vite l'inquiétude sur ses traits. Elle ne serait pas déraisonnable, ni trop protectrice. Elle ne désirait pas qu'Elhiya apprenne aussi vite qu'elle à avoir mal. Sourde innocence.
« Je serais toujours là pour te rattraper alors. »

« Tiens j'ai une idée. Prends mes mains et essaie de patiner vers l'avant. Normalement si tout se passe bien, je patinerai en arrière. J'y arrive seule mais l'occasion est trop tentante. Avec toi.
Je ne te laisserai pas passer ta vie à genoux.
Mademoiselle ? »
dit-elle avec un beau sourire solennel tout en ouvrant sa paume. Elle avait prononcé son dernier mot d'un français suave, teinté à l'anglaise. Ce n'était que les prémices, des petits gargouillis de la bouche. Néanmoins, le français avait su la séduire. C'était son premier coup de cœur.

Le premier livre qu'elle avait lu, dans une lente et laborieuse lecture française, était justement le Petit Prince offert l'année précédente. A partir de ce moment, elle avait ardemment brûlé d'envie de se transformer en une rose. Fragile. Piquante.
Mais surtout, elle possédait l'amour inconditionnel de cet être. Elle ne saurait mourir et quand bien même cela arriverait, le chagrin, le souvenir déchirant la maintiendrait en vie comme si la mort n'avait pas de prise. Cet ouvrage avait su créer le manque dévorant d'années en années. Elle allait se consumer, arrachant ses plumes ensanglantées à chaque déception. Elle allait apprendre à vivre.

« Ce serait dommage d'abîmer tes mains. Elles sont vraiment précieuses. »
Saisissant les doigts de la blondinette, elle se mit à souffler doucement dessus pour les réchauffer. Ils étaient tendrement glacés. Un petit nuage se forma, sortant de sa bouche.

Parce que si elles te font mal, je ne pourrais plus les serrer dans les miennes. Je ne ressentirais plus la chaleur de celle-ci. Enfin, même avec toutes tes rugosités, tes coupures, je les aimerais, parce que ce sont les tiennes. Et je ne pourrais me lasser de les bander et de soigner tes blessures.
Eurydice fut envahi par cette plénitude. Elle débordait d'Elia'.

Elle ne s'imaginait pas une vie sans ses mains. Si c'est bien un sens qui la plongerait dans l'obscurité, c'était bien de perdre le toucher, de ne plus pouvoir grimper, caresser et pratiquer la botanique. Ce serait bien plus brutal que de ne plus pouvoir parler, de ne plus pouvoir entendre ou que le monde s'évanouisse sous ses yeux. Elle ne vivrait cette expérience que plus tard, proie d'un drôle de gryffondor. Sacrifiée.

« Y'a un autre sport moldu qui te fait rêver ? Je t'avoue que je les aime pas trop en général. * pas que j'aime beaucoup de monde en général. Belle ironie *Mais faut voir, ils font quand même des trucs parfaits pour s'amuser. N'est-ce-pas ? »
Elle n'avait jamais osé avouer son dégoût des moldus ne connaissant pas la position de la belle. Elle espérait qu'elle n'essaierait pas de la convaincre à tout prix, d'aimer son prochain. Elle n'avait pas ce genre de persévérance pour les gens inutiles. Elle ne distribuait son attention qu'à une poignée de personnes et passait son temps à fuir les endroits bondés. C'était une nécessité.
L'estime des sorciers résidait dans le bonheur de la magie. Elle s'émerveillait encore facilement. La magie n'éteignait pas la lumière mais la ravivait. Chaque jour, c'était extraordinaire de se réveiller près de sa baguette.
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Re: Un Chantier

Message par : Elhiya Ellis, Ven 29 Sep - 17:03




La danse hésitante d"un flocon de neige


Promesse soufflée innocemment qui n’était pas passée inaperçue. La blonde l’avait accueilli d’un sourire timide sans oser prononcer les quelques mots que portait son cœur. Un simple « moi aussi ; Hier, aujourd’hui, demain, qu’importe les circonstances et les situations, je serai toujours là ». Elle n’avait fait que se vêtir de son habituelle douceur en sa présence, lui attrapant les mains alors que d’un mot prononcé en français son amie lui proposait un nouvel essai sur la glace.

S’en remettre à son savoir-faire, était aussi simple que lui proposer d’aller manger un biscuit. Elle la suivrait les yeux fermés désormais. Le constat s’était fait limpide lors des dernières fêtes de fin d’année. Elle avait voulu lui offrir un monde différent, un de ceux ou deux gamines pouvaient se laisser aller à leurs rêveries dans un grenier aménagé rien que pour leur bonheur. Dans ce monde son sourire illuminait continuellement son visage aux joues rebondies, pendant que les ombres qu’elle lui cachait disparaissaient tout naturellement. Dans ce monde rien ne venait ternir leur ciel azur, les nuages prenaient les formes des plus grands animaux majestueux, les étoiles dansaient avec elles, illuminant leur pas dans la nuit. Dans ce monde la morsure du froid n’était que caresse, et la chaleur du feu, pur étreinte. Mais ce monde mourrait lentement face à la réalité qui les entourait. Ce monde n’était que dans son esprit, il vivait, vibrant dans ses rêves, ne pouvant passer la barrière du réel. Si elle avait pu utiliser sa magie pour faire de ce monde leur quotidien elle l’aurait fait, elle, la gamine qui ne voulait pas se laisser atteindre par quiconque. Elle, l’enfant égoïste qui enserrait avec tendresse les doigts de cette file qui incarnait la douceur à ses yeux.

D’un hochement affirmatif de tête, la blondinette s’était lancée. Aveuglement confiante, même si le seul danger n’était que des genoux écorchés et des doigts blessés. L’anglaise aurait pu lui demander de sauter, tant que c’était avec elle, Elhiya ne connaissait qu’une seule réponse valable : l’acceptation. Tant d’ébauche d’un caractère si fusionnel et si complet qui grandissait dans le cœur de la blonde à chaque moment partagé avec cette amie. La peur de la perdre avait pointé le bout de son nez, bien plus fort que la peur de l’étouffer d’un regard constant empli d’affection. La peur, de la faire fuir si elle avouait qu’elle tenait à elle, l’enveloppait dans une cape de retenue la forçant au silence face à certaines paroles prononcées.

Aussi, ses prunelles claires l’avaient regardée prodiguer la chaleur de son être d’un simple souffle de vie. Un simple pouffement de rire pour réponse, la dérision et l’humour comme moyen de garder à distance cette amitié qui lui était si chère. Seule arme existante et valable. Bien meilleure que le mépris et la froideur destinées aux inconnus qui polluaient ce monde, le rendant trop brutal. Peu d’êtres humains arrivait à trouver grâce à ses yeux, même à ce jeune âge, l’hypocrisie ambiante l’excédait, les faux semblants l’irritaient, la superficialité devait être tuée dans l’œuf…. Et surtout, elle aurait voulu en protéger Eurydice. Que sa douce aura chaleureuse ne soit pas souillée par ce genre de bêtises, qu’elle puisse rayonner de son plus bel éclat éternellement… naïveté d’enfant.

Plus tard, Elhiya comprendrait quel était ce masque de tromperie que certains portait, mais à l’instant présent, sur ces patins à glace, tout ce qui lui importait c’était le regard que la jeune fille posait sur elle, le temps qu’elle lui offrait, rien qu’à elle. Elle s’était laissé porter par les mouvements d’Eurydice, regardant ses pieds, pour essayer de faire comme elle et ne pas tomber une nouvelle fois, préférant ne pas lever les yeux à ses questions, dodelinant doucement de la tête pour y répondre


« Je ne sais pas trop, je ne suis pas vraiment sportive comme tu as pu le remarquer »

Elle avait ri doucement et avait posé ses yeux un peu trop brutalement sur la jeune fille qui lui tenait les main, manquant de les faire chuter toutes les deux avant de pouffer de plus belle. Ses mains s’étaient agrippées si fort qu’elle avait dû lui écraser un ou deux doigts, mais elles étaient encore debout

" Ho pardon..  Me fait pas rire, sinon on va pas faire long feu sur la glace. Mais oui y’a pas mal de truc loin de nos robes ternes et nos baguettes, j’aime beaucoup. J’ai toujours préféré pour tout dire."

Ca n’avait jamais été un secret, le monde des sorciers ne lui plaisait pas. Cette façon de devoir se dissimuler, se cacher, mentir, prétendre être meilleur…  C’était tellement loin de ce qu’elle était comme enfant. Et pourtant on lui demander d’accepter ce genre de précepte naturellement



Dernière édition par Elhiya Ellis le Mar 3 Oct - 9:17, édité 1 fois (Raison : rajout de l'en-tête)
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Re: Un Chantier

Message par : Eurydice Wildsmith, Dim 1 Oct - 19:03


La danse commença alors à tâtons, avec le charme infernale d'Elhiya, son bonnet et son adresse, digne d'un pingouin miniature découvrant le monde. Eurydice aimait son tempérament. Elle essayait toujours qu'importe les risques, qu'importe l'endroit. Elle n'avait pas cette peur viscéral de l'échec, enchaînée à sa colonne vertébrale, comprimant sa poitrine. Elle n'avait pas la lueur perfide au fond de ses prunelles. Elle ne possédait pas ce désir de tout contrôler et se laisser entraîner par la folie de leur âge.

Elle s'en était petit à petit rendue compte quand des détails infimes l'irritaient ou encore quand des horaires changeaient subitement, au dernier moment. Tout était chamboulé. Elle en ressentait une extrême frustration qu'elle n'évacuait pas. Il ne fallait pas faire de vagues à la surface de l'eau, ne pas attirer l'attention de ces imbéc*les heureux. Toutes ces minuscules ridules la poussaient au bord du précipice. Elle préférait les choses claires, franches, qui ne s’embarrassent pas comme des vagues s'écrasant brutalement contre les parois de la falaise. Tranchantes. C'est pourquoi il lui arrivait de se réfugier en haut d'un arbre et d'aspirer de l'air.

« Moi non plus je t'avoue, mais comme tu as l'air d'apprécier, je me disais qu'on pourrait tenter pleins de nouvelles expériences et en profiter.
Tu te débrouilles très bien »
ajouta t-elle plus doucement, les pommettes rougissantes.
qu'ils servent au moins à ça ces fichus moldus, à te donner des tas de sourire, comme celui ci
L'engouement était peut-être contagieux. Il prenait racine dans son corps, juste pour cette journée, juste pour ces quelques heures d'évasion en compagnie de la blondinette. Elle préférait ne pas penser à après tout en secouant ses épaules.

"Je suis en train d'inventer une nouvelle danse." dit-elle en plaisantant.

Soudain, elles dérivèrent sur la glace, toutes les deux crispées, dans un même mouvement maladroit qui avait le don de faire palpiter son cœur pendant quelques secondes. De peur. De joie. Un sourire s'imprimant sur son visage. Une légère douleur enflamma ses doigts mais cela importait peu. La souffrance n'était rien comparée aux blessures infligées à l'âme. Celles-là hantent.

C'est sa première amie. Sa première confidente. Le premier témoin de sa colère contenu derrière la dame de glace. Tu fais toujours fondre la glace et tu mets ta main brûlante au fond de mon cœur... C'est comme se  rappeler la douceur des rayons de soleil sur la peau....Mais regarde, je commence déjà à pourrir de l'intérieur... Que de répugnantes prémices.... Un éclair obscurcissait toujours son horizon.

La britannique ne pouvait tout simplement pas. Elle ne pouvait pas se déshabiller, montrer sa face hideuse. C'était une fleur qui devait éclore la nuit, éclairée faiblement par les étoiles, dans un silence absolu. Elle ne se sentait pas prête. Tous ses mots étaient pourtant les plus vrais qu'elle n'ait jamais dit à qui que soit. Ils avaient une drôle de profondeur aux accents de l'enfance. Elle s'entortillait autour d'elle, ronce sans épines car elle ne survivrait pas à un second abandon. Quelque chose s'était scellée dans ces moments innocents. Sur une même longueur d'ondes. Les premières fois ont ce fragment particulier qui sont immuables. Petit soupir perdu dans la glace.

« ça te dit d'aller boire un chocolat après ? J'ai vu qu'ils en vendaient au stand là-bas. Tu pourrais me parler un peu de ta famille si tu veux. »
continua t-elle. Elle était bien décidée à en apprendre plus sur la famille dont elle ne parlait pas souvent. Elles avaient eu beaucoup trop d'autres sujets à épuiser.
Elle pouvait presque voir le pétillement sur son visage. Il n'y a pas d'âge pour apprécier les petites choses qui parsèment le quotidien. Ce simple geste lui évoquait tout un tas de souvenirs qui lui échauffait l'être, dans un léger tintement tendre.
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Message par : Elhiya Ellis, Mar 3 Oct - 10:12




La danse hésitante d"un flocon de neige


Tenter de nouvelles expériences, profiter de la présence de sa douce Verte, un programme auquel il était impossible de dire non. D’un sourire lumineux, d’un hochement de tête, la blonde avait acquiescé sans hésitant. Si elle n’avait pas déjà ses mains dans le siennes, elle lui aurait bien sauté au cou, déjà bien trop empressée de s’imaginer tout ce qui pouvait s’offrir à elles. Des balades en musées, aux fêtes foraines, en passant le cinéma qu’elle occupait rarement, et les zoos. Oh oui le zoo magique ou celui moldu immense qu’abritait Londres. La blonde pourrait dessiner des heures durant, que ce soit les animaux ou tout simplement les commissures retroussées des lèvres de la belle adolescente avec elle. Oui, c’était ce qu’elle mourrait d’envie de faire maintenant, dès que le soleil serait suffisamment haut dans le ciel pour les envelopper de sa chaleur

« Dès qu’il fait beau, on ira au zoo, celui où les animaux évoluent en plein air. Les prisons sont toujours présentes, mais très discrètes. Comme ça ton beau sourire ne se fanera pas trop, et je pourrai essayer d’en faire une esquisse à l’aquarelle si tu veux bien… »

Jusqu’à présent, Elhiya n’avait jamais osé demander à sa tendre amie de jouer les modèles. Jugeant qu’elle n’était pas assez douée, s’entrainant le soir sous sa couette, ou la nuit sur les balcons avec pour seul juge la lune blafarde. Les doigts colorés avaient maintes fois étaient mis à l’épreuve depuis ces dernières années. Son coup de crayon avait progressé sans être devenu exceptionnel, la jeunesse nécessitant encore des heures de pratiques et d’essai. Mais avec un sujet aussi merveilleux à ses yeux, ses essais ne pouvaient que rayonner également. Pourtant, elle avait besoin de son accord, de savoir qu’elle ne serait pas gênée d’avoir ses prunelles azures fixées sur ses joues rebondies et ses lèvres charnues pendant des heures. Le regard insistant et appuyé d’une dessinatrice pouvait parfois paraitre trop intrusif.

Le compliment n’était pas passé à la trappe malgré le revirement de sujet. La blondinette avait souri de plus belle, s’appliquant à suivre leur dance légère, appréciant ce vent frais dans ses cheveux, la chaleur de leurs doigts mêlés, ignorant la dérive de leur pas, pouffant à la plaisanterie. La rambarde s’était éloignée, abandonnant les deux enfants à leur faible témérité. Légère crispation, déambuler sans quoi se raccrocher avait un gout acide de liberté, de dangereuse sensation que la piste leur appartenait, qu’il suffisait de se lancer pour qu’on leur laisse la place. Fermer les yeux, glisser, tressaillir, perdre l’équilibre, enserrer sa prise trop fortement… Vivre tout simplement… En un petit éclat derire, Elhiya avait reposé ses opales malicieuses sur l’anglaise et son regard terni une nouvelle fois.

Son impuissance la frappait de nouveau devant cette ombre qui zébrait les iris de sa belle sorcière. Les mots n’avaient aucune utilité, aussi, avait elle apprit à n’être qu’une simple spectatrice à ces secrets inconnus et à sourire avec douceur. Sa joie de vivre, son pétillement offert qu’à peu de personne était la seule arme qu’elle pouvait abattre à l’heure actuelle. Elle avait ri, lui offrant son insouciance et sa naïveté, lui donnant tout ce qu’elle était, tout ce qu’elle voulait qu’elle soit, tout ce qu’elle serait pour elle… Aussi, sans poser de question, elle avait opiné du bonnet, secouant un peu trop vivement la tête, à la proposition, manquant de les faire chuter de nouveau.


« Oh oui, avec pleiiiiin de chantilly. Et peut-être même qu’ils mettront des étoiles en chocolat blanc au-dessus ! »

Le sucre, réconfort éternel. Point de ralliement doucereux, promesse d’un autre agréable moment, cette journée s’approchait de la perfection. Si les deux filles avaient pu éviter d’avoir à rentrer chez les parents d’Elhiya ça aurait été le cas. Mais le jeune âge avait des obligations et arrachait une grimace à la blondinette

« Ma famille ? Mais que veux-tu savoir ? »

Questionnement étrange




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Message par : Eurydice Wildsmith, Jeu 5 Oct - 20:00


LA de la blondinette

Eurydice écoutait les mots qui s'envolaient de sa bouche, babillages adorables qui lui provoquaient des ondes positives.
« Excellente idée ! Je n'y suis jamais allée... Et j'ai hâte de découvrir des animaux moldus. J'ai jamais vu de girafes en vrai par exemple. » poursuivit-elle avec une moue purement scientifique et une traînée d'excitation sous jacente. La Nature, les animaux, tout cela était assez fascinant pour l'occuper toute une vie. Elle s'y adonnait à cœur joie lors de ces intervalles perdues.

Il y avait aussi ce charmant théâtre non loin de chez elle, dont la devanture drapée de rideaux rouges agressait les yeux des passants. Il fallait qu'elle l'y emmène un jour. Elle était devenue amatrice de l'art par toutes les tragédies qui lui avaient broyé le cœur. Elle s'asseyait alors dans une salle, remplie de chuchotements, et quand le rideau se levait ; elle n'était plus là.
« Je pourrais poser des heures pour toi madame l'artiste même si je dois attraper une crampe »

La gamine était de celle qui considère que la valeur résidait dans les regards des gens. Elle n'aimait pas que l'on pénètre par la grande entrée sans y être invitée. Elle avait bien passé des heures à l'envier de loin, en retour ses mirettes ne pourraient pas être aussi insidieuses en comparaison. Elhiya l'avait ouverte au monde auquel elle était en train de tourner le dos. Quoi que les dos étaient magnifiques. Elle aurait pu s'attarder sur la courbe des épaules, descendre le long d'une colonne vertébrale, caresser le creux des reins. Ce n'étaient que des fantasmes.

La belle n'avait plus aussi peur de grandir dans un avenir où elle était persuadée qu'Elhiya serait. Cela ne pouvait en être autrement. Elle ne pensait même pas à la mort, aux accidents de la vie car cela allait de soi. A quoi servait la magie si les gens disparaissaient autour d'elle ? Cela ne lui heurtait pas encore l'esprit. Une certitude grandissait en elle. Si la jalousie, la rancœur pouvaient la détruire, l’indicible amour platonique qu'elle ressentait, scellé son destin au sien. Elle était toutes ses premières fois en amitié. Première sortie. Première dispute. Premier modèle.
Je veux des tas de souvenirs avec toi.
Pas de ceux qui se perdent dans l'obscurité et le chaos des villes, mais de ceux qui frôlent l'âme, qui surgissent au détour d'une pensée oubliée.

Elle était très émue pour pas grand chose et se remémora quelque chose avant de reprendre la parole.

Si son amie peignait parfois en silence, sur les balcons, la brunette se faisait voyeuse et se laissait choir à une distance raisonnable. Par respect. La lune baignait sa tête et ses cheveux paraissaient argentés. C'était une lumière incroyable qui sans avoir le feu du soleil produisait la douceur d'un songe d'hiver. Quelques battements s'égaraient et la nuit s'étirait.
De son côté, elle plongeait son nez dans des bouquins jaunis par le temps. C'était un des silences les plus mélodieux de la Terre ponctué par le bruit des gouttes d'eau qui tombent ça et là. Elle la regardait à la dérobée quand les mots lui vrillaient les yeux, certaine d'y voir la concentration de celle qui imagine, qui s'applique vaillamment. Tout.
Elle aurait du sûrement lui dire, qu'elle l'avait vu devant un chevalet mais elle n'osait pas lui avouer, que tout s'évanouisse, que la blondinette ait peur de recommencer. C'était son petit secret.

« S'ils font ça, je les tue. Chocolat noir ou rien. » répondit-elle espiègle. Dès son plus jeune âge, c'était une puriste du chocolat. Il n'y avait pas de place aux faux chocolats, aux usurpateurs. Cela l'avait sauvée des angoisses enfantines, des abandons répétés. Le sucre avait était son exutoire. Elle n'avait plus besoin de crier, seulement de savourer.
En fait, elle aurait pu picorer des étoiles de chocolat blanc rien que pour voir l'expression faussement horrifiée qu'Elhiya aurait arboré mais sa timidité ne lui permettait pas encore ces folies de l'âge adulte qui allait suivre.

« Bah comment ça se passe chez vous, le genre de choses que vous faîtes ensemble. On n'en parle jamais de ta famille et je compte bien te connaître Elia'. Entièrement » ajouta t-elle précipitamment en rougissant et en se mordant la langue. C'était peut-être trop indiscret. Sa question était-elle personnelle ? Indécente ? Elle ne savait pas ce que cela pouvait signifier pour elle et ce qu'elle était prête à partager. L'Anglaise n'étalait jamais non plus ce pan de sa vie et la connaissance d'Elia devait se résumer à ce qu'elle avait lâché lors du réveillon de Noël de l'année dernière.Sa main était restée dans la sienne, entrelacée sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte.
Il ne fallait pas lui en vouloir de se rassasier dans le bonheur des autres.
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Re: Un Chantier

Message par : Elhiya Ellis, Mar 10 Oct - 9:52




La danse hésitante d"un flocon de neige


Par e que amour
Parce que
♫♫

Un zoo, elle avait accepté. Des heures avec elle, juste elle. Avec son sourire, son regard pétillant de joie, les lignes de ses joues rebondies, le parfum de ses cheveux. Tout ça juste pour elle. Elle seule. Douce promesse d’un temps futur pour lequel elle se damnerait. Ses doigts dans les siens, s’étaient faiblement serrés à cette annonce, l’euphorie contenue pour ne pas paraitre trop empressée. Mais ses joues s’étaient parées de roses, dont elle prétexterait provenir de la brise fraiche, à son accord. Un modèle des plus précieux nourrirait bientôt ses encres avides et colorées, découpant chacune de ses délicates forme de son visage, le moindre cil gracieux tombant ses opales éclatantes. Le temps paraissait long d’ici là. Chaque crayon serait choisi avec soin, le support serait sélection avec la plus grande attention, et son impatience, grandirai à chaque seconde la rapprochant de ce moment volé au temps.

Elles composeraient à nouveau un monde où rien d’autre qu’elles ne pouvaient exister. Un lieu irremplaçable dans les souvenirs d’enfance que la blonde se composaient. Au détour d’une glace, d’un grain de maïs soufflé, les lèvres s’ourleraient, généreuses, lumineuses, rendant le soleil et les être qui les entouraient d’une pale inconsistance. Au milieu des créatures exposées, une seule illuminerait la ville, dépossédant les autres de tout intérêt, comme toujours. Comme depuis qu’elle avait mis un pied dans sa vie de gamine égoïste et indépendante. Comme depuis qu’elle lui avait dépeint la vie avec une nouvelle palette de couleur pastel. Légère, douce, piquante, acidulée, brulante, un arc-en-ciel à mille facette rien qu’à elle..

La jeune fille prenait conscience peu à peu que ces deux lignes gelées, protégées à peine par un baume fruité, devenaient ce qu’elle avait de plus cher à protéger. Maintenant et plus tard… Délicieuse ébauche d’une affection grandissante. Exclusive, intrusive, débordante, tous ces sentiments muets qui la composaient silencieusement, en secret, à chacun de leurs gestes partagés. L’apprentissage de l’adolescence se nourrissait de ces petits détails, de ces instants si rares, lui apprenant à s’ouvrir lentement à cette jeune femme sensible qu’elle deviendrait. Petite feuille d’olivier* en pleine expansion, grandissant fébrilement sous le soleil timide de la brunette.

Les prunelles flanquées dans celle de son amie, Elhiya se perdait à vouloir la faire devenir son astre de jour, ou celui de nuit, à graviter autour d’elle comme une étoile discrète, brulant à plusieurs kilomètres pour ne pas l’étouffer, juste pour l’observer plus longtemps. Pour apprendre à connaitre par cœur ses courbes gracieuses, pour savoir  la peindre rien qu’en fermant les yeux, pour la graver dans son esprit dans chacune de ses expressions délicieuses. Pour réussir à reproduire ce scintillement espiègle crée par l’affront de petits vermicelles de chocolat blanc sur une montagne de chantilly.

Elle avait ri à cette exclamation, s’imaginant la bouille de la jeune fille horrifiée devant un préjudice culinaire de la part d’un pauvre vendeur qui aurait voulu faire plaisir aux deux gamines en optant pour plus de douceur au profit de l amertume du chocolat noir. D’un petit dodelinement de tête, Elhiya avait chuchoté sur un air de confession


« Alors je nettoierai ces petits astres nocturnes d’un coup de cuillère salvateur, et les sacrifierai au plaisir de mon estomac »

D’un clin d’œil amusé, elle avait tenté de les faire glisser vers la porte extérieurs, délivrant ses jambes flageottantes et sa témérité bien ébréchée. Se concentrant plus sur leur trajet que sur la requête de sa jeune instructrice, Elhiya avait haussé les épaules machinalement. Elle ne savait pas quoi dire concernant sa famille. Elle supposait juste que toutes les familles étaient plus ou moins les même, avec des secrets, des non-dit, des idées ridicules et stupides.

« Ho bah, je connais que la famille du coté de mon père, j’ignore pourquoi, on ne m’a jamais fourni d’explication, juste des excuses vaseuses. Ils ont tendance à être entérinés dans les vieilles traditions de sang-pur, mais mes parents font des efforts comme tu as pu le voir. Etre fille unique ça a quand même des avantages au final. Mon amie d’enfance moldu est même partiellement acceptée »

C’était une grande fierté pour la blondinette. Pouvoir reléguer un monde magique au placard sans que ses parents n’en viennent à hurler comme ils avaient pu le faire par le passé. Ses dons magiques, elle n’en avait jamais voulu, son éducation à Poudlard non plus, aussi, s’étaient-ils fait plus conciliants la voyant évoluer doucement dans ce qu’ils estimaient être correct pour une gamine de sa lignée. Pourtant, leurs activités n’avaient jamais réellement changé, jamais ils n’avaient voulu s’adonner à des activités du genre, préférant laisser ce genre de découverte se faire auprès de personnes plus compétentes.

Les ramenant très lentement vers la rambarde, ses yeux avaient glissé sur sa Verte et Argent, lui souriant faiblement en se raccrochant au rebord


« Je pense qu’on fait tout le monde après. Ma mère adore cuisiner, comme tu le sais, du coup, on fait parfois des biscuits ensemble. Mon père lui essaye de m’impliquer à ses fabrications de potions et onguents, puis on va souvent voir les grands-mère histoire vérifier que depuis leur plus grand âge elles ne radotent pas trop ? Pas toi ? »

Question innocente, bien qu’Eurydice ne semblait pas vraiment parler de ce qui composait son monde familiale, Elhiya avait retourné naturellement l’interrogation, naïvement


*En grec moderne, « Ελι?(élia) » signifie « olive »  
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Re: Un Chantier

Message par : Eurydice Wildsmith, Jeu 12 Oct - 19:24


HRPG:
 

Une pression anodine s'exerça. Eurydice ne sut les réelles intentions. Avait-elle peur de tomber ? Elle ne lisait pas tous les messages, n'en saisissait pas toutes les subtilités à son âge. Alors, elle continua simplement à la surveiller discrètement. C'est ce qu'elle savait faire de mieux.

« Oh je ne doute pas de l'immense sacrifice que tu feras pour moi » répondit-elle espiègle.

Elles partageaient des moments de gourmandise, qui venaient ponctuer leurs échanges avec délice. Il ne fallait qu'une petite pluie d'étoile dans un sombre liquide brun. Ce n'était que pure magie où le sol pouvait bien s'effondrait, où le ciel pouvait bien se déchirer.
Pour l'instant, Elhiya semblait un peu fatiguée malgré un rire éclatant. Elles se dirigeaient doucement vers l'objet de sa convoitise, frémissement des papilles. Décollage imminent.

« ah oui c'est vrai Luna... »
L'étincelle entre les deux brunes n'était jamais arrivée, comme un écart irrémédiable. Pourtant, elles étaient liées à tout jamais par la blondinette comme sur un pont imaginaire où elles se croiseraient.
Elle ne supportait pas les grands yeux pleins d'espoir des moldus. Cela lui comprimait le cœur, l'empêcher de respirer.

La brune continuait d'hocher la tête en écoutant les précieuses informations sur sa famille. Des sang-purs. Elle imaginait un fluide d'un rouge enivrant, circulant dans ses veines. Une image forte balayant la réalité. Tout le monde avait le même, mais savoir d'où l'on vient n'est pas un acquis. Elle ne savait pas encore que son origine n'était qu'une vaste mascarade, que sa naissance avait été bousculé.
Des avantages ? Elle avait rêvé toute son enfance d'une compagne de jeu sautillant près d'elle, grimpant aux arbres, l'arrachant à ses pensées... Court-circuit.
Elle décida encore cette fois de sauter dans la flaque d'eau pour que des milliers de gouttes s'éparpillent car sa compagne méritait ces bribes racontant sa vie. Elle avait tout à perdre mais beaucoup à gagner.

« Il faudra que je passe dans la boutique de ton père un jour. Je suis très sensible à toutes les odeurs. »

Elle retira nonchalamment du bout des doigts une mèche blonde épousant la courbe des lèvres de la blondinette en face d'elle pour la remettre derrière son oreille. Son audace l'étonnait mais il fallait s'en parer pour ça.
Pause. Une voix qui déraille. Des yeux qui se détournent.

«  Heu...eh bien j'ai mes deux parents. C'est déjà bien. Mon père est médicomage à Sainte Mangouste. Je n'ai jamais été passionnée des tâches ménagères que ma mère effectue à longueur de temps mais elle raconte de belles histoires autour d'un chocolat chaud. »
dit-elle plus doucement. Elle s'occupe les mains et le corps, juste pour montrer qu'elle a une vie en dehors de son mari, souvent absent. Alors que je vois bien, la flamme qui s'allume dans ses yeux quand il revient, cette flamme que moi, je n'allume pas, je ne l'allumerai jamais hein ? Stabilité précaire ?

L'Anglaise ne se rappelait pas avoir jamais vu ses grand parents. C'était un sujet que l'on n'abordait pas, qu'on ne frôlait jamais. Étaient-ils morts, vivants ? Ils n'avaient jamais manqué dans le paysage familial. Elle ne s'était jamais posée les questions qui faisaient mal, préférant vivre ailleurs, dans un autre monde. Elle le découvrait avec Elia'. Cela lui suffisait.

Arrivant à la rambarde, elle ne laissa pas le choix à la belle.
« Viens assieds-toi je vais t'aider à enlever tes patins. Le stand est de l'autre côté. Ce sera plus agréable. »

Joignant le geste à la parole, elle se pencha et délaça les croisillons un à un dans une patience infinie. Il n'y avait pas d'impératifs, pas d'inquiétudes, seulement une belle journée. Doux silence mis en musique. Des notes vibraient dans l'air, s'évadant lentement. Et le temps s'étirait toujours un peu plus. Il ne manquait plus que quelques flocons de neiges fondant dans ses cheveux.
La sang-pur lui apprenait la tendresse, celle qu'on ne connaît pas avant de rencontrer quelqu'un qui occupe toute une vie, qui habite le même monde sans même avoir besoin de prononcer un mot.
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Re: Un Chantier

Message par : Elhiya Ellis, Dim 15 Oct - 16:13


Un poufement effacé par une incompréhension trahit par un arquement de sourcil au prénom de Luna. Qu'est ce que la brunette avait à voir dans cette histoire? Elle ne l'avait même pas évoquée. La possessivite touchante de la petite Euryduce lui aurait coloré les joues si celle ci avait ete justifiée. Pourtant la blondinette avait fait allusion à son amie d'enfance qui vivait à côté de chez elle. Une douce moldue qu'elle se devait d'abandonner quotidiennement pour rejoindre un monde magique hypocrite. Sa tendre Lucy et sa naïveté aurait été ravie de connaître la petite verte et ses patins. Mais le secret scellait sa bouche, toujours un peu plus...

Quelques mots sur la boutique avaient mis fin à des rêveries sur les regard petillants de la blondinette mise à l'écart. D'un hochement de tête affirmatif, Elhiya s'imaginait déjà entraîner la jeune sorcière dans l'arriere boutique ou effluves diverses venaient chatouiller les narines fragiles des clients. Ses prunelles clairs scintilleraient magnifiquement, lui conférant des airs d'innocence perdue... elle avait hâte.. Ses opales ne fuieraient pas cette fois ci... enfin elle l'espérait.

Les trémolos dans sa voix réveillait sa pulsion instinctive de la prendre dans les bras. La peine enserrant son coeur se nourissait de chacune de ses paroles hésitantes, avivant son désir protecteur... mais la peur de l'étouffer par trop d'amour, la blondinette avait posé sur elle un sourire doux. Frêle caresse invisble àl'âme de celle qu' elle voulait chanter. Petit jobarbille personnel caché dans un écrin d'etre humain...


"Peut être ta mère devrait rencontrer la mienne dans ce cas. Elles pourraient s'échanger leur secret respectif de chocolat chaud"


La logique enfantine faisant son oeuvre, ses jours rebondies s'étaient parées d'un sourire chalereux. Toute perspective généreuse auréolée de la présence d'Eury suffisait à affoler ses capacites à leur construire un nouveau monde. Les deux filles auraient chahuté dans le jardin ou dans leur château fort de draps blancs. Elles auraient partagé un tas de friandises jusqu'à en être malade, regardé pendant des heures la danse lente des nuages.. Douces pensees rapellees à la réalité par la rambarde de bois.

S'extirpant du sol gelé, la blondinette s'était laissée couver, offrant seslacets serré à l'expertise de la brunette. Vision de tendresse. Elhiya si individuelle, en proie à la douceur infinie de sa précieuse Verte, fissurant toujours un peu son costume de peste. Un soupire de satisfaction lui échappait. Pour rien au monde elle aurait voulu que ce soit différent.

Se massant doucement la cheville, la blonde avait reprit ses chaussures confortables, et cherchait des yeux le salon de thé le plus près. Le couvre doigt de laine avait gigoté devant la brunette, euphorique à leur prochain instant rien qu'à elle, au point de mêler des doigts aux siens pour l'entraîner dans son sillage


"Maintenant.. Après l'effort le réconfort sucré!"





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Eurydice Wildsmith
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Re: Un Chantier

Message par : Eurydice Wildsmith, Dim 22 Oct - 17:51


La verte avait semblait surprise, comme nez à nez avec l'Incompréhension. Avait-elle dit quelque chose de bizarre ? Pourtant, comme si cela n'était qu'une parenthèse elle sauta sur un autre sujet, ailleurs omettant de dire toutes ses pensées. La brunette espérait que cela n'était pas trop grave, qu'il y aurait ce moment où les secrets ne feront plus que s'entremêler entre eux, sans peur.

« Ma mère moldue... ? » rappela t-elle doucement.

Elle n'avait jamais eu honte de sa mère. Elle avait un talent d'oratrice naturelle. Elle était tout simplement captivante quand elle partait dans ses monologues et cela aussi était de la magie. A sa manière. Elle avait donc bien des origines moldues, même si en général elle se considérait avant tout comme une sorcière. Elle avait l'impression d'être née pour tenir une baguette dans les mains, de baigner dans la magie depuis toujours, que cela avait toujours été sa place. Elle possédait réellement quelque chose.

Elhiya était si franche, si chaleureuse. Elle se représentait une rencontre sans incidences qui ne pourrait que plus les rapprocher. Néanmoins, la brune avait peur de rencontrer la famille de sa blondinette et était encore plus terrifiée à l'idée que sa mère soit le même témoin. A travers la lucarne des autres, on voyait le manque encore plus douloureusement. Le pire est de ne pas le montrer. Le pire c'est de passer pour des gens civilisés, polis, à l'aise en société. Parfois, la britannique avait juste envie de lâcher un beau juron pendant ses dîners familiaux pour voir le regard courroucé et dédaigneux de son père.

« Je crois que c'est notre second moment préféré de la journée. »
ajouta t-elle avec un clin d’œil, offrant une évidence aux oreilles de l'autre sorcière. Elle ne put réprimer une rougeur sur ses joues quand elle sentit les doigts à travers ses gants. Détournant le regard, fixant un point inconnu, elle se rapprocha un peu plus. C'était sa zone de confiance. Sa bulle de sérénité. Sa majuscule et son point. Juste ici.

Arrivant près du salon de thé, qui se trouvait non loin de là (oui ils avaient tous prévus les s*lauds) elle inspecta la carte, plissant légèrement les yeux pour lire les différentes boissons. Là était tout le dilemme. Fallait-il innover ? Faire quelque chose qui sorte de l'ordinaire ? Parce que si la routine était si confortable, c'était pour mieux vous tuer à petits feux. Vous vous réveillez un matin, pis vous vous rendez compte que vous vous trouvez fade. Triste non?

« Qu'est-ce-que que tu prends ? Allez, je sens que je vais le regretter mais si je ne goûte pas au moins une fois, je serais déçue. Je prends exactement comme toi. »
continua t-elle en la regardant droit dans les yeux, avec une lueur de défi dans les prunelles.

Implicitement, elle laissait les commandes à sa partenaire de glace d'un jour et cela signifiait beaucoup. Elle, la maniaque du contrôle qui ne s'arrangeait pas avec l'âge. C'était une porte laissée au risque, infime soit-il ; il ne fallait pas plaisanter avec les douceurs. Elhiya avait le devoir de la bousculer, de mettre de la dynamite dans ses papilles. La gamine avait juste envie de plonger dans un autre monde saveur avec son amie. Que rêvait de mieux en cette belle journée ?
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