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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Chemin de Traverse
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[Habitation] Discreet Nest
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Matt Austin
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Matt Austin, Sam 22 Déc - 0:05


Autorisation d'Elly.
Elle à mon LA.
Musique


A vous. Tous. Excusez-moi.


Alors que l’aube venait de se lever, aucun rayon solaire ne semblait vouloir se montrer, laissant place à un temps grisâtre, dont une fine pluie tachait les pavés rougeâtres de la capitale anglaise. Une journée de pluie. Une météo dont les habitants de la ville allait devoir s’habituer, l’hiver approchant. Quelques rafales de vents montraient leur présence, préparant leur arrivée royale, soufflant dans les travées, dans les rues londoniennes, faisant frissonner les rares passants qui s’aventuraient si tôt à l’extérieur, bien loin de leur cocon douillet. Un silence de plomb semblait régner en seigneur ultime, quelques fois contrarié par des aboiements de chien ou des miaulements de chat. C’est un tableau, une peinture de la face cachée de la ville. D’une beauté peu connue de ses citoyens. Nous y étions. Ce moment où une ville n’allait tarder à s’éveiller, à ouvrir ses paupières et à respirer à plein poumon. Et comme tout le monde, elle profitait de ses derniers instants de calme, ces derniers moments de répits. Comme cet homme qui serre sa couette contre lui, alors même que son réveille ne cesse de sonner.

Quelque courageux déambulaient dans les rues. Certains venaient seulement de se lever et de puiser au fond d’eux pour trouver les ressources nécessaires à affronter cette météo peu clémente. D’autres, n’avaient tout bonnement jamais fermés les yeux, l’alcool ou encore quelques produits les ayant aidés à ne jamais trouver un sommeil qui ne cessait de revenir à la charge. Il ne fallait bien sur, ne pas oublier ces honnêtes personnes qui dormaient à même le sol, leur habitation étant la rue elle-même. Quelques uns l’avaient choisi, pour d’autres le choix s’était imposé à eux. Un bout de carton. Un bout de tissu. Ils le savaient. L’hiver arrivait. Rapidement. Une nouvelle épreuve pour certains. Une habitude pour d’autres.

Et puis. Puis il avait cet homme. Lui qui titubait, hésitant, contradictoire. Lui qui murmurait, chantonnait, sifflotait. Avait-il choisit ? Lui avait-on imposé ce choix ? Aucune idée. Il faisait tâche dans ce décor. Aucune écharpe. Aucun manteau sur le dos. Ni même une paire de gants pour affronter le froid. Quelques passants s’écartèrent de son chemin, non pas peur, mais par mépris, par pitié. Il ne faisait pas beau à voir. Ses vêtements étaient en piteux état. Autrefois, ces derniers devient avoir fière allure. Mais sa chemise de marque, froissée, tâchée de couleurs sombres, n’avait plus rien de resplendissant. Ni même son pantalon de costume. Déchiré par endroit, usé jusqu’à la craqûre à d’autres. Ses chaussures. Sous la couche de poussière et de crasse, nous pouvions apercevoir une pointe de bleue foncée. Du daim bleuté. Et que dire de sa cravate, dont le nœud dénoué pendait comme un corps sans vie. Elle aussi avait du avoir cette teinte de bleue foncée par le passé. Mais le tissu était usé et une longue tâche rougeâtre s’étendait quasiment sur toute sa longueur.

Alors qu’il déambulait, ses chaussures usées claquantes sur les pavés, une malheureuse jeune adolescente trop penchée sur son smartphone de dernière génération lui rentra dedans. Malgré sa taille de guêpe, elle ne recula guère. Se fut lui qui fit quelques pas en arrière, basculant dangereusement, mais ne faisant aucun effort pour se rattraper. Un miracle qu’il ne chute pas. Et quand l’adolescente s’approcha pour s’excuser, elle hoqueta en découvrant le visage de l’homme. Elle ne prit pas le temps de le détailler, préférant reprendre son chemin d’un pas plus pressé pour ne pas avoir à discuter avec lui. Et son visage resta gravé au plus profond d’elle. Un visage tuméfié par le temps autant que par un quotidien de débauche. Le nez de l’homme formait un angle bizarre, tandis qu’une croute de sang sécher s’étendait de sa narine droite et contournait ses lèvres pour finir sa course au bout du menton. Sa paupière gauche recouvrait à moitié son œil, ne laissant entrevoir qu’une pupille grisâtre. Et entourant cette paupière, un hématome bleuté, violet. Un œil au beurre noir. Douloureux au toucher. Sa plus basse des lèvres, quant à elle, était ouverte, laissant couleur un faible flot rougeâtre. Et la barbe de l’homme n’avait plus rien d’entretenue. Ses poils d’un gris tirant sur le blanc frisaient, s’entremêlaient, essayant de se faire un chemin entre les taches de sang qui les recouvraient.

Mais l’homme ne semblait se soucier de son aspect. Ni même de l’odeur qu’il dégageait. Pourtant, l’odorat était surement le sens le plus développé des individus. Et on pouvait sentir, se dégageant de son corps, cette odeur de crasse, de débauche. Celle mêlant le raffinement d’un alcool de bas qualité avec celle de la clope froide, fumée pour ensuite être inhalée au plus profond de son corps. Une odeur terriblement désagréable pour les personnes qui osaient s’approcher un peu trop de près de cet individu. Une odeur qui le suivait, le pourchassait dans les rues, et qu’il ne semblait pas essayer de fuir. Qui au contraire, l’enveloppait comme une cape qui le protégeait. Le protégeait des autres. Le protégeait de lui.

Et l’homme déambula, encore et toujours. Avait-il un réel but ? Nul ne pu le dire. Mais son chemin le mena vers un bar, une taverne. Le repère d’une espèce. Un taudis aux yeux des autres. La passerelle entre deux mondes. Entre deux mondes auquel l’individu appartenait. Avait appartenu. Car dans ce moment, il avait la certitude. Certitude de ne plus appartenir à l’un des deux. Plus rien ne le rattachait à ce monde, à celui dans lequel il allait retourner. Il ne voulait ne plus rien à voir dans avec celui ci. Et pourtant. En traversant la porte d’entrée de la taverne, un traversant la salle principale sous le regard méfiant du tenancier qui n’appréciait guère sa présence ci, l’homme s’apprêtait une nouvelle fois à quitter le monde dans lequel il se sentait le mieux, pour retourner dans celui qu’il avait abandonner. L’homme savait. Savait qu’il n’avait plus rien à faire ici. Et pour preuve, face à se mur de brique, il lui fut incapable de réaliser la moindre prouesse. Ses deux mains contres le mur, il essaya de le pousser. Il murmura d’étranges mots. Frappa à plusieurs reprises contre, paume ouverte et quelques fois poing fermé. Il arriva seulement à faire écouler un nouveau flot rougeâtre de la jointure de sa main droite.

Il ne sut dire combien de temps il resta la. Dos au mur. Le regard dans le vide. Quelques secondes ? Quelques minutes ? Ou même des heures ? Il n’avait plus aucune notion du temps. Il refusait tout bonnement de se laisser contrôler par ce dernier. Il lui avait assez couru après. Assez perdu son propre temps. Alors, quand une étrange femme au chapeau pointu et à la longue robe orange se présenta devant lui, il s’écarta simplement, la regardant agiter un bout de bois contre les briques. Et nullement étonné, l’individu regarda ces dernières s’écarter, pour ouvrir une arche sur ce monde perdu. Oublié. Dans lequel il s’engouffra, sans aucun état d’âme. Titubant par moment. Son œil valide plissé pour se repérer dans la foule déjà abondante à cette heure hâtif de la journée.

Ses pas le guidèrent dans la rue principale, entre les vitrines décorées et mouvantes du chemin sorcier. Il se fit bousculer mais garda son cap. Puis il bifurqua entre deux magasins, dans une étroite ruelle, sombre, que son odeur ne tarda pas à remplir. Un simple escalier lui permettant d’accéder aux appartements situés juste au dessus des magasins. C’était la première fois qu’il venait ici, pourtant, il ne semblait pas découvrir l’inconnu. Car lui ne ressentant pas sa propre odeur, il sentait la sienne. Celle qui avait provoqué sa chute. Son abandon. Sa perte. Celle qui l’avait expulsé de ce monde. Tant de regret. Tant de personne laissée derrière lui. Et pourtant, voilà qu’il était devant la porte de la personne qui l’avait jeté plus bas que terre, plus pire qu’en enfer.

Trois coups sur la porte. Trois coups. Le premier hésitant mais les deux autres fermes.

Un sorcier, car oui, il en avait été un, aurait tenu sa baguette fermement dans sa main, prêt à une éventualité sombre. Mais il ne l’était plus. Il n’avait plus rien de ce monde, plus un seul objet qui autrefois, était son quotidien.
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Elly Wildsmith
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Elly Wildsmith, Sam 22 Déc - 1:18



Il a mon LA. Pardonnez-le. Pardonne-toi.
Musique

Les nuits se suivent et se ressemblent, qu’elles aient lieu dans son petit appartement sur le Chemin de Traverse ou dans son logement de fonction à Poudlard. Quel que soit l’endroit où la brune pose ses valises, elle ne se sent pas à sa place. Hormis dans sa salle de classe, auprès des étudiants. Quand elle transmet son savoir. Mais les nuits ne permettent pas ce genre d’échanges. Les étoiles rappellent bien vite à la brune le vide de sa vie, les insomnies ne sont qu’une prison de plus dans laquelle elle s’enferme. Est-il nécessaire qu’elle se rappelle comment, ces derniers mois, elle a sombré pour ne devenir plus que l’ombre d’une elle-même qui peine à se regarder dans un miroir ? Seule l’ombre des balafres lui permet de tenir la tête hors de l’eau. Des rencontres, des échanges rapides, cordiaux, parfois un peu plus … Personnel ? Mais rien. Rien qui ne la fasse sortir de sa torpeur perpétuelle. Dans ses yeux, dans ses prunelles, le gouffre de sa vie est lisible. Palpable.

Avait-elle fait une erreur ? Dans un parcours de vie possiblement chaotique, avait-elle omis de faire un choix, de prendre une bifurcation qui lui permette d’être pleinement elle-même ? Elle l’ignore. Ses yeux ébène sont figés sur le plafond. Elle est, comme bien souvent sur ses jours de repos, allongés sur son lit, ses iris qui caressent le plafond. Elle en connait tous les détails, est capable d’en dessiner les moindres défauts. De sa délicate fissure, à ce raccord de peinture blanche. Deux tons, deux teintes. Et ses pensées qui n’ont de cesse de s’embrouiller, de s’emmêler. Arrachant parfois des soupirs d’exaspération à la brune.

Elle aimerait … pouvoir fermer les yeux et tout oublier. Se laisser voguer à une contemplation latente de sa vie. Pouvoir supprimer les souvenirs qui dérangent, qui agacent, qui font souffrir. Ses yeux se brouillent, comme si un épais brouillard s’était levé dans la vision de la brune. Des flash-backs qui remuent les couteaux dans ses nombreuses plaies. Qui font couler un peu plus le sang de l’âme. Cette substance dont certains êtres semblent être dépourvus. Dont elle aimerait bien se passer, forcément. Des images floues qui apparaissent, de sa vie d’avant, de ce qu’elle était. De ce qu’elle avait peut-être. Le tout qui se mélange avec son présent. Le stagiaire aux yeux d’acier qui rappellent … la sorcière soupire. Inutile de ressasser tout ça. Et le concierge ? Un mouvement sur le côté, elle ne fixe plus le plafond, mais désormais le mur qui lui fait face, allongée sur le flanc. Difficile de faire le tri. Difficile d’y voir clair.

Elle ferme les yeux, aimerait quitter le cheminement de ses pensées, les amenaient ailleurs, sur ses cours par exemple, sur les élèves parfois difficiles à gérer. Mais rien. Rien ne fonctionne. Il y a toujours des centaines d’images qui tournent derrière ses paupières, l’empêchant de trouver un sommeil réconfortant. L’empêchant de sombrer dans un état possiblement réparateur, pouvant panser ses plaies et ses blessures. C’est donc dans un soupir résigné qu’elle s’est levée. Traînant son pas lent dans sa cuisine, à quelques mètres à peine de son lit. Juste histoire de se faire couler une tasse de café. Ca n’aide pas à dormir, elle le sait. Mais ça permet de penser à autre chose lorsque le café vient bruler les lèvres et la langue. Lorsque l’amertume de la caféine saisit les papilles. Et puis, il y a une sorte de réconfort dans le bruit de la machine qui coule, dans le bruit de ses gouttes noirâtres qui viennent s’échouer dans la tasse. La brune passe une main dans ses cheveux, mouvement mécanique tentant de discipliner une chevelure endormie.

Insomnie, jour de repos, la tenue est exactement celle qui faut pour une journée comme celle-ci : un tee shirt trop long pour elle, qu’elle recouvre d’une veste du même acabit. Et un éternel jogging. Ce n’est pas un jour pour être présentable. Et puis, dans son appartement, elle cherche juste le confort, la simplicité. Le reste … est superflu. Alors elle tourne sa cuillière dans son café, alors même qu’il n’y a aucun sucre. C’est une question d’habitude, de sensation. Mais alors qu’elle brasse encore et encore le liquide, un bruit se fait entendre. Juste là, à quelques mètres, sur sa porte d’entrée.

L’expression de surprise qui s’affiche sur le visage de la brune ne laisse pas de place aux doutes : elle n’attendait personne, elle ne pensait donc pas recevoir une quelconque visite. Elle pose brutalement la tasse sur le plan de travail, et attrape – avec une rapidité qui la surprend, sans doute dû à l’adrénaline crée par la situation – sa baguette magique, restée jusque-là en retrait. Des pas de loup qui la rapproche de sa propre porte d’entrée. Elle n’a pas remarqué, la différence de ton sur les coups portés sur sa porte, pas entendu l’hésitation du premier, ni la fermeté du second et troisième. Juste le sursaut d’un corps surpris dans la torpeur.

Alors la main libre se referme sur la poignée de la porte. Et s’ouvre. Et découvre. Au premier regard, elle ne comprend pas. Ce que vient faire cet homme qu’elle ne connait pas. Qu’elle ne reconnait pas. La voix s’élève, froide, presque lapidaire « Qui êtes … » mais elle ne termine pas sa phrase. Non. Car dans l’œil valide du dépravé face à elle, elle a reconnu l’éclat d’acier. Sous l’effet du choc, sa respiration se coupe, son pouls s’accélère. Mais aucun mouvement ne vient interrompre ses pensées devenues subitement silencieuses, comme si l’ensemble de son corps ne semblait pas vouloir comprendre ce qui se tramait face à elle. Car sous l’homme au visage tuméfié, abîmé, aux vêtements portant trace de douleurs et de souffrances, elle le voit.

Sa voix devient blanche, alors qu’elle a l’impression que le sol est subitement devenu meuble. L’homme disparu. Celui pour qui elle avait tenu une promesse concernant la légilimancie. Celui avec qui elle avait joué pour le pousser dans ses derniers retranchements, tout en repoussant ses propres limites. Elle murmure, comme une interrogation « Austin ? ». Il n’y a plus de sourire carnassier, plus d’éclat dans les prunelles de la brune. Juste l’inquiétude qui demeure dans les traits de son visage fatigué. Et cette question, comme une ritournelle dans son crâne : que faire, maintenant qu’il était là, face à elle.
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Matt Austin
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Matt Austin, Sam 22 Déc - 2:52


L’américain attend devant la porte, aucune expression au visage. Au fond de lui, il redoute cette confrontation qu’il est venu chercher. Il redoute le passé. Il la redoute. Mais pourtant, il n’est plus le même homme qu’autrefois. Matt ferme son seul œil valide, inspirant et expirant doucement. Il ne pense plus à l’avenir. Il ne pense pas à ce qui va l’attendre quand cette porte s’ouvrira. A quoi bon essayer de prévoir l’impossible ? Alors, le brun les entend. Ce bruit caractéristique de pas. Une démarche souple. Une démarche qu’il reconnaît. Il entend le verrou de la porte et ré-ouvre son œil valide pour lui faire face. La poignée s’abaisse. La porte coulisse sur ses gonds, laissant entrevoir la personne qui se trouve derrière.

Elly Wildsmith n’a pas changé en ces quelques mois. Ses longs cheveux bruns. Ses prunelles noisette. Celle dans lesquels il s’était perdu. Ses courbes fines et agréables aux regards. Son œil valide détaille la jeune femme, sans que son visage ne laisse trahir la moindre expression. L’accoutrement de la sorcière ne laisse aucun doute à Matt. Il vient de la réveiller. Enfin, du moins le pense-t-il. Car rien chez la brune ne laisse à penser qu’elle passe ses nuits les yeux ouverts. L’œil de brun s’attarde sur l’objet tenu en main par la sorcière face à lui. Une arme dangereuse. Un objet fantastique. Son passé à lui. Renié.

Les premiers mots lancés par Wildsmith sont acérés. Pas dans leur sens, mais dans le ton employé. Et comment lui en vouloir ? Elle ne l’a pas reconnu. Dans son état actuel, peu de personne le reconnaitrait. Mais quand sa seule pupille valide, autrefois bleuté et maintenant grisâtre, s’attarde dans celles noisette, elle comprend qui est cet inconnu. Qui est ce misérable homme face à elle. Matt peut lire sur son visage sa surprise. La surprise de le voir après ses quelques mois sans nouvelle. Ses quelques mois durant lesquels il est parti. Durant lesquels il a disparut. Matt, quand à lui, ne laisse de nouveau rien paraître pendant quelques secondes, se délectant de l’effet de surprise qu’il vient de produire. C’est moche. Mais cela l’amuse. Un mince sourire se dessine sur ses lèvres, lui procurant une douleur vive dans sa lèvre coupée. Puis Matt laisse échapper un petit rire. Sincère.

« Je ne suis pas un fantôme, rassurez-vous Elly. »

Pas de Wildsmith. Plus de Wildsmith. Juste son prénom. Et quelques mots prononcés sur un ton amusé. Son état laisse paraître la crasse et le dégout, mais le brun essaye d’en rire. A quoi bon repartir dans leur éternelle querelle ? Non. Cela l’avait eu. Cela l’avait jeté au plus bas. Le jeune homme souhaitait ne plus se prendre la tête. Plus se compliquer la vie à se poser dans questions sans réponses. Seulement vivre. Vivre à sa manière. Pour lui.

Un léger sourire toujours aux lèvres, le brun fixe de son œil valide les prunelles noisette de la brune. Aimerait-il retomber dedans ? Certainement pas. Pas une nouvelle fois. Il avait eu assez de souffrance pour cette vie la. Mais un peu hésitant, il laissa un blanc s’installer entre eux, ne sachant comment aborder la conversation. Sa main droite, toujours en sang, passa rapidement dans sa chevelure brune éparse, provoquant la chute de quelques grains de poussière et gouttelettes de sang. Puis, Matt prononça quelques mots pour essayer de détendre l’atmosphère. Briser la glace.

« Je trainais dans le coin à la recherche d’un bon café et vu que la dernière fois vous êtes venus chez moi me taxer, je me suis dis qu’il était temps de vous rendre une petite visite. »

Sourire qui se veut malicieux mais qui se transforme en une grimace gênante. L’ancien Auror sait pertinemment que le lourd passé entre eux ne peut lui permettre de faire l’ignorant, mais pourtant, il essaye. Pour dire vrai, sa visite à un but précis. Il était venu initialement ici pour revoir une dernière fois la jeune femme avant de quitter ce monde. Ce monde fait de magie et de sorcier, ne trouvant lui même plus sa place. Il avait prévu de lui jeter cela au visage puis de partir, sans rien, sans explication. Mais le fait de la revoir. Le fait d’entendre de nouveau sa voix. Matt savait pertinemment qu’il ne pouvait pas faire cela. Pas fuir de nouveau comme le lâche qu’il était.

« Je comprendrais si mon... Le brun hésita quelque instant sur le mot à utiliser avant de se décider. Mon aspect vous dérange et que vous ne souhaitez pas me faire rentrer. »

Nouveau léger et rapide rire. L’autodérision. C’était pitoyable de sa part. Mais la dureté qu’il avait montrée envers la jeune femme auparavant n’avait plus sa place. Plus sa place depuis que lui même avait changé. Avait chuté.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Elly Wildsmith, Sam 22 Déc - 10:54


Est-il possible que tout vole en éclat, que le sol sous les pieds de la brune devienne subitement sablonneux, la laissant s’enfoncer dans un marasme sans queue ni tête qu’elle n’avait pas prévu, pas programmé. Encore quelque chose qui lui échappe. Toujours plus. C’est comme de l’eau entre ses doigts, toujours fuyante. Et là qu’elle fait face à l’homme qu’elle a longuement cherché, elle perd la totalité de ses moyens, comme si son cerveau avait enclenché en blackout total et complet. Difficile de nier l’évidence, difficile aussi de répondre aux interrogations qui étaient siennes : où avait-il disparu, que lui était-il arrivé ? Bien loin était le temps où les deux silhouettes jouaient à un jeu macabre, morbide, destiné à faire dérailler l’autre. Il y avait, sur le pas de la porte, un homme détruit, et lui faisant face une femme à terre. Deux âmes dans la déchéance la plus totale, la plus complète.

Elle pourrait rester là un moment, à contempler les blessures sur le visage d’Austin, à regarder l’état dans lequel il se trouvait, bien loin de l’auror qu’elle avait connu. Sa main ne faiblit pas sur sa baguette, comme si elle doutait de la véracité de l’identité de la personne qui lui faisait face : aurait-elle mis ses pensées en libre-service ? Quelqu’un cherchait-il à lui tendre un piège ? Il lance une phrase, indique qu’il n’est pas un fantôme. Elle lâche un faible sourire, si. S’il s’agit bien d’Austin face à elle, c’est forcément un fantôme qui lui fait face. Ca ne peut pas être autrement. Elle déglutit difficilement, comme si c’était impossible, comme si ce qu’elle avait espéré tant de temps ne pouvait pas se réaliser. Etait-elle prise dans un cauchemar sans fin ? Une sorte de chute dans un puit sans fond, quelque chose qui l’entraîne encore et toujours plus bas.

Mais la phrase suivante de l’homme ne laisse pas de place au doute. Il s’agit bien d’Austin face à elle. Dans un piètre état, comme s’il avait erré pendant des mois. L’errance qu’elle avait eu, avait-il pu partager la même ? Cette soirée où il l’avait trouvé dans les bras d’un autre, qu’elle avait voulu tuer, avait-il fait la même chose ? Son sang se glace alors que l’idée suit son chemin dans son esprit. Elle reste là, la main crispée sur sa baguette, le regard détaillant l’homme qui lui fait face. Elle hoche la tête, un automatisme de politesse résiduel.

Mais il continue, indique qu’il comprendrait si son état la rebutait. Il ne peut pas comprendre. Elle est certaine qu’il est incapable de comprendre. Comment elle s’est raccrochée à ce jeu malsain qui était né entre eux. Comment, quelque part, il lui avait empêché de sombrer plus loin encore. Comment son regard bleuté l’avait hanté, des nuits et des nuits. Comment elle s’était raccrochée à la dévastation qui avait été la leur dans la maison du brun. Sa main s’abaisse, sa baguette visant désormais le sol. « T’es dans un sale état Austin », qu’elle lâche. Pour ne pas reconnaitre que le voir là, devant sa porte, soulageait les états d’âme de la brune. C’est un faible sourire qu’elle lui adresse, alors qu’elle se demande si elle est responsable. S’il s’agit de sa faute à elle, ou si autre chose est entré en ligne de compte.

« Entre ». Elle pivote, ouvre plus grand la porte de son petit appartement. L’accueille dans ce qui semble être son modeste intérieur. Sa baguette se repose sur le plan de travail de la cuisine qu’elle rejoint en quelques foulées légères, tournant le dos à l’homme. A charge pour lui de refermer la porte derrière lui. D’entrer, de fuir. De comme il veut, en fait. Elle aimerait qu’il reste là. Son cœur lui hurle qu’elle est responsable de ce qu’il s’est passé pour lui, quoiqu’il ait pu faire. C’est la gorge serrée qu’elle lui montre la porte de sa salle de bain, un faible sourire sur le visage, le regard sur le sang sur lui. « Je sais pas ce qu’il t’est arrivé Matt ». Première fois que son prénom sort de ses lèvres. Et c’est un frisson qui se propage sur la peau de l’ancienne auror. « Va prendre une douche, on discutera après. T’es chez toi ici ». Invitation à peine voilée, qu’elle complète en rajoutant « C’est pas une demande, au cas où tu n’aurais pas compris. Ca me permettra de chercher de quoi te soigner. S’il te plait ». Le regard alterne sur l’œil valide, puis sur la main, puis sur l’œil abîmé, sur tout ce sang répandu. Elle frissonne, espère qu’il ne refusera pas, la supplication est à peine voilée, palpable là, dans les yeux suppliant de la brune.
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Matt Austin
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Matt Austin, Dim 30 Déc - 21:45


De longues secondes passèrent durant lesquelles les deux sorciers se font face, leurs deux corps seulement séparés par le bout de bois magique que tient la jeune femme entre eux. La phrase de Matt reste un suspense puis laisse doucement place au silence. Les pupilles brunes de Elly le détaillent, s’assurant que la personne face à lui est bien celui qu’elle pense. Le brun ne peut lui en vouloir. Il a disparu sans laisser aucune trace. Sans un mot. A aucune personne. Et maintenant le voilà. Le voilà qui revient sans s’annoncer dans la vie de la sorcière. Alors même que leur rapport était des plus indéfinissable avant son départ. Une haine. Une haine envers la propriétaire du Heurtoir. Longtemps, il avait laissé cette haine prendre le dessus. De ses sentiments. De son esprit. Il l’avait laissé faire. Matt était alors sur que c’était le meilleur moyen de se protéger, mais il se trompait lourdement. Et il avait alors chuté.

Et cette haine ne s’était pas seulement installée en lui pour protéger ses sentiments. Non. Elle avait prit place dans sa vie quotidienne. Plus froid avec son entourage. Travailleur acharné. Une chasse des mages noirs qui l’avait poussé à ne penser qu’à cela jour et nuit. Mais avec le recul, Matt avait compris que cette chasse était inutile. Qu’il n’avait lui même plus la force de combattre. Les horreurs qu’il avait vues. Les cadavres qu’il avait côtoyés. S’en était devenu trop pour lui. Trop à supporter. Lui qui rêvait de changer le monde, c’était ce même monde qui l’avait changé. Pendant des années, l’ex Auror avait lutté contre les ordres illégaux, contre les mages noirs, contre des ombres qui s’en prenaient à des citoyens lambda. Tout cela pour rien. Car la population du monde magique n’était pas prête au changement. A les aider eux, alors même que les Aurors étaient la pour les protéger. Le garçon avait comprit, bien trop tard, que les ténèbres avaient déjà prit le dessus sur tout le reste. A quoi bon lutter ?

La douce voix d’Elly le coupa dans ses pensées, le forçant à focaliser son intention sur la jolie sorcière, et sur ce bout de bois qui ne pointait plus dangereusement sa poitrine. Les quelques mots que la brune prononça concernant son état lamentable lui arrachèrent un sourire sincère aux lèvres. Il savait pertinemment que son état n’était pas très convenable à des retrouvailles. Que le sang séchés sur ses habits et son visage n’avait rien de très présentable et chaleureux, ni même sexy.

Mais malgré cela, la sorcière fit pivoter la porte et l’invita d’un simple mot à pénétrer dans son appartement. Et en souriant qui plus est. Un sourire que le brun n’avait que rarement, quasiment ? Jamais aperçu. Un sourire qui réchauffa son corps et son cœur tandis qu’il franchit le seuil de la porte. L’appartement ou le studio, dégageait une sensation agréable, une sensation de chaleur, une sensation que Matt n’avait pas connu auparavant en côtoyant, même si peu, la sorcière brune. Les meubles semblaient récents et la décoration suffisante. Longtemps que le brun n’avait pas mit les pieds dans un endroit aussi propre. Cela le changeait bien de ces derniers lieux d’errances. De ces derniers taudis qu’il avait fréquenté dans le monde moldu. Il huma la bonne odeur de café qui semblait s’échapper de la cuisine qui lui faisait face. Un bon café. Voilà autre chose qu’il l’avait fait saliver pendant ces derniers mois.

Alors qu’il tournait le dos à Elly, il entendit la voix de cette dernière s’élever dans le modeste appartement. Quelques mots qu’elle prononça, lui faisant comprendre que pour le moment, elle ne souhaitait pas savoir ce qui lui était arrivé pendant ces longs mois, mais qu’elle souhaitait d’abord qu’il prenne une bonne douche, surement pour enlever cette odeur nauséabonde qu’il trainait avec lui. Ce mélange d’alcool pourrie et de cigarette éteinte. Mais les derniers mots que prononça la sorcière arrachèrent un sourire désolé au brun. Ce ton suppliant. Ce regard. Ses prunelles brunes tentées par la tristesse.

Matt laissa alors échapper un petit rire amusé de sa bouche tout en se tournant vers Elly, tandis que son sourire désolé laissa place à un sourire plus chaleureux.

« Je veux bien croire que mon odeur et ce sang séché ne me mettent pas en valeur, mais tout de même, pas au point de me supplier de me laver. Le brun bomba le torse, déposa ses mains sur ses hanches et tourna d’un demi tour son visage pour se donner une allure de mannequin. Je pensais lancer une nouvelle mode, mêlant crasse et élégance. Ces sorciers n’y comprennent donc rien à la mode. »

Le garçon arrêta son petit jeu, laissant toujours son sourire au visage et ses yeux grisâtres attrapant les prunelles brunes de la sorcière qui lui faisait face. Il voulait lui faire comprendre qu’elle n’y était pour rien vis à vis de son état. C’était ses propres choix. Ses propres actions à lui qui l’avaient poussé à en arriver la. Une rupture totale avec son ancien quotidien. Alors, d’un ton mi amusé mi énigmatique, il déclara :

« Je pense que nous avons quelques fois besoin d’une bonne claque en plein visage et d’une chute vertigineuse pour pouvoir continuer d’avancer. »

Et sans rien déclarer de plus, le brun tourna talon et se rendit vers la seule pièce fermée de l’appartement, qu’il espérait être la salle de bains, pour ne pas passer pour un idiot fini et rater son départ fracassant. Actionnant la poignée de la porte, il eu la joie de découvrir une baignoire ainsi qu’un toilette. Il ne chercha pas à fermer la porte derrière lui, se doutant que de toute manière, la brune n’allait pas risquer de jeter un œil à son corps plus proche de celui du squelette que d’Appolon.

Il ne fallut que quelques secondes à Matt pour enlever ses vêtements poussiéreux et crasseux, ainsi que sa cravate tachée qui tomba mollement sur le sol. Le goujat ne prit nullement la peine de ramasser ses vêtements et se contenta de les enjamber, tout comme le rebord de la baignoire. D’une main, il ferma le rideau et l’eau ne tarda pas à couler sur son corps meurtri, s’infiltrant entre les plis de ses côtes, dorénavant voyante à la vue de tous. Il n’avait plus beaucoup mangé, ni même pratiqué une activité sportive adéquate. Fermant les yeux, le jeune homme prit le temps de savourer cette sensation de chaleur, de bien être.

Et alors que l’eau commençait à se teindre doucement d’une couleur brunâtre et rougeâtre, le brun écarta le rideau pour laisser passer sa tête en dehors de la brume qui s’échappait de la baignoire.

« Par tout hasard, tu n’aurais pas des vêtements d’hommes ? Un compagnon qui aurait laissé trainer quelques affaires qui pourraient me convenir ? Car je ne suis pas particulièrement fan de la tenue d’Adam et Eve. Puis il rajouta d’un ton neutre. Au pire, un petit coup de magie avec ton bout de bois pour me faire apparaître au moins un caleçon. »

Un bout de bois magique que si la jeune femme était curieuse, allait vite remarquer son absence des affaires au sol du garçon. Car le brun, un soir de beuverie et de brume, un soir dérisoire, avait cassé en deux le bois pour ensuite le jeter au fin fond de la Tamise.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Elly Wildsmith, Dim 30 Déc - 23:03


Il sourit, et cela semble sincère. Pourtant, derrière ce simple sourire, elle voit tant de mois d’errance, tant de souffrance, tant de douleur. Ça semble crier en lui alors qu’elle, de son côté, avait tout fait pour ne rien montrer. Pour garder cette apparence respectable dans laquelle presque tout le monde la reconnaissait. Il se targue d’une phrase qui, dans d’autres circonstances, pourrait la faire sourire, bien entendu. Mais pas là, pas dans cet état dans lequel elle ne le reconnait pas. Elle sourit faiblement, comme pour tenter de feindre une plaisanterie bienvenue. Elle ne voulait pas le brusquer après tout, qu’importe les raisons qui l’avait poussé à venir jusque chez elle, jusqu’à elle.

Elle ne comprit pas vraiment la suite de son propos, que cherchait-il à faire ? La déculpabiliser ? C’était impossible, totalement impossible, parce qu’elle vivait dans cette perpétuelle attente depuis de nombreux mois. Parce que dans leur jeu malsain, elle s’était sentie vivante, pleinement. Sans prise de tête, sans émoi autre que celui de la haine sur le visage, dans le regard de l’autre. Sentiment qui transcende, totalement. Alors là, face à la chute énoncée du brun, elle ne peut qu’hausser les épaules, restant muette, comme si aucun mot ne pourrait énoncer ce qu’elle avait sur le cœur, dans l’esprit.

Mais fort heureusement, il n’attend pas de réponse puisqu’il tourne les talons et se dirige vers la salle de bain. Difficile de ne pas trouver cette dernière puisque l’appartement est relativement petit, confortable mais minimaliste, il fallait bien l’admettre. Alors qu’elle retournait à son café, elle entendit le rideau qui se fermait, l’eau qui commençait à couler dans la baignoire. Le café parfumait délicatement la pièce, la baguette d’Elly était posée sur le plan de travail, et son regard vissé dessus, elle se demandait, ce qu’elle pourrait bien utiliser comme sortilège pour soulager les plaies de l’homme. Elle n’était pas la plus douée en médicomagie, cela n’était pas un scoop, loin de là. Mais elle saurait sans doute se débrouiller avec quelques sortilèges de base, sans doute.

Alors qu’elle était contemplative de son arme de prédilection, la voix d’Austin la sortit de sa torpeur. Il lui demande des vêtements d’homme, laissant sous-entendre l’éventualité d’un homme qui aurait pu laisser des fringues dans l’appartement. Instinctivement, le corps de la brune se raidit. Souvenir d’une vie commune passée, tumultes du cœur et de l’esprit. La langue de la brune claque contre son palais, alors qu’elle laisse un murmure inaudible mourir à ses lèvres, quelque chose comme « Non, je n’ai rien ici pour toi », mais finalement, c’est un « Je vais voir ce que j’peux faire » qui se fait entendre. Mais elle sait pas trop, à vrai dire, ce qu’elle peut faire.

Et puis, une illumination. Il y a bien longtemps qu’elle n’a pas fait appel à son elfe de maison. Il a rejoint les troupes d’elfe de Poudlard, le pauvre s’ennuyait trop auprès de la brune, qui ne faisait que trop rarement appel à lui. « Valor, par ici s’il te plait ». Et un craquement caractéristique se fait entendre dans la pièce. « Oui Miss Wildsmith ? ». Dans les yeux globuleux du petit elfe, elle peut aisément voir la surprise de l’appel. « Désolée de te déranger Valor » « Je suis là pour vous servir Miss ». Roulement d’yeux de la brune, inutile de débattre avec lui, cela ne lui ferait pas changer d’avis. Alors elle énonce sa demande « Pourrais-tu me trouver des vêtements d’hommes s’il te plait ? Pour la taille je t’avoue que … je sèche ». L’idée des anciens vêtements traînant dans la salle de bain, un « Accio vêtement Austin » lui évitant de se rendre dans la salle de bain et de perturber l’intimité de son hôte. Il ne lui risque pas de lui en vouloir, pas vrai ? Elle cherche la taille, la trouve, l’indique à Valor, et à ce moment-là remarque l’absence de baguette magique. Ses sourcils s’arquent alors que l’elfe part à sa mission. Un rapide « Evanesco » sur les vêtements les font disparaitre dans le néant du vide. Liberté prise, après tout, elle était chez elle.

Les minutes s’écoulent, le café se laisse réchauffer doucement, elle a repris sa tasse et la secoue, secoue, secoue. Un automatisme un peu malsain pour évacuer le stress de la rencontre. Combien de minute passent ainsi ? Elle ne sait pas trop, c’est son elfe, qui, de retour avec une poche contenant sans doute les vêtements pour son invité. « Merci Valor », politesse et salutation alors que l’elfe repart. Elle avait voulu lui rendre sa liberté, mais il avait refusé, prétendant qu’il pourrait toujours lui être utile, jamais il ne se forcerait, qu’il avait dit, mais la brune savait bien que c’était faux. Elle jette un œil dans le sac apporté par la petite créature. Un jean, une paire de basket, un tee shirt et une veste. Efficacement simple.

Elle se rapproche de la porte de la salle de bain, fais glisser la poche dans l’entrebâillement de la porte. Puis elle pose son dos contre le mur adjacent à la porte, se laisse glisser au sol, assise. Et elle interroge. « Matt dis … Tu as fait quoi de ta baguette magique ? ». Elle aurait peut-être dû attendre qu’il sorte de la douche, peut-être qu’il n’entendra pas la question avec le bruit de l’eau. Elle ne sait pas. Mais elle s’interroge, les prunelles sont traversées de sombres pensées, comme éteintes.
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Message par : Matt Austin, Lun 31 Déc - 0:11



L’eau ruisselle sur le corps du brun. Les gouttes longent ses membres pour ensuite chuter à ses pieds, tandis que lui, face au mur tenant le jet, ses yeux son clos, se laissant bercer par sa respiration, lente et contrôlée. Il entend la voix d’Elly lui signalant qu’elle va essayer de trouver quelque chose pour lui ici. Mais le garçon perçoit dans la voix de la sorcière un son étrange. Une conviction manquante. Des mots prononcés sans vraiment y croire. Devrait-il se réjouir que la jeune femme n’ait aucun vêtement d’homme dans son appartement ? Le brun n’en connaît pas la réponse car il ne peut se permette de penser à elle, après ce que lui même à fait. Car cela ne fait aucun doute, sa fuite, semble avoir cassé quelque chose entre eux.

Un soupir alors qu’il ouvre ses paupières et laisse ses yeux se fixer sur l’eau s’écoulant doucement par l’évacuation de la baignoire. Il voit cette eau initialement claire, devenir brunâtre. Cela ne lui donne pas seulement l’impression de se nettoyer physiquement, mais tout autant intérieurement. De laisser partir de lui ces longs mois de errance dans le monde moldu. Mais ce n’est plus un enfant pouvant échapper à son passé. Et ces mois resterons gravés en lui pour un temps encore très long. Et de nouveau le sorcier ferme les yeux, tête tombante sur le haut de son corps. Quelques secondes passèrent, laissant des souvenirs affluer dans son esprit. Puis Matt releva la tête, ouvrant soudainement les yeux pour faire face à ce mur face à lui. A quoi bon s’apitoyer ? Cela ne fera que le retarder. Il voulait vivre. Vivre sans penser au lendemain. Sans penser au passé. Juste se sentir libre.

Quelques longues minutes de shampoing furent nécessaires au sorcier pour se sentir propre. Pour se sentir frais. La mousse est noire mais après plusieurs rinçages, la clarté de l’eau ne tarda pas à revenir et la saleté à disparaître. Il passa la main dans ses cheveux, laissant les gouttes d’eau voler dans les airs. Ses doigts effleurent les croutes de sang sur son visage, délicatement, pour ne pas qu’elles s’ouvrent. Son index trace un cercle autour de son œil meurtri, une douleur palpable se faisant ressentir dans tout son être. Le brun soupir. N’avait-il donc pas assez de cicatrice sur le corps pour prendre le risque d’en laisser de nouvelle sur son visage ? Il repense alors à ce nombre gravé sur son pectoral ainsi que cette brulure sur son bras, infligé par la même personne. Le même mage noir qu’il a pourchassé durant des années sans jamais le revoir. Était-il seulement encore vivant ?

Matt serait bien resté encore quelques minutes sous l’eau chaude, profitant de ces instants de chaleur et de repos. Mais il entend la porte de la salle de bains s’ouvrir doucement puis le bruit d’un sac déposé sur le sol. Il entend aussi un bruit sourd contre le mur de la salle de bain, celui séparant la pièce du reste de l’appartement. Sans être un génie, il devine que la sorcière brune vient de s’adosser. Et quelques secondes passèrent, avant que sa voix se fasse entendre dans la pièce à eau. Cela ne lui échappe pas, le fait que la brune l’appelle une deuxième fois par son prénom. Fini du Austin. Bonjour le Matt. Ca lui plait. Il a l’impression qu’une certaine distance, un certain mur se fissure entre eux deux, petit à petit.

Matt coupa alors l’eau mais resta encore quelques secondes face au mur, les yeux ouverts. La question de Elly résonnait dans son crane. Non pas qu’il ne connaît pas la réponse. Mais c’est la première fois qu’on le lui l’a pose. La première fois qu’il se doit d’expliquer son geste. Une décision prit sur le moment mais que pourtant, le brun ne regrette pas. Il en avait besoin. Il en avait ressenti l’obligation. Mais un sorcier pouvait-il vraiment comprendre son geste ?

Matt tira le rideau et enjamba la baignoire. Il remarqua l’absence de ses précédents vêtements, maintenant remplacé par un sac basique posé sur le sol de la salle de bains. Puis ses yeux viennent se déposer sur son reflet dans le miroir. Son visage n’est toujours pas très beau à voir mais malgré tout, il a une meilleure mince grâce à la douche. Ses prunelles descendent sur son torse, s’attardant sur son ventre lisse et maigre, creusé et meurtri par des mois sans vraiment avoir manger. Le garçon hausse alors des épaules. C’est peut être mieux ainsi. De toute manière, il se doute qu’il ne tardera pas à reprendre une alimentation correcte.

Tournant les talons, le brun fouilla alors dans le sac présent sur le sol de la salle de bain et ne tarda pas à se revêtir du caleçon propre. Mais il n’enfila pas les autres vêtements, préférant se laisser quelques minutes pour répondre à la question toujours en suspend de le sorcière, qui attendait patiemment derrière le mur. Et à son tour, il s’adossa contre ce dernier et s’asseyant par terre, les yeux fixant le mur face à lui, un mince sourire aux lèvres.

« Ma baguette… A cette heure, les deux bouts de bois qui l’a formaient sont surement au fin fond de la mer du Nord. Le brun laissa quelques secondes passer avant de reprendre. Je l'ai brisé puis jeté dans la Tamise, il y a de ça trois ou quatre mois, je ne sais pas plus exactement. »

Les yeux du brun fixèrent toujours le mur face à lui, son esprit se remémorant cette nuit la, durant laquelle il s’était défait de tout ce qui pouvait le relier au monde de la magie. Se défaire de son passé. Se défaire d’une vie qu’il ne voulait plus avoir. Qu’il ne souhaitait plus côtoyer. Le brun inspira doucement une première fois, puis une seconde fois plus fort. Elly méritait de la sincérité de sa part.

« Je… Je comptais me détacher de tout cela Elly. De ce monde fait de magie. Des sorciers. Des Mangemorts. Des horreurs qu’ils ne cessent de commettre pour faire valoir leur cause. Des Aurors. Non de la vocation du métier, mais du peu de moyen mis à notre disposition pour chasser les mages noirs. Et de cette population qui ne croit plus en cette justice magique qui ne cesse de les décevoir. »

Le ton employé par Matt était des plus sincères et sa voix n’avait à aucun moment faiblit. Il laissa quelques secondes s’écouler, se focalisant de nouveau sur sa respiration, sur ses idéaux, sur ses nouvelles convictions. Puis il ajouta :

« Je me suis longuement demandé si, pour moi et seulement pour moi, la magie était vraiment bénéfique. Et je pense que je peux m’en passer. Que je peux vivre comme une personne normale, sans pouvoir. Vivre d’une façon paisible sans avoir à utiliser un pouvoir dont je n’ai plus le courage de supporter. »

Bien sur, le brun parlait de son ressenti personnel. D’une conviction qui marchait seulement dans son cas à lui. La magie pouvait faire des choses formidables, mais il l’avait côtoyer bien trop souvent des ses formes les plus obscures. Et la vie moldue lui paraissait, depuis quelques temps, beaucoup plus paisible et reposant que son ancienne vie.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Elly Wildsmith, Lun 31 Déc - 0:41


L’eau s’arrête, simplement. La brune est toujours au sol, adossée au mur. Des pas dans la salle de bain. Pas de passage à travers la porte, pas de mot qui parvient jusqu’à elle. Alors elle attend, les yeux perdus dans sa cuisine, les pensées tumultueuses, emplis de souvenirs douloureux qu’elle peine à effacer. Aurait-il été plus simple qu’elle purge elle-même sa mémoire, qu’elle supprime les souvenirs du brun ? Cette sensation vivifiante qu’elle avait ressenti au fond de ses entrailles, ce jeu palpable du bout des doigts. Qu’elle enlève les souvenirs de leurs rencontres ? Qu’elle l’oublie, tout simplement ? Une réflexion qui n’avait eu de cesse de la quitter, jour après jour, nuit après nuit. Elle pensait qu’ainsi elle se sentirait plus vivante. Et puis, la peur du vide, ce vertige, lui avait fait peur. Elle préférait être tourmentée qu’être comme une coquille vide, ne ressentant ni émotions, ni sentiments.

Et puis, elle l’entend. Lui aussi s’adosse au mur, s’assoit par terre. De l’autre côté d’elle. Distant et proche à la fois. Cruel dilemme pour l’ancienne auror, elle attend, tente de calmer sa respiration devenue subitement bruyante. Comme s’il s’agissait d’une crise d’angoisse à venir. Finalement, il lui confie, ce qui est advenu à sa baguette, ce qu’il en a fait. La brisant, la jetant dans la Tamise. Elle est horrifiée, car se priver de sa baguette, de sa magie, est un acte puissant, lourd de conséquent. Mais aucun son ne sort, elle reste là. Les yeux figés dans le vide.

Un silence passe. Des secondes, des minutes qui passent sans qu’aucun son ne brise le silence entre eux. Rien. Et puis enfin, il admet. Il lui dit pourquoi il est parti, comme ça. Sans prévenir, sans rien dire. En même temps, qui était-elle pour qu’elle s’attende à être prévenue ? Qu’avait-elle qui la reliait au brun ? Rien, rien de plus qu’un jeu malsain, dans lequel l’un et l’autre s’étaient poussés dans leurs retranchements. Il lui indique, sa difficulté à voir les horreurs perpétrées par les Mangemorts et c’est là aussi que son cœur se serre, mais rien, elle ne dira rien. Aucun mot là-dessus ne s’extirpera de ses lèvres serrées.

Enfin, il lui indique son souhait de renier totalement sa magie, de vivre comme un simple moldu. Peu importe à la brune, le principal pour elle étant qu’il aille bien, et ce n’est pas son état de ce soir qui peut lui donner cette certitude. Alors elle essaye de se faire comprendre, de parler. Mais aucun son ne veut sortir de ses lèvres. Elle se racle la gorge, toussote un peu. L’on peut aisément entendre l’émotion dans sa voix. « Je suis désolée ». Parce qu’elle est certaine d’être responsable, de l’avoir poussé à bout, tellement à bout qu’il en fasse le choix de se séparer de sa magie, de ce monde quand lequel il évoluait avant. « Quoique tu dises, je sais que j’y ai une part de responsabilité ». Les yeux papillonnent, se brouillent un peu. Au souvenir du jeu morbide dans la maison du brun. Souvenir de cette maison impeccablement bien rangée, bien ordonnée. « Déjà, avant, tu vivais comme un moldu, non ? ». Interrogation en demi-teinte puisqu’elle en connait la réponse. Elle sait sans même qu’il ne le dise. L’esprit s’emmêle, les pensées s’entrechoquent. Et l’aveu qui s’extirpe sans qu’elle ne lui ai demandé « Je t’ai cherché longtemps … » , aussitôt retenu. Comme si ce n’était pas le moment pour ce genre de confidence. Alors que pourtant ça criait dans son âme toute entière. Comme un besoin de lui avouer, de lui dire. Avant qu’il ne reparte, peut-être ?

Sa tête se pose contre le mur, les yeux se figent sur le plafond, et des perles salées s’extirpent, roulent sur ses joues en silence. Poids d’une culpabilité, d’un possible manque difficile à avouer, à admettre. La respiration se saccade, l’angoisse n’est pas loin, perceptible sur les souffles de la jeune femme. Elle tente pourtant de se contrôler, de ne pas laisser décharger ce trop-plein d’émotion qui la gouverne. Cela ne lui ressemble pas, mais comment retenir autant de ressentiments, d’émotions ? Comment continuer à faire semblant ? Peut-elle décemment dire qu’elle l’a cherché juste pour se sentir vivante ? Oui, c’est probable. Mais il y avait quelque chose, dans les yeux du brun, qui l’avait irrémédiablement attiré à ce jeu dangereux. Et là, des mois plus tard, plus rien n’avait de sens.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Matt Austin, Lun 31 Déc - 1:45


Adossé au mur et fixant celui qui lui fait face, Matt venait de se confier pour la première fois sur son retour, sur sa nouvelle conviction. Autrefois, son esprit aurait été en pleine ébullition, se demandant si il faisait le bon choix. Et surtout, se demandant pour quelles raisons il se confiait à Elly. A elle qui l’avait poussé dans es retranchements, qui l’avait poussé jusqu’à faire une chute vertigineuse, à perdre ses repères. Mais à ce moment, adossé à ce mur, l’esprit du brun était calme. Une mer blanche sans vague. Il connaissait les raisons qui l’avaient poussé à venir ici. Il ne souhaitait ne plus se prendre la tête avec toute sorte de sentiments, de pensées contradictoires. Il ne voulait plus s’auto dicter son destin mais vire l’instant présent.

Alors, le brun entendit une réaction de la part de la jeune, dont il n’était séparé que par le mur fin de la salle d’eau de l’appartement. Mais la brune n’émit aucun son, aucune réaction à ses paroles, à ses mots. Pour autant, le sorcier se doutait que si il avait voulu voir une quelconque réaction, il lui aurait suffit de se déplacer pour lui faire face. Il ne doutait pas que le visage de la belle brune devait être expressif, mais si elle n’avait émit aucune remarque, c’était son choix à elle.

Puis, la sorcière se racla la gorge, toussota, et les yeux de Matt quittèrent le mur pour se fixer sur le plafond de la salle de bain, attendant les premiers mots qui sortiront de la bouche de Elly. Et ces premiers mots le frappèrent de plein fouet. Des excuses. Des excuses car elle se sentait responsable de ce qui lui était arrivé. Et Matt n’omit à son tour aucun commentaire. Car oui, au fond de lui, tout comme elle, il savait qu’elle avait été l’électrochoc qui l’avait poussé à fuir, à céder et à s’échapper par tous les moyens possibles de ce monde magique. Alors le brun resta impassible face à se plafond. Lui chuchoter des mots, lui dire qu’elle n’était pas responsable ne servirait à rien. Il le savait. Alors autant laisser faire le silence à sa place.

Silence qui fut brisé par la voix de la jeune femme, qui lui posa une question dont elle connaissait elle même la réponse. Oui. Oui, par le passé, il faisait son maximum pour essayer de vivre de façon moldu dans un monde façonné par la magie. Mais aujourd’hui, cela était différent. Car il souhaitait réellement partir. Partir de l’autre côté du chemin de Traverse. Trouver un boulot dans un commerce ou dans une entreprise moldue. Vivre dans un quartier moldu. Prendre les transports en commun pour se rendre à son travail. Oui, c’est de cela qu’il rêvait avant de venir ici.

Et alors qu’il s’apprêtait à lui répondre, elle ne le laisse lui temps. Le ton d’Elly est différent de l’habituel, différent de celui qu’il avait par le passé entendu. Un ton qui l’attrape au cœur et des mots qui se grave en lui. Elle l’avait cherché. Cherché durant tous ces mois où il avait disparu. Lui qui pensait avoir été oublié, il se rendait compte qu’une personne avait encore eu l’espoir de le retrouver. Et c’est cette même personne qui l’avait pourtant fait disparaître.

Des tas de pensées, de sentiments, commencèrent à se bousculer dans son l’esprit de Matt. Cette brume, ce bruit assourdissant qui n’avait cesser de le tourmenter avant son départ. Mais cette fois ci, le brun n’est plus le même homme. Une expiration. Une expiration. Et le tumulte de son esprit disparaît. Le calme reprend ses droits et le brun laisse son instinct dicter ses gestes.

Son corps meurtri se lève, doucement et le dos du brun quitte le mur qui lui servait alors de dossier. Il ne pend nullement le temps de revêtir des vêtements supplémentaires. Alors, il poussa la porte de la salle de bain et franchi le seuil, ses prunelles grisâtres happant la silhouette de la brunette alors adossée contre un mur, le visage relevé vers le plafond de l’appartement. Le brun remarque les larmes et il reste ainsi figé, quelques instants, le visage impassible. Puis, un mince sourire chaleureux se forme sur ses lèvres et en quelques pas, il réduit à néant la distance entre eux. S’agenouillant face à Elly, il lui prend délicatement le visage entre ses mains abimées pour qu’ils puissent se faire face.

« Notre rencontre m’a tiré d’une vie morne et douloureuse Elly. D’une vie faite de haine et d’amertume. Le sorcier prit alors quelques secondes pour fixer les prunelles brunes de la sorcière, ses pouces essuyant les larmes sur ses joues. J’ai souhaité de toutes mes forces de ne plus jamais revenir dans ce monde, de couper à tous jamais les ponts que j’avais avec la magie. Mais je n’ai pas pu m’y résoudre. Et sais-tu pourquoi ? Parce que toi, toi Elly Wildsmith, tu appartiens à ce monde et que je ne peux définitivement pas t’oublier. »

Les mots prononcés par Matt, le ton employé, ainsi que la lueur dans ses prunelles ne laissaient aucune place au doute. Ses paroles étaient d’une sincérité des plus ardentes. Car chaque mot qu’il prononçait, faisait disparaître toutes les interrogations qu’il avait eues par le passé. Les mots qu’il n’avait réussis à mettre sur ses sentiments. Trop longtemps refoulés. Trop longtemps enterrés au fin fond de son âme.

« Et je ne souhaite plus fuir pour essayer de me protéger d’une évidence. »

Et d’un geste doux et délicat, le brun déposa ses lèvres sur celles de la brune qui lui faisait face. Un baiser dicté par sa sincérité et par la chaleureux qui émanait de son être tout entier. Un baiser qui le délivra des maux enfouis au fond de son âme. Un baiser qui dura assez longtemps pour relâcher un torrent d’émotion mais qui se termina pour ne pas brusquer la jeune femme, lui imposer un geste qu’elle ne souhaitait pas. Et pour autant, quand leurs lèvres se détachèrent, le Matt ne recula pas. Évidement, à tout moment Elly pouvait mettre fin à sa vie, mais la peur ne dicter plus les gestes du garçon.

« Si pour toi, cela n’a aucun sens, aucune logique et que ces sentiments que j’ai si longtemps refoulés ne sont pas réciproque, alors demande moi de partir et je le ferais. Tu es tout ce qui me rattaches à ce monde et sans toi, je ne verrais plus aucune de raison de rester ici. »

Le regard de Matt ne lâchait plus celui de Elly, attendant une réponse qui dictera son avenir. Pour elle, il était convaincu de faire les efforts nécessaires pour s’acclimater à une vie de non sorcier dans un monde de sorcier. Il se sentait prêt à affronter le jugement des autres.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Elly Wildsmith, Lun 31 Déc - 10:56


Il y a du mouvement dans la salle de bain, cela s’entend, l’appartement est relativement petit et la tête de la brune étant collé au mur il n’est pas difficile de percevoir que l’homme bouge, change de position peut-être ? Elle pourrait essuyer rageusement ses larmes, les refuser d’un revers de main. Mais faire cela serait continué à vivre dans le déni. Déni du manque qu’il avait créé en disparaissant, déni du soulagement que de le voir frapper à sa porte. Voulait-elle continuer longtemps dans ce sens-là ? Elle l’ignorait, tout était trop flou depuis qu’elle avait quitté Evan, et Matt avait été le navire sur lequel elle s’était raccroché, jouant à un jeu dangereux. Comme Icare, prête à se brûler sur un soleil trop incandescent pour elle. Représentait-il cela ? Elle l’ignore, son esprit est trop embrouillé pour y voir clair.

Les yeux rivés vers le plafond, elle ne peut pas manquer sa silhouette qui sort de sa salle de bain. Et quasi aussitôt le regard dérive, la jeune femme est gênée. Il faut avouer qu’il y a longtemps qu’elle n’a pas vu un homme quasi à poil. Enfin, heureusement pour elle et son esprit déjà torturé, le brun avait eu la décence d’enfiler un caleçon – Valor avait vraiment pensé à tout. Mais les pensées s’évadent de ce corps meurtri qui s’offre sans complexe au regard acier qui tombe devant elle. Il s’est agenouillé face à elle, a pris son visage entre ses mains. A son contact, ses yeux se ferment, comme si elle appréciait la proximité ainsi crée par l’homme. Elle rouvre les yeux face au visage balafré de l’homme tant attendu. Il se confie, lui indique que la rencontre entre eux l’avait sorti d’une vie délicate, emplie de haine et d’amertume.

Les yeux de la brune parcourent le visage tuméfié de son invité. Elle sent ses pouces sur ses joues qui tentent vainement d’effacer les larmes qui coulent sans retenue. Elle était responsable de son malheur. Quand il lui dit que c’est elle, et uniquement elle qui le retiens dans le monde des sorciers, elle l’interroge du regard mais ne dit rien, elle se contente d’écouter ce qu’il a dit. La ferveur de son regard, la sincérité de ses mots, elle s’abreuve de cela, comme si cela pouvait panser ses propres mois d’errance, à refouler ce qu’elle pouvait ressentir derrière des balafres de fer, derrière ses cours dans lesquels elle se noyait corps et âme. Pour oublier, pour annihiler. Ce jeu qui l’avait raccroché à la vie, le regard d’acier qui lui faisait face. Lui, dans son entièreté, dans la dangerosité de ce qu’il était.

« Et je ne souhaite plus fuir pour essayer de me protéger d’une évidence. » Elle avait voulu répondre, l’interroger, lui demander de quelle évidence il parlait, ce qu’il voulait entendre en disant cela. Mais aucun mot ne s’extirpa de ses lèvres serrées, rien. Et le mouvement de l’homme qui lui faisait face ne l’aidait pas à y voir clair. Il s’était rapproché d’elle, ses lèvres s’étaient posées sur les siennes, et emportait avec ce simple geste, toutes les interrogations de la brune. Baiser échangé, baiser rendu. Alors que la chaleur des mains d’Austin sur son visage propage une douce brûlure sur la peau de l’ancienne auror. Ses propres mains voyagent quelques instants sur la nuque du brun, ses doigts s’accrochent à ses cheveux.

Et finalement, il s’éloigne. De quelques centimètres seulement. Restant là, devant ses yeux, devant elle, totalement perdue. Il se déleste à nouveau de quelques mots. Lui offrant la possibilité de mettre fin à tout ce qu’il pouvait exister entre eux, entre ce passé délicat, difficile, et un futur sans doute plus clément. La brune penche sa tête sur le côté, ses yeux supplient Austin de rester. Mais aucun mot ne veut s’extirper des lèvres de l’ancienne auror. Alors pour toute réponse elle se rapproche de lui, accroche à nouveau ses mains à sa nuque. Un murmure s’extirpe « Austin … » le regard se perd sur le visage tuméfié alors qu’elle se rapproche encore. Finalement, ses lèvres trouvent celles d’Austin, lui rendent son baiser. Quelque chose de doux, de sincère. Loin de la brutalité de leur précédent jeu. « Ne pars jamais … S’il te plait … » et pour accompagner sa supplique, elle se noie dans le cou de l’ancien auror.

Mais la réalité rattrape la jeune femme. Les blessures du passé encore trop présentes, les souvenirs d’une vie emplie de tracas et de ténèbres. Elle se relève d’un bond agile, comme pour échapper aux gestes qu’ils venaient de faire tous les deux. Des pas qui se précipitent dans la cuisine, rattrape la tasse de café laissé là quelques instants plutôt. Les yeux évitant soigneusement la silhouette de l’invité. Un murmure qui se fait entendre, délicat, doux, comme s’il pouvait annihiler les deux baisers échangés, les mots laissés à l’abandon de l’autre, à cette demande de ne jamais partir. « Faut que j’te soigne ». Les doigts d’une main s’agrippent à la baguette, tandis que l’autre se retient au plan de travail. La respiration de la brune est saccadé, douloureuse. Comme un poids dans la poitrine qui ne voudrait pas s’en aller.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Matt Austin, Lun 31 Déc - 13:49


Agenouillé face à Elly, Mat attendait une réaction, une réponse de sa part. Son cœur battait à la chamade et le gout des douces lèvres de la sorcière était encore présent sur les siennes. Elle lui avait rendu son baiser, sans hésitation. Et le brun avait du mal à reprendre sa respiration depuis. Étrangement, son esprit était calme et son corps entier frémissait, une sensation chaleureuse continuant de se couver au plus profond de lui même. Il venait de faire taire un grondement sourd qui ne cessait de l’appeler jour et nuit. Qui ne cessait de le hanter. Le sorcier était soulagé. Soulagé d’avoir enfin pu oser l’impensable. D’avoir briser les dernières chaines qui continuaient de le tirer vers une chute inéluctable.

Un léger silence s’installa entre les deux sorciers qui se faisaient toujours face. Matt ne savait plus quoi dire, plus quels mots prononcés. Son dernier geste avait été des plus sincère, des plus directs. Il avait passé plus d’émotions que des mots, que des phrases entières. Et alors que ses pupilles continuaient de fixer celle de la belle brune, il senti les mains de la sorcière s’accrocher à sa nuque, l’attirant doucement vers elle. Le brun ne chercha pas à se dégager, à se dérober, l’évidence lui sautant aux yeux. Elle prononça son nom, un murmure qui s’envola jusqu’à ses oreilles, rependant une sensation de chaleur dans son esprit. Et pour la deuxième fois, les douces lèvres au léger gout sucré de la sorcière se collèrent aux siennes.

Une nouvelle explosion se fit ressentir dans le corps entier de Matt. Un flot de sentiment déferla jusqu’au plus profond de sa propre âme. A son tour, il rendit le baiser à Elly, souhaitant que cet instant ne s’arrête jamais. Qu’ils puissent rester ainsi, sans ne plus jamais avoir à penser au reste. Et quand leurs lèvres se relâchèrent, Matt laissa un soupire, mêlant passion et chaleur. Quelques mots s’échappèrent de la bouche de la sorcière, murmuré, envoyé vers lui. Une demande. Un désir. Celui qu’il reste ici, avec elle, à ses côtés. Pour toujours. La tête de la brune se cola dans son cou, le sorcier brun humant alors l’odeur délicieux qui ressortait du corps entier de la jeune femme. Si douce. Si fragile. Pour lui, cela ne faisait aucun doute. Ses bras enveloppèrent le corps frêle de Elly. Il restera la pour elle.

Mais soudainement, sans vraiment que Matt n’ai le temps d’esquisser le moindre geste, la belle sorcière se déroba de leur étreinte. Matt se retrouva seul, assis face à un mur, tandis que la brune semblait vouloir s’échapper de lui. Il entendit sa démarche souple le contourner. Se rendre dans la cuisine. Lui resta assis, sans bouger, les sourcils froncés. Comme devait-il prendre le geste de la sorcière ? Comment devait-il l’interpréter ? Elle avait un passé douloureux, il en était conscient. Il ne connaissait pas les raisons exactes car jamais pas le passé, il n’avait osé lui demander. Et maintenant, Matt se rendait compte qu’entre eux, il restait une grande part de mystère, des parts d’ombres encore inexplorées. Un étrange mélange, d’excitation, de curiosité mais aussi de peur. Cette peur de se jeter dans l’inconnu.

Le murmure de la jeune femme, un ton différent lors de sa demande qu’il reste, sembla résonner dans l’appartement. Le soigner ? Voilà qu’elle changeait complétement de sujet, laissant un certain gout amer, une certaine sensation désagréable au fond de la gorge. Cela ne représentait donc rien pour elle ? Ce qu’il venait de se passer ? Lui qui venait de mettre de côté tout sa vie. Le brun serra l’un des poings mais ne céda pas à la panique ou même à un soupçon de haine. Malgré tout, il savait à quel point le passé pouvait hanter une personne. L’hanter sans jamais la relâcher. Il n’y avait jamais vraiment de solution à ce genre de problème. Seul le temps semblait avoir un effet bénéfique.

Matt se releva, doucement, faisant attention à ne pas tomber, ses membres étrangement engourdis. Il ne se soucia pas de la jeune femme derrière lui, l’ignorant quelques instants, le temps de récupérer l’ensemble des vêtements présents dans le sac sur le sol de la salle de bain. Il ne prit pas la peine de fermer la porte. Et en quelques secondes, voilà qu’il était maintenant habillé de la tête aux pieds d’un simple jean et tee short.

De nouveau quelques pas en arrière, et voilà que le sorcier faisait maintenant face à la sorcière, un étrange sourire aux lèvres. D’un ton ironique, il déclara :

« Ne te trompe pas de formule Elly, guérir au lieu de mourir m’arrangerait. »

Et en deux grandes enjambés, le brun réduisit à néant la distance entre eux deux. Suffisamment proche pour rentrer dans la zone de confort de Elly. Dans la même distance que quelques instants plus tôt, lorsqu’ils avaient échangés ces deux baisers dont le gout était encore vif et présent sur les lèvres de l’américain. Un distance qui pouvait engendré une certaine gêne pour la jeune femme, mais dont le brun préféra pour sa part, s’en amuser. Il voulait aider Elly à surmonter cette peur. Ce sentiment qu’elle avait en elle et qui l’avait poussé à le fuir, quelques instants plutôt.

Il ne demanda pas l’autorisation à Elly pour se saisir de sa main. Se saisir de cette main qui tenait une arme entre ses doigts. Le contact entre leur peau procura une sensation agréable, une sensation de chaleur qui fit de nouveau battre rapidement le cœur du brun. Doucement, délicatement, il fit remonter la main de la jeune femme à hauteur de son visage, suffisamment haut pour que le bout pointu du bout de bois magique frôle l’œil endolori et boursouflé de Matt.

« J’ai entièrement confiance en toi. »

Quelques mots prononcés. Une phrase sincère. Qui se voulait réconfortante. Qui voulait instaurer entre eux les premières pierres d’un pont qu’ils pourraient franchir pour se rejoindre.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Elly Wildsmith, Lun 31 Déc - 15:13


Elle était crispée sur sa baguette, les doigts serrant le bois, les ongles s’enfonçant dans sa paume. Refusait-elle de ressentir ce qu’elle ressentait ? Etait-ce simplement le fait que ce soit lui ? Longtemps détesté. Cette haine camouflait-elle l’attirance qu’elle refusait d’admettre pour lui ? Cela ne faisait plus aucun doute, mais il lui faudrait du temps. Pour se faire confiance. Pour lui faire confiance. Pour essayer de voir au-delà de cette relation passée qui l’avait dévastée. Rupture délicate, difficile, équilibre fragile dans l’esprit de la brune. Et jamais, elle n’oublie, les promesses faites sur l’autel d’un amour éphémère. Serait-il comme ça ? Ou était-il différent ?

Inconsciemment, la jeune femme savait la réponse à cette question mentale. Il était différent. Sa disparition le lui prouvait bien. Il avait ce quelque chose de différent, qui émanait de lui. Qu’il soit dans un costume flambant neuf ou dans le plus simple des sous-vêtements. Les doigts étaient encore enfoncés dans sa chaire, comme un refus de voir la vérité en face. Il y avait du mouvement dans son dos, elle le percevait. Peut-être ne comprenait-il pas sa volte-face, peut-être chercherait-il des explications ? Un vague à l’âme qui la saisit, une nausée qui s’empare d’elle. Elle se sent défaillir, vacille un peu. Quelques secondes s’écoulent ainsi.

Et là, quelque part dans le coin de son œil, elle perçoit le mouvement qui le rapproche d’elle. Comme une bouée qu’on lui lance alors qu’elle serait perdue en pleine mer. Elle se raccroche à ça, à cet éclat d’acier qu’elle perçoit dans ses yeux, à ce sourire qu’elle voit naitre à ses lèvres. Une silhouette habillée – Valor a visiblement bon gout – qui entre dans son espace vital, qui percute son monde, à nouveau. Non il n’a pas le droit. Il ne peut pas. L’esprit de la brune se brouille. Le sourire qu’il arbore la laisse pantoise, difficile de se concentrer devant un tel spectacle. Elle sourit. Un sourire par automatisme. Quelque chose qu’elle veut lui offrir mais dont elle est incapable de comprendre la signification. Le souhaite-t-elle seulement ?

L’ironie d’une phrase qui la percute, la réveille aussi, insidieusement. Alors, sur le même ton que lui, elle répond « Tu doutes de mes capacités magiques Austin ? ». Sourire carnassier sur le visage, le jeu n’est pas très loin, peut-être même qu’elle se sent mieux dans ce genre de configuration ? Elle l’ignore. La distance entre eux deux se réduit à l’initiative du brun. La main libre de la brune vient toucher du bout de ses doigts ses lèvres embrassées, comme si elle voulait se rappeler de ces deux instants fugaces qu’ils avaient échangés, quelques instants auparavant.

Et un nouveau contact se fait sentir, la main d’Austin se pose sur la sienne. Sur celle qui tient la baguette entre ses doigts serrés. Elle se laisse faire, se laisse mener, comme dans une danse où il était le meneur et elle seulement la suiveuse. Sa main remonte jusqu’à l’œil abîmé de l’homme, et une phrase perfore le silence qui s’était installé entre eux. Une phrase qui provoque un frisson le long de l’échine de la brune. Et à laquelle elle répond simplement « Tu as peut-être tort, tu sais ». Sourire de connivence inscrit sur ses lèvres, esquisse doucereuse du moment vécu plutôt. Dans son esprit, elle se demande si c’était un simple rêve, subconscient qui se réveille du manque d’affection, de relation, de contact physique. Ou s’il y avait plus que cela avec l’ancien auror ?

Mais la main ne se baisse pas, et la voix murmure un petit « Episkey » destiné à soigner l’œil balafré du brun. Aussitôt l’hématome disparait, la prunelle d’acier réapparait. Sourire à destination du brun alors qu’elle continue sur sa foulée d’un « Revigor ». La main de la brune est toujours serrée dans celle d’Austin. Mais ce sont ses doigts qui relâchent sa baguette. Le bois tombant sur le plan de travail de la cuisine, roulant à terre. Et les doigts, plutôt que de retourner s’enfoncer dans la chaire de sa propre paume, vont trouver les doigts d’Austin pour s’y lier.

Leurs mains ainsi liées redescendent doucement, se posent sur le comptoir de la cuisine. La baguette reste au sol, la brune ne lui accorde aucune importance, ses yeux étant rivés dans les prunelles d’Austin. « Tu n’es qu’une chimère Austin, ça ne peut-être vrai ce que je vis là … ». Le regard se meurt sur les lèvres de l’ancien auror, elle se rapproche, dangereusement, du brun, et à nouveau pose ses lèvres sur les siennes. Sens exacerbés à son contact, comme s’il révolutionnait tout ce qu’elle était.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Matt Austin, Mer 2 Jan - 14:56


La tension était palpable entre les deux sorciers qui se faisaient, seulement séparés par la baguette magique de la brune, la pointe collée contre l’œil amoché du brun. Il ne doutait absolument pas des capacités de Elly en sortilège, après tout, elle était la propriétaire d’un établissement spécialisé dans lequel les sortilèges en étaient le cœur. Et il espérait que la jeune femme sache aussi guérir, non que combattre. Il n’était pas complétement sur que le Heurtoir disposait d’un médicomage, alors lors de grave blessure, c’est bien l’un des employés qui devait se charger des soins ? Non ?

Un simple mot. Un simple sortilège. La douleur autrefois présente dans l’œil amoché du garçon disparu, lui laissant seulement une sensation apaisante. La formulation d’un nouveau sortilège dont il était la cible, lui fit ressentir cette sensation dans le corps entier, lui laissant échapper un mince soupire de plaisir. Retrouver des forces ne pouvait lui faire que du bien. Il était maintenant dans un meilleur état qu’à son arrivée. Détendu. Apaisé. Heureux.

Ses prunelles grises se perdirent dans les prunelles de la brune, le contact entre leurs mains toujours présent et continuant, pour le brun, à lui faire ressentir une chaleur bien longtemps perdue. La dernière fois que Matt avait ressenti une telle sensation, remonté à sa relation passée avec Axelle. Une époque bine lointaine mais dont les souvenirs étaient encore présents. C’était sa peur de l’engagement qui l’avait fait fuir. Cette satanée peur qui l’avait saisi au cœur. Et ironiquement, voilà que c’était lui qui essayait d’attraper une jeune femme pour laquelle des sentiments qu’il pensait enfui avaient ressurgi.

Un bruit sourd le ramena à la réalité. Un petit bruit dont la provenance se trouvait sous leurs pieds. Un simple regard, un simple aller-retour de ses yeux, pour constater que la baguette de Elly jonchait maintenant le sol de la cuisine de l’appartement. Il n’eu le temps de prononcer la moindre, de faire le moindre geste, qu’il ressenti le contact des lèvres de la brune sur les siennes. Une sensation merveilleuse qui se propagea dans son être entière. Sa main resserra celle de la brune, entremêlant leurs doigts, tandis que de sa main libre se déposa dans le bas du dos d’Elly. Une simple pulsion de son bras, de ses muscles amoindris par les mois d’errance passé. Le corps de la sorcière se rapprocha du sien, s’effleurant dans un premier temps avant de finir pas s’enlacer.

Envelopper dans une chaleur des plus heureuses, Matt aurait voulu passer les restant de sa vie ainsi, l’un contre l’autre tout comme leurs lèvres, le temps semblant enfin s’effacer. Avait-il enfin gagné contre ce dernier ? Avait-il enfin le droit à ses instants de bonheur, trop longtemps recherché au point d’en penser qu’il n’y aurait plus le droit ? A ce moment précis, pour le sorcier, il lui semblait avoir conquis, surmonté des montagnes impossibles à franchir, tant se flot de sentiments en lui semblait le dévorer de l’intérieur.

Mais par une force mentale qu’il ne se connaissait pas, le brun réussit à briser, de quelques centimètres, cette étreinte qu’il aurait souhaité infinie. Ses prunelles grises fixant toujours celle de la sorcière face à lui, un sourire qu’il ne se connaissait pas capable de faire aux lèvres, sincère, heureux. Pourquoi avoir brisé cette étreinte ? Matt voulait faire les choses comme il faut, pour une fois. Ne pas brusquer la jeune femme, ne pas risquer de la perdre. Ne pas brûler certaines étapes. Vieux jeux ? Certainement. Mais le sorcier souhaitait en apprendre plus sur la belle brune face à lui. Car sans compréhension des deux êtres qui se faisaient face, aucun doute que les choses finiraient en catastrophes. Surtout que le brun se rappelait encore de la façon de la sorcière avait fuit les premiers baisers, quelques instants plus tôt.

« Suis-je seulement de passage Elly ou y’a un peu de place dans ta vie pour ? »

Une simple question. Quelques mots. Mais dont le brun avait besoin de connaître la réponse. Une réponse qui malheureusement, lui faisait peur. Peur de savoir ce que le temps lui réservait. De savoir si la brune allait surmonter cet évènement qu’il ne connaissait pas mais qui hantait toujours la sorcière. Une question qui lui, en y repensant, était surement posé trop tôt. Le brun, comme à son habitude, s’en rendu compte bien tard. Lui qui ne voulait pas brusquer Elly, voilà qui lui demandait si elle comptait se lancer dans une relation sentimentale avec lui.

« Balayons cette question, déclara le brun se forçant à rigoler pour faire passer les choses et en reculant de quelques pas. Prenons déjà le temps de mieux nous connaître non ? »

Le ton du brun se voulait joyeux mais une pointe d’amertume semblait vouloir se glisser entre les mots. Une amertume de ne pas avoir connu la sorcière plus tôt. De s’être rencontré quelques années auparavant.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Elly Wildsmith, Mer 2 Jan - 19:38


Une étreinte douce et chaleureuse, la pression d’une main dans le bas de son dos qui l’amène à se serrer contre lui. D’abord doucement, ce genre d’étreinte qui signifie plus que les mots, plus que les longs discours qu’ils pourraient s’échanger tous les deux. La tendre étreinte se renforce, se transforme, et l’enlacement se renforce, devient plus violent, plus vitale. Les mains de la brune voyagent sur le corps amaigri du brun, ses doigts emprisonnés se libèrent, se mouvent jusqu’à la nuque du brun sur laquelle elle s’accroche, ses ongles s’efforçant de ne pas abîmer la peau de l’ancien auror.

Elle perdait la tête, c’était difficile de justifier le geste, de cette sensation qu’elle ressentait là, face à lui. De cette main, dans le creux de ses reins, endiguant la douleur de son âme, annihilant les souffrances de son esprit.  La chaleur se propage, de ses lèvres embrassées à son corps torturé, elle ne veut pas que ça s’arrête, elle veut continuer à embrasser cet homme qu’elle a cherché, qu’elle a attendu. Qu’importe ce qu’il se passe après, qu’importe qu’il disparaisse - angoisse trop présente dans l’esprit de la brune – elle le voulait simplement là, profiter de l’instant présent, de sa peau contre la sienne, de ses lèvres qu’elle mordille presque tendrement, de sa main pressante dans son dos.

Rien, elle ne voulait rien d’autre que de continuer à s’extirper de ses angoisses dans ses bras, continué à l’embrasser, à sentir le parfum de sa peau, son corps contre le sien. Mais elle ne perçoit pas le mouvement, elle ne se rend pas compte du recul qu’il prend là, subitement. Ou plutôt, quand elle s’en aperçoit, c’est une terrible désillusion qui lui saute aux yeux. Il commence une question, qui ne finit pas. De la place pour quoi ? De quoi parle-t-il ? Elle soupire.

La déception est lisible sur son visage, ses traits sont marqués. Ses yeux, qui s’étaient parés d’une étincelle lumineuse au fond de ses prunelles, sont désormais éteints, comme anéantis. Il s’était reculé. Il avait cessé tout contact avec elle. Alors elle aussi, avait effectué un pas en arrière, laissant la tendre étreinte derrière elle, laissant la chaleur qu’il insufflait derrière elle. Non, elle ne voulait pas que ça s’arrête, mais face au comportement de l’homme elle n’avait d’autres choix que de se rendre à l’évidence. Il ne voulait pas de tout ça, il voulait juste quelque chose de … passager ? Était-ce ce qu’elle voulait ? Elle n’en savait absolument rien. Mais c’était difficile pour elle de se situer.

Alors quand de nouveaux mots s’extirpèrent des lèvres de l’ancien auror, avec une amertume facilement identifiable, elle ne sut comment réagir. Elle se détourna alors de lui, reprenant sa tasse de café laissé là sur le comptoir, récupérant sa baguette au sol – sans accorder le moindre regard au brun pendant ce temps. Et alors qu’un « Calda » mesuré venait réchauffer le liquide noirâtre, elle laisse les secondes, les minutes s’envolaient, sans qu’aucun mot ne sorte de ses lèvres. Ses mâchoires sont contractées, crispées. Il n’y a qu’un bourdonnement persistant dans ses oreilles. Un truc qui l’empêche de réfléchir correctement. Elle avale quelques gorgées de liquide, amertume perceptible dans les mots qui s’échappent de sa gorge « Si t’as envie de partir, pars, j’te retiens pas ».

Et c’est tout le poids de sa douleur qu’elle retient de lui crier au visage. De lui dire, le mal que cela fait d’être ainsi abandonnée. Elle ne comprenait pas, ce changement soudain dans le comportement du brun, cette difficulté nouvelle qui semblait apparaitre alors que tout se passait pour le mieux, bien loin de leur jeu macabre. Peut-être n’était-ce qu’une manière de jouer, après tout. Peut-être se jouait-il d’elle. Lasse, désœuvrée, elle laissa un soupir s’échappait de ses lèvres, avant de laisser de la distance entre elle et lui, elle se vautrant dans le canapé, lui restant dans la cuisine. Ses mains autours de la tasse de café chaud, elle indique « Tu sais où se trouve la porte hein ». Le regard éteint, la mine abattue, l’ancienne auror regardait dans le vide, souhaitant éviter du plus possible le regard de son hôte qu’elle était pourtant contente de retrouver. Difficile pour elle de prendre conscience qu’il ne voulait rien de plus qu’être un passage dans sa vie, qu’un homme qu’elle oubliera. Comment pouvait-il supposer son accord ? L’esprit s’embrouille, les yeux déversent encore un trop plein de larmes, trop longtemps retenues, trop longtemps contenues. Elle avait tout compris de travers, mais là, clairement, elle n'allait pas bien.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Matt Austin, Jeu 3 Jan - 14:17


Matt se tenait face à la brune, repensant à ses paroles prononcées quelques instants plus tôt. A ces mots qu’il avait choisit maladroitement pour essayer d’exprimer une pensée qui lui trottait alors dans la tête. Et sa tentative, lâche, d’éviter le sujet par la suite n’avait rien de très glorieuse. Au contraire, cela ne semblait n’avoir rien arrangé du tout entre eux. Et à peine ces quelques mots sortis de sa bouche, que le visage de la brune se referma soudainement, ne laissant aucun doute sur ses intentions.

Mais cela ne s’arrêta pas la. Elly se détourna littéralement de lui, trouvant soudainement plus intéressant cette tasse de café froide derrière elle que le jeune homme qui lui faisait face. Jeune homme qui se trouvait maintenant face au dos de la sorcière et qui ne pu s’empêcher un regard malheureux quelques centimètres en dessus de la courbe fine qui marquait la fin du dos de la belle. Il l’a regardé ramasser sa baguette, le forçant un faire un léger pas en arrière. Une précaution, rien d’autre. Puis il l’entendit alors prononcé un sortilège. Arquant les sourcils, le brun espérait que cela ne soit pas pour lui. Par chance, rien n’arriva. Aucun sort ne le percuta. Mais si le sorcier avait appris ce qui allait se passer par la suite, il aurait nettement préféré recevoir un sortilège.

Les quelques mots qu’elle prononça, le ton qu’elle utilisa, l’intimidant, peut être inconsciemment, de partir, le fit grincer des dents. Et il n’eu le temps de rien répondre, la sorcière ne lui laissant pas le plaisir de s’expliquer. La distance entre eux deux, autrefois si mince, sembla se transformer en un gouffre pour le garçon. Elly se jeta sur son canapé, ne laissant aucun regard pour le brun derrière elle. Matt comprenait la réaction de la brune. Il ne pouvait pas dire l’inverse. Lui même, comment aurait-il réagit ? Sans aucun doute, il aurait fuit. Et la simple phrase qui sorti de la bouche de la sorcière, à son intention, faillit venir à bout de ses tourmentes. La porte. Elle lui demandait clairement de prendre la porte. Bien sur qu’il savait où se trouvait cette dernière, l’appartement n’étant pas très grand, mais il ne souhaitait pas retourner dans cette vie d’errance. Dans cette vie sans elle.

Matt bégaya, essaya de trouver des mots à l’intention de la sorcière, mais rien n’arriva. Rien ne voulait sortir. Il se sentait extrêmement bête. Débile. Inutile. Elly avait interprété ses paroles dans le mauvais sens. Enfin, il n’avait rien fait pour qu’elle ne les comprenne dans le bon sens. Et qu’est ce que la brune devait s’imaginer maintenant ? Qu’il était seulement là pour quelques bons moments ? Pour quelques instants charnels ? Puis partir sans aucun regard derrière lui ? Matt n’était pas comme ça. Lâche oui. Mais ce n’était plus son genre de vouloir fuir ses sentiments. De vouloir fermer les yeux et avancer malgré la douleur.

Quelques pas, le brun se rendit à la porte mais ne l’ouvra pas. Par chance, la clef était présente dans la serrure et deux tours lui suffire afin de la verrouiller. Il ne comptait pas partir. Un simple geste pour faire comprendre à ka belle brune qu’il comptait bien rester ici, avec elle. Puis, l’américain se rendit face au canapé, face à la brune. Son cœur se serra devant les larmes qu’il voyait couler sur les joues de la brune. A peine une heure qu’il était là et voilà que Elly avait déjà versé des larmes à deux reprises à cause de lui. Quel pauvre type était il. Alors, face à elle, il essaya tant bien que mal de trouver les mots.

« Je suis nul. Je suis débile et maladroit. Je veux… Je veux seulement ne pas brusquer les choses et te perdre aussi vite que je t’ai retrouvé. Je ne veux pas m’enflammer et prendre le risque que tu t’aperçoives, avec le temps, que j’ai bien plus de défauts que de qualité. Et surtout… le brun prit quelques instants afin de réfléchir aux mots exacts qu’il allait utiliser. Je veux apprendre à te connaître. A tout savoir de toi et à être une épaule sur laquelle tu pourras te reposer jour et nuit. »

Matt s’approcha alors du canapé, de la sorcière dont les larmes coulaient encore sur son visage et s’agenouilla à son niveau pour lui faire face. Il lui prit les mains, le contact entre leur peau ne faisant qu’accroitre un sentiment heureux et chaleur dans le corps de l’américain. L’envie de l’embrasser, de l’enlacer était telle, que le brun mettait son esprit à rude épreuve pour ne pas céder.

« Je me suis montré maladroit et je m’en excuse Elly. Ne crois pas que je veux être de passage. Et si je dois l’être, j’espère bien que cela soit pour un bon millier d’année. Une pointe d’humour ne faisait jamais de mal, mais les prunelles du sorcier se fixèrent une nouvelle fois dans celle de la brune. Si tu veux que je parte, j’ai bien peur que tu devras utiliser la force, car je ne compte plus partir sans toi. Sortir dans ce monde sans t’avoir à mes côtés. »

Elly pouvait lire au fond des prunelles grisâtres du brun la sincérité de ses mots. Il n’était pas un grand parleur, ni même le genre de personne à se dévoiler, à dévoiler ses émotions. Mais pour elle, il s’en sentait capable de le faire. De laisser le marbre se fissurer une bonne fois pour toute.
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Re: [Habitation] Discreet Nest

Message par : Elly Wildsmith, Jeu 3 Jan - 15:42


Elle est totalement fermée, repliée sur elle-même. Elle n’attend plus qu’une chose : qu’il se casse et qu’elle puisse hurler sa rage, sa douleur, son désespoir. Elle serre les dents, s’efforce de ne rien dire, de garder sa souffrance pour elle, à l’intérieur. Qu’il parte et qu’enfin elle puisse faire sortir ses nerfs. Mais après sa simple phrase concernant la porte, elle perçoit le mouvement, le bégaiement. Elle ne comprend pas, les neurones peinent à se connecter. Pourquoi bégaie-t-il si c’est ce qu’il veut après tout ? La brune se redresse, mais ne le regard pas, se contentant de le voir en vision périphérique, là sur le côté. Ne pas lui accorder plus d’importance. Il ne fallait pas qu’elle se perde là-dedans, ce serait trop compliqué.

Et puis, alors que le bégaiement la faisait douter, lui faisait douter des intentions de l’ancien auror, elle le voit, qui passe devant elle, se rapproche de la porte. Son cœur loupe un battement, la désillusion est totale, les larmes s’écoulent sans qu’aucune pensée ne puisse les arrêter. Douleur lancinante dans la poitrine de la brune, rien ne va plus. Elle n’aurait jamais dû ouvrir, jamais dû le laisser entrer chez elle. Jamais elle n’aurait dû. Elle souffre le martyr mais essaye de ne pas montrer combien ça l’affecte. Mission oh combien délicate lorsque l’on voit son visage, ses larmes qui affluent. Les yeux humides et rouge. Difficile de ne pas voir la souffrance dans les traits de la brune.

Mais alors qu’il approche sa main de la poignée, alors qu’elle pense qu’il va partir, elle décroche son regard de lui, se contentant de regarder la cuisine, là où ils avaient eu l’occasion d’échanger un baiser des plus passionnés. Le souvenir marque au fer rouge l’âme de la professeure. Mais là, de l’autre côté de la pièce, elle entend le verrou de la porte, ce verrou qui se ferme. Elle pivote, regarde vers la porte. Il s’est contenté de verrouiller la porte d’entrée. Elle ne comprenait pas vraiment, ses pensées refusant de se mettre au clair face au comportement du brun qui n’allait pas vraiment avec ses propos. Pouvait-elle avoir mal compris ?

Nul besoin de se poser la question davantage, puisque l’ancien auror se rapproche d’elle. Déversant des mots qu’elle n’attendait pas, étant persuadée qu’il ne voulait rien de plus qu’une éventuelle soirée ou nuit auprès d’elle. Il lui dit qu’il veut prendre son temps, simplement. Apprendre à la connaître, qu’elle aussi apprenne à le connaitre – c’est vrai qu’au final, hormis une blessure commune, un ancien métier en commun … Que savait-elle de lui ? Pas grand-chose. Et peut-être avait-il raison, peut-être devaient-il y aller doucement, prendre le temps de ne pas commettre le même type d’erreur qu’elle avait pu faire avec le professeur de métamorphose. Plaie encore sanguinolente dans son âme. Ouverte, à vive. Austin pouvait-il panser tout cela ?

Pouvait-il aussi panser le vide qui l’avait laissé en partant de la sorte ? Laissant la brune vide, dévastée, sans navire auquel se raccrocher. Alors que leur jeu, viscéral, l’avait maintenue en vie, en éveil. Peut-être ne se rendait-il pas compte, au final, de ce qu’il avait été pour elle. De ce qu’il avait représenté dans l’esprit de la brune, qui s’était perdue dans les ténèbres et lui, lui, avec un simple jeu – quelque peu malsain – il lui avait permis de résister, d’être là.

Les pas du brun le rapproche encore de la sorcière, ses mains trouvent les siennes et elle se laisse faire, simplement parce que le contact des mains chaudes de l’ancien auror la réconforte. Propage en elle une source de chaleur qu’elle n’a pas connue depuis bien longtemps. Difficile d’exprimer l’inexprimable. Il indique qu’il s’est montré maladroit, qu’il s’excuse. Et la brune esquisse l’ombre d’un sourire, fugace, rapide. Ses prunelles sont figées dans celle du brun, elle ne le lâche plus du regard. Elle a besoin d’entendre ce qu’il dit, bien que cela soit surprenant, après tout elle n’a pas eu de nouvelles pendant des mois … pourquoi s’était-elle accroché ainsi à lui ?

Elle aussi, balbutie. Elle aimerait lui répondre, lui dire qu’elle n’a pas envie qu’il parte, qu’elle veut qu’il reste là, qu’il lui apprenne comment il est, comment il vit, de quoi il est composé, ce qu’il aime, ce qu’il déteste. Qu’elle sache tout de lui et lui tout d’elle. Que le mystère entre eux s’échappe. Qu’un simple regard suffise à faire comprendre à l’autre le fond d’une pensée. Elle penche sa tête sur le côté, resserre l’étreinte de ses doigts autour de ceux d’Austin. Elle lutte contre elle-même, pour ne pas se jeter dans ses bras, pour ne pas avoir l’air d’une femme éplorée, fragile, faible. Car là, quand elle le regarde, avec cet air désolé sur le visage, avec ses prunelles qui crient la sincérité de ses mots, elle a du mal à ne pas simplement se réfugier dans ses bras.

Alors elle déglutit, tente de se reprendre, de faire taire ce dragon qui rugit en elle, cette envie qui grandit, de plus en plus persistante, de plus en plus enflammée. L’esprit s’égare, les pensées ont du mal à s’organiser. Elle se mord la lèvre inférieure, ferme ses yeux, laisse un soupir s’extirper de ses lèvres. Elle ne doit pas se laisser submerger – n’est-ce pas trop tard ? Elle doit se reprendre, volontairement, ne pas tomber dans ce genre d’extrême. Il faut qu’elle soit plus forte que ça. Mais chacun des mots qui lui a dit, chacune des phrases qui lui a offerte, laisse dans le cœur de l’ancienne auror une marque indélébile, de celle impossible à effacer.

Elle rouvre les yeux alors que ses mains sont toujours prisonnières de celles d’Austin, le tumulte de son esprit ne veut pas se calmer. « Je … ». Elle essaye de s’exprimer, de lui dire qu’il l’avait – involontairement sans doute – raccroché à la vie. Qu’importe ses qualités ou ses défauts, après tout elle en avait aussi, elle voulait le connaître, le voir. Et qu’au-delà de ça, il y avait autre chose, depuis le début, elle avait senti cette différence, dans leur étrange jeu il y avait eu quelque chose de plus singulier. « Tu … ». Toujours du mal à s’exprimer. Elle se redresse un peu, sans jamais lâcher ses mains. Comme si elle pouvait le retenir ainsi. Et enfin, quelques mots qui s’extirpent « Excuse-moi ».

Des excuses volontaires puisqu’au final, il semblait qu’elle ait bien mal compris ce qu’il avait voulu dire. Soupir de soulagement entre les lèvres de l’ancienne auror, mais la douleur lancinante ne semblait pas vouloir s’éteindre. Etrange d’ailleurs, que cette douleur qu’elle ressentait ne veuille pas s’éteindre. Elle le regarde, parcourt les traits de son visage. « C’était pour ça, cette haine que je voyais dans tes yeux il y a quelque mois ? C’était ça que tu voulais éviter en partant ? ». Un vague à l’âme qui la prend, c’était donc bien de sa faute. Ses mains se resserrent sur celles d’Austin, attendant une réponse qui apporterait peut-être du soulagement dans l’esprit de la brune, qui ferait peut-être taire ce bourdonnement incessant. Et que dire du dragon de feu qui brûlait ses veines aux moindres contacts du brun ? Pour l’instant, l’ensemble des sens de la jeune femme étaient en alerte, effet de la présence d’Austin si près d’elle.
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