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Réserve de la Bibliothèque de Poudlard
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Ciarán A. Merrow
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Ciarán A. Merrow, Dim 15 Oct 2017 - 1:18


LA de Mered

Mered avait toujours ce sourire qui fendait les coeurs. Quelques semaines s'étaient écoulées depuis leur dernière rencontre, mais la jeune Serdaigle n'avait pas changé. Et les propos qu'elle avait tenu dans ses courriers semblaient sincères; à en voir ses lèvres s'étirer en une courbe dévoilant ses dents blanches, il n'y avait pas un seul soupçon de peur en elle. A priori, juste la satisfaction de retrouver quelqu'un qu'elle appréciait. Ciarán, elle non plus, ne s'était pas métamorphosée depuis cette autre entrevue. Au sens figuré, du moins. Elle continuait de construire des murs entre elles et tous ceux qui prétendaient vouloir entrer dans sa vie. Elle allait certainement agir de la sorte encore longtemps.

Jusqu'à ce que la vie s'apaise.

Les places étaient chères. Il fallait mériter la sienne.
Il en était de même pour sa confiance. Le prix était élevé.


La voix de la fille à l'uniforme bleu et bronze était assurée. Certaine. Sereine. Elle savait pourquoi elle était là et ce qu'elle attendait de sa directrice. La vélane, quant à elle, avait du mal à déterminer ce que lui apporterait cet échange. Et, à vrai dire, elle ne ressentait pas réellement envie d'y penser. Tous les scénarios qui s'écrivaient dans sa tête étaient mauvais. Rien ne servait de s'y attarder.

Alors, d'un geste qu'elle voulait doux, accompagné d'un regard un brin tendre, Ciarán invita l'étudiante à s'assoir près d'elle, sur l'un des bancs poussiéreux et abimés de la réserve. Étrangement, elle ne se fit pas prier pour la rejoindre. Et étrangement, la Merrow ne paya pas attention à cette attitude. En temps normal, pourtant, elle détestait les gens trop curieux. Mais Mered était différente. Son intérêt pour la créature n'était pas malsain, ni inopportun. On pouvait sentir émaner d'elle une envie de savoir sincère — mieux, une envie de comprendre. Personne ne pouvait jamais refuser ça à quiconque. Surtout quand personne n'avait pris le temps d'essayer d'agir de la sorte auparavant.

Alors, la Directrice prit la parole, tournant son visage absent de défauts vers l'élève:

— Je vous ai amené ici certaines des lettres écrites par mes descendantes vélanes. Elles ont transmis le don de génération en génération. Je crois... qu'il n'y a pas meilleure façon de comprendre ce qu'elles ont vécu au fil du passé, et surtout, comment elles l'ont vécu.

Cet héritage était l'un des rares souvenirs que Ciarán n'avait pu se résoudre à réduire en miette lorsqu'elle avait décidé de détruire la maison de son enfance.

— Il y en a des centaines d'autres, chez moi. Vous conviendrez donc que ceci n'est qu'une infime partie de ce tout, formé par chacun des mots écrits sur ces parchemins.

Un instant, elle éloigna le haut de son corps de Mered pour fouiller dans la poche intérieure de sa veste. Des dizaines de feuilles apparurent sous leurs yeux, sur les genoux de la jeunes femme. Toutes étaient rédigées avec plumes ett écritures différentes. Des papiers plus ou moins jaunis et abimés par le temps. Il s'agissait probablement de l'héritage auquel la Merrow tenait le plus sur cette planète. Alors, il lui avait fallu être claire dès le début.

— Mered. Sachez que c'est aujourd'hui la première fois que je les montre à quelqu'un.

Il n'y avait pas besoin de parler plus. Le ton de sa voix était cassant. Son regard dur. Froid, à nouveau. Cela devait suffire pour exprimer ce que les mots n'avaient parfois pas le pouvoir d'exprimer.

— Si vous avez des questions, c'est le moment.
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Mered Adand, Jeu 19 Oct 2017 - 19:54


Je ressentais comme un paradoxe chez Miss Merrow. Un air glacial à vous faire frissonner rien que de l’entendre prononcer des salutations et à la fois chaleureux dans l’accueil et la proximité qu’elle m’accordait. Un côté je vous déteste car vous réveillez des souvenirs douloureux et un autre côté me remerciant de m’intéresser à sa vie. Quelle femme compliquée elle faisait ! Là était tout son intérêt. Comprendre son passé pour comprendre son présent voire son avenir. L’enjeu était de taille. Peut-être trop pour moi mais je ne voulais pas vivre dans le regret. J’aurai au moins essayé.

Alors oui je fonçai lorsqu’elle m’invita à la rejoindre. Un banc poussiéreux à l’image des ouvrages des lieux. Assises côte à côte il n’y avait plus de réelle distance entre la directrice et l’élève. Juste un vouvoiement pour se rappeler que nous n’étions ni des proches ni des amies, pas encore. J’ouvris grand mes oreilles pour ne rater aucun mot. Elle m’avait apporté des lettres de ses ancêtres ! Pouvais-je espérer meilleur cadeau qu’un échantillon de sa vie personnelle ? De plus je détenais l’exclusivité de ces écrits, n’était-ce pas un pas vers l’amitié que fit la vélane à mon encontre ?

« Merci Miss, je suis honorée et touchée de ce geste. », lui dis-je simplement tout en saisissant l’un des parchemins.

Jaunis et durci par les méfaits du temps, je craignais de casser le morceau de papier. Chose qui m’aurait valu une décapitation à coup sûr non ? Je ne vous explique pas comment je prenais soin de l’objet comme la prunelle de mes yeux. Le manipuler le moins possible, juste lire et… se glacer ! Le témoignage était poignant. Une toute version radicalement différente de celle des livres, bien plus sombre et montrant la terrible vérité sur l’exploitation des vélanes… Ce n’était que le premier et pourtant je n’en pouvais déjà plus. J’étais remontée ! Je souhaitais réparation !

Je rendis les feuilles à la brune et mon regard se fit aussi dur que le sien. Non à cause d’elle, juste à cause de la stupidité humaine qui n’avait aucune limite malheureusement. Vengez-vous créatures ! Vengez-vous de ces monstres qu’on appelle les Hommes ! Je me levais et lui fit face, je n’avais pas peur d’elle, enfin seulement de son regard envoûtant. Je devais être brève avant de me perdre dans les méandres de ses beaux saphirs.

« J’en ai assez lu pour être convaincue que la version des vélanes est la bonne. », lui affirmais-je d’un ton légèrement énervé.

« Le passé est passé Miss Merrow, je ne peux malheureusement rien y faire et vous non plus… », lui annonçais-je dépitée avant de me reprendre. « Cependant l’instant présent nous appartient ! Que diriez-vous de me raconter ce que vous ressentez vous ? Comment vivez-vous votre situation ? Au nom de vos ancêtres, balayez ces mensonges ! Montrez aux Hommes que malgré le mal qu’ils vous ont fait, vous êtes encore debout. Le monde doit savoir, leur comportement est intolérable ! »

Je me rassis et sortis  plume et parchemin, prêtre à prendre des notes et à retranscrire le discours de la brune. Racontez-vous Miss Merrow. Nous sommes dans le même camp. La justice triomphera.

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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Ciarán A. Merrow, Dim 22 Oct 2017 - 0:54


Les émeraudes de l'adolescente, toute de bleu et de bronze vêtue, caressaient d'un mouvement inquisiteur chaque mot sur la première des lettres que Ciarán lui avait tendu. La vélane qui lui faisait face, elle, se contentait d'observer l'élève se perdre à travers ces marques d'Histoire. Et rapidement, son regard changea. Passa de la simple lecture à l'analyse. Bientôt, la colère fit son apparition. Entre les doigts de celle à la crinière enflammée, les lettres semblaient se froisser sous une pression dure exercée par l'index et le pouce.

Ce n'était que la première lettre, et elle se débarrassait déjà des souvenirs. Pourquoi? La vérité était-elle donc si insupportable? D'un geste las, la directrice tendit le bras pour reprendre les papiers. Puis leva les yeux vers Mered. Sous l'impulsion de son aigreur, les iris de cette dernière semblaient être devenus de véritables pierres tant son regard s'était durci. Et ses mots aussi étaient tranchants. Sa voix, elle, était acérée. Mais la Merrow savait déjà ce qu'elle allait dire. L'injustice, pour peu que l'on y soit sensible, réveillait toujours les instincts de rebellion qui s'étaient jadis endormis.

Alors que l'étudiante s'agitait, Ciarán entreprit de partir à la recherche de ses pupilles pour la calmer.

— Mered.

D'abord, elle ne dit rien, préférant partir à la recherche des mots justes. Ceux qui apaisaient. Ceux qui remettaient en question la colère. Ce qui interrogeaient. Ceux qui demandaient si on n'avait pas été trop vite, trop loin dans nos réactions. Quand elle les eut finalement trouvés, sa voix se fit douce.

— La plus belle des vérités dans notre monde est que les choses ne sont jamais toutes blanches, ou toutes noires. Il y a toujours des nuances de gris, entre les deux. Elle marqua une pause, puis continua. Certaines vélanes ont souffert, c'est vrai. Souvent, ce sont celles qui n'acceptaient pas leur situation. Qui n'ont jamais voulu de cette beauté surnaturelle qui ensorcelait sans même le vouloir. Mais d'autres de mes ancêtres en ont bien profité de leur côté.

Nouvelle pause. Inspiration.
Elle en faisait partie.

— Et, devinez quoi, elles ont fait souffrir, elles aussi.

Et, devinez quoi, j'ai fait souffrir, moi aussi.

Des images lui revenaient. Elle, sous une cape noire et large, tentant de séduire les hommes les plus haut placés pour obtenir leurs faveurs. Elle se revoyait jouer avec eux tels des proies qu'elle désirait attraper dans ses filets. Elle se souvenait de ceux qu'elle avait tué après avoir remporté ce qu'elle était venue chercher. Un éclair vert filait devant ses yeux.

Retour à la réalité. Frissonnante.

— Tout n'est pas tout blanc ou tout noir, Mered. Pour avoir la version entière, il vous faut les deux versions des faits, et là encore vous ne pourrez pas prendre parti parce que... Les deux sont synonymes de souffrance. Autant du côté des hommes que des vélanes exploitées. Pour cette raison, je suis une malédiction. Pour vous, pour moi, pour les autres. Tout n'est que souffrance.

Elle avait joué, elle avait perdu. Aujourd'hui, elle prenait conscience des douleurs qu'elle avait infligé. Et tout semblait lui revenir, à la manière d'un boomerang.

Puis, soudain, elle eut le sentiment d'en avoir déjà trop dit. Que ses blessures étaient à vif et que le moindre grain de sel aurait pu raviver la douleur. Alors, elle reprit son regard froid, distant. Désireuse de montrer à l'adolescente que les éléments ne la maitrisaient pas. Que c'était elle qui les maitrisait. Juste retour des choses.

— Alors, repensez à tout ce que vous avez lu, seule, ici même. Repensez à ces mots que vous venez de découvrir. Et faites vous votre opinion. Mais sachez qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise version.

Pause.

— Alors?
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Mered Adand, Ven 27 Oct 2017 - 0:10


J’étais remontée comme une pendule contre les hommes. Depuis deux ans déjà et l’épisode papa je les détester et ce que je venais de lire avait réveillé toute ma haine envers ce genre. Pas un pour rattraper l’autre et depuis des années déjà. Qu’ils aillent tous brûler en enfer ! Sauf Galway, lui il était respectable. L’exception qui confirme la règle. Mais comment pouvait-elle garder son calme ?! A sa place, savoir tout ça m’aurait fait devenir furie et j’aurai tout dégomme sur mon passage ! Je ne comprenais pas.

Un mot. Mon prénom. Un seul et unique. Prononcé saphir dans mes émeraudes. Bien assez pour me faire perdre de ma ferveur et me détendre pour écouter ses paroles. De sa voix douce, elle défendit les Hommes ! Enfin nuançait leur culpabilité m’expliquant que les deux camps avaient exploité l’autre par moment. Tout le monde avait sa part de responsabilité dans cette histoire, chacun avait souffert. Je ne saurai vous dire pourquoi, ma vision uniforme se brisa à ses propos. Sans doute hypnotisée par sa beauté et ses arguments d’autorités dus à son statut de vélane. Cependant la colère me rongeait encore.

« Enfin qui a commencé Miss Merrow ? Je parierai sur les Hommes et les vélanes ont voulu se venger ! Je ne peux pas leur en vouloir de ça. Trop de monde a souffert. Vos ancêtres ! Eux ! Vous probablement ! », lui lançais-je.

Ben oui, je cherchais encore de quoi défendre les créatures plus humaines à mes yeux que les monstres qu’on appelait les Hommes. La brune se dévalorisa en se pensant être une malédiction. Non, non, non ! Elle était une chance ! Grâce à elle, la vérité était visible. Grâce à elle, je l’avais saisi. Grâce à elle, ses ancêtres existaient. Elle était une bénédiction cette femme ! Belle, envoûtante, résiliente. Serdaigle était gâte d’avoir hérité d’une telle directrice. Mon opinion était toute tracée désormais.

« Ce que j’ai lu montrait les vélanes comme des monstres. Vos lettres accusent les Hommes de monstres. Vos propos les mettent d’accord, dans chacun des camps il y avait du bon et du mauvais. Le monde est gris comme vous le dites joliment. », petite pause, je n’avais pas abandonné mon idée, « Vous n’êtes une malédiction Miss Merrow, je ne peux pas vous laisser dire cela. Je vous connais peu cependant de ce que j’ai vu de vous, j’affirme que vous êtes quelqu’un de bien. Sinon vous m’auriez envoyée sur les roses avec mes livres et m’auriez dit de me débrouiller seule. Vous êtes ma bénédiction. », un large sourire se dessinait sur mon visage, j’étais apaisée, « Je veux vous rendre l’appareil pour vous remercier. Vous savez comme moi que la version donné par l’homme est la plus connue même si elle ne reflète pas la vérité. Je vais écrire un article sur les vélanes histoire de montrer aux gens les nuances du monde. Je veux montrer aux gens que le monde est gris et qu’il existe des vélanes respectables. Vous en êtes une preuve vivante. », terminais-je ma tirade.

Enfin presque.

« M’aiderez-vous ? », conclus-je réellement.

Je pouvais me servir des ouvrages et de ses parchemins pour rédiger cet écrit. Néanmoins avoir des infos sorties de sa bouche avait plus de poids. Si elle acceptait, je me transformerai en la mini avocate défenseure des bonnes causes. Prête à plaidoyer pour elle que j’appréciais et je ferai mon possible pour me faire diffuser dans un journal. Non ce n’était pas ici que pour lui faire plaisir mais bien aussi pour lui rendre justice.
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Ciarán A. Merrow, Mar 31 Oct 2017 - 19:54


Alors ? Les paroles de la vélane semblaient avoir l’effet escompté. Au fond d’elle, la directrice de Serdaigle se sentait fière. Fière, parce qu’elle réalisait qu’elle avait peut-être des choses à enseigner, encore. Fière, parce qu’elle ne se limitait probablement pas seulement au monstre auquel elle se confrontait, chaque matin, dans le miroir. Fière, parce que ses mots avaient un impact. Fière, parce qu’elle se rendait compte qu’elle n’était pas inutile et qu’elle pouvait désormais se servir de sa nouvelle fonction pour devenir un véritable mentor.

Mais Mered n’avait pas perdu le large. Sa voix s’était adoucie mais ses arguments ne perdaient rien de leur force. Elle ne pouvait se résoudre à faire passer les vélanes pour les méchants, dans l’histoire. Ciarán la remerciait intérieurement à mesure qu’elle sentait une douce chaleur agréable envahir sa poitrine. Peut-être était-ce le soulagement.

La sensation s’intensifia lorsque Mered parla d’elle comme d’une bénédiction et lui confia son envie d’écrire et d’exposer la situation. Le visage froid se déforma dans un sourire spontané. La façade de glace commençait-elle à se fissurer ?

La paume de mains caressée par les parchemins, Ciarán s’octroya une minute pour penser. Avait-elle envie de devenir la porte-parole de celles et ceux de son espèces ? Était-il bien sérieux de se confier à visage découverte de la sorte, de donner son point de vue sur une situation encore taboue ? Ce n’était certainement pas sage, non. Ni même raisonnable. Mais aucun grand changement ne s’était mis en place dans le silence, et encore moins dans le calme.

La liberté se prend comme se donne la vie.
Avec violence, et dans le bruit.


— Je peux vous aider, oui, commença-t-elle alors qu’elle tournait son visage vers celui de l’élève.

Forcément, il y avait un mais.

— À condition que votre article soit gris. Vous ferez là preuve d’une belle ouverture d’esprit. Oh, et, je ne veux pas être la seule vélane interrogée. Assurez-vous d’en trouver d’autres. Qui feront preuve peut-être d’un discernement autre que le mien.

Elle laissa s’installer un doux silence qui n’avait rien de désagréable. C’était le genre de silence qui laissait libre court aux pensées, le genre de pause qui concédait à chacun le temps nécessaire pour prendre le temps de respirer. Et, pendant ce temps qu’elle s’autorisait, la Merrow repensa aux mots que l’étudiante lui avait adressés. Ces paroles qui avaient fait naitre en elle quelque chose de nouveau – cette douce sensation d’apaisement.

— Je ne peux que vous remercier pour ce que vous m'avez dit plus tôt. Et vous encourager à vous intéresser au sujet de cette façon.

Voilà les seuls remerciements qu’elle parvint à formuler. Ce qu’il y avait vraiment au fond de sa tête, elle ne le disait pas. Ciarán restait campée sur ses craintes. Car, oui, elle en avait ; ses peurs l’empêchaient d’avancer. Ses peurs gardaient les portes de son cœur fermées. Quand bien même Mered semblait faite d’intentions pures, la vélane ne pouvait prendre le risque de trop se livrer. Mais l'article serait une bonne manière de voir si, oui ou non, la jeune Serdaigle était digne de confiance.

Car Ciarán ne pouvait donner la sienne aussi facilement.

Démesure était mère de Souffrance.  
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Mered Adand, Lun 6 Nov 2017 - 19:10


LA de Ciarán

L’aide demandée à Miss Merrow n’était pas que formelle. J’avais tout pour réaliser mon article mais qui mieux qu’une vélane pour décrire le sujet ? Ceci me rappela les articles des sorciers écrits sur les moldus. Comment pouvaient-ils savoir ce qu’ils ressentaient ? Le secret magique les empêchait d’aller directement les questionner. Alors bien souvent, ces papiers n’étaient que foutaise où le journaliste en herbe avait fait avec les on-dit qu’il avait régulièrement interprétés et déformés pour ridiculiser ces autres. Pas de ça avec moi ! La vérité éclaterait au grand jour à coup de témoignages des concernées. A commencer par celui de ma directrice.

La brune avait accepté sous conditions, ne pas rédiger un écrit prenant partie pour l’un ou l’autre camp et une autre plus complexe, interroger une de ses consœurs ! J’avais bien saisi l’importance de la nuance depuis ses dires précédents. Je n’avais plus l’intention de prendre parti pour l’un des deux camps même si, intérieurement, je ne pouvais croire en la bonté des Hommes. Je me devais de prendre sur moi et de faire abstraction de cela l’espace d’un instant. Par respect pour elle, par respect ses ancêtre et par respect de ma parole.

La jeune femme me remercia même pour mon initiative. Non Miss Merrow, c’est moi qui vous remerciais. Apprendre que le monde n’était pas tout blanc ou tout noir était une chose capitale. Me montrer que vous étiez capable de pardonner et de faire la part des choses sur ce passé douloureux. Pourrais-je le faire un jour ? Pourrais-je considérer de nouveau les hommes malgré ce que papa avait fait ? A l’heure actuelle je n’en étais pas prête néanmoins elle pourrait probablement m’aider à apaiser ma colère.

« Tout ce que j’ai dit était sincère. Sachez que je suis une très mauvaise menteuse. Et c’est moi qui vous remercie de me consacrer de votre temps. D’ailleurs nous devrions commencer, je n’ai pas envie de vous retenir des heures. » lui annonçais-je avec un sourire amical.

Je m’attelai à ce travail, sous la surveillance de Miss Merrow. D’abord rangée les informations en deux colonnes, pro-homme et pro-vélane. Rapidement mon naturel me fit remplir la colonne pro-vélane. L’adulte me rectifia et s’empressa de donner des arguments pour défendre son ancien ennemi. J’étais fascinée par ce recul et cette beauté. Mes yeux ne se risquèrent pas à la regarder et se contentèrent de scruter mon parchemin pour ne pas sombrer. Malgré tout, je n’étais pas ici pour me faire bercer et j’argumentais mes propos. Au final, le résultat fut comme elle l’avait souhaité. Autant de lignes pour chacun des deux camps. La nuance ne pouvait être plus parfaite.

Il me restait plus qu’à rédiger le tout. Je n’avais plus besoin de la présence de l’adulte pour cela. Enfin si, souvenez-vous, il me restait une demande à satisfaire et non des moindres…

« Je vais pouvoir rédiger un article avec ce brouillon. Avant, je vais devoir vous déranger une énième fois Miss Merrow. Vous vouliez que j’interroge une autre vélane. Je ne suis en rien contre mais où puis-je en trouver une qui accepterait de répondre à mes questions ? », lui lançais-je d’un ton neutre, émeraudes dans saphirs.

Je n’avais aucune gêne. N’y voyez pas de la défiance. Juste un profond respect pour celle qui m'avait ouvert les yeux sur la griseur du monde.
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Message par : Ciarán A. Merrow, Mar 7 Nov 2017 - 18:46


Mered n’était pas difficile à convaindre. L’ancienne Serdaigle, elle, ne pouvait s’empêcher de se demander si cela avait à voir avec son don, ou bien si l’élève se comportait naturellement de la sorte en compagnie de ses professeurs. Puis se rendit compte qu’elle fuyait son regard pour se concentrer dans ce qu’elle était en train de faire. Ciarán ne put retenir un sourire. Décidément, elle l’aimait bien.

Balayant ses interrogations, et une fois les conditions acceptées, la rousse et la brune se mirent au travail ensemble, essayant de faire pencher la balance équitablement entre les arguments des différentes parties rassemblées qui trouveraient leurs voix dans le futur article. Naturellement, Mered se trouva plus encline à défendre les vélanes, mais celle qui lui faisait face tentait à chaque fois d’y apporter de la nuance. Pour former un tout plutôt gris que noir et blanc. L’une des deux conditions était remplie.

La seconde, elle, était déjà plus difficile à respecter.

Mais Mered n’avait pas oublié. Curiosité naïve ou simple volonté de respecter ses engagements, la jeune élève revint sur l’interlocutrice qui lui manquait. Voulait savoir où est-ce qu’elle pourrait trouver une vélane qui accepterait de lui répondre.

Les deux premiers noms qui vinrent à l’esprit de la belle furent ceux de deux personnes qui lui étaient chères. Deux personnes qui comptaient, à ces yeux, plus que tout au monde. Deux personnes qui l’avaient aidée à accepter sa condition – sa malédiction. Oui, toutes les deux auraient accepté de répondre, c’était certain. Si, tout du moins, les deux n’avaient pas été tuées. Si des êtres n’avaient pas décidé, du jour au lendemain, de les retirer de la vie de Ciarán. Claire et sa mère auraient accepté de répondre, si seulement elles étaient encore là.

— Je…

Malgré ses tentatives de ne pas montrer ce qui se passait dans sa tête, la Merrow savait bien que ses émotions de l’instant se liraient sur son visage sans défaut. Elle savait que Mered le percevrait, mais elle ne lui laisserait en revanche pas l’occasion de faire sa curieuse, une fois de plus.

— Je ne compte plus de vélanes dans mon entourage. Je connais simplement la fille de l’une d’entre elle, mais elle n’a pas hérité du don. Juste du sang qui coule dans ses veines et qui la rend très belle, sans qu’il n’y ait rien de surnaturel dans sa beauté.

Le nom de celle qu’elle avait longtemps considéré comme sa deuxième maman ne cessa de résonner dans son esprit confus. Claire Wilson hantait son présent, son passé et son futur. Il ne se passait pas un jour sans que Ciarán  ne pense à elle. Et à sa demie-sœur, aussi. Celle qu’elle s’était découvert en apprenant la mort de Claire. Une autre histoire passée compliquée.

— Ce que je vous propose, c’est de mettre votre article en pause pour le moment, et d’entamer des recherches afin de trouver une vélane qui accepterait de répondre à vos interrogations.

Mais, bien sûr, il serait certainement difficile pour Mered d'entreprendre un tel projet seule.  

— Qu’en dites-vous ? Vous sentez-vous capable de me supporter encore un peu ?

Un sourire.
Un vrai.
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Mered Adand, Jeu 9 Nov 2017 - 22:26


LA de ma dirlo

La question était bonne quoique farfelue. Je m’estimais veinarde d’avoir rencontré une vélane encore en vie alors espérer en trouver une deuxième ça relevait du miracle. En même temps, c’était l’idée de la brune. Elle avait probablement un nom en tête en me demandant cela. Dites-moi tout Miss Merrow, plus besoin de jouer la cachotière avec moi. Je lui avais prouvé qu’elle pouvait me faire confiance. Un dernier effort, une ultime révélation et l’article promis verrait le jour rapidement. Gris mais sans nuage, seulement teinté des nuances du monde.

La tête de ma directrice vira un peu. Ses magnifiques traits laissèrent apparaitre des rides éphémères. Comme si elle vivait une séance de torture intérieure et que son corps réagissait en conséquence. Elle revivait un acte passé, je le sentais. Quelque chose de douloureux, de personnel. Je lisais sa souffrance. Je m'en voulais de lui infliger ça. Mon objectif était de lui rendre justice à elle et ses ancêtres, pas de la mettre mal à l’aise. Et si j’arrêtais tout là maintenant ? Je m’apprêtais à lui révéler mon idée quand elle prit finalement la parole.

Comme prévu, plus de consœur dans son entourage. Ce qui voulait dire dans mon esprit, pas de respect de mon contrat donc pas d’article. La fin du rêve était là, j’avais échoué. Désolée, j’avais été trop ambitieuse. Pardonnez-moi Miss Merrow, je ne suis qu’une élève incompétente. Dépitée, je n’osais plus la regarder. Il fallait lui annoncer la fin, ma nullité, mes regrets, mon abandon… Abandon ? Que voulait dire ce mot ? Il était banni de mon vocabulaire ! Non, ce n’était pas terminé ! Si j’en avais trouvé une, j’en trouverai une autre ! Et j’irai jusqu’au bout du monde s’il le fallait pour ! Abandonner n’était pas Adand !

J’avais repris du poil de la bête et mes émeraudes se replongèrent dans ses saphirs. L’adulte avait aussi son idée sur le sujet et me proposa d’entamer des recherches. C’est exactement la conclusion à laquelle j’étais arrivée ! Enquêter, traquer une autre de ces créatures puis conclure mon écrit ! Enfin notre écrit, il résulterait d’un travail en binôme. Ses derniers mots et son attitude me communiquèrent son sourire. Évidemment que je serai capable de vous supporter Miss. Par contre vous…, vous étiez bien courageuse !

« Parfait, cela me va. La première des deux qui trouve une vélane à interroger envoie un courrier à l’autre pour la prévenir, ok ? », demandais-je à mon interlocutrice de charme.

Elle accepta ce marché et nous rangeâmes nos affaires avant de quitter les lieux. Je pris soin de mon brouillon rédigé comme si ce document était un papier des plus importants. Nous allions décamper mais il me restait une chose à lui dire.

« C’est plutôt vous qui allez devoir me supporter. Je vous rassure, tous les Serdaigle ne sont pas comme moi. Votre vie redeviendra paisible à la fin de l’année, je ne serai plus au château après mes examens finaux. », malheureusement…

Dommage. Pourquoi fallait-il faire des rencontres intéressantes et ensuite ne plus se revoir ? Poudlard n’avait pas le monopole de l’amitié ! Elle perdurera en dehors de ces murs. J’en étais persuadée avec Aria. Et vous Miss Merrow ? Vous reverrais-je ? Il était trop tôt pour le dire et pourtant j’avais envie de voir en elle une amie.
Fin de rp pour nous deux. Merci et à bientôt Cloé ♥
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Anthony Adams, Jeu 15 Fév 2018 - 22:42


Post unique.
Vous pouvez bien sûr poster la réaction de votre personnage.


Dernier endroit qu'il devait visiter ce soir. Ou ce matin. On savait plus trop. Dans son voyage, il avait à nouveau "reset" son masque pour éviter tout soucis quand il sera dans une salle, ou potentiellement, quelques élèves bossaient encore. Ou qui sait, quelques profs voulant faire quelques recherches. Bref, cet endroit, même s'il faisait parti des endroits les plus sûr, restait quand même un endroit parfois peuplé par des oiseaux de nuit.

Le jeune homme arrivait donc à la bibliothèque. Il avait été assez souvent ici. Mais c'était pas forcément pour bosser. Echapper à la surveillance, avoir un moment de calme, ou même pioncer un peu. La bibliothèque, c'était un endroit multi tâche pour Anthony. Et franchement, l'ambiance était sympa. Quelque part il se disait que toutes ces étagères, tout ce bois, ça rappelait un peu Ollivander's. Peut-être pour ça qu'il aimait tant cette boutique. Elle avait quelque chose de... Bibliothèque ? Cette phrase n'avait absolument aucun sens.

Bref, tout le reste de ses journaux partit dans cette énorme salle. Sur les tables, les chaises, parfois même sur entre les livres. "Surprise", tu cherchais un traité sur la monnaie, te voilà avec un journal dissident entre les mains. Allez les sérieux, vous voulez pas défier un peu les règles pour une fois ?
L'étincelle:
 

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Cara De Lanxorre
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Cara De Lanxorre, Sam 5 Mai 2018 - 17:42


PV Pépite
Avec son LA



    Des rondes dans Poudlard ? Elle avait une tête à faire des rondes dans le Château peut-être ? Déjà qu’elle était payée une misère pour supporter des marmots toute la journée, il ne fallait pas pousser le bouchon. Et pourtant, Cara était là, en ce milieu de soirée, à parcourir les couloirs sombres de l’École. En maugréant, certes. Mais c’est qu’elle devait faire bonne impression, après avoir été surprise en charmante compagnie par la Directrice Adjointe. Alors, faire une ronde, ça ne lui paraissait pas grand chose, pour se racheter une posture de professeure respectable. Et puis, elle croiserait peut-être McKinnon, avec qui elle pourrait recommencer ses petites affaires dans un nouvel endroit insolite.  

    Pour l’occasion, Cara avait troqué ses talons pour des chaussures plates qui lui assuraient davantage de discrétion. C’est qu’elle ne désespérait pas de surprendre un élève hors des dortoirs sur qui elle pourrait déverser toute sa frustration de se trouver là, dans les couloirs, au lieu d’être dans son lit – ou dans celui de quelqu’un d’autre. Alors, elle avance doucement, discrètement, une main serrée sur sa baguette, l’autre se balançant contre son corps, effleurant sa hanche à intervalles réguliers.
    Le Château vit, habité de bien des bruits étranges. Craquements, claquements, qui font accélérer le pas et le souffle de Cara. A plusieurs reprises, elle est persuadée d’avoir débusqué un élève, s’élance au croisement de deux couloirs, prête à lâcher un « Ah ah ! » victorieux, pour se retrouver devant les allées vides. Ç’en est presque décevant, ces étudiants qui respectent les règles.

    Un dernier couloir, quelques minutes encore, avant de regagner ses appartements. S’engager dans une nouvelle artère déserte, baignée par la clarté de la lune. C’est des petites flaques de lueur blanchâtre qui s’étendent pas terre, entrecoupées par les voutes de pierre. La professeure avance, le corps alternativement illuminé par la blancheur de la lumière qui lui donne un aspect fantomatique, et tantôt plongée dans l’ombre, invisible presque. C’est là, à l’abri dans la pénombre, qu’elle s’immobilise. Ses yeux passent de l’écriteau « Bibliothèque » accroché sur le battant en bois, à l’interstice de la porte, légèrement ouvert. C’est presque rien, mais pour Cara, qui arpente Poudlard depuis une heure, c’est comme un signal lumineux. Une grande flèche en néon qui lui indique que quelqu’un est entré là, hors des horaires d’ouverture. La professeure avance doucement, les yeux brillants, émoustillée à l’idée d’enfin choper un élève. Les deux paumes contre la porte, qu’elle pousse d’un geste sec, indélicat. Le battant s’ouvre d’un coup, brutalement, dans un grincement à vous faire crisser les dents. Cara pénètre dans la pièce, et du même mouvement, claque la porte dans un vacarme assourdissant. Maintenant, tout le monde sait qu’elle est là. Elle espère qu’il y a vraiment des sale gosses, et qu’ils sont figés de terreur quelque part dans la bibliothèque.

    C’est comme le début d’une chasse. Et Cara a tout son temps pour acculer ses victimes. Elle avance, d’une démarche fière, un sourire vicieux accroché à ses lèvres. Son pas est d’abord lent, pour laisser une longueur d’avance à ses proies paniquées qu’elle entend détaler. Leur accorder un peu de répit pour, en catimini, trouver une cachette où se dissimuler, y retenir sa respiration et fermer les yeux pour tenter de disparaître. Et puis, la professeure accélère. Elle se glisse entre chaque rayonnage, laisse ses doigts tapoter les étagères, ses ongles contre le bois, pour prévenir qu’elle arrive. Elle n’a qu’à suivre la course désordonnée qu’elle flaire, qu’elle entend, un peu plus loin. Elle devine le souffle court, le cœur qui bat trop vite. Le sien aussi, à vrai dire, s’emballe. Parce que ça lui plait, ce petit jeu. Ça lui plait d’être l’ombre menaçante, de susciter la peur et l'affolement.

    Et finalement, elle atteint son but. Dans un bruissement, elle sent les pas désordonnés se diriger dans la Réserve. La proie est là, entre les livres interdits. Le corps de Cara suit les bruits, avec ses hanches qui se balancent, ses jambes qui enjambent le cordon séparant la Réserve du reste de la bibliothèque. Et maintenant qu’elle est enfin certaine que l’étudiant indiscipliné ne pourra plus s’échapper : " Sortez, maintenant. Obéissez. Inutile d'ajouter l'insubordination à la pile d'ennuis que vous venez de vous créer ".
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Athénaïs De Saxe
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Année à Poudlard : Quatrième année

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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Athénaïs De Saxe, Mer 9 Mai 2018 - 22:10


La salle commune de Pouffoufle figurait, avec une tête d'avance, parmi les lieux du continent Européen où il était le plus difficile de se concentrer. Outre les quelques dizaines de ses congénères qui s'y bousculaient en riant et en se chamaillant, l'endroit avait été aménagé pour inviter à la détente : Les murs étaient ronds, les banquettes moelleuses, des coussins cascadaient aux quatre coins de la pièce et il n'y avait pas un millimètre de l'endroit qui ne soit pas occupé par des plantes grotesques ou un monceau de tissus chatoyants. Et même au milieu de la nuit, il subsistait toujours un ronflotement lointain, un chuchotis, un bruissement de feuille qui faisait dresser l'oreille d'Athénaïs et l'arrachait à sa concentration au point d'en générer une sorte de toc nerveux, comme lorsqu'un robinet goutte et que vous ne pouvez plus penser à autre chose qu'au prochain "Ploc" qui vous hérissera le poil.

Au début, la jeune fille s'était rabattue sur la bibliothèque : Mais celle ci fermait trop tôt, avant qu'elle ai pu terminer ses lectures loin des élèves de sa maison qui sans être aussi niais qu'elle l'avait craint dans un premier temps, ne semblaient pas particulièrement désireux de se pencher comme elle sur la demi douzaine de chapitres à venir. A dire vrai, ils n'avaient pas grand chose en commun, mais ce n'était pas tout à fait de leur faute. En effet Athénaïs avait toujours eu du mal à se lier avec les jeunes gens de son âge : C'était même de sa timidité maladive qu'était née son gout pour les études. Elle avait vite  compris qu'on ne dérangeait pas les élèves studieux et préférait s'épargner les longues discussions stériles qui étaient son lot quotidien le peu de temps qu'elle passait avec ses parents, ballottée de dîner en dîner.

Ce soir là Athé avait avalé en vitesse quelques bouchées de poulet rôti dans la grande salle avant de s'isoler à la bibliothèque jusqu'à sa fermeture. Et malgré le soin qu'elle avait mit à prendre son bain, entretenir ses longs cheveux et boutonné sa chemise de nuit, il n'était guère que 22h30 et le sommeil ne la guettait pas encore. Après avoir jeté un cardigan sur ses épaules, la jeune fille s'était alors précipité hors de la salle commune en prenant soin de ne pas croiser l'un des préfets et était retournée à la bibliothèque sans un bruit, ses petits pieds nus produisant un léger chuintement sur le sol glacé. De loin, elle ressemblait probablement à l'un de ces fantômes victoriens qui hantaient les couloirs de l'Ecole : Elle n'était qu'une pâle silhouette blanche capée de longues mèches soyeuses qui retombaient sur ses hanches quand un courant d'air ne les soulevait pas en un halo mordoré. Sa chemise de nuit un rien surannée était soigneusement boutonnée jusque sous son menton et ses poignets graciles, la préservant de la fraîcheur nocturne qui mordait cependant ses chevilles.

Si il était coutumier à Beauxbatons de prétendre que Poudlard était une sous école de sauvage engoncée dans la campagne anglaise et exempt du moindre raffinement, force était de constater que sa collection de livres aurait fait pâlir d'envie tous les professeurs de l'académie Française. La jeune  fille adorait se laisser étourdir par ces interminables étalages de livres qui semblaient prêts à crever le plafond. La nuit, l'endroit en devenait fantasmagorique, comme si chaque tranche de chaque bouquin disposait d'une paire d'yeux braqués sur elle. Ajouté au petit frisson de l'interdit, la belle en oublia la prudence et repoussa la porte d'un simple coup de hanche avant de se glisser entre les tables pour atteindre le centre de la pièce. Elle renversa le visage, s'amusa à tourner une fois ou deux dans un tourbillon de lin blanc et se retint à une chaise en pouffant quand étourdie, elle manqua de basculer. La petite palpitation qui lui agitait le coeur lui donnait des ailes au point où abandonnant ses jeux d'enfants, Athé se dirigea sans réfléchir vers la réserve.

En journée il était inenvisageable de s'en approcher : Les lieux étaient réserves à une poignée d'élèves duement recommandés par leurs professeurs et en général issu de sixième ou septième années. On disait que l'endroit renfermait quelques un des livres les plus rares du monde des sorciers et traitaient de formes de magie et de sortilèges qu'on ne devait absolument pas laisser entre toutes les mains. Le genre de sort, en fait, qui avait causé son renvoi de Beauxbatons. Sans s'en rendre vraiment compte, elle avait déjà enjambé le cordelet qui marquait la frontière impalpable entre ce qui était acceptable... Et ce qui ne l'était pas. Si les rumeurs étaient vrais, peutêtre Athé trouverait elle ici les réponses aux questions qui tournaient sans cesse dans sa tête et l’empêchait de fermer l'oeil. Sans avoir prémédité le fait de s'infiltrer ici, sa présence raisonnait entre ses tempes, comme si tout le chateau l'avait guidé vers ces grimoires poussiéreux qui refermaient des siècles de savoir occultes.

La petite main blanche de la jeune fille se tendit, mais le pulpe de ses doigts glissait à peine sur une reliure qu'un bruit assourdissant la fit sursauter. Un "Oh" apeuré arrondit ses lèvres et telle une biche prise dans les phares d'une voiture Athé se figea un instant qui lui paru interminable. Les règles étaient très strictes : Non seulement elle n'avait rien à faire hors de sa salle commune après 22h, mais elle se trouvait en outre dans le lieu le plus interdit de la salle la plus interdite de  toute l'école de Poudlard, pourtant généreusement pourvu en la matière. Sa cervelle se remit en route juste à temps pour qu'elle s'enfonce entre deux rayonnages, disparaissant à l'instant où le professeur de Lanxorre apparaissait, une expression dangereusement réjouie sur le visage. Par le créateur, pourquoi fallait il que ce soit la prof la plus sadique de l'école? Les rumeurs allaient bon train sur la jeune femme qu'on décrivait tyranique, cinglante et impitoyable. LA personne à fâcher, donc.

Penaude dans un premier temps, puis déterminée, Athénaïs prit son souffle et sortie de sa cachette, laissant retomber le bras qui tenait sa baguette, ce qui souffla le sort Lumos et les plongea dans la pénombre. Le coeur battant, la Pouffy leva le menton pour rencontrer le regard du professeur et sa mâchoire se contracta légèrement. En digne fille du grand industriel le plus respecté du monde des moldus, elle n'avait pas pour habitude de baisser les yeux et de minauder, mais d'assumer les conséquences de ses actes, fussent ils capable de la faire renvoyer d'une école magique comme Beauxbatons. La fierté était à la fois sa principale qualité et son défaut le plus handicapant.

- C'est moi, professeur de Lanxorre.

Un rien d'effronterie illumina les grands yeux noirs d'Athé, comme pour mettre Clara au défi de la punir. La particule qui leur était commune autorisait, pensait elle, un rien de respect mutuel. Après tout, elle n'avait touché à rien et elle se moquait éperdument de faire perdre quelques points à ses congénères bavards. D'ailleurs, c'était complètement de leur faute si elle avait du se cacher ici.
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Cara De Lanxorre
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Re: Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

Message par : Cara De Lanxorre, Sam 26 Mai 2018 - 0:06



    De l’obscurité, quelques mots et une silhouette qui se détache. C’est une apparition singulière, ce corps frêle qui émerge de la noirceur, dans un bref halo de lumière. Temps trop bref avant que la pénombre ne revienne, trop court pour que Cara ne la discerne clairement. Pas une élève connue, ou alors trop insignifiante, trop discrète pour être remarquée. Pourtant, ça ne semble pas cohérent avec sa conduite insolente. Car loin d’adopter une attitude pénitente, l’enfant garde la tête haute, arrogante. Et ça lui plait, à Cara, de tomber sur une petite effrontée. Plus difficile à casser, plus divertissant à tourmenter.

    Ça lui revient, dans une sorte de flash qui la percute, la discussion écoutée d’une oreille inattentive dans la salle des professeurs. Une nouvelle, renvoyée de Beauxbâtons, dont la Direction avait autorisé l’intégration à Poudlard en cours d’année. Cara n’avait accordé qu’un intérêt vite évaporé à cette information, passablement indifférente à la vie scolaire de l’école. Mais maintenant qu’elle se trouvait devant cette jeune fille inconnue, la professeure reconsidérait la chose. Ce n’était pas une nouvelle Artemis O’Toole finalement, mais un élément bien plus intéressant. De perturbatrice expulsée d’une grande école, elle passait à cette étrange, déterminée et froide apparition. « Vous êtes nouvelle ? » demandé d’une voix sèche.

    Ça tranche l’obscurité, les mots lancés là, dans le noir, entre les deux femmes. Elles sont emmitouflées dans la pénombre, incapables de distinguer davantage que de vagues mouvements. Il faut se repérer aux sons, aux bruissements. Ceux des vêtements de Cara qui s’effleurent doucement quand la professeure croise les bras, le bruit étouffé de la baguette qui roule contre la paume. Le temps parait plus long, quand on est privé de lumière. C’est comme une scène au ralenti.

    Ainsi, les derniers mots semblent encore résonner dans l’air, peinant à s’évaporer. Et Cara répugne à briser de nouveau le silence entre elles, lourd, un peu angoissant. Mais elle veut savoir. Le caractère de la jeune élève, du moins ce qu’elle avait souhaité en montrer, était symptomatique de Serpentard. Car en plus d’abriter les élèves avec le plus de tempérament, la Maison hébergeait également les plus doués. Si le lieu pouvait porter à confusion, aucun Serdaigle ne se serait exposé de la sorte, avec autant de panache. La professeure avait une tendance marquée et assumée au favoritisme vis-à-vis des élèves Verts et Argents. Ainsi, avant de réfléchir aux sanctions, devait-elle s’assurer de l’appartenance de l’impertinente à la plus noble des Maisons. « Serpentard ? ». Nouvelle interrogation, moins fort, soufflée, presque. Invitation à une confession qui pouvait s'avérer salvatrice.
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 Réserve de la Bibliothèque de Poudlard

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