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Un peu d'air...
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Alice Grant
Serdaigle
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Re: Un peu d'air...

Message par : Alice Grant, Mar 12 Sep - 21:28


Tu n'oses pas tendre la main pour vérifier qu'elle est réelle
De peur de la voir s'évaporer dans sa fumée
Disparaître aussi soudainement qu'elle est apparue
Ne laissant que l'odeur absente de sa cigarette
Et le souvenir de la chaleur de sa veste
Comme un enfant craindrait de saisir un jouet
De peur de se le voir refuser.

Mais tu sais que tu ne peux pas inventer un rire aussi parfait.
Elle est bien là.
Une vraie personne.
Qui te tire de la solitude.
Une vraie adulte.
Qui s'est arrêtée.

Tu te mets à rire aussi parce que.
Tu commençais à te demander si tu n'étais pas devenue invisible
Au milieu de la foule
Tu as beau trembler ils ne sentent pas
Tu as beau chercher des regards ils ne s'attardent pas
Tu as beau pleurer ils ne voient pas
Tu as beau hurler ils ne comprennent pas
Ils courent, comme pour échapper à la pluie
Emportés par un train fou
Qui ne mène nul part.

Mais Toi
Toi tu sens le vent froid qui ne souffle pas
Tu me fixes comme si j'existe
Tu vois les larmes invisibles
Et tu entends les cris silencieux
Qui êtes-vous
Toi et tes lunettes roses?

Quand tu vois tes cartes ton soulagement laisse place
A un sourire de retrouvailles
Elle les a ramassées
Les cinquante-quatre décolorées
Ou cinquante-trois, tu crois que tu as enlevé une reine
Mais elles sont là, entre ses mains,
Et quand tu croises son regard tu les lui laisses
En hochant doucement la tête.

Sa cigarette tombe au sol
Comme une goutte de pluie
Et s'éteint
En même temps que l'odeur s'en va.
Tu l'inspires une dernière fois.
Pour ne pas oublier.
Graver dans ta mémoire.
La fumée de la Dame-Qui-S'est-Arrêtée.
Elle se relève et toi avec
-Et elle se met à danser.

Ses pieds décollent dans la rue
Elle s'envole sous les gouttes fraîches
Qui caressent la nuque et imbibent les vêtements
Tu t'avances pour mieux la voir valser dans les airs
Tandis que la pluie mouille, apaisante
Ça colle comme un emballage sur un bonbon.

Soudain ton corps se met à bouger
Pour suivre la mélodie improvisée
Timidement d'abord
Mais rapidement tu laisses tes jambes s'adonner au rythme
Que le type qui vous toise avec méfiance n'entend pas
Tu ne le remarques même pas.

Est-ce que je rêve?

Tu ne sais plus déceler
Ton imagination qui déborde sur la réalité qui t'abandonne
Mais elle te rappelle l'importance de cette différence
Tu veux encore sentir l'odeur de sa cigarette
Et la chaleur de sa veste sur tes épaules
Et l'envie de danser qui se prend à tes pieds
Tandis que la mélodie des gouttes de pluie
Donnent la mesure de cette Gigue en Délire
Tu veux qu'elle existe
Pour te prouver que des gens savent encore voguer.
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Shae L. Keats
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Re: Un peu d'air...

Message par : Shae L. Keats, Dim 24 Sep - 13:41


Au loin les fleurs fanées
Un rien de paysage suffisant
Les prisons de la liberté s'effacent
Nous avons à jamais
Laissé derrière nous l'espoir qui se consume.

Les vapeurs de cancérette sont restées en susens. Leur odeur nous enveloppent encore, et nous guide en volutes. Tout s'est arrêté Alice. Profite. Écoute comme plus rien ne bouge autour de nous. Regarde comment la pluie nous protège. Alors laisse toi couler Alice. Il n'y a plus rien à perdre de toute façon. L'espoir a fini de brûler, ça faisait de grandes flammes bleues,
qui dansaient sur les murs. Racontaient des histoires. L'odeur intemporelle de l'hibiscus à fini par être dissipée par la pluie d'été.

La vie ne m'a jamais parue aussi dénuée de pesanteur que depuis le début de cet été.
Mais l'été met tout en suspens.
-saison métaphysique.

Il y avait encore du soleil, et une légère bruine qui atténuait la chaleur.
À cette heure là, le boulevard était désert. Me ramenant vingt ans en arrière.

D'extérieur je ne laissais rien paraître, mais mon rire n'était plus mien depuis longtemps. C'était celui d'un.e enfant-oiseau gambadent dans les champs. Essayant de prendre de l'élan. Un rire sincère de celui qui n'a pas encore vu la vie. Ni de plein fouet, ni par le trouve de la serrure. C'était un rire vivant
qui m'arrachait la gorge.

La pluie me porte. M'enveloppe. Me rassure. Heureux.se comme un enfant mais inquiet.e comme un parent. C'était bientôt l'heure de la nuit où les maquillages se craquèlent et où on se laisse aller au bord des confidences. Et si tu te demandais, et si je te répondais, comprendrais-tu seulement ?
Pourquoi il n'y a que dans ce corps que je parviens à danser.

Personne ne sait, personne n'a vu, j'y ai veillé. Certaines ombres du passé reviennent parfois s'interroger, mais elles ont si peu compté. Des figurant.es disparu.es depuis longtemps.
Mais toi
j'ai peur
de t'effrayer.
Il y a des gens on voudrait qu'ils parlent tout le temps, que leur voix dent jusqu'à la fin du monde. j'aime t'entendre. j'aime ente Dre les accidents de ton souffle. Cette corde pincée d'un soleil dans ta voix.

vivre: gravir pas à pas une montagne enneigée et en avoir les yeux brûlés.

Alors quand la pluie aura cessé je partirai.  une fois le ballet achevé je m'envolerai.
je ne peux me résoudre à te laisser sans rien
alors ma main glisse en cascade jusqu'à ma poche
celle de la veste qui te couvre
j'en sors un miroir
à double sens
destiné autrefois à une partie de moi.
Je le pose dans ta main
comme une promesse
comme on confesse.

En tout temps et tout présent
dis mon nom et je viendrai
pour que tu ne te perdes plus dans le quartier.
 

La corde se tisse quand le lien se tend.
autrefois les nouvelles rencontres étaient brutales et franches
et j'étais la désormais
en présence de détails de ma vie refletés dans une glace déformante
de ces détails décousus qui vous entoure
les nuits de fièvres.  
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Alice Grant
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Re: Un peu d'air...

Message par : Alice Grant, Dim 22 Oct - 13:16


Sur ton poignet à la place de ta montre se trouve un cadran
Dénué des terribles aiguilles-anguilles,
Celles qui obsèdent les gens de leurs tics tacs incessants
Dessiné rageusement parce que t'en as marre de regarder filer le temps
Impuissante
Ce maudit temps qui te sépare toujours un peu plus de ton père
C'est horrible qu'il soit mort mais tu sais Alice au moins toi
Tu l'as dévoré de tes yeux d'enfant fier
Gravé dans ton cœur son visage souriant
Te laissant avec une douce image paternelle
Au moins toi
...
Tu n'as aucun doute
Aucun foutu doute qui ronge et qui déchire
Une photo en un millier de facettes possibles
A ton avis quel est le pire
Entre connaître un brave homme mort et tout ignorer d'un vivant douteux?

Les questions sans intérêt se noient dans les flaques trempées
Tu ne penses à rien d'autre qu'à cette danse hors de l'horloge
La pluie sonne, les notes ronronnent
Les gouttes pianotent, les doigts clapotent
Et tu te sens bien
Avec cette inconnue qui parle en riant
Sourie avec les yeux
Et danse de tout son cœur
Tu aimerais que les nuages ne disparaissent jamais
Pour pouvoir continuer à admirer ses ailes dans l'air frais.
Apprends-moi à voler
Danseuse argentée


Un passant passe en courant
Comme le font tout les passants pressés et stressés tels des citrons mal élevés
Il doit se dire que le soleil brille pour tout le monde alors pourquoi attendre la pluie pour danser ils sont fous
Oui il paraît que
Le soleil brille pour tout le monde
Sauf pour quelques déments
Les soupçonnés les déboussolés les non-déclarés les accusés les tarés les rejetés les recherchés les aliénés les sans-papiers les traqués les camés les affamés les jugés les déchirés les encerclés les enfermés les désespérés les étouffés les emprisonnés les prêts-à-sauter les étranglés les guillotinés les suicidés les enterrés
Le soleil brille presque pour tout le monde.
Who cares?
Il reste la pluie
La douce pluie-pansement
Qui soigne ses enfants.

Elle a l'air apaisée
Au moins autant que toi
Tu ne te lasses pas de vous regarder
Enfin respirer
Tu ne veux pas que ça soit déjà terminé
Impossible de simplement disparaître avec l'eau qui court
Les gens ne s'envolent pas comme ça
Ils laissent toujours des plumes sur leur passage
Une piste pour les retrouver
Pour pas les perdre
Pour pas oublier
La dame-qui-s'est-arrêtée
Le citron bien élevé
Et c'est à ce moment là que vos pas s'arrêtent.

Tu observes le miroir dans ta main
Et tu comprends qu'il n'est pas banal
C'est un lien
Une plume partagée par deux oiseaux

En tout temps et tout présent
dis mon nom et je viendrai
pour que tu ne te perdes plus dans le quartier.  


Tu te laisses envelopper par cette sensation rassurante
D'entendre ses mots glisser sur l'air complice qui conserve
Votre mélodie secrète
Audible seulement par deux personnes sur terre
Renfermant le secret liant étroitement les inconnus
Qui se sont simplement échappés du temps.

Merci pour la danse
ça réchauffe


Tu la regardes comme un enfant regarde l'évasion
Et souris simplement.

Ton nom...
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Shae L. Keats
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Re: Un peu d'air...

Message par : Shae L. Keats, Dim 29 Oct - 23:37


Le temps glisse autant que le ton.
J'aime ta présence pour l'oubli des risques qu'elle représente.
Pour ce droit
a être moi.

Ce corps est comme une vague qui a tout balayé, comme une compréhension ratée de mois pendant une vingtaine d’années.
Enfant c’était plus simple.
Deux par deux on avalait nos mots. La peur d'oublier ce que l'on faisait, pourquoi on grandissait.
Je voulais être chirurgien.ne.
Pour pouvoir guérir les gens
juste en les touchant.
retirer la douleur et la peine,
leur faire oublier leurs plus durs hivers.
Leurs plus dures périodes.
Je voulais grandir pour guérir.

Je retrouve chez toi la fougue de la jeunesse alors que la pluie nous inonde. Nous coule sur les cils.
Nous empêche de nous voir.
La fougue de ta voix.
De tes sens.
Du rythme de ton cœur que je distingue dans ton cou.
J'entends la ville ce soir.
J'entends ses bruits, ses rumeurs
Tu l'entends aussi ?
Le chuchotement
Le soir tombant.
La ville qui se transforme
en terrain de jeu
en terrain vague.
on peut courir
on peut danser,
que les imbéciles se gardent de nous en empêcher
La pluie sera de notre cote.
Un rire encore
plus franche.

Ton nom...

je continue de danser comme si de rien était,
sans répondre dans l’immédiat,
sans dire.
parce que quand tu sauras
peut être
que tu partiras.
j'en sais rien
je ne sais pas.
les mots coulent
comme une évidence même
comme du miel
sur mes lèvres.

tu me connais comme chapelier
mais désormais
je serai Shae.

     
Shae felin.e.
Shae d'oubli
Shae d'emprunt
et ce nom et moi
ne faisons plus qu'un.

Shae danse comme si plus rien ne comptait face a toi. Comme si la revelation n'avait pas été faite, comme si il n'y avait aucune approbation a demander.
Comme si vivre
briller
était autorisé
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Alice Grant
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Re: Un peu d'air...

Message par : Alice Grant, Lun 13 Nov - 20:23


Un vide est apparu
Un endroit remplit d'absence
Un trou béant
Que t'as simplement regardé se creuser
Les poings serrés.
T'essaye de le remplir
D'en sortir
Mais tout glisse sur les parois
Le manques est trop grand
Et rien d'autre ne pourra le combler
Rien d'autre que ce qu'il y avait dedans.
Il aurait dû être là.
Mais il est parti.
Disparu.
En.Volé.
Et tu regardes le trou.
Et le trou te regardes.
Et il t'avale.
Et tu t'enterres dans l'
obscurité en
manque de père
balayé de ta vie
ecarté
sans un regard en arrière
.

Mais aujourd'hui t'as laissé tomber le trou géant.
C'est un moment sacré où
Les ombres qui tâchent les plumes
Les regards juges qui hantent les yeux
Le poids du passé qui pèse sur les ailes
Les chaines du temps qui retiennent les serres
Disparaissent simplement
Pour laisser place à deux âmes qui veulent juste danser
L'instant d'une trêve entre elles et le monde
Elles et elles-mêmes
Elles et leurs rêves
Elles et leurs monstres.

Tu veux connaître le nom
De la personne qui t'as permis de vivre cette pauser pluie
Qui fait s'envoler les oiseaux
Pour pouvoir l'écrire au creux de tes doigts en rêvassant
Et revivre encore ce moment
Dès que les ombres du vide deviendront oppressantes
Se raccrocher à l'odeur de tabac
La chaleur de la veste
Et la mélodie tranquille
Un grain de sel dans cette mer de gens qui ne s'arrêtent jamais de couler.

Yel continue de danser
Valser, virevolter
Toi tu t'es arrêtée
De peur de briser le précieux miroir
Mais ton cœur continues de faire écho dans tes oreilles
Quand la révélation t'arrache un sourire de rire
Tu te disais bien que tu connaissais déjà les pas
De la Gigue en Délire.

- Shae
C'est un joli nom.


Comment
Pourquoi
Ça n'a pas d'importance
Tant qu'on est ce qu'on choisit d'être
Elle est belle comme ça.
Avec des ailes.
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Shae L. Keats
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Re: Un peu d'air...

Message par : Shae L. Keats, Mer 3 Jan - 16:47


Je joue
de pluie
d'eau
-de
vie.

Il y a un trou dans ma poche. Pas plus grand que mon pouce. Un trou vers un autre univers qui aspire mes affaires. mes tresors, mes colères.
Une poche c'est une deuxième caboche
ou on fourre les trucs pour remettre a plus tard
et qu'on ne retrouve plus après.
Des babioles, des bouts de soi
des morceaux de mouchoirs.

mais c'est pas tres grave, d'avoir perdu mon de a coudre. J'vais m'en remettre, j'vais faire avec. je dans encore, j'attends tes mots avec une petite boule dans le ventre en jouant a retourner mes poches pour trouver encore des morceaux de moi pour compléter le puzzle.
le mobile qui ne pend qu'a moitie au dessus du bébé.

C'est pas très grave
j'ai dit
et toi
t'as les
plus beaux mots
qui soient
entendre
comprendre
chérir
la tolerence
d'une âme
de pluie.
dans un dernier elan de vie
avant de
prendre les mains
d'y apposer les cartes
d'offrir un dernier rire
et de s'offrir a la nuit.  




Depart De Shae
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Rosie Peltz
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Re: Un peu d'air...

Message par : Rosie Peltz, Dim 4 Fév - 17:42


| RPG Unique |

Un croisement sur le Chemin de Traverse par lequel des coulées de têtes enchapeautées se déversaient au rythme des marées et du conditionnement classique de la consommation. Une statue quelconque se dessinait péniblement devant des murs de pierres grises. De vieilles femmes vêtues de noire arrivèrent en procession et firent des libations devant les vitrines à la bougie éclairées, ignorant la statue. Un idiot braillait non loin, sans doute. Sur un panneau, l’on pouvait remarquer, par-dessus les réclames, une affiche intrigante :



« Le fameux goût du Ministère de faire patienter le peuple en construisant une énorme anticipation doit cesser. Car, cette anticipation fait toujours face à l’incroyable écart entre les espoirs et les faits. Les politiciens ne sont pas des producteurs de film faisant de l’Avant-Première un événement. Les WIZARDS FOR HISTORY ont une approche différente : nous ne souhaitons pas créer de queue (ou plutôt payer des gens pour s’y tenir debout). Notre but est d’offrir la vérité au peuple sorcier, lui montrer l’état des choses et construire là-dessus. Il nous faut retrouver le sens du réel.

La vérité déplaisante est que la classe dirigeante ne possède rien. Son peuple ne dépend plus d’elle. Leurs vies ont changé : les sorciers luttent désormais pour la prospérité. Au cours des années, ils ont développé de nouveaux goûts. Comme un enfant, ils s’éduquent, ils se sophistiquent, ils savent parfaitement ce qu’ils méritent et entendent payer pour ceci.

Mais, pourquoi administrerais-je un pays dans lequel je ne voudrais pas vivre ?

J’ignore si ceci est vrai. Je n’ai pas eu de problème à servir ce pays pendant de nombreuses années sous l’uniforme d’Auror. Et c’est une histoire que je serai fière de raconter à mes petits-enfants, le seul problème étant qu’ils s’en ficheront. Leur grand-mère aura beau admirer ce palais de verre qu’est le Ministère, je vous promets que les futures générations ne l’admireront – et ne l’admirent déjà pas. Ils porteront leurs regards sur l’institution et diront : « Grand-mère, cela a dû être dur, à l’époque, de penser que le Ministère signifiait quelque chose. » Et ils auront raison. Mais voilà que WIZARDS FOR HISTORY ne prétend pas que la respectabilité du Ministère est acquise, mais qu’il s’agit d’un processus continu qui demande du changement dans le but de s’adapter au public contemporain.
J’administre un pays dans lequel je ne veux pas vivre dans le but d’en faire un pays dans lequel je veux vivre. »
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Shae L. Keats
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Re: Un peu d'air...

Message par : Shae L. Keats, Jeu 15 Fév - 15:18


Pv Artemis Lhow
big t/w mutilations/prostitution


Bateau-Tangue
j'fais rien ce soir, j'ai rien fait j'ai rien cherché, j'ai juste voulu voler un peu, j'ai juste craqué une fois. J'avais arrêté l'alcool morbide, j'arrivais à raisonner, mais j'ai craqué ce soir, j'ai bu jusqu'à plus soif puis j'suis sorti.e, c'est presque un miracle que je sois arrivé.e jusque là sans me désartibuler, sans me casser quoique ce soit, j'ai mes côtes qui résonnent contre les murs quand mon corps leur fait écho.

Il pleut,
ça me mord la peau des bras, ça me réveille
ça me lave de toute cette moiteur alcoolisé qui me colle à la peau. Ca rafraichit, ça abreuve et je me sens en vie. Alors je veux en profiter, je veux apprendre à respirer. Ce sont d'abord les bottes qui tombent à terre, suivies du jean, du haut, et de tout ce qui enserre un corps pour le couper du monde. J'ai besoin de le sentir ce corps, entièrement, j'ai besoin de savoir que je suis dedans, qu'il est autant moi que le reste. J'en ai marre de devoir l'ouvrir, le brûler, le sectionner pour savoir qu'il est là, qu'il est moi. Pour en dessiner les contours et me décider à l'habiter. La pluie brûle, j'avais pas fait ça depuis des mois.

Je me souviens d'une époque où je passais mes nuits ainsi, nue, à courir sur les toits avec Esteban, le chat. Y avait la liberté qui grisait, le bonheur et le rire qui ce soir reste coincé dans la gorge. Ce soir la pluie brûle chaque parcelle de peau, de l'extrémité du pipeau occasionnel qui évoluait un peu plus bas jusqu'à la pointe des cheveux. C'était se réapproprier son corps après une soirée entière à le partager, à l'échanger contre intérêt. Pour l’intérêt d'un bar et des finances
un moyen de rentrer chez soi qui d'ordinaire fonctionnait
mais qui ce soir brûlait.

Alors j'ai plié les jambes, j'me suis agenouillé.e pas terre, sur les pavés, j'ai porté une cancerette à ma bouche, et je l'ai allumée. Je savais que les gens passaient, se demandaient, me disséquer des yeux. On ne s'attendait peut-être pas à ce genre d'attribut chez moi, mais au fond peu m'importait
j'avais besoin de ça pour me réapproprier.
Y avait dans la poche de mon jean qui traînait une vingtaine de billets.

J'ai tout rassemblé, devant moi, les vêtements, les photos souvenirs d'un mieux qui trainaient dans mes poches trouée, j'ai tout mis en boule, et j'ai tout incendié d'un coup de baguette. C'était une dignité, l'illusion d'un mieux qui partait en fumée, devant moi, nu.e, sur les pavés.
Je n'avais pas honte de ce que je faisais
j'avais juste un corps suffisamment inhabité pour s'y prêter.

Alors je pose ma baguette et j'observe
la cendre, les genoux griffés par la pierre froide.
Je ne sais pas pourquoi
mais la pluie a cessé de brûler.
Laissant sur ma peau d'invisibles traces de suie.
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Artemis Lhow
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Legilimens


Re: Un peu d'air...

Message par : Artemis Lhow, Jeu 15 Fév - 21:15



T/W : nudité / mutilation / prostitution


Intervention dans le déroulement du TDG de février


Des larmes de feu


avec Shae L. Keats


La journée avait été plutôt calme, comme beaucoup de nos tours de garde à vrai dire, et la nuit commençait doucement à s'installer sur le chemin de traverse. L’inconvénient avec les criminels, c'est qu'ils ne proposent pas de rendez-vous et sont rarement là où on les attends. Si cette journée était calme, celle de demain fera peut-être l'objet de cambriolages ou d'attaques gratuites comme ça a déjà pu être le cas par le passé. Mais demain, quoi qu'il arrive je ne serais plus ici et l'endroit restera un moment sans surveillance. Manque d'effectifs ... les nouvelles recrues se font rares et bien que le ministère forme et embauche du mieux qu'il le peut, ce n'est pas suffisant.


J'étire mes muscles endoloris par l'inactivité et balaie du regard la rue et ses derniers vagabonds. Une fine pluie c'est mise à tomber réduisant la visibilité vers l'extérieur. Ma mâchoire se décroche et je lâche un bâillement avant de me lever doucement du fauteuil dont la mousse commençait à épouser mes formes. J’enfile ma cape et, adressant un dernier signe de tête au gérant de la boutique, me dirige vers la sortie histoire de me dérouiller. La porte de l’échoppe s'ouvre en provoquant le tintement du carillon tandis qu'un vent glacial vient me frapper le visage. J'étais bien mieux dedans finalement ... la pluie semble déjà vouloir s'immiscer dans la moindre interstice laissé par ma tenue et quelques gouttelettes roulent sur ma peau.


J'ai tout simplement horreur de cette sensation. Avoir de l'eau sur une partie du corps sans être totalement trempé m'insupporte. C'est vachement handicapant en combat réel, je serais capable de me mettre totalement nu juste pour éviter cette sensation oh combien désagréable. Je passe un temps fou à me sécher en sortant de la douche juste pour éviter cette situation. Une goute dans mon dos m'arrache un frisson et un grognement. Satanée pluie ... si je m'écoutait je ferai comme cette jeune femme là, à genoux au beau milieu de la rue. Je laisserai l'eau ruisseler sur mon corps pour éch ... attends.


Je me fige comme un pantin au beau milieu des passants qui osent à peine porter les yeux sur le corps de la demoiselle. Est-ce que j'hallucine où il se trouve vraiment qu'une jeune femme se trouve entièrement nue sous mes yeux ? D'un geste de la baguette, elle fait flamboyer un petit tas difforme devant elle. Le rougeoiement des flammes me dévoile sa nudité, et mon état d'incompréhension prend encore un niveau. La jeune femme ... enfin le jeune homme ... visiblement ... puisqu'il à le ... enfin une ... bref disons que son intimité se conjugue au masculin !


M'ébrouant comme un chien sous la pluie, je m'approche du jeune homme visiblement perdu dans sa contemplation des flammes et l'enveloppe de ma cape pour cacher son corps à la vue des « autres ». Fléchissant les genoux, je me place à sa hauteur, gardant sa baguette magique dans mon champ de vision. S'il à l'air perdu sur l'instant, il n'en est pas pour autant inoffensif. La chaleur du feu n'est pas désagréable, mais je me demande bien pourquoi il a choisi de se mettre complétement nu pour faire un feu de camps sur le chemin de traverse. Quelques passant nous fusillent du regard et j'échappe un soupir.


« Désolé mon gars, mais tu ne vas pas pouvoir rester ici dans cette tenue ... et je ne vais pas non plus pouvoir te laisser partir dans cet état. » D'un geste de la main je lui place sous le nez la plaque du Bureau des Aurors avant de reprendre avec le même calme que précédemment : « Quel est ton nom ? »

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Re: Un peu d'air...

Message par : Shae L. Keats, Ven 16 Fév - 0:37


T-W un peu tous les sujets


Y a des miettes de souvenirs qui craquent et qui flambent,
des brindilles d'existence qui se consume
ça fait comme des cendres de moi qui s'envolent, qui finiront dans les poumons des gens.
un genre de renaissance.

Il parait que quand on perd quelqu'un le monde s'arrête de tourner. Que c'est comme des semelles de plombs, un poids dans la poitrine qui s'en va jamais vraiment. J'suis venue au monde avec tout ça. Le sang dans les mains, et un aimant à mauvaises mains entre les reins. Des cendres dans la gorge et un goût de tabac froid avant même de fumer.
Alors je brûle des morceaux de papier qui trainaient dans mes poches, les vêtements qui me draper
Je brûle ce qui fait de moi un humain avant de me brûler moi même
de me jeter dans une rivière.
Y a plus que les sensations du corps qui assurent encore l'office.
un va et vient constant pour être sûr.e de sentir quelque chose encore.

Alors je m'écrase et me gomme avant qu'ils aient le loisir de le faire.

Alors y a quelque chose de funeste dans la pluie et la cendre, que les gens qui me regardent détrempé.e ne peuvent pas comprendre. C'est le dernier rempart avant la mort cérébrale et l'automatisation du soi. Les dernières miettes d'humanité qui sont en train de partir en fumée.
Il ne restera de moi
que les traces de vos doigts.

des mots que je n'entendrai pas
des peines qui ne m'atteindront pas.
je ne suis rien
je retourne à la terre.

Et j'ai pas le temps de mourir, pas le temps de m'éteindre ni de m'enfouir dans un recoin où on ne m'attendra plus qu'une voix me prend les tripes. Elle sort de nulle part, j'ai cet espoir infime que cette personne m'ait vu.e, au bord du précipice. L'espoir infime d'une main tendue. Mais la plaque en métal est autant de façade que l'intention de l'autre. Un travail qui s'effectue alors que mes sens sont trop embrumés pour songer à le mépriser.
Je n'irai pas courir
j'ai plus grand chose à perdre.
j'ai arrêté d'être à ça près de tout,
attrapez moi encore
j'suis assez vide pour ça.

J'entends juste la question avant que le froid et le dégout ne me rattrape, que la dalle ne me morde les tibias. J'ai mal en moi, je veux sortir de là, laisser ce corps, en prendre un autre, et arrêter de courir après une personne que je ne serai jamais. J'ai ce soir cette envie absurde de ne plus jamais être.
Et je ne te detesterai jamais assez de me ramener au réel.
Les sensations résonnent dans un corps vide, on ne t'a jamais dit ça d'où tu viens ?
On ne réveille pas les morts.
Ça chavire de partout, ça me déchire en deux et me déchire le bide, dont le contenu s'étale sur tes pieds après un passage rapide pas la bouche.
j'essuie mes lèvres du coin de ma main.
Je veux repartir loin, ne plus voir, ne plus savoir agir sans me soucier de quoique ce soit, c'est tellement plus facile. J'aurais pu sauter devant le train ce soir, je ne ressentais plus la peur,e t toi t'as tout gâcher.

alors je lève les yeux
et je te souffle un shae qui t'implorerait presque de m'achever.
dans trois minutes je te remercierai de ne pas m'avoir laissé.e crever
mais là j'ai juste
l'âme beaucoup trop épuisée
qui se répand sur le sol en glissant entre mes doigts.

et j'arrive pas à la ramasser.
 
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Artemis Lhow
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Re: Un peu d'air...

Message par : Artemis Lhow, Sam 17 Fév - 22:57



Le type semble être complétement à côté de ses pompes et il n'a pas loupé l'occasion de répandre le contenu de son estomac sur les miennes. Haut-le-cœur, s'il m'envoie une deuxième fournée comme celle-ci c'est mon estomac qui va rendre l'âme. D'un coup de baguette je nettoie le bas de ma robe, mes chaussures et les dalles sous nos pieds. Le feu crépitant encore et toujours sous les goutes d'eau d'un ciel qui semble vouloir, lui aussi, répandre son trop plein sur nous ce soir. Les ombres dansent sur le corps du sorcier qui me souffle s'appeler Shae.


On aurait pu espérer de meilleures conditions pour faire connaissance, mais il va falloir s'en contenter pour le moment. Il est bien trop faible pour que je l'emmène au ministère en transplanant, il risquerait de me lâcher dans les pattes ou de se répandre une nouvelle fois dans le grand hall. Un murmure m'interpelle et je constate que quelques badaud se gaussent de la nudité de l'homme. Quatre « Vitro Convexo ! » plus tard, et nous voilà à l'abri des regards offusqué, curieux ou désapprobateurs. Je ramasse la baguette du garçon et la range à côté de la mienne dans une poche de ma robe.


« Tu as beaucoup bu ce soir ... sans doute un peu trop, non ? » Question rhétorique, mais à vrai dire je ne sais pas vraiment comment m'y prendre. Tiraillé entre le devoir imposé par la plaque et l'humain qui semble s'attrister devant cet être en peine. « On prendra le temps de discuter si tu veux, mais pour commencer il faut qu'on se mette à l'abri, tant pour toi que pour les autres ... dis-moi quand tu te sent suffisamment en forme pour transplaner. »


Ouais ça m'a l'air d'être la bonne chose à faire avec elle. Écrasé de pommes de terres mais j'ai beau avoir sous les yeux ce qui fait de lui un homme, il parait tellement féminin que s'il avait été habillé, je me serais fait prendre. Son visage, ses épaules, ses mains ... tout cela n'a rien de masculin, mais après tout le sexe et le genre ne sont forcément lié alors, s'il veut-être femme c'est bien son droit non ? A moins que ce ne soit l'inverse, mais au fond est-ce bien important ?

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Shae L. Keats
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Re: Un peu d'air...

Message par : Shae L. Keats, Mar 20 Fév - 17:14


Y a pas grand chose à dire de plus qu'un nom jeté au visage de l'autre entre deux silences et nausées. Y a juste le vide de mon ventre, le néant des intestins et le corps intégral qui ne cherche qu'à en finir avec le trou brûlant qui m'habite au dedans.
Y a l'alcool qui réchauffe mais c'est habituel, il est là tout les soirs à se battre contre mes veines.
Qu'est-ce qui fait que tu t'arrêtes
que tu restes
en plus de la plaques qui lui sous les ombres des réverbères.

Y a rien, on agit sans silence et sans sens, on crie à la reconnaissance, l'appréciation de soi de l'autre, je suis fatigué.e de tout ça, fatigué.e de moi même, j'ai plus envie de me voir, de continuer encore, j'ai trop de colère, je casse mes ongles sur les pavés, un par un, des deux mains alors que tu t'actives. Tu crois vraiment que tout ça vaut encore le coup ? J'te connais pas mais ce soir j'ai besoin que ce soit moi
l'épicentre du séisme.
J'ai besoin de violence, sinon j'ai peur de finir par disparaître entre les ligne au sol. Qui le verra si c'est le cas ? Personne. Je brûle sous la pluie slvatrice, j'ai mes os qui se réduisent en poussière, alors laisse-moi partir, je dirais rien promis. Achève moi, un coup bas, quelque chose. J'ai toujours voulu disparaître, je suis né.e cigarette, à me consumer seul.e. J'arrive à bout, jetez-moi dans la mer, je ne reviendrais jamais, je ferai corps à l'eau, personne ne saura
on ne se souviendra pas.
J'ai pas envie d'exister par ma mort, que des inconnus hypocrites qui n'ont pas su être là usent leurs mouchoirs à côté de ma stèle, être un prétexte pour attirer l'attention sur soi.
J'ai pas envie de mourir pour les autres..
Alors depuis cinq ans, ou dix je joue au fantôme
la mort interne pour leur laisser une enveloppe vide de sens
et d'âme
qui récite des phrases apprises par cœur à force.
Vous m'auriez vu.e hier,  J'avais d'la vie dans le regard, de la vie dans mon rire, je savais écouter, m'amuser, maintenant c'est juste une suite de chose où mon corps n'est pas là. Comme si on m'avait arraché.e de moi même avec les ongles, qu'on était venu.e me chercher dans un recoin supposément inaccessible. - I have sadness living in places sadness shouldn't live  - et j'arrive plus à l'en extraire, j'ai laissé la poussière des autres imbiber ma peau, les plaies faire semblant de se cautériser et les points de sutures de la mémoire se rompent de plus en plus
la tête entre les mains devant le feu de joie quand l'autre fait en sorte que personne ne nous voit.

J'aurais pu partir là, maintenant, abandonner le souffle, la conscience, basculer dans la folie, la vrai, je la frôle si souvent, je la sens qui s'immisce et je continue de lutter, ce serait pourtant tellement plus simple de la laisser s'installer, lentement, poser ses valises, et tout redécorer, j'aurais moins mal à ne plus rien sentir. Tout laisser s'échapper en volutes. J'aurais pu mais ta présence me gênait, elle me ramenait à un réel où je ne voulais pas être. Il y avait quelque chose de magnifique à partir un soir où l'incendie crépitait sous la pluie sur la tâche de pétrole, j'aurais aimé
mais toi l'inconnu tu m'as rattrapé.e.

« Tu as beaucoup bu ce soir ... sans doute un peu trop, non ? »

Comme un enfant qui se fait enguirlander, j'ai haussé les épaules, j'ai pas bu plus qu'un autre soir, que celui d'avant, j'ai juste voulu respirer un peu, enterrer la part de moi que les gens arrachent à chaque passage, faire résonner mon vide. J'ai pas bu plus qu'ailleurs, j'ai déjà été pire, j'ai déjà cru mourir, des stupéfiants dans les veines, rentrés à coup de seringues. J'ai arrêté les aiguilles, je prends des cachets magiques maintenant, des petits trucs qui font voler, qui me font penser que rien ne s'arrête jamais.
J'ai pris des pilules qui font rêver ce soir comme tous les soirs
j'en ai juste marre de pas voir les couleurs.

« On prendra le temps de discuter si tu veux, mais pour commencer il faut qu'on se mette à l'abri, tant pour toi que pour les autres ... dis-moi quand tu te sent suffisamment en forme pour transplaner. »

J'ai jamais cessé de l'être, je suis juste plus assez là pour lutter, pour fuir à toutes jambes comme j'aurais dû le faire devant ta plaque. J'ai trop de sentiments pour comprendre ce qui va m'arriver.
alors j'hoche juste la tête. Je peux. Y a lh'baitude, état permanent depuis quelques semaines, état qui se dégrade alors je sais,
je peux te suivre
t'écouter me parler, déblatérer sans rien comprendre
tes mots résonneront dans une enveloppe vide de sens et d'absence.
je dirai oui pour te plaire
quand me jeter sur toi en comptant sur ta défense pour m'achever sera plus que tentant.

Allons-y
valsons vers l'ailleurs
j'ai pas grand chose à cacher.


Suite ici
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Aya Lennox
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Re: Un peu d'air...

Message par : Aya Lennox, Sam 17 Mar - 22:13


L'univers entre tes doigts
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Elle ne savait le dire proprement, l'exprimer comme il le fallait peut-être, ou au moins pour que cela soit compréhensible, évident pour le monde entier. Elle n'avait pas tous les termes exacts et avait même parfois du mal à trouver les mots pour exprimer l'idée la plus précise et commode.

Mais pourtant, à chaque détour de cils, c'était une profession de foi toute à son égard. Une confession de plus. Peut-être que s'agenouiller directement face à lui aurait été du même effet, si l'on aimait les images. Etait-ce cela, que d'aimer ?

Ça y ressemblait fortement.
C'était bête, tout con. Il avait modelé à sa façon, le reste sa vie. Depuis toute jeune qu'elle l'avait connu, il avait toujours été là, à ses côtés. Bêtement, elle s'était mise en tête qu'il voulait seulement la protéger. Peut-être, au moins, d'elle-même plus que des autres. Parce qu'elle avait été cette gamine en colère et en proie à ceux qui lui avaient fait du mal. Outre le fait qu'elle voulait devenir plus que l'effrontée, elle était la victime et refusait d'obtempérer à ce statut propre, de se laisser dire qu'on s'était bien foutu de sa gueule jusqu'à présent.
C'était donc cette colère enfouie qui l'avait touché. Il avait senti le poignard, bien planté au creux de ses reins. L'en avait extirpé. Une blessure pour pas grand chose, finalement. Si l'on vit sans souffrir, vit-on vraiment ? C'était bien naïf, de se dire qu'on ne se prendrait jamais de murs, ou d'éclats dans la face. Tout était conçu pour ça. Tomber trente-six fois et se relever trente-sept. Jusqu'à la dernière ascension. Alors là, on pouvait dire qu'on avait bien vécu, au moins. Vu des choses que les autres ne supposaient même pas.

Elle n'avait pas réalisé de suite. Aujourd'hui, c'était clair : le jour de leur rencontre était le premier jour du reste de sa vie. Et cette certitude lui filait les larmes aux yeux. Rien ne pouvait jamais remplacer ce qu'il avait provoqué. Aucune autre adrénaline que de le savoir proche d'elle et prêt à partir à tout moment. Aucun autre désir que celui qui germait à l'idée de ne faire qu'une avec lui.
C'était une pensée presque débile à formuler, et pourtant, c'était bien ça. N'avoir de cesse que de le défendre face au monde, pour toutes les erreurs qu'il avait ou n'avait commises, tel un saint. Avant de se laisser enfermer dans ses bras, persuadée qu'il n'était qu'incube. S'offrir à lui sur cette simple idée. Que comparé à n'importe qui d'autre, il ne lui ferait jamais aucun mal, même s'il prenait l'apparence d'un génie espiègle.

Elle n'arrivait pas à se raccrocher à autre chose. C'était impossible. Il avait pris sa place en elle comme un monstre sacré à protéger. Pieuse cajolée sur son lit d'offrandes. Elle s'en satisfaisait bien, après tout. Vivre pour un autre, c'était un choix. Une pratique comme une autre. Un sacrifice au profit de ce que l'on aimait.
Car c'était tout, là, une recherche absolue. Peu importe les idées de sexe, d'être de chair et de corps. C'était cet Amour seul qui brisait tous les codes d'existence. C'était cet Amour qui brimait les carcans dans lesquels les gens s'enfermaient. Elle était Celle qui devait donner un sens à sa vie. En dehors du Temps et du reste, elle était l'Oubli, il devenait ce qui lui rendrait sa mémoire. Le tissu de ses idées.

Alors voilà. On trouvait, sans même avoir cherché, et d'un coup l'évidence était si brutale qu'elle faisait froid dans le dos. On pouvait murmurer en prières qu'on avait trouvé, tout simplement, et retomber sur ses genoux. Etait-ce pour autant un soulagement ? Comment le dire, si l'on avait pas vraiment cherché ? Le fou répondrait qu'il le savait. Le sage, qu'il suffisait d'attendre. Ce n'était pas au désespoir de choisir, mais au cri du coeur de trouver son écho.

Les premiers instants étaient fébriles, comme en suspension. Il était clair que dans cette sphère, cette bulle, le Temps n'existait plus. Il fallait apprendre à se connaître, et à s'apprivoiser.
Et puis finalement, on se reconnaissait. On savait mettre des mots sur l'Autre, sans même y avoir songé auparavant. Tout découlait naturellement de ce sablier émotionnel. Le dernier grain de sable, c'était le dernier point d'ancrage. Après, c'était foutu. Livré à l'autre, à nos peurs, les siennes, sans artifices.
Comment vivre avec ce démon qui nous habitait désormais ? Renoncer à sa liberté était cher payé. Il fallait prendre son courage à deux mains et oser envoyer paître ceux qui niaient l'évidence. Et si ils s'en foutaient ? Que feraient-ils ?

Ils estimeraient devoir continuer jusqu'au bout. Quitte à trancher bien des chairs de lames d'acier, soutenus par cet amour irascible. Quitte à se faire mal de trop s'aimer. Parce que c'était ça. Cette vision malpropre, et à la fois si innocente du bonheur partagé. Une douleur dans la peur, une douleur dans ce délice d'être. Savoir dire, en dépit de tout, que l'on était heureux. Parce que rien n'avait plus de sens à cet instant.
C'était ça, aimer et savoir aimer en retour. C'était savoir se donner, savoir s'offrir en toute crainte et en toute connaissance de cause. A quoi bon refuser de foncer ? Des regrets bien chers payés. C'était savoir accueillir la mauvaise nouvelle avec un sourire, parce que c'était finalement si peu important. Parce que ça marchait, non ? Ils avaient réussi. Ils avaient foncé, et ils se retrouvaient toujours là. A continuer. Une étreinte qui toujours durerait.

Une respiration cohérente, à deux souffles accordés. Il naissait en son ventre un point de vie entier. C'était lui, qui l'avait conçu, de ses propres mains. Il modelait par la chair, il savait redessiner les dessins sans même se lasser de les imaginer. C'était ça. Du bout des doigts, peindre des paysages d'elle.
Et elle, oui, devenir sa muse. Savoir proférer, dans un sourire, tout ce qu'il voulait s'entendre dire. Remplacer la phrase par l'idée d'être, d'exister pour lui seul. C'était toujours un grand merci de l'avoir trouvé, histoire de donner un sens à sa vie. Pourquoi donc était-ce une honte de le cacher ?
Pourquoi ne pas le crier sur tous les toits ? De toute façon, il n'y avait que la Nuit pour écouter. Que la Mère Lune pour oser contester ce qui existait pourtant, sous son attraction. Deux satellites en orbite autour d'un même but, d'une même idée.

Partout on le disait. Qu'il y avait quelque chose. C'était évident. Avaient-ils vraiment besoin de le savoir ? Alors que tout était certain, finalement ? Un manifeste à leurs deux mains liées. Pourquoi se poser des questions alors que tout était indéniable ? A eux seuls un diable à deux têtes, incontrôlable.
Il avait, et c'était tout. Il possédait, entier, des pans d'elle, de sa personnalité. Composait tout son univers à lui seul. La touchait là où ça blessait, là où ça saignait des rivières entières d'elle, jusqu'à ne plus pouvoir en offrir, ne plus savoir quoi donner.

Alors non. Il n'y avait pas de finalité. Pourquoi se forcer à en donner une, à chaque mais, dans un monde rempli de contradictions ? On leur avait appris à s'accorder, à se voler jusqu'à n'en plus pouvoir. Et jamais ils ne s'étaient laissés aller à imaginer un bout, apposer des limites à ce qu'ils construisaient. Parce qu'il n'y en avait pas.

C'était là le seul et unique principe de leur Amour. Son immuabilité.
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Re: Un peu d'air...

Message par : Kohane W. Underlinden, Jeu 3 Mai - 17:49



   
Musique
   

L'aurore pâle et rosée s'écoule entre les rues dans un calme reposant. Tout dort ou paraît encore dormir. Pas une voix plus forte qu'une autre. En fait, ce n'est qu'une seule et longue note qui s'étale dans l'atmosphère. Mélodie si présente qu'on finit par ne plus l'entendre. Pourtant, elle est bien là
-silence
Et moi, j'ai l'impression d'être presque étrangère dans ce milieu. Je ne romps rien, je ne fais que me glisser, tentant de m'adapter à ces ombres muettes de fin de nuit. Malgré tout, demeure ce piquant sentiment de détonner dans ces rues désertes. Comme si un corps humain n'y avait pas sa place. Pas maintenant. Pas ce matin.
J'essaie de me faire transparente sur le trottoir mais je n'y parviens pas. C'est un long apprentissage, que de parvenir à disparaître à tout moment.
Les yeux glissent sur le chemin à mesure que je l'emprunte ; ils cherchent une autre ombre qui serait semblable à la mienne : détonante, elle aussi, dans ce calme désertique. Rien ne parvient à lui donner satisfaction. Est-il donc encore si tôt ?

L'horizon s'éclaircit chaque seconde davantage.
Du rose qui s'étale. L'artiste est en train d'ajouter des coups de pinceau sur sa toile et tout devient plus beau. Alors que je continue d'avancer dans ce monde qu'on m'a construit. Ces rues banales, si connues que je parais redécouvrir avec cette aube.
Cette nuit, je ne suis pas parvenue à dormir. Ca faisait un moment, que je n'avais plus eu pareille insomnie. Depuis que j'ai réussi à trouver des attaches et une certaine stabilité à Thermidor, mes heures de sommeil ont commencé à revenir. De façon un peu chaotique, certes. Néanmoins, je peux désormais affirmer que, oui, je dors mieux.
Pas cette nuit.
Pourquoi ?
Aucune idée. Mais l'esprit n'est pas parvenu à se fatiguer. En perpétuel mouvement, il a vogué ; je n'ai pas su le rattraper. Excédé, le corps a voulu bouger, lui aussi, à défaut de dormir. Je n'ai eu d'autre choix que de filer dans le vent et l'auror. Ca m'arrive, parfois. Une destination prise au hasard dans les destinations connues. Et CRAC. S'envoler.



Les rues du Chemin de Traverse ont fini par m'ouvrir leurs bras.
Tranquilles et muettes. Dans une simple attente de... de quoi, d'ailleurs ? Je ne saurais trop dire. Mais une attente patiente au milieu de cet immobilisme, sous la note de musique unique.
Oiseau nocturne, oiseau diurne, j'ai traversé ses artères.
Mes pas ne font pas de bruit sur le dallage tandis que j'avance. L'esprit continue de turbiner comme il l'a fait toute la nuit durant. Néanmoins, il va tellement vite et tellement loin que je peine à saisir tous les fils, comprendre tout ce vers quoi il veut tendre.
Je le laisse faire, le laisse aller à sa guise. Après tout, pourquoi le retenir ? Puis, de toutes façons, je n'en aurais pas le pouvoir. Je ne saurais l'arrêter, le canaliser, le contenir. Là est le pouvoir de la pensée, échappatoire toujours sûr et sous contrôle, contrairement au corps qui peut être contraint et immobilisé. La pensée va, file, aussi légère que la feuille morte dans le vent. Et nul ne peut l'arrêter.

Mon nez se point sur le ciel rosé.
Un horizon lointain qui fait rêver à de nouveaux paysages.
Et soudain se découpe au loin l'axe vertical qui rompt avec le bâti horizontal. L'axe contemplatif posé sur un toit. Une silhouette que je ne distingue que peu. Mais qui est présente toute de même.
Mon pas n'accélère pour autant pas.
Je continue de me laisser dériver sur les rues. Jusqu'à parvenir à hauteur du bâtiment. La taverne fermée et, sur son toit, un oiseau silencieux.
Je garde la tête levée, à l'observer.
Muette, seuls mes yeux tentent d'accrocher son attention. Je recule un peu, histoire de prendre de la distance et voir encore mieux l'ombre humaine qui détonne autant que moi dans cet univers de désert urbain.
Le nez là-haut, je ne perds pas une miette de l'interlocutrice muette.
Et je me pose, lentement.
M'assois sur le chemin, le face au bâtiment et le plus loin possible  afin d'avoir une vue d'ensemble.
S'asseoir en tailleur.
Sans mots.
Parce que le silence est beau.
Je m'assois et je regarde. Ce drôle d'oiseau perché. Sans oser l'apostropher. De peur de briser ce voile particulier qui, en cette aube, a recouvert le Chemin de Traverse.

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