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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Chemin de Traverse
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Sur le banc
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Rose Layroy
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Re: Sur le banc

Message par : Rose Layroy, Mer 1 Mar 2017 - 11:53


Une année qui s'achève et la voici de nouveau auprès des siens. La petite Rose rejoignait le clan Layroy et reprenait sa fausse vie de moldu. Pas de magie au sortir de l'école de sorcellerie et pour ne pas la tenter ses grand-parents en faisaient de même. Que cela était difficile pour la petite mais c'était pour mieux apprécier sa reprise en main d'Ultio à la rentrée. Cela lui permettait aussi de se rendre compte d'une chose. L'expression populaire disait que l'on se rendait compte de ce à quoi l'on tenait que lorsque l'on perdait cette chose. Pour elle c'était bien différent. Elle ne se rendait compte de ce à quoi elle tenait que lorsqu'elle le retrouvait enfin. Ainsi, elle ne s'était aperçu du manque intérieur de la part de sa famille qu'à la vue de leurs visages souriant à son retour à Londres. Était-ce une bonne chose ou non ? Cela relevait-il de l'égocentrisme ? D'une sorte d'indifférence ? Ou bien cela était-il une façon pour elle de ne pas trop souffrir ? Ne pas penser à sa famille lui permettait-elle de ne pas rouvrir la plaie déjà trop profonde en elle ? C'étaient bien trop de questions pour une jeune fille qui venait tout juste de fêter ses treize ans. Et puis surtout c'étaient des questions qui ne lui traversaient pas encore l'esprit.

Durant l'année qui venait de s'écouler elle avait réussi a trouvé le bonheur et la sérénité. Un semblant de calme intérieur qui l'avait faite rire et sourire réellement. Elle ne voulait pas perdre ce cadeau si durement acquis en pensant à ceux qu'elle aimait et qui étaient trop loin d'elle pour qu'elle puisse en profiter à son aise. Et puis elle voyait cela comme une sorte de traîtrise à leur égard. Ne les pleurer seulement parce qu'ils pourraient l'aider dans les moments difficiles et ne leur accorder aucun intérêt lors des moments de grandes satisfactions... Non, c'était encore plus malsain et bas que de ne pas penser à eux du tout.

De toute façon, maintenant, ils étaient là, auprès d'elle et elle profitait de chaque instant à leurs côtés pour les marquer à tout jamais dans son esprit et emporter ces beaux souvenirs à Poudlard. Elle avait encore le temps d'y penser d'ailleurs. Les vacances ne faisaient que commencer et elle en profiterait jusqu'au bout. La petite verte passait alors le plus clair de son temps dans le jardin avec son grand-père. Elle l'aidait à cultiver ses plantes et il lui apprenait tout ce qu'il savait sur la botanique magique. Ils leur arrivaient régulièrement de faire des pique-niques au bord du lac à quelques kilomètres de chez eux où les deux femmes lisaient paisiblement et discutaient de leurs lectures. Parfois, elle jouait à des jeux typiquement moldus tel que le badminton. Elle avait aussi enseigner à ses grand-parents celui qui consistait à imaginer une histoire à partir de la forme des nuages dans le ciel. Oh Amy, qu'est-ce que tu lui en as appris ce jour-là...

Les jours s'écoulaient donc d'un calme tout à fait agréable. Mais elle ne serait pas une Layroy digne de ce nom si elle pouvait rester tranquille pendant une si longue période de repos. Le monde magique était une chose qui lui manquait au plus haut point et elle avait besoin d'y remettre un pied. Ne serait-ce que quelques instants. Ne serait-ce que quelques secondes. Une force irrésistible, presque mystique, l'attirait et voulait la mener auprès des siens, non loin de ses amis, ses frères sorciers. C'est donc dans cette volonté d'avoir à nouveau un pied dans le monde magique que la petite se retrouva dans le Magicobus direction le chemin de Traverse et ainsi, de fil en aiguille, à traverser seule la rue qui se vidait par cette fin d'après-midi. Enfin... seule était un bien grand mot. Discrètement, en cachette, elle avait amené en douce quelques écailles rouges. Une magnifique serpent des blés dormaient sagement dans son sac en bandoulière.

Saya... Belle Saya... Lorsqu'elle l'avait acheté pour son anniversaire elle ne s'était pas attendue à avoir tant de surprise avec. Elle n'avait pas seulement découvert un don, elle avait découvert une alliée, une amie. Elle s'était rapprochée l'une de l'autre sensiblement au point que de ne plus sentir la présence rassurante de sa camarade relevait presque du supplice pour la fillette. C'était ainsi que, naturellement, au premier frémissement contre sa hanche le bras brun de la petite se tendit pour que sa couleuvre s'y glisse tout du long.

_Où sssommes-nous?siffla le petite voix au creux de son oreille.
_Sur le chemin de Traverse ma belle. Ça fait un petit moment déjà tu sais ?
_Exssscussse-moi de ressster asssoupie lorsssque l'occasion ssse présente.
_Sais-tu qu'un jour il faudra que tu apprennes à chasser tes propres proies ? Ce qui signifie que tu devras cesser de toujours dormir ma belle.
_Sssstop. Csss'est pas sssympa!persifla la jeune serpent.

Cette jeune fille était-elle inconsciente ? Ou bien aimait-elle provoquer ? Non, elle essayait de garder son secret le mieux qu'elle pouvait. Elle ne voulait pas qu'on la sache capable de communiquer avec les serpents. Alors pourquoi donc discutait-elle sans aucune crainte avec son animal fétiche en pleine rue. Tout d'abord, car cette rue qui se vidait était très peu peuplée (logique hein?). Ensuite, elle parlait le plus bas possible pour qu'on ne puisse pas l'entendre. Seule une oreille indiscrète aurait pu l'entendre et puis qui s'intéresserait à une pauvre gamine, seule, en pleine été ?

hrpg:
 
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Jessy Brown
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Re: Sur le banc

Message par : Jessy Brown, Dim 16 Avr 2017 - 17:29


Vraiment désolée du délai ! Méchante Kreattur que je suis ! :/


Assise sur son banc, Jessy avait étendu ses jambes et renversé la tête en arrière. Elle profitait de l’air frais d’une fin d’après-midi estivale ; le vent sifflait doucement à ses oreilles et ses yeux se fermaient dans un repos bien mérité. Néanmoins, elle ne somnolait pas. Elle était toujours aux aguets. Après tout, y avait-il pire idée que de s’endormir alors que l’on avait lâché son python sur le Chemin de Traverse ? Rouvrant un œil, elle perçut des glissements dans un coin ensoleillé qui illuminait les couleurs vives de Queenie. Si elle restait là, étendue sous les lumières du jour faiblissantes, elle ne pourrait que difficilement la perdre de vue.

À un moment, cependant, la bestiole disparut dans un coin sombre, entre plusieurs tonneaux. Elle décida d’interrompre ses étirements et rejoignit l’endroit qui n’était pas très éloigné de son banc favori. Sans piper mot pour le moment, elle chercha le reptile d’or et de terre. Elle ne tarda pas à le retrouver, roulé en boule. Un sourire amusé s’inscrivit sur sa bouche. Elle eut envie de lui demander ce qu’il était venu faire là, mais elle réalisa vite qu’elle n’était pas seule. Elle entendait des voix, légères comme le souffle du vent.

La jeune sorcière s’empressa de récupérer son python royal, dont les froides écailles s’enroulèrent autour de son bras. Puis elle se releva et vit l’origine des voix. Une toute jeune fille, chevelure brune, s’adressait à quelqu’un en lui signifiant qu’elle devrait chasser ses propres proies… Elle parlait à un petit être glissé sur son bras. C'était un serpent, lui aussi. Cette demoiselle parlait à son serpent. Et celui-ci lui répondait d'un long sifflement articulé. Jessy se dressa pour mieux les observer, probablement un peu perdue face à cette découverte. Elle ne rêvait pas : elle l'avait entendue avoir une véritable conversation avec sa couleuvre aux écailles sanglantes.

Oh, ce n'était pas la première fois que l'ex bleue et bronze entendait des gens parler à leurs animaux - et les reptiles ne faisaient pas exception. Mais ici, c'était très différent. Elle en était certaine. L'animal la comprenait. Il lui adressait à son tour des paroles glacées. Cela signifiait-il qu'elle se trouvait en présence d'une autre fourchelang ? Cela en avait tout l'air. Fait très étrange. Le don qu'elles semblaient partager était réputé pour être très rare. L'apprentie magizoologiste l'avait d'ailleurs remarqué en ne trouvant personne de semblable malgré ses nombreux voyages à travers le monde. Fallait-il que cela arrive dans la rue où elle travaillait ? Et que dire du fait que, selon la légende, toutes les personnes capables de parler aux serpents descendaient d'un même sorcier : Salazar Serpentard ? Venait-elle de se trouver une nouvelle cousine, fort fort lointaine ? Cela faisait beaucoup d'interrogations naissantes en très peu de temps. Elle avait l'impression de découvrir une nouvelle fois son don.

Cette fois, cependant, il s'agissait d'une autre personne. Cela ne remettait pas toute sa vie en cause. C'était simplement... perturbant. La jeune femme était en vérité plus curieuse que perdue. Son instinct lui ordonnait de l'aborder et de lui annoncer de but en blanc ce qu'elle avait découvert à son sujet. Comme bien souvent maintenant, elle allait s'y plier. Une chose la retint néanmoins. Elle reconnaissait la jeune fille et son serpent des blés. Elle l'avait rencontrée de longs mois auparavant, à la Boutique d'Animaux Magiques. En tant que vendeuse, c'était elle qui les avait réunis le jour de l'anniversaire de la petite. Pour ce qui était des ventes, elle avait une certaine mémoire. D'autant plus lorsqu'il s'agissait d'une reptile de ce style et qu'elle essayait de ne pas se mettre à lui parler fourchelang. En fait, la prochaine fois, je devrais essayer... Voir si ça ferait fuir les clients. À l'époque, elle n'avait rien remarqué. Étrange... Quelle étrange coïncidence.

Le temps de la réflexion écoulé, Jessy se sentit enfin prête à l'aborder. Elle allait faire preuve de tact, plutôt que de l'agresser. Elle avait bien envie de savoir si la demoiselle se souvenait d'elle. Le sourire en coin, elle jeta un œil à Queenie qui grimpait désormais jusqu'à son épaule. Aurait-elle envie de rencontrer un camarade, elle aussi ? S'approchant à grands pas, la jeune femme quitta l'ombre de la ruelle et se plaça devant la jeune fille.

- Bonsoiiir !

Peut-être qu'une approche sur un autre ton aurait davantage inspiré confiance, mais tant pis.

- Je ne sais pas si tu t'en souviens, mais... Je crois bien que je t'avais vendu ce serpent. En vous voyant, je me suis demandé si tout se passait bien. Il a l'air en forme en tout cas ! Comment l'as-tu nommé ?

Jessy, qui avait fait l'effort de garder les yeux et l'attention fixés sur la brunette, laissa enfin son regard tomber sur le jeune serpent des blés. Ses écailles noires et rouges étincelaient. Quant à Queenie, elle commençait un demi-tour sur son bras et portait son attention sur le même point que sa propriétaire. Elle semblait quelque peu intriguée, elle aussi. Pas très discrète et plutôt sympathique, elle ne se priva pas de les saluer à son tour en faisant vibrer sa langue fourchue.

- Bonjour à vous. Sss... On m'appelle Queenie. Ravie de vous rencontrer !
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Shae L. Keats
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Re: Sur le banc

Message par : Shae L. Keats, Mar 6 Juin 2017 - 11:25


RP avec Aya
Musique

Le vert et le bleu sont tous déréglés. À croire que t'es yeux n'ont toujours pas cessé de pavoiser, alternant les teintes, les expressions d'empruntes dont tu ne saisis sens. Alors que le reflet fumé de cesse de t'observer.
Silencieux et victorieux.

Au fond, tu le vois un peu comme un musicien-nnetiste. Jouant des cordes pour maneuvrer ton corps. Donner le leurre d'une infime lueur.
D'une candeur.
Comme si t'es yeux calcinés
Pouvaient encore fertiliser.
Comme si tu te connaissais encore
Une quelconque valeur.
Tout au plus celle d'une vitre brisée,
Mise de côté
En prévision.

Tes mains rejoignent ta peau du visage, remplies d'eau. Elles l'aspergent de fraîcheur troublée dans ces toilettes miteuse où tu as le don de t'egarer.
Et tu te figes,
Comme si la vie t'avais quitté.
Immobile,
Pour ne rien troubler
Ne rien sentir d'autres que cette concentration
Qui t'appuie sur le crâne.
Tentant désespérément de ramener la situation à la normal.
Mais,
À croire que la nature ne veut pas dominer,
C'est avec dépit que tu rouvres les yeux,
Découvrant tes iris qui n'ont pas variées d'un millimètre.
Encore et toujours
La même couleur.
La même teinte infernale
Qui te colle à la peau
Qui ne fait sens aux idées communes.

Gris.
         -Souris.

Tu ne sais pas vraiment à quoi ça se rapporte au fond. Ni ce que ça peut bien vouloir dire. Ni pourquoi ton corps à toi change autant. T'as peut-être du sang caméléon au final, ce serait rigolo.
Mais au final,
Cette couleur unique
T'es persuadé qu'elle est une part de toi.
Une infime part de qui
Tu penses être.

Tout au fond,
Une dualité.
Et le choix compliqué
De la neutralité.
Blanc et Noir.
Bien et Mal.
Heureux et Absent.


Elle
et
Lui.

toujours à deux pas
D'une complémentarité.

Ol.
Ou une mise à nu pénible
Dont tu ne peux plus te passer.

Une dernier regard pour tes traits affinés,
Tes cheveux transformés.
L'exposition renforcée de ce que tu as toujours été.

La porte qui claque,
Et les regards surpris ou étonnés qui se figent sur ta route.
Le temps qui se suspend dans ce pub où les âmes viennent s'oublier,
Le temps comme un fil
Sur lequel tu t'équilibres.


-celui du jugement sur ton corps mouvant.

Et c'est les nerfs en bouquet électrique que tes semelles font chanter les pavés humidifiés. À croire que le ciel s'est encore fait plaqué, tu te retrouves rapidement trempé jusqu'aux os. Forcé d'assister au tango infernal des parapluies improvisés.
Au fond c'est sûrement ce que tu aimes le plus dans la pluie.
Les rues désertées.
Offerte à tes dessins.

Et c'est ivre de sobriété que ton corps s'oriente naturellement vers le centre d'une ruelle un peu éloignée de l'allée principale.
Qu'il s'arrête,
Sous un porche,
Sans plus aucune envie,
De courir s'abriter.

Les gouttes ruissellent toujours.

La peau luisante et cette sensation insoutenable de devoir encore s'exposer. À la pluie. De sentir quelque chose, ne serait-ce qu'un contact avec les gouttes. Une sensation, n'importe laquelle.
Car tout porte à croire
Qu'elles sont enfin revenues.
Un éclat de tendresse et de naïveté presque enfantine qui s'allument dans les fenêtres de ton monde.
Et les pieds qui s'avancent, jusqu'au centre de la petite place.
Sous l'averse.
Alors que tu sens les fils de pantins se couper au dessus de toi et tomber à terre tout autour de toi. Alors que la tête se bascule en arrière. Que le visage s'offre à découvert. Sans détour ni stratagème.
Ni faux masque de passivité.

Cette impression que la pluie pénétre ta peau
Comme une dose d'herbe rouillée
Qui se dilue dans tes veines.
Une anguille d'existence
Qui te file dans la tête.

Les secondes s'égrainent
Sans que tu ne bouges d'un pouce.
Les secondes s'épuisent.
Mais peu importe,
Si on s'approche assez,
On pourrait presque croire que tu souris.


Dernière édition par Leo Keats Gold le Mar 24 Oct 2017 - 1:12, édité 1 fois
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Aya Lennox
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Re: Sur le banc

Message par : Aya Lennox, Ven 30 Juin 2017 - 18:06


Jouir d'un intense sentiment de vulnérabilité, un sang neuf qui coule dans les veines, fluide si charmant, l'artère coronaire qui se densifie et amène le sang à l'étuve grandissante, bam bam, rien ne gicle tout autour si ce n'est la pluie.

Et quand le cri remonte des ruelles, c'est le silence seul qui répond.

Une douce symphonie s'extirpe d'une fenêtre laissée ouverte, une voix de femme chante ses adieux et on devine facilement que deux corps amoureux s'enlacent, regards vides vrillées sur la fenêtre qui donne sur la ruelle, et ils s'imaginent, si ce n'est fruit de leurs pensées, s'imaginent ce qu'est la perte et où elle les mènerait.

Au bout du fil.
Mon corps en suspension phénoménale.

D'astreinte à la nuit, l'attache à la réalité se déroule lentement de l'abdomen, on pourrait l'y prendre à nouer la trame de ses pensées. Pourtant elle s'ennuie et rien de plus ne découle qu'un cri lourd de silence.
C'est celui seul qui murmure que l'abandon est à jouer.

L'impression est similaire à celle d'une entrée présagée. Il fallait sortir toutes les nuits de son cocon pour se persuader qu'on en dépendait pas. Mais repliée sur elle-même, ses yeux font face à la pluie qui s'abat sur les pavés et la transformation lui a semblé moins délicate.
Pourquoi ?
Maintenant, elle se sent vulnérable et le rire s'abat sur ses lèvres, moquerie tardive à son semblant de fuite.
____Pourquoi je suis comme ça.

Il fallait voir l'autre pour le connaître. Et l'encore gamine perdue se ravise.

- Vous croyez que c'est ce qui vous réveillera.

Moi je préfère,
vivre dans mes songes.

Des
- Mensonges.


Dernière édition par Aya Lennox le Lun 13 Nov 2017 - 9:04, édité 1 fois
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Shae L. Keats
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Re: Sur le banc

Message par : Shae L. Keats, Sam 8 Juil 2017 - 21:24


Je remets la même.
Gouttes de rosée.
Et de marelles.

Ca s'immisce sur tes lèvres, comme un goût du ciel,
Qui te prend les tripes, qui te prend la tête.
La fait tourner comme la ronde infinie d'une mouette
Au dessus de l'océan.
Que rien n'abstient.
Que rien ne retient.
T'as l'impression que ce soir t'es seul.e, à tanguer avec le monde. Dans une danse d'albatros. L'idée absolue et irraisonnée que tout est fait pour voguer ainsi. Parce que la barque se calme enfin. Parce que t'oses enfin bouger les mains.

Ce soir,
Tu n'as pas peur de chavirer.
Ce soir,
T'as pas peur d'être englouti.e.
De dériver.
T'as juste l'impression infinie
-De t'envoler.

Y a les effluves rouillées, la terre humide. Qui t'enivre de toutes part. L'envie de t'abandonner à cette osmose arcane dans laquelle tes sens se pâment. L'envie d'oublier le reste.
La pluie bat son rythme sur les toits de la ville,
Comme trois doigts magnifiques.

Tu es ivre.
Pas d'alcool.
Pas de bonheur.
C'est pas une ivresse qu'on a tous les jours.
C'est une ivresse de survie,
celle qui arrive au bout de la nuit.
Qui fait se gonfler les poumons, doucement.
En tendresse.
Comme une caresse.



Ivre
de
nuit.
alcoolisé
à
la
vie.


T'avais oublié ce que ça faisait. T'avais oublié le toucher. L'air. La douceur. L'enveloppe.
La vue. Les couleurs. La beauté des petites choses.
L'odorat, qui rassure et protège.
L’ouïe fine qui ce soir entend le cœur de la ville s'éveiller alors que ses rues sont désertées.
Le goût sucré des souvenirs-enfantillages.
Des nostalgies d'été.
Qui fondent comme des bonbons.
T'avais oublié tout ça.

Et enfin,
dans ta tête.
Au fond.
Derrière tes yeux
mais aussi un peu en vrai
tu recommences à danser.
Comme un enfant,
c'est un peu maladroit,
peu articulé.
mais tu recommences
parce que ça a toujours compté.


parce que danser
c'est apprendre à voler.
C'est apprendre à grandir.
C'est apprendre à aimer.

Alors dans les flaques qui plic et ploc,
Alors sous les toits qui rigolent à grandes eaux.
Alors dans la ville qui s'endort.
Tu danses.
Comme si rien d'autre ne compter.
Comme si la pluie t'avait lavé.
Expié.
Comme si tu savais enfin comment on vit.
Comme si...


Et elle est arrivée. Comme le vent.
Sans prévenir.
La ballerine.
Splendide.
Celle qui criait en chantant.
Celle qui jouait avec le temps.
Elle est arrivée comme une autre.
Et le goût de l'enfance est revenu.
La sensation d'être entier.
Même si ce n'était pas un rêve.
Si il n'y en avait jamais eu d'autre.
Elle est arrivée tout en silence.
En modestie.
Ses pieds qui volaient sous la pluie.
Et son âme qui brillait.
Elle est arrivée comme si elle t'avait frôlé.
Même si elle en a rien fait.
Elle est arrivée,
Et elle a soufflé.

Vous croyez que c'est ce qui vous réveillera.

Et elle l'a réveillé, cette furieuse envie de jouer.
De mordiller la vie.
De mâchouiller.
Cette envie de lui montrer.
Qui court le plus vite.
Qui danse le plus loin,
Et qui vit le plus fort.
Lui montrer à elle
-La chienne.
-L'infâme.
Celle qui presse les épaules chaque jours.
Qui massacre l'estomac.
Celle qui joue avec toi depuis vingt ans déjà.
-Destinée.

Mensonges

T'avais oublié.
Mais l'enfant s'est réveillé.
Et en l'entendant parler t'as souri.
À pleines dents.
Comme une orange.
Comme le soleil sur les dessins d'enfants.
T'as arrêté de danser quelques secondes,
Jouant aux flaques du bout du pied.
Et t'en a profité pour t'approcher.
Doucement.
Comptant les pas pour t'arrêter à un.
Et contempler en souriant la danseuse un peu râleuse.
De la barbapapa plein les yeux,
fondant sur ta langue
comme une délivrance.
Et t'as laissé s'échapper comme une histoire.
Comme une odeur rosée,
trop sucrée.

T'es -

Et il t'a suffit d'un pas. Un seul. Pour aller jusqu'à l'oreille.
Et souffler.
Plus doucement.
Tout tendrement.
Comme une confidence.
Sans rancune,
Parce que ce n'est pas grave.
C'est même encore plus beau.
Plus amusant.
Plus vivant.

Jalouse !

Et tu t'es reculé.e, la tête relevé.e,
La gorge déployée.
Tu as ri, comme du cristal, ça t'a emplit.
Tu as ri comme tu ne l'avais pas fait depuis des années.
Comme un enfant amusé.
Tu as ri
Comme si ta vie en dépendait.
Et tu as recommencé à danser. La regardant de temps en temps.
comme une invitation.




Une invitation à essayer.
à jouer.
à respirer.
à espérer.
à exulter.
à partager ce qui te fait.
Et toujours en riant.

On t'a déjà dit que tu riais comme un ange.
Il semble que c'est parfois la vie
Qui résonne dans ta voix.  
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Re: Sur le banc

Message par : Aya Lennox, Jeu 3 Aoû 2017 - 15:38


Merci. Ce que tes mots provoquent.

Non.
Je ne suis pas
Jalouse.

Comment être
Jalouse
De ce que je ne connais pas.

Menteuse
Fille de

Sur mes lèvres,
Le goût du sel.
Un peu comme
____une
____pluie
qui
____goutte
____et puis
________s'enfuit.


Autant être
Honnête
avec soi-même.

Depuis quand n'as-tu pas pleuré

Depuis quand
____n'as-tu pas trouvé le courage de dire
______que tu as peur
__________que tu n'oses pas ?

______________________________________________Ce goût âpre sur la langue
______________________________________________Qui revient à chaque fois
______________________________________________J'avais peur
De me perdre
______________________________________________J'avais peur
Juste peur

Maman n'est plus là

C'était fini, oui, fini, un peu comme l'enfant sauvage et perdue, maman plus là, jamais main dans la sienne, maman plus là et jamais elle n'avait accueilli l'enfant comme un ami retrouvé, à chaque fois la sensation de perte était la même, à chaque fois...
______________________________________________Peur était de ne jamais se retrouver.

La question ne se posait plus.

Il n'y avait pas
_De problème
__Vraiment élaboré
___Il n'y avait pas
____D'énigme à résoudre

Les cailloux constellaient le fond de l'étang, puis venait la dernière ligne de bus, au bout du chemin de terre, au milieu de la bruyère, au fin fond des campagnes. Chaque pore de la peau s'insinuait d'air de peur de reproches et le mot n'arrivait à sortir de la gorge, le nom était coincé comme une arête, il fallait se retourner pour la piéger entre ses doigts.

_____Comme atrophie sur l'asphalte,
______Une dégringolade lente puis se rattraper
__________
_______Les pattes moulinaient dans le vide
________Il fallait que le manque tombe sur moi.

Il a pris ce qu'il restait d'enfant en moi

Si bon, presque bête. Le risible aux lèvres.
Il suffisait de saisir le vide,

et de se laisser aller.

C'était bon, si bon,
Comme l'enfant égarée.

Jalouse, mais oui, jalouse de tout, de vous, de ces rires distraits que vous parvenez encore à procurer. Tu sens la pluie. Les mots s'échappaient comme un rire depuis trop longtemps oublié, cet engourdissement proche de la chute. La pluie qui chasse le beau temps.
Il ne s'agissait pas de cette perte.
Ce sourire qui ne revenait pas.

Elle prenait sa main, parce qu'elle en avait besoin.
Elle avait oublié depuis trop longtemps cette sensation.

Ce changement qui apparaît, éclat dans l'habitude.
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Re: Sur le banc

Message par : Shae L. Keats, Jeu 7 Sep 2017 - 10:42




La pluie
innonde - toujours
mon âme, pour un instant - ruisselle.
elle paralyse les sens, le seul temps d'oublier qui je suis. qui je suis supposé·e être. pour enfin sentir de nouveau ma poitrine s'abaisser
-Gouttes d'une enfance sacrifiée.

J'ai peur tu sais,
que tu disparaisses comme t'es venue. que le vient t'emporte ailleurs. que tout s'arrête.
dis-moi Jalouse, à quoi tu penses. à quoi tu rêves seule le soir ?- que la pluie cesse.
Un récit à demi-mots, à double teinte. J'oublie son but initial.
La pluie m'enivre en absinthe.

J'ai peur que ta jalousie de gamine te crève le cœur de ses aiguilles.
J'ai peur de t'abîmer aussi,
de te briser l'échine dans un rire de cristal.

Alors je danse pour oublier, je danse comme si de rien était, je vole pour ne plus rien penser. Comme si plus rien d'autre n'importait. Je danse pour effleurer la vie dans une caresse. Pour au moins la toucher à défaut de l'attraper.

ris Shae,
comme si ta vie en dépendait,
comme si ça pouvait encore te soigner.


Tu sens la pluie.
La pluie qui chasse le beau temps.


Tu sens la vie, celle qui fait serrer les dents.
Qui fait pleurer et hurler.
Tu sens la vie qui ne t'a pas appris à rêver.

Il y a une chaleur douce dans la paume de ta main, qui s'étale sur la mienne quand je serre ta quenotte, comme une demande muette. Comme un souffle coincé entre les plis d'un accordéon. On m'appelait comme ça avant, je ne sais plus quand ni qui, l'accordéoniste.  J'ai tout oublié. Le vent a soufflé de la poussière de toi, et a tout obscurcit. Peut-être un peu de miettes de moi aussi. Mais je souris toujours. Je ris avec cette pointe d'insolence. Avec cette odeur d'essence qui donne envie de tout brûler.
Avec l'odeur de la pluie,
qui ne peut s'empêcher de se polluer en caressant nos épidermes.

Un souffle d'alouette
Je vais t'apprendre,
Jalouse,
À arrêter de le temps.
À jouer avec le vent.
À danser avec le vent.

Je sais,
C'est pas évident de rester en vie quand tout fout le camp.  

J'aime la pluie.
Cette façon qu'elle a de ramener en enfance,
De recréer les goûts,
Les odeurs,
Les couleurs.
Cette façon qu'elle a
-de réveiller le monde.


Tu l'entends toi aussi ?
Le murmure de la ville.
Le battement de son cœur,
Lourd et Sourd
Qui lézarde les murs.
Et le rire des clochers pour nous accompagner.
00h00
Quelqu'un pense à toi.


Alors je garde ta main dans la mienne.
Et je t'entraîne dans mes pas.
Sur les pavés humides où nos pieds battent le rythme.

Vole.
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Re: Sur le banc

Message par : Aya Lennox, Sam 7 Oct 2017 - 14:11


J'aimerais un jour peut-être
reconnaître les mots
ceux qui font du bien
ceux qui entraînent

ceux qui m'enivrent
accès à des parties de moi
que je ne connais pas

que j'ai oublié peut-être
dans le large voile ébène de la sorgue

J'aimerais savoir
ce qu'il y a en moi
qui cherche enfin à vivre
à sortir
comme un oiseau en cage

une tragédie un peu trop triste
qui se répand en sel sur mes paumes

J'ai oublié le goût
des marées
qui se déployaient dans ma gorge
j'ai oublié le goût que ça avait
de tomber
enfin
tomber sur soi
tomber sur un autre
tomber sur toi

Ne pas avoir peur
et plutôt se laisser entraîner
dans ce qui ressemble
à une première danse
un rire
une joie contagieuse

Quelque chose
de si pur
si fragile
qui tient dans la main
bijou précieux
bijou d'avant
bijou naissant

Quelque chose
dont l'idée même
l'existence entière
m'échappe
est-ce parce que
je sens ta peau
contre la mienne
ce coeur annexe qui bat
jusque dans ta paume

est-ce parce que je sens
cet autre mécanisme chétif et si fragile
tout près de moi
je n'ai jamais su
si je cherchais ce contact
ou si je le fuyais
viscérale

Mais l'évidence m'entraîne
au lieu du corps qui s'émerveille
il y a la silhouette qui prend confiance
tes pas
glissent
guident les miens

J'ai oublié
que quelque part
le coeur de la ville
lentement
doucement
se débat
sans furie
au plus profond
des rues
artères urbaines
perdus
au milieu des bourgs
des capitales
des avenues

Ne faire qu'une
avec ce que je connais pas
je reconnais
les traits
et m'évide
larmes de moi
ce moi qui comète
en bribes d'espoir

Débris d'un délire
unitaire
les gouttes en voilage de soie
charbons déchaînés
en braises charnelles

Sous cette écorce maladive
le corps tassé
confiant

enfin éveillé
lentement s'étire


Merci
d'une seule voix
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Shae L. Keats
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Re: Sur le banc

Message par : Shae L. Keats, Dim 22 Oct 2017 - 17:36


je ris toujours, mais un peu moins fort. c'est tout fragile, tout réservé. j'ai pas envie de tout casser parce que mon rire est trop aigu. parce que j'aurais pas su le contenir.
parce que j'aurais serré ta main si fort qu'elle se serait cassée en mille éclats
comme le verre d'un miroir qui rencontre le sol
et continue a réfléchir la lumière.

tu crois qu'on
peut jouer avec le vent
avec patience
avec clemence
et apprendre a chevaucher la brume ?
j'ai lu ça quelques part,
j'ai trouvé l’idée belle.
jouer avec le brouillard,
jouer avec le courant.
juste l'apprivoiser pour suffisamment le remonter
sans
tomber
sans
se cogner la tète
sur les rochers. 

et la je te vois, au milieu de la rue, dansant timidement
et je me dis
que j'ai jamais vu quelqu'un comme ça avant
pas quelqu'un qui jouait
pas quelqu'un qui le maîtrisait
non.
toi
c'est different
tu es en vent.
tu ne le caresses pas
tu t'immisces dans la moindre de ses
interstices.
tu ne fais qu'un
avec l'air
on croirait que tu n'as jamais touché terre.
tout dans tes yeux
est aérien
dis moi
d'ou tu viens.
ça t'a fait mal quand t'es tombée ?
c'est peut-être la que tu t'es cassée.
je sens la pluie
tu sens l'orage,
et il n'y a plus aucun rivage.

tu es l'air et je ne suis pas l'eau
du ruisseau
de la pluie
de la mer
amère.
Je danse avec
les cascades
leurs odeurs
cuivrées.
leurs bruits
qui s'apposent sur ma peau avec des picotis.
leurs toucher glacé
qui fait renaître les os
et leurs goûts
différents.
le gout de la pluie.
de la terre
braisée.

j'ai l'impression de renaître
a chaque pluie de printemps
de laver ce que j'etais
même si les regrets ne partent jamais vraiment.
ils laissent une trace violette
sur l’épiderme blanc.
dessinée
par le fil
d'un couteau
qui danse sur mes nuits blanches.
tu comprends ça ?

danser avec toi c'est comme un bonbon a la menthe qui fondrait sous ma langue.
y a comme une odeur et un arrière gout de vert
et tes mots sont sucrés.
un berlingot a la pomme
-au pied de la grande roue.

je ne ris plus
je souries un peu
bêtement.
y a le cœur de la ville
l'air qui vibre autour de toi
l'eau qui s’écoule sur ma peau
et le mien que
lentement
je commence a sentir
de nouveau.

dis moi
Jalouse
comment tu fais pour réveiller ?
même l'adrenaline
directement dans mes veines
n'avait rien fait.


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Aya Lennox
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Re: Sur le banc

Message par : Aya Lennox, Ven 27 Oct 2017 - 11:35


Le vent
ce miasme muet
tout s'insinuait dans ma peau

Rien d'autre
tout qui collait à l'épiderme
deuxième enveloppe instable

Un morceau fin
fragile de moi
et qui pourtant
brise tout sous le passage

De ces syllabes
ces mots en kyrielles
ces artifices verbaux

J'ai toujours eu peur
peur de cet envol impossible
cette chose qui voltigeait
au creux de moi

Tout s'étiolait à l'intérieur
ce palais stupide
où tout grondait
où tout grinçait
de ne pouvoir
de ne savoir

Comment (sur)vivre
dans ce monde pourri
cet interlude avant rien

Liquide amer
le tout coule à flot
cet océan en moi

Dis-moi
toi
si l'on peut perdre
désapprendre à v i v r e

Si l'on peut
rien qu'une fois
tout sortir de soi

Tout rejeter
à la face du monde

Dis
tu sais
il s'épanche en moi
il s'éveille
le grondement sourd
cette merveille d'humeur
dont je ne connais pas le nom
dont je tais la violence

A chaque rythme
chaque palpitation de vie
la chose hurle
la chose se répand en moi

Foutue bile
foutu fluide de vie
d'envies

Je ne sais pas si j'ai bien fait
de sortir ce soir
tu as laissé s'effacer
tous ces doutes

Extirpé
le monstre fou en moi
Moi
non ce n'est pas moi
laisse s'épanouir cette chose
qui vit en toi


Tu as ce courage de vivre
qui me manque parfois
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Shae L. Keats
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Re: Sur le banc

Message par : Shae L. Keats, Lun 30 Oct 2017 - 19:24


les gouttes tombent de tes épaules au bout de tes doigts.
elles dessinent un chemin sur ta peau froide,
élastique.
elle dessinent un chemin et s'immiscent dans ton épiderme
jusqu'aux veines
jusqu'aux poumons.  

t'as pas compris tout de suite
ce que c’était
cette sensation.
dans les poumons
dans la trachée
entre tes lèvres.  
t'as pas compris tout de suite que c'est ce que voulait dire
|respirer|

tu souries comme un.e abruti.e
ça sent la ville et ses ardoises
humides.
la pollution,
la pisse,
les feuilles mortes
le café.
mais ça sent surtout toi
qui t'immisces par mon nez
jusqu’à
une pièce secrète
a l’arrière de mon crane.

mémoire d’été pluvieux gâché
d'un soir
ou rien n'aurait pu laver
la poussière
que les mains avaient laissée
sur un corps brulant de honte
la marque du fer
qui ne partira jamais.
Souvenirs d'un autre
d'un arbre
d'une enfance
gommée
par les désirs
d'un adulte
mal places.  

J'ai pas toujours aime la pluie.
Je l'ai pas toujours ressenti.
Mais y a une odeur
d’écume ce soir
qui soigne
qui panse
les plaies invisibles
inutilement effacées
les plaies corrosives
que la plupart des gens
placent sur les poupées
dans les suites de bureaux blancs
dépersonnalises.
des poupées
dont tu avais l'envie d'arracher le ventre
avec les dents
lorsqu'on te demandait comment tu te sentais.

T'as mal a des endroits que tu ne peux même plus nommer.
you have sadness in place
where sadness shouldn't live

Mais t'as plu mal
et tu ris
quand elle dit
que c'est en toi
que ça vient toi
tu ne trouves pas
tout dépend de tout
et de rien.
un jour
tout va
le lendemain t'es persuade que tu ne le finiras pas.
t'as plus mal
tu danses
sous la pluie
y a un miroir casse
a ton bras.
un miroir déformant
tu ne sais pas
qui elle est
ce qu'elle a
tu ne sais pas
mais elle a l'air
aussi desarticulee que toi.

ton nom ?
pour si jamais
je te recroisai
dans un autre vie
ou loin d'ici


t'en doutes. affreusement.
l'orage ne doit pas souvent descendre ici
t'es presque sur
que c'est bientôt fini
t'en as pas envie
tu veux continuer
a danser
a respirer
a penser.

c'est presque fini
mais tu ris.
tu vis
la pluie.


Je sais pas trop ce qu'on fait la.
On ne se connait pas.
Il n'y a rien d'autre
que l'asphalte
pour nous envelopper.
Le ciel est bas
léger.  
Je ris parce que j'ai de l'eau dans le nez.
Parce que je ne sais plus quoi dire.
Quoi faire.
Je ris avec cet air presque insolent qu'on les ours en peluches
devenu pirate par la force des choses
parce qu'on l'a éborgné enfant.
Je ris comme un bonbon rose
qui fond sur ma langue.
Je ris parce que ça faisait bien longtemps
que je n'avais pas eu de raisons de le faire.


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Re: Sur le banc

Message par : Aya Lennox, Ven 10 Nov 2017 - 14:17


La mélodie
lente
impétueuse
s'épanche

Répand
lentement
en moi
tourbillon de rien
de vide intersidéral

Pourtant un sentiment
une douceur jaillissent
un flot de certitudes

Un rire qui s'égare
qui couvre mes paumes
tachées de ce rien
qui m'envahit

J'ai arrêté de pleurer sur moi-même
quand je t'ai vu
J'ai décidé que cette rencontre
ce croisement de vies

En faire un absolu

Oui, je t'entends
plus très loin
hors des choses
hors du temps

Je t'entends et tout ça sent
ça sent

Ce temps radieux après l'orage
passage sillage
de nos corps séparés

Adieu tristesse
Bonjour tristesse
Tu es inscrite

____________dans ce ciel que je ne devine plus étoilé

- Aya
si tu me cherches
c'est ainsi que tu me trouveras


Est-ce qu'au moins un jour
tu me chercheras ?

Lentement en silence je m'évanouis
lâcher ta main

Encore une fois
silhouette d'oiseau lâche
accueillir la nuit

Aya est partie.
Merci pour tes mots. Tu le sais. ❣
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Shae L. Keats
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Re: Sur le banc

Message par : Shae L. Keats, Dim 12 Nov 2017 - 18:53




le vent tourne
les voiles des bateaux se gonflent
dans l'autre sens,
les quais sont trempes
par les embruns de la marrée.

j'entends les cordes
qui claquent au loin
j'ai compris
et c'est pas grave
le vent ne s'attrape pas.
même si je serre très fort les doigts.

y a quelque chose de fort
que je soupçonnais pas.
la force d'une vague.
la porte sciée
la cellule comme
point de mire.

je me suis fait écume ce soir
libre de voyager
de me fracasser contre les rochers.
il pleut sur la mer
et les gouttes se mélangent.
une langueur un peu sucrée
un peu acre
comme la peau d'une pèche
oubliée au soleil
un après-midi d’été.
je suis ce mélange la.
le vent qui croise la mer
mais ne s'y arrête pas.
l'hiver qui croise l’été
ça fait aussi de peur
que de bien.  

je revois la barque d’antan.
le fils sur le rivage.
et le fil qui m'y tient qui file entre les doigts.
perdu·e en haute mer
depuis des années
et l'expression de n’être qu'une épave
a la dérive
qui prend son sens.
se laisser porter
au gré des courants
des remous
entrevoir parfois la rive
les falaise de glaise
sans jamais s'approcher.     
le vent est tombé.

La mer s'est brusquement calmé
un croissant de lune pour la dévisager.
iel attend,
les semelles trempées,
la lumière du réverbère  
pour colorer les gouttes
qui tapissent l’épiderme.
iel attend
et sourit.
il pleut sur la mer
-et tout autour aussi.    


| Fin du RP |
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Anna Schomann
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Re: Sur le banc

Message par : Anna Schomann, Ven 17 Nov 2017 - 0:22


Rp avec 40
L.A de 40 pour le transplannage

Suite de ce RP

Mes yeux étaient rivés sur ce masque, celui dont l'identité était inconnue. Je n'avais plus rien à perdre, rien à cacher et rien à prétendre. Mon niveau en sortilège et en défense était médiocre voire affreux et j'avais véritablement le besoin d'un apprentissage digne de ce nom. Je ne remettais pas en cause le professionnalisme de nos enseignants à Poudlard, mais la théorie avait fait son temps. Mes yeux regardaient en sa direction, celui qui avait tant à m'apprendre.
Le mangemort ne prit même pas la peine de se retourner vers moi, mais l’ignorance ne fut pas totale puisque sa voix se glissa dans le bruit que faisaient les autres. Il tentait de m'expliquer une certaine hiérarchie au sein de l'ordre, seulement, il reste maître à mes yeux. Je n'avais cette confiance que j'avais établie avec 08, alors il resterait maître pour moi.

Un sortilège passa non loin de moi, à croire que j'avais été visée par mon inutile partenaire. Elle avait beau penser tout ce qu'elle voulait de ma triste situation car c'était évidemment ce que tout le monde aurait fait, mais chacun de ses sorts s'était transformé en échec. Ce dernier manquant de peu d’aggraver mon cas. Mon regard se posa sur elle un instant avant de repasser sur le l'ombre qui laissait entendre un rire léger. Puis tout alla très vite, j'avais senti un poids sur mon épaule, une main qui était venu prendre comme perchoir cette partie de mon corps et autour de moi le décor se déformant.

Les rues se matérialisaient, la nuit se reformait devant mes yeux et je ressentais comme une sensation désagréable au niveau de mon estomac. Nous avions transplané, j'étais à côté de lui, sa main toujours sur mon épaule. Ce n'était pas une première pour moi et même si cela faisait longtemps que je n'avais pas testé ce ressenti particulier, aucun vomissement ne se déclara. Avais-je loupé une nouvelle occasion de me rendre plus bas que terre ? Et maintenant ?

Mes yeux se levèrent vers l'homme masqué. J'étais absorbée par la situation et cette grande incompréhension qui m'envahissait. S'il m'avait emmené loin des autres, loin de tout c'est qu'il y avait deux possibilités.
La première était que le mage noir avait été compatissant ou épris d'une certaine pitié pour la partisane inutile que j'étais et qu'il avait décidé de prendre en main mon éducation. Cette solution était bien trop belle et sonnait comme un rêve. Après tout cet excès de malchance, peut-être que que la roue avait tourné. Seulement la seconde possibilité, qui me paraissait bien plus probable, me faisait froid dans le dos et éteignait lentement cette lueur d'espoir. L'idée qu'il avait été vexé par ma remarque et énervé de mon attitude ainsi que celles des autres, avait surgit dans mon esprit encore légèrement perturbé par la soirée. Comptait-il se défouler sur la personne qui avait été la plus proche de lui en cet instant ?
Je détournais les yeux et les plongeais dans le seul élément qui se détachait du paysage. Un banc légèrement éclairé par un lampadaire dont l'ampoule dégageait cette lueur jaunie par les années. Une profonde inspiration plus tard, je pris cette voix fébrile mais tout aussi déterminée que celle de la ruelle avec la maîtresse des potions de Barjow et Beurk.

« Et maintenant ? Doit-on attendre votre compagnon ? »
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Re: Sur le banc

Message par : Mangemort 40, Ven 17 Nov 2017 - 15:13



CRAC
Détachant sa main gantée de l’épaule de la partisane, l’Ombre observa les alentours. Bien, personne. Il eut été surprenant d’y trouver qui que ce soit de toute façon, la plupart des Aurors devant se trouver auprès des victimes ou bien au Ministère. Et quand bien même il y aurait des curieux, ce matricule n’était pas un incapable de la baguette (malgré ses échecs à combattre 91, mais il y a de bonnes raisons derrière : les bougres arrivent toujours à le mettre dans des états pas possible). Bref, là n’était pas la question.
A son côté, la jeune fille semblait hésitante, comme si elle se demandait ce qui allait lui arriver. Cependant, sa voix fut assurée. Bien. Bon point. Après tout, ne pas être là pour donner à la ruelle une nouvelle couleur et une nouvelle odeur, plus sanguine et métallique. Mais être là pour jouer au pédagogue, car telle est sa dénomination, et une réputation se forge par des actes et non uniquement par des mots.

Cependant, les mots mirent un instant avant d’entrer en résonance avec ses capacités de compréhension. Ah. Compagnon. Oui. Feu-57… Oui, peut-être cette Ombre avait-elle oubliée quelque chose en partant… Dommage.

« - Il nous rejoindra plus tard. » ça pouvait être vrai, comme ça pouvait être faux : simple.

S’approchant de celle qui désirait apprendre, le matricule songea qu’il était temps pour un peu d’introspection. Attrapant le visage connu de l’élève entre ses doigts, il approcha suffisamment son regard du sien pour permettre un contact visuel.
#Legilimens
Aussitôt, des flashs apparurent. Des fractions éparses d’un quotidien plutôt banal, si l’on excluait quelques activités nocturnes peu ordinaires… Des visages connus, d’autres reconnus… l’introspection demeurait en surface, ne souhaitant pas être plus intrusive que cela, surtout après avoir entraperçu une scène dans les dortoirs de Serdaigle

« - Oh, tu es donc la protégée de 08. Il a plutôt bon goût. »

Car c’était bien à cela, que son intrusion dans l’esprit d’Anna (car elle s’appelait visiblement ainsi) avait servi : savoir quel était précisément ses liens avec l’Ordre noir.
Se redressant de sa haute stature grave et austère, un sourire se mit à danser derrière le masque du visage, donnant ainsi quelques intonations narquoises à ses paroles : « - Ne lui fais-tu pas quelque infidélité en requérant mon enseignement ? Non non, ce n’était pas un gloussement. Quelles sont tes compétences ? Que souhaites-tu travailler ? »

Oui, il fallait se montrer confiant et efficace.
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