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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Forêt Interdite
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Avec les Sombrals
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Ian Benbow
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Re: Avec les Sombrals

Message par : Ian Benbow, Ven 30 Déc 2016 - 11:30


Une envie de tout savoir, de tout découvrir. La curiosité est un vilain défaut, que je possède. Comme beaucoup d'autres. Presque tout le monde, au final. Je n'ai encore jamais connu quelqu'un qui ne soit pas curieux. O'Leary, par exemple, l'est. Elle cherche des renseignements sur une personne qui désire ne rien partager avec elle. Ça fait d'elle une sacré curieuse. Je le suis aussi. Même si la situation actuelle exige que je le sois. Même si, dans le fond, je ne suis pas obligé de savoir pourquoi elle essaie d'en découvrir plus sur moi. C'est juste de la curiosité. Je pourrai laisser tomber, de toute manière elle ne trouvera jamais rien. Mais non, j'ai envie de savoir.


- Milles excuses M.Benbow, j'ai du mal m'informer à votre sujet. Et je ne vois absolument pas de quoi vous parlez pour les faux compliments. Vous avez 24 ans, à cet âge la majorité des sorciers sont encore en formation, dans des petites jobines au ministère dans l'espoir vain de se faire embaucher comme Auror. Et pourtant, vous, vous avez réussi à devenir professeur à Poudlard dans une matière nécessitant autant de connaissances pratiques que théoriques. Il y a là largement de quoi piquer l'intérêt

Elle persiste. J'ai envie d'éclater de rire, pour de vrai. Elle sait que je sais qu'elle se fout de la gueule, mais elle continue avec son histoire d'homme intéressant. Elle est presque convaincante, un naïf se laisserait avoir. Il accepterait ses compliments, se laisserait lécher les couilles par la rouquine et lui dirait de s'en aller vaquer à ses occupations. Parce qu'un homme flatté, par une jolie femme qui plus est, est un homme content. Nous aimons être complimentes sur notre force, sur comment nous arrivons à nous démarquer des autres. Et c'est justement ce qu'O'Leary me fait en ce moment. Et même si je sais que ce qu'elle dit est vrai, après tout je suis bel et bien au dessus du lot, je sais aussi que ce n'est pas pour cette raison qu'elle cherche à en savoir plus sur moi.

Au vue de l'évolution de la situation, je sais que je n'aurai pas ma réponse à cette question ce soir. Je l'aurai d'une autre manière, un autre jour. Elle parlera, elles le font toutes. Il me suffit juste de rester patient.

- Qui voudrait séduire les puceaux de Poudlard? J'ai bien peur de manquer d'intérêt envers ceux qui perdent tout leur moyens lorsqu'une fille les regarde. Les pucelles et les séduisants professeurs de Défense contre les Forces du mal par contre c'est autre chose.

Je souris en réponse. Elle continue sa phase de séduction. Elle sait se rendre intéressante et doit arriver à ses fins à presque tout les coups. Franchement doué. Dans une mauvaise journée, je pourrai même me laisser avoir par son tour de charme. J'ai faillit être piégé d'ailleurs. Je ne sais pas qui lui a appris ça, mais il a bien fait. Une femme dangereuse est une femme qui sait se servir de ses charmes. Nul besoin d'être puissante quand on est assez intelligente pour séduire et manipuler. J'ai presque envie de l'applaudir, pour lui montrer que j'apprécie son talent.

Bizarrement, en entendant ma question, la rouquine se stoppe quelques petites secondes avant de reprendre, comme si de rien était. Je n'arrive pas à donner un sens à cet arrêt. La question inattendue ? Mais laquelle ? Sur qui elle est ou sur les adultes sur qui elles se reposent ?

- Au risque de vous décevoir M.Benbow, les adultes ne s'arrêtent pas réellement pour me conseiller. Après tout, qui s'intéresserait à une petite comme moi?

Cette fois, je n'arrive pas à dire si elle essaie de m'embrouille ou pas.

- Je doute être le premier à voir en toi un sacré potentiel O'Leary. Avec un peu d'aide, tu peux devenir une sorcière de renom. Malheureusement, je n'ai pas le temps de m'occuper de toi.. Petit silence. Enfin. De ta formation privée, je veux dire. J'essaie un clin d'œil, même si je suis presque sur qu'elle ne le discernera pas. Je peux toujours me renseigner, voir si quelqu'un se sent de t'apprendre ce qu'est la vraie vie. Je ricane.

Je connais bien quelques personnes d'un assez bon niveau qui devrait être prêt à aider une jeune sorcière ayant besoin d'expérience. Vhagar et Jean, par exemple.

- Pour ce que je suis, je pense que vous le savez déjà. Une petite étudiante banale qui est allée trop loin et qui se mérite une retenue. C'est tout.

Oui, ça, encore une fois, je suis persuadé que c'est une connerie. On a tous un passé, peu importe notre âge, notre profession, notre rang social. De ce que je sais d'elle, je dirai qu'O'Leary vient d'une riche famille de sorcier. Sang pur ou pas, j'en sais rien. Probablement des irlandais vu le nom.

- N'essaie pas de m'embrouiller comme tu le fais avec les autres. T'es gêné de me parler de ta vie ? Tant mieux, ça veut dire que ça cache quelques choses d'intéressant. Je me tais quelques secondes. C'est de nos pires expériences que l'on apprend le plus. Ceux qui grandissent au chaud dans leur petit manoir finissent rarement en haut de la pyramide. La richesse, penser que tout leur est acquis.. ça les rends faible, les ramollit. Moi, par exemple, j'ai vécu dans la rue pendant 4 ans. Et si, lorsque je le vivais, je ne rêvais que d'une chose : oublier cette partie de ma vie, maintenant que j'en suis sorti, je ne changerai rien. Je revivrai cette période exactement comme je l'ai fais. Parce que ça m'a forgé un caractère, ça m'a permis d'être là où je suis aujourd'hui.

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Aileen O'Leary
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Re: Avec les Sombrals

Message par : Aileen O'Leary, Sam 21 Jan 2017 - 2:15


Se concentrer sur le fumier. Se dépêcher pour s'échapper de l'enclos qui devenait de plus en plus une prison pour la rousse. Elle pouvait encore s'échapper, Benbow ne devait pas avoir la moindre idée de ses capacités, il ne devait la voir que comme une petite étudiante avec du cran. Rien de plus. Et cela devait rester comme ça. S'effacer pour mieux voler. Se retirer pour mieux frapper. Et frapper juste cette fois, pas à moitié en ne visant rien de particulier. Le professeur avait piqué sa curiosité, lui résisterait-il si elle se mettait à danser? Qu'est-ce qui pouvait bien occuper ses pensées en soirée? La rousse doutait que les femmes soient la seule réponse à cette question.

- Je doute être le premier à voir en toi un sacré potentiel O'Leary. Avec un peu d'aide, tu peux devenir une sorcière de renom. Malheureusement, je n'ai pas le temps de m'occuper de toi...

Ainsi le professeur voyait en elle du potentiel, la voyait devenir une sorcière de renom. Aileen ravala un ricannement. Comme si elle cherchait une quelconque forme de reconnaissance publique. Là ou certains cherchent la gloire et la fortune, la rousse ne cherchait que des moyens d'échapper à la monotonie du monde sorcier, du nid qu'était Poudlard. Elle brûlait d'envie de retourner sentir le vent sur les toits de Londres, de se promener là ou les moldus ne peuvent que rêver d'accéder.

- Enfin. De ta formation privée, je veux dire. Je peux toujours me renseigner, voir si quelqu'un se sent de t'apprendre ce qu'est la vraie vie.

L'envie de rire reprend, plus forte cette fois. Elle n'avait nul besoin de lui pour pouvoir évoluer. Le fait qu'elle pouvait voir les Sombrals ne lui indiquait-il pas qu'elle avait cotoyé aussi bien la vie que la mort?

-Généreux de votre part M.Benbow, mais je n'ai guère envie de m'aventurer dans ce genre d'eaux troubles. Cela peut paraître stupide mais j'ai toujours aspiré à une vie calme, avec possiblement un mari ou une femme à qui revenir le soir. Rien de bien glorieux en soit, vu que c'est un destin auquel même les moldus peuvent prétendre.

Une vie calme et paisible à se balader partout sur le globe, à découvrir de nouvelles choses chaque jour, loin de sa famille, loin des manigances et des traitrises, loin des jeux manipulateurs ou le sang fait toute la différence. Une belle utopie.

- N'essaie pas de m'embrouiller comme tu le fais avec les autres. T'es gêné de me parler de ta vie ? Tant mieux, ça veut dire que ça cache quelques choses d'intéressant.

La rousse haussa un sourcil et regarda fixement son professeur. Il était moins con qu'elle ne le pensait, mais s'il s'imaginait que cela suffirait à la faire parler, il se trompait lourdement.

- C'est de nos pires expériences que l'on apprend le plus. Ceux qui grandissent au chaud dans leur petit manoir finissent rarement en haut de la pyramide. La richesse, penser que tout leur est acquis.. ça les rends faible, les ramollit. Moi, par exemple, j'ai vécu dans la rue pendant 4 ans. Et si, lorsque je le vivais, je ne rêvais que d'une chose : oublier cette partie de ma vie, maintenant que j'en suis sorti, je ne changerai rien. Je revivrai cette période exactement comme je l'ai fais. Parce que ça m'a forgé un caractère, ça m'a permis d'être là où je suis aujourd'hui

Flash

Une enfant qui crie dans une mare de sang.

Flash

Une jeune fille qui vomit et se débat à la suite d'un nouveau sortilège.

Flash

Un corps qui se liquéfiait devant elle.

Flash

Un homme qui lui racontait son premier meurtre sur les toits de l'Allée des Embrûmes.

Étaient-ils tant similaires?

Dragon et Ian.

Nordique et anglais.

Auror et professeur.

Que dire à un homme qui vient d'expliquer une des parties les plus difficiles de sa vie? Lui rendre la pareille? Comment agir sans donner l'impression d'une compétition, d'une comparaison malsaine des expériences qui ont forgées une vie ? Avait-elle réellement envie de se livrer à son professeur aussi, de le laisser rentrer dans une partie de son intimité qui lui appartenait à elle seulement?

Partager son corps passait encore, elle n'allait y mêler son essence non plus.

Encore une fois Aileen se tenait face à deux choix. Terminer de parler et se dépêcher de finir sa retenue. Avec un peu de chance, elle n'aurait juste qu'à retourner dans sa chambre en toute sécurité et le lendemain Benbow l'aurait probablement déjà oubliée. Ou s'ouvrir, un peu, voir si elle était capable de garder un lien avec Ian, voir si ce dernier était capable d'écouter aussi bien que de parler.

-Dites moi M.Benbow, êtes-vous déjà allé en cour? Avez-vous déjà assisté à un procès ou tout était déjà joué d'avance? Le procès d'une gamine accusée d'avoir blessé grièvement un membre respectable de la société et de sa mère qui utilisait les moldus du coin comme sujets d'expérience à la magie noire.

Une pause, le temps de s'essuyer les mains, le temps de reprendre ses idées.

-Sentir les regards des membres du jury qui ne désiraient qu'une chose, voir la petite et sa mère coupables pour passer à autre chose. Pour protéger celui qui, d'habitude, travaillait avec eux. Sentir l'aura des détraqueurs qui ne désiraient qu'une chose, les enfermer.  Après quelques semaines de débats d'influence, de couverture de masse dans les journaux, de discussions sans fin , le juge reçut une importante somme d'argent. Deux jours plus tard, le cas fût réglé à coup de Veritaserum et de Pensine, la mère fût jugée innocente et la gamine fût acquittée pour légitime défense. Cette dernière quitta Dublin pour devenir personne.
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Ian Benbow
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Re: Avec les Sombrals

Message par : Ian Benbow, Sam 4 Fév 2017 - 12:29


Dur de se livrer comme ça, alors que ce n'est pas dans tes habitudes. Certains disent que ça fait du bien, de se laisser aller. D'avoir assez confiance en quelqu'un d'autres pour lui révéler ses secrets. De laisser sortir une histoire, son histoire, douloureuse. De l'exprimer avec des mots au lieu de la laisser pourrir au fond de sois. D'avoir quelqu'un pour nous écouter. Pourtant, ça ne me fait rien. Premièrement parce que je suis loin d'avoir confiance en O'Leary. Ce n'est rien de personnel, je n'ai confiance en personne. Tous devrait faire comme moi, ça évite les trahisons. Puis, je sais aussi que si l'élève m'écoute, c'est parce qu'elle est une élève et qu'elle se sent obligé de m'écouter, de faire semblant de s'intéresser à mon histoire. Alors qu'au fond, elle ressent peut-être l'envie de se moquer. Certainement même. Ian Benbow le clochard, ça lui fera une belle histoire à raconter aux autres. Osera t-elle le faire ? Elle n'est pas idiote. Elle sait que je localiserai la fuite très rapidement. Et si elle ne sait pas de quoi je suis capable, elle le découvrira.

Le but de cette histoire était de la mettre en confiance, car même si moi je ne suis pas adepte de ce concept, je sais que la plupart des gens le sont. En entendant mon histoire, elle se sentira mal à l'aise. Elle va peut-être se dire que si j'ai fais l'effort de lui parler de ma vie, elle devrait en faire de même. Parce que  je me suis confier, elle devrait le faire aussi. Me rendre la pareille. Que les humains sont con. Franchement.

- Dites moi M.Benbow, êtes-vous déjà allé en cour? Avez-vous déjà assisté à un procès ou tout était déjà joué d'avance? Le procès d'une gamine accusée d'avoir blessé grièvement un membre respectable de la société et de sa mère qui utilisait les moldus du coin comme sujets d'expérience à la magie noire.

Ce début d'histoire est intéressant. Une maman qui se servait des moldus comme sujet d'expérience ? Je serai ravi de la rencontrer cette maman, si elle est aussi sexy que la fille, on risquerait de très bien s'entendre. Après tout, moi aussi je m'amusais à tester des choses sur les moldus. La magie noire également. À la base, j'avais décidé de l'exercer sur des animaux. Le problème était que les animaux ne pouvaient pas partager avec moi leur sensation, les humains eux le pouvaient. Ne souhaitant pas gâcher la vie de sorcier, j'avais décidé de me servir de ces sous-être qu'étaient les moldus pour tester les sorts de certains de mes livres. Une très bonne expérience.

- Sentir les regards des membres du jury qui ne désiraient qu'une chose, voir la petite et sa mère coupables pour passer à autre chose. Pour protéger celui qui, d'habitude, travaillait avec eux. Sentir l'aura des détraqueurs qui ne désiraient qu'une chose, les enfermer.  Après quelques semaines de débats d'influence, de couverture de masse dans les journaux, de discussions sans fin , le juge reçut une importante somme d'argent. Deux jours plus tard, le cas fût réglé à coup de Veritaserum et de Pensine, la mère fût jugée innocente et la gamine fût acquittée pour légitime défense. Cette dernière quitta Dublin pour devenir personne.

Un pot-de-vin, hein ? Les riches familles de sorcier en faisaient souvent usages, afin de s'en sortir face à des situations compliqués. Comme celle que venait de me soumettre Aileen. Ainsi, sa famille avait dû disparaître à la suite de ce procès. Le nom O'Leary ne me disait rien, peut-être était-ce un faux nom ? La jeune fille semblait venir d'une famille riche et influente, pourtant son nom de famille ne semblait pas être craints ou respectés. En tout cas, pas à ma connaissance.

- Nous ne sommes jamais personne. Un homme plein de philosophie je suis. Bien que ces événements ait pu être.. traumatisant pour une jeune fille, je te suggère de les accepter. La vie est faite ainsi, sans arrêt nous avons des merdes qui nous tombent dessus, qui nous font trébucher. Il faut se servir de ces obstacles comme d'un tremplin et non les voir comme un mur. Tu t'en sers pour aller plus loin, plus haut. Ou alors, ils se serviront de toi et t'empêcherons d'avancer.

Pffouuu. C'était mon moment philosophe. Beaucoup de connerie dans une seule tirade. Je jete un œil à montre, le temps à avancer à une allure folle. L'heure que je m'étais fixé comme limite pour la retenue était dépassée de dix minutes.

- Rejoins-moi. La retenue se termine O'Leary. Si c'est ton vrai nom.

Bon, j'ai fais un clin d'œil, mais c'est impossible qu'elle l'ait remarqué vu comment il fait sombre autour de nous. D'un coup de baguette magique, je commence à terminer le travail de la verte et argent, faisant disparaître le crottin de sombral petit à petit.

- Tu peux toujours m'aider hein. Un sourire.Moi qui pensait trouver une adolescente en pleine crise, j'en ai découvert une pleine de surprise.
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Aileen O'Leary
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Re: Avec les Sombrals

Message par : Aileen O'Leary, Ven 14 Avr 2017 - 21:48


Sorry pour le retard x.x le RP va être assez court aussi

Elle avait la tête dans les nuages, pensant à son passé, à la cour de justice et ses trop nombreux regards. Elle ne pourrait plus jamais monter sur scène devant une foule. Elle ne pourrait plus jamais faire entièrement confiance au système de justice. Elle ne pourrait plus jamais....

- Nous ne sommes jamais personne. Bien que ces événements ait pu être.. traumatisant pour une jeune fille, je te suggère de les accepter. La vie est faite ainsi, sans arrêt nous avons des merdes qui nous tombent dessus, qui nous font trébucher. Il faut se servir de ces obstacles comme d'un tremplin et non les voir comme un mur. Tu t'en sers pour aller plus loin, plus haut. Ou alors, ils se serviront de toi et t'empêcherons d'avancer.

Un rire qui mourut dans sa gorge.

-Quel bel homme complet M.Benbow. Beau corps et un esprit de philosophe pour aller avec. Rappelez moi comment vous êtes devenu enseignant à Poudlard déjà? Un homme de votre carrure aurait mieux trouvé sa place en politique.

Du sarcasme. Du sarcasme pour se remettre, se replacer.

- Rejoins-moi. La retenue se termine O'Leary. Si c'est ton vrai nom.

Sourire en coin, félin qui revint.

-Vous pensez que je suis capable de vous mentir M.Benbow? Alors que je viens d'avouer ma flamme la plus sincère à votre sujet.

Un clin d'oeil avant de rejoindre son enseignant. Des blagues, ce n'était simplement que des plaisanteries entre eux...N'est-ce pas?

- Tu peux toujours m'aider hein.

- Et rater la vue de mon professeur faisant du travail manuel? Mais jamais de la vie!

Un soupir de soulagement et la rousse était dans l'enclos à aider son professeur. Somme toute, la retenue aurait difficilement mieux pu se passer.

FIN DU RP POUR MOI
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Luna Black
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re: Avec les Sombrals

Message par : Luna Black, Ven 26 Mai 2017 - 20:49


R.P. privé avec Jessy Brown

Ce jour là, Luna avait rendez vous avec Jessy pour aller trouver les Sombrals dans la forêt interdite, à l'est du château de Poudlard. La jeune irlandaise avait fait passer une annonce dans la Gazette il y a quelques jours pour entrer en contact avec d'autres apprenties magicozoologistes qui pourraient lui en apprendre plus sur ce métier fascinant. Jessy lui avait répondu par hibou qu'elle pensait aller dans cette fameuse forêt pour approcher les Sombrals et les étudier d'un peu plus près.

Elles s'étaient donc donner rendez-vous à la lisière du bois. L'intérêt de cette expédition en tandem était que l'une des deux voyait les Sombrals et l'autre non. Elles auraient alors deux points de vues et deux analyses différentes, donc beaucoup plus construites qu'une personne seule.

Luna s'était réveillée aux aurores. Même si elle avait déjà quitter le château, elle n'était jamais lassée de revoir ce vieux monument. Depuis l'orée de la forêt, la vue était spectaculaire. Les toits d'ardoises noires surplombaient la vallée avec une majesté légendaire.
Enfin libre, elle volait maintenant de ses propres ailes et vivait vraiment pour changer. La vie en dehors de l'école s'était avérée moins hostile que ce que la jeune irlandaise s'était attendue à trouver.

Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas la jeune femme brune qui s'avançait vers elle.
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Asclépius Underlinden
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Message par : Asclépius Underlinden, Sam 15 Juil 2017 - 18:12


Reprise du sujet : me MP si problème !
PV avec Kohane Werner
L.A. mutuel accordé pour toute la durée du RP
Kohane & Asclépius ont tous deux 17 ans dans ce RP

Ils s’avançaient dans la nuit, main dans la main, le noir autour d’eux, pour ne pas se faire repérer des adultes. Dans cette proximité singulière, chacun apprenait à faire confiance à l’autre, à suivre ses pas, accepter une ouverture qu’ils auraient très certainement jugés contre-nature, si la peine de l’un ne les avait pas rapproché. Leurs cœurs battaient au rythme de leurs pas, qu’ils avaient doux, modérés et prudents : éviter les obstacles, trouver ses repères dans un environnement familier de jour, mais instable de nuit. Seule leur volonté et leur envie de partage les guidaient dans la pénombre : des cachots aux couloirs, des couloirs au passage secret, du passage secret à la Forêt interdite.

En sortant à l’air libre, tous deux avaient pris une grande inspiration. Comme s’ils avaient été en apnée, dans les cachots, et qu’à l’air libre, sous le regard lunaire, ils pouvaient enfin se permettre de relâcher la pression.
Le serpentin glissa même un sourire, tandis que Morphée sommeillait sur son crâne.

Les deux étudiants firent quelques pas à tâtons, ne souhaitant pas faire usage d’un quelconque sortilège d’éclairage pour ne pas ameuter les alentours (vu qu’ils ne savaient pas où ils se situaient dans la forêt, si le garde-chasse était dans le coin, ou d’autres bestioles peu recommandables). L’un manqua tomber, rattraper par l’autre, et ils finirent par prendre place sur un arbre à moitié déraciné, prenant assise sur sa verticalité de tronc.

Le jeunot lâcha la main de sa camarade, gesticula un temps, puis finit par trouver une position qui lui convenait, afin d’être confortable sur son séant. Il balança ensuite ses jambes un instant, profitant de la prise de hauteur qui lui permettait de ne pas se reposer sur ses extrémités défaillante, puis observa la lune un instant, avant de reprendre un parole : semblant de calme plat, après la précédente explosion sentimentale.

« - Mmh, du coup, vu qu’on est amis, tu veux en parler ? Je veux dire, ça avait l’air de te peser alors… Entre le besoin de philtre de paix, Rachel, ta solitude, tout ça… »

Etre sincèrement concerné par quelqu’un d’autre que lui-même était étrange et nouveau pour lui. Surtout, entretenir un dialogue aussi… Intime ? Percutant sentimentalement parlant ? Sujet aux pleurs ? Il était encore un grand débutant, sur beaucoup de sujets, principalement ceux qui concernaient les interactions avec d’autres êtres humains.
Mais son désir naïf d’aider son prochain, était lui, bien que candide et maladroit, profondément vrai. Surtout si le prochain en question était Kohane. Allez savoir pourquoi.
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Kohane Werner
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Re: Avec les Sombrals

Message par : Kohane Werner, Mar 18 Juil 2017 - 0:31




Il y a deux choses.
Il y a la main d'Asclépius dans la mienne.
Et il y a la grande bouffée d'air frais qui, d'un seul coup, nous surprend.
Inspiration profonde. Comme si la fin du passage secret signalait une ruée vers une Liberté tant désirée. Après avoir vécu l'enfermement six pieds sous terre au beau milieu des cachots, nous voilà enfin dehors. Dans la nuit et le silence. Le frais et les cris nocturnes. Nous voilà hors de ce château étouffant. Prêts à continuer de marcher vers le vent de liberté qui vient de nous être insufflé.
Et nous avançons.
Sans un mot.
Côte à côte.
Main dans la main.
Un contact physique à la fois rassurant et étrange. Un rapprochement inattendu qui ferait presque peur.
Même si, évidemment, je me doute bien que ceci n'est qu'une parenthèse d'un instant figé, avant que tout ne reprenne son cours normal. C'est-à-dire disputes et sarcasmes à gogo. Parce que, dans le fond, nous ne parvenons pas à nous entendre autrement. Et c'est comme ça qu'on est amis, après tout.
Mais ce soir, peut-être, est-ce justement cette parenthèse pour permettre de montrer un autre côté de soi. En dehors des disputes et des sarcasmes. En dehors des moues et des reproches. Une part plus vacillantes, plus fragile, plus nuancée, contrastée. Plus tendre, aussi. Instant d'affection consolatrice pour ceux qui titubent, comme nous.
Ce soir, c'est peut-être l'heure de se dévoiler un peu. Sur ce que l'on est. Réellement.
Parfois, c'est déstabilisant, effrayant, de montrer son âme à nu, dans toute sa fragilité. Parce qu'on aimerait tant être fort ! Et ce l'image qu'on veut laisser aux autres.
Mais il y a toujours l'instant où tout est trop.
Et, sans prévenir, l'ensemble s'écroule, découvrant plus de failles qu'on aimerait le montrer.
Alors, maintenant que c'est fait, pourquoi aurais-je peur de continuer ?

Nous ne sommes plus que deux silhouettes.
Se glissant dans l'ombre, entre les arbres, au travers des feuillages.
Pas silencieux sur la terre légèrement humide de la nuit.
Un bruissement de temps en temps.
Mais pas de bruit suspect.
Protégés par Mère-Lune et sa ronde bouille bienveillante.
Nous nous éloignons toujours plus. Loin, loin des autres, du château, de ses règles, de ses lois qui empoisonnent notre liberté. Loin de la société qui aimerait qu'on marche droit alors même que nous ne voulons que laisser aller nos pas, en courbe ou diagonale, qu'importe.
Partir ainsi, comme des enfants qui fuguent l'autorité parentale, me donne soudainement un sentiment de respirer. Pour de vrai. Etrangement, il y aurait presque l'adrénaline de la désobéissance. De celle-là que je n'ai plus ressenti depuis un moment tellement braver le couvre-feu était devenu une habitude pour moi.
Mais ce soir, c'est différent.
Sans doute parce que ma fugue nocturne n'est plus pour les mêmes raisons.
Ce n'est plus pour fuir la douleur que je marche au beau milieu de la nuit.
Mais pour une simple discussion dans le but de... s'ouvrir à l'autre ?



Un arbre à moitié déraciné se dresse soudainement devant nous.
Il nous appelle. Il nous accueille.
Et nous n'hésitons pas.
Et nous grimpons sur son tronc.
C'est un siège majestueux qu'il nous offre là !
Je sens la main d'Asclépius quitter la mienne et le voilà qui cherche à poser ses marques, trouver la meilleure position position possible. Il bouge, il gesticule un peu. Et ça me fait sourire dans le noir.
Ainsi en hauteur, nos pieds balancent dans le vide. Nous avons même fui la terre.
Il n'y a plus que le ciel.
Il n'y a plus que la lune.
Et elle est belle, ce soir. Elle sourit. Elle nous sourit. Jean de la lune abrité dans sa boule lumineuse qui nous regarde avec tendresse. Je l'aime bien. Je le rejoindrais bien, tiens. Ca doit être amusant, d'être là-haut. Et regarder le monde qui doit lui apparaître si petit.

La voix à côté de moi flotte et brise l'instant en suspend de contemplation.
C'est soudainement si calme, j'ai l'impression. Comparé aux mille et unes émotions déferlantes que j'ai pu ressentir précédemment, dans les cachots.
C'est si plat.
Presque trop.
Mais ça fait du bien.
Vraiment. Du bien.
Je l'écoute sans le regarder. L'âme toujours accrochée à la belle lune, là-bas.
Cette fois, c'est lui qui a envie de parler, on dirait. C'est lui qui pose des questions. C'est lui qui veut savoir. C'est lui qui cherche le contact. Etrange. On ne s'y attendrait pas vraiment. Compte tenue du côté renfermé et peu à l'aise dans les relations sociales que j'ai pu voir chez lui.
Mais ça me fait plaisir, dans le fond.
Que ce soit lui. Cette fois. Qui cherche le contact.



Je me penche doucement en arrière, appuyée sur mes mains posées contre le tronc noueux.
L'oeil perdu dans la couverture de nuit.
Et le cœur se nourrissant des rayons de lune.
Je laisse passer un temps.
Il est peut-être temps. De sauter le pas. Pour enfin dévoiler. Cette unique fois. Un peu de notre âme à nue, un peu de nos failles si souvent dissimulées sous des tonnes de maquillage.
Je balance mes jambes, fouette l'air et le rien.

-Mmmh... moui... j'peux en parler.

Pause.
Je peux
Sans dire je le ferai
Car ça ne se fera pas sans condition.
Evidemment.
Une telle opération aux risques si élevés ne se fera pas sans frais. C'est qu'il faut bien s'assurer, dans la vie.
Je tourne mon visage vers Asclépius et le dévisage dans le noir.

-Mais c'est donnant-donnant.

Un sourire un peu malicieux.
Il y aurait tellement de choses à savoir si lui, j'en suis sûre.
Il aurait tellement de choses à dire pour essayer de s'en débarrasser. Et de cesser de courber le dos sous leur poids trop lourd.
Alors, si cette nuit je dois parler, je ne serai pas la seule.
Parce qu'il y a tellement de choses que je n'ai presque jamais dites et qui pourraient sortir sans que je le veuille. Je ne veux pas être la seule à donner.

-Voilà ce qu'on a qu'à faire : tour à tour, une question, une réponse. C'est simple. Et c'est équitable. Sinon, moi, je joue pas.

La fausse moue de la gamine vexée, insatisfaite.
Par ce moyen, il est sûr que je ne serai pas la seule à dire, à confier.
Je sais bien qu'il n'est pas vraiment sur un terrain qu'il maîtrise, là.
Je sais bien qu'il est trop gauche quand on parle de relations humaines et bancal quand il s'agit de se livrer à une oreille extérieure.
Mais il faut bien un début à tout.
Puis, de quoi a-t-il peur ?
De toutes façons

-On est amis, non ?

Mes jambes continuent doucement de se balancer.
Fouetter l'air leur donne un sentiment de liberté.
Comme si elles volaient indépendamment de moi. Je crois qu'elles aiment ça.
Et, en attendant sa réponse, je pose quand même une question. Parce que j'en ai envie.

-Il... ou elle s'appelle comment ? je demande en désignant du menton son couvre-chef somnolant.

Son tranquille batracien me rappelle Hope. Ma grenouille censée être porteuse de lumière. Des temps d'avant. Pleine d'affection et en quête de l'amour que je pourrais lui donner.
Si ça se trouve, son petit animal aussi, est en quête d'amour pour combler sa vie.

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Re: Avec les Sombrals

Message par : Asclépius Underlinden, Sam 22 Juil 2017 - 17:40



C’était comme la fois où il était sorti d’une coquille, littéralement, à la bibliothèque, la nuit. Toujours, la nuit, il y avait un souffle de renouveau qui venait de la Lune, pour alimenter ses poumons. Etrange, quand on a un nom si proche du Soleil, au point d’aimer se faire de nouvelles ailes de cire à chaque fois qu’on se brûle, à trop vouloir côtoyer la lumière. Il y avait le calme, il y avait la chaleur. Il y avait ce souffle, qui transportait les mélodies des sélénites. Il y avait la chaleur de Kohane, juste à côté de lui, à une distance confortable : suffisante pour qu’il ne ressente pas la cavalcade des taupes sur sa pulpe en frissons désagréables.
La Lune ronde et brillante, comme un gros œil de poisson au fond d’une mare couleur glauque, déposait son regard lumineux sur eux, dans ce petit trou d clairière, sur cet arbre défoncé, racines ouvertes, comme le cœur dans la poitrine. Ça battait encore un peu, fort, comme s’il y avait eu une dérivation, de celui de Kohane à lui. De sa détresse vers la sienne. Résonnance tardive, le temps de l’écho.

Une déglutition, parce que déjà, il avait puisé dans sa source de courage pour poser cette simple question. Simple question pour ouvrir un dialogue. Simple question pour accéder à quelque chose de plus, de plus grand, de plus incompréhensible, de plus profond, de plus intime… Creuser et fouiller jusqu’au cœur.

Il était sur le fil du rasoir, un peu plus tendu, face au calme de sa voisine, attendant le couperet, le souffle qui reviendrait. Qu’on ne se moque pas de lui, pour avoir essayé. Cette peur paralysante de l’échec, qui l’empêchait de tenter.
Il avait tenté, en se fabriquant une nouvelle cire.

Il sembla se détendre, en entendant sa camarade dire qu’elle pouvait le faire, et soupira en un rire étranglé face à sa demande, le sourire dans la voix de Kohane lui vrillant le canal auditif.
Fixant les mouvements obscurs sous ses pieds nus, il entremêla un instant ses phalanges, cherchant une diversion qu’il ne trouva pas. Il se sentait forcé, un peu pris au piège. Pas très à l’aise.

Les songes revinrent. Considérer la situation. Chacun son tour, dans une sorte de compromis commercial. Ça ne lui plaisait pas. Mais sous couvert d’un arrangement tacite, il pourrait peut-être délier sa langue empâté.
Son regard dériva un instant en direction de Kohane, le souci derrière les prunelles, et la considération en avant.

Sceptique.
Il se sentait encore trop tendu pour partager quelque chose d’intime avec quelqu’un.

Puis, elle le rassura, sur son amitié.
Et ses épaules s’abaissèrent quelques peu.

Il se contenta d’acquiescer légèrement, relevant la tête, pour observer la dame de moire de nouveau, soupirant dans l’air de ce soir de printemps. Bientôt la fin. Bientôt les ASPIC. Bientôt il quitterait Poudlard. Et la fièvre lui arrachait toujours les cellules.

Distraites, ses jambes se balançaient, et déjà, il se perdait, entre ses pensées, et les paroles en face. Si bien qu’il faillit répondre tout autre chose à la question qui suivit. Il faillit répondre un nom qui n’avait rien à voir avec l’interrogation. Il faillit tomber directement dans le lac des confessions, histoire de se déverser comme une cascade.

Un raclement de gorge, pour gagner en assurance : « - Morphée. C’est un cadeau de Leo. Elle est narcoleptique. J’aime bien me caler sur sa respiration pour dormir. »

Ça faisait beaucoup d’informations d’un coup. Il ne savait même pas si elle connaissait Leo… Peut-être que si, vu qu’il est le propriétaire de l’établissement où elle travaille.
Peut-être que non, parce que Leo n’existe peut-être tout simplement pas. Que c’était une rencontre dans les arbres, avec les poissons-chats de la Tamise, et que ça s’est évanoui. Même si Azaël le connait…

C’était complexe, et c’était désagréable comme façon de penser. De se dire qu’il y avait… D’autres façons de penser que la sienne. Que les autres ne pouvaient comprendre qu’en contextualisant ses paroles.
Il n’avait pas envie de faire d’efforts pour les autres : il ne remettait pas les choses dans leur contexte, préférant piocher çà et là.

Parfois, il attrapait le train en route, avec quelqu’un sur les rails.
Là, tout était à l’arrêt, mais le souffle n’était pas retenu.

« - »

Il avait essayé de dire quelque chose, mais rien n’était sorti, rien ne venait, malgré sa bouche ouverte. Il était perdu, dans cet échange, ne sachant comment commencer, quoi dire, quoi faire… Comment on se confie à quelqu’un ? Est-ce que c’est comme pour les fruits ? On se roule dans un coin et on attend d’avoir des rides, et du sucre qui sort de nos pulpes ? Pour ensuite rouler sur une langue prête à la dégustation ?

Inspiration.

« - Tu souffres, d’être seule ? »

Expiration.

Faire un premier pas, était toujours difficile. Même si c’en était un détourné, un pas de côté.
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Kohane Werner
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Re: Avec les Sombrals

Message par : Kohane Werner, Mer 26 Juil 2017 - 16:28




C'est assez étrange.
De se retrouver tous les deux.
Dans ce calme plat.
Sans cri ni altercation.
C'est la deuxième fois qu'on est compagnons de sortie nocturne, d'infraction au règlement. La première fois, c'était presque se retrouver pour prolonger la dispute de la bibliothèque. Cette fois-ci, c'est se retrouver pour prolonger l'instant de partage des cachots.
A croire que les escapades nocturnes sont, chez nous, un point d'aboutissement à une expérience commencée plus tôt, dans l'enceinte du château.
Mes jambes continuent de se balancer.
Et je me dis que c'est quand même sacrément rare et précieux, ces petits moments où on parvient à parler sans se disputer.
D'ailleurs, j'sais même pas vraiment pourquoi on se dispute souvent. Presque tout le temps.
Sans doute parce que c'est ainsi qu'on s'apprécie.
Si je ne l'appréciais pas, je ferais en sorte de ne plus le croiser. Et il n'y aurait plus d'altercations, comme ça.
Mais, apparemment, ça n'est pas le cas.
Il y a toujours le moment où nos pas empruntent à nouveau le même chemin. Pour un temps plus ou moins long.
Il y a les furtives retrouvailles dans les bars.
Les piques lancées au vent parce qu'on est incapables d'établir des retrouvailles sereines et tranquilles. Parce qu'on est toujours obligés de se chercher l'un l'autre. Sans jamais se fuir, ceci dit.
C'est qu'on doit aimer ça.
Je ne trouve pas d'autre explication logique à ce comportement. Bien que, faut l'avouer, la logique ne soit pas vraiment ce dont je suis le plus dotée.

C'est quand même étrange.
Ce soir, dans cette parenthèse infime à l'échelle du Temps, tout semble s'apaiser.
Et je me dis qu'un instant de paix, ça fait aussi du bien. Il y a la guerre, il y a la trêve, il y a la paix, il y a la reprise de la guerre.
Je pense que ce soir, c'est plutôt une trêve.
Le temps pour nous de reprendre notre souffle au milieu du monde.
Le temps d'essayer de se comprendre. Se comprendre soi-même. Comprendre l'autre. Dans ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses. Le temps de l'accepter pour ce qu'il est.
Une fois que cela sera fait, les hostilités seront rouvertes.
Mais après tout, elle est peut-être là, notre preuve d'amour.

Un léger hochement de tête dans le noir.
Le visage qui se lève vers Jean de la Lune.
Le paysage est beau. J'aime le voir se découper ainsi, entre arbres et feuillages, sous un ciel d'encre avec, pour unique point de repère, le visage poupon, là-haut.
Un point de repère bien trompeur, d'ailleurs.
Car où qu'on soit, on la voit. A la même distance. Elle ne guide pas, finalement. Elle regarde seulement. Elle regarde les êtres se perdre. Et ne les aide pas.
Je ne sais pas bien si c'est cruel de sa part ou non.
Après tout, elle ne peut pas tout faire. Elle offre déjà lumière et espoir.



La voix d'Asclépius s'élève alors, répondant à la question.
Un sourire s'échappe de mes lèvres. Une grenouille narcoleptique... avec un nom tout à fait en accord.
Sans même la connaître, je l'aime bien, sa bête. Parce qu'elle est calme. Tranquille. Ou parce que sa respiration semble se substituer à la berceuse du soir. Comme un enfant s'endort en se calant sur les notes de la comptine maternelle, Asclépius, lui, se cale sur la douce respiration de sa grenouille.
Je me demande s'il parle du Leo que je connais.
Ce n'est pas rare, comme prénom.
Mais en même temps, je sais pas pourquoi, j'ai envie de penser qu'il s'agit du même.
Alors, à tout hasard, je sors :

-Moi aussi, il m'en a envoyée une. Elle s'appelle Hope. En souvenir des rires colorés d'autrefois, je pense.

La phrase s'achève sur un ton amer.
Une légère boule dans la gorge. Ou au creux de l'estomac. Je sais pas bien.
Ca coince quelque part, en tout cas.
De se rappeler les bulles pastel d'avant.
Et les rires innocents de ce temps lointain.
Ca fait un peu mal. Se souvenir qu'à cette époque, tout paraissait si simple. Si lumineux. A portée de main.
Je baisse les yeux sur mes jambes qui pendent dans le noir.
Le silence.
Emplit de nouveau notre univers nocturne.
Il y a la maladresse de ne pas savoir par où commencer.
Et finalement, il trouve les mots, il rassemble les idées. La première question tombe.

Le regard toujours baissé, je m'accorde un temps de réflexion.
Je ne sais pas bien comment y répondre.
Parce qu'à dire vrai, je me suis jamais interrogée sur ça. J'ai jamais réfléchi à ma solitude. Et puis... je crois que c'est plus complexe que ça.
Tout est toujours plus complexe que ça en a l'air.
Tout est si compliqué, quand on grandi, quand on s'assombrit, quand les couleurs pastel se sont envolées pour faire place au gris.
J'inspire profondément en relevant la tête.
La lune guette toujours.
Et je sens la présence maladroite d'Asclépius à côté de moi. Je me doute que ça a dû lui coûter de hocher la tête à ma proposition. D'avancer d'un pas. De poser la première question.
Il aurait peut-être aimé se défiler.
Mais je ne l'aurais pas laissé faire.
Parce que ces instants de calme sont trop rares pour qu'on se permette de les gâcher.



-D'habitude, je commence d'un ton lent, en pleine réflexion, je m'en fiche. Au moins, comme ça, les gens me foutent la paix. Puis j'aime bien être seule. Pour réfléchir. Et me perdre. C'est toujours embêtant de se perdre avec quelqu'un si on ne le connaît pas bien. Ca peut être quelqu'un de très terre-à-terre avec la tête sur les épaules. Dans ce cas-là, il déteste la perdition et gâche ces bons moments loin de tout.

Une pause.
Ca, c'est la position habituelle comme je l'ai précisé.
Mais il y a les situation exceptionnelles.
Comme ce soir.
Les moments où tout va tellement mal que le noir solitaire pèse trop sur les épaules.
Les moments où tout déraille, tout s'effondre. Et on n'est jamais assez fort tout seul.

-Puis, parfois, j'ai besoin des gens. Parce que je me rends compte que je peux pas me passer d'eux. J'suis pas assez forte toute seule. J'ai du mal à me porter. La plupart du temps, je fais des efforts pour y arriver. Mais... y'a certains moments... où...
Ca va trop mal. Et c'est plus possible.


Un soupir. A la nuit. A la lune.
Ce soir est un de ces jours.
Où ça va trop mal.
Où j'ai terriblement des autres, d'un autre. Pour un appui, pour un tremplin.
Me permettre de rebondir et continuer de vivre.
Car, malgré toutes les m*rdes qu'on peut avoir, il faut continuer de vivre. C'est tout ce que notre âme demande.

-Et en fait, je reprends après un long silence, tu vois, j'suis même pas sûre d'être aussi seule que ça. Enfin... je veux dire... y'a des gens. Des gens que j'aime. Par exemple Peter. Ou mon frère étoilé. Même toi, tiens. Des gens qui me tiennent à cœur. Dans le fond, je crois que je sais qu'ils sont là. Quelque part. C'est juste qu'on n'est pas toujours ensemble. Ils sont des présences coup de vent, des présences éphémères qui vont et qui viennent. Moi, ça me convient. J'aime pas l'idée de dépendre d'une personne en particulier. De ne rester attachée qu'à elle et ce tout le temps.

Je me tais.
J'ai beaucoup parlé.
Je n'ai pas mentionné Rachel.
Alors que, bien évidemment, elle aussi, elle fait partie de la liste des gens que j'aime et qui me tiennent à cœur. C'est juste que...
J'ai encore besoin de réfléchir à elle, à moi, à nous. Avant de la lancer en pâture au milieu d'une conversation.
Je sais plus très bien où on en est, elle et moi.
Impression dérangeante qu'on s'éloigne chaque jour davantage.

Un air serein sur le visage, je profite de la caresse nocturne.
Il n'y a pas de vent.
Juste l'air stagnant. L'air frais. Le silence. Le...
Bruissement.
Ou craquement.
Soudain.
Je me retourne brusquement, scrute les arbres, les feuillages. Je ne sais pas bien où nous sommes dans la forêt. Ni si quelqu'un nous a repérés.
Je scrute. Quelques secondes. Suspend. Attente. J'attends.
Mais il n'y a pas de mouvement. Pas de silhouette. Le bruit s'est tû.
J'attends encore quelques secondes pour m'assurer qu'il n'y a réellement rien. Puis mon regard quitte les fourrés et revient sur l'instant présent.
Il n'y a pas de quoi s'inquiéter.
Nous ne sommes que nous. Deux. Sur notre arbre. C'était juste un bruissement nocturne. Comme il y en a tant.

C'est à moi.
De poser une question.
Pour en savoir plus.
Sur lui.
Je n'ai jamais de problème pour poser des questions aux autres. Curieuse comme je suis. Puis, concernant Asclépius, il y en aurait beaucoup, qui pourraient être posées.
La difficulté est donc dans le choix.
Je m'accorde encore un petit temps de réflexion. Histoire de faire du tri dans toutes mes pensées.
Au-dessus de nos tête, la Lune, unique témoin de cette mise à nue de nos âmes, semble prête à recueillir toutes nos confidences.
Finalement, je me lance à mon tour.

-C'était vrai, ce que tu as dit lors de notre première rencontre ? Quand t'as dit que t'avais pas d'amis. Même après cinq ans passés à Poudlard.

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Re: Avec les Sombrals

Message par : Asclépius Underlinden, Mar 1 Aoû 2017 - 22:44



Il y avait l’air des feuilles dans les cheveux. Assit sur la souche, chacun regardant la lune. Une connexion par cet astre, sans pour autant véritablement oser se faire miroir de l’autre. Peut-être qu’il y avait trop de familiarités, découvertes au fil des piques. Ou peut-être que ce n’était que des idées volages, destinées à être balayées au moindre coup de vent.
Des idées qu’on envoie tanguer, au fur et à mesure que ces jambes dodelinent dans le vide. Plaisir de l’apesanteur. De ne pas avoir à porter le poids du corps sur ces extrémités. Sur ce poids. Cet espèce de boulet, qui le fait boiter. Ce boulet qui l’entraîne au fond d’un lac amer d’une souffrance physique continue. Cette cheville droite et cette blessure jamais guérie. Entorse, puis déchirure… Un ligament, ça ne se reforme pas. Et la douleur qu’elle diffuse ensuite en flux constant… Peut-on seulement s’y habituer ?

Une autre acidité, en entendant un soupçon d’amertume au coin du souffle de sa camarade. Probablement un souvenir qui se défile à sa mémoire, comme lui, à l’instant, par ce rappel physique. Qu’on est juste des tas de chairs, électrifiés parfois par des souvenirs vaincus.

Oope.
C’est mignon.
Mais l’amertume derrière, contenu dans la deuxième partie de la réplique, entrouvre le voile d’autres questions.
Elle parle de Leo… Le même ?
Entre ce Leo et Kohane : Hope. Mais une grenouille en simulacre d’un concept vivant.
A y penser, à cela, sans même savoir exactement de quoi il en retourne, le voici déjà avec un clou dans le cœur.

Et, finalement, se lancer.

Puis le silence.
Plus l’action nous paraît grande, plus nous en attendons beaucoup. Quitte à surestimer.
Ce qui serait stupide, étant donné que tous deux étaient à la même hauteur, sur cet arbre avachi. Une hauteur en pente, mais, une hauteur égale. Chacun sur un rayon de Lune parallèle.
Se tenir la main, en marchant sur ces rayons, permettait d’y créer des ponts. Des croisements…

Le couperet tombe, la réplique, réponse à sa question.
Un sourire léger, doux, lunaire lui aussi, un peu maladroit, se forme sur son faciès. Presque comme un geste de réconfort non explicite.
L’explicite vient pendant la pause où, toujours maladroit, comme s’il ne savait pas occuper son corps, sa main se pose sur celle de Kohane. Pour transmettre du réconfort, peut-être ?
Parce qu’il ne peut rester sourd, face à sa souffrance. Qu’il se sent concerné, depuis cet instant dans les cachots. Qu’il a promis d’être là, un pilier, une présence, un ami.
Un peu tout ça : la paume de sa main sur le dos de la sienne, épousant les jointures et le dessin en relief des veines.

Et à la fin, la main s’en va. En compagnie des pensées, pour ne pas être une pesée. Ne pas se faire ancre ou port d’attache ; laisser l’autre s’amarrer ou il le veut, voguer ailleurs… Limiter le contact, pour ne pas s’attacher, garder ses distances.
A la place, garder un silence pensif, la tête dans la Nuit. Penser à Peter, qu’on a côtoyé toute sa scolarité, ou presque. Qu’on a commencé à voir en sixième année. Au mystérieux frère étoilé, qu’on verrait bien faire de la balançoire en croissant de Lune… A ces personnes importantes, pour elle.
Retenir un petit rire nerveux en l’entendant le citer.
Parce que
Parce que…
Parce qu’il ne réalise pas, la possibilité d’avoir un impact sur les autres. D’être quelqu’un pour les autres. Trop éloigné. Trop différent de lui, comme pensée.

Le bruissement de la robe de la dame de moire est soudainement interrompu par un craquement. Un pas sur une brindille ? Une branche qui tombe ?
Sa colonne vertébrale se tend, lui avec. Cervicales qui craquent avec la tête qui se tourne, à l’affut, en direction du bruit. Ouille, trop vite. Toujours trop vite, hein ?

Tension.
Puis, plus rien.
La forêt cesse de retenir son souffle.

Tout comme Kohane : première question. Plus incisive qu’il n’y paraît.

« T’as pas d’amis »
Aïe
Il préfère se faire griller le cœur que clouter.

Il ne peut ainsi retenir un léger rire étranglé, principalement un réflexe nerveux, suite à l’entente de sa question.

C’est…
Comment dire…

Une longue histoire…

Tricot des pattes d’araignées qu’il adopte en lieux et place de doigt. Regard à la Lune, comme s’il pouvait capter ses rayons et son énergie, afin de, peut-être avoir un peu de courage.
En tout cas, ne pas regarder Kohane.

« - Oui. C’était difficile, Poudlard, les quatre premières années. La cinquième aussi, jusqu’à la Coupe de duels. »

Parler vite, comme pour retirer une épine. Mais ça coince, ça coince. Alors, il faut forcer, prendre une plus grosse pince. Et ça presse, ça presse, ça presse… Et le sang finit par couler. Ou plutôt des larmes, qui ne demandent qu’à sortir, au fil des mots-fleuves à venir : « - J’arrivais de nulle part en première année. Fin fond de l’Allemagne, Schleswig-Holstein… Les gens ne savent même pas prononcer ce Länder, alors savoir où il se trouve… Je ne parlais pas bien anglais non plus. Et quand je le parlais, mon accent allemand était si fort… On ne comprenait rien ! La communication… Jamais facile ! Fausse pique humoristique étouffée sous un nouveau rire nerveux. Et puis… Et puis… J’étais… Enfin… Je ne comprenais rien aux autres. C’était la première fois que je me retrouvais dans un lieu avec que des enfants, de mon âge. Je ne savais interagir qu’avec les adultes, je ne savais pas quoi répondre quand on me parlait. On me trouvait bizarre. Ça et… »

Expiration nerveuse, entrecoupée.

« - Et… » Inspiration. « - J’étais en surpoids à l’époque. Ça rajoutait une différence. Et, les autres… On dit toujours que les enfants sont innocents, mais c’est faux. Ils sont cruels. Surtout entre eux. De vraies bêtes sauvages… »

Poings crispés sur les cuisses, loin du tricot. Sourcils froncés, obstinés, pour ne pas laisser les larmes couler. « - C’était… Pas facile, pas facile… On ne me répondait pas quand je parlais, j’arrivais pas à aller vers les autres, on se moquait de moi… Personne ne m’appelait par mon prénom, jamais. Toujours des sobriquets. C’est toujours le cas d’ailleurs. Inspiration un peu plus difficile, par la gorge. Ça presse. Ça presse. C’est quand même pas compliqué à retenir, Ass-clef-pi-u-sse ! Mieux que « cachalot », « perché », « bossu », en tout cas… »

Mordiller la lèvre inférieure, reprendre une goulée d’air. Du contrôle, de la maîtrise de soi. C’est près à déborder, si on demande autre chose. Si on parle sentiments, plutôt que faits. Se concentrer sur les faits, dévier…

« - Et puis… Je suis tombé malade. Très. Je suis parti de Poudlard avant la fin de la quatrième année. J’étais en hôpital, pendant trois, quatre mois peut-être. J’ai perdu beaucoup de poids là-bas. Faut dire, je régurgitais tout ce que j’ingérais… »

Léger sourire en coin, le voici qui se tourne enfin vers son alter-ego lunaire, esquissant un vague geste de la main en un grotesque imitation d’attitude détendu, qui disait « bah, ce n’est rien ! », avec la main qui descend vers le sol en un geste un peu efféminé.
Le sourire haut aux pommettes, qui fait fermer les yeux, pour éviter que ces derniers ne soient trop brillant : « - Aha, navré, c’est vraiment pas ragoûtant ce que je te raconte là ! »

Un soupire.
Une posture qui balaye d’un revers les mots passés, qui les pousse, les écrase, pour les laisser enfoui. Pour arrêter de creuser. Arrêter de vouloir retirer les clous qui percent le cœur, au risque d’une inondation de sentiments.

« - Mais, ça va, j’ai des amis maintenant. » Je suis moins misérable qu’avant. « - Comme quoi, il suffisait de faire un peu plus d’efforts ! » T’as vu ? Je m’en sors, je suis pas un moins que rien. « - Et… Toi. Du coup… Tes amis… Peter, le frère étoilé… Ils savent que tu tâtonne dans le noir ? Comme, tout à l’heure… ? »

Dériver, encore.
Préférer compatir plutôt que pâtir.
Préférer souffrir de la souffrance d’autrui, que de sa propre souffrance.
Distraire la douleur par une autre.
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Kohane Werner
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Re: Avec les Sombrals

Message par : Kohane Werner, Dim 6 Aoû 2017 - 0:33



   
   

La respiration remplace, au début, les mots qu'on ne parvient pas à sortir.
Les cordes vocales ne vibrent pas ; l'on n'entend que le souffle.
Et les mots se débattent un peu sous la langue. Dans le cœur. Le parti du pour et le parti du contre.
Il se démène entre les deux. Oscille.
Il y a eu le rire étranglé.
Il y a maintenant le silence de l'hésitation.
Il ne me regarde pas. Je ne le regarde pas. Ce serait peut-être trop gênant de parler en regardant l'autre. Peur d'affronter le jugement. Peur de sentir la pression de la pupille, les éclairs ou les éclats de rire alors qu'on ne devrait pas rire.
Je peux comprendre. Qu'il préfère perdre son regard dans la lune. Pour essayer d'avoir un peu de courage.
Alors moi aussi, je vais me perdre dans son visage poupon.
Attendant. Que tombent les premiers mots.
Je pourrai attendre longtemps. Aussi longtemps qu'il le faudra.
Après tout, la nuit est lente. Lente à passer. A disparaître.
Alors, je peux attendre. Nous ne sommes pas pressés. La forêt ne nous a pas encore rejetés l'un l'autre ; je pense que nous pourrons y rester encore un moment.

Il doit avoir à dire.
Mais il ne sait pas comment. Comment.
Peut-être n'a-t-il jamais vraiment su comment.
Peut-être...
Il y a cette maladresse quand on parle trop personnel, il y a son côté gauche quand on se met à s'intéresser à lui.
Il doit avoir des choses à adresser au monde.
Mais ça coince quelque part.

You've got the words to change a nation
But you're biting your tongue
You've spent a life time stuck in silence
Afraid you'll say something wrong
If no one ever hears it how we gonna learn your song? (Read all about it)


Encore une respiration.
Un battement de cœur.
Et, enfin, il se lance.
Il y a les petites hésitations du début. Puis, peu à peu, les mots se déploient. Prennent de l'ampleur. Et se mettent à couler.
Comme les galets poussés par l'eau de la rivière, ils se bousculent un peu entre eux. Se cognent, se frôlent et, pourtant, continuent leur route. Inlassablement.
Ils suivent le mouvement du fleuve.
Rien ne pourrait les arrêter.
Ils se déversent.
Les phrases se forment.
J'ai l'impression que je ne l'ai jamais entendu parler autant
De lui.
Parce que le reste, il sait dire.
Dire tellement qu'on s'y perd.
Mais lui
C'est comme s'il savait plus dire.
Et là, il parle. Entre deux respirations difficiles, le cœur oppressé de souvenirs difficiles.

Je n'ose pas tourner la tête vers lui. Pour voir son profil dans le noir.
Je ne bouge pas.
Regardant toujours le visage au-dessus de nos têtes.
Je me perds dans son éclat laiteux alors que mes oreilles captent chacun de ses mots.
J'imagine.
Puis je n'imagine pas.
Je vois l'enfant à qui personne ne parle. Je vois l'enfant seul dans son coin. Trop différent, pas assez dans le moule de la société pour qu'on daigne s'intéresser à lui.
Je vois l'enfant.
Mais je n'arrive pas à voir Asclépius dans cet enfant.
Alors je n'imagine pas.
J'écoute seulement.



 

Venir de nulle part, débarquer dans un lieu inconnu.
Avec des gens inconnus. Des visages inconnus.
Ne pas savoir où se mettre. Avoir peur de faire un pas, seul.
Moi aussi, j'ai eu peur en arrivant à Poudlard.
Mais, contrairement à Asclépius, j'ai eu la chance de rencontrer Julie dès les premiers instants. Puis Luna. Mes premières amies aujourd'hui perdues de vue. Celles qui m'ont donné confiance en ce lieu trop grand. Celles qui ont accompagné mes premiers pas dans cet univers qui m'était étranger.
Est-ce vraiment dû à la chance ?
Je ne sais pas...
Il ne doit pas y avoir que de la chance.
Sinon, on s'en remettrait toujours à une force extérieure, indépendante de nous. Contre laquelle on ne pourrait rien faire. A laquelle on serait soumis.
Non.
Je refuse de penser ça.
On peut devenir acteurs de sa vie. Et les autres y participent tout autant.
Ce n'est pas qu'une question de chance ou de malchance. Ce serait trop facile de raisonner comme ça.

Je le sens remuer un peu à côté de moi et ses pupilles se braquer dans ma direction.
Alors je tourne aussi la tête.
Il a un léger sourire.
Un geste qui semble vouloir effacer les mots. C'est du passé. C'est pas grave.
Malgré tout, je ne parviens pas à lui rendre son sourire. Pas plus qu'à adopter l'air de ouais, t'as raison, c'est rien, faut plus y penser.
Je reste sans mouvement.
A le regarder.
Alors qu'il paraît vouloir tout balayer avant de reprendre.
Il a des amis, maintenant. Il n'est plus seul. Une histoire triste qui finit bien, alors ?
Peut-être.
Il n'empêche.
Il y a des choses qu'on n'efface pas.
Qu'on a du mal à réparer.
Ca laisse des marques. Traces de couture grossières dans cette peluche de vie.

Toujours immobile, les yeux perdus un peu au-delà de son épaule, je l'entends chercher à changer de sujet.
Avec sa question suivante.
Mais je n'arrive pas encore à y réfléchir.
Mes pensées ressassent encore ses mots.
Je les mâche lentement, les rumine un peu.
Comme il y a eu sa main sur la mienne tout à l'heure, en un réconfort muet, je finis par passer mes bras autour de ses épaules et l'étreindre doucement, légèrement.

-Un peu plus d'efforts, oui, mais de la part de qui ? La vie a été injuste avec toi.

Pause.
Réflexion.
Y'a un truc qui sonne faux dans cette phrase. Un truc qui sonne pas juste. Qui agresse un peu mes oreilles. Ca coince. C'est pas ça, qu'il faudrait dire. C'est pas comme ça. C'est...
C'est autrement.

-Non, je reprends alors, on peut pas parler comme ça. Invoquer la vie c'est retirer aux gens leurs responsabilités. En fait, c'est pas la vie qui a été injuste. Ce sont les gens. Et ça, c'est encore plus moche.

Doucement, je pose ma tête sur son épaule.
Et regarde la nuit s'agiter entre les arbres.
Le ciel obscur couvrir les cimes, demeurer à leur sommet.

-Les gosses, c'est comme les adultes. Ils n'ont juste pas les mêmes critères, les même façons de classer. Mais comme eux, quand ils voient quelque chose qui détonne dans leur monde trop terne, quelque chose de trop différent, ils rejettent.
C'est cruel, l'être humain.

La société laisse toujours sur le côté les poupées cassées ou qui fonctionnent différemment.
Elle les abandonne dans un coin.
Oubliées de tous.
Elle croit qu'ainsi, elle réglera tous ses soucis.
En vérité, elle ne règle rien du tout.
Elle ne fait qu'accumuler les problèmes. Et briser davantage des poupées qui ne demandent rien d'autre qu'un peu d'attention, qu'un peu d'amour.
Ces poupées-là, je les aime. Peut-être parce que je hais cette société trop terne, trop plate, trop étriquée, trop refermée sur elle-même. Alors, parce que je la hais, j'aime regarder ceux qui sont un peu en dehors. Un pied à l'intérieur, un pied à l'extérieur. Parfois volontairement. Parfois non. J'aime les regarder et je pourrais, s'ils le voulaient, leur tendre la main.
Moi-même, parfois, je suis un peu perdue.
Je me cherche.
Je cherche les autres.
Malgré cela, parfois, j'aimerais m'improviser guide ou phare pour eux. Juste le temps d'un battement de cils. Ephémère lueur qui, bientôt disparaîtra.
C'est rapide. Fugace.
Mais je ne veux pas m'attacher complètement aux autres comme je ne veux pas qu'ils s'agrippent à tout prix à moi.



 

Le silence est total, désormais.
S'il n'y avait pas nos silhouettes se découpant dans la nuit, on pourrait croire à l'absence totale de présence humaine.
Pourtant nous sommes bien là.
Sous la lune.
Nous sommes là et
A nouveau, le bruissement pas naturel des feuilles. Plus distinct que précédemment.
Je relève la tête, relâche mon étreinte, tous les sens aux aguets.
Le bruissement recommence.
On dirait que ça marche. Sur les feuilles.
Ce n'est pas tout près. Mais assez pour qu'on puisse le percevoir.
Je ne pense pas que ce soit humain. Parce que si humain il y avait, il aurait déjà fondu sur nous pour nous mettre en retenue.
Ou alors un autre élève en pleine escapade nocturne ?
Je me laisse glisser jusqu'au sol :

-J'vais voir ce que c'est.

Le cœur battant, je m'éloigne un peu.
N'ose pas allumer ma baguette, de peur de révéler ma présence ou ma position.
Je ne suis pas nyctalope mais je vais tout de même essayer de me repérer dans le nuit. Après tout, il y a la lune, comme grosse lanterne que je ne perdrai jamais.
Je ne vais pas très loin, à dire vrai.
J'ai beau être une Gryffonne un peu tête brûlée, il y a des limites.
Cette forêt regorge de trucs dont on n'a même pas idée.
Alors je peux m'attendre à tomber sur tout et n'importe quoi. J'ai pas très envie de me perdre là-dedans et devoir attendre une semaine avant qu'on retrouve mon cadavre en décomposition sous un tas de feuilles.
Bref, je m'éloigne quand même un peu, hein.
Je plisse les yeux.
Cherche à percevoir quelque chose de mouvant.
Mais, mise à part les branches agitées par une légère brise, je ne distingue rien.
Je reste encore quelques instants sans bouger, à regarder autour de moi. Les arbres, leurs feuilles, les buissons. Rien d'anormal. Apparemment.
Encore un peu. Souffle mis en sourdine.
J'écoute.
Rien.
Alors je finis par revenir, haussement d'épaules :

-On dirait que c'est encore une fausse alerte.


 

Sur le chemin du retour, tout en surveillant droite, gauche, droite que rien ne surgisse, j'ai quand même eu un peu le temps de réfléchir à sa question.
Alors je remonte sur l'arbre à moitié couché, retrouve une bonne position pour être à l'aise.
Oui.
Là.
C'est bon.

-Sinon, concernant ta question... en fait... je crois pas. On parle pas vraiment de ça. Déjà avec mon frère étoilé, on parle pas beaucoup.

On se regarde.
On se sourit.
Et ça suffit.
Ca nous suffit.
Pour voler. Pour rêver.

-Peter... c'est autre chose. Je crois qu'il me prenait pour une folle, la première fois qu'on s'est rencontrés.

Petit rire amusé à ce souvenir.
Le souvenir d'une nuit où je me suis perdue.
Où il était là. Le Peter. Avec un autre. Hanko.
Tout ça pour finir à boire des verres aux 3B.

-Enfin, il ne l'a jamais dit explicitement. Mais son regard parlait pour lui. J'suis pas folle, hein. Enfin... pas trop... je crois. Bref. Je me rends compte que finalement, Peter et moi, on connaît pas énormément de choses l'un sur l'autre. Je sais même pas de quoi on peut parler quand on se voit. Y'a beaucoup de choses que je ne dis pas aux gens. Je préfère les garder pour moi. Peut-être pour pas leur faire peur. Ou les inquiéter.
Y'a beaucoup de trucs que quasiment personne ne sait. Même ma famille. Surtout ma famille, d'ailleurs. J'ai pas envie de leur raconter tout ça. Les connaissant, ma mère va risquer l'arrêt cardiaque et faire en sorte que je sois virée de Poudlard pour revenir le plus vite possible à la maison.


Encore un rire étouffé.
Ma mère s'inquiète toujours pour rien.
Alors si je lui donnais de réelles raisons de s'inquiéter... Je ne sais pas ce qui m'arriverait.

-Il y a Rachel, par contre. Qui en sait plus que les autres. Parce que... parce qu'elle aussi, elle n'allait pas bien. Et que je l'ai soutenue comme elle m'a soutenue. Parce que j'aimais sa présence. Ca me rassurait. Elle ne connaît pas tous les détails. Il y a des épisodes qu'elle ne sait pas. Qu'elle ne saura peut-être jamais. Mais elle est une des seules à avoir été témoin de certaines de mes errances. A avoir su tant de choses là-dessus.

Inspiration.
L'air frais.
Qui entre.
Par où continuer ?
Jusqu'où aller ?
Asclépius a raconté une partie de son histoire.
Je peux bien en faire de même.
Après tout, c'est moi. Qui ai dit donnant-donnant.
Je peux peut-être continuer sur Rachel. Nos débuts. Ensemble.

-Rachel était présente elle aussi aux Trois Balais quand le masque rouge a débarqué en coup de vent.

Frissons tout le long de l'échine.
Souvenirs des flammes, de la peur, l'angoisse de ne jamais en ressortir.
Sensation encore très présente de la chope de bièraubeurre que je serrais contre moi, comme dernier doudou face aux Monstres.

-Evidemment, un tel événement, ça rapproche. Savoir qu'on avait vécu la même chose a fait qu'on s'est très fortement liées. Elle est devenue... ma meilleure amie. Ma sœur d'arme et de cœur. Toujours là pour moi comme j'étais toujours là pour elle. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle m'a envoyé un jour une fiole de philtre de paix. Parce qu'elle savait mes angoisses nocturnes, mes incapacités à dormir.

Une grimace qui déforme le visage.
Rappel de la lettre acerbe de la part de ce cher Underlinden à côté de moi.
Sans doute qu'il s'en souvient aussi. Ou... peut-être pas...
Je n'en parle pas, en tout cas.

-Jusque là, pendant longtemps, elle a su mes tâtonnements. On cherchait, à deux, notre voie. C'était rassurant. D'être avec elle. Mais maintenant... j'sais pas trop. Où on en est. L'impression qu'on s'éloigne chaque jour un peu plus. Et je n'arrive même pas à savoir pourquoi.

Soupir dans la nuit.
Je suis perdue, dans cette histoire.
Je ne parviens pas à savoir d'où, précisément, vient le sentiment qu'on se sépare inexorablement. Je ne suis même pas sûre que ce soit le mort qu'elle a laissé derrière nous pour nous sauver.
Cet homme qu'elle a tué.
Alors que c'était à moi de le faire.
C'était à moi que l'Ombre avait ordonné vous ou lui.
Et c'est elle qui a brisé son âme sur le roc de la Mort.
Mais, en vérité, je ne suis même pas sûre que ce soit ça, qui nous sépare. Non. Au contraire. On devrait... on aurait dû se serrer les coudes après.
C'est autre chose.
Les expériences différentes qui nous ont forgées l'une l'autre. Nos façons si peu similaires d'agir et de considérer le monde.
En fait, c'est plutôt

-Je crois qu'on n'a plus les mêmes rêves. Ca doit être aussi simple que ça. On ne poursuit plus les mêmes papillons. Alors, elle part d'un côté, moi de l'autre. Elle ne saura plus grand-chose de mes errances.



 

Je m'arrête là.
Un haussement d'épaules.
Air fataliste : c'est la vie, que veux-tu !
On se rencontre, on se lie, on s'adore, on se sépare.
C'est la vie.
Même si c'est dur à accepter.
Je ne l'ai pas encore accepté, d'ailleurs
.

Je tends l'oreille.
A l'écoute d'éventuels nouveaux bruits.
Mais je crois que la forêt s'est calmée. Presque tue.
Je n'entends plus que nos souffles. Mon cœur. Mes pensées qui tourbillonnent.
A la recherche du prochain point à aborder.
Voyons-voir. Nous avons parlé de ses amis. On pourrait parler de sa famille qui ne m'a pas l'air d'être la plus sympathique des familles si j'en crois les impressions qui me sont restées de ma première rencontre avec le jeune Underlinden. Cette constatation, cette conclusion si simple qui m'est venue : il n'a pas l'air heureux de son passé.
Ouais. On pourrait commencer à mettre un pied sur ce terrain trop glissant. Je sens qu'on va s'y casser les dents mais bon.
Ou alors...
Oh, voilà un autre sujet tout aussi intéressant. Et sur lequel je ne connais rien pour le coup. Absolument rien. Jamais un mot, jamais une réflexion, une allusion... vide total.
Je balance mes jambes, posée sur l'instant d'hésitation.
Voir les deux chemin s'offrir à moi. Une question pour chacun. La question prononcée arrêtera le choix sur l'une ou l'autre voie à emprunter. Mais, vers où aller ?

Two roads diverged in a wood, and I—
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference. (The road not taken – R.Frost)


Parfait. Prenons donc le chemin le moins emprunté.
La voie la moins questionnée.
Le sujet le moins abordé.

-Hum... tu t'es fait des amis, donc, je commence en cherchant mes mots. Ca, c'est cool. Mais... euh... et après ça. Tu as aussi...

Trouvé l'âme soeur de ta vie ?
Même si j'ai tellement du mal à t'imaginer avec cette âme soeur.
Et aussi imaginer cette âme soeur, tout simplement.
Mais j'me trompe peut-être. Sans doute. Enfin... tu me diras...


-Tu t'es aussi attaché à quelqu'un en particulier ?

Roh, pourquoi je cherche mes mots, moi ?
Pourquoi je sais pas comment poser cette question ?
Sans doute parce que je trouve ça tellement irréaliste de la lui poser...
Mais j'aime bien entendre les gens. Parler d'eux. Et de leurs petites histoires. Ca crée un monde.

-Ouais, bref, t'as trouvé quelqu'un qui fasse battre ton p'tit coeur ? Ou même qui l'a brisé, qui sait. C'est intéressant, ça aussi.

Non, je ne ris pas du malheur des autres.
Je les réconforte, la plupart du temps.
Non, je demande pas ça pour me moquer.
J'veux simplement écouter.
Non, je pose pas la question parce que je serais intéressée par une éventuelle place libre.
Je suis juste intéressée par la question en elle-même.
Les p'tits ragots, les p'tits potins...
Quand on sait plus quoi faire, on écoute ça ! Et on se documente pour en savoir davantage.

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