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Loin de l'Angleterre...
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Rose Layroy
Serpentard
Serpentard

Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Rose Layroy, Mer 7 Sep 2016 - 18:01


Flash-back de son douzième anniversaire, post unique


Rose était heureuse. Comme son père et sa mère avant elle, elle avait eu le droit à son premier animal de compagnie. Celui-ci ne fut d'ailleurs pas des moindres puisqu'il s'agissait ni plus ni moins que du symbole de sa maison : un serpent. Cela avait été son cadeau d'anniversaire. Elle avait put choisir l'animal qui lui plaisait et elle était tombée amoureuse de ce petit invertébré recouvert d'écailles rouges et noires qui dormait paisiblement dans son vivarium. Qu'elle ne fut pas la surprise de ses grand-parents lorsqu'elle leur montra celui qui avait conquis son coeur. Sa grand-mère avait pâli de plusieurs tons de ce fait et, passé son instant d’étonnement, son grand-père avait explosé de rire. Ah ça oui, leur petite-fille était comme son père, totalement imprévisible. Cela lui rappelait d'ailleurs la fois où il avait ramené à la maison un hippogriffe alors qu'ils habitaient en appartement... hum... oui, enfin bref, ce n'était pas là le sujet du débat. Madame Layroy avait essayé tant bien que mal de la convaincre qu'un animal de ce genre n'était pas fait pour une petite fille de son âge. Que lorsqu'elle lui avait autorisé de choisir ce qu'elle voulait, elle avait plutôt pensé à un hibou, une chouette, un chat ou à un crapaud à la limite, si elle aimait les choses visqueuses. Mais pas un animal qui se faufile, gluant (en apparence) et effrayant qui était surtout totalement indomptable ! Heureusement que son grand-père était de son côté parce que sinon elle aurait été obligé de rendre son serpent au magasin et de prendre une tortue ou un lapin à la place. Un débat avait donc eu lieu sur le Chemin de Traverse, faisant tourner les têtes de plus d'un passant. Finalement, suite à de nombreuses promesses telle que : s'occuper à n'importe quel instant de ce fichu serpent parce qu'il était hors de question que les mains de Serdaigle de sa grand-mère approche ce corps froid de ce vil serpent, la petite Serpy' avait été autorisé à garder son tout nouvel animal. Ils étaient alors rentrés chez eux avec une fillette sautant de joie, ce qui, on doit bien l'admettre, n'était pas pratique lorsque l'on essayait de transplaner avec.

Une joie irrépressible c'était emparée de la jeune fille. Elle avait hâte de pouvoir s'occuper de ce petit être et surtout qu'elle se réveille, car oui, son serpent était une femelle. Elle l'emmena alors jusqu'à sa chambre, qui se situait à l'étage de la maison, et lui prépara consciencieusement un espace juste à côté de la grande fenêtre pour pouvoir poser le vivarium au plus proche de la chaleur du soleil. Elle dut passer outre les remarques ronchonnes de sa grand-mère qui la regardait faire dans l'encadrement de sa porte. Encore une fois, monsieur Layroy fut de son côté et il lui fit remarquer que s'ils avaient su qu'en lui offrant un serpent Rose se serait mise à, enfin, ranger sa chambre et bien il lui en aurait offert un dés sa naissance. Comme elle aimait son grand-père. Ce grand Pouffy' était toujours prêt à la soutenir, même dans les situations où elle faisait les pires bêtises. OK, c'était suffisamment rare pour qu'il puisse ne pas trop se mouiller pour la défendre, mais c'était déjà un excellent soutien ! Elle ne détestait pas pour autant sa grand-mère qui permettait un peu de discipline dans cette famille de fou. Tous deux la laissèrent finir seule et descendirent au rez-de-chaussée. Il ne restait plus qu'elle et son serpent. Elle se plaça devant le vivarium et regarda sa nouvelle acquisition toujours paisiblement endormie. Elle observait ses petites écailles fines qui ondulaient légèrement sous la pression de sa respiration lente. Rose était comme hypnotisée et resta ainsi, immobile, à la contempler. Soudain, un soubresaut prit possession de ce corps frêle. L'animal se réveillait avec douceur.

-Salut toi, murmura alors la jeune fille. Alors, comment vais-je t'appeler ?
-Je te préviens, je sssuis contre tout ccce qui ssse rapproche des noms ssstupides tel que Bibiche.

Les yeux de la petite s’écarquillèrent, au point de presque sortir de leurs orbites. Une vague de panique la prise. L'effroi. Elle se sentit pâlir, comme sa grand-mère quelques heures plus tôt. Son corps tout entier était totalement pétrifiée, en proie à une incompréhension grandissante. Les informations n'arrivaient plus à atteindre son cerveau.

-Bah quoi ?
-Aaaaaahhhh!!!

La petite Serpentarde hurla de peur et prit ses jambes à son cou pour sortir de sa chambre. Dans sa précipitation elle glissa sur le plancher en bois quand elle tenta son demi-tour vers la porte qui se trouvait derrière elle, se rattrapa à la dernière seconde à son bureau et s'enfuit en claquant la porte de sa chambre. Toute grâce, à cet instant, avait quitté le corps de la jeune fille. Elle se mit dos à sa porte en bois et la bloqua comme si sa vie en dépendait. Elle tremblait de tout son corps. Que c'était-il passé ? Elle avait pris un coup de chaud ou quoi ? Elle entendait des voix c'est ça. Des voix...

-Rose, qu'est-ce qu'il se passe là-haut?cria sa grand-mère.
-Tu t'es faite mordre ?
-Ne dit pas d'idiotie Steve.

La petite ne savait quoi répondre. Qu'est-ce qu'il se passait ? Mais elle n'en savait rien du tout ! C'était justement ça le problème ! La journée avait été longue et forte en émotions, peut-être que c'était ça. Elle avait pris un coup de chaleur, elle avait été plongée dans ses pensées, fatiguée et elle avait cru qu'on lui adressait la parole. Que son serpent lui adressait la parole...

-Rose ?!commença à s'inquiéter sa grand-mère qui n'entendait toujours pas de réponse.
-Euh... non rien. J'ai juste... vu une araignée, mais je l'ai tué maintenant, balbutia avec peine la vert et argent.
-Peur d'une araignée mais elle achète un serpent... lui bougonna la vieille dame en guise de réponse.

La brunette reprit petit à petit ses esprits. Elle respirait avec difficulté mais elle se devait d'être rationnelle. Un animal ne pouvait pas parler. Même en vivant dans un monde où la magie est monnaie courante ceci est absolument impossible ! Elle en était certaine. La peur qui c'était emparée d'elle se calma et elle se rassura en essayant d'être le plus rationnel possible. Par pure précaution la petite récupéra tout de même un parapluie qui traînait dans le couloir. Oui, même si c'est l'été, en Angleterre, il vaut mieux prévoir un parapluie à chaque instant. Elle le tenait comme si c'était une épée à la lame tranchante et aiguisée et qui pouvait lui sauver la vie en cas d'attaque imminente. En effet, elle n'était pas encore totalement rassurée. Elle expira profondément, une main sur la poignée, prête à entrer de nouveau dans sa chambre. *Tout va bien se passer, tout va bien se passer, se répétait-elle mentalement pour se forcer à entrer et tenter de se rassurer.* Elle entrouvrit doucement sa porte et passa sa tête. Tout semblait normal. Son lit était à sa droite, son bureau à sa gauche et le serpent toujours enfermé dans son vivarium à l'autre bout de la chambre, en face d'elle. Elle ressortit sa tête et ouvrit la porte du bout du pied pour ensuite jaillir à l'intérieur de la pièce, le parapluie tendu comme si sa vie en dépendait. Elle avait fermé ses deux yeux de peur. La petite resta dans cette position, totalement immobile, quelques instants. Elle se visualisa mentalement dans cette position totalement ridicule et un petit sourire pointa le bout de son nez. Elle était légèrement plus détendue. Sentant que rien ne se passait de dangereux autour d'elle elle ouvrit l'un de ses yeux marins. Le serpent ne bougeait absolument pas et semblait même la regarder en se demandant ce qu'elle était en train de faire. Elle avança avec prudence, sans baisser son arme pour autant. Se trouvant enfin à une distance qui ne permettait pas de garder son parapluie tendu elle l'abaissa craintivement et avança dangereusement sa tête de la paroi de verre. Les yeux du serpent et de la fillette se croisèrent. Elle l'observa, attendit, ne dit pas un mot. Rien ne se produisait au grand soulagement de la Serpentarde. Elle n'était pas folle, elle avait juste été perdu dans ses pensées et avait imaginé que son serpent lui parlait. Oui, c'était ça. Sa trop grande imagination lui avait encore joué un tour. Elle faillit soupirer de soulagement quand elle entendit de nouveau la voix, joyeuse :

-Sssalut !

La petite hurla de nouveau de peur et en lâcha son arme, prise par la surprise. Par réflexe, elle essaya de nouveau de s'enfuir en faisant demi-tour. Le problème était que le vieux planché était extrêmement glissant et cette fois-ci elle trébucha en essayant de se relever. Résultat, elle se retrouva sur le sol, les quatre fers en l'air. Aujourd'hui elle allait en faire des combos de positions totalement ridicules. Elle se ressaisit et recula les fesses toujours sur le sol, passant outre la légère douleur qui la prenait. Pourtant, la fillette en était sûre, le son qu'elle avait entendu provenait du vivarium et la langue de son serpent des blés était sortit en prononçant ce mot qui l'avait déstabilisé. Pourtant Rose ne pouvait pas admettre ce qu'il s'était passé. C'était tout simplement impossible. La peur et l'incompréhension. Elle ne savait plus quoi penser. Est-ce qu'on était en train de lui jouer un mauvais tour ? Ou alors elle devenait aussi folle que sa mère. Oui, c'est ça. Elle était cinglée et irait la rejoindre à St Mangouste. Une seule phrase réussit pourtant à passer le seuil de ses lèvres.

-Tu... tu... tu... tu parles?!bégaya la jeune fille.
-La quessstion n'est pas sssi je sssuis douée de parole ou non mais sssi tu sssaisis mon langage.
-Tu... tu... tu... tu parles ?!
-Euh... tu l'as déjà dit ççça.
-Tu... tu... tu... tu parles ?!
-Bon, bah tu me sssiffleras quand tu ssseras prête.

La petite se répétait la même chose en boucle car elle ne pouvait pas aller plus loin. Toutes ses pensées étaient confuses. Était-ce seulement normal ? Son serpent se coucha de nouveau et sembla se rendormir. Il fallait qu'elle respire et qu'elle mette en ordre son esprit. Tout d'abord, il fallait se rendre à l'évidence. Son serpent lui parlait. Une autre chose était sûre, ce n'était absolument pas banale. Bon, que faire ? Tout d'abord se calmer. Reprendre ses esprits. La fillette plaça une main sur son ventre et se força à respirer aussi fort que possible.

-Bon Rose. Tu n'es pas folle. Après tout, c'est totalement normal d'entendre son animal de compagnie parler. Qui n'entend pas des voix de nos jours ?
-Sssi ççça ne te dérange pas, ssse sserait sssympa de faire sssilenccce, persifla de nouveau le serpent.

Le cœur de la jeune fille battait la chamade. Elle essayait par tous les moyens de se calmer. Ce qu'elle devait faire était de penser que c'était tout à fait normal. Si elle se disait que ce qu'il se déroulait sous ses yeux était habituel et bien cela lui ferait beaucoup moins peur. La banalité ne fait pas peur. Elle se releva avec grand peine et avança en titubant et demanda :

-Ça... ça t'arrive souvent de discuter comme ça ?
-Ççça t’arrive sssouvent de poser des quessstion ssstupide ?

La Serpy' régurgita avec douleur et s'avança doucement.

-Je, je veux dire avec des personnes... humaines.

L'animal se releva doucement et observa la petite, l'air lasse. Elle sifflota et répondit :

-Ççça dépend. Cccc'est rare.

La respiration de la jeune fille se faisait de plus en plus régulière. Elle était désormais accroupie en face du vivarium. Une sorte de léger rire nerveux s'empara alors d'elle.

-Donc tu ne parles pas au gens. Je suis folle. C'est ça. Je suis folle !
-Tsss... Ccc'est pas ccce que j'ai dit. Ççça arrive... parfois...

Rose se releva et se mit la main dans les cheveux. Elle était dans un état compris entre l'incompréhension et l'hilarité. Finalement c'était assez drôle. Étrange et flippant mais drôle. Au lieu d'un lapinou rose mangeur de carottes elle avait dégoté une couleuvre bavarde. Mais c'était juste génial ça !

-Wow ! Et bien si je m'attendais à ça ! Il faut que je montre ça aux autres ! Ils vont hallucinés !

La jeune fille, désormais excitée, se dirigea à grands pas vers le vivarium, les yeux brillants, l'ouvrit et prit délicatement le petit serpent.

-Qu'est-ccce qu'il ssse passse ?
-Ne bouge pas ma jolie. Ça va aller, murmura avec douceur la brunette en la prenant entre ses doigts fins.
-Qu'est-ccce que... doucccement ! Tes doigts sssont froid !
-Désolée, mais t'es pas plus chaude que moi.

Le serpent s'enroula avec lenteur autour du bras droit de la jeune fille et son épaule puis elles descendirent toutes deux les escaliers.

-Mamie ! Papy!hurla la petite en se rendant dans le jardin où le couple se trouvait.
-Mais cccesssse de t'exsssclaffer !se plaignit l'animal.

Une sorte de lueur de folie brillait dans les yeux de la fillette. Une folie de chapelier fou. Un sourire étrange déformait son visage. C'était comme dans un rêve. Un rêve où ne sait plus ce que l'on fait, où on n'est plus acteur, où on ne peut plus faire la différence entre le vrai et le faux. La sinople arriva devant ses grand-parents en tendant son serpent, toute fière.

-Regardez, regardez ! Elle parle, elle parle !rit la jeune fille.
-Voilà qu'elle se prend pour une Fourchelang !soupira sa grand-mère en guise de réponse. Je te l'avais dis Steve que ce n'était pas une bonne idée que d'acheter cette vile créature !
-Cccc'est qui qu'elle traite de vile créature ! Tsss!siffla la couleuvre.

Le sourire de la petite disparu instantanément. Si ils avaient entendu ce que son serpent venait de dire leurs réactions auraient été tout autre. Elle était donc seule à comprendre, seule à entendre. Le sérieux reprit place. Elle n'avait plus peur. La peur ne la ferait pas comprendre, ne la ferait pas avancer. Quelque chose clochait. On ne lui jouait pas un tour. Ce serait absurde de lui en jouer un pareil. Que ce passait-il donc ?

-Fourche-quoi?demanda la vert et argent intriguée.
-Fourchelang, répondit gentiment le vieil homme. Ceux qui peuvent parler le langage des serpents. Tu te sens bien chérie ?
-Oui, oui, ça va, répondit-elle les sourcils froncés, soucieuse.
-Tu as de la chanccce que je sssois sssi loin parccce que sssinon tu aurais sssentit ma morsssure, persifla la petite couleuvre qui en voulait toujours à la vieille aiglonne qui sirotait un verre sur une chaise longue.

La petite fit semblant de ne rien entendre de la colère de son serpent pour ne pas plus attirer l'attention sur elle. Il ne fallait pas faire paniquer ses grand-parents sans savoir ce qu'il se passait avant. La fillette remonta dans sa chambre l'air sévère. Son cerveau marchait à deux cents à l'heure. Fourchelang... il fallait qu'elle trouve des informations là-dessus car le problème était là. Elle ne pouvait demander conseil à ses grand-parents avant de savoir avec exactitude ce qui était en train de lui arriver. Avant de franchir le seuil de sa porte elle bifurqua et se rendit dans la bibliothèque familiale. La pièce était extrêmement bien illuminée grâce à une grande baie vitrée qui donnait sur le jardin. Deux armoires recouvraient deux des pans de la pièce. Il y avait là toute une panoplie de livres divers et variés. Elle trouverait forcément la réponse à certaines de ses questions dans un des livres. Elle posa sa petite protégée sur la grande table en chêne qui se trouvait au centre de la salle. Celle-ci, d'ailleurs, sifflait toujours contre sa grand-mère. C'est vrai quoi, elle n'était pas une vile créature ! C'était quoi ce stupide stéréotype contre ceux de son espèce ?! Elle était vraiment susceptible celle-là. Heureusement, celle-ci était aussi particulièrement flemmarde car elle s'arrêta bien rapidement pour se rendormir. A partir de cet instant, Rose put réfléchir en paix. Elle passa le reste de sa soirée à chercher une quelconque information sur le Fourchelang. Enfin elle le trouva. Le saint Graal ! Ce livre avait un chapitre qui traitait le sujet. Elle le dévora des yeux. Une fois sa lecture finit elle ne fut pas tellement plus rassurée. Cet article avait traité de l'illustre fondateur de sa maison, Salazar Serpentard. Il avait été l'un des Fourchelangs les plus connus. Le suivant était l'un de ses héritiers, le tristement célèbre seigneur des ténèbres... lord Voldemort. La petite se sentit instantanément pâlir en lisant ses lignes. Ce n'était absolument pas bon pour son matricule cette information. Cela liait un peu trop sa nouvelle capacité à la magie noire... Elle s'affala sur sa chaise, les yeux dans le vide, totalement abandonnée par ses forces. Le soleil avait cédé sa place à l'obscurité. Ses grand-parents l'avaient appelés pour manger mais elle n'était pas venue, prétextant ne pas avoir faim. Si elle comprenait bien, ce don pouvait se transmettre de génération en génération. Pourtant ses grand-parents ne semblaient pas doté de ce pouvoir et elle ne se souvenait pas que ses parents l'aient contracté aussi. Enfin... sa mère elle en était sûre mais son père... Il était mort alors qu'elle était tellement jeune. Peut-être qu'il avait caché ce talent. Cependant il avait été un grand Gryffondor et d'après ce livre c'était Salazar et donc un Serpentard qui possédait ce don. A moins qu'il soit né dans une famille de Serpentard et là c'était totalement différent. Après tout, elle n'avait jamais connu ses grand-parents paternels. C'était tout à fait probable. Il y avait aussi la possibilité de recevoir ce don venu de nul part. Comme les née-moldus qui se trouvaient doué de la magie sorcier sans que l'on sache pourquoi. C'était tout aussi logique. Elle ne savait pas comment prendre ce pouvoir. Était-ce une bonne ou une mauvaise chose de savoir parler à des serpents ? Au fond c'était un pouvoir comme un autre. Ce n'était pas parce que jusqu'à lors les sorciers recensés étaient des mages noires que tous ceux qui possèdent ce pouvoir sont mauvais. Certains changeaient de couleurs de cheveux en fonction de leurs humeurs, d'autres pouvaient se transformer en pigeon si ils le souhaitaient et elle pouvait comprendre et se faire comprendre par les serpents. Pourtant la fillette se souvint de la réaction de sa grand-mère face à sa couleuvre. ''Vile créature'' avait-elle dit. Les serpents avaient un côté diabolique dans l'inconscient collectif, si on laissait le côté les mages noirs vraiment diaboliques qui avaient tués des tas de gens. Ouais, bon elle était pas vraiment aidée là... Sans compter que celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcé-le-nom avait pu parler aux serpents. Et en ce qui concerne mage noir il est au top du top celui-là...Un très mauvais exemple malheureusement. Non, si elle le criait sur tous les toits elle se verrait haïr de tous, exclure par le peu de personnes qu'elle appréciait et il était certain que plus d'un ennemi apparaîtrait. Elle attirerait même les mauvaises influences. Ce n'était pas ce qu'elle souhaitait. Les sang-purs imbus de leur personne n'étaient vraiment pas dans sa liste de personnes à côtoyer absolument, ni même ceux qui suivait les traces du Seigneur des ténèbres. Elle exagérait peut-être sa situation et s'imaginait des histoires sombres et incongrues mais malheureusement elle était de nature à prévoir toutes éventualités, bonnes comme mauvaises. Malheureusement, elle avait du mal à voir beaucoup de points positifs à partager ce talent avec ses proches.

Son regard se déplaça vers son serpent qui dormait toujours aussi paisiblement. Un fin sourire leva finalement le coin de ses lèvres. Cette petite créature n'était pas foncièrement vile. Extrêmement flemmarde d'accord, susceptible sûrement, bavarde certainement mais pas mauvaise. Elle leva la main et commença à caresser les douces écailles de sa belle. Elle devra caché ce nouveau talent et faire attention quand elle l'utilisera. Petit à petit elle se rendait compte que cela ne la dérangeait absolument pas de pouvoir parler aux serpents en fin de compte. Elle ne voyait pas le côté diabolique que cela engendrait et puis elle-même n'était pas foncièrement mauvaise. Un peu comme son serpent quoi. Elle voyait plutôt le bon côté de la chose. Ce n'était pas seulement un animal qu'elle aurait mais peut-être une amie. D'ailleurs il lui faudrait un nom à cette amie.

-Hey, réveille toi ma belle, murmura la petite.

La couleuvre frémit et se réveilla lentement :

-Qu'est-ccce que tu veux ?
-Il te faut un nom, non ?
-Sssi ççça te fait plaisir... soupira la flemmarde.
-Hum... Flemmarde ça te va ?
-Ssssincccérement?persifla la créature.
-Rhô... Si on ne peut même plus plaisanter ! Je sais pas moi... Tes copains serpents t'appelaient comment ?
-Sssaya, murmura la couleuvre.
-Saya... Et bien parfait. Bienvenue chez les Layroy Saya !
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Elenna Benson
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Elenna Benson, Lun 10 Oct 2016 - 23:26




P
erdue, totalement perdue dans un monde inconnu. Mais quel était cet endroit ? Comment avait-elle pu passer de son lit à ce bar (?) où la mode pyjama party semblait être de nouveau à la mode. Sérieusement ? Ça existait encore ça ? Bien qu’Elenna n’ait pas eu l’occasion d’en faire lorsqu’elle était enfance étant donné que ses seules soirées se résumaient à l’orphelinat et au lit au matelas trop dur, elle savait bien que ça n’avait plus lieu d’être une fois la dizaine d’années passées. Oh oui, la belle avait rêvé de peluches, de chemise de nuit rose bonbon et de bataille de polochons. Mais finalement, ce n’était pas aussi glamour que cela. Elle était maintenant à moitié nue au milieu de personnes aux visages étrangers qui la regardaient de haut en bas, profitant de la vue sur son postérieur rond comme un ballon et son petit ventre marqué d’une cicatrice meurtrière sur son flanc gauche.

La patience a beaucoup plus de pouvoir que la force. Mais la Phénix était tout sauf patiente, du moins pas lorsqu’elle ne comprenait pas la situation et c’était exactement le cas là tout de suite maintenant. Son sang bouillonnait au plus profond de son être, elle sentait son poul battre dans sa tempe et son coeur bondir dans sa poitrine. Une envie de meurtre commençait à naître dans son esprit alors que ses phalanges blanchissaient sous la pression de ses poings fermés. La musique était trop forte, les gens gueulaient comme des hystériques et le sol vibrait sous les assauts des basses trop prononcées. Remuant son nez, la belle décida enfin de lâcher le comptoir qui était presque marqué par ses petits doigts énervés pour pivoter vers la foule en délire derrière elle. Certains ressemblaient à des fous à lier, d’autres étaient juste perdus comme elle l’était.

Il y en avait une, tout près qui donnait l’impression de ne pas être si inconnue au bataillon. Elle était simplement vêtue d’une culotte noire et d’un… torchon ? en guise de soutien-gorge. Non peut-être qu’Elenna l’avait rêvé. Cette tenue étrange la perturbait au plus au point et n’arrivait plus à savoir si elle connaissait un nom à mettre sur ce visage. Elle était jolie, elle était brune et paraissait aussi perturbée et en colère que la fille aux cheveux de neige. Une menace fusa mais sans grand succès comme si les gens d’ici ne parlaient pas leur langue, comme s’ils ne comprenaient rien à ce que ces deux nanas demandaient. Finalement, le seul choix qui s’offrait à la Phénix était celui proposé par la barwoman-barbie-refaite. Attendre, il fallait attendre pour comprendre. La demoiselle appuya alors son dos sur le comptoir en bois, croisant ses mains sur sa poitrine pour chercher une sortie de secours du regard.

" Bonsoir à tous. Quel plaisir de vous trouver si nombreux ce soir ! Vous saurez tout en temps et heure, ne pressez pas la chute. Commencez par vous mettre par deux. De manière nette. Tout duo doit brandir deux mains unies, afin de confirmer sa formation. "

Un rire nerveux s’échappa des lèvres de l’Auror. C’était une blague ? Une version remastérisée d’Alice aux Pays des Merveilles ? Devait-elle réellement jouer à un jeu dont elle ne savait rien et encore moins où cela la mènerait ? Donne-moi ta main, et prends la mienne… Tels des gamins dans leur cour de récréation, les plus fous se mirent à courir vers leur âme soeur, leur prenant la main pour se ranger dans un rang parfait. Ce foutu cauchemar ne serait-il donc jamais ? Elenna décroisa les bras en sentant quelqu’un à sa gauche la regarder d’un air insistant et lança un « Lizzie » mélangé aux autres bruits de la foule. La détaillant rapidement de haut en bas, elle tira sur son t-shirt et sa cicatrice exposée avant de prendre la main tendue. Elles se connaissaient peut-être, ou peut-être pas, mais elles voulaient toutes les deux sortir de là alors autant faire équipe, elles seraient plus fortes à deux. Ses doigts de poupée vinrent alors encercler ceux de la brunette et lui fit enfin un léger sourire. « Elenna ». Elles n’étaient pas réellement là pour sympathiser mais la nature sociable de la louve lui criait d’être sympathique avec son duo. Entraînant la main de sa nouvelle alliée, elle leva bien haut leur alliance face à tous ces dégénérés.

Rapidement, les groupes furent faits et dans une coïncidence certainement pas si coïncidence, personne ne fut seul et bientôt, une trentaine de duo fut compté. Sans s’en rendre compte, l’ancienne Poufsouffle serra un peu plus la main qui s’était glissée dans la sienne, observant les gens autour d’eux, stressée à l’idée de ce qui allait arriver. C’était une supercherie plus grosse que la blague la plus drôle du monde, c’était tout simplement impossible. Le brouhaha de la foule ne s’étaient pas calmés jusqu’à ce qu’un bruit retentisse. La voix off tapa dans ses mains, stoppant direct les hystériques afin de reprendre son discours.

" Vous avez choisi votre partenaire, il sera le seul et l’unique de la soirée, vous formez maintenant un duo incassable, souvenez-vous en. Si l’un d’entre vous échoue, l’autre aussi… Une lumière s’alluma d’un coup dans le fond de la salle du bar, éclairant une scène où était exposé le trophé. C’était une grosse clé en or, ornée de différents joyaux. Voici votre porte vers la sortie. "

Des hurlements fusèrent de partout, des applaudissement éclatèrent et une grimace se forma sur le doux visage d’Elenna. Ils étaient tous malades, ils étaient heureux à l’idée qu’un seul duo puisse gagner ? C’était quoi la punition si on ne remportait pas la victoire ? On restait enfermé à vie avec tous ces psychopathes ?

" Nous allons commencer cette douce soirée par un jeu très simple, mêlant endurance et alcool. Certains ne pouvant boire par soucis de santé, leur partenaire devra boire pour deux. Ce soir, nous jouerons au Concours de Roi, célèbre jeu moldu. Nous prendrons bien entendu de la Bièraubeurre pour alcool. Que chacun se mette en place, deux rangés de duo face à face derrière les tables. Hop hop hop ! "

D’un coup, tout le monde se grouilla de prendre place. La belle jeta un regard à sa compère, fronçant les sourcils de détermination. Elle ne resterait pas là plus longtemps et l’autre avait bien intérêt à être aussi motivée qu’elle.

" Aller-viens Liz, j’ai une clé à gagner. "
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Lizzie Bennet
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Lizzie Bennet, Mar 22 Nov 2016 - 4:32


La belle cacha sa peau d’un ample tissu et brandit une main comme une offre. Aujourd’hui, inconnues, nous allions nous allier. Devenir une, parce qu’on avait cette flamme commune- rage de vivre, rage d’être libre. De tous les captifs elle semblait la plus prête à tout faire pour y parvenir. Elenna était son prénom. Des syllabes simples à votre goût ? Peut-être, mais elles ne manquaient en rien de saveur. Ma renaissance s’écrivait LNÉ, la sienne LNA. J’étais sa seconde, sa suivante, sur la voie de l’évasion. 12-14-1. Elle comptenait le 412 de mon partenaire de prison. Et le dépassait aussitôt. 12-14-6. Les chiffres s’effilaient comme des cheveux sur un couteau, j’y lisais une incandescence, un espoir- délivrance. Nos maîtres du jeu pouvaient prévoir toutes leurs glauques idées, cela ne nous empêcherait d’échapper à leurs mains trop gourmandes.

| | | | un frisson hérisson
me secoue l’épaule
comme le frémissement
d’un enfant
sur la ligne de départ
d’une marelle

Les chiffres et doigts s’enlacent, s’embrasent ; il n’y aura de victoire sans elle. Ils font de nous des inséparables. Des oiseaux fragiles et graciles- sans vouloir voir les serres que l’on renferme en nos regards déterminés. Le rideau s’ouvre, lumière- les voilà pour enfin nous expliquer les règles. J’en frisonne quelque peu- je n’aime être le pion d’un jeu. Ma place est face à l’échiquier et non prisonnière de ses cases. Pourtant, je sais qu’on aura cette clef. Pas parce qu’on la veut, mais parce qu’on en a besoin. Et puis- et puis parce que je connais l’avantage que me donne mon statut d’âme brisée. Je sais, je sais qu’ils vont me tordre, m’étouffer, faire de moi ce que leur esprit malsain leur dictera. Je sais que je serai plus forte que ça- que j’ai été trop aliénée par le passé pour ignorer que peu importe les plaies et cassures, je peux toujours me remonter. Et je sais, je sais à sa détermination, qu’elle pense comme moi. LNA.

| | | hargne jumelle
comme une ascension hors du précipice
renaissance dans les flammes
gardez pour vous l’hostie

Ils commencent par annoncer un jeu moldu- ça sonne mauvais pour moi ; pourtant je vois l’alcool couler plus loin. De la bièraubeurre ? Pour une alcoolique ? Bah tiens. C’est cadeau, en fait. Frénésie de pas qui se bousculent vers les bières ; j’observe ma comparse, motivation indéboulonable. Quoiqu’on nous envoie à la face, on arrivera à en faire quelque chose. A se relever. A changer la ligne directrice. A donner un sens. On y arrivera, ensemble. Je le sens dans son ambition. J’essaie de ne pas penser au fait que je suis enceinte jusqu’au cou. Je sais que passés les premiers verres, la culpabilité disparaîtra, mais pour l’heure les mots de Izsa me sont encore une planche en travers de la gorge. Il est temps de choisir les bonnes marionnettes à poser dessus, de les faire danser, de changer l’équilibre de la planche, et de la gober. On va y arriver. Je le sens. Je le sais. Un voisin explicite un peu le principe du concours de roi- j’y connais vraiment rien à la culture moldue, moi.

| | | | distributions de cartes
non maîtrisées
grimace passagère
frustrée de se savoir
étrangère


C’est assez instinctif. Les duos se mettent par rangée. J’observe nos adversaires. Masculins. Il paraît que leur organisme tient mieux l’alcool... j’observe leurs biceps. Prononcés. Nice, les sportifs tiennent moins bien. Je leur lance un regard de défi. Enfin, de défi. Plutôt un regard aguicheur. Coup d’épaule sur le côté, mon décolleté se fait plus plongeant. Le type de droite loupe le départ. De mon côté, j’enchaîne verre sur verre. Au quatrième pourtant, un a-fond me révulse. Marre de café ? Poivre ? Et je sais pas trop quoi d’autre. Mais c’est dég*eulasse. Un frisson secoue ma poitrine, et je plonge le nez dans le dernier verre pour noyer le goût. Bim. Fini. Ex-aeco avec le mec de gauche. Elenna nous a précédé d’un trio de secondes.

| | élan de victoire
des prestes buveuses
de celles qui sucent la vie
jusqu’à la moelle

Le type de droite, en revanche, a pris trop de retard les premières instants. Dans ta faaaaaace. Tu coules ton duo p’tit c*n, t’avais qu’à pas me sexualiser. J’suis pas un bout de viande. Tu m’entends. Je suis pas à toi. La prochaine fois, garde tes yeux dans ton pantalon. Sous le sourire de la victoire, une pulsion agressive fait tressauter la commisure de mes lèvres. On se met sur le côté des vainqueurs de la première manche, et d’autres duos s’affrontent. 50% de la salle est éliminée pour cinq verres... Que deviendront ces perdants ? Difficile à juger pour l’heure. Clairement, j’aimerais pas être à leur place. On attend.

| | | insécurité
rappel soudain de la précarité
de notre situation
de l’inconnu entourrant
le maître des lieux
je veux le démasquer
et lui faire payer
son jeu
pour ce faire légalistes
on commencera par triompher
mais crois moi sale rat
qu’on te pendra

Nouvelle manche, c’est parti pour dix verres. Je serre brièvement la main de mon alliée avant que la course ne soit lancée. Bim, triomphe. Cette fois, je finis la première. On est un sacré duo, en fait... Le hasard a bien fait de nous pousser l’une vers l’autre. Délicieuse niaque. A la troisième, le vomissement d’un de nos adversaires nous assure de continuer l’aventure. Il faut plus que ça pour me soulever le coeur, d’autant que gerber est une habitude pendant la grossesse... mais je vois, à notre suite, d’autres duos mal gérer tant le graphisme que l’odeur. A chaque victoire, j’lance un high five à ma partenaire de galère. Garder l’esprit joueur, l’esprit de compétition, presque innocent... dans une lutte pour la sortie hors de leurs jeux nauséabonds.

| | assurance trouvée
dans la combativité partagée
deux femmes pour qui la vie
prend depuis des années des allures de guerre
de violence et mystères
deux femmes aux idées contraires
s’allient le temps d’une bataille
ou de deux
...ou qui sait
où la brume pourrait les porter
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Elenna Benson
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Elenna Benson, Lun 9 Jan 2017 - 5:33


« La vie n’est pas un sport qu’on se contente de regarder. Gagner, perdre, ou faire match nul, la partie est en cours, qu’on le veuille ou non. Alors allez-y, discutez avec l’arbitre, changez les règles, trichez un peu. Faites une pause et soignez vos plaies. Mais jouez. Jouez ! Jouez le jeu. Jouez vite. Jouez librement. Jouez comme s’il n’y avait pas de lendemain. D’accord, l’important n’est pas de gagner ou de perdre, l’important c’est la manière de jouer. Vous ne croyez pas ? »



I
l fallait jouer, là résidait le salut des deux jeunes femmes. Elles ne se connaissaient pas, pas du tout même mais dans ce cauchemar, elles s’étaient trouvées. Deux âmes perdues, deux cœurs endoloris, deux esprits embrumés, deux corps au mauvais endroit, deux sorcières qui n’avaient qu’un seul objectif commun, sortir d’ici, sortir de ce rêve malsain, de cet endroit inconnu qui pourrait très bien devenir leur prison si le jeu ne tournait pas en leur faveur. Les règles du game avaient changé, ce n’était pas celles qui guidaient les simples êtres humains. Aujourd’hui, le code de survie était devenu le seul à suivre. Si un jour on avait dit à Elenna qu’alcool et débauche seraient ses sauveurs, elle n’y aurait pas cru, pas un seul instant.

Le couple évoluait ensemble et en attendant dans cette file de gens avides de boissons et de divertissement, la belle posa son regard sur sa nouvelle compagne. Elle était pâle, une peau d’une blancheur immaculée qui lui rappelait la sienne. En apparence, l’inconnue n’avait rien d’extraordinaire, une madame tout le monde. Ses cheveux châtains, ses yeux marrons, sa silhouette presque trop plate. Pourtant, chacun de ses mouvements attirait le regard de la louve, elle lui ressemblait mais en était-elle consciente ? Elle détaillait cette sorcière comme pour en apprendre plus sur elle, ne se rendant pas compte qu’elle dégageait la même chose que la fille qu’elle voyait lorsqu’elle se regardait dans le miroir. Comme elle, Lizzie paraissait frêle, fragile, à deux doigts de se briser si on lui donnait un coup trop fort. Mais dans sa mâchoire carrée, ses muscles fins qui roulaient sous sa peau, une force naissait, prête à en découdre. Elenna avait toujours dit qu’il ne fallait pas se méfier des apparences et son intuition lui soufflait que son alliée n’était pas aussi délicate que son physique le laissait penser.

Comme obnubilée par le visage de la brunette, la Phénix ne détourna pas de suite son regard sur le jeu. Elle connaissait les règles, rapidement, mais n’avait jamais participé à un jeu tel que celui-ci. Le regard gris se posa enfin sur la table qui constituait la première épreuve. Peu à peu, les couples s’affrontaient. Les sourcils froncés, Elen n’en démordait pas, elle sortirait d’ici, quoiqu’il arrive. S’il y avait bien une chose qu’elle n’avait à envier à personne, c’était sa détermination. Elle avait eu rarement l’occasion de vouloir quelque chose mais ce qu’elle avait envié, elle l’avait toujours eu. Ses doigts forcèrent leur prise autour de ceux de l’autre marionnette de ce jeu insensé, ses dents se serrèrent dans sa rage de vaincre. Lorsque leur tour arrive, les deux sorcières lancent des sourires à leurs adversaires. Ils sont trop confiants ces hommes, comme toujours lorsque l’on est le sexe fort et qu’on se trouve face au faible. Le top est donné, les verres s’enchainent, l’alcool afflue, glissant directement dans le sang sans passer par la case départ. La belle sentait ses oreilles chauffer, ses joues rosirent, sa vessie se remplir mais elle ne laissait rien paraître, elle ne laissait à l’alcool aucun contrôle, se concentrant sur son objectif, leur objectif commun. Avec un rapide coup d’œil, Elenna avait vu que son alliée s’en sortait très bien et… Quoi ?

L’Auror avait tellement été hypnotisé par le visage de la sorcière qu’elle n’en avait pas remarqué son ventre beaucoup trop rebondi pour être un simple repas pas encore digéré. Lizzie buvait, encore et encore, et son abdomen ne semblait pas s’en plaindre. Enceinte. Abasourdie, par une telle révélation, la louve buvait de plus en plus rapidement, son regard quittant son duo pour se planter sur l’homme qui lui faisait face, oubliant la nausée qui menaçait. Elle termina un peu avant Lizzie, portant un regard inquiet sur elle. Elles avaient gagné face aux deux molosses. Elle avait souri, ne se rendant certainement pas compte des pupilles apeurées d’Elen… Les verres continuent d’être servis, les victoires s’enchaînent encore et encore. La demoiselle finit même par oublier la rondeur du ventre de sa nouvelle amie, tapant dans sa main à chaque fois qu’un duo échouait face à leur couple de choc. Le podium, enfin. Elles finissaient première ex-aequo avec un tandem masculin/féminin qu’elles n’avaient pas eu à affronter. Une pause fut accordée aux gagnants. Malgré toute la force dont elle faisait preuve, la fille aux cheveux de neige sentait son esprit embrumé par la gnole. Il ne fallait pas qu’elle perde son objectif de vue, il ne fallait pas qu’elles faillissent. Elles… Tirant sur la main de la brune, elle l’entraîna rapidement vers les toilettes et la poussa doucement jusqu’à une cabine, refermant la porte derrière elles.

" Vomis. Maintenant. Force-toi. L’alcool est déjà dans ton sang mais essayons de limiter les dégâts tout-de-même… Elle ne savait pas si son alliée comprenait mais la panique pouvait certainement se lire dans son regard gris. Tu n’aurais pas dû, j’aurais pu le faire seule. Je… Je n’savais pas que… Je n’avais pas vu ton ventre… Tu es enceinte, tu n’aurais pas dû boire... Fais-le Lizzie ou je te ferais moi-même dégueuler ‘key ? "

Une légère alarme sonna dans la salle principale du bar, résonnant jusqu’aux toilettes. Les jeux allaient recommencer et les deux jeunes femmes n’en avaient pas terminé avec ces idiots. Il fallait qu’elles réussissent, il fallait qu’elles sortent de ce cauchemar. Heureusement, dans cet endroit, Elenna avait l’impression d’avoir trouvé une âme sœur, une personne qui avait la même hargne, la même envie de vaincre, le même besoin d’en finir. Elenna posa délicatement sa main sur l’épaule de la belle brune pour l’encourager, sans savoir ce qui se tramait dans sa petite tête. Dans les haut-parleurs, la voix du maître de jeu retentit.

" Merci à tous les participants de me rejoindre devant la scène, un nouveau défi va continuer de départager les duos. Pour le moment, il en reste dix en lice. Qui sortira vainqueur ? Qui aura le droit de retourner à sa petite vie tranquille et monotone ? "

Puisse le sort leur être favorable.

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Lizzie Bennet
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Lizzie Bennet, Jeu 23 Mar 2017 - 3:11


on s’en sort pas mal tu trouves pas douce
on était parties dans l’incompréhension totale
le retard (?) par rapport à leur acceptation passive
et maintenant maintenant on s’alliait
pour résister à leurs jeux insensés
enfin peut-être pas résister
plutôt les emporter
on était ce soir pas des révolutionnaires
plutôt des légalistes
on passait par le système pour le bouleverser
de l’intérieur
on était des verrues maquillées
et merlin on serait libres
ou vous en mouriez

on gagnait plus que je le pensais
elle en avait dans la gorge celle-là
chaque seconde me faisait apprécier
la force de son regard — driven
engagée — empowered
elle était de ces femmes
qui faisaient trembler les immeubles
en deux syllabes
j’avais confiance en elle
——— wait what

non je pensais juste que c’était
une bonne candidate
une alliée digne de ce nom
qu’elle nous donnait une chance
rien de plus
lizzie reprends toi
dis pas de la m*rde s’il te plait
pas maintenant

premières ex-aequo pour la première épreuve ?
on pouvait être fières âme de neige
on avait une flamme en nous une flamme qui volait haut
on était promises à des grandes choses
et j’parlais pas que de l’alcool
tu le sens toi aussi ?

sauf que
il a fallu que tu comprennes
soudainement
violemment
que tu juges toi aussi
comme izsa
t’allais me rejeter
parce que je faisais pas ce qu’il fallait
que j’étais pas assez bien
pour être mère
je sais
je sais
alors allez vous faire f*utre

tu m’entraines aux toilettes et je te suis comme un chien
tu devrais voir pourtant que j’en suis pas
j’ai pas la docilité pour j’suis un p*tain de chat
j’suis une infidèle une égoïste qui roule que pour sa paume
qui se laisse caresser quand elle le veut et se casse
aussitôt
qu’elle le veut
alors pourquoi tu crois pouvoir me dicter autre chose
t’es qui
t’es qui


écaille à écaille se construit
la féministe-objet
dans ta lutte tu deviens
tout ce que tu abhorrais
dans un élan de solidarité
tu es juste — pas juste *juste*
juste disponible pour faire
ce qui a besoin d’être fait
ce qui est attendu
et écaille à écaille se détruit
le souvenir
d’être

t’es paniquée
tu juges pas t’as juste peur
pour lui ?
pour moi ?
je sais pas trop mais j’ai pas vu ça
quelqu’un qui se soucie de notre état
pas depuis longtemps
et ça fait frissonner un peu
mais ça fait chaud aussi
ça vous gonfle la poitrine
sans trop comprendre pourquoi

on est face à la cuvette mais j’arrive pas
j’suis en psychobug intégral devant toi
incapable de décider que faire et surtout
comment
j’ai passé les derniers mois à gerber mais là
j’suis tellement le souffle coupé
que rien vient
j’essaie de plonger mon doigt dans la gorge
mais sans doute pas assez fort
ou pas assez profond
j’suis pitoyable p*tain

tu m’as pas jugée pourtant
t’as pas ri
tu t’es approchée
t’as bloqué mes cheveux avec tes doigts
fermement mais doucement
tu maintenais cette sorte de chaleur
que je comprenais pas
pis finalement t’as fourgué
ton index et ton majeur
au fond de ma bouche

_graphicdetails_
je te l’ai pas dit
mais gamin
face à elle j’étais soudain prise d’une pulsion
de culpabilité
dis on peut encore être mère
et boire
tu crois que j’arriverais à m’occuper de toi
tu crois que tu seras heureux avec moi
devant cette meuf qui avait peur de rien
j’me sentais si insuffisante
si plate
si moulée de mensonges que je me révulsais
et accroupie au dessus des toilettes
j’ai blotti mon front dans son t-shirt
comme une enfant

derrière on entendait une nouvelle voix
annoncer la reprise des jeux
il est temps de retourner dans l’arène
mais je sais qu’avec toi
le monde va se faire feuille
tremblante de peur
sous la pression de ta plume

cette fois les équipes se séparaient
enfin à demi
nuage de verres rouges
par rangées de 10
un bout de table
10 autres parfaitement symétriques
et cette figure reproduite
sur 5 tables collées

— Vous êtes priés de ne lâcher la main de votre partenaire pendant cette épreuve. A vous de juger qui est le moins pire gaucher, car vous ne jouez pas à la même table. Le premier à avoir rempli ses verres avec une balle de ce format l’emporte. La distance minimale de tir est déterminée par les chaises encadrant les tables, et vous avez deux balles par tir.


j’ai regardé elenna
j’étais pas très douée pour tirer avec la main gauche
le serait-elle plus que moi ?
j’avais pas peur pour autant
j’ai brandi les deux mains
en hauteur
pour qu’elle les claque
et choisisse celle qu’elle voulait tenir
ce soir elle était la reine
le savait-elle ?
avait-elle seulement conscience
qu'elle était de ces femmes
plus terribles que l'éclair
plus puissantes que tout
celles qui faisaient respirer plus fort

Celles qui ont un regard tellement badass qu’elles font reculer le mec qui te colle un peu trop en soirée. Celles qui ont besoin d’être rassurées à minuit, celles qui hésitent, qui sont paumées, qui fument trop et qui parlent fort. Celles qui te tiennent les cheveux quand tu vomis, qui écoutent des projets de révolutions, qui te disent ok, oui, on participera à ça, oui viens on monte çi, qui te font comprendre que t’es capable de tout faire, même une manif sans masque à gaz. Celles qui sont des sorcières, des vraies, qui t’expliquent comment soigner ton corps et ton cœur sans paraben. Celles qui sont dépressives et qui se lèvent quand même pour aller manifester le visage couvert. Celles qui cassent des vitrines et taguent « liberté, égalité, Beyoncé ». Les survivantes, qui continuent à vivre, mais qui galèrent.

elenna
apprends moi
l'origine de ta force
je veux aussi (re)danser
dans ce monde où l'on peut
un peu plus qu'un instant
se surprendre à rêver
chante moi tes
lucioles

— un réveil est entré
par une porte fermée
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Valentina Boccini
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Valentina Boccini, Sam 27 Mai 2017 - 19:53


[Post Unique]


____________________


Rompre avec Azphel n'étais pas chose anodine - et si je n'avais pas coupé court à toutes les émotions qui commençaient à m'assaillir, sans doute aurais-je succombé à la douleur. Le temps du deuil viendrait après. Il était l'heure de tout déconstruire, pierre par pierre, pour comprendre et recommencer. Une question, comme frappée dans le marbre, raisonnait jusque dans mes os. Quand l'obscurité s'était-elle emparée de moi ? A l'aube, sans doute. Mais quelle aube ? Enfance, adolescence, âge adulte... tant de périodes qui s'étaient enchaînées sans liens logiques, marquées seulement par la peur, la mort et la douleur. J'étais de ces personnes incapables de connaître et d'apprécier le bonheur dans le présent. Il m'apparaissait seulement en paillettes, particules laissées sur des souvenirs, comme jetées d'une main impropre et abandonnées pour que dans la nuit, je m'en souvienne enfin. Prenant un courant afin de planer quelques instants, je donnais un faible battement d'ailes. T'en souviens-tu ? Un premier instant de bonheur ne s'oublie pas.

C'était l'été, un soir de pleine lune. Dans la nuit, dansaient des ombres capricieuses appelées cauchemars. Fallacieuses, elles troublaient mon sommeil et engourdissaient mes jours. Je me tenais près de la fenêtre, alors âgée de cinq ou six ans. Je me rappelle à peine de moi - mais très facilement de lui. De grands yeux noirs, onyx gravées dans un visage de pierre. Blanc comme moi, pâlit par les reflets de la lune. Des sourcils épais marquant inconsciemment ses émotions au fer rouge. Colère ? Brouillés et froncés. Joie ? Relevés et dévoilant les premières rides aux coins de ses yeux. I'll take ya dancin'. Une mâchoire carrée, et là où j'arborais une cicatrice, un grain de beauté. La gorge blanche, prête à recevoir des marques de crocs. Le cheveu blond, mais d'or, comme don de cieux bienveillants. De grandes mains fines, aussi habiles à tenir une baguette qu'à jouer du piano. Les touches n'étaient pour lui qu'une toile où il peignait des notes. Un prénom, aussi, que je prononçais encore assez mal, écorchant le "r" et facilitant le jeu en l'appelant simplement Jo. Mais aujourd'hui, alors qu'il ne pouvait plus l'entendre, je le disais bien mieux. Georgio. Et la douleur qui était censée aller avec ne me parvenais pas.

Je survolais l'angleterre sans savoir où j'allais. L'elfe de maison était resté à londres, s'occupant de mes affaires urgentes. J'aurais à rentrer avant la fin de l'été - tout cela n'était qu'un premier voyage, pour préparer le terrain et briser les murs à grands coups de dents. Le vent soufflait sur les champs et les toits, dans mes plumes, aussi, seule preuve que j'étais encore en vie. Clignant des yeux, je poussais le vice jusqu'à frôler l'inconscience, prisant de libérer de sa cage psychique l'animal meurtrier. Et bien plus encore. Tout cela n'est que le commencement. de la fin, oui. Le commencement de la fin. J'évolue dans les airs comme si ce terrain était ma nature. Comme Baudelaire le poète dans son costume d'Albatros, je n'étais à l'aise que dans le tourment du ciel. En touchant le pont du bateau - je perdrais ma grâce et ma désinvolture. Ne désirant pas être la proie des marins impotents, je prenais un peu plus d'altitude et délaissais ma métaphore psychologique. Quelques mètres et les vents violents seraient incontrôlables. Alors dieu seul sait où j'irais me briser.

Un premier bonheur vient avec une autre innocence. Alors assise dans la cuisine, sur le plan de travail, près de mon père, je regardais maman cuisiner tandis qu'ils prévoyaient tous deux les vacances. A les voir comme ça, on aurait pu oublier qu'ils étaient des sorciers adeptes d'une magie très obscure. J'ignorais encore tout cela. Je n'avais d'ailleurs conscience de rien du tout. Cela me sauvait encore. Un répit que j'ignorais. J'en profiterais bien encore... On me refusa une tartine - pas avant de manger, Valentina, tu le sais. - je le savais, mais la vitre se brisa sous le coup de mon mécontentement. Ma mère tenta de s'énerver mais pour mon père, déjà, l'écart se creusait. Puissance, avenir brillant, beauté glaciale et magie démoniaque : il prévoyait déjà pour moi le plus sombre des avenirs. De ce jour, on ne me dit plus "non" sous ce toit. La princesse était née, capricieuse et excessive. Détestable. Heureuse. Sans doute est-ce ce bonheur qui me semble plus détestable que mon attitude. Mais déjà la femme en noir sur le banc me happais.

L'océan compliquait mon vol et fatiguait mes ailes - mais impossible de se poser avant d'atteindre la rive... ou alors me faudrait-il me poser sur le mat d'un bateau. Un danger pour l'albatros, pensais-je alors. Les étoiles étaient camouflées par la brume. La nuit n'étais pas des plus sombres et le bruit des reflux de l'océan me berçais. Je somnolais. La terre promise ne fut en vue que le matin. Je dormais, corbeau exténué, sous des sacs de sel déposés sur un charrette. Lorsque les marins vinrent chercher les sacs pour les charger dans un camion, je leur fit une belle frayeur et repris mon envol. Il me fallait désormais rejoindre l'état de Washington, retrouver la tribu salish où j'avais autrefois passé quelques mois. La tribu Skokomish était bercée de légendes qu'il me fallait aujourd'hui comprendre. Je ne pouvais pas me permettre de passer à côté d'une chance de découvrir ce que j'avais autrefois refusé d'entendre.

Poudlard n'avait pas été une partie de plaisir. Ne pas parler anglais dans un univers britannique était assez délicat. Les enfants étaient méchants et je voyais mon monde se détruire. Promesse de mariage forcé, menaces, flatteries, mon père était bel et bien mort, laissant sa place à mon oncle. De tous mes crimes, avoir tué Dan est sans doute celui que je regrette le moins. Sa nuque se brisant sous mes doigts... je frissonnais. Mon adolescence avait vu naître dans mon esprit certaines vérités et un penchant malsain pour la puissance et l'ambition. Sans doute, si ma maison avait été autre, les choses auraient été différentes; mais l'emblème de Serpentard offre un destin. Non pas celui de la noirceur - même le plus candide des poufsouffle l'atteindrait. Celui de l'avenir. A dix-sept ans gorgé de rêves, le monde vous est ouvert par la simple force de votre emblème. Je l'ai encore gravé sur le coeur, dix ans après.

Tout s'enchaîna ensuite. La mort de Georgio, mes examens réussis, mon départ de Londres, mon tour du monde. Chez les Skokomish, assise dans le sable, près du cours d'eau de Mason, penchée, la tête sur les genoux, le dos exposé à la méthode ancestrale de tatouages amérindienne, et le corbeau qui dévore mon dos. Plume après plume, trait après trait, l'oeuvre était née, encrée dans ma chair. Tsalasta était l'une des rares femme amérindienne à pratiquer le tatouage, mais son tracé était parfait. De fines rainures sont visibles sur ma peau d'oiseau, pour peu que l'on me déplume. Le Corbeau Malin. Ils avaient déjà décelé ce que j'avais nié.  Mes recherches sur les runes et mythes vikings m'avaient démontré que le mal appel le mal. Si j'étais devenue ce visage salit par le sang et la sueur, cette âme torturée, incapable de se livrer totalement, cette bête capable des pires horreurs justifiées par la justice, ce n'était que parce que c'était dans ma nature profonde. Il ne tenait qu'à moi de l'accepter. Malgré cela, karma ou reste de bonté, je ne parvenais pas à me détacher d'un certain regard bienveillant - ce pourquoi j'avais délaissé mes émotions en cette nuitée de fin de printemps.

Ce n'est qu'à l'aube du lendemain que je survolais enfin le compté de Mason. L'herbe était brûlée par le soleil et une forte odeur d'encens me prenait le bec. Je me posais sur la branche noircie d'un arbre mort, près du cours d'eau. J'étais arrivée au bout de ce périple sans transplaner - aucune possibilité pour les sorciers de me retrouver. Congé au Ministère et Schiavo au Chaudron, les autres se débrouilleraient bien sans moi. Une pensée pour Azph... non. Alors que j'allais m'envoler, un coup violent, me brisant les os et m'arrachant un cri trop humain me désarçonna. Quelques instants brouillés, la vision d'une natte noire et d'un visage doux, puis le noir.

Un noir désarmant. Tendre. Un presque sommeil - presque parce que le remous. Conscience ou envolée spirituelle, je me figurais sur mon mat, à surveiller les marins. Un albatros, prince des nuées, se débattait des griffes d'un malfaiteur. Je ne me sentais pas oppressée par mon agression. A quoi bon ? Ici on ne pratiquait qu'une manumagie élémentaire et ma puissance pouvait raser leurs chères terres d'une colère; je me laissais plutôt bercer par le bruit de l'eau. Un nouveau choc sourd et une obscurité plus profonde. J'étais donc réveillée.

~

J'ouvre les yeux sur un plafond tissé et paré d'étoffes lourdes et tannées. Je bouge légèrement. Mes os ont été ressoudés. J'ai repris forme humaine. Je sens un drap sur ma peau. Il fait à nouveau nuit. Au pied du lit, une tunique et des chausses m'attendent. J'entends dehors les tambours et les champs. Etais-je attendue ou préparent-ils le bûcher sacrificiel ? J'enfile le vêtement quand une silhouette se glisse dans la petite habitation. Le visage d'une enfant mais le corps d'une femme, marquée de pigments sous les yeux et sur les lèvres, elle m'adresse un regard hésitant. Elle me tends de l'eau. Je bois rapidement. Je ne m'étais pas rendue compte que j'avais soif - et maintenant la faim se fait sentir.

- Yhel, tu es attendue.
- Cela fait longtemps que l'on ne m'avait pas appelée ainsi...
- Neuf année. Mais Yhel n'est jamais là par hasard...

Elle disparut dans son mystère. Le Corbeau n'est jamais là par hasard. Je ne me doutais pas que cette phrase portait un message si fort. Brumeuse, j'emboîtais le pas de la fillette. Les étoiles brûlantes étaient camouflées par un feu de joie. Tout autour, le peuple Skokomish. Les femmes et les hommes, dans une alternance parfaite, tournèrent leurs visages vers moi et portaient en eux une solennité effrayante. Même les jeunes enfants avaient un air grave. Dans cette nature parfois hostile mais pourtant mère de toutes leurs espérances, avaient-ils déjà connu l'enfer et la douleur ? J'approchais à pas lents, tâchant de percevoir un changement dans leurs comportements. Tous semblaient devenus statues. Puis, une silhouette se découpe à travers le feu. Légèrement arquée, l'oeil serein.
Le chef. Sans nul doute.

Il lève de sa main gauche un bouquet de sauge. Il le porte jusqu'aux flammes jusqu'à l'embraser totalement. Nord, sud, est, ouest,
selon le rituel de purification, le chef Skokomish transcende l'air de son grigri. Les autres commencent à chanter - et sans percevoir le sens de leurs paroles, je comprends qu'il s'agit d'une prière adressée à leurs divinités. Je perçois le nom de Yhel, le corbeau malin. Tous lèvent leurs bras au ciel et leurs voix se font murmures puis silence. J'avance et incline respectueusement la tête.

- Non Yhel. Redresse toi.
- Je ne suis pas votre dieu.
- Mais tu es son enfant. Nul en peut ressembler autant à Yhel sans être son descendant. Tu portes le corbeau, mon enfant. Alors soit  le corbeau. Le vieil homme marque une pause. Nous ne connaissons pas ton nom et ne voulons pas le connaître. Tu es Yhel, fille de Yhel, envoyée par les ancêtres. Le Corbeau n'est jamais là par hasard.

Je me contente de hocher la tête.

- Je suis Qaletaga. Le gardien des gens et de mon peuple. Bienvenue à Taholah, Yhel.
- Merci, Qaletaga.

Sur mes mots, les chants reprennent brusquement et la fillette de tout à l'heure me tends la main. Je l'attrape avec douceur et sans crainte aucune. Ces gens là m’accueillent comme si ma visite leur était familière et prévue. Je m'installe en tailleurs sur le sol et accepte avec plaisir l'assiette de baies et de saumon que me tends l'enfant. Je l'observe. Elle a tout au plus quinze ans. Elle regarde le chef avec les yeux tendres du respect, puis s'assied à côté de moi. Elle prends soin de ne pas croiser mon regard. Elle m'a déjà dressée au rang de divinité pour le simple fait que ma forme animale est un totem fort de sa tribu.

- Quel est ton nom, petite ?
- Ehawee. Celle qui rit. Je suis née le visage marqué d'un sourire.

Je lui fait signe que j'ai bien entendu ses paroles et mange par petites bouchées. Je garde un oeil sur les flammes. Je ne les aime toujours pas, mais ici, le feu est la vie. Chaleur, repas, sécurité. Tout dépend de lui.

- Le Chaman avait prédit ton arrivée, Yhel. Il avait aussi prévue celle d'Akba-Atatdia. Le Coyote.
- Que... ?
- Qaletaga a dit qu'il allait tout expliquer ce soir. C'est vrai, ce que raconte les anciens ? Tu peux te transformer en corbeau comme tu le désire ?
- Je te montrerais plus tard, si tu veux.

La gamine se fendit d'un sourire. Ses yeux brillaient de plaisir. Peu de distraction pour les enfants de la tribu. Entre les enseignements des anciens, il fallait cultiver les plantes et pêcher le poisson, s'occuper du camps et veiller sur les plus faibles. Personne ici n'avait rien à faire et chacun travaillait pour le bien-être de tous. Pas d'unité, ici, mais une collectivité rassurante. Ils n'avaient que ça, bloqués par la colonisation des civilisations modernes. Bien lui des immeubles et des rues bondées, les Skokomish vivaient encore de la nature et de leurs rites originels. La terreur de l'évolution, ils n'en voulaient pas. Leur vie simple et pure était douce et sauvage, mais réconfortante.

Alors que j'allais demander à Ehawee son âge exact, Qaletaga se leva lentement. Il s'approcha de nous et tous se resserèrent. Il bourra sa pipe d'herbes et de plantes naturelles séchées traditionnelles. L'allumant à l'aide des braises du feu de joie, il me fixa un long moment. Je l'imitais. Ses longs cheveux noirs entremêlés de gris étaient natés et son visage marqué de ride portait une sagesse millénaire. Ses yeux étaient noirs et ses paupières lourdes et violacées. Cet homme sacrifiait son sommeil pour veiller sur les siens. Il portait dans une main ferme une pipe de cèdre taillée et vernie de sève. Il fit un rond de fumée et prit la parole.

- Toutes les tribus ont leurs dieux et leurs légendes. Ici, chez les Skokomish, nous apprécions la nature plus que tout. Mais tous les peuples s'accordent sur la présence de trois esprits espiègles qui ont donné le monde tel qu'il est. Il y avait d'abord le Grand Lièvre, Wisaaka, porteur du changement. Il entra dans nos vies pour bousculer de ses ruses nos vies modestes et s'en alla servir d'autres peuples. Il y eut ensuite le Corbeau Malin, Yhel, messager et sauveur, espiègle créature qui chassa le mal par la magie. Il nous apprit comment la pensée pouvait guider le corps et devint notre totem. Vint finalement le Coyote, le vieil homme comme il se fait appeler. Nous préférons le nom Akba-Atatdia. Lui venait jouer des tours aux hommes et vola même le soleil au grand aigle qui le gardait pour sa fille - et l'abandonna dans le ciel des hommes. le vieillard désigna sur la place trois grands totems de bois aux effigies de Wisaaka, Yhel et Akba-Atatdia. Alors que les hommes naissent et meurent, les trois esprits portent le grand cercle du soleil et habitent nos terres à nos côtés. Leurs âmes investissent parfois le corps d'humbles humains, leur offrant leurs attribus. En toi, princesse blanche à la pâleur de lune, le grand corbeau noir a décidé d'offrir sa magie. En plus de pouvoir prendre sa forme, tu peux jeter des sorts puissants.
Tu es fille de Yhel.


Je trouvais un grand interêt à mes chevilles, sceptique quant-à cette théorie. Expliquer au peuple amérindien que si oui, le corbeau était mon animal totem, ma forme n'était due qu'à une pratique magique commune dans le monde des sorciers me semblait impossible. Mieux valait garder un silence prudent.

- Mais Yhel n'est plus seule. Il y a quatre nuits, le Chaman a vu Akba Atatdia, et Akba Atatdia est venu à nous. Le Coyote a offert a un homme sa forme et son intelligence, et cette homme est parmi nous. Yhel, je te présente Akba Atatdia, le Coyote Farceur.

Un homme se leva alors. Je me demandais comment j'avais pu le manquer jusque là. Plus massif que les Skokomish, il était haut et fort. Sa peau noire faisait ressortir ses yeux verts sombres, arqués de doré. Il avait une mâchoire forte et un oeil vif. Il s'approcha avec lenteur et je me relevais pour le saluer. Il m'offrit un sourire bienfaisant et je me pris presque aussitôt d'amitié pour le Coyote de Taholah.

- Que nos ancêtres sacrent ce jour où le Corbeau et le Coyote se voient réunis pour aider les Skokomish dans leur quête du véritable savoir et de la paix.
- Qu'entendez-vous par là ?

Qaletaga se fit plus sombre.

- Le fils d'Aquene est malade. Aucune de nos plantes n'a su le soigner. Mais il est l'unique héritier mâle du peuple Skokomish. Tous nos enfants sont retournés vers nos ancêtres - nous sommes maudits, disent les anciens.
- Vous voulez dire... ?
- Trois sont morts ce mois-ci. Nous avons besoin de vous. L'Intelligence du Coyote et ta magie, Corbeau. Il faut nous sauver.

~

Les premiers jours, nous ne faisions que veiller sur le corps brûlant du fils d'Aquene, la nièce du Chaman. L'enfant n'avait pas encore de prénom mais déjà la maladie le rongeait. Donner un prénom était faire de cet enfant un fils de la tribu, et cela ne pouvait être fait tant qu'il n'était pas sain de corps. Le Coyote et moi dormions près de lui. J'avais calmé quelques accès de fièvre par la magie, mais même mes pouvoirs sorciers ne pouvaient découvrir ce qui se cachait dans le corps de ce petit. Tidiane - car c'était là le vrai prénom du Coyote - était également un animagus et un sorcier, aussi bouleversé que moi par les mythes du peuple amérindien, peut-être plus prompt à se laisser convaincre. Il ne connaissant aucun sort capable de résorber un tel mal, et moi non plus.

Ce matin-là, nous errions dans un champs. Quelques femmes Skokomish lavaient le linge non loin. Nous prenions un peu le soleil. Trois averses de suite nous avait enfermés dans la chambre du petit convalescent. Tidiane aimait les grands espaces, il aimait la nature presque autant que les amérindiens. Il était né dans un petit village mauritanien et avait grandit dans le brousse. Il était le seul enfant sorcier de sa famille et avait apprit la manumagie avec un voyageur de passage. Chaque soir, je l'aidais à se perfectionner. Je m'améliorais autant que lui. Nous avions également l'habitude de nous promener sous notre forme animale, au grand plaisir des Skokomish. Quand il s'amusait à trotter près du grand feu, et que je volais au dessus des tipis, tous levaient les mains au ciel et remerciait leurs anciens du don que nous étions. Nous ne faisions pas cela pour la gloire - mais pour voir encore la paix rassurante sur leurs visages marqués de fatigues.

Après avoir habitué la tribu à notre présence, nous commençâmes à penser à un remède pour l'enfant. Si aucune plante n'avait marché, peut-être une véritable potion serait-elle plus efficace. Je n'étais malheureusement pas la meilleur dans l'art et Tidiane n'avait même jamais essayé. Nous fûmes donc contraints d'abandonner rapidement cette idée.

- Tu ne connais aucun sort de soins ?
- Si, bien sur. Mais il faudrait déjà que nous sachions ce que le petit a... je soupire.

Tidiane adopte un air déterminé.

- Très bien. Reprenons. Il a de la fièvre, des vomissements...
- Frissons, malaises... il refuse de téter...

Nous sommes coupés par des hurlements. Les cris viennent justement du tipi d'Aquene. En un rien de temps, nous sommes au près d'elle. Le bébé convulse ! Sans hésiter un seul instant, je sors ma baguette et la pointe sur l'enfant. La mère crie mais Tidiane la retient fermement par le bras. Il sait que je sais ce que je fais. #Musculus cor batit stabiinitas, je marmonne, et tandis que le rythme cardiaque du tout petit redevient régulier, son état se stabilise. Je m'approche de lui. A peine l'ai-je frôlé qu'il pleure à s'en arracher les poumons. En me penchant, j'appercois des rougeurs aux commissures de ses lèvres.

- Il est sensible au toucher...
- On peut rajouter la tachycardie et les convulsions...
- Par Merlin, je sais que je devrais trouver !

Exaspérée, je fais un signe de tête rassurant à Aquene et quitte le tipi, Tidiane sur les talons. C'est vraiment frustrant. Je sais que le petit est en danger et je sais aussi que je suis en mesure de le soigner. Il faut simplement que ça me revienne. Je décide d'aller rejoindre les hommes qui pêchent pour profiter de la fraîcheur du cours d'eau. Le Coyote m'accompagne. Nous traversons une foulée d'arbres fruitiers où quelques jeunes filles font la cueillette des baies. Elles seules savent différencier les bonnes des poisons. Nous parcourons quelques centaines de mètres avant de découvrir un bras de rivière à flanc de montagne, et une petite plage d'herbes sèches. Trois amérindiens sont dans l'eau avec de grands paniers pour pêcher le saumon.

J'enlève ma tunique et plonge en une fraction de seconde dans l'eau, un peu en contre-bas, pour ne pas réduire les efforts des pêcheurs à néant. Elle est glacée et j'ai un instant la respiration coupée, avant d'être copieusement aspergée : Tidiane m'a rejoint. J'ai pied, l'eau m'arrive aux épaules. Je vois le bout de mes pieds dans le fond. Je ne pourrais pas rêver de plus belle piscine naturelle.

- Tina.. Tu ne crois pas qu'on devrait peut-être essayer de penser à leurs méthodes ? Si ils pensent que nous sommes les deux seuls à pouvoir soigner le fils d'Aquene, ils ont peut-être une raison...

Je fixe un moment le ciel. Je ne veux blesser personne ici, mais je ne crois pas aux légendes de ce peuple. Pourrais-je vraiment être la descendante d'un esprit amérindien ? Très certainement pas. C'était inconcevable.

- Ecoute, Tidiane... Je ne veux pas te contredire, mais... si ces gens pensent que nous sommes des demi-dieux, c'est parce qu'ils ne sont pas des sorciers. Ici, nous ne brisons aucune loi parce que ce peuple est méconnu du monde entier, mais ce sont des moldus. L'animagie n'est pas un don d'un dieu amérindien, nous avons apprit pendant de longues années pour nous transformer...
- Je sais. Mais les autres animagus n'ont pas la même pression de l'esprit que la notre. Leur animal ne les dévore pas comme nous... non, Tina, ne fais pas cette tête. Je t'entends lui parler, parfois. Et la nuit, c'est lui que j'entends. Mais tu n'es pas la seule. C'est pareil pour moi...

Je fronce les sourcils. Vraiment ?

- C'est le lot de tous les animagus.
Il rit doucement.
- Tu le dis sans conviction. Tu sais que la folie n'est pas un effet secondaire de cette forme de magie. Elle ne serait pas reconnue par ton Ministère, sinon.
- Tu as une meilleure théorie ?
- Peut-être...

Je lève les yeux en l'air et l'éclabousse copieusement. Tidiane a un rire communicatif qui me soulage de beaucoup de mes mots. Il me permet d'éloigner la solitude que je ressens parfois. Il est devenu une présence rassurante et fiable. Un pilier. Un totem, comme ces grandes statues de bois dans le village.

- Tina, qui est Azphel ?
- Que... ?
- Tu prononces son nom, parfois, dans ton sommeil.

Je me revois, sur mon sofa, en Italie. Je sortais de la douche et mes cheveux humides trempaient le haut de mon débardeur. Il faisait chaud, c'était un été aride. Azphel revenait de la cuisine en portant sur un plateau deux verres de vin blanc pétillant et des olives noires. Il y avait une douceur incroyable dans cette soirée innocente. Rien n'aurait pu nous troubler. Nous nous étions embrassés, avions fait l'amour de nombreuses fois, emprunts de cette folie qui nous touchait parfois. Puis, nous nous étions raconté nos journées. Il avait passé sa journée à discuter de projets avec les deux préfets de Serpentard, et j'avais été dans un petit village pour soigner une fillette. Elle vomissait et avait de la fièvre, sans compter les convuls... oh. oui.

- Aucune importance ! Suis moi. TOUT DE SUITE !

Nous avions sauté hors de l'eau et nous étions rhabillés à même la peau mouillée. Le souvenir était remonté de lui-même, et même si l'image du visage de Azphel était douloureuse, j'avais enfin une solution potentielle à notre problème. Baguette à la main, j'entrais dans la pièce fraîche qu'Aquene dévouait à son fils fragile.

- Tidiane, maintient la nuque de l'enfant. Aquene, s'il te plait, reste près du mur. En aucun cas tu ne dois me distraire...

Je fermes les yeux, posais une main sur l'abdomen du petit et le bout de ma baguette sur son plexus solaire et tâchais de me rappeler des formules apprises autrefois au côté de Léon. Il était lui aussi un très bon sorcier médicomage et m'avait enseigné tout ce qu'il savait. Les soins magiques se révélaient être l'un de mes plus grands atouts. Au moins cela compensait-il mon dégoût des duels... Concentre-toi... L'enfant était infecté. Ce n'était que l'assaut de bactéries difficiles à combattre pour un nourrisson. Il me fallait l'aider à s'en débarrasser... Quel était le sort, pour les infections, déjà... ? Venenus.... Venenus... #Venerus Tarrera.

Une immense lueur bleue jaillit de la baguette et enveloppa le corps du nourrisson comme un cocon. Le sort puisait directement dans mes réserves d'énergie mais la couleur était rassurante. Une douce chaleur semblait émaner de cette auréole que je n'osais pas toucher. Aquene était tombée sur les genoux, pleurant de tout son corps en priant ses dieux de bien vouloir faire que mon intervention soit concluante. Une part de moi aurait aimé prier avec elle, l'autre répétait le sort une seconde fois. Enfin, la lumière reflua, et au lieu de retourner vers ma baguette, traversa la peau du bébé. Un instant de suspens, comme le funanbule sur son fil, et un cri, un pleure, qui rassure. Plus vivace, plus énergique que jamais. J'entends Aquene qui remercie Yhel. Non. Qui me remercie.

- Je crois que ça va aller, Aquene... Je crois que Yhel a sauvé ton fils... chuchote Tidiane.

Je crois qu'il a raison. Et je me sens merveilleusement bien, pour la première fois depuis des mois.

~

Le soir même, une grande fête est donnée en notre honneur, à Tidiane et à moi. Déguisés de masques et de peintures, la tribu Skokomish nous offre un spectacle racontant les légendes des totems que nous représentons. Le petit d'Aquene passe de bras en bras, enfin reconnu comme un fils du clan. Nous nous laissons porter par la musique et par le breuvage étrange d'alcool de baies qu'ils font circuler entre tous. La pipe et ses herbes merveilleuses n'aide pas à garder les idées claires. Enfin, Qaletaga se lève et le silence gagne l'assemblée. Il effectue le rituel de Purification, comme pour le premier jour, avant de nous adresser un sourire plein d'une joie sincère.

Derrière lui, la tribu se rassemble en rangs. Nous nous retrouvons comme deux étrangers face à leur unité. Loin de me réconforter, je me sens comme exilée. Pourtant leurs intentions sont pures et les femmes nous apportent une couronne de plumes et un collier de coquillages et de petits os. Se détachant de la foule, la vieille Tsalasta s'approche de moi. Elle a le même sourire qu'il y a neuf ans et elle semble bien portante.

- Mon petit corbeau, dit-elle, comme tu as grandis.

Je serre la vieille femme dans mes bras.

- Heureuse de te revoir, Tsalasta. Je ne savais pas que tu vivais encore ici.
- C'est mon petit fils que tu as soigné, Yhel. C'est ma famille que tu as sauvée. Laisse moi t'offrir en présent le choix du nom de notre enfant...
- Tu veux que je choisisse un prénom pour le bébé d'Aquene ?

Cette dernière hoche vivement la tête. Je me perds dans des mots aux consonances étranges. Puis, comme un miracle, le visage d'un chef amérindien rencontré dans une autre tribu lors de mes voyages il y a dix ans me revient. Je me rappelle de cet homme, fort et sage comme Qaletaga. Son nom signifiait le guerrier qui n'a pas de peur. A la mémoire de cet homme et pour ce contre quoi le bébé c'était déjà battu, je soufflais le prénom à l'oreille de Qaletaga. Le chef se fendit d'un sourire et hocha la tête avec approbation.

- Aquene, ton fils s'appellera désormais Wakiza, pour qu'il devienne le plus fort des guerriers.

Nous dinons tous ensemble, à chanter et rire. Je me sens bien plus à l'aise; l'alcool aide. La lune est pleine ce soir, et j'ai une pensée pour Azphel. Où est-il ? Aucune importance. Tu es là. Je secoue vaguement la tête et me perds dans la vision des amérindiens. Tsalasta, identique à celle qu'elle était autrefois, simplement investie de quelques cheveux blancs et de rides légères. Aquene, dont la beauté rayonne maintenant que son fils est hors de danger. La beau matte, les lèvres roses. Elle brille. La petite Ehawee, contemplant Tidiane avec des yeux énamourés. Tidiane, justement, qui observe le monde qui l'entoure comme s'il le voyait pour la première fois. Il a une vision pure de la vie.  Comme si elle n'était qu'un immense cadeau que l'on déballe chaque jour. Pour lui, point de négatif, mais quelques cailloux sur le long chemin.

Je me sens bien terne à côté de tous ces visages et personnalité explosives. Bouffée par le corbeau, condamnée à ne vivre qu'à travers lui, défoncée par des malheurs qui ont prit le dessus, fragile autant que puissante, dangereuse pour moi même et pour les autres, incapable de résister à mes instincts primaires... Je ne suis qu'une enfant face à la sagesse de ce peuple millénaire, mais suis-je pour autant capable d'être sauvée ?

- Yhel, me coupe Tsalasta. Tu veux bien nous raconter ta première transformation en corbeau ?

Je hoche doucement la tête. Pour ne pas perturber leurs croyances, je fais abstraction du rituel magique, du goût infâme de la feuille de mandragore, de l'orage terrifiant, de la formule à répéter sans cesse, tant et si bien qu'elle en devient une obsession. Je vois Tidiane sourire. Il sait, lui, ce que je cache aux amérindiens. Je décide de me concentrer sur ma méditation et la transformation qui en a suivit.

- C'était une nuit d'orages terrifiants. J'étais en Norvège. Je vivais à l'époque en compagnie d'hommes maudits - à la fois hommes et loups. Je me sentais en paix avec eux, car leurs différences faisaient d'eux des personnes ouvertes et compatissantes, bien que souvent abîmés par la vie... Un soir, en méditant, l'image d'un grand corbeau se présenta à moi. Il était fier, le plumage d'un noir si noir qu'il en devenait bleu sombre. Son bec irisé claquait dans l'air, agressif.
- Etait-il beau ? demanda Ehawee.
- Il avait une intelligence certaine dans le regard. Oui, il était beau.  J'ai voulu lui tendre la main. Je me suis alors réveillée, subissant un traitement atroce : tous mes os se brisaient les uns après les autres, je me tordais. Quelque chose me dévorait et dans ma tête, une nuée d'oiseaux hurlaient. J'étais dans un champs, fort heureusement. Mon corps s'est métamorphosé. Plus petite, plus svelte, mes os ont gagné en légèreté. Mes poils sont devenus plumes, mes lèvres un bec. Mes yeux, eux, ont concervé leur couleur bleue, incompatible avec l'espèce des corvidés à laquelle j'appartiens...

Tidiane releva sa manche, dévoilant une cicatrice violacée.

- J'ai également conservé ma cicatrice sous ma forme animale.
- Une fois devenue oiseau, j'ai du apprendre à voler. C'était plus instinctif que la marche, mais à la fois plus complexe, car aucun vol ne se ressemble. Il faut prendre en compte l'environnement, le vent, la pluie. Mais le plaisir que l'on y prends n'est pas comparable.

Après cela, les yeux pleins d'étoiles, nous écoutâmes Tidiane expliquer sa première rencontre avec le coyote, bien moins confiante que la mienne. Il avait tenté cette transformation sans savoir vraiment à quoi s'attendre. Il avait paniqué et était resté animal pendant trois jours, incapable de redevenir humain. Je me sentais triste de savoir que certains sorciers n'avaient pas la chance de recevoir une véritable éducation magique. De nombreux accidents devaient arriver, quand on savait à quel point la magie mal maîtrisée pouvait être dangereuse...

Le groupe finit par se séparer et chacun rentra dans son tipi pour la nuit. Je restais dehors et m'enfonçais un peu plus profondément dans la nuit. J'escaladais la colline qui bordait le camps, surplombant le comté. C'était le point culminant de Taholah. Je m'installais dans l'herbe, allongée confortablement, les yeux plongés dans les étoiles. Je savais qu'il était temps. Fermant les yeux, j'essayais de déterminer ce qu'allait être mon avenir. Je devrais rentrer à Londres au début de l'été pour voir comment tournait le Chaudron Baveur et rendre les comptes rendus de mes recherches sur l'animagie au Ministère - mais après ? Je ne me sentais pas de rester enfermée en Angleterre où j'étais profondément triste, et ou les souvenirs d'une vie passée me brûleraient sans cesse. Aller où ? Peut-être me rendre dans les petits villages à la recherche d'enfants sorciers trop loin de la moindre école pour recevoir un véritable éducation magique ? Revenir ici, et reprendre ma place de sauveuse et aider ce peuple à améliorer son confort ?

La question restait irrésolue. Quand l'obscurité s'était-elle emparée de moi ? Pendant mon voyage ? J'étais déjà pleine de haine et de colère mais bien trop fragile pour tuer. Pour détruire. Non. C'était plus récent que cela. Mon retour en italie avait été ponctué d'atrocités mais je m'étais tant effrayée moi-même que j'avais accepté ce travail de professeur de défense contre les forces du mal sans réfléchir. Puis il y avait eu William. Véritable premier amour, passion. Destruction. Et le corbeau avait prit le dessus. Il avait commencé à me dévorer de l'intérieur. Mais pouvais-je pour autant qualifier ce moment d'apogée de ma noirceur ?

- Tina ?

Je sursautais violemment, troublée dans mes pensées intimes et profondes.

- Tidiane, refais plus jamais ça. C'est un coup à ce que je te tue.
- Pourquoi ? Tu l'as déjà fait ?

Je haussais les épaules.

- Non, j'évite de surprendre les gens comme ça...
- C'était une question. Est-ce que t'as déjà tué ?

Je restais silencieuse, cette fois. Tidiane était comme ça, franc. Il posait des questions qui étaient si pertinentes quelles en calfeutraient l'air et vous plongeait dans des réflexions sur vous même. Il était profondément bon dans ce petit jeu et il ne se rendait pas toujours compte de la dureté de ses interrogations. Mais il posait ses questions pour apprendre de ceux et de ce qui l'entourait et n'avait généralement pas prévu de tout pulvériser de ses mots.

- Oui, Tidiane. J'ai déjà tué.
- Oh...
- C'est pas génial pour le karma, je sais.

Il fronça les sourcils.

- Pourquoi tu as tué ?

Je faillis rire tant sa question était innocente. Tuer. Un bien vague mot. J'avais tué des esprits tout autant que des corps. Remplir les asiles était aussi meurtrier que remplir les cimetières. Seuls les plus noires âmes en comprenait l'enjeu. Un ennemi ne se blesse pas seulement dans les coups. Il faut apprendre à le laisser se blesser lui même, à le faire douter de ses propres sens...

- Pour me sauver, sauver mes proches, par colère, pour prendre ce que cette personne avait et que je désirais, pour être plus tranquille, pour ne plus avoir peur... j'ai tué pour plusieurs raisons.
- Et plusieurs fois.
- Oui, Tidiane, plusieurs fois.

Il marqua une pause, toujours debout, et me regarda avec une compassion étrange. Je n'aimais pas la pitié, et j'aurais pu lui arracher la gorge si je ne l’appréciais pas; et puis, tuer le coyote ne serait pas très flatteur pour le corbeau.

- Tu sais que tu es une mauvaise personne ?
- Oui. Et tu n'as même pas idée d'à quel point.

Après tout, c'est pour cela que je m'étais éloignée de ma vie anglaise confortable. Que j'avais quitté Azphel - pas seulement parce que mes  sentiments se fanaient - mais bien parce qu'en se fanant, ils défaisaient la solide barrière que j'avais érigée contre la haine du corbeau à son encontre. Maintenant, toute une part de moi voulait tuer le loup. Dans la peur d'agir, j'étais partie. Ma douceur et ma compassion naturelle avaient cédé le pas à une facilité déconcertante à briser des nuques et des familles. Alors oui, j'étais une mauvaise personne. Je le savais. C'était déjà bien.

Tidiane, à ma grande surprise, s'allongea à côté de moi et me prit la main. Il m'adressa un regard un peu effrayé mais affectueux, comme si j'étais la méchante amie que l'on ne peut pas s'empêcher d'apprécier. Je ne comptais pas lui faire du mal - et l'autre moi semblait relativement calme. c'est un grand mot. ferme-la.

- Et si un jour je dois tuer aussi ? Je ne suis pas sure que mon âme survive à cela. J'aurais trop de mal à continuer de vivre après avoir empêché un homme d'en faire de même.
- Tu n'auras jamais à tuer. S'il le faut, je le ferais pour toi.

Préserver l'innocence du monde quand on a perdu la sienne, c'est l'ironie du sort. Je serrais sa main. De l'amour à la rage. De la haine à la paix. Violence dans la douceur. Soleil dans la nuit. Noirceur dans la nuit, plutôt. On allait y arriver, pas à pas. J'allais, pardon. Menteuse.


~

- Tu me promets que tu reviendras vite ?
- D'ici un mois, je serais de retour. Et puis tu sais transplaner maintenant.

Tidiane hocha doucement la tête. Le chef des Skokomish lui tapota doucement l'épaule. La tribu était réunie pour mon départ. L'heure était venue que je retourne à Londres. Le chemin inverse allait être douloureux, vidée de cette envie que j'avais de m'éloigner de mon malheur. Il fallait être forte, cependant, et garder la tête haute. La réponse était en fait venue d'elle-même, au contact des gens, de Tidiane, de moi-même. En me découvrant sous cet autre horizon, comme autrefois, j'avais retrouvé une lueur que j'avais oubliée. Elle était toujours là, teintant de rouge mon obscurité.

Quand avais-je succombé à l'obscurité, alors ?

C'était un soir d'automne; et Leon était avec moi. Nous nous tenions près d'une cage aux épais barreaux, et un homme hurlait à l'intérieur. Nous nous étions retourné pour le faire taire d'un coup de baguette - entendez bien, le faire taire définitivement. Nos éclats verts s'étaient entrechoqués et nous avions eut un rire. Rire de la mort, bien sur; c'était un premier pas dans le noir. Mais tout n'était pas là, il fallait encore laisser le film se dérouler. Plus loin, plus vide. Les images se succèdent. Nous entrons dans une autre cellule, plus lumineuse, éclairée à la bougie. Un tableau déchiré, un tapis, un manuel, une poudre à la couleur de la cendre.

Basculement. Bousculement. Ereintant. Repousser la mort, la mordre, lui montrer les griffes, la jeter contre un mur, se battre au corps à corps avec elle et lui soutirer, pour quelques brefs instants, une âme qui lui appartenait. Rien de plus. Mais tous les jours. Jusqu'à m'en épuiser et la frôler. Vivre pour la mort. Vivre pour l'embrasser. Vivre pour mourir. C'est là que le changement avait opéré. La vie avait perdu de son goût, ne me restait que celui d'un après potentiel. J'étais morte en même temps que ma lumière : quand j'avais tué mon frère.

Allez crache, Belzebuth.

En arrivant au dessus de Londres, le lendemain du lendemain, je m'effondrais par le balcon du Raven's Sanctuary. Cet endroit même m'était étranger. J'avais un mois, jour pour jour. Un mois pour préparer ma fin.



( autorisation de Liz - le rp entre Elenna et Lizzie est toujours en cours )
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Ellana Lyan
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Spécialité(s) : Permis de Transplanage


Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Ellana Lyan, Lun 21 Aoû 2017 - 16:07


Post unique
j'ai passé mes ASPICs et eu EE mais ça n'a pas encore été changé sur mon profil
si soucis j'éditerais mon post...

Univers


Je ne sais plus très bien ce que je que je devais penser de tout ce que je viens de vivre, la proposition d'emplois comme tombée du ciel, un inespéré présent que j'aurais du être capable d’apprécier mais autre chose bloque mes pensées__ Peter
le gérant qui m'a embauché, cet amant d'une nuit où de plusieurs je ne sais pas vraiment ce qu'il attend de moi
et j'ai cette peur immense de replonger, tomber à nouveau dans les erreurs du passé et laisser mon cœur battre pour cette ordure que je sais pourtant capable des pires manigances mais pourtant malgré tout cela je n'ai pas été capable d’opposer la moindre résistance à ses avances toute en les sachant parfaitement dépourvue du moindre amour
alors c'est là que tu en es arrivée Ellana ? Salle petite p*tain, comme tu me dégoutes... nuage de fumée verte
je tousse alors que les cendres tentent d'entrer dans mes poumons, un pas je sors par la cheminée de ma chambre
la tête me tourne un moment alors que je tombe à genou au sol mon uniforme maculé de suie, si noire... si sale...

des pas dans l'escalier, je n'ai pas été discrète, tant pis ou plutôt trop tard il est temps d'affronter son destin ma jolie
tant d'être non plus de subir Ellana ? voix froide, timbre si dur et je frisonne
__ toujours terrifiée ? après tant d'année ? à jamais murmure entre les dents, comme une promesse
les choses changerons bientôt, je me le promets... la porte s'ouvre à la volée, baguette en main je me mets en garde
savez-vous donc père, combien de temps j'ai imaginé ce moment ? pensiez-vous ne voir en moi qu'une pauvre créature trop faible pour se battre ? je vous en prie, pardonnez moi, excusez-moi de ne pas m'être battue plutôt pour cette vie que vous m'avez volé !
Ellana ! regarde noir, je sais père, je suis difficile à voir que pensez-vous donc ?
la flamme de la vengeance qui brille à côté de celle de la haine dans mes yeux replace la soumissions et la peur
ne fuyez donc pas __ je suis là, revenue comme je vous l'avait promis vous n'êtes pas mon père...
sourcil froncé, un instant déconcerté, j'en profite, consciente que cet instant ne durera pas Electrocorpus un choc et sa bouche ouverte de surprise, un sourire cruel étire mes lèvres alors qu'un cri de douleur lui échappe je ne suis pas votre fille, pas même de votre sang et je vous interdit de porter la main sur moi ! il sert les dents et se relève, je le fixe prête à contrer le moindre de ses sortilèges
plus jamais il ne me fera subir ce que j'ai du endurer pendant de si nombreuses années, je me battrais !

__ c'est mon combat, ma bataille pour ma liberté !

Cette fois tu vas trop... ma main percute son visage dans un craquement qui m'arrache un brin de satisfaction TAISEZ-VOUS ! je n'ai que faire de vos menaces stupides, vous m'avez menti, toute ses années j'ai enduré une souffrance sans nom de votre main, vous m'avez volé mon enfance et mon bonheur, j'ai tout perdu, TOUT !
mes yeux se remplissent de larme alors que le visage en sang il ne réplique rien, j'ai du lui casser le nez de mon poing
petite garce... une deuxième personne entre soudain dans la pièce que... Ellana ! Lâche cette baguette tout de suite ! je me fige ce doit être la deuxième fois que j'entends le ton de sa voix, je ne pensais plus jamais l'écouter, mon regard se braque sur mère qui la baguette pointée dans ma direction pose sur mon ses yeux de glaces qui m’effrayait autre fois vous ! c'était d'une mère que j'avais besoin, qui êtes vous donc pour vous présentez ainsi baguette levée devant moi alors que jamais auparavant je n'ai pu entendre ne serait-ce que le son de votre voix ! QUI ÊTES VOUS POUR ME DONNER DES ORDRES ? POUR OSEZ ENCORE ME FAIRE VOUS APPELEZ MÈRE ?!

Endo... SECTUMSEMPRA ! son visage se fige alors qu'elle tombe au sol, des tâches rouges apparaisse partout sur son corps s'élargissant de plus en plus, je recule d'un pas et secoue la tête emprise d'une seconde de regret avant que la folie venderesse ne me reprenne dans ses bras
mon père adoptif n'ose plus bouger, mon sort n'est pas bien puissant mais tout de même assez que pour l'emmener aux frontière de la mort si personne ne s'en occupe rapidement ne vous inquiétez donc pas mère, de nous deux j'aurais toujours le plus de cicatrices je lui crache ses mots à la figure avant de me retourner vers père
tortionnaire, voilà comment j'aurais du vous nommer depuis le début ! Incarcerem !
des cordes sortie de nulle part l'emprisonne solidement alors qu'il tombe au sol sans rien pouvoir faire
je m'accroupis à son côté, posant la pointe de ma baguette contre sa tempe Terorim !

je hais ce sortilège plus que tout mais j'ai l'impression pour la première fois de l'utiliser à des fins justifiées
je veux le voir à genou me suppliant, plus jamais n'être victime mais bien prédatrice que pensiez vous donc ? que me briser serait assez pour m'arrêter ? avez-vous donc jamais compris le concept même d'aimer ?
je lui lance un regard des plus noir mais il ferme les yeux comme pour lutter contre la terreur qui le glace probablement
me penchant à son oreille je murmure : je vais partir, loin et à jamais, surtout n'essayer pas de me suivre ou de me rattraper comme de raconter ce qu'il s'est passé ici... mon corps et mes souvenirs témoignent encore de ce que vous m'avez fait pas le passé, je doute que l'usage de tels sortilège sur une enfant soit autorisés

me relevant je pointe une dernière fois ma baguette sur lui avant de lui entailler le front d'un Diffindo !
je répète l'opération plusieurs fois jusqu'à voir le mot "tortionnaire" gravé dans la peau de son visage
je sais, j'ai inversé vos châtiments mais qu'importe, vengeance est faite à présent...
mère ne bouge plus, je m'approche d'elle et un sourire sadique se dessine sur mes lèvres, adieu mes chers parents... je me dirige vers la fenêtre ou est toujours posée Flori depuis que je suis revenue ici, j'attrape cette dernière et saute en criant un dernier sortilège de toute mes forces Aresto Momentum Maxima ! je tombe doucement comme ma petite folle aurait du tomber avant de me réceptionner sur l'herbe fraiche, courant alors jusqu'à la porte d'entrée, je l'ouvre et attrape un balais dans le premier placard que je vois Kaleidem, un coup sur ma tête et me voilà invisible, je répète l'opération sur le balais avant de l'enfourcher à toute vitesse et d'un coup de pied dans le sol, de décoller comme la fée me l'a appris, la petite rose toujours serrée contre mon coeur

__ une fois bien loin du manoir des Lyan je soupire,
c'est un nouveau départ à présent, une nouvelle vie...
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Max Valdrak
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Re: Loin de l'Angleterre...

Message par : Max Valdrak, Jeu 7 Sep 2017 - 18:30


L'amour est aveugle
Avec Lizzie



Valises. Tenue décontractée. Sourire aux lèvres. Main glissée dans celle de la personne que j’aimais un peu plus chaque jour. Secrètement. Elle ne pouvait pas voir les regards que je lui lançais. Ses yeux couverts de noir qui ne s’ouvriraient peut-être plus jamais. Je m’efforçais de lui apporter l’aide qu’elle avait besoin mais surtout quand elle voulait bien en recevoir.

Les dernières semaines étaient difficiles. Cependant aujourd’hui, sur le quai de la gare, nous étions là. Les enfants avec nous. Petite famille prête à partir en vacances. A se perdre dans la forêt canadienne avec moi. Dans mon petit chez moi. Les petits étaient assez excités. Ils attendaient le train. Tandis que de mon côté, je me demandais si ce voyage était une bonne idée surtout lorsque je me perdais dans le souvenir des événements passés.

*

Les petits endormis. Zip à l’étage lui aussi. Petit animal, petit enfant. Jouant beaucoup. Ne m’ayant point lâché depuis notre rencontre dans ce parc. Parc dans lequel je m’étais fait embaucher. Depuis ce jour-là je travaillais. Gardant les enfants d’une jeune mère très occupée.

Comme les autres soirs, je m’étais installée dans le salon. Un livre de magie dans les mains. De nouveaux sortilèges à apprendre. A maîtriser. Un esprit n’ayant point sommeil à occuper. Cela devait faire une dizaine de fois que je lisais le même bouquin. Cherchant à connaitre par cœur la moindre page. La moindre subtilité dans les mots employés.

Soudain, une porte s’ouvrit. Me réveillant. Plutôt me tirant de mes réflexions. Baguette à la main, je m’approchais de l’entrée.
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