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Escapade Nocturne
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Osvald Osborne
Préfet(e)/Serdaigle
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Re: Escapade Nocturne

Message par : Osvald Osborne, Sam 23 Sep 2017 - 15:56


J'avais du mal à ne pas fondre définitivement en larmes, sans faire attention à ce qui m'entoure. Je n'avais pas remarqué le silence pesant au-dessus de nos têtes, ni même que l'air ici était plus froid et plus humide qu'à la clairière. La température extérieure m'importe peu puisque là où j'ai le plus froid c'est à l'intérieur.
Je renifle au moment où la nymphe pose sa main sur mon bras. Je n'ose pas la regarder en face. Je dois avoir l'air stupide ! Se mettre à pleurer devant une nymphe, en voilà une merveilleuse idée ! Je donne une belle image des humains ! Elle m'approche, me parle comme à un égal, m'entraîne à sa suite en acceptant aussi gracieusement ma présence et moi je m'effondre à vue d'œil sous son nez... et si elle passait le mot aux autres et que plus jamais une fée ne voulait m'approcher ? À cette simple idée mon cœur se brise encore plus en millier de morceaux.
Toutes les offrandes sucrées du monde ne récupéreront pas une mauvaise impression faite au petit peuple.

« Je suis désolée. Je vais les retrouver...»

Je relève la tête, étonné, mais c'est trop tard. La nymphe est déjà partie dans la direction opposée. Je l'entends à peine prononcer quelques mots dans sa course. Je m'essuie les yeux de ma manche et un léger sourire tente de se dessiner sur mes lèvres. Elle avait compris. Elle m'avait compris. Et elle était partie chercher la moitié manquante de mon âme sans me demander des comptes. Une fois de plus dans ma vie je suis heureux d'être de la terre. Est-ce qu'une nymphe du feu aurait réagi de la sorte ? Certainement pas. Mais les Êtres de la terre sont beaucoup plus attachés aux valeurs et au bien-être que ceux du feu ou de l'air. La nymphe avait senti mon déracinement profond. Elle avait vu que le moi se tenant à ses côtés n'était plus qu'un fragment de celui que j'étais lors de notre rencontre.

Elle n'aura aucun mal à retrouver la clairière, de même pour les runes. Elle était connectée à l'ætt de Freyr. Ce sera aussi facile pour elle que de s'orienter vers la lumière d'un phare dans la nuit.

Confiant et rassuré je m'attends à ce qu'elle réapparaisse d'une seconde à l'autre. Je compte bien lui donner tout ce que j'ai sur moi ! Les gâteaux, le lait, tout ! Jamais je ne pourrais assez la remercier de son action ! Je vais lui promettre de revenir souvent, avec encore plus d'offrandes ! Tout ce qu'elle voudra !

Une main dans mon sac pour compter à la volée combien de gâteau il me reste, l'autre attrapant ma baguette, c'est dans cette position que je lance un #Lumos pour y voir plus clair.

Allumer un feu, en forêt, c'est à double tranchant. D'un côté on ne meurt pas de froid et on voit ce qui se passe autour de nous, d'un autre on attire à soi toutes les bestioles des alentours qui, soit, n'ont pas peur du feu, soit aime la chaleur et ce qui va avec. En gros, c'est comme planter au-dessus de son camp un panneau « COUCOU ON EST ICI, BISOUS »
Le Lumos ne crée pas de flamme, mais de la lumière. Ce qui, dans mon cas présent, revient exactement au même.
Et l'araignée à ma droite pouvait difficilement rater le panneau que je venais d'allumer au-dessus de ma tête.

Les gens ont peur des araignées. À tort d'ailleurs ! Elles sont inoffensives pour l'humain, en règle générale. Elles sont très utiles en tant que prédateur naturel et ce n'est absolument pas dans leurs habitudes de s'en prendre aux humains volontairement. Si jamais il y avait confrontation de quelque sorte que ce soit entre les deux espèces, l'araignée choisit la fuite, toujours. Et c'est normal quand on y réfléchit cinq minutes ! Mais non, l'opinion populaire renforcée par l'imaginaire collectif a donné une sale réputation à ces petites bêtes. Entre les films d'horreur et les exagérations de leurs capacités ou dangerosités dans les livres... on a collé une étiquette bien triste sur nos amies arachnides.

Est-ce que j'ai bien conscience que le spécimen à côté de moi fait à peu près la taille d'un gros saint Bernard ? Oui. Et alors ? C'est un bébé ! Elle est toute petite ! La petite chose s'avance vers moi en cliquetant des mandibules. Elle doit avoir faim, la pauvre ! Qu'est-ce qu'il y avait à manger dans cette Forêt après tout, hein ? Des insectes ? Des oiseaux qui se prenaient de temps en temps dans ses petites toiles ? Si elle ne devenait pas grande rapidement, elle allait se faire manger par ses congénères ! En plus elle n'a même pas l'air d'être une chasseuse, si tant est qu'elle ait déjà chassé auparavant, car depuis tout ce temps elle aurait déjà dû me sauter dessus. Au lieu de ça, elle avançait en claquant des mâchoires, puis reculait d'un pas ou deux.
Je dis d'une voix douce : « Et alors toi, jamais vu d'humains jusqu'ici ? »
J'avance tout doucement, sans mouvements brusques. « Je ne suis pas dangereux tu sais, je ne vais pas te faire de mal » Sans doute pas la meilleure chose à dire à un prédateur hésitant mais c'était la vérité. Je me rapproche toujours, m'arrêtant quand les cliquetis deviennent menaçants. Mais elle me laisse venir tout de même à environ un mètre d'elle. Je  prends un gâteau dans ma main et le lance doucement vers le bébé acromentule. Après une seconde ou deux de questionnement, l'odeur alléchante - et la faim peut-être? - est la plus forte. Elle se penche et découpe du mieux qu'elle peut la sucrerie. Ce n'est clairement pas une nourriture adaptée à sa constitution mais tout comme le lait et les chats, le plaisir passe avant tout !

Tandis qu'elle continue de manger je me décale un peu et tends la main vers son duvet. Les gens disent que les araignées sont poilues. C'est faux. Elles sont soyeuses ! Je touche la toison sale de l'acromentule dans l'idée de la caresser mais elle se retire d'un coup avant de me faire face tout en faisant rageusement aller ses mâchoires. Message reçu cinq sur cinq alors que je tombais subitement en arrière sur le coup de la surprise. Cependant ça s'arrêta là, l'appel du gâteau étant plus fort que son désamour pour mes tentatives de grattouilles. Dommage...
Alors que je lui dépose un deuxième et un troisième gâteau, à quelques centimètres de là où elle mange le tout premier, un cri résonnant contre les troncs d'arbres me déchire les oreilles et le ventre.

La nymphe !
Je lance un « Sois sage ! » complètement inutile au bébé acromentule devant moi avant de m'élancer dans la direction d'où je crois que venait la voix.
La tête remplie de questions je cours sans m'arrêter dans l'espoir de ne pas arriver trop tard. Qu'est-ce qui pouvait faire peur à une nymphe ? Est-elle blessée ? Les braconniers l'ont trouvé avant qu'elle n'atteigne la clairière ? Et si ... - mon cœur se tord à cette pensée - et s'ils l'avaient blessée avec du fer ?
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Kalén Bloom
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Re: Escapade Nocturne

Message par : Kalén Bloom, Jeu 28 Sep 2017 - 20:24


Kalén regardait le monstre se dresser de toute sa taille devant elle.
Elle recula, le souffle court, le cri qu'elle venait de pousser lui brûlant désormais la gorge.

Lentement.
Petits pas.
Tension...

Son dos rencontre un tronc d'arbre. Elle bute.
Impossible de reculer davantage.
L'araignée gagne du terrain.

Plus près. Plus près.

Elle fait claquer vers Kalén ses mandibules menaçants.
Une patte poilue après l'autre dans la terre meuble.
Kalén ne respire plus. Le dos collé à l'arbre  trempe de sueur le tissu de la robe.

L'araignée se dresse d'un coup avec un cri suraigu. Kalén voit presque son venin dégouliner de sa bouche.


"Arania Exumaï !" hurla-t-elle avant qu'elle ne plante ses crocs dans sa chair.

Le sort n'était pas puissant. Il heurta l'animal qui recula, sans être assommé.

Profitant de cet avance, la petite se précipita dans le bois, cherchant par tous les moyens à échapper à la créature.
Elle devait être affamée.
Kalén n'avait pas peur des araignées lorsqu'elles conservaient une taille décente. Mais lorsque l'on parlait d'acromentules, là, c'était autre chose.

Courant une nouvelle fois dans l'épaisse forêt, sans se soucier de la direction qu'elle prenait, la jeune blairelle ne prenait pas garde aux végétaux qui agrippaient ses vêtements à présent tout déchirés. Elle se retourna un instant, afin de vérifier qu'elle avait semé la bête, mais...

PAAAAAF

Elle venait de heurter quelque chose de plein fouet. Un arbre sans doute. Le choc l'avait projeté violemment par terre et elle gisait là à présent, à moitié assommée, des étoiles dansant devant les yeux.

Un bruissement quelque part
Une voix ? Kalén ne pouvait pas le dire.

Elle ouvre les yeux.

"Osvald...? J'ai retrouvé tes runes..."

Puis, plus rien. Les yeux se ferment. Le noir total.
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Osvald Osborne
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Re: Escapade Nocturne

Message par : Osvald Osborne, Mar 3 Oct 2017 - 18:22


Progressant à l'aveuglette entre les arbres le souffle commence à me manquer. J'ai l'impression d'avoir des centaines de piques en métal plantées dans les mollets à force de courir. Mes jambes me font mal mais pas autant que ma poitrine, brûlante de peur. Au bout de ce qui me semble une éternité dont le temps n'était mesuré que par les battements frénétiques de mon cœur, calculant les centièmes de secondes écoulés tel un métronome fou, je m'arrête pour regarder autour de moi. Est-ce que ces arbres m'étaient familiers ? Non. De plus, je suis persuadé que la clairière se situe plus au sud de là où j'ai rencontré l'acromentule. Ici la mousse sur les troncs indiquait vaguement l'ouest. Quel idiot je fais ! Évidemment qu'il était stupide de croire que la provenance d'un son répercuté en écho dans les bois était facilement identifiable... pourtant j'étais sûr que ça venait de par ici...

Je tourne et tourne sur moi-même, regardant partout autour de moi, à la recherche du moindre petit indice qui me serait utile. Peine perdue. Machinalement, et comme à chaque fois que je suis perdu, je porte instinctivement la main vers mes runes. Je n'ai qu'à les interroger rapidement. Une rune tir accompagnée de Raido me sauverait la vie ! Ou n'importe quelle autre indication, quel qu'elle soit ! Sauf que la réalité se rappelle brutalement à moi quand tout ce que je tâte dans mes poches est le vide. Rien que le vide. Ma peur pour la nymphe m'avait fait momentanément oublier qu'elles m'avaient quitté quelques minutes plus tôt à peine. En plus de la surprise - c'est bien la première fois que ça m'arrive ! - la tristesse m'envahit à nouveau. J'étais impuissant. Impuissant pour la sauver elle, impuissant devant les Dieux que je prie, impuissant sans mes oracles pour me guider.

Un nouveau cri me fait sursauter. Et je me remets à courir sans réfléchir, me ruant sur ma gauche. J'avais reconnu la voix de la nymphe. J'avais également entendu ce qu'elle avait crié. Mais je me dis que c'était improbable et que j'avais dû mal entendre. J'étais incapable d'entendre quoi que ce soit avec le sang qui battait dans mes tempes. À un tel point que je n'entendis même pas les bruits sourds et réguliers se rapprochant de moi. Ou alors était-ce moi qui me rapprochais d'eux ?

Nouveau cri. Mon cœur se brise en mille morceaux. J'arrive trop tard. D'ailleurs je ne le suis même pas encore, arrivé, alors que je cours toujours. Les cris stridents qui résonnent à travers la Forêt me glacent le sang. Des cris inhumains. Je suis tout proche. La tête remplie d'images atroces. Je voyais déjà la nymphe prisonnière d'une cage de fer, hurlant de douleur, sa peau délicate semblable à celle d'une humaine se consumant petit à petit au contact du métal, dans une torture aussi lente qu'atroce. Me préparant à assister au pire et à tenter l'impossible, je freine des quatre fers une fois - enfin ! - sur les lieux du crime.

L'être humain a une fâcheuse tendance à apprécier les spectacles lugubres et sanguinaires. Moi j'ai horreur de ça. Pourtant, même si je le voulais, je ne réussit pas à détacher mes yeux de la scène se déroulant devant moi.
Une acromentule, bien plus grande que le bébé que j'avais nourri de friandises au miel, se faisait déchiqueter par petit bout par une créature encore plus grosse qu'elle.
Massif, immense, tout en muscles et en grognements agacés, la peau verte et des poils encore plus foncés, ...
Le troll s'efforce de maintenir sa proie en place pour la démembrer plus facilement mais cette dernière résiste de toutes ses forces en continuant à hurler. Je recule de quelques pas, tous les nerfs composant mon petit corps d'humain tendus et prêts à la fuite. Tout en moi hurler de disparaître sur-le-champ car une fois l'acromentule avalée, le troll ne sera certainement pas contre un petit dessert. Et c'était moi, le dessert.

Je me détourne enfin les yeux du film d'horreur, diffusion en direct, à quelques mètres de moi et suis sur le point de prendre les jambes à mon cou quand je remarque du coin de l'œil une frêle silhouette allongée un peu plus loin. Une silhouette humaine. Je me fais le plus discret possible et m'approche à pas feutrés, même si avec le boucan que fait l'araignée géante, il y avait peu de chances qu'on entende les brindilles craquer sous mes pas. Je m'agenouille auprès de ce que je pense être une autre victime du troll, qu'il comptait certainement emmener chez lui pour le diner.

Quand je reconnais les boucles brunes et le minois de ma fée des bois, je ne peux m'empêcher d'être confus.
Elle était inconsciente. Comment ?
Elle avait hurlé. Pourquoi ?
Acromentules et trolls étaient ses protégés, des habitants de sa forêt, elle ne pouvait pas en avoir peur.
Je vérifie d'un rapide coup d'œil s'il y a la moindre trace de fer sur elle. Un écusson. Sur ses vêtements. Un des quatre blasons qui rythmaient mon quotidien quand je suis à l'école. Pourquoi ? Pourquoi ?? Pourquoi ???
Je ne comprends décidément plus rien du tout mais l'urgence de la situation me fait mettre de côté le sentiment d'avoir totalement perdu pied de côté. Les cris se taisent et laissent place à des bruits de succions et de mastication. Je ne veux pas regarder. Je ne veux pas entendre. J'ai les larmes aux yeux en prenant dans mes bras l'inconnue que je ne saurais plus définir de « nymphe » mais pas d' « humaine » non plus.

Je nous éloigne tous les deux de là. Dans quelle direction j'avais décidé d'avancer ? Pas la moindre idée. Pour combien de temps ? Idem. Je sais juste qu'au bout d'un moment, quand les arbres étaient suffisamment espacés pour laisser filtrer les rayons de la lune et que l'air était redevenu respirable, j'ai déposé l'inconnue au pied d'un arbre. Si j'avais été dans mon état normal j'aurais d'abord examiné l'arbre, savoir sur c'était un chêne ou un sureau, mais je n'en avais tout simplement pas la force cette fois-ci.

Je m'assieds à côté de la fille toujours inconsciente, dos au tronc, me calant entre les racines. Je replie mes genoux contre me torse et les enroule de mes bras. Et je repose enfin ma tête contre mes membres engourdis et ferme les yeux un instant pour me calmer.
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Kalén Bloom
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Re: Escapade Nocturne

Message par : Kalén Bloom, Jeu 12 Oct 2017 - 23:33


Kalén est seule.
Sous ses pas, des brindilles craquent, perçant le silence de la forêt qui l'entoure. Elle se demande où est Osvald. Elle tente de l'appeler mais les sons restent bloqués au fond de sa gorge. La petite s'arrête, écoute les bruits de la forêt.
Le froid pénètre ses os. Le silence l'oppresse. Une petite fumée s'échappe de sa gorge tandis que son souffle anxieux passe la barrière de ses lèvres.

Un cri. Un peu plus loin. Elle se met à courir, les arbres défilent autour d'elle.

Kalén a peur.

Très peur.

Et si quelque chose était arrivé à Osvald ? Et s'il avait lui aussi été attaqué par une acromentule féroce ? Elle court, elle court, sans trouver son ami.
Cet arbre, elle l'a déjà vu. Cette clairière aussi.

Alors elle s'élance à nouveau en sens inverse. Mais l'arbre revient, et la clairière aussi. Plus elle tente de l'éloigner de l'endroit, plus vite il réapparait.
Kalén se met à pleurer dans sa course. Elle doit être victime d'un maléfice qui la fait tourner en rond, ça ne peut qu'être cela. Le bois autour d'elle semble se resserrer, l'oppressant d'avantage. Des centaines de points lumineux s'allument dans l'obscurité et la fixent. Des animaux, des créatures partout autour d'elle. Sur le point de l'attaquer ?

Un nouveau hurlement.
Mais soudain, le ciel s'éclaire. L'aube arrive ! Elle reconnait au loin le cri d'un hippogriffe... et le martèlement de sabots de centaures. Le martèlement se fait plus fort, plus puissant, le sol tremble. La petite, tétanisée, ne peut plus bouger un membre. Ses bras et ses jambes lui semblent lourds, si lourds, alors qu'elle tente, en vain, de fuir.
Bientôt, Kalén est encerclée. Ils sont peut-être une douzaine, menaçants et féroces.

Alors que le soleil se lève à l'horizon, la petite se sent perdue. Les arcs se bandent, les flèches fusent.

La dernière chose qu'elle entend avant de tomber sur le sol humide de la forêt, sont les cris des centaures.





Le sol humide de la forêt. Sa joue.
Kalén se redressa d'un coup. Autour d'elle, tout était noir. Elle se trouvait au pied d'un arbre imposant, toujours au cœur de la forêt interdite. Il lui fallut un instant avant de comprendre que ce qu'elle venait de vivre n'était qu'un rêve. Osvald ! Les runes !

Elle se retourna : il était là, recroquevillé auprès d'elle, comme un gardien protecteur, silencieux et discret. La mémoire lui revint alors, les runes perdues, la course dans la forêt, l'acromentule, la fuite et... aïe... l'arbre...
Kalén se frotta le front avec une grimace. Elle sentit une large bosse sous ses doigts, ainsi qu'une vive douleur lui traverser le crâne. Un liquide chaud coulait de son nez, il ne lui fallut pas longtemps pour constater qu'elle saignait.  Se relevant sur ses coudes, la jeune blairelle tourna la tête vers le garçon qui ne semblait pas l'avoir vu se réveiller. Ils ne se trouvaient pas à l'endroit où Kalén s'était assommée. Il avait du la porter jusqu'ici, pour une raison que la petite ignorait.

Posant doucement sa main sur le poignet d'Osvald, la jaune et noire interpella l'adolescent :

"Osvald...?" dit-elle, presque dans un murmure.

Elle sentit soudain les larmes lui monter aux yeux.

"Osvald, je... je les avais retrouvé mais... tes runes..."

Sa voix s'étrangla dans sa gorge. Elle était sûre de les avoir ramassé avant sa rencontre avec l'araignée. Emplie de honte, Kalén lâcha la main chaude du garçon et chercha sa baguette magique.
Sa baguette magique, sa baguette magique, sa baguette magique ! Où était-elle ?! Elle fouilla frénétiquement ses poches, ainsi que les alentours mais ne parvint pas à mettre la main sur le petit bâton de peuplier.
Les larmes accrurent plus fortement à ses yeux. Sans son amie, Kalén se sentait nue, désarmée, sans défense, à la merci de tous les dangers.

Les dangers... A croire que la forêt s'acharnait contre eux... et que son rêve avait été prémonitoire.

Un grondement sourd au loin annonçait l'arrivée d'un troupeau de chevaux pour qui n'avait jamais mis les pieds dans cette forêt. Mais Kalén ne savait que trop que le caractère des centaures du bois n'avaient rien à voir avec la douceur des équidés...
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Re: Escapade Nocturne

Message par : Osvald Osborne, Ven 20 Oct 2017 - 18:38


L'angoisse me prend aux tripes. Un constat simple se formule dans ma tête. Je les ai perdues. Perdues. Ce mot me fait l'effet d'une lame de rasoir qui ricoche partout dans ma gorge tandis que ses sœurs font de même dans mon cœur, mon ventre, ... Comment est-ce seulement possible ? C'est irréel, j'allais forcément me réveiller, me rendre compte que c'était un cauchemar. Il était tout bonnement impensable qu'une partie de mon être puisse avoir été arrachée de la sorte. C'était aussi absurde que d'éternuer et de perdre un bras sous le choc ! Un membre entier tombant sans raison, sans signes annonciateurs, sans la moindre logique et ... sans la moindre blessure apparente. Un réflexe enfantin me fait me balancer d'avant en arrière, le corps toujours recroquevillé sur moi-même. J'ai l'impression d'avoir simultanément la tête complètement vide et bruyante de vacarme.

Un contact chaud me fait sursauter, mais étant donné ma position actuelle, ça ne se voyait pas trop. Je n'ai pas la force de relever la tête, elle est trop lourde et puis je n'ai pas envie. Je n'ai plus envie de rien. Je me sens vide. J'entends bien la voix de la fille à côté de moi, j'entends bien la tristesse dans sa voix, les remords, ... mais je ne peux toujours pas relever la tête, mes yeux me brûlent et mon corps exprime par les larmes ce que mon esprit n'arrive pas à pleinement réaliser. Je finis par pleurer sans retenue, mon cœur battant de plus en plus fort dans ma poitrine et dans mes tempes.

Sauf que les battements ne viennent pas réellement de moi.

Pour la deuxième fois de la soirée je me dis que je donne une bien piètre image des humains aux êtres de la forêt, puisque je fais face aux centaures les yeux rougis, le nez coulant, tentant vainement d'essuyer tout ça à grands coups de manche. Au bruit qu'ils avaient fait en arrivant on aurait cru qu'une véritable horde venait à notre rencontre, en vrai ils étaient au nombre de trois. Même en ayant les yeux embués de larmes, la beauté de ces créatures me frappe de plein fouet. De l'hyperventilation due à mes pleurs je me retrouve le souffle coupé.

S'avançant plus calmement vers nous - ils devaient avoir vu que non seulement on n'était que des enfants mais en plus qu'on était mal en point - je les observe bouche entrouverte. Celui en tête de file est grand, sa robe de couleur gris foncé, la peau claire et les cheveux noirs. Il n'a pas l'air commode et ses yeux sombres lancent des éclairs dans notre direction, clairement pas content de nous voir là. À sa suite un autre centaure, un peu plus jeune, qui pourrait être décrit comme l'exact contraire du précédent. Une robe et des cheveux blond clair, la peau plus sombre et le visage détendu car le regard tourné vers le haut. Il a l'air de chercher quelque chose dans les étoiles. Le troisième membre de la troupe est beaucoup plus vieux que les autres. Avec une robe brune sombre dénotant avec la blancheur de sa barbe et de ses sourcils, ces derniers surplombant des yeux pâles. Son visage ridé, de loin, semblait ennuyé.

Une fois arrivé à notre hauteur, le gris bat des sabots et grogne mais au moins il ne dégaine ni lance ni arc à flèches ! C'est d'une voix grave et énervée qu'il se met à nous houspiller « Les humains n'ont pas le droit d'entrer sur notre territoire ! Quelle indécence ! »
Sans que l'on puisse répondre quoi que ce soit - enfin surtout moi, c'était moi l'humain après tout - le blond pose sa main sur l'épaule de son camarade, sans déloger son nez des cieux « Chut ! Là ! » tandis que le brun nous regarde troquant son air ennuyé pour un amusement certain.
Le gris grogne d'autant plus mais sans se défaire de la main sur son épaule.
« Mercure et Saturne,
Brillent,
Encore plus vivaces que la lune,
Scintillent,
Et conseillent !
De ne pas te mettre en colère pareille »


Cette fois-ci le gris fait valser la main du poète d'un mouvement de muscle brutal. Faisant comme ci il n'avait rien entendu nous crie dessus à nouveau « Allez vous-en ! Votre place n'est pas ici ! »
« Ce sont des poulains, Tymgon ... » Le vieux centaure s'est rapproché de l'arbre qui nous servait de refuge, dépassant son camarade en colère. Je n'ose pas parler. Je n'ose même pas bouger. Alors quand cet être incroyable se penche vers moi et me touche la joue, je ne  suis capable de rien de plus que d'ouvrir des yeux ronds de surprise. « et des poulains perdus . Regarde-les, les pauvres petits »
« Ils ne sont pauvres et petits que lorsque ça les arrange, les humains n'ont de respect pour rien ni personne, pas même pour les humains eux-même ! »
« Peux-tu marcher ? »
Être ignoré de la sorte ne plut pas des masses au dénommé Tymgon mais il semblait ne pas vouloir s'opposer frontalement avec l'ancêtre. Je hoche la tête à la question de ce dernier. Oui, je savais marcher. Je m'apprête à tourner la tête vers la fille mais le blond se mit à frapper des sabots en murmurant des « C'est mauvais, comme l'odeur féraillée » appuyés par des regards cinglants du troisième centaure.
« Astran, raccompagne le jeune poulain à Poudlard, veux-tu ? »
Sans un mot le blond vient me tirer gentiment par le bras mais ne me regarde toujours pas. Il avance le nez en l'air, sachant parfaitement où il met les pieds - sabots ! - comme s'il connaissait la Forêt par cœur ou qu'il n'avait tout simplement pas besoin de ses yeux pour voir. Et puis continue de parler tout seul, les pupilles tournées vers les astres « La couleur des marais, est clairement à éviter »

Alors que je me fais entraîner par le jeune Astran, j'ai à peine le temps de me retourner pour voir que les deux autres se sont rapprochés et agenouillés auprès de la nymphe. Mais en est-elle seulement vraiment une ? Je n'avais qu'à demander ! Je me tourne vers Astran alors même que je peine à tenir la distance avec lui. Marcher à sa hauteur est difficile puisqu'il avance plus vite que moi avec ses quatre pattes ! Alors ma question se retrouve hachée par ma respiration irrégulière. J'attends une réponse en vain, Astran trop occupé à calculer les astres ne fait pas de même avec moi. Alors je marche en silence.

Les arbres s'espacent de plus en plus, la lumière de la lune est réconfortante et l'air n'est plus chargé de cette lourdeur étrange qui se dépose au fond des poumons. Alors que la lisière approche et que l'on va bientôt se séparer, Astran s'arrête. Sans doute qu'il ne voit pas l'intérêt d'aller plus loin. Je suis peut-être un poulain mais je suis encore capable de marcher pendant quinze mères vers les lumières du château. Je suis sur le point d'arriver à murmurer un simple « Merci » quand ma maigre tentative meurt au fond de ma gorge. Le centaure me regarde. Moi. Directement.
L'intensité de ses yeux marron me fait l'effet d'un maléfice du saucisson et quand il se penche vers moi je retiens mon souffle de peur de faire un impair.
« Longue sera la route,
Ne te précipite pas,
Profonds seront les doutes,
Il ne le souhaite pas,
Au nom de ta moitié,
Le vieil encapuchonné »


Ces mots soufflés sur mon front, je le regarde repartir. Et moi je titube presque, jusqu'aux grandes portes en bois, plus perdu que jamais.



Fin du Rp pour moi :kiss:
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Yoomi Arcaniss
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Re: Escapade Nocturne

Message par : Yoomi Arcaniss, Jeu 4 Jan 2018 - 2:32


Into the woods ft.
Désirée Black

Timidement, Yoomi vint poser sa main sur ce qui devait sûrement être un mur. L'instant suivant, elle sentit un froid l'envahir. Cet endroit était glacial. Pour couronner le tout, sa visibilité était réduite à la pénombre. Qu'est-ce qu'il se passait ? Pourquoi elle ne voyait plus rien ? Soudain. Un flash. La lumière venait de s'allumer telle un projecteur sur la scène. Et quelle scène. La brune voyait un corps par terre. Inerte. Tout autour, un bain de sang. La respiration haletante, elle se rapprocha alors doucement. Sa curiosité avait réussit à faire avancer ses pieds. Sa curiosité ? Non. Elle savait déjà qui était là. Au fond de sa mémoire, cette scène ne lui était pas inconnue. Arrivée à la hauteur du défunt, ou plutôt de la défunte, le sang de l'Asiatique ne fait qu'un tour. Troublée, les larmes lui montèrent bientôt aux yeux. Je-Pourquoi ? lâcha-t-elle d'une voix étouffée.

Un bruit. Un klaxon. Regard vers la droite.
Lumière. Les phares. Une voiture.


Un flash vient interrompre la scène. Un flash qui ne tarda pas à réveiller la Jaune en sursaut. Que venait-il de se passer ? Non, cette question était débile. Elle savait ce qui venait de se passer. Cette scène, elle la connaissait par coeur. Même beaucoup trop. Pourtant, une larme perla sur son drap. Puis une seconde. Et encore une autre. Pourquoi elle devait toujours avoir ce cauchemar ? La main portée à ses yeux, Yoomi essuya ses larmes d'un revers de la main. Un soupiré prononcé, une respiration calmée, la Poufsouffle retourne se camoufler derrière sa couverture. Elle devait retrouver son sommeil. Pourtant, à la seconde où elle fermait les yeux, la pièce se répétait en boucle. Encore, et toujours.

Malgré plusieurs essaies, la jeune femme ne trouvait toujours pas le repos. Compter les blaireaux ? Inutile. La respiration 4-7-8 ? Qui a bien pu inventer ça franchement ? Cette technique était complètement débile. Finalement, la brune rabattit sa couverture avant de s'asseoir au bord de son lit. Le marchand de sable n'était pas de son côté cette nuit, il lui fallait une occupation pour la fatiguer et la faire tomber comme une mouche pour tomber dans les bras de Morphée. Ou en tout cas, elle avait envie de penser à autre chose la petite.

Un bref regard par la vitre. La lueur dans le ciel. L'ombre portée sur les arbres.

Yoomi avait finalement trouvé quoi faire. Elle s'était toujours questionnée sur cette forêt. Pourquoi était-elle appelée "forêt interdite" ? Qu'est-ce qu'il y avait de si défendu ? Sa nature curieuse prenant le dessus, la brune se leva afin d'enfiler rapidement des habits correctes. Munie de sa baguette, là voilà en direction de son but.

Bien entendu, elle avait prit le soin de ne pas être vue ni par des préfets ni par des professeurs. Guidée par la lumière de la lune, là voilà bientôt à la hauteur de l'entrée. L'intérieur ne semblait pas très accueillant, de quoi faire frissonner la demoiselle. Prenant sur elle, serrant sa baguette de la main droite, l'Asiatique finit par franchir le pas. Elle avait sûrement trouvé la force et le courage dans sa curiosité.

Yoomi avançait alors doucement pour pénétrer dans ce lieu lugubre. On racontait au temps jadis que des acromentules vivaient dans la forêt, de quoi ne pas rassurer la Jaune. Pourquoi venait-elle de penser à ça bon sang ? C'est alors que quelques mètres plus loin, elle entendit un son ou plutôt, une voix. Bien que très faible, il s'agissait bien de la réalité et non de l'imagination de la Poufsouffle. Tout doucement, cette dernière s'approcha. Il ne fallait pas qu'on la remarque, et si c'était un professeur ? Ou pire encore, des trolls ?

Malgré la discrétion qu'elle essayait de garder, un CRAC se fit alors entendre, faisant par la même occasion sursauter la brune. Et pas seulement elle sûrement, puisqu'elle était non loin de la voix qu'elle avait auparavant remarqué et qui se trouvait désormais à seulement quelques pas.
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Re: Escapade Nocturne

Message par : Arty Wildsmith, Mer 28 Fév 2018 - 12:08


Dibidi-dibidi-bidou-wa
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Décidément, il commençait à y passer beaucoup de temps dans cette forêt. Il finirait par en connaître pratiquement tous les recoins, à force de mauvaises rencontres et de fuites à toutes jambes. Les arbres alliés qui lui indiquaient le chemin de la sortie vers le célèbre village sorcier, les arbres trompeurs qui faisaient semblant alors que tout ce qu’ils souhaitaient c’était votre perte. Arty pourrait même prendre un petit moment pour tous les nommer, leur coller des étiquettes, ce n’était pas une si mauvaise idée. Alfred, Albert, Antonio, Arthur, et ainsi de suite. Le plus compliqué sera d’avoir effectivement leur accord, leur aval pour savoir si leur nouveau prénom leur convenait parfaitement ou pas. Le cas contraire, en fait, tant pis, ils feraient avec. C’est que ça pouvait être capricieux un arbre. Alors le gamin est là, debout devant un végétal, très haut mais pas très beau. Il réfléchit, les poings sur les hanches, à son baptême. Il en sort Odette de derrière son oreille, il était même question de lui refaire une petite beauté à celui-là. Il existait certains sortilèges de métamorphose, pas trop difficiles et particulièrement adéquats dans le relooking des arbres. A coups sûrs.

Après de longues minutes réflexives devant son projet végétal, le Blaireautin finit par s’asseoir contre le tronc. La solution ne pouvait apparaître qu’après discussion. « Qu’est-ce que t’aimerais au juste ? Avoir des feuilles roses ? Multicolores peut-être ? J’peux faire ça. Gagner en muscles ? Des écorces plus épaisses ? Ouais, pourquoi pas, pourquoi pas. » Quoi que c’était un arbre plutôt cliché, vouloir être coloré et musclé, niveau originalité, on a déjà vu mieux. Le gamin fait alors tournoyer Odette avec ses doigts refroidis. Il s’ennuie en réalité. On l’aura compris. N’avait-il rien à faire, là, maintenant, tout de suite que de parler aux arbres endormis ? Il hausse les épaules à la question de la narration. Non, absolument rien. Ses mèches rebelles se mettent alors à fonctionner telles des antennes. Un œil à droite et l’autre à gauche pour remarquer qu’il ne reconnaissait pas l’endroit. D’où était-il venu exactement ? Ses paupières frissonnent de doute. Serait-il possible qu’il se soit finalement perdu ? « Si j’te donne un corps de rêves, tu m’dis où aller ? » Effectivement, marchander avec un arbre était tout à fait la solution à adopter. Question de survie. On s’allie avec qui on peut.
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Re: Escapade Nocturne

Message par : Asclépius Underlinden, Dim 4 Mar 2018 - 15:10



Le temps est paisible comme de la soie, a l’essence comme une toupie et est aussi cruel qu’un cours d’eau de montagne. Sauvage, en continuité, sans débuts ou fins, autre que des postulats abstraits et culturels. C’est immatériel, intangible. Pourtant, il a une présence physique au sein même des êtres qui lui sont locataires. Certains le ressentent avec plus ou moins d’intensité. Et il y a, enfin, de ces endroits où le temps ne semble pas avoir d’emprise : on les qualifie alors d’intemporel. C’est le cas des forêts. Les arbres paraissent gigantesques, quand la tête est entre les racines, sur un coussin de mousse. Les insectes continuent leur existence, l’araignée tisse sa toile sans perdre un fil. Les feuilles tombent et retournent mourir sur la Terre pour y servir de compost et préparer l’avènement d’une nouvelle vie. Les écorces sont empreintes du passage des années, les troncs sont des témoins qui se creusent parfois pour y abriter quelque chouette : y abriter le symbole de la connaissance. La sagesse habite dans les troncs, et l’air du soir est comme un souffle de renouveau pour celui qui s’est endormi, paisible, à l’abri des tourments. Il y avait probablement un but, pour se trouver là. Il y en a toujours, et c’est toujours le même : la recherche, la cueillette. L’aventure, peut-être. En tout cas, il s’est aventuré bien loin. C’est peut-être perdu, s’est sûrement endormi entre les bras aimants des racines. Mais il ne sait pas quand il s’est réveillé. Il ne sait pas quoi faire, à son réveil, en émergeant des racines engageantes. Il y a la Lune perchée, comme un visage rassurant. Il y a le bruit de la nuit, qui pourtant, lui semble si inquiétant, maintenant.

Les paupières sont trop lourdes, le corps aussi. Il y a quelque chose là aussi, d’intemporel dans la fatigue. Il a du mal, à connaître le repos, et ses pas sont hésitants : ses mains s’accrochent aux troncs qui deviennent peu à peu des béquilles sur son passage. Des aides bienvenues, des poussées en avant, ou bien quelque chose comme une dynamique qui le dépasse. Mais tout est dépassé, et ses pas sans chaussures ni chaussettes errent dans la forêt. Il y a les cris des animaux, plus loin, il y a les bruits à éviter. Il y a les souvenirs de ses derniers passages en forêts nocturnes, mais ça lui apparaît par petits filaments de pensées. Vaguement, il s’interroge sur son utilisation de sa pensine, mais a tôt fait d’oublier tandis qu’il suit le chemin indiqué par la Lune. Sans trop savoir pourquoi. En sachant juste.

Un autre arbre lui sert d’appui, une autre étape : probablement la dernière pour l’instant, ou la plus difficile. Dans un coin, il y a un enfant, comme lui, peut-être perdu, peut-être pas. Peut-être a-t-il un nom, peut-être ne doit-il pas le connaître, pas savoir pour ne pas être emporté. Il y a l’hésitation de la rencontre, mais, finalement, tout se fait par impulsion : « - Les golems ne sont pas des guides. Ses yeux de lacs sont sans verre teintés : il fait en sorte de ne pas le regarder dans les yeux, de regarder vers le haut, vers les feuilles. Perdu, éperdu, épervier… On devrait pouvoir réussir à s’envoler pour rejoindre la tour. Impulsion. Ton nom est le secret : quel est-il ? »
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Re: Escapade Nocturne

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