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Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Invité, Ven 13 Avr 2012 - 14:54


Est-ce que le chartier savait parler ? La réponse était pourtant évidente. Quoi que... Pouvait-on parler de paroles pour un animal qui ne servait à rien et qui ne faisait qu'insulter les gens ? Probablement pas... Elle sourit en le regardant, il oubliait une différence majeure entre le perroquet et le chartier...

- Parler, je ne sais pas, ils sont plutôt fait pour insulter... Et il y a une grande différence entre eux et le perroquet. Les perroquets ne font que répéter ce que l'on dit, les chartiers eux, n'ont besoin de personne pour balancer leurs injures.

La jeune femme n'avait pas manqué de voir le frisson qui l'avait parcouru lorsqu'elle avait parlé de l'écorcher vif. Pour le coup, ça la blessa un peu qui la pense capable de lui faire une telle chose. Elle était grande bouche, n'hésiterait jamais à aller au combat et à faire souffrir ses adversaires, surtout s'ils s'agissaient des mangemorts, mais elle était plutôt douce avec les autres personnes... Elle ne s'en était encore jamais prise à quelqu'un par plaisir, c'était toujours pour se défendre... Exceptée la fois où elle s'était battue avec Céleste, mais cela remontait à des années à présent et les deux sorcières avaient fait la paix depuis.

Le "Madame" la fit grimacer. Elle avait horreur de cela, surtout quand on bossait avec elle à la boutique. Elle avait du supporter cela quand elle avait travaillé pour Actarius au Ministère, quand elle avait été professeur (bien que sa carrière fut interrompue très vite) mais elle ne supportait pas cela ici ! C'était ce lieu qui l'avait fait grandir, elle y avait découvert une famille, d'ailleurs, c'était à présent une affaire familiale, puisqu'elle la gérait avec son frère.


- Valens, je te l'ai déjà dit, ici, tu m'appelles Alicia et tu me tutoies. Qu'à Poudlard, tu ne le fasses pas, c'est très bien, mais ici, c'est un autre univers...

Elle réfléchissait déjà à ce qu'elle pourrait faire pour le lui faire comprendre, une bonne fois pour toute. Elle avait horreur qu'on la vouvoie et qu'on l'appelle Madame... Elle n'avait même pas atteint la quarantaine que diable ! Et si on lui répondait que c'était une marque de respect, elle péterait un câble. Car le respect pouvait se manifester de plusieurs façons et par des façons qu'elle appréciait bien plus !

- Oh, mince à la fin ! Tu me tutoie, j'en ai marre du "vous" ! Et ne t'en fais pas, même à 30 ans, tu continueras d'apprendre, car la vie est faite comme ça...

Après tout, elle-même en apprenait encore...
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Valens Fenwick
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Valens Fenwick, Ven 13 Avr 2012 - 17:43


Ainsi donc, contrairement aux perroquets, les chartiers n'avaient pas besoin d'avoir entendu ces injures pour les proférer. Et ils ne prononçaient aucune paroles mis à part ces insanités? C'était intéressant. une particularité étrange qui soulevait pourtant une question. Il n'hésita pas à la poser à sa patronne. Pouvait-il y avoir une forme d'apprentissage qui ne se basait pas sur l'absorption des connaissances oralement ou par voie écrite?

Mais alors, si ce ne sont pas des mots entendus qu'ils répètent, comment ont ils appris la pléthore d'injures qu'ils prononcent?

Elle sembla par contre fâchée du ton qu'il employait avec elle. C'était pourtant un ton des plus poli et empreint d'un respect solennel. Un respect qui était loin de pouvoir se justifier à ses yeux pour beaucoup de monde excepté pour elle et quelques rares individus qu'il respectait réellement. Elle exigea alors qu'il l'appelle par son prénom et la tutoie.
Il ouvrit alors grand les yeux et un voile passa devant eux. Sa main commença alors à trembler légèrement tandis qu'une lutte intérieure faisait rage en lui. Son coeur battait la chamade et il déglutit difficilement. Il ne pouvait pas, il ne pouvait juste pas. Il ne fallait pas. Ce n'était pas...
Mais d'un autre côté, cela semblait lui tenir à coeur. Et il voulait combler ses attentes... à tout prix? Pas certain, le prix exigé ici est terriblement élevé, il sentait déjà son passé revenir à la surface et la colère faire craqueler sa prison au fond de son âme. Prenant une grande inspiration, il se lança. Une phrase simple, toute simple, mais un gouffre s'ouvrit entre elle et lui.

Si tu...

Sa voix douce mourut sur ses lèvres alors que son visage se crispait dans un masque de douleur et de peur. Il s'étreignit les avant-bras de ses mains et recula d'un pas en arrière. Son visage avait retrouvé un aspect normal mais ses yeux restaient clos et il respirait difficilement...

Veux...

Lorsque elle mourut cette fois, il se plia légèrement en avant, soustrayant à la vue de sa Directrice le masque de douleur posé sur sa face. Ses dents étaient serrées et il fit encore un pas en arrière. Quelques instants plus tard, sa machoire se desserra et malgré son souffle court, il fit un nouvel essai. Mais sa voix douce se fit au contraire rapide et précipitée, car la panique sourdait en elle et investissait progressivement son esprit.

Alicia, désolé, je ne peux pas te...

Cette fois ci, il expira tout l'air de ses poumons et s'effondra en arrière. Il s'étreignait toujours les avant-bras alors qu'il heurtait le sol. Il se recroquevilla sur lui même et ne sembla plus faire de tentative. Au dessus de sa machoire crispée, ses yeux restaient grand ouvert sans jamais cligner et une unique larme glissa du coin de son oeil pour dériver vers son oreille. Il avait échoué.
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Invité, Ven 13 Avr 2012 - 20:58


Mais alors, si ce ne sont pas des mots entendus qu'ils répètent, comment ont ils appris la pléthore d'injures qu'ils prononcent?

Un éclat de rire et un regard attendrit plus tard et la jeune femme, retrouvant son élève plus curieux que jamais, lui expliqua qu'elle n'en avait strictement aucune idée. Pour la simple et bonne raison qu'elle avait toujours évité de se tenir près des chartiers, autant pour sa santé mentale que pour la santé des animaux. Néanmoins, elle lui promit de se renseigner auprès de son frère pour avoir de plus ample détails, si jamais...

Le comportement de son stagiaire l’inquiétât, il tremblait, semblait avoir du mal respirer et Alicia commençait sérieusement à s'inquiéter. Il lui faisait quoi là ? Une crise de panique ? Mais panique de quoi ? Impuissante, elle assistait à la crise de son Serpentard, cet enfant auquel elle s'était attachée au fur et à mesure qu'elle le fréquentait... Lorsque Valens tomba à la renverse après l'avoir appelé par son prénom et tutoyé, la jeune femme n'hésita pas un instant avant de se précipiter à son chevet. Elle avait peur qu'il lui ait fait un sale coup, il était tout crispé et elle n'avait même pas l'impression qu'il respirait. Après avoir regardé rapidement s'il était toujours en vie ou pas, elle vit la larme qui coula de sa joue à son oreille, lui brisant le coeur.

Elle n'avait strictement aucune idée du pourquoi de cette réaction mais l'important pour elle était surtout de réconforter le jeune garçon. Elle se mit à genoux à ses côtés, puis le tira vers elle et le prit dans ses bras. Elle resta un long moment comme ça, à le câliner et à tenter de lui faire comprendre que le fait qu'il ne puisse pas la tutoyer n'était pas si grave au fond. Sa main caressait les cheveux du petit stagiaire, comme elle l'aurait fait avec son fils ou ses filles. Ses habitudes de mère ressortaient toutes seules et elle les appliquait sans même s'en rendre compte avec son élève.


- Chut, calme-toi, ça n'est pas grave...

Elle ne dit rien de plus, se contentant de le serrer contre elle et de tenter de l'apaiser autant qu'elle le pouvait. Dans sa tête, les questions fusaient cependant. Elle s'interrogeait sur sa réaction, sur le pourquoi tutoyer quelqu'un alors que c'était la personne qui le lui demandait lui donnait ce genre de réaction, ce genre de crise... Est-ce que ça se produisait souvent ? Les parents du jeune garçon ne s'en inquiétaient pas ? Declan lui aurait fait ça, ça aurait fait longtemps qu'elle aurait cherché à comprendre, quitte à aller chercher Septimus dans le patelin dans lequel il lui avait donné pour la dernière fois de ses nouvelles... Elle aurait même fait venir sa soeur d'arme médicomage ! C'est dire ce à quoi elle était prête, puisqu'elle ne confiait pas ses enfants à n'importe qui, quand bien même elle aurait toute confiance en ces personnes, elle aurait énormément de mal à le faire...
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Valens Fenwick, Sam 14 Avr 2012 - 9:58


La particularité des chartiers restait donc un mystère du fait même de l'aversion que celle ci provoquait. Il y avait fort à parier que la plupart des gens formuleraient la même réponse. C'était un comportement humain normal et induisait une généralité dans les réactions obtenues. Etait-ce un mécanisme de défense? Cela protégeait-il un secret? C'était difficile à dire. Mais ce genre de particularité étaient rarement developpée sans raison. Toutefois, le rire d'Alicia lui fit chaud au coeur et justifiait amplement à lui seul la question qu'il avait posé. Et son regard... Avait-on déjà posé sur lui un tel regard?

Mais la situation avait basculée ensuite pour tomber dans un cauchemar éveillé. Les extrémités dans lesquelles il avait été poussé eurent raison de sa résistance et il restait là à reposer sur le sol, des flammes dansant derrière ses yeux grands ouverts. Car les images de son passé venaient recouvrir partiellement la scène réelle qu'il voyait et transformait ce doux cocon en cauchemar éveillé. Il se sentait figé, incapable d'être autre chose que le témoin passif de sa propre déchéance tandis que venaient le hanter les douloureux instants qu'il préférait dissimuler et oublier, les instants qui avaient formé son quotidien des quinze dernières années...

Cependant Alicia eut un réflexe inattendu, une forme de compassion, de sympathie et d'amour maternel qu'il ne connaissait pas. Afin de l'arracher à son mal, elle le prit dans ses bras, le calina, le réconforta. La mère qu'elle était se montrait sensible à la souffrance qu'il éprouvait et essayait de la lui ôter à grand renfort d'amour. Cette réaction inédite eut l'effet escompté sur l'élève. Au millieu des flammes qui venaient le ronger naquit une brume douce et soyeuse qui se propagea rapidement, éteignant au passage flamme après flamme. Progressivement, ses souvenirs refluèrent au fond de sa mémoire, sa colère fut repoussée dans la prison de son âme et la douleur s'apaisa. Peu à peu, ses traits se relâchèrent et un apaisement se propagea en lui. La seule trace que cette scène avait vraiment eu lieu étaient ses mains qui étaient toujours refermées autour de ses avant bras. Il venait de faire pour la première fois l'expérience de ce que pouvait être un amour maternel et ne pouvait que constater son effet fulgurant. C'était donc cela que vivaient la plupart des enfants? Sans le vouloir, une once de jalousie se propagea et il ne la réprima qu'à grand peine. Comme il aurait voulu une enfance avec une telle mère...

Apaisé, il était maintenant partagé entre une reconnaissance sans borne et la honte de la facette de lui même qu'il lui avait montré. Il aurait voulu qu'elle garde de lui l'image de l'élève studieux et volontaire, celui qui ne craignait pas les efforts et était prêt à aider les autres. L'image qu'il venait de lui donner était celle d'un pantin désarticulé qui vacillait au sujet d'une broutille qui semblait naturelle à la plupart des gens. D'un autre côté, aurait-il jamais connu cette expérience merveilleuse sans cela? Ces deux sentiments contraires prirent tour à tour la parole, mais dans les deux cas, sa voix était redevenue douce et posée. Toutefois, cette situation était si nouvelle que les mots ne furent pas faciles à trouver.

Je... Merci. Merci infiniment. C'est la première fois que l'on agit de la sorte à mon égard.
Pour le reste, je suis navré. Je ne peux pas. C'est interdit. Je n'ai pas été forgé pour cela.


Ses paroles étaient plutôt énigmatiques pour ceux qui ignoraient tout de leur contexte. Mais même en n'en sachant rien, quiconque pouvait s'apercevoir que ce choix de mots n'augurait pas grand chose de bon. Ce n'était pas les termes qu'un enfant normal aurait choisi. Et le dernier n'était pas un terme que quiconque aurait choisi. Ce qu'ils dissimulaient pouvait dès lors provoquer une inquiétude et un frisson.
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Invité, Dim 15 Avr 2012 - 13:58


Peu à peu, son stagiaire s'apaisa dans ses bras, elle sentait les muscles du jeune garçon se relâcher peu à peu. Elle se retrouvait dans une situation similaire que celle qu'elle avait avec ses enfants lorsque l'un d'eux avait une grosse frayeur. Cela dit, la réaction de Valens était tout bonnement incompréhensible. Jamais encore on avait fait une crise pareille parce qu'on nous demandait de tutoyer une personne et de l'appeler par son prénom... Il y avait autre chose là dessous, c'était évident dans l'esprit de l'ancienne verte et argent.

D'ailleurs, Valens le lui confirma sans le vouloir, alors qu'il lui avoua que jamais encore il n'avait reçu une telle marque d'affection. Elle était déjà choquée que personne ne l'ait pris un jour dans ses bras, mais en plus, les termes qu'il employa ensuite lui firent froncer les sourcils. Parce que cela sous-entendait qu'il subissait un "entraînement", une sorte d'éducation tellement stricte, comme si l'on cherchait à le mettre dans un moule bien précis, sans tenir compte de ses envies, de ses choix et surtout de l'être qu'il était. Cela mettait en rogne la gérante, c'était la seconde fois qu'elle était confrontée à un enfant qui subissait cela, à la différence que la dernière fois, l'enfant en question avait eu le soutien de son père apparemment... Or, pour son stagiaire, ça ne semblait pas être le cas.


- Chut, ne t'en préoccupes pas. Ce n'est pas bien grave... Lui dit-elle tout en continuant de lui caresser les cheveux, dans un geste qu'elle avait eu et avait encore avec ses propres enfants. Elle ne dit strictement rien durant quelques minutes avant de reprendre la parole : Tu veux me parler de la raison qui a fait que tu as paniqué autant ? Sa voix était douce et calme, alors même qu'elle sentait la colère monter en elle rien qu'à imaginer ce qu'il avait vécut et vivait peut-être encore... Je suis là pour toi, si tu as besoin... Que ça soit d'une oreille pour t'écouter, d'une paire de bras pour te réconforter ou d'une personne pour t'héberger, tu peux compter sur moi.

Elle le pensait. De toutes ses forces. Parce qu'elle avait une imagination plus que développée, qu'elle envisageait tous les scénarios possibles et parce qu'elle savait très bien que quand on était en galère, quand la vie était extrêmement dure, avoir quelqu'un sur qui compter et qui serait là pour vous, c'était une chose qui permettait de faire face. Et si elle pouvait être cette personne pour Valens, ça serait avec plaisir.
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Valens Fenwick, Dim 15 Avr 2012 - 18:01


La voix douce d'Alicia et sa main passant délicatement dans ses cheveux achevèrent d'apaiser l'élève. Sa respiration se fit plus calme, plus pronfonde, comme s'il rentrait dans une méditation. Ses yeux n'étaient plus grands ouverts mais clos sans une seul crispation. Seules ses mains restaient obstinément posées sur ses avant-bras. L'attention et la douceur de sa patronne était quelque chose qu'il expérimentait pour la première fois et qui le désarçonnait. Il n'avait jamais compris que cela pouvait lui avoir manqué jusqu'à ce jour, mais il réalisa dès à présent combien c'était important.

Elle lui demanda après un certain temps s'il pouvait lui expliquer ce qui c'était passé, pourquoi quelque chose d'uassi simple et naturel l'avait tant déstabilisé, l'avait poussé ainsi à la panique et réagir aussi brutalement. Il eut alors un temps d'arrêt et raffermit sa prise sur ses bras, seule trace pour le moment de sa lutte intérieure. Habituellement, il aurait prétexté n'importe quoi, il serait resté le plus évasif possible et aurait prononcé quelques paroles sybillines. Habituellement, il s'en serait sorti d'une pirouette en laissant derrière lui plus de questions que de réponses. Habituellement, il aurait détourné la conversation ou se serait lui même détourné pour ne pas avoir à faire face, pour ne pas risquer de braver un autre interdit.

Mais il était à ce moment dans un état de détente qu'il n'avait encore jamais connu et n'était pas sur le qui-vive comme il l'était en permanence. Il était par les bons soins d'Alicia loin de toute méfiance et de toute résistance. Pourtant il savait que c'était là un point de non retour. Il savait qu'au delà de ces révélations, elle ne pourrait plus le voir de la même manière. Mais étrangement, il lui faisait confiance et à ce moment, cette image le dérangea moins que lorsque Ahlys le lui avait demandé. Il pensait... Il espérait... Il voulait qu'elle sache le voir selon ce qu'il voulait être et non selon ce que d'autres avaient fait de lui. Elle l'assura de son soutien inconditionnel en maints domaines et cela finit d'abattre ses dernières réticences. Gardant toujours les yeux clos, il prit une inspiration plus profonde que jamais avant de se livrer peu à peu. Mais la propre horreur qu'il s'inspirait lui donnait quelques difficultés pour s'exprimer de façon directe.

Ils me l'ont dit, ils me l'ont répété. Je n'étais pas un enfant. J'étais un outil en devenir, un outil qu'ils leur fallaient forger à la perfection avant de pouvoir l'utiliser. Alors c'est ce qu'ils ont fait, c'est exactement ce qu'ils ont fait, encore et encore. Ils ont modelé leur outil à la moindre incartade par rapport à ce qu'il devait être. Tutoyer était l'un de ces interdits, gravé dans ma chair et dans mon âme. J'ai été forgé ainsi, littéralement, et je ne peux que m'en souvenir horriblement, ressentir à nouveau ces sensations si je tente de braver cet interdit.

De ses yeux clos, une larme perla à nouveau et glissa le long de son nez vers la commisure de ses lèvres. Ses mains s'étaient serrées brutalement sur ses avant-bras et sa machoire resta un moment serrée tant et si bien qu'un silence s'installa. Ce n'étaient là que quelques mots, mais il ne pouvait en dire davantage sans reprendre ses esprits. Il ne pouvait en dire davantage sans laisser d'abord refluer la douleur qui infusaient de ses bras pour se propager dans son corps. Il ne pouvait en dire davantage avant d'avoir balayé de son esprit les images fantomatiques qui s'imposaient malgré ses paupières closes. Mais il resta détendu entre les mains de sa directrice, en tout cas plus que tous les jours passés de sa vie.
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Invité, Lun 16 Avr 2012 - 14:00


Elle l'écouta se confier, sans rien dire, alors même qu'elle n'avait qu'une envie, se lever et aller mettre une raclée aux parents de son jeune stagiaire. On avait pas idée de faire ça à son enfant... Alicia avait une sainte horreur de toutes les formes de maltraitance ou d'abandon envers les gens... Sans doute parce qu'à quelques jours d'existence, son propre père l'avait abandonné dans la neige, par une froide nuit de janvier, là laissant sans protections. Elle aurait pu en mourir si Roxanne Rogue n'était pas passée par là.

Sa propre expérience resurgissait dans la tête de la jeune femme, elle qui avait du faire face à la mort de ses parents adoptifs et à la saisie de tous ses biens le jour de son anniversaire, elle qui avait du ensuite se débrouiller pour survivre. Elle avait réussi. Elle avait eu le soutien indéfectible de Céleste à l'époque, celle qui était sa meilleure amie l'avait soutenu tout comme la Serpentard l'avait fait pour elle. Alicia resserra son étreinte sur Valens. Baissant les yeux, elle remarqua alors que le jeune homme pleurait silencieusement. Elle avait mal pour lui, en plus de sa colère et ça n'était jamais bon pour les coupables la plupart du temps.


- Tes parents sont des abrutis. Je ne sais pas ce qui leur est passé par la tête, mais je te jure qu'ils risquent d'avoir d'assez mauvaises surprises... Lui dit-elle tout en essuyant ses larmes avec sa main droite, la gauche restant sur les cheveux du garçon. Sache que tu es le bienvenue à la boutique ou chez moi, si tu souhaites t'éloigner autant que possible d'eux.

Septimus dirait encore qu'elle recueillait tous les chatons abandonnés, mais elle ne pouvait décemment pas laisser Valens aux mains de ses géniteurs. Car oui, ils n'avaient rien de parents aux yeux de la gérante. Pour elle, un parent s'occupait de son enfant, lui apprenait à lire, écrire, parler, à s'amuser et à aimer. Pas à devenir une machine, une coque vide de toutes émotions. Elle allait donc tout faire pour que le gamin s'en sorte et découvre autre chose, la vraie signification du mot parent par exemple.

- Je ne te laisserais pas avec eux...

Cette phrase murmurée sortait du coeur. Alicia ferait vraiment tout pour qu'il ne soit plus avec cette famille horrible. Famille qui semblait arrogante au possible et très orgueilleuse... Tout ce qu'elle exécrait en quelque sorte. Un soupir lui échappa. La route serait longue pour qu'il oublie cette éducation calamiteuse qu'il avait eu. Mais impossible ne faisait pas partit du vocabulaire de la jeune femme, aussi elle savait qu'avec de la patience et de la tendresse, elle y parviendrait. Foi de Newman.
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Valens Fenwick, Lun 16 Avr 2012 - 19:41


Son ange gardien le garda dans ses bras, serré contre elle, protégé et en sureté, à l'abri de tout mal. C'était comme si on l'avait extrait des flammes pour le faire reposer dans l'eau. Nul cri, nul heurt, nul mal ne semblait pouvoir l'atteindre et il se détendit un peu plus. Enfin, il finit par se lâcher les avant-bras qu'il avait jusqu'à présent gardé fermement et obstinément serrés dans ses mains. Ceux ci tombèrent à ses côtés, révélant un instant que sous sa robe de sorcier il portait un maillot d'une matière assez élastique et ajustée qui lui couvrait les bras jusqu'aux poignets. Les robes de sorciers n'étaient pas réputées pour être froides et c'était là plutôt inhabituel de se couvrir en cette saison. Mais il existait d'autres raisons pour lesquelles on pouvait se couvrir, d'autres raisons que l'inconfort de la chaleur ne pouvait jamais outrepasser.

Elle s'adressa à lui en vociférant à l'encontre de ses parents. Elle semblait parler en harmonie avec sa propre colère qu'il ressentait et qu'il tentait de garder prisonnière au fond de son âme. Le jour de son admission, il avait cru que le choixpeau l'avait envoyé à serpentard à cause de cette colère. Il avait cru que le choixpeau avait considéré que cette colère était ce qu'il était vraiment, et non pas cette personnalité qu'il avait choisis de construire seul, lui même. Il en avait tout d'abord conservé de la rancœur. Mais ce n'était plus le cas aujourd'hui. Ses propres réflexions et l'avis de ses amis l'avait amené à comprendre que ce choix n'était pas basé sur cet état de fait et qu'il pouvait réellement être celui qu'il avait décidé d'être. Il était depuis résolu à ce que personne ne puisse choisir à sa place ce qu'il devait être. Seulement... Une appréhension était née de ces réflexions.

Elle essuya de sa main la larme qui parcourait son visage et il poussa un soupir. Cette caresse le plaçait au dessus de l'eau, loin dans le ciel sur un petit nuage qui survolait toutes les formes de peurs qu'il pouvait éprouver et redouter. Elle lui assura qu'il aurait toujours un endroit où aller, qu'elle ne les laisserait pas entre leurs mains. Il formula alors la crainte qui l'avait étreint, celle qui faisait planer une sourde menace qui prendrait toute sa réalité une fois l'année écoulée.

Merci, je... La fin de l'année... Ils m'ont envoyé pour finaliser mon apprentissage... Ils vont rectifier les influences parasites, néfastes et indésirables de l'école... Il vont effacer ce que j'ai choisis de construire par moi même, ils vont détruire la personnalité indésirée de leur outil, celle qui est née et s'est développée ici. La forge va lisser les aspérités et plonger dans l'oubli ceux que j'ai connu. Et malgré toute ma détermination et ma colère, je ne sais pas s'il restera quelque chose de moi ensuite, je ne sais pas si je pourrais enfouir assez profondément en moi mes trésors les plus précieux.

Il avait essayé de ne pas penser à l'inéluctable issue de sa scolarité et à l’ineffable destin qui l'attendait ensuite. Mais un espoir naissait alors et, avec l'espoir, la panique de ce que ce destin représentait. Il serra les poings, ses ongles meurtrissant la chair de ses paumes. Il sentait déjà le supplice de la forge se propager en lui et le vider de sa substance. Il se demanda alors si cela était une petite mort ou si c'était au contraire une destinée pire que de simplement perdre la vie. On ne savait guère ce qui se cachait derrière le voile de la mort, mais cesser tout simplement d'exister ne semblait pas de son point de vue un sort plus enviable...
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Invité, Lun 16 Avr 2012 - 20:48


Enfin, il se détendit complètement et relâcha enfin ses avant bras qui retombèrent le long de son corps, révélant ainsi un tee shirt à manches longues sous la robe de sorcier. Chose complètement inutile avec les robes sorcières qui étaient conçues pour tenir relativement chaud à celui qui en portait. Raison pour laquelle Alicia préférait ses vêtements moldus... En attendant, elle s'interrogeait sur le pourquoi et l'utilité de ce long tee-shirt. Se pourrait-il que ? Non ! Ils n'auraient tout de même pas osé ?!

Partagée entre un sentiment d'horreur et de colère, la jeune femme serra Valens un peu plus contre elle. Elle avait pris sa décision, à lui de faire son choix, mais elle ne le laisserait pas repartir comme ça. Bigre, s'il tenait à rentrer chez ses géniteurs, elle était même prête à lui donner des cours de combats ! Ce qui serait dangereux pour elle car il commencerait certainement à se poser des questions sur où elle avait appris tout ça etc... Cependant, pour son stagiaire, elle était prête à prendre le risque. Ayant une sainte horreur de toutes ces situations de maltraitance, la gérante ferait n'importe quoi pour éviter que cela se reproduise, surtout envers ce garçon auquel elle s'attachait de plus en plus, comme si un lien spécial les reliait.

Ce qui lui confia ensuite manqua de la faire sortir de ses gonds. Non vraiment, il ne retournerait jamais là-bas, elle se le jurait ! De toute façon, à la fin de la scolarité de Valens, elle demanderait un entretien avec ses parents, pour se faire une idée plus précise, puis elle ouvrirait les portes de son manoir au jeune Serpentard. Quant à ses parents, enfin, ses géniteurs même, elle s'en occuperait. Elle avait encore quelques relations au Ministère et Ismaël était l'un de ses anciens collègues, il l'écouterait certainement plaidoyer en faveur de son stagiaire. Pas dit qu'il abonde dans son sens cela dit...


- Écoutes moi bien Valens, à la fin de tes études ou même maintenant si tu le souhaite, tu as un endroit où aller. Que dis-je... Tu en as deux ! La boutique et ma maison te seront toujours ouverts et si jamais ils cherchent à venir te chercher ici, je te jure qu'ils auront de graves soucis...D'ailleurs, je vais organiser un entretien avec eux... J'aimerais bien les connaître... Dit-elle avec un sourire annonciateur de mauvaises nouvelles.

Il la connaissait assez pour savoir que ça n'était pas des paroles en l'air. Ce qu'elle disait, elle le faisait. Et portée par sa colère, elle était encore plus dangereuse qu'en temps normal, ce que beaucoup avaient malheureusement expérimentés. Mais on ne s'en prenait pas impunément à quelqu'un qui faisait parti de sa famille ! Une claque mentale et un choc plus tard, Alicia se rendit compte de ses pensées... Oui, elle commençait vraiment à considérer Valens comme un membre de sa famille. Comment en était-ce arrivé là, elle n'en avait strictement aucune idée, mais c'était le cas...

Septimus allait lui faire une attaque quand il serait mis au courant de la situation, s'il revenait un jour. Mais il l'accepterait. Déjà pour faire plaisir à sa femme, mais aussi parce qu'il avait beau être sec par moment, il ne resterait pas de marbre face à l'histoire de Valens.
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Valens Fenwick, Mar 17 Avr 2012 - 1:36


Elle le protégeait, elle l'accueillait chez elle, elle prenait soin de lui, elle lui offrait un avenir. Un élan sans bornes de gratitude s'empara un instant de l'élève qui à son tour jaillit pour la prendre également dans ses bras en ouvrant cette fois les yeux. Quelques mots accompagnèrent cette embrassade, quelques mots plutôt simples au vu de ses habitudes, mais qui témoignaient à eux seuls de ses sentiments.

Merci Alicia, je vous dois davantage que ma vie.

Cependant, cette phrase qui aurait du faire naître un sourire sur le visage de sa Directrice, eut un autre effet qui n'était pas escompté. Alors que ses bras se refermaient vivement et fermement sur sa bienfaitrice, des sensations la parcoururent malgré le tissu de son vêtement et celui de sa robe. Contre ses côtes et contre son dos, elle put sentir de façon très nette, trop étant donné les couches de tissu, ce que jusque là le serpentard cherchait absolument à cacher. Car ses bras n'étaient plus recouverts que de dunes et de cratères, la chair fondue avait tant de fois été brûlée par d'innombrables sévices cruels qu'elle n'avait jamais vraiment pu s'en remettre, ces stigmates couvrant à jamais son corps comme son âme. Elle aurait pu jurer qu'à certains endroit, la chair avait fondu jusqu'à l'os qui affleurait la peau. La chaleur et les flammes avaient toutes ces années répété inlassablement leur office, le marteau avait manifestement fait le reste. C'était peut être là la partie de son corps qu'il tenait le plus à cacher, mais pouvait-elle réellement s'empêcher de penser à ce que pouvait être le reste de son corps?

Valens la sentit se raidir sous lui et ne fut pas long à en comprendre quelle pouvait bien en être la cause. Il frissonna à l'idée qu'il venait de révéler ce qu'il tenait à garder secret. Pourrait-elle le voir à présent autrement que comme le monstre qu'il était, la chose qu'on avait fait de lui? Une de ses craintes revint à la surface, la crainte qui lui demandait de faire montre d'une certaine pudeur envers ceux auxquels il tenait. Il était persuadé qu'à présent dans son regard, elle verrait la créature que l'on avait forgé contre son gré et non plus l'être qu'il s'efforçait de devenir, celui qu'il avait choisi d'être en dehors du contrôle minutieux de ses parents. Il la regarda un instant avec un regard paniqué avant de baisser la tête.

Je ne suis pas... Je veux... Ce que je choisis d'être...

Mais quels mots pouvaient expliquer sa pensée? Quelle explication faisait le poids face à l'horreur de ce qu'il était? La mort dans l'âme, il laissa les mots affluer sans les contrôler afin de pouvoir lui expliquer sans barrage, sans conditionnement et sans restriction autre que le caractère de ces phrases issues de son âme...

Au coeur du feu, à la lueur des flammes,
Ma chair à nu, vient révéler mon âme,
Qui dans le creux, de ses membres brûlés,
Craint d'avoir vu, son être liquéfié.

Entre la peau, et le coeur de mes os,
Résonnent en moi, chaque coup de marteau.
Mes deux bourreaux, ne pensent pas à mal,
Lorsque mon glas, sonne un coup infernal.

Lente agonie, que je ne peux hurler,
Moi, modelé, l'outil se fait forger.
Douce folie, je ne puis plus choisir,
Ce que brisé, je pourrais advenir.

Mais dans ce drame, à l'abri de vos yeux,
Je n'ai qu'un voeu, mourir libre et heureux.
Je ne réclame, que de rester moi même,
Cela au lieu, de l'horrible blasphème.

Toi Alicia, qui perce mes sercrets,
D'une main douce, d'une voix apaisante,
Apporte moi, ta lumière sacrée,
Chasse la frousse, en moi tornitruante.

A la guerrière, qui ne veut reculer,
Qui en ce jour, me permet d'avancer.
De ta colère, tu viens me délivrer,
Par ton amour, des cendres je renais...


Lorsque elle parla de ses parents, il y avait une sorte de colère dans sa voix, une volonté inébranlable qui sourdait au travers de ses mots. Mais ce qu'elle proférait était dangereux, très dangereux. Une mise en garde s'imposait. Il secoua la tête.

Evitez les, évitez les autant que vous le pouvez. Ils sont retors, très retors. Ils ont été forgés ainsi... Ma trahison me vaudra déjà un sort bien peu enviable mais tous ceux qui me soutiendront y risquent leur âme. Le discrédit est la première étape mais la seule qui soit publique, les autres sont plus mesquines.

Il voulait fuir, se cacher, exister. Mais ce qu'il voulait le moins était de conduire les gens auxquels il tenait, et spécialement Alicia, à leur perte...
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Invité, Mar 17 Avr 2012 - 14:17


Un sourire éclaira le visage de la jeune femme lorsque Valens se jeta à son coup spontanément, lui montrant qu'il n'avait pas perdu son âme d'enfant malgré tout, loin de là. Cependant voilà, elle put aussi très vite sentir contre elle les bras du jeune garçon qui n'étaient pas ce qu'ils auraient du être. Ces abominables géniteurs lui avaient fait subir mille supplices, et si elle devinait bien, ils avaient été jusqu'à brûler la chaire de leur propre enfant... Tout ça pour quoi ? Pour être tel qu'ils le voulaient ? Mais se rendaient-ils compte que chacun était différent ? Que chacun avait son caractères, ses envies, ses goûts... Plus elle sentait les bras de Valens autour d'elle, plus elle se raidissait, sa colère grandissant au fur et à mesure qu'elle enregistrait tout ce qu'elle sentait à travers cette étreinte.

Cependant, le regard paniqué qu'il posa sur elle lui fit comprendre que sa réaction lui faisait peur. Mais de quoi exactement ? Elle était furieuse, mais après ses géniteurs, pas après lui... Et c'est là qu'elle se rendit compte qu'il s'agissait aussi peut-être de tout autre chose. Il lui avait confié ne jamais avoir eu de câlins avant... Et donc logiquement, le premier câlin dont il était à l'origine, c'était celui-ci... Et elle, elle se raidissait. Pour le coup, elle se serait giflée. Qui sait ce qu'il se passait dans la tête de l'enfant... Avant qu'elle n'ait pu lui dire quoi que ce soit, il se mit à réciter un poème, qu'elle savait être l'un de ceux qu'il se plaisait à faire. Profondément touchée de voir comment il la considérait, elle resserra son étreinte sur lui. Avait-il seulement remarqué que depuis tout à l'heure, il avait non seulement réussi à l'appeler par son prénom mais l'avait aussi tutoyé dans son poème ? Probablement pas.

La mise en garde la fit rire. À, ils pouvaient être retors hein ? Oubliait-il qu'il parlait à la directrice de Serpentard ? Elle saurait leur faire face, peut-être aurait-elle du mal tant qu'elle ne les aurait pas rencontré, mais ensuite... Elle ne donnait pas cher de leur peau. Tout simplement parce qu'elle pouvait fuir si la cause ne lui tenait pas à coeur. Mais dès qu'il s'agissait de sa famille, elle sortait les griffes et se battait jusqu'au bout. Le discrédit... Sincèrement, elle n'avait jamais prêté attention à ce que les gens pensaient d'elle. Seuls ceux qui avaient de l'importance pour elle pouvaient se permettre de lui faire une remarque. C'était ce principe qu'elle avait appliqué alors qu'elle travaillait au Ministère et qu'elle passait énormément de temps avec son frère, qui lui était Ministre. Les rumeurs les plus folles avaient couru sur eux et si au départ cela l'amusait beaucoup, elle avait fini par ne plus y prêter attention. Quant au reste de l'avertissement, elle ne put que sourire malicieusement. Alicia combattait des mages noirs et même des Aurors à l'occasion ! Si elle pouvait se frotter à ces gens et en être ressortie indemne jusqu'ici, elle pourrait faire face aux géniteurs de son fils de coeur...


- Ne t'inquiète pas tant pour moi ! Je ne suis pas directrice de Serpentard pour rien et les coups bas sont une spécialité de notre maison non ? Lui demanda t-elle tout en lui faisant un clin d'oeil.

Soudain, une idée germa dans l'esprit de la jeune femme. Un moyen de réparer un peu les blessures physiques de Valens lui était venu en tête et pour l'avoir expérimenté, elle savait que ça fonctionnait. Du moins, sur des blessures récentes... En serait-il de même pour le jeune homme ? À condition qu'il accepte, bien sur. Sans défaire son étreinte, Alicia se décolla un peu de celui qu'elle considérait à présent comme un fils et l'observa quelques minutes avant de prendre la parole :


- J'ai peut-être un moyen pour que tes blessures physiques disparaissent un peu... Je ne suis pas sûre du résultat et si tu acceptes, je te préviens d'avance que cela brûlera un peu... À toi de faire ton choix.

Elle précisait la nature des blessures car pour les autres, elle savait que cela ne guérirait jamais. Ça s'atténuerait, deviendrait minime, mais non, jamais ça ne guérirait totalement. Elle le savait, elle avait toujours cette peur horrible de perdre encore un être cher à son coeur ou de se faire abandonner de nouveau... Malgré tout l'amour dont elle était entourée, cette crainte resterait à jamais en elle, quoi qu'elle fasse.
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Valens Fenwick, Mer 18 Avr 2012 - 13:37


Sa bienfaitrice n'eut pas la réaction qu'il avait escompté. Il en était certain, elle avait perçu au moins une partie du monstre qu'il était. Elle n'avait senti que la chair, mais elle pouvait se douter que ces marques étaient également profondément inscrites dans son âme comme des braises ardente dont l'éclat n'avait pas faibli au fil des ans. Sa Directrice était plus qu'intelligent et son intuition n'était pas en reste. Elle devait percevoir une floppée de détails non dits et pouvait imaginer ce que ses mots ou ses vêtements voilaient tant bien que mal.

Pourtant, malgré la créature étrange qu'il était, malgré la différence flagrante qui le séparait irrémédiablement de ses camarades de classe, elle referma son étreinte autour de lui, comme si elle ne voulait que davantage lui redonner le sourire. Les mots qu'il laissa couler de ses lèvres révélèrent plus encore sa nature, comme pour la prévenir de la bête à laquelle elle s'exposait, mais une fois encore sa réaction le troubla. Loin de le repousser, elle resserra son étreinte, lui donnant à nouveau d'être dans un cocon doux et chaud. C'était un cocon au sein duquel rien ne pouvait l'atteindre, au sein duquel il n'était pas un monstre, au sein duquel il était simplement un être aimé, recevant de l'affection et en prodiguant en retour dans cercle vertueux. Il se laissa aller contre elle, les yeux à moitié ouverts.

Elle lui demanda de ne pas s'inquiéter pour elle, mais comment l'aurait il pu alors qu'elle parlait d'aller affronter le pire cauchemar de l'élève? Elle était effectivement la directrice de serpentard et il ne doutait ni de son intelligence, ni de sa ruse, mais dans son esprit ses adversaires lui semblaient être gigantesques et terrifiants. Il les revoyait tels qu'il les voyait quand il était petit, en reportant les même proportions de taille, de force, de puissance et d'influence. Esquissant un petit sourire à sa dernière remarque, il lui avoua la réelle raison qui le poussait à préférer la fuite, sachant à présent que même ses paroles honteuses ne la pousseraient pas à le repousser.

Je sais que vous êtes des plus coriaces. Je ne doute pas de vos capacités. Mais il y a deux choses qui s'affrontent en mon sein. Ce que je considère comme moi même, ce que je veux préserver, souhaite avant tout ne pas vous perdre, souhaite avant tout protéger les rares personnes qui lui sont chères. L'autre partie réclame la justice, l'autre partie... réclame la vengeance. Il y a une colère intense qui vit en moi, que je tiens prisonnière de mon âme. Elle n'est pas moi, elle est... en moi. Mais il arrive qu'elle suinte de sa prison et tente de me submerger. Et je ne sais pas ce qui arriverait si elle prenait réellement le contrôle...

Sa mère de coeur lui fit également une proposition, une proposition étrange mais qui n'était pas dénuée d'intérêt. Elle souhaitait essayer de réparer un peu ses blessures physiques, celles qu'il cachait avec tant de honte. Toutefois, il ne les cachait pas pour l'aspect qu'elles avaient mais pour ce qu'elles révélaient sur son passé et sur lui même. Il était pourtant vrai qu'atténuées, elles auraient moins de chances d'être découvertes par inadvertance et donnerait peut être plus de maîtrise à ses bras. Mais les chances de réussites étaient limitées. Sans bouger, il soupira donc en lui répondant.

Si vous pensez que cela peut fonctionner, j'ai une entière confiance en vous et je m'en remets les yeux fermés à vos soins. Mais vous devez savoir que j'ai déjà subi de nombreux soins car en soi mes parents ne me voulaient pas de "mal". Chaque séances de forge étaient suivies tant bien que mal de soins. Mais comme le marteau modèle coup à coup le métal, les flammes et les coups ont petit à petit gravé des marques de plus en plus profondes dans ma chair et dans mon âme que les soins n'ont jamais pu compenser. La tâche sera donc des plus difficiles. Mais une fois encore, je m'abandonne entièrement entre vos mains.

Le vert et argent ne put s'empêcher toutefois d'arborer un petit rictus sardonique quand elle le prévint que l'expérience risquait de brûler. Mais plutôt que de sourire pour lui même, il prit rapidement sur lui de lui expliquer l'origine de ce signe qui flottait sur son visage.

Ne vous inquiétez pas, si je peux maîtriser mon esprit pour en chasser les souvenirs, quelques brûlures ne m'affecteront que peu. J'ai... L'habitude de voir ma chair fondre...

Cette phrase à elle seule lui rappela à quel point il n'était plus complètement humain. Cela à lui seul le fit un instant frissonner et effaça son sourire. S'appuyant à nouveau contre Alicia, il s'accrocha de plus belle à la personnalité qu'il s'était lui même crée, seule trace d'humanité qu'il ne voulait pas voir expurgée...


Dernière édition par Valens Fenwick le Jeu 19 Avr 2012 - 12:12, édité 1 fois
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Invité, Jeu 19 Avr 2012 - 12:11


La colère, l'envie de vengeance... Alicia connaissait très bien la bataille interne que menait Valens. Elle aussi y avait eu affaire et ça n'était toujours pas réglé. Son regard se perdit dans le vide alors qu'elle se mit à réfléchir sur ce qu'elle pouvait révéler ou non à son fils de coeur. Pourrait-elle lui en dévoiler assez sans se trahir ? Car après tout, c'était cette découverte, cette envie de vengeance et de faire justice elle-même qui l'avait poussé à reprendre son activité de Phénix... Mais il devait savoir, savoir qu'on pouvait vivre avec ça, tant qu'on avait des gens sur qui compter et qui nous ramèneraient dans le droit chemin au besoin. Aussi elle soupira un peu avant de le regarder de nouveau et de lui faire un petit sourire.

- Je sais très bien ce que tu ressens, ce que créer cette bataille qui a lieu au fond de toi... Je le sais, parce que je le vis moi aussi, au quotidien. Elle fit une pause avant de fermer les yeux, chassant des larmes de rage qui auraient voulu couler, puis reprit son discours : cela fait près de 12 ans maintenant que je vis avec cette colère... Le jour de mes 18 ans, mes parents ont été tué, cela a été maquillé en accident et après que le Ministère ait saisi leurs biens, l'affaire a été classée. J'ai survécu, parce que j'avais une amie chère à mon coeur qui était là, avec moi et surtout qui était dans une mauvaise période elle aussi, on se soutenait mutuellement... Vois-tu, lorsque j'ai été directrice du département des Créatures Magiques lors du mandat d'Actarius, j'ai été fouillé un peu dans les dossiers, pour voir ce que les Aurors de l'époque avaient fait et pour voir si ma meilleure amie avait avancé, puisqu'elle m'avait promis de chercher la vérité... Seulement, j'ai découvert toute seule cette vérité. Un voile de colère obscurcit le bleu des yeux d'Alicia avant qu'elle ne recommence à parler d'une vois sourde : Un Auror de l'époque, qui avait un compte a réglé avec mon père, a saboté leur voiture, puisqu'ils se déplaçaient ainsi habitant dans le monde moldu, ce qui les a tué par la suite. Le pire de tout, ça a été de savoir que cet homme, cet être qui était censé défendre la justice et les hommes, avait été en charge de l'affaire et avait tout maquillé au fur et à mesure... Il a laissé une lettre dans le dossier, lettre où il confessait tout... Puis il s'est suicidé. Enfermant ma colère et ma rage en moi, l'empêchant de s'exprimer...

Alicia tremblait de rage, se souvenir de tout ça faisait remonter cette colère soigneusement contrôlée et cachée au plus profond d'elle-même. Mais elle savait qu'elle avait bien fait d'en parler à Valens. Il fallait qu'il comprenne, qu'il sache que sa volonté serait la plus forte. Après tout, il n'était pas à Serpentard pour rien !

- Il faut que tu comprennes Valens que tant que tu auras des gens qui t'apprécieront ou t'aimeront sincèrement, tu parviendras à la contrôler cette colère. Parce que tu voudras vivre quelque chose de beau et pas obscurcit par la rage, la haine... Et puis, tu vivras beaucoup mieux aussi quand tout ça sera fini. Parce que toi, tu as la possibilité d'être aidé et de pouvoir régler cela avec tes parents, avec un soutien. Une fois cela fait, tu seras un peu plus apaisé. Le temps fera le reste...

Elle se tût alors, cherchant à redevenir calme. Ce n'était pas le moment d'avoir une crise de rage, on avait besoin d'elle ! Heureusement, Valens lui donna l'occasion de se concentrer sur autre chose en acceptant qu'elle tente de guérir un peu ses blessures physiques. Alors qu'elle souriait et allait appeler Thétys, son phénix, elle perdit son sourire quand il lui avoua avoir l'habitude de voir sa chaire fondre. Elle allait les tuer avec un bain d'acide... Non, elle pourrait les torturer avec de l'acide puis leur taillader les veines et les mettre dans un bain bouillant... Merci Néron, il était une source d'inspiration extrêmement prolifique pour la gérante... Un nouveau soupir et Alicia se gifla mentalement. Elle n'était pas une criminelle que diable ! Quoi que si on suivait la loi, elle l'était... Elle secoua la tête pour appela enfin son oiseau de feu qui vient se poser sur son épaule avant de frotter sa tête contre la joue de la jeune femme.

- Valens, voici Thétys, mon phénix. Lui dit-elle qu'elle caressa le plumage vert émeraude de l'oiseau. Elle pourra certainement t'aider... Ses larmes ont la vertu de pouvoir guérir les blessures sans laisser de traces. Cependant, comme les tiennes sont anciennes, je ne sais pas si tu ne garderas pas d'infimes cicatrices, si tant est que ça marche... Et la brûlure que tu ressentiras, cela ne sera pas parce que ta peau brûlera, mais parce qu'elle se reformera... Si tu es prêt....

Thétys ressentant toutes les émotions de sa maîtresse, commençait déjà à verser des larmes qui coulèrent sur le bras de Valens puis s'infiltrèrent sous le tissu et dans la peau du fils de coeur d'Alicia. Celle-ci se mordait la lèvre, inquiète de ce qu'il ressentirait et surtout inquiète de savoir si cela allait fonctionner ou pas. Et par Circé, elle n'avait jamais autant espéré !
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Valens Fenwick, Mar 24 Avr 2012 - 12:08


Tout en le réconfortant, Alicia lui avoua qu'une colère dormait également au fond d'elle, une colère qui vivait en elle depuis bien longtemps. Elle avait pris sa source dans les magouilles du ministère et dans un attentat qui lui avait pris tout ce qu'elle avait. Elle regrettait particulièrement la mort de ses parents. Le jeune homme songea que la perte des siens ne représenteraient pas un gros vide dans son existence, au contraire de certaines personnes auxquelles il tenait. Il fit donc la translation et lui demanda maladroitement avec une moue interrogatrice.

- Vous les aimiez, n'est ce pas?

Le reste de son histoire, il pouvait davantage la comprendre. Une vengeance qui ne pouvait pas être assouvie, une colère qui sourdait dans les tréfonds de son âme, l'autorité corrompue. Cela correspondait à certains points de sa propre histoire et il sentit une vague de sympathie s'emparer de lui. Parce qu'il ressentait des émotions similaires, il compatissait aux siennes. C'était un sentiment étrange mais qui lui donnait l'impression d'être plus proche qu'il ne l'aurait pensé.

Elle lui expliqua que c'était ceux auxquels il tenait qui lui permettraient de tenir sa colère en laisse. Le vert et argent acquiesça, il savait que cela n'était que vérité car il avait déjà pu l'expérimenter durant la seule année où il en avait eu l'occasion. La seule année où il avait existé. Il poussa un long soupir avant de parvenir à répondre.

- Je sais. Et je veille sur ceux qui me sont précieux plus étroitement que sur n'importe quel trésor. Je suis prêt à leur donner ma vie. Et pourtant mon ignorance parvient tout de même à les blesser.
Mais cette colère, ce n'est pas moi. Je le sais, je le sens. Lorsque elle parvient à m’envahir, elle occulte complètement tout ce qui fait ce que j'ai choisis d'être. Nous partageons des souvenirs et des objectifs, mais rien de plus.


Battante, elle lui expliqua que s'il était trop tard pour elle pour exprimer sa colère sur l'auteur de son malheur mais que dans son cas, il était encore temps pour lui de régler une bonne fois pour toute l'origine de ses tourment et de libérer ce qui rongeait son âme. Valens hésitait. Il savait qu'elle avait raison bien sûr. Il savait que s'il ne livrait pas ce combat, il serait à jamais hanté par l'ombre qu'ils étendaient sur lui, par les souvenirs horribles qui régissaient une grande partie de son existence. Mais sans qu'il ne se l'avoue, il avait peur de cette confrontation, peur de l'influence énorme qu'ils conservaient sur lui, peut de l'outil qui avait été forgé. Il avait envie de fuir, de fuir et de vivre tout ce qu'il pourrait vivre loin d'eux. Les yeux grands ouverts et les traits traits tirés par l'inquiétude, il hasarda une réponse qui n'allait pas forcément lui plaire.

- Penses-tu que nous y arriverons? S'ils gagnent, je cesserai d'exister. Comment pourrais-je vaincre si je suis leur créature, leur outil? Exister dans la peur et la colère vaut peut être mieux que de ne plus exister du tout...

D'un autre côté, comment pourrait-il fuir? Une seul message, une seule lettre et il sentirait à nouveau cette brûlure instense. Même s'il se cachait suffisamment, son conditionnement le rendait de toute manière esclave de leurs volontés par la simple évocation du souvenir de ses supplices.

Le phénix d'Alicia répondit à son appel et vint se poser sur son épaule au terme d'un vol majestueux. C'était une créature vraiment magnifique... mais ce devait être le cas des phenix de manière générale. Sa simple vue réchauffait le coeur et son empathie était évidente. Valens esquissa un léger sourire à cette vue, sourire qui ne dura pas. Au fur et à mesure que les larmes s'écoulaient, la chair commença à émettre un grésillement et à fumer. Serrant fermement ses mâchoires et les poings crispés, il ne dit pourtant rien. Avec un certain étonnement, il vit la chair perdre sa coloration particulière et surtout, les crevasses les plus profondes se comblaient progressivement. Ces larmes étaient plus efficaces que tous les sortilèges de soin qui lui avaient été prodigués. Bientôt, il n'eut plus de cavité de chair fondue s'étendant jusqu'aux os et les os eux même semblèrent perdre la courbure que les nombreuses ressoudures leur avaient données. L'autre bras eut droit au même traitement mais l'on voyait déjà sur le premier les flagrants résultats. Il restait une surface gondolée semblables à certaines brûlures à l'huile de large surface, mais rien de comparable aux cavités de chair fondue. Face au gommage de ses séquelles, même s'il savait que son âme était toujours profondément marquée, il reprit espoir et l'unique larme qui coula sur son visage fut due à la joie de retrouver une perspective d'avenir. Les chances n'étaient toujours pas de son côté, mais cela paraissait possible...

- Merci...

Fut tout ce qu'il parvint à articuler d'une voix étranglée par l'émotion. Elle faisait tant pour lui, sans qu'il ne puisse lui rendre quoique ce soit en retour. Mais ce temps viendrai, oui il devait venir...
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Invité, Mer 2 Mai 2012 - 16:48


- Oui je les aimais, plus que tout...

Ils l'avaient sauvé et même si elle ne l'avait su qu'après leur mort. C'était son père qui l'avait recueilli et enlevé de la neige, du froid et de la rue. Alors même qu'elle n'était qu'un bébé de quelques jours. Bien qu'ils aient été stricts et qu'ils l'aient isolé des autres au départ, elle les avait aimé. Leur mort avait été un choc énorme. La jeune femme reporta son attention sur son fils de coeur.

Plus elle l'écoutait, plus elle se demandait s'il ne souffrait simplement pas de schizophrénie... Mais au fond, elle en doutait. L'explication n'était pas aussi simple que ça, elle le sentait. Son instinct l'avait rarement trompé, elle lui faisait confiance. Et la colère, il y avait toujours moyen de l'apaiser, de la calmer, voire de la faire disparaître. Il suffisait de trouver le bon moyen. Et pour ce qui était de fouiner, elle était très très douée.


- Penses-tu que nous y arriverons? S'ils gagnent, je cesserai d'exister. Comment pourrais-je vaincre si je suis leur créature, leur outil? Exister dans la peur et la colère vaut peut être mieux que de ne plus exister du tout...

Venait-il de se rendre compte qu'il la tutoyait ? En tout cas, ses propos lui firent mal au coeur. Ses géniteurs avaient brisé sa confiance en lui, le rendant vulnérable dès qu'il s'agissait d'eux. Mais avec de l'aide, il y arriverait. Le soutien, l'amour qu'on pourrait lui donner aiderait. Elle le savait, pour l'avoir expérimenté, à plusieurs reprises.

- Ils ne gagneront pas... Parce que tu seras soutenu et que tu ressentiras ce qu'ils ne connaissent pas : l'amour. C'est l'une des plus grandes forces des êtres vivants. Par amour, on peut tout faire.

Avec un sourire surpris, elle put voir les chaires de son fils de coeur se reformer, les blessures physiques du jeune homme s'effaçaient au fur et à mesure, lui permettant de tourner une première page, la plus simple, de son histoire. La partie la plus simple de tout ça... Heureuse de la tournure que cela prenait, Alicia sourit puis elle essuya l'unique larme qu'il avait versé avant de le serrer dans ses bras.

- Je n'ai rien fait, c'est Thétys qui a fait tout le boulot ! Lui dit-elle avec un clin d'oeil. Je suis ravie que cela ait put disparaître. Avec de l'aide, je suis sûre que tu arriveras à faire face à tout. Tant que des gens t'aimeront pour ce que tu es, pas pour ce qu'on voudrait que tu sois... Tu y arriveras ! Et je serais là pour tout...

Elle le pensait sincèrement et qu'en bien même son mari n'était pas là, elle savait très bien qu'il serait d'accord, parce que malgré tout, il savait que sa femme réfléchissait à ce qu'elle faisait, du moins, pour certaines choses !
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Re: Deuxième étage de la Boutique d'Animaux Magiques

Message par : Valens Fenwick, Mer 2 Mai 2012 - 22:43


Sa protectrice avait aimé ses parents avec une force qui étonna le serpentard. Il avait du mal à imaginer que ce fut possible. Mais son expérience était loin d'être représentative. Après tout, il considérait déjà Alicia davantage comme une mère qu'il n'avait jamais considéré sa mère de sang. Et il lui portait bien plus d'affection encore. Avec un un soupir, il s'adressa à elle d'un ton que l'on aurait pu croire nostalgique si l'on ne connaissait pas son histoire.

- Mais malgré tout, cela doit tout de même être agréable de pouvoir aimer ainsi ses parents et de garder leur souvenir en son coeur même après leur départ, d'en tirer de la force plutôt que de la peur. Enfin, ce n'est peut être pas envers ceux qui m'ont donné la vie que je devrais tourner ces espérances.

Tout en prononçant ses mots, son corps vint à le trahir et il ne put s'empêcher de poser son regard sur celle qui veillait sur lui comme une mère l'aurait fait sur son enfant. Il se demandait ce qui était en train de se passer en lui, de changer, de se construire. Il ne comprenait toujours pas complètement, mais il sentait un lien particulier se tisser, il sentait l'attachement qui le liait à la directrice de serpentard.

Comme si ce lien pouvait effacer toutes ses années écoulées et leurs terribles conséquences, il s'était mis à tutoyer Alicia sans s'en rendre compte. Et il ne l'aurait sans doute pas remarqué si les flammes ne s'étaient pas engouffrées dans la brèche pour investir son corps. Essayant de ne rien laisser paraître, son corps se tendit néanmoins tandis que la douleur crispait ses membres. Il ne voulait pas le montrer à sa bienfaitrice, mais il ne pouvait pas garantir qu'elle ne remarquerait rien.

Celle qui constituait son actuelle famille lui parla de la force qui allait faire la différence dans la bataille à venir, de l'arme qu'il aurait entre les mains et qui ferait défaut à ses parents. Elle lui parla de l'amour. Valens parut un peu sceptique. Ce qu'on lui avait appris de l'amour était un moyen politique de rapprocher les intérêts de deux familles dans une alliance spécifique. C'était également un moyen au sein de cette alliance d'assurer la pérénité de la famille au travers de sa descendance. Mais récemment, on avait essayé de lui expliquer que cela pouvait se révéler être tout autre chose. Pourtant, il n'arrivait toujours pas à faire le lien entre ce mots, la multitude des sens qu'il pouvait porter et ce qu'il ressentait. a seule chose qu'il put dire sur ce sujet tint en deux mots.

- l'amour?

Suite aux soins de ses séquelles, Alicia le prit dans ses bras et il sentit à nouveau son affection se répandre en lui. Cela lui permit d'étoffer quelque peu ce qu'il avait à lui dire. Elle attribua le mérite à son phénix, mais c'était le mérite d'une seule pièce du puzzle. Il commença d'un ton léger.

- Bien entendu, je sais qu'il faut remercier Thétys et son animal de compagnie Alicia...

Puis sa voix devint plus grave et plus mesurée.

- Mais ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Ce n'est pas pour ces cicatrices que je te remercie, que je te dois tant. Cela compte bien entendu, mais c'est une goutte d'eau dans l'océan de ma reconnaissance. Je te remercie pour toute l'attention que tu me portes, pour toutes les fois où tu as veillé sur moi, pour ton soutien et ton aide, pour ton appuis moral aussi bien qu'affectif, pour tes conseils et tes directives, pour ta générosité et ton accueil, pour ce que tu es pour moi aussi bien que ce que je suis pour toi, pour m'avoir pris sous ton aile alors que je n'étais presque rien, pour m'avoir fait confiance alors que tu ne me connaissais pas, pour ne pas m'avoir rejeté lorsque tu as su, pour les risques que tu prends à cause de moi, pour m'avoir donné un espoir et une raison de lutter, et... parce que tu existes.

Alicia lui assura qu'il pourrait s'en sortir envers et contre tout. Car des gens l'appréciaient pour ce qu'il avait choisi d'être et non pour ce que l'on avait fait de lui. Des gens soutenaient celui qu'il considérait comme lui même et contre le produit de la forge. Il repensa alors à toutes ces personnes. Alicia bien entendu, mais aussi Katniss, Ahlys, Rilla ou Emma (non ne cherchez pas, aucun homme pour me venir en aide ^^). Elle avait raison, il n'était pas seul, il était loin d'être seul dans cette épreuve. Il ne savait pas si ce serait suffisant, mais au moins ses chances s'en trouvaient démultipliées.

Il ne répondit pas quand elle lui assura qu'elle serait là pour tout, mais Alicia put sentir clairement que Valens la serra un peu plus fort dans ses bras...
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