AccueilPortailFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: A l'étranger
Page 2 sur 5
Des Mages Noirs à Kiltimagh
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
Arya Wolf
Gryffondor
Gryffondor

Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Arya Wolf, Jeu 23 Déc 2010 - 22:16


Arya fut plus que soulagée de constater que son argument improvisé par rapport au malaise d'Eurora avait fonctionné sans souci. Elle avait pensé à cela tout de suite, et n'avait pas cherché plus loin. A voir l'expression de sa compagne, elle craignit qu'elle ne démente immédiatement, mettant non seulement son mensonge en évidence, mais les rendant par la même occasion suspectes toutes les deux. Fort heureusement, au dernier instant, elle se rattrapa, et abonda dans le sens de la jeune Phénix, qui se retint pour ne pas pousser un soupir de soulagement. Cette raison semblait avoir finalement bien pris sur les deux Moldus, qui étaient passés de soupçonneux à simplement impressionnés et inquiets.

Mais restait un souci. Elle, évidemment, savait que ce malaise n'avait absolument rien, mais alors rien à voir avec une quelconque grossesse... surtout inventée de toutes pièces! Mais elle ne savait pas pour autant ce qui avait provoqué le mal. Et pour tout dire, cela l'inquiétait. Elle tenta de croiser le regard d'Eurora pour y chercher une réponse, mais elle sembla volontairement éviter de poser les yeux sur elle. Etrange, pour le moins. Avait-elle quelque chose à cacher? Ou bien en saurait-elle plus sur cet endroit qu'elle en avait laissé paraître? Mais peut-être que la jeune femme se faisait des idées... Elle était d'un naturel soupçonneux, et cela n'aidait en rien.

Lorsque les deux hommes se proposèrent pour les conduire à un hôtel, et que la Phénix blonde accepta, sa camarade ne put que leur emboîter le pas alors qu'ils quittaient le café. Elles avaient à peine touché à leurs consommations, mais les récents évènements semblaient avoir légèrement coupé l'appétit de plus d'une. Avant de partir, Arya laissa la somme due en argent moldu sur la table. Une chance qu'elle en possède, pour les cas d'urgence... comme à ce moment précis. Les deux policiers les menèrent sur les trottoirs en direction dudit hôtel. L'avantage, dans un village aussi petit, c'est qu'il n'y avait jamais de grandes distances à parcourir pour se rendre d'un point A à un point B... Et en effet, ils se trouvèrent bientôt devant un bâtiment plus grand que les autres maisons du village, mais néanmoins petit pour un hôtel. Il ne devait pas posséder plus d'une quinzaine de chambres au maximum. D'aspect, comme les autres bâtisses, il était assez traditionnel et rustique.

En entrant, ils trouvèrent la gérante derrière le comptoir. Très gentleman, le plus âgé des deux hommes de loi alla s'occuper de leur prendre une chambre, ce qui laissa à Arya tout le loisir d'observer le hall dans lequel ils se trouvaient. S'il n'était pas grand, le sol était néanmoins recouvert d'une moelleuse moquette rouge où leurs pieds s'enfonçaient agréablement. Une ouverture sur la gauche menait à un petit salon où les clients pouvaient se retrouver, et un peu plus loin se trouvait une pièce à dîner. Une ouverture plus discrète donnait probablement sur les cuisines, à l'odeur, et au fond, un escalier en colimaçon montait vers les étages, et conduisait donc probablement vers les chambres.


" Voilà pour vous, mesdemoiselles. J'ai fait en sorte que vous disposiez de votre chambre aussi longtemps que nécessaire, vous n'aurez qu'à payer en partant.

L'homme confia une clé à Arya, qui la prit. C'était une clé terriblement banale, qui aurait même passé pour antique dans la plupart des hôtels moldus. En même temps, cela lui rappelait le monde de la magie, et lui tira un léger sourire. Cela donnait un charme fou à l'endroit, et si elles n'étaient pas venues pour tirer au clair les évènements étranges qui se produisaient, elle aurait sans doute apprécié un simple moment de quiétude, d'exploration, et de "tourisme". N'ayant plus rien à faire, les deux policiers s'apprêtèrent à prendre congé. Le plus jeune leur donna un papier avec leurs adresses et numéros de téléphone griffonnés au stylo bille dans une écriture façon pattes de mouche.


- Tenez, au moindre souci ou évènement suspect, n'hésitez pas à prendre contact avec nous.

- Sur ce, nous allons vous laisser, mesdemoiselles. Reposez-vous, surtout, et soyez prudentes.

- Merci pour tout, messieurs, passez une bonne fin de journée!

Ils sortirent de l'établissement, et les deux Phénix n'avaient dès lors plus qu'à aller découvrir leur chambre, qui portait le numéro sept, à en croire ce qui était écrit sur la clé. En montant l'escalier en colimaçon, elles se retrouvèrent à l'étage supérieur. Les chambres étaient réparties en côtés pair et impair, et elles trouvèrent rapidement la leur. L'intérieur était simple, mais charmant. Là aussi, une épaisse moquette moelleuse recouvrait le sol, et une fenêtre donnait sur la nature qui environnait le village, offrant un sublime panorama. Il n'y avait qu'un lit double, mais cela ne poserait probablement pas trop de soucis. L'avantage, d'être deux femmes... Se tournant vers Eurora, maintenant que la porte était close, la jeune femme espéra obtenir des éclaircissements sur ce qui s'était produit un peu plus tôt.

- Bien, nous avons tout le reste de la journée pour explorer et enquêter. Mais avant ça, peux-tu me dire ce qu'il t'est arriv...

Des coups à la porte l'interrompirent en pleine phrase. Elle se tut, puis fit quelques pas pour aller entrouvrir la porte. La gérante, une femme rondelette à l'air avenant et à la chevelure rousse piquetée de mèches grises, se tenait sur le pallier. La sorcière se demanda ce qu'elle pouvait bien leur vouloir. Peut-être les mettre en garde, comme le Moldu à leur arrivée... Ou bien n'avait-elle pas voulu s'exprimer devant les officiers. En tous les cas, elle demanda poliment à entrer pour régler quelque chose dans la chambre, qu'elle avait semblait-il oublié, et Arya referma la porte derrière elle une fois qu'elle fut entrée, non sans méfiance. Mais il s'avéra qu'elle avait quelque chose à leur dire, et elle le fit sans détours.

- Je sais qui vous êtes. Des sorcières, tout comme moi. Je parie que vous avez été intriguées par ce qu'il se passe ici... Mais ce n'est rien d'évident, ni pour les Moldus, ni pour les quelques sorciers qui habitent ce village, croyez-moi. Personne ne comprend vraiment... D'ailleurs, mis à part vous, l'hôtel est pratiquement désert. Le seul avantage c'est que vous serez au calme et pourrez prendre vos repas à l'heure qui vous arrange. Mais passons... Que cherchez-vous exactement?"
Revenir en haut Aller en bas
Eurora
LégendePoufsouffle
Légende
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve Grise
Occlumens
Chercheuse (Spec. Animagus)


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Eurora, Jeu 30 Déc 2010 - 11:54




Elle laissa Arya se débrouiller avec les deux policiers alors qu’ils lui indiquaient l’adresse de l’hotel... Pas volontairement, mais son esprit était encore particulièrement préoccupé et elle réfléchissait toujours à quoi pouvait bien rimer cette intervention d’Alexandre... Cela voulait dire forcément quelque chose ; il ne serait jamais risqué de venir sinon si la raison n’en avait été valable !... Elle pensa aux pires hypothèses... A celles qui lui paraissaient les pires, mais pas aux autres. Quand quelque chose nous inquiète il est de notoriété publique que l’on pense toujours au pire.

D’un pas lent, un peu en arrière, elle suivit le troupeau de trois jusque ledit hôtel. Eurora ne s’étendait pas à trouver un palace. Soyons sérieux, nous étions quand même dans un petit village ! Mais du moment qu’il y avait un lit, des toilettes, enfin, un endroit où se poser, et réfléchir à la suite des évènements à tête reposée, Eurora ne s’en plaignait pas. En réalité, l’hôtel lui apparaît bien mieux que ce qu’elle s’était imaginé. Tout à fait chaleureux ; petit mais sympathique. Et il faisait chaud. Chose qu’en hiver, c’est un détail très appréciable...

Et, les deux si gentils policiers s’en furent ensuite, après avoir confié l’une des clés à Arya. Eurora n’avait qu’une hâte : Dormir. Elle n’était pas certaine de dormir, mais au moins fermer les yeux lui accorderait le plaisir de pouvoir se reposer... Ils avaient quand même bien couru aujourd’hui ! - dans la forêt et en étant pourchassées mêmes... -. Aussitôt qu’elles furent dans la chambre et que la porte fut refermée derrière elle, la première chose que fit Eurora, ce fut de se laisser tomber sur le premier lit qu’elle vit ; le premier en entrant... En fait, il n’y avait pas DEUX lits, mais un lit double, mais mettons cela sur le fait qu’Eurora était fatiguée. Se passant une main sur le front, elle ferma les yeux un instant, espérant se reposer quelques minutes... Sans guère d’espoir de ne pas penser cependant. Mais de toute évidence, le Destin ne lui accorderait pas encore le temps du repos...

- Bien, nous avons tout le reste de la journée pour explorer et enquêter. Mais avant ça, peux-tu me dire ce qu'il t'est arriv...

Eurora rouvrit les yeux. Elle l’observa... Un instant. Elle se releva sur un coude, incertaine de ce qu’elle attendait qu’elle lui dise. Elle avait fait un malaise, c’était tout, et rien d’autres.. Cela arrivait, non?... Pensait-elle vraiment ce qu’elle disait ou pensait-elle vraiment qu’elle aurait gobé ce petit mensonge ? En sachant qu’Eurora ne savait pas mentir... Heureusement, elle fuit sauvée par le gong car à cet instant précis par des coups frappés à la porte et alors qu’Arya allait ouvrir la porte pour voir de qui il s’agissait. Eurora n’eut qu’à remettre à une autre fois ce qu’elle devrait lui répondre... Tout en espérant qu’elle finisse par oublier. A vrai dire, ce n’était pas tant qu’elle refusait de lui dire ce qu’il y avait eu vraiment, c’était davantage qu’elle ne savait pas trop comment dire cela, sans passer pour une espèce de folle...

Eurora se concentra sur la personne qui venait d’entrer, au lieu d’essayer de tergiverser avec elle-même ; ce qui était moins intéressant que... Il s’agissait de la gérante de ce modeste lieu. La femme qu’elle avait aperçue précédemment dans le hall, qui leur avait donné les clés. Cependant, elle avait des choses à dire ; et c’est ainsi qu’elle les dits, non sans provoquer de la surprise sur Eurora qui n’en vit sa méfiance qu’encore plus accrue. Il semblait que ce village cachait plus de choses qu’il n’en paraissait l’être... Si les gens n’étaient pas ce qu’ils semblaient l’être.

Eurora haussa un sourcil, et lentement elle se releva pour s’asseoir sur le lit... Elle préféra jouer sur la carte de la méfiance. Sa dernière question était trop directe. Leur demander tout de suite ce qu’elles cherchaient - alors qu’elles-mêmes n’en savaient déjà que trop rien...-, c’est ce qui la convainquit qu’elle ne lui ferait pas l’honneur de répondre à sa question. Pas tout de suite du moins. Elles ne savaient pas qui elle était, elle pouvait tout aussi bien leur mentir en affirmant qui elle était.. D’ailleurs elle ne leur avait pas du tout dit son identité, hormis qu’il était un sorcier, et gérante d’ici. Ce détail, elle était d’accord dessus ; elle ne les aurait pas reconnues en tant que tels si elle n’en avait pas été un. Mais sur cette dernière question qu’elle leur posa, un coup d’oeil en direction d’Arya en lui intimant de ne pas lui répondre et Eurora se leva lentement... Tout en se rapprochant légèrement de la femme en restant sur ses gardes, elle lui dit...

“Comment savez-vous que nous sommes bien ce que nous sommes... Vous débarquez comme ça, vous dîtes que vous savez qui nous sommes, vous nous demandez ce que nous cherchons... Et on est censées vous faire confiance, juste sur votre parole ?

Hélas, elle aurait bien aimé à cet instant présent plonger dans son esprit et y découvrir s’il mentait ou pas, ou ce qui leur cachait... La Légilimancie avait de ces avantages qu’on pouvait être certains que ses interlocuteurs ne mentaient pas, ou même, ils ne pouvaient même pas vous cacher quelque chose car leur esprit n’était qu’un livre ouvert pour vous... Vous pouviez tout y lire. C’était dans telles situations qu’Eurora souhaitait le plus ardemment pouvoir être Légilimens... En parlant de légilimancie d’ailleurs, elle ressentit une étrange impression soudain... Son sang se figea dans ses veines alors qu’elle sentait progressivement, et presque subrepticement, une présence s’infiltrer dans son esprit, tenter de s’accrocher aux parois... La jeune femme bloqua cette tentative d’intrusion en fermant son esprit soudain sur cette main qui semblaient essayer d’entrer en intrus pour essayer de trouver les informations et les réponses qu’elle cherchait... C’était elle à coups sûrs, il n’y avait qu’elle dans la pièce... Et à sa connaissance, Arya ne l’était pas. Et elle ne voyait pas pourquoi Arya s’infiltrerait dans son esprit... A part si elle voulait savoir ce qui lui avait prit tout à l’heure, mais de toute façon elle n’était pas Légilimens donc cela n’avait rien à voir. Et comme il fallait obligatoirement un contact visuel avec la personne pour pouvoir exercer la Légilimancie sur quelqu’un... Et qu’en ce moment même, Eurora la regardait droit dans les yeux...

Elle la repoussa hors de son esprit. L’Occlumancie, la Légilimancie consumait une énergie certaine. L’esprit de leur “inconnu “ battit en retraite ; elle le sentit se retirer... Mais soudain se retournant vers Arya, elle eut une peur soudaine tout en lâchant à son adresse... “Regarde ailleurs, pense à autre chose !” Cela aurait pu être des ordres, c’était davantage le ton soudain qu’elle avait employé qui aurait pu y faire penser, mais ça n’était en rien un ordre. Elle se tourna de nouveau vers l’homme en question... Cet inconnu sur lequel elles ne savaient rien, et qui prétendaient savoir qui elles étaient...

“Ce n’est pas poli de vouloir s’infiltrer comme ça dans l’esprit des gens”, lui dit-elle en l’observant avec sévèrité. On est censées vous faire confiance, après ça ?”

L’expression de son visage changea... Si subitement qu'Eurora aurait cru rêver. Elle devint moins sur la défensive, plus... Exhaustive ? Exténuée était-ce bien le mot? Son regard avait semblé devenir lasse durant quelques secondes. La femme - qui avait tendance à lui rappeler une autre personne qui avait vécu il y avait bien des années de cela, avec ses cheveux roux, ses tâches de rousseur... -, Eurora la suivit des yeux jusqu’à ce qu’elle se laisse tomber sur le grand lit et que sans les regarder, elle parla alors lentement...

“Je veux simplement découvrir ce qui se passe ici... C’est tout. Mon mari a perdu la vie dans cette enquête, je cherche juste à démasquer les gens qui ont fait ça... En reconnaissant des sorcières en vous, j'ai cru que... vous pouviez m'aider”

Là, Eurora ne put que voir sa curiosité attiser. Mort... Enfin, tué? Pourquoi? Il était un des enquêteurs à qui l’enquête avait été confiée ? Ou y avait-il une autre raison? La femme, de toute évidence, sentit qu’elle avait attiré l’attention de ses interlocutrices. Eurora ne put douter qu’elle ne disait pas la vérité. C’était quelque chose que l’on sentait parfois dans le ton employé. Cette femme était sincère. Elle était désespérée aussi... Ce qui consistait en sa seule arme pour découvrir ce qui se tramait. Et si elle était prête à user de Légilimancie pour arriver là où elle voulait, alors cela signifiait qu'elle n'avait rien d'autres à perdre.

“Désolée...”, murmura t-elle d’une voix confuse et sincère. “Que s’est-il passé?”. A sa question, le visage de la femme avait relativement pâli...


Revenir en haut Aller en bas
Arya Wolf
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve
Occlumens


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Arya Wolf, Sam 1 Jan 2011 - 20:54


Arya n'eut pas le temps de prendre la parole pour répondre à la nouvelle venue, car Eurora s'en chargea. Il était vrai qu'un comportement aussi direct avait de quoi être suspect. La jeune femme fronça les sourcils, se demandant si la gérante bluffait. C'était peu probable, car après tout, une Moldue ne les aurait pas abordé de cette façon, et aurait difficilement reconnu en elles des sorcières. Ce dernier point blessait également un peu: comment avait-elle deviné? Les deux Phénix s'étaient comportées le plus naturellement du monde... si on excluait la crise d'Eurora, naturellement. En tous les cas, leur interlocutrice était au minimum une Cracmole, au mieux une sorcière comme elle le leur avait dit.

La jeune femme conserva le silence en observant la nouvelle venue, avec qui sa compagne avait engagé une discussion qui ressemblait fort à un bras de fer masqué. A ce qu'elle disait, elle nourrissait les mêmes doutes que l'enseignante de Poudlard. Ce qui était rassurant quant à une possible paranoïa... Enfin, il y a toujours une différence entre être méfiant et paranoïaque... non? Sembla finalement s'engager un duel dont elle n'eut pas pleinement conscience. Un silence pesant s'était abattu sur la pièce tandis que les deux femmes restaient face à face à se regarder dans les yeux. Cela dura un peu, puis finalement...

“ Regarde ailleurs, pense à autre chose !

Elle lança un regard interloqué à Eurora, ne voyant pas exactement ce qu'elle désirait d'elle. Puis, elle pensa comprendre: la raison de ce silence était probablement un duel mental entre les deux sorcières, Légilimencie contre Occlumencie. Or, Arya ne possédait ni l'un ni l'autre. Et il y avait fort à parier qu'un Légilimens parviendrait à percer les faibles défenses mentales qu'elle pourrait mettre en travers de son chemin. D'autant qu'elles ne savaient pas si la gérante était une amie ou une ennemie... Obtempérant alors, elle détourna le regard en focalisant entièrement ses pensées sur le même genre de sensations qui lui permettaient de rejoindre l'état de plénitude et de calme nécessaire pour effectuer une transformation en Animagus.


- Ce n’est pas poli de vouloir s’infiltrer comme ça dans l’esprit des gens. On est censées vous faire confiance, après ça ?

- Je veux simplement découvrir ce qui se passe ici... C’est tout. Mon mari a perdu la vie dans cette enquête, je cherche juste à démasquer les gens qui ont fait ça... En reconnaissant des sorcières en vous, j'ai cru que... vous pouviez m'aider.

Eurora sembla se radoucir en entendant cela, et la curiosité de la nouvelle Phénix fut également grandement piquée par ces mots. A voir l'air désespéré et pitoyable de la petite sorcière replète, on pouvait se douter qu'elle avait vécu des moments atroces. Le coeur de la jeune femme se serra. La gérante avait l'expression de ceux qui ont vu un être cher mourir devant leurs yeux. Et cette douleur, elle la comprenait, car elle avait vécu semblable tragédie avec le meurtre de Dastan. Cette femme ne jouait pas la comédie, ou alors, elle la jouait extrêmement bien. Et au vu de sa pâleur lorsqu'elle se prépara à raconter ce qu'elle savait, cela semblait légitimer encore plus ce qu'elle avait dit auparavant.

- Je... Mon mari, Henry, était un Auror. A la retraite de fraîche date pour blessure, pour tout dire. Il avait une sérieuse boiterie incurable à la jambe, et donc nous sommes venus nous installer ici pour prendre la relève des Moldus qui avaient vendu ce petit hôtel. C'était il y a un an. Et puis, il y a eu ces attaques, puis ces morts... Henry était comme un chien qui hume l'odeur du sang et tire sur sa laisse pour se libérer. Il n'avait jamais voulu abandonner son métier, vous comprenez, il y a été forcé à cause de sa blessure. Je l'ai conjuré de se tenir tranquille, de laisser faire les autorités moldues et magiques, mais...

La suite sembla s'étrangler dans sa gorge, et elle se tut un instant pour respirer profondément. Ses yeux brillaient, mais nulle larme ne coulait. On voyait cependant que ressasser ces souvenirs était difficile pour elle, et pour cause: si on en croyait les journaux, les évènements restaient pour le moins récents. Son deuil était donc encore frais, et elle risquait de mettre un moment avant de réussir à passer à autre chose. Arya-elle même n'y était jamais vraiment parvenue...

- Une nuit, nous nous sommes réveillés en entendant des hurlements de douleur. Tout est silencieux dans le village la nuit, vous comprenez... Et avec les collines autour, cela résonne d'autant mieux. Nous nous sommes levés tous les deux, mais les clients de l'hôtel avaient eux aussi entendu. Pendant que j'allais de l'un à l'autre pour les rassurer comme je pouvais, Henry est sorti, alors que je lui avais dit de rester là. Il n'est pas rentré pendant un long moment, ni même de la nuit. Nous avons mené des recherches, mais nulle trace de lui. Et finalement, deux jours plus tard... son corps a été retrouvé au milieu de la rue, avec le cadavre d'un Moldu qui avait été cruellement torturé, mais qui avait succombé à quelque chose d'autre, d'invisible. Comme mon mari... J'ai évidemment pensé à l'Avada Kedavra...

Elle se tut dans un sanglot. La jeune Phénix songea avec amertume qu'elle avait au moins eu la "chance" de ne pas voir périr son mari sous ses yeux. Mais le sentiment de culpabilité ne devait pas lui avoir été épargné... Comme elle-même s'était sentie responsable de la mort de son petit ami, qui avait tenté de la protéger et s'était fait tuer sans qu'elle puisse intervenir, la petite gérante avait dû songer qu'elle était fautive car elle n'avait pu retenir son époux... Sans oublier qu'elle avait dû ressentir de terribles angoisses lorsqu'il avait disparu. En tous les cas, Arya en était certaine à présent. En voyant l'émotion de leur interlocutrice, il était évident qu'elle ne feignait pas.


- Allons, courage. Je sais ce que vous pouvez endurer. J'ai moi-même vécu une situation semblable, un jour... Est-ce que... vous savez quelque chose d'autre?

- Eh bien, tout cela a commencé après qu'un homme sinistre vêtu tout de noir se soit présenté chez Cornelius...

- Cornelius...?

- Cornelius Flinch oui, un sorcier d'origine anglaise. Il vit dans ce village depuis bien plus longtemps que nous, ça doit bien faire vingt ou trente ans... Il est l'inventeur d'un sortilège qui permet une régénération instantanée du corps pendant un combat, mais c'est encore expérimental, il ne l'a jamais diffusé. Il y travaille depuis longtemps, je crois, et seuls peu de gens en ont entendu parler..."

La jeune femme tenta de croiser le regard d'Eurora. A présent, elles tenaient une piste intéressante, et surtout concrète. Ces troubles depuis qu'un homme sinistre en noir était passé voir ce sorcier... Un Mangemort? Des morts et des massacres pour tenter de lui mettre la pression? C'était une hypothèse qui pouvait coller. Les Mages Noirs pouvaient avoir eu vent de ce sort expérimental, qui leur donnerait un avantage indéniable pendant les affrontements. Même si le sortilège était encore à l'état de projet, ou non fonctionnel, ils pouvait désirer mettre la main sur son inventeur pour qu'il le termine sous leurs ordres...
Revenir en haut Aller en bas
Eurora
LégendePoufsouffle
Légende
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve Grise
Occlumens
Chercheuse (Spec. Animagus)


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Eurora, Mar 4 Jan 2011 - 0:36




Il était évident qu’elle ne jouait pas de rôle. Elle était plus malheureuse que n’importe quel autre sentiment ; l’utilisation de la Legilimancie en était la preuve même ; elle n’avait plus rien à perdre... Plus rien à perdre pour venger la mort de son mari par n’importe quels moyens possibles et inimaginables. Elle leur raconta ensuite tout... Ce qui s’était passé... Son mari était un Auror ; un Auror à la retraite mais il avait eu beaucoup de difficultés à admettre ce fait de toute évidence... C’était compréhensif. Mis à la retraite alors qu’il aurait voulu continuer à faire ce pour quoi il avait eu l’insigne des Aurors durant toute sa carrière. La vie ne lui paraissait sans doute pas plus plate qu’en étant à la retraite... Même s’il pouvait savoir pertinemment qu’il devait passer la main, laisser les plus jeunes prendre la relève... Son expérience depuis des années était cependant là, il n’y avait aucun doute qu’il ne devait pas être mis ‘à la corbeille’ aussi facilement... Certes, on avait dû le remercier pour ses précieux services, mais le fait était qu’on n'avait plus besoin de lui, à présent.

C’était une logique dure à accepter, vu de ce point de vue là... Mais la réalité. Ce n’était pas parce que l’on prenait de l’âge qu’on devenait incompétent au contraire à quoi servait l’expérience justement ?... Mais c’était l’heure qu’il parte. Cela avait dû être très dur pour lui d’arriver ici, dans ce petit village loin de tout, pour mener une petite vie tranquille... Alors que des meurtres avaient commencé à être perpétré, elle ne pouvait que comprendre qu’il eut voulu aussitôt reprendre de l’action, de l’activité, aider à résoudre cette affaire même s’il ne portait plus l’étiquette... Son expérience, son observation était une aide précieuse... Elle l'imaginait parfaitement... Elle-même, elle détestait être inactive déjà,... Elle n’avait encore que vingt deux ans et vraisemblablement toute la vie devant elle... Pourtant, ce n’était assurément pas l’avis de leur hôtesse qui aurait sans nul doute préféré qu’il reste à vivre sa retraite tranquille et qu’il ne s’occupe plus de rien qui puisse avoir un lien quelconque avec des manifestions mangemoresques...

Eurora se demanda si, elle aussi, elle serait telle que lui l’avait été - lorsqu’elle aurait son âge - si... Si elle ne pourrait jamais cessé de se battre... Si elle ne cessera le combat jusqu’à la mort. Peut-être était-ce pour cela qu’elle imaginait très bien ce qu’il avait pu ressentir... Peut-être n’y avait-il aucune raison à ce fait... En fait, elle ne se voyait mourir d’aucune autres manières, autre celle qu’en combattant l’arme au poing, jusqu'à son ultime souffle, jusqu’à la dernière seconde où elle respirerait. Comme ses parents. Ses parents s’étaient battus jusqu'à leur dernier souffle, son père avait vengé la mort de sa femme, il s’était levé contre leurs anciens confrères qui les avaient pris pour cible... Puis, il était tombé lui aussi, faisant de leurs enfants des orphelines. Mais elle était fière d’eux deux... Plus que de n’importe qui, elle était fière d’être leur fille, de la manière qu’elle ressemblait tant à sa mère. Elle était fière de leur manière d’avoir vaincu la mort... Ils avaient combattu jusqu’à la fin, alors qu’au début cette mort ils la donnaient... Ils s’étaient retournés contre leurs anciens confrères ; les mangemorts, ils en avaient perdu la vie mais n’avaient cessé de se battre jusqu’à leur dernier souffle... Pour cela, ils n’avaient pas perdu ; ils avaient gagné.

En témoignage dont elle se sentait munie envers ceux qui lui avait donné la vie, sans doute n’accepterait-elle jamais qu’ils soient morts, sans doute n’accepterait-elle jamais de baisser les armes sans s’être battu jusqu’à la fin aussi. Parce qu'elle voulait les venger de leur mort de ses propres mains. Et pour le moment, si elle ne pouvait les avoir, elle avait besoin de passer sa colère sur tous ceux qui ressemblaient de près ou de loin à ceux qui les avaient tués... Comme pour au moins se soulager, avoir l'impression de les faire souffrir.

Tout au long de la réflexion d’Eurora, leur hôtesse poursuivait son récit, arrivant à présent à ce fameux soir où son mari était sortit pour voir d’où ces hurlements pouvaient bien venir... Il n’était pas rentré ce soir ; on n l’avait pas retrouvé avant plusieurs jours. Eurora demeurait silencieuse... D’un, elle n’osait pas interrompre la femme dans son récit pour lui poser des questions - c’était bien assez difficile comme cela ! -.

Cornelius Finch ? A sa grande honte, Eurora dû admettre ne connaître aucune personnalité portant ce nom et pourtant, il devait être célèbre en inventeur... Cependant, ce qu’elle pensait à cet instant fut contredit immédiatement lorsque l'hôtesse termina par le fait qu’il n’était que très peu connu... Eurora s’en voulut cependant de n’avoir jamais entendu parler de lui mais ce qu’elle entendait était un alibi largement suffisant pour que cette personne soit convoitée par le camp ennemi... Par les mangemorts. Voir son corps régénéré instantanément lors d’un combat, cela avait des atouts certains ; aucun doute que le camp maléfique aimerait s’assurer qu’ils en aient l’utilisation exclusive. Un sort très dangereux... entre de mauvaises mains.

Un peu comme la pierre philosophale qui avait été inventée par Nicolas Flamel, Nicolas Flamel qui avait emporté cette pierre dans la tombe... ainsi que le secret de sa fabrication après avoir vécu plus de cinq cent ans. Enfin, vraisemblablement, c’était ce qu’on lui avait toujours à propose de cette pierre. Nicolas Flamel avait été un excellent ami du plus grand sorcier de tous les temps de l’avis d’Eurora, Albus Dumbledore... Il avait même aider son ami à cacher la pierre dans son école, à l’époque. De son point de vue, ce sortilège de régénérescence était aussi dangereux que la pierre philosophale, s’il tombait entre de mauvaises mains.

“Pas étonnant que les mangemorts aimeraient en avoir l’usage exclusif...” murmura t-elle entre ses dents plus pour elle-même que n’importe qui d’autres. “Excusez-moi... Vous dîtes qu’il vit dans le village... est-il possible de le voir... Pour lui parler ?...”. Pour avoir une plus ample idée de ce qu’il était, de qui il était... Pour lui servir de protection rapprochée même si de toute évidence, on ne l’attaquait jamais directement car sa survie dans cette affaire était bien trop importante. Du moins, tant qu’il n’a pas mis son sortilège totalement au point... Après, sans aucun doute qu’il ne leur sera plus d’aucune aide...

“Il parle à très peu de gens ici, tout comme il sort très rarement de chez lui... Et il est très méfiant... Avec les gens étrangers d’ici... Apparemment, depuis qu’il s’est installé ici... On ne connaître que très peu sur lui, sur sa vie d’avant son arrivée ici... Comme s'il craignait de trop en dire sur lui...”

“Je vois... Ce serait bien pourtant que l’on puisse le voir...”, ajouta t-elle, songeuse. “Votre mari a t-il fait des découvertes, découvert des indices quelconques sur cette affaire et vous les a t-il communiqué ?”

Après tout, il était un Auror expérimenté, sans doute avec des méthodes un peu vielles mais on ne peut plus efficaces... Des années d’expérience lui avait sans nul doute appris à être très observateur de ce qui l’entourait, et très minutieux sur tout... Si elles pouvaient en apprendre davantage sur cela, même des détails les plus infimes, alors il ne fallait pas les négliger...

… Hmm, il était vraiment si terrible que cela le Mr Flinch ? songea Eurora qui ne s’était toujours aps débarrassé de son idée de faire tout pour essayer de voir où il habitait et de surveiller ensuite près de chez lui, quitte à rester en embuscade devant sa maison à attendre... A ce moment, une douleur fulgurante - et soudaine qui s’éteignit bien vite - lui transperça l’esprit et elle sut inconsciemment que son frère n’approuvait pas ses pensées... Mais comment... Comment... Surveillait-il ses pensées, était-il en perpétuel affût à l’orée de son esprit en attrapant chaque seconde où elle baissait un temps soit peu ses défenses ? Si elle ne savait pas que c’était lui, elle aurait paniqué à l’idée que quelqu’un ait pu s’introduire dans son esprit aussi facilement. Mais c’était différent. C’était plus que de la Légilimancie... Un peu comme avec Oeil-de-nuit... Mais à l’échelle humaine. Aucune importance. De toutes les façons, elle n’avait pas l’intention de changer ses décisions juste car il ne les approuvait pas. Têtue ? Il ne pouvait pas décider pour elle ce qui était bon ; elle était assez grande pour agir d’elle seule. Et il s’inquiétait pour rien qui plus est. Était-il possessif à ce point qu’il ne veuille qu’elle s’expose inutilement ?! Ce qu’elle n’aimait pas lorsqu’il était autant sur-protecteur, il semblait la considérer encore comme sa jeune sœur qui n’avait que dix ou treize ans... ! Elle n'avait PLUS 11 ou 13 ans, elle était consciente !

“... Alors de toute évidence, ils s’en prennent à tous ceux de son entourage, aux habitants du village du moins, dans l’intention qu’il lâche enfin et accepte de travailler pour eux ?... Enfin, apparemment, les moldus sont les cibles principales...”, fit-elle remarquer en un simple commentaire, comme un bilan de ce qu'elle venait d'entendre, plus pour elle-même qu'à l'adresse de quiconque.

Ils n’étaient certainement pas à une victime près ; et le prochain pouvait être n’importe qui... Vraiment n’importe qui. Ce fut à ce moment-là qu’une petite fille aussi rousse que sa mère entra dans la pièce en courant, flanquant la porte ouverte sans faire vraiment attention au fait qu’elle la laissa claquer, et se précipita dans les bras de leur hôtesse. Inutile de préciser qu’il s’agissait de sa fille... A en juger par sa taille, elle ne devait pas être âgée de plus de huit ans, la dernière de leur enfants sans doute... et elle semblait presque sur le point de pleurer. Sans doute avait-elle été effrayée lorsqu’elle n’avait plus trouver sa mère dans l’hôtel, sans doute avait-elle couru à traverser l’établissement à sa recherche en était-il la cause... Sans douce cela était-il le fait du traumatisme que lui avait causé la ‘disparition’ de son père.

“Désolée... Depuis ce qui s’est passé, Moïra ne supporte plus de rester seule trop longtemps...”, se justifia leur hôtesse comme si elle avait trouvé nécessaire de s’expliquer. D’une main elle caressait les cheveux de sa fille. D’un hochement de tête compréhensif et un sincère sourire, Eurora lui fit comprendre que ce n’était rien, qu’elle n’avait pas à s’excuser, que c’était normal. Échangeant un regard avec Arya, elle vit aussitôt que celle-ci partageait sans nul doute le même sentiment sur la question...

Prenant sa décision, elle s’approcha près de la femme tout en s’asseyant sur le lit qu’elle avait un peu plus tôt quitté. “Vous savez, maintenant que nous sommes là, vous devriez nous laisser faire... Régler cette affaire, et vous occuper de votre fille... Je vous promets que le meurtre de votre mari ne restera pas impuni... Mais ça peut être dangereux, et votre fille a besoin de vous...”, termina t-elle d’une voix pleine de bon sens. Pourtant, elle était persuadée au fond d’elle que la femme n’allait pas approuver, qu’elle allait refuser sa proposition avec une véhémence exceptionnelle ; véhémence justifiée par sa volonté de vouloir venger son mari et de chercher à tuer ceux qui l’avait tué... et de vouloir les tuer elle-même. Elle le voyait dans son regard...

Et, d’un côté, elle la comprenait. Elle la comprenait car c’était exactement ce qu’elle ressentait lorsqu’elle se disait vouloir venger ses parents, même vingt ans après leur mort... Mais d'un autre côté, elle ne voulait pas qu'il y ait une orpheline de plus dans le monde. Cette guerre était beaucoup trop dure à supporter pour les enfants... Et pourtant, ils en étaient indirectement les premières victimes...



Dernière édition par Eurora le Mar 4 Jan 2011 - 0:59, édité 1 fois (Raison : Modif de l'âge de la fille : Huit ans ^^)
Revenir en haut Aller en bas
Arya Wolf
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve
Occlumens


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Arya Wolf, Dim 9 Jan 2011 - 2:32


Après avoir attentivement écouté ce qu'avait à dire la petite sorcière, Arya constata en écoutant ses paroles qu'Eurora avait fait le même genre de rapprochement qu'elle. Mettre au point un tel sortilège, ou au moins tenter de le faire, c'était comme jeter un morceau de viande saignante dans un bassin plein de requins. Certes, à ce qu'avait dit la tenancière, seuls peu de gens étaient au courant. Mais les Mangemorts avaient un excellent réseau d'informations, sans aucun doute même plus étendu que celui de l'Ordre du Phénix... Ils avaient tissé leur toile bien loin, même jusqu'à l'étranger. En ce moment même, les deux jeunes femmes devaient probablement être en train de danser entre leurs fils...

Comme si elle lisait dans ses pensées, Eurora demanda à la sorcière s'il était possible de voir ledit Cornelius Flinch. Une entrevue avec lui serait sans nul doute des plus édifiantes, et leur permettrait sans aucun doute d'y voir plus clair... En même temps, si elles pouvaient grappiller quelques connaissances sur ce nouveau sortilège qu'il tentait de mettre au point, cela serait sans aucun doute fort gratifiant pour l'Ordre du Phénix. Intérieurement, la jeune professeure se morigéna. Penser ainsi au profit qu'elles pourraient faire de cette invention... Peut-être n'était-elle pas meilleure que les Mages Noirs, de songer ainsi. Ou si? Après tout, cela n'avait rien à voir, eux mettaient leurs vies en jeu pour sauver un maximum de gens, alors que les serviteurs du Seigneur des Ténèbres ne faisaient que détruire et semer la mort.

Lorsque la gérante leur expliqua que l'homme refusait de voir quiconque, ce qui était compréhensible au vu des circonstances, Eurora continua à l'interroger, en émettant une remarque sur le bénéfice qu'elles tireraient d'une rencontre. Comme ça ou comme ça, elles ne risquaient rien à aller le voir, sinon à obtenir un refus. Il leur suffisait juste de savoir où le sorcier logeait, et elles pourraient s'y rendre. En espérant que l'aînée des deux Phénix soit en état pour cela, au vu de la crise qu'elle avait traversé, et au sujet de quoi sa jeune compagne avait prévu de l'interroger un peu plus tard, n'en ayant pas eu l'occasion jusque là.


" ... Alors de toute évidence, ils s’en prennent à tous ceux de son entourage, aux habitants du village du moins, dans l’intention qu’il lâche enfin et accepte de travailler pour eux ?... Enfin, apparemment, les Moldus sont les cibles principales...

En effet, peu de sorciers avaient été tués jusque là. Même la mort de l'ex-Auror avait été plus ou moins tue par la Gazette. Ou en tout cas, Arya ne se souvenait pas avoir lu quelque chose à ce sujet quand elle avait pris connaissance de l'article au quartier général de l'Ordre. Mais pourquoi s'attaquer ainsi à des innocents plutôt qu'au sorcier lui-même? Le garder en vie, certes, c'était nécessaire, mais pourquoi ne pas employer la force pour l'emmener? Peut-être que son sort était plus au point qu'il ne le laissait paraître. Peut-être que les Mangemorts refusaient un affrontement direct face à un ennemi qu'ils ne pouvaient blesser... Cela méritait en tout cas que lumière soit faite sur le sujet.

Et soudain, les surprenant toutes, la porte claqua, et une fillette à la flamboyante chevelure rousse entra dans la chambre. La jeune femme avait sursauté et instinctivement porté la main vers l'étui où était rangé sa baguette, bien dissimulé dans ses vêtements. Elle laissa retomber sa main le long de son corps, rassurée, tandis que la gamine se jetait dans les bras de sa mère, qui leur lança un regard navré et un peu mal à l'aise. Sans nul doute n'appréciait-elle pas que sa fille ait un tel comportement devant ses clients, même si on voyait à son air qu'elle ne pouvait pas lui en vouloir pour cela.


- Désolée... Depuis ce qui s’est passé, Moïra ne supporte plus de rester seule trop longtemps...

- Ne vous excusez pas, il n'y a aucune raison. C'est parfaitement compréhensible, avec ce que vous avez traversé... Sans oublier le contexte actuel et ce qui se passe là dehors.

- Vous savez, maintenant que nous sommes là, vous devriez nous laisser faire... Régler cette affaire, et vous occuper de votre fille... Je vous promets que le meurtre de votre mari ne restera pas impuni... Mais ça peut être dangereux, et votre fille a besoin de vous...

- C'est exact, nous sommes là pour tirer tout ça au clair. Avec votre aide, nous parviendrons sans doute à quelque chose, mais avant tout, il nous faudrait l'adresse de ce Cornelius. Nous aimerions au moins pouvoir lui parler.

Elle avait elle aussi remarqué cette lueur dans les yeux de la femme. Un lueur qu'elle avait auparavant vu dans ses propres yeux, lorsqu'elle venait de perdre l'être qui lui était le plus cher au monde... C'était ce qui l'avait poussée à affronter le Mangemort responsable de ce crime, sans même prendre la peine de réfléchir. Une infinie douleur, un désespoir sans nom, et surtout un désir de vengeance qui vous brûlait de l'intérieur, furieusement, douloureusement, au point d'avoir l'impression que vos veines contiennent de la lave en fusion, se concentrant au niveau de la poitrine.

Elle ne pouvait que comprendre ce qui agitait leur interlocutrice, comprendre et compatir. Mais pas l'autoriser. Non, elle avait vécu ça, avait agi sur un coup de tête, et avait failli perdre la vie. Bien sûr, elle n'avait pas regretté d'avoir fait payer son forfait au meurtrier mais... Elle avait ensuite constaté que cela ne changeait rien. Il était mort, et après? Cela ne ramenait pas l'être aimé à la vie. Cela ne soulageait même pas la douleur infinie que l'on ressentait. Et l'on avait en plus du sang sur les mains. Dans le fond... est-ce qu'on valait mieux que le Mangemort? Elle avait après tout privé sa famille de sa présence, comme il lui avait arraché Dastan... Quoiqu'elle ne l'avait pas vraiment tué, puisque sa baguette s'était retournée contre lui...

- C'est la maison qui porte le numéro treize, vous trouverez facilement. Il y a un petit jardin devant, et un grand derrière. Mais surtout, il a protégé son domaine avec des sorts de protection, et il possède un Croup que seuls les sorciers peuvent voir. Les Moldus le prennent pour un simple chien...

Arya enregistra soigneusement ces informations dans un coin de sa tête. Elle n'avait plus qu'une hâte: aller trouver cet homme. Elle avait l'intuition que bien des choses se dénoueraient, ou du moins, sembleraient moins touffues, une fois qu'elles auraient pu lui parler. Certes, il ne voulait parler à personne, mais avec de la ténacité, de l'amabilité et quelques cajoleries, elles parviendraient peut-être à venir à bout de sa résistance. Mais pour cela, elles devaient agir. Et pour ne pas paraître louches, mieux valait le faire tant qu'il faisait encore jour: une visite de nuit ne le mettrait sans doute pas dans de bonnes dispositions. Sans oublier que, en hiver, la nuit tombait très tôt...

Après avoir pris congé de la gérante de l'hôtel, les Phénix prirent le chemin qu'elle leur avait indiqué. La professeure était soulagée d'avoir réussi à dissuader la femme de faire quelque chose d'inconsidéré... au moins pour un temps. Leurs arguments avaient semblé peser, car elle avait renoncé à faire quoi que ce soit, à tout le moins jusqu'à leur retour avec des informations. Car elle avait vu dans son regard qu'elle voudrait être mise au courant. Pas besoin d'être Legilimens pour deviner cela, c'était tout à fait légitime.

Tandis qu'elles marchaient, Arya décida d'aborder le sujet de son évanouissement avec Eurora. Si quelque chose allait de travers dans cette "mission", elle préférait être mise au courant. Ne pas savoir pourrait les mettre en danger toutes les deux, qui sait? D'autant qu'elle n'était pas Legilimens ou Occlumens, et donc qu'elle était vulnérable à ce genre d'assauts mentaux. Car elle avait l'intuition que c'était ce qu'il s'était passé. Avec un rire discret, et pas forcément joyeux, elle songea qu'il vaudrait mieux pour toutes les deux que les deux policiers moldus ne les retrouvent pas à se promener dans le village pour fouiner, alors qu'ils avaient été témoins de la crise de l'une d'elles qui avait semblé salement secouée... Elle balança donc un regard en coin à sa compagne, attentive. Si jamais elle lui mentait, elle le saurait probablement: elle avait toujours été assez douée pour percer les gens à jour et détecter les mensonges.


- Dis-moi Eurora, que s'est-il passé tout à l'heure, dans le bar? J'aimerais autant savoir la vérité, si cela ne te dérange pas..."


[HRP: J'ai fait avancer les choses, si ça ne te convient pas, dis-le moi =)]
Revenir en haut Aller en bas
Eurora
LégendePoufsouffle
Légende
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve Grise
Occlumens
Chercheuse (Spec. Animagus)


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Eurora, Sam 15 Jan 2011 - 12:00




Quelque chose l’interpella cependant soudain... ce fut la brièveté du petite article qui était consacré à cette affaire dans le journal. Des meurtres en série, même dans une contrée lointaine, cela devrait faire la une des journaux... Or, l’article ne se trouvait que vers le milieu et beaucoup de choses étaient tues. Avoir tue la signification exacte de ces faits, c’est-à-dire laisser sous silence l’invention du sortilège, c’était normal ; personne ne voulait que plus de monde veuille se le procurer pour eux ; trop de monde était déjà au courant d’ailleurs... Mais, le fait que même la mort de l’ex-Auror fut placée sous le signe du silence... Soit la presse s’était laissée acheter pour ne parler que de ce qui leur était autorisés à divulguer, soit ils voulaient laisser croire dans les journaux qu’il s’agissait seulement d’une affaire qui regardaient les moldus, et qu’aucun sorciers n’étaient inclus dedans.

Néanmoins... D’un certain côté, elle se demandait également quel pouvoir avait le sorcier ; s’il n’était pas assez puissant pour tous les terrasser.... Il y avait quelque chose qu’elle ne comprenait pas, ou qui lui échappait... Il était assez intelligent et puissant pour créer un sortilège aussi puissant que celui qu’il faisait, et il ne pouvait se débarrasser des mangemorts qui voulaient sa création ? Il y avait quelque chose d’illogique... Il lui manquait un critère important...

Les paroles de la femme la replongèrent dans ses questions. Il avait protégé sa maison... Suffisamment sans doute pour retenir les mangemorts d’y entrer ; et il ne pouvait se défendre d’eux, il ne pouvait les tuer ? Comment était-ce possible... Il avait sûrement les connaissances et l’expérience suffisante pour s’en débarrasser facilement... A moins d’être contraint de ne rien faire... et d’obéir. Mais quoi ?

- C'est exact, nous sommes là pour tirer tout ça au clair. Avec votre aide, nous parviendrons sans doute à quelque chose, mais avant tout, il nous faudrait l'adresse de ce Cornelius. Nous aimerions au moins pouvoir lui parler.

Eurora sortait de ces courses réflexions perplexes alors qu’Arya terminait ces mots, qui venaient faire effet de miroir aux pensées de la jeune Phénix... C’était la première chose qu’il y avait à faire. La toute première.... Eurora avait apprit depuis très longtemps cela. Un sage il y avait bien longtemps avait un jour qu’il fallait rentrer dans tous les moindres détails avant de s’engager jusqu’au cou dans les ennuis...

- C'est la maison qui porte le numéro treize, vous trouverez facilement. Il y a un petit jardin devant, et un grand derrière. Mais surtout, il a protégé son domaine avec des sorts de protection, et il possède un Croup que seuls les sorciers peuvent voir. Les Moldus le prennent pour un simple chien...

En mettant tout ce qu’ils avaient entendu dans un coin de son esprit et en particulier les questions qu’elle se posait. Il ne manquait plus qu’elle soit résolues en temps et en heures. Elles laissèrent la femme s’en aller, avec sa fille, après qu’Eurora lui eut assurée une nouvelle fois qu’elles la tiendraient au courant dès qu’elles en sauraient plus sur la question -b et elle en faisait la promesse, elles en sauraient plus - seulement si évidemment elle les attendait bien sagement ici... Eurora les suivit ensuite toutes deux des yeux alors qu’elles retournaient vers leurs appartements...

La nuit tombait particulièrement tôt ; il fallait faire vite si elles voulaient que la plupart de leurs questions soient résolues avant la tombée de la nuit ; aussi partirent-elles aussitôt et se mirent-elles en route pour la direction indiquée par Mme Finn. Elle se demanda quelle serait la réaction des deux policiers s’ils les voyaient ainsi ressortir de l'hôtel surtout après ce qu'ils avaient été témoin... Eurora s'en mordit les doigts un peu bien qu'il lui avait été impossible à contrôler cela... Elle n'aurait ou le contenir en elle sans attirer l'attention, l'intervention avait été trop soudaine et puissante... Encore heureux qu'il s'agissait d'une personne qui ne lui voulait que du bien et ne venait pas juste pour l'attaquer... Cela aurait pu faire plus de dégâts réversible ou irréversible : l'esprit était quelque chose de complexe. Quoique si cela avait été quelqu'un d'autres, un étranger, il auirait forcément laissé des traces, traces qu'elle aurait perçut et elle l'aurait arrêté.... Eurora n'avait juste pas détecté Alexandre avant qu'il ne soit dans son esprit seulement parce qu'il connaissait le chemin, la clé pour se faufiler dans les diverses couches de son esprit sans qu'Eurora ne s'en rendre compte... Il la connaissait.

La jeune femme était toujours plongée dans ses pensées alors que Me Finn les avaient abandonnées et qu'elles avaient redescendus les étages de l'hôtel pour bientôt se retrouver dehors où le froid la saisit à la gorge ; elles se mirent aussitôt en route sans tard, Eurora resserrant sa cape autour d'elle ainsi que son écharpe.... Le début du trajet se déroula en silence, chacun dans ses réflexions mais Arya fut la première à parler et de toute évidence, elle n'avait toujours pas obligée ce qui était précédemment arrivé à Eurora dans ce pub... Après plusieurs secondes durant lesquelles Eurora se contenta de continuer à marcher, elle lâcha enfin d'une voix neutre non sans être teintée de quelques réticences...

“Un simple avertissement”. C’était la vérité. Pas beaucoup d'explications, mais c'était la vérité ; les premiers mots qui lui étaient venus pour qualifier 'cet échange'. Mais hors de question de s'éterniser en explications en plein milieu d'une rue. D'un, elle n’avait aucune envie de développer pour le moment. De deux, ce n’était pas l'endroit alors qu’elles marchaient en pleine rue et que les murs avaient toujours des oreilles quand on s’y attendait le moins, et de trois elle n’avait guère envie d’en reparler alors que son esprit tendait à se concentrer sur l"affaire ‘Cornélius Finch’ ainsi qu’elle la nommait dans sa tête. Pas elle. Ce serait un acte inconsidéré et totalement insensé d'égarer son esprit sur d'autres sujets que l'affaire la plus importante sur laquelle elles devaient se focaliser. Il faudrait qui plus est mettre encore plus d’insistance pour qu’il y ait une chance qu’elle dise tout parce qu’à son sens, cela ne regardait en rien l’enquête ; juste elle... Elle et Alexandre. Elle n'était pas, de plus, du genre à beaucoup se confier... Elle ne l'avait jamais été. Elle n'aimait pas parler d'elle.

Jetant un coup d’oeil aux alentours à la recherche des numéros des maisons qui défilaient de chaque côté d’elles, Eurora vit le numéro six passer devant ses yeux. Le 13 était sans doute du côté droit de la rue, non à gauche, du côté des chiffres impairs. La jeune femme força l’allure pour à la fois arriver plus rapidement et pouvoir résoudre ses interrogations avant la tombée de la nuit et à la fois pour éviter d’autres question d’Arya... Questions dont l’endroit pour y répondre n’était pas idéal en pleine rue ; c’était le dernier endroit au monde où elle se laisserait à parler de sujets un tant soit peu personnels.

Elle finit pat apercevoir le maison en question qui se rapprochait progressivement en particulier parce qu’elle sentait de plus en plus fortement l’attraction de la magie sur elle. Elle ne doutait pas que seuls les sorciers en étaient capables. Les moldus passant par là n’y verraient qu’une maison parfaitement normale et ne détecteraient pas le moins du monde de la magie. Pour la seconde fois, elle la sentait... Elle sentit son ventre tournoyer douloureusement dans son estomac en songeant à la première fois mais sans laisser paraître un quelconque malaise, elle continua à se rapprocher pour s’arrêter devant le portillon qui ouvrait sur le jardin. Elle n’était pas certaine mais elle hésitait à le pousser elle-même. Les protections installées la protégeraient peut-être tant et si bien qu’elles ne pourraient y entrer sans l’accord du propriétaire... A moins que ce soit une protection analytique, une magie qui analyseraient quelles étaient leurs intentions ; si elle percevait chez elle le moindre danger pour leur maître, alors elles s’activeraient aussitôt. Or, il n’y en avait pas le moindre.

En approchant une main de la poignée de porte en fer forgé du portillon de fer, elle aperçut au loin ce qui ressemblait à un gros terrier, à l’exception que sa queue était fourchue. Il était tranquille et n’était cependant aucunement dangereux pour les sorciers. Pour ce qui était des moldus, c’en était une toute autre affaire. Extrêmement fidèles aux sorciers, mais très féroces envers les moldus et l’avantage était qu’ils mangeaient pratiquement de tout. Eurora allait pousser le portillon lorsqu’elle en fut interrompue... Quelque chose avait bougé à l’intérieur elle en était convaincue... Non, elles étaient observées. Se figeant, le portillon s’ouvrit de lui-même. De toute évidence, on les autorisaient à entrer...

“Je crois que nos intentions ne sont plus méconnues... Nous sommes attendues”, murmura t-elle dans un souffle avant de franchir le portillon avec cependant un regard en arrière. Dès qu’Arya l’eut suivie elle aussi, elle entendit le grincement du portillon puis ce dernier se refermer.

Les voici dans l’antre à présent. D’un pas décidé, Eurora se dirigea vers l’entrée de la maison... Avant qu’elle ait pu frapper, le battant s’entrouvrit... Décidément très fort ce sorcier. Enfin, d’un côté elles ne semblaient pas être des éléments indésirables pour lui, donc il fallait voir le bon côté des choses. Ne s’y attendant pas, Eurora fallit faire une crise cardiaque en entendant soudain la voix grave d’un homme d’âge mûr s’adresser à elles ; le sursaut qu’elle retint fut bien perceptible. “Rentrez mesd’moiselles. J’ai été prévenu de votre arrivée”. Quoi ? Comment cela prévenu ?! Pour chasser sa perplexité, Eurora secoua la tête et essaya de se détendre mais étrangement, plus elle en entendait plus elle sentait ce sentiment de malaise qu’elle sentait s’élever. D’où venait-il donc alors qu’elle savait intérieurement qu’elles ne craignaient rien... Peut-être le fait qu’il semblait être au courant de leur venue... Cela la mettait mal à l’aise...

Une silhouette se découpa dans la pénombre du hall. Une silhouette qui paraissait plus âgée que la voix qu’elle avait entendu et le fait qu’elle discerne qu’il semblait s’appuyer sur une canne lui donnait l’impression d’avoir affaire à un vieillard... En réalité, il s’agissait bien plus que d’un simple bâton sur lequel prendre appui.

“Comment...”
“Je m’adonne à l’art divinatoire, comme un passe temps... Vous savez les cartes, le tarot, le thé...”, dit-il pour simple réponse tout en les priant d’entrer dans son salon.

A la lueur de la lumière de la pièce, Eurora prit conscience qu’ils semblait bien plus âgée en apparence qu’il ne semblait l’être en réalité. Pas plus de cinquante ans en tous les cas... Ses gestes étaient assurés, ses yeux noirs d’une profondeur insondable et très sérieux ; peut-être était-ce la barbe à moitié grisonnante qu’il portait qui le faisait paraître plus âgé? Quoiqu’il en soit, il semblait pourtant être un grand-père très aimable et rieur... Avec ses petits-enfants. En observant le salon dans lequel elles se trouvaient, elle aperçut quelques photos en noir et blanc d’une petite fille et d’un garçon ainsi qu’une femme qu’elle détermina comme sa fille... Donc la mère des enfants... La femme semblait avoir une trentaine d’années sur la photo...

“Ce ne sont pas ma fille et mes petits-enfants” entendit-elle soudain derrière elle ; elle détourna brusquement au même instant le regard des photos, honteuse et confuse d’avoir été prise en flagrant délit mais de toute évidence, il ne fallait pas sou-estimer ses qualités d’observation... “Ce sont ma femme et mes enfants”, ajouta t-il d’un ton trop grave pour être naturel. Un peu triste aussi... La maison n’était pas forcément de celle qui respirait une certaine présence féminine pourtant... Elle ressemblait à la maison d’un vieux célibataire... Était-ce la vérité qu’il disait ? Cela semblait tellement... insensé.

Sans doute que son air interloqué ne lui fut pas inconnu car il répondit aussitôt pour contredire sa pensée... “C’est la vérité”. Ce qui la fit douter par la même s’il n’était pas non plus légilimens, et un très puissant légilimens car dans ce cas là elle ne l’aurait même pas sentit se rapprocher de son esprit et s’infiltrer dans ses pensées... Non, elle n’y croyait pas... Pourtant... Ce fut - encore - le sorcier qui l’interrompit dans ses suppositions et ajouta, croyant bon de préciser... “Ne vous a t-on j'amatis dit que le regard était bien parlant que toutes autres choses ?”

Le regard de l’âme. Oui, évidemment. Elle hocha légèrement la tête, on ne peut plus décontenancée cependant... Qui eut crût qu’elle aurait pu se sentir légèrement intimidé mais ; rares étaient les personnes qui imposaient respects par leur seule présence... Par le passé, il n’y avait que quelques noms qui lui venaient à l’esprit et qui le lui faisaient s’en souvenir ; des personnes qu’elle n’avait pas connu évidemment, mais qu’elle aurait connu, mais dont les exploits avaient franchi les décennies et restaient encore dans les mémoires. De grands sorciers.

“Monsieur, pardonnez mais... Où sont votre femme et vos enfants, dans ce cas...?” avança t-elle en espérant qu’il ne croit pas à un manquement aux règles de la bienséance... A une incorrection en d’autres termes. Après tout, s’il trouvait la question trop impersonnelle, alors il n’était pas obligé de répondre... Mais elle avait la ferme conviction qu’il s’agissait un point important dans le déroulement de cette affaire.

Pendant de longues minutes, le silence s’imposa ; silence durant lequel elle se sentit la désagréable impression en elle d’être comme sondé par son regard, comme si elle était passée au rayon-X... C'était très déstabilisant, mais Eurora s'efforça elle-même de ne pas bouger.... Elle ne devait rien montrer qui puisse le faire douter de la sincérité de sa question. Elle sentait que c'était important si elle voulait une réponse... Si le vieil homme avait un doute sur l'une ou l'autre, il lui serait sans aucun doute très facile de les jeter dehors voire pire...

Spoiler:
 


Revenir en haut Aller en bas
Arya Wolf
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve
Occlumens


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Arya Wolf, Dim 23 Jan 2011 - 1:32


Alors qu'elles marchaient dans la rue, Arya n'eut droit qu'à une réponse évasive de la part d'Eurora, ce qui ne l'étonna guère. Peut-être que sans forcer, de façon plus subtile, elle parviendrait à en tirer quelque chose... plus tard. Et puis, qu'est-ce que cela voulait dire au juste, "un simple avertissement"? Décidément, la jeune femme n'y comprenait rien. Mais il fallait qu'elle fasse comprendre à sa compagne de mission qu'elle pouvait lui faire confiance. Après tout, elles étaient du même bord, et une confiance réciproque serait la clé de la réussite...

Quand elles parvinrent à la maison du sorcier anglais, le portail s'ouvrit seul. Alors qu'elles s'approchaient de la porte, qui s'ouvrit elle aussi, la Phénix aperçut le Croup de la maison, qui dormait tranquillement devant sa niche. Il dressa la tête à leur passage, et les suivit du regard un moment, sans broncher. Un excellent moyen de déterminer si ses visiteurs étaient des sorciers ou des Moldus... Cela expliquait également l'écriteau "Attention au chien" placé au portail à l'attention des non-magiciens... Alors qu'elles entraient, la porte se referma d'elle-même derrière elles, cachant l'animal à leur vue.

Elles n'eurent guère à attendre avant de faire la connaissance du maître des lieux, un homme grisonnant à l'air fatigué. La jeune femme préféra se taire et observer, écouter, afin de déceler des choses qui pourraient leur servir par la suite. Du reste, Eurora se chargeait de tenir la conversation. Ledit Cornelius Flinch semblait maîtriser la divination et les arts occultes. Une chose qui n'avait jamais tellement intéressé Arya, tout en lui faisant froid dans le dos. Elle ne savait pas du tout quel genre de comportement adopter vis à vis de cela, étant sceptique quant au fait qu'il s'agissait d'un art réel, ou bien d'une escroquerie... Mais à présent, il semblait que l'homme leur donnait une preuve de l'efficacité de cette discipline.

Elle hésita, mais suivit le mouvement lorsqu'il les fit passer au salon. Il faisait extrêmement sombre dans la maison, tous les volets étant clos, comme s'il craignait la lumière du jour... Il devait passer pour un fou aux yeux des habitants, et surtout des Moldus. Elle observa les alentours, et vit elle aussi la photo avec la femme et les enfants. Des gens chers, très probablement... Mais quand il annonça qu'il s'agissait de son épouse et de ses enfants, elle en fut étonnée, tout comme sa collègue, de toute évidence. Elle n'avait pas senti l'odeur d'une femme, ici... Fermant les yeux, elle se concentra. Son odorat commença à se développer tandis que son côté louve prenait le pas. Elle huma l'air, sentant distinctement les effluves émanant du sorcier, d'Eurora, et d'elle même... Mais rien de plus. Avant de laisser la transformation s'opérer, elle refoula en elle son côté animal, ayant presque la sensation de sentir ses crocs se résorber...


" Monsieur, pardonnez mais... Où sont votre femme et vos enfants, dans ce cas...?

Voilà une excellente question. A croire que la blonde lisait dans les pensées de la nouvelle Phénix. Elle n'avait détecté aucune présence de femme ou d'enfants. Même pas une vague effluve... de toute évidence, ils étaient absents depuis un moment. Et puis, cette tristesse dans ses yeux quand il en parlait... Ils n'avaient pas été tués, quand même? La Gazette aurait-elle tu le meurtre de sang froid d'une famille presque entière? Cela n'avait aucun sens...
L'homme leur fit signe de s'asseoir, et prit lui-même place dans un fauteuil de cuir marron. Il garda le silence un bon moment, les considérant toutes deux, comme s'il les sondait, les testait. De quoi mettre mal à l'aise. L'instinct de louve de la jeune femme se hérissa en elle, et elle dut à nouveau en faire abstraction pour rester concentrée.


- Je pense que je peux vous faire confiance à toutes deux. J'ai su que vous étiez des sorcières dès que je vous ai senties approcher... D'ailleurs, Watson ne vous a pas déchiquetés, c'est une preuve supplémentaire. Cependant, sachez que ce n'est pas vraiment le moment pour des grandes discussions. Je suis très occupé, et je crains de ne pas pouvoir satisfaire votre curiosité. Pas ce soir, surtout avec le couvre-feu...

Le couvre-feu. Oui, en effet. Installé par les autorités moldues afin de prévenir tout risque supplémentaire d'agression. Comme si cela était vraiment efficace... Un Mage Noir pouvait sans mal se glisser dans une maison pour tuer qui bon lui semblait. Mais il était vrai que cela diminuait les risques, après tout. Et on ne pouvait pas les blâmer de faire leur possible pour la sécurité des habitants, surtout face à un phénomène qu'ils ne pouvaient comprendre...

- Je ne puis vous dire qu'une chose, maintenant. Ma famille m'a été enlevée par des Mages Noirs. Ils n'accepteront de me la rendre que si je leur obéis, si je travaille pour eux. Mais cela signifierait les doter d'une arme... terriblement efficace. Même avec ma meilleure volonté, je n'arrive pas à avancer, pas assez vite. Alors ils tuent... Tous ces gens, ces innocents, c'est pour me montrer ce qu'ils pourraient faire à ma famille si je n'obéis pas. J'aime tellement ce village! Ces gens, je les connaissais, y compris les Moldus... Des gens charmants, sans histoires... Leur faire du mal, c'est comme si on s'attaquait déjà aux miens... Tout est de ma faute, mais je ne peux rien faire, je ne veux pas que ma famille meure, vous comprenez? Rien que de les savoir captifs...

- Nous comprenons. Nous pouvons sans doute vous aider. Faites-nous confiance.

- Oui... peut-être. Mais pas ce soir, pas ce soir, s'ils vous voient ici... Ce serait la fin. Il faut que vous partiez!

- Attendez, il nous faudrait d'autres détails: comment tout cela est arrivé, ce qu'ils attendent précisément de vous... Nous ne pouvons vous aider si nous ne savons rien!

- Pas aujourd'hui, plus tard... Une autre fois, oui...

Il s'était levé, agité, s'approchant des fenêtres sans les ouvrir. Son attitude tourmentée et presque proche de la folie faisait peur à voir. Arya lança un petit regard à Eurora. De toute évidence, elles n'en tireraient rien de plus ce jour-là. Sans doute leur faudrait-il réessayer. Mais au moins, le premier contact était établi, et il savait qu'elles étaient là pour l'aider. Il ne leur restait plus qu'à rejoindre l'hôtel afin d'y réfléchir à tête reposée, et d'être d'attaque le lendemain quand le couvre feu serait levé.

La Phénix resta plongée dans ses pensées tout le long du trajet. Cet homme qui avait semblé d'abord si calme et serein avait paniqué en voyant l'heure avancée. De toute évidence, il était perdu, aux abois, peut-être au bord de la folie. Mais c'était compréhensible: il avait une abominable pression sur les épaules. On tenait sa famille en otage, on tuait des villageois pour faire des exemples, et s'il n'avançait pas dans ses recherches, il devait sans doute être encore plus stressé, plus inquiet... La jeune femme avait terriblement pitié de lui, et pourtant, il faudrait qu'elles retournent le voir pour l'interroger plus avant.

En arrivant à l'hôtel, on leur annonça l'heure du repas. Il n'y avait que deux autres clients à l'hôtel: un homme et une femme, Moldus tous deux. Cela permettrait au moins d'éviter un harcèlement de questions de la part de la gérante... Elle souhaita cependant leur parler, tandis qu'elle faisait le repas, bien enfermée dans sa cuisine: et pour cause, elle le préparait de manière magique. Cela sentait terriblement bon. Il s'agissait d'un plat typique irlandais, l'Irish stew, une sorte de pot-au-feu qui mélange mouton, carottes, pommes de terre et oignons. Autant manger une spécialité du coin, non?


- Alors? Avez-vous réussi à parler à Cornelius?

- Oui... et non. A vrai dire, il a l'air un peu à cran, et nous avons été forcées de partir en avance pour ne pas violer le couvre-feu.

- Vous avez appris quelque chose?

- Rien de fondamental. Laissez-nous faire, mieux vaut que vous ne vous en mêliez pas. Vous avez encore une fille, il faut être prudente pour elle.

- Mon mari a été assassiné. Je pense que je suis directement concernée, non?

- N'insistez pas, s'il-vous-plaît.

Arya devina la réprobation d'Eurora, plus qu'elle ne la vit. Elle lui lança cependant un regard qui en disait long: elle ne voulait pas mêler cette femme à cette affaire. Certes elle avait perdu son époux, mais cela ne lui servirait à rien de mettre sa vie en danger par pure vengeance. D'autant qu'elle prenait le risque de laisser une orpheline derrière elle. Le jeu n'en valait vraiment pas la chandelle, la jeune sorcière le savait par expérience. Mais peut-être qu'il lui faudrait éclairer sa collègue à ce sujet... plus tard. Ce ne serait pas évident pour elle: elle n'appréciait guère d'aborder ce douloureux sujet.

La nuit tomba bien évidemment tôt, hiver obligeant. Le repas achevé, elles n'eurent plus d'autre choix que de se rendre dans leur chambre. De toute façon, à part se retrouver seules pour discuter, et pour réfléchir, elles n'avaient rien de mieux à faire. Arya prit le soin de lancer quelques sorts de protection dans leur chambre, dont l'un qui l'insonorisait, afin d'éviter les oreilles indiscrètes de Moldus... ou de sorciers. Restait maintenant à tirer au clair certaines petites choses: le malaise d'Eurora, le comportement de Cornelius Flinch, les agissements des Mangemorts ici, en Irlande, et également la conduite à tenir vis-à-vis de la gérante de l'hôtel. Elles n'étaient pas prêtes de dormir...


- J'ai cru deviner que tu n'approuvais pas que j'écarte cette sorcière de cette affaire, je me trompe? Crois-moi, c'est le mieux à faire. A part se mettre en danger, se venger ne lui servira à rien. Cela ne lui rendra pas son époux. J'en sais quelque chose... ajouta-t-elle finalement avec une pointe de réticence."
Revenir en haut Aller en bas
Eurora
LégendePoufsouffle
Légende
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve Grise
Occlumens
Chercheuse (Spec. Animagus)


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Eurora, Lun 31 Jan 2011 - 16:09




Tout le chemin du retour, Eurora resta perplexe et donc silencieuse, plongée dans ses pensées... Elle repassait en boucle tout ce qu’il leur avait dit, elle analysait chaque mot, chaque expression de son visage... Son attitude tourmentée presque proche de la folie sur la fin et seulement guidée par la peur, cet homme était malade. Malade de peur, malade d’appréhension à la seule idée que l’on tue sa famille s’il n’obéissait pas aux mangemorts. Et en même temps, elle était persuadée qu’il ressentirait une profonde culpabilité s’ils venaient à mourir. La vie des trois personnes dépendaient de lui, et pas n’importe lesquelles. Sa femme, et ses enfants. S’ils mourraient, cela signifiait que les mangemorts pensait qu’il les avaient trahi... S’ils avaient le moindre soupçon d’une quelconque trahison, il n’hésiteraient pas... Cornelius penserait certainement que ce serait donc de sa faute s’ils se faisaient tuer ; cela voulait dire qu’il avait forcément quelque chose de travers, qu’il avait fait quelque chose qui ne plaisait pas à ses tortionnaires... Elle fut convaincue qu’il s’en voudrait à mort si sa famille mourrait. Elle était bien placée pour le savoir, sa famille devait être ce qu’il avait de plus important dans sa vie ; elle l’avait lu sans ses yeux ; derrière cette façade se dissimulait trop de souffrances pour un seul Homme...
Pas étonnant qu’il ait si vite voulu prendre congé d’elles... Et s’il était surveillé ? Si sa maison était surveillée par des sentinelles qui vérifiaient bien qu’il ne faisait rien contre eux qui pourraient s’apparenter à de la trahison...? Et si elles revenaient le lendemain, ne trouveraient-ils pas cela étrange ?

Sa cape d’invisibilité était resté à Londres, mais elle prit la décision de la faire ramener ici par l’un de ses elfes de Maison. On verra cela demain matin ! Pour le moment... Pour le moment elle n’était pas fatiguée en tous les cas. Elles revinrent à leur hôtel et trouvèrent la gérante dans sa cuisine où elles allèrent pour lui parler, et lui faire un rapide bilan de ce qu’elles apprit, sans en dire de trop évidemment. Sinon autant lui permettre de mener l’enquête avec elles, et il en était hors de question.

Encore une chose qui faisait qu’Arya ne la connaissait, c’était que selon le regard qu’elle lui envoya à cet instant, et bien elle pensait qu’elle n’aurait pas été de son avis lorsqu’elle avait refusé - de nouveau - que l’aubergiste vienne avec elle. Eurora ne lui avait pas le moins du monde envoyer de regard indiquant sa réprobation et elle ne sut pas ce qui lui avait fait penser cela, mais il était évident qu’Eurora pensait avant tout à sauvegarder ce qui restait d’une famille. Et déjà que le père avait donné sa vie en menant cette enquête, jamais elle ne s’autoriserait à laisser une nouvelle orpheline en impliquant alors en laissant sa mère venir avec elles. Elle ne connaissait que trop d’avoir perdu ses parents jeunes. Même si, pendant longtemps, elle ne l’avait pas su... Mais au fond, elle avait su au final qu’il lui manquait comme une partie d’elle, comme une partie de son histoire... Si elle pouvait éviter que Moïra perde également sa mère, elle le ferait évidemment. Arya avait deviné faux... Mais Eurora ne pouvait le lui reproché bien sûr ; elle ne savait pas.

Au final, cela la fit plus sourire qu’autre chose. Qu’elle demeure un temps soit peu un mystère pour les gens qui l’entoure... Elle s’approcha alors de la femme et posant une main sur son épaule, elle lui dit dans un murmura rassurant et cependant la lueur déterminée qui brillait dans ses yeux finit sans doute de convaincre la femme...

“Votre fille a besoin de vous, Madame. Pensez à elle. Je vous promets que le meurtre de votre mari ne restera pas impuni”.

… Comme si, au final, elle se vengeait du propre meurtre de son père, et de sa mère. Depuis qu’elle savait toute l’histoire, cela n’avait fait que la conforter dans cette volonté qu’elle avait de se venger de toutes formes de magie noire qui pouvait exister. Certes, elle n’avait rien contre cette magie, c’était simplement l’utilisation que certains en faisaient qu’elle détestait. Du plus profond de son être.

La jeune Phénix s’écarta ensuite de la femme, en ne se départant pas de son sourire, puis elle revint auprès d’Arya et d’un commun d’accord silencieux, elles ne tardèrent à remonter dans leur chambre. Laissant sa coéquipière poser plusieurs sortilèges de protection sur leur chambre, Eurora se laissa tomber sur le lit sur lequel elle se trouva allongée à fixer le plafond, les mains derrière la tête. Elle réfléchit à tout ce que Cornelius Finch venait de leur raconter. Cet homme mystérieux, qui pouvait impressionner c’était certain et effrayer, mais pour une raison inconnue, c’était davantage de la compassion qu’elle ressentait pour lui... Il était coincé, littéralement. Il était forcé d’obéir aux mangemorts ; sa famille lui avait été enlevée et il n’y avait aucun doute là-dessus : les mangemorts n’hésiterait certainement pas à les tuer s’il leur désobéissait ou leur faisait faux bond. Un incendie sembla irradier dans sa poitrine alors qu’une colère haineuse s’emparait d’elle, rien qu’en imaginant que les mangemorts étaient tellement cruels qu’il s’en fichait de faire même du mal à des enfants... Des enfants.... Ils ne reculaient décidément devant rien... Ou était passé leur cœur, leur sensibilité ? A croire que dès l’instant qu’il se mettait cette foutue cagoule sur leur tête, il perdait toute toute humanité et n’étaient plus que des machines seulement guidés par l’envie de sang et de tuer... Un peu comme des lycanthropes qui, dès lors qu’ils se transformaient, pouvait aller jusqu’à attaquer à un ami sans même le reconnaître...
… L’horreur de la situation de ce qu’ils avaient fait ne prenant forme qu’au lendemain lorsqu’il se réveillaient et qu’ils étaient redevenus humain...

“Tu te trompes, Arya. Désolée de te devoir te contredire ou faire tomber tes illusions...”, termina t-elle en étouffant un léger rire tout en fermant les yeux de nouveau avant d’ajouter, en restant allongée sur le lit les bars derrière la tête. “... Je ne tiens pas à ce que Moïra devienne orpheline... Même si les chances que sa mère meurt ne sont que minimes, la mort arrive bien trop vite et frappe tellement quand on s’y attend le moins. Ce serait insensé de prendre un tel risque ; et je suis tout sauf insensée”.

Elle connaissait la vengeance. Étrangement, c’était un sentiment qui animait chacune de ses actions contre les mages noirs ; c’était un sentiment étrange qui nous oppressait et quand il était en nous il était bien difficile de s’en défaire. Pourtant, si elle le tolérait en elle, elle faisait tout pour éviter de l’imposer à qui que ce soit...

Qui que ce soit. Surtout à une mère qui avait une fille. Si sa mère mourrait elle aussi qui plus est, Moïra aurait une vie bien triste et ne vivrait que dans le souvenir de ses parents. Et en grandissant, elle ne serait habitée que par se seul sentiment de vengeance ; elle voudrait venger ses parents coûte que coûte, se mettrait à corps perdu à pourchasser les mages qui étaient responsables de la mort de ses parents, ne vivant que pour cela et rien d’autres.

Moïra avait le droit de vivre.

“... Pour le présent comme pour le futur, cela n’arrangerait pas la situation”
Revenir en haut Aller en bas
Arya Wolf
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve
Occlumens


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Arya Wolf, Mar 8 Fév 2011 - 10:38


Arya se tira un des sièges de la chambre en face du lit, et y prit place. Il était incroyablement confortable et moelleux, une merveille. Elle cala ses bras sur les accoudoirs et savoura le confort qu'il offrait. Néanmoins, quand Eurora lui répondit qu'au contraire, elle était de son avis, et qu'il ne fallait pas impliquer la sorcière veuve dans cette affaire, elle haussa les sourcils. Soit elle avait mal interprété les réactions de sa compagne Phénix, soit son habituel don s'émoussait. Mais elle n'avait pas rêvé l'expression qu'elle avait eu quand la gérante parlait de vengeance... si?

" Excuse-moi, j'ai mal interprété ton regard. Mais il m'avait semblé que... enfin, disons que j'ai eu l'impression que tu l'approuvais, ou au moins que tu allais un peu dans son sens quand elle parlait de se venger. Elle soupira. Je crois que mon habitude d'observer les gens pour en déduire leurs sentiments m'a desservie pour cette fois.

Elle se sentait un peu bête du coup, et conserva le silence. D'autant que, et cela ne la frappait que maintenant, elle n'avait rien apporté comme vêtements et nécessaire de toilette depuis le quartier général de l'Ordre. Elles étaient parties assez rapidement, après tout, et sans vraiment penser qu'elles en auraient pour quelques jours... A présent, il allait falloir se débrouiller pour ramener magiquement quelques affaires ici, ou bien demander à l'un des Elfes de Maison de s'en charger.

- Je suis désolée de te "harceler" avec ça, mais j'aimerai vraiment savoir ce qui s'est passé dans le pub aujourd'hui. Si cela peut se reproduire dans un moment critique... autant que je sache d'où ça vient, afin de pouvoir réagir en conséquence, non? Et puis, pour moi, la cohésion dans l'Ordre repose sur une confiance mutuelle. Je n'y suis pas depuis longtemps, je le sais bien, mais si tu t'ouvres un peu à moi, je te promets d'en faire autant de mon côté. Ca pourra peut-être aussi t'éclairer sur certains aspects de mon comportement...

Oui, le mieux pour lui prouver sa bonne volonté et l'authenticité de ses paroles, c'était de lui dévoiler son passé, la partie la plus douloureuse. Celle qui expliquait beaucoup de choses sur son présent. Elle espérait ne pas avoir commis d'impair cette fois, et que ses paroles ne seraient pas mal interprétées. Elle ne pensait pas à mal... elle voulait simplement mettre des choses au clair, resserrer ses liens avec les membres de l'Ordre, et savoir ce qui pouvait perturber la mission. Rien de plus.

- Au fait... Nous n'avons pas pensé à prendre la moindre de nos affaires. Il serait peut-être bon de les ramener ici magiquement ou de nous les faire apporter par des Elfes, non? Au moins le nécessaire pour la toilette et quelques vêtements de nuit et de jour.

Elle soupira, se leva et alla à la fenêtre. Leur chambre se trouvait à l'étage, et elles avaient vue sur la nature environnante, qui disparaissait dans un épais brouillard nocturne. Cela faisait presque froid dans le dos, inutile de le préciser. D'autant que des meurtres odieux étaient perpétrés ici. Elle comprenait parfaitement bien l'ambiance lourde et la peur des habitants: c'était parfaitement légitime. Elle resta un moment à observer l'extérieur, puis elle tira le rideau et se détourna de la fenêtre. Inutile de fermer les volets ou de la clore hermétiquement: elle l'avait protégée par des sorts pour empêcher toute intrusion. De même, personne ne pouvait voir de l'extérieur ce qui se passait à l'intérieur. Elles étaient en sécurité.

- J'espère que les Mangemorts ne nous ont pas vues aller chez ce Cornelius. Et espérons que nous passerons également entre leurs filets demain. Mais... quelles sont les chances pour qu'ils nous ratent plusieurs fois? Cela m'étonnerait qu'ils n'aient aucun moyen de surveillance, ils se sont donné trop de mal...

Cela l'étonnait presque que personne ne leur soit encore tombé dessus. Quoique, en pleine journée, les Mangemorts ne tenaient peut-être pas à attirer l'attention, même si laisser derrière soi des traînées de cadavres n'était pas franchement discret. A moins qu'elles ne soient effectivement parvenues, par miracle ou par pur hasard, à passer inaperçues? La chance était-elle de leur côté?

- Ce que je vais te dire, je... n'aime pas en parler. Je n'en parle pratiquement à personne, à vrai dire. J'ai même tu ce détail à tous les membres de l'Ordre en arrivant. Tu vois, ce sera donnant donnant.

Elle revint prendre place en face d'Eurora, sur la chaise qu'elle avait tirée près du lit. Elle plongea son regard dans le sien, espérant qu'elle pourrait y lire autant de sincérité que possible. Car elle parlait presque avec son coeur, elle avait vraiment envie de... se faire une vraie amie? Depuis combien de temps n'avait-elle pas eu une relation forte et épanouie avec quelqu'un? Deux ans? Oui, sans doute, depuis que sa vie s'était brisée, elle n'avait plus eu réellement de vie sociale... Plus d'amis proches, puisqu'elle avait coupé le contact durant la période la plus rude de son deuil, et alors que dire de l'amour... C'était le désert sentimental depuis cet évènement tragique.

- Prends ça comme tu veux, mais mon instinct me dit que tu es quelqu'un à qui je pourrais me fier. J'ai... envie de m'ouvrir à toi, au moins pour qu'on soit un rempart solide contre les Mangemorts dans cette affaire. Et puis... j'ai le sentiment qu'on pourrait devenir bonnes amies.

Elle se tut, un peu gênée. Cela ne lui ressemblait plus de parler ainsi. D'ouvrir son coeur. Et puis, cela faisait l'effet de... quémander. De supplier pour avoir des amis. Pitoyable? Peut-être, du point de vue de certains... Mais Arya s'en moquait présentement. Elle faisait un effort surhumain en parlant ainsi et en proposant cet échange. Elle voulait véritablement s'intégrer pleinement dans l'Ordre du Phénix, et il lui faudrait en passer par là. Elle posa une main sur son coeur.

- Je sais que tu peux comprendre cet instinct... Soeur de meute?"
Revenir en haut Aller en bas
Eurora
LégendePoufsouffle
Légende
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve Grise
Occlumens
Chercheuse (Spec. Animagus)


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Eurora, Dim 13 Fév 2011 - 2:14





“ Entre d’accord avec quelqu’un et savoir cependant où est son devoir, il n’y a pas qu’un seul pas... Je la comprends. Évidemment que j’allais dans son sens. Mais il s’agit juste de la compassion. Ça s’arrête là ”

Comment ne pouvait-elle pas la comprendre alors qu’elle savait pertinemment qu’elle-même, c’était le goût de la vengeance qui l’animait autant dans sa tâche de faire tout ce qui était en son pouvoir pour chasser les mangemorts ? Comment ne pas la comprendre quand elle-même en avait fait presque une quête personnelle ? Les gens qui critiquaient les Maisons à Poudlard, qui se baisaient sur de simples préjugés n’étaient pas du tout fondés. Les gens qui disaient que les Poufsouffles étaient par exemple l’exemple même de la couardise était absolument dans l’erreur. Il y avait mains exemples dans cette noble Maison par le passé qui faisaient honneur à cette Maison. Cédric Diggory. Nymphadora Tonks. La Maison ne faisait pas forcément ce qu’on était. Et le temps et les épreuves changeaient les gens aussi. En comparant Eurora à dix-sept ans et à vingt trois ans, ce n’était guère la même. Le cœur et l’esprit loyal et fidèle à ce qu’elle avait toujours été et à ses amis, il n’en demeurait qu’actuellement ce cœur rongé par la vengeance était prêt à tout - même à la mort - pour venger la mort injuste de ses parents. La fin ne justifie pas les moyens... Ne serait-ce pas typiquement Serpentard cela ? Mais même si elle abhorrait cette Maison, le passé avait montré qu’elle avait contenue également des personnes bonnes.

Mais Arya n’avait pas à se demander si ses dons l’avaient abandonné cette fois. Disons que certaines personnes étaient plus difficilement observables, et que le reflet de leurs pensées véritables ne se reflétaient pas forcément dans leur attitude ou l’expression de leur visage. Eurora avait apprit à cacher ce qu’elle ressentait vraiment, ce qu’elle pensait ; sans doute sa formation d’Occlumancie l’avait t-elle influencée en cela depuis longtemps... Ne pas montrer ce que l’on pense ou ressent vraiment, parfois c’était primordial. “... N’oublie pas que je suis occlumens... Sauf si tu l’ignorais. J’ai apprit à fermer mon esprit et à ne laisser rien paraître sur mon visage qui laisse un temps soit peu exprimer mon sentiment intérieur. C’est un automatisme que j’ai prit avec le temps au final ”, ajouta t-elle en esquissant un léger sourire avant de se relever sur les coudes pour regarder du côté d’Arya. Je serai une bien piètre Occlumens si on pouvait lire mes pensées aussi facilement que ça dans mon regard ou sur mon visage”, termina t-elle en riant. Qui plus est, Arya n’avait reçu aucune formations à la Légilimancie que je sache ? “Encore plus avec des personnes qui ne sont pas Légilimens...”

Et voilà qu’ensuite, elle remettait l’histoire de l’évanouissement sur le plateau. Eurora faillit se prendre la tête à deux mains, ou juste de faire semblant qu’elle s’était endormie mais elle devait avouer qu’elle s’était trop vite persuadée qu’elle ne lui reposerait pas plus tard cette questions.

“L’amitié implique forcément une confiance mutuelle je suis d’accord. Mais la confiance n’implique pas forcément l’amitié... On peut avoir confiance en quelqu’un sans forcément créer de liens d’amitié” répéta t-elle comme si elle était en train de réciter une leçon qu’elle avait apprise il y a bien longtemps. La confiance était quelque chose d’étrange. L’on pouvait avoir confiance en quelqu’un qui ne nous disait rien sur lui, qui restait secret ce qui le concernait ; malgré cela on pouvait avoir une infinie confiance en lui, ou elle. C’était... Interne. Cela se passait là-dedans, dans son cœur ; c’était quelque chose que l’on sentait. Au contraire de l’amitié qui ne fonctionnait jamais bien sans confiance. C’est sur ce point-ci qu’il y avait sûrement quelque chose qui clochait... La concernant.

Sa gorge se serra. Elle s’assit correctement sur le lit, y descendit et se levant, elle se dirigea vers la fenêtre de laquelle elle souleva légèrement le rideau. Elle repensait à toutes ces personnes à qui elle avait fait confiance, à toutes celles en qui elle avait cru, et qui finalement l’avait... Déçue. Déçue en disparaissant et en ne revenant plus... Elle avait cru en leur amitié, elle avait pensé qu’ils avaient tissé toujours des liens suffisamment fort pour qu’ils puissent résister au temps, mais voilà, aujourd’hui c’était rendu à ce point où elle se demandait si elle avait un jour compter autant qu’ils avaient compté pour elle. A croire que non. Et cela renforçait cette volonté de renforcer en elle ce que tout ceci avait fragilisé.

Elle avala sa salive, difficilement sembla t-il. Sans doute n’était-elle pas faite pour être trop proches des personnes ; elle finissait toujours par les perdre... Tomoko qui était partie il y a de cela fort longtemps à présent, sa première meilleure amie avec qui elles avaient partagé un temps l’appartement. Jensen, qu’elle avait connu à Poudlard... C’était encore ce jeune élève de sa Maison avec qui elle avait lié connaissance et que son chien avait tout de suite apprécié, et aussi qu’elle avait de suite apprécié. Morgane avait disparu aussi. Tous avaient disparu. Les uns après les autres. Chacun n’avait pas compté pour elle de la même manière dans son cœur, chacun avait un degré différent dans son estime et son affection, celui qui avait été le plus loin dans cela était sans nul doute Jensen, et c’était sans nul doute celui qui l’avait le plus déçue et qui la décevait encore... Malgré ce qu’elle aimerait penser, il fallait juste se faire à l’idée qu’il n’y avait plus rien entre eux. Sinon, il ne les laisserait pas sans nouvelles n’est-ce pas ? Sinon, quand il était revenu la dernière fois, il n’aurait pas attendu tout ce temps avant de lui annoncer son retour ! Et il ne le lui avait même pas annoncé en plus ! Si elle ne s’était pas trouvée au ministère ce jour-là, il ne lui aurait probablement pas dit avant longtemps qu’il était de retour. Et, le lui aurait-il d’ailleurs dit un jour ?! Elle n’en était même pas certaine... Elle avait quand même voulu en faire le parrain de son fils ! Et résultat, rien. Rien en retour. Elle n’était plus sûre de rien.

Non, il ne fallait jamais trop se lier aux gens, car l’on finissait toujours par le regretter... Un jour ou l’autre. Elle devait se l’avouer, elle s’était toujours trompée. Toujours. A force d’être trop confiante, l’on finissait par perdre... C’est de cette manière qu’on finit par se refermer sur soi bien souvent. Et l’on finit par penser que c’est de notre faute, au lieu que ce soit celle des autres... L’on finit par se demander quel faux-pas avons-nous fait... Ce n’était pas normal d’avoir peur à ce point de se lier... Pas normal. Mais ce n’était pas de notre faute.

Elle se retourna, fit quelques pas dans la pièce et alla se rasseoir à sa place initiale alors qu’Arya lui disait qu’elles n’avaient rien apporté et qu’il faudrait peut-être qu’elle ramène quelques affaires si elles devaient rester quelques jours ici. Présentement, il s’agissait bien du dernier de ses soucis, mais Eurora songea qu’elle avait raison ; elle avait de toutes façons déjà la réponse à cette question : elle comptait faire venir l’un de ses elfes pour leur amener ce dont elles auraient besoin. Si elles avaient tout prit ce matin-là, leurs affaires les auraient encombrer plus qu’autre chose. “Pour ce qui est de nos affaires, Naïla ou Orion ne mettront pas de temps pour nous ce dont nous avons besoin. ” Arya se détourna ensuite de la fenêtre vers laquelle elle s’était approchée pour regarder au-dehors et elle l’entendit parler de la crainte qu’elle avait que des mangemorts ne les aient aperçues rendre visite à Cornelius... La solution était simple pour Eurora et elle en fit part. “Je possède une cape d’invisibilité. Je ne m’en sépare d’ailleurs jamais... Nous passerons ainsi plus inaperçues de cette manière. Venir lui rendre visite une fois ne les as peut-être pas alertés, mais aller le voir deux fois, je doute qu’ils ne se posent pas des questions en effet...” D’où la cape. “Demain, nous l’utiliserons. ”

Ce qu’elle lui dit ensuite la laissa perplexe. Ce qu’elle allait lui dire, elle ne le disait pas à tout le monde, voire à personne... Alors pourquoi voulait-elle le lui dire ?! S’il y avait une chose dont Eurora ne voulait parler - et il y en avait des tonnes - et bien elle n’en parlait pas un point c’est tout... Déterrer ce qui était passé était bien souvent plus douloureux qu’on ne voulait le croire ; elle l’avait apprit par expérience et préférait le garder pour elle-même. Et puis elle n’allait pas embêter quelqu’un avec ses histoires. Comme elle venait de le dire, il s’agissait de ses histoires. C’était donc à elle de les résoudre... Et puis, elle n’aimait tout simplement pas parler d’elle.

Après qu’elle eut prit place devant elle et qu’elle eut laissé entendre que son instinct lui disait qu’elle était quelqu’un à qui elle sentait qu’elle pouvait se fier, Eurora demeura silencieuse. Comment pouvait-elle le savoir ? Elle, son instinct, ne lui disait rien, et d’ailleurs elle ne l’écoutait plus pour ce qui était de ce genre de sentiments car elle avait toujours cette impression qu’il finissait toujours par la trahir. Eurora n’en savait rien, et ne voulait même pas le savoir, ne voulait même pas réfléchir d’ailleurs. Tout ce qu’elle savait c’était qu’à trop se lier ou se confier aux gens, et bien on devenait toujours perdants au final. Et puis, c’était aussi pour protéger les gens qui nous étaient le plus proches. Le meilleur moyen de les protéger, était d’en dire le moins possible sur nous. Et en sachant les ombres noires qu’elle sentait planer sur sa tête, elle se persuadait que c’était là le mieux à faire. Et puis l’amitié faisait parfois même plus souffrir que l’amour d’un certain côté...

Voilà qu’elle faisait allusion maintenant à son instinct d’Animagis en plaçant sa main sur son coeur et l’appelant soeur de meute. Non, Eurora ne savait toujours pas. Si son instinct d’humain ne lui aurait rien dit, elle pouvait se fier à celui du loup vers lequel elle se tournait toujours lorsque le premier lui faisait défaut... Mais là, elle ne le voulait pas ; elle n’avait aucune envie de l’écouter. Elle s’obligea à se fermer à lui. Elle détourna les yeux des siens.

“ Je ne sais comment tu peux le savoir, mon instinct ne me dit rien du tout à moi.” Encore fallait-il qu’elle essaie au moins de le sonder. Mais la crainte était là, ronflant en elle. “Et je le répète... Il n’y a pas besoin de s’ouvrir complètement aux autres pour savoir en qui l’on peut avoir confiance. “ Elle sauta en-dehors du lit. “De plus, le meilleur moyen de protéger les autres reste d’en dire le moins possible sur nous.” ajouta t-elle d’un air sombre tout en se mettant aux pieds du lit, debout.

Qui avait dit que c’était facile de s’ouvrir ainsi hein à quelqu’un qu’on ne connaissait pas ? Qui avait dit que c’était facile de s’ouvrir tout court... Après avoir connu tant de déconvenues auparavant... Qui avait dit que c’était si simple tout simplement... Certes, elle était touchée qu’Arya nourrisse la certitude qu’elle pouvait avoir confiance en elle, mais cela ne changeait rien, rien du tout. Qui a dit que c’était facile devenir amis simplement parce qu’on disait le vouloir. Devenir amis ne signifiait pas forcément tout dire de ce qui faisait notre passé... Etre amis ne signifiait tout avouer des secrets de notre coeur...

Cela vient à qui sait attendre.

“... Honnêtement, ça avance à quoi que je te dise que j’entretiens des contacts, comment dire, télépathiques avec mon frère, hein, que ce soit grâce à la Légilimancie ou autres, et que c’est ce qui s’est passé plus tôt dans la journée ? hein, ça aide en quoi hormis d’appuyer le fait que je dois sûrement être folle ?! Tu n’as pas besoin de cela pour t’intégrer pleinement à l’Ordre du Phénix. Ou pour te faire des amis. ” Elle s'était écriée sur le coup d'une impulsion subite et avait tout déversé d'une traite.

Voilà, elle était contente maintenant, elle avait lâché. Juste pour avoir l'espoir d'être un peu tranquille ! Au moins cessera t-elle de lui répéter inlassablement la même question. Et cela avancerait en quoi leur histoire à elles hein ?! Je parle de l’enquête là. Sentant se gorge se serrer d’amertume, elle sauta hors du lit, fuyant pour ainsi dire les questions elle en était consciente. C’était bien plus facile de fuir. Pendant quelques secondes elle ferma les yeux en essayant de calmer sa tension physique ; elle elle rouvrit ensuite les yeux.

Sur ce, elle appela son elfe de maison qui apparut presque aussitôt. C’était Orion qui s’inclina devant elle. Elle lui demanda de lui apporter quelques vêtements et affaires de toilettes dont elle aurait besoin pour la nuit et pour le lendemain au moins. Elle se tourna ensuite vers Arya pour lui demander de quelles affaires avait-elle besoin ? Orion se ferait un plaisir de leur apporter tout cela en même temps.


Revenir en haut Aller en bas
Arya Wolf
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve
Occlumens


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Arya Wolf, Mar 15 Fév 2011 - 12:49


Arya ne put se retenir de grimacer à la réaction d'Eurora. A croire que le fait d'être restée si longtemps coupée de toute relation humaine profonde l'avait rouillée, et qu'elle ne savait plus s'y prendre. Intérieurement, elle se morigéna, se traitant d'idiote. Avec sa maladresse, il lui semblait qu'elle s'y était prise comme un pied, et voilà le résultat. Elle craignait presque d'avoir ruiné toutes ses chances. Serait-elle capable de réparer les dégâts? Comme trop souvent, elle se prit à penser que la vie d'une louve devait être bien plus simple et plus agréable à vivre. Mais elle était humaine, en réalité: elle ne s'était pas abandonnée à son côté Animagus à la mort de Dastan, et elle n'allait pas le faire à cause d'un simple malentendu.

" ... Honnêtement, ça avance à quoi que je te dise que j’entretiens des contacts, comment dire, télépathiques avec mon frère, hein, que ce soit grâce à la Légilimancie ou autres, et que c’est ce qui s’est passé plus tôt dans la journée ? hein, ça aide en quoi hormis d’appuyer le fait que je dois sûrement être folle ?! Tu n’as pas besoin de cela pour t’intégrer pleinement à l’Ordre du Phénix. Ou pour te faire des amis.

La jeune femme conserva le silence. Cela n'avait pas franchement été dit sur le ton de la cordialité, mais c'était dit. Dans le fond, elle n'en avait pas demandé tant. Savoir qu'il s'agissait d'un contact via la Légilimancie, mais qui ne présentait pas de danger majeur, cela aurait suffi. Même si elle espérait qu'une crise ne se répèterait pas. En plein échange de sorts avec les Mangemorts si affrontement il y avait... Elle voyait mal comment gérer cela. Elle laissa la Phénix s'éloigner pour se calmer un peu, sans faire de commentaire pour l'instant.

Lorsqu'elle appela son Elfe de Maison, afin qu'il lui rapporte quelques petites choses qui lui seraient nécessaires, elle lui sembla un peu plus calme. Mais la jeune enseignante décida de ne pas se faire de conclusions trop hâtives. Cela risquait de lui jouer des tours. Puis, lorsqu'elle se tourna vers elle pour lui demander ce dont elle avait besoin, elle consentit à desserrer les lèvres. Elle parla d'une voix égale, calme, ne laissant pas entrevoir la tornade qui l'agitait intérieurement.

- Simplement quelques vêtements pour la nuit et pour demain, ainsi que le nécessaire pour la toilette, cela suffira amplement. Merci.

Elle attendit le départ de la créature pour relancer la conversation. Elle avait la désagréable sensation de devoir marcher sur des charbons ardents, mais elle sentait également qu'elle n'avait pas le choix. Le pire dans tout cela? Elle allait à l'encontre de sa nature récente. Aller comme ça vers les gens, aussi spontanément, pour tenter de lier relation... Non, cela ne lui ressemblait pas. Ou plus. Aussi se demandait-elle ce qui la poussait à agir de la sorte. Ce n'était même pas réfléchi au fond. Mais maintenant, il fallait qu'elle tente de... d'améliorer la situation. Elle ne bougea pas de sa chaise, mais prit la parole d'une voix à la fois un peu hésitante et calme.

- Pardonne-moi. Il semble que je m'y prenne définitivement comme un pied. Je te remercie de... ta franchise. Le plus important, c'était de savoir que tu n'étais pas en danger, et que tu ne risquais pas de faire un malaise à un moment critique. Enfin... si jamais cela arrive, je... enfin je me débrouillerai pour t'aider.

Et la voilà qui bredouillait... A croire que les relations humaines lui étaient vraiment devenues étrangères en deux ans. Si elle avait fait l'effort de sortir de son ermitage interne, peut-être qu'elle n'aurait pas ce genre de soucis à ce jour. Pourtant, même si elle savait qu'elle devait revenir à son "moi" d'avant, cela lui semblait encore impossible... pour ne pas dire que cela ne pourrait jamais se faire. Pour l'heure, elle devait honorer sa part de sa promesse. Au moins pour lui prouver sa bonne volonté. Mais avant cela...

- Laisse-moi simplement te dire que je ne te trouve absolument pas folle. Peut-être... tourmentée. Je ne veux plus m'avancer à rien, mais c'est mon ressenti... Quand je te vois. Mais folle... Non, décidément non. Je n'y entends rien dans la pratique de l'Occlumencie ou de la Légilimencie, et tout ce que j'y comprends c'est ce que j'en avais lu, c'est donc bien maigre, je suppose. C'est un art complexe, de ça je suis certaine.

S'enfonçait-elle, ou bien parvenait-elle à quelque chose? Dans le fond, les mots d'Eurora avaient à la fois trouvé un écho en elle, tout en la blessant. Son nouveau mode de pensée l'avait effectivement amenée à convenir qu'on pouvait se passer d'amis. Néanmoins, elle avait senti ce besoin irrationnel de se lier avec elle, sans qu'elle comprenne pourquoi. Etait-ce leur escapade sous forme lupine qui l'avait amenée à ce sentiment? Elle l'ignorait. Cependant, elle avait dû rassembler son courage pour parler comme elle l'avait fait, et la réaction de la Phénix avait été comme une claque pour elle. Cela lui avait fait véritablement mal, avec la sensibilité qui était la sienne, et comme tout animal blessé, elle se rétractait intérieurement. Poursuivre comme elle le faisait lui demandait un effort réel.

- Ce que je voulais te dire de moi... c'est ce qui suit. Il y a deux-trois ans, j'étais sortie avec mon fiancé, Dastan. Nous nous connaissions depuis longtemps, à Poudlard. Et enfin... bref, tu dois te douter un peu que notre relation a évolué jusqu'à l'amour. Ce n'est pas vraiment mon propos. Pour en revenir au vif du sujet, nous étions sortis, et revenions chez lui à pied. La rue était déserte, et là, un homme nous est apparu. Un cagoulé. Un Mangemort. Il était seul, je ne sais pas pourquoi, en tous les cas, il nous a menacés. Dastan... s'est mis devant moi pour me protéger. Il a tout juste eu le temps de sortir sa baguette avant d'être frappé en pleine poitrine par un Avada Kedavra. Il ne s'en est pas sorti, évidemment... Alors j'ai... vu rouge. J'ai affronté son meurtrier, mais je n'avais pas le niveau pour cela. Je ne pouvais enchaîner que des sorts de protection, lui était trop fort. Alors, j'ai profité d'un moment d'inattention de sa part pour me transformer en louve. Il a été assez surpris pour me laisser le loisir de bondir sur lui. Je me suis attaquée à son bras armé, je l'ai réduit en lambeaux. Nous nous battions au corps à corps, mais il a réussi à me repousser d'un coup de genou. Le temps que je me relève, il m'a soumise à l'Endoloris. Je sentais que tout était perdu, et lorsqu'il s'est approché, j'ai mobilisé mes dernières forces pour me jeter à nouveau sur lui. Nous avons roulé à terre, et quand je me suis redressée, il pointait sa baguette sur moi. Je tenais à peine debout, je n'arrivais pas à fuir. Je ne sais même pas si je le voulais, au fond. Puis il m'a lancé son sort de mort... qui s'est retourné contre lui. Sa baguette s'était brisée dans notre chute. Il est mort, et on peut dire dans un sens que c'est moi qui l'ai tué, et que j'ai vengé mon compagnon.

Elle avait dit cela dans un souffle, sentant sa poitrine et sa gorge se serrer horriblement. C'était toujours aussi douloureux, après tout ce temps... De quoi ce demander si cela guérirait un jour. Depuis combien de temps n'en avait-elle pas parlé à quelqu'un? Une éternité. Elle leva les yeux pour fixer Eurora, se demandant ce qu'elle penserait de tout ça. Elle ne l'avait pas raconté pour jouer la victime, simplement pour appuyer son point de vue quant à la vengeance. Peut-être que cela ne servirait à rien... Mais au moins, c'était dit.

- C'est en cela que je pense que la vengeance... ne sert pas à grand-chose. J'ai agi dans le feu de l'action, de manière irréfléchie. Et j'ai manqué de peu d'y rester. Et au final... ça n'aura servi à rien. Ca n'a pas fait revenir Dastan, je ne sais même pas si ça l'a aidé à se sentir en paix, là où il est. Quant à moi, ça m'a mis du sang sur les mains, même si le Mangemort a péri indirectement par mon fait. Le goût de son sang dans ma gueule... ça me donnait envie de vomir. Je crois... qu'on ne gagne rien avec la vengeance. On ne fait que se perdre. C'est pour cela que je désapprouve l'envie de vengeance de la gérante... même si je la comprends.

Elle secoua la tête. Elle ne pouvait pas la blâmer, mais au moins, elle devait tenter de réfléchir. Elle-même n'en avait pas eu le loisir, dans le feu de l'action. Et après tout, il aurait sans doute cherché à la tuer, elle aussi, si elle n'avait rien fait. Peut-être que dans le fond, cela n'avait rien changé, qu'elle l'affronte... Mais qui pouvait le savoir? Ce qui est fait est fait... Restait à présent à expliquer une dernière chose à Eurora.

- Depuis sa mort, j'ai... changé. J'en suis consciente, et pourtant je n'arrive pas à redevenir moi. Je me suis renfermée sur moi-même, j'ai coupé tout contact humain, mis à part avec ma famille. Pourtant je survis: j'essaie de lutter contre les Mangemorts, à travers l'Ordre et par mon poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal. Mais c'est comme si une part de moi était morte ce jour-là, et ne parvenait pas à revivre. C'est pour ça que je pense qu'il serait bon que je... sorte de ma réserve, au moins avec les Phénix. En continuant à agir solitairement, enfermée dans ma tour d'ivoire mentale, cela ne donnera rien de bon, je pense. Désolée encore de m'être montrée maladroite dans mes propos. Je n'ai plus du tout l'habitude d'aller comme ça vers quelqu'un, et encore moins de m'ouvrir à lui. Par ailleurs, tu es la première personne à qui je raconte... tout ça. Prends-le comme tu le souhaites."
Revenir en haut Aller en bas
Eurora
LégendePoufsouffle
Légende
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve Grise
Occlumens
Chercheuse (Spec. Animagus)


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Eurora, Sam 5 Mar 2011 - 19:16






    ♫ Je te survivrai ♫


    Eurora croisa ses mains entre elles, son regard soudain assombri par les ombres d’un passé dont elle aimerait parfois pouvoir laisser derrière elle, mais hormis Alexandre qui l’avait toujours comprise, elle ne voyait personne d’autres qui puisse le remplacer un jour lorsqu’il n’était pas là... Elle aurait aimer pouvoir également qu’il serait toujours là. Il était trop important pour elle ; c’était ce qui lui restait de vraiment stable et qui appartenait à son passé ; elle y tenait donc comme à la prunelle de ses yeux... Elle y tenait trop même peut-être ? Ce n’était jamais bon de tenir trop aux gens.

    On en devenait toujours perdant. En vérité, ce serait tellement mieux d’être loup... Tellement mieux.

    Quoiqu’il en soit, Arya ne lui avait encore rien répondu et Eurora eut la sensation qu’elle ne lui demanderait plus rien. Eurora eut un rire amer ; normal elle avait eu ce qu’elle voulait... Elle avait la légère impression d’avoir tout cassé l’ambiance mais peu importait bien ; au moins elle avait répondu à sa question avec sincérité, et fermeté. Sans doute était-ce son ton qui ne demandait aucune réciproque qui avait décourager Arya de répondre quoique ce soit. Autant aller se coucher. Soudainement, Eurora ressentit la fatigue de mille vies s’appesantir sur ses épaules. Elle ne voulait qu’une seule chose : retrouver son lit, et dormir.

    D’une voix égale, elle lui répondit ce qu’elle avait besoin. Avec un hochement de tête, Eurora se tourna vers son elfe de Maison en lui disant : ]“Le nécessaire à toilettes, quelques vêtements pour demain, ce sera tout... Pour le moment”. Alors que son elfe s’inclinait devant elle et transplanait de nouveau, Eurora alla chercher son sac devant elle s’accroupit et y fouilla pour en sortir sa cape d’invisibilité ; juste histoire de vérifier qu’elle l’avait bien avec elle.

    Elle releva un regard surprit et à Arya et se redressa en abandonnant son sac de nouveau au pied du lit. Pendant un instant elle parut la sonder. Elle avait l’impression qu’elle pensait à chacun des mots qu’elle voulait dire avant même de les prononcer comme pour ne pas dire une autre bêtise. En tous les cas elle n’était pas très à l’aise. Cela se voyait au regard des gens ; lorsqu’ils se faisaient fuyants, comme s’ils craignaient d’aller trop loin, cela se voyait dans la lueur qu’ils dispensaient. Elle esquissa une grimace... Elle s’en voudrait presque.

    “C’est un art très complexe, oui...” D’une voix presque lasse.

    Mais un Art merveilleux.

    Hochant délicatement la tête, elle ne répondit cependant rien. A vrai dire, elle n’avait même pas imaginé qu’Arya veuille toujours se confier et raconter ce qui lui arrivait. Eurora ne l’aurait pas demandé. Elle ne demandait jamais aux gens de se confier eux-mêmes ; elle savait que ce pouvait être très dur parfois, et en tous les cas elle ne les forçait jamais en quoique ce soit ; ils le faisaient en leur âme et confiance. Qu’est-ce qui la poussait donc à lui parler quand même après la manière qu’elle lui avait répondu tout à l’heure bien qu’elle n’eut pas voulu être si dure au fond ?

    Qu’est-ce qu’il fallait faire ? Que faisait la majorité des gens ? Essayer d’être d’un quelconque réconfort ? Mais elle ne s’en sentait vraiment pas la force ; déjà avait-elle dut mal à l’être pour elle-même. A la place, elle demeura immobile puis détourna les yeux pour répondre en faisant les cent pas à travers la chambre...

    “Tu n’étais pas obligée de me raconter tout ça...” murmura t-elle une certaine tension dans la voix. Elle ne savait même pas pourquoi elle l’avait fait. Pour partager sa souffrance avec elle ? Eurora n’en avait pas assez en elle-même c’était ça et il fallait encore en rajouter, il fallait encore qu’elle partage celle des autres ?! Le monde était injuste. Un frisson la saisit. Dans un éclair elle revit pour la énième fois sa mère tomber sur le coup d’un Avada, son père se mettre au-devant pour la venger, et se prendre lui-même un sortilège de lumière verte... La Mort... Étrange... Ils étaient morts pour la sauver, pour sauver leurs filles.

    “La vengeance, ça ne sert à rien, mais ça soulage, et ça donne une raison au moins à notre existence”, affirma t-elle ensuite avec fermeté et conviction.

    Et cela permettait également de ne plus trop songer à ce qui nous ronge intérieurement car l’on ne se concentre plus que sur une seule chose.

    Et puis, qu’elle ait du sang sur les mains ou pas, elle s’en fichait. Tout ce qu’elle voulait c’était se battre pour l’honneur de ses parents, tuer de ses mains ceux qui avaient mis fait à la vie de ses vrais parents ; et elle ne serait pas tranquille avant que justice soit faite, et elle le sentait, elle voulait les voir mourir, elle voulait les voir souffrir. C’était peut-être mal de vouloir la souffrance des gens ? L’on pourrait la croire aussi assoiffé que les mangemorts ? Mais la différence était que jamais ele ne deviendrait comme eux. Elle voulait venger ses parents ; c’était pour leur honneur. Pour les remercier de les avoir sauvés... Même si parfois elle se disait qu’elle aurait mieux fait de rester avec eux. Rien d’autres ne pourrait autant la soulager. Elle, la vengeance, cela la nourrissait.

    “Toi, tu réagis ainsi... Chaque être humain ne réagit pas de la même manière aux différents que la merveilleuse vie nous offre “ et l’on pouvait discerner de l’ironie dans ce simple mot... “Et personne ne pense la même chose... Chaque psychologie est différence, unique et personnes ne possède les mêmes besoins”.

    Elle avait cependant raison sur un point essentiel. La solitude était mauvaise et apporterait la défaite assurément à leur camp si chacun restait dans son coin... Mais ce n’était pas obligé d’en être trop proche non plus. Elle émettait toujours cette réserve qui demeurait plus une réserve à titre personnel.

    “Tu n’as pas porté ton choix sur la bonne personne dans ce cas. Je perds souvent bien plus de choses que je n’en garde”

    Détourne toi alors avant qu’il ne soit trop tard ; ce n’est pas impossible et rien n’est encore fait. Elle vit soudainement défiler dans son esprit tous les visages joyeux - presque moqueurs - des personnes qu’elle avait déjà perdu ou qu’elle avait l’impression d’avoir perdu et perclus soudain d’un haut-le-cœur, sa poitrine sembla se resserrer sous l’étreinte d’un étau. Tous défilèrent dans l’esprit, lui rendant le souffle rauque et soudain haletant, difficile. Des larmes perlèrent à ses yeux, s’accrochèrent à ses cils et elle porta une main à son front en fermant les yeux. Elle se sentait vraiment mal d’un seul coup... Et la voix de son frère sembla résonner dans son esprit, martelant son esprit pour y faire entrer ses mots.

    Non, il ne fallait pas tout voir en noir. Il y avait quand même un peu de lumière... Même dans la plus complète obscurité... Elle se battait alors pour les garder... Mais parfois on était trop lasse de devoir se battre.

    Je te survivrai...


Revenir en haut Aller en bas
Arya Wolf
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve
Occlumens


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Arya Wolf, Ven 15 Avr 2011 - 16:47


Arya sentait bien qu'elle n'obtiendrait rien de plus ce soir-là. Autant abandonner la partie, ce qu'elle fit d'un air résigné. Elle avait un peu l'impression de s'y être prise comme un pied. Ce n'était pas dans ses habitudes de faire le premier pas dans ce genre de situations, avec son naturel méfiant. Quelque chose en elle l'y avait cependant incitée, à tort de toute évidence. Elle aurait mieux fait de ne pas se lancer. Mais ce qui était fait était fait. Plus moyen de revenir en arrière à présent...

" Tu n’étais pas obligée de me raconter tout ça...

- Non, c'est vrai. C'est loin d'être dans mes habitudes, mais je pensais que cela t'aiderait peut-être à comprendre mon... point de vue.

Elle n'ajouta rien. A quoi bon? Elle n'allait pas s'enfoncer davantage. Elle écouta sans sourciller le commentaire d'Eurora concernant la vengeance. Et elle préféra ne rien dire. Elle aussi aurait parlé comme ça... si elle n'avait pas indirectement réglé son compte à celui qui avait ôté la vie de Dastan. Une conviction se fit en elle. Sa compagne Phénix avait quelqu'un à venger. Ceci expliquerait cela. Inutile de s'en ouvrir à elle, ou de lui poser la question. Mais cette fois, elle pensait bien ne pas se tromper. Quand on avait vécu ce qu'elle avait vécu, même face à un Occlumens confirmé... il y avait des signes qui ne trompaient pas.

- Toi, tu réagis ainsi... Chaque être humain ne réagit pas de la même manière aux différents que la merveilleuse vie nous offre. Et personne ne pense la même chose... Chaque psychologie est différence, unique et personne ne possède les mêmes besoins.

Elle faillit répondre à cela, mais se retint à la dernière minute. Si, en cela, tout le monde était identique. Ce désir de vengeance s'éveillait en chacun. Et la vengeance en elle-même ne soulageait jamais personne. Pour diverses raisons d'ailleurs: les remords, un vide en soi en perdant le but de toute une vie... De tous ceux qu'elle avait pu rencontrer depuis cette tragédie, et qui avaient vécu cela, elle n'avait jamais entendu personne lui dire que la vengeance procurait un bien-être quelconque. Au contraire, elle pouvait aller jusqu'à ronger et détruire quelqu'un... Mais peu importait, ce n'était pas ses affaires.

- Tu as souffert, toi aussi.

Ce n'était pas une question. C'était une affirmation, simple et vraie. Elle n'attendait ni commentaire ni réponse, et ne comptait pas s'étendre davantage là dessus. Cela suffisait avec les bêtises pour ce soir là. Elles avaient encore des choses importantes à faire dès le lendemain. Elle laissa Eurora un peu seule dans son instant de souffrance, par respect. Elle avait senti son trouble, et ne voulait pas s'en mêler. Elle se leva et alla à la fenêtre. Elle jeta un coup d'oeil dehors d'un air morose. Personne dans la rue enténébrée. Même pas un chat. Elle se demanda un instant s'il existait un seul membre de l'Ordre qui n'ait jamais connu de grandes souffrances dans sa vie... Il fallait bien une motivation pour faire tout ça. Et on ne comprenait l'importance et la justesse de cette cause que quand on avait fait les frais d'un désastre.

- Dis... Combien penses-tu qu'il puisse y avoir de Mangemorts dans le coin?

Elle se retourna vers sa compagne en laissant retomber le rideau qu'elle avait écarté. Elle fut interrompue par l'Elfe de Maison qui leur ramenait leurs affaires, avec un "pop" sonore. Elle laissa la Phénix gérer elle-même son serviteur. Il ne viendrait de toute façon pas lui rendre de comptes à elle. Elle attendit un peu, réfléchissant à la situation. Pour peu que les Mages Noirs soient nombreux, elle n'était par certaine qu'elles feraient le poids, à deux... Mais en même temps, elles n'avaient prévenu personne, dans l'Ordre. Elles avaient bien entendu des moyens pour les contacter, mais ne leur reprocherait-on pas de s'être lancées tête baissée dans une situation épineuse?

- Penses-tu qu'on fera le poids, à deux? Car il faut être réalistes: on ne peut pas échouer. Si nous ne parvenons pas à les chasser et à délivrer les otages, qui sait ce qu'ils feront en comprenant que le pauvre homme a demandé de l'aide..."

Des innocents auraient sans doute à souffrir. Des innocents avaient déjà souffert. Et ce n'était pas fini. Cela ne finissait jamais. JAMAIS. A croire que leur lutte était vaine, et que la lumière ne triompherait jamais de l'obscurité. L'un ne pouvait pas exister sans l'autre... Mais comment tolérer que des gens innocents se fassent tuer sans la moindre raison, simplement pour avoir un moyen de pression pour satisfaire une ambition malsaine et démesurée?
Revenir en haut Aller en bas
Eurora
LégendePoufsouffle
Légende
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve Grise
Occlumens
Chercheuse (Spec. Animagus)


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Eurora, Mar 26 Avr 2011 - 18:48




    La jeune femme ne savait plus que penser ; elle était perdue. Ce n’était pas la première fois qu’il lui semblait être totalement égarée, écartelée dans ses pensées, ses émotions, ses devoirs ; c’était chaque fois quelque chose qui lui créait un véritable tiraillement intérieur qui pouvait durer des heures, des jours... Elle était certaine d’une chose. Elle était certaine de ses mots ; Arya ne comprendrait pas, elle ne pouvait pas comprendre. Elle ne sentirait pas mieux tant qu’elle aurait une bonne fois pour toutes régler le problème de ceux qui la poursuivaient, de ceux qui avaient la mort de ses parents sur le dos et en attendant, elle ne voulait mettre personne dans la confidence, ni même se rapprocher trop fortement des gens.... C’était le seul moyen d’éviter de leur fournir une manière de l’attraper. On s’en prendrait aux autres pour l’avoir, pour la tuer, comme ses parents avaient été tués. Déjà elle craignait chaque jour pour son frère... Pour les gens qu’elle aimait, elle ne reculerait pas ; elle était même prête à tuer par vengeance ; cela la soulagerait d’un grand poids. Elle s’en fichait de tout le reste. Elle s’en fichait de devenir comme eux... Elle ne devenait pas comme eux ; car ce n’était pas des Hommes qu’elle tuerait oh non, ils n’avaient rien d’humain... C’était des monstres, tout simplement. Elle s’en fichait... C’était eux qui avaient fait d’elle ce qu’elle serait. Eux, et eux seuls. Elle ne reculerait, lorsqu’un jour - si un jour - elle se trouvait enfin face à eux ; oh non... Arya ne pouvait pas comprendre, non. Chaque individu était distinct l’un de l’autre tout en étant semblant ; on ne réagissait pas de la même manière à tout. Non, elle ne pouvait pas comprendre. Et en attendant,... Elle ne devait pas l’approcher. C’était trop dangereux. Alors quitte à paraître froide et distante, il le fallait. Eurora pensait avant tout aux autres.

    - Tu as souffert, toi aussi.

    Elle ne releva pas la tête, elle ne répondit rien. Qu’y avait-il à répondre ? Rien. Ce n’était pas une question. C’était une constatation, et Eurora n’avait aucune envie d’affirmer ou de contredire les mots. Elle n’avait pas envie de parler ; juste de dormir. Elle la laissa s’éloigner puis aller vers la fenêtre. Un silence s’étendit par la suite durant laquelle personne ne parla, Eurora plongée dans ses réflexions. Ses pensées, ses interrogations furent de nouveau nourries et elle réfléchit à la suite... Comment allaient-elles trouver la solution de cette affaire...

    “Si nous sommes plus malines qu’eux, alors oui... Sinon, nous ne le serons pas. Quant aux nombre de mangemorts, Merlin seul le sait...”

    Au moins, elle était honnête sur leurs chances de réussite... Elle désirerait éradiquer tellement tout le mal dans le monde, qu’elle s’en sentait souvent impuissante, tout en ne restant pas moins raisonnable. et logique. Non, combien de chances avaient-elles de réussir cette mission ? Combien de chances avaient-elles de … Mourir ? Eurora n’avait pas peur de mourir, mais elle ne tolérerait pas que d’autres innocents meurent... Certainement pas Arya non plus. Non, vous vous trompez, ce n’était pas parce qu’elle commençait à accepter son amitié ; c’était juste qu’elle aurait agit ainsi avec n’importe qui. Elle passait toujours après les autres et seulement les autres. Il était hors de question. Elle l’aimait bien certes, sinon elle ne chercherait pas de la sauver d’elle-même après tout … ? Mais c’était tout...

    “... Tu peux partir si tu veux. Peut-être que si quelque chose se passe mal comme ça, tu pourras prévenir le reste de l’Ordre à Londres... “ Moi, les mangemorts, c’est à la vie, à la mort. Néanmoins, elle ne l’ajouta pas à voix haute. Ils lui avaient prit ses parents... Ils lui avaient aussi prit sa soeur... Oui, elle leur inculquait toute la faute et désirait leur faire payer cet affront... A tous autant qu’ils étaient. Ils lui avaient volé sa soeur comme ils lui avaient volé ses parents. “Si tu restes, il va falloir que l’on montes un plan... Pour les avoir un par un ?... Ce serait effectivement la meilleure façon … Tout le monde sait que nous sommes moins forts lorsqu’on est seuls” Elle s’interrompit un instant avant de reprendre, plus lentement... “Cette nuit il faut monter la garde...” Avant qu’Arya ait pu lui demander quoique ce soit, elle ajouta comme si elle avait entendu sa question avant même qu’elle ne parle...

    “Nous utiliserons ma cape... pour passer inaperçues”.

    Sur ces mots, elle avait fouillé dans son sac et en avait sortit une sorte de large morceau de tissu qu’elle déploya sur le lit. Une cape d’invisibilité. La cape serait toutefois trop petite pour y tenir à deux à l’aise, aussi pourraient-elles faire des veilles de surveillance chacune à leur tour devant la maison de cher Cornelius...

    “C’est une impression... Mais j’ai comme l’impression que quelqu’un va venir le voir... cette nuit...” , termina d’un ton songeur tout en tournant le regard vers Arya... Un regard évasif.

    “... Il faut en mettre un sous l’Impero.... pour qu’il nous conduise... ”

    … Là où la famille de Cornelius était retenue.

    Sa voix était basse, presque un murmure. Presque comme si c’était à elle-même qu’elle s’adressait apr ses mots, comme si elle analysait chacun des mots avant de soumettre cette idée à quiconque...

    Oui, c’était cette nuit qu’il fallait agir... Discrètement. Qui sait de quelle manière atroce était traitées une femme et des enfants innocents en cet instant ? Eurora ne voulait pas voir mourir de nouveaux innocents. Il y en avait déjà eu trop.


    [HJ : Désolée c'est pas terrible, je suis pas trop inspirée sous Eurora ces temps-ci =) J'espère que ça t'iras amour ]
Revenir en haut Aller en bas
Arya Wolf
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve
Occlumens


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Arya Wolf, Ven 29 Avr 2011 - 11:28


Arya eut du mal à retenir une petite grimace. Eurora ne semblait guère optimiste quant à leurs chances de réussite, au vu de la réponse qu'elle lui fit à ce sujet. Elle non plus, au fond, même si elles devaient tout faire pour venir en aide à ce village et à cette famille en péril. Après tout, elles étaient venues pour ça, et elle savait qu'elle ne pourrait pas dormir sur ses deux oreilles en renonçant maintenant, et en sachant qu'elle avait abandonné des innocents dans les griffes de ces êtres odieux. Non, elle ne se voyait pas baisser les bras maintenant...

" ... Tu peux partir si tu veux. Peut-être que si quelque chose se passe mal comme ça, tu pourras prévenir le reste de l’Ordre à Londres...

La laisser toute seule, affronter les Mangemorts? Et puis quoi encore? Avait-elle pris cette question pour de la lâcheté? Non, c'était absolument hors de question: elle ne voulait en aucun cas laisser sa compagne de voyage régler ça seule. C'était du suicide pur et dur, et cela n'avancerait à rien. Sans oublier que cela diminuerait de façon conséquente ses chances de réussite. De plus, pour contacter les autres membres de l'Ordre, elles avaient une panoplie de moyens divers, parmi lesquels l'utilisation du Gallion d'urgence n'était pas la moindre. Elle secoua la tête.


- Je ne disais pas ça parce que j'avais envie de renoncer. Non, je ne vais pas te laisser là. On a commencé ensemble, et on terminera cette affaire ensemble. Je ne peux pas laisser ces gens souffrir, et m'en désintéresser comme ça.

- Si tu restes, il va falloir que l’on montes un plan... Pour les avoir un par un ?... Ce serait effectivement la meilleure façon … Tout le monde sait que nous sommes moins forts lorsqu’on est seuls. Cette nuit il faut monter la garde... Nous utiliserons ma cape... pour passer inaperçues.

La jeune femme la regarda aller chercher ladite cape au fond de son sac. Après avoir un peu fouillé, elle la prit et la déposa sur le lit. Elle était loin d'être petite, mais de toute évidence, elles ne tiendraient pas à deux là dessous. Deux adultes de haute taille... Pour un seul, cela passait sans souci, mais deux, cela semblait bien impossible. Néanmoins, la cape promettait d'être très utile. Il faudrait qu'elle songe à investir elle aussi dans un tel objet. A l'avenir, elle risquait d'en avoir besoin encore plus d'une fois, après tout... Eurora ajouta:

- C’est une impression... Mais j’ai comme l’impression que quelqu’un va venir le voir... cette nuit...

Arya hocha la tête. Elle aussi avait le sentiment qu'il allait se passer quelque chose. C'était pour cela qu'elle n'arrivait par à dormir, il y avait comme un étrange fourmillement en elle, l'excitation qui précède la bataille, ou du moins un grand évènement. Son instinct le lui soufflait, avec insistance. Elle devait se tenir prête. Le plan d'Eurora lui semblait en accord avec son propre ressenti. C'était mieux que de tourner en rond dans cette chambre en rongeant son frein, à la seule fin de respecter ce stupide couvre-feu... Restait à voir par quel moyen elles sortiraient de cette chambre sans se faire voir. Transplaner ou sortir par la fenêtre seraient les moyens les plus efficaces, car l'hôtel était fermé à clé. Certes, un Alohomora aurait raison du verrou, mais autant ne pas sortir par la grande porte et risquer d'être vues. Mais il faudrait qu'elles renoncent aux protections magiques érigées dans leur chambre...

- J'ai la même impression que toi. Surtout si on nous a vues lui rendre visite... En tous les cas, nous ne tiendrons pas à deux sous cette cape. Au lieu d'instaurer des tours de garde, j'ai peut-être une meilleure idée. L'une de nous prendra la cape, tandis que l'autre se transformera en louve. Il fait nuit, et sous notre forme animale, nous pourrons facilement nous jouer de l'obscurité pour ne pas être vues. De plus, avec l'odorat et l'ouïe plus développés, nous pourrons détecter la présence d'intrus d'autant plus facilement. Tu ne penses pas?"

Quand elle suggéra l'utilisation de l'Impero pour se faire conduire au nid des vipères, la jeune Phénix acquiesça. Ce serait en effet le moyen le plus efficace de les dénicher, après tout... Puis vint le moment de passer à l'action. Arya se chargea de dissiper les sorts de protection qu'elle avait installés dans la chambre. Le moyen le plus discret pour quitter la chambre serait de passer par la fenêtre, avec l'aide d'un drap ensorcelé. Un transplanage faisait du bruit, et en passant par la fenêtre, elles ne se feraient pas voir: leur chambre donnait sur l'arrière de la propriété, à l'abri des regards. Et pour sortir de cette cour, ce serait simple.

Finalement, une fois dehors, Ayra inspira un grand bol d'air frais. Car frais, il le faisait. Elle s'emplit les poumons d'air pur, avant de tendre l'oreille. Tout était silencieux... sinistrement silencieux. Des nappes de brouillard étaient descendues depuis les bois jusque dans le village... Une atmosphère qui plairait indubitablement aux Mages Noirs. Ils étaient bien capables d'en jouer pour terroriser encore plus le pauvre Cornélius, ou alors quelque innocent qu'ils attraperaient dans leurs filets. En tous les cas, elles devaient discrètement se rendre sur les lieux. La jeune femme alla ouvrir sans un bruit le petit portillon de métal qui donnait sur une ruelle déserte. Les volets des maisons étaient clos, donnant un air sinistre aux environs. On aurait presque cru une ville morte... En tout cas, le brouillard pouvait jouer en leur faveur, au moins en partie. Il leur serait plus facile de se dissimuler aux yeux d'éventuels ennemis... Sans un bruit, et prudemment, elle prit le chemin de la maison de Cornélius.



[HRP: Voilou, j'espère que ça te convient! En passant, ma nouvelle couleur pour les paroles, c'est slateblue! amour ]
Revenir en haut Aller en bas
Eurora
LégendePoufsouffle
Légende
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus : Louve Grise
Occlumens
Chercheuse (Spec. Animagus)


Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Eurora, Ven 20 Mai 2011 - 19:14




    Eurora resta songeuse quelques instants, le regard dans le vide et observant par la fenêtre, au-delà même du visible, comme si elle était la seule à être en mesure de voir quelque chose et que ce quelque chose l’inquiétait. Non, bien sûr, elle n’avait pas sous-entendu qu’elle avait voulu arrêter et retourner chez elle. Après tout, si Arya était venue dans l’Ordre c’était pour se battre, pour attraper des mangemorts n’est-ce pas ? Il serait bien étonnant qu’elle regrette et décide que finalement elle s’était trompée, qu’elle n’était pas assez courageuse pour les affronter … Encore que l’on ignorait ce que l’on pouvait ressentir devant un mangemort, du moins avant d’être enfin confronté à l’un d’entre eux pour la première fois ? L’on pouvait se penser plus forte qu’on l’était en réalité. Mais on apprenait à dompter la peur en nous, et l’on prenait habitude de les affronter. Lâcheté, nullement. Elle ne serait pas permise ; peut-être s’était-elle mal exprimée. Ce n’était pas son fort les mots et elle avait perdu tant de personnes déjà, qu’elle voulait avant tout protéger les gens de son entourage sans que ces personnes soient nécessairement des amis. Pas encore du moins. Pas amis dans le sens où elle l’entendait. Juste des collègues. Sans répondre, elle lui adressa simplement un léger hochement de tête.

    Cependant, lorsqu’elle vit Arya préparer le drap qui lui permettrait de sortir de l’hotel sans se faire voir, elle la laissa faire et se contenta de l’observer. Ce serait mentir de dire qu’elle n’avait pas un léger sourire sur les lèvres et qu’elle s’amusait même de voir Arya préparer sa ‘fuite’ par la fenêtre... Elle savait déjà comment elle allait sortir de l’hotel sans se faire voir. Non pas qu’elle n’était pas bonne en escalade, mais elle avait vraiment la flemme de passer par la fenêtre de leur propre chambre. Aussi, lorsqu’Arya se retourna vers elle et qu'elles allaient se préparer à descendre... Enfin, qu’elle allait se préparer à sortir étant donné qu’elles avaient convenu toutes les deux qu’il se passerait quelque chose ce soir-là, Eurora s’éclaircit la gorge avant de se lever du lit et de dire …

    “Bon, et bien dans ce cas, on se retrouve en bas. Tu m’excuseras, mais je n’ai pas envie de passer comme une voleuse par la fenêtre de notre propre chambre...”, termina t-elle en esquissant un sourire avant de se saisir de sa cape d’invisibilité, de la ranger dans le petit sac qu’elle venait d’attacher à sa taille, puis elle pointa sa baguette sur elle et se désillusiona. Pourquoi donc passer par la fenêtre après tout alors qu’il y avait des moyens autres de ne pas se faire voir ? Ce serait beaucoup plus suspect de voir des gens passer par une fenêtre à sons sens, alors qu’elles avaient parfaitement le droit de redescendre en bas de l’hôtel, même après le couvre-feu. Elles pouvaient avoir besoin d’aller aux toilettes ou bien avoir oublié des affaires à elle en bas durant leur dîner. Quoiqu’il en soit, elle se détourna ensuite et se dirigea vers la porte de chambre qu’elle ouvrit et par laquelle elle sortit. Cette dernière se referma derrière elle, en silence...

    Elle sentit l’air frais lui ébouriffer les cheveux lorsqu’elle parvint au-dehors après avoir traversé tout l’hôtel, et aussitôt elle se mit à la recherche de sa jeune collègue. Elle la retrouva au niveau du portillons qu’elle l’avait vue de loin ouvrir. Elle s’immobilisa juste à côté, toujours en silence et sans avoir manifesté sa présence. Elle semblait écouter le silence environnant et essayer de sonder les environs immédiat qu’un léger brouillard emplissait. Eurora aimait le brouillard. Elle aimait s’y dissimuler. Ce soir encore plus qu’un autre jour, mais si elle l’aimait, elle n’était assurément pas la seule et ce dernier point, elle ne l’aimait pas réellement à dire vrai. Elle décida enfin de manifester sa présence à Arya en chuchotant simplement... “Je suis là. Chut! Pas la peine de te retourner, tu ne me verras pas de toutes façons...”, Au sursaut de la jeune femme, elle aurait émit un rire moqueur si elle n’avait craint de se faire entendre. Quand bien même le brouillard masquait tout, il ne dissimulait pas les sons. Ou si peu du moins. Non, assurément pas. On pourrait entendre un cri dans la pénombre. Perceptiblement. “J’aime la tête que tu as fait d’un seul coup...” ajouta t-elle en ne pouvant s’empêcher de se réjouir de l’effet de surprise qu’elle avait provoqué. Déjà cependant, elle s’était mit à avancer à pas lent mais sûrs, dans la rue, ouvrant tout ses sens qu’en elle son animal était capable de sentir... Sentir même si elle n’était pas transformée. Elle n’ouvrait qu’une partie d’elle-même, tout en restant humain ; elle laissa ses sens se transformer un peu, son animal venir à elle, bien qu’il restât en retrait. Il était là, dans l’ombre. Ses sens la picotaient agréablement ; elle savait qu’il se cachait là ; et elle savait qu’ils étaient en usage … Sa vue s’était beaucoup plus améliorée d’un seul coup et parvenait à percer le blizard ; de même pour son ouïe. Il était là. Elle n’était pas seule. Son autre moitié était là, cachée juste derrière elle ; elle seule le savait. Ils étaient trois, voire même quatre, même s’ils n’en paraîtraient que deux à quiconque les verraient. (Encore fallait-il qu’il voient à travers le blizard...). Lorsqu’un Animagi avait des années d’expérience, il était en mesure de pouvoir voir par le biais de son animal sans même se transformer... Cela faisait partie de l’apprentissage, de l’apprivoisement entre l’humain et l’animal. Le sorcier pouvait laisser seule une partie de sa conscience se laisser envahir par son animal tout en restant humain, tandis qu’il fermait la seconde partie de l’autre côté, ce qui empêchait la transformation de s’effectuer. C’était comme entr’ouvrir une porte, écouter les paroles qui se disaient de l’autre côté tout en entrant pas dans la pièce de l’autre côté. Vous comprenez ce que je veux dire ?


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Re: Des Mages Noirs à Kiltimagh

Message par : Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas
Page 2 sur 5

 Des Mages Noirs à Kiltimagh

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Permission de ce forum:Vous pouvez 
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: A l'étranger-

L'univers d'Harry Potter est la propriété de la Warner Bros ainsi que de J.K Rowling.
Tous droits réservés sur ce site ©Copyright HarryPotter2005. Affichage optimisé sous Firefox.