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Parc de Godric's Hollow
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Aeden Snow
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Aeden Snow, Lun 15 Fév 2016 - 22:28


Troublée dans mes réflexions existentielles - ou pas - alors que mes pieds me promènent tranquillement autour de la place de Godric's Hollow, je prends conscience de la présence toute proche d'un inconnu. Un homme. Un peu plus de la trentaine, d'après moi. Il s'adresse à moi dans un dialecte méconnu, bien que je distingue quelques mots d'anglais, et je dois m'y reprendre à deux fois avant de comprendre le contenu de son discours. N'étant pas british de naissance, je ne suis pas en mesure de comprendre parfaitement tous les mots prononcés avec des accents locaux.

Légèrement choquée d'être ainsi interpellée par un parfait étranger, qui en plus tente de me faire un compliment particulièrement bancal, je le dévisage un instant, immobile dans la neige. Il n'est pas désagréable à regarder, c'est vrai, mais son attitude de beauf vient contrebalancer son charme apparent. Cependant, je ne suis pas sauvage, ni mal élevée. Il ne m'a pas agressée, je n'ai donc aucune raison de ne pas lui répondre. Bien qu'il m'en coûte, je dois avouer, d'adresser la parole à semblable énergumène dénué vraisemblablement de tout sens du tact.

"À moins que vous n'ayez côtoyé que des écervelées ou des filles de mauvaise vie tout au long de la vôtre, je doute que cette entrée en matière vous ait déjà mené quelque part, je me trompe ?"

Ouais. Bon, faut pas me demander d'être hyper aimable non plus. Faut pas pousser. Les dragueurs de bas étage, je ne fais que les tolérer, sans jamais répondre à leurs avances. En plus, les compliments, j'en ai une sainte horreur. Tout autant que des reproches, d'ailleurs. Humble en apparence, je suis surtout incroyablement indifférente à ce que les autres pensent de moi. Trêve de bavardages inutiles, s'il vous plaît ! Circulez, y a rien à voir.

En revanche, une discussion mâture, entre adultes, est toujours envisageable. Peut-être que, sous ses airs de loveur en manque, l'individu qui me fait face à des choses intéressantes à dire, qui sait ? Un tout petit peu honteuse après les paroles acerbes que je lui ai envoyé droit dans le pif, j'essaie de me faire pardonner (un peu, j'ai dit) :

"Désolée, c'est ma façon de parler. Je peux paraître un peu agressive, au premier abord, il paraît. Aeden, enchantée" dis-je en tendant une main gantée de noir vers mon interlocuteur.


Dernière édition par Aeden Snow le Dim 21 Fév 2016 - 14:01, édité 1 fois
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Hugh Dey
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Hugh Dey, Mar 16 Fév 2016 - 16:11


"À moins que vous n'ayez côtoyé que des écervelées ou des filles de mauvaise vie tout au long de la vôtre, je doute que cette entrée en matière vous ait déjà mené quelque part, je me trompe ?"

Biiiim ! Moi qu’avais un petit sourire suffisant, d’un seul coup, tout était parti. Et une grosse rougeur me montait sur les joues. Sur les oreilles aussi. Boh, ça c’était pas bien grave… Je ferai passer ça pour le froid. En revanche les cheveux qui se dressaient sur la tête – je le sentais parce que d’un coup j’avais froid au crâne – c’était une réaction métamorphomagique difficile à cacher. Tout ça parce que je venais de me faire magistralement rembarrer. Mais je l’avais bien cherché. A force de manquer de délicatesse comme ça, forcément que je m’en prenais plein la poire. Pis en plus elle avait raison. Enfin presque… mais ça j’allais pas lui dire tout de suite.

"Désolée, c'est ma façon de parler. Je peux paraître un peu agressive, au premier abord, il paraît. Aeden, enchantée"

Bordel… Elle me tendait la main pis elle m’avait livré son prénom ! Moi forcément, je la serrais quoi, fermement, histoire de prouver que j’étais un homme bien fort, avec de la poigne ouais. Que chez moi tout était ferme et bien musclé. Que j’avais moyen de prétendre à un truc quand même.

« Hugh, de même. »

Et d’un seul coup j’étais plus froid aussi. Presque professionnel. Comme si je l’envisageais comme une proie potentielle. Pour autant j’arrivais pas à rester sérieux bien longtemps. Rapidement, je me courbais en deux dans un semblant de révérence, je faisais signe de baisser mon chapeau. Sauf que j’avais pas de chapeau. C’était tout de suite vachement plus ridicule. Mais bon j’avais oublié ce détail, ça arrivait, me regardez pas comme ça. Même si avec le froid que je sentais sur mon crâne, j’aurais rapidement pu savoir que j’avais ni chapeau ni bonnet. Bref…

« J’vous ai pas pécho direct nan, mais z’avez quand même répondu. Et même dit vot’ nom. J’suis pas bien parti du coup ? »

Je gratifiais la demoiselle d’un énorme sourire. Si je n’avais pas le droit de la réchauffer, au moins celui-ci allait peut-être assurer le rôle. Même si fallait pas trop espérer. Bon allez, tant que j’avais la main et que je faisais croire que j’avais raison, autant poursuivre.

« J’ai pas eu grand fille comme ça cependant, v’s avez raison. Mais en attendant, une damoiselle toute seule comme ça dans le froid on n’en croise pas souvent. Alors qu’est-ce qui vous amène dans ces belles contrées ? »

Ouais j’avais changé d’attitude, parce que tout à l’heure je lui aurais plutôt dit « pourquoi vous me faites chier dans mon paysage idyllique là ? ». Mais là pourtant j’étais sympa. Elle avait intérêt à en profiter.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Aeden Snow, Mar 16 Fév 2016 - 19:04


Il empoigne ma paume avec force. Bon, cet homme doit quand même avec quelque chose dans le calbut' ! Il enchaîne par une espèce de révérence assez mal exécutée, mais l'envie y est. Curieux, le bonhomme... Mais pas totalement déplaisant. Il s'adresse une nouvelle fois à moi avec cet accent quasi-indéchiffrable, mais je parviens à saisir l'essentiel. Ses mots auraient pu produire en moi une pulsion assez violente (une grande claque dans sa face pour lui apprendre les bonnes manières), mais au contraire, son air un peu crétin me tire un sourire amusé.

"J’ai pas eu grand fille comme ça cependant, v’s avez raison. Mais en attendant, une damoiselle toute seule comme ça dans le froid on n’en croise pas souvent. Alors qu’est-ce qui vous amène dans ces belles contrées ?"

Enfin ! Il parle normalement. Lâchant un soupir avant de lui répondre, comme si je réfléchissais à la façon de ne pas me montrer trop agressive envers un homme un peu balourd, certes, mais pas méchant (et qui ne mérite donc pas ma cruauté verbale légendaire), je finis par rétorquer :

"Je suis venue découvrir le plus célèbre village magique d'Angleterre... Et aussi un peu là pour établir une liste de créatures magiques qui auraient pu arpenter le hameau..." je jette un coup d'oeil autour de moi, lorgnant les environs blancs de neige, et ajoute : "Pas déçue du voyage, à vrai dire. Malheureusement, on n'est pas tranquille très longtemps, par ici..." Rien à faire, je suis incapable de me retenir d'être désagréable... Malgré tout, quelque chose me dit que le personnage insolite qui se tient devant moi ne se vexe pas facilement. Une aubaine, ça va sans dire... "Et vous ? 'Faites quoi dans la vie ?"
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Hugh Dey, Mer 17 Fév 2016 - 10:45


La discussion était enfin engagée. Et avec des réponses un tantinet plus agréables que la première. Cela dit je l’avais cherché… Alors, pendant qu’elle parlait, je la détaillais un peu. Jeune, une peau assez laiteuse, brune. Une fille banale, comme on en voyait partout mais avec du répondant, vu comme elle m’avait envoyé valser. Rien que pour cette raison, elle me donnait envie de continuer à lui parler. Certes, elle gênait mon espace de promenade, mais si elle pouvait me distraire, elle n’allait finalement pas tant déranger que je le pensais au départ.

"Je suis venue découvrir le plus célèbre village magique d'Angleterre... Et aussi un peu là pour établir une liste de créatures magiques qui auraient pu arpenter le hameau..."

Oh. Tout de suite, elle était moins intrigante. Pourquoi s’intéresser aux animaux ? Surtout ceux qui ont pu passer par ici. Honnêtement, on était dans un parc. Moi, à part les lapins que je bouffais quand j’étais à la rue, j’avais jamais vu grand grand-chose dans ces contrées.

"Pas déçue du voyage, à vrai dire. Malheureusement, on n'est pas tranquille très longtemps, par ici..."

Ah voilà, là je la retrouvais. Je lâchais un éclat de rire avant de lui répondre du tac au tac :

« Ma quiétude s’est elle aussi révélée fort troublée ce soir… »

Pourquoi je parlais comme un aristo, je sais pas. Je crois que c’était pour lui renvoyer le compliment avec autant de classe qu’elle. Parce qu’elle parlait bien et que j’avais aucune envie de passer pour un débile mental. Même si je crois que c’était déjà fait avec ma première phrase mais y avait toujours moyen de se rattraper… Bref, ensuite elle me demanda ce que je faisais dans la vie et là… Bah là fallait que je lui réponde. Nan c’est bon j’avais pas oublié mon métier, je cherchais juste un moyen classe de le présenter. Comment dire que je gardais des marmots braillards toute la journée, que j’étais souvent victime de leurs blagues, parfaitement dénué d’autorité, et que malgré tout j’arrivais à garder mes fesses au chaud à Poudlard ?

« J’suis chasseur de moutons. De poussière, les moutons. Et à Poudlard, y en a plein qui se cachent. Concierge de l’école quoi… »

Ouais… C’était loin d’être classe, mais au moins ça faisait un petit parallèle avec les animaux. Bordel, j’en revenais pas qu’elle étudie les bestioles… D’ailleurs tiens. J’allais lui fausser ses donner. Sans discrétion aucune, j’appelais mon elfe d’un « Mollaaaard ! », et celui-ci arriva rapidement en un pop sonore. Vêtu d’un torchon en guise de pagne, car il souhaitait par-dessus tout copier le style vestimentaire de son amoureux Perceval, il était plus moche que jamais. Et teigneux aussi, comme d’habitude.

« T’nez ! En v’là un qu’est passé par ici ! Ca vous aide pour votre étude hein ? Mollard, dis bonjour à la dame. »

Et pour l’encourager, je le poussais du bout de la chaussure avec un air de dégoût manifeste. Bordel, le vert de sa peau risquait de déteindre sur mes pompes et ça allait moisir aussi. Beuuurk, j’allais gerber.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Aeden Snow, Jeu 18 Fév 2016 - 16:57


OK. Je retire ce que j'ai pensé : ce type n'a rien de fascinant. Il est balayeur, le pauvre ! Et, qui plus est, sacrément pas drôle. Me demandant si la malheureuse créature qu'est son Elfe de Maison enrichit mes recherches (Dieu ! quel désespoir pour cette petite chose frêle que d'avoir un maître aussi grossier... Appeler son Elfe "Mollard", non mais j'vous jure...), je le regarde en levant un sourcil méprisant.

"Si votre Elfe vous dégoûte autant qu'il y paraît, pourquoi vous le coltiner ? Autant le laisser à quelqu'un qui s'en occupera avec décence... Ah ! Suis-je bête ! Ça vous obligerait à faire quelque chose par vous-même, au lieu d'imposer votre autorité à une créature sans défense !"

Adieu la courtoisie ! Je n'essaie même plus de passer pour quelqu'un de sympathique. À quoi bon, avec un tel énergumène ? Ce mec est concierge, il nettoie le château (parce que personne d'autre ne se rabaisse assez pour assurer cette tâche) et punit les élèves qui ont le malheur de vivre leur jeunesse. En plus, il se croit drôle et séduisant, alors qu'il me fait l'effet d'un parfait abruti, surtout quand je vois comment il traite ses inférieurs... Je n'ai donc pas la moindre raison de me montrer polie. Il ne m'apportera rien, et je ne saurais vraisemblablement rien lui amener non plus de mon côté.

Au loin, j'entends le Croup continuer à aboyer à tous va. Notre querelle semble l'énerver, et j'espère que ses hurlements n'attireront pas la curiosité des habitants du bourg... Manquerait plus que quelqu'un se mêle de la discussion ! Déjà que je suis à deux doigts de sortir ma baguette pour donner une correction au maître ingrat qu'est Hugh, il ne faudrait pas me pousser...
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Hugh Dey, Sam 20 Fév 2016 - 18:23


En plus d’être tout vert, de porter un nom pourri, d’être moche, de s’habiller avec un pagne et d’être idiot, mon elfe était sacrément mal poli. Car si je le poussais du bout du pied pour qu’il aille dire bonjour, il semble que mon ordre n’ait pas été assez direct. Après m’avoir offert un beau regard dédaigneux, il s’en fut, aussi rapidement qu’il était arrivé, me laissant me débrouiller seul avec mon équilibre précaire. Eh oui, je n’avais plus qu’un pied sur lequel tenir, et je retombais lourdement sur le deuxième. Aouch.

"Si votre Elfe vous dégoûte autant qu'il y paraît, pourquoi vous le coltiner ? Autant le laisser à quelqu'un qui s'en occupera avec décence... Ah ! Suis-je bête ! Ça vous obligerait à faire quelque chose par vous-même, au lieu d'imposer votre autorité à une créature sans défense !"

J’ouvrais la bouche, par pur choc, sans trop comprendre ce qui m’arrivait. Sans trop comprendre ce qui lui prenait surtout. Puis, d’un seul coup, je refermais la bouche et contractais la mâchoire. Ok. Elle n’allait pas s’en tirer ainsi. Portant un doigt accusateur sur son buste, je commençais à m’énerver.

« Cet elfe m’a sauté et craché d’ssus, j’l’ai pris sous mon aile par pure bonté. Si vous croyez que j’veux d’lui juste pour faire la sale besogne… Souvent c’est moi qui cuisine et fais le ménage, lui, il sert qu’à mes déplacements, j’trouve qu’il a quand même la belle vie hein ! Pis t’es qui pour m’juger t’façon hein !? »

Une sale petite p*te trouvé dans la rue. Je pouvais sortir mes gallions si c’était ça qu’elle voulait mais c’était bien trop cher payé pour son arrogance. Cependant, alors que mes doigts s’attardaient dans ma bourse, un bruit me parvint aux oreilles. Un hurlement. Un cri à glacer le sang. Et sans plus attendre, faisant fît de ma virilité bien connue, je me jetais aux genoux de la demoiselle, me cachant presque sous ses jupes – si cela était possible – et hurlant un :

« Aaaaah c’est quoi ça !? »
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Aeden Snow, Dim 21 Fév 2016 - 14:01


Voilà qu'il s'énerve, le bougre ! Après avoir terminé sa tirade remplie de venin, il me lance un regard dégoûté, comme s'il s'apprêtait à me lancer un sort pour se venger de l'humiliation que je lui ai visiblement fait subir. Mais alors que je m'apprête à rétorquer pour le faire taire une bonne fois pour toutes - ce n'est pas que je m'ennuies et qu'il me met hors de moi, mais presque - il me saute presque dans les bras en entendant l'aboiement du Croup.

Surprise, j'ouvre de grands yeux ronds devant son apparente lâcheté. Bon à balayer et à chasser les élèves indisciplinés dans l'enceinte protégée de l'école, mais manifestement pas apte à garder son sang-froid dans une situation aussi peu dangereuse... Estomaquée devant l'attitude du concierge de Poudlard, je hausse les sourcils en signe de mépris total. Cet homme est une lavette, ni plus, ni moins.

"Waouw. Effectivement, je ne suis personne pour te juger, mais là, selon toute probabilité, je dirai que tu es le type le plus lâche et le plus trouillard que j'ai jamais vu... Aucun jugement, simple constatation..." j'ajoute sur un ton dédaigneux. "C'est un Croup, une terriiiiiible créature assoiffée de sang, pas vrai ?"

Même s'il n'y connaît rien en créatures magiques, cet abruti doit au moins savoir qu'un Croup n'a rien de bien menaçant, surtout que personne ne lui a donné l'ordre d'attaquer... Sortant doucement ma baguette d'Os pour jeter un sortilège de mutisme au chien qui continue de hurler dans le vent, je pressens qu'il vaut mieux ne rien faire. Si l'aboiement de cet animal peut faire fuir le couard qui essaie de se cacher sous ma cape, autant le laisser faire. Ça me fera des vacances...
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Hugh Dey, Dim 28 Fév 2016 - 19:45


Je venais de perdre toute dignité, et je le savais. Seulement, là comme ça, dans les jambes et la cape de la demoiselle, bah je me plaisais bien. Il caillait vachement moins, je pouvais pas dire que c’était confortable mais comme ça faisait longtemps que j’avais pas collé ma tête entre les pattes d’une demoiselle, je pouvais pas non plus dire que c’était hyper déplaisant. Ce qui l’était en revanche, c’était sa manière de me répondre. Et surtout de se foutre de ma gueule.

"Waouw. Effectivement, je ne suis personne pour te juger, mais là, selon toute probabilité, je dirai que tu es le type le plus lâche et le plus trouillard que j'ai jamais vu... Aucun jugement, simple constatation... C'est un Croup, une terriiiiiible créature assoiffée de sang, pas vrai ?"

Un Croup. Ouais bon d’accord… Du coup Je m’écartais, je me relevais, et je m’époussetais surtout, parce que fallait pas exagérer. Je me raclais même la gorge pour tenter de reprendre contenance, mais vu comme elle s’était foutu de ma tronche, c’était mort pour la bonne impression. T’façon j’aimais pas les bestioles. Et quoi qu’on en dise, même si c’était qu’un Croup, ce qui, dans sa bouche, avait l’air inoffensif même si j’en savais rien, bah ça me foutait les jetons. Nan mais sérieusement. Ca fait du bruit déjà. C’est forcément un peu méchant.

« Quand j’étais petit je me suis fait mordre par un gnome. J’aime pas les bestioles. Ca bouge, ça fait du bruit. C’est vivant vous comprenez. »

Ca c’est sûr qu’elle devait comprendre… Puisqu’elle les étudiait. Ca se trouve c’était même ça qu’elle aimait. L’horreur quoi…

« Vous leur trouvez quoi à elles ? Elles parlent pas. Et elles doivent pas filer entre vos pattes comme moi j’ai fait. Je suis sûr que ça a pas dû vous déplaire. »

Et sur ce, comme si je pouvais réellement rattraper ce que je venais de lui faire comme « excellente » impression, je la regardais avec un grand sourire et en haussant les sourcils. J’approchais même de quelques pas. Manquait plus que je mette les deux mains bien devant moi en criant « boooobs » et c’était bon, j’étais fiché comme psychopathe. Mais je l’étais pas déjà ? Boh… Pas bien grave alors si elle me prenait pour un fou.
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Megan K. Hayajân
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Megan K. Hayajân, Dim 17 Avr 2016 - 0:44



- Dans le bleu de l'absinthe -
[RP Privé avec Alhena Peverell]

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C'est une déchirure. Une percée blanche dans le ciel noir, et puis plus rien, si ce n'est le grondement sourd d'une colère divine. L'orage éclatera sous peu. La voûte obscure est piquée de milles diamants. C'est splendide. C'est un vent, qui murmure, susurre des châtiments exquis  à la terre, se glisse, pervers, sous les jupes et les manteaux. C'est un peu cauchemardesque, dérangeant, cette sensation semblable à l'oubli. On manque un détail, un rien qui pourtant ferait la différence, une voix fausse qui brise les croyances, une mutinerie des sens. L'être humain n'est rien face au bon vouloir de la nature. Il faisait nuit, la pluie se pressait au bord de l'iris céleste, et j'étais étendue, allongée, immobile, sur la pelouse détrempée d'un parc.

Il est là, marmonne sans cesse, m'oppresse, et est pourtant ma meilleure chance, ma solution, ma puissance, mon concentré d'énergie, mon dernier recourt, mon plan B. Les ailes déployées, il me parle sans relâche, tente de m'envoûter, me jette des maléfices, des sortilèges, auxquels je résiste avec vaillance. Pourtant, le désir de m'abandonner aux commandements de l'oiseau est immense. C'est une torture subtile, à laquelle je ne peux pas me soustraire. Il est une partie de moi, un esprit dans mon esprit, un éclat de mon être. Il a sa propre conscience, sa propre réflexion. Et il me dévore peu à peu, appuie constamment sa volonté, je finirai par céder. Il m'aspirera alors plus vite qu'un détraqueur ne s'approprie une âme délinquante. Je suis peut-être la victime, finalement. Le rôle de bourreau me fatigue.

Enfin, c'est le roulement de tambour suprême, et la pluie s'abat sur mon corps paralysé, fragmenté, décharné, et trempe mes vêtements, la terre boueuse, ma peau. Un peu plus et je pourrais prétendre être un élément classique du décor. Au moins, la pluie camoufle les larmes. La douleur est lancinante, cette pression perpétuel du mental, la souffrance physique d'être déchirée entre deux enveloppes, le manque. Le manque de confiance, malgré tout, l'absence de solution au problème tragique des aiguilles qui tournent sans cesse, cette quête de l'immortalité qui n'en finit plus, et les humeurs du corbeau à supporter.

C'est aussi simple que ça : je ferme les paupières, me détourne d'un plafonnier superbe, de la pelouse brûlante d'eau sur laquelle je suis alanguie, ignore le vent qui s'empare du silence et le mord à grandes dents, serre les poings, tâchant de stopper les tremblements de mon corps fragile. J'aimerais voir le monde brûler, s'enflammer, et surmonter mes peurs en dominant le peuple entier. Faire fit de la fumée pour asseoir mon règne. J'ai envie de voir cette planète éclater, et moi alors, seule guerrière prêtresse, bâtir un univers où je serais souveraine. Ce n'est, en fait, qu'un besoin accru de puissance...

Je le revois ce foutu sourire, qui me hante, même après une décennie. Oui, dix années maudites sont passées, et j'ai encore gravé dans le coeur chacun de ses cils, chacun de ses pores, une vision très nette de cette bouche tordue d'un rictus moqueur, coupée par le sel de la mer méditerranéenne. L'image de ces pommettes saillantes, encadrant un nez très droit, pourtant fracturé quatorze fois et réparé d'un coup de baguette brouillon. Le souffle encore coupé au souvenir de ses yeux. Deux iris noir charbon, noir intense, marqué simplement d'une zébrure grise, lisse, appelée pupille. Les cils, donc, sur des paupières lourdes et marquées, des sourcils épais, et les mèches blondes rebelles. Voilà dix ans que le sort c'était abattu en emportant avec lui le meilleur de moi-même. Cette nuit, éponge des eaux divines, parviendrais-je à faire le deuil inachevé du frère, du gardien, du mentor évanouis ? Jamais, me soufflait l'oiseau.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Alhena Peverell, Mar 19 Avr 2016 - 2:41


RP avec Valentina Boccini


Dans le bleu de l'absinthe
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Il y avait quelque chose d'étrange dans cette voix. Il y avait comme un goût d'amertume perdu dans le délire d'une petite fille isolée. C'était comme un coup à double tranchant. Il y avait cette pensée qui vous disiez quoi faire, votre coeur le contraire. Entre pouvoir et amour. Entre argent et amitié. Il n'y avait rien de bien différent hormis leur nom maintenant. La vie n'était qu'un surplus de mensonges et d'hypocrisies. On leur faisait croire aux princes charmants et aux princesses. Mais une fois lâché dans la nature, on s'écroule et cri de douleur. Aujourd'hui l'amour n'est plus suffisant. Il n'y a qu'un mot qui règne dans notre société : pouvoir.

Assise sur ce banc mouillé. Elle gelait. Les joues trempées par la pluie et les larmes. Elle avait vu leur tombe. Cela faisait des années qu'elles ne les avaient pas vu. Une fois devant elle aurait voulu pleurer, mais une seule chose était sortie : un soupire. Des années et des années qu'elles ne ressentaient plus rien, ou du moins plus d'amour ni de respect. Personne n'était sûre que la jeune femme contienne un réel coeur dans son corps, ou une quelconque trace d'empathie dans son âme. S'il y avait enfer et paradis, la nature de son être avait fait son choix, seul. Elle n'avait pas besoin de saluer quoi que ce soit, c'était comme une maladie incurable le manque d'empathie. Presque à la limite de la psychopathie. Elle s'était toujours demander ce qu'elle foutait sur terre. Si il y avait vraiment une raison de sa présence. Elle devait sûrement être une erreur, avoir lancé le mauvais dé.

Elle ne savait pas si elle était une bonne personne. Elle ne savait pas si elle était comme ça à cause des autres, ou à cause de ses propres désirs. Peut-être les deux étaient sûrement liés. Puisque nous sommes tous esclaves de nos désirs, celui qui enflamme nos sens, qui brûle et nous consume. Qu'il soit indépendant de nos volontés, de nos promesses, qu'il déchire ou nous assemble : nous en voulons toujours plus. Elle voulait toujours plus. Elle voulait l'indésirable de tous les maux de la terre. Celui que personne n'oserait lui donner. Celui que seule la mort pouvait : l'immortalité.

C'était la fin avant même que ça commence pour elle. Elle jouait avec le feu. Jouait à jeu cruel et pervers. Un jeu où dès le départ : elle savait qu'elle avait perdu. Alors, elle avait fuit tout ce qui aurait pu se mettre en travers de son chemin. Il était toujours plus facile de partir que de les voir partir. Il était toujours plus facile d'abandonner que d'être abandonné. Il était toujours plus facile d'avoir un coeur de glace qu'un coeur en ébullition. Elle avait beau faire semblant, c'était sa nature profonde d'être solitaire et lâche. Elle avait beau se laver autant de fois, cette lâcheté lui coller à la peau. Au fond tout lui coller à la peau, en particulier ses regrets. Quel genre de coeur avait-elle ? Avait-elle peur ? Eviter d'aimer par peur de souffrir, c'était comme refuser de vivre par peur de mourir. En fait, en y regardant de plus près, elle était comme n'importe qui.

Le point de rupture. Là où elle se trouvait réellement. Elle ne savait plus si elle contentait d'exister, ou si elle vivait. La seule chose qu'elle faisait de plaisant, c'était de jouer avec le désir des gens. Elle n'avait jamais su si elle devait rendre les autres heureux, ou elle-même. Elle avait toujours stagner au milieu sans réellement se poser de question. Ça lui peser sur le coeur, elle ne savait plus comment agir face à eux depuis son retour. Depuis son cas de conscience. Elle n'arrivait plus à se rendre compte de ce qui était important. Elle ne savait pas pourquoi elle se battait, ni contre qui, ni à quoi elle servait. Mais à trop attendre, on loupe le présent. À trop rêver, on rate la réalité. À trop espérer, on évite la vérité. À trop vouloir, on efface l'essentiel. À trop penser, on s'empêche de ressentir. À trop être homme, on enterre l'humanité. À trop haïr, on omet d'aimer. Et à trop exister, on oubli de vivre.

Elle se leva de son banc et aperçu une femme. Elle avait l'air stone, allongée sur l'herbe. Ses pleurs mélangés à la pluie. La brune s'approcha doucement : « Vous allez bien ? »

Mais quel interêt réel de lui parler. Elle était comme dans un cauchemar à l'heure actuelle. C'était comme si les humains savaient quel genre de personne elle était. Qu'ils ne voulaient pas ouvrir les yeux sur la vérité. Qu'ils n'étaient pas prêt. C'est ce qui la différenciait de tous les hommes : ils ne seraient jamais prêt à entendre la vérité telle qu'elle est : brute et cruelle. Alors qu'elle, forgée pour cela, elle se taisait et mourrait à petit feu de ne pouvoir sortir mots de sa gorge. Alors à la place, elle ramenait les ténèbres à chacun de ses pas, partout où elle allait. Elle avait pactisé avec le diable :


Aujourd'hui, le monde était mort avec elle.

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Megan K. Hayajân
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Megan K. Hayajân, Mer 20 Avr 2016 - 22:47


____________________


Nous étions allongés, blottis l'un contre l'autre, flanc contre flanc, avec un air de béatitude totale. C'était la nuit, bien sur, et une pluie d'étoiles filantes couvrait le ciel d'encre. Nous nous racontions des histoires merveilleuses, des histoires d'un autre temps, de sorciers et de sorcières unis, de pouvoirs extraordinaires, d'un monde tout autre. Nous étions heureux. Stupides, mais heureux. Il avait seize ans, j'en avait six de moins. La lune n'éclairait qu'à peine nos frimousses pâles, mais nos cheveux semblaient irradier. C'était l'été, la chaleur  engourdissait nos sens. Une étoile plus brillante que les autres traça un sillon entre Mars et la Lune. Georgio, adolescent ravageur, me souffla à,l'oreille : "Dis, petite soeur, quel est ton voeux ? " j'avais haussé les épaules, hésitante. Il avait rétorqué. "Le mien est de toujours pouvoir te protéger."

Pour une enfant qui venait de perdre son père et qui vivait avec un mère plongée dans le mutisme et un oncle profondément mauvais, les paroles de mon frère me réconfortèrent comme jamais encore. J'étais aimée, vraiment aimée. Il était mon mentor, mon guide. J'avais une confiance aveugle en lui, et ce souvenir est celui qui m'est le plus cher. Pourtant, de tout son vivant, Georgio n'a pas été parfait. Ce soir même il avait commit une erreur grossière. Un voeu révélé ne se réalise jamais.


"Vous allez bien ?"

Je ne bouge pas un cil. Il dort profondément. Le corbeau s'est plongé dans le sommeil, volontairement, me laissant un peu de répit, un bref temps pour me calmer, méditer, faire le point. Et voilà qu'une idiote petite sorcière venait me déranger dans ma contemplation du passé, dans l'exode de mes remords. J'avais besoin, pourtant, de ce moment de paix, un silence mérité, une pause dans ma vie excitée, juste le temps de m'apaiser, de respirer. De laisser le temps à mes blessures de cicatriser.

Je ne répondais pas, immobile, glacée jusqu'à l'os, tremblante, entre le froid et la convulsion. Les sourires étaient feints. Les souvenirs étaient loin. J'avais peur. Où était-il, hein ? Il me l'avait promis ! Je devais pouvoir compter sur lui ! Et je l'avais tué ! Mon gardien, mon ange, mort par ma faute, détraqué, vidé de toute âme, par un bouclier malsain ! Je ne méritais pas le nom d'humaine, et au fond de moi, le Corbeau profitait de cette faiblesse chaque jour pour me dévorer. Il avait été ma plus grande force, aujourd'hui, il était ma faiblesse ultime.

-Je l'ai tué. J'en ai tué bien d'autres, après, mais rien, pas de remords, pas de tristesse. Lui... lui... tué.
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Alhena Peverell
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Alhena Peverell, Mar 26 Avr 2016 - 2:51


RP Tina

Il y avait ce démon qui la dérangeait, qui la dévorait, la grignotait de l'intérieur. Ces larmes qui n'arrivaient plus à couler que dans un vide intersidérale de son esprit, comme une illusion ou une hallucination. Un coeur qui battait sans émettre un son. Ce regard de glace et ce comportement cadavérique. Comme une âme errante sur terre. Un corps emprunté par le diable, envahi de toute son âme par les ténèbres. Qui faisait ça ? Qui était capable de faire comme elle : détruire pour ne pas avoir à guérir. Comme un monstre.

Elle aurait du se taire. Elle aurait du faire semblant de ne pas l'avoir vu, faire comme si la sorcière n'existait pas. Elle aurait du écouter cette voix qui lui disait : trace, ne tourne pas les yeux.
Mais son instinct était trop fort. Ses ténèbres la suivaient partout, salissant chacun de ses pas, chacun de ses mots. Lui murmurant quoi faire, quoi dire réellement. Le démon la menait au cauchemar, emportant et embrasant tout ceux sur son passage même les inconnus. Même ceux déjà dévastés par la haine et la folie.

Elle déglutit, baguette en main. Cette blonde allongeait là, les douleurs marquées sur ses joues. Cette femme lui ressemblait étrangement pendant quelques secondes. Cette haine contre elle-même. Ses fissures sur son visage craquelé par la douleur et la haine. Le sillage de ses larmes. Ce poignard dans ce coeur. De la haine pure envers elle-même. Prisonnière de ses pensées, de ses regrets.

- Je l'ai tué. J'en ai tué bien d'autres, après, mais rien, pas de remords, pas de tristesse. Lui... lui... tué.

Elle restait là, tel un cadavre. Et dans un élan de folie, Alhena s'approcha et se mit à califourchon sur l'inconnue. Lui bloquant les mains au sol, l'empêchant de bouger ou de faire quoi que ce soit. Elle pleurait. On aurait dit un film d'horreur, un cauchemar inébranlable. Il y avait le démon. Il y avait la crise. Elle haletait comme jamais. Approcha sa bouche de l'oreille de sa victime et murmura d'une voix scabreuse, amère :

- On s'en fiche d'enlever la vie, même de ceux qu'on aime et qui sont censé nous protéger. Au fond, il est mort. Il n'est plus là et ça ne sert à rien de pleurer. Il s'en fout. Moi aussi j'ai tué, moi aussi j'ai enlevé la vie. Mais j'ai fais pire encore...

Elle se releva d'un coup, tête penchée, sourire malsain aux lèvres. Toujours à cheval sur l'inconnue.
Elle aurait voulu se tuer là, immédiatement. Mais rien ne changerait, ça ne changerait pas le passé.
D'une voix presque trop aiguë, enjouée comme une petite fille dansant autours de la mort. Comme une sorte de rire totalement fou, elle prononça ces mots :

- Moi je l'ai tué de l'intérieur.

Elle se tut. Léchant ses lèvres ensanglantées. Elle goutait les larmes salées qui coulaient sur se joues. Elle était moche et terriblement belle à la fois. Comme un ange mort déchu, dont les ailes venaient d'être arrachées.

- Tu sais moi j'aurais fait n'importe quoi pour elle...

La brune avait échoué. Elle avait tout gâché. Tout dévasté sur son passage. Le diable avait laissé sa trace.

- ...mais pas tout. Alors j'ai ruiné sa vie. Aujourd'hui elle doit vivre avec ça, je suis son erreur. Je l'ai tué de l'intérieur. Je l'ai dirigé vers un destin pire que la mort.

Elle était pathétique.

Une nouvelle fois, elle plaqua son adversaire au sol. Ancrant leurs mains liées dans la terre. Serrant si fort, comme une folle prête à se jeter d'une falaise. Elle était à quelques centimètres de son visage, les yeux fermés, les gouttes tombant sur le visage de la blonde. Leurs lèvres à quelques centimètres. Elle susurra tel un démon :

- Par amour. Par égoïsme.

Rire amère. Rire aiguë. Rire fou.

- Et toi ma chérie, ma belle, qu'est-ce que tu as fait de si grave ? J'ai envie de savoir. Savoir si le diable peut devenir ton ami.

Et même si sa plus belle ruse et de vous faire croire qu'il n'existe pas, parfois il se révèle à vous. Sous forme de désir, d'instinct, de jalousie, de pouvoir. Il est ancré au plus profond de chaque être, il nous crée un à un.

Elle ancra son regard émeraude dans celui de sa camarade, l'hypnotisant, la piégeant dans un cercle vicieux et infernal puis... se rendit compte.
Elle fit un bond en arrière, se retrouva assise sur l'herbe observant la sorcière allongée. Baguette en main.
Il avait réussi encore. Il l'avait possédé.

Elle n'était qu'un ange mort au service du Diable.



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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Mary Drake, Lun 27 Juin 2016 - 21:01


Silence
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Je marche. Ce n'est pas vraiment difficile à comprendre jusque-là. Mais si on se décide à me regarder un peu plus près, on remarque que je traîne les pieds. Il ne reste plus qu'à s'approcher un tout petit peu plus, et on peut voir la larme qui glisse sur ma joue et qui s'étale par terre. Vous voyez ? Une action principale en entraîne un autre, et le tout extérieurement. La bonne question à me poser, après ça, c'est pourquoi tu marches ? Et moi, je répondrais parce-que. Un enfant conclura par un '' parce-que quoi '' qui n'aurait pas de réponse. Un adolescent s'en foutrait et ne poserais même pas la première question. Quant aux adultes, ils se demanderont peut-être ce que j'ai, moi, l'adolescente qui traîne des pieds. Mais ayant perdu leurs innocences enfantines, ils ne viendraient pas me le demander.

Et moi, dans tout ça, je me demande bien à quoi a servi ce raisonnement sans queue ni tête. Il n'a aucun sens. Oui, tu marches. Ouais, t'as l'air triste. Les gens, eux, ils en ont rien à faire de tes états d'âme. Ils sont à Godric's Hollow pour regarder leurs enfants jouer sur la plaine de jeu, ou bien pleurer un être perdu au cimetière. Toi, t'es quelqu'un parmi d'autres. Tu n'es pas importante. Tu n'es pas grand chose. Personne ne l'est. Sache-le.

V'là que je me parle à moi-même. Ce n'est peut-être pas une bonne idée. A quoi ça pourrait servir. Je n'ai pas de réponse à mes propres interrogations, sinon, je n'en aurais pas, de questions. Arrête de réfléchir dans ce cas. Déambule, fais ta pauvre petite malheureuse si tu veux. Mais arrête ça. C'est un peu énervant.

Ok, ok. J'arrête de me parler. C'est un peu étrange. Je n'ai pas envie de devenir schizophrène. Ou folle. Ou malade. Ou internée. Ou une psychopathe. Quoi que. Quand on y réfléchit c'est pas si mal d'être tarée. Ça me fera des vacances. Quand t'es comme ça, tu ne réfléchis pas non? Tu vis ta vie, tu tues des gens, tu te poses pas de questions. Enfin, ils sont pas tous bêtes, les tueurs. Jack l'éventreur ne s'est jamais fait chopé, lui.

Bon, maintenant tu vas un peu la boucler, et te concentrer sur le fait de ne plus te parler à toi-même. C'est plus difficile à dire qu'à faire. Je remarque un banc. Il est vide, personne n'est assis dessus. C'est parfait pour me calmer, calmer on cerveau en ébullition. Je m'empresse de m'y asseoir, et lève la tête. Des enfants jouent devant moi. Si innocents, du genre à poser des questions.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 24 Juil 2016 - 20:54


/Désolée de ce méga retard !!! ><\

Musique

Certaines mélodies, certains sons vous ramènent immédiatement à un temps lointain. Temps passé que vous regrettez. Tout était toujours mieux avant.

Pas lents. Rues de Godric's Hollow. Nom de ville qui va bien à une petite Gryffone.
Les pensées tourbillonnent et s'emmêlent. Les images aussi. Film éternel de mes regrets. Comme si rien, rien jamais ne saurait l'arrêter. Impression que les images qui hantent mon esprit se reflètent dans mes pupilles.
La nuit, le noir. Et tout va, tout vient, tout se mêle. Il y a eu cette fille, au poing violent, au poing douloureux, qui m'a blessée, qui m'a frappée. Victime innocente d'une folle coupable.
Et puis cette autre nuit. Où c'est mon poing violent, mon poing douloureux qui est allé percuter cette chaire inconnue. Sang, coups, coups. Bonheur de frapper. Frayeur d'avoir frappé.

Eternelle boîte à souvenir.
Eternelle boîte dont on remonte tout le temps la clé. Et cric, cric, cric. C'est reparti pour un tour.
Boîte à musique avec, pour toute musique, murmures de ma culpabilité.

Mes pieds marchent ; mode automatique.
Je ne vois plus, ne regarde plus. J'entends. Seulement.

Rires. D'enfants. Un parc, sans doute.
Et soudain, les larmes qui montent.
Souvenirs. Une autre boîte vient de s'ouvrir.

Rappel d'un âge d'or. Age d'innocence.
Il était une fois... une fois où j'étais heureuse. J'avais Papa, Maman. Rien d'autre. Inconscience du monde. Bulle de savon. Cocon tout doux. Sécurisant.
Et un jour, tout a explosé. Le réel pris en pleine figure. Attentat. Ou attaque. Comment désigner cette violence ? Ce carnage ? Qui m'a fait perdre mon sourire. Mon rire. Cet homme masqué qui s'en est pris aux bar des Trois Balais, un jour que j'y étais. Mauvais endroit, mauvais moment.

Il était une fois... une petite fille qui a toujours grandi sur un tranquille nuage. Insouciante, joyeuse adolescente, elle aimait s'amuser et enfreindre le règlement ; tellement excitant !
Et un jour, quand le réel lui est tombé en pleine poire, elle est devenue plus sombre. Elle a grandi, peut-être. Mais surtout a perdu sa joie naturelle.

Et v'là que la machine à souvenirs se met en marche et ne s'arrête plus. Une image, deux images, trois...
Larmes, larmes, regrets.
Age d'or, où es-tu, où es-tu ?!

Pantin qui avait l'habitude d'aller où le vent le portait. Contrôler au mieux par une main extérieure.
Mais aujourd'hui, il doit apprendre à avancer seul. Parce que la main bienfaitrice n'est plus. Et que si jamais une autre main reprenait contrôle de ses fils, le pantin pourrait s'en trouver bien mal.
Douloureuse liberté !
Faire c'que j'veux, quand j'veux, liberté ? Non. Agir, seul. Du mieux. Repousser les limites pour avancer. Ca, c'est la liberté. Dur, dur de la mettre en oeuvre.
On regrette le temps où tout était préparé pour nous. On n'avait qu'à tendre la main, les lèvres vers le sein gorgé de lait. Enfant insouciant.

Ces rires... Ils me répulsent et m'attirent tout autant. Et c'est, sans m'en rendre compte, que je vais vers eux.
Silence lourd alors que leurs sons infernaux envahissent mon âme et mes sens.

Banc. Vide, pas vide. Qu'importe. Je ne vois rien. J'entends, seulement. Ressens.
Je m'assois. Sens brouillés. Soleil doux d'après-midi. La luminosité pourrait mettre du baume au coeur. Mais non. Tout est automne chez moi.
Même ces enfants qui courent, courent, sautent et rient me paraissent ternes. Sans vie. Sans relief. Rien.

Relever la tête vers le ciel. Espérer qu'au moins, lui, il sera beau. Peut-être est-il bleu. Sûrement, d'ailleurs, au vu du soleil. Mais il m'apparaît gris et froid.
Froideur intérieur. Iceberg dans les veines et le coeur qui fond, répandant son glacial liquide dans chaque muscle.

La tête dodeline, se tourne sur la gauche. Et les yeux la voit. La regarde.
Visage triste. Fermé.
Pas un mot. Ni elle ni moi.
Elle est assise à l'autre bout du banc. Si proche et si lointaine.
Assise, muette. Ca me convient.
Je la regarde alors que les rires d'enfants emplissent mes oreilles. Regret de l'innocence. Leur innocence.

Mon regard la parcourt, passe sur son épaule, au-dessus de son épaule. Au loin, petite flaque d'eau. Preuve d'averse récente.
Eau de pluie. Eau de larme.
Tout est pareil. Tout est pareil.
N'est-ce pas ?

La regarder de nouveau sans ciller. Sans bouger.
Et toujours, ces rires enfantins. Bonheur déjà éloigné.
Il n'y a que de la froideur automnale autour de moi.
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Mary Drake
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Mary Drake, Lun 25 Juil 2016 - 10:51


Les enfants. Les toboggans. Les balançoires, les modules. Magnifiques, nostalgiques. Je ne dois pas pleurer, je ne dois pas regarder. Ces rires sur leurs visages me rappellent que sur le mien rien n'est joyeux. Juste une façade sur une autre et encore une autre. Que des masques, justes des masques, rien de bon. Ces objets ne servent qu'à cacher ce que nous sommes, un peu comme le fond de teint. Non pas que j'ai quelque chose contre lui, mais je ne préfère pas utiliser ce genre de maquillage. Je n'ai pas besoin d'une cachette en plus, celle que je suis en a déjà assez. Trop c'est trop. Je vais craquer. Le faux loup solitaire ne va plus tenir longtemps.

Je sens la présence d'une fille. Non. Ce n'est pas une enfant tout juste sortie du berceau. Ni une adolescente en quête d'elle-même. Du moins, elle n'en a pas l'air. Elle approche, approche, approche encore. Et puis elle pose ses fesses à côté de moi. De l'autre côté du banc. Loin de moi, beaucoup trop proche tout de même. J'ai envie de reculer, quitte à m'asseoir dans le vide, par terre, malgré le sol mouillé et humide par l'orage qui avait éclaté en début de matinée. Je n'aime pas le mois d'octobre. En particulier Halloween. Fête moldue, connue des sorciers ? Aucune idée. Sans importance. De nouveau on se déguise. Dingue n'est-ce pas ? Un bon costume a toujours un masque ou du maquillage. On en revient à la même chose, stupide et affreuse.

Finalement je reste. La brise, légère mais glacée, ne fait pas bon ménage avec cette eau tout juste gelée. Je tourne la tête, regarde la femme, qui me fixe, suis la courbe, celle de mon épaule. Je fais donc de même. Puis je croise son regard. Je ne sais pas lire dans les yeux. Je ne suis pas psychologue. Je sais juste lire un livre. Généralement, tout est noté noir sur blanc, parfois blanc sur noir, en tout cas, c'est moins complexe. Une personne, c'est beaucoup plus compliqué à connaître, à... Apprivoiser. Il faut pour ça comprendre autre chose que la parole, mais le langage corporel, les habitudes, l'histoire... A ce moment-là, on peut déduire tout ça dans un regard. Dans des yeux. La courbe des sourcils, les froncements du front. Mais parfois, tout le blabla que je viens de débiter ne sert à rien, certaines émotions, simples, sont faciles à déduire. La tristesse, la folie. Je les connais que trop bien ces deux-là. Moi, adolescente. Celle, qui, parmi tant d'autres, se poserait la question, de savoir pourquoi, pourquoi la personne semble bouleversée. Mais également la jeune fille qui, jamais ne demandera le pourquoi du comment. J'aime le silence, être muette.

Alors je penche la tête. Doucement, imperceptiblement. Sauf pour elle, du moins je l'espère. Silencieuse, je suis plus efficace. La tête sur le côté, un signe distinctif bien connu. Pas besoin de comprendre, il fait partie des essentiels du langage corporel. Signe d’interrogation. Chez les chiens, chez les chats, chez les singes, chez les hommes. Nous, on oublie de se gratter l'oreille ou de baver par terre en même temps.

Quoi que

Penser à gratter, ça donne envie de gratter. Alors, sans rompre le contact, me rapprochant un petit peu, je gratte. Mauvaise idée. Mauvais souvenir cauchemardesque. Ou non. La chapelière. Juste, l'oublier. Revoilà mes problèmes d'actualité. Contrôler mes pulsions, contrôler mes esprits, contrôler ma colère si l'on me pousse, contrôler ma curiosité. Tout contrôler. Difficile mais possible. Pas impossible. Il y a plusieurs manières de le formuler, cette demande, cette requête, qui, comme je me le répète souvent, ne sert à rien. A quoi bon me torturer l'esprit. Je suis, tu es, je suis ce que je suis.

Et toi, la femme, tu es mal. Mal dans ta peau ? Mal dans ta tête ? Non, une tête ne peut pas traduire cela, attends la réponse. Silencieuse, muette, c'est comme ça que je la veux. J'ai vraiment l'impression que ce foutu corps nous cache quelque chose. Je pars en vrille là, je dois m'arrêter, juste attendre. Et arrêter de tout me répéter. Je radote avant l'heure. C'est dommage et décevant.

Puis, une feuille.

Elle vient se placer entre nous, barrage futile mais énorme, pour un équilibre si fragile. Je me fais peut-être des idées en fait. Ce n'est qu'un morceau d'arbre. Un morceau de vie. Dois-je la surestimer ? La sous-estimer ? Qui a la réponse ? Moi ? Elle ? Les enfants ? Leurs parents ? Le vide ? Personne. Encore des questions. Beaucoup trop de questions. Aurais-je une ou deux réponses ? Je ne sais pas. J'en ai marre de ne pas savoir.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 13 Aoû 2016 - 14:54


Atmosphère chargée.
D'un je-ne-sais-quoi. D'une pression invisible, inconsistante peut-être même inexistante. Mais il y a quelque chose.
Cette fille...
Une chose qui nous rapproche et nous éloigne en même temps.
Une tristesse, une nostalgie commune. Un besoin de se voir du coin de l'oeil, s'effleurer du bout des doigts et se fuir à grandes enjambées. Parce que l'autre est le reflet de ce qu'on est. Ce qu'on est devenu. Qu'on n'aimerait pas être. Parce qu'avant... avant les joies et les rires, les moments de bonheur et les sourires. Tout ça... tout ça... envolé. Et l'autre est là pour nous le rappeler. Le visage fermé, crispé face au monde qui continue de tourner. L'air absent, loin de tout et en même temps si proche. Loin de nous et pourtant à deux doigts de nous atteindre.

Le regard qu'elle envoie, qu'elle renvoie... je me lis dans sa pupille. Elle est loin et pourtant, je m'y vois. Globe oculaire. Je vois ma détresse, mine déconfite.
Ne pas savoir ce qu'on fout là.
Ni pourquoi.
Ni comment.
Et ne pas se poser la question. Qu'importe.
On est là. Elle. Moi. C'est tout. Ca suffit parce que, savoir le pourquoi du comment ne mènera à rien.
Elle me regarde. Je la regarde. C'est la seule chose qui compte.
Tandis que derrière, en arrière-fond lointain, les rires d'enfants. Comme une caméra centrée sur nous. Gros plan. Alors que le parc et tout le reste... tout est dans le flou. Ce n'est pas ça l'important. Ce n'est au décor qu'on se rattache. Seulement à elle. Et moi.
C'est une histoire entre toi. Et moi.
Une aventure silencieuse.
Car tu ne veux pas parler. Moi non plus. On est bien mieux comme ça.
Lèvres pincées, lèvres serrées. Pas un son. Les cordes vocales sont en pause. Il n'y a rien d'autre que les yeux qui bougent, se cherchent, tentent de s'accrocher et se comprendre. Seulement ce mouvement. Gauche à droite. Haut en bas. Puis l'inverse. Droite à gauche. Bas en haut.
On se dévisage sans gêne. Pourquoi rougirions-nous de cela ? Nous ne sommes plus dans la logique des conventions sociales. On ne montre pas les gens du doigt ! Arrête de le/la regarder ainsi, c'est gênant ! Eh, pourquoi tu me fixes, toi ?! Nous sommes hors de tout ça. A planer entre tout ce qui régit notre monde. La politesse, le faux-semblant, dire ça va parce que de toutes les façons, la question n'est que rhétorique. Nous n'entrons dans aucune catégorie. Nous sommes juste sur notre plan à nous. Là où s'observer en silence est normal. Se comprendre sans un mot. Car il n'y a pas besoin de mot.
Chuuuut...

Doucement, il y a cet imperceptible mouvement. Que je suis la seule à voir. A détecter.
Doucement, il y a la tête qui se penche. A peine quelques millimètre. Lenteur incroyable. Tout tourne au ralenti. Même les rires des enfants s'entendent de plus en plus lentement.
Elle penche la tête. Elle s'interroge. Pourquoi ? Comment ? Qui ?
Puis-je seulement répondre à toutes ces questions qui émanent de ce seul être ?
Et toi ? Répondras-tu aux miennes ?

Je veux fuir à ce moment là. La fuir. Parce que ses questions m'obligent à me recentrer. M'interroger. Sur des choses que j'ai tellement interrogées et que je n'ai plus envie de remuer.
Attiser à nouveau les braises qu'on souhaiterait voir s'éteindre.
Non. Je ne veux pas. Ne peux pas.
Partir...
Partir...

Et pourtant. Rien.
Je ne bouge pas parce qu'elle agit sur moi comme un aimant. Nul ne peut contrarier les lois de la physique.
Je ne bouge pas.
Mais ferme les yeux.
Le contact visuel est rompu. Me voilà dans le noir. Lâche que je suis. Toujours s'enfermer dans le noir. Loin des autres, loin du monde. Loin des problèmes et ne pas chercher les solutions. Avoir l'illusion de courir après alors qu'en vérité, on ne veut pas les trouver. Alors les problèmes demeurent tandis qu'on se ment : y'a pas d'solution ! Or il y en a toujours. Je suis juste trop lâche pour m'y confronter.
La barrière des paupières closes. La protection des paupières closes.
Comme si, ne pouvant la voir, elle avait complètement disparue.
C'était un mirage. Juste un fruit de mon imagination.
En même temps, une voix crie que non, à nouveau, je me mens. A nouveau, je me fuis.
Répondre à ses question ? Muette, silencieuse... d'un seul regard, lui dire...? Tout ? Ou vérité partielle ? Parce que tout ce que je cache, je veux que ça demeure secret. Parce que je ne la connais pas et que...
La logique se brise. En mille morceau. Je vous l'ai dit : nous ne sommes plus dans le monde dans lequel nous avons l'habitude de vivre. A présent, nous sommes dans une dimension où tout ce qui serait illogique devient logique. Ou plutôt où logique et illogisme n'existent plus alors tout est permis. Sans se poser de question.
Telle une Alice au Pays des Merveilles, j'accueille tout sans rien trouver bizarre.
S'observer mutuellement avec tant d'insistance... oui, pourquoi pas ?

Les paupières se rouvrent. Elle n'a pas bougé. Toujours là.
Combien de temps s'est écoulé ?
Il n'y a plus de temps.
Juste les coeurs qui battent dans la poitrine parce qu'on est vivantes.
Juste les respirations silencieuses.

La feuille d'automne
Emportée par le vent
En ronde monotone
Tombe en tourbillonnant


Tombe sur le banc.
Entre nous. Au milieu de nous. Comme une nouvelle paupière close. Comme une nouvelle barrière.
Pourtant, mes yeux la rattrapent, la fille. L'accrochent, ne la lâchent plus.
La regardent, sombres, éteints et pourtant brillants dans le fond.
Doucement, je déplie mon bras. C'est lent. Qu'importe. Le temps n'existe plus. Il n'y a que la mort qui est une véritable limite. Alors lenteur ou rapidité... cela n'a plus d'importance quand on se regarde d'un air muet, quand on se dévisage et qu'on essaie de se comprendre sans mot. Parce que ni elle ni moi ne souhaite parler.
Doucement, je déplie mes doigts. J'effleure la feuille sans jamais la lâcher des yeux, la fille. Sans jamais lui donner la possibilité de partir.
Mes doigts se saisissent de la feuille. A l'aveuglette. La retirer. De là. Elle n'a rien à faire.
Doucement, la soulever, cette particule morte de l'arbre. Et la laisser retomber un peu plus loin. Par terre.

Voilà.

Il n'y aura plus rien entre toi et moi.
Plus rien pour nous empêcher de parler tant qu'on veut. Comme on veut.
Eternelles interrogations. Je dois y répondre. Et en même temps, je ne peux pas.
Le regard se baisse, fixe ma main appuyée sur le banc. Il suit la ligne droite de la planche en bois, rencontre la jambe de l'autre. Grimpe sur son genou, remonte le long de sa cuisse, s'accroche au ventre, au bras, à la poitrine. Revient sur le visage.
Et je souris.
Parce que tu es comme moi. Toi aussi, tu as mal, n'est-ce pas ?
Parce que tu es comme moi. Je ne suis plus seule. Toi non plus.
Regarde-moi. Tu te verras. Comme je me vois lorsque je te fixe.

Le sourire est fugace. Rapide. Ephémère.
Mais je sais qu'elle l'a perçu. Qu'elle ne l'a pas raté.
Je sais qu'elle l'a vu. Ca me suffit.
Elle comprendra.
Toi et moi, c'est pareil.
Pas pour les mêmes raisons, sans doute.
Mais c'est pareil.

Mon regard se voile d'une vague mélancolique.
Toi aussi, tu as été détruite ? Toi aussi, tu as dans ta poitrine cette souffrance qui te blesse, te déchire ? Et en même temps te fait te sentir si vivante ?
Toi aussi...

Moi aussi, j'ai des questions à te poser.
Et ce voile mélancolique qui masque pendant un instant la profondeur de mes pupilles te montre à quel point cette lame invisible est enfoncée en moi.
Et je crois que toi aussi, t'es comme ça.
Loin de tout. Loin du monde. C'est pour ça que tu m'as rejoint.

Et dans ce monde que nous avons quitté, un chien court. Il est jeune, il est fougueux. Derrière lui, sa maîtresse, vieille dame à la voix aiguë, habillée très bourgeoise façon reine d'Angleterre, crie son nom. Minaude son nom. Pas d'autorité ; elle rigole tandis que son clebs va de gens en gens, menace de bouffer tout cru les gamins mais ça, tout le monde s'en fout, personne ne s'en rend compte. Et le chien court, aboie, joyeux parce que sa maîtresse rit aussi. Et le chien fonce sur nous, fonce vers nous. S'arrête. Parce que nous ne sommes pas là. Lui, il le sent. Nous sommes ailleurs.
Il n'aura pas notre attention.

Nous sommes juste deux. A voler dans le noir.
A se regarder.
Muettes.
Loin des gosses, loin des parents, loin du clebs.
Seules à se poser des questions. Et voir que, toi et moi, moi et toi, elle et elle, tout est pareil.
Nous sommes pareil.
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