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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: Les villages
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Parc de Godric's Hollow
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Kohane W. Underlinden
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 13 Aoû 2016, 14:54


Atmosphère chargée.
D'un je-ne-sais-quoi. D'une pression invisible, inconsistante peut-être même inexistante. Mais il y a quelque chose.
Cette fille...
Une chose qui nous rapproche et nous éloigne en même temps.
Une tristesse, une nostalgie commune. Un besoin de se voir du coin de l'oeil, s'effleurer du bout des doigts et se fuir à grandes enjambées. Parce que l'autre est le reflet de ce qu'on est. Ce qu'on est devenu. Qu'on n'aimerait pas être. Parce qu'avant... avant les joies et les rires, les moments de bonheur et les sourires. Tout ça... tout ça... envolé. Et l'autre est là pour nous le rappeler. Le visage fermé, crispé face au monde qui continue de tourner. L'air absent, loin de tout et en même temps si proche. Loin de nous et pourtant à deux doigts de nous atteindre.

Le regard qu'elle envoie, qu'elle renvoie... je me lis dans sa pupille. Elle est loin et pourtant, je m'y vois. Globe oculaire. Je vois ma détresse, mine déconfite.
Ne pas savoir ce qu'on fout là.
Ni pourquoi.
Ni comment.
Et ne pas se poser la question. Qu'importe.
On est là. Elle. Moi. C'est tout. Ca suffit parce que, savoir le pourquoi du comment ne mènera à rien.
Elle me regarde. Je la regarde. C'est la seule chose qui compte.
Tandis que derrière, en arrière-fond lointain, les rires d'enfants. Comme une caméra centrée sur nous. Gros plan. Alors que le parc et tout le reste... tout est dans le flou. Ce n'est pas ça l'important. Ce n'est au décor qu'on se rattache. Seulement à elle. Et moi.
C'est une histoire entre toi. Et moi.
Une aventure silencieuse.
Car tu ne veux pas parler. Moi non plus. On est bien mieux comme ça.
Lèvres pincées, lèvres serrées. Pas un son. Les cordes vocales sont en pause. Il n'y a rien d'autre que les yeux qui bougent, se cherchent, tentent de s'accrocher et se comprendre. Seulement ce mouvement. Gauche à droite. Haut en bas. Puis l'inverse. Droite à gauche. Bas en haut.
On se dévisage sans gêne. Pourquoi rougirions-nous de cela ? Nous ne sommes plus dans la logique des conventions sociales. On ne montre pas les gens du doigt ! Arrête de le/la regarder ainsi, c'est gênant ! Eh, pourquoi tu me fixes, toi ?! Nous sommes hors de tout ça. A planer entre tout ce qui régit notre monde. La politesse, le faux-semblant, dire ça va parce que de toutes les façons, la question n'est que rhétorique. Nous n'entrons dans aucune catégorie. Nous sommes juste sur notre plan à nous. Là où s'observer en silence est normal. Se comprendre sans un mot. Car il n'y a pas besoin de mot.
Chuuuut...

Doucement, il y a cet imperceptible mouvement. Que je suis la seule à voir. A détecter.
Doucement, il y a la tête qui se penche. A peine quelques millimètre. Lenteur incroyable. Tout tourne au ralenti. Même les rires des enfants s'entendent de plus en plus lentement.
Elle penche la tête. Elle s'interroge. Pourquoi ? Comment ? Qui ?
Puis-je seulement répondre à toutes ces questions qui émanent de ce seul être ?
Et toi ? Répondras-tu aux miennes ?

Je veux fuir à ce moment là. La fuir. Parce que ses questions m'obligent à me recentrer. M'interroger. Sur des choses que j'ai tellement interrogées et que je n'ai plus envie de remuer.
Attiser à nouveau les braises qu'on souhaiterait voir s'éteindre.
Non. Je ne veux pas. Ne peux pas.
Partir...
Partir...

Et pourtant. Rien.
Je ne bouge pas parce qu'elle agit sur moi comme un aimant. Nul ne peut contrarier les lois de la physique.
Je ne bouge pas.
Mais ferme les yeux.
Le contact visuel est rompu. Me voilà dans le noir. Lâche que je suis. Toujours s'enfermer dans le noir. Loin des autres, loin du monde. Loin des problèmes et ne pas chercher les solutions. Avoir l'illusion de courir après alors qu'en vérité, on ne veut pas les trouver. Alors les problèmes demeurent tandis qu'on se ment : y'a pas d'solution ! Or il y en a toujours. Je suis juste trop lâche pour m'y confronter.
La barrière des paupières closes. La protection des paupières closes.
Comme si, ne pouvant la voir, elle avait complètement disparue.
C'était un mirage. Juste un fruit de mon imagination.
En même temps, une voix crie que non, à nouveau, je me mens. A nouveau, je me fuis.
Répondre à ses question ? Muette, silencieuse... d'un seul regard, lui dire...? Tout ? Ou vérité partielle ? Parce que tout ce que je cache, je veux que ça demeure secret. Parce que je ne la connais pas et que...
La logique se brise. En mille morceau. Je vous l'ai dit : nous ne sommes plus dans le monde dans lequel nous avons l'habitude de vivre. A présent, nous sommes dans une dimension où tout ce qui serait illogique devient logique. Ou plutôt où logique et illogisme n'existent plus alors tout est permis. Sans se poser de question.
Telle une Alice au Pays des Merveilles, j'accueille tout sans rien trouver bizarre.
S'observer mutuellement avec tant d'insistance... oui, pourquoi pas ?

Les paupières se rouvrent. Elle n'a pas bougé. Toujours là.
Combien de temps s'est écoulé ?
Il n'y a plus de temps.
Juste les coeurs qui battent dans la poitrine parce qu'on est vivantes.
Juste les respirations silencieuses.

La feuille d'automne
Emportée par le vent
En ronde monotone
Tombe en tourbillonnant


Tombe sur le banc.
Entre nous. Au milieu de nous. Comme une nouvelle paupière close. Comme une nouvelle barrière.
Pourtant, mes yeux la rattrapent, la fille. L'accrochent, ne la lâchent plus.
La regardent, sombres, éteints et pourtant brillants dans le fond.
Doucement, je déplie mon bras. C'est lent. Qu'importe. Le temps n'existe plus. Il n'y a que la mort qui est une véritable limite. Alors lenteur ou rapidité... cela n'a plus d'importance quand on se regarde d'un air muet, quand on se dévisage et qu'on essaie de se comprendre sans mot. Parce que ni elle ni moi ne souhaite parler.
Doucement, je déplie mes doigts. J'effleure la feuille sans jamais la lâcher des yeux, la fille. Sans jamais lui donner la possibilité de partir.
Mes doigts se saisissent de la feuille. A l'aveuglette. La retirer. De là. Elle n'a rien à faire.
Doucement, la soulever, cette particule morte de l'arbre. Et la laisser retomber un peu plus loin. Par terre.

Voilà.

Il n'y aura plus rien entre toi et moi.
Plus rien pour nous empêcher de parler tant qu'on veut. Comme on veut.
Eternelles interrogations. Je dois y répondre. Et en même temps, je ne peux pas.
Le regard se baisse, fixe ma main appuyée sur le banc. Il suit la ligne droite de la planche en bois, rencontre la jambe de l'autre. Grimpe sur son genou, remonte le long de sa cuisse, s'accroche au ventre, au bras, à la poitrine. Revient sur le visage.
Et je souris.
Parce que tu es comme moi. Toi aussi, tu as mal, n'est-ce pas ?
Parce que tu es comme moi. Je ne suis plus seule. Toi non plus.
Regarde-moi. Tu te verras. Comme je me vois lorsque je te fixe.

Le sourire est fugace. Rapide. Ephémère.
Mais je sais qu'elle l'a perçu. Qu'elle ne l'a pas raté.
Je sais qu'elle l'a vu. Ca me suffit.
Elle comprendra.
Toi et moi, c'est pareil.
Pas pour les mêmes raisons, sans doute.
Mais c'est pareil.

Mon regard se voile d'une vague mélancolique.
Toi aussi, tu as été détruite ? Toi aussi, tu as dans ta poitrine cette souffrance qui te blesse, te déchire ? Et en même temps te fait te sentir si vivante ?
Toi aussi...

Moi aussi, j'ai des questions à te poser.
Et ce voile mélancolique qui masque pendant un instant la profondeur de mes pupilles te montre à quel point cette lame invisible est enfoncée en moi.
Et je crois que toi aussi, t'es comme ça.
Loin de tout. Loin du monde. C'est pour ça que tu m'as rejoint.

Et dans ce monde que nous avons quitté, un chien court. Il est jeune, il est fougueux. Derrière lui, sa maîtresse, vieille dame à la voix aiguë, habillée très bourgeoise façon reine d'Angleterre, crie son nom. Minaude son nom. Pas d'autorité ; elle rigole tandis que son clebs va de gens en gens, menace de bouffer tout cru les gamins mais ça, tout le monde s'en fout, personne ne s'en rend compte. Et le chien court, aboie, joyeux parce que sa maîtresse rit aussi. Et le chien fonce sur nous, fonce vers nous. S'arrête. Parce que nous ne sommes pas là. Lui, il le sent. Nous sommes ailleurs.
Il n'aura pas notre attention.

Nous sommes juste deux. A voler dans le noir.
A se regarder.
Muettes.
Loin des gosses, loin des parents, loin du clebs.
Seules à se poser des questions. Et voir que, toi et moi, moi et toi, elle et elle, tout est pareil.
Nous sommes pareil.
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Mary Drake
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Mary Drake, Mer 17 Aoû 2016, 20:06


Elle a accepté mon offre silencieuse et muette. Malgré sa mine déconfite. Malgré cette détresse qui émane d'elle. Son vécu m'est inconnu. Ses blessures ne sont pas miennes. Pourtant, je me sens impliquée. Je me retrouve en elle. La bataille qui fait rage dans mon cœur. Dans ma tête. Mon corps tout entier en souffre. Cette recherche de compréhension de soi fait mal. Je ne sais pas ce que je vais découvrir. Je ne sais pas à quoi elle peut m'amener. La folie ? Saurais-je de nouveau me contrôler ? Le mutisme éternel ? Saurais-je le tenir ? Que peut-il m'arriver ? Pour le moment, je remonte la pente, une pente dure et rude. La rechute peut pourtant être fatale. Moi qui venais déjà de loin, j'ai été renvoyée plus bas. Ma faiblesse n'est pas commune. Si je craque, une autre personne sortira de mes entrailles. Nul ne sait si elle pourra se taire.

Malgré mon regard perdu dans le vide, je la vois fermer les yeux. Je pense pendant un moment qu'elle ne fait que cligner, que l’atmosphère qui émane autour de nous rend le monde plus lent. Sauf que ce n'est pas le cas. Tout va toujours aussi vite. Comme ça l'a toujours été. Tu n'as pas le temps de dire ouf que la vieillesse t'emporte. La vie défilant devant tes yeux ne se termine jamais car la mort t'emporte bien avant. Je me demande parfois si ce n'est pas possible de ralentir un peu la cadence. A quelques exceptions près, comme pour les yeux clos. Dans un tel état, on se rappelle, on se remémore. Et on se souvient de pourquoi ça ne va pas. C'est bien ça, le pire. Le souvenir est autant un allié précieux qu'un ennemi dangereux. Il faut savoir le contrôler. Encore un problème. Le plus difficile n'est autre que ce dernier.

Puis.

Les iris toujours dans un pays lointain, je remarque que ses paupières s'ouvrent. Enfin. Ce moment sans regards, cet instant de silence d'âme a été pesant. Long. Aussi lourd que la chaleur du désert lorsqu'il n'y a que le sable à perte de vue. Oui, elle. Je la sens. Ces rayons qui chauffent mes bras. Ce sentiment d'être emprisonnée, étouffée. Je n'ai pas d'autre issue que de marcher, de courir. De chercher de l'eau. Des traces de vies. Le paysage enfantin du parc se transforme, se métamorphose. Je suis comme collée sur ce banc. Je ne peux plus bouger. La panique vient se coller sur mon visage. Pas moyens de fuir. De partir. Loin de cette sécheresse, dénuée de tendresse. Ma tête commence à tourner. J'ai envie de crier. La bouche ouverte, prête.

Délivrance.

Une feuille. LA feuille. Le barrage. Qui vole en éclats. Qui part vers d'autres lieux. La porte pour fuir est ouverte. Le tracé qu'a laissée cette particule morte est comme en évidence. Je remonte à sa source. Aucun banc. Toujours le désert. Et des yeux. Qui s'accrochent aux miens. Pourquoi ces organes sont-ils si importants aujourd'hui. " Parce-qu'ils sont ton essence. Ta façon de communiquer. Avec. L'autre. " En effet. C'est vrai. Ils s'accordent. Je m'y vois. Et elle le sait. Elle le sent. Elle s'interroge. Elle me comprend. J'ai envie de lui crier ce qui ne va pas. De lui dire tous mes problèmes. Je me tais. C'est un pacte muet. Il ne faut pas l'oublier.

Un sourire.

Furtif. Simple. Rapide. Qui en plus de me dire que je ne suis pas seule, me libère des dunes. Son visage me réapparaît. Godric's Hollow renaît de ses cendres pour moi. Phénix. Commençant par le visage de la jeune femme, terminant sur un chien. Jeune fougueux. Promener par une dame austère. Bourge étant le mot approprié. Criant après lui comme une mère après un fils inconscient. Il s'approche, court vers nous. Il ne voit rien. A peu de chose près, il venait pour faire ses besoins. Poursuit son chemin. Sa vie de chien. Monotone. Loin d'être la meilleure.

Retour enfin optimal à la réalité. Fatigante. Je ressens un besoin. De soutient. Qui peut bien m'en donner ? Hormis la fille d'à côté ? J'intensifie mon regard et continue de poser des questions. Incompréhensibles pour les autres. Sauf que le lien hors du commun qui nous unit fait qu'elle les comprend. C'est un peu comme. Comme si je lui chuchote à l'oreille dans un murmure. Je suis en train de me raccrocher à toi. A ton regard. J'en ai besoin. C'est comme ça. Malgré mon incompréhension. J'ai envie de t'approcher. L'écart entre nous est trop grand. Ça ne te dérange pas ? Je n'attends rien de toute façon. Pas de réponses. J'arrive.

Je m'avance. Un peu. Je romps une partie du fossé. Je dépose ma main encore un peu plus loin. A ton tour. A toi de t'approcher vers moi. Je suis un aimant après tout. Il ne me reste plus qu'à attendre. Comme l'oisillon là, un peu plus haut. Dans un nid bancal. Qui cherche sa maman. Une mère et son enfant. Nostalgie. Il veut manger il a faim. Il râle. Sacrée canaille. Mais regarde  un peu. La voilà. T'en as de la chance toi.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 27 Aoû 2016, 23:14


L'instant semble infini.
J'ignorais que l'éternité pouvait être si longue.
Et belle, en même temps. Car rien n'est plus beau que cette compréhension muette. Ces âmes qui peuvent se passer de mot pour s'accorder. Communiquer. Battre au même rythme, marcher sur le même plan, naviguer sur la même mer. Lieu où nous ne sommes que deux. Les autres sont loin. Si loin.
Ils ne nous atteindront pas.
Ils en sont incapables.
Nous sommes inaccessibles.
Réfugiées dans cet endroit dont nous sommes les seules à posséder la clé.
Lieu secret qui ne connaît, ne reconnaît que nous.
Et c'est magnifique. Magique. Fantastique.
Que de -ique et non pas de hic. Car il n'y a aucun problème dans tout cela. Seulement la nature. Qui a su assembler, rassembler, deux êtres, joindre deux âmes identiques. Deux substances qui, à présent, savent comment entrer en contact sans desserrer les lèvres. Le code secret le plus infaillible. Personne ne parviendrait à en percer le mystère.

Mon souffle devient plus saccadé au fur et à mesure que je regarde l'inconnue du banc.
Il se passe quelque chose. Entre elle. Et moi.
Depuis le début.
Et c'est sur le point de prendre un nouveau tournant.
Je le sens.
Le sais.
J'attends simplement.

Sa pupille porte mille questions. Mille demandes.
Par où commencer ?
Je ne la lâche pas.
Car j'ai l'impression qu'au moment précis où je la lâcherai, où mes yeux se baisseront pour la quitter, ne serait-ce qu'une demie seconde, elle partira. Elle basculera. Non pas parce qu'elle le veut. Mais parce qu'elle ne peut faire autrement.
Je sais, je sens qu'elle s'accroche à moi comme une naufragée s'accroche à une branche.
Comme Rose, dans ce film mièvre du siècle dernier, Titanic, s'agrippe à sa porte pour barboter dans l'eau glaciale du nord.
Elle se tient à moi. De ce fil, de cette main invisible.
Elle a tendu les doigts. Ils se sont refermés sur mon regard. Et elle s'y tient. Alors je ne la lâcherai pas.
Car je n'ai pas pu me sauver. Je n'ai pas pu sauver Rachel, Leo et que sais-je encore. Ils ont tous plongés, plus ou moins profondément. Je ne peux rien faire pour eux hormis tenter de les garder encore un peu hors de l'eau. Alors cette fille, là, je me dis que je peux peut-être quelque chose pour elle.
Si tel est le cas,
je le ferai,
à coup sûr.

Et soudainement, ce fil invisible semble se renforcer.
Il ne se brise pas. Bien au contraire.
Il n'en devient que plus brillant dans ce parc.
Brillant mais seule moi le voit.
Les gosses, les parents, les vieux qui nourrissent les pigeons... personne ne le perçoit.
Juste moi.

Car elle s'est
approchée.

Un peu de vide comblé.
Ca fait peur.
Parce que le vide, c'est une bulle. De protection. Et là, la bulle a éclaté.
Il y a sa main, là. Si proche. Mais pas encore sur moi. Elle va doucement. A pas de loup. Tranquillement.
Elle continue de se raccrocher à moi. Ce besoin de quelqu'un.
Moi aussi.
J'ai besoin.
De quelqu'un.
Sur qui.
M'appuyer.

Alors toi...?

Regard. Regard.
Je lis dans ses pupilles. Elle semble me dire approche.

Je veux partir. Vite. Parce que maintenant, elle fait peur. Trop de proximité pour moi qui veux garder mes distances.
Garder la distance en s'abstenant de mots.
Et finalement, les gestes sont encore plus forts que les mots.
Les pupilles parlent et leur attraction est irrésistible.

Tu le sais, hein ?
Tu le sais que je viendrai.
Je ne peux m'y empêcher alors que j'aimerais quitter ce banc, partir.

Partir, oui, mais pour aller où ?
Retourner là-bas, dans le monde, leur monde, à tous. Les conventions, les beaux sourires, les autres.
L'enfer, c'est les autres.
Alors autant rester là.
Juste elle et moi.
Rester ici.
Et le mot autre n'existe pas. Car je suis elle, elle est moi.
Elle et moi, nous ne sommes qu'une. A parler par le même regard, exprimer les mêmes envies, projeter le même désarroi au vide.
S'éloigner des autres pour rester avec soi-même.
Voilà un projet !

Viens. Approche.
Je la fixe. Sans bouger. Elle attend. Il n'y aura pas de mouvement. Pas si je n'en esquisse pas un.
Alors...
Il suffit d'un geste. Petit. Minuscule.
Briser à mon tour le vide. Le reste de vide. Pour lui dire je suis là.

Ca vient.
Je ne réfléchis plus.
Et quelques millimètres sont comblés par mon corps.
C'est peu. Et beaucoup à la fois. J'ai l'impression d'être collée à la fille. Collée à sa présence. Totalement shootée à son regard pénétrant. Je ne peux plus m'en détacher.
Elle se raccroche à moi. Je me raccroche à elle.

Et je sais que bientôt, le fil qui nous relie sera encore plus solide. Encore plus brillant.
Oui.
Ca y est.
La main s'est lancée. Toute seule.
Contre la sienne.
Sur la sienne.

Au début, c'est juste effleurer la peau.
La sentir. Furtivement. Comme la caresse d'une plume.
C'est bref, c'est rapide. Eclair.
Et puis l'envie, l'attirance. Aimant à aimant. Plus par moins. Le côté pile et le côté face.
J'ai besoin de quelqu'un.

Mais pas des autres. Parce que, tu te souviens ? L'enfer, c'est les autres.
J'ai besoin de quelqu'un.
Qui soit moi.
Tu es moi.
Je suis toi.
J'ai besoin de toi. De moi.
C'est tout.

Alors cette fois, je pose ma main sur la tienne.
Il ne s'agit plus de l'effleurer. Mais de la sentir, dans ma paume.
Peau contre peau.
Je te sens, je me sens.
Mes yeux ne te quittent pas. Je ne veux pas te lâcher. Parce que le contact est désormais à double fil.
Pupille. Main.

Et mes doigts se crispent. Pour encore moins te laisser partir.
Je te retiens.
Te retiendrai.
Quoi que tu fasses.
Bien que je sache que tu ne feras rien. Tu as besoin de moi comme j'ai besoin de toi. On a besoin l'une de l'autre. Même si je ne sais comment tu t'appelles, tu ne sais comment je me prénommes.
Mais ça, ce ne sont que des détails administratifs.
Ici, dans notre monde éloigné, ce genre de chose importe peu.
On sait qui on est, l'une l'autre.
Nos âmes le savent et pas grave si on ne peut y coller une étiquette. Un nom. Un mot. Un adjectif.
Qu'importe. Il y a cette reconnaissance mutuelle. C'est ça qu'il faut.
C'est ça qui est bien.

J'esquisse un hochement de tête. Très léger. Très infime.
Tout est infime. De sorte qu'on soit les seules à se voir, se comprendre, s'entendre.
Hochement. De tête. Je lui dis oui. Oui, je suis là. Je serai là. T'en fais pas. Je te tiens la main, désormais.

Je ne veux plus la lâcher.
Parce qu'elle est devenue ma bouée.
Elle le sait.
On est bien, comme ça.

Ne pas se connaître.
Pas d'à priori. Pas de jugement.
Juste se dévisager. Point final.
Et se tenir. L'une à l'autre. Pour ne tomber.

Je me rapproche encore un peu sans jamais la lâcher. Ni des yeux, ni du contact physique.
Et là, la question sort du coeur.
Elle remonte, parcourt les artères, le veines. Tourbillonne tandis que le regard s'illumine de cette nouvelle interrogation.
Qu'elle seule peut saisir.

Le vent se lève.
Il est froid.
Il est sec.
Violent.
Il s'engouffre dans les cheveux. Dans les vêtements. Entre les pores de la peau. La jointure des os.
Il tourne, nous bouscule.
Les gosses rient de cet air qui pourrait presque les faire voler.
Les parents rattrapent les emballages goûter, les journaux, les papiers qui s'en vont avec.
Petites exclamations. Ouh là, quel vent !
Inutile. Pourquoi le dire ? Tout le monde le sent.

Et nous, dans notre monde. Pas bouger.
Le souffle se heurte contre nous, s'introduit en nous.
Mais je ne la lâche pas.
Et ma question... Et ma question se fait emporter.
Pour venir s'écraser en plein devant elle. La fille.
Qu'elle la voie, qu'elle la lise, qu'elle la comprenne. Pleinement.

Et toi, c'est quoi ton problème ?
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Mary Drake, Lun 26 Sep 2016, 09:24


HRPG: Désolé pour le retard et pour ce rp pas terrible

La mère nourrit l'oisillon. Que j'observe du coin de l’œil. Parce que mon regard reste en contact avec E. Inconnue si lointaine et pourtant si proche. Le petit bébé semble content. Je pourrais l'envier, mais c'est sa mère qui est l'objet de ma jalousie. Elle est venue près de lui. De son propre chef. S'est approchée, le nourrit. Chaque jour elle l'approche. Le moineau n'a pas à la chercher nuit et jour pour avoir un ou deux vers de terre. Elle vient puis repars. Mais ce qui compte, c'est qu'elle est là.

Alors que moi, depuis toujours, je joue le rôle de l'enfant qui attend patiemment sa mère. Je ne m'approche pas des autres. Je ne les aborde pas. J'attends qu'ils viennent. Et parfois ça prend du temps. Je reste donc seule dans une bulle qui jamais ne se perce. Quand quelqu'un se décide à venir voir le petit aiglon timide, le rond de savon éclate. Énervée d'être ennuyée, je gâche tout. Je grogne. Je regrette. Cercle sans fin. Youhou. Apprendre à faire le premier pas.

Cette main est une avancée. Un petit pas que les autres ne voient pas. Nous sommes toujours invisibles. Seuls nos vêtements, peut-être de couleurs vives sont aperçus par l'extérieur.. Il faut des outils de scientifiques pour apercevoir la tristesse d'un regard. Un amplificateur de sons pour comprendre les battements saccadés de nos cœurs. Des choses d'autant plus avancées pour entendre nos pensées. Approche. Aide moi. Nous sommes liées. Par un fil. Tu le sais.

Et là.

La peur d'approcher. J'ai fait un effort, à toi. Combats tes peurs. Tu peux le faire. Il y a le connu. Il y a l'inconnu. Un contact est une nouvelle chose. Allez. Voilà. Regards dans regards. Êtres qui se comprennent. Mains posées. Un frisson me transperce lorsque le contact établi. A moi de la craindre. Je suis acceptée. Tu es acceptée. Nous sommes ensemble. Souffle. Une corde épaisse. Très vite, le simple frôlement passe en ma main dans la sienne. Elle semble en détresse. Elle l'est. Sa poigne se serre. Je la lui rends. Je ne te laisserais pas tomber au fond du gouffre. Promis.

Tu hoches la tête.
J'hoche la tête.
Tu me soutiens.
Je te soutiens.
Tu t'approches un peu plus.
Je comble le vide qui reste.
Laissons une place pour nos mains.
Tu es là pour moi.
Enfin quelqu'un.


Aussi simple que ça puisse paraître, le vent se lève. S'étire. Il vole. Forme des tourbillons de feuilles. Les enfants tournent dans cette tornade tournante. Je me souviens. J'aimais tourner dans le vent.
Lorsqu'il s'engouffre dans mes cheveux. Qu'ils s'envolent dans l'air. Dans l'air du vent. Qu'il frôle ma nuque. Qu'il s'engouffre dans mes vêtements. Qu'il caresse ma peau. Que j'aime ça. En fait, je ne savais plus ce que c'était. De tourner dans le vent. J'envie un instant les gosses.

J'entends pendant un instant un murmure. Silencieux et interrogateur. Elle veut savoir. Je le lui doit bien... J'exerce une pression sur ses doigts, alors que mes yeux s'embuent. Je n'ai pas une histoire extraordinaire. Il y a bien pire. Et pourtant, ça me rend. Folle.

Alors voilà.

Un soir d'été, elle est venue me torturer. L'alcool l'embaumait toute entière. Saoule, elle s'est mise à jouer. Avec mon esprit. Prise par la fatigue, ses mots sonnaient comme une réalité. J'ai gratté ma peau jusqu'au sang. J'ai tenté le courage. J'ai réalisé que même ma propre tête en avait marre de moi. Depuis, j'ai envie... De quoi ai-je envie ? De quoi. De mort ? De fugue ? De folie ?

Je serre. Encore. J'ai peur de lui faire du mal. Je tremble. Je ne lâche pas ses yeux. Je suis au bord du gouffre. Je vais bientôt craquer. Tu le sais. Finissons l'histoire. Libère-moi ; le matin, je me suis réveillée. Elle n'était plus là. Rêve ? Réalité ? La deuxième proposition. Serpent de sorcière. Je ne savais même plus faire la différence entre l'imagination et... Le reste. Plus de frontières.

Dans son iris, je remarque le ciel qui s'assombrit. Les nuages passent dans un temps record du gris au noir. Il fait sombre. Je ne la quitte pas du regard. Je commence pourtant à avoir peur. Au loin, le tonnerre gronde. Des éclats de lumière m'aveuglent. Je ne t'abandonnerais pas... La pluie s'écrase sur mes cheveux. Le volume qu'ils avaient obtenu par le vent se perd. L'eau les aplatis. Des gouttes tombent dans mon dos.
Des gouttes s'écrasent sur mes joues.
Et je ne sais pas si c'est la météo orageuse ou la tristesse ténébreuse qui est la cause de cette humidité sur mon visage.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 29 Oct 2016, 12:17





Sorry I'm so laaaate !


Il y avait le vide.
Maintenant, il y a elle.
Elle est venue. Poser son corps. Son âme. Son esprit. Là où il n'y avait plus rien.
Elle est venue.
Combler le gouffre.
Par sa seule présence.
Une présence douloureuse. Un corps qui fait mal. Une âme déchirée.
Et pourtant, elle est là.



Comme je suis là. Moi aussi.



Sa main sur la mienne.
Sa main dans la mienne.
Sa vie imbriquée à la mienne.
Le temps d'un regard.
Sur un banc.
Loin de tout.
Des filles qui volent, haut, là-haut. Seules.
Dans leur souffrance.



Son iris me paraît briller. D'un éclat terne. Mais beau. Rassurant.
Je comprends.
Elle comprend.



Tu es là pour moi.
Je suis là pour toi.
Nos mains mêlées, signe de cette union.
Tu m'empêches de tomber.
Je te rattrape quand tu défailles.
Nos regards croisés, pour se soutenir l'une l'autre.
Et le silence, magnifique silence, comme unique lien.



Ma question s'est envolée avec le vent.
Elle a vogué. Jusqu'à elle. Jusqu'à s'agripper à sa peau. Ses cheveux. Entrer dans son esprit.
La question est là.
Partout.
Tout autour.
De nous.  
Elle n'attend qu'une seule chose.
La réponse.



Mon regard se baisse un peu.
Les paupières s'affaissent.
Sur les deux mains enlacées.
Avant de remonter le long du bras.
Et capter de nouveau.
Le regard de l'autre.
Son visage.
Meurtri.
Les mots silencieux qui traversent la bouche cousue.
Le coeur qui s'ouvre peu à peu. Sur tout. La destruction. L'assassinat d'une ancienne époque plus lumineuse. Joyeuse.



Je sens ses images. Ses sensations.
Sa souffrance.
Insupportable.
Je les sens parce que j'ai la même.
Mon reflet dans un miroir invisible.
Elle est mon reflet.
Son coeur qui palpite est le mien.
Comme mon organe vital est le sien.
Et notre douleur ne fait plus qu'une. Partagée.



Les larmes amères pourraient se mêler.
Ne faire plus qu'un seul ruisseau salé.
Une seule rivière de lames tranchantes. De larmes tranchantes.
Nos âmes pourraient s'allier en ce Noir commun.
Et nos esprit ne devenir qu'un.
Qui supporte tout un lourd fardeau.



Son regard.
Qui parle d'incompréhension. Perdition. Hésitations.
Ne sait plus ce qui a été ou n'a pas été.
Ne sait plus ce qu'elle veut faire. Ne pas faire.
Où aller. Vers quoi. Pour quoi. Pour qui.
Et sa main.
Sa main sur la mienne.
Sa main, à serrer la mienne jusqu'à en devenir blanche.



Tremblements.
Du corps.
Qui craque et craquèlent sous tant de poids.
Tremblements.
Que j'aimerais pouvoir arrêter. Apaiser.
Je ne peux pas.
Car je sens que moi aussi. Ca frémit. A l'intérieur.
Le coeur tressaute. Maladroitement.
Et le corps ressent un frisson face au masque de souffrance qu'est ce reflet de moi-même.
Se voir ainsi, se voir en face...
Ca fait encore plus mal. Et pourtant, on a besoin de se regarder.
Pour comprendre.



Ton histoire m'aidera peut-être à cela.
Comprendre pourquoi moi aussi j'ai si mal.
Pourquoi le monde tourne dans tous les sens et non plus rond.
Pourquoi tout déraille.
Est-ce la folie, la banalité désormais ?
Sont-ce les gens innocents et sains d'esprit qu'on enferme dans les asiles ?
Sont-ce les fous qui bénéficient de tous les droits d'arpenter ce monde et de frapper, frapper, tuer ?



Les lèvres se serrent un peu plus.
On souhaite garder un silence encore plus profond. Tandis que la main ne me lâche plus. Et que son corps, son âme, tout tremble.
Je plonge mon regard dans le sien.
Me noie dans ses yeux.
Lèvres toujours serrées.



Ne craque pas.
Ne craque pas.
Je suis là.
Ne tombe pas.
T'en fais pas.
Tu me sens ?
Je suis là.



Je m'approche un peu plus.
Jusqu'à être presque collée à elle.
Qu'elle sente que je suis là.
Pour elle. Avec elle.
Parce qu'elle me rend la pareille. Par sa simple main posée sous la mienne. Cramponnée à moi.



Ne lâche pas.
Ne lâche pas.
On est ensemble.
On restera ensemble
.



Et soudain, tout devient encore plus noir.
Je le vois sur son visage.
Son teint s'est assombri.
Les nuages menaçants au-dessus de nos têtes.
Qui grondent, grondent leur fureur. Leur incessante fureur.
Au loin, les cris, les rires des enfants qui sentent l'orage arriver à grands pas.
Les parents qui veulent rentrer avant de se prendre l'averse.
Tout bouge autour de nous. Tout s'active. Sans cesse.
Et nous, nous ne bougeons pas. Sur le banc. Immobiles.
Pupille dans pupille.
Main sur main.
On est là. Alors que le monde tourne. Et qu'on reste statiques.



Les voix, les cris deviennent encore plus lointains tandis que les premières gouttes chutent.
Le ciel se déverse. Sur nous.
Je sens l'eau.
Qui s'abat. Sur le crâne. Les cheveux. Les épaules. Trempe les vêtements et dégouline sur le visage.
Ou peut-être est-ce de l'eau salée, qui coulent le long des joues ?
Je ne sais pas. Je ne sais plus.
Ca coule. C'est tout.
Chez elle. Chez moi. Tandis qu'on se regarde.
Le coeur se déverse aussi. Toute la tristesse et l'amertume. La rancoeur et la colère.



Ma main sur la sienne se crispe elle aussi.
Je veux lui dire de tenir bon.
Et la pluie redouble.
Les gouttes sont grosses. Et s'écrasent en de gros bruits. Remplissent le flaques. Nourrissent l'herbe et les fleurs. Mouillent les balançoires.
Plus personne dehors.
Hormis nous. Deux.
Seules dans notre monde.
Seules dans ce monde.
Seules ; plus personne autour.



J'ai mal. Moi aussi.
Si mal.
L'eau...
L'eau...
Lentement, je détache mon regard du sien. Et lève la tête.
Vers les nuages noirs. Noirs de pluie.
Je les regarde. Observe les gouttes s'écraser sur moi. Et mes larmes se mêler à elles.
Maintenant, j'en suis sûres. Elles coulent. Rivière salée. Amère.
Ca fait longtemps. Si longtemps que mes yeux son restés secs. A hurler, crier, se démener. Mais jamais pleurer.
Et là... ça coule tout seul.
En harmonie avec elle. Sa présence. Qui me dit qu'elle restera.
Elle est là pour moi.
Je suis là pour elle.



Mon visage se baisse de nouveau. Pour aller reprendre contact avec elle.
Plonger mes pupilles dans les siennes.
Nager dans son regard.
Et lui parler, à mon tour.
En silence.
A travers les lèvres fermées. Cousues par trop d'horreur. Par trop de malheur.
Cousues par la rage et la tristesse. Les larmes cinglantes, les larmes sanglantes.



Tu sais, j'aime pas l'eau.



Non, j'aime pas l'eau.
Avant, j'aimais.
Maintenant, je n'aime plus.
Je préfère le feu.
Le feu qui brûle, donne du courage et de la force.
La flamme qui permet de tout affronter.
L'eau, ça éteint cette flamme.
Mais surtout, surtout, l'eau, c'est les mauvais souvenir.



Tu veux que je te raconte moi aussi ?



Elle a parlé pour moi.
M'a offert ses images et ses souffrances.
A mon tour, de parler pour elle. Seulement pour elle.
Peut-être sera-t-elle la seule a savoir. Vraiment savoir.
Certains en connaissent des bouts. Jamais tout.
Mais elle...
Par ce silence qui nous unit...
Elle peut savoir.



Un soir. Il neigeait. Et tu sais, la neige. C'est de l'eau, en fait. Quand ça fond, c'est de l'eau.



Ce soir, il neigeait.
J'aimais la neige. Avant.
C'est tellement beau !
Je croyais que ce soir, j'allais encore plus l'aimer. Parce que j'allais le voir.
Lui.
Lui que j'aimais tellement. Lui pour qui mon coeur battait.
Lui. Simplement Lui.
Et me pas crissaient joyeusement sous la neige. Et j'étais heureuse.



Mais tu vois, rien ne s'est passé comme prévu.



Le blanc de la neige est devenu rouge de sang.
J'ai vu le corps de la femme tomber.
S'écrouler.
La gorge entaillée.
Elle s'est vidée de son sang devant moi. Sous mes yeux.
Et Lui... Lui était là. Sans bouger. Baguette à la main. Après avoir incisé sa jugulaire. Après l'avoir laissée mourir.
Cette femme. Inconnue.



Les larmes se sont font plus amères alors que mes yeux racontent.
La pluie, je ne la sens même plus.
Je sens juste sa présence rassurante.
Et sa main. Cramponnée.



Et ça, ce n'est qu'une partie de mon Histoire.
Ce n'est que l'aboutissement de plusieurs autres choses.
Je ne sais pas si je suis folle.
Ou tout simplement malheureuse à en crever.
Je veux fuir.
Le monde. Ce monde.
Cet univers vicié.
Qui m'a tout volé.
C'est pas juste. A peine dix-sept ans.
Et j'ai l'impression d'avoir tout vécu. Tout.
Ca fait trop mal.



Doucement, je retire ma main de la sienne.
Sans jamais la quitter des yeux.
Je tends mes bras.
Le vêtement trempé par la pluie.
Je tends mes bras.
Et je l'enlace.
La serre contre moi.
Présence rassurante.



Je suis là.
Tu es là.



La pluie tombe toujours.
La pluie continue.
Les larmes aussi.
Rien ne bouge.
Et sur un banc, deux âmes imbriquées l'une dans l'autre.
L'orage tonne au loin.
Des éclairs déchirent parfois le voile lointain.
Je les vois à peine.
Je plane. Dans ce plan différent.
Avec elle.
Sur un banc.
Perdu dans le Noir.
Voguant sur l'amère mer des larmes.

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Mary Drake
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Mary Drake, Jeu 03 Nov 2016, 22:50


Musique

Ce sont les deux causes. Mes larmes salées se mélangent à la pluie. Je suis trempée. Mouillées de l’extérieur en premier. Parce que la nature l'a décidé. Je ne peux que respecter son choix. C'est une déesse celle-là. Il n'y a pas moyen de l'arrêter. Quoi qu'il arrive, elle décidera son destin. Ça a toujours été ainsi. Depuis la nuit des temps. Je ne pourrais jamais la stopper. Alors j'accepte cette eau qui me transperce.
Trempée de l'intérieur en deuxième. Mon cœur, mes tripes... Nous pleurons ensemble. Mes yeux, mes mains, ma poitrine. Nous pleurons. Ensemble. Et toi, toi qui m'aides, qui me serres la main. Pleures avec nous. Dans un dernier soupire. Nous sommes liées à présent.

Alors que je lui livre mon histoire, elle semble déstabilisée. Je sens, je sens qu'elle a besoin de se vider ; Dans mes problèmes. Elle se voit. Se voit en moi. Si je suis son reflet, si je suis ton reflet, tu es le mien. Dans un miroir brisé, où les deux silhouettes peuvent s'enlacer. Il suffit de regarder nos mains. Signe d'une union indescriptible. Une union que seules deux personnes peuvent comprendre. Nous en sommes les maîtres. Il n'y a pas de barrières. Que dire, que penser de plus. J'ai mes émotions qui explosent, et sous ces premières gouttes, la fille meurtrie se rapproche. Seuls quelques millimètres nous séparent. Petits, essentiels.

Pour le moment.

Yeux sur nos mains, regards dans regards. Frémissements, colère ? Tout ce qui se passe, c'est si... Si fort. Je sais que nous devons tenir bon. Je sais que nous ne devons pas craquer. Mais c'est difficile. N'est-ce pas ? Pourquoi la lutte demande-t-elle tant d'énergie alors qu'abandonner est si facile ? Connais-tu la réponse à cette affreuse question ? J'ai beau réfléchir, je ne la connais pas. et j'ai cherché, encore et encore, de nombreuses réponses. La plus importante n'est jamais venue à moi. Plus que cruelle, cette réalité m'afflige, t'afflige. Tu m'as permis de ne rien lâcher.

Pour le moment.
Mais comment faire quand tu ne seras plus là ?

Le ciel se fait de plus en plus noir. De plus en plus sombre. Il nous soutient. Il se bat à nos côtés. Et ses cris se font de plus en plus rageurs. Le tonnerre rugit. Tout comme nous, il a été meurtri. Cohésion avec la nature. Il n'y a plus que toi et moi, nous sommes trois. Puis, je sens que ta main se crispe elle aussi. Tu me racontes ? Vas-y, je t'écoute. J'écouterais toujours tes maux. Nous écouterons. Les frémissements de feuilles, ces petites tornades, cet ouragan qui se déchaîne sous nos yeux, sur notre tête, dans notre être. Tout ça, tout ça t'écoute. Nous tendons l'oreille. Tu n'es pas seule.

Hésiter, tu peux. Je ne te jugerais pas. Même si tu romps le contact visuel quelques instants. Je ne peux pas t'en vouloir. Ça m'est impossible. Tu regardes le ciel et ses gouttes tombantes ? Je fais de même. Tu replonges tes yeux dans les miens ? Je fais pareil. Je remarque que tu n'aimes pas toute cette eau. Alors que c'est mon élément, je commence à le haïr. Si tu ne l'aimes pas, je ne peux que le détester. Si elle t'a fait du mal, c'est qu'elle n'est pas cette base de vie que j'adulais tant. On se fait tous trahir un jour...

Ton histoire passe dans tes larmes, circule dans ton sang, me parvient par des chocs violents. Les images déferlent en moi, floues et limpides. Contradictoires. Je ne peux voir par des images concrètes, certes. Pourtant, j'ai pu tout observer. La douleur qui est tienne devient mienne. J'ai peur. Peur de la mort. Peur de l'abandon. Peur de la solitude. Peur de la folie. Je te comprends. Comprends tellement.

Elle enlève délicatement sa main de la mienne. Aussi doux qu'a été son geste, il me fait l'effet d'une gifle. Me trahis-tu ? Je ne pourrais pas le supporter. Si tu me plantes un couteau dans le dos, je me viderai de mon sang sur ce banc même. Heureusement, loin de toi cette idée. Un dernier contact visuel, puis tu me prends dans tes bras. Moi, blottie contre une parfaite inconnue pas si inconnue que ça. Alors que l'étreinte dure, je m'accroche à ses vêtements comme à une bouée. Pour ne pas me noyer face à cette pluie, cette tornade, ces nuages noirs, ces ouragans.

Nous restons comme ça, un moment, si court et pourtant si long. Si long, et pourtant si court. Je me calme, peu à peu, et dans ses bras, je m’apaise. Bercée par les clapotis de la pluie, par la respiration de mon reflet brisé. Mes paupières se ferment, pour se rouvrir, complètement sèches de larmes. Je me défais un peu de son étreinte pour regarder l'horizon, ce parc si joyeux jadis, complètement déserter d'enfants maintenant. La folie prend peu à peu le dessus sur toutes mes émotions. Malgré tout. Je fais ce que je peux pour la faire taire. Pour ne pas gâcher ce moment. Je pose ma tête sur son épaule. Reprends sa main, effleure pour une dernière fois son regard et, dans un chuchotement qu'elle ne peut qu'entendre, je prononce le seul mot que mon reflet brisé d'entendra jamais de ma part
-Merci

-FIN DU RP-
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Damien J. Eales
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Damien J. Eales, Jeu 22 Déc 2016, 13:35


--------Tout est une question de point de vue - [PV avec Elenna Benson.]



Deux hommes, des jets lumineux virevoltant tel un spectacle mortuaire, l'utilisation d'une dague, un seul survivant... voilà le résultat de cette soirée passée dans l'obscurité de cette nuit qui semblait paradoxalement être des plus calmes aux yeux de quiconque. La main vengeresse que j'incarnais maintenant depuis un certain temps avait une fois de plus frappée, éliminant un nom de plus à la liste des nuisibles de ce monde. Mais les noms étaient encore nombreux, trop nombreux. D'autant plus que pour l'heure, je ne m'étais pas attaquer à mes cibles principales : Les Mangemorts. Je ne m'étais contenter que d'éliminer de faibles larves, des personnes qui n'étaient pas un véritable défi pour moi. Mais ce que je faisait n'était pas inutile pour autant, bien au contraire, étant donné que je punissais ceux qui avaient eu l'audace de causer du mal par le passé, à une époque où je n'étais encore qu'un enfant, ceux qui étaient comme cet homme...

Celui qui, en bel enfoiré qu'il était, avait prit la vie de mon père, de ma mère, de mon frère... celui qui fut ma première victime et qui eu l'audace de me supplier de l'épargner... penser à ce chien me donnait envie de vomir... Mes meurtres étaient donc totalement justifié et ne me pesaient pas sur la conscience et quand bien même cela venait à être le cas, j'accepterais le prix. Car qui à part moi se chargerait d'accomplir cette tâche qui était nécessaire pour libérer notre monde de l'influence de ces ordures ? Personne. Raison pour laquelle j'étais partis dans ma croisade accompagné de plusieurs disciples, disciples qui j'attendais d'ailleurs patiemment dans ce parc de Godric's Hollow pour que je puisse rentrer.


J'étais donc installé là, sur un banc, du sang sur ma chemise et de l'alcool dans le mien, attendant l'arrivé de l'une de mes disciples, ma fidèle Hélina à qui j'avais envoyé un Patronus assez approximatif - au point où je n'étais même pas certain de bien avoir prononcé le prénom de la destinatrice à mon sortilège - dû à mon état d'ivresse pour lui indiquer où je me trouvais et j'espérais qu'elle n'allait pas tarder à arriver. D'un autre côté, cela me faisait penser que je devrais, un jour, peut-être, envisager le fait de passer mon permis de Transplanage afin d'être totalement indépendant, étant donné que le fait de devoir dépendre de quelqu'un d'autre - et surtout d'une disciple - était un peu ridicule pour un homme de ma stature. Mais bon, pour le coup, j'avais l'excuse du fait d'avoir la tête en vrac à cause de l'alcool, même s'il persistait en moi assez de logique et de cohérence pour toujours être le maitre à bord.

Même si pour certain, cela faisait bien longtemps que je n'étais plus maitre de quoi que ce soit, que j'avais sombré dans une profonde folie alors même que je n'avais jamais vu aussi clair de toute ma vie. Tous devaient se faire au fait que le Damien Eales adorablement gentil, naïf et même stupide avait disparu pour de bon pour laisser place à un homme affirmé et luttant pour une vrai cause, utilisant le seul moyen efficace pour se débarrasser du mal ce qui, pour certains, donneraient l'impression que je suis exactement comme eux alors qu'ils se trompaient parfaitement. Moi, je ne faisait pas cela pour des raisons de pouvoirs ou peut-importe la connerie derrière laquelle se cachaient ces enfoirés salissant l'art de la Magie Noire. Non. Moi, s’agissait de la sorte pour me débarrasser de la vermine, pour offrir un monde meilleur aux personnes qui me sont chères, pour offrir un avenir digne de ce nom aux jeunes qui ne devront pas vivre dans le peur et également pour empêcher d'autres enfants d'être orphelin comme ce fut mon cas.

Et à coté de ça, le reste n'était qu'un détail pour moi. On pourrait me juger comme étant exactement comme eux, me jeter à Azkaban jusqu'à la fin de mes jours ou même m'abattre que ça me serait complètement égal du moment que ma tâche était accomplie. Car mes disciples étaient là pour ça, pour être suffisamment bien former pour m'épauler et surtout pour prendre ma place si jamais il m'arrivait quelque chose, même si je ferais en sorte de survivre pour voir naitre mon monde idéal. Enfin... pour l'heure, mon monde idéal se trouvait dans un lit bien douillet et bien au chaud sous des draps. Ainsi espérais-je que l'on vienne rapidement me chercher, même si en théorie, je ne devrais pas avoir à attendre bien longtemps à compter de maintenant...



DAMIEN J. EALES.--------


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Elenna Benson
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Elenna Benson, Mar 10 Jan 2017, 06:35


Rp privé avec Damien J. Eales.


En peu de temps parfois on fait bien du chemin...


L
es temps avaient bien changé, mais depuis peu finalement. Aujourd’hui, la jeune femme aux cheveux de neige avait laissé à place à quelqu’un d’autre, à une femme plus forte, plus dure. Il m’arrivait de ne pas me reconnaître lorsque je me croisais dans un miroir. J’avais gardé ma mine joyeuse, mon visage de poupée et mon sourire franc mais mes cheveux sombres rendaient mes traits plus cassants. Pourtant, lorsque je me perdais dans mes pensées, mes sourcils se fronçaient et mon front se plissait, me donnant un air sérieusement trop sérieux. Je n’étais plus la gamine rêveuse que j’avais pu être. Moi qui avais toujours voulu faire le bien, évoluais dans un monde où la paix régnait, je m’étais rendue compte quelques semaines auparavant que ma tâche était bien vaine. Je ne pouvais pas y arriver, pas seule en tout cas. Alors j’essayais de limiter les dégâts, d’aider ceux qui en avaient besoin, de protéger ceux qui ne pouvaient le faire seuls, d’apprendre à ceux qui souhaitaient rejoindre notre cause. J’étais entièrement dévouée à l’Ordre du Phénix, oublié le Ministère de la Magie et ses règles qui mettaient plus souvent des bâtons dans les roues que de l’huile dans le moteur.

Il était tard, bien trop tard pour sortir mais comme depuis plusieurs mois, le sommeil ne parvenait pas à me prendre dans ses bras. Le voulais-je vraiment ? A chaque fois que je fermais les yeux, je revoyais ces mages noirs, je revoyais ces tortionnaires qui m’avaient fait souffrir plus qu’un corps ne pouvait le supporter, tout ça pour quelques noms. Quelques noms que j’avais donné. J’avais fini par céder. Je leur en voulais, à eux plus qu’à quiconque, je voulais causer leur perte mais pas à n’importe quel prix. Dans ma quête, j’avais des innocents à protéger. Il était hors de question d’avoir des dommages collatéraux. L’Ordre du Phénix y veillait, les Mangemorts un peu moins. Pas du tout même. Quand mes alliés étaient venus me chercher, quand ils avaient enfin réussi à me retrouver, j’étais devenue une autre personne, j’étais devenue celle que je combattais avidement. J’avais cédé à la colère, à la rage et au désespoir. J’avais laissé la folie s’insinuer dans mon esprit. Heureusement, la vie avait fait que j’avais réussi à me sortir de là, que mes amis avaient pu m’aider à redevenir celle que j’avais longuement été.

Aujourd’hui, je ne souhaitais que le bien, étrangère à la magie noire qui m’avait blessé. Marchant dans les rues de Londres, accompagnée de près par Eden, je profitais du silence et du froid qui endormait mes réflexions. Arrêterai-je un jour d’y penser ? Oublierai-je ces instants maudits en compagnie du mal incarné ? Les mains dans les poches de mon long manteau noir, un bonnet en laine blanche bien ancré sur ma tête, je me perdais une fois de plus dans mes pensées jusqu’au moment où je gagnais une petite ruelle déserte. Avançant vers moi, une douce lumière argentée flottait dans l’obscurité, un petit renard blanc qui apportait un précieux message. Il n’y avait aucun nom, juste un message. Godric’s Hollow et une demande d’aide ? Encore un piège ? Est-ce que les mages noirs avaient découvert mon identité et comptaient bien m’en faire part dans un petit village perdu dans l’ouest de l’Angleterre ? Je mis quelques secondes à me décider et dans un souffle sonore pour marquer mon agacement je transplanais, baguette en main, la main posée sur mon chien pour qu'il suive le trajet, il commençait à être habitué.

Je n’étais pas si bête que certains semblaient le penser, je n’avais pas atterri directement dans le parc indiqué par le patronus, histoire de ne pas me faire surprendre. Baguette en main, tous les sens aux aguets, j’avançais à pas de loup vers le jardin pour essayer d’apercevoir la personne qui m’avait contacté. Bien vite, une silhouette se dessina sur l’un des blancs entre deux buissons. L’homme était assis, une chemise blanche pleine de sang sur lui, attendant patiemment son convoi privé. C’était qui lui ? Et c’était quoi ce b*rdel ? Sans plus attendre, je glissais ma baguette dans ma poche, ma main toujours bien serrée autour d’elle et m’avançais vers le gars. J’entrais doucement dans la lumière des lampadaires, me penchant pour essayer de deviner les traits du sorcier qui fixait le sol. Un souvenir du Ministère vint de suite tinter dans mon cerveau, je le connaissais, j’avais travaillé avec lui.

" Damien ?... C’est toi ? Est-ce que tout va bien ? J’ai reçu ton patronus mais je n’ai pas tout compris… "

J’avais changé, mes cheveux n’étant plus d’un blanc immaculé mais châtains comme ils l’étaient depuis ma naissance. Les sourcils froncés, le regard inquiet, j’approchais de lui, l’air un peu méfiante tout-de-même. Eden, lui, suivait à petit trot, restant collé à ma jambe comme le bon petit-gros chien qu'il était...
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Amy Shields
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Amy Shields, Sam 18 Fév 2017, 19:31


Post Unique
Le rp se déroule le 14 février

Deuxième étape. La première c'était pas mal déroulée. Il fallait juste espérer que ça allait être pareil ici. Nouveau Plop. Les pieds qui heurtent le sol. Sol plus ou moins mou. Sol herbeux. Ce mot existe ? Certainement. Par réflexe, Joy se mouva jusqu'à un arbre pour essayer de ne pas être vue. C'était vide. Personne dans son champ de vision. Tant mieux. Seul les feuilles venaient briser le silence sous l'air du vent. Il ne fallait pas attendre. L'heure fatidique arrivait. Et si elle manquait le signal, elle serait seule face aux problèmes qui allaient lui tomber dessus. Alors il fallait faire vite. Nouvelle fusée sortie du sac. Positionnement droit par terre en plein milieu de l'herbe. Etre sortie de sa cachette était risqué mais si elle laissait la fusée sous l'arbre, elle ferait plus de mal que de bien. Alors autant se mettre en danger pour le bien de la mission.

Quelques minutes avant le lancement. Joy qui se dépeche et qui se débat avec ce qui lui reste de patience. L'envie de montrer au monde qu'ils sont là. On sort la baguette. Regard à droite puis à gauche. Surveillance maximal en attendant. Si quelqu'un arrivait maintenant c'était fichu. Comment réagirait-elle ? Aucune idée. Elle n'allait clairement pas le blesser donc elle fuirait certainement. Voilà pourquoi elle mit le retardateur au cas où.

22h30. C'était le moment. La mèche s'allume. Joy s'écarte pour ne pas être blessée. Ce serait tellement bête. Sifflement ô combien jouissif. La fusée qui monte, qui s'envole. Qui va bientôt exploser. Qui explose. Et là le spectacle se passe, devant les yeux blancs vitreux de la Phénix. C'était beau. Elle était heureuse. Mais elle ne pouvait tarder. Une fois le spectacle fini, elle transplana dans un nouveau bruit sourd. Atterrissage dans les rues de Londres. Rentrer à l'appartement et se changer, vite.

Missions réussies.

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Elly Wildsmith
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Elly Wildsmith, Sam 08 Avr 2017, 23:56


Aide-moi - avec Evan


| LA d'Evan accordé - il a le mien pour la durée de ce RP |

Mal à l’aise avec la métamorphose alors que cela avait été sa matière de prédilection lors de ses études à Poudlard. Incapable d’une quelconque transformation en animal. Voilà à quel point elle en était rendue, quelque peu désespérée de ne pas atteindre SA perfection. Elle idolâtrait cette idée de pouvoir se mouvoir, à peine perceptible, en animal. Néanmoins elle n’avait jusque-là jamais réussis.

Et puis un jour, l’idée saugrenue d’appeler à l’aide l’avait pris. Puisqu’elle n’y arrivait pas seule elle devait – en plus de s’armer de patience – faire appel à quelqu’un connaissant la métamorphose sur le bout des doigts. Et Elly savait exactement à qui s’adresser. Elle avait encore en mémoire de vagues souvenirs de cours avec un professeur de méta particulièrement attentif aux besoins de ses élèves.

Mais ce qui avait le plus marqué Elly restait  bien évidement le vol somptueux qu’il lui avait offert à dos de Sombral. Vol majestueux et quelque peu troublant. A l’époque elle ne voyait pas ces créatures fantastiques et avait particulièrement apprécié que le professeur sorte de sa caste sociale afin d’offrir ce moment de pur bonheur à l’élève qu’Elly était alors. Il lui avait également donné l’envie de persévérer dans les études afin de devenir Auror, et elle avait réussi. Grâce à lui ? Elly ne saurait le dire, néanmoins il avait été un soutien non négligeable durant sa scolarité et elle espérait qu’il puisse l’aider à devenir Animagus.

Elle avait alors tenté de rédiger une lettre, l’avait déchirée. Elle l’avait recommencée encore et encore, afin d’être sure que cela soit bien pris, pas mal interprété. Du haut de ses 21 ans, Elly réclamait encore l’aide de ses professeurs … non, de son professeur de métamorphose, le seul qui lui avait accordé un minimum d’attention en dehors des cours. Elle pensait pouvoir lui faire confiance, il lui dirait sans détour où se situait le problème et l’aiderait peut être à le résoudre.

Lorsqu’elle avait reçu sa réponse, avec un lieu de RDV et un horaire précis, elle avait limite sautée de joie jusqu’au plafond de son appartement. L’idée d’être aidée à cette tâche si difficile rendait Elly joyeuse. Elle transplana sur le lieu de rendez-vous, aussi impatiente qu’une adolescente qui se rend à son premier rendez-vous.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Evan, Dim 09 Avr 2017, 10:32





Souvenir passé, souvenir présent
With Elly


J'avais reçu une lettre à Poudlard. Pas une de celle écrite maladroitement par un simple élève me demandant des conseils. Non. Par une ancienne élève, Elly. Un bout de charme blond au regard qui sculptait les sens. Que j'avais rencontré en dehors de mes cours. Je l'avais emmené faire un tour sur mon sombral et nous avions survolé une partie des limites de l'école, dans une balade qui était resté un excellent souvenir pour elle comme pour moi.

Par la suite, nous avions eu une conversation enrichissante, au delà de la nature et plus particulièrement la faune, où elle m'avait conté son envie de devenir Auror. J'avais pris plaisir à me souvenir de cette journée, au moment où j'avais parcouru ses mots soigneusement calligraphiés. Qui respiraient un respect certain et avaient su interpellé mon attention. Je ne l'avais pas revue depuis quelques temps. Elle devait avoir bien changé. Bien que j'imaginais qu'elle devait être toujours aussi resplendissante.

Alors, à sa demande qui concernait l'animagie, je lui avais répondu favorablement. Je lui avais fixé un rendez-vous dans un lieu reculé, où l'on ne serait pas embêtés pour s'exercer convenablement. Et pendant un week-end, pour que je puisse être entièrement à elle. Mes animaux étaient restés chez moi. Mes deux baguettes, ma longue cape sombre, tout de noir vêtu.

J'étais arrivé au lieu que j'avais fixé un peu en avance, comme toujours. J'avais choisi un petit coin à l'écart, un où une arche de pierre offrait un passage sous un saule pleureur, vers un petit coin entouré d'arbres. L'espace n'était pas vaste tel un jardin, mais il était suffisant et relativement tranquille. Les arbres offrant une belle muraille contre les regards indiscrets, et par le soleil présent, les oiseaux s'en donnaient à cœur joie pour faire entendre leur satisfaction de ce beau temps.

J'enlevais ma cape que je déposais sur une roche esseulée non loin de l'arche pour qu'elle y repose tranquillement. Le soleil brillait encore comme un phare dans une mer apaisée. Pas un nuage n'obscurcissait cette partie de l'Angleterre. La nature environnante clamait sa Beauté à l'œil qui l'observait avec la délicatesse qu'elle méritait.

Après quelques minutes, la belle arriva sous l'arche en repoussant quelques branches. Je gratifiais son arrivée d'un grand sourire et allait vers elle pour lui déposer une bise bien venue. Sa beauté semblait croître avec l'âge, à en rendre envieuses les étoiles les plus belles. Quelques années étaient passées. Bien des choses devaient avoir changer pour elle.

- Bonjour Elly. Tu es toujours aussi ravissante. J'ai été surpris par ta demande soudaine, et pour autant ravi de pouvoir te venir en aide !

Je restais près de la belle, souriant. Ses cheveux brillaient à la lumière et semblaient avoir la douceur d'une étoffe chatoyante. Son regard lui, paraissait emprunt d'un mélopée plus envoûtante encore, qu'il ne l'avait été lors de notre toute première rencontre.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Elly Wildsmith, Dim 09 Avr 2017, 10:42


A peine remise de son transplanage, Elly fut soufflée par la beauté du lieu. Un endroit juste idyllique, presque paradisiaque, bercé par les piaffements d’oiseaux en tout genre.  Abasourdie, la jeune femme s’avança près d’une arche, dégageant quelques branches afin de se frayer un chemin. Les effluves du printemps lui prenaient les narines, envahissant ses poumons d’un air de pureté et de fraicheur qu’elle avait oublié. Un vague souvenir des Pyrénées où elle vivait enfant, bien loin du brouhaha, de la pollution ou de la grisaille londonienne.

Admirant la vue que la nature lui offrait, Elly repéra une silhouette qu’elle  connaissait bien – celle de son ancien professeur de métamorphose, tout de noir vêtu. Soulagée qu’il fût à l’endroit convenu, elle s’était approchée, et avait reçu des salutations des plus amicales de la part de son ancien enseignant. Cela fit d’ailleurs un drôle d’effet à la jeune femme, elle le voyait toujours comme une figure d’autorité et il lui imposait un profond respect.

Un peu intimidée, la jeune femme répondit

- Bonjour Monsieur …

Nouveau malaise, propulsée des années en arrière, la jeune femme se revoyait à Poudlard où elle n’osait pas – ou peu – parler aux professeurs. Elle était pourtant devenue une Auror aguerrie, elle avait grandie, mûrie, était une jeune femme remplie de conviction, de principe et de valeur. Elle n’était plus une adolescente perdue arrivant tout juste dans une nouvelle école  de sorcellerie, elle se reprit donc aussitôt

- Bonjour Evan … Je suis désolée pour le dérangement …

Elle était à nouveau partie pour s’excuser, puis pris conscience des paroles de l’homme en face d’elle. Venait-il de dire qu’elle était ravissante ? Cette idée colora de rouge les joues de l’Auror, touchée par ce compliment sans doute anodin pour son interlocuteur. Elle plongea son regard dans le sien, observant les moindres mouvements de sa part – déformation professionnelle héritée du Ministère. Il était tout sourire et cela le rendait … charmant. Elly secoua sa tête, elle n’était pas là pour ça.

- Je n’y arrive pas, cela ne fonctionne pas, je ne sais pas comment faire


Sa voix s’était brisée au milieu de sa phrase, le fait d’avouer son échec était humiliant pour Elly. Elle reconnaissait qu’elle n’était pas capable de faire sa transformation, d’évoluer en animal, de prendre possession de lui et de ses capacités. La jeune femme retint un frisson de souffrance, espérant que son ancien enseignant n’a pas remarqué ce mouvement corporel.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Evan, Dim 09 Avr 2017, 11:48







Je laissais un léger rire s'enfuir quand elle m'appela Monsieur. Limite gêné bien que je ne laissais rien paraître. Pour moi cette barrière n'avait plus lieu d'exister. Nous n'étions plus prof élève. Et quand bien même cela aurait toujours été le cas, j'étais du genre à tutoyer tout le monde et j'aimais qu'on le fasse également avec moi. Finalement elle se rattrapa, m'appelant par mon prénom, et cette fois je lui envoyais un sourie amusé.

- Aucun problème !

Nos regards se heurtèrent quelques secondes, où divers sentiments se mêlèrent. A la fois toujours l'amusement, mais aussi l'envie étrange que de poursuivre un jeu de séduction avec elle. Je ne la connaissais que peu après tout, et quelques années séparaient notre dernière entrevue. Je ne pouvais croire que sa beauté était seule, tel un arbre en fleur qui n'aurait trouvé aucun oiseau pour y faire son nid. Ses joues légèrement empourprée me laissèrent un sourire satisfait et j'eus du mal à décrocher de ses yeux, avant qu'elle ne reprenne.

Elle me fit part de son échec, de son incapacité à arriver à sa transformation. Je perçus clairement sa déception, qui me rappelait celle de Lilou que j'avais croisé quelques semaines plus tôt pour les mêmes raisons. J'avais déjà réussi à aider et à guider sur ce chemin là, je pouvais certainement le refaire. Et si cela pouvait me rapprocher de la belle, j'avais tout à y gagner. J'allais près d'elle et posais une main réconfortante sur son épaule. Puis je parlais d'une voix posée qui se voulait rassurante pour elle.

- Devenir animagus n'est pas chose aisée ! Avant tout il faut que tu gardes confiance en toi ! Que tu acceptes l'échec comme une étape du processus ! Nul n'a réussi à se transformer du premier coup, ce qui compte c'est de positiver et de persévérer pour arriver à ce que tu souhaites ! Alors essaie de ne pas laisser de place au doute dans ton esprit !

Je me taisais quelques instants. Il était essentiel pour moi qu'elle assimile ce que je lui disais. Je ne doutais nullement de ses compétences, au contraire, mais la métamorphose humaine était quelque chose de difficile et douloureux, il fallait y être préparé. Je repris d'une voix toujours aussi calme.

- Hormis cela, il est impératif que tu gardes en visuel ton animal intérieur lorsque tu souhaites te transformer ! Tu dois arriver à faire le vide sur tout le reste. Exclure le vent qui ébouriffe tes cheveux, oublier les oiseaux qui discutent dans les arbres. Tu ne dois voir que ton objectif final, ton animal intérieur !

Je faisais une nouvelle pause, lui faisant un sourire. Je voulais qu'elle se sente en confiance, qu'elle comprenne que, dans tous les cas, je serais là pour l'accompagner, et qu'il ne fallait pas qu'elle ait peur d'échouer.

- Garde à l'esprit que la première transformation est la plus douloureuse. Ton corps va opérer plein de changements, tes muscles, tes os, ta perception de ce qui t'entoure. C'est tous ces paramètres qui vont changer, et certains non sans douleur ! Mais il faut que tu l'acceptes, que tu comprennes, que c'est essentiel dans tous les cas pour arriver à la finalité ! Quoi qu'il en soit, garde à l'esprit que je suis là, et qu'il ne t'arrivera rien. Échoué une fois n'est pas un échec, c'est baisser les bras qui l'est. Alors garde confiance en toi, et je suis sûr que tu y arriveras !

J'avais terminé avec un nouveau sourire, quittant ma main de son épaule, tout en restant relativement près d'elle. Elle dégageait une aura entre douceur et conviction. Quelque chose me disait que, malgré sa difficulté actuelle, elle était devenue une sorcière accomplie, comme je m'étais vu lui prédire des années plus tôt. En plus d'être toujours un tableau de charme captivant.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Elly Wildsmith, Lun 10 Avr 2017, 00:35


Tandis qu’elle avait chassé toute sa douleur et son incompréhension face aux échecs successifs qu’elle affrontait, elle avait posé son regard sur lui et lui destinait toute son attention. Prête à écouter le moindre de ses conseils, si infimes soient-ils. Elle tenait à réussir, elle devait réussir. Cela pourrait assurer sa survie lors de ses missions  futures. Ce n’était pas habituel pour l’Auror de prendre la fuite, mais la possibilité de se retrouver coincé devait également faire partie de ses plans.

Tout en lui donnant ses conseils, il avait posé sa main sur son épaule. Ce contact impromptu qu’Elly n’avais pas vu venir l’avais complètement électrisé. Elle sentait chaque parcelle de son corps se tendre pour retenir le frisson qu’il avait provoqué. Devant tant de réaction qu’elle ne comprenait pas vraiment, la jeune femme arqua un sourcil. Basculant sa tête pour regarder la main qu’il venait de poser, alternant son regard entre sa main et son visage à lui.

- … et certains non sans douleur ! Mais il faut que tu l'acceptes, que tu comprennes, que c'est essentiel dans tous les cas pour arriver à la finalité ! Quoi qu'il en soit, garde à l'esprit que je suis là, et qu'il ne t'arrivera rien. Échoué une fois n'est pas un échec, c'est baisser les bras qui l'est. Alors garde confiance en toi, et je suis sûr que tu y arriveras !

Initialement, l’Auror était très attentive aux paroles de son ancien professeur, néanmoins le contact physique – bien qu’anodin – l’avais fait dérivé de son principal problème actuel : sa transformation en animal. Ainsi donc il disait que ce serait douloureux, qu’il fallait tout oublier autour d’elle. Difficile mais pas impossible.

Le contact physique entre lui et elle ne se faisait plus, il avait laissé tomber sa main ailleurs, ce qui fit soupirer de soulagement Elly. Difficile d’obtenir sa concentration la plus pure lorsque quelqu’un – dont vous ignorez pratiquement tout mais pour lequel vous avez le plus profond respect – maintiens une telle proximité.

Pour échapper à un nouveau rapprochement de la sorte, elle glissa légèrement sur le côté, esquissant un sourire. Elly avait l’impression  d’avoir effectué un petit pas de danse. Néanmoins, elle se rappela que c’était quelque chose qui se faisait à deux, et généralement le but n’était pas de fuir l’autre.

- Donc … je dois juste  me concentrer ?


Elle avait appuyé ironiquement sur certains mots, ne comprenant pas trop là où elle avait échoué les premières fois. Elle savait que cela faisait mal, elle l’avait expérimenté suffisamment seule dans son appartement à Londres. Notamment le jour de son déménagement – express car elle n’avait pas grand-chose. Elle s’était essayé à la transformation dans  son salon, elle avait souffert pendant des jours après, certains os s’étant brisés sous le choc et n’étaient pas revenus à leur « position » initiale sans l’aide d’un médicomage du Ministère, qui l’avais d’ailleurs regardé d’un drôle d’air.

De mauvaise grâce, elle tourna le dos à son ancien aîné plus expérimenté. Elle allait tenter, une nouvelle fois. Espérant que ce ne serait pas la « fois » de trop, qui brise le moindre de ses os en une minuscule charpie impossible à remettre. Cette idée lui parcouru l’échine en un long tressaillement. Vider son esprit. Visualiser l’animal. Se sentir exister en lui. Le sentir exister en elle. Ne faire plus qu’un dans la chair et la conscience. Elle ferma les yeux, inspira d’une profonde bouffée de cet air si pur … se concentra durant de longues minutes, imaginant chaque détail de sa transformation, tentant d’oublier le vent qui caressait son visage, oubliant la présence du professeur derrière elle. Oubliant tout, jusqu’à ses missions, jusqu’à sa famille. Elle était en phase de concentration extrème mais elle échoua malgré tout, lamentablement.

Incapable de réussir sa transformation en animal, Elly s’écroula sur le sol. De colère, de rage, de fatigue aussi. Se concentrer sur autant de temps requière de l’esprit une capacité de solidité qu’Elly n’avais peut être pas après tout. Figée au sol, sentant l’herbe sous ses doigts, la jeune femme ravalait ses larmes tout en murmurant

- Je suis désolée, je n’y arriverais pas.


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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Evan, Lun 10 Avr 2017, 18:00







Je gardais un œil attentif sur elle. Je lui avais fait un simple signe d'approbation de la tête à sa question sur la concentration. Bien que d'autres éléments entraient aussi en compte. Mais j'avais besoin de la motiver et de voir, ce qui arrivait, où n'arrivait pas, lorsqu'elle allait essayer de se transformer. Voir pour mieux comprendre le blocage, analyser pour mieux l'aider.

Il était bien loin, le temps où j'avais été animagus panthère noire. Pourtant jamais le processus que j'avais effectué pour y arriver ne m'avait quitté. Je savais encore ce que cela faisait, que d'être possédé, par l'instinct animal, que de se sentir prédateur, que d'interpréter le monde à des sens nouveaux.

Elle me tourna le dos, je continuais de l'observer. Elle était un tableau, que je devais noter. Non de charme, sinon la note aurait été évidente au premier regard, mais je devais scruter, ce qui n'allait pas, où était l'échec, où serait la réussite. Être la pierre qui manque à son édifice, être le pont à sa traversée, l'eau pour qu'elle s'abreuve et s'épanouisse.

Des minutes s'effilèrent, où je voyais le combat intérieur qu'elle menait, les yeux clos, comme livrée à elle-même et rien d'autre. Le vent murmurait, les oiseaux toujours étaient là, quelques part, dans des arbres qui devaient avoir quitté les limites de son esprit. J'imaginais, que les formes n'étaient plus, que les couleurs étaient toutes transparentes, que les nuages étaient poussières, dans son imaginaire.

J'étais silencieux, comme elle. Pendu à sa lutte intérieure, espérant qu'elle réussisse au moins une transformation partielle. Mais rien ne vînt. J'affichais une moue légèrement triste. Pour elle. J'avais vu ce dont j'avais besoin, mais la vérité qu'elle allait devoir affronter pourrait peut-être la freiner.

Je la vis, tomber au sol comme la feuille de l'arbre, qui se demande quelle va être sa destinée. Je m'approchais d'elle et fléchissais mes jambes, regardant sa détresse qui était visible et palpable. Des larmes salées s'échappant de ses yeux emprunt à l'échec.

- Je suis désolée, je n’y arriverais pas.
- Chuuut...

J'avais posé ma main droite sur son épaule, et de mon pouce gauche j'allais essuyer une larme au bord de ses yeux, qui à mon sens ne devaient pas avoir à se parer de ce manteau humide, avant de passer une main tendre dans sa chevelure.

- Tu y arriveras... Tu n'es pas très loin... J'ai confiance en toi. La concentration n'est pas tout, enfin, quelque part si. Mais il y a un élément essentiel à incorporer en plus, c'est peut-être ce qui te fait défaut... Ton animal intérieur. Il faut que tu arrives à ne voir plus que lui. A ne faire qu'un avec, que ce que tu visualises soit ce qu'il est. Quelque part, que tu anticipes ainsi, que tu vois, ta métamorphose avant qu'elle ne se déclenche.

Je me taisais un peu, la regardais sans ciller, pour être sûr qu'elle garde bien à l'esprit tout ce que je lui disais. Et je continuais, d'une voix toujours rassurante.

- A ce moment là, tu n'es plus Elly, mais tu es ton animal. Tu n'es plus ton regard mais tu es le sien. Tes sens ne t'appartiennent plus. Enfin, tu dois voir la métamorphose dans son entièreté. Imaginer et sentir se transformer ton corps, comme tes sens. La transformation ne sera pas sans douleur, mais c'est un tout. Tu dois garder en unique objectif ton animal, et te voir le devenir. Quoi qu'il en coûte. Si à un moment tu doutes, c'est fini et tu n'y arriveras pas. Mais je suis sûr que tu peux le faire...

Je me relevais et lui tendais ma main pour qu'elle s'en empare, l'aidant alors à se relever lentement. Je la fixais un instant dans les yeux, comme cherchant à y voir de la confiance en elle. Je lâchais alors sa main et pointais ma baguette sur elle et informulais un Revigor pour qu'elle se sente recouvrir l'énergie disparue en elle.

- Réessaye. Garde confiance en toi. Moi j'ai confiance en toi. La persévérance est la clé pour maitriser tout aspect de la magie. Tu en as la capacité, je le sais et tu le sais. Visualise ton animal, pense-le, soit-le.
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Re: Parc de Godric's Hollow

Message par : Elly Wildsmith, Mar 11 Avr 2017, 00:50


Elle était écroulée, assise au sol. Telle une enfant perdue. Elle s’était effondrée au pire moment, avait montré sa plus grande faiblesse à un ancien professeur qu’elle estimait beaucoup. Qui avait cru – et qui croyait encore – en elle. Elle était écœurée contre elle-même, dégoutée de cette magie qui se refusait à elle. Elle avait acquis, avec patience et labeur, les sortilèges les plus complexes, les potions les plus dangereuses. Et cette fichue transformation qui se refusait à elle.

Elle était abasourdie par la défaite, par sa perte. Ses oreilles souffraient d’un étrange son, comme si elle s’était pris une explosion en plein nez. Et puis, subitement, elle sentit, cette nouvelle main posée sur son épaule. Il était revenu, s’était rapproché d’elle et avais à nouveau posé sa main sur son épaule. Une nouvelle fois, le corps d’Elly s’arqua, prête à réagir – pas spécialement de manière positive – à ce qu’elle considérait comme une atteinte à son espace vital.

Tout allait beaucoup trop vite pour elle, à peine avait-elle laissé échapper un frisson qu’elle ressentait un nouvel effleurement … d’abord discrètement, sur sa joue, comme pour retenir ses larmes d’atterrir au sol … puis dans ses cheveux. Et elle n’entendait toujours pas ce qu’il disait. Elle le fixait du regard comme un animal sauvage prêt à mordre. Prêt à l’attaque.

Quand il lui tendit sa main pour la relever, Elly l’avais saisi sans réfléchir, sans arrière-pensée et puis une fois debout, un nouveau regard, un nouvel affrontement visuel. Une colère montait en elle, colère qu’elle retenait depuis trop longtemps. Colère que d’avoir été passive dans sa vie, et que de l’être là, face à lui qui multipliait les contacts physiques. Pour qui se prenait-il ? Pensait-il pouvoir profiter de sa condition, du fait qu’il avait été le professeur d’Elly dans le passé ?

Elle avait eu vent de sa réputation à Poudlard, la rumeur circulait plus vite que les fantômes dans les couloirs de l’école de sorcellerie. Mais Elly ne serais pas de celle qui se laisse atteindre par ce Don-Juan des temps modernes. Elle sentait le sang lui bouillir les temps, la chaleur gagnait chacune de ses veines, elle voulait lui faire du mal. Le repousser loin.

Elle figea son regard dans le sien, regardant son visage. Elle le lacérerait s’il le fallait. Oui, c’était ça. Il fallait que ce soit ça, qu’elle lui fasse regretter ses gestes, ce rapprochement qu’elle ne souhaitait pas. Tandis qu’Elly sentait éclater sa colère en elle, ses iris s’alignèrent à la verticale, sa prunelle s’élargis, l’animal qui sommeillait en elle était en phase de réveil et le réveil n’allait pas être de tout repos.

Elle regardait encore l’enseignant avec un air de défi, attisé par la haine et le reproche. Elle lui ferait payé – même si l’Elly(coptère) humaine hurlais que ce n’était pas ce qu’il fallait faire, que ce n’était pas ça, qu’il cherchait juste à l’aider … l’animal avait pris possession d’elle. C’était lui qui régissait à présent à l’intérieur d’Elly et il ne faisait nul doute qu’il était son exact opposé … tout en complémentarité.

Le corps d’Elly subissait une transformation non négligeable, ses vêtements fusionnant avec sa peau, lui arrachant des hurlements de douleur, comme si elle était brulée à vive et qu’elle ne pouvait rien faire pour changer cela. La douleur d’une fourrure qui apparaissait – d’abord sur son dos, puis sur ses bras, ses jambes … non, sur ces pattes … Un nouveau gémissement de douleur, une bête qui se secoue. Elly qui lutte à l’intérieur, lutte contre la douleur, lutte contre la rancœur, lutte pour éviter l’attaque qu’elle sent éminente.

Et puis soudainement, plus rien. La symbiose de deux esprits qui s’accordent sur un seul but. La symbiose de deux corps en total accord. Et puis, dans la ligne de mire de l’animal, cet homme. Cause des troubles et des soucis, cause de ce ressentiment profond que l’animal n’arrive pas à contrôler, rage totalement folle et incomprise, soudaine.

L’animal est fin, comme si la silhouette de la jeune femme s’était muée dans les courbes de la créature. Le poil est soyeux, peut être doux, pour le confirmer il faudrait pouvoir passer sa main sur l’animal enragé. Le dos est grisâtre, mais sur la tête on peut reconnaitre le coloris des cheveux d’Elly, mêlant à un ton cuivré, pour parfaire la chose.

La bête se débat, à mi-chemin entre le renard commun et le loup, un Renard de Magellan avait pris forme à la place d’Elly. Prisonnière de ses instincts prédateurs et de son irrestible besoin de chasse qu’elle ressentait. Besoin de chasse et de vengeance, d’ailleurs. Elle était habitée par cette exaspération qu’il lui faisait ressentir, alors sans un seul souffle, museau à terre, elle s’approcha. Prête à l’attaque. Un dernier regard vers sa proie, et la voilà sautant, tout croc dehors, sur l’homme qui avait pourtant tenté de l’aider.
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