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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: A l'étranger
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Vieille histoire irlandaise
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Kyara Blanchet
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Kyara Blanchet, Ven 22 Juin - 22:56:36


C'était bientôt finit, se cauchemar prendrait bientôt fin, encore quelques minutes et ça serait bon. Poussant un soupir de soulagement, encore un, Kyara écoutait rire Gloire avec plaisir. À vrai dire c'était la première fois depuis le début de cette aventure que la professeur rigolait, pourtant en entendant Keira donner son diagnostique par rapport à sa cheville elle s'arrêta net.

- Oh Kyara, je suis vraiment désolée ! Ce Pignouf alors !

Souriant la co-gérante leva alors la main tout en la secouant signifiant ainsi que ça n'était pas grave. Il n'y avait pas de quoi être désolée, après tout c'était la faute de Kyara si elle en était arrivée là. Déjà elle n'aurait pas dû venir en Irlande !! Ensuite elle n'aurait pas dû se mettre en tête de faire un peu de tourisme et surtout elle n'aurait pas dû se mettre à courir derrière son chapeau. En ne faisant pas une de ses actions elle ne se serait jamais retrouvée avec une cheville presque hors service.

- Bon ben... euh... Keira, je crois que je vais te demander de me soigner ici parce que je ne supporterai pas longtemps cette douleur. Je te promets d'être docile et de passer régulièrement à Ste-Mangouste te voir si besoin, mais répare ma jambe je t'en prie. Et puis, nous avons encore quelques comptes à régler ici donc je pense qu'il le vaut mieux.

Levant la tête Kyara regarda alors Gloire avec curiosité, ça allait être la première fois qu'elle allait assisté à une opération en direct. Elle espérait en tous les cas qu'en faisant ce choix ça ne poserait pas de problème, après avoir regardé des dizaines de séries médicales moldus, elle savait qu'il fallait être très vigilant sur l'hygiène !

En tous les cas elle avait raison, elles n'en avaient pas encore terminé avec cette histoire. Il fallait qu'elles récupèrent le chaudron avant de le remettre à Pignouf et de partir. Enfin, il lui restait aussi à savoir si elle pourrait encore bosser où pas pendant la semaine, ce qui pour elle était une question cruciale. Se tournant vers Keira elle attendit sa réponse avec impatience.

- Kyara, je t'autorise à travailler, si tu me promets de rester assise derrière ton bar, à te contenter de préparer des cocktails. Mais pas de service, ta cheville doit se reposer. Comme tu veux Gloire, je vais t'endormir pour que tu ne sentes rien, et je te réveillerais dès que je t'aurais soigner. Ca ne prendra pas longtemps.

Bon ça n'était pas si mal que ça au final ... elle en connaissait un qui serait content de la voir hors jeu. Retrouvant son sourire elle regarde alors avec curiosité Keira s'occupait de la jambe de Gloire. Ce fut assez bizarre, mais apparemment c'était efficace ! En deux temps trois mouvements l'opération fut terminée. Semblant satisfaite d'elle la médicomage reprit alors la parole.

- Besoin d'un coup de main pour terminer cette drôle d'histoire ?

Kyara hésita quelques secondes avant de lui donner une réponse. En effet la tâche de Keira était terminée, mais Gloire et Kyara risquait d'avoir besoin de son aide en cas. Se mordant les lèvres l'ancienne serpy prit alors sa décision et se relevant avec précaution hocha la tête.

- Si cela ne te dérange pas je ne dis pas non.

Sans attendre de réponse, Kyara ressortit sa baguette avant d'approcher à pas lent vers Pignouf. Avec satisfaction elle constata qu'elle pouvait marcher sans trop de problèmes. Arrivant alors à niveau du Leprechaun elle se baissa avant de prendre la parole.

- Voilà ce que je te propose, si tu me promes d'être sage je te libère, on t'aide à récupérer ton chaudron et tu nous laisses partir tranquille. D'accord ?

Après quelques secondes Pignouf hocha la tête positivement. Souriant tout en pensant qu'au final il n'était pas si bête que cela Kyara le libéra d'un coup de baguette .... et ce reçut un coup de poing en pleine tête. Cette dernière s'écrasa à terre heurtant à l'arrivée un joli cailloux qui l'envoya dans les vapes.

Si Kyara n'avait pas perdue conscience elle aurait pu voir Pignouf d'un claquement de doigt immobiliser Gloire avant de vêtir Keira d'une tenue verte et de lui lancer un tarentallegra. Malheureusement où heureusement (au choix) Kyara ne vit pas la suite ..
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Gloire Lecomte, Dim 24 Juin - 18:18:33


Non mais c'était quoi cette arnaque !!! Gloire allait porter plainte !!! Tout s'était bien passé pour son opération et sa jambe cassée avait été réparée. Bon ok, elle était encore un peu groggy mais elle n'était plus endormie et ce Pignouf en profitait. Après voir salement menti à Kyara, il l'avait propulsée en arrière, étourdissant la Serpentard avant de s'en prendre à Keira qui se mit alors à danser malgré elle dans la toubière.

- Arrête Pignouf ! Mais arrête ! cria Gloire mais en vain.

L'abominable pomme de terre riait si fort qu'il ne l'entendait même pas. Posant précautionneusement ses mains à terre, la professeure tenta de se relever afin d'aller aider celle qui était à la base venue pour les aider. Est-ce que tous ses petits os allaient bien ? Non ? Oui ? Bon apparemment oui... Hop ! Debout ! Un pas. Deux pas. A ben si, la terre semblait stable

- Pignouf ! Tu arrêtes sinon...

Ni une ni deux, la professeure lui sauta dessus et le désarma. Elle seule, oui, mais les deux autres, non. Il ne fallait pas abuser. Reprenant sa baguette, elle rangea celle de Kyara, annula le sort de Keira et lui rendit sa baguette afin qu'elle réveille Kyara et pendant ce temps, elle s'occuperait du leprechaun.

- Bon tu arrêtes tes sottises et tu vas chercher ton chaudron. Moi je descends pas en bas.

Hop ! Une pitchenette et le vilain se trouva au fond du trou. Avec un peu de chance, elles auraient le temps de se remettre d'aplomb en haut. Tout en surveillant le gnome qui farfouillait plus bas, elle demanda :

- Est-ce qu'elle va bien Keira ? Y a pas trop de bobo ? Et toi ? Tu vas bien ?

Elle n'avait même pas encore reçu de réponse que déjà le lutin la hélait.

- Hé, c'est bon. Remonte-moi maintenant !

Ouais ouais... on verrait cela plus tard. L'ignorant totalement, elle attendit d'être sûre que les deux jeunes femmes avec elle allaient mieux avant de faire quoique ce soit d'autre. Qu'il fasse sa sauterelle en bas si ça lui plaisait, pour l'instant, il attendrait.


Dernière édition par Gloire Lecomte le Lun 2 Juil - 19:53:00, édité 1 fois
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Keira, Mer 27 Juin - 18:53:17



Les évènements qui se déroulaient en Irlande étaient pour le moins saugrenus. Les leprechauns étaient des créatures vraiment bizarres et plutôt sadiques. Keira en proposant son aide aux deux demoiselles pour en finir avec leur histoire, ne savait pas dans quoi elle s’embarquait. Kyara tenta de passer un accord avec Pignouf afin de pouvoir enfin se débarrasser de lui… Le nain de jardin magique approuva d’un signe de tête mais une fois libéré il s’attaque à la jolie Serpentarde qui ne s’y attendait pas. Celle-ci se prit un poing dans la figure et finit dans les pommes, la Médicomage espérait qu’elle n’était pas de nouveau blessée… Elles n’avaient pas besoin de ça.
Sans pouvoir faire quoique ce soit, Keira se retrouva elle aussi vêtue d’une moche de tenue verte. Non pas qu’elle n’aimait pas cette couleur, elle la portait tout les jours mais bon… Le leprechaun en profita pour lui envoyer un sort qui s’en prit à ces jambes. Ces dernières devinrent vite incontrôlables. La sorcière n’avait plus d’emprises sur elle, elle ne pouvait que tenter de maintenir son équilibre en réalisant des mouvements ridicules avec ses bras. La Phénix finit tout de même par se ramasser par terre, ce qui lui valut quelques égratignures au visages.

Sans savoir ni comment, ni pourquoi le sort finit par se stopper. Gloire avait visiblement réussit à désarmer Pignouf, elle lui tendit sa baguette. Keira la récupéra en la remerciant, et se dirigea immédiatement vers Kyara. Elle la réveilla doucement s’assurant qu’il n’y avait pas trop de dégât. Elle semblait un peu pommé mais à part ça rien de grave. Un peu de repos c’est tout ce dont elle avait besoin.


    Ca va, elle n’a rien de grave. Elle en ressortira avec des bleus et des bosses rien de plus. Je vais bien aussi, juste quelques égratignures et toi ? Ta jambe tient le coup ?


Le sort de guérison utilisé un peu plutôt avait fonctionné correctement apparemment. Pignouf avait disparu de son champs de vision, mais on l’entendait quand même brailler à tue tête qu’il voulait qu’on le remonte. Il avait du retrouver ce qu’il cherchait… Cette histoire Keira l’espérait, touchait à sa fin.
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Kyara Blanchet, Jeu 28 Juin - 20:46:39


Quand on se fait assommer on n'a comme réflexe de lutter, on papillonne des yeux, on se demande ce qui se passe, on se dit qu'il faut tenir où autre. Kyara ne fit rien de tout cela, en fait elle ne fit qu'une seule chose, lancer une flopée d'injure en la personne de Pignouf. Malheureusement elle ne put en pensé assez à son gout du fait qu'entre le moment où sa tête cogne le cailloux et celui où elle perd confiance il ne s'écoule que cinq secondes environ.

En fait ça n'était pas si mal de perdre connaissance quand on y pensait, c'était aux autres de faire tout le boulot pendant que vous vous piquez un petit roupillon. Certe pas vraiment voulut, mais c'était déjà ça non ? Bon le risque étant que votre ennemi ne vous achève, mais ceci n'était qu'un petit détail ... de même que le contre coup au réveil .. Mais en y réfléchissant c'est quand même un peu gênant, ne pas savoir où on se trouve, sentir la douleur, revenir à la réalité et tout et tout.

Aussi ce fut en grimaçant que Kyara reprit connaissance. Elle eut la nausée pendant quelques secondes et crut qu'elle allait vomir. Respirant précautionneusement elle attendit que cette sensation passe avant de se lever en s'appuyant sur Keira qui avait prit quelques secondes plus tôt la parole. Regardant autour d'elle Kyara poussa un soupir en constatant qu'elle se trouvait toujours en Irlande, elle n'avait pas été assez inconsciente à son gout.

- Où est Pignouf Gloire ? Je propose qu'on lui donne ce fichu chaudron et qu'on parte je commence à saturé là ... Je pense que pour sa sécurité il vaudrait mieux que je me tienne éloigné de lui ...

Kyara n'avait toujours pas et ne digérerait probablement jamais les tours qu'avait joué ce fichu leprechaun. Elle risquait de vouloir lui faire payer et il risquait de ne pas s'en sortir ... Tout en se touchant avec précaution la tête elle attendit la suite des opérations.
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Gloire Lecomte, Lun 2 Juil - 20:01:32


- Ca va, elle n’a rien de grave. Elle en ressortira avec des bleus et des bosses rien de plus. Je vais bien aussi, juste quelques égratignures et toi ? Ta jambe tient le coup ?

- Dieu merci, souffla Gloire tout en remerciant et en s'excusant. Abandonnant quelques instants le leprechaun qui s'époumonait sous ses pieds, elle se rapprocha des deux jeunes femmes. Ma jambe va bien sinon. Elle a l'air de tenir en tout cas. Salut la belle au rocher dormant...

Elle avait dit cette dernière phrase à Kyara qui venait d'ouvrir les yeux, tout déboussolée et quelque peu perdue.

- Où est Pignouf Gloire ? Je propose qu'on lui donne ce fichu chaudron et qu'on parte je commence à saturé là ... Je pense que pour sa sécurité il vaudrait mieux que je me tienne éloigné de lui...

- Je suis d'accord aussi... Cela n'a que trop duré. Keira, tu peux l'aider à se lever ? Je le sors de son trou et nous transplanons ensemble.

Leur souriant d'un air rassurant, elle s'éloigna de nouveau pour s'approcher du trou. Se penchant légèrement pour observer, elle vit que la créature était assise avec son chaudron. Un dernier coup d'oeil en arrière lui apprit que ses compagnes improvisées étaient prêtes à partir avant de héler le nain en bas.

- Pignouf ? Je vais te remonter et ensuite on y va. Tu es d'accord ?

Pas de réponse...

- Oh ! Si tu réponds pas après tu te plains pas !

La pomme de terre ne pipa mot mais fit un signe de la tête.

- Je prends ça pour un oui ! cria la professeure une dernière fois avant de le faire léviter jusqu'en haut du trou. Doucement, elle le fit se poser à distance raisonnable d'elles.

- Bon, normalement, tu as ton chaudron, tu dois nous laisser partir maintenant. On est d'accord ?

- Non.

- Hein ? Quoi ? Comment ça non ?

- Ben j'ai dit non. On ne rompt pas comme ça un contrat.

- Mais faut quoi encore ?

- De l'alcool et de la musique pour clore tout ça.

Gloire poussa un gémissement de désespoir puis dans un signe d'impuissance, consulta les deux jeunes femmes d'un regard avant de se décider.

- Bon et bien dans ce cas, ne tardons pas. Plus vite, ce sera fini, plus vite nous quitterons-nous.

Empoignant le leprechaun, elle s'approcha des deux autres et après quelques mots, Gloire et Keira transplanèrent. La première avec le nain et la deuxième avec Kyara.

[Fin du rp ici - suite ici]
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Louis Desaix
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Louis Desaix, Mar 3 Juil - 19:17:38


RP avec Catherine Daaé.


C’était un matin de Juillet, près de la ville de Banbridge dans le comté de Down en Irlande du Nord. Une silhouette noire descendait un chemin sinueux qui scindait la verdure de l’arrière pays. Les rayons du soleil perçaient les nuages et donnaient un vif éclat à la verte colline au loin, et sur cette butte s’élevait une maisonnette qui surplombait les prés. Quelques moutons avoisinaient la petite maison de pierre, que le vent cinglait en cette tranquille journée d’été.
Les volets étaient tous fermés et les lieux paraissaient si calmes qu’on les aurait cru abandonné depuis des années. La silhouette arriva aux abords du muret de pierre et s’arrêta près de l’arbre qui semblait avoir résisté au souffle inépuisable du vent depuis des siècles. Celui-ci pourtant venait de se calmer un bref instant, la colline restait silencieuse, seuls les moutons errant dans les alentours bêlaient bêtement en broutant de l’herbe. Un corbeau volait au dessus de l’arbre et émit un croassement qui attira le regard de la personne en dessous. Puis l’oiseau se posa sur l’une des branches et regarda au loin. Le jeune homme en dessous ne cessait de le fixer, et se plongea dans ses souvenirs.


«Je vous l’assure Monsieur Desaix, il n’y a aucun doute. »

Deux hommes se trouvaient dans la pièce, l’un assis derrière un bureau de bois aussi ancien que tout le mobilier des lieux, l’autre se tenait près de la fenêtre, ornée d’un rideau gris.

-Il pleut, dit celui qui regardait la ville avec attention par delà la fenêtre, Londres est si triste ces temps-ci.

-Monsieur Desaix, ai-je votre entière attention ?

-Non, répondit sèchement le jeune homme qui détourna à peine son regard du bâtiment d’en face séparé par la Tamise.

L’homme âgé d’une cinquantaine d’année déposa ses coudes sur le bureau et se tint le visage avec sa main. Il semblait insistant dans sa manière de parler et faisait souvent de grand geste pour exprimer ses paroles. Sa cravate verte rayé de jaune ressortait de son costume noir. Son interlocuteur était également de noir vêtu mais avait les traits de la jeunesse et le teint bien plus pâle.

-Je vous en conjure, repris le plus âgé des deux, croyez-moi, c’est lui c’est une certitude.

-Admettons que je veuille le rencontrer, où puis-je le trouver ?

-En Irlande. L’emplacement précis est indiqué sur cette carte.

L’homme assis déposa sur le bureau une carte qu’il fit glisser vers l’avant. Le jeune tourna la tête vers elle, puis leva les yeux l’air hésitant vers le moins jeune. Il s’approcha et prit la carte qu’il regarda rapidement en gardant un œil méfiant sur l’autre homme. Puis il baissa les mains et lui tourna le dos pour faire quelques pas avant de s’arrêter pour écouter son interlocuteur.

-Écoutez Louis, cet homme est peut-être le grand-père d’une meurtrière, il se peut qu’elle fréquente des…

-Il y a sûrement une formule magique pour définir une cravate aussi laide, lança-Louis sans même se retourner.

Il ouvrit la porte et quitta la pièce le pas rapide et décidé.



Le corbeau croassa puis s’envola. La cape du jeune homme trainait sur le chemin caillouteux et ondulait légèrement lorsqu’il avança vers la porte de la petite demeure. Il y resta quelques secondes puis tendit la main et frappa. Rien ne se passa. Le jeune homme retenta de frapper à nouveau, mais de manière plus intense. C’est seulement après cette deuxième tentative que la porte s’ouvrit, et laissa apparaître un vieil homme à la barbe longue. Il semblait austère aux premiers abords, mais en apercevant l’arrivant, un sourire s’esquissa sur son visage ridé et affaibli. Légèrement courbé, le vieillard se dégagea du passage et fit rentrer l’homme en noir qui venait de se présenter. La porte se referma, et on pouvait aisément discerner quelques paroles depuis l’extérieur.

Ce n’est qu’après une heure environ que le jeune homme ressortit en saluant le vieillard. Le ciel était devenu gris, et une rosée s’était imposée sur les lieux. Le visage neutre et pâle, il descendit alors la colline en direction d’une autre au loin, aussi marron que la terre humide qu’il piétinait en descendant la butte. Après avoir marché durant un long moment et s’être éloigné de la colline, le jeune homme passait près d’un pré, parmi tant d’autres. Mais alors que ses yeux ne fixaient que l’horizon, une voix le surpris et l’interpella depuis les hautes herbes.

« Tu ne devrais pas te balader par ici. »

Il tourna alors son regard vers cette voix agréable et douce. Une jeune femme était là, le regardant avec insistance. Ses cheveux bruns noisette suivaient la caresse du vent et son teint clair se confondait avec le ciel qui s’éclaircissait au loin. Quelque peu intrigué mais pas moins étonné, le jeune homme se tourna vers elle et lui répondit :


-C’est pourtant si calme.

La jeune femme sortit alors des herbes, s’arrêta à quelques mètres seulement et lui sourit. La robe qu’elle portait s’arrêtait peu après ses genoux et sa peau paraissait d’une clarté éclatante.

-La violence cause le silence… Mais l’espérance entraine la délivrance.

Le jeune homme aperçut ces deux pieds nus et en fut d’autant plus surpris.

-Vos pieds sont… N’avez-vous pas froid ?

Elle s’approcha encore un peu plus en le contournant, lui murmurant derrière lui :

-Le froid de mes veines me soulage de la douleur. Comment t’appelles-tu ?

-Je… Je m’appelle Dolentis. Que faites-vous ainsi ?

La jeune femme garda le silence, observant toujours le jeune homme qui se tenait devant elle, puis après avoir marché doucement autour de lui, reprit :

-Ce n’est pas moi… Ce n’est pas ma famille…

-Pardon ?

Tu n’as pas un nom très fréquent, tu dois avoir bien du mal à le porter.

Louis regarda la jeune femme un peu gêné. Elle tournait encore lentement autour de lui tout en l’observant. Soudainement, elle avança derrière le jeune homme et lui murmura à l’oreille :

-Dans ta tête, ils meurent…

Louis devint de marbre, comme s’il venait d’entendre un cri de souffrance. Perturbé, il se retourna après quelques instants, mais la jeune femme n’était plus là, il regarda à droite, à gauche, mais il ne la voyait plus.

-Attends ! Quel est ton nom ! Eh ! Qui es-tu ! Réponds-moi !

Quelques gouttes tombaient sur la terre, Louis chercha dans les alentours, lorsque la pluie tomba de plus en plus intensément. Il cria une dernière fois, puis se résigna et continua son chemin, se secouant lui-même pour être sûr qu’il était bien là...




quelques semaines plus tard...


« What will we do with a drunken sailor, early in the morning ! »

Une voix s’élevait depuis le chemin de pierre qui conduisait à la ville de Bantry en traversant d’innombrables forêts et prés. Les bruits de pas presque tonitruants sur les amas de roches et de cailloux se changèrent en un battement régulier sur des dalles blanches précisément taillées. Le rythme ralentit puis cessa, et la voix diminua jusqu’à disparaitre totalement.
Louis se tenait fièrement en face d’une ancre imposante qui ornait la rue de sa couleur grise, elle semblait avoir échoué en ce bas monde depuis des siècles, pourtant on pouvait clairement deviner le souci que se donnaient certains pour l’entretenir. Louis retira son chapeau et l’abaissa au niveau de sa poitrine, fronça les sourcils et observa un instant de silence.
Derrière les lignes d’habitations plus modernes, on pouvait apercevoir la verdure qui s’étalait sur des kilomètres, à l’ouest s’élevait le clocher d’une église et l’horloge qui indiquait dix-neuf heures trente, plus loin on reconnaissait aisément les flots de la baie de Bantry, sur lesquels le soleil reflétait ses rayons orangés.
La végétation prenait le dessus à cette partie de la baie, et seule une charmante demeure se trouvait au centre de la nature en expansion, on la nommait « Bantry House ». Ses jardins étaient si bien taillés et organisés que le reste des plantes ne semblait que chaos, cependant le lierre envahissait les murs, non sans ajouter un certain charme à la bâtisse, construite au début du XXVIIIème siècle.

Le Français se mit en route vers le bâtiment, d’où sortait quelques visiteurs. Louis passa sous une arche sculptée dans la pierre, et s’approcha des marches de l’entrée lorsque toutes les personnes présentes sur les lieux s’étaient en allées. Il fut alors à quelques mètres d’ouvrir les portes lorsqu’un homme d’une quarantaine d’année sortie d’une petite porte non loin des grandes, et interpella le Français.


« Qui êtes-vous et que faites-vous ici, les visites sont terminés. »

Louis se tourna vers cet homme atteint d’une calvitie appuyée et lui répondit :

- Je m’appelle Louis. Louis Lazare Hoche, je dois m’entretenir au plus vite avec Theobald Wolfe Tone ici-même.

Les yeux de l’homme s’ouvrirent en grand et ce dernier fit un large geste du bras en l’air avant de le tendre pour serrer la main de Louis avec poigne.

« Général, cela fait deux années que nous vous attentions avec vos navires, il faut que vous nous libériez du joug de ces vils Anglais ! Tone vous attend à l’intérieur avec Humbert. 1798 sera l’année de notre libération, ce sera l’année des Français ! »

L’homme repartit sur le chemin en sautillant, aussi joyeux qu’un marin ivre, se dirigeant probablement vers le pub le plus proche. Louis rangea sa baguette qu’il tendait discrètement à ses côtés depuis qu’il avait aperçu l’homme à moitié chauve, puis scruta les environs pour vérifier que personne ne l’observait, avant d’ouvrir une des deux portes de l’entrée principale et de se faufiler à l’intérieur de la demeure.
La première chose qui frappait le regard à l’entrée, était ce lustre orné d’or suspendu au plafond du grand hall, il illuminait ainsi de ses innombrables petites lueurs la quasi-totalité de la pièce, notamment les nombreux tableaux accrochés aux murs juxtaposant l’escalier principal qui se séparait en deux. Les tableaux représentaient des personnalités ayant vécu en des temps reculés, et l’on pouvait trouver quelques similitudes entre certains visages peints et des bustes sculptés dans de la pierre blanche.
Les murs sur lesquelles les portraits se trouvaient, étaient recouverts de tapisseries allant du rouge alizarine au carmin. La cheminée s’accommodait parfaitement avec les quelques fauteuils et la table basse en bois verni, tout ici inspirait la richesse. Le sol, non moins ostentatoire, était recouvert d’un dallage noir et blanc disposé exactement de la même manière qu’un échiquier.

Rien n’était encore joué, le jeu ne faisait que commencer, mais cette partie là, Louis ne voulait pas la perdre. Cependant, il lui restait encore à déterminer qui était son réel adversaire et sa présence en ces lieux en était la principale raison. Le Français s’avança au milieu du hall silencieusement en passant les colonnes de marbre, symétriquement disposées. Il marcha alors, les mains dans le dos vers l’âtre encore brasillant et attendit patiemment la personne avec qui il désirait s’entretenir, sans pour autant l’avoir averti de sa visite au préalable.

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Christine Stein
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Christine Stein, Jeu 5 Juil - 20:16:25


La lumière sourde, aveuglante d'une nouvelle journée finit par réveiller la jeune fille. Ses paupières étaient incroyablement lourdes alors qu'un songe, lointain, essayait de resurgir aux confins de son esprit embrumé. Elle soupira lourdement avant de jeter un bras sur son visage, désireuse de rester encore quelques instants dans cet état somnolent où la réalité ne pouvait l'atteindre. Là, elle n'avait pas à faire semblant, elle n'avait pas non plus à réfléchir car, dans cette douce torpeur enivrante, seule une brume chaleureuse pouvait l'atteindre.

Cependant, comme d'aucuns le savent, toute chose à une fin. Aussi, le brouillard se dissipa rapidement et laissa la dure réalité apparaître devant les yeux entrouverts de la demoiselle. Elle gémit piteusement avant de rouler sur le flanc, son regard fixer sur la fenêtre, surplombée par un épais rideau, d'où la lumière provenait. Lentement, Catherine se redressa jusqu'à ce retrouver assise sur le lit dans lequel elle avait passé la nuit. Ses pieds nus touchèrent avec précaution le plancher glacé, envoyant instantanément des frissons lui parcourir le corps, avant qu'elle ne réussisse, enfin, à se lever. Elle se dirigea à pas lents vers la lucarne et inspecta le spectacle qui se jouait devant elle avec un certain détachement.

Le ciel était pâle, nuageux, et le soleil ne semblait s'être levé que depuis peu. Les arbres, plantés au hasard sur le sol terreux, laissaient traîner sur l'herbe humide de grandes ombres rampantes sur le sol. Il n'y avait pas âme qui vive en dehors des sinistres oiseaux qui croissaient en chœur, formant ainsi un concert morbide. La nature semblait, pour ainsi dire, morte sous les prunelles fatiguées de la blonde. Pourtant, rien de ce funeste décor ne paraissait la toucher. Une personne normale n'aurait sans doute pu réprimer un tremblement de peur en entendant le récital des corbeaux, toutefois, Catherine, perdue dans ses contemplations, ne l'entendit même pas. Tout ce qu'elle percevait était les battements faibles et réguliers de son coeur.

Les secondes passaient, laissant bientôt places aux minutes qui finirent par se changer, à leur tour, en une heure.

La jeune fille resta immobile tout ce temps, figée comme une statue, jusqu'au moment où elle réussit à s'extirper de ses pensées. Bien que l'été était arrivé depuis quelques jours, la température n’atteignait sans doute pas la moyenne saisonnière. Ses bras, blancs comme la neige et parsemés de petits grains de beauté, avaient la chair de poule. Elle ne tarda pas à se diriger vers sa valise, de laquelle elle sorti une élégante robe noire -couleur qui reflétait parfaitement son humeur- et qu'elle emmena avec elle dans la salle de bain.

Une fois propre et prête à affronter la journée qui l'attendait, elle retourna près de la chaise sur laquelle jonchait sa cape avant d'enfouir sa main dans une des poche. Elle ne mit que quelques instants à trouver ce qu'elle cherchait, à savoir, un parchemin.

"Très chère Catherine, disait-il,

Tout d'abord, je suis vraiment désolée d'avoir si abruptement disparue après la mort de ton frère, mais sache que ce ne fut facile pour personne. Comme tu le sais, j'aimais énormément Emile et sa mort m'a anéantie mais j'ai du me cacher pendant quelques temps afin de ne pas être tué à mon tour. Je sais que tu comprends. Tant d'années sont déjà passées, et beaucoup de choses ont eu lieu depuis notre dernière rencontre. Il faut impérativement que je te parle au plus vite, je te donne donc rendez-vous, la première semaine de juillet, en Irlande, près de la ville de Banbridge. Une fois que tu seras là-bas, vas à l'adresse de Bantry House où tu pourras séjourner sans risque (les moldus qui y habitent ne sont jamais là). Guette le moindre signe !

Je t'embrasse tendrement,

Rosie."


Cette lettre était absolument absurde. Pourtant, la jeune fille avait instantanément reconnue sa belle-soeur dans ses quelques phrases et, aussitôt après avoir reçu le hibou, elle fit sa valise et partit sans même prévenir ses parents. Voilà un acte bien insensé, voire stupide mais surtout totalement irréfléchi que la soprano ne regrettait pas pour autant. La femme qu'elle allait confronter d'ici peu était peut être la seule qui pourrait l'aider à savoir, enfin, qui avait assassiné son bien-aimé frère. Et cette découverte n'avait pas de prix, aussi elle n'hésita pas une seconde avant de partir pour l'Irlande, écrivant un rapide message à ses parents durant le trajet qui ne prit que quelques heures. Elle ne reçut pour réponse qu'un simple et glacial "D'accord." accompagné de la signature de son père et du sceau des Daaé.

Pour en revenir au présent, le soleil avait bien avancé sa course vers le zénith lorsqu'elle se décida enfin à sortir de la chambre dans laquelle elle séjournait, à l'insu de ses réels propriétaires, bien entendu. Le bâtiment, déjà imposant de l’extérieur, cachait de grandes pièces meublés avec goûts bien que parfois un peu trop pompeux. Les murs étaient couverts d'une belle tapisserie, douce comme du velours, et étaient , de temps à autres, décorés par d’impressionnants portraits. Les meubles étaient toujours finement taillés et reposaient sur un parquet en ébène étincelant.

Puis, alors que Catherine admirait avec étonnement la demeure -ainsi, les moldus n'étaient peut être pas si inférieurs aux sorciers ?- elle entendit une voix âgée et surprise l'interpeller.

- Mademoiselle ? Que faites-vous ici ?Ses yeux bruns luisaient de suspicion alors qu'elle s'avançait vers la jeune fille. Sa blouse blanche et le plumeau qu'elle serrait entre ses doigts ridés ne laissait aucun doute quant à son poste dans la maison. C'était la gouvernante.

- Oh, vous ne vous souvenez plus de moi ? s'enquit doucement la soprano. Ses grands yeux assimilés à son visage angélique faisaient d'elle l'incarnation même de l'innocence. Je suis Emma, la nièce des propriétaires. Je suis arrivée hier, je pensais que mon oncle vous avait prévenu de ma visite.

- Miss Emma ! Ah, bien sûr que je me rappelle, voyons ! Un sourire radieux étendit ses lèvres sèches, dévoilant des dents plus ou moins saines. La sorcière fit de son mieux pour cacher un rictus de dégoût et lui offrit à son tour son plus beau sourire. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait réussit à manipuler la vieille femme aussi facilement, sans doute cette dernière n'avait pas bonne mémoire.

-J'en suis ravie. Auriez-vous la gentillesse de me faire visiter ? Mon oncle m'avait dit qu'il le ferait, mais, visiblement, il n'est pas là.

- Bien sûr, Miss. Suivez-moi donc, ensuite je vous ferais un bon repas. Vous me semblez n'avoir que la peau sur les os !

Et la journée se passa paisiblement, la domestique laissant sans problème une étrangère vivre dans la noble demeure sans le moindre problème tandis qu'elle s'acharnait à faire luire chaque meuble. Catherine, quant à elle, resta la plupart du temps cloîtrée dans sa chambre, désespérément collée à la fenêtre. Son regard argenté ne cessa jamais d'arpenter les alentours, cherchant désespérément le "moindre signe" dont Rosie parlait. Mais rien ne vint.

Du moins, pas avant le soir.

Car, lorsque les ombres recommençait à courir sur le sol, une ombre commença à apparaître entre les arbres, avançant sur le chemin de terre d'une allure déterminée. La silhouette, masculine de toute évidence, continua de marcher jusqu'à ce trouver à quelques mètres de la porte où un moldu chauve l'interpella. Durant leur brève discussion, la Française eut le temps d'observer plus attentivement le nouvel arrivant et ne réprimer un léger sursaut lorsqu'elle approfondit son examen. Le jeune homme n'avait pas du tout l'air d'être du pays ce qui incita la demoiselle à croire que, peut être, s'agissait-il là de son fameux signe. Était-ce possible que Rosie, déjà au courant de l'arrivée de sa belle-soeur, avait envoyée ce jeune homme la chercher? La sorcière ne réfléchit pas même l'espace d'une minute avant de faire son choix. Elle se précipita à toute allure vers l'escalier et descendit les marches souplement. Sa démarche était aussi silencieuse que celle d'un fantôme.

Une fois arrivée dans le hall, la jeune fille s'arrêta et se dissimula dans l'ombre pour ne pas être remarqué. Tapit contre le mur, elle essaya de faire le moins de bruit possible tandis qu'elle se déplaçait avec la grâce d'un félin. Le bruit de ses talons -pourtant quasiment inexistants- était plutôt bruyant lorsqu'ils frappèrent le carrelage. Prenant une profonde respiration et sentant son coeur battre furieusement contre sa poitrine, elle s'avança finalement près de la cheminé où le jeune homme, dos tourné face à elle, attendait. Le silence demeura encore quelques instants avant qu'elle ne le brise de sa voix cristalline.

- Bonsoir, Monsieur. Puis-je vous demander qui vous-êtes ? s'enquit-elle avec l'assurance d'une actrice, ses iris luisants dans la pénombre comme ceux d'un chat.




Dernière édition par Catherine Daaé le Jeu 19 Juil - 3:35:48, édité 2 fois
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Louis Desaix
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Louis Desaix, Ven 6 Juil - 1:41:08


Le premier pion venait de s’avancer, il s’agissait là d’une jeune demoiselle, élégante et charmante qui correspondait à la description que le vieil homme lui avait exposée dans la maisonnette de Down. Il n’y avait nuls doutes, car selon le vieillard, il s’agissait là d’une adolescente faisant plus que son âge, dont la chevelure blonde se boucle en une multitude de courbes et d’ondulations. Il disait en y repensant, voir cette jeune cantatrice se pavaner sans le moindre intérêt devant les fleurs de sa maison en imitant les oiseaux qui venaient s’en approcher, mais peut-être n’avait-il plus toute sa tête à cet âge avancé.

Qu’importe, malgré son bon tempérament, ce n’était qu’un élément permettant de résoudre l’incroyable énigme, qui s’apparentait plus à une enquête dont tous les témoignages et informations convergent en un point précis. C’était ce point que Louis recherchait, et son implication pour mettre la main dessus était aussi vaste que la raison pour laquelle il voulait trouver cette pièce manquante. Sa mission débutait en cette demeure au cœur de la baie de Bantry, où il était sensé retrouver cette personne, présente alors derrière lui, et à qui il s’adressa de la manière suivante :


-La question n’est point qui suis-je, mais que viens-je faire ici. Vous devez être Catherine si mes sources s’avèrent fiables. La raison de ma présence n’en demeure pas moins évidente, c’est à propos de votre défunt frère Émile, ou plus exactement de ce qui le mena à la mort. Selon mes informations, Émile se serait entiché d’une jeune sorcière du nom de Rosie. Je suspecte cette jeune femme d’avoir d’étroites relations avec un mangemort ayant déjà commis des actes meurtriers. Après avoir contacté le grand-père de ladite Rosie, la seule information qu’il me laissa fut que vous eussiez savoir où elle se trouve de nos jours.

Le Français n’avait pas directement posé de questions, cependant il n’en attendait pas moins une réponse concrète. Il fixait toujours le cœur des flammes comme s’il fut attiré dans ce brasier infernal, et il ne tarda pas à se remémorer la conversion qu’il eut avec le grand-père de Rosie, le vieil homme paraissait se soucier autant de sa petite-fille que de ce qu’il laissait sur le feu, c'est-à-dire très peu. Ainsi dont il n’avait pas eu de contacts assez récents avec elle pour savoir exactement sa position, ou ne serait-ce que sa situation. Le fait qu’il sache où se trouvait Catherine, qu’il devait connaître si peu, étonna d’autant plus le jeune homme, qui de toute manière aurait finit par trouver un moyen de remonter jusqu’à la source du problème, à savoir mettre la main sur le coupable.

Mais il se tenait là auprès de Catherine, dans la prestigieuse demeure de Bantry House. Son attention fut retenue par le fait que cette bâtisse appartenait depuis des générations à une riche famille moldue, et que la jeune femme n’avait sûrement aucun lien que se soit par le sang ou par le mariage. Nombreux sont les sorciers rusant afin d’occuper temporairement une habitation, néanmoins à cet âge là, il n’était pas décent d’agir de la sorte. Ceci s’ajouta dans l’estime qu’avait Louis par rapport à cette jeune fille, le reste étant sa faculté à surmonter la disparition de son frère assassiné. Ce qui devait être un pion s’avérait avoir une place infiniment supérieure, et Louis se devait alors de revoir le jugement qu’il se fit de Catherine.

Il aurait mieux valu qu’il parût de manière moins vive en sa résidence, cependant la nécessité de s’entretenir prestement avec la personne que constituait Catherine, afin de s’approcher de son but initial, s’avérait être plus présente au sein de son esprit qu’il eût pu croire. Mais il espérait un entretien utile, dans l’optique d’obtenir les renseignements nécessaires à sa quête. Et si Louis n’avait pas par habitude de laisser de témoins, celui-ci possédait une dimension dissemblable, car cette jeune femme demeurait la clé de la réussite, et en même instant, la faille pouvant faire entrave à ce même accomplissement.

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Christine Stein
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Christine Stein, Sam 7 Juil - 4:57:00


La nouvelle tomba comme une hache, aiguisée et effroyable. Le voilà, le tant attendu signe que la jeune fille avait passé la journée à guetter. Il s'agissait d'un jeune homme, tout de noir vêtu et dont le regard, souligné par de sombres cernes, semblait impénétrable. La couleur de ses iris rappelait étrangement l'obscurité d'une nuit sans lune, alors que, parallèlement, la lueur d'un esprit vif étincelait dans les yeux sombres de l'inconnu. Oui, inconnu, car bien qu'il était évident qu'il savait à qui il faisait face, Catherine, elle, n'avait pas la moindre idée quant à l'identité de cette mystérieuse personne qui déclarait avoir des pistes sur l'origine criminelle de la mort d'Émile.

Mais la soprano ne laissa pas paraître son désarroi, grande actrice d'opéra qu'elle était, et garda un visage stoïque lorsqu'elle s'approcha à pas mesurés du foyer. La danse suave des flammes pouvait être un spectacle envoûtant, cependant, elle ne parvint pas à hypnotiser la demoiselle cette fois. Cette dernière était bien trop absorbée par ses réflexions et sa volonté de cacher le choc qu'elle venait de subir. Son menton était fièrement levé en l'air, vaine tentative de paraître plus grande afin que l'écart qui séparait les deux individus paraisse moins important. Son apparente confiance ne trahissait aucunement la malaise qu'elle ressentait.

Le Hall était aussi silencieux qu'un cimetière à la nuit tombée. Peut être était-ce parce que, justement, il en était un pour Catherine. Là, au milieu du damier noir et blanc qui couvrait le sol, mourraient les croyances d'une fillette innocente et naïve. Ses lèvres étaient scellées par l'émotion étouffante qui l'enveloppait dans une étreinte accablante. Le silence se faisait lourd et fracassant. Les prunelles de la Française devinrent alors tourmentées et furent emplies d’incommensurables douleurs lorsqu'elle se risqua à regarder son voisin.

« Les yeux sont les fenêtres de l'âme. » G. Rodenbach.

- En effet, vos sources ont dit vrai, du moins, en ce qui concerne mon identité. Sa voix était posée, froide, et ne laissait transparaître aucun sentiment alors qu'elle se tenait avec une droiture propre aux danseurs. Je connais Rosie depuis de nombreuses années, qu'avez-vous comme preuve pour l'accuser ainsi d'avoir été la complice des meurtriers de mon frère? D'ailleurs, je serais curieuse de savoir en quoi sa mort vous concerne, Monsieur.

La jeune fille dévia son regard vers une horloge ancestrale collée à un mur. Le pendule se balançait de droite à gauche, imperturbable et immortel, sans que rien ne semblait jamais l'atteindre. Était-ce puéril de se sentir jaloux d'un objet? Une chose dénuée de coeur, de sentiments, d'âme.. La disparition de la souffrance ne pourrait exister que dans un monde chimérique et parfait. Un monde imaginaire en soit auquel Catherine ne pouvait que rêver d’appartenir tout en sachant que ce ne pouvait être possible. Le gout amère de la trahison se rependait en elle comme un poison.

« La noirceur porte plus d'un masque, mais aucun n'est aussi dangereux que celui de la vertu.» I. Crane

Car, bien qu'une part d'elle ne pouvait croire en l'infamie dont Rosie était accusée, un doute avait toujours plané sur l'innocence, possiblement fictive, de cette dernière. L'incertitude la dévorait comme l'aurait fait un démon. La sorcière ferma les yeux et se concentra sur les battements réguliers de son coeur, sa respiration calme tandis qu'elle s'évertuait à maîtriser ses émotions avec dignité. Son éducation, pour le moins stricte et rigoureuse, lui avait appris à ne jamais montrer son trouble en présence d'étranger.

Quelques secondes muettes passèrent alors que les aiguilles continuaient de tourner. Catherine rouvrit enfin les paupières et délaissa l'horloge pour affronter le jeune homme. Un triste sourire étira ses lèvres mais n'atteint pas son regard qui, lui, demeura glacé lorsqu'elle reprit la parole, sa voix plus douce cette fois.

- Mais je suppose que vous avez vos raisons. Peut être auriez-vous l’obligeance de me les expliquer, Monsieur..? Quel est votre nom ? Je crains de ne pas l'avoir entendue.
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Louis Desaix
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Louis Desaix, Dim 8 Juil - 2:11:39


« En effet, vos sources ont dit vrai, du moins, en ce qui concerne mon identité. Je connais Rosie depuis de nombreuses années, qu'avez-vous comme preuve pour l'accuser ainsi d'avoir été la complice des meurtriers de mon frère? D'ailleurs, je serais curieuse de savoir en quoi sa mort vous concerne, Monsieur. »

A ces mots, Louis demeura silencieux. Des preuves, le jeune Français n’en avait guère, cependant il était venu récolter des indices. Mais quelque chose lui inspirait un sentiment étrange, cette impression de déjà-vu qui prenait alors son esprit et captiva son entière attention. Ce visage lui disait quelque chose, cette voix semblait revenir en lui comme un écho de son passé, qui revenait sans cesse au même rythme que balançait le pendule dans la pièce.
Des images lui parvenaient momentanément comme la lune apparait puis se cache derrière les nuages ne laissant que cette lueur infime qui perce les ombres. Des planches. Ces séquences si courtes que l’on ne parvient pas à en déceler le sens. Une salle. Le souvenir d’un certain son se fait parfois emmètre et ressurgit d’un lointain évènement. Des applaudissements. Puis en un instant, il s’évapore et le silence reprend la place comme pour briller d’une telle retenue, le calme après l’effroi de la tempête. Alors il suffit d’un regard pour que tout soit clair.

Les yeux sont les fenêtres de l’âme. Dès que quelque chose tape dedans, ils se brisent et laissent passer les courants d’air à l’intérieur. Louis sentait son âme allégée par un vent revigorant lorsqu’une pensée lui fut insufflée en un instant, il se souvenait d’elle, il y a longtemps en France, à l’opéra. Oui c’était ça, il venait enfin de trouver l’origine de cette impression décalée, et avait désormais les idées en place. En revanche son enquête était vivement à la recherche ne serait-ce que d’un léger alizé pour pouvoir avancer. La partie tournait à son désavantage, le jeune homme qui avait désormais la sensation que l’on venait de déceler sa stratégie, décida de prendre les devants et porter un coup de maître.

Premièrement, attendre une réaction de l’adversaire et laisser la tension le dominer. Deuzio, laisser l’ennemi avancer ses pions. Ensuite, analyser son angle d’attaque et détourner l’attention. Quarto, feindre la retraite. Enfin, revenir au moment propice pour porter le coup décisif à l’adversaire.

« Mais je suppose que vous avez vos raisons. Peut être auriez-vous l’obligeance de me les expliquer, Monsieur..? Quel est votre nom ? Je crains de ne pas l'avoir entendue. »

Une avance peu prudente en considérant le fait que sa défense finirait bien par céder sous le poids du masque. Le Français reprenait l’avantage, il possédait maintenant toutes les chances de son côté, c’était à lui de jouer, sa stratégie était imparable, ses coups étaient parfait.


- Je le crains aussi, c’est fort regrettable… Cependant je suspecte Rosie tout simplement parce qu’elle a partagé la vie d’Émile. Toute personne ayant eu un lien avec Émile figure parmi la liste des suspects et vous devez absolument me confier où Rosie se trouve actuellement, pour que je puisse l’en écarter. C’est aussi simple que cela.

Louis fixait avec attention le regard de la jeune femme afin d’y découvrir les dessous de ses paroles si peu entrainante pour un comportement physique si affirmé. Elle avait là toute les qualités d’une comédienne en plein jeu, et qui pourtant semblait désarçonné intérieurement. Du moins elle se devait de l’être car cela aurait été un handicap de plus pour le Français, et une preuve que sa stratégie se présenterait comme erronée.
Il se détourna alors de la façon la plus naturelle qui soit, il y avait dans ce geste, toute la maîtrise d’un professionnel, comme si d’un simple demi-tour il parvenait à orienter la psychologie de son interlocuteur à son gré. Encore fallait-il qu’elle soit assez exposée à se faire manipuler, de toute façon, Louis avait la situation en main, conscient de cela il pouvait ainsi se permettre quelques écarts pour éventuellement mieux connaître Catherine, sans pour autant trop se dévoiler.

Quel triste destin que celui d'Émile, ce pauvre Cracmol innocent. Sur les lèvres de certain, Cracmol et innocent n'auraient jamais pu se former dans le même instant, si ce n'est pour opposer l'un à l'autre. La peine du Français n'aurait pas été supérieure à cela si le responsable du crime n'en avait pas également commis un autre, qui s'avérait celui-ci bien plus proche et pénétrant pour Louis.

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Christine Stein
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Christine Stein, Dim 8 Juil - 23:21:13


Le regard de Catherine devint étrangement vide. Inexpressif. L'âme qui se cachait derrière ne semblait plus être dans le pièce. Sans doute s'était-elle perdue dans quelque univers abstrait et fantasmagorique. Qui sait ? L'enveloppe charnelle de la jeune fille était bien là mais son être, la chose qui faisait d'elle ce qu'elle était, avait disparu dans les limbes de ses souvenirs.

Devant elle se trouvait dorénavant le Public flou, avide et exigeant, qui regardait avec désinvolture l'avenir des comédiens se jouer devant Lui. Car, pour Lui, ce n'était qu'une prestation comme une autre, un spectacle frivole pour s'occuper le soir. Mais pour les quelques personnes qui se mouvaient sur la scène, animés comme d'étranges et gracieux pantins sans fils, cadencés avec une précision presque effrayante, pour eux, donc, c'était leur vie qui était en jeu. Et parmi toute cette foule de marionettes se trouvait la jeune Mademoiselle Daaé. Héritière d'une célèbre cantatrice, la ballerine portait sur ses frêles épaules le poids des espoirs de beaucoup de personnes et ne pouvait par conséquent pas se permettre la moindre erreur. Vêtue d'une jupe à voile et d'un bustier blanc, la petite virevoltait souplement sur le parquet sans émettre le moindre son. Toutefois, la danseuse de onze ne parvenait pas à se concentrer sur les pas qu'elle devait effectuer. En effet, ses yeux, mi-clos, ne cessaient de chercher dans la masse la présence réconfortante d'un visage familier que jamais elle ne trouva. Car, lorsque le rideau tomba ce soir-là à l'Opéra Garnier, ce ne fut pas seulement la fin d'un spectacle mais aussi celle d'une vie; Emile mourut alors qu'avait lieu le dernier rappel.

La pendule sonna vingt heure, ramenant ainsi Catherine au présent à l'aide de son doux carillon. Son visage était toujours impassible alors qu'elle prenait doucement sa respiration, ses yeux humides et luisants tels deux diamants . Elle passa une main pâle sur sa joue, essuya discrètement une larme qui venait de couler silencieusement sur sa joue et réussi, malgré tout, à garder son masque d’indifférence - feinte - lorsqu'elle s'adressa une nouvelle fois au jeune homme:

- Donc, selon votre raisonnement, je suis aussi suspectée. N'est-ce pas ? La maîtrise dont elle faisait preuve était spectaculaire compte tenu des émotions qui l’étouffaient. Quant à votre question, j'aimerais d'abord connaitre votre identité avant de vous confier où se trouve ma belle-soeur. Après tout, que sais-je de vous ? Vous m'excuserez, Monsieur, mais je préférerais connaitre l'identité de mon interlocuteur avant de lui répondre.

Un sourire énigmatique se dessina aux commissures de ses lèvres, dévoilant petit à petit une dentition parfaite et blanche. En toute honnêteté, le cynisme dont le jeune homme semblait faire preuve était quelque chose qu'elle admirait. Ses personnages de romans favoris possédaient toujours cette singulière capacité propre aux personnes possédant de l'esprit. Une étincelle brillait dans ses prunelles argentées alors qu'elle observait le profil du mystérieux individu à la chevelure sombre. La soprano se rendit soudainement compte que son visage ne lui était pas tout à fait inconnu, pourtant elle était certaine de ne l'avoir jamais croisé à Poudlard ou en Grande Bretagne. Se pouvait-il qu'ils se soient rencontrés à Paris ?

Catherine se détourna et s'éloigna de la cheminée, confuse. Le bruit de ses pas était à peine perceptible jusqu'au moment où elle atteint une grande fenêtre qui donnait sur le jardin. Elle admira les massifs de fleurs soigneusement taillés en songeant qu'elle pourrait bientôt aller les voir de plus près. Le crépuscule commençait à répondre de longues traînes d'ombres sur le sol et amenait avec lui la tranquillité de la nuit. L'esprit de la demoiselle ayant tendance à rapidement s'égarer, elle eut rapidement oublier la présence du jeune homme et se mit à fredonner rêveusement, envoûtée par la beauté de la nature. Mais dans ce charmant tableau, divinement coloré par les rayons orangés du coucher de soleil, apparu une ombre. Perché sur un vieux chêne, près de l'arche en pierre, se trouvait un étrange corbeau au regard bien trop vif pour un simple volatil. Sentant de toute évidence les yeux de la Française posés sur lui, il tourna sa tête vers elle avec une rapidité hallucinante.

L'oiseau se mit tout à coup à croasser furieusement dans sa direction avant de prendre son envol, ses grandes ailes noires se déployant majestueusement autour de lui alors qu'il planait vers la grande bâtisse. Enfin peut être serait il plus approprié de qualifier le corbeau d'«elle » car, tout à coup, il se métamorphosa en une silhouette humaine et féminine. Une cape noire était solidement enveloppée autour de la femme, une capuche couvrant sa tête brune. Elle leva lentement son visage, dévoilant son visage par la même occasion sous les faibles et derniers rayons de soleil.

- Rosie...?
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Louis Desaix
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Louis Desaix, Lun 9 Juil - 4:46:40


« Donc, selon votre raisonnement, je suis aussi suspectée. N'est-ce pas ? Quant à votre question, j'aimerais d'abord connaitre votre identité avant de vous confier où se trouve ma belle-sœur. Après tout, que sais-je de vous ? Vous m'excuserez, Monsieur, mais je préférerais connaitre l'identité de mon interlocuteur avant de lui répondre. »

Louis était persuadé que cette réponse allait s’échapper des lèvres de Catherine. Quel courage de tenir tête ainsi à un inconnu qui pourrait très bien l’expédier dans la tombe, car même si sa nouvelle fonction l’obligeait à garder une certaine discrétion quant à ses actes peu légaux, le Français n’aurait pas hésité à faire ce qu’il fallait pour parvenir à ses fins. Cependant son intention ce soir ne consistait pas à se risquer en éliminant les intermédiaires, et même si cela aurait dû être le cas, Catherine lui inspirait un certain quelque chose qu’il ne pouvait qualifier mais qui l’empêchait de lui faire du mal. Serait-ce de la pitié ?

Il y a déjà bien longtemps que le jeune homme n’en avait pas éprouvé, et ce n’était pas du jour au lendemain qu’il allait ressentir ce sentiment si faible et déshonorant. L’estime quant à elle pouvait peut-être plus s’apparenter à cette force invisible et pourtant imposante. La voyant se détourner en s’approchant de la fenêtre fit prendre conscience à Louis que son action allait sûrement trop loin, cette femme avait l’air si jeune, si vulnérable.
Le Français se retira silencieusement vers la porte, s’apprêtant à partir, il s’exprima clairement avec une pointe d’ironie dans ses mots.


-Quel dommage que vous ne fassiez pas preuve de coopération mademoiselle. Cela aurait pu éviter certaines choses qui me seront hélas nécessaires. Sachez que la mort d’Émile me concerne plus que vous ne le croyez. Les assassins de votre frère n’en étaient pas à leur premier méfait. Bien au contraire… Mais tout cela ne m’empêchera pas de mettre la main sur…

Lorsque que le Français ouvrit la porte en même temps de prononcer ces sortes d’adieux, il ne s’attendait pas à voir sur le pallier une jeune femme vêtue de noir. Encore moins celle qu’il avait croisé il y a quelques semaines sur la route dans le comté de Down. Elle le fixait avec ce même regard emplit de mystère et cherchant à semer le trouble dans la tête de celui qu’elle observait. Louis resta stoïque face à cela et ne se contenta que de tenir bien fixement la porte dans sa main gauche, tout en gardant la droite non loin de sa baguette. Au même moment, il perçut un murmure venant de derrière lui, la voix de Catherine se reconnaissait aisément.

« Rosie… ? »

Rosie. S’il l’avait su auparavant, le Français se serait évité le déplacement ici-même et de déranger par la même occasion la jeune sorcière derrière lui. C’était donc elle qui l’avait tourmenté dans les hautes herbes de Down, mais par quel heureux hasard avait-il pu tomber sur elle en ce jour ? Et par quel malheureux hasard n’avait-il pas pu savoir plus tôt que c’était Rosie ! Ainsi va le monde, pensait-il au fond de lui-même, l’essentiel étant qu’il parvenait enfin à venir à elle. Dans le cas présent, c’est plutôt elle qui venait à lui, le camp opposé venait de mouvoir son jeu de telle sorte qu’il s’exposait à une attaque décisive, et cette occasion, Louis ne devait pas la rater. Une fois de plus il allait improviser sa stratégie.

Le jeune homme dont les soupçons envers Rosie ne cessaient d’augmenter, avec un sourire inspirant la sympathie, malgré le fait qu’il ne la ressentait guère, clama de cette voix qui concordait peu avec l’expression de son visage, où l’on pouvait lire une rancœur naissante :


-Rosie, nous parlions justement de toi. Cela peut paraître un peu brusque mais je voudrais savoir quelle sensation tu as ressentie lorsque tu as trahi Émile et l’as condamné à une mort atroce en le livrant aux mangemorts. Ton propre compagnon… Comment as-tu pu…

Le Français avait de plus en plus de mal à contenir sa haine, si Catherine n’était pas présente à ses côtés, peut-être la situation aurait-elle déjà tournée au drame. Une tension vivace s’imposait dans la pièce, qui s’était obscurcie par la tombée de la nuit et c’est dans cette atmosphère lugubre qu’à chaque instant, tout pouvait se dérouler de façon irrémédiable.

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Christine Stein
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Christine Stein, Jeu 19 Juil - 22:22:52


La venue soudaine de la jeune femme engendra la pâleur cadavérique de Catherine qui se rependit sur son visage à une vitesse effarante, ses beaux yeux en amande se cernant en un instant. Elle chancela, prête à tomber, avant de surmonter cette défaillance passagère et inattendue. Son regard était fixe, vitreux et rappelait celui d'une insensée, tandis que deux perles , lourdes et traîtresses, ruisselaient sur les pommettes d'ivoire de la soprano.

Sa respiration était haletante alors qu'elle entendait, au loin, le jeune homme s'adresser à Rosie d'une voix grave et emplie d'une profonde haine. Cependant, cet afflux de mots fielleux n'était pour Catherine qu'un bourdonnement assourdissant auquel se mêlait les battements frénétiques de son pauvre coeur. Son esprit était engourdi dans une brume nébuleuse, diffuse et insaisissable qui l'empêchait de réfléchir - ou même de penser- avec cohérence.

« Comment as-tu pu… »

Cette question retentit tragiquement dans l'air pendant quelques interminables et, paradoxalement, brèves secondes. Un nouveau silence tomba pesamment dans le Hall, la tension dans l'air se faisait presque palpable tant elle était présente. La sorcière à la chevelure dorée avait les lèvres scellées par l'évidence qui se lisait sur les traits de celle qu'elle avait toujours supposée innocente. Un aveugle aurait pu voir la panique, mâtinée à l'horreur, apparaître dans les prunelles marrons de Rosie. Il n'y avait plus aucun doute quant à son implication réelle dans le meurtre de son amant. Sa peur l'avait démasquée comme l'aurait fait la main juste de la Vérité.

« Le fourbe est transparent, tout regard le pénètre ; la trahison devient la chair même du traître.» V. Hugo

Catherine se sentit défaillir, pauvre ignorante engloutie par la lourdeur que lui infligeait l'horreur de cette révélation. En cet instant fatidique, la jeune fille réalisa qu'une partie d'elle était morte avec l'affection qu'elle éprouvait pour sa belle-soeur. Le visage cadavérique de la Française aurait pu rendre jalouse la Camarde tant elle était pâle, livide ainsi que dénuée de toute émotion. Personne n'aurait su dire si une âme vivait encore dans la dépouille inerte, toujours dressée sur ses jambes chétives, dont le seul mouvement perceptible était l'élévation irégulière de sa poitrine lorsqu'elle respirait.

Debout, face à elle, Rosie restait comme interdite. Ses yeux bruns vacillèrent furtivement entre la sorcière blonde et la jeune homme à côté d'elle. Plusieurs sentiments traversèrent simultanément les prunelles, presque mordorées, de la jeune femme. Parmi eux, la surprise, l'étonnement, mais aussi la crainte et l'effrois furent les plus visibles.

« Comment as-tu pu… »

Cette même phrase résonnait encore dans le silence pesant qui habitait le Hall, son ampleur s'encrant profondément dans l'être tourmenté qu'était alors Catherine. Toujours cette même question dont la réponse ne pouvait, de toute évidence, pas être dotée de la moindre logique mais d'une malfaisance incompréhensible. L'univers qui entour les trois individus semble être dans l'expectative jusqu'au moment où, enfin, la blonde s'échappe de l'hypnose dont elle était la prisonnière. Des flots de tumultueuses souffrances et d'impérieuse agonie la font chavirer quelques secondes avant d'être balayés par un puissant sentiment de rage destructrice. Et si son charmant visage restait impassible, ses iris argentés, eux, étaient d'une éloquence sans pareil.

- Rosie, je veux t'entendre le dire, ordonna soudainement la demoiselle, sa belle voix de cantatrice retentissant avec éclat entre les murs. Je veux que tu avoues avoir tué Émile, maintenant. Elle fit une pause et scruta la jeune femme avec un réel mépris. Je regrette, ô combien je regrette de ne pas avoir écouté Père. Il avait raison, mais je ne pouvais pas le croire... Je refusais de voir la vérité, qui, maintenant, se lit clairement sur ton visage.

Puis, sur ces mots plus tranchants que l'aurait été l'épée de Gryffondor, elle sortit sa baguette d'un pli de sa longue robe victorienne et la pointa en direction de son ennemie. Cependant, avant même qu'elle ne puisse atteindre la hauteur de son adversaire, celle-ci disparu en un nuage sombre et dans lequel la silhouette volatile d'un corbeau se dévoila. Ses grandes ailes noires se mirent instantanément à battre la brume noirâtre qui l'entourait alors qu'il se dirigeait vers la fenêtre pour s'enfuir. Le bruit du verre tombant avec fracas sur le carrelage fut assourdissant et apporta une dimension encore plus théâtrale à la scène qui se jouait dans l'enceinte de Banty House. Mais l'acte n'était pas encore terminé.
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Louis Desaix
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Louis Desaix, Ven 20 Juil - 18:51:11


Le Français ne savait pas vraiment si Catherine venait d’agir sous l’effet de la peur ou de la colère, mais dans tous les cas, celle-ci venait ostensiblement de l’aveugler. Quelle erreur avait-elle fait en menaçant Rosie de sa baguette, qui n’eut d’autre effet que de faire fuir cette dernière. Il la tenait, il la tenait enfin, et voilà qu’elle lui échappait sous ses yeux. Il tenait son adversaire en échec et on venait de déplacer la pièce centrale ruinant ainsi toute sa stratégie. Mais la partie n’était pas perdue…

Une fois la vitre brisée en un bruit fracassant, Louis s’avança près de la fenêtre, marchant sur les débris et morceaux de verre craquelant sous les pieds. Il s’agenouilla et se saisit d’une plume qui demeura à l’intérieur malgré la fuite du corbeau dont Rosie venait de prendre l’apparence. Le même corbeau qui le fixait étrangement, perché sur son arbre dans le comté de Down, il savait désormais comment Rosie avait pu le suivre jusque sur le chemin. Elle était au courant de sa venue à Bantry, elle savait que Louis viendrait rendre visite à Catherine, ce pourquoi elle avertit cette dernière. Le Français était certain que l’animagus s’était présenté ici pour tenter de persuader la jeune Française de son innocence, mais aux yeux de tous, il n’y avait aucun doute, elle avait quelque chose à voir avec la mort d’Émile, son défunt fiancé et frère de Catherine.

Le Sang-Pur se redressa et observait la jeune femme, d’un air accusateur, ce n’est qu’après un court silence qu’il tendit la plume et en la fixant, s’adressa à Catherine :

-J’espère que vous êtes satisfaite de vos actes. Mais ne nous attardons pas, il faut absolument la retrouver, si elle a pu s’en prendre à son compagnon, il y a de forte chance que vous ne soyez plus en sécurité mademoiselle. Je vous en prie, dîtes-moi où pourrait-elle se trouver en ce moment ? Si vous ne voulez pas le faire pour moi, faîtes le pour Émile…

Cet argument serait de taille pour convaincre la Française de l’aider, alors que pendant ce temps, des bruits de pas se faisait entendre au plafond et descendait un escalier, on approchait. Qu’auraient dit les propriétaires de cette demeure quatre fois centenaire, s’ils apprenaient que leur salon venait d’être amputé d’une fenêtre. Et le vacarme de sa destruction avait probablement attiré l’attention de la femme de ménage moldue qui s’occupait des lieux pendant leur absence. Il fallait alors absolument que Catherine délivre se qu’elle savait de l’emplacement de Rosie.

Autrement le Français n’aurait d’autres choix que de recourir à des méthodes, disons moins agréables, mais d’autant plus efficaces. Cependant cette nuit-là, il voulait éviter la moindre effusion de sang, le moindre sort inopinément lancé, et par-dessus tout, il aurait été dommage de s’attaquer à une jeune femme aussi innocente. Il s’agissait de ne pas rajouter aux dégâts que la fuite de Rosie avait causé, matériellement dans le manoir et émotionnellement dans la tête de la jeune Française, sur qui Louis espérait pouvoir compter.

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Christine Stein
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Christine Stein, Jeu 9 Aoû - 17:13:53



Le silence, en cette heure épouvantable, régnait tel un roi dans un monde chaotique. Son souffle irréel était plus glacé que la main d'un mort alors qu'il caressait doucement, oserait-on dire sournoisement ?, le cou nu de Catherine. Un violent frisson prit alors possession de cette dernière qui, impuissante face à cet être invisible et mortel, ne put retenir un soupir frémissant. La jeune fille ferma alors les yeux avant de parler d'une voix faible, étouffée par l'étau que formait les sentiments sur sa gorge nouée, alors que son corps, ainsi que son esprit, perdaient la chaleur accablante que lui avait apporté la fureur. Seul demeurait en elle une froideur salvatrice.

-Je suis désolée, croyez moi, mais mon intention n'était nullement de la faire fuir. Cependant, je ne me confondrais pas en excuses car cela ne changerait rien à notre... situation actuelle et serait pour le moins inutile. Ses paupières se soulevèrent subitement pour permettre à ses iris grisâtres de croiser le regard impénétrable du jeune homme. Laissez-moi juste quelques instants pour aller chercher ma valise et je vous conduirais à Rosie. Le prénom sortit de ses lèvres comme un blasphème, un mot hideux dont la prononciation lui était presque impossible et auquel était lié des connotations de haine et de mépris absolus. Attendez moi ici, s'il vous plait.

Puis, elle quitta le Hall sans plus de cérémonie, le bruit de ses semelles contre le carrelage résonnant dans l'air comme le glas éclatant d'un mauvais rêve. Et alors que la sorcière se hâtait pour atteindre au plus vite sa destination, elle ne put s'empêcher de remarquer qu'il résidait toujours entre les épaisses cloisons qui séparaient les pièces les unes des autres cette présence inébranlable et muette que créait l'absence de son. Il n'y avait pas un murmure, pas un soupire, ni même un souffle qui pourrait témoigner d'une éventuelle vie qui habiterait l'immense bâtisse. Tout n'était que silence.

Une fois arrivée au premier étage de la demeure, Catherine se dirigea à vive allure vers la chambre qu'elle avait occupée précédemment et qu'elle supposait être, comme tout le reste de Barty House à cette heure là, dépourvue de toute âme faisant partie du monde des vivants. Cependant, lorsqu'elle fut rendue devant la porte qu'elle recherchait, elle fut surprise de découvrir que la pièce n'était plus aussi vide et silencieuse qu'auparavant. Car, à l'instant même où la sorcière eut posée sa main sur la poignée dorée, la voix quelque peu nasillarde de la vieille servante moldue se fit rapidement entendre dans le couloir.

-Le maître n'a pas de frère, ni même de sœur, Mademoiselle. Il n'a qu'une fille et celle-ci est veuve, n'a pas d'enfant, et ne vient jamais sans prévenir, déclara-t-elle suspicieusement alors que la Française apparaissait dans l'entrebâillement de la porte. Son visage était tout aussi expressif qu'une statue et ses prunelles froides perpétuellement impassibles alors que son alibi éclatait en un millier de morceaux. Je vous ordonne de me révéler votre véritable identité et de cesser de me mentir, immédiatement.

Bien que le ton de la femme se faisait ferme et autoritaire, il n'impressionna en aucun cas la noble demoiselle pour qui la menace dissimulée n'était guère effrayante. Bien au contraire, pourrait-on même rajouter. C'est donc avec un calme impérial et un subtil sourire que la jeune fille s'adressa à la bonne sans paraître le moins du monde affectée.

-Je suis navrée, mais cela est impossible. Vous devez sans doute connaître le dicton « le moins on en sait, le mieux on se porte », n'est-ce pas ? Voilà l'occasion parfaite de le mettre en pratique.

Et, sans attendre la moindre réaction de son aînée, Catherine se dirigea vers le lit près duquel résidait encore sa valise ainsi que sa cape, soigneusement drapée sur le dos d'une chaise. La jeune fille savait pertinemment qu'elle n'avait pas un instant à perdre et du, de ce fait, agir avec souplesse et assurance. Ainsi, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle eut entre ses mains les affaires qu'elle était venue chercher et n'avait dorénavant plus de raison de s'attarder dans la chambre.

La moldue restait immobile au centre de la pièce, ses yeux bruns comme éteints tandis que sa bouche ne cessait de s'ouvrir et de se fermer sans que, pour autant, ne sorte la moindre syllabe jusqu'à ce qu'elle ne réussisse enfin à former une phrase:

-J'avoue ne rien comprendre.

La blonde stoppa instantanément tout mouvement et resta figée quelques secondes. Lentement, ses boucles dorées se mirent à rebondir sur ses épaules tandis que son visage faisait face à celui de la bonne. Ce fut à ce moment là, court, fragile comme l'est un espoir avant d'être impitoyablement réduit à néant, que l'honnêteté se dépeint sur les traits fins de la Sang-Pur. La statue n'était plus.

-Madame, je vous prie sincèrement de m'excuser.

Dévoilant alors la baguette dissimulée dans son habit de velours et de soie, la sorcière à la chevelure soyeuse pointa le morceau de houx, finement taillé, sur la domestique avec une agilité parfaitement maîtrisée. Et le silence fut de retour, apportant avec lui une désagréable sensation de doute, de crainte et surtout de souffrance qui se reflétaient dans les iris de Catherine.

Enfin, un murmure s'éleva dans les airs en compagnie d'une lueur pâle :

-Oubliette.

Ce fut la conclusion de leur dernière rencontre. Conclusion que la jeune cantatrice perfectionna en fermant la porte derrière elle dans un théâtral claquement qui presque vibrer les murs de la demeure. Sa valise en main, sa cape enroulée autour de sa frêle personne et sa baguette à nouveau cachée dans le tissus couteux de sa robe, la Française repartit en direction de l'escalier.
Les aiguilles de l'horloge ne cessaient de tourner dans son esprit, rythme monotone rappelant incessamment la durée éphémère d'un instant, et rendait sa démarche moins précise qu'à l'accoutumé.

L'anxiété.

Ce sentiment l'étreignait intérieurement avec une férocité sans pareil. Que craignait-elle? Elle-même ne le savait plus trop, sa confiance et ses croyances ayant été irrémédiablement abusées voire détruite, le doute s'était introduit en elle à la vitesse d'un venin mortel. Il n'y aurait plus jamais de marche arrière, le point de non-retour avait été franchis et laissait entrevoir un bien sinistre destin pour Catherine.

Elle n'était qu'une enfant. Resterait-il encore en elle cette douce naïveté qui l'avait toujours animé à la fin de cette histoire ? Nul ne peut le prédire, mais il était certain que, ce jour là, elle avait changée. Et tout portait à croire que la métamorphose n'était pas terminée lorsqu'elle arriva dans la Hall, son visage éternellement vide mais ses yeux emplis d'une puissante détermination.

- Nous pouvons dès à présent partir, Monsieur, déclara-t-elle poliment en dardant son regard sur le jeune homme.

« Devil take the Hindmost. »
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Louis Desaix
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Re: Vieille histoire irlandaise

Message par : Louis Desaix, Dim 26 Aoû - 5:46:52


M'envoyer un MP si un problème s'impose.

Sitôt dit, sitôt fait, une fois ces paroles achevées la jeune fille monta à l’étage et Louis qui patientait alors depuis un long moment se demandait ce qu’il pouvait bien se passer là-haut après ce claquement de porte. Las d’attendre en vain, le Sang-Pur ne put résister à l’envie de s’approcher de ce chandelier mural, qui fumait encore d’une flamme récente. Suspicieux quant aux nombreux passages secrets que le manoir pouvait recueillir, il tenta de tirer légèrement le chandelier, ce qui entraîna l’ornement qui le fixait au mur, et une partie de celui-ci. Au moment où il vit redescendre la Française, le jeune homme dissimula hâtivement et en toute innocence le mobile de sa méprise dans un pot d’or où un géranium grandissait lentement mais sûrement. Feintant l’occupation à regarder par la fenêtre, il se retourna lorsque Catherine lui adressa la parole. Ils étaient prêts et pouvaient enfin partir, Catherine le conduirait jusqu’à Rosie.

Sur la route une fois de plus…

Ainsi donc, les deux Français quittèrent Blackrock, et de Bantry ils traversèrent les vertes collines d’Irlande, ses lacs, ses prairies et les innombrables villages qui abritaient la population de cette île merveilleuse, jusqu’à atteindre les quais de Derry dans la partie Nord de l’île. Là ils pénètrent dans l’appartement de Rosie, qui évidemment n’y était plus depuis plus de deux semaines. Une fois la porte défoncée – ce qui ne fut pas dur à effectuer vu l’état dans lequel elle se trouvait – le Sang-Pur s’assura qu’aucun sortilège n’imprégnait les lieux, seul un Repousse-Moldu avait été appliqué. Dans la chambre à l’étage, la poussière s’était déposée sur les débris et d’autres souvenirs perdus, des photos et du papier jonchaient le sol au point où l’on ne pouvait faire un pas sans que l’on ne marche sur quelque chose.

Cependant, les informations inscrites sur les feuilles ne furent que peu captivantes, et ne présentèrent aucun intérêt à la recherche de Rosie. Mais suite à un long moment de fouille, Catherine trouva dans une trappe sous le tapis, une boite scellée. Ouverte aisément, elle contenait un échange de courrier entre Rosie et un certain Jack. Au grand étonnement de nos deux sorciers, l’on pouvait lire l’effondrement de la jeune femme après la mort de son compagnon, et ce correspondant mystère semblait vouloir la réconforter. Toutes venaient de la même adresse à Galway. Dubitatif par rapport aux intentions de l’homme des lettres, Louis ne parvint pas à démêler le vrai du faux, il s’agissait de ne pas perdre un instant pour se rendre là-bas. Le jour même, les Français s’en allèrent en direction de Galway, Irlande de l’Ouest.

Ils continuaient encore de marcher, sans jamais montrer le moindre signe de vouloir s’arrêter…

Quelques temps après, les deux sorciers se trouvaient à la ville des tribus, non loin de la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption et de Saint-Nicolas. Positionné à l’adresse indiquée sur les lettres, le Sang-Pur frappa à la porte. Un visage familier vint lui ouvrir, ce genre de souvenir qui refaisait surface mais qui n’inspirait qu’un sentiment néfaste. Un homme âgé d’une cinquantaine d’années aux cheveux châtains, le visage vieilli par la barbe et les quelques rides du front, ouvrit la porte. L’échange de regard fut long et étrange, l’on sentait que les deux hommes s’étaient déjà vus quelque part, pourtant si Louis ne s’en souvenait plus, au fur et à mesure, l’homme en face, lui devait s’en remémorer.

-Bonjour, vous êtes Jack, c’est bien ça ?

Lorsque le Français parlait ainsi, son interlocuteur sourit et répondit d’un ton différent, comme s’il le connaissait depuis toujours.

-Et tu es Louis je présume. Tu as bien grandi à ce que je vois. Entre, je t’en pris.

L’homme s’enfonça dans sa modeste maison, où des balais de collection étaient empilés sur le mur. Il se dirigea vers une autre pièce et y ramena un masque. L’incompréhension du jeune homme était à son apogée. Cela faisait si longtemps, s’empressa de répondre l'homme avec une voix calme, inspirant le bon vieux temps. C’est alors que Louis comprit. Il savait désormais qui lui ouvrait sa porte, et des images qu’il tentait d’oublier depuis des années, lui revinrent à l’esprit. Cette voix, il n’y avait plus de doutes, c’était lui. L’un des Mangemorts qui avaient participé à l’assassinat de sa chère mère. Un profond dégoût s’empara de lui, cette envie de vomir le fit se détourner. Essayant de reprendre son sang-froid, il lança :

-Où est Rosie ?

Ces mots firent sourire l’ancien Mangemort qui contemplait son masque, celui qu’il portait le jour du meurtre de sa mère et sûrement de celui d’Émile. Louis rapprocha sa main de sa baguette, mais l’homme sortit la sienne d’une vitesse fulgurante, et la pointa vers le Français. Dans sa façon de tourner la tête, il exprimait sa menace, et contraignait le Sang-Pur de déposer son arme. Louis avec un pincement au cœur, se saisit de sa baguette et la lança au sol. Ensuite, l’ex-Mangemort, força son hôte à le suivre dans la cave de la maison. Passé le premier, Louis descendit les escaliers peu confiant, et se noyait dans la noirceur de l’étroite pièce. Au même instant, la porte se referma violemment et il se retrouvait enfermé dans ce lieu clos, plongé dans les ténèbres. La voix de Jack résonnait entre les murs :

-Tu sais Dolentis, j’aurais particulièrement aimé te tuer ce soir là, mais c’est vraiment plus excitant de te faire prisonnier ici. Bientôt tu perdras espoir, comme tous les autres avant, et ensuite tu m’imploreras de t’achever. Je ne pense pas que tu puisses comprendre la sensation divine d'avoir le contrôle absolu sur la vie et la mort de quelqu'un.

Le Français tentait en vain de trouver la sortie, il venait de se faire prendre au piège de manière la plus stupide qui soit, et lorsque la lumière s’alluma, Louis s’aperçut avec effroi qu’il se retrouvait derrière les barreaux d’une cage assez large pour contenir au moins trente personnes entassées les unes sur les autres. En face, l’ex-Mangemort se tenait debout et observait le Sang-Pur avec admiration, comme une œuvre d’art, une pièce de collection. Tentant de ne pas sombrer dans la panique, Louis serra les points et dissimula son angoisse avec flegme.

-Voir l’espoir disparaître du visage de mes victimes, c’est mon moment favori. Lorsqu’elles comprennent qu’il n’y a aucune chance pour elles de s’en sortir…

En entendant ces paroles emplies d’une perversité et d’un sadisme effroyable, le jeune homme sentait se combiner en lui l’envie de vomir, de s’évanouir d’anxiété et d’exploser de colère, mais il trouvait le moyen de ne pas sombrer, il se battrait jusqu’au bout contre ce dérangé mental. C’est à cet instant précis que la lumière s’enfuit de nouveau de la pièce sauf une petite lueur qui subsistait au fond de la cave. Louis restait ainsi, debout dans le noir, pendant que son agresseur enfilait un casque et contempla de nouveau sa victime. A peine Louis eut le temps de se tourner vers la lueur que celle-ci se rapprocha et un son extrêmement fort et aigu gronda dans la cave et probablement dans toute la maison. Une Banshee emmétait un cri strident, faisant se tordre de douleur le Français, qui n’en pouvait plus de cette torture abominable, sous les yeux ravis de l’ancien Mangemort, qui jouissait d’un tel spectacle.

Catherine qui attendait à l’extérieur en lisant d’autres lettres, fut alertée par le bruit de la créature et se précipita à l’intérieur, suivant le cri et ramassant au passage la baguette du Français. Elle força la porte avec une volonté hors du commun, surmontant sa peur, et pénétra dans la cave. Sans hésiter un instant, elle formula un #assurdiato vers la créature et lança divers sorts offensifs en direction de Jack qui prit la fuite. Ouvrant la cage à l’usage de la magie, Catherine tendit la baguette à Louis et sans dire un mot, tous deux s’élancèrent à la poursuite de l’ex-Mangemort.

Libéré, il était sauf, et c’était tout ce qui lui importait, bien décidé à se venger de tout ceci. Et bien que le Sang-Pur n’entende plus grand-chose, il pouvait apercevoir son agresseur enfourcher l’un des balais sur le mur et s’envoler en brisant la fenêtre. Il l’imita de suite en se saisissant d’un autre balai, mais avant de s’élancer, il ordonna à Catherine de se rendre en sécurité et de retourner à Dublin. Celle-ci avant d’obtempérer, informa en criant pour que Louis puisse bien entendre, que Rosie et Jack s’étaient donné rendez-vous près d’un lac au Connemara dans quelques instants, mais elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que le Français s’envolait vers d’autres cieux.

Dans le ciel de Galway, les nuages gris empêchaient une bonne visibilité, mais Louis poursuivait avec conviction cette silhouette noire qui s’éloignait dans le lointain. Retrouvant peu à peu son ouïe, le Sang-Pur sentait et entendait le vent cingler contre lui, et son balai filait dans le ciel comme un éclair. Ce n’est qu’après une course de quelques minutes que le Français aperçut à Terre non loin de lui, les célèbres lacs du Connemara. Une telle distance parcourue en si peu de temps, et il n’était jamais aussi proche de son adversaire. Il en profita alors pour lancer l’offensive et utilisa la magie pour tenter de maîtriser l’ancien Mangemort. Celui-ci répliqua de rayons verts de bien triste augure, et Louis ne les évita que de peu.

A cet instant crucial, un corbeau arriva depuis les nuages, et fonça droit sur le balai de Jack, déstabilisé par cet irruption, il ne put empêcher sa chute et s’échoua alors au cœur du lac qu’il survolait en cet instant. Louis surpris, se posa sur la rive et descendit de sa « monture ». Des nuages noirs venant du nord coloraient la terre, les lacs, les rivières. Et le corbeau se posa aux abords de l’eau, avant de reprendre sa forme humaine. Rosie, observait alors l’étendue du lac, sur lequel la pluie commençait à tomber doucement. Louis s’approcha au rythme de la pluie, silencieux comme la lande, chacun connaissait sa faute, le Sang-Pur s’était mépris quant aux intentions de Rosie, et celle-ci n’avait peut-être pas agi comme elle aurait du le faire. Leur regard en disait long, ils s’étaient pardonnés. Louis n’avait plus qu’à rebrousser chemin, alors qu’aucun signe de vie ne parvenait du lac, s’en était finit de Jack.

Mais à l’instant où le Français s’éloignait, un rayon vert surgit du milieu de l’onde et frappa de plein fouet Rosie, qui eut à peine le temps de se tourner vers Louis avant de s’effondrer. Ce dernier laissa échapper un léger cri de stupéfaction, mélangé à une légère amertume, aussitôt, il se saisit de sa baguette et désarma le meurtrier qui sortait du lac. Il n’avait pas remarqué la présence du jeune homme, et ce fut fort dommage pour lui, il devenait ainsi la proie d’un homme empli de haine et de colère, qui le menaçait toujours avec son arme. L’ancien Mangemort essaya alors d’atténuer cette rage avec ces paroles éloquentes :

-Tu sais mon garçon, nous n’avons jamais voulu que ton bien... Prendre des vies était nécessaire à notre quête. Ton père a fait de mauvais choix, Dolentis, mais tu n’as pas à faire cela. Imagine ce que nous pourrions effectuer. Nous bâtirons un monde nouveau, sur les ruines de celui-ci, n’est-ce pas ce que tu as toujours voulu ? Rejoins-moi, ensemble, nous pourrions faire de grandes choses… Finalement nous ne sommes pas si différent toi et moi.

Semblant boire les mots de son adversaire, Louis paraissait s’apaiser et se laissait approcher lentement, abaissant doucement sa baguette, comme par consentement. Jack n’était plus qu’à un petit mètre et tendait la main vers le jeune homme, impassible. Mais au dernier instant, Louis formula d’une voix horriblement déterminé : #Endoloris. L’homme se pliait sous ses souffrances, gémissant pour ne pas hurler, se recroquevillant sur lui-même. Louis marcha à ses abords avec calme mais l’on sentait une certaine haine dans son timbre :

-Mon père croyait qu’en rejoignant votre ordre, vous ne vous en prendriez pas à nous. Hélas, il s’est trompé. Sachez que je suis d’accord avec tout ce que vous venez de me dire, mais… Vous avez tué ma mère.

Jack demeurait sous l’effet du sortilège, et ne pouvait émettre d’autres sons que ses stupides petits cris aigus de douleur, il tapait des points au sol pour que cela cesse, mais Louis prenait plaisir à voir souffrir celui qui avait participé à lui enlevé sa chère mère. En entendant ces « pitié ! », « Je vous en prie », « Arrêtez », il voyait sa vengeance en partie assouvie. Des larmes perlaient de ses yeux, dont la rage émanait, plus aucune compassion. Seulement de la colère. Et il tendit de nouveau sa baguette, et un rayon vert fit tout s’arrêter. L’homme au sol était inerte, sans vie.

Le cœur encore sous l’emprise de sa haine, le jeune Français aurait déclenché des cataclysmes pour se venger, mais il ne se sentait pas rassasié, tout cela n’avait pas été assez. Après quelques minutes à observer le lac sans effectuer un mouvement, Louis brûla le corps de Jack avec sa magie et se dirigea vers celui de Rosie. Elle avait le sourire aux lèvres. Le même que celui de sa mère lorsque la vie l’avait abandonné. Il se pencha et lentement, lui ferma les yeux. Alors la haine devint de la tristesse et il demeura auprès de la défunte durant des heures sous la pluie du Connemara.

Émile et la mère de Louis, étaient vengés…


Quelques semaines plus tard à Dublin, Louis avait attendu des jours durant l’arrivée de Catherine, mais elle ne donna plus jamais de signe de vie. Comme le vent d’Irlande, elle ne fit que passer à travers l’immensité de ce pays, de la baie de Bantry jusqu’au quai de Derry, et de Galway à la ville de Dublin. Le Français se retrouvait à boire un verre seul en plein milieu d’un pub de Temple Bar. Mais au fond de son cœur, il savait qu’il n’oublierait jamais Rosie, l’Étoile du comté de Down.



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