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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard
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Lèche vitrine ... Ou pas !
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Kohane W. Underlinden
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Kohane W. Underlinden, le  Ven 3 Nov 2017 - 22:27



Lassitude. Fatigue. Marre. Envie. De la saisir au col. La secouer. Lui crier dessus. Souviens-toi. B*rdel. Cette nuit. Moi, je t'ai pas oubliée. Pourquoi toi oui ? C'est toi qui est venue à moi mais toi qui m'efface. J'veux pas t'en vouloir pour ça, pour le passé, j'ai plus la force de t'en vouloir pour les coups d'avant mais je t'en veux pour maintenant, pour l'instant présent, l'air absent, le visage perdu et les souvenirs inexistants.
Je t'en veux pour tout ce que tu ne dis pas, ce que tu ne diras pas. Mes questions, en suspend, à jamais parce que tu n'y répondras pas -sans doute- que tu ne te souviens même plus, t'as plus les éléments pour y répondre et si toi tu en es incapable, personne ne le pourra.
Mes interrogations entre deux sanglots de terreur, cette nuit-là
Les interrogations que je croyais pouvoir élucider un jour en te retrouver.
Amertume de la déception.
Alors que je réalise que ce n'est pas le cas. Je t'ai retrouvée. Te voilà désormais face à moi, droite, vivante, en chair et en os.
Mais
Tu es si différente de celle que je croyais.
Et surtout, tu n'as plus la mémoire.
Amertume déception.
Rage acide.
Boule en gorge pour refouler la colère grandissante.
Je croyais que te retrouver, te revoir apaisera ces peurs premières de l'autrefois. Tu étais une des premières ombres que j'ai croisées, tu étais le premier poing connu, une des premières peurs connues dans cette bulle d'ailleurs, cette bulle de savon si confortable. Y'avait eu le masque, pour commencement du processus de destruction. Puis toi, toi et ta silhouette anonyme, et tes poings incompréhensibles. Pour ça, je ne t'ai jamais oubliée.
Moi toi
Tu sais plus
Et tu fuis
Je te sens qui aimerait couler entre les mailles de l'attention.

Pourtant, tu donnes des mots, quelques mots, offerts en pâture. Pour diversion, peut-être. A moins que tu ne t'intéresses réellement à mes réponses ?
Des mots que je comprends, cette fois.
Contrairement à la première fois.
Des phrases que j'entends
et mon murmure

-On s'en débarrasse jamais

On ne peut jamais totalement arracher les démons. On ne parvient qu'à les endormir. Ou les apprivoiser. Mais ils restent dangereux. Jamais totalement domptables. Il suffit d'une chose
-d'un coup de vent ou battement d'ailes un peu plus fort-
Pour que la hargne les reprenne et qu'ils ne se ruent de nouveau dans la brèche fragilisée de l'âme. Pourtant, si on veut survivre, il faut savoir jouer avec ce fil. Espérer, surtout. Espérer qu'on saura les apprivoiser pour rester en paix.
Moi, je continue inlassablement mon numéro de funambule sur le fil tendu de la vie. Parfois, je dérape. Mais je ne me suis jamais totalement écrasée.
Mes démons, je les ai muselés.
Je sais que ça ne durera pas.
Mais avec un peu de chance, lorsqu'ils se réveilleront, lorsqu'ils crieront de nouveau, lorsqu'ils mordront grifferont déchiquetteront ce ne sera pas contre moi. Mais avec moi, pour moi. Je crois pouvoir m'allier à eux, les hébergeant en mon âme contre leurs services destructeurs. Ils m'aideraient à déconstruire le monde et incendier les rivières au lieu de continuer à me tuer à petit feu.
Nous ne ferions qu'un, eux et moi. Cesserons de nous combattre en vain.
Parce que je ne ploierai pas. Et eux ne partiront pas.
Alors autant trouver un accord, eux et moi.

-Et on ne peut jamais totalement disparaître. La vie. Finit par nous rattraper. Comme tu m'as rattrapée. Même si ta mémoire n'est plus là.



Soupir.
Au vent.
Le pas. De côté. Mine de s'éloigner. Un peu. Mais s'arrêter tout de même. Et regarder. L'autre. En face. Regarde tu, sans nom. Je n'ai jamais su son nom. Je n'ai su que sa violence déchirante au milieu de la nuit.

-Ma peur, j'en fais ma force, je reprends doucement. Ma peur, je la tiens à deux mains et m'oblige à la contrôler pour garder le cap. Et je l'aide. A se transformer en rage. Pour alimenter le feu. Me relever, chaque fois un peu plus forte. Et tout embraser.

Un sourire étrange vient se dessiner sur mes lèvres. L'évocation de la flamme me fait toujours doucement sourire. Les lèvres étirées, empruntes peut-être d'une forme de folie, de détermination, ça, c'est sûr.
Un pas vers l'autre.
Le murmure qu'elle peut entendre.

-Aujourd'hui, ce n'est pas comme hier. Aujourd'hui, je sais que je peux enflammer -je pourrais t'enflammer, toi, l'inconnue aux poings cruels. Aujourd'hui, je suis plus forte que cette nuit d'hier.

Les rôles pourraient s'inverser
-tu veux tester?


J'interromps mon avance.
Et refait un pas de côté, le long du mur, puis en arrière, un, deux, deux et demi, deux pas et demi pour s'éloigner.
Nouveau soupir.

-Mais je suis lasse.

Fatiguée de fuir ou d'être plus forte.
Fatiguée de
La vie,
Probablement.
Aujourd'hui, je n'ai pas envie de lutter. Lutter contre l'oubli de l'autre ou contre son envie de fuite. Qu'elle s'évapore si elle le souhaite. Je ne rendrai pas les coups.
J'aimerais juste, un peu, fermer les yeux,
Oublier, moi aussi.

-Comment tu fais, pour ne plus te rappeler ?

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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Shela Diggle, le  Sam 18 Nov 2017 - 17:30

Respirer, à l'instant où elle répond. Car il s'agissait de faire changer de cap ses pensées, les éloigner de ma personne, de sa colère, de ses possibles représailles. Ses mots sont évidence, et user le temps gagné à l'observer, distance entre nos corps, portée de ses mains - grande, assez pour m'avoir -, être cependant trop inquiète pour bouger, un mouvement signerait le début de la course. Etre la souris et prier pour que le chat ne sache rien de son identité. Elle courrait plus vite, et, davantage rageuse qu'alors, n'aurait plus d'hésitation à frapper. Ne pas bouger et créer divers futurs, c'est tout ce que l'on peut faire pour ne pas exciter ses sens, et éviter l'affront, haïr les affronts, ils ne font que des perdants, refuser désormais de tenter de se souvenir, ne pas souhaiter être certaine de lui avoir causé du tord.
Il y a ces temps que la mémoire supprime, et l'on imagine qu'il s'agit de l'inconscient, comme c'est facile, pas vrai, de blâmer l'inconscient auquel nous n'avons pas accès, comme il est simple, de faire reposer ses actes sur une indomptable machine. Dans ces temps, il y a ceux que l'on retire volontairement, très sûrs de ne pouvoir les revoir une fois seul, la nuit, de ne pouvoir faire face à des actes nous rendant malade, ceux qui n'impliquent que notre personne. Si je suis effectivement son monstre, alors c'est consciemment que les souvenirs ont disparus - et ne souhaiter se pencher sur cette théorie.

On ne peut jamais disparaître, et pourtant, essayer, toujours, de se faire manger par les murs, invisible aux autres, les autres sont si pressés, alors il ne voient pas, compter sur cela, sur la faculté humaine de toujours trouver qu'il y a du temps à gagner, et sur quoi ? le temps est une invention, un fantasme anxieux, une manière de régler ses jours ses années ses choix. Alors se fondre dans le monde pressé et y marcher tout doucement, si doucement que l'on fini par ne plus être vu, car ce qui est trop lent n'intéresse personne. Il suffit de s'asseoir sur un banc, ressembler à quelqu'un qui ne fait rien, et l'on disparaît. Souvent. (Il y a toujours ces gens aux yeux monde aux yeux silencieux) Souhaiter échapper à soi-même, aussi, et pour s'oublier, agir, ne jamais cesser de, occuper l'esprit afin qu'il n'ait plus place, plus libre-arbitre, plus matérialité. Porter des œillères, faire comme si, et le plus longtemps possible, faire comme si rien ne pourrait jamais m'atteindre sans l'avoir auparavant accepté. Avoir des étoiles dans les yeux, monde rose, avoir les yeux de l'enfant qui ne grandit pas et pour qui rien ne vieillit plus; refuser la plupart des réalités, créer la sienne, et disparaître.

Un mouvement me rend mes sens, la jeune femme s'est déplacée, soutient mon regard. Parle de son gris qu'elle transforme en rouge, de son gris qu'elle modèle, en fait des armes, se défend pour combattre ensuite. Serrer desserrer ses mains, nerveusement. Plus que de carrure, cette fille est puissante, cette fille est incapable de plier devant moi, et être incapable de l'ébranler, comment aurais-je pu ? Elle vainc ses monstres, et se rendre à eux. Aujourd'hui, je sais que je peux enflammer -je pourrais t'enflammer, toi, l'inconnue aux poings cruels. Reculer l'exacte avance qu'elle prend, rouler des yeux. Le cœur se réaffirme comme meilleur batteur du corps, tension brusque, et comme des aiguilles folles, le choix, prendre le coup ou fuir prendre le coup ou fuir prendre le coup ou fuir
elle recule

Souffler. Le corps prendra un temps à s'adoucir. Elle a perdu son étrange sourire, et désormais, elle ne frappera plus. Si elle l'avait désiré, elle se serait décidée maintenant; elle a déplacé son pion de l'autre côté. Prudence remplace méfiance, elle n'est pas mauvaise, nouveau regard. Il y a ceux qui affrontent leur réalité, je crois, et ceux qui se dérobent être si habile à esquiver les responsabilités mais je ne veux être le cauchemar de personne. N'avoir imaginé pouvoir l'être un jour Je ne sais être dangereuse qu'envers moi, je ne pensais pas pouvoir en toucher d'autres murmure
Il y a une chose qui pourrait me rendre faible à tes yeux ?
je le suis déjà, d'une vulnérabilité monstre, mais souhaiter alléger, souhaiter éteindre la possibilité que c'eut été moi, se rendre nulle, inexistante, lui offrir la possibilité de taire une angoisse
Lui révéler sa propre carte : elle est chat, et peut me croquer si elle veut.
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Kohane W. Underlinden, le  Sam 16 Déc 2017 - 23:39



Tension dans son corps. Elle fuit elle souffle elle s'interroge et ses pensées paraissent tourbillonner alors qu'elle tente de s'échapper mais
L'araignée, bien que lasse, ne laisse jamais partir ainsi sa proie
Pas aussi facilement
Même si elle ne compte pas la manger, l'observer, sous tous ses angles, sorte d'analyse extérieure de ce que pourrait être cet intérieur -supputations et interrogations, questionner le pourquoi du comment : comment elle est devenue cet être fuyant et fragile, elle qui m'apparaissait autrefois si grande et si fort ?
Ses pas reculent et en même temps, elle reste. Elle met de la distance mais ne tourne pas le dos. Après tout, ne dit-on pas généralement qu'il ne faut pas tourner le dos à un ennemi ? Elle applique cette règle première de survie. Car, oui, qui dit queje ne tenterai pas de la croquer lorsque ses yeux me lâcheront ?
Pour l'heure, je demeure sous l'emprise de son regard, fuyant, certes, apeuré aussi un peu, sans doute, mais son regard qui me capte et me retient. Sorte de projecteur auquel on ne peut échapper dont le but est de garder à vue, surveillance constante, ne pas laisser l'autre s'échapper dans la fumée et le brouillard, toujours savoir où se cache le danger alors oui elle est là, recule quand j'avance mais refuse de tourner le dos.
Moi, je me fige dans cette attente d'éternité.
Je ne sais même pas ce que je veux d'elle. Ou ce qu'elle veut de moi. Nous deux, à se tourner autour sans jamais trouver de finalité. Ennemies ou simples connaissances ? Sur quel base partir -repartir- ?

Son souffle
Qui rythme l'air parvenant à mes oreilles
Puis sa voix et ses mots qui donnent un tempo à l'atmosphère autour de nous.
Elle se pose en ignorante, victime presque, celle qui voulait pas -a cédé à ses pulsions ? Celle qui n'est rien, ne doit rien être, pour les autres, celle qui fuit et reste inoffensive, terrée dans son coin, dans sa cachette, n'espérant qu'une chose : qu'on la laisse en paix.
Elle fait apparaître au grand jour ses faiblesses et sa fragilité. Espérant peut-être ainsi que ses traits cauchemardesques s'estomperont.
Je l'écoute et un rictus se dessine sur mes lèvres.
Le petit rire qui s'échappe en un sifflement entre les dents.

-C'est toujours ce qu'on dit ce qu'on croit. N'être un danger que pour soi-même et être avant tout victime -de ses propres démons. Jusqu'au jour où on s'aperçoit qu'en fait, on est loin d'être ange et qu'on est plutôt le démon nocturne de quelqu'un.

Je la regarde dans les yeux, la fuyarde.
Je sais ce qu'elle ressent, moi aussi, j'ai vécu ça, mais le contre-coup était assez différent puisque plus direct, moins éloigné dans le temps. Moi aussi, j'ai longtemps cru n'avoir été qu'une victime et un danger que pour ma propre personne. Jusqu'au premier soir, c'était un petit rien d'un peu pas grand-chose, des esprits qui s'échauffent, une fille provocante, une bagarre dans le noir mais surtout le souvenir d'avoir ressenti du bonheur à la frapper, cette inconnue, forme de plaisir indescriptible à se savoir forte, au-dessus, savoir qu'on peut aussi rendre les coups. Après ça, bien plus tard, ça a recommencé mais ça a pris une ampleur totalement autre. Parce qu'il ne s'agissait plus d'une simple bagarre entre deux esprits un peu perdus, certains diraient que c'était davantage une séance de torture mais moi, j'étais dans mon bon droit, je disais, légitime défense, c'est lui qui a commencé, lui qui avait des idées peu claires et moi je me suis défendue sauf que, sauf que ça a dérapé sur le trottoir de la violence c'est parti en vrille et en plus d'user de magie contre un Moldu, c'était un bonheur intense de lui infliger chaque plaie je sens encore la sensation poisseuse du sang sur son pantalon et de ses yeux qui reflétaient la peur et de ses cris muets la voix éteinte d'un sort bien lancé.
Oui, on se croit toujours victime et ange jusqu'au jour où on découvre qu'on est pareil.
Pareil que les autres.
Et toi, fuyarde, ça t'étonne de découvrir ça ? Entendre parler de ta propre violence, celle qui crie dans tes tripes et qui te fait perdre la tête.
Tu as peur d'elle ?
Moi, parfois, oui, j'ai peur.
Puis.
J'apprends -j'essaie- à la canaliser. En faire une véritable force.
La peur ne résout rien.

-Ta fuite te rend faible.

Je m'avance brusquement, comme le félin sorti de sa cachette et mon bras part en avant -saisir le sien. Les ongles se referment peut-être trop fortement sur le tissu de son vêtement, sur sa chair. En vérité, je n'y fais pas attention. Me contente juste de plonger mon regard dans le sien. Capter ses yeux. Pour la faire reste. Dans cet ici et maintenant.

-Tant que tu fuiras, tant que tu ne t'assumeras pas, tu resteras faible et tu te contenteras de vivoter en invoquant ta supposée innocence. Accepte ce que tu es. Et fais-en ta force.

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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Shela Diggle, le  Dim 14 Jan 2018 - 11:24

Elle paraît si certaine, en riant, si certaine, de sa vérité, de la non conformité de la mienne être tentée, presque, de la croire, s'abandonner à son bref rire, se dire, elle a gagné, elle y croit si fort. Ne se placer d'aucun côté, le mot victime m'est étranger, bizarre, n'être qu'une fugace lueur, une neutralité, sur les lignes limites danser et rarement poser pied sur un territoire aux aspects et consignes si tangibles si peu malléables. Et ne pouvoir être victime d'un soi quelque part c'est conscient déterminé nécessaire peut être, c'est un rapport circulaire, il part et vient au même point sans ajuster sa trajectoire afin de s'éviter, il y a là une volonté, et dans cette partie pas de victime pas d'attenté, dans un même corps siègent plusieurs entités. Alors ne pas croire la femme et son rire confiant, ce n'est pas en étant son propre blessé que l'on est victime dotée d'une force permettant la douleur d'extérieurs sympathisants, il y a, soi, et ensuite les autres, être sa dangereuse, pas sa propre proie. Sa manière d'imaginer est bicamérale, franche opposition, les mots ange démon sonnent faux et n'arriver à se retrouver; entre les deux un spectre immense sans doute mais elle ferme les opportunités, parle très chrétien peut être, déboussolant.
Elle n'est plus agressive cependant, a délaissé sa posture grandissante, n'en domine pas moins l'échange mais le corps peu à peu perd sa nervosité. Une petite curiosité, des points d'interrogation, pourquoi ne pas avoir frappé, pourquoi continuer à dialoguer, pourquoi être, à sa place, curieuse de ma personne. Elle pourrait abréger la chose, déclarer une franche coupure, en blessant en partant, mais elle reste, regard pénétrant, à saliver dans un dessein qui m'échappe. Des réponses à sa peur. Comprendre pour vaincre, voilà une cohérente raison. Ce n'était pas intentionnel, le cauchemar. Pas un acte répertorié pas une violence gratuite - sans le souvenir, - en être presque certaine.

- Ta fuite te rend faible. Frustration, la jeune femme ne répond pas à ma supplique, donne moi une façon de me rendre insignifiante, une façon de me racheter, une façon de retirer la peur que j'ai entraîné, cela paraît si absurde, faire peur, elle s'obstine dans son désir de
- avoir trouvé quoi
de convaincre. Elle doit être de ces gens qui pour pouvoir penser avoir raison ont besoin d'arriver à persuader d'autres, alors qu'il y a des vérités indémontrables, alors que l'on peut avoir raison seul, alors qu'il y a des êtres qui aimeraient se tenir loin de tous ces combats intellectuels entre plusieurs idées qui ne se contredisent même pas toujours, et de toute évidence, faire partie de ces derniers. Elle souhaite prouver un fait qui m'est bien égal et dont je suis déjà convaincue, m'apprendre peut être, hocher la tête de façon affirmative dans le cas où elle attendrait une approbation de ma part.
Ce n'était apparemment pas quelque chose dont elle pouvait se contenter.
Bondissant brusquement, elle attrape un bras, plante griffes et serrer les lèvres pour ne piper mot, préférer le silence à un signe de douleur, angoisse angoisse que cela l'exciterait davantage à continuer. Elle est haute et devoir lever le regard pour se faire happer par le sien, brûlant, mais ne craindre aucune nouvelle attaque, croire, elle semble souhaiter discourir, faire grandeurs, pas de mal. Se sentir minuscule tout de même, sous son emprise, délaissée de toute porte de secours. Tant que tu fuiras, tant que tu ne t'assumeras pas, tu resteras faible et tu te contenteras de vivoter en invoquant ta supposée innocence. Un premier grondement s'élève, éloignant un peu la prudence, un grondement sourd, colérique. Il a peut être manqué l'innocence à mes gestes. Mais il n'y a pas le machiavélique second moi, terré au fond de mes traits, prêt à déconstruire le monde, il n'y a pas de démon chrétien qu'il faut apprendre à posséder pour en tirer une force; il y a les erreurs et l'anguille l'angoisse dans le ventre, il y a, l'incertitude constante il y a, des bêtises dans la tête. Pas de bête folle dont on pourrait tirer profit, des monstres anxieux l'on ne tire rien, et certainement pas de force. Attraper son même bras de mes doigts hausser le ton, grondement et si j'ai pas envie d'être forte, hein ? Si j'ai pas envie d'être un héros, un soldat ? C'est un état correct, la faiblesse. Je n'ai rien à transformer en puissance, d'ailleurs de puissance je n'en ai besoin, tu en as besoin pour quoi, toi ? Te prouver quelque chose ?
Lâcher son bras toujours enfoncé dans le mien, baisser épaules et ton. Je n'ai rien à me prouver. Devenir probablement méprisable à ses yeux.


Dernière édition par Shela Diggle le Mer 21 Fév 2018 - 21:00, édité 1 fois
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Kohane W. Underlinden, le  Lun 19 Fév 2018 - 16:46



Qu'est-ce que je veux ? Qu'est-ce que j'attends ? Pourquoi je reste ? Pourquoi je parle ? Je n'ai plus aucun comptes à lui demander. Plus rien. C'est fini. Mais je reste et je sais pas pourquoi. Qu'a-t-elle en elle qui puisse me retenir à ce point ?
Je n'attends rien d'elle, je n'attends rien de personne. Et je ne lui demande rien.
Elle a peur, peut-être, sans raison, je pense, enfin, je ne sais pas, un coup est si vite parti, surtout s'il est motivé et guidé par la rancune.
Ses yeux dans les miens, à lire l'une dans l'autre. Je n'arrive pas à la percer. A la déplier comme les pages d'un livre, savoir qui elle est réellement. Où est la part de vérité et celle de mensonge ? Où sont les réels souvenirs qui l'animent, elle, celle qui se dit sans images de cette nuit d'il y a si longtemps. Alors que je me rappelle de tout.
Où sont les mots vrais, les mots faux ?
Je me perds en elle, l'inconnue agresseuse. Alors que ma prise sur son bras se raffermit.
Je sens sa lutte interne. Son refus. De mes mots. A dire vrai, je ne sais pas trop moi-même pourquoi j'ai dit ça. Est-ce que je pense réellement ? J'ai parlé sans vraiment réfléchir. J'ai dit ce que je sentais. Mais la fille gronde, en elle il y a un orage qui se lève et se soulève.
Une tempête dans ses yeux.
Qui pourrait m'ébranler. Si nous étions restées dans le même rapport de force que la dernière fois. Néanmoins, aujourd'hui, les choses sont différentes. C'est elle qui se fait petite et moi qui me sens grande. Alors qu'hier, c'était moi qui me recroquevillais pour atténuer les coups et elle qui frappait, frappait, debout, me surplombant de son ombre et de ses phrases décousues.

Ses doigts se posent sur mon bras. Au début, je crois qu'elle va chercher à le retirer de ma prise. Mais non, elle ne fait que poser ses doigts alors que le grondement en elle s'intensifie, passait désormais par les lèvres et les mots.
J'ai l'impression que l'air tremble de ce soulèvement de vent interne.
Et les mots coulent, les uns après les autres, coulent s'enchaînent, contestent, questions dans lesquelles je me perds, je me noie elle parle, pose des questions et sa voix continue de gronder. Je ne réponds rien, retiens presque mon souffle alors que mes yeux fixent les siens, j'entends, écoute ce qu'elle répond mais ne réagis pas, ne lâche pas son bras pas plus que je n'essaie de me dégager du sien.
Et
Enfin
Ses doigts se retirent. En même temps que j'accepte de lâcher ma proie. Laquelle rentre de nouveau dans sa carapace, épaules baissées, le grondement s'estompe, le ton n'est plus le même.

-Je n'ai rien à me prouver.

Je recule d'un demi-pas.
N'ai plus envie de faire peser sur elle une menace physique. J'inspire profondément. Que faire ? Que dire ? Que répondre ?
Je baisse un peu la tête -léger mouvement de négation, droite, gauche.

-Il n'y a rien à prouver. A personne. Ne dépendre de personne. Pas même de leur regard ou de leur jugement. C'est une question de... survie. D'Existence.

Je relève la tête.
Détaille les traits de l'autre.

-Il n'y a qu'en refusant de courber le dos qu'on peut essayer d'atteindre la Liberté. Et être libre, c'est exister. Je veux exister. Pleinement. Pour moi. Par moi. Seulement. Pour moi. Je me fiche des autres, leur puissance et leur regard.
Mais
La décision te revient. C'est toi qui décide de ta vie. De tes forces. Et des faiblesses que tu veux cacher, combler ou exposer.


Je ferme les yeux quelques secondes.
Le temps d'une longue inspiration.

-Moi, j'ai pris ma décision. Et maintenant, j'essaie de l'assumer.

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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Shela Diggle, le  Mer 21 Fév 2018 - 22:46

Griffes rétractées il n'y a plus le besoin de se montrer puissante disons, se montrer capable de riposter rétorquer. Le chat a lâché sa souris il ne souhaite plus il est, lassé, sa proie je crois n'a plus d'intérêt la proie a craché son désir de crever. Le chat n'étant charognard il ne veut s'amuser d'une attaque trop facile d'une prise qui ne courra pas, d'un bétail qui dans sa gueule se jette. Ça n'est pas assez distrayant il n'y a de mérite à tuer ce qui ne bouge ce serait comme, publier des lettres qui ne sont de nos doigts, futile futile détestable, passer de ça à autre chose sans accorder un regard ni à l'une ni à l'autre ce sont, des moyens de faire mouvement. La fille a cessé ses avances au besoin de dominer je crois qu'elle n'est plus un danger cela fait, un certain temps qu'il y a cette idée
dans l'air
tout est volage

Cligner des yeux tu sais, n'avoir œuvré à des fins mauvaises et je ne t'ai menti, peut être qu'elle l'ignore ce serait agréable, qu'elle ne puisse croire ma faiblesse mes incapacités et finalement hausser les épaules c'est une étrangère qu'il y a-t-il à perdre ? elle n'a pour moi que négatifs sentiments, estime inexistante, ne pas chercher à faire grandir sa cote auprès de quiconque ça n'a d'importance. Qu'elle sache, ou qu'elle doute, souhaiter qu'elle n'ait plus peur la peur engrange la violence serait-ce la peur qui alors, une autre nuit, aurait guidé mes gestes vers une violence
il y a possibilité, j'ai un crabe dans la tête et il bouffe tout le noir pour avancer, aussi pour se nourrir il doit créer, choses propices au noir monde. Dans cette fille il y a, le monstrueux souvenir, pour elle pour elle secouer la tête je ne veux plus je veux cesser je veux retourner derrière le mur, la rencontrer ailleurs un jour peut être pour éclairer nos têtes, taire les grondements - car s'ils ne sont apparents ils sont en-dessous, même chez elle, sans savoir les sentiments je sais la tension, comme une corde entre nos deux nombrils, tirée tirant, la tension qui agite les mœurs. Elle clame que son désir de force ne dépend de rien d'autre qu'elle mais ne pouvoir penser de la sorte. Ce n'est pas aux autres que l'on a a prouver ou non, c'est à soi et à soi n'avoir rien n'avoir besoin d'un acquiescement personnel, entreprendre divers agissements sans mon consentement propre donc il n'y a besoin.
Le mot liberté s'agite aux oreilles, il faudrait à ses dires se faire puissant pour l'atteindre, puissant pour exister, en un sens il est vrai que faire le fantôme est une sorte de transparence; cela ne permet l'action la véritable, faire fantôme est toute l'action. Un camouflage un masque est un rôle qui détient tout son temps, il est nécessaire d'obéir au rôle pour le tenir et c'est être ainsi incapable d'une entière liberté
ignorer s'il s'agit de cette liberté que l'on cherche

Se séparer de l'effet fantôme de l'invisibilité ? n'être sûre de souhaiter accéder à l'entièreté d'une liberté La décision te revient se détendre du libre-arbitre qu'elle rend, ainsi il est plus aisé d'écouter. Tu as choisi de les vaincre et qu'elle fasse ce qui lui plaît, pour ça que tu n'as plus à avoir peur de moi s'il te plaît oublie moi
on devrait recommencer, partir et revenir et recommencer, ne plus avoir la nuit dans la tête. On a un épisode chacune, il nous en faudra un commun, un mélange, tu sais quelque chose qui sera terrain fertile à quelque chose de nouveau
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Kohane W. Underlinden, le  Dim 4 Mar 2018 - 13:51



Un cessez-le-feu. Deux camps éreintés. No man's land. Se lâcher. Baisser le regard comme les armes. Accepter. De ne plus brandir la lame et laisser passer. Entendre le souffle qui se mêle sur cette terre neutre qui, encore, nous sépare.
Je la lâche, je la lâche et elle reste. Je la lâche et elle ne fuit pas. Peut-être attend-elle que ce soit moi, qui fasse demi-tour ? Moi, qui m'en aille, pour la laisser se reposer sur son incapacité à réagir -son incompréhension.
Moi, c'est ce qui m'est arrivé. Elle m'a lâchée, elle m'a laissée, elle est partie, je n'ai rien compris, jamais, je n'ai jamais rien compris mais je me suis relevée et j'ai, à mon tour, disparu dans la nuit, en silence, larmes refoulées.
Peut-être qu'elle attend que ce soit moi qui parte pour ne pas avoir à me tourner le dos. Sage décision. Ne jamais tourner le dos à une ennemie. On ne sait jamais de quoi l'autre est capable. Je peux peut-être le pire. Me croirais-tu, si je te le disais ?
Et en même temps
J'en suis incapable, là
Face à cette proie qui se délite
Comme statue de sable, ses grains s'en vont, elle n'est plus rien, pas grand-chose, poupée de chiffon mais
Ce n'est pas drôle
C'est injuste
Combat inéquitable contre celle qui ne peut -ne veut- se défendre.

Alors je laisse
laisse couler ses mots et ses phrases, laisse couler le sens qu'elle donne à tout ça. J'écoute. J'écoute ce que son cœur dit à travers ses lèvres.
Une remise à zéro. Que les compteurs d'avant soient oubliés, relégués, loin, loin derrière. Qu'ils ne comptent plus ou si peu.
Repartir. Comme sur un nouveau fil.
Qu'est-ce que tu cherches ? Qu'on marche, cette fois-ci, ensemble sur ce fil tendu au-dessus du vide ? Tu as le vertige, dis ? Tu as le vertige ? Moi, ça m'arrive encore un peu, parfois, quand je regarde ce qui s'étend sous mes pieds. Mais je me force à ne pas paniquer car je sais que panique, c'est tomber, c'est mourir, panique, c'est chuter à jamais.
Et toi ?
Et toi, qui apparaît si fragile, saurais-tu marcher sur ce fil sans trembler, assurer une prise ferme pour continuer d'avancer sans chute mortelle ?
Je regarde la fille, créature frêle, devant moi. Redresse un peu la tête, comme pour me donner de la contenance -ou un air supérieur. Inspirer. Profondément.
Elle propose un nouveau départ.
Qu'on laisse passer le train du passé. Pour attendre le suivant, côte à côte sur le quai. Il paraît qu'on a un épisode chacune. Un épisode où nous avons été, chacune de nous, chat face à souris. Une fois elle, une fois moi. Et la fois suivante. Qu'est-ce que ce sera ? Deux chats ? Deux souris ? Peut-être deux hippopotames ou deux papillons, qui sait. Serons-nous un commun, un mélange, un épisode mixte qui serait clé de tout le problème ?
Je l'ignore.
Je n'ai aucun moyen d'avoir réponse à cette question. Cependant. Pourquoi. Pas.

-On peut essayer. Une fois. Un jour. De marcher ensemble sur le fil-vie.

Un court temps puis une main tendue. A la fois solennelle et froide. Mais sincère.

-Fais juste attention à ne pas paniquer et ne pas tomber. Je ne saurai te rattraper.

Un regard qui plonge dans le sien. La prochaine fois. On fera. Si on est capable d'un tel numéro, toi et moi. Si on est capable de courir ensemble sur cet étroit fil. Et pourquoi pas y danser ? On verra. S'il nous est possible de faire du
commun
malgré tout.
Je t'attends. Je t'attendrai. J'attendrai que tu rejoignes l'antre des funambules de vie. Et qu'on teste. Une troisième manche. Un peu différente des deux premières.



Fin du rp
Merci pour tout ♥
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Lizzie Bennet, le  Lun 26 Mar 2018 - 17:52

PV Osvald / Suite de l'anim

Le pauvre commerçant est pas plus renseigné que moi sur le sujet. C’est dommage. C’était important comme sujet, quand même. Pour eux déjà — et puis pour les proches.

— Une cérémonie, c’est tout de même crucial, surtout pour faire le deuil de quelqu’un. J’espère qu’on fera quelque chose, qu’il s’agisse de lanternes japonaises ou d’un lit de roses dans une rivière.

Plein de maladresse, il poursuivit en m’interrogeant sur ce que je désirais. Parlait-il de la mort ou des fruits et légumes ? Difficile à dire. Il dut s’apercevoir de mon incertitude car il m’aiguilla rapidement vers les oranges.

— Oh, vous savez, j’trouve ça dommage de les faire venir d’Espagne. Cela fait bien de la route pour ces petits fruits. J’prendrais bien un truc local, plutôt. Si les pommes sont de la région, c’est parfait. Mais… je ne sais plus trop si c’est la saison, ici. Je crois qu’il y a belle lurette que j’ai pas tenu à jour mon calendrier.


Et puis il y a la toute vieille qu'en finit pas de vibrer
Et qu'on attend qu'elle crève vu que c'est elle qu'a l'oseille
Et qu'on écoute même pas ce que ses pauvres mains racontent

Je sais bien que je suis pas si vieille que ça, hein. Mais dans l’ensemble, y a un problème dans ma chronologie. J’ai trop vécu, même pour mon âge. Les jeunes années en particulier furent beaucoup trop denses. J’ai l’impression que depuis cinq ans déjà, je paie le contrecoup. Et puis le chômage n’aide pas à rester active, pour être honnête.

— Quant à mes dernières volontés, faut pas se sentir gêné de le demander hein ! Je sais que je vais pas tarder à y passer, d’une manière ou d’une autre.
Douce, je me penche vers le petit bonhomme. J’aimerais être incinérée, m’sieur. Plus jeune, j’ai brûlé trop vite, trop fort, et dans tous les sens ; ma mèche s’est déjà trop consommée. Ce serait un juste retour à l’ordre des choses.

Soupirant, je plonge mon regard dans le sien. Entre mourants, on peut se dire les choses. Il pourrait être l’un des leurs, bien sûr. Mais je sais pas. J’ai envie de lui faire confiance, à ce gars-là. Comme Ulysse, il inspire un peu moins de suspicion que les autres.
— Et vous ? Vous avez une préférence ?


Faut vous dire Monsieur que chez ces gens-là
On ne cause pas Monsieur, on ne cause pas, on compte

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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Osvald Osborne, le  Mer 28 Mar 2018 - 12:14

Je hoche doucement la tête quand elle me parle de lanternes japonaises et de lit de pétales de fleurs. J'ai les yeux qui brûlent du manque de sommeil et la tête lourde mais je sais au fond de moi que Lizzie sera plus que certainement ma seule interaction sociale de la journée, en plus d'être ma seule chance de vendre quelque chose aujourd'hui. Un lit de fleurs dans la rivière, ça doit être tellement beau et morbide à la fois. Les fleurs comme le corps qui repose avec elles sont mortes et vont flétrir rapidement, à la vue de tous. En quelques jours la poésie de la mise en scène virera à la vision d'horreur... surtout qu'on ne sait pas combien de temps la barque funéraire restera sur les eaux, à voguer au gré du courant et s'exposant aux yeux des passants. Ou alors le but du jeu était de la brûler ? Sur l'eau ? Va savoir, mais dans tous les cas c'était intéressant. Peut-être que je devrais passer chez le fleuriste avant de rentrer... ça ne semblera pas trop étrange, après tout le village est en deuil je pourrais m'en servir comme excuse.

Perdu dans ma réflexion je n'entends que d'une oreille distraite ce qu'elle me dit sur les oranges. Heureusement je suis dans le commerce depuis plusieurs années déjà, ce qui m'a donné ce super-pouvoir si particulier de la profession : pouvoir entendre sans écouter. C'est comme si mon cerveau était trop habitué aux mêmes questions, aux mêmes conversations, aux mêmes dynamiques client-vendeur, qu'il arrivait à traiter l'information sans que je ne m'en rende compte et que j'agissais par pur instinct ou réflexe !
Pour le coup c'est sans l'avoir écoutée que je réponds à ma cliente le plus naturellement du monde : « Le transport se fait magiquement, il n'y a donc pas réellement de temps mort entre la récolte et la distribution dans les magasins. Aussi c'est une question d'ensoleillement naturel, les fruits nourris aux rayons du soleil ont un goût particulier qu'on ne sait pas encore bien reproduire par magie. » Puis avec un sourire « Maintenant si vous voulez vraiment du local pur et dur il y a effectivement les pommes ou les poires. »
La mode de la consommation locale ne date pas d'hier mais parfois elle est très énervante ! Enfin je sais bien que les gens veulent bien faire, je ne vais pas leur en vouloir pour ça (même si je suis souvent tenté...)

Heureusement elle n'est pas rebutée par ma maladresse de tout à l'heure. Au contraire elle le prend plutôt bien et la voilà qui se penche vers moi pour me confier ses dernières volontés. Le feu. Les cendres. En hommage à sa vie elle-même. En sens c'était beau aussi, de faire écho à sa vie dans sa mort. Je l'écoute avec un air compréhensif sur le visage. Lizzie dit avoir bien vécu, quelque part je l'envie. Ma mèche à moi, elle est restée intacte jusqu'à très récemment. De peur de s'abîmer j'ai préféré de rien faire. Au final ma vie n'aura été qu'une immense parenthèse où rien ne s'est jamais produit, attendant de reprendre le cours d'un récit que j'ai toujours eu peur de découvrir. Aujourd'hui nous sommes tous plongés jusqu'au cou dans un roman d'horreur et je suis l'un des protagonistes qui n'a aucune expérience et donc aucune arme à sa disposition pour s'en défendre. Comment savoir si l'on fait un bon ou un mauvais choix lorsque c'est le premier que l'on prend de sa vie ? Sans aucun point de comparaison ?

— Et vous ? Vous avez une préférence ?
Une préférence ? Non.
Si je devais suivre la logique de Lizzie, je devrais demander à ce que mon corps reste en place, là où il est, et que personne ne le bouge. De toute manière personne ne le remarquera. Et quand on le remarquera... les réactions risques de ne pas être du même acabit que le lit de fleurs dans la rivière. Quoique, peut-être, je pourrais compter sur quelques amis ? Pour ça il faudrait que j'en aie mais...
« Non j'avoue que je ne sais pas trop... »
Enterré ? Bof.
Incinéré ? Bof.
Jeté à la mer ? Bof.
Il n'y a rien sur cette terre qui ne me donne réellement l'envie de me lier à lui ou elle pour l'éternité de mon séjour dans l'au-delà.
Mais je ne pouvais pas dire ça à Lizzie.
Elle faisait déjà un énorme effort pour tenir la conversation, je ne vais pas plomber ses ailes avec ce genre de réponse. Alors quitte à dire n'importe quoi autant y aller : « Peut-être simplement retourner dans mon village natal, chez mes parents, et reposer avec le reste de la famille ? Ce serait bien je crois. »

Le reste de la famille... famille d'idiots ! Famille de parasites, famille toxique qui ne m'a apporté que malheur et mal-être depuis ma naissance ! Famille que j'aimerais être présente en ce moment dans ce village, que je puisse me réjouir la nuit venue, à boire pour leur santé tout en espérant les découvrir morts au petit matin. Oh oui pour ça j'aimerais que le reste de la famille soit là avec moi ! Mais je n'en laisse rien transparaître à ma gentille cliente. Dans un climat comme celui-ci, mieux vaut éviter de dire que l'on déteste les gens de son propre sang. Même si ça n'a aucun rapport, les raccourcis sont si vite faits que la règle d'or est de surveiller sa langue même quand elle est aussi innocente que celle d'un nouveau-né.
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Lizzie Bennet, le  Jeu 26 Avr 2018 - 12:50

Le gentil petit commerçant me rassurait sur les pratiques de transport. C’était bon à savoir, parce que j’avoue que moi, j’y connaissais pas grand chose. Entre la disparition du Magicobus et mon aversion pour l’idée de voyager seule… Bah je fais du sur-place, quoi. Donc au fond, si je peux me balader par les papilles, c’est très bien. Je fis rouler dans mes mains les pommes espagnoles, cependant que nous poursuivions notre badinage morbide.

Lui n’avait pas trop eu le temps de réfléchir à comment il voulait mourir, ou du moins, être célébré dans sa mort. Je trouvais ça assez intéressant ; moi depuis toute jeune, c’était une problématique qui tendait à m’obséder. J’avais de ces angoisses et pulsions de mort, depuis… je ne saurais dire quand cela a commencé, en vérité. Peut-être que je les ai toujours portées en moi. Le temps n’a fait que les renforcer.

Sa réponse témoigne en revanche d’un profond ancrage familial. Il compte regagner son village et les siens, les accompagner dans la mort… Il y avait quelque chose d’assez poétique là-dedans. Je crois que malgré mes regrets, il y a trop de choses que je ne sais me pardonner pour pouvoir prétendre à rejoindre le caveau familial.

— C’est important de rendre hommage aux siens. Vous êtes enfant unique ?


Parlez-moi de vous. Donnez moi l’impression qu’avant de mourir, j’aurais connu quelqu’un. A défaut de me connaitre moi-même, j’aurais compris les craintes et les espoirs d’un être humain. Soyez cet humain là, pour moi. S’il vous plait. J'ai besoin de vous. De savoir que je ne suis pas tout à fait seule. Qu'il est possible d'avoir confiance en quelqu'un, même quand le monde autour de nous tourbillonne dans des nuages de sang.
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Osvald Osborne, le  Dim 29 Avr 2018 - 13:49

Sa question me fait regretter ma réponse. J'aurais dû dire une ânerie du style des cendres jetées à la mer. Ou alors une banalité comme un enterrement en bonne et due forme. Au moins on serait passé à autre chose ! Mais non, au lieu de ça je me retrouve à réprimer de toutes mes forces une grimace amère. C'est la première chose qu'elle m'a apprise : cacher mes émotions. Le masque que je porte en sa présence n'est pas le vrai masque, celui-là n'est que formel, pour la tradition, mon vrai masque est mon visage de tous les jours. Celui que je dois présenter à ces idiots insupportables qui me servent de congénères. Celui que je dois toujours garder bien soigné, souriant, toujours dans le bon ton, la bonne note. Celui qui n'est que le reflet de la mascarade qui me sert de vie depuis toujours. Une fois de plus je joue mon rôle. Un rôle des plus ennuyants, pourtant avant de découvrir que je pouvais être autre chose je m'en contentais assez bien.

Un rapide calcul s'opère dans ma tête : si je lui dis que j'ai des frères et sœurs elle va forcément me poser des questions sur eux.
Mais si j'exploite bien l'idée de la famille, je peux contracter auprès de ma cliente un capital sympathie qui pourra m'être très favorable plus tard. Dans ce village, en particulier les soirs de vote, mieux vaut avoir des amis de son côté pour ne pas finir bêtement exécuté. Pour l'instant ils se tirent dans les pattes les uns les autres mais tout de même, un avantage est un avantage. Alors je prends sur moi et colle un air nostalgique sur ma face de simple vendeur.
« Oh non j'ai deux sœurs, toutes les deux plus grandes que moi. Mais l'écart entre nos âges n'est pas grand donc on s'est toujours plus ou moins arrangés pour jouer ensemble. » Ce n'est qu'en partie un éhonté mensonge. En même temps les plus convaincants sont ceux qui entremêlent subtilement des parts de vérité en eux. Je n'ai qu'une sœur et c'est une peste. Une créature détestable comme notre père l'est, toujours dans l'arrogance, la condescendance et les manipulations et chantages sentimentales. Notre enfance a pourtant été riche, on ne manquait de rien quand j'y pense, mais ce qu'on a pu se haïr. Malheureusement on était seuls, donc nous étions obligés de jouer ensemble. Son jeu favori est vite devenu celui consistant à me pousser à bout puis de se blesser elle-même pour que je me fasse punir alors qu'elle pleurait dans les jupons de l'adulte le plus proche. Une peste. Qui ne m'a appris qu'une chose : les gens ne reculent devant rien quand leur plaisir passe par le malheur des autres. Je continue ma jolie histoire : « On avait ce jeu où il fallait jeter un objet le plus loin possible, puis le premier qui attrapait celui de l'autre puis le ramenait dans son "camp" gagnait. » Vous ne voulez pas connaître la véritable version de ce jeu, croyez-moi. Mes yeux embués se baissent à ces souvenirs qui remontent et qui font mal. Puis sa voix résonne dans ma tête et je me ressaisis avant de craquer « Mes parents sont vieux à présent, je ne sais même pas s'ils s'occupent encore du jardin ou s'il est à l'abandon... » De vrais larmes pour une fausse raison, si elle me voyait elle m'applaudirait !

Je m'essuie rapidement le visage du plat de la main je m'excuse « Excusez-moi, ce n'est pas professionnel du tout » puis part dans un petit rire nerveux d'une seconde ou deux. « Pas professionnel » comme si ça avait la moindre importance désormais. Je regarde Lizzie, avec plus d'attention que d'ordinaire, comme si je la voyais - ou plutôt comme si je voulais enfin la voir - pour la première fois. Elle aussi elle mourra. C'est comme ça. Il le faut. Elle me l'avait déjà expliqué et j'avais déjà débattu sur ce point mais c'est elle qui a raison. Alors même si cette idée provoque en moi une pointe d'émotion indéchiffrable dans le ventre, le fait est que la femme en face de moi en ce moment même finira comme tous les autres.

Sourire.
« Et vous ? La famille je veux dire... » puis une question me vient. Une question qui me taraude depuis le début de l'opération et que je n'ai jamais osé poser aux autres. « vous les avez prévenus de ce qui se passe ici ? Parfois moi j'aimerais... mais j'ai trop peur de faire encore plus de mal en le faisant... »
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Lizzie Bennet, le  Lun 28 Mai 2018 - 22:45

Je jette un regard à la fois nostalgique et envieux au commerçant. Des soeurs… J’ai perdu trois des miennes lorsque je n’étais qu’une adolescente. Des deuils que je n’ai jamais trop su accepter, et que j’ai refoulé dans des années de pulsions et d’impulsions démesurées.

— Tu as de la chance d’avoir des soeurs.


J’veux dire, j’en ai aussi. Mais on s’est perdues de vue. J’crois qu’on a eu peur de s’attacher, de devoir retraverser ce type de trauma. On a préféré errer chacune de notre côté, esquivant tout lien trop fort. On pouvait pas perdre une soeur de plus, alors on a essayer de cesser d’être des soeurs les unes pour les autres.

Mon regard s’éteint légèrement à cette pensée, mais par chance, le commerçant relance vite la conversation, m’évitant de ruminer de glauques idées.
— Cela avait l’air divertissant, comme jeu
— sa candeur m’éloignait du réel, du passé, et je me perdais dans son histoire à lui. C’était un domaine plus sûr, plus serein que le mien.

Je n’aurais peut-être pas du le pousser à parler de lui… Bientôt, les larmes lui montèrent aux yeux, et toute troublée, je gesticulais pour lui trouver un mouchoir. En tissu, car on est au 19e siècle hein. Non ? Ah.
— Je suis désolée, je n’aurais pas du pousser ma curiosité.
Un peu maladroite, je tente de m’étendre au dessus de ses fruits pour poser une main amicale sur son épaule.

Il finit par m’interroger à mon tour, sur les relations que j’entretiens avec ma famille. Il y a longtemps que je n’ai pas abordé ce sujet… Je plisse les yeux, mal à l’aise.
— J’ai deux enfants, mais tu sais ce que c’est. Ils sont très pris par leur vie, et ne viennent pas forcément aux nouvelles de leur vieille mère. Mais ils sont heureux, c'est ce qui compte. Quant aux autres… Je viens d’une famille nombreuse, mais nous avons été ébranlés par une succession de deuils. Trois de mes soeurs y sont passées… Je n’avais pas vingt ans.

J’sais pas quoi dire. Mais en même temps, il y a si longtemps que je n’ai pas pu en parler à qui que ce soit qu’une fois lancée, il est difficile de m’arrêter.
— Je crois que j’étais superstitieuse, à l’époque. J’étais persuadée que notre famille était maudite, et qu’on allait y passer les unes après les autres. J’ai préféré m’effacer des souvenirs de mes parents, pour qu’ils n’aient pas à en perdre à une autre. Et puis, je crois que je me haïssais de leur avoir survécu, aussi. Elles valaient mille fois mieux que moi. Jane aurait été si heureuse, dans ce petit village. J’suis sûre qu’elle aurait réussi à charmer le Seigneur des Ténèbres et le faire revoir toutes ses idées, à coup de douceur et d’innocence. C’était la fille la plus délicieuse qui soit, et —


Je réprimais les larmes avec violence, mais un frisson parcourut mes épaules, et je sentais le sanglot arriver. Je m’agrippais au stand, et finis par retrouver une certaine contenance.
— Donc non, ils ne savent pas. C’est plus simple comme ça. J’pourrais disparaître, et ils mettraient quelques années avant de s’en rendre compte
, soufflais-je avec amertume. J'pourrais disparaître, et ne jamais être grand mère. J'inspirais profondément pour retrouver mon calme. C'est si banal, à mon âge, de s'inquiéter de mourir. J'ai déjà tant vécu.

(bonne culpabilisation à oz mdr)
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Osvald Osborne, le  Dim 3 Juin 2018 - 10:49

Lizzie avale toutes mes salades avec une facilité déconcertante. Mieux encore : elle compatit et tente tant bien que mal de me consoler ! Oh l'ironie est forte, si elle savait. Je sèche mes larmes, mi-soulagé que ce soit aussi bien passé et mi-étonné de ma propre performance. De nous tous je ne suis pourtant pas le plus débrouillard avec les mots, L. l'est nettement plus ! Habile comme un chat, elle sait toujours comment retourner les arguments des uns contre eux. Quand on se réunit c'est assez impressionnant. Et Elle lui fait confiance. Tant que L. est avec nous je ne pense pas qu'on puisse se faire remarquer plus que ça. Enfin pour ce qui est d'Elle, T., B. et moi. Pour ce qui est des deux A. ...

Ma cliente parle, parle, parle. C'était à prévoir, j'avais ouvert une porte et elle s'est bien évidemment engouffrée dedans. Je hoche la tête en l'écoutant d'une oreille. Elle a des enfants qui ne viennent pas souvent la voir et je me retiens de toutes mes forces de ne pas fissurer mon masque d'interlocuteur compréhensif et désolé avec un sourire malsain. Les idiots, ils vont le regretter toute leur vie haha ! Oh bien sûr ils ne peuvent pas savoir que la vie de leur mère ne tient qu'à un fil - ou plus exactement à un vote - eux ils pensent encore qu'elle a la vie devant, elle n'est pas si âgée. La nouvelle de son trépas ne fera qu'encore plus mal quand ils l'apprendront. Peut-être chercheront-ils à se venger ? Mais dans ce cas bonne chance à eux pour nous retrouver et nous affronter, le village sera entièrement à nous d'ici là.

Entendre sans écouter. Je saisis par-ci par-là les mots deuil et haine. Malédiction aussi, je me force à rattraper son histoire et c'est à la fois fascinant et déprimant. Toute fois elle n'a toujours pas répondu à ma question de base. En proie à toutes ces émotions fortes, ce petit bout de femme s'agrippe à l'étalage comme pour se retenir de tomber. À mon tour de faire un geste de réconfort vers elle, je tends la main pour la poser sur l'une des siennes. « Je suis désolé... » prononcé à mi-voix, tel un secret qui devrait rester entre nous deux.

Enfin j'obtiens la réponse à mon inquiétude. Les autres ont toujours affirmé, très confiants, qu'il n'y avait pas de soucis à se faire à ce sujet. Moi je restais sceptique. Une demande de renfort, un appel à l'aide, une lettre d'adieu qui alarmera son destinataire, ... à mes yeux il suffirait d'un rien pour que notre plan s'en retrouve bien plus ardu à exécuter si ce n'est complètement annulé ! Mais non, Lizzie n'a prévenu personne et ajoute même que sa disparition n'inquiètera personne avant un moment. Bien. Très bien ! C'est même parfait ! Alors pourquoi est-ce que j'ai ce petit pincement au niveau du cœur ? Je secoue légèrement la tête pour me débarrasser de cette question, il ne faut pas que j'y pense. Il ne faut pas que j'y pense.

Je plonge mon regard dans celui de Lizzie. Que répondre à ça ?
Le clocher sonne midi et la réalité s'abat sur nous comme une chape de plomb : c'est parti. Il va y avoir débat. Il va y avoir cris, accusations, pleurs, supplications (peut-être ?) et enfin jugement. Un jugement dont les villageois seront à la fois jurés, juge et bourreau. Un jugement sans appel. Il va falloir être fort.
Je déglutis mal en regardant ce toit pointu d'où s'envolent ces cloches infernales. Est-ce que je serais à la hauteur ? Qui a été élu ? Un des nôtres ? Oh pitié faites que ce soit un des nôtres ! Le Maire, s'il est dans notre camp, peut nous sauver la vie.
Les gens se dirigent vers le lieu de rendez-vous, jetant des coups d'œil inquiets et inquisiteurs à tous leurs voisins. La bulle de pseudo-normalité que l'on s'est créée éclate et dans un geste brusque et mal assuré je prends trois pommes et trois oranges, les fourre dans un sac en papier brun avant de le donner à ma cliente.
« Cadeau de la maison »

On n'en est plus là. Ce n'est pas pour une poignée de mornilles... et puis de toute manière au moins l'un de nous va bientôt trépasser. On s'en fiche de tout ça. « Partez devant, moi je dois remballer tout ça d'abord. »
Hier c'était facile.
Aujourd'hui le jeu commence vraiment.

HRPG :Fin de la journée 2
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Lizzie Bennet, le  Lun 25 Juin 2018 - 16:36

Ses silences en disent plus que ses mots, parfois. Il est si compréhensif. D’une capacité d’écoute incroyable. Honnêtement, cela fait des années que j’ai le sentiment de parler dans le vide, d’être toute seule, invisible, de parfois douter de ce que je vois, de ce que je fais, de la réalité de ce qui m’entoure et de ce que je suis. Et là, sa présence a quelque chose de si apaisant que je peux tout lâcher, et retrouver mon calme, un semblant de paix intérieure. Emue, je lui adresse un regard reconnaissant.

L’instant est vite refermé par le son du clocher ; l’heure est venu d’élire le prochain mort. Dans quelle démocratie vit-on, vraiment ? Qui est le sadique qui a eu cette idée ? Mes mains tremblent, et j’essaie de le dissimuler tant bien que mal. Le marchand de fruits et légumes finit par le remarquer, je crois, et m’offrir un cadeau pour me porter un peu de douceur dans le coeur.

— Vous êtes sûr ? Je… Bon. On se retrouve là, bas, de toute façon…
J’ai l’impression de marcher vers l’échafaud. Faites attention à vous. J’sais pas où je pourrais trouver de si bons fruits et une si bonne écoute si vous n’étiez pas là. Un sourire triste aux lèvres, je m’éloigne, avec mes fruits et mon éternel chariot d’un orange criard.

Sur la place, j’apprends que l’homme que nous avions condamné et tué était bel et bien un Mangemort. Je sais pas trop comment ça se passe, si c’est révélé par l’autopsie, s’il est possible de cacher sa marque, tout ça. Je connais pas grand chose, moi. Mais j’essaie de suivre, quand même. De me rappeler de ce qui a été dit la veille… Le débat s’envenime rapidement, et les soupçons semblent peser contre notre maire. C’était le cas hier, déjà ; Elhiya était dans les premières à l’accuser. Et elle avait utilisé des images bizarres. Je serrais les dents. On allait sans doute changer de maire, après le vote ou la nuit suivante.

Je restais en retrait, cherchant du regard mon ami et ses fruits. L’ayant trouvé, je me glisse dans sa direction, et finis par pouvoir échanger un peu avec lui.
— Je ne sais pas ce que vous en pensez… Mais je trouve que la défense de la maire est peu convaincante, surtout au vu de certains éléments d'hier ? Et en même temps, je crains un peu un changement de maire dans le climat actuel...
Me rendant compte que je suis en train de me ronger les ongles, je les laisse tomber. Je n'ai pas fait ça depuis au moins trente ans.
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Osvald Osborne, le  Sam 28 Juil 2018 - 9:15

Désolé pour l'attente/le retard :mm:

Ranger permet de gagner du temps pour se calmer. Et réfléchir. La stratégie a été décidée la veille, quoi qu'il advienne il faudra s'y tenir. C'est toujours le plus difficile ; se retenir d'aller chercher le soutien des autres. Un regard, un geste, un sourire en coin de trop et c'est tout le groupe qui tombe. Pourtant c'est humain, de chercher se rassembler dans les moments difficiles, c'est humain... Peut-être qu'après tout c'est ça qu'il faut retenir de cette histoire ? Que pour faire le Bien, pour arriver à un Idéal, à une monde Meilleur, parfois on est obligé de laisser de côté son humanité ? Les caisses s'empilent et les cloches continuent de sonner. Si j'arrive en retard cela fera-t-il se tourner l'attention sur moi ? Lizzie pourra témoigner en ma faveur mais tout de même c'est prendre un risque que je ne suis pas sûr de pouvoir assumer. Je déglutis et essuie mon front de la manche de ma chemise, allez, on y va et tout ira bien...

Les gens ont peur de nos masques la nuit mais moi j'ai l'impression de saigner par tous les pores de ma peau quand je porte celui des journées. Un air perdu, innocent, inquiet, un air d'idiot qui ne comprend jamais rien à rien et qui veut que tout le monde arrête de s'embêter pour se faire des câlins et des bisous parce que c'est tellement mieux les câlins et les bisous. Gnagnagnagnagna ! Pas une fissure, pas un sourcil qui se lève ou de rire nerveux. Les gestes que je m'autorise sont des hochements de tête et des plissages de front. Et le pire c'est que ça marche. Personne ne fait attention à moi. Ceci dit c'est sans doute plus dû au fait que d'autres soient bien plus grandes gueules et donc suspects que moi.
Ça parle, ça crie, ça se moque, ça s'indigne,... et ça se montre du doigt surtout !
Pour l'instant tous les indexes sont pointés vers Aoi, notre Maire. On s'en était doutés, évidemment, mais ça me fout la boule au ventre quand même. Je fais confiance à cette femme aux cheveux d'ébène bien qu'elle ne se défende pas beaucoup et que quand elle le fait ça n'a pour résulter que de faire brailler encore plus les villageois. Quelle bande de -

Une voix familière vient me sortir de mes pensées. Lizzie. Encore. Elle peut pas me lâcher cinq minutes celle-là ? T'as pas d'autres choses à faire dans un moment pareil que de venir me casser les pieds ? Le masque reste en place, je me permets juste un soupir désespéré. Sans tourner la tête du feu de l'action je penche la tête sur le côté pour lui répondre sans parler trop fort. « Je ne sais pas... ils ont tous leurs raisons se se soupçonner les uns les autres je pense... » Pré-au-Lard est le village de sorciers le plus célèbre d'Angleterre mais il n'en reste pas moins un petit village où tout le monde se connait, ou tout du moins où tout le monde a déjà entendu des ragots sur tout le monde. Je croise les bras et montre du menton un des grands accusateurs d'Aoi « Mais ça me semble bizarre que certains s'acharnent autant sur quelqu'un avec qui, comme par hasard, ils ont eu des "mésententes" par le passé. Du style la jalousie d'avoir raté l'occasion de devenir propriétaire d'un établissement... » Je fais de mon mieux pour rester dans le vague, ne pas paraître trop fermé, trop catégorique. Je fais mon « je pose ça là, je dis ça je dis rien, tu en fais ce que tu veux » juste assez pour mettre le doute. Au vu de la tournure du débat il faudrait un miracle pour que Aoi voit se lever le soleil demain matin, si je peux influencer au moins une voix pour cette fois...

Mon nom est cité par Elhiya qui... ne fait que ça, citer des gens et puis se murer à nouveau dans son mutisme. Je ne sais absolument pas comment réagir alors après avoir effacé la surprise et l'incompréhension sur mon visage je continue mon maigre exposé. « En vrai je ne sais pas.. ils sont tous convaincants pour moi, je n'arrive pas en m'imaginer un seul en tueur sanguinaire... pauvre Fañch, il était un peu bizarre mais... enfin personne ne mérite ça... »
Parlote, parlote, on reproche à certains de ne pas participer, ça me pousse à faire une courte intervention. J'approuve une-telle et une-telle, je dis que je ne suis pas où me positionner et que donc il ne fallait pas compter sur moi pour le vote de ce soir. J'avoue avoir fait une erreur la veille et je ne souhaite pas la réitérer, mieux vaut s'abstenir que de faire du mal par erreur. Voilà, c'est tout Osvald ça : « Je préfère prendre le risque de mourir assassiné dans mon sommeil que de prendre une décision qui pourrait s'avérer mauvaise. » Rien qu'à m'entendre parler ça me dégoûte.

Heureusement qu'Elle m'a sauvé. Du monde mais aussi de moi-même.
Lizzie Bennet
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Re: Lèche vitrine ... Ou pas !
Lizzie Bennet, le  Lun 20 Aoû 2018 - 16:35

— Je vois ce que vous voulez dire, oui.
Le vendeur est tout aussi mitigé, et ne sait trop qui soupçonner. Tout le monde a ses raisons, et il a bien raison ; la peur nous rend dingues. Elle libère tous nos démons, et nous nous trouvons là à accuser n’importe qui. Il devine des relents de jalousie dans l’acharnement de certains, et je hoche la tête. Pré-au-Lard n’est pas grand, il est facile que les rancunes et rancoeurs se cumulent dans le temps.

A son évocation de Fañch, mon petit coeur de quinquagénaire vacille. Personne ne mérite la mort.
— Personne, personne. J’ai la voix qui tremble.
Enfin, peut-être ceux qui veulent se la donner. Peut-être que parfois, ils ont leurs raisons de penser ça, et qu’on devrait les laisser faire. Et en même temps, je peux pas l’accepter. Je peux pas me résigner.

Peut-être que c’est parce que la mort est si proche que je refuse de la prendre dans mes bras ; soudain, je me sens des pulsions de vie, toutes ces choses que j’ai encore à faire et à vivre et à partager et à aimer.

Ô loups, ô mages, s’il vous plait, ce soir, ne tuez point. On a encore des choses à découvrir, tous ensemble. Laissez-moi croire encore en l’humanité.

(Ellipse)

A la tombée de la nuit, je m’en retourne vers mon petit appartement. La journée a été longue et les débats du jour me laissent toute courbaturée. J’espère que les accusations ont été bien placées… Et en même temps, l’existence même de cette peine de mort m’écoeure. Je tourne et me retourne dans le lit trop petit. Je devrais manger quelque chose, je serais trop faiblarde demain sinon. En plus, j’ai des produits frais… N’ayant pas la force de cuisiner, je pèle quelques fruits, les croque sans envie, et file dans les bras d’un Morphée aux mains moites. A moins que ce soient les miennes que l’anxiété rend presque liquides.
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