AccueilPortailFAQPublications internesRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Rues de Londres :: Les Docks
Page 14 sur 15
Dans une nuit Brumeuse
Aller à la page : Précédent  1 ... 8 ... 13, 14, 15  Suivant
Kohane W. Underlinden
Responsable GGryffondor
Responsable G
Gryffondor

Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 29 Juil 2017 - 17:01




Y'a la flamme vacillante dans son œil.
Alors que je la secoue sans trop la brusquer.
J'sais pas ce qu'elle fiche ici. Pourquoi elle a eu la bonne -ou mauvaise- idée de déambuler si tard dans ces coins si peu passants. La nuit, tout dort au bord de l'eau. Le fleuve lui-même paraît prendre du repos. Il est calme. Serein. Rien pour le déranger. Sauf lorsqu'au beau milieu du tissu nocturne, un corps vient à tomber -volontaire ou accidentel, qu'importe. Le fleuve se remet alors en mouvement, charriant le corps immobile au grès du flux et du reflux. La nuit s'anime alors des cris et précipitations pour sortir le malheureux de là. Même si, parfois, rien de tout ça. L'inconnu tombe sans bruit. Juste le fleuve pour témoin de sa chute. Et tout continue de dormir.
Mais, ce soir, ce n'est pas le cas.
Pas que je sache, en tout cas.
Depuis mon poste d'observation au milieu de la brume, j'ai pas entendu de plouf.
Ce soir, cette nuit, c'est calme.
Et tout dort.
Sauf cette fille.
Quoique... peut-être qu'elle dort aussi ?
Peut-être qu'elle est comme tous les autres, blottie au fond de son lit. Et c'est son esprit, son double qui est là. Qui ne mesure pas le danger de l'heure.
Dingue, comme nous sommes soumis au Temps.
Y'a le moment où on peut sortir.
Puis, une fois que les aiguilles ont passé un certain stade, toutes portes doivent être verrouillées et rien n'a à bouger.
Sauf si on est habitué.
Au nocturne. Aux rues noires de nuit. Aux ruelles désertes et grinçantes sous le pas.
Sauf si on est habitué.
Aux déambulations sous clair de lune.
Aux perditions sous les étoiles.
Mais quelque chose me dit que cette fille ne fait pas partie de ces catégories-là. Comme si c'était presque une erreur, qu'elle soit ici.
Comme si c'était pas voulu, sa présence.
Elle n'est pas à sa place ici. Y'a une fausse note quelque part. Ce n'est pas dans cet endroit quel devrait se trouver.
C'est ailleurs.
Loin de là.
Dans un chez-elle douillé.
Loin de l'humidité des docks, des rencontres douteuses qu'on y fait et de la brume qui masque les regards.



Quelques mots s'échappent de ses lèvres.
Un fil que je saisis pas.
Je ne suis pas assez rapide pour l'attraper au vol.
Pourtant, je l'ai entendu.
Et je ne l'ai pas compris.
A croire qu'elle me confond avec une autre. Tout en étant sacrément bigleuse. On a quoi... cinq, six ans d'écart ? Tout au plus. Comment peut-elle me prendre pour sa mère ? Je fais si vieille que ça ?!
Mais, en même temps, elle ne paraît pas dans un état normal.
On dirait qu'elle flotte.
Dans les limbes du sommeil.
Elle court. Après ses rêves.
Elle s'est endormi ici. Sur ce banc. Je viens de la réveiller.
Elle sait pas trop où elle est. Elle me prend pour sa mère. Elle rêvait de sa mère. Elle lui dit qu'elle est en retard. Elle l'attendait ? Elle attendait le bateau qui devait la ramener ?
Tant de questions.
Je sens sa peau. Sur la mienne. Sa main. Qui se pose.
Je n'ose plus bouger. Je n'ose plus la secouer. J'attends simplement la suite. Je ne la laisserai pas. Seule. Ici. Je la ramènerai. Chez elle. Elle y sera plus en sécurité.
Et soudain, un mouvement dans son corps, un hoquet, elle semble reprendre ses esprits.

A la lueur du réverbère, je plonge mon regard dans le sien.
Ce n'est plus le même.
Ce n'est plus celui d'avant.
Celui-là est bien plus conscient.
Lucide, devrais-je dire.
Celui-là, c'est le regard de la fille éveillée. Et surprise.
Je me recule légèrement. Pour ne pas l'effrayer. Lui laisser son espace vital. Et lui faire comprendre que je ne suis pas là pour lui vouloir du mal.

-Tu t'es trompée, je commence, d'un ton doux. J'suis pas ta mère.

J'suis pas aussi vieille, na mais oh!

-C'est elle, que tu attends ici ?

Mon regard fait un tour des lieux.
Les docks endormis.
La brume qui empêche de voir loin.
L'ambiance silencieuse.
Il ne risque pas d'arriver quelqu'un à cette heure-là. Sauf des fêtards, des alcoolisés et des gens habitués aux éternelles balades nocturnes. Mais rien de très maternel. Du moins à mon avis.

-Je ne pense pas qu'elle vienne maintenant. Il est tard, tu sais. Je te ramène chez toi ? C'est plus prudent d'être à deux.

Revenir en haut Aller en bas
Yue Tsukaï
avatar
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Aucune spécialité enregistrée actuellement.


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Yue Tsukaï, Ven 1 Sep 2017 - 16:02


(désolée pour le retard Koko ♥)

Perdue, elle ne bougeait plus.
L'esprit encore imprégné de visions effervescentes.
Ou était-elle ? Que c'était-il passé ? Elle ne sentait plus la chaleur de l'appartement ni l'odeur rassurante de tabac à pipe.
Tremblante, Yue se ressaisit quelque peut et observa lentement les environs. Ses yeux vagabondaient dans la nuit obscure, se perdant ça et là dans l'épais manteau de brume. D'abord flou, le quai apparut nonchalamment, se détachant des ténèbres. Les eaux profondes venaient frapper la berge, laissant derrière elles quelques traces d'écume. La métisse sentit un léger vent lui caresser le visage, rapidement accompagné de pétillantes perles d'eau au goût salé.

Peu à peu, ses sens lui revinrent, comme une évidence.
Au dessus d'elle une lumière clignotait paresseusement, l'a plongeant quelques secondes dans le noir.
Son regard fixé au sol, elle aperçut une silhouette jouxtant la sienne alors elle relèva la tête, curieuse et apeurée.
Jusqu'alors, elle pensait être seule, sa lucidité avait-elle été si annihilée que ça ?
La Rouge et Or observa craintivement la personne qui lui faisait face, elle ne se sentait pas la force de se défendre contre qui que ce soit.
Heureusement la jeune fille brune qui se tenait devant elle n'avait pas l'air hostile et fit même un pas en arrière en guise de respect.

-Tu t'es trompée, commenca t-elle, d'un ton doux. J'suis pas ta mère.

Yue tiqua, "sa mère ?" Elle ne voyait pas ou l'inconnue voulait en venir. Et puis son rêve éveillé lui revint de plein fouet. Elle enfouie son visage entre ses genoux. Ça avait recommencé, la métisse avait encore convoité l’inatteignable et idéalisé une rencontre qui n'aurait jamais lieu. Elle croyait ce temps révolu mais apparemment la mort de ses parents continuait de la hanter et d'influencer son sommeil. Une nouvelle crise de somnambulisme donc, soupira t-elle intérieurement.

-C'est elle, que tu attends ici ?

Yue se redressa et regarda plus attentivement l'inconnue. Comment avait-elle pu la confondre avec sa mère ? Celle-ci semblait certes plus âgée qu'elle mais pas au point d'avoir des enfants, tout au plus pouvait-elle être comparée à sa grande sœur. Était-elle à ce point en manque d'amour maternelle ? Ça en devenait ridicule, elle avait très bien vécue sans cette affection jusqu'alors. Elle soupira de frustration face à cette situation, elle se sentait impuissante. Quand bien même cette personne l'avait aidée, la gryffondor n'avait pas à lui répondre.

-Je ne pense pas qu'elle vienne maintenant. Il est tard, tu sais. Je te ramène chez toi ? C'est plus prudent d'être à deux.

Ironie du sort mais proposition sincère et honnête.
Yue pesa le pour et le contre, certes elle ne se sentait pas en grande forme mais prendrait-elle le risque de laisser quelqu'un s'approcher de sa bulle de confort ?
Il n'y avait jamais eu personne pour l'aider sauf exceptions comme Bobby.
La jeune sorcière avait l'habitude de se débrouiller seule.
La solitude ? Elle avait grandit avec, elle l'a subissait chaque jour comme un accident, elle faisait partie d'elle même comme une moule s'accrochant à son rocher.
Alors ne faites pas attention à elle, cet isolement s'est imposé comme loi tel un interdit sur l'autre voie.
Une quarantaine qui ne prendra jamais fin.

- Elle ne viendra sans doute jamais malheureusement, lui répondit-elle froidement. Et puis elle se reprit, elle ne devait pas accablé cette fille d'un malheur qui n'était pas le sien, c'est gentil de me proposer de me raccompagner mais je préférerais rentrer seule, j'ai besoin de m'aérer les idées, finit-elle en se levant difficilement du banc.

Coups de tonnerre dans son crâne,
Yue chancela sur ses pieds,
Elle sentait sa veine pulser vers son arcane.
Après tout, elle n'était pas faite d'acier.
Revenir en haut Aller en bas
Kohane W. Underlinden
avatar
Responsable GGryffondor
Responsable G
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Occlumens


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Kohane W. Underlinden, Jeu 5 Oct 2017 - 21:39




Désolée du retard :x


Moment de perdition. Elle ne semble pas comprendre ce que je lui dis.
Un temps encore. Puis légère lueur. Un déclic qui se fait. Que je ne saisis pas vraiment. Mais elle paraît réaliser -visage enfoui. Face à ce tableau vacillant, je reste muette. Immobile. Attendant qu'elle parle. S'exprime. Savoir où je dois la ramener. Parce que non, je ne la laisserai pas. Elle me semble si vulnérable. Moi, ce n'est pas un problème. Savoir ma baguette avec moi me rassure. Et je crois avoir déjà assez affronté ma vie pour m'en sortir à nouveau.
L'inconnue ne dit mot.
Se redresse seulement un peu et me regarde. Comme je la regarde.
Petite question au fond de l'esprit : pourquoi s'est-elle endormie ici ? Comment a-t-elle pu... ?
Remarquez... moi aussi, parfois, quand j'y parviens, je m'assoupis dans un coin, recroquevillée, position inconfortable, nuit fraîche, pas très sécurisé. Mais c'est dans ces situations que je me sens vivre, dans cet inconfort, ces très courts moments de sommeil.
C'est assez fou, quand j'y pense.
J'ai vaincu mes peur, fini par m'habituer à mes démons. Et pourtant, l'insomnie ne me quitte pas. Comme si elle faisait désormais partie de moi, au même titre que mes cernes. Toujours une angoisse inconsciente dans les tripes, celle que je ne parviens pas à expliquer, celle sur laquelle je ne sais pas poser de mots. Angoisse sans nom qui me poursuit. Inlassablement. Et celle-ci, je ne sais comment la vaincre. Je sais juste comment la faire taire. Un peu. Avec de la compagnie. Je ne sais pas pourquoi. Mais quand quelqu'un est avec moi, je dors un peu mieux. Une présence pour réconfort. Pour sécurité. Face à la peur indicible.
Mais cette nuit, y'avait personne.
Y'avait juste moi.
Y'avait mon non-sommeil.
Et je suis sortie.
Et je l'ai vue. Elle.
Seule, aussi. Mais elle dormait. Dans un lieu inapproprié.
Comme quoi. Les enfants de la nuit peuvent faire des rencontres bien étranges !

La jeune fille semble réfléchir. Avant de sortir, d'un ton froid, que sa mère ne viendra sans doute jamais. Je suis assez surprise par son ton, sa distance, petit vent glacial intérieur. Surprise aussi par la phrase. Qui signifie tant de choses. Peut en éclairer d'autres aussi.
Manque d'une mère qui, pour une certaine raison, ne viendra jamais.
Et voilà qu'en me voyant surgir dans la nuit, elle me prend pour elle. C'est la figure maternelle qu'elle a vu, entre deux battements de cils, non la figure de la toute jeune adulte (encore enfant) que je suis.
Puis elle se lève, refuse mon aide, veut rentrer seule.
Après tout.
Si elle le dit.
Elle est assez grande pour décider toute seule.
Je ne prononce pas un mot alors qu'elle se lève. Commence à s'éloigner.
Mais
Le pas dérape presque.
Chancelle, titube, bateau ivre sur le macadam. Elle part. Mais ne partira pas très loin, j'ai l'impression. Je la regarde encore quelques secondes sans bouger. Je revois les types qui avaient commencé à l'aborder. Alors qu'elle flottait dans ce sommeil étrange. Qu'elle ne réagissait pas. Qu'elle devenait proie facile pour chasseurs en quête d'amusement.
Et là. Chancelante. Titubante. Elle continue de montrer ses failles. Dans un monde de nuit qui ne souffre aucune faiblesse.
Trop se dévoiler, c'est se faire bouffer.

Elle va se faire bouffer...

Elle va se faire dévorer. Avaler. Tout rond. Gobée.
J'peux quand même pas la laisser comme ça. Ce sera ma responsabilité ensuite, si...
Deux, trois enjambées rapides.
Je la rattrape.
Une main ferme sur son épaule. Pour l'obliger à s'arrêter.

-Tu parles que tu vas rentrer seule. A mon avis, t'iras pas bien loin.

J'sais pas si elle a bu avant de venir ici.
Si c'est pour ça qu'elle s'est endormie.
Qu'elle a le pas titubant.
Mais en tout cas. Elle vacille.

-Laisse-moi faire un bout de chemin avec toi. Tu as déjà connu Londres si profondément enfoncée dans la nuit ?

Revenir en haut Aller en bas
Yue Tsukaï
avatar
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Aucune spécialité enregistrée actuellement.


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Yue Tsukaï, Mar 7 Nov 2017 - 15:53


Faiblesse du corps humain. Yue maudissait volontiers son enveloppe charnelle, inutile et pathétique.
Marqué par les épreuves quotidiennes, forgé par des années d'épuisement, son corps était définitivement bien ciselé. De l'endurance, elle en avait à revendre. De l'entrainement, ce n'était certainement pas ce qui lui faisait défaut. Les efforts, elle les accueillait en dansant.
La jeune métisse pouvait sentir chaque muscle de son anatomie, sa voûte plantaire lorsque ses pieds touchaient le sol, ses abdos qui se contractaient lorsqu'elle prenait un coup, ses triceps lorsqu'elle rendait ce même coup.
Une force tranquille et rassurante, et pourtant.
Dans les moments de doutes, cet organisme lui faisait défaut, lâche. Fuyant la pression psychologique, ployant le genoux devant des peurs infondées, baissant la tête face aux assauts répétés de lointains souvenirs.

Ainsi, Yue se trouvait chancelante, sur les quais de Londres.
Elle se rattrapa de justesse au banc qu'elle avait apparemment investie un bon bout de temps.
Sans un regard en arrière elle se reprit, ce n'était vraiment pas le moment de s'évanouir. Seule, perdue au beau milieu d'un épais brouillard lourd de pensées moroses, effectivement elle devait reprendre le chemin de la maison au plus tôt.
La lionne fit alors un véritable effort pour réactiver sa machine complexe faites de chair.
Un pas, puis deux, grimaçante, encore un troisième, fiévreuse, le quatrième fut plus compliqué, vision floue, le cinquième ne fait que commencer, main sur son épaule.
Choc.
Dans un réflexe, la gryffondor se retourne, prête à se battre pour défendre sa misérable existence.
Et puis elle l'a reconnait, l'inconnue qui l'avait réveillé de ses songes, un peu comme la Belle au bois Dormant, Yue sourit intérieurement. Finalement, son aînée ne l'avait pas écouté et était restée à ses côtés, présence ironique mais bienvenue ?  

-Tu parles que tu vas rentrer seule. A mon avis, t'iras pas bien loin.

C'était vrai, dans son état quasi cryogénique, la jeune métisse ne pourrait surement pas faire 10 mètres avant de s’effondrer.
Elle sentait encore les prémisses de son rêve éveillé lui coller à la peau comme une sangsue qui la vidait de tout son sang. Ses muscles endoloris la tiraillaient plus que de raison et son être était fatigué de se battre contre ses démons.
Yue regarda discrètement l'autre fille, celle-ci semblait se poser plusieurs questions probablement sur son état.

-Laisse-moi faire un bout de chemin avec toi. Tu as déjà connu Londres si profondément enfoncée dans la nuit 

La lionne cligna brièvement des yeux laissant échapper un claquement de langue qui vint heurter son palais.
C'était une proposition alléchante mais elle n'aimait pas être accompagnée.
La nuit, elle était libre de parcourir la ville comme bon lui semblait, protégée par les ombres et par une épaisse couche de brouillard se glissant au travers des toits. Respirer l'air épuré de toutes pollutions sonores, sentir le vent caresser son visage, c'étaient des choses qu'elle appréciait faire seule.
Mais ce soir, tout était différent.
Alors, la Gryffondor abaissa ses défenses, se découvrant, frissonnant d'appréhension.
Tremblante elle tendit une main presque suppliante.

- Je connais très bien Londres, de jour comme de nuit, je ne compte plus le nombre de fois où je l'ai parcouru, annonça t-elle simplement, si tu veux m'accompagner alors prends ma main, dit-elle sérieusement, je ne veux pas te perdre parce que tu ne tiens pas le rythme, finit-elle en un grand sourire.

Une excuse, un renversement de situation.
Elle avait besoin d'un contact pour la rassurer.
Un Touché, assidu, lent,
Qui cache une vraie science,
Proche de la survie…

I walk a lonely road
The only one that I have ever known
Don't know where it goes
But it's only me, and I walk alone
Revenir en haut Aller en bas
Kohane W. Underlinden
avatar
Responsable GGryffondor
Responsable G
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Occlumens


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 9 Déc 2017 - 15:16




J'suis encore en retard, disoulée:x

LA de Yue accordé

Le corps tangue, ce petit corps qui m'apparaît si fragile. L'axe vertical plus si vertical, un peu tordu, très flou, partant dans tous les sens. Je sais bien qu'elle n'arrivera pas à bon port comme ça. Qu'importe où elle compte aller.
Encore prisonnières des limbes du sommeil, tout juste éveillée, peut-être que sa réalité prend des formes bizarres de spirales sans fin ?
Formes hypnotiques dans lesquelles elle se perd alors que ses pas chancellent sur les quais ; elle pourrait tomber à l'eau, à ce rythme, plouf, personne ne verrait ni n'entendrait, elle disparaîtrait emportée par les flots de la Tamise, enlevée au monde, ce corps titubant flottant sur les eaux sombres de nuit.
Mais non.
Elle ne tombe pas.
S'arrête même lorsque je lui parle. Elle me regarde. M'écoute.
Je ne sais pas si elle me comprend. Veut me comprendre.
Et tout à coup, son geste brise l'immobilité de nos corps. Parce qu'elle tend un bras. Une main. Offerte. Signe d'acceptation ? Demande d'aide ? Cadeau ?
Chercher le contact, en tout cas.
Vouloir le toucher, l'effleurer du bout des doigts. Juste. Comme ça.
Et sa voix s'élève.
A ce moment-là, je sais. Je comprends. C'est une acceptation. Et même. Une invitation. A un voyage nocturne. A ses côtés.
Ca me fait étrange, sur le coup. Parce que les balades nocturnes, j'en ai avalé des tonnes. Le nombre de kilomètres que j'ai pu faire dans Londres ainsi, zonant dans les mêmes lieux, peut-être même connue, reconnue par certains visages ayant leurs habitudes aux mêmes endroit. Moi je les connais pas, je leur parle pas mais je passe là. Fantôme dans la brume, juste de passage, comme ça. Je ne parle pas, peu, j'écoute, les bruits, les murmures, les chants et les pleurs. J'écoute le monde rire ou se tuer et les étoiles sourire ou pleurer. Je regarde les corps qui se touchent, les mains qui se serrent, les chairs qui s'enlacent et parfois, laissent des traces, du rouge vif sur la toile de l'univers, quelques gouttes de sang pour un instant de violence -je détourne les yeux et je marche, je ne dis rien, le sang n'entend jamais rien. Je marche sur le monde nocturne, seule, solitaire dans mes déambulations, hors du réel, invisible pour les autres.
Et là.
Cette fille me propose d'être avec elle.
La suivre. Caler mes pas dans les siens.
Pour ne pas être seule.
Descendre à ses côtés au fin fond de la nuit. Courir derrière elle.
C'est étrange. Une nuit à deux. Avec une inconnue. Marcher ensemble sur le monde.
Alors
Je souris.
A cette main tendue. A ces doigts ouverts. Je souris. Y cale mes propres doigts. Pas un mot. Mais le regard. Alors, jusqu'où veux-tu nous perdre?

Bientôt, on décolle. C'est elle qui fait un bond, moi je suis. Et elle s'en va, oiseau dans la nuit déploie ses ailes. Je fais de même derrière elle. Enfin. Ce ne sont pas vraiment des ailes. Les miennes ont été coupées voilà longtemps. Néanmoins, je suis, les pas résonnant sur le sol et l'air frais qui fouette le visage. Des lumières un peu partout artificielles, lampadaires et véhicules. De la vie quand on s'éloigne, des bars d'où émergent des voix et des rires, odeur de fumée de cigarette et verres d'alcool.
Elle paraît savoir où elle va.
Elle paraît parfaitement connaître son chemin.
Ses pas n'hésitent pas, savent où prendre les rues et les ruelles.
Je ne me pose pas de question, me contente de suivre, le cœur battant. Les yeux grands ouverts. Ca faisait longtemps. Que je ne les avais pas ouverts aussi grands. Ca faisait longtemps. Que je n'avais pas ainsi regardé le monde. A deux.
Les visages qu'on croise, je les regarde mais ne les retiens pas. Je me contente de passer, coup de vent, suivant cette fille inconnue et pourtant, qui commence à me devenir familière.
Bientôt, nous nous arrêtons.
Je lis sur la façade du bâtiment qu'il s'agit du Sherlock Holmes Pub.
Je reste figée sur le trottoir.
Face au bar Moldu.
Puis je regarde la jeune fille. Pas de mot. Seulement un oei interrogatif. Puis.

-T'as vu. Tu m'as pas perdue.

Revenir en haut Aller en bas
Yue Tsukaï
avatar
Gryffondor
Gryffondor
Spécialité(s) : Aucune spécialité enregistrée actuellement.


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Yue Tsukaï, Lun 15 Jan 2018 - 17:19


Anxieuse, Yue l'était un peu. Elle devait bien se rendre à l'évidence, un refus lui coûterait énormément. Mais la gryffondor avait tout misé sur un geste caduque qu'elle espérait malgré tout sincère. N'étant pas à l'aise pour demander de l'aide, elle détournait toujours le problème en déguisant son attitude. Au fond d'elle, la rouge et or souhaitait que l'étrangère l'accompagne jusque dans la nuit seulement elle ne l'avouerait jamais tout haut.

Moment d'incertitude,
Les membres crispés dans l'attente
Instant d'inaptitude,
Prisonnière de sa propre tourmente


Enfin l'autre saisit sa main. Et Yue s'y agrippa en retour.
D'abord, elle regarda ses doigts entremêlés à ceux de sa sauveuse. Le puzzle enfin complet.
Le calme qui régnait alors était salvateur et apprécié. Seul comptait la chaleur de sa main dans la sienne.
La jeune métisse sourit, fermant légèrement les yeux histoire de savourer son bonheur. Puis elle releva la tête pour croiser le regard de sa désormais, compagne nocturne. Celle-ci se contentait de la fixer calmement, sans un mot, acceptant son invitation. La lionne comprit et resserra sa prise. Dans un léger soupir de soulagement, elle bondit et s'élança vivement dans la nuit.

Le vent du soir lui faisait du bien, rafraîchissant ses idées. L'esprit encore embrouillé par les événements récents, la gryffondor se laissait porter par ses pas qui, instinctivement, savaient où aller. Les rues défilaient et elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que sa bienfaitrice la suivait toujours car son souffle frôlait gentiment sa nuque. A droite, un lampadaire grésillait en manque de jus. A gauche, un banc publique affaissé par le poids des années. Au loin, les lumières aveuglantes du centre de Londres embrasaient le ciel comme une torche. Les battements de son coeur retentissaient plus rapidement au fur et à mesure que ses ailes se déployaient, silencieuses. Ses pieds lui paraissaient légers tandis que son corps se mouvait parfaitement à sa course effrénée.

Après ce qui lui avait semblé durer quelques minutes, Yue avait atteint sa destination. Essoufflée, elle inspira profondément une goulée d'air frais et releva les yeux. "Sherlock Holmes", nous y voilà, pensa t-elle. La rouge et or se retourna sereinement et tomba sur l’œil interrogatif de sa nouvelle amie.
-T'as vu. Tu m'as pas perdue, constata t-elle simplement.
Cela fit sourire la métisse qui laissa échapper un petit rire inconscient.
- Je n'en ai jamais douté, répondit-elle rieuse.
A l'intérieur du bar, on devinait des exclamations de voix engendrées par la boisson. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas mit les pieds dans ce lieu pourtant prisé par Bobby. C'était ici que la sorcière avait bu sa première bière bien vite accompagnée d'une autre ainsi qu'un mal de tête carabiné. Son sourire s'élargit. Elle avait eu envie d'y retourner maintes fois mais n'avait jamais trouvé le courage. Maintenant que la métisse était aussi bien accompagnée, elle se sentait à nouveau d'attaque. Fixant sa camarade dans les yeux, elle déclara ouvertement.
- Ça te tente un petit verre ? Je peux t'assurer que ce bar vaut le coup d’œil !
Et puis, sans atteindre de réponse, elle poussa la porte de la brasserie en réfléchissant déjà à ce qu'elle allait commander.

A peine entrée, les effluves d'alcool assaillirent son nez sans vergogne. Yue toussota en reniflant discrètement. Waou ça pique ! Ragaillardie par ses nouvelles odeurs, elle observa rapidement les lieux. Ambiance cosy et chaleureuse, l'endroit s'inspirait grandement de la série télé Sherlock Holmes d'où le nom. Des tables en bois remplies d'alcool divers s'enfilaient en cercle autour de l’Îlot central où se tenait le bar. Les personnes se bousculaient pour se précipiter aux toilettes, percutant parfois les serveurs mécontents. Les autres étaient assis à chanter des chansons païennes ou à déblatérer sur la nouvelle politique mise en place. Au final, rien n'avait changé. D'une démarche assurée, la gryffondor se dirigea gaiement vers une table vide, bien décidée à boire un coup !
Revenir en haut Aller en bas
Kohane W. Underlinden
avatar
Responsable GGryffondor
Responsable G
Gryffondor
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Occlumens


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 25 Fév 2018 - 13:23




/Contenu sensible Consommation d'alcool (avec modération!)\

La fille sourit. Elle répond. Qu'elle n'en a jamais douté. Elle n'a jamais douté que je suivrai. Une confiance en mes pas qui se sont enchaînés aux siens. Moi, je n'ai jamais douté qu'elle me garderait à ses côtés, qu'elle m'embarquerait avec elle sans me lâcher, quand bien même je tomberais. Ce qui n'est pas arrivé. Mais je sais qu'elle ne serait pas partie sans moi si tel avait été le cas.
Je respire profondément l'air de nuit alors que la jeune fille pénètre dans le bar.
Dernière inspiration.
Et je suis.
Sans hésitation.
La chaleur humaine, les voix, les rires, les gens qui passent, qui entrent, qui sortent. Il y a l'ambiance caractéristique des bars. Cet accueil au milieu d'autres êtres humains. Et les serveurs et les serveuses qui s'activent. En les regardant, je me vois à leur place. Maigre sourire. Comme une sorte de solidarité inconsciente entre gens du même travail. Sauf que le mien est nettement moins crevant ; vive la magie ! Un coup de baguette par-ci, un autre par-là, de quoi alléger quelques tâches.
Je m'arrête un court instant sur le seuil de la porte.
Observe, rapide vol du regard, la salle. Les gens.
Londres nocturne. Ta vie qui bat son plein. Comme résonne le tambour au vent. Il y a ces gens qui se voient, discutent, rient, s'amusent. Il y a cette vie qui crie pour demeurer. Ces inconnus qui se croisent sans se voir, d'autres qui en profitent pour faire connaissance. Et les amis qui se retrouvent, partagent un verre et les derniers potins.
Je souris.
Ca me rappelle, cette ambiance, ça me rappelle, y'a si longtemps, première vraie nuit dans un bar. J'avais toujours eu l'habitude de fréquenter quelques bars et café de jour, comme les Trois Balais lors des sorties à Pré-au-lard. Mais cette nuit. C'était une taverne sans nom. L'ai-je déjà su un jour ? Pas sûr. C'était la première tombée sous ma main. Entrer pour voir, curieuse. Je me sentais petite et jeune -tout juste quinze ou seize ans. Trop petite et trop jeune, sans doute. Mais personne n'a rien dit, personne n'a rechigné pour me servir un verre d'alcool.
Je me rappelle, comme ce soir, y'avait ce beau monde qui riait, parlait. Ce monde fait d'adultes et non de gamins.
Mais. Je n'avais pas peur. Plutôt l'excitation du moment et l'exaltation de faire quelque chose d'interdit -enfreindre le règlement, le couvre-feu ! Puis, je n'étais pas seule. Asclépius pour agaçant compagnon de virée nocturne.
Un rire intérieur à ce souvenir.
Une soirée des plus mouvementées. Entre inlassables disputes et course dans Pré-au-lard, pas titubant, pour rejoindre le château.

Cette nuit, ce bar me rappelle ce vieux souvenir.
Sauf que je ne suis plus étudiante, je n'enfreins plus un couvre-feu et ce n'est pas au château que je dois rentrer.
Je suis également en compagnie d'une somnambule attendant sa mère, non d'un petit aristocrate trop hautain.
Et c'est elle qui guide vers la boisson, nous conduisant à une table. Non plus moi qui prend les devant pour mener Asclépius jusqu'au comptoir et commander.
Je suis d'un pas léger la jeune fille jusqu'à l'endroit qu'elle a repéré. Le bruit emplit les oreilles et c'en est presque rassurant. Pour une fois, savoir qu'on n'est pas seule, chercher l'autre et la compagnie, chercher le regard et le sourire.
Je regarde autour de nous. Beaucoup de jeunes, sans doute étudiants ou jeunes travailleurs.
Je demande une bière, pour commencer soft. Laisse ma compagne de virée nocturne commander avant de reporter mon regard sur elle, un sourire en coin.
Que dire ?
De quoi parler ?
Je ne vais pas lui demander de parler de sa crise. Peut-être est-ce beaucoup trop personnel, que de dire les détails.
Alors je commence banal.

-Tu es une habituée de cet endroit ?

Les verres arrivent. Je remercie d'un sourire la femme qui les apporte.
Boire une longue gorgée.
C'est vrai.
Ca réveille le souvenir de la bièraubeurre. Sauf que c'est une bière classique et Moldue. J'ai l'impression que ça fait longtemps que je n'ai pas bu. Fut une époque où j'aimais bien, avoir un verre, pour fuir et oublier. Puis, c'est passé. Je remplace le verre par le rêve et je cours la nuit, à la fois lucide et perchée.
En plus, faut bien reconnaître, boire pendant le service, c'est pas forcément recommandé -bien que certains comme Leo ou mon frère étoilé ne s'en prive pas beaucoup. Et quand je rentre, y'a déjà Rachel avec sa bouteille. Je vais pas faire doublon. Ou alors, si je rentre à Thermidor, y'a Asclépius avec ses tisanes ou chocolats chauds. Ca fait trop tâche, une bouteille de whisky dans ce décor.
Nouvelle gorgée.
Je sens que la soirée va être bonne !

Revenir en haut Aller en bas
Alexeï Dragoslav
avatar
Poufsouffle
Poufsouffle
Spécialité(s) : - Permis de Transplanage


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Alexeï Dragoslav, Sam 28 Avr 2018 - 15:09


+ d'un mois, autorisation de Kohane
tw contenu sensible, insulte etc
privé avec 9 et 1



Il fait nuit et tu commences à trembler car le froid assaille tes membres un par un. Le vent caresse ton visage et fait se relever les quelques mèches de cheveux qui s'étaient perdues. Ta blondeur n'était pas vraiment reconnaissable, esquivant avec soin les quelques rayons que la lune se donnait la peine de vous offrir ce soir. Tu marche sans t'arrêter, sans vraiment savoir où tu te trouve, un parchemin à la main, froissé, déchiré, qui t'annonce que tu n'es qu'une m*rde parmi d'autre dans ce monde.

T'as qu'une envie c'était de lui faire bouffer son encrier par le c*l à cet Artémis. Lui que t'avais croisé au détour d'un bureau quand tu rigolais avec Kalén. Tu le connaissais pas plus que ça, mais son air t'avais vite refroidi. Il était pas là pour s'amuser ou pour rigoler lui. Peut-être pour ça qu'Elly avait fini par quitter le ministère et qu'il avait sauté sur sa place.

Rien à fo*tre dans tous les cas, t'as plus de but maintenant. Juste envie de shooter dans un caillou et qu'il arrive dans la tête d'un mioche qui n'aurait rien demandé. Sauf que, personne n'est debout vers deux heures du matin. Tu devrais même pas être là d'ailleurs.

Tes parents ne t'ont jamais dis de pas te promener seul Dragoslav ?

Qu'ils crèvent eux aussi.

Y'a quoi dans ta tête pour que tu pense aussi négativement ? Faut pas que tu te laisse abattre. Reprends toi. Prouve leur que t'es meilleur qu'eux. Trouve une voie, peu importe laquelle, pour arriver à atteindre le sommet. Les atteindre. Tout ça c'est dans ta tête, dans tes os, au fond de tes tripes.

Et tu marche, encore, sans vraiment savoir comment t'as fini par arriver là tu te pose, sur les docks. Tu laisse tomber tes pieds dans le vide et tu pose ton c*l sur l'asphalte. T'es face à l'eau, face aux bateaux. Et tu fais des ricochets. Du moins, quand les cailloux touchent pas la coque des navires qui n'avaient pas de chance. Les larmes pourraient presque commencer à monter, mais y'a tellement de rage en toi que t'as juste envie d'hurler. Et de comprendre. D'hurler pour que tu comprenne.


Dernière édition par Alexeï Dragoslav le Mar 12 Juin 2018 - 10:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Mangemort 91
avatar
Mangemort à la retraite
Mangemort
à la retraite
Spécialité(s) : Aucune spécialité enregistrée actuellement.


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Mangemort 91, Sam 28 Avr 2018 - 15:50


Toujours la nuitt, c'était dans notre contrat. Nous étions aux yeux de tous les méchants de l'affaire. Donc nous aimions la nuit, le noir, la crasse. Nous vivions dans des lieux sombres dépourvus de lumière. Mais peu importe. Nous avions toujours ce même masque sur le visage. Toujours cette même mélancolie. Et la nuit portait conseil, sans que dans notre crâne cette notion s'apparent au sommeil. Alors nous errons, tous les soirs et ce soirs comme les autres. sur les quais, croiser des âmes, parler, malmener; Mais il se faisait tard désormais. Il n'y avait plus âme qui vivent et nous avions improvisé un détour du côté des docks avant de rentrer jouer à la famille parfaite. il faisait particulièrement frais ce soir.

Il faisait sombre surtout, on distinguait pas grand chose à plus d'une vingtaine de mètres, et pourtant nous vîmes la forme avachi d'un homme assis au bords des quais. L'air écrasé par le poids du monde. Alors tant par curiosité que par colère - car nous haïssions la peine et le désespoir qui nous renvoyait au miroir, nous nous glissions derrière lui en silence. Observions un instant l'étendue d'eau. Puis sous l'impulsion de colère. Arrête de te morfondre, tu me les brises.  Un pied astucieusement placé au milieu du dos et une poussée vers l'avant. Ce fut le plouf en contrebas qui confirma la chute.  
Revenir en haut Aller en bas
Alexeï Dragoslav
avatar
Poufsouffle
Poufsouffle
Spécialité(s) : - Permis de Transplanage


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Alexeï Dragoslav, Sam 28 Avr 2018 - 16:17


T'es tiraillé avec l'envie de lui balancer un courrier aussi neutre que ce qu'il t'avait envoyé mais ça n'allait servir à rien. Fallait que t'avance, mais rien t'en donnais envie.

Trois petits ricochets.

Tu t'améliorais. T'en faisais de plus en plus loin, mais à force tu manquais de cailloux. C'est con ça. Tu pouvais même plus t'adonner à ce petit plaisir que de faire des ronds dans l'eau. Et puis, ça faisait même quelques bulles.

L'air frais te faisait du bien, te rappelant que tu n'étais qu'un morceau de chair sensible à toutes les altérations de la nature. Et alors même que tu fermais les yeux pour profiter de l'instant présent c'était forcé qu'un vieux mec vienne te déranger. Sa voix grave ne faisait pas réellement plaisir à entendre. Les mots choisis étaient plus que dérangeants et avant même que t'ai eu le temps de répliquer, il t'avait coupé la respiration d'un coup de pied dans le dos. Le choc t'avait poussé, te voilà épousant l'eau même sur laquelle tu t'amusais quelques minutes auparavant.

Drôle de similitude.

L'eau était complètement froide, gelée et tout les synonymes qui pouvaient s'en suivre. Les frissons qui avaient étés causés par le vent n'étaient qu'amplifiés par la température du liquide circulant tout autour des membres du slave.

Sauter dans les flaques, c'était drôle. Sauter dans un lac, c'était fun. Se faire pousser entre deux bateaux, c'était pas rigolo.

Coup de bras pour remonter à la surface, les cheveux cachant ton visage tu hurlais sur l'idiot qui était venu te faire ch*er.

- Mais bordel ! Casse toi !

Quelques brasses jusqu'à arriver au ponton que tu grimpais rapidement. L'eau dégoulinant de tous tes vêtements tu te sentais beaucoup plus lourd que ce que tu n'était. Lourd, comme le mec qui venait de te jeter dans la Tamise. Le truc con c'est que tu pouvais même pas utiliser ta baguette parce que c'était peut-être un moldu en face.

Balayage des cheveux pour qu'ils restent bien dégagés, t'offrant enfin la possibilité d'apercevoir l'auteur des faits.

- Tu m'expliques ?


Dernière édition par Alexeï Dragoslav le Mar 12 Juin 2018 - 10:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Mangemort 91
avatar
Mangemort à la retraite
Mangemort
à la retraite
Spécialité(s) : Aucune spécialité enregistrée actuellement.


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Mangemort 91, Dim 3 Juin 2018 - 18:28


Et c'est une pulsion de trop mais insurmontable qui pousse à enclencher la symphonie des rires, des cris, des mots en spectacle de son et lumières. Faute des trois coups de toute bonne pièce, les gouttelettes en ricochet suffiront bien à compenser. Mépriser l'officiel et lui préférer l'officieux, un sourire mauvais au coin de la bouche tandis que l’anguille tente de percer le voile qui le sépare du monde en contrebas. Usant de ces tentacules prêtés aux hommes monstrueux des cauchemars de gosses, le voilà crevant la surface en invectivant. Nouveau sourire.

La nuit portait son lot de divertissement ce soir.

Alors prendre un malin plaisir à le voir se tortiller pour remonter, parce qu'il est de ces victimes idéales pour les soirées noires. Un enfant-exutoire. Et pourtant l'envie de jouer de la verve se fait sentir d'avantage alors qu'il remonte et demande explication. Le regard se fixe, expose, calcule, si il y a quelque chose à en tirer.
Et même si le temps n'est pas une valeur élastique, il est temps d'en sacrifier un peu au potentiel probable des yeux clairs dans la nuit.

Plains-toi si tu y tiens Les épaules se haussent Il y en a à qui la position de victime sied bien. nous sommes plutôt de ceux qui agissent. Nouveau sourire, tentative avortée de provoquer la colère, une réaction quelconque pour l'exploiter.  
Revenir en haut Aller en bas
Alexeï Dragoslav
avatar
Poufsouffle
Poufsouffle
Spécialité(s) : - Permis de Transplanage


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Alexeï Dragoslav, Mer 13 Juin 2018 - 20:07


Les gouttes perlent sur ton visage. Tu les sens rouler une à une le long de tes tempes, attirée par le sol tel la gravité nous oblige à rester bien cloitrés au sol. Tu ne réfléchissais plus vraiment très clair, ne pensant même pas à te sécher grâce à ta baguette. Après tout, rien ne justifiait l’usage de la magie, ton interlocuteur n’était peut-être qu’un simple moldu voulant jouer au caïd.

Et t’allais rentrer dans son jeu.

Des menaces qui volent, un tutoiement plus que clair et un monde qui part en miettes petit à petit. Toujours autant trempée, l’envie te prend de foncer sur cet inconnu, mais t’es pas aussi courageux que tu espérais l’être. En le toisant, tu remarques qu’en plus il cache son visage.

Pathétique.

- Le masque à une particularité ? Et puis pourquoi ce « nous » ? Jusqu’à preuve du contraire, nous ne sommes que deux ici. Ça te prend souvent d’emm*rder les gens comme ça ?

Tes mots allaient plus vite que la raison, alors que tu n’étais qu’insouciance en cette belle nuit étoilée. Ces mêmes étoiles qui reflétaient le courrier d’Artémis, maintenant flottant à l’endroit où tu t’amusais à lancer des pierres. C’est l’endroit qu’elle méritait de toute façon.

La légère brise ayant pris place te faisait frissonner. D’un coup de main, tu commençais à retirer quelques vêtements pour espérer au mieux les égoutter. Tant que tu ne connaissais pas l’identité de la personne en face de toi, tu ne pouvais faire autrement. Et hors de question de partir maintenant, avant d’avoir obtenu des excuses.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Mangemort 91
avatar
Mangemort à la retraite
Mangemort
à la retraite
Spécialité(s) : Aucune spécialité enregistrée actuellement.


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Mangemort 91, Jeu 21 Juin 2018 - 0:29


Tu ne sais pas dans cette nuit sans brume si tu joues d'avantage au marteau ou à l'enclume. On pourrait presque te croire balancée entre un besoin de cogner et d'être confrontée aux poings, pour remettre les émotions à leurs places respectives. Pour ressentir à nouveau quelque chose d'autre que du superficiel, être capable de vivre encore un peu, ragoûter un instant aux gâteaux aux épices que cuisinait maman les soirs de printemps. Mais les nerfs sont brisés par les années et il n'y a plus que la neige qui s'écrase contre les os et les engourdis. On ne sait plus si c'est sur toi qu'il neige ou si tu neiges vers le ciel.

Il neige en toi, et le froid transis tellement que tu cherches les coups pour réactiver un semblant de circulation sans oublier les objectifs. Il neige sur tes rêves que le fleuve transperce sans bruit.  

« Le masque à une particularité ? Et puis pourquoi ce « nous » ? Jusqu’à preuve du contraire, nous ne sommes que deux ici. Ça te prend souvent d’emm*rder les gens comme ça ? »

Double sourire de nouveau, parce qu'il y a d'autant l'envie d’impressionner que de frapper, alors tu souries, la fente de ton masque laisse deviner des yeux rieurs. Ce même rire creux qui résonne dans les espaces vide, les canyons vides de contrées lointaines. Et parce qu'il n'y a plus aucune importance au secret magique, tu entreprends de le sécher pour te faire pardonner. Parce que tu n'as pas envie de finir trempée si vous en venez aux mains.

«Le masque est garantie de notre liberté. Nous sommes tous. Et nous n'emmerdons pas les gens. Nous les observons, nous les creusons, pour comprendre qui ils sont. »  
Revenir en haut Aller en bas
Elhiya Ellis
avatar
Responsable RPGSerpentard
Responsable RPG
Serpentard
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus (Furet)


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Elhiya Ellis, Lun 20 Aoû 2018 - 17:39



Ce qu'il reste
 


PV 84

Une chouette partie jamais revenue.
Une missive pour un être spécial,
Pour l’avertir,
Même s’il savait déjà surement.
Juste quelques lignes,
Pour s’assurer
Qu’il était fier, ou satisfait,
Possiblement...
Mais pas un bruissement d’aile,
Pas un hululement,
Rien
Rien si ce n’était l’attente,
Nuit après nuit,
Du retour de l’oiseau,
Qui à son tour devenait :
Perdu

Et un soupir de plus adressé aux étoiles. Un nœud dans l’estomac à cause des entrailles qui échafaudaient milles possibilités. Et si quelque chose avait mal tourné ? Et si les étoiles dansaient à l’envers ? Et si même les Ombres se perdaient, il advenait quoi par la suite ? Il ne restait que le bruit des pas pressés sur le bitume usé par les pas des passants, la redondance d’une chanson qui tournait en boucle sans jamais prendre fin… Triste à mourir. Ou inacceptable. Tout dépendait l’espoir posé dans ce qui devenait Silence...

Une simple question de point de vue… encore… mais sur les prunelles, ce n’était pas de patience et sage attente qui se dessinait, mais bien d’une pointe d’inquiétude et du besoin de savoir. Crumble ne s’envolait que rarement sans jamais revenir. Dans un seul cas pour être précis : quand elle ne trouvait pas son destinataire. L’animal parcourrait le ciel pendant des jours avant d’abandonner. Et même, la bestiole, fidèle revenait au bercail, à chaque fois, missive à la patte. Mais là, aucune trace d’elle, les contours de son absence devenaient de moins en moins tolérable.

Et c’était d’un réflexe conservé que les mèches blondes se trainaient sur les docks de la Tamise. Lieux de rendez-vous. Point de chute redondant, au point d’en devenir rassurant. Ses baskets mouillées avaient trainé quelques fois dans le coin, se gorgeant de solitude assourdissante et pensées engluées à la caboche. C’était les mêmes compagnes ce soir, et l’espoir qu’à nouveau sous un mouvement de baguette désabusée, la main reviendrait, scintillant sur l’humidité du sol.

Mais ciel n’était pas à la pluie, pas plus que les araignées n’étaient en balade. Pas de diffindo, ou de jeu d’enfant.  Juste le clapotis de l’eau contre le rebord, que la brume laissait à peine deviner. Une possible partie de cache-cache tout au mieux avec un espoir à la dérive et les voix lointaines de quelques fantomatiques êtres vivants…. Assise sur le quai, les pieds dans le vide, les doigts enroulés sur le bois ami, le regard se perdait vers un horizon de brume infinie. Même ici, il finissait par manquer quelque chose…
Revenir en haut Aller en bas
Mangemort 84
avatar
Mangemort
Mangemort
Spécialité(s) : Transplanage
Legilimens


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Mangemort 84, Jeu 23 Aoû 2018 - 0:24


Une soirée longue, aux allures bien sombres. Dans ta main, reposait une petite chouette. Le genre qui vient informer un masqué d’une mission réalisée. Mais 91 a disparu dans des contrées que tu ignores. Juste qu’il y a cette partisane, cette mission, cette demande. La chouette avait longuement tourné autour d’Hollow, refusant même de s’y poser puisque visiblement, le masque de métal que tu portais n’était pas celui qu’elle désirait croiser. Il avait fallu du temps pour qu’elle t’approche, et finalement, elle t’avait laissé, non sans mal, lire la lettre qui ne t’étais pas destiné.

Alors t’avais transplané, d’Hollow Bastion jusqu’aux docks de Londres. Camouflé par ton masque de métal qui ne laissait transparaitre aucun trait de ton visage. Lorsque tu étais 84, tu étais juste une Ombre, une silhouette dans la nuit, un passage fugace, rapide. Qui s’efface dans la plus noire des nuits, laissant aux autres le soin de répondre aux questions qui étaient posées. Les docks présentaient l’avantage de n’être que peu visités, surtout lors des soirées les plus noires, où seuls les halos de la lune éclairaient les allées entre les différents containers colorés.

Peut-être que tu n’y serais pas allé si tu n’avais pas reconnu l’écriture. Qu’importe, désormais tu étais là, présent pour répondre à sa demande. Pour prendre la suite, une sorte de passation. Car le masque 91 n’était plus, et qu’il ne fallait pas pour autant, laisser tomber celles et ceux qui avaient montrés un intérêt à la Cause. A l’unicité de celle-ci.

Les docks étaient recouverts d’une épaisse brume, de celle qui permet de couvrir les plus noirs secrets. La cape noire, le masque, la capuche recouvrant le tout, et les mots qui s’extirpent. Doucement, pour ne pas brusquer la silhouette qui se découpe dans la pénombre « Bonsoir … ». Rien de plus qu’une salutation, et la chouette, qui attendait bien sagement accrochée à ta main, semblait décidée à retrouver sa propriétaire. « Il semble que votre animal se soit égaré … ». Chercher dans les yeux de l’adolescente, attendre qu’elle se dévoile, qu’elle cherche à comprendre, peut-être, les raisons de ta sombre venue.
Revenir en haut Aller en bas
Elhiya Ellis
avatar
Responsable RPGSerpentard
Responsable RPG
Serpentard
Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Animagus (Furet)


Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Elhiya Ellis, Ven 24 Aoû 2018 - 8:45



Ce qu'il reste
 


PV 84
♫♫

La brume. D’infimes gouttelette d’eau étouffantes au souvenir d’un brouillard plus épais, plus dense chassé de décision et de relent de culpabilité. Mais pas ce soir. Ce soir, ce n’est qu’un manteau léger permettant de la couper du monde quelques secondes, de faire comme si elle n’était qu’un élément du décor nocturne qui attend l’éveil du soleil. Illusion trop douce pour masquer la vérité.

Un mot tranchait la solitude et l’attente. Une marque de politesse arrachant sursaut et haussement de sourcil sans prodiguer le moindre écho. Un masque inconnu, et le soupir lourd empli de déception.  De nouveaux traits, une nouvelle silhouette, pas celle désirée, encore une fois… L’impression qu’au final une redondance désagréable se jouait une fois de plus. Au moins cette fois-ci le ciel ne pleurait pas torrent. Fausse tentative de ne rien laisser transparaitre.

La déception primaire détournait les yeux vers l’horizon invisible, se contentant finalement d’un faible « Bonsoir, que..» . Demande asphyxiée dans un bruissement d’aile familier et une bouille emplumée reconnue. Les sourcils se fronçaient, les opales dansaient entre l’Ombre et l’animal. Pas de missive à la pâte et les explications ne venaient pas pour autant. Les suppositions s’échafaudaient rapidement, se chevauchant entre-elles, étourdissantes, désagréable. L’estomac se vrillait, quand le cœur se serait à l’idée que Crumble ne confiait pas ses missives sans raison à autrui. L’envie de demander lui brulait les lèvres. Besoin de savoir, de comprendre. Pourquoi, toujours, les acteurs de sa vie devaient changer. Comme dans une mauvaise comédie.

Mais c’était d’un soupir que l’enfant se laissait abattre, les épaules basses, les prunelles sur l’oiseau pour tâcher de se concentrer sur autre chose que son désir de s’offusquer d’être ainsi à nouveau donnée à une autre paire d’interstices inconnues. « Merci de l’avoir ramenée. Je suis navrée qu’elle n’ait pu trouver le destinataire original… Dois-je comprendre que je l’ai déçu ? » ou qu’il lui est arrivé quelque chose ? . Les derniers mots restaient bloqués dans la gorge dans une remontée acide de bille déglutie lentement. Ne pas imaginer le pire, ne pas se dire que même les Ombres chutaient à disparaitre réellement. Ne pas laisser place à ces possibilités morbides assourdissantes et s’accrocher à ce qui pouvait faire encore plus mal : être devenu qu’un sujet de déception au seul qui lui avait tendu la main.

Machinalement, l’incisive s’était plantée doucement dans la chair molle de la lèvre inférieure. Persuadée d’avoir fait le bon choix en droguant sa cible pour la faire parler, la gamine ne voyait pas comment elle aurait pu se tromper, mais peut-être que si… Peut-être qu’elle avait mis trop temps, trop fait en sorte de sa « victime » se sente en confiance… Ses manières étaient peut-être encore trop douces au poins qu’iel en décide de l’abandonner à son tour…. La morsure s’intensifiait volontairement, créer une douleur pour ne pas pleurer, ne pas laisser le palpitant saignant des pertes récurrentes s’exprimer… essayer, de lever le nez, planter le regard fixe dans le fer travaillé et avaler sa salive avec peine pour réussir à demander « Il… Il ne lui est rien arrivé ? » Dans une supplique de dernier espoir.

Ironie que s’enquérir de l’état d’un mage de noir. Un de ces êtres qui n’avaient de toute évidence que faire des pertes humaines. Mais les mots brulaient la langues, l’esprit se languissait d’être rassuré que certains choses restaient immortelles même si ce n’était que pur mensonge. Préférer être un échec plutôt que subir l’image d’un corps inerte de plus dans son petit univers étriqué… Les mirettes attendaient, ne cillant pas à la brise humide, se raccrochant au bois dans la poche, pourtant bien incapable de réconforter les craintes.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Re: Dans une nuit Brumeuse

Message par : Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas
Page 14 sur 15

 Dans une nuit Brumeuse

Aller à la page : Précédent  1 ... 8 ... 13, 14, 15  Suivant

Permission de ce forum:Vous pouvez 
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Rues de Londres :: Les Docks-

L'univers d'Harry Potter est la propriété de la Warner Bros ainsi que de J.K Rowling.
Tous droits réservés sur ce site ©Copyright HarryPotter2005. Affichage optimisé sous Firefox.