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Balade sur les Docks
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Kohane W. Underlinden
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 16 Sep 2017, 19:05




On est bien peu de choses

Ca, c'est l'amie la rose.Qui l'a dit. Ce matin.
Toute fleur, quelle qu'elle soit, vous le dirait. Souriant.e et radieux.euse la matin, si fâné.e le soir venu. La vie passe si vite. On n'a même pas réellement le temps de la voir surgir, nous dépasser, disparaître.
C'est pour ça que, depuis des siècles et des siècles (non pas amen), les êtres humains s'évertuent à inciter leurs congénères à profiter au maximum de ces jours bienheureux. Carpe diem soufflent-ils à chaque oreille. Et voilà comment des Moldus se retrouvent à prendre des métaphores de fleurs qu'on cueille en symbole de vie, cueillez les roses de la vie.
Mais...
Cueillir une fleur, c'est accélérer son processus de dépérissement, malheureux !
L'image est bien belle. Il n'empêche. Si on laissait la fleur en paix dans sa bonne terre au lieu de la foutre dans un vase, elle vivrait plus longtemps.
Regardez par exemple ce coquelicot. Il est si rouge, si beau, si charmant. Clac. Vous le prenez. Eh bien vous n'avez même pas le temps de le mettre en vase qu'il est déjà tout crevé. Le pauvre.
Les roses et tout le reste, c'est pareil. Le processus est un peu moins rapide cependant.
C'est assez affolant, de voir cette fragilité qui nous unit au fil de la vie.
Autrefois, l'être humain ne savait pas si le jour succédant à la nuit était un phénomène commun, répétitif, stable. Le soleil allait-il apparaître après les ténèbres ? Une le manteau obscur jeté sur l'univers, tous étaient là, terrés dans l'attente et l'espoir qu'ils ne seraient pas à jamais avalé par le néant. La conscience d'être là un jour, pouvoir disparaître au milieu de la nuit.
Aujourd'hui, nous avons perdu cette conscience. Pour nous, soleil et étoiles, voilà des choses acquises et immuables. Savoir au coucher, que nous serons encore là le lendemain.
Mais qui peut être sûr qu'il en sera toujours ainsi demain, après demain, dans quelques années, dans quelques siècles ?
L'avenir est si incertain...
Et c'est bien ainsi.
Avoir la chance que rien ne soit entièrement tracé d'avance. Nous pouvons toujours changer notre destin. J'en suis intimement, totalement, absolument persuadée, convaincue. Il faut seulement se donner les moyens de changer tout ça. S'armer d'un peu de courage. Pour lever le poing. Et dire non à cette machine infernale qui voudrait faire de nous ce qu'elle imagine pour nous sans nous laisser la moindre chance de nous y opposer.

Assise dans un recoin sombre des docks, je demeure immobile. Alors qu'autour de moi, les passages commencent à se faire rares. Le soleil a disparu. Depuis un moment. Et, peu à peu, voilà que Dame Nuit vient poser sur nos têtes son mouchoir de dentelle. Mais pas de cette dentelle blanche que l'on voit dans les maisons de grand-mère. La sienne a une couleur noire. Reposante. Apaisante.
Toujours assise dans mon coin, je contemple l'inexorable avancée de son mouchoir.
J'y suis tellement habituée.
Depuis le temps que je la contemple.
Et les docks. Se désemplissent. De plus en plus. Voilà que le calme s'installe. C'est parti pour plusieurs heures. A observer la terre tourner, dans une solitude toute tranquille.
J'aime bien. Etre seule.
Pas toujours, certes.
Mais je trouve que ça fait du bien. Pouvoir agir sans sentir un regard étranger -voire inquisiteur, scrutateur- sur soi. Tourbillonner comme on l'entend dans cette douce spirale enivrante.
La nuit. C'est magique. Les hiboux, les chouettes ont bien de la chance. D'être faits pour la contempler et l'habiter.
J'attends que plus un coin de ciel clair ne soit présent pour sortir de ma cachette. Tapie dans l'ombre, mon corps se déplie. Mes jambes se relève. Je ne suis plus qu'une silhouette frissonnante dans ma robe. Qui commence à marcher. Puis à courir. Un peu. Un trot. Les pas qui claquent. Et me voilà partie. Pour une folle nuit. En compagnie de ma solitude.
Tourbillonne, valse et saute, cache, toi, regarde, observe, ris, en, silence, vois, le, monde, passer, galope, cheveux, au, vent
et la nuit, imperturbable
longue, infinie créature
qui veille et surveille
mes pas qui s'enchaînent.
Jusqu'à l'aube. Jusqu'à l'éclaircissement du ciel. Les petits trous de lumière dans le mouchoir de dentelle.
L'aube. Qui signe la fin d'une cavale épuisante. Mais revigorante. Les joues rosies par le frais nocturne, je me sens plus réveillée, plus présente que jamais. Présente dans mon monde de formes et d'idées. De silhouettes, aussi.
Silhouettes ?
Oui.
J'en repère deux. Non loin.
La solitude va prendre fin. J'en ai profité. Pouvoir cavaler seule, sans contrainte ni regard. Mais là, je suis curieuse. Qui sont les silhouettes abandonnées à la nuit ?
Nouvelle course.
Mes ailes se déploient.
Mes pieds frappent le sol.
J'arrive.

Elles sont là.
Et elles sont deux.
Je souris. Dans l'aube blanchissante.
Je souris.
Un seul mot s'échappe de mes lèvres.

-Carotte.

C'est elle.
Ma super-carotte d'un super potager.
Et l'autre. Une inconnue. Mais qui se marie, elle aussi, à l'aube. Alors je lui souris. À elle aussi. Tandis que mes yeux finissent par glisser des deux apparitions au ciel qui s'éclaircit.

-Le néant s'en va. Le vide se remplit. Ce n'est plus noir.

Pour la suivante : hiver-oiseau-paradoxal-vie

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Mary Drake
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Mary Drake, Sam 30 Sep 2017, 11:36


Musique

Sous le pont des mots, je me demande parfois, est-ce une peine de vie ? De vivre, de respirer, chaque jour, recommencer. Une routine une paix un souhait ? Est-une plaie, un fardeau, qu'on porte sur le dos. Creux d'une main, paume contre paume... Des fois les lettres coulent de source dans le fleuve, je les vois, je veux les attraper. Une douce chaleur s'empare de moi, presque au ciel, nichée dans le cou du soleil. Je m'y blotti, sentiment d'être comme dans un infini chatoyant je... Je suis bien là, là avec une peur solide de solitude et de présence. Imaginer des êtres aimés, sentir les caresses sur le visage, des rayons, de ces amours, de tout ce qui est bon. Imaginer seulement, avec les points jolis et les courbes compliquées. Des sentiments qui s'égarent, s'évaporent, légers, dans l'air, sur la lune, partout. Dansantes, les notes s'élancent à leur poursuite. Les fantômes tournoient, impatients, ils veulent que je revienne, ils aiment me hanter, saleté de passé. Certaines choses brûlent au simple contact de la lumière, si seulement elles pouvaient devenir vampire, histoire qu'elles disparaissent à jamais ? Si je reste près de cette boule de feu brûlante, et qu'au final, elle arrive à percer ces fichues carapaces qui refusent de se briser. Un jour elles flancheront, même si je dois renoncer à tout pour toujours.

Une ombre se place dans le champ de vision qui ne peut être caché, j'essaie de l'attraper, visage relevé, première personne que je vois passer
Souvenir si proche, entente si belle, fin si inconnue, oui je vois, le nom se détache de mes lèvres, je pense que je sais, ça doit être ça
~ Aysha
Pétillante de sourire, mine d'oublier, la silhouette de l'enfant au visage ravagé derrière, larmes qui pleurent, yeux qui roulent sur les joues non ne fait pas ça petite gamine
Main tendue vers elle, derrière, elle s'enfuit, part dans le ciel, rejoindre les dieux grecs, je sais qu'elle va revenir, tapoter une montre invisible sur le poignet
Entre temps d'autres rejoignent, autour, partout, gosses, portant des masques, sourires de joies, carnaval, on se croirait à Venise
J'veux pas les voir pourtant, fermant mes yeux très fort, refusant tout ça, je ne veux pas de ça
Ouverture, disparus, toujours ce noir et ce gris persistant, retour vers la fille, sentiment de culpabilité constant
~ Désolé de t'avoir lâché dans la quête
Les mauvaises actions ne s'oublient pas, aussi insignifiantes peuvent-elles êtres, quiconque se ventant de pouvoir y mettre un trait, croix indestructible, je le mets au défi de ne jamais s'en sortir au final
Faut voir les choses en face parce que tout fini par nous exploser à la gueule

Des ailes battent le ciel, dans un mouvement gracieux, hypnotique
~ Oiseau
Volatile qui découvre le ciel, les merveilles, roucoulant dans le vent comme un poisson se jouant dans l'eau
Traverse il s'éternise en dessous des nuages,
Remarque que lui aussi, friand de cercle, s'amuse à dessiner le signe de l'éternel
D'autre le rejoignent, l'air est humide, la tentions palpable
Frôlant du bout de mes doigts le sol, je souris, oui, face à ce vide
Courageuse, les épaules se relèvent, je me déplie, devient rose écarlate
Mes épines récoltent quelques gouttes de sang
C'est paradoxal, j'aime le faire couler alors que je déteste voir le mien s'échapper
Dans une fiole, je récolte, attendre qu'elle soit remplie, que la dernière de mes pétales tombent
Jamais je ne serai une fleur comblée, toujours là, simple sablier un peu différent, quelque peu constant
Si la dernière tombe, jamais je ne pourrai toutes les récupérer
C'est la plus importante

Un mot est prononcé, simple énoncé, qui réchauffe le coeur d'hiver pour le rendre printemps
Légume, il faut comprendre, les jolies teintes reviennent d'un coup, comme le plus grand des sourires d'un enfant
Quand il voit quelque part le tracé d'une amie, d'une main sur le coeur, tout va mieux, suffisait juste ça, cette étincelle, pour que tout revienne et parte à la fois, merveille
~ Radis
Silencieuse, super, copine de jardin, j'ai grandis en sa compagnie
Levée d'un bon, s'apprêter à faire ce que je dois, aussi remerciement, beaucoup, je sais que c'est elle
Puis ses mots partent, surprise je fixe le ciel
Les petits oiseaux sont partis, ils se sont pausé, fini de tourner
Le ciel se dégage, le bleu apparaît
M~rde, c'est beau, même pas de mirage
Adieu le néant, oui, c'est toi, toi qui fait fuir ce qui est mauvais
Sourire étincelant, je décide de rejoindre tes bras
Pour un câlin, bref, vif
Puis c'est à moi de tournoyer
Heureuse d'être un peu libérée du fardeau
Vie de vivre, peine de survivre, juste profiter
~ Le bleu c'est si joli, doux, et même que on peut nager dedans, puis ça nourrit la terre-mère
Concentrée sur le ciel, il n'est pas encore totalement comme je le voudrais, il reste les quelques teintes orangées, du soleil se levant,
Mais après tout, nous avons un peu le temps non ?

Pour la suivante : Insomnie, Myrtille, Indélébile, Sauvage

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Aysha Brayd
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Aysha Brayd, Sam 30 Sep 2017, 15:52


Le tableau vivant autour de moi change constamment. Les teintes se font, se défont, et il y a elle, elle que je connais. Elle se souvient de mon nom. Elle le dit, il s'échappe de ses lèvres comme une petite bulle de savon et s'envole doucement, flottant à la surface de l'air puis s'éloignant, si loin que bientôt, je ne la vois plus, cette bulle. Un silence suit son évasion, et puis elle reparle à nouveau. Elle s'excuse, et moi je secoue la tête. Non ce n'est rien, rien n'est rien et tout est rien. Et ça, surtout, ce n'est rien. Cette quête était vaine et ne m'intéressait pas, finalement. Je comblais le vide et le temps par peur de penser, pour vider mon esprit trop plein et m'évader moi-même, me raccrocher à quelque chose. Stupide. Désormais, mes pensées m'étouffent, et plus aucune quête ne pourrait m'en détourner. Qui sème le vent récolte la tempête, dit-on. C'est sans doute vrai. J'ai trop enfoui, trop caché, et tout est resté là pourtant, indélébile, marqué sur ma peau et dans ma tête, furieux d'avoir été enfoui, ne pas avoir été vécu. Et tout à coup, tout à bondi, il n'y avait plus assez de place, visiblement. Tout s'échauffe, s'écharpe et s'amuse dans ma tête, alors je n'ai plus de repos, plus d'échappatoire, c'est l'insomnie le jour comme la nuit mais tant pis, c'est ma faute. Je paye mes erreurs alors je laisse faire. De toute façon, je suis faible. Et mes pensées, elles sont là, sauvages.

Tant pis.

Je lui souris, je crois que je peux encore sourire parce que malgré tout, mon esprit est flou, et plein de belles choses aussi. Je suis perdue, et dans ce néant je vois de la sensibilité, trop sensible. Mais je vois des belles choses, de la poésie, de l'amour. Mary.

Il y a ce troisième fantôme qui arrive, une apparition, un troisième mousquetaire. Mais il en manque un, et il n'arrivera pas, je le sais. Rien n'est jamais parfait, achevé, il manque toujours cette petite chose. mais au moins, nous rendons à César ce qui est à César, et ça y est enfin, tout rentre dans l'ordre. Il n'y a rien qui dépasse, rien qui ne me dépasse, tout est clair pour une fois. Enfin, les Trois Mousquetaires sont trois. C'est une satisfaction.

Les deux filles se connaissent, elle parlent de légumes. Leur vie, je l'imagine comme un potager, c'est à cause de leurs mots. Elle se sont rencontrées déjà, sans doute. Leur relation à un gout de salade, une odeur de navet. Je souris. Moi, je préfère les fruits.

Myrtille.

J'aime bien, ce fruit. Je regarde les deux autres, les yeux ouverts, cette fois. Il m'arrive en effet de regarder les yeux fermés, alors je rêve, et j'aime ça. Mais cette fois elles sont bien là, les deux filles devant moi. Je dois ouvrir les yeux, sortit de mon rêve et plonger dans la réalité comme dans un bain.

- Le bleu c'est si joli, doux, et même que on peut nager dedans, puis ça nourrit la terre-mère.

Dit-elle. C'est Mary. Joli. Je jette un autre regard au bleu du ciel, et c'est vrai. Le bleu, c'est beau, c'est tout, c'est la vie. J'aime bien les couleurs. Je suis assise là, innocente, et j'attends de faire la connaissance de deux inconnues, ou presque. J'ai envie de parler, c'est vrai, je n'ai pas vraiment ouvert la bouche, encore. Mais je ne sais pas quoi dire, alors je laisse échapper quelque mots sans sens aucun, juste comme ça, parce qu'ils passent dans mon esprit. Comme un petit train.

- Et puis la poésie, aussi.

Tchou tchou, c'est l'arrivée en gare, et tout le monde descend.
Pour la suivante ♥ : osmose - désir - écrin - étreinte



Plouf:
 
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Kohane W. Underlinden
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 01 Nov 2017, 23:09




Vraiment désolée du retard ><

Une silhouette familière qui me reconnaît, elle aussi
Parce que le mot prononcé -radis, c'est moi, c'est mon nom, ma désignation-
Le mot prononcé qui vient me percuter doucement, avec bonheur, étreinte chaleureuse d'une reconnaissance mutuelle
Carotte et Radis
Radis et Carotte
C'est drôle comme mes pas m'ont menée à elle dans le soir
Ou plutôt dans la nuit éclaircie -l'aube pointant à peine, aube au bord de l'eau, sur les docks, juste nous, nous trois, Carotte, Radis et une autre encore sans nom, trois prisonnières dans ce même écrin de vie le temps d'un battement de cils
Mais d'ailleurs, est-ce vraiment prisonnières ?
Je n'en suis pas certaine,
Non,
On vogue, bien au contraire, chacune sur notre bateau, on vole presque, sur les vagues de mots ininterrompus, le fleuve de phrases sans point, des phrases qui s'enchaînent comme des rivières sans fin
On vogue toutes les trois et, à un moment donné, la vague nous a conduites les unes vers les autres,
Dansant désormais ensemble au sein de cet écrin doré de vie
Mais pas prisonnières
On pourrait partir, si on le voulait
On ne le veut pas, c'est tout
Trop heureuses -ou intriguées- par cette impromptue rencontre
Puis, une phrase en appelant une autre, un constat faisant venir un deuxième, ma Carotte parle, sa voix résonne dans l'aube rosissante, j'aime sa voix parce que longtemps, je ne la connaissais pas, elle était reine du silence, voyez et là, pourtant, sa voix pose des mots qui vibrent dans l'air
Le bleu, la terre-mère
-Sourire-
La terre est si importante pour nous autres, légumes
Elle nous choie, s'occupe de nous, nous permet de grandir, nous développer, devenir des légumes accomplis et indépendants
Et le bleu, ça la nourrit, d'après Carotte,
Ca veut dire que le bleu, c'est gentil
-Encore un sourire-
Mes yeux se lèvent sur le ciel éclairci
Le bleu presque là
Il nourrira la terre
Il nous nourrira nous aussi,
Parfait osmose entre lui et nous, mélange complet, dilution impeccable -nous nous fondrons en son sein pour renaître, Carotte, Radis et la troisième, fruit ou légume encore inconnu-
Inconnue qui enchaîne, d'ailleurs
Parlant poésie -ça nourrit le poète, le bleu ? Faut croire-
Les mots s'inspirent du ciel, le boivent, trouvent l'inspiration en lui et alors peuvent se créer les flots qui emportent, embarquent, saisissent au passage sans prévenir, les flots de phrases ininterrompues nourries donc au bleu, lyrisme alimenté par le ciel clair qui crève de percer la nuit, enfin se montrer aux yeux de tous
Et moi, moi je le regarde
Alors que je me dis que oui, peut-être bien
Le bleu, ça nourrit la poésie
Le bleu, ça fait tourbillonner mots et esprits
Les secouer l'un l'autre jusqu'à ce qu'ils ne sachent plus qui est l'un qui est l'autre
Et s'ensuivent les vagues
-Sans fin-
Un instant, je crois sentir tanguer le bateau sur l'océan des mots
C'est comme si le sol devenait instable
Juste un peu, penchant gauche-droite-gauche tout légèrement
Et une perte d'équilibre intériorisée -je n'ai pas peur, ne crains pas de passer par-dessus bord parce que même si ça arrivait, les mots, ça ne noie pas vraiment, on a seulement peur au début, un peu désarçonné.e puis à force, c'est presque une habitude, sorte de plaisir de les retrouver et s'y baigner, je pourrais même en venir à en ressentir le besoin, le désir,
Désir de tomber et flotter sur les mots, me débarrasser de mon bateau invisible qui se fait malgré lui barrière entre les vagues et moi
Pourtant, malgré ce désir, je ne saute pas, pas encore
Juste fermer les yeux quelques secondes -peut-être moins-
Pour refouler cette sensation de tanguer
Alors que d'autres diraient que les pieds sont ancrés dans le béton
Mais non, moi, je sens, je sens que ça bouge sur les phrases
Oui, on n'est pas encore dans l'eau
Mais les phrases n'ont pas besoin de l'eau pour couler
Juste d'une écoute attentive, d'un cœur ouvert et surtout

-De bleu

Le murmure échappé alors que je rouvre les yeux
Regardant tour à tour Carotte et l'inconnue

-Les phrases aussi, ont besoin de bleu, c'est comme ça qu'après, elle font poésie

Un sourire qui découvre les dents
Et le bateau cesse de tanguer, continuant simplement de flotter tandis que je me perds un peu là, un peu en pensées, un peu dans les yeux d'en face
Jusqu'à regarder vraiment l'inconnue, celle qui n'a ni nom ni désignation

-Tu es quoi, toi ?

Pas tu es qui
Parce que ça ne m'avancerait à rien de le savoir, elle pourrait me dire son nom, cela ne m'évoquerait rien
Ce que je veux savoir, c'est ce qu'elle est, ce qu'elle pense être, ce qu'elle doit être selon ses propres définitions
Peut-être, d'ailleurs, qu'avant ça, je devrais me présenter
C'est donnant-donnant

-Moi, je suis un Radis et je sais voler aux étoiles mais actuellement, c'est la mer de mots qui me transporte -le bleu la nourrit, comme il nourrit le reste, j'en suis sûre

Un regard tourné vers Carotte
Oeil brillant au fond de la pupille

-Les légumes, on est nourris au bleu comme notre terre-mère, non ?

Pour la suivante : lueur, myosotis, déconstruction (ou déconstruire), mélodie

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Mary Drake
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Mary Drake, Jeu 16 Nov 2017, 21:41


J'ai déjà eu l'occasion plusieurs fois de rencontrer une lueur d'espoir, dans une bulle d'ivoire, j'ai pu la frôler
Un mur des merveilles que je me suis empressée d'aborder
Après une longue discussion nous en sommes venus à une triste conclusion : je devais le laisser respirer
Je l'ai cru apprivoisé, ce n'était pas la meilleure de mes idées, il m'a ensuite rejetée
Un coup de mur, en avez-vous déjà eu un ? Si non, n'en vexez jamais. Croyez l'expérience, ça fait mal.
Une douleur plus affreuse encore que celle que l'on ressent lorsque notre front rencontre malencontreusement celui de la voie 9 3/4
Enfin, celui qu'on a pris pour lui surtout
J'esquisse une bribe de sourire ~ encore, en voyant le soleil se dégager de plus en plus, les nuages disparaissent
Le ciel s'éclaircit, il termine de se transformer
Je creuse mes joues, mordille l'intérieur, sans réussir à retenir une exclamation de joie parce que tout ça c'est si beau
Apaisant
Une mer infinie dans laquelle on veut seulement plonger, profiter de la quiétude des vagues
Me semble l'avoir dit, un peu plus tôt, une esquisse de pensées lâcher aux deux autres présences
Coup d'oeil, sourire, de plus en plus éclatant
En les regardant, je comprends de plus en plus le sens du mot " nitescence "
Il n'y a pas dire, elles brillent

Poésie
Toujours associée aux notes de mélodies qu'il m'offrait avec quelques mots doux que je chéris quelque part toujours dans une partie, une poche d'un coeur brisé ~ trois fois
Il y a des instants lâchés dans le vide qui ne veulent pas se décrocher. Un fil nous lie avec eux, les poignets tombent. On ne le trouve pas, la paire de ciseau n'arrive pas à les couper, aussi faut-il avoir un coup de chance pour qu'un lâche du leste, qu'il délivre une partie
Parfois il sont vicieux et viennent se nicher au creux des omoplates, on en vient même à oublier leur présence tout en se remémorant quasiment toutes les secondes
Ce serait si agréable, d'avoir un contrôle absolu sur les souvenirs, de pouvoir sélectionner soi-même les bribes du passé qu'on a envie de garder ou pas
Certains choix seraient regrettés, coup de colère, impulsion exagérée
Mais certaines douleurs ne pèseraient plus sur la poitrine, le poids de quelques bêtises, responsabilités
Un choix lâche, peut-être, mais qu'est-ce que j'en ai rien à faire !
Ma conscience s'en tape
Les petites têtes, apparitions furtives, toutes hochent la tête en accord avec moi
~ mes bras touchent le ciel, j'étire mes jambes en les pointant dans un mouvement dansant
Si seulement
Je me vois, si paisible, jadis dans le jardin
Cueillir, myosotis, pâquerette, entourée d'abeilles, de papillons, regarder le monde d'une teinte de merveille
Oublier, que dans le monde si cruel, il y a un processus que nous ne pouvons pas arrêter : le temps
Toujours vieillir, sans s'arrêter, un tapis roulant infernal qui nous mène quoi qu'il arrive au final à l’incinérateur

Alors que les pensées s'égarent du sujet principal, Radis ramène les choses à leurs places, la poésie, l'eau, les phares
Je m'étais égarée trop loin mais d'un pas de géant je reviens
Les mots glissent sur ma peau, le contact avec eux est un délice inespéré
Je vois des mains imaginaires déconstruire les dernières barrières qui m'empêchaient de voir correctement  
Un arc en ciel de sensations s'élève
Rouge
Jaune
Vert
Bleu
Orange
Mauve
Mélangées
Désordonnées
Complètes

Enfin

Au final, elle pose, parle, dépose les mots en quelques proses
Un radis, qui doit ma foi faire attention aux crumbles
La terre-mère est évoquée
Les étoile aussi
Op, quelques phrases, je suis replongée dans un océan aux lumières éparses
Je nage, un peu
Avant de revenir sur les quais, au bord de l'eau
Pas dedans

Je renvoie à Kohane, ma reine du silence, un regard empli de joie ~ si rare, si précieux, avant de faire de même avec Aysha
Histoire que nous soyons toutes sur la même longueur d'ondes
Même si, dans le fond, je crois ~ non, je sais ~ que c'est déjà le cas
Le hasard ne nous emmène pas ici pour rien n'est-ce pas ?
Il doit y avoir une, des, un paquet, de raisons
J'en suis presque sûre

D'un bond je me lève, quittant le rebord sur lequel j'étais assise
Puis le doigt pointé vers le ciel ~ désolée M. Bleu je sais que c'est pas poli
Je réponds simplement à ma cousine légume
~ Oui, comme maman terre...
Courbe pour pointer le béton, il y a tant de choses, de vie là-dessous
Ensuite, attendre, les autres, yeux clos

Pour twa ♥ : équilibre, didascalie, douceur, insolite
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Aysha Brayd
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Aysha Brayd, Mer 29 Nov 2017, 16:42


On dirait que le monde entier est bleu.

Trois poupées sur le bord d'un port, prêtes à tomber. La limite. Un point d'équilibre entre l'eau et la terre, le tout et le rien, le stable et l'instable. Trois silhouettes sur une bordure de béton gris, six pieds qui se balancent au dessus d'une eau bleue. Ou verte. Joli trio d'âmes égarées par hasard rassemblées, et invoquées comme un murmure balancé au ciel. Qu'on regarde s'envoler en espérant qu'il atterrira quelque part, peut-être, où il sera en sécurité. A défaut de le rejoindre. Alors on trouve un autre refuge. Les mots et la poésie, les couleurs, la peinture. Regarder le ciel d'en bas, parce que c'est peut-être mieux, après tout. Personne ne le sait.

Il y a des mots qui se perdent. Il passent comme des trains, s'arrêtent à la gare, descendent et viennent se nicher dans mon oreille. Quelques lettres qui ont un impact grand ou minuscule, un frisson ou un cri. Ceux là sont des jolis mots. Ils parlent du bleu, de la mère, de la terre, parce que c'est la même chose au fond. Notre mère à tous. Cette Maman qui aime le bleu et toutes les autres couleurs, celle de la mer, de la terre. Étonnante résonance. Assonances et allitérations insolites et involontaires, mais elles sont jolies quand même. La preuve qu'un fil de coton lie tout, s'entortillant autour des doigts des enfants et des réverbères, des cheveux d'une femme, des baguettes de sorcières, des bornes d'un port pour attacher les bateaux, des proues et des mats. Et la voile en est tissée. Alors le bateau avance, lentement, sur une eau douce et claire, au gré des ondulations des vagues qui le transportent on ne sait où. Il se laisse porter par le vent. La destination est inconnue mais on ne doute pas qu'elle est belle.

L'autre, celle qui s'est présentée comme un radis, me demande ce que je suis. Ce que je suis ? Complexe question. La liste des noms se déroule. Radis et carotte, inconnue et Mary. Je cherche mon nom et tente d'en discerner la didascalie, celle qui guidera mes gestes et mes mots, et me dira ce que je suis. Comme dans une pièce de théâtre, sauf que ce moment est sincère. Mary se lève, debout. Elle pointe le ciel du doigt. J'ai l'impression qu'elle va tomber. Mais j'ai l'impression que si je la pousse elle va plutôt s'envoler et voguer comme le bateau de tout à l'heure. Allongée à la surface de l'eau, la touchant presque. Bien sûr, je ne le fais pas. La mer est trop bleue, Mary trop belle, on ne peut pas mélanger les deux. Pas encore. Elle se fonderaient peut-être l'une dans l'autre et alors on ne verrait plus ni l'une ni l'autre.

Je me tourne vers l'inconnue, parce qu'elle m'a posé une question, avec des mots que je ne voudrais pas qu'elle ait gâchés. Je lui souris, c'est beau un sourire. C'est plein de douceur. Et je lui dis ce que je suis.

- Moi je suis sans doute un légume mais je ne le connais pas encore. Je peins le ciel avec mes mains et je voyage sur la mer, mais là non. Là je... Je joue avec les mots et avec vous aussi. J'aime bien ça. Je vous aime bien.

Les mots semblent s'échapper de ma bouche sans contrôle et c'est bien, c'est la liberté. La vraie. Je ne suis que l'enveloppe d'une âme qui s'exprime et que aime ça.

Pour la suivante ♥ : étoile, filigrane, ribambelle, onduler

Edit : Ce RP est un peu décousu mais pas abandonné ! Chercheurs de sujets libres, merci de ne pas prendre celui-ci ♥
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Kohane W. Underlinden, Lun 01 Jan 2018, 18:20



   
   Encore du retard, vraiment disoulée ><

Il paraît qu'on ne marche pas sur l'eau.
Pourtant, nous trois, ensemble, c'est bien ce que nous faisons. Nous courons sur cette vague bleue de mots, côte à côte, ensemble, sur ce même plan en-dehors de tout, sur lequel nous nous comprenons. Ca tangue, ça vogue, un moment en dehors qui murmure alors que je me sens courir en pensées, un visage soudain transparaît en filigrane dans les remous, visage souriant coloré d'un peu de bonheur oublié et moi, je file file file sur le fil tenu d'un rire qu'on veut croquer avant qu'il ne disparaisse.
Et le mouvement qui fend la vague ; la carotte bondit, souple, féline presque, elle paraît grandir, tirer vers le ciel alors que son doigt pointe là-haut et l'analogie se fait chez elle aussi : comme la terre-mère. Douce et tendre terre-mère. Et l'index qui désigne maintenant le sol bétonné, si moche alors qu'on pourrait le rendre bleu -eau. Il doit s'en passer, des choses, là-dessous. Des choses dont on ne soupçonne même pas l'existence, une ribambelle d'êtres vivants légumes ou non qui se battent et se débattent sous notre bitume pour un peu de bleu et une vague régénératrice.
Je regarde ma super-carotte. Avec un éclat brillant au fond de l'oeil. J'aime comment elle désigne les choses. Les éléments. Là-haut. En dessous. Partout.
Ciel, béton, béton, ciel.
C'est pas pareil.
Y'a du bleu et du gris. Moi, je préfère le bleu. Avec une pointe de nuages. Beaucoup d'étoiles, surtout. Je les aime, ces sœurs, si belles, puissantes, guides au milieu du noir et du brouillard.

La troisième surfeuse de mots reprend la parole. Celle que je ne connais pas. Mais qui est là, à marcher sur la même route que nous. Elle est forcément quelqu'un de bien du coup.
Elle parle, ses phrases ondulent lentement dans l'aube perçant le voile nocturne. Cette déchirure rose à l'horizon qui crève la nuit et est si hypnotisante. Alors que je continue d'avancer, immobile, avec mes compagnes de passage, sur cette eau extraordinaire.
Alors que la fille inconnue -mais plus tellement- termine, je lui lance un regard. Plisse un peu les yeux. Chercher à savoir qui elle est, ce qu'elle est. Parce qu'elle-même ne semble pas savoir. Elle est juste là, à danser sur les mots comme nous. Et elle nous aime.
Un sourire de ma part. Je ne sais pas si elle arrive à le distinguer, ce sourire perçant l'aube.
Et je m'avance. Réellement. Physiquement. Pas que mentalement. Mon corps se déplie, se déploie, marche sur le bitume que je crois être mer. En direction de la fille qui ne sait pas qui elle est.
Je tends un bras vers elle. Mes doigts effleurent doucement sa joue. Le contact physique vrai me surprend un quart de seconde. Comme si je m'attendais à ce qu'elle ne soit pas réelle, à ce que je la traverse soudainement comme une fantôme. Pourtant. Elle est tout aussi vraie que super-carotte ou moi.
Mon bras retombe lentement, je continue de fixer la jeune fille sans nom. Pupille dans pupille. Puis un murmure, lancé à l'interlocutrice :

-Tu es peut-être une citrouille.

Pourquoi ?
Je n'en sais rien. Juste ça. Une citrouille. Ca lui va bien. Orange. Lumineuse. A jongler avec les mots et danser dans des guirlandes de phrases.

-Moi aussi, je t'aime bien. J'aime bien les mots qui nous unissent. Toutes les trois.

Je me détourne, lance un regard à ma super-carotte.
Un fil invisible qui doit nous unir toutes les trois.
Comme autrefois, à Godric's Hollow, nous avons été liées l'une à l'autre par le silence. Ce matin, ouvrons notre cercle à la citrouille qui partage de beaux mots. Et plonge et nage et court elle aussi sur ce plan, cette comète bleue.

-Un jour. On se roulera sur le dos d'une étoilé bleue avec une terre-mère cosmique qui saura nous accueillir.

Un sourire rêveur.
Un œil brillant.
On pourra se laisser porter pour l'éternité. Sur les mots libérateurs.

Oh, les mots pour la suivante ! Voilà : chouette - sommeil - flotter - poussière

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Re: Balade sur les Docks

Message par : Mary Drake, Jeu 04 Jan 2018, 21:12


Je suis plongée dans le noir et étrangement cette fois je n'ai pas peur. J'imagine que ce sont les présences qui m'entourent, rassurantes et apaisantes. Une aura douce, qui contraste avec la brutalité dont l'extérieur fait preuve habituellement. C'est mieux comme ça je crois. Ne pas voir mais savoir que nous ne risquons rien. Un bon entre-deux. Mais faut se relayer. Sinon ce n'est pas juste pour les autres. Ils ne peuvent pas faire tout le travail à ma place, je crois que c'est dans mon devoir de citoyenne de participer aussi. Ce ne serait pas très sympathique pour eux si j'étais la seule à pouvoir flotter de temps en temps dans une bulle sombre mais pas forcément mauvaise. Et là je suis si bien.

Entre les remous de l'eau
la nostalgie de l'instant
et les sens qui s'envolent
dans un murmure enivrant

Si je me laisse encore un peu aller, je suis certaine que je pourrais décoller de la Terre, direction les étoiles. Mais je crois que pour la première fois depuis longtemps j'ai juste envie de rester ici, accrochée aux deux ancres juste à côté de moi. Leurs voix sont des berceuses, lulllaby comme on dit parfois. Il faut donc sortir de cette presque envie de sommeil, parce que je ne veux en aucun cas m'en aller, les quitter alors que je viens de les trouver. Je quitte donc doucement l’apaisement pour retourner avec elles. Pour former un nous. Un on. Être ensembles en somme. Et pas toute seule. Je n'en peux plus de cette solitude, alors maintenant qu'il y a des gens j'aimerais m'y accrocher pour ne plus avoir ce poids horrible dans la poitrine. Mais je sais pourtant que je finirai par faire fuir ou moi-même m'en aller, peur de blesser.

Ce n'est cependant pas encore le cas alors j'accueille les beaux mots avec joie. C'est chouette de partager cette passion du bleu et du joli. Une fascination pour ce que l'on trouve élégant. Gracieux. Brute. La beauté se présente sous tellement de façon qu'il est parfois difficile de la remarquer. Je crois même qu'elle est présente presque partout et que c'est pour cela qu'il faudrait s'émerveiller. Ou s'horrifier. C'est un peu subjectif comme question. Mais à mes yeux même les cendres ont quelque chose de fascinant qui les rend belles. La destruction à ce côté envoûtant qu'on ne peut pas nier très longtemps. Voir les décombres c'est effrayant mais intriguant. Pas pour rien que certains tombent sous le charme des catacombes. La peur aussi, c'est joli. Les poils hérissés face aux yeux effrayés. Pétillante d'envie de ressentir à nouveau cette émotion grisante.

Mais ici il n'y a pas de ça. Juste des affirmations. Une futur légume. Qui ne s'est pas encore trouvé. Étrange. C'est pourtant si évident de savoir. Carotte. Navet. Radis. Elle est sans doute dans une crise existentielle. Je ne vois pas d'autre solution. Ou alors la poussière n'est pas encore arrivée dans son cerveau. Elle est toujours larve. Je ne sais pas très bien. J'espère qu'elle trouvera bientôt. Elle se dit peintre et j'avoue que je la vois bien, les mains pleine de bleu, colorier le ciel. Y placer ses empruntes, une trace indélébile qu'on pourra voir des quatre coins de la planète. Elle a l’œil, l’œil de la couleur de la mer. Un regard affûté qui ne trompe personne, qu'elle utilise pour faire le beau. Encore. Toujours. Est-ce une nouvelle fascination ? Je suis d'accord avec tout ce qu'elle dit, sauf le jeu des mots.

Car il ne faut pas oublier que ce sont des armes avant tout

Pourtant je reste muette malgré l'injustice actuelle. Il ne faut pas briser le moment et tout gâcher. Puis, mon amie radis trouve. Elle sait. Que ça se voit. Qu'on irradie tous d'une lumière légumienne. Enfin, les gens bien. Eux sont des légumes. Les autres ça reste à voir. Citrouille. C'est joli, un peu comme un citron qui à la trouille. J'espère qu'elle n'est pas peureuse. En tous cas, heureusement que je suis une carotte violette. Deux oranges, ça peut créer de sacrés soucis. Et je ne veux pas de problèmes. Parce que ça pétille, que la nuance est la même. Alors que le trio ranavotte a trois tons différents. Indissociables cependant. Elle reparle d'amour, à son tour. Pourquoi ? Pourquoi revient-il toujours sur la tapis ! Est-il si omniprésent ? Peut-être que c'est juste parce qu'il peut accomplir de grandes choses. Qui sont, qui plus est, positive. Je crois que je vous aime, bien beaucoup à la folie aussi parce que les silhouettes qui me pourchassaient ne sont plus là à vos côtés et que j'en suis on ne peut plus rassurée.

Il est ensuite question d'étoile. Et mes yeux sont illuminés. Regard vers le ciel. Le cosmos. Pourquoi un jour ? Ne peut-on pas rejoindre notre voyage aux cinq bras dès maintenant ? J'ai envie moi aussi de m'envoler. Mes jambes se mettent d'elles-mêmes à sautiller, mes lèvres s'étirent. Oui, les extrêmes. D'un côté le ciel de l'espace. De l'autre la terre de la Terre-mère. Je souhaite y aller tout de suite là-haut, dans le ciel, à coup de ballons si il le faut. Avec elles c'est mieux mais je vois déjà l'étoile arriver au loin, elle se dépêche, au galop de furie pour réaliser le moindre de mes souhaits. Je la pointe du doigts, arrêtant quelques instant mon euphorie pour la rendre invisible. Il suffit de se rouler sur elle. Si c'est une conspiratrice, je demanderai un four éteint à ma narratrice.

Pour la prochaine ♥ : ignominie ; anamorphose ; salamandre ; bougie
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Aysha Brayd, Sam 06 Jan 2018, 14:12


Le silence s'égraine un instant. J'entends ses pas. Oui, le silence marche, et en plus son pas est bruyant. Comme un pas militaire. Régulier, comme un métronome. Contradictoire. Mais tout est vivant. Le silence et le bruit. L'un dans l'autre, mêlés. Liés. Et puis bientôt il est rompu, le défilé s'arrête. Les mots prennent sa place. Eux il se baladent plus à leur gré. Ils font un pas, puis deux, un saut, un tourbillon. Ils n'ont pas de règles. Ils sont parfois tranchants, affutés comme des couteaux. Parfois doux. Souvent. C'est ceux-là que je préfère. Les plus doux. Ceux qui s'échangent d'un mouvement de lèvres léger.

L'inconnue, le radis, se lève et marche. Comme un oiseau qui déploie ses ailes. Je crois qu'elle ne sait pas encore voler - moi non plus. Mais elle sait marcher et elle fait quelques pas, tend la main, touche ma joue. Un frisson me parcourt. Le temps s'est arrêté. Depuis le début. Il semble repartir un instant, au moment où ma peau entre en contact avec la sienne. Un soubresaut. Le monde autour de moi, l'espace d'une seconde, reprend son cours. Tout change, sa forme s'étire, ses courbes se meuvent. Mes yeux sont l'outil de l'anamorphose du paysage. Puis elle enlève sa main et il se fige à nouveau. Je crois que je le préfère comme ça. Immuable et invincible.

Je suis une citrouille.

C'est elle qui le dit. Je sais qu'elle a raison. Je le vois dans ses yeux. Ses yeux qui sont profonds, nuancés. Qui me transpercent et me sondent. Qui voient, plus que tout autre. Je lui souris. Elle nous aime bien. Il y a ce courant qui passe entre nous, électrique. Au ralenti. Il est un éclair blanc qui crépite et circule entre nos deux corps. Je tourne la tête et les vois. Tous ces courants qui unissent les choses. Fils blancs, comme du coton. Il est tendu entre la radis et moi, entre la carotte et moi, entre le radis et la carotte. Il nous lie. Je tends la main, passe au travers. Il semble s'écarter un instant pour me laisser passer, se détache, et je panique. Non. Le courant s'est brisé en deux. Mais j'ôte ma main et il se reforme, tranquillement. Il ondule comme un animal. Il est souple. Il se dandine. Il me fait penser à une salamandre. Il est mignon. Je l'aime bien lui aussi.

Je lève la tête.

Je n'ai plus peur. Nous sommes liées, après tout. Je ne peux pas m'échapper. Le radis me sourit. Elle veut voler. Sur une étoile, sur une comète. Nous sommes des comètes. Je le dis. Mais personne ne m'entend, je l'ai peut-être fait exprès. Je l'ai murmuré, dans un souffle. Voler. Oui, je le voudrais aussi. Mais la carotte ne peut attendre. Impatiente. Comme si le temps allait fondre et bientôt ne plus être là pour elle. Comme si le temps était une bougie. J'en distingue la flamme qui danse. Elle est bleue, va savoir pourquoi. Parce que le bleu c'est le tout et le rien à la fois. C'est ce qui nous unit. Alors cette flamme ? Elle me semble être là pour longtemps encore. Comme le temps s'est arrêté, alors elle ne brûle pas. La cire du monde reste bien en place. Mais il est vrai que si l'on souffle dessus, alors elle s'éteint. Fondue ou pas, elle n'est plus là. Le monde aura disparu. C'est radical, encore plus. Alors je me retourne vers elle, et la suis dans son besoin de voler, tout de suite maintenant. Tu as raison, petite carotte. Nous devons voler.

Il suffit de s'accrocher à une étoile.

Mais oui, c'est vrai, ce qu'elle dit. C'est évident. Une évidence qui s'impose à mon esprit. Pourquoi ne pas y avoir pensé ? Et puis cette étoile, si elle est là, en plein jour, au dessus de la mer, c'est bien pour nous, non ? Et pour personne d'autre. Elle n'est pas là pour éclairer le ciel. Non, ce serait la couvrir d'ignominie de dire une telle chose. Non, elle est là pour nous. Pour nous emporter dans son infinité. Pour nous arracher à ce bitume qui forme une barrière entre nous et le bleu. Pour nous enlever à ce gris. Pour nous transporter loin, très loin.

Elle arrive.

C'est la carotte qui l'a vue en premier. Mais elle est là, depuis le début sans doute. Elle file droit vers nous, pour nous prendre au passage et nous emmener loin, très loin dans les cieux, nous plonger dans cet océan céleste. Cette immensité bleue. Je tends les bras. Je leur souris. Il ne faut pas la rater. C'est notre chance. Finalement je change d'avis. Je leur prend les mains. Une dans chaque. J'ai deux mains. Oui, et elles sont faites pour ça, j'en suis sûre. Pour taire une angoisse et réaliser un rêve de voyage éphémère. Et je leur dis.

- Elle est là pour nous, oui, tu as raison. Elle va nous emporter. Nous allons voler.

Les doigts entremêlés dans les leurs, je tends à nouveau les bras vers l'étoile. Elle est tout près, tout près. Elle nous tend les bras elle aussi, même si elle n'en a pas. Et elle s'approche, et sa lumière nous aveugle.

Et elle nous arrache à ce bitume.


Pour le radis ♥ : Subtile - Androgyne - Sempiternelle - Enfantin(e)
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Kohane W. Underlinden
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Kohane W. Underlinden, Mar 06 Fév 2018, 22:41



   
   

Y’a super-carotte
Qui dit qu’elle nous aime bien et même, d’ailleurs, beaucoup, à la folie et je souris ; moi aussi je l’aime bien beaucoup à la folie c’est trop c’est comme avec les marguerite, comptine enfantine, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie
Et nous, c’est jusqu’à la folie
Ca va loin, hein,
Sans doute qu’au fond de nous, notre case folie n’est pas encore enterrée et tant mieux, comment vivre sans elle ?
Ma super-carotte se concentre désormais sur le ciel. Et son corps se met en mouvement : petits sautillements pour espérer atteindre la voûte, là-bas. Je regarde et cherche ses ailes. Peut-être les lui a-t-on coupées un jour, comme moi. Alors, en attendant, elle sautille. C’est un bon moyen, je pense. A force de se mettre en mouvement, il se pourrait que l’air ou le vent nous choppe et nous transporte, comme les feuilles d’automnes tombées de l’arbre. Sauf que nous ne serions pas mortes. Plus vivantes que jamais à dire vrai. On se sentirait renaître dans les bras venteux et on se laisserait porter parmi les nuages.
Comme ce qu’on a fait avec mon frère, y’a si longtemps.
Du haut du saule cogneur.
Prendre de la hauteur puis fuir les obligations et commentaires sempiternels. Prendre de la hauteur pour se dégager du terne monde des autres et, enfin, retrouver nos rêves et idéalismes. Et danser avec les nuages ! D’ailleurs, on en a rencontré un. Il était génial. Il a pas beaucoup parlé. Mais. Il avait une bonne tête. J’aurais aimé le revoir. Mais tout s’est passé très vite. Quand on a repris connaissance, le nuage était parti.
J’espère que cette nuit, ça ne fera pas pareil et que les choses demeureront.
Super-carotte déclare qu’elle veut y aller. Maintenant. Sage décision. Et belle détermination.
Je hoche lentement la tête, subtil geste dans le noir. Pas sûr que Carotte ou citrouille l’ait noté. Puis mes yeux suivent soudain ce que pointe le doigt : l’étoile étincelante qui arrive droit vers nous pour nous emporter, nous prendre sous son aile pour nous faire voyager.

Ma bouche s’ouvre en "oh" surpris et admiratif.
Alors que mes yeux ne lâchent pas l’apparition. Laquelle continue de venir, nous foncer dessus mais je n’ai pas peur. Pas plus que les deux autres légumes avec moi. Je ressens leur calme comme elles doivent ressentir le mien. Même attirance vers cette étoile qui nous arrive.
Citrouille pense les mêmes mots que moi :
Ca va nous emporter, nous allons voler.
L’air toujours ébahi, je ne dis rien. Me contente de regarder l’être céleste qui continue d’avancer. On dirait qu’il est là pour nous. Juste pour nous. Peut-être a-t-il vu Carotte sautiller pour l’appeler ? Ou a-t-il senti nos trois présences plus prêtes que jamais à voler à ses côtés. Cet être du cosmos nous est envoyé et nous sommes prêtes à l’accueillir.
La tête levée, je regarde son visage qui nous sourit. Ce visage androgyne aux traits délicats et lumineux, remplis d’espoir et de chaleur.
Une main toute aussi chaleureuse s’empare de la mienne. C’est Citrouille. Qui tient mes doigts entre les siens et fait la même chose pour Carotte. Ainsi, plus liées que jamais. Les bras levés vers l’apparition. Je me sens soudainement remplie d’énergie astrale. Et je me mets à sautiller sur place, comme pour donner de l’élan, de l’impulsion à l’envol.
Je retiens ma respiration.
Alors que l’étoile vient. Arrive. Grands pas.
Je retiens ma respiration ; on va bientôt -plonger
Au sein du cosmos
Et partir
Sur nos vagues mots-poésie
Partir
Avec notre planche de surf légumienne
Et notre indéfectible lien.
Oui.
On va partir.

_Maintenant_



Fin du rp
Merci à vous deux amour
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Aldís Björnsdottír, Mer 28 Mar 2018, 15:53




Deux âmes en peine


avec Aoi Baskerville

Aldís marchait sans but. Les Docks étaient déserts, le soleil à peine levé. Les sirènes des bateaux résonnaient au loin, sur l'horizon bleu-gris qui délimitait la mer et le ciel. Quelques heures plus tard, le quai se remplirait de pêcheurs déchargeant leurs bateaux, avec leur ciré jaune, leur peau abîmée et leurs cheveux malmenés par le vent. Mais la complainte portuaire était silencieuse à cette heure là. Aldís était la seule silhouette parcourant le quai de bitume surplombant une mer calme. Le vent soufflait. Ses cheveux blonds courraient autour de son visage, battus par le souffle chargé d'odeur de sel et d'écume. Il frappaient sa joue avec force, puis son front, et s'envolaient encore comme les mains d'un pianiste sur les touches de son piano. Sonate endiablée.

Aldís ne savait pas ce qu'elle faisait là. Un besoin de marcher l'avait tirée du lit à l'aube. Elle avait les mains dans les poches de son ciré jaune. Ses yeux furetaient à droite et à gauche, guettant une silhouette, un danger. Son appareil photo était rangé bien au chaud, au fond de sa poche, prêt à être sorti si le besoin se présentait. Sa baguette était nichée dans l'autre poche. Et Unnur la suivait, comme son ombre, apaisée par les médicaments pris avant de partir, mais toujours là, tapie. Prête à bondir, à la tourmenter, comme depuis toujours. A flouter la frontière entre la réalité et l'imaginaire. A construire des illusions devant ses paupières. L'islandaise observait le paysage. L'horizon semblait onduler alors même que la mer était calme. Elle aurait aimé qu'Unnur aille rejoindre ses congénères sur la surface gris-bleu. Que la vague qui l'assaillait profite de cette balade pour retrouver sa place, dans l'eau, vague parmi tant d'autres, malmenant les bateaux. Mais pas les hommes. Pas Aldís.

Au loin, un navire se détachait sur le ciel gris. Il n'était qu'une silhouette noire, à peine éclairée par le soleil blanc et bas. Le silence balayait le sol, mais il n'était pas parfait. Il y avait tous ces petits bruits qui emplissaient l'esprit d'Aldís. Couinements, craquements. Bruits de pas, derrière elle, puis devant. Un sursaut, regard angoissé à la ronde, mais non, personne. Pas d'inconnu, pas d'agresseur. Pas de présence fantasmagorique. Le grand air lui faisait du bien, taisait quelque peu le va et vient incessant de son imagination. Puis Aldís s'arrêta net.

Immobile.

A quelques mètres de là, une silhouette. Immobile elle aussi. Des cheveux noirs charbon. Un visage invisible, trop loin, trop pâle, trop envahi de sentiments contraires. Aldís ne voyait rien sur ce visage. Et tout, et trop de choses. Et ce n'était peut-être même pas. Ou bien c'était, mais dans son imagination, façonné par Unnur de ses mains incroyablement habiles, pour que tout paraisse si vrai, si vrai. La jeune femme sortit son appareil photo, les mains légèrement tremblantes, comme chaque seconde. Elle l'alluma du bout des doigts, geste si souvent répété, puis le cala devant son oeil et appuya sur la détente. Non, sur le bouton, plus simplement. La lumière du flash captura la silhouette, ou l'absence de silhouette, il fallait attendre un peu pour la savoir. Puis Aldís riva son regard sur l'écran, attendant que le cliché s'affiche comme le jugement salvateur ou non d'un procès particulièrement épuisant. Puis finalement la silhouette apparut sur l'écran. Bien réelle. La barrière entre les illusions et la réalité, l'appareil photo, avait rendu son verdict. Aldís releva les yeux. L'inconnue ne bougeait pas. Alors elle s'approcha. Laissant tomber son appareil au fond de sa poche, n’ôtant pas la masse de cheveux qui venait de se plaquer contre son visage, l'étouffant presque, l'islandaise vint à la rencontre de celle qu'elle savait réelle.
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Aldís Björnsdottír, Dim 22 Avr 2018, 17:12




Deux âmes en peine


avec Aoi Baskerville

L'inconnue avait un regard gris étrange. Il s'humidifia soudain et une larme roula sur sa joue, ronde et brillante. Elle laissa une empreinte luisante sur sa joue qui resta marquée un temps, comme un petit chemin jusqu'à son menton. Puis le vent l'effaça comme il efface les souvenirs et les lisse les vagues. De nouveau sa joue était sèche et blanche. Une proposition s'était égrainée dans l'air et y était restée suspendue un instant. Aldís l'observa, les petites lettres étaient là, posées sur le ciel, non loin d'elle. Puis elles s'envolèrent elles aussi, emportées par le vent et saupoudrés sur les nuages. Alors la jeune femme reposa son regard sur l'inconnue qui avait parlé. Sans un mot elle hocha la tête.

Oui elle voulait rejoindre la mer.

Cette mer qui l'appelait de sa voix douce. Et pas besoin de coller un coquillage nacré à son oreille pour l'entendre, elle parlait assez fort, trop fort, elle la tourmentait. Tout en elle s'agitait, les vagues se cognaient sur les rochers de sa boîte crânienne et la barrière de sa peau n'était pas assez forte pour empêcher la tempête de se déchaîner, de tout détruire sur son passage, de frapper les passants sans pitié ni distinction. Et d'abîmer les rochers eux-même, le sable, la terre, les bras qui l'accueillent. Elle était cruelle, cette vague.

Mais ce matin là la mer n'était pas si déchaînée. La surface grise était calme, ondulante. On eut dit le corps d'une sirène qui se dandinait en appelant de sa complainte fourbe les passagères égarées. Elles se laissaient appeler ainsi, oubliant tout prudence. Et la sirène de son corps de déesse des mers aurait bientôt toute l'emprise sur leurs deux silhouettes frêles. Aldís la voyait, et ces vagues, autant d'écailles, et ces rochers, et ses cheveux ondulants. Le chant emplissait tout l'espace désormais. Et plus personne n'était maître de ses mouvements.

Une main vint glisser dans un autre. Le vouvoiement aurait pu mettre de la distance mais Aldís n'avait pas ces notions. Normes, politesse et bienséance. Tout cela la dépassait un peu alors quelques fois elle se laissait aller à son instinct, relâchait la bride juste un peu, un tout petit peu, comme on le fait avec un cheval un peu fougueux. C'était elle, le cheval fougueux qui allait galoper sur les courbes maritimes. Il y avait donc cette main froide qui s'était glissée dans la paume inconnue, et qui avait tiré sur le bras qui faisait tenir la silhouette en place. Elle l'avait tiré, tiré en direction du bord, de la mer. Aldís voyait ses propres pieds marcher sur le bitume sans savoir si ils allaient s'arrêter à temps ou non. Mais finalement, sages, ils se stoppérent à quelques centimètres, millimètres, du vide. Le bout de ses chaussures volait déjà au dessus de l'eau grise mais ses talons restaient bien ancrés dans le sol. Un équilibre précaire, mais l'équilibre était l'antithèse de la vie d'Aldís alors...

L'islandaise se tourna vers l'inconnue l'air de dire "On fait quoi maintenant ?". On saute ? On nage ? On va à contre-courant, on brave les forces naturelles de ces vagues happantes et de cette voix hypnotisante... ? Aldís n'arrivait plus à se souvenir si elle savait nager ou non. Sa vie n'était faite que de cela, incertitudes, incompréhension. Il fallait s'y faire.

L'eau était là juste en dessous et elle était alléchante. Aldís aurait voulu se laver avec elle, tout purger, frotter sa peau avec du sable pour que ce trouble s'en aille.
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Re: Balade sur les Docks

Message par : Aldís Björnsdottír, Dim 24 Juin 2018, 18:15


Tu m'excuseras pour ce changement de temps en plein RP, mais plus j'écris avec Aldís plus je me rends compte que le passé me bloque et ne lui correspond pas, alors je bascule au présent héhé





Deux âmes en peine


avec Aoi Baskerville

Deux silhouettes. Deux silhouettes graciles et fragiles qui se tiennent par la main, au bord de l'eau. L'étendue grise semble les appeler, les vent les fait vaciller, dangereusement. Les deux chevelures, aux antipodes, se mêlent. Elles claquent contre les épaules, comme les vestes claquent, et les pans de tissus, emportés par la main du ciel, et par son souffle. Aldís repose son regard sur la mer. Elle sait, elle a compris. Elles sont toutes deux attirées, inexorablement. Comme ce doit-être bien.

Il y a un moment de flottement, un seul, à peine. Puis les deux silhouettes se laissent emporter par le vent et leurs pieds se décollent du quai. Mais elles ne s'envolent pas, non. Elle tombent, lentement, en direction de la surface houleuse. Puis elles s'écrasent et perforent le tissu bleu. Sans dénouer leurs doigts les deux silhouettes disparaissent sous la surface. Aldís est comme réveillée. Le froid transperce sa peau, et elle ouvre les yeux. Elle plonge ses prunelles dans les abîmes noires, elle distingue un peu le fond, flou. Elle resserre son étreinte autour de la main de l'inconnue et se met à bouger pour ne pas couler. Elle a l'impression d'avoir été violemment sortie d'un long sommeil. L'eau ne purge pas son être, elle s'insinue partout, dans ses yeux, son nez, dans ses poumons bientôt, si elles ne remontent pas. Le silence, ce silence sourd, les entoure, les étreint. Le sel lui pique les yeux mais elle ne les ferme surtout pas, trop avide.

Puis la baignade devient trop longue. Aldís aurait voulu se croire inhumaine, invincible. Mais elle ne parvient pas à respirer et ses poumons se contractent. Le sang bat dans ses tempes, furieuse pulsations. Elle serre la main de l'inconnue un peu plus, quitte à lui broyer les doigts. Il faut remonter. Il faut remonter à la surface.

Ou bien elles pourraient rester là. Ouvrir la bouche. Laisser l'eau s'insinuer dans les poumons et dans chaque parcelle de leur corps. S'abandonner à cette étendue salée invincible. Ne faire pus qu'un avec elle et devenir l'une de ses vagues, à son tour. Fermer les yeux et se laisser couler, paisible. Et se laisser envahir par une paix et une tranquillité éternelle. Comme le plongeon a été tentant, cette perspective lui tend la main un instant. Pendant quelques secondes, Aldís hésite. Il ne lui paraît pas plus bel et simple horizon. Mais la réalité est tout autre. La chute n'est pas paisible. La solution de facilité ? Pas vraiment. Elle suffoque et ça n'a rien d'agréable ou de paisible. C'est dur, douloureux. Il faut qu'elles remontent, il faut qu'elles remontent car elles souffrent trop, sous l'eau. La noyade n'a rien d'agréable, non. Et finalement, la surface paraît attrayante. Loin au dessus de leurs têtes, là haut, le soleil matinal filtre. Ses rayons plongent dans la mer eux aussi mais s'estompent vite. Ils ne peuvent survivre bien longtemps sous l'eau. Et sous leurs corps tout est sombre. On voit à peine le fond et ce qui s'y cache.

Comme un rayon de soleil, Aldís n'a plus envie de rester là, sous l'eau, et elle tire le bras de sa comparse. La lumière les attend et les appelle, et finalement le fond n'est plus une option. La mer est fourbe. Elle les pousse à venir en son sein pour les tirer toujours plus au fond, vers les abîmes noires au goût de sel et d'algue, là ou la lumière ne passe pas. Ou rien ne vit. La mer, la mort. Sonorités très proches, au fond. On la connaît mal et on se laisse emporter. Aldís bat des bras, furieusement. Il faut qu'elles remontent. La surface paraît si loin. Et elle ne trouve pas la force.
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 Balade sur les Docks

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