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Collines de Loutry Ste Chaspoule
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Jade Wilder
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Jade Wilder, Sam 22 Aoû 2015 - 3:05


Chassez le naturel, il revient au galop ♪

PV avec James Manor


Rares étaient les endroits où Jade se sentait encore bien. Pas juste bien, vraiment bien. Sereine, détendue, hors du monde réel en fait, ce monde qui ne lui apportait pas grand chose de positif depuis quelques années. Ce monde, elle le fuyait dès qu'elle en avait l'occasion, mais pour aller où ? Il n'y avait que deux endroits. L'un d'eux lui étant inaccessible, le choix était vite fait: Jade passait son temps libre avec les animaux. Plus particulièrement, les chevaux. Ce n'était un secret pour personne, depuis toute petite la jeune Italienne avait une passion sans faille pour les équidés. Lorsqu'elle avait à peine un an, la mère du bébé qu'elle était avait eu l'excellente idée de la poser sur le dos d'un cheval lors d'une fête. Peut-être que cette passion venait de là ? Quoi qu'il en soit, les années avaient filé à une vitesse folle, mais c'était toujours la même chose. Jade pensait cheval, vivait cheval, rêvait cheval, bref c'était sa vie, tout simplement. Elle passait tellement de temps auprès de ces animaux majestueux qu'elle avait toujours voulu en faire son métier. Enfin, ça, c'était avant..

Malheureusement depuis, tout avait changé. L'Italienne avait dû mettre ses rêves d'enfant de côté pour plonger tête la première dans une vie de grande fille. Une vie où les rêves n'avaient pas leur place, pas comme avant. Où ces mêmes rêves n'étaient que des utopies impossibles à réaliser, où tout était différent. Le choc avait été rude, pourtant Jade n'avait jamais cherché à retrouver ce monde qu'elle aimait tant. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que sa famille avait besoin d'elle. Elle devait agir comme une grande fille, penser comme une grande fille, le reste n'avait plus sa place dans cette vie. Après tout, rien ne valait le bonheur de son frère et sa soeur. Ils étaient tout. Ils étaient ce que la blonde avait de plus cher, étant capable de tout leur donner pour qu'ils soient heureux. C'était sans doute dingue, mais ça Jade ne pourrait jamais ne serait-ce qu'avoir l'idée d'y penser. A peu près tout ce qu'elle faisait, c'était pour eux.

Mais il y avait des exceptions. De très rares exceptions. L'une d'elle l'avait poussée, ce jour là, à se rendre à Loutry Ste Chaspoule et plus précisément, une ferme située à bonne distance de la plupart des habitations. Cela ne faisait pas très longtemps que l'adolescente connaissait cet endroit, une semaine ou deux peut-être, mais elle ne pouvait s'empêcher de s'y rendre. Cet endroit était tellement.. tranquille et paisible.. A vrai dire, Jade ne savait pas ce qu'elle préférait, la présence des animaux, ou bien ce sentiment qu'elle n'avait plus ressentit depuis trop longtemps ? C'était encore un mystère et il ne valait peut-être mieux pas se poser la question. Voilà, elle ne se posait pas de question et profitait. Heureusement, les propriétaires n'avaient pas l'air très sévères, laissant la jeune fille parcourir les box et les prés, s'y asseoir pendant des heures à juste regarder les équidés vivre leur vie. Dans ces moments, il lui prenait des instants de douce rêverie, se revoyant monter à cheval comme avant, progresser comme avant, apprendre comme avant et vivre de sa passion. Comme avant.

Le retour à la réalité était bien difficile, il faut le reconnaitre. Mais ces moments de bonheur bien particuliers étaient exactement ce dont la blonde avait besoin ces derniers temps. Il lui fallait quelque chose de positif. Ces petites escapades lui apportaient sa dose, sa drogue. Son énergie.

Depuis combien de temps était-elle là, assise contre la barrière d'un des enclos ? Combien de temps qu'elle avait passé à simplement observer les animaux qu'elle admirait tant ? Combien de temps à voir passer quelques cavaliers, qui avaient la chance de pouvoir vivre ce qu'elle ne pouvait pas s'autoriser ? Qu'elle ne pouvait même pas s'offrir, d'ailleurs. Un soupir, léger, mais présent. Il ne fallait pas qu'elle sombre dans la mélancolie, sinon elle aurait du mal à s'en sortir. Se relevant donc, tout en excluant les rêveries de sa tête, Jade entreprit de quitter les lieux à contrecoeur. Pourtant, quelque chose l'en empêcha. Ou plutôt, un détail. Là, dans un enclos à part, un cheval était couché. Ce n'était pas inédit et c'était même très positif, un cheval ne se couche que lorsqu'il se sent en sécurité. Or, là, Jade ne put s'empêcher d'approcher. Sa mangeoire était pleine, pourtant il ne s'y intéressait pas. De même, il ne s'approchait pas de son abreuvoir, alors qu'il faisait tout de même une chaleur d'enfer. Ça avait au moins le don d'intriguer la blonde.

Approchant encore un peu, elle s'accroupit près des barrières de bois. L'animal était trop loin, elle ne pouvait pas le toucher et elle n'avait pas le droit d'entrer sans permission. Pourtant, ce mélange de curiosité et d'inquiétude prédominait par rapport aux interdictions. Tant pis, elle attendrait un peu, le temps que l'éleveur passe par là. Elle en était convaincue, quelque chose clochait. Restait à savoir quoi, pourquoi et ce qu'elle pouvait y faire.
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : James Manor, Lun 24 Aoû 2015 - 0:38


Il l’avait vu malade. Les yeux rendus brillants par un feu intérieur. La robe noire abîmée par une pelade impossible à expliquer. Il avait approché sa main, l’autre s’était cabré. Il avait gardé sa main tendue, Flamme le regardait.

Tous les jours, pendant des mois, James avait rencontré le cheval d’Arabie. De loin, car la bête avait le caractère flamboyant de ses ancêtres. Tous les jours, Flamme avait refusé de se laisser toucher. Tous les jours, Flamme mourrait un peu plus.

Une nuit, une de ces nuits pâlies par la pleine lune, James l’avait trouvé étendu sur le sol. La vie n’était plus que cendres en lui… Alors il avait pu l’approcher, enfin. Flamme avait remué les pattes, avait soufflé, mais James avait pu le voir de si près qu’il avait compris… Flamme se mourrait de sécheresse amoureuse. Le rejet des hommes l’avait isolé. La solitude de l’enclos l’avait condamné.

James l’a caressé, beaucoup. Lui a parlé, sans cesse. Et un jour, Flamme fut de nouveau debout. Sa robe noire parfaitement noire. La pelade avait disparu. L’agressivité aussi.

James a dû partir. Loin. Longtemps.
Flamme a cru qu’il était abandonné.

***

James a des pierres dans le cœur. Prêt à couler. Une voix chante dans son âme. Elle est accompagnée d’un piano triste. Elle lui raconte des souvenirs sepias et parfois, il entend les murmures de Flamme qui hésite à lui dire qu’il lui manque. Mais James a peur, aussi. Il a peur de ne pas lui avoir manqué. De n’avoir qu’été un homme parmi d’autres. Comme le fermier. Le vendeur. L’éleveur. Dans son cou, il sent les nasaux de Flamme qui souffle doucement et qui voudrait le rassurer.

A-t-il à ce point besoin de compter pour quelqu’un ? Même pour une bête rencontrée au hasard… ?

Il y a une jeune fille près de l’enclos. Sorcière ou … ? Comme lui, elle est habillée à la mode des sans magie. James ne sait que faire. Dans son pantalon d’été, beige, et sa chemise gris pâle, il ressemble à un homme ordinaire. Il la regarde en train de regarder Flamme.

Flamme…

A terre, de nouveau. Son fauve sans croc ni griffe. Abattu, encore. Son pégase noir sans aile.

James cille. Une tristesse pousse contre ses paupières et étrangle sa gorge. Les regrets traumatisent ses muscles. Il ne sait plus bouger. Ses yeux piquent. Il est obligé de rester debout, derrière la jeune fille, loin de Flamme et de sa tendresse.

Il a le temps d’observer. Elle a le regard doux des gens qui aiment les bêtes. Ses yeux ne lancent aucun reflet métallique. Ses cils semblent faits pour caresser. Sous le soleil mordant, elle parait jeune, innocente. De cette innocence qui donne le droit de toucher les blessés.  Elle, pourrait-elle soigner le cheval d’Arabie de sa sécheresse amoureuse ?

- Il s’appelle Flamme.

Dit-il à la jeune fille. James est ému et comme à chaque fois qu’il est ému, sa tessiture est tombée dans les basses, dans la neutralité d’acier. Parce que la neutralité est son armure de prédilection. Quotidienne et entraînée depuis des années.

- Et il se meurt de non-amour.

Il va tenter de nouveau, pour le fauve d’Arabie, ce qu’il n’a pas réussi à faire seul. Il s’avance vers l’enclos, près de la jeune fille. Il ouvre l’enclos en retirant le verrou épais. Le métal crisse dans l’effort. Le bois tremble un peu. Au loin, Flamme lève la tête. Il remue soudain. Il veut se lever. Ses jambes de devant, sur le sol. Il pousse sur ses sabots. Il retombe dans un bruit mat de corps lourd sans énergie.

Il est temps d’agir.

- Voulez-vous venir ?

James est dans l’enclos. Il regarde la jeune fille.

Au fond, il sait que même si elle refuse, lui doit faire quelque chose. Il marche vers Flamme qui relève la tête. Va-t-il lui en vouloir ? Lui reprocher son absence ? L’a-t-il oublié ? Il ne l’a pas oublié. Il ne peut pas. James ne veut pas. Mais s’il l’avait oublié, James n’aurait rien à se reprocher.
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Jade Wilder, Mar 1 Sep 2015 - 19:57


Beaucoup trop longtemps..
Cela fait tellement longtemps que Jade n'avait plus le droit de monter à cheval aussi facilement qu'avant. Bien sûr, elle avait eu quelques occasions. Certains propriétaires lui avaient proposé de monter en échange de son aide dans les différentes structures. Elle connaissait à peu près tout de ce monde maintenant, du nettoyage des box à l'aide des plus jeunes cavaliers pour préparer leurs poneys. D'ailleurs, c'était sans doute ce que la jeune fille préférait. Comment ne pas apprécier ces sourires, cette impatience avant le grand saut ? Pour certains, c'était la première chevauchée. D'autres pratiquaient déjà depuis un moment, mais tout dépendait des groupes. Jade adorait ces moments où elle pouvait donner ses conseils, aider comme on l'avait aidée auparavant et puis.. et puis elle rêvait. Rêvait d'être de nouveau à leur place, de pouvoir assister à des cours, faire des ballades, passer encore plus de temps auprès des équidés. Elle n'y pouvait rien si elle était tombée amoureuse de l'équitation et des chevaux en général.

Jade était triste, il fallait bien se l'avouer. Elle avait trop perdu pour pouvoir rester impassible, mais elle gardait cette tristesse pour elle, craquant uniquement lorsqu'elle était seule, repoussant la peine bien souvent. Elle se consolait comme elle le pouvait. Passer son temps libre avec les chevaux, même sans pouvoir les toucher ou les approcher de trop près, c'était déjà un soulagement. Un soulagement au goût amer, mais un soulagement quand même, à ne pas dénigrer.

Cela faisait bien longtemps que l'Italienne n'avait pas été aussi attirée par un équidé en particulier. Son dernier coup de coeur s'appelait Favorita, une jument grise espagnole, magnifique. Jade avait passé beaucoup de temps avec elle, mais le déménagement de l'Italie à la Grande-Bretagne avait coupé court au lien qui se formait. Comme beaucoup de choses d'ailleurs.. Rien que d'y repenser, la peine de Jade augmentait. Trop de choses.. A quoi bon s'attacher si c'est pour perdre ce à quoi on tient le plus au monde ? Bonne question. Tout comme cette question là aussi, pourquoi ce cheval paraissait-il aussi mal ? Jade comprenait maintenant, le cheval sans nom n'était pas à l'aise au point de se coucher, il était malade au point de se coucher. L'Italienne gardait les yeux rivés sur lui, comme hypnotisée. Son poil était terne, ses yeux vides d'énergie. Trop maigre sans doute aussi, mais sa robe noire ne permettait pas à la jeune fille d'en faire véritable constatation. Même dans un tel état, elle le trouvait magnifique. C'était le genre de cheval qui porte la liberté au rythme du claquement de ses sabots. Un soupir franchit les lèvres féminines, elle avait envie de savoir.

- Il s’appelle Flamme. Et il se meurt de non-amour.


Un sursaut avait parcourut le corps de l'Italienne. Plongée dans ses pensées, elle n'avait pas fait attention à l'arrivée d'un inconnu. Tournant la tête vers l'homme en question, elle ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Ce n'était pas l'éleveur. Mais qui était-ce alors ? Peut-être qu'il était propriétaire du cheval qu'elle admirait depuis plusieurs minutes ? Flamme.. Non-amour ? Des milliers de questions naissaient déjà dans l'esprit de la jeune fille. Pourquoi ? A cause de qui ou de quoi ? Parmi tant d'autres questions, une demeurait Reine: comment l'aider ? Quelle bonne blague, elle n'en aurait jamais le droit, ni le pouvoir sans doute. Pour guérir quelqu'un d'un manque d'amour, il faudrait déjà qu'elle comble le sien pour commencer..

Observant l'inconnu avec attention, la blonde ne faisait pourtant pas un seul geste pour se lever ou partir. Elle n'avait pas envie de partir, même avec un parfait inconnu en face d'elle qui avait l'air d'en savoir bien plus qu'elle. Elle se sentirait coupable de laisser l'animal, en fait. Même si elle avait le lourd sentiment de ne rien pouvoir y faire. Ça avait toujours été comme ça. 12 ans plus tôt, un chaton était mort dans ses bras. Elle avait tout fait pour essayer de le sauver, mais rien n'avait suffit. Jade s'en rappelait encore, douloureusement. Elle avait toujours mal supporté la perte, c'était un fait avéré, tous les jours c'était un peu plus prouvé. Ce jour n'échappait pas à la règle. Mais Flamme lui, réagit. Il essaye, se bats, du moins il essaye. Si elle, ne connait pas l'inconnu, il semble que ça soit le cas pour Flamme. Quelque chose lierait ces deux là ? Fascinant..

- Voulez-vous venir ?

Si cette fois, Jade n'avait pas sursauté, son coeur avait tout de même fait un bond. Pourquoi ? Pourquoi s'en mêler alors qu'elle n'était même pas sûre de pouvoir aider ? Et surtout, pourquoi son instinct la poussait irrémédiablement à entrer dans cet enclos. Elle voulait faire quelque chose mais la vraie question, c'était de savoir si elle pouvait vraiment faire ça. A elle seule sans doute que non. Mais avec l'inconnu, peut-être ? Inspirant légèrement, Jade se relève puis entre dans l'enclos, le refermant derrière elle. Ça fait bizarre. Mais positivement bizarre, comme si un léger courant d'air frais l'avait aidée à respirer. Puis elle s'approche, sans trop savoir quoi faire. Elle en a côtoyé beaucoup des chevaux malades. Mais ça fait si longtemps.. Elle pourrait faire une gaffe, tout gâcher..

Non. Il ne fallait pas qu'elle y pense. Il fallait laisser ses propres difficultés de côté. Flamme restait allongé, comme si il avait renoncé à se lever, comme si le poids de ses souffrances le clouait au sol. La jeune fille ne pouvait pas le laisser comme ça. Plus encore, l'inconnu qui semblait pourtant assez impassible, dégageait un tout autre sentiment, Jade le sentant. De la peine, peut-être ? Elle ne le saurait qu'en demandant sans doute, ou en attendant. S'arrêtant non loin de l'homme, Jade se doutait qu'il faudrait qu'elle parle. Elle n'avait rien dit jusque là, trop surprise pour répondre quoi que ce soit. Et que dire, en vérité ? Les choses ne passent pas toujours par les mots après tout. Mais là, ça semble tout de même nécessaire. En plus, elle savait à peu près les bons mots pour parler correctement en Anglais. La voix chantante de l'Italienne se fit alors entendre, douce, légèrement curieuse mais sans hausser le ton pour ne pas faire peur à l'animal.

- Vous.. vous le co.. connaissez ? Il a l'air de vous.. riconos.. pardon.. reco..nnaître..
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : James Manor, Mar 8 Sep 2015 - 17:16


Un genou au sol, pour la bête à terre. Une main vers l’épaule, pour l’ami abandonné. Sous le genou, l’herbe est froide. Sous la main, le poil est doux. Doux et faible. Une robe noire et tendre habille celui qui est né en Arabie, loin des embruns anglais et des fraicheurs vallonnées.

- Tu te souviens ?

La question en murmure, qui ne demande pas de réponse. Les doigts en serre, qui s’enfoncent dans la robe noire. Pour graver le remords, et l’envie d’être plus qu’un souvenir.

L’étalon noir relève la tête.

Les yeux de Flamme reflètent une autre réalité. Un monde miroir, convexe et brillant, dans lequel les lumières sont floutées et la silhouette de James se confond avec une ombre.

- Vous.. vous le co.. connaissez ? […]

James tourne la tête vers l’ombre. Elle a la voix des jeunes filles qui viennent du sud. Celles dont la bouche jette du soleil même quand elles parlent de tristesse. Et de la soie blonde, autour du visage. Les vierges vénitiennes courtisées par les princes de la Renaissance devaient avoir la même délicatesse. Elle, elle a peut-être la chaleur qui parlera à une bête venue des pays des mille et une nuits.

- J’avais l’habitude de lui tenir compagnie, le soir… Flamme est un cheval qui a besoin d’être caressé.

De là où il est, agenouillé sur le sol et elle debout, elle parait toute en jambes longues et en peau tendre. James a la gêne en réflexe. C’est un homme de la bourgeoisie, de la convenance et de la distance. Son regard glisse des jambes vers l’enclos. Elle l’a fermé. Le bois cale le monde loin derrière eux.

- C’est bien d’avoir fermé. Il préfère l’intimité.

Son attention revient vers Flamme, qui regarde l’homme et la jeune fille. La main de James continue à caresser le cou, le long des muscles saillants. Près d’une artère qu’il sent plus chaude, plus palpitante. A l’angle de l’oreille, il gratte du bout des ongles. Le cheval ferme à moitié les paupières. Ses cils immensément longs et noirs semblent donner un accord muet à la caresse. Il repose la tête au sol.

- J’ai dû m’absenter longtemps. Mon toucher à moi ne suffit pas pour durer le temps d’un long voyage.

Ses ancêtres étaient angles et certains venaient des glaces du nord. La rousseur qui étoile son visage et ses bras n’est que l’héritage coloré d’un ADN longtemps mûri dans les givres. Il est le petit cousin humain des êtres métalliques, de la neige et du verglas. Sa tendresse s’exprime dans le lent, le mutisme des mots et la furtivité des choses… Alors que la bête à terre, peut-être, demande tellement plus…

Flamme soupire.

D’aise. James l’espère.

Il sort une petite fiole de sa poche. En verre brun légèrement irisé. Des reflets de perles grises et de nuages mauves. Une ‘Potion de compréhension animale’. Il a envie de l’utiliser. Ais à côté de lui, la jeune fille comprendrait-elle ? Est-elle une sans-magie ou une sorcière comme lui ?

Il la regarde.

- Je ne me suis pas présenté. Excusez-moi. Je m’appelle James Manor, de la maison d’Helga Poufsouffle.

Pour un sorcier, le nom de la vieille sorcière sera connue. Pour un sans magie, James aura l’air d’un noble issu d’une des vieilles maisons qui ont gouverné l’Europe.


Dernière édition par James Manor le Mar 8 Sep 2015 - 17:17, édité 1 fois
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Jade Wilder, Lun 14 Sep 2015 - 9:24


Jade ne savait pas comment se comporter dans ce genre de situation. C'était comme si elle ne pouvait imaginer briser cet instant, ces retrouvailles. Même sans que sa question ait eut une réponse, Jade voyait bien que l'homme et le cheval se connaissaient. Un contact, un regard, prouvait ce fait. Alors non, la jeune fille ne voulait pas briser cet instant, laissant les choses se faire d'elles-mêmes. Soudain, ton regard fut redirigé vers elle. Elle put voir réellement tes yeux cette fois, point important pour elle. Oui, elle avait besoin d'avoir un contact visuel avec ceux qu'elle côtoyait, pas en permanence, mais au moins un. C'était assez étrange, mais elle avait toujours fonctionné comme ça. Après tout les yeux ne sont-ils pas le miroir de l'âme ? A plusieurs reprises, Jade avait croisé des personnes peu recommandables. Et comme par hasard, avec ces personnes, elle avait crut sentir quelque chose, d'un simple contact visuel. C'était étrange à dire, dans tous les cas, mais elle se sentait mieux par un simple regard.

Tu avais un regard peu banal. Ce genre de regard froid sans l'être. Imposant de la distance, peut-être. Normal, elle n'était qu'une inconnue. Bizarrement, Jade avait cette fois du mal à y voir clair. C'était pourtant habituel pour elle que d'échanger par le regard, à l'époque elle devinait parfaitement comment allait son meilleur ami rien qu'en le regardant. Mais pas d'animosité. Pas de méfiance, pas d'impression désagréable. Elle pouvait voir ton visage, l'espace de quelques secondes. Quelques secondes où les deux êtres se détaillaient mutuellement. Puis enfin, une réponse. Effectivement, ce n'était pas une première rencontre pour l'homme et le cheval. Bien. Si tu voulais l'aider, le fait qu'il te connaisse était déjà un bon départ. En effet, Flamme ne semblait pas repousser ta présence et encore moins tes gestes d'affection.

- J’ai dû m’absenter longtemps. Mon toucher à moi ne suffit pas pour durer le temps d’un long voyage.

Une façon de parler peu courante aux yeux de Jade. Disons qu'elle n'avait pas toujours l'habitude d'entendre quelqu'un parler avec autant de.. poésie, peut-être ? C'était agréable, comme une chanson quotidienne, agréable à l'oreille. Elle ne parlait pas aussi bien. Enfin si, mais pas en Anglais. Ces derniers temps elle ne parlait que très peu, par peur d'échouer, de mal se faire comprendre ou.. juste d'ennuyer les autres. Cette situation lui permettait au moins de prendre le temps de réfléchir à ses mots, histoire de ne pas trop se tromper.

- Il a l'air d'aimer votre.. présence. Si vous l'avez.. aidé in passa.. par le passé, il s'en hm.. il va s'en.. souvenir..

C'était évident. Tu aurais pu mal prendre ses paroles, d'ailleurs. Cependant, Jade avait longtemps côtoyé le milieu équin, elle avait rencontré de nombreux chevaux et s'était liée avec certains d'entre eux. Récemment, elle en avait revu un, ou plutôt une, Savana. Cette jument l'avait suivie dans bon nombre de ses cours quand elle était petite, les retrouvailles s'étaient faites tout naturellement. Alors bien sûr, Jade voulait t'aider. Elle savait qu'elle pouvait faire quelque chose. Mais sans doute pas seule.

- Vous avez un lien prez-précieux.. avec lui.. Ça se voit.

Un sourire apparut sur les lèvres féminines, juste avant que ses sourcils ne se froncent légèrement. Cette fiole.. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Elle en avait déjà vue, c'était certain. C'était une potion. Alors tu étais un sorcier ? Pas sûr, elle se trompait peut-être de breuvage, ce n'était sans doute qu'un fortifiant ou une connerie de ce genre.

- Je ne me suis pas présenté. Excusez-moi. Je m’appelle James Manor, de la maison d’Helga Poufsouffle.

Helga Poufsouffle ? Ah, bah si, un sorcier ! Et de sa maison en plus de ça. Sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, un large sourire prit la place sur le visage de Jade. Sans savoir pourquoi, l'idée que tu sois de la même maison qu'elle lui faisait plaisir. Elle n'avait jamais rencontré de sorciers adultes venant de Poufsouffle alors forcément.. Bah la nouveauté, c'était tout ce qui l'attirait, rien de bien nouveau à ça par contre.

- Oh.. Enchantée ! Je suis.. Jade Wilder. Poufsouffle aussi.. en septième année.

Ni trop, ni trop peu. Pas la peine de donner trop de détails, mais au moins tu saurais que vous pouviez parler de magie librement. Enfin, dans la limite du raisonnable tout de même. D'ailleurs, en y repensant, Jade fut de nouveau attirée par la fiole. Vue la situation, ça ne pouvait pas être un simple fortifiant. Même magique. Non, Jade avait plutôt tendance à penser que tu voudrais comprendre Flamme. Quel était le nom de cette potion déjà ? Tout naturellement, elle s'approcha, allant s'accroupir en face de toi, près du cheval. Si celui-ci avait montré quelconque signe de rejet, l'Italienne se serait légèrement éloignée, mais ça ne semblait pas être le cas. Pour le moment, en tout cas. Enfin, elle reprit la parole, un peu moins fort puisqu'elle était plus proche.

- C'est une.. potion de compréhension animale ? Non ?


Lentement, le regard de l'adolescente revint se poser sur Flamme. Elle avait envie de le toucher, de lui montrer qu'elle n'était en rien menaçante, pour qui que ce soit. Jade ne pourrait envisager de faire du mal à qui que ce soit, encore moins à un animal. Elle avait grandit avec les animaux, si elle pouvait, elle aurait adopté tous les animaux possibles dans son enfance. Avançant sa main avec prudence, mais douceur, la blonde se mit à caresser doucement le pelage d'ébène. Qu'il était beau. Il l'était sans doute encore plus en étant en pleine forme, mais ça..

- Il est.. superbe..
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : James Manor, Ven 18 Sep 2015 - 17:00


‘Jade’, dit-elle. ‘Jade’ comme la pierre. ‘Wilder’, comme le sauvage ou ce qui égare. ‘La pierre qui égare’, c’est une signification quasi extrême orientale. James sourit en entendant sa maison de Poudlard dans la bouche de la jeune fille. Il préfère cela.

L’aura des Poufsouffles est précédée de douceur et de bonté… Et pour un humain comme James, même s’il est conscient des variations de personnalités des jaunes et noirs, même si les couleurs de sa maison de Poudlard lui ont toujours évoqué la guêpe plus que le mammifère tenace, à l’instant présent, il préfère entendre cette maison à celle du reptile ou, pire encore, à celle du prédateur ailé qui n’aime parler qu’aux nuages froids.

- C'est une.. potion de compréhension animale ? Non ?
- Oui.

Quand elle avance sa main, il a l’impression qu’elle a peur de froisser le papier de soie invisible qui entoure Flamme. Ses mains semblent presque fragiles entre les poils épais et noirs. Une telle délicatesse, sur le bout des doigts, pour le cheval d’Arabie malade, cela plait à James. Il n’hésitait guère avant. Le regard de la jeune fille portait déjà loin la douceur de la féminité faite pour aimer. Maintenant, il en est simplement certain.

Au-dessus du cheval, il lui tend la fiole. Il la tient entre le pouce et l’index, entre ses doigts longs et fins. Sa peau pâle et étoilée de taches de rousseur contraste avec les couleurs vibrantes du verre opaque.

- Voulez-vous la boire ?

En temps normal, elle n’en aurait pas besoin.

En temps normal, les bêtes et les hommes sont capables de comprendre leur tendresse mutuelle sans recourir à la magie ni à la sorcellerie. Les êtres sensibles, doués de sensations et de cœur ont le langage de la peau et des émotions. Jade aurait pu tisser le lien voulu avec Flamme. Mais cela aurait pris plus de temps. Et du temps, ils n’en ont pas… Pas si James décide de passer le flambeau à Jade maintenant.

- Vous n’avez besoin que de la moitié pour établir un contact plus fort.

Il est inutile de forcer la quantité. Il est inutile de pénétrer toutes les pensées des bêtes. La jeune fille a les gestes aimants et affectueux. La bête comprendra rapidement qui elle est et ce qu’elle veut pour elle.

- Je suis désolé, le temps presse pour Flamme.

Il se connait. Il connait ses qualités et ses défauts. Ses constances et ses inconstances. Il sait à quel point ce qu’il veut dans la vie peut le conduire loin de ceux qu’il aime. Il prévoit l’abandon, la peine et le regret. Il entrevoit les jours gris pour Flamme, les soirées de remords pour lui. Parfois, pour le bien de ceux qu’on aime, il faut savoir se retirer, laisser la place à un autre. Ou une autre. Accepter qu’on n’était pas la personne qui convenait le plus. Le mieux. James capitule, au fond, devant sa propre personnalité.

- Et moi je sais que je ne pourrai pas être un ami fidèle…
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Jade Wilder, Jeu 8 Oct 2015 - 9:54


Jade ne s'était pas trompée, il s'agissait bel et bien de la fameuse potion. Cette potion, elle en avait longuement entendu parler. Elle avait fait des recherches là-dessus également, non seulement par simple curiosité mais également parce-que ce breuvage la fascinait. Elle qui avait toujours été proche des animaux, la plupart en tout cas, elle trouvait fascinant le fait de pouvoir améliorer le lien entre l'Homme et l'animal, simplement.. en buvant un liquide.

Le monde magique ne cessait de l'étonner. Elle avait envie de découvrir, de comprendre, d'apprendre et chacune de ses rencontres dans ce monde lui donnait un plus de connaissance. Jade ne s'arrêtait pas à la personne rencontrée. Elle avait tellement prit l'habitude de rester à l'écart, de ne pas prendre de risques en se liant avec qui que ce soit, qu'elle en oubliait parfois à qui elle s'adressait. Là, c'était un tout. L'homme que tu étais lui semblait.. particulier. Ce langage soutenu, poétique, c'était rare qu'elle entende quelqu'un parler comme ça. Et assez agréable en fait.

- Voulez-vous la boire ? Vous n’avez besoin que de la moitié pour établir un contact plus fort.

Son regard doré oscillant entre toi et cet objet de fascination, Jade hésitait cependant. Elle n'avait jamais prit ce genre de potion et elle avait peur de ne pas être à la hauteur, comme souvent. Pourquoi serait-elle capable de rassurer l'animal, elle ? D'accord, elle avait longtemps été vue comme un petit prodige à l'époque où elle pouvait encore vivre avec cette passion qui la dévorait depuis son plus jeune âge. Ses monitrices avaient beaucoup espéré d'elle, pensant qu'elle remporterait des concours, qu'elle se ferait connaitre dans ce domaine. Finalement, elle avait déçu tout le monde, y compris elle-même et malheureusement, c'était au delà de sa volonté propre. Elle ne voulait pas encore décevoir quelqu'un, même si ce quelqu'un lui était pratiquement inconnu.

- Je suis désolé, le temps presse pour Flamme.
- Je ne suis pas sicu.. sûre.. d'être.. capable.. à la hauteur..

Autant être sincère et ne pas faire de faux espoirs, non ? Oui, mais elle, assumerait-elle le fait de ne pas essayer d'aider l'animal à la robe d'ébène ? Sans doute que non. Elle qui n'avait jamais abandonné personne dans sa vie se décevrait.

Une fois, une de trop, elle avait échoué à un de ses plus importants objectifs. Elle était jeune, rien n'allait dans le bon sens, elle ne pouvait rien faire. Enfin, ça, c'était ce qu'on lui disait. Mais elle, elle n'avait jamais oublié cette soirée. Ce moment, où tout avait basculé. Si les choses s'étaient passées d'une autre manière ce soir là, la jeune fille n'en serait sans doute pas là. D'ailleurs, elle n'aurait certainement jamais mis les pieds à Poudlard. Malheureusement, la vie en avait décidé autrement. Alors, que faire ? Laisser la vie emporter l'espoir, par acquis de conscience ? Non, la blonde préférait largement tenter, tout tenter et voir où ça la mènerait.

- Et moi je sais que je ne pourrai pas être un ami fidèle…

Quand on parle d'acquis de conscience.. Le regard à présent fixé sur toi, Jade sondait tes expressions. Sale habitude que voilà, mais bien utile parfois. On ne peut pas tout savoir d'une personne rien qu'en la regardant, mais on peut au moins deviner ses peines, ses doutes, ou au contraire ses espoirs. Seulement, avec certaines personnes, la tâche se révélait bien plus ardue. A l'heure actuelle, Jade ne savait pas ce qu'elle devait conclure en vue de tes expressions. Une seule chose pour elle était certaine. Pour l'illustrer, elle dû reprendre une phrase qu'elle avait déjà entendue, mais à sa sauce.

- Loin des yeux. Pas loin du coeur. Ils ont de la memoria. Il se ri.. enfin.. souvien..dra. Non importa.. où vous êtes. Si vous l'avez.. dans votre coeur.. il se souviendra..

Un petit sourire était apparut sur les lèvres de l'Italienne. C'était quelque chose qu'elle avait apprit assez vite. Elle avait souvent vécu et souffert de l'absence de certaines personnes, la vie la mettait bien souvent sur des chemins très différents de ceux qu'elle aimait. Pourtant, malgré la distance, malgré qu'elle leur parle trop peu, Jade savait qu'ils ne l'oubliaient pas.

Bien sûr, c'était différent puisqu'il s'agissait d'un animal. Mais pas tant que ça, au final. Sans doute que si Jade revoyait Favorita dans les semaines à venir, la jument se souviendrait d'elle. Elles avaient passé tant d'années toutes les deux, en Italie. Mais le temps passe, la vie les avait séparées, tout simplement. Jade avait envie de croire que le contact était toujours présent. C'était le cas il y a encore deux ans, ça pourrait l'être toujours non ? Bref. Fallait pas qu'elle y pense maintenant. Son attention devait être consacrée à Flamme.

- Je.. veux l'aider. Vous aider..

Sur ces mots, accompagnés d'un doux sourire, la main libre de l'Italienne prit délicatement la fiole que tu lui tendais toujours. A vrai dire, elle se demandait quel effet elle avait cette fameuse potion. Avait-elle un goût particulier ? Procurait-elle des sensations désagréables ou pas ? Elle ne le saurait qu'en testant, sans doute.

- Je n'en ai jamais.. bu..

Un petit sourire discret, à la limite de la gêne à cause de son ignorance, et Jade se lança, buvant une partie du breuvage, les paupières closes. Ce n'est qu'après quelques secondes qu'elle les rouvrit, sourire toujours présent. Bon, tout allait bien. Presque immédiatement, les prunelles dorées revinrent se poser sur l'équidé, tandis qu'elle refermait la fiole et te la tendait. Allais-tu en prendre toi aussi ?

L'une des mains féminines n'avait pas quitté le pelage doux de Flamme, poursuivant des caresses calculées, douces, comme recherchant un point précis. Jade se souvenait des heures qu'elle passait avec sa mère, elle aussi passionnée par l'univers équin. La femme de sa vie lui avait apprit beaucoup, y compris que tout avait une origine et qu'il fallait toujours commencer par là. Humidifiant légèrement ses lèvres, indécise quant à l'effet de la potion - comment elle fonctionnait donc - Jade releva sa main vers les oreilles de Flamme, les caressant à leur base. C'était rassurant, elle le savait. Il lui fallait plus. Il lui fallait des explications et elle ne savait pas comment les avoir grâce à cette potion. C'était peut-être possible, mais elle n'en savait encore rien.

- Che cosa è successo ? Enfin.. Pourquoi.. il a.. commencé à être aussi mal in principio ? Quelle est sua stor.. pardon.. son histoire ?
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : James Manor, Dim 8 Nov 2015 - 23:58


- Je n’en prendrai pas. Je ne veux pas qu’il puisse parler avec moi.

Pas cette fois, pas ce jour. Pas en ces terres, pas en cet enclos. La jeune fille doit le remplacer. Il le veut.

Elle parle de cœur et de reconnaissance. Et lui veut se retirer de la vie du cheval d’Arabie. Mais il ne la contredit pas. Ils ne se connaissent pas assez, pour qu’il le fasse. Les « non » sont réservés aux gens qu’on sait ne pas devoir revoir et aux gens qu’on sait pouvoir blesser. Jade est encore dans le brouillard qui recouvre les personnes pour lesquelles on se dit… Ah oui, peut-être n’est-on pas tout à fait étrangers.

- Sur moi, la potion est plus efficace quand je cesse de penser. Les mots humains bloquent peut-être les mots des bêtes.

Il regarde le visage jeune. La phrase a-t-elle du sens pour elle ? James ne pense pas souvent avec les mots, parfois avec les chiffres, souvent avec son corps… Comment une jeune sorcière perçoit-elle le monde ? Comment une jeune fille venue du Sud peut-elle comprendre un tel anglais ?

Il hésite, un moment, à trouver d’autres mots. D’autres expressions.

Il cherche, un moment, à savoir où positionner ses syllabes, ses consonnes, ses réflexions verbales et sa langue, et ses dents, et sa bouche, pour articuler, émettre, dire.

Il ne trouve pas vraiment. Il n’y a jamais vraiment de mots pour certaines choses. Surtout quand on a appris à réfléchir sans.

Compléter. Expliquer. Détailler… La prose est un scalpel, il déteste l’utiliser en un instant comme celui-là. Le toucher n’aime pas le tranchant des mots.

- Posez vos deux mains sur lui, il semble déjà habitué à vous. Et tentez de ne penser à rien…

Ne penser à rien… L’expression est vide comme le rien. Un rien est toujours rempli. Au moins de sensations, de troubles. Diffus, comme des voiles sur la peau. Chaleureux ou froids, comme l’air qui souffle les saisons.

- Ou plutôt, tentez de vous concentrer sur la peau de Flamme.

James pose ses mains sur les mains sur le cheval en même temps. Il rejette son propre esprit, soudain, contre les os de son crâne. Et ses yeux verts deviennent plus clairs. Un moment de brume passe dans leurs iris. Un regard qui cherche le rêve éveillé. Il ignore si Jade y arrivera, mais on ne peut pas montrer ce qui se passe dans l’intimité des peaux.

Il laisse le temps passer. Les deux êtres se rencontrer. Ou se fuir. Ou s’observer.

Le temps passe comme une pluie fine qui a peur de tomber. Les secondes sont lentes, aujourd’hui.

Et puis il a l’impression que Jade arrive à communiquer avec Flamme sans devoir se concentrer.

Elle lui pose une question.

- Il est arrivé d’Arabie il y a quelques années. Je l’ai vu par hasard à son arrivée. J’ai vu sa façon de rejeter les autres et les hommes. Cette bête-là meurt de la solitude qu’elle s’est infligée.

Il se pince les lèvres, un peu ennuyé d’avoir jugé la bête malade… Mais il a dit ce qu’il pensait. Il se redresse, s’adosse au mur de l’abri.

- Je vais attendre que vous ayez passé plus de temps avec lui.

Il attend quelques minutes encore. Au loin, le propriétaire passe. Il plisse les yeux, ce vieil homme aux cheveux blancs. Il essaie de comprendre la scène. James lui fait un signe de la main, amical « tout va bien, tout va bien » semble-t-il dire au vieil homme intrigué.

Le propriétaire part. James se tourne vers la jeune fille.

- Tout va bien ?
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Jade Wilder
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Jade Wilder, Mer 9 Déc 2015 - 5:01


Quel étrange échange entre les êtres. Jade n'aurait jamais cru pouvoir avoir ce privilège, quelques années plus tôt, qu'était de pouvoir communiquer avec un animal aussi majestueux que Flamme. Bizarrement, la jeune fille ne pensait même pas pouvoir communiquer normalement avec un être humain après la mort de ses parents. Elle s'était renfermée, recluse dans une bulle de protection empêchant toute forme de sentiment, qu'ils soient extérieurs, ou intérieurs à sa bulle. Ainsi, elle avait toujours empêché quiconque de l'aimer, se bridant également pour ne pas ressentir quelconque sentiment pour qui que ce soit.

Une dépression à 9 ans seulement, ce n'est pas un cas qu'on croise tous les jours. Pourtant, la blondinette avait eu besoin de ce passage dans sa vie. Besoin de sa solitude, de son enfermement, de se retrouver avec elle-même pour pouvoir réfléchir et donner un sens à son existence. Une raison de se battre, de continuer. La découverte de ses pouvoirs l'avait-elle sauvée ? Fort probable.

Seulement, celle-ci n'avait pas suffit à rétablir le dialogue dans bien des cas. Du mal à parler, à évoquer ce qu'on ressent, ses faiblesses. Du mal à montrer ses larmes même, preuve de vulnérabilité.

Mais en ce jour, l'Italienne devait réapprendre à dialoguer. Pas seulement à avoir une discussion banale, vide de sens, mais bien à parler avec son coeur et son âme. Le cheval oui, mais l'homme aussi. Il s'agissait là d'un travail d'équipe, d'une structure. Sans liant, elle s'écroulerait. Se laisser aller, ne pas réfléchir véritablement, voilà qui semblait être la clé. Si l'homme refusait le partage, c'était peut-être tout simplement pour qu'elle, elle le fasse. La réflexion ne fut pas longue, avant que Jade ne ferme les paupières, lentement.

Un simple souffle, léger, s'échappait de ses lèvres, à peine perceptible. Ses mains continuaient leurs caresses, lentes et douces, sur le pelage flamboyant. Elle ne disait rien, suivant les conseils, tentait de comprendre et surtout, de ne pas réfléchir alors qu'elle en avait tellement l'habitude. Comment cesser de réfléchir lorsque sans cesse votre tête est surchargée. Eh bien, pour une fois, Jade réussit à mettre ses pensées de côté. Elle ne voyait plus que le cheval souffrant.

Puis l'adolescente sentit les mains masculines sur les siennes. En d'autres circonstances, elle les aurait retirées, aurait fuit. Mais pas là. Qui sait pourquoi, peut-être tout simplement parce-que cette fois-ci, elle arrivait à abandonner ses barrières. Qu'elle faisait passer autre chose avant ces fameuses cloisons la séparant des autres adolescents de son âge. Ce n'est d'ailleurs pas un secret, la blondinette avait toujours été plus à l'aise aux côtés des adultes. Seule raison de son abandon provisoire ? Pas certain, même plus qu'improbable. Encore, elle écoutait la voix calme de l'homme, l'écoutait sans répondre, comprenait sans plus de questions. Le passé de l'animal restait relativement flou, mais c'était son présent qui importait désormais. Elle devait l'aider, elle voulait, l'aider.

Plongée dans un dialogue avec l'animal, Jade ne fit aucunement attention aux alentours. Ni à l'éloignement de l'homme. Un léger sourire apparut finalement sur ses lèvres. Sa mère lui avait tant apprit lorsqu'elle était petite, écouter, regarder, comprendre le comportement et l'âme sans avoir besoin de dressage. Sofia Wilder était, aux yeux de sa fille, une magicienne. Restait à voir si cette dernière avait les mêmes capacités.

Lentement, la voix chantante se faisait entendre, à peine audible, seulement pour le méritant. Rassurante, presque protectrice, Jade avait la solide conviction que l'animal la comprenait et qu'elle pouvait le comprendre en retour. C'était magique, tout simplement.

- Tout va bien ?

Un simple hochement de tête en guise de réponse. Puis un regard, doré, s'ancrant aux prunelles de l'homme, l'espace de quelques instants. Puis, elles retournèrent vers Flamme, reprenant le dialogue. Elle voulait comprendre, pourtant elle ne brusquait pas, laissant sa curiosité de côté. L'oeil terne, lentement, semblait briller, retrouver de la vigueur. Le travail sera long, semé d'embûches, mais une chose était certaine: Jade n'abandonnerait pas. A présent, elle serait là pour comprendre, aimer, donner, sauver.

Le cheval d'Arabie était encore un mystère, mais l'homme lui aussi, restait à couvert. Curieusement, l'Italienne savait déjà qu'il ne s'agissait là que d'un commencement. Elle ne comptait pas en rester là, mais seul l'avenir écrira la suite de l'histoire.


Fin du RP ♥
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Rosie Peltz, Mar 28 Juin 2016 - 15:54


RPG Unique

La chemise bleue se frotta à la ferronnerie oxydée et, tandis que les voitures rugissaient au loin et que les coquelicots frémissaient au passage d'une brise, les yeux se couvrirent de leurs boucliers translucides.


__Passe une grotte moite s'échouant sur une rivière de sable. Les pas peinent à s'effectuer sur la surface chaude et les rares souffles de vent n'étaient que bouffées étouffantes de chaleur, de sueur et d’excréments. Au loin criait l'Homme : — Où es-tu ?
__M****, Oh ! Puissé-je un jour te retrouver pour que tu ériges à nouveau ces ponts qui nous reliaient : aujourd'hui l'eau passe et creuse un douloureux sillon que je ne puis combler sans l'effort diabolique de mes lèvres, de ce giron maléfique !
__L'Homme crie, — Où es-tu ?, dans la tempête insondable...

Le ventre grogne ; ce ventre maître qui rappelle au corps l'acte de penser. Elle est au joug de ce ventre, de sa condition humaine.

Et les coquelicots naquirent à nouveau, et la ferronnerie, le vent, les voitures...
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Première convention annuelle du tricot divinatoire de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Cassiopée Stava, Ven 19 Aoû 2016 - 20:37


Première convention annuelle du tricot divinatoire de Loutry Ste Chaspoule


RP privé
 avec  
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Anna Schomann
Et Sora Okinawa


Sous le soleil matinal d'une chaude journée d'été, une chevelure rousse et désespérément emmêlée subissait les assauts d'une  brise erratique. Cassiopée - l'heureuse propriétaire de ces cheveux arrivistes - gambadait joyeusement dans une prairie d'herbes hautes encore humides de rosée. Comme à son habitude, l'Irlandaise avait quitté de bonne heure la location familiale et laissé le hasard la guider dans ses pérégrinations.

Ainsi, elle avait traversé une rivière en sautant de pierres en pierres, mais avait lamentablement glissé, trempant au passage ses chaussures. Puis elle s'était extraite d'une petite dépression en escaladant un érable taché de lichen et un résineux collant. Enfin, elle avait traversé un champ que l'averse de la veille avait rendu particulièrement boueux. Bien qu'elle soit tout juste majeure, Cassiopée n'avait pas utilisé la magie pour se rendre présentable. En fait, elle semblait peu affectée par le désordre de sa mise.

C'est donc trempée, tâchée et échevelée mais définitivement joyeuse qu'elle arriva à la foire au tricot divinatoire de Loutry Ste Chaspoule. En outre, une autre caractéristique de la jeune fille était sa malheureuse disposition dans l'assortiment des couleurs : elle portait ce jour un short bleu pâle, un débardeur jaune vif, des chaussures de marche verte pomme et une casquette orange. Petit miracle journalier, son sac noir était d'une exceptionnelle sobriété. Il contenait une bouteille d'eau, trois pommes, une ficelle de 87 centimètres, sa baguette en chêne et farfadet, deux mouchoirs en papier, un mousqueton, deux boutons bleus, et le plus important, deux livres, Une Brève Histoire du Temps de Hawking et Anthropologie runique de la voûte céleste  de Lena-Alma Vaticinus. Ces deux livres représentaient le double héritage moldu et sorcier de cette fille d'astrophysiciens.

Cassiopée dépassa la banderole vacillante où s'étendait en lettres capitales rendues magiquement luisantes l'inscription "PREMIAIRE CONVANTION ANUELLE DE LOUTRY STE CHASPOULE". Seul le nom du village était correctement orthographié, ce qui fit sourire la jeune fille. D'un léger coup de baguette, elle rendit un orthographe correct à la banderole et poursuivit son chemin.

Gambadant de plus belle, elle se mit à déambuler entre les stands couverts de tentures colorées, admirant avec force sourires les tissages emmêlés que lui présentaient de vieilles sorcières à l'accent campagnard. De toutes part, on l'apostrophait en lui proposant de lire son avenir. Cassiopée ne croyait pas le moins du monde à la divination mais loin d'entacher sa bonne humeur, les invectives des sorcières l'amusaient. Un rire naquit dans ses yeux et son œil vert pétilla de joie. C'était vraiment une belle journée.


Dernière édition par Cassiopée Stava le Sam 20 Aoû 2016 - 19:08, édité 1 fois
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Erundil Trismegiste
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Erundil Trismegiste, Ven 19 Aoû 2016 - 22:28


Fraicheur appréciée près d’une flore vivante, aux couleurs des arcs colorés dans les cieux. La Nature. Une belle invention. Construite par la Dame du même nom, elle s’éprend chaque fois à nous rendre amoureux de toute cette vie intense et pleine de sourires. Je m’époumone à faire venir cet air si  pur à l’intérieur, pour profiter au plus de cette liberté.

La vie. Un mystère, dégoulinant dans l’air. Et mis sous terre, la graine donne vie à tout Chose. C’est Cela qui me fait voir que Tout est Un.

Je divague dans ces vagues de prairies, et dans mes vagues pensées, je me laisse noyer par cet instant d’éphémères infinités.

Arrivé tôt ce matin non loin d’un patelin, grâce à un portoloin. Ma mère. Elle a entendu parler d’une nouvelle convention sur la divination, mais n’étant pas disponible, demande à son garçon d’y aller en son nom et de prendre des notes et ramener du coton. Ou de la laine, je ne sais plus. C’était pour la rime. La Divination. Je ne suis pas très doué là-dedans. C’est peut-être le bon moment pour m’y mettre plus sérieusement ? Allez mon vieux, laisse parler le corbeau serdaiglien qui est en toi.

Je m’envole alors. Je dégringole la colline où j’ai atterri grâce à cette boite de camembert qui m’a fait tournoyer jusqu’ici. Je cours jusqu’en bas. J’aime courir quand ce n’est pas imposé, juste pour sentir le vent caresser les oreilles et le bout du nez. Bref, tout le museau.

Habillé de vêtements amples et légers pour se faire à la chaleur. De gris et verts plutôt sombres. Et un peu salit par le temps, et le voyage. Des petites chaussures légères dont j’ai oublié le nom, car je m’en fiche un peu.  Mon fourre-tout, se tenant à son habitude autour de moi, en bandoulière aujourd’hui, car il se fait un peu lourd. Des les environs, le calme, la paix, presque l’idylle des chercheurs de sommeil. Mais de sommeil je n’en ai que le nom, à peine gravé dans la mémoire. Une odeur m’éveille un peu plus. Une odeur de chaud, de nourritures. Des sucreries. Des mains qui se mettent à la pâte. Des pattes qui s’empressent aux tartes. Je suis sur le bon chemin pour cette rencontre entre Divins et plus si affinités.

...


Les pas se multiplient, mais je ne fatigue en rien. J’ai une mission, je compte la mener à bien. De plus en plus de bruits. Même des rires. Alors même dans la Divination, on peut trouver de quoi rire ? Même dans le tricot ? Ah voilà ! Du tricot. C’est de la laine que je dois rapporter. Je vais essayer de lui trouver un petit livre autographié sur cette magie peu connue. Si peu connue qu’elle se trouve dans un village oublié par l’Encyclopédie.  Loutry Ste Chaspoule. J’imagine que le nom vient du sport d’ici qui ne pourrait être autre que chasser les poules, vu qu’il ne semble pas y avoir grand-chose d’autres à faire… En tout cas, la banderole volante magiquement au dessus du reste me confirme que je suis au bon endroit.

Euh … Par contre… C’est quoi cette écriture ? Ils essaient d’être une caricature d’eux même en ne sachant écrire. Ah ? Magie, tout s’écrit correctement. Je baisse le regard plus près des gens. Je la vois, celle accomplissant cet exploit. Elle. Allure svelte, peau blanchâtre tachetée. Au sommet, un oiseau écarlate et libre prenant son envol en tous les sens du vent. J’admire la composition subtile des couleurs de son être. Un Botticelli au naturel. L’apogée du Quattrocento dans son sourire léger, libre et sincère. Le tableau me fait sourire à mon tour.

Mais … Est-ce que je ne l’ai pas déjà vu ? Est-ce que … Une Serdaigle ? Il me semble… Moi et mon absence de mémoire accablant. Elle continue de marcher fidèlement à sa prestance. Peut-être irais-je lui parler plus tard… D’abord, la mission, ensuite le loisir. Je souhaite toutefois ne pas la perdre de vue. Je me reconcentre. Me voilà devant un stand. Une grand-mère. Un accent à couper au couteau. Elle est du Nord, c’est une évidence. Elle n’a probablement pas bien vécu le rattachement de son pays au Royaume-Uni, car machinalement, elle me parle avec son patois. Je ne comprends pas tout. Je lui demande de répéter par trois fois. Elle me sourit. Elle comprend que je suis un visiteur, et je lui fais comprendre que j’aime son pays. Elle me parle des travaux qui sont faits depuis des siècles, de la façon très spécifique qu’il faut pour coudre correctement, le sens adéquat, telle ou telle laine, un certain âge plus qu’un autre, l’état d’esprit dans lequel il faut être. Ca prend quinze bonnes minutes. J’ai essayé de ne pas lâcher, il y a de l’intérêt, j’en suis sûr. Ma mère en trouve en tout cas. Moi, je trouve de l’intérêt chez la personne. C’est impressionnant jusqu’où les passions peuvent aller. Elle me parle. Elle a passé 40 ans de sa vie sur cette tâche presque oubliée aujourd’hui. Une connaissance qui se passe de générations en générations et qu’elle a aujourd’hui retransmis à travers … Un livre ?


Elle me cause d’un truc à l’intérêt vérifiable et quand même bien compliqué, elle me tient la jambe (je n’ai jamais compris ni aimé cette expression), pour me dire que tout ça, je le trouve dans ce livre….

Bon, vois le côté positif l’ami. Tu connais quelque chose de nouveau, ça te sera peut-être utile un jour. Mouais. Je la remercie quand même, je l’achète bien sûr, et lui demande de le signer. Elle est surprise et quelque peu flattée. J’imagine que la plupart des signatures qu’on lui demande habituellement, c’est pour des contrats d’assurance pour son habitation ou son engin moldu à quatre roues.

Le livre est signé, le cadeau pour la mère est donc trouvé. Je le rapetisse assez pour le mettre dans une boîte, à l’intérieur du Fourre-tout. Elle me souhaite la bonne journée et me propose un thé glacé dans un grand gobelet, C’est volontiers que je prends, puis que je me balade, satisfait par la mission qui a bien avancé. Maintenant, il faut que je retrouve cette fille, pour être sûr. Bien évidemment, je l’ai perdu de vue. Je vais aller voir par là, vers cette enivrante odeur de chocolat … Ca ira bien avec le thé glacé.


Dernière édition par Erundil Trismegiste le Sam 20 Aoû 2016 - 18:37, édité 1 fois
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Sora Okinawa
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Sora Okinawa, Sam 20 Aoû 2016 - 17:37


J'avais décidé de faire un petit voyage à pied dans une les paysages anglais. Accompagné de Kaijin, ma chouette chevêche, et de Mizu, mon jobarbille, nous avions tous les trois entamé un long voyage à pied, parcourant les sublimes paysages forestiers et montagneux de la Grande Bretagne. Les différentes couleurs qui s'y mêlaient rendaient la chose mystique : le marron-gris de la roche à l'air libre des montagnes accompagnait le vert clair de l'abondante herbe poussant partout. Ça et la, le vert clair et le marron cédaient leur place à un vert bien plus sombre, représentant les conifères qui peuplaient certains versants de ces haut monts. Le paysage était sublime. Ayant emporté quelques paquets de Miamhiboux et un paquet de graines en plus de mes affaires de sorciers, j'étais encore vêtu de la même façon : ma veste bleue brodée avec l'écusson de Serdaigle, un T-Shirt blanc uni ansi qu'un pantalon marron accompagné de mes bottes de sécurité, bottes qui m'aidaient d'ailleurs beaucoup à la marche.

Je traversais les collines quand je tomba nez-à-nez avec un village. Comment-ça c'est pas possible ? Bon okay, j'avais vu la fumée sortir des cheminées il y a déjà quelques temps, et je m'étais donc dirigé vers ce qui semblait être un village. Et c'en était un ! Apparemment il s'y tenait une convention, soit disant la convention du tricot divinatoire. La divination c'est étrange et je ne connais rien au tricot, donc pourquoi pas ? M'avançant au sommet de la colline, j'eus le temps de voir la fin d'un sortilège qui fit changer les lettres sur une banderole qui affichait désormais "Première convention annuelle de Loutry Ste Chaspoule". Donc je suis dans un village qui s'appelle Loutry Ste Chaspoule, ou alors je ne connais pas cette discipline. Des gens marchaient çà et là dans la rue principale, s'arrêtant à certains stands pour y voir ce qu'on proposait. Peut-être qu'ils vendaient des livres ? On ira voir après.

Descendant de ma colline pour pénétrer par l'entrée principal du village, j'observai les stands dressés : l'un vendait du chocolat, l'autre de la laine pour le tricot, un troisième vendait un livre qui s'apparentait être un documentaire sur le tricot. Mouais, en fait ça n'a pas l'air super intéressant. La divination, c'est mieux. Déambulant à travers les stands, il me semblait voir des gens dont les visages me semblaient familiers. Je ne savais pas, du moins pas encore, que c'était des élèves de Serdaigle, mais de toute façon j'allais bientôt le découvrir. Prenant un chocolat chaud au stand, je fis une petite pause sur un banc. Kaijin et Mizu revenu n sur mes épaules après un de leurs court vols qu'il faisaient depuis le début du voyage, je sortis un miamhibou pour chaque volatile. Chacun chercha à en piquer dans le paquet, mais chacun ne réussi qu'à attraper un bout de mon doigt au lieu de ces délicieux biscuits en forme de souris. Me délectant de la saveur sucrée de mon chocolat chaud, j'en bu deux petites gorgées avant de me lever et de continuer de déambuler dans les rues, continuant toujours à savourer ma boisson cacaotée.

Un stand me fit de l’œil. C'était un stand sur la divination. M'en rapprochant, je l'observa et en déduis qu'il vendait un livre sur cette discipline : la divination. Quelqu'un me héla et commença à m'expliquer ce qu'était la divination. Bien évidemment je savais ce que c'était, mais je connaissais mal cette discipline. J'aimais lire, donc c'est sans aucunes surprise que je fis l'acquisition de l'ouvrage qui semblait contenir quelques renseignements des plus intéressants. Rangeant l'ouvrage à la couverture bleutée comme l'espace, je continuai à marcher dans la rue principale.

Soudain, un reflet embrasé capta mon attention : une fille qui devait avoir le même âge que moi possédait des cheveux roux d'une brillance telle qu'ils la rendaient captivante. Souriante, la jeune fille gambadait d'un pas sautillant entre les différents stands de la fête. J'étais décidé, il allait falloir que j'aille la rencontrer tôt ou tard. Je continuais d'observer au possible son sublime visage pendant que Kaijin poussait de petits hululements tous mignons et que Mizu tapotait mon épaule avec sa patte gauche.
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Mary Drake
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Mary Drake, Sam 20 Aoû 2016 - 22:08


Après une rivière,
là, juste derrière.
Des terrains boueux,
Réservés pour rendre crasseux.
Cher lecteur tu verras,
Une jeune femme pressant le pas.
Pour une convention qui ma foi,
N'a pas l'air intéressante en soi.

*Saleté de boue ! Qu'est-ce qui m'a pris de me retrouver dans un endroit aussi paumé ! Ste Chaspoule, Ste Chaspoule. Autant dire sa Majesté Chasse les poules !*

Je porte une main à ma bouche, honteuse. Un regard aux alentours me permet de voir que personne n'a pu entendre cette grossièreté. Ça me prend par moments ces temps-ci. D'une façon incontrôlable, incroyable. J'arrive à me mentir toute seule. Encore. Et ça n'a pas l'air de s'arranger. JE sais depuis quand ça m'a pris. Je pensais pouvoir contrôler mon esprit. Seule. Je n'y arrive apparemment pas. Chancelante, je continue à marcher. Ma tête tourne. Je la secoue. Je la gifle. Si elle décide de s'y mettre à son tour, je serai foutue. Pour toujours et à jamais. Plus que quelques pas. Allez. Ne pas se décourager. Même si, finalement, je m'installe sur un rocher. La tête posée contre mes genoux, je me repose. Un peu. La laine m'attendra bien.


-Folie folie ! Es-tu là ?
--Je mets mes chaussures.
-Folie folie ! Es-tu là ?
--Je mets ma culotte.
-Folie folie ! Es-tu là ?
--Je l'ai toujours été. Je suis en toi.

Après avoir vomi dans la nature de ce trou paumé, je recommence à marcher. Toujours incertaine, toujours mal. Mais je continue. Il le faut. Les aigles ne peuvent abandonner. Ce serait. Une honte à ma maison. Je pense d'ailleurs que certains de ces membres ou des anciens seront là. Il n'y a que nous pour se rendre à ce genre de festivals. Je ne porte pas un certain intérêt pour ça d'ailleurs. C'est juste que le mélange de fils de coton et de divination a attiré mon attention. Ne faut-il pas être fou pour inventer un truc pareil ? Quelle idiote ! Tu es folle, ne l'oublie pas. Evidemment. Entre la voix, les sautes d'humeurs, et l'incapacité de rester normale 5 secondes...

Il ne me reste plus que quelques mètres pour atteindre le Ô lieu si intéressant. La banderole de la convention ouvre le bal sur plusieurs stands. Certains, colorés à souhait, exposent des crochets, tricots, laines et autres babioles. Parfois, on y retrouve quelques bouquins afin d'apprendre cet art si miraculeux dirons-nous. Pour se tenir chaud, c'est toujours bien d'avoir les moyens de se faire un pull mélangeant des couleurs qui ne vont pas ensemble et qui grattent à t'en faire rougir la peau. M'enfin, cette haine est présente seulement parce que, ma grand-mère, elle les faisait ces stupides trucs. Il n'y a que Mami qui peut faire ça. QU'ELLE !

Toi qui lis, ne t'étonnes pas.
Par ce dédale d'émotions emmêlées.
Car sache que la Belle timbrée
N'est pas ce que tu vois.
Depuis quelque jours déjà,
C'est tel un fantôme qu'elle évolue.
Une émotion, un trait dominant à chaque fois
De Tristesse, entreprenante, détendue,
A Heureuse, passive, stressée
Aujourd'hui, sa bouche est pleine de grossièretés

Les lèvres tremblantes, je poursuis ma visite. Tout ce qui est divination semble tout droit sortir du monde moldu. Une bande de charlatans attardés te promettant un bel avenir pour de l'argent à encaisser. Des snobs si tu veux mon avis. Enfin, oui, toi qui écris. Ne me regarde pas comme ça, je sais que tu es là, dans un stupide monde parallèle. A écrire ces mots. Oui, ceux que tu viens tout juste de taper. Il faut être idiot pour ne pas connaître ton existence. Et celle des autres !

Burp. Haut-le-cœur. J'avale le vomi, lui intimant de ne pas remonter à la surface. Il est très bien dans mon estomac. Ces reflux gastriques, par contre, ne doivent pas me faire une bonne halène. Je dois prendre quelque chose pour faire passer l'odeur. Mon nez lui-même sent cette affreuse puanteur. Je reviens sur mes pas et tombe nez à nez avec un lieu merveilleux. Il vend du chocolat chaud. De quoi rafraîchir tout ça. Je fais la file. Le garçon devant moi prend pas mal de place, avec un oiseau sur l'épaule droite, un autre sur la gauche. J'ai envie de lui crier dessus jusqu'à ce que je remarque qu'il est parti. C'est à mon tour. Je commande, je bois. Je continue de râler et de lâcher des jurons. Je devrais faire ça plus souvent. Ça détend.

-Si tu as toujours été là, pourquoi suis-je encore en vie moi ?
--Dévorer une âme innocente petit à petit est le plus doux des délices mon enfant.
-Mais, ça fait mal monsieur.
--J'en suis d'autant plus content. Quoi de mieux que de voir sa proie souffrir ?
-Avoir de la peine pour elle, et l'aider à se rétablir !

Une petite minute ! Et s'il y avait de la laine divine ? Permettant de créer des objets comme un bonnet prédisant l'avenir. Est-ce possible ? Je garde ma question dans un coin de ma tête en remarquant une aigle. Quand je disais que seule notre maison pouvait se rendre dans ce genre d'endroit... Je m'approche d'elle, incertaine. Elle ne doit pas être à Poudlard depuis longtemps. Le truc, c'est que des cheveux comme ça, on a du mal à les oublier ! Le regard fiévreux, je m'adresse à elle.

-Euh, excuse-moi ? Tu ne serais pas à Serdaigle ?


Dernière édition par Mary Drake le Sam 10 Sep 2016 - 21:30, édité 1 fois
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Anna Keats
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Re: Collines de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Anna Keats, Mar 23 Aoû 2016 - 16:02



Première convention annuelle du tricot divinatoire de
Loutry Ste Chaspoule

Rp privé avec Cassiopée ~ Erundil ~ Sora ~ Mary ~ Nathert (peut être)


L'aube, moment magnifique que j'observais à la fenêtre de ma chambre. Je posais mes coudes sur le cadre en bois de ma fenêtre et, à genoux sur mon parquet, j'admirais comme tous les matins ce nouveau jour apparaître. Je sentais les premiers rayons épouser de leur chaleur les traits de mon visage, caresser le fond de mes yeux pour y déposer ma bonne humeur matinale.  La lumière dévoilait peu à peu ma campagne natale et en pyjama je méditais au jour à venir. J'avais déjà préparé mes affaires la veille mon sac à dos en toile dans lequel avait été soigneusement rangés une bouteille d'eau, une petite bourse avec ma monnaie moldue et sorcière, ma baguette en Aulne et mon baladeur pour le bus. J'avais également prévu des habits confortables pour la journée de marche qui m'attendait : un débardeur simple en coton gris, un sarouel gris et rouge, ainsi que de petites baskets en toile.  J'attachais mes cheveux en chignon rapide et je commençais à me diriger vers la sortie tout en gardant un œil sur ma montre. Ma maison étant isolée, le seul bus qui daignait se rapprocher de ma maison passait à 7h23 précisément et le rater m'aurait mis dans une sacrée galère. Mon père, qui prenait le créneaux de nuit était parti se coucher juste avant que je sorte de ma chambre donc je laissais un mot sur le frigo avant de partir discrètement.

Bonjour maman, je suis partie en ville pour acheter les livres dont je t'ai parlé hier soir. Je rentrerai avant la nuit.
~ Anna ~


C'est après trois minutes d'attente que je vis mon bus apparaître, j'échangeais mes 1,5 £ contre mon ticket, m'installais sur la banquette derrière le chauffeur et plaçais mes écouteurs sur les oreilles. J'avais un peu de temps avant d'atteindre Loutry Sainte Chaspoule.

Comment en étais-je arrivée à aller à une convention sur le tricot divinatoire, c'est assez simple en fait.. Dans moins d'un mois tombait l'anniversaire de ma jeune sœur Alice, j'avais cherché pendant plusieurs heures le cadeau qui aurait pu l'enchanter. Cette petite puce, qui sautait partout et ne cessait de parler de la magie, cette chose qui lui était interdite avant sa rentrée dans 2 ans. C'est dans un journal local que je vis apparaître l'annonce de la convention en question. La laine magique correspondait parfaitement à ce que je recherchais, un vêtement magique personnalisé, ce serait parfait pour elle. J'avais parlé de mon voyage avec mes parents, ces derniers promettaient de me couvrir le temps de mon absence, on ne lâchait pas une jeune fille de 15 ans sans savoir où elle allait, dommage.

Ma playlist se finissant, mon nuage de souvenirs s'évapora pour laisser place à la douce voix automatique du bus « Prochain arrêt, hameau de Wellington ». J'appuyais sur le bouton d'arrêt et rangeais mon baladeur dans mon sac. Nous approchions de ma destination, l'heure de découvrir quelles étranges personnes pouvaient donc venir à une convention sur le tricot divinatoire par passion. Avant cela les 20 minutes de marche à travers la campagne étaient inévitables, après tout, une convention magique ne pouvait être accessible à n'importe quel moldu via un bus.

En haut de la colline, je replaçais mon sac à dos de façon à avoir les deux bretelles sur mes épaules. Le vent s'engouffrait dans les plis de mon bas, j'aimais vraiment cette tenue, libre et ample. Cela me changeait de l'uniforme serré avec les jambes à l'air. Je commençais ma descente en tandis que je passais ma main dans les herbes hautes, mon attention fut troublée par une fouine qui gambadait à quelques mètres de moi. Cette petite bestiole m'empêcha alors de voir le rocher à mes pieds, ce qui me valut une dégringolade des plus risibles. Un looney toon n'aurait pas fait mieux.

Enfin j'y étais. La petite bourgade de St Loutry la Chaspoule, je remarquais une quantité de stands assez impressionnante pour la taille du village, néanmoins cela me garantissait un grand choix pour trouver THE laine. Je m'approchais d'une femme qui vendait des brins de cette curiosité, pendant qu'elle m'expliquait ses diverses propriétés magiques, je remarquais à ma droite un garçon dont le visage me paraissait familier (Erundil), ce genre de personne qu'on est certains d'avoir déjà vu, mais qu'on est dans l'impossibilité de retrouver où. L'image de Riri me traversait la tête, pourquoi lui, pourquoi son image. Mon cerveau pédalait à cent à l'heure et je réussie à faire le lien dans ma tête. J'avais dû croiser ce garçon à l'école. En compagnie de Riri, c'était la seule explication que j'avais pu trouver. Je m'approchais discrètement d'Erundil, lui attrapais l'épaule et m'exclamais d'une voix enjouée :

« Quelle surprise de croiser un Serdaigle dans un lieu aussi paumé ! Moi c'est Anna, je ne pense pas que nous nous soyons rencontrés »
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Cassiopée Stava
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Première convention annuelle du tricot divinatoire de Loutry Ste Chaspoule

Message par : Cassiopée Stava, Dim 28 Aoû 2016 - 12:14


Les effluves de chocolat se propageaient dans la foire en de délicieuses volutes. Cassiopée contemplait avec amusement le changement subtil se produisant sur le visage des passants lorsqu'un courant d'air fortuit amenait à leur nez l'odeur irrésistible. Les narines frémissaient, les pupilles se dilataient et les bouches s'entrouvraient laissant parfois transparaitre un filet de salive. Certains laissaient échapper un soupir extatique, d'autres se dirigeaient vers l'objet de leur  convoitise à la manière de somnambules. La jeune femme avait omis de prendre de l'argent. Avec une petite grimace de dépit elle sortit une granny Smith de son sac et croqua à pleines dents dans la pomme verte.

Derrière un étalage une sorcière l'aborda. Elle était jeune comparée à ses compagnes, une petite cinquantaine. Là où les autres étaient maigres et toutes de noir vêtues, celle-ci était plutôt replète et arborait un appendice multicolore au sommet de son crâne que Cassiopée identifia comme étant un chapeau. La sorcière se tordait nerveusement les mains en jetant des coups d'oeil fébriles aux rares visiteurs malencontreusement égarés qui se demandaient surement ce qu'ils faisaient là. Prise d'un élan de compassion, Cassiopée s'approcha de l'étalage recouvert d'un plaid jaune vif où trônaient pitoyablement quelques pelotes de laine emmêlées. Reprenant contenance, la sorcière déclama d'une voix qui se voulait sans doute mystérieuse "Bonjour ô étrangère, je me nomme Circé, maîtresse devineresse, si le cœur vous en dit je peux vous dévoiler ce que vous réserve les routes tortueuses de votre avenir à l'aide des arcanes secrètes du tricot divinatoire !". Cassiopée lorgna le châle fleuri qui portait la mention "pour mamie Rose" mais ne dit mot. Pendant ce temps, ses doigts s'activaient sur le morceau de ficelle trouvé dans son sac et un instant plus tard, elle tenait une minuscule chouette entre ses mains. D'un coup de baguette distrait, elle l'anima et le petit oiseau de ficelle prit son envol. La jeune fille avait un certain talent pour le sorts inutiles. Le faitlamalle, en revanche semblait désespérément rester en dehors de ses capacités. Circé, ou plutôt Rose, la suivit en clignant des yeux avant de se retourner vers Cassiopée. Elle avait du prendre le sortilège pour un assentiment puisqu'elle asséna d'une traite "je vous prédis une rencontre proche et un futur heureux même si des obstacles se dresseront sur votre chemin, un jour vous vous écorcherez le genou mais ne vous inquiétez pas je connais un très bon antiseptique, vous vous marierez ... Ou peut-être pas ... Mais vous aurez des enfants, un ou deux ou trois ou quatre ou sept". Cassiopée hocha un sourcil. "C'est écrit là " ajouta Rose, ou Circé en lui tendant précipitamment une boule de nœuds choisie au hasard. Cassiopée lui souhaita une bonne journée en la remerciant poliment.

Elle avait à peine fait quelques pas quand elle la vit s'approcher d'elle une jeune fille, peut-être 15 ou 16 ans. Honnêtement, Cassiopée n'avais jamais été douée pour deviner les âges. La fille était belle, sans doute, mais le portrait était chamboulé par ses yeux. Des yeux où brûlait une lueur de folie pure, dangereuse, des yeux qu'on aurait pu imaginer briller dans le noir, des yeux qui vous disaient "je suis folle et j'en ai douloureusement conscience". Et puis la fille ouvrit la bouche. Sa voix était hésitante, fragile, contrastant radicalement avec ses deux yeux flamboyant

-Euh, excuse-moi ? Tu ne serais pas à Serdaigle ?

Cassiopée regarda la fille, plongeant ses étranges yeux vairons dans le regard fou. Son œil droit, le gris, semblait tourbillonner en de lentes volutes, signe d'intérêt manifeste. La folie est sœur de l'étrangeté, et Cassiopée aurait pu être la personnification anthropomorphique de cette dernière. Alors elle sourit et dit :

- En effet, enchantée de faire ta connaissance. Tu es à Serdaigle, j'imagine ... Que penses-tu du principe anthropique faible tel que le développe Brandon Carter ?

Puis elle inclina la tête et attendit la réponse.
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