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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: Grande-Bretagne
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[Habitation] Manoir Arcadia
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Evan
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Evan, Mar 21 Mar - 16:09







Ses mains épousaient autant son corps que les miennes le sien. Je sentais ses doigts qui défilaient sur les vestiges de mon passé. Comme si ses pensées allaient vers l'origine de mes plaies. L'eau chaude sur nos corps bouillants chantait avec ses bulles. Puis je rompis notre baiser et elle s'adressa à moi, visiblement piquée par sa curiosité.

Et la Belle regardait la Bête.

Un instant mon regard s'assombrit. Pas que je ne voulais pas répondre à sa question, mais une part de moi doutait qu'elle voulait entendre la réponse que je lui donnerais. Mais elle m'attira au plus près d'elle pour m'offrir un nouveau baiser que j'imprégnais d'une passion renouvelée, comme si ma réponse lui importerait peu et ne changerait rien à la partition que nous avions commencé.

Quand nos lèvres se séparaient, je laissais mon regard se perdre un instant dans l'eau. Comme replongeant dans l'obscurité de mon passé. J'en avais oublié des fragments, mais le plus douloureux était encore accroché à mon âme, ne me laissant que peu de répit à mes jours échoués. Je relevais alors mes yeux pour lui parler en restant accrocher à son regard, mes mains laissant de douces caresses à son corps que je découvrais.

- Les erreurs de mon passé... Certaines cicatrices sont nées de combats et de la magie et ne peuvent disparaître. D'autres... Viennent d'un choix que j'ai fait autrefois, après m'être perdu... Elle sont là pour me rappeler le bonheur d'être en vie, et pour me dire de profiter de chaque instant...

Je me taisais un instant, scrutant son visage, prenant une de ses mains pour la poser contre mon torse ou d'autres cicatrices régnaient. Quelques brins d'herbe au milieu de la forêt.

- J'ai vu bien des Ténèbres... J'ai vu des espoirs s'éteindre sans lendemain. Je n'ai pas toujours fait les bons choix. On m'a infligé une partie de ces cicatrices, les autres je me les suis infligés moi-même... Il y a quelques années, j'en étais venu à détester ce que j'étais devenu.. J'ai commis quelques actes irréparables et je n'acceptais plus la transformation que j'avais amorcé de moi-même. Alors, non loin d'ici, j'ai sauté du haut de la falaise sur les roches escarpés qui étaient balayés par une mer agitée... Quelle était la chance que j'y survive ? Même la mer ne voulait pas de moi. Elle a rejeté mon corps ensanglanté sur la plage ou une amie chère m'a sauvé...

Un instant le visage de Kimoka me revînt. Elle que j'avais transformé en louve sans qu'elle l'ait voulu, et qui avait fini par me sauver la vie. Qu'était-elle devenue aujourd'hui ? Mystère. Je finis par laisser un demi sourire s'échapper, me disant que l'important était le présent que nous écrivions à notre volonté. J'allais déposer un baiser furtif sur son épaule gauche en la mordant légèrement, puis je me remettais face à elle.

- Et toi... Tu transportes des cicatrices avec toi ? Physiques ou morales...

L'envie de connaître allait dans les deux sens.  Je voulais qu'elle s'ouvre un peu à moi comme je venais de le faire. Je voyais dans ses yeux qu'elle ne me jugeait pas et comptait bien faire de même, peu importe ce qu'elle me dirait.

Et la Bête regardait la Belle.
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Nya O'Neal
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Nya O'Neal, Mar 21 Mar - 23:27


Le jeune homme ne me répondit pas tout de suite, ce qui me laissa amplement le temps d’imaginer tous les scénarios possibles et inimaginables. J’avais d’ailleurs pas mal plus d’imagination pour trouver de potentielles raisons à toutes ces cicatrices que pour pondre des réponses à peu près plausibles à mes examens… Quoi que, mon esprit vagabondait un peu loin, là, et ce que j’échafaudais n’avait pas vraiment de sens non plus. À en juger par les statues présentes dans le salon, je doutais qu’il ait maltraité un Hyppogriffe et excluais donc l’option d’une terrible bataille avec l’animal en question. À vrai dire, je le voyais plus avoir de mauvaises fréquentations et donc se battre avec des humains plutôt qu’avec de pauvres bêtes sans défense – quoi qu’elles ne l’étaient pas toutes, mais peu importe. Je chassais bien vite le fameux Doxy qui avait failli me coûter la vie de mes pensées et replongeai mon regard dans celui d’Evan.

Ce dernier finit d’ailleurs par me répondre. Plutôt que d’apaiser ma curiosité, ses paroles ne firent pourtant que l’attiser encore plus. Bien que confirmant mes soupçons quant au fait qu’il était plutôt du genre bagarreur, le jeune homme restait juste assez vague pour que je puisse une nouvelle fois laisser divaguer mes pensées. La main maintenant sur son torse, j’écoutai attentivement la deuxième partie de sa tirade. Je me sentais un peu mal pour ce cher professeur de Métamorphose, qui était visiblement tombé assez bas pour tenter de se suicider. Malheureusement (ou heureusement) pour lui, j’étais loin d’être assez empathique pour laisser ce genre d’information plomber la soirée et préférai donc répondre avec un sarcasme, comme à mon habitude.

« Eh, la mer voulait p’tet pas de toi, mais s’il en avait été autrement, on ne serait pas là aujourd’hui, hein. »

Je lui adressai un léger clin d’œil accompagné d’un sourire qui se voulait rassurant. J’avais probablement eu la pire des réactions possibles, mais c’était le mieux que je puisse faire. Je haussai nonchalamment les épaules en guise de réponse à sa question. Hormis ma peur maladive de l’abandon et les nombreux changements de famille d’accueil durant mon enfance, non, je ne transportais pas vraiment de cicatrices, qu’elles soient physiques ou morales. J’avais appris à ne jamais m’ouvrir assez pour laisser ce pouvoir-là à qui que ce soit. Après quelques secondes d’hésitation, je finis tout de même par articuler quelques mots.

« Pas vraiment… Aileen se charge généralement de panser mes blessures avant qu’elles ne laissent de cicatrices, et j’ai beaucoup trop de mal à accorder une quelconque importance à quoi que ce soit pour garder des séquelles psychologiques. »

Bon, ça ne sonnait pas particulièrement agréable non plus, dit comme ça, mais jusqu’à maintenant je le vivais plutôt bien. Je souris au jeune homme, puis vint me blottir dans ses bras. Je relevai légèrement la tête et déposai à nouveau un doux baiser sur ses lèvres, plaçant mes bras autour des siens.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Evan, Jeu 23 Mar - 8:55







La belle répondit à mes blessures par une touche d'humour qui me laissa éclater d'un grand rire. Je n'étais pas du genre à m'apitoyer sur mon sort et je n'avais pas l'intention que cette discussion plombe son moral, alors j'étais bien heureux de voir que cela était secondaire pour elle aussi. Son clin d'œil et son sourire me laissèrent un goût de joie. Le passé ne comptait pas, ou que peu, dans les choix que nous faisions, et l'important était de savoir profiter du présent pour graver des bons souvenirs.

- Ouais, faut croire que j'étais bon à jeter à l'époque ! Et, oui, ça aurait été triste de passer à côté de cette journée...

Je l'observais alors qu'elle réfléchissait à ce que je lui avais demandé. Je restais à lui sourire, laissant courir, mes doigts sur sa peau sucré. Puis elle m'évoque brièvement qu'Aileen s'occupe bien souvent d'être son pansement quand elle en avait besoin, et qu'au final elle ne sa laissait pas abattre quoi qu'il lui arrive. C'était bien une chose que je n'avais aucun mal à croire, avec le caractère qu'elle semblait avoir, qu'elle devait avoir un épais rempart contre les potentielles séquelles de la vie.

Elle vint se réfugier dans mes bras, je l'accueillais comme l'arbre sa feuille, récupérant au passage ses lèvres aux miennes comme la goutte d'eau dont j'avais besoin de m'abreuver. Je gardais la rousse prisonnière dans mes bras, refusant de la délivrer, la condamnant, à se damner, à des notes ardentes ou les temps accordés, ne seraient que des soupirs sur notre dans accordée.

- Oui... S'attacher sans s'attacher... Profiter de l'instant, mais garder le regard loin...

Mes yeux ancrés à ses somptueux, mes mains dans le bas de ses reins, comme refrain, en caresses sur sa peau, des dessins, comme apportant ses courbes à mon désir qui la garde en otage. Je m'aventurais à son cou, laissant des baisers doux, petite partition au tempo lent, petits à-coups, de mes lèvres à son épiderme, voir ce que renferme, les frissons à mon allant. Cartes posées, j'étais cavalier, peut-être le fou, qui s'abandonnait à la reine, et je laissais dans son cou, mes lèvres et ma langue qui ce soir étaient siennes...
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Nya O'Neal, Ven 24 Mar - 21:58



LA d’Evan accordé

Visiblement loin d’être vexé par ma réaction quelque peu inadéquate, le jeune homme laissa échapper un bon gros rire franc qui me décrocha un sourire. Encore un bon point pour lui : il n’était pas du genre à s’apitoyer sur son sort, je n’allais donc pas avoir besoin de passer la soirée à tenter de lui remonter le moral. Ce n’était pas plus mal, d’ailleurs, parce que j’étais plutôt du genre inefficace, pour ce genre de trucs. Parfaitement incapable de m’imaginer dans la peau du personnage, j’aurais eu bien du mal à savoir quoi dire. Je continuai donc dans ma lancée et ris de bon cœur à sa remarque.

La soirée reprit bien vite son cours initial et mister sexy m’enlaça tendrement, loin d’être décidé à me laisser partir. L’heure n’était plus aux paroles. Je me laissai donc guider par mon aîné qui, après d’interminables préliminaires dont je ne me plaindrais pas, m’entraîna jusqu’à sa chambre. Après s’être cherchés pendant si longtemps, ce qui devait arriver arriva. Je n’eus même pas le temps de me familiariser un peu plus avec la pièce que je me retrouvai dans son lit. Je dois bien avouer d’ailleurs que ses draps étaient bien plus confortables que ceux dont je disposais à Poudlard. Je me laissai donc aller et profitai sans inhibitions de ce moment passé en compagnie de ce cher professeur…

Quelques heures plus tard…


Je devais m’être assoupie sans vraiment m’en rendre compte, puisque la lueur du jour me réveilla, me laissant un peu perplexe. Où est-ce que j’étais moi, déjà? Je ne me souvenais pas avoir tant bu que ça la veille, mais pas moyen de reconnaître les environs. Après plusieurs longues secondes d’hésitation, je me décidai finalement à tourner la tête et me retrouvai face à Evan. Ah bah oui, c’est vrai. Je soupirai légèrement. Pourquoi fallait-il toujours que je sois la première à me lever quand je découchais alors que j’étais toujours la dernière debout chez nous? Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il était, mais j’aurais nettement préféré rester dans les bras de Morphée un peu plus longtemps.

Incapable de me rendormir, je finis par poser un pied sur le sol. Je pris soin de faire le moins de bruit possible et me dirigeai vers la cuisine. Quoi de mieux qu’un bon petit déjeuner au lit après une nuit pareille? J’ouvris donc le frigidaire, histoire de voir ce que le professeur avait en réserve. Bieraubeurre dans une main, je préparai des crêpes de l’autre. J’y ajoutai du chocolat fondu et quelques morceaux de banane, puis remontai à l’étage. La Belle au Bois Dormant venait de se réveiller. Je pris donc place aux côtés de mon partenaire et déposai le plateau non loin de nous.

« Bon matin! »

Après avoir déposé un léger baiser sur ses lèvres, je m’emparai d’une crêpe et l’avalai presque tout rond. C’est que ça m’avait donné faim, tout ça.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Evan, Jeu 6 Avr - 16:28







Je laissais mes lèvres et mes mains découvrir le corps de la belle, gravant sa beauté à mes désirs charnels, mélange de passion et de gestes sensuels. De longues minutes où la chaleur de nos corps de mêlait à celle de l'eau, où nos étreintes respiraient l'ardeur d'un été tantôt, le caractère d'un printemps ensuite. Chemin subtile, où les sens changeaient d'habits, où les sens reprenaient vie.

Après un temps passé ou l'eau chaude avait été la source privilégiée de notre jeu, je sortis, et j'entrainais la rousse à ma suite. La candeur des draps de mon lit nous attendant pour la fin de la représentation. Celle qui laissait au Plaisir toute l'étendue de la scène, dans une valse où les derniers accords étaient ceux des Soupirs, qui gravaient au moment des effluves à la fois divines et d'Encore.

Là, dans notre union, quelques lumières tamisées observaient la scène, parfois envieuses, parfois silencieuses. Et, quand la nuit fut bien avancée, les étoiles s'affairant à leurs occupations, l'ébat prit fin dans un dernier regard complice, nos corps en accord.

***

J'ouvrais les yeux difficilement. Même si j'étais matinal, je sentais que je n'avais pas trop dormi. Je cherchais Nya près de moi mais elle n'était pas là. Je scrutais quelques secondes vers les premiers rayons doucereux, qui essayaient, tant bien que mal, de percer au travers de mes rideaux qui s'apposaient en barrière à leur délicatesse.

Et j'entendis un léger bruit, je retournais alors mon visage pour voir la belle arriver. Je lui fis un sourire. Elle avait été nous préparer un petit déjeuner. J'accueillis ses lèvres sur les miennes comme le plus beau bonjour qui pouvait exister.

- Bon matin ! Tu peux rester un peu si tu veux aujourd'hui...

L’invitation n'était pas pour que l'on reste au lit toute la journée, simplement que je n'avais pas d'impératif et que je n'allais pas la mettre dehors comme un simple jouet dont je voudrais me débarrasser. Je me redressais dans le lit, prenant une positon plus confortable pour déjeuner. Je l'observais manger une crêpe. Avant de m'en emparer d'une moi aussi. Que des ingrédients que j'aimais. Je l'avalais avec beaucoup de plaisir. C'est là que je la remarquais, sur mon avant-bras. Je n'avais pas pensé à relancer le sortilège la veille, et la marque commençait à apparaître. Mes baguettes étaient en bas, sur la table de mon salon...

Peut-être qu'elle s'en doutait. Peut-être que cela l'indifférerait. Quoi qu'il en était, je devrais réagir. Je ne pouvais me risquer à ce qu'elle s'en aille simplement, en sachant. Je ne pouvais la laisser devenir une menace pour moi.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Nya O'Neal, Ven 7 Avr - 23:10


La réponse du beau brun ténébreux me décrocha un léger sourire. J’espère bien que je pouvais rester un peu et qu’il n’allait pas me foutre à la porte comme une malpropre, je lui avais quand même préparé un excellent petit déjeuner. Bon, je lui avais aussi laissé un beau paquet de vaisselle dans la cuisine, mais ça partait d’une bonne intention… C’était plutôt rare que je cuisine pour quelqu’un, d’ailleurs, il avait intérêt à en profiter. Ça sentait incroyablement bon et mon estomac commençait à crier famine. M’installant un peu plus confortablement à mon tour, je m’emparai d’une crêpe et l’avalai sans même prendre la peine d’essayer d’être un minimum classe. Mon sourire s’élargit en constatant que mon partenaire avait l’air d’apprécier la surprise. Au moins, je n’avais pas fait tout ça pour rien.

Le festin terminé, je suivis le regard du professeur de Métamorphose et remarquai une marque qui se dessinait petit à petit sur son avant-bras. Curieuse, je pensai tout d’abord à un tatouage quelconque, qu’il aurait pris le réflexe de camoufler pour pouvoir exercer ses fonctions à l’académie de magie sans attirer le regard, ou encore à une cicatrice trop imposante pour la laisser à la vue de tous. Rien de bien important, donc. La marque devenait pourtant de plus en plus claire et, plus elle apparaissait dans son ensemble, plus elle me disait quelque chose. Je l’avais déjà vue quelque part… Un crâne avec un serpent qui lui sort de la bouche, où est-ce que j’avais vu ça?

Après quelques secondes d’intense réflexion, je finis par la replacer : c’était la marque des Ténèbres! Cette fameuse marque qui en faisait fuir plus d’un et… Wait, ça signifiait que je venais de coucher avec un Mangemort? Décidément, quand je disais que Poudlard n’était plus ce qu’il était… En plus d’embaucher de parfaits incompétents imbus d’eux-mêmes qui passaient leurs cours à se reluquer dans le miroir, voilà qu’ils embauchaient des partisans, maintenant. Je ne pus retenir un léger sourire. Voilà qui expliquait quand même pas mal de choses. Après m’être assurée que je n’avais pas purement et simplement halluciné, je plongeai mon regard dans celui de mon interlocuteur et laissai échapper quelques mots.

« J’aurais dû m’en douter… »

Pour être honnête, je n’en avais pas la moindre idée, et je n’en aurais probablement jamais rien su s’il avait eu la présence d’esprit de relancer son sortilège de dissimulation avant que les effets ne s’estompent. Faut croire que je l’avais un peu trop perturbé la veille, le masqué. Même si je n’avais pas particulièrement peur de ce qui allait m’arriver, puisque je savais pertinemment que le jeune homme était encore exactement le même que quelques minutes auparavant, je me doutais bien qu’il ne me laisserait pas partir comme ça pour autant. L’idée de répandre la nouvelle ne me passerait jamais par l’esprit, mais pas moyen qu’il me croit sur parole, à moins qu’il ne soit totalement idiot. Je soupirai légèrement.

« Bon… Et maintenant? »

Sans le quitter des yeux, j’avalai une nouvelle gorgée de Bierraubeurre que j’avais subtilisée dans son frigidaire et la lui tendit. Il devait en avoir besoin autant que moi, maintenant que son secret était révélé.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Evan, Jeu 20 Avr - 16:13







Je laissais le temps s'enfuir, attendant sa réaction sans en avoir pour autant peur. J'étais ce que j'étais. Puis j'aimais à penser que la nuit que je lui avais offert pouvait faire passer ce "petit" détail pour secondaire. Alors je continuais de savourer ce petit déjeuner qu'elle m'avait préparé comme si elle partageait mes draps depuis toujours. Comme si elle y avait laissé l'empreinte de son corps depuis des années et que cette demeure était aussi la sienne.

Je regardais la marque qui prenait forme petit à petit, je n'allais pas essayer de la cacher. De toute façon il était clair que, peu importait la réaction qu'elle aurait à cette révélation, je ne prendrais pas le risque qu'elle s'en aille sans faire en sorte qu'elle garde le secret. J'avais déjà torturé son petit ami, il fallait que je pense à couvrir mes arrières.

Je voyais ses yeux qui se posaient sur mon bras, et je portais mon regard au sien, attendant les mots qui tueraient le semblant de silence qui avait voulu prendre place. Elle me dit qu'elle aurait pu s'y attendre, probablement. Je ne savais trop en fait. Je n'étais pas là à balancer à tout le monde que j'étais un adepte de la noble magie, mais clairement il était possible que je laissais des signes.

Elle finit par me demander la suite des événements, dont j'étais moi même en train d'ébaucher dans mon esprit leur future tournure. Elle me tendit la fin de sa bière que je m'emparais en la portant aussitôt à mes lèvres. Je lui rendis la fin, un léger sourire en coin, la regardant.

- Je t'avoue que j'aurais préféré que tu ne vois pas cela... Un moment d'égarement de ma part...

Je me tus, me passant les deux mains dans mes cheveux et sur le visage, réfléchissant, à la suite. Même si elle était entrée dans ma vie, je devais m'assurer qu'elle n'irait pas plus loin, et qu'elle ne me trahirait jamais. Je ne pouvais décemment choisir de lui faire confiance, alors qu'elle pouvait me faire tomber de Poudlard et de bien plus encore.

- Maintenant... Je vais devoir m'assurer que tu ne diras rien... Je ne peux pas me permettre de te croire sur parole, même si mon instinct serait d'avis que je te fasse confiance. Tu as de quoi me compromettre et je dois m'assurer que tu ne le feras pas... Alors, je te laisse deux possibilités. Ou j'efface de tes pensées ce que tu viens de voir, juste le souvenir de ce matin. Ou l'on fait un serment pour que tu gardes ce secret en toi. Mais ça sera l'un ou l'autre...

Je l'observais toujours, sachant pertinemment que le choix que je lui proposais risquait de ne pas lui plaire. Mais elle ne quitterait pas ma demeure sans l'avoir fait. Aussi j'espérais bien qu'après la nuit que nous avions passé, qu'elle ne serait pas réticente à cela.
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Mangemort 08
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Mangemort 08, Dim 14 Mai - 20:12





Entre la vie et la mort
With Elly


Suite du combat qui s'est déroulé ICI

LA mutuel

Je ne savais plus quoi faire, l'esprit embrumé par la situation que je n'arrivais pas à clarifier. Puis je l'entendis, mon nom, qui s'échappait de ses lèvres comme le dernier soupir qu'elle voulait laisser au monde, avant que son âme ne rejoigne les rives incertaines. Et je vois sombrer, ses paupières se refermant sur la lumière de ses yeux. Mon pouls s'accéléra davantage.

Et ce fut comme un électrochoc. Non, je ne pouvais pas la laisser mourir. La regarder se vider de son sang sans ne rien faire. Et tirer un trait sur tout ce qui s'était passé. Comment pourrais-je l'accepter ? Alors, dans un élan de survie je récupérais ma baguette, envoyant un double #Episkey. Un sur mon épaule et un sur la plaie de sa jambe, afin de stopper l'écoulement du sang. Je lui envoyais ensuite un #Curo As Velnus afin de soulager sa douleur.

- Reste avec moi...

Je secouais son corps comme pour qu'elle reprenne conscience, des fois qu'il me suffisait de lui administrer ces deux simples sortilèges pour qu'elle ne reprenne ses esprits. Pensée futile. J'étais submergé par mes émotions, il était hors de question qu'elle y reste.

Alors je récupérais sa baguette, et la glissait dans ma veste avec la mienne. Puis je passais ma main droite sous ses jambes, soutenant son dos de ma main gauche et la soulevait. Il n'y avait qu'un endroit où je pouvais aller pour la soigner.

*CRAC*

J'arrivais sur une terre verte à la pelouse bien développée, en proie à des vents forts et une pluie insistante qui salua notre arrivée. On était plus à ça près. Je pressais le pas, allant vers la localisation de ma demeure, alternant mon regard entre le chemin que je connaissais parfaitement et son visage d'ange que j'espérais voir retrouver son éclat.

Je prononçais l'incantation en fourchelang qui me permit d'entrer, avançant à la hâte, combattant la fatigue certaine qui me gagnait. Mais elle était le plus important. Plus important que tout le reste en cet instant. Je devais tout sacrifier pour la sauver, car je ne me pardonnerais pas qu'elle disparaisse.

J'ouvrais violemment ma porte d'entrée qui alla heurter le mur, si bien que je dû parer son retour du pied pour pouvoir entrer avec Elly dans mes bras. Mes loups qui dormaient dans le salon se réveillèrent et vinrent à ma rencontre, reniflant le corps inerte de la belle.

Je traçais directement par l'escalier et son tapis rougeoyant, mes deux compagnons attendant tristement en bas des marches, sachant pertinemment qu'ils n'avaient pas le droit de me suivre. Je poussais la porte de ma chambre et je déposais son corps un instant par terre. Je dégageais la couette au sol pour qu'il ne reste que les draps blancs que je tirais au bout du lit.

Je retournais près d'elle, et je la soulevais à nouveau, allant la déposer sur mon lit qui ne tarda pas à gagner quelques gouttes de sang. Je mettais ma main à son cou pour m'assurer qu'elle respirait encore.

- Tiens bon... murmurais-je avant de tourner les talons.

J'allais à la hâte direction la salle de bain, manquant de peu de me vautrer au passage. Je récupérais une serviette propre que je passais rapidement sous l'eau fraîche et je retournais dans ma chambre. J'enlevais ma cape, mon masque d'émeraude que je jetais au sol. Mon épaule me faisait toujours mal, mais là n'était pas l'important.

J'entamais alors de retirer les vêtements ensanglantés de la belle, y allant à coup de #Diffindo mesurés pour constater l'étendue des dégâts. Tant pis pour ses tissus, son sweat, pantalon et tee-shirt se retrouvèrent en lambeaux. J'avais juste épargnés ses chaussures que je prenais la peine de lui retirer convenablement.

Elle était en sous-vêtements et je constatais que la plaie à sa jambe ne saignait plus bien qu'elle était toujours visible. Avec la serviette humide, je faisais disparaître le sang de son visage et les plus grosses traces que je voyais sur son corps. Je repris son pouls qui m'indiquait qu'elle avait besoin d'autres soins immédiats. Alors j'allais récupérer ma baguette dans ma cape, et je pris place à ses côtés sur le lit, relevant le haut de son corps que je calais sur mon ventre.

- Alco Mederi...

Je me foutais bien que mon sort me vide de presque toute mon énergie, mais je comptais bien sacrifier tout ce que je pouvais pour qu'elle vive. De ma main libre, je caressais ses cheveux d'or, ne cessant mentalement de me lui délivrer des paroles qui ne franchissaient pas mes lèvres.

Qu'elle se réveille. Que je retrouve l'étincelle de ses yeux. Que j'entende à nouveau sa voix prononcer mon nom... Quitte à ce qu'elle sache que j'étais Mangemort, c'était le moindre prix à payer pour la savoir vivante. Quand bien même me haïrait-elle ensuite de découvrir encore une autre part de moi qu'elle aurait préféré ne jamais savoir...

A mesure que les minutes passaient, je sentais le sortilège qui me puisait davantage d'énergie, à tel point que je commençais à avoir la tête qui tournait. Je laissais ma main dans ses cheveux aller de nouveau prendre son pouls. Il était plus régulier. Avais-je réussi ? J'imaginais que oui, bien qu'elle était toujours inconsciente.

Alors je stoppais le sortilège et me relevais. Trop rapidement visiblement puisque je perdis l'équilibre et je tombais en arrière, me cognant la tête au passage. J'étais à bout de force, mais elle était sauve, c'était l'essentiel.

Je recouvrais son corps des draps blancs, et je récupérais la couette que je replaçais maladroitement au-dessus d'elle, essayant de la border. Mais tout mon corps semblait me quitter à mon tour. Alors je laissais tout le reste en plan, ma cape, mon masque de mangemort, ses vêtements en lambeaux, et j'allais dans la salle de bain. M'y déshabillant à mon tour non sans galérer un peu.

Je fis couler de l'eau chaude dans la douche et allais m'asseoir en-dessous, la laissant se déverser sur moi et nettoyer mes plaies. Je ressassais toute la soirée, j'étais la seule cause de tous mes maux, et des maux d'Elly. Et j'avais failli la tuer. Je m'évitais volontairement d'imaginer sa tête le lendemain au réveil quand elle découvrirait que c'était moi, qui j'étais. Tout ce en quoi elle avait juré de s'opposer.

Je restais sous l'eau, perdu, déboussolé, à la fois heureux de l'avoir sauvée et en colère face à ce que j'étais. Une fois de plus j'avais franchi des limites que jamais je n'aurais cru franchir. Et là j'avais failli y perdre beaucoup. Que ce serait-il passé si elle était morte ? Non. Je chassais la pensée aussi rapidement qu'elle fut venue. Juste, non.

Je fermais l'eau en deux fois, loupant mon premier geste, et je me relevais difficilement, en proie à un nouveau vertige. J'étais faible, bien que l'eau avait l'air de m'avoir fait du bien. Je retournais dans ma chambre difficilement, et je me sortais des affaires propres, enfin, juste un pantalon et une chemise, j'aurais pas la force de tout enfiler. Je laissais l'armoire ouverte, car dedans il y avait des affaires de femmes, comme j'en gardais dans chacune de mes chambres pour mes éventuels invités.

Je ne savais pas s'il y aurait quelque chose à son goût, mais je n'avais plus les capacités de lancer le moindre sort, de remettre en état ses affaires. Si seulement j'avais un foutu elfe de maison ! Mais non, c'était tellement plus classe des loups et des serpents dépourvus de magie !

J'enfilais le pantalon et la chemise blanche que je laissais ouverte, les boutons étant un casse tête beaucoup trop compliqué en mon état. Je laissais la porte de la chambre ouverte en sortant, qui donnait directement sur la salle de bain elle aussi ouverte. Comme cela, elle pourrait se préparer normalement. Même si elle serait certainement paumée à son réveil.

Je redescendais l'escalier en me tenant à la rambarde, faisant les marches une à une pour éviter de me retrouver en bas plus vite que prévu. Mes loups étaient là à m'attendre et je voyais à leur tête que je devais faire sacrément peur à voir.

Je me glissais jusqu'à la cuisine avec la vitesse exceptionnelle d'une larve, récupérant de quoi boire et grignoter dans le frigo. Mes compagnons m'avaient suivis, mais j'avais la flemme de leur sortir de quoi daller eux aussi.

Je repartais direction mon salon, ou la cheminée veillait toujours à offrir une chaleur en toute saison. Mes amis à fourrure retournèrent s'allonger près de ses pierres chauffées. Et je pris place sur la chaise en bout de table, déposant la brique de jus d'orange et les fruits que j'avais récupérés. Je l'ouvrais tant bien que mal, absorbant un peu de sucre qui me ferait le plus grand bien.

Une fois rassasié, je me sentais toujours proche de vaciller. Alors je me laissais emporter sur ma chaise, par une fatigue certaine qui avait pris possession de tout mon corps et avait raison de moi. Le lendemain viendrait avec ses nouvelles questions, ses nouvelles réponses, mais surtout, avec Elly, bien en vie. Je m'endormais avec l'idée d'avoir fait ce qu'il fallait faire. Que peu importait qu'elle sache pour ma double identité, elle serait vivante.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Elly Wildsmith, Lun 15 Mai - 0:16


Un réveil comateux, une sensation douloureuse. Des yeux qui s’ouvrent, un sursaut dans un lit qui n’est pas le sien. Un bond que l’Auror a fait trop rapidement, sa tête tourne. Elle attrape son crâne, forme un étau avec ses mains, serre. Espérant se souvenir, se rappeler. Un bref regard aux alentours. Un lit en baldaquin, une chambre aux couleurs de Serpentard. Si la luxure n’était pas présente, Elly aurait juré se trouver à Poudlard, dans le dortoir des verts et argent. Un soupir. Comprendre, chercher dans sa mémoire ce qui l’avait mené ici.

D’un geste de la main lent, elle pousse les draps qui la recouvrent. Se découvre en sous-vêtements et vire au rouge sans savoir réellement pourquoi. Un œil à sa jambe et un cri d’horreur. Il s’est passé quoi, là, sur sa jambe ? Un frisson d’horreur, un nouveau regard aux alentours, ses yeux tombent sur le masque. Emeraude.

Londres, le jogging, le centre commercial, la vitre brisée. Les souvenirs se heurtent dans l’esprit d’Elly, qui retient une grimace d’horreur. Les sortilèges, la magie noir, la fureur, le feu, la haine. Et deux enragés qui s’affrontent sans se connaître. La jeune femme se heurte à mille questions. Il voulait la tué, elle aussi, c’était une certitude. Ils avaient livrés un combat à la mort, et elle était encore là, dans ce lit, où quelqu’un avait visiblement pris soin d’elle.

Ses yeux restent figés sur le masque. Emeraude. Comme les yeux de cet homme qui font tant danser son cœur. Un haut le cœur. La douleur reviens, nettement moins forte que lorsqu’elle était allongé dans l’eau. Mais quelque chose la perturbe. Son esprit lui cache quelque chose encore. Se raccrocher aux souvenirs, remonter sa mémoire, encore. Quelques petits instants.

Elle se rallongea un instant dans le lit immense, ferma ses yeux, expirant la douleur latente qui montait de sa jambe. Cherchant à se rappeler ce qui aurait pu la conduire ici. Des corps enlacés, des larmes qui coulent, des sanglots, un cœur qui bat la chamade contre son oreille. Un cœur, son cœur. Ses yeux. Emeraude. Le masque.

Elle a peur de comprendre. Elle n’ose pas poussé ses pensées jusqu’au bout. Peut-être était-elle au bord de la folie, sentant sa mort arrivée. Peut-être avait-elle simplement espéré qu’Evan soit là, qu’il arrive, qu’il la protège, qu’elle puisse accueillir la mort comme il se doit en se sentant dans ses bras comme elle avait accueilli la nuit avec lui, chez elle ? Elle soupire. Où était-elle ? Qui l’avait amené ici ? A sa dernière question, le masque répondait pour elle.

Délicatement, elle se leva, cherchant un appui stable sur ses deux jambes, l’une d’entre elle étant particulièrement souffrante et surtout douloureuse. En se levant, l’Auror remarqua qu’on avait singulièrement pris soin d’elle. Aucune trace de sang ne jonchait son corps, ou si peu, quelques traces décolorées ici et là.

L’angoisse montait dans le corps de la jeune femme. Une bouffée de stress qu’elle tentait de contenir. Elle visa l’armoire, l’ouvrit à la volée, détaillant les vêtements. Des vêtements d’hommes et de femmes. Un frisson lui parcourut l’échine un sentiment de jalousie qu’elle ne voulait pas comprendre, qu’elle refusait en bloc. Et puis, elle remarqua. Cette chemise bleue. Un vertige, encore. Elle saisit la chemise, l’arrachant du cintre avec violence. Elle l’enfile à la va-vite, prenant tout de même la peine de la boutonner. Hors de question qu’elle s’habille dans des vêtements que d’autres femmes avaient portés (jalousie, tout ça tout ça Ange).

Avant de sortir, elle se pencha pour ramasser le masque laissait à l’abandon. Elle ne fit attention à rien d’autre, n’accordant aucune importance à ses vêtements déchirés, aux autres vêtements qui jonchent le sol. Comprendre, elle veut comprendre. Le masque en main, elle s’abandonne un instant dans ses reflets, dans sa couleur. Eclat qui lui rappelle ses yeux à lui.

Evan.

Son esprit virevolte dans leurs danses que le piano avait enveloppées. Dans cette nuit emplie de tendresse qu’elle avait passée, l’oreille contre son cœur. La jeune femme secoue sa tête, et se rappelle d’autre secousse, après le combat, alors qu’elle se croyait morte. Une autre chamade. Un autre tempo.

Evan.

Et se prénom qui résonne dans sa tête alors qu’elle caresse d’une main ce masque contre lequel tout l’oppose. L’essence même de son être fait qu’elle joue contre les masqués, contre leurs méthodes. Contre les morts et le chaos qu’ils créent. Pourtant, à ce moment-là, elle désirait juste le voir, le serrer dans ses bras. Qu’importent les lois, qu’importent les mœurs. Elle avait failli mourir … un instant, son esprit s’égara : peut-être avait-elle failli mourir à cause de lui ? Elle chassa cette idée aussi rapidement qu’elle était venue. A l’orée du tombeau, elle avait pensé à lui, rien qu’à lui. Il avait été sa dernière pensée, sa dernière parole.

Evan.

Elle sortit en boitant de la chambre, découvrant un vaste espace qui lui arracha un « Oh » de surprise. Elle le héla dans le couloir, légèrement, entendant l’écho de sa voix se propageait. Personne pour lui répondre, elle suivait le tapis rouge qui l’amena à un escalier qu’elle descendit rapidement, sans prendre la peine de se ménager. Elle boitait de plus en plus, ses pieds nus sur le tapis soyeux. La douleur se réveillait aussi, comme un corps endolori qui aurait fait trop de sport la veille et qui aurait repoussé les limites du concevable.

Rendu au pied de l’escalier elle marqua une pause, essoufflée. Elle s’asseya sur la dernière marche, étendant sa jambe douloureuse. Un soupir, elle sentait la vérité toute proche, refuserait-elle de la voir ? Fermerait-elle les yeux pour lui ? Par amour ? Amour. Un mot lancé à vive allure dans son esprit. Une nouvelle plainte, quasi silencieuse. Et bientôt rejointe par des cliquetis d’ongles sur le sol. Elle releva la tête, et sa confirmation fut faite.

Aube et Crépuscule, les deux loups d’Evan, venaient d’arriver devant elle, sans doute dérangé par le bruit que la jeune femme faisait en descendant les escaliers. Sans surprise, la jeune femme les accueillis avec un « Hey », comme si c’était deux vieilles connaissances qu’elle n’avait pas revu depuis longtemps. Les deux loups la reniflèrent un instant, comme s’ils s’étaient souciés de son état. Un sourire s’esquissa calmement sur les lèvres de l’Auror. Une demande, simple, qu’ils semblaient écoutés avec intérêt « Il est où ? ». Et comme s’ils avaient compris, ils se dirigèrent vers une double porte sur la droite de l’escalier. A pas plus lents, elle suivit les loups sans broncher.

Elle entra dans l’immense pièce occupés par un nombre certains de chaises qu’Elly ne prenait pas la peine de compter. Tandis qu’elle suivait du regard les loups partis se couchés à proximité de la cheminée, elle le remarqua. Il était là, assis sur une chaise, endormi. Elle prit le temps de le détailler, passant son regard sur son visage assoupi auprès duquel elle rêvait de dormir, aussi bizarre que celui puisse paraître après ce qui s’était – visiblement – passé entre eux. Elle attacha son regard sur la chemise ouverte, dévoilant de multiples cicatrices, sans doute autant de souffrance. Sans comprendra pourquoi, une larme naquit au coin de son œil et alla se perdre sur le sol, attirée par la gravité.

Doucement, elle tira une chaise et pris place dessus. Sereinement, elle étendit sa jambe douloureuse à nouveau, seule position où elle était approximativement bien. Elle posa le masque sur la table, à mi-chemin devant eux. Elle alla effleurer sa main, murmurant un simple « Evan » souhaitant qu’il se réveille et qui la regarde à nouveau. Avec ses yeux couleurs émeraude qu’elle avait cru entrapercevoir dans le masque qui se tenait devant elle.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Evan, Lun 15 Mai - 18:47







...Un champ verdoyant à perte de vue. Les herbes sur les collines vallonnées s'extasiaient de multiples chants. Des rires flottaient dans l'air comme des gouttes de pluie figées. Des arbres frissonnaient d'eux-mêmes et les nuages présents défilaient à une vitesse ahurissante, laissant le soleil indéfiniment percé comme s'ils n'étaient pas là. Tout au mieux des masses invisibles sans goutte d'eau...

***

...La mer ne bougeait pas. Ni devant. Ni derrière. Ni sur les côtés. La barque avait un trou dans le fond, et mes pieds nus pataugeaient sans le moindre signe d'inquiétude. Nulle rame. Je ne savais comment j'avais fait pour me retrouver là. Le ciel était scindé en deux. Sur ma gauche, un grand ciel bleu, qui ressemblait à la mer. D'ailleurs, je percevais des vagues qui s'ondulaient joyeusement dessus. Sur ma droite, une nuit noire comme les fonds marins, qui semblait dépourvu d'oxygène, de toute lumière, comme si les étoiles y étaient mortes...

***

...Un sol carrelé, froid, comme s'il était un vestige de la saison passée. Des fleurs y poussaient, rayonnantes avec leur odeur qui me donnait un sentiment de bonheur. Une biche passa, derrière la double porte qui m'attendait pour aller dans la pièce à côté. Son pelage me rappelait une étoffe dans laquelle je m'étais couchée. En passant l'embrasure de la porte, je penchais ma tête sur le côté pour essayer de voir la biche, mais elle n'était plus là. Remplacée par un vase vide dont la couleur respirait les crépuscules orangés...

***

...Épée à la main, je fendais les maïs qui me concurrençaient de leur hauteur, voyant les épis qui volaient en tout sens, laissant des grains en pagaille sur un sol qui s'en retrouvait vite jonché. Les maïs s'enfuirent, laissant place à une rivière à l'eau si limpide que les cailloux en-dessous résonnaient de leur présence. Des truites heureuses sautaient de-ci de-là et quelques grenouilles se faisaient entendre, comme la chorale d'un groupe qui n'était autre que Mère Nature.

...

« Evan »

...

Mes yeux s'entrouvraient, se refermaient. Je pensais. Cette voix. Sa voix. Que faisait-elle là ? Où était-elle ? Pourquoi ne la voyais-je pas ? Était-elle dans les maïs, sur la mer tranquille, dans la maison fleurie, ou dans le champ d'herbes chantantes ? Mes lèvres s'ouvrirent pour parler. Un "Elly" pensé qui ne sortit pas.

J'ouvrais les yeux

Je les refermais. Les rouvrais, m'acclimatant difficilement à la lumière qui passait par la fenêtre, comme de celles qui agressent l’œil. Et cette main sur la mienne, me rappelant un contact d'une nuit sur un canapé. Je levais les yeux, toujours à moitié éblouis. Et cette douleur dans l'épaule ? D'où venait-elle ?

J'expirais, et levais ma main que je savais seule à mes yeux, les frottant un instant, remuant mes pensées qui ne semblaient pas vouloir être dérangées. Et mon regard la trouva, Elly, face à moi. Ses yeux noisettes avec cette lueur si douce qu'un sourire prit possession sur mon visage quand je les vis.

Et tout me revînt, et je restais bouche ouverte sans dire un mot. Et je revoyais ma haine, ma colère. Notre duel. La vitre brisée, le magasin en feu. L'eau qui nous jugeait. Son sang et mon sang, qui se mariaient à l'eau. Elle me suppliant de l'achever, moi découvrant qui elle était...

J'avalais une salive presque inexistante, fuyant ses yeux l'espace d'une seconde, comme pour me souvenir de l'après. La bouteille sur la table et ce que j'avais sorti de mon frigo me rappelant ce que j'avais fait avant de m'être endormi.

- Elly...

Son prénom murmuré, soulagé qu'elle se soit réveillée, de la voir saine. J'analysais étrangement. Elle portait une de mes chemises. Non, LA chemise, celle que j'avais mise à la soirée chez elle où nous avions dormis dans les bras l'un de l'autre. Alors ma main alla serrer celle qui était sur la mienne, comme saluant ce contact que j'avais cru perdre à jamais, fermant les yeux à cette douceur qui m'envahissait de nouveau.

Je soufflait longuement, remarquant mon masque qui attendait lui aussi sur la table. Je n'avais pas essayé de lui cacher. A quoi bon ? Elle était vivante et peu importait qu'elle sache mes idéaux, je n'étais plus à cela près. Quand bien même Azkaban m'attendrait à bras ouverts, j'aurais l'impression d'avoir fait le bon choix. Je pris la parole, d'une voix calme et quelque peu enraillée, caressant le dessus de sa main machinalement.

- Je suis content... De te savoir en vie... Je ne sais quoi te dire... J'imagine que tu n'as pas forcément de questions, puisque la réponse est sur la table...

Je laissais un bref silence, posant mon regard sur mon masque, constatant que je n'avais plus rien à perdre, si ce n'était elle.

- Oui... Je suis tout ce que tu détestes... Ce que tu es sensée combattre... Haïr... Condamner... Et, oui, je t'ai sauvé la vie... Ce combat n'aurait jamais du avoir lieu... Si j'avais su que c'était toi... Ironie du sort, j'étais parti déverser ma haine et ma colère parce que je m'en voulais après le ministère... Et j'ai failli te tuer... Je comprendrais que tu partes... Que tu me dénonces... Me gifle.. Me frappe... Me haïsse... Me fasse payer ce que je t'ai fait subir hier soir... Tu as légitimement droit à tous ces ressentiments... J'ai tout sauf été irréprochable que ça soit avec toi ou d'autres...  Mais malgré ce que je n'ai pas su te dire... N'oublie pas que dans ce que je t'ai dit dans le temps que l'on a passé ensemble, il n'y avait nul mensonge...

De ma main libre j'ouvrais difficilement la bouteille de jus d'orange, j'en avalais quelques gorgées et la posais près de la belle des fois qu'elle en veuille. Je savais que je serais incapable de lui faire du mal, et que j'avais mis entre ses main le pouvoir d'anéantir toute ma vie.

- Quoi que tu choisisses de faire... Ou de ne pas faire... Je l'accepterais...
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Elly Wildsmith, Lun 15 Mai - 22:30


L’Auror avait plongé son regard sur ses paupières qui se faisaient mouvantes. Il avait l’air d’avoir du mal à sortir de son sommeil, comme si Morphée voulait le garder près de lui. Et puis, enfin, ses yeux émeraude s’ouvrirent, évitant le regard d’Elly, ce qui eut pour effet de plonger la jeune femme dans un profond désarroi. Pourquoi évitait-il ainsi son regard ? Elle ne le jugeait pas, elle n’en avait pas l’envie, ni le courage. Elle baissa les yeux, comme abattue.

Et puis, elle entendit son prénom, murmuré comme un soulagement. Elle laissa à nouveau errer son regard vers lui, sur lui. Elle sentait sa pression de sa main qui l’enveloppait à présent, laissant un sourire s’échappait à ce contact. Elle n’eut guère le temps de dire quoique ce soit, que déjà il était partit à s’expliquer, à parler de ce masque émeraude qui se tenait entre eux, de leurs idéaux qui s’affrontaient comme la glace et le feu. Il voulait qu’elle lui en veuille, mais les sentiments de l’Auror n’étaient pas là.

Il lui laissait la possibilité de le dénoncer. Aurait-elle la capacité à l’enfermer à Azkaban ? Non, jamais elle ne pourrait le livrer ainsi à cette pseudo vie, où les sentiments heureux disparaissent pour ne laisser que le morne, la peur, l’angoisse. Un frisson à cette idée que de l’imaginer derrière les barreaux de la prison sorcière. Ses yeux émeraude qui finiraient par perdre cette lueur qui les habitaient.

Pour toute réponse, elle haussa les épaules. Bien sûr, elle avait quelques questions qui lui brulaient les lèvres, elle les lui poserait quand les douleurs seraient partis, quand elle aurait retrouvé ce contact qui lui été apparu comme vital la veille. Elle commença à parler « je ne sais … » et laissa sa phrase en suspens. Ils auraient bien assez de temps pour les questions, pour les idéaux, pour les jours d’après. Pour l’instant, elle voulait juste être avec lui.

Alors, elle se leva, manquant de perdre l’équilibre puisque – idiote qu’elle était – elle venait de prendre appui sur sa jambe « légèrement » amochée. Elle saisit le masque, plongeant son regard longuement, un instant. Avait-elle seulement conscience de ce qu’elle s’apprêtait à faire ? Elle haussa les épaules comme pour répondre à sa propre interrogation tandis qu’elle lançait le masque loin d’eux. Eloigner ces idées-là, de ces questions qui allaient se présenté à eux bien trop vite. Bien trop souvent.

Elle se retourna vers lui, absorbé par son regard qui l’avais maintenu en vie, elle était souriante tandis qu’un timide « merci » franchissait ses lèvres. Après tout, il lui avait sauvé la vie, même si c’était pour lui qu’elle s’était mise en danger. Elle saisit à nouveau sa main, et sans rien lui poser de questions, sans lui demander de quelconque autorisation, elle prit place sur ses genoux. Lovant sa tête contre son torse, pour entendre à nouveau cette chamade si particulière qui avait eu raison d’elle.

Tandis qu’elle écoutait ce battement apaisant, les questions naissaient une à une. Ne tenant pas au non-dit ou aux doutes, elle s’exprima simplement « dit moi juste … » des images de violence, de torture, de combat acharnés se bousculait dans l’esprit de l’Auror, elle se serra davantage contre lui. Inspiration. Expiration. Elle avait de multiples questions mais une seule lui brûlait réellement les lèvres. Elle ferma les yeux, tentant la meilleure formule dans son esprit et puis, l’interrogation sortie d’elle-même, brutale « Combien en as-tu tués ? »

Elle avait vu son talent, elle l’avait combattu et avait failli y laisser sa peau. Combien avaient péri sous les sortilèges de sa baguette ? Cette idée, de souffrance, de torture, lui glaça le sang et elle sentit son corps se tendre sous l’effet de sa question, mais hors de question de quitter cette position dans laquelle elle entendait son cœur battre. Lui plus que tout autre devait avoir ses faiblesses et ses failles.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Evan, Mer 17 Mai - 17:26







J'avais peur de sa réaction, qu'elle ne s'enfuie, comme le font les vents d'automnes chaleureux chassés par l'hiver aux doigts meurtrier. Qu'elle tire un trait sur cette soirée passée au divan du Merveilleux, où nous avions dormi l'un contre l'autre et échangés dans une douceur complice des gestes que nos deux cœurs se rappelaient. Pourrais-je accepter qu'elle s'en aille ? Au fond, non. Je n'étais pas prêt à y renoncer. Ne plus pouvoir caresser ses cheveux, sentir son parfum, embrasser ses yeux, entrevoir ses lèvres... Je ne voulais pas que ce rêve cesse, j'étais prêt à tendre la main pour rattraper ce qu'il en restait, derrière le simoun des déserts, pour faire qu'il ne s'échappe pas de mon emprise...

Comme si je pouvais garder prisonnier son cœur au creux de mes mains.

Le Loup regardait le Renard.
Les loups regardaient les deux sorciers.
Le Temps pouvait-il réparer les plaies ?


Sa main qui n'avait pas fui la mienne me rassurait, comme si elle parlait pour elle. Qu'elle n'était pas prête à me laisser tomber. J'avais cru la perdre hier et je ne voulais qu'une chose à cet instant, qu'elle reste là. Que la journée s'écoule avec elle, du matin timide à la journée ensoleillée qui s’annonçait, jusqu'au crépuscule qui nous verrait toujours en osmose. J'espérais, chaque fois que je revoyais la lueur de ses yeux qui se jetait dans les miens comme une rivière rejoignant le fleuve à son embouchure.

Elle commença une phrase qu'elle ne termina pas, et mes pensées se demandèrent ce qu'elle avait retenu de dire. Et elle se leva, et elle manqua de peu de tomber, je faisais un bref mouvement pour la retenir, bien qu'elle y arriva d'elle-même. Et elle prit mon masque, je restais muet, me demandant ce qui passait dans son esprit à cet instant. Elle la Justice, face à mes Ténèbres.

Je l'observais balancer mon masque loin de nous comme si elle souhaitait qu'il disparaisse, ou du moins, que ma part d'ombre ne soit plus là pour le reste de la journée. Nos yeux se croisèrent et le sourire qui se dessina à ses lèvres me rassura. Suivit peu après par un remerciement qui ne manqua pas de me faire frissonner le cœur.

Et elle reprit ma main, avant de venir s'installer sur mes genoux, se lovant sur moi et posant sa tête contre mon cœur. Tous mes doutes s'envolèrent, à cette seconde où elle vînt sur moi, et je l'entourais de mes bras en la serrant contre moi. Mon cœur battait du même rythme musical que le soir passé chez elle, où le piano avait été le prêtre qui avait officié notre union de douceur. Et je me sentais terriblement bien près d'elle, à en faire perdre toute notion de raison.

Et une question franchit ses lèvres. Dure, parce que la réponse ne pourrait jamais lui plaire. Parce que je n'avais pas de chiffre à lui donner, mais que chaque détails la ferait peut-être me voir différemment. Mais je n'avais pas l'intention de lui mentir, elle saurait tout ce qu'elle voudrait savoir. Quitte à ce qu'elle me voit comme un démon ou une bête. Je prenais une longue inspiration avant de parler.

- Je ne sais pas... C'est difficile à te dire... Quelques dizaines... Je... Je ne suis pas que mangemort... Je suis autre chose qui a entrainé bien des cadavres derrière moi... Je suis également loup-garou, non déclaré au Ministère... Le fait que les deux personnes qui m'ont transformé m'ont rapidement abandonné ont fait que j'ai dû apprendre par moi-même à me maitriser... Et crois-moi, garder le contrôle a tout sauf été un parcours de santé...

Je me taisais, passant ma main gauche affectueusement dans les cheveux de la belle, ma droite repartant se nouer à une des siennes, comme pour y chercher un apaisement à mes ténèbres. Je reprenais calmement.

- Aujourd'hui, ça fait près de quinze ans que je suis un lycan, et j'ai appris grandement à me maitriser. Mes moments de folie ou de perte de contrôle sont très rares. Mais j'ai déchiqueté bien des personnes, moldus ou animaux... Pour ce qui est de mes activités, en général c'est des témoins potentiels, ou d'autres qui se retrouvent là au mauvais endroit au mauvais moment... Parfois c'est impulsif, il m'arrive de perdre le contrôle de mes nerfs et il en résulte rarement quelque chose de bon...

Je doutais bien que mes mots ne lui feraient pas forcément plaisir. Au moins j'avais été sincère à défaut d'avoir pu lui délivrer un chiffre exact. J'avais tué par amusement, pour des entrainements, pour des moments de folie. A bien des égards je n'avais plus une grande humanité en moi. Et pouvoir me sortir de mes ténèbres près d'elle me ravissait. J'avais l'impression d'être normal, d'être vivant.

Elle était comme un radeau, qui m'emmenait vers une Terre somptueuse. Où les papillons chantaient à l'éclat de ses yeux, où les pies scandaient la douceur de sa voix, où le vent baladait son parfum et la senteur de ses cheveux, où le soleil faisait rougir un peu sa peau de nacre, et que le tout formait une palette suffisante à animer chacun de mes sens, à faire naître mes sourires et à embraser mon regard.

J'aventurais ma main gauche à se glisser sous la chemise qu'elle avait revêtit. Laissant une caresse sur sa peau jusqu'à la poser contre son cœur, pour moi aussi entendre ses battements dont j'avais envie de savoir la cadence.

Je posais mes lèvres dans ses cheveux, y laissant des petits baisers comme autant de mots que j'aimerais lui murmurer. Le miroir face aux ténèbres. Mon cœur me réclamait qu'elle ne quitte pas mes bras, qu'elle y reste aussi longtemps qu'elle le souhaiterait, et si cette journée pouvait être figée, que volontiers je la ferais ma prisonnière. Jusqu'à l'éreintée de tendresse et de plaisirs jusqu'à son ivresse.

- J'aimerais que tu restes là aujourd'hui... Qu'on ait pas à se séparer... Oublier tout le reste... Nos obligations... Après ce qu'il s'est passé hier... Je veux être là pour toi... Et être à toi ce jour... Peu importe ce que tu me demanderas ou voudras faire...

Je continuais de respirer son odeur, que je voulais garder comme souvenir pour moi, laissant mon nez jouer dans ses cheveux. J'espérais plus que tout qu'elle resterait, pour que cette pendule au fond de moi continue de tourner. Celle où un loup et un renard étaient les deux seules aiguilles, faites pour être l'ombre de l'autre.

Dualité parfaite. Le Bien et le Mal. Le Soleil et la Lune. Deux opposés à la fois semblable. Mon bonheur naissait de sa présence et j'espérais que l'inverse était vrai. Que mon aveux sur le sang que j'avais fait coulé et sur ma condition de lycanthrope ne la fasse pas changer d'avis. Qu'au fond, son cœur lumineux et le mien obscur battent d'un même tempo vivant.

Là, je voulais m'enchainer à elle. Mettre des menottes à nos poignets de nos deux mains liées. Que l'on se suive jusqu'à la nuit, sur le chemin damné des Enfers, où les Désirs peignaient les murs et achevaient les Rêves, en soupirs égarés des sens corrompus jusqu'à la libération de la délectation. Que les rugissements des étoiles soient les seules complaintes, en hommage à ce que la vénusté aurait de plus passionnel.

Elle et moi
Moi et elle
Le renard et le loup
Aux cœurs battant à l'unisson
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Elly Wildsmith, Mar 23 Mai - 0:44


[ Tout Doux ]

Il avait respiré longuement, avant de lui répondre. Comme s’il savait que la réponse à sa question ne lui conviendrait jamais. Tout le temps où il parla elle ne dit rien, s’accrochant au battement de son cœur qu’elle entendait en arrière-plan. S’accrocher à ce bruit, envoutant. Tenté de se détacher des mots qu’il prononçait. D’oublier ce qu’il était, ce qu’il avait fait. Il marqua une pause dans son récit, en profitant pour caresser la chevelure de la blonde. Un frisson, contenu, comme pour lui dire « continue ». Elle avait besoin d’entendre ce qu’il avait besoin de lui dire. Quitte à ce qu’elle fuit après, qu’elle quitte cette position dans laquelle elle se sentait si bien.

Elle écoutait, sans mots dire, le récit, son histoire. Difficile à accepter pour l’Auror. Il était son exact opposé … il avait … déchiqueté des personnes ... Tel était son mot. A cette idée, le corps de l’Auror s’arqua, se tendit sous l’effroi. Des images horribles lui passaient entre les yeux lorsqu’elle fermait les paupières. Son regard d’émeraude qui massacrait sans pitié. L’ébauche d’une horreur qu’elle ne pouvait pas supporter. En silence, ses yeux débordèrent du trop-plein jusqu’alors contenu.

La douleur de sa blessure semblait s’être amoindrie tandis que la plaie béante de son cœur ne cessait de s’agrandir à chacun de ses mots.  Une caresse furtive sur sa peau, juste sous son épaule à l’endroit de son cœur la sortie de sa torpeur. Une approche fugace mais un contact prolongé, il la faisait sortir du cauchemar dans lequel elle s’était plongée. Elle s’était imaginé devenir sienne, et voilà qu’elle découvrait l’envers du décor, était-elle finalement prête à ses révélations ? N’aurait-il pas mieux fallu qu’il la tue ? Qu’il l’achève quand il en avait encore le pouvoir ?

Un soupir léger, comme pour retenir l’angoisse qui montait en elle, comme pour s’empêcher de suffoquer. Quitter l’angoisse qui était la sienne à ce moment-là. Son débit de parole s’était ralenti, elle s’accrocha à ses mots comme un dernier rempart à l’horreur qui  s’emparait de son être tout entier. Il souhaitait qu’elle reste là, qu’ils ne se séparent pas … Un nouveau sanglot s’extirpa d’elle, spasme qu’elle laissa s’échappé tout en tentant de retenir ses larmes qui n’en finissaient pas de glisser le long de ses joues.

D’un geste rageur, elle s’essuya les yeux d’un revers de manche, d’une voix fine, alourdie par le chagrin, elle répondit « je ne sais pas  … », était-elle capable, de trahir ses collègues, de mentir. Elle voulait le protégé, le ramener dans sa lumière, lui faire oublier ses ténèbres les plus sombres. En était-elle capable ? Elle se redressa, posant ses pieds à terre, comme pour se relever,  quitter l’empreinte de ses bras. Lui tourner le dos, ne jamais le revoir. Le pourrait-elle ? Oublier ? Un regard dans ses souvenirs, leurs danses à cœurs et corps liés. Une nuit de sommeil sans cauchemar, réveil, à être bercé par le doux son de son cœur. L’auror ferme les yeux, un instant. S’abandonner, n’être plus que poussière dans ce monde rempli d’étrangetés.

Et puis, quelques mots balancés à la volée « Tu aurais dû me tuer Evan … ». Quoi dire, autrement ? Partie pour se relever, elle fait finalement marche arrière et retourne se blottir contre lui, attrapant au passage l’une de ses mains et la serrant aussi fort qu’elle le pouvait, priant pour que tout cela ne soit que le fruit d’un délire. Hallucination particulièrement sordide.
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Evan
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Evan, Mar 23 Mai - 14:25







Le monde se taisait, se déchirait, dans son ciel qui criait à l'agonie. Entre les nuages hachurés qui laissaient filtrer la douceur du ciel, et le soleil qui jouait derrière eux, alors que sur Terre les arbres faisaient crisser leurs feuilles d'une plainte certaine pour avoir sa présence et qu'il arrête de jouer ainsi. Et le vent s'amusait de tout cela, pièce privilégiée aux étoiles du jour qui se cherchaient...

Comme des essentielles qui se chassent, se fuient et se trouvent, au bout d'une route entre des ténèbres qui finissent par s'éclairer à des bougies pensées, souvenirs du Passé ou Espoir d'avenir, qu'une main sur un corps peut écrire, aux landes incertaines où Passion prend la main de Tendresse.

Où le Loup prend la main du Renard
Où se taisent les esquisses incertaines
Où s'envolent les éclats du Monde


Là, il ne savait plus quoi dire, quoi faire, perdu dans des limbes inhabituelles. Le Temps. Emprisonné à ce regard de larmes, à ce regard émeraude, du petit renard touché par les ténèbres du loup. Est-ce qu'un ciel pouvait à la fois être ensoleillé et ténébreux ? C'était ce que le Temps pensait. Là, comme la rose grandie, choyée, chérie à des heures, des secondes, des jours, des nuits. Depuis le bosquet resplendissant et ses premières lueurs timides, il avait construit, façonné à ses mains angéliques, un dîner, un combat, des larmes de sang.

Et le Temps regardait
Les fruits de son ouvrage réunis


Je la vis, après mon récit, qui chassait ses larmes sur ses joues comme un manteau de pluie froide. Quatre mots sortis de ses lèvres, à l'habit de Doute. J'avalais une boule de salive amère à l'idée qu'elle s'éclipse comme un éclat de lune, qu'elle ne soit devenue éphémère là, où le temps d'une soirée et de danses, elle avait été une présence délicieuse persistante, dont les embruns caressaient encore mon être.

Je restais impuissant, à subir ce que mes choix m'envoyaient en plein cœur, ce que le Temps ne comprenait pas, cette obscure raison qui faisait que deux opposés s'attirent. Et j'écoutais, encore plus assassins, sa dernière phrase qui me disait que j'aurais dû la tuer. Une flèche en plein cœur, une pointe qui déchirait ma chair comme un éclair fendrait la terre brute sous un orage à la colère féroce.

Je la vois se lever quelques secondes, et mes mains tombent telles des feuilles mortes, comme persuadées que je ne saurais la retenir. Mais je la vois revenir, contre moi se blottir, comme attirée malgré tout ce que j'étais. Deux de nos mains se retrouvèrent, comme deux amantes que le Temps ne saurait déchiré.

Et je passais mon bras libre autour d'elle pour la garder contre moi, déposant des baisers sur sa joue, embrassant sa peau comme ses larmes, les mêlant à mes lèvres, pour en avoir le goût sur ma langue, comme voulant lui dire qu'au delà de tout cela, mes mots pour elle avaient été sincères. Que les orages éparpillées n'étaient que des esquisses avant que l'œuvre soit réalisée.

- Te tuer... Si je l'avais fait je me serais tué avec... Je n'aurais jamais pu vivre avec l'idée que tu n'étais plus là... Avec l'idée que je t'aurais ôté la vie... Avec l'idée que jamais plus je ne verrais l'éclat de tes yeux... L'étincelle de tes sourires.... Je n'aurais jamais pu vivre avec pour seuls souvenirs... Nos retrouvailles au bosquet, nos danses au piano, nos regards perdus... Ces seuls souvenirs ne peuvent me suffirent.... Y aurait-il eu une raison pour moi de vivre, sans que tu ne sois plus là ? Non... Aucune...

Mon cœur tambourinait tout au fond de moi. L'idée de la perdre m'était insupportable, quand bien même aurait-elle réellement préféré mourir de ma main. Dès que je fermais les yeux je revoyais nos moments passés, tous ces gestes tendres qui parlaient pour nous, témoignages édifiant de notre complicité.

Le piano avait comme pouvoir de faire s'unir les pensées, de faire parler deux mains ensemble, de faire découvrir au toucher deux paires de lèvres que les regards avaient désirées, pensées, murmurées en des plaisirs charnels, enfouis là se trouvaient Rêves et Délices. Sur le chemin du firmament.

J'étais, près d'elle. Et carillonnait cette envie irrépressible que mes bras soit son étreinte, non pour ce seul instant, mais pour un univers à construire. Une porte dérobée dans un arc-en-ciel, où dès qu'on l'aurait franchi l'on gambaderait en des pâturages aux senteurs boisées, aux multiples tulipes teintes en palette somptueuse, où se trouverait au bout près d'une cascade qui chantonne, le bonheur.

Je posais ma tête contre la sienne, fermant les yeux, au désir ultime que peu importe les heures qui s'écouleraient avant que je les ouvre de nouveau, qu'ils se poseraient sur elle, sur sa seule présence, qui suffisait à arrêter le temps.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Elly Wildsmith, Mar 23 Mai - 23:54


.

Alors qu’elle s’était à nouveau blottie contre lui, il avait passé son bras libre autour d’elle. Tandis qu’elle tenait toujours l’autre de ses deux mains, serrée contre elle. Avec une infinie tendresse il déposait des baisers sur sa peau, comment un être capable d’une telle douceur pouvait répandre l’horreur sur son passage. Elle aurait voulu lui demandé, mais elle n’eut pas le temps de prononcer le moindre mot qu’il avait pris la parole.

Ses mots qui se lancent, qui se coupent, qui expliquent la douleur qu’il aurait ressenti si elle s’était éteinte ce soir-là au creux de l’eau qui la berçait au son d’un clapotis morbide. Il retraçait pas après pas leurs rencontres, le déroulé de leurs sentiments naissants. Elle voulait lui répondre qu’il y avait mille raison pour que lui reste alors qu’elle ne serait plus, des plus infimes aux plus gigantesques. Mais rien ne sortis des tréfonds de sa gorge. Elle était ravagée.

Elle avait rêvé d’être dévoré par le brasier la veille au centre commercial, et voilà que c’était un tout autre feu qui la consumée à présent. Un incendie qui mettait à feu et à sang tous ses principes, tous ceux en quoi elle avait cru jusqu’ici.  Un soupir, et cette préoccupante sensation d’être vide. Eteinte. Les flammes en elle ravageaient tout et ne laissaient rien de plus qu’une légère couche de cendres, prête à se dissipée à la moindre brise.

Un souffle, un peu court, la douleur lancinante de sa jambe se faisait à nouveau sentir. La fatigue aussi peut être un peu … ou beaucoup. L’Auror ne savait pas trop ce qui faisait le plus mal, la douleur physique et la fatigue qui en découlait, ou … toutes ses révélations qui au fur et à mesure du temps qui passait tirer son moral vers le bas. Et quand elle croyait avoir touché le fond, on creusait encore pour elle.

- Je ne sais pas … si … après aujourd’hui


Une phrase en suspens. Choisir ses mots, les sélectionnés avec soin pour aller les accrocher à ses oreilles, qu’il en comprenne le double sens, qu’il admette cette verité. Une pause, elle se redresse sur ses pieds, plonge dans son regard d’émeraude qui la transporte dans d’autres sphères nébuleuses.

- Après aujourd’hui, tu seras toi, et je serais moi. C’est mon métier de te poursuivre c’est en moi, je ne peux pas aller contre ce que je suis … tout comme … Nouvelle pause. Les mots sortaient avec difficultés tant ils faisaient mal à comprendre, à entendre ce que cela signifiait. Une nouvelle inspiration et l’Auror continua « Tout comme tu ne peux pas aller contre ce que tu es ». Un frisson d’horreur lui parcouru l’échine, laissant sur ses bras une chair de poule caractéristique.

Il en était ainsi, les dés entre eux étaient jetés. Condamnés à se poursuivre, à se chercher, à se tuer peut être … Telle l’Ombre et la Lumière, l’un ne pouvant exister sans l’autre, l’un n’étant rien sans l’autre, dilemme fragmenté et cruels duels qui se joueraient entre ces deux âmes en peine.
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Re: [Habitation] Manoir Arcadia

Message par : Evan, Mer 24 Mai - 15:58







Les mots peuvent être un rempart, une fortification qui repousse les vents les plus violents, les marées les plus agressives, qui offrent un cocon au confort inégalable, un havre de paix, quand ceux-ci, même en délicats murmures, gravent sur la peau des frissons aux frontières de l'Imaginable.

Ils peuvent être une étreinte, qui happe comme la houle, comme les automnes silencieux et rougeâtre, comme les printemps qui glacent encore les chairs à la lueur des bourgeons naissants. Comme une main qui en saisit une autre et qui dit, qu'à deux le chemin est plus simple, que les lumières s'allument là où elles n'avaient plus de vie.

Ils peuvent être un Chaos, laissés en douleur qui fend l'armure derrière laquelle l'on s'abrite, qui étouffe les cris que seule la nuit connait. Ils peuvent percer les cœurs les plus forts, les corps les plus robustes, ébranlés des joues creuses par des larmes tempétueuses.

Ils peuvent être Plénitude, quand ils s'accompagnent d'un sourire, de ceux qui relèvent l'homme à terre comme un bras tendu, de ceux qui forgent les soleils et sculptent les lunes dans un ciel à l'immensité insondable, palpable par sa richesse qui érode les yeux de larmes de sincérité.

Les mots peuvent être Tout, tout ce qu'un regard espère, tout ce qu'un esprit pense, tout qu'une émotion sent, tout ce qu'un sentiment expose. Tout quand les paroles gravent dans le ciel les nuages, dans les mers les vagues, dans les forêts les vents, et, sur un visage, un sourire, et, dans un regard, la lumière du phare qui le compose...

***
Elle me laisse, de sa voix douce toujours emprunte d'un tiraillement que je connais aussi, une phrase lourde de sens, qui résonne comme un char posé sur une plaine de coquelicots, comme une lame silencieuse sous un cou, comme une note de l'hiver prête à cueillir la peau.

Que voulait-elle dire ? Ma respiration se saccada, à l'orée d'imaginer l'existence même de ce qui pourrait suivre. Là où les remparts pouvaient s'effondre comme des grains emportés par le vent, là où l'étreinte pouvait s'effacer comme l'on tourne la page d'un livre et l'on en oublie la précédente, là où le Chaos pouvait exulter et brandir son étendard qui laisserait à son pied que des cendres, là où la Plénitude pouvait combattre et repousser les doutes avec la même fermeté qu'un navire fracasserait un océan et son hymne fou, là où Tout, pouvait s'écrire ou s'éclipser, pouvait illuminer ou assombrir, pouvait faire vivre ou mourir.

Je la regarde se redresser, photographiant de mes yeux tous ses gestes de peur qu'ils soient les derniers, et que je n'aie plus que des tableaux tristes de mes souvenirs pour la revoir après ce jour. Que seuls dans ma demeure, les murs, les lustres, les draps, pourraient encore crier sa présence, imbibés de son immortelle essence. Et mes loups, qui étaient venus sentir sa main blessée, je les imaginais, se demandant où elle était passée, elle, qu'ils semblaient avoir adopté bien avant son réveil.  

Et de nouveau se confondent, en un parfum que nul embrun de fleur ne saurait imité, ses yeux noisettes scintillants mêlés, à mes émeraudes ténébreuses. Les mots tombent alors comme des gouttes de pluie sur une terre défraichie, chacun dans un PLOC qui retentit, coupant un peu de chair sur leur réalité.

Le Crépuscule et l'Aube
Auror et Mangemort

Qui était qui ? Elle avait raison. Elle avait pour but de me poursuivre. J'avais pour but de la combattre. Pouvait-il y avait autre chose entre nous ? Et pourtant, j'y croyais, je l'espérais. Elle le petit renard et moi le loup. Je l'avais apprivoisée, et elle avait apaisé un peu de ce que j'étais.

Je laissais ma main gauche aller à la conquête de son visage, laissant une caresse comme la douceur d'un drap, un geste que j'aimerais qu'il repasse en boucle indéfiniment, et qu'elle soit là, à se reposer contre ma main. Je lui souriais, comme voyant l'aurore naître dans ses yeux, dans ses lèvres qui semblaient vouloir parler en un sourire, comme les nombreux que nous avions échangés.

- Oui... Ton métier est de me poursuivre... Et... techniquement... Je devrais te fuir ou te neutraliser.. Faire en sorte que tu ne repartes pas d'ici... Mais c'est impossible... Depuis que je t'ai revue, je sais... Qu'il y a quelques chose par delà les montagnes, derrière les blessures... Et j'ai cette envie qui me consume, que tu sois là dans ma vie, et pas ailleurs. Que tu ne sois pas loin de moi mais proche... Malgré ce qui nous différencie... Et jamais plus, je ne pourrais lever ma baguette contre toi... Et si je dois te protéger... Que je peux le faire... Je le ferais...

***

Les mots peuvent être inutiles, quand une main qui expire la douceur, quand un regard qui exprime la tendresse, quand un sourire qui exprime la compréhension, quand un cœur oublie un battement et s'accorde sur la symphonie de l'Autre, alors les mots sont nuls, juste des poussières volantes spectatrices de ce que les gestes disent, crient, enveloppant d'émotions décuplées l'être qui les reçoit.

Et je m'avançais légèrement, déposant mes lèvres sur celle de la belle, au souvenir d'un dîner, en promesse que tout irait, en caresse qu'elle serait protégée, en regard qu'elle serait aimée. Parce qu'au fond, peut-être qu'un baiser, était la seule parole, le seul mot, qui pouvait dire, penser, caresser, définir...
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