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[Habitation] La colline étoilée
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Azphel
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Mer 28 Déc - 9:37


T out aurait pu être différent pour Aya, Azphel le croyait. Si Mysie ne l'avait pas quittée si jeune, dans une redoutable atrocité, la sorcière n'aurait pas été là sur son canapé, figée dans un silence tremblotant, proche, il le devinait, de se laisser aller à un désarroi douloureux. Il avait essayé de l'aider, d'accompagner ses mots de gestes doux vers elle, mais c'était peut-être là son erreur, il aurait sûrement mieux fait de ne pas évoquer Mysie ?

Ce n'était pas pour la blesser.
Elle devrait l'affronter de toute façon, si dur que cela serait pour elle, Aya devrait faire face à cette mort et il lui fallait faire son deuil si elle souhaitait avancer. Je le sais, mais elle se brise au moindre mot...
- Oui, ça va passer, dit-il alors qu'elle le fuit inexorablement, laissant sentir l'évidence en lui : elle va craquer, s'effondrer ou faire quelque chose de stupide. Aya avait toujours témoigné d'une force de conviction indéfectible, mais face à ses émotions, elle perdait encore tous ses moyens. Il aurait pu faire plus, je dois faire plus, ouvrir sa gueule pour s'excuser, parler d'autre chose, calmer le jeu avant qu'elle n'implose, ne pas se contenter de lui mettre le petit chat en évidence, comme si la tendresse de l'animal allait tout arranger, retenir une colère que le mage noir lui-même ne pouvait pleinement apaiser.

Ses tremblements, ses frissons sur sa peau, ses gestes hésitants de jeune fille fragile.
Je reviens...
Trop tard. Raté. Moment brisé.

Quelques secondes, Azphel resta immobile sur le canapé, regarda le petit chaton qui paraissait tout désorienté et la bouteille de whisky qui risquait d'être rapidement ravagée après ce début de discussion. Ce n'était pas évident de parler de tout ça, de confronter Aya à ses douleurs, mais si elle ne le faisait pas... il avait peur de la voir sombrer, craquer un jour et pour en avoir fait l'expérience, il devinait que si cela arrivait ce serait par un acte motivé par une colère extrême... Elle foutrait tout en l'air. Tout ce pourquoi il cherchait à la protéger. Il ne pouvait pas se permettre ça, alors qu'il s'était promis de la préparer, de la protéger quoi qu'il lui en coûte.

- Aya ! hurla-t-il à travers le salon, se levant brusquement.
Il ne se rendit compte que durant sa foulée jusqu'à la porte d'entrée que son coeur battait la chamade et que ses mains tremblaient. Il resta immobile.
Bordel. Va te faire foutre.
La silhouette blanche de la sorcière n'était que l'ombre de la jeune fille de dix-huit ans qu'elle était. Elle balança quelque chose qu'elle avait dans les mains, qui émit un bruit de feraille en retombant. Il allait avancer vers elle quand il se rendit compte qu'elle avait sa baguette dans la main.
Confringo !
Un bruit d'explosion métallique éclata à l'extérieur. La chatte et Duchesse avaient sursauté et rappliquaient devant la porte, mais Azphel les empêcha de sortir avec un regard noir.

La sorcière s'était retournée vers lui, baignée dans le halo de lumière du porche et il s'avança vers elle calmement. Elle était immobile, tremblante, apeurée, et ne répondait qu'à la colère.
Le regard d'émeraude d'Azphel s'était quelque peu embué, triste de la voir ainsi, de l'avoir mise dans cet état. Lentement, sa main resserra celle de la sorcière qui tenait sa baguette, en une prise à la fois ferme et délicate.
- Ça va aller, dt-il. Ça va aller, d'accord ? De son autre main il remit en place une mèche de cheveux d'Aya avant de caresser sa joue d'un revers de la main affectueux et de la prendre dans ses bras.
Il la serra de toutes ses forces, comme un père aurait étreint son enfant, un frère aurait serré sa soeur comme au dernier jour...
- Ça va aller, je te le promets. Ce sera pas toujours comme ça, ça ira.
Fais plus. La flasque qu'elle venait de détruire n'était plus qu'un bout de métal déglingué fumant.
- Viens, on retourne à l'intérieur.

Les deux félins les regardèrent passer avec des yeux chargés d'incompréhension. Enki n'avait rien entendu de la scène mais dévisageait sa propriétaire avec suspicion. Le mage noir avait raccompagné Aya au canapé, son bras autour de ses épaules, et cherchait à la sonder du regard alors qu'elle disparaissait dans ses propres doutes. Il déglutit en admettant qu'il lui fallait lui laisser du temps.
- Je vais nous faire du café, je ramène ça tout de suite.
Il n'attendit ni réponse ni accord de sa part et partit à la cuisine, des remords dans l'âme. Une tasse lui échappa des mains alors que ses pensées remuaient les attitudes impulsives de la sorcière. Il poussa les débris de son pied et resta un moment les bras appuyés sur la table, le regard perdu vers l'extérieur à travers la fenêtre.

Trois minutes plus tard, il revenait dans le salon avec deux tasses fumantes et un regard qu'il voulait doux. Il les posa sur la table mais vida son verre de whisky en premier. Aya affichait un calme de circonstance, sûrement déçue de s'être emporté de la sorte. Il choisit de ne pas lui en tenir rigueur.
- Je suis désolé, je n'aurais pas dû parler de Mysie. Si j'avais su que ça te mènerait à ça, je me serais abstenu. C'est à partir de ton âge que j'ai commencé à accepter de mon côté, alors ça viendra, ne t'en fais pas. Pour ce qui est de la haine en toi, elle ne disparaîtra sûrement que lorsque tu auras fait ce que tu veux faire. Mais ça viendra.

La voix du mage noir était moins hésitante qu'auparavant. Il se voulait rassurant et confiant pour aider la sorcière. La gérer lui semblait bien compliqué sur le moment, mais il ne lui avait pas menti, il serait là pour elle, pour les souvenirs qu'elle lui rappelait de lui et tout ce qu'il sentait en elle.
- Il faudrait que l'on s'entraîne toi et moi, dit-il pour changer la conversation avant qu'Aya ne remue trop ses peines. J'ai vu que tu es apte à détruire une flasque sans rencontrer de résistance, mais j'aimerais te pousser un peu dans tes retranchements. Au niveau combat je parle. Je veux voir si tu es capable de contrer des attaques par surprise. Mais nous ferons ça plus tard, pas ce soir.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Dim 8 Jan - 5:57


Ça va aller
Ça va aller
Ça va aller

Les mots se répercutent dans le silence. Là, voix qui se veut rassurante. Elle voudrait dire dégage, mais.

Ça va aller, d'accord ? Donc, si c'est toi qui le dit, c'est que ça doit aller, c'est ça ?

La colère persiste, mais elle se tait. Ne pas lui balancer quelque chose à la face, et encore moins lui reprocher de l'avoir évoqué, Elle. Jusqu'à présent, elle n'a jamais réagi ainsi face à la disparition de Mysie et surtout face à quelqu'un. Elle, a lancé le sujet. Elle, a remué le passé avec ses questions sur Cyrielle. Il n'a fait que chercher à en savoir plus, à comprendre. Comme toujours.
Elle se laisse entraîner dans les bras rassurants qui l'étreignent. Ça va aller, je te le promets. Ce sera pas toujours comme ça, ça ira. Comment tu peux en être si sûr ? Il a bien vu, ce qu'elle vient de faire. Il a bien vu à quel point elle n'est même pas fo.utue de tenir une discussion à propos d'Elle. Et c'est pourtant Elle qui occupe toutes ses pensées, à l'instar de la vieille qui la laisse sombrer dans le __?__ , son propre cœur froid et morbide de ténèbres, au centre du ventre, là, le point sacramentel. Tout débute ici.
jouer à la grande alors qu'on est même pas capable de se contrôler

Viens, on retourne à l'intérieur.
Un œil à la flasque encore fumante de ses excès. Objet qui l'entraînait auparavant dans certains péchés, ou plutôt l'empêchait parfois de penser, tout simplement. Plus rien. Fini.
...
Une autre la remplacera.

A l'intérieur, Enki, son double intensément muet, la dévisage, enchaîné par sa nature même d'espion à son poste habituel. Elle sait ce qu'il pense, elle reconnaît ce scepticisme. Comme son propre jugement sur elle, son propre cynisme latent personnifié.
Garder silence et éviter au mieux de regarder Azphel. S'il te plaît, arrête d'essayer de me sonder, crient ses épaules d'où des milliers de piquets de glace percent, cachés par le voile qui dénature les illusions, là, toute la glace érigée de son monde imagé. Espère qu'il saura le ressentir. Pas par vilenie. Plutôt par furie sous pudeur.
Sans se faire prier, elle s'installe sur le canapé. L'écoute pas. Elle a juste compris café, ça suffira.

Pu.ain de bordel de m.rde. elle est d'un coup prise d'une honte glaciale. A même du mal à se remettre de son attitude. incontrôlable
Tu-n'es-pas-censée-être-aussi-fragile. Non. Ce n'est pas toi, alors qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Où est passé le silence, dans tes yeux ? Tu t'es entendue ?
Déchanté, j'ai déchanté, ça arrive à tout le monde.
Ne te laisse pas porter par tes instincts, par tes sentiments. Tu n'as tout simplement pas le droit.

Elle dégage Ira de sa vue, toujours fermement plantée entre ses doigts qui se sont cependant apaisés. T'es incontrôlable comme moi. Féroce-Ira, vociféra.
Ça craque. Non, écoute au loin, bruit d'une tasse qui se brise. Elle relève le menton, dérangée par les débris qu'on racle sur le sol. Qu'est-ce qu'il fait ?
Respire un bon coup et choppe son verre dont elle engloutit le reste d'un coup. Ressers-toi.
Non.
Si, ressers-toi. Elle s'obéit, encore un verre, ça ira mieux après, tu verras. Le goût est encore dans ta bouche, tu l'as oublié mais l'amertume perdure. Laisse l'éthanol prendre la relève.

Azphel revient rapidement, deux tasses en main alors qu'elle attend sur le canapé, verre vide entre ses griffes et regard perdu sur le cristallin.
La chaleur douce et l'odeur du café l'apaise, quelque chose de réconfortant au beau milieu du noir absolu. Elle avale une gorgée et déglutit difficilement, mélange de goûts douteux, mélange qui rend sa soif insatiable.
Je suis désolé, je n'aurais pas dû parler de Mysie. Si j'avais su que ça te mènerait à ça, je me serais abstenu. C'est à partir de ton âge que j'ai commencé à accepter de mon côté, alors ça viendra, ne t'en fais pas. Pour ce qui est de la haine en toi, elle ne disparaîtra sûrement que lorsque tu auras fait ce que tu veux faire. Mais ça viendra.

Ne sois pas ridicule, rétorque-t-elle calmement après un court silence. Tu n'as pas à t'excuser.
Hésitation masquée par une gorgée.
Je réagis seulement de plus en plus violemment à mes souvenirs. Mais je t'ai posé des questions sur Cyrielle, tu as naturellement évoqué Mysie. C'est juste parfois impossible de contrôler ses souvenirs. Voilà tout. Tu parles. Idiote.
Une autre gorgée lui coupe la voix.

Azphel, lui, n'a pas troqué son calme habituel contre l'inquiétude. Il n'hésite pas sur les mots, jamais. Il sait gérer. Les secrets, connivences, situations difficiles.
Il faudrait que l'on s'entraîne toi et moi, ajoute-t-il comme pour chasser la tension de la jeune sorcière qui a retrouvé son habituelle nonchalance. Elle lui jette un œil. C'est ce qui était prévu, oui. J'ai vu que tu es apte à détruire une flasque sans rencontrer de résistance, mais j'aimerais te pousser un peu dans tes retranchements. Au niveau combat je parle. Je veux voir si tu es capable de contrer des attaques par surprise. Mais nous ferons ça plus tard, pas ce soir.

Un sourire en coin. Elle jette un oeil à Ira. Ma nouvelle baguette semble prête à suivre mes colères. Et savourer l'agressivité et l'impulsivité.
Une bonne inspiration en somme, érigée de sa première baguette, premier instrument de ses choix et de sa haine qui lui avait jamais été donné.
Elle s'est donnée à elle. Signe. Et puis, un beau jour, la fidèle et première compagne n'est devenue que trop prévisible. Pas assez.
Ira, elle, semble réagir au quart de tour et à la colère d'Aya. Est-ce une bonne idée pour autant quand on veut tout contrôler ?

Aya finit par réaliser. Se souvenir de quelque chose. Sans s'excuser, elle finit sa tasse de café et disparaît quelques instants dans l'entrée, réapparaissant avec un morceau de tissu épais entre les mains.
Tu m'as dit qu'un moyen de communication nous serait peut-être utile. J'y ai aussi pensé. Tu as tes trucs à faire, j'aurai aussi les miens dans les prochains temps.
Elle débarrasse l'objet, ou plutôt les deux objets liés, du fin tissu. Une paire de Miroirs à Double Sens. Je ne sais pas s'ils nous seront vraiment d'utilité un jour. Mais j'aime savoir que je peux, et que tu peux toujours m'appeler en cas de besoin. On ne sait jamais, ne serait-ce que pour la Colline. Alors voilà. Celui-ci est pour toi.

Elle tend l'objet à Azphel et attrape sa tasse. Une gorgée qui lui réchauffe l’œsophage et lui fait plisser les paupières de contentement. Et puis là, s'avance le petit chaton, qui s'était perdu dans l'ombre. Elle attrape la bestiole d'une main, un sourire attendri aux lèvres de l'avoir vu débouler maladroitement, et la laisse se blottir contre elle, se disputer avec le tissu d'emballage qu'elle a oublié sur ses genoux.
Je partirai peut-être en Écosse. Une petite journée, ou moins. Je ne sais pas encore quand. Très prochainement certainement. Elle caresse la petite patte pâlotte du chaton, se demande bien comment elle pourrait l'appeler en observant la frimousse curieuse plantée sur son doigt. Il est temps de rompre définitivement avec l'idée que je suis une Lennox. Ses ténébreuses se posent ensuite sur Azphel, laissant toujours bambin-félin s'amuser avec ses doigts, les prendre dans la gueule comme de nouveaux jouets. Et j'aimerais que tu viennes. Je dois te présenter quelqu'un.
Ou plutôt, à quelqu'un.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Lun 9 Jan - 12:26


U ne distance presque feinte entre eux, comme si Azphel et Aya ne pouvait vraiment s'éloigner, sous la colère, sous la douleur. Ils se comprenaient, il la comprenait et il ressentait dans ses yeux noirs qu'elle le devinait elle aussi dans les moindres détails, juste parce qu'ils étaient faits pareil, du même tissu de noirceur, profond, indescriptible. Leurs regards parlaient souvent pour eux dans les silences imposés, mais c'était ce qui avait établi leur confiance et leur relation complexe depuis le jour de leur véritable rencontre, sur l'allée des embrumes. Aya ne s'échapperait plus, il sentait qu'elle avait ce besoin de lui, de la protection qu'il avait promis sans date de péremption. Lui-même ne s'imaginait pas une seconde rompre sa promesse et laisser la fragile sorcière de porcelaine s'échapper dans la nature. Il ne prendrait pas le risque de la perdre.
J'ai déjà perdu Cyrielle sans rien faire.

Le whisky bu plus tôt faisait effet et la tête d'Azphel dansait furieusement, ses pensées pourtant bien ordonnées depuis le coup de colère d'Aya. Il n'en avait pas peur, mais venait de prendre conscience qu'elle était dangereuse, que sa soif de vengeance était dangereuse, peut-être pour lui aussi. Et encore une fois, son attitude de gamine ne lui rappelait que trop bien le ressentiment qui l'avait harcelé à la sortie de Poudlard.
Aya était comme une ombre pour lui, pour le meilleure et pour le pire. C'était peut-être ce qui expliquait qu'il avait tout de suite été pris d'affection pour elle et qu'elle aussi s'était laissé aller aux confidences des yeux et des hésitations dans la parole.

Mais aujourd'hui tout changeait. C'était plus fort depuis qu'Aya avait fait son retour et savait où elle voulait aller. Il l'accompagnerait, toujours. Toujours. impossible de rompre une promesse adressée à une personne, surtout quand celle-ci risquait de finir brisée ou morte s'il ne la tenait pas. Il y avait en Aya une flamme de mage noir, une flamme qui brûlait et réchauffait Azphel également, comme si les débris de son passé, gisant derrière lui, avait été ramassés par la sorcière pour lui dire "viens, on fait un bout de chemin ensemble. Je savais pas où j'étais y a trois mois, mais maintenant on va là".

Le chaos était proche de revenir. Azphel le sentait. Qu'il s'agisse des démons de Tina, des siens, de ceux d'Aya, sa vie de normalité qu'il avait mis du temps à fabriquer était au bord d'un précipice.

Sur le canapé, il avait laissé la belle se murer dans le silence, laissant les explosions des flammes dans l'âtre de la cheminée bercer leurs pensées volages. Il ne but pas son café, son regard d'émeraude succombant à l'appel ambré de la bouteille de whisky restée sur la table. Il s'en but un vers cul-sec, appréciant l'agression du liquide qui coulait dans sa trachée. Voilà à quoi tu dois te préparer.
Quelques mots pour elle, réconfortants, la réorientant dans leur direction commune, son entraînement, sa promesse de lui enseigner tout ce qu'elle voudrait, dans le secret ; et les onyx de la sorcière retrouvèrent un éclat souriant, logées dans les émeraudes d'Azphel.

- Ma nouvelle baguette semble prête à suivre mes colères. Et savourer l'agressivité et l'impulsivité.
- Tant mieux. Pensées échappées, alcoolisées, geste vers la bouteille pour se resservir. Une baguette fidèle et rapide d'exécution, c'est toujours un atout, quelque soit ce que l'on en fait.

Aya resta pensive avant de se lever d'un bond, ce qui eut pour effet de braquer Azphel. Il crut qu'elle allait récupérer la flasque laissée dehors, détruite, mais elle s'arrêta dans l'entrée du manoir, chercha quelque chose dans ses affaires avant de revenir avec un bout de tissu entre les mains.
- Tu m'as dit qu'un moyen de communication nous serait peut-être utile. J'y ai aussi pensé. Tu as tes trucs à faire, j'aurai aussi les miens dans les prochains temps. Déballant ce qu'elle avait été chercher, Azphel reconnut tout de suite une paire de miroirs à double sens. Je ne sais pas s'ils nous seront vraiment d'utilité un jour. Mais j'aime savoir que je peux, et que tu peux toujours m'appeler en cas de besoin. On ne sait jamais, ne serait-ce que pour la Colline. Alors voilà. Celui-ci est pour toi.
Il la regarda un moment avec une forme de tendresse dans le regard, surpris mais content de voir que leurs pensées se rejoignaient sur de nombreux points.
- Merci, dit il en tournant entre ses doigts le précieux objet. Je pensais nous acheter quelque chose pour communiquer en cas de besoin, c'est parfait. N'hésite jamais à m'appeler, ne reste pas dans le secret, je serai là pour toi. Pensées dites tel un renouvellement de son engagement envers elle.

Le miroir sonna comme un apaisement de l'ambiance un peu pesante qui régnait depuis le coup de sang d'Aya. Elle avait retrouvé son calme et Azphel s'efforçait de mettre de côté ses craintes au profit de pensées positives. La chatte blanche était revenue en minaudant et Aya s'en était emparé alors qu'Azphel se resservait un whisky, en proposant également à la sorcière dans un regard compris. Elle acquiesça et s'occupa à jouer avec le chaton, qui trouvait visiblement dans les longs doigts fins de la sorcière un plaisir certain, et un instant, Azphel envia le bonheur et l'innocence de la petit chatte. Tellement loin du bordel qu'était sa vie.

Je partirai peut-être en Écosse. Une petite journée, ou moins. Je ne sais pas encore quand. Très prochainement certainement. Il est temps de rompre définitivement avec l'idée que je suis une Lennox. Et j'aimerais que tu viennes. Je dois te présenter quelqu'un, dit-elle en relevant les yeux vers lui.
Gorgée, gorgées, de whisky avalées. Émeraudes apaisées dans le regard de la sorcière qui avait retrouvé son calme et les idées claires.

- Bien sûr. C'est normal. Je serai-là, essaye juste de me prévenir un ou deux jours à l'avance, mais je viendrais avec toi. Je suis curieux de voir, de ressentir dans les personnes que tu vas me présenter, l'animosité et le détachement. Je me demande si j'y retrouverais la même noirceur que j'ai vu dans mes parents, y a longtemps...
Il releva les yeux, verre déjà évaporé. Un sourire sur les lèvres. Un autre qui lui disait qu'il serait toujours là.
Il réfléchit un instant, une seconde d'hésitation durant laquelle son bras rompu au rituel le resservit en whisky, avant de dire à Aya :

- J'aurais besoin de toi aussi. Une journée, peut-être plus. Ça peut encore attendre, je n'ai pas toutes les informations nécessaires au sujet de la personne que je cherche, mais je dois aussi informer quelqu'un que je n'ai jamais été un Lamar. Tu pourras refuser, ce n'est pas ton fardeau et je comprendrais que tu aies autre chose à faire le moment venu. Mais ça peut-être une bonne occasion de tester les capacités de ta baguette. Et je ne serais pas étonné qu'il y ait des similitudes entre la personne que tu souhaites que je connaisse et celle que je recherche.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Mar 10 Jan - 9:11


empressée, c'est un peu à chier, désolée

Risquer quoi risquer de crever ? plus seule, elle n'est plus vraiment seule maintenant.

Qu'est-ce qu'on s'en fout après tout,
des répercussions,
des blessures,
d'une folie indépendante d'elle qui va peut-être la tuer.

Au final, elle s'en fout peut-être de mourir. Peut-être que la haine, les représailles prêtes à imploser juste là, sous sa peau, l'empêchent de s'inquiéter de sa propre mort.

Confiance, faire confiance à quelqu'un d'autre.
Jamais eu l'idée. Pour quoi faire ?
La dernière confiance qu'elle a offerte est dans un corps abandonné six pieds sous terre
corps foutu foutu là par les siens foutus
C'en est fini d'elle, c'est fini tout ça.
Page qui se tourne.

Cracher sur L-e-n-n-o-x ;
elle ne veut tout simplement plus être assimilée à ça.
Chaque lettre du nom qu'elle roule entre ses dents, mordre déchiqueter,
laissez-moi rire mais à ce qu'il paraît
je suis une Lennox
Lénoxe, Lainoxe, Ai-ya Lénoks.

Quitte à pourrir ton sang, Moira, rouler le r, je roule les r,
laisse-moi le faire couler sur tes si beaux tapis d'orient.

Cause it don't mean all that much, does it?
But we never really had a choice
No, it don't mean all that much to us
But we never really had a choice
We're conscience killers

I'm a red-blooded sickness
There was no way around it
I'm a fine line teaser
Never been nothing but a cheater
I'm a son of the night
Give a little room and I'll spit in your eye


Une gorgée de feu, whisky, comme goût de chantilly. N'importe quoi.
Boire dans le verre comme dans la coupe presque ras-bords mais infiniment vide du Léthé.
C'est bien marrant, d'être prise du vertige du doute et d'un coup de ne plus en avoir aucun. Se relever, observer tout autour de soi et se rendre compte que non, non en fait tout va bien. Jamais sentie aussi soi-même.
Qu'est-ce qui se cache dans mes veines ? Du poison ?

Les liens autour des poignets qui se défont face à la sauvagerie. Elle veut, désire ce féroce sentiment de brutalité et de mort qu'elle peut, va donner.
Mais non, attendez, taisez-vous.

I'm nails
Elle regarde Azphel de ses mirettes sombres, verre en main, chaton coulissant sous ses doigts, affectueuse petite bestiole pleine d'attention. Innocente créature blanche. Erf.
I'm a knife
A lui, lui, elle lui fait confiance à lui.
I'm a preacher with a gun
Elle sait qu'il et qu'elle ne l-a-e trahira pas. Pourquoi chercher les raisons des liens indéfectibles d'une amitié naturelle, qu'importe, de cette familiarité tout simplement conquise en deux battements de cils.
I'm a one woman lie
Il lui rappelle intérieurement Mysie, tout en étant infiniment différent d'elle.
I'm a queen
Toujours fascinée par les gens qui la voient elle, là, loin derrière le fard. Lui, il l'a reconnue Allée des Embrumes, s'est intéressé à elle alors qu'elle a jusqu'ici traversé la vie bras tendus devant elle, cherchant à tout prix la nuit dans les Ténèbres. Personne ne l'a jamais guidée. Personne à part lui aujourd'hui. Parce qu'ils sont quelque part pareils.
I'm a ruse
Il lui propose un autre verre, elle hoche la tête. Non, veines pas pleines de poison ce soir. Pleines, offertes à l'ambre et au renouveau.
I'm born again with no life to lose

Il sait qu'elle l'aidera toujours. C'est, et ce sera toujours comme ça.
Dans un hochement de tête et une nouvelle et non pas dernière gorgée de whisky,
comme une poignée de main,
signer le pacte et retrouver les passés involontairement liés.


| Fin du RP. |
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Ven 17 Fév - 9:01


PV Aya Lennox
L.A accordés

L'Adieu aux étoiles


U n vent étrange soufflait sur la Colline Étoilée ce jour-là. Ou peut-être que c’était simplement Azphel qui le percevait ainsi. Près de neuf mois maintenant que Aya hantait le manoir de sa présence, une personnalisation, personnification presque, de l’espace qui prenait fin en ce jour morne, pas spécialement moche en soi, mais la caresse fraiche du vent avait quelque chose de délétère, un goût d’au revoir dérangeant. Azphel s’était autant habitué à venir voir la sorcière régulièrement, à retrouver Eris et même Enki, qui avait fini par avoir quelques salutations de sa part - chose exceptionnelle pour une tête réduite - que Aya s’était habituée à lui, à la Colline qui lui avait tant apporté et à Duchesse, qui avait grandi avec elle.

Même si la panthère noire avait passé les trois derniers mois en voyages entre Poudlard et la Colline, elle s’était attachée à Aya et lui obéissait au doigt et à l’oeil. Azphel ne savait pas qui, de la panthère ou la sorcière, souffrirait le plus de cet adieu. Le mage noir pénétra dans son manoir qui était imprégné d’une saveur d’abandon. Des cartons faits magiquement attendaient dans le salon et Azphel offrit aux bras d’Aya un sourire un peu forcé. Ils s’accueillirent dans une étreinte qui dura de longues secondes, sans qu’ils aient besoin de mots, avant que Duchesse ne s’excite trop autour de son maitre et n’attire son attention.
- Oui, moi aussi je suis content de te voir, lâcha-t-il en se baissant pour accueillir le félin robuste. Tu as déjà tout préparé à ce que je vois ? dit-il à Aya sur le ton de l’évidence, se relevant après un instant.

Les cartons emplissaient tout l’espace du salon qui avait vu maints éclats de rire au fil des mois, et les deux sorciers revenir dans des états pitoyables, que ce soit après la torture que James avait infligé à Aya ou le Sectumsempra qu’elle avait subi de sa grand-mère… Enki n’était plus sur la cheminée et Azphel en ressentit un pincement au coeur, non sans cesser de sourire.
Le manoir ne lui plaisait plus depuis longtemps. Avant qu’il ne le confie à Aya, il avait eu dans l’idée de l’abandonner. Et pourtant elle avait su lui redonner de la vie et de l’importance pour Azphel, mais après aujourd’hui, il lui serait difficile de lui trouver un quelconque intérêt. Les jours suivants seraient irrémédiablement partagés entre The God’s Appetite et Poudlard, tandis qu’Aya entamerait les étapes suivantes de sa vie et de sa quête vis-à-vis de Moira.

Ils resteraient en contact via les miroirs à double sens et les deux savaient qu’ils pourraient toujours, en toutes circonstances, compter l’un sur l’autre. La promesse d’Azphel ne s’arrêtait pas à ce départ et il savait la sorcière prête à l’aider en retour, n’importe quand, pour tout. Il était né de leur complicité et leurs escapades un lien très fort et l’amour qu’Azphel avait pour Aya était comparable à celui qu’il avait toujours eu envers sa soeur : une personne indispensable pour qui il ferait tout. Elle ne quitterait pas sa vie, ils avaient l’un pour l’autre une importance au-delà des mots. En revanche, la colline Étoilée risquait de devenir un vieux repère de loup-garou instable et délaissé. Il finirait peut-être par la vendre.

Azphel marchait au milieu des cartons, les effleurants du bout des doigts, se rappelant tout ce qu’il avait partagé avec la sorcière, depuis leur rencontre hasardeuse sur l’allée des embrumes, à leur apprentissage des bonnes manières pour Duchesse, leurs échanges de cadeaux, leurs discussions interminables sur la magie noire, sur leur famille, jusqu’aux escapades chaotiques en France et en Écosse, au détour d’une agréable bataille de boules de neige, ou encore de multiples bouteilles d’alcools vidées. Ils n’avaient l’un pour l’autre aucun secret. Le regard émeraude du mage noir vira sur les murs du salon, qui n’avait jamais paru aussi mort qu’en ce jour, avant de retomber sur les ténébreuses d’Aya. Il retrouva son sourire de façade qui masquait son désenchantement. Il pointa avec son pouce la cuisine qui se trouvait dans son dos :
- Un dernier café avant de partir ?

Le café. Ça aussi, ça faisait partie de leurs innombrables souvenirs. Combien en avaient-ils bu ensemble ? Il aurait été bien incapable de le dire, mais il ne se rappelait pas qu’Aya en ait refusé un une seule fois. Il partit dans la cuisine, étonnamment bien rangée, d’un impeccable qui frisait le ridicule. Il souffla devant ce spectacle de maison abandonnée pour les vacances et fit virevolter deux tasses et une bouilloire, avec sa baguette magique. Après quelques minutes à regarder à travers la fenêtre, sa cour qu’ils avaient remis en état avec la sorcière et le terrain et l’enclos préparés pour Duchesse, il regagna le salon, deux tasses de café brulant flottant à côté de lui.

Il affichait toujours son sourire, mais il connaissait trop bien Aya, et elle le connaissait trop bien, pour qu’elle ne soit dupe. La Colline ne serait plus rien sans elle, elle perdait toute son importance. Elle ne serait plus rien sans les gambades folles de Duchesse dans le jardin, les miaulements quémandeurs de Eris ou même l’affreuse tête réduite plantée sur la cheminée. Aya emmenait la personnalité de cette demeure avec elle, et Azphel se demandait si elle en avait conscience. Il fit virevolter la tasse de café jusqu’aux longs doigts de la sorcière et alla, peut-être pour la dernière fois, s’asseoir dans le canapé au milieu du salon.
- Je me demande combien de secrets vont rester ici…

Duchesse reniflait les cartons mais n’avait pas l’attitude joueuse qu’elle avait habituellement. Et elle avait dû sentir, dans la préparation de Aya autant que dans le comportement de son maitre que quelque chose se passait aujourd’hui, et que son quotidien à elle allait changer, perdre une présence indispensable. Il faudrait qu’Azphel amène la noiraude de Poudlard à la nouvelle demeure de la sorcière, de temps en temps, mais il savait d’avance que ces instants seraient beaucoup plus rares et que les deux félines allaient irrémédiablement se manquer l’une à l’autre. Vu l’intelligence de l’animal, il était certain que Duchesse ne cesserait jamais d’obéir à la sorcière, elle avait été beaucoup trop présente au quotidien pour cela. C’est peut-être l’animal au final, qui souffrirait le plus. C’était même évident.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Jeu 23 Fév - 11:25


qui c'est qu'a dit "àlabourre" ?

Un,
deux,
trois,
quatre,
cinq,
six,
sept.
Sept cartons.

C'est bien triste à dire mais seulement sept cartons résument sa vie. Quoique sa vie d'avant.
Faciles à remplir.
Le plus difficile en réalité, c'est de flâner dans les pièces meublées mais vidées de son empreinte.
Y a plus de vêtements qui traînent, de coucougnoux qui jonchent les meubles, de piles de livres ouverts et surtout pas refermés dans chaque coin de pièce. Enki, il a filé de la cheminée, plutôt contrarié, pour finir empaqueté avec tout le reste de ses débris. Les miettes d'elle.
Débris de moi débris du peu que j'suis débris de tout.
La poussière sous mes ongles, le cambouis sous mes yeux quand j'ai trop fait semblant de pleurer
histoire de me persuader que.
Que rien en fait.

Azphel a pourtant été très clair, dès le départ. Aya pouvait profiter de la Colline le temps qu'il lui faudrait. Aucune limite imposée, aucune contrainte de temps. Le Loup n'habitait plus la Colline depuis perpète, elle seule l'aurait entretenue. Aurait insufflé un peu de vie, mortifère, oui, dans cette tanière abandonnée.
A partir d'aujourd'hui, de ce soir, dès la nuit tombée, seules les étoiles occuperont tout ce mimesis d'habitation.

Lypémane improvisée, appuyée contre un mur, elle garde entre les doigts une cigarette qu'elle ne fume pas. Un échantillon de cendres tombe au sol, bientôt dérangé par la patte d'une apprentie féline qui a bien grandi et qui recherche de l'affection.
Il va bientôt arriver. Va t'occuper ailleurs. C'est pas le moment.
Un vague mouvement de genou, dans le vide, pour faire fuir une Eris vexée.

Enki lui a reproché ce départ, estimant que la Colline était une opportunité, un avantage certain.
Elle, campait sur ses positions : ce n'est pas chez moi.
L'annoncer à Azphel, c'était un pincement au cœur. Un deuxième avait suivi lorsque le visage du mage s'était éveillé dans un sourire de façade. Elle savait ce qu'il pensait. Elle savait qu'il souriait pas vraiment.

Aussi, lorsque Loup se pointe, c'est la dégringolade.
La chute libre.
Bien sûr qu'elle a mal. Ici, on me voulait. J'ai été invitée, pas imposée.
Aya lui tend les bras, cigarette disparue dans le néant. Il lui offre la même mimique des lèvres qu'à l'annonce de son départ, mais les émeraudes d'habitude si vives sont off, l'étreinte dure mais elle a un goût amère, pas ce petit goût fier de retrouvailles.
Duchesse vient le taquiner de la patte, réclamer son du d'affection le temps d'une visite.
Sauf que c'est avec lui que tu repartiras, ma biche.
Je n'avais pas grand chose à emballer. Et pas envie de penser au départ.
Et c'est vrai. Elle n'a pas ramené grand chose. A son arrivée, tout tenait dans son sac ensorcelé. Mais avec le temps, on entasse forcément. Du coup, les cartons ont fini par être nécessaires. Surtout pour la forme en fait.

Elle part s'occuper. Enfin, stagne, plutôt. Et ça ne lui ressemble pas. Elle perdure dans sa propre part de doutes, d'absence puis d'apparition de sentiments, contradictoires. Elle ne veut pas montrer que ça la chagrine, Azphel non plus. Elle n'est pas dupe pourtant, elle le connaît. Elle voit bien que les cartons le démangent. Que ça le démange tout court. Ses doigts qui effleurent son bordel ne lui échappent pas.
Et puis elle rallume une nouvelle clope parce que les sourires tristes ne servent plus à rien. Elle ne veut pas le leurrer, lui il tente mais ça ne prend pas. Et au lieu de faire semblant d'y croire, elle ignore ses sourires. Du moins, cet ignoble sourire forcé qu'elle n'aime pas. Arrête de faire semblant.

Volontiers.
Par réflexe, elle a failli filer à la cuisine s'en charger. Mais il y va. Maître des lieux. C'est toi.
Du coup, elle reste plantée là à regarder son dos qui en fait n'est déjà plus là. Triste affaire qu'un départ prémédité. Ils le savaient tous les deux, que rien n'est éternel et surtout pas son rôle de squatteuse. Il le fallait. Partir, pour donner un sens au geste d'Azphel. Celui de l'avoir aidé et de lui avoir tendu la main au bon moment. Merci, au fait, hein...

Les secondes défilent, et il revient, armé d'un café bien mérité. Entre ses longs doigts, la tasse s'imprime. Elle le remercie d'un coup d’œil qu'il connaît, qu'il devine, clope entre les doigts et porcelaine apportée aux lèvres.
Duchesse se faufile entre les cartons, renifle, curieuse, et un sourire contrit élargi les lèvres de la blonde qui se baisse. Un regard, un geste pour l'attirer et la noiraude s'approche, offre à la sorcière une étreinte maladroite et aveugle.
Tous ces secrets, Az. Ils appartiennent à la Colline. Les ténébreuses retournent aux émeraudes alors qu'elle gratte la tête de Duchesse, attendrie, en posant sa tasse par terre pour éviter un accident inutile. Ils y resteront.

C'est comme ça, ça le restera. Souvenirs décalqués sur tous les murs de toutes les pièces. Effluves d'éthanol, de café noir tout comme les miasmes éloquents de leurs soupirs et de leurs rires. La Colline gardera peut-être cette empreinte mais elle aussi. Lui aussi. Tout deux acteurs de ce f.utu mélodrame sans fin.
Vient le moment fatidique. Il est temps d'y aller, je suppose... La panthère a quitté la jeune femme pour retrouver le genou de son Maître, quémandant cajoleries sur cajoleries. Le déménagement ne durera pas. Il suffira de quelques allers-retours pour transporter les cartons allégés.
Et dire adieu.
A chaque fois avec cet intime sentiment de déchirure intérieure.
Celui de quitter, à chaque fois, non pas seulement la Colline mais aussi une part d'Elle.

Tant attendue, et enfin retrouvée dans cette main qu'elle enlace, tout simplement, après un geste vers lui.
Toujours, chuchote-t-elle autant pour elle que pour lui, alors que dans un Crac sonore, ils transplanent.


| Fin du RP ici, suite à Dust & Spite |
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Mer 12 Avr - 9:11


L.A accordés


PV Aya Lennox


Retour vers l'inconnu


- Aya ?
Quelques secondes plus tard, le doux visage de la sorcière était apparu dans le miroir à double sens, une esquisse de sourire sur ses lèvres innocentes accompagnant la luminosité de son regard.
- Hey Az ! s’était-elle exclamée sans rien ajouter, le visage délicatement encadré par ses mèches blondes.
- Je voulais juste te voir pour demain… J’ai à faire cette après-midi, je vais peut-être rentrer assez tard chez moi. Du coup je pense que c’est pas la peine que tu viennes avant la fin de matinée. Onze heures ? Je pense que ce sera parfait. On mangera ensemble avant de parler de choses plus sérieuses, si ça te va.
La sorcière approuva d’un hochement de tête enfantin.
- Là où demeureront nos secrets ?
Azphel afficha un sourire grand jusqu’aux oreilles.
- Là où les ombres noire et blanche s’éclairent.
Leur bref échange s’était arrêté là.
Ils avaient toujours employé divers noms pour La Colline, véritable bastion de leurs noirs desseins, refuge de deux volontés en quête de vengeance.

Azphel avait soigneusement rangé son miroir avant de transplaner.




À portée. La peur qui sommeillait maintenant en lui était palpable.
Quelques jours seulement après la transition de la Colline Étoilée vers Dust & Spite pour Aya, ils remettaient leurs chemins en accord vers une direction commune.
Le manoir du mage noir avait changé, vidé comme avant l’arrivée de la sorcière dans son écrin. Les murs ne transpiraient plus que l’odeur du vieux loup et des ténèbres qui avaient frappé ici à de multiples reprises. De la lycanthropie sanguinaire d’Azphel au chaos mis par l’ancien Seigneur des Ténèbres, le retour des morts de Lily Gordon…  Sur la propriété du mage noir pesait une ombre qui lui échappait depuis toujours. Aya en avait été un obscur éclaircissement. Mais les lumières s’échappaient de nouveaux désormais, aussi sûr que les éclats de joie perçus dans les yeux d'Azphel s’éteignaient de ses émeraudes vivaces, pour ne laisser de visibles que ses noires prunelles.
Duchesse dormait paisiblement à Poudlard, dans la cabane du garde chasse. Les moments d’innocence d’animaux attachants étaient terminés. Il ne restait qu’Aya sur la route des Lennox et Azphel à la poursuite des Lamar ici. Dans l’Ombre. Et les choix.

Deux combats très différents, mais reliés par leur envie d’aider l’autre, de poursuivre leur vendetta personnelle main dans la main. Pourtant, certaines pensées du mage noir se détournaient du chemin initial qu’il avait emprunté avec la jeune sorcière.
C’est pour la protéger que je fais ça… se répétait-il sans cesse depuis quelques jours, pour se convaincre de ses bons sentiments. Oui, mais que va-t-elle penser ?
Il coupait en général sa discussion avec lui-même ici, par peur d’exprimer la réponse qu’il entendait crier au fond de lui. Le visage déconfit d’Aya qui se formait dans sa tête suffisait à l’arrêter.

La route de la sorcière était complètement bouchée par Moira. Une femme perfide, expérimentée et sans états-d’ame. Une personne qu’Azphel ne se sentait pas combattre et qui pourrait tuer Aya sans trop de difficulté et encore moins de regrets. Il pouvait lui enseigner ce qu’il voulait en matière de défense, la vieille serait toujours plus forte que la gamine, un Grand Méchant Loup n’y changerait rien. Alors il avait choisi, trouvé la trace du père de la sorcière et avait pris le risque de le contacter, sans lui en parler.
Un temps, pour éviter d’avoir des remords, il avait souhaité ne pas obtenir de réponse de la part de cet homme énigmatique, mais un hibou Grand Duc était finalement venu le trouver.  Gavin Lennox lui avait répondu deux jours plus tôt et Azphel était revenu tardivement, la veille au soir, d’une entrevue avec lui, et son avis à son sujet était plus que mitigé.

En lui-même l’homme ressemblait beaucoup à Azphel, peut-être trop pour qu’il ne lui accorde sa pleine confiance. Un sorcier sûr de lui qui dégageait de la prestance et un naturel tranquille surement trompeur. Mais il possédait en sus le même visage indéchiffrable et scrutateur que tous les Lennox et Azphel était suffisamment bien placé pour savoir qu’il devait se méfier de cette capacité à dissimuler à autrui le fond de ses pensées. Les éclats de colère impulsifs d’Aya et la dextérité de sa grand-mère avait suffi à le convaincre que la famille des Lennox était tout sauf une généalogie d’empotés. Cependant, l’attachement que Gavin avait envers sa fille, s’il ne s’était clairement exprimé dans sa lettre, était manifeste au vu des multiples hésitations qu’il avait eu en face du mage noir, Azphel lui exposant le récit des retrouvailles entre sa fille et sa mère, lui parlant des coups de colère de sa progéniture et de sa tendance à se rapprocher de la mort, en particulier de la sienne.

Gavin était longuement resté imperturbable, mais Azphel avait décelé dans la profondeur de son regard quelques soubresauts de peur lorsqu’il lui avait appris qu’elle avait été torturée au Doloris ou qu’il ne l’avait sauvée que de justesse de la mort, après qu'elle ait été frappée par sa grand-mère.
L’homme n’avait que peu parlé mais avait consenti à voir Aya, pour son bien. Peut-être la conseillerait-il d’abandonner sa quête de vengeance, peut-être l’informerait-il sur les déplacements de la Moire… C’était peu important pour Azphel au final, l’intervention de son père serait un risque de moins encouru par Aya, il en était convaincu.



L a belle n’aimerait pas la prise d’initiative de Azphel, son intrusion dans sa vie de cette manière, il le pressentait. Aya décidait ce qu’elle faisait de sa vie ou en racontait, c’était comme ça et jamais autrement. Malgré leurs multiples aventures, le mage noir devait se contenter d’être une aide, jamais en arriver à une prise de décision concernant les Lennox.
Azphel laisserait leur journée s’écouler normalement, et ne lui évoquerait l’aide promise par Gavin qu’avant le départ d’Aya. La plus grande peur du sorcier était de voir la déception déformer le rayonnement du visage de la sorcière, mais il avait fait son choix depuis longtemps. Quelle que soit sa réaction, il espérait qu’Aya accepterait l’aide offerte par son géniteur et comprendrait le sens de sa démarche...
Il la savait pourtant capable d’envoyer chier son père et lui par la même occasion s’il la vexait, mais ce risque là valait la peine d’être pris. Ramener la sorcière de la frontière avec la mort lui avait suffi. Devoir laisser une cicatrice sur son abdomen en guise de réparation l'avait ébranlé.
Si lui s’amusait librement à faire des va-et-vient avec le danger dans sa propre vie, il ne tolérait plus qu’Aya le fasse. Elle n’avait pas le choix, c’était lui qui lui servait de guide, elle avait accepté jusqu’ici, elle continuerait. De quel droit ?


Le soleil éclairait la terrasse de La Colline Étoilée d’une lumière aveuglante et Azphel fut obligé de mettre sa main en visière pour pouvoir observer la capitale anglaise au lointain, sur laquelle il avait pleine vue depuis son manoir, en un brouhaha visuel de formes grisâtres. Le printemps était parfaitement installé et s’il ne faisait encore réellement chaud l’on pouvait deviner que la journée serait rapidement gorgée d’un soleil plombant. Les pièces du manoir demeuraient meublées mais vidées de toute forme de vie ou d’appartenance et la douceur extérieure entrait en contraste avec l’odeur poussiéreuse du renfermé de la demeure.

Le sous-sol sentait l’abandon depuis longtemps, Azphel en avait même retiré son ancien bâton de combat qu’il y avait longtemps gardé. Les cages qui avaient subi sa lycanthropie étaient rabattues sur le côté et la pièce faisait davantage penser à un caveau qu’à autre chose. C’était là qu’il avait amené Aya la première fois, pour voir si elle était capable du pire ; la pièce de laquelle elle s’était enfuie pour ne reparaître qu’un an plus tard dans la vie du sorcier. Du coup, il conservait des incertitudes quant à ses motivations. Sur sa colère, sa soif de vengeance, il n’avait de doute ; mais est-ce qu’elle était prête à commettre le dernier geste ?
Il ne prendrait pas le risque de connaître la réponse aujourd’hui. Elle s’était dérobée la première fois et il ne souhaitait pas lui rappeler cela, alors que depuis qu’elle était revenue, leur relation avait basculé dans la complicité.

Aya arriva sur les coups de dix heures trente, ponctuelle, et un sourire étincelant illumina le visage du sorcier quand les protections en place autour du manoir l’avertirent de son arrivée. Il ouvrit la porte à la sorcière et resta sur le perron alors qu’elle s’avançait d’une démarche gracile dans l’allée, le visage lumineux, dans une robe d’été noire, fine et légère, qui mettait sa féminité en valeur. Berlioz tenait entre ses mains, très calme.
- Je préfère être à l’heure qu’en retard, dit-elle en arrivant à sa hauteur avant de lui offrir une accolade affectueuse et un unique baiser sur la joue.
- C’est parfait, je suis arrivé plus tôt que je l’avais prévu moi aussi.

Ils refermèrent la porte derrière eux et traversèrent le grand salon pour rejoindre la terrasse. Sur la table attendait déjà un plateau avec thé, café, gâteaux et porcelaine et ils s’assirent côte à côte, regardant le Londres moldu qui s’étendait dans le lointain. Ils échangèrent un regard sans ciller et un même sourire amusé étira leurs lèvres. C’était la première fois depuis qu’ils se connaissaient qu’une semaine s’était écoulée sans qu’ils ne se voient et Azphel ressentait une satisfaction toute particulière de retrouver celle qui était sa protégée.
- Ça se passe comment tes premiers jours à Dust & Spite ? lui demanda-t-il alors qu’il leur servait deux cafés, Berlioz vagabondant sur la terrasse entre leurs pieds
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Mar 18 Avr - 9:18


Retour vers l'inconnu
ils me laissaient deviner, tous autour de moi,
qu'à chaque battement de cils, chaque plongée dans le noir,
ils reviendraient, laisseraient toujours
leur marque sur moi.


Précipitation d'une semaine intense, rythmée d'un lent déballage de cartons et d'une redécouverte curieuse des lieux. Certitude que cet ici c'est enfin un chez-soi.
Elle avait déplacé tous les meubles du salon, pis les avait finalement remis à l'initiale. Perfectionnisme ambigu de savoir que lorsqu'on viendrait ici, si l'on s'y prenait, on saurait que c'est chez elle.

Retrouver le visage d'Azphel par le biais des miroirs raviva une flamme, celle des certitudes ; puisque ouais, il était toujours là, quelque part, même des semaines après. Impressionnante tendance à laisser filer le temps pour finir par le rattraper.
Et si quelqu'un le laissait vraiment filer, un jour, où qu'il irait ? Il continuerait...

toujours fidèle au poste.
Rendez-vous fixé, au sein du sépulcre de leurs secrets ; elle se retrouva sur les routes de la ville, fraîche comme une fleur, dès la fin de la matinée. Eris dormait encore dans ses couvertures éparses et Berlioz avait sauté sur l'occasion pour pointer son museau, alors qu'elle ouvrait la porte d'entrée pour filer. A jamais compagnon de ses virées.

Bénédiction de l'air frais, du printemps qui suintait de toutes les briques, de tous les murs. L'Allée des Embrumes gardait de son charme, le Chemin de Traverse fourmillait de vie, dégagez, devantures ouvertes en propagation d'idées, venez débourser mes petits.
Elle n'avait pas pensé à sa famille depuis une bonne semaine et s'était même surprise à trouver du bon temps sur sa terrasse, nez dans un livre de sa collection ou dans un verre bien mérité. Ses allers-retours entre l'Occamy et Dust & Spite étaient irréguliers, gérer l'établissement revenant plutôt à gérer les deux stagiaires et leurs hormones incandescentes. Il demeurait que la chance était de son côté depuis qu'elle y avait trouvé ses marques. Et dans tous les cas, il y avait Alhena.
Parler de sa vie personnelle au mage ne lui était pas difficile, mais elle préférait garder ce pan de sa vie secret, comme un écho à cette promesse tacite, gérée par les deux femmes.

Mais là, au beau milieu de la foule, et même en la quittant, passages secrets empruntés lors de son ascension à la Colline, l'évidence même revint la frapper en pleine gueule.
On en parlerait aujourd'hui, et elle n'avait toujours pas digéré la nouvelle.
L'union de son père avec la Franzoni était à ses yeux une belle blague, blague surtout destinée à satisfaire la mère-grand et assurer aux yeux de tous qu'un gars comme Gavin Lennox pouvait retrouver quelqu'un, quelqu'un dont le sang en valait la peine.
Qu'un marmot naisse de cette union était la chose la plus tordue qui soit.
Le môme serait choyé au beau milieu d'une famille qui ne s'aime pas. Le môme serait couvert de tout l'amour du monde, amour généré par un bel échantillon de monstruosité.
Le mieux pour lui serait qu'il ne naisse pas.

Dans tous les cas, le sentiment d'Aya n'était que trop intéressé. Le gamin aurait de la valeur, la Franzoni en avait actuellement. Les deux seraient de beaux joyaux à sa future collection de vies gâchées.

Déglutissant sa bile, elle retrouva ses chemins habituels et reconnût bien vite les environs de leur sanctuaire. Comme si elle ne l'avait jamais quitté.
Les portes s'ouvrirent tout naturellement sur son passage et ses fuligineuses trouvèrent rapidement l'objet immédiat de ses pensées. Objet souriant, laissant aux traits jumeaux d'Aya le soin de lui répondre par la même joie.
Je préfère être à l’heure qu’en retard.
La satisfaction était confuse, un peu comme l'accolade et elle le suivit rapidement dans les tréfonds de la Colline. L'odeur du café vint titiller ses narines et elle constata que la tradition était bien ancrée dans leurs rendez-vous : une journée avec Azphel était une journée aux effluves de café.
Elle lâcha Berlioz qui se trémoussait avec véhémence dans ses mains, trop impatient de retrouver cet ancien terrain de jeu regretté et retrouva les émeraudes en s'enfonçant dans son fauteuil. Ça se passe comment tes premiers jours à Dust & Spite ?
Plutôt bien. Je ne m'habitue pas encore au fait de rentrer le soir dans un endroit qui est vraiment chez moi, mais je m'y sens bien. Même si ce n'est pas la Colline.
Dans un soupir brûlant, à la manière d'une gorgée de café volée, elle se concentra sur un point aléatoire, au beau milieu du Londres Moldu qu'elle avait observé des heures, des crépuscules, des nuits durant.
Je ne sais pas si tu le sais mais je suis gérante de l'Occamy Doré maintenant. Ce n'est qu'un pied-à-terre provisoire mais je m'y sens... bien. Hésitation marquée mais louable. Parler du comment on se sent n'était véritablement pas sa tasse de thé. Et toi, qu'as-tu fait cette semaine ? J'ai entendu des choses à propos de l'Attaque de Poudlard.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Jeu 20 Avr - 8:41


L.A accordés


Aya Lennox


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L e soleil matinal tapait en plein sur la terrasse et il faisait bon d'être posé là, le regard braqué sur une ville suffisamment lointaine pour ne pas déranger, en compagnie d'Aya. Les allers et retours d'Azphel à la Colline, lorsqu'elle avait été habitée par la belle, avaient toujours été empreints d'un parfum apaisant, comme une satisfaction d'être en sa compagnie. Aya était ce qui était arrivé de mieux dans la vie d'Azphel depuis des années, et même si la complexité et les murmures de leur relation tendaient à les conduire vers un chemin dangereux, duquel il avait un temps souhaité s'écarter, il la considérait plus proche et plus importante pour lui que ne l'avaient été tous les membres de sa famille jusqu'à aujourd'hui.

Elle devait le sentir, bien sûr, cet attachement, et il devinait sans peine qu'il était réciproque. Émeraudes et Onyx ne l'avaient que trop clamé, entre promesses et discussions d'idées. Rares étaient les personnes qui pouvaient comme cela arriver dans une vie et en changer la direction. Parfois par de simples détours, souvent le temps d'un battement de cils rapidement oublié, mais plus rarement pour venir se poser le long d'une route jusque-là inconnue, côte à côte, sans plus prévoir de s'en détourner. C'était plus improbable encore dans la vie d'Azphel, pas du tout enclin d'ordinaire à y laisser entrer une personne, pas de la sorte, du moins. Mais il avait accueilli Aya à l'intérieur de sa vie comme elle l'avait fait pour lui. L'année qui s'était écoulée n'avait fait que les conforter dans leur certitude, ils ne s'étaient pas rencontrés par hasard.

Qu'elle lui rappelle Cyrielle, qu'elle lui évoque sa propre adolescence, qu'il revoit dans son regard les mêmes assurances, des hésitations semblables aux siennes et des colères juvéniles, il avait trouvé une Ombre jumelle et il veillerait sur elle ; toujours.

Le timbre du café se délitait sur leurs langues et palais, entre échanges de regards et sourires mélangés, quelque peu ravis, pas totalement complets. Les secrets se racontaient avec les yeux, mais même si les secondes silencieuses entre Aya et Azphel existaient, il y avait toujours une étrange complicité dans leur tout, leurs mouvements, leurs échanges muets, leur façon de se comporter, gestuelle ou orale.

La Colline n'était que poussières de secrets.
...Plutôt bien. Je ne m'habitue pas encore au fait de rentrer le soir dans un endroit qui est vraiment chez moi, mais je m'y sens bien.

Un sourire contrit d'Azphel accompagna le soupir de la sorcière. La journée de déménagement de Aya avait eu quelque chose d'étrange.
Partie chez elle et à la fois partie de chez elle.
Elle avait plus fait de la Colline sa maison qu'elle ne l'avait jamais été pour Azphel et il avait depuis l'impression de venir chez un étranger, plus qu'il ne mettait les pieds chez lui, en revenant ici....
....Je ne sais pas si tu le sais mais je suis gérante de l'Occamy Doré maintenant. Ce n'est qu'un pied-à-terre provisoire mais je m'y sens... bien.
Fébrilité des mots, légère hésitation, intonation de la voix fléchie sur la fin. Entendre Aya énoncer qu'elle se sentait bien était inespéré, mais le ton même de sa voix trahissait un flot d'incertitudes qui l'assaillaient. Tant mieux ? pensa Azphel. Les mots ne sortirent pas de sa bouche et il inclina bêtement le visage, adoptant le même sourire de façade qu'il s'était efforcé de maintenir lors du départ d'Aya.
- C'est bien... Azphel se racla la gorge, posant sa tasse sur la table, pour trouver plus d'assurance dans ses mots. C'est très bien ! clama-t-il avec franchise, un sourire élargi sur les lèvres. Tu as besoin de ça, Aya... Tu en auras toujours besoin... Des attaches dans le monde réel. On peut avoir une part d'ombre en soi, c'est important pour ne pas oublier le fil de notre vie. Tout ce que tu fais ne te servira pas uniquement à te venger de Moira... mais aussi à te trouver toi, à te souvenir de qui tu es... Il y aura un après. Je suis content que tu te sentes heureuse aujourd'hui. Les prononçants, Azphel s'aperçut qu'il ne croyait pas ses mots, pas au bonheur réel de la sorcière.

Il récupéra sa tasse de café, en fit tourner le contenu, le regard plongé sur la marée noirâtre qui se mettait en branle dans le petit récipient de porcelaine, songeur. Le soleil éclatant lui faisait plisser les yeux et il se dérobait au regard d'Aya, préférant chercher des réponses dans la mouvance abstraite du café. Tout est devenu imprévisible depuis que tu es là... Il releva les yeux vers la jolie blonde au sourire ravageur, parfaite dans sa robe noire estivale, radieuse comme il ne l'avait que peu connue jusqu'à aujourd'hui.
Et toi, qu'as-tu fait cette semaine ? J'ai entendu des choses à propos de l'Attaque de Poudlard.
Lèvres fermées, un rire étouffé s'échappa d'Azphel. Merci. Il but lentement son café, pénétrant le regard ténébreux de la sorcière avec du plaisir dans les yeux.

- Oui... c'était... surprenant. Machinalement, Azphel massa son avant-bras gauche. Les Mangemorts ont déjà frappé Poudlard, mais là, je cherche encore l'intérêt qu'ils avaient à venir se jeter dans le gueule du loup. À part semer la terreur, il semblait n'y avoir aucun but... Intérieurement, j'ai toujours soutenu leurs actions, tant qu'elles étaient politiques, qu'elles visaient à déstabiliser un pouvoir en place. Mais aujourd'hui ils n'ont pas de raisons de s'en prendre à des élèves... (...) Quoi qu'il en soit, j'ai été averti assez tard de ce qu'il se passait... La cabane de garde-chasse, quand j'y suis, a le désavantage d'être en retrait de tout, et ce n'est pas à moi que l'on va penser en priorité. Azphel s'arrêta un instant, pris dans un tourbillon de pensées : Et qu'aurais-je fait ? me serais-je dressé devant d'anciens frères d'armes ?
Le mage noir déglutit.
- Je n'ai rien fait. Les mangemorts étaient déjà partis quand j'ai rejoint le château.. je n'ai pu que constater de tout ce qui s'était produit.. J'ignore le pourquoi de cette attaque, le comment même... Tout n'est pas encore clair je crois, même pour les autorités.

Azphel récupéra sa tasse de café et, constatant qu'il l'avait vidée, se resservit.
- J'ai passé le reste de la semaine à Godric's Hollow et... à attendre des nouvelles de ton père ? Azphel fit craquer sa nuque, comme s'il avait besoin de s'étirer, avant de renouveler un sourire étincelant envers Aya. Des journées normales. Je flâne, à droite et à gauche, je vagabonde à Poudlard... c'en est presque ennuyeux.

Le claquement des griffes de Berlioz sur le ciment de la terrasse attira l'attention d'Azphel, et quand le furet passa près de lui, il le fit prisonnier de ses mains. Il le garda dans ses paumes, le rabattant sur son ventre et l'animal cessa de gesticuler, appréciant de toute évidence le contact avec le sorcier.
- Je crois que tu manques à Duchesse... dit-il en relevant les yeux sur Aya. Sa voix s'était éteinte sur le dernier mot et il le regretta. À Poudlard, elle peut courir, jouer à outrance, s'échapper dans la forêt interdite... Mais dès qu'elle est à la cabane, je vois dans ses yeux la tristesse, qu'il lui manque quelque chose, qu'elle ne comprend pas. Elle ne se fait pas à ton absence je crois, j'ai parfois même l'impression d'être moins son maître que toi... Elle m'obéit, ce n'est pas un problème, mais tu as tout fait pour elle. Tu l'as éduquée, vu grandir... Je crois qu'elle serait très heureuse de te voir, si tu as le temps de passer un jour...

Le temps ? il ne pouvait plus se permettre de lui demander. Elle a sa vie.  Dust & Spite, l'Occamy et quoi d'autre encore qu'il ignorait ? Elle manque à Duchesse ou elle te manque à toi ? Rien à voir. Azphel but dans un silence presque religieux sa seconde tasse de café, réfléchissant à l'évolution de leur relation, aux différences entre l'avant et l'après Colline Étoilée, bien qu'elle ne serait jamais totalement une fin. Elle n'avait non plus été un début, toujours subtilement située dans le milieu de leurs histoires, dans les avants et les après, les pendants, les vérités et les révélations.

Le soleil diffusait sur le visage d'Azphel des rayons doucereux et il alternait entre regards perdus sur la campagne et sur le visage angélique de Aya. Il n'avait pas vraiment envie de bouger, absorbé par la tranquillité autour de lui, la simplicité du moment et le sentiment de ressentir les mêmes choses que la sorcière. L'horloge dans le salon émit un vacarme sonore et il sut qu'elle annonçait onze heure du matin.

- On prépare à manger ensemble ? En souvenir ... et. Je vais te travailler au corps cette après-midi. Des sortilèges offensifs principalement, pour tester ta capacité à répondre aux coups, à contrer des sorts, et pour t'apprendre de nouvelles formules dévastatrices. James et Moira n'étaient pas des cadeaux, mais ne crois jamais que tu tomberas sur un adversaire facile. Qu'il soit un membre de ta famille ne te donne pas l'avantage de le connaître, on ne connaît réellement un sorcier qu'en le combattant. Je ne te demanderai de tuer personne, mais je ne vais pas te ménager. Je refuserai de te laisser partir sur les traces de Moira tant que je te sentirai incapable de la battre.

Le ton d'Azphel était redevenu celui du mentor. Mentor intérieurement persécuté par un sentiment de tendresse qu'il s'efforçait à mettre de côté.
Peux-tu déceler derrière le ton de ma voix tout le bien que je te veux ? Peux tu entendre au-delà des mots la peur que j'ai de te perdre ? Pourras-tu accepter que j'ai quelque part trahi ta confiance ?

Azphel se leva de table, posa ses mains sur ses hanches et fit quelques pas, quittant la terrasse pour fouler le jardin où Duchesse était passée de l'enfance à l'âge adulte. Il ferma les yeux un moment, relevant le menton pour se faire agresser par le soleil au-dessus de lui. Sans se retourner, il s'adressa à Aya :
- Tu veux manger quoi ? Et qu'est-ce que tu connais comme sorts de magie noire ?
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Aya Lennox, Mer 10 Mai - 9:52


Les souvenirs en étaient presque palpables, là, assis l'un à côté de l'autre sur la terrasse de la Colline.
Le fait était que ce lieu demeurait chargé d'Eux. Cela en serait toujours ainsi. Qu'il y ait séparation ou non. La tanière du vieux Loup aurait toujours une signification particulière pour la jeune femme.
Dust & Spite n'y changerait rien.

Ses visites à la Colline seraient toujours accompagnées d'un pincement au cœur. Douleur lancinante à réprimer. Ai-je bien fait ?

Elle n'y pouvait rien. Elle n'arrivait tout simplement plus à faire semblant. Azphel était devenu bien plus important pour elle que n'importe qui. Alhena occupait une place toute particulière dans le cœur de la jeune femme. Mais Azphel était un rempart dans sa vie, une main tendue et inespérée, un soutien conséquent. Personne ne pourrait rien y changer. Lui faire du mal, le rejeter était désormais au-dessus de ses forces.
Idiote.

Si fragile, elle demeura là. Muette. Forcée de faire face à des vérités impitoyables, vérités que le mage connaissait et respectait. Toujours.

Un Berlioz fougueux et excité gratta la terre, et les mots d'Azphel lui parvinrent en bribes étrangères. Elle ne l'écoutait pas. N'arrivait pas.
Des attaches dans le monde réel.


C'est vrai que tout autour
il y a les autres.

Comment lui dire
que je n'en veux pas ?

Le nom de Duchesse la força à relever le menton, à poser son ancre, à nouveau, dans le monde réel.
Retourner à Poudlard, croiser la route de ce passé
révolu.
Elle me manque aussi.
J'aimerais beaucoup la revoir.

Un déchirement au cœur. Soupir dans un sourire las.
Soleil opaque d'un début de printemps. Quel jour sommes-nous ?
Elle avait oublié, et pourtant, se retrouver à ses côtés, à nouveau, la plongeait dans un nid de certitudes. Celui du temps qui passe, des échéances qui pointent le bout de leur nez.
Il est mon ancrage dans le monde réel.
Qu'il le veuille ou non.

Il devait lui enseigner comment arriver à ses fins. La protection qu'il s'était permis de lui assurer, au cours de leurs péripéties, était devenue un détail supplémentaire, née d'un attachement profond. Évident.
Il ne savait pas qu'en la portant si près de son but aux accents funestes,
il lui offrait toute l'étendue de son humanité.

Pourtant, ses avertissements l'avaient au départ effrayée.
Qu'en serait-il, le jour où, rencontrant son propre reflet dans le miroir, elle ne se reconnaîtrait plus ?
C'était déjà le cas et elle refusait de l'admettre. Quelque chose avait changé. Et il en était responsable.
Elle n'était plus la gamine en colère.
Elle était Aya.
Juste Aya.


Le bruit grave
de la grande horloge
Sursaut

Sonne l'heure
Rêverie brisée

Sonne l'heure
mes confessions
ravalées

*

Un #Electrocorpus s'abattit, tempête et le bouclier s'échappa de ses lèvres écartées. Remercier ses réflexes dans un sourire mutin, . Il ne se laissa cependant pas prendre au jeu de l'affection conquise dans une simple grimace complice ; Loup para, sa main ne tremblait pas.
Tu ne m'y prendras pas.
Le deuxième sortilège la frappa au côté, et Aya recula, lèvres entrouvertes dans une grimace amère.
- Les réflexes sont à revoir, Aya, lui lança Azphel d'un timbre volontairement lent, légèrement moqueur. Je ne suis plus ton ami dans ce genre de cas pratiques. Les mascarades ne prendront pas, comme elles ne prendront sûrement pas avec Moira ou n'importe qui d'autre. Attends-toi toujours au pire.
- Tu permets ? siffla-t-elle, patte agrippée à Ira.
Elle ne doutait pas de son niveau. Mais le lycan avait la fâcheuse manie de prendre son rôle de mentor un poil trop au sérieux. Lui remettre les pieds sur terre était peut-être la meilleure solution à ce moment-là, et le #Everte Statum qu'elle lança, sans ménagement, était certainement le moyen le plus efficace.
- Tu peux répéter s'il te plaît ? Je sais pas si j'ai bien saisi le coup du réflexe et du attends-toi toujours au pire.
L'aspect angélique ne trompait pas, encore moins ses deux mains maintenues derrière son dos, dans une posture tout à fait enfantine.
Midi était passé depuis belle lurette, et l'après-midi avait commencé dans un sermon rapide sur les sorts qu'elle connaissait déjà et qu'elle maîtrisait.
Il lui avait épargné le coup du Sectum Sempra dans sa brève présentation, et la jeune femme l'en remercia intérieurement. Elle savait qu'éviter de mentionner un sort était inutile, mais le souvenir de la cicatrice était toujours cuisant. Même si celle-ci faisait partie d'elle, à jamais.
Elle s'était même surprise à parfois l'apprécier et à en percevoir toutes les subtilités, toute l'originalité. Après tout, la marque était une preuve évidente que son combat était juste. Peut-être pas aux yeux des plus honnêtes. Mais c'était son combat. Sa croix.
Tu sais que le pire,
ce sera toujours toi.
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Re: [Habitation] La colline étoilée

Message par : Azphel, Lun 15 Mai - 5:58


C 'était le grand jour pour le mentor et l'élève. Aux escapade incertaines en France et en Ecosse succédait finalement ce dont ils parlaient depuis un an et demi maintenant. Des leçons pratiques, du concret, la mise en face à face de Aya contre ses idées, ses idéaux et ses pulsions de noirceur les plus profondes. Une part d'Azphel avait passé la matinée avec beaucoup de réserve, comme à chaque fois que la sorcière était là. Prise de conscience en sa présence que l'Ombre Blanche est devenue plus que cela. D'élève elle ne portait à ses yeux plus le nom depuis longtemps. Et la gamine avait évoluée et perdu ce statut rabaisseur. Aya était au mieux de sa forme, en pleine ascension magique, à une époque de sa vie où tout devenait possible et où elle gagnait rapidement en expérience.

La jeune femme était prête, Azphel le savait depuis longtemps. Et ce jour si souvent évoqué ne lui confirmerait rien qu'il ne savait déjà. Aya était tout à fait à même de tuer si elle le désirait ; quand le moment viendrait, les seules incertitudes qui planeraient encore seraient  les où ? les comment ? Moira serait inévitablement un obstacle de taille face à la jeune Aya, si préparée serait-elle à l'affrontement et armée d'Ira. Azphel le savait pertinemment et c'est pour cela qu'il ne la laisserait pas entreprendre son périple final seule. Mais aujourd'hui n'était qu'un tas de détails qui n'influeraient pas sur le duel final de la sorcière.

Elle avait tout retenu depuis les premiers jours et devait le savoir... Elle restait Aya Lennox, capable de s'emporter subitement, imprévisible et encore instable lorsque l'on évoquait sa famille, mais au demeurant, elle était nettement plus calme, plus sûre d'elle, plus tempérée par moment qu'à l'heure de leur rencontre. Elle avait parfaitement retenu les mots d'Azphel, les adoptant sans qu'il n'ait à les lui rappeler. Il se demandait pourquoi, si c'est parce qu'elle le voyait toujours comme le mentor à qui elle avait promis de s'appliquer, ou pour l'ami qu'il était devenu, ou pour tout autre chose indéfinie, personnage beaucoup plus complexe destiné à garder un visage flou, des incertitudes.

Depuis longtemps son regard de mentor avait changé sur elle, et s'il s'en donnait encore l'apparence, il était évident que leur relation était devenue beaucoup plus intime que cela. Elle était passée de jeune sorcière inconnue à gamine paumée qu'il fallait aider, de gamine à élève, de élève à amie, amie à personne de confiance ; la jeune fille transformée en jeune femme, et aujourd'hui. Aujourd'hui ? Une amie véritable, une confidente, une personne chère. Inestimable. Beaucoup plus qu'une amie ? Question condamnée à n'avoir de réponse, réponse forcée à rester cloisonnée.

Avait suivi le repas en terrasse, les rires sous la douceur du soleil, préambule à leur confrontation, aux révélations.

Il n'était pas question qu'il lui accorde un traitement de faveur, et dans le sous-sol où il l'avait des mois plus tôt confrontée au poids de la mort, l'Electrocorpus s'échappa de sa baguette avec la ferme intention de la toucher. Concentrée, la belle para d'un charme du bouclier parfait, narguant de ses prunelles d'onyx les émeraudes observatrices d'Azphel. Son deuxième sort la contraignit à reculer sous l'assaut, plus fébrile, et il profita de sa surprise pour la sermonner, évitant de se laisser distraire par le regard blasé qu'elle lui lançait. Revancharde, elle exécuta un Enervete Statum qui fit tomber le mage noir lourdement sur le sol.
- Tu peux répéter s'il te plaît ? Je sais pas si j'ai bien saisi le coup du réflexe et du attends-toi toujours au pire.
- Ok... tu as raison, dit-il en se relevant péniblement, se tenant le dos. Je ne devrais peut-être pas te prendre à la légère. J'ai compris, mais tu sais dans quelle optique je fais ça... tu me connais moi, mais un autre duelliste t'auras par surprise.

Il s'était relevé et s'avança vers Aya qui avait pris une position angélique, fière d'elle.
- C'est de ça, que je veux que tu te méfies.
Il était maintenant à quelque centimètres de la sorcière qui ne perdait pas son sourire pour autant. Il leva la main vers elle pour glisser ses doigts sur sa robe légère, touchant la cicatrice au dessous qu'il avait eu à soigner après sa confrontation avec Moira, la remontant lentement de ses doigts. Ses émeraudes avaient changé et le mentor s'était éteint en sentant la déformation sous le tissu au profit de l'homme attendri, son regard protecteur plongé dans les prunelles noires d'Aya.
- C'est uniquement dans le but de te protéger, que je te rabâche tout ça, dit-il d'une voix moins assurée que pour ses sortilèges. Dans son dos, sa main armée avait joué subtilement et s'était pointée sur la sorcière. Tu sauras que... Impedimenta !
Aya perdit son sourire mutin en tombant à son tour sur le sol, aux pieds d'un Azphel ravi. Tu sauras qu'un mauvais coup peut surgir de n'importe où, n'importe quand.

La sorcière retint de justesse une insulte et il lui tendit une main amicale pour accueillir ses longs doigts fins et l'aider à se relever. Il s'assura qu'elle ne s'était pas écorchée au genou ou au coude et rabaissa sa baguette.
- Un autre conseil, fais comme moi, surtout face à une personne à qui tu veux du mal ou de qui tu veux te venger. D'un effleurement, il toucha à nouveau l'abdomen de la sorcière. Oublie les sortilèges de formalité et les co*neries de Poudlard. Tape et fais mal, Electrocorpus, Bombarda, Doloris...

L'après midi se poursuivit autour de sorts de combat. Il lui laissa l'opportunité de s'exercer contre lui mais lui demanda d'exprimer le gros de sa colère sur des objets, et jugea de la force de ses doloris sur des poupées. Elle se débrouillait très bien et il ne répéta pas sa manoeuvre pour la prendre par surprise, qui résultait plus d'un retour de bâton pour l'avoir mis au sol que d'une réelle mise en situation. Ils arrêtèrent leurs exercices sur les coups de dix-neuf heures et s'installèrent autour d'un apéritif après avoir été prendre une douche. Ils discutèrent longuement autour d'une bouteille de vin rouge, jusqu'à ce que ne revienne le sujet des plans de Aya, concernant Moira :
- Alors, tu as déjà prévu une nouvelle confrontation avec elle, demanda le loup ? Je sais que tu n'es pas proche de ta famille, mais tu ne crois pas que quelqu'un comme ton père pourrait t'aider ? Je me disais que ce ne serait pas une mauvaise idée, que Gavin pourrait peut-être te donner des informations... Je ne veux pas que tu agisses trop vite non plus, même si... tu es prête à le faire à mes yeux.

Le mentorat prenait fin dans ces mots doucereux. Et s'il s'attendait à voir Aya sourire de les entendre, il ne parvenait pas à masquer une douleur intérieure. C'était osé d'évoquer Gavin maintenant, mais il savait au plus profond de lui qu'Aya risquait de s'emporter quand il lui expliquerait l'avoir vu dans son dos... Alors, quitte à ce que la journée dérape, il valait peut-être mieux que ce soit maintenant...
Le regard peiné du mage était absorbé par un point fixe sur la sorcière recroquevillée dans le canapé, un verre de vin à la main, comme si la cicatrice sur son abdomen qu'il devinait sous sa robe, et sa peur de la voir tuée, pourrait justifier les décisions qu'il avait prises.

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