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[Habitation] La colline étoilée
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Devon Starck
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Sam 8 Juil 2017 - 16:02

A ssis sur le plan de travail de la cuisine, la tête entre ses mains, les pensées emportées par le vent tumultueux de ses marées d'idées, d'une Aya entraînant dans ses vagues nymphiques toute l'existence d'Azphel, le mage attendait, en perdition sentimentale. Des picotements fourmillaient dans ses mains avec insistance, soutenus par une boule au ventre lourde comme une ancre, une gêne à la gorge, asphyxiante, mais tous ces symptômes étaient au final liés, à elle, drainant vers son antre hypnotique de déesse chimérique son mentor. Elle était la tempête dans laquelle il était pris, perdu, là où il s'était condamné, volontaire, à se laisser emporter vers les rivages de l'inconnue. Aujourd'hui, il lui semblait entrevoir une destination, port d'attache où se dirigeaient tous ses maux, et ses craintes.
Les lits d'Amour.
Les lys en fleur.
Ou les lits des jours sans vie.

La belle reviendrait vers lui, aimante et dévouée et cèderait à leur passion. Ou elle tairait ses ressentis et avec ces mots étouffés mourrait aussi l'éventualité de leur union.

Lâchant un soupir d'exaspération, Azphel sauta du plan de travail qui avait accueilli ses idées éparses, et se dirigea passivement vers un petit cagibi d'où il tira une bouteille de vin rouge moldu, un nectar issu de la région de Bordeaux, si l'on en croyait l'étiquette vantant la capture d'un grand cru. Il la déboucha à l'aide de sa baguette magique et huma son parfum un long moment, laissant les intonations âpres et fruitées qui chatouillaient ses sens influer le cours incertain de ses pensées. Un sifflement cristallin retentit à son oreille et l'extirpa de sa rêverie ; il posa la bouteille sur le plan de travail, se retournant vers le salon. Une personne s'approchait de la porte d'entrée de la maison, et il s'en voulut de ne pas avoir entendu le premier avertissement lié au franchissement des grilles de sa propriété, qu'il avait dû interpréter comme une mélodie rythmant ses pensées nostalgiques. L'avantage était que seule une personne étant déjà venue ici soit capable de rentrer à la Colline, l'inconvénient était qu'il avait envie de rester seul à ce moment précis.

Se dirigeant vers l'entrée, son coeur s'élança dans un tempo rapide et mélodieux, imaginant que c'était peut-être là Aya Lennox qui arrivait, pour lui parler, avouer qu'elle renonçait à eux, ou alors s'y résoudre... Il ferma les yeux une seconde et chassa de sa tête toutes ces possibilités. La déception de voir quelqu'un d'autre qu'il connaissait dans sa cour à ce moment précis n'aurait pas d'égal. Doutant quelque peu de sa démarche, de son assurance, il gagna le salon en se massant la paume des mains avec les pouces, parti pour subir quoi qu'il arrive le poids de la présence d'Aya dans sa vie. Trois coups légers martelèrent le bois de la porte d'entrée alors qu'il arrivait derrière et il se figea. Il aurait reconnu cette force fragile si particulière entre mille, cette marque de percussion d'un poignet délicat et hésitant. Déglutissant, il posa une main tremblante sur la poignée, pour l'ouvrir sur le visage de la sorcière qu'il espérait voir là.

La première chose qui le frappa fut le sourire d'Aya. Si peu étiré qu'il était emprunt d'une timidité évidente, cependant rehaussée par l'éclat de ses yeux d'onyx qui l'élargirent en lui conférant un charme aux traits enfantins et innocents. Elle resta quelques secondes sur le perron, immobile, spectatrice de ses choix, de leur volonté providentielle, ses deux mains se rejoignant vers son ventre à un point imprécis, où se chamaillèrent index et majeur sans être vraiment accordés. Son attitude manquant d'assurance, fragilisée par une timidité frappante, avait quelque chose d'extrêmement touchant.
Le mage noir lui, était resté immobile, ses émeraudes contemplant la femme à l'origine de ses tourments de la tête aux pieds. Elle avait passé une robe noire sur ses épaules frêles et chaussé une paire d'escarpins assortis et il pensa devant ce spectacle, cette vision de la sorcière à la fois si belle, femme, et ce mélange incohérent d'émotions sur son visage, qu'elle était d'une simplicité et beauté naturelle aussi troublante qu'évidente.

- Hey...
- Hey...

Le sorcier s'effaça pour laisser entrer la sorcière dans le temple de leurs secrets. Elle ne fit que quelques pas, s'arrêtant à côté du canapé, ses yeux probablement à la recherche de quelque souvenir hantant les murs de la maison, avant de s'arrêter sur Azphel qui revenait vers elle. Son sourire se fit plus grand et quand il posa une main sur son épaule, elle s'approcha de lui et laissa tomber sa tête contre son torse. Il restèrent ainsi un petit moment, les coeurs battants à l'unisson, et, peut-être par peur que ce moment n'ait pas de suite, Azphel en dévora chaque seconde scrupuleusement, s'imprégnant du parfum exotique de ses cheveux, de la finesse des mains de la sorcière qui s'égaraient sur son dos, de la légèreté rebondie de sa poitrine qu'il sentait contre lui.

- Je pensais tout ce que je t'ai dit tout à l'heure, finit-il par dire, s'écartant de quelques centimètres d'elle. J'ai jamais eu le moindre doute à ton égard Aya... Il s'octroya quelques secondes pour sonder l'immensité du regard abyssal de la jolie sorcière.
Maintenant, je peux comprendre que tout ça te fasse peur, ou que tu ne veuilles rien de plus entre nous que ce qui s'est déjà passé...

Cette fois-ci, il avait fait quelques pas en arrière, et son regard se posait à la fois doux et fragilisé dans celui d'Aya.
Bien sûr que non, il ne pensait aucun des mots de cette dernière phrase, tragique, comment pourrait-il vouloir moins que Tout, avec Aya ? Alors qu'elle avait altéré le cours de son existence depuis qu'elle y avait posé ses pieds d'adolescente, qu'elle avait détruit sa barrière de sorcier renfermé depuis qu'était né leur attachement réciproque et leur complicité ; alors que, après tous les déluges, les ratés, les chutes dans leurs vies, il était clair que Aya demeurait la dernière chose, parmi toutes les autres, à ressortir avec une évidence certaine dans la vie d'Azphel.
La boule dans la gorge du sorcier était revenue, étouffante, alors qu'il dévisageaiet de yeux fébriles celle qui avait pris toutes les places à prendre, sans se soucier de qui était là, par naïveté ; avait aussi pris tout ce que le sorcier pensait mort depuis longtemps, ou réservé à son passé : sa tendresse, son attachement, sa dévotion, sa personne, sa peur de perdre, ses envies, son envie d'entiereté, la raison même de son existence.

- Je venais d'ouvrir du vin avant que tu n'arrives, dit-il d'une voix si douce qu'il ne la reconnut pas comme sienne. Un Bordeaux... Ça fait partie de tes préférés, tu en veux un verre ?

Les sentiments en Azphel étaient mitigés, sans ambiguité à l'égard d'Aya, mais d'une violence inouïe. Il avait l'impression de vivre un moment capital de son existence, durant lequel le temps s'était soigneusement figé, jusqu'à la décision finale. Il souhaitait Aya corps et âme, sans l'ombre d'un doute, à tel point qu'il respecterait sa décision, qu'elle soit synonyme pour lui de terrible souffrance ou non.
Depuis le premier jour elle était le Feu, la passion brûlante qui avait calciné la suspicion, l'appréhension, les craintes, les interdictions ; le chant qui avait entraîné la confiance, la complicité, l'affection et l'Amour ; la personne qui avait représenté, constat éligible seulement ce jour pour le sorcier, l'entité la plus complète, le reflet le plus parfait de lui, la personne qui dans tout lui était nécessaire.

Était bien là le drame d'Azphel, sans s'en apercevoir, Aya Lennox était devenue indispensable dans tout, tel l'oxygène s'insufflant dans ses poumons, Celle qui savait accrocher sur son visage de vieux loup des sourires aussi simplement que les étoiles illuminent le ciel le soir venu, la main qu'il souhaitait tenir, dans les joies et les peines, la femme qu'ils souhaitait chérir et rendre heureuse dans tout, la jeune fille qu'il suivrait et soutiendrait dans ses combats, la personne, dans l'absolu, dans l'entier, qu'il voulait, bouffé du coeur aux co*illes, des os à la moelle, possédé par le lent et délictueux poison que la sorcière lui avait fait avalé, par un quelconque nectar issu de magie ancienne, philtre amoureux déchiquetant l'âme et la raison.

Le regard penaud, les mains ballantes, le coeur pensif d'élans affectueux pour la sorcière, Azphel gagna la cuisine, prêtant une oreille distraite aux mots de la blonde, le moindre des pas du mage, sa personne, étant conduits par une force supérieure, soumis aux visions, à la fois voluptueuses et sulfureuses, fragiles et incertaines, que lui inspirait Aya. Sans qu'elle le sache, sans que lui ne l'anticipe, elle avait tout pris.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Sam 22 Juil 2017 - 18:02

Il était question d'un instant ; un instant volé aux autres, une faible inspiration, morceau de temps égaré au beau milieu des autres qui constellaient l'espace.

Au-delà de ces fragments de terre ils s'établissaient tous et vaquaient à ce qu'ils jugeaient utile. Ils ne savaient pas. Ignoraient qu'au beau milieu de tout une entité se créait, marquée du sceau des certitudes. Elle voulait, égoïstement, ravaler ce fait pour elle-même, le garder toujours en elle, morceau de lui, d'elle, l'avaler tout entier.

Qu'ils pensent tous que jamais il n'a existé, simplement l'avoir pour elle. Que personne ne sache qui il est, que personne ne sache où il se trouve ; qu'à jamais ils soient en elle, ces débris de vies liées, jalousement bâfrés.
Voici l'effet qu'il avait sur elle, violence inouïe des sens. A chaque seconde ce penchant extasié remontait la trachée et s'évacuait en soupirs mièvres, mais non, la sensation était loin de la fleur de coton, loin de ses bras elle était tout sauf bercée. Braver les marées. Chaque mot en trop l'éloignait de lui et le silence devenait préférable.

Trop maladroites, des retrouvailles presque gauches en sourires empotés. Avec faiblesse ses prunelles s'étaient retirées de celles d'Azphel, il fallait éviter pour résister.

Mais quoi donc ?
Des doutes, toujours. Même si. Peut-être que. Il n'y en avait plus depuis longtemps. Ne serait-ce qu'au sujet d'eux, de ce qu'ils construisaient à corps perdus, corps séparés sous le joug du silence. Il valait mieux se taire pour aimer.

Sa silhouette réapparut dans l'encadrement de la porte. Un temps d'arrêt. Elle sentait, d'instinct, même hors de sa vue, chacun de ses mouvements devenir siens. Doigts accordés, désarticulation massive des phalanges en occupation précaire. Loin d'elle, il devenait objet d'envie, corps aimé,
par tous les sens rejeté.
Azphel,
Mais déjà il était près d'elle, souffle coupé, et un geste en entraînant un autre, sa patte fine se referma autour d'un ballon plein.
Les émeraudes perdues l'interrogèrent du regard, mais pour seule réponse fusa un léger soupir, suivi d'une secousse  de la tête.

Petit à petit, les mots avaient fini par manquer. Une attente fébrile s'installa, Azphel s'étant affalé dans le fauteuil jouxtant le canapé plutôt qu'à côté d'elle.

(Et juste en-dessous
(Elles s'ouvrent les Géhennes
(Je crois que par défaut
(Elles voulaient bien de moi

C'était proche du supplice, de l'appel à l'Amour incontrôlable, contrarié. Les émeraudes s'ouvraient sur elle-même, lecture à livre pourtant fermé, ces f.utues Ecritures chimériques. Il fallait déchiffrer les mots par le langage de ceux qui aimaient, avaient aimé. Les amants sous couverture, enlacés sous toutes les nuits étoilées. Peintures hors des cieux et hors du temps, constellant la peau d'une myriade d'esquisses sanglantes.
L'écusson de la peau, grains de beauté retracés de caresses. Une géométrie à-même le vélin, l'étoffe d'agnelin.

Dans un rythme soutenu, les petits pieds frappèrent discrètement le sol, ses prunelles ayant rencontré le fluide grenat. S'abstenir de chercher les pupilles de l'Homme et la soirée pouvait encore être sauvée. Sa santé mentale également.

Pourtant, il fallait. Chaque battement frénétique du coeur parvenait lointain, rencontre inévitable des sens. Ils n'avaient pas trinqué au futur, ils n'avaient trinqué à rien du tout.
Leurs respirations, regards pénétrants s'accordaient à ne rien évoquer de plus que ce qu'ils ne savaient déjà.

- J'ai peur.
Tu n'aurais pas du venir ce soir.


Puisque mentir pour qu'il se jette sur elle était plus facile que d'admettre l'aimer.
Les yeux trompaient le vrai, la bouche cajolait le grand cru.

Seul résonnait dans l'ombre le glas tendre, le glas nébuleux des doutes qui s'effaçaient.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Mar 25 Juil 2017 - 11:11

L e bruit du vin rouge qui se déversait dans les verres remémorait à Azphel les pluies violentes des nuits orageuses, un son agressif, empêcheur de penser en rond. Pourtant, la Colline était particulièrement calme, figée, Aya attentiste fragile, Azphel malmené par une peur qui le prenait à l'estomac. Reposant la bouteille sur le plan de travail, il inspira profondément en jetant un oeil sur l'arrière-cour avant de retourner au salon sans réelle contenance, les verres à la main. La sorcière l'attendait dans une posture où la timidité partageait le premier rôle avec l'appréhension, et sa patte fine agrippa un verre silencieusement. Aucun échange de mots, un contact évocateur entre émeraudes et onyx, des bribes de sourires arrachés - le silence pesait sur leurs attentes, ventres alourdis, coeurs serrés entre peurs et envies, leurs lèvres impatientes heureusement sustentées par le vin.

Les émotions fébriles, Azphel s'assit dans le fauteuil, laissant seule sa Princesse au milieu du canapé. Regards à peine surpris, gênés, entre les deux ; voulait-elle de lui juste à côté d'elle - La suite du moment la paralysait-elle aussi ? « Le vin est excellent »
, pensa Azphel sans parler. À quoi bon s'embarrasser de mots inutiles ? Tout ce qui l'intéressait, pouvait lui soulever le coeur ou le déraciner, c'était de savoir ce que la sorcière ressentait pour lui, si elle était prête malgré ses réticences formulées, à s'abandonner à leur histoire.

- J'ai peur.
Tu n'aurais pas du venir ce soir.


Regards figés, sentiments entrecroisés, ils s'observèrent après ces mots posés sur du velours. Il ne faisait aucun doute pour le mage que Aya ne s'était jamais aventurée dans une relation à corps perdu, que Dust avait placé en eux une évidence violente : s'ils se mettaient ensemble, ils seraient dévoués l'un à l'autre et leur union serait passionnelle et fusionnelle, consommée au quotidien dans une déraisonnable outrance. Poum, poum poum, poum... Dans sa poitrine, le coeur d'Azphel chavirait vers un rythme de croisière soutenu alors que son regard ne parvenait à se détacher du visage d'Aya, dans l'impossibilité de prendre le large alors que ses sentiments s'ancraient inexorablement à elle. Les prunelles de la sorcière vrillaient dans les siennes, mais aucun ne se dérobait dans ce silence où les mots qui se prononceraient auraient une importance cruciale pour eux.

Sans réfléchir plus que cela, Azphel se redressa, moins énergiquement qu'il ne l'aurait souhaité, et dériva sur le canapé, juste à côté d'Aya, laissant leurs jambes se toucher. Il déposa son verre sur la table, le regardant comme un vieil ami dont il aurait souhaité plus de conseils avant cet instant fatidique, sachant malgré tout que davantage de connivence avec lui aurait pu avoir un effet désastreux. Gardant son nectar prisonnier de ses deux mains, Aya ne bougea pas, le regard en suspens, le visage neutre, attendant de lui le Tout, les gestes redoutés, les mots blasphématoires, prête à entendre ou subir, mais il savait qu'il lui revenait la lourde responsabilité d'avancer vers leur liaison. poum, poum, poum, poum, poum...

- Moi aussi... Coupure, déglutissement sonore. Moi aussi j'ai peur.
Les joues de la sorcière se gonflèrent légèrement et Azphel esquissa un sourire idiot.
- Peur de ce que je ressens, dit-il en imposant un point, prenant son verre pour humidifier sa gorge et sa trachée qui semblaient fatalement asséchées. Tout est venu soudainement, chuchota-t-il. Je n'y étais pas préparé mais.... Il se mordit la lèvre, regardant les pieds d'Aya, remontant la finesse de ses jambes où elle déposa une main timide, avant de relever les yeux vers elle : je ne peux pas lutter contre ce que je ressens pour toi, Aya.

Les secondes de silence qui suivirent se présentèrent comme des milliers de vagues se fracassant sur les rochers, lourdes et assourdissantes. Les onyx brillaient pourtant, surement en réponse à l'éclat des yeux d'Azphel qui s'intensifiait dès lors qu'il était devant elle, lui parlait de ce qu'elle était... « Non je ne peux aller contre... » La main gauche d'Azphel se posa sur la droite d'Aya, récente dormeuse sur sa cuisse, et elle écarta légèrement ses doigts pour laisser ceux du loup s'insinuer entre. Leurs sourires s'étalèrent l'un à l'autre quelques précieuses secondes et, après s'être accordé une gorgée de vin supplémentaire pour raffermir ses mots, il poursuivit, rapporchant légèrement son visage de celui d'Aya :

- Tu sais, je l'ai compris depuis longtemps en fait... Il souffla dans un sourire... que je t'aimais. Son visage se rapprocha encore un peu de celui de la Belle, laissant la distance entre leurs regards, leurs lèvres hésitantes, se fragiliser. Chez james... quand je t'ai trouvée par terre, inconsciente. J'ai compris pourquoi je ne voulais pas te perdre... Et, je te l'ai dit ce soir-là " je t'aime ". Je te l'ai dit, je le pensais...
Leurs bouches se trouvaient maintenant si proches qu'il sentait le nez de la sorcière effleurer le sien régulièrement.
Et puis... la bataille de boules de neige, quelques semaines plus tard... j'ai su. Que malgré l'impossibilité... j'étais condamné à t'aimer. Il leva sa main à hauteur du visage de la sorcière, effleurant délicatement sa joue, la berçant contre sa paume. Et aujourd'hui... il n'y a plus rien d'impossible.

Les mots s'étouffèrent quand ses lèvres se joignirent à celles d'Aya en des baisers partagés, demandeurs, précipités. La main du loup quitta la cuisse de sa belle pour se poser dans son dos, le corps de la sorcière chaloupant légèrement en arrière, sa patte fine venant planter ses griffes dans la nuque du sorcier alors que leurs bouches s'ouvraient plus largement pour s'embrasser fougueusement, en une langueur démesurée. Les corps basculèrent sur les coussins ; le pied de la blonde tapa son verre fraîchement reposé sur la table dans la précipitation et il tinta longuement dans l'air, alors que les deux sorciers s'éprenaient l'un pour l'autre sans se soucier de ce qu'il y avait autour ; mains agrippées aux chairs, assaillantes déterminées, caresseuses de peau, dents mordantes de lippes, organes enroulées de passion torride, bassins joints dans la suggestion - accentuée par la percussion des formes corporelles au-dessous des tissus superficiels.
Les artifices voilés, trop, comme l'autour, soudain jetés en pâture aux lions alors que vivait, brûlait, la seule chose qui comptait désormais, l'éclatement des sens, des bouches et des mains et des corps emportés vers le grand large, pris dans le flot de l'abandon total et l'envie dans tout.

Les coeurs maintenaient un rythme rapide, mais l'estomac d'Azphel s'était dénoué et sa gorge revigorée d'une marée salivaire ; la peur s'était laissée étouffer sous leurs baisers infernaux et ne restait d'évident, dans le silence perturbé de la Colline Étoilée par une violente étreinte, que l'amour passionnel qui reliait leurs corps, dans le mélange de leurs bouches dévouées et soumises, l'uniformité de leurs corps percutés, la liaison écrasante de leurs doigts amourachés, phalanges éprouvées bestialement, êtres pris dans le feu tourbillonnant de l'abandon complet. À l'autre.
Il se séparèrent après des minutes voluptueuses d'un même mouvement satisfait, empreint de réticence, le mage se redressant de quelques centimètres, contemplant longuement la jeune fille devenue femme allongée sous son regard amant.
- Je t'aime. dit un Azphel lumineux, caressant le visage d'Aya, un sourire ravi sur les lèvres, le regard pétillant assorti d'émeraudes aux pupilles dilatées.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Sam 26 Aoû 2017 - 11:06

Que fallait-il faire ? Rien, non, rien. Les lèvres se rencontraient et se chamaillaient, c’était la fin de tout, le début du reste, il n’y avait plus rien à faire.
Le monde se dérobait sous ses pieds, ou était-ce peut-être la sensation voluptueuse qui imprégnait sa bouche, finissait par devenir cruelle griffure de se sentir coupable ? Coupable de se laisser aller.

Aimer, oui, toujours. Parce que les langues devenaient discours privé de mots. Ils demeuraient insuffisants, ils s’échappaient. Elle ne les retrouvait plus.
Il lui avait suffi, pourtant, de parler. De lui dire que ce n’était qu’elle, qu’il n’y avait qu’elle dans ce monde monochrome, de noir et d’ombres funestes. Il suffisait juste qu’il la rassure, qu’il lui dise qu’elle était, depuis toujours peut-être, cette part de lumière, cet espoir dans la nuit. Il suffisait juste de quelques mots pour qu’elle s’ouvre à lui.

Prendre tout entier, dévorer le monde.
Les pattes, huit pattes recroquevillées sous elle, et qui s’ouvrirent finalement, amas de choses qui grouillaient sous ses pieds mais elle ouvrit les pattes, ouvrit la gueule.
Le dévorer tout entier.

L’envie était là, presque carnassière, mais les pensées se perdaient en chapelets de gestes égarés. Azphel parvenait à calmer ça, ou à l’éveiller. Elle ne calculait pas. Dans un sourire, dans un seul mot, ma foi, non, dans un seul regard il décrivait le monde à ses yeux. Ils discutaient depuis toujours sans le verbe, aujourd’hui par l’étreinte.

Le silence pourtant revenait. Avec les mots attendus, ou pas. Les mots qui s’immisçaient en évidence. Oui, il lui avait dit qu’il l’aimait et tout, tout en elle répondit de la même sentence.
- Je t’aime.
Pouvait-on le dire, pourtant ? Les mots résonnaient comme une complainte, un aveu à la nuit. La patte du loup, lentement, dévia de la joue pour laisser la paume rencontrer les lèvres. La peau de l’amant effleurèrent le tissu soyeux des babines de la gosse. Le chuchoter en langage du corps pour qu’il comprenne mieux. Depuis toujours aimé.
Quelque part, depuis toujours convoité.

Echanger les sourires, les peaux. Perdue sous lui. Il s’était redressé et elle avait suivi le mouvement, mandibules respirant le cou de l’aimé.
Emanait-il depuis toujours cette odeur de lui ? Sensibilité accrue du sens qui le rencontrait. Tout semblait différent. Un aveu suffisait-il à tout changer ?
Non, non. Il y avait de lui cette odeur de lune voilée, de pluie à venir, de forêts vierges, de santal et de cèdre. Effluves d’inavoué. Il restait sur la peau et dans les narines comme un refrain entêtant. Il subsistait en elle, amour perdu, amour retrouvé.

- Viens, chuchota-t-elle. Viens avec moi.
Diablesse se releva, entraîna avec elle l’objet de ses problèmes. Réprouvé, désir. Venait-il d’avant, d’ailleurs ? Erreur et peut-être pardon quelque part.
Depuis toujours
Consumer l’estomac, engloutir la rate, ronger les os. Le feu s’insinuait, bassin ardent d’ecchymoses, passable des lèvres et des crocs.

Il prenait tout, et sans rien faire, maltraitait. Détruisait.
Peut-être était-ce ce que depuis toujours elle cherchait.
Cette propension à se détruire et par amour du jeu, à laisser un autre faire ? Voir jusqu’où on pouvait aller.
Avec Azphel, c’était différent. Cette nuit encore, les astres lui chuchotaient ce qu’elle n’arrivait à admettre.

Il, il
allumait ce feu cruel.
(Silence, son sillage l’emportait.)
Faisait gronder les océans acharnés qui sommeillaient en elle. Babine trempée, eau à la bouche. Manque de ses mots susurrés, lèvres emmêlées.
Il faisait, modelait de ses mains la femme qu’elle voulait être, devenir.
(Doigts entremêlés, complications.)
Peut-être avait-elle grandi grâce à lui.

Des mois, des années auparavant, elle était cette jeune fille en colère, ambition des choses mauvaises. Même lorsqu’il ne la touchait pas, de ses phalanges, pattes habiles, il avait créé la femme,  harpie endormie, chienne de Zeus qui somnolait, tapie dans son feuillage.
Peut-être était-elle tout cela. Son esprit pourtant réprouvait cette part de fragilité, ce besoin qu’il éveillait.
Le simple besoin d’être une femme aimée, vénérée, juste pour ce qu’elle était.

Un coin de pénombre, quelque part, et les onyx voilées rencontrèrent les smaragdins.
Il n’y avait plus rien à dire, plus rien à faire que de tendre vers ses désirs.
(Le bruissement du tissu qui rencontre le sol, respirations croisées.)
Plus rien à faire que de se laisser enlacer. Redevenir adolescente sous lui, lolita déchue. La réponse aux baisers par la riposte violente des secrets trop longtemps gardés.

Une porte, quelque part, seule gardienne de leur repli, claqua sous un courant d’air tiède.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Lun 4 Sep 2017 - 10:48

M audire les Dieux, les penseurs, les consciences ; laisser au Feu brûler les corps et les coeurs d'impatience. Abrogés étaient les temps, les temples anciens, honnis comme des païens, les moments où tout entre la Déesse et l'aimé était impossible, les caresses de satin. Tout cela, passé religionnel, était fini, révolu, alors que sous les contacts moelleux de leurs lèvres éprouvées par les attentes interminables grandissait un brasier de torpeur, de contentation, une finalité aux semaines, aux mois, aux années d'équilibre précaire de sentiments chuchotés entre les deux, par les murmures de leurs consciences. De l'Olympe ils avaient longtemps été bannis, rejetés dans leurs certitudes à la mère incertitude, avant que la tempête ne ramène, sous le chant de l'unique sirène, les amants dans son sillage, exposés à la plèbe sorcière tel un exemple d'amour inaltérable.

Les doutes, désormais, étaient proscrits, pensées apocryphes éloignées des canons de la vérité absolue, la parole à écouter et suivre, ces Boum, Boum, Boum, foutus battements de coeur cadencés qui résonnaient dans la nef de leurs entrailles déchiquetées, ces lentes palpitations brûlantes qui claquaient sous leur peau en rythme continu, des Clac, Clac, éjections de sang propulsées par les coeurs de deux amants qui s'embrasaient dans les âmes et les corps, accordant au pêché de la tentation le droit de les prendre dans son venin ; ils croquaient la pomme à pleines dents, Eden profané par deux âmes damnées se consumant dans la volupté et l'opulence de fantasmes chuchotés : chaloupe des corps, vas et viens de bustes demandeurs, soumis, effleurements suggestifs de cuisses, coups de bassins accrocheurs, demandeurs, murmures de passion suppliée . susurrer les interdits avoués.

.viens

Et les doigts élancés de l'ange blond attirèrent à lui la main farouche de l'entité de la lune, adressant un regard soumis, sans compromis, avant de se faire dirigistes, de partir dans l'étreinte de doigts voulus brisés, pour gravir les marches jusqu'au berceau de leurs nuits. Là Où. La Colline l'avait adoptée. Avait senti son coeur battre d'un tempo lent, la croyant promise à la mort. Avait entendu les secrets et entrevu l'avenir et les promesses, dans les textes rejetés du concile de la pensée.
Les parfums se décomposaient derrière eux, dans la brûlure palpable des chairs qui étouffait l'espace confiné du manoir, suffoquaient les corps d'idées oppressantes. Escaliers gravis de pas félins, dans l'assurance de ce maintenant, cet enfin, ce désir, l'incertain qui devenait ce qu'il avait toujours été jusqu'à aujourd'hui : l'envie.

Yeux dans les yeux, regards plongés dans les pupilles jumelles, mers d'azur et émeraudes dilatées. Leurs mains jointes de doigts joueurs, sourires demandeurs, âmes consenties d'ardeurs - dans la course inexorable du temps, de ces moments immuables où tout est indéfiniment arrêté, ces rares instants où les secondes sont stoppées, loup et chaton blanc à se contempler dans les aveux et les fantasmes de luxure charnelle, avant que les yeux de tendresse, les effleurements de soie du bout de doigts ne dérivent en chaos luciférien / La patte du loup agrippe la nuque de la petite et leurs lèvres se retrouvent en sérénade de passion mêlée d'une tentation déraisonnable, bouches dévorées à pleine fougue dans la bascule lente des corps sur des draps de tissus fins, qui deviendraient lambeaux de papiers sous les lacérations du couple consommé.
Je te veux, aujourd'hui et demain. Encore et toujours.

--------...La lune continuait sa course inexorable par dessus la Colline étoilée, éclairant de son halo camouflé par des nuages dispersés les contours de la demeure silencieuse, témointe pourtant de gémissements et souffles éraillés qui résonnaient sur l'intérieur de ses murs. Par dessus la bâtisse, l'on pouvait voir en horizon les lumières de Londres qui clamait ne pas vouloir dormir lui non plus ; comme si, quelque part, tout le monde avait deviné, avait su que ce soir quelque chose devait se passer. Spectateurs de la conscience, de l'unité qui s'affirmait plus haut dans la foret, à des kilomètres de là, dans la liaison de possession vertueuse d'Azphel et Aya.

La netteté du lit avait été rebattue, défait de plis, de draps subissant les assauts amoureux du couple de mages noir. Il n'était plus le Directeur ou le mentor et elle l'élève, ils n'étaient plus des étrangers, des inconnus aux attirances senties, désirées et refoulées, mais un couple affirmé, dans le langueur d'une nuit d'été. Monologue charnel de respirations jointes, bustes s'écartant et se revenant l'un à l'autre inlassablement, dans des respirations moins profondes que fortes, alourdies par la liaison des chairs, la percussion de leurs sentiments et leurs envies affirmées, liées indéfiniment à l'autre, sans plus de raison que c'était Elle, et simplement Lui. Aux bruissements sourds du coeur d'Azphel, intarissables, s'ajoutait l'écho régulier de ses râles comme un doux poison, cri d'animal éprouvé, vivant sans retenue de désir de sa chair - tirade agrémentée de bruits de bois, de rebonds, de chambre soumise à la violence de leur union.

Avalanche de caresses imprégnées dans les chairs, prises à épouser les dénivelés des corps, à en gravir les formes, les apprendre, les reconnaître et les apprivoiser, alors que leurs regards joints s'affirmaient de promesses et de volontés, se parlaient d'amour en silence tandis que leurs êtres, entraînés dans le tourbillon des corps, expiaient la fougue sibylline de leurs sentiments ; affichaient sur l'autel leur attirance indescriptible et le désir pieu de l'âme jumelle, qui avait existé dès le premier jour, les premières secondes, et n'avait fait que grandir dans l'ombre, bouffant un peu plus leurs coeurs au fil du temps, les promettant à un Enfer, avant de se délivrer finalement ce soir dans l'exécution formelle de leur crime, sans retenu, sans volonté d'aller contre ou de lutter, juste dans l'abandon complet à l'être aimé, voulu et désiré par dessus tout.

Dehors, les étoiles surplombaient la Colline, le Londres lointain, et bien au-delà encore. Les heures de la nuit poursuivaient leur course inlassable, laissant deviner aux plus perspicaces les traits d'un soleil orangé qui somnolait encore, qui finirait comme tous les jours par arriver. Pourtant, à sa prochaine apparition, il brillerait plus que les matinées précédentes. Il se lèverait en doux rayons sur les visages d'Aya et Azphel, pour les découvrir nus l'un contre l'autre, les paupières lourdes, les yeux conquis, les mèches de cheveux chamaillées, et verrait dans leurs sourires, que si ce jour il ne faisait que revenir pour accomplir sa tâche monotone, la lune avait couvé sous sa garde un secret qu'il n'avait plus qu'à mettre en évidence aux yeux de tous.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Mar 10 Oct 2017 - 18:42


LA du loup

Quelque chose sévissait en eux.
Une lutte bestiale tordait les corps. Il fallait partir ou se battre, se laisser bouffer, se battre encore contre le monstre qui sommeillait en elle et la gouvernait. Le choix était tout fait. Plutôt finir entre les griffes du loup que de lui tourner le dos. Azphel, enfant de la lune, parfois du soleil lorsqu'elle l'observait vivre, vivre simplement, respirer autour d'elle, agir, sourire, parfois se perdre dans ses pensées qu'elle ne parvenait à contrôler.
Impossible et pourtant elle voulait, c'était tout ce qu'elle souhaitait peut-être. Tout laisser tomber, oublier Moira et l'Ecosse, et la mort prématurée de ceux qu'elle aimait par-dessus tout. Ils étaient partis, trop loin pour elle, tant pis. Ses envies d'aller au-delà de toutes les limites imposées par la raison ou la santé mentale, qu'importe, elle laisserait tout tomber, juste pour pouvoir l'enlacer sans cesse, chuchoter dans ses cheveux qu'il n'y avait plus que cela qui comptait. Compter les lendemains dans ces brins d'herbe noire, s'endormir à ses côtés, reposer entre ses mèches comme un mammifère paisible. Quelqu'un sans histoires.

Trop tard. La bataille faisait rage.
Azphel était le danger et le repaire, l'ami et l'ennemi intime. Il était sien et pourtant chaque parcelle de son corps le repoussait comme une entité maligne, quelque chose à rejeter par-dessus tout. Il était l'avenir, le soleil noir colorant de cendres l'azur. Azphel était tout, aussi simple qu'un jour qui se lève et envahi l'horizon de ses lueurs paisibles, aussi compliqué que tout ce monde qui battait de l'aile.

De jambes croisées, cuisses agrippées par les doigts sévères.
Reste là, les dents sifflaient enserrées, parce qu'il la regardait, au-dessus de tout, puis elle disparaissait sous lui. Jouer à ça, ce vilain jeu de cachette sous toi.
Sa bouche lui faisait mal, tordue d'envies éparpillées en soupirs. Tout se confondait, entre les râles quémandeurs et les souffles brisés. Son prénom trois fois chuchoté. Aussi loin que tu pars, attiré par ce rythme effréné, est-ce que tu m'entends ?

L'éclat de la nuit faisait fondre les corps, masse indolente recroquevillée sur elle-même. Les dents perçaient la peau comme un doux présage, un avertissement. Suivait l'allure langoureuse et le grognement. Il la gronda avec sécheresse, pas par le mot non, par le geste.

De mains liées une fois, liées en attaches à-même la chair. Les marques ne s'effaçaient plus, la promesse d'un lendemain teinté d'hématome. Tout partout, souvenir de lui et de la rage qui l'habitait. Parce que non, le contenir n'avait plus de sens. Plus rien n'avait de sens que cette f.utue danse.

La nuit même criait ce capiteux refrain d'Encore.
Rien d'autre que la nuit pour inlassable témoin.

________________________________

- Il pleut encore, ce matin.
La voix se répercuta dans la pièce, presque sinistre, mais pas elle dans ses draps volés. Les doigts fins qui tenaient fermement l'enveloppe improvisée, quitte à entraîner tout le linge de lit sur son passage, passèrent autour des épaules de son amant pour mieux l'enlacer.
- Ça m'arrange, je dois dire.
Le mage ne se détourna pas de la brume qui occupait le panorama de la Colline, habituellement idéal pour admirer le tout Londres. Le front appuyé contre le dos nu d'Azphel, Aya cilla à peine, respirant un bon volume d'air le temps de réfléchir à quoi ressemblerait cette journée. Etrangement, elle se sentit rassurée de savoir que le mage ne la quitterait pas pour continuer ses affaires ou traîner n'importe où.
- J'en avais pas fini avec toi, ajouta-t-il après un court silence, dans une dernière expiration enfumée, avant de se retourner pour capturer la jeune femme dans ses bras.

La Nuit ne relâcherait jamais sa douce étreinte.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Lun 6 Nov 2017 - 18:43

Fin du RP avec Celle

A ux vestiges d'hier, ne restait des sorciers éloignés qu'une promesse. Celle d'un toujours, formulé dans les gestes, les caresses, les regards et les mots susurrés, étouffés sur l'oreiller, cachés dans des étreintes animales et inassouvibles. Aya et Azphel - Ayaz. La nuit avait laissé sur eux le timbre d'une union parfaite et le parfum qu'ont les grands Amours, ceux que l'on devine avant qu'ils ne naissent, et qui explosent quand tout est devenu trop évident. Ces choses de deux âmes qui se sentent.

Les fiancés de la nuit s'éveillèrent l'un contre l'autre, le regard fatigué, le corps éreinté, mais le coeur aérien et insouciant, tentant de percevoir les mots cachés à travers la brume qui avait dégringolé pour leur masquer le Londres lointain. Le temps leur suggérait de parfaire leur danse, slow, collé serré, rock endiablé... Mélange des genres pour mélange des corps.
De quoi se soucier, maintenant qu'il était avec Elle ? Plus que leur monologues des silhouettes, c'était la simplicité de leur relation et de leurs moments à deux, fusionnels, alchimiques, qui emplissaient Azphel d'un sentiment de félicité, d'accomplissement. Aya était devenue une évidence, depuis plus longtemps qu'il ne se l'était admis. Le temps avait souhaité les séparer, les condamner un moment, mais ces jours aux desseins noirs étaient désormais révolus.

La belle dans son dos passa son bras par dessus son épaule et leurs doigts se joignirent comme des camarades heureux de se retrouver.

Leur câlin s'éternisa longuement, à regarder tête contre tête ce dehors imperceptible, ce matin d'automne incertain aux allures de fantôme drapé dans le brouillard. Doigts qui se lièrent en attente, caresses de pieds, de jambes, cuisses enchevêtrées. Je t'aime bébé. Bébé, elle, la jeune sorcière, la brebis égarée dans le repaire du vieux loup. Mais les amants de la noire magie n'avaient jamais eu peur des comptines ni des regards, et ils savaient, que depuis le début, les premiers instants, quelque chose avait existé entre eux, une connexion d'une rare profondeur ; révélation qui avait pris son temps pour franchir les barrières, mais qui ne pouvait plus être remise en cause aujourd'hui.

Les draps étaient parfumés de jasmin, et le parfum du corps d'Aya exaltait des effluves de vanille que leurs ébats houleux n'avaient pas altéré. Les yeux dans les yeux, il lui avoua ne pas en avoir fini avec elle, avec sa soif insatiable, proche de la possession, du doux poison. Ses mains lupines s'installèrent sur ses hanches, ordonnatrices douces, quémandant à la fragile petite chose de se tourner, de laisser leurs corps collés sur le côté, le temps d'éprouver, de sentir, les regards tournés vers l'extérieur qui leur accordait toute bénédiction, le refrain de leur bassins amourachés, reliés dans l'intimité profonde et complète. Langoureuse cadence des êtres voulus par dessus tout, dans l'abandon pour l'autre, l'unique.

Les silences monopolisèrent les premières secondes d'attraction, avant que les murs ne soient victimes des soupirs exhalés, transformés par la torpeur, le rythme, l'épreuve de la symbiose des deux amours et amants.
Au dehors, le voile semblait vouloir rester posé, pour maintenir au secret l'insolence et le voluptueux de l'union d'Azphel et Aya. Il n'en avait pas fini avec elle ; elle ne le laisserait pas s'éloigner de toute façon ; ils n'avaient pas terminé de consumer et consacrer leur couple dans l'union. Le temps de quelques heures, la journée peut-être. Après, il y aurait des encores, des nuits sans sommeil pour les avalanches des corps, mais il y aurait aussi le retour à la nature de leur relation, la magie, les obsessions, les blessures des coeurs et les vengeances réclamés par les âmes meurtries.

Des lendemains multiples, aux aspects incertains. Si les matins de torpeur étaient d'avance promis, ceux de douleur restaient sans doute tapis dans l'ombre. Mais il n'y avait rien à craindre pour le mage noir, maintenant qu'il était avec elle. Et elle n'aurait rien à craindre non plus, tant qu'il serait là, à ses côtés.
Toujours.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Mer 29 Nov 2017 - 14:39

Nouveau RP

Feat Azaël

Cette journée à la Colline Étoilée était assez particulière. Azphel accueillait pour la première fois Azaël Peverell, jeune sorcier fauteur de troubles rencontré à Poudlard alors qu'il était son Directeur de maison. Un des rares Serpentards à avoir retenu l'attention du sorcier. Encore que le terme n'était pas tout à fait exact, l'intérêt pour le mage noir envers le jeune homme résultant en premier lieu de la capacité de ce dernier à enchaîner les co*neries plus rapidement que les cours à Poudlard. Et pour son jeune âge, Azaël était également un bon buveur et fumeur, et si Azphel avait dans un premier temps éprouvé de l'indifférence pour lui, leurs soirées partagées au sein du château avaient dégagé de la sympathie pour le garçon.

Le mage noir n'avait rien prévu de particulier pour ce jour, il discuterait surement de tout et de rien avec l'adolescent, boiraient certainement quelques verres, peut-être trop. Les dernières fois qu'il avait vu Azaël, le mage noir avait commencé à s'intéresser à sa vie privée, ses orientations magiques. Il se demandait toujours si le jeune Serpentard avait quelque attirance pour le côté noir de la magie ou s'il se sentait davantage protecteur envers le reste de la population... voire neutre de tout parti pris. Il lui reposerait la question, au détour d'une conversation. Pas sûr qu'ils auraient un grand débat s'il ne montrait aucun penchant pour la magie noire, puisque Azphel ne prendrait alors pas le risque de se dévoiler, mais cela pouvait être intéressant de voir si le jeune Serpentard prenait un peu plus d'assurance et affirmait davantage ses opinions.

Qui plus est, depuis un après-midi passé à Pré-auLard, il le savait maintenant très proche d'un autre jeune étudiant de l'école qu'Azphel appréciait : Artemis O'Toole. Et selon les bruits de couloir qu'il avait eu, le duo de sorciers menait la vie dure aux professeurs de l'école et faisait les quatre cents coups.
Si Azphel connaissait moins Artemis qu'Azaël, ça ne changeait rien au fait qu'il appréciait particulièrement les deux. Ils avaient cette force commune de dégager aux yeux du mage noir un mélange d'insouciance, d'indifférence au quotidien et de potentiel à gâcher qui lui plaisait. Mais si Azphel avait proposé à Azaël de passer chez lui aujourd'hui, c'était aussi parce qu'il pensait que ce potentiel pouvait servir à quelque chose. Même si cela restait à voir.

Le sorcier attendait dans le salon du manoir lorsque son alarme d'approche se déclencha, signe que les grilles à l'entrée avaient été franchies. Il arriva juste pour ouvrir la porte du manoir quand Azaël tapait :
- Salut Azaël ! Tu n'as pas eu trop de mal à trouver ? le questionna-t-il en lui tendant une main amicale.

Il le conduisit ensuite au salon, là où un canapé en cuir attendait des invités autour d'une table basse et suffisamment proche d'une cheminée pour leur offrir un feu réconfortant. L'ancien directeur de Serpentard prit place en invitant Azaël à s'asseoir à côté de lui.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Azaël Peverell, le  Jeu 14 Déc 2017 - 17:57

T'as immédiatement accepté l'invitation d'Azphel. Pour toi, la question ne se posait même pas. Il a toujours été sympa avec toi, laissant les règles du château de côté pour que vous puissiez vous amuser. Il n'est pas un rabat joie. Il n'est pas comme tous ces maniaques du contrôle et de l'autorité dont le seul but et d'être en permanence sur le dos de ceux qui, comme toi, refusent de se soumettre aux parties du règlement qui ne leur conviennent pas. Tu tiens trop à ta liberté pour faire partie des élèves bien sages qui font tout ce qu'on leur dit comme de bons petits moutons, et le tout sans se poser de question. Alors tomber sur un type qui te laisse picoler, voire même qui te fournit en alcool et en clopes, obligatoirement, tu risquais pas de cracher dessus. Et même si à présent tu ne touches plus une goutte d'alcool, tu lui en restes reconnaissant.

Sans compter le petit entraînement dans la Salle sur Demande. T'as bien aimé. Pour une fois, t'as pu faire face à quelqu'un sans animosité, uniquement dans le but de montrer ce dont tu es capable, et de t'améliorer un peu. Parce que malgré le whisky, il t'a donné des conseils. T'es pas bien sûr de les avoir mis en oeuvre par la suite, c'est vrai. Mais l'intention est là. Il ne te regardait pas comme s'il t'était supérieur. Ni comme s'il te méprisait. Non, plus comme si ta compagnie l'intéressait un peu. Comme si il t'appréciait. Et ça fait du bien. Plus que ce que tu ne voudras bien admettre. Disons que ça change.

Te voilà donc parti, dans la campagne londonienne. Tu suis les routes en skate, profitant de la vue et du calme qui s'offrent à toi. C'est un peu loin, c'est vrai. Tu t'es juste déjà tapé la traversée de la ville auparavant en plus. Mais t'as l'habitude de traîner pendant des heures et des heures, alors une balade avec un but au bout, finalement, c'est un peu comme si c'était Noël. Tu finis par arriver devant un immense manoir. Tu ne t'y attendais pas vraiment. Enfin, tu te doutais qu'il ne vivait pas dans une bicoque délabrée, mais quand même, là, c'est impressionnant. T'as l'impression d'avoir devant toi le manoir de ton père quand vous viviez encore dans le Grand Nord. Sauf qu'ici, il fait plus beau. Et que t'as pas l'impression qu'une chape de plomb te tombe dessus en passant les grilles.

Tu frappes à la porte, et elle s'ouvre presque aussitôt sur l'ancien Garde-Chasse du château. Tu lui adresses un léger sourire tout en prenant sur toi pour lui serrer la main sans transformer ce dernier en grimace gênée. Même si tu l'apprécies, c'est franchement pas ton délire de toucher quelqu'un d'autre. Tu devrais investir dans des gants, ça te simplifierait sûrement la vie.

- Salut. Nan, ça va, c'est juste un peu plus éloigné de la ville que ce que je croyais.

Tu laisses ton skate dans l'entrée avant de suivre le mage jusqu'au salon tout en regardant autour de toi. T'as un peu de mal à savoir quoi dire ou quoi faire. Echanger des banalités, ce n'est pas dans tes habitudes. T'as plutôt tendance à ne pas trop parler, sauf si c'est pour te plaindre ou t'énerver sur quelqu'un. On t'as sans doute un peu trop dit de te taire quand t'étais plus jeune. T'as appris à l'ouvrir uniquement pour te faire remarquer, histoire de ne pas paraître totalement invisible aux yeux des autres. Mais tenir une conversation entre personnes normales... Tu ne saurais même pas quel sujet abordé. Et c'est là que tu commences à te dire que t'aurais peut être mieux fait de ne pas venir.

Tu ne peux même plus compter sur l'alcool pour t'aider à agir correctement en société. Par contre, t'as bien plusieurs pilules qui traînent au fond de ta poche. Elles ne pourront pas te faire de mal. Par contre, tu te vois mal les prendre devant Azphel. Il ne t'a jamais jugé jusqu'à présent. Et t'as pas envie que ça commence. Même si tu ne saurais dire s'il en aurait réellement quelque chose à faire. Dans le doute, tu préfères éviter de le décevoir inutilement. Tu te laisses donc tomber à un bout du canapé, observant la pièce avec attention. Tu te sens obligé de dire un truc. Alors tu lâches la première phrase bateau qui te vient à l'esprit avec un sourire que tu veux moqueur mais qui est sûrement plus gêné qu'autre chose.

- Sympa la baraque, tu t'fais pas chier !
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Mer 17 Jan 2018 - 14:37

D'ordinaire, la Colline Étoilée n'accueillait jamais d'élèves de Poudlard. Déjà parce qu'Azphel sympathisait rarement avec des étudiants, ensuite parce que le manoir avait à ses yeux l'étiquette d'un endroit pour adultes. Non pas que des choses obscènes s'y passait, mais plutôt en dehors du modèle de conduite du sorcier moyen. Transformations pleine-lunaires, visite de mage noir, d'ancien seigneur des ténèbres, tentative de meurtre, pratique de nécromancie... Ce genre de joyeusetés.

Pour la populace, l'endroit était connu comme l'habitation d'Azphel, seul(e)s quelques rares savaient le poids de la demeure dans son histoire. C'était mieux ainsi.
Lorsque Azaël franchit la porte, il n'avait rien du visiteur qu'Azphel recevait d'ordinaire. La coupe rebelle, l'attitude désinvolte, un aspect un peu négligé, un "skateboard" à la main ; pas certain en définitive que la conversation de l'après-midi serait très ouverte et adulte, mais sait-on jamais. Le mage noir avait retenu d'Azaël qu'il fallait se méfier des apparences. En duel, par exemple, l'étudiant se montrait particulièrement retors et réfléchi.

- Sympa la baraque, tu t'fais pas chier ! lâcha Azaël qui venait de s'affaler dans le canapé.
Azphel sourit franchement.
- Oui ça va, je ne suis pas à plaindre, je suppose. Je n'ai jamais manqué de rien, même si la luxure me répugne et que je préfère l'intimité à l'excentricité.  Ça fait sept ans que je possède cette demeure, mais il s'y est passé tellement de choses significatives pour moi que j'ai l'impression d'y habiter depuis vingt ans ! Tu connais ce genre de sentiment ?

Il était difficile, en l'observant, d'imaginer le milieu duquel venait Azaël et dans quel monde il gravitait. S'il avait une tête d'adolescent rebel affirmé, il n'était pas évident de savoir s'il venait d'un milieu modeste ou aisé. Mais observant ses manières, ses pratiques, tel que sa venue en skateboard ce jour, Azphel pariait sur une enfance assez couvée, pas dans le besoin, mais proche du monde moldu. Peut-être un sang-de-bourbe, ce qui expliquerait beaucoup de ses attitudes, assez éloignées des sorciers exemplaires.

- Tu veux boire quelque chose ? proposa le mage qui se levait pour partir chercher des rafraîchissements dans la cuisine, dont il revint quelques minutes plus tard chargé d'un plateau où deux verres se perdaient au milieu d'une jungle de boissons, sucrées ou alcoolisées. Il avait aussi mis des pâtisseries, achetées le matin même dans une boulangerie moldue. Si le mage noir avait en horreur la vie insignifiante des moldus et manifestait beaucoup de désintérêt envers leurs habitudes, leur nourriture et leurs boissons étaient quelque chose qui le fascinait, en revanche.

- Et toi, dis moi, de quel milieu tu viens ? C'est le premier manoir du genre que tu vois ? Où est-ce que tu passes tes vacances scolaires ?
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Azaël Peverell, le  Jeu 18 Jan 2018 - 19:08

La réponse d'Azphel te tire un sourire désabusé. Si tu connais ce genre de sentiment... Oui. Mais vraiment pas dans le bon côté des choses. Tu n'as pas remis les pieds dans le Manoir dans lequel tu vivais avec ton père depuis tes quinze ans. Tu n'as strictement aucune raison d'y retourner depuis sa mort. Et tu ne vas pas t'en plaindre. Tu haïssais cet endroit de tout ton coeur et de toute ton âme. Tu y as vécu une dizaine d'années qui t'ont parues une éternité. Et tu as parfois l'impression que tout n'est pas fini. Que ça peut toujours revenir. Que tu ne t'en es pas réellement sorti. Ton sourire est ta seule réponse. Nul besoin de mots. Ils ne pourraient de toute manière pas franchir tes lèvres. Expliquer est trop difficile. Y penser fait trop mal. Les souvenirs douloureux resurgissent d'eux-mêmes.

T'es soulagé lorsque ton hôte se lève pour aller chercher des boissons. Tu accueilles sa proposition d'un hochement de tête poli pour le remercier. Et tu profites de son absence pour avaler deux pilules d'un coup. Et taper une pointe sur le dos de ta main, l'air de rien. T'as vite fait de remballer ce qu'il te reste dans ta poche. Tu te dis que ça suffira à calmer l'angoisse. A calmer les flashs et la douleur. Faire en sorte de l'enfouir à nouveau. T'as l'habitude de fonctionner comme ça, et t'as aucune raison de changer quoi que ce soit. Personne ne remarque rien de toute façon. T'es toujours défoncé comme c'est pas permis. Mais les autres ne regardent pas assez pour le voir. Alors tu peux t'enfoncer dans la facilité. Et continuer.

Remerciements en le voyant revenir avec le plateau. T'as soif. T'as la bouche horriblement sèche. Mais tu serais bien incapable d'avaler la moindre miette de nourriture. Tu ne ressens pas la faim. Pas dans cet état. Ton corps s'habitue peu à peu à sauter des repas. Tu te sers un verre de la première boisson non alcoolisée que tu attrapes, sans te soucier de ce que c'est. Tu dois au moins tenir tes résolutions concernant l'alcool. T'as pas le droit de retomber après tout ce qu'Alhena a fait pour que tu puisses arrêter. Nouvelle question de la part du mage. Tu avales ton verre entier d'une traite, en espérant humidifier assez ta langue et ta gorge pour parler. T'as presque envie de l'envoyer bouler avec toutes ses questions. De lui dire de se mêler de ce qui le regarde. Parce que tout te semble trop compliqué.

Et puis tu te rappelles que t'es pas là pour te prendre la tête. Qu'il n'est pas la majorité des gens. Qu'il pose peut être les questions parce que la réponse l'intéresse réellement et non pas pour passer le temps. Ou du moins tu te plais à l'imaginer. T'as envie d'y croire. Que si t'es ici ce soir, c'est qu'il t'apprécie un tant soit peu. Que l'hypocrisie n'a pas lieu d'être, qu'il n'a rien à y gagner. Il ne se doute certainement pas d'à quel point ta situation a pu être compliquée. Mais t'as pas envie d'en dire trop. Tu cherches tes mots. Pour répondre sans mentir. Mais sans risque d'attirer trop de questions plus centrées.

- J'ai grandi dans un manoir comme celui-ci. En plein milieu de la Sibérie. Avec mon père.

Qui voulait que tu sois un parfait petit sang pur bien éduqué et qui n'a rien trouvé de mieux que de faire entrer ses valeurs et ses idées à coup de punitions physiques et magiques totalement démesurées. Mais tu préfères ne pas t'attarder là-dessus. Ni même expliquer que ce n'était de toute façon pas ton vrai père. Qui s'intéresserait à ton histoire de famille ? Même toi t'as encore du mal à l'assimiler, ça sert à rien de surcharger.

- Maintenant j'ai un appart' sur l'Allée des Embrumes. Une colloc'. J'passe mes vacances là-bas. Ou dans une des habitations des Peverell... Ou d'Alhena.

Ou dans la rue, quand tu n'as pas envie de rentrer ou que tu n'en es plus en capacité. Un squat, un hangar, un garage à vélo, un banc. N'importe quoi fait l'affaire. T'as jamais eu de réel chez toi. Juste des endroits pour passer le temps ou la nuit. Rien que là tu te sens obligé de te justifier. Parce que t'as peur de questions qui risquent d'arriver. Alors tu lui adresses un léger sourire.

- J'aime pas trop m'enfermer dans un endroit, j'aime bien être libre de bouger... J'vis un peu où je veux depuis trois ans. J'me contente d'être là où j'ai envie.

T'as essayé de te poser à la Crèche. Tu pensais vraiment que ça fonctionnerait. Mais c'était avant de te retrouver seul, en tête à tête avec des souvenirs heureux qui te foutaient le cafard. Deux colocataires disparus. T'as compris que les mauvais souvenirs pouvaient s'accrocher partout. Alors tu te débrouilles pour ne plus t'attacher aux endroits. Comme ça t'es tranquille.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Mar 30 Jan 2018 - 13:32

Curieusement, Azaël avait l'air assez réservé, assis là sur le canapé. Il semblait intimidé par la situation ou perdu dans ses pensées, mais son comportement avait quelque chose de différent de ce dont Azphel se souvenait. Le côté rien-à-fo*tre n'était pas trop présent en ce jour, le jeune sorcier semblait plutôt emprunt d'une mélancolie qui n'était pas coutumière pour le mage noir qui l'accueillait. Azphel se servit d'un verre d'eau et d'un whisky pour se détendre, et laissa libre le jeune homme de se servir lui aussi. Quand il questionna Azaël sur ses origines, la réponse l'étonna quelque peu :

- J'ai grandi dans un manoir comme celui-ci. En plein milieu de la Sibérie. Avec mon père.

Azphel haussa un sourcil, intrigué. Déjà parce que Aza' avait dû avoir une enfance plus aisée qu'il ne l'avait d'abord pensé, mais aussi parce qu'il ignorait tout de son passé Russe.

- Vraiment, en Sibérie ? Ton parcours a dû être chaotique pour que tu n'arrives à Poudlard, plutôt qu'à Durmstrang ? Familier des manoirs, est-ce que ta famille aurait des origines aristocratiques par hasard ?

Si cela pouvait fair cliché, c'était pourtant bien souvent le cas ; même si, en posant cette question, Azphel avait pour référence sa propre enfance dont il ne faisait aucune généralité. La vie de manoir avait été d'une banalité terrifiante pour lui, d'abord trop jeune pour se rendre compte du privilège qu'il avait, ensuite trop différent pour apprécier la vie proche de sa famille... S'il avait aimé le confort, Azphel était le plus heureux du monde de ne pas vivre entouré de gens sans besoin et de luxure.

- Maintenant j'ai un appart' sur l'Allée des Embrumes. Une colloc'. J'passe mes vacances là-bas. Ou dans une des habitations des Peverell... Ou d'Alhena.
- Ah bon ?! lâcha un Azphel encore plus étonné. Je ne t'imaginais pas le genre de sorcier à vivre sur l'Allée des embrumes. Enfin, reprit-il d'un ton moins catégorique, tu n'es as sans savoir qu'on associe souvent les gens qui font le choix de vivre là-bas à des adeptes de magie noire, sinon des intéressés. Tu caches bien ton jeu, dit-il au jeune homme sur le ton de la plaisanterie.
Azphel ne souhaitait pas nécessairement associer Azaël à la magie noire, ni même le harceler de questions à ce sujet, alors il le laissa libre de lui en dire plus s'il le voulait. Au demeurant, il trouvait l'information relativement intéressante et regardait le jeune sorcier entouré de mystères.

Le jeune homme avait parlé d'Alhena. Si la sorcière et Azphel n'étaient pas des proches, ils s'étaient croisés plusieurs fois et le mage noir connaissait beaucoup de choses d'elle. La brune avait une réputation qui la précédait souvent, et même s'il son nom était connu, l'ancien Directeur de Serpentard n'avait jamais fait l'association entre les deux Peverell. D'autant qu'elle n'était pas très évidente au premier abord... À les regarder indépendamment l'un de l'autre Azaël et Alhena ressemblaient plus à une famille recomposée qu'à des fruits du même sang ; comme s'ils avaient découvert leur lien de parenté bien des années après leur naissance...
Azphel quitta ses pensées distraites pour revenir sur Aza, qui se définissait comme un vagabond libre de changer de trajectoire du jour au lendemain.

- Je comprends ton point de vue, tu sais, lui dit le lycan. À ton âge, j'étais pareil que toi. Je n'avais pas de réelles attaches et je ne savais quoi faire de ma vie. J'ai pas mal erré dans le monde magique, et puis, quelques années plus tard, dans le monde moldu. Il offre des avantages non négligeables, en particulier en matière d'anonymat... On peut avoir été Ministre de la Magie et ne leur faire ni chaud ni froid, les moldus ont au moins ça pour eux...
Azphel marqua une pause, perdu dans les images de son passé qui refaisaient surface dans sa tête.
Des perspectives de carrière en tête, maintenant ? lui demanda-t-il. Tu es toujours serveur ?
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Azaël Peverell, le  Mar 30 Jan 2018 - 17:59

Il ne semblait pas s'attendre à une telle réponse. D'un autre côté, tu fais tout ce que tu peux pour t'éloigner de ton passé avec ton père. Léger hochement de tête pour confirmer le lieu. Et le voilà qui demande toujours plus de détails. Tu te rends compte que c'est la première fois que quelqu'un te questionne aussi ouvertement sur ton passé. Et t'as pas la moindre idée de ce que t'es sensé dire. T'es loin d'être à l'aise sur le sujet. Et tout te semble beaucoup trop compliqué pour être expliquer. Tu retiens un soupir. T'as pas envie de paraître impoli envers lui. Tu te sens un peu obligé de répondre. Tu cherches tes mots quelques instants avant de commencer à expliquer le plus succinctement possible.

- J'ai fait mes quatre premières années d'étude à Durmstrang. Mais mon père a... Enfin...

Difficile à sortir quand même. T'es sensé le dire comment là ? Mon père a disparu, a été tué par Alhena qui se trouve être ma soeur parce que mon père n'est pas mon vrai père et qu'en fait j'suis un Peverell ? A quel moment une histoire pareille peut expliquer quoi que ce soit ? Tu passes nerveusement ta main dans tes cheveux. C'est vraiment pas un sujet que tu aimes aborder.

- J'ai dû revenir chez ma tante sur Londres, et du coup j'ai dû aller à Poudlard. Mais ouais, les Liderick étaient une grande famille de sorciers... Ou aimaient à le croire, j'en sais trop rien. Ils sont tous morts.

Ils étaient persuadés d'être importants, ça, c'est sûr. Mais l'étaient-ils vraiment, tu ne t'es jamais penché sur le sujet. A vrai dire, tu t'en moques complètement. Ces gens étaient détestables, tous autant qu'ils étaient. Et il se trouve que leur sang ne coule pas dans tes veines. Alors t'aimes autant ne rien savoir d'eux, et essayer de les oublier. Difficile étant donné que tu voulais absolument être celui qui tue ton père et que t'as fini par te venger en faisant assassiner ta tante... Dans tous les cas, tu trouves que ta dernière phrase marque parfaitement la fin de ce sujet de conversation. Quoi que de façon quelque peu abrupte.

Tu préfères amplement la suite des propos d'Azphel. Tu les trouves... Amusants. Un léger sourire se dessine sur tes lèvres. Emprunt d'une fierté que tu n'essaies même pas de dissimuler. Tu sais très bien ce qu'il se dit sur l'Allée des Embrumes. Et c'est quelque chose qui te plaît. Tu aimes l'atmosphère qui y règne. La Magie Noire ne te fait pas peur. Au contraire, elle te fait de l'oeil. Elle t'attire. Parce qu'elle est nécessaire pour être plus puissant. Et t'es bien décidé à ne plus jamais être celui qui prend les coups. Et en revoyant le mage lancer le sortilège de mort sur un mannequin lors de votre dernier tête à tête, tu te doutes bien que cette magie ne lui est pas inconnue. Sourire qui s'agrandit, ton moqueur qui ressort.

- Je le cache sans doute mieux que toi, c'est vrai.

Visiblement, tu n'es pas le seul à avoir la bougeotte. C'est un peu rassurant. Parce que tu passes ton temps à chercher une place que tu ne trouves pas. Et t'as peur de ne jamais la trouver. Mais à le voir aujourd'hui, il a l'air d'être bien dans sa vie. Un grand sorcier, ancien Ministre de la Magie, qui pourtant devient garde chasse pour boire des coups avec des élèves. Très honnêtement, c'est un parcours très honorable à tes yeux. Tu ne l'aurais cependant jamais imaginé aller traîner du côté des Moldus. Mais c'est loin de te déranger. Les Moldus ne te gênent pas. T'en connais même quelques uns, avec qui tu traites. Notamment pour la drogue ou les plans foireux. Pas les plus fréquentables, ni même les plus stables. Mais étrangement, tu les aimes bien. Ils sont étonnamment similaires à toi.

- Toujours serveur aux Trois Balais, ouais. J'ai toujours pas trop d'idées pour la suite. Peut être que je vais continuer à bosser là bas après Poudlard. Ou alors j'vais me barrer et voyager. Histoire de me sortir de... là.

De cette société que tu hais de toute ton âme pour te forcer à cacher qui tu es réellement. T'en as tellement assez d'être étouffé par le Secret Magique, et par toutes les règles autour de toi... Tu supportes de moins en moins bien. Tu le sais. T'es de plus en plus agressif. Violent. Tu contrôles de moins en moins tes émotions et tes actes. Tu commences à te faire un peu peur. T'as besoin de tout laisser s'exprimer. Mais t'es incapable de trouver comment. Alors tu prévois une nouvelle fuite.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Jeu 1 Fév 2018 - 15:39

Azphel laissa s'écouler dans sa gorge une longue lampée de whisky, concentré sur le jeune sorcier qui le visitait et réellement intéressé par les bouts d'histoire qu'il lui raconterait. En tant que Directeur de Serpentard, il ne se félicitait pas de n'avoir connu que peu de détails sur les élèves de sa maison. Il aurait pu ne pas ignorer les quatre années d'études de Azaël à Durmstrang, par exemple, ce qui ne lui aurait pas laissé la désagréable impression d'avoir un inconnu dans son salon.
Mais un peu plus gênant encore fut la révélation que les Liderick étaient tous morts, ou, comme Azphel le pensait, occultés de sa vie par Azaël.

- Je suis désolé, dit le mage, je ne pensais pas. Ton enfance a dû être compliquée en effet... J'imagine facilement que tu aies du mal à te projeter alors, dans la vie de tous les jours, dans la banalités d'un quotidien. Je n'ai que trop bien connu cette expérience.

La famille d'Azphel était morte à ses yeux depuis longtemps. La plupart de ses membres avait oublié son existence ou faisaient parfaitement semblant de l'ignorer, et il le leur rendait bien. Hormis ses deux oncles, qui avaient une épée de Damoclès au dessus de la tête, le reste des ponts étaient brûlé depuis longtemps. Tous mages noir, tous pourris, tous perfides. Le fruit n'était pas tombé très loin de l'arbre, concernant Azphel, et il ne faisait aucun doute pour l'ancien Ministre qu'il aurait été un membre reconnu, voire adulé de la famille, si toutes les relations n'avaient pas volé en éclat à la mort de sa soeur par l'un d'eux.

En complexité, l'histoire de la famille d'Azaël ne devait rien avoir à envier à la sienne, et n'étant pas du genre à parler de de sa propre histoire à un inconnu, Azphel respecta le silence du jeune homme. Surement qu'il aurait pu l'aider, le conseiller, mais s'il montrait toute l'étendue de sa jugeotte, Azaël saurait qu'il n'avait qu'à demander, s'il souhaitait quelque chose de son ancien Directeur. Il n'était pas à la Colline Étoilée par hasard, c'était presque un privilège qu'Azphel ouvre l'accès à son antre de secrets à une personne qu'il connaissait si peu ; mais ça, l'adolescent ne pouvait le savoir.

- Voyager, hein ?! Je l'ai beaucoup fait, après Poudlard. Le château était devenu anxiogène, la famille un souvenir à laisser derrière. Ça peut te faire du bien et t'apporter beaucoup, si tu cherches des réponses sur toi même... Ce n'était pas facile tous les jours pour moi d'être parti, mais au final je crois que ça m'a servi....

Pensant à Aya, il se confirma intérieurement que oui. Les choses n'arrivent pas toujours par hasard. Mais il y avait d'autres raisons plus tragiques qui avaient poussé Azphel à fuir, et celles-ci, il espérait sincèrement qu'Azaël n'aurait pas à les connaître, qu'il se laisse tenter par les sirènes des ténèbres ou non. Se fuir soi-même, sa malédiction lupine et les agonies qui vont avec, c'est un fardeau suicidaire. Le voyage de départ est plus douloureux que le voyage de l'homme en quête de soi.

- Et faire carrière alors, tu n'y penses jamais ? Le Ministère recrute je crois, ainsi que d'autres personnes voulant accomplir des choses. Et quel que soit le niveau de chacun en matière de magie, je pense qu'on a tous une place quelque part. Même si tu n'as pas toujours été très studieux à Poudlard, je crois que tu peux faire beaucoup plus que de servir des commandes à longueur de journée.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Azaël Peverell, le  Jeu 1 Fév 2018 - 18:55

Chronologiquement pour Aza ça se passe avant les élections du Ministère


Enfance compliquée. L'euphémisme est bien trouvé. Un simple haussement d'épaules répond à la remarque du sorcier. Après tout, il peut bien s'excuser, rien n'est de sa faute. Ni le fait d'avoir eu une famille aristocratique pourrie, ni le fait qu'elle ait été éradiquée de la surface de la Terre, probablement pour le plus grand bien de tous. Cependant, tu ne peux t'empêcher de laisser passer une expression surprise en entendant la confidence d'Azphel. Une expérience qu'il a bien connu ? Parle-t-il du fait de vivre dans une grande famille de Sang-Pur, ou du fait qu'elle ait été décimée ? Tu commences à te poser des questions sur l'homme qui te fait face. Après tout, il est un mystère ambulant.

Il dit avoir beaucoup voyagé dans sa jeunesse. T'as l'impression que ce type a vécu plusieurs vies différentes et bien remplies. Parce que tu te souviens de lui, en cours de métamorphose avec Lival. Lorsqu'il s'est transformé en Loup Garou devant vous. Bien que tu aies trouvé la scène fascinante, tu es conscient que cette transformation est une malédiction. Et pas des moindres. Il a dû passer par de nombreuses étapes difficiles avant de pouvoir se contrôler, c'est comme une évidence. Et malgré cela, il a été Ministre de la Magie. Pour ensuite revenir à Poudlard. C'est étrange. Un peu comme la facilité avec laquelle il a détruit les mannequins sous tes yeux dans la Salle sur Demande.

Ton regard sur le mage se fait un peu plus appuyé. Il a attisé ta curiosité. T'as envie d'en savoir davantage. Mais tu n'es pas du genre à poser des questions. T'as déjà du mal à répondre à celles que l'on te pose, ce n'est pas pour embarrasser les autres en retour. Une fois de plus, faire la conversation, ce n'est vraiment pas un truc fait pour toi. C'est trop peu naturel. C'est simplement un coup à se donner l'impression qu'on connaît les gens pour ensuite se rendre compte qu'absolument pas. Et on tombe de plus haut encore. Et tu n'as aucune envie qu'Azphel te lâche. Tu ne sais pas pourquoi. Mais sa compagnie est étrangement apaisante. Tu n'as jamais ressenti la moindre rancoeur envers lui. Ni même de la colère. Et ce, sans même te forcer.

Il amène une nouvelle fois ton avenir sur la table. Faire carrière... Non, ça ne t'a jamais traversé l'esprit. En fait, travailler, ce serait te soumettre au fonctionnement de la société qui te déplaît. Rentrer dans le moule. Et bosse au Ministère, pire encore. Ce serait... Suivre les traces de ton père. Hors de question. Au moins, aux Trois Balais, tu te sens bien. Tu aimes le lieu, tu aimes tes collègues. Même si le boulot n'est pas passionnant en lui-même, tu y es dans ton élément. Quand au milieu de la nuit, il n'y a plus que les paumés et le personnel. Quand vous vous retrouvez entre fous. Là, tu es à ta place. Avec Alice, ta soeur étoilée, et même le blondinet complètement atteint. La seule ombre au tableau, c'est Leo. Parce que les choses ont changé entre vous. Mais jamais il ne te forcera à partir, tu le sais.

- J'en sais rien. J'crois que j'suis à ma place aux Trois Balais. C'est facile. Pas de prise de tête. J'peux être moi-même. Le Ministère, j'bosserai jamais pour. C'est à cause de lui que tout va si mal. Mais un jour, ça changera. Les choses vont changer. C'est forcé. Il n'y a plus qu'à savoir comment. Et grâce à qui.

Après tout, c'est la deuxième fois qu'il te parle de gens qui peuvent accomplir des choses sans nommer réellement de groupuscule. Pourtant, les connexions se sont formées dans ton esprit, malgré la drogue qui altère forcément ton fil de pensée. Il n'y a plus qu'à dire les choses. Arrêter de tourner autour. Après tout, tu es curieux de savoir de quel côté il se situe, lui. Bien qu'avec son penchant peu caché pour la magie noire, tu en as déjà une légère idée. Tu préfères juste qu'elle soit confirmée.

- T'en penses quoi, toi ? Des idéologies qui sont en guerre en ce moment ?

Parce que la guerre est en cours. Seul un imbécile passerait à côté. Les batailles de propagandes, les attaques qui se déroulent un peu partout, la presse qui panique. Le changement est déjà en marche. T'espères simplement être du côté des vainqueurs.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Ven 9 Fév 2018 - 13:58

C roire qu'Azaël se voyait en parfait défenseur des libertés et droits de chacun relevait de l'absurdité, après sa réponse. Ou alors il avait une vision très particulière des libertés de tous. S'il était évident pour Azphel que parler haut et fort de partisanerie envers l'Ordre Noir à son âge était risqué, il devenait de plus en plus évident pour lui que l'étudiant n'était pas le genre à suivre le programme ministériel à la lettre ni à ses plier aux règles établies.

De plus, Azaël semblait avoir les mêmes certitudes qu'Azphel avait eu à vingt ans, alors Mangemort : il croyait à un renversement proche du pouvoir en place, ou à des évènements de grande ampleur qui bouleverseraient les choses dans un avenir plus ou moins lointain. Des pensées qui, si elles provenaient surement de bribes de conversations entendues ça et là, ne pouvaient laisser de place au doute ; Azaël penchait bien plus du côté sombre de la magie que des ordonnateurs et bien-pensants.

- T'en penses quoi, toi ? Des idéologies qui sont en guerre en ce moment ?

Azphel médita un long moment la question, plongeant son regard perçant sur Azaël, évaluant le jeune homme, ce qui pouvait se passer dans sa tête à son âge. Il devait être en plein questionnement sur le Bien et le Mal, et surtout, sur le sens qu'il donnait à ces deux mots. S'il ressemblait à Azphel en plus jeune, hormis pour le côté rien-à-faire-des-choses, le mage ne se voyait pas lui montrer sa marque des ténèbres scarifiée ou discuter des grandes opérations de magie noire et de renversement de pouvoirs auxquels il avait pris part dans le passé.

- Pour ne rien te cacher, je m'y intéresse pas, dit Azphel. Au moins, il ne mentait pas. Depuis qu'il était revenu en Grande-Bretagne, cinq années plus tôt, l'influence des Mangemorts, leur poids dans les institutions, ne l'intéressaient plus le moins du monde. Leurs actions avaient tellement perdu de valeur et de poids que les soutenir était plus un risque pour soi qu'une action digne d'intérêt. Poudlard comme le Ministère n'étaient plus bougeables facilement ; les batailles d'antan n'avaient plus le même impact aujourd'hui. J'aurais tendance à penser que des changements ne font jamais de mal, des inversements à la tête du pouvoir. S'ils ne devaient pas sans cesse se battre et commettre des méfaits pour se faire entendre, je ne crois pas qu'un sorcier dit "mage noir" proposerait forcément une mauvaise gestion de notre Ministère.  Ces guerres sont exactement ce que tu en dis : idéologique, et c'est bien là le problème. Il n'y a aucun intérêt à soutenir l'Ordre du Phénix ou les Mangemorts, de nos jours. Les sorciers en place dans nos instutions ne seront pas changés, au mieux ils seront tués et remplacés par de pâles copies inutiles, et les batailles que ces deux ordres de l'ombre se livrent sont peu digne d'intérêt. Des tours de garde préventifs ? Des assassinats de moldus, des attaques de pont ? Qu'on ne me fasse pas croire qu'un seul de ces groupes a un quelconque poids sur ce qui se passe. Ce n'est que du vent en définitive. Des Phénix qui prétendent prévenir le mal en attendant les actions de leurs adversaires, ou en collant des affiches.... je n'ai jamais autant ri que depuis que je suis en retrait de tout ça.

Azphel but une longue gorgée de whisky, souriant à Azaël.

- Mes journées de garde chasse à Poudlard étaient beaucoup plus palpitantes que les faits d'armes insignifiants de ces sorciers en manque d'aventure.
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