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[Habitation] La colline étoilée
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Sariel Fawkes
Serpentard
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Sam 7 Avr 2018 - 22:31

Personne, à part celles et ceux qui en avaient fait l'expérience, ne pouvait décrire la violence d'une morsure de Loup-Garou.  
Personne ne pouvait se targuer d'avoir su résister à la pression des crocs dans la chair, l'étreinte du muscle vigoureux que devenait la gueule lorsqu'elle accablait sa prise. Personne ne pouvait oublier cette souffrance, la sensation diffuse de douleur qui parcourait le corps entier, alors que la mâchoire même ne déchirait qu'une partie de carcasse.

Gueule ouverte sous la terminaison d'un cri déchirant, Aya ne savait pas si ce supplice était présage d'un début ou d'une fin. Les ténèbres qui s'insinuèrent dans son champ de vision ne se décidaient pas à répondre à ses questions. Non. Tout ce qui primait, c'était cette chaleur accablante qui s'insinuait en son sang, en sa viande toute entière, ce supplice sans fin qui la fit hésiter à arracher son bras entier, mordre par à coups pour détacher le membre et s'en débarrasser. Laisser derrière, oublier.

La sorcière lamentable passa quelques instants paralysée de douleur, bouche entrouverte sous des supplications incessantes. Elle avait à peine remarqué le départ de la Bête. A peine réfléchi aux conséquences de cette plaie, de cette morsure pourtant caractéristique.
Aya n'arrivait tout simplement plus à penser, à réfléchir. Son avant-bras replié contre elle, ses yeux tétanisés cherchant au travers du ciel une lueur réconfortante, elle passa un long moment à tenter de rassembler ses forces pour ne pas faillir, ne pas s'évanouir sous la sensation du sang qui s'amassait sous la pression de sa main.
Etait-il utile de réfléchir, à cet instant ? A quoi d'autre était voué le corps, face à une blessure pareille ? Elle se doutait que si elle restait là, sans rien faire, ses sens la perdraient. Ses membres finiraient par s'engourdir, son coeur peut-être pomperait plus vite pour pallier au manque... Qu'importe. Elle ne savait pas exactement. Aya n'était pas médicomage mais se doutait que si elle restait encore ici, à se tenir l'avant-bras, elle ne pourrait peut-être plus se relever. Ou serait sûrement retrouvée ici bien trop affaiblie.

Et Dib qui n'arrivait pas... Cela ne faisait même pas dix minutes. Un râle de douleur s'échappa de sa masse, dans une grimace et un claquement de dents significatif.
L'écossaise n'était pas robuste. Bien au contraire. Son endurance n'était peut-être pas à prouver, mais sa gracilité n'était pas d'une grande aide lorsqu'il s'agissait de se défendre face à un ennemi bien trop redoutable parfois : son corps tout entier en alerte.
Elle décida pourtant de se redresser de l'herbe humide qui l'avait jusqu'ici bordée, frissonnant d'un malaise entièrement conçu par la plaie béante, rappel du choc de la morsure du lycan. Ses doigts glissèrent dessus, se tâchèrent d'un sang neuf qui persistait à s'échapper. Le torrent était fini, mais le fait demeurait. Il fallait soigner ça. Restreindre l'écoulement au moins.
La forte dose d'adrénaline que lui renvoyaient les battements frénétiques de son coeur l'aidèrent à ignorer un moment la douleur à chaque mouvement de bras. Imprécise, la sorcière arracha l'autre manche de son haut pour panser son avant-bras blessé. Elle étouffa un sanglot dément, l'élancement du bobo s'éveillant par quelques accès aléatoires de colère.

La sorcière osa à peine s'attarder sur le bout de sa manche tachée de fluide, le morceau de tissu appuyé tout contre par ses doigts, désormais également bariolé de vermeil. Au contraire, ses réflexions paniquées lui dictaient de se diriger vers la Colline qui la narguait plus bas — ou peut-être pas, et si la Bête s'était cachée là-bas ?. Peu assurée, Aya déglutit difficilement. Il l'avait mordue et elle tentait d'échapper à cette idée par tous les moyens. Son esprit entier se refusait à assimiler cette idée, ce fait pourtant indéniable et prouvé par la marque qu'elle portait désormais sur elle.

Elle se releva maladroitement, prenant appui sur ses genoux et son coude indemne. Son équilibre n'était pas très au point et elle manqua de retomber, prise d'un vertige une fois son crâne éloigné du sol.
- Dib..., souffla-t-elle, comme prête à assurer un cri mais étouffée par une course folle, une fuite désespérée dans son esprit. DIB ! finit-elle par hurler, ses jambes la portant à tout rompre vers le bas de la butte que formait le jardin de la Colline étoilée.
Ce fut le moment pour elle de s'écraser au sol, bien trop inapte à cet instant pour se réceptionner correctement. Le tissu qui maintenait la pression de l'hémorragie s'éclipsa, posé plus loin devant elle et, rampante, elle le rattrapa pour l'écraser à nouveau sur son affliction, ignorant la douleur suite à sa chute, le souvenir de sa cheville endolorie — mais étrangement dernière dans sa liste de priorités à ce moment-là.
- Di... DIB ! s'exclama-t-elle, sanglotante, alors que la lumière tamisée du manoir en désordre flattait à peine son visage, le reste de son corps demeurant bordé par les ombres.

Un court instant passa, instant bien trop long pour la sorcière au visage effondré dans la boue. Pourtant, une ombre finit par se dresser devant elle et l'Elfe de maison s'écria :
- Miss Aya... C'est vous ? Que s'est-il passé ?!
Le petit corps se rua vers sa Maîtresse, qui se retourna d'elle-même. Dib ne put s'empêcher de pâlir à la vue du tissu chargé de sang mais Aya stoppa net ses questions.
- Il va falloir que tu me soignes, Dib, murmura-t-elle faiblement sans pour autant agiter le bras. Encore une fois, ajouta-t-elle dans un pâle sourire.
Son serviteur lui demanda encore une fois ce qu'il s'était passé. Mais Aya esquiva les questions, les possibles réponses qu'elle n'arrivait pas à trouver. Elle-même préférait se voiler la face, au moins le temps de soigner ça et de s'en remettre. Pour l'instant, Azphel ne l'avait pas vraiment mordu. Il ne s'était rien passé.
- Aide-moi à me redresser, souffla-t-elle après une tentative maladroite.

Aya ne sut exactement comment elle parvint au canapé de la Colline. La sorcière étouffa une grimace lors de sa chute brutale sur les coussins mais rassura un Dib qui se cognait déjà la tête contre la table basse dérangée, pensant que c'était de sa faute. C'est rien, c'est rien, laisse... Viens m'aider, chuchota la sorcière livide.
Les premiers soins furent pénibles, principalement parce qu'il fallut désinfecter convenablement la plaie ainsi que stopper l'écoulement du sang. Par chance, le morceau de linge avait absorbé ce qu'il fallait. L'état de faiblesse d'Aya persistait surtout à cause de la douleur et de l'état de choc suite à l'agression de la créature. Un bandage propre et d'un blanc immaculé masqua la contusion, soigneusement réalisé par l'Elfe.
- Merci, marmotta Aya, cachée sous son autre avant-bras. Merci...
Les commentaires de Dib ne franchirent pas la portée de sa conscience. Déjà, Aya s'endormait. Ou sombrait plutôt dans un état second indescriptible, prise par une poussée de fièvre. Tout ce que la sorcière pouvait deviner, c'était que le petit Être veillerait indéfiniment sur elle.

*

Un cri l'éveilla dans la nuit. Une plainte douloureuse qui traversait de toutes parts la Colline. Aya, front en sueur et coeur palpitant à un rythme indicible, s'était redressée de tout son buste sur le canapé. Sa respiration haletante fut pourtant le seul élément sonore notable dans l'opacité du salon. Avant que la voix de Dib ne se répercute :
- Tout va bien Miss Aya ? Vous avez mal ?
L'Elfe semblait profondément bouleversé et incita la sorcière à se rallonger sur le canapé, ses doigts glissant sur son épaule pour la pousser en arrière.
- Le cri... Est-ce que, est-ce que c'était moi ?
- Votre sommeil était plutôt agité, depuis quelques minutes, Miss Aya... Et vous êtes brûlante..., ajouta l'Elfe, revers des doigts posé sur le front suintant de la blessée.
La sorcière tenta de reprendre sa respiration, de caler son coeur à un rythme normal, en vain. Sa bouche était sèche et Dib vit là le signal qu'il était peut-être temps de lui apporter de l'eau, ou quelque chose.
- Quelle heure est-il ? chuchota-t-elle, en prenant sèchement le verre d'eau que lui tendait son serviteur avant de le vider avec avidité.
- Cinq heures du matin, répondit Dib en reprenant le contenant en main. J'ai réparé ce qu'il y avait de réparable, Miss Aya. Comme vous m'avez dit que je pouvais aider à la Colline de temps en temps, si vous m'appeliez ici.
Pour Dib, il était clair qu'Aya Lennox n'était pas si terrible que cela. Déjà, elle lui avait appris et l'avait forcé à parler en "je", principe peu répandu chez les Elfes de maison. Mais la sorcière ne supportait pas qu'on parle de soi à la troisième personne. Qui plus est, sa condition n'était pas si terrible, et si Monsieur Azphel n'était pas très chaleureux à son égard, sa maîtresse veillait toujours à ne pas le maltraiter, sans pour autant l'empêcher de s'auto-punir. Veiller sur elle était donc loin d'une obligation, c'était également un plaisir.
- Je devais vous dire, Miss Aya... J'ai entendu du bruit, tout à l'heure...
Aya, yeux parfaitement ouverts et figés dans l'ombre de la pièce, ne répondit pas. Elle ne pouvait pas. N'osait imaginer s'il s'agissait d'Azphel, et sous quelle forme. Ne pouvait imaginer l'homme qu'elle aimait, responsable de cette morsure. Et ce qu'elle engendrerait. Ses mirettes faiblirent dans un moment d'abandon, et elle porta ses doigts à ses paupières closes, qui laissèrent échapper quelques perles salées. Par chance, la manque de luminosité empêchait Dib de deviner ses humeurs. Mais ce soir, tout était beaucoup trop. Moira, la cave transformée en prison, sa chute qui lui revint à l'instant en mémoire, la transformation de son compagnon... Aya n'arrivait plus à assimiler.
- Je suis fatiguée, Dib, balança-t-elle simplement, en se tournant vers le dossier du canapé, face cachée dans l'épaisseur du cuir. Juste... Fatiguée.

Il ne s'agissait pas que de la fin d'une simple nuit. Mais bien du début de quelques tourments.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Lun 9 Avr 2018 - 17:46

Dodelinant d'abord, un peu k.o, assommé par ce qui venait de se produire, par la confusion installée dans son esprit, Azphel avait regagné la Colline Etoilée, gravissant les derniers mètres avec une ardeur féline. La lune magnifiait toujours l'endroit d'une lueur blême, transformant les contours du manoir en ombres muettes et à la fois rassurantes. C'était chez lui, ce territoire inviolable, berceau de ses secrets autant que tanière de secours.

La langue pendante, le loup-garou franchit la vitre brisée du salon depuis la terrasse et retrouva la pièce dans laquelle il avait été attaché plus tôt, agressé par Moira qui avait réussi à s'enfuir depuis. Des chaises étaient renversées, des bris de verre jonchaient le sol et des souvenirs planaient ici, qui vinrent frapper l'animal avec violence. Toujours ces mêmes insanités, ces morceaux de la vie d'Azphel, depuis sa rencontre avec Aya, ces bribes de mémoires qu'il ne reconnaissait pas, qu'il ressentait comme changés. Moira pouvait-elle avoir trafiqué à ce point ses souvenirs ? Où était-ce là l'oeuvre de sa conscience, qui assemblait peu à peu des informations sur Aya, une vérité qu'ils s'était volontairement caché depuis longtemps ?

Le temps n'était plus aux questions, il était à la peur. Le rythme cardiaque de la bête qui ne décélérait pas en était la preuve, ce soir, le pire s'était produit. Il ne l'avait pas initié, mais il en avait été l'apothéose en mordant Aya. Savoir quelles parties de leur vie étaient vraies ou fausses n'entraient plus en ligne de compte pour le moment. Quand la lune aurait poursuivi son cycle, laissant au soleil la charge de veiller sur le monde, les conséquences seraient trop grandes aux yeux d'Azphel pour se poser encore ces questions... Dans sa tête s'entrechoquaient les images de la fuite de la Vipère, de sa perversion malsaine, et de la vulnérabilité de Aya, sorcière paniquée, au tempérament et moeurs ombrageuses. Où se situe la frontière entre le Bien et le Mal, et celle plus indicible encore, entre la Vérité et le Mensonge ?

Le loup hoquetait. Sa bouche s'ouvrait et se refermait, laissant s'échapper sa langue râpeuse le temps qu'il bave sur le sol du salon. Il avait toujours du mal à reprendre son souffle, à retrouver un rythme cardiaque normal. Cela aurait dû s'arrêter pourtant, il ne coursait plus Moira, il n'avait fait que.... À la réflexion de l'homme derrière l'animal, peut-être que c'était l'acte horrible qu'il avait commis qui le mettait dans cet état second. C'était moins son corps que son esprit, qui était capable de récupérer, mais tout le monde savait depuis longtemps le pouvoir supérieur de l'esprit sur le corps...

D'une démarche abattue, Azphel passa devant la porte de la cuisine, puis celle qui conduisait au sous-sol, entrouverte. Il grimpa les marches qui menaient à l'étage, les pattes lourdes, les pensées douloureuses et chiffonnées, l'âme torturée. Machinalement, il arriva dans la première chambre, celle qui avait été pendant près d'une année la propriété d'Aya, alors qu'elle n'avait nulle part ou aller. Dans un bon gracile, le loup sauta sur la couverture. Il y resta quelques secondes debout avant de tourner sur lui-même pour finir par s'allonger en boule, pattes avant recroquevillées sous sa fourrure, contre sa poitrine. Ses paupières se fermèrent sur ses deux grands yeux jaune, et il resta immobile en tentant de ne penser à rien. Le silence de la pièce était dérangé par la respiration forte qui se dégageait de ses naseaux.

Le temps passa longuement. Ou lentement, Azphel n'en avait à vrai dire aucun repaire. Toujours est-il qu'au bout d'un moment il parvint à se calmer, et son corps retrouvant le tempo d'une respiration normale et maîtrisée, il fut davantage persécuté par le retour en images, impossible à ignorer, de sa cavalcade dans la forêt, jusqu'à la morsure de Celle qui avait tout changé dans sa vie. Le regrettait-il ? Sur le moment, non. Il avait agi à la fois par un instinct primaire de protection, d'un bond qui aurait pu être beaucoup plus violent si cela n'avait été Aya devant lui.... et à la fois, il savait ce qui avait motivé cette attaque. La peur.

Mais ce n'était pas la peur de mourir, ni même de se croire en danger face à Aya. Non, c'était là une peur beaucoup plus retorse, modelée par un afflux de souvenirs qu'il n'arrivait même plus à restituer dans un ordre chronologique. Trop différents de tout ce qu'il avait toujours cru, et à la fois, comme nouveaux... Moira avait peut-être en partie dit vrai sur les mensonges de Aya, mais il était suffisamment expérimenté pour savoir que dans cet amas de souvenirs dans sa tête, tout n'était pas que vérité. Et pourtant, transformé, il n'avait pas eu la conscience, la force nécessaire pour en faire le tri. Il n'y arrivait toujours pas. La peur qui l'avait conduit à agresser sa compagne, c'était la possibilité que toute sa vie actuelle soit fausse. Que tout ce qu'elle avait changé à son existence depuis qu'elle en faisait partie ne soit basé que sur un tissu de mensonges. Alors tout prendrait fin. Tout.


* * * * * * * * * * *


Bien qu'il fut encore à l'étage du manoir, lové sur un lit et peinant à se réveiller, Azphel entendit les murmures de papillons voltigeants à l'extérieur. Ses paupières s'enfoncèrent. L'image de la vitre brisée dans le salon lui revint. Puis le visage de Moira Lennox. Et les ondulations de la Vipère. Et enfin une Aya en détresse dans la forêt. Et... l'attaque. Azphel ouvrit les yeux.
Il était allongé sur le flanc gauche, au bord du lit, complètement nu. Sa transformation avait dû s'achever dans son sommeil, d'une longue nuit qu'il ne se rappelait pas entièrement. S'il avait eu des difficultés à s'endormir, son sommeil avait été profond. Prenant appui sur son bras, il se redressa avant de s'asseoir, posant les pieds par terre. Son cerveau réfléchissait à cent à l'heure, se repassant inlassablement le film de la soirée, jusqu'à un instant fatidique où tout s'arrêtait.

Est-ce que je l'ai mordue ?

Son pouls s'accéléra de nouveau, il sentit son coeur se mettre en branle et partir dans une chevauchée sans raison particulière. Il ressentit des picotements dans les mains, puis des sueurs froides pour les accompagner. Non...
- Pourquoi ? articula-t-il sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche.
Ses yeux étaient grand ouverts, pupilles dilatées, émeraudes fixées sur un point imaginaire sur le mur. Et même si... Et même si tout ce que Moira prétendait était vrai... qu'est-ce qui justifiait cela ?
le mage contracta la mâchoire, ses dents grincèrent. Il n'y avait plus rien de bestial en cela, c'était au contraire des sensations et des émotions bien humaines... celles de la vulnérabilité, de la peur, de l'appréhension...

Le sorcier marcha jusqu'à l'armoire qui faisait face au lit et l'ouvrit en grand. Il en sortit un peignoir épais, noir comme la nuit, à l'apparence duveteuse. Il s'emmitoufla à l'intérieur et quitta la chambre. Ses pieds nus foulèrent les marches qui descendaient au salon avec la caresse des grands silences, sa tête meurtrie de trop de pensées, trop de souvenirs qu'il aimerait savoir irréels.... Quand il arriva en bas, il se figea. S'agitant devant le canapé en cuir avec dévotion, sa petite tête dépassant tout juste les coussins, un elfe de maison se tenait là, visiblement soucieux et affairé. Il se tourna vers Azphel quand le mage s'avança et il s'immobilisa lui aussi. Azphel n'eut pas de mal à reconnaître Dib, le servant d'Aya, mais le visage que la créature lui offrait était, lui, insondable. On aurait dit un mélange de respect pour le compagnon de sa maîtresse, et d'une terreur qu'il ne s'expliquait pas. Azphel voulut lui dire quelque chose, ouvrir la bouche pour poser mille questions, mais ses émeraudes étaient trop accaparées par la silhouette de la sorcière allongée sur le canapé.

D'une voix qu'il semblait avoir été chercher au fond de lui-même, l'elfe coupa court au silence gênant :
- Ma maîtresse est vivante Monsieur. Mais elle ne va pas très bien, son bras la fait beaucoup souffrir ! Je ne ... je ne sais pas ce qui s'est passé.

Dans sa poitrine, le coeur d'Azphel faisait de si grands bonds qu'il soupçonnait l'elfe de les entendre. Ce qu'il s'est passé ? Le mage noir déglutit douloureusement et secoua la tête pour refouler quelques larmes qui venaient à ses yeux. Silencieusement, il s'approcha du canapé. Dib s'écarta de son chemin, non sans lui adresser un regard chargé d'espoir. Aya était d'une pâleur mortuaire, allongée contre l'intérieur du canapé.
- Elle dort depuis un moment, même si elle a eu beaucoup de mal à trouver le sommeil, dit l'elfe alors qu'Azphel s'agenouillait.
Il prit le bras de la sorcière de sa main et le tourna vers lui. Quand il vit l'imposante blessure dessus, il faillit vomir. Il hoqueta et mis sa main devant sa bouche pour refouler sa nausée. Il se sentait transpirant, froid et chaud à la fois... Qu'est-ce que tu espérais ? Que tout ceci soit un mauvais rêve, que tu ne l'aies pas mordue ?
- C'est madame Moira, qui a fait ça à ma maîtresse ? demanda l'elfe d'une voix triste et tremblante. Azphel sentait dans sa question l'envie d'avoir des réponses et toute la haine qu'il destinait déjà à la personne qui avait blessé Aya...

Il essaya de répondre, de formuler un "Non", mais ses dents claquaient trop, alors il se contenta d'un hochement de tête négatif. Il s'efforçait de ne pas regarder l'elfe, alors qu'il faisait de nouveau face à une montée de larmes.
- Je suis désolé, dit-il à Aya d'une voix brisée.

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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Sam 14 Avr 2018 - 13:45

Seconde partie : Lune originelle
Ellipse de 28 jours.


Face au miroir, les cernes violacées semblaient sourire sous l'oeil empourpré. Ce n'était pas l'absence de sommeil qui se matérialisait, mais plutôt l'intensité d'une angoisse toute récente qui prenait forme. Jusqu'à quel point le sentiment d'abandon pouvait-il détruire les barrières du corps ? Jusqu'à quel point pouvait-on vouloir mourir alors que la douleur s'était enfin évanouie ?

Il avait fallu combattre l'infection, la récidive d'une chair qui ne voulait pas laisser passer l'intrusion des crocs. Aujourd'hui, le bras n'était plus sous bandage mais la marque était manifeste, on ne pouvait plus présente. Que la sensation fut physique ou psychologique, elle ne pouvait l'oublier totalement. Plus qu'un présage d'une prochaine pleine lune mouvementée, elle demeurait symbole d'une lutte toute récente. D'autres démons s'étaient installés bien au chaud, à leur place dans l'histoire.
Et au beau milieu de cette assemblée, un maillon de la chaîne avait pris une forme bien particulière.

Apparition dans le miroir, juste derrière elle, alors que ses mirettes s'étaient attardées sur les traces de cautérisation. D'instinct, Aya serra les poings et en enchaînement logique, son coeur se brisa un peu plus. Être constamment sur ses gardes, en sa présence, était aussi automatique que douloureux. Elle ne le savait pas, mais Azphel le ressentait également ainsi, bien que d'autres sentiments mitigés ternissaient ses beaux yeux verts.
- Tout va bien ? murmura-t-il en s'infiltrant dans la lumière éclatante de la salle de bain.
Un mouvement de menton, pour signaler que oui, même s'il savait très bien que ça n'allait pas. Le regard d'Aya sur sa cicatrice n'avait pas échappé au sorcier, tout comme ses fuites fréquentes, la distance farouche qu'elle mettait parfois entre eux. Pour autant, elle n'arrivait pas à se séparer complètement de lui. Souvent, il lui fallait retrouver la force tranquille de sa main, l'étreinte souveraine de ses bras autour d'elle.

Azphel avait beau être responsable de cette plaie, de cet état de vulnérabilité constante, Aya ne pouvait complètement lui en vouloir. Ses traits demeuraient ceux qu'elle attendait, même si changeants, en accord avec les terreurs de la jeune femme.

Un frisson la parcourut, alors que les mains du mage s'emparaient de sa taille menue, la plaquant tout contre lui dans une jonction dangereuse. Très vite, elle devient moins que rien entre lui et le lavabo ; les gestes vifs de son compagnon s'appropriaient Aya toute entière, fiévreuse et déjà soupirante. Il suffisait à ses pattes de la défaire de son vêtement pour entamer la sauterie de leurs corps.
Quelque chose avait changé, un instinct plus bestial était né. Peut-être pour les punir, quelque part, de tout ce mal qui régnait entre eux. Leur façon de faire l'amour ne s'était pas dégradée, au contraire, elle avait pris une toute autre forme. Cette harmonie qui les caractérisait autrefois avait beau avoir été sapée de circonstances fâcheuses, une lubricité toute nouvelle guidait leurs gestes plus sûrs, plus affirmés.
Plus que tout, il la faisait Bête sous ses coups, regards ténébreux croisés dans le miroir jusqu'aux mains agrippées, plaquées à la vitre.

*

Apprendre. Il fallait tout apprendre. Apprendre à affronter le regard des autres qui ne savaient pourtant pas, mais surtout le sien, qui présageait déjà tout. Un drôle de pacte avait été scellé, entre la cicatrice sur son bras et sa nature dont elle ignorait tout. Pour l'instant, elle se contentait de patienter à l'approche de l'astre. Peur au ventre, comme un noeud coulant.
Elle n'avait pas posé de questions à Azphel, surtout parce qu'elle préférait se voiler la face. Espérait que la prochaine pleine lune ne changerait rien à sa vie.
Alors, tout simplement, elle se contentait de guetter le ciel nocturne, bien à l'abri derrière les rideaux de la Colline.

- Elle ne tardera pas, si c'est Elle que tu guettes.
Le mage avait rejoint le salon et observait la croupe de sa compagne, cachée derrière le rideau. A son arrivée, elle s'extirpa du voilage et évita les émeraudes qui la couvaient, rejoignant le canapé.
- Je ne l'attends pas.
Et c'était faux. Elle n'attendait qu'Elle. Les possibles répercussions de cette morsure. Petit à petit, alors que le ciel changeait, la panique prenait le dessus sur la raison. Et désormais, à quelques bribes de ce jour, Aya n'arrivait plus à se débarrasser de cette possibilité.

La sorcière songea, en se servant un verre de vin, qu'elle avait petit à petit abandonné la Veuve. Pire encore, elle la sentait s'éloigner d'elle, comme chassée par cette ombre qui les recouvrait, planait juste au-dessus de leurs têtes.
Elle ignorait pourtant qu'elle était totalement perdue. Peut-être la sentait-elle toujours, mais uniquement comme un souvenir bien trop fort à annihiler. Aya partait du principe qu'elle était toujours Animagus, alors que les yeux d'Azphel, braqués sur elle, lui criaient qu'elle n'avait pas encore vécu le pire, sans oser lui faire plus de mal. Elle n'avait pas essayé de se transformer, depuis la morsure. Elle se sentait bien trop faible, trop peu préparée.

- C'est pour demain, Aya.

Encore moins préparée à cette nuit-là.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Ven 20 Avr 2018 - 11:24

Qui aurait pu prédire ce qui allait se passer ensuite pour le couple ? Certainement pas Azphel. Beaucoup de choses avaient déjà changé depuis la morsure, même si leur quotidien demeurait identique en substance, ils n'étaient plus les mêmes l'un pour l'autre. Certes, Aya ne l'avait pas rejeté ou repoussé, mais c'était peut-être plus par crainte d'être seule face à ce combat qu'autre chose. Cette idée de la voir partir, qui aurait été absurde des semaines plus tôt, faisait son chemin dans la tête du mage noir. Leurs regards étaient différents, parfois fuyants, d'autres fois insistants ; ils criaient des peurs qu'ils n'osaient pas nommer.
Ils restaient ensemble, pour le pire, et tout avait une saveur particulière depuis le retour de Moira dans leur vie et la morsure qu'il avait infligé à Aya.

Ils faisaient toujours l'amour, étonnamment. Il avait regretté son geste jusqu'à en pleurer, mais il s'était attendu à un changement radical de la sorcière à son égard, modification qui semblait toujours ne pas vouloir opérer... Cela viendra après la première pleine lune, songeait-il depuis. Le sexe restait omniprésent, bien que le côté langoureux se raréfiait. Il était plus primaire, plus instinctif, plus soudain, plus bestial. De temps en temps voulu, d'autres fois forcé. Ni Azphel, ni Aya ne s'en plaignait, mais le mage noir devinait dans la violence de leurs rapports les ressentiments que tout ça cachait. Le pire n'était pas encore là, la lune l'apporterait avec elle.

Lui-même n'avait jamais été préparé à une telle chose. Qui pourrait l'être, d'ailleurs ? S'il avait acquis avec les années et l'expérience le pouvoir de se transformer lorsqu'il le souhaitait, il ne se rappelait que trop bien l'horreur de cette première fois, la brutalité du changement morphologique. Une violence telle qu'elle lacère à la fois l'âme, le corps et le coeur, et met en pièce les esprits les plus forts. Comment Aya vivrait ça ? Et il avait beau en avoir l'habitude, depuis près de huit années maintenant, les métamorphoses restaient toujours douloureuses. Mais au-delà de l'aspect physique que les lycanthropes pouvaient apprendre à tempérer, il y avait tous les changements d'humeur qui allaient avec, toutes les émotions qui explosaient...

Faire la distinction du Bien et du Mal, une fois transformé, relève de la prouesse. C'est d'autant plus vrai pour un jeune loup-garou... Aya allait être confrontée à quelque chose qui risquait de la mettre en pièce... Alors oui, il avait essayer de la préparer et de lui parler de ce qui allait arriver, de la fulgurence des émotions qu'elle allait ressentir, mais en vérité, il ne pouvait prédire l'impact que ces changements auraient sur elle... Le couple avait réussi à masquer les apparences jusque là, à taire toutes ces peurs et à poursuivre leur chemin ensemble, mais Azphel savait bien, au fond de lui, que tout pourrait partir en vrille après la première transformation d'Aya. Il était incertain de pouvoir avoir un contrôle sur elle, de réussir à la tempérer, et avait surtout très peur des réactions qu'elle aurait...
Après sa première fois, elle serait agressive et hostile, il le devinait... Leur couple y survivrait-il ? Il aurait aimé croire que oui.

Plus d'une fois il avait désiré sa propre mort devant la monstruosité de la lycanthropie...

Azphel cligna plusieurs fois des yeux, comme balbutiant un retour à la réalité. Aya marchait dans le salon de la Colline Étoilée, ses doigts s'acharnant à égratigner ses ongles, le regard vague. Le sorcier soupira devant son impuissance, et tenta encore une fois de la rassurer :
- Je serai là, demain... J'observerai. Je n'interviendrai pas, mais je m'occuperai de tout, pour après ta....
Il avait du mal à le dire. Le mot "transformation" s'étouffa en une bulle de salive qu'il eut du mal à avaler.

Après ? Jamais ce mot ne lui avait semblé aussi incertain, qu'à la veille de laisser sa compagne en proie à une malédiction qu'il lui avait transmis. Tous les autres mots, même bien agencés, lui paraissaient dérisoires.

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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Dim 22 Avr 2018 - 12:36

Être là, oui, il serait là. Un rire, moqueur, oui, presque ailleurs. Il s'échappait parce qu'elle savait qu'il n'y pouvait rien, qu'il ne pourrait rien faire. Il avait provoqué ça mais veillerait sur elle, c'était ça ? Une belle blague. La peur s'acharnait, oui, un poids sur le crâne et contre la poitrine.
Bam, bam.
Ricaner simplement, sans se fatiguer à sourire.

Il serait là, et pour la première fois, ça ne la rassurait pas.

S'échapper en lambeaux de peau, peut-être sortir, se jeter par la fenêtre et finir sa vie quelque part en bas, gravité acharnée, ne jamais s'arrêter et peut-être rejoindre le point du ciel et de la terre, ou mer, peu importe, s'échapper et ne jamais rencontrer cet état précis, concordance amère. Elle avait bien trop peur pour être logique dans ses mouvements, ses pas. Elle ne savait où se cacher exactement. La Veuve ne répondait plus.


Première nuit passée auprès d'une lune qu'elle ne connaissait pas.
Elle s'approchait, fugace, et l'autre noyait son visage d'une lumière diaphane et spectrale. Elle était là mais la voyait-elle, au loin, derrière l'amas de nuages ? Protectrice d'un épais tapis d'étoiles, un illusionnisme génial. Là, constellé, partout, un voile épais et impalpable, trop lointain pour pouvoir être pesé par l'oeil. Pour une fois, elle évitait la Veilleuse de nuit.

- Est-ce toi qui m'attend ou ce qui sommeille en moi ?

Non, trop loin pour répondre, elle ne se fatiguerait pas. Et puis soudain, les cheveux étaient de trop, la tête trop lourde. Il fallait la secouer peut-être, se débarrasser de ces pensées parasites ? Ou non, s'arrêter de bouger car le coeur battait trop vite dans la cage thoracique, oiseau fou qui voulait juste s'échapper. Panique, secousse sous la peau. Le corps inspirait, expirait la crainte de ce qui semblait de moins en moins évitable.

Au-dehors, rien ne bougeait. Un éclat dans la nuit, une étoile qui rusait de malice, bien trop lointaine pour en percevoir l'avertissement. Que ferait-elle, où irait-elle si cela devait arriver ? La perte d'humanité était une notion inenvisageable pour celui qui n'y avait jamais goûté. Comment ferait-elle, comment serait le corps ? Ses bras tétanisés, qui enlaçaient ses jambes, devinrent bientôt de trop. Son visage une machine à tuer, et l'idée de peut-être devenir cette Chose l'épouvanta plus encore que la pâle vision de la Lune dans le reflet de la vitre.

Mieux valait crever tout de suite.

Mais tout, tout la ramenait à Lui. Lui seul. Ses traits, son visage jamais très loin d'elle, ou au moins au coeur de ses pensées. Que se passerait-il, une fois la transformation achevée ? Changerait-elle, elle-même ? Deviendrait-elle autre que ce qu'elle avait toujours été ? Le premier mois avait été très compliqué, entre eux. Le lendemain des accès de fureur de la Bête parachèverait-il la situation ?

Non, et puis, toujours, les doigts souffraient du doute. S'attarder sur les détails, les replis de la peau pour éloigner le flot de pensées. Elle préférait éviter son propre reflet dans la fenêtre.


Pas un bruit ne dérangeait le manoir et le ciel avait tout naturellement retrouvé sa clarté et toutes ses nuances. Petit à petit, la nuit avait laissé sa place au point du jour, mettant toutes les ombres qui peuplaient ces paradis nocturnes au tapis.
Quelque chose, lové contre elle, dormait profondément. Emergeant difficilement, Aya ouvrit les yeux et découvrit Berlioz enroulé dans le revers de son peignoir. Si son poil limpide n'avait pas bougé depuis des années, la sorcière fut frappé par les effets du temps sur son compagnon. Même endormie, la créature semblait intensément fatiguée.
Son coeur se serra, alors qu'elle se redressait en se frottant le dos. L'idiote s'était endormie par terre, dans un coin du salon. Les tapis qui bordaient l'ensemble de la pièce étaient certes moelleux, ils n'en restaient pas moins tout à fait inconfortables lorsqu'il s'agissait de passer une nuit dessus.

Habitée par une étrange sérénité, Aya jeta un oeil dehors, sur le paysage brumeux qui paraissait engloutir toute la ville. Un monstre de brouillard qui cachait un temps à pleurer. De larmes en gouttelettes, le terrain à l'avant de la Colline étoilée était gorgé d'eau. Partout, ça sentait l'ondée.

La journée se passa sans événement notable. Si la nuit avait été peu réparatrice, Aya se contenta de préserver un silence quasi religieux dans la demeure en posant encore moins de questions que les semaines précédentes. Azphel, lui, passait la majeure partie de son temps dans le canapé à l'observer ou s'occupait simplement de Nour. Il avait tenté, à plusieurs reprises, de l'approcher, de lui dire quelque chose mais il savait autant qu'elle que les mots étaient inutiles à cet instant. Les heures défilaient, le Moment approchait dangereusement. Parler ne servait plus à rien. Il fallait juste attendre.

Attendre en laissant cette angoisse lui tordre le ventre. Attendre et espérer. Que peut-être il s'agissait juste d'une erreur, d'un avertissement inutile. Analyse biaisée des sens, peut-être la trace n'était-elle plus sur son avant-bras.
Mais non, quelque part, elle la sentait toujours ancrée dans ses chairs.

Une étreinte, Il ne l'oubliait pas. Jamais. Quelque part, même fautif de cet état, il pensait à elle et veillait sur elle.
Mais le baiser sur son front, baiser des traîtres. Fermer les yeux sous la caresse des lèvres et penser à tous ces actes insidieux, ces regards en biais. Ne pas dire ce qui chargeait la langue à tout instant ; des reproches, des remords peut-être. Un peu trop de sel sur le palais.


Prise par le bras, et là, il l'avait emmené au pas de la porte et la regardait tel l'Homme aux pieds du Destin et de ce qui ne pouvait être corrompu. Etaient-ce des larmes qui bordaient ces yeux ? Le rideau étincelant d'une gerbe salée qui ne voulait s'écouler. Puisque ce serait admettre.
Mais c'était trop tard et l'affolement montait, un vertige incessant qui faisait trembler ses membres, hérisser son duvet sur sa carcasse entière.
A cet instant, elle savait qu'elle n'était Rien.

Encore une fois, il attrapa son visage pour lui donner le baiser des infidèles.
- Je ne suis pas loin, et elle ne savait quoi répondre à part garder les yeux fermés, clos sur cette Vérité.
Non, il n'était peut-être pas loin. Caché derrière les rideaux de la Colline à l'observer et à laisser la nature faire. Il n'était jamais très loin finalement. Mais était-ce pour autant rassurant ?

Petit oiseau comme tombé du nid, le corps vacillait et le soir doucement tombait. Sur le pas de la porte, encore moins que Rien. D'aventure, se précipitait vers la lueur pâle comme pour en finir. Là, au milieu du tapis d'étoiles, masquée par le voile des nuages, elle se dessinait.
Sa lueur pâle tamisait la Terre. Son halo mélancolique esquissait les contours de la silhouette d'Aya.

Une respiration saccadée
Parce qu'elle n'arrivait pas.

Vouloir, non.
Son corps n'y parviendrait pas.
Mains tremblaient, ongles accordés à la nuit et se laissaient redessiner par une nouvelle lumière.

Celle de son grand oeil braqué sur elle.



Un choc, premier, insupportable alors que l'astre se révélait dans le ciel de charbon. Le corps se tordit en deux, comme piqué par un automatisme incertain.
Sous le bruit strident de ses naseaux, la gueule entrouverte, Aya expulsa un cri sous la douleur insurmontable. Son corps tout entier tremblait et elle retomba à genoux, soudainement trop affaiblie pour tenter quoi que ce soit, ne serait-ce que réfléchir, penser, tenter de tendre la main à sa conscience humaine qui hurlait incessamment.

Vous n'êtes rien, souvenez-vous en. Ne l'oubliez jamais. Vous tentez de vous en convaincre mais la Réalité vous rappellera toujours à elle. Bien loin de ces moments d'attention que vous tentez de lui consacrer.

Parce que son corps tout entier semblait s'échapper, s'étirait sans cesse en laissant sa place à une carcasse en croissance complète. Un allongement sans fin des tissus, des os qui craquaient dangereusement. Le bruit était dégoûtant mais la forme ne semblait s'y fier. Tout ce qui prédominait dans ce spectacle restait le mélange incertain d'ossatures opposées.
Massive, tordue en avant. Des plaintes mi-animales, mi-humaines s'échappaient d'une gueule qui s'étalait, se prolongeait pour former une mâchoire puissante. Là, des quenottes en accélération. Elles sortaient de la gencive comme des mauvaises herbes virulentes.
Ses vêtements étaient depuis lors arrachés, retombés en bribes sur le sol alors que le bruit d'un squelette qui se brisait peut-être, ou se ressoudait dangereusement résonnait dans la nuit.

Décrire cette désolation semblait inutile. C'était un feu viscéral. L'état incertain de la forme qui se débattait sur le sol le prouvait suffisamment. Une transformation d'Animagus était incomparable à cet état. Aya ne reconnaissait absolument rien, ne semblait même plus y songer. La peine l'assommait lourdement, faisait taire la créature en composition.
Déjà, ses maigres pensées s'échappaient. La reconnaissance de la sensation physique n'était plus la même. Terrible, certes, mais d'autres réflexes prenaient le dessus sur sa conscience humaine. Elle s'était déjà échappée. Maintenant, il n'y avait plus que la Bête imberbe qui respirait difficilement.

Un tressaillement paracheva la situation compliquée. Sur la peau nue au format atypique s'hérissa une nouvelle pilosité, un épais pelage noir et gris qui déclina au bout d'une longue queue touffue et d'oreilles dressées en pointes.

Baignée de clair-obscur, guidée par la gloire du luminaire suspendu au milieu de l'univers, la louve ouvrit des yeux gris translucides.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Devon Starck, le  Sam 28 Avr 2018 - 11:04

Les semaines qui venaient de s'écouler avaient été particulières à bien des égards. Les silences proliféraient depuis la morsure, depuis cette nuit où la Vipère était revenue dans leur vie, où la Veuve avait disparue, où le loup avait finalement mordu... La Colline Étoilée était devenue anxiogène, on y respirait des non-dits, des discussions avortées, et y observait des regards en chien de faïence. Azphel s'en accommodait, par défaut. Pas le choix que de vivre avec ces silences, tout comme elle n'aurait pas le choix de vivre avec la malédiction...

Le plus étrange était qu'il n'y avait eu aucun éloignement physique entre Azphel et Aya, alors que leurs attitudes étaient diamétralement opposées à ce qu'elle étaient avant l'incident ; froides, distantes, réservées. Une menace planait au dessus de leurs têtes, une peur ambiante qui s'était emparé de leur quotidien et paralysait leurs membres. Ce n'était pas lui, bien sûr, qui aurait à vivre le plus effroyable, mais il avait ressenti une angoisse qui n'avait fait que grandir en se rapprochant de ce soir de première pleine lune pour Aya... Tout le mois, il avait proféré les promesses " Je serai-là ", " Tu peux compter sur moi ", et n'avait récolté en échange que des parcelles de sourire, souvent forcés. Ils faisaient toujours l'amour, plus sauvagement, mais ils ne riaient plus, ne s'amusaient plus tellement, trop préoccupés par l'inéluctable qui avançait dans l'ombre, mais beaucoup trop réel pour être évité.

Le soir était arrivé. Silencieusement, il n'avait pas patienté et avait fait fondre rapidement les derniers croissants de lune qui séparaient Aya de sa rencontre avec l'abomination.
Ce jour, le manoir d'Azphel puait la solitude. C'en était tellement écrasant qu'il ne mangèrent que très peu le midi et qu'il fut incapable d'avaler quoi qu ce soit le soir venu. Il ressentait comme des sueurs froides permanentes, un inconfort dans les membres, de ces états incontrôlables qui surviennent à l'approche d'un évènement redouté de longue date . Si j'ai peur, qu'est-ce qu'elle doit ressentir, elle ? Des questions qu'elle évitait avec aisance ; éviter les paroles était devenu une habitude. Que pouvait-il faire d'autre ? Quoi dire, quoi tenter ? Alors même que mes mots et mes promesses ne la rassurent pas ?

Si avec l'arrivée d'un printemps plein de soleil et leurs virées à Shafaq, la peau d'Aya était déjà mordorée d'un voile bronzé, elle se fendait pourtant d'une pâleur maladive ce soir. Était-ce là l'oeuvre de l'horreur qui grondait en elle, n'attendant plus que son heure, ou les effets d'une peur intrinsèquement liée à cette malédiction ? Azphel ne se souvenait plus de son état, bien des années plus tôt, des peurs grandissantes qui accompagnaient alors cet évènement tragique pour lui. Ce jour-là, il n'attendait plus que la mort en fait, rongé par une maladie, mais la lycanthropie l'en avait très ironiquement soigné.... Une mutation étrange et abominable qui lui avait fait relativiser l'épreuve de la mort.

Le soir était là dans le ciel de la Colline, gisant au-dessus d'un parterre d'étoiles et de nuages épars. Dans le salon du manoir, baigné d'un calme religieux, on entendait pas le bruit du vent que sifflaient parfois les arbres entourant la propriété.
- C'est une nuit paisible dehors, c'est déjà ça... dit un Azphel pensif, sondant une Aya plus lunatique encore.
Elle ne répondit rien, trop occupée à masser son bras silencieusement ou à l'ignorer, ce qu'il pouvait comprendre, même si la situation lui était difficile à digérer. Ils n'avaient que trop peu parlé ces dernières semaines de ce qui arriverait après, dans l'attente de cette soirée ; mais qu'en serait-il le lendemain, quand le traumatisme de la première transformation aurait frappé Aya et que ses sens décuplés et sa mentalité de prédateur l'auraient plongée face à ses instincts les plus primaires ?

Si la sorcière vivait avec un fardeau de vengeance lié aux histoires de sa familles, elle n'était pas faite pour devenir une bête, pas prête à se laisser dominer par des instincts bestiaux qu'elle ne serait peut-être jamais capable de dompter. La lycanthropie entraîne la solitude, la marginalité et le dégoût. Il pourrait être là pour ça, pour l'aider à surmonter tous ces travers, mais allait-elle seulement souhaiter encore sa présence après cette nuit.
Le regard pensif d'Azphel se releva jusqu'à l'horloge du salon et son clairon funeste. C'était l'heure. Elle devrait y aller maintenant.
Aya avait compris le geste du mage quand celui-ci se releva, et elle se dirigea la première vers la porte d'entrée.


L'absence des mots était glaciale, et même si la sorcière se laissa étreindre elle ne lui offrit aucune preuve de compréhension, aucun signe d'espoir... Elle était résolue, peut-être abattue, à s'offrir à la Déesse Lune et à voir ce qu'il adviendrait ensuite.

Abandonnée dehors, dans la cour. Azphel écarta un rideau derrière les fenêtres, observa toute la scène. La démarche timide de sa compagne, sa recherche incessante du cercle blafard. Il entrevoyait dans chacun de ses pas minuscules la peur et la tétanie qui devait l'habiter, la démarche de la condamnée. Un moment, elle sortit de son champ de vision, pour ne plus reparaître dans l'ouverture de la fenêtre...
Une angoisse terrifiante s'empara du mage, il sentait au fond de lui que tout était en train de se produire, crut même percevoir la douleur dans sa propre chair, martelant ses os, en connexion avec l'épreuve qu'endurait maintenant Aya.
Des cris déchirèrent le silence meurtrier de la Colline et le coeur d'Azphel se serra. Pourquoi cela fait-il si mal ? Les sentiments peuvent-ils tout expliquer, ou la peur d'après entrait-elle en ligne de compte de la détresse qui était en ce moment la sienne ?

Des minutes éternelles s'écoulèrent.

Les yeux du mage furetaient à droite et à gauche à la recherche de sa compagne, quand la bête apparût devant ses yeux.... fébrile sur ses pattes et pourtant si menaçante de sa silhouette... Son pelage était sombre, il aurait pu ne pas la discerner si la lune n'avait était pleine... Elle haletait, cherchant sans doute un second souffle, un moyen de récupérer de la douleur vivace de la transformation. Azphel ne savait que trop bien tout ce qu'elle ressentait en ce moment. Aya n'avait certainement plus de souvenirs de ses pensées humaines, la notion de Bien à l'encontre du sorcier était possiblement absente, la sorcière submergée par l'éveil agressif de ses sens, rendus plus affûtés. Elle devait entendre tout à un kilomètre à la ronde, devait sentir l'odeur du moindre petit animal se promenant dans l'ombre des arbres autour du manoir... Elle aurait sans doute envie de partir chasser.

Le rideau se referma et Azphel baissa le regard sur sa main qui tremblait. À l'intérieur, sa baguette glissait, rendue intenable par la moiteur de ses mains. Tout va-t-il foutre le camp ?
Il écarta de nouveau le rideau, à l'affût des mouvements de la louve qui s'éveillait, du moindre signe de l'animal qui se rapprocherait du manoir, un quelconque geste ou regard qui pourrait lui laisser penser qu'elle avait conscience de lui, de sa présence destinée à la rassurer ; ou d'un comportement plus animal et inconscient, un quelconque danger qui lui interdirait de sortir pour la voir...
S'il se métamorphosait à ses côtés, il risquait de la faire fuir ou d'éveiller la peur en elle. Si elle était en sécurité dans l'enceinte du manoir, il ne sous-estimait pas la hargne et la force dont pouvait faire preuve un loup-garou, même le plus jeune qui soit.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Sam 11 Aoû 2018 - 18:30

Les arbres n'ont pas de visage. Ils ne ressemblent pas aux hommes. Grands et robustes, protecteurs et héritiers de la forêt, ils offrent un refuge parfait à la bête qui fuit et se réfugie au cœur de leurs racines.

Les arbres se taisent et surveillent le monde nocturne qui s'épanche à leurs pieds, comme des parents attendris et silencieux. Ils ne peuvent rien pour ceux qui gisent, ici bas. Ils ne peuvent plus rien pour eux.

Au cœur de la nuit, le craquement d'une branche dérangea le sommeil qui guettait quiconque possédait des paupières. Un hurlement distinct s'extirpa de la gueule d'une créature en mauvaise posture, suivi par le déchirement d'une chair qui lui appartenait peut-être. Il était pourtant déjà trop tard. La forêt n'avait eu besoin de bouger ses ramages. Déjà, là où la Bête trainait, la chose n'était plus.

La sensation était salvatrice. Un courant chaud qui dévalait le gosier et imprégnait les gencives comme une douceur longtemps espérée. Pour la Bête au pelage de nuit, c'était presque une découverte. Mais sur son palais, alors qu'elle observait les environs de ses grands yeux gris, perdurait le goût de retrouvailles tant attendues.

On ne pouvait saisir avec plus d'exactitude ce moment de sérénité parfaite, alors même que cette cruauté latente semblait s'endormir. Le répit était de trop courte durée pour que la faune en profite : déjà, là-bas, au loin, le tapotement des pattes d'un lièvre dérangea le calme céleste qui s'était posé sur le voilage des pins. Malheur à celui qui s'était manifesté. Elle entendait tout, devinait tout au rythme des odeurs qui parcouraient son flair irascible.

Son odeur était loin de la rouille d'une épave antique, des bacilles en mutation au creux d'une souche en expansion. C'était l'effluve d'une chair en putréfaction mais qui s'ignorait perdue. Le sang n'affluait pas encore trop vite, la panique n'avait pas encore crispé ses muscles jusqu'à affoler celui qui, suprême, donnait des allures de tempêtes aux émotions.
Les oreilles du lièvre se frottèrent entre elles, puis se dressèrent, à la recherche de l'anomalie dans son paysage sonore.

Puis plus rien.

Je vous l'avais bien dit. Sous mon passage, ils n'existaient plus.


F I N
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Mangemort 67, le  Ven 31 Aoû 2018 - 11:30

Autorisation pour poster

Il y avait de ses partisans facilement retrouvables et il y avait les autres. Qui avaient ce don de disparaître puis de réapparaître sans vraiment d'explication. Aya Lennox en faisait partie et il avait été temps pour elle de rendre des comptes. La faire suivre par Brutus après l'avoir vue sortir de Barjow&Beurk m'avait permis d'obtenir quelques informations non négligeables.

Mais la mission que je lui avait confiée était restée sans retour et ce genre de choses ne devaient pas se passer de la sorte. Pas avec moi, s'engager auprès de l'Ordre entraînaient toujours des conséquences. Positives ou négatives, cela dépendait des actions de chacun. Après tout, chacun pouvait se douter qu'avoir à faire avec les Mangemorts étaient à double tranchant.

Je m'étais donc décidé après quelques jours de filature qu'il était de rencontrer la jeune femme. Chez elle, qu'elle comprenne qu'on ne pouvait se dérober de la sorte.

Mais ne souhaitant pas entraîner de duel, il ne fallait pas que je m'introduise contre sa volonté. Je devais m'imposer de manière courtoise. Alors je toquai à la porte, attendant qu'on vienne m'ouvrir. Si personne ne le faisait alors la porte finirait en milliers d'éclats de bois, ma patience et ma politesse avaient toutes deux une limite à ne pas dépasser.



Dernière édition par Mangemort 67 le Lun 10 Sep 2018 - 22:07, édité 1 fois
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Mer 5 Sep 2018 - 20:42

On oubliait plus facilement ses obligations que ses malheurs. C'était le propre de l'être humain. Et quand on décidait de se tourner vers les ombres, il fallait s'attendre à ce qu'un retour de bâton soit donné. Surtout lorsqu'on tentait d'échapper à leur emprise. Ou qu'on essayait, au moins, de se faire oublier.
Mais, et au grand dam de la sorcière, celle-ci devait rendre des comptes. Des explications, peut-être, déjà. Sur son silence, sa fuite de tout. Et surtout à propos des renseignements qu'elle n'avait pas eu. Faute de moyens, faute d'envie, aussi, peut-être. Même si la blonde avait honte d'avoir failli à sa tâche. Une simple mission, qui lui aurait permis, au moins, de prouver au Seigneur des Ténèbres qu'elle n'était pas bonne à jeter. Que ses idées, bien que troubles, n'étaient pas totalement éloignées de l'Ordre. Qu'elle avait, elle-même, un rôle à jouer.
Par chance, leur rencontre s'était déroulée près de Dust & Spite, qu'elle laissait désormais à l'état d'abandon. Mais Aya n'était pas naïve. Le Maître des Ombres savait où elle travaillait. D'un bout à l'autre du Tout Londres, il ne souffrirait pas de la retrouver.

Un étrange sentiment l'avait parcouru, ces derniers temps. Bizarrement, le vent avait changé. L'air était devenu plus sec, plus aride de fraîcheur dans les rues, lorsqu'elle sortait du travail le soir. Comme si quelque chose, là, sous sa cape, lui pinçait la peau des bras. Un sentiment de culpabilité et d'avoir fauté, en plus de tout le reste. Ces sensations qui suivaient la douleur, toujours moins intense mais encore palpable, de cette fameuse nuit. Une peur sans nom, qui déformait son visage dès qu'elle voyait celui d'Azphel. Peur de ce qu'il avait été, terreur de le perdre, de voir leur duo réduit en miettes parce qu'ils étaient bien trop cons.

Une odeur savonneuse lui chatouilla le nez et Aya s'enfonça dans l'eau tiède du bain, pour rester un instant en position de cocon, front posé tout contre ses genoux maigrichons. Ces moments, où elle pouvait simplement rester seule, loin de tout, étaient bien trop rares pour être réellement savourés. A chaque fois, les idées revenaient, lui tambourinaient la tête comme des milliers de poings fermés, frappant à la porte de ses théories endormies. Juvéniles, quelque part. Et moi, qu'est-ce que je suis ?
Fallait-il se définir selon les traits de ses idéaux ? Ou se définir en tant que telle, sans la mémoire de ce qu'une thèse quelconque imposait ? Aya, c'était toujours ce point d'interrogation, un Qui suis-je permanent, à mi-chemin entre la perte totale d'identité et l'extraversion de caractéristiques qui ne lui allaient pas forcément.
Aujourd'hui, elle se sentait un peu plus elle. Comme si ce qui battait dans ses tempes l'avait plus marqué que tout ce qu'elle avait vécu auparavant. Mais pour autant, si on lui demandait, la sorcière ne saurait que répondre. A part que se battre était toujours possible, mais que jamais ils ne sauraient vraiment.

Le liquide pâle avait refroidi et la Louve passa ses longs doigts fins dans les mèches de ses cheveux rabattus vers l'arrière, gorgés d'eau. Comment faire lorsqu'on croyait se connaître, mais qu'on ne se reconnaissait plus ? Quelque chose avait changé, en elle. Sa violence, qu'elle devait affronter, jour après jour, la laissait comme apaisée. Bien plus sûre d'elle, au paraître du moins, que tout ce qu'elle avait déjà été.
L'insolence caractéristique de ses gestes et de sa mine s'était échappée. Désormais, lorsqu'elle regardait son corps nu, à la sortie du bain, ou même apprêté dans ses habits noirs, prêt à parcourir son petit monde, elle ne voyait plus la gamine. Elle voyait simplement les morceaux qu'il restait d'elle. Et ce drôle de regard qui ne trahissait plus rien. Elle avait grandi.

Le salon était plongé dans la pénombre et, habillée d'un peignoir noir volage au tissu soyeux, la funambule laissa les lumières suivre son passage. Un bruit de gaz s'échappa, rejoint par le crépitement d'un bâton qui s'enflammait. Quelque chose clochait, et elle le sentait, en dépit de l'odeur toujours aussi détestable qui s'échappait du bâton qu'elle tenait entre ses doigts. Ses sens la trompaient un peu moins, aujourd'hui.
Elle s'effraya tout de même, comme repliée sur elle-même sur le canapé, lorsqu'on frappa à la porte. Ce n'était pas Azphel, ni pour lui. Étrangement, elle savait que c'était elle, qu'on venait voir ce soir. Un pressentiment.

Ses phalanges abandonnèrent la cigarette dans un cendrier de verre. La fumée du bâtonnet d'encens funeste continuait sa route dans les airs alors qu'elle s'approchait de la porte, agile, tentant de rester sereine. Toujours un peu moins lorsqu'elle reconnut le masque qui affrontait son regard derrière la porte.
Sa mine était déjà déconfite, en lui ouvrant. Elle savait qu'il était inutile de batailler. Le Seigneur des Ténèbres se s'apparentait pas à ses vieux démons. Il était bien plus réel qu'autre chose.
- Vous savez déjà que j'ai échoué. N'est-ce pas ?
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Mangemort 67, le  Lun 10 Sep 2018 - 22:26

L'ouverture de la porte ne se fit pas attendre.

J'avais quand même pu profiter du calme de la nuit, d'une légère brise. De quelques branches qui craquèrent sous elle. Mais mon attention s'était vite portée sur la silhouette qui se dévoila devant moi.

Elle savait pourquoi j'étais là. Sa question rhétorique l'affirma.

- Quelle déception... Et j'avance, je m'invite vu qu'elle ne l'a pas fait.

Je passe le pas de la porte et me retourner directement. Visiter sa demeure ne m'intéresse pas. L'échange pourrait même avoir lieu que dans le hall d'entrée, je n'en avais que faire. Car c'était pour elle que j'étais venue et elle me devait des explications.

- Je m'attendais à plus, bien plus Miss Lennox. De courtes phrases, car je sentais que lui reprocher sa faute comme lorsqu'on grondait un enfant après une bêtise ne fonctionnerait pas avec elle, ce n'était pas Azaël.

- Que s'est-il passé ? Calme et serein, il fallait qu'elle se sente en confiance avant que je ne lui fasse comprendre qu'on ne pouvait ainsi décevoir le Seigneur des Ténèbres, le choc serait plus grand, l'impact également et la prochaine mission serait ainsi un succès. Elle n'avait pas le choix.

Un second échec pouvait engendrer sa disparition définitive.





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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Dim 16 Sep 2018 - 19:08

Il n'y avait de visage. Il n'y avait d'homme, quelque part, derrière l'Idée. Comment pouvait-on faire confiance à un masque ? Comment pouvait-on ne serait-ce que s'y fier ?
La question ne se posait pas, finalement. Il était ce que bien des autres n'étaient pas. Insaisissable. Mais il était, dans l'Idée et dans le concret, avait le mérite de ses convictions, de ce qu'il partageait avec ses partisans. Au prix de violence ou non. Le monde n'était de toute façon pas fait sans violence. Qu'elle soit verbale, physique, marquante pour l'esprit. Pour Aya, c'était l'Amour et la Violence, le prix de Tout.

Attention, pas l'Amour sacré des profanes. Pas l'Amour pur et indestructible. L'Amour était une affaire de poings hissés, de batailles de nerfs, de sang en gerbes, flots avides de puissance dans les artères.
Qu'importe le prix, les combats se rejoignaient. Il y avait cette passion dans le verbe sombre, dans les syllabes qui se dégageaient de leur conception du monde, dans leurs matricules. Peut-être qu'ils n'y songeaient pas. Mais Aya les trouvait similaires à ces tableaux aux heures sombres d'une peinture malaisée, qui voulait s'exprimer.

La venue du Seigneur des Ténèbres, chez elle, ce soir, lui insufflait une peur glaciale. Son calme, l'impénétrabilité de sa colère latente coupaient le souffle de la sorcière, qui exigea d'elle-même une rigidité similaire. Ne pas le décevoir encore plus.
- Des empêchements personnels. Plus compliqués à gérer que je ne l'aurais souhaité, Maître, chuchota la sorcière alors qu'elle s'aventurait vers le salon.

Dans sa démarche, elle l'invita, tacite, à s'aventurer ici. Bien qu'une visite de son petit chez-elle ne devait l'intéresser, rester face à lui, ainsi, la mettait comme face à son échec. Faire autre chose, alors. Paraître plus nonchalante de mystère. Mais pourtant, les doigts se chevauchaient, complexes et perdus dans l'absence de choses à faire.
- Je suis passée par une frontière que je ne voulais pas passer. Je voulais retrouver une forme physique convenable avant de revenir vers vous... Psychologiquement aussi. Je voulais m'habituer à ce nouvel état. Mais entretemps, ma mission m'est passée sous le nez.

Soudainement, elle se retourna vers lui. Parce qu'elle ne savait pas quoi ajouter de plus. C'était déjà un test, pour savoir s'Il pouvait lui faire confiance, malgré son affiliation à Barjow & Beurk et peut-être des formes plus sombres de magie. Elle était déjà dépendante de ce fil, qu'il avait tendu entre elle et l'Ordre Noir. Test d'agilité où elle avait failli.
Mais là, à nouveau. Une gerbe d'espoir, ce soir. Il avait frappé à la porte. Pas pour la sauver, comme les faibles le feraient avec les faibles. Mais pour la mettre face à son échec. Lui faire comprendre qu'elle ne s'en sortirait pas comme ça.
Et le pire, c'est que ça marchait. Bonne élève dans sa médiocrité.
- Croyez-moi. Si j'avais pu, je l'aurais fait. Plus que tout, j'aurais souhaité venir à bout de ma mission, vous apporter les éléments dont vous aviez besoin.
Elle ne savait juste pas encore que c'était corps et âme, qu'il fallait se donner. Mais la sensation amère de son stigmate, planté en son bras, le lui rappelait à chaque instant. Ce soir encore plus.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Mangemort 67, le  Jeu 18 Oct 2018 - 17:11

Sans ce masque rouge, la jeune femme aurait pu voir mes yeux rouler dans leurs orbites lorsque j'entends cette excuse. Car c'en est une à mes yeux. Que crois-elle, qu'il suffit de dire que l'on rencontre quelques difficultés dans sa vie pour que le reste arrête de tourner ?

- Les choses avancent. Dans l'Ombre, sans vous. Malgré votre incompétence. Il était primordial de connaître nos alliés du Chemin de Traverse ainsi que nos ennemis. Sèche et glaciale, si le son qui sortait de ma voix avait été magique, il aurait gelé tout ce qui se trouvait autour de nous.

Quelques pas pour pénétrer dans la demeure de la sorcière mais ne pas trop s'y enfoncer. Bien que je suis certain qu'elle puisse être un atout, il est important pour elle de comprendre que ce soir, elle va devoir me prouver que lui confier une mission est encore possible et sans échec comme conclusion cette fois-ci. Alors j'écoute. Attentivement.

Et là des mots sortent de sa bouche, comme une enfant que l'on avait surprise en train de se remplir les poches de bonbons piqués dans le pot quelques secondes auparavant.

Ma baguette finit par être pointée sur elle et j'avance, d'un pas rapide pour appuyer le bois contre sa gorge. De ma main gauche, libre, j'attrape délicatement ses doigts de la main droite, je joue avec, il ne m'aurait pas fallu longtemps pour que je les lui brise. Puis, comme une danse sans rythme précis, je remonte le long de son bras jusqu'à son épaule, caressant du bout de mes doigts ce corps qui semblait bien frêle.

- Plus - jamais - d'échec. Plus - jamais - de - disparition. Car sinon, plus - jamais - tu - ne- respireras. Chaque mot prononcé distinctement et de manière saccadée. Pendant que mes doigts rencontrent sa chevelure et l'agrippe pour la tirer en arrière rendant sa gorge encore plus vulnérable. Mais je ne la tiens pas longtemps dans cette position, quelques secondes suffisent pour que le message soit clair et compris, j'en suis certain.

- Je ne te cache pas que je place beaucoup d'espoir en toi. Je sens que tu es capable de grandes choses pour la Cause. Mais pour cela, il va falloir te défaire de tes chaînes. Te sens-tu prête cette fois-ci ? Une question qui ne doit avoir qu'une réponse, qui résonne dans le silence de mort qui s'en suit dans cette demeure qui semble bien vide. J'ai accepté son échec une fois et ce sera la dernière. L'Heure des Ténèbres approchait.






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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Jeu 18 Oct 2018 - 22:11

Face au Seigneur des Ténèbres, dans toute sa dimension, Aya ne pouvait rien dire, rien répondre. Pas de réplique cinglante toute prête, pour se défendre, oser rompre avec la punition qu'il s'apprêtait à lui infliger. Elle n'en doutait pas : la colère du Maître était plus que du simple courroux. Il ne fallait pas chercher. Il fallait faire et c'était tout. Point final dans un son d'orgue.
- Je sais Maître, mais je n'ai pas...

Il fallait se taire, là. Ne pas insister dans son échec. C'était déjà trop. Maintenant, il fallait courber l'échine. Elle n'était pas décidée à faire mine, elle se sentait déjà plus que désolée d'avoir été une déception de plus pour lui. Pour elle-même, pour le retard dans leurs recherches que son départ leur avait infligé. Quelque part, ça comptait pour elle. Tout avait pris de l'ampleur, depuis ses revers, sa première transformation, son rapport changé au monde.
Désormais, ça éclatait. Une colère sourde, mais bien palpable, en son sein. Osciller, se laisser submerger par les marées. Parce qu'il pointait sa baguette sur elle, menaçant, et parce qu'elle, tiraillée entre la terreur qu'il insufflait à leur scénette et qui se répandait dans ses veines, et la colère grondante qui émanait d'elle-même, ne savait rien, plus rien. Ni comment réagir, ni comment faire. Se laisser faire, atteindre, attraper ? Avait-elle ne serait-ce que le choix ?
Non, parce que les secondes défilaient beaucoup trop vite, ses gestes aussi. Déjà, la baguette finissait contre sa gorge pâle, palpitante d'un pouls emporté. Le souffle raccourcit par la crainte, transe de ses doigts cherchant le mur pour appuyer ses paumes, se retenir à quelque chose de plus que tangible, Aya tentait de percevoir quelque au travers du masque. Mais rien. Il ne la laissait faire, prenait ses doigts et le spectacle de ses minces phalanges entre celles beaucoup plus puissantes de son tortionnaire et Maître avait quelque chose de fascinant. Et d'infiniment éprouvant. Son jeu restait celui de la douceur masquant toute la mauvaise humeur soigneusement entretenue et réprimée, une danse correcte qui cajolait le corps pour aussi bien le maltraiter, au moindre excès de sa part.
Dire qu'Aya avait peur restait du domaine de l'euphémisme. Mais cette panique, à l'idée d'être seule, vulnérable face à quelqu'un qui pouvait lui ôter la vie sans hésiter, parce qu'elle s'était engagée, était accompagnée d'un envoûtement presque glauque. Son corps ne palpitait pas que d'une adrénaline chargée d'instinct de survie. Le trouble, la passion que lui évoquaient le masqué étaient perceptibles. De l'admiration. Pour lui, en retour, elle était prête à briser les dernières barrières. Prête à tout. Au meilleur, comme au pire. Travailler plus fort, non plus pour quelqu'un, mais pour quelque chose qui méritait qu'on s'y attarde. C'était plus qu'une profession de foi.

Il balançait, près d'elle. Les mots comme des couperets, à sa gorge dénudée et maltraitée. La jugulaire en appréhension, première chose que son statut de louve lui aurait permis de repérer. Plus qu'un instinct de prédateur, trouver la faille. Le premier son qui lui échappa lorsqu'il lui tira les cheveux était celui d'une douleur condamnée au mutisme.

- Je suis prête. On ne peut plus prête.
Elle était parée à débiter pour son Salut, le souffle retrouvé. Argumenter contre et envers tout. Se tourner vers lui, les mains, les jambes tremblantes d'avoir trop à dire et d'avoir infiniment peur de ce qu'il pouvait faire. Pas de lui, mais de ses gestes, de sa colère, du dépit qu'elle pouvait provoquer en lui. Parce que les membres étaient frêles, brisables au gré des vents. Les cheveux étaient de blé, mais le corps meurtri tout autant. Des genoux au buste, elle demeurait excessivement fragile. Bien trop pour porter tout son poids. Celui de sa vie entière.
- Je m'en fiche de moi. Moi, j'suis foutue. Mais je veux offrir à ce que j'aime, celui que j'aime, un autre monde. Un nouvel espoir.
Mais assez fort pour porter ses idées, en germes fougueux.
- Je n'ai pas de chaînes. Je n'en ai plus. Et me pousser dans mes retranchements me défera des derniers liens qui me maintiennent. Je suis prête à travailler pour changer.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Mangemort 67, le  Mar 23 Oct 2018 - 19:15

La peur d'un nouvel échec se voit dans ses yeux mais vite fait il s'en va pour laisser place à la détermination qui se dessine petit à petit que les mots sortent de sa bouche. Je les entends. Convaincants et convaincue. elle l'est. Mais elle doit aller au-delà.

- Que peux-tu m'offrir ? Des contacts ? Des informations ? Une action ?

Peut-être pouvais-je ainsi mieux cerner en quoi elle pouvait exceller. Peut-être l'envoyer se défouler dans les rues de Londres pour rappeler l'existence de l'Ordre noir mais cela la mettrait en danger. Même si je m'assurais que rien ne puisse lui arriver. Non, il fallait que j'en sache plus sur elle pour exploiter son potentiel du mieux possible.

- Quelles sont tes compétences ? As-tu besoin de plus de connaissances en Magie Noire ?

Un entraînement me permettrait de voir ce qu'elle vaut vraiment. Et quelles étaient ses limites. Cela pouvait être une bonne alternative à cette rencontre imposée qui avait mal débutée. Mais je devais savoir ce qu'elle pouvait m'apprendre.

Alors comme une statue, j'attendais. Vêtu de noir et ce masque rouge qui suivait chacun des mouvements de la jeune femme.




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Re: [Habitation] La colline étoilée
Sariel Fawkes, le  Dim 28 Oct 2018 - 11:13

Un goût de sel s'imprégna sur le palais d'Aya, qui releva les yeux vers le masque qui lui faisait face. Souvenir fébrile d'un jour où elle était allée bien trop loin, au bout de ses capacités. Le fameux jour où elle avait failli se noyer.

Ce jour-là, elle avait huit ans, et Isabella venait d'arriver. L'une comme l'autre se haïssaient déjà, bien que peu cordialement. Aya voyait le mal qui sévissait en sa belle-mère, similaire à celui que couvait Moira. La caractéristique des menteurs, des manipulateurs, pour leur propre compte.
Isabella détestait Aya parce qu'elle était la fille de son nouveau mari, tout simplement. La seule, l'unique, et celle qui allait hériter de tout, au grand dam de Moira qui réfutait cette idée et avait largement contribué à en mettre de bien mauvaises dans la tête de la nouvelle arrivée dans la famille. Grand-mère et nouvelle belle-mère étaient comme cul et chemise. Elles gardaient le même sourire suffisant sur leurs lèvres à peine étirées, possédaient la même manie de comploter dans un coin de pièce, et s'installaient même de pareille façon sur le canapé version tapisserie, l'une tournée savamment vers l'autre.
Le spectacle était abrutissant, éclatant d'hypocrisie. Aya les haïssait toutes deux.

Il avait suffi d'une seconde à Isabella pour laisser la gamine s'échapper de son champ de vision. Et laisser la nature faire son œuvre. Il fallait être stupide pour ignorer que la petite ne savait pas nager. Et il fallait être encore plus stupide pour s'approcher de l'eau quand on ne savait pas nager. Mais l'appel de l'abîme surpassait un peu tout.

Sauf qu'aujourd'hui, Aya était toujours là, petons imparfaitement plantés dans son salon, et face à Quelqu'un qu'elle estimait peut-être un peu trop pour le décevoir à nouveau.
Les choses avaient changé. Beaucoup trop pour qu'Aya se laisse totalement aller. Désormais, elle maîtrisait à peu près les choses. Peut-être pas autant qu'elle le souhaitait, finalement. Mais elle avait réussi à puiser de ses défaites la force nécessaire pour continuer. Se foutre en l'air à la tâche lui importait peu. Elle avait juste quelque chose à protéger, par-dessus tout.
- Il y a quelques temps, j'aurais pu vous confier ma capacité à me transformer en animal minuscule et discret, autant que dangereux pour l'ennemi, avoua-t-elle en empruntant le ton de la confidence. J'aurais pu devenir vos oreilles partout où vous souhaitiez que j'aille. Aujourd'hui, je suis simplement jeune Loup Garou, acheva-t-elle sur une note moins avenante à son goût.

Son regard se posa sur la manche de son habit de nuit, qui camouflait la cicatrice de sa morsure. La douleur n'était qu'illusion. Mais l'illusion savait bien trop souvent berner la réalité pour réellement la mésestimer.
- Je suis jeune Legilimens, également. J'ai encore besoin d'entraînement, mais j'ai appris comme je l'ai pu. Aujourd'hui, je peux dire que je sais comment m'y prendre. Et surtout pour quelle cause m'atteler à la tâche, souffla-t-elle. Je sais me battre, berner l'ennemi. Me spécialise en potions, breuvages parfois infects mais terriblement efficaces. Mes sens sont encore un peu fragiles, mais peuvent toujours m'aider. Je suis imparfaite mais travailleuse, et patiente.
Elle n'était pas, ne demeurait pas arachnéenne pour rien. Ses yeux miroitaient, entre espoir et désillusion d'elle-même. Se haïssait de faire son portrait ainsi, à vif. Sûrement s'en fichait-il. Mais tout élément était bon à donner au Maître.
- Je peux vous offrir ce que vous voulez. Des oreilles, une façade intéressante aux yeux du monde. Un angélisme à toute épreuve. Il paraît que la Foi offre force, vigueur, don de soi. Et plus que toute autre chose, aujourd'hui, j'y crois.
Besoin d'un archétype, plus que tout. Modèle à dessiner dans ses rêves, Cause à défendre jusqu'au bout des lèvres. Peut-être, finalement, n'avait-elle pas grand chose à offrir à ses yeux.
- On m'a ouvert les yeux, il y a bien longtemps, sur la Magie Noire. Mais j'imagine que j'ai beaucoup à apprendre de vous aussi.
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Re: [Habitation] La colline étoilée
Mangemort 67, le  Ven 2 Nov 2018 - 15:59

Un livre ouvert. Voilà ce qu'elle semblait vouloir être en ce moment.

Montre patte blanche, s'assurer que je pouvais l'exploiter au mieux, une tentative de retrouver grâce à mes yeux, peut-être, même probable. Ces propos avaient de quoi étonner. Une sorcière aussi polyvalente était gâché par des démons intérieurs et je ne parlais pas de la bête féroce qui dormait en elle, attendant sa libération lorsque la Dame Lune se montrait entière et pleine. Je voyais en elle un être torturé mais cherchant à reprendre le contrôle et trouver une voie dans laquelle s'engouffrer afin d'avoir enfin quelque chose à se raccrocher.

- Tu es donc pleine de ressources. Tu pourrais faire des merveilles si tu savais te contrôler. D'ailleurs, as-tu déjà subi une transformation ? Question intime mais ô combien intéressante. Pour l'Ordre, pour moi. Pour ces créatures qui me fascinent toutes plus les unes que les autres. Jamais encore je n'avais pu découvrir la métamorphose de l'humain lycanthrope.

- L'Ordre Noir a besoin de nouveaux fidèles. Penses-tu pouvoir t'assurer d'en recruter ?

Mais c'était trop peu pour une sorcière de son envergure. Elle voulait probablement plus.

- Nous parlerons Magie Noire lorsque tu seras revenue avec succès de ta mission. Chaque chose en son temps. As-tu déjà quelques noms en tête ? C'est une mission discrète mais l'Ordre se fera entendre bien assez tôt et les rues de Londres ne seront pas aussi calmes, je peux te l'assurer mais pour atteindre notre but il faut être certain d'avoir les soutiens nécessaires.




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