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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: A l'étranger
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Retour aux origines
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Ailinn Kafka
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Re: Retour aux origines

Message par : Ailinn Kafka, Ven 1 Mar 2013 - 22:18


Les deux jeunes femmes s'assirent à table, mises en appétit par cette avalanche de mets divins qu'elles n'avaient pas eu l'occasion de goûter depuis le dernier festin organisé à Poudlard.

« Sinon, tu as un copain ? Ou du moins quelqu'un en vue ? »

Ailinn se surprit à penser à Storm, et secoua la tête. Non, Jackson n'était que son grand frère protecteur, son ami de toujours, son fournisseur personnel de réparties acides.
Ignorant le pincement douloureux qu'elle éprouvait au coeur, la jeune femme se tourna vers son amie et lui répondit d'une voix troublée, profitant de l'absence momentanée de Gabriel.

« Non... Non, personne en vue... Et toi ? »

La rouquine se demanda si elle était vraiment honnête avec elle-même, si cette brûlure qu'elle éprouvait en pensant à lui était plus que de l'amitié.

Dehors, le soleil avait totalement disparu derrière l'horizon linéaire des champs roussis, et on pouvait apercevoir, au loin, une vague lumière provenant de la cabane de Loup. Qu'avait éprouvé Naomé à son égard ? Elle l'avait aimé, mais à quel point ? Il avait souffert pendant des années pour elle, et cette souffrance n'était pas encore apaisée. Sa mère avait choisi Ahlys, pourquoi pas lui ? Ailinn ne comprenait pas.

Se reprenant pourtant en chassant son trouble à grands coups de certitudes, la Serdaigle reporta son attention sur son amie, avide de détails croustillants sur sa vie sentimentale.
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Nikki Sullivan
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Re: Retour aux origines

Message par : Nikki Sullivan, Ven 1 Mar 2013 - 22:46


[ HRPG : Désolée pour le petit RP ]



« Non... Non, personne en vue... Et toi ? »

Nikki eut un regard interrogateur. La voix de son amie était devenue bizarre, légèrement troublée. Peut-être y avait-il bien quelqu'un mais, elle ne voulait pas en parler. La jeune fille ne voulut pourtant pas insister. Elle savait que Ailinn lui en parlerait quand elle en aurait envie. Malgré que sa curiosité fut piquer au pif, elle se tut ne voulant pas jeter un froid en mettant la rouquine mal à l'aise.

- Et bien je sors depuis peu avec un garçon de Serpentard. Nathanaël Danham, tu connais ?

Rien que de penser à lui la faisait sourire. Il était un peu bizarre parfois mais, ils passaient tout le temps des moments privilégiés et elle aimait vraiment sa compagnie.

Même si au départ leur relation avait été plutôt bizarre ils avaient finit par se poser ensemble et pour le moment tout allait bien entre eux. Elle ne pouvait que s'en réjouir.

- D'ailleurs, dès qu'on sera à Poudlard je te le présenterais.

Nikki mourrait d'envie de le lui faire connaître et elle espérait qu'elle l'apprécierait. Ils pourraient même tous les trois allaient faire un tour à Pré au Lard et passer la journée dans Waddiwasi puis finir en allant se réchauffer autour d'un jus de citrouille ou autre.
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Ailinn Kafka
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Re: Retour aux origines

Message par : Ailinn Kafka, Sam 2 Mar 2013 - 17:47


[Moi de même, mais c'est chaud pour poster en ce moment :/ ]


« Et bien je sors depuis peu avec un garçon de Serpentard. Nathanaël Danham, tu connais ? »

Nathanaël… Peut-être la rouquine l’avait-elle déjà croisé, mais ce nom ne lui évoquait rien en cet instant, bien qu'elle creuse hardiment dans sa mémoire.

Le léger sourire flottant tel un mystère sur les lèvres de son amie lui laissa cependant penser que ce garçon devait être des plus charmants, puisqu’après tout, la Serpentard l’avait choisi lui plus qu’un autre.
Ailinn eut soudain l’irrépressible envie d’en savoir plus, et dût se retenir de bombarder son amie de questions. Comment Nikki avait-elle pu garder le secret pendant si longtemps ? Elle-même n’aurait pas su tenir sa langue !

« D'ailleurs, dès qu'on sera à Poudlard je te le présenterais. »


N’y tenant plus, la rouquine s’empressa de commencer son interrogatoire tout en découpant plusieurs parts égales de l’appétissant pudding, voulant tout savoir sur ce mystérieux petit ami avant que Gabriel ne les rejoigne à table.

« Mais, il a quel âge ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? Il est mignon ? »

La Serdaigle glissa plusieurs tranches de rôti dans l’assiette immaculée de la verte et argent, ainsi qu’une épaisse part de pudding dans la petite coupelle à dessert prévue à cet effet, laissant ainsi à Nikki le temps de répondre à toutes ces questions.

La jeune femme entendait Gabriel farfouiller dans la pièce voisine, sûrement en train de recompter ses innombrables fioles de Veritaserum, ou bien de consulter ses capteurs de dissimulation…

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Re: Retour aux origines

Message par : Nikki Sullivan, Sam 2 Mar 2013 - 18:03


« Mais, il a quel âge ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? Il est mignon ? »

Nikki se retenu d'étouffer un rire. Ailinn venait de la bombarder de question, avide de tout savoir sur le garçon. En même tant elle n'en avait encore jamais parlé avec personne et sachant que la rouquine était sa meilleure amie il était normal qu'elle demande autant d'informations. Elle réfléchit quelques instants se demandant par quoi elle pourrait bien commencer.

- Il a mon âge, il arrive de Durmstrang. Ça ne fait vraiment pas longtemps qu'il est à Poudlard. Je l'ai rencontré dans un couloir un jour où je n'avais pas cours. Je cherchais à m'occuper et sans faire attention je lui ai foncé dessus. D'ailleurs avec l'impact je me suis retrouvée sur les fesses.

La verte et argent rit, elle aurait pu faire mieux comme rencontre. Atterir par terre n'était pas forcément le mieux mais, ça n'avait pas vraiment dérangé le garçon qui au contraire semblait apprécier ses petites maladresses. Chaque fois qu'elle repensait à ce moment dans les couloirs du château elle ne pouvait s'empêcher de penser que parfois elle était un peu idiote mais, sans ce petit incident ils ne se seraient peut-être pas encore parler.

- Il est plus que mignon. Il est carrément canon. Il est blond et à des yeux.. Magnifique. Et son sourire ? Il est à tomber. Je crois qu'il est parfait en fait. Je l'apprécie vraiment beaucoup.

Elle repensa à l'une de leur dernière rencontre près du lac, c'était à ce moment-là qu'ils s'étaient mis ensemble pour le plus grand bonheur de la Serpentard.

- Et toi ? Il n'y a personne qui t'intéresse ? Avec tous les garçons qui se trouvent à Poudlard tu as du choix. En plus, regarde comme tu es jolie. C'est impossible que personne ne veuille sortir avec toi.

Pendant tout le long de la conversation, son amie avait remplie peu à peu son assiette de tous les plats qui se trouvaient sur la table. Elle se rendit compte qu'elle avait vraiment faim et son ventre émit un bruit comme pour le prouver. Elle ne savait pas vraiment ce que faisait Gabriel mais, il n'allait sûrement pas tarder.

- Loup se joint à nous pour le repas, non ?
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Ailinn Kafka
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Re: Retour aux origines

Message par : Ailinn Kafka, Sam 2 Mar 2013 - 20:51


Nikki parut ravie de l'enthousiasme exacerbé dont faisait preuve son amie, et s'empressa de lui répondre alors que la rouquine finissait d'emplir les assiettes.

« Il a mon âge, il arrive de Durmstrang. Ça ne fait vraiment pas longtemps qu'il est à Poudlard. Je l'ai rencontré dans un couloir un jour où je n'avais pas cours. Je cherchais à m'occuper et sans faire attention je lui ai foncé dessus. D'ailleurs avec l'impact je me suis retrouvée sur les fesses. »

Durmstrang ? La jeune femme n'avait pas la moindre idée de ce dont il s'agissait, mais préféra ne pas poser de questions, de peur de passer pour une idiote.

Ainsi donc, Nathanaël était en cinquième année... La rouquine se creusa les méninges, se demandant si l'un des garçons partageant ses cours portait ce prénom, sans succès. Peut-être ne participait-il pas aux cours communs ?

La Serdaigle reconnut cependant avec un petit rire la maladresse habituelle de son amie, qui pouvait se trouver à des galaxies du monde réel lorsqu'elle était perdue dans ses pensées.

« Il est plus que mignon. Il est carrément canon. Il est blond et à des yeux.. Magnifique. Et son sourire ? Il est à tomber. Je crois qu'il est parfait en fait. Je l'apprécie vraiment beaucoup. »

Ailinn sourit, heureuse de voir tant d'étincelles scintiller dans le regard de son amie. Celle-ci semblait avoir trouvé son idéal masculin, et la rouquine ne pouvait faire autrement que de partager son bonheur contagieux. Nikki semblait à mille lieues de ses cauchemars, à présent, comme si l'amour de ce garçon avait balayé toutes les traces du mal qui sommeillait en elle.

« Et toi ? Il n'y a personne qui t'intéresse ? Avec tous les garçons qui se trouvent à Poudlard tu as du choix. En plus, regarde comme tu es jolie. C'est impossible que personne ne veuille sortir avec toi. »

Un rouge carmin s'épanouit sous la peau de porcelaine de la jeune femme, gênée par ce compliment qu'elle ne croyait qu'à moitié. Elle, jolie ? Avec sa peau trop blanche, ses courbes peu développées et ses taches de rousseur ? Impossible.

« Pas vraiment... C'est vrai qu'il y a beaucoup de beaux garçons, mais je ne crois pas qu'ils s'intéressent à moi... »

D'un bref signe de tête, la jeune femme signifia à son amie qu'elle lui parlerait plus tard, quand Gabriel ne pourrait plus les écouter. Elle avait envie de se confier, sans trop savoir à propos de quoi.

Alors que la rouquine ouvrait la bouche pour demander à quelle Maison Nathanaël avait été assigné, Gabriel fit irruption de la pièce voisine, et répondit aux interrogations de Nikki.

« Non, il est occupé, ce soir. Alors, jeunes filles, qu'avez vous prévu pour les jours à venir ? »

Ailinn serra les dents. Ne fais pas semblant de t'intéresser à nous, dissimulateur. La rouquine mangea en silence, laissant à regret son amie se charger de la conversation tout en sachant que la verte et argent de montrerait probablement plus polie qu'elle.

Ils mangèrent tous trois avec appétit, l'atmosphère se détendant peu à peu au fil de la conversation. Gabriel était presque normal, à présent, et usait de ses talents d'ancien tombeur de dames pour faire rire les deux adolescentes.

Une fois leur repas terminé, les jeunes femmes gravirent le long escalier en colimaçon menant jusqu'aux chambres, et découvrirent avec bonheur que la petite pièce avait été décorée aux couleurs des quatre maisons, retrouvant la fraîcheur qu'elle avait autrefois lorsque Naomé y vivait.

Leurs bagages y avaient été montés par Loup, et deux lits fraichement faits leur tendaient les bras.
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Re: Retour aux origines

Message par : Nikki Sullivan, Sam 2 Mar 2013 - 22:35


« Pas vraiment... C'est vrai qu'il y a beaucoup de beaux garçons, mais je ne crois pas qu'ils s'intéressent à moi... »

La jeune fille s'apprêtait à rétorquer qu'il était vraiment impossible qu'on ne s'intéresse pas à elle quant à ce moment-là Gabriel rentra dans la pièce et les deux amies se turent. En même tant c'était compréhensible. Nikki n'avait pas vraiment envie de parler de sa vie amoureuse ou de choses personnelle et vu le signe que lui adressa Ailinn elle non plus. D'ailleurs le vieillard répondit lui-même à la question qu'elle venait de poser.

« Non, il est occupé, ce soir. Alors, jeunes filles, qu'avez vous prévu pour les jours à venir ? »

La verte et argent trouvait ça bizarre. Occupé à quoi ? Il pouvait quand même s'accorder une pause pour venir manger avec eux. Enfin, elle ne posa pas de question. Son amie avait l'air assez tendu comme s'il avait déposé un malaise en rentrant dans la pièce. Elle répondit donc elle-même à la question commençant par la même occasion à manger.

C'était vraiment délicieux, Loup avait un réel talent pour la cuisine. L'ambiance s'apaise peu à peu et les mauvais jugement qu'elle avait porté sur Gabriel en arrivant se dissipèrent. Il était beaucoup plus aimable à présent et ils parlèrent de tout et rien, riant à quelques plaisanteries.

Une fois cela terminait, elle suivit Ailinn jusqu'à la chambre qu'elle allait partager. C'était vraiment joli et une ambiance assez chaleureuse y régnait. Tout comme le repas elle évoquait elle aussi Poudlard et la verte et argent se laissa tomber sur le lit le tapotant de sa main pour que la rouquine la rejoigne.

Elle voulait reprendre la conversation là où elle était resté et en apprendre un peu sur la vie de son amie. Elles étaient très proches et malgré le fait qu'elles ne connaissent pas depuis très longtemps elles en savaient déjà beaucoup l'une sur l'autre. Mais, Nikki savait très bien qu'il restait encore des millions de sujets qu'elles n'avaient pas eu le temps ou l'occasion d'aborder.

- Alors qu'est ce que je devrais savoir sur toi et dont je ne suis pas encore au courant ?

Elle s'allongea sur le ventre plaçant sa tête sur ses mains et regardant d'un air curieux la Serdaigle.
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Re: Retour aux origines

Message par : Ailinn Kafka, Dim 3 Mar 2013 - 16:44


Nikki s’allongea sur l’un des lits tandis qu’Ailinn se blottissait sur le futon voisin, jetant un plaid épais en travers de ses épaules. Elle avait beau être habituée aux courants d’airs de l’immense Château, la jeune femme trouvait la ferme glaciale en cette soirée d’automne.

« Alors qu'est-ce que je devrais savoir sur toi et dont je ne suis pas encore au courant ? »


La rouquine sourit. Il y avait encore tant de choses que son amie ne savait pas sur elle… Des choses qu’elle ne lui raconterait peut-être jamais, ou peut-être un jour étrange, à la lueur d’une bougie. Nikki ne savait pas qu’elle avait vécu dans la rue, pas non plus que Naomé était probablement morte à présent, ni même la façon dont elle avait découvert ses pouvoirs magiques… Mais chaque chose en son temps.

Elle devait lui parler de Storm, à présent, elle le savait au fond d’elle-même. Et pourtant, la rouquine aurait été bien incapable de définir clairement ce qu’elle ressentait pour le jeune garçon.
La jeune femme baissa l’intensité de la vieille lampe halogène, plongeant la petite chambre dans une obscurité partielle qui donnait aux emblèmes des quatre Maison une prestance étrange. C’est d’une voix brisée qu’elle rompit le silence.

« Il y a bien… ce garçon... Mais on se connait depuis tellement longtemps, tu vois, je ne sais plus quoi penser… Je le considérais comme mon grand frère, alors tu comprends… C’est vraiment bizarre ce que je ressens pour lui maintenant… »

C’était la première fois qu’elle admettait ses sentiments, la première fois qu’elle admettait l’éventualité d’être amoureuse de Jack. Soudain, tous les évènements passés lui jaillirent en pleine figure. Sa jalousie chaque fois qu’elle voyait d’autres filles lui parler, ce pincement au cœur quand ils s’échangeaient leurs sarcasmes habituels, cette envie perpétuelle de le revoir.

« Je crois que je l’aime vraiment, Nikki… »

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Re: Retour aux origines

Message par : Nikki Sullivan, Dim 3 Mar 2013 - 17:05


La verte et argent regarda son amie s'installait sur le lit voisin. Elle lui adressa un sourire avant de baisser la luminosité de la pièce. Cela crée une ambiance assez mystérieuse comme si la Serdaigle s'apprêtait à lui faire de grandes revélations. Elle attendit intriguait qu'Ailinn prenne la parole et quand ce fut fait elle lui parla d'un garçon. Storm. Nikki n'avait aucune idée de qui il pouvait bien s'agir, étant donné qu'elle n'avait jamais entendu ce nom avant.

En même tant il y avait tellement d'élèves dans le château qu'il était pratiquement impossible d'arriver à connaitre tout le monde. La rouquine avait l'air assez perdu par apport à ce qu'elle ressentait. Ce qui est normal. Quand de simples sentiments d'amitié évolue vers quelque chose de plus fort il est assez compliqué de comprendre ce qui se passe.

« Je crois que je l'aime vraiment, Nikki... »

La Serpentard ouvrit grand les yeux. Elle ne s'était pas vraiment attendu à ça. Elle pensait que c'était simplement de l'attirance mais, pas que son amie était amoureuse. Elle chercha ce qu'elle pouvait bien répondre à ça.

- Tu as déjà essayé de lui en parler ? Je veux dire de faire quelques allusions pour savoir si c'est réciproque.

Elle-même avec Nate avait carrément ouvert le sujet. Elle n'aimait pas trop faire comme s'il n'y avait rien alors qu'elle ressentait vraiment quelque chose pour le garçon. Elle avait préféré lui en parler quitte à prendre un vent. Au moins elle était fixée et les choses avait bien tourné puisque maintenant elle était finalement avec lui.

Après ce n'était pas aussi simple pour tout le monde. C'était quand même assez difficile d'aller voir une personne et de lui dire en face qu'on désirait plus qu'une amitié avec lui. Surtout que selon la réaction qu'il pouvait avoir cela risquait d'être assez blessant.

- Je pourrais peut-être mener ma petite enquête quand on sera de retour à Poudlard.

Elle lui adressa un clin d'oeil malicieux. Elle était assez forte pour savoir ce que les gens ressentaient et il ne serait pas trop compliqué pour elle d'arriver à cerner ce fameux Storm.
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Re: Retour aux origines

Message par : Ailinn Kafka, Dim 3 Mar 2013 - 17:45


La Serpentard parut désemparée, mais elle ne pouvait pas l’être plus que la rouquine, qui comprenait pour la première fois toute l’ampleur de ce qu’elle venait de dire. Elle l’aimait. Ainsi, c’était cela, aimer ?
Mais Nikki n’en resta pas là, et ne tarda pas à continuer son interrogatoire.

« Tu as déjà essayé de lui en parler ? Je veux dire de faire quelques allusions pour savoir si c'est réciproque. »

« Non… Je croyais… Je… Enfin, je n’avais jamais vraiment réalisé que je l’aimais comme ça… »

Elle se demanda si, en effet, il existait une infime chance que cet amour soit réciproque. C’était ridicule. Que ferait Jack avec elle ? À ses yeux, elle n’était que sa petite sœur, cette éternelle gamine insolente avec qui il faisait tous ces mauvais coups. Mais jamais Ailinn ne pourrait espérer rivaliser avec les autres filles qui lui tournaient autour, toutes un million de fois plus belles qu’elle…

« Je pourrais peut-être mener ma petite enquête quand on sera de retour à Poudlard. »

« Laisse tomber, Nikki, je ne crois pas qu’il y ait besoin d’enquête… Je ne serai jamais assez bien, pour lui… »

Cependant, la jeune femme se souvint de quelques instants étranges, le sourire gêné du jeune homme, et cette manie qu’il avait de se passer la main dans ses cheveux ébouriffés. Elle se rappela à quel point il était distant, ces derniers temps… Comme il avait lâché sa main, les joues en feu, quelques jours plus tôt… Mais cela ne prouvait rien. Peut-être qu’au contraire, il la trouvait collante et pénible. Elle n’était sûrement qu’une gamine, à ses yeux.

Cela avait été si facile pour Naomé et Loup… Sa mère adoptive était si jolie, avec ses grands yeux noirs, ses longs cheveux brillants et sa peau olivâtre… Loup n’aurait pas pu faire autrement que de l’aimer.
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Re: Retour aux origines

Message par : Nikki Sullivan, Dim 3 Mar 2013 - 20:01


Ailinn manquait désespérément de confiance en elle. Elle ne pouvait pas juger si elle était assez bien ou pas et malgré le fait que son amie est tendance à se rabaisser, Nikki la trouvait vraiment jolie. Sa peau blanche contrastait parfaitement avec ses cheveux couleurs feux et ses taches de rousseur lui rajoutait encore un peu plus de charme.

La Serdaigle n'était pas banale contrairement à elle. La verte et argent ne s'était jamais trouvé super joli et il faut dire qu'elle se trouvait même carrément banale. Petite, cheveux bruns, yeux foncé. Non, elle n'avait vraiment aucun charme en particulier. De plus elle n'avait pas vraiment de courbe généreuse et elle ne trouvait pas qu'elle pouvait spécialement plaire aux garçons.

- S'il ne veut pas de toi, c'est juste parce que toi tu es trop bien pour lui.

Elle avait dit ça dans l'espoir de lui remonter le moral et bien sûr parce qu'elle le pensait aussi. Ailinn devait absolument arrête de douter d'elle et si ce Storm ne voulait pas d'elle, elle s'occuperait elle-même de lui trouver quelqu'un. La verte et argent savait d'avance que la tâche ne serait pas compliquée. Elle restait quand même prête à parier que si ce garçon dont son amie venait de lui parler était célibataire, il ne dirait pas non si Ailinn osait lui dire ce qu'elle ressentait.

Nikki étouffa un bâillement. La fatigue commençait à se faire ressentir et à cet instant elle ne pensait plus qu'à dormir même si une certaines appréhensions concernant ses cauchemars se faisait ressentir. Elle n'avait pas vraiment envie de se réveiller en hurlant en plein milieu de la nuit encore une fois. De plus malgré que la rouquine soit au courant, elle n'avait encore jamais assisté à l'état dans lequel se trouvait la Serpentard une fois que ça se produisait.
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Re: Retour aux origines

Message par : Ailinn Kafka, Mer 6 Mar 2013 - 14:04


"S'il ne veut pas de toi, c'est juste parce que toi, tu es trop bien pour lui."

La Serdaigle ne répondit pas, déjà perdue dans ses pensées. Elle méditait cette phrase proverbiale, tentant par tous les moyens de démêler le vrai du faux, l'utopie de la réalité.
Mais Storm, même s'il savait parfois se montrer prodigieusement agaçant, avait toujours été là pour elle. Pour la sortir des mauvais pas, lui redonner le sourire ou chasser ses idées noires.

C'était lui qui l'avait tirée de l'étau formé par la marche piégée de l'escalier mouvant, en première année, lui aussi qui l'avait accompagnée pour sa première sortie dans la forêt interdite. Ensemble, ils avaient fait les pires mauvais coups, s'étaient plongés dans les plus inextricables situation, avaient souvent ri et parfois partagé quelque chose qui s'approchait de la tristesse.

La vue de Nikki, étouffant discrètement un baillement, fit soudain reprendre à la rouquine la notion du temps, et elle s'aperçut en jetant un coup d'oeil rapide au vieux radio-réveil tronant sur la petite table de nuit qu'il était minuit passé.

"Nous devrions sûrement dormir..." dit-elle, baissant la voix comme pour faire mieux entrer la nuit.

La jeune femme éteignit complètement le luminaire, plongeant la petite chambre dans une douce obscurité. Seul l'ancien lampadaire de fer forgé, dans la cour extérieure, répandait encore une lumière diffuse qui filtrait par les persiennes usées. Le long voile immaculé couvrant les vitres fumées de la fenêtre ancienne ondulait doucement, porté par l'air du soir qui filtrait par les carreaux négligemment entrouverts.

Son visage diaphane faiblement éclairé par cette lumière éthérée, la rouquine se pencha vers son amie, et lui murmura doucement avant de se blottir sous l'épaisse couette brodée, les yeux déjà mi-clos.

"Il ne t'arrivera rien, ici, Nikki, ne t'en fais pas."

Elle se souvenait des cauchemars de son amie, de leur intensité impitoyable qui l'éveillaient chaque nuit, tremblante et terrifiée, persuadée que l'ombre menaçante de ses songes était là, quelque part, à la guetter.
Dehors, le hurlement languissant d'un loup solitaire signa définitivement la victoire de la nuit sur le jour, et la jeune femme s'endormit.
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Hugh Dey
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Re: Retour aux origines

Message par : Hugh Dey, Ven 31 Mai 2013 - 23:40


[Aucun message n'ayant été posté depuis plus d'un mois, je m'autorise à prendre ce sujet pour ce post unique.]

Tout commençait par la montagne. La montagne, elle dominait tout. Le monde, les hommes, les maisons, les arbres. La montagne, on la voyait de partout, tant que l’horizon était dégagé, car la montagne était présente n’importe où. Sous nos pieds sont les anciennes, dans les airs les plus nouvelles. Et elles sont là, se dressent fièrement. Elles imposent leurs ombres à ceux à qui elles tournent le dos. Elles entourent les pauvres pris au piège dans les vallées. Les montagnes font les îles. Les montagnes font le rêve. Les montagnes sont l’air pur et pourtant elles sont salies par les hommes qui décident d’en fouler les pans et de déclencher leur chute. Les montagnes sont imposantes, énormes, mais elles sont aussi vulnérables à chaque action humaine. Et de là où j’étais, je voyais la montagne… Au loin. Comme une ombre pâle. Ce qui trône au-dessus de notre tête à tous. Peut-être est-elle la représentation d’une présence divine ou absolue. Elle nous surveille tous, même là où nous ne pouvons pas la voir. Il faudrait que j’y pense… Que j’y aille. Que je foule sa terre et sa neige si elle en avait pour essayer de percer son secret le plus lourd.

Mais pour l’instant, je n’étais pas dans la montagne. Je ne faisais que la voir et l’admirer de loin. Comme le ciel. Celui qui nous surplombe et nous domine. C’est pourtant lui qui fait tout. Il décide de la pluie et du beau temps. Il a même un pouvoir sur un astre céleste, le plus important pour notre vie à nous : le soleil. Aujourd’hui, il le cachait par endroits. Et moi je regardais cette masse bleue parsemée de blanc. J’avais cette impression d’être si proche de lui… Et en même temps tellement éloigné. Il était là, je pouvais le toucher, mais j’étais incapable de le saisir. Car le ciel ne se saisit pas. Il ne fait que se saisir de nous. De notre être. Parfois de notre esprit. Car en effet, il m’arrivait souvent d’avoir la tête dans les nuages. Parfois même, on me reprochait d’être un peu dans la Lune. Je ne pouvais m’empêcher d’être happé par cet espace sans limite. Plus puissant qu’une montagne encore, il était simplement présent. Réfléchissez à tout ce qui nous entoure. L’air, la terre… mais aussi l’eau et le feu.

L’eau était là… Pas très loin. Je l’entendais ruisseler tranquillement. Paisiblement. Car elle n’était pas dérangée par ses consœurs gouttes qui s’amusaient à venir la troubler lorsqu’elles tombaient toutes ensembles. Lorsque le ciel décidait de les lâcher. Lorsque la montagne crevait les nuages et qu’elles tombaient lourdement sur le sol, s’éparpillant tout autour. Elles formaient de grosses flaques. Et l’eau parfois était même dans tous ses états. Lorsqu’elle se transformait. Vapeur, liquide, neige et glace solide. L’eau était fascinante. Celle qui ruisselait non loin de là également. Car elle était aussi apaisante que doux bruit des vagues s’écrasant sur une plage de sable. Sur le roulis des galets happés par la puissance de l’eau lorsque le sable n’était pas là et que la falaise s’effritait. Avez-vous un jour pris le temps de tout écouter ? De tout respirer ? De tout admirer autour de vous et faire le bilan de ce que vos sens percevaient ? J’essayais actuellement, en fermant les yeux et en ouvrant grand les oreilles. Je m’arrêtais même presque de respirer. Je ne touchais plus que mon corps pour oublier tout autre contact. La bouche bien fermée, je goûtais ma salive et ne trouvais rien de nouveau. La seule nouveauté était dans le bruit. Régulier. Comme un Gif qui déroulait devant moi et reprenait toujours au début. Des petites flopées résonnant toujours de la même manière. Mais pourtant, chaque goutte, dans son individualité, cherchait à être unique. Certaines parfois laissaient leur marque dans l’air sonore. Comme si elles criaient un message. Comme si elles voulaient me dire qu’elles étaient là, qu’elles avaient une conscience, une faculté à agir. Qu’elles n’étaient pas que de simples gouttes…

Tout n’était-il pas bien plus que ce l’on prétendait ? L’on pensait justement être des créatures intelligibles. Tout le monde sauf moi d’ailleurs. J’avais bien conscience que j’étais différent. Je n’étais pas fait pour ça. Pas fait pour réfléchir comme tout le monde. Mais la différence était aussi bonne à cultiver. Je crois que le petit oiseau qui se posait sur ma tête le savait lui aussi. Plutôt que de profiter de la grandeur du ciel, il avait préféré se poser sur une terre bien plus petite. Il avait fait le choix de ne pas faire le mouton. Mais en même temps, pour un oiseau c’était difficile. Même s’il perturbait mon écoute, je le laissais. Il ne perturbait pas vraiment d’ailleurs. Il venait la compléter de son chant merveilleux et plein de bruits sonores et sifflants qui déchirent les oreilles, surtout quand il était à deux centimètres. Pour le coup j’avais vraiment envie de le virer. Mais j’avais décidé d’être bon aujourd’hui. De faire le vide. Pour le bien de mon karma. Alors je le laissais et je prenais sur moi. Comme si j’étais un moine capable de tout endurer. Voilà l’une des pires tortures… Mais un oiseau c’était joli. Un oiseau pouvait voler. Lui aussi se plaçait au-dessus des hommes, comme le ciel et la montagne, comme l’eau qui tombait parfois sur notre tête. Il avait le don d’être léger et de se laisser porter par l’air. Un oiseau était majestueux. Tous les oiseaux de tous types… Du pauvre petit moineau qui gazouillait sur mon crâne au plus grand des rapaces, prédateur redouté par beaucoup. Même si l’oiseau arrêtait de chanter sur mon crâne, il était toujours aussi beau dans mon esprit. Je le voyais plein de couleurs, comme un agréable perroquet venant illuminer et colorer une journée de par la joie de vivre qu’il portait sur lui. Même si l’oiseau serrait les pattes sur ma tête… Même s’il s’abaissait et que c’était lourd… Et que ça PUAIT ! Mais !

    - Dégage de là p*tain t’as chié sur ma tête quoi !


D’une main de l’avais fait partir et j’avais toute cette fiente blanche sur ma main. C’était froid sur mon crâne et je sentais que ça coulait. Rapidement je me levais pour aller me plonger la tête dans le ruisseau que j’avais passé tant de temps à écouter. L’eau était froide mais je n’en avais que faire. Je me frottais les cheveux pour retirer tout ce qu’il m’avait collé. Mes doigts se congelaient sur place. Mon cerveau aussi. J’avais l’impression que de la glace s’infiltrait dans mes oreilles pour me planter ses pics fatals au sein même de l’organe le plus complexe de mon organisme. Quoi qu’à voir la manière dont il fonctionnait, peut-être n’était-il pas complexe. Peut-être avais-je un encéphale parfaitement lisse, dénué de la moindre plissure car il avait fallu combler l’espace vide de ma tête. Peut-être était-il simplement gonflé à l’air, à l’hélium que j’avais parfois inhalé pour avoir une toute petite voix. Sans doute… Et visiblement il était déjà prêt à exploser sous l’effet du froid qui s’infiltrait. Mais je retirais ma tête. Et je jetais de l’eau partout… Je n’aimais pas l’eau. Même si aujourd’hui elle était très utile.

Je préférais de loin me frotter à la chaleur réconfortante du feu. Le feu était intriguant… Il attirait toutes les bêtes à lui, les plus petites, de par sa jolie lumière attrayante. Au contraire, il repoussait les plus grosse qui comprenaient toute sa puissance. Il était tout à fait paradoxal. Il était chaud… mais parfois l’était trop. Et puis, comment vivre sans le feu ? La vie civilisée a démarré avec lui ! Je me suis d’ailleurs longtemps dit que j’aurais dû continuer mon exil… Entre vingt et vingt-quatre ans, j’ai simplement erré dehors. Et j’aimais quand je pouvais avoir du feu. Parfois je me dis que j’aurais dû brûler ma baguette et me mettre à utiliser l’âtre d’une cheminée pour façonner tous types d’objets. Car le métier lui-même était passionnant. Mais tant que j’y pensais, il valait mieux ne pas essayer. Car mon cerveau, je le savais à présent, était rempli d’hélium. Bien qu’il ne s’agisse pas d’hydrogène, je ne savais pas si ce gaz était capable de prendre feu rapidement. Peut-être… Et dans ce cas, je ne serais plus. J’aurais eu tout simplement la tête explosée. Mais actuellement, je me demandais surtout pourquoi je ne m’étais pas envolé, si le haut de mon crâne était rempli du gaz servant à faire voler les ballons. Sans doute étais-je encore trop lourd, même lorsque j’avais été plus maigre que qui que ce soit.

Je ne sais pas vers où je me serais envolé, mais sans doute loin d’ici… Trop loin pour admirer ce qui m’entourait. Toute cette verdure… On voyait bien que l’eau était ici bien plus accueillie que son opposé le feu. Il pleuvait souvent dans cette partie des terres de l’Angleterre. Comme partout en Angleterre d’après les clichés. Mais cela permettait d’avoir une vue splendide sur ce que la terre avait à nous offrir. Des étendues vertes d’herbe fraîche recouvraient beaucoup de champs. J’avais l’impression de me retrouver en plein milieu d’un paysage photographié, aucune bête n’étant présente. J’étais, semble-t-il la seule personne présente en ces lieux. Si l’on exceptait bien évidemment le petit moineau qui avait décidé de faire ses besoins sur ma tête et qui s’était posé sur un rocher avoisinant pendant que je me nettoyais les cheveux, et peut-être aussi les quelques poissons du ruisseau glacé. Alors je pouvais m’imaginer courir à travers champ, battant la campagne complètement nu et m’offrant totalement à la nature. C’était une vision très étrange de moi-même J’en souriais même. Je ne me croyais pas capable de ça, même si je pouvais tout à fait vivre en ermite. L’hygiène ne me dérangeait pas. Je savais chasser. Je savais me débrouiller seul. Mais désormais, je ne voyais plus vivre entièrement reclus. J’avais mes besoins. Mes instincts de chasseur ne se résumaient plus seulement aux bêtes depuis quelques temps. D’abord il y avait eu Lydia… Puis j’avais essayé d’arrêter mais il avait bien fallu recommencer. Et maintenant que j’y avais goûté, je ne pouvais plus dire stop…

Mes yeux admiraient les étendues vertes qui semblaient s’étaler jusqu’aux montagnes. Ils cherchaient… Ils cherchaient la petite bâtisse branlante, faite de bois et de torchis, où j’allais enfin la retrouver. Elle était là. A plusieurs kilomètres d’ici, dressant son toit fièrement parmi les champs et pourtant, paraissant minuscule par rapport à l’immensité nous entourant. Je commençai la marche pour la rejoindre. Cette demeure était une partie de ma vie. De notre vie à tous les deux. Elle avait bercé certains moments de notre enfance, lorsque nous étions gardés par la vieille dame qui nous servait de grand-mère. Elle était gentille… Tout me paraissait beau et gentil jusqu’à mon arrivée dans cette pitoyable école de magie. Et même si elle n’était pas si jolie, ses traits marqués par les années révélaient une beauté passée et dépassée. Elle aurait sans doute pu poser pour d’innombrables magazines. Normal…Il s’agissait de ma grand-mère. La mère de ma mère. Cette figure que j’essayais souvent d’oublier mais que je ne pouvais m’empêcher d’admirer. La demeure avait depuis longtemps été abandonnée. Mais elle était restée en bon état. Et le seul moyen pour qu’elle ne tombe pas en ruine était qu’on y habite. Je savais bien que mes parents n’avaient pas pu y aller. Il avait fallu qu’ils continuent leur pauvre vie. Surtout mon père… Je ne pouvais supporter cette vie de mensonge qu’il m’avait imposée. Alors seule Lydia pouvait en prendre autant soin. Car elle tenait à ce souvenir autant que moi.

La terre défilait sous mes pas et je me rapprochais de l’étrange bâtisse. C’était incroyable. Mon souvenir d’enfance n’avait pas l’air d’avoir changé. Une petite haie pleine de feuilles se dressait devant la maison et en gardait l’entrée. Quand l’automne arrivait, nous passions des journées entières à nous gaver de mûres. Il m’était même arrivé une fois de m’allonger dans l’herbe, de me laisser caresser par une brise tiède et de m’endormir, le ventre plein de ces petits fruits rouges. Il s’agissait là du souvenir insouciant de l’enfant que j’avais été, à une certaine époque. Il ne s’agissait pas en revanche de celui du grand enfant que j’étais actuellement devenu. Je me plaisais à regarder les nuages pour en discerner les formes et à me réfugier dans ce monde imaginaire que l’on m’avait tant de fois conté. C’était la belle époque. Les couleurs de la maison étaient toujours aussi vives. J’appréciais ce jaune-orange qui agressait parfois mes yeux, et les poutres brunes complétant la construction. C’était rustique. C’était simple. C’était en fait tout ce que ma grand-mère était. Quelqu’un de simple et d’aimant, mais aussi de strict et parfois sévère. Quelqu’un qui savait nous élever dans la simplicité du monde moldu et qui m’avait fait apprécier chacun de ses détails. Elle n’existait plus à présent, et il fallait croire que moi non plus. Du moins, pas comme je l’étais avant.

Je me laissais envahir par cette horde de souvenirs en passant la barrière. Je regardais les massifs autrefois complètement fleuris laissés pratiquement à l’abandon. Là, seul, traînait un Lys, fleur de l’espoir pour Lydia. Ainsi n’avait-elle jamais perdu espoir, même après ce que je lui avais fait subir… C’était étrange. Peut-être était-ce désormais le signe de la revanche ? Je ne m’y attardais pas. Peut-être aurais-je dû. J’entrais dans la bâtisse. Je ne m’étais pas trompé en la trouvant. Je savais qu’elle vivait ici. Pourtant il n’y demeurait aucun bruit. Pas même celui du ruisseau qui trouvait sa route depuis plusieurs kilomètres et passait à proximité. La porte n’avait pas grincé comme avant. La table était vide. Si l’extérieur de la maison me paraissait ne pas avoir changé, ici j’avais l’impression de pénétrer dans un souvenir en noir et blanc. Dans un film muet même. Parce qu’il n’y avait aucun son. Pas un oiseau qui chantait. Pas même une petite mouche qui volait. Et pourtant je le savais, il y avait de la vie par ici. Tout était figé. A la même place qu’à l’accoutumée. Combien cela faisait-il de temps que je n’étais pas venu ici en étant heureux de vivre ? Cela devait bien faire quinze ans. Et pourtant je me souvenais de tous les détails de cet espace qui avait été mien pendant longtemps. Les quatre chaises de la cuisine étaient bien rangées. Aucune vaisselle ne trainait mais en ouvrant les placards avec précaution, j’apercevais quelques aliments. Enfin… principalement des pâtes. A l’exception du beurre, le réfrigérateur était vide. Tout me semblait étrange… Jusqu’aux marches qui ne grinçaient pas quand je décidais de les gravir. La chambre de mamie était telle qu’elle était avant. Un autel érigé à sa gloire, car elle restait simple mais toujours pleine de draps, alors même qu’il ne devait plus y avoir personne. Les plissures de la couverture montraient que quelqu’un s’y était assis récemment.

Je changeais de pièce. J’allais là où nous dormions. La maison n’était pas grande. C’était la seule autre chambre de l’étage. Et si avant tout me paraissait vieilli, cette pièce, elle, était bien différente. Mon souvenir avait été effacé. Nous avions auparavant deux lits superposés. Désormais, il n’y en avait plus qu’un grand. Si les couleurs étaient très enfantines, pastel, désormais tout était très vif. De grands cercles de couleurs parsemaient les murs et donnaient l’impression que quelqu’un s’était exprimé avec force. Comme si le mur était désormais son seul moyen de parler. D’ailleurs, en-dessous de la faible couche de peinture blanche qui constituait le fond des cercles, on pouvait en distinguer d’autres. Des mots. Quelque chose de sombre. Peut-être un dessin. Mais je ne distinguais pas bien. Ce qui me marquait en revanche, était mon souvenir effacé. Je n’avais plus aucune place dans cette maison. Quatre chaises étaient disposées dans la cuisine. Quatre, permettant d’asseoir ma grand-mère, ma sœur et mes parents. Je ne m’asseyais plus avec eux après mon entrée à Poudlard. Je me contentais de rester à l’écart. Dans mon coin. Sur ma chaise. J’avais commencé à changer. Mais cette petite chaise du coin, je ne l’avais pas vue. Tout comme je ne voyais plus ni mes dessins, ni mon lit. Et sans comprendre pourquoi, les larmes me montaient aux yeux. J’avais finalement disparu de la vie de la personne qui comptait le plus pour moi. J’avais réellement fini par détruire l’enfant que j’avais été par ce geste que j’avais commis il y a cinq ans envers elle.

Je m’asseyais silencieusement dans le coin où je dormais avant. J’avais toujours été en bas. Le haut était fait pour elle car j’y voyais là un moyen de placer ma petite sœur au-dessus de moi. Elle était plus importante. C’était celle que je protégeais. Par ma vie entière je l’aurais sauvée. Et peut-être l’ai-je finalement détruite. J’avais envie d’aller sur son lit et de sentir les draps dans lesquels elle avait forcément dormi récemment, même si toute trace de présence humaine avait été effacée en ce jour. Seulement je ne voulais pas souiller son domaine. J’avais la sensation d’être entré dans une pièce secrète. Comme si j’avais pénétré dans l’esprit de Lydia alors que j’avais toujours voulu le préserver.

C’était sans doute ce qu’elle pensait, lorsqu’elle était arrivée dans la pièce. Je ne sais combien de temps j’étais resté assis dans ce coin de la pièce, à déverser mes larmes sur le sol. Tout était silencieux. Même le bruit de mes sanglots semblait étouffé. Mais lorsqu’elle lâcha le pot de peinture en porcelaine qu’elle tenait dans la main parce qu’elle me voyait ainsi dans son jardin secret, le bruit me fracassa les oreilles et me tira de ma rêverie. Je relevai brusquement la tête et je vis une revenante. Revenue d’entre les morts surtout car elle ne ressemblait plus à rien de l’image que j’en avais dans mon esprit. Les cheveux blonds comme les blés et lumineux qu’elle portait autrefois étaient désormais ternes et sales. Comme l’image que j’avais eue de la maison en entrant. Ils étaient gris… Sortis d’une vieille photo. Elle était maigre. Je voyais les os de son visage ressortir. Elle portait de longs vêtements amples tâchés de peinture, seules notes de couleur sur le gris du tissu. En la voyant, je m’expliquais les pâtes que j’avais retrouvé dans les placards. Peut-être était-ce la seule nourriture qu’elle était capable d’avaler. Si c’était le cas je comprenais bien mieux son état physique. Elle n’avait plus rien de la jeune femme attirante que je connaissais par le passé. Elle semblait complètement détruite. Et l’expression ahurie qu’elle portait sur le visage n’arrangeait rien à l’impression que j’avais d’elle. Elle n’était plus la même. Tous les deux, nous avions changé. Sauf que j’avais changé seul, alors qu’elle avait été obligée de le faire par ma faute.

A sa vue mon attitude changeait cependant. Je cessais de me morfondre sur le souvenir lointain que j’étais et qu’elle s’efforçait sans doute d’oublier. Je me relevais. J’étais là. J’étais le chasseur. J’avais toujours été son prédateur. Elle ne s’en était rendu compte qu’après. Une fois que le geste était accompli. La gazelle s’était promenée un peu trop près du lionceau que j’étais encore à l’époque. J’avais sorti les dents et les griffes et je m’étais enfoncé en sa chair. Elle n’avait eu qu’à subir… Elle l’avait plutôt bien fait d’ailleurs. Mais désormais je ne pouvais plus aussi bien l’attaquer. Si la première fois j’avais fissuré son âme, la deuxième fois je risquais de briser son corps. Car ses os étaient saillants, et visiblement très fragiles. Elles risquait de se casser entièrement, comme le pot de peinture rouge qui se répandait actuellement au sol, comme son sang la première fois que j’avais chassé. Car c’était bien avec elle que j’avais débuté cette pratique. Et à ce souvenir, mon sourire s’étira. Mon regard se fit plus intense. Pourtant elle parvint à me stopper. Car elle venait de sortir son arme. Sa baguette. La petite Serdaigle qu’elle était à l’époque avait encore le cerveau en ébullition. Si son être avait été violé, déchiré, déshonoré de tout ce qui le caractérisait, son esprit était encore vif. Et je ne pouvais m’empêcher de lever les bras, en même temps que mes yeux roulaient dans leurs orbites pour marquer mon exaspération. Même ici, dans ce lieu qui jamais n’avait encore été souillé par la magie, elle osait la sortir. Je ne pouvais m’empêcher de grimacer. Elle connaissait mon point faible. Je connaissais le sien. Nous étions tous les deux armés l’un face à l’autre, à la différence près que je n’avais aucun besoin d’ustensile. Car l’arme ici, c’était moi.

    - Je savais que tu viendrais Hugh. Je ne pensais pas que tu le ferais maintenant.
    - Pourquoi qu’tu m’as laissé entrer s’t’étais sûre qu’je viendrais ?
    - Je sais pas… J’avais peut-être envie de revoir une dernière fois mon agresseur.
    - Une dernière fois ?


Le sortilège partit. Il avait fusé. Droit vers ma tête. Et moi je m’étais simplement baissé. Plus par peur que par réflexe. Il avait touché le mur, en plein au centre d’un cercle tracé. Je le voyais à présent comme une cible lui permettant de viser. Et si tel était le cas, j’étais le sale petit moineau qui passait devant le centre au moment où la flèche de l’archer partait pour s’y planter. J’étais pris au piège. Seulement ma réaction dû la surprendre car elle n’en lança pas d’autre. Ou peut-être était-elle trop fatiguée pour en lancer un deuxième. Si elle suivait un régime entièrement constitué de pâtes, ce n’était pas étonnant. Alors je me relevais. Je m’approchais d’un pas encore et je sortais mon couteau pour le déposer sur le sol. Je ne voulais pas me battre avec elle, non pas encore. Peut-être la laisser courir. Car quoi qu’elle fasse, même si j’étais dans un piège, pour moi, je dominais la partie. Avec elle, je dominerai toujours la partie puisque j’étais son maître. Son grand frère tout d’abord. Mais son dominant avant tout.

    - Qu’e’ qu’tu d’viens chérie ?
    - Ton accent est toujours aussi abominable frangin.
    - M’fait pas chier ‘vec ça ! T’m’as appris des trucs ! J’l’oublie pas !
    - Ah oui ? On dirait pourtant que tu as un peu oublié que je t’avais aidé ! Parce oui, je t’aidais Hugh ! Mais toi, toi t’as décidé de faire autrement n’est-ce pas ! Elle s’approcha de moi de plus en plus, jusqu’à coller pratiquement son visage au mien. Alors dis-moi Hugh, ça fait quoi de se faire sa sœur ?
    - Du bien ! Et toi, ça t’as plu au moins ?


Je ne vis pas le coup venir, mais je venais juste de me prendre un soufflet. Une belle gifle qui piquait bien la joue. Et ça, elle n’aurait jamais dû. Ma tête avait tourné vivement et par réflexe, je me tenais la joue. Mais elle m’avait rendu furieux. Comme ces sales gamins à Poudlard. Les Gryffondor encore ça allait maintenant. Mais les autres… Les autres ne devaient pas me rendre furieux. Un gamin dans la forêt interdite l’avait fait. Ou alors c’est parce que j’étais déjà en colère. Même s’il m’avait pété le nez j’avais pris beaucoup de plaisir à lui foutre des coups. Aujourd’hui c’était pareil. C’était pour ça que je choppais sa main et que je la tordais. Je regardais la chose devant moi dans les yeux. Elle n’avait plus rien de l’apparence qu’avait eue autrefois ma sœur. Elle n’était plus qu’une ombre. L’ombre d’un souvenir qui me hantait depuis tant de temps. Je m’en voulais de ne plus lui parler. Mais chaque fois que je repensais à cet instant, je ne pouvais m’empêcher de me dire que j’avais bien fait. Car j’étais devenu un autre homme. J’avais évolué. Là où je subissais avant, ce moment de ma vie m’avait permis de devenir le maître de mes situations. Ce n’était plus moi la proie, c’était moi qui attaquais. Et ça me plaisait… Contre n’importe qui. J’aimais ce sentiment de puissance. J’affectionnais la peur et la douleur qu’elle avait dans ses yeux. Et même si je pénétrais dans son sanctuaire, même si je faisais ce que je refusais que l’on me fasse, c'est-à-dire violer mon espace personnel, je m’adorais en cet instant précis. J’étais enfin le Dieu que je n’avais jamais été, car j’avais en ma main la toute puissance. Car d’un simple mouvement, je lui faisais une clé de bras et elle se retrouvait à genoux devant moi. C’était la position idéale. Voilà ce que je n’avais pas pris le temps de faire la dernière fois. Peut-être l’obliger à aller un peu plus loin cette fois-ci serait une bonne idée… J’en avais tellement besoin.

Pourtant non. Je n’en eus pas l’occasion. Pour la simple raison que, si moi j’avais déposé mon couteau au sol, elle ne l’avait pas fait avec sa baguette. Et j’eus été assez sot pour croire qu’en lui faisant une clé de bras sur le bras qui ne tenait pas son arme, elle ne réagirait pas. Elle avait lancé un bel Expulso en plein dans ce qui l’avait souillée. Je me retrouvais projeté au loin, une vive douleur démarrant de mon entre-jambe pour se diffuser dans tout mon corps. Et ce n’était rien par rapport à la sensation d’os brisés que j’avais dans tout le dos. Je me retrouvais affalé contre un mur, comme une marionnette coupée de ses fils. Je ne bougeais plus. J’étais presque inoffensif pour elle. Mais ce ne devait pas être suffisant pour qu’elle prenne sa revanche convenablement. Elle s’approchait. Et moi je ne bougeais pas. Je me sentais complètement vidé. Amorphe. Elle marchait soigneusement sur une de mes mains au sol. Ca avait le mérite de me réveiller. Mais pas de manière très agréable. J’oubliais les autres douleurs et mon attention se concentrait sur cette main écrasée. Heureusement, cela ne restait pas très longtemps. Elle arrêta bien vite…

Mais elle avait des desseins bien plus sombres. Je voyais son pied approcher de cette précieuse partie de mon corps. Je ne pouvais m’empêcher de la masquer de mes mains. J’entourais son pied de mes doigts fins et me mettais à la repousser avec une extrême volonté. Déjà le sortilège avait frappé en cet endroit, et je ne souhaitais pas qu’elle exagère la douleur. Alors, sans doute porté par mon instinct de survie, je l’envoyais valdinguer avec force à l’autre bout de la pièce. Il fallait faire fît des blessures et des ressentis pour avancer encore et encore. Pour aligner les pas. Pour arriver à sa hauteur. Pour se pencher sur elle… Je lui glissais à l’oreille quelques mots doux dont j’avais le secret. Je voulais la sentir frissonner sous mes mots. Ma petite sœur, ma protégée… L’invulnérable Lydia, apeurée par son frère. Je ne voyais plus où était le mal. Seule comptait l’envie que j’avais d’être avec elle. Enfin je retrouvais mon jouet préféré et autant ne pas le consumer entièrement dès le début. Autant profiter. Je me glissais sur elle et je savourais le contact de son corps. Je remontais son gilet et j’y découvrais les côtes saillantes qui la constituaient. Elle était devenue faible. Et par conséquent, elle était beaucoup moins intéressante… Je ne pouvais plus la combattre car elle n’avait aucune résistance.

    - Tu d’vrais penser à manger chérie, lui glissais-je à l’oreille
    - Est-ce que tu sais ce que ça me fait d’avaler la moindre bouchée !? As-tu conscience que lorsque je déglutis, j’ai encore l’impression d’avoir ta salive dans la bouche ! Sale porc !
    - Calme toi petite fille, je ne te veux aucun mal… lui susurrais-je en caressant ses cheveux.
    - Hugh ! Lâche-moi ! Ne me touche plus !
    - Et pourquoi ?
    - Parce que je suis ta sœur !
    - C’est pas une raison valable…
    - HUUUUGH !


Elle sanglotait. Mais moi j’aimais quand elle hurlait mon nom, alors je ne la lâchais pas de suite. Je ne finissais par me relever qu’au moment où elle avait arrêté de se battre. Je ne lui avais rien fait. Je voulais juste lui montrer que je pouvais encore le faire. Que j’étais là, et toujours le même. Le même que cette soirée là, la dernière que nous avions passé ensemble. Je souhaitais simplement que mon image ne soit pas oubliée. Je comprenais que ce qui m’avait valu de pleurer tout à l’heure n’était pas le souvenir du frère qu’elle avait oublié, mais plutôt celui de son maître. Je me devais de rester avec elle, dans son esprit, de l’éduquer même. Oui ! Je me souvenais de tout ce qu’elle avait fait pour moi. Si je la façonnais telle que je la voulais, ce serait sans doute aussi lui rendre service. Dans son état actuel, elle ne pouvait rien faire. Je ne serais pas surpris qu’elle n’ait aucun emploi. J’avais finalement mieux réussi ma vie qu’elle car j’étais désormais le directeur des Gryffondor de Poudlard, et je bénéficiais de tous les avantages du château. J’avais un toit et de quoi manger tous les jours, ainsi qu’un certain pécule me permettant de boire. Alors qu’elle s’enfermait elle-même dans ce trou à rat qu’elle ne cessait de repeindre. Je me sentais bien. Je me sentais puissant… Je me rendais compte que j’étais fort.

Alors je n’avais plus besoin de la dominer physiquement. Car finalement, je la dominais déjà en tous points. Donc je la laissais allongée au sol. Elle n’avait plus besoin du poids de mon corps sur le sien. Elle n’avait qu’à sentir le poids de mon esprit. J’avais l’impression de pouvoir lui faire faire absolument tout ce que je voulais d’un simple claquement de doigts. C’était bon de se sentir ainsi. Ma pauvre petite sœur se faisait dominer par moi… Oh comme c’est dommage… Mais au moins aucun homme autre que moi ne pourrait l’avoir ainsi en main. De toute manière, aucun homme n’avait le droit de toucher à cette femme de vingt-trois ans. Je ne le voulais pas. Et d’ailleurs je ne pensais pas qu’elle ait eu l’audace de partager son corps avec quelqu’un d’autre. Elle n’en avait pas le droit, elle devait bien le savoir. Il était mien désormais. C’était la seule personne que je m’autorisais à privatiser de la sorte. Mais pourquoi ne le ferais-je pas ? Ici j’avais une bonne raison : elle partageait le même sang que le mien. Si je détestais mon père et affectionnais ma mère plus que tout, ma sœur était incontestablement ma moitié. C’était sans doute pour cette raison que je ne cherchais ni ne trouvais quelqu’un qui me conviendrais. Parce qu’elle était déjà présente dans mon esprit et dans ma vie. L’un sans l’autre, nous ne pourrions pas exister. Sans elle, je n’aurais jamais pu survivre à l’épreuve qu’avait constituée l’entrée à Poudlard. Et encore, il m’avait fallu attendre deux ans pour cela. Et elle… Jamais elle n’aurait pu survivre à… aux… Nous dirons aux difficultés de la vie. Aux embuches qu’elle met sur votre chemin. Car sur son chemin à elle, j’étais son embuche. Je lui avais montré ce que c’était. Et je l’avais laissé découvrir seule comment la surmonter. Je me félicitais d’avoir été si pédagogue avec elle.

Je lui tendais une main. Presque amicale. Presque fraternelle. Et le pire, c’est qu’elle l’attrapait. Et je serrais fort pour m’imposer. Elle se relevait. Je crois qu’elle avait compris. J’étais de nouveau dans sa vie. J’étais l’étau qui allait enfermer son esprit. Enfermer pour mieux libérer par la suite. Je marchais. Je passais devant. Et elle suivait. Nous sortîmes de la maison et elle me rejoint bientôt à mes côtés. J’avais réellement l’impression de replonger en enfance. Nos mains se croisaient parfois mais je sentais le frisson qui la parcourait quand je la touchais. Je crois qu’elle faisait simplement ce que je voulais en attendant que je parte. Elle n’avait pas l’air de comprendre tout le bien que cela pouvait lui apporter. Nous marchions à découvert, longeant la rivière et regardant les montagnes au loin. J’aurais souhaité me perdre avec elle et m’enfermer dans une grotte, que nous puissions tous deux nous reconstruire ensemble. En marchant, j’hésitais même à la pousser dans la rivière, comme nous le faisions lorsque nous étions enfant.

    - Tu t’rappelles quand on était p’tits ?
    - Je ne veux pas me rappeler. Parce que quand on était petits je t’aimais bien. Et maintenant je me demande comment j’ai pu faire.


Je me stoppais net. Elle n’aurait jamais dû dire ce genre de choses. Je me demandais si elle faisait exprès de me provoquer ou si ce n’était réellement pas volontaire de sa part. Mais alors que je m’arrêtais, je la voyais continuer. Prendre un peu d’avance et se retourner pour me regarder avec un certain sourire… avant de sauter dans l’eau. Moi je restais figé sur place. J’avais déjà mouillé mes cheveux tout à l’heure. Même s’ils avaient séché en ne se rangeant pas très bien, il était hors de question que je me laisse couler dans ce repère à microbes. L’eau… C’était décidément mon ennemie. Et je me contentais de regarder le courant du petit ruisseau. Ce n’était pas profond mais je m’imaginais déjà tomber et m’écorcher dans le sol caillouteux. Je me voyais me vider de mon sang à l’intérieur de l’eau et voir un poisson profiter de l’occasion pour entrer dans mon corps et me dévorer de l’intérieur. Je ne supportais pas cette vision. Même s’il y avait peu de chance qu’elle ne se produise. J’avais réellement peur des petites bestioles qu’on pouvait manger. J’avais peur de l’eau tout simplement, et surtout je ne savais pas nager. Enfin pas très bien… Et elle semblait bien connaître ma faiblesse. Elle traversait le courant sans peine et se dressait fièrement sur l’autre bord de la rive.

    - Bah alors !? On n’aime pas les bains ?
    - Tu l’sais bien ‘lors arrête un peu d’te moquer ! R’viens là tout d’suite !
    - Non… Et tu sais quoi ? Je vais même faire autre chose… Je vais partir. Et je vais appeler maman. Je vais finir par tout lui dire. La magie, tout.
    - T’as pas l’droit ! L’aut’ con a dit non !
    - L’autre con c’est mon père ! Et il ne va pas bien je te signale ! Sauf que ça, tu ne le sais pas ! Ce secret l’a consumé autant que toi, mais tu voulais pas le voir ça. Tu voulais pas voir qu’il avait envie d’en parler. Et lui au moins, ce n’est pas devenu un monstre !


Elle se mit à courir. Et moi je reculai… Pour prendre mon élan. Je courrais vite et je prenais mon impulsion pour sauter… Je me retrouvais à moitié trempé. Mes pieds avaient touché l’eau et s’étaient d’ailleurs explosés sur la surface, tandis que mon buste était retombé sur la terre ferme. J’agrippais mes petits doigts autour des brins d’herbe tant que je le pouvais. Je comprenais la pression que j’exerçais sur eux. Je pouvais même la sentir. Ma sœur faisait exactement la même chose avec moi maintenant et je souhaitais l’en empêcher. Peu importe que j’aie mal. Elle ne devait rien dire. Jamais. Jamais maman ne devrait savoir quoi que ce soit au sujet de la magie. Il fallait qu’elle soit gardée pure. Elle n’avait aucune raison d’en avoir connaissance. Et pourquoi briser tout ce qui avait su faire tenir notre famille ? Ce secret l’avait maintenue en vie… Et j’enviais ma mère de ne pas connaître ce que nous devions subir. Je l’enviais de ne pas avoir à sentir cette force déferler en elle. Je l’enviais car elle avait encore l’impression qu’il y avait une frontière entre le rêve et la réalité. Pourtant il n’y avait plus rien. Et c’était pour cette raison que je n’avais plus aucune limite. Le monde lui-même n’en avait pas, puisque nous pouvions tout faire avec un simple morceau de bois. Où étaient les règles ? Où étaient même les rêves, les fantasmes et les envies ? Pouvait-on encore avoir envie de quoi que ce soit si tout nous était accessible ? Oui… Visiblement j’avais envie de revenir à un état auquel je ne pouvais plus accéder : l’état de pureté. Je voulais simplement être un moldu.

Manifestement je ne le serai pas et je devais empêcher qu’une nouvelle personne ne soit contaminée par la malédiction magique telle que je me plaisais à l’appeler. Aussi, je forçais sur mes bras pour me relever. Les brins d’herbe cassaient et j’enfonçais mes doigts dans la terre. Coûte que coûte, je devais me lever. Je devais puiser dans le sol assez de force pour lever la tête, comme le tournesol regarde le soleil. Et c’est ce que je faisais. Enfin sur mes pieds, j’entamais la course de ma vie. J’espérais qu’elle n’ait pas assez de force pour courir vite et longtemps. J’espérais que l’eau qu’elle portait sur elle, qui était complètement imbibée dans ses vêtements, la ralentirait un peu. Et moi je ne me concentrais plus que sur mon souffle. On inspire, on expire. Une jambe devant, le bras derrière. On allonge les foulées. On court, et on ne pense plus à rien. Car le sifflement du vent occulte tous les bruits. Car la vue est focalisée sur l’objectif qui tente de s’échapper. Car le toucher est accaparé par les pas brutaux posés au sol. Car notre nez ne sent plus rien d’autre que l’air qui défile… Quand il respire, et que la bouche n’a plus aucune utilité à part celle de savoir quand on avale des mouches. Alors j’avançais. Et je voyais progressivement mon but se rapprocher. J’tais maintenant un guépard ou un jaguar. Un prédateur jaune avec des taches brunes qui ne se concentrait plus que sur la chair fraîche qu’il allait consommer. Pourtant je n’avais pas de tâche brune, à part quelques grains de beauté. Je me refusais à en avoir. Non et puis de toute manière je ne les voyais pas. Des tâches j’en avais effectivement car mon hygiène corporelle laissait un peu à désirer. Par conséquent, lorsqu’il s’agissait de savoir si c’était de la crasse ou une nouvelle tâche, il était difficile de se prononcer. Mais tant que je ne devenais pas réellement un fauve de la savane, tout allait bien. J’étais déjà un lézard, fallait pas pousser mémé dans les orties.

D’ailleurs ma grand-mère, c’était comme ça qu’elle était morte. Une chute dans un fossé de trois mètres de profondeur et couvert d’ortie. Elle s’est grattée à sang et s’est complètement vidée… C’était dommage, je l’aimais bien. Fin faut dire que c’était ce qu’on m’avait raconté quand elle était morte. Je n’étais pas bien sûr que ce soit la véritable version. Mais peu m’importait actuellement… Car j’arrivais enfin à stopper Lydia dans sa course folle. Essoufflée, elle s’écroulait à terre au moment où je lui grimpais dessus, m’entraînant avec elle. Il s’agissait presque d’un nouveau jeu, un énorme trappe-trappe dans lequel nous n’étions que deux. Et je venais de gagner. Une nouvelle fois je dominais notre entretien. Même si nous roulions dans l’herbe et que j’étais tantôt au-dessus, tantôt en-dessous. Même si d’ailleurs, je m’arrêtais sous elle et que je la laissais prendre l’ascendant sur moi. Tiens, on aurait pu poursuivre comme ça ! Si seulement elle l’avait souhaité.

    - Pourquoi qu’tu m’détestes ?


Je crois qu’elle était choquée que je lui pose la question. C’était tout du moins ce que son visage exprimait. De la stupeur… Avec des yeux de hibou. Ou alors, elle était en train de se transformer en animagus. Oh non, pas encore un animagus capable de m’attaquer ! La situation en serait devenue comique si cela avait été le cas. Les rôles auraient été inversés. Je serais redevenu la proie. Mais finalement, ça ne semblait pas être le cas. Il lui fallait simplement le temps qu’elle reprenne ses esprits. Ou peut-être qu’elle trouve une réponse. Etait-elle aussi longue que moi à comprendre une question simple ? Enfin pour moi elle l’était. Peut-être que dans son esprit, la réponse ne venait pas et qu’elle avait besoin du temps de la réflexion. Quoi qu’il en soit, il lui fallait du temps. Tant qu’elle restait dans cette position, j’avais tout le temps qu’elle souhaitait à lui accorder.

    - La question ne se pose pas.
    - J’te la pose là.
    - Bah tu devrais pas ! Voilà ! En fait, tout est question de devoir justement. Tu n’aurais jamais dû aller si loin ! Tu n’aurais jamais dû faire ce que tu as fait ! Tout est de ta faute ! Je suis contrainte à vivre ici maintenant car les parents sont incapables de comprendre à quel point je t’aime et je te hais ! Ils sont persuadés que ton départ m’a traumatisé ! Mais en fait ce n’est pas tant ton départ… C’est la menace que tu représentais pour moi. Et exactement au moment où je parvenais à me reconstruire dans la maison de nanny, tu reviens ! Pourquoi veux-tu me détruire Hugh ?
    - Je… J’veux pas t’détruire. J’veux te r’construire. T’es ma p’tite sœur…
    - Non ! Non je ne le suis plus ! Pas après ce que tu as fait ! C’est terminé maintenant Hugh. Qu’on te mette en taule ou j’en sais rien. Je m’en fiche. J’ai renié mon grand-frère. Je ne veux plus en entendre parler.


Sur ces mots, elle se levait et je la laissais partir. Elle me laissait seule et j’avais l’impression de ne plus pouvoir jamais avoir de contact avec elle. C’était sans doute le cas d’ailleurs. Je restais allongé là des heures. Parce que je ne voulais pas que le souvenir de nos peaux en contact disparaisse. J’avais l’impression que me lever d’ici effacerait notre échange. Moi qui ne voyais plus la limite du rêve et de la réalité, j’avais peur que ce souvenir s’estompe au moindre geste, comme lorsque l’on se réveille d’un rêve particulièrement précis, dont la sensation nous reste en tête mais où aucune image ne parvient à subsister.

Pourtant, au bout d’un certain temps, je me levais… Et je marchais en direction de l’ancienne maison de ma grand-mère. Je ne me rendais même pas compte de ce que je faisais. J’y allais tout simplement. Mes pieds faisaient le chemin seuls jusqu’à la chambre qu’elle occupait. Et je m’affalais sur son lit pour y sentir l’odeur des draps. Maintenant je le faisais. Il n’était plus question de souiller quoi que ce soit. Je ne pensais même pas qu’elle aurait pu y revenir maintenant que j’y étais passé. Je n’avais servi qu’à installer la désolation dans sa pauvre vie. Je n’avais pas été le grand-frère que je m’étais convaincu d’être. Alors qui étais-je ? Je ne le savais plus, et le fait de m’endormir ne m’aida pas sur ce point…


*


En me réveillant, tout me paraissait différent. Avais-je dormi plusieurs heures ? Plusieurs jours même ? Je savais simplement qu’il pleuvait dehors. Et j’avais la sensation de me réveiller dans une chambre d’hôpital. Sans comprendre ce qui m’était arrivé. J’étais dans un lit. Je sentais les draps tout autour de moi. Je pouvais même plonger mon nez en leur sein. Je pouvais renifler cette odeur agréable de fleurs fraîches, de shampooing aux fraises et ce soupçon familier… C’était bien le lit de ma sœur dans lequel je me trouvais. Le lit dans lequel elle avait dû dormir pendant de nombreuses années après ce que je lui avais fait subir. J’avais ouvert les yeux mais la lumière grise trônant au sein de la pièce m’éblouissait. Le plafond était blanc et beaucoup trop lumineux. Je sentais mes joues rouges. J’avais dû suer. J’avais dû salir les draps de mon odeur épouvantable, tout comme j’avais salit le corps de celle qui avait été un jour ma sœur. Des bribes de souvenir me parvenaient parfois. Je ne savais plus si l’entretien que nous avions eu était issu du rêve ou de la réalité. Et s’il n’était pas réel, que faisais-je ici ? Que faisais-je dans ces draps ? Je n’avais pu tout inventer.

Je tournais la tête et me remettais bien dans le lit. Mon dos craqua ainsi que ma nuque et je laissais échapper un soupir de bien être. Finalement, j’aimais bien être entouré de son odeur. Je me disais que j’allais peut-être emporter les draps avec moi quand je partirai d’ici. Parce que premièrement, il était évident que je devrais partir un jour. J’avais déjà sans doute manqué trop de jours à Poudlard. Harshing allait m’énerver en me demandant quelques comptes. J’aurais aimé pouvoir la séduire mais premièrement je ne savais pas comment on faisait, et deuxièmement je n’étais pas tout à fait sûr d’être son type. Quoi qu’il fallait que j’arrive à confirmer cette hypothèse un jour. Peut-être que les élèves avaient raison. Peut-être que si j’étais monté en grade, c’était seulement parce qu’elle m’aimait bien… Je ne savais pas. En tout cas, j’étais près à essayer de déceler ce mystère dans les bras de Morphée. Mais la pluie en avait décidé autrement. Car je venais de recevoir une goutte sur la joue. C’était bizarre. Je ne dormais pas dehors pourtant. Alors pourquoi les gouttes de pluie tombaient-elles ? Une deuxième arriva et roula jusqu’à mes lèvres. Je la goutais. Elle était salée. Je fronçais un peu les sourcils. Je ne savais pas que l’eau de pluie était salée. Ce n’était pas logique.

J’ouvrais un œil. C’était toujours gris dans la pièce. Les murs étaient couverts de tâches de couleur. Je voyais tout de manière un peu floue. Mais je ne pouvais pas manquer les vêtements noirs se trouvant devant mes yeux. Je me relevai donc en sursaut tout en ouvrant mon deuxième œil. Il me fallut quelque secondes pour reconnaître Lydia. Mais il me fallut une éternité pour comprendre ce qu’elle était venue faire là. Je dois dire que même maintenant, je ne comprends pas vraiment pourquoi elle était revenue. Avait-elle l’intention de me tuer dans mon sommeil ? Voulait-elle me pardonner directement ? Peut-être voulait-elle faire les deux à la fois. Ma sœur avait changé. Je l’avais changée et je ne pouvais désormais plus deviner le fond de ses pensées. Je m’asseyais sur le lit et je passais mon temps à la détailler. Elle était peut-être un peu moins maigre que ce que j’avais pensé la première fois. Ou alors, c’était simplement parce que je m’habituais. Elle avait toujours d’aussi jolis yeux. Pour le reste, elle semblait se laisser un peu aller. Ses vêtements étaient sombres et amples. Elle avait sans doute honte de son corps. Je ne comprenais pas pourquoi elle en avait honte alors que j’avais pu le désirer. Je ne comprenais pas qu’elle ait honte de ce que je lui avais fait. C’était un honneur dans mon esprit. Toutes les filles ne pouvaient pas se vanter d’avoir fait ça !

    - Pourquoi qu’t’es rev’nue ?
    - Parce que tu es chez moi… Je n’habite plus chez les parents depuis quelques années. Etrangement je ne supportais plus de voir ma chambre.
    - J’comprends pas pourquoi.
    - Ecoute… Elle souffla bruyamment, sans doute pour reprendre contenance. Tu trouves que c’est bien ce que tu... ce.. Ce qu’on a fait ?
    - C’sûr que c’pas commun mais, c’tait d’ta faute !


Son visage se durcit en entendant mes paroles. Nous n’avions apparemment pas du tout la même manière d’appréhender les choses. Mais tant qu’on ne m’expliquait pas, je ne comprenais pas.

    - Est-ce que tu te rends compte que je n’en avais pas envie ?
    - Mais si ! J’t’avais dit qu’j’étais fatigué, qu’j’en avais marre. T’as voulu continuer. C’toi qui f’sais la fille qui v’nait pour coucher. Moi j’juste dit oui !
    - Hugh… Ce n’était qu’une mise en situation. Ce n’était pas réel.
    - Mais d’coup j’bien répondu non ?


Elle baissa la tête. Voilà. Ca voulait dire que j’avais raison ! Si elle baissait la tête c’était bien ça ? Parce que du coup moi je lui avais dit tout ce que je pensais. Et comme elle répondait pas, ça voulait dire qu’elle avait rien à répondre. A la limite, y avait d’autres moyens de dire que j’avais raison hein si elle voulait. Elle pouvait tout simplement me dire « oui, tu as raison Hugh, tu es le plus fort du monde » et ça aurait suffit. Non mais bon c’était quand même ma petite sœur. Elle avait le droit de m’admirer. Même que maintenant elle n’en avait pas seulement le droit, elle en avait le devoir. Ouais comme les devoirs qu’on devait faire à la maison. Un devoir c’était un travail qu’on devait faire, et de préférence qu’il fallait réussir. Bah voilà, elle c’était ça. Elle devait au moins essayer de m’admirer, parce que manifestement elle n’y arrivait pas encore, mais au bout d’un moment ce serait tout bon.

    - Il faut que tu arrives à comprendre à quel point ce que tu m’as fait a été douloureux pour moi. Sur le moment. Après aussi… Il faut que je te montre…


Moi j’haussai les épaules. Parce que déjà là je n’arrivais pas à comprendre ce qu’elle me disait. Je savais qu’elle avait eu mal mais je pensais pas que c’était resté après. Enfin c’était quand même super étrange… Surtout que là elle enlevait son haut ! C’était trop bizarre ça ! Elle disait que ça lui avait fait du mal mais elle voulait me donner envie ? Oh et puis non de toute manière, quand je découvrais son corps ça me donnait pas du tout envie. Parce que c’était trop mince ! Je voyais tous les os ! Et sur sa peau en plus, il y avait des trucs de marqués. Elle s’était fait faire un tatouage… Ca remontait jusqu’à son nombril mais ça descendait visiblement bien sur le bassin, sur ce qui aurait dû être des hanches, et sous son pantalon. Pour moi c’était un dessin super bizarre. Et puis j’y pouvais pas grand-chose si elle s’était fait marquer des trucs sur la peau hein. J’avais pas signé. En tout cas, c’était sûr que ça n’y était pas il y a cinq ans. C’était un truc nouveau. Ah mais si elle était partante pour me montrer tous les trucs nouveaux de son corps, ça marchait hein ! Moi j’étais d’accord ! Allez hop c’est parti ! Moi elle verrait que j’avais un peu maigri quand même… Pis regrossi après. Du coup j’avais un bide bizarre surtout que j’arrivais pas à me faire de vrais abdos. Pis le pire c’était les poils. J’étais sûr qu’ils poussaient bizarre sur mon ventre parce que je buvais pas mal. Du coup ça faisait des poils alcooliques et ils poussaient de travers. Ou alors ils s’enroulaient un peu. Non et puis fallait quand même pas que je lui montre. Elle risquait de s’évanouir si j’enlevais tous mes vêtements. Elle avait eu le temps d’oublier l’odeur quand même. Ca faisait longtemps qu’on s’était pas vus hein !

    - Ca me fait toute une ceinture. Et ça descend jusqu’en haut des cuisses. C’est une ceinture de chasteté Hugh.


De chat quoi ? Un Chat steté ? Mais je croyais qu’on disait « tebê » pour bête !? Et puis ça avait quoi avoir avec un chat, un tatouage tout bizarre ? Je comprenais pas sa phrase. Mais en tout cas c’était cool un tatouage tout noir ici. Ca faisait comme une grande culotte de cheval. Ouais une gaine même. Pourtant elle avait pas besoin de gainer grand-chose ça c’était clair. Parce que franchement niveau gainage, elle avait tellement pas de graisse que ça tombait pas hein. D’ailleurs peut-être que c’était pour ça qu’elle avait fait une gaine là. C’était pour faire croire aux autres filles qu’elle en avait besoin ! Ouais bah oui les filles ça devient super bizarre au bout d’un moment et c’est jaloux parce que l’autre est plus maigre et tout. Moi je m’en foutais. Tu vois Oswin il avait un joli cul. Sans doute plus beau que le mien. Bah j’avais pas envie de lui piquer son cul quoi. Bah les filles c’était un peu ça pourtant. Quand elles avaient un vêtement, elles se battaient pour l’avoir. Pareil pour les recettes de régime. Non décidément, une fille c’était bizarre. Heureusement que je me déguisais pas trop souvent. Parce que sinon je deviendrais aussi bizarre qu’elles. Pis franchement j’avais pas envie.

    - C’est mon symbole. J’ai fait vœu de chasteté frangin. Je suis abstinente. A cause de ce que tu m’as fait.


Manifestement je n’arrivais pas à comprendre ce qui la motivait. Mais je sentais une partie de mon âme se déchirer en deux. Lui avais-je donc fait tant de mal pour qu’elle se prive ainsi des plus grands plaisirs qui pouvaient exister sur cette terre ? Car je ne concevais pas que l’on puisse ainsi se priver. Je ne m’étais jamais privé. Même si on ne voulait rien m’accorder. Toujours j’avais pris. Peut-être cette première fois où j’avais pris avait-elle été, pour moi, l’abrogation des barrières, et pour elle, l’instauration de nouvelles. D’un autre côté je ne pouvais m’empêcher de comprendre autre chose dans sa révélation. J’y voyais comme une offrande qu’elle me faisait. Un privilège. Car si elle avait empêché quiconque d’accéder à cette partie d’elle-même, si intime, c’est que j’avais été le seul à y toucher. Et je ne pouvais être que le seul. Même si elle avait dix-huit ans au moment des faits, je ne concevais pas qu’elle ait pu le faire avec quelqu’un d’autre. Moi je l’avais fait assez tardivement. C’était elle qui m’avait débloqué. Alors pourquoi ce ne serait pas la même chose de son côté ?

Je soupirais de manière assez bruyante. Je l’imaginais déjà bonne sœur dans un couvent. Et ça me faisait rire de l’imaginer vêtue comme dans de très vieux films, en train de chanter du gospel dans une église. Je me doutais qu’il s’agissait d’une représentation assez fausse des églises. Mais je n’y allais jamais… Même si pourtant je croyais en mon propre Dieu. Je croyais surtout qu’il avait aidé certains et tourné le dos à d’autres, dès le début. Je faisais partie de ceux qu’il avait décidé d’ignorer. Puisqu’il m’ignorait moi, j’en faisais ce que je voulais. Mais j’étais persuadé qu’il existait. Et si elle avait décidé de s’y consacrer je n’y voyais pas d’inconvénient non plus. C’est bon, elle avait mon autorisation. Même si apparemment elle ne l’avait pas attendue. Je m’asseyais un peu mieux sur le lit et approchais d’elle. J’avançais mon doigt pour toucher son tatouage, mais elle eut un mouvement de recul, et je le rangeai, déçu. J’aurais bien aimé savoir ce que ça faisait, un tatouage. Enfin je veux dire, l’effet sous mes doigts.

Elle ne m‘en laissait pas l’occasion. Elle se retournait, et elle me dévoilait son dos. L’œuvre était grandiose. Si le tatouage remontait en pointe vers son nombril par le devant, le dos était lui entièrement recouvert. Une grande serrure se dressait jusqu’au milieu de sa colonne vertébrale, entourée de nombreux fils, comme du lierre parasite essayant de monter. Il montait réellement d’ailleurs, et il était aisé de découvrir son dessein : attraper la minuscule clé dessinée au creux de sa nuque. Mais il n’y arrivait jamais. Par endroit, le lierre était coupé, et tombait par morceaux. Une paire de ciseaux semblait se découvrir à l’arrière plan et se préparer à l’attaque. J’appréciais le symbole. Ce tatouage en disait long sur la volonté de fer qu’elle avait, sur toutes les avances qu’elle avait dû repousser, sur ce qu’elle avait dû combattre. C’était peut-être ça, sa manière de se reconstruire. J’étais fasciné, et cette fois-ci je faisais glisser mon doigt sur le végétal en pleine ascension, tandis qu’elle frissonnait à mon contact.

    - Atta. J’te fais rien. J’veux juste toucher.


Elle n’avait plus aucune confiance en moi, son vieux frère, mais pourtant elle se laissait faire. Je pouvais la sentir se crisper. Sa mâchoire se serrait. Elle luttait sans doute pour ne pas avoir à se reculer et je l’en remerciais. Je trouvais ça fantastique de pouvoir parcourir un dessin, réalisé avec autant de précision, et qui en disait autant sur ce qu’elle était devenue. Je n’avais pas eu de nouvelle pendant cinq ans. C’était moi qui l’avais fuit. Maintenant que je la retrouvais, elle avait voulu partir. Mais elle était revenue. Et maintenant elle me donnait toutes les clés pour la lire et la comprendre. Pour rattraper tout ce temps que j’avais perdu. Le dessin valait plus que les mots. Lui au moins était limpide et ne semblait pas avoir de sens caché. Ou s’il en avait un, pour une fois je ne le voyais pas. Je me contentais simplement d’admirer ce qui se trouvait derrière moi et j’en restais là. Une simple vision. Pas besoin de plus de détails. J’eus terminé de parcourir le lierre et je n’osais pas toucher la serrure ou la clé. Elles ne m’étaient pas propres. Elles faisaient partie d’elle-même et il ne s’agissait pas de lui prendre une nouvelle fois. Ca aussi je le comprenais. C’était bien la première fois que je comprenais quelque chose de manière aussi simple et je me mettais même à sourire. Peut-être étais-je venu ici pour avoir des explications finalement… J’avais besoin de la revoir mais j’avais aussi besoin de comprendre comment elle avait évolué. Et cette fois je me rendais compte que je n’étais pas son maître. Nos chemins s’étaient croisés une fois et j’avais réussi à la dominer. Mais maintenant, nous évoluions sur des tableaux bien éloignés. Elle était beaucoup plus élevée que moi. Elle avait trouvé un moyen de se reconstruire.

    - ‘Xplique moi c’mment t’es arrivée là. Pour viv’ j’veux dire.
    - J’ai été entièrement brisée, dit-elle en se retournant. Les parents ne comprenaient pas comment, comme toi, j’avais pu faire une descente aux enfers si brusque. Parce que nous nous entendions bien tous les deux et qu’ils n’ont jamais su un mot de ce qui s’est passé ce soir là. Je n’ai jamais voulu leur dire. Je ne leur ai pas dit hier d’ailleurs. Encore aujourd’hui c’est difficile d’accepter ce que tu m’as fait. Ils ont eu beaucoup de mal à supporter ton départ et en devenaient étouffants avec moi. Quand nanny est décédée, j’ai repris sa maison pour m’éloigner d’eux. J’y ai trouvé une Bible et je l’ai lue. C’est ce qui m’a sauvé. C’est ce qui m’a fait penser que tu n’étais même pas fautif dans ton geste. Tu as simplement eu… un genre de dérapage dirons-nous.
    - T’m’en veux pas ???
    - Je ne pourrais jamais oublier ce que tu m’as fait Hugh. Ce souvenir restera gravé dans ma mémoire. Il continuera d’hanter mes rêves et de m’empêcher de dormir. Je continuerai d’avoir peur à chaque fois que je verrais un homme dans la rue. Je continuerai à frissonner au moindre contact imprévu. Mais ce n’est pas à toi que j’en veux. J’en veux à Dieu de ne pas avoir su te guider sur le bon chemin. Mais apparemment, il nous fallait cela pour que j’ouvre les yeux sur son existence. Car il est bien présent. Je devais être le cas le plus désespéré qu’il connaisse pour décider de me faire ça afin de me montrer qu’il était là.


J’hochais la tête à ses paroles. Comme je pouvais comprendre ce qu’elle disait. C’était impressionnant comme nous nous comprenions encore. J’avais l’impression de retrouver ma petite sœur. Celle que j’affectionnais tout particulièrement dès qu’elle était arrivée. Celle qui, même si ma réputation à Poudlard laissait à désirer, me faisait un petit sourire dans les couloirs… Avant de se boucher le nez et de partir en courant. C’était ma petite sœur, celle qui m’avait aidé à ne pas perdre entièrement la tête. Je me sentais délivré d’un poids considérable, complètement libéré. Elle ne m’en voulait pas, et comme elle le disait elle-même, ce n’était pas de ma faute si je lui avais fait ça. Alors, pour toutes les autres, ce n’était pas réellement de ma faute non plus n’est-ce pas ? J’étais un messager du Dieu Tout Puissant. Je devais montrer aux cas les plus désespérés à quel point la Voix du Seigneur comptait. J’étais son envoyé le plus radical peut-être, mais visiblement ça fonctionnait.

Mes yeux s’illuminaient d’une lueur nouvelle et je me levais, tout en me sentant pousser des ailes. Bon des petites ailes hein parce que si c’est des grosses, ça fait mal quand ça pousse. Ca déchire un peu la peau du dos et c’est pas forcément super agréable quand même. Je la prenais dans mes bras et la serrais fort contre mon buste. J’entendais qu’elle s’empêchait de respirer. Je sentais ses bras me repousser un peu car elle devait commencer à manquer d’air mais je n’avais pas envie de la lâcher. Car je comprenais que je ne la reverrais pas de sitôt. Pourtant je la voyais désormais comme un ange, me surveillant à chacun de mes pas. Elle me guiderait. Elle me susurrerait quelques mots doux à l’oreille pour m’encourager sur une voie, pour me montrer le bon chemin. Je n’avais aucun doute sur ses capacités.

    - J’dois y aller…
    - Je sais. Prends soin de toi frérot. Ecoute je… J’ai besoin de toi pour me reconstruire. Quand tu pourras, passe me voir s’il te plaît. Ou sinon, je peux venir ? Enfin je suppose que tu n’as toujours pas d’adresse fixe…
    - Si euh… Bah t’vois Poudlard ? C’est là. J’suis dirlo d’Gryff.


Elle eut une expression profondément choquée. Moi qui avais toujours descendu Poudlard, il était effectivement étrange de m’y voir travailler. Mais j’avais besoin d’un couvert et d’un toit, alors j’avais commencé concierge pour ensuite rester dans l’enceinte du château. Je buvais un peu moins ces temps-ci, si bien que je parvenais à économiser un peu. Peut-être arriverai-je à m’acheter une maison, ou au moins à en louer une, avant de faire mes adieux à ce collège pour dégénérés mentaux.

Elle m’offrit un baiser sur la joue. Moi je lui donnais mon dernier sourire. Sans doute le dernier avant un long moment d’ailleurs car je ne riais pas quand il s’agissait d’aller à Poudlard. Et nous nous quittâmes ainsi. Je retrouvais les chemins verdoyants qui bordaient la petite bâtisse. Je jetai un dernier regard à la vieille construction, comme pour lui dire au revoir à elle aussi. J’espérais pouvoir revenir bientôt… J’avais autant besoin de ma sœur qu’elle n’avait besoin de moi. Mais au moins aujourd’hui, j’avais appris beaucoup de choses. J’avais pris conscience de la mission que Dieu m’avait confiée. Finalement je n’étais peut-être pas aussi oublié que je le pensais. Peut-être étais-je justement l’un de ses privilégiés. Dans l’Eglise, la pauvreté est mise avant toute valeur, car le pauvre est un travailleur. Le pauvre a besoin du travail pour vivre. Il ne connait pas les pêchés. J’étais donc destiné à rester pauvre. J’étais destiné à vivre cette vie de dur labeur, même dans un endroit que je n’affectionnais pas, pour inculquer à chacun la parole divine dont on m’avait doté.

Je comprenais à présent pourquoi le Choixpeau avait choisi la maison de Gryffondor pour moi. Pour Lydia, il avait dit Serdaigle car elle se révélait assez intelligente pour comprendre ce que je faisais. Quant à moi, il avait sans doute vu la marque de la Main de Dieu, et avait choisi de m’emmener à Gryffondor pour le courage dont j’avais besoin pour surmonter toutes les épreuves auxquelles il me demanderait de faire face. J’avais visiblement réussi à passer tous les caps. Je me dirigeai vers les montagnes lointaines, marchant finalement sans but, tardant à rentrer au château Poudlard, et j’avais enfin conscience de ce qu’était ma vie. Elle n’était pas que misère. Elle était la marque d’un élu. D’un choisi. Et par conséquent, je continuerai toujours à agir tel que Dieu me demandait de le faire. Tel que mon esprit me le dictait. Tel que mon cœur me guidait. Telles que mes pulsions m’indiquaient. Comme je le faisais déjà…

Alors, je levais les yeux au ciel et tentais de voir le soleil. Heureusement pour moi, sa lumière vive et perçante était masquée par les nuages. Il était important pour moi de montrer à Dieu que j’avais compris son message. Il m’avait fallu vingt-cinq ans pour comprendre que j’avais une destinée bien plus riche que ceux qui apparaissent comme étant les plus favorisée. Ils n’étaient en rien favorisés d’ailleurs. Ils n’avaient que la facilité et ne connaissaient rien du véritable travail. Même cette marche à pied que je faisais là était un don divin. Je pouvais profiter de l’air. De la pluie qui s’écrasait sur mon crâne comme les larmes de Lydia tout à l’heure. Je souriais. Le sourire offert à ma petite sœur n’était donc pas le dernier de la journée.

La nuit ne semblait pas vouloir me recouvrir. Pourtant j’aimais la nuit. Et après avoir marché toute une journée sous la pluie, les pieds moisis dans mes chaussures, j’avais envie de sa fraîcheur pour me calmer. Et puis j’aimais m’allonger sur l’herbe et plonger mon regard dans sa sombre opacité. J’aimais découvrir la splendeur des étoiles et découvrir lorsque l’une d’elle décidait de filer à travers le ciel. Je m’émerveillais comme un gosse des merveilles que le ciel avait à nous offrir et le pensais souvent aux personnes disparues de ma vue. Lydia en faisait souvent partie. Je lui adressais de nombreux messages. Lorsque la nuit tombait pourtant, je trouvais une grotte dans les montagnes et je ne m’adressais pas à elle. La pluie s’était enfin arrêtée et je pensais plutôt à ma grand-mère, morte tombée dans un fossé plein d’orties.


Dernière édition par Hugh Dey le Ven 31 Mai 2013 - 23:55, édité 1 fois
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Re: Retour aux origines

Message par : Hugh Dey, Ven 31 Mai 2013 - 23:45


[Ah il est pas passé en un fois... Je suis donc obligé de faire un double post car il est... trop long XD]

Premièrement c’était franchement pas de chance. Mais deuxièmement, je la remerciais. Parce que grâce à sa maison j’avais retrouvé ma petite sœur. Ma petite sœur qui ne me considérait plus vraiment comme son grand-frère et qui avait bien changé, mais ma petite sœur quand même. Je faisais même un effort en parlant pour qu’elle comprenne.

    - Nanny, t’as encore une super maison. Faut que tu saches que Lydia en prend bien soin. Je crois qu’elle va bien maintenant. Elle te fait des bisous comme moi. Et tu me manques des fois parce que j’ai bien envie de manger tes gâteaux. Mais pas les biscuits apéros parce qu’ils étaient toujours tout mous. J’espère que quand tu prends l’apéro là-haut, ils gardent pas le paquet ouvert pendant six mois. J’espère aussi que t’as des dents, parce que si y a que des vieux c’est pas étonnant qu’ils donnent des biscuits tout mous. T’étais une jolie mamie alors maintenant tu dois être magnifique. J’aimerais bien que tu descendes habillée en petit ange me voir des fois. Ce serait quand même cool de discuter tous les deux. Mais bon tu dois être occupé avec des papis sexy donc t’as pas trop le temps c’est normal. Moi je vais te laisser parce que je ferme un peu les yeux là. Mais je te reparlerai bientôt t’en fais pas ! Hé pssst ! Est-ce que tu parles à papi maintenant ou toujours pas ?


Cette nuit là, je n’eus pas de réponse… Ou alors peut-être s’était-elle manifestée en plein rêve et je ne m’en souvenais pas. A mon réveil, je me souvenais juste que je devais retourner à Poudlard et que c’était urgent parce qu’on risquait de lancer un avis de recherche. Alors j’y retournais… Et j’attendais patiemment que Lydia décide de venir me voir à Poudlard. Ou qu’elle m’envoie une lettre. J’avais bon espoir qu’on se revoie un de ces jours.
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Re: Retour aux origines

Message par : Ailinn Kafka, Lun 1 Juil 2013 - 17:25


Double trouble
PV  Alexie Scott



Cela faisait tant d’années qu’Ailinn cherchait cette petite maison enclavée, dans cette ruelle sombre et crasseuse de Galway… Et elle parvenait enfin au but. Les pavés grisâtres, les tas de cendres et de poussière de charbons près des portes abîmées, l’insupportable odeur de soufre et de pauvreté, et quelques cris d’enfants mêlés aux insultes des adultes, dans le lointain. La maison.

La jeune femme inspira profondément, passa nerveusement la main dans sa longue chevelure flamboyante et frappa trois fois le lourd heurtoir d’étain contre le battant de bois. La porte s’ouvrit à la volée, et une vieille femme aux yeux rongés par la cataracte apparut dans l’embrasure. La vieille servante. Elle se souvenait d’elle à présent, et ce sentiment semblait réciproque.

« Cionadh ? Est-ce que c’est toi, petite fille ? Mon enfant, je suis navrée… Enna est… Enna est morte il y a deux ans. Entre, petite, entre. »

La jeune femme fit claquer sa longue cape de soie contre le pavé, et pénétra avec méfiance dans la chaumière. La vieille servante guida Ailinn jusqu’à la cuisine, et s’activa derrière la gazinière avant de verser un brûlant liquide ambré dans une tasse ébréchée.

« Bois, petite fille. Du thé bien chaud. »

« Je ne veux pas de votre thé, bhean. Toute ma vie j’ai cherché à comprendre pourquoi ma mère m’avait abandonnée tel un monstre. Et vous n’avez jamais cherché à l’empêcher, pas plus que de me retrouver. Alors laissez-moi, maintenant. J’ai besoin de fouiller cette maison, et vous allez me laisser faire. »

Ailinn leva lentement sa baguette, et murmura doucement : « Confondus. » tout en priant pour que le Ministère n’ait jamais vent de cette petite entorse à la règle.

Le regard de la vieille femme se troubla immédiatement, et cette dernière retourna à ses occupations, ignorant totalement la Serdaigle qui grimpait quatre à quatre les escaliers menant vers les étages supérieurs. Le grenier, le grenier. Maman lui avait toujours défendu d’y aller, toujours dit que c’était là-bas qu’elle gardait tous les secrets de Papa. La rouquine virevoltait dans les corridors étroits de la vieille masure, et finit par trouver la fameuse trappe.

Le grenier était envahi de mites et de poussière. Un véritable enfer d’asthmatique. Dès qu’elle aperçut le coffre, la jeune femme sut que c’était ce qu’elle avait cherché. La vieille malle de bois contenait des dizaines de photos, de lettres et de petits objets sans valeur.

Ailinn transféra fébrilement tout le contenu du coffre dans son petit sac à extension indétectable, ne mettant de côté qu’une petite enveloppe bleue sur laquelle avait été écrit à la main, d’une calligraphie tremblante : « Cionadh ». La Serdaigle vérifia une dernière fois qu’elle n’avait rien oublié dans le fond de la malle avant de s’assoir sur son couvercle, et décacheta lentement l’enveloppe, les larmes aux yeux.

« Cionadh, mon petit bout de soleil,

De toute ma vie, je n’ai jamais vu de toi que des photos, tirages sur papier de l’enfant heureuse que tu sembles avoir toujours été. Je suis presque sûr que ta mère ne t’a jamais parlé de moi, et pourtant Dieu sait que je t’ai aimé. Elle a mis plusieurs mois avant de m’avouer qu’elle était enceinte, et encore plus pour me parler de toi, de l’enfant que tu étais. J’aurais aimé… J’aurais aimé être à ses côtés, choisir ton prénom et t’élever comme il se doit. Mais tout cela, je n’ai jamais pu le faire. Mon nom est Ioan Evena et je suis né en Bulgarie.
Petit soleil, je sais que tu es spéciale, que tu as quelque chose de particulier, et je crois savoir pourquoi. Petite fille, j’ai un frère, là-bas, en Bulgarie, et sa fille est comme toi. Cionadh, si tu vois la magie naître en toi, il faut que tu la retrouve. Retrouve Alexia.

Ton père qui t’aime. »


À peine avait-elle finit de lire ces quelques lignes, les doigts tremblants, qu’Ailinn tirait de sa poche le téléphone portable flambant neuf qu’elle avait dû acheter quelques mois auparavant pour se fondre dans la masse des moldus, et composa à toute vitesse un numéro bien connu, ses longs doigts blancs courant sur le clavier. Etrangement, les moldus préféraient entendre sonner ces petites choses plutôt que de simplement regarder dans un miroir à double-sens. Enfin. Tout ce qui comptait, à présent, se trouvait à l’autre bout du fil.

« Alexie ? C’est Ailinn. Il faut que je te parle. »
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Re: Retour aux origines

Message par : Alexie Scott, Mar 2 Juil 2013 - 1:46


Cionadh et Alexia

Ce jour-là, Alexie devait faire tourner la boutique toute seule. En effet, sa stagiaire depuis quelques mois, dût s'absenter pour raisons personnelles. Des raisons personnelles qu'Alexie ne pouvait que comprendre étant donné qu'elle s'était retrouvée dans sa situation l'année précédente. En effet, tout comme Ailinn, la jeune femme était partie chercher des réponses sur son passé dans son pays d'origine, la Bulgarie. L'ancienne Serdaigle voulait en savoir un peu plus sur sa famille biologique. Elle voulait connaître son lieu d'habitation, de travail, leurs activités diverses... Alexie voulait trouver une quelque conque lien qui pourrait les rapprocher ne serait-ce qu'un peu. Malheureusement, la jeune femme tomba de haut en découvrant l'histoire dont elle était elle-même, l'élément déclencheur. Tout d'abord, elle fit la connaissance de sa mère à travers l'histoire que lui conta sa grand-mère maternelle, Ana Petrova.

Erina Hellyna Petrova, naquit à Sofia en Bulgarie. Elle vécut dans un manoir familial. Issue d'une grande famille de Bulgarie, Erina eut une enfance des plus heureuses. Cependant, sa vie changea brusquement lorsqu'à l'âge de dix-huit ans, elle fit la rencontre de Maxim, un jeune garçon d'écurie muni de maigres relevés. Les deux jeunes sorciers commencèrent à se voir en secret ce qui déplut au père d'Erina qui n'acceptait pas que sa fille ait une liaison avec un simple garçon de bas étage. C'est donc en cachette, qu'Erina et Maxim continuèrent leur relation jusqu'au jour où elle tomba enceinte. Furieux en découvrant la grossesse hors mariage de sa fille, son père interdit qu'Erina revoit Maxim peu importe la raison. Un quatorze janvier, alors que la neige recouvrait les rues de la capitale bulgare, elle donna naissance à une petite fille qu'elle nomma Alexia Katerina Petrova. Deux mois après son accouchement, elle abandonna son enfant et la plaça dans l’orphelinat de Sofia avant de disparaître dans la nature.

C'est sa grand-mère maternelle biologique, Ana, qui lui raconta le récit de la vie de ses parents. Alexie tomba des nues en apprenant cette histoire. Peu à peu, elle comprenait mieux, même si elle n'acceptait toujours pas son abandon. Lorsqu'elle écoutait Ana conter la jeunesse tumultueuse de sa mère, Alexie n'éprouva que de la rage envers le père d'Erina, son grand-père. Au final, c'était à cause de lui tout ça. Si Leo avait accepté l'aventure de sa fille avec Maxim, Alexie serait toujours Alexia et aurait vécu avec ses parents biologiques à Sofia au lieu d'Oxford. C'est une vie qu'elle aurait pu aimer, si seulement tout ça s'était passé autrement. Un peu plus loin dans son récit, Ana évoqua le père d'Alexie, Maxim.

Maxim Ioan Evena, naquit en Thrace d'un père artisan et d'une mère gouvernante. A quinze ans, il décida de s'installer à Sofia afin de trouver un métier. Il fut embauché dans les écuries. Il donnait des cours et devait s'occuper des chevaux. Il était faiblement payé et avait à peine de quoi payer son loyer chaque mois. Cependant, lorsqu'il rencontra Erina, sa vie bascula. Il tomba amoureux de cette dernière alors qu'elle faisait partie de ses élèves à qui il enseignait les bases de l'équitation. Elle l'aidait financièrement. Malheureusement, leur relation était vue d'un mauvais oeil par le père d'Erina ce qui engendra de grosses disputes au sein du couple. Erina ne voulant écouter que son coeur, refusait de quitter Maxim et ce dernier au contraire ne voulait pas qu'elle sacrifie sa relation avec son père. Seulement l'amour était plus fort que tout. Plus amoureux que jamais, le couple continua quand même de se voir jusqu'au jour où Erina tomba enceinte. Depuis ce jour, Maxim n'avait jamais revu son amour de jeunesse et ignorait tout de son enfant.

Repensant à ses parents biologiques, Alexie défaisait le dernier carton de friandises. Elle les déposait dans différents bocaux, à différentes places dans la boutique. Honeydukes était de loin le commerce le plus rayonnant de par sa façade colorée et attractive et son intérieur décoré sur le thème du sucre, de la fantaisie et du songe. Alexie était fière de sa boutique et encore plus fière de son employée. La seule et l'unique, sur qui elle pouvait toujours compter, Ailinn Kafka. La jeune femme savait peu de choses sur sa stagiaire outre le fait qu'elle étudiait à Serdaigle comme Alexie, étant plus jeune. Le boulot restait le boulot, mais Alexie aimait beaucoup Ailinn malgré son jeune âge. Elle était comme sa petite-soeur. Alors quand Ailinn devait s'absenter pour des raisons qui lui sont personnelles, Alexie donnait facilement son feu vert. De toute façon, les clients ne se bousculaient pas au portillon, alors la sang pur n'était pas du tout débordée. La jeune femme jeta le dernier papier à bulle lorsque son téléphone vibra. Comme les moldus, Alexie s'était procurée cette petite boite rectangulaire avec laquelle les personnes dépourvues de magie pouvaient communiquer. C'était son seul moyen de pouvoir discuter avec sa grand-mère qui n'était qu'une simple moldue. Alexie décrocha et entendit la voix de sa stagiaire, plus que paniquée.

«
Ailinn, ma chérie, qu'est-ce qui t'arrives, où es tu ? »
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Re: Retour aux origines

Message par : Ailinn Kafka, Mar 2 Juil 2013 - 20:13


Double trouble
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« Ailinn, ma chérie, qu'est-ce qui t'arrives, où es tu ? »

Ailinn pesta quelques instants contre son téléphone portable qu’elle ne parvenait toujours pas à utiliser correctement malgré tous ses efforts, avant d’enfin trouver le bouton du volume, et d’augmenter ce dernier jusqu’à ce que la voix d’Alexie n’ait plus l’air de parvenir d’une caverne du fin fond de l’univers.

La jeune femme tenait toujours la lettre de son autre main, la considérant telle une étrange créature potentiellement dangereuse qu’un scientifique maintiendrait tant bien que mal à distance. Et à vrai dire, elle aurait presque préféré que cette créature ne vienne jamais détruire à coups de griffe le fragile univers qui était encore le sien quelques minutes plus tôt.

Le visage de porcelaine d’Ailinn était encore plus pâle qu’à son habitude lorsqu’elle reprit la parole, sa voix frémissant comme celle d’une fillette apeurée.

« Dieu merci, tu es là ! J’ai besoin de savoir où habite ton père au plus vite, c’est très important ! Je serai en Bulgarie d’ici quelques minutes ! » s’écria-t-elle en rassemblant tout ce qu’elle trouvait pour l’emmener avec elle.

Des lettres, des photos, des albums. Tout un passé qu’elle n’avait jamais connu, et qui lui appartenait enfin. Sur l’un des murs incurvés du vieux grenier, une vieille photographie montrait deux femmes, l’une aussi rousse qu’un feu follet, l’autre plus brune qu’une aile de corbeau, souriant toutes deux timidement à l’objectif. Ailinn arracha rapidement le cliché du mur, faisant valser quelques épingles colorées sur le parquet crasseux.

La jeune femme se saisit d’une vieille théière ébréchée et murmura tout en la pointant de sa baguette, pensant ardemment à la Bulgarie et à son père : « Portus ». Elle avait encore quatre minutes avant que l’objet ne commence à s’agiter et à briller en lui signifiant qu’il était temps de partir.

« Je pensais que c’était impossible, et pourtant tout prête à croire que… » murmura-t-elle comme pour elle-même avant d’ajouter plus clairement à l’attention de son interlocutrice. « Alexie, je viens de retrouver mon père. Et je crois… Je crois qu’il a tenté de me parler de toi. »

La jeune femme faisait les cent pas dans le grenier poussiéreux, son téléphone portable coincé contre son épaule et sa longue chevelure rousse flottant derrière-elle en retombant sans relâche contre ses reins. Ailinn oscillait entre le rire et les larmes, sa joie incommensurable d’avoir retrouvé la trace de ce père qu’elle n’avait jamais connu et la nervosité à l’idée de le retrouver.

« Il faut que tu entendes ça, Alexia ! C’est écrit noir sur blanc ! « Mon nom est Ioan Evena et je suis né en Bulgarie. Je sais que tu es spéciale, que tu as quelque chose de particulier, et je crois savoir pourquoi. Petite fille, j’ai un frère, là-bas, en Bulgarie, et sa fille est comme toi. Cionadh, si tu vois la magie naître en toi, il faut que tu la retrouve. Retrouve Alexia. » Je n’arrive pas à le croire… » continua-t-elle d’une voix blanche avant de réaliser qu’elle ne laissait pas la moindre opportunité à sa patronne et amie de lui répondre. « Pardon, j’aurais peut-être dû te demander de t’asseoir avant de t’annoncer tout ça ? »
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