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Europe de l'Est
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Laurae Syverell
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Re: Europe de l'Est

Message par : Laurae Syverell, Mer 1 Fév 2017 - 21:59


Yeux gris. Yeux gris intense. Se mêlant au vert forestier. Brume des bois ou lichen sur une roche moussue ? Qu'importe. Ce regard avait le don pour réchauffer les cœurs, raviver les ardeurs. Comment ne pas se battre pour un regard aussi franc, aussi fort, et aussi sensiblement humain? L'ange brun ferma les yeux. Le vert se posa sur le bout du nez blanc frémissant. La jeune femme avait compris depuis longtemps que sa sœur d'arme avait en elle le diable de la nature, le hurlement nocturne et la force bestiale: description du cœur lupin. Observer ses sens se dilater au son de la forêt et à l'odeur de moisissure champignonneuse la laissait béat devant se spectacle. L'ange brun était juste magnifique dans son milieu naturel. Un petit nez se trémoussant, des cheveux emprisonnés dans la douce brise, la bouche entre ouverte laissant place a un sentiment profond de calme et de bien être. Oui, juste magnifique Louve. La jeune femme se demanda soudainement de quel couleur était le pelage de son frère intérieur? Quel genre de parfum elle avait pour elle? Secrètement, elle espérait que ce n'était pas trop fort pour son odorat. Elle ne voulait pas briser ce moment de liberté et de calme que la Louve avait du rêver depuis sa prison de sang et de poussière.

Boum... Boum...

Douleur. Sacrée douleur qui vient embrasser ses rêveries. 

Boum... Boum...

Ce ne fut pas son parfum qui stoppa la scène, mais l'arrivée d'une petite ford qui roulait à petite allure. L'ange-Loup s'excusa auprès d'elle pour son transplanage. Il n'y avait pas de mal. L'habitude passait forcément pour un début de quelque chose. La brunette allait aussi s'y habituer. Un jour. C'est seulement un petit sourire rassurant qui lui décrivit son sentiment à ce sujet. Le souffle encore un peu court. Elle s'en voulait, de ne pas être assez forte physiquement. De lui montrer sa faiblesse, tout en la camouflant d'un voile de couleur transparent. On la devinait même camouflé. L'imagination l'emportait sur la pudeur. C'était comme camoufler l'intimité d'une sculpture ou d'une peinture alors que le reste du corps y était nu. On savait ce qui se cachait. Mais on ne connaissait pas vraiment la forme. Pourtant, même si c'était que la santé, qu'une douleur parmi tant d'autre... Cela résumait le passé, le deuil du présent, et l'avenir sombre de la petite Phénix. Condamnés à vivre avec ses trois visages: un dès la naissance, un autre choisi. Et le troisième? Camouflé, brisé, magique. Dans son sang. Dans ses traits. 

Boum... Boum...

Souffrance. Sacrée souffrance qui vint s'emparer de la vie. 

Boum... Boum...

La douleur s'estompait. La voiture s'arrêtait. L'homme parlait anglais. Mais il avait un accent particulier que la jeune femme ne parvenait pas vraiment à traduire, où avec beaucoup d'effort. Après tout, l'anglais n'était pas sa langue maternelle. Seulement d'adoption. La potion faisait enfin effet. Inspirant un bon coup, la jeune femme se ressaisit et se laissa entraîner dans la Ford. Il y faisait chaud. Sur le rétroviseur, une sorte de pendule était accroché. L'homme redémarra et L'ange-qui-était-aussi-une-Louve lui expliqua certains sujets. Leurs identité, ce qu'on faisait ici... et tout le baratin qui évitait les questions. L'Irlandaise préféra observer la route, et voir le paysage défiler devant ses yeux. C'était la première fois qu'elle partait aussi loin de chez elle. Elle en profitait. L'homme continuait à discuter avec la Louve. Bercé par le ronronnement de la Ford, et le défilement du paysage, la jeune femme s’abandonna doucement au sommeil. Depuis la disparition de la Louve, elle avait œuvré jour et nuit pour a retrouver. Son secret pour ne pas dormir? La colère, l'inquiétude et sa détermination. Et il fallait l'avouer. La douleur la fatiguait beaucoup aussi. L'alcool l'aidait à ne pas ressentir tout cela. A se laisser vivre sans douleur. L'ambroisie de l'anti-douleur, morale ou physique. Aujourd'hui, la main de la Benson était serré contre la sienne... Et pourtant, plus la Syverell s'endormait, plus ce geste s'adoucit jusqu'à se rompre.   


C'est l'arrêt de la voiture qui réveilla la jeune femme. Devant eux, se trouvait un très grand Lac, dominé par quelques collines. Le sourire de la jeune femme revint. Ils étaient à quelques mètres ou kilomètres de marche. La grande silhouette féminine remercia l'homme puis fit signe à la Louve de la suivre. Il fallait gravir les sentiers de l'Ouest. De là, en montant un peu en altitude, ils verraient les ruines d'un petit hameau. Deux ou trois maison pas plus. De la taille d'une ferme. Comblevert. Le petit village des sorciers du temps où ils étaient persécutés. Après une ou deux heures de marche, les deux jeunes femmes arrivèrent enfin à destination. La montée les avaient emmené vers un petit ruisseau qui les avait guidé vers un petit moulin couvert de mousse. Plus loin, deux trois autres maisons. Voilà ou  les recherches les avaient menés. Plus loin, quelques croix de pierres entamés par le temps étaient disposés en cercle. Un vieux cimetière.


- Et bien. Je pense qu'on en aura pour un bout de temps. Je vais commencer à chercher ce qu'il faut au cas ou on passerait la nuit ici.  
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Elenna Benson
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Re: Europe de l'Est

Message par : Elenna Benson, Jeu 11 Mai 2017 - 3:51




M
on regard ne cessait de vagabonder entre le rétroviseur et le paysage hongrois. Mes pieds foulaient ce pays pour la première fois mais j’avais l’impression de connaître déjà les lieux. Il fallait l’avouer, j’avais une soif d’apprendre intarissable et la curiosité ne me quittait jamais. J’étais un genre d’intello, mais c’était un secret, personne ne devait le savoir. J’avais lu de nombreux livres, admiré multiples peintures, je m’étais imaginé chaque contrée et voilà que je pouvais enfin mettre un véritable souvenir sur l’une d’entre elles. Chaque vallée laissait à penser un petit coin de paradis, chaque montagne donnait l’impression que les nuages étaient à portée de main. J’ouvrais un peu ma fenêtre, continuant d’humer l’air pur qui me semblait bien plus agréable que celui de la capitale londonienne. Je n’arrivais pas à me souvenir si j’avais déjà su détecter cette ressemblance lorsque mon petit nez n’avait aucune autre caractéristique que celles des êtres humains. Avais-je compris à quel point l’air nous était vital ? A quel point chaque parfum donnait une allure à un lieu ou à un moment spécial ? Aujourd’hui, je connaissais tout cela par cœur, mes sens m’étaient plus familiers qu’ils avaient pu l’être autrefois, une question d’habitude je suppose. Alors je fermais les yeux et je savourais ce que la faune devait connaître tout autant que moi.

Laurae s’était installée près de moi, sa main toujours ancrée dans la mienne. Je me demandais si elle avait des craintes, des doutes, des peurs elle aussi. Si elle avait besoin de se rattacher à moi en ce moment. Je me posais mille et une question sur l’oiseau brun, mais finalement, sans en être réellement consciente, elles étaient pour moi. Se doutait-elle seulement du bien que ce voyage me faisait ? Non seulement parce que j’en oubliais mon quotidien, mes remises en question et ma culpabilité, mais aussi parce que son unique présence suffisait à refermer ne serait-ce qu’un peu le trou béant que je sentais dans ma poitrine. C’était lui qui me faisait souffrir, haleter lorsque j’étais seule. Lui qui me faisait crier en pleine nuit, cauchemarder sur mes souvenirs. Mes amis étaient mon seul remède avec Alexander, comme un baume sur une plaie ouverte. Et elle ? Qui était-elle ? Pourquoi avait-elle la faculté de me réconforter par sa seule présence ? La seule pression de sa paume contre la mienne me rassurait, me laissait penser qu’un jour, toute cette souffrance partirait. J’avais lu dans son regard, j’avais compris que derrière son masque sans émotion, elle avait eu peur, peur pour moi, pour eux, pour nous. Ses cernes, je les connaissais. Non seulement parce que j’avais les mêmes, mais aussi tous ceux qui m’avaient cherché nuit et jour, ceux qui n’avaient rien lâché alors que moi-même, j’avais craqué comme une débutante, comme une femme faible que j’étais.

J’échangeais de temps en temps quelques mots avec notre conducteur qui me semblait bien trop bavard. A mes côtés, la brune glissa doucement dans les bras de Morphée, ses paupières clignant de plus en plus avant de ne plus s’ouvrir définitivement. Sa respiration s’était calmée, faisant voleter quelques-unes de ses mèches de cheveux. Je l’enviais. Je l’enviais pour la sérénité qui semblait régner dans son sommeil, le calme qui la berçait. Il y avait, me semblait-il, une éternité que je n’avais pas trouvé un repos réparateur. Pourtant, je fermais à mon tour mes yeux, faisant taire notre chauffeur, laissant ma tête tomber en arrière. Bien que je ne parvins pas à m’endormir, je sentais de temps en temps ma tête m’emporter avec son poids sur le côté, jusqu’à ce que mon front se pose sur l’épaule de Laurae qui ne broncha pas. Pendant de longues minutes, je restais là, profitant de sa chaleur corporelle, de son odeur froide et sucrée, des rythmes de son cœur parfois affolé qui semblaient chanter pour moi. Le moteur de la voiture ronronna, crachotant pour annoncer une arrivée proche. Sous ma tignasse, la phénix remua, elle aussi réveillée par l’arrêt de la voiture. Je me relevais rapidement, de peur de faire peser un peu trop mon poids sur elle. Avec un peu de chance, elle ne serait pas rendue compte de ma petite sieste sur son épaule.

Arrivées à destination. J’en avais presque oublié pourquoi nous étions là, mais le sourire qui naquit sur les lèvres de Lau me ramena à la raison. Nous avions une mission, du moins c’était l’idée que je me faisais d’une telle aventure.  Je regardais par la fenêtre rapidement avant de suivre mon alliée hors de la voiture. Le fameux lac n’était qu’à quelques kilomètres de marche mais d’ici, nous avions une vue superbe sur l’étendue d’eau et les collines qui l’entouraient. Le spectacle était superbe, un paysage spectaculaire. Je remerciais vivement notre accompagnateur, le laissant en plan pour rattraper en trottinant Laurae qui avait déjà commencé la randonnée. Nous n’avions pas beaucoup parlé, juste échangé quelques mots. Nous admirions, voilà l’occupation première. Après une bonne heure de marche voire plus, un petit village en ruine nous fit face et le soleil commençait déjà à décliner.

" Et bien. Je pense qu'on en aura pour un bout de temps. Je vais commencer à chercher ce qu'il faut au cas ou on passerait la nuit ici. "

J’hochais la tête pour confirmer ses dires. Il fallait fouiller un village, un cimetière et d’autres ruines. Une fois de plus, la brune avait raison, il fallait prévoir avant toute chose. Alors qu’elle filait en quête de je ne sais quoi, je ramassais quelques brindilles avant de rentrer dans le moulin qui ferait office d’auberge ce soir. Je fis un petit tas et sortit ma baguette magique pour lancer un Incendio qui mit directement le feu aux bouts de bois. Je laissais enfin tomber mon sac à dos au sol, m’asseyant sur une grosse pierre qui devait être un morceau de mur autrefois pour farfouiller à l’intérieur. Rapidement, j’en sortais quelques barres de céréales et une bouteille d’eau avant de prendre mes notes. Armée de mon biscuit que je croquais à pleines dents, je me mis à tout relire pendant de longues minutes. Quelques bruissements de pas discrets m’indiquèrent le retour de Laurae et avant même de la voir, le nez plongé dans mes papiers, je pris la parole.

" Bon, on commence par où, faut fouiller quoi en premier… Dis-moi, comment ça se fait que tu en saches autant sur Carmilla ? Tu as parlé de ta famille, raconte. C’était ici sa « seconde demeure » ? "

Je relevais mon regard, mâchonnant toujours ma barre de céréales et esquissant un sourire version bouche pleine.
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Re: Europe de l'Est

Message par : Laurae Syverell, Lun 15 Mai 2017 - 22:28


Ce que la jeune femme avait appris tout le long de sa jeunesse, c'était s'adapter en fonction de l'environnement dans lequel elle se trouvait. Grand-père Edd lui disait souvent que là où, la petite fille qu'elle était alors, posait ses pieds, la nature l'invitait tout naturellement, chaleureusement. Celle-ci avait jeté la clé de la demeure depuis bien longtemps et tolérait toute forme de vie sur terre... Et c'était à nous de respecter et protéger celle-ci. Grand-père Edd lui avait appris les rudimentaux: Les champignons comestibles, la chasse, les pièges, les nœuds marins, la pêche... Il savait sans doute que la jeune Syverell serait une sorcière, et c'est le pourquoi il lui avait expliquer toutes ses petites bases, ces choses manuelles qu'on pouvait faire de nous même, sans utiliser l'essence de la nature comme il disait.  Si nous utilisions toujours la magie, nous perdons les choses fondamentales de la vie, voir le goût des bonnes choses elle même, la compréhension du monde... et cetera. Du moins, c'est ce qu'il pensait. Toutefois, bien que la jeune femme avait fait l'école buissonnière dès son plus jeune âge, l'écriture et la lecture lui avait été appris par sa grand-mère, Aube. Une "cracmol" comme les sorciers disent si bien. On voyait bien là, la différence entre une famille au sang mêlée de sorciers, de vampire, de non-sorciers, et de non-magique, et l'autre digne des plus anciennes famille de sang pur, riche, aristocrate: les Peverell. 

Les Syverell étaient simple. Peut-être un peu trop pour certains. Des rêveurs? Des conservateurs? Des Lumières?  Des illettrés? Ils étaient un peu tout ça à vrai dire, mais se plaisaient dans leurs petite paix quotidienne. La jeune femme l'avait bien compris, et c'est pour cela qu'elle n'avait pas voulu mettre en périls leurs vie, leurs compliquer la tâche. Ils avaient déjà bien souffert dans une vie si courte et si belle. Malgré son éducation épicurienne, ou presque, la jeune femme, elle, ne mettait pas vraiment sa vie sur une stèle qu'il fallait chérir. Au contraire, c'était une guerrière qui existaient pour que d'autre puisse le faire à sa place. C'était pour ça que des guerriers étaient nés pour elle. Pour protéger les autres qui ne l'étaient pas. Protéger des valeurs profondes qu'elle avait appris. Comme le respect de la nature, il fallait respecter la vie d'autruit.  C'est aussi pour cette raison que la Syverell se refusait de donner des noms, des étiquettes aux personnes, aux animaux, aux choses... Ces mots comme "cracmols" et "moldus" bien trop réducteurs pour elle lui était banni naturellement de ses lèvres.  

C'est en repensant à tout ça que la jeune femme commençait sa collecte. Enfonçant doucement ses doigts dans la terre noire et humide, décalant, dans le même geste, mousse et lichen. Elle arracha plusieurs pieds de chanterelles, lactaires, morilles et autres petits champignons comestibles. Elle ne toucha qu'aux rares qu'elle connaissaient parmi ces nouveaux champignons d'un autre pays. Faisant voler un peu partout autour d'elle des brindilles pour tenir une nuit, elle s'avança vers une bâtisse en ruine éclairée par le feu magique de sa compagne de voyage. Arrivée a l'intérieur, elle vit celle-ci en train de mâchouiller des barres de céréales. Apparemment, elle avait déjà tout prévu. La jeune femme eu un petit sourire et commença à poser les morceaux de bois près du feu. Elle le nourrirait en temps voulu.. Elenna était plongée dans ses papiers quand elle lança la discussion. 

" Bon, on commence par où, faut fouiller quoi en premier… Dis-moi, comment ça se fait que tu en saches autant sur Carmilla ? Tu as parlé de ta famille, raconte. C’était ici sa « seconde demeure » ? " 

Que de question! La jeune femme s'installa près du feu, en face de sa partenaire. Les mains dans ses poches, elle sorti ses potions pour les mettre à un endroit. Autant ne pas les perdre en recherchant la relique. Ce serait mieux. Elle répondit ensuite aux questions, préparant les champignons. Nettoyage, et lévitation au dessus du feu était au programme! 

- Si j'en sais autant, c'est parce que je suis l'une de ses descendantes directe. La famille de ma mère sont les O'Kallogan, ils ont changé de nom en arrivant en Irlande d'après ma mère. Avant cela, ma famille étaient les Karstein. Descendant de la Comtesse de Karstein. Toutefois, il y a quelque chose qui cloche, puisque le nom de Karstein était traditionnellement donné de mère en fille... Mon grand-père a pris le nom d'Okallogan de ma grand mère. Mais ma mère n'a pas céder à la tradition. Je ne lui ai jamais vraiment demandé pourquoi. 

Quelques uns des champignons semblaient être cuit à point. Parfait, la jeune femme en pris un au bout de ses doigts, souffla dessus pour abaisser doucement la température et le mit en bouche. Celui-ci fondu comme du beurre sur sa langue. Malgré le manque de persillade, c'était un régal pour les papilles de l'irlandaise. Le goût semblait parvenir jusqu'à son odorat. 

Nous sommes à Comblevert. C'était un ancien petit village de sorcier. Après la transformation de Marcilla de Karstein en la Vampire Carmilla, il y a eu de nombreuses victimes. Les non-sorciers ont commencé à faire une sorte de... chasse aux sorcières et à tout ce qui s'apparentait de loin ou de près à leur notion de "magie noire". Carmilla fut... détruite, son enfant confiés à sa soeur Drusilla. En tant que demi-vampire, sa fille est passée inaperçue. Drusilla quand à elle à du se réfugier ici, pour protéger la relique je suppose. C'est tout ce qui lui restait de Marcilla... mis a part sa nièce qu'elle à élevé comme sa fille. 

La jeune femme fixa sa compagne de voyage. Les flammes du feu dansaient dans ses iris d'un vert profond et aux pépites d'or. Elle ne savait pas comment Elenna allait réagir. Les vampires n'étaient pas vraiment des êtres recommandables. De plus, elle pensait connaître le cœur lupin de sa sœur d'arme. Les vampires et les loups étaient-ils ennemis, comme dans les contes pour enfant? En tout cas, la rancune de ses histoires devaient surement s'estomper devant le lien qui unissaient les deux comparses. Et qui s'élargissait au fur et à mesure du temps passé ensemble. Pendant un petit instant, la jeune femme oublia que Carmilla n'était plus qu'un souvenir de plus de quatre-cent ans. Le temps d'un instant, elle avait eu l'impression d'être le visage, le nom, et la responsable des actes de son ancêtre. Ancêtre innocente et passionnée par un homme, qui, par le coup du mauvais sort, avait été transformée par un autre vampire... Et tué son amant. Le père de l'enfant... La jeune femme proposa ensuite à Elenna de fouiller le cimetière. Endroit le plus probable de trouver la relique. Certainement avec les restes de la dénommé Drusilla. Ouvrir des tombes? C'était certainement la dernière chose que la jeune femme pensait faire dans sa vie... 

- J'espère que tu n'as pas peur des morts... Parce qu'on risque de les embêter un peu... 
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Re: Europe de l'Est

Message par : Elenna Benson, Lun 22 Mai 2017 - 21:08




J
’étais là, perdue au fin fond du monde pour trouver un héritage. C’était quand même le pompon. Qu’est-ce que je pouvais bien savoir d’un quelconque patrimoine, d’une succession ? Je ne connaissais même pas mon nom de famille, le véritable je veux dire, celui de mes parents. Je ne savais pas à quoi ils ressemblaient, qu’elle était la mélodie de leur voix, le parfum de leur peau, l’éclat de leur sourire, la façon de froncer les sourcils. Avaient-ils les mêmes tics que moi ? Etait-ce ma mère ou mon père qui remuait son nez de façon incontrôlée ? Je ne savais rien de ce qu’était une famille. La seule que je connaissais, que je m’étais créée, c’était celle de l’Ordre du Phénix. La mienne était parfaite et c’était l’idée que je m’en étais toujours fait. Et si ces quelques personnes arrivaient à faire de ma vie un petit coin de paradis, il m’arrivait de me demander qui étaient mes géniteurs. C’était une question existentielle qui régissait ma vie. Chaque choix, chaque décision, je me posais les mêmes interrogations. Seraient-ils fiers de moi ? Auraient-ils fait autrement ? Qui étaient-ils ? Magie de lumière ou d’obscurité ?

Petite, je m’étais souvent imaginée des histoires abracadabrantes pour expliquer mon abandon. Adolescente, j’avais créé des récits héroïques. Adulte, je m’étais inventée le pire. Après tout, j’avais appris avec le temps que derrière le masque des mages noirs pouvaient se trouver n’importe qui, un parent, un ami, un ennemi ou un inconnu. J’y avais longtemps réfléchis et à l’heure actuelle, mes parents étaient des Mangemorts, assez cruels et dénués d’amour pour abandonner leur propre fille. Mais mes pensées étaient noircies par les pires idéaux, depuis ma nuit d’horreur en compagnie des vilains. Bref, j’étais là sur la route d’une vieille histoire de famille qui mêlait fantaisie et histoire vraie. Un loup-garou à la recherche d’un vampire. Dans un film moldu, on aurait sûrement appelé ça Crépuscule ou un truc dans le genre.

" Si j'en sais autant, c'est parce que je suis l'une de ses descendantes directes. La famille de ma mère sont les O'Kallogan, ils ont changé de nom en arrivant en Irlande d'après ma mère. Avant cela, ma famille étaient les Karstein. Descendant de la Comtesse de Karstein. Toutefois, il y a quelque chose qui cloche, puisque le nom de Karstein était traditionnellement donné de mère en fille... Mon grand-père a pris le nom d'Okallogan de ma grand mère. Mais ma mère n'a pas céder à la tradition. Je ne lui ai jamais vraiment demandé pourquoi. "

Lau s’était assise face à moi, sortant ces petites fioles qui l’accompagnaient partout. Je me demandais de quoi il s’agissait, elle n’en avait jamais parlé et moi non plus d’ailleurs. Mais nous étions là, toutes les deux, paumées quelque part, alors pourquoi pas ? Racontant son histoire, elle préparait des petits champignons qu’elle avait dû ramasser. Intérieurement, je priais pour qu’elle s’y connaisse assez en faune et flore hongroise, histoire de ne pas mourir empoisonnée par une petite Mer** véreuse. Je la regardais faire, écoutant avec attention le récit de la Comtesse et du coup, de la famille de Laurae. Je ne m’étais pas attendue à cela, ce qui prouvait encore plus que j’étais réellement sur la trace d’un héritage. Elle goûta l’un de ses mets et ne tomba pas raide morte, bon signe ça !

" Nous sommes à Comblevert. C'était un ancien petit village de sorcier. Après la transformation de Marcilla de Karstein en la Vampire Carmilla, il y a eu de nombreuses victimes. Les non-sorciers ont commencé à faire une sorte de... chasse aux sorcières et à tout ce qui s'apparentait de loin ou de près à leur notion de "magie noire". Carmilla fut... détruite, son enfant confiés à sa soeur Drusilla. En tant que demi-vampire, sa fille est passée inaperçue. Drusilla quand à elle à du se réfugier ici, pour protéger la relique je suppose. C'est tout ce qui lui restait de Marcilla... mis a part sa nièce qu'elle à élevé comme sa fille. "

" Wahou, quelle histoire. Passionnant, vraiment. Tu es donc la descendante d’une vampire, son sang coule dans tes veines. Je remuais le bout de mon nez, essayant d’humer quelque chose de différent. Je n’avais jamais réellement fait attention mais la pointe glacée dans son parfum signifiait-elle quelque chose ? Intéressant… Loup-garou et vampire, on se croirait dans un film pour prépubère moldue ! "

Je riais, me penchant en avant pour piquer des champignons à Laurae, lui proposant au passage l’un de mes barres de céréales. Dans les contes pour enfant, j’étais d’une race ennemie à celle dont ma précieuse alliée descendait et sincèrement, je n’avais aucune idée de si dans le monde réel, c’était aussi le cas. Mais les légendes naissaient bien de quelque part… Dans tous les cas, je m’en foutais royalement et mon avis sur Lau ne changerait en rien, quelle que soit son histoire ou la mienne. Et puis j’étais contente d’être là, parce qu’elle était là, mais aussi parce que j’avais l’impression de l’aider à retrouver quelque chose qui lui appartenait en quelque sorte. Peut-être qu’elle s’en foutait, mais pas moi et ça me plaisait de penser à autre chose que les semaines passées. Nous mangeâmes un petit bout, je buvais un coup dans ma bouteille d’eau et lui tendait ensuite lorsqu’elle me proposa une balade nocturne dans un cimetière.

" J'espère que tu n'as pas peur des morts... Parce qu'on risque de les embêter un peu... "

" Oh non, je ne m’inquiète pas trop. De toute façon, dans les films d’horreur, c’est toujours les plus jeunes qui disparaissent en premier ! "

Je lui souriais, me levant pour l’accompagner, sans oublier ma baguette magique. Je n’avais pas peur non, mais il valait mieux prévoir l’imprévisible. Après tout, nous étions à la recherche d’une relique magique et dans mes papiers, rien ne précisait si l’objet en question était sous bonne garde ou pas. Je fis apparaître une pelle de ma baguette magique et éclaira ensuite notre chemin d’un Lumos. Nous nous mîmes en route, l’une à côté de l’autre alors que je ressassais tout ce qui venait de se passer. Le cimetière nous faisait face ainsi que toutes ses pierres tombales plus ou moins bien alignées. Je pointais plusieurs fois ma baguette sur les stèles, essayant de reconnaître un nom dont Laurae m’avait parlé ou qui pourrait m’être familier mais rien ne vint.

" Dis-moi, c’est quoi ces fioles que tu emportes partout avec toi ?... Je comprendrais que tu veuilles pas en parler bien sûr… "

Je continuais mon chemin sans vraiment attendre de réponse, libre à elle de me répondre ou non. Puis mon regard fut attiré sans que je comprenne réellement pourquoi, un fumet froid venant chatouiller mon odorat. Notre route croisa un caveau immense aux couleurs dorées bien qu’abîmées par le temps. En lettres capitales, un nom et un seul était gravé : Karstein.

" Hey, regarde ça. T’en penses quoi ? "

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Re: Europe de l'Est

Message par : Laurae Syverell, Lun 5 Juin 2017 - 18:38


Pardon pour le petit temps de réponse!
J'espère que ça va te plaire
Bonne lecture


Quand on y pensait, l'histoire racontée par la jeune irlandaise semblait abracadabrante. Des sorciers, des vampires, des loups. Une histoire à raconter aux gamins, qui, eux, pouvaient s'émerveiller de toutes ses histoires farfelues, se prenant pour un vampire, un loup, une sorcière... se chamaillant pour avoir le meilleur rôle et se moquant du rôle des autres. Des disputes taquines, des bagarres d'enfants. La jeune femme avait connu ça jeune. Avec une ombre qui la suivait partout, tout le temps. A moins que l'ombre, en fait, ce soit elle. Le même âge, le sourire malicieux, les yeux heureux, les éclats de rire merveilleux.. un être craquant, plein de lumière, les yeux verts et dorés, les tâches de rousseurs et les cheveux châtain aux reflets roux. Si il y avait une moindre tâche d'impureté et de méchanceté, ce n'était pas dans son sang à lui, enfant de la lumière. Non, la véritable héritière de tout cela, c'était Laurae. Cela ne pouvait être autrement. Idolâtrie? Peut-être... mais si seulement les gens savaient, si seulement le connaissait, si seulement avaient aperçu ce sourire qui changeait les âmes... ils ne pourrait être que d'accord avec la jeune femme. Cet enfant, cette lumière, ce frère... c'était l'ange incarné, la bonté même, la joie de vivre et était l'amour. Non, l'Amour. Avec un grand A. Combien de fois la jeune femme avait dessinée de ses doigts le portrait invisible de sonfrère, chaque nuit? Combien de fois elle avait posé ses lèvres sur le front invisible de ses souvenirs? Combien de fois, elle l'avait appelé en vain? 

C'est seulement un soir qu'il apparut. Dans le vieux château de Poudlard. Ses formes argentés et d'un sombre bleu. Ses ailes angéliques. Son bec qui claquait, ses serres qui se serraient autour du bras de la jeune femme. Il ne pesait pas un gramme, il était là, sous une autre forme, présent, à servir. Attraper les rêves, chasser les cauchemars. Son corbeau venait à chaque fois qu'elle l'appelait à présent. Il suffisait d'une force incommensurable: son amour pour lui. Inconditionnel amour fraternel. Et aujourd'hui, pourtant, elle allait à la recherche d'un héritage qui avait perdu cet amour, qui s'était transformée en une personne sans amour, haineuse, de colère, meurtrière. Si la jeune femme lui ressemblait trait pour trait, le coeur était fait aussi de même chair. La jeune femme a perdu un amour, était devenue aussi héritable, aussi haineuse. Mais elle, au moins, avait eue une chance. Elle avait pu changé. On lui avait donné les moyen, et puis, après une longue course contre elle même et après avoir fait ses preuves, elle avait pu trouver une autre famille. S'attacher de nouveau, croire, un retour vers l'espoir. Elle ne remercierais jamais assez les Phénix de lui avoir fait confiance. D'avoir remarqué sa force, sa réussite dans la poursuite de l'humanité. Et si son ancêtre avait pu avoir la même chance? Si elle avait pu avoir sa force? Peut-être ne serait-elle pas devenue Carmilla Sanguina qui se baignait dans le sang de ses victimes, toujours plus nombreuses. Mais seulement Carmilla la vampire. 

Alors oui, c'était drôle de trouver une descendante d'un vampire et d'un Loup à la recherche d'un héritage d'une personne devenue un monstre. Un monstre non pas parce qu'elle est devenue vampire. Mais un monstre sanguinaire que combattait chaque loup, chaque vampire et chaque être qui se transformaient malgré eux. Chaque être qui souffraient, jour après jour, du mal qu'on leur infligeait. Des étiquettes qu'on leur donnait. De cette distance entre eux et entre les gens dit "ordinaires". Le loup, et le vampire étaient à la recherche des vieux démons, de leurs propres démons. De leurs propres cauchemars, et en finir avec ça. Lenna riait, la jeune femme souriait. Mais elle ne savait pas si elle souriait d'amusement ou de tristesse pour cette pauvre Carmilla qui n'avait pas été assez humaine pour garder un semblant d'amour pour ses prochains. Si elle souriait en soutient, ou par honte. Pour ne pas y enser, elle mordit dans la barre de céréales présentée par l'Ange-brune-autrefois-blanc. Elle aussi avait été forte. Elle avait perdu beaucoup de chose cette nuit là. Mais elle avait eu assez d'humanité pour rester forte malgré ses épreuves. Ce qui était le plus dur chaque matin, c'était de faire le premier pas. La peur, le doute, la souffrance nous prenanit avant de pouvoir poser le pied par terre. Mais une fois que le premier pas était fait, le coprs s'élançait enfin. Parfois, il se tournait en arrière pour observer son ombre qui hésitait toujours. Parfois, il fonçait droit devant sans se retourner. Il faut regarder les choses tels qu'elles pourraient être. Et puis se dire... "après tout, pourquoi pas?". 

Un cimetière? Pourquoi pas. La relique aurait pu être enterrée avec la sœur après tout. Elenna lui avait lancé un pique. Les plus jeunes meurent en premiers dans les films d'horreur. La jeune femme avait toujours cru que c'était les blonde, et les personnes à la peau noire. Elle ne savait pas pourquoi. c'était débile. Après tout, celui qui avait le mieux réussi après la mort de l'horreur Voldemort, c'était Kingsley. Et, il avait la peau noire Kingsley ! Mais la plaisanterie lui réchauffa le coeur au lieu de lui afficher un air de terreur. Elenna était plus petite qu'elle. Entre Lau' et la lectrice... celle qui faisait plus jeune c'était donc l'aînée. La Syverell avait encore une chance de ne pas être prise pour cible en première! Cette pensée la fit sourire tout au long de sa recherche d'un indice, d'un mot autour de ses quelques croix qui semblaient pousser du sol comme des vieux champignons. Et puis son aînée lui posa une question un peu étrange. Étrange parce qu'on ne lui avait jamais posée avant. Alors que, la jeune femme, en avait quotidiennement recourt. 
" Dis-moi, c’est quoi ces fioles que tu emportes partout avec toi ?... Je comprendrais que tu veuilles pas en parler bien sûr… " 

- Ce sont des... sortes de calmants. Chaque jour, j'ai le cœur qui s'emballe, qui semble se déchirer à chaque battements. Ces potions me permettent de calmer la douleur. Si je n'en prend pas, la douleur est-elle que... que je peux ne pas m'en sortir. 

La jeune femme grimaça en se souvenant de son infarctus en plein cours de Soin aux Créatures Magiques quelques années plus tôt. Autrefois, la douleur lui paraissait anodin. Elle allait et venait à sa guise, et c'était supportable. Elle savait que ça avait un lien depuis l'accident de son frère. Sa mort l'avait tout simplement et purement.. brisée. Dans tout les sens du terme. Avec le temps, elle pensait que cela irait mieux. Mais cela avait empirée d'un coup après la mort de sa grand-mère. Quelques jours seulement après son infarctus. Mais la jeune femme n'allait pas dévoiler tout ça. Pour elle, sa réponse était suffisante. Ses potions l'aidait à tenir, point. Et encore... plus elle en prenait, plus les effets se dissipaient plus vite. D'une potion toutes les semaines à 17 ans, elle en prenait maintenant chaque jour, à 20 ans. Laurae s'était fait à l'idée qu'elle n'allait pas passer l'âge de ses 24 ans si cela continuait. Mais elle continuait de se battre chaque jour pour faire vivre son frère à travers elle. Leur lien n'avait pas cédé d'un pouce. Au contraire, plus la mort approchait, plus la jeune femme sentait ce lien se resserrer. Aller ou lui l'attendait. 

La mort n'avait jamais été aussi présente qu'à ce moment même. Lenna avait trouvé une croix portant l'inscription Karstein. Inscription rongée par l'air, l'eau et le temps. Comme de vieux os. La jeune femme commença à pousser la lourde pierre qui avait donnée naissance à du lichen et de la mousse. A certain endroit, la pierre avait disparu, ou s'était simplement écroulée sur le coté de la tombe. Il leurs fallu plusieurs minutes a toutes les deux avant de réussir à pousser entièrement le couvercle du mort sur le côté. La magie fut envisagée, mais la jeune femme avait refusée son recours. Profaner des tombes était déjà mal pour elle. Elle n'allait pas non plus insulter un mort a ouvrir sa tombe avec la magie. Aussi facilement. C'était peut-être stupide, mais c'était quelque chose qui lui tenait vraiment à cœur. Elle se promettait qu'à la fin, elle remettrait ce couvercle et laisserait la dépouille en paix, tranquille. Même si elle n'était plus là, ne ressentait plus rien.. c'était violer l'intimité à son extrême. Lorsque le couvercle fut poussé, et la terre creusée, il faisait déjà nuit noire. En même temps, une autre couleur aurait fait perdre la tête à notre Syverell. Leurs doigts touchèrent la surface de bois. Une odeur pestilentielle semblait vouloir s'échapper du sol. La présence de la dépouille ne posait plus de question. Regardant sa complice avec un air de dégoût, la jeune femme se boucha le nez et d'un geste sec, rapide, ouvrit le cercueil. Ce que la jeune femme vit, ce fut tout d'abord le sourire du squelette, comme moqueur. Un livre dans ses mains. Aucune satanée trace de relique. Le cercueil se referma dans un grand fracas. La Syverell avait lâché le couvercle. Son corps bascula sur le côté et un immonde liquide s'échappa de sa gorge et se déversa sur la végétation qui avait pris possession des lieux.  

- Tin.. j'aurais pas du manger de suite...

Et c'est seulement à ce moment que la jeune femme se rappela du seul indice dont elles disposait. Le Livre. Dans le cercueil. Le cercueil, refermé, avec le squelette moqueur. Qui se sacrifiait pour l'ouvrir à nouveau? La jeune femme en tremblait d'avance. Ce Livre indiquait peut-être l'endroit exact où était cachée la relique? 
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Elenna Benson
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Re: Europe de l'Est

Message par : Elenna Benson, Jeu 17 Aoû 2017 - 12:43




L
a nuit avait pris possession du village en ruine où nous étions. Quelques nuages rôdaient dans le ciel, dissimulant de temps en temps la clarté de la lune. Elle était presque ronde, presque pleine. Je me demandais si Laurae s’était demandée ce qu’il serait advenu si la bête en moi avait vu là le bon moment pour sortir. Tous les membres de l’Ordre du Phénix connaissait mon secret mais je n’avais jamais eu de discussions sur le sujet avec eux. Je ne m’en cachais pas, je n’avais aucun secret sur ma nature mais rares étaient les gens qui osaient poser des questions. Après tout, qu’aurais-je bien pu dire qui serait passé pour censé ? Qu’au début, oui j’avais arraché quelques têtes mais que maintenant je contrôlais totalement ce monstre qui vivait au creux de mes entrailles ? C’était surréaliste. Pour de simples sorciers comme pour les lycanthropes incapables de ce genre de miracle. C’était une malédiction aux yeux de tous, rien d’autre, juste un truc qu’on ne pouvait guider, face auquel on était impuissant. Mais si seulement ils savaient, si seulement ils pouvaient savoir…

" Ce sont des... sortes de calmants. Chaque jour, j'ai le cœur qui s'emballe, qui semble se déchirer à chaque battement. Ces potions me permettent de calmer la douleur. Si je n'en prends pas, la douleur est-elle que... que je peux ne pas m'en sortir. "

J’avais écouté attentivement celle qui était devenue une fidèle amie à mes yeux. Mais nous en rendions-nous seulement compte ? C’était inconscient pour moi, elle qui m’avait cherché à en perdre haleine, elle qui m’avait secouru en mettant sa vie en danger, elle qui m’avait aidé à remonter la pente, aujourd’hui encore. Je la portais dans mon cœur, pour les mauvaises raisons peut-être mais c’était le cas. Une relation saine ne devait pas se construire sur un danger de mort, du moins pas dans mon esprit. Mais finalement, j’avais l’impression que ce qui nous reliait, même si nous étions trop fières pour le dire, était bien plus fort qu’une simple amitié. Un sentiment de partager le même héritage, d’avoir le même sang sur les mains. Aujourd’hui je cherchais avec elle les vestiges de ses ancêtres comme s’ils étaient aussi les miens.

Ses maux me surprenaient, je voulais comprendre, savoir ce qui malmenait le corps de Laurae, ce qui maltraité son cœur. Pourtant, j’avais bien senti dans sa réponse qu’elle ne voulait pas en dire plus et je comprenais. Il était toujours difficile de se confier, d’avoir le courage d’ouvrir la bouche pour échapper ces quelques mots qui parfois changeaient une vie. J’avais eu la peur au ventre bien trop souvent durant les semaines passées et à chaque fois que j’y pensais, je sentais mon corps souffrir à la place. Mon amie ressentait-elle une douleur physique à cause d’une souffrance mentale ? Je me posais pleins de questions que je me contentais de taire celles-ci en me concentrant sur la raison de notre venue dans ce trou paumé d’un coin de la planète.

Sans plus attendre, Lau s’avança vers la stèle et pose ses deux mains pour pousser de toutes ses forces. Je m’empressais de la rejoindre, forçant avec elle sur la pierre pour réussir à la déplacer. Armées de pelle et de leurs petits bras, elles se mirent à creuser durant de longues minutes pour enfin dévoiler le cercueil. L’odeur qui s’en échappait était tout sauf attirante, une odeur de décomposition, de mort, de cadavre flottait maintenant dans les airs. Les deux brunettes échangèrent une moue de dégoût, se bouchant le nez avant que Laurae ne fasse voler le couvercle d’un coup sec. Il n’y avait rien, juste un squelette flippant tout droit sorti d’un film d’horreur et un gros manuscrit. Je regardais le tas d’os qui semblait se moquer de nous, plissant les yeux pour voir un peu mieux dans la nuit noire. BOUM. La boîte se referma dans un grand coup, me faisant sursauter comme ces filles dans les films d’horreur moldus mais la seule vision d’horreur fut mon alliée qui se tordait en deux pour rendre les quelques bricoles grignotées.

" Tin.. j'aurais pas du manger de suite... "

Je laissais une grimace se dessiner sur mon visage, tendant ma petite bouteille d’eau à Lau pour qu’elle se rince la bouche. Son regard vogua vers le cercueil et je compris de suite que la tâche me revenait de droit. Chacun son tour après tout. Je soupirais en me bouchant de nouveau le nez, adoptant une voix de canard.

" C’bon j’ai compris, je m’en charge. "

J’abandonnais la brune derrière moi, reportant mon attention sur la stèle. Je sautais dans le trou à pieds joints, poussant du bout de ma chaussure le couvercle du cercueil. Le squelette était toujours là, me fixant toujours comme pour me provoquer. Je plissais les yeux et jurais avant de me pencher vers la puanteur. Les doigts blancs emprisonnaient le livre, seul indice trouvé jusque-là. Du bout des ongles, je retirais un à un les phalanges tenaces et libérais enfin le manuscrit. Aussi vite que la musique, je refermais la boîte, tirant la langue au cadavre avant de lui accorder pour de bon, le repos éternel. Remontant la pente, je tendais l’ouvrage à Laurae, reprenant la pelle pour boucher le trou pendant qu’elle gardait au chaud notre précieux trésor. Elle m’aida pour remettre la trappe du caveau en place et je me laissais enfin tomber sur les fesses en poussant un soupire.

" Bah put*in, quel joyeux bordel…  C’est quoi tu penses ? Tu préfères qu’on retourne au camp pour le lire ou qu’on rentre direct au QG avec notre trouvaille ? "

Je me relevais, frottant mon postérieur pour en chasser la poussière, et reprenais la route de nos affaires aux côtés de Laurae. J’étais impatiente de savoir ce que cachait ce bouquin, trop impatiente pour attendre de rentrer ? Il faudrait voir avec ma compère, nous étions deux à décider…

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Re: Europe de l'Est

Message par : Laurae Syverell, Mer 23 Aoû 2017 - 22:11


"Immonde. Beurk. Je veux pas. TAKAYALER" Voilà à peu de chose près les six mots qui se lisaient dans les yeux verts et dorées de la Syverell après avoir lâchement laissé tomber le couvercle. Regard de défi, de pitié et de refus à la fois. Regard qui avait réussi à transmettre le message. L'ange pris son courage à deux mains. Elle aurait pu prendre le rôle d'un vieux John Wayne ou d'un héros quelconque en utilisant cette réplique de bonhomme qui prenait les choses en mains. Puis quand même, pas que la jeune femme en était incapable, mais bon. Elle avait quand même rejeté son petit repas en moins de deux. Pourtant elle n'était pas si sensible. Un peu d'eau pour se nettoyer, nettoyer sa bouche, et deux trois gorgés sans pendre le goulot à ses lèvres pour que son estomac se remette un minimum en place.  Vomir pour une odeur. A croire qu'elle était enceinte. La grosse blague. Au bout de trois longue inspiration, l'Ange ouvrit à nouveau le couvercle. La Syverell prit ses précautions et s'écarta un peu plus loin pour éviter de recracher le tout, non plus sur le sol, mais sur sa Chef'Taine. Il valait mieux ne plus rien rejeter. Son estomac la brûlait déjà assez.  En tout cas, la jeune irlandaise serra les poings et les plaça devant elle, encourageant mentalement son amie. "Allez Lenna, Allez Lenna Alleeeeez, Prends ce bouquin, prends ce bouquin, j'vais gerbeeeer!".

Après une longue lutte contre l'odeur nauséabond et les doigts scellés du squelette moqueur, l'Ange ressorti enfin le fameux ouvrage de sa bibliothèque morbide. Arraché aux mains de sa propriétaire, il puait aussi la mort. Cette fois, la Syverell ne se pinça même pas le nez pour s'en approcher. Non, elle avait devant elle une partie de son héritage. Cela lui était bizarre. Des siècles la séparait de la propriétaire de l'ouvrage. De nombreuses générations avaient suivi. Et aujourd'hui, c'était elle l'héritière de ce trésor. C'était à peine imaginable. Elle avait même l'impression que cet héritage ne pouvait lui revenir. Comme une fascinante répulsion à la découverte des secrets de la famille.  les deux comparses voulaient trouver une relique, et bien elle avait trouvé un livre. Et quel livre! Le cuir noir manquait par endroit. Le temps l'avait marqué. Il était sec, inutilisable. La décoration de cuir était en relief. On y trouvait le blason de la famille Karstein. Une plume plantée dans la roche, entourée de roses et d'épines. Des pages de parchemins semblaient vouloir se détacher de la reliure et certaines étaient partiellement arrachée. De retour au QG, la Syverell se promis de réparer ce livre.


" Bah put*in, quel joyeux bordel…  C’est quoi tu penses ? Tu préfères qu’on retourne au camp pour le lire ou qu’on rentre direct au QG avec notre trouvaille ? "


La jeune femme ne pipa mot, récupéra le dit objet et l'ouvrit. Les pages glissaient sous ses doigts comme de la peau séchée et dur. Certaines images et caligraphies avaient étés partiellement effacées avec le temps et la poussière. En tournant les pages, la jeune femme fut surprise de voir un dessin correspondant à la relique qu'elle recherchaient. Cette relique lui rappelait vaguement quelque chose. Quelque chose de très lointain...

- Je connais cet objet. Je l'ai déjà vu. Je l'ai déjà touché.

Elle ne pourrait trouver rien d'autre ici. Tout les autres secrets ont été enterrés avec la soeur de Mircalla de Karstein. Elle proposa de récupérer les affaires et de rentrer au QG pour mieux analyser l'ouvrage. Elles n'avaient plus rien a faire à Comblevert. Les deux jeunes femmes retournèrent donc au camps, éteignit le feu, prirent leurs affaires. La Syverell fit la grimace quand l'Ange lui tendit la main. Encore un tour de manège... Youpi... D'un geste semi-convaincu elle prit sa main.

- Finalement tu veux pas restouuuaaaaaaaaa *CRACK*

Tourbillon. Tourbillon. Tourne les violons.



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