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Europe de l'Est
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Laurae Syverell
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Re: Europe de l'Est

Message par : Laurae Syverell, Mer 1 Fév 2017 - 21:59


Yeux gris. Yeux gris intense. Se mêlant au vert forestier. Brume des bois ou lichen sur une roche moussue ? Qu'importe. Ce regard avait le don pour réchauffer les cœurs, raviver les ardeurs. Comment ne pas se battre pour un regard aussi franc, aussi fort, et aussi sensiblement humain? L'ange brun ferma les yeux. Le vert se posa sur le bout du nez blanc frémissant. La jeune femme avait compris depuis longtemps que sa sœur d'arme avait en elle le diable de la nature, le hurlement nocturne et la force bestiale: description du cœur lupin. Observer ses sens se dilater au son de la forêt et à l'odeur de moisissure champignonneuse la laissait béat devant se spectacle. L'ange brun était juste magnifique dans son milieu naturel. Un petit nez se trémoussant, des cheveux emprisonnés dans la douce brise, la bouche entre ouverte laissant place a un sentiment profond de calme et de bien être. Oui, juste magnifique Louve. La jeune femme se demanda soudainement de quel couleur était le pelage de son frère intérieur? Quel genre de parfum elle avait pour elle? Secrètement, elle espérait que ce n'était pas trop fort pour son odorat. Elle ne voulait pas briser ce moment de liberté et de calme que la Louve avait du rêver depuis sa prison de sang et de poussière.

Boum... Boum...

Douleur. Sacrée douleur qui vient embrasser ses rêveries. 

Boum... Boum...

Ce ne fut pas son parfum qui stoppa la scène, mais l'arrivée d'une petite ford qui roulait à petite allure. L'ange-Loup s'excusa auprès d'elle pour son transplanage. Il n'y avait pas de mal. L'habitude passait forcément pour un début de quelque chose. La brunette allait aussi s'y habituer. Un jour. C'est seulement un petit sourire rassurant qui lui décrivit son sentiment à ce sujet. Le souffle encore un peu court. Elle s'en voulait, de ne pas être assez forte physiquement. De lui montrer sa faiblesse, tout en la camouflant d'un voile de couleur transparent. On la devinait même camouflé. L'imagination l'emportait sur la pudeur. C'était comme camoufler l'intimité d'une sculpture ou d'une peinture alors que le reste du corps y était nu. On savait ce qui se cachait. Mais on ne connaissait pas vraiment la forme. Pourtant, même si c'était que la santé, qu'une douleur parmi tant d'autre... Cela résumait le passé, le deuil du présent, et l'avenir sombre de la petite Phénix. Condamnés à vivre avec ses trois visages: un dès la naissance, un autre choisi. Et le troisième? Camouflé, brisé, magique. Dans son sang. Dans ses traits. 

Boum... Boum...

Souffrance. Sacrée souffrance qui vint s'emparer de la vie. 

Boum... Boum...

La douleur s'estompait. La voiture s'arrêtait. L'homme parlait anglais. Mais il avait un accent particulier que la jeune femme ne parvenait pas vraiment à traduire, où avec beaucoup d'effort. Après tout, l'anglais n'était pas sa langue maternelle. Seulement d'adoption. La potion faisait enfin effet. Inspirant un bon coup, la jeune femme se ressaisit et se laissa entraîner dans la Ford. Il y faisait chaud. Sur le rétroviseur, une sorte de pendule était accroché. L'homme redémarra et L'ange-qui-était-aussi-une-Louve lui expliqua certains sujets. Leurs identité, ce qu'on faisait ici... et tout le baratin qui évitait les questions. L'Irlandaise préféra observer la route, et voir le paysage défiler devant ses yeux. C'était la première fois qu'elle partait aussi loin de chez elle. Elle en profitait. L'homme continuait à discuter avec la Louve. Bercé par le ronronnement de la Ford, et le défilement du paysage, la jeune femme s’abandonna doucement au sommeil. Depuis la disparition de la Louve, elle avait œuvré jour et nuit pour a retrouver. Son secret pour ne pas dormir? La colère, l'inquiétude et sa détermination. Et il fallait l'avouer. La douleur la fatiguait beaucoup aussi. L'alcool l'aidait à ne pas ressentir tout cela. A se laisser vivre sans douleur. L'ambroisie de l'anti-douleur, morale ou physique. Aujourd'hui, la main de la Benson était serré contre la sienne... Et pourtant, plus la Syverell s'endormait, plus ce geste s'adoucit jusqu'à se rompre.   


C'est l'arrêt de la voiture qui réveilla la jeune femme. Devant eux, se trouvait un très grand Lac, dominé par quelques collines. Le sourire de la jeune femme revint. Ils étaient à quelques mètres ou kilomètres de marche. La grande silhouette féminine remercia l'homme puis fit signe à la Louve de la suivre. Il fallait gravir les sentiers de l'Ouest. De là, en montant un peu en altitude, ils verraient les ruines d'un petit hameau. Deux ou trois maison pas plus. De la taille d'une ferme. Comblevert. Le petit village des sorciers du temps où ils étaient persécutés. Après une ou deux heures de marche, les deux jeunes femmes arrivèrent enfin à destination. La montée les avaient emmené vers un petit ruisseau qui les avait guidé vers un petit moulin couvert de mousse. Plus loin, deux trois autres maisons. Voilà ou  les recherches les avaient menés. Plus loin, quelques croix de pierres entamés par le temps étaient disposés en cercle. Un vieux cimetière.


- Et bien. Je pense qu'on en aura pour un bout de temps. Je vais commencer à chercher ce qu'il faut au cas ou on passerait la nuit ici.  
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Re: Europe de l'Est

Message par : Elenna Benson, Jeu 11 Mai 2017 - 3:51




M
on regard ne cessait de vagabonder entre le rétroviseur et le paysage hongrois. Mes pieds foulaient ce pays pour la première fois mais j’avais l’impression de connaître déjà les lieux. Il fallait l’avouer, j’avais une soif d’apprendre intarissable et la curiosité ne me quittait jamais. J’étais un genre d’intello, mais c’était un secret, personne ne devait le savoir. J’avais lu de nombreux livres, admiré multiples peintures, je m’étais imaginé chaque contrée et voilà que je pouvais enfin mettre un véritable souvenir sur l’une d’entre elles. Chaque vallée laissait à penser un petit coin de paradis, chaque montagne donnait l’impression que les nuages étaient à portée de main. J’ouvrais un peu ma fenêtre, continuant d’humer l’air pur qui me semblait bien plus agréable que celui de la capitale londonienne. Je n’arrivais pas à me souvenir si j’avais déjà su détecter cette ressemblance lorsque mon petit nez n’avait aucune autre caractéristique que celles des êtres humains. Avais-je compris à quel point l’air nous était vital ? A quel point chaque parfum donnait une allure à un lieu ou à un moment spécial ? Aujourd’hui, je connaissais tout cela par cœur, mes sens m’étaient plus familiers qu’ils avaient pu l’être autrefois, une question d’habitude je suppose. Alors je fermais les yeux et je savourais ce que la faune devait connaître tout autant que moi.

Laurae s’était installée près de moi, sa main toujours ancrée dans la mienne. Je me demandais si elle avait des craintes, des doutes, des peurs elle aussi. Si elle avait besoin de se rattacher à moi en ce moment. Je me posais mille et une question sur l’oiseau brun, mais finalement, sans en être réellement consciente, elles étaient pour moi. Se doutait-elle seulement du bien que ce voyage me faisait ? Non seulement parce que j’en oubliais mon quotidien, mes remises en question et ma culpabilité, mais aussi parce que son unique présence suffisait à refermer ne serait-ce qu’un peu le trou béant que je sentais dans ma poitrine. C’était lui qui me faisait souffrir, haleter lorsque j’étais seule. Lui qui me faisait crier en pleine nuit, cauchemarder sur mes souvenirs. Mes amis étaient mon seul remède avec Alexander, comme un baume sur une plaie ouverte. Et elle ? Qui était-elle ? Pourquoi avait-elle la faculté de me réconforter par sa seule présence ? La seule pression de sa paume contre la mienne me rassurait, me laissait penser qu’un jour, toute cette souffrance partirait. J’avais lu dans son regard, j’avais compris que derrière son masque sans émotion, elle avait eu peur, peur pour moi, pour eux, pour nous. Ses cernes, je les connaissais. Non seulement parce que j’avais les mêmes, mais aussi tous ceux qui m’avaient cherché nuit et jour, ceux qui n’avaient rien lâché alors que moi-même, j’avais craqué comme une débutante, comme une femme faible que j’étais.

J’échangeais de temps en temps quelques mots avec notre conducteur qui me semblait bien trop bavard. A mes côtés, la brune glissa doucement dans les bras de Morphée, ses paupières clignant de plus en plus avant de ne plus s’ouvrir définitivement. Sa respiration s’était calmée, faisant voleter quelques-unes de ses mèches de cheveux. Je l’enviais. Je l’enviais pour la sérénité qui semblait régner dans son sommeil, le calme qui la berçait. Il y avait, me semblait-il, une éternité que je n’avais pas trouvé un repos réparateur. Pourtant, je fermais à mon tour mes yeux, faisant taire notre chauffeur, laissant ma tête tomber en arrière. Bien que je ne parvins pas à m’endormir, je sentais de temps en temps ma tête m’emporter avec son poids sur le côté, jusqu’à ce que mon front se pose sur l’épaule de Laurae qui ne broncha pas. Pendant de longues minutes, je restais là, profitant de sa chaleur corporelle, de son odeur froide et sucrée, des rythmes de son cœur parfois affolé qui semblaient chanter pour moi. Le moteur de la voiture ronronna, crachotant pour annoncer une arrivée proche. Sous ma tignasse, la phénix remua, elle aussi réveillée par l’arrêt de la voiture. Je me relevais rapidement, de peur de faire peser un peu trop mon poids sur elle. Avec un peu de chance, elle ne serait pas rendue compte de ma petite sieste sur son épaule.

Arrivées à destination. J’en avais presque oublié pourquoi nous étions là, mais le sourire qui naquit sur les lèvres de Lau me ramena à la raison. Nous avions une mission, du moins c’était l’idée que je me faisais d’une telle aventure.  Je regardais par la fenêtre rapidement avant de suivre mon alliée hors de la voiture. Le fameux lac n’était qu’à quelques kilomètres de marche mais d’ici, nous avions une vue superbe sur l’étendue d’eau et les collines qui l’entouraient. Le spectacle était superbe, un paysage spectaculaire. Je remerciais vivement notre accompagnateur, le laissant en plan pour rattraper en trottinant Laurae qui avait déjà commencé la randonnée. Nous n’avions pas beaucoup parlé, juste échangé quelques mots. Nous admirions, voilà l’occupation première. Après une bonne heure de marche voire plus, un petit village en ruine nous fit face et le soleil commençait déjà à décliner.

" Et bien. Je pense qu'on en aura pour un bout de temps. Je vais commencer à chercher ce qu'il faut au cas ou on passerait la nuit ici. "

J’hochais la tête pour confirmer ses dires. Il fallait fouiller un village, un cimetière et d’autres ruines. Une fois de plus, la brune avait raison, il fallait prévoir avant toute chose. Alors qu’elle filait en quête de je ne sais quoi, je ramassais quelques brindilles avant de rentrer dans le moulin qui ferait office d’auberge ce soir. Je fis un petit tas et sortit ma baguette magique pour lancer un Incendio qui mit directement le feu aux bouts de bois. Je laissais enfin tomber mon sac à dos au sol, m’asseyant sur une grosse pierre qui devait être un morceau de mur autrefois pour farfouiller à l’intérieur. Rapidement, j’en sortais quelques barres de céréales et une bouteille d’eau avant de prendre mes notes. Armée de mon biscuit que je croquais à pleines dents, je me mis à tout relire pendant de longues minutes. Quelques bruissements de pas discrets m’indiquèrent le retour de Laurae et avant même de la voir, le nez plongé dans mes papiers, je pris la parole.

" Bon, on commence par où, faut fouiller quoi en premier… Dis-moi, comment ça se fait que tu en saches autant sur Carmilla ? Tu as parlé de ta famille, raconte. C’était ici sa « seconde demeure » ? "

Je relevais mon regard, mâchonnant toujours ma barre de céréales et esquissant un sourire version bouche pleine.
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Re: Europe de l'Est

Message par : Laurae Syverell, Lun 15 Mai 2017 - 22:28


Ce que la jeune femme avait appris tout le long de sa jeunesse, c'était s'adapter en fonction de l'environnement dans lequel elle se trouvait. Grand-père Edd lui disait souvent que là où, la petite fille qu'elle était alors, posait ses pieds, la nature l'invitait tout naturellement, chaleureusement. Celle-ci avait jeté la clé de la demeure depuis bien longtemps et tolérait toute forme de vie sur terre... Et c'était à nous de respecter et protéger celle-ci. Grand-père Edd lui avait appris les rudimentaux: Les champignons comestibles, la chasse, les pièges, les nœuds marins, la pêche... Il savait sans doute que la jeune Syverell serait une sorcière, et c'est le pourquoi il lui avait expliquer toutes ses petites bases, ces choses manuelles qu'on pouvait faire de nous même, sans utiliser l'essence de la nature comme il disait.  Si nous utilisions toujours la magie, nous perdons les choses fondamentales de la vie, voir le goût des bonnes choses elle même, la compréhension du monde... et cetera. Du moins, c'est ce qu'il pensait. Toutefois, bien que la jeune femme avait fait l'école buissonnière dès son plus jeune âge, l'écriture et la lecture lui avait été appris par sa grand-mère, Aube. Une "cracmol" comme les sorciers disent si bien. On voyait bien là, la différence entre une famille au sang mêlée de sorciers, de vampire, de non-sorciers, et de non-magique, et l'autre digne des plus anciennes famille de sang pur, riche, aristocrate: les Peverell. 

Les Syverell étaient simple. Peut-être un peu trop pour certains. Des rêveurs? Des conservateurs? Des Lumières?  Des illettrés? Ils étaient un peu tout ça à vrai dire, mais se plaisaient dans leurs petite paix quotidienne. La jeune femme l'avait bien compris, et c'est pour cela qu'elle n'avait pas voulu mettre en périls leurs vie, leurs compliquer la tâche. Ils avaient déjà bien souffert dans une vie si courte et si belle. Malgré son éducation épicurienne, ou presque, la jeune femme, elle, ne mettait pas vraiment sa vie sur une stèle qu'il fallait chérir. Au contraire, c'était une guerrière qui existaient pour que d'autre puisse le faire à sa place. C'était pour ça que des guerriers étaient nés pour elle. Pour protéger les autres qui ne l'étaient pas. Protéger des valeurs profondes qu'elle avait appris. Comme le respect de la nature, il fallait respecter la vie d'autruit.  C'est aussi pour cette raison que la Syverell se refusait de donner des noms, des étiquettes aux personnes, aux animaux, aux choses... Ces mots comme "cracmols" et "moldus" bien trop réducteurs pour elle lui était banni naturellement de ses lèvres.  

C'est en repensant à tout ça que la jeune femme commençait sa collecte. Enfonçant doucement ses doigts dans la terre noire et humide, décalant, dans le même geste, mousse et lichen. Elle arracha plusieurs pieds de chanterelles, lactaires, morilles et autres petits champignons comestibles. Elle ne toucha qu'aux rares qu'elle connaissaient parmi ces nouveaux champignons d'un autre pays. Faisant voler un peu partout autour d'elle des brindilles pour tenir une nuit, elle s'avança vers une bâtisse en ruine éclairée par le feu magique de sa compagne de voyage. Arrivée a l'intérieur, elle vit celle-ci en train de mâchouiller des barres de céréales. Apparemment, elle avait déjà tout prévu. La jeune femme eu un petit sourire et commença à poser les morceaux de bois près du feu. Elle le nourrirait en temps voulu.. Elenna était plongée dans ses papiers quand elle lança la discussion. 

" Bon, on commence par où, faut fouiller quoi en premier… Dis-moi, comment ça se fait que tu en saches autant sur Carmilla ? Tu as parlé de ta famille, raconte. C’était ici sa « seconde demeure » ? " 

Que de question! La jeune femme s'installa près du feu, en face de sa partenaire. Les mains dans ses poches, elle sorti ses potions pour les mettre à un endroit. Autant ne pas les perdre en recherchant la relique. Ce serait mieux. Elle répondit ensuite aux questions, préparant les champignons. Nettoyage, et lévitation au dessus du feu était au programme! 

- Si j'en sais autant, c'est parce que je suis l'une de ses descendantes directe. La famille de ma mère sont les O'Kallogan, ils ont changé de nom en arrivant en Irlande d'après ma mère. Avant cela, ma famille étaient les Karstein. Descendant de la Comtesse de Karstein. Toutefois, il y a quelque chose qui cloche, puisque le nom de Karstein était traditionnellement donné de mère en fille... Mon grand-père a pris le nom d'Okallogan de ma grand mère. Mais ma mère n'a pas céder à la tradition. Je ne lui ai jamais vraiment demandé pourquoi. 

Quelques uns des champignons semblaient être cuit à point. Parfait, la jeune femme en pris un au bout de ses doigts, souffla dessus pour abaisser doucement la température et le mit en bouche. Celui-ci fondu comme du beurre sur sa langue. Malgré le manque de persillade, c'était un régal pour les papilles de l'irlandaise. Le goût semblait parvenir jusqu'à son odorat. 

Nous sommes à Comblevert. C'était un ancien petit village de sorcier. Après la transformation de Marcilla de Karstein en la Vampire Carmilla, il y a eu de nombreuses victimes. Les non-sorciers ont commencé à faire une sorte de... chasse aux sorcières et à tout ce qui s'apparentait de loin ou de près à leur notion de "magie noire". Carmilla fut... détruite, son enfant confiés à sa soeur Drusilla. En tant que demi-vampire, sa fille est passée inaperçue. Drusilla quand à elle à du se réfugier ici, pour protéger la relique je suppose. C'est tout ce qui lui restait de Marcilla... mis a part sa nièce qu'elle à élevé comme sa fille. 

La jeune femme fixa sa compagne de voyage. Les flammes du feu dansaient dans ses iris d'un vert profond et aux pépites d'or. Elle ne savait pas comment Elenna allait réagir. Les vampires n'étaient pas vraiment des êtres recommandables. De plus, elle pensait connaître le cœur lupin de sa sœur d'arme. Les vampires et les loups étaient-ils ennemis, comme dans les contes pour enfant? En tout cas, la rancune de ses histoires devaient surement s'estomper devant le lien qui unissaient les deux comparses. Et qui s'élargissait au fur et à mesure du temps passé ensemble. Pendant un petit instant, la jeune femme oublia que Carmilla n'était plus qu'un souvenir de plus de quatre-cent ans. Le temps d'un instant, elle avait eu l'impression d'être le visage, le nom, et la responsable des actes de son ancêtre. Ancêtre innocente et passionnée par un homme, qui, par le coup du mauvais sort, avait été transformée par un autre vampire... Et tué son amant. Le père de l'enfant... La jeune femme proposa ensuite à Elenna de fouiller le cimetière. Endroit le plus probable de trouver la relique. Certainement avec les restes de la dénommé Drusilla. Ouvrir des tombes? C'était certainement la dernière chose que la jeune femme pensait faire dans sa vie... 

- J'espère que tu n'as pas peur des morts... Parce qu'on risque de les embêter un peu... 
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Re: Europe de l'Est

Message par : Elenna Benson, Lun 22 Mai 2017 - 21:08




J
’étais là, perdue au fin fond du monde pour trouver un héritage. C’était quand même le pompon. Qu’est-ce que je pouvais bien savoir d’un quelconque patrimoine, d’une succession ? Je ne connaissais même pas mon nom de famille, le véritable je veux dire, celui de mes parents. Je ne savais pas à quoi ils ressemblaient, qu’elle était la mélodie de leur voix, le parfum de leur peau, l’éclat de leur sourire, la façon de froncer les sourcils. Avaient-ils les mêmes tics que moi ? Etait-ce ma mère ou mon père qui remuait son nez de façon incontrôlée ? Je ne savais rien de ce qu’était une famille. La seule que je connaissais, que je m’étais créée, c’était celle de l’Ordre du Phénix. La mienne était parfaite et c’était l’idée que je m’en étais toujours fait. Et si ces quelques personnes arrivaient à faire de ma vie un petit coin de paradis, il m’arrivait de me demander qui étaient mes géniteurs. C’était une question existentielle qui régissait ma vie. Chaque choix, chaque décision, je me posais les mêmes interrogations. Seraient-ils fiers de moi ? Auraient-ils fait autrement ? Qui étaient-ils ? Magie de lumière ou d’obscurité ?

Petite, je m’étais souvent imaginée des histoires abracadabrantes pour expliquer mon abandon. Adolescente, j’avais créé des récits héroïques. Adulte, je m’étais inventée le pire. Après tout, j’avais appris avec le temps que derrière le masque des mages noirs pouvaient se trouver n’importe qui, un parent, un ami, un ennemi ou un inconnu. J’y avais longtemps réfléchis et à l’heure actuelle, mes parents étaient des Mangemorts, assez cruels et dénués d’amour pour abandonner leur propre fille. Mais mes pensées étaient noircies par les pires idéaux, depuis ma nuit d’horreur en compagnie des vilains. Bref, j’étais là sur la route d’une vieille histoire de famille qui mêlait fantaisie et histoire vraie. Un loup-garou à la recherche d’un vampire. Dans un film moldu, on aurait sûrement appelé ça Crépuscule ou un truc dans le genre.

" Si j'en sais autant, c'est parce que je suis l'une de ses descendantes directes. La famille de ma mère sont les O'Kallogan, ils ont changé de nom en arrivant en Irlande d'après ma mère. Avant cela, ma famille étaient les Karstein. Descendant de la Comtesse de Karstein. Toutefois, il y a quelque chose qui cloche, puisque le nom de Karstein était traditionnellement donné de mère en fille... Mon grand-père a pris le nom d'Okallogan de ma grand mère. Mais ma mère n'a pas céder à la tradition. Je ne lui ai jamais vraiment demandé pourquoi. "

Lau s’était assise face à moi, sortant ces petites fioles qui l’accompagnaient partout. Je me demandais de quoi il s’agissait, elle n’en avait jamais parlé et moi non plus d’ailleurs. Mais nous étions là, toutes les deux, paumées quelque part, alors pourquoi pas ? Racontant son histoire, elle préparait des petits champignons qu’elle avait dû ramasser. Intérieurement, je priais pour qu’elle s’y connaisse assez en faune et flore hongroise, histoire de ne pas mourir empoisonnée par une petite Mer** véreuse. Je la regardais faire, écoutant avec attention le récit de la Comtesse et du coup, de la famille de Laurae. Je ne m’étais pas attendue à cela, ce qui prouvait encore plus que j’étais réellement sur la trace d’un héritage. Elle goûta l’un de ses mets et ne tomba pas raide morte, bon signe ça !

" Nous sommes à Comblevert. C'était un ancien petit village de sorcier. Après la transformation de Marcilla de Karstein en la Vampire Carmilla, il y a eu de nombreuses victimes. Les non-sorciers ont commencé à faire une sorte de... chasse aux sorcières et à tout ce qui s'apparentait de loin ou de près à leur notion de "magie noire". Carmilla fut... détruite, son enfant confiés à sa soeur Drusilla. En tant que demi-vampire, sa fille est passée inaperçue. Drusilla quand à elle à du se réfugier ici, pour protéger la relique je suppose. C'est tout ce qui lui restait de Marcilla... mis a part sa nièce qu'elle à élevé comme sa fille. "

" Wahou, quelle histoire. Passionnant, vraiment. Tu es donc la descendante d’une vampire, son sang coule dans tes veines. Je remuais le bout de mon nez, essayant d’humer quelque chose de différent. Je n’avais jamais réellement fait attention mais la pointe glacée dans son parfum signifiait-elle quelque chose ? Intéressant… Loup-garou et vampire, on se croirait dans un film pour prépubère moldue ! "

Je riais, me penchant en avant pour piquer des champignons à Laurae, lui proposant au passage l’un de mes barres de céréales. Dans les contes pour enfant, j’étais d’une race ennemie à celle dont ma précieuse alliée descendait et sincèrement, je n’avais aucune idée de si dans le monde réel, c’était aussi le cas. Mais les légendes naissaient bien de quelque part… Dans tous les cas, je m’en foutais royalement et mon avis sur Lau ne changerait en rien, quelle que soit son histoire ou la mienne. Et puis j’étais contente d’être là, parce qu’elle était là, mais aussi parce que j’avais l’impression de l’aider à retrouver quelque chose qui lui appartenait en quelque sorte. Peut-être qu’elle s’en foutait, mais pas moi et ça me plaisait de penser à autre chose que les semaines passées. Nous mangeâmes un petit bout, je buvais un coup dans ma bouteille d’eau et lui tendait ensuite lorsqu’elle me proposa une balade nocturne dans un cimetière.

" J'espère que tu n'as pas peur des morts... Parce qu'on risque de les embêter un peu... "

" Oh non, je ne m’inquiète pas trop. De toute façon, dans les films d’horreur, c’est toujours les plus jeunes qui disparaissent en premier ! "

Je lui souriais, me levant pour l’accompagner, sans oublier ma baguette magique. Je n’avais pas peur non, mais il valait mieux prévoir l’imprévisible. Après tout, nous étions à la recherche d’une relique magique et dans mes papiers, rien ne précisait si l’objet en question était sous bonne garde ou pas. Je fis apparaître une pelle de ma baguette magique et éclaira ensuite notre chemin d’un Lumos. Nous nous mîmes en route, l’une à côté de l’autre alors que je ressassais tout ce qui venait de se passer. Le cimetière nous faisait face ainsi que toutes ses pierres tombales plus ou moins bien alignées. Je pointais plusieurs fois ma baguette sur les stèles, essayant de reconnaître un nom dont Laurae m’avait parlé ou qui pourrait m’être familier mais rien ne vint.

" Dis-moi, c’est quoi ces fioles que tu emportes partout avec toi ?... Je comprendrais que tu veuilles pas en parler bien sûr… "

Je continuais mon chemin sans vraiment attendre de réponse, libre à elle de me répondre ou non. Puis mon regard fut attiré sans que je comprenne réellement pourquoi, un fumet froid venant chatouiller mon odorat. Notre route croisa un caveau immense aux couleurs dorées bien qu’abîmées par le temps. En lettres capitales, un nom et un seul était gravé : Karstein.

" Hey, regarde ça. T’en penses quoi ? "

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Re: Europe de l'Est

Message par : Laurae Syverell, Lun 5 Juin 2017 - 18:38


Pardon pour le petit temps de réponse!
J'espère que ça va te plaire
Bonne lecture


Quand on y pensait, l'histoire racontée par la jeune irlandaise semblait abracadabrante. Des sorciers, des vampires, des loups. Une histoire à raconter aux gamins, qui, eux, pouvaient s'émerveiller de toutes ses histoires farfelues, se prenant pour un vampire, un loup, une sorcière... se chamaillant pour avoir le meilleur rôle et se moquant du rôle des autres. Des disputes taquines, des bagarres d'enfants. La jeune femme avait connu ça jeune. Avec une ombre qui la suivait partout, tout le temps. A moins que l'ombre, en fait, ce soit elle. Le même âge, le sourire malicieux, les yeux heureux, les éclats de rire merveilleux.. un être craquant, plein de lumière, les yeux verts et dorés, les tâches de rousseurs et les cheveux châtain aux reflets roux. Si il y avait une moindre tâche d'impureté et de méchanceté, ce n'était pas dans son sang à lui, enfant de la lumière. Non, la véritable héritière de tout cela, c'était Laurae. Cela ne pouvait être autrement. Idolâtrie? Peut-être... mais si seulement les gens savaient, si seulement le connaissait, si seulement avaient aperçu ce sourire qui changeait les âmes... ils ne pourrait être que d'accord avec la jeune femme. Cet enfant, cette lumière, ce frère... c'était l'ange incarné, la bonté même, la joie de vivre et était l'amour. Non, l'Amour. Avec un grand A. Combien de fois la jeune femme avait dessinée de ses doigts le portrait invisible de sonfrère, chaque nuit? Combien de fois elle avait posé ses lèvres sur le front invisible de ses souvenirs? Combien de fois, elle l'avait appelé en vain? 

C'est seulement un soir qu'il apparut. Dans le vieux château de Poudlard. Ses formes argentés et d'un sombre bleu. Ses ailes angéliques. Son bec qui claquait, ses serres qui se serraient autour du bras de la jeune femme. Il ne pesait pas un gramme, il était là, sous une autre forme, présent, à servir. Attraper les rêves, chasser les cauchemars. Son corbeau venait à chaque fois qu'elle l'appelait à présent. Il suffisait d'une force incommensurable: son amour pour lui. Inconditionnel amour fraternel. Et aujourd'hui, pourtant, elle allait à la recherche d'un héritage qui avait perdu cet amour, qui s'était transformée en une personne sans amour, haineuse, de colère, meurtrière. Si la jeune femme lui ressemblait trait pour trait, le coeur était fait aussi de même chair. La jeune femme a perdu un amour, était devenue aussi héritable, aussi haineuse. Mais elle, au moins, avait eue une chance. Elle avait pu changé. On lui avait donné les moyen, et puis, après une longue course contre elle même et après avoir fait ses preuves, elle avait pu trouver une autre famille. S'attacher de nouveau, croire, un retour vers l'espoir. Elle ne remercierais jamais assez les Phénix de lui avoir fait confiance. D'avoir remarqué sa force, sa réussite dans la poursuite de l'humanité. Et si son ancêtre avait pu avoir la même chance? Si elle avait pu avoir sa force? Peut-être ne serait-elle pas devenue Carmilla Sanguina qui se baignait dans le sang de ses victimes, toujours plus nombreuses. Mais seulement Carmilla la vampire. 

Alors oui, c'était drôle de trouver une descendante d'un vampire et d'un Loup à la recherche d'un héritage d'une personne devenue un monstre. Un monstre non pas parce qu'elle est devenue vampire. Mais un monstre sanguinaire que combattait chaque loup, chaque vampire et chaque être qui se transformaient malgré eux. Chaque être qui souffraient, jour après jour, du mal qu'on leur infligeait. Des étiquettes qu'on leur donnait. De cette distance entre eux et entre les gens dit "ordinaires". Le loup, et le vampire étaient à la recherche des vieux démons, de leurs propres démons. De leurs propres cauchemars, et en finir avec ça. Lenna riait, la jeune femme souriait. Mais elle ne savait pas si elle souriait d'amusement ou de tristesse pour cette pauvre Carmilla qui n'avait pas été assez humaine pour garder un semblant d'amour pour ses prochains. Si elle souriait en soutient, ou par honte. Pour ne pas y enser, elle mordit dans la barre de céréales présentée par l'Ange-brune-autrefois-blanc. Elle aussi avait été forte. Elle avait perdu beaucoup de chose cette nuit là. Mais elle avait eu assez d'humanité pour rester forte malgré ses épreuves. Ce qui était le plus dur chaque matin, c'était de faire le premier pas. La peur, le doute, la souffrance nous prenanit avant de pouvoir poser le pied par terre. Mais une fois que le premier pas était fait, le coprs s'élançait enfin. Parfois, il se tournait en arrière pour observer son ombre qui hésitait toujours. Parfois, il fonçait droit devant sans se retourner. Il faut regarder les choses tels qu'elles pourraient être. Et puis se dire... "après tout, pourquoi pas?". 

Un cimetière? Pourquoi pas. La relique aurait pu être enterrée avec la sœur après tout. Elenna lui avait lancé un pique. Les plus jeunes meurent en premiers dans les films d'horreur. La jeune femme avait toujours cru que c'était les blonde, et les personnes à la peau noire. Elle ne savait pas pourquoi. c'était débile. Après tout, celui qui avait le mieux réussi après la mort de l'horreur Voldemort, c'était Kingsley. Et, il avait la peau noire Kingsley ! Mais la plaisanterie lui réchauffa le coeur au lieu de lui afficher un air de terreur. Elenna était plus petite qu'elle. Entre Lau' et la lectrice... celle qui faisait plus jeune c'était donc l'aînée. La Syverell avait encore une chance de ne pas être prise pour cible en première! Cette pensée la fit sourire tout au long de sa recherche d'un indice, d'un mot autour de ses quelques croix qui semblaient pousser du sol comme des vieux champignons. Et puis son aînée lui posa une question un peu étrange. Étrange parce qu'on ne lui avait jamais posée avant. Alors que, la jeune femme, en avait quotidiennement recourt. 
" Dis-moi, c’est quoi ces fioles que tu emportes partout avec toi ?... Je comprendrais que tu veuilles pas en parler bien sûr… " 

- Ce sont des... sortes de calmants. Chaque jour, j'ai le cœur qui s'emballe, qui semble se déchirer à chaque battements. Ces potions me permettent de calmer la douleur. Si je n'en prend pas, la douleur est-elle que... que je peux ne pas m'en sortir. 

La jeune femme grimaça en se souvenant de son infarctus en plein cours de Soin aux Créatures Magiques quelques années plus tôt. Autrefois, la douleur lui paraissait anodin. Elle allait et venait à sa guise, et c'était supportable. Elle savait que ça avait un lien depuis l'accident de son frère. Sa mort l'avait tout simplement et purement.. brisée. Dans tout les sens du terme. Avec le temps, elle pensait que cela irait mieux. Mais cela avait empirée d'un coup après la mort de sa grand-mère. Quelques jours seulement après son infarctus. Mais la jeune femme n'allait pas dévoiler tout ça. Pour elle, sa réponse était suffisante. Ses potions l'aidait à tenir, point. Et encore... plus elle en prenait, plus les effets se dissipaient plus vite. D'une potion toutes les semaines à 17 ans, elle en prenait maintenant chaque jour, à 20 ans. Laurae s'était fait à l'idée qu'elle n'allait pas passer l'âge de ses 24 ans si cela continuait. Mais elle continuait de se battre chaque jour pour faire vivre son frère à travers elle. Leur lien n'avait pas cédé d'un pouce. Au contraire, plus la mort approchait, plus la jeune femme sentait ce lien se resserrer. Aller ou lui l'attendait. 

La mort n'avait jamais été aussi présente qu'à ce moment même. Lenna avait trouvé une croix portant l'inscription Karstein. Inscription rongée par l'air, l'eau et le temps. Comme de vieux os. La jeune femme commença à pousser la lourde pierre qui avait donnée naissance à du lichen et de la mousse. A certain endroit, la pierre avait disparu, ou s'était simplement écroulée sur le coté de la tombe. Il leurs fallu plusieurs minutes a toutes les deux avant de réussir à pousser entièrement le couvercle du mort sur le côté. La magie fut envisagée, mais la jeune femme avait refusée son recours. Profaner des tombes était déjà mal pour elle. Elle n'allait pas non plus insulter un mort a ouvrir sa tombe avec la magie. Aussi facilement. C'était peut-être stupide, mais c'était quelque chose qui lui tenait vraiment à cœur. Elle se promettait qu'à la fin, elle remettrait ce couvercle et laisserait la dépouille en paix, tranquille. Même si elle n'était plus là, ne ressentait plus rien.. c'était violer l'intimité à son extrême. Lorsque le couvercle fut poussé, et la terre creusée, il faisait déjà nuit noire. En même temps, une autre couleur aurait fait perdre la tête à notre Syverell. Leurs doigts touchèrent la surface de bois. Une odeur pestilentielle semblait vouloir s'échapper du sol. La présence de la dépouille ne posait plus de question. Regardant sa complice avec un air de dégoût, la jeune femme se boucha le nez et d'un geste sec, rapide, ouvrit le cercueil. Ce que la jeune femme vit, ce fut tout d'abord le sourire du squelette, comme moqueur. Un livre dans ses mains. Aucune satanée trace de relique. Le cercueil se referma dans un grand fracas. La Syverell avait lâché le couvercle. Son corps bascula sur le côté et un immonde liquide s'échappa de sa gorge et se déversa sur la végétation qui avait pris possession des lieux.  

- Tin.. j'aurais pas du manger de suite...

Et c'est seulement à ce moment que la jeune femme se rappela du seul indice dont elles disposait. Le Livre. Dans le cercueil. Le cercueil, refermé, avec le squelette moqueur. Qui se sacrifiait pour l'ouvrir à nouveau? La jeune femme en tremblait d'avance. Ce Livre indiquait peut-être l'endroit exact où était cachée la relique? 
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Re: Europe de l'Est

Message par : Elenna Benson, Jeu 17 Aoû 2017 - 12:43




L
a nuit avait pris possession du village en ruine où nous étions. Quelques nuages rôdaient dans le ciel, dissimulant de temps en temps la clarté de la lune. Elle était presque ronde, presque pleine. Je me demandais si Laurae s’était demandée ce qu’il serait advenu si la bête en moi avait vu là le bon moment pour sortir. Tous les membres de l’Ordre du Phénix connaissait mon secret mais je n’avais jamais eu de discussions sur le sujet avec eux. Je ne m’en cachais pas, je n’avais aucun secret sur ma nature mais rares étaient les gens qui osaient poser des questions. Après tout, qu’aurais-je bien pu dire qui serait passé pour censé ? Qu’au début, oui j’avais arraché quelques têtes mais que maintenant je contrôlais totalement ce monstre qui vivait au creux de mes entrailles ? C’était surréaliste. Pour de simples sorciers comme pour les lycanthropes incapables de ce genre de miracle. C’était une malédiction aux yeux de tous, rien d’autre, juste un truc qu’on ne pouvait guider, face auquel on était impuissant. Mais si seulement ils savaient, si seulement ils pouvaient savoir…

" Ce sont des... sortes de calmants. Chaque jour, j'ai le cœur qui s'emballe, qui semble se déchirer à chaque battement. Ces potions me permettent de calmer la douleur. Si je n'en prends pas, la douleur est-elle que... que je peux ne pas m'en sortir. "

J’avais écouté attentivement celle qui était devenue une fidèle amie à mes yeux. Mais nous en rendions-nous seulement compte ? C’était inconscient pour moi, elle qui m’avait cherché à en perdre haleine, elle qui m’avait secouru en mettant sa vie en danger, elle qui m’avait aidé à remonter la pente, aujourd’hui encore. Je la portais dans mon cœur, pour les mauvaises raisons peut-être mais c’était le cas. Une relation saine ne devait pas se construire sur un danger de mort, du moins pas dans mon esprit. Mais finalement, j’avais l’impression que ce qui nous reliait, même si nous étions trop fières pour le dire, était bien plus fort qu’une simple amitié. Un sentiment de partager le même héritage, d’avoir le même sang sur les mains. Aujourd’hui je cherchais avec elle les vestiges de ses ancêtres comme s’ils étaient aussi les miens.

Ses maux me surprenaient, je voulais comprendre, savoir ce qui malmenait le corps de Laurae, ce qui maltraité son cœur. Pourtant, j’avais bien senti dans sa réponse qu’elle ne voulait pas en dire plus et je comprenais. Il était toujours difficile de se confier, d’avoir le courage d’ouvrir la bouche pour échapper ces quelques mots qui parfois changeaient une vie. J’avais eu la peur au ventre bien trop souvent durant les semaines passées et à chaque fois que j’y pensais, je sentais mon corps souffrir à la place. Mon amie ressentait-elle une douleur physique à cause d’une souffrance mentale ? Je me posais pleins de questions que je me contentais de taire celles-ci en me concentrant sur la raison de notre venue dans ce trou paumé d’un coin de la planète.

Sans plus attendre, Lau s’avança vers la stèle et pose ses deux mains pour pousser de toutes ses forces. Je m’empressais de la rejoindre, forçant avec elle sur la pierre pour réussir à la déplacer. Armées de pelle et de leurs petits bras, elles se mirent à creuser durant de longues minutes pour enfin dévoiler le cercueil. L’odeur qui s’en échappait était tout sauf attirante, une odeur de décomposition, de mort, de cadavre flottait maintenant dans les airs. Les deux brunettes échangèrent une moue de dégoût, se bouchant le nez avant que Laurae ne fasse voler le couvercle d’un coup sec. Il n’y avait rien, juste un squelette flippant tout droit sorti d’un film d’horreur et un gros manuscrit. Je regardais le tas d’os qui semblait se moquer de nous, plissant les yeux pour voir un peu mieux dans la nuit noire. BOUM. La boîte se referma dans un grand coup, me faisant sursauter comme ces filles dans les films d’horreur moldus mais la seule vision d’horreur fut mon alliée qui se tordait en deux pour rendre les quelques bricoles grignotées.

" Tin.. j'aurais pas du manger de suite... "

Je laissais une grimace se dessiner sur mon visage, tendant ma petite bouteille d’eau à Lau pour qu’elle se rince la bouche. Son regard vogua vers le cercueil et je compris de suite que la tâche me revenait de droit. Chacun son tour après tout. Je soupirais en me bouchant de nouveau le nez, adoptant une voix de canard.

" C’bon j’ai compris, je m’en charge. "

J’abandonnais la brune derrière moi, reportant mon attention sur la stèle. Je sautais dans le trou à pieds joints, poussant du bout de ma chaussure le couvercle du cercueil. Le squelette était toujours là, me fixant toujours comme pour me provoquer. Je plissais les yeux et jurais avant de me pencher vers la puanteur. Les doigts blancs emprisonnaient le livre, seul indice trouvé jusque-là. Du bout des ongles, je retirais un à un les phalanges tenaces et libérais enfin le manuscrit. Aussi vite que la musique, je refermais la boîte, tirant la langue au cadavre avant de lui accorder pour de bon, le repos éternel. Remontant la pente, je tendais l’ouvrage à Laurae, reprenant la pelle pour boucher le trou pendant qu’elle gardait au chaud notre précieux trésor. Elle m’aida pour remettre la trappe du caveau en place et je me laissais enfin tomber sur les fesses en poussant un soupire.

" Bah put*in, quel joyeux bordel…  C’est quoi tu penses ? Tu préfères qu’on retourne au camp pour le lire ou qu’on rentre direct au QG avec notre trouvaille ? "

Je me relevais, frottant mon postérieur pour en chasser la poussière, et reprenais la route de nos affaires aux côtés de Laurae. J’étais impatiente de savoir ce que cachait ce bouquin, trop impatiente pour attendre de rentrer ? Il faudrait voir avec ma compère, nous étions deux à décider…

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Re: Europe de l'Est

Message par : Laurae Syverell, Mer 23 Aoû 2017 - 22:11


"Immonde. Beurk. Je veux pas. TAKAYALER" Voilà à peu de chose près les six mots qui se lisaient dans les yeux verts et dorées de la Syverell après avoir lâchement laissé tomber le couvercle. Regard de défi, de pitié et de refus à la fois. Regard qui avait réussi à transmettre le message. L'ange pris son courage à deux mains. Elle aurait pu prendre le rôle d'un vieux John Wayne ou d'un héros quelconque en utilisant cette réplique de bonhomme qui prenait les choses en mains. Puis quand même, pas que la jeune femme en était incapable, mais bon. Elle avait quand même rejeté son petit repas en moins de deux. Pourtant elle n'était pas si sensible. Un peu d'eau pour se nettoyer, nettoyer sa bouche, et deux trois gorgés sans pendre le goulot à ses lèvres pour que son estomac se remette un minimum en place.  Vomir pour une odeur. A croire qu'elle était enceinte. La grosse blague. Au bout de trois longue inspiration, l'Ange ouvrit à nouveau le couvercle. La Syverell prit ses précautions et s'écarta un peu plus loin pour éviter de recracher le tout, non plus sur le sol, mais sur sa Chef'Taine. Il valait mieux ne plus rien rejeter. Son estomac la brûlait déjà assez.  En tout cas, la jeune irlandaise serra les poings et les plaça devant elle, encourageant mentalement son amie. "Allez Lenna, Allez Lenna Alleeeeez, Prends ce bouquin, prends ce bouquin, j'vais gerbeeeer!".

Après une longue lutte contre l'odeur nauséabond et les doigts scellés du squelette moqueur, l'Ange ressorti enfin le fameux ouvrage de sa bibliothèque morbide. Arraché aux mains de sa propriétaire, il puait aussi la mort. Cette fois, la Syverell ne se pinça même pas le nez pour s'en approcher. Non, elle avait devant elle une partie de son héritage. Cela lui était bizarre. Des siècles la séparait de la propriétaire de l'ouvrage. De nombreuses générations avaient suivi. Et aujourd'hui, c'était elle l'héritière de ce trésor. C'était à peine imaginable. Elle avait même l'impression que cet héritage ne pouvait lui revenir. Comme une fascinante répulsion à la découverte des secrets de la famille.  les deux comparses voulaient trouver une relique, et bien elle avait trouvé un livre. Et quel livre! Le cuir noir manquait par endroit. Le temps l'avait marqué. Il était sec, inutilisable. La décoration de cuir était en relief. On y trouvait le blason de la famille Karstein. Une plume plantée dans la roche, entourée de roses et d'épines. Des pages de parchemins semblaient vouloir se détacher de la reliure et certaines étaient partiellement arrachée. De retour au QG, la Syverell se promis de réparer ce livre.


" Bah put*in, quel joyeux bordel…  C’est quoi tu penses ? Tu préfères qu’on retourne au camp pour le lire ou qu’on rentre direct au QG avec notre trouvaille ? "


La jeune femme ne pipa mot, récupéra le dit objet et l'ouvrit. Les pages glissaient sous ses doigts comme de la peau séchée et dur. Certaines images et caligraphies avaient étés partiellement effacées avec le temps et la poussière. En tournant les pages, la jeune femme fut surprise de voir un dessin correspondant à la relique qu'elle recherchaient. Cette relique lui rappelait vaguement quelque chose. Quelque chose de très lointain...

- Je connais cet objet. Je l'ai déjà vu. Je l'ai déjà touché.

Elle ne pourrait trouver rien d'autre ici. Tout les autres secrets ont été enterrés avec la soeur de Mircalla de Karstein. Elle proposa de récupérer les affaires et de rentrer au QG pour mieux analyser l'ouvrage. Elles n'avaient plus rien a faire à Comblevert. Les deux jeunes femmes retournèrent donc au camps, éteignit le feu, prirent leurs affaires. La Syverell fit la grimace quand l'Ange lui tendit la main. Encore un tour de manège... Youpi... D'un geste semi-convaincu elle prit sa main.

- Finalement tu veux pas restouuuaaaaaaaaa *CRACK*

Tourbillon. Tourbillon. Tourne les violons.



Autorisation LA - Fin RP
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Re: Europe de l'Est

Message par : Mangemort 40, Mar 17 Oct 2017 - 17:00


[PV] w/Zackary Slavski


Ce matricule observe les partisans.
En tant que disciple de 39 (probablement le plus fervent), son idéologie s’accomplit dans la pédagogie, sa Furor dans l’accomplissement d’une dialectique. Son esprit patient et sa stature calme aident à réaliser pleinement cet objectif, de même que sa volonté intrinsèque de vouloir guider, sauver, construire les jeunes âmes perdues et modulable. Sentir au creux de sa chair, de son cœur et de son âme que ce sont les perdus, les brisés, les blessés : ceux qui ne trouvent pas leur place au sein de la Machine sociétale qui sont l’Evolution. Ils sont légions, mais la plupart ne le sait pas encore. La plupart n’arrive pas à se détacher de l’Arbre pour devenir feuilles volantes et vivantes.

C’est là, que ses quarante mains peuvent être salutaires, que ses quarante mots peuvent déposer leur barque sur des rivages d’écoute. Là où sa dialectique de libération peut s’accomplir.
Et dans cette dynamique perpétuelle de renouveau, ses yeux observent, apprennent à connaître. Partisans, amis, ennemis… Dès qu’ils sont reconnus à son regard, partagés sur la table de l’Ordre, son esprit cherche à les connaître, entrer en interaction avec eux.

Voici sa stature qui dans un CRAC caractéristique se retrouve dans la banlieue moscovite. Banlieue qui porte encore les traces et la frayeur de la douleur s’étant abattues il y a de cela quelques temps. Une douleur que ses mains avaient contribuées à donner. Douleur et douceur dans la cueillette des cerises : du rouge sur la neige blanche et des cris pour inspirer la Souffrance intrinsèque.

Un Enfant, habitait non loin. Si ce n’est loin, au moins dans la même ville. Un habitant du château où ce matricule-même avait fait ses études. Sept riches années d’enseignement, bien qu’incomplètes. A chacun ensuite de se spécialiser après dans la voie qui lui conviendrait le mieux. Ne pas douter un seul instant du potentiel de chacun. C’était cela, sa pédagogie.

Des vacances scolaires, de la neige sur les toits. La nuit s’étire en longueur à l’aube de l’Hiver dans cette partie du globe. Qu’importe : ses pas qui s’impriment dans le sol meuble ne sont pas bien différent des autres empreintes. Son ombre suit les autres, entre les ruelles, à éviter la lumière encore grésillante des réverbères. Son regard s’accroche parfois, à quelques égouts, à un cafard le long d’une gouttière, ou d’une bouteille abandonnée. Vodka. Ses pas demeurent, la dynamique ne saurait s’arrêter. Sa curiosité, principalement. Un vague espoir de, peut-être, compter dans les rangs un partisan de plus.
Il leur faut être Légion pour l’accomplissement de l’Idéal.

Dans les ténèbres de la nuit, l’on ne remarque pas cette haute figure drapée de noir. Ce masque d’argile et ses fissures du temps. Simplement le crissement des pas.
Crissement que ses oreilles perçoivent un parallèle.

La dynamique de la marche s’arrête et, dans un détournement tranquille, le Masque fait face à l’Inconnu.

« - A la naissance du Jour, les Enfants sont déjà abandonnés à Morphée. »
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Alec Z. Dmitriev
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Re: Europe de l'Est

Message par : Alec Z. Dmitriev, Mer 18 Oct 2017 - 0:41



Une lugubre rencontre...
plongé dans l'obscurité d'une nuit d'hiver, au milieu de mes songes.
Froid. Non. Chaud. Je ne le savais pas vraiment, en fait, je n’arrivais pas vraiment à me décider. S’il devait forcément faire froid dans ce « maudit » pays ou non. Ce n’était pas dû à sa température, mais au monstre qui y vivait depuis si longtemps entre ses « murs ». Cette chaleur me réchauffait un peu dans l’idée qu’un jour, j’allais retourner la situation à mon avantage, quitte à ce qu’on me poursuivre comme une ombre, comme un flocon de neige. Cette sensation désagréable que, pourtant, je ressentais dans mon estomac, ne m’avait pas quittée depuis mon retour dans le manoir familial. J’éprouvais une certaine haine envers l’homme de la maison et un sentiment semblable à du respect à l’égard de ma mère. Ayant profité de mes vacances pour venir la saluer alors que celle-ci rangeait, dans des valises, ses dernières affaires, avant son départ pour Londres pour diverses raisons.

Comme à mon habitude, j’avais mal vécu la froideur et le rejet de mon père, cet homme ignoble, insupportable avec son refus total de m’adresser le moindre regard ou la moindre parole. C’était intolérable, il fallait que ça cesse et il fallait que ça change. Tôt ou tard, qu’importe le temps que ça prendra pour que ce jour arrive. J’avais encore en moi, cette impression de ne jamais aller bien, d’être constamment enfermé dans une bulle où personne ne risquait de vouloir la briser et d’être constamment persécuté par de mauvais esprits. Ma tête me rendait malade, mes cauchemars s’enchainaient sans que je ne puisse les stopper et ma prison dorée, doucement, m’emprisonnait dans un monde où les ténèbres me contaminent chacune des parts de lumières en moi.

Cependant, je n’avais rien trouvé de mieux à faire qu'ignorer le « couvre-feu » instaurer par mon père, faisant le mur en sortant par la fenêtre pour me mettre à courir à travers la forêt adjacente à notre habitation. Cette mauvaise habitude de ne jamais respecter ce que mon paternel « Vladimir », disait, datait d’il y a si longtemps maintenant. Cette dernière s’était développée durant mon enfance, meurtri par les coups et blessures, qu’il soit physique ou moral, comme si c’était un jeu, une tradition familiale. À chaque coup de bâton, une rébellion et comme l’air ne faisait pas la chanson, il avait beau hausser le ton, je n’en avais que faire de son effroyable « non /surnom ». Pourtant, depuis mon arrivé à Poudlard, ce n’était pas étonnant que mon père commençait doucement à avoir peur de moi, à se faire à l’idée que le jour où je viendrais me venger, il ne sera plus du tout en sécurité.

Les rumeurs à mon sujet, les délits que je commettais, les retenues que je ramassais, les mauvais coups que je faisais… J’espérais qu’elles lui parviennent en pleine figure, comme toutes les claques qu’il m’avait infligées avec ses mains si froides, si dure. Je rêvais que son sourire factice finisse par disparaître en même temps que son traître de masque qu’il portait, tous les jours, pour amuser la galerie. Je voulais qu’il tombe en un millier de morceau, dévoilant ainsi son vrai visage dans les journaux, celui d’un monstre dont personne n’en réclamerait la photo. Puis, j’en profitais quelques minutes pour m’arrêter près d’un banc abandonné au coin d’une ruelle obscurcie par la nuit. Regardant, ainsi, autour de moi avec un sourire aux lèvres, le souffle court parce que je venais d’échapper à la folie de mon père, une fois de plus encore, quel abruti.

Soudainement, mon regard s’était posé d’abord sur les pieds nus d’une nouvelle présence. Présence de l’ancienne  statue de son enfance devant l’emplacement d’un bâtiment qui m’avait renvoyé pour mes diverses conneries d’autrefois. Cette même statue était, maintenant, couverte de neige et illuminée par la lune dans le ciel. Combien de temps encore, allait durer ce si beau mensonge, d’une sombre réalité qui me donnait des haut-le-cœur, rien que le fait de devoir y penser. Je devais m’en douter que la réponse se trouve sous mon nez, devant moi, mais j’étais encore trop naïf et incertain, au niveau de mes choix. J’attendais, éventuellement, qu’on me les montre du doigt car, je le savais, au fond, que je me devais d’ouvrir les yeux, de voir qu’au-delà de mes problèmes, que persistait un problème bien plus grand. Ce problème, il était de taille puisque cette société magique était corrompue depuis le début, les bons qu’on qualifiait de « gentil » mentaient aux ignorants, tandis que les méchants prêchaient la vérité pour qu’on les reconnaisse à leurs justes « cause ».

Constatant l’inévitable sort de cette diablerie de machinerie détraquée, je souriais d’un air malsain, dégouté d’être ainsi mis aux pieds du mur, face à une triste vérité, réalité malsaine… J’en avais déjà la nausée rien que d’y penser. Je me sentais perdu dans ce monde où l’on ne laissait pas de place, aux enfants qui ne correspondaient à aucun moule » préfabriqués pour mieux nous laver le cerveau, mais surtout, pour mieux nous contrôler… Puisque celui qui détient l’information… Détient le pouvoir en question. Et tant que je ne mettrais pas la vérité au clair, en l’éclatant au grand jour… Je me disais qu’il fallait que je m’endurcisse davantage, que je mette mes cauchemars aux oubliettes pour qu’ainsi, je puisse profiter pleinement de la vie comme il se doit. Quand, soudainement, cette voix, ce crac assourdissant… retentissait jusque dans mes tympans.

« - A la naissance du Jour, les Enfants sont déjà abandonnés à Morphée. »

Que pouvais-je bien répondre finalement ? Mise à part redresser mon visage vers cet être si sombre et de me mettre à sourire mélancoliquement. Je me doutais, quelque part, dans le fond, que je n’allais pas y échapper. Entre les sombres secrets d’une amie d’enfance, «  Tempérence B. » ou la compagnie d’autres élèves qui touchaient de près à ce désir d’être enfin écouté. Je ne pouvais plus nier le fait que les ténèbres finiront par devenir ma nouvelle maison et cet obscur désir d’être enfin libre, mon nouvel ami. Cette phrase qui parvenait en douceur à mes oreilles, me fit surtout frissonner au même moment. N’était-ce pas une situation plutôt comique, un adolescent en quête de réponse, rêvant d’un monde meilleur, que l’on cherche à  inviter à se coucher… Je ne savais pas si je devais me mettre à rire ou à pleurer devant l’ironie de la situation.

Ô, pourtant, si vous saviez, j’aurais pu longtemps me débarrasser de mes chaines, si la « marque » ne me surveillait pas, si cette dernière ne se moquait pas de moi, en me narguant et m’interdisant de plus grands méfaits me concernant. J’aurais voulu pouvoir donner vie à mes rêves les plus sordides et les plus agréables qu’il soit donné d’apprécier de vivre. Ainsi, enregistrant rapidement l’information, une douleur lancinante d’air dans mes poumons, s’invitant dangereusement entre chaque sillon de mon corps meurtri. Je me tournais en direction de la silhouette sans nom, me disant que n’importe qui, aurait pu dire que j’étais fort, qu’il était osé de réagir ainsi, en tenant tête à cette personne inconnue, masqué pour que son visage ne soit pas découvert.

Je ne put, malgré tout, restreindre un frisson, remontant ma veste contre mon cou, soupirant soudainement pour laisser une vague de « fumée » causée par la fraicheur de la nuit, s’échapper de mes lèvres alors que je me risquais enfin à prendre la parole… Après des jours de silence au sein de Poudlard, même si depuis mon arrivée en Russie, j’avais fait le nécessaire pour réparer mes cordes vocales, faisant ainsi, en sorte que je puisse parler sans avoir la crainte de souffrir le martyre à chaque fin de phrase. Dire que pour l’instant, ça avait plutôt l’air d’être réussi.

«  Pour ceux qui ne dorment pas, que leurs restent-ils ? »

Répondais-je avec un ton neutre, d’une voix qui n’était pas étrangère à ce pays… Puisque importe la situation en question, l’effroyable compagnie n’avait pas pourtant l’air d’être dangereuse, elle se voulait même d’humeur sympathique, comme une âme bienveillante. Une douce amie ou une confidente, le méritait-elle ? Je ne le savais pas vraiment, seul le temps pouvait me le dire vraiment...


FICHE PAR SWAN -  bazzart & Azryel .
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Re: Europe de l'Est

Message par : Mangemort 40, Mer 18 Oct 2017 - 14:28



Ses yeux imperceptibles à travers les orifices de ce masque d’argile observent l’Enfant présent sous la neige et la nuit. Son regard se fait scrutateur, cherchant peut-être à savoir. Mais c’est la réponse orale, qui confirme ses doutes et sa recherche en cette fraîche nuit de l’Est. L’Enfant répond, dans un anglais similaire au sien. Même si son anglais est sans ton, sans intonations, sans accent particulier. Rien. Pas de genre, pas de sexe, pas de tonalité. Simplement une Ombre qui se meut et s’exprime. Une Ombre qui suit l’Enfant, et le trouve, désormais. Celui qui fréquente les partisans. Celui qui a su éveiller un intérêt, de par ses fréquentations. Celui, qui, potentiellement, pourrait se retrouver intéressé par l’idée de suivre un chemin similaire à celui de ses camarades. Cette Ombre sous sa lourde cape sombre est là pour cela. Tendre la main si nécessaire. Le reste doit venir de l’autre, en face, et de sa voix qui grince. Comme peu usitée.

Les flocons s’accrochent aux vêtements, au paysage, couvrant le tout d’une blancheur durable. Son corps est habitué aux Hivers. Une saison qui est rude, du pays d’où vient ce matricule. Mais très probablement moins rude qu’ici. Dans ce coin qui semble oublié des dieux, des hommes et des monstres. Où seules les âmes en perdition errent à l’abandon, attendant simplement d’être cueilli par un esprit tourmenteur, ou un esprit bienveillant.
Son esprit n’était à ranger ni dans une catégorie, ni dans l’autre. Pas de catégories pour caractériser ce que son esprit est. Simplement du détachement à l’égard du monde. Un flottement perpétuel. Comme un rêve immatériel par essence.

« - Les rêves, les peines, l’attente, les désirs, les projets, les constructions, la recherche, les questionnements, les terreurs, les envies, les douleurs, l’espoir et la quiétude sans entêtement. »

Réponse en liste. Simplicité d’un début de raisonnement. D’un tâtonnement de terrain, probablement sensiblement similaire à celui sur lequel ses pieds se tiennent.

« - Tu as à faire avant de pouvoir trouver le sommeil, Enfant. Quoi donc ? »

Presque une certaine douceur de neige dans la voix. Une invitation à la parole, tandis que sa forme se place en écoute attentive. Intérêt véritable pour la forme adolescente qui lui fait face. En pleine construction. En pleine perdition.
Tout est inconnu, tout reste à découvrir. Pour l’instant.

Donner le ton, activité de la rhétorique. Mais laisser la possibilité d’une réponse, quel qu’elle soit.
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Alec Z. Dmitriev
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Re: Europe de l'Est

Message par : Alec Z. Dmitriev, Mer 18 Oct 2017 - 19:26



Une lugubre rencontre...
plongé dans l'obscurité d'une nuit d'hiver, au milieu de mes songes.
- «  Mmpfhh… »

Un souffle douloureux me rappelant, soudainement, mon passé, un râle sortant de mes entrailles, venait de s’échouer sur les ondes de cette voix qui ne cherchait qu’à mon humble avis, vouloir me rassurer. Ma raison avait-elle tort de se taire pour une fois ? Cette présence qui se voulait rassurante, bien que terrifiante, m’évoquait l’attitude que ma mère avait lorsque j’étais « enfant ». Cette obscurité qui vous ensorcelle et vous fait tourner la tête, elle me protégeait de sa voix, qui me berçait lentement comme si l’on me prenait dans ses bras, comme ceux de ma « Mère ».

Autant dire que cela me mettait dans tous mes états. Je ne pouvais pas nier l’évidence d’un passé trop acide qui me brûlait de l’intérieur, malgré moi, consommant, ainsi mes entrailles jusqu’à vouloir me taire dans un profond silence amer. J’entendais cette voix, elle qui face à mes souvenirs, me forçait de constater que je ne pouvais plus échapper à cette lugubre, mais rassurante présence. Si douce est la confidence, quand une oreille qui vous écoute, vous guide vers un monde meilleur en vous tendant la main.

Elle qui se prêtait au jeu, en imitant un phare qui éclaire la mer, pour que dans le noir, sert de lumière à ceux et celles qui en réclamait le besoin. Scellant ainsi, mes songes et  mes doutes dans l’oubli avec une délicate attention, je la contemplais avec une certaine admiration. De par sa voix, je pouvais confirmer qu’elle était mon ainée, celle-ci sonnait plus grave, même si on ne distinguait aucun accent, aucune provenance de son origine de son « ancienne existence ». Conscient d’avoir enfin ce confidentiel privilège d’avoir l’honneur de croiser l’une des angoissantes obscurités mortelles, je savais qu’il ne me restait plus qu’une chose à faire.

- « Les rêves, les peines, l’attente, les désirs, les projets, les constructions, la recherche, les questionnements, les terreurs, les envies, les douleurs, l’espoir et la quiétude sans entêtement. »

À commencer par me dire que la silhouette masquée devait, sans doute, avoir raison. Les « Enfants » qui ne dorment plus ou qui ne dorment pas… Tout ça, c’était bien beau de les énoncer de cette manière, mais que me restait-il à moi ? À part, mes questions sans réponses et le fait que ma situation ne changeait pas alors que je faisais des efforts considérables pour que les choses changent.

- « Tu as à faire avant de pouvoir trouver le sommeil, Enfant. Quoi donc ? »

Tiens donc, l’ombre obscure m’arrachait un léger rire, parlait-elle souvent de cette manière si étrange . Qu’est-ce que j’avais à faire avant de trouver le sommeil? Voyons voir… Entre remettre de l’ordre dans ma vie, envoyer balader ma bonne étoile pour rabattre le caquet des vieilles rumeurs mensongères à mon sujet, me venger de la cruauté de mon père… Il y avait bien des choses à faire pour que je puisse trouver le sommeil… Car, on me prenait que bien trop souvent pour un gentil prince charmant, bien trop sage pour être capable de quoi que ce soit.

- « … Je ne suis qu’une Ombre glissante sous les cieux, invisible aux yeux du monde endormi, en ces lieux, en pleine nuit. Que pourrais-je avoir de mieux à faire qu'essayer de chercher des réponses sur des mensonges de toute une vie, pendant que la vérité, elle, me fuit comme une ennemie … »

Alors, lentement, je soupirais encore, me redressant pour me mettre debout, grimpant sur le banc pour ensuite regarder le ciel sombre tout en plaçant mes mains dans les poches de mon jean. Donnant un coup de pied sur le côté pour faire tomber la neige de ce dernier, m’arrachant un sourire amusé. Puis, je me retournais en direction de l’obscure silhouette, la fixant calmement, tout simplement.  


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Re: Europe de l'Est

Message par : Mangemort 40, Ven 20 Oct 2017 - 20:22



Un rire, hors des lèvres, des cordes vocales, du cœur et des flocons. Un rire qui part se perdre dans la neige tombante et l’atmosphère. Un rire léger, qui apporte des questionnements, fugaces, sous le masque. Pas d’irritation ou d’impatience. La stature demeure droite, attentive, détachée. Ce n’est pas un rire d’Enfant qui la sortira de cet état. Rien, d’ailleurs. L’état visé étant l’ataraxie, dans le but de construire l’Idéal, aucune perturbation du monde ne peut venir s’insinuer. Que ce soit des doutes quant aux propos formulés ou bien sur la façon dont ces derniers ont été reçus. L’ombre sait qu’elle porte une parole de vérité. Il suffit de constater, d’attendre, d’apprendre. Patiemment, les pièces du puzzle commenceront à se détacher. Ce n’est qu’une question de temps, avant qu’un brasier mondial ne vienne enlacer le sein terrestre.
Et du temps, les Enfants en ont. Ils sont plus matériels que des Ombres. Plus modulables, également, aux idéologies et aux pulsions de libération. Pour cela, qu’ils forment légions de sympathisants, partisans et aspirants.

Et de jour en jour, de nouveaux sont découverts.

Mais l’Enfant, en face, réfute son existence d’Enfant. Se dit Ombre également. Un sourire, léger, mécanique, derrière le masque d’argile et les flocons qui recouvrent petit à petit ce corps presque déshumanisé. Un corps qui ne peut exister que dans cette mission d’Absolu, et aucune autre. Absurde que d’imaginer un autre contexte.
Même si l’Enfant a oublié qu’il en était un, au moins, il paraît lucide. Il est en quête de vérité, dans un monde injuste. Ce matricule ne pouvait que lui souhaiter bon courage (ironiquement ou non, ça dépendait du contexte), dans cette quête de toutes les vies, de tous les instants. Car il ne sera jamais au bout de sa peine.

Ça lui semblait être suffisamment mûr, en face. Pareil à un fruit. Une cerise, prête à être cueillie à l’arbre. Peut-être. Attendre, encore, que le fruit tombe de lui-même, que la feuille s’arrache dans les bras du vent. Là, ses doigts pourront se tendre et faire leur action mécanique d’araignée osseuse : attraper, enserrer, garder.
Ainsi procède cette Ombre.

L’Enfant semble dynamique, ou, tout du moins, en constant mouvement. Nerveux ?
Soupire, lever, pousser la neige, changement d’expressions corporelles et faciales. Observation, à travers les orifices, derrière l’argile.

Ce matricule ne bouge pas, demeure dans son ombre, dans sa lumière de réverbère, sous ces blancs flocons et dans la neige toute aussi blanche. D’une blancheur nacrée, épurée. L’Homme n’y a pas encore porté le pas. L’aube attend, pour relancer la machine des mouvements humains.

Sa voix, finalement, se fait entendre. Comme pensive, comme lointaine. Une voix d’énonciation. Peut-être. Tâtonner la Découverte. Encore.

« - La Vérité est la quête de toute une vie. Ce qu’inlassablement, il te faut tenter d’atteindre. Tu dois te montrer apte à chercher les vérités, les recevoir, les comprendre et les appliquer. Un léger vent se met à souffler. Pas un mot, comme par crainte que ce dernier ne s’envole, avant de reprendre. Quelles sont les vérités cachées et les mensonges tournoyants qui tourmentent un jeune esprit comme le tien ? »

Interagir.
Demander, en substance, un récit, de la part de l’alter.
Un récit sur le monde et les hommes.
Faire des comparaisons.
Et en déduire une potentialité de sympathie idéologique, ou non.
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Alec Z. Dmitriev
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Re: Europe de l'Est

Message par : Alec Z. Dmitriev, Sam 21 Oct 2017 - 15:28


FICHE PAR SWAN -  bazzart & Azryel .
Une lugubre rencontre...
plongé dans l'obscurité d'une nuit d'hiver, au milieu de mes songes.
« - La Vérité est la quête de toute une vie. Ce qu’inlassablement, il te faut tenter d’atteindre. Tu dois te montrer apte à chercher les vérités, les recevoir, les comprendre et les appliquer.  [...] Quelles sont les vérités cachées et les mensonges tournoyants qui tourmentent un jeune esprit comme le tien ? »

C'était un combat constant dans ma tête, tiraillé entre l'idée de vouloir me perdre dans un douloureux mensonge que les autres "endormis" se plaisaient à vivre dedans ou crier un bon coup, briser les chaines qui me bloquaient à la sortie, juste pour voir de mes propres yeux, à quel point, la vérité peut être horriblement cruelle. Une arme idéale pour les ténèbres, un mets de premier choix pour cette obscurité insatiable, cette noirceur qui avalerait toutes âmes qui se confieraient à elle.

J'avais beau me dire qu'on me déclarerait toujours comme un enfant vulnérable, que les rumeurs qui se propageaient à mon effigie, déclaraient que j'étais incapable de me redresser de moi-même pour envoyer valser le décor fictif qui me bloquait l'esprit depuis si longtemps. Qui me bloquait depuis si long. À cette allure, j'allais imploser de l'intérieur et le jour où ça pétera, ça ne sera pas joli à voir. Ce jour-là... ce soir-là, c'était celui-là.

Je n'étais plus maitre de la colère qui remplissait mes veines, elle coulait en moi, comme un poison mortel. Dépossédé d'une enfance innocente, ayant déjà vu du sang coulé sur mes mains, un sourire particulièrement malsain, s'étirait sur mes lèvres. La mort qui me berçait comme le faisait ma mère, autrefois, elle qui me bordait toutes les nuits comme une fidèle amie, je me tournais alors lentement vers l'effroyable "Ombre", esquissant un sourire sincère, le premier depuis mon arrivée...

« Je déteste plus que tout au monde, cette pourriture qu'est mon père. Entre viol, coups et blessures, il mériterait que je le lui fasse payer pour ça, mais j'ai encore besoin de savoir si je suis bien son fils ou pas. Et si mes doutes sont fondés, je le tuerais de mes mains, ma mère avec y passera. Je ne reculerais pas devant ça, cette fois. J'ai assez patienté comme ça. »

Mon cœur gelé s'était, soudainement brisé dans ma poitrine, laissant les ténèbres me corrompre lentement, plus le temps passait, plus ma gorge se serrait et tout en agrippant mes cheveux, je me recroquevillais sur ce banc, à genoux en équilibre sur ce dernier. Il faisait froid, non pas autour de moi, mais à l'intérieur de moi. J'étais en train de perdre le peu de chaleur humaine qui me restait.

Cette noirceur qui me contaminait depuis mon estomac, elle se retournait dans tous les sens, jusqu'au fin fond de mes entrailles. Ainsi, comme l'orage, j'éclatais au grand jour, comme si je venais de me ramasser une dernière baffe. J’étouffe. Je suffoques. .... J'enserre ma gorge avec le regard sombre, les larmes au bord des paupières parce que j'avais besoin de crier, j'avais besoin d'air.

Ainsi, dans le calme le plus absolu, le silence le plus total alors que je sentais une larme s'écouler péniblement le long de ma joue, ma raison se sentait impuissante, car d'un saut pour descendre du banc, j'avais enfin les idées claires, je voyais le monde tel qu'il était sous son plus beau jour, insipide, sans goût, terni... horrible.

Dans un monde parallèle, j'aurais pu vivre une meilleure vie, profiter de ce que j'avais, mais malheureusement, la vie avait décidé d'un autre sort en ce qui me concerne. Forcé de se montrer fort pour ne jamais s'écrouler, je savais parfaitement ce qu'il me restait à faire, malgré mes conséquences. C'est ainsi qu'avec cette rage au ventre, cette haine profonde et une certaine méchanceté naissante que je me tournais vers la personne qui vivait d'obscurité.

« Il va y avoir du spectacle, ce soir... M'accompagneras-tu ? »

Mais quelle pensée égoïste avait - je là, même si j'avais un don naturel pour me foutre du qu'en-dira-t-on, je venais de prendre le droit de moi-même, de déclarer l'ombre pour grande sœur, un modèle même si je ne connaissais rien d'elle. Ainsi, m'ordonnant intérieurement d'être parfait, d'être fort et de ne pas reculer, de ne jamais m'écrouler et de faire marche arrière. Je m'encourageais intérieurement, me montrant déterminé cette fois-ci, comme cette nuit, il y a trois ans, avant que je ne vienne à Poudlard.

Même si je cherchais toujours une raison à tout, je me disais qu'on ne faisait qu'un vague croquis de la vérité qu'on espérait frôler des doigts, on les analysait pour ensuite rendre le monde plus plausibles, plus vraies et moins mensonger et farfelues. C'était un rêve et un but difficile à assumer au quotidien, Ô, j'en étais conscient depuis si longtemps, puisque j'avais grandi dans le mauvais camp... Comme disaient souvent mes parents.

Une seule question me brûlait les lèvres, un seul mot démangeait chacune des parties de mon corps. " Pourquoi " ? Pourquoi étais-je toujours là, à subir ce calvaire, à vivre cette vie impossible, tirailler entre deux mondes, entre deux pensées, entre deux consciences. Pourquoi étais-je son fils et qu'il agissait de la sorte avec moi ? Pourquoi ma mère ne faisait rien dans tout ça ? Pourquoi j'étais toujours rempli d'une colère, d'une envie de tout éclater, de tout briser, de faire du mal à autrui alors que rien ne m'atteignait. Pourquoi je ne ressentais plus rien depuis que j'avais compris que la vie s'en fichait de moi et que je n'étais qu'un incompris....

Pourquoi... Moi ? Aucune ruelle sombre ne m'empêchera de commettre un double meurtre ce soir. La peur s'était dissipé dans mon regard et ce n'est pas par hasard que je me mettais à marcher en direction du manoir qui bordait le coin de rue, juste derrière la forêt sombre et sinueuse. J'avais cette curieuse impression que des mains invisibles me tiraient dans un trou noir, dans un monde où les couleurs n'existaient plus, où la lumière n'était que fantaisie et fantasme des personnes endormies.

Je me sentais plus seul, cette nuit, avec mes deux amies... Je me sentais comme un démon, laissant place à des manigances et des agitations malsaines dans ma tête. De toute évidence, il était même clair que cette fois, je ne fléchirais pas, mes jambes continuèrent d'avancer d'elles - même, poussant la barrière qui me séparait du chemin à la porte d'entrée.

Mes mains qui ne tremblaient plus, contrairement à la première fois, s'agitèrent soudainement, alors que je m’avançais vers la porte qui me séparait de mes parents. Le regard figé vers le trou de serrure, d'un coup de pied, je me mettais à taper sur cette dernière. Montrant ainsi mon arrivée de façon brutale, je m'approchais du bureau de mon père, un sourire fou collé sur les lèvres, cette rancœur prête à vomir des paroles, encore restées muettes jusqu'ici.

Mes lèvres se pincèrent, j'avais envie de prendre ma baguette, de lui balancer un "Avada Kedavra " au visage, sans avoir à lui poser de questions, mais l'envie de le torturer m’intéressait davantage, parce qu'il devait payer pour ses crimes, ses mensonges. Le courage qui prenait place dans mes veines, faisait ainsi apparaître un sourire diabolique sur mes lèvres, mon âme, plus archaïque que jamais, laissait enfin une aura plus sombre que cette ruelle, prendre possession de mon corps.

Habité de mes plus noirs désirs, de mes plus horribles de mes songes, je m'avançais lentement vers l'Homme qui n'avait pas bronché d'un poil, toujours occupé à lire son fichu journal. Il me dégoutait à m'ignorer de la sorte, comme si j'étais encore un mirage dans sa vie, comme si je n'existais pas. Sans surprise, dans un élan de colère prévisible, attrapant l'objet de ses crimes du passé, j'attrapais la propre batte de mon père, posée là, sur le meuble de la cheminée avant de me mettre à hurler à pleine voix.

« REGARDE - MOI !  »

Alors, mon père relevait la tête, avec une certaine honte, un profond malaise qui se dessinait sur son visage.

« c'est de ma faute, je vais réparer mes erreurs... »

Disait-il pour briser le silence, semblant croire que ses remords me ramèneraient à la raison, mais il était trop tard... La machine du temps était en marche, ce soir, il n'y échapperait pas, mère non plus. Des réponses, j'en attendais et pas des moindres.  Je ne voulais pas entendre ses regrets, je refusais d'entendre son pardon. La panique se dessinait sur le visage de mon père, au fur et à mesure que je m’avançais vers lui, parsemant ses mots d'hoquets et de tremblement, parce qu'il se mettait à pleurer devant moi.

You'll never know why i hate you. i'm gonna make you suffer like this hell you put me in, i'm underneath your skin. You'll never know what i hit you.

Le vrai raisonnement de toute cette colère était la soirée la plus longue de ma vie, certainement. J'avais dans le regard, un mélange de curiosité, de malsainité et d'une méchanceté à l'état pur. C'en était fini du petit garçon, du petit enfant gentil et vulnérable qu'on s'amusait à me décrire ainsi.

Mon père, lui, avait peur et il avait bien raison d'avoir peur. Oh, allez, il avait toujours la trouille de tout, ce n'était pas du tout étonnant, sauf qu'il ne me l'avait jamais montré, il endossait parfaitement le rôle du méchant par dégoût et mépris... Quand il avait pris connaissance de la supercherie du mariage arrangé fait par sa propre mère. Neuf mois plus tard et j'étais né, moi, le fruit d'un amour passionné incestueux, quelle insanité.

Cette boutique désaffectée que mon père avait fermé, suite à l'ouverture de sa grande fabrique de balai magique, que ma sœur, Jessica avait été conçue, mais aussi la chambre des parents de ma mère aussi, là où ils ont signés leurs pertes... par exemple. Âme condamnée, le fruit d'un des plus graves péchés, j'étais destiné à commettre bien plus de crimes que cette personne affligée par le temps et les remords qui se dressait devant moi. Épris d'une certaine cruauté, je rajoutais d'un ton plus sinistre et plus calme aussi....

- « Des réponses, j'en exige et tout de suite, Père ! ... Pourquoi moi ? HEIN ? Pourquoi ? ... Tu t'amusais bien à me dire que je devais mourir... Que je ne valais pas la peine de vivre. J'étais une erreur, que je n'étais pas ton fils. POURQUOI ? ... RÉPONDS - MOI ! »

Je n'étais peu glorieux dans mon passé aussi, j'en avais commis des péchés, moi aussi, couchant avec ma cousine alors qu'elle était bien plus vieille que moi, découvrant ainsi les plaisirs insoupçonnés que l'on pouvait avoir en mettant de côté, l'innocence et la naïveté. Par jalousie, par amour, je l'ai tué de mes propres mains aussi, plantant un couteau dans son ventre, la regardant mourir avant de mettre le feu à la maison et de m'enfuir en laissant mon père sur place....

Pour le plus commun des mortels, pour la survie de chacun, on aurait dû me mettre en cage, m'enfermer pour le bien de tous, mais la trahison, l'amour était une mauvaise chose entre mes mains. J'étais devenu quelqu'un d'horrible par leurs fautes et le pire, c'était que j'en avais conscience depuis longtemps. Mes principes n'avaient, certes, jamais été les mêmes que celui du plus commun des mortels, mais ça, j'en étais presque certain ; même une âme damnée telle que la mienne, ne pouvait espérer revoir la lumière parmi les ténèbres, mon obscurité.

« RÉPONDS - MOI ! J'AI BESOIN DE SAVOIR !  »
« Zackary ... Je t'en prie... Calme - toi, laisse - moi t'expliquer... Je vais tout te dire ... Même si je sais que tu ne pourras jamais me pardonner. »

Alors, dans un sanglot, le père se lève et tente d'enlacer son "fils" dans ses bras, mais je n'étais pas du même avis, le premier coup de batte part et sa jambe se brise dans un crac horrible. Un rire fou prend possession de mes lèvres...Lui ? Me pardonner, ça sonnait toujours aussi faux même s'il était sérieux, cette fois-ci.

Deuxième coup et l'autre jambe se brise dans un autre bruit horrible et je continue de rire comme un possédé. Dégouté des mensonges, dégouté d'avoir enfin la vérité en face, je l'attrapais au col avant de lui cracher au visage, le regard furieusement sadique.

« M'expliquer quoi ?!, hein ! Que tu me détestes ? Que tu as toujours voulu essayer de me tuer ? ... T'es pathétique, je te hais... Tu n'imagines même pas à quel point ! .. Et rien que pour ça, tu vas le payer, j'vais te faire souffrir comme tu n'auras jamais souffert jusqu'à maintenant. J'en ai assez de me laisser faire ! Dire que t'es mon père !   »

Le troisième et c'est la cage thoracique qui y passe, lui cassant quelques côtes au passage alors qu'il cherchait même plus à se défendre. Regardant son visage se tordre sous la douleur, le sang s’écoulait de ses lèvres, je jubilais... Ma rancœur se déversait hors de mon corps comme si elle empoisonnait la pièce. Je ne répondais plus de rien, seule ma vengeance personnelle prenait possession de tout mon être.

« Zacky, j't'en prie... ..écoute..Mpfh...moi... Tu te méprends..sur moi...Je ne le suis pas...Argh...mpfh... Ta mère... demande le lui, c'est elle la coupable... Mpfh...»

Et là, BAM... Le coup final part, le coup de trop, mon cœur s'arrête de battre, un autre bruit sourd se fait entendre... Un corps inanimé se dresse devant moi, alors que la batte ensanglantée est à terre... Comme fou, je secoue ma tête, m'agrippant les cheveux avant d'hurler de colère, balançant les affaires de mon père contre le mur, éclatant en sanglots, laissant les larmes noyées mon visage. Des pleures qui font que quelques instants plus tard, je me redressais tout en m'allumant une cigarette mentholée par habitude, juste le temps de me calmer.

Alors, dans un soupiré sadique, j'humectais soigneusement mes lèvres, défonçant chaque objet susceptible d'être brisé sur mon passage. À commencer par les vases de grand-mère, puis les photos de portraits de la famille. Grimpant une à une, les marches des escaliers, je l'apercevais, là, au coin d'un couloir, valise en main.

« Oh non...Tu n'iras nulle part, ce soir, mère...»

Pointé du doigt comme un monstre, ça n'avait rien de flatteur, fallait être à ma place pour comprendre ce qui me poussait â être, cet être sans cœur et dépourvu de sentiments en ce moment. Lâchant ma batte à terre, je m'étais avancé vers elle, poussant violemment la valise dans les escaliers avant de l'agripper par les cheveux, la jetant volontairement dans sa chambre, leurs chambres.

« ... Comment se fait-il que je ne suis pas son fils ? ... Combien d'autres mensonges, me caches-tu encore ?! HEIN ?..»

Prenant la table de nuit pour la balancer à terre et l'exploser comme une vulgaire poupée de chiffon auquel on arrachait sa tête, je fixais ma mère avec des sanglots à m'en faire perdre la raison. La première claque ne tardait pas à montrer le bout de son nez et le pire, c'est que je jouissais enfin de pouvoir me venger, sans même avoir besoin d'user de magie.

« Chéri... ..Je voulais tout te dire...mais, tu sais...avec le temps, j'ai..cru bien faire, juste...pour te protéger de toi - même...mais oui, il..a raison, tu n'es pas son fils... et... GNhfm-»

Coupant court à son discours, j'avais attrapé son cou pour la coller contre le mur, plongeant mon regard rempli d'amertume et d'une colère sans fin dans celle qui m'avait, pourtant, donner la vie. Incapable de me raisonner, je me contentais de la regarder froidement.

« -mmpfh... Tu as un cousin aussi.. Askin... Élius Askin... Je t'en prie... Mon fils.. .. Zack'... Zackary... Pardonne - moi ..»

Et soudain... Plus rien. Plus de respiration à part la mienne parvenait jusqu'à mes oreilles. Comment pouvais-je leur pardonner... ? Mon coeur brisé, le souffle court, je me contentais de fixer le second corps sans vie, s'écrouler à terre... Récupérant ma cigarette tombée sur le parquet dans le couloir comme si de rien n'était, je me mettais assis dans les escaliers un bref instant... Récupérant un peu de ma contenance, le temps que mon chagrin s’efface de mon visage.

Perverti par mes idées noires, par le sang encore présent sur mes vêtements, je me décidais même à prendre une rapide douche et de changer de vêtements avant de prendre quelqu'une de mes affaires. Sortant ensuite de la bâtisse affreusement silencieuse, le pas léger, mais le cœur lourd.

Puis, je croisais ma nouvelle amie du regard, un sourire sincère se redressait à nouveau sur mon visage. C'était comme si chaque parcelle de ma peau frissonnait d'excitation, de plaisir et d'envie. Je me sentais enfin libre.  Maintenant, il me fallait quitter les lieux le plus rapidement possible, m'enfuir pour que l'on ne m'empêche plus d'être libre.  

« Bienvenue dans ma propre réalité, ma nouvelle amie...Enfin si je peux t’appeler ainsi ? »

J'avais choisi habilement mes mots, me mettant à marcher d'un pas silencieux en sa direction, remontant mon sac sur l'épaule avant que je ne rabatte la bonnette de mon gilet noir que je venais d'avoir enfilé après ma douche, sur la tête, me protégeant ainsi un minimum de la neige. Ainsi, le visage redevenue impassible, je me contentais aussi à regarder devant moi, me rallumant une seconde barrette mentholée pour décompresser et récupérer un rythme cardiaque normal, comme s'il ne s'était rien passé.


Me rendant compte que je venais de vivre un cauchemar tout en étant éveillé, je m'étais mis à soupirer, dans un soupire, je secouais ma tête, remarquant que j'étais perdu dans mes pensées...  Passant une main devant mon visage, je toussais un peu, massant ma nuque avant de secouer ma tête soudainement ... Que pouvais - je bien faire... Craquer devant l'Ombre... C'était possible, mais il fallait que je me calme... Cependant, je pouvais tout aussi bien attendre... Alors, lentement, je me remis assis sur le banc, fixant ensuite mes mains tandis qu'elles se mettaient à trembler. Doucement, je relevais un regard sur l'obscurité... Soupirant ensuite d'un air perdu...

« Je ne trouve plus le sommeil... à cause de mes rêves... J'étouffe.. dans ce monde.  »

Murmurais - je avant de baisser ma tête, fixant ensuite le sol silencieusement.




Dernière édition par Zackary Slavski le Jeu 26 Oct 2017 - 23:43, édité 1 fois
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Re: Europe de l'Est

Message par : Mangemort 40, Mar 24 Oct 2017 - 17:22



Attendre, contre le mur sale de gouttière. Attendre dans l’humidité de ce froid moscovite. Attendre parmi les ombres, les cafards qui se dandinent et les chats qui crachent. Attendre, en figure observatrice. Car, qu’y a-t-il de plus à faire ? Cette Ombre est en écoute, elle patiente, attend des réponses positives ou non. Ou, seulement, l’énoncé direct et véridique des pensées de son interlocuteur, visiblement enfant perdu, enfant troublé. Enfant malléable, à la pensée pas encore consolidée. Le corps peut être meurtri, se remettre, l’esprit, l’âme, le cœur… Oh, ces choses-là sont bien singulières… Y être un passant familier. Passant des sentiments et des sensations, dans cette volonté continuelle de tendre à l’ataraxie. De s’effacer, s’amuïr dans cet air froid, par sa prescience stoïcienne des atomes tombant parallèlement aux flocons.
Virevolter, se laisser aller…

Changement de position, de ton. Rester immobile, mais tension dans les muscles. Attendre…
Silence.
Comme un moment d’absence, d’évanescence de la pensée. L’alter semble perdu, dans une espèce de sous-espace de cauchemars. Une fuite de la réalité qui se passe mal. Ne pas savoir comment s’y prendre. Etre encore trop jeune, pas assez mûr.
La voix déraille, les pensées de même. Présence sur un fil.

Percevoir la détresse, la douleur. Mais les réponses sont propres à chacun, et seul le Temps peut les délivrer.
Penser à l’horreur de la réalité. Ce garçon y est heurté tous les jours. Constamment. Dur de croire en une Justice face à de tels traitements. Comme si tout était écrit, calculé, pour faire sombrer l’Enfant dans les marasmes de son impuissance et de son désespoir.

Son âme semble cerise, soudainement.
Prête à être décroché.

Petite feuille qui s’accroche encore futilement à l’arbre de son passé. Pourquoi lutter ? Pourquoi ne pas se laisser emporter dans le courant du Renouveau ?
Il n’a besoin que d’une petite…
Poussée.

Sans que ce ne soit perçu, l’Ombre s’est déplacée, de façon quasi instantanée. Sa main est sur l’épaule de l’Enfant, enserrant prêt de la nuque de sa main gantée de noir. Abstraction de l’être et de sa personnalisation. Mais, la passion semble faire vibrer ses cordes vocales. Une passion vibrante dans le souffle de sa voix, tandis que le masque d’argile fait face, directement, au visage éperdu de l’Enfant. Il ne peut percevoir rien d’autre que sa voix, son masque, sa présence contre sa nuque.

« - Ecoute-moi. N’écoute que ma voix. Oublie le vent, oublie la neige, oublie l’obscurité. Ne regarde que mon masque. Tu ne sais rien. Ton Existence n’a pas commencée. Elle a été entravée. Toujours, à tout instants. Ton conflit avec ta famille n’est que la manifestation de ton incarcération dans ce monde. Tu n’es qu’un être parmi les autres, tout comme je ne suis qu’une ombre parmi d’autres. Tu te dois d’exister pour toi. Combler ton vide par ta douleur. En faire un instrument de grandeur. Atteindre une Cause supérieur. Te consacrer à ton Devenir. Et quelle plus grande satisfaction trouverais-tu à en libérer d’autres, comme toi ? A te faire le forgeron d’une liberté absolue ? Réponds-moi, que choisis-tu ? Préfères-tu répondre à l’indifférence par une haine stérile ou bien t’élever en participant à la grandeur de la Cause ? »

Rien qu’une marche de plus.
Et une quarantaine d’autres à gravir.
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Alec Z. Dmitriev
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Re: Europe de l'Est

Message par : Alec Z. Dmitriev, Jeu 26 Oct 2017 - 18:43


FICHE PAR SWAN -  bazzart & Azryel ( Pv 40 ).
Un nouveau départ...
pour une nouvelle vie qui m'emmènera aussi, quelque part...
J'avais baissé la tête au moment où l'ombre venait de se déplacer en un battement de cils. S'approchant, ainsi de moi, aussi rapidement que ses mains qui s'étaient déposé sur mon épaule, près de mon cou. Relevant la tête doucement, face à cette sensation imprévue, je croisais, finalement, le masque d'Argile. Celui-ci se trouvait si près de mon visage que je pouvais clairement entendre sa voix neutre parvenir jusqu'à mes oreilles.

« - Écoute-moi. N’écoute que ma voix. »

Mes rêves chaotiques me faisaient perdre doucement la raison, pourtant, je lui prêtais une oreille attentive, essayant tant bien que mal, de me détendre pour me calmer aussi... N'écouter que cette voix n'était qu'une manière reposante, de chasser mes démons, voir une manière envisageable et non négligeable de "tourner la page" par rapport à mon passé qui ne me faisait que de me torturer depuis tout ce temps... Fermant, ainsi, les paupières par réflexe, je me laissais vagabonder silencieusement vers cette réalité obscure... Laissant cette voix douce parvenir à mes oreilles, me rassurant à sa manière.

« - Oublie le vent, oublie la neige, oublie l’obscurité. »

Alors, faire abstraction du vent, de la neige, comme il disait si bien, ça me semblait être aussi facile que de tirer un trait sur l'obscurité. Buvant silencieusement ses paroles qui régularisaient mon rythme cardiaque et mon souffle, je me sentais, enfin, devenir de plus en plus calme. Cependant, c'était ironique de penser qu'en temps normal, j'aurais plutôt crié au monde d'aller se faire voir, j'aurais mis la ville à feu et à sang pour un problème de famille. Et finalement, me voilà à écouter une effroyable obscure qui tendait ses mains pour que je l'accompagne dans son monde, l'idée me paraissait alléchante, après tout....

« - Ne regarde que mon masque. »

Obéissant docilement pour la première fois, je fixais curieusement son masque avec une pointe de réflexion dans le regard. Cherchant, ainsi, à croiser son regard avant de me rendre compte que l'on n'y voyait pas grand-chose. Intérieurement, je riais parce que je trouvais l'idée ridicule, de vouloir chercher son regard que l'on ne pouvait apercevoir. Ce masque d'Argile était aussi visible que celui que je portais en permanence pour ne faire inquiéter personne sur l'état de mon esprit si dérangé. Tout en soupirant silencieusement, je ne me concentrais que sur cette Ombre, cette personne, oubliant simplement le temps et l'endroit où nous étions, voir même l'heure où il était aussi.

« - Tu ne sais rien. »

Il n'avait pas forcément ni tord, ni raison, mais cette constatation me remettait souvent en question. Donc, lentement, je déglutissais tout en relevant lentement mes mains pour les poser sur mes propres jambes, torturant lentement le tissu qui les recouvrait. Ces mots avaient assez d'impacts sur mon être pour qu'ils brisent les derniers remparts de sécurité que j'avais longtemps maintenues en place pour qu'on évite de me voir telle que j'étais vraiment.

« - Ton Existence n’a pas commencée. Elle a été entravée. Toujours, à tout instants. »

Aux yeux du monde, il était clair que je n'existais pas, pour la moindre personne qui ne me connaissait pas, je n'étais rien pour personne, ni même pour un objet ou quoi que ce soit. En soi, ça ne tenait qu'à moi de me battre pour mes idéaux et de les faire valoir pour que l'on me remarque enfin. Ça ne tenait qu'à moi aussi de sortir du moule, montrer à cette personne ne faisait que de me tendre la main, que je possédais assez de courage pour reprendre "ma vie en main" et faire en sorte que les choses changent... C'était certain que je me sentais enchainé depuis si longtemps dans un système où l'on attendait beaucoup de choses de la part de ses petits "moutons" qui obéissaient aveuglément. Pourtant, cette réalité ne faisait que s'exprimer face à moi, j'étais souvent confronté à faire des choix, des sacrifices ... Et cette fois-ci, le sacrifice que je m’apprêtais à faire, était de taille... Légèrement, je venais de me mettre à trembler face à cette manifestation, non pas par peur, mais par humilité. Avais-je le courage nécessaire de confronter mes problèmes ? Me sentais - je capable de tenir le capte pour avancer dans un monde inconnu, incertain, sans savoir où cela va me mener ? Cette mystérieuse et sombre idée excitait mon esprit et lentement, une lueur d'espoir naissait dans mon regard....

« - Ton conflit avec ta famille n’est que la manifestation de ton incarcération dans ce monde. »

Durement, j'avalais ces mots, ouvrant les yeux sur l'envers du décor en constatant qu'il n'avait pas vraiment tort. Au contraire, il avait même raison et prendre ainsi une douche froide, me mettait une belle claque au visage... Du moins, façon de parler parce que je réagissais enfin, reprenant ainsi une bouffée d'air, laissant des larmes s'écouler sur mes joues... Libérant ainsi cette douleur qui me rongeait de l'intérieur, essayant ainsi de me détendre davantage face à cette Ombre.

« - Tu n’es qu’un être parmi les autres, tout comme je ne suis qu’une ombre parmi d’autres.  Tu te dois d’exister pour toi. Combler ton vide par ta douleur. En faire un instrument de grandeur. Atteindre une Cause supérieur. Te consacrer à ton Devenir. Et quelle plus grande satisfaction trouverais-tu à en libérer d’autres, comme toi ? A te faire le forgeron d’une liberté absolue ? Réponds-moi, que choisis-tu ? »

Constatant encore que son discours n'était que ce que la vérité cherchait à ce que je la découvre de par moi-même. Je laissais mes larmes souillées mes joues dans un calme et un silence absolu, buvant encore ses paroles avec une certaine attention particulière, faisant ainsi de cette Ombre, un point de repère, une amie... une conseillère... Qu'avais-je à perdre après tout, si ce n'est que d'essayer de tourner la page, passer outre mes problèmes de famille pour devenir ce que je souhaitais depuis un moment déjà...

« - Préfères-tu répondre à l’indifférence par une haine stérile ou bien t’élever en participant à la grandeur de la Cause ?  »

Les créatures qui envahissaient si souvent mon esprit, partirent et mon regard sincère, se posait sur ce masque qui se dressait devant moi. Épuisé moralement, fatigué physiquement, je soupirais un peu avant de me mettre doucement à parler à mon tour. Ces sensations douloureuses que j'avais ressenties au cours de toutes mes années passées, les nuits blanches à essayer de comprendre ce qui me poussait à être aussi violent...C'était comme si elles avaient finies par m'abandonner.

« J'ai compris, il y a longtemps, que si on se bat pas pour ce que l'on défend, on ne défend rien du tout.. Pourtant, il me reste une chose à faire, car toutes Causes méritent que l'on se batte pour Elles, il n'y a que les ignorants qui le font pas, ceux enchainés à leurs mensonges tissés de toutes pièces... N'est-ce pas ? Alors, autant que je participes aussi, puisque je me refuses à être comme l'un d'entre eux. »

Me sentant ainsi plus léger, soudainement, je massais nerveusement ma nuque du côté libre, regardant ensuite le ciel avant que je ne me mettais enfin à sourire, laissant ainsi, doucement mon air calme et paisible revenir... Remerciant aussi en silence, l'obscure silhouette de sa douce présence et de sa patience. Me disant aussi que dans la vie, rien nous attend sur un plateau d'argent, rien n'est acquis et rien n'est donné. Que c'était à moi d'aller chercher ce que je voulais, c'est à moi de me battre pour garder les choses qui me tient le plus à cœur auprès de moi. Et si je suis fatigué, et bien, je me reposes quelques minutes, soulages mes peines, panses mes blessures et je repartirais au combat, la tête haute et fier de moi, cette fois.


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Re: Europe de l'Est

Message par : Mangemort 40, Ven 10 Nov 2017 - 20:03



L’Enfant pleurait. Quelques larmes éparses : celle de la révélation ? De la concertation, de la peur ? Des larmes pleines de sens, d’engagement, de remise en question ?
Un « patpat » de la part de l’Ombre, histoire de chasser tous ces atermoiements. Il fallait avancer.

Car, cette Ombre était en remise en question permanente. Se dire « Pédagogue » ne suffisait pas, il fallait le prouver, le démontrer en permanence. Car c’est un titre qui s’acquiert par l’expérience, et non par un achat de fonction. L’institution n’est pas directe. Qu’était un Pédagogue ? Il avait été éduqué à la Cause par 39. Le grand 39, ce caméléon des mots et des formes. Mais 40 en avait voulu plus. Et lorsque cette volonté a eu la possibilité de se manifester… 39 n’était plus. Disparu dans la nature…
Evaporé

Qu’était un Pédagogue ?
Ce n’était pas simplement quelqu’un qui délivrait un discours, comme ça, comme pour nourrir une bestiole avide. Non. Ce n’était pas du gavage d’idées, à bourrer dans le crâne. C’était apporter de quoi réfléchir. Il faut que l’Ordre soit Légions. Oui. Mais Légions de quoi ? D’ignorants qui suivent aveuglément grâce au charisme des différents Mangemorts ? Non. La transmission se faisait par la réflexion. Et c’est là, où son intervention est possible.

Mais avant toute chose, il fallait tâter le terrain. Planter doucement dans la terre meuble des esprits, les graines d’idées de la Cause, son idéologie. Discuter des principes, des enjeux, des difficultés. Prendre soin, ensuite, des jeunes pousses, de ses mains douces, en les rassurant…
Mais parfois, il fallait se montrer brutal.
Pour vivre ou exister, il fallait se montrer actant, démontrer son être. Et quoi de mieux que les actes pour cela ?

Sa prise se resserra sur l’épaule de l’Enfant, devenant douloureuse. Ses mains dures et froides d’araignée sont inflexibles.

« - Tu veux participer ? Mais as-tu seulement la moindre idée de comment ? De quoi ? De pourquoi ? »

Et dans un CRAC, les deux silhouettes, celle de l’Ombre et celle de l’Enfant, disparurent.
Réapparaissant ensuite, non loin, dans un lieu étudié dans ce but. Un fleuve, qui semble profond, un pont, au loin, pour traverser. Et le manteau de neige qui recouvre tout. Pourtant, il ne fait pas encore assez froid pour avoir gelé l’eau vive.

D’un geste de nouveau sec, mais non brutal, le matricule récupéra la baguette de l’Enfant et, dans un CRAC supplémentaire, se trouva de l’autre rive. Un #Illusionis plus tard, et de nouvelles silhouettes de sa personne apparurent. Toutes, indifférenciables, deux visibles : une au bout du pont, et l’autre juste en face du probable aspirant partisan.

Il n’y a apprentissage qu’à partir du moment où il y a blocage.
Alors, ce Pédagogue générera le blocage, afin que l’aspirant à ses Idées, puisse se faire actant. Et dans son essai, l’apprentissage pourra se faire.

Ecartant largement les bras, les silhouettes donnèrent en cœur la consigne, d’une voix forte et sans détour : « - Viens ! Trouve-moi, cherche par toi-même la Vérité ! Et quand tu y seras parvenu, laisse-moi entendre les principes et enjeux de ton Idéologie ! »

Elles baissèrent les bras et attendirent, patientes, curieuses...
Car, seul est sans crainte celui qui ignore le Danger.
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