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[Habitation] Under The Bridge
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Alexie Scott
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Alexie Scott, Ven 12 Juil 2013 - 0:00


Alexie se mit à pleurer, mais ce n’était pas sa faute. Ses hormones jouaient avec ses nerfs et la jeune femme pouvait à tout moment changer brusquement d’humeur. C’est d’ailleurs ce que se produit. Lexie craqua complètement, s’effondrant sur le canapé sur lequel elle regardait la télé le samedi soir, blottie contre Phoebe, munie d’un grand bol de pop-corn, rien que pour elle parce que monsieur surveillait sa ligne. C’est alors que ce dernier s’approcha de son ex et lui sécha ses perles salées qui glissait le long de ses joues roses, à l’aide de son index. Comme quoi, parfois Phoebe pouvait se montrer gentil. C’est ce garçon là qu’Alexie avait tant aimé. Pas le vulgaire, cupide, manipulateur et égocentrique qu’elle avait retrouvé dans l’avion. En plus d’être séduisant à mourir, il pouvait se montrer généreux et protecteur, deux qualités qui sont primordiales chez un garçon, du point de vue de Lexie en tout cas. Le sensible Phoebe semblait de retour et Alexie n’avait qu’une crainte, retomber amoureuse de lui et pour de bon cette fois-ci.

- Je suis son père, mais je serai aussi son papa. Je t'aiderai, je t'en fais la promesse Jamais je ne vous laisserai seuls, crois-moi... Qu'importe si j'ai du mal à accepter la nouvelle !

L’anxiété d’Alexie disparut en quelques secondes. La jeune femme était désormais rassurée, apaisée et sereine quant à la future vie qui s’offrait à elle. Phoebe était prêt à adosser le rôle de père, c’était merveilleux. Alexie s’était trompée, elle qui pensait qu’il allait lui tourner le dos, lui faire faux bon et l’abandonner à son triste sort. A l’instar de ses premières pensées, Phoebe se montra enfin responsable, il venait de lui promettre qu'il ne comptait pas la délaisser. Désormais, il ne pouvait plus revenir en arrière, il ne pouvait plus rompre le pacte qu’il venait de lui faire. A partir de ce jour, les deux ex étaient liés et ceux pour toujours. Ils allaient être parents, ce n’est pas rien comme responsabilité, Alexie espérait donc que Phoebe soit à la hauteur de ses attentes. Peut-être qu’avec le temps, elle aurait de nouveau confiance en le brun, mais pour le moment elle se méfiait encore de lui comme de la pest et avait encore quelques griefs contre lui. Il était très bien capable de partir du jour au lendemain et de ne plus jamais donner de nouvelles, au point même de quitter le pays. Toutefois, le jeune homme semblait avoir changé et mûri, espérons le en tout cas pour Alexie qui ne supporterait pas une autre déception.

- Mais avant, je dois t'avouer quelque chose... Il y a quelques mois, j'étais encore professeur à Poudlard mais en une soirée tout a été chamboulé... Je me suis fais renvoyer  à cause de mon mauvais comportement, n'acceptant pas cette situation, je me suis enfui dans la Forêt Interdite... Mais c'était une soirée de pleine Lune... Et un Loup-Garou vint me mordre. Je suis donc moi-même Loup-Garou aujourd'hui... Mais n'ai crainte, a s'est produit après que... que l'on l'ai fait. Mais peux-tu le comprendre ? Peux-tu l'accepter ?

Finalement, Alexie n’était pas si sereine que ça. La révélation que Phoebe lui annonça la fit tomber des nues. Encore un loup, toujours des loups ! C’était trop, la jeune femme en avait plus que marre d’être entourée de loups. Sa tante, sa meilleure amie, son meilleur ami et maintenant le père de son futur enfant, elle n’en croyait pas ses oreilles. Un chien de plus dans son entourage ! La cerise sur le gâteau !  La jeune femme repoussa Phoebe et s’installa un peu plus loin sur le canapé. Désormais, elle ne se sentait plus en sécurité et surtout elle s’inquiétait déjà pour celle du futur bébé. Alexie laissera naturellement Maria l’approcher car la brune avait une confiance aveugle en la blonde, en revanche elle appréhendait beaucoup de laisser le bébé seul avec Phoebe.

En effet, la sang pur avait beaucoup trop peur qu’il lui arrive quelque chose malgré que ce soit involontairement commis. La suite du récit de Phoebe lui glaça le sang. Et si son futur bébé était à son tour loup-garou ? Alexie se sentit mal et éprouva des difficultés à respirer ce qui se transforma en une toux. Rapidement, elle prit un mouchoir et cracha dedans ce qui coinçait sa gorge. En l’occurrence, il s’agissait de sang, ce qui était plus dégelasse qu’autre chose. Après cette révélation, Alexie était à moitié effrayée par Phoebe, elle avait peur qu’il fasse du mal, à elle ou au bébé. Son instinct de mère prit le dessus sur ses sentiments à l’égard de l’ancien Gryffondor. C'est les larmes aux yeux qu’Alexie prit enfin la parole afin de partager son impression sur cette nouvelle aussi incroyable qu’effrayante.


- Est-ce que tu es en train de me dire que notre enfant sera à son tour loup-garou ? Je t'en supplie dis moi que je me trompe, dis moi que notre rencontre dans ce foutu avion est arrivée bien avant ta morsure, je t'en conjure ! La soeur de mon père était une louve et, elle est morte, tuée par des sorciers. J'ai pas envie que ça t'arrives à toi aussi. Tu sais que ce que tu viens de me dire ne me rassure pas du tout, au contraire c'est une source de stress pour moi. Je me dis que les soirs de pleine lune tu seras pas là pour souhaiter bonne nuit, à ...  à ta fille.

Voilà, Alexie lui révéla le dernier mystère qu'elle gardait encore secret. La jeune femme ne voulait pas lui dire, mais au final à quoi bon lui cacher la vérité. Tant pis si le sexe de l'enfant le dérangeait, ils allaient avoir une petite fille, aussi mignonne qu'Alexie et aussi capricieuse que son père, c'est tout ce qui importait.
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Phoebe Monroe, Mar 23 Juil 2013 - 14:18


Sa bouche était sèche, sa respiration était un râle. Cet être se recroquevilla sur lui-même. Son visage autrefois halé avait une luisance cadavérique, ses yeux étaient bordés par des cernes profondes. Ces mêmes prunelles étaient à présent voilés, elles venaient d'être soustraite de leur essence vitale. Il fixait le néant de ses pupilles mordorés. L'espace d'un instant, sa langue commis l'erreur de glisser sous ses dents, arrivée sous la canine, une entaille se forma sur ce bout de chair. Il sentait les gouttes de sang roulait dans sa bouche, il sentait ce goût métallique et âcre qu'il aimait tant. Soudain, un souffle qu'il ignorait retenir s'échappa, ses poumons se vidèrent, il était calme. Ses paupières se refermèrent hermétiquement, faisant perler les quelques larmes restées au coin de son oeuil. Il ignorait ce qu'il éprouvait en ce moment, ni même s'il était en capacité de penser. Il s'était enfermé dans un mutisme ravageur. Surement par honte ? Son cœur battait à un rythme cadencé, déversant en son être l'envie noire de délivrer la bête qui est en lui. Le silence régnait dans la pièce, Alexie Scott s'était écartée de l'homme qui autrefois était son amant. Peut-être par dégoût d'apprendre la vraie personnalité de ce dernier ? Ce silence de plomb pesait sur les seuls êtres vivants présents, il les oppressait, les perturbait mais il les consolait et les berçait. Nul d'entre eux n'osait franchir la frontière de la parole, l'un par honte et l'autre par appréhension. Il était surprenant d'apprendre qu'en cet instant de gravité Alexie Scott se retournait vers sans accorder une once de compassion envers le père de son enfant, enfin ça il ignorait. Quant à Phoebe Monroe, rongé par sa honte il faisait abstraction de sa conscience humaine, n'était plus qu'une loque à l'aspect humain. La mutation fait souvent plus de dommages psychologiques que physiques. En lui dévoilant son côté lupercale, il n’espérait ni réconfort ni pitié, il voulait jouer franc jeu et dévoiler ses cartes à la femme qui couvait son enfant. Il fut sorti de ses songes dépassant la connaissance même des êtres humain par la voix suave qui lui était si familière. Son regard se tourna dans sa direction mais il n'osait croiser son regard par peur d'y trouver de l'indignation. La future mère venait de prendre la parole, brisant ainsi la barrière fragile et effrayante du silence. L'auror était suspendu à ses mots, impatient de recueillir son ressenti bien qu'il ait omis de remarquer que l'élue de son cœur avait des problèmes de santé.

« Est-ce que tu es en train de me dire que notre enfant sera à son tour loup-garou ? Je t'en supplie dis moi que je me trompe, dis moi que notre rencontre dans ce foutu avion est arrivée bien avant ta morsure, je t'en conjure ! La sœur de mon père était une louve et, elle est morte, tuée par des sorciers. J'ai pas envie que ça t'arrives à toi aussi. Tu sais que ce que tu viens de me dire ne me rassure pas du tout, au contraire c'est une source de stress pour moi. Je me dis que les soirs de pleine lune tu seras pas là pour souhaiter bonne nuit, à ... à ta fille. »

Une fille. Ce sera donc une fille. Phoebe Monroe était à présent partagé entre l’allégresse et la culpabilité ; il aimait, à présent, se dire que la descendance sera assurée et que le joyau de son cœur sera une femme au charme certain. Son cerveau avait du mal à assimiler toutes les paroles d'Alexie. A vrai dire, il avait très mal au crâne. Ce fut un effort considérable de rassembler ses pensés pour articuler une réponse de sa rocailleuse qui était teintée de tremblements inhabituelles.

« Ne t'en fais, c'était bien après notre rencontre. Ne crains rien pour notre... Fille. Je-je suis désolé de t'avoir mis dans cette situation mais d'un côté, je ne peux m'efforcer de penser que c'est le plus cadeau du monde. Je prendrais de la potion Tue-Loup, jamais je ne vous mettrais en danger, tu entends ? »

Ces paroles s'envolèrent dans l'air embuant de l’appartement. Elles avaient mis du baume au cœur de Phoebe qui décida de se lever. Sa haute silhouette puissante s'éleva pour culminer de toute sa taille. D'un pas lent, il paraissait glisser au sol. Il se rendit dans la cuisine tout en regardant du coin de l'oeuil Alexie. Se servant un verre d'eau, il en but une longue rasade qui lui redonna des couleurs. Il commençait à penser qu'il allait surmonter cette épreuve et il était enthousiaste de savoir qu'il avait désormais un lien concret avec Alexie. Il la désirait de tout son être mais il ne pouvait pas la posséder, c'était trop tôt. Phoebe Monroe s'avança vers le divan sans s'asseoir, il resta debout. Il observait attentivement la mère de sa fille. Il contemplait son visage opalin, ces yeux tempétueux, ses cheveux auburn et ses lèvres écarlates. Leur enfant sera beau. D'une voix plus claire, il reprit d'un ton qui se voulait franc :

« Si jamais je peux faire quelque chose, si jamais tu as besoin d'aide, n'hésites pas. En fait... Je suis complètement perdu, je ne sais que penser ni que faire mais je pense que je suis heureux. Oui, je le suis. »
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Alexie Scott, Dim 28 Juil 2013 - 5:39


La révélation de Phoebe à propos de sa forme lupine glaça le sang de la jeune femme. Il ne fit d'abord qu'un tour et se figea ensuite, tel une statue de pierre. Tous les membres de son corps firent de même, il n'y a que ses larmes qui s'octroyaient une petite glissade le long de sa joue de son visage poupin, comme les enfants sur un toboggan. Elle ne pouvait pas les empêcher de couler et ceci en abondance. Alexie était comme paralysée, elle ne sentait même plus l'enfant qu'elle portait, seules les perles salées semblaient encore exister. La jeune anglaise était assise, heureusement. Même si elle restait de marbre à l'extérieur, à l'intérieur elle était effondrée et dévastée par la situation. Elle se sentait d'un côté trahie et de l'autre stupide. Quelle idée d'avoir fait un enfant avec un loup garou.

- Ne t'en fais, c'était bien après notre rencontre. Ne crains rien pour notre... Fille. Je-je suis désolé de t'avoir mis dans cette situation mais d'un côté, je ne peux m'efforcer de penser que c'est le plus cadeau du monde. Je prendrais de la potion Tue-Loup, jamais je ne vous mettrais en danger, tu entends ?

A l'instar de sa révélation, la réponse rassura quelque peu Alexie. Apprendre que finalement, Phoebe n'était loup garou qu'après leur aventure aérienne, apaisa le coeur de la jeune femme qui commençait à s'emballer et à paniquer. En quelques minutes, elle passa de l’inquiétude à la rassurance. En psychanalyse, on appelle ça un ascenseur émotif. Pour Alexie, c'était le début d'une nouvelle vie. D'ici quelques mois, ils seront parents. C'est une nouvelle vie qui s'offrait à eux, un nouveau départ et peut être une nouvelle chance pour leur couple. La jeune femme avait beau se voiler la face, au fond, elle avait encore des sentiments pour Phoebe. Certes ils étaient enfouis et encore indescriptibles, mais ils étaient quand même, bel et bien présents. Alexie n'avait pas confiance en son ex, mais elle le sentait si sincère dans ses paroles, qu'elle était bien obligée de le croire. A ses côtés, la jeune femme se sentait en sécurité. Avec lui, elle pouvait être heureuse.

- Si jamais je peux faire quelque chose, si jamais tu as besoin d'aide, n'hésites pas. En fait... Je suis complètement perdu, je ne sais que penser ni que faire mais je pense que je suis heureux. Oui, je le suis.

Phoebe remontait peu à peu dans son estime. Au cours de ses derniers temps, Alexie fut très déçue par son ex au point de vue de son comportement. Il s'était clairement comporté comme le dernier des enfoirés avec elle. Il s'était servi d'elle pour assouvir ses pulsions sexuelles ni plus ni moins. Un acte qui détruisit Alexie au plus au point. L'amour se métamorphosa en haine et à partir de ce séjour à Rio, la jeune femme s'était faite une promesse à elle-même, celle de le détester chaque jour un peu plus. Malheureusement, Alexie se voyait redécouvrir des sentiments qu'elle pensait éteints. Une frustration supplémentaire au quotidien et une souffrance inévitable.

- Je suis rassurée tu ne peux pas savoir à quel point je suis soulagée. Tout ce dont j'ai besoin, c'est de toi... à mes côtés, pour l'enfant bien sûr. Je suis heureuse moi aussi, heureuse d'avoir cette petite chose à l'intérieur de mon ventre qui d'ici quelques mois, deviendra notre raison de vivre. Mais j'aimerais quand même te poser une question et je veux que tu me répondes le plus honnêtement possible. Ça te fais quoi de savoir que tu vas avoir un gosse, avec une personne que tu détestes de tout ton coeur ?
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Phoebe Monroe, Ven 9 Aoû 2013 - 15:21


Épiés par leurs démons, les deux êtres vivants se toisaient, s'examinaient, se jugeaient. Se demandant s'ils pouvaient se faire confiance. Leurs souvenirs réapparaissaient, se glissaient tels des serpents, lorgnant leurs chevilles, grimpant sur leurs corps courbés pour enfin s’immiscer dans leurs esprits. Des souvenirs qu'ils auraient préférés oubliant en cet instant fatidique mais ils n'étaient pas maîtres de leurs pensées. A la manière d'une projection, Phoebe Monroe se revoyait, il y a de cela cinq ans, sur un pont pavés de pierres grises et parsemé de flocons de neige. Emmitouflé sous un manteau de fourrure et embrassant passionnément Alexie. Alexie... Le souvenir de ses lèvres glacées était surement le plus beau.  Torturé par l'amour qu'il porte à cette femme, Phoebe Monroe ne voit pas que cette dernière éprouve vraisemblablement les mêmes sentiments. Pourtant, étrangement, il évite tout particulièrement de se poser cette question, par peur de la réponse. Alexie reprit alors la parole, troublant le jeune homme dans ses pensées l'obnubilant :

« Je suis rassurée tu ne peux pas savoir à quel point je suis soulagée. Tout ce dont j'ai besoin, c'est de toi... à mes côtés, pour l'enfant bien sûr. Je suis heureuse moi aussi, heureuse d'avoir cette petite chose à l'intérieur de mon ventre qui d'ici quelques mois, deviendra notre raison de vivre. Mais j'aimerais quand même te poser une question et je veux que tu me répondes le plus honnêtement possible. Ça te fais quoi de savoir que tu vas avoir un gosse, avec une personne que tu détestes de tout ton cœur ? »

Quelque peu circonspect face à cette interrogation, le jeune homme resta coite durant quelques instants. Des instants qui lui paraissaient être des heures. Des heures où il se noya dans ses yeux bistrés, où il glissa sur ses joues ivoirines, où il s'accrocha tant bien que mal à ses lèvres carmines pour après revenir à la réalité. Sans un mot, il s'avança dans la direction d'Alexie Scott. Son pas était lent mais assuré, nul tremblements ne transparaissaient. Ils étaient à présent face à face, l'un dominant l'autre de la taille. Subitement, presque instinctivement, l'homme saisi la mère de son enfant et lui fit une douce étreinte. La prenant dans ses bras, la protégeant. Elle sentait bon. La lavande, lui semblait-il. Il glissa alors en un souffle à son oreille :

« Je ne te déteste pas. »

N'en finissant pas avec son étreinte, il ferma les yeux. S'imaginant avec elle ainsi que sa fille. Une fille qui serait heureuse dont le sourire fendrait son âme. Une fille qui courrait follement sur de l'herbe verte sous le regard attentif de ses dévoués parents. Toujours d'une voix blanche, il reprit :

« ... Mais il est trop tôt... »

Relâchant son étreinte, il n'osa pas affronter le regard d'Alexie, le sien fuyait à travers la pièce se rattachant à des choses futiles. Ce début de journée avait été éprouvant. Il avait besoin de respirer, d'espace mais surtout de contempler l'enveloppe de papier kraft qui avait été jeté par terre. quelque peu gêné, il s'adressa à son interlocutrice en passant sa main à l'arrière du cou :

« Bon. Euhm... J'ai beaucoup de choses à faire aujourd'hui, alors... J-J'aimerai bien me retrouver seul... un peu. »

Une fois qu'Alexie Scott eut le bon sens de se retirer de l'appartement. Phoebe Monroe saisi l'enveloppe - sans l'ouvrir pour autant - et transplaner dans la campagne écossaise, à Saint-Andrew plus précisément. Il ne comptait pas y retrouver ses parents mais simplement s’allonger dans un cyprès et contempla la radiographie de sa fille.

[Fin du RP]
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Alexie Scott, Mar 17 Déc 2013 - 23:26


« Mon amie, mon amour, mon emmerde. »

Pv : Phoebe Monroe & Junie Shape ♥
Je quittais l’hôpital, une photo de ma toute dernière échographie à la main. J'étais impatiente de la montrer à Phoebe. Je rejoignais justement le métro pour me rendre à son appartement. Je voulais lui faire la surprise. Je voulais débarquer et lui mettre la photo de sa fille sous son nez, je voulais entrevoir sa réaction, je voulais voir un sourire se dessiner sur ses lèvres que j'avais pu embrassé de nombreuses fois. Je voulais juste assister à son bonheur, l'occasion se raréfiait tellement. La photo soigneusement rangée dans ma poche de veste, je descendis les marches du métro et me retrouvai dans les sous-terrains. Je montai rapidement à bord du transport ferroviaire direction le coeur de Londres.

A la sortie du métro, je découvris une ville recouverte d'un manteau blanc. La neige avait tout redécoré, d'une pâleur resplendissante. Les flocons déambulaient et certains se posaient dans mes cheveux. Je redécouvrais la capitale anglaise. Sous la neige, ce n'était plus pareil. C'était si beau, si propre tout d'un coup. Je continuai mon chemin en direction de l'avenue de Phoebe. Dans les ruelles, les enfants faisaient des bonhommes de neige et tout autres personnages encore inconnus de mon répertoire. Les commerces offraient de la soupe et du vin chaud, tandis que les employés de la mairie s'occupaient du salage des routes. Ah l'hiver, c'était si revigorant.

J'arrivais enfin devant l'immeuble où résidait le père de mon futur enfant. Il était dix heures. J'ignorai si Phoebe dormait encore à cette heure-ci. Pour un samedi matin, c'était fort probable et j'allais surement nuire à son sommeil mais qu'importe. Il désirait suivre la grossesse de près, mais ne m'accompagnaient même pas aux échographies ou à un rendez vous médical quelconque. Alors du coup, je venais lui apporter la photo, je venais lui montrer et lui reprocher le moment qu'il venait de manquer car il préférait rester au chaud sous sa couette. Son soutient n'était qu'une ironie. Notre bonheur familial n'était qu'une utopie, on était loin d'être heureux, on était loin d'être une famille.

- Bonjour !

Le concierge me reconnut et m'ouvrit directement. Il commençait à prendre des nouvelles. C'était très généreux de sa part, mais le temps me manquait pour poursuivre cette conversation non existentielle. Je m'excusai donc et appelai l’ascenseur. La dernières fois que j'avais mis le pied dans cet immeuble, j'avais provoqué un scandale digne d'hollywood. Cependant, Phoebe l'avait bien cherché. Alors que je venais lui annoncer ma grossesse, il était dans les bras d'une autre. Depuis, je m'étais calmée. Cette fois-ci, tout allait bien se dérouler. Je comptais seulement lui donner la photo, rien de plus. Je ne voulais même pas prendre de ses nouvelles.

La porte de l’ascenseur était lourde, si lourde. A moins que ma force s'amoindrissait à cause de la grossesse. Je ne savais guère. J'avançais désormais dans l'étroit couloir jusqu'à arriver sur le seuil de son appartement. Me revoilà. Neuf mois auparavant, je débarquais pour annoncer ma grossesse et désormais, je frôlais l'accouchement. Cette fois-ci, je ne voulais pas sonner comme si j'étais invitée ou attendue. Non. Je comptais bien m'imposer. Je sortis donc ma baguette et murmura un #alohomora puis refermai la porte derrière moi, une fois entrée dans l'appartement. La décoration n'avait toujours pas changé.

Je traversai l'appartement pour rejoindre la chambre de Phoebe. La porte était entrouverte, je la poussai délicatement. Monsieur dormait encore profondément. La couette ne laissait apparaître que son dos. Sa tignasse ressemblait plus à un balai qu'à des cheveux et l'odeur qui émanait de son drap était une puanteur. Je me déplaçai jusqu'à la fenêtre à pas de chat. Il dormait toujours comme un bébé. Cependant, cela n'allait pas durer. J'avais en tête de le réveiller, de perturber son sommeil si précieux. D'un coup, j'ouvrir les rideaux opaques puis la fenêtre. Je tirai ensuite la couette de Monroe et la balançai par terre.

- Debout la belle au bois dormant, rejoins moi dans la cuisine, j'ai quelque chose à te montrer.
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Phoebe Monroe, Sam 21 Déc 2013 - 15:12


Les gens de la mer ont cette faculté étrange et mystérieuse de ne pas avoir peur. On dit qu’ils ont la rage au ventre, la volonté dans les yeux et la haine à la bouche. Moi, je le sais mieux que quiconque. Vous ne l’avez pas vu, vous, cette rage démente qui déferle sur nous plus violemment que les vagues ; vous n’avez pas vu cette volonté qui les guide mieux que la lumière des phares, ni cette haine transcendante qui se définit par un cri déchirant le ciel comme un éclair. Moi, j’ai honte parce que j’ai peur. Aux clapotis des vagues, j’ai peur ; à la lueur des phares, j’ai peur ; aux mouvements des nuages, j’ai peur. Vous ne savez pas, vous, ce que c’est d’avoir peur. Ce sentiment, cette impression allégoriquement sombre et menaçante qui vient vous voir en chuchotant que vous allez mourir puis en vous caressant la tête, docilement. Je ne mens pas, moi, je ne me cache pas, je me contente de vivre, ou plutôt de survivre.

La peur, c’est drôle, on n’y pense pas. Elle nous rend comiques, divertissants. Tenez, prenez un appartement, vide, bien meublé, dans Londres. Rajoutez-moi dedans, en train de dormir paisiblement dans un lit trop mou, est-ce drôle ? riez-vous ? Je ne crois pas. Rajoutez une femme charmante, enceinte et désespérément amoureuse. Si on lui donnait un nom, ce serait Femme, ou alors Alexie. Elle marchait bien, c’était une personne convenable, on lui enviait sa grâce et sa beauté. Cependant, ce n’était qu’une Femme ; enceinte, amoureuse, belle et sans emploi. Comment lui donner une autre caractéristique alors qu’elle n’en a pas ? Certains diront que ce n’est qu’un personnage, moi, je n’y crois pas, c’est une Femme. De touts temps, le pire ennemi de l’Homme se cachait dans son lit à ses côtés, souriant, des fois, lui faisait plaisir, des fois. Cette Femme était une ennemie, pensais-je, on ne laisse pas entrer son ennemie chez soit, ce serait inconcevable, en temps de guerre. C’est une faute répréhensible. Là est toute la Comédie.

Je ne dis pas que cette Femme est vile, je dis simplement qu’elle comme tous m’en voulaient terriblement d’avoir peur. Alors je l’ai comprise, celle-ci, j’ai compris comment la vaincre, comment triompher. On peut dire que j’étais fou, c’est possible ; j’étais follement lâche, répugnant à souhaits. Vous pouvez trouver bien des mots pour me désigner, des insultes s’il vous plaît, des gestes à votre gré. Au final, j’aurai gagné. Au final, j’aurai raison ; la peur c’est l’intelligence de vivre tout en sachant que la mort nous guette. Et vous, idiots comme vous l’êtes, vous oubliez chaque jour un peu plus que votre fin viendra et moi je rigole. Vous avais-je bien dit que la peur est drôle ?

Revenons dans l’appartement, la Femme entre, le public applaudit, rit s’il le veut. Elle vient dans la chambre et soulève mes draps – on peut m’apercevoir dans le lit, dormant avec un air faussement angélique –, elle ouvre les rideaux et la fenêtre et s’écrie « Debout la belle au bois dormant, rejoins moi dans la cuisine, j'ai quelque chose à te montrer. » C’est alors que moi, surprenant le public, je me lève, faisant mine de ne rien comprendre d’être perdu. En réalité, je ne m’attendais pas à ce que l’on vienne me réveiller, mais je concevais cela aussi naturellement et spontanément que ça me venait. Le public se demande alors comment se fait-il que je ne tremble pas, que ma face ne soit pas couverte par un masque stupide mais terriblement communicatif de frayeur sur jouée. Dois-je vraiment répondre ? S’il en est ainsi… Certes j’ai peur, mais, moi, je ne fais pas semblant, la peur est présente, elle se cache comme toutes choses malsaines et viles de ce monde, comprenez-vous ?

La Femme se trouvait dans la cuisine, elle attendait patiemment, sagement. On entend des claquements de langues et des murmures dans le public. Je suis assez d’accord avec lui. Alors, je me plie à ses attentes. Sur le comptoir blanc de la cuisine qui semblait n’être jamais utilisée, on pouvait apercevoir un parchemin tâché d’encre. Ce parchemin, on pouvait le remarquer facilement ; dans ce décor vide de toute vie il n’y avait que ce papier jauni qui dénotait quelque peu et rendait l’endroit surement plus réaliste, si bien que certains futés parmi le public l’avaient remarqué et diront à leurs voisins dans quelques instants qu’ils avaient deviné ce qu’il allait se produire, je vous félicite, brillantes petites têtes ! Hier soir, tristement perdu, tristement bourré, tristement joyeux, j’avais écrit cette lettre que je n’avais osé envoyer, par lâcheté, encore une fois. Elle était restée là, sur le comptoir et les quelques mots que j’avais écrit exprimés ma pensée, ma pensée dirigée par la peur. Ils étaient vrais, ces mots, mais ils n’étaient pas justes. Vous avais-je dit que je comptais être père ? Cette Femme est la mère et c’était à elle que cette lettre était destinée. Je sens dans vos regards l’envie de lire cette missive, alors je vais vous en mettre une partie afin de vous satisfaire convenablement.

    « Ma chère Alexie,

    Je pourrais bien me perdre dans des centaines d’explications, mais je suis déjà bien trop perdu. Je pourrais tenter de me faire pardonner, mais je n’en ai pas envie. Je pourrais au moins te le dire clairement, mais j’ai bien mieux à faire. La vérité est que je ne t’aime plus, y a-t-il une explication à cela ? Non, conte-toi d’apprendre que je n’en ai plus le temps, ou que j’ai bien trop peur, cela te convient-il ?

    Phoebe, ton ami. »


Il y a surement dans cette lettre beaucoup à dire, seulement je laisse le public en apprécier selon sa volonté le contenu. Moi, je n’ai plus rien à dire là-dessus, si ce n’est que c’était l’expression vraie de ma pensée actuelle. Et que j’étais son ami, aussi, enfin si elle me désirait.
Pour finir, le public murmura un « Oh » de surprise ; j’entrais dans la pièce. Je mimais la fatigue que je ne ressentais pas en cet instant. « Pourquoi venir me réveiller aussi tôt ? Ma puce, qu’est-ce qu’il se passe ? Dis-je m’approchant vers elle. » Oh, il se passait beaucoup de choses et ça je le savais, mais comprenez qu’avec cette Femme il est important de parler, comme avec toutes d’ailleurs. C’est surement le plus grand écart entre moi et mes ennemis.
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Alexie Scott, Sam 21 Déc 2013 - 22:08


Je ne pourrais décrire les sentiments qui s'emparaient de moi lorsque mon regard croisa celui de Phoebe pour la première fois. Pourtant, je m'en remémorais comme si c'était hier. Je me souvenais d'une belle soirée d'hiver où la neige recouvrait la route. Je le voyais, au loin, je l'avais déjà remarqué, je devais le remarquer. J'étais en mission, je devais rendre ce service. Je devais agir et faire n'importe quoi pour qu'il s'intéresse à moi. Il devait tomber amoureux et je devais ensuite le quitter, le briser et l'achever. Je ne devais pas nuire à cette quête, à ce service rendu à une personne chère. J’obéissais donc, comme hypnotisée. Après ce que cette personne avait fait pour moi, c'était la moindre des choses. Je me mise donc à le suivre, je ne cessais pas de le regarder. Puis enfin il me remarqua. Un sourire suffit pour tomber sous l'emprise de cet homme là.

Neuf mois. Ce fut le temps durant lequel j'étais avec lui, où il était avec moi, où nous étions ensemble. J'étais heureuse, enfin je le croyais. Encore une fois, je me voilais la face d'une manière puérile et ridicule. Il semblait m'aimer, moi j'en étais folle amoureuse. Il paraissait généreux, j'aurai pu lui offrir ma vie. Il semblait tendre, j'aurai pu rester dans ses bras pour l'éternité. Il paraissait tenir à moi, j'aurai pu l'épouser tous les jours. On se voyait la journée, je rêvais de lui la nuit. J'étais en couple et il était libre. Il fallait se rendre à l'évidence, nous n'étions pas compatibles, nous ne devions pas l'être. Avec le recul, je m'en apercevais. Mais que faire ? Je l'aimais moi. Je les aimais tous les deux. Je ne voulais pas le faire souffrir, mais je ne voulais pas la décevoir. Je dus malgré tout, faire un choix. Neuf mois. Deux mois de mensonges et d'hypocrisie pour sept mois de pur bonheur. J'étais avec lui, mais sans elle.

L'opacification des rideaux du salon assombrissait la pièce rectangulaire. A l'instar de ceux accrochés dans la chambre de Monroe, je tirai ces derniers. La clarté du jour pénétra alors dans salle. Elle fut rejointe par l'unique habitant de cet appartement qui fit son entrée  dans le salon. Pour ma part, je m'étais déjà volatilisée dans la cuisine. Je feuilletais un livre de cuisine, lorsque je tombai nez à nez avec une enveloppe sur lequel était inscrit mon prénom. Sans demander l'avis personnel de Monroe, puisque de toute façon je m'en contre fichais, je défis le cachet et ouvrai cette mystérieuse enveloppe. Un parchemin y résidait. Mes yeux se posèrent sur le texte inscrit. Ce coup de plume appartenait à Phoebe. Je lu le parchemin, encore et encore. Les mots qu'il employa me paralysèrent. Il venait de me détruire, de détruire l'unique bonheur auquel je me rattachais. Il venait de tout gâcher, encore. Phoebe entra dans la pièce, je séchai rapidement la larme qui commençait à perler sur mon visage.

- Je voulais te montrer ça, tiens dis-je en tendant la photo. J'ai fait ma dernière ce matin. Tu l'aurai su, si tu étais venu...

Je baissais la tête. Je ne voulais pas que mon regard croise le sien. Sans le vouloir, enfin pas aujourd'hui en tout cas, Phoebe venait de me briser le coeur. Je venais de recevoir un poignard. Il était ancré dans mon coeur. Il saignait, se brisait, se noircissait. L'amour que je pouvais ressentir à l'égard de cet homme, cet homme qui fixait cette photo d'échographie l'air heureux, cet homme qui m'avait fait un enfant, venait de disparaître. Je ne pouvais pas aimer un lâche. Entre l'amour et la haine, il n'y a qu'un pas. La limite était dépassée. Il ne m'avait jamais autant déçu. Incapable de me le dire droit dans les yeux, Monroe avait osé rédiger cette humiliation par lettre. Ma fierté en prenait un coup, moins que mon coeur, mais un coup fatal toutefois. J'étais comme morte de l'intérieur. Mon âme pourrissait, mon coeur cessait de battre et ma tête ne réfléchissait plus.

Je fixais sa joue. Je rêvais de la faire valser grâce à ma main. J'en rêvais, c'était presque un fantasme. Cependant, je ne fis rien. Je regardais autour de moi, l'air perdu. La photo était toujours entre ses mains. Comment lui dire, sans le vexer que je voulais la garder ? Qu'il ne la méritait pas. Et pas seulement la photo. Ce qu'elle représentait également. Comment élever un enfant, comment l'aimer si ses parents n'étaient même pas heureux ? Je ne voulais plus de cette perception de la vie. Je ne voulais plus de cette famille. De cette pseudo famille. En réalité, on était loin d'en former une. Il y avait lui, moi et bientôt elle. Rien de plus. Qui était Phoebe pour moi ? Un premier amour ? Un simple ami ? Je ne savais guère. Mais il ne représentait certainement pas l'image paternelle que j’espérais pour notre fille. Je lui ôtai des mains la photo, je ne voulais plus qu'il la regarde, il venait d'en perdre l'autorisation.

- Tu n'as pas quelque chose à me dire Phoebe ? Tout ce qui peut être écrit peut être dit non ? La franchise ne fait elle pas partie de ton caractère ? Je pourrais au moins te le dire clairement, mais j’ai bien mieux à faire. C'est bien ça ? Je n’en ai plus le temps, j’ai bien trop peur. Ce n'est pas de la lâcheté ça ?

Mon coeur se serrait.

- Je t'aime Phoebe. Et je sais qu'au fond tu m'aimes aussi. Te cacher derrière ta peur et tes angoisses n'effacera pas tes sentiments. S'il te plait Phoebe. Aime moi, comme je t'aime. J'ai changé, je te promets. Que veux-tu de plus ? Que je fasse la liste des personnes avec lesquelles j'ai couché ? Parce qu'au final, le problème c'est ça ? Mes conquêtes, mes coups d'un soir c'est tout ça qui nuit à notre amour ! Mais au moins, dans ma liste tu ne trouveras jamais le nom de l'un de tes amis ou de ta famille. Tu sais pourquoi ? Parce que j'ai du respect pour toi. Toi, tu en as aucun. T'as couché avec ma cousine, tu as fait du rentre dedans à ma meilleure amie et là tu oses écrire noir sur blanc que tu ne m'aimes plus.

Je me sentis légère.

- Tu n'es qu'un lâche. Tu ne mérites pas l'amour que je te porte. Tu ne mérites pas cet enfant que je porte.

Mon amour s'estompa et les eaux se rompirent. Le souffle me manqua et la panique s'installa.
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Phoebe Monroe, Dim 29 Déc 2013 - 15:04


Le monde tournait autour de moi, me menaçait, m’agressait. Il ne cessait de me pourfendre de coups mortels, pourtant, j’étais toujours en vie et c’est ça qui l’énervait, qui le mettait hors de lui, que je sois en vie. Alors, frénétique, il continuait de m’agresser, mais ce souffle, celui qui sortait de mes lèvres, il réapparaissait toujours, le hantant comme lui me hantait. Si moi j’avais peur, lui, il était terrorisé et dans un certain sens je le comprenais. On jouait à un jeu, en fait, et il n’y avait aucuns gagnants que des perdants, que des ratés. On peut dire tout ce que l’on voudra, on est tous des ratés quand on meurt, c’est comme ça. Alors pourquoi ne pas l’être quand on vit ? Juste pour faire plaisir à nos parents qui sont plus ratés que nous, je crois.
Aujourd’hui, on continuait à m’attaquer et moi, je ne le savais pas encore. Je restais là, debout, inerte, idiot. Peu de choses me traversaient l’esprit à ce moment donné, simplement cette peur dévorante au ventre qui m’ulcérait et qui me faisait vomir tous les soirs. La Femme me regardait fixement, ou alors elle tentait de ne pas me regarder – j’avais cette fierté de pourvoir dire que j’attirais forcément le regard, non pas pour mon physique mais parce que je possède ce charme intriguant qui plaît à toutes ces femmes –, je ne comprenais toujours pas ce qui se passait, mais je croyais avoir deviné un semblant de tristesse sur sa face mignonne. Car oui, pour être mignonne, elle l’était, c’est bien utile pour les femmes, mais elle, elle avait ce petit ôté érotique et doucement provocant qui, moi, m’excitait beaucoup.

« Je voulais te montrer ça, tiens. J'ai fait ma dernière ce matin. Tu l'aurai su, si tu étais venu... » Et elle me tendit un papier glacé d’un geste ridiculement théâtrale qui me fit presque esquisser un sourire, mais le moment ne s’y prêtait pas. J’aperçus alors une forme vague et répugnante : ma fille. Ces photos m’importaient peu. Ce que je voulais, c’est la voir en vraie, devant moi, pour la juger et l’éduquer comme il se doit, pour l’emporter et l’emmener avec moi, pour être le père que je n’ai jamais voulu être. Et elle, cette stupide Femme, pensait qu’il était important que je vois, assez important pour me réveiller, pour pénétrer chez moi et pour violer tout mon intimité. Je déposai la radio sur le comptoir et aperçus qu’elle baissait la tête. C’était ridicule. Je voulais qu’elle parte immédiatement, qu’elle me laisse seule.

Alors, sans même me prévenir, cette femme se changea. Ce n’était plus une femme mais une lionne qui, prenant posture devant moi, rugit de toutes ses forces. Son cri me perçait les oreilles, je ne voulais pas entendre ça. C’est alors que j’ai compris qu’on m’attaquait, qu’elle m’attaquait, elle me menaçait puis, lorsqu’elle se rendra compte que ses mots sont devenus plats, inaudibles, elle me déchirera le visage d’un coup de griffes lacérés et ma peau tombera en lambeau. J’avais peur, à nouveau. Mes sens s’affolaient et je crois que mes genoux se plissaient sous la force de tout ce qu’elle m’accablait. Pourtant, cette fois-ci, j’osais sourire, j’osais la regarder en face et sourire devant elle. En un simple geste je relâchai toute ma haine, toute ma rage tandis qu’elle ne se lassait pas des mots. J’étais plus fort qu’elle, je la terrassais et elle le savait. Quand je regarder ses yeux, je ne voyais pas la couleur de ses iris, mais le mur de derrière, car oui cette lionne était vide, vide de tout ce que j’admire. Cela, elle ne le supportait pas, elle ne pouvait concevoir que, moi, le « lâche » puisse être plus fort, puisse gagner cette féroce guerre. Alors, dans un ultime espoir, elle s’affaissa, stoppant ses cris et fit la morte. Nous n’avions plus rien à faire ensemble. Tandis que j’étais fier de ma victoire, fier d’avoir gagné contre cet animal, je respirais lentement, je savourais. Je crois que j’étais blême, mais elle l’était d’autant plus. J’étais debout, elle était au sol et elle gesticulait dans des postures invraisemblables, inconvenables. Je compris qu’en réalité, je n’avais pas encore gagné, le duel n’était pas terminé. Je m’approchai d’elle, lentement puis lui chuchota à l’oreille : « Rampes. Cloporte. » Puis je m’en allai vers ma chambre et pris quelques vêtements rapidement pour ensuite disparaître en un tourbillon de craquements.

Cette odeur, je la détestais, je la sentais tous les jours. Celle du Chemin de Traverse : un mélange de pisse et de surconsommation pathétique. Elle entrait en moi et je ne pouvais m’empêcher de la vomir par petits flots, comme un robinet que l’on ouvre. Je courus chercher une femme, une autre, elle était là et je ne savais pas comment je l’avais retrouvé, d’un certain côté on se trouve toujours l’un et l’autre. Je la pris par le bras et l’emmena avec moi, ensemble. Ainsi on revenait dans cet appartement que je détestais qui n’était plus qu’un empilement de murs et d’objets sans intérêts. On aperçut alors la lionne, au sol, encore et je dis à la Femme qui ondulait comme un serpent : « Elle va accoucher. C’est l’heure. » Cependant, mon enfant ne naîtra pas au sol comme cette stupide lionne qui, à cet instant, n’était qu’une vulgaire chatte. Non. Ma fille naîtra sur un matelas confortable et accueillant. Alors je pris la lionne dans mes bras, aussi facilement et l’emmena dans ma chambre, sur mon lit. « Qu’est-ce qu’on doit faire, Junie ? Qu’est-ce que je dois faire ?! » Je pris un air faussement paniqué, en fait, il est vrai que j’avais peur, terriblement peur parce que je ne connaissais rien de ce monde là, celui qui voulait me tuer.


Dernière édition par Phoebe Monroe le Dim 29 Déc 2013 - 17:42, édité 1 fois (Raison : Junie ne vit pas dans l'Allée des Embrumes mais dans le Chemin de Traverse... Qui l'aurait cru ?!)
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Alexie Scott, Dim 29 Déc 2013 - 20:12


La rigueur du sol me poussait à changer de position toutes les dix secondes. Après mon monologue où j'incendiais complètement Phoebe, les eaux se rompirent. C'était l'une des toutes premières étapes avant l'accouchement. La panique se propagea dans mon corps, dans chacun de mes organes vitaux. Je me sentis légère. Ça y est, le moment fatidique arrivait. D'ici quelques heures peut-être, j'aurai un enfant. Une mini moi. Étais-je réellement prête pour passer ce cap de la maternité ? Je ne savais plus. Voulais-je réellement de cet enfant ? Je l'ignorais complètement. Voulais-je de cette vie qui s'apprêtait à s'offrir à moi ? Le doute s'installa. Je soufflai, comme sur des bougies lors de la célébration d'un anniversaire. Je soufflai comme le vent lorsqu'il s’abattait sur le village. Je soufflais pour garder mon calme. Je devais rester calme. Je devais me montrer forte. J'en avais marre de passer pour la faible, pour la poupée de porcelaine. Je désirais montrer que derrière ce visage de poupin et ce corps sculptée à la perfection, se cachait une véritable lionne dont la chasse était l'activité principale. Je voulais me montrer telle que j'étais à l'intérieur ; une battante. Je respirais. Du moins, je tentais de respirer. Je n'étais plus sur le sol. Je ne savais plus trop ou j'étais. J'ouvris les yeux, je me trouvais toujours dans le salon. Je m'étais assise par terre sans vraiment savoir pourquoi. Je n'avais pas prévu l'endroit où j'allais accoucher. Généralement, cela se faisait dans un hôpital, dans une chambre avec des personnes en bouses blanches et bleus et qui crient le sexe de l'enfant lorsqu'ils le tiennent dans leur bras. Mais au final, à quoi cela servait ? Je n'avais pas besoin d'eux pour me porter comme un charme ni pour mettre au monde un enfant. Je n'avais besoin de personne. Bon peut-être que j'exagérais, mais en tout cas je n'avais pas besoin de Phoebe. Certainement pas. Je préférais me tirer une balle maintenant que de le revoir un jour, que d'avoir besoin de lui et que d'avoir une once de regret à l'égard de notre couple. En parlant de lui, il me lâcha un regard glacial avant de disparaître. Il m'abandonnait à son tour. J'avais donc bien raison, il n'était qu'un lâche. Je pestais contre lui pendant au moins dix bonnes minutes. Ce temps écoulé, Phoebe réapparut dans la pièce, en compagnie d'une autre personne.

Qui était-elle ? Je n'arrivais pas à voir correctement son visage. Puis l'image du salon quitta mes yeux. Je fus portée et transportée dans une autre pièce, sur un lit. Un lit où jadis, Phoebe me faisait l'amour. J'étais portée comme un poisson, Phoebe jouait le pathétique rôle du pécheur. Ou bien je n'étais qu'un vulgaire sac de patate et Phoebe en était le cultivateur. Je ne représentais rien d'autre à l'égard de cette personne. Cette personne que j'avais pu aimer et chérir, et qui se transformait en véritable monstre. Depuis qu'il pouvait agir sous forme lupine, Phoebe n'était plus le même. Il n'était qu'une bête et j'étais la belle. Cependant, notre histoire ne finira pas comme ce célèbre conte pour moldus. Notre histoire était terminée, enterrée et archivée. Il n'y avait plus de Phoebe et Alexie ou d'Alexie et Phoebe. Il n'était que lui et je n'étais plus que l'ombre de moi-même. On se dévisageait mutuellement. Il ne m'inspirait que honte et lâcheté. Je ne voulais plus le voir. Qu'on le change en rat ou en crotte, de toute manière il n'était rien de plus. Pour moi, il ne valait rien de plus. Et cet homme là était un ancien Gryffondor ? Où était son courage ? Aussi bien caché que sa sincérité apparemment. A cause d'une fille, j'avais rencontré un monstre, j'étais tombée amoureuse d'un monstre, et j'allais donner un enfant à ce même monstre.

Cette fille, n'était rien de plus qu'une perle, une déesse parmi les nymphes. Une pierre précieuse qui se faisait rare ces dernières années. Elle était le genre de personne qu'on était obliger d'aimer. Je l'aimais. Je l'aimais d'un amour sincère mais peu solide. J'avais beau l'aimer, une personne m'éloignait d'elle. Le monstre. Ce monstre qui avait pourri nos vies, la sienne durant son enfance et son adolescence et la mienne encore aujourd'hui. Ce monstre qui nous liait, alors qu'on tentait de s'en séparer chacune de son côté. Cette fille était un soleil, une étoile filante parmi les astres. Elle était celle que j'aime au delà d'une simple amitié. C'était plus fort que cela, j'en semblais amoureuse. Mais je ne l'étais pas. Je n'avais pas le droit. Je ne pouvais pas aimer une femme, encore moins elle. Je la connaissais depuis si longtemps. Apollon aurait pu écrire une sérénade sur la beauté et la gentillesse de cette jeune fille asiatique. Cependant, il s'étouffa avec sa lyre lorsqu'il aperçut le monstre, rodant autour de la chinoise. Depuis Poudlard, je ne l'avais jamais quitté. Amies, confidentes, presque soeurs. Puis un jour, tout s'arrêta. J'étais devenue son espionne, son employée, je rendais justice, je la vengeais. J'étais son instrument de vengeance. Comme elle me l'avait demandé, j'avais attendu, je m'étais parfumée et parfaitement bien habillée pour qu'il ne remarque que moi. Une fois ceci fait, je devais simplement le rendre accro, le rendre fou et euphorique. Ma mission fut rapidement accomplie. J'étais fière de moi. Il était temps que je conclus ce plan monté à la perfection par nos soins. Il était temps que j'arrête tout, que je le brise comme il avait pu la briser et que je le détruise définitivement. Mais je ne pus me résoudre à quitter cet homme. Je tomba à mon tour sous son emprise et en suivant ce monstre, je perdis cette amie chère. Junie, c'était son nom. Elle était la belle, lui la bête. Et moi, j'étais au milieu, complètement perdue.
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Junie Shape, Mer 8 Jan 2014 - 21:23


~Un 21 Décembre quelques années auparavant~

Alors que les vacances de Noël n'allaient pas tarder à poindre le bout de leurs nez, les élèves continuait à arpenter les couloirs pour rejoindre les salles de classe. La jeune Serpentard arpentait elle aussi cescouloirs, mais son élan fut stoppé par un bout de papier volant jusqu'à elle. L'ouvrant délicatement, elle reconnut sans mal l'écriture, le cherchant du regard elle ne vit rien à part une masse d'élèves qui s'agglutinait. C'est alors souriante qu'elle entra dans sa salle de cours. A la fin de celui-ci, il lui restait une petite heure avant l'heure indiquée sur le morceau de parchemin qu'elle avait reçu, elle avait donc décidé de rester pratiquer l'art qu'elle affectionnait avec les défense contre les forces du mal, la potion. Cela ne faisait aucun doute qu'elle était la meilleure en potion, ce qui lui valait d'avoir quelques ennemis d'ailleurs, mais cela en s'en fichait éperdument. Le temps s'écoula alors doucement et l'heure du rendez-vous avait sonné. Rangeant ses affaires délicatement, la belle asiatique partie vers le lieu où elle le retrouverait de nouveau.

Une fois arrivée, il était là, dans la pénombre, debout, droit, souriant, magnifique. Enlevant alors sa cape à l'effigie de la maison Verte et Argent, elle oubliait ainsi ce qui les tenait si éloigné l'un de l'autre, elle s'approcha alors de lui, tout sourire. Ils se saluèrent par une douce et délicate étreinte et il lui tendit un paquet. Il y avait pensé, il n'avait pas oublié qu'en plus d'être le jour de l'hiver, ce jour était celui de la naissance de Junie. Ouvrant le petit paquet, elle découvrit un livre de divination, souriant elle le remercia, elle qui était si peu doué dans cette matière cela pourrait peut-être l'aider qui sait. Le rouge lui monta aux joues, ils parlèrent un long moment, puis la Verte et Argent s'approcha de l'homme et se glissa dans ses bras, plus aucun mot ne perturbait le silence, elle était logée dans ses bras, elle sentait son corps, son coeur contre elle. Le temps s'écoula encore et encore, puis la séparation arriva. Elle l'embrassa au creux des lèvres le remerciant de nouveau puis elle partie. Il était si parfait. « Je crois que je l'aime. Phoebe Monroe, je t'aime... » Voilà ce qu'elle avait écrit en dernière phrase sur son petit carnet avant de dormir. Junie avait l'impression d'être une princesse quand elle était avec lui et lui était le prince de l'histoire cela était certain

~21 Décembre aujourd'hui~

La jeune femme venait à peine de se lever qu'il hantait encore ses pensées, durant tant d'années elle avait réussi à l'oublier, l'effacer et il revenait comme un cheveu sur la soupe et cela énervait au plus haut point la belle asiatique, durant tant d'années rien ne faisait se remémorer à Junie cet homme, mais à présent la moindre chose avait un rapport avec lui. Ouvrant alors le petit carnet à la couverture de cuir rouge qu'elle avait ressorti, elle relit cette phrase, qu'elle avait pu être naïve. C'est donc les nerfs en pelote qu'elle descendit prendre son petit déjeuner, observant son bandage au bras, le sourire lui revint, la journée d'aujourd'hui avec sa famille lui permettrait aussi de ne plus penser. Alors qu'elle s'apprêtait à partir faire sa toilette, on sonna à sa porte. Sans maquillage, un débardeur indécent qui laissait entrevoir tout son soutien-gorge et un mini short, elle alla ouvrir la porte. Son regard émeraude croisa le sien, Phoebe Monroe, est-ce une blague ou le destin était contre elle aujourd'hui ? Avant même que Junie ne puisse dire quoique se soit, il prit son bras et l'amena dans un appartement, la chinoise ne comprenait pas. Puis il s'adressa à elle et ses yeux se portèrent sur cette femme au sol. Alexie ! La rage monta en elle, il l'avait laissé au sol tout ce temps, comment avait-il pu la traité ainsi ? Cette femme méritait toute l'attention du monde, Junie aurait voulu lui dire deux trois mots à cet ignoble homme mais le temps manquait, il porta alors la femme enceinte sur un lit. L'asiatique les suivirent dans la chambre puis d'un air paniqué il s'adressa à elle. D'un ton glacial elle lui répondit.

« Apporte-moi autant de serviettes que tu peux et de l'eau fraîche. Laisse-moi faire le reste ! »

Puis l'attention de Junie se porta sur Alexie, son visage se détendit et afficha un délicat sourire à son intention, posant sa main froide sur sa joue si chaude, la jeune femme lui susurra un petit « Ai confiance tout ira bien », puis elle se mit en place pour l'accouchement. Soupirant, elle voyait du coin de l’œil l'homme qu'elle avait aimé, ce prince qui était devenu un monstre, mais elle était-elle toujours une princesse ? Ces deux cœurs étrangers qui avaient découvert l'amour ensemble, qu'étaient-ils maintenant ? Sortant cet homme de son esprit, le travail commença, d'une voix calme et douce, elle ordonnait à son amie de pousser, encore, encore, encore, ses cris déchiraient le cœur de Junie. La tête se fit entrevoir, l'asiatique l'annonça alors à la mère pour lui redonner du courage. Toujours aussi calme et professionnelle, Junie continuait de guider Alexie dans son accouchement puis après tant d'effort, l'enfant était enfin sorti, une magnifique petite fille, l'avoir dans ses bras fit naître un sentiment nouveau chez Junie, son cœur se serra comme si un nouveau poignard venait d'y être inséré. Se tournant alors vers Phoebe, elle lui ordonna d'aller chercher des ciseaux et de les désinfecter, ce qu'il s'empressa de faire. A son retour, l'asiatique plongea son regard dans celui de l'homme puis soupirant elle lui demanda si il voulait couper le cordon de son enfant, car après tout s'était bien son enfant à lui. Il accepta et le coupa donc. Soupirant alors Junie s'approcha de la mère un radieux sourire au visage c'est d'une voix emplie de joie qu'elle annonça le sexe de l'enfant.

« C'est une fille » puis elle posa l'enfant contre sa mère pour qu'il se réchauffe avant de déposer une petite couverture sur les deux, embrassant le front de la magnifique Alexie elle la félicita. Reculant alors la Serpentard se mit à l'écart observant la scène d'un coin de la pièce. Alors elle observa, son ancien amour, cette femme, cet enfant et elle que faisait-elle ici ? Pourquoi était-elle dans ce conte ou elle ne semblait pas avoir sa place ? La Belle qu'elle avait pu être dans un temps plus ancien devenait un simple protagoniste et la Bete qu'elle haïssait redevenait peu à peu un prince au prêt de cette princesse du doux nom d'Alexie.
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Phoebe Monroe, Sam 11 Jan 2014 - 19:09


La lionne rugissait, et l'appartement tremblait. J’abandonnais un peu mon esprit, à vrai dire, je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait. J'étais dépassé par les événements, si bien que toutes choses me paraissaient alors étrangères, menaçantes. J'avais ce regard particulier sur cette scène qui me permettait d'observer sans tenter d'y saisir le sens, je me lassais un peu de cette vie tout simplement. Mes bras s'agitaient, mes jambes couraient, et pourtant je ne parvenais pas à l'attraper, le souffle, l'essence même de nos actes. J'étais en réalité un simple pantin dont les ficelles étaient tirées par cette Femme au visage strict et aux lèvres mutines. Nous étions trois sur la scène, la lionne, la marionnettiste et la marionnette. Tous s'agitaient, préparaient la venue d'un personnage nouveau. On chuchotait sa venue, on la craignait un peu. La lionne s'exprimait par sa force de caractère, elle était un peu centrée sur elle-même, là, posée sur mon lit, tout le monde avait les yeux rivés sur elle. La marionnettiste, je la trouvais intéressante ; elle n'attirait pas les regards, à vrai dire on ne lui portait aucun intérêt, c'est sûrement pour cela que je la trouvais intéressante, parce que l'on n'en avait rien à foutre. C'était même, je crois, le personnage central de cette pièce, elle nous contrôlait, puis elle disparaissait. Je la voyais comme un ravissant mystère. Puis il y avait cette marionnette et là, je ne savais pas quoi y penser, on ferait mieux d'en rire, sans doute, mais je crains que cela soit nécessaire, peut-être devrions-nous la pleurer, sûrement.

C'est alors que, intrigué, je la vis arriver, aussi simplement que cela était possible. On dit que c'était une fille, mais moi je voyais plutôt un ange. Mais cela ne tenait qu'à moi. Je m'approchais et je crois que je déversais dans ce lieu toute mon incompréhension qui les irradiait maintenant, elles. Cependant, cet enfant, il appartenait encore à sa mère, ils étaient liés et moi, j'allais les séparer d'un simple coup de ciseaux, aussi simplement qu'elle était venue. Ainsi, elle ne lui appartenait plus, elles n'étaient plus liées, je pouvais la saisir. Mais on ne me la donna pas, elle glissa de mes mains pour rejoindre sa mère, je crois que ça me dégoûtait un peu.

Peu à peu, la marionnettiste disparut de ce lieu, se fondant dans l'ombre. Je crois que c'était une bonne chose. Maintenant, je n'avais plus aucune chaînes, alors je m'effondrais dans des mouvements extrêmement théâtrales sur le côté de mon lit où étaient posées la mère et sa fille. Peut-être qu'un soupir s'échappa de mes lèvres, mais là où j'étais, recroquevillé comme une poupée de chiffon, j'avais compris. J'avais gagné, cette femme, là, n'était plus rien. Un jour, sûrement, elle parviendra à se relever, c'est dans la nature de l'Homme, mais moi, je saurais que j'avais gagné, que cette femme là, était une perdante. C'est triste à dire mais je souriais de toutes mes dents, j'étais apaisé.

On était peu de choses, en réalité, tout cet argent, tout ce pouvoir, ça ne représentait rien. Moi, ça, je l'avais compris. Au final, on avait beau se battre, comme moi, ça ne servait à rien, parce qu'après tout ça ne changera rien qu'on se soit battu, que l'on ait tué, que l'on ait fait le bien dans notre vie, au bout il y a toujours la mort, nous le savons et ça nous consume peu à peu, ça. Mais d'un côté, c'était beau, aussi, cette inutilité aberrante, ça nous rendait sûrement plus vivants. Mais moi, je comprenais que la meilleure chose que l'on pouvait faire, c'était ça, c'était l'enfant. C'est la seule chose utile qui nous empêche de mourir, comprenez qu'au final, nous avons une histoire, une seule, et nous ne pouvons la raconter qu'à une seule personne, l'enfant. Comme ça on est immortel, comme ça on ne craint plus la mort puisqu'elle ne nous emporte pas vraiment, comme ça je n'ai plus peur. Je suis plus fort qu'eux avec elle.

Alors, cette fille, je la veux, elle est à moi. J'ai des choses à raconter, je le dois. J'en ai besoin. Mais il y avait cette femme, non, il y avait Alexie. Alexie qui ne pouvait y renoncer, elle-aussi, je le savais. Je n'avais pas vraiment gagné, pas encore.

Je tendis ma main vers la fille, pour la toucher, pour la caresser, pour la prendre peut-être. Mais c'est elle qui prit mon doigt avant même que je ne puisse bouger. Je ne la voyais pas, son visage était caché, blottit contre sa mère. Mais mon corps vibrait tout entier d'impatience. On en était là. Moi lié à cette fille, que l'on me coupe le bras pour m'en défaire.
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Alexie Scott, Sam 11 Jan 2014 - 22:14


J'étais dans une bulle. Une bulle de douleur, se baladant au dessus d'un bassin écarlate. Je voyageais et souffrais. Je criais et poussais également. C'est ce qu'il fallait faire. C'est ce qu'on me disait de faire. C'est ce que je devais faire. Alors je poussai, de toutes mes forces, jusqu'à en rougir, jusqu'à en suer et jusqu'à en pleurer. Mes larmes étaient libres, et roulaient sur mes joues rougeâtres. J'avais besoin d'aide. La belle s'approcha alors de moi et me guida. Elle m’hypnotisait, je l'écoutais sans rien rétorquer. Elle me demandait de pousser, alors je poussai. Elle me demandait d'être forte, alors je le fus. Puis enfin, dans mon dernier cri de déchirement, je ressentis un soulagement. Mon dernier cri de victoire s'accompagna de pleurs. J'aperçus alors une petite larve, dans les bras de la belle. Elle était si petite et déjà si parfaite. Mes larmes se séchèrent naturellement et mon visage pâlit de nouveau. Je redevenais normale. La bosse qui auparavant, occupait mon ventre, s'était évaporée. Je flottais dans mes vêtements, mais ça ne me dérangeait pas.

Le cordon fut coupé par le monstre. Malheur, ce dernier était toujours dans la pièce. J'avais prié pour que le diable l'emporte, que l'enfer le garde prisonnier et que les démons l’anéantissent. Cependant, rien de tout cela ne s'était produit. Le monstre n'avait pas bougé d'un pouce. Il regardait, l'air béat, le spectacle naturel qui se déroulait. La belle prit l'enfant dans les bras avant de le loger dans les miens. Je tenais ça petite tête dans ma main droite et le reste du corps était soutenu par mon autre main. Elle était si sale, si calme. Je plongeai mon regard dans le sien. Le monde arrêtait de tourner, le temps se stoppa net. J'étais comme émerveillée. Le monstre s'approcha du tableau et s'installa à côté de la mère et la fille. Sentir la présence de cette bête me donnait des frissons. Je voulais qu'elle s'en aille, bien qu'on soit chez elle, je voulais qu'elle parte loin et que jamais elle ne revienne. C'était peut-être égoïste de penser ça, mais je ne voulais pas de lui dans la vie de ma fille. Cette dernière était une petite princesse et les monstres n'étaient pas les bienvenus dans les contes de fées. Ils étaient et seront toujours persécutés, abattus et torturés.

Au loin, dans la pénombre de la pièce, la belle nous observait. J'aurai voulu lui dire tellement de choses, à commencer par la prendre dans mes bras et l'embrasser à mon tour. Cependant, la belle restait en retrait, cet acte me paralysa et me figea. Je voulais tant partager ce moment, ce jour béni avec elle et non avec la bête. J’apercevais, au loin , ses cheveux soyeux à peine peignés. Même dans l'obscurité, la belle dégageait un sentiment de rassurance et possédait une beauté comparable à aucune autre. Exceptée celle des nymphes et des plus grandes déesses. Je ne pouvais la laisser de côté, ce qu'elle venait d'accomplir était trop important et solennel à mes yeux. Elle méritait plus que cela, mieux que moi et plus que cette vie que l'avenir lui offrait. Il était hors de question que la belle parte de la même manière qu'elle était arrivée, dans l'ignorance et la spontanéité. Non. Si Junie partais maintenant, sans même que je ne lui adresse le moindre des mots, je ne l'accepterais jamais. Mais comment la retenir ? Sa place n'était pas ici, pas avec nous, pas au milieu de cette pseudo famille utopique.

- Junie attends ! dis-je en me redressant. Merci pour tout.

J'accompagnai mes remerciements d'une voix douce et d'un sourire. Puis je laissai la belle s'échapper, m'échapper. Je regardai de nouveau ma fille. Elle était si petite, si légère, elle était semblable à une plume. La plume d'un majestueux oiseau, d'un aigle. Sa peau, légèrement rugueuse et insalubre, glissait sous mes doigts. Ceux de l'enfant commençaient à bouger. Je pouvais assister à ses premiers gestes, ses premiers cris et ses premiers signes d'affection. Pas envers moi. Non. Envers la bête. Le nourrisson lui saisit l'index et s'amusa avec. Je regardais la scène d'un air jaloux, envieux et déçu. Ce n'était pas à cela auquel je m'attendais. Je pensais qu'être mère allait changer ma vie, changer mes journées et mes nuits mais au final, avoir un enfant voulait dire devoir le partager avec l'autre parent. Une décision que je n'étais pas prête d'accepter. Le monstre était une bête beaucoup trop néfaste et sans coeur. Ce serait irresponsable de ma part de laisser mon enfant partir avec cette caricature diabolique.

Je bougeai mon genou et bougeai le reste de mon corps. Mes bras suivirent et l'enfant aussi. Je séparai ma fille de son père, à l'instar de ce dernier, qui avait sans rechigner, coupé le cordon qui m'unissait à cette perle précieuse. J'étais désormais seule. Je ne pouvais plus la garder bien au chaud dans mon ventre. La grossesse était maintenant derrière moi et malgré les souvenirs qui remontaient à la surface, ce chapitre de ma vie était clos. Il était temps que le prochain lui succède, que la page soit tournée et que la nouvelle histoire commence. Cette enfant en était l'intrigue et le dénouement. Elle fermait ses yeux attaqués par la clarté du jour. Elle se reposait entre mes bras, blottie contre mon torse. Je pouvais sentir sa respiration et elle pouvait sentir la mienne. Un contact et une complicité se créaient sans que nous faisions quoi que ce soit. C'était donc ça la magie de la maternité. J'étais maman, ça y est, j'avais un descendant.

Monroe. C'était ainsi que ma fille allait devoir s'appeler. Ou Monroe Scott. Mais quoi qu'il arrive, elle était obligée de porter le nom du père. Monroe paraissait comme un fardeau plutôt qu'une identité. Un fardeau que je devais porter à bout de bras et que ma fille devra porter jusqu'à son mariage. Le nom était d'ores et déjà trouvé et assuré. Mais qu'en était-il de son prénom ? Après tous ces remuages et ces turbulences, je n'avais pas réfléchi à cela, pourtant c'était l'une des formalités les plus importantes. J'avais pensé aux vêtements, au landau, au tire-lait, mais le prénom m'était complètement sorti de la tête. Pour la première fois, j'avais besoin de l'aide du monstre. C'était l'une des rares décisions que l'on devait prendre ensemble, comme un couple. Je cherchais. Lily, en hommage à ma défunte mère ? Puisse-t-elle reposer en paix. Serena, comme mon ancienne belle mère ? Non, certainement pas. Je balayai la pièce du regard et cherchait le moindre objet qui pourrait me donner le déclic. J'aperçus des livres, une lampe, un arbuste, une télévision, un poster d'une plage. Mes yeux rembobinèrent le balayage et se figèrent face à l'arbuste trônant sur le rebord de la fenêtre. En ces temps de réveillon et de Noël, le monstre avait décoré son appartement sous le thème de cette fête. Guirlandes, sapin, gui et branche de houx. Le houx, c'était si joli. Le visage de l'enfant était écarlate à l'instar de ses baies.

- Ce sera Holly. Holly Joy Maria.

Je jouais avec les doigts de ma fille, désormais nommée, puis m'arrêtai net. Je donnai l'enfant au monstre, il la tenait entre ses pattes désormais. Pour ma part, je me retournai, dos à lui. Je ne voulais pas assister à cet acte naturel. Je ne voulais pas apercevoir les dents et le sourire du monstre. Je ne voulais pas voir sa réaction lorsque, à son tour, il plongerait son regard dans le sien. Je ne voulais rien voir, rien savoir et rien entendre. Je ne me sentais plus à ma place désormais. Je ne sentais plus ce léger poids sur mes bras, je n'en sentais qu'un énorme, se logeant non pas loin de mon coeur. Ces retrouvailles d'un père avec sa fille étaient certes importantes et valaient certes tout l'or du monde, cependant je ne pouvais me résoudre à cela. Ma fille et le monstre, ensemble, pour toujours. Cet épilogue semblait insoutenable. Vivre en sachant qu'à tout moment, le monstre pouvait surgir pour me prendre ma fille était une torture. Je devais donc me résoudre à vivre sans elle le restant de ma vie. Entre ma liberté et un asservissement éternel envers le monstre, je préférais fuir. C'est pour cela que je me levai, rassemblai mes affaires et quittai la pièce, sans même daigner me retourner, sans même embrasser une dernière fois cet ange tombé du ciel.

- Pardonne moi, petit ange. Je n'ai pas le choix.

Je m'installai dans la cuisine où je me préparai une tasse de thé. La porte de la chambre était entrouverte. Je pouvais entendre les gazouillements de ma fille. C'était trop dur. Je l'imaginais dans les bras du monstre, la contemplant comme il ne m'avait jamais contemplé, l'aimant comme il ne m'avait jamais aimé et la chérissant comme il ne m'avait jamais chéri. J'étais comme la belle finalement. Je n'avais pas ma place dans cet appartement ni dans ce tableau familial. Je ne pouvais que fuir, sans rien laisser derrière moi. J'attrapai un bout de feuille qui trainait sur le comptoir, un stylo et j'écrivis ces quelques mots "Vivre avec toi, c'est mourir. Je préfère ma liberté qu'être mère. Je ne suis pas faite pour ça. Tu es doué. Pas forcément pour aimer, mais pour protéger du moins. Je pars sans regret. La voir c'est te voir, la toucher c'est te toucher et l'aimer c'est t'aimer. Mais t'aimer m'épuise, t'aimer me tue. Je te confie la prunelle de mes yeux. Ose la détruire et je te tuerai de mes propres mains. Adieu. Alexie." Ces mots écrits, je versai une dernière larme puis transplanai vers le l'Allée des Embrumes, avec un but en tête. Quelqu'un m'attendait là bas. Elle avait assez attendu, il était temps que je la retrouve pour qu'enfin, plus jamais je ne la quitte. Plus jamais.


[Suite ici]
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Phoebe Monroe, Sam 18 Jan 2014 - 14:10


Elle était nue, sans aucun vêtement. Elle n’avait pas de dents et elle ne savait pas marcher. Elle ne savait pas parler et elle s’était arrêtée de crier. Elle avait ce charme touchant qu’ont les anges. J’étais assez près d’elle, mon nez touchait presque le sien. Elle sentait bon, c’était quelque chose que j’appréciais beaucoup, son odeur. Ses pieds fouettaient l’air et tandis que l’une des mains me tenait le doigt, l’autre me caressait le visage. Je pense que l’on n’avait pas vraiment vu cette fille quand elle ne nous avait pas regardé. Ses yeux dégainaient de la beauté qui nous transperçait le cœur, c’étaient des armes. Elle avait mon regard, ou j’avais le sien. Elle observait le monde avec une espèce d’incrédulité farouche. J’avais envie de la reprendre dans mes bras, à nouveau, j’étais un vrai idiot. Je la soulevais et elle repartit dans une danse folle, ses bras tournaient, ses pieds couraient et je souriais, heureux, peut-être.

Je ne l’avais pas remarqué tout de suite, mais Alexie était partie. Cela ne m’attristait pas, mais il y avait cette musique dans l’air qui me rappelait le passé. Et je me dégoûtais, un peu, aussi. Je restais muet. Elle était partie, c’était fini. Je n’aime pas beaucoup les fins d’histoire, parce que j’étais enragé, et parce que je la connaissais avant qu’elle arrive, la fin. Je ne savais pas vraiment si je regrettais quelque chose, mais j’avais cette mélancolie dans l’âme qui rendait mes gestes et cette enfant lourds. Touts deux, allongés sur le lit, nous dormions, on ne rêvait pas, nul cauchemar venait nous effrayer, on dormait, tout simplement.

La soirée débutait quand mes yeux s’ouvrirent, un monde nouveau s’ouvrait à moi. Je devrais être content, mais je ne le pouvais pas. Holly dormait toujours. Il y avait une glace dans ma chambre, il y en avait toujours une, chaque matin, je regardais ce qu’elle daignait me montrer. Par moment, elle me montre un garçon assez simple, parfois elle me montre une bête ignoble, là elle me montrait un père. Un père ça avait une femme, des enfants, une famille en somme. Et cette glace me mentait car je n’avais pas de femme, ni famille, je n’avais qu’une fille. Je détournais le regard de cette vision illusoire pour observer par la fenêtre, on voyait la cour et les balcons. Je ne l’avais pas remarqué mais il neigeait aujourd’hui, d’ailleurs, quel jour sommes-nous ? Les voisins vivaient, l’une des voisines s’exerçait à l’aérobic, il y avait un vieil homme qui déblayait la neige à coups de pelletées, puis il y avait la concierge qui criait à sa porte pour appeler ses chiens qui couraient dans la rue. Je regardais Holly.

Je n’vais jamais eu de rêves, seulement de la rage. Je me levais du lit, une chouette frappait au carreau, la Gazette au bec. Je la laissai entrer, elle me donna le journal et je lui donnai quelques pièces, le marché conclut elle partit. Je ne lisais pas le journal, je l’achetais pour avoir quelque chose à dire, pourtant, il m’arrivait de feuilleter les petites annonces, certaines étaient assez rigolotes, voir intéressantes. Je n’avais pas grand-chose alors je m’assis sur le fauteuil et lus ces annonces. Une parlait d’un séjour offert au Canada, l’autre de cours de magie par correspondance, la dernière était une offre de ferme au Kenya. Une ferme en Afrique. Loin. Je déchirais la page.

Un éclair gris passa et je caressais ma bête qui gémit. Elle avait quelque chose dans la main, un papier. Je lui pris et elle partit. Je lus ce qu’il y avait d’écrit et je crois que ce fut comme un dernier coup que l’on m’adressa, un coup dans le vide. J’allumais un feu dans la cheminée, je jetais cette lettre ainsi que la première, celle que j’avais écrite. Le feu cracha, toussota mais finit par avaler ces deux bouts de papier, j’étais un peu malade, j’avais cette impression qu’il y avait maintenant une fêlure irréparable entre mon passé et mon futur. J’étais triste sans doute. J’entendis un cri venant de la chambre et je dus abandonner la contemplation de mon passé enflammé pour revenir à mon présent incertain.

"Ne pleurs pas, ma jolie, ne pleurs pas." Elle se calma. "Tu sais, il ne faut pleurer qu’à la fin, c’est mauvais sinon, et j’ai l’impression que ce n’est que le début." Peut-être ne comprenait-elle pas ce que je disais mais elle se calma. Je la pris dans mes bras, une pensée vers la cheminée, le regard vers la fenêtre. Ce n’était que le début.

[Fin, ou Début]
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Alexander Scott
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Alexander Scott, Dim 2 Fév 2014 - 16:24


Pv Phoebe Monroe/ Autorisation de Phoebe Monroe pour poster.
Une semaine, une semaine sans aucune nouvelle de sa sœur, c'était à la fois bien peu mais aussi beaucoup trop.  Le sorcier Russe ne l'avait retrouvé que depuis trois mois et voilà que déjà il n'avait plus de nouvelle. Cette situation s'était déjà produite par le passé lorsqu'il s'était rendu en Russie pour maîtriser l'animagie, il s'était alors isolé de tout pour pouvoir découvrir son alter-égo animale. Cinq mois, cent cinquante jours durant lesquels il avait négligé sa sœur,  il ne lui avait envoyé aucune lettre et n'avait reçu aucune des lettres qu'elle lui avait envoyé. Autant dire que lorsqu'il l'avait revu elle n'était pas réellement de bonne humeur... Mais cette fois la situation n'avait plus rien à voir avec celle du passé, cette fois ce n'était pas lui qui ne donnait plus de nouvelle bien au contraire ! Il s'était récemment acheté une chouette pour ne plus être confronté à ce genre de situations, il lui avait offert un miroir à double sens lors de Noël afin qu'ils ne soient plus jamais séparés. Il allait régulièrement la voir, lui envoyait souvent des lettres et avait même vécu avec elle durant quelques semaines ! Le fait de ne plus avoir de nouvelles n'avait strictement aucun sens. Le miroir à double sens restait désespérément vide. Il est vrai que la jeune femme avait abandonné sa fille quelques jours plus tôt non sans avoir reçu un flot de remontrances et d'injures de son frère mais ils s'étaient reparlé depuis même si leurs conversations avaient été plus froides qu'à l'accoutumée. Il était tout de même improbable que sa sœur soit partie sans lui laisser aucune nouvelle, jamais elle ne lui aurait fait un coup pareil, de cela il était sûr depuis leur retrouvaille dans la boutique de Honeydukes quelques mois plus tôt, ils s'étaient alors juré de ne plus être séparés.

Inquiet de cette situation Alexander avait donc transplané en vitesse à Godric's Hollow chez sa sœur où il avait trouvé l'appartement désert et étrangement calme. Il avait été accueillit par Scott qui était venu rapidement le renifler avant de repartir sans plus de formalités. Finalement après quelques minutes de recherches il avait trouvé Molard en pleurs dans la chambre de sa sœur.  La surprise du jeune sorcier avait été grande, l'elfe de maison n'était pas réellement réputé pour ses sentiments et le voir ainsi éploré avait quelque chose de touchant mais aussi d'effrayant et immédiatement une boule s'était formée dans le ventre du garçon qui immédiatement s'était imaginé les pires scénarios possibles pour sa sœur. D'ailleurs il avait noté en rentrant que le lit de Lexie était fait la jeune femme n'était donc pas rentré dans la nuit et il y avait fort à parier qu'elle n'avait pas dormi dans la maison depuis un moment étant donné l'odeur de renfermé qui y régnait. Le serviteur de la sorcière avait fini par se calmer pour lui expliquer ce qui le mettait dans un état pareil. Après avoir reçu une lettre du père de l'enfant un dénommé Phoebe Monroe, Lexie serait partit dans la plus grande des précipitations sans rien emporter avec elle, sans donner aucune instruction à Molard si ce n'est celle de préparer le repas du soir. Malheureusement la jeune femme ne serait jamais rentrée et l'elfe était resté enfermé dans la chambre depuis quatre jours à pleurer en se frappant la tête contre le mur convaincu qu'il aurait du la retenir car selon lui le père de l'enfant était un homme mauvais. Un tel récit était loin d'avoir rassuré l'animagus bien au contraire, la boule à l'intérieur de son estomac s'était resserrée au fur et à mesure du récit de la créature et désormais il pensait à une seule chose, retrouver sa sœur. Il avait presque menacé l'elfe de maison pour qu'il lui dise l'adresse de Phoebe, cela n'avait aucun sens puisque l'elfe la lui avait donné tout de suite, il désirait autant que lui retrouver sa maîtresse. La vue de la créature était pitoyable, plus encore que d'habitude mais celle d'Alexander n'était pas tellement mieux. Le jeune Scott était debout au milieu de la chambre de sa sœur se tenant la tête pour reconcentrer ses idées, pour tenter de se calmer. Des efforts inutiles car son inquiétude et sa colère étaient plus fortes que jamais.  

Il est difficile de réfléchir dans ce genre de situation, la colère prend le pas sur la logique et l'inquiétude prend le pas sur le bon sens. Des milliers de pensées de bousculent dans votre tête tandis que vous tentez vainement de savoir ce qui est arrivé à votre proche. La seule chose qui compte réellement à ce moment c'est de le retrouver, de le voir et d'entendre sa voix. Alexander était complètement dans cette situation et il ne prit même pas la peine de se camoufler lorsqu'il transplana dans Londres. Evidemment un moldu aurait pu le voir, que ce serait-il passé alors ? Il serait certainement comparu devant le magenmagot alors sa carrière d'auror se serait terminée avant même d'avoir commencée. Heureusement il n'y avait personne dans la ruelle où il transplana, elle était déserte à part un chat qui tentait vainement de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. En vérité le jeune Scott n'avait pas transplané là par hasard, il était déjà passé dans cette ruelle lors de sa première venue à Londres avec son père et son esprit se doutait bien qu'elle serait déserte à cette heure là. La nuit est le royaume des chat dans les villes et ça tombait plutôt bien car Alex' était en chasse ce soir là. Il avait redouté un moment qu'il lui soit dur de trouver le père de l'enfant après tout avant ce soir là il n'en avait jamais entendu parler, Lexie ne l'avait jamais évoqué devant lui et il ne l'avait jamais questionné à ce sujet même lorsqu'elle avait abandonné sa fille. Peut-être avait-il simplement eut peur de perdre sa sœur en plus de sa nièce et pourtant... Pourtant ce soir là il était en train de perdre les deux.  Phoebe Monroe... Si l'adresse  de Molard était exacte alors ce gars là n'était pas dur à trouver, il habitait dans un des palaces très réputé de Londres, un palace Hilton. L'aversion de l'animagus pour cet homme qu'il ne connaissait même pas grandit encore d'un cran, il détestait les hommes riches lui qui n'avait pas les moyens de se payer un appartement.

Le palace en question se trouvait au cœur de Londres. Alex' ne chercha pas la complication et décida de s'y rendre à pied. La nuit était fraîche, la légère brise qui soufflait sur la capitale anglaise glaçait les oreilles et le nez du jeune homme mais c'était bien là le dernier de ses soucis. Il marchait droit, énergiquement, sa main droite serrée nerveusement sur sa baguette. Pas question de faire un détour pour une flaque, pas question de faire un détour pour un passant, il n'avait qu'à se bouger du chemin. Le sorcier Russe était comme une cocotte minute prête à exploser mais la pression continuait de monter irréversiblement. La nuit n'était plus peuplée que d'alcoolique moldus qui criait et chantait sans aucun délicatesse. L'ancien serdaigle eu le droit à quelques noms d'oiseaux en passant devant les bars typiques de Londres ce qui n'eut pour effet que d'accentuer et peu plus sa rage. Finalement il arriva devant la façade du palace. Ce dernier ne payait pas de mine, il était recouvert de lierre comme si il n'avait pas été lavée depuis des décennies. Peu importait à Alexander pour lui cela ne changeait rien, ça restait la maison d'un malade... Sa cachette... Son antre. Le sorcier Russe pénétra dans le bâtiment comme une tornade sans même prendre la peine de saluer le portier mais il s'arrêta bien vite au milieux du hall. Il était incapable de retrouver ce mec... Il ne savait pas à quel étage il habitait, Molard lui avait seulement donné l'adresse du palace. Le Russe jura à haute voix, trop haute voix mais cela eut le mérite d'attirer l'attention de la concierge.  


-Peut-être puis je vous aider ?

Alexander observa un moment la femme mûres avec des yeux fous, il tenta de se calmer un peu avant de prendre la parole, au moins pour gagner en crédibilité. Pourtant lorsqu'il prit la parole sa voix était rauque, croassante comme si sa gorge était sèche et son accent Russe ressortait plus qu'à l'accoutumé.

-Oui... Oui... Je viens voir ma filleul. Vous savez chez son... Père. Monsieur Monroe. C'était la première fois qu'il prononçait le nom mais déjà il avait un arrière goût dans sa bouche.

Le sorcier avait la main sur sa baguette prêt à lancer un sort à la moldue pour connaître l'appartement du père de l'enfant, il avait l'impression de ne pas être du tout crédible. Si il avait été concierge jamais il ne se serait laissé passé. Pourtant cette vieille bique sourit comme si l'homme était habitué à avoir de la visite.  


-Ah oui monsieur Monroe... D'habitude c'est plutôt des femmes qu'il reçoit mais il a bien l'droit de faire ce qu'il veut. Sixième étage appartement "Under the Bridge". Vous le reconnaîtrez facilement il y a les lettres dorées à l'entrée.  

Alexander n'entendit pas la fin de phrase de la concierge, il avait filé en direction de l'ascenseur dés qu'il avait entendu l'étage. Au sixième étage... Il est parfois amusant de voir comme la perception du temps peut changer en fonction de la situation. Le jeune homme en avait déjà eu la démonstration au nouvel an dans une toute autre situation. Cette fois ça n'avait rien à voir mais la sensation était pareil. C'était comme si l'ascenseur n'avançait pas... Comme si il était bloqué dans l'espace temps. C'était une situation horrible cette fois et la colère et l'appréhension du jeune homme ne faisait qu'augmenter à chaque étage passé. Premier étage... Deuxième étage... Le sorcier Russe ferma les yeux, il ne supportait pas la vue de cette ascenseur luxueux, il ne supportait pas la voix féminine qui annonçait les étages, il ne supportait pas ce palace, il ne supportait pas les tapis rouges, il ne supportait pas cet homme... Phoebe Monroe. Sixième étage. L'animagus jaillit de l'ascenseur, se faufila entre les portes qui n'étaient même pas encore totalement ouvertes et traversa le couloir luxueux cherchant la fameuse porte. Finalement au bout du couloir il la trouva "Under The Bridge". Que devait-il faire ? Défoncer la porte ? Lancer un sortilège ? Alexander Scott inspira et expira à plusieurs reprises se tenant la tête comme un dément. Où était Alexie ? Se trouvait-elle de l'autre côté de cette porte ? Que lui était-il arrivé ? Dans quel état était-elle ? Avait-elle choisit de venir ici de son plein grès ? Etait-elle seulement ici ? Et la petite ? Etait-il arrivé un malheur à l'enfant. Les articulations du Scott se contractèrent et blanchirent autour de sa baguette mais il se décida finalement à appuyer sur la sonnette prêt à entrer de force si personne ne se décidait à lui ouvrir cette foutu porte. Il va sans dire que le Russe était loin d'être dans ses état normal, il se mordait les lèvres comme un beau diable attendant que la porte s'ouvre pour se ruer dans l'appartement.  
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Phoebe Monroe, Dim 9 Fév 2014 - 16:47


La marmite sifflait, la casserole crachait et la vaisselle criait. Une ampoule accrochée au plafond oscillait dangereusement, lorsqu’elle partait à droite, elle emportait dans son chemin la lumière pour en éclairer l’ombre, puis elle repartait vers la gauche, la pénombre revenait. Ici, tout semblait vivre, cette lumière, cette ombre, ces assiettes et cet enfant. Il y avait bien un enfant, assis sur une chaise en bois. Son regard bleu suivait la lumière, lumière qui illuminait ses prunelles d’un halo chaleureux, ces yeux étaient lumière. C’était un enfant rose, bien portant, jeune, d’une jeunesse troublante. Sur sa tête dansait quelques brindilles de foin légères. Ses lèvres rouges et luisantes s’ouvrirent et laissèrent s’échapper un petit couinement aigu. L’enfant tendit de petites mains ouvertes, le regard au loin. Il semblait qu’il souhaitait attraper quelque chose ; la buée s’échappant de la marmite ? la lumière voyageant ? l’homme arrivant ?

Cet homme était gris, à savoir la nuance du rien. Quand l’ampoule l’éclairait, il n’était pas lumière, quand l’ombre avançait, il n’était pas ombre ; c’était un repoussant mélange. Il était lent, d’une lenteur misérable, ses gestes étaient grossiers. Par moment, il levait sa main, puis la baissait, se rendant compte d’une quelconque ridicule. Il tremblait un peu, aussi, frétillant comme un poisson expirant. On était un peu triste en le voyant, puis n croisait son regard commun et étrange à la fois. Il émanait de chez lui un esprit désuet et le simple sourire qui l’affichait nous rappelait des souvenirs frivoles. C’était, en quelque sorte, un grand gamin.

Il déposa une main sur la tête ronde de l’enfant et accourut vers la marmite, qui laissait s’échapper son dernier souffle. Un mouvement en direction de la casserole et celle-ci ronronnait. Ses doigts résolvaient les difficultés et un sourire enfantin se dessinait sur sa face blanche, lunaire. L’ampoule finit rapidement de se balancer. Le personnage se mit alors à laver la vaisselle et l’odeur du savon se mélangea avec celui du lait et du bouillon. Derrière le doux fredonnement qui s’échappait de sa bouche, on percevait les gazouillements de l’enfant qui semblait accompagner l’Homme dans un chant imperceptible et ravissant. Ce met avait un goût douteux.

Une mélodie retentit dans l’appartement, mettant fin aux chants, les murs ne parlèrent plus. L’Homme observait avec une attention toute particulière l’enfant, sa bouche légèrement ouverte. On frottait le sol, rapidement et un singe apparut. Peut-être était-il là depuis le début ? Toutefois, nous n’en savons rien. Son pelage était gris également et il grimpa avec habilité sur l’épaule de l’homme. Celui-ci se mit à avancer d’un pas craintif.

Ses yeux étaient bleus comme ceux de l’enfant.

Il s’arrêta devant la porte et, se surprenant à lui-même, sa main tourna la poignée avec une vigueur peu habituelle. La porte s’ouvrit dévoilant un nouvel homme. Le visiteur était jeune mais d’une jeunesse délavée, usée. Ses yeux étaient animés d’une lueur vive et intense qui irradiait la rencontre entre ces deux personnages d’une tension certaine et immédiate. Le père passa sa main molle sur sa joue où poussaient quelques poils. « Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? » Sa voix était traînante et lasse, elle s’égouttait peu à peu, d’un rythme régulier, elle s’égouttait peu à peu, comme des larmes. « Qui êtes-vous ? » Mais qui était-il ?

Lui, c’était un lâche, un ravissant lâche. Il avait peur, peur. Je crois que je n’aimais pas cet homme, je le détestais sûrement. Mais je ne lui disais pas, je n’en avais pas envie. Moi-même j’avais peur de lui dire. Alors je lui faisais comprendre, je lui faisais passer l’idée. Un jour il comprendre, un jour je comprendrais. Mais aujourd’hui, je me noyais dans ma lâcheté, léchant le sol à la recherche de goûts, buvant mon sang à la recherche de vie, dévorant les miens à la recherche de pouvoir. Un rat.
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Re: [Habitation] Under The Bridge

Message par : Alexander Scott, Dim 9 Fév 2014 - 21:27


Finalement la porte s'ouvrit. Ce simple fait étonna profondément Alexander qui s'était attendu à devoir la défoncer, la brûler ou à l'ouvrir à coup de sortilège mais il n'en fut rien, elle s'ouvrit aussi naturellement qu'elle se serait ouverte devant n'importe quel visiteur. L'animagus ne réagit pas tout de suite observant l'homme qui lui avait ouvert sans réellement l'observer, sans réellement comprendre presque en état de choc, il était désormais si près du but, si près de sa sœur. C'est cette certitude immuable qui lui permit de reprendre ses esprits rapidement afin de jauger le sorcier qui se tenait devant lui. Là encore, il fut étonné, cet homme était profondément banal, s'il l'avait croisé dans la rue jamais il n'aurait pu penser que c'était l'ancien amant de sa sœur. Mais à quoi s'était-il attendu ? A rencontrer un homme doté de la beauté d'un dieu ? A rencontrer un baroudeur couvert de cicatrice ? A rencontrer un mangemort encagoulé et masqué, prêt à assassiner sa sœur ? L'homme qui lui avait ouvert n'avait rien d'un mangemort, des cheveux noirs légèrement décoiffé, des yeux marron assez peu expressifs... En vérité, le sorcier Russe trouvait que cet homme avait un côté enfantin, ses traits fins rappelaient ceux d'un adolescent, ses taches de rousseur lui donnaient un air de jeune garçon et puis il n'était pas très grand ni très musclé. Le jeune Scott avait du mal à se l'imaginer père de famille ou amant de Lexie ... Mais il avait encore plus de mal à se l'imaginer kidnappeur ou assassin si bien qu'un instant l'idée lui vint qu'il s'était peut-être simplement trompé d'appartement ou trompé de bâtiment. Pendant l'espace d'une seconde, il s'apprêta à s'excuser et à faire demi-tour pour retourner consulter l'elfe de maison, pour lui demander plus de précisions. Mais lorsque l'homme prit la parole toute la détermination du jeune homme refit surface.

« Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? »

En un instant, la voix du père avait ravivé la colère du sorcier Russe à son égard. Cette voix avait quelque chose d'insupportable. Elle faisait partie de ce genre de voix lente, traînante, agaçante qui donne toujours l'impression que son propriétaire se croit supérieur aux autres même si ce dernier n'en a aucunement l'intention. Voilà l'impression que donnait cette voix au jeune Scott et il n'en fallait guère plus pour l'énerver. Pourtant, il resta là, planté sur le pallier, il tentait de se contrôler pour ne pas sauter sur cet homme et lui casser la mâchoire à coup de poing. Le sorcier était si concentrer sur son interlocuteur qu'il n'avait même pas noté le petit singe qui se trouvait sur son épaule et qui l'observait lui aussi de ses yeux bleus interrogateurs.

Evidemment le dénommé Phoebe Monroe n'avait rien fait qui puisse lui valoir de se faire frapper, mais le jeune homme qui se trouvait devant lui était dans un tel état de peur, d'anxiété et de colère qu'il ne s'en rendait même pas compte. En l'espace d'une soirée, il avait perdu tout ce qui faisait sa personnalité d'habitude, lui qui était si calme et si timide perdait peu à peu toute notion de civilité. Il n'avait plus qu'une idée en tête, tirer les vers du nez à cet abruti qui lui faisait fasse et qui était le seul moyen qu'il avait pour retrouver sa sœur. En quelque sorte, on aurait pu qualifier son état de profonde régression. Régression vers les plus bas instincts de l'homme régression. Régression vers ses propres plus bas instincts. Il s'était déjà retrouvé plusieurs fois dans cet état lors de sa scolarité dans l'école de sorcellerie nordique de Durmstrang. C'était d'ailleurs là-bas qu'il avait appris à se défendre et à utiliser la violence pour survivre, pour ne pas être "faible" comme disait les élèves là-bas. Depuis quatre ans jamais il ne s'était retrouvé dans cet état. A Poudlard il n'y avait pas de raison d'être violent et en dehors de l'école non plus. Récemment, Elenna lui avait même dit qu'elle ne le voyait pas faire de mal à une mouche et pourtant... Pourtant il était là ce soir, une main crispée sur sa baguette, un poing serré dans sa poche et la mâchoire fermée comme jamais. Il les serrait autant pour contenir sa colère que pour contenir un sort malencontreux qui aurait pu sortir de sa bouche. Par quel miracle n'avait-il pas sauté sur son interlocuteur ? Peut-être parce qu'au fond de lui, il espérait voir Alexie apparaître dans l'appartement et se jeter dans ses bras. Peut-être parce qu'il avait peur de s'être trompé. Peut-être parce qu'il avait peur de s'éloigner de sa sœur encore plus par une stupide erreur. Si l'homme n'avait pas repris la parole alors peut-être le jeune Scott serait-il parvenu à se calmer et à entamer la conversation, mais le père de l'enfant reprit la parole. Dans sa voix, on pouvait percevoir l'anxiété ou bien était-ce la peur ?


« Qui êtes-vous ? »

Par ces simples mots, le sorcier Russe se sentit agressé, pourquoi ? Peut-être parce que pour lui cela signifiait "Qui êtes vous ? Vous n'avez aucune raison d'être ici, allez vous-en". Cette dernière chose était inconcevable pour Alexander. Il était venu chercher sa sœur et il repartirait avec. L'animagus fit un pas en avant lâchant la baguette qui se trouvait dans sa poche. Il n'avait qu'une seule envie, gueuler à cet homme qui il était, lui cracher au visage, lui cracher son nom, Scott. Un nouveau pas en avant. Lorsqu'une lueur d'urgence traversa le regard de son interlocuteur Alex' sut qu'il ne pouvait plus faire machine arrière, c'était trop tard, s'il s'arrêtait alors l'autre fermerait la porte ou lancerait un sort et il perdrait alors toutes ses chances de revoir Lexie. Nourri de cette certitude, le jeune Scott bondit en avant attrapant le père de l'enfant par les épaules et le plaquant fermement contre la porte. Que pouvait lire l'homme dans ses yeux à cet instant ? De la colère ? Le Russe était ivre de colère pourtant dans ces yeux ce n'était pas la colère qui préexistait, c'était la peur, c'était l'inquiétude qui rongeait son cœur. Les yeux de l'animagus était deux orbes de désespoir, son souffle était court, haletant tandis qu'il tenait l'homme par les épaules sans savoir quoi faire. Il ne voulait pas le frapper, il n'en avait pas la force, mais il ne voulait pas non plus le lâcher. Cet homme, c'était sa corde de sortie, sa sécurité, c'était celui qui pouvait l'empêcher de sombrer, qui pouvait lui dire dans quel état était sa sœur, qui pouvait luire dire où était sa sœur. Que se passerait-il s'il le frappait ? Assurément, il n'en tirerait plus rien. Que se passerait-il s'il le lâchait ? Il se débarrasserait de lui.

-Alexander Scott Le Russe avait parlé d'une voix forte mais fêlée où son accent russe ressortait plus fort que jamais. Alex' reprit d'un voix plus forte, cette fois, il criait presque. Où est-elle ? Où sont-elles ? Le regard du sorcier de l'est était plus démentiel que jamais, mélange de frayeur et de colère. Où est Lexie ?

Sur cette dernière question, la voix du Russe s'était brisée et il avait lâché les épaules du sorcier. Peu à peu, la colère d'Alexander s'envolait enfin ce n'était pas exact. Peu à peu le jeune homme se rendait compte qu'il ne pouvait pas faire mal à cette homme, que son comportement était ridicule et que le sorcier ne lui dirait rien comme ça à moins que ce soit un sacré froussard... D'ailleurs, il était probable qu'il ne lui dise rien même s'il l'avait lâché. Le jeune Scott tourna son regard vers l'intérieur de l'appartement espérant voir sa sœur débarquer par miracle, un espoir dérisoire et bien mince.
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