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La nuit tous les chats sont gris...
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Max Valdrak
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Max Valdrak, Jeu 6 Juil 2017 - 21:27


La porte fermée. Je levais la tête pour trouver une fenêtre. Mais je n'eus pas le temps d'observer toute la pièce, qu'un bruit se fit entendre. Un sifflement. Les pattes qui avancent d'elles mêmes. Court, Max, court, me criait une voix dans ma tête me rappelant un certain film moldu.

Je zigzaguais. Cherchant une cachette. Un trou. Un perchoir. Une sortie. Un abris tout simplement. Je ne me controlais plus. L'animal en panique avait prit le dessus l'espace d'un instant. Je n'arrivais presque plus à réfléchir. Je devais reprendre le contrôle. Me calmer.

Simple à dire. Plus compliqué à faire. Surtout lorsque des objets volaient dans ma direction. Manquant de m’assommer. Je devais trouver une solution et vite avant de finir sacrifié. Face à moi, un tabouret, ou du moins ce qui en restait. Je sautais dessus. Puis sur le bureau. Je ne m’arrêtais pas malgré une patte et un flan douloureux pour une raison inconnue.

L'un des deux s'approcha de moi alors que je me retrouvais coincée dans un coin. Des obstacles imprévus s'étant glissés sur ma trajectoire. Je m’arrêtais nette. Le lanceur semblait s'être calmé. Je sentais mon pouls s’accélérer tandis que le jeune homme s'avançait poignard à la main. Il allait bientôt m'attraper.

Vite. Une solution. Je tournais la tête de partout. Soudain la lumière s'alluma. C'était quitte ou double. Mais je n'avais pas trop le choix. Trois. L'homme juste devant la table. Deux. L'arme dans les airs. Un. La lame amorçait sa trajectoire dans ma direction.

J'inspirais un grand coup et m'élançai. Frôlant le bord tranchant. Le flan très légèrement entaillé, attristés sur la tête de mon agresseur. Puis je m'en servis d'appuis pour rejoindre le haut d'une armoire. Ayant raté mon saut. Je me hissais comme je le pouvais. Le plus rapidement possible. Bien que je n'aimais pas les araignées me cacher parmi ces toiles ne me paraissait pas une si mauvaise idée.

Je reprenais un peu mon souffle. Mon flan blessé ainsi qu'une patte, j’espérais que les deux jeunes ne rechercherais pas à venir me chercher.
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Ebenezer Lestrange
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Ebenezer Lestrange, Jeu 6 Juil 2017 - 22:26


Ils couraient en rond pareils à deux surexcités du bocal. Ebenezer avait viré sa capuche pour y voir plus clair car une tache rouge entre les flammes des bougies, c'était compliqué à interpréter comme un écureuil. Et il était pas venu pour souffrir, ok ? Il poignardait le vide un peu rageusement, parce qu'il aurait préféré que le rongeur soit paralysé. Pourquoi n'avaient-ils pas pris une cible tétraplégique ? Cela aurait été tellement plus simple ! Mais non, leur reste de conscience (ou leur embryon, ça dépend du point de vue) leur interdisait de faire un sacrifice humain. Ou alors ils ne voulaient pas avoir de trop gros problèmes avec les aurors. Là n'était pas la question, il fallait rattraper ce foutu écureuil !

La bestiole fila sur le tabouret, sauta sur le bureau, Ebenezer se vautra dessus, toujours avec son couteau à la main. Il allait se faire seppuku par mégarde à ce rythme. Puis il se prenait plein de projectiles dans la figure grâce à Asclépius. En bref, il kiffait sa vie. Quelle idée d'être nécromancien aussi. L'écureuil, par pitié certainement, stoppa sa course folle, blotti dans un coin. Sourire carnassier, le brun s'avança vers lui, poignard levé. Il allait se le faire puis enchaîner avec le reste du rituel. Ils avaient des morts à qui causer et il avaient suffisamment perdus de temps.

Il était tout prêt du but, à ça de la fourrure du machin. Sauf que le machin n'était pas si consentant. Du sang coula, un peu, pour montrer qu'Ebenezer n'était pas si empoté mais la bête avait de nouveau disparu. Au passage, il y avait gagné d'avoir les cheveux tous ébouriffés et ce n'était pas très sympa quand même. Il était parti pour rouméguer pendant trois heures parce que l'écureuil n'était pas sympa mais son collègue mage gris ne le laissa pas faire. Il fallait repartir en chsse et surtout éviter les coups de tabouret du blond. Outch ! Là c'était sa tempe qu'on avait cognée.
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Asclépius Underlinden
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Asclépius Underlinden, Mer 12 Juil 2017 - 20:59



Y avait des trémolos et des zigzags de partout. De la fourrure, des pattes, des « squouic » à tire-larigot… Un frangin grognon, du bordel un peu partout, qui venait s’ajouter à celui habituel des lieux… Et une volonté qui s’effrite un peu plus à chaque fois que le tabouret entrait en collision avec quelque chose… Ou quelqu’un. Oups, déso pas déso frère, j’t’avais pas vu. Sans mentir en plus.

Il n’aurait pas cru la bestiole aussi agile. C’était quoi ? Un écureuil volant se prenant pour Peter Pan ? Fallait arrêter avec la poudre de perlimpinpin là, c’était pas bon pour les narines. Surtout qu’entre potes, fallait partager, sinon c’était pas cool quoi.
Même si bon, on pouvait pas dire qu’ils étaient potes. Règle de base : pas de sympathie avec les sacrificiés. Ou alors, un truc hyper puissant, du style Agape. Histoire de donner un peu plus d’originalité et de personnalité au sacrifice et à l’invocation. Les esprits étaient des capricieux, et y avaient pas tant de moyens que ça de les satisfaire. Mais le sacrifice d’un être cher, y z’aimaient bien ça. Allez comprendre.

Comme les deux zigotos de mages gris ne chérissaient pas grand-monde, bah ils avaient jeté leur dévolu sur un être de chair, pour pouvoir discutailler à l’aise avec les deux esprits désirés : Coherencia et Respectus. On peut dire que là, ils les avaient bien perdus. En même temps que l’écureuil.
Ah non, le coquin était en haut de l’étagère.

Ni une ni deux (mais plutôt trois, en fait), il fonça dans l’étagère, et sembla l’ébranler suffisamment pour faire descendre l’animal de son perchoir. C’était le moment de tester ses réflexes de batteur !
Il attrapa un grimoire à deux mains fermes et balança un coup prodigieux en direction de la bête, en un crac historique ! Etait-ce le bouquin qui avait lâché prise sous l’impact ? Ou l’écureuil qui avait fini en bouilli ?

Non.
Simplement la tronche de son frangin, qui s’était pas trouvé là au bon endroit au bon moment. Oh le con.

Surtout que lui aussi visait la bestiole, et que lui-même s’était mis sur la trajectoire. Du coup… C’était pas l’écureuil qu’avait gagné un couteau dans le côté.

Les deux semblèrent murmurer du regard un « et merdre » commun, avant de se laisser tomber à terre dans un bruit sourd.

Fichue bestiole.
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Max Valdrak
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Max Valdrak, Sam 15 Juil 2017 - 14:43


Cachée. Planquée. Je ne bougeais plus. Derrière un carton, j’espérais qu'ils n'aient pas le merveilleuse idée de le pousser. Mais s'ils voulaient un animal pour un sacrifice ils leur fallaient vivant non? Pattes autour de la tête. Les yeux fermés. J'attendais. Craignant le pire. Le petit animal roux que j'étais tremblait de peur. Allais je sortir vivante de cette histoire?

Soudain, le calme. Plus un bruit plus rien. Les yeux s'ouvrirent doucement. Je me redressais. Passant le museau en dehors de ma cachette. Rien. Je sortis totalement. Regardant vers le sol, je vis les deux jeunes hommes sur le sol allongés. Je pris quelques secondes avant de reconnaître, l'un des deux.

Asclépius!? Mais que faisait-il ici? Avait-il vraiment essayer de me sacrifier? Enfin, je pensais que oui d'après que ce j'avais pu entendre. Cependant, je n'avais pas bien compris qui ils cherchaient à invoquer avec ce sacrifice, mais s'il savait que les deux pseudos mages noirs n'arrivaient pas à attraper un écureuil, il aurait bien rit avant de s'en retourner dans son monde.

Sans contrôler mon corps. Je sautais sur un meuble avant de venir me placer devant le cousin qui de toute évidence me cachait bien des choses, et pas des plus pures. Je l'avais presque oublié avec tous les événements passés. J'avais bien envie de le réveiller pour lui poser des questions mais je n'avais aucunement envie de me faire de nouveau attaquer même sous forme humaine.

Il semblait bien endormi. Ou plutôt assommé. Son visage entre mes pattes j'examinais sa bosse. Pas de sang. Un simple bleu. Je plaignais son réveil que je supposai douloureux. Je pris quand même le risque de lui tapoter la joue, pour voir s'il réagirait. Mais aucune réaction. Je toquais alors sa tête. Rien seulement un bruit creux

J'allais laisser les deux seuls, lorsque je pensais à une chose. Je me pouvais pas les abandonner aussi mal en point. C'était la famille. Devant la porte, je soupirais avant de me retransformer en humaine. Je sortis de ma poche une petite trousse de soins moldue et entrepris de faire quelques pansements.

Rassurée. Et surtout espérant qu'ils s'en remettraient, je rangeais mes affaires. Je tournais la poignet, puis de nouveau sous ma forme animal je sortis discrètement de cette sombre cave, laissant le cousin et son ami allongés sur le sol en position de sécurité, un petit mot glissé sous la main de celui que je connaissais.


Fin de RP
Merci c'était bien marrant, vivement de nouvelles aventures en famille
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Kohane W. Underlinden
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Jeu 20 Juil 2017 - 0:34





Pv avec 67



Un peu de noir, un peu de sombre pour une rue descendante.
Elle pourrait monter, aussi, si on la prenait dans l'autre sens.
Mais moi, je préfère la descendre. Pas après pas. C'est comme s'aventurer toujours un peu plus dans la grotte du Sombre. Un mouvement de catabase incessant. Orphée descendant aux Enfers pour y chercher son Eurydice.
Sauf que moi, je n'ai personne à retrouver là-bas.
Je n'ai personne à sauver.
Aucun but réel qui ne me motive à avancer. Toujours un peu plus. Sur la légère pente d'une ruelle déserte.
Je sais que je trouverai rien dans cet Enfer, en bas.
Rien.
Sinon peut-être moi-même.
Sans doute. Moi-même.
C'est pour ça que je suis là.
Sinon, je fuirais l'endroit à grandes enjambées.
Mais pas ce soir. Pas cette nuit.
C'est différent.
J'y vais à la recherche de mon moi réel. Pour comprendre ces ombres qui dansent en moi, qui dansent autour de moi. Pour enfin parvenir à les saisir. Et me trouver à travers elles.
C'est donc cette part de moi que j'espère secrètement rencontrer, au bout de cet éternel tunnel.

Et mes pieds claquent doucement sur le bitume.
Je me repère dans le noir, refusant d'allumer ma baguette pour m'éclairer. Je n'ai pas envie d'attirer l'attention sur moi.
Du moins, l'attention des gens non-désirables.
Les autres, je sais qu'ils sauront me voir sans lueur.
Après tout, le noir est le royaume des Ombres. Elles ont appris à s'y déplacer sans bruit, sans besoin de lumière ou de repères matériel.
Les Ombres sont au-delà de ça.
Et je sais que si elles doivent me trouver, elles me trouveront.



Je ne peux pas dire avoir vraiment peur.
C'est avant tout la curiosité qui pousse mon expédition. Même si, au fond de moi, je redoute l'image qui m'attend en bas. Le reflet que j'ai peur de ne pas pouvoir regarder en face. Parfois, j'ai encore du mal à passer devant un miroir. Il y a des moments où je me dis que je ne me reconnais plus. Et je me demande alors si Rachel n'aurait pas raison. Ai-je réellement tant changé ? Est-ce si mal de changer ? Ai-je des raisons d'avoir peur de ce que je suis ?
Je me sens perdue, quand j'y pense.
Une identité qui s'envole, des appuis tout nouveaux qui vacillent, je bute, je trébuche encore. Alors que normalement, l'enfant bégayante et titubante, je l'avais laissée loin derrière moi !
Je croyais être plus forte.
A un tel point que les démons internes avaient fini par se calmer.
Et que moi, j'avais fini par m'y habituer pour vivre avec eux.
Mais, parfois encore, je me demande si tout cela est vrai. Si je suis vraiment plus forte qu'avant. Si j'ai réellement réussi à me débarrasser de l'encombrante petite fille fragile.
C'est en quête de toutes ces réponses,
En quête de mon chemin perdu au milieu du néant
Que je descend la rue froide.

Ma silhouette se fond dans le noir des murs.
Tout dort.
Ou tout est mort.
Ca dépend du point de vue.
Il n'y a rien, en tout cas. Pas de mouvement. Sinon les miens. Et mon souffle en solitaire pour respirer dans la nuit lugubre.
L'Allée des Embrumes n'est pas le lieu où s'aventurer à une telle heure. D'ailleurs, quelle que soit l'heure. C'est jamais le lieu. A moins d'y avoir des connaissances, des contacts, des points d'appui. La dernière fois que j'y suis passée -et je ne m'en rappelle plus très bien- une fille inconnue m'a sortie d'une mauvaise situation avant de me recueillir chez elle. Dans son appartement.
Ce soir, je sais que la situation ne sera pas la même.
Parce que les Ombres, je commence à connaître.
A force de vivre sans cesse avec elles, rôdant autour de moi.
Sans dire être en terrain connu, je me sens plus assurée que la dernière fois.
Et, après tout, si ce sont les Ombres que je suis venue chercher, pourquoi en aurais-je peur ?

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Mangemort 67, Dim 23 Juil 2017 - 17:39


Elle a froid... En cette nuit d'été fraîche, elle rampe dans la nuit. Dans ces tuyaux qu'elle connaît si bien. Cette belle dame à écailles siffle, mort et dévore. Elle ne dort pas, pas maintenant. Lorsque le Soleil s'en va pour laisser la Lune et son manteau sombre prendre possession du Ciel, elle sait que son Maître sort le masque, son vrai visage, pour arpenter les rues, pour chercher quoi faire pour ses projets. Elle l'accompagne parfois, elle trouve ça amusant. Elle a de la nourriture en retour.

Le serpent va retrouver ce sorcier au masque rouge qui aime tant se promener sur les toits. Il l'accueille gentiment, d'une caresse sur la tête. Il la traite comme son amie, comme son égale et pourtant elle sait qu'elle doit lui obéir...  C'est plus fort qu'elle. Son poison est à son service, si mortel, arrêtant tout, cœur, muscles et circulation du sang. Saïca pourrait le tuer d'une morsure, mais il la tuerait avant de rendre son dernier souffle. C'était un lien fort qui les unissait de toute façon. Pas question de se tuer mutuellement, sauf s'il le lui ordonne.

--------------------------

Une ombre attire mon oeil et celui de ma fidèle amie. Dans les ruelles sombres et silencieuses de l'Allée des Embrumes, il y a quelqu'un qui cherche à ne pas se faire voir. Qui est-ce ? Un petit malin du Ministère qui souhaite impressionner ses supérieurs en espérant en apprendre plus sur les habitants de ce lieu malfamé ou encore un gosse qui croyait amusant de venir ici ? Dans tous les cas, j'allais m'amuser... CRAC.

Me voilà dans la ruelle, mon ami reptile s'habitue vite, car elle fonce déjà sur la silhouette à quelques mètres devant nous. Elle ne lui laisse pas le temps de comprendre ce qui lui arrive, elle l'enroule telle une proie à qui elle briserait les os pour la manger ensuite. Je m'avance gentiment et remarque que c'est une jeune fille, surprise et effrayée, par Saïca à qui j'intime, en Fourchelang, de lâcher prise. La belle aux écailles obtempère mais je sens que ce n'est pas voulu.

- Bonsoir, excuse mon amie, elle est sur les nerfs en ce moment. Un peu d'humour pour détendre la situation. On peut toujours tenter. Que vient faire une si jeune sorcière ici ? Je garde ma baguette de la main droite, histoire d'être réactif s'il s'agit d'un subterfuge ou d'une quelconque ruse de mes ennemis pour me faire sortir. Ils savent que nous recrutons, encore et encore. Les Ténèbres ont un appétit sans fin.


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Kohane W. Underlinden
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Lun 24 Juil 2017 - 20:33





C'est dans le noir et le silence que se nichent les Ombres.
Dans la pénombre et l'ambiance d'âme vide qu'elles se glissent.
Discrètes et secrètes.
Elles avancent.
Muettes.
Attentives.
Au moindre souffle autre que le leur. Au moindre bruit un peu différent de l'ordinaire.
Elles écoutent.
Elles attendent.
Toujours prêtes à bondir.
Avant même que la proie ne s'en rendent compte.

C'est soudain.
C'est éclair.
Lueur de Mort dans la nuit. Un souffle coupé. Bribe de respiration qui s'échappe en mince filament. Il n'y a plus rien ensuite. Juste un noir opaque.
Et toujours le silence.
Les Ombres.
Parce qu'elles, elles ne meurent pas.
Elles traversent toutes les barrières avec soi.
Elles nous suivent jusqu'au bout. Au bout du monde. Au bout de la nuit. Et de l'Enfer.
Elles sont là, elles s'accrochent. A chacun de nos pas.
Quoi que nous fassions, nous ne pouvons leur échapper.
Et puis,
En ce qui me concerne,
Ai-je réellement envie de les fuir ?
Je m'y suis tellement habituée. Je me rends compte, finalement, que c'est ne plus les sentir auprès de moi qui me fait angoisser.
Et, quand j'y pense, ça me fait flipper.
Me dire que je me suis à ce point accommodée à leur présence. Et que c'est leur absence qui me rend nerveuse.
Ouais...
Quand j'y pense, c'est effrayant. Alors j'y pense pas.



Et j'avance.
Inexorablement.
Quand soudain
L'éclair surgit au milieu de la nuit. La lueur d'une demi-seconde de mort dans l'oeil. Il y a un truc. Ou il n'y a rien.
Il y a la chose.
Il y a l'Ombre.
Qui vient de bondir comme le fauve en chasse.
Son corps longs et reptilien pris d'une force hors du commun.
Me voilà paralysée. Surprise. Apeurée. J'sais pas c'qui se passe, là.
Mon cœur sursaute, tressaute, tambourine.
Parce qu'il veut vivre, bon sang.
Il veut encore vivre.
Car je n'en ai pas fini. Avec tout ça. Je crois que mes pas ont encore à hanter. Sur cette Terre. Ils ont encore à parcourir.
Alors
Je refuse de crever ici.
Pourtant, je prends, une nouvelle fois, conscience que ça pourrait arriver. N'importe quand, n'importe où. Je croyais qu'elle aussi, je m'étais habituée à la voir. Elle, la faucheuse que tous redoutent. A force de la croiser, de la regarder dans le blanc des yeux, je croyais que j'avais fini par m’accommoder à sa présence.
Mais je me rends compte finalement que, lorsque c'est réellement moi qu'elle fixe, je ne suis pas habituée. Je ne suis pas résolue. Je ne suis pas résignée. A la suivre sans me battre.
Ce n'est pas elle que je pensais trouver en descendant cette rue.
Mais peut-être me trompais-je sur toute la ligne.. Lorsque je croyais que je trouverais ici réponses à mes tourments.

Aux côtés de l'Ombre reptilienne surgit une deuxième.
Qui déchire elle aussi la nuit.
Sous mes paupières papillonnantes.
Et je déglutis. Et je déglutis.
Parce que le rouge brise le noir.
Il n'y a pas de lune, ce soir. Mais je sais que ce que je vois n'est pas une hallucination.
Je ne pensais plus recroiser ce masque après la Cabane Hurlante. Déjà après les Trois Balais j'avais prié pour ne plus jamais recroiser son chemin.
La seconde en suspend.
C'est comme si je voyais toute ma vie défiler derrière mon front.
En vérité, ce que je vois défiler sont seulement quelques minutes de pur terreur. La première fois que j'ai pris conscience que la vie est si fragile.
Une demi-seconde.
Instant court et pourtant éternel.
Je me revois planquée derrière ma table, tremblante. A ne pas savoir si je vais m'en sortir. A vouloir prier sans jamais avoir appris comment faire.
C'est aussi clair que si ça c'était passé hier.
Et pourtant...
Combien de temps s'est-il écoulé depuis ?

Tu ne m'en voudras pas si je l'ai un peu abîmée hein ?



Passé et présent se confondent.
Alors que la bête desserrent son emprise.
A nouveau, ma respiration me revient. En grande bouffée. Comme si tout n'était qu'un cauchemar passager.
Il y a l'air frais de la nuit. Qui entre dans mes poumons brûlants de frayeur.
Il y a le ciel obscur et la nouvelle lune. Il fait si noir.
Je ne sais plus bien si je rêve.
Si je cauchemarde.
Ou si j'étais vraiment en train de descendre cette rue en pente. Avec la rencontre brutale avec l'Ombre reptilienne.

Et la voix brise le voile du silence.
Elle paraît si forte dans ce monde de mort.
Elle est pareille. Exactement pareille à la première fois.
Pareille à ce jour là aux Trois Balais.
Mais les mots sont différents. Les mots ne semblent pas vouloir agresser. Pas cette fois.
Alors je décide de reprendre contenance. Ne pas tituber. Se montrer forte. Droite et fière.
Parce que je suis seule.
Mais je sais que je peux m'en sortir seule.
Je m'en suis si souvent sortie ainsi.
Après tout, ne sont-ce pas les Ombres que je suis venue chercher ici ?

Je fais malgré tout un léger pas en arrière. Histoire d'instaurer une distance raisonnable. Et, d'un geste que j'essaie d'avoir maîtrisé mais qui reste légèrement tremblant, je défroisse un peu mes vêtements.
Etre sur les nerfs c'est quand même pas une raison pour s'attaquer aux gens !
Est-ce que je tape les gens, moi, quand j'suis énervée, hein ?

-C'est pas en me mangeant qu'elle va passer ses nerfs, je grommelle. Non, vraiment, j'suis sûre que y'a d'autres moyens.

Genre faire du zen.
Du yoga.
Bon, personnellement, j'ai jamais essayé. Mais il paraît que c'est bien.
Ou alors courir. Pour se défouler. S'épuiser. Et s'écrouler, crevé, mais heureux.

Oui, c'est vrai, un serpent, ça court pas vraiment.
Mais ça peut ramper vite, si ça se trouve. C'est un autre pendant de la course.

Après avoir fini de me remettre de cette soudaine agression animalière -et avoir remis mes vêtements en bonne place- je lève les yeux sur le masque.
Dans le noir.
L'Ombre qui se découpe sur le mur.
Le rouge du visage.
Après tout, dans la vie, faut bien parvenir à surmonter ses pires peurs. Sinon, on avance jamais. Et, malgré mon cœur qui tambourine à tout rompre dans ma poitrine, j'essaie de me convaincre que tout ira bien.
Il n'a pas l'air de vouloir me chercher des noises.
Et je n'en ai pas l'intention non plus.
Si tout se passe bien, je m'en sortirai sans une égratignure.
Pour ça, il me faut répondre. Avec sincérité. Qu'il comprenne que je ne suis pas là pour lui. Ou contre lui. J'aurais pu tout aussi bien venir ici armée d'un drapeau blanc. Histoire de signaler dès le début que je ne cherche pas les ennuis.

-Je suis venue chercher mon Eurydice. Cette âme-soeur, ce double de moi qui manque à ma vie. Je sais que c'est ici que je la trouverai. En descendant dans le noir des Enfers. Et, lorsque je la trouverai, je prendrai bien garde à ne pas me retourner pour ne pas la perdre à tout jamais.

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Mangemort 67, Lun 31 Juil 2017 - 17:54


Oh, oh mais qui voilà... Son visage me dit quelque chose. Pas de duel, je me souviens de ceux qui me résistent, les autres meurent, alors si elle est là. Manifestement, je ne l'ai pas combattue. Elle me semble jeune, une élève ? Oui, c'est cela. La cabane hurlante. Elle ne faisait pas vraiment partie du groupe qui nous tenait tête mais elle ne semblait pas si convaincue...

Un silhouette presque fragile mais des mots qui se veulent durs sortent de sa bouche. Comme pour se rassurer qu'elle pouvait faire face à un duo mortellement venimeux. Depuis que j'avais acheté cette lame, elle ne me quittait plus. Cachée à ma ceinture, elle n'attendait que d'entailler ou de pénétrer de la chair et y laisser son poison. Pour de telles paroles, manquant de respect à mon amie à écaille, ma Dame, elle aurait rejoint ses ancêtres. Mais je l'écoute. Ce soir, pas de mort... Pour l'instant.

En revanche, le reptile siffle. Oui, elle a envie de jouer. De planter ses crocs et de voir comment son venin agit dans un corps aussi fin, si innocent. Pourtant, elle va devoir se retenir. Pas de crie, pas d'arrogance, rien qui me permet de savoir de quel côté se range cette jeune fille et des mots sortent de sa bouche...

Un de mes sourcils s'arque sur mon visage. Suis-je tombé sur l'alter-ego du jeune dans la grotte ? Pour ces gosses sont-ils enclins à parler de la sorte ? Peut-être le connaissait-elle ? Cet énergumène auquel il manque un doigt. Ce ne serait pas impossible après tout. Poudlard permet de créer de drôles d'amitiés.

Le silence s'installe. Ainsi donc, elle cherche l'âme-sœur, je vais t'aider.

- Serait-ce l'une d'elle ? J'informule un Illusionis Multiplicare ce qui me permet de faire apparaître trois autres moi... Ses ombres masquées de rouge se fondent dans la nuit sombre. Un quatuor ténébreux qui plaira peut-être à cette jeune sorcière.

- Sois certaine que nous t'accueillerons comme il se doit. Qu'importe celui que tu choisiras.

Saïca serpentait entre ces doubles de moi. Où étais-je ? Lequel était le vrai ? Ces immenses ombres silencieuses devant elle, quelle serait sa réaction ?



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Kohane W. Underlinden
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 6 Aoû 2017 - 0:39




Ce n'est qu'en plongeant au fin fond des ombres qu'on peut espérer comprendre qui on est, en noir, en blanc, en gris.
Ce n'est qu'en descendant parmi les Ténèbres qu'on peut espérer s'accepter enfin comme on est, avec ses parts sombres, ses parts lumineuses, ses fissures et ses forces.
Ce n'est qu'en glissant doucement, marche après marche, vers les tréfonds de l'Enfer qu'on peut espérer retrouver cette âme sœur qui, enfin, nous libérerait de toute culpabilité face au regard des autres, aux jugements d'une société soit-disant bien pensante.
C'est pour cesser d'avoir peur de moi que je suis venue.
C'est pour cesser de tituber face à mes choix que je suis ici.
J'étais venue y chercher, y traquer les Ombres.
Et voilà que je me retrouve face à l'une d'elle. La plus terrifiante de toutes. Parce que liée aux mauvais souvenirs, aux failles dans l'âme, à la peur au ventre.
Ou la plus attirante de toutes. Par ce je-ne-sais-quoi dans les airs qui fait qu'on n'a plus envie de fuir. Pas même de transplaner.
Seulement.
Rester.

Le silence dans le noir.
Derrière le masque rouge, je ne peux capter son regard. Son expression.
Je ne peux discerner les pensées qui cavalent et les réflexions qui s'entremêlent.
Je ne peux me fier qu'à la carapace externe qui ne laisse rien passer du cœur interne.
Il y a juste le silence.
Le sifflement du reptile. Qui, malgré sa sans doute animosité, n'attaque pas de nouveau. Tenue en laisse par l'autorité de son maître.
Me comprendra-t-il, dans mon besoin impérieux de retrouver cette âme sœur ? Cette part manquante. Celle que je n'avais jamais sentie comme manquante. Jusqu'au matin. Où je me suis réveillée. Face au monde. Face à moi. Dans le miroir. Et j'ai senti. Qu'il y avait comme un creux quelque part.
Eurydice
Libérée des Enfers par Orphée. Avant d'être perdue à jamais.
Je ne ferai pas la même erreur. Car je ne peux me permettre de l'abandonner quelque part dans ce vaste monde. J'ai autant besoin d'elle qu'elle a eu besoin d'Orphée, unique espoir de sortir des Ombres pour retrouver les vivants.



Après un temps où les muets ont repris le contrôle de l'univers, le masque rouge les chasse. A coup de mots.
Et le sort informulé.
Trois silhouettes supplémentaires se dressent dans le voile obscur.
Trois masques rouges supplémentaires pour déchirer la nuit de leur couleur.
Je ne bouge pas. Seuls mes yeux passent de l'un à l'autre. Dans le plus profond silence.
Ce sont les Ombres.
Dans lesquelles est noyée mon Eurydice. Ma belle âme. Que je recherche. J'irais jusqu'au bout du monde pour la retrouver.
Mais peut-être le voyage se termine-t-il ici.
Il n'était nul besoin d'aller à l'autre bout de la Terre.
Suffisait de chercher près de chez soi.

Le masqué reprend la parole alors que le serpent, aussi silencieux que dangereux, se déplace entre ces Ombres.
Je m'accorde encore un instant de silence.
Le regard tressautant.
D'une silhouette. A une autre.
Incessant va-et-vient.
Il fait froid. Mes jambes commencent à s'engourdir.
Alors, pour leur donner un peu de mouvement, je m'accorde un pas sur le côté. Sans jamais quitter les Ombres des yeux.
Encore un pas. Faire comme un demi-cercle. Pour réfléchir. Pour analyser.
Je sens mon cœur battre dans ma poitrine.
Des tambours qui s'emballent.
Mais je n'ai pas à avoir peur. Les paroles de l'autre devraient être rassurantes, au contraire.
Je m'arrête. J'ai fait quatre pas sur ma gauche. Suivant la ligne invisible d'un cercle. J'ai un autre point de vue, d'ici.



-Quatre Eurydice ? j'interroge. Ma voix me paraît si forte dans ce silence mort. Pourquoi devoir choisir ?

Inspiration.
Expiration.
Et je finis par faire un pas en avant. Réduisant l'espace de l'arène entre l'Ombre et moi.

-Mais si vous y tenez.

Je me sens si petite.
Je me sens souvent petite par rapport aux autres.
Mais là plus qu'à n'importe quel autre moment.
Petite et pourtant, une autre part de moi se sent assurée.
Un deuxième pas.
Inspiration.
Expiration.

-Je crois que mon instinct choisirait celle-là.

Je tend le bras droit vers l'une des quatre Ombres.
Aucun moyen de dire laquelle, de la décrire par rapport aux autres ; elles sont toutes copie conforme de l'original.
Bras tendu.
Non un index démonstratif : .
Une main ouverte.

-S'il s'agit vraiment de mon Eurydice, je crois que l'une et l'autre âme sauront se reconnaître en une seule.

Murmure.
Dans la nuit.

-Si non, c'est que je me serais trompée. Et ce n'est pas grave. Je continuerai de chercher.

J'irai jusqu'au bout du monde.
Si ici n'est finalement pas l'aboutissement de mon voyage.
J'irai jusqu'au bout du monde. Et des ombres obscures.
Pour elle.

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Mangemort 67, Mer 16 Aoû 2017 - 15:26


Ce soir, nous ne sommes pas seuls. Malgré les nombreuses silhouettes, il y a une présence qui s'impose tel un nuage noir dans le ciel, le silence. Il semble prendre place entre elle et moi. Donnant l'impression qu'il absorbe chaque bruit extérieur dans ce lourd moment de réflexion. Cette gamine, je ne la lâche pas des yeux. Je l'observe. Je souris derrière mon masque, comme un fou. Que faire face à quatre moi ?

Elle ne semble pas très effrayée, du moins elle ne le montre pas. Ou est-elle morte de peur ? Figée telle une statue de pierre ? Pourtant je ne suis pas Méduse, mon regard émeraude ne transforme pas ou ne tue pas, je ne suis pas un basilic non plus. Puis elle bouge, enfin... Pour s'effondrer ? Non, elle observe mais semble subir une pression. Comme si les Ombres sortaient des lames de sous leur robe noire. Mais rien de tout cela, que va-t-elle répondre ? Après tout, elles sont toutes moi et moi je suis elles. D'un mot, elle chasse le silence qui s'était invité. Va-t-en, ne vois-tu pas que tu déranges cette rencontre ?

Elle en désigne une. Est-ce la bonne ? Pourtant, elle ne montre que peu d'hésitation. Elle énonce une potentielle erreur. Peut-être. Après tout, qui est certain d'avoir choisi la route à suivre qui lui convient ?

- Arriverais-tu à lui faire confiance ? Promptus Nebulae informulé. "Tu sembles à l'aise face à moi, mais comment t'en sortirais-tu dans le brouillard ? Un visage peut-être trompeur, un masque peu cacher une félonie sournoise... Trouve-moi, trouve le vrai moi. Et tu sauras que tu devras me suivre sur ce chemin tortueux qui mène à la liberté.

Et sur ces derniers mots, je disparais définitivement dans cette marre de brouillard. Mes ombres ne vont pas tarder à disparaître définitivement, elles.

Ma Dame à écailles rampe en sifflant, usant de sa langue pour se repérer. Mes faux-moi s'avancent sans savoir où ils vont. J'attends. Je suis toujours là, à attendre, je ne bougerai pas. Après tout, ne suis-je pas là pour les guider ? Amener ce Monde de Magie loin de tout brouillard, de toute manipulation sordide... Viens jusqu'à moi et tu sauras que je suis la personne à suivre...



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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Lun 4 Sep 2017 - 23:19




La nuit renvoie et amplifie les sons.
Les battements de mon cœur me parviennent, plus proches et plus présents que jamais. Ils galopent alors que je me tais. Gorge un peu sèche. Attendre la suite, de nouveau figée dans le noir.
La rue est droite. Plongeante. Avancer, je ne peux plus. Il est là -et partout.
Reculer, c'est hors de question.
Reculer, c'est abandonner.
Reculer, c'est laisser tomber.
Et ce n'est pas dans mon tempérament.
Un frémissement dans la couverture de nuit. Mes yeux se plissent un peu pour percer l'obscurité. Je distingue toujours les quatre silhouettes, si grandes. Elles semblent envahir toute la bulle du monde, s'imposant où que je pose mon regard. Immenses blocs noirs déchirés de rouge sang.
Lorsque sa voix reprend, je me fige un peu plus. A jouer avec le rasoir de l'attente. Le tourner, retourner entre mes doigts. Sans jamais me couper. Mais il suffirait de pas grand-chose pour que... pour que la lame effilée ne pénètre la peau. Et que vienne plic-ploc-plic ce si précieux liquide vermeil. L'attente est aussi oppressante que le couteau sur la gorge. Ne pas savoir. Si le couteau sera retiré. Ou, au contraire, appuyé davantage contre la chair tendre et vulnérable.

-Arriverais-tu à lui faire confiance ?

Confiance ?
Je sais plus vraiment ce que c'est... Je ne sais pas trop... Je ne me fie jamais à quelqu'un sur le long terme. J'ai appris que tout pouvait se renverser. Et si facilement ! J'ai appris que la vie est réversible. Et qu'un simple coup de vent pour retourner l'ami contre soi ou rendre l'ennemi terriblement attrayant.
Alors.
Je ne fais plus de projet sur le long terme.
Je regarde les gens. A un instant t. Les juge sur cette délicieuse seconde en suspend. Je peux leur accorder ma confiance, à cet instant-là. Pour cet instant-là. Mais cela n'engage en rien le futur. Qui sait de quoi sera fait demain ?
Alors, ce soir, cette nuit, faire confiance à cette immense ombre synonyme de longs cauchemars qui ont eu du mal à s'évaporer...
je ne sais pas.
Toujours statue, respiration mise en sourdine, j'absorbe ses dernières phrases. Alors qu'un épais brouillard se lève.
C'est soudain comme une main glacée dans le dos.
La main de la peur qui revient, plus forte que jamais.
Le frisson. Long de l'échine. Frémissement de frayeur. Et rage au creux des tripes. Rage contre soi -pas contre l'autre. Parce que je croyais ne plus jamais fléchir. Ne plus jamais trembler. Avoir balayé l'enfant titubante pour la remplacer par une autre. Moins innocente. Mais plus forte.



Mais

la vraie force

est-elle vraiment de ne jamais trembler ?



Les pensées s'embrouillent.
Alors que le masque rouge disparais dans la nuit et le brouillard. Nuit et brouillard, comment disparaître, faire disparaître sans laisser de traces. Sans laisser de preuves. Seulement. Broyer dans l'infini.
Nacht und Nebel.
L'idée qu'il disparaisse, que je disparaisse aussi, que mon monde entier s'écroule et se fasse avaler ainsi m'effraie au plus haut point. La pensée de se retrouver dans un néant de noir et de fumée. Mon univers est si fragile. Que je ne supporterais pas de le voir s'évaporer dans un non-être.
Toujours immobile, incapable d'un moindre mouvement, je commence à imaginer. Le pire.
Je pourrais me retrouver seule ici.
Dans cette bulle si étriquée, sans capacité visuelle, démunie de ce qui est un des meilleurs sens de l'Homme.
Si ça se trouve, je suis seule ici.
A flotter dans cet infini-néant. Je ne reconnais même plus la rue que je descendais. Disparue, elle aussi, dans le brouillard. Il n'y a rien. Rien d'autre que moi. Je n'entends plus que ma propre respiration, suis consciente uniquement de ma propre présence.
Et ça me fait flipper.
Tanguer solitaire dans un monde inconnu, un univers que je ne maîtrise pas. Tout pourrait surgir d'ici. Je ne vois rien. Ne distingue rien.



L'absence est finalement peut-être encore plus terrifiante que la présence.
Car l'absence, c'est le rien, l'imprévisible et l'inexplicable à la fois. C'est ce que les Moldus appellent surnaturel.
L'absence, c'est ce qui est là et pourtant, échappe à toutes explication rationnelle.
Alors que la présence, aussi dangereuse et effrayante soit-elle, rassure parce qu'on la connaît. Parce qu'on la voit. Parce qu'on peut avoir une chance de la contrôler. Parce qu'on ne reste pas passif.
Je m'efforce de calmer ma respiration, reprendre mes esprits.
Retrouver un peu de lucidité alors même que presque tous mes sens son anesthésiés. Dans l'angoisse de la solitude perdue au milieu de nulle part.
Inspire.
Expire.
Et raisonne.
Calmement.
L'oreille tendue.
Paupières baissées sur un sol que je ne vois plus.
Présence.
Ou absence.
Présence...



Il faut avancer. Pour le savoir.
Mais avancer à l'aveuglette ne m'inspire que moyennement.
Pourtant, mon corps finit par réagir. Comme un automate. Alors que mon esprit se débat. Dans mille idées catastrophes plus folles les unes que les autres. Ma main droite vient chercher la poche. Le contact rassurant du bois sur la peau. Savoir qu'elle, au moins, elle est là. Au moins, il reste elle. Dans ce néant. Elle demeure.
Un pas.
Deux.
Je guette le moindre son.
Je ne saurais dire si je vais en ligne droite. Ou si je me suis déportée.
Si je regarde toujours la rue descendante. Ou la rue montante.
De toute façons, la rue n'existe plus. Il n'y a plus que le brouillard. Eventuellement moi. Et encore. Je ne suis même plus sûre de ma propre présence ici. Je ne suis peut-être moi-même plus qu'une ombre dans la nuit, fantôme inconsistant... Eurydice perdue en Enfer.

Soudain, impossible de savoir dans quoi se prennent mes pieds.
La démarche titubante, peu rassurée se retrouve brisée. Le fil du pantin coupé. Sec. Et le corps plonge soudain. Sous la masse brumeuse.
Le choc.
Du sol.
Contre la peau.
Erafle la chair, emportant quelques menus morceaux de moi dans la chute.
Et alors, je prends conscience.
Que je suis.
Parce que, sur le coup, ça démange au genoux blessé.
Les sensations reviennent subitement.
Je suis, encore, encore un peu, je suis, là, toujours, à poser mes pieds sur cette terre.
Cettte vérité m'aide à me reprendre. Malgré le frisson qui continue un peu de parcourir l'échine.

Lumos
pour essayer de chasser la brume. Entrevoir le sol sur lequel j'ai le sentiment de patauger sans fin.
Respiration courte.
Se relever.
Parce que je me suis promis. De ne plus jamais tomber. Crever debout, s'il le faut. Mais rester droite. Et digne. Affronter le monde.
Je me relève. La baguette lumineuse serrée dans le poing.
Je ne vois pas beaucoup plus à travers la brume. Mais cette lueur me rassure. Elle est comme une amie veillant sur moi. Une étoile posée au bout de cette tige. Etoile descendue du ciel pour venir danser au milieu du brouillard. Elle est belle...
La démangeaison du genou vite oubliée.
La sensation d'être me donne presque des ailes. Pour écarter la peur. La fuir. Me dire au-delà d'elle, la survolant, l'effleurant à peine ; elle ne m'aura pas dans sa gueule monstrueuse.
Je vais. Là où je pense avoir vu l'Ombre rouge -une des ombres rouges- pour la dernière fois. Mais je n'en suis pas certaine. Je ne sais pas si j'ai marché droit tout à l'heure ou si mes pas ont dérivé sur un macadam tanguant.
Privée de la vue malgré l'étoile-baguette, il me reste l'ouïe. Pour défier le brouillard. Et le percer.

-L'Ombre et la Lumière s'entremêlent toujours, n'est-ce pas ? Comme l'Etoile et le Brouillard. C'est parce que l'un existe que l'autre est mis en valeur. Ils ne peuvent se passe l'un de l'autre. Et ce soir, dites, ombre et lumière, quelle danse nous réservent-elles, pour tracer un chemin de Liberté ?

La main libre cherche dans la brume. Tâtonner sans vraiment trop savoir.
Tendre le bras devant. Et chercher. Un repère.
Alors que mes yeux ne quittent pas la lueur de la baguette, brandie comme un phare au milieu d'une mer calme, trop calme, juste avant la tempête.
Mes sens sont tellement perturbés que je ne sais plus. Si les bruits d'étoffe ou de présence que je perçois sont réels ou le simple fruit de mon imagination. Je parle peut-être seule. Je parle peut-être à la rue froide, aux murs avalés par la brouillard.
Pourtant, je continue de percevoir le léger fil de la présence.
Je ne parle peut-être pas seule...

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Mangemort 67, Sam 23 Sep 2017 - 11:41


Tic
Tac
Tic
Tac

Les aiguilles du temps filent à tout allure. Dans ce silence nocturne, je me délecte. Comment réagira-t-elle ? Une si jeune enfant qui vient se frotter aux Ténèbres. Mourra-t-elle de peur ? Si c'était le cas, nous ne perdrons pas grand chose. Il me faut des personnes solides, capables de résister à l'adversité et à la terreur. Nos ennemis ne sont pas des tendres, nos alliés non plus.

Je reste à ma place. Tachant de respirer le moins fort possible. Même si je ne pense pas qu'elle va m'entendre. Mais les sens, dit-on, sont plus développés lorsque la vue est obstruée. Elle doit se familiariser avec les situations où elle avancera dans l'inconnu. Un bruit m'apporte une chute. Est-ce une sorcière ou un sorcier non désiré ? Ou la pauvre petite qui s'est écroulée sur ses jambes flageolantes ? Elle me semblait plus forte que cela, me serais-je trompé ? Une lueur apparaît, je la distingue. Le temps a continué son avancé et mes ombres sombres s'en sont allées. Laissant la nuit, la Dame d'écailles, la jeune sorcière et moi-même entre-nous.

Une voix traverse la brume, elle ne tremble pas. Ne demande pas d'aide. Ces mots ont du sens, ces mots-là sont criant de vérité dans un monde d'utopie. Les Ténèbres vivent sans lumière, ils ont besoin de rien.

Un pas en direction de la lumière que j'aperçois. Je vais à sa rencontre. Comprendra-t-elle que je suis celui à suivre pour sortir des mensonges et des lourdes chaînes de notre Gouvernement ?

Je distingue un bras, je tends le mien, celui où se trouve ma marque, je l'attrape et la tire vers moi.

- Je suis là. Petit rire moqueur. "Comprends-tu que les Ténèbres persistent même dans la lumière de leur justice trompeuse. Jamais nous ne partirons tant que le Monde ne sera pas libre. Il faudra combattre, il faudra espionner, découvrir les identités de ceux qui nous résistent. Qui ne comprennent pas que la solution est celle que nous proposons pour le bien de tous... Silence... Je lui laisse le temps d'enregistrer ces paroles. "Es-tu prête à nous rejoindre ? À convaincre d'autres de nous rejoindre ? À user de ta baguette pour libérer la Magie et la dévoiler aux yeux de tous ?

Je relâche son bras que j'ai dû serrer un peu trop fort. Mais lorsqu'on s'engage dans une telle cause, ne réveille-t-elle pas les passions ?


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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Jeu 28 Sep 2017 - 23:45




Au milieu de la brume, le sursaut du coeur. Contact. Inattendu. De la main. Sur le bras. Et la traction. Le corps presque enlevée.
Malgré la surprise -peut-être aussi la pointe de peur qui bat les tympans- je ne lâche pas ma baguette. Seule bouée de sauvetage dans un monde sans pitié.
La lueur rassurante dansante au bout du morceau de bois éclaire bientôt l'interlocuteur revenu. Alors que mes oreilles captent sa voix qui se fait de nouveau entendre.
La main ne lâche pas mon bras. Et les mots se déversent les uns après les autres.
N'osant plus bouger, j'écoute. Il y a juste ses mots. Et tout le reste autour s'efface. La brume est comme oubliée. De toutes façons, je n'ai pas besoin de voir. Seulement d'entendre.
Et le masqué parle.
Les convictions. Les luttes. Les moyens. Pour parvenir aux fins. Combat éternel chaque jour reconduit. Mais qui, peut-être, aboutira un jour. A, enfin, faire renaître ce p*tain de monde dans autre chose que ses vieilles valeurs. Ce monde sans queue ni tête. Qui n'a d'autre sens de vie que celui de nous maintenir prisonniers en son sein.
Cette machine, qu'Asclépius veut renverser, que je veux détruire, qui s'incarne sous tellement de formes diverses et variées mais elles ont toutes un point commun : celui de provoquer le dégoût chez ceux qui ne veulent qu'une chose : vivre, vraiment, et libres.
Cet univers qu'on m'a dit, un jour, d'embraser.
Ce serait beau, d'ailleurs.
L'univers en feu.
Les flammes qui galoperaient sans s'arrêter. Réduisant tout en cendres. Et de ces cendres fécondes renaîtrait un univers nouveau. Bien plus appréciable. Qui aurait balayé le carcan des traditions, des anciennes valeurs, des mots qui ne veulent plus rien dire.

Silence.
Bien approprié.
Dans mon esprit perdu, il y a le monde en feu. La projection de cet espace rêvé. Des cendres pour tout reconstruire.
Et il y a la réalité, plus lointaine. D'une rue sans nom. Sur l'Allée des Embrumes. Et d'une présence qui s'est effacée au profit des mots. La prise sur le bras que je ne sens presque plus. Chair anesthésiée, peut-être bien. Ou c'est juste que je n'ai plus envie de la sentir. Elle n'est pas importante à ce moment-là.

Soudain, la question.
Qui m'interpelle. Qui vrille. Cogne. Parce qu'elle m'est adressée, à moi. Et que je ne m'y attendais pas.
Généralement, l'imprévu, l'inconnu, je ne m'en formalise pas. Je l'accueille comme s'il était prévu, comme s'il faisait déjà partie de ma vie.
Mais parfois, ce n'est pas le cas.
Comme cette nuit. L'imprévu reste imprévu. Et, en tant que tel, sa capacité à surprendre demeure.
Es-tu
Ce n'est même pas un
Serais-tu
Non
Es-tu
Un présent en place d'un conditionnel. Une réalité en place d'un hypothétique futur.



La prise sur mon bras se relâche.
Je recule d'un pas, histoire de reprendre un peu de distance. Et reprendre mon souffle suspendu jusque là aux mots, aux phrases, au fil de l'attente.
Informulé #nox pour éteindre l'étoile. Jamais morte. Juste en repos. A attendre la prochaine sollicitation.
Mes yeux clignent dans le noir. Le temps de s'y habituer de nouveau.
Et mes pensées turbinent. Pelote de laine. C'est un engagement qui est proposé. La chance. Ma chance. De me battre pour ce dont je rêve. Les papillons que je poursuis vainement en criant pour un monde meilleur.
Me battre pour toutes les raisons exposées à Rachel. Celles qu'elle n'a pas daigné entendre. Qu'elle n'a pas voulu comprendre. Peut-être aussi, alors, me battre par légère rancoeur. Vis-à-vis de son incompréhension. Et me battre par opposition. Au monde. Tout entier. Que je hais autant que j'aimerais le sauver.

Baguette abaissée.
Fixer le noir.
Fixer la silhouette imposante.

-Le noir attire les ombres ; on disait qu'Eurydice se trouvait en Enfer mais en fait, c'est peut-être bien dans une rue que je l'ai trouvée. Et ce n'est pas l'Enfer, ici.

Trouvée,
Retrouvée,
Cette part de moi qu'il fallait éveiller, secouer. Pour qu'elle m'offre enfin complètement mes nuances. Angles d'ombre et de lumière, de nuit et de soleil.

Inspirer.

-Maintenant qu'elle est là, revenue, elle me dit que oui, je suis prête.

Expirer.

Un présent pour répondre à un présent.
Pas de je serais
Qui sait ce que nous réserve l'avenir, d'autant plus s'il est hypothétique ?
Je suis. Ca. Au moins. J'en suis sûre.
Je suis sûre du présent.

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Mangemort 67, Lun 9 Oct 2017 - 10:52


Dans ce silence, nocturne et brumeux, je sens que ma Dame d'écailles n'est pas loin. Elle observe. Elle attend. Elle espère... Elle espère que la jeune sorcière tente quelque chose contre moi afin de planter ses crocs dans son corps et y injecter son poison mortel. Probablement le pire de tous les animaux non-magiques. Je ne l'ai pas choisie pour rien.

Mais j'ai confiance. Je sens que mes mots frappent sa conscience pour ensuite devenir de douces caresses. Ces mots, je les ai répétés un bon nombre de fois. Pourtant, je m'en délecte à chaque fois. Ils sont vrais, authentiques et sincères. Mon combat continuera jusqu'à la victoire... Ou ma mort. Mais rien d'autre ne m'arrêtera. C'est mon rôle de sortir la communauté magique de cette situation.

Elle semble le comprendre, elle semble se ranger à mes côtés, à nos côtés. Nous sommes de plus en plus nombreux. Nous pourrons bientôt frapper. Mais il y a encore un paramètre important à prendre en compte : nos ennemis. Combien sont-ils ? Aurors, Phénix. Nous avons de quoi nous amuser.

Je la laisse terminer. Annoncer qu'elle a fait son choix ou plutôt qu'elle s'est réveillé. Elle ne veut plus être enfermée.

- Bien... Bien... Que peux-tu m'apporter ? As-tu des informations sur nos opposants ? Pourrais-tu en obtenir ? Fini la mise en scène, à présent, nous attaquions le vif du sujet.

C'était risqué, j'en avais conscience. Mais il était important pour l'Ordre Noir d'être d'avoir le plus d'informations possible. J'avais déjà vu cette jeune fille mais je ne savais pas comment elle s'appelait. Quoiqu'en y réfléchissant... Oui, dans un bar, je l'avais vue. Tentons. J'y étais pour une raison bien précise, difficile de l'oublier.

- Dans ce bar, tu dois bien pouvoir tirer quelque chose de tes clients.



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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Ven 3 Nov 2017 - 22:34




Les choses se mettent à tourner et bouillonner dans ma tête. A une vitesse folle. C'est comme le tambour d'une machine à laver lancé à pleine vitesse. J'ai déjà observé ça chez ma cousine Sarah. C'est assez dingue. Le nombre de tours à la seconde. Mes pensées actuellement, c'est la même chose. Ca remue si vite et dans tous les sens. Cognant violemment contre la boîte crânienne.
Les images d'une courte vie qui défile.
Et la sensation au creux des tripes de prendre un tournant -un vrai, qui va marquer la levée d'un voile nouveau.
Je tente d'ignorer l'ombre rampante que je crois percevoir. Pour sûr, elle est toujours là, quelque part, au milieu de la nuit, à attendre. Après une première étreinte surprise, je ne tiens pas à une autre. Mais je suppose que si je demeure immobile et tant que son maître la tiendra, il ne se passera rien.
Alors
Je ne bouge pas. Entends à peine ma propre respiration.
Et sens uniquement tourbillonner mes idées et pensées. A mesure que se superposent les images d'autrefois -à se demander comment j'en suis arrivée là, à danser avec les ombres et à comprendre la Liberté. A se demander pourquoi avant je n'ai jamais autant ressenti que maintenant l'étau étouffant qui nous enserre, le corset contraignant qui nous fait taire.
Puis
Je balaie d'un revers de manche imaginaire toutes ces images de l'autrefois.
Les sourires innocents des trois ans.
Les bouilles enfantines des sept ans.
L'excitation nouvelle des onze ans -et la découverte d'une vie ailleurs, hors du foyer familial.
La deuxième vague d'exaltation des seize ans et la découverte de Poudlard, sa haute structure, ses tours, son parc, son lac, ses paysages, ses couloirs sans fin et ses élèves. Les mille-et-une péripéties qui ont pu s'y dérouler. Jusqu'à se prendre le réel en pleines dents. Jusqu'à ce que tout change, du jour au lendemain, progressivement, pas après pas.



C'est assez ironique, d'ailleurs.
Alors que je regarde le masque rouge qui se détache sur le noir de la nuit, je me rappelle. Que c'est ce même masque qui a été le pilier du premier virage de ma vie. Aux Trois Balais. L'attaque en coup de vent. Et le sentiment qu'on ne sortira jamais vivant.e de cet enfer.
L'événement qui a tout changé. Qui a fait qu'après, rien n'a été pareil. Et comme une loi des séries, tout s'est enchaîné ensuite.
Jusqu'à ce que je me retrouve aujourd'hui. Des années après. Face au masque. Et des idées nouvelles plein la tête. Une conscience que je n'avais pas auparavant. Une part du miroir qui manquait autrefois.
Eurydice

La voix de l'autre reprend. Et j'écoute.
Je me tais.
Des informations. J'en ai quelques unes. Mais il m'est impossible de les étaler. J'ai déjà du mal moi-même à me les dire. Dès que ça concerne Rachel, ça devient vite bien trop compliqué. Foutus sentiments humains.
En revanche, en obtenir, cela doit pouvoir se faire.

-Il m'arrive, de parler aux gens que je sers. Ou de les écouter. Je dois pouvoir apprendre des choses. Dans la rue, aussi. Parfois. On croise des ombres. Qui se mettent à parler. Suffit de savoir écouter.

Nouvelle image qui déchire l'esprit.
Encore Rachel.
Que je chasse à coups de pied. Pas maintenant. Pas ce soir. Pas cette nuit.

-Que faire de ces informations ? Comment les transmettre ?

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Mangemort 67, Jeu 16 Nov 2017 - 10:01


Face à moi, elle se tait. Attentive ? Cherchant à fuir finalement ? Lorsque les choses deviennent concrètes, ce qui semblait être une volonté de fer, peut s'effriter, rouiller bien plus vite que prévu. Comment dois-je interpréter ce silence ? Y voir une réflexion intense quant à ce qu'elle va faire, au moyen de s'y prendre ? Ou cherche-t-elle un moyen de s'échapper ? Ce qui était peine perdu, il fallait le reconnaître...

Pourtant, les mots sortant de sa bouche montre qu'elle a compris et fini la mise en scène et le blabla pour convaincre. À présent, elle devait savoir comment s'y prendre et surtout pour revoir. Bien ma petite, très bien. Droit et sans bouger, je reste cette masse sombre au visage carmin, regard fixé sur cette sorcière.

- Il te suffira d'allumer, à la nuit tombée, une torche à l'arrière des Trois Balais en modifiant sa couleur. Je souhaite un rouge, rappelant le sang de nos ennemis. Rappelant l'intensité de notre combat. Quelqu'un surveillera ton appel. Tu n'auras qu'à attendre qu'on me prévienne pour que je te rejoigne.

Ce quelqu'un sera Brutus, bien qu'il ne soit plus dans mes bonnes grâces, je le sais motivé à y revenir. Il accomplira sa tâche avec servitude et sérieux, c'était une certitude. Et la jeune sorcière comprendrait aussi l'étendue de mon influence. Mes yeux et mes oreilles s'étendent de plus en plus et grâce à elle en partie mais il ne fallait pas croire qu'elle était en roue libre.

- Ce soir, tu as fait un pas vers les Ombres, continue, c'est le droit chemin. La liberté se trouve au bout...

Et en fourchelang, j'ordonna à ma belle à écailles de venir vers moi pour transplaner. CRAC. Seule avec ses pensées, la serveuse aura de quoi cogiter cette nuit.


Merci à toi pour ce RP, MP moi si tu allumes cette torche, info ou pas info.
Départ de 67

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 La nuit tous les chats sont gris...

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