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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Chemin de Traverse :: Allée des Embrumes
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La nuit tous les chats sont gris...
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Mangemort 67
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Mangemort 67, Jeu 16 Nov 2017 - 10:01


Face à moi, elle se tait. Attentive ? Cherchant à fuir finalement ? Lorsque les choses deviennent concrètes, ce qui semblait être une volonté de fer, peut s'effriter, rouiller bien plus vite que prévu. Comment dois-je interpréter ce silence ? Y voir une réflexion intense quant à ce qu'elle va faire, au moyen de s'y prendre ? Ou cherche-t-elle un moyen de s'échapper ? Ce qui était peine perdu, il fallait le reconnaître...

Pourtant, les mots sortant de sa bouche montre qu'elle a compris et fini la mise en scène et le blabla pour convaincre. À présent, elle devait savoir comment s'y prendre et surtout pour revoir. Bien ma petite, très bien. Droit et sans bouger, je reste cette masse sombre au visage carmin, regard fixé sur cette sorcière.

- Il te suffira d'allumer, à la nuit tombée, une torche à l'arrière des Trois Balais en modifiant sa couleur. Je souhaite un rouge, rappelant le sang de nos ennemis. Rappelant l'intensité de notre combat. Quelqu'un surveillera ton appel. Tu n'auras qu'à attendre qu'on me prévienne pour que je te rejoigne.

Ce quelqu'un sera Brutus, bien qu'il ne soit plus dans mes bonnes grâces, je le sais motivé à y revenir. Il accomplira sa tâche avec servitude et sérieux, c'était une certitude. Et la jeune sorcière comprendrait aussi l'étendue de mon influence. Mes yeux et mes oreilles s'étendent de plus en plus et grâce à elle en partie mais il ne fallait pas croire qu'elle était en roue libre.

- Ce soir, tu as fait un pas vers les Ombres, continue, c'est le droit chemin. La liberté se trouve au bout...

Et en fourchelang, j'ordonna à ma belle à écailles de venir vers moi pour transplaner. CRAC. Seule avec ses pensées, la serveuse aura de quoi cogiter cette nuit.


Merci à toi pour ce RP, MP moi si tu allumes cette torche, info ou pas info.
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Kohane W. Underlinden
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Mar 12 Déc 2017 - 22:54




Désolée de cette conclusion tardive :x

Les deux pieds désormais dans le vif du sujet. Finis les pas de côté. Je sais bien qu'à présent, je ne peux plus reculer.
Puis
Même, je n'en aurais aucune envie.
L'autre, en face, répond, ses mots crèvent la nuit et ses phrases voguent. Matérielle, simples, de l'information, du pratique, terre-à-terre.
J'écoute en silence. Ressentant soudainement l'air frais qui traverse l'Allée des Embrumes. Le masque rouge parle. Avant de conclure.
Phrase pour rassurer, encourager, continuer. Montrer que le chemin est là, bon, pour un rêve de Liberté au bout du compte. Se débarrasser de ses chaînes et du corset qui nous étouffe. Recréer le monde et faire surgir la voix de ceux dont on a cousu les lèvres jusque là, écrasés qu'ils étaient par cette Machine infernale. La déconstruire, cette Machine, justement. Lui retirer chacune de ses pièces, l'une après l'autre, lent et minutieux travail fait d'efforts et de patience.
Mais, après tout, n'est-ce pas ça que nous nous sommes promis avec Asclépius ?
Ce pacte à demi-mots pour renverser la Machine et se libérer.

L'Ombre s'adresse soudainement à son serpent. Instinctivement, mes muscles se contractent ; je n'aime pas ne pas comprendre. D'autant que le serpent... j'en ai fait les frais tout à l'heure, ce n'est pas le plus adorable et gentil des animaux !
Mais non, ils se contentent juste tous deux de transplaner.
Le CRAC caractéristique se fait entendre. Et je me retrouve. Seule.
Ou presque.
Parce que subitement, une présence à côté de moi, tout autour de moi. Et même. A l'intérieur.
Son souffle sur ma nuque.
Eurydice tirée des enfers. J'ai réussi là où Orphée a échoué.
Et mon Eurydice est désormais là. Trouver sa place en miroir, à l'intérieur de moi, compléter la part perdue du tableau.
Je soupir.
Et je l'entends murmurer

alors, on y va?

Oui.
On y va.
On y repensera plus tard.
La soudaine envie de marcher, marcher, marcher jusqu'à ne plus penser. Et s'écrouler.
Alors.
Je fais demi-tour.
Et marche
marche
marche
sans fin
dans la nuit noire
Eurydice blottie au creux des tripes.

Fin du RP.
Merci à toi !

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Madilyn Nebulo
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Madilyn Nebulo, Mar 2 Jan 2018 - 20:21


PV Azénor

Cette nuit encore, tu erres comme un spectre sur ces lieux maudits, ceux de -on peut presque dire- ta mort. Les images dansent devant tes yeux, vite, vite, trop vite. Le feu. La foudre. L’acide. Et l’oubli. Elles s’entrechoquent, dures et violentes, claquent, s’échappent et reviennent. Y a les cris aussi. Les pleurs. La folie. La douleur. La peur. L’errance. Les cauchemars. Et ce rire. Et ce rire.
Cette nuit encore, tu cours, tu cries, tu pleures, tu t’essouffles, tu suffoques, tu te noies, tu meurs, tu vis. Tu cours sans espoir, sans but, après tes souvenirs et ton oubli, ce visage bourreau qui t’a insufflé la mort et le sang. Ce visage qui t’a fait l’oublier d’un coup de baguette est s’est enfui sous la lune de minuit.
Ton pouls s’affole, ton corps ne peut plus, le fil se brise. Tu tombes au milieu de la rue, tu te relèves, après tout ce temps, tu comptes même plus tes bleus. Ta gorge est sèche, tes plaies te lancen, mais tu continues. Jusqu’au bout. Jusqu’au bout. Jusqu’au bout. Jusqu’à briser tes limites.


Et puis tu craques. Tes jambes lâchent et tu t’écroules. T’as choisi le coin le moins fréquenté des Embrumes, mais tu sais bien qu’ici y a toujours des ombres, oiseaux de nuit. Mais c’est le silence qui répond à ton appel à l’aide muet. Ce soir tu es partie à la chasse aux souvenirs, mais t’as trouvé que ta douleur. C’est ce que tu penses avant de sombrer. Good job.
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Azénor Philaester, Ven 5 Jan 2018 - 14:25


Azénor est sous sa forme Phénix


Pourquoi cachée de ma réelle identité je me prends à arpenter ces lieux, à toucher du bout des doigts ces murs, à respirer cet air impur. Mais il est loin le temps où j'avais peur, petite fille qui craint le dehors. Oh ça non. Je suis devenue forte, je suis devenue celle qui réconforte. Peut-être est-ce-paradoxal mais viendrais-je ici pour dépasser mes limites, toucher de l'âme sensible, me confronter à ce qui arrivera tôt ou tard. Suis-la pour sauver, pour convaincre, pour affronter.
On pourrait presque dire qu'il n'y a pas un chat mais si, justement. Un des seuls lampadaires encore en état de fonctionnement, si l'ont peut dire qu'il fonctionne, offre à un mur une ombre de félin étrangement disproportionné. On croirait à un monstre, assis, se léchant les bouts des griffes. Comme pour avaler la dernière goutte de sang de sa victime. La scène m'amuse, des yeux je cherche le chat fautif. Et le trouve non-loin, finalement petit. Tout n'était qu'un leurre. La nuit même les chats sont gris.

Je me dirige vers le matou, qui à ma vue s'enfuit. Peut-être est-ce mon allure qui l'a apeuré. Un long jean noir serré, un col roulé tout aussi ébène, une silhouette vénitienne et un visage à demi caché. Je ne suis pas Azénor sévère et douce à la fois ce soir. Oh non, je suis bien plus. Je suis elle et davantage. Je suis elle et je suis l'espoir.
Rappelle-toi, mes larmes guérissent.

Je suis la direction du chat qui trottine devant moi. Puis je la vois, cette enfant tombée à terre. Silhouette pas tout à fait adulte, elle doit être scolarisée à Poudlard, c'est obligé. Tous les jeunes des alentours le sont. Pourquoi se balader dehors en pleine nuit. Comment le château peut-être aussi peu sécurisé. Ou comment les élèves peuvent-être aussi doués pour s'en sortir. Je ne peux la réprimander, je ne suis pas Azénor, pas Directrice de quoi que ce soit ce soir. Je suis l'épaule qui aide, souvenez-vous.
Je m'approche du corps à terre, sans question, sans jugement, dépose un main sur un flanc, l'autre sous un bras, et aide l'oiseau au sol à se relever. Vole petite poupée.

Et je croise ton regard, ô peine, je n'y vois que souffrance et douleur. Qu'est-il arrivé à ton cœur, pourquoi tes jambes ont flanché. Sans mot je te demande ce qu'il s'est passé.
- Tu ne devrais pas traîner ici si tard. Les rues sont dangereuses, surtout la nuit.

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Madilyn Nebulo, Sam 6 Jan 2018 - 21:29


Une présence, une chaleur, une aide et tu es debout. Un ange noir, ailes de feu, te tend sa main, puis vous volez ensemble. Sortie de nulle part, fée de la nuit, elle épouse ton regard, et lis tes yeux, tes larmes. La course, les hantises, les souvenirs. D'un coup t'es plus qu'une enfant des astres, perdue dans le passé et les cauchemars qui reviennent te poursuivre à l'infini, toujours, toujours... Tes yeux restent accrochés aux siens, c'est comme une grande sœur en cadeau de la lune, éphémère. Tu te cramponnes à son regard pour rester debout, pour survivre dans le présent, une larme perle dans la nuit, dernier vestige de l'affliction passée. Tu te détaches du lampadaire grésillant dont la lumière se meurt, pour rester sur pied seule.
La lune un instant disparaît dans un caprice des nuages, et quand elle renaît, les larmes ont séché. Son œillade en silence te questionne, mais les mots suivent, fidèles.


- Tu ne devrais pas traîner ici si tard. Les rues sont dangereuses, surtout la nuit.

Tes yeux se perdent dans l'infini, et se remémorent encore une fois. Mais cette fois point de pleurs, tu te dresses face au vent, humble et douce, sans ce rire faux qui t'offre un semblant de protection. Sans le sang, sans la douleur et la peur en remparts au chaos. Tu te retournes vers elle, et un sourire vague flotte dans le souffle de l'alizé.

- Je l'ai pourtant appris il y a trois ans. C'est dans ces rues que j'ai été déchue du paradis, avec seule la lune et ses sœurs comme témoins silencieuses. Mais c'est cette force invisible qui me pousse à courir chaque nuit après les cauchemars et les souvenirs...
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Azénor Philaester, Mer 10 Jan 2018 - 18:36




L'élève est Madilyn. Azénor le sait, Azénor connait ses élèves, les observe tous, tous les jours. Mais moi je ne le sais pas, je ne dois pas savoir. Je dois prétendre avoir relevé une inconnue, une pauvre âme égarée. Je dois prétendre regarder une simple enfant pleurer.
Je crois presque discerner un sourire, une façon de dire merci dans la bouche, une façon de dire à l'aide dans les yeux. Je suis là pour te relever petit ange de la nuit. Besoin d'une épaule sur laquelle t'appuyer? J'en ai deux.

- Je l'ai pourtant appris il y a trois ans. C'est dans ces rues que j'ai été déchue du paradis, avec seule la lune et ses sœurs comme témoins silencieuses. Mais c'est cette force invisible qui me pousse à courir chaque nuit après les cauchemars et les souvenirs...

De la subtilité dans ses mots. Une autre façon de raconter la misère et l'appel à l'aide. Moi je comprends la perte et l'envie presque apparente de lâcher prise. La douleur l'acharnement. Le malheur l'incapacité d'avancer. La peur du futur, la crainte de l'avenir. Mais...

-Sais-tu qui je suis? Ce que je prône?
L'Espoir. L'Espoir qu'un jour, à force de persévérance, le monde s'arrangera, la peur s'effacera, et les doutes s'éclairciront. Je suis la main tendue dans l'ombre et mes larmes guérissent.
Raconte moi ton histoire. Je ne suis qu'une oreille tu sais, pour t'écouter.


Je suis la flamme qui écoute et entend en silence, la flamme qui crépite dans le feu pendant que les dialogues fusent. Oreille attentive, conseils précieux. Une aide qui n'attend aucune autre récompense que celle de savoir que ne serait-ce-que mon regard, aura changé la donne. Alors petit ange tout noir, tout abîmé, raconte moi ton histoire. Pour qu'ensemble on se relève et on regarde le monde d'en face. Peut-être même qu'on lui crachera dessus. Mais je suis d'avis qu'il faut parler, parler pour se vider. Histoire de respirer enfin. Se libérer des mots qui font mal.


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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Madilyn Nebulo, Dim 14 Jan 2018 - 19:15


Tes mots lui sont limpides, et ses flammes te sont guérison. Sans âtre et sans cage, elles sont le feu sans les cendres grises, le feu qui te réchauffe, ami et frère. La compréhension. Le sens. La chaleur. Le sourire des braises joyeuses. Sa lueur, une part de clarté dans ton ombre projetée sous la lune. Des bras en voûte pour la douceur, et deux oreilles pour les mots, les blessures à dégorger, le sang à éponger, les larmes à étancher. Et les souvenirs, absorbeurs de lumière, lourds nuages devant le soleil aveugle. Pour toutes les nuits maculées d'horreur et d'errance, où les souvenirs se sont fait trop bruyants, où leurs hurlements t'ont déchiré l'âme, ces nuits où l'insomnie et les cauchemars t'ont forcé à courir, courir toujours derrière le passé et cette nuit où de colombe tu n'es devenue qu'une plume souillée.
Peut-être que c'est l'ange venu apporter un peu du soleil, ou la lune en remplacement. Peut-être qu'il est là pour estomper un peu les nuages et la brumes, esquisses de brouillard floues, pour te restituer la lumière. Ou peut-être que c'est juste lui, la lumière.

-Sais-tu qui je suis? Ce que je prône?
L'Espoir. L'Espoir qu'un jour, à force de persévérance, le monde s'arrangera, la peur s'effacera, et les doutes s'éclairciront. Je suis la main tendue dans l'ombre et mes larmes guérissent.
Raconte moi ton histoire. Je ne suis qu'une oreille tu sais, pour t'écouter.

L'Espoir. Ce mot. La clef. Doucement tu laisses les étoiles te caresser, et tu te déverses à l'Ange.

- Avant, oui, c'était l'Espoir qui régnait. Un Espoir doux et chaud, noble et beau, dont j'avais construit un paradis céleste avec un prince de papier. Il y a eu son évaporation, une petite déchirure en moi, une ombre dans le vert de notre citadelle. Et puis la Nuit.
L'Ombre et le Danger.
Une petite fille, chevelure de feu, en douce colombe.
Une ombre au visage oublié, en loup noir.
Et puis il y eu la Douleur, la Souffrance.
L'orage sans eau.
D'abord la Foudre, puis le Feu, l'Acide.
On m'a torturé, puis fait oublier ce visage.
Et ensuite la mort de la colombe.
Il n'y a plus eu que...
Non. Plus rien.
Un pantin décharné, les nuits sans sommeil, à courir et pourchasser, se souvenir, ressasser. La douleur. Les larmes. Le sang.

En parlant, cette fois pas de pleurs ni de colère. La tristesse, le deuil. Tu te recueilles au renouveau, à la renaissance, pour revivre à nouveau, sortir des limbes du cauchemar, sortir de ta mort. Une épaule et les cris. Une autre et les larmes. Juste une main, et tu es debout.
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Azénor Philaester
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Azénor Philaester, Sam 3 Fév 2018 - 17:45


sorry I'm late




La petite fille est une enfant de quoi, quinze ans. Tout au plus. Déboussolée, un peu perdue, pas bien dans ses baskets et elle s'en remet au Ciel. C'est encore un de ceux qui l'a comprennent je crois. L'Espoir fait vivre, c'est un cliché qui permet de rester debout. Mais elle elle tombe et d'un coup de main elle se relève pour expliquer son histoire, pour expliquer pourquoi elle broie du noir. Et dire ce qui l'empêche de dormir le soir. Les démons de sa vie, le mal qui regorge, qui coule de son esprit. Et puis ses conneries qui font de l'existence un endroit qui fait peur, qui fait mal. Mais mince enfin crache lui dessus, marche lui dessus. Aime tout ce que tu vois pardonne ce que tu ne crois pas. Et puis respire de tous tes poumons. Au moins une fois pour essayer. pour goûter, savoir ce que ça fait de sourire pour de vrai.

Avant, oui, c'était l'Espoir qui régnait. Un Espoir doux et chaud, noble et beau, dont j'avais construit un paradis céleste avec un prince de papier. Il y a eu son évaporation, une petite déchirure en moi, une ombre dans le vert de notre citadelle. Et puis la Nuit.
L'Ombre et le Danger.
Une petite fille, chevelure de feu, en douce colombe.
Une ombre au visage oublié, en loup noir.
Et puis il y eu la Douleur, la Souffrance.
L'orage sans eau.
D'abord la Foudre, puis le Feu, l'Acide.
On m'a torturé, puis fait oublier ce visage.
Et ensuite la mort de la colombe.
Il n'y a plus eu que...
Non. Plus rien.
Un pantin décharné, les nuits sans sommeil, à courir et pourchasser, se souvenir, ressasser. La douleur. Les larmes. Le sang.


La douleur, les larmes, le sang. Ce ne sont pas des mots pour une enfant. D'un geste parental je m'approche de la petite fée et la prend dans mes bras. Doucement je dépose sa tête contre mon torse, et puis je caresse d'une main ses cheveux. Je pourrais lui dire que tout est finit mais cela serait bien hypocrite. Je sais que rien n'est finit, que peut-être tout ne fait que commencer. Parce que d'ici je peux sentir l'odeur du Mal qui a marché. L'odeur de la souffrance, de la douleur, des larmes, du sang. Comme la petite l'a dit.

Entoure-toi d'amis qui pourront t'aider petite fée. C'est dur de vivre avec ce qu'il a pu se passer. Mais c'est ce qu'il te rendra plus forte. Le temps, comme les larmes, guérissent.



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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Madilyn Nebulo, Dim 11 Fév 2018 - 16:33


La douceur dans ces gestes, ébauches d'amour maternel, esquisses d'un havre, d'un repos. La chaleur dans cette voix. La clarté dans ce regard.
La somme de tous ces signaux qui ne trompent pas - on ne t'y trompe plus.
Et ces mots
qui sont bien plus que ça.
Des promesses
Des soleils
Des horizons neufs

L'absence des brumes floues sans morphine te soulage, maintenant, plus que des nuages indolores, c'est des azurs infinis dans leur splendeur qu'elle t'offre. Selon son nouveau regard, t'es plus solitaire, seulement singulière, mais brise ta cage, tes liens, tes chaînes, chrysalide de goudron qui te garde prisonnière.
Mais peut-être...
Peut-être qu'elle a raison
Sors de l'ombre
Offre-toi aux rayons malingres de ton soleil, si maigre soit-il
Plonge dans la lune laiteuse, plate et ronde
Ou immerge-toi des étoiles
Filantes ou statiques, elles peuplent tes cieux, même si tu les vois pas
Ouvre tes yeux, trop longtemps clos
T'attends l'or mais t'as l'argent à ta portée
La richesse sociale viendra pas à toi toute seule
Tes névroses, tes couleurs, faut savoir les lire, c'est vrai
Mais si tu te caches, on peut pas te voir
Laisse les neiges fondre
Et laisse l'été te brûler
Irradiée par la force du mot "plusieurs", t'as pas osé
Mais saute, bondis dans le monde
Panse tes cicatrices infectées, c'est pas en les lacérant encore qu'elle se refermeront
Ou laisse un autre s'en occuper

Pourtant, tu le sais, que tout ça, t'aurais dû le voir bien avant, mais comment regarder le monde à travers des paupières scellées ? Il a fallu ça, un oiseau de feu messager, un bruissement de plumes pour te réveiller. Belle au bois dormant sans prince, mais une fée prophètesse aux horizons linéaires, coulis de soleil, astres de miel.
Demoiselle en détresse a vécu la débauche et les ivresses nocturnes, les monstres qui visitent les nuits et les rêves.
Princesse endormie a vécu l'enfermement dans le labyrinthe sans fin, le dédale sans fil, sans Ariane, mais le pire des Minotaures.
En fait petite héritière n'en est pas une, ni une comtesse, même pas une petite bourgeoise, à peine une roturière.

Un sourire en remerciement et tu t'enfuis de là
Colombe blanche n'en est plus une
Peut-être mais c'est plus un vautour non plus
En tout cas
Elle fait un beau rossignol

Fin du RP pour moi, merci beaucoup, c'était top !
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Lizzie Bennet
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Lizzie Bennet, Mar 27 Mar 2018 - 21:04


Pv Kohane ; LA partagés

J’ai sous la peau un chat qui dort gracile et féroce. Il se louvoie entre tes cuisses et tes écorces. Il ne craint ni la mort ni la mer ni le feu ni rien. Il est tout ce que je n’ose être — sous son air de vaurien. La nuit lorsque la pluie rugit et que Jane n’est pas là ; la nuit lorsque la pluie rugit et que personne me sort le chocolat ; moi j’imagine que je pourrais être ce chat. Moi j’imagine que j’pourrais me prendre pour un pacha.

Enfin pas vraiment — je ne veux être un patapouf un chat de salon lové dans son pouf qui souffle, non ! Je veux être joueur griffes tendues que mon miaulement sonne comme un rugissement. Je veux que ma voix soit le bruissement du vent — sourd et long et lourd et étouffant pour qui l’entend. Je veux être une terreur sans trop avoir besoin d’en faire ; juste assez pour ne pas me perdre dans vos affaires.

J’veux un masque qui shut tout le monde dehors et dans le même temps dans le même temps tu sais ; je veux que sur mon passage l’inconnu se retourne et me caresse. J’veux pouvoir quand je le veux jouir de paresse. Et le reste du temps être ouragan d’impulsivité. Qu’on mette ça sur un brin de rien sur l’indépendance sur l’instinct sur la position de mars. Qu’on cherche pas à me faire passer un test de psychologie à chaque fois. Reine du deuil, dans Londres je promène mes couleurs moroses. Je suis les ténèbres incarnées par un jeu de chair.

J’ai sous la peau un chat qui dort gracile et féroce. Il se louvoie entre tes cuisses et tes écorces. Il ne craint ni la mort ni la mer ni le feu ni rien. Et ce soir souris et rats, faites les morts, cachez-vous bien ! Je préfère vous prévenir : je crois qu’il est mort de faim — d’ennui — enfin. Sifflotant un air oublié, je guette mes prochaines proies. Personne pour jouer à chat ?

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Kohane W. Underlinden
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 4 Avr 2018 - 14:02




Dame souris trotte
Noire dans le gris du soir
Dame souris trotte
Grise dans le noir
(P.Verlaine)

La souris, secrète et silencieuse, discrète et désireuse
de ne pas se faire voir
Se faufile et file doucement dans le noir.
Chut
Apprécier la nuit en solitaire, solitude solidaire des sœurs étoiles là-haut et le gris enveloppe la chair alors que la souris, tapie
dans l'ombre
Frôle les murs sans bruit,
Profiter de l'instant où, seule, elle peut déambuler, pas un regard pas une présence
-inspirer l'air frais
expirer un peu de buée.

Les pieds nus glissent sur le macadam. Dans ma main gauche, je tiens mes chaussures qui font trop de bruit à mon goût lorsqu'elles tapent le sol avec fureur.
Je préfère, bien au contraire, le silence de la peau sur le trottoir.
Les petits pas que l'on entend à peine, comme on entend à peine la souris passer en trottinant à toute vitesse.
Il n'y a pas un chat, comme on dit.
Et tant mieux, penserait la souris. C'est l'assurance de vivre encore un peu plus longtemps.
Mais moi,
Moi,
Je les aime, les chats.
Quand ils me regardent, quand ils me défient.
Quand ils croient pouvoir m'avoir sans jamais totalement me prendre entre leurs griffes.
Moi,
J'aime leur course et leurs jeux.
J'aime quand ils se jouent de moi et que je m'amuse d'eux en retour.
J'aime ce combat sans fin amical et violent que peuvent se livrer le chat et la souris. Griffes et agilité, rapidité et petitesse. Des atours qui s'entrechoquent et
je te suis tu me fuis
Je te fuis tu me suis

Course poursuite, chat et souris,
C'est amusant.



Le paysage défile, rues sombres sur chemin de traverse avant de passer la frontière. Consciemment ou inconsciemment, je ne saurais trop dire. Mais le fait est : Allée des Embrumes. Bien mauvaise réputation en cet endroit. Que je ne prends pas en compte. On y trouve bien souvent d'intéressantes choses.
Je continue de raser les mur,
Grise sur noir,
Noire sur gris,
Avancer en silence, yeux dilatés -je ne suis pas un chat mais je cherche la vision nocturne des félins, distinguer les ombres et amplifier les bruits du soir.
Mon corps se glisse avec rapidité, un peu d'agilité au bout des ongles, souris file, attention aux mauvaises rencontres, tu es si petite, si menue -et délicieux menu pour certains.

Pourtant, je n'ai pas peur. Malgré la nuit, malgré l'endroit.
Je n'ai pas peur, au contraire, forme d'harmonie sereine à marcher sur ces rues.
Sérénité harmonieuse à évoluer dans la nuit, vieille amie ! Voilà longtemps que nous ne nous étions plus retrouvées ainsi, n'est-ce pas ? Parce que j'ai pris l'habitude de d'abandonner, infidélité, pour l'aspect d'un foyer -joli mignonnet chalet.
J'ai pris l'habitude de rentrer,
Vivre sous une lumière artificielle aux premières silhouettes du soir
Et passer les insomnies dans un salon
Non plus avec l'extérieur en guise de compagnon.
Je t'ai laissée, Nuit, derrière moi, abandonnée alors que j'avançais, je t'ai laissée alors que je rentrais et, voilà longtemps, que nous n'avons plus déambuler ensemble, main dans la main, de cette façon.

Ce soir, pourquoi ?
J'en sais rien.
Mais pas l'envie immédiate de rentrer. Pas l'envie immédiate de la douceur d'un foyer. Désir de retrouver l'ancien, les habitudes d'avant. Retrouver Nuit et m'immiscer en elle.
Trottiner, souris dans le soir
Et chercher les ombres du chat,
Chercher les ombres prédatrices,
Envie bien étrange du danger, tendresse violente et violence tendre pour bercer un instinct qui veut, subitement jouer.

Tout à coup, les yeux accrochent quelque chose.
C'est une silhouette familière. Une silhouette connue.
Qui passe, fondue, elle aussi, dans l'ombre. Discrète.
Sans hésitation, je lui emboîte le pas. Je ne sais pas ce qu'elle fait là. Ni pourquoi. Ni comment. Et je m'en fiche. Je ne l'ai pas appelée, elle ne m'a pas appelée.
Pourtant, elle + moi, on est là. Belle équation.
Mon pas se presse, pieds nus sur le goudron qui se précipitent pour la rattraper. A-t-elle senti ma présence dans son dos ? Souris accourant alors même qu'elle ferait mieux de prendre le chemin en sens inverse.
Mais pas avec elle.
Pas face à elle.
Elle a cet élan de fascination, aimant qui m'attire dans ses griffes et ses filets. Alors. Je réponds à l'appel des tripes. Et un vague sourire vient souligner mes lèvres dans la nuit.

-N'as-tu pas peur du Grand Méchant Loup ?

La rattraper, caler mon rythme sur le sien.
Rester à côté.
Un regard posé sur elle.

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Lizzie Bennet
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Lizzie Bennet, Lun 30 Avr 2018 - 16:24


J’ai sous la peau un chat qui dort gracile et féroce. La nuit s’embrouille et s’emmêle dans ses pas, tel un nuage diffus courant autour de la lune. Un noir velours s'immisce sous ses coussinets ; ses poils s’infiltrent entre les pavés. Il est là, sans l’être. Il est omniprésent sans jamais être perçu ainsi — ni par lui-même, ni par autrui. Son odeur couvre toutes les fenêtres, sans que qui que soit s’en aperçoive.

Enfin si, il y a quelqu’un. Ou du moins quelque chose. Une souris verte, qui ne craint ni les ombres ni le feu. Que se passe-t-il dans ses rêves ? Voyage-t-elle à dos de papillon ? De libellule ou de dragon ? Quelle taille a son monde interne, elle qui perçoit sans difficulté l’infiniment petit, mais ne peut s’empêcher d’avoir les visions les plus extrêmes et grandioses ?

La souris a vu le chat, et danse autour de lui. Elle l’interroge, m’interroge : sur mes peurs à moi. Je crois qu’il est rare que l’on me pose la question ; au fond, tout le monde imagine que le chat n’a pas de conscience. Tout le monde méprise son intelligence.
— Ce n’est pas du loup dont j’ai peur ; un simple lynx saurait le dominer.

Un temps. Hésiter à en dire plus. Après tout, c’est elle.
— Non, ce que je crains, ce sont les agneaux et les cochons. Et toi ?

Ils ont beau être unis, leur vulnérabilité est terrible. Je n’ai pas peur d’eux ; j’ai peur pour eux. Là est ma véritable faiblesse. Nous devisons d’un ton badin, contemplant l'imminence de la mort.
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Jeu 10 Mai 2018 - 18:24




/Contenu sensible\

La souris se glisse dans l'ombre du chat et le suit. Sans peur.
Aucun des deux êtres ne paraît encore sur le point de sortir les griffes, les crocs, attaque et défense. Non. Nous, nous préférons y aller doucement. Évaluer. Tourner. Se regarder. S'interroger.
Nous avons cette habitude des choses douces qui n'en deviennent que plus violentes mais, aussi, que plus délicieuses.
J'humecte ma lèvre inférieure alors que je continue de suivre son rythme. Et qu'elle ne se dérobe pas. Ensemble, glissant sur ce même chemin en quête d'un je-ne-sais-quoi. Où allons nous ? Le sais-tu, toi ? Moi, je n'en ai fichtrement aucune idée. Mais, quelle que soit la destination, je sais que tu y es. Je sais que tu marches près de moi. Ca me suffit.

Mes yeux caressent l'horizon obscur alors qu'elle répond à la question du Loup. Sans doute a-t-elle raison. Pourquoi diabolise-t-on autant cet animal ? Il n'est sans doute pas plus effrayant qu'un autre prédateur.
Arrivent les agneaux et cochons. Proies parfaites, si innocentes et dociles, ces proies dans lesquelles on planterait bien une griffe pour sentir la chair s'ouvrir et le sang glisser en lent filet.
Pourquoi ces douces créatures sont-elles associées à la peur, dans son esprit ? Je hausse un sourcil dans le noir. Mais me tais. Réfléchir.
De quoi a-t-elle peur ?
Ou pour quoi a-t-elle peur ?
Est-ce donc de ses propres griffes pouvant venir déchirer ces bêtes sans défense ?

Elle retourne la question. La table change de sens. Et les interrogations me prennent pour cible. Je laisse flotter un temps, réfléchissant à ce que j'ai moi-même à l'intérieur de mes entrailles. Quelle est donc ma peur ?
J'ai toujours voulu me débarrasser de ce sentiment. Après l'avoir tant éprouvé.
J'ai voulu passer outre pour avancer, sans trembler.
Oublier l'angoisse qui crispe la gorge et fait monter les larmes. Oublier la terreur qui cloue sur place et empêche la moindre réaction.
Je me voulais au-dessus de ça.
Mais parfois, encore, je continue de trembler. Nul n'est sans faiblesses. Sans failles.

-Je ne sais pas si c'est moi. Ou bien les autres.

Silence.
Réflexion.
Je ne regarde pas le chat qui avance. Mais cherche le rayon de lune dans la nuit noire.
Le macadam imprime sa sensation sous mes pieds et je continue de suivre le félin familier.

-Je crois que ma plus grande faiblesse et ma plus grande peur, ce sont les autres, je reprends après un temps. Parce que ce sont eux qui blessent. Et eux dont on ne peut se passer.

Personne ne peut vivre indéfiniment seul.
Et s'appuyer sur des tiers, c'est prendre le risque qu'ils s'envolent un jour. Disparaissent. Trahissent. Poignardent dans le dos.
Peur viscérale de l'abandon. De perdre ces appuis que j'aimerais forts. Peur indicible d'être trahie, encore et encore. La lèvres tremble un peu. J'ignore si le chat peut sentir cette faiblesse.

-Qu'ont les agneaux et les cochons qui puisse les associer à tes peurs ?

Curiosité.
Pour changer, une nouvelle fois, la table de sens. Renvoyer un interrogation et ne pas s'attarder sur ses propres failles. Préférer entendre celles des autres. Evaluer. En silence. Ce que ce chat peut m'offrir. Ce que je pourrais lui offrir.
Ô douce nuit.
Peut-être est-ce toi, qui nous prends toutes les deux entre tes griffes. Nous pensons être chasseuse de l'autre ; mais en réalité, nous sommes toutes deux proies de ton noir manteau.
Cette idée me fait frémir. Non pas de peur. D'excitation, plutôt. Voyons voir comment sont chat et souris au milieu de la nuit.

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Lizzie Bennet, Dim 3 Juin 2018 - 18:05


Notre discussion nous éloigne de notre point de rencontre, et je laisse le temps nous envelopper. Nous voguons, lointaines en ce qu’elle ignore tout de moi, lointaines en ce que j’ignore tout d’elle, sinon ces pulsions de vie et de mort, de feu et de glace, de tendresse et de violence.

Elle me dit ses peurs — une question du rapport à soi, du rapport à l’autre. Qui est le plus menaçant, au fond ? En qui pouvons-nous nous fier ? Suis-je ma meilleure amie ou ma pire ennemie, moi qui vais devoir vivre avec moi-même toute ma vie ? Je hoche la tête, comprenant ses réflexions. Je me demande cependant qui des autres peut tant l’effrayer. Par chance, c’est ce point qu’elle vient éclairer.

Le temps s’installe, et avec lui, le silence. Le jour se lèvera demain, quand elle aura résolu ses questions, ses tourments. Et je serai avec elle jusqu’à ce qu’elle trouve ses réponses, qu’elle écrive ce qui n’est encore inscrit en blanc sur noir dans les tréfonds de son esprit. De son coeur. Je ne le romps pas pour bavarder ; je me contente de l’observer, à la dérobée. D’essayer de m’immiscer dans ses pensées. De comprendre à quoi elle rêve, ce qui l’obsède, la fascine, l’effraie.

J’veux savoir qui elle est, au plus profond de son être, la connaître comme elle-même ne se connait pas. Sans trop savoir pourquoi, au fond. C’est ça, ce que vous appelez les papillons ? Les nôtres sont faits de papier ; l’eau pourrait les noyer, les faire se liquéfier. Le feu pourrait tourner leurs ailes en brasier. Cela ne compte pas, je crois, pas au sens où vous l’entendez. C’est autre chose, sans que je sache quoi.

Elle finit par reprendre, de quelques sons. Blesser, dont on ne peut se passer ; un lien de dépendance s’esquisse. Ses mots tournent en mon esprit, avant que je finisse par lâcher, un peu de but en blanc :
— En somme, c’est la trahison que tu crains le plus ? Tu as déjà mal placé ta confiance ?

Peut-être qu’elle n’aime pas qu’on fouille trop son coeur. Je retire lentement la pioche avec laquelle je creusais pour la comprendre, l’imiter peut-être, rapprendre à être humaine. Elle glisse ses interrogations en ma direction, et en bon interrobang, je ne prends pas le temps de réfléchir. Je me confie comme ça, spontanément, sur l’impulsion. En disant ce qui est vrai pour moi, à cet instant t, sans trop me poser la question de si cela me correspondait hier et si cela me définirait aujourd’hui.

— Ils n’ont pas forcément l’instinct de se défendre, ils voient les gens pour meilleurs qu’ils sont. Et j’peux pas toujours les protéger, ni des aléas du monde, ni des autres, ni de moi. J’peux les perdre à chaque instant.

L'innocence, l'insouciance, la candeur — ces dernières lueurs d'espoir en l'humanité. S'ils ne s'épanouissent pas, rien n'a plus de sens. T'es pas d'accord avec moi, p'tite meuf ? Ou alors tu crois au contraire qu'il faudrait leur ouvrir les yeux sur la réalité des choses, dans toute leur violence ?
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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Kohane W. Underlinden, Mar 12 Juin 2018 - 22:01




La souris cherche à se fondre dans l'ombre du chat. Glisser dans ses pas et jouer avec le feu. Car il se pourrait que, d'un seul coup, le chat sorte ses griffes. Mais elle. Elle ça ne me dérangerait pas.
Les pas portent. Elle m'écoute sans m'interrompre. Je sens son attention et elle m'intrigue. Pourquoi. Pourquoi cette réciproque attirance de deux aimants qui ont besoin d'être ensemble, mêler leurs pulsions pour fonctionner ? Qu'a-t-elle qui résonne si fort en moi ? Qu'ai-je donc qui puisse ainsi éveiller son attention ?
Alors que je me glisse, faufile et file à ses côtés, je lui jette un regard dans la nuit. Ai-je vraiment envie de savoir ? Ce qui nous ramène sans cesse l'une vers l'autre... ne pas savoir pourrait conserver cette part de mystère. Et le mystère c'est ce qui alimente l'attirance. Pour ce qu'on ne connaît pas.

Le silence retombe. Appréciable, dans cette rue de nuit à la si mauvaise réputation. Dans un quartier tout aussi sombre. Mais c'est là qu'on peut aller chercher les ombres et courir après les chats. Chats joueurs, chats câlins. Qu'est-elle ce soir ? Chat attentif pour l'instant. J'apprécie son attention. Comme si elle pouvait me comprendre et m'aider à voler. Tout comme elle peut m'emmener avec elle dans sa chute. Je le sais, elle le sait. Délicieux de danser ensemble sur ce fil raide au-dessus du vide.
Lorsqu'elle reprend la parole, on peut dire qu'elle est directe et ne cherche pas à tergiverser. Elle a saisi. Du premier coup. Ce que je cherchais à exprimer. Mais elle me pousse à aller encore plus loin. Dans les mots, dans les phrases. Dans le cœur qui s'ouvre.
J'ai tellement de mal à dire. A laisser aller les mots et les failles.
Mais.
C'est elle.
C'est elle alors -je peux.
Je crois.
Je peux dire. Parce que c'est elle. Parce qu'elle a compris. Parce qu'il y a cette envie de lui donner un peu de moi. Et d'en savoir un peu plus sur elle. Se chercher à chaque coin d'rue. Et pour chaque pas effectué l'une vers l'autre, apprendre. Un peu. Qui est celle qui nous fait face.

Sa compréhension et sa question glissent sur moi. Les mots ne viennent pas encore alors qu'elle
elle est si spontanée.
Dans sa réponse.
J'admire sa spontanéité.
Et j'écoute ce qu'elle a à dire.
J'écoute, ça me touche, je comprends et même
-ressens quelque chose de semblable au plus profond de moi.
Ce qu'elle dit me paraît si évident, maintenant qu'elle a su mettre cela en mots. Je hoche doucement la tête dans le noir. Elle craint les créatures vulnérables parce qu'elle se craint elle-même alors même qu'elle aurait aimé pouvoir les protéger.
L'innocence
Fait peur
On préférerait la brutalité à l'état pur parce qu'elle, au moins,
elle,
nous donne le prétexte parfait pour
frapper.
Mais l'innocence
elle ne nous empêche pas de frapper
mais n'offre aucun prétexte valable
-pour la conscience
et c'est pour cela qu'elle nous fait si peur.
Soudain, je sens mes propres mots se délier. Grâce à elle, je sais. Je sais comment dire ce que je cherchais à dire.

-Parfois, je suis comme eux, je crois. Et ça m'a perdue. Tu sais, la trahison dont tu parlais. Moi aussi, j'ai voulu voir le meilleur en l'autre. J'ai peut-être voulu la voir meilleure qu'elle ne l'était. Et je croyais -voulais croire- qu'elle pouvait voir le meilleur en moi.

Silence. Lourd. Alors que la marche continue.

-Ca n'a pas été le cas. Et j'suis tombée d'aussi haut que j'y ai cru.

Soudain, comme une envie subite qui a traversé les veines en un quart de secondes, j'attrape son poignet de mes doigts. Non pour l'arrêter car je continue de laisser mes pas dériver à ses côtés. Mais juste pour la sentir. Proche. Comme lors de notre toute première rencontre. Si proche dans ce corps à corps sans fin.

-Est-ce que tu crois qu'il arrive que la souris ne voie en le chat que le meilleur de lui ?

Regard intense.
Brûlant.
D'un défi tendre.
Violent.

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Re: La nuit tous les chats sont gris...

Message par : Lizzie Bennet, Lun 13 Aoû 2018 - 18:34


Ses mots jaillissent du néant comme un grand signal de fumée ; je sens que quelque part en elle, une ardeur vient de s’embraser. Une ardeur de mots. Un besoin de se connaître, une rencontre avec elle-même. Je n’ose trop m'immiscer ; j’ai peut-être participé à l’initier, mais ça, c’est entre elle et elle. Il faut soigner l’espace que je lui laisse, ne pas trop la coller, pour m’assurer qu’elle se délecte autant que moi de nos retrouvailles l’instant d’après.

Elle me dit ses trahisons, et ses déceptions lorsque ses illusions n’ont pas été rencontrées par la réalité. C’est normal. Il ne faut pas attendre plus de l’autre que ce qu’il a à donner, sans quoi on est toujours déçu. Mais établir exactement ce que l’autre a à donner, ce n’est pas ce qu’il y a de plus évident. D’abord parce qu’on peut penser qu’il veut apporter autant que nous, on désire lui offrir.

On brûle de lui offrir. Parfois on est là, avec nos envies ardentes, nos oiseaux plein les dents et notre obsession de reconnaître sa couleur, sa couleur à lui, la juste nuance — quant au fond, c’est un travail qui lui revient. C’est à lui de se trouver. Il sera trouvé, par lui-même, puis par autrui. On peut désirer être cet autrui, mais on ne peut forcer le destin avec des dessins, nos poèmes et nos coeurs ouverts.

Il faut être plus patient que cela. D’autant que brusquer autrui peut être totalement effrayant. Les enfants aiment plus avoir peur qu’ils veulent bien se l’admettre, c’est pourquoi les meilleures histoires sont celles qui rendent compte des meilleurs vilains. Mais dans la vraie vie, il y a des limites à la peur que les autres recherchent vraiment.

Les autres. Peut-être pas tous. Peut-être pas elle. Peut-être pas moi.
Je hoche la tête, d’un sourire triste — car triste, je le suis vraiment. J’aurais aimé qu’elle n’ait jamais eu à être déçue. Et dans le même temps, je sais que sans ses déceptions, elle ne serait pas qui elle est aujourd’hui. On a besoin de nos désillusions pour grandir et quitter la docilité de notre âme.

Elle me regarde, encore, me questionne, et j’hésite à répondre. J’hésite car je ne sais pas exactement ce qu’elle me demande. J’hésite car j’ai moins même peur de la réponse. J’hésite car je ne veux pas qu’elle parte.

— Immanquablement. Mais elle a suffisamment peur pour voir au-delà des artifices. C’est ce qui donne au jeu cette réalité macabre.

Et sur les lèvres, cette question qui me brûle : est-ce que je te fais peur, Kohane ?
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