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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Chemin de Traverse :: Allée des Embrumes
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La nuit tous les chats sont gris...
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Lizzie Cojocaru
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Re: La nuit tous les chats sont gris...
Lizzie Cojocaru, le  Lun 13 Aoû 2018 - 18:34

Ses mots jaillissent du néant comme un grand signal de fumée ; je sens que quelque part en elle, une ardeur vient de s’embraser. Une ardeur de mots. Un besoin de se connaître, une rencontre avec elle-même. Je n’ose trop m'immiscer ; j’ai peut-être participé à l’initier, mais ça, c’est entre elle et elle. Il faut soigner l’espace que je lui laisse, ne pas trop la coller, pour m’assurer qu’elle se délecte autant que moi de nos retrouvailles l’instant d’après.

Elle me dit ses trahisons, et ses déceptions lorsque ses illusions n’ont pas été rencontrées par la réalité. C’est normal. Il ne faut pas attendre plus de l’autre que ce qu’il a à donner, sans quoi on est toujours déçu. Mais établir exactement ce que l’autre a à donner, ce n’est pas ce qu’il y a de plus évident. D’abord parce qu’on peut penser qu’il veut apporter autant que nous, on désire lui offrir.

On brûle de lui offrir. Parfois on est là, avec nos envies ardentes, nos oiseaux plein les dents et notre obsession de reconnaître sa couleur, sa couleur à lui, la juste nuance — quant au fond, c’est un travail qui lui revient. C’est à lui de se trouver. Il sera trouvé, par lui-même, puis par autrui. On peut désirer être cet autrui, mais on ne peut forcer le destin avec des dessins, nos poèmes et nos coeurs ouverts.

Il faut être plus patient que cela. D’autant que brusquer autrui peut être totalement effrayant. Les enfants aiment plus avoir peur qu’ils veulent bien se l’admettre, c’est pourquoi les meilleures histoires sont celles qui rendent compte des meilleurs vilains. Mais dans la vraie vie, il y a des limites à la peur que les autres recherchent vraiment.

Les autres. Peut-être pas tous. Peut-être pas elle. Peut-être pas moi.
Je hoche la tête, d’un sourire triste — car triste, je le suis vraiment. J’aurais aimé qu’elle n’ait jamais eu à être déçue. Et dans le même temps, je sais que sans ses déceptions, elle ne serait pas qui elle est aujourd’hui. On a besoin de nos désillusions pour grandir et quitter la docilité de notre âme.

Elle me regarde, encore, me questionne, et j’hésite à répondre. J’hésite car je ne sais pas exactement ce qu’elle me demande. J’hésite car j’ai moins même peur de la réponse. J’hésite car je ne veux pas qu’elle parte.

— Immanquablement. Mais elle a suffisamment peur pour voir au-delà des artifices. C’est ce qui donne au jeu cette réalité macabre.

Et sur les lèvres, cette question qui me brûle : est-ce que je te fais peur, Kohane ?
Kohane W. Underlinden
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Re: La nuit tous les chats sont gris...
Kohane W. Underlinden, le  Jeu 20 Sep 2018 - 15:34


   

A quel moment, quel instant, la réalité peut-elle basculer ? A quel moment, quel instant la banale et futile conversation peut-elle virer au jeu macabre et meurtrier ?
Il ne faut généralement pas s’attendre à un éternel équilibre lorsque chasseur et proie s’arrêtent quelques minutes pour échanger des mots du fond des tripes. Il y a toujours la seconde de twist. Qui retournera ce qui est. Brisera le mince fil. L’équilibre volera en éclat. Et l’un prendra le dessus sur l’autre. L’un mangera l’autre.
Ce qui original, chez nous, c’est qu’en règle général, le déséquilibre reste équilibré. Ce n’est jamais la même qui a le dessus. Parfois, ça ne dure que quelques secondes avant, qu’à nouveau, tout rebascule. Action intense, revirements incessants -nous sommes proies, chasseresses, deux à la fois, nous avons peur autant que l’action nous excitent, elle chat, je suis souris mais il se pourrait que sous la nuit, le chat deviennent proie et la souris chasseresse avant d’en revenir aux rôles initiaux.

Je réfléchis quelques instants à la réponse qu’elle a donnée à ma question. Je la tourne dans un sens, puis dans l’autre. Essaie de la voir sous tous les angles.
Je capte son regard, le silence qui suit son affirmation.
La peur. Bien souvent, elle retient les êtres. Nous empêche d’aller plus loin. Nous empêche de plonger au fond de l’inconnu, sombre et ténébreux.
Mais il arrive, parfois, qu’au contraire, elle pousse.
Pousse vers l’avant. Le lointain. Pousse à dépasser les limites, quand bien même cela pourrait s’avérer dangereux -voire mortel.

Au lieu de la retenir, la main invisible de la peur la poussait

-Je veux voir au-delà, je prononce alors, après un long silence plein de buée de nuit. Je n’ai pas peur. Ou alors... j’aime avoir peur parce qu’elle me pousse à grimper toujours plus loin. Et lorsque que la peur se fait trop affreuse, trop terrible, je cours. Comme ça, j’ai l’impression de la faire taire. Un peu. De m’éloigner, qu’elle cesse de m’attraper à la gorge.

Un sourire dans le noir. Sourire complice. Oeil brillant.
Je cours
Je fuis tout en me retournant par moments. J’essaie de voler pour échapper au danger et, pourtant, ne peux m’empêcher de l’attendre lorsque je vois que je le distance trop.
Jouer avec la ligne, avec la limite, c’est ça qui me fait triper. C’est pour le feu qui brûle la main tout en hypnotisant l’âme que je sens mon cœur battre chaque fois un peu plus fort.
Alors

-Et toi, tu m’attrapes ? je lance dans un murmure.

Sans attendre sa réponse, me voilà qui décolle.
Mes pieds nus rebondissent sur le macadam. Je file dans la rue sans nom avant de bifurquer quelque part d’autre, quelque part, quelque part,
Dans un quartier où il ne faudrait pas se perdre, dans un quartier où il ne fait pas bon d’être souris au milieu des chats mais
Je n’ai pas peur
Et je cours pour ne pas avoir peur, l’adrénaline parcourant les veines, je cours les rues noires où les mauvaises rencontres sont fréquentes, je cours les ruelles étroites, mes pieds nus ne font presque pas de bruit, je me sens bien légère, dans cette nuit fraîche.
La proie a filé.
Tu m’attrapes?

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Re: La nuit tous les chats sont gris...
Lizzie Cojocaru, le  Mer 10 Oct 2018 - 22:09

Kohane me chante sa non-peur de la peur, ou plutôt l'affection, l'amour presque, qu'elle porte à ses insécurités. C'est comme si dans le creux de son ventre on avait planté les graines d'un arbre pourri, et qu'il contaminait son être jusqu'à la moelle. Elle l'a laissé grandir en elle. Elle l'a arrosé de ses autres émotions, de ses images que sa créativité rend colorées et tortueuses.

Elle s'est rempli les poumons et le bas-ventre de mille terreurs, et maintenant, alors qu'elle pensait pouvoir les domestiquer, c'est l'inverse qu'il s'est passé. Elles la dominent. Elles l'engloutissent, jour et nuit. Dans son amour de la crainte, de la quête d'adrénaline comme une course pour se rendre plus vivant, toujours plus vivant, elle n'est que le jouet de ses pulsions, de son inquiétude, de son anxiété.

Un instant, je ne vois plus la femme de feu. Je reconnais seulement Squirtle, mon fils et ses terreurs nocturnes, mon fils et ses crises de somnambulisme toujours plus dangereuses.

Je la regarde, l'oeil terne. Je voulais la guider vers ses pulsions, oui. Qu'elle comprenne mieux ses émotions. Qu'elle les accueille, les analyse, en tire ses leçons. Les émotions sont souvent de bons indices quant à la direction à prendre. On y trouve des conseils bien avisés… C'est, en somme, le pouvoir de l'intuition.

Mais elle est en train de basculer de l'autre côté. Elle se complait dans ses pulsions, s'enlise dans leur intensité. Je l'ai fait aussi — je ne saurais la juger de ce côté. Mais je voudrais tant l'aider à se relever, à en changer, à échapper à cette malédiction.

J'veux qu'elle soit libre de tout, qu'elle sache écouter ses peurs sans être soumise à leur étau, je veux qu'elle court pour le plaisir de courir et non par peur d'être rattrapée par ses pulsions, par l'ancien elle qu'elle imagine avoir laissé de côté lors d'une de ses renaissances.

Elle court sans attendre ma réponse. Frustrée, je déchire l'espace d'un nouveau CRAC avant de me matérialiser sur sa route.
— Je ne veux pas courir après tes peurs. Sais-tu parfois te détacher d'elles ?

Regard droit, braqué au fond du coeur-enclume. Regard qui veut tout dire, tout savoir de toi. Regard qui s'entiche un peu trop de nos jeux ; et encore, peut-on toujours les qualifier de jeux aujourd'hui ? J'ai souvent l'impression qu'au fond, je ne suis sérieuse qu'avec toi, quoique les apparences puissent laisser penser.
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Re: La nuit tous les chats sont gris...
Kohane W. Underlinden, le  Dim 2 Déc 2018 - 15:22


Du retard ici aussi, désolée :(

Un CRAC déchirant
Le voile de la nuit se froisse
Mes pieds sautent sur le bitume,
Le corps court, exaltation ;
La silhouette tout à l'heure laissée derrière moi revient
Devant moi.
Mes pieds freinent, je manque de rentrer dans Lizzie tellement je ne m'attendais pas à ce qu'elle revienne vers moi de cette façon.
Je la regarde,
Chat dans la nuit,
La Souris observe le félin et se demande
pourquoi.
Pourquoi ne court-elle pas, elle aussi ? Pourquoi ne chasse-t-elle pas ? A-t-elle perdu son instinct animal ? Ses pulsions félines qui auraient dû la faire bondir vers moi.
Sa voix, pour donner des explications. Ses mots, pour faire comprendre. Une question. Que je n'écoute qu'à moitié car je réponds :

-Je ne te demande pas de courir après mes peurs. Mais après moi.

La phrase me paraît soudain absurde.
Pourquoi courir après moi ? Pourquoi ai-je tant envie qu'elle me chasse, tant envie de lui échapper, tant envie de tomber entre ses griffes, ses pulsions contraires qui battent dans le cœur, fait courir l'adrénaline dans les veines, le jeu dangereux que j'aime tant, avec elle. Pourquoi ne joue-t-elle pas ?
Comme un courant d'air venu de je-ne-sais-où, je me surprends à frissonner. Dans cette rue déserte de l'Allée des Embrumes. Ce n'est pas de la peur. Du froid, tout simplement. Sentir l'adrénaline tout à l'heure si présente redescendre, alors que je prends conscience du sérieux de Lizzie. Le sérieux de son visage. Et de sa question.

-J'sais pas

C'est la première réponse, en murmure étouffée, qui traverse le seuil de mes lèvres.

-Peut-être que j'ai toujours eu peur. Et qu'on ne m'a jamais appris à vivre sans elle.

Phrase peut-être vraie. Peut-être fausse.
Je n'ai aucune raison d'avoir toujours eu peur. En vérité, je crois que je n'ai commencé à avoir peur qu'à seize ans. Alors je me rattrape :

-Non, en fait, c'est peut-être que je ne sais plus comment c'était, avant, comment c'était de vivre sans elle. Depuis que j'ai seize ans, j'ai appris à grandir et à avancer avec mes peurs. Ca me ferait vide. Si elles n'étaient plus là.

Mes yeux scrutent la nuit, scrutent Lizzie.

-Tu sais te détacher de tes peurs, toi ?

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Re: La nuit tous les chats sont gris...
Lizzie Cojocaru, le  Ven 4 Jan 2019 - 10:50

Ma question était simple, pourquoi faut-il que tu complexifies tout de cette façon ? Tu veux que je courre après toi ? D'où vient cette envie de toujours glisser entre mes doigts, pourquoi ne peux-tu accepter que nous soyons un instant heureuses, ensemble ? Le Chat aimerait suivre son instinct, mais le jeu finit par le lasser. Il aimerait que la souris abdique d'elle-même. Qu'elle cesse de courir car elle ne veut plus courir sans le chat ; qu'elle veut courir avec et non contre lui.

Ces pensées ne manquent pas de m'embrouiller tout de go. Est-ce l'affection qui me pousse ainsi à m'emporter sans raison ? Pourquoi suis-je scandalisée par ce mot en apparence anodine ? Je devrais être touchée que tu attendes que je n'abandonne pas, que je poursuive notre jeu. C'est le signe de ton attachement. Je devrais m'en contenter. Avec toi pourtant, il m'en faut toujours plus, et raffolant du besoin de te voir sourire encore et encore je ne peux m'empêcher d'afficher un sourire contrarié.

Quels diables que les sentiments, vraiment. Ils pourrissent toute l'inclination que l'on a l'une pour l'autre en y mêlant un courroux hostile, en nous transformant en enfants capricieux. On voudrait sucer le sein de la mère jusqu'à plus soif, et le téton pourrait être ensanglanté que cela ne nous suffirait pas. Je ne connais le dialecte en lequel parlent tes peurs, mais de mon côté, c'est à présent la crainte de te perdre et l'aversion pour ton besoin d'être séduite, qu'on te fasse la cour, qui me révulse. Quand pourrais-je être assez pour toi ? Et que ces émotions sont laides !

Les voix de mon esprit se calment enfin. A présent elles laissent la musique prendre le relai. Les musiques, pour être exacte, car elles se mélangent dans le plus grand désordre. Il y a des mots dans toutes les langues et des mélodies en guerre. Le vacarme discordant m’arrache à toi, et en même temps m’évite de trop manifester ma perdition. Je hoche la tête et lâche des onomatopées quand il faut. Je crois que le corps a pris les commandes, comme un automate, ou comme si j’étais soumise à un Impero. Est-ce que cela suffit à se cacher dans une forme d’irresponsabilité ?

— Tu dis vrai, les peurs font peut-être partie de nous.

Emmurée dans mon silence, je ne te réponds pas.
— Pour l'heure c'est de toi que j'arrive pas à me détacher. Je sais pas à quoi on joue.
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Re: La nuit tous les chats sont gris...
Kohane W. Underlinden, le  Dim 27 Jan 2019 - 21:47


Je ne sais plus où on en est, je ne sais plus comment tout ça est parti. D'une envie de jeu, d'une course dans le nuit, à du sérieux. Nous nous défions dans la nuit, deux chasseresses à la fois proie et c'en était amusant.
Mais elle ne veut pas jouer.
Elle veut
Je ne sais pas
Je ne sais pas ce qu'elle veut, j'comprends pas, j'comprends plus. J'ai essayé de répondre du mieux possible à sa question et j'me suis embrouillée. Je me suis perdue dans mes propres fils, j'arrive plus à m'en sortir.
Mon cœur bat si fort, mais je ne sais pas si c'est d'inquiétude, d'angoisse, de tristesse, de rage, d'impatience...
J'attends la réponse de l'alter qui ne vient pas.

Pourquoi tu ne parles pas ? Pourquoi tu ne me dis rien ? Pourquoi ce silence, si subit ? Je pensais que toi aussi, tu voulais jouer. Tu sais, c'était rigolo, autrefois, lorsqu'on jouait à pas s'aimer et à se faire du mal, à s'aimer tout en même temps et à tourbillonner ensemble dans ces effluves de sang et de coups.
C'était vivifiant, te voir en action. Et me pousser à l'être.
Ce petit coup d'adrénaline dans nos veines, d'une pulsion partagée qui nous embarquait toutes les deux, sans que nous puissions rien faire.
C'était amusant -non c'était plus qu'amusant c'était... jouissif?- d'être à la fois deux et une seule dans nos chutes et nos envols
Tu te rappelles
Tu tombes, je tombe, je vole, tu voles
Ce partage du sang et des souffrances.

Je me sens subitement abattue face au silence qui emplit l'Allée des Embrumes.
Et enfin, Lizzie répond. Non à ma question. Elle répond par une autre question, plutôt. Celle du quoi.
A mon tour, de la regarder sans rien dire pendant un instant. Interdite face à son interrogation. Je n'ai jamais essayé de réellement poser de mots, un vrai quoi sur ce que nous étions ou ce à quoi nous jouions. Et c'est presque comme si je lui en voulais d'avoir soulevé cette question ; parce que je me contentais d'être dans ce flou, ça m'allait. J'ai subitement peur que de mettre en mots, ça me déçoive. Par la banalité qui pourrait en surgir.
Lizzie n'est pas banale.
Et quand je suis avec elle, face à elle, je ne me sens pas banale non plus. Depuis le début, entre nous, rien n'est trivial. Ne serait-ce que notre rencontre et ce qui a suivi.
Je refoule lé légère amertume provoquée par l'interrogation et m'emploie à y réfléchir. Si elle l'a demandé, c'est que ça a de l'importance pour elle. Elle a besoin -envie- de savoir.
Mais
Je fais page blanche au fond de mon esprit.
Rien ne me parle, rien ne se hurle dans ma tête.
Je finis par tendre les bras, prendre ses mains dans les miennes d'un geste délicat et :

-Tu as vraiment besoin d'un quoi ? Moi, j'sais pas. Je sais pas ce qu'est ce quoi. Mais pour moi, ça n'a pas non plus d'importance si tu es là. Tu sais, j'crois y'a des choses, faut pas leur mettre des mots ou des étiquettes. Faut simplement les ressentir.

Je lâche une de ses mains pour me saisir pleinement de l'autre. Je la guide vers moi et la plaque contre mon cœur.

-Peut-être qu'on joue juste à se sentir vivantes ensemble.

Lizzie Cojocaru
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Re: La nuit tous les chats sont gris...
Lizzie Cojocaru, le  Dim 24 Fév 2019 - 17:55

contenu sensible : violence verbale, allusions sexuelles

Et y a ses mots qui peinent à venir, qui bloquent, qui gèlent, comme l’esprit d’une mère parfois quand il faut trouver la réponse, le besoin de l’enfant qui hurle et qu’elle faillit. Moi je me rappelle, une fois où les jumeaux beuglaient tous les deux, où j’étais fatiguée, seule et malheureuse, une fois où je pourrais imaginer toutes les excuses du monde pour que rien, rien ne puisse justifier ce que j’ai fait. Je me suis tournée, j’ai chopé Braeden par le bras, et j’ai tiré si fort qu’elle touchait même plus le sol. Je la tenais du bout des doigts, du bout de moi, et avec une force brutale j’ai lâché que s’ils arrêtaient pas de beugler je leur défonçais la gùeule.

C’est sorti, d’un coup hors de moi et je n’ai su poser de mot dessus. C’était comme une rage sourde que je ne libère jamais en leur présence et qui rhla, pof, s’était jetée par dessus ma bouche. Et mon regard, mon regard les a terrifiés dans l’instant. Je l’ai lu dans leurs yeux : il n’y avait plus rien d’autre que de la peur. Ils se sont tus, et je me souviens qu’après ça les mots ne venaient plus. Je savais que j’avais été trop loin, je craignais que malgré leur âge ils n’oublient jamais cette scène.

Cette violence qui avait toujours été là, en moi, et que je ne savais proprement cadenasser. J’arrivais pas à trouver les mots alors, et je vous assure, quand j’ai vu Kohane bloquer tout à coup, j’ai senti le même trouble. Comme si d’un coup elle se disait merdre, comme si d’un coup elle regrettait tout ce qui s’était passé avant. Et ce silence, ce rien plus fort que tout, ça m’a brisé le coeur. A quoi d’autre pouvais-je bien m’attendre, en même temps ? C’est dans le feu de la spontanéité qu’on s’était toujours cherchées et connues.

Elle parle enfin, dit vouloir rejeter les étiquettes, et plaque ma main contre sa poitrine. J’ai l’impression d’entendre mon coeur battre dans mes tempes, c’est très gênant. Heureusement que c’est pas elle qui pose sa main sur mon sein parce que vraiment, je serais archi cramée. Et à nouveau, à nouveau il y a ces mots qui pleuvent, d’elle et de moi, de toi et moi, cet être ensemble qui me vrille l’esprit. Eloignant ma brutalité naturelle, je voudrais te brosser de milles promesses, te masser avec tant de délicatesse, avec un si amoureux respect, que tu ne serais bientôt que rosée matinale.

Je voudrais savoir si tu en es capable, pour moi, s’il est possible qu’un jour je te fasse cet effet là, et ensuite, si tu es d'accord, qu’un jour on soit l’une et l’autre en face à face, dans une complicité sensuelle où nous ne bougerions que très doucement, sans avoir besoin de tâter les parois et les contours — non je nous vois, toi et moi, nous laissant couler dans le plaisir de ne percevoir que notre fusion en un seul être.

Qu'on soit claires : se sentir vivantes ensemble c’est bien beau, et j'aime ça, mais il y a si longtemps que je ne me suis abandonnée au jeu des corps… Alors j’enlace tes doigts entre les miens et je laisse ma main se couler dans ta salière naturelle, remonter le long de ton cou et s’arrêter juste sous tes lèvres.
— Alors jouons encore.
Déchire-moi si tu l'oses — j'en brûle.
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