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Londres - Downing Street
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Keira Sanders
Préfet(e)/Serpentard
Préfet(e)/Serpentard

Re: Londres - Downing Street

Message par : Keira Sanders, Mer 25 Mai 2016 - 23:40


RP avec Hayleah Moonrose
Piller la tombe de la vérité
suite à cette lettre

Une cousine. Une fille, comme ça, qui sortait de nul part. Qui arrivait dans ta vie d'un coup, quand tu pensais connaître toute ta petite famille, un peu comme quelqu'un qui surgit d'un carton et qui te crie SURPRIIIISE. Tu ne savais même pas que ton père avait un cousin. Tu ne t'en rends compte que maintenant, mais tes parents se sont montrés moins honnêtes que tu le croyais. Et dire que ta mère ne supportait pas les mensonges et les cachotteries. C'était pourtant la deuxième fois que tu découvrais quelque chose qu'ils t'avaient caché. Qu'avait-il bien pu se passer avec cette branche de l'arbre généalogique pour qu'ils se renient à ce point ? Bordel. Bordel dans ta tête, bordel dans ton cœur. Et puis bordel tout court.

Bazzar qui arrive dans ta vie
Odieux mensonges et cachotteries.
Rage qui t'envahis pour tes parents
Désolation que  malgré toi tu ressens.
Et espoir subtil qui te souffle
La douce envie qui calme le baroufle.

Oui. Tu avais envie de la connaître, cette cousine. Tu avais envie de t'entendre avec elle, tu souhaiterais que cette rencontre se passe bien. Parce que tu n'avais personne. Du moins, personne de ta famille. Et puis on pouvait pas non plus affirmer que tu débordais d'amis qui seraient présents pour toi lorsqu'un poteau te tombera dessus. En Hayleah, tu as vu l'occasion d'avoir ce que tu n'as jamais eu : un membre de ta famille qui ne te fasse pas ch*er avec des règles strictes. Une sorte d'amie. Avoir un ami dans sa famille, c'était vraiment différent d'un ami normal. Le lien de famille était solide. Il pouvait agir un peu comme un ruban adhésif empêchant le lien de casser à la moindre occasion. Pour défaire ce genre d'amitié, il fallait quelque chose de plus fort. Oui, un truc plus grave. Et tu te demandes une nouvelle fois ce qu'il a bien pu se passer entre ton père et son cousin. Tu soupires.

Tu arrives à Downing Street, là où tu lui as donné rendez-vous. Tu ne sais même pas si elle va se montrer. Sûrement que oui. Elle l'a dit elle-même : elle est contente d'avoir trouvé une cousine. Est-ce qu'elle appréhendait cette rencontre autant que toi ? Toi, avec ton air crispé, tes épaules voûtées et ton dos droit ? Toi, qui te répète sans cesse "surtout, soit naturelle" ? Et comment va-t-elle te reconnaître ? Idiote. Tu aurais au moins pu attacher une photo de toi à ta réponse.


Dernière édition par Keira Sanders le Dim 5 Juin 2016 - 15:56, édité 3 fois (Raison : titre !)
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Hayleah Moonrose
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Spécialité(s) : Permis de Transplanage


Re: Londres - Downing Street

Message par : Hayleah Moonrose, Jeu 26 Mai 2016 - 9:21


RP Privé avec Keira Sanders

Samedi, Downing Street. Le grand jour.

Après avoir envoyé sa lettre à Keira, lui demandant confirmation quant à l'identité du couple asiatique sur la photo de mariage de ses parents, elle n'avait eu à attendre qu'une seule journée avant de recevoir une réponse. Et quelle surprise ! Non seulement Keira se révélait être réellement une cousine éloignée, mais en plus, elle lui proposait un rendez-vous dans le centre-ville londonien !
Ni une, ni deux, Hayleah s'était inventée une excuse pour retourner à Londres. Bien évidemment, oncle Jeff ne s'y était pas laissé prendre, mais il n'avait pas dit un mot, se contentant d'un signe de tête qui signifiait "Sois prudente".

Hayleah se retrouvait donc sur cette grande avenue, où se trouvait le bureau du Premier Ministre moldu. Son cœur battait la chamade, mélange d'angoisse et d'excitation. Elle dévisageait chaque personne qui passait dans cette rue, à la recherche de Keira. Quelle idée de se rencontrer un samedi ! L'avenue était bondée, et le temps frisquet faisait que chacun était habillé à peu près de la même façon.
La sorcière se posta près d'une vieille cabine téléphonique rouge, dont plus personne ne se servait depuis bien longtemps mais qui faisait partie du folklore anglais. Une asiatique, légèrement plus jeune qu'elle, avec une aura de sorcière et l'air d'être à la recherche de quelqu'un. Ce ne devrait pas être si compliquée de retrouver sa cousine !  Sa cousine...Cela lui faisait bizarre de l'appeler comme ça. Elle n'avait toujours pas digéré cette découverte, et malgré l'excitation de se découvrir enfin une cousine, elle appréhendait également cette rencontre. La jeune fille portait tellement d'espoir en Keira... Elle qui était fille unique, sans autre famille que ses parents, sa grand-mère et son oncle, voyait en cette cousine plus qu'une simple amie : une future sœur, une confidente, une complice. Et si elles ne s'entendaient pas ? Et si Keira la détestait ? Et si-
Là. Keira était de l'autre côté de la rue. Elle était sortie de nul part, comme bien souvent lorsqu'on était à la recherche de quelqu'un dans la foule. On scrutait tous les visages, on pensait être sûr de ne pas l'avoir loupé, et comme par magie, la personne apparaissait juste devant nos yeux. Montée d'adrénaline, le cœur d'Hayleah se souleva. Un peu de courage petite gryffonne !

La jeune fille agita la main pour se faire repérer de Keira puis traversa la rue pour la rejoindre. Elle était là, en chair et en os. Elle n'avait pas beaucoup changé depuis le jour de sa répartition.

- Keira ? Bonjour, c'est moi, Hayleah. Je suis vraiment contente de te rencontrer enfin !

La sixième année ne put s'empêcher de dévisager sa cousine pour la première fois, à la recherche d'un trait de parenté. Elle avait les yeux bridés, la peau légèrement mate, les cheveux noirs et un sourire attendrissant. Rien qui ne la relie particulièrement aux Moonrose mais tant pis. Cela ne se voyait peut-être pas sur son visage, mais elles étaient réellement liées par le sang, Hayleah le sentait.
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Keira Sanders
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Keira Sanders, Jeu 26 Mai 2016 - 15:33


Tu poirotes en plein milieu de la rue. Rue qui est sans doute la plus célèbre de tout Londres. Rue large, sol pavé. Tout est gris ou noir. Depuis les pavés des trottoirs, en passant par le bitume de la route et jusqu'à la façade de ces grands bâtiments. Un peu triste, comme rue. Peut-être pas très adéquat pour le genre de rencontres que tu t'apprêtes à faire, mais au moins, tu étais sûre qu'elle connaîtrait. L'endroit grouille de gens. Des touristes qui prennent en photo la demeure sombre du premier ministre moldu. Comme si c'était intéressant à voir. S'ils photographiaient et s'émerveillaient devant le Big Ben, là, tu comprenais. Mais cette maison faite de briques noires ? Pauvre moldu là-dedans qui devait se sentir épié sans arrêt. Quoiqu'il devait être débordé et passer la majeure partie de son temps ailleurs.

Tu regardes autour de toi pour la chercher. Pas facile quand tu sais pas à quoi elle ressemble. Et y'a plus d'asiats que ce que tu croyais qui se baladent par ici. Ton regard parcourt les visages, les analyse. Tu les scrute un instant, peut-être deux ou trois secondes, juste le temps de savoir si ça pourrait être elle. Tu regardes aussi attentivement la façon dont les visages agissent. S'ils cherchent quelque chose ou quelqu'un des yeux, ou s'ils s'en vont vers d'autres recoins avec un air déterminé. S'ils ont l'air perdus ou pas. S'ils sont munis de gros appareils photos de touristes, ou s'ils ont l'air de résider ici. Et puis là-bas, dans la foule, une main se lève et s'agite. Tu la regardes un instant. C'est une main très blanche, dressée sur un bras assez fin et jeune. Ton regard descent le long de ce bras, faisant pivoter tes yeux dans leur orbite, et tu apperçois son visage. Un visage asiatique, un visage gracieux. Ses traits sont doux, et ses yeux ont l'air de te viser. Ton coeur te donne l'impression de n'être qu'un morceau de chair alourdit. Il te pèse sur le corps, il voudrait presque te mettre à terre.

Ta cousine éloignée traverse pour te rejoindre, elle a l'air contente. Elle t'adresse la parole, elle a l'air gentille. Elle te rappelle son prénom, Hayleah. Et puis maintenant que tu la vois de près, un souvenir remonte jusqu'à ta conscience. Tu as déjà vu ce visage-là quelque part - à l'école. Ça te revient maintenant. Tu aurais du avoir eu la puce à l'oreille bien avant : Hayleah, c'était pourtant un prénom pas si courant que ça.

« Salut. »
Tu esquisses un sourire un peu timide. Ça te fait bizarre. La situation est carrément bizarre et inconfortable. Tu n'aurais jamais pensé te retrouver dans un cas pareil. « Nous nous sommes déjà rencontrées, en fait. J'avais oublié... J'ai tendance à avoir du mal à enregistrer les têtes et les prénoms de gens que je ne croise qu'une fois. On était à côtés au cours d'enchantements. »

Par la même occasion, cela t’apprenait que ta cousine était à Gryffondor. Cette branche de la famille ne doit vraiment pas ressembler à la tienne. Peut-être était-ce même à cause de ça qu'ils en étaient venus à se séparer ? Qu'est-ce qu'en penseraient tes parents ? Après tout, quoiqu'on dise, la limite entre un Gryffondor et un Serpentard te semblait floue. Les deux avaient souvent un caractère bien marqué et une petite tendance à s'attirer des ennuis. Qu'est-ce qui faisait cette différence, au final ? Le sang ? Le désir de l'élève ?
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Hayleah Moonrose
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Hayleah Moonrose, Jeu 26 Mai 2016 - 16:18


Keira esquissa un sourire. Pour elle aussi, la situation devait être bizarre, voire gênante. Les simples passants et les touristes continuaient d'aller et venir sur le trottoir, les contournaient comme si elles étaient dans une bulle, à part. Ils devaient surement se demander ce que ces deux jeunes filles faisaient là, à gêner tout le monde, plantées au milieu d'un des trottoirs les plus fréquentés de la ville.

- Salut. Nous nous sommes déjà rencontrées, en fait. J'avais oublié... J'ai tendance à avoir du mal à enregistrer les têtes et les prénoms de gens que je ne croise qu'une fois. On était à côtés au cours d'enchantements.

Des images lui apparurent en flash. La salle de classe, le professeur Wind, ses questions sur le Tournoi des Trois Sorciers, sa voisine de table, Keira. Comment avait-elle pu oublier ? Elle croyait se souvenir de Keira lors de sa répartition, mais elle avait oublié avoir était assise à côté d'elle en classe, une fois. Mémoire sélective, quand tu nous tiens... Il fallait dire que l'esprit d'Hayleah était très souvent dispersé pendant les heures de cours, prêtant fort peu attention à ce qui se passait autour d'elle et ne faisant strictement aucun effort pour retenir les noms et les visages de ses camarades éphémères. Alors qu'au contraire, elle adorait observer les premières années se faire répartir par le choixpeau. D'une part, parce qu'elle trouvait un plaisir particulier à deviner dans quelle maison serait répartis les élèves et d'autre part, parce qu'elle devait toujours se tenir prête à se décaler sur le banc pour faire de la place à un nouveau venu à la table des Gryffondor.
Avec un œil nouveau, la sorcière observa Keira, essayant de recoller son image à celle de la personne qui s'était assise à côté d'elle, un jour lointain.

- Oui, je me souviens maintenant ! J'arrive pas à croire que j'ai pu oublié ! Si j'avais su qui tu étais à ce moment-là, j'aurais peut-être été plus attenti-.

Un énorme sac de randonnée coupa Hayleah en la projetant sur le côté. Il appartenait à un touriste d'une quarantaine d'années qui prenait en photo le moindre centimètre carré de la rue à l'aide de son appareil qui devait valoir une fortune. La sorcière se retint de jurer, mais ne pu réprimer une grimace. Elle ne voulait pas faire mauvaise impression, bien qu'elle se demanda qu'elle iimage d'elle Keira gardait de leur première rencontre en cours.

- Ça te déranges pas d'aller s'assoir sur le banc, là-bas ? On sera plus tranquille
, proposa Hayleah en désignant un banc un peu en retrait à seulement quelque mètres de là. J'aimerais bien que tu me parles un peu de tes parents: le métier qu'il font, ce qu'ils aiment faire, leur caractère...Enfin, quel genre de personne ils sont, en somme.

Loin de toutes ces querelles familiales qu'ont lui avaient cachées, Hayleah souhaitait en apprendre plus sur Keira et sa famille - un petit bout de sa famille à elle aussi, en quelque sorte. Tout semblait les séparer, mais il fallait laisser une chance au destin.
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Keira Sanders
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Keira Sanders, Ven 27 Mai 2016 - 12:51


En voyant Hayleah te dévisager un instant, l'air songeuse, tu te dis qu'elle aussi avait oublié. Cette idée te fait souffler du nez, c'est assez marrant qu'aucune de vous deux ne s'en soit souvenue. Pour ça, vous avez un point commun ; mais ce ne devait pas être très commun non plus de se souvenir du nom et de la tête de tous les camarades qui passent par la même classe que toi. Personne n'a une mémoire aussi grande. Et puis toi, tu préfères garder la place pour des informations plus utiles que des têtes que tu pensais parfois ne jamais revoir.

« D'un sens je suis rassurée que tu aie oublié aussi. Je me sens moins bête, dis-tu en souriant. »

Secousse. Choc sonore, choc visuel aussi. Une cousine qui se retrouve un peu déplacée sur le côté, mais tout s'est déroulé trop vite et tu n'as pas tout suivi. Puis toi aussi, tu manques de te prendre un sac à dos dans le nez, et tu comprends. Si la rouge à tes côtés ne semble rien dire et préférer l'ignorer, toi, tu ne peux pas l'imiter. C'est juste plus fort que toi, tu es comme ça. Tu dis les choses, hautes et fortes. Les mots remontent le long de ton œsophage et arrivent dans ta bouche, d'où ils sortent sans être mâchés. Sourcils froncés. Alors tu te plains : « ...peuvent pas faire un peu attention ceux-là !...» de ton habituel air ronchonneur avant de te décaler derrière en regardant où tu mets les pieds, sans attendre la moindre réaction de ce touriste volumineux. C'était pas une provocation, juste une constatation. Elle n'aurait rien dit si le type en question s'était poliment excusé.

Acquiesçant, tu te diriges vers le banc libre que ta cousine indique, tout en écoutant attentivement sa question. Tu te demandes aussi par la même occasion ce qu'elle va penser de ta petite réflexion. Si tu vas lui donner une image négative. Mais t'y peux rien, tu t'es dite de rester toi-même : gentille et avec un bon fond, mais spontanée et légèrement clown et emmerdeuse quand tu t'y mets. Elle devra t'apprécier comme ça, c'est tout ; tout comme toi, tu devras l'aimer comme elle est venue. Arrivée sur le banc, tu reprends la parole pour répondre aux interrogations d'Hayleah :

« Mmmh... Ils sont médicomages, tous les deux. », dis-tu en prenant soin de baisser un peu le ton pour prononcer le mot inconnu des moldus. « Ils travaillent à St. Mangouste.  Ils sont carrément à fond dans leur carrière, je crois que c'est ce qui compte le plus pour eux. C'est pour ça qu'ils ne sont pas souvent à la maison. De ce qu'ils m'ont raconté, quand ils étaient à Poudlard - deux anciens Serpentards, ils étaient de gros emmerdeurs, ils faisaient les quatre cent coups avec leur groupe d'amis. Mais maintenant, ils sont plutôt calmes et hautains. Ma mère est totalement obsédée par les bonnes manières et dit qu'une fille devrait toujours soigner sa posture... » et là, tu te rends compte que tu es assise comme une bourgeoise. Dos droit, menton légèrement surélevé pendant que tu regardes gentiment ton interlocutrice. C'est devenu un automatisme chez toi. « Et mon père, disons qu'il s'efface un peu, à la maison. Il est plutôt mené par le bout du nez par ma mère ! Mais ils ne sont pas méchants. Disons juste que mon foyer porte plus d'attention au prestige et à la réussite qu'à autre chose. »

C'est un peu gênant mais aussi soulageant de parler de ta famille comme ça. Tu ne l'avais jamais vraiment fait. A l'école, on ne te questionne pas vraiment sur eux, et c'est normal. Les gens ne sont pas si indiscrets. Généralement, ils essaient plutôt de deviner mentalement dans quelle sorte de famille telle ou telle personne a pu grandir. Et tu supposes que pour toi, c'était relativement facile à deviner. Tu ajoutes un sourire sincère, et tu lui retournes sa question :

« Et toi ? Raconte-moi aussi.  »

Tu ne peux pas t'empêcher de penser que ça allait forcément être très différent. Tu le sens.
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Hayleah Moonrose
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Hayleah Moonrose, Sam 28 Mai 2016 - 10:14


Keira accepta sa proposition après s'être elle-même pris un sac à dos dans la figure, et toutes deux s'installèrent sur un banc, en retrait de ce trottoir de fou.

- Mmmh... Ils sont médicomages, tous les deux,  commença Keira.

Médicomages...Des scientifiques, donc. Le total opposé de ses parents à elle qui étaient plutôt littéraire ! Hayleah avait toujours admiré les médicomages et leur équivalent moldu. Sauver des vies, comme ça, demandait à la fois sang froid et confiance en soi. Une telle pression devait reposer sur leurs épaules... Ils avaient entre les mains la vie de leur patient, le pouvoir d'influer sur leur destin. Hayleah frissonna.

- Ils travaillent à St. Mangouste.  Ils sont carrément à fond dans leur carrière, je crois que c'est ce qui compte le plus pour eux. C'est pour ça qu'ils ne sont pas souvent à la maison. De ce qu'ils m'ont raconté, quand ils étaient à Poudlard - deux anciens Serpentards, ils étaient de gros emmerdeurs, ils faisaient les quatre cent coups avec leur groupe d'amis.

Hayleah sourit. C'était exactement ce que lui avait raconté son oncle Jeff, comme si lui-même n'avaient pas fait les quatre cents coups lors de ses années à Poudlard et comme s'il n'était plus un emmerdeur.

- Mais maintenant, ils sont plutôt calmes et hautains. Ma mère est totalement obsédée par les bonnes manières et dit qu'une fille devrait toujours soigner sa posture... Et mon père, disons qu'il s'efface un peu, à la maison. Il est plutôt mené par le bout du nez par ma mère ! Mais ils ne sont pas méchants. Disons juste que mon foyer porte plus d'attention au prestige et à la réussite qu'à autre chose.

C'était donc ça, ce qu'elle avait ressentit en voyant Keira pour la première fois. L'impression d'être une campagnarde face à une lady. Même si c'était vrai qu'Hayleah venait de la campagne, ce sentiment d'infériorité résidait plutôt en la posture toujours droite et posée de sa cousine, sa manière de parler, de façon toujours claire et concise. Rien ne semblait être laissé au hasard. Toutefois, cette étrange impression s'était évaporer à l'instant même où Keira avait commencé à parler de sa famille. Hayleah s'était d'un coup sentie plus proche d'elle, de cette petite famille si différente de la sienne et pourtant pas autant qu'on aurait pu le croire.
La gryffonne était contente d'en avoir appris un peu plus, elle ressentait même un peu de fierté d'avoir des médicomages dans la famille. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu triste pour Keira. A sa place, elle ressentirait énormément de pression, le sentiment de devoir toujours être parfaite, de se montrer à la hauteur des attentes de ses parents. Ou peut-être pensait-elle comme ça car c'était tout le contraire dans sa propre famille. On accordait beaucoup plus d'importance au bien-être et au plaisir qu'à la réussite et surtout aux apparences. D'ailleurs, c'était peut-être la raison pour laquelle leurs pères respectifs avaient coupé les ponts...

- Et toi ? Raconte-moi aussi.  

Hayleah dut réfléchir un instant, elle ne savait pas trop quoi dire. Sa famille lui semblait tellement...banale et inintéressante à coté de celle de Keira. Le sentiment d'infériorité repointa le bout de son nez, mais elle le chassa immédiatement. Après tout elle n'était pas là pour l'impressionner, mais pour partager.

- Eh bien, mon père est traducteur, c'est une grosse tête. D'ailleurs il était à Serdaigle, le choixpeau sait bien ce qu'il fait ! Et ma mère est une moldue. Elle est écrivaine de fiction. Sharon Moonrose, ça te dit quelque chose ? C'est son frère, oncle Jeff, qui m'a montré la photo de mariage. Il était à Serpentard lui aussi.

Voilà pour les faits, ça faisait un peu maigre. Hayleah regrettait de ne pas avoir emmené l'un des romans de sa mère, pour montrer à Keira la quatrième de couverture où l'on pouvait voir son visage et les critiques positives des plus grands auteurs. Enfin, elle aurait bien l'occasion de lui montrer plus tard, à l'occasion, ça ferait sûrement moins prétentieux.

- Mon père est quelqu'un de très ouvert d'esprit, curieux de tout, qui m'a toujours poussé à réfléchir par moi-même et à suivre mes intuitions.Ma mère, elle, est plus posée, toujours dans la lune, comme si son cerveau était sans cesse en ébullition. Il m'arrive très souvent de lui parler et de me rendre compte qu'elle ne m'écoute pas au bout de dix minutes. C'est frustrant, mais j'ai fini par m'y habituer à force...Et puis, chez moi, on ne prête aucune attention aux apparences, au prestige et à toutes ces choses là., enchaina la gryffonne après avoir réfléchi un instant. Avant, quand on habitait en Corée, on vivait dans un tout petit village sorcier et tout le monde connaissait tout le monde, alors personne ne pouvait garder ses secrets bien longtemps ! En fait, mes parents disent toujours que ce qui compte le plus c'est de rester fidèle à soi-même et de suivre sa propre route. Mais je t'avoue que j'aimerais bien avoir des instructions un peu plus claires parfois... parce que je me sens souvent un peu perdue.

Hayleah se sentit rougir. C'était la première fois qu'elle osait l'avouer. Jamais, auparavant, elle n'avait parlé de cette pointe de mal-être, ce sentiment de ne pas savoir quoi faire, de se trouver dans un labyrinthe dont elle seule pouvait trouver la sortie. Un labyrinthe dont elle ne savait même pas pourquoi elle se trouvait à l'intérieur ni si ça valait vraiment le coup de chercher à en sortir.
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Keira Sanders
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Keira Sanders, Sam 28 Mai 2016 - 13:21


Tu te demandes vraiment ce qu'elle pense de cette brève description que tu viens de lui faire. Est-ce que cela lui paraît bien, ou est-ce qu'elle déteste déjà ton foyer ? Est-ce que, malgré tes intuitions, son foyer est similaire, au final ? Est-ce que vous allez vous comprendre là-dessus ? Tu ne sais pas, alors tu souris. Parce que même si tu restes tout à fait propre à toi-même, aujourd'hui, tu te montres sous un de tes beaux jours. Tu n'es pas en train d'Emmerd*r le monde et de lancer de l'eau sur des petits alors que ça ne fait rire que toi. Aujourd'hui, la bonté enfouie dans ton coeur ne demande qu'à ressortir. Tu fais preuve d'une douceur incontestable sans même t'en rendre compte. Cela doit être parce que tu veux bien faire, pour une fois. Entre deux songes, tu te redresses et penche un tout petit peu la tête vers la gauche en attendant la réponse de ton interlocutrice.

« Eh bien, mon père est traducteur, c'est une grosse tête. D'ailleurs il était à Serdaigle, le choixpeau sait bien ce qu'il fait ! »

Tu l'écoutes vraiment attentivement. Tu as peut-être même l'air de boire ses paroles à grandes gorgées, mais c'est parce que ça t'intéresse. Ce n'était vraiment pas tous les jours qu'on tenait une telle discussion. Un père ancien Serdaigle, voilà encore une potentielle raison de conflit ? Peut-être que Chen n'aimait pas les autres maisons... Bien que cela semble à moitié plausible... Tu sais que tes parents sont très fiers que tu sois à Serpentard, mais ils ne t'ont jamais dit non plus qu'ils te déshériteraient si tu t'étais retrouvée dans une autre maison. Tu sais qu'ils auraient été déçus, mais peut-être pas à ce point.

« Et ma mère est une moldue. Elle est écrivaine de fiction. Sharon Moonrose, ça te dit quelque chose ? »

Non, ce nom ne te dit rien du tout. Sûrement parce que tu ne lis presque pas de livres moldus. C'est dommage d'ailleurs, ils sont bons. Et ils ne parlent pas toujours de magie, ça change un peu.  Tu songes qu'il te faut retenir ce nom pour y jeter un coup d'oeil. Et soudain, une pensée traverse ton esprit. La rupture aurait-elle pu se faire seulement à cause d'un mariage avec une moldue ? C'était vraiment plus que plausible. Tes parents étaient à ce mariage, et ils n'affectionnaient pas particulièrement les moldus - sans pour autant les détester. Ils les trouvent juste bizarres et ignorants. Ce qui était un peu ironique, quand tu voyais le nombre de choses folles qu'ils savaient inventer pour faire ce qu'ils ne peuvent pas faire avec de la magie... Des avions pour remplacer vos balais... Certes, tous leurs transports étaient moins rapides qu'un transplanage, mais qui sait ? Peut-être réussiraient-ils, un jour, à se téléporter tout comme vous. Ce serait vraiment dommage si ce mariage était fautif de cette séparation.

Tu l'écoutes reprendre la parole, te décrire au moins le caractère de ses parents. Tu ne peux pas t'empêcher de sourire d'amusement quand tu songes qu'ils ont l'air de parfaits clichés de bleus et argentés. Ce n'est pas péjoratif - seulement amusant.

« Et puis, chez moi, on ne prête aucune attention aux apparences, au prestige et à toutes ces choses là. »

Tu ouvre un peu plus grand les yeux et penchant ta tête de quelques degrés de plus, intriguée. A quoi font-ils attention, alors ? Peut-être tout simplement au bien-être. Le bien-être, première étape vers le bonheur. Peut-être que la chose qui comptait le plus chez eux était la joie, oui. En ce cas, c'était bel et bien différent de ta famille. Pour le peu que tu réussisses ta scolarité, ils s'en fichaient un peu du reste et de ce que tu ressens. D'ailleurs, chez vous, ce n'est pas très courant d'exprimer haut et fort son ressenti. On garde plutôt les choses enfouies.

« En fait, mes parents disent toujours que ce qui compte le plus c'est de rester fidèle à soi-même et de suivre sa propre route. Mais je t'avoue que j'aimerais bien avoir des instructions un peu plus claires parfois... parce que je me sens souvent un peu perdue.  »

Normal, de se sentir parfois un peu perdue, tu imagines. Et tu apprends aussi au passage qu'elle a vécu en Corée. Toi, tu n'as jamais vécu en Chine. Par contre, tu y as souvent voyagé durant l'été. Tu n'aimes pas le pays plus que ça, car tu ne t'y sens pas chez toi - ta maison se trouve en Angleterre. Tu sais parler le chinois, mais tu ne le considères pas non plus comme ta première langue. Tu te demandes si elle sait parler le coréen. Sûrement que oui, si elle a commencé sa vie là-bas.  

« Je pense que tous les types de foyers ont leurs petits inconvénients. Moi, j'ai un peu l'impression de porter le poids de l'Himalaya sur mes épaules, parfois. » Sourire ajouté à ces paroles pour indiquer que tu blagues à moitié, mais tu es quand même sérieuse. Sourire sincère, le genre de truc qu'on offre pas au premier venu.  « J'imagine que tu parles le coréen ? Je ne sais que dire bonjour, je crois ! » Tu ris, tu essaies de détendre l'ambiance un peu plus. C'est la vérité, tu ne sais que dire bonjour dans sa langue - et encore, tu n'es même pas sûre que tu le dises correctement. Tu es déjà bilingue et c'est déjà bien. « Je n'ai pas vécu en Chine, je suis née ici, à Londres. Je sais quand même parler chinois, mais je ne sais pas le lire, ni l'écrire - enfin, seulement quelques mots. Ça ne me parait pas naturel, du coup, tu comprends ? »

Et puis, tu te demandes si tu devrais poser la question. Peut-être qu'elle a la réponse, elle. Mais il y a un risque qu'elle le prenne mal ; on ne sait jamais, avec les gens. Tu t'y risques quand même, parce que ta curiosité est plus forte que le reste : «Est-ce que ce Jeff - je ne me rappelle plus quel est le lien de parenté, t'as évoqué quelque chose sur la raison qui a poussé notre famille à se séparer ..? » Tu as choisi tes mots avec soin. Notre famille. Ce n'est pas pour rien que tu as employé ce possessif là.
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Hayleah Moonrose
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Hayleah Moonrose, Mer 1 Juin 2016 - 21:51


Hayleah baissa les yeux sur ses mains. Ses doigts, entremêlés, ne restaient pas en place - signe évident du stress latent qui n'avait de cesse de refaire surface. Non pas qu'elle se sentit mal à l'aise, assise là, face à sa cousine. Bien au contraire. Seulement, elle avait peur encore une fois d'avoir dit quelque chose de dérangeant, en se confiant comme ça, sans réfléchir. Sa raison lui disait de s'en ficher, d'écouter ses parents et de rester fidèle à elle-même, mais elle ne pouvait s'empêcher de vouloir plaire à Keira. Elle n'avait de cesse de chercher chez elle un signe de mépris, de dégoût, quelque chose qui montrerait qu'Hayleah lui sortait par les yeux. Mais voilà, à force de chercher quelque chose, on finissait par le trouver, même si on le créait soi-même, et cela, la gryffonne s'en méfiait comme de la peste.

- Je pense que tous les types de foyers ont leurs petits inconvénients. Moi, j'ai un peu l'impression de porter le poids de l'Himalaya sur mes épaules, parfois.

Hayleah releva la tête et esquissa un sourire. Keira essayait vraisemblablement de la mettre à l'aise et de se montrer empathique, en acceptant de se dévoiler un peu également sur un ton humoristique fort agréable. Un effort qu'elle appréciait à sa juste valeur. La voilà rassurée. Pour l'instant.

- J'imagine que tu parles le coréen ? Je ne sais que dire bonjour, je crois !

Hayleah acquiesça de la tête. Le coréen était sa langue maternelle, avec l'anglais, mais malheureusement, depuis que sa famille avait emménagé à Londres, elle avait de moins en moins l'occasion de le parler. En effet, comme sa mère ne parlait que l'anglais, elle ne pouvait parler coréen que lorsqu'elle se trouvait en tête à tête avec son père - chose rare - ou lorsqu'elle s'entrainait avec le groupe de danse traditionnelle. Elle devait avouer que ça lui manquait un peu, et parfois, elle avait peur d'oublier cette si jolie langue qui allait de paire avec ses yeux bridés et son enfance au pays du matin calme.
Elle s'apprêtait à demander si Keira parlait chinois couramment lorsque cette dernière enchaina :

- Je n'ai pas vécu en Chine, je suis née ici, à Londres. Je sais quand même parler chinois, mais je ne sais pas le lire, ni l'écrire - enfin, seulement quelques mots. Ça ne me parait pas naturel, du coup, tu comprends ?

Voilà qui répondait à sa question. Hayleah avait du mal à s'imaginer ce que cela faisait de pouvoir parler couramment une langue sans une maitriser tous les usages. Elle qui adorait la lecture et l'écriture, c'était impensable ! Pour sa défense, il fallait des années pour maitriser ne serait-ce que les caractères chinois d'usage. Rien à voir avec le coréen dont on pouvait apprendre à lire et écrire l'alphabet en seulement trente minutes...
Elle se demandait tout de même ce que pouvait bien ressentir sa cousine lorsqu'elle se rendait en Chine - si jamais elle avait déjà eu l'occasion d'y séjourner. Se sentait-elle chinoise ou comme une étrangère ?

- Est-ce que-

- Est-ce que ce Jeff - je ne me rappelle plus quel est le lien de parenté, t'as évoqué quelque chose sur la raison qui a poussé notre famille à se séparer ..?

Hayleah resta bouche bée un instant. Elle ne s'attendait pas à ce que Keira aborde le vif du sujet si rapidement, mais ce n'était pas ce qui la dérangeait. En fait, elle était la pour ça. Le problème, c'était que justement....

- Je n'en sais rien, avoua la gryffonne. Mon oncle Jeff m'a seulement dit que mon père avait un jour coupé les ponts avec le tien, et pour être honnête, je ne pense pas que lui-même sache vraiment ce qu'il s'est passé entre eux deux. Et puis, je n'ai pas osé poser la question à mon père. Il ne sait même pas que j'ai pris contact avec toi.  

Cela était étrange en soi d'ailleurs. Il devait bien se douter que la fille de son cousin serait inscrite à Poudlard et que donc, les deux filles avaient des chances de se côtoyer un jour et de découvrir la vérité. Vivait-il dans l'angoisse de ce jour depuis son entrée au château ? Ou, au contraire, comptait-il sur la différence d'âge et de caractère pour qu'elles ne prêtent jamais attention l'une à l'autre ? Il est vrai qu'avant de découvrir la photo de mariage, Hayleah n'avait jamais cherché à sympathiser avec Keira. La preuve, elle avait assisté à un cours avec elle sans en garder aucun souvenir.

- En fait, je comptais sur aujourd'hui pour éclaircir un peu cette histoire. D'après ce que tu m'as dit, nos parents ont l'air d'avoir un caractère très différents, mais je ne pense pas que ce soit une raison suffisante pour briser ce lien familiale. Surtout qu'ils étaient plutôt proches, si l'on en croit oncle Jeff.... Hayleah prit une longue inspiration et l'air froid lui glaça les poumons. En tout cas, une chose est sûre, c'est que je n'avais jamais entendu parler de ta famille avant et que la photo de mariage était bien cachée dans carton perdu au fond d'un grenier que personne n'était censé retrouver. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais ça doit être quelque chose de grave pour que mon père se montre à ce point rancunier.

Oui, elle en était certaine, le père qu'elle connaissait était une personne bien trop tolérante et empathique pour pouvoir renier ainsi une partie de sa famille sans raison valable. Quant à ces raisons...

- Tu crois qu'on devrait mener notre enquête pour découvrir ce qu'il s'est passé ? Il s'agit peut-être d'un simple malentendu...

Hayleah ne le formula pas clairement, mais elle gardait au fond d'elle l'espoir de réunir un jour sous le même toit les deux familles, les Moonrose et les Sanders. Enfin une grande famille telle qu'elle l'avait rêvée.
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Keira Sanders
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Keira Sanders, Jeu 2 Juin 2016 - 22:00


Tu ne sais pas si elle prend bien la question, tu l'ignores totalement, tu l'espères de tout ton cœur. De ne pas avoir déjà tout foiré. Tout foirer, c'est quelques fois ta spécialité. Tout le reste s'envole parfois. Tout : ta capacité à garder ce masque impassible que tu as forgé en grandissant avec tes parents, ces manières polies qui s'étaient soit disant incrustées en toi jusqu'au plus profond de la moelle osseuse. Ces rêves fous de grandeur inculqués par ta pseudo-noblesse, cette petite voix en toi qui te souffle que tu y arriveras. Qui te souffle que même si tu n'es pas la meilleure, tu n'as pas à t'en inquiéter autant. Qui te souffle de faire avant tout quelque chose qui te plait. Et puis cette autre voix qui hurle dans tes entrailles, pour recouvrir la bien faible puissance de la précédente. Celle qui veut te mener sur le chemin de la grandeur. Celle qui s'en fiche de ce que tu affectionnes, de ta pauvre petite passion pour la peinture. Peintre ? Sérieusement, Keira. Ce n'est pas une carrière. Pas une carrière pour une lady comme toi. Tu mérites mieux. Tu la sens, cette lumière en toi. Elle essaie de te montrer le chemin, et tu la suis sans lui poser de questions. Tu lui as offert une confiance aveugle. Même pas une canne pour te guider. Alors tu essaies de te persuader que tu aimes autre chose. Parfois, quand tout cela s'en va, quand tout cela se cache dans un petit coin reculé de ton corps, tu exploses. Tu te montres grossière. Arrogante. Bruyante. En fait, tu as deux facettes. Tu es un peu comme la Lune, l'une d'entre elles est toujours cachée. Les autres ne la voient pas. Sauf qu'il est de ton pouvoir de choisir celle qui tu montres. Tu es vicieuse.

Elle a parlé en même temps que toi. Tu te demandes si elle allait poser la même question. Sûrement pas. Elle a l'air plus timide que toi. Son expression est indéchiffrable, même pour toi qui excelle dans le domaine. Tu ne lis pas ce qu'elle pense. Tu attends nerveusement sa réponse, ton sang frappe à une fréquence régulièrement rassurante sur tes tempes. Tu remet les froufrous de ta robe burgundy correctement. Pur signe de nervosité. Ils étaient déjà très bien mis. Aucun besoin de les ajuster. Tu parais juste narcissique. Pas que ce soit faux, d'ailleurs. Tu aimes ta personne. Surtout ton apparence. Tu es jolie, tu trouves, avec ces cheveux noirs qui t'encadrent le visage.

Tu l'écoutes, elle ne sait pas. « Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais ça doit être quelque chose de grave pour que mon père se montre à ce point rancunier. » Ces mots te mettent mal à l'aise. Ces mots te font culpabiliser. Ces mots sous-entendent que tes parents sont les fautifs. Dans la bouche de ta cousine, ils ne sonnent pas réellement accusateurs. Presque neutres, en fait. Elle avait annoncé ça comme on annonçait un fait. Comme on disait qu'il faisait beau ou qu'il y avait des nuages qui se promenaient dans le ciel. Pourtant, ils te rendent triste, ces mots. Peut-être que tes parents ont vraiment fait quelque chose de très regrettable. « Tu crois qu'on devrait mener notre enquête pour découvrir ce qu'il s'est passé ? » Tu ne sais pas. Une partie de toi ne veut pas savoir. Une partie de toi préfère l'ignorance. La douce ignorance qui berçait une enfance, et qui abandonnait peu à peu un esprit. Parfois, il valait mieux ne pas chercher à tout comprendre. Ne pas chercher à tout savoir. Pour le bien de tout le monde. Peut-être que creuser là-dedans allait réveiller de vieilles rancunes. Peut-être que ça en blesserait plus d'un.

Mais.. Cela ne valait-il pas le coup d'essayer ? Car oui, ta curiosité sans fond voudrait à tout prix être rassasiée. Mais tu ne sais pas. Tu as un peu peur de ce que tu pourrais découvrir. Ignorance ou vérité ? Tu te répètes ces deux mots dans la tête. L'un après l'autre. Tu te laisses bercer un moment par ces douces syllabes chantantes, reniflant aussi fort que tu peux la brise de rose que tu as vaporisée sur ta robe avant de partir. La délicate senteur rempli tes narines. Tu fermes les yeux un instant. Tu planerais presque entre ces deux notes sucrées et fleuries. Mais il te faut revenir à la réalité. Alors tu ouvres brusquement les yeux. Ta décision est prise.

« Oui. J'aimerai beaucoup savoir ce qu'il s'est passé... Comment est-ce que tu crois qu'on pourrait en apprendre plus ? »
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Hayleah Moonrose
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Hayleah Moonrose, Dim 5 Juin 2016 - 11:40


La réponse se faisait attendre, Keira semblait hésiter, peser le pour et le contre. Et en effet, ce n'était pas une décision à prendre à la légère. On pouvait se lancer à la recherche de la vérité, bouleverser les codes, fouiller dans le passé pour modifier l'avenir, remuer tout un tas de petites bébêtes que les parents auraient préférer garder cachées sous le tapis. Ou rester les bras croisées, se contenter du non-dit et de cette cousine retrouvée dont il faudra taire la connaissance de son existence pour préserver les choses en l'état. Pas idéal, mais au moins, on ne risquait pas de tout casser. Alors voilà, la question se posait.
Pour Hayleah, s'était tout vu. Elle voulait chercher, trouver, comprendre pour réparer. Maintenant qu'elle connaissait l'existence de ce petit bout de famille, elle ne pouvait pas le lâcher, le laisser s'envoler, sans au moins essayer de le recoller. Et puis, elle sentait que c'était son devoir, quelque part. Réparer les erreurs commises par ses parents, ce lien brisé qui les avaient séparé. C'était dommage, elle se devait au moins d'essayer. Mais tout cela dépendait maintenant de Keira. Sans elle, elle ne pourrait rien faire, rien comprendre, rien changer. Peu importe ce qui serait décidé, elles seraient une équipe; dans la quête de vérité comme dans le mensonge.

- Oui. J'aimerai beaucoup savoir ce qu'il s'est passé...


Le cœur d'Hayleah repartit, une bouffée d'oxygène, vite, avant qu'il ne soit trop tard. Elle avait dit oui, elle aussi voulait savoir ce qu'il s'était passé, elle voulait fouiller, comprendre, agir. Nul doute, c'était bien sa cousine, et elle pourrait compter sur elle à partir de maintenant.

- Comment est-ce que tu crois qu'on pourrait en apprendre plus ?

Une chape de plomb s'abatis sur sa tête. C'était là que les choses se compliquaient. La solution la plus évidente aurait été de poser directement la question aux personnes concernées. Mais pouvaient-elle vraiment oser un tel affront, acculer leurs parents, qui jusqu'à maintenant, s'étaient donnés tant de mal pour cacher et oublier l'existence de l'autre partie ? Peut-être pourrait-elle demander un coup de main à oncle Jeff, mais celui-ci s'accommodait très bien de la situation et elle doutait qu'il se donne du mal pour les aider à faire revenir celui qu'il avait décrit comme "un emmerdeur de première". Alors que faire ? Interroger les autres invités du mariage ? Préparer une potion ou lancer un sort révélateur de vérité ? Ou bien, rentrer dans le vif du sujet et poser un pavé dans la mare de non-dit, en espérant récolter un peu d'éclaboussure de vérité ?

- Il faut déjà voir si on en parle à nos parents, où si on se débrouille toutes seules... Je suis pratiquement sûre qu'oncle Jeff ne sais rien mais je pourrais peut-être demander à ma mère si elle sait quelque chose. Et puis, peut-être qu'on pourrait essayer d'interroger leurs amis communs. En retrouvant la trace des personnes présentes au mariage, leurs amis de Poudlard, peut-être pourrons-nous en apprendre un peu plus sur qui ils étaient à l'époque et ce qui a pu les retourner l'un contre l'autre...Tu as reconnu certaines personnes sur la photo ?
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Keira Sanders
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Keira Sanders, Dim 5 Juin 2016 - 15:53


Tu as prononcé cette phrase dans un débit anormalement rapide, faisant paraître le tout absolument pas naturel. Comme si tu avais eu peur de changer d'avis en cours de route, lorsque tu n'aurais eu le temps de ne faire vibrer que la moitié de ces mots sur tes cordes vocales. Pourtant, maintenant que c'est dit, ton avis n'a pas flanché. Les lettres du mot vérité raisonnent dans ta tête, t'embrouillent l'esprit. V, comme vache ; parce que cet adjectif-là représente bien ce qu'il en est. Et ensuite, E comme éborgnant. Car elle vous coûte toujours un bras ou un oeil lorsqu'elle vient se venger parce que vous avez cherché à la dissimuler, la faire tomber aux oubliettes. Et puis R comme le rire très noir que tu retiendras au plus profond de toi quand le moment arrivera. Le I désigne comment tu te sentiras quand tu feras face aux dégâts qui tu t'apprêtes à faire : idiote. Un T pour talonner, parce qu'on ne sème jamais la vérité. Elle vous suit toujours, attend le bon moment pour vous rattraper et même vous faire trébucher. Et ne comptez pas sur elle pour vous aider à vous relever. Et un second E, pour étripant, car le prix d'un oeil ne suffit pas. Il lui en faut plus. Elle vous tord les tripes, vous compresse l'estomac pour vous faire du mal. Vérité. Un bien joli mot, par ailleurs. Mélodieux. Mais sanglant. Un mot qui évoque une lame à deux côtés tranchants. Car la vérité est ainsi. Elle est capable d'embrasser la paix intérieure de certaines personnes pendant que d'autres en paient le prix. Pendant que d'autres ressentent leur coeur se ligoter dans leur poitrine, comme si leurs artères avaient soudain décidé de se rebeller contre leur maître.

Et malgré le fait que tu le sentes mal, tu sais que tu veux en savoir plus. Et puis, tu viens de l'évoquer. La vérité rattrape toujours ces malfaiteurs. Toutes ces années, elle avait suivi de très près ta famille, attendant le bon moment pour se faufiler devant leurs yeux et les saluer. Le moment était peut-être venu. Et si elle avait tout simplement besoin d'un coup de pouce ? Les choses devaient être ainsi. Alors tu attends un instant de voir si ta cousine a une idée de la façon par laquelle vous pourriez déterrer toute l'histoire, sans vous pointer devant vos parents respectifs en disant « Salut, paraît que j'ai une cousine, j'aimerai bien que vous m'expliquiez pourquoi je ne le savais pas alors qu'elle était sous mon nez.  » Bien que toi, ça ne te dérangerais pas plus que ça. Tu gardes rarement tes questions pour toi. Si ce soir tu rentres sans en savoir davantage, tu vas devoir faire un effort considérable pour pas tout cracher. Il faudra travailler sur toi, pour une fois. Ça ne te fera pas de mal ; mais tu n'en a pas non plus envie. Hayleah ne tarde pas à reprendre la parole. Tu écoutes attentivement ce qu'elle a en tête, analysant chacun de ses groupes de mots.

« Il faut déjà voir si on en parle à nos parents, où si on se débrouille toutes seules... »

Ça tombe bien. Tu y avais pensé quelques instants auparavant. C'était vraiment la solution la plus simple, mais en arriver tout de suite là ? Tu préfererais autant avoir d'autres options, et garder celle-là dans un coin de ton esprit. Tu ressortiras cette possibilité si les autres se révèlent vous font tomber dans des culs-de-sac. Mais d'un autre côté, tu ne peux pas t'empêcher de penser que ton raisonnement est débile. Tu es bête. Complètement bête. Si vous découvrez de choses d'une autre façon, il faudra quand même les affronter sur le sujet, tôt ou tard. Alors pourquoi pas le faire dès maintenant ?

« Et puis, peut-être qu'on pourrait essayer d'interroger leurs amis communs. En retrouvant la trace des personnes présentes au mariage, leurs amis de Poudlard, peut-être pourrons-nous en apprendre un peu plus sur qui ils étaient à l'époque et ce qui a pu les retourner l'un contre l'autre...Tu as reconnu certaines personnes sur la photo ? »

S'ils étaient en Chine ou en Corée, ça allait s'avérer compliquer. Vous devriez envoyer des lettres qui voyageront plusieurs journées dans le ciel avant d'arriver jusque là-bas. La photo, tu l'as ammenée. Tu la sors de ton petit sac en cuir assorti à la couleur de ta robe, et tu colles ton épaule contre celle de Hayleah pour qu'elle puisse voir la photo aussi bien que toi.

« Je t'avoue que je n'ai pas fait attention à tout le monde sur cette photo. J'avais la tête ailleurs, j'imagine que tu comprends pourquoi. Mais cet homme-là... dis-tu en pointant du point une jeune personne qui semblait avoir une génération de plus que tes parents, cet homme-là, je l'ai déjà apperçu dans quelques photos sur l'album de famille, je crois. »

Tu ne sais pas si cela va vous avancer. Tu ne connais même pas son nom, mais tu connais bien ta mère. La parfaite maniaque qui a l'habitude d'inscrire à la plume tous les noms de ceux qui figurent sur une photo au dos de celle-ci. Alors, à moins qu'elle n'ait tenu à l'effacer de partout lui aussi, tu aurais facilement accès à son nom. Mais cela ressemblait quand même à un chemin sans issue.

« Je pourrais avoir son nom facilement, mais je ne sais pas si cela nous mènera à quelque chose... »


Dernière édition par Keira Sanders le Sam 11 Juin 2016 - 15:35, édité 1 fois
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Hayleah Moonrose
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Hayleah Moonrose, Mar 7 Juin 2016 - 19:32


Hayleah avait omis de préciser qu'elle-même reconnaissait bien peu de personnes sur cette photo. Elle avait l'impression que ses parents avaient coupé les liens avec la quasi-totalité des invités présents ce jour-là. S'était-il passé quelque chose au mariage ? Ou alors est-ce que tout cela n'avait aucun lien, la vie et le temps avaient simplement fait ce qu'ils savaient faire de mieux : séparer les gens et les recoller à d'autres personnes ?
Sans prévenir, Keira fouilla dans son sac en cuir et en sortit la photo de mariage. Elle avait été plus intelligente qu'elle sur ce coup-là; elle avait été prévoyante. Sa cousine se rapprocha d'elle. Hayleah pouvait entendre sa respiration, sentir son épaule contre la sienne, une mèche de ses cheveux aussi noirs que les siens lui chatouillait la joue. C'était étrange de se retrouver si proche. Légèrement intimidant.

-  Je t'avoue que je n'ai pas fait attention à tout le monde sur cette photo. J'avais la tête ailleurs, j'imagine que tu comprends pourquoi. Mais cet homme-là...cet homme-là, je l'ai déjà aperçu dans quelques photos sur l'album de famille, je crois.

L'homme en question avait l'air plus âgé que ses parents, à peine plus jeune que sa grand-mère. Il avait quelque rides, les cheveux poivre et sel, un regard pénétrant et un sourire amical. Elle lui donnait la cinquantaine sur cette photo, ce qui signifiait qu'il devait en avoir soixante-dix maintenant. Si Keira réussissait à lui mettre le grappin dessus, elles pourraient probablement réussir à le faire parler. Tout le monde savait que les vieillards aimaient raconter en boucle l'histoire de leur vie, et Hayleah ne doutait pas qu'elle et sa cousine réussiraient à l'amadouer pour qu'il accepte de leur donner des détails. Cependant, il y avait également le risque qu'il soit collé au fond d'un lit à Sainte Mangouste, qu'il soit décédé ou qu'il refuse tout simplement de parler.

- Je pourrais avoir son nom facilement, mais je ne sais pas si cela nous mènera à quelque chose... ajouta Keira.

Un nom, c'était un début. La base. Avec un nom, on avait une personne, et peut-être alors une piste à suivre.
C'était amusant, d'ailleurs, qu'un simple nom soit à la base même de ce qui était en train de se passer, là, maintenant. Si oncle Jeff ne lui avait pas donné le nom de Keira et de Sanders, jamais elle n'aurait fait le lien, jamais elle n'aurait retrouvé sa cousine, et jamais elles n'auraient été là, toutes les deux, assises sur ce banc à comploter pour découvrir la vérité.
Un nom pouvait changer tant de choses. Au-delà de la simple identité d'une personne, on pouvait y découvrir un passé, un futur, une histoire. Finalement, un nom, c'était un peu comme le titre d'un livre. En le lisant, on n'avait pas beaucoup d'informations, mais il suffisait de creuser un peu pour découvrir un autre univers.

- Ce serait vraiment super si tu pouvais trouver ça. Mon oncle Jeff à tout plein de contacts, je suis sûre qu'il pourrait réussir à retrouver cet homme rien qu'avec son nom.

A condition qu'il accepte de les aider. Mais cela, la gryffonne s'en chargerait. Elle saurait le convaincre.

- De mon côté, je reconnais l'ex-meilleure amie de ma mère, et un ancien collègue de mon père qui est venu manger une ou deux fois à la maison quand j'étais plus petite, dit Hayleah en pointant du doigt une femme rousse portant une robe à pois et un homme lambda en costume gris. Je peux essayer de les retrouver et leur demander s'ils se souviennent de tes parents. Je n'ai pas beaucoup d'espoir de ce côté là mais je pense que ce serait déjà un bon début si on pouvait retrouver ne serait-ce qu'une seule personne qui puisse nous éclairer.

En disant cela, Hayleah se rendait bien compte de l'absurdité de la chose. Elle avait l'impression de se compliquer la vie en menant l'enquête sur des personnes tiers alors qu'elles pourraient tout bêtement poser la question à leurs parents respectifs. Si seulement elle pouvait croire avec raison que ses parent lui répondraient...Si seulement cela ne risquait pas de gâcher tous leurs efforts pour recoller les morceaux....Si seulement la vie était si simple. Mais elle avait une autre clé en main : oncle Jeff. C'était là leur meilleur atout, elle en était persuadée.

- Et je ne vais pas lâcher mon oncle, ajouta-t-elle avec une certaine dureté dans la voix qui la surprit elle-même. Il m'a donné l'impression de ne rien savoir, et je ne doute pas de lui. Mais il est possible qu'il ignore savoir quelque chose d'important, ou qu'il ait oublié de me donner une information qu'il juge inutile alors que ça pourrait nous aider. Je vais la jouer en finesse.

C'était un pari risqué, la finesse ne faisait pas vraiment parti de ses points forts. Mais c'était pour la bonne, l'avenir de leur famille en dépendait. Elle saurait se montrer à la hauteur. Elle se le devait.
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Keira Sanders, Mer 8 Juin 2016 - 15:47


C'est quand même vrai qu'un nom est à la base de tout. Chercher une personne sans un nom, ça complique vraiment les choses, sans pour autant les rendre impossibles. Cela revient juste à commencer à jouer à Où est Charlie? par la dernière page au lieu de la première. Et puis les hiboux facteurs sont parfois intelligents. Ils n'ont pas forcément besoin d'adresse pour trouver quelqu'un. Mais tu ne voudrais pas te risquer à envoyer Erin à l'autre bout du globe sans qu'il sache où aller... Ta mère te dirait qu'un hibou ça se remplace, mais tu ne souhaites pas qu'il lui arrive du mal. Ce n'est qu'un animal, mais ça reste une vie. Heureusement, Hayleah t'annonce qu'elle est sûre que son oncle Jeff pourrait retrouver cet homme avec son nom. Vous auriez donc une adresse. Parfait. Tu hoches la tête sèchement pour signifier à ton interlocutrice que vous tenez peut-être une piste.

Elle a reconnu deux personnes. Tu ne vois pas pourquoi il n'y a pas beaucoup d'espoir de ce côté - il y en a tout autant qu'avec celui que tu as reconnu. Le risque majeur est qu'ils refusaient de parler. Elle avait dit ex-meilleure amie. Il s'était passé quelque chose à ce niveau là, aussi... Peut-être que cette femme refuserait d'aborder le sujet... Et si leur conflit était commun à celui qui s'était déroulé entre tes parents et ceux d'Hayleah ? Cela semble bien gros. Improbable. Mais c'est une possibilité que tu n'écartes pas tout de suite.

« D'accord. Je vais récupérer le nom de l'homme alors, mais une fois qu'on aura tous ces noms, on en fait quoi ? On ne peut pas transplaner jusqu'à chez eux. Une lettre ?  »

C'est un peu la seule solution que tu vois. Une lettre... C'est moins bien qu'une conversation face à face. Dans une lettre, on ne ressent pas forcément l'émotion qui se cache derrière. On a seulement des mots en face des yeux. On ne peut pas analyser le regard de la personne au moment où il les a écrit. Sa pensée. Si sa main tremblait ou non... Si son front était plissé... L'éclat d'émotion dans les yeux, cet éclat qui trahit tout ce que tu veux cacher... Tu ne peux pas non plus savoir si la voix est ferme et posée ou troublée et anxieuse. Rien. Il faudrait vraiment pouvoir rencontrer ces personnes, mais c'était impossible. A moins que...

« ... Tu crois qu'on peut aller chez eux avec.. De la poudre de cheminette ? Si personne n'accepte de nous parler, je crois qu'on sera obligée de directement demander à nos parents, non ? »

Tu ne sais pas si ton idée est bonne ou mauvaise. Quelles sont les limites de la poudre de cheminette ? En plus, le réseau des cheminées magiques est contrôlé. Et il faudrait que vos parents acceptent de vous laisser partir à l'autre bout de la Terre ! C'était peut-être trop dangereux.. Non.. C'était une idée stupide. Vous devriez sûrement vous contenter des lettres.
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Hayleah Moonrose, Sam 11 Juin 2016 - 9:25


Hayleah était déjà en train de réfléchir à un moyen de soutirer des informations à son oncle et de le convaincre de les aider. Cela la gênait vraiment de réfléchir comme ça; elle avait l'impression d'être une manipulatrice en devenir. La fin justifiait-elle tous les moyens ? Jusqu'où pourrait-elle aller pour être sûre que son oncle ne lui cachait rien ? Et que serait-elle prête à faire pour qu'il accepte de les aider dans leur quête ? Elle avait déjà pour habitude de lui obéir au doigt et à l’œil - ou presque - et il lui semblait difficile de se montrer plus accommodante qu'elle ne l'était déjà...

- D'accord. Je vais récupérer le nom de l'homme alors, mais une fois qu'on aura tous ces noms, on en fait quoi ? On ne peut pas transplaner jusqu'à chez eux. Une lettre ?  

Une lettre, oui pourquoi pas. C'était la solution qu'elle avait privilégier pour contacter Keira, et ça avait marché. Cela lui semblait une bonne solution, simple, rapide et efficace. Cependant, il y avait toujours ce problème de la réponse; on ne pouvait pas forcer quelqu'un à répondre à une lettre, ou même à la lire. Et puis, il faudrait réfléchir à ce qu'elles écriraient sur le parchemin, trouver les bons mots, le moyen de convaincre la personne de leur en dire un peu plus sur toute cette histoire. Hayleah était plutôt douée avec les mots en général, mais dans ce genre de situation, elle ne savait jamais quoi dire, quels mots choisir, quelles formules employer. Une lettre, c'était le risque d'aggraver les choses. Et si la personne prévenait ses parents ? Et si elles se retrouvaient embarquées dans quelque chose de plus grave qu'elles ne le pensaient ?

- ... Tu crois qu'on peut aller chez eux avec.. De la poudre de cheminette ? Si personne n'accepte de nous parler, je crois qu'on sera obligée de directement demander à nos parents, non ?

La poudre de cheminette, ce n'était pas une si mauvaise idée. Sa maison n'était pas reliée au réseau, mais elle avait l'habitude d'utiliser ce moyen de transport pour ce voyager entre la Corée et Londres en passant par le Chemin de Traverse. Elle détestait cette sensation d'être engloutie dans le temps et l'espace, de voir défiler devant ses yeux tout un tas d'images venues d'autres maisons, d'autres lieux reliés au réseau qu'elle ne pouvait voir clairement. Ceci dit, c'était un moyen rapide et bien moins désagréable que le portoloin.

- On pourrait utiliser l'une des cheminées reliées au réseau sur le Chemin de Traverse, on fait ça tout le temps pour faire des aller-retour en Corée. Si on dit au propriétaire qu'on a 17 ans, il ne devrait pas y avoir de problème. Le seul truc c'est que...Je ne pense pas qu'on puisse débarquer directement chez quelqu'un, comme ça. Peut-être...Peut-être qu'on pourrait d'abord envoyer une lettre et tenter une approche en personne si aucune réponse de nous parvient.

Hayleah avait également pensé à utiliser les balais, mais il faudrait se déplacer de nuit pour ne pas être vues des moldus et surtout, il ne faudrait pas que la personne habite à l'autre bout du Royaume-Uni. Elle avait donc laissé cette mauvaise idée de côté et s'était accommodée de la suggestion de sa cousine. Lettre et visite, cela lui paraissait pertinent.
Mais une fois encore, tout cela dépendait de son oncle et de sa volonté de lui retrouver les noms et adresses. A l'idée de tout le travail et de la force de conviction que cela allait représenter, la sorcière se sentit soudain totalement découragée, peu confiante quant à l'issue de cette petite enquête qui, finalement, allait se révéler un vrai travail de fourmi.

- Tu crois...Tu crois qu'on va y arriver ? Je veux dire... Admettons qu'on découvre ce qu'il s'est réellement passé entre nos parents, comment est-ce qu'on peut être sûres qu'on pourra réussir à les réconcilier ?

La gryffonne voyait déjà la scène défiler devant ses yeux. Les quatre adultes, à se fixer en chien de faïence, à se demander pourquoi leur fille les avait amené ici, prêts à s’entre-tuer s'il fallait en arriver là. Le scénario catastrophe par excellence, imaginé par la pessimiste de première qu'elle était. Il fallait toujours qu'elle imagine le pire qui pourrait arriver, qu'elle contrôle tout pour être sûre et certaine que l'issue fatale qu'avait connu son meilleur ami ne se reproduise plus jamais. Est-ce que tous ceux qui avaient connu une tragédie vivaient la même chose ? Est-ce que, eux aussi, vivait chaque jour en ayant l'impression que le bonheur et la quiétude ne durerait pas et que, de fait, mieux valait ne pas trop s'y habituer ? Est-ce que, eux aussi, vivait chaque jour en ayant l'impression que quelque chose de dramatique se profilait au tournant de leur vie ?
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Keira Sanders
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Keira Sanders, Dim 12 Juin 2016 - 12:42


Tu avais de suite exclus la possibilité qu'ils vivent en Angleterre comme vos deux foyers respectifs. Cela t’étonnerai quand même que toute la famille aie décidé de déménager au même endroit. Surtout s'ils ne s'entendaient plus. Peut-être même que te parents ne t'ont pas parlé d'Hayleah parce qu'ils pensaient qu'elle et ses parents étaient restés en Corée, et donc qu'il n'y avait aucun risque...

« Le seul truc c'est que...Je ne pense pas qu'on puisse débarquer directement chez quelqu'un, comme ça. Peut-être...Peut-être qu'on pourrait d'abord envoyer une lettre et tenter une approche en personne si aucune réponse de nous parvient.  »

Elle a carrément raison. En plus de ne pas être très poli de débarquer chez un inconnu comme un paquet surprise, c'est plutôt risqué. Vous ne les connaissez absolument pas. Qui vous dit que ces personnes ne sont pas devenues aigres et méchantes, ou adeptes de magie noire et qu'elles ne voudront pas vous attaquer dès qu'elles verront une tête inconnue s'introduire dans leur domicile... C'est un peu poussé, certes. Mais on ne sait jamais avec les gens. Certains jouent tellement sur la prudence qu'ils en deviennent fous. Donc... Une lettre. Oui, une lettre semble être la meilleure solution dans un premier temps.

« Sinon, on peut toujours tenter de leur demander dans la lettre si on peut passer en personne. Comme ça, on fait les deux... Sans paraître impolies et s'imposer de force ! »

Mais là encore se dresse un nouvel obstacle auquel tu n'avais pas pensé : la langue. Cette barrière qui empêche beaucoup de personnes de communiquer entre elles. Bien que l'anglais soit dit être langue internationale, il n'est hélas pas toujours maîtrisé quand on traverse la mer qui entoure le pays... Tu as de la chance de ne pas encore avoir été confrontée à cette situation dans ta vie. Cette situation où, face à ton interlocuteur, les mots ne souhaitent pas venir. Quand ton vocabulaire n'est pas assez riche pour pouvoir exprimer le dixième de ce que tu aimerais dire. Quand tu regardes ton interlocuteur avec des yeux de merlan frit pour lui faire comprendre que tu es sincèrement désolée de ne pas être capable de communiquer. C'est déstabilisant et vraiment frustrant, d'un côté. Bon, tu sais que Hayleah parle coréen, au besoin... Mais si vous tombez sur ce vieil homme et qu'il ne parle que chinois ? Tu saurais te débrouiller à l'oral mais pour lui envoyer une lettre... Impossible.

« Euh... Tu crois qu'ils vivent en Angleterre, comme nous ? Parce que... j'espère qu'ils parlent anglais, en tout cas. Pour des raisons pratiques, ajoutes-tu en dérision. »

Tu es tellement concentrée dans votre échange que tu n'es plus consciente de tout ce brouhaha environnant. Tous ces bruits d’appareil photos, ces voix, ces sonorités parfois étrangères que tu ne pourrais même pas reconnaître. D'habitude, tu préfères le calme. Les ruelles presque vides, un manque d'agitation. Un air léger, un air léger dans un endroit vide d'hommes qui te donne l'impression que tu es la seule à le respirer. Que tu ne le partages pas avec plus de sept milliards d'autres individus. Que ces molécules de dioxygène pénétrant tes poumons sont là exclusivement pour toi. Mais aujourd'hui, en ce moment-même, cela ne te dérange pas.

Alors que tu es distraite et que tu te laisses bercer par le peu de chahut environnant qui parvient à tes oreilles, elle pose LA question. Celle que tu ne t'es pas encore posée, bien trop occupée à penser à l'histoire qui pouvait se cacher derrière tout ça. C'est le plus important pour toi, pour le moment. Ensuite, tu aviseras... Ses mots créent une réaction en chaîne. Ils se cognent contre ton conduit auditif pour aller faire vibrer tes tympans, enclenchant tout le mécanisme qui suit pour acheminer l'information, telle une bombe, jusqu'à la conscience de ton cerveau. Elle souhaite réconcilier vos deux familles. Bien sûr, c'est une super idée. Une très bonne intention. Ce serait le rêve, même : tout ce que tu as toujours voulu. Un peu plus de famille à tes côtés. Surtout que son foyer est bien plus chaleureux que le tien, alors, si tu pouvais y être la bienvenue... Ce serait génial. Vraiment, ça te permettrai de changer d'air. Une bouffée de frais dans ta vie. Tu ne pourrais jamais refuser ça. Tu l'as longtemps espéré. Mais maintenant que tu as la possibilité de le faire, tu n'y avais même pas pensée. Tu étais trop obnubilée par ce qui se passait autour de ça. Tu hausses les sourcils, et réfléchit un instant à la façon de lui répondre. Ce que tu vas lui dire te parait évident.

« On ne peut pas être sûres. Tout simplement parce qu'on n'est pas dans leurs têtes... à moins que tu ne sois une prodige dotée de légilimancie, ajoutes-tu avec humour. Plus sérieusement, je pense qu'on verra quand le moment sera venu. Si ça se passe mal, il faudra juste qu'on soit prêtes à arrêter la tempête. Pour ma part, mon père est assez influençable. Y'aura toujours moyen avec lui, si je le prend à part. Quoiqu'il en soit.. J'espère sincèrement qu'on y arrivera. »

Tu regardes autour de vous, songeuse. Comment est-ce possible d'avoir une discussion si sérieuse au beau milieu d'une rue aussi large que bondée ? Tu souris en pensant qu'habituellement, ce genre de conversations se tient dans un lieu clos, à l'abris des regards et oreilles indiscrètes. Mais soit. Pour résumer la situation, tu reprends :

« Donc... On envoie chacune une lettre aux personnes qu'on a reconnues, et on leur demande des informations ou bien si on pourrait passer ? Et après, on se donne un autre rendez-vous pour mettre nos réponses en commun ? »

HRP:
 
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Hayleah Moonrose
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Hayleah Moonrose, Dim 12 Juin 2016 - 16:35


La cousine proposa à Hayleah d'inclure une demande de rencontre dans leurs lettres. Oui, voilà, cela semblait être un bon compromis, de loin la meilleure solution. Pour quelqu'un comme elle qui manquait de confiance en soi et qui avait dû mal à s'imposer, elle se serait mal vue débarquer chez un quasi-inconnu pour lui faire passer un interrogatoire. Et puis, bon, c'était toujours mieux de passer par l'écrit avant. Ça laissait du temps à la personne pour réfléchir à la question. D'un autre côté, ça lui laissait aussi le temps d'élaborer un mensonge, mais il ne fallait pas se montrer trop pessimiste.

Keira se demandait également si tous ces gens parlaient anglais et s'ils vivaient en Angleterre. Bizarrement, Hayleah n'avait pas pensé à la possibilité de se retrouver dans l'incapacité de communiquer ou de devoir traverser la moitié du globe.
De son côté, pas de soucis. Les personnes qu'elle voulait contacter étaient anglaises, et puis, au pire, de son côté de la famille, elle pourrait toujours communiquer en coréen. Cependant, cela risquait d'être plus difficile du côté de Keira, puisque, selon ses dires, elle n'était pas très à l'aise à l'écrit. Mais ça, ça pouvait s'arranger. Elles pourraient toujours faire appel à un traducteur-interprète ou même, au pire des cas, se débrouiller avec un dictionnaire. Bon, cela prendrait du temps, beaucoup de temps, mais c'était faisable.

Elle aussi espérait réussir à réconcilier leurs deux familles. Hayleah se sentait rassurée, c'était tellement bon d'avoir une alliée à ses côtés. Elle avait vraiment de la chance d'être tombée sur elle. Quelle déception cela aurait été de se retrouver avec une cousine sans-cœur à moitié-demeurée à la place ! Non, vraiment, la sorcière n'aurait pu rêver mieux. Et puis, Keira avait cette aura, cette prestance, qui maintenant qu'elle la connaissait mieux, la mettait à l'aise. Elle avait l'air d'avoir assez confiance en elle pour penser pouvoir influencer son père "en cas de tempête", comme elle disait. Hayleah, elle, savait pertinemment qu'elle n'arriverait à rien avec ses parents. Ou bien les sous-estimait-elle ? Dans tous les cas, il fallait s'attendre à du grabuge, rien ne se passait jamais sans remous.

- Donc... On envoie chacune une lettre aux personnes qu'on a reconnues, et on leur demande des informations ou bien si on pourrait passer ? Et après, on se donne un autre rendez-vous pour mettre nos réponses en commun ?

Hayleah acquiesça de la tête.

- Oui, voilà, on fait comme ça ! On se prévient dès que l'une de nous reçoit une réponse, et je mets oncle Jeff sur le coup dès que tu me donnes le nom du vieux monsieur sur la photo.

Sur-ce, Hayleah prit Keira dans ses bras pour lui dire au revoir et de prendre bien soin d'elle. Elles se reverraient bientôt, mais la sorcière avait tout de même un petit pincement au cœur à l'idée de quitter sa cousine. Ou peut-être était-ce dû à l'adrénaline de ce qu'elles s'apprêtaient à faire...

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