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Londres - Downing Street
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Rachel Ester Pasca
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Message par : Rachel Ester Pasca, Lun 10 Oct - 20:17


Sujet libre (me semble), je prends la place !
Si problème : MP

RP avec Kohane Werner et 39

"Vive Halloween !" C'était ce que scandaient quelques tête en citrouille parlantes à tous les passants, ce qui incluait Kohane et Rachel. La rue était animée et il y régnait une ambiance d'avant fête assez étrange à vivre lorsque l'on n'avait pas le cœur à ça. D'autant que le thème de la fête n'aidait pas... Les morts... Aux yeux de Rachel cela sonnait comme un mauvais présage et aucunes sucreries n'auraient put la faire changer d'avis. Sa paranoïa s’aggravait.

La vie n'avait pas été juste ces derniers temps. Alors oui, bien-sûr, des coups-durs on en vivait tous et on devait tous y faire face à un moment ou à un autre de sa vie. Néanmoins, admettez que certains étaient tout de même plus chanceux en matière de bonheur. Peut-être n'avait-il aucune raison à tout cela. Peut-être y en avait-il.

Kohane et elle devait sans doute avoir une faute ou deux, vestige de vies passées dont elles ne se souvenaient plus, à expier. A effacer. La vie avait été trop clémente avec elles et aujourd'hui c'était un juste retour de bâton. Ou était-ce simplement la faute aux monstres ? Cela-même que Rachel voyait chaque nuit dans ses cauchemars ? Un bruit sourd, un tremblement, une chaleur intense, un simple rire… peu importe la manière dont ça commence, le résultat est toujours le même. Il y a toujours du sang, des morts, des blessés. Des cris, des larmes, de la douleur. Une vie gâchée. Attaques terroristes. Mangemorts sans cœur, sans âme. Même pas humain, même pas sorcier. Monstres. La vie avait été dur pour eux aussi et maintenant ils voulaient se venger, partager leur peine et leur souffrance. Ouais... ça devait être ça

Du coup, Rachel  éprouvait encore moins de scrupules à les blâmer et les rabaisser aujourd'hui, tandis qu'elle marchait sans but précis en compagnie de la forte Kohane. S'éloignant toujours un peu plus de la foule. Elles cherchaient la tranquillité toute les deux. Ça faisait de bien, même si ce n'était "que" des mots.

- Tout ça, ça vient de l'enfance. Chais pas, ils ont vécu été victimes de merdes et ils n'ont rien trouvé d'autre à faire qu'en devenir aux aussi... Mais nous ils ne nous auront pas ! Ils me battent largement en duel, mais jamais je ne plierais, je me respecte trop pour ça. Puis je compte bien devenir plus forte... avec toi. Je ne nous laisserais pas sombrer !
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Kohane Werner
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Kohane Werner, Dim 16 Oct - 1:01




Les masques. Les rires enfantins. Les déguisements.
Halloween.
On joue. A se faire peur.
Bouuuh !
Frayeur. Puis franche rigolade. Les bonbons.
Trick or treat.
Ensuite, on comptabilise la récolte. On partage. On mange. On se fait plaisir, quoi.
Voilà.
C'est ça, Halloween.
Le jour des films d'horreur et des sueurs froides.

Mais jamais, hein.
Jamais vous n'avez eu peur.
Je veux dire...
pour de vrai.
La vraie peur. Celle qui est provoquée par ce souffle glacial, souffle mortuaire.
Quand on voit le feu qui embrase la salle, la table -unique bouclier- exploser d'un seul sort, quand on le voit, lui, pour de vrai, qu'on entend sa voix, qu'il est à deux doigts de nous tuer.
Vous ne savez pas, vous...
Avec vos masques.
C'est pour ça que vous aimez tant. Cette fête où on joue à se faire peur. Frayeur.
Elle est douce et excitante, cette crainte-là.
Parce qu'elle n'est pas vraie.

Au milieu de cette foule de masques citrouille et costumes de fantôme, Rachel et moi.
Je suppose qu'elle aussi, a un point de vu différent sur la chose.
Une vision plus sombre.
A espérer que ce qu'on a vécu n'atteindra jamais, de quelque manière que ce soit, ces enfants qui jouent à avoir peur.
Ces fêtes Moldues... S'ils savaient ! Ils ne se réjouiraient pas tant !

En même temps, je les envie. Tous. Dans leur insouciance.
Je veux être eux. Juste ce soir.
Essayer de goûter à cet amusement. En oubliant ce que j'ai moi-même vécu.
Ne plus être moi.
Etre seulement eux.
Grand rêve.
Pouvoir toucher du doigt une vie normale.
Peut-être qu'être Moldu vaut mieux qu'être sorcier... Il y a tellement de choses qu'on ignore, dont on ne se préoccupe pas quand on vit hors du monde sorcier !
Pendant un court instant, une idée traverse mon esprit.
Saugrenue.

Vivre en ermite. Avec Rachel.
Retirées de tout.
Au moins, aussi loin, on fuira tous nos malheurs. Parce qu'ils n'arrêtent pas de tomber. Passer de Charybde en Scylla, dit-on. C'est un peu ça. Dès qu'on croit que c'est fini, autre chose se rajoute. Ca s'accumule. Ca fait de plus en plus mal.
Mais faut pas céder. On le sait, ça.
Faut pas lâcher. Sinon c'est mort.
C'est les laisser gagner.

Un gosse manque de me rentrer dedans. Son masque ne doit pas être super bien réglé niveau vu !
Je l'évite au dernier moment ; ça va, il repart sans encombre.
Pff... y'a trop de monde ici ! C'est pas bon. C'est angoissant. De voir tous ces costumes. Et cette stupide soif de frayeur. Comme si la vie n'était pas assez flippante comme ça !
Doucement, nos pas nous éloignent. Rachel et moi.
C'est mieux ainsi. Trouver le calme. Loin du Londres trop plein de monde, de l'effervescence, des gosses et des déguisements.
Entendre les voix, les rires m'amenuiser peu à peu.

Et c'est la voix de la vert-et-argent qui prend la place.
Elle parle d'eux.
Et se donne du courage.
Me donne du courage.
Un petit sourire. Sur mes lèvres. A ses paroles. Qui réchauffent le coeur.

Je repense à elle, au tout début. Si peu partante ! Si peu combattive !
Maintenant, elle est autre.
Je le sais.
Elle a trouvé sa petite flamme.
Sa Volonté. De résister. Et ne pas le faire seule.

Ma main agrippe son bras. Comme pour me persuader qu'elle est bien là.
Soeur de coeur et soeur de guerre.
Celle qui me donne le courage de mettre un pied devant l'autre.

-Bien dit, je prononce. C'est hors de question de flancher ! On a survécu jusqu'ici alors on survivra encore longtemps. En défendant bec et ongle chaque parcelle de terrain. En ne leur cédant rien.
Mini pause. Ma prise sur le bras de Rachel se raffermit.
-Ce serait bien trop facile d'abandonner et les laisser gagner. Ce serait s'être battue si dure pour rien. Et je suis contente de savoir que je t'ai à mes côtés pour affronter ces étapes difficiles. Pour m'empêcher de plier quand la tentation est trop forte.
Large sourire. Heureuse d'être avec Rachel.
-Ensemble, on saura le mener, ce combat ! Avec victoire !

Toujours avoir cet esprit combattif.
Pour mieux s'accrocher.
Hargneuses.
Rageuses.
Jamais laisser un bout de soi à l'autre. A l'ennemi. A eux.

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Re: Londres - Downing Street

Message par : Mangemort 39, Lun 24 Oct - 19:21


Vous n’auriez pas dû être là ce soir. Vous auriez déjà dû être ailleurs. Dans cet ailleurs où l’on vous attendait, mener la mission que vous aviez proposé. Mais c’est à la mi-nuit sonnante que votre présence était indispensable, avant cela… Avant cela vous profitiez des joies de la nuit d’Halloween. Car le jour était tombé, laissant place à la froide douceur de la nuit. Pas tout à fait noire, tant les rues, tant cette rue, était éclairée.s. Peu importe. Vous n’aviez pas besoin de la nuit pour vous camoufler.

Vous aviez besoin de votre cape. Et vous l’aviez. Capuchon rabattu. Vous ne portiez pas de masque, évidemment, car cela serait s’exposer à trop de risques. Le masque était Vous depuis longtemps. Vous aviez transformé votre visage. Allongé votre nez, fait apparaître quelques pustules. Vous étiez même parvenu à modifier légèrement votre teint pour le rendre quelque peu verdâtre.

Vous représentiez la parfaite caricature d’une vieille sorcière, selon ces pauvres moldus que vous aviez connus. Les longs cheveux poivre et sel, le nez, le bouton et le poil au bout. Vous aviez même choisi de ne pas tout à fait retirer votre poil, histoire de faire plus réaliste. Un juste milieu entre l’image rêvée et la réalité. Entre la sorcière imaginée et le sorcier bien vivant.

Et vous écoutiez les bruits de la rue. Et vous marchiez, lentement, à la recherche de votre proie. De celle qui aurait peur. De celle que vous pourriez suivre, gratifier d’un regard trop pâle pour être normal. De celle que vous sauriez faire courir. Courir, poussé par une frayeur douce, provoquée, normale pour une nuit comme celle-ci. Avant de se rendre compte que vous n’étiez pas juste un costume d’Halloween. Vous étiez le monstre.

Et puis, après plusieurs minutes de recherche, vous les repériez. Elles ne portaient ni masque ni maquillage, ne brandissaient pas de petit panier à bonbons. Elles étaient jeunes, influençables, parfaites. Vous les croisiez d’abord, attendiez deux ou trois pas, puis vous retourniez et commenciez à les suivre. Les deux jeunes filles.

Et à les suivre, à vous rapprocher, vous entendiez leur conversation. Vous ne compreniez pas encore de quoi elles parlaient. Vous saviez juste que leur conversation tombait à pic. Car elles parlaient de force et vous souhaitiez les mettre à l’épreuve. Vous vous rapprochiez encore, glissiez votre visage entre les leur, passiez une main sur chaque hanche et disiez simplement, d’une voix grinçante :

- Trick or treat?
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Rachel Ester Pasca
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Rachel Ester Pasca, Mer 26 Oct - 11:45


LA de Kohane


« Paranoïa, pourquoi n’es-tu jamais là quand j’en ai besoin ? » se serait demandé Rachel après coup si elle en avait eu le temps. Sauf que du temps elle n’en avait déjà plus alors même qu’elle n’en avait pas encore conscience. Innocent papillon qui voltigeait. La mort était en route. Le chaos et la terreur, un traumatisme.

Peut-être que la présence de Kohane l’apaisait trop, parce qu’elle ne se méfiait pas des visages inconnus comme elle l’avait fait depuis le masque. Avec Kohane la nuit paraissait moins effrayante, mais la verte aurait dut savoir qu’il n’en était rien, que le danger était partout.

Aucune des deux sorcières n’étaient vraiment prête à assumer leurs paroles de résistance. Pourtant elles parlaient. Criaient. Scandaient ce qu’il ne fallait pas dire quand on était seul dehors la nuit, entouré d’ombres. Entre ruelles sombres et sombres personnes. Ce soir, les monstres étaient déguisés en monstres.

- Trick or treat ?

La lionne comme l’écailleuse sursautèrent de concert. Rachel ne lâcha pas pour autant son amie, l’incitant presque inconsciemment à rester derrière, à continuer d’avancer, à ne pas paniquer. Parce que c’était ce que la mère-poule en elle voulait et exigeait. Elle plutôt que les autres, comme toujours.

- Aaha ! Bien joué, vous nous avez bien eues !

Rachel offrit un beau sourire. Pas de peur. Pas encore. Il n’y avait pas de raison pour que cet homme… ou cette femme ? soit un psychopathe tueur. Elles avaient déjà eu leurs lots de malchance. Elles avaient déjà donné de ce côté-là, l’une autant que l’autre. Alors il n’y avait pas de raison que le sort s’acharne à ce point. Pas vrai… ?

- On n’a pas de bonbons, désolé. Par contre, mes respects pour le déguisement !
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Kohane Werner
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Kohane Werner, Dim 30 Oct - 16:45





Pourquoi est-ce que tout marche toujours à l'envers ?
On est méfiant et parano quand y'a aucune raison de l'être.
Et quand il faudrait froncer les sourcils, sentir le coeur s'agiter et commencer à activer ses jambes pour courir, y'a plus personne.
C'est à devenir fou. Ne plus savoir quand faire confiance. A qui faire confiance.
Voir tout en noir puis tout en rose. Pailleté. Ne plus faire de distinction, généraliser.
Et ce soir, alors que le coeur semble plus léger, une voix lointaine crie que la vigilance est de mise. Après tout, ne sommes-nous pas le jour des morts ? Le jour où toutes les ombres peuvent sortir de leur tombeau et déambuler sans crainte dans les rues. Sans crainte d'être repérées. Démasquées. Dénoncées.
N'est-ce pas le jour des mauvais esprits et des fantômes tueurs ?
Stupides croyances, se moqueraient certains.
Peut-être... moi aussi, avant, je pensais que ce n'était que des superstitions. Des jeux d'enfants Moldus.
Encore maintenant, j'y crois.
Mais dans quelques minutes, quelques secondes, je n'y croirai plus.

Tout est vrai.
Les monstres sont vrais.
Et ils surgissent, assoiffés de sang et de douleur, le soir d'Halloween
.



Pourtant, au moment où je tiens le bras de Rachel, je n'y pense pas.
Je me contente juste de sentir la force qu'elle me transmet.
Le courage. D'aller de l'avant.
Je me sens flotter, planer. Comme insensible à toute la réalité, dure et cruelle.
Avec Rachel, je me sens capable de tout.
Guidée par sa voix et son amitié.
Appuyée sur son épaule comme elle s'appuie sur la mienne.
A deux, on est plus forte.
On peut faire taire ces maudites voix.
Ces voix grinçantes comme des portes mal huilées. Ces voix glaciales et terrifiantes.
On peut les clouer sur place.
Ensemble.

Mais il ne s'agit que de voix. Des choses invisibles qui ne tirent leur pouvoir que de notre côté influençable, soumis à leurs caprices.
Ce ne sont que des voix.
Pas des corps.
Et les corps... je ne sais pas si nous pouvons vraiment les affronter. Même ensemble. Même main dans la main.
Les corps... c'est autre chose. Encore plus terrifiant. Parce qu'ils ont un pouvoir psychologique et physique.



Alors quand je sens subitement une main douceureuse et glaciale se poser sur ma hanche, mon coeur s'arrête.
Ma main se crispe sur Rachel.
Et la voix s'élève.
Pleine de promesses noires.

-Trick or treat ?

Question classique. Le refrain de tous les gosses.
Sauf que ce n'est pas un gosse qui est là. Derrière nous. La tête plongée entre nous. Les mains capturant nos propres corps.
Je sens la pression de Rachel. Son ordre muet.
Continuer de marcher. Rester en retrait.
Je continue de marcher. Mais ne reste pas plus en retrait qu'elle. Je ne la laisserai pas en première ligne sans moi.
Mais d'abord, qui parle de première ligne ?
Ce n'est peut-être qu'une blague.
Hideuse, de mauvais goût, certes.
Mais c'est Halloween, après tout !



Le coeur s'emballe mais je m'efforce de ne rien laisser paraître. Tandis que Rachel répond.
D'un ton banal. Et même souriant.
Oui, c'est une farce. Affreuse et horrible farce.
Le type derrière nous va nous lâcher.
Rire, peut-être même. Repartir. Sans encombre.
Puis on en parlera, Rachel et moi. Evoquant la sueur froide. Avant de rire à notre tour de s'être fait peur inutilement. S'être fait peur pour quelque chose qui n'est pas vrai.
C'est ça, Halloween.

Je laisse Rachel parler. Dire qu'on n'a pas de bonbons. Ce qui est vrai.
On n'est pas là pour se joindre aux gosses ou jouer les mamies généreuses qui répondent à chaque bambin qui vient frapper à leur porte.
Tandis qu'elle le félicite pour son déguisement, je le dévisage, un sourire coincé et forcé aux lèvres.
-J'avoue que ça mérite qu'on s'arrête pour regarder, j'observe en raffermissant ma prise sur le bras de la vert-et-argent.

Allez, maintenant tu peux nous lâcher...
Les pensées s'emballent et tourbillonnent.
Le coeur cogne.
Un pressentiment.
Et la rue de plus en plus déserte au fur et à mesure qu'on avance, dans l'espoir de ce défaire du type.
Parfois, un ou deux Moldus passent. Une famille avec des enfants déguisés en vampires. Des jeunes qui déboulent, canette de bière à la main, riant aux éclats.
Et nous. Qui avançons en tentant de faire comme si de rien n'était.
Un déguisement d'Halloween accroché à nous. A nos hanches.



Je déglutis difficilement en tentant d'accélérer le pas.
Traînant Rachel avec moi.
Pas lâcher son bras. Pas la lâcher.
Elle sans moi, moi sans elle... c'est finit.
Alors on marche. On se dit qu'on se fait peur pour rien.
On espère qu'on se fait peur pour rien.
L'espoir qui fait avancer. Oblige à mettre un pied devant l'autre. Oblige le corps à ne pas rester statique.
Alors qu'au loin, la voix crie toujours.

Les ombres se sont déterrées.
Elles sont là.
Pour fêter dignement.
Cette fête des morts.
Avec vous.

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Re: Londres - Downing Street

Message par : Mangemort 39, Jeu 1 Déc - 2:45


Votre voix résonnait quelque peu dans la nuit, mais vous ne vous y attardiez pas. Pour vous, c’était leurs paroles qui restaient en tête. Qui revenaient même, sans cesse. De qui parlaient-elles ? De quoi parlaient-elles ? Vous n’étiez pas sûr. Mais sous votre costume, vous aviez envie de croire à ce que vous pensiez. Et ce que vous pensiez, c’était qu’on parlait de vous.

Il existe des superstitions sur les noms à ne pas prononcer. Sur les choses à ne pas aborder. Parler des mangemorts le soir d’Halloween était une sorte d’affront. Surtout s’il s’agissait de dire qu’ils avaient vécu quelques bricoles dans leur enfance, expliquant leur comportement.

Si réellement elles parlaient de vous, de votre ordre, alors elles n’avaient rien compris. Elles n’avaient simplement pas vu l’urgence de la situation. A quel point ce Secret Magique était toxique. Car il était fait pour protéger davantage les moldus que les sorciers. Pour vous empêcher de les attaquer. Et eux, eux se développaient sans cesse, toujours plus, riant de vous, vous transformant en mythes, ignorant du monde qui les entourait.

Jadis, vous aviez cru à ces histoires. Jadis, vous aviez pensé que la magie était une horreur sans nom, existant dans l’unique but de vous priver de votre imagination. A présent vous savez simplement que le fait de masquer son existence détruit les vies et les âmes. Que pour exister, chaque corps a besoin de se révéler. D’être. De vivre. De se libérer. Des contraintes et des lois. De l’oppression d’un peuple faible.

Alors, vous souriez à leur rire coincé. Vous compreniez le malaise. Les mains sur les hanches n’étaient pas les bienvenues, naturellement. Mais la diversion était habile. Pas de bonbons disait l’une. L’autre s’attardait même sur votre prétendu maquillage. Et vous vous contentiez d’un petit sourire. Enigmatique. Presque pervers. Conscient de votre charme horrifique du soir. Vous répondiez au compliment, mais vos mains ne changeaient pas d’endroit.

Merci. C’est pas évident à faire ce truc. Mais si vous avez pas de bonbons, je me dois de vous faire une farce…

Votre sourire devint plus assuré. Vous continuiez à marcher, les deux demoiselles aux bras. « Il était une fois… »Et vous appréciiez la désertification de la ruelle. « Un pays extraordinaire… »Plus sombre. « Où la magie était réalité… » Moins peuplé. « Mais où les sorciers devaient se cacher… » L’endroit semblait idéal. « D’un peuple primitif, faible et sans aucun pouvoir… » Après quelques nouveaux pas, vous mettiez plus de force dans vos bras, pour que les demoiselles tournent à gauche avec vous. Et enfin, vous les lâchiez, en profitant pour sortir votre baguette de la poche de votre cape.

- Alors un groupe de sorciers décida de briser le secret et de révéler au monde les merveilles de la magie. Parce qu’il est nécessaire de leur apprendre, de les éduquer. Mais ce groupe était craint…

Vous ne terminiez pas l’histoire. Vous vous arrêtiez là. Abaissant votre capuchon pour révéler votre horrible visage à la Lune et aux deux jeunes femmes. Cette ruelle adjacente était un beau cul de sac, et vous bouchiez la seule entrée. Vous pensiez au début n’avoir affaire qu’à de simples moldues. Mais des moldues parlant de mangemorts étaient choses peu communes. Alors vous tentiez de prendre quelques précautions. Vous lanciez discrètement un Aguamenti sur le sol, suivi d’un Glacio qui, vous l’espériez, irait jusqu’à leur pied, avant de leur demander.

- Connaissez-vous cette histoire mesdemoiselles ?
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Rachel Ester Pasca, Sam 10 Déc - 16:12


Disoulé, pas d'inspi...

Elle n’aimait pas cette histoire. Elle n’aimait pas son histoire, parce que contrairement à ce qu’on avait déjà essayé de lui faire croire, elle n’en était pas le maître. C’était les autres qui avaient ce privilège, la preuve étant que sa vie avançait et progressait dans une ruelle sombre pour le bon vouloir de quelques disjonctés. Parfois même n’y avait-il qu’un être, comme ce soir. Comme maintenant.

Peut-être pour la première fois Kohane et Rachel étaient réellement liées, main dans la main, peur face à la peur, un destin commun enchaîné par la noirceur. Qui qu’était réellement cet homme, il était néfaste et Rachel sentait que la situation lui échappait. Elle qui avait l’habitude de s’en sortir. Elle qui voyait délibérément le monde en rose, préférant fermer les yeux sur les malheurs pour ne pas en être affecté. Les rappels à l’ordre était cruelle ces temps-ci. Ce n’était pas une époque à faire des farces non plus, pas même le soir d’Halloween. Monstre parmi les monstres, même pas sorcier, surtout pas humain.

Des deux peuples et aux yeux de Rachel, c’était les sorciers qui étaient les plus primitifs. Tous, même elle, se reposait sur sa magie, se limitant à ce qui existait déjà. Plusieurs siècles et rien n’avant changé ou progressé. C’était les moldus qui avaient inventé les balais, les sorciers c’étaient contentés de les faire voler. C’était les moldus qui avaient inventé l’école et le principe d’une société dirigé par un homme, qu’il soit appelé président ou ministre. Les sorciers n’avaient fait que copier après leur exil. Chassé par de simples fermiers avec des fourches et des flemmes. Comment est-ce que cet homme pensait-il que ça allait se passer, maintenant qu’il y avait le nucléaire et l’internet ? Le savait-il seulement ?

- Alors un groupe de sorciers décida de briser le secret et de révéler au monde les merveilles de la magie. Parce qu’il est nécessaire de leur apprendre, de les éduquer. Mais ce groupe était craint…

Rachel aurait aimé demandé pourquoi ce groupe s’en prenait à des étudiantes sans expérience au détour d’une ruelle sombre. Elle aurait aimé savoir pourquoi ce groupe n’avait pas tout simplement fait irruption dans le monde moldu, fait quelques tours de magies ici et là ? Pourquoi ne pas se servir des moldus eux-mêmes pour faire passer l’information et révéler les sorciers ? Parce que s’il était possible de lancer un sortilège d’oublie sur les moldus, il n’était pas possible d’en faire de même avec les ordinateurs. Rien ne s’efface sur la toile. La serpentard resta cependant muette de peur, paralysé jusque dans sa respiration. Était-ce vraiment trop demandé d’avoir une vie simple et tranquille ? Ou était-ce un luxe réservé aux pingouins dans le froid ?

- Connaissez-vous cette histoire mesdemoiselles ?

Trop bien. Elle la connaissait beaucoup trop bien, ce qui n’empêcha pas Rachel de faire de léger mouvement de négation. Au fond elle avait encore cette espèce d’espoir malsain. Rêve de s’en sortir indemne. Kohane et elle. Si elle se montrait coopérante. Un froid glacial ce fit cependant sentir, présage de la nuit à venir.
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Kohane Werner, Mer 4 Jan - 15:36





Ca claque et ça résonne.
Les pas. La voix. Le corps qui avance, contraint d'avancer, parce que. Parce qu'il ne peut plus reculer, il y a le poids, il y a les mains, il y a l'autre corps, là, qui oblige à aller de l'avant.
Tout sonne comme un funeste présage, ce soir.
Le souffle de la peur,
Les doigts de la Mort,
Le vent froid de la terreur.
Est-il donc vrai que parler des ombres les invoquent ? Qui plus est un soir d'Halloween...
Cette stupide fête à laquelle je n'ai jamais cru ! A laquelle les Moldus font seulement semblant de croire ! Cette stupide fête devenue rien d'autre qu'un évènement commercial !
Pourtant, ce soir, je commence à me demander. On dit que dans tout, même les légendes et les mythes les plus farfelus, il y a une part de vérité. Et si, justement, nous étions en train de la toucher du doigt, cette vérité ? Parce que oui, les monstres sont vrais, toujours tapis dans l'ombre. L'angle d'une rue. Ou au fond de nos propres tripes.
Le monstre qui est nous et qu'on ne connaît pas -pas encore.
Parce que pour l'heure, il n'y a que le démon des autres, qu'on a croisé.
Il n'y a que le masque sordide des autres auquel on a été confronté.
Qu'en est-il donc du notre ?
Enfoui, étouffé. Au plus profond de nous.
Pourtant, faudra bien qu'il surgisse, un jour ou l'autre.



Les pas s'emballent.
Le coeur aussi.
Et la voix, de plus en plus glaçante.
Le conte sanglant qui démarre.
Once upon a time...

Il n'y a pas de princesse enfermée dans une tour,
De méchante marâtre qui veut la mort de sa rivale,
De jeune fille asservie par ses belle-soeurs,
De happy end ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

Rien de tout cela.
Seulement la froideur de sa voix.
Et le conte inachevé.
Laissé en suspend, comme ses mots qui laissent ouvertes une multitudes de possibilités.
La fin n'est pas dite.
Parce qu'elle n'est pas écrite.
A nous de la rédiger, désormais.
A nous de nous saisir de la plume, ouvrir le corps, plonger l'instrument dans le sang qui en dégouline et écrire. Tracer les quelques lignes sanguinolentes qui devront la conclure, cette foutue histoire. Plonger dans la folie de l'écrivain captivé par son roman d'horreur.
Et seulement tracer les lignes du futur.
Dessiner la voie débordante de sang qui doit mener à la conclusion, aussi sordide soit-elle.

Parce que le conte
reste inachevé.

Peut-être vaut-il mieux qu'il le reste.
Il est déjà trop cruel.
L'écrivain devrait arracher ses brouillons.
Les froisser, les brûler.
Et recommencer. Autre chose.
Tout détruire de ce conte trop glauque.
Et repartir sur une nouvelle base.



Soudain, les corps sont bousculés, entrechoqués presque.
Les bras, fermes, qui obligent à bifurquer.
Pas le choix. Surprise qui anéantit toute tentative de résistance.
Sans avoir compris comment, nous voilà dans un cul-de-sac.

Le coeur tambourine encore plus fort.
Alors que l'atmosphère est encore plus sombre.
La respiration devient presque haletante.

Souffle
trop froid
dans la nuque.

Alors que la voix continue :
-Connaissez-vous cette histoire mesdemoiselles ?

Le silence et la glace qui envahit les âmes.
Rachel ne répond pas. Elle qui, souvent, essaie de temporiser, protéger.
Reste sans voix.
Et que puis-je dire ?
Que oui, je la connais. Et après...?

Rien.
Rien de plus.

Alors je reste muette moi aussi.
Les muscles tendus.
La boule au ventre.
Il fait noir. Il fait nuit.
C'est Halloween.
Et, sans le savoir, nous les avons nous-même invoqués. Les Monstres. Les appeler les a fait venir. Maintenant, c'est le prix à payer pour avoir dérangé les âmes trop sombres dans leur obscur repère.



Tout à coup, je me rends compte que le froid n'est pas seulement intérieur.
Il est aussi extérieur.
Un coup d'oeil rapide.
Tout le sol qui se gèle, qui se glace.

Non.
Non.
De l'eau.
De la glace.

De l'eau pour éteindre le feu.
Anéantir le courage.
Détruire la flamme.

Allez, souffle, souffle donc sur les braises !
Les laisse pas crever !
Allez, souffle, souffle donc !
Fais-les s'embraser !
La lumière censée galoper, annihiler toute peur, faire fondre la boule dans l'estomac.

Mais le froid mordant paraît vouloir la combattre.
Lui sauter dessus, la mordre au cou. Lui déchiqueter le coeur. L'assassiner à jamais.
En une fraction de secondes, je vois le tableau sous mes yeux.
Une flamme à jamais éteinte. Que rien ne pourra réanimer. A cause d'un froid trop noir.

Non.
C'est pas possible.
Je refuse qu'elle crève là !
Je refuse, tout net, tout simple.
Elle m'a accompagnée. Elle m'a déjà sauvée.
Elle ne peut pas s'éteindre.
La glace ne peut avoir raison d'elle.



Les muscles bandés
-et le corps, qui réagit tout seul.
Les réflexes qu'on ne contrôle plus. Tandis que la voix lointaine crie son envie de vivre. Tandis que le feu réanime ce dernier sursaut -celui du désespoir, sans doute.
La main agrippée à Rachel
et le corps qui s'élance alors que la glace galope.
Ne pas se laisser avoir.
Ne pas se laisser capturer par l'eau.

Le corps saute pour éviter la prison glacée
-il retombe sur la glace déjà constituée.
Glisse, s'étale. Mais ne perd pas espoir.
Le froid a anéanti les sens.
Je ne ressens pas la douleur de la chute.
Je sens juste mon coeur battant.
J'ai seulement conscience que je viens de déraper et de m'étaler sur le sol gelé.
Malgré tout, j'ai réagi à temps. Et secrètement, je remercie Lena et ses séances d'entraînements. Le corps à corps, les armes Moldues. Et surtout le travail sur les réflexes.

J'espère que Rachel a suivi mon mouvement.
J'espère qu'elle a sauté, elle aussi.
Mais je n'ai pas le temps de regarder.
Plus important à faire. Ne pas quitter l'autre des yeux.
Le souffle court, le corps plus proche du sol que jamais -je n'ai pas le force ou le temps de me relever.

Avant même que je ne m'en rende compte, ma main droite tire ma baguette de ma poche.
Une seule idée tambourine dans mon esprit : s'en sortir. Toutes les deux. Vivantes.
Fuir cette ruelle infâme.
Ce cul-de-sac périlleux.
Partir, loin.
Fuir cette ombre invoquée sans le vouloir.

Un #circumglacie lancé en direction du sol, en direction de l'Ombre.
Réminiscence d'une vieille séance d'entraînement avec Rachel.
Quand tout cela n'était pas encore réel. Qu'il n'y avait que les sorts gentillets et la salle sur demande comme unique lieu de combat.
Mais aujourd'hui, tout est réel.
Nous, ce lieu, l'autre. Et cette flamme vacillante qui refuse de courber la tête face au froid.

Allez, serre les dents.
Faut survivre.
C'est tout.

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Mangemort 39
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Mangemort 39, Dim 15 Jan - 18:58


Et vous attendiez. La glace se frayait un chemin, de même que l’eau lancée précédemment. Vous bougiez un peu les pieds, prudemment, car dans votre idée, vous aviez omis que vous étiez vous-même sur le sol. Le froid vous mordait également, tout autant qu’elles.

Et vous attendiez. Toujours. Or, si Trente-Neuf était votre matricule, si l’on vous appelait parfois Tremblement, Traumatisme, Trituré, Patience ne faisait pas partie de vos surnoms. Vous aviez posé une question. Vous auriez apprécié que l’on vous réponde. Grandement apprécié, oui.

Alors, vous serriez davantage votre baguette. Et votre mâchoire. Et vous attendiez.

Jusqu’à ce que vous en ayez assez d’attendre. Et vous étiez prêt, à passer à la suite, à lancer d’autres sortilèges. A entrer de leur délier la langue. Mais l’une d’elle vous devança.

Elle sauta. Tomba. Et vous riez un instant. Parce que cette chute était ridicule. Cela étant dit, elle vous divertissait. Vous choisissiez ainsi de vous en prendre à l’autre. Avant de remarquer que votre rire vous avait perdu. Car elle avait tiré sa baguette et lancé un sortilège.

Une barrière de glace vous entoura. Mais vous riiez de plus belle. C’était bien joué, il faisait froid, vous étiez emprisonné à hauteur de votre tête. Mais elle avait sans doute oublié que vous bouchiez la seule entrée de cette ruelle. Et que cette barrière avait beau vous isoler, elle les empêchait de sortir également.

- Si vous ne voulez pas parler tant pis pour vous… J’étais disposé à vous exposer mon point de vue… Maintenant je dois vous exploser la vue

Vous auriez aimé que votre trait d’esprit soit plus remarquable, mais vous n’aviez pas pris le temps de chercher davantage. Car vous souhaitiez sortir de votre prison de glace. Alors, vous couvriez vos yeux de votre bras, puis lanciez un Bombarda qui libéra de la place devant vous. Tout en vous criblant de glace. C’était loin d’être agréable. Quelques morceaux se fichèrent même dans votre cape, et dans votre chair, et vous grimaciez. Un pic dans la cuisse. Aïe.

Cela déchaîna plus de colère encore, et sans même regarder où vous lanciez le sortilège, un Endoloris sortit de votre bouche. Vous qui, pourtant, n’étiez pas friand de sortilèges impardonnable, surtout sur du sang sorcier, ne vous contrôliez plus beaucoup.

- Vous voulez jouer ? Vous allez perdre !
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Rachel Ester Pasca
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Rachel Ester Pasca, Dim 5 Fév - 18:17


Au-delà de la peur, de la colère ou du déni, il y avait de l’incrédulité. Comment faisait-elle pour se retrouver dans ce genre de situation, elle qui n’avait jamais rien demandé à personne ? Et pourquoi diable continuait-elle de rester pétrifier ? Son manque de réaction, de sang-froid, avait toujours été son plus gros défaut en situation de crise. Rachel prenait ça pour un manque de courage qui la dégoûtait d’elle-même. Parce qu’elle avait sué pour y remédier, s’était entraînée durement. Et pour quel résultat ? Un regard bête et des genoux tremblants ! Sauf que ce soir il y avait Kohane. Elle ne pouvait pas se permettre d’être un poids mort. Cette fois il allait falloir se battre !

Rachel sentie Kohane se crisper d’avantage et cela la fit frissonner plus efficacement encore que le froid. Qui sait ce qu’elle avait en tête ? Kohane avait un peu trop tendance à foncer tête baissée dans les murs. Alors, et avant que cette soirée ne dégénèrent complètement, la verte était bien décider à essayer de régler les choses à sa manière. Elle était prête à parler, comprendre, tempérer et faire toutes les concessions du monde, puisqu’elle était douée pour ça. Mais non. Pas le temps. Kohane partait déjà dans un mouvement brusque et rapide que Rachel n’arriva ou ne voulu pas suivre. Tout ceci était trop important pour agir de la sorte. Cette fois il n’y aurait pas de retour possible et il y avait peu de chance qu’on vienne de nouveau à leur secours. Rachel ne voulait pas se précipiter, en voulait presque à Kohane de l’avoir fait. Plus encore parce que ça n’avait pas fonctionné et que la rouge se retrouvait à terre, faisant rire la chose qui leur barrait la route.

Rire ? Rachel senti l’espoir renaître : elle pouvait encore entamer un dialogue. Calmer les choses. Elle ne fut malheureusement pas plus rapide que Kohane qui lança un premier sort qui, certes entravait le monstre, mais bloquait également un peu plus leur seule issue de secours. Et depuis quand y avait-il de la glace sur le sol ? La verte n’y avait pas prêté attention, trop occuper à ne rien faire, ne rien tenté.

- Si vous ne voulez pas parler tant pis pour vous… J’étais disposé à vous exposer mon point de vue… Maintenant je dois vous exploser la vue.

Cette menace fait enfin réagir Rachel qui cesse de fixer Kohane pour tourner son regard vers le monstre d’Halloween. La main figée sur sa baguette, elle lève un peu le bras en signe de défense. De manière relativement fugace, elle le voit protéger ses yeux et se prépare elle-même, prête à agir. Lorsque le sort explose dans la ruelle, Rachel a déjà lancé son sort de protection, évitant ainsi les projectiles de glace. Elle aurait cependant dut prévoir qu’un sortilège ne venait jamais seule et fut celle qui se mangeait le doloris.

- Vous voulez jouer ? Vous allez perdre !

Cri glacial dans la nuit. Larme de douleur même pas voilées. Pour Rachel qui n’avait jamais réellement souffert physiquement dans sa vie c’était un choque. Une réalité bien difficile à assumer tant et si bien que dans sa tête elle avait déjà abandonnée le combat. Elle était prête à supplier et ramper. Pourvu que la douleur cesse. Pourvu que tout s’arrête enfin. Pauvre chose qu’elle était, elle ne chercha même pas à se relever lorsque le sortilège fut levé. Elle se contenta de regarder dans le vide. Voyant à peine Kohane se débattre de son côté. Pourquoi avait-elle sauté ? Pourquoi n’avait pas prit le temps de réfléchir ? Kohane, pourquoi Kohane ? Il y avait d’autres moyens de faire ses preuves. D’autres moyens de montrer son courage. Pourquoi cette envie de souffrir ? N’es-tu pas accroché à la vie pour vouloir garder la tienne ? Ou l’es-tu trop justement ?

Spoiler:
 
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Kohane Werner
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Kohane Werner, Ven 3 Mar - 20:53




Oups... j'ai comme qui dirait oublié que c'était à moi de répondre. Sorry supplier

Bourdonnement dans les oreilles.
Ca tape et ça résonne, plein de sa voix, la voix de l'Inconnu. Grinçante et menaçante.
Effrayante et fascinante.

-...Maintenant je dois vous exploser la vue.

Exploser
la vue
les murs
les barrières.
J'ai l'impression que le scénario recommence, se répète, encore, encore, encore.
A l'infini.
Toujours cette violence à la fois dégoutante et attirante.
Les coups, encore et toujours les coups. Ceux qu'on reçoit, ceux qu'on donne.
Les corps qui s'abîment dans ce tourbillon de rage. S'abîment les uns contre les autres, s'entredévorent et s'entredéchirent.
La sensation inoubliable d'un corps qui souffre et qui vit.
Incroyable, non ?
Se dire qu'on vit au-delà des larmes et des gémissements.

Yeux grands ouverts, je les garde fixés sur la silhouette d'en face.
L'ombre qui nous est tombée dessus sans prévenir, d'un coup.
Sans comprendre, sans savoir,
on sait juste,
Rachel et moi,
qu'il faut
survivre.
Et pour ça, je suis prête à tout.
Je n'ai pas le courage d'ouvrir les bras à la Mort. De l'accueillir comme si je l'avais toujours attendue. Je n'ai pas assez de force pour me soumettre à elle. Alors il faut que je trouve la force de m'accrocher à la vie.

Un sort bien lancé et la glace explose.
Des morceaux s'envolent et je n'ai pas le temps de les éviter -déjà, ils éraflent la peau, la pénètrent et la taillade.
La chair s'ouvre, le sang s'écoule.
Petits filets, minuscules qui colorent le bras, la jambe, la joue...
La barrière de glace explose
-à nouveau, mes murs intérieurs, protection reconstruite contre la folie des autres, explosent.
Tout part dans tous les sens dans mon esprit alors que les débris me blessent.
La douleur est
presque délicieuse.
Je crois retrouver les sensations de cette fois-là. L'après-midi tranquille de Londres, lorsqu'elle est arrivée, sans raison, a frappé, sans rien dire. Ses sorts contre les miens, ses démons contre les miens.
Et son corps, que j'ai voulu embarquer avec moi dans ma chute.
La fascination face à sa violence
L'envie que rien n'arrête, que tout continue.
Parce que c'était presque jouissif de prendre et rendre les coups.
De sentir ses propres démons vouloir avaler l'autre.
Entendre son invitation muette à chuter ensemble, dans une haine et une rage commune.



Et ce soir, alors que tout part dans tous les sens
Les démons bouillonnent à nouveau dans les entrailles. Leur galop continue leur remue-ménage et je sens leurs crocs devenir de plus en plus déterminés. Parce qu'ils veulent sortir -encore une fois.
Voir -toujours.
Qui est là. Qui frappe, qui cogne.
Quel corps emporter avec moi dans l'abîme.

Et soudain, le raz-de-marée de rage.
Je n'ai pas le temps de réaliser ce qu'il se passe.
Seulement le froid de la ruelle, la brûlure de la colère et le cri de Rachel.
Mon coeur sursaute, tressaute alors que l'oreille se tend.

Je tourne rapidement la tête pour voir, entre deux battements de paupière, comme une apparition floue, la silhouette de Rachel au sol.
Vision d'une seconde seulement et déjà, je reporte mon attention sur l'ombre en face.
Le coeur battant à tout rompre.
Les dents serrées. Le poing crispé sur la baguette.



Je peux accepter qu'on s'en prenne à moi.
Parce que maintenant, j'ai décidé de ne plus me laisser faire. Parce que le feu dans les entrailles qui pousse à agir. La folie destructrice qui fait sourire face à la douleur. La rage décuplée avec le temps qui conduit le corps à frapper en retour.
Je peux accepter qu'on s'en prenne à moi.
Mais pas aux autres.
Pas à ceux que j'aime.
Pas à ceux auxquels je tiens.

Alors ça se met à cogner, encore plus fort.
Et l'esprit s'emballe.
Assurant ma prise au sol, je me relève. Fais un pas en avant ou cours.
L'ombre n'avait pas le droit de toucher à Rachel. De la faire crier ainsi. Elle avait pas le droit de lui faire de mal -elle avait rien demandé. Certainement qu'elle aurait préféré parlementer.
Mais on ne parlemente pas avec les ombres. Pas ce soir. Pas comme ça.

Rage au corps et feu aux tripes
#Aguamenti
Dents serrées
Sort lancé en direction de l'ombre
Yeux grands ouverts
Mais esprit perdu dans les méandres de la colère
#Electrocorpus

L'autre avait pas l'droit
De toucher à Rachel comme ça.

Alors le corps a bondi sans réfléchir dans sa direction.
Technique bien Gryffondoresque, ça.
On fonce dans l'tas.

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Re: Londres - Downing Street

Message par : Mangemort 39, Sam 11 Mar - 18:18


Déferlement de rage et de haine depuis votre bras. Vous n’étiez pas friand des sortilèges impardonnables, non, car ils vous rappelaient trop de sensations que vous n’aviez pas aimé étant plus jeune. Vous sentiez la magie. A ceci près que cette fois, c’était parce que vous en aviez envie.

Cela n’était peut-être pas le bon choix, pourtant. Car alors que le cri de douleur de la jeune fille résonnait en vous comme un écho joyeux, vous aviez oublié la deuxième. Vous ne vous rendiez compte de sa présence qu’au moment où vos pieds, chaussettes et jambes de pantalon se retrouvaient mouillées, froides. Il vous fallut un seul instant pour vous apercevoir de ce qui se passait. Un deuxième pour réagir.

A l’instant où son deuxième sortilège partait, le vôtre naissait. Un #Glacio réflexe sur vos jambes qui, par miracle, empêchait l’électricité de circuler. Merci l’entraînement et les combats à répétition. Tout comme vous vous accoutumiez au sortilège de Gèle-Flammes quand seule la morve de Dragon était présente, il vous était arrivé plusieurs fois d’avoir les pieds dans l’eau. La glaciation était le moyen le plus rapide de stopper l’électricité.

Pas entièrement cela dit. Vous aviez senti une petite décharge, bien moins importante qu’elle n’aurait dû être mais cela n’avait pas été agréable. Pis encore, du genou au pied, vos deux jambes brûlaient. Votre cuisse saignait. Vous ne vouliez plus bouger. Vous ne pouviez plus bouger.

Alors, serrant les mâchoires, négligeant la douleur au possible, vous visiez l’instigatrice de cette dernière attaque d’un Immobulus. Vous espériez ainsi partir, vous soigner, en finir avec cette démonstration de force irraisonnée.

Et vous seriez parti oui. Comme ça, les laissant se débrouiller avec leurs douleurs. Mais un « Hé c*nnard ! » vous interpela.

Quelqu’un était en train de passer, difficilement, entre les pics de glace. Sans doute alerté par le fait que de monstrueux pics étaient sortis du sol, un colosse entrait dans votre arène. Vous fîtes des yeux ronds et partîtes chercher dans vos dernières ressources pour qu’un Fustigeaflamma sorte de votre baguette. Vous le fîtes claquer à vos pieds, ce qui vous libéra partiellement, avant d’enserrer la main du nouveau venu pour le ramener à vous. Essoufflé, le corps criant de douleur, vous lançâtes un regard à la demoiselle au sol.

- Vous ou lui. Choisis.
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Rachel Ester Pasca
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Rachel Ester Pasca, Dim 12 Mar - 14:29


LA des deux zozo
Regard vite, éteint. Rachel restait là, inerte, comme morte. De peur, de fatigue, de froid. L’eau et la glace faisaient doucement leur chemin dans la ruelle, prenant toute la place, pénétrant même dans les esprits. Kohane pourtant, continuait de gesticuler, s’arracher pour conserver une vie qu’elle finirait de toute manière par perdre un jour. Alors à quoi bon se battre ? Il était bien plus facile d’accepter son sort pour qu’enfin la douleur cesse. Tien la preuve, tu finis par être immobiliser toi aussi, cloué par un sortilège. Pourtant même morte Rachel pouvait voir, sentir que Kohane, elle, ne l’était pas. Il y avait encore cette envie, il y avait encore cette force. « Alors plutôt moi que toi. »

Un lourd silence s’abatis alors, calme après la tempête. Comme un champ de bataille déserté par ses soldats. Un calme pesant et bienfaiteur, trop vite brisé par des mots venus d’ailleurs. De l’aide ? Un autre héro ? West ou Malicia ? Non, juste un homme. Grand et fort, mais pas assez, parce que c’était tout ce qu’il était : un homme. Alors qu’il leur fallait un sorcier.

L’étudiante reçu quelques débris de glace lorsque le monstre se libéra pour attraper l’homme, mais rien de bien grave. Juste des bleus. Pourtant plus que jamais elle tremblait quand son regard se posa sur elle.

- Vous ou lui. Choisis.

Lentement la verte se releva. Dans son cœur, dans sa tête il n’y avait que le froid qui gelait tout peu à peu. Presque pas de peur, elle s’était déjà faite à l’idée de partir. Rien ne l’a retenait vraiment après tout. Kohane en revanche avait encore beaucoup de chose à faire dans sa vie. Rachel tomba alors entre sa sœur de cœur et le monstre, prête à la protéger une dernière fois. « Je t’aime Kohane ».

- Prenez-vous en à moi plutôt… Mais laissez-là… J’vous en conjure.

« Faut qu’elle vive. »
Rachel ne vit jamais la réaction de cette femme aux traits exagérés face à cette requête. Elle préférait largement sourire à sa meilleure amie, comme pour lui laisser une autre image. Un peu d’espoir. Du réconfort.

C’était au-dessus de ses forces. Mourir elle pouvait le faire, ce n’était difficile. Choisir l’était en revanche. Rachel savait qu’elle ne pourrait pas supporter d’avoir tuer un homme, mais il lui était impossible d’entraîner Kohane avec elle dans les enfers. Parce que Kohane voulait vivre, voulait se battre, voulait vaincre. Sa vie pour la leur. C’était un bon compromis non ? Pourtant voulait plus, il voulait un choix. Il voulait plus de douleur. Il voulait que ce soit elle qui tue.

Dans un élan soudain de détresse, Rachel pleura, supplia, rampa. Rien n’y fit pourtant et bientôt elle n’eu plus d’autre choix que de lever sa baguette. Tremblante, bégayante, reniflante, elle lança son sort. L’homme tomba au sol, le regard vide et pourtant effrayé. Pour la première fois elle vit alors la mort en face tandis que sa propre baguette se brisait de contestation.

- Pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon… murmurait-elle face contre sol. Pardon, pardon…
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Kohane Werner
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Kohane Werner, Sam 18 Mar - 18:14





Et puis d't'façons, tout s'emmêle. Et j'ai même pas le temps de saisir ce qui arrive, en fait.
Parce que je tombe.
Parce que j'suis à terre sonnée à coup de sortilège. Le sort reçu en pleine poire -que j'ai même pas vu venir. Le sort qui est parti et a atteint sa cible. Pan. Ca a cogné, ça a touché
-j'suis tombée.
Immobilisée.
Membres raides.
Esprit parti.
Tambourinement de galops furieux dans les tempes.
Dents serrées.
J'suis tombée
J'suis immbilisée
Et j'sais plus quoi penser.
Je veux pas que ça finisse. Que ça se finisse. Pas comme ça. Parce que l'autre, parce que l'ombre, j'ai encore envie de la voir, m'y confronter dans cette envie déraisonnée de prendre les coups, les rendre. J'ai encore envie, un peu, encore...
Mais j'suis tombée.
Et tomber, ça veut dire tout perdre.
Ses moyens, ses armes, ses espoirs.

Alors, quoi maintenant ? Quoi ? Quel sort, quel avenir, pour Rachel, pour moi, pour l'ombre ?
J'ai l'impression d'être déconnectée.
Juste partie.
Juste comme ça.
Partie loin alors que mon corps devient inutile.
Alors que je perds jusqu'au dernier moyen de me défendre -je peux même plus lever ma baguette !



Une voix lointaine tonne. Une voix non familière.
Qui débarque et insulte. Hé, con*ard !
Quoi ? Qui ?
Je sais pas
et je sais plus.
Même pas vraiment envie de savoir.
Je suis sonnée
-mon corps a chuté contre le sol froid, le sol gelé, le sol glacé.
Et mon esprit s'est cogné contre toute la haine déversée dans un combat sans raison.
Alors je n'ai plus la force, plus les ressources nécessaires pour m'interroger encore longtemps.
Quoi, qui... qu'importe.
Je comprends vite.
Ce n'est pas un sauveur.
C'est juste un pauv' type. Qui passait par-là. A entendu le bruit. S'est ramené. Croit pouvoir jouer le sauveur. A insulter comme ça, lancé au vent glacial. Croit pouvoir nous secourir. Mais qu'a-t-il donc en poche pour nous venir en aide ? Qu'a-t-il donc au fond des tripes pour combattre et nous sortir de ce cul-de-sac ?

A nouveau le bruit -qui commence à m'être familier- de la glace qui craque et claque résonne dans mes oreilles.
Ca bruisse et clic et clac comme le fouet
Et encore quelques morceaux viennent me frôler.
Mais je n'peux pas bouger.
Seulement ressentir la coupure fine et précise de la trajectoire. La joue entaillée, encore un filet de sang.
L'ombre a brisé sa prison de glace et vient d'attraper le pauv' type par la main.
Le gars ne doit rien comprendre.
Et j'aimerais lui hurler de fuir.
Mais rien ne sort de ma gorge.
Déjà, l'ombre a repris les commandes. Déjà, c'est sa voix qui s'élève dans le soir cruel d'Halloween.

- Vous ou lui. Choisis.



Je crois avoir mal compris.
Je crois rêver.
Je crois Je crois Je crois
Mais en vrai, je n'sais plus.
Il a bien dit vous ou lui ? Quel est donc ce marché infâme ?! Quelle est donc cette proposition monstrueuse ?!
Vous ou lui Vous ou lui Vous ou lui Vous ou lui
Ca trotte et ça cogne dans l'esprit. Rebondit sur les parois sans jamais se poser.

Le pauv' type semble saisir peu à peu dans quoi il s'est embarqué.
Colosse mais plus de tripes face à l'Inconnu. Et Dieu comme je le comprends !
Je crois sentir sa panique croissante -et je sens ma propre panique grimper en parallèle.
L'ombre plaisante, n'est-ce pas ? Ce n'est pas possible... peut pas... Il n'avait rien demandé, ce type ! Juste là, alerté par le bruit, une insulte lancée à tout va et le voilà, entre les griffes du monstre.
Des coeurs qui se mettent à battre la chamade en parallèle.
Je veux hurler. Je veux...
Mais plus rien ne répond en moi.
Seulement le vide. Et le galop de ce cheval puissant -la pompe du sang.

Lointain, si lointain, un son.
La voix de Rachel qui demande, supplie, veut m'épargner. Et... je ne comprends pas. N'ai pas le temps de comprendre. Ou ne veux pas accepter ce que je comprends.

Les héros qui bercent les histoires et légendent n'auraient pas hésiter : sauver l'inconnu quitte à se faire massacrer !
Mais nous ne sommes pas des héros. Des héroïnes. Elle et moi.
Nous n'avons que dix-sept printemps.
Nous ne sommes qu'étudiantes.
Et la Mort...
Et la Mort...

J'ai envie de rire tellement je ne veux pas y croire.
J'ai envie d'éclater de rire tellement je veux me persuader que rien n'est vrai.
Pourtant, Elle est là, glacial et sombre comme à son habitude.
Les yeux écarquillés, je La vois. Elle me regarde, m'observe. Comme à son habitude.
Car oui, je me suis habituée à la sentir dans mon sillage. Depuis le corps de la femme morte dans le neige. Elle me suit de près depuis ce soir-là. J'ai fini par l'accepter à mes côtés.
Ce soir, elle me regarde et semble dire qu'elle sera là pour quelqu'un.
Moi. Rachel. Le pauv' type. Ou l'ombre.
Qu'importe.
Elle sera là pour quelqu'un.
J'ai envie de rire, tellement sa farce me semble grotesque.
Rire comme on rit à la blague d'un vieil amie.
Elle est un peu ça, au fond. Une vieille amie. Rencontrée par hasard. Qui a lié sa vie -sa non-vie- à la mienne.
J'ai eu l'habitude de la voir et de la sentir derrière moi.
Mais pas de la voir en action. Pas de la voir, la revoir aspirant l'âme de quelqu'un.



Immobile au sol, je flotte.
Dans un noir opaque qui empêche les pensées de s'agglomérer, s'organiser en un tout cohérent.
Un noir soudainement déchiré
par un sourire
sourire de
Fin du monde.
Sourire d'une Rachel au bord du rien, prête au grand saut. Je ne réalise pas de suite la signification de ce sourire plein d'amertume et de tendresse. Je ne comprends pas de suite ce qu'implique cette lueur grisâtre dans un noir opaque.

Puis le sourire se désagrège -je suis perdue.
Le sourire se décompose et les larmes surgissent du fond du coeur. Les larmes dévalent la pente des joues ; la voilà de nouveau suppliante, rampante.
Je n'entends même pas ses mots. Je n'entends rien. Tout en moi s'est figé dans le caractère invraisemblable de la situation.
Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à y croire ? Quand Rachel me lance ces regards et sourires d'apocalypse.
J'essaie de bouger un peu -impossible.
Plus rien ne répond en moi.
Pas même ma voix.
Mais... c'est vrai, je suis tombée baguette toujours en main. Je pourrai essayer un informulé Finite Incantatem. Avec un peu de chance, mon propre sort saura m'atteindre.
Premier essai silencieux
Echec
Pas une sensation de magie ne me traverse.
Pourtant, j'ai appris à informuler.
Deuxième essai
Et

Je vois soudainement Rachel lever sa propre baguette, attention rivée vers le pauv' type qui n'avait rien demandé.
Je veux crier, hurler, éructer de ne pas faire ça.
Un éclair de lucidité alors que je vois sa baguette levée.
Eclair qui me fait réaliser
Que tout est vrai
Pas de blague, de farce ou de rêve.
Tout est vrai.
Eclair de lucidité -elle va le tuer !
Les tripes aimeraient faire résonner ce non qui emplit la gorge d'un goût amer.



Je sens soudainement l'afflux magique venant du fin fond du corps ou de l'âme. Traversant le bras. Se répercutant à la vitesse de la lumière dans la baguette.
Et mon sort éclate
En même temps que celui de Rachel déchire.
Les deux sorts -l'un qui cherche à libérer, l'autre à supprimer.
Le mien fait mouche et mon corps roule sur quelques centimètres de sol.
Celui de Rachel aussi atteint sa cible et bientôt, le corps du type se retrouve par terre, à portée de mon regard.
Son corps tombe et, enfin, mes cordes vocales acceptent de répondre.

-Non !

Puis trop tard.
Déjà trop tard.
Je n'avais pas encore parlé qu'il était trop tard.
La voix de Rachel occupe le silence d'un pardon sans fin tandis que son âme explose à l'image de sa baguette brisée.
Et, enveloppée par la voix de la vert-et-argent qui ressasse sa longue litanie, la Mort se penche doucement au-dessus du type. Comme je l'ai vue faire avec la femme dans la neige. Les mêmes gestes lents, presque tendres et délicats. Aspirer, fil par fil, la vie qui s'échappe. La prendre en son sein, l'envelopper. En prendre soin. Laisser là le corps pourrir. Alors que l'âme restera avec elle. A jamais.

J'ai envie de répéter non, non, non. Encore non. Mille fois non.
Non, non, non
Le refus
Le déni
Pourquoi
Encore une fois ?
Encore un mort, encore un. Et pour meurtrier, encore une âme que j'aime plus que tout, une âme perdue, celle qui répète pardon, pardon, pardon.
Le pardon qui ne fera rien revenir.
Mais qu'on se sent soulagé de dire.

L'adrénaline qui bat mon corps m'empêche encore de réaliser toute l'ampleur de l'acte.
Je garde juste les yeux écarquillés sur le mort, au sol, à ma hauteur. Mon corps refuse de se relever. Abîmé, brisé, démonté.
Je ne peux plus rien faire. Ne peux plus combattre -que je suis faible !
Je peux seulement fixé le corps sans vie. Le corps qui n'aura plus de vie.

Le sang bat et pulse dans mes veines.
Je ne vois plus rien. Sinon le mort.
Même l'ombre à l'origine de cette descente aux enfers n'est plus dans mon esprit.
Seulement le mort. Résultat d'un Halloween qui ne fait pas semblant.
Les larmes ne viennent pas. Mon coeur est vide. La tension trop forte pour se laisser aller.
Et l'esprit, égaré, peine encore à réaliser.

Elle l'a tué.

Elle nous a sauvées.

Elle l'a tué.

Pour nous sauver.

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Re: Londres - Downing Street

Message par : Mangemort 39, Mar 21 Mar - 18:02


Une proposition, un choix, crucial. Vous étiez cruel. Il s’agissait sans doute de la faute de cette soirée car jamais ô grand jamais vous n’aviez un jour marchandé les vies. Les vies avaient une certaine valeur à vos yeux. Les vies sorcières en tout cas. Quant aux vies moldues, elles étaient utiles. Même le regard éberlué de cette armoire à glace vous attendrissait quelque peu, vous remémorant le combat que vous meniez habituellement. Vous ne cherchiez qu’à leur révéler le monde qu’ils ne connaissaient pas.

Vous auriez presque eu envie de revenir sur votre proposition, mais la réponse de la demoiselle vous prit de court. Elle souhaitait laisser la vie à sa camarade. Elle faisait le choix de se sacrifier elle. Elle contrevenait au contrat que vous lui proposiez, et pour cette raison, elle n’allait pas mourir. Son choix avait déjà été formulé. La langue de feu sortie de votre baguette se relâcha pour aller langoureusement lécher la joue de l’homme. Vous prîtes vos distances, boitillant. Arrêtâtes le sortilège, prêt à dévier celui qu’elle lançait s’il était à votre encontre. Mais non.

Ses actes avaient été plus forts que toutes vos espérances. Vous n’aviez pas retiré la vie. Elle l’avait fait. Elle avait souillé son âme et, en sauvant leurs deux vies, elle avait également épargné la peine que vous auriez eu en commettant ce crime. Car jamais vous n’aviez tué.

Halloween avait ce soir réalisé les plus grands cauchemars des demoiselles. Halloween avait ce soir dépassé vos espérances. Ce qui au départ ne devait être qu’un jeu avait dégénéré. Et le crac que fit votre départ transplané sembla résonner comme l’écho d’un échec dans ces deux pauvres vies féminines.

[Départ de 39. Fin du Rp pour ma part]
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Seth McSoul
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Spécialité(s) : Permis de Transplanage


Re: Londres - Downing Street

Message par : Seth McSoul, Ven 14 Avr - 21:54


RP unique sous forme de dialogue.
J'ai cru comprendre que le RP précédent était terminé mais si problème, prévenez-moi Wink

Dépendance (2/3)

Après être rentré de sa promenade à Loutry Sainte-Chaspoule (voir 1/3), Seth rentre chez sa mère Amber à Londres. Cette-dernière est assise près de la table du salon.

Seth : Salut.

Amber : Bonsoir ! Tu as passé une bonne journée ?

Seth : Ça va, je me suis baladé. Dandy est assez insupportable.

Amber : Dandy ?

Seth : Le nouvel elfe de maison d'Elliot.

Amber : Ton frère a acheté un elfe de maison ? Il ressemble de plus en plus à un Sang-Pur…

Seth : Qu'est-ce que tu en sais, tu n'y connais rien ! Et puis tu ne l'as jamais aimé.

Amber (surprise) : Ce n'est pas que je ne l'ai jamais aimé ! Je le respecte et je respecte l'attention qu'il te porte, mais il me rappelle ton père…

Seth : Pourtant, je peux t'assurer qu'il ne lui ressemble pas. Il assume ses responsabilités, déjà.

Amber reste silencieuse quelques secondes, fixant le vide, puis reprend.

Amber : Tu ne sais, je me suis déjà remise en question plusieurs fois quant à tous les ressentis que j'éprouve à l'égard de ce pauvre garçon. Contrairement à toi, Elliot n'a même pas eu de mère, je suis désolée pour lui. Il faut bien que tu comprennes que l'amour qu'il transmet à sa famille, notamment à toi, me touche énormément, mais je pense que je ne pourrais simplement pas créer de lien avec lui. C'est irrationnel, je le sais, mais tout chez lui me trouble et ramène à moi des souvenirs que j'aurais voulu oublier.

Seth, légèrement pris de pitié pour sa mère, l'enlace tendrement pour la réconforter.

Seth : Sincèrement, maman, j'aimerais t'aider à oublier tout ça, mais je n'ai pas envie de partager toute ta peine. J'ai changé aujourd'hui, je suis passé à l'étape du pardon alors que tu restes bloquée dans les reproches, la haine et la tristesse. Je n'ai pas envie de revivre ça.

Amber (souriante) : Je suis contente que tu aies grandi et mûri, Seth. Toutes ces réflexions t'ont fait du bien. Mais tu ne pourras pas te détacher entièrement de mes problèmes si tu restes collé à mes basques.

Seth : C'est-à-dire ?

Amber : Tu sais très bien ce que ça veut dire.

Seth (exaspéré) : Je vais trouver un appart', maman, mais il faut d'abord que je trouve un travail qui me correspond.

Amber : Tu pourrais garder des enfants ! Tu adorais t'occuper de Ivy et Hope quand elles étaient petites.

Seth : Parce que ce sont mes nièces ! Je m'en fous pas mal, des enfants des autres.

Amber : Et au Ministère, tu n'as jamais cherché à te faire embaucher ?

Seth : Je n'aime pas leur politique. Ils font comme si tout l'avenir du monde reposait sur leurs épaules, comme s'il fallait prendre en pitié chaque individu avant de venir à sa rescousse. Je n'ai pas envie d'endosser des responsabilités comme ça.

Amber (désespérée) : Bon, alors je ne peux plus rien pour toi... Mais si tu pouvais demander un peu d'argent à ton frère de temps en temps, ça m'arrangerait. Pour aider à te payer ce fichu appart', par exemple.

Seth : Oui, maman, je ferai ça. Mais ne me mets pas la pression, s'il-te-plaît, je te jure que je trouverai bientôt !

Amber (inquiète) : Comme tu veux.

Seth essaie de changer de sujet de conversation.

Seth : Et toi, alors, tu as passé une bonne journée ?

Amber : Jean-Eugène est à l'hôpital, il s'est blessé la jambe au boulot…

Seth : Mince ! Rien de grave ?

Amber : Non, juste quelques points de suture. On envie la culture magique dans ces moments-là, pas vrai ?

Seth : Tu aurais dû me prévenir, je serai allé l'aider… Je vais bientôt sortir, j'irai lui rendre visite pour lui donner un petit coup de pouce si tu veux !

Amber : Tu ne dors pas ici ce soir ?

Seth : Non, je vais chez Meredith.

Amber (curieuse) : Meredith ? Tiens donc…

Seth : Il ne se passe rien, maman.

Amber : Vous alliez bien ensemble, pourtant.

Seth : Je sais, je sais… Bon, je prends ma douche et je m'en vais ! Salut, maman, bonne soirée !

Seth coupe court à la discussion en se précipitant dans les escaliers. Sa mère le regarde s'éloigner et son regard se perd à nouveau dans le vide, se remémorant le passé ; non pas ses mauvais souvenirs avec son ex-mari, mais tous les bons moments passés avec son fils alors qu'il n'était qu'un enfant. Et voilà qu'à son tour, il allait lui filer entre les doigts…

Suite ici : Hibou (3/3)
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