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Londres - Downing Street
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Alexie Scott
Serdaigle
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Alexie Scott, Jeu 27 Fév 2014, 22:40


Quatre ans plus tôt...

« Le début de la fin »

Pv : Phoebe ♥
Haute dans le ciel, la lune éclairait les avenues de la capitale anglaise. Certains réverbères fonctionnaient à moitié, vibrant et oscillant tandis que d'autres ne déversaient aucune luminosité. Plongée dans la froideur et l'amertume de l'hiver, j’avançais luttant contre le vent nordique. « C'est pas possible ce froid. » Je devais encore marcher quelques mètres pour arriver au lieu de rendez-vous. Il s'agissait d'une avenue étroite où un imposant immeuble trônait au numéro 12. D'après mes sources et mes enquêtes telle une véritable fouine, c'est dans cet édifice que ce maudit Monroe venait d'emménager et séjournait désormais.

Le bâtiment dominait un charmant quartier de Londres. Un lieu où, jadis, je mis les pieds avant de prendre les jambes à mon cou et de m'enfuir tant la superficialité et l'hypocrisie de ses résidents me répugnèrent. Cependant aujourd'hui, je ne pouvais pas faire marche arrière et me défiler. En effet, on m'attendait. Enfin pour être sincère et franche, c'était plutôt l'inverse. J'attendais quelqu'un. Un homme. La vingtaine. Un look sobre et un air espiègle. Un visage candide mais un sourire hypocrite. Une situation correcte mais seul dans la vie quotidienne. Je ne l'avais jamais vu, jamais parlé et pourtant je connaissais absolument tout de lui. «
Par coeur. » Mes leçons portaient sur sa manière d'être et son caractère. Chacune de mes études me démontrait que ce Monroe semblait coriace et pourtant inoffensif. Or ces deux traits de caractère vont à l'encontre l'un de l'autre, sont au antipode. Physiquement je l'imaginais comme sur l'image. Une photographie le représentant à l'âge de seize. La date marquée au crayon au dos du papier, s’effaçait au fil des années. Je me noyais dans son regard charmeur, un regard hypocrite face à l'objectif de cet appareil photo magique appartenant à June. Ce sourire malhonnête s'adressait donc à l'asiatique. Comment rester calme devant cette crapule sans état d'âme et probablement sans coeur, devant ce visage si froid, rempli de noirceur et de dégoût ?

Dans ma poche, bien au chaud, je gardais avec moi ce souvenir de June afin d'une part de me remémorer le mal qu'il lui causa par le passé et d'autre part pour le reconnaître parmi les autres habitants de l'immeuble. De plus, je la préservais à mes côtés pour me rappeler de ne pas échouer à ma quête. June aura sa vengeance. Autrement, je ne me nomme plus Alexie Scott. Une vengeance sur ce Monroe mais également sur sa vie si palpitante. Il était temps que j’amène un peu de noirceur dans cette vie si rose.

Le hall se l'immeuble s'éclaira et une silhouette se dessina. Une ombre se projeta au mur, à peine visible à l'endroit où je me cachais. Je distinguai toutefois une coiffure courte, possiblement celle d'un homme, peut-être même celle de ce dénommé et satané Monroe. «
It's time. » Le coeur serré, je m'approchai discrètement. A pas de loup, telle une souris. Mon côté animal ressortait et s'imposa. Un grincement de porte se fit entendre et cette personne tant observée sortit du bâtiment. Je tentais de percevoir son visage mais l'inconnu se couvrit d'un chapeau avant de partir en ma direction. Instinctivement je me recroquevillai dans mon petit trou où j'élaborais mon plan tout en sentant mes pulsions cardiaques s'intensifier. Je l'examinai lorsque son chesterfield me frôla. « Tu veux ma photo ? » Le visage différent de celui de la photographie, je le laissai poursuivre son chemin. Cela me faisait une belle jambe. Je ne comptais pas attendre ici toute la nuit que monsieur Monroe daigne montrer le bout de son nez. A ces mots, le minuteur du hall s’éteignait et le rez de chaussée se plongea de nouveau dans le noir comme au théâtre.

Avant de partir sur le terrain, June m'avait prévenu des horaires de l'ancien Gryffondor. Vingt heures devaient normalement sonner et l'homme ne devrait pas tarder à rentrer chez lui. Je patientai. Cinq minutes. Dix minutes. Vingt minutes, je m’apprêtais à partir quand j’aperçus au loin une silhouette tanguant en direction de l'immeuble. De loin je le reconnu. Oui c'était cet homme. Il portait son manteau brun comme une seconde peau. Élégant et raffiné furent les deux premiers adjectifs qui me vinrent à l'esprit afin de le qualifier. Il continuait à avancer alors que je restais toujours sur place, figée. Il était peut-être temps que j'agisse non ? Je paniquais. «
Respire Alexie. » J'oscillais entre une approche directe et fatale ou bien un abordage plus réfléchi et plus subtil. Je devais être maligne, car d'après l'avis bien placé et totalement objectif de June, ma proie était fourbe et malsaine. Une vipère. Je me hâtai et sortis de ma cachette avant que l'homme m'échappe.

Je portais des escarpins noir s’associant avec mon manteau. Afin de trouver une bonne raison d'aborder ce Monroe, je n'hésitai pas à me tordre la cheville en la penchant vers la droite jusqu'à ce que mon talon se brise. Cela me prit quelques secondes sans même trop forcer. De la vraie camelote ces chaussures. Boitant à moitié je fis un signe à l'homme qui s'arrêta. Mon talon à la main, je dessinai sur mes lèvres le plus beau de mes sourires et j'entrai en scène. La scène d'exposition. Ça y est la pièce commençait et j'avais le droit à la première réplique. «
Bonsoir, je cherche une station de taxis vous pouvez m'aider ? » C'était dit. Je n'attendais plus que ce Monroe me tombe dans le main et enfin je pourrais assouvir cette vengeance si planifiée.
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Phoebe Monroe
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Phoebe Monroe, Mar 04 Mar 2014, 18:35


Je jouais de cette jeunesse éternelle. Une musique, oui, un air de guitare qui revient sans cesse et je me déhanchai comme possédé par une force. Sourire mutin aux lèvres. Yeux bleus, ras de marée de plaisir. Quel plaisir ! Euphorique. Un esprit voyageur car je m’en allais loin d’ici, là-haut peut-être ? Que sais-je ? Rien du tout. Pourquoi est-ce que je pense alors ? A vrai dire, je ne pense pas du tout et, d’ailleurs, à quoi bon penser quant on peut danser ? C’est ainsi que je m’amusais moi, en ne pensant pas et en dansant. Y avait-il des voix derrière tout ça ? Je crois bien. Une voix assez faible, lointaine ? Oui, j’étais si haut… Le vertige, ça tanguait, ou alors je dansais trop ? Je n’en savais rien et j’en avais rien à fo*tre. Par moment, je laissais s’échapper un petit souffle au-dessus de moi, un souffle involontaire que je ne parvenais pas à contenir. De la joie. Car je riais après, reprenant ma danse. Rien ne pouvait m’arrêter car il y avait cette odeur dans l’air, cette odeur qui me rendait soit fort, soit faible. Mais moi je me sentais fort. Tout le temps, y a pas de doutes. Mes pieds bougeaient et j’entendais pas si loin de moi, derrière la voix du chanteur, derrière cette musique, des rires, des cris. Alors je criais moi-aussi, sans aucune raison. Je n’en avais pas besoin, moi. Parce que j’y croyais à ça, à la liberté.

Puis je finis par m’arrêter pour la même raison. M’échappant de la foule, un brin excité, un brin joyeux. Criminel, je l’étais ! Et en m’éloignant d’un pas rythmé, je me fis remarquer en criant à nouveau, seul cette fois-ci. Rires aiguës. Je l’avais ! ah je l’avais compris moi, mais je ne leur dirai pas, ni à vous. L’avez-vous compris ? Faîtes-moi rire ! Non ! Je n’en ai plus besoin, je ris déjà. D’ailleurs, vous êtes déjà drôle je trouve avec votre tête. Tête moche.

Je montai sur mon scooter. Je l’aimais beaucoup ce scooter. Il était beau, il était vieux, je l’avais depuis que j’avais onze ans. A Saint Andrew on s’en fout de l’âge, faut juste avoir de la gueule et un peu d’argent. On me l’a offert pour mon admission à Poudlard. C’est drôle parce que ce cadeau il est dangereux un peu, alors je me demandais si on avait vraiment voulu me féliciter en me l’offrant ? On ne le saura jamais. Il était bleu avec une rayure blanche. J’avais un casque aussi et je le mettais parce qu’on ne sait jamais… Quant on voit ce scooter on se dit que c’est sympa, qu'on peut dépasser les grosses voitures avec. Moi quand je le vois c’est différent, c’est pas qu’un scooter parce que lui il dépasse pas les voitures, il dépasse votre esprit parce qu’avec lui je peux faire tout ce que je veux, je peux aller où je veux. J’ai gagné.

C’est avec ce scooter que je descendais les avenues noires de monde et de lumière, insultant les voitures, les passants et continuant mon chemin en souriant, enivré par cette impression de liberté. J’ai fini par arriver à Victoria’s Street, garant mon scooter, le casque à la main. Je glissai ma main dans mes cheveux. Je rentrais chez moi pour faire je ne sais quoi, oui ce je ne sais quoi idiot qui me rappelle que je suis le maître. Maître mais pas de mon corps…

Je farfouillais quelques instants dans la poche de ma veste élimée marron avant d’en trouver mes clés. Jusqu’à alors j’étais centré sur moi-même, l’extérieur me paraissant répugnant et dégueulasse de manière à ce que je n’ose pas l’approcher par peur de me salir. Mais c’est lui qui s’approcha de moi. Une jeune fille me fit un signe. Je ne le savais pas encore mais je me rappellerai longtemps de ce simple signe, de cette soirée. Elle s’approcha de moi et je vis un sourire, d’ailleurs, c’était la seule chose que je voyais clairement dans cette pénombre. En fait non, il y avait aussi ces cheveux brillants, qu’ils étaient beaux. Elle cherchait une station de taxis, alors je lui fis un sourire réconfortant moi aussi.

« au bas de la rue il y a plein de taxis stationnés. Il y a aussi un arrêt de bus. »

Elle était assez grande et je ne pus empêcher mes yeux d’aller du haut vers le bas. C’est alors que je vis que l’un de ses talons était cassé et que sa cheville semblait tordue.

« vous vous êtes fait mal ? » demandais-je intéressé. Car oui, je voulais savoir si elle avait mal ou non.
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Alexie Scott
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Alexie Scott, Mar 04 Mar 2014, 20:47


Pliée dans ma poche doublée de vison, la photo se tordait au rythme de mes mouvements. On pouvait ainsi distinguer un visage aplati et mince au lieu de ce visage presque adipeux et si élégant. Concentrée dans ma manipulation, je ne me rendais pas compte que la photo se froissait. Je la pensais à l'abris dans cette poche de manteau. A l'abris de la pluie, des regards et de la nostalgie. Je croyais en prendre soin à l'instar de June qui croyait en lui. Nous étions aussi naïves l'une que l'autre. « Méfie toi de lui » m'avait-elle dit. Et si cette photographie maintenant toute froissée représentait le dénouement de leur amitié ? Leur lien serait ainsi capable de se rompre à tout moment comme un bout de papier peut se déchirer. Fragile était alors leur amitié. Puis je me souvenais de ce sourire. Ce sourire hypocrite se dessinant sur les lèvres coupables de ce dandy. Fausse était leur amitié. Ensuite je me remémorais la date à laquelle ce sourire fut immortalisé. Un saut dans le temps de plusieurs années permettrait de revivre ce jour. Loin était leur amitié. Enfin je me rappelais des larmes perlant sur le visage de June lorsqu'elle me demanda ce service. Détruite était leur amitié. Je m'en souvenais maintenant, il l'avait détruite. A moi de lui rendre la monnaie de sa pièce maintenant.

Élancée, il était trop tard pour renoncer. Je le voyais pour la première fois. La photographie mentait. Les années avaient passé depuis ce sourire à l'objectif et les traits de son visage s'étaient nettement améliorés. Je découvrais un homme nouveau, un homme du nouveau monde. Il me faisait penser à un capucin. Ridicule n'est-il pas ? Ce petit singe un peu espiègle. Sa bouille adorable. Sa petite moue encrée sur son visage. Sa timidité à fleur de peau. Son côté attachant et innocent. Ce Monroe me faisait penser à la somme de tous ces caractères. Il semblait son descendant, son frère. Je n'étais pas calée en zoologie, mais je pouvais être sûre que son visage possédait quelques similitudes avec un capucin. Je m’éloignais trop de ma quête. «
au bas de la rue il y a plein de taxis stationnés. Il y a aussi un arrêt de bus. » me répondit-il à ma question. Il aidait une parfaite inconnue, finalement peut-être était-il différent des autres habitants de ce quartier ? Ou bien étais-je trop potiche pour ne pas me rendre compte de son double jeu ? Non, je ne me trompais pas. Ce n'était pas moi la victime, mais bien lui. Un remerciement semblait inévitable, mais ce Monroe reprit la parole.« vous vous êtes fait mal ? » Attentionné en plus de ça. Je comprenais le choix de June, mais je n'en oubliais pas pour autant mon plan. Le détruire.

Tel un poisson, Monroe mordait à l'hameçon. Quand j'était petite, mon père m'emmenait parfois pécher le long de l'étang qui encerclait la maison familiale. Un vaste étendu d'eau gorgé de poissons tous aussi naïfs et gourmands les uns que les autres. Je me rappelais de mon baptême. La canne de mon père faisait le double de la mienne, mais je m'en fichais. J'avais froid avec mon gilet près de l'eau mais mon père ne s'en rendait pas compte. Il était concentré. Les asticots me dégouttèrent mais j'en faisais abstraction. Puis dans un élan d'enthousiasme, je trempai la ligne de la canne au bord de l'étang et j'attendais qu'un poisson morde. Cinq minutes. Dix minutes.«
C'est long papa, je veux un poison moi. » Il me disait d'être patiente. Je devais avoir six ans et presque toutes mes dents. Puis au bout d'un moment, ma canne devint lourde et difficile à tenir. Mon père m'avait alors donné les consignes. Il me disait de mouliner et de tirer de toutes mes forces. Je m'exécutai et je sortis un petit poisson couleur argent. J'étais fière. Mon père aussi. A l'âge de six ans, j'avais nommé ce poisson "Silver". Aujourd'hui, si je devais changer son nom, il porterait celui de "Monroe". Deux êtres naïfs, tombés dans mes filets.

«
Merci pour l'indication, j'espère juste que la rue se termine rapidement, autrement je finirai ma marche pieds nus. » Je m’enfonçais dans le mensonge. J'aimais ça.« Vous avez l'oeil. J'ai cassé mon talon et il n'y a pas un chat dans cette rue. C'est une chance d'être tombée sur quelqu'un à cette heure-ci. » Dire la vérité n'était plus de mon ressort. Chaque partie de mon corps criait au mensonge. J'étais ainsi faite. Mentir ne me dérangeait pas. C'était une fatalité de la vie. Tout le monde ment. Et tant que Monroe ne me forcera pas à boire du veritaserum, je continuerai à me jouer de lui jusqu'à ce qu'il me tombe dans les bras. S'il faut que je rame pour l'obtenir et bien soit, je pagayerai. S'il faut se battre pour l'obtenir et bien soit, je boxerai. Et s'il faut être sincère pour l'obtenir et bien soit, je m'efforcerai. Je l'aimerai d'un amour inexistant. Je l'aimerai de la même manière qui l'aimait June. Lâchement. Mais au fond de mon coeur, au plus profond de mon âme, je le haïrai autant que l'asiatique a pu l'aimer. « Bon et bien bonne soirée et encore merci. » Je m'apprêtais à partir, pourvu qu'il m'en empêche. Faites qu'il me retienne. Faites qu'il morde non pas comme un lion féroce, mais comme le plus traditionnel des poissons.
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Phoebe Monroe
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Phoebe Monroe, Dim 09 Mar 2014, 18:02


J’avais un peu du mal à comprendre tout ce qui se passait. Devant mes yeux, cette réalité me paraissait confuse et un peu trop imprécise. On me donnait les éléments, on ne m’en expliquait pas le sens. Ainsi, je voyais cette femme et ce qui se produisait en moi, je ne le comprenais pas. Quand j’y réfléchis quelques années plus tard, je me dis que c’était complètement idiot de réagir comme ça, que j’aurais mieux fait de tracer mon chemin. Mais en fait, je ne pouvais rien faire. J’étais devant elle et je ne pouvais pas bouger, je ne le voulais pas. C’est difficile d’expliquer tout ce qui se passait dans ma tête. D’ailleurs, je n’aime pas expliquer, pour moi les choses devraient être naturelles, pas besoin de se justifier, pas besoin de se creuser la tête. Je n’aime pas me creuser la tête, mais il faut s’le dire ; quant on tombe sur des situations comme ça on est obligé de trouver une explication parce que c’est pas naturel. Le gars, là, c’était pas moi. Pour sûr.

J’dois bien l’admettre ; cette fille c’était un canon. De vrai. Quand je l’ai vu clairement, elle m’a allumé l’estomac, déchiré les entrailles. Mais vous savez, par-dessus tout, ce qui me plaisait chez elle c’était son sourire ; quelque chose de naturel qui venait comme ça, sans prévenir. J’aime bien le naturel. Ça marche. Alors quand je la voyais sourire, je ne pouvais que l’aimer cette femme. On ne peut que l’aimer. Quant on y pense, on a beau travailler toute notre vie, avoir tout le pognon du monde, on est rien tant qu’on n’aime pas. Mais j’vous le dis, moi, j’suis pas un romantique, je l’ai jamais été. Alors je ne savais pas mettre de mots sur cette image. Mais retenez ce sourire. Retenez-le bien, car les choses comme ça on n’en croise pas partout, c’est précieux.

Elle se mit à parler et moi je ne comprenais rien, je n’avais pas envie de comprendre. La regarder ça me suffisait. J’avais pas besoin de plus. Sa face bougeait tandis qu’elle gesticulait et par moment le réverbère n’éclairait qu’une partie de son visage, soulignant son regard, ses lèvres, ses fossettes. Elle avait des fossettes, j’appelais ça les parenthèses du bonheur parce qu’entre elles, il n’y avait que ça, du bonheur. Mais j’étais tellement subjugué parce qu’elle m’offrait que je fus surpris de la voir s’en aller. Elle s’envola comme un papillon, vous savez, ces adorables bestioles qui, quand on tente de les attraper, nous glissent entre les doigts. Elle me glissait entre les doigts pour aller pomper une autre fleur. Mais moi, j’étais jaloux, j’aimais bien posséder des choses et je la voulais bien, moi, cette adorable femme. Mais à vrai dire, quand je la vis partir je ne pouvais m’empêcher de rester dans ma solitude, regardant juste son chemin avec envie. Je lui avais donné quelque chose de moi et elle s’en allait avec. J’étais un gars seul.

Y avait quelque chose qui montait en moi à cet instant. Je ne savais pas trop ce que c’était mais quand je me suis résolu à rentrer chez moi, cette chose m’en a empêché. Mon cœur battait à tout rompre. Et j’ai voulu ne plus penser, que tous ces mots qui transperçaient mon esprit s’en aillent et me laissent tranquille. Je ne voulais plus penser à ma lâcheté. Et c’est ce que j’ai fais. Je ne pensais plus du tout. Alors je me suis mis à courir pour la rattraper, l’interpellant avec un « excusez-moi ». Puis elle se retourna et je me suis mis à sourire, la vérité c’était que j’étais très gêné mais qu’en même temps ça ne me posait plus de problèmes. Si tout à l’heure la liberté inondé mon esprit, ici c’était une espèce de bonheur simple qui me possédait et j’aimais ça.

« voilà, j’ai… » J’avais l’impression de paraître pour un parfait idiot et bizarrement ça me plaisait d’autant plus. C’était tellement drôle tout ça, être idiot c’était drôle. « j’ai pas l’habitude de faire ça mais… » Et voilà que je cherchais des mots, je cherchais à décrire ce qui se passait. Je ne parvenais pas à retirer ce sourire de ma face et en même temps je me sentais porté par une force. J’étais fier de tenter et je crois que je n’ai jamais été aussi fier de moi. Alors pourquoi s’arrêter maintenant ? Je pouvais le faire ! Je pouvais très bien partir, rentrer chez moi, dormir et partir ne rien faire le lendemain. Je le pouvais, mais je pouvais aussi lutter contre cette facilité et me lancer, tenter ma chance, moi-aussi. « j’me suis dit que je ne pouvais pas vous laisser partir… On pourrait peut-être aller prendre un café ? »

C’était fait et si ma main, à cet instant là, alla se placer derrière ma nuque, mes yeux, eux, ne pouvaient se déloger de son visage. En fait je crois que je ne regretterai jamais de l’avoir interpellé. Peut-être parce que j’avais été courageux, un peu, mais en vérité c’était surtout parce que j’étais comme dépendant de sa présence.

Je l’aimais un peu, ce petit bout de femme.
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Alexie Scott
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Alexie Scott, Sam 15 Mar 2014, 23:07


Une bougie éclairait nos visages. Le reste de la pièce se noyait dans le pénombre de la panne d'électricité. June ne craignait pas le noir, c'était une serpy respectable. De mon côté, je préférais me concentrer sur nos recherches plutôt que de penser aux ténèbres de la nuit qui nous entouraient. June feuilletait de vieux journaux intimes écris de sa plume tandis que je farfouillais dans les cartons à la recherche de photographies, d'objets ou même de vêtements rappelant ce lointain Monroe. On préparait notre coup, bien au chaud, logées dans le grenier de mes parents. On avait une vingtaine d'années pourtant la présence familiale me soulageait encore. Mes parents aimaient bien June. Ma grand mère maternelle, Juliet aimait lui poser des questions sur la cuisine asiatique. Mon père, Ewan, quant à lui se découvrait une passion pour la culture chinoise. Ma mère, Lily, ne jurait que par la Grande Muraille et autres monuments historiques. Et mon petit-frère, Peter, s'abandonnait à leurs inventions technologiques et numériques. June était facile à apprécier et d'autant plus à aimer. Moi je l'appréciais. Enfin je croyais. Mon flash-back s’effaça de ma mémoire en une poignée de secondes.

Je gagnais à être connue. Je me découvrais des talents d'actrice que je n'avais jamais expérimentés. Je découvrais également l'adrénaline que procurent le mensonge et la manipulation. Ce Monroe devenait un pantin, une simple marionnette que je pouvais manier dans n'importe quelle direction. Il était mon prisonnier, ma proie, mon gibier. Ma victime. Il me mangeait dans la main tels les pigeons picorent les miettes au sol. «
Excusez-moi. » Enfin. Il venait de mordre comme le plus traditionnel des poissons. Avant qu'il ne me rattrape, un sourire se dessina de mes lèvres, signe de victoire. Je le dissimulai lorsqu'il vint m'adresser de nouveau la parole. « Voilà, j’ai… » Serait-il timide ? « j’ai pas l’habitude de faire ça mais… j’me suis dit que je ne pouvais pas vous laisser partir… On pourrait peut-être aller prendre un café ? » Enfin. C'était pas si compliqué que ça. Je reprenais mon air candide, celui de l'agneau face au loup. Un visage d’innocente se distinguait. Ce Monroe ne savait pas vraiment y faire, mais à quoi bon. Je le laissais miroiter pendant que je réfléchissais à une réponse entreprenante et spontanée. Pourtant, je ne pouvais pas sortir n'importe quoi, à tout bout de champ. Non, c'était tout une méthode communément appelé drague.

Chaque geste, chaque mouvement représentait la séduction. Glisser sa main dans les cheveux, se mordiller la lèvre inférieure ou encore lancer un regard ravageur. Tout ça, je savais déjà faire. C'était acquis et acté. Mais avec Monroe c'était différent. Je ne devais pas seulement le séduire non je devais le rendre dépendant, accro. Tel un toxicomane dont j'étais la drogue. Je devais d'un côté le faire languir sans pour autant qu'il se désintéresse. Subtile je devais être. Très subtile. «
Eh bien.. Vous inviteriez une parfaite inconnue ? Je pourrais être une criminelle ou bien.. » L'amie de Junie connard. « une folle. » Je réfléchissais encore afin de me souvenir ce qu'aimait principalement ce Monroe chez le femmes. Ah oui, l'humour et le naturel. « Mais vous savez quoi ? Votre sourire est communicatif. Ce soir je laisse tomber les menottes et les médocs et je me joins à vous. » Je m'apprêtais à le suivre lorsque je me rappelai d'un petit détail. « Oh, euh, c'est bête, mais, je, je peux pas marcher et je, je me vois mal aller dans un bar pieds nus. » Mon plan allait-il marcher ? Je l’espérai de tout cœur.

Il était temps que ce vilain soit puni, qu'il comprenne ce que "jouer avec les sentiments des autres" engendre. Il allait payer. Mais avant de lui briser le coeur, je devais déjà le conquérir. Regards entrepreneurs, sourire aux coins des lèvres, main dans les cheveux, je mettais toutes les chances de mon côté. «
Je crois que je vais plutôt rentrer. Mais... demain j'aurai changé de chaussures et.. si votre envie de me revoir est toujours là, alors on se retrouvera. A très vite. » Je laissai échapper un dernier sourire avant de lui tourner le dos où mon sourire de séductrice se changea en une moue, en un visage de dégoût. Volte face. Le sourire de nouveau présent. « Au fait, je m'appelle Alexie. A demain, j'espère... » Je m'enfuyais, boitant du mieux que je pouvais et lorsque je fus enfin seule, transplanai jusqu'à Godric's Hollow. A peine arrivée, j'envoyai directement un hibou à June afin de lui informer du déroulement de la soirée. J'étais plutôt satisfaite de cette première approche. Il semblait gentil, légèrement naïf et farouche, mais sympathique en fin de conte. Je me couchais et attendais demain avec impatience.

Toute la journée, j'avais pensé à la soirée qui s'annoncait. Allait-il m'attendre à notre point de rendez vous de la veille ? Je l'espérai. Que dirait June si j'échouais ? Non, je ne devais pas partir défaitiste. Il allait être présent, il devait l'être. Sept heures sonnaient. Je préparais mon transplanage direction cette rue superficielle. Pour ce "rencart", j'avais opté pour une tenu assez sobre. Un simple débardeur beige et un jean. Je voulais faire bonne impression. June m'avait prévenu. Monroe aimait les filles simples, pas les divas égocentriques. Quel dommage s'il apprenait qui j'étais réellement. Pas à pas, je m'approchais du lieu de rencontre. Personne. Eh Mer**. Il m'a eu. J'échouai, si proche du but. Une déception se lisait sur mon visage lègerement poudré. Toutefois, je préférais attendre et j'eus bien raison car au bout de quelques minutes, un homme élégant sortit de la résidence. C'était lui. «
Bonsoir, alors je vous ai manqué ? » Je le regardai des pieds jusqu'à la tête. Je le décortiquais, l’analysais et le scannais. Je pouvais le qualifier de beau. Oui il l'était. Mais bon, la beauté n'est qu’éphémère...« J'ai une folle envie de danser moi, ça vous tente ? »
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Phoebe Monroe, Lun 28 Avr 2014, 14:25


Elle se disait folle, criminelle. Je la croyais un peu. Un brin de folie dans le regard, un crime dans l’allure. Elle avançait, haute sur ses talons, dégainait son arme puis tirait dans la masse. La masse, c’est moi. Victime accidentelle, un satellite gravitant autour de l’histoire sans en faire parti. Puis, je débarquais comme ça, sans rien demander, sans m’excuser, sans me soucier du cours de l’histoire. On chamboulait tout à deux. L’histoire s’écroulait à cet instant et notre face à face était jonché de ses débris. Oui, le destin ! Je n’en avais plus rien à faire ! Héros ou martyr où est la différence quant on est qu’un gamin ? Je les voyais pleurer les anges, triste de ma déchéance. J’ignorais leurs larmes qui tombaient sur mon crâne faîtes d’espoirs. L’espoir je n’en avais que dans le corps de cette criminelle, cavalière de l’interdit, décorée de vice. Le vice, des pieds à la tête elle en était recouverte, si bien que quand elle ouvrait sa petite bouche, je m’attendais, de temps à autre, à entendre un petit sifflement provenant du fin fond de sa gorge. Elle m’appelait, ma petite criminelle, et je succombais doucement, tombant petit à petit dans ce qui semble être le piège le plus mortelle ; l’amour. Ce même amour qui commençait à m’encercler, à s’enrouler autour de moi. Tous ces fils, toutes ces mailles me serraient si fort qu’ils déchiraient ma chair pour faire enfin partis de moi. J’étais pris au piège avec délice. C’est pour ça qu’elle était criminelle, condamnée pour m’avoir poignardé au cœur. Et quand je pensais qu’elle allait en venir aux actes, qu’elle allait m’achever, elle vint glisser son ongle sous ma gorge tout en souriant pour ensuite s’en aller. Me laissant dans le couloir de la mort, là où j’attendais mon bourreau.

Je crevais la dalle derrière me barreaux, dans le noir. Je voulais qu’on me nourrisse. J’avais des pensées d’injustice, des croyances mesquines mais je m’accrochais à ce qui semblait être un petit espoir ; le nom de cette criminelle. Alexie qu’elle s’appelait. Alexie tout court. Trop court. Pas le temps de voir, juste d’apercevoir. Encore une fois, c’était cruel. On ne me nourrissait qu’avec du pain.
Lui avais-je seulement dit comment je m’appelais ? Je crois bien.

Le matin arrivait. La journée aussi. Que sont mes journées ? C’est simple : un peu de jeu ainsi qu’un esprit bohème. Ou disons que j’étais majordome. Elfe de maison humain, fier de ses connaissances, fier de la vie des autres. Sans femme, sans histoire. Juste un sourire et un smoking. Seul à m’occuper de Miranda… Pourquoi est-ce que je faisais ça ? Je dois avouer que moi-même je ne le savais pas. Surement pour la vie dans le luxe, même si je n’étais qu’un rat par chez eux. Puis la journée passait et je ne pensais qu’à Alexie. Je me fis beau pour elle, je me suis débarrassé du smoking et j’ai mis une chemise propre. Je me suis même coiffé.

Je suis sorti de chez moi et elle m’attendait là. Toujours aussi ravissante. Je lui souris à nouveau, me croyant chanceux. « Bonsoir... On va dire que vous m’avez assez manqué pour que je revienne ce soir. Vous êtes époustouflante. »

Elle avait envie de danser et moi j’avais envie de danser avec elle, de la voir danser. Comment bougeait-elle ? « Allons danser ! Il y a un café à quelque pas d’ici, on y chante et on y joue de la bonne musique, on y danse aussi, qu’en pensez-vous ? »

Mais quoiqu’elle en pensait je me suis mis à avancer, la tête bien haute, extrêmement fier d’être accompagné d’une si belle femme.

Insouciant, j’emmenais la criminelle avec moi. Aveuglé par des heures de famine. J’avais faim. La viande était juste en face de moi. Par moment, je retrouvais un peu mes esprits et je me demandais si en face de moi je n’avais pas une sorcière qui me charmait… Mais qu’importe si c’était vrai ou faux, je m’en fichais, tout ce que je voulais s’était m’amuser un peu.

« Alors, dîtes-moi tout Alexie, qui êtes-vous ? »
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Alexie Scott
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Alexie Scott, Mar 20 Mai 2014, 13:43


Mes parents nous appelèrent pour venir à table. Comme d'habitude, ma mère avait cuisiné chinois simplement pour faire plaisir à mon amie. Ce fut le dernier repas qu'elle prépara à June car le lendemain, pendant son accouchement, celle qui m'avait mis au monde il y a vingt ans de cela, allait s'éteindre pour toujours. Mais personne ne pouvait prévoir son décès, c'est pourquoi je ne me sentis pas coupable lorsque je rétorquai à ma mère que son riz était trop cuit. June le trouvait parfait. C'est normal, June était ce genre de personne. Elle ne disait jamais ce qu'elle pensait vraiment. C'était une qualité comme un défaut car je me demandais constamment si avec moi, elle était toujours sincère, si elle ne me cachait pas de secret. Puis je la regardais et dans ses yeux je voyais l'avenir de notre amitié, gravée dans la pierre à tout jamais. J'aimais notre relation et la tournure qu'elle prenait. Unies toutes les deux pour détruire une seule et même personne. A ce moment, on se comprenait plus que n'importe qui.

J'attendais cet homme dans la froideur de l'hiver. Un simple débardeur et un jean m'habillaient. Lui, portait une simple chemise très élégante. Il s'était fait beau pour moi, il commençait peu à peu à tomber dans mes filets, c'était parfait. Je lui lançais quelques phrases dans le but de le taquiner et je découvris alors que ce garçon n'était pas seulement canon, il avait également une certaine répartie. «
Bonsoir... On va dire que vous m’avez assez manqué pour que je revienne ce soir. Vous êtes époustouflante. » Je lui proposai de danser et ce dernier acceptait. « Allons danser ! Il y a un café à quelque pas d’ici, on y chante et on y joue de la bonne musique, on y danse aussi, qu’en pensez-vous ? » Il n'était pas si compliqué en réalité. Sur le chemin pour se rendre au café, je ne parlais pas trop. Je laissais mon charme et mon physique opéraient. « Alors, dîtes-moi tout Alexie, qui êtes-vous ? » L'homme brisa alors la glace, tentant ainsi d'en apprendre un peu plus sur moi. Cela n'allait pas être aussi facile. Je ne comptais pas me dévoiler aussi directement. Il devait mériter mon attention. Il m'emmena dans un café quelques rues plus bas. De la musique jazz s'émanait des murs de l'édifice. Cela semblait charmant pour un bistrot. En rentrant dans l'établissement, j'esquivai ainsi sa question. Je m'installai à une table près d'un petit orchestre. Le rythme de la mélodie me plaisait bien.

Le serveur revint avec nos commandes. J'avais opté pour un verre de vin rouge, pour trinqué avec l'homme à notre rencontre et notre potentiel futur. Les verres à moitié vides, l'homme m'emmena enfin sur la piste de danse. Ce n'était pas trop tôt, j'allais enfin pouvoir poursuivre mon plan d'attaque. Puis la musique ralentit et les partitions ainsi que les instrument changèrent. Un homme s'installa sur un tabouret et commença à gratter sa guitare afin de jouer un slow. Une danse assez romantique qui comme son nom l'indique est "lente". J'avais ainsi plus de temps pour le laisser me dévorer et me désirer pendant que mes doigts effleuraient sa nuque. «
A vrai dire, je ne sais pas. Tout à l'heure, vous m'avez demandé qui j'étais, mais je suis incapable de vous répondre, car moi-même je ne sais plus qui je suis. J'ai perdu un proche il y a peu de temps et cela m'a détruit. Cette perte m'a rappelée combien la vie peut être cruelle parfois et au lieu de me forger, je me suis construise une carapace autour de moi même et autour de mon coeur par peur d'être déçue ou amochée une fois de plus. Gagner ma confiance est très compliquée voire même mission impossible. » Je quittai ma moue d'orpheline pour récupérer mon sourire de petite chipie. « Et vous, quel est votre secret le plus noir, si noir que vous préféreriez le révéler à une parfaite inconnue plutôt qu'à votre meilleur ami, par peur de sa réaction ? » J'avais envie de jouer, alors jouons !
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Phoebe Monroe
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Phoebe Monroe, Ven 30 Mai 2014, 14:36


On faisait ce petit bout de chemin ensemble et, tandis que l’on plongeait dans la nuit, le soleil disparaissait progressivement pour ne laisser que son ombre rose et chaude. On ne parlait pas vraiment. On était deux animaux après tout, moi le premier. Sauvages et farouches. On ne pouvait pas nous apprivoiser et si ces lèvres étaient aussi tièdes que l’eau salée de l’océan, nous n’éprouvions du plaisir qu’à se regarder discrètement, en laissant planer ce voile froid et mystérieux qui, en fin de compte, nous attirait tant.

Elle ne répondait pas à ma question mais, après tout, qu’importe. Je n’avais pas grand-chose à faire de savoir qui elle était et j’éprouvais bien plus d’envie à deviner son âme plutôt qu’elle me laisse la voir. Je n’accorde pas beaucoup d’intérêt à l’autoportrait, le portrait, en revanche, nous propose une véritable question. La plus grande de toutes ; qui est devant moi ? Il n’y pas vraiment de réponse dans les traits de peinture, il y en a beaucoup plus dans la tête du spectateur. Et moi, spectateur de cette Vénus, je me contentais d’une simple hypothèse comme réponse absolue ; cette fille était bien belle, et je m’arrêtais là.

On entrait dans le bar et puis on écoutait la musique. Elle commanda du vin, du rouge, du sang. J’ai pris exactement la même chose mais je ne buvais pas, du moins, pas de vin. Je préférais les filles. Nous sommes partis danser et c’est à ce moment que j’ai commencé à m’enivrer d’elle, un peu trop. Ma vue s’embrouillait et il arriva un moment où je n’apercevais devant moi que des courbes se faisant et se défaisant avec harmonie. Mais ce n’était pas du tout, moi-même comme tout le monde, étions prisonniers de ça, de ce battement, de ce rythme. Il n’y avait pas beaucoup de volonté dans ce que je faisais. Les musiciens tiraient sur les fils et on bougeait selon leur bon vouloir. Et c’est ça que j’aimais par-dessus tout dans la danse ; ce lâché prise total.

Puis la musique se mua en une autre et ma main vint se coller à sa taille. Et sa main à elle, sa main divine, vint toucher ma nuque, me tapotant comme si j’étais moi-même un instrument. Je vibrais alors comme on me le demandait. Jouant la musique de mon amour naissant pour cette chose que j’appelais désormais Question tant pour moi elle n’était que ça. Puis elle me parla, me racontant qu’elle aussi ne savait pas, qu’elle ne savait pas qui elle était mais moi je trouvais qu’elle ne savait pas ce qu’on était, tout simplement. Elle me parla d’elle et je bus un peu trop ses paroles. Puis, elle me lança un défi, celui de gagner sa confiance. Je ne crois pas en ces choses là mais pour une raison ou pour une autre, j’acceptai d’un simple sourire réconfortant. Car toi, oui toi, je ne vais pas seulement gagner ta confiance, non, je vais te gagner entièrement. Tu verras, tu seras perdante…

A son tour, elle tenta de me sonder : « Mon secret le plus noir ? » Je me mis à rire comme on se met à pleurer devant la mort. « C’est bien simple, je n’en ai pas du tout ! Ma chère, je n’ai rien à  cacher. Ça peut paraître bizarre mais il ne m’est jamais rien arrivé d’exceptionnel, enfin je crois. Je ne sais pas vous, mais moi j’aime la simplicité. Je ne me pose pas beaucoup de questions. Alors pour aller jusqu’à cacher quelque chose… Si vous voulez je peux vous parler de mon école, de ce que je fais aujourd’hui ! Tenez, dîtes-moi ce que vous faîtes aujourd’hui ? Vous vous cachez ? Hein ? Vous riez ? Moi je fais les deux et je m’amuse bien, vous savez. »

Je souriais toujours et encore. Encore, parce qu’elle était là, et toujours, parce qu’une simple seconde avec elle était l’éternité.

« Vous m’avez dit beaucoup de chose sur vous, on pourrait arrêter de se vouvoyer, vous voulez bien ? »

Je paraissais enfant aux yeux de la dame.
On dansait toujours, inlassablement.
La musique s’était pourtant arrêtée, momentanément.

« Je crois que tout le monde nous regarde, Alexie. »
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Alexie Scott
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Alexie Scott, Dim 29 Juin 2014, 18:00


On dansait, les yeux dans les yeux. Le monde aurait pu s'écrouler, que je n'y aurai même pas prêté attention. Pas plus qu'à la fin du morceau. On était là, au milieu de la piste, face à face, se dévorant des yeux sans même se rendre compte de notre solitude. Mais je m'en fichais. Tout comme l'avis des autres clients. Avait-on réellement besoin de musique pour danser ? Pour moi, non. De plus, me détacher de cet homme était la dernière chose que je voulais. Il me plaisait bien quand même ce Monroe machin. Je comprenais June. J'aurai craqué à sa place. Etais-je en train de craquer ? Non, impossible. Il ne faut pas, je ne dois pas. Je n'ai pas le droit. « Et ça vous étonne ? Pourtant un aussi beau jeune homme tel que vous devrait être habitué à ce que tous les regards se tournent vers lui. Le mien y compris. J'aime vous regarder. Vous avez un sourire communicatif qui me fascine et vos yeux... Je ne sais comment les qualifier. Cela ne devrait pas être permis d'en avoir des aussi beaux. Vu votre physique, vous devez surement être un homme à femmes. Le genre d'homme qui manipule son petit monde, qui le mène à la baguette. Vous vous sentez aimé et pourtant terriblement seul, je me trompe ? » La flatterie fonctionnait sur n'importe qui, encore plus sur les hommes. Le complimenter et tenter de l'analyser me permettait ainsi de paraître intriguée, captivée et légèrement curieuse.

Puis finalement, je lui attrapai la main et quittai la piste de danse sous le regard des autres clients. Je retournai à notre table, mon regard toujours plongé dans le sien. Il me plaisait de plus en plus. Ce côté mystérieux m'intriguait, je voulais en savoir davantage sur lui, malgré que je sache déjà un bon nombre de choses. J'aimerais qu'il se confie, qu'il m'évoque son passé peut-être même ses précédentes relations et surtout celle qui l'avait uni à June. «
Va pour le tutoiement alors. Ça te dis de continuer cette conversation ailleurs ? Dans un autre café, à la station service du coin ou dans un autre lieu insolite. Ou même chez toi. Après tout, je n'ai eu le temps que de voir la façade de l'immeuble. Et là, peut-être que je me dévoilerai davantage. » Alexie la séductrice semblait toujours opérationnelle. Toutefois, je commençais à perdre de mon jeu d'actrice et à devenir réellement sincère, malgré que la sincérité n'avait pas sa place ici. Pas plus que l'amour ou un quelconque sentiment en dehors de la haine. Je me le répétais en boucle dans ma tête comme un disque rayé qui continuait de tourner et dont l'écoute agaçait. De la haine, encore de la haine, toujours de la haine.
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Phoebe Monroe, Mar 08 Juil 2014, 22:52


J'étais foutrement petit à ce moment et, même si mes jambes n'ont jamais été très hautes, ma tête donnait de la proportion de fourmi. Je ne connaissais que mon nom, des longs couloirs interminables et la claque du vent sur mes joues rondelettes. Mon regard n'était pas encore bleu car je ne buvais pas, il était étrangement vert ; un vert imprécis et versatile, il fuyait la lumière.

Je dansais mal et on ne me le disait pas, parce que je donnais de la vie à mes mouvements aussi sobrement que ça. Je prenais un crayon à papier et j'esquissais mes gestes, ma tête et ma vie d'un simple trait parfois raté. Et cela avant tout plaisait, car à cet instant, j'étais aussi pur et rare qu'un vulgaire et difforme diamant. J'étais le diamant de ces dames.

Brillant à la lumière et la rejetant comme n'étant pas digne de ma splendeur, faisant trembler le verre et pâlir la roche, j'étais plus terrible et génial qu'un sphinx à la fourrure divine. Et tout cela se traduisait dans cette lèvre inférieure rouge qui tressautait au rythme d'un cœur inconnu.

Alexie, au regard joyeusement mutin et au coin de la joue splendide, sortait de sa bouche une espèce de vieux baume parfaitement dégoûtant qui me fit un grand bien aux oreilles alors que mon cœur doutait. « Je ne me sens pas aimé, pas assez. Et je ne me sens pas seul, je m'ennuie, voilà tout... Je recherche celle qui m'offrira comme un petit dieu, de la passion jusqu'à m'en lécher les babines ! » Et, mon regard vers le plafond sombre et incertain, je souris vers des anges égarés.

Elle m'emmena par là ou par là-bas, vers l'enfer ou le paradis, et, tranquillement, elle déposa ses yeux doux sur mon visage et je fis tomber mon masque au sol. Je l'avais perdu, malheur ! Affolé, je pris à mon tour sa main et je l'emmenai dans la nuit, je l'ai emportée... On avançait et on est tombés dessus ; sur cette petite barque qui sortait de nul part et qui faisait de la nuit le somptuaire de mes rêves.

On flottait sur l'onde tout les deux ainsi que la Lune et tout le monde. On ne parlait pas et mes yeux prirent la couleur d'un enfant, ils brillèrent plus fort que ces tours, là-bas, au loin...

On était ensemble sur la Tamise,
Et, à pas de loup ? je me suis approché de sa face et de ces deux lèvres qui me donnaient si faim.
Je les ai attrapées et au-dessus de moi un chérubin voleta et appela ça baiser ou amour.
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Alexie Scott, Jeu 17 Juil 2014, 01:28


Je suivis l'homme dans la froideur de la nuit. Le vent froid me griffa la figure comme un loup d'hiver. Monroe me tenait la main et cela ne me déplaisait pas. J'avais l'impression de le connaître et d'être avec lui depuis des années. Ensemble, on s'éloignait de ce café où notre complicité naissance hantait encore les lieux et les esprits des clients. On se dirigeait vers la Tamise. J'avais peur. Il avait bien trahi Junie, qui me dit qu'il ne tentera pas de me noyer ? Mais pour la première fois depuis une éternité, autrement dit ma relation avec Ian, je fis confiance à un homme. Une barque abandonnée flottait près du bord et aussi romantique qu'il puisse paraître, Monroe enjamba le petit vaisseau et me fit monter dedans pour un petit tour au clair de lune.

On était seul, au beau milieu de la Tamise, plongés dans le plus timide des silences. Tous mes organes internes frémissaient en rythme avec les légères vagues provoquées par le mouvement du bateau. Je les admirais comme hypnotisée. Puis je m'arrêtai et j'observai Phoebe pendant un moment comme si c'était une statue derrière une vitrine dans un musée. Un musée d'art, dont il était l'œuvre la plus importante, la plus convoitée et surtout la plus valorisée. Une œuvre unique. Et alors que nos regards se croisaient, il se jeta sur moi comme la misère sur le monde et me vola un baiser. «
Cette soirée va de surprise en surprise. D'agréables surprises. » Dis-je lentement comme si je venais de faire un infarctus et que je réapprenais à parler. Il m'embrassa de nouveau, moins hésitant cette fois ci.

Je ne le repoussai pas et le laissai faire sachant pertinemment que ce n'était qu'un jeu. Mon cœur sautait comme un punching-ball prenant ses premiers coups. Je le regardai puis détournai vivement la tête pour me remettre à contempler l'eau. Je n'assumais pas cette soudaine attirance, ni ce qui venait de se passer. Mais j'aimais ça. Oh oui que j'aimais ce sentiment de plénitude.

Lui, il me regardait, je devinais un minuscule sourire se dessiner sur ses lèvres. Il avait le plus beau des sourires. Le genre de sourire capable de remonter le moral à n'importe qui même lorsqu'on est au trente sixième dessous. Chaque pore de ma peau était hérissé en chair de poule quand je le regardais. Des frissons me parcouraient tout le corps. J'avais peur. Ridiculement peur.

Et puis je pensais à June, ma chère June. Celle qui, à l'instar de Keira, avait toujours été là pour moi. Celle pour qui j'étais prête à tout, quitte à briser un homme. Celle pour qui j'avais toujours éprouvé des sentiments assez forts qui parfois allaient au delà d'une simple amitié. Je l'aimais, terriblement, mais ce soir, c'était de Phoebe dont je m'apprêtais à tomber amoureuse.
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Phoebe Monroe, Mar 26 Aoû 2014, 17:05


Ma peau avait cette trouble perfection du marbre et la lune, plus petite que celle d’Ecosse, avait un regard maternel sur ma face. J’éclairais un peu le monde à mon tour, sur cette barque en bois, et mon monde n’était ici qu’Alexie à qui j’offrais les roses de mon cœur, elle qui venait à peine d’éclore dans ma vie. Une brise folle caressa l’onde et les klaxons retentissaient non loin, j’entendais leur bruits systématiques comme on entend la plus douce des mélodies. Soudain, un camion de pompier témoigna sa présence. J’imaginais qu’il venait éteindre ma flamme.

Je souriais encore parce que j’aimais ça. J’avais le sourire de ces hommes d’affaires qui signent des contrats fructueux. Ce sourire figé qui laisse entrevoir la saleté de mon intérieur. Mon regard allait d’Alexie à la Tamise, sans doute était-il animé par mon ambition débordante. Mes doigts glissèrent sur sa chevelure et je finis par dire : « Tes lèvres ont le goût sucré de la tentation. » Rire. La barque revint mystérieusement sur les quais.

Je me suis levé et mon pied toucha le pavé. Les femmes de la capitale regardaient mes yeux bleus plus étincelants qu’un écran de télévision. Nouveau sourire. Mon regard était désormais attaché à Alexie. Je m’enlisais dans une contemplation gamine. Respiration. Sourire. Les femmes applaudissaient, certaines pleuraient de joie. « Je vais devoir rentrer chez moi. » Ma main passa sur mes cheveux. « Je joue dans une petite troupe de théâtre d’improvisation. On fait une représentation tous les samedis dans le hall de mon hôtel. Il n’y a pas grand-monde mais nous ne jouons pas pour personne. Si tu veux, tu peux venir nous voir. Puis, après, on ira prendre un café. » Ma voix vacillait entre le gazouillis d’un oiseau et le ton morne et ennuyant d’un professeur d’école, tout cela dans des vibrations d’un ténor impressionnant. Mes iris bleus débordaient, noyant Alexie (et les femmes de la capitale) dans un océan de charme ravissant.

J’ai courbé l’échine, les mains derrière le dos. « Ce fut une soirée mémorable. N’hésites pas à venir me voir. » Et je suis parti. Quelques pas après, une femme me donna un bouquet de fleurs. Jamais mon sourire ne fut aussi étiré.

[FIN]
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Ebenezer Lestrange
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Ebenezer Lestrange, Dim 14 Sep 2014, 00:05


RP avec Seth McSoul

La fin des vacances approchait et le petit brun ne savait pas si c'était un bien ou un mal. Il avait eu un été un peu bizarre. Un mois de juillet purement catastrophique étant donné qu'il s'était fait mettre à la porte par son père et par sa sœur, ce qui était pas très malin quand on avait pas d'adresse de secours et un mois d’août plutôt pas mal au bout du compte. Après avoir passé une dizaine de jours à jouer au clochard trafiquant de chien, il avait été sauvé par Lizzie Bennet. Enfin, sauver était un bien grand mot étant donné qu'il était tombé sur la pouffy la plus tarée de la création et sur sa famille... Ebenezer avait été très bien accueilli, la nourriture n'était pas trop mauvaise, les Bennet étaient sympas mais voilà, il n'y avait que des filles, Lizzie ayant un nombre incalculable de sœurs. Enfin, techniquement, elle n'en avait "que" quatre mais en la comptant et en comptant sa mère, ça ne faisait "que" six sur huit. D'ailleurs, le père Bennet n'était pas d'un grand secours car il semblait plus ou moins immunisé à tant de présence féminine. Le serdaigle, lui, essayait purement et simplement de survivre et de fuir lorsque la conversation dérivait vers des sujets douteux du genre les plus beaux garçons de Poudlard et la planification de leur prochaine séance de shopping. D'ailleurs, leur séance shopping, c'était aujourd'hui, pour son plus grand malheur. Mais, il avait une excuse imparable maintenant, en l’occurrence un: "Bon bah je vais promener le chien."

Et en effet, à la place de parcourir le chemin en long, en large et en travers, il était parti promener SàPN10, son chien volé à une petite vieille, dans Londres. Il aimait bien Londres et puis il commençait à s'y retrouver dans cette ville grisâtre remplie d'êtres vivants appelés communément les moldus. D'ailleurs, il était habillé comme eux vu que les vêtements sorciers empêchaient toute forme de discrétion. Après s'être fait prendre pour un fou un nombre incalculable de fois, il avait fini par capituler et était parti à la pêche aux habits sur les étentes à linges d'une famille du voisinage de son nouveau lieu de squat, alias le manoir des Bennet. Il était donc vêtu d'un sweat-shirt avec un lézard imprimé dessus et un jean normal. Tout ce qu'il y avait de plus moldu en somme. Sauf qu'un Lestrange, même en laissant sa cape de sorcier derrière lui, ne ressemblait pas à un moldu normal. Sa façon de marcher le dos bien droit ne faisait absolument pas jeune londonien branché et l'énorme terre-neuve baveux qui le suivait à la trace complétait l'étrange tableau. Surtout qu'il n'avait absolument pas l'air de savoir qu'il se trouvait devant le fameux 10 Downing Street.
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Seth McSoul
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Seth McSoul, Dim 14 Sep 2014, 12:25


Ce qu'on pouvait assurer concernant Seth McSoul, c'est qu'il n'avait pas vécu des vacances faciles. Durant les premières semaines du mois de juillet, il était mystérieusement tombé malade et Elliot, son frère qui était le seul membre de sa famille capable de pratiquer la magie quand il le souhaitait, n'avait trouvé aucun sort permettant de le guérir. Il avait eu beau, par la suite, consulter divers médecins moldus pour savoir de quoi était atteint le jeune garçon, le résultat ne fut jamais très concluant. Heureusement, son voyage de deux jours dans la campagne anglaise avait su le remettre en état ; on en avait donc déduit que sa maladie n'était due qu'à un simple mal de la ville.

Toutefois, ses malheurs ne s'étaient pas arrêtés là puisque, dans les jours qui suivirent, Seth tenta à maintes reprises de mettre fin à sa relation avec Meredith Hammer, la fille avec qui il sortait depuis quelques années déjà. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas passé de moments intimes ensemble, et ils s'étaient peu à peu éloignés l'un de l'autre. Le jeune sorcier réalisa qu'il n'éprouvait plus vraiment de réels sentiments pour elle et, de plus, il avait depuis peu rencontré une jeune fille qui lui plaisait déjà énormément : Holly Smythe, une élève de Poudlard appartenant à la maison Serdaigle, et avec qui il s'était déjà lié d'amitié. Seth n'était pas du genre à tromper ses petites amies et il se disait que, s'il voulait sortir avec Holly, il devrait d'abord rompre avec Meredith. De plus, celle-ci s'était peut-être déjà rapproché d'un autre garçon depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus.

Le Poufsouffle avait mis au point de nombreux plans pour rompre avec la belle moldue, mais aucun d'eux n'avait fonctionné jusqu'ici. Il avait d'abord tenté de lui faire rencontrer d'autres garçons, des amis d'enfance qu'elle ne connaissait pas, afin qu'elle s'entiche pour eux et qu'elle commence à l'oublier. Malheureusement, Seth n'avait vu aucun de ces garçons depuis longtemps déjà et la preuve en était que, si lui était devenu un bel ado sociable et populaire auprès des filles, tous les autres étaient restés ces petits enfants coincés d'autrefois qui n'osaient pas s'approcher à un mètre d'une personne de sexe opposé sans rougir comme une tomate. Par conséquent, Meredith n'avait apprécié aucun d'eux et Seth avait fini par les renvoyer de chez lui de peur qu'ils ne se mettent à exploser de timidité.

Son deuxième plan avait été de changer complètement son caractère face à la moldue et de se comporter comme un véritable abruti devant elle afin qu'elle puisse s'enfuir en courant. Malheureusement, étant donné que Seth avait toujours été un grand comique avec les filles, Meredith avait immédiatement pensé qu'il s'agissait d'une blague et avait rigolé à chacune de ses interventions idiotes.

Les deux plans suivants n'avaient pas plus fonctionné que ceux d'avant. Seth avait d'abord tenté de lui faire comprendre avec douceur qu'il ne l'aimait plus, mais elle n'y avait pas cru là encore et était partie sans prendre compte des paroles du garçon. La fois suivante, il avait opté pour une solution bien plus radicale et avait usé de son charme pour draguer des filles dans la rue et prendre des photos avec elles. Il s'était dit qu'il pourrait ensuite les envoyer à Meredith pour qu'elle finisse elle-même par rompre avec lui, mais il se résigna, se disant que c'était bien trop cruel pour sa petite amie de toujours qui ne lui avait pourtant rien fait de mal. Toutefois, elle avait tout de même fini par voir les photos en lui piquant son téléphone portable - étant donné que Seth était à moitié moldu, il adorait les téléphones portables - mais il lui avait fait croire qu'il s'agissait de cousines et elle lui avait rapidement pardonné son geste.

À présent, il était temps de Seth de mettre à profit son cinquième et dernier plan. Il avait pour cela donné rendez-vous à Meredith dans un lieu publique, à Downing Street, afin de rompre avec elle de la même manière que dans les films romantiques américains. Au cinéma, ça marchait toujours, alors il s'était dit que ça fonctionnerait sûrement ici aussi.

Le garçon s'était vêtu de ses plus beaux vêtements - de moldus, évidemment - et avait quitté sa maison vingt minutes avant l'heure du rendez-vous afin d'arriver en avance et de pouvoir tâter le terrain. Il allait préparer la scène de façon professionnelle et n'avait aucune intention de rater son coup cette fois-ci.

Il arriva à Downing Street quinze minutes avant l'heure indiquée. Il trouva le premier banc venu et pensa qu'il ferait très bien l'affaire pour qu'ils puissent s'asseoir dessus et discuter tranquillement. Il regarda autour de lui, chassant du périmètre qui l'entourait toute forme susceptible de faire échouer son plan. Il distingua alors, sur le trottoir d'en face, le fameux 10, Downing Street, où résidait le premier ministre d'Angleterre. Il songea alors qu'il serait merveilleux que l'homme fasse son apparition au beau milieu de cet instant tragique afin de rendre la scène encore plus dramatique. Il n'avait pas vraiment envie de faire pleurer Meredith, mais quand il fallait y aller, il fallait y aller.

Mais, soudain, son regard se porta sur une silhouette qui lui sembla étrangement familière. Un garçon, vêtu d'une tenue bizarre qui semblait devoir ressembler à celle d'un moldu mais qui ne l'était pas vraiment, se baladait, droit comme une perche, en compagnie d'un chien Terre-Neuve qui bavait d'un air répugnant. Seth se dit qu'il connaissait son visage. Il était sûr de l'avoir déjà vu quelque part, mais il ne se rappelait plus où. Puis ce fut le choc. Il se rappela Poudlard, il se rappela les sorciers, il se rappela les élèves, il se rappela les Quatre Maisons et il se rappela Serdaigle. Puis il se rappela cet abruti d'Ebenezer Lestrange.

Le Poufsouffle se dit alors que si cet idiot de gamin se mêlait à son rendez-vous avec Meredith, tout serait fichu. Il s'assit sur le banc qu'il avait choisi pour rompre avec la moldue et baissa la tête. Le Serdaigle marchant sur le trottoir opposé, il ne pourrait pas le voir. Ainsi, il attendit patiemment qu'il continue sa route et qu'il s'en aille. Le plus loin possible.
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Ebenezer Lestrange
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Re: Londres - Downing Street

Message par : Ebenezer Lestrange, Dim 14 Sep 2014, 13:27


SàPN10, dont le nom en acronyme pouvait aisément le faire passer pour un robot sorti tout droit de Star Wars, était un chien foncièrement gentil, l'archétype du bon gros toutou à sa mémère. Il appartenait à la catégorie de ceux qu'on pouvait laisser sans problème à la merci des bébés aux mains collantes sans pour autant retrouver les humains miniatures en charpie et quoi qu'il se passait, il était content. Il voyait Ebenezer, il était content, il voyait que sa gamelle avait été remplie, il était content, on allait le promener, il était content, on lui lançait un bâton,... Bref, le principe n'était pas dur à comprendre et le serdaigle l'aimait bien son gros chien noir content parce qu'il n'y avait pas beaucoup de monde qui attendait avec impatience son retour a la maison, l'air heureux et la langue pendante.

Après, Sac à Puces Numéro 10 avait énormément de défauts. Déjà, il était encombrant et absolument pas discret ce qui compromettait sérieusement les plans top-secrets du petit brun qui passait généralement en mode ninja dans ces moments là. Il était hyper-affectueux et sautait sur tout humain jugé amical, le faisant souvent tomber compte tenu du poids de la bête. Il bavait énormément et adorait léchouiller les gens ce qui faisait qu'Eben était condamné à se doucher quinze fois par jour pour se décontaminer, résultat, il n'avait jamais été aussi propre et soigné de sa vie. Et surtout, ce chien était fétichiste... Au départ, le garçon ne s'en était pas aperçu et penser que ce n'était que des cas isolés mais il s'était vite rendu compte que le cabot devenait tout simplement fou dés qu'il croisait un moldu habillé dans un costume, ce qui le faisait étrangement ressembler à un pingouin selon le sorcier. Il avait d'abord cru que sa bestiole avait un sérieux problème avec ces volatiles polaires avant de s'apercevoir quelle était la véritable cible de tant d'emballement: les chaussures en cuir, bien cirées de préférence.

Dés que le chien flairait l'odeur du cuir des godasses, il ne pouvait s’empêcher de foncer comme un malade sur leur propriétaire et de mordiller avec amour ses pieds, ruinant les chaussures, souvent coûteuses, par la même occasion. Le brun pressentit la catastrophe avant son début, alerté par l'accélération de la respiration du cabot et un jappement intéressé. Il ne put cependant arrêter le chien à temps, ratant le collier pour le retenir d'un chouïa. SàPN fonça donc comme un bolide vers un garçon assis sur un banc de l'autre côté de la rue et, une fois sa cible atteinte, entreprit passionnément de lui bousiller sa plus belle paire de chaussures. Ebenezer arriva quelques instants après le début du massacre et tira violemment la montagne baveuse en arrière avant de s'excuser platement.

- Désolé, je ne sais pas ce qu'il lui a pris. Je pourrais réparer vos chaussures si vous...

Il s'arrêta d'un coup pour dévisager son interlocuteur dont le visage lui était horriblement familier. Un garçon de 17 ans habillé comme un pingouin, un garçon de 17 ans qui lui rappelait un certain blaireau préfet. Il fallait se rendre à l'évidence, la nouvelle victime de SàPN10 était l’infâme Seth McSoul en personne. Sa virée londonienne allait donc tourner au cauchemar, surtout que maintenant, il était fiché à vie. Un Lestrange en habits moldus avec un énorme chien obsédé par les chaussures de luxe, ça brisait les mythes...

- Finalement, je retire mes excuses... déclara-t-il froidement.

Il n'aimait définitivement pas McSoul et il était absolument hors de question d'être agréable avec lui, même s'il était en tord. De toute façon, c'était la faute du chien.
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Seth McSoul
Poufsouffle
Poufsouffle
Spécialité(s) : Permis de Transplanage


Re: Londres - Downing Street

Message par : Seth McSoul, Dim 14 Sep 2014, 16:32


Il ne me voit pas, il ne me voit pas... Ça va aller, ça va aller...

Mais le chien, lui, l'avait vu. Ou plutôt, il avait vu ses chaussures. En effet, pour donner encore plus d'intensité à cette scène de rupture à l'américaine, Seth s'était vêtu des meilleurs habits qu'il avait trouvés dans son armoire, et avait même osé emprunter les belles chaussures en cuir de son beau-père qui faisait la même pointure que lui. Et, comme apparemment les Terre-Neuve éprouvaient une certaine attirance pour les chaussures en cuir, celui-ci s'était manifestement jeté sur celles de Seth et avait immédiatement arraché leurs semelles.

- Eh, sale clébard !!! Tu vas me lâcher, oui ?!!?

Cette phrase était sortie malgré lui de la bouche du garçon. Enfin, il n'avait pas non plus essayé de se retenir, étant donné l'identité de son maître. Ce-dernier, apparemment, ne l'avait pas reconnu, puisqu'il s'empressa de dire le plus poliment possible :

- Désolé, je ne sais pas ce qu'il lui a pris. Je pourrais réparer vos chaussures si vous...

Seth était presque surpris qu'Ebenezer Lestrange puisse proposer à un moldu de réparer ses chaussures. Il faillit éclater de rire, mais le Serdaigle finit par se ressaisir en identifiant le Poufsouffle et dit :

- Finalement, je retire mes excuses...

Seth ne put s'empêcher de lâcher un des plus gros fous rires de son entière vie. Voir cet abruti de Lestrange dans un tel état était si comique qu'il ne pouvait s'arrêter de s'esclaffer. Il s'empressa de lâcher les phrases les plus ironiques qu'il trouva :

- Oups, excuse-moi ! Je ne t'avais pas reconnu dans les vêtements de ton grand-père ! Ah ah ah ! Je suis sûr que c'est ton chien qui les a tricotés ! Oh, et qui, c'est, ce gentil toutou ? Attends, mais... Ce ne serait pas ton ami, par hasard ? Enfin, je veux dire... ton seul ami ? Ah ah ah !!!

Certes, c'était méchant. Mais après toutes les cruautés qu'avait infligées Lestrange à Seth, il méritait bien ça. Le Poufsouffle, lorsqu'il eut mis fin à ses moqueries, enleva ses chaussures en cuir et contempla avec dégoût le massacre. La plus belle paire de chaussures de son beau-père était en miettes. Il allait le tuer... Puis il les prit entre ses mains et les tendit au Serdaigle :

- Merci de ta proposition. Bon garçon, c'est gentil, tu es très poli. Tiens, répare mes chaussures, et je te donnerai quelques pièces. J'ai entendu dire que les Lestrange étaient à la ramasse depuis que leur idole s'était fait tuée par un binoclard de 17 ans, alors ça ne m'étonne pas que certains d'eux soient à la rue.

Puis, voyant qu'il allait un peu trop loin en insultant la famille du gamin, il décida enfin de s'arrêter dans ses idioties.
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