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Rues de Londres, après le couvre-feu
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Ailyne Lawson
Poufsouffle
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Ailyne Lawson, Ven 10 Juin 2016 - 19:32


Mal, plonger ou s'envoler ?
Musique
_______________________

Tu le vois. Comme ça. Dans un éclair. Dans la fumée. Sur des patins. Des regards qui se croisent. Qui s'enlacent. Qui disent tellement. Ça dit tellement un regard. Ça t'entraîne, ça t'emmène. Tellement loin. Jusqu'au bout du monde. Ça fait voyager un regard. Çà fait s'envoler. Ça fait traverser la terre entière. A pied. C'est tout voir, tout entrevoir, tout apercevoir. Le saisir, se l'approprier et le recracher. Ça donne tellement un regard. De la vie, de l'amour, des questions. Des réponses ?

Boum. Il apparait. Dans les étincelles juste avant la fumée. Regards croisés, regards enlacés. Ca semble irréel. Une arrivée comme ça. Tu l'as vu bien avant qu'il te voit. Qui fait du patin aujourd'hui ? Qui a un tel besoin de fuir la vie ? Par ses propres moyens. Sans aide, juste par la force de sa volonté. Fuir la vie, pour mieux la rattraper. Fuir les obligations, les contractions, les conventions. Tu sens ça Lyne. Tu le sens tellement. Tellement intensément. Ce besoin de fuir la communauté, la société. Et pourtant t'y immerger totalement. Jusqu'à plonger la tête sous l'eau.

Le besoin de partir.
De t'enfuir.
De n'être que ce que tu veux.
De ne faire que ce que tu veux.
De choisir.
De détruire.
De tout embrasser.
De tout embraser.

Et pourtant, de vouloir contempler la vie. D'y prendre part aussi. D'être quelqu'un, dans quelque chose. Quelqu'un qui existe. Qui a une consistance. Exister. Vivre. Pour toi. Mais pour quelqu'un aussi. Sinon à quoi ça rime. De n'avoir personne dans sa vie. Personne pour voir. Pour créer l'écho. L'écho des vies. Celui des sensations. Des sentiments. Comment on crée les choses Lyne, si on a personne.

Des étincelles avant la fumée.
C'est comme ça qu'il est arrivé.

On sait que ça arrive mais on s'y attend jamais. Ça te bouleverse. D'attendre, et quand tu rencontres une vie. Un peu perdue comme toi. Qui sent ton regard. Te le renvoie. Avec tellement plus. Qui t'offre. Un bout de sa vie. En échange de la tienne. Juste un regard. Pourquoi attendre plus des autres quand on peut avoir un regard ? Qui enflamme. Qui traverse. Qui bouleverse.

Boum.

Ca résume bien ce qui se passe pour les gens qui entrent dans ta vie Lyne. Ils te voient. Sentent. Ressentent. Existent. S'embrasent. Brûlent. Et tombent. Boum. Boum. Boum. Comme un cœur. Comme des cœurs. Comme des battements qui se mêlent, qui s'emmêlent. Boum. Boum. Boum.

Il s'est cassé la gueule.
Ca va ?

Dis lui, au lieu de rester comme ça. Sur tes marches. Avec ta robe vaporeuse. Noire comme la nuit. On dirait que tu n'existes pas Lyne. Que t'es immatérielle. Pourtant t'aimerais bien ce soir. Qu'on saisisse. Ce qui se passe dans ta vie. Dans ton cœur. Demande-lui. S'il va bien. S'il a besoin d'aide.

Ah mais non.
J'oubliais.
Que tu t'en foutais.
Parce que tu t'en fous de tout.
Parce qu'il peut le dire tout seul.
S'il a mal.

Tu le regardes. Tu le regardes pas vrai ? De ton regard qui transcende. Tu le saisis lui. Dans son intégralité. Tu cherches à comprendre. S'il va venir te parler. Tu meurs d'envie de lui parler. Alors pourquoi tu ne le fais pas. Qu'est-ce qui te retient cette fois ? Toi qui fait tout. Qui ne t'empêche rien. Qui rythme ta vie par tes désirs. Qu'est-ce qui t'empêche. De lui dire un mot.

Tu es devenue muette ?

Toi qui pensait incarner la vie. Ça surprend pas vrai ? De voir. Qu'il y a meilleur que ce soit. Qu'il y a plus vivant. Qu'il y a des gens. Capables d'être heureux. Insouciance. Ça surprend pas vrai ? De voir une telle beauté ? Sans artifice. Sans préconçu. Un visage. Qui représente tellement un intérieur. Ça te surprend. Et on te surprend jamais Lyne. Tu anticipes tout, tu vois tout ce qui va arriver. Tu as un tel contrôle sur l'environnement. Même la nature se soumet. Mais ça Lyne. Ça, tu l'avais pas du tout prévu.

Un tel visage. Et ce bruit de patin. Qui fuit. A en perdre la raison. A la déraison. Tu as d'ailleurs toutes tes raisons de croire. Qu'il serait d'excellente compagnie. Parce que plein de vie. Un tel visage.

Tu te lèves. Avec ta longue robe noire. Les princesses des nouveaux jours, je les savais pas si dépravées. Cendrillon a pris un coup non ? Débraillée. Déchainée. Désenchantée. Et pourtant un enchantement à toi toute seule. Dis donc, il est pas un peu plongeant ce décolleté ? Pour une princesse, c'est peut-être un peu abusé ? Une princesse des temps modernes, ça reste une princesse. Bah quoi. C'est vrai. Comme ça. Lyne. Tu ressembles à une princesse. Celle qui sont capables de déplacer des montagnes. Ou qui du moins s'en donnent l'air. Tu ressembles à quelqu'un de fort. Et de sensible. D'où tu sors comme ça ? Lyne. D'où tu viens. De quelle planète. De quel endroit. Pour être si belle. Si différente. D'où tu sors ?

D'un escalier.

C'est poétique un escalier. Comme endroit. Ça représente plein de choses un escalier. Ça représente une montée, un passage. Un lieu de rencontre. Un lieu de soutien. Un lieu où on surplombe le monde. Où on peut le voir se déchainer. Comme toi Lyne. Déchainée. Sans chaine, aucune. Aucune entrave.

Est-ce que tu es à trois dimension. Est-ce que tu es un mouvement. Une image. Un son. Et lui. Qu'est-ce qu'il est. Une odeur. Une danse. Est-ce qu'il a une voix. Qui chante. Agile. Qu'est-ce que ça fait comme caresse, quand il bouge ses lèvres. Est-ce qu'il peut produire des étincelles en roulant sur ses patins. Est-ce qu'il entend cette mélodie. Dans l'air.

- Tu sais pas patiner ?

Drôle de façon de demander s'il est blessé. Il est doué pourtant. Tu l'as bien vu. Qu'il était capable d'aller plus vite que la vie, plus vite que le temps. Puisqu'il a été capable de te rattraper. De t'attraper au vol.

- Moi je sais pas patiner. Je sais pas grand chose en fait.

Mais t'es avide de savoir Lyne. Avide de tout comprendre. De tout connaître. C'est pour ça que t'observes tout le temps. C'est pour ne rien perdre. Ne rien oublier. Et garder tout ce que tu peux. Et lui. T'as envie de le connaître pas vrai. Avec son visage d'ange. Juvénile. Entre homme et fille. T'aimes bien cette idée. De ne pas choisir. D'être ce que l'on veut. Au moment où l'on veut.

T'essayes de l'attraper, dans ton filet, avec tes cils qui s'agitent, qui couvrent tes beaux yeux. Tes doux yeux. Ton âme passionné. Tu vas lui aspirer son âme. S'il s'approche trop près. Tu le sais. Mais tu le laisses s'approcher. Peut-être que pour une fois. Pour une fois tu pourrais te laisser aspirer. Te laisser couler. Ça serait une très bonne idée. De flotter. Dans les cieux. Sur les nuages.

Pourvu qu'il ne parte pas.

Retiens-le alors. Retiens-le tu sais si bien le faire avec tous les autres. Tu sais toujours comment faire Lyne. Allez. Retiens-le. Qu'il aie ensuite le mal de toi. Qu'il commence à rêver de toi. Que tu puisses entrer dans sa tête. A tout jamais.

Mais tu ne peux pas.
Tu ne veux pas.
Tu veux.
Te laisser aller.
A sa peau de porcelaine.
A découvrir le monde qu'il cache.
Derrière sa peau.
Toutes les lois.
Qu'il renferme.

Dans son monde. Tu n'es même pas sûre qu'il y ait de la gravité. Et c'est ça qui te donne envie d'y plonger.
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Malena Kane
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Malena Kane, Lun 13 Juin 2016 - 23:39


Pour Lyne,
Tu sens, quand un rayon de soleil caresse ta peau ?
Même dans la nuit ?


Musique
__________

Le crépuscule a comme balayé les passants. Non. Londres n’est pas encore morte. Elle exhibe toujours son visage tordu de convulsion. Son visage. Qu’il est fait d’ombres. Qui grouillent, gargouillent. Dévorent, dévorent. Non. Londres n’est pas encore morte. Elle s’est juste arrêtée. Un temps. Entre deux secondes. Sur cette place. Éclairée à la bougie. Le Saloon des derniers mots doux.

Mal. Mal ?

Dis. Tu vas rester longtemps. Comme ça. Une moitié de ta tête. Sur le pavé ? L’autre moitié. À la regarder ? Cette petite fée sur les escaliers. D’ailleurs. C’est quoi ? Ce regard. Dans tes yeux. On dirait un enfant. Emerveillé devant un vieux tour de magie truqué.

Mal. Mal ?

Tu vas t’éterniser ? Car, faudrait peut-être se relever. Si tu veux leur échapper. Et patiner, encore. Et patiner. Tu vas finir par te noyer. T’envoler ? C’est pas ce que tu voulais pourtant ? T’envoler. T’échapper. Sur une ambiance montagnes russes. Sans barrière de sécurité. C’est ce que tu cherchais non ? À patiner. Pour exister. Dans ton élan furieux à tout déchirer. C’est où. Maintenant ? Pourquoi c’est devenu plus doux ? Maintenant. Ils n’ont que faire de la douceur. Ils vont finir par t’attraper, et te broyer. Tac. Tic. Ils arrivent.

Mal. Mal ?

C’est quoi qui se passe ? Tic. Tac. T’es où ? T’as mal où ? Pourquoi. Pourquoi tu. Bouges plus. Tic. Tac. C’est elle ? Oui, c’est elle. C’est fou comme elle est belle. Mais. Tu vas le perdre. Ton rythme. Ton rythme Rock n’roll. Il se décolle ! Regarde. Il se décolle. Il se décolle de tes patins. Pourquoi. Pourquoi tu gardes le frein à main ? Tu vas plus avoir d’ailes ni d’étincelles sous tes semelles. Regarde! Il se décolle. Ton rythme Rock n’roll.

Mal. Mal ?

Tu m’écoutes ? T’es où ? T’as mal où ? T’es dans quel ailleurs ? Et ton coeur. Qu’est… plus à l’heure ! Qu’est-ce qui se passe ? T’as le coeur qui bat à moins cent à l’heure. Qu’est-ce qui se passe ? Elle se dérègle, ta mécanique du coeur. C’est quoi ? C’est qui ? C’est elle ? Foutue lueur.

Mal. Mal ?

J’ai pas envie. J’aimerai bien aller lui parler. Et la rencontrer. Encore une fois.

Je comprends. Tu sais. Je comprends. C’est fou comme elle est belle. Pour autant. Eux. Ils s’en foutent. Allez, mon vieux. Debout. Ta tête tournera moins quand tu reprendras ton chemin vers le loin. Allez. Je sais. C’est fou comme elle est belle. C’est le choc. Et faut se relever pour aller mieux. Chasser les papillons. Et les tambours de feu qui cognent. Dans ta tête.

Faut se relever pour aller mieux. Parce que les ombres. Les ombres. Elles arrivent. Prêtes à fondre sur leur proie. La proie.
C’est. Toi. Mal.
Faut bouger. Où elles vont te niquer. Comme des bonbons qui piquent.

Mal. Mal ?

Pourquoi tu restes là. Sur le pavé. Immobile, comme sous morphine. On dirait un malade. Qui attend sa piqure de dopamine.

Regarde. Elle avance. Et y a le vent. Qui joue de son archet sur ses hanches violoncelles.

- Tu sais pas patiner ? Première piqûre. Moi je sais pas patiner. Je sais pas grand chose en fait. Deuxième piqûre.

T’as vu. En quelques secondes. Déjà.
Elle est entrain de réparer les étoiles,
explosées sous mon crâne hantée.


T’es entrain de délirer.

Mais non ! Goûte mon sang. Qui coule de mon nez. Il n’a plus goût de sang. Mais de grenadine ! Et t’as vu ! Elle est entrain de nettoyer des souvenirs et des rêves usés. C’est fou à quel point elle est…

(Belle ? Je sais oui. Mais qu’est-ce que ça change ? Qu’elle soit belle comme une étoile ? Qu’est-ce que ça change ? Rien. Ce n’est qu’une illusion. Qu’une chanson. Et ça finit toujours par s’arrêter. )

…Musicale. T’entends ? Les notes de musique qu’elle offre ? Juste comme ça. Ça vole s’envole de son corps comme le vent s’échappe de la mer. Je veux encore écouter. Juste écouter. Encore un peu. Avec les yeux.

Tu vois flou ; tu deviens fou.

- Si, si. J’sais patiner. Mais, y a eu un faux courant. À cause de toi, j’crois.

Je m’en fou. D’y voir flou. J’ai pas besoin de voir. Pour écouter, danser. Je préfère avoir les yeux fermés. Écouter, danser. Elle est là, dans sa belle robe. C’est fou, c’est vrai, comme elle est belle. On dirait un réverbère. Une luciole qui attrape toute les lumières.

- Tu pourrais m’aider à les réparer ? Je pourrai t’apprendre à patiner.

Retire pas tes patins ! Je sens les ombres qui s’approchent. Moi. Je les entends. Leurs paroles qui sonnent comme une malédiction. Je sens déjà. Le froid qui pénètre le corps. Plus d’anti-corps. Ça te bouffera. Retire pas tes patins…

Tu crois que les lucioles ça aime les cigarettes ? Clic de briquet. Tu lui présentes tes vaisseaux à roulettes. Inspiration. Tu crois vraiment. Qu’elle va tout arranger ? Qu’elle va souffler et que toutes les ombres vont se consumer ? Fuite de fumée. C’est la contorsion des âmes en attente de danser.

- Alors. Tu crois que tu pourrais les réparer ?

Mais Merdre. Mal. Tu me fais quoi ? Tu voulais pas t’arrêter. Et maintenant. Tu ne veux plus bouger. Tu vas rester assis-e, là ? Demain matin. Ça sera pareil. Qu’elle soit belle. Ou pas. Ça sera pareil. Tu devras continuer à courir, encore et encore, et fuir. Toujours fuir. Qu’elle soit belle. Ou pas. Ça sera pareil.

T’as pas besoin d’elle ! mais d’ailes ! Appelle le Dragon ! Ton Dragon ! Lui, il pourra t’aider. Lui, il pourra.
J’ai pas besoin de mon Dragon.
Je comprends pas. Je comprends pas t’sais.

J’ai pas besoin de mon Dragon. Et de sa colère.
J’ai l’impression que je ne pourrai pas tenir seul-e ce soir.
J’ai mal.
Je veux pas être seul-e.
J’ai besoin de quelqu’un qui puisse
voir et entendre avec moi.


Dernière édition par Malena Kane le Mar 14 Juin 2016 - 13:47, édité 1 fois
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Ailyne Lawson
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Ailyne Lawson, Mar 14 Juin 2016 - 11:12


Mal, fais-moi danser.
Musique
___________________

T'as le sang qui palpite. Les veines qui se déchirent à coups de rêves. T'as dans le cœur un moteur. Qui fait que même quand tu t'arrêtes. T'es toujours en mouvement. T'es toujours en mouvement. T'es toujours en train de bouger. De palpiter. Dans ta tête, c'est pluie d'étoiles, désirs à n'en plus finir. Images qui s'enchaînent, qui se déchainent. De rêves qui se tordent d'envie d'exister. Tu t'arrêtes jamais toi. Lyne. Assise sur ses marches, tu gravis les plus hauts sommets.

Tu cherches à trouver quelque chose dans son regard. Tu le contemples et t'essayes de saisir. De saisir ce qu'il cache derrière ses yeux. Quel paysage il voit. Lui. Quel couleur ça a. Dans sa tête. Pastel, fluo, ou que du doré, que du beau ? Et comment il te voit Lyne. Regarde dans ses yeux. Regarde. Tu y trouveras la réponse. Comme il te voit.

Ça y est.
T'as saisi ?

Exactement. Tu t'es approchée. Et oups. Lui aussi ne peut plus se détacher. Essaye encore. Essaye encore Lyne. Ca ne marche jamais dans ce sens. Tu ne peux pas. Toi. Te laisser aller. C'est ton énergie. Elle aspire celle des autres. T'as beau tout tenter. Tu peux pas faire ça. C'est toi. A force d'analyser. De regarder comme ça. On ressent de nouvelles choses. Tu comprends pas. Tu comprends pas vrai. Tu comprends rien. Ils peuvent pas se décoller de ta peau.

Ça marchera jamais.
Oublie ça tu veux.

Eh. Tu m'écoutes ? Ah. Je vois. Tu veux la jouer comme ça. Je ferais ce que je veux tant pis. C'est ça que tu te dis. Tu te dis que tu sais mieux que moi. Que tu n'as pas besoin de moi. Pour savoir. Pour comprendre ce qui va se passer. Sauf que moi, je sais. Et toi. Et toi tu ne réalises pas en fait. Tout le mal que tu fais en permanence. Regarde. Il a du sang qui coule partout sur le nez. Ah ! Tu t'en rends compte que maintenant.

Pitié Lyne. Sors de ta bulle. T'es ridicule. T'es ridicule. A voir à travers les gens, tu oublies de regarder ce qui se passe là. Ça t'arrive pas ça. Normalement tu saisis tout. Alors pourquoi c'est différent. Aujourd'hui. Avec lui. Allez, reprends toi. Tu vois ses derniers oiseaux qui s'échappent. Ce réverbère qui flanche. Ces passants qui rentrent chez eux. Les dernières voitures du soir, avant de laisser place à celle de la nuit. Lyne ! Fais un effort.

Mon regard. Mon regard converge vers le sien. C'est comme un aimant. Ça se répond. Comme un écho. J'essaye de savoir ce que disent nos regards. Ils se parlent. Et nous on saisit rien. Rien du tout ! C'est incroyable. Il se passe quelque chose. Là. En cet instant. Je sens qu'on échange, mais qu'on peut pas comprendre. J'ai l'impression que ça va bien au-delà de nous. C'est nos âmes qui se répondent. Elles se disent des trucs beaux. Des trucs doux. Et moi je comprends pas. C'est ça que j'essaye de capter. Tu comprends pas. Tu comprends pas que moi aussi je suis aspirée ?

Tu le crées dans ta tête. Ça n'existe pas ces choses-là Lyne. Ça ne marche pas comme ça la vie. Je vais t'expliquer moi. Je vais t'expliquer ce que c'est la vie. C'est un truc sans issue. Une impasse. Où tu penses avancer, mais tu te retrouves face à un mur. Tu peux toujours entrer. Aller chez les gens. Pour voir autre chose. Mais au final, ça sera les mêmes personnes, les mêmes visages. Entre soumission et hiérarchie. Tu crois que tu ne te soumets pas mais tu n'as pas le choix. On est plus en maternelle Lyne. On est chez les adultes. Et chez les adultes. C'est travail et responsabilité. T'es face à un mur Lyne. T'as fait tout le tour. Qu'est-ce que ça fait de savoir ça ? Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant.

Monter sur les toits.

Mais il n'y aura que toi Lyne. Tu seras encore une fois seule.

Non. Non ! Parce que ce soir.
Ce soir.
Je viens de comprendre.
Qu'il y en a d'autres.
Qui veulent vivre à en mourir.
Qui veulent ressentir à tout prix.
Et qui s'en foutent.
Des autres.

Alors ça veut dire.
Ça veut dire que je serais pas seule.
Parce qu'il est là.
Et il fuit.
A toute vitesse.
Regarde comme il est allé vite.
Il fuit.
Car il veut vivre.
Comme moi.


- Si, si. J’sais patiner. Mais, y a eu un faux courant. À cause de toi, j’crois.

Tu vois Lyne. Pas comme toi, Lyne. A cause de toi. Ta faute. Toujours de ta faute. Qui te dit qu'il veut de toi Lyne. C'est de ta faute s'il saigne du nez. C'est de ta faute s'il s'est rétamé. Ta faute ! Et ça sera toujours la même chose. La même chose. Qui te répète. Que c'est ta faute.

Un faux courant. T'as jamais entendu de trucs pareils. Tu trouves ça dingue. Un faux courant. C'est quelque chose que t'as créé Lyne. Avec ton regard. C'est ça dont je te parle. Quand t'aspires les gens. Comme un détraqueur. Tu détraques les cœurs.

- Tu pourrais m’aider à les réparer ? Je pourrai t’apprendre à patiner.

Tu t'approches encore. Démarche gazelle. Qui sautille. Comme une enfant. Tu déchires un bout de ta robe. Faudrait pas que ses idées fuitent par le nez. Une si jolie robe Lyne. T'as pas honte de l'avoir déchiré.

Je m'en fous.

Des robes, y'en a des millions. C'est ça que tu vas me dire. Mais c'est toujours comme ça avec toi. Tu respectes rien. Tu fais les choses comme tu veux. Tu t'en fous de tout. C'est ça que je te reproche ! Faut que ça cesse. Soit une vraie femme. Soit une vraie femme.

Et si je voulais être un homme ?

Ça tu ne peux pas.

Et pourquoi je peux pas. Je peux tout faire. Je peux tout être. Je peux tout devenir. C'est mes choix. C'est ce que je veux. Quand je veux. Mais ils verront que tu es une femme. Et quelle importance si moi je me sens homme c'est que j'en suis un. Ça dépend de moi. Ça dépend de moi. Je suis ce que je veux. Tu veux être un homme ?

Non.
Non.
Je veux danser.
Et hurler dans la rue.
Mettre une robe de princesse.
Et la déchirer.
Parce que j'en ai envie.


T'es complètement folle. Folle à lier. Folle de vivre. Et tu vas tout détruire. Tout bousiller sur ton passage. Ça va laisser des marques sur le sol. Des marques sur le cœur des gens, et sur leur corps. Tu brûles tout. Tu brûles tout Lyne. Et tu t'en fous. Dans ton sillage, tout est bouffé, tout est rongé. Tu fous tout en l'air.

Et lui, il te propose une cigarette. Et toi. Toi comme t'aimes tout ce qui détraque. Tout ce qui fout en vrac. Tout ce qui fout une claque. Tu la prends. Dans un sourire. Jusqu'aux oreilles ton sourire. De toute façon, tu fais jamais dans la demi-mesure. Tout. Rien. Jamais les deux à la fois. Alors tu souris comme on lui a sûrement jamais souri. Avec ton côté enfantin, et ton rire cristallin.

Clic du briquet, qui fait valser la flamme, avant qu'elle consume ton âme.

T'aspires tes rêves pour recracher toutes les limites. Regarde. Dans le ciel. Il y a des responsabilités qui s'envolent, il y a des devoirs et des conventions. Trop de choses que tu ne comprends pas. T'aspires tout le reste. Et ça reste coincé là. Dans ta gorge. Dans ton corps. Ça passe par tous tes pores. Ça brûle tout, tout de passion. Illumination. Ça brille dans ton corps. Toutes tes cellules se mettent à briller. A hurler. Qu'elles sont capables. Elles aussi. De s'enflammer. Comme tes rêves. D'illuminer.

- Alors. Tu crois que tu pourrais les réparer ?

Tu le regardes. Tu t'écartes un peu. Avec du recul, on voit toujours mieux. On comprends toujours mieux. Ce qui se passe. Dans la tête des gens. La fumée brouille son visage. Elle le grignote. C'est parce que tu l'aspires Lyne.

Pas du tout.
On s'aspire.
Ça valse.
Je danse.
Sur le rythme de cette mélodie.
Doucement.
Si c'est brouillé.
C'est parce que c'est le brouillard des rêves.
Qui enlacent.
C'est comme un cocon.


- Tu voudrais pas juste m'apprendre à patiner ?

Tu sais pas réparer. Tu sais juste détruire pas vrai. T'es pas capable de penser aux autres. Il y a que toi. Que tes désirs. Petite Maligne. Comment tu vas faire. Comment tu vas faire pour patiner, si ses patins sont pas réparés ?

- En fait. En fait je veux juste danser comme tu dansais. T'allais si vite. C'était si beau.

Qu'est-ce que tu veux du coup Lyne ? Tu sais même pas en fait. Tu dis des choses mais tu sais même plus. T'es dans le brouillard.
Qu'il ne parte juste pas. Alors tu murmures un #Reparo, avec ta baguette magique, qui était caché sous un pan de ta robe. Peut-être que tous tes rêves sont cachés dans les pans de ta robe.

Et tu rigoles. Tu ris tellement Lyne, ça fait rire les étoiles. Regarde, elles se mettent à danser aussi !

C'est beau le monde.
C'est beau la vie.
C'est beau la rencontre des esprits.
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Malena Kane
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Malena Kane, Ven 17 Juin 2016 - 2:26


Lyne,
Écoute la pluie,
Elle aimerait danser avec toi

musique


___________



Mal. Tu ressembles à un enfant, un enfant avec un déguisement de Dragon sur le dos. Un déguisement tout vert avec des rêves dessus. Des rêves qui sont tombés de ton sommeil. Et que t’as ramassé, avidement. Comme un trésor. Les Dragons aiment les trésors, c’est bien connu. Toi, t’aimes ce genre de trésor : faits de rêves. Qu’on trouve au bord du lit, juste après le réveil.

Alors. Ces rêves. Tu les as vites attrapés. Pour pas qu’ils se fassent la malle. Tu les as serrés fort contre toi pour pas qu’ils aient peur. Puis, doucement. Tout doucement. Tu les as collés sur ton déguisement. Pour toujours les avoir auprès de toi. Parce que c’est précieux. Les rêves d’enfants. Comme des rubis jaune-rouge-bleu-violet-orange, des rubis en papier mâché, et qui brillent. C’est du papier spécial. Qu’on peut cueillir sur des arbres bleus. Ces arbres qui poussent pendant la nuit. Seulement la nuit. Entre une heure et minuit. Quand vient l’Instant bleu.

T’es Mal Le Dragon. Le cul sur le pavé. Avec tes patins à roulettes tout cassés. On voit juste ta tête qui dépasse de ton déguisement. On voit juste que tu la regardes. Elle. Qui fait briller tes rêves sur ton déguisement. Tu la regardes, avec ton bout de robe sur le nez pour éviter que les rêves s’en aillent. Inhale. Chemin inverse. L’odeur de son parfum de peau a glissé sur le tissu. Inhale. Y a un peu d’elle mais aussi de la grenadine. Ça fait un mélange plutôt rafraichissant. Sans odeur de sang.

Le plus étrange, tu penses, c’est que Luciole me regarde aussi. Comment ça se peut ? Avec sa cigarette qu’elle aspire pour enfumer les mauvaises idées. Elle te regarde aussi, oui. Ah. Tu te demandes. Elle pense quoi de toi, Luciole ? Elle a fait un pas en arrière. Pourquoi ? Pourquoi elle a fait un pas en arrière. Pourquoi qu’elle te regarde. Tu ne t’es jamais posé cette question : qu’est-ce qu’on peut bien penser de toi. Pourtant. Là, tu te la poses. Elle pense quoi de moi Luciole ? En me regardant ? Et c’est bizarre. Demande-lui, et tu verras.

Ta bouche s’est entrouverte, mais rien n’est sorti. Aucun mot. Aucun son. Luciole. Luciole. Est-ce que me trouves rigolo ? Ou peut-être un peu bête ? Ou les deux. Un rigolo bête. Ou. Un bête rigolo. T’espères quoi ? Qu’elle entende. Qu’elle les saisisse, tes pensées ? Non. Surtout, tes émotions. Ce qui se passe à l’intérieur de toi. Parce que c’est pas rien. C’est là. Vachement là. Que c’est important. Que ce n’est pas rien.

Elle pense quoi de toi, Luciole. C’est une question qui obsède. T’arrives pas à traduire. T’as besoin d’un peu d’aide. Analyser. Toi aussi, tu grignotes un bout de ta cigarette. Analyser. Ses gestes. Sa façon de te regarder. Peut-être que tu pourras y trouver une pensée. Dans ses yeux. Quelque chose. Qui réponde à ta question. Qu’est-ce qu’elle pense de moi Luciole. Mais. Dis. Pourquoi cet intérêt soudain ? L’avis des autres. Ce que pensent les autres de toi. On s’en branle non ?

Pas cette fois. J’aimerai qu’elle entende et voit avec moi. J’ai pas envie d’être flou, ni pas beau et bizarre comme du gromolo. J’aimerai qu’elle m’aime (bien).

- Tu voudrais pas juste m'apprendre à patiner ?

Hum ? Suffit d’enfiler les patins. Tomber. Et essayer, encore, encore, et encore, et encore, jusqu’à ce qu’« encore » s’épuise de son comique de répétition. Puis, qu’elle s’en achète des patins. Des tiens, t’en as besoin. T’as pas le temps de lui apprendre. T’as pas le temps. T’as juste le temps de filer. Je te signale que les omb/

- En fait. En fait je veux juste danser comme tu dansais. T'allais si vite. C'était si beau.

Et puis. Elle répare tes patins à coup de #Reparo. Et puis. Elle répare ton coeur à coup de rire. Elle rit. Regarde comme elle rit. Ça fait trembler les étoils. Non, ça les fait danser. Son rire, c’est une onde cosmique. Qui travers le vide. [RAAAAH BIM] On dirait clochette. Celle dans Peter Pan. [RAAAAH BIM].. Ou celle sur un vélo. [RAAAAH BIM.] C’est quoi ce bruit ?

(« Ferme la bouche, respire par le nez. Combien de fois faudra-t-il te le répéter mon pauvre enfant ? »)

Tu fermes la bouche. C’était quoi ? Cette voix ? Oh. Cette voix. Un souvenir. Une mère. Ta famille. Tu comprends maintenant ? [RAAAAH BIM.] Et ça c’est quoi ? Mais. Mal. Merdre. C’est eux. Qui creusent. [RAAAAH BIM.] Ça vient d’en bas, comme la dernière fois ! Ça vient d’en bas, des souterrains. Tes souterrains. Ils veulent remonter à la surface. Et ils vont y arriver. [RAAAAH BIM.]

Non, non, non. Je ne veux pas. Ça sert à rien. De t’accrocher à son rire. À son sourire qui flotte. Elle va t’échapper. Non, non, non. Je ne veux pas. Je veux qu’elle reste. Cause perdue Mal. J’ai compris que le monde était aveugle, cruel. Si cruel. Mon coeur. Mon put*in de coeur, il est débordant de bonne volonté et personne ne l’entend. [RAAAAH BIM]. Y a que ces foutues bruits de pioches qui ont des odeurs de fantômes. [RAAAAH BIM.] Mon coeur. Mon Put*in de coeur. Il est débordant de bonne volonté, et personne ne l’entend. Sauf elle. J’en suis certains. Elle saisit. Ce langage mystérieux que je ne comprends pas trop non plus, et qui essaye de s’échapper de moi. Elle le saisit….

Tu te relèves. Tu tires une latte dans ton déguisement de Dragon vert qu’est devenu un peu usé tout d’un coup. À cause de toi. Et parce que pour une fois. Tu réfléchis trop. Tu la vois droit dans les yeux. Tu pousses vers elle. Toute ton âme. En espérant qu’elle capte. Comment te transmettre ces minuscules détails. Ces instants. Ces instants lumineux qui clappent dans mon coeur ? J’sais pas trop ce que ça veut dire. Et toi ?

- Tiens Luciole. Prends les patins. Et essayes.

Tu peux pas lui apprendre. Tu n’sais pas comment faire. Tu fonces, c’est tout. Avec du feu dans les yeux. Alors quoi ? Tu testes ? Tu la testes ? Tu veux voir si. Comme toi, elle sait. Elle y arrive ? À emprunter les courants dangereux et sublimes ? Tu testes. Savoir si. Vous êtes vraiment sur une même vague. Si. Comme toi. Elle danse. Tu trembles. T'es sûr qu'elle danse. Comme toi. Mais t'as besoin d'être sûr. Pourquoi ? T'es pas comme d'habitude. C'est parce que c'elle ? Que c'est important ?
Regarde. Tu trembles.

T’es drôle Mal. T’as le coeur lourd de choses graves. Des choses d’adultes que tu manies avec ton âme d’enfant. Est-ce que c’est possible ça ? D’être un adulte et d’avoir une âme d’enfant ?  [RAAAAH BIM]. Est-ce que c’est possible ça ?

Ah. Mal. Regarde. Comme tu flippes. T’es entrain de flipper. Est-ce que la magie va disparaitre ? Psshit. Que ça va faire dans ton coeur ? Juste au moment où tu crois pouvoir toucher ce truc  ; cette chose insaisissable. Juste à ce moment. Où tu vas poser ton doigt dessus. T’as la conviction. Que tout va s’envoler. Qu’on va tout te prendre. Que ton coeur va se pendre. Juste un tour de magie. Un tour de looping. Et puis. La lune te sortira un Merci avec un sourire. Une cerise au goût amer. Juste un merci avec un sourire. Un point sur un i. Juste un merci. Terrible. Et tout s’envole.

Et si.
Luciole, ne saisissait pas ?
Je suis sûr que oui.
Je le sens...
Il le faut...

Mais si ?
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Ailyne Lawson
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Ailyne Lawson, Ven 17 Juin 2016 - 9:46


Mal, de la dynamite dans les pieds, à la poursuite de nos rêves. Prêt ?
Musique
______________________

Il s'est passé quelque chose dans son regard. Il y a eu des ombres, qui ont volé, palpité. Qui se sont enflammés. Des ombres. Qui l'ont tiraillé. Et toi seule l'a vu. Cette ombre, qui menace, qui voile. Il a été voilé. Complètement. Comme si sa vie venait de s'évanouir. Comme s'il allait défaillir. Tu l'as vu dans ses yeux. Tu l'as vu. Et personne au alentour n'a pu voir cette terreur. Cette terreur au fond des yeux, au fond du coeur. Personne n'a réussi à la cerner. Et toi. Elle t'a catastrophé.

Eh. Respire. Respire ! Qu'est-ce qui t'arrive ? C'était nous. On était plein de vie. Laisse pas les souvenirs remonter. Les laisse pas remonter. Tout ça, faut oublier. L'instant. Eh. Eh ! L'instant avant tout. Danser, tu te rappelles ? Virevolter ? T'as oublié comment fallait  faire. Pendant quelques secondes. Mais ça me suffit pour avoir peur. Est-ce que tes ombres, elle te bouffe ? Parce que faudrait que tu les bouffes. Une si jolie lumière, ils peuvent pas te la prendre, te l'enlever. Allez, respire. Danse. Danse à la poursuite des étoiles. Coureur d'univers.

T'es mal placé pour faire la morale. Toi, t'as pas de souvenirs. Tu risques pas de comprendre. De comprendre ce que ça fait. D'avoir mal partout. A cause du passé. De ne pas pouvoir faire autrement que se laisser bouffer. L'autre Lyne savait. Elle savait combien ça faisait mal. Combien c'était douloureux. De vivre avec l'empreinte du passé. Au fer rouge que c'est marqué. Au fer rouge. Et ça brûle. Et ça te consume. Comme ta cigarette Lyne. Mais ça. Tu le sais pas. Tu le comprends pas.

Tu penses encore. Encore et encore. Que la cigarette, elle se consume parce que tes rêves s'ancrent dans ton corps. Parce que dans la fumée, tout s'évapore. Tout ce qui faisait mal. Mais Lyne. Ce n'est pas bon. Ce n'est pas une belle métaphore. Quand quelque chose consume. Ce n'est pas bon signe Lyne. Ce n'est pas bon signe. Tu comprends. Tu comprends ? C'est comme. Comme l'alcool. Ce n'est pas une liqueur de rêve, un nectar de sensation. C'est méchant, vilain. Et ça va te tuer. T'embrumer l'esprit jusqu'à le faire disparaitre. Tu comprends Lyne. Tu comprends ?

Tu connais pas la douleur d'un souvenir, mais tu connais d'autre chose. Tu connais la douleur des émotions. Passionnée comme t'es, tu sais ce que c'est. Tu sais ce que c'est de sentir, ressentir à en crever. Jusqu'à valser la tête sous l'eau. Et plus pouvoir respirer. Tu sais ce que c'est toi. De ressentir comme une bombe. Ca fait boum dans ton corps, et ça détraque tout. C'est pour ça que t'es détraqué. Toi. T'es pas démineur. Tu sais pas comment on désamorce une bombe. Tu sais pas comment faire pour la retirer. Donc elle explose Lyne. Elle explose. Tu sais pas gérer ça. Le fait de ressentir. Alors tes émotions se planquent derrière d'autre, sans que t'en es conscience. Elle joue à cache-cache.

- Tiens Luciole. Prends les patins. Et essayes.

Il veut que t'essayes. Prends-les. Prends-les. Lyne ? Qu'est-ce que tu fais. Qu'est-ce qui te prend là ? A quoi tu joues ?

Il m'a appelé Luciole.
C'est qu'un nom.
Remets toi.
Qu'est-ce qui te prend là ?
Il m'a appelé Luciole.
Oui. Et alors ?
D'habitude.
Tu t'en fous de ces choses-là.
Il m'a appelé Luciole.
Et ça avait un goût de rêve.
J'avais un goût de rêve.

Je suis entrée dans l'espace et je me suis mise à voler. J'étais moi. Mais j'étais plus... Toi ? Lyne. On change pas par un nom. On s'envole pas par un nom. T'as les deux pieds cloués au sol. Comme tout le monde. Toi aussi tu subis la pesanteur. Et lui aussi. Mais nous ensemble, non. Arrête tes conneries. C'est grâce à notre désir d'être en vie.

T'as envie de danser. De danser comme tu dansais l'autre soir. Dans un autre monde, dans un autre état d'esprit. Tu veux encore danser. Mais ce n'est pas la même danse. C'est sur les étoiles. Dans la nuit. Lorsque tu tournoies, et que t'échappes à la vie. Lorsque tu tournoies, et que tu fuies tout ce que t'aimes pas. Dans un rire. Qui s'envole comme toi. Un rire. Qui propulse. Jusque dans une autre galaxie.

Où tu n'as.
Aucune convention.
Personne pour te dire.
Ce que tu dois faire.
Etre.
Ou devenir.
Quand tu peux.
Danser de la rue.
Sans qu'on te prenne pour un fou.
Et que tout le monde d'ailleurs.
Danse dans la rue.

Peut-être que ses patins, ils sont à propulsion. P'tre qu'ils emmènent dans une autre galaxie. C'est ça que tu te dis. Tu dis que tu vas pouvoir t'enfuir de là. Puisque de toute façon, ici bas. Rien ne compte vraiment pour toi. Rien n'a vraiment de sens ici-bas.
Tu les essayes. Tu comptes bien t'envoler. Mais toi. Toi t'as jamais patiné. Tu sais pas comment on fait pour se propulser. Tu les arranges avec ta baguette, pour qu'il soit à ta taille. Pour que ça soit juste la bonne grandeur. Juste la bonne hauteur, pour pouvoir aller au plus haut dans le ciel.

Mais dès que tu te relèves. Dès que tu te relèves, tu manques de te rétamer. Tu t'attendais pas à ce que ça glisse. Mais que ça propulse. Tu voulais. Tu voulais monter haut dans le ciel, comme le coureur d'univers. Tu voulais que ça brille. Que ça fasse des loopings. Et des petits sauts. Qui te font monter. Toujours plus haut.

Tu t'attendais pas à cette sensation. De glisse. Glissement vers l'enfer. Voilà à quoi ça te fait penser. Mais tu comprends. Tu comprends que c'est ça le truc en fait. Quand tu montes sur des patins. Quand tu montes dessus. T'as conscience de tout ce qui te court après. Et que toi. Toi t'as le pouvoir de les fuir. T'as le pouvoir de foncer et des oublier. De les semer. Rien qu'avec les propulseurs que t'as dans les pieds. Parce que t'as compris. T'as compris que les propulsions, c'est pas grâce à tes patins. C'est grâce à toi. C'est tes pieds qui vont te faire t'envoler.

- Tiens-moi ! Tu me lâches à trois.

A la une.
Tu prends ton souffle.
Tu sais ce que tu veux.
Tu veux faire comme lui.
Aller virevolter.
Avec les étoiles.

A la deux.
Tu revois.
Comment il fonçait.
Et le mouvement que ça faisait.
Avec ses jambes.
Qui allaient plus vite que son ombre.

A la trois.
Tu sens qu'il te lâche.
Qu'il te laisse.
Et tu te mets à glisser.
Mais vers l'avant.
Pousser par un truc que tu comprends pas.
Dynamite dans les pieds.

Tu manques de te rétamer. T'as voulu partir trop vite, et ça t'a déséquilibré. Sois plus lente. Sois plus douce. Il faut que tes patins s'adaptent. Il faut qu'ils soient au même rythme que ton coeur. Pour te comprendre. Et savoir ce que tu veux. Ils peuvent pas immédiatement comprendre. Que toi. C'est les étoiles que tu vises. Alors plus doucement.
Tu manques de tomber plusieurs fois. Plusieurs fois. T'as peur. Peur de pas être assez bien pour tes patins. Faut qu'ils sachent que toi aussi, tu veux vivre à en perdre la tête.

Mais ça y est. Tu commences à comprendre. Tu sais pas tourner, ni sauter, ni danser. Mais tu fonces. Mais tu fuies. Et ça te donne des ailes. Et tu sais qu'il va falloir que t'apprennes à les utiliser elles aussi. Mais pour l'instant tu fuies. Tu fuies tu le sens. Tu pourras t'en aller comme ça. Avec ses patins aux pieds. Allez, on s'en fout quoi. Tu le connais pas. Allez, continue de foncer. A ce rythme-là, il pourra pas te rattraper.

Si je fais ça, je tombe. Parce que c'est son esprit, c'est ses pensées, qui donne le rythme aux patins. Ils écoutent que lui. Ils sont réglés sur son coeur. Qui croit en moi. Qui veut que je fonce. Mais que je revienne. Parce qu'on a besoin de vie. Tous les deux. On a besoin de vie. De vivre. Faut que j'y retourne, mais je sais pas tourner. J'ai peur de me retourner. Peur que p'tre, il m'ait laissé.


C'est ses patins, il va pas te laisser. P'tre que je me suis juste imaginée. Imaginée qu'on voulait vivre tous les deux. P'tre que je suis en train de rêver. Que j'ai ses patins dans les pieds. P'tre que je suis assise sur les marches, endormie. En train de me faire violer. Qu'est-ce que j'en sais.

C'est vrai ça. Après tout. Après tout, c'est ton désir le plus cher. De virevolter. Avec quelqu'un. Alors c'est sûrement un rêve. Tu peux foncer, vas-y. Va en avant et t'arrêtes plus ! Te retourne pas. Il est plus là, il est plus là. Mais peut-être qu'il est là. Et je voudrais vraiment qu'il soit là. Je veux lui rendre ses patins, il virevolte mieux que moi.

Alors tu te retournes. Et tu te ramasses la gueule contre le sol. Moins violemment que le coureur d'univers, mais quand même. T'es complètement déséquilibrée. Je te l'ai toujours dit. Faut jamais se retourner.

Je voulais pas le laisser.


Tu enlèves les patins. Et tu retournes à pied vers lui. Déçue par toi-même Lyne, pas vrai. Incapable de t'envoler. T'étais à ras du sol, même pas. Moi, tu me déçois. T'es tout prêt de lui maintenant. Lui aussi tu l'as déçu. Décevante. Décevante. Finalement, en matière de vie, il est sûrement plus fort que toi.

- Tiens, tes patins. Ils sont pas réglés sur mon coeur mais sur le tien. Tu t'arrêtes, tu lui souris. Un jour. J'aurais mes patins. Et réglés sur mon coeur, on pourra aller dans les étoiles. Il n'y a qu'elles qui peuvent nous comprendre.

Tu lui prends la main. T'as oublié tes chaussures. Tes pieds nus. Comme ça dans la rue. Et t'adore cette sensation de courir, avec ta peau qui touche le sol. Qui le frôle. T'as plus de force encore. Il y a que toi pour décider de tes pas. C'est pas tes chaussures qui font les décisions à ta place. Personne pour décider à ta place.

Et tu te mets à courir. En riant. Sa main dans la tienne. Tu veux lui montrer quelque chose. Tu veux lui montrer ta vie. Tu veux lui montrer comment toi tu fuies.
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Malena Kane
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Malena Kane, Mer 22 Juin 2016 - 16:07


Lyne,
Tic, tac, boum, swiizz.
Tour de looping.

Musique


_________


T’es l’anomalie dans la foule. Celle ou Celui. (En fonction de.) T’es l’anomalie dans la foule. Celle ou Celui. Qui s’essaye à brusquer la houle. Cette houle de gens qui trainent, s’entrainent, se dérobent et s’emportent. T’es l’anomalie dans la foule. T’y fous ton âme. Et tu joues. Tu te joues. Toi, le gros bordel. Qui pense tout et son contraire. Tu te joues. Toi, la cacophonie. Qui en-valse ces foutes lignes rectilignes.

On pourrait croire que tu veux juste faire le malin. À pincer les cordes en béton. À te prendre pour une âme Dragon. Insérer un grain de folie qu’on dit. Dans l’engrenage. Poser un petit confetti. Pour faire danser les humains tombés. Qui ne savent que ramper, et plus s’élever. Ouais. On pourrait le croire. Que tu veux juste faire le malin.

Mais qui sait. Qui sait. Sur une vibration. Qui sait, que tu te dis. Qu’un jour, tous les corps se mettront en mouvement. Qu’on ne verrait plus des corps. Mais au travers du corps transparent, la mélodie d’une âme qui donne sa rythmique. Et une autre. Encore une autre. Plus de visage. Plus de sexe. Plus de genre. Plus de lignes. Plus rien. Mais Tout. Juste un Orchestre d’âmes qui s’anime et joue la symphonie dilli d’âme.

Une foule éteinte
Dansée-détraquée
Sur des notes sublimes.
Un Picasso.

On pourrait croire que tu veux juste faire le malin. Que tu fais ça juste pour t’amuser. Que c’est ta manière de dire : MERDRE au Monde. Que c’est juste ta manière de le brusquer. De faire chier. De montrer que t’existes, toi ! : PUT*IN. Foutu adolescent-e. Foutu gamin. Faudrait grandir. Ça marche pas comme ça.

Mais. C’est juste ton idéal. Et puis. Au fond. T’es pareil. T’es aussi un peu endormi-e. Parce qu’au fond. En jouant comme ça, t’attends quoi ? Juste qu’on te réponde ! Tu cherches quoi ? Juste un écho ! Qu’est-ce que t’espères ? Qu’on te fasse danser ! Qu’on te valse à coup de brises d’âmes, qu’on te fasse sentir que t’es pas seul-e à vouloir être « vive-vent* ».

Certes. Y a Dragon. Avec dans ses yeux bleus, la mer. Avec, dans ses pinceaux, le rêve. Mais il est de ta famille. Vous êtes de la même race. Ça veut rien dire au fond. Ça compte pas.

MAIS SI.
Mais si. Mais si.
Mais si.
Mais si.
Mais si.
MAIS SI. C’était une Luciole ?
Une Luciole et un Dragon.
Ça serait différent.
Oui. Ça serait différent.



Et si.
C’était Luciole
Et Dragon.


Une perspective.
Dans ta tête. Y a. L’abîme, le rêve, la fièvre, le ciel et l’enfer, la joie, les nuées, le vide.
Et Luciole s’est parée de tes ailes à roulettes.
Et si elle sait pas danser Mal ? Ton coeur va crever, si elle ne sait pas danser. Et quoi ? Tu veux que je te dise quoi ? Une Luciole ça sait voler. Et quand on sait voler, c’est qu’on danse un peu. Quand on sait voler, c’est qu’on arrive à voir au-delà du vide. On nage sur les courants invisibles. On rebondit, on flirte, on caresse, on valse. Quand on sait voler, c’est qu’on danse un peu.

Regarde. Regarde. Elle se lève. Avec mes patins aux pieds. Plus rien ne respire. Pas même la nuit. Elle chute. Ton coeur loupe une marche. Tu vois pas la Lune ? Elle a un début de sourire. Sur sa gueule. On commence à voir ses dents en fil électrique. Et alors ! À la lune, je lui fais un sourire. Un sourire d’honneur. Avec le doigt.

Regarde. Regarde. Elle se relève. Plus rien ne respire. Pas même la nuit. Elle chute. Encore. Ton coeur se décors. Le sourire de la Lune est de plus en plus hardcore. Signe de l’aurore qui viendra. Tôt ou tard, demain matin. Tais-toi. Regarde. Regarde. On dirait qu’elle danse comme un petit oiseau en équilibre.

Elle n’y arrivera pas. Elle ne saisit pas. Ta gueule. Elle me fait rire-joyeux-amoureux !!

Mal. Elle n’y arrivera pas. Avec tes patins. Y a que toi, qui sait. Y aura toujours que toi. Seul-e. Tu seras toujours un peu seul-e. Regarde. Voilà, qu’elle s’agrippe à toi. Comme les autres. C’est toi, qui provoque l’occasion. Provoque l’étincelle. C’est toi, qui leur dessine des ailes avec tes pensées en forme de crayons.

Voilà, qu’elle s’agrippe à toi.
Ah. Voilà que tu flippes. Je viens de te le dire. Tu comprends maintenant.
À trois.
Et pshiiit,
Que ça fera.

1.
Se noyer
dans l’abandon inexorable et le vide.
La seule béante de l’abîme…
Seulement le vide…
Où les dévoreurs de rêves et d’âme d’enfant continuent leur besogne.

L’oubli, le renoncement.
Le vide.

2.
S’envoler
et grimper sur des secondes cascades qui montent dégringolent
en empruntant le courant qui chante entre une heure et minuit.
Monter vers les étoiles, lorsque la nuit tombe.
Les mains qui essayent d’agripper le ciel.

Les rêves, la poésie.
La vie.


3.
Acrobatie de funambule au-dessus de l’abîme.
Se noyer. Ou. S’envoler. Que peut-il bien y avoir entre l’oubli, le renoncement et l’heure de poésie ? Juste une lumière. Celle d’une Luciole en robe éclair. C’est aussi fragile. Aussi fin que le Rien. L’épaisseur d’un papier de cigarette… infime… qui s’effrite…
Luciole s’envole.

Ton âme déglutit. Ton coeur se crispe et se craque. Elle a craqué ton coeur au premier regard. Un regard de braise. T’as le souffle qui se fait rare - pas loin de tomber en rade. En toi ça, ça se bouscule. En avant. En arrière. Tape-cul.

Elle glisse sur le pavé. Elle glisse vers. De travers. Comme toi, qui l’aime un peu de travers. Tu la regardes. Sur le point de tomber. Non elle tombe pas. Elle tire la langue au sol. Mal. Reprends toi. Toi, t’as besoin de personne. Tu n’as jamais eu de besoin de personne. Ni de trampoline. Tu te débrouilles tout-e seul-e pour aller toucher les étoiles. Tu sais y faire. Pour te libérer de cette foutue toile.

J’ai raison. Tu sais que j’ai raison, au fond. Alors. C’est quoi ? Cette langueur dans ton coeur. Ce début de malheur. C’est quoi ? Et si. Elle ne revient pas. Et si. Elle disparaissait dans les ombres des ruelles dans un battement d’ailes à roulettes. Et si. Ce n’était, finalement qu’un rêve.

Et si. Avec des « et si » on referait le Monde. Et si. Une porte ouverte sur une autre réalité. Tout ce qui est imaginé, est possible quelque part. Sur une parallèle. Et si. Pas elle. Je veux. Qu’elle entende et voit avec moi. Dans cette réalité. Pas une autre.
Pour ce soir. Fini de rêver. D’espérer.
Dans cette réalité. Pas dans une autre.


Ce n’est pas toi qui décide. Sur quelle gamme ça se joue.
Mais, voilà qu’elle réapparait. Et qu’elle avance. Vers toi. Regarde. Regarde bien Mal. Elle va disparaitre. D’un coup, d’un seul. Au moment où tu pourras être simplement avec elle. Et valser. Regarde. Regarde bien Mal. Elle va disparaitre. Si t’as raison. Pourquoi je souris comme un arc-en-ciel ? Pourquoi ça fait tic tac, bim, boum, swiiiz, dans mon coeur ? C’est que c’est bien réel non ? Tout ça. Et Luciole.

C’est ce qu’on appelle l’espoir.
Et l’espoir, cette tragédie.

- Tiens, tes patins. Ils sont pas réglés sur mon coeur mais sur le tien. Un jour. J'aurais mes patins. Et réglés sur mon coeur, on pourra aller dans les étoiles. Il n'y a qu'elles qui peuvent nous comprendre.

Distance qui se mesure en millimètre ; juste des poussières d’étoiles entre elle et toi. Qu’est-ce qu’elle est belle. Avec ses cheveux. Avec ses yeux. Ses courbes cascades. Profite Mal. Ce n’est qu’une réalité parallèle écrite par un solitaire. Une espèce de rêveur avec du chamalow usé dans le coeur. Un coeur tout bloqué.

Elle voilà qu’elle prend ta main. Dans ton sang, un coup de jus. Et voilà qu’elle t’entraine. Pieds nus sur le pavé. Tu lèches le sol, ou le sol te lèche. Ça fait du bien, c’est agréable. Ça chatouille, et elle commence à rire. Comme si tes chatouilles avaient sauté de toi à elle. Et que ça l’avait fait rire.

Puis. Après. C’est juste une course. Dans la nuit.
À chacun de vos pas, viennent les fulgurantes détonations qui projettent d’autres étoiles. T’as le coeur en fête. Vous prenez de la vitesse. Comme ça, tout doucement. Ça commence à brûler tes yeux. Bientôt, tu n’y verras que du feu. Les flammes consumeront tes pupilles, ta vision sera trouble. Et tu la verras. Enfin. Tu n’auras pas besoin de lunettes. Tu la verras. La réalité. Et les ombres.

Tu te stoppes.
Toi avec elle, elle avec toi.
Ta main toujours dans la sienne.
La sienne toujours dans la tienne.

Tu lui piques un baiser. Là. Juste sur ses lèvres. Un baiser, fugace, long, ça dépend de l’espace temps. Du notre. Du tien, du sien. Du votre. Tu lui piques un baiser. Comme ça. Sans demander. Hum. Tu rougis. T'es un peu gêné-e ?

- Luciole. Alors. Tu existes vraiment.

Puis, de nouveau,
courir courir courir courir courir
courir courir courir courir
courir courir courir
courir courir
courir
jusqu’à la bouche d’aération.
Se perdre, à bout de souffle dans l’étendue libre !

Elle existe vraiment ! Je l’ai sentie. En l’embrassant. Luciole existe vraiment !!!
Et mon coeur qui fait des ritournelles !
Il a senti lui aussi !
C'est quoi, c'est Elle ?
Son baiser ?
Ça fait SPLASH tout doux dans mes veines.
J'ai même pas besoin de patins
pour m'envoler.

Voilà ! c’est la nuit
Sous extasie
les étoiles s’allument au bout des doigts
au bout de la ligne, aux extrêmes de tout, au bout du monde
le rêve a foutu le camp ! Nous sommes dans le réel !
Grande nouvelle !


Et tu ris.
Avec ton coeur, ton bras, tes jambes, tes cheveux, tes oreilles.
Fini la fête des bruits. Place à la fête de la Musique. En silence.
On n’écoute pas, on entend.
On ne voit pas, on regarde.
On ne sent pas, on ressent.
Mais sans saisir.

Luciole, elle existe !!
Si ça peut te rassurer.
Rassure-toi il n’y pas de quoi être rassuré,
C’est ce qu’elle m’a dit en me prenant la main,

Vivons ! Vivons !
Qu’elle m’a crié !
Vivons ! Vivons !

Et courrons ! Courrons !
Traversons son monde, de lumières et d’ombres !


Ici
est tombé un morceau d’humanité.
Un morceau d’humanité qui se déplace comme un nuage au-dessus
d’une Luciole et de son Dragon.

Un morceau d’humanité qui palpite,
sanglote, rit
Dans Londres où lentement s’éteignent les lumières,
où il n’y pas plus que des murmures,
des chuchotements, des bruits faibles et mourants.

- Montre-moi ton monde ! Tu ris.
Faut courir vite Luciole !Encore plus vite ! Emmène-moi où les ombres ne nous attraperont jamais !
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Ailyne Lawson
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Ailyne Lawson, Mer 22 Juin 2016 - 19:31


Mal, provoquer l'occasion
Musique
_________________________

Il est resté. Lyne. Il est resté. Tu trouves ça dingue. Tu trouves ça dingue pas vrai ? Il n'est pas parti. Il ne s'est pas envolé. Ce n'est pas un mirage que tu as créé. Il n'est pas partie dans un battement de cils. Il n'a pas disparu. Il est toujours là. Toujours là. Bien vivant, près de toi. Main dans la main. Paume contre paume. Et les flux qui s'échangent. Qui se partagent. Il est là Lyne. Il est resté. Il est resté Lyne. T'aurais jamais cru un truc pareil. Toi, avec tes cheveux en bataille, ton regard de fauve, prêt à croquer. T'aurais jamais pensé. Qu'on resterait pour toi. T'aurais jamais que quelqu'un comme ça pouvait exister d'ailleurs. Qu'on pouvait vivre. Vivre à en mourir. Tu sais qu'il veut vivre et qu'il va le faire. Qu'il va tout donner. Et qu'ensemble ça fait une profusion d'étincelles. Une propulsion d'étincelle.

Il est resté Lyne.
Mais pour combien de temps ?

Arrête avec ton pessimisme à la con. Tes idées noires qui veulent me foutre en vrac. Tu vis pas toi, tu prévis. Tu prévis sans donner du sens aux choses qui se passent. Quelle importance qu'il reste une heure, un mois ou toute une vie. Il est là. Et on va danser, valser, comme jamais tu aurais pu l'imaginer. Je vais virevolter, ça va laisser des traces sur le sol. Des traces de sueur, de révolte, de vie. Ca sera l'empreinte du souvenir. Et celle de notre passage. Qui a tout détruit. Destruction créatrice comme tu dis. Destruction créatrice.

Parce qu'on est des artistes. C'est le pinceau de notre esprit. Regarde tout ce qu'il fait. Il a créé des lumières alors qu'il commence à faire nuit noire. C'est les réverbères gardien de notre coeur. On a créé de l'écho rien qu'avec notre pensée. C'est pas beau ça ? C'est pas beau ça ? Notre danse, c'est fait sur du papier à musique. Mais on est pas réglé nous. On peut pas dire qu'on est réglé comme du papier à musique. C'est ça le truc tu comprends ? On refait nos règles. On modèle tout. On modèle tout tu vois ? Regarde, je deviens sculptrice, chorégraphe, actrice, musicienne, peintre. Dessinatrice. Je fais dans l'expérimental. Personne n'a testé avant moi.

On fait ça ensemble.
On fait ça ensemble !
Tu comprends.
Tu comprends ?

Ca va voler, ça va briller, provoquer l'étincelle.
Mais ça va tout brûler Lyne. Qu'est-ce que tu crois. Que tu peux jouer avec un lance-flamme comme ça. Tu peux pas faire ça. T'es soumise aux mêmes règles. Aux mêmes lois. Tu peux rien faire Lyne. T'es bloquée. Tu penses pouvoir voler mais tu peux pas faire ça. T'as les deux pieds cloués au sol. Lui avec. Et il va pas rester. Et ça va te faire mal. T'as beau pas savoir t'attacher. Je vois bien. Je vois bien dans tes yeux que tu te sens comprise. Que tu sens en vie. En vie.

Mais tu vas mourir Lyne. T'es en train de mourir. Tu te tue à coup de rêves. Tu détraques le cerveau en même temps que les vertèbres. A vouloir te propulser si haut, tu détraques ton corps, ton coeur. Il peut pas faire ça. Il en est pas capable. Il en est pas capable tu sais. T'es pas censé vouloir aller si haut. Ca va te péter les tympans. T'entendras plus rien. Et puis t'auras ce bourdonnement dans ton crâne. Néfaste. A te donner des nausées. Ca va te brûler l'estomac. Reflux gastrique. Tu vas devenir anémique. Parce qu'à trop vouloir toucher les étoiles, c'est sous-terre que tu te retrouves. Surtout que tu serais bien du genre à faire un pacte avec Satan. Pour suivre tes rêves. Rien ne t'arrête. Mais la vie va t'arrêter Lyne.

Ca va t'attacher et te clouer au sol. Tu vas voir la vie arriver et t'engueuler. Elle va te dire. Que c'est pas comme ça que ça se passe. Et que personne n'avait osé vivre comme ça. Autant. Repousser les limites comme ça. Elle va venir te dire que c'était pas comme ça dans le contrat. Que t'étais censé avoir des petits bouts de rêves. Censée vouloir les réaliser. Pas les surpasser. Pas rêver plus haut que les étoiles.

Arrête Lyne.
Tu vas te tuer.
Et tu vas l'entrainer.
Dans ta chute.
Jusqu'aux enfers.

Non. La vie, ça crie. Ca hurle. C'est plein de révolte et d'espoir ! Non. Non. L'espoir. Ce sale espoir. Qui fait perdre la tête. Qui fait perdre l'esprit. Qui t'entraine au plus bas. Lyne. Je te croyais plus intelligente que ça. Tu as pas vu. Tout ceux qui se laissent engloutir. Engloutir par trop d'espoirs. Trop d'envie. Ils se sont faits rattraper eux aussi. Lyne. Lyne écoute moi ! Tu peux pas continuer comme ça.

Tu peux pas continuer comme ça.
L'espoir.
Ce sale espoir.
Qui brûle tout.
Lueur éphémère.
Qui te laisse dans l'obscurité.

Mais moi, j'aime la nuit ! Quand tout est gris ! Qu'on invente ses propres couleurs. Ses propres formes. Qu'on donne le sens qu'on veut aux choses. On discerne et distingue pas tout. Les éléments se cachent, à nous de les deviner. On est maitre d'imaginer. Ce qu'on veut. On est des artistes la nuit. La palette des couleurs elle est dans notre esprit.

Arrête Lyne. La nuit tout est noire. Tout est gris. Tout t'aspires et te pompe. Jusqu'à la moindre lueur de vie. Non. Non. NON. Tu ne saisis pas. Saisis pas la beauté de la nuit. Comment ça bouge. Comment les choses se mettent en mouvement. Doucement. Et parfois plus que rapidement. C'est infini. Infini de libertés. Que le regard de l'enveloppe de vie. Qui nous dit. Qu'on a le droit. On a le droit.

Alors vous courrez ? C'est ça votre plan ? Courir. Détaler ? Ne plus vous arrêter ? Vous espérez quoi ? Vous allez pas vous envoler. Vous allez pas décoller. Juste le frottement de l'air. Pour vous rappeler. Que vous êtes toujours dans cet univers. Avec cette vie. Et ce corps qui vous colle à la peau. Et vous empêche d'aller plus haut.

Mais vous courrez. Des ombres dans la nuit. Vous courrez à tout laisser derrière vous. Et vous vous en foutez. Vous êtes en train de respirer. Vraiment, à plein poumons. Comme vous avez jamais respiré. C'est toutes vos cellules. Toutes vos cellules qui se détraquent. Pour être remplacé par des vrais, des purs. Et vous courrez. Pas pour fuir. Pour vivre. Pour tenter de gravir les étoiles, pas à pas. Même si ça marchera pas.

Vous vous arrêtez. Tu le regardes dans les yeux en souriant. Tu sens tellement un soutien. P'tre sa main dans la tienne. Ou cette complicité. Comme si. Comme si vous n'aviez pas besoin de vous rencontrer. Pour vous connaître. Et vous comprendre. Pour voler. Et vous envoler. Plus loin qu'eux. Tout ceux. Qui veulent vous faire descendre à terre. Plus bas que terre. Cloués à terre. Ceux que vous mettez tant d'énergie à narguer. Pas vos rires, et vos soupirs.

Vos regards se répondent, se transcendent. Il dépose un baiser sur tes lèvres à la fraise. Fruitée. Ce baiser. C'est la seule chose que t'es capable de penser. P'tre qu'il a duré. Une éternité. Ou p'tre que vous êtes juste absentés l'espace d'une seconde. Mais tu t'en fous. Parce qu'on s'en fout. On s'en fout si vous vous embrassez. Vous êtes en train de vivre. De vivre quelque chose. Qui se marque. Par l'euphorie. Qui se grave. Sur les lèvres. A coup d'étincelles. De rêves. Ecrits à l'encre lumière.

Il est tout rouge. Tout penaud. Comme s'il l'avait fait malgré lui. Sans comprendre. Sans saisir. Il sait pas que toi tu t'en fous. Que toi. Tu fais les choses comme elles viennent. Sans comprendre ce qu'elles impliquent. Tu te mets à tourner dans le vide, à tourner dans le vague. Littéralement, je veux dire. Tu tournes sur toi-même, sa main dans la tienne.

- Luciole. Alors. Tu existes vraiment.

Et là. Ca te frappe. Un gros coup. Tu te rends compte qu'en fait. Qu'en fait t'es vraiment un mirage. Et qu'aujourd'hui. A l'heure qu'il est. C'est le seul à t'avoir saisi. A t'avoir compris dans ton intégralité. A t'avoir reconnu non pas comme un rêve. Mais comme une réalité. C'est incroyable. Lyne. Ce qui vient de se passer. T'as les yeux comme des pépites. Qui font des reflets partout dans l'atmosphère. Et tu ris. Encore une fois. De ton large sourire. A gorge déployée. Bah oui que t'existes ! Evidemment, c'est même pour ça que tu cours ! Que tu veux lui montrer ton monde.

C'est plein de fil qui s'enlacent et se surprennent. Qui s'emmêlent et que personne veut démêler. Parce que ça fait plein de formes. Si jolies ces formes. Qui veulent s'exprimer.

Et toi Lyne. T'es dans une torpeur. A bout de souffle, à la poursuite de ton rêve. A bout de souffle à la poursuite de quelque chose que tu ne vois pas. Enfouie sous le manteau de la nuit. Qui le couvre. Et toi tu le découvres. Lui. Près de toi. Avec son visage entre homme et femme et son esprit au-delà de toutes ses séparations. Et tu te dis. Tu te dis. Que toi aussi. Toi aussi d'une façon, t'es comme lui. Toi aussi tu peux être n'importe qui, n'importe quoi. T'as pas besoin d'entrer dans une case. Toi et tes rêves, vous êtes trop grands pour y accéder. A cette case. Toute faite.

T'as besoin de sur-mesure.

Démesure. C'est comme ça que vous courrez. En riant. Parce que vous sentez. Cet air. Dans le ciel. Qui fait des mots. Qui tournoient. Et vous aussi vous tournoyez. Vous pouvez décider. Maintenant. De vous laisser aller. Et respirer cette nouvelle odeur dans le ciel. Dans l'air. Qui a un furieux goût de liberté.

Et dans l'air vous entendez.
Quelque chose vous criez.
De vivre.
DE VIVRE.

Alors vous criez.
Quand tous les chats sont gris.
Et que vous pouvez inventer de nouvelles couleurs.
Et choisir de ne plus sortir de cette torpeur.

Vous allez le crier à vous arracher la voix. A vous arracher le corps. A leur arracher la nuque. A leur arracher leur moue sévère. Ils vont sortir pour vous dire de déguerpir. Ils vont appeler les flics. Ils vont leur dire que vous êtes fous. Que vous feriez bien d'être interné. Et vous. Vous. Vous continuerez de rigoler. Vous vous en foutez.

- Montre-moi ton monde ! Faut courir vite Luciole ! Encore plus vite ! Emmène-moi où les ombres ne nous attraperont jamais !

Tu regardes son visage. Il. Elle. Yel. Mais tu t'en fous. Pour toi. Pour toi c'est Coureur d'univers. T'as pas envie de courir là. Il y a un blocage. Tu t'arrêtes. C'est son visage. Il t'agrippe. T'entraîne. Ca te fait plonger. Tête sous l'eau. Mais t'arrives à respirer. T'arrives à respirer c'est ça qu'est beau. Tu le regardes. Ton coureur d'univers. Et tu passes une main derrière sa nuque. Comme pour la briser. Sauf que c'est pour l'enlacer. Et l'embrasser. Parce que ton monde. Ton monde il est dans les perles de ta peau sucrée. Ta peau endiablée. Au goût d'éternité. Et de légèreté.

Tu t'écartes. Ton empreinte. Elle n'est plus sur le sol. Elle a fait un mouvement transversal pour se coller à sa peau, à son corps, à sa fièvre. Tu ris encore. Tu as l'impression de ne faire que ça. De rire encore et encore. A réveiller les étoiles endormies. Et les rêves qui somnolent. A réveiller les fous et génies.

Tu vas lui montrer. Des endroits au mille et une merveilles.

- Suis-moi. Toi, coureur d'univers, moi coureur de rempart. Tu vas voir, ça se joue plus bas. C'est comme ça qu'on monte au plus haut.

Pour commencer. Pour commencer. Courir. Encore. Il va voir, comment c'est. De traverser l'univers. Par des foulées. Et de sentir le vent s'agiter. Ensuite. Ensuite. Monter. Juste sur cette rambarde qui cache ce que tu veux vraiment lui montrer. Tu montes et comme une enfant. Tu joues à l'équilibriste. Mais tu rajoutes une difficulté. Tu le fais en arrière, pour pouvoir le regarder. Et l'embrasser. Si l'envie t'en prend. Mais elle te prend pas. Parce que t'as qu'une idée en tête. Propulsion. Propulsion. Ca reste gravé.

Et enfin. C'est là. Les escaliers. Les escaliers qui descend. Toujours plus bas. Porte de l'enfer.

Porte du paradis, oui. C'est juste les quais. C'est bien plus que ça. Il y a des rêves qui dérivent, faut savoir les saisir. Et c'est pas évident. On a qu'un seul moment pour en prendre un. Il faut savoir y faire. Mais si on y arrive pas, c'est pas important. C'est pas important, il y en a des millions d'autre ici ! Mais t'as p'tre loupé quelque chose de formidable ! Et qu'est-ce que ça fait ? Qu'est-ce que ça fait ? Regarde tout ce que je peux attraper ici.

Les quais. Les quais je sais pourquoi ça te plait. Ca sent différemment. C'est dans une autre dimension. Et la nuit. Ca a un goût indéfini. A toi de les créer. Parce que, si j'ai bien compris vous êtes.

Des artistes ?

- C'est ici. Ici qu'on doit danser.

C'est votre piste à vous. Tu lui prends sa main. Et tu entreprends de valser. Ca commence à t'être familier. Douce chaleur contre ta peau. Tu te laisses aller à la sienne. Tu danses et ton esprit vagabonde. Tu as l'impression de sortir de ton corps. Que tu es à multiples dimensions. Et que tu es à des millions d'endroits en même temps.

- T'as un je-ne-sais-quoi dans le visage, dans le regard. Aucun peintre ne pourrait le capturer. Alors les ombres t'attraperont jamais. Et tu murmures doucement, comme un secret. Tes yeux, c'est des pépites d'or.
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Malena Kane
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Malena Kane, Mar 5 Juil 2016 - 3:12


Lyne.
On monte, vers la mer.
Fais briller les nuages comme les étoiles.


http://www.dailymotion.com/video/xtqshi_theme-quais-de-seine-saez-messine_music

__________

C’est Luciole qui joue son air sur les cordes de ses hanches.
Des notes violoncelles s’en vont et viennent avec des odeurs de sel ;
Flirtent à l’orée des âmes, de ton âme où souffle une évidence un vent léger doré.
Une évidence que t’as envie de lui murmurer, d’exprimer.

Comme ça.
(Doucement)

Une évidence qui chaloupe ses mots comme elle. Elle. Qu’elle embarque ton coeur sur son flot. C’est rien. Cette évidence. Vraiment rien. Fragile comme un nuage. Légère comme un sourire. Juste une évidence. Là. Puissante dans sa simplicité. Intense dans sa vérité. Juste une évidence en notes de piano sur lesquelles vogues des émotions que résument ces mots : Emmène-moi. Emmène-moi Luciole de la mer.

Comme ça.
(Doucement
Un baiser posé au creux de la nuque…)


...Qu’elle cueille avec les doigts frais de son vent et houle et danse. Tandis que tu coules vers le haut et que tu transes. Vous avez les mêmes élans d’humanité. Les mêmes façon d’aller à la rencontre de l’autre. Mais quand elle t’embrasse embrase - c’est si doucement intense  innocent spontané - que ça ferait rougir rugir l’aube vif de Patagonie, que ça te prend un peu au dépourvu. Un peu beaucoup.

Ça te fou une claque. Luciole. Claque. Ton sourire s’élargit. Les doutes dans le plis de tes yeux se détendent. T’es plus seul-e.

- Suis-moi. Toi, coureur d'univers, moi coureur de rempart. Tu vas voir, ça se joue plus bas. C'est comme ça qu'on monte au plus haut.

Luciole houle et danse. En avant en arrière un pas d’âme un autre un deux trois saute s’en va revient. S’éloigne sans partir. La distance n’existe plus que pour les yeux. Luciole. Elle n’a pas quitté la scène peau de ton corps. Alors qu’elle courre. Le son de sa peau continue de résonner et de battre sur toi - même dans le vide qui te ronge.

Luciole houle et danse. . Descendre. Rue des Cascades. Par petites foulées. Par grands rire. Vos rires ailes d’oiseaux en papier blanc.

Votre course à la sonorité des petites pluies qui s’essayent à faire danser le monde, et la volonté sublime des grandes tempêtes. Courir. Encore. Courir. Pour voler. Prendre son élan. Quitter un peu le sol. Le temps d’une… seconde ou deux. Ressayer. Courir. Encore. Pour un temps plus long. Peut-être même que le temps se prendra lui aussi au jeu.

Rire ailes d’oiseaux en papier blanc.

Luciole houle et danse.  Saute. Tu vas à sa poursuite. C’est une Luciole funambule. Ah. Regarde. Le monde se tourne pour qu’elle puisse me regarder. J’ai envie de l’embrasser. Encore. L’embrasser comme on cherche les yeux complices pour y trouver un sourire. Tu vois ?

Pas trop. J’avoue que non. Je ne saisis pas tout. Mais. Je laisse faire. Je vois bien que. Rien n’y fait. T’es emporté-e envouté-e. Et que même si c’est juste un moment réel emprunté de rêve, qu’on en vit qu’un ou deux dans une vie. Je vois bien qu’on peut rien n’y faire. Et que c’est ça. Ta potion magique. L’écho de ton âme. Que là. Ton existence, à travers Luciole, a trouvé sa rigole pour danser. Alors. Je comprends pas tout. Mais je laisse faire. Je lâche. Pour cette nuit. Même si…

C’est éphémère ? Mais tu le sens aussi. Un peu. Que ça a le gout d’éternité.

Le sourire sur tes lèvres, c’est notre sourire. Le ciel sur tes joues, est le reflet des siennes. Comment on fait ? Comment tu fais, Mal ? Et comment elle fait, Luciole ? Pour attraper le Monde, comme ça ? On l’attrape pas. On se laisse juste emporter. Par les courants. Par les parfums que laisse les âmes. Tu les sens pas ? Ces odeurs d’âmes. Elles creusent des sillons dans le silence. À chaque instant. Ça bouge, ça remue. On vole en rebondissant sur les lignes, les courbes.

Arrêt. Des escaliers. Des escaliers. Qui descendent. Vers l’obscurité. C’est ça, votre envol ? Pourquoi les escaliers descendraient ? Regarde. On est peut-être à l’envers. C’est peut-être juste un reflet. Peut-être que. Peut-être qu’en empruntant ces escaliers qui descendent, on monte au plus haut.
Comme elle a dit, Luciole. Non. Elle ne l’a pas dit. Elle l’a vécue.  

Ouverture de la trappe. Lumière.
NoireClaire.

- C'est ici. Ici qu'on doit danser.

Ici, sur les quais. Tu aimes le ton dans sa voix. Si sûr. Déterminé. C’est ici. Ici qu’on doit danser. Les quais de scène. Avec un peu de Paris qui se ramène. Et la seine qui écoute. NoireClaire. Les lieux se mélangent, se confondent. Ça tourne. Ça valse. Les lieux avec le temps, le temps avec les lieux, les Lucioles avec les Dragons.

Tu la regardes. Ta main dans la sienne. Vos mains entrelacées enfantinement serrées. Elles poursuivront leur histoire longtemps après être os, poussière et rien. Car le temps s’est arrêté. C’est un peu. Excuse-moi. Mais. Gnan-Gnan. Tu ne trouves pas ? Ça l’est toujours. Jusqu’à ce qu’on le vive vraiment. Mais regarde. Légère comme un rayon de soleil, sensible au moindre nuance de notre souffle. Sa mèche de cheveux sait tout de notre âme.
Elle contre ma peau. C’est chaud. Les corps fondent. On s’envole. On se lâche l’un avec l’autre. Et on décolle. Comme des ballons.

(Qui finiront par éclater…)

- T'as un je-ne-sais-quoi dans le visage, dans le regard. Aucun peintre ne pourrait le capturer. Alors les ombres t'attraperont jamais. Tes yeux, c'est des pépites d’or.

Un deux trois. Houle et danse. Vos joues de biscuit cuites aux rayons de la Lune. Lèvres closes. Un deux trois. Silence en bruissement de feuilles. L’effleurement de vos pieds sur le sol. Sur les quais. Lèvres closes. Vos riez. Rires ailes d’oiseaux en papier blanc. Tu te perds dans ses yeux. Où le souvenir de Dragon s’invite. Lui, il a réussi à te peindre. Peut-être a-t-il réussi à capturer mon regard.

- Tu crois vraiment. Que les ombres m’attraperont jamais ?

Silence. La nuit ronronne. Prête à s’élancer vers les étoiles.  

- Seul-e, j’y arriverai pas Luciole.

Un deux trois. Houle et danse. T’es plus seul-e. Y a Luciole. T’es plus seul-e face aux ombres. Vous, petites grandes ombres dans les yeux et dans la voix. Vous, petites grandes ombres vous êtes glacées. C’est la porte de l’Enfer qu’on a oublié de pousser. Et que tu viens de fermer en gravissant la distance de vos lèvres. Clic.

- C’est pas vraiment mes yeux. Les yeux appartiennent au ciel, pas à la chaire. Faut continuer de monter.

Un deux trois. Houle et danse. Ta main sur sa hanche. Tu regardes vers le haut, droit dans ses yeux. Luciole. Quand j’avance vers toi, c’est un monde qui avance vers moi. Tu la vois en mouvement toujours avançant et tournant aves les saisons en orbite.

- J’aimerai bien aller me reposer sur un nuage.

Et vous montez des quais de scène. Vos âmes continuent de valser danser briller. Tu glisses le long de ses anneaux, à Luciole. Pour monter, toujours plus haut. Là, où l’air devient plus frais. Là, où l’âme s’échappe en buée. Dîtes bonjour, bonsoir à une étoile. Ces choses mystérieuses qui brillent brillent brillent.

Vous êtes haut dessus du sol. Ou peut-être que le sol vous accompagne. Les secondes du temps faiblissent. Notes de musiques. Pianissimo. Le temps n’existe plus. Il a éclaté en milles morceaux de sucre. Il a éclaté. Au moment où vos deux mondes magies rencontrés ont dansé ensemble.

Le Monde. Dans votre Monde. On peut se lâcher et être toujours attaché. Une main dans une main. Une rose sur le coeur. Le rien ne pèse plus rien. Dans votre Monde. Tu peux danser sur les quais et tu peux en même temps t’asseoir sur un nuage qui avance. Avec les pieds qui pendent dans le ciel, et le rythme qui valse au bout des orteils. Qui tourne. Comme les hélices d’un hélicoptère.

Dans votre Monde.
Un deux trois. Houle et danse.
On regarde le monde sur un nuage.
L’enfance touche une note de piano.
Une note dont la vibration fait la longueur de la vie.

Dans votre Monde
Un deux trois. Houle et danse.
T’es là, assis-e sur une barque en nuage, avec Luciole à tes côtés.
T’es enivré-e par l’incompréhensible pureté de vivre,
l’instant poétique qui crève les horloges.

- Luciole. Tu crois vraiment que les ombres ne nous attraperont pas ?

Un deux trois. Houle et danse.




MERCI DE NE PAS POSTER À LA SUITE DE CE POST. LUCIOLE A ENCORE QUELQUES POUSSIÈRES ÉTOILÉES À SOUFFLER PAR ICI. MERCI !
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Ailyne Lawson
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Ailyne Lawson, Sam 27 Aoû 2016 - 13:28


Mal, prendre des risques, ça s'appelle vivre.
Musique
__________________________

Tu lui prends la main. Tu sais ce qu'il va se passer ensuite. Il y aura les étincelles. Les coups d'éclat. la lumière aveuglante. Qui vous accueille en son sein. Les mélodies symphonie. Celle de vos coeurs. Point culminant de votre bonheur. L'eau. Qui coule à flot. Qui se mélange au ciel. Qui se mélange aux rêves et aux étoiles. Il y aura des regards soleil, des baisers dragon et des rires luciole. Tu sais ce qui va arriver. Tu sais le goût que ça aura. De prendre sa main. De lui caresser la nuque. Tu connais les moments étincelle. Tu sais ce qu'il advient des rencontres éclair.

Tu n'as pas envie de rajouter une tête à tes souvenirs, pas envie de la dessiner dans ta mémoire. Tu veux vivre ça toujours. Cette envie furieuse. Furieuse. A ses côtés. C'est étrange ce sentiment. Qu'est ce qu'il est en train de se passer. T'as envie. T'as envie de t'accrocher. C'est dingue, c'est complètement fou. Tu veux t'accrocher. Mais quand ce moment sera fini Lyne. Tu seras seule. Car c'est des moments éphémères, lueurs qui s'envolent à la première torpeur. Lyne, qu'est-ce que tu vas lui dire. Si tu le revois. C'est pas une discussion que vous avez. C'est un rêve, qui s'effrite dès que tu veux l'envelopper. De tes bras, de tes regards.

Bientôt.
Il va disparaitre.

Du vide, Lyne.
Comme ce que tu laisses toujours.
Du vide, dans ton coeur.
Surtout.
Gravé profondément.
Encre indélébile.
Marque du manque.
Absence.

Tu ne rêves que de voler. Mais t'es à terre Lyne. Six pieds sous terres. Tes rêves pèsent trop lourds. Et à ça viennent s'ajouter tes angoisses.  Celles que tu te trimballes, sur le dos. Qui te rongent la moelle. Qui te bouffent la peau. Qui t'atrophient les muscles. Celle qui te font enrager, et hurler. Tu pèses une tonne. Jamais tu pourras t'envoler tu comprends Lyne. C'est déjà trop tard. Tout s'est joué en amont. Tout s'est joué en amont.

Rien n'est joué.
Rien n'est jamais joué.
C'est toi qui a décidé d'abandonner.
De laisser les choses se jouer.
On est pas comme ça.

Dragon.
Luciole.

Ca se répète, ça s'envole.
Rien n'est trop lourd.
Rien n'est trop beau.
Pour nous.
C'est ce qu'on veut.
Quand on veut.

Tu as décidé d'abandonner.
Ca veut pas dire.
Ca veut rien dire en fait.
Et puis je n'ai pas besoin de me justifier.
Tu as l'air de croire que.
Que tu peux tout décider.
Mais je vais te dire une chose.
Ferme ta gueule.


Mais regarde. Regarde autour de toi. Comment ça va te faire mal. Cette solitude angoissante. Qui ne te quitte pas. Dont tu n'as même pas conscience. Regarde. Regarde comme ça va faire mal. Attends quelques secondes. Encore un instant. Ca arrivera bien plus vite que tu ne le penseras. Et ça va te détruire.

Je suis avec le coureur de rempart. Je suis avec un dragon. Il enflamme mes rêves. Par ses lèvres. Par ses rêves. Et son envie de grimper. De monter sur les étoiles. Dragon, éclair de feu. Alors finalement. Finalement tu devrais pas. Mais t'as encore envie. Encore envie de mêler tes lèvres aux siennes. Peut-être que c'est ça le goût de rêve, le goût de danse qui inonde ta nuque de chaleur.

- Tu crois vraiment. Que les ombres m’attraperont jamais ? Seul-e, j’y arriverai pas Luciole.

Il t'embrasse à nouveau Luciole. Il t'embrasse et c'est frais. C'est doux. Baiser papillon. Baiser enchanteur. Embrasse moi encore.
Ca fait un bruit pas possible. Les corps qui s'emmêlent. Les coeurs qui s'emmêlent. Quand ça se déchaine. C'est incroyable. C'est incroyable. Il faut pouvoir le sentir tout ça. Il faut pouvoir capter la symphonie. Du bout des lèvres, du bout de l'âme. Quand ça s'enroule et ça percute. La rencontre des esprits. Il faut sentir le sourire se détacher de toute sa matérialité. Quand il s'envole, se sépare. Quand il devient une entité.

Entité.
Entité.

C'est comme ça que vous êtes.
Enlacés.
Ombre papier.

Tu prends sa main. T'as envie d'aller plus vite. Plus vite que le temps, plus vite que la vie. Que ça vous laisse plus le temps d'avoir le temps et que vous finissiez par vous engouffrer dans une nouvelle dimension. Créée de toutes pièces. A votre image. De personne qui ne savent abandonner. Qui ne font que rêver. Qui ont des étoiles comme propulseur. Poussières de rêves comme propulsion.

Vous êtes en train de danser et le sol s'embrase. Vous êtes en train de courir sur les remparts, sur l'eau. A-t-on déjà vu de l'eau qui brûle. Ca sent le cramé. Ca devrait vous faire paniquer. Parce qu'on change pas les règles comme ça. Vous allez tout foutre en l'air à force de vouloir décoller.

Y'a encore la gravité.

Ca danse et on danse. Comme des millions d'étoiles. Qui patinent dans l'univers. Qui cherchent et recherchent. Un partenaire.
Danse.
C'est ça qu'on murmure dans la nuit.
Danse.
C'est le bruit de nos rêves contre le parquet de notre conservatoire improvisé.
Danse.
C'est ce qui nous donne envie d'hurler à la nuit qu'on se fera jamais rattraper. Qu'on est plus fort que les maîtres de la lune.

Parce que.
Nous, quand on aime. On aime. Vraiment. Avec les tripes, avec le corps. C'est nos cellules qui le disent. C'est inscrit partout. Cette folie. Cette passion. Parce que. Nous. Quand on ressent. On ressent comme une bombe. Quand on est en colère on pourrait bousiller la terre. D'un coup de pied, comme ça. Envoyer tout valser. Parce que. Nous. Nous quand on vit. Ca fait des poussière d'étoile. Ca embarque l'univers. Et on pourrait tout réinventer. Sous le coup de notre inspiration.

Nous on peint des rêves.
On peint l'espoir.
On crève d'envie de vivre.
On crève d'envie de pouvoir partager ce monde qu'on voit en mille couleurs.
Palette de sentiments.

Mal. Tu parles et je comprends rien.
J'ai des battements dans le coeur. Qui m'enivre. Je suis complètement torchée. J'ai rien bu promis juré.
Mal, arrête de parler. Les ombres, c'est dans ton coeur qu'elles sont nichées.
Il faut danser Mal.
Mal.
Arrête de parler.
Seul moyen de les éliminer les illuminer.
Illumine.

Pouf.
Lumières.
Qui brillent.
Des flashs.
Dans ma tête.
Contre nos corps.


- Si elles t'attrapent, fais-les danser. Peut-être qu'elles sont plus gentilles qu'elles n'y paraissent.

T'as envie de plonger. Dans l'eau tes rêves. Ne font qu'un avec ta réalité. C'est dégueulasse. L'eau, là dedans.
Il y a peut-être même des morts. Noyés.
Et toi tu veux nager.
Dans cette m*rde.
Dans cette crasse.
Tu te crois maligne.
Tu te crois plus douée que les autres.
Ils vont venir te chercher.

Et comme tes envies sont éphémères, remplacées à chaque seconde. Tu décides de prendre sa main. Tu te concentres un instant. Tu visualises. Tu respires à fond. Tu sais exactement où tu veux aller. Ce que tu veux voir. Ce que tu cherches.
Tu vas le trouver, t'y rendre. Ta main dans la sienne.
Et ça y est.

Vous êtes tout en haut. Tout en haut de Big Ben. Et votre pire ennemi devient votre partenaire de danse. Parce que le temps, il faut juste savoir l'apprivoiser.

- Qu'est-ce que tu aimes le plus au monde Mal ?

T'es complètement folle. Folle à lier. T'as de sérieux problèmes à régler. T'es dans une bulle de peps. T'arrives pas à t'arrêter. T'es propulsée. Dans ton monde, c'est plein de lumières qui en font qu'à leur tête. T'es complètement dingue. T'as de sérieux soucis ma pauvre. Vous allez vous écraser sur le sol. Face contre terre. Ca va faire mal. Ca va vous bousiller le crâne.

Ca s'appelle vivre.
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Crystal M. Ertz
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Crystal M. Ertz, Sam 29 Oct 2016 - 20:34



HPRG: Je me permet de poster ici, n'hésites pas à me mp si vous voulez que je déplace Smile

- Avec Mangemort 28

L'envie de faire un tour au calme, loin de toutes les habitudes et du confort habituel, plus fatiguant qu'il n'y paraît. La jeune femme, enveloppée dans sa cape brune et capuchon baissé, laissait ses pas la guider sans réfléchir, le nez en l'air pour observer la nuit qui venait de tomber. La journée avait été rude. Après une nuit très courte à cause de ses recherches, elle avait du faire fasse à un nombre important de clients. Passer sa journée à courir dans tous les sens était certes très gratifiant en tant que vendeuse -signe que sa boutique avait du succès- mais il fallait bien avouer que voir arriver l'heure de fermeture faisait souvent du bien.

Plutôt que de transplaner, la sorcière avait décidé de faire une balade nocturne dans les rues de Londres. Elle ne recherchait rien de particulier et n'espérait même rencontrer personne. La tranquillité du moment lui faisait du bien. Le bruit de ses pas qui résonnait battait la même mesure que son cœur. Ses pas la menèrent dans un quartier qu'elle ne connaissait pas, une rue mal éclairée qui avait l'avantage de ne pas trop puer. Elle avait l'impression de découvrir un monde totalement différent lorsque le soleil était couché. Un monde où les odeurs étaient différentes, les gens aussi, même ses pas n'étaient pas les mêmes. Loin de la stresser, la sorcière se sentait plus intriguée par ce sentiment.

Avançant un peu plus dans la rue et le nez toujours levé, elle trébucha contre un pavé mal enfoncé et ne pu retenir un juron, qui résonna dans la rue entière. Sa voix sonnait vraiment comme ça? Suite à ça, elle ne pu s'empêcher de rigoler. L'air de rien, elle se sentait plus libre que jamais. Cette ballade avait été la meilleure idée qu'elle avait eu depuis longtemps.

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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Mangemort 28, Sam 29 Oct 2016 - 22:11



la de 91
Nous avons la peau glacée, effleurant notre joue en revêtant le masque. Un dernier clin d'oeil à matricule neuf-un en reposant la queue du billard. Même les mages noirs doivent s'occuper. Ils me tendent un verre que nous terminons d'une traite avant de le poser. Pas sur que le patron serait très content de nous voir vaquer ainsi à diverses activités. Mais nous prenions une bouffée d'air, nous tirions sur le fil avant le bain de sang. Et puis tant d'événements de taille se préparaient... Nous avons un petit rire circonspect face à notre défaite, puis, amusées, déclarons quitter la forteresse pour vadrouiller un peu. Prendre l'air. Quatre-vingt onze sont un peu déçu, mais ils s'en remettront. Nous transplanons peu après avoir passé le portail de fer ouvragé.

Londres. Ville de ténèbres et de malheurs. Malheureux. Désemparés. Puissance. Baguette dans la main, nous armons notre sourire en resserrant les lacets de cuir. Nous sommes l'Ombre, tiraillé par les éclats de lune, les poussières d'étoiles et les rayons d'écarlate brandis comme des torches. Nous sommes serrées dans une robe noire en lambeaux, et puis notre cape recouvre les parties de chair blanche laissées à nu. Nous frottons nos mains sur le tissu épais avant d'ouvrir les yeux sur une rue déserte. Déserte ? Non. Une créature pure et innocente se promène. Joie ! Nous la connaissons. Vingt-huit esquisse un sourire, et moi, moi j'ai un rire léger. Notre soirée se révèle sublime. Nous avons hâte de régaler Neuf-Un de cette heureuse rencontre.

Alors nous pavanons, quand danse comme le vent notre cape noire brodée de perles. Nous avons presque l'envie de chantonner. C'est un véritable rêve que de porter ce masque, cette marque, de nous jouer de cette jeune femme qui ignore qui nous sommes. Elle n'est rien qu'une sorcière quand nous sommes un tout, quand nous sommes un Nous. Comment pourrions-nous ne pas nous sentir en confiance. Avec un petit rire cristallin caractéristique des grandes joies, nous saluons, enfin sortie des ténèbres, notre petite vendeuse des Halles Magiques.

- Eh bien Crystal... n'est-il pas un peu tard pour se balader seule ainsi ? Tu pourrais... faire une mauvaise rencontre ?

Et nous nous esclaffons d'avantage. Quelle plus mauvaise rencontre pouvait-elle faire que nous, qui trouvions amusant ce petit jeu de marionnettes ? Nous passons un doigt sur notre lèvre. Oh douce souris. Te voilà entre nos griffes.

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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Crystal M. Ertz, Sam 29 Oct 2016 - 23:16




Un souvenir effleura son esprit. Celui de cette jeune cliente qui était venue quelques jours auparavant aux Halles. Celle qui avait l'air de trouver le monde plus lourd que du plomb et les gens plus énervants que des pélicans (inspiration soudaine, fallait que je l'écrive). L'art de voir la vie en noire. L'époque était sombre, et rare étaient ceux qui arrivaient à sourire naturellement. La gérante faisait partie de ces gens-là. Elle avait connu sa phase sombre mais s'en était remise et avait décidé d'être courageuse à sa façon. Un petit sourire à la boutique, c'était rendre le monde un peu plus clair. La preuve en était cette jeune cliente, qui était repartie de la boutique avec au moins une pensée positive. Si le bonheur était fragile à conserver, il était néanmoins facile à déclencher si on savait s'y prendre.

Léger mouvement dans la rue noire. Une ombre qui approche. La jeune femme s'arrête, un peu par réflexe. De par sa trajectoire, elle saisit rapidement que la silhouette ne va pas simplement la croiser et continuer sa route solitaire. Plus proche, la sorcière s'aperçut qu'elle ne percevait rien. Pas de visage, une forme floue drapée dans un noir qui se confondait dans la nuit. Un mystère. Ce genre de masques, la sorcière en avait déjà croisé et elle avait espéré en rester éloigné le plus loin possible. Les battements de son coeur cessèrent d'être paisibles et harmonieux. Déjà les flashs d'une nuit lui revenait en mémoire, les éclats de sortilèges. La sensation d'être perdue.

- Eh bien Crystal... n'est-il pas un peu tard pour se balader seule ainsi ? Tu pourrais... faire une mauvaise rencontre ?

Son pied droit recula par automatisme. La voix féminine qui lui parvint derrière le masque, amusée et terrifiante à la fois. Rien que la façon dont elle avait dit son nom lui donnait la chair de poule. Une envie de se saisir de sa baguette se fit sentir, mais la brunette chassa cette idée rapidement. Si elle avait bien apprit une chose, c'était qu'elle n'était pas faite pour les combats. De plus, rien ne disait que cette Ombre allait lui vouloir du mal, si?

- Bonsoir, madame? Commença-t-elle d'une voix peu assurée.

Ne pas fuir, surtout ne pas fuir. Tu n'as aucune raison de fuir.

- On se connait, peut-être?

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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Mangemort 28, Dim 30 Oct 2016 - 2:05




Le cœur transpercé, fulminantes jusqu'aux yeux, nous avions envie de battre le vide à en créer des ouragans. Pourquoi fallait-il cette tension, ce battement ardu et conquérant, cette lueur de bravoure dans le regard, quand Nous, Mangemort au matricule élégant, paressions en public ? Pourquoi ce petit peuple avait-il peur de nous, de nos yeux flamboyants, alors que nous cherchions à construire pour eux un monde meilleur ? Il est vrai que nous camouflions notre visage derrière un masque. Nous l'avions choisis en cuir, fin, très facile à mettre et à enlever. De ceux que l'on trouverait dans des paquets surprise de mauvaise qualité pour jeux érotiques. Les menottes en plastique, le fouet en latex, et puis le masque en cuir. Ne manquait plus que les oreilles de lapin à fourrure. Dé-pri-mant.

Nous fouillons dans nos poches et trouvons un bonbon à la menthe. Nous soulevons délicatement le foulard couvrant notre bouche pour craquer la chlorophylle entre nos dents, inhaler ce parfum de hauteur et de fraîcheur, respirer à nouveau sans étouffement précoce. L’asphyxie est un fait atroce, la ville nous enserre. Baladant nos doigts blancs sur le mur de pierre suintant d'humidité, nous écoutons cette voix couinante. C'est leur truc. Rester calme face à un mage noir terrible et masqué, ouuuh, quel acte de courage. Ils oublient notre humanité. Remarque... nous avons tendance à l'oublier aussi.

Elle parle et notre langue claque. Quoi ? Crystal ne nous as pas reconnu ? Nous sommes bien déçue. A vrai dire, nous sommes certaine que nous pourrions la marquer à nouveau. Est-ce pour cela que le peuple est tantôt fasciné, tantôt effrayé par nos manières ? Parce que nous prenons plaisir à dévorer toutes les facettes de la vie, à découvrir sa fragilité et ses limites ? Ne sommes nous donc pas des scientifiques, et eux, eux nos cobayes, nos lapins blancs aux yeux rouges qui finissent squelettiques et immobiles, raides, morts, dans des cages entassés à trente ? Nous ne sommes que Sept. Je se veut notre leader, nous lui offrons notre obéissance. Tu es la fantaisiste, toujours zélée et sexy à s'en damner. Il est une vaste connaissance, un bon souvenir qui nous réchauffe. On est notre homonyme, notre alter-ego. Nous sommes nous, variante instable au mordant venimeux. Vous sont sans doute une blague et pourtant une harmonie fascinante. Ils, finalement, sont notre binôme et notre ami... ils en valent la peine.

Comment diable sept sorciers, même de notre trempe, peuvent effrayer et calfeutrer une populace entière engorgée des mensonges d'un gouvernement corrompu aux aurors inutiles et pathétiques ? Mais nous savons en profiter. Nous sommes la Magie elle même et nous ne respirons que pour elle. Nous allons rendre aux sorciers ce qui leur est du, oui, et nous tournons soigneusement nos manches pour révéler le tatouage fatidique à la beauté spectrale. Si sept soldats effrayent, ce n'est pas pour rien. Que cela soit dit : Nous sommes Puissance.

- Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. nous penchons la tête sur le côté. Tu ne nous connais pas sous cette forme en tout cas.

Nous rangeons notre baguette. Nous ne sommes pas en temps de guerre. Nous ne voulons aucun mal à cette créature à la beauté irréprochable et aux lèvres purpurines.

- Allez, Crystal. Nous te le donnons entre mille. Nous sommes un Mangemort. Mais... tu peux nous appeler comme bon te semble.

Ou même, appelle nous Vingt-Huit. Prononce chaque syllabe, laisse ta gorge s'écorcher de nos lettres. Laisse la puissance de ce matricule, la terreur qu'il impose, se glisser toute entière en toi. Prends, accepte ce numéro sortis de la langue du diable en personne. Nous nous le sommes offert de droit avant que le glas ne sonne. Il est notre plus bel atour. Il te dévorera avant que l'aube ne se lève, chose certaine, mais avant, avant...

- Dis-nous, beauté. Que fais une si jolie créature à pareille heure ? Tu veux peut-être que nous te ramenions chez toi.

Notre sourire éclate comme un orage. Le rire en est le tonnerre, et son visage aux milles émotions, nos nuages. Nous perdons la notion du temps et de la vie. Nous sommes 28 face à la vie.
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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Crystal M. Ertz, Lun 31 Oct 2016 - 15:33



Se convaincre de ne pas avoir peur, d'avoir plus d'assurance qu'elle n'en avait jamais possédé était un beau défi. Peut-être un peu trop grand pour ses fines épaules. Ça devait se voir à des dizaines de mètres à la ronde qu'elle tremblait comme une feuille. Un coeur d'enfant dans un corps de femme, voilà qui résumait bien qui était la gérante. Face à elle se trouvait tout son contraire. L'assurance, la nonchalance, l'impression de dominer la situation (n'était-ce qu'une impression?), une voix amusée et sûre. Recto et Verso.

Quand elle parle, la brunette frisonne de plus belle. Crystal la connaissait? Comment? Où? La voix continue. Elle ne semble pas agressive. Dans ses paroles ou dans ses gestes, tout n'est que parade et démonstration. Elle semble détendue, comme si elle assistait à une pièce de théâtre en même tant qu'elle la créait de ses mots. L'Ombre joue avec la petite lumière, ne souhaite visiblement pas l'engloutir, encore. Un coup d'oeil vers ses mains lui indique qu'elle n'est pas prête à attaquer.

- Dis-nous, beauté. Que fais une si jolie créature à pareille heure ? Tu veux peut-être que nous te ramenions chez toi.

Encore cette voix qui continue à sonner dans sa tête. Qui réveille quelque chose de désagréable. Un souvenir? Une mauvaise rencontre. Un sentiment d'avoir été manipulée, sa naïveté exposée au grand jour. Elle se secoue la tête. L'envie de penser à ça n'est pas là. Une pointe de colère s'allume dans sa poitrine qu'elle éteint en vitesse. Elle ne sait pas. Elle n'a pas de preuve. Connaître ou non la personne ne trouvant derrière le masque n'était pas très important pour la sorcière. Même si l'on disait que le savoir était une arme, la jeune femme en avait peur. Peur de craquer, de faire du mal sans le vouloir, d'avoir mal tout simplement. Tout ce qu'elle voulait, c'était vivre Bien et que les autres vivent bien grâce à elle.

- Qu'est ce qui vous a fait choisir cette voie plutôt qu'une autre?

Choisir d'ignorer sa dernière phrase. Taper la papote à l'Ombre, pourquoi pas? Si celle-ci le lui permettrait, qui sait? Peut-être pourrait-elle l'aider, même sans qu'Elle ne s'en rende compte?

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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Mangemort 28, Sam 19 Nov 2016 - 10:41



- Qu'est ce qui vous a fait choisir cette voie plutôt qu'une autre?

Vraiment ? Vraiment ? Des mots, jetés, soufflés, des mots que nous n'aimons pas, qui sont faux, menteurs. Et même si nous savons qui nous sommes, qui nous étions, et sans nul doute qui nous serons, nous n'aimons pas les grands questionnements et les idéaux balancés par des sonnets de poètes mal-avisés. Nous soupirons, à fendre l'âme du néant, et avançons un peu, sans peur aucune, sans hésitation, sur la ligne noire que nous voyons au sol. Et si nous la teintions encore de rouge ? Pas de souffrance, mais de la colère, de la haine attisée par le sang et la déconvenue ?

Nous dansons autour de la proie, la chérissons du regard, nous rappelant des heures métronomes au goût d'anis et de vin cuit, de belles étoiles et d'une solitude morbide. Nous ne sommes plus seules, nous sommes nous, deux moitiés d'un être, le chiffre et moi, le Mangemort et moi, 28 et moi. Nous prenions notre rôle très à coeur. La valse est langoureuse, le cercle plus petit, les pas plus précis, nous prenons de l'assurance à chaque instant, puisque notre puissance ne fait que croître sous le masque de ténèbres. La marque brûle, nous l'ignorons. Notre traque nocturne nous plait, puisque nous l'avons dépouillée de toute forme de violence et d'animosité - nous nous prêtons au jeu.

- Nous n'avons pas choisis une voie, nous sommes la voie. La voix, même. Nous voulons ce qui est juste et ce qui est vrai, et nous allons montrer au monde ce qui est à être; à naître.

Des questions bien surprenantes aux réponses multiples, nous nous amusons de l'amulette bleue des soirs obscurs, et portons fièrement les couleurs de notre Maison - Noir Ténèbres. Plus d'étendard de Poudlard sous le masque, cela n'avait plus aucune importance. Nous étions Mangemorts.

- Jouons, veux-tu ! Nous voulons ! Tu as droit à trois questions. Si elles m'ont plut, nous t'offrirons un présent. Si tu nous déplais, nous devrons punir !


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Re: Rues de Londres, après le couvre-feu

Message par : Crystal M. Ertz, Lun 26 Déc 2016 - 21:19



Vraiment désolée pour le retard :x

Est-ce qu'il ne serait pas temps de fuir, là, maintenant, avant qu'il ne soit trop tard? L'innocente brunette a l'esprit qui lui dit d'être raisonnable et d'arrêter de jouer avec des forces qu'elle ne contrôlait pas mais ses pieds ne bougent pas. Son cœur, têtu, a envie de rester lui. Il a envie de partager ses battements positifs, d'étendre sa portée bienfaitrice. Comme si c'était possible, lui rétorque la tête qui lèverait les yeux au ciel si elle en avait. Comme dans beaucoup de situations, c'était le coeur qui l'emportait pour le meilleur et pour le pire.

- Nous n'avons pas choisis une voie, nous sommes la voie. La voix, même. Nous voulons ce qui est juste et ce qui est vrai, et nous allons montrer au monde ce qui est à être; à naître.

L'Ombre est totalement dans son élément ainsi. Elle semble danser autour de la jeune femme qui n'ose bouger le moindre orteil de peur de réveiller ses instincts dangereux. Pourquoi parle-t-elle on nous? Simple effet de style? Réel problème psychologique? Crystal ignorait ce qu'on faisait subir comme traitement initiatiques aux sorciers et sorcières dans son genre, peut-être que cela venait de là...

- Jouons, veux-tu ! Nous voulons ! Tu as droit à trois questions. Si elles m'ont plut, nous t'offrirons un présent. Si tu nous déplais, nous devrons punir !

Elle ne ressemblait pas aux génies des contes tels qu'elle les avait imaginés, c'était certain. Mais la brunette savait pertinemment que quel que soit la question, il y aurait un prix, qu'elle lui plaise ou lui déplaise. Partirait-elle maintenant? Il n'y avait toujours personne d'autre dans la rue pour distraire son attention, personne qui lui permettrait de se sortir de cette situation. Crystal maudit sa curiosité qui bondissait en elle en lui hurlant: *Vas-y! Vas-y! Pose lui des questions!* Comme pour trouver un repère et se donner du courage pour affronter la situation, elle ose enfin se déplacer et se coller dos au mur de la rue. C'était peut-être pas super intelligent, mais ça avait tout de même quelque chose de réconfortant.

- Peut-on être heureux tout en étant impuissant ?

Première question.
Qui lui correspondait parfaitement en somme. Et qui devait-être intéressante pour quelqu'un qui prenait son pied à jouer avec les autres tout en restant caché. Le masque offrait par lui-même une puissance directe et effective. Rien qu'en le voyant, les gens reconnaissaient l'aura et pouvaient choisir de la combattre en montrant qu'ils étaient eux-même plus puissant ou ils fuyaient simplement. Mais pouvait-on réellement être heureux en usant ainsi de la puissance? Du sentiment d'impunité et d'être au dessus des lois qu'ils semblaient manifester? Ne pouvait-on pas trouver le bonheur tout en étant faible?

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