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Escapade nocturne
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Kyara Blanchet
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Re: Escapade nocturne

Message par : Kyara Blanchet, Dim 12 Juil 2015 - 2:19


Kyara pouvait lire sur le visage des élèves qu'ils se savaient bloqués. Ils n'avaient pas vraiment d'échappatoire, pas pour le moment en tout cas et la seule chose qu'ils pouvaient faire, c'était d'éviter d'aggraver la situation. Ils ne tardèrent donc pas à donner leurs noms. Sovrano pour le serdaigle, Keats pour le gryffondor. Le serdaigle demanda même le nom de Kyara. Bah c'était du joli ça ! Ne pas connaitre le nom d'un professeur. Se retenant de lever les yeux au ciel à cause de l'exaspération, la Française répondit aux deux garçons.

- Kyara Blanchet, professeure de soins aux créatures magiques, je précise étant donné que vous semblez être touristes dans Poudlard. Par ailleurs, sachez que je me moque de savoir à qui est la bouteille. Elle est à moi maintenant et cela ne change pas le fait que vous étiez en train de boire en dehors du couvre-feu. Vous êtes donc tout deux fautifs.

La Française n'avait pas envie de s'amuser à trouver qui était le coupable, de toute manière ils l'étaient autant l'un que l'autre. Dès l'instant où ils avaient posé un orteil hors des salles communes. Il était maintenant temps de voir ce qu'elle allait bien pouvoir faire d'eux. Ils avaient été réglos et de son côté, Kyara avait eu l'occasion d'atteindre son but.

- Vous allez maintenant rejoindre vos salles communes. Vous vous en tirez à bon compte. Je me tournerais directement vers vous si je vois des élèves endormis un peu partout dans le château. Il serait bien pour vous de faire profil bas pour le moment, un autre membre du personnel n'aurait pas été aussi indulgent que moi pour ce soir.

Kyara savait que William aurait été capable de demander aux deux jeunots de récurer ses toilettes par exemple, sans l'aide de la magie bien sur. Avec une brosse à dents. Laissant quelques secondes aux élèves pour digérer l'information, la Française reprit ensuite la parole.

- En avant dans vos dortoirs et dans le silence, je n'ai pas envie que tout le château se réveille grâce à vous !
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Ted Rosebury
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Re: Escapade nocturne

Message par : Ted Rosebury, Sam 22 Aoû 2015 - 21:14


RP avec Kohane Werner

Le couvre-feu était en vigueur depuis bien longtemps. Et pourtant, une ombre noire semblait parcourir le parc du château. Le vent venait caresser le fin visage de Ted, qui fermait les yeux, tendant sa tête vers les étoiles. Que l'air était pur ! Au loin il entendait le ululement d'un hibou, des bourrasques venaient aussi jouer de drôles de mélodies dans le feuillage des arbres et buissons environnants. C'était dans ces moments-là qu'on se rendait compte que la nuit, on était bien mieux dehors. Enfin si on avait du cran. Car une jolie pelouse avec un petit bosquet d'arbre prenait, éclairée par la lune, un tout autre visage. Les ombres des arbres se balançaient sur le sol, créant des formes inimaginables. Parfois, les bois craquait, et si l'on était pas habitué on sursautait à chaque fois, croyant un ennemie proche. Ce n'était pas le cas du garçon, dont ce n'était pas la première sortie au delà du couvre feu. Mais cette nui avait été différente, il ne se baladait pas, il semblait simplement profiter de l'air frais.

Il fallait dire que dans les dortoirs, la chaleur augmentait rapidement, même si les cachots où se trouvait la salle commune des serpentards étaient plutôt frais. Ted s'était retourné dans son lit, encore et encore, faisant grincer le somptueux lit. Un moment sur le dos fixant le baldaquin au dessus, puis sur le côté, regardant les ondes du lac qui couvait la fenêtre... Il avait essayé toutes les positions, sans jamais parvenir à tomber dans les bras de Morphée. C'est dans ces moments qu'on rêve d'un marchand de sable, qui passerait endormir tout le monde. Des imbécillités de conte pour enfants, s'était-il ! Et il n'était plus un enfant, ça non. Du moins il ne se croyait pas en être hein. Désespéré de rester toujours en encore éveillé, Ted avait rejetté la couette avec vigueur, et enfilé sa robe de sorcier. Il était dans une phase où il ne réfléchissait plus trop, il se laissait juste entraîner par son ras le bol. Ses pas le menèrent naturellement vers le haut, où l'air était plus respirable, et il avait même été surpris quand le vent l'entoura, lorsqu'il était sorti. Naturellement il s'était dirigé vers le lac, qui l'intriguait tant.

Et il était toujours là, profitant de cet air frais et respirant à grands coups. Il se plaisait à cette sensation de liberté, mêlée à celle de, une fois de plus, ne pas respecter les règles.

* Leurs fichus règles... Ce sont juste des chaînes pour pas qu'on profite de la vie, et qu'on apprenne le monde, pensa-t-il*

Mais très vite le jeune homme se trouva désœuvré. Plutôt que rester là assis à ne rien faire, il se saisit de sa baguette, et, toujours assis, s’amusa un peu avec sa magie. Il se trouvait doué, et savait que les professeurs aussi. Dans ton ferme, accompagné d'un petit geste souple du poignet, il lanca :

#Eolo Procella

Et il s'amusait de voir sa petite bourrasque aller jouer sur la face jusqu’à alors calme du lac noir. C'était son sort préféré, et il trouvait qu'il le maîtrisait plutôt bien. Il la faisait bouger, revenir vers lui pour faire s'envoler ses cheveux et faire virevolter sa robe. Il était bien, à s’entraîner ainsi. Seul au monde sur cette berge déserte. Rien ne pouvait venir l’embêter, à moins qu'un strangulot ne jaillisse du lac et lui saute dessus.
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Kohane Werner
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Re: Escapade nocturne

Message par : Kohane Werner, Sam 22 Aoû 2015 - 22:10


Décidément, les sièges de la salle commune étaient vraiment confortables. Telle était ma pensée ce soir-là. Moelleux, larges, au revêtement doux et rouge, accordé avec les couleurs de cette salle. Il n'y avait rien à dire : ils mêlaient à la fois le confort et l'esthétique.
Sourire aux lèvres, je m'enfonçai un peu plus dans le fauteuil que j'occupais, près de la cheminée éteinte. En cette saison, le feu n'avait pas besoin de briller joyeusement ; il faisait déjà bien assez chaud comme ça !
Petit à petit, je voyais mes camarades partir se coucher. J'ignorais quelle heure il était. Certainement tard. En tout cas, le couvre-feu était installé depuis un moment. Foutu couvre-feu ! Je ne l'avais jamais aimé ni accepté et l'avais, plus d'un fois, défié. Cependant, j'avais décidé que ce soir serait une soirée détente : pas question de faire des bêtises ! Montrer que, moi aussi, je pouvais être une petite fille sage...ou presque.

Lorsqu'il ne resta plus personne dans la Salle Commune, fatiguée d'être seule avec ma solitude, je décidai de monter me coucher moi aussi. Mon Dieu, qu'est-ce qu'il faisait chaud. En haut de la tour des Gryffondors, c'était la vraie fournaise !
Les fenêtres du dortoir étaient ouvertes afin d'aérer mais on cuisait tout autant.
Dans un soupir, je m'affalai sur mon lit, tirai les rideaux du baldaquin et réfléchis les yeux fermés. Je n'avais pas sommeil. Et puis j'avais chaud. OK, je m'étais dit : pas de sortie ce soir ! Néanmoins, je savais que ça ne servirait à rien que je m'habille pour me coucher ; je ne dormirai pas. Je n'y parviendrai pas.
Allez ! Juste un bol d'air frais. Quelques minutes. Pas plus. Promis. Histoire de me sentir bien pour aller au lit.
Un combat intérieur s'engagea alors entre ma bonne conscience et ma volonté d'aller dehors. Finalement, ce fut cette dernière qui l'emporta.

Silencieusement, je jetai un coup d'oeil au dortoir. Silence radio. Discrètement, chaussures à la main, je sortis. En descendant les escaliers de la tour, je priai pour ne tomber sur personne. Rien à l'horizon. Ouf.
Avec mes pattes de velours, exercées après tant d'escapades interdites, j'atteignis l'une des sorties du château.

Me retrouvant dehors, je soupirai quand l'air frais balaya mon visage. Je pris un temps pour respirer, me ressourcer. C'est alors que mes pas commencèrent à me mener vers le parc.
"Tu avais dit juste un bol d'air, me dis-je sur un ton de reproche, pas une balade nocturne dans le parc !"
"Oui, c'est vrai, répliquai-je à moi-même, mais maintenant que c'est fait, c'est fait. Je suis dehors alors pourquoi pas en profiter pour faire un petit tour ? Je l'ai déjà fait tellement de fois alors, au point où j'en suis...".
Ne trouvant pas d'autres arguments pour me contre-dire, je continuai mon chemin.

Le parc était désert. Normal. C'était la nuit. Le couvre-feu. Tout ça.
C'est dingue comme un lieu familier peut prendre un tout autre aspect dans l'obscurité ! Les arbres en devenaient presque effrayants.
D'un pas léger, je me dirigeai vers le lac. Je voulais voir à quoi il pouvait ressembler, enveloppé dans le noir de la nuit.

Alors que j'allais y arriver, mes sens captèrent une présence. Instinctivement, je ralentis l'allure, sur mes gardes. Un prof ? Quelqu'un du personnel de l'école ? Je savais que je devais faire demi-tour avant qu'il ne soit trop tard. Cependant, ma curiosité était trop forte. Il fallait que je sache qui c'était.
Le plus doucement possible, je m'approchais d'où provenait des petits bruissements. Je me cachai derrière un bosquet, tapie dans l'ombre.

A ma grande surprise, je vis un élève qui m'était inconnu, assis dans l'herbe. La nuit m'empêchait de distinguer avec précision ses traits ou les couleurs qu'il portait mais j'étais bien sure de ne l'avoir jamais vu ou, en tout, ne lui avoir jamais parlé. Il s'amusait à créer une petite bourrasque de vent et à la contrôler. Il y arrivait d'ailleurs plutôt bien.
Concentré sur son sort, il ne sembla pas m'avoir remarquée.

J'hésitai un instant. Que faire ? Repartir d'où je venais, prétendant ne pas l'avoir vu, ou bien aller vers lui ? Alors que j'hésitais, je jetai un nouveau coup d'oeil dans sa direction. Et une idée me vint.
Doucement, je sortis de ma cachette et saisis d'un geste discret ma baguette, toujours à portée de main. Avec un léger sourire je la pointai vers le jeune homme et, rapidement, murmurai un #expelliarmus.
Non seulement j'attrapai la baguette du jeune homme, mais j'avais également capté son attention me semblait-il.
Je pris alors un air sérieux et en colère :
-Alors ? Double infraction au règlement ? m'exclamai-je. Sortie après le couvre-feu plus usage de la magie en dehors des cours ? Qu'avez-vous à dire pour votre défense, jeune Serpentard ?
En m'étant rapprochée de lui, j'avais pu distinguer les couleurs vertes et argent qu'il portait.

Je laissai planer un petit silence pour que mes mots fassent effet avant de faire un nouveau pas vers le jeune homme. D'un geste brusque, comme toujours sous l'effet de la colère, je lui rendis sa baguette :
-Je pense que vous allez devoir vous expliquer devant les autorités compétentes, autrement dit devant ce babouin abruti de Kholov.
Ces derniers mots me firent sourire et mon visage se radoucit :
-Je plaisante, continuai-je en riant. Mais il est vrai que tu es en double infraction, mon cher. Alors, quelle est ton excuse ?
Sans lui demander s'il m'invitait, je m'assis à côté de lui. Il faisait vraiment bon dehors. Et je ne m'attendais pas à tomber sur quelqu'un d'autre. Mais au moins, je n'étais plus seule avec ma solitude.
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Ted Rosebury
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Re: Escapade nocturne

Message par : Ted Rosebury, Dim 23 Aoû 2015 - 10:48


Louée soit la brise que créait Ted, et qui venait brasser l'air chaud autour de lui. Le vent dans les cheveux, il rêvait de fraîcheur. C'était fou comme l'on se plaignait en hiver de devoir s'enrouler trois fois dans sa couverture pour ne pas avoir froid, mais aussi en été quand les nuits étaient trop chaudes.  Le jeune homme, toujours assis, baguette à la main, promenait sa petite bourrasque, voir bourrasquinette, en levant les yeux vers la voûte étoilée. C'était une nuit d'été tout ce qu'il y a de plus beaux. Pas de nuage à l'horizon, un nombre incalculable d'étoiles. Et si on avait de la chance on pouvait même apercevoir une étoile filante, si on regardait au bon moment. Et ce ciel, qui semblait tant émerveillé le garçon, était si différents par rapport à Londres. Ici on était loin de tout, loin des villes. Ainsi la voûte céleste apparaissait dans toute sa splendeur. Quelle belle nuit, quelle belle tranquillité...

  Mais soudain le jeune homme sursauta, tandis que sa précieuse baguette lui sautait des mains, et il se releva d'un coup, faisant face à l'endroit d'où provenait le sort. Il n'avait entendu ni la personne s'approcher, ni même la formule. C'est pour dire s'il n'était pas sur ses gardes. Au même moment où il n'eut plus sa baguette, la petite bourrasque vint mourir au dessus des eaux du Lac Noir, provoquant de petites ondes venant lécher le rivage. De son côté, la peur monta dans l'esprit de Ted. Était-ce un professeur, un gardien, du personnel ? Tout ce qu'il savait c'est qu'il était dans la mouise. Mais il fut presque soulagé en entendant la voix de la jeune fille, certes en colère, qui s'éleva, et sa silhouette qui apparut bientôt au jeune homme.

  -Alors ? Double infraction au règlement ? Sortie après le couvre-feu plus usage de la magie en dehors des cours ? Qu'avez-vous à dire pour votre défense, jeune Serpentard ?


  Même si elle avait raison, et qu'il était pris la main dans le sac, il garda un calme olympien, du moins en extérieur. Son visage, toujours fermé, était tourné vers la jeune fille qu'il fixait. Elle était chez les lions en plus, ce qui était un facteur aggravant. Il ouvrit alors la bouche, comme pour se défendre, ou plutôt accuser aussi la jeune lionne, mais il n'eut pas le temps de parler que cette dernière enchaîna, en lui rendant sa baguette qu'il tint précieusement :

  -Je pense que vous allez devoir vous expliquer devant les autorités compétentes, autrement dit devant ce babouin abruti de Kholov.

  A ces mots, le jeune homme voulut pointer sa baguette sur la gryffondor, comme pour la défier et lui montrer qu'il ne se laisserait pas faire. Mais il se ravisa en voyant son visage se détendre, et que tout en riant, elle lui dit :

 -Je plaisante ! Mais il est vrai que tu es en double infraction, mon cher. Alors, quelle est ton excuse?

  Cette jeune fille lui semblait intéressante, pour une raison qui lui échappait. Il y avait quelques chose en elle qui lui plaisait. Peut-être était-ce parce qu'elle était debout à cette heure, respectant tout comme lui le règlement à la lettre. Quoi qu'il en soit, elle avait piqué la curiosité du serpentard, et il voulait maintenant la connaître un peu mieux. Ainsi, lorsqu'il lui parla, inconsciemment il utilisa un ton plus doux qu'il ne le voudrait :

  -Enfin il me semble que je ne suis pas tout seul à enfreindre le règlement. Pas d'insigne de préfète, trop jeune pour être du personnel. Dis mois, je me trompe ou tu enfreins aussi le règlement ? Bon ok j'utilisais la magie, mais je croyais que c'était juste interdit dans les couloirs. Pourquoi nous refuser de nous entraîner ? Fichu règlement...


  Il fit une petite pause, où il détourna la tête pour regarder quelques instant les environs ; maintenant il semblait un peu plus sur ses gardes, prêt à réagir si quelqu'un d'autre se montrait. Mais il reporta ses yeux, sombres et profonds, sur la jeune fille. Avec l'obscurité ces derniers paraissaient presque noirs. Il continua :

  -J'ai pas besoin de me justifier auprès de quiconque d'ailleurs. Mais bon, en fait c'était juste que j'arrivais pas à dormir. Et toit, je suppose que tu n'es pas là pour faire un compte rendu sur la faune nocturne du parc du château. Du as une meilleure excuse que moi ?


  Et il accompagna ces mots d'un petit sourire, à peine visible, mais tout de même, c'était un exploit que Ted sourisse. Son ton se détendu encore plus, jusqu'à frôler l'amical, et il dit ces derniers mots :

  -Au fait je m'appelle Ted, et toi ?


  Après tout il ne risquait rien, cette jeune fille paraissait plus sympathique que certaines. Et puis ils étaient tous les deux en infraction, impossible de rapiner l'autre, sans risquer que celui-ci ne parle à son tour. Et sous la lumière étincelante des étoiles, Ted continuait de fixer la rouge et or.
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Kohane Werner
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Re: Escapade nocturne

Message par : Kohane Werner, Dim 23 Aoû 2015 - 17:32


La tension qu'exprimait le corps du jeune Serpentard retomba lorsque je m'assis dans l'herbe à mon tour. Je sentis que quelque chose l'intéressait et qu'il était prêt pour un brin de causette.
Quand il commença à répondre à ma question, je fus surprise du ton employé : il était plus doux que je ne l'aurais crû. Je l'avais imaginé vexé, fâché, ou énervé de ma petite blague pas si drôle. Mais il n'en était rien.

-Enfin il me semble que je ne suis pas tout seul à enfreindre le règlement, dit-il. Pas d'insigne de préfète, trop jeune pour être du personnel. Dis mois, je me trompe ou tu enfreins aussi le règlement ?
J'esquissai un sourire pour lui donner raison mais n'exprimai rien à voix haute.
-Bon ok j'utilisais la magie, mais je croyais que c'était juste interdit dans les couloirs. Pourquoi nous refuser de nous entraîner ? Fichu règlement...

Le vert et argent fit une petite pause et en profita pour scruter les environs.
-Interdiction d'utiliser la magie en dehors des cours pour s'assurer que les élèves ne lèveront pas une armée contre lui, murmurai-je plus pour moi-même que pour lui.

Après un petit moment, le jeune homme reporta à nouveau son attention sur moi. Malgré la nuit, je pouvais distinguer quelque peu les traits de son visage. Ceux-ci étaient fins, délicats, presque féminins. Cela lui donnait un air doux et installait une certaine confiance.
-J'ai pas besoin de me justifier auprès de quiconque d'ailleurs, reprit le Serpentard. Mais bon, en fait c'était juste que j'arrivais pas à dormir. Et toi, je suppose que tu n'es pas là pour faire un compte rendu sur la faune nocturne du parc du château. Du as une meilleure excuse que moi ?
Je ris en secouant légèrement la tête :
-Si, c'est bien connu, répliquai-je, j'ai pour habitude de sortir tous les soirs pour aller observer les créatures nocturnes et faire un superbe exposé qui contentera notre chère prof de Soins aux Créatures Magiques !
Avec un sourire amusé, je penchai ma tête en arrière pour observer le ciel étoilé.
-J'ai bien peur de te décevoir, continuai-je, je n'ai malheureusement pas de meilleure excuse que toi. Moi non plus, je n'arrivais pas à dormir. Et puis je dois t'avouer que j'ai tellement pris l'habitude de sortir le soir que ça en devient une manie chez moi !

Je me tournai vers le jeune homme pour voir un léger sourire poindre sur son visage. Très discret, presque imperceptible. Mais je l'avais vu. Enfin un Serpentard qui ne prend pas des grands airs et qui sait se comporter d'une façon plutôt accueillante avec les autres ! Je dois dire que les quelques expériences que j'avais vécues avec des Serpentard n'avaient pas été simples. Ils s'étaient toujours montrés froids, hautain et il avait fallu un moment avant qu'on parvienne à trouver un sujet de discussion sans tension.

-Au fait je m'appelle Ted, et toi ?
Son ton était passé de simplement doux à amical. Je ne pus m'empêcher de sourire. Oui, décidément, il était fort possible que cette rencontre me réconcilie avec les Serpentards.
-Je m'appelle Kohane. Enchantée, Ted.
Je me tus, observant le lac. Les mouvements de l'eau dans l'obscurité de la nuit en devenaient presque hypnotiques. J'avais une sensation étrange. Je me sentais bien. Vraiment. Je me sentais libre, chose que je n'avais pas ressentie depuis un bon moment. Même lorsque j'enfreignais le règlement, sortant après le couvre-feu pour explorer des coins interdits, je ne me sentais pas aussi libre. J'ignorais ce qui faisait la différence cette fois-ci. Peut-être d'être tombée, par hasard, sur un autre élève, que je ne connaissais pas. Une rencontre qui n'avait pas été calculée. C'était peut-être ça, la liberté : laisser faire les choses.

Au loin, un hululement me sortit de mes pensées.
-On est vraiment bien ici, murmurai-je, en poussant le soupir de la bienheureuse.
Je souris à Ted. Il m'avait vraiment l'air sympathique. Enclin à la discussion.
-Alors, dis-moi, Ted, commençai-je d'un ton enjoué, quel âge as-tu, petit rebelle ? Tu es un Serpentard et fier de l'être, n'est-ce pas ?
Mon sourire s'élargit à ces mots.

-Et toi non plus, tu ne sembles pas porter le règlement dans ton coeur, je ne me trompe ?

Ramenant les genoux contre ma poitrine, je les entourai de mes bras en attendant la réponse du jeune homme. J'en profitai pour le détailler un peu plus. Des yeux sombres, tout comme sa chevelure qui tombait en bas de son coup un peu en désordre. Et toujours ce visage doux, fin et rassurant.
Finalement, je n'allais pas m'ennuyer ce soir. Un peu de compagnie allait faire du bien. Ensemble contre le règlement !
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Ted Rosebury
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Re: Escapade nocturne

Message par : Ted Rosebury, Dim 23 Aoû 2015 - 22:06


La veille gryffonne (enfin comparé à Ted), vint à son tour s'asseoir dans l'herbe, peu verdoyante en cet été chaud. Et oui, même dans les terres les plus reculées de l’Écosse, la température parvenait à empêcher certains de dormir. Mais finalement cette petite insomnie ne serait pas forcément un mal, puisque Ted faisait une rencontre intéressante. Oui car pour lui, on pouvait directement classer les personnes en deux catégories : peu intéressantes, et dignes d'intérêt. Et bien sûr, il n'avait de sympathie que pour la deuxième catégorie. De sa rapide analyse de la jeune fille, il avait retenu deux points : elle sortait après le couvre-feu, et elle avait de la conversation et de l'humour. Elle lui répondit alors en murmurant :

  -Interdiction d'utiliser la magie en dehors des cours pour s'assurer que les élèves ne lèveront pas une armée contre lui,

  En plus elle avait du sarcasme, ce qui plaisait au jeune homme. Ce dernier esquissa un petit sourire à ces mots. Il était là depuis peu, mais avait vite appris à connaître la caractère... spécial du Directeur. Poudlard, transformé en régime totalitaire ? Pas si loin de la vérité que ça. Pourtant, Ted avait toujours apprécié les professeurs et adultes stricts, qui remontaient assez bien les bretelles aux autres mômes. Mais la mesure était comme même importante. Il répliqua d'ailleurs à la rouge et or, sur un ton sarcastique lui aussi :

  -C'est vrai qu'à sa place je tremblerai devant deux adolescents bavardant sur les berges du lac ! Surtout quand l'un s'amuse à créer des cyclone !

  Et la conversation suivait son cour, comme une rivière coulant sur un flanc paisible de montagne, attendant le moment où se profilerait la première chute d'eau. Il rit un peu lorsqu'elle rebondit sur sa supposition de travail sur les créatures nocturnes, de ces rires pour lesquels on n'ouvre même pas la bouche, ceux qui meurent dans la gorge et qui ressemblent plus à un souffle. Puis vint le moment important, celui où le narrateur n'aurait plus à inventer des périphrase difficiles, comme la lionne ou la rouge et or, pour qualifier la jeune fille :

-Je m'appelle Kohane. Enchantée, Ted.

  Puis le calme silence retomba sur la berge. Ce silence, à la fois apaisant et terrifiant, car ce n'est en réalité qu'un demi-silence. Le monde, la végétation, tout semble faire du bruit, du petit chuchotement des herbes, aux mélopées des arbres bercés par le vent. Et en même temps que Kohane sombrait dans ses pensées, Ted faisait de même avec les siennes. Il pensait à sa morne existence, comparée à la beauté de cette nuit étoilée. Il n'entendit même pas le ululement, mais eut une léger sursaut, presque imperceptible, quand Kohane se radressa à lui :

-On est vraiment bien ici,

  D'un simple murmure accompagné d'un signe de tête, le garçon acquiesça. Cet univers avait quelque chose de merveilleux. Et Kohane continua, sur un ton plus enjoué, comme pour signaler à Ted que leur conversation devenait amicale. Cela le changeait de se sprises de becs habituelles, avec des gens qui n'en valaient pas la peine.


-Alors, dis-moi, Ted, quel âge as-tu, petit rebelle ? Tu es un Serpentard et fier de l'être, n'est-ce pas ? Et toi non plus, tu ne sembles pas porter le règlement dans ton coeur, je ne me trompe ?

  Les mots vinrent à Ted naturellement, et il parlait du voix tantôt légère, tantôt sobre et trop sage.

  -L'âge importe peu pour moi. Un homme de 10 ans peut avoir la valeur d'une de 30. Mais mois, j'ai juste 13 ans.
Il fit une petite pause avant de recommencer. Il y a-t-il un serpentard qui ne soit pas fière de sa maison ? On dit que c'est là que vont tous les ambitieux. Et qu'est-ce qu'un homme sans ambition ? Un homme mort, ou qui passe ses journées à rien faire sur son canapé. Même la volonté, sans ambition, ne mène à rien. Après bien sûr il y a des serpentards peu intéressants, fils à papa qui croient qu'ils peuvent tout avoir. Encore une brève pause où il porte son regard sur les eaux du lac noir, avant de reprendre : Enfin, je pense que certains en font trop avec les maisons. On ne peut pas classer les gens dans des cases comme cela. On ne peut être juste brave, ou ambitieux ou intelligent ou gentil. Nous sommes tous un mélange, certains ne sont rien. Ça rassemble juste les personnes qui se ressemblent un peu...

   Et à ce moment, il se retourna vers Kohane, et planta ses yeux dans les siens, comme essayant de sonder ce qu'elle pensait de ses paroles. Et en même temps, il 'lobservait. D'un moins d evue physique ils avaient des similitudes. Elle avait comme lui des yeux très foncés et profonds, cet effet était encore amplifié par l'obscurité de la nuit. Elle avait aussi les cheveux bruns. Mais, bien sûr, il ne la fixa pas ainsi pendant une heure, ce qui aurait été impoli. Il se retourna donc, plongeant de nouveaux son regard dans les eaux sombres du lac, apparaissant presque opaques, et recommença à parler :

  -Je ne suis pas un rebelle qui enfreint le règlement juste pour me donner un côté sombre, ni pour prouver à qui que ce soit que je suis courageux. Pour moi, ce sont juste des chaînes que je brise quand je veux un peu de liberté, comme ce soir. Mais d'après ce que tu m'as dit, tu es une habituée. Ça m'intéresse ça, que peut faire une élève comme toi, errant dans le château après le couvre-feu ?

  Ted avait-il été réellement honnête ? Par sûr puisqu'il semblait montrer beaucoup d'enthousiasme à se promener de nuits, bien des fois dans le passé. Et puis il adorait ce petit sentiment d'adrénaline, et le risque de se faire prendre. Mais, ne voulant pas que cette discussion au clair de lune prenne fin,  il relança Kohane, espérant en même temps en apprendre un peu plus sur elle :

  -En revanche toi tu sembles adorer notre directeur et ses règles ! Tu as déjà eu affaire à lui ? Et surtout, t'es-tu déjà faite prendre, à être dehors après le couvre-feu ?

Spoiler:
 
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Kohane Werner
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Re: Escapade nocturne

Message par : Kohane Werner, Mer 26 Aoû 2015 - 16:16


La nuit avait une force extraordinaire : celle de rendre magique les choses les plus banales. Le parc, qui je voyais tous les jours, dans lequel il m'arrivait de travailler, m'apparaissait, à cet instant précis, plus grand, plus sombre, plus menaçant mais aussi plus féérique.
D'un côté, j'étais contente d'être tombée sur ce Ted. Il semblait gentil et la conversation avait de fortes chances de tourner au dialogue amical, sans prise de tête. Ne pensez pas que les Gryffondors et les Serpentards sont forcément ennemis et se détestent en toute circonstance ! Ce n'est pas vrai !

Pour répondre à ma question, le jeune homme se mit à parler d'un ton posé. D'un ton très sage, il déclara que l'âge importait peu puisque finalement, c'est l'âge qu'on a à l'intérieur de nous qui compte. J'étais d'accord avec avec lui ; avec un léger sourire, j'acquiesçai donc. Puis il annonça n'avoir que 13 ans. C'était drôle. Je l'aurais crû plus âgé. Comme quoi, il avait raison. Qu'il ait 13 ans ou non, ce n'était pas ça qui comptais.
-Il y a-t-il un serpentard qui ne soit pas fière de sa maison ? reprit-il après un pause. On dit que c'est là que vont tous les ambitieux. Et qu'est-ce qu'un homme sans ambition ? Un homme mort, ou qui passe ses journées à rien faire sur son canapé. Même la volonté, sans ambition, ne mène à rien. Après bien sûr il y a des serpentards peu intéressants, fils à papa qui croient qu'ils peuvent tout avoir.
Sa dernière phrase me fit de nouveau hocher la tête : des Serpentard de cette trempe-là, j'en avais rencontrés. Des enfants pourris gâtés, qui ont grandi dans une optique de garder le sang pur et qui méprisent tous ceux qui n'entrent pas dans leur catégorie de personnes désignées comme convenables. Les conversation avec ces gens-là était compliquée et il fallait avoir les nerfs solides pour arriver à quelque chose de potable (surtout quand on est une Gryffondor qui a de la famille Moldue). Mais Ted n'était pas de cette catégorie-là. Ca se voyait.

Il fit une nouvelle pause pendant laquelle il fixa le lac. Je l'imitai. Noir, calme, c'était comme s'il nous observait en silence. Deux fugitifs qui tentent d'échapper, quelques heures durant, aux règles draconiennes de l'école. Il reprit en disant que beaucoup d'élèves en faisaient trop avec leur maison. Qu'on ne pouvait pas mettre les gens dans des cases : toi tu es gentil, toi tu es intelligent, toi ambitieux et toi brave. On est un peu tout à la fois. C'est ce qui fait un Homme.

A nouveau, il arrêta de parler et, sans que je ne m'y attende, se tourna brusquement vers moi, planta ses yeux dans les miens. Je dois avouer que c'était un peu gênant mais j'aimais son regard. Il était profond, un peu comme celui d'un homme qui en a vu, des choses. Bien que Ted n'ait que 13 ans. J'esquissai un minuscule sourire pour dissiper un peu la gêne que je sentais monter en moi. Je savais bien que c'était sans mauvaise intention qu'il me détaillait ainsi. On aime tous savoir à quoi ressemble la personne à qui on s'adresse. Et dans le noir, il faut une attention accrue pour vraiment distinguer la personne qu'on regarde.
C'est à ce moment-là que je me rendis compte que nous nous ressemblions un peu. Au niveau de la couleur de cheveux et d'yeux, peut-être même au niveau du visage vu que Ted avait de traits très doux. Avec amusement, je me demandai si, à la lumière, nous pouvions paraître comme frère et soeur.

Heureusement, le jeune homme ne me fixa pas ainsi des heures durant. Il se concentra à nouveau sur la lac, avant de reprendre la parole :
-Je ne suis pas un rebelle qui enfreint le règlement juste pour me donner un côté sombre, ni pour prouver à qui que ce soit que je suis courageux. Pour moi, ce sont juste des chaînes que je brise quand je veux un peu de liberté, comme ce soir. Mais d'après ce que tu m'as dit, tu es une habituée. Ça m'intéresse ça, que peut faire une élève comme toi, errant dans le château après le couvre-feu ?
Je pris un temps de réflexion. C'était une excellente question, ça. Pourquoi errais-je ainsi dans le château, après le couvre-feu ?
-Pour être honnête, commençai-je lentement, enfreindre ainsi le règlement n'a pas toujours été dans ma personnalité. A dire vrai, je ne suis comme ça que depuis que je suis arrivée à Poudlard. Je suis arrivée cette année. Avant, j'étais en Allemagne, où les règles étaient bien moins strictes. Jamais, durant mes cinq années d'étude là-bas, je n'avais envisagé la possibilité de briser les lois imposées. Quand je suis arrivée ici, j'ai découvert un autre univers, une autre autorité. Mais au début, je me suis tue, j'ai attendu de voir comment la situation évoluait. Jusqu'au jour où j'ai rencontré une fille de Poufsouffle qui s'est avérée être une super amie. C'est avec elle que j'ai commencé à réellement enfreindre le règlement.
A ce souvenir, j'émis un rire.
-On est allées dans la forêt interdite, de nuit. Pas très sécurisant, je sais. Mais ce soir-là, j'ai eu ma dose d'adrénaline. Alors, je dois dire qu'au début, quand j'ai commencé à briser les règles de Poudlard, c'était un peu pour m'intégrer, voir ce que ça faisait, de vivre comme les autres, les rebelles. Pas forcément pour prouver que j'étais courageuse mais plus pour suivre les autres. Et puis petit à petit, j'y ai pris goût. Je me suis aperçue à quel point le règlement restreignait nos libertés et comment, sortir après le couvre-feu, pouvait aider à briser nos liens qui nous rattachent à ces foutues lois. Alors maintenant, ce n'est plus pour faire comme les autres, suivre les autres, que je sors après le couvre-feu. C'est juste pour moi. Pour me sentir bien. Pour me sentir vivante et joyeuse.
J'adressai un sourire à Ted. Je parlais beaucoup trop. J'avais cette fâcheuse tendance, dès qu'on me lançait sur un sujet, de déballer tout ce que j'avais sur le coeur à ce propos-là. Parfois, c'était trop. Bien que les gens n'osaient pas clairement le dire, je sentais que je les saoulaient. Alors je m'arrêtais brutalement, en une excuse silencieuse.

Néanmoins, Ted ne semblait pas non plus faire partie de ce groupe-là. Au contraire : je sentais en lui une certaine envie de communiquer, de discuter, ce qui me rassura. Sa compagnie m'était agréable et l'idée de repartir au lit après un bon bol d'air frais était bien loin.
-En revanche, reprit le jeune Serpentard, toi tu sembles adorer notre directeur et ses règles ! Tu as déjà eu affaire à lui ? Et surtout, t'es-tu déjà faite prendre, à être dehors après le couvre-feu ?
Sa remarque me fit rire :
-En effet, tu as remarqué mon amour sans borne pour Kholov, à ce que je vois ! Je dois t'avouer que lui et ses règles, ce sont les amours de ma vie ! Que ferais-je sans eux ?
Je ris en adressant un clin d'oeil complice à Ted. Puis, retrouvant mon sérieux, je continuai :
-Non, je n'ai, personnellement, pas eu affaire à lui mais qui, sait, dans un futur proche, ça arrivera peut-être ! Quant à se faire prendre dehors, en pleine nuit, j'ai, jusque là, eu beaucoup de chance ! Mais je ne crie pas victoire trop tôt.

Je fis une pause et observai le ciel clair. La lune brillait, majestueuse, au milieu de sa mer d'étoiles. C'était beau. Calme et reposant. Une douce brise se leva, venant effleurer mon visage. Le vent de la liberté. Si toutes mes nuits pouvaient être comme ça, ce serait un réel bonheur !
Je me tournai vers Ted et lui adressai un sourire silencieux qui signifiait : "je suis contente d'être tombée sur toi". Après un moment de silence, à écouter les bruits nocturnes, je repris :
-Parle-moi de toi maintenant ! Tes sorties interdites, ton amour pour le règlement, ta passion pour ce charmant Kholov ! Treize ans et déjà si peu obéissant, ajoutai-je dans un rire en lui donnant un coup de coude amical.
Ted était de trois ans mon cadet, mais, lorsque je discutais avec lui, il n'en paraissait rien. J'aurais pu le croire de mon âge ; je le trouvais très mature. Et ça me plaisait. Un bon ami de Serpentard en perspective.
-Raconte-moi aussi les infractions au règlement que tu n'as jamais faites et que tu rêverais de faire ! continuai-je sur le même ton enthousiaste.
Ayant compris que le jeune homme souhaitais faire la conversation, je ne me privais pas pour le bombarder de questions. Je voulais tout savoir. Et connaître ses rêves pour de futures infractions me mettait en joie. Moi-même, j'avais des envies que je n'avais pas encore pu réaliser. Ted serait peut-être mon prochain "compagnon de bêtise" qui sait...
Avec un sourire content sur les lèvres, j'attendais d'en apprendre plus sur ce jeune homme si sympathique.
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Ted Rosebury
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Re: Escapade nocturne

Message par : Ted Rosebury, Sam 29 Aoû 2015 - 11:36


En attendant les réponses de Kohane, le jeune serpentard avait commencé à observer les reflets des étoiles dans le lac, qui faisaient de petites boules de lumière. Le spectacle était toujours aussi saisissant. Lorsqu'il évoqua les maison, et plus particulièrement la maison au serpent, il la vit hocher de la tête, comme un signe d'approbation. À vrai dire il pourrait écrire un livre sur sa théorie des maisons, tellement il avait cogité dessus. Un homme pouvait-il être classé selon son caractère ? Tant de questions qui avaient souvent fait plusieurs tours de sa tête. Mais la conversation continua tranquillement, et en parlant de son expérience de « rebelle », il vit Kohane lui raconter plus en détails ses propres expériences. Il écoutait d'une oreille attentive, et sentit peu à peu une forme de respect naître pour la jeune lionne.

-Pour être honnête, enfreindre ainsi le règlement n'a pas toujours été dans ma personnalité. A dire vrai, je ne suis comme ça que depuis que je suis arrivée à Poudlard. Je suis arrivée cette année. Avant, j'étais en Allemagne, où les règles étaient bien moins strictes. Jamais, durant mes cinq années d'étude là-bas, je n'avais envisagé la possibilité de briser les lois imposées. Quand je suis arrivée ici, j'ai découvert un autre univers, une autre autorité. Mais au début, je me suis tue, j'ai attendu de voir comment la situation évoluait. Jusqu'au jour où j'ai rencontré une fille de Poufsouffle qui s'est avérée être une super amie. C'est avec elle que j'ai commencé à réellement enfreindre le règlement.


  C'était étrange tout de même, et Tedne put s'empêcher de remarquer, en pensant un peu à voix haute :

  -Moi aussi je suis arrivé cette année. Mais avant j'étais en France, et c’est vrai que le règlement était moins ferme.
 

-On est allées dans la forêt interdite, de nuit. Pas très sécurisant, je sais. Mais ce soir-là, j'ai eu ma dose d'adrénaline. Alors, je dois dire qu'au début, quand j'ai commencé à briser les règles de Poudlard, c'était un peu pour m'intégrer, voir ce que ça faisait, de vivre comme les autres, les rebelles. Pas forcément pour prouver que j'étais courageuse mais plus pour suivre les autres. Et puis petit à petit, j'y ai pris goût. Je me suis aperçue à quel point le règlement restreignait nos libertés et comment, sortir après le couvre-feu, pouvait aider à briser nos liens qui nous rattachent à ces foutues lois. Alors maintenant, ce n'est plus pour faire comme les autres, suivre les autres, que je sors après le couvre-feu. C'est juste pour moi. Pour me sentir bien. Pour me sentir vivante et joyeuse.


  Un peu surpris, et impressionné, Ted regarda de nouveau la jeune fille, les yeux un peu plus grands ouverts. Elle avait du cran, et le jeune homme n'avait pas encore pu se rendre dans la forêt lui, lieu qu'il fantasmait pourtant tellement. Et puis cela ne devait pas être facile tout de même, et le danger n'était plus de se faire prendre la main dans le sac, mais plutôt de se faire arracher la main, et attaquer par des créatures. Et c'est cela qui intriguait encore plus Ted, qui voulait vraiment aller dans ce lieu si particulier. Il comprit ensuite les mots de la jeune fille, qui voulait rompre elle aussi ses chaînes que représentait le règlement. C'était un peu comme lui, sauf qu'il n'était jamais passé par la  case « pour faire comme les autres ».

  La conversation suivit son cour, et la jeune fille, d'un ton sarcastique qui plaisait à Ted, évoquait Kholov. Puis elle lui avoua ne s'être jamais faite prendre. Ce n'était pas que cette perspective effrayait le garçon, mais il l'appréhendait tout de même. Que ferait-il dans ce cas ? Il n'avait pas de réponses. Et Kohane, qui montrait son envie de discuter, tout comme Ted, continua alors en lui posant des questions, tout en lui donnant un petit coup de coude amical. C'était étrange la manière dont, en une petite soirée, les deux en venaient à avoir de tels gestes. En fait, il connaissait maintenant toute une partie de la vie de la lionne, la partie classée « Expéditions et entorses au règlement ».

-Parle-moi de toi maintenant ! Tes sorties interdites, ton amour pour le règlement, ta passion pour ce charmant Kholov ! Treize ans et déjà si peu obéissant. Raconte-moi aussi les infractions au règlement que tu n'as jamais faites et que tu rêverais de faire !

  Ce ne fut pas difficile pour le jeune serpentard de répondre à ces questions. Il leva tout de même les yeux aux ciels, comme cherchant dans idées, ou regardant vers un avenir prochain, et répondit d'un ton simple :

  -Pour l'instant j'ai fait moins de choses que toi. Tu es quand même allée dans la Forêt Interdite ! Moi pour l'instant j'ai surtout exploré le château, quelques lieux interdits. Bon la plupart de ces visites se faisaient de nuit en fait, dit il en rigolant. Mais il y a encore beaucoup de choses que j'aimerais faire, explorer la forêt interdite, par exemple. C'est un lieu qui m'attire vraiment. Ou alors peut-être faire un tour du côté de la Réserve. Tout le savoir de cette école devrait être ouvert à tous. Oui, ce seraient sûrement mes deux prochaines destinations.

  Songeur, il se retourna de nouveau vers Kohane, ses yeux toute fois moins insistants qu'auparavant. Il l'observait tranquillement, tandis qu'il réfléchissait à quelque chose.  Finalement, il proposa à la Gryffondor :

 -Pourquoi ne pas nous retrouver une prochaine nuit pour encore profiter de notre compagnie, tandis que nous faisons monter l'adrénaline ? Si un endroit t'intéresse, qu'il soit dangereux ou non, dis-le moi, et je serai ravi de t'accompagner. Ça te dit un petit partenariat contre le règlement et pour la liberté ?

  Ted avait volontairement pris un ton faussement officiel  pour la fin de sa proposition, très largement exagéré. Il attendait la réponse de Kohane, tout en observant au loin le bleu-noir de la nuit s'éclaircir peu à peu, tandis qu'une magnifique aube naîtrait, peut-être une heure plus tard.

HRP:
 
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Myosotis Aavery
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Re: Escapade nocturne

Message par : Myosotis Aavery, Jeu 3 Sep 2015 - 21:13




Boulot préfectoral


Hop. Le couvre-feu ? Déjà. Le temps était passé si vite. En même temps, elle n'avait quitté son lit depuis deux heures. Elle n'avait nullement envie de le faire mais son boulot le lui obligeait. Être préfète, c'était chouette mais ça demandait tout de même quelques obligations. Comme faire une ronde par exemple. Le principe était plutôt simple: vérifier si tous les élèves étaient de gentils enfants qui respectaient le règlement. Pour Myosotis et beaucoup d'autres c'était claire que la principale majorité n'était pas comme ça. Ils voulaient tous être rebelles. Montrer qu'ils ne se laissaient pas faire face au règlement stricte de leur nouveau directeur.

La brune n'était pas spécialement d'accord avec les idées de Sergeï Kholov, elle était même dans un groupe appelé la rebellion chargé de le renverser. Et maintenant, elle devait défendre ses lois ? C'était le monde à l'envers. Seulement, la jeune fille tenait à son poste et elle ne comptait pas le perdre de si tôt, de ce fait elle devait mordre sur sa chic et faire des compromis. De plus, il fallait bien avouer que voir le visage de certains pris en flagrant délit était assez amusant surtout lorsqu'il s'agissait d'élèves peu appréciés de la brunette.

Elle sortit du château à pas de loups, évitant que les éventuels rôdeurs ne fuient. C'était son tour de garde extérieur, ce soir. Elle était plutôt contente (peut-être l'aurait-elle moins été en hiver). Depuis quelques semaines il faisait une chaleur étouffante, que ce soit le jour ou la nuit et sortir prendre l'air, ce n'était pas de refus.

Alors qu'elle s'approchait du lac, tranquillement, des voix se firent entendre. Mais, ils ne pouvaient pas obéir juste une fois ?! C'est vrai, Myosotis aimait parfois surprendre certains, mais elle détestait en mettre d'autre dans l'embarras. Elle était déjà tombée sur des premières ! Si jeune et déjà risqué d'être exclu...

Elle se rapprocha sans bruitsdes voix. Ils étaient deux. Un garçon et une fille. En tendant l'oreille, elle sut percevoir les dernières paroles du jeune garçon qui avait l'air plutôt jeune.

«...es deux prochaines destinations. Pourquoi ne pas nous retrouver une prochaine nuit pour encore profiter de notre compagnie, tandis que nous faisons monter l'adrénaline ? Si un endroit t'intéresse, qu'il soit dangereux ou non, dis-le moi, et je serai ravi de t'accompagner. Ça te dit un petit partenariat contre le règlement et pour la liberté ?»


Oula... Ils avaient pas l'air de regretter leur acte. Dommage, elle aurait peut-être pu fermer les yeux sur ce coup là, mais ils ne lui laissaient pas le choix.

«À vrai dire pas vraiment. Je crains que votre voyage s'arrête ici.»



Dernière édition par Myosotis Aavery le Dim 6 Sep 2015 - 11:15, édité 1 fois
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Ted Rosebury
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Re: Escapade nocturne

Message par : Ted Rosebury, Ven 4 Sep 2015 - 20:31


Sous les diamants des étoiles, Ted regardait encore Kohane, qui semblait réfléchir à sa proposition. C'était plus une demande d'amitié qu'autre chose, et un demande pour un prochain temps à passer ensemble. C'était étrange, mais en discutant simplement avec elle il avait appris à l'apprécier, et la considérait même comme une amie. Après tout, même si elle était à gryffondor, de l'autre côté de la barrière, elle avait du courage et était téméraire, et cela valait facilement le respect du jeune homme.  Pour lui une personne savait affronter la vie, et avait de la valeur, ou non. A vrai dire on voyait réellement de quel bois étaient faits les gens, que lorsque ces derniers ce retrouvaient devant les grands défis de la vie. Oui, Ted était persuadé d'avoir trouvée une bonne amie « de sortie ». Maintenant qu'il était parti dans la conversation, il ne pouvait s'empêcher d'imaginer de futures aventures, partagées avec Kohane. Il voulait croquer la pomme à pleines dents, profiter de chaque instant et ne jamais laisser son bonheur être entravé par quelques règles qui soient. Et après tout qui pouvait lui reprocher ça ? On avait qu'une vie, soit on la laissai filer en contemplatif passif, soit on la vivait à fond. Et le serpentard était bien décidé à choisir la deuxième option.

  Il attendait toujours la réponse de Kohane à sa question, quand une voix s'éleva derrière eux :

«À vrai dire pas vraiment. Je crains que votre voyage s'arrête ici.»

 Ted sursauta, et arriva debout, baguette pointée vers la source du bruit. Le message était sec, et claquant, et le jeune homme ne voulait pas se prendre en plus un sort dans la figure. Il allait répondre, quand les faibles rayons lumineux lunaires vinrent jouer sur le petit badge de préfet de la jeune fille. Immédiatement, Ted abaissa sa baguette. À la seconde même où il avait vu ce badge, il sut que c'était perdu, et qu'il n'échapperait pas à la sanction. Surtout que le préfète avait peut-être entendu un bout de leur conversation. Les deux insomniaques étaient mal, très mal. Ted était comme cloué sur place. Il comprenait trop bien ce qui allait se passer, et en même temps était perdu dans ses pensées floues. Il allait faire perdre des points à sa maison. Cette seule idée l'effraya plus qu'il ne le pensait. Il était tellement attaché à ses couleurs, que cette situation était très dure. Et puis il allait sûrement être puni, avec Kohane. Lui qui menait une scolarité parfaite, cela pouvait ternir son image auprès des professeur. Oui, le coup était dur à encaisser.

  Mais, lorsque ses pensées devinrent plus lucides, il réfléchit un peu. Il était certain d'être puni. Cela, c'était clair et net. Mais autant en profiter pour éviter la casse, et peut-être aider Kohane à s'en sortir. Après tout comme cela il apparaissait comme une personne bien, et faisait bonne impression tout de même. Et puis cela ne servait à rien que la gryffondor soit aussi punie. Il savait que lui l'était obligatoirement, de là il n'était pas assez sadique pour éprouver du plaisir à ce que sa compagnonne soit aussi punie ! Regardant fixement la préfète, oubliant presque la présence de Kohane derrière lui, il dit d'une voix forte et ferme :

  -Je crois que j'ai aucune excuse pour expliquer ma présence ici, et aucune ne me vient à l'esprit. Et je suppose qu'être insomniaque ne suffit pas pour expliquer ma présence, la nuit dans le parc. Par contre, celle de la jeune fille avec moi, je peux l'expliquer. Elle n'est pas ici de son plein grès, et je lui ai un peu forcé la main.

  Ted fit une pause, et appuya ses paroles d'une mine vraiment gênée, si seulement la préfète pouvait l'apercevoir dans la quasi-obscurité. Il continua d'un ton pleins de remords :

 -Je ne voudrais pas qu'elle se fasse punir de ma faute. Je me sentirai vraiment fautif et mauvais. Je suis prêt à accepter toute punition, tant que Kohane n'a rien. Il serait injuste de la réprimander pour une faute, que je l'ai obligée à faire. J'espère que vous me comprenez...

  Le ton était plus que courtois et poli, comme quand le garçon s'adressait aux adultes ou aux personnes importantes. Il se retourna pendant quelque seconde, cherchant les yeux de Kohane dans la nuit, dans lesquels il planta son propre regard. C'était comme si il communiquait tout ce qu'il pensait par ses yeux. On pouvait presque y lire la phrase « J'essaye de faire ce que je peux », mêlé à pleins d’autres sentiments comme la déception de s'être fait prendre. Il espérait que, malgré la nuit qui s'en allait petit à petit,  elle arriverait à distinguer tous les messages qu'il voulait lui transmettre dans son regard. Même si elle finissait sur une note plutôt amère, cette nuit avait été magique, et s'il devait la refaire, Ted la referait. Il y a toujours un prix à payer pour les beaux et bons moments de liberté. Et les deux jeunes gens apprenaient une bonne leçon : même si leur envie d'évasion était très forte, la poigne de fer de l'administration de Poudlard, avec à sa tête Sergeï, l'était encore plus.

Spoiler:
 
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Kohane Werner
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Re: Escapade nocturne

Message par : Kohane Werner, Dim 6 Sep 2015 - 16:56


Je compris rapidement, au ton employé par Ted, que visiter la forêt interdite était un de ses vieux rêves. Mais pour l'heure, c'était surtout le château qu'il avait exploré (lieu qui, bien évidemment, garantissait moins des pics d'adrénaline que la forêt). Il évoqua ensuite la réserve de la bibliothèque. A dire vrai, je n'avais jamais pensé à cet endroit-là. Comme quoi, nouvelle rencontre, nouvelle idée !
-Tout le savoir de cette école devrait être ouvert à tous, dit-il en guise de conclusion.
J'étais d'accord avec lui, mais seulement jusqu'à un certain point. Si jamais l'école contenait quelques charmants livres sur des pratiques de magie noire, mieux valait qu'ils restent hors de la portée de tous, professeurs et personnel de l'école compris. On avait déjà vu comment un simple petit écolier, brillant et modèle du nom de Tom Jedusor s'était converti en un puissant, terrifiant et inoubliable mage noir.

Ted fit une pause et se tourna vers moi. Je crus qu'il allait ajouter quelque chose mais non. Tranquillement, un air songeur sur le visage, il m'observa. Je fis un petit sourire en coin. Malgré tout, son regard était moins pesant que précédemment et je sentais qu'il réfléchissais à quelque chose, d'où son air absent. Je n'osai pas prendre la parole, de peur d'interrompre le cours de sa pensée.
Après plusieurs minutes pendant lesquelles j'écoutai les bruits nocturnes, il reprit :
-Pourquoi ne pas nous retrouver une prochaine nuit pour encore profiter de notre compagnie, tandis que nous faisons monter l'adrénaline ? Si un endroit t'intéresse, qu'il soit dangereux ou non, dis-le moi, et je serai ravi de t'accompagner. Ça te dit un petit partenariat contre le règlement et pour la liberté ?

Le ton, officiel et impérieux qu'il employa pour achever sa proposition, me surprit un peu. Néanmoins, il sonnait tellement faux et décalé que j'éclatai de rire.
Je ne répondis pas de suite. Non pas que j'hésitais, mais plutôt que j'avais du mal à réaliser que Ted me faisait vraiment un telle proposition. Après tout, nous ne nous connaissions à peine depuis une heure voire moins. Nous savions pas grand-chose l'un de l'autre, excepté que nous étions sortis, après le couvre-feu, le même soir et que nous étions tombés l'un sur l'autre par hasard. Se retrouver à faire la même bêtise en même temps nous avait rapprochés et nous avait suffi pour faire de l'autre un rebelle, pareil à nous. Sauf que le Poudlard d'aujourd'hui n'était pas le lieu où la confiance pouvait régner sans problème. J'avais rapidement appris, en écoutant les gens autour de moi, qu'il fallait se méfier des uns et des autres si nous n'entrions pas dans les clous (c'est-à-dire si nous ne conservions pas l'ordre et le calme que souhaitait notre directeur). Le fait que Ted me propose une autre sortie contre le règlement était une preuve qu'il me faisait déjà confiance ; il savait que je n'irai pas le trahir, le dénoncer. Cette confiance me touchait. Et bien évidemment que j'étais partante ! J'appréciais sa compagnie et faire des quatre cents coups avec un ami m'enchantait.
Oui, vous avez bien entendu, un ami. Car je considérais Ted comme tel. Même si, finalement, je ne savais rien de sa vie privée et familiale, même si je connaissais à peine son nom et son âge, il était déjà, pour moi, un ami. Quelqu'un sur qui je pourrai compter pour faire monter mon adrénaline dans quelques lieux dangereux, malfamés ou tout simplement excitants.

J'allais répondre, grand sourire aux lèvres, quand une voix féminine qui m'était inconnue m'interrompit :
-À vrai dire pas vraiment. Je crains que votre voyage s'arrête ici.
Je vis Ted sursauter et se redresser, baguette à la main. Je l'imitai. J'ignorais qui était là, si cette personne était malintentionnée ou non, mais au cas où, je me tenais prête au combat.
Le jeune Serpentard était devant. Après quelques secondes de suspension, je le vis abaisser son arme. Je fronçai les sourcils. J’espérai qu'il avait une bonne raison pour baisser sa garde. Je fis deux pas en avant, pour tenter de distinguer le nouvel arrivant. C'est à ce moment-là que je vis le détail, sans doute repéré par mon nouvel ami : le badge de préfet.

Oups. Moi qui disais, quelques minutes plus tôt, que je n'avais jamais été prise dans toutes mes escapades nocturnes ! Voilà que c'était fait. Je pouvais ajouter ça à ma liste de "choses pas dignes d'une petite fille bien sage".
Je clignai des paupières pour tenter de mieux distinguer les traits de la jeune fille qui nous avait surpris. Je reconnus la préfète de Poufsouffle, dont j'ignorais le nom mais que je savais faire partie de notre groupe de rebelles. Alors de quel droit pouvait-elle nous reprocher quelque chose alors qu'elle même défiait l'autorité par derrière ? Ce contraste me frappa en pleine figure.
J'allais dire quelque chose, à ce sujet-là et puis, peut-être aussi un peu pour me défendre, mais Ted me prit de vitesse.

Ce n'était plus à moi qu'il s'adressait, mais à la préfète. Il commença son discours en s'accusant lui-même coupable. Cet acte de bravoure était remarquable, mais peut-être un peu rapide. A croire qu'il donnait volontairement le bâton pour se faire battre. Etait-il à ce point persuadé de ne pas pouvoir s'en sortir ?
La suite me surprit encore plus :
- Par contre, celle de la jeune fille avec moi, je peux l'expliquer, continua-t-il. Elle n'est pas ici de son plein grès, et je lui ai un peu forcé la main.
J'allais répliquer quand il enchaîna, d'un ton d'où perçaient quelques remords (que je savais faux et infondés).
-Je ne voudrais pas qu'elle se fasse punir de ma faute. Je me sentirai vraiment fautif et mauvais. Je suis prêt à accepter toute punition, tant que Kohane n'a rien. Il serait injuste de la réprimander pour une faute, que je l'ai obligée à faire. J'espère que vous me comprenez...

Dans l'obscurité de la nuit, je le vis se tourner dans ma direction et me chercher des yeux. Il ne dit rien (que pouvait-il dire à voix haute ?) mais semblait vouloir communiquer par le regard. Il n'était pas très loin de moi, ce qui faisais que, malgré tout, je parvenais quelque peu à lire dans ses yeux. J'y voyais une déception -cette nuit allait s'arrêter ici- mais aussi une sorte d'espoir. Il tentait, tant bien que mal, de sauver la situation.
Je compris rapidement son stratagème. Il voulait me sauver. Il voulait que j'endosse le rôle de la victime alors que lui passerait pour le persécuteur. Intention très noble, je dois dire. Faire en sorte que je ressorte de là dans le meilleur état possible, avec, si cela se pouvait, aucune punition. Il était prêt à endosser toute la responsabilité.

Et puis quoi encore ?! Ted était gentil et brave de vouloir aider ainsi. Mais je savais que plus jamais je ne me verrai de la même façon si je le laissais porter mes fautes. Il était hors de question qu'il trinque pour deux ! De plus, c'était moi la plus âgée. Dans l'ordre des choses, ça aurait été à moi de le protéger. Il s'était livré lui même ; c'était trop tard. Je ne pouvais plus le repêcher. Mais je pouvais couler avec lui, comme le capitaine coule avec son navire lors d'un naufrage. Et puis, une punition est bien plus facile à supporter à deux que tout seul.

Je sortis de l'ombre et me mis au même niveau que Ted, face à la préfète.
-Ne l'écoutez pas, dis-je d'une voix forte. Ce n'est pas vrai, il n'y est pour rien quant à ma présence ici, ce soir. Je suis sortie de mon plein grès et je suis tombée sur lui par hasard. Mea culpa, ajoutai-je, comme si ces deux mots synthétiser tout ce que j'aurais pu dire et que je n'avais pas dit.
Je fis une légère pause, mais pas assez longue pour que le silence soit pesant. Alors que j'allais reprendre la parole, j'avançai d'un demi pas vers la préfète.
-Je suppose que vous savez pourquoi je suis sortie, continuai-je, d'une voix moins forte. Et je pense même que ça vous plairait, de faire ça, n'est-ce pas ?
Je lui adressai un sourire amical qui signifiait : "après tout, nous sommes tous dans le même bateau".
-Enfreindre le règlement, enchaînai-je, en appuyant bien sur ces deux termes. Oui, bien sûr, vous êtes préfète et le devoir oblige. Mais je sais parfaitement ce que vous pensez de Kholov et toute sa marmaille. Je suppose que ce n'est pas pour rien, que vous vous êtes rendue à Londres, près de la Tamise.
J'ignorai si elle m'avait repérée à cette réunion (il y avait tellement de monde !). Mais moi, je l'avais vue.
J'eus un haussement d'épaule, comme si le reste des évènement m'importait peu. Ce n'était pas tout à fait faux. Je n'avais qu'un regret : que cette nuit s'achève si vite. La compagnie de Ted était des plus plaisante alors ça aurait été sans problème que je l'aurais prolongée de quelques heures encore.
-Enfin, faites votre devoir, je m'en fiche. Mais sachez que, en ce qui me concerne, ce ne sera ni Kholov, ni ses larbins (ne croyez pas que je vous inclus dans le lot, je sais bien qu'être à sa botte vous rebute) qui m'empêcheront d'acquérir les quelques moments de libertés que je prends lorsque j'enfreins le règlement et que je sors comme ça, après le couvre-feu.
J'eus un nouveau sourire, sans aucune animosité. Je savais bien qu'elle faisait son boulot et qu'au fond d'elle, elle voulait bien le voir déguerpir, ce cher Kholov.

-Alors, c'est peut-être la fin de CE voyage, mais certainement pas des autres. Je pense que tu t'en doutes.
J'étais volontairement passée du vouvoiement au tutoiement. C'était comme passer de la préfète à la camarade rebelle. Ce n'était plus à la première que je m'adressais. Mais à la deuxième. Celle qui, certainement, comprenait le mieux la situation.
Stressée malgré tout de la tournure qu'allaient prendre la nuit, je jetai un coup d'oeil à Ted. J'ignorais s'il était en colère que j'aie détruit tout son stratagème pour me sauver, mais c'était ainsi : je me sentais bien mieux en ayant plaidé coupable.
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Myosotis Aavery
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Re: Escapade nocturne

Message par : Myosotis Aavery, Dim 6 Sep 2015 - 18:32



«À vrai dire pas vraiment. Je crains que votre voyage s'arrête ici.»

Myosotis fut assez surprise et fière de sa propre phrase. C'est sûre, elle ne manquait pas d'allure ! Une fois ces mots prononcés, le plus jeune des deux sursauta et fit volte face, violemment, levant sa baguette pour se protéger. Quand les yeux de la brune se furent habitués au pénombre, elle sut identifier les deux élèves rebelles. Il y avait un jeune garçon qui devait avoir entre douze et treize ans. À en voir sa robe, c'était un Serpentard. Et celui ou plutôt celle qui était à ses cotés était une Gryffondor que Myo avait déjà aperçu dans les couloirs mais aussi à la réunion de la rébellion aux abords de la Tamise. Le Serpent répondit le premier.

«Je crois que j'ai aucune excuse pour expliquer ma présence ici, et aucune ne me vient à l'esprit. Et je suppose qu'être insomniaque ne suffit pas pour expliquer ma présence, la nuit dans le parc. Par contre, celle de la jeune fille avec moi, je peux l'expliquer. Elle n'est pas ici de son plein grès, et je lui ai un peu forcé la main.» dit-il. «Je ne voudrais pas qu'elle se fasse punir de ma faute. Je me sentirai vraiment fautif et mauvais. Je suis prêt à accepter toute punition, tant que Kohane n'a rien. Il serait injuste de la réprimander pour une faute, que je l'ai obligée à faire. J'espère que vous me comprenez...»

C'était tout le temps la même chose. A qui protège B puis B qui rapplique disant que A ment. Cette histoire, elle l'avait entendu des milliers de fois. Cependant, elle restait neutre. On ne savait jamais s'il disait la vérité ou non et aucun élément ne venait prouver quoi que ce soit. Elle allait rappliquer quand ce fut au tour de la rouge et or de se défendre.

«Ne l'écoutez pas !» dit-elle d'une voix forte. «Ce n'est pas vrai, il n'y est pour rien quant à ma présence ici, ce soir. Je suis sortie de mon plein grès et je suis tombée sur lui par hasard. Mea culpa. Je suppose que vous savez pourquoi je suis sortie. Et je pense même que ça vous plairait, de faire ça, n'est-ce pas ? Enfreindre le règlement. Oui, bien sûr, vous êtes préfète et le devoir oblige. Mais je sais parfaitement ce que vous pensez de Kholov et toute sa marmaille. Je suppose que ce n'est pas pour rien, que vous vous êtes rendue à Londres, près de la Tamise. Enfin, faites votre devoir, je m'en fiche. Mais sachez que, en ce qui me concerne, ce ne sera ni Kholov, ni ses larbins (ne croyez pas que je vous inclus dans le lot, je sais bien qu'être à sa botte vous rebute) qui m'empêcheront d'acquérir les quelques moments de libertés que je prends lorsque j'enfreins le règlement et que je sors comme ça, après le couvre-feu.»

Il fallait bien l'avouer cette Gryffondor ne manquait pas de courage. Certes, elle avait raison sur certains pointsmais c'était comme ça. Ils avaient enfreins le règlement et ils devaient être punis. Point.

«À l'avenir, évitez de parler de la rébellion si vous n'êtes pas parfaitement certaine d'être seule. Soyez plus prudent et discret.» commença t-elle. «Ensuite, je sais parfaitement de quel côté, je me trouve. Merci. Que je n'adhère pas les idées de Sergeï Kholov n'est pas la question. La règle de ne pas sortir après le couvre-feu était de rigueur bien avant qu'il arrive. Et je suis obligée d'agir, désolée. Si vous prenez plaisir à risquer votre place dans le château par pure envie de liberté, ce n'est pas moi qui vous en empêcherais. Vous n'êtes pas la seule à être en manque. Sachez juste que vous ne tomberez pas toujours sur moi. Vos prénoms ?» demanda t-elle.

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Ted Rosebury
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Re: Escapade nocturne

Message par : Ted Rosebury, Lun 7 Sep 2015 - 20:45


Ted attendait, les yeux fixés sur la préfète, dont il avait reconnu l'uniforme de poufsouffle. De tout son cœur, il priait pour que celle-ci ait pitié, qu'elle voit qu'ils n'avaient pas mauvais fonds, puisqu'ils se protégeaient mutuellement. Oui, c'était bien cela sa stratégie, et ce pourquoi il avait agit comme cela : il voulait montrer à la préfète qu'ils n'étaient pas de mauvais élèves. Après tous les règles sont les règles, mais il y a tellement de cas particuliers que les préfets devaient être des gens intelligents qui pouvaient juger le pour et le contre de chaque situation, non ? Et puis le jeune homme ne cessait de se dire que personne ne pouvait être puni par cette magnifique nuit. Les sanctions tombaient comme des éclairs, les jours orageux ou dans le froid mordant de l'hiver. Mais ce ciel, si pur de son bleu-nuit, avec ses étoiles scintillantes comme des lucioles... C'était un temps propre au bonheur, pas aux mauvais moments.

  Ce que le serpentard regrettait aussi beaucoup, c'était de ne pas avoir fini sa conversation avec Kohane. Ils s'étaient regardés, mais il n'avait eu aucune réponse quant à leur futur moment ensemble. Vous remarquerez qu'il était en plein rapprochement, et donnait rendez-vous à la lionne, quand la préfète est arrivée. Comme quoi elle tombait encore plus mal. Il l'avait d'ailleurs bien observé durant qu'il parlait. Elle ne semblait pas du tout convaincue par les mots du garçon. Il fallait dire qu'elle en avait sûrement déjà vu, des situations identiques. C'était le reflex tout premier de défendre ses amis. Et la noblesse de cœur et d'esprit était une notion à laquelle tenait particulièrement le petit vert et argent. Il suffisait juste que Kohane joue le jeu comme il faut, et peut-être que ça marcherait tout de même. Cette dernière finit d'ailleurs par parler. Mais plus ses mots s'enchainaient, et plus l'incompréhension se dessina sur le visage de Ted.

 -Ne l'écoutez pas ! Ce n'est pas vrai, il n'y est pour rien quant à ma présence ici, ce soir. Je suis sortie de mon plein grès et je suis tombée sur lui par hasard. Mea culpa. Je suppose que vous savez pourquoi je suis sortie. Et je pense même que ça vous plairait, de faire ça, n'est-ce pas ? Enfreindre le règlement. Oui, bien sûr, vous êtes préfète et le devoir oblige. Mais je sais parfaitement ce que vous pensez de Kholov et toute sa marmaille. Je suppose que ce n'est pas pour rien, que vous vous êtes rendue à Londres, près de la Tamise. Enfin, faites votre devoir, je m'en fiche. Mais sachez que, en ce qui me concerne, ce ne sera ni Kholov, ni ses larbins (ne croyez pas que je vous inclus dans le lot, je sais bien qu'être à sa botte vous rebute) qui m'empêcheront d'acquérir les quelques moments de libertés que je prends lorsque j'enfreins le règlement et que je sors comme ça, après le couvre-feu.


  Le jeune homme se concentra, pour noter chaque information. Il était un peu perdu, et sentait la situation lui échapper totalement. Il aurait dû s'attendre à ce que Kohane ne se laisse pas sauver facilement. Il avait encore une fois était estomac par le courage de la lionne. En voilà une qui aurait eu le droit à une place chez les serpents. Mais ce qui marqua le plus le jeune homme, c'était cette histoire de « rébellion ». Ainsi donc Kohane faisait parti d'un réel petit groupe de rebelles, et la préfète aussi apparemment. C'était joliment joué de la part de la lionne, et si la poufsouffle était vraiment de leur côté ils ne risquaient rien. Mais le discours de la préfète qui suivit détruisit son dernier espoir :

-À l'avenir, évitez de parler de la rébellion si vous n'êtes pas parfaitement certaine d'être seule. Soyez plus prudent et discret, commença-t-elle, avant de finir par un Vos prénoms ?

  Dans un coin de son esprit, Ted notait tout. Tout ce qu'il venait d'apprendre. Il sentait que quelque chose d'important se tramait, et qu'il n'avait là que la face vraiment émergé de l'iceberg. Si des groupes de rebelles se formaient, mieux valait être au courant. Et la préfète qui le reconnaissait devant eux... qu'elle venait de punir. Une sanction n'était qu'une petite contrepartie à côté de tout ce qu'avait appris le garçon ce soir-là. Il n'avait maintenant rien de mieux à faire que de répondre. Il avait des clés en main, il suffisait d'attendre le bon moment pour les utiliser. Il planta son regard dans celui de la préfète, d'un air qui n'avait plus peur de la punition, même s'il faisait toujours assez sombre et qu'il ne voyait pas grand chose. L'aube allait maintenant arriver, et il se décida à parler :

  -Ted Rosebury. Vous voulez que je vous l’épelle, parce que sinon je peux toujours vous le marquer ? Par contre vous avez raison de prôner la discrétion. Je ne sais pas à quelle point serait forte la colère de Sergeï s'il apprenait que même ses préfets manigancent conte lui...

  Et il laissa planer ce lourd silence, tout aussi lourd que l'air qu'il faisait dans son dortoir, et qui l'avait chassé de ce dernier. Il finit tout de même par reprendre, d'un ton où pointait une légère impatience, bien maquillée sous le ton poli :

 -C'est tout ? Puis-je rentrer au château s'il vous plaît ?
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Re: Escapade nocturne

Message par : Kohane Werner, Mar 15 Sep 2015 - 16:50


Quelle était donc cette obsession de tout faire pour échapper à la sanction ? Après tout, elle ne faisait que son boulot. J'aurais dû me la fermer et accepter ce triste tour du Destin. Au lieu de cela, je m'étais emportée, persuadée que je détenais l'argument de poids, qui ferait changer d'avis notre jeune préfète. Agissant de la sorte, j'avais gaffé. Maintenant que ma vague d'emportement était retombée, je m'en apercevais.

D'ailleurs, la réaction de la préfète ne se fit pas attendre :
-À l'avenir, évitez de parler de la rébellion si vous n'êtes pas parfaitement certaine d'être seule, avertit-elle. Soyez plus prudent et discret.
Je n'eus pas le temps de répondre quoi que ce soit car elle enchaîna :
-Ensuite, je sais parfaitement de quel côté, je me trouve. Merci. Que je n'adhère pas les idées de Sergeï Kholov n'est pas la question. La règle de ne pas sortir après le couvre-feu était de rigueur bien avant qu'il arrive. Et je suis obligée d'agir, désolée. Si vous prenez plaisir à risquer votre place dans le château par pure envie de liberté, ce n'est pas moi qui vous en empêcherais. Vous n'êtes pas la seule à être en manque. Sachez juste que vous ne tomberez pas toujours sur moi. Vos prénoms ?
Elle n'avait pas faux. L'histoire du couvre-feu n'était pas nouvelle et, même si je n'avais connu que Kholov je me doutais bien que la directrice précédente avait les mêmes exigences quant à ne pas traîner dehors la nuit. Je compris à ce moment-là qu'il allait bien falloir me rendre à l'évidence : cette nuit allait bel et bien s'achever ici. Surtout, ne rien dire de plus. J'avais assez gaffé jusqu'à maintenant.

Ted parla le premier, donnant son nom, d'un ton que je sentis amer, presque ironique. Après un court silence, il reprit :
-C'est tout ? Puis-je rentrer au château s'il vous plaît ?
Oui, il était temps de partir. Le plus vite possible.
-Kohane Werner, finis-je par dire à la préfète, d'un ton d'où pointait la lassitude.
En fixant l'horizon, par delà mon interlocutrice, je voyais la ligne légèrement éclairée ; l'aube était presque là. Je n'arrivais pas à croire que j'avais passé toute la nuit dehors. Cependant, cette soirée qui aurait dû se terminer dans la joie et la promesse de se revoir s'achevait finalement sur une note plus amer et une froideur qui prenait aux tripes.

Je regardai un court instant la jeune préfète. J'avais l'impression de lire quelques reproches dans ses yeux -et elle n'avait pas tort. Il allait falloir que j'apprenne à contrôler ma précipitation et à canaliser mon excitation lorsque je trouvais un argument bon. Surtout, il allait falloir que je répare les dégâts que j'avais causé.
-Oui, rentrons au château, murmurai-je sans savoir vraiment à qui je m'adressais.
Je ne posais même pas la question à la préfète. Je ne cherchais même pas à savoir quelle punition elle pouvait bien nous réserver. D'un côté, j'espérais qu'elle serait assez gentille pour nous en donner aucune et nous laisser nous en sortir à bon compte, pour cette fois. Parce que j'avais bien compris que, punition ou pas, je n'allais pas si bien m'en sortir. Il fallait que je parle à Ted.
C'est pourquoi j'attrapai le bras du Serpentard et, d'un pas lent mais décidé, je l'emmenai vers le château. Je m'attendais à tout moment à être rappelée par la jeune Poufsouffle. Après tout, j'aurais dû lui demander, comme mon ami l'avait fait, l'autorisation pour partir. Il aurait été totalement normal qu'elle prenne assez mal ma petite escapade.

-Ted, faudra que j'te parle,
murmurai-je à l'adresse du jeune homme tout en marchant.
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Re: Escapade nocturne

Message par : Ted Rosebury, Lun 21 Sep 2015 - 21:07


Déjà le garçon avait tourné les talons et se dirigeait à grands pas vers le château, qui se découpait sur le ciel sombre de la nuit. Loin, au dessus de lui, trônaient les grandes tours, toujours pointées fièrement vers le ciel, comme si elles cherchaient à atteindre les nuages. Lui préférait les cachots, secrets et mystiques, dans les fondements même de l'école. Les tours étaient si ostentatoires, alors que les sous-sols correspondaient plus au jeune homme, secret et profond. Et puis là-bas, quelque part, se retrouvait sa Salle Commune dont les lits à baldaquins splendides semblaient l'appeler avec force. Après cette soirée, pour le moins étrange, il voulait juste se mettre sous ses couettes, et s’enfoncer dans le sommeil. Et puis tenter d'oublier, oublier la punition, oublier la possibilité de perdre des points, oublier la tâche qu'il venait de faire à son image scolaire qu'il s’efforçait de sublimer.  Mais d'un autre côté il avait tout de même passé une soirée sympathique, avec Kohane, et cela lui avait permis de découvrir que tous les lions n'étaient pas des prétentieux se croyant plus courageux que les autres, et faisant des choses stupides pour prouver leur bravoure. Oui, Kohane était plutôt différente, et elle plaisait au garçon, ce qui était plutôt rare. En effet, il s'intéressait à peu de gens, estimant la plupart peu dignes d'intérêt. Et pourtant, et là était le paradoxe, il examinait et connaissait toutes les personnes de façon très précise. Il savait toujours déceler les failles dans le caractère de certains, ou les façon de les manipuler. Mais il y avait aussi des personnes, à l'esprit fort et avisé, comme Kohane, avec qui il allait même jusqu'à se lier.

  -Kohane Werner

  La voix lasse de la jeune lionne s'éleva dans le dos du garçon. Ce dernier n'était plus qu'une ombre, une silhouette. Sa robe de sorcier, très large à sa demande, flottait derrière lui tandis qu'il avançait, de façon plutôt élégante. Le tissus se mouvait en même temps que les jambes du garçon, et faisait des plis presque artistiques. Mais, seul dans la nuit il était assez inutile d'être bien habillé. Au dessus de lui, les étoiles scintillaient toujours, dans leur immobilité millénaire. Pourtant certains voyaient des étoiles filantes, mais le serpentard n'en avait pour sa part jamais vu. Il fallait avouer qu'il n'avait nullement la patience d'attendre des heures, les yeux rivés sur le ciel, en espérant voir un astre brillant fendre la nuit noire. Quelle perte de temps, lui, il courrait. Toujours, comme s'il ne pouvait perdre une seule minute de sa vie. C'était un bien trop précieux. Bientôt, l'ouï toujours aux aguets, il perçut un bruit de pas derrière lui. Tant que ce n'était pas la préfète qui venait l’embêter une nouvelle fois, ça allait. Mais bientôt une main, apparaissant comme blanche dans la nuit, se saisit du bras du garçon. Instinctivement il eut un minuscule reflex, qu'il réussi à dissimuler lorsqu'il se rendit rapidement compte que c'était Kohane qui l'avait rattrapé. Elle l’entraîna vers le château, et ajouta la parole aux actes :

 -Ted, faudra que j'te parle,

  Ce dernier, intrigué, se tourna vers la lionne, et lui lança un regard franc et interrogateur. Il y avait-il quelque chose de grave ? Cette nuit avait été riche en émotion, et les deux jeunes gens n'avaient pas fini leur discussion. C'était peut-être cela dont voulait discuter Kohane, mais en réalité le serpentard ne parvenait pas à se souvenir de quoi ils parlaient exactement avant d'être interrompus. À vrai dire il avait appris tellement de choses cette soirée-là, qu'il avait dû faire de la place dans sa tête pour remettre les pièces du puzzle dans le bon sens. Il voulait comprendre ce qui se tramait à Poudlard. Mais la phrase de la jeune fille l'intriguait tellement qu'il ne put se retenir de lui demander :

  -Qu'est-ce qu'il y a ? Au fait je suis désolé de ne pas avoir réussi à t'éviter la punition. Au moins n passera peut-être une autre soirée ensemble en retenue, dit-il d'un ton ironique. Dommage que tout se finisse comme ça, j'aurais aimé continuer de discuter en me prélassant sur la berge avec toi.
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Re: Escapade nocturne

Message par : Kohane Werner, Jeu 24 Sep 2015 - 20:45


Tout s'embrouillait dans ma tête. J'essayais de remettre les choses dans l'ordre, dans les bonnes cases.
J'avais gaffé, j'avais, sans le vouloir, mis Ted au courant de choses qu'il n'aurait pas dû savoir. Ceci faisait de lui un éventuel ennemi. Cependant, je l'appréciais énormément. Certes, je ne le connaissais que depuis quelques heures, mais la discussion que j'avais eu avec lui, cette nuit que j'avais passée en sa compagnie, suffisaient à faire de lui mon ami.
Je me liais facilement aux gens, j'aimais beaucoup faire de nouvelles rencontres, voir de nouvelles têtes et rire avec de nouvelles personnes. Néanmoins, l'amitié qui s'était nouée entre Ted et moi avait été si... rapide qu'elle en était différente des autres. Je n'aurais su dire exactement pourquoi.

C'est pourquoi je me retrouvais dans une situation délicate. Avec un ami que j'adorais désormais, mais qui était également un potentiel ennemi. Que faire ?
Le coeur battant, l'esprit bousculé par trente six mille questions, je marchais à côté de Ted en direction du château. Je voulais lui parler mais surtout, je n'avais pas envie de le quitter. Pas maintenant. Pas après tant de frustration de voir notre belle nuit s'achever ainsi.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda le Serpentard, manifestement très intrigué.
Avec la lumière du jour qui apparaissait petit à petit, je pouvais lire sur son visage une légère inquiétude. Après tout, il y avait de quoi : le ton que j'avais employé pouvait laisser suggérer qu'il s'était passé quelque chose de grave. Ce qui, à bien y réfléchir, n'était pas si faux que ça.
- Au fait je suis désolé de ne pas avoir réussi à t'éviter la punition, continua-t-il. Au moins on passera peut-être une autre soirée ensemble en retenue.
Son ton ironique m'arracha un léger sourire. Je le regardai sans rien dire, le laissant terminer ce qu'il avait à dire :
-Dommage que tout se finisse comme ça, j'aurais aimé continuer de discuter en me prélassant sur la berge avec toi.

Ses paroles étaient gentilles. Je sentais qu'une certaine amitié s'était nouée, entre Ted et moi. Alors comment voir un ami en dangereux ennemi ?
-Etre en retenu avec toi serait certainement la meilleure de toutes les retenues que je pourrais avoir, répondis-je dans un sourire. Ne t'en fais pas au sujet de la punition : il aurait été injuste que tu sois puni et pas moi. C'est mieux comme ça.
Je lui tapotai l'épaule d'un geste amical.
-Moi aussi, j'aurais bien aimé continuer de discuter avec toi, repris-je. Mais quand on défie le règlement, faut bien se faire chopper une ou deux fois.
Je lui adressai un clin d'oeil entendu et me mis à rire. A mon grand étonnement, malgré mon angoisse et mon stress, ce rire était sincère, franc.

Le château était là. La porte était toute proche. Il n'y avait qu'à la franchir. Et puis il irait vers la Salle Commune des Serpentards. Et moi vers celle des Gryffondors. Ce serait fini. Cette nuit, aussi belle et frustrante fût-elle, serait derrière nous.
Non, pas encore. Je n'en avais pas encore fini.
J'arrêtai Ted contre le mur extérieur du château. J'espérai juste qu'il ne tenterait pas de partir malgré tout. Après tout, sa curiosité semblait avoir été piquée au vif alors d'un côté, je me doutais qu'il allait m'écouter. Du moins en partie.

-Ecoute je... commençai-je, hésitante.
Comment devais-je aborder le sujet ? Comment devais-je aborder le problème ? Comment lui dire ce que j'avais moi même du mal à me dire ? Cherchant mes mots, je me mordis la lèvre inférieure. Allez. Fallait bien se lancer à un moment ou à un autre ! Il fallait que je lui dise. Mais que je lui dise aussi à quel point je l'adorais et que tout ça était bien complexe.
J'inspirai un bon coup et me lançai :
-J'ai gaffé tout à l'heure, dis-je d'une voix faible, comme étouffée par la honte, les reproches et l'angoisse. Je... je croyais que ça nous sauverait mais j'ai été idiote. En fait, ça ne nous a pas sauvés et en plus, ça m'a mise dans une situation on ne peut plus difficile et embêtante.
Je fis une pause et le regardai droit dans les yeux.
-Je sais bien que ce qui est fait est fait, que je ne pourrais pas revenir en arrière et que ce qui a été dit est dit. Tu n'étais pas censé le savoir, je pense que tu le sais. Mais bon... Le seul problème, c'est que le fait que tu sois au courant fait de toi un potentiel ennemi. De moi, et des personnes impliquées. J'aimerais me persuader que tu ne diras jamais rien, que tu garderas ça pour toi. Mais en fait je ne sais pas. Je ne suis pas toi. Alors, j'aimerais que tu me le dises. Que tu me dises que ça restera entre nous. Que ce qui s'est passé cette nuit, dans ce parc, restera dans ce parc. Parce que...
Je m'interrompis de nouveau, pour reprendre mon souffle. Le stress m'avait presque fait oublier de respirer entre deux phrases.
-Parce que je t'apprécie énormément et que je n'ai pas envie de faire de toi mon ennemi, achevai-je d'une traite.

Je lui adressai un sourire triste. C'était vrai. Tout ce que je disais, je le pensais. J'étais tiraillée. J'avais peur. Peur qu'il puisse parler mais surtout peur de perdre un ami. J'espérais qu'il comprendrait mes paroles.
Dans un élan de tendresse envers le jeune homme, je le pris dans mes bras. Pourquoi ? Je n'en savais rien. La fatigue fait faire des choses étranges parfois. Elle nous fait bien souvent agir sans réfléchir, faisant ainsi ressortir le réel fond de notre pensée.
Ted était si différent des autres Serpentard que j'avais pu croiser. Il n'était ni hautain, ni détestable. Il ne semblait pas porter de préjugés sur les autres maisons -la preuve, il avait passé la soirée avec moi, une Gryffondor ! Et surtout, pas une seule fois il ne m'avait tenu un long et barbant discours sur la pureté du sang.

Je me sentais fatiguée, triste, heureuse, énervée, mélancolique, pleine d'affection et pleine de rage. Tout ça à la fois. Tout se mêlait en moi sans que je puisse y faire du tri.
A la limite de l'envie de pleurer -sans raison- je serrais Ted dans mes bras comme s'il était désormais l'unique chose, l'unique personne à laquelle je pouvais me raccrocher.

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