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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: Grande-Bretagne
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Angleterre, coin perdu loin de Londres...
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Lizzie Bennet
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Lizzie Bennet, Ven 12 Aoû - 18:50


/Pv Finrod - Flashback -6 mois/

Aujourd’hui, Mary est morte.

Enfin pas aujourd’hui. Mais aujourd’hui on la fête.
C’est pas la première fois qu’une de mes soeurs meurt. Mais comme il m’en reste qu’une en vie, enfin, une et demi si on compte l’Autre, mais l’Autre c’est compliqué, à peine retrouvées qu’on ne se parle plus, confiance déçue, relation déchue, bref ; des funérailles, il en reste pas des mille et des cents à partager, alors cette fois, j’y vais.

J’ai pas le profil pourtant, à aller à un enterrement. D’aucuns diraient plutôt que je suis du genre à avoir le petit rire en décalé. J’suis ce genre de fille, sans doute, dés-attachée, détrompée par la vie. Ma présence risque de pas réjouir grand monde en fait. Où étais-je quand Kitty est morte ? Trop bourrée pour m’en souvenir. Où étais-je quand Jane est morte ? A Azkaban, virant totale psycho. Yep, pas la soeur qu’on rêve d’avoir. A n’en pas douter.

En fait je savais même pas où me mettre à cet enterrement. Alors j’avais voulu régler les choses, boire et me droguer, comme d’habitude. Arriver absente. Masquer mes errances. Sauf que ça marchait pas des masses, vu que le temps avait amélioré ma descente et que faute de partenaire stimulant, je restais beaucoup trop lucide.

Tant pis. C’était l’heure. J’enfilais une robe noire. Pas une combinaison, ça rappelait trop les infractions et les violences secrètes. Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, j’étais en robe. Et le contact léger du tissu était déstabilisant. Comme s’il tachait de me rattacher à l’enfance manquée. Un coup de baguette et l’extension du tissu s’adaptait à mon ventre bien garni -il était hors de question que la moindre attention soit portée au fantôme que je trainais entre les vivants.

Ouep, malgré mes tentatives pour me déshabiter, lorsque je pénétrais le cimetière, j’étais incroyablement « normale. » Et peut-être était-ce pire. Mère prétendit n’avoir croisé mon regard. Père était en retard. Dans la clairière soufflait le chant d’un piano. Désaccordé. Le nôtre. Celui sur lequel elle avait joué tous les classiques moldus les dix dernières années.

Une amertume parcourut mon regard. Le temps d’un soupir. Puis la rage contre le responsable prit le dessus. Les gens s’installèrent sur des chaises. Incapable de me mêler aux hommes, je restais en retrait. Derrière le dernier rang, raide comme une saillie. Au moins, on voyait moins les larmes fausses de tous ces gens qui ne l’avaient pas connue. A peine effleurée. Et qui pourtant le temps d’un acte paraissaient touchés, véritablement, de sa disparition.

Par disparition, je veux dire percussion par une voiture moldue de M$Rahuiefznde. Ma main trembla sur la chaise située juste devant, et un visage se retourna. Je ne le reconnus pas. Etais-je censée le connaître ? Maybe. J’étais trop ailleurs pour le remettre. Mais son pivot précipita mon mouvement ; les retirant comme brûlée, j’attendis la suite. Le piano pleurait, et j’attendais.
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Finrod Elensar, Sam 10 Sep - 17:10


Mieux vaut tard que jamais




Lettre surprise d'une grand-mère admirée et respectée.


Souvenirs tirés des tréfonds d'une mémoire cadenassé.


Intimé de rejoindre sans attendre une vieille dame attristée.


Une porte ouverte sur un lien familial oublié.


Jeune homme impliqué sans n'avoir rien demandé.


Malaise. Impuissance. Envie d'être ailleurs. Mauvais souvenirs, affreux souvenirs. Souffrance tenant le ventre, envie de vomir. Dormir pour tout oublier. Espérer que la nuit prendra avec elle les cauchemars éveillés.



Finrod, droit, grand, assis aux côtés de la femme qu'il accompagnait, qui lui avait presque donné l'ordre de venir, sans aucune explication. Sans savoir qui était qui, les liens ou l'importance, le sorcier suivit sans rien dire cette femme qu'il respectait plus que tout. Comme si cela était primordial pour lui de venir à cet endroit, pour cet événement : un enterrement. Le dernier en date rappelait trop de mauvais souvenirs, des sombres, des douloureux que le jeune homme avait pris soin d'enfermer dans une armoire enchaînée et lestée puis jetée dans un lac de sa tête. Mais ce moment, imposé par sa grand-mère faisait remonter à la surface, comme des petites bulles d'air, des bribes de souvenirs.

Trop triste pour voir quoique ce soit, bien que les yeux de la vieille sorcière étaient aussi secs qu'une plante laissée au soleil. Elle ne pouvait voir son petit-fils se retenir de tremblé, de retenir ses larmes. Une épreuve bien trop difficile. Quelques unes coulèrent doucement le long du nez, sur la joue puis glisser jusqu'au menton pour ensuite tomber sur la robe noire, sobre de Finrod. Il ne pleurait pas la morte, celle que l'on mettait sous terre. Mais l'être qui rendait aussi triste Finrod n'était plus de ce monde et avait été tenté d'être oublié depuis longtemps, sans réel succès. Certains souvenirs sautaient au visage du Fourchelang comme pour lui rappeler la douleur qu'il avait ressentit à ce moment-là.

Il se reprit.

La raison, la froideur et la maîtrise de soi semblait être de rigueur à nouveau. Jusqu'à présent, il s'était laissé aller à la panique puis à la tristesse présentes depuis la réception de la lettre jusqu'à la venue au cimetière. Mais à présent, Finrod retrouvait son visage habituel et non plus torturé ou un corps tremblant. Ses yeux émeraudes parcoururent l'assemblée d'une tristesse sans nom. Puis il se tourna, continuant son inspection. Un air, des cheveux, un visage. Lizzie. Étonné de la voir ici. L'ex-Serpentard se leva, laissant sa grand-mère assise et silencieuse. Sans vouloir attiré l'attention sur lui, le jeune homme marcha d'un pas tranquille. Silencieusement tel un serpent avançant vers sa proie, mais une proie qu'il appréciait.

- Hey... Glissa-a-t-il gentiment.

La demoiselle qu'il connaissait semblait être ailleurs. Un sentiment que le jeune homme connaissait était inscrit sur le visage de la sorcière, mais il ne sut dire lequel. Devait-il ajouter quelque chose ? Que dire lors de ce genre de moment ? Le Fourchu laissa donc un silence s'installer, il préférait laisser l'ex-Poufsouffle prendre la parole.


Dernière édition par Finrod Elensar le Jeu 22 Sep - 12:19, édité 2 fois
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Lizzie Bennet, Mer 21 Sep - 6:25


Il faisait froid. Même pour moi, qui n’ai jamais froid, il faisait trop froid, là. Il faisait le froid de l’amertume, celui juste avant la tristesse. Mais si, vous savez, cette boule dans la gorge, cette détresse qui affecte jusqu’aux odeurs corporelles. Dans le sel de la sueur, une solitude, une péremption émotionnelle, un trop plein, ou trop vide, qui affecte tout, qui gonfle des tensions dans la mâchoire à avoir envie de chialer, sauf qu’on ne chiale pas quand on s’appelle Lizzie. On crache, on rage, on court. Toujours plus vite, loin des jugements et des liens, loin des limites et des refrains. On sort de sa zone de confort, sans jamais admettre les profondeurs de l’inconfort.

Alors que c’est là. Facile à savoir. On peut sentir, là, là il a peur. Là il a mal. Là il est au fond du fond. Et ça, je le sais parce que je l’ai lu, ou qu’on me l’a dit, ou tout ce que vous voulez, tant que c’est pas l’observation des autres. Je regarde pas les autres, j’aime pas les autres, s’attacher c’est déjà crever. Non, pas l’expérience personnelle, ça non plus, c’est pas permis quand on s’appelle Lizzie. Finalement, quand on est libre, indépendant à outrance, il est bien des choses qu’on ne peut faire. Une ombre se coule jusqu’à moi, mais une ombre trop vive et en relief pour que je me risque à la laisser prisonnière de toute commode. Elle sinuait entre les mensonges, et s’arrêta un instant. En silence. En mode gêné, je crois.

C’est moche, en mode, d’ailleurs ; mode linguistique, je suis tombée dedans, comme dans d’autres égarements, les en fait, tu vois, et tout. Les du coup, les donc, par conséquent, les y a pas photo, les c’est pas faux, les quoi, les voilà quoi. Ces tics c’était moi, finalement, enfin un bout de moi, comme à d’autre les baleine, legen, wait for it, dary, old sport. Tout bout de mot était un bout de moi, un bout de toi, un bout d’étroit, et je sais plus comment j’en étais arrivée là, mais j’avais froid, et j’étais pas bien, et je crois qu’à le cacher je n’avais été ce jour là bien douée.

Un « Hey », si ouvert et si creux, presque doux, qui n’imposait rien, laissait le moyen et de parler et de s’enfuir, mais je n’avais l’énergie de courir, alors je souriais, de ce demi sourire des gens brisés. « Elensar ? » Je sais que ça n’avait de sens, que j’avais franchi la porte avant, que j’étais ridicule, et pourtant je n’arrivais à feindre comme on fait en société.

Je claquais la langue contre mon palais, habitude d’enfant, de quand je caressais l’arrière de mes dents supérieures pour ne pas les pousser en avant en suçant mon pousse.

Habitude qui pour qui le savait ne faisait qu’augmenter la ridicule fragilité, et pour qui l’ignorait passait juste pour un nouveau tic étrange d’un énergumène incompréhensible.

Mais ça aidait, le sourire était direct moins jaune. A mi chemin vers le traditionnel, le carnassier.
- J’ignorais que tu la connaissais.
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Finrod Elensar, Jeu 22 Sep - 12:17


Hors de question. Lors de l'enterrement passé, il avait été hors de question pour lui qu'on l'approche, qu'on lui parle et toucher, ce n'était même pas envisageable. Il s'infligeait cette solitude pour se punir. Se punir de ne pas avoir été présent, de ne pas...

Y penser ne faisait que rouvrir un peu plus la blessure que Finrod avait tenté tant bien que mal de refermer depuis tant d'années... 10 ans. Cela faisait long, il s'en était passé des choses mais le jeune homme avait l'impression que tout était fait pour le rappeler, lui, le faire sortir des noirceurs de son esprit pour lui remémorer la souffrance ressentit lors de sa mort. Le sorcier ne pouvait se séparer des moments de bonheur partagés et surtout, bien le plus précieux aux yeux émeraudes du Fourchu, le cadeau offert la veille du drame.

Douleurs sombres qui dévorent ton esprit ne laissant place qu'au néant

Mais en ce jour, le hasard avait décidé de le faire rencontrer une personne qu'il connaissait déjà. En ce lieu, à cet instant. Avait-il bien fait d'aller à la rencontre de la jeune femme ? L'étonnement dans son "Elensar ?" rappela Finrod à la réalité, au fait que tous deux étaient présents au même enterrement. Il ne la connaissait pas, la défunte. Il ne savait même pas pourquoi il était présent. Le jeune homme avait oublié ces questions tant les souvenirs étaient remontés à la surface, c'était uniquement pour accompagner sa grand-mère qu'il était là.

- Je... Je ne la connaissais pas. J'accompagne quelqu'un. Dit-il doucement, pour ne pas déranger les autres personnes présentes dans le deuil. "Toi oui ?" Il avait hésité à poser cette question. Mais il voulait savoir, peut-être que Lizzie pourrait l'éclair là où sa grand-mère s'était tue.
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Lizzie Bennet, Mar 11 Oct - 4:54


Taps.o.s
Tap
s.o.sTap
Tap
Tap
Tap


Ami, entends-tu ce coeur qui se tord et se brise, cognant contre les parois trop étroites de ma cage thoracique ? Comme si à force de retenue j’y avais posé un carcan plus douloureux encore que notre système, m’étais imposé la capacité émotionnelle d’une petite cuiller, et que là, là c’était trop, y avait trop de tout partout, y avait trop de toi enfin pas assez enfin c’était pareil et mes yeux déchus portaient mieux le deuil que ma robe noire.

Tap
Tap
Tap
Tap
Taps.o.s
Taps.o.s


Ami, reconnais-tu ce corps qui se dés-habite, qui se meurt dans le silence de l’oubli, dans la violence du déni ? Comme si les masques enfin tombaient, que ne restait qu’une carcasse toute en vide, sur laquelle on aurait affiché de ridicules appareillages des vivants. Et encore, carcasse, le terme est gentil, quand on s’étonnait plutôt à l’errance en mon regard que mes jambes tiennent encore droit. Alors que c’était ridicule, c’était précisément parce qu’elles tenaient droit que j’étais morte. Un vivant s’abandonnerait au désespoir, j’étais trop vide pour l’éprouver. Il n’y avait que ce vide oppressant, et les larmes du piano.

Deux âmes blessées se regardent sans se voir, et pour un peu, oublieraient de parler. Se risqueraient à geindre au lieu d’artificiellement feindre. Lâches que nous sommes, nous, les survivants. Un seul fardeau, la culpabilité d’être en vie, et toujours ce talent pour en gâcher chaque saveur.

Il ne la connaissait pas. C’était rassurant, tu ne voyais pas très bien ce que le propriétaire de la BAM aurait foutu ici, sinon. Peut-être était-il venu pour écouter la musique ? Ça faisait du bien, parfois, comme si s’abreuver de la peine d’autrui pansait nos propres plaies. Il accompagnait quelqu’un. Ah. Je hoche la tête, sans trop chercher.

Il y avait quelque chose, dans la délicatesse de sa voix, comme s’il était habitué à parler aux âmes perdues. Ou peut-être était-ce juste ainsi qu’il parlait aux créatures de sa boutique. Toi oui ? Des mots qui ricochent en ma forêt intérieure ; je secoue la tête, pour chasser la pluie qui se glisse entre les aiguilles. Pouvais-je prétendre la connaître ? Pardon, l’avoir connue. Que voulait dire connaître ? Je n’avais eu qu’un aperçu de son existence. Certes, le contexte familial permettait de voir sous moins de fards qu’un paquet de leurres sociaux, mais...

- Mary est- était. ma soeur.
Langue amère. Je savais même pas pourquoi je lui parlais. En vrai, je le connaissais pas plus que ça. Il y avait dans ses brisures le chant d’un charmeur de serpents, et l’animal blessé y répondait par automatisme.
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Finrod Elensar, Lun 17 Oct - 13:04


- Oh...

Ce fût la seule qui sortie de la bouche du presque géant. Un mélange de surprise, de tristesse et de malaise, tout cela à la fois mais aussi de sentiments moins faciles à déterminer. Une plaie qu'il croyait fermée depuis des années s'ouvrait un peu plus à chaque minute qui s'écoulait. Comme une lame aiguisée coupant nettement un tissu fragile. Le cœur serré, les mains crispées, le corps raide et le regard vide, Finrod restait silencieux.

Un silence qu'il ne ressentait pas pesant. Le jeune homme ne savait pas s'il agissait de la sorte par respect pour la défunte ou pour Lizzie, très probablement les deux. Il devrait dire qu'il était désolé, dire qu'il lui adressait ses "plus sincères condoléances" mais il savait que les mots ne pouvaient servir de bandages. La prendre dans ses bras ? Cela aurait été ridicule, protéger et rassurer le temps d'une étreinte pour offrir un retour brutal à la dure réalité ? Partir ? Laisser la vie reprendre son cours comme si de rien n'était. Cela semblait être la solution qui s'imposait. S'éloigner. Abandonner la jeune femme à la tristesse qui l'accueille déjà dans ses bras.

Le regard cherchant la grand-mère tant respectée ne la trouva guère. Étonné de savoir la vieille femme s'être levée sans l'informer, il la chercha en scrutant les personnes présentes, mais pas sa petite taille, la sorcière restait invisible. Finrod concentra à nouveau son intention sur la sorcière qui se voyait privée d'un membre de sa famille.

- Je suis avec ma grand-mère, elle ne m'a pas expliqué la raison de notre venue, peut-être est-elle une amie de ta famille. Elle est petite, cheveux très blancs, légèrement voûtée. Finit-il par dire doucement. Il pensait pas que c'était un sujet adéquat pour une personne proche de la défunte mais il souhaitait éclairer ce point.

Il resta silencieux et n'aurait pas été étonnée que la jeune femme parte le laissant avec ses questions. L'ex-serpentard n'aurait pas cherché à la retenir. Le deuil pouvait être une chose très difficile à porter.
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Lizzie Bennet, Jeu 20 Oct - 0:55


Un O qui roule et se perd et vous trouble. Un O de distance, comme si l’on s’engouffrait un bref instant sur une courbe-toboggan mais que la prise de conscience avait tôt fait de briser l’équilibre. On glissait trop vite, trop fort, et s’envolait sans avoir le temps de s’accrocher à la balançoire. On fuyait, toujours plus loin, la souffrance d’autrui, celle qu’on sait pas gérer car sous leurs masques d’acier les humains ne sont que des âmes brisées.

Souvent, certaines démarrent l’existence avec une belle innocence, mais la violence du monde a tôt fait de corrompre leur âme, d’écraser leurs espoirs. Une once de maladie, huit pousses de trahison, trois kilos de mort, neuf milligrammes d’agression, quelques gouttes à peine de départ sans au revoir. On n’avait pas toujours besoin de finir la potion, les ingrédients ne faisaient que renforcer l’efficace des autres au fil des ajouts, mais en soit, deux suffisaient. Un pour croire que ce n’était que le hasard, un second pour rechuter, apprendre que peu importaient les efforts faits pour changer les choses, pour se reconstruire, si une brèche était fermée une autre saurait s’ouvrir, tout n’était question que de pouvoir et pression.

La vie était une guerre permanente, et soldats en civils nous n’avions le temps de compter nos cicatrices, juste de les sentir, acides. Plus ou moins vivaces selon les instances. La seconde fausse couche vous retournait plus que la première, car vous aviez déjà vécu, déjà su, et cru pouvoir espérer que cette fois, ce serait différent. Il en allait de même aux enterrements, car il n’y avait que dans les histoires que la douleur s’acharnait sur une silhouette, sur une seule famille, dans la vraie vie, ça ne nous arrivait pas, pas vrai ? On pouvait pas tout perdre, pas nous.

Parce que ça n’avait de sens, on était pas le personnage principal d’une nouvelle auquel des lecteurs allaient s’identifier, non, on était des figurants, avec un impact limité sur les pages, il n’y avait d’intérêt à nous retirer ça. De sens à couper les racines. Qui pourtant ployaient sous la lourdeur du temps, et tombaient, les unes après les autres, jusqu’à ce qu’on apprenne à se déprendre, ne plus tenir qu’aux instants, aux soupirs, aux sourires, et oublier tout ce qu’il y avait après, tout ce qu’il y avait avant. Nothing that lies behind was easy.
Nothing ahead is real.
My within is

All I have

Today

Dans mes non-sens généralisés, une vulnérabilité indécente pointait. Je haïssais cet Autre à visage de moi. Je haïssais Elensar qui en était le témoin. Il eut la gentillesse de me couvrir, de changer le sujet, d’éviter qu’on fasse trop jouer les violons et mon regard se ferma vite. Je fixais sur lui un oeil plus serein, pupille moins dilatée, mâchoire plus affirmée. La vraie Lizzie, vous savez ? Si elle avait jamais existé. Il cherchait une petite vieille, avec une nuque de tortue et une chevelure neigeuse. L’assemblée était relativement jeune -on ne vivait pas vieux dans la famille- et je regardais le dos des silhouettes assises à la cérémonie.

L’avantage, c’est que le risque de croiser les opales tristes de ma famille était plus maigre quand je n’avais que leurs épaules pour interlocutrices. Mais rien qu'à voir le col caractéristique des tenues de Lydia, quelque chose dans ma poitrine se serra. Le regard glisse, lisse le paysage, le vide de sens pour prendre des repères plus vifs. Il ne lit le texte mais cherche les chiffres qui le ceignent. Il y avait deux mamies que je ne reconnaissais pas. Why not.
- L’une de ces vieilles, peut-être ? Je ne suis pas très au point sur les repas de famille,
fis-je en les lui indiquant à voix basse. C’était le moment où il partait vers les siens. Et où je retrouvais ma solitude. Hochement de tête, en guise de salut.
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Finrod Elensar, Lun 31 Oct - 9:16


Inconpréhension. Elle habitait Finrod de tout son être, encore quelques instants auparavant,. Sa grand-mère l'avant emmené ici, à un enterrement, restant muette face aux interrogations du jeune homme. Il avait tenté, au début, de soutirer quelques informations sur leur destination et la raison de ce voyage mais c'était rapidement résigné face au silence de la mère de son père. Elle savait s'y prendre avec le Fourchelang. Et lui plaçait toute sa confiance en cette vieille femme, c'était d'ailleurs pour cela qu'il l'avait suivi sans s'énerver.

Il était à présent face à une personne qu'il connaissait, qui avait pu l'aider et cette incompréhension présente depuis le début du voyage disparaissait petit à petit. Encore à cet instant, le sorcier ne savait pas que cette rencontre avait été orchestrée par la petite femme âgée. Il pensait que le hasard en avait décidé ainsi. Mais il allait apprendre tout bientôt que ce n'était pas le cas.

Finrod tourna la tête vers le groupe que désignait Lizzie, effondrée, enfermée sur elle-même. Face à tant détresse, le jeune homme ne savait que faire. Il comprenait enfin ce que les personnes autour de lui avaient pu ressentir à l'époque, quand c'était lui qui sombrait chaque jour un petit peu plus. Le jeune homme y reconnu sa grand-mère discutait avec des personnes inconnues pour lui. En même temps, il ne connaissait même pas la défunte alors il était difficile pour lui d'envisager une rencontre insolite, comme celle qu'il vivait à présent avec Lizzie.

Faisant mine de partir, les yeux émeraudes de sa grand-mère se posèrent sur lui. D'un signe de sa main droite crochue, ridée, elle lui indiquait qu'il fallait qu'il reste où il était. Étonné, le presque géant s'arrêta dans son élan. Il ne fallut pas longtemps à la vieille sorcière pour congédier la personne avec qui elle parlait pour rejoindre ensuite le duo imprévu.

- Mes enfants... C'est bien dommage de te voir dans tels circonstances Elizabeth. Dit-elle sans laisser qui que ce soit parler. Elle posa la main sur l'avant-bras gauche de Finrod puis celui de Lizzie. Savait-elle ? "Vous êtes plus liés que ce que vous pensez." Souffla-t-elle comme si elle risquait d'être entendue en se penchant un peu, même si Finrod était au-dessus d'elle."Oh Elizabeth, voilà ta mère." Ajouta-elle à un niveau sonore normal mais un certain sourire sur le visage.

Le Fourchelang restait interloqué. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait ni ce que sa grand-mère était en train de faire. Le jeune homme chercha du regard la jeune femme, comme s'il cherchait un certain soutient. Il y avait certains secrets qui devaient le rester même s'il faisait confiance à cette vieille dame. Finrod ne remarqua pas que la femme désignée comme génitrice de Lizzie arrivait vers le petit groupe.
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Lizzie Bennet, Mer 23 Nov - 1:48


Regard perdu un instant de plus. Il ne part pas. Il ne part pas alors qu’il le faudrait. Ce serait plus simple. J’ai pas envie de me perdre dans sa sueur non, je veux qu’il parte, m’écrouler de mon côté, me déchirer. Un deuil simple, comme on ne les permet plus. A celle de Kitty j’ai viré tornade, tout détruit, me suis enfuie, rencontré Evan et fais quelques pas sur de noirs sentiers. A celle de Jane ma rage était vengeresse et j’ai tué l’homme responsable de son meurtre. Pour Mary, pour Mary j’avais fait choir cadavres sur cadavres.

Mais j’avais plus de force. Je voulais pas me battre maintenant non, juste accepter le bang bang douloureux d’un rythme cardiaque irrégulier, juste tolérer les moisissures de l’esprit qui remontaient. Il fallait que je m’autorise la douleur, la tristesse, il fallait que j’accueille ces émotions. Si je continuais de monter cadenas sur cadenas, il ne resterait bientôt qu’une carapace aux piques mortelles. Une arme dés-habitée.

Pourtant, pourtant il fallut monter plus qu’un cadenas. Je ne pouvais chercher de fantôme en lequel me déchirer, non, car les notes martelaient le piano, car le suspense désaccordé planait. Au pays des morts une horde de mensonges se tisse et referme comme une toile d’araignée. Ça scintille et les insectes ne peuvent s’empêcher de s’en approcher, troublés par la beauté de la rosée... qui ne saura que les empêtrer dans la glue de l’illusion.

Enfin, peut-être se révèlera-t-elle être plus qu’une illusion ; peut-être portera-t-elle la marque de sa vérité. Ce sont des questions que ne se posent pas les insectes. Il y a une main rapiécée par le temps nous disant d’attendre ; il y a une incompréhension partagée. Je hausse les épaules, pas vraiment en état de réfléchir. C’est quand elle nous rejoint, ou plutôt, quand elle se met à parler, que tout bascule. La curiosité... kicks in. Comme une drogue. Contrebalançant toutes les préoccupations antérieures. Je veux savoir d’où elle m’inclut dans un mes enfants, d’où elle connaît mon nom, d’où...

Elle touche nos bras, insinue quelque chose sur nos liens, et là, là l’abandon qui me broyait est chassé quelques souffles rapprochés. Non, non, non, si les Bennet m’ont fait le coup du mariage arrangé j’vais devoir les tuer moi même, ils me connaissent, je ne suis pas de celles qu’on attache à l’autre, car pas de celle qui s’amarrent- jamais- toujours voguer- bien loin des quais. Et c’est là que Mrs Bennet déboule. C’est quand elle nous approche que je réalise. Mère prétendit n’avoir croisé mon regard. Père était en retard. Non. C’était pas ça.

C’était que Mère ne m’avait juste pas... reconnue. Elle avait pris sa tisane. Elle avait bu ma potion d’amnésie.

J’ignorais si les capacités mémorielles impactées étaient plutôt avant ou après l’ingestion de mon liquide, aussi un frisson parcouru mon échine. Je ne pouvais risquer que ma décision soit connue de tous, en plein enterrement, vous imaginez le scandale ? Un flot d’encre coulait, de ma pupille vers mon iris, quand je pris la décision la plus sûre pour tous. Regard droit sur ma mère, à l’air plus perdu encore que je ne l’étais jusqu’alors. Ma main gauche se resserre sur ma baguette, et l’Impero informulé file vers ses tempes. Déjà affaiblie par les émotions, elle ne résiste pas.

Merci à vous trois d’être venus, dit d’une voix neutre la marionnette.
On en avait tous besoin- des mots qui se retiennent, une âme qui se tord. La marionnette pose une bise hasardeuse sur les joues des trois sorciers. Mamie Elensar, s’il te plait, ne pose pas de questions maintenant, ne complique pas les choses, ne-
C’est dans la douleur qu’il est nécessaire d'être soudés.
Je crois avoir mal entendu. Elle disait ça en mode stronger together... générosité de voisine, collègue, qu’en sais-je ? Ou implication plus pernicieuse quand à l’idée que-

Le menton de mon pantin se baisse, approbation neutre.

Je vais avoir du mal à diriger les fils-
-si je ne maîtrise pas le canevas


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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Finrod Elensar, Jeu 8 Déc - 21:02


Malaise était un faible mot pour décrire la situation dans laquelle se trouvait Finrod. Comment une telle scène pouvait-elle se dérouler à un enterrement ? Il y a de la tristesse oui, de la colère oui mais pas de malaise à un enterrement ou pas voyant du moins. Chacun fait en sorte de le contenir s'il apparaît, camoufler derrière des larmes ou des sourires tristes non ? Le comportement à avoir lors d'un tel événement était toujours difficile à trouver. Une bonne vieille dame avait une fois dit qu'un manque de compassion pouvait être aussi vulgaire qu'un excès de larmes.

La femme qui avait été défini comme la mère de Lizzie était des plus étranges. Sa fille rejoignait en terre celle qui était là. Les histoires de la famille Bennet semblaient compliquées. Le Fourchelang avait déjà les siennes à gérer, la relation avec son père n'étant pas des meilleures, des souvenirs vagues d'enfance, rien de concret, mais qui faisaient resurgir des émotions très désagréables. Politesse avant tout, Finrod se pencha pour saluer la femme. Les dires de la grand-mère Elensar semblait avoir un certain sens pour elle mais pas pour la maman Bennet.

- C'est tout ce que tu arrives à dire à ta mère ? Je sais que nous avons eu des différents mais la perte d'un enfant est terrible vient dans mes bras. Dit la mamy d'une voix douce en avançant vers... Sa fille ?

Pendant cette embrassade familiale, Finrod resta silencieux. Interloqué, ne comprend pas ce qu'il se passait. Fils unique, parents aussi, il découvrait donc des liens après 28 ans de vie ! Ce n'était pas possible. Toute sa vie serait différent à présent. Son esprit ne pouvait comprendre une telle chose, il ne pouvait l'accepter. Cela voulait dire donc qu'il avait une cousine, Lizzie ? Mais ? Pourquoi ? Comment cela se faisait-il ? Pourquoi tant de secrets ? Sa tante connaissait-elle son existence ? Et la jeune Bennet savait-elle tout ça ? Les réflexions et questions fusaient mais aucun mot ne sortait. Un regard interrogateur sur le visage, l'ex-serpentard regardait la sœur endeuillée. Une aide ? Était-ce qu'il cherchait ? Non, très probablement pas. Des réponses, c'en était certain.

Le temps semblait s'être arrêté. Mais pourquoi ? Qu'est-ce que cela pouvait-il changer à sa vie ? Il avait grandi sans aucune attache. Pas de frère, pas de sœur. Il avait pris l'habitude de vivre sa vie seul, indépendant et autonome. Fuyant le cocon familial. L'embrassade ne dura que quelques secondes mais pour Finrod, elle avait bien duré 10 minutes.

Il devait se calmer. Reprendre ses esprits et tenter de faire des liens. Au moins, sa présence ici n'était pas pour rappeler un adieu déchirant quelques années auparavant non. Il venait de découvrir l'identité de membres de sa famille et en avait déjà perdu un, celle à qui l'on disait au revoir. Des réponses étaient nécessaires, mais il ne connaissait que trop bien sa grand-mère. Elle ne répondrait que part énigme.

Lizzie ?
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Lizzie Bennet, Mar 17 Jan - 22:20


They say with time it gets better
They say you stop asking why
They say talking helps
They say writing helps


Non mais le nécessaire voulait pas vraiment dire nécessaire. C’était juste le symptôme de ces gens qui utilisent toujours les mots à tort et à travers. Sans peser leur sens. Ils disent nécessaire parce que ça sonne bien. La bonne quantité de /s/ tout ça. Oui, c’était l’unique raison de ses mots déplacés, affaire classée. Maintenant, tu te tais petite vieille, on retourne chialer nos morts et bonne journée.

They say you're safe
They say it can’t happen again
They say he can’t reach you again


Et v’là que... v’là que non en fait. La ridée était pas satisfaite de cette option. Genre pas du tout. Elle pouvait pas me laisser seule à mes mensonges, non, fallait qu’elle sorte les siens en plus. Et voilà que je t’embrasse ma - la ? du mère c’est sa fille ? wt-wt-wtf-
La marionnette essaie maladroitement de répondre à la brève étreinte mais celle qui tire les fils se perd - s’étrangle - s’écharpe.

They say relax
They say be happy
They say stop looking over your shoulder


Tu veux savoir ce qui m’est nécessaire ? C’est que la caméra sorte en grand fracas. C’est que la caméra surgisse du néant parce que c’était une blague. Un gag. Allez, balancez moi vos engins d’airain, prouvez moi que ce n’est sérieux. Ça ne peut l’être. J’reste là, à attendre la chute des rideaux, un mouvement, un- mon regard se perd dans celui de Finrod et je n’aime pas ce que j’y vois. Il est décontenancé. Il devrait rire. C’est pas sérieux. C’est pas- on peut le répéter autant de fois qu’on veut, les corps semblent refuser de se lâcher.

THEY don’t know that the fear never stops, never goes away, the shadows never leave, and the      
             hands never stop.
_Nope.
_Nope.
_Nope.

Je sais pas combien de fois je le resasse, ce mot, il forme une boucle indistincte, qui tourne et vrille et marine dans ma gorge mais quand il sort il est pas assez assertif. Décisif.
Je m’interpose entre ma... mère et l’autre.
_Je sais pas si la blague ou le timing est de mauvais goût. Mais joue pas avec elle.




Each touch is a switch
that triggers a new or old memory.

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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Finrod Elensar, Dim 22 Jan - 11:58


Ne pas supprimer ce post.
Finrod, on cherche ton RP.
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Lizzie Bennet, Jeu 2 Mar - 8:13


La mamie dit des syllabes
Sans queue ni tête
Elle parle en bougeant les lèvres
Mais pas les sens
Pas l’essence
Car je veux pas je peux pas
Accepter ce qu’elle raconte aujourd’hui
Qu’il y ait aucun respect pour les vivants c’est pas neuf
Mais pour les morts
Pour les morts elle pouvait pas attendre demain
Elle pouvait pas parler à Ms Bennet à un autre moment
J’avais pas la force
Pas la force d’encaisser sa mort
De maintenir le sort impardonnable
De me prendre ses révélations à la face
Y a un petit chat d’argile
Qui vient de se prendre un grand saut d’eau dans la poire
Il se noie dans lui même
Il patauge dans son passé il se mange les pieds il se ramasse à la cuiller
mais y a personne pour ramasser
j’ai besoin de toi maman j’ai besoin que tu te rappelles
j’ai tellement envie de te faire te souvenir
j’ai tellement envie que tu me prennes dans les bras que tu me dises
que c’est pas vrai
qu’on les connait pas
que c’est pas Mary dans la boîte là bas
avec tous ces inconnus qui pressent pour la rencontrer
maintenant qu’elle est morte
y a que morts qu’on commence à compter
j’sais pas quand on a décidé ça
qu’on ne pouvait pardonner les erreurs des gens
et abandonner notre indifférence
qu’une fois qu’il était trop tard
comme si c’était pas grave de tenir aux gens
une fois qu’ils étaient pas au courant
de combien on avait mal sans eux
j’sais pas quand on a commencé
mais je les hais
tous tous et toi plus encore
toi qui te rappelles pas
et moi qui ai tout effacé tout dissolu
qui été encore pire que la vieille pour le timing
qui t’ai volé tes « au revoir »
je me force à croire qu’un jour
on effacera ces lignes
que ces choix on pourra les rayer
à la craie
et dessiner des marrelles
et sautiller en se tenant la main
et que tu me rameneras contre toi
mais pour l’heure pour l’heure y a que l’argile
qui se liquéfie
qui se raréfie
— On a pas les forces pour vos jeux
— Pas maintenant
susurre Ms Bennet
— Venez ailleurs qu’à un cimetière si y a des ponts à construire

moi j’les veux pas ces ponts
de toute façon
il doit le savoir lui aussi
Finrod qui ne dit grand chose
il doit savoir que tout brûlera
que ces non-sens sont trop
trop pour aujourd’hui
Alors j’ai pris maman par la main
l’ai ramenée vers son mari
ai attendu d’être sûre qu’elle se blotissait contre lui
et là
là j’ai couru loin du cimetière
parce que j’suis trop faible pour les « au revoir »
et que les bonjour me coupent les jambes

[Fin de RP pour moi, vu qu'on l'a utilisé comme base dans pas mal d'autres ?]
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Finrod Elensar, Mar 21 Mar - 9:52


C'était à n'y rien comprendre. Le temps jouait avec les émotions des gens, il n'en était pas possible autrement. Tout était ralenti. Les pensées de Finrod, les mouvements de chacun, le son. Rien n'allait à la vitesse habituelle. Mais l'habitude avait changé.

Une cousine, plus jeune. Rien que cela. Plus d'enfant unique ou de petite famille, non, des branches étaient apparues et quels en étaient les fruits ?

Un silence qui dure, encore et encore. Qui semble interminable pourtant grand-mère Elensar parle, du moins ses lèvres bougent, elle doit s'exprimer, elle doit parler à sa fille, la tante, l'inconnue, la nouvelle. Pourtant rien ne semble aller. Quelles affaires en sont la cause ? Impossible à dire. Chaque chose en son temps.

Lizzie fuit. Elle a meilleur temps. Une grand-mère découverte c'était beaucoup, mais celle-ci, ce n'était pas un cadeau. Cœur de glace, peu enclin à fondre, même qu'un peu en cette situation.

Une famille était un bien grand mot pour la découverte, certes, un partage de sang mais de vie ? Non pas encore. Cela pouvait venir mais Mamy avait le don de choisir son moment pour des révélations de choc. Une envie de théâtre, une envie de drame. Pourtant, c'est bel et bien sa petite fille qui s'en va dans les entrailles de la Terre aujourd'hui mais elle ne laisse rien transparaître.

Une larme coule doucement sur la joue du presque géant. Il ne sait pas trop pourquoi. Le rythme revient petit à petit après le départ de sa cousine. Il essuie cette larme qui n'avait pas suivi les autres ou était-ce pour une autre raison ? Il n'en savait rien. Il avait tant de questions mais les réponses étaient redoutées. C'est une ouvrir une boîte pleine de secrets que de vouloir savoir. Mais c'était bien trop tentant.

Resprirer... À nouveau correctement, la vie allait suivre son cours mais dans une autre direction que celle imaginée jusqu'à présent. Mais où mènerait-elle ?

Fin du RP, sujet libre


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Seth McSoul
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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Seth McSoul, Dim 9 Avr - 23:10


RP unique avec la présence de trois PNJs appartenant à la famille de Seth.

Le Temps suspendu



La route était parsemée de cailloux, la voiture tremblait, il aurait été difficile d'imaginer voyage plus inconfortable. Si la destination avait vendu du rêve, peut-être aurait-on pu continuer d'espérer, mais la finalité de l'expédition ne promettait en elle-même aucune allégresse. Il fallait bien l'avouer, aucun périple n'avait jamais semblé plus désagréable aux trois hommes qui roulaient ainsi depuis trois heures dans la brume imprévisible de Grande Bretagne.

Le plus vieux, celui qui conduisait la voiture, jeta un coup d’œil aux deux autres d'un air soucieux. Il s'était proposé de les accompagner pour les rassurer, les soutenir dans leur décision, mais il savait au fond de lui que la raison de sa venue n'était pas purement altruiste : une part de jalousie était enfouie au fond de lui. Une sensation d'impuissance, de perte de contrôle révélait ses doutes quant à son rôle de père de famille, celui qui devait veiller sur ses enfants, peu importe qu'ils aient son sang ou non. Il avait peur que la décision des deux garçons à ses côtés finisse par le priver de ses fonctions, par le rejeter en lui retirant toute sa valeur, tout ce qui fait de lui un protecteur, un confident, un père rassurant.

En voyant le plus jeune des garçons fixer le vide d'un air perplexe à l'arrière de la voiture, le conducteur sauta sur l'occasion :

- Il est toujours temps de rentrer si tu en as envie.

Mais le garçon hocha la tête en signe de refus. Il avait beau douter de lui, il restait le plus sûr des trois. Contrairement à son frère aîné et à son beau-père, il savait ce qui l'attendait à la fin de ce voyage. Il y avait déjà fait face.

Un silence pesant était installé dans la voiture depuis le début du voyage. Tous trois réfléchissaient, se demandaient comment ils allaient devoir se comporter une fois arrivés à destination. Le plus vieux des deux frères, celui qui n'avait pas dit un mot depuis le début, sentait ses doigts trembler. Il n'avait aucune idée des mots qu'il allait devoir prononcer. Portant une chemise tâchée du matin, il n'avait pas pensé à se raser et d'énormes cernes soulignaient ses yeux fatigués. Réalisant que la voiture s'écartait de la route pour emprunter un chemin boueux, il comprit qu'ils approchaient de la fin du voyage et fut pris de panique, se décidant enfin à prendre la parole.

- Il… Il ressemblait à quoi, quand tu l'as vu ?

Son cadet se retourna vers lui, surpris de sa question, et réfléchit quelques secondes.

- Il ne paraissait pas trop vieux. Ses cheveux étaient blonds, un peu gris. Ils descendaient jusqu'au cou.

- Il se rasait ? demanda l'aîné.

- Comment ça ?

- Je veux dire, il était propre sur lui ?

- … Oui, assez. Ça fait cinq ans, je ne me souviens plus trop.

La voiture vacilla en roulant sur une bosse, les deux frères se retinrent de tomber en attrapant les poignées au dessus des fenêtres. Tout à coup, le véhicule ralentit. Le beau-père au volant continua de rouler pendant quelques mètres avant de s'arrêter complètement. Il éteignit le GPS accroché à côté du volant.

- On y est, annonça-t-il.

- Tu es sûr que c'est là ? demanda l'aîné des deux frères.

- Si c'est la bonne adresse, oui. Seth ?

- C'est celle qu'il m'a donnée, en tout cas, répondit le plus jeune assis à l'arrière de la voiture.

Seth détacha sa ceinture, suivi de son frère puis de son beau-père. Tous trois descendirent du véhicule. Avec la brume, il était impossible de voir ce qui se dressait devant eux.

Ils marchèrent sur quelques centaines de mètres. Jean-Eugène, le beau-père, tenait une lampe torche pour écarter la brume et se frayer un chemin.

- Regardez, là ! pointa du doigt Elliot vers sa gauche.

Une petite maison en pierres se tenait au milieu des arbres, des lumières révélant la bâtisse à travers la fenêtre. Seth et Elliot prirent le pas sur Jean-Eugène et s'approchèrent de la boîte aux lettres en espérant y voir inscrit un nom.

- « Billy Soul », lit Elliot. Il n'avait plus d'idées.

Seth, pris d'un soudain élan d'assurance, se rapprocha de la porte d'entrée et toqua trois fois. Il attendit quelques secondes dans l'attente d'une réponse, puis répéta son geste.

La porte s'ouvrit d'un geste brusque. Gordon McSoul apparut. Barbu, négligé, il avait pris un sacré coup de vieux depuis cinq ans.

- Salut, dit Seth.

- Bonjour, répondit son père.

Il lui serra la main. Seth pénétra dans la minuscule maison sans attendre, tandis que l'homme, mal à l'aise devant l'entrée, tandis la main à Elliot qui hésita un long moment avant de la serrer. Lorsque Jean-Eugène s'approcha à son tour, il prit l'initiative de se présenter poliment.

- Je suis le beau-père de Seth, dit-il.

- Et moi, son père, répliqua Gordon.

- C'est à vous de le prouver.

Ainsi, Seth, alors âgé de vingt-deux ans, retrouva une seconde fois son père.


Le temps était passé lourdement ces cinq dernières années. Se libérant de toute attache, préférant l'intégrité de son individualité à la présence encombrante des autres, Seth, en sortant de Poudlard, s'était noyé dans une forme d'autoprotection qui le couvrait de toute agressivité extérieure. Plus d'histoire de coeur brisé, plus de rivalité futile, plus d'amitié éphémère, il s'était décidé à grandir et à ne se préoccuper que de ce qui constitue un bien général. S'il devait penser aux autres, ce n'était pas pour lui causer du mal à lui, mais pour réfléchir à l'avenir commun, à l'humanité dans sa globalité et non aux émotions et aux peines apportées par chaque individu qu'il devrait côtoyer.

Il avait tenté des choses, pourtant, pour se créer une image de gentleman solide, de jeune homme révolté, soucieux de ses camarades, des victimes des attaques des Mangemorts, des martyrs de Sergeï. Mais au fond de lui, il avait fini par comprendre qu'il s'en fichait bien, que peu lui importait la pitié au cas par cas. S'il devait s'occuper des autres, c'était de tout le monde, et si une telle mission ne lui parvenait pas, alors il continuerait à ne s'occuper que de lui.

Car il avait beau se camoufler dans sa carapace de joueur amateur de plaisirs et plein de joie de vivre, son âme profonde en avait endossé, des dommages, après tout ce que lui faisaient subir ses rencontres. Sa rupture avec Meredith, la disparition de Holly, sa rivalité avec Ebenezer, la mort de la regrettée Renata Harshing, sa rencontre avec Ariana, et celle, beaucoup plus douloureuse, avec son père... Comment un adolescent peut-il prétendre rester insensible face aux désastres de la vie alors qu'il ne lui arrive plus rien de bon, que tout semble destiner à lui apporter des malheurs ?

Ainsi, Seth, à dix-huit ans, décida de se retirer. Il se retira de la scène éclairée des relations et des comportements humains pour se lancer dans une introspection. Il commença à réfléchir à tout ce que ces comportements lui apportaient de bon, en essayant de mettre le mauvais de côté. Avant de recommencer à côtoyer les autres, il devait apprendre à prendre sur lui. Lors de ses études sur sa personne, il se réfugia chez sa mère, enfermé pendant des jours, refusant tout contact avec d'anciens amis ou connaissances qui souhaitaient lui rendre visite. Beaucoup pensèrent qu'il était tombé en dépression, mais c'était faux : la dépression, c'était le plaisir superficiel sur lequel il s'était reposé pendant toutes ces années pour ne pas penser ni à son père, ni à ses problèmes, ni aux problèmes du monde. Son isolement, ici, n'était pas signe de dépression : au contraire, il était signe d'élévation, de remontée à la surface.

Alors quand Seth eût terminé sa longue réflexion, des mois durant, il sortit enfin de chez lui et décida de reprendre contact avec le monde, en commançant par sa famille. Il apprit que sa demi-sœur Ariana avait abandonné Poudlard pour partir vivre en Afrique, mais il apprit aussi d'elle que son autre demi-sœur, Kira, était morte soudainement d'une maladie inconnue. Il ne tenta pas cette fois de camoufler sa tristesse, mais il la traita avec un stoïcisme réfléchi. Il aurait voulu connaître cette sœur dont il ne savait rien, mais la vie en avait voulu ainsi, et pourtant Seth ne devait pas se priver de poursuivre la sienne, il devait profiter des prochaines occasions qui se présenteraient à lui.

Il apprit ensuite que son père avait abandonné la famille des Hastings, mais, au lieu de ressentir une nouvelle haine pour cet homme qui avait agi tant de fois comme un lâche, il voulut, d'un air assuré, comprendre pourquoi il avait agi ainsi. Alors il entreprit de partir à sa recherche pour établir cette fois-ci une relation tranquille avec lui, posée et réfléchie.

Et ainsi, ils avaient fini par reprendre contact. Comment ? L'explication importe peu. Ils étaient là à présent : Seth, accompagné de son frère Elliot qui voulait revoir son père, et de son beau-père Jean-Eugène qui était là pour les rassurer eux, et se rassurer lui.

Si vous attendez que la scène entamée plus haut se poursuive, cela ne se fera malheureusement pas. Dois-je vraiment détailler les retrouvailles qui se produisirent entre ce père et ses deux enfants ? Comme toute première rencontre, la discussion qu'eut Seth et Elliot avec Gordon McSoul, tandis que Jean-Eugène restait dans un coin à contempler la brume se dissiper, fut fort simpliste et somme toute assez peu intéressante. Ils s'échangèrent des banalités, apprirent sur les uns et sur les autres. Ils comparèrent leurs années à Poudlard dans leurs époques respectives, puis parlèrent de leur talent en sorcellerie, échangèrent quelques coups de baguette, rigolèrent ensemble, burent des tasses de thé moldu…

Leur conversation se fit dans la joie d'une rencontre unique, mémorable, et pas à un seul moment Seth ou Elliot songèrent à demander à leur père ce qui l'avait mené à les abandonner, puis à abandonner les filles Hastings par la suite.

Allait-il justifier son départ lors de leurs prochaines rencontres ? Elliot l'espérait peut-être, mais Seth, au fond de lui, ne l'attendait pas vraiment. Il se doutait d'ailleurs qu'une fois partis dès la tombée de la nuit, Gordon McSoul, William Hastings ou Billy Soul, quel que soit son nom, rassemblerait ses affaires et partirait une nouvelle fois, se dotant d'un nouveau nom. Mais cette fois-ci, Seth se l'était juré, il ne le lui reprocherait pas. Car chacun pouvait mener sa vie comme il le voulait, et s'il avait lui-même appris à gérer ses relations avec stoïcisme, il comprenait que son père fasse de même.


Le soir donc, Seth, Elliot et Jean-Eugène repartirent en voiture, retournant à Londres.
Elliot se sentait rassuré. Jean-Eugène, lui, se dit que finalement, le rôle paternel pouvait bien se diviser en deux. Seth, enfin, ne ressentait pas grand-chose. Ou du moins, si, mais c'était un ressenti qu'il avait au quotidien. Il sentait qu'il avait changé, en bien cette fois, et que le comportement de son père n'y était pour rien là-dedans. Il n'était pas fier de son père qui avait enfin accepté de les voir, mais de la manière dont il s'était lui-même comporté cet après-midi. Et à présent que cette rencontre était terminée et qu'elle s'était enfin bien passée, les trois hommes s'apprêtaient à retourner à leur quotidien, la conscience tranquille.


En conclusion, que s'était-il passé dans la vie de Seth pendant ces cinq ans ?
Concrètement, rien. Vivant chez sa mère, squattant parfois chez son demi-frère ou chez son ex-petite amie Meredith, sa vie active se résumait à une flemme monumentale, incapable de se lancer dans un projet à long terme, d'utiliser le moindre de ses talents physiques ou intellectuels.

Mais spirituellement, là, il s'était passé quelque chose. Quelque chose de grand pour la vie de Seth, qui sentait qu'il ne comprenait plus les choses comme avant, qu'il voyait le monde différemment. Tout ce qu'il allait advenir de lui, en bien ou en mal, il était certain qu'il allait l'aborder différemment. Et désormais, après cinq ans passés à réfléchir à cette manière d'aborder les choses, il se sentait enfin prêt à se lancer dans l'aventure. Poudlard était fini. Plus d'adolescence, plus de rupture ou de coeur brisé, plus de rivalité futile, plus d'amitié éphémère. Seth McSoul était devenu adulte, et il était de retour.



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Re: Angleterre, coin perdu loin de Londres...

Message par : Ciarán A. Merrow, Dim 16 Avr - 3:52


(RP unique pour faire le point sur l'histoire de Chloé après de longs mois d'absence)


▲▼▲
« Prête à tout reprendre à zéro, Greenwood ? »
La possibilité de reprendre à zéro n'est qu'un mythe. Rien d'autre. Surtout quand on vient de passer 6 ans de sa vie dans le pire endroit sur terre pour tout humain qui se respecte. Mais après tout, humanité était un bien grand mot pour décrire Chloé Greenwood à cet instant précis. Peut-être qu'il en était déjà fini de son humanité. Paradoxal, quand on sait qu'elle venait tout juste de retrouver sa liberté.

Elle avait beau avoir rejoint à nouveau le triste manège de la société magique, Azkaban était encore présent partout dans la vie de Chloé Greenwood. Et ce, même 1 an après sa "libération".

Dans le regard de la vélane, désormais trop souvent vide, perdu, incapable de laisser passer le moindre soupçon de joie, et pire encore — incapable de produire la moindre larme depuis sa sortie de prison.
Sur sa peau, aussi, couverte de blessures plus ou moins profondes qui ne cicatriseraient peut-être jamais, gravées en elle comme des rappels à l'ordre systématiquement douloureux.
Dans son coeur, à la fois si lourd de sentiments inexplicables et si vide en même temps.

Vide, son coeur l'était. Plus que jamais. Et pour cause, la jeune femme avait tout perdu. Elle avait perdu sa mère, qui avait fait le choix du côté sombre et qui l'avait payé. Tout comme l'ancienne Serdaigle, qui avait voulu suivre ses traces. Elle avait aussi du renoncer à son père, qui s'était enfui... Où ça, déjà ? Elle ne l'avait jamais su. Elle avait perdu Ethan aussi, l'homme avec qui elle se voyait construire un avenir. Elle avait perdu ses enfants, qu'elle avait porté pendant 6 mois. Des jumeaux — un garçon et une fille — à qui elle n'avait même pas eu le temps de trouver un nom. Puis, qui étaient morts en elle. Et puis, il y avait Aziliz. Aziliz... Rien qu'à la pensée de ce prénom, des frissons se dessinèrent sur la peau mate de la Greenwood. Aziliz avait été tuée de la manière la plus stupide qui soit, dans une mission qu'elles avaient toutes deux orchestrée alors qu'elles étaient Mangemort. A cause d'elle. Aziliz avait perdu la vie à cause d'elle. Mais ce n'était pas le pire, finalement.

A sa sortie d'Azkaban, Chloé avait appris que sa soeur cadette Alice était morte, elle aussi. De tristesse d'avoir vu sa grande soeur sombrer dans le chaos, sans doute. Et dès lors, comment s'imaginer vivre quand vos raisons d'exister ne respirent même plus à vos côtés ? C'était comme si elle inspirait la mort, comme si elle en était devenue intime à tel point que tous ceux qui osaient s'approcher d'elle étaient destinés à connaître une fin tragique. Comme si elle était devenue, en quelques sortes, une sournoise et indésirée acolyte de la mort elle-même.

Chloé avait bien essayé de se réinsérer dans la société magique. Elle avait été serveuse à la Tête de Sanglier, pendant un temps. Mais souvent, alors même qu'elle était en service, son regard se perdait dans le vide et ne le quittait plus pendant de longues minutes. Ces absences du type, sans arrêt répétées, n'avaient pas plu à son employeur de l'époque (ni même aux clients, d'ailleurs, qui devaient parfois patienter quelques couples d'heures avant d'obtenir leur commande) et elle avait du renoncer. Abandonner. Comme elle le faisait régulièrement depuis que sa vie avait pris un tournant totalement opposé à sa vocation première.

Car non, Chloé n'a pas toujours eu un fond mauvais. Loin de là. Pendant de longs mois, elle avait servi le Ministère de la Magie en temps qu'Auror. C'était il y a si longtemps... A l'évocation de ce souvenir, il lui semblait presque qu'on parlait d'une autre vie. De secrets en mensonges, elle avait fini par découvrir ce que sa mère s'était donné tant de mal à cacher. Elle qui n'était rien d'autre que son modèle d'intégrité... Plus même ; elle qui avait tracé sans le savoir le chemin que Chloé s'était décidée à suivre. Pour ce qui était de suivre sa route, au moins, Chloé n'avait pas échoué. Apprendre que sa mère était une Mangemort avait retourné son esprit, à tel point qu'elle n'avait plus réussi à distinguer le bien du mal. A tel point qu'elle avait elle même décidé d'abandonner les Aurors, pour se retourner littéralement contre eux par la suite. La balance avait tangué du mauvais côté. Trop vite, trop fort. Et elle avait fini par tomber en plein dedans.

▲▼▲


Entre temps, la vie n'a fait rien d'autre que de suivre son cours. Cela faisait 1 an tout juste que Chloé était sortie de prison. Le vent avait tourné en sa faveur, alors que la balance semblait retrouver peu à peu son équilibre naturel. Pour fêter ce triste anniversaire, la vélane avait décidé de se rendre dans son ancienne maison, là où elle avait grandi. Seule, bien entendu, puisqu'elle n'avait plus personne. Bien loin du brouhaha de Londres, dans la campagne anglaise, il ne restait du bâtiment que les fondations. La nature, vive et sauvage, semblait vouloir reprendre ses droits dessus. Chloé ne lui en voulait pas. Elle préfèrerait même, en son fort intérieur, que tous les souvenirs que contenait cet endroit disparaissent avec lui.

Debout en face de ces ruines, l'ancienne Serdaigle prit une forte inspiration. Son souffle chaud ressortit par sa bouche, filant entre ses lèvres douces et pulpeuses. 1 an était passé. il était temps pour elle de reprendre sa vie en main. Bien que la joie, la tristesse, la rancoeur, la peine, la colère, la haine, le bonheur, la plénitude, soient autant de sentiments dont elle ne savait plus rien à présent, la jeune femme avait fait le choix de tout réapprendre. Et de remercier les détraqueurs, qui n'avaient pas absorbé la totalité de son âme, bien qu'elle le méritât peut-être.

Aujourd'hui, elle voulait réapprendre à vivre. Tout recommencer. Seule, s'il le fallait. Ca ne serait pas simple, et le chemin serait probablement parsemé d'embûches. Mais ce n'est pas comme si sa vie avait été un long fleuve tranquille. Tout ce qu'elle voulait, c'était essayer de reprendre à zéro.

D'un geste presque robotique, sa main se saisit de sa baguette magique, dissimulée soigneusement sous sa veste en jean. Elle jeta un regard à droite, puis à gauche, avant de se recentrer sur sa cible. Autour d'elle, il n'y avait rien d'autre que des champs. Personne ne pouvait l'observer. Ici, la jeune Greenwood était plus seule que jamais. Et tant mieux, car la première étape de son nouveau départ allait commencer. Pour elle, reprendre à zéro commençait par se détacher de son passé. Et pour s'en détacher, il fallait qu'il disparaisse. Pour de bon. La nature ne serait jamais assez rapide. Alors, ce serait maintenant.

« #Bombarda ! », cria-t-elle avec une force qui l'étonna elle-même. Elle n'avait pas prononcé un seul mot depuis des mois.

En un éclair jaillissant de sa baguette magique, tout ce qu'il restait de la maison partit en fumée. Littéralement. Les murs explosèrent tous en même temps. Ce qu'il restait des fenêtres, dont les vitres avaient été cassées depuis bien longtemps, éclata en une fraction de seconde. A croire que Chloé ne pouvait exprimer ses sentiments qu'à travers la magie...

Devant elle, il n'y avait désormais plus rien qu'une vaste étendue de gravats, répartis sur l'herbe. Elle tourna le dos aux derniers débris de la maison et reprit la route à pied, pour rejoindre le prochain bus qui se trouvait à quelques kilomètres d'ici. Marcher lui ferait le plus grand bien. Etrangement, l'ex-Serdaigle se sentait déjà soulagée d'un poids immense.

Le poids de son passé, très certainement. Quoi d'autre ?
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