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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: Grande-Bretagne
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Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Invité, le  Lun 29 Fév - 14:02

[RP Unique]

Il y a quelques années, par un beau matin d’été, à quelques semaines de sa première rentrée à Poudlard, Henry prit une barque et s’en alla naviguer.

Il n’avait pas dit à ses parents où il allait, il ne les avait même pas prévenus qu’il partait. Ils sont tous deux au travail et il sera rentré bien avant leur retour. Normalement.

Il faut dire que s’ils avaient su sur quelle île leur fils unique et adoré comptait se rendre, ils l’auraient enfermé à double tour dans sa chambre. Henry ignorait le véritable nom de cette île : lui et ses amis l’appelaient « Le Grand Truc ». Il s’agit d’un promontoire rocheux et très raide, une sorte d’île-falaise perdue au milieu de la mer, comme si des dieux oubliés avaient découpés un morceau de continent et l’avait posé là, loin des rivages. Les enfants y allaient souvent par défi : il n’y avait pas grand-chose à faire dans la région, alors ils jouaient avec la nature.

Ce n’est donc pas la première fois qu’Henry escalade la roche brune du Grand Truc, il sait très bien ce qu’il va trouver à son sommet : un étang d’eau douce au milieu duquel trône une étrange arche en pierre difforme posée sur une motte de terre. Il était difficile de dire si elle était d’origine naturelle ou artificielle, mais elle semblait très ancienne. Le reste de l’étang était bordé de verdure, il n’y avait pas d’arbre, mais quelques buissons.

La raison pour laquelle Henry s’apprêtait à grimper là-haut n’était ni géologique (archéologique ?), ni botanique… Non, c’était la faune locale qui l’intéressait : beaucoup d’insectes, quelques grenouilles, mais aussi des tritons palmés. Tout bon étudiant de Poudlard se devait d’avoir un compagnon animal et Henry voulait attraper lui-même le sien.

Cependant, un tel compagnon, ça se mérite ! Tout d’abord, il fallait ramer jusque-là… et Henry était doué pour ramer. Par ailleurs, sa barque était enchantée pour augmenter sa portance, ce qui diminuait l’effort requis pour ramer et lui permettait de se déplacer sur de longue distance, comme il aurait pu le faire à vélo sur la terre ferme.

Une fois arrivé au Grand Truc, Henry amarra sa barque à une pointe rocheuse, s’équipa de son sac à dos, puis commença à escalader la falaise.  Il avait choisi un jour de grand ciel bleu pour escalader. Il y avait beaucoup de prises et ce n’était pas si difficile, cependant, il fallait éviter les jours humides : la roche devient glissante. La vraie difficulté de l’ascension est la nécessité d’être endurant : il y a environ 40 mètres de falaise à grimper… Après avoir ramé pendant une heure.

Cet effort, Henry le sentait dans ses bras qui le lançaient particulièrement. À mi-parcours, il respirait fort et son teint était empourpré, il suait à grandes eaux (ou alors était-ce la bise marine ?). Les derniers mètres se firent avec lenteur, mais il finit par arriver au sommet où il prit quelques minutes pour souffler, couché dans l’herbe. S’il n’était pas né insulaire et n’avait donc pas passé sa vie à ramer, nager et courir, il n’aurait sans doute même pas pu monter 10 mètres… Et il ne serait de toute façon pas arrivé jusqu’au Grand Truc.

Allongé dans l’herbe, Henry réfléchissait à sa cible : ce sera un triton palmé. Il aimait bien ces bestioles. Comme lui, les tritons palmés vivaient à la fois sur terre et dans l’eau, ils s’adaptaient à leur environnement naturel, même sans magie. Les tritons palmés étaient également discrets, ce qui n’était pas l’apanage d’Henry, mais cette qualité du triton allait lui poser problème.

Il avait un bocal pour accueillir l’animal, mais il n’avait que ses mains pour l’attraper. Il en repéra un se prélassant au soleil et il tenta de l’attraper aussi normalement que l’on cueille une fleur. Naturellement, le triton, peureux de nature, s’enfuit avant que la main de l’enfant ne puisse l’effleurer.

Seconde approche : Henry repéra un autre triton, s’approcha aussi discrètement que possible et plongea sa main avec rapidité pour l’attraper… En vain. L’animal fut plus rapide. Le garçon tenta à nouveau et connut à nouveau un échec. Après une série d’essais infructueux, il s’arrêta pour réfléchir à une autre méthode.

Troisième approche : *les tritons sont amphibiens, mais l’eau est trouble… Et si j’essayais d’en attraper sous l’eau ? * Bien entendu, Henry n’allait pas plonger, il allait juste utiliser son bocal comme pour attraper un triton palmé en train de nager.

Cependant, l’eau trouble est aussi un handicap pour lui, difficile de localiser une cible là-dedans ! Il resta à un moment à observer, puis remarqua une zone grouillant de têtards. Le gaillard avait beaucoup lu sur les tritons palmés et il savait qu’ils pouvaient s’en nourrir. Il s’attarda donc particulièrement sur cette zone.

*Bingo !*

Henry plongea son bocal dans l’eau et récupéra un triton gourmand. C’était un beau spécimen d’environ 10 cm. Il avait les écailles brun foncé et les flancs jaunes, tachetés de noirs.
*Vu sa taille, ça doit être une femelle.*
- Bonjour ! Vu que tu étais caché bien haut, je vais t’appeler Climby, dit-il en s’adressant à son triton.
L’animal ne répondit rien et comme qui ne dit mot consent, « Climby » sera désormais son nom.

Après être resté un moment pour profiter du cadre, Henry redescendit sans difficulté particulière et rentra sur son îlot. Ses parents n’étaient pas encore là. Parfait. Tout s’était déroulé comme prévu.

***

L’enfant passa les jours qu’il lui restait avant la rentrée à habituer Climby à sa présence. L’animal, d’abord craintif, finit par arrêter de le fuir lorsqu’il comprit qu’Henry était un distributeur de nourriture sur pattes. Climby s’habitua également à la chaleur de l’enfant, une qualité toujours appréciée par les animaux à sang-froid.

Le père d’Henry, commerçant de produits exotiques, avait ramené à Henry des croquettes pour dragonnets. « Si c’est bon pour les gros lézards, ça doit être bon pour les petits, non ? » C’était une gourmandise qu’Henry offrait à son triton lorsqu’il se comportait bien. Il fallait éviter de lui en donner trop, Climby a grandi de 5 cm depuis qu’Henry a commencé à lui en donner !

Finalement, Henry finit d’achever la domestication de son triton palmé peu avant la rentrée. Mieux, peut-être était-ce un effet secondaire de son alimentation magique, mais Climby semblait capable d’obéir à des ordres simples aussi bien qu’un chien… En revanche, si elle en était capable, elle était aussi fort capricieuse et ne l’écoutait pas toujours.

Cependant, cela arrivait rarement et Henry laissait souvent Climby se promener hors de son vivarium ou se cacher dans ses manches. L’enfant et l’animal avaient une grande complicité et partageait tous deux un grand sens de la curiosité.
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Invité, le  Mer 13 Avr - 15:20

I see things that nobody else sees.
Pv Lizzie Bennet et Leister McKinley
---------------------


----Campée en haut d'une falaise, les yeux dans l'horizon et les cheveux au vent, j'observe l'eau se jeter sur les rochers. Les seuls qui ne se font pas emporter par la folie des vagues. Mes pieds nus caressent la terre rugueuse de la falaise; je me sens bien. J'y resterais des heures durant. Je vois le soleil disparaître au loin, dérangé par quelques cotons opaques. Ils glissent fièrement. En contrebas de la falaise, des pics aiguisés émergent comme autant d'ombres à travers le brouillard. A l'est, s'étend une plage de sable et d'herbes folles. Derrière moi, il y a la terre ferme et la vie qu'elle renferme. Tout le reste n'est qu'eau et roche.

----Le temps s'égraine brusquement et la fraicheur du crépuscule nocturne atteint mes joues. Elles rosissent. Le vent bouscule les pans de ma robe fleurie, battant ainsi sèchement l'air. Mes lèvres sont lacérées et mes yeux se plissent quand la pression devient trop grande. Je commence à avoir froid. Peut-être est-il temps de rentrer chez soi pour retrouver la chaleur humaine qui y règne ? Pourtant l'envie ne se présente pas. Je voudrais rester encore un peu à cet endroit un peu spécial, qui me donne l'impression d'être au bord du précipice. Ce qui est sans doute effectivement le cas. Il n'y a que deux pas à faire. Mais là non plus, l'envie ne se présente pas. Je suis en quelque sorte bloquée sur cette falaise, avec à l'arrière la vie et à l'avant la mort. Intéressant constat, quand on y pense. Alors je reste ici, jusqu'à ce qu'on me contraigne à choisir. Et peut-être est-ce déjà un choix.

----Je me repasse en tête une multitude de souvenirs. Les plus évidents sont ceux que j'ai vécu à Poudlard, l'emblématique école de sorcellerie de Grande Bretagne. Il y avait ce duel très chaotique mené avec quelques camarades et qui me tirent les lèvres aujourd'hui encore. Il y avait aussi ces balades dans la forêt, que j'avais partagé avec une folle équipée, échappant tant bien que mal aux autorités du château. Il y avait cette escapade en salle des professeurs, qui s'était soldée par un gros échec. Mais bon sang, qu'est-ce que c'était bon. Il y avait bien sûr les cours, le professeur West et son charme manifeste, Miss Boccini et ses lèvres pulpeuses, et tant d'autres qui ont laissé leurs marques dans ma mémoire. Il y avait surtout une personne exceptionnelle. Une blonde. Ma blonde. Ma Jasmine. Un esprit dur dans un corps pur. Oh oui, elle je ne pouvais l'oublier, elle m'était bien trop importante. Puis il y avait aussi l'autre, son opposé, Lizzie Bennet. Une sale fille celle-là, mais je devais reconnaître que la vie au château aurait été bien fade sans ses piques et son mépris. Puis plus tard, quand je suis revenue, ces visages adultes qui se sont dessinés. Il y avait Azphel, ses passions et ses secrets, un collègue respectable et qui attise toujours mon admiration. Enfin, il y avait surtout Leister. Leister et ses traits durs en façade mais dotés d'une sensibilité unique en profondeur. Je n'avais pas réussi à y échapper. Il m'avait attrapée dans ses filets, lié mon destin au sien et je brûlais chaque jour d'une flamme plus belle.

----J'avais besoin de me souvenir, de me rappeler tous ces moments et certainement d'autres encore. Mais quand la mort vous guette, vous prenez peur, vous craignez qu'on les emporte et qu'on les efface à jamais. C'est pourquoi, j'avais extrait de nombreux épisodes de mon existence et les avais glissés dans une petite fiole que je regardais maintenant comme la plus belle des pierres précieuses. Le flacon était empli de ces filaments indescriptibles. Un instant je posais l'objet près de mes chaussures, à quelques mètres de là, pour observer une ombre, un fantôme du passé, qui surgissait du désert. Mes yeux se figèrent sur ses formes et il me sembla les reconnaître.
Lizzie Cojocaru
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Lizzie Cojocaru, le  Dim 8 Mai - 21:03

Pv Face :kiss: Sorry I'm late.

Il fait noir. Je suis seul. Seule la Lune, entourée d’étoiles, brille dans les ténèbres. Je suis dehors. L’air est frais. Je sens une légère brise, annonceuse de l’Hiver. Elle me caresse la joue. Un épais brouillard m’encercle. Je ne vois, ni ne distingue, quoi que ce soit. Des cristaux de neige tombent du ciel. Ils se logent en moi, en mon creux, fondent, puis ruissellent sur ma peau. Je suis nu, caché par les buissons du fond de la cour. Les nuages laissent passer la lumière des astres sur le manoir. La Boutique d'Accessoires de Magie Noire. Le Refuge des Âmes Damnées. Comme pour briser ma solitude, deux personnes apparaissent. Toutes deux portent des haillons. Toutes deux semblent mutilées. Toutes deux souffrent du froid. Elles ne me remarquent pas. Dans un dernier geste, elles frappent la large porte en pin massif du manoir puis s’écroulent. La porte s’ouvre, déplaçant la neige tombée devant la porte. Une vieille femme apparaît, je ne distingue pas son visage. Cela doit être Jane. Cela aurait pu être Jane, si elle avait vécu. “Sunil, lève toi ! C’est l’heure de travailler”.

Sunil ne bouge pas.

Sunil ne se réveille pas.

Aujourd'hui, Sunil est en grève contre la vie. Pas une retraite anticipée, hein. Juste une grève. Un ras-le-bol. Un trop, un j'étouffe, un j'ai besoin d'air, j'ai besoin d'ailleurs, j'ai besoin d'autre. Un truc sans sens, sans queue ni tête, un truc sans que tout court, un lourd besoin d'ivresse.
Partir.
Juste un jour. Tenter, autre chose autrement qu'en sais-je concombre. Juste tester.

Sunil ne bouge pas.

Sunil ne se réveille pas.

Aujourd'hui, Sunil est en grève contre la vie.
Mais comme c'est un peu abstrait, Sunil commence par une grève de son job.

Il prend les rennes, il tait Lizzie, il gouverne, chanfreine des sorts, des rimes, des craintes, des envies, des après, il, elle, je sais plus, a les pieds qui courent, hors de l'antre, hors de l'obscurité boisée. Les pas martèlent les pavés, comme autant de peur. Toute pierre a pris un pouvoir de rappel, un pouvoir d'Azkaban, un pouvoir mnésique, Lizzie se prend les pieds dans les pavés ; Sunil surgit, l'amnésie délivrante.

Sunil manifeste, Sunil cherche à réapprendre, tout, tout de suite, maintenant. Il s'abreuve des senteurs urbaines, s'en dégoûte aussitôt, mais brille d'une réalisation : il ne se sent pas indifférent. Voilà ce qui le rend si faible. Il faut se défaire. Il ne faut pas être fidèle, ou gourmand, ou curieux ; non, pour être joyeux, il faut voir la vie par un filtre, un filtre de nuage, de coton, de lointain.

Sunil se frotte les yeux. Une miette, je crois ; ou une allergie, peut-être. Il y a du pollen.

Sunil est faible. Sunil rentre chez lui. Seaford. Où tout a commencé. C'est là qu'il faut faire du nettoyage, pour s'envoler véritablement. Non ?

Sunil ne sait plus trop où il va. Mais il y a un port, à partir de là, il se sent en confiance. Ses bottes semblent animées tant son pas sautille outre la cité. L'air marin lui peint le teint de cette ivresse dont il se complait, se délecte ; l'indifférence se fait rare, mais c'est différent. C'est une harmonie totale avec la nature. Il n'y a pas de neige, pas d'enfant, pas de Jane, pas d'avant. Juste l'instant, la nature, posée, comme un tableau. L'herbe se meut, chatoie, au rythme d'une brise salée. Sunil s'amourache d'une lumière, d'une luciole, le crépuscule virevolte.

Une ombre paraît. Je pourrais dire transparaît, dans l'hésitante lueur du jour, mais ce serait inexact. Même pour Sunil, elle resplendit assez pour que l'on ne la juge pas faite de cellophane. Mais Sunil est moins problématique que Lizzie. C'est elle qui reconnait la fille de la peinture. Une comparse de méfait avec laquelle il faisait singulièrement bon se battre à Poudlard. Une alliée que lui avaient attribué à son plus grand désespoir les Mangemorts. Mais ce n'est à tout cela qu'elle pense en la voyant. Son regard louvoie au creux des opales de la directrice. Une femme l'ayant plus touchée qu'elle n'oserait jamais l'admettre.
- On a des choses à se dire, Lamewood.

Les habitudes rassurent la langue. Sunil force le passage. Lizzie le rassied.
- C'était quoi ton délire avec la Gazette du Sorcier ?
Poudlard était vieux, l'article imprévu, la langue impromptue. L'instant tenu.
Keira Sanders
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Keira Sanders, le  Lun 11 Juil - 13:56

RP avec Shela Diggle
Gone With The Wind

Un croissant de lune au dessus de ta tête, du sable presque blanc à tes pieds. Le clair de lune, c'est ton truc préféré après le lever de soleil. Tu aimes la façon dont le satellite renvoie la lumière qu'il reçoit - lumière que tu ne peux pas percevoir - pour éclairer si faiblement les villages. On y voit à moitié clair et à moitié rien du tout. Ça laisse l'imagination parler. L'esprit délirer. Et le meilleur à se trouver sur une plage au sud du pays à cette heure tardive de la nuit, c'est qu'il n'y a pas un chat. Pas un poisson qui remue la queue dans l'eau non plus. Normal, qui aimerait venir se baigner dans l'eau presque glaciale à une heure pareille ? Tu ne sais même pas si c'est autorisé, mais tu t'en fiches.

Tu regardes le mouvement léger des vagues, en silence. L'eau, tu n'aimes même pas ça. C'est certes l'élément qui permet la vie, mais le savoir ne t'empêche pas d'avoir peu d'affinités. Et comme tu te laisses bercer par le bruit que produisent les vaguelettes qui viennent s'échouer sur le sable, tu libères le peu de folie dans ton esprit. Et tu redessines le monde qui t'entoure. Et là, la mer se réveille. Les vagues explosent, et montent dans le ciel. Elles viennent arracher la lune et les étoiles au ciel. Le vent se lève et leur offre également des nuages. Des nuages blancs, mais qui ont l'air gris à cause du manque de lumière. La mer est furieuse, la mer se déchaîne. La mer se déchaîne dans ta tête, mais toi, tu es calme. Et les poissons ? Les poissons s'agitent aussi. Un poisson sort de l'eau, et vole dans l'air l'instant de quelques secondes avant de replonger tout entier dans son milieu de vie. C'est un tableau à peindre. C'est un beau tableau à immortaliser, un beau fruit de ton esprit. Tu prends une poignée de sable que tu coinces entre tes deux mains, imaginant que tu tiens un sablier. Aucun grain ne tombe ; tu as arrêté le temps. Le tableau de ton imagination se fige pour que tu puisses te souvenir de chacun de ses détails. Tu te promets que tu reviendras ici demain à la même heure, accompagnée de tes pinceaux et ton acrylique. Et tu laisseras la même scène fleurir dans ton esprit pour la transcrire en couleurs sur toile.

Tu laisses le sable s'écouler à nouveau lentement de tes mains jointes. Le temps passe. La scène bouge et se meurt au dernier grain. Les vagues sont calmes, et aucun poisson ne saute. Tu as l'impression d'être maîtresse du monde, seule ici ; maîtresse de ton propre monde. Celui dont tu es l'héroïne. Le regard perdu dans l'eau, tu te demandes si une autre personne est en train de faire la même chose que toi, que ce soit à quelques centaines de mètres ou bien à l'autre bout du monde. C'est sûrement le cas, non ? Une sensation étrange t'envahis. Tu te sens comme liée à cette personne que tu n'as pas encore rencontrée - et que tu ne rencontreras sûrement jamais. Liée, parce que vous avez tous les deux le regard tourné vers ce clair de lune et ces vagues calmes en apparence mais déchaînées dans ton esprit. Et si cette personne pensait à toi, en ce moment même, comme tu penses à elle ?

Troublant. Beaucoup trop troublant. Changement d'idées. Tu sors la minuscule boîte à musique moldue de ta poche. La boîte, tu l'as eue du côté de ta cousine. Elle a une parente moldue. Ça a beau ne pas plaire à tes parents, toutes les branches de la famille ne sont pas sang-pur. Pour toi en tout cas, ce petit objet, c'est de la magie moldue. Plutôt ironique, n'est-ce pas ? Tu ne comprends pas comment ils ont fait pour enfermer des chansons dans un petit rectangle. Des chansons qui vont jusqu'à tes oreilles par des fils, afin que tu sois la seule qui puisse les écouter. Alors tu met les bouts des fils dans tes oreilles et appuie sur le bouton magique pour bloquer les sons de l'univers. Une musique commence. Le rythme est doux et rêveur. Tu as déjà écouté cette chanson ; tu l'aimes bien. Tu te laisses bercer par les paroles.

« ♪   Je devrais porter mes chaussures préférées,
Elles me disent qu'elles m'emmèneront où je le veux
Comme Dorothée du Pays d'Oz ♪  »


Oz. Tu connais ce monde magique imaginaire. Tu trouves même ça un peu marrant. Cette histoire de chaussures... Et si c'était un sorcier qui en avait eu l'idée ? Ça faisait tellement penser au transplanage... Oui, en fait, le principe est le même. Ne fallait-il pas que Dorothée se concentre fort sur sa destination ? Dorothée... Toi, tu t'apparentes plutôt à la vilaine sorcière de l'ouest, où tu ne sais plus exactement comment on l'appelle. Cette femme verte de jalousie parce qu'elle n'a pas eu ce qu'elle voulait dans la vie. C'est un peu ton futur toi ; ton futur toi si tu ne réussis pas à satisfaire tes ambitions dévorantes.


« ♪   Je ne t'ai jamais rencontré mais
Ne sens-tu pas que nous sommes si proches ? ♪  »


Et m*rde. Tes pensées reviennent sur cet inconnu. Celui qui regarde aussi la lune, et les vagues, et les étoiles. Même la chanson dit que vous êtes proches. Vous êtes liés. Inconnu, où es-tu ?


Dernière édition par Keira Sanders le Jeu 11 Aoû - 23:05, édité 1 fois (Raison : parce que j'ai enfin trouvé un titre oui oui)
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Shela Diggle, le  Mer 13 Juil - 17:57

Ca ne m'avait jamais frappé. A quel point mes cheveux faisaient longs. Et dans la glace, se trouver des traits trop fins trop doux, avec cette crinière rivière sur les épaules. Alors ne pas avoir réfléchi, être allé chercher les grands ciseaux du tiroir de la cuisine et devant le miroir couper, sans prendre garde à suivre une ligne directrice, couper, en tous sens couper et voir les vestiges blonds d'une chevelure lourde tomber à terre et gire tristement sur le sol carrelé de la salle de bain. Trancher avec sauvagerie mais sans hâte, tracer des traits presque, couper à n'en plus pouvoir et finalement laisser tomber l'arme, s'observer dans la glace. Une touffe sur le haut de la tête, et le reste certainement encore long s'il n'avait pas été bizarrement remonté sur les côtés. Dégradé foiré, et partout des erreurs, des espaces, des traverses; mes cheveux sont un champ de blé usé par les soucis d'une saison. Au-dessus, c'est haut, c'est gonflé et c'est beau, et en bas il n'y a plus rien, plus que quelques mèches qui n'arrivent à tenir droit comme les autres. Les erreurs, on ne les voit que si on les considère comme telles.

Ca ne m'avait jamais frappé non plus, le nombre de fois où maman se trompait, tu es prête, ma chérie, deux en une phrase. Au fond ce n'est pas si différent. Au fond mélanger couleurs vêtements et notions, ce n'est pas même dérangeant. C'est déroutant. Je ne vois pas soudain autrement, d'autres mots ne s'accrochent pas à mes lèvres, ni d'autres goûts à mon moi. Rien ne change, à part peut être une espèce de savoir, pas en plus ou en moins, juste autre chose. Indéfinissable. S'en être allé le temps d'un jour, ou plusieurs, s'en être allé aussi s'être éloigné d'une famille et n'être qu'avec soi, ses sois, son plusieurs, ses mondes idées gribouillis. Gribouillis dans la tête. Le sable est agréable à fouler pieds nus et avoir quelque part abandonné ses chaussures, même les chaussures sont genrées, et pourtant elles se taisent et ne racontent que l'histoire d'un jour, pas d'un toujours. Et la mer est noire, noire de sang, le sang des bateaux qui s'échouent parfois et nous, avons-nous un capitaine ? quelqu'un qui tient la barre ? Un quelqu'un qui s'occupe d'une direction, qui sait où aller et dirige, un quelqu'un aux bras puissants qui se s'évapore pas, lui, pas vrai - pas de remontrances, s'il te plaît. Je me complait dans la nuit parce qu'ici à part les lampes de la route au loin, et peut être le phare, il n'y a rien et personne ne voit tout à fait bien. Et un phare, tiens, a-t-on un phare qui éclaire, un phare qui guide et qui répond à l'appel à l'aide, a-t-on une lumière qui guide et qui évite le trépas annonce le port ? Je ne crois pas. Il est en panne, il somnole. Parfois il s'allume mais alors il faut prendre garde, bien choisir ses pas et préférer la baie aux rochers, fracas immense. Mais l'eau est calme, l'eau dort - il faut s'en méfier. Le sable est doux à fouler, et marcher en vanupied.

Dans la tête tracer, du monde, des arabesques et la folie qui dévore, mais quelque part la folie ne l'est qu'aux yeux des autres et dans sa tête, alors, prendre tous ces autres pour des fous et non l'inverse. Peut être une foule est-elle folle mais jamais ne s'en rend compte, étant donné que tous ses voisins le sont aussi. Dans la tête un peu danser, laisser glisser une main dans l'air, en faire un avion en papier, et cette main a un guide et jamais elle se s'écrasera - tant que je ne le souhaite pas. Il en est de même pour toi - tu crois ? Il suffit de le vouloir et tout va en son sens. Son sens, et s'il n'est pas bon, cela fonctionne aussi; bien des Hommes fonctionnent correctement même en exécutant [les pires horreurs]. Il fait doux dehors et se rappeler s'être aplatit le torse, un tissu serré, mais il n'y avait plus grand chose à retirer. Ne trop savoir pourquoi l'avoir fait. Peu de vagues et de remous et c'est doux, un calme duveteux, et ça me plait. Et là-bas une silhouette qui se découpe un peu, peut être qu'elle a trouvé mes chaussures, et se diriger à pas lents vers cette personne de la plage sous la lune. C'est rigolo, de se dire que peut être aussi elle a laissé ses chaussures loin d'ici dans le sable, qu'elle a laissé son soi pour le monde chez elle et qu'ici elle est autre. C'est doux. Comme l'air. Comme la minuscule mélodie qui s'estompe alors que l'on s'approche. C'est une Elle - il semble, parce que je ne pourrais dire à me voir auquel j'appartient. Salut. Tu es dangereuse ? Mieux vaut demander que juger, peut être. Perdre son regard sur mes pieds, et les siens. Tu as perdu tes chaussures aussi. Le hasard est bête et n'existe donc que dans nos têtes. Peut être que le sable serait plus doux encore à être foulé à deux. Se passer la main avion dans les cheveux, pour la rendre humaine à nouveau, et pointer du doigt ce qu'elle tient dans les mains, parce qu'il m'avait semblé entendre de la musique. Je ne vois pas bien. C'est joli. La musique, je veux dire. Ma voix me plait, elle ne trahit rien. Ni d'Il ni d'Elle. Tu es un quelqu'un ? Ou bien une silhouette uniquement.
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Keira Sanders, le  Jeu 14 Juil - 17:22

Ses yeux étaient rivés au large. Là où les courbes de l'océan épousaient celles du ciel. L'esprit un peu vide, comme si cette douce mélodie suffisait à remplacer tout ce qui se trouvait dans la tête de la demoiselle. Le sable était vraiment fin sur cette plage : elle sentait les grains lui caresser doucement les pieds.

« Tu es stupide, Sanders. » Stupide de penser à des choses pareilles. « Si quelqu'un fixe la même ligne d'horizon que moi, sur une plage au clair de lune, soit. Nous ne sommes pas liés pour autant. C'est comme dire que, si je mange une pomme, je suis liée à tous ceux dont les crocs dévorent la chair du même fruit au même instant. C'est stupide. »

Seulement, son esprit de rêveuse du dimanche avait envie de faire une promenade le long de la mer. Dix-sept ans, et elle avait une vie plate. Elle menait une existence qui ne rimait à rien dans ce bas-monde, et ne signifiait presque rien pour la prunelle des yeux de qui que ce soit. Elle s'interrogeait beaucoup. Qu'est-ce que ça faisait, de rencontrer la personne - celle dont tout le monde rêve et parle ? Qu'est-ce qu'on ressentait ? Est-ce qu'on le savait par intuition ? Malheureusement, les rêves n'étaient pas assez. Ils étaient bien pratiques pour se construire un beau petit monde imaginaire, mais à trop rêver, on pouvait oublier de vivre. Au fond, Keira était comme toutes les autres jeunes filles de son âge, parce que personne ne voulait se retrouver seul, et tout le monde voulait appréhender un peu d'amour dans sa vie. Elle s'imaginait cette rencontre. Celle avec un charmant jeune homme, sur une plage comme celle-ci, au clair de lune. Un regard dans les yeux, un éclair qui passe entre les deux, un baiser. Comme dans un film ; tout droit sortie d'une pelicule.

« Salut. Tu es dangereuse ? »

Une voix. C'était tellement surréel. Keira dévisageait l'inconnu. Du blond doré style épi d'or en guise de cheveux - rien à voir avec la couleur noire d'encre des siens. Des yeux clairs comme le croissant de Lune. Ou peut-être plus foncés. Des traits un peu carrés, mais un peu doux aussi. Le tout donnait un jeune garçon à l'aspect un peu efféminé.

La question l'avait surprise, aussi avait-elle fait tomber sa petite boite à musique dans le sable. Elle retira un des fils de ses oreilles - sa cousine avait-elle appelé ça entendeur ? quelque chose comme ça - pour mieux entendre la suite, faisant ainsi signe d'ouverture.

«Tu as perdu tes chaussures aussi. »

Elle baissa les yeux vers ses pieds et regarda successivement les pieds du garçon. Et là, c'était la petite ampoule qui s'éclairait dans sa tête, c'était le bip qui indiquait qu'elle venait de saisir quelque chose. C'était lui.

« Inconnu ? »

Pas sûre qu'il ait entendu, elle a parlé plutôt bas. L'inconnu existait peut-être - ou pas. Il était possible qu'il ne soit que fruit de l'imagination débordante de Keira. Qu'il soit né du même petit lobe de son cerveau qui avant déchaînait cette eau qui dort trop silencieusement. De son brin de folie, de son poil d'artiste en herbe.

Elle n'est pas folle. Dans sa caboche, tout tourne comme c'est sensé le faire, les astres qui dictent ses réactions et ce qu'elle voit en entend sont bien alignés et ne dévient jamais de leur trajectoire. Ainsi, elle ne s'était jamais mise à requestionner la réalité - pas jusqu'à maintenant. La réalité avait toujours été acquise. Ce qu'elle voyait était le vrai, l'unique - ce qu'elle entendait était au pire déformé par l'illusion de ses sens. Elle voyait le monde tel que les gens normaux le voyaient. Un monde commun et impersonnel auquel elle donnait parfois de petites fantaisies avec son imagination de barbouilleuse expressionniste sur toile. Mais jamais elle n'était tombée sur une personne mirage. Un personnage sorti tout droit d'un rêve, de ses songes éveillés que lui donne ce clair de lune. Peut-être même pourrait-on lui donner le nom de fantasme.

« C'est joli. La musique, je veux dire. Tu es un quelqu'un ? »

Il pointait la boîte à musique que Keira venait de ramasser au sable. Elle était un peu surprise qu'il puisse entendre, mais peut-être la musique chantait-elle trop fort, ou peut-être que le silence de la nuit rendait écoutable le muet. La sorcière se releva, chancelante, et passa l'un des deux fils dans le creux de l'oreille de l'inconnu tandis que la musique chantait, « ♪  Ce moment est si beau ♪  ».

« Je suis quelqu'un. Et toi, tu es réel ? Est-ce que je t'ai rêvé ? »
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Shela Diggle, le  Ven 15 Juil - 19:18

Danser d'un pied sur l'autre, et esquisser un mouvement de recul alors qu'elle approche un fil de mon visage; elle n'a pas jeté un seul mot quant à sa possible dangerosité. Mais pas assez bref, et sa main atteint mon oreille, et le fil se met à y chanter. Le fil chantant. Elle a les yeux foncés parce qu'avoir du mal à bien les distinguer dans cette nuit sur la plage, sans chaussures, et moins foncés que la mer, j'ai vérifié, la mer qui crache son flot noir, lèche le sable qui à chaque vague se croit sauvé se croit capable de sécher, peut être que le sable ne pense pas par chaque grain mais par son immensité, une espèce de bête immense et souple dans les mains des autres. Un château de sable. J'ai bien envie d'essayer, lubie, un truc passager, quelque chose qui ne sera plus au moindre coup de vent mais là ! il sera créé. Pour un instant. Et s'il a été créé il restera toujours quelque part, peut être dans ce qu'on appelle à tort l'Histoire, une onde parce que physique quantique. Peut être que la silhouette voudra bien modeler un monde.

- Je suis quelqu'un. Et toi, tu es réel ? Est-ce que je t'ai rêvé ? Elle est quelqu'un, plus qu'une fausse idée, quelqu'un qui lui aussi a deux pieds, nus, dans le sable sucre qui s'effrite, quelqu'un qui arrive à faire chanter les fils et les boîtes, ou les deux à la fois, quelqu'un qui a de nouvelles clefs. Les clefs ouvrent tout et ce sont parfois des secrets, des pensées des gestes des possibilités, voyez, l'argent est une clef et saigne plusieurs serrures, seulement nombre d'entre elles se dévoilent également par d'autres manières. S'égarer. Point de vent mais l'odeur salée, de l'eau, l'odeur qu'en réalité je n'arrive à définir seul, une senteur que nulle part ailleurs on ne trouverait, un par personne - personne négation, drôle de s'imaginer qu'un mot puisse à la fois signifier le tout et le néant, la présence et l'absence, c'est pourquoi ne jamais demander si l'autre est une personne; il pourrait s'agir d'un rien. Tu en penses quoi ? Poser deux paumes sur ses joues, puis ses épaules, et les glisser jusqu'à ses mains et douce pression tout du long. Devine donc, suis-je réel, peut être, et peut être aussi à peine dans ma réalité, non dans la sienne, mais alors à elle de me dire, à elle de choisir, si sa réalité est physique alors j'y appartient. Relâcher la fille sous la lune et se baisser, attraper le sable, deux grosses poignées, aussi immenses que possible dans mes pattes, se relever lever, haut les bras, tout doucement laisser les grains bruiner, faire un voile entre nous, une pluie silencieuse. Mais si tu rêves, je serai tout aussi réel. Seulement tu dormirais. Peut être qu'elle dort, j'ai toujours imaginé pouvoir dans les songes voyager et rencontrer, moult personnes, pouvoir échanger s'échanger sans devoir se perdre, pouvoir loin s'envoler et ne plus s'arrêter à aucune autre frontière que celui du sommeil. Le voile de sable s'est effondré et se frotter les mains pour s'en débarrasser jusqu'au bout. Deux pieds dans un présent, et pas à moitié, c'est peu tentant. Le fil chante dans mon oreille. Tu es musicienne ? Peut être pas comme elle l'entend. Toucher vers son cœur du bout d'un doigt, mais pas trop bas, attributs féminins obligent, parfois. La musique de là-dedans, je parle. Lui rendre son fil et

partir en arrière, danser un peu, parce que, le sable sous les pieds et tout le ciel autour, le peu de couleurs par les yeux et elle ! qui est plus qu'une silhouette. Et qui rêve un peu peut être. Danser sans danser, tourner sur soi-même s'envoler, écarter les bras être tout l'avion en papier, se retourner vers elle, un sourire beau, et l'air heureux, et être heureux, tu veux bien construire un monde dans le sable ? et tu me diras. Pour ta musique.
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Keira Sanders, le  Jeu 28 Juil - 14:18

C'était juste tellement improbable. Rencontrer une personne - un inconnu sur une plage au clair de lune. Se demander si elle l'avait rêvé, si il n'était une réalité qui n'existait que dans sa tête. Se retrouver à lui faire face, à ce possible mirage, et partager le fil d'une boîte à musique. Créer ainsi un lien unique, pour un moment unique et farfelu. Scruter ses yeux, ou au moins ce qu'elle pouvait en distinguer. Son esprit de peintre trouvait la scène très surréaliste. C'était presque grotesque, une scène pareille. A moins d'imaginer qu'ils n'étaient pas inconnus. Qu'ils étaient éperdus l'un de l'autre, et que la plage sous le clair de lune était leur endroit spécial. Celui qui ravive la flamme à chaque fois, comme si on ajoutait une bûche au feu.

Mais ce n'était pas le cas.

Et elle en était intimidée. Devait-elle fuir, devait-elle ignorer ce type-là comme elle le faisait si bien quand elle était mal à l'aise ? Sans doute. C'aurait été le plus sage. Le plus digne d'une Keira de ce nom ; du comportement qu'elle était censée avoir. Celui d'une femme enfant de son milieu, celui de quelqu'un qui ne veut pas traîner avec la médiocrité. Mais là, elle ne le pouvait pas, alors elle décidait de se lâcher.

Alors, rien que pour un soir, tout le reste n'existerait plus.
Envolé loin de ces foulées de sable.

Et elle sursauta alors que des mains effleuraient ses joues. Ses pomettes qui prirent feu alors que sa respiration se retenait comme si le moment imposait de ne pas esquisser le moindre mouvement. Les mains glissèrent, suivirent les courbes de ses bras pour arriver à ses propres paumes. Elle sentit une douce pression. Dur de penser que tout n'arrivait que dans sa tête. Keira aurait été incapable d'expliquer pourquoi elle n'a pas eu de mouvement de recul. Pourquoi elle est juste restée plantée comme un piquet, comme une personne sans saveur qui se laisserai piéger par le plus évident. C'était juste comme ça.

Le manque de lumière cachait très bien la teinte écarlate qu'avaient prises ses joues rondes et innocentes alors que l'inconnu lui lâcha les mains.  Il fit ensuite un geste théâtral. Il semblait sorti tout droit d'une sorte de comédie - un de ces personnages grotesques aux actions un peu étranges et décalées. La scène avait juste l'air encore plus surréaliste alors qu'un filet de sable coulait entre les deux personnes. C'aurait été un instant à capturer, un instant à représenter. Mirage au clair de lune. Et plus la douce pression d'un doigt contre son buste. Keira était perdue.

« Je...  » Elle n'avait pas compris. Elle ne savait pas ce qu'elle était censée répondre et se sentait juste maladroite. Elle s'était apprêtée à dire qu'elle avait fait un peu de violon lorsqu'elle était petite, mais sa phrase avait été coupée par sa petite voix intérieure, celle qui lui disait que non, c'était stupide.

Elle fut ainsi soulagée de ne pas avoir à répondre, mais seulement à regarder l'iconnu danser dans le sable. Sourire au visage. Un genre de sourire innocent, gamin, comme s'il se situait loin de tous les soucis de la vie. Tout s'était envolé pour lui aussi. Las de se poser trop de questions, elle débarrassa son esprit de tout ce qu'il restait d'indésirable. Le vide resta là quelques secondes avant d'être comblé par le même bonheur innocent. Le même sourire. Celui qui illumine un visage même dans un décor aussi sombre.

Elle s'assit dans le sable, sentant chaque grain lui caresser les jambes et les pieds. Elle allait construire un monde dans le sable. Un monde unique, un monde éphémère : un monde qui représenterait bien cet instant digne d'un acrylique. Mais il restait un problème. Un détail qui faisait surface en cet instant, et qui donnait envie de pleurer de frustration à la jeune fille.

Keira n'avait jamais fait de château de sable.

Elle n'avait jamais été jouer sur la plage, lorsqu'elle était encore dans les berceaux de l'enfance. Parce que sa famille ne prenait pas de vacances : c'était le travail avant tout. Et si vacances il y avait, c'était direction la Chine pour revenir aux racines. Racines que Keira n'avait jamais connues, et qui ne la tenaient que de par l'apparence de ses yeux. Mais se salir les mains dans le sable, ce n'était pas digne. Ce n'était pas noble. Quand on grandissait dans un manoir, on ne pouvait pas aller montrer ses petites fesses dans un vulgaire maillot de bain et se baigner dans une eau si impure. On ne pouvait pas jouer dans la crasse, avec les enfants des normaux, des médiocres.

Elle ne savait donc pas faire. Elle était un peu déstabilisée, mais ne voulait pas le faire paraître. Ne pas piquer sa crise. Juste, rester calme, pour une fois. Tout était censé s'être envolé, mais voilà qu'un détail l'avait rattrapée. Il suffisait de le laisser partir, non ? « Je n'ai jamais joué avec le sable. Je ne sais pas comment on construit un monde », annonça-t-elle en laissant couler le sable si sale entre ses doigts. « Mais je peux essayer. » Elle illustra ses paroles en rassemblant le sable et l'eau. Le tout formait un mélange pâteux, collant, dégoûtant.

Elle était sale, mais elle s'en moquait.
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Shela Diggle, le  Jeu 4 Aoû - 18:12

Laisser sa marque de fabrique, dire qu'un ça, c'est à moi, de mes mains de mes doigts, y apposer une touche, un truc comme ça, prouver au monde que la chose vient de soi, notre oeuvre, notre idée, monopole de l'inspiration, pourtant, pourtant, tout influence nos pensées, rien que la couleur de la dernière devanture croisée, passager, et à l'intérieur c'est imprimé - ça ressort, comme tout ce qu'on imagine coïncidence et qui ne résulte parfois que d'une série de croisements, dans la rue la ville les gens. Laisser sa marque dans le sable c'est éphémère, téméraire d'y croire, au fait de pouvoir en avoir, du pouvoir, sur les mouvances minérales, il n'y a ici que l'eau tempétueuse pour dresser des portraits magnifiques, soudoyer la plage, l'enivrer, lui dicter quoi dessiner, et moi du bout des pieds ajuster, tracer creuser, des lignes é-conduites plutôt que directrices, je ne saurais aimer diriger. Diriger c'est vivre ivre par procuration, c'est faire de plus haut les tâches des plus petits, diriger c'est avoir si peu de contrôle sur sa propre personne qu'il en faut d'autres afin d'assouvir d'étranges désirs de domination. Diriger c'est parfois être doué; vouloir diriger témoigne d'une insatisfaction meurtrière, un fol espoir de grimper par les autres plutôt qu'avec les autres.

S'agenouiller auprès de la demoiselle, décider de l'appeler Chloé, Chloé la silhouette sous la lune, ternir ses genoux mais c'est mieux que ternir un vêtement, pas vrai, et changer ternir par vernir, parfait, vernir de sable humide, nouvelles toiles articulées. Etre heureux d'avoir trouvé partenaire avec laquelle partager, quelque chose, créer un monde, l'on avait dit, et bien qu'elle ne m'ait pas répondu au sujet de sa musique, je peux inventer, bafouiller des couleurs des idées, se dire qu'elle ne chante que tard la nuit, alors qu'elle est presque endormie, que c'est une manière de saluer la voûte céleste, et les étoiles qui dansent, qu'elle chante plutôt bien mais qu'elle est surtout musicienne dans la poésie qu'elle met à l'être si tard si seule si loin. Inventer s'inventer, inventer les gens il ne me faut qu'un visage, et une voix, créer des histoires à partir d'un petit tas - tas de sable, et elle avoue ne pas savoir s'y prendre. Pencher la tête, un peu, hésiter à s'étonner, il ne faut rien pour construire, rien qu'un grain de pensée, à planter et en attiser la flamme, la faire ou la regarder, grandir, pas grand chose pour s'émerveiller. Et je sais qu'elle en est pleine, de graines de pensées, et elle veut bien essayer, paroles exactes, elle ramasse les éléments forme un prologue, un début, un paquet à modeler. Se souvenir.

D'une plage où l'on allait, bien qu'alors bizarrement je portais un maillot à deux pièces, pour les autres étrangeté, point vrai, de la part d'un petit homme, des râteaux et des pelles, les chemins jusqu'à l'eau tracés, des badauds ennuyeux sur leurs serviettes ennuyeuses, la mienne était alors rouge et verte et blanche, c'était il y a un temps.

J'aime mieux le doré l'acidulé, le marron, les couleurs de l'automne ou d'un lever de soleil sur la mer, moins le bleu roi. Rassembler du sable moite, former un dôme, une colline, et une autre à côté. Créer un monde c'est facile. On peut tout utiliser, l'immatériel en particulier, rêver c'est inconsciemment engendrer, s'élever retourner dans un passé c'est à nouveau confondre deux mondes sans plus les séparer que par l'idée d'une unité de temps. Je peux te montrer ? un monde de sensations. Au-dessus des collines sableuses se pencher et sur sa joue déposer un baiser, en espérant avoir réussi à fabriquer une émotion sentiment sensation, quel/le qu'il/elle soit, histoire de; créer à partir de rien, et lui permettre d'en savourer l'exclusivité. Et il n'y a que toi pour le voir, ce monde. Chloé sent bon, parfum luxueux, et ça se mêle à l'odeur iodée de l'ici et du maintenant, et c'est doux. Esquisser une tour sur un dôme, un pic de sable, je suis amateur en construction et pas assez patient pour m'atteler à plus lourde tâche; lubie passagère, et bientôt une nouvelle idée viendra la remplacer, et bientôt peut être une nouvelle silhouette viendra remplacer Chloé. Tu veux bien m'en montrer un aussi ? Parce qu'elle est quelqu'un, et qu'il est beau de ressentir.
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Keira Sanders, le  Jeu 11 Aoû - 23:05

C'est facile, il parait, de créer un monde. Un monde à deux. Un monde de sable, éphémère et fragile. Comme cette pauvre tour de château que vous essayiez tant bien que mal de modeler dans le sable en retournant votre seau quand vous étiez encore bercés par la fraîcheur des premières années de votre vie. Cette tour sans cesse ébréchée, bancale, emportée par les vagues ou les pieds inattentifs des passants un peu trop grossiers pour se soucier des rêves que vous essayiez de construire dans le sable mouillé.

Tu es rassurée, Keira, lorsqu'il veut te montrer. Baissée, tes mains dégoûtantes de sable collant, tu relèves la tête prête à écouter, à offrir oreilles et yeux attentifs à l'Inconnu. On dirait une enfant. Une enfant qui apprend une leçon, qui regarde son modèle faire. Mais ça, tu ne t'y attendais pas. Un baiser sur ta joue. Une drôle de pression un peu humide et collante. C'est bizarre ; tu n'as pas l'habitude. La dernière fois que des lèvres eurent touchées l'une de tes joues ?  Tu ne t'en souviens même pas. Probablement que tu étais gosse à ce moment-là. Tu restes accroupie bêtement, les yeux perdus dans les rides du sable. Tu ne sais pas où poser les yeux, mais ça importe peu : tu ne vois rien. La seule chose qui parle à ta conscience, c'est cette éruption de sentiments, ce volcan interne qui explose comme s'il s'était préparé pendant des années. Tu as un peu mal au ventre. Ça tourne, là-dedans. Les papillons (eurk) sont réveillés. Ils sont en furie, ils cognent partout contre ton estomac pendant qu'un marteau te frappe la tête et le cœur.

Tu ne sais pas.

Tu ne sais pas, c'est trop compliqué d'appréhender tout ça d'un coup. Apprendre à laisser les sentiments t'envahir, alors que tu n'en as pas l'habitude. Te retenir de les réprimer dans un coin comme d'habitude, parce que tu l'as dit : cette nuit, tout le reste s'est envolé. Envolé, comme ces particules de sable qui se soulèvent délicatement sous la brise, comme l'Inconnu après cette nuit. Le vent balaie toujours tout. Il n'y aura pas d'exception. Tu seras bien obligée de le laisser arracher l'Inconnu, espérant qu'il souffle sur ton cœur au passage pour ne garder seulement que les choses positives. Si seulement. « Gone with the wind...», tu chuchotes tout bas. Tu ne sais pas si il entend. Peut-être, mais il n'y comprendra pas grand chose.

Il veut que tu lui montres un monde de sentiments, à lui aussi. Mais encore une fois, tu ne sais pas. Tu es un peu raide, comme fille. Certains diront plutôt coincée, mais toi, tu préfères mettre le tout sur le manque de contrôle sur une telle situation. Tu ne sais pas, mais tu te relèves, doucement, chassant d'une main les cheveux noirs d'encre qui te balaient le visage. Tu plonges tes yeux dans les siens, mais c'est difficile de ne pas fuir du regard, parce que là-dedans il y a une véritable effervescence de sentiments inconnus qui mousse. Tu essaies d'ignorer tout ça, et tu respires profondément. Tu sens l'air dans tes poumons. Ce même air qui balaiera tout d'un simple coup de vent. Et ça, tu ne peux pas le laisser faire - pas avant d'en avoir profité. Alors, sur une impulsion que ton cerveau de jeune fille te souffle à l'oreille, tu approches ta tête de la sienne pour que vos lèvres puissent se rencontrer. Tu exerces une légère pression - très modérée, loin de toi l'idée de te lancer dans un baiser fougueux, tu ne sais pas faire. Et là, ton coeur explose. C'est l'impression qu'il te donne. Ça en ferait presque mal, de ressentir.
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Shela Diggle, le  Mar 23 Aoû - 23:48

Chloé est perdue, un peu, dans un vague, une vague peut être, d'une certaine intensité ? peut être aussi, espérer l'avoir conduite autre part, nouveau monde, espérer lui avoir montré un quelque chose qui ne ressemble ni au sable ni à l'eau ni à rien de l'ici, peut être un bout d'elle et de moi, les gens ne font pas partie d'un lieu, ni d'une époque; ils appartiennent à leurs actes, et aux autres. Alors un bout d'elle et de moi, songer à confondre les fragrances, brouiller les pistes il n'y a plus de singulier, plus de pluriel, il y a un tout ou rien, parce que point, caprice délice et l'enfant qui refuse d'avoir tord. Chloé est perdue, un peu, mais l'on ne se perd que dans les contrées que l'on ne connait pas, nouveau monde, soit, ne trop savoir si ça a été, Beau, rien qu'un instant - mieux vaut dire instant que seconde, l'instant n'étant pas une unité définie, point vrai. Et c'est comme les couleurs, il se peut que pour l'un rouge soit azur et pour l'autre mauve, mais il s'appelle rouge pour les deux, personne ne voit le rouge que tous nomment comme tel. Et dans ce partage d'idées avec la demoiselle je n'arrive à trouver cette possibilité que d'un triste affreux, signer l'impossibilité de montrer ce que l'on voit exactement, de faire toucher du doigt ce que l'on ressent exactement.

Laisser digérer d'autres derniers mots, ne pas hésiter à refuser de terminer un paragraphe sur une note moins bleue, laisser aller couler fuir, l'ordre des mots finalement n'a de sens que dans les esprits - mais la langue n'est elle pas faite par des esprits, grands ou petits ? Dans ce cas l'ordre à une autre importance, nouvel angle; nouvel angle aussi dans les yeux, voir des cubes dans le ciel, si mathématique, trop parfait, disons des cubes ébréchés, des choses cassées, dépouillées, des choses belles par leur incapacité à atteindre une espèce de perfection violente, et les lèvres de Chloé qui s'affolent un temps, laissent glisser quelque chose dans le vent, incapable de les retenir, de jusqu'aux oreilles les faire venir, et ne pas le souhaiter. Dire que c'est comme un secret. On sait parfois qu'il y en a, et que parfois il ne vaut mieux pas, les savoir les vouloir les avoir. Et soudain tout se fige semble se figer, ce qui paraît être finit par être, dans la tête, si juste. Ca se fige, elle écarte ses cheveux, prend une inspiration, assez grande pour qu'elle entre dans ma réalité, et ses yeux, sombres par la nuit peut être, je ne saurais dire, sombres et incroyablement vivants, et son visage vers le mien ses lèvres contre les miennes et l'étreinte prudente, un partage, point besoin de plus pour faire passer, la course d'une étoile, des émotions, ce n'est pas la sulfureuse explosion c'est la puissante mer qui n'a pas à s'élever haut pour prouver sa force terrible, la mer qui est puissante dans le fait d'être là, et rien d'autre.
Respirer.
Y répondre tout doucement, et puis se détacher revenir vers la rive, sourire. Pas du sourire satisfait, corrompu, mais du sourire sincère de quelqu'un qui va bien et ne demande rien, pas de question imploration, juste ça. Les gens oublient qu'il est simple de sourire, juste ça. T'y arrives, tu vois. A construire un monde, parce que tu doutais, et que ce n'est pas compliqué, qu'il suffit de s'échapper des mots et des théorèmes, que rien n'est droit ni même carré, ou parfaitement rond, on choisit, rien n'est jamais faux, pas vrai.

C'est beau de n'avoir ni noms ni heure ni distinctions, juste un visage. Dessiner dans le sable sans regarder. Qui serais-tu si tu étais l'inverse de toi ? Réfléchir. Je dirai quelque chose de plat. De vide. De trop hâtif. Tu me fais penser à la mer. Si tu étais l'inverse de toi, tu serais une feuille blanche, peut être. Parce qu'elles n'ont rien à partager. Toucher d'un doigt un des siens, au hasard, une pression dans le noir.
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Keira Sanders, le  Mer 24 Aoû - 18:26

Il te rend ton baiser, y répond délicatement, tout en douceur, le geste n'a rien de trop hâtif si on exclut le fait que vous vous soyez rencontrés il y a une dizaine de minutes. Tu en es quand même soulagée, parce qu'après tout il aurait pu te repousser tout simplement, parce que ça aurait été trop. Trop vite, trop intime. Trop personnel. Juste trop. Mais non, c'était satisfaisait il fallait croire, parce qu'un sourire éclatant se dessine sur son visage alors qu'il s'avance vers l'eau.

Et puis, une question un peu bizarre, tu ne te l'es jamais posée celle-là, qui est-ce que tu serais si tu étais l'inverse de toi. Tu serais sans doute plus lâchée, plus sociable,  parce que cette éducation qu'on t'a donnée t'a forgée, on ne peut pas dire le contraire. Peut-être que tu serais une explosion de couleurs, un feu d'artifice de bonheur sur pieds. Peut-être que tu serais meilleure, mais l'inverse est aussi possible, alors tu préfères arrêter d'y penser, mais il rajoute qu'il pense que tu serais plate et vide. Si seulement il savait, comment ta vie ne rimait à rien - tu as eu une bonne vie, rien dont tu puisses te plaindre jusqu'à maintenant, mais avec un peu d'introspection, tu as réalisé que toutes tes journées sont plates. Aujourd'hui est une exception, et tu aimes ça, tu embrasses intérieurement la joie qui habite toujours ton cœur, tant que le vent n'emporte pas le moment présent.

Tu le prends quand même pour un compliment, parce que c'est joli, parce que ça a l'air sincère comme ce sourire et cette pression contre ton doigt. Ton cœur bat bêtement, et tu te demandes si le sien aussi s'est emballé, alors tu poses une main à plat au centre de sa poitrine, le temps de le sentir, en effet, ce rythme caractéristique de l'organe qu'on associe aux sentiments et à l'amour. Tu as envie de t'y blottir, d'y poser la tête et de serrer ton étreinte en l'entourant de tes bras, pourtant tu ne sais pas qui c'est. Peut-être qu'en dehors de cette plage, c'est une mauvaise personne, quelqu'un qui avait de mauvaises intentions en te voyant seule au clair de lune, mais quelque chose te souffle que non, ce n'est pas possible. Peut-être que c'est le sourire, ou les yeux qui reflètent l'honnêteté, peut-être que tu es aveuglée et plus stupide que tu ne le penses, mais tant pis. Tout ça en vaux la peine. Et puis, tu n'oses pas fermer les yeux, pas une seule seconde, de peur que tout soit envolé à l'instant où tu les ouvrira à nouveau. Tu n'as pas envie de voir tout l'instant présent disparaître comme si rien n'avait jamais existé, même si ce cœur qui palpite sera toujours là pour témoigner du contraire, à moins que lui aussi ne soit corrompu par l'esprit.
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Shela Diggle, le  Mar 20 Sep - 19:02

C'est joli. Tu sais, le monde dans la nuit, le monde qui semble mener une autre vie. C'est joli le fait d'avoir encore tant de monde à observer croiser rencontrer, croiser les mondes, tant de monde toujours, toujours. C'est encore plus beau d'avoir rencontré Chloé peut être parce qu'elle est sans chaussures, peut être parce que sa main est tiède contre ma peau - ma peau ou presque, être de tissu vêtu. Manger la nuit sembler, complet, aimer le temps qui s'étire quelque part sans y être attaché je suis, amiral d'un vaisseau, l'épave d'une mer sauvage mais qui sur le sable encore tient debout, morceaux, ça reste mon bateau. Souhaiter ne rien avoir à souhaiter, ne souhaiter que cela, cercle, les ronds se mangent entre eux (les carrés aussi, seulement ils ont des coins, s'arrêtent brusquement, se tordent violemment). La patience est une vertu mais l'est-elle dans un lieu sans temps ? Qui n'a ni d'horloge ni de soleil, et qui ne lève pas le nez au ciel pour y décrypter le céleste, s'arrête d'avancer. Figé le temps figé, dans la nuit, qui sait, les choses y semblent réglées mais ce peut être une illusion, moi j'aimerai pouvoir rester dans ce cadre temporel, figé, ainsi une silhouette ne peut s'enfuir, pas vrai. Déconnexion. Ne pas s'inquiéter de la faible possibilité d'un jour la recroiser, mais refuser qu'ici elle s'évapore. Ce serait dans la tête la désincarner, cas-sée, pas envie, et l'après est loin, je crois, il n'a aucune importance. Se mesurer à la démesure, oh ! comme c'est décousu, pas vrai, du reste, aucune importance non plus, les lignes dans la tête ne vont jamais droit ou presque, pourquoi les autre le feraient-elles.

Sourire au possible phare, à la lune à mes pieds nus, fouiller le sable de ces derniers, il est humide en dessous. Même la terre avec majuscule porte une fine carapace, maybe un masque, ou peut être que nos humains de pieds l'ont un peu trop foulée. Chloé peut s'envoler. Ne l'a pas fait. Moi non plus. Se demander s'il y a plus de grains de sable ou d'espèces vivantes toutes comprises. C'est joli, tout ça. Ça se termine pas. Goûter le présent pur.
C'est une silhouette peut être, mais une silhouette humaine. C'est là.



Fin du RP
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Malicia Evans, le  Mar 25 Oct - 1:40

RP avec le squatteur de cours :kiss: LA mutuel accordé pour tout le RP


Il fait nuit. Pas depuis longtemps. Peut-être 30 minutes. Maximum 1 heure. J'ai quitté Londres en début de journée. Même pas de façon magique. Je me suis trouvée rapidement une victime qui se laisserait ensorcelée et qui m'amènerait au bord de la plage pour m'amuser un peu. Je crois qu'il s'appelle Max mais j'en suis pas sûre. Je ne l'ai pas réellement écouté quand il me parlait. Puis à partir du moment où il était son Imperium, bah il ne parlait plus. La tranquillité. Moi, tout ce dont j'avais besoin c'était une voiture. Et de l'argent moldu aussi. Mais c'est assez facile de s'en procurer.

On a passé l'après-midi à se baigner avec.. euh le moldu. Il ne fait pas extrêmement chaud mais ça va encore. L'eau n'est pas à -10°C donc ça passe. Tout ce que je fais me permet d'oublier que je ne vais pas si bien que ça au fond. Je fais semblant, je garde le sourire. Mais ce n'est qu'une façade. J'ai du mal à garder la tête hors de l'eau. A chaque jour, je bois une nouvelle fois la tasse. Peut-être que je ne vais pas mourir par suicide, ni par overdose. Juste par tristesse. Parce que plus j'essaie de m'en sortir. Plus je coule. Peut-être que je ne mérite pas d'être heureuse. C'est possible ça ? D'être abandonnée par le bonheur ?

Nous sortons de l'eau en rigolant. De quelques coups de baguettes, je me réchauffe et fais apparaître des vêtements. Je me rhabille en quatrième vitesse. Je me tourne vers Max en papillonnant des cils pour lui demander de ramener des pierres. Assez importantes pour faire un feu de camps. Enfin pour délimiter le feu. Je m'avance vers la voiture pour prendre des trucs à manger mais pas très loin, je remarque une silhouette qui m'est familière. Il fait nuit alors je ne vois pas grand chose. Et les lumières des lampadaires ne m'aident pas à y voir non plus. Oubliant ce que j'étais venue faire, je m'avance de quelques pas et appelle l'ombre d'une voix claire et forte.

- Keats ?

C'est lui ? Je m'avance vers lui. Etonnée de le voir ici. On est loin de Londres. Je ne pensais vraiment pas rencontrer un de mes anciens collègues par ici. Surtout pas lui.

- Tu...

Et voilà du bruit derrière moi. Le moldu qui ramène ses pierres. Je souffle d'exaspération, me tourne et lui dis d'aller les poser près de la voiture. Il est mignon mais j'allais parler. Je lui dis de dégager mais au dernier moment, je le rappelle. Je protège mon identité à l'aide de quelques coups de baguette. Ma couleur de cheveux passe du blond au roux. Un masque se pose sur mon visage. Je coupe l'imperium et lui lance un #Oubliette. Je le vois dans son regard qu'il ne comprend pas ce qu'il se passe. Ce qui a le don de me faire sourire. Je lui conseille de courir, loin de moi, loin de tout ça s'il veut rester en vie. Il ne faut pas longtemps pour qu'il détale comme un lapin. Je rigole et retire tout ses artifices. De nouveau moi-même, je me tourne vers Keats qui s'est un peu éloigné j'ai l'impression. Je me rapproche de lui, curieuse de savoir ce qui se passe.

- Qu'est-ce qui t'arrives ? Tu m'aimes tellement que tu me suis même hors de la ville ?

Un sourire moqueur étire mes lèvres. A croire qu'on se croise à chaque fois que ça ne va pas. On a chacun nos méthodes pour oublier nos soucis mais dès fois nos problèmes nous rattrapent. On ne peut pas gérer et on a besoin d'aide. Plus qu'on ne veut l'admettre.
Shae L. Keats
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Shae L. Keats, le  Mar 25 Oct - 2:57

Musique 1
Musique 2


Ca tangue, ça ne rime à rien,
Les cartes me glissent des mains.
Je me laisse aller,
J’emmêle mes lacets.
Dans l'ombre, caché dans un coin.
Une bombe au creux de mes mains.
Moi le pierre dorée, Cœur de verre
-Cassé.


J'ai trop marché, j'ai trop parlé. J'ai trop étalé mes doutes comme si de rien étaient, comme ça allait me protéger de tout remords, un peu comme l'aurait fait l'âme protectrice de deux parents attentifs. Moins aveuglés par des mensonges d'enfants. C'est pourtant assez évident: Non maman, j'ai pas fait de bêtises. Non papa, je ne me suis pas blessé. On sait qu'un enfant ne voit pas tout, qu'il est inconscient de l'ampleur des choses, qu'il aura tout le temps pour le faire plus tard. C'est pour ça que l'on ne surveille pas je crois. Parce que même si quelque chose d'horrible venait à se produire on veut les préserver. Donc les bombes explosent tardivement. Parfois trop, beaucoup trop. Et ça fait tellement de dégâts qu'on se dit que l'on aurait pu la désamorcer longtemps. Mais les petits bouts d'enfants ne vous en veulent pas, parents. Ils seraient fort mal placés pour cela. Après tout, ils n'ont pas osés parlé non plus. Et ça revient en Tac-à-Tac-à-Tac, sans aucun Tic de repos. Juste le Tic-Tac d'une Horloge, pour reposer un peu sa tête, et la balancer doucement, jouer au canari jaune de pureté, ne plus autant penser. Et juste se contenter de ces grandes joies et de ces petits chagrins-colères, tout simple. Du tourniquet le dimanche après-midi au parc. Et des feuilles mortes qui tournaient dans l'air du soir.

Valse mélancolique et langoureux vertige,
Détresse maquillée de tendresses,
Oppression thoracique enfermée.
Tout à l'air normal.
Tout est normal ?
 

Et toi, pourquoi tu comprends pas ? Seul modèle à portée et incapable de supporter. En même temps, ton absence de réaction me réchauffe. C'est qu'on t'a épargnée, que la flamme ne t'a pas encore léchée, que tu éviteras peut-être ces coup de scalpels en ton sein. Et je ne te souhaite que ça, après tout, c'est comme cela que tout devrait être je crois, non ? Allô Maman Bobo, je crois que j'ai le cerveau malade, qu'il ne distingue plus le vrai du faux, les cauchemars du réel. Parce qu'après tout, comment ceci pourrait il seulement être ? Voyons, on ne fait pas ça aux gens non ? On leur offre pas un début de rêves pour les jeter aux loups ? Ou alors il y a quelque chose qui m'échappe, un peu comme un lacet qui glisse entre phalanges sans pouvoir le serrer.  J'ai dû manquer une étape, pourquoi j'en suis là ? Pourquoi je suis là ? À contempler la mer comme dernier allier, comme dernier secours ? Tu crois que si je me laisse aller dedans, je vais devenir un poisson moi aussi ? Ou alors je finirais dans une baleine, et m'échapperait par son évent pour finir nuage ? J'ai envie de faire la planche et de voir où le vent pourra bien me porter. Un albatros, ça pourrait être un bon moyen de voir le monde. Ou un poisson volant, pour pouvoir remonter les fleuves. J'irais voir si les crocodiles sont en effet partis des bord du Nil, si les grands lacs sont toujours aussi grands, Si les chutes du Niagara n'ont pas perdu leur eau. Je veux juste me prouver que le monde fonctionne toujours comme avant. Des fois j'aurais bien aimé qu'il s'arrête aussi lorsque j'ai arrêter de danser sur deux pieds, amputé d'une jambe mal stabilisée. Heureusement qu'on a parfois des gens sur lesquels s'appuyer, sinon on s'écroule en un battement de paupière.

Je ne sais toujours pas où je suis,
D'ordinaire, les bords de mers me désespèrent,
Mais pas maintenant,
J'ai envie d'y plonger entièrement,
De couler,
Étouffer,
Pour explorer.
Tout est normal docteur ?


Non tout n'est pas normal, tu en es déjà à te soigner avec des pilules mal dosées, souviens-toi t'as failli en crever l'autre soir. Ta cuisse en porte d'ailleurs toujours la marque. Le seule normalité que tu pourrais trouver ici, ce sont ces phénomènes qui revient à chaque fois, ces petites choses que le monde met sur ta route à chaque fois que t'es sur le point de passer le point de non retour. Un sourire, ou quelqu'un, que tu as souvent du mal à accepter d'ailleurs, mais que tu as le don de croiser toujours quand ça ne va pas. Tu as d'ailleurs toi même du mal à y croire quand, valsant un pied devant l'autre sur le sable fin, tu reconnais une voix que tu ne pensais pas entendre ici:

- Keats ?

Volte-face maladroite, un peu coupé en pêche,
Colère noyau et Soulagement-Chair.
Voilà qui évitera surement certaine bêtises,
Comme tendre les bras de mers.


- Tu...

Interruption fort mal-venue d'un simple moldu, un rictus qui se fiche sur tes lèvres..  Serait-ce du mépris ? On dirait bien, à croire que tes fréquentations ont fini par bien t'influencer. Tu laisses la néo-rouquine s'en occuper, laissant échapper un léger rire au lancé de l'oubliette, après tout, c'est une situation ironique. Amusons-nous ?
La blondinette te fait de nouveau face, à croire que vous pourrez vous déchirer autant que voulu, vous ne finirez jamais de vous recroiser.
Il faudra faire avec pour aujourd'hui. Il n'y a pas l'air d'avoir d'autres âmes en peine à proximité.

- Qu'est-ce qui t'arrives ? Tu m'aimes tellement que tu me suis même hors de la ville ?

Sourire moqueur partagé,
Pathétiquement désespérés,
C'est toujours ainsi que vous vous croisez.
On pourrait s'en lasser.


- Ça doit sûrement être ça oui. J'crois que ce Put*ain de hasard a décidé que je ne pouvais plus me passer de ton affreuse compagnie.    


Dernière édition par Shae L. Keats le Mar 25 Déc - 13:25, édité 5 fois
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Re: Sur le sable fin des plages de Grande-Bretagne
Malicia Evans, le  Mar 25 Oct - 4:10

Musique

Je suis seule dans ce que je vis. Dans mon malheur. Dans ma détresse. Je ne parle à personne de ce que je ressens parce que je pense que ça ne servirait à rien. Parce qu'au fond, j'espère que tout est dans ma tête. Rien de réel. Pourquoi moi et pas les autres, hm ? Pourquoi c'est sûr moi que le karma s'acharne ? J'étais qui dans une autre vie pour souffrir autant ? J'étais si méchante ? Parce que oui, pour avoir vécu ce que j'ai vécu, je devais être un monstre. Je ne l'explique pas autrement. J'étais quelqu'un de gentil avant. Prête à aider n'importe qui à n'importe quel prix. Plus maintenant.

Maintenant, on dit de moi que je suis une s*lope qui manipule pour avoir ce qu'elle veut. Mais avant.. avant c'était différent. Avant j'étais naïve, un peu bête et insouciante. Je ne voyais pas le mal chez les gens. Maintenant, je sais. A mes dépends, je l'ai appris. Apprentissage douloureux. Si je pouvais remonter le temps, je ferais autrement. J'agirais autrement. Je parlerais. Je me défendrais. Je ne toucherais pas à l'alcool, ni à la drogue. Ca me détruit, je le sais. Regardez-moi. Je plane à longueur de journée. Mes neurones se grillent. Je n'arrive pas à gérer ma vie professionnelle, ni ma vie affective. Pas d'attaches. Je peux pas. Je ne peux plus. Je suis seule dans ce merdier. Je n'ai pas l'envie d'entraîner plus de personnes dans ces problèmes.

Je suis morte. Depuis bientôt 2 ans. Ou 10 ans. Je ne sais pas. Quelle importance... Malicia n'existe plus. Celle que vous voyez n'est qu'une pâle copie. Pourtant, je garde la tête haute. Je n'ai pas envie qu'on me voit dans mes pires moments. Non. C'est arrivé plusieurs fois déjà. Chez moi, Keats était là aussi. Nous avons eu mal tous les deux cette nuit-là. Il s'est servi de moi comme moi de lui. Nous sommes si semblables. Détruits par la vie, par notre cerveau qui nous joue des tours. Des trous de mémoires. Des flashs qu'on ne comprends pas. On fait comment pour gérer hein ? Y a pas le mode d'emploi. Alors on se laisse dépérir en subissant. Parce qu'on arrive plus à distinguer le réel de l'imaginaire. Personne n'est là pour nous aider. Seuls jusqu'à la fin.

Mais des bouts de chemins, nous sommes seuls à deux. Comme maintenant. Au bord de la plage. Et ça permet de faire une pause. De partager. D'oublier. De soulager, de relâcher la pression. Nous nous regardons, le sourire moqueur figé sur les lèvres. Alors c'est comme ça qu'on communique maintenant ? Par ironie ?

- Ça doit sûrement être ça oui. J'crois que ce p*tain de hasard a décidé que je ne pouvais plus me passer de ton affreuse compagnie.

Je le regarde, amusée. Il avoue donc qu'il ne peut plus se passer de moi ? Je rigole et l'entraîne vers la voiture en l'attrapant par le bras. J'attrape deux bières et je lui en tend une. Je lève ma bouteille et Santé ! Posée contre la carrosserie de la voiture, nous nous regardons sans parler. Il n'est pas décidé à parler alors.

- Bon à part le fait que tu m'aimes tellement que tu ne peux plus te passer de ma compagnie ; qu'est-ce que tu fous là ?

Toujours un sourire amusé et moqueur sur les lèvres. Je me doute qu'il ne va pas me dire vraiment pourquoi il est là. Il n'est pas très loquace comme mec. Mais j'ai reconnu son regard. J'avais le même l'autre soir au bord de la Tamise. 'Fin presque le même. Mais comme je le comprends. J'ai les mêmes idées. Envies. Je suis tout aussi perdue que toi, Leo.

- Tu veux essayer de m'égaler ? Tu vas aller te suspendre à une rambarde ?

Ouais, je l'ai pas oublié cette remarque que tu m'as faites en cours. Elle m'a blessé. Pourtant, je n'arrive pas à t'en vouloir. Parce que tu as en parti raison. J'ai été pathétique. Ce geste est pathétique. Mais désespéré. Je l'étais, il y a quelques mois. Je le suis encore. Nous sommes perdus. Mais nous nous aidons. Allez savoir pourquoi.

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