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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: A l'étranger
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Lieu de passage
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Elly Wildsmith
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Re: Lieu de passage

Message par : Elly Wildsmith, Mer 23 Aoû 2017 - 1:39


Elle ne savait pas trop vers quoi cette virée allait la mener. Après tout, elle avait suivi Eurydice les yeux fermés, parce que c’était sa sœur. Mais elle aimerait vraiment que rien ne tourne en drame. Pas tant pour le jeune homme qu’elle ne connaissait que de vue, davantage pour sa sœur, qu’elle venait de retrouver.

Et soudainement, comme deux enfants qui joueraient dans la cours de récré, les deux adolescents s’élançaient en direction d’une forêt dense et épaisse. Soupirant face à tant d’oisiveté qu’elle leur enviait pourtant, l’auror s’élança à leur suite. A défaut d’avoir l’avantage de la jeunesse, elle avait l’avantage de l’expérience, et de l’endurance, ainsi elle ne mit pas longtemps à rejoindre les deux gamins.

Les deux avaient d’ailleurs arrêtés leur course folle à travers les broussailles de la jungle. Eurydice semblait avoir entendu un chant que les oreilles aiguisées de l’auror ne manquèrent pas (#AurorBadass). Néanmoins elle ignorait totalement quel genre de créature pouvait vivre ici. Un regard vers les deux comparses, et un brin suspicieuse :

- Est-ce que l’un d’entre vous sait à qui ou à quoi appartient ce chant ?

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Re: Lieu de passage

Message par : Liskuvo Kalsi, Ven 1 Sep 2017 - 0:30


Celle de mon âge vient la première, trop cool ! Je veux aller dans la forêt moi, m'amuser et tout, puis les animaux aussi, je vois pas comment ça pourrait mal se passer. On a une grande et vieille dame avec nous, dans tous les cas elle sentira les bestiaux arriver et les tuera tous, avec les pouvoirs de l'amitié un truc comme ça, je vois pas pourquoi je serais inquiet, vraiment. En plus elle va plus loin ! Youhou ! Vive le fun ! Elle observe un peu la végétation, une herboriste en herbe qui se prend pour une pro ça encore. J'hausse les épaules, ça lui passera quand elle se rendra compte que c'est nul comme matière.

Un son parvient à nos oreilles, en tout cas aux miennes. Les yeux écarquillés, tentant de mettre une image mentale sur l'envoyeur du bruit. J'ai en mémoire des descriptions qui font acte de choses comme ça, un son magnifique qui nous prend aux tripes et au coeur. Je veux voir cette bête ! L'adopter même pourquoi pas, ce serait trop bien de faire copain copain avec une chose dans le genre, je suis sûr qu'elle est hyper sympa dans la vraie vie en plus, je les sens ces choses-là.

- Vous entendez ou je deviens folle ? Qu'est-ce-que c'est ?

Je hoche la tête pour signifier que j'entends aussi, dommage qu'elle sache pas trop non plus ce que c'est, j'imagine que la vieille aura une meilleure idée. Je lui adresse un regard interrogateur, l'invitant à nous expliquer ce que son savoir des plus ancien lui aura enseigné. Ayant énormément envie de savoir aussi. Plus j'y pense plus je me dis que c'est un oiseau, le son vient d'en haut je crois, du coup ça peut être un oiseau ou un animal perché dans un arbre, mais j'en connais pas alors on va dire oiseau, si c'est pas ça tant pis je m'en fiche, on verra quand même.

- Est-ce que l’un d’entre vous sait à qui ou à quoi appartient ce chant ?

Si on savait on l'aurait déjà dit. L'est bête elle, plus bête que la bête qu'on essaie de capturer, ou d'étudier, ou de regarder, ou d'inventoriser, selon les envies. Moi je reste sur mon idée d'oiseau. Je fais un pas en avant, le nez en l'air.

- C'est un noiseau ! Faut qu'on le trouve !

Déplacement le plus silencieux possible en me laissant porter par le son, je suis sûr que c'est vers le haut, dans les branches des arbres sûrement, caché un peu pour éviter qu'on puisse le voir sans y faire attention, mais maintenant qu'on a entendu le bruit y'a aucune chance que j'accepte de le laisser tranquille, tant qu'on aura pas ratissé la région entière.

Mouvement dans les branches, ça peut possiblement venir de là. Je prends ma baguette, prêt à lancer un sort à tout moment. Puis j'hésite, un peu peur de lui faire du mal et qu'il soit plus capable d'être mon coupain après, il va me falloir le bon sort. Je me laisse quelques secondes de réflexion, pendant que le chant retentit et que les feuilles continuent de vibrer. Puis je pointe ma baguette et prononce mon sort. Everte Statum. On tente hein, je sais pas si ça va marcher.


Bouh:
 
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Re: Lieu de passage

Message par : Eurydice Wildsmith, Ven 8 Sep 2017 - 13:54


Tous semblaient aussi ébahis que la belle  à l'écoute de ce chant. Il y en a un qui s'emballait plus tout près d'Eurydice. Elle n'eut pas besoin de tourner ses mirettes vers lui. Elle savait que son cœur était en train de battre la chamade, écho du sien à mesure que le son s'amplifiait. Elle voyait presque les illusions dont il se berçait l'âme comme un enfant. * tu crois vraiment que tu vas ramener cette pauvre bête à la maison ? Égoïste. * songea t-elle dédaigneuse. Elle se trompait peut être sur la nature de ses sentiments.

Elle avait l'impression qu'ils n'y avaient qu'eux et cet animal. Seuls au monde. En plein Afrique. Tout lui parut moins insoutenable maintenant qu'ils entamaient leur première rencontre avec le Sauvage. Soudain, Lisk' lança un sort qui atteint la cible tant désirée. Flèche parfaite. Bruit sourd dans un nuage de feuilles qui voletaient tout autour. Un instant capturé de ses opales.

« C'est parfait là ! Le noiseau il va t'A-DO-RER maintenant » dit-elle un brin moqueuse tout en dévisageant la victime.

Devant elle, à quelques mètres de là, celui-ci était tombé battant lourdement des ailes sous l'effet de la surprise. Elle espérait qu'il ne soit pas trop sonné ou blessé par le gamin à ses côtés. Ils allaient pas devenir apprenti vétérinaire pour ses beaux yeux ! Enfin surtout son plumage. C'était un plumage éclatant de couleurs. Elle aurait du souligner l'ingéniosité du jeune homme mais Sa mâchoire tomba. Le compliment lui aurait sûrement écorché la bouche. Ses lèvres s'entrouvrirent. C'est vrai que c'était quand même plus excitant que des cernes des baobabs. Ou équivalent plutôt.

Les plumes avaient l'air si douces, soyeuses, qu'elle eut envie de s'approcher un peu plus. Ses pas devancèrent ses pensées. Elle se demandait si la sensation serait semblable à celle d'une chouette. Fallait pas se faire croquer le doigts. Drôle d'idée.
Il y avait comme un air de ressemblance non ?

« C'est pas un des animaux dont tu nous parlais tout à l'heure ? Focifère non? C'est dangereux vous croyez ? » demanda-t-elle méfiante.

Elle se rappelait vaguement avoir vu le même profil dans un de ces livres imagés à la bibliothèque se souvenant surtout de l'odeur des pages boisées. Pour une fois, l'hésitation perça dans sa voix.
L'Anglaise essayait de ne pas tomber dans des pièges trop facilement. Elle avait souvent vu de belles enveloppes abritées des vipères prêtes à diffuser leur venin, à les paralyser. Elle se refusait à être la proie.
Ses rapports avec les autres ne l'aidaient pas à y voir une vision objective.
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Elly Wildsmith
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Re: Lieu de passage

Message par : Elly Wildsmith, Dim 24 Sep 2017 - 15:05


LA d'Eury

Il y avait quelque chose, dans la situation actuelle, de totalement irréel. Peut-être était-ce la sensation de liberté ressenti quelques instants plutôt lorsqu’elle courrait ? Peut-être était-ce le chant de l’oiseau ? Envoutant au possible ? Elly n’aurait su dire, et cette absence de réponse crée une sorte de malaise chez l’auror. Comme une alarme silencieuse qui se mettait en branle dès lors que la situation échappée à la jeune femme.

Quoiqu’il en soit, le gamin avait tapé dans la cible, l’oiseau était à terre. Coloré. Très coloré. Un regard pour sa sœur, un soupir d’exaspération, et l’alarme interne qui n’avait de cesse de tambouriné, suivant le rythme des battements cardiaques de l’auror. Elle s’approcha, tandis que sa sœur posait une question forcément intéressante. L’auror répéta, dans un murmure « focifère », comme si ses pensées avaient du mal à s’agencer de manière correcte, elle répéta à nouveau « focifère ». Puis, le déclic.

Reculant de quelques pas, elle attrapa le bras d’Eury et la força elle aussi à reculer. Au pire, si le garçon devenait fou, ça ne changerait sans doute pas grand-chose à son état naturel. Mais il était hors de question qu’Elly perde la famille qu’elle venait de se découvrir en la personne d’Eurydice. Le focifère … aussi beau qu’envoutant. L’auror, sans desserer l'étreinte que sa main avait sur l'avant bras de sa soeur, lança à la volée, en guise d’avertissement : « Il est beau mais peux rendre fou quiconque l’écoute trop longtemps ». Et non, l’auror ne comptait pas finir cette escapade par un séjour à Ste Mangouste. De sa main qui était encore libre quelques instants auparavant, elle attrapa sa baguette, prête à faire taire l'oiseau.
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Re: Lieu de passage

Message par : Liskuvo Kalsi, Dim 15 Oct 2017 - 12:53


Désolé pour mon temps de réponse. :x

L'autre là, elle se moque de moi, je la fusille du regard un instant. Furieux qu'elle ne souhaite pas m'aider. Non, mais,
elle se prend pour qui à rire de ce que je dis. Je veux pas qu'il m'adore le noiseau, enfin pas pour l'instant. Ce qui est important pour l'instant c'est de voir comment ça se passe. Bah plutôt bien en fait, en tout cas je l'ai touché et il tombe élégamment sur le sol dans un bruit lourd. Pas si élégant le petit oiseau, mais il est super joli en tout cas. Je l'aime bien, beaucoup bien même, quoi que cela puisse vouloir dire, il me plaît beaucoup.

Je me rapproche de lui quand la voix de miss ilvatadorer retentit. Toujours là pour doucher mon enthousiasme celle-là, ça fait plaisir.
Nouveau regard appuyé tandis qu'elle me sort un baratin bien peu intéressant, oui bon d'accord c'est sûrement un focifère, et alors il est tombé on peut s'en occuper, y'a pas de quoi dire que c'est dangereux.

- Oui sûrement. Je peux le garder ?

En vérité qu'il soit dangereux ou non je m'en fiche un peu, y'a toujours moyen de rendre le dangereux docile, à coup de sorts ou de tendresse. Les deux reculent, l'une d'elle-même et l'autre sous l'impulsion de la grande. Bon elle a peur je crois, par contre moi on me dit pas de reculer ni rien, je peux aller me faire voir, bah super ça, je vois le genre. Je le garde alors, je veux pas de leur avis, si c'est dangereux et qu'on me laisse aller me faire voir je préfère encore faire ce que je veux avec ce que j'ai réussi à trouver, je crois que le mot est mal choisi, mais j'ai pas trouvé mieux.

Il peut rendre fou si on l'écoute trop longtemps. Je leur adresse un regard long de sous entendus. On est des sorciers aux dernières nouvelles, depuis quand la parole d'une créature est inquiétante sérieux ? Je pointe une nouvelle fois ma baguette vers l'animal dans un soupir et formule un Bloclang pour qu'il se taise un coup. Voilà tranquille, on l'entendra plus, y'a juste à répéter le sort jusqu'à ce qu'on trouve une autre solution. Je sautille dans sa direction, sans accorder de nouveau regard aux deux filles.

- L'est pour moi ! Je vais l'appeler Tyj, Miss Blanchet m'expliquera d'une manière ou d'une autre comment m'en occuper de toute manière, on se débrouillera, c'est pas si compliqué à faire taire.

Petit rire moqueur, ouai il va m'adorer mon Tyj, et plutôt deux fois qu'une, il va découvrir les joies de la vie en Grande Bretagne grâce à moi, je vois pas ce qui peut être dangereux avec lui. Je le récupère dans mes bras, il est un peu sonné, mais il a pas l'air blessé, parfait, il doit même pas savoir que c'est moi qui l'ait fait tomber.
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Megan K. Hayajân
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Re: Lieu de passage

Message par : Megan K. Hayajân, Ven 8 Déc 2017 - 19:05


avec Jude Werther
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____________________



Tu danses et puis tout va.
Megan n'est pas un corps. Vous ne l'aviez pas vu venir, hein ? C'est qu'une boule, une boule de haine à votre encontre, à l'encontre des Hommes. C'est d'l'énergie mal maîtrisée, des colères inassouvies, des rires étranglés qui ne seront jamais que des glaires. Elle aurait pu être une belle personne - à vos yeux, tu vois le genre. Bien rangée, bien établie, mariée trois enfants et j'te passe la galère. Megan ne veut pas de vos critères et son plus grand amour est cette écharpe mal tricotée et tricolore qu'elle enroule trois fois autour de son cou avant d'enfouir son nez dans la laine. L'odeur de chez elle, du foin, de l'air. Pas d'l'air puant des villes empoisonnées, le vrai air, odorant qui coule dans la gorge et dans les veines comme du vin de sureau. Des baies vivifiantes. Elle se sent exister loin de vous. C'est son plus grand plaisir.

Elle a encore quitté Londres. Elle s'est embarquée sur un bâteau sur la côte et navigue pour elle ne sait où. Elle ne sait jamais où elle va : elle se contente de mettre une bottine avant l'autre et même si elles ne sont pas accordées, ça fonctionne. Parce que quitte à ne pas être normale, à n'être qu'une abîme sans attache physique, elle se laisse aller à la fantaisie. Elle n'aime pas l'harmonie et sa conventionnalité écoeurante. Elle préfère mettre ses habits préférés, ceux qui portent en eux des morceaux de sa mémoire. Ce pull de noël pelucheux, oui, celui qui gratte. Vous ne voyez qu'une masse de couleurs passées brodées en un pull informe, n'est-ce pas ? Elle, elle voit des rires et des étreintes, le souvenir d'heureuses après-midi d'hiver; elle passait une veste par dessus ce pull et s'en allait courir les champs, les côtes et les grottes. Elle avait dix ans. Et ce pull, elle le met toujours, parce qu'elle ne doit pas faire plus de quarante-cinq kilos et que de toute façon, elle s'habille au rayon enfant.

Megan aime ce vent. Celui plein de sel qui lui crache au visage les odeurs de la mer. Elle aime cette vue imprenable sur une étendue de bleu et de gris agités qui pourraient la noyer - elle sait nager, mais ne sait plus. Elle oublie, ça comme le reste. Parce qu'ici, cachée de tous, le manteau serré sur ce pull de noël que vous dénigriez tant, elle peut vomir sa douleur, ses spasmes et ses irradiations. Elle peut se vider de son aigreur, de sa peur perpétuelle de vos regards, de vos jugements. Elle était comme les autres - un peu timide, un peu maussade. Maintenant, elle a juste peur d'exister, peur d'être cette gamine maigre à en pleurer planquée sur un navire.

Y a rien autour, des gens dans les autres cabines. Des gens qui sont du rien. Des gens qu'elle ne voit pas. Qu'elle traverse. Pour une fois, ce rien la rends ivre. Elle peut-être Megan Khâli Hayajân, adolescente perse balôtée en irlande, perdue par des mensonges. C'est héréditaire. Sa maladie, son étrange virus qui la pousse à l'odyssée, cette malveillance qui la ronge continuellement, c'est héréditaire. Vous comprenez, ça ? Elle a une famille. Quelque part, elle a une famille comme elle, avec des pouvoirs et deux mondes qui refusent de cohabiter.

Alors où elle va, comme ça, sur ce petit navire de croisière, elle en a foutrement aucune idée. Mais j'ai comme l'intuition qu'elle va par delà les flots ravageurs en direction d'une vérité qu'elle ne comprendra pas. Et vous ? Où allez-vous ?


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Jude Werther
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Re: Lieu de passage

Message par : Jude Werther, Sam 9 Déc 2017 - 22:08


2 ans plus tôt.


Tu danses et puis tout va.
On tangue entre deux terres
Affluant entre les mer ;
Les eaux nous secouent
Nous réveillent de nos songes.

Nous ballottons comme des seins.
Mous et fermes,
Affolées par le vent qui fouette
Nos visages vierges et écrits.

Les vagues dessinent, fluettes,
Sur nos ombres
Sur nos pages
D'un cahier au quart remplit.

Si les blessures, si les fissures, si les peurs
Nous empoignent fiévreusement la poitrine
Demeure cette esquisse à nos doigts
A notre peau fraîche et jeune
A notre regard brumeux - quelque part à peine désemballé.

Elle regarde, pensive, la mousse se jeter contre le bateau. Quelque chose en elle sort, quelque chose en elle menace d'exploser. Il est contenu, là, étroitement serré, étroitement bien rangé. Bancal, bientôt ira se laisser choir dans les remous des eaux. ll se hissera par dessus bord. Ses doigts enserrerons si fort la berge, ses lèvres si tremblantes. La frénésie l'emporte. La frénésie l'emporte, il se jette, il se balance, il coule, il crève.
Et c'est moi qui l'ait poussé.

On le regarde crever, ses jolis yeux qui nous soulève le coeur. Pouvait pas couper les liens plus fort que ça.
On est parties sans prendre grand chose, on est parties, mais en quête de quoi, au juste ?
Et à le savoir on tangue entre hurler à n'en plus pouvoir et pleurer de joie.
Plus tard, on fera les deux.

Je serre fort la poignée. Tu peux pas savoir, à quel point,
fort.
J'ai mon coeur qui fait des trois pour deux avec des triples croches inégales un peu étalées aux trois coins de mon corps. Je pourrai mourir, seule, pas autrement. Pas autrement, pas d'enterrement. Ce n'est plus l'idée de mourir qui me soulève, c'est l'idée que personne n'en soit dévasté. Curieuse cette sensation. L'envie de rire me prend. Je saisis l'absurde, l'absurde de mon corps replié et crispé, de ma main rougie par la peur, et de mon visage apeuré face à l'immensité, face à l'inconnue, sans attache.
Elle m'enivre.
Terrifiante et merveilleuse, cette claque dans la gueule.

La monotonie, la monotonie qui bouffe, elle te grignote en chaque instant, il y a le réveil et le même lit, le même lit dans lequel on se vautre, dans lequel on tente de survivre, ou plutôt, se laisse périr.
Je n'ai pas voulu me laisser plus engloutir.
Ni par le boulot-dodo-achetons pour combler nos manques.
Ni par un amour où l'on finit par ne plus savoir - qui suis-je ?!
Viens, plutôt, qu'on se dévore, juste le temps d'heures, de jours, de semaines.
Viens ; et suis-moi, dans une passion irradiante, ta beauté referme dans l'éphémère !
Et viens que je m'envole lorsque tu finis par prononcer un - je t'aime.

Une fièvre l'emporte et elle se déplace le long du navire.
Le vent lui lacère le visage.
En vérité, elle est complètement effrayée.
Elle ne sait pas où elle va, elle ne sait pas ce qu'elle cherche.
Son regard, alors, coule dans des yeux nuageux.
Ils sont beaux, ça déborde avec des cils de biches.
Elle s'avance, incertaine.
Quelque chose monte. Quelque chose monte, un je ne sais quoi de

- elle vomit par dessus bord.

Elle vomit par dessus bord le reste de lasagnes à la tomate qu'elle avait bouffé en toute hâte le matin-même.
Lorsqu'elle relève la tête, un truc vient.
Une secousse.
Un rire.
Mais un rire qui n'en finit plus, un rire qui est lancé comme une fusée
Il a décollé, elle se tord, elle est à la limite de se pisser d'ssus.
Elle fou même pas sa main, sa p'tain de main, devant la bouche, elle en a plus rien à foutre des politesses à la con.
C'est pas qu'elle était amusée, c'est pas qu'elle était heureuse, tu vois.
C'est juste que, je sais pas.
Elle sait pas. Elle rit et dans son rire résonne une détresse.
Le premier truc qu'elle ferait, ce serait s'excuser et se plier en quatre.
C'est ce que ferait n'importe qui. Tu crois pas ?

Mais l'air marin a comme une odeur de révolution.

« Excuse-moi », qu'elle dit en laissant l'air s'échapper goulûment de sa bouche. Ses yeux pleurent et ses dents rient. « Excuse-moi, mais je ne m'excuserai plus ! »
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Megan K. Hayajân
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Re: Lieu de passage

Message par : Megan K. Hayajân, Ven 15 Déc 2017 - 18:53


____________________


Megan a toujours aimé les yaourts à l'abricot. Elle aimait les faire, déjà. Parce que c'était le moment où elle s'asseyait sur la table de la cuisine, les jambes dans le vide, les mains écorchées par les miettes sur la nappe, et elle regardait Lilian faire. Sa grand-mère avait des airs de bonté quand elle cachait son caractère tempétueux. Elle la revoyait bien, le tablier sur les hanches rondes, a farfouiller dans les placards en cherchant le sucre. Elle la voyait enlever les noyaux d'abricots et les lui donner à sucer. Elle se souvenait de sa façon de remonter ses lunettes avant de s'attaquer à la dernière étape; et puis le goût incroyable. Sucré à souhait, doux et tendre, comme un baiser. Ceux qu'elle n'avait pas parce que sa mère préférait vivre loin d'elle.

Megan, sur ce bateau, repensait au goût des yaourts à l'abricot et de l'absence de parents. Père bâtard qui abandonne sa vie à la première trace de magie, mère fantôme avec sa nouvelle femme. Puis Megan l'enfant perdue, Megan l'enfant d'adolescents élevée par sa Lily, Megan la rebelle, Megan la méta... refoulée, toujours refoulée. Ne rien assumer.

« Excuse-moi ; Excuse-moi, mais je ne m'excuserai plus ! »

T'excuse pas, faut pas s'excuser quand on le pense pas. C'est l'pire des vices humains, de ceux que Meg méprise sans le contrôler. Et puis cette nana... c'est l'présent qui chante sur le bateau.
Le passé et le futur qui s'étranglent et qui s'épousent au fil des vagues.
Y a pas b'soin que ce soit Megan, face à June. C'est juste une ado défasée, loin de chez elle.
Pas b'soin que ce soit June, face à Megan. Juste une nana aux yeux mélancoliques qui vient de vomir des lasagnes.
Pas b'soin de leurs noms, de leurs identités. C'est juste deux âmes mélancoliques, que ce soient elles ou non. Meg voit cette femme plus belle qu'elle ne l'est, l'arrange un peu ; peau plus lisses, cheveux plus sombres, rire plus rire.

Elle s'imagine un peu face à elle, comme si elle pouvait se modeler. Le sel perle sur ses lèvres gercées ; elle lèche l'embrun et tremble un peu en se retournant vers cette nana aux yeux mélancoliques.

« - Et moi j'dirais plus bonjour ! Marre des conventions. J'te dirait Abricot. »

Toujours le yaourt qui danse.
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