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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Académie de Poudlard ~¤~ :: Le Parc :: Le Lac
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Petit moment a deux
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Keira Sanders
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Re: Petit moment a deux

Message par : Keira Sanders, Ven 24 Mar - 17:58


Lorsqu'on brisait un objet, il était possible de le réparer si on en avait les moyens. Si sur le coup de la colère, notre crayon s'en trouvait séparé en deux morceaux, on s'équipait d'un tube de colle adéquate - à moins d'être sorcier, et on rassemblait les deux parties comme les pièces d'un puzzle. En trente secondes, le crayon était entier à nouveau. Certes, c'était un équilibre un peu bancal, et fort imparfait. Il garderait les marques de cette cassure pour toujours, et en serait plus fragile à l'avenir. Sur ces points, les relations amicales et même amoureuses étaient analogues. Sauf que, sur une relation, il n'était pas possible de lancer un reparo, ou de tartiner les blessures à la glue pour les refermer à jamais.

Dans le cas des deux filles, il n'y avait pas eu réelle blessure, pas vrai ? Seulement ce froid inexpliqué et inexplicable, imposé parce qu'aussi têtues et fières l'une que l'autre, elles restaient dans leur coin au lieu de prendre le pas en avant. Jusqu'à ce soir là, où Keira avait enfin décidé que c'en était trop. Faisant face à son amie, moue dessinée sur le visage, elle ne savait encore dire si elle regrettait sa décision ou pas. Elle se sentait vide et engourdie. Prise d'un rien, d'un sentiment indescriptible. D'un autre point de vue, il était sûrement impossible de réellement regretter ; elle aurait essayé, elle aurait donné la chance à la fleur fanée de reprendre ses vives couleurs, au lieu de la regarder devenir miettes de poussière balayées par l'avenir.

Sur le moment l'interlocutrice est émotive, la chinoise le ressentait ; parce que les émotions souvent se trouvaient affichées sur le visage, surtout lorsqu'il était bien connu du liseur. A vrai dire, elle aurait bien pu pleurer aussi, elle qui faisait toujours la dure et forte. Elle avait un cœur gros comme une citrouille. Ses proches le savaient très bien. Ainsi, Alice ne prendrait certainement pas mal le manque d'émotions dans sa voix, lorsqu'elle lui répondit ce simple et sec « bien ». Et ça l'était réellement : les deux adolescentes souhaitaient la même chose. Ce simple fait suffit à rendre à Keira un léger sourire.  Mais ensuite, elle ne savait plus quoi faire. Quoi dire. Sa gorge était sèche. « On doit avoir tellement à rattraper, » tenta-t-elle. Le tout était de lancer la conversation. Une fois qu'elle serait partie, ce serait bon, n'est-ce pas ?
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Alice Grant
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Re: Petit moment a deux

Message par : Alice Grant, Mer 12 Avr - 21:56


Musique

Tu te rends compte à quel point elle t'a manquée, maintenant que vous avez une chance de réparer votre amitié. A quel point t'as besoin de tes amis, et tant pis si ils ne comprennent pas tout: il suffit qu'ils soient là. Qu'est-ce que t'as été seule, Alice. Et t'es la seule fautive. C'est grâce à un ami que tu t'en est sortie, et pas autrement. Sans les autres, t'aurais eu aucun espoir. Et maintenant, tu comptes bien rattraper cette erreur. Parce que t'as encore besoin d'aide. Le sentiment d'être tellement toxique que tu risques de contaminer quiconque s'approche de toi s'est estompé. Le temps l'a emporté, le remplaçant par un semblant de confiance. Ça revient. Doucement, mais ça revient. T'as ce foutu espoir qui te nargue, et cette fois tu vas l'attraper. I just wanna run

- Bien.

Seulement, t'as cet affreuse impression de marcher sur des œufs. Que si tu en fissures ne serait-ce qu'un seul, la porte se refermerait à tout jamais. Votre relation a durement été mise à l'épreuve, et pourtant, elle est là, devant toi, avec son air inexpressif qui cache, t'en es sûre, pas mal de choses. Tu la connais un peu quand même. Bien que vous ayez changé, inévitablement, il y a des choses qui resteront. Tiens, elle sourit un peu. Tes lèvres s'étirent brièvement à leur tour. T'as encore trop peur de faire un truc bizarre, de tout gâcher. T'en as tellement rêvé de ces retrouvailles que tu l'as transformé en utopie. Alors t'avance doucement, à tâtons. T'as peur de faire trop de bruit et de te réveiller. Que les monstres derrière toi te rattrapent. Hide it away

- On doit avoir tellement à rattraper, poursuit-elle.

Cette fois, tu souris vraiment. Vous en avez fait, des bêtises. Vous entraînant mutuellement, depuis votre première rencontre. Votre goût de l'aventure ne vous a jamais quittées. Et bientôt, vous quitterez Poudlard, le cocon qui pique. Les oiseaux vont s'envoler, construire leur nid. T'as envie que vous gardiez le contact. Mais, pour l'heure, il faut le retrouver. Gaffe pas, d'accord? Te retourne pas. Ne regarde pas en arrière, pour une fois. Prend du carburant et avance. Règle les rétroviseurs. Attache ta ceinture. Comment ça, t'as pas le permis?! Run because they're chasing me down

- Oui, les chasses aux fantômes me manquent! tu prends un air taquin, espérant détendre l’atmosphère. Passer la première.

C'est ton amie, après tout. Vous avez vécu trop de choses ensembles pour que tout s'arrête maintenant, à cause d'un foutu coup de tête... enfin d'état. D'esprit. Dedans. Bref. Une dictature de reine Rouge ne va pas tout briser. Oui, elle a bien faillit te tuer, cette grosse tête, mais t'es vivante, non? Et elle ne pourra jamais effacer ces escapades, ces moments. Alors profite, rattrape ton retard, t'as rendez-vous nul part... I'm packing up my bag

- Il faut qu'on remonte des plans foireux...
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Keira Sanders
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Re: Petit moment a deux

Message par : Keira Sanders, Mer 19 Avr - 22:53


La regarder, attendre sa réaction. Fixer ses deux prunelles brunes dans les siennes, attendre sa réaction. Les promener à droite, et à gauche, dans les vibrations de l'eau, et les ramener sur leur cible première dans l'attente de déceler un signe. N'importe lequel, mais Keira aurait préféré qu'il soit amical. Transporteur de chaleur ; cette chaleur interne qui enrobait son cœur dans une couverture douillette. D'ailleurs, elle ne tarda pas à sourire d'un geste qui paraissait authentique et sincère, bien que l'attente fut dans sa tête égale à trois tours d'horloge. Et la chaleur venait alors se répandre, doucement, mais avec une puissance retrouvée nouvelle, à laquelle on avait ajouté celle de l'espoir et du soulagement.

Mais tout n'était pas fait. On avait peut-être recollé un peu les morceaux, mais l'ensemble demeurait fragile et troué. Il fallait qu'elle fasse pour une fois dans sa vie attention à filtrer les mots qui sortaient de sa bouche. Pas de mots crus, pas de mots froids, qui agiraient comme de véritables balles. Elle ne voulait pas avoir l'impression de reperdre son amie avant même de l'avoir entièrement retrouvée. La sensation première, celle de perdre un être aimé, était déjà suffisamment terrible pour qu'on ne souhaite pas la revivre. Le pire était de croire que tout était perdu à jamais - que quelques mots avaient suffit à engendrer une telle réaction en chaîne, au point de démolir tout ce qui avait été construit pendant des années. Qu'on ne pouvait ni les reprendre, ni les effacer, ni se les faire pardonner. Et il en allait de même pour les actions - ou plutôt, dans le cas de la brune, le manque d'actions.

« Il faut qu'on remonte des plans foireux... »

Instantanément, Keira exprima un petit rire satisfait. Elle avait là retrouvé sa motivation d'antan. « Oui. Ça fait trop longtemps. Surtout depuis que je suis devenue trop sage. » C'était relatif. Depuis qu'elle avait porté ce badge de préfète des Serpents, la métamorphomage avait limité bon nombre de ses bêtises. Il fallait dire que le poste lui avait fait gagné en maturité et en responsabilités. Elle se sentait désormais plus propre de l'âge adulte qu'enfant ou adolescent. Peut-être était-elle rouillée ? « Oh... J'espère que j'arriverai à m'y remettre. » Peut-être qu'elle n'était tout simplement plus très drôle. Il allait bien falloir se mettre à l'épreuve... « Je suppose qu'on a aussi plein de choses à se raconter... Tu n'es plus malade ? Et tu es toujours avec ce garçon, Lunias ? » Sans jamais lui avoir avoué, elle ne l'appréciait pas, celui-ci. Elle pencha un peu la tête à gauche, d'un air interrogateur. Les traits de son visage s'étaient adoucis, et étaient vaguement curieux, notamment de par ces lèvres légèrement ouvertes, sans pour autant s'en trouver excités.
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Re: Petit moment a deux

Message par : Alice Grant, Jeu 27 Avr - 0:18


Musique parce que y'avait l'goût

T'aimerai rembobiner jusqu'au moment où le monde n'était pas bleu comme la chenille. Tout effacer, jusqu'au temps où t'étais encore dans les normes. Innocente. Naïve. Avec cette simplicité déconcertante qui n'appartient qu'aux enfants et aux chapeliers. Avec ces rêves irréalisables auxquelles on croit dur comme fer. Avec ces utopies qu'on compte bien ne pas abandonner. Avec ce corps sans cicatrice, cet esprit sans pays de folie, mais rempli de merveilles. T'aimerai revenir au souvenir le plus doux de ton existence. Quand ton père te lisait un vieux conte moldu pour t'endormir. Un conte qui lui a inspiré ton nom. Il ne te l'a pas dit, mais tu l'as deviné, blottie dans ses bras.
Mais ce n'est pas possible. Alors, inutile d'y penser. De se faire du mal d'avantage. Côté positif: t'as l'impression d'être un peu immunisée et un peu moins idiote. Et ton amie vient de te sourire. Ça te donne la force de le lui rendre. Entre ta mère, ton petit frère et tes amis, Poudlard, ton monde, tout ceux qui sont restés, tu es loin d'être seule.

- Oui. Ça fait trop longtemps. Surtout depuis que je suis devenue trop sage.

Tu étouffes un rire. Elle, sage? Non, tu te souviens d'une Keira aventurière, toujours à te traîner et à te suivre là où il ne faut pas, malicieuse, énergique, pleine de tact, avec le courage d'aller fouiner dans la Cabane Hurlante pour découvrir que les seuls dangers étaient les sorts des farceurs et le sol instable... tu as appris qu'elle était devenue préfète, ça l'a sûrement obligée à ne pas enfreindre le règlement aussi souvent qu'avant... la pauvre, ça a dû être horriblement ennuyant. Non, bien sûr, tu es contente qu'elle ait fait son chemin, pendant ta pause. Non, tu n'as pas gardé le moindre œil sur elle...

- Oh... J'espère que j'arriverai à m'y remettre.

Là, tu rigoles carrément.

- Ahah, ne t'en fais pas pour ça...

Tu comptes bien la contaminer avec ton grain de sel... tu ne sais pas encore à quel point, mais en tout cas assez pour la gaver d'adrénaline à bonne dose. Oui, tu décides d'arrêter de tout prendre sur toi, et de faire confiance aux autres... elle a dû prendre de l'assurance, de la maturité, pendant ces quelques mois. Assez grande pour se débrouiller tout seule, vous n'avez plus douze ans... enfin, tu ne te fais aucun soucis: déconner, ça ne s'apprend pas, c'est dans les rouages, et ça ne part jamais bien loin. En tout cas, tu te souviens de toutes ces fois où vous avez faillit y passer, du moins vous en étiez persuadées, et tu sais qu'elle ne peut pas rester sage bien longtemps.

- Je suppose qu'on a aussi plein de choses à se raconter... Tu n'es plus malade ? Et tu es toujours avec ce garçon, Lunias ?

Gasp. Heu, que dit le manuel de survie dans ces cas-là... vite, le cerveau, action, réaction, par le slip de Merlin! Ah, voilà... petit a), ne pas être trop explicite.

- Je me remets, ne t'en fais pas.

Mouais, ça passe. Oulah, la suivante est encore pire... petit b), ne pas mentir.

- J'ai... j'ai rompu avec Alexander. Par lettre. J'ai voulu faire une pause pour quelques temps.

Et tu l'as perdu à jamais.

- ...

HUM, petit c), ton tour de parler. Regard malin, plus lumineux tout à coup:

- Et toi, côté cœur? Et travail? Préfète, c'est pas rien. T'as des avantages? Dis, elle est comment, la salle de bain?

Oui, si on parlait d'elle, un peu?
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Re: Petit moment a deux

Message par : Keira Sanders, Sam 13 Mai - 22:42


Son amie retrouvée lui indiquait de ne pas trop s'inquiéter, mais la Serpentard s'était quand même bien rouillée avec le temps. Elle haussa les épaules, comme elle le faisait tout le temps. Après tout, c'était une partie de sa personnalité depuis toute petite : enfant, la petite était jugée aliénée car elle pensait qu'il fallait sauver les poissons au supermarché ; jeune adolescente, elle avait enfin compris la vie, mais elle n'en demeurait pas plus sage d'esprit. Elle avait alors commencé à faire des bêtises juste pour le plaisir, puisqu'elle en avait conscience. Pas comme cette histoire de poissons. C'était d'ailleurs une anecdote assez tabou. Elle ne l'avait jamais racontée à personne ; et pourtant, elle n'en était pas plus embarrassée que cela. C'était surtout ses parents. A chaque fois qu'ils racontaient - ou plutôt, vantaient - la découverte des pouvoirs spéciaux de leur prunelle, ils oubliaient avec soin de mentionner l'événement qui avait mis la petite dans une telle détresse d'esprit.

Keira apprit donc que son amie n'était plus avec ce garçon au blason vert et argent depuis quelques temps. Malgré ses bonnes intentions, elle ne parvint pas à faire semblant d'en être triste. Lunias n'était pas un méchant garçon, mais il lui donnait l'impression d'être un véritable pot de fleur. Elle pourrait s'en trouver un mieux sans difficultés. A moins que « tu parles d'une pause, tu comptes retourner vers lui ? » c'était après tout une possibilité, ou peut-être avait-elle choisit ses mots au hasard. La brune faisait partie de ceux qui ne croyaient pas aux hasards et plutôt au fil du destin ainsi qu'au choix précis des mots, mais avait tendance à oublier que toute la terre ne raisonnait pas tout comme elle.

Elle tiqua et remonta la lèvre supérieure en entendant parler de sa vie amoureuse. Le bonheur d'être assaillie de questions, c'était qu'elle pouvait laisser celle-ci de côté. Volontairement, elle concentra ses efforts sur la partie travail des interrogations de son amie. « Je crois que la meilleure chose, c'est qu'en tant que préfète, j'ai à surveiller les autres, mais personne ne me surveille, » avoua-t-elle. Cela lui avait évité bien des soucis. « La salle de bain est... grande. Au début, je trouvais ça un peu intimidant, » et pourtant Sanders faisait partie de celles qui avaient été élevés dans de grandes baignoires ornées. « Je pourrais t'y glisser. Faut juste le mot de passe... »

Ensuite, un blanc court vint s'installer. Blanc, car la préfète ne reprit pas la parole de suite après, à court d'histoire à raconter. Court, puisqu'elle se souvint qu'une autre question lui avait été posée, et qu'elle avait besoin de se confier là-dessus. Ou... Non, elle ne savait pas exactement ce dont elle avait besoin. Et si elle n'arrivait pas à le dire ? Et si c'était trop réel, si elle le prononçait ? Et quel serait l'avis d'Alice sur la question ? Elle venait de la retrouver. Hors de question de la reperdre. Elle allait donc jouer la précaution, malgré son grand inconfort quant aux confessions. « Je... je pense que j'aime bien quelqu'un. Je l'ai embrassée plusieurs fois » ainsi donc, la Serdaigle ne pouvait saisir cette nuance de l'accord féminin - la parole, quelle magie ! Rien qu'à avouer ceci, s'ouvrir à moitié, la métamorphomage se sentait nue et affaiblie. Ce n'était pas dans ses habitudes. Clairement pas. Mais il fallait qu'elle sache. « Dis, est-ce que c'est normal ? Cette personne est une fille. » Elle ne se rendit pas compte de la stupidité de sa question et de la notion de normalité, surtout lorsqu'on était une sorcière pouvant changer d'apparence à volonté.
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Alice Grant
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Re: Petit moment a deux

Message par : Alice Grant, Ven 9 Juin - 22:41


Aussi facilement que reprendre un film après l'avoir arrêté, on pourrait poursuivre une relation mise en stand-by... est-ce que t'es capable d'affronter seulement son regard? Tu secoues la tête négativement. Peut-être qu'il t'aurait protégée si tu ne l'avais pas écarté. Peut-être que tu ne te serais pas retrouvée aussi seule. Mais tu savais pas. Si t'avais le droit d'embarquer tout le monde dans ta folie pour qu'on t'en sorte. Si tu pouvais vraiment inquiéter ta mère après tout ce qu'elle a fait pour ton frère et toi. A quoi servent les proches? A être protégés. Y'avait autre chose mais t'as oublié. Que ça marchait en sens inverse. Alors t'es restée derrière ce foutu sourire et ces: "ça va". En espérant, au fond, que quelqu'un remarque. Personne n'a vu. Ou bien personne n'a agit. Et la peur que l'on découvre ta double-face était plus forte.

Mais aujourd'hui t'es plus seule. T'as une amie devant toi, celle sur qui t'es sûre de pouvoir compter dans les situations les plus extrêmes, celle avec qui t'as partagé plus qu'un thé. Et t'as envie de savoir ce qu'elle est devenue, quel chemin elle a tracé de son côté. Surtout pas qu'on regarde le tien. Alors tu questionnes. Elle te parle des avantages de son poste, de la taille intimidante de la salle de bain, qu'elle te donnera l'accès. Tu souris en t'y imaginant. Enfin vient la partie la plus délicate. Le cœur. Brisant et renforçant de multiples fils. Allumant et éteignant de nombreuses passions. Détruisant et créant d'incalculables émotions. En bref, la reine de la folie. Ton amie a l'air de réfléchir plus longtemps sur ce sujet.

- Je... je pense que j'aime bien quelqu'un. Je l'ai embrassée plusieurs fois Wouwouwouhouh! Dingue! Alors comme ça elle a une relation? C'est qui? Elle est pas très sûre d'elle visiblement... hum, si elle te révèle un nom tu risques de faire quelques recherches... partie intégrante de ta personnalité, tu pourras pas lutter contre ta curiosité. Dis, est-ce que c'est normal ? Cette personne est une fille. Le seul truc qui t'étonnes c'est la question. Tu la regardes, intriguée. C'est vrai que vous n'en avez jamais discuté, elle ne connait pas ton avis sur le sujet. Sans parler de ce que tu penses de la normalité... Et inversement. Tu t'empresses de la rassurer:

- L'amour, c'est deux personnes qui s'aiment. Je vois pas pourquoi y'aurait des restrictions. Et puis, tu sais, la normalité... quand on voit ceux qui la définissent, ce qu'elle est...

Tu lui souris avec une expression moqueuse. T'as envie de la taquiner un peu, tu sais bien que parler de ça n'est pas facile, et que Keira a un assez grand cœur pour y loger tout le continent... La normalité c'est être un bout de papier imprimé, paS meTtrE dEs MAjuscUleS Où oN VeuT, respecter des règles étranges comme changer de trottoir lors d'une dispute, se voiler la face dans la rue mais s'indigner devant la télévision (moldue), se dire qu'on est impuissants contre tout ces foutus problèmes qui ne nous concernent pas et du coup rien ne se passe... les gens normaux... t'as peur d'eux, parce qu'ils n'existent pas. Cette illusion est le pire mensonge de l'humanité, et tout le monde a l'air d'y croire.

- Tu pourrais tout aussi bien être la personne la plus anormale du Monde, je te regarderai pas de travers.

Et t'espères que c'est réciproques parce que sinon t'es un peu foutue.
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Re: Petit moment a deux

Message par : Keira Sanders, Mar 20 Juin - 12:28


Regardant son pied gauche se balancer dans l'herbe fraîche, Keira rougissait de l'intérieur de sa question et ses aveux. Ses joues restaient d'apparence très blanches, ce blanc légèrement sous-teinté de couleurs chaudes, ce blanc habituel ; mais la sorcière avait l'impression de s'être transformée en tomate. Ça allait encore, parce que c'était Alice. Sinon, elle n'oserait même pas imaginer la gêne qui l'aurait dominée. Sinon, elle n'aurait certainement rien dit, de toute manière. On ne parlait pas de ses tabous avec n'importe qui : il fallait une personne de confiance. Surtout quand pour nous est tabou quelque chose qui est généralement accepté par autrui. Quelque chose qu'elle avait l'impression d'être la seule de ne pas connaître, quelque chose de peut-être dangereux pour elle, quelque chose qu'elle essayait d'imprégner dans ses mœurs quitte à s'en faire un peu de mal et à bousculer toutes ses pensées et sa famille conservatrice.

Elle écouta tristement la réponse de son amie. Il fallait d'abord s'aimer. Keira ne savait pas si elle aimait. C'était difficile de mettre les mots exacts là-dessus. Et pourtant, on lui avait toujours dit que lorsqu'elle aimerait, elle le saurait. Pourquoi ne savait-elle donc pas ? Elle n'aimait probablement pas, alors. Sinon, elle saurait ; or, elle doutait. Ses doutes portaient certes plus sur le genre de la concernée que sur les sentiments en eux-même, mais il y avait toujours trop de questions qui restaient à trotter dans son esprit.

Elle releva la tête, montrant un sourire sincère qui chassa une pointe de mélancolie dans ses yeux sombres, après la dernière remarque d'Alice. « Moi aussi, je suppose. Parce que tu es toi. » Elle ne savait même pas pourquoi son coeur s'était dirigé vers la Serdaigle, elle qui était si sélective quant à son entourage. Elle avait certainement quelque chose de spécial. Sur ces pensées, elle décida de la prendre dans ses bras, dans une étreinte frêle mais chaleureuse.
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Re: Petit moment a deux

Message par : Alice Grant, Mar 27 Juin - 23:24


Réponse en 7 jours.
Nan, il neige pas, c'est juste ton anniversaire <3


C'est ce qu'on doit appeler la question cruciale. Celle qui te provoque un stress à tordre ton ventre, depuis que t'as lu la lettre. Est-ce qu'elle t'acceptera, avec tes envies, tes rêves, tes cauchemars, ta folie? Tu ne demandes pas à être comprise de A à Z. Ce serait trop compliqué, voir impossible, et tu n'aimerais pas qu'on lise en toi comme dans un livre ouvert. I never let you see T'as simplement besoin qu'elle partage quelques unes de tes valeurs, mais pas d'où elles viennent, exactement comme lorsque vous étiez réunies par le goût de l'adrénaline sans vous poser de questions. Vous aimez ça, céder à la curiosité, à l'appel du risque pour vous sentir vivre. Non, t'as juste peur que ton amie te juge, que tes angoisses l'effrayent, que les actes de ta double-face la dégoûtent... tu ne comptes pas lui faire partager tout ça, à moins qu'elle le veuille d'elle-même. The demons of my past

Tu l'observes du coin de l’œil. Elle est gênée. A combien de personnes en a-t-elle parlé? Sûrement pas à sa famille. T'es contente qu'elle te l'ai dit. Ça veut peut-être dire qu'elle a confiance en toi. Même si tu vois pas en quoi c'est dérangeant, elle, elle ne prend sûrement pas la question à la légère, et c'est sans doute parce que ça rentre pas encore dans les normes de "normalité" des mentalités. D'après ce que tu sais ses parents n'ont pas l'esprit très ouvert... ça lui a valut d'être séparée de sa cousine si tu te souviens bien. Ça te soulage d'avoir des souvenirs d'avant le... le problème nommé communément trouble de la personnalité multiple. Y'a pas que la démence dans ton passé, ça n'a même pas duré deux ans en fait, même si ça t'en paraît dix... t'as aussi de bon moments, des anecdotes qui te forgent.

- Moi aussi, je suppose. Parce que tu es toi.

Sa réponse et son sourire te raniment. Elle t'a déjà acceptée avec ta paranoïa, ton inconscience, ta curiosité, toi et tout tes défauts. Peut-être parce qu'elle a décelé des qualités, tandis que tu te prends pas assez au sérieux pour penser que t'en as la moindre. Ou qu'elle t'aime bien, tout simplement. Alors maintenant, un peu de folie de plus ou de moins... son enlacement te réchauffe encore plus. Tu lui rends. Ce genre de maladresse chez elle, dans des séquences émotions, te rassurent bien plus que n'importe quoi d'autre. Ça fait longtemps que tu ne t'étais pas sentie admise, assumée. Tu doutes de moins en moins.

- Merci.
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Keira Sanders
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Re: Petit moment a deux

Message par : Keira Sanders, Mer 28 Juin - 22:55


Relâchant son étreinte, Keira promena ses yeux sur sa meilleure amie, faute de savoir où exactement les poser. Elle secoua la tête en désapprobation. « Je sais bien qu'on est toujours censé dire merci mais là ce n'est pas la peine », affirma-t-elle, profitant d'un court instant d'auto-dérision quant à ses manières et le fait d'être si pointilleuse quant à la bienséance. Enfin, pas toujours. Quand cela l'arrangeait, il fallait bien se l'avouer. C'était une jeune fille qui avait deux revers. Celui que ses parents lui avaient donné : la petite fille parfaite en apparences, et l'autre : la jeune fille qui ne mâchait jamais ses mots. Dans tous les cas, elle restait pleine d'angoisses incrustées jusqu'à la moelle. Et elle en avait marre de cette boule dans son ventre. Elle s'était réveillée avec, un matin, et elle n'était plus jamais partie. Elle y avait planté ses racines, et semblait se nourrir de tout ce qu'il se passait autour de son hôte. C'était là-dedans, un véritable

trou noir

qui s’agrandissait au détriment de la joie d'une enfant autrefois pleine de vie. Elle avait dix-sept ans. Elle sortirait bientôt de Poudlard. Elle était grande. Et si être grande signifiait ne plus pouvoir être heureuse, ne plus pouvoir vivre sans s'inquiéter de tout, de TOUT ? Et si le trou noir continuait de s'agrandir, pour toujours ? Il occuperait bientôt toutes ses entrailles, dévorerait tout, ne laissant derrière qu'un squelette. Une jeune femme brillante, destinée à de belles choses, prématurément partie, envolée. La mort était encore un sujet qui la terrifiait. Elle songea à cet épouvantard. Ce fantôme. Elle ne voulait pas devenir comme ceci. Et pour s'éviter un tel calvaire, elle devait calmer cette boule dévastatrice. La ralentir au possible. Ne pas se laisser manger,

ne pas se laisser mourir,
littéralement
de peur.

Ses jambes flanchèrent, et elle manqua de s'écrouler au sol sous le poids de son abdomen, dans lequel semblait résider ce corps étranger. Elle s’agrippa au bras d'Alice, espérant ne pas la griffer, pour se tenir debout quelques instants. Tentative de chasser la faiblesse, marcher peut-être était une bonne idée. Marcher et respirer l'air frais. « Marchons. » Montrer une direction, celle qui se rapprochait du château, murs rassurants, forteresse - « on peut peut-être aller comploter autour de bonbons. J'ai toujours une caisse de ces trucs, tu sais bien. » Chasser les inquiétudes avec des sucreries. La nourriture en général marchait très bien. Se gaver. Alors, elle ne pensait plus à mal, l'espace de quelques dizaines de minutes. Et après, ça revenait comme un boomerang. Mais là, elle voulait juste chasser les démons, profiter du bonheur qui s'offrait à elle avec la Serdaigle.

Peu importe si le boomerang revenait après.



Fin du RP ♥
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Elhiya Ellis
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Re: Petit moment a deux

Message par : Elhiya Ellis, Ven 14 Juil - 12:25


Une rencontre déroutante .. Le hasard nous entraine vers le destin qui nous attend
Pv Daemon Stebbins
Mon LA accordé à Daemon pour la suite

Supplication faiblement marmonnée en vain. L’animal sautait de plus belle dans la chevelure blonde de sa propriétaire, l’emmêlant gaiment, n’attendant qu’une seule chose pour arrêter : un petit déjeuner. Au prix d’un effort qui lui semblait harassant, Elhiya ouvrit les yeux péniblement, il était trop tôt pour se lever, bien trop tôt, mais tant pis. Bougonnant silencieusement, la jeune fille laissa tomber ses draps au sol en s’asseyant dans son lit, le regard dans le vide. Personne dans le dortoir, rien ne se faisait entendre, à par le feulement de Muffin, passablement irrité d’avoir été délogé de sa place moelleuse. Un rapide regard désœuvré en sa direction, aucune de ces fichues boules de poils n’allaient la laisser paresser tranquillement aujourd’hui… C’était navrant. Un soupire exaspéré lui échappa, aucune échappatoire ne s’offrait à elle, autant se lever.

Se frottant les yeux, la blonde s’extirpa de sa couche, caressa ses deux compagnons et leur servit quelques croquettes à chacun. Elle posa un regard attendrit sur les deux animaux qui se jetait goulument sur leur pitance avant d’aller se préparer. Si tout le monde avait déserté les lieux, c’est qu’il devait faire beau, exit l’uniforme scolaire, elle choisit un simple slim noir et une blouse bleue ciel, et deux barrettes fraises pour tenir sa mèche qui lui tombait sur les yeux. Vu qu’elle comptait aller gribouiller au tour du lac, autant faire simple.

Enfournant un cookie dans sa bouche, la blonde attrapa son sac en tissus contenant son bloc à dessin et ses crayons, elle y glissa de quoi grignoter et boire et abandonna les cachots des Verts, suivit de près par Muffin et Myrtille. Depuis qu’elle les avait adoptées, la blonde avait pris l’habitude de les amener se balader le plus possible en extérieur. Et si le Boursouflet campait inlassablement sur son épaule, le petit félin, quant à lui, reniflait de temps à autres les personnes qu’il croisait avant de revenir précipitamment sur les talons de sa maitresse.

D’un coup d’œil rapide au parc, Elhiya abandonna toute idée d’y passer la matinée au calme : trop d’élèves avaient déjà eu l’idée avant elle. Le parc serait peut-être plus calme, et surtout la zone emplies d’hautes herbes. Ignorant les gens qu’elle croisait, concédant à saluer de temps à autre d’un signe de tête, la blonde se hâtait vers la vaste étendue d’eau. L’espoir d’apercevoir un selkie à la surface l’étreignait toujours, et si elle trouvait un coin bien calme faisant face au lac, peut-être aurait-elle enfin cette chance ?

Evitant chaque parcelle d’herbes occupées par un étudiant, Elhiya fini par trouver une zone d’accalmie. Pas un son si ce n’était le bruissement de l’air dans les feuilles, et le clapotis de l’eau provoqué par quelques poissons. Par-fait. Nul besoin de chercher plus loin, d’autant plus que son félin avait filé à vive allure au travers les broussailles, pourchassant un papillon.  Persuadée d’être seule, la blonde s’installa par terre, en tailleur, récupérant son carnet de croquis et un fusain. Elle soupira doucement de contentement, tout était comme elle l’aimait : silencieux, loin de toute agitation, tranquille… Le lac de Poudlard scintillait de million de diamants sous les rayons chaleureux de l’astre de jour, lui conférant des aspects de liquide précieux.

Posant Myrtille dans l’herbe, Elhiya la regardait rouler bouler innocemment à côté d’elle. L’adopter avait été une bonne idée, cette boule de poil égayait facilement ses journées, la dessiner sous tous les angles était toujours un moment agréable. Plusieurs feuilles de son bloc qui étaient déjà dédiées, idem pour le Fléreur, mais la blonde ne se lassait pas. Sourire aux lèvres, elle vérifiait les croquis effectués des deux comparses, quand elle réalisait –à contre coup- que Muffin n’était toujours pas revenue. Inquiète, elle leva la tête, tachant de la repérer dans les hautes herbes. En contre bas, elle repéra un léger mouvement. Elle se leva d’un bond, histoire de vérifier que le félin n’était pas en train de jouer avec un mulot sauvage. Sauf qu’à défaut d’un rongeur, le Fléreur était tapis dans l’herbe face à une silhouette humaine, prête à bondir dessus.

A pas feutrés, le ventre frottant le sol, Muffin ne lâchait des yeux sa proie, elle s’arrêta soudainement, tortillant de l’arrière train, jaugeant son espace de saut et se déroula comme un ressors, atterrissant fièrement les deux pattes en avant sur…la personne stationnée plus bas!


« Muffin ! Non !! »

Mais qu’est ce qui lui prenait à celle-ci ? Bloc et boursouflet laissé en arrière, Elhiya se précipita pour récupérer son petit chasseur avant que l’individus ne réplique d’un coup de repulso dessus. Quelques enjambées suffirent, et d’un geste vif, la blonde récupéra son butin sans même un regard ou une excuse pour la victime. L’animal serré dans ses bras protecteurs, le câlinant doucement, elle finit par regarder froidement l’humain que Muffin avait choisi pour cible : un garçon. Qu’est-ce qui lui avait pris ?[/color]
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Daemon Stebbins
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Re: Petit moment a deux

Message par : Daemon Stebbins, Lun 17 Juil - 19:04


Une rencontre déroutante .. Le hasard nous entraine vers le destin qui nous attend
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C'était une de ses journées radieuses comme Poudlard pouvait en connaître par moment. Une journée où la bonne humeur était communicative et s'infiltrait dans les moindre recoins du château. Les sourires étaient affichés et l'ambiance solennelle des cours n'était pas d'actualité. Une journée idéale pour la plupart des gens et pourtant, j'éprouvais cet étrange besoin de m'isoler de cette jovialité un peu excessive. Peut-être était-ce dû au réveil en fanfare de mes colocataires qui n'avaient rien trouvé de mieux que d'utiliser la nouvelle version des Feuxfous Fuseboum miniatures pour me lever ce matin-là. Tout à fait le genre de choses que ma sœur adorait et que je détestais. Je m'étais donc levé d'un bond en les maudissant par tous les serments à Merlin que je connaissais. Pourquoi le faisaient-ils toujours à mes dépends ? Certainement, comme aurait répondu Aya,

- Parce que tes réactions sont toujours aussi tordantes et que tes expressions indignées sont exceptionnelles pour s’attraper un bon fou-rire.

J'avais réagi exactement comme mes condisciples l'avaient imaginé. Et ce fut d'un pas déterminé que je m'étais engouffré dans la salle de bain afin de reprendre une contenance descente, selon mes critères. D'ailleurs, il valait mieux qu'ils en profitent, car ma vengeance sur eux serait terrible et au moment le moins opportun pour leur égos. Oui j'ai une légère tendance rancunière si on me cherche et généralement ce n'est pas joli à voir pour ceux qui subissent mes foudres. Et même si mes camarades le savent, ils persistent dans la voix de leur délire la majorité du temps.

Il ne me fallut que quelques minutes pour me rendre présentable et descendre prendre mon petit-déjeuner. Je m'installais rapidement à ma table en ayant salué les quelques personnes qui s'y trouvaient. J'attrapais trois tranches de bacons avec un œuf suivi de champignons. Puis, je me fis deux toasts beurrés accompagné de marmelade et pour finir deux pancakes qui étaient recouvert de sirop d'érable. J'arrosais le tout avec un bon jus de citrouille. Comme d'ordinaire, pendant que je dégustais mon repas, je me mis à feuilleter la Gazette du sorcier. Je fis vite le tour de la question en ce qui concernait les faits divers et les potins afin de me concentrer en particulier sur les pages politiques. On pouvait sentir que quelque chose se préparait en lisant entre les lignes. Cependant , je n'arrivais pas à comprendre comment les pièces du puzzle pouvaient s'emboîter. Je repliais le journal, l'abandonnant sur la table pour un autre.

Maintenant il était temps de commencer mon programme de la matinée. Détente près du lac avec un livre. C'était mon rituel de début de week-end. Pour cela, je me rendis tout d'abord à la bibliothèque pour me procurer le tout dernier traiter sur l'importance des runes dans les décisions du conseil des sorciers au quatorzième siècle. Le genre de truc que bons nombres d'élèves trouveraient mortel à souhait, mais pas moi. Je grimpais les marches quatre à quatre pour récupérer le précieux ouvrage. Maintenant que je l'avais, direction mon lieu préféré. Le saule-pleureur près de la berge qui était quasi déserté en permanence. Je n'avais jamais bien compris pourquoi, mais depuis ma première année, c'était l'endroit où je pouvais savourer la paix et la quiétude pour me retrouver dans ma bulle. J'arrivais au rez-de-chaussée traversant le hall de mon pas soutenu. Je m'arrêtais à la porte et je pris une profonde bouffée de ce parfum d'herbe fraîche associée à la saveur de l'air tiède.

Je ne mis que quelques instants à parvenir à destination, car j'avais gardé une marche rapide. Oui vous devez-vous dire que je suis bizarre. Qui se dépêcherait d'aller lire un tel livre ? Et avec un sourire, je vous réponds : moi. Comme je l'avais prévu, pas un chat n'était là. Je m'appuyais donc contre le tronc de l'arbre et commençais à dévorer les pages du recueil. Les lignes défilaient devant mes yeux et c'est avec avidité que je découvrais les tenants et les aboutissants de l'implication de la lecture des runes dans les choix qui contribuèrent à façonner notre monde.

Après trois bonnes heures de ce régime, je décidais de m'accorder une pause en allant m'allonger dans l'herbe. Je fermais les yeux et je savourais ce silence, interrompu seulement par le bruit d'un léger vent dans les herbes hautes. Je sentais la chaleur du soleil sur moi. Si le paradis existait, il était ici à cette seconde. Pourtant, la réalité se rappela à moi sous la forme d'une boule de poils qui m'atterrit brusquement dessus.

Je me redressais soudain voyant une blonde récupérant son félin et me lançant un regard des plus noirs comme si j'avais été le coupable de cette mésaventure. Pas un seul "désolé" ou un "excuse le ". Ce qui aurait suffi à me faire garder mon calme. Mais chasser le naturel, il revient plus vite qu'un éclair de feu. Sans la plus petite parcelle de ménagement, je lançais d'un ton sec :

- Dans ce genre de situation, la bienséance veut que le propriétaire de l'animal responsable s'excuse et non qu'il jette un regard digne d'un Avada Kedavra sur la victime.

Je me levais de toute ma taille en remettant en ordre ma tenue et m'approchait de la demoiselle en ajoutant :

- Mais visiblement la politesse n'est pas exigée dans ton univers.

En affichant évident mon plus beau sourire ironique et en mettant légèrement baisser afin que mes prunelles plongent dans celles bleues de la jeune fille...
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Re: Petit moment a deux

Message par : Elhiya Ellis, Mar 18 Juil - 11:02


Mécontentement visible de l’animal qui n’avait de cesse de gigoter, désapprouvant l’enlacement soudain de sa maîtresse et les caresses forcées. Félin et indépendance allaient de pair, la blonde s’en offusqua pas, mais adressa, à la place, un sourire moqueur à l’inconnu qui venait lui parler de bienséance. Ce qu’il convenait de dire ou de faire au sein d’une société, et surtout celle des sorciers, ne perturbait nullement Elhiya. Hypocrisie, bigotisme sur les origines de sang, fourberies, faux-semblant et mensonges entachaient beaucoup trop le monde magique pour qu’il soit utile de faire un effort de convention sociale à ses yeux. Aucune excuse, aucune manœuvre de réparation n’animerait ses gestes ou ses mots, surtout que l’animal n’avait rien fait de bien méchant.

Conservant un sourire goguenard comme seule réponse, la blonde fixait le garçon qui avait décidé de se déplier de tout son long pour réduire la distance qui les séparait. Étrange, était-ce la une approche pour tenter de l’intimider ? Il faisait bien une 20aine de centimètres de plus d’elle, mais ne serrait en ses doigts aucune baguette magique. Avait-il parié sur sa taille pour la menacer ? C’était ridicule, même s’il était physiquement plus grand et plus musclé qu’elle, il était incapable de la faire trembler, ni même de l’embarrasser, peu de sorciers arrivaient à jeter des sorts offensifs sans être équipés, et surtout, elle n'avait pas peur. Amusée, l’écailleuse se contenta de soutenir le regard de quartz fumé du jeune homme avant de lui adresser un sourire narquois.


« Ho oui, car dans ton monde la politesse fait loi, ça se voit! »

Elle marqua un temps de silence, jaugea le brun de la tête aux pieds, estima à la va-vite qu’aucun préjudice n’avait été commis par Muffin -pas même une trace de patte sur la chemise du râleur- et inclina la tête sur le côté. C’était bien faire une histoire pour rien du tout. Un soupire lui échappa alors qu’un sourire en coin se dessinait sur ses lèvres.

« Si au moins tu avais été une vraie victime… couvert de lacérations, de griffures profondes, ou encore de morsure, je comprendrai, mais là, tu fais ta princesse... Et puis, c’est plus mon Fléreur qu’il faut plaindre, apparemment tu l’intéresses... »

Cette race de félin était connue pour leur intelligence et leur clairvoyance, mais à l’heure actuelle, la blondinette se posait pas mal de question sur son animal qui entreprenait de mâchouiller frénétiquement la chemise du jeune métisse. Attitude qu’elle adoptait pour la première fois. D’un naturel méfiant envers les inconnus, Muffin avait coutume de renifler les gens avant de s’en détourner. Mais là, elle ronronnait. La surprise était de mise. Intriguée, Elhiya posait alternativement son regard azur sur son chat et sur le garçon avant de pousser doucement la tête de l’animal avec sa main droite, le forçant à lâcher sa prise. Nouveau soupire, nouveau regard suspicieux et insistant qui dévoila quelques nuances d’ambre dans les yeux du garçon.

« T’as un chat mâle chez toi ? Je ne vois pas quelle autre raison la pousserait à te coller comme ça »

Elle avait préférée être prudente et ne pas être trop agressive même si son ton s’était fait sec et distant. Elle était venue pour dessiner, être loin de tous, loin du bruit, loin des tumultes, et remue-ménage en tout genre de ses comparses verts, et voyait d’un mauvais œil de devoir partager sa bulle de tranquillité avec un inconnu car la supposée clairvoyance de Muffin le lui intimait à coup de ronronnement. Cependant, le félin continuait à frotter sa tête avec instance sur la chemise du garçon. La blonde s’accorda une trêve temporaire, et, regardant l’animal, concéda à fourrer la minette dans les bras masculins qu’elle sollicitait. Ça ne lui plaisait vraiment pas, elle releva le nez vers le garçon et planta froidement ses yeux aigue-marines dans les siens. Etre dépossédée était quelque chose que la blonde ne supportait pas, d’autant plus qu’elle ne voyait pas ce que son fléreur lui trouvait. Un nouveau soupire franchit la barrière de ses lèvres alors qu’elle esquissait une légère moue désapprobatrice.

« Bon, et la princesse elle a un nom ? Autant que je sache qui arrive à séduire mon fléreur en un battement de cil alors que j’ai dû passer plusieurs semaine à l’habituer à moi »

Et encore, Elhiya ne se plaignait pas, Muffin lui avait accordé sa confiance rapidement, très certainement car c’était l’animal qui l’avait choisi, elle, comme maîtresse. Par contre, il avait fallu lui apprendre à trouver ses repères dans les dortoirs et dans l’enceinte de l’école, l’habituer à porter un harnais et enfin revenir lorsqu’elle entendait non nom. Pas mal d’heures de travail, de confiance mutuelle remise en question par la simple présence d’un étudiant quelle n’avait jamais croisé avant.

Boudeuse, elle le regarda un peu plus attentivement. Ce n’était pas un vert, sans quoi elle l’aurait remarqué dans les couloirs ou dans la salle commune, vu sa condition physique - il fallait avouer qu’il était facilement repérable-. Pas un jaune non plus, son aplomb et son sourire ironique ne collait pas à la façon de faire des adorables Blaireaux. Un bleu ou un rouge. En somme soit il allait la prendre de haut, tenter de la rabaisser intellectuellement, comme la majorité des aigles qu’elle avait eu la « chance » de côtoyer. L’image d’Aoi lui revint soudainement à l’esprit. Ô oui, les aiglons et leur égo démesuré dû en partie à une culture défiant toute concurrence, ils étaient de merveilleux partenaires de conflit. Elhiya grimaça doucement, elle qui était contre cet étiquetage malsain des élèves par couleur avait fini par trouver dedans une justification délectable. Elle se fatiguait elle-même pour le coup.

Glissant les yeux sur Muffin en train de ronronner aux pieds de l’inconnu, Elhiya abdiqua, qu’elle soit d’accord ou non, elle allait devoir rester quelques instants ici, du temps que la minette termine de marquer son territoire. Elle soupira et s’assit à même le sol attendant que le vol de chat fasse de même. Mais il était trop long à son gout. Nouveau regard noir en levant le nez vers sa direction. Depuis le sol il semblait immense.


« Tu te poses ou tu aimes avoir les filles à tes pieds ? »
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Daemon Stebbins
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Re: Petit moment a deux

Message par : Daemon Stebbins, Mar 18 Juil - 21:16


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Etrangement, l'attitude de cette fille me plaisait même si le fait qu'elle tentait de me tenir tête avait plutôt tendance à m'agacer sur les bords. Elle était différente de toutes ses idiotes que je croisais sur ma route. Tentant de se rendre intéressante avec leurs gloussements, leurs battements de cils ou leurs faux-sourires. J'observais son attitude essayant de noter ici où là, des détails qui pourraient m'indiquer qu'elle était sa maison. Si je ne l'avais pas charmée, ce n'était absolument pas le cas de sa boule de poils qui ne cessait de manifester son plaisir d'être en ma présence contrairement à sa maîtresse qui persévérait à me lancer des regards noirs. Je n'avais pas répliqué un mot quand elle m'envoya la pique au sujet de la politesse. Il faut vous préciser, pour que vous compreniez, que dans la culture japonaise, tout est très codifié. Que ce soit de la manière de rentrer dans une pièce jusqu'à la façon de présenter ses excuses. Et même si ma mère s'était un peu détendue, dirons-nous en vivant à Londres, le fait était que son éducation et ses origines déterminaient encore aujourd'hui une grande partie de son comportement sociale ainsi que la façon dont elle nous avait élevés. Si Aya avait réussi à s'éloigner de la conduite maternelle, ce n'était absolument pas mon cas. C'est pour cela, que par moment, je semblais souvent trop sérieux et distant avec les autres. Cependant, lorsqu'elle eut fini sa tirade en me traitant de princesse, je ne pus retenir un rire sarcastique et j'enchaînai en répondant :

- Les victimes ne sont pas toujours couvertes de blessures physiques. Bien souvent, elles subissent plus de violence morale ce qui est pire. Un coup finit toujours par partir, mais les bleus de l'âme restent souvent très longtemps avant de cicatriser. Mais je ne fais qu'énoncer un fait. Pour ce qui est de ton fléreur, lui n'aura jamais rien à craindre de moi. Il est beaucoup trop adorable contrairement à sa maîtresse.

Je me mis à caresser la tête de l'animal qui sembla ravi alors qu'il commençait à mâchouiller ma chemise. Attitude qui était loin de me plaire, mais à laquelle je ne disais rien. Voulant ainsi montrer que je n'étais pas non plus un tortionnaire de bestioles et surtout que j'aimais le jugement que cet être intelligent avait porté sur moi contrairement à la blonde. Cette dernière poursuivit le file de la conversation en m'interrogeant cherchant certainement une explication au fait que son compagnon me vouait une telle admiration. Je lui répondais ainsi :

- Le fléreur s'intéresse uniquement à son espèce et étant donné que je n'ai qu'un simple chat, l'explication de son comportement ne vient pas de là. Je pense que si cette dernière est si attentionnée avec moi, c'est parce qu'elle reconnait ma valeur et peut-être avait-elle envie que tu me rencontres pour cette raison. Ainsi tu pourras certainement améliorer ton environnement. Contrairement à toi, elle sait sûrement que je suis le prince plutôt que l'idiote qui a besoin d'être secourue.

Je voulais ainsi prouver à cette demoiselle que son animal avait plus de jugeote qu'elle. A cette idée, je ne pus éviter de sourire, amusé par cette réflexion. Surtout quand je vis sa réaction. Elle me mit la boule de poils dans les bras à contre cœur, à n'en pas douter, histoire attendre que celle-ci se calma. J'eus encore droit à une nouvelle œillade froide suivie de soupires forcés. Elle continua à employer le terme de princesse, pensant certainement que je serai vexé. Cependant, je n'étais pas le genre à perdre facilement le contrôle de ma personne. Il en fallait beaucoup pour que je sorte de mes gongs. Néanmoins, quand cela arrivait, il valait mieux laisser passer l'orage et prendre la poudre d'escampette.

- Le prince s'appelle Daemon. Et je te le redis, ton fléreur a du goût, c'est tout.

Je fis une pause avant de demander à mon tour :

- Et toi, petite Doxy, quel est ton nom ?

Je finis par poser la boule de poils et remis ma tenue en ordre. L'animal continua de se frotter à mes jambes en ronronnant. La blonde fut une fois de plus piquante.

- Je ne suis pas fan des idiotes qui se pavanent devant moi ou à mes pieds. Je préfère largement le genre qui a de la personnalité et qui me tient tête. Même si pour le moment, aucune n'a su répondre à mes critères. Mais peut-être veux-tu tenter ta chance ?

Je me mis à rire franche pendant quelques secondes et ajouta :

- Toutefois, à en juger par physique, je suppose que toi, tu as l'habitude de ce genre d'admirateurs, idiot squi ne savent pas aligner deux mots. Peut-être que c'est le style que tu apprécies d'ailleurs ?

A cette seconde, je me dis que si ma sœur ou mes colocataires de chambre me voyaient agir, ils en resteraient tous sidérés, car ce n'était absolument pas dans ma nature, de parler du physique des gens ou d'en dire autant. Décidément, cette fille me troublait plus que je ne l'avais supposé au départ. Pourquoi agissais-je de la sorte ? Peut-être que le débordement d'affection du fléreur me perturbait. Il fallait que je me reprenne pour redevenir moi-même.

- Sinon que venais-tu faire dans ce coin isolé ? C'est bien la première fois que je croise quelqu'un ici. D'ordinaire, c'est le lieu parfait pour ma tranquillité.

Je parlais comme si ce coin était ma propriété personnelle, jouant les inquisiteurs espagnols pour connaître les motifs de la présence de la jeune fille qui avait saboté ma retraite dans mon havre de quiétude habituel...
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Re: Petit moment a deux

Message par : Elhiya Ellis, Mer 19 Juil - 11:06


Ô qu’il était facile de vouloir faire de la psychologie de comptoir quand on  désirait culpabiliser ou faire pression sur du long terme. Elhiya avait souri aux propos du garçon, amusée. Les mots avaient un énorme pouvoir, ceux de blesser, réconforter, divertir, détruire, consoler, et apaiser. Elle le savait très bien, et même si elle ne s’en servait généralement que pour être sarcastique, ironique et piquante, elle comprenait aisément les meurtrissures psychologiques découlant d’un manque d’attention ou de délicatesse. Après tout, la pression sociale était un parfait exemple. De simples mots balancés à des adolescents en pleines recherche de soit pouvaient avoir des répercussions dévastatrices sur certains. « Tu devrais être auror, ca ne peut pas être autrement » quand on voulait juste être fleuriste avait de quoi perturber un peu. Mais disserter sur la façon dont les mots devaient être utilisés n’intéressait guère la blonde. Pas plus que l’avis du garçon la concernant. Aussi, d’un sourire narquois, elle conserva un mutisme de rigueur lorsqu’il essaya de la piquer à vif, lui signalant que Muffin était adorable contrairement à elle. Bien sûr que la minette était mignonne, c’était un animal…

Le garçon gratifia le félin d’une caresse, visiblement fier de lui de posséder la capacité innée de l’attirer à lui. Imperceptiblement, Elhiya avait haussé les yeux au ciel, désapprouvant totalement ce geste affectueux envers SON matou. L’idée de le lui faire remarquer qu’elle ne lui avait pas donné l’autorisation de se montrer si familier avec Muffin lui avait caressé l’esprit, mais le garçon lui coupa instantanément l’envie grâce à de nouveaux propos totalement risibles. D’un ricanement sonore, la blonde ne prit même pas la peine de lui répondre. Muffin n’était pas encore adulte, elle se laissait distraire par un tas de chose : par de la nourriture, des insectes, un  chat, un boursouflet. Et même si elle s’intéressait- visiblement sans explication-  à l’énergumène qui lui faisait face, ce n’était certainement pas pour que sa maitresse puisse élargir le champ de ses connaissances scolaire. D’un regard mauvais pour unique réponse, la blonde accueillait d’un léger signe de tête le prénom  de son interlocuteur. Prénom assez rare pour souligne que sa signification était quand même à double tranchant. Soit ce type était un ange, soit ses parents avait été clairvoyant et avaient élèves un monstre.

Toujours était-il que ce Daemon cherchait à la provoquait, mais ne réussissait, à l’heure actuelle qu’à se rendre divertissant. Bien sûr, dans un échange de politesse, quand on demandait à quelqu’un de décliner son identité, il fallait faire de même.  En un soupire d’agacement nullement dissimulé, la blonde concéda à accéder à sa requête.


« Elhiya, et l’usine à Ronrons c’est Muffin, mais…  « Princesse » ça te colle mieux je trouve »

L’insolence qui pétillait dans ses yeux clairs devaient très certainement être plus que visible, mais ça l’amusait grandement, et ne comptait absolument pas faire des ronds de jambes à un garçon de son âge –à vu de nez-.  Or, suivant ses dires, il avait l’habitude de ce genre de traitement de faveur de la part des filles. Et en plus il s’en plaignait, en bon seigneur qui se respecte, et il avait le culot d’insinuer qu’elle pouvait éventuellement vouloir tenter sa chance. Un éclat de rire spontané parcouru le petit serpent, illuminant son visage d’un sourire hilare.

« Et modeste avec ça la princesse ! »

Par contre,  sa réflexion sur son physique de « blondasse » tordit instantanément son sourire en un rictus glacial. Elhiya avait senti la moutarde lui monter au nez, et ses joues rosir légèrement de colère. C’était facile et mesquin de se cantonner au physique de quelqu’un, surtout qu’il n’était pas le premier à lui faire ce genre de réflexion. Ok elle était blonde, ok elle avait les yeux bleus, ok elle arborait un teint de porcelaine, et se parait de barrettes à cheveux colorées, mais ce n’était qu’un vilain clicher de l’imaginer en train de minauder. L’adulte qu’elle avait rencontré a pré-au-lard avait même estimé qu’elle devait être une fille facile rien qu’en posant les yeux sur elle. Les hommes, peut-importait leur âge, étaient vraiment limités, y’avait pas à dire. D’un claquement sonore de langue, la blonde fixa le jeune homme durement.

Ses relations avec les personnes du sexe opposées étaient très simples jusqu’à l’été dernier : cordiales, amicales, et tout simplement empli de sa classique ironie. Jamais l’idée de voir plus qu’un être humain derrière la gente masculine ne lui avait effleuré l’esprit jusqu’à ce que sa route croise celle d’un sorcier, bien plus âgé qu’elle… Lui... Lors de son premier jour de vacances d’été… Un soupire lui échappa.. Non, la blonde ne voulait pas y repenser ! Il ne fallait pas ! Elle s’efforça de chasser à toute hâte ce pincement au cœur qui l’étreignait désagréablement quand le regard d’un bleu profond de l’Animagus venait caresser doucement son esprit. Elle inspira profondément, ce n’était pas le moment de se laisser troubler par un souvenir qu’elle avait quasi réussi à occulter, –enfin, tachait-elle de s’en persuader- et se contenta d’adresser à Daemon un regard des plus noirs avant de lui répondre sans aucun ménagement


« Crois-moi, tu fais pas le poids ! »

Il comprendrait ce qu’il voudrait, et peut importait qu’il en vienne à s’imaginer des choses totalement fausses, elle n’avait rien à lui prouver ni à lui justifier. Par contre, il y’avait très certainement une chose à quoi, du haut de son air suffisant, il n’avait pas dû penser. La titiller sur ses gouts, son caractère, ses airs de gamines capricieuses était quelque chose qui amusait Elhiya, c’était chose courante qu’on lui fasse remarquer qu’elle n’avait pas un caractère facile. Par contre, jouer, ne serait-ce que brièvement au chat et à la souris était, désormais, capable d’éveiller en elle quelques attitudes qu’elle ne se serait jamais cru capable. Un pauvre Poufssoufle qu’elle appréciait en faisait les frais quand elle le voyait d’ailleurs.

Aussi, d’un sourire enjôleur, la blonde se releva, ignorant Muffin toujours à ronronner aux pieds de Daemon, et plongea ses yeux clairs dans les siens, inclinant légèrement la tête de côté, posant ses deux mains sur sa chemise, ses doigts jouant malicieusement avec les boutons. Sa voix se fit subitement doucereuse, alors que d’un léger haussement d’épaule accompagné d’un sourire faussement timide, elle lui répondait.


« Ho, mais on peut être tranquille à deux aussi tu sais, après tout, c’est bien ce que Muffin voulait non ? Ce serait stupide de ma part de ne pas écouter ce que me dit un Fléreur, surtout le mien... Qu’en dis-tu Daemon ? »

Ses doigts avaient lâché les boutons de chemise pour venir effleurer doucement le tissu qui couvrait le torse du garçon. Elle aurait peut –être dû être troublée à laisser ses mains vagabonder librement sur l’étoffe de coton, mais elle était encore une novice dans ce genre de comédie théâtrale, et avait surtout dû faire un effort incommensurable pour ne pas l’appeler « Princesse ». Se mordant légèrement la lèvre inférieure, se hissant sur la pointe des pieds, la blonde réduit l’espace qui les séparait à néant. Que peu habituée à ce genre de proximité, Elhiya pouvait sentir son cœur qui s’affolait stupidement dans sa poitrine, elle l’ignora, espérant juste que le brun ne remarquerait rien. Marquant un temps de pause subtil, et laissa l’air chaud de son souffle  caresser les lèvres du garçon avant de reprendre de la même voix liquoreuse.

« Tu voulais que je tente  ma chance non ? »

Il détestait les filles qui minaudaient ? Et bien parfait, elle pouvait minauder aussi ! Elle avait très certainement besoin de prendre des cours de comédie en plus, mais il y’avait fort à parier qu’elle s’était montrée suffisamment convainquante. En tout cas, elle se voyait mal jouer encore plus  la comédie, sans quoi elle allait finir par rougir. D’un sourire carnassier, la petite vipère lâcha sa proie, rompant tout contact physique et visuel pour ricaner vilement. Elle récupéra son félin entre les bras et adressa au brun un regard des plus pétillants, empli d’une fierté non contenue.

« Muffin n’est qu’un animal, elle ne peut me dicter ma conduite ou choisir les personnes avec qui je dois trainer. »

Son ton s’était fait plus sec, plus froid, comme si elle n’était pas blottie contre lui quelques instants auparavant. Son rythme cardiaque était redevenu normal, lent et posé, distant et moqueur. Elle replaça une mèche de cheveux blonde, qui lui tombait sur le nez, avec délicatesse derrière son oreille, avant de lâcher quelques mots avec suffisance

« Ho, et pour ta gouverne, les Flereurs s’intéressent intégralement aux chats domestiques, sans quoi nous n’aurions pas d’hybrides chat-fléreurs  disponibles à la boutique d’animaux magiques. Mais pour le savoir il faudrait très certainement que tu t’intéresses à autre chose que les filles qui flattent ton égo. »

Restait plus qu’à tourner les talons, à récupérer sa place dans l’herbe haute où elle avait abandonné Myrtille et son bloc de dessin. Mais elle n’en fit rien, accrochant un instant son regard sur le garçon. S’attendant pendant une fraction de seconde à une réaction désopilante.
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Re: Petit moment a deux

Message par : Daemon Stebbins, Mer 19 Juil - 14:13


Une rencontre déroutante .. Le hasard nous entraine vers le destin qui nous attend
Pv Elhiya Ellis
Mon LA accordé à Elhiya pour la suite

Je souriais avec un certain plaisir en voyant le comportement de la demoiselle. Ainsi elle s'appelait Elhiya. C'était un prénom sûrement rare comme le mien et je me demandais bien de quelles origines, il devait être. Peut-être nordiques ? Il faudrait que je fasse un tour, plus tard, à la bibliothèque pour faire des recherches. Oui même dans ce genre de situation ma soif de connaissances était toujours là. Quand au fléreur, il portait le nom d'une pâtisserie. La blonde devait très certainement avoir un penchant pour les desserts. Le persistement à me surnommer princesse accentua ma considération pour elle. Décidément cet entêtement me plaisait et continuait de piquer ma curiosité à son sujet. Son insolence était rafraichissante dans cette marée de conformisme qu'était Poudlard. Je ne pus m'empêcher d'énoncer :

- Je n'ai même pas commencé Doxy.

Manifestement j'avais dû appuyer sur un point douloureux sans réellement m'en rendre compte au vu de sa brusque dureté. Cependant, je ne voulais pas m'arrêter là. Je voulais voir jusqu'où elle pouvait pousser les choses pour me provoquer. Ce qui, étrangement, m'enchantait. Soudain elle me fit un sourire qui se voulait séduisant. Visiblement elle était passée en mode attaque ainsi la partie débutait. Je l'avais observé faire son petit manège, avec une voix qui se voulait cajoleuse, voir même troublante. Elle se mit dans le rôle d'une jeune fille timide faisant semblant de me toucher de manière innocemment provocante. C'est de cette façon que je la rejoignis dans l'action :

- Oui tranquille à deux peut-être assurément satisfaisant à condition que cela soit réellement désiré par les deux parties.

Sans vraiment le calculer, j'avais levé ma main et j'avais laissé le dos de mes doigts caresser sa joue lentement comme l'aurait fait une légère brise rpintanière. Sa peau blanche était douce sous mon touché. C'était agréable et je savourais le fait que mon cœur s'accéléra légèrement. Vraiment très troublant. Toutefois, je ne voulais pas me laisser à aller et me faire prendre aussi facilement. Je percevais d'ailleurs que je n'étais pas le seul à discerner cela par ses actions. Alors, je m'étais rapproché subtilement de son oreille, me baissant un peu plus au point de pouvoir sentir son parfum et je chuchotai :

- Penses-tu vraiment tenter de cette façon ta chance ? Parce que pour le moment, cela n'est pas très convaincant.

J'étais assuré qu'elle prendrait la mouche en agissant de la sorte. Je désirais la pousser dans ses retranchements, voir ce qu'elle avait réellement au fond elle. Voir si mon intérêt pour la blondinette pouvait trouver une justification. Cependant, ce ne fut pas vraiment le cas. Elle aussi était habituée à se tenir dans cette partie. C'est avec un sourire fauve qu'elle rompit l'échange tactile et visuel entre nous. Elle se baissa reportant son attention sur Muffin, pour la récupérer. Elle montra sa fierté du tour qu'elle croyait m'avoir joué à cette seconde. Elle fit une remarque de manière sèche au sujet de son libre abrite prétextant que seule elle décidait de ses choix. Continuant à me reprendre sur mes connaissances sur la boule de poils et termina sur une dernière attaque sur mon rapport avec la gente féminine.

Elhiya était vraiment quelqu'un d'attrayant et de stimulant. Tellement divertissante contrairement à toutes celles que j'avais croisées jusqu'à présent. Elle plongea ses yeux dans les miens, Muffin toujours dans les bras, attendant sans doute une pique de ma part. Etrangement, j'étais resté durant un instant à ma place. Je fouillais son regard pour voir ce que son esprit imaginait. Voulant comprendre pourquoi elle réussissait à me faire éprouver une certaine envie. Par le passé, j'avais déjà vu certaines filles agirent de la sorte avec plus d'assurance, plus d'agilité et même d'audace, mais pourtant cela ne m'avait rien fait éprouvé de tel, comme je le ressentais maintenant. C'était, sans aucun doute, sa légère maladresse dans son attitude, qu'elle avait essayé de dissimuler, qui avait fait la distinction. Me prouvant qu'elle n'était pas de l'acabit navrant de toutes ces gourdes qui pullulaient dans notre école.

Je m'étais alors approché d'elle, tandis que nos regards étaient toujours liés. La distance entre nos corps avait été considérablement réduite. Que pouvais-je dire qui la ferait rester et qui la pousserait à favoriser l'échange encore un peu plus loin. Soudain ma bouche s'ouvrit sans que j'eus réellement analysé mon propos parce que je ne pouvais rester passif plus longtemps.

- Est-ce le mieux que tu puisses faire pour tenter de me déstabiliser ? Moi qui envisageais déjà tout un tas de possibilités, j'avoue être un peu déçu. Peut-être une démonstration serait la bienvenue.

Sans attendre, je pris Muffin et je la remis au sol. Je passais l'un de mes bras derrière sa nuque rapprochant encore plus son visage du mien tandis que l'autre enserrait sa taille. Mes lèvres se retrouvèrent presque à effleurer les siennes avant que mon visage ne changea brusquement de trajectoire et que ces dernières se retrouvèrent à la base de son cou du côté gauche. Je me détachai et soufflai :

- De cette façon, c'est déjà beaucoup mieux. Non ? Faut-il un autre exemple ?

Je me rendis compte que peut-être, j'avais plus que dépasser les bornes. Malgré tout, ce qui était fait ne pouvait plus être défait. Je m'attendais à une réaction désagréable voir un peu violente. Même si cela arrivait, je ne pourrais m'en prendre qu'à moi-même et tenter de me rattraper afin d'éterniser cet étrange échange...


Dernière édition par Daemon Stebbins le Mer 19 Juil - 21:47, édité 1 fois
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Re: Petit moment a deux

Message par : Elhiya Ellis, Mer 19 Juil - 17:05


« Doxy », non mais, et après il se plaignait de « princesse » ? C’était quoi le pire ? se coltiner le surnom d’une fée mordeuse par un sombre inconnu, ou être traitée de princesse car on se permettait des airs de supériorité ? Pour le coup, Elhiya avait préféré ne pas s’attarder plus longtemps sur ce sobriquet ridicule que le brun aimait prononcer. Ca ne valait absolument pas le coup de dépenser de l’énergie sur ce point. Ses yeux se haussèrent au ciel une fraction de seconde quand il prononça le surnom.

Cependant, contre toute attente, le brun entrait dans son jeu, suivant la légère danse qu’elle menait pendant qu’elle effleurait sa chemise d’une imperceptible caresse. Elle ne s’y était pas attendue du tout. Même si en réfléchissant un peu, elle aurait pu se douter qu’un garçon se targuant de faire se pavaner des filles devant lui, était forcément habitué à ce genre de manœuvre. Tant pis. Elle avait commencé et ne laisserait pas les propos du brun l’atteindre. En même temps, avec quelle doucereuses paroles pensait-il être apte à la piquer ? En lui répondant sérieusement à chacune de ses répliques ? Ri-di-cule ! C’était elle, et elle seule qui mènerait cette danse, et ce n’était pas la surprise de sa caresse subtile sur sa joue qui la déstabiliserait ! Enfin… en théorie. Ses joues s’étaient très faiblement empourprées à ce contact, chose totalement stupide de sa part, elle avait baissé sa garde inconsciemment à ce geste ampli d’une douceur insoupçonnée, mais jurait intérieurement de ne plus se laisser surprendre.

Il jouait, elle aussi, sauf que lui, y prenait part d’une manière plus mesquine, l’informant en un murmure qu’elle n’était pas assez convainquant. L’invitant presque à adopter une attitude de parfaite pimbêche frétillant irrévocablement face à un male. Il voulait qu’elle allie plus loin, qu’elle lui montre ce qu’elle était capable de faire, sauf que la blonde l’ignorait elle-même.  Et surtout, elle ne se considérait ni comme une fille facile, ni comme une de ces demoiselles qui gloussaient au moindre regard. Non, c’était raté, il lui fallait plus que quelques mots chuchotés à son oreille pour le laisser prendre le dessus sur cet échange totalement chimérique.  Tout naturellement, et sur le même ton mielleux, Elhiya voulu bien lui préciser son fond de pensée.


« Ho Daemon, pour quelle raison saugrenue voudrai-je faire l’effort d’être plus persuasive ? »

D’une  légère moue moqueuse à l’attention du brun, elle avait récupéré Muffin afin de tirer sa révérence après quelques mises au point rapides.  Sauf que le mutisme temporaire du garçon -signe éventuel de reddition- se mua soudainement en un intérêt palpable. Pourtant elle n’avait rien dit de plus qui pouvait attiser la curiosité du brun. Or, il se rapprocha, détruisant l’espace qu’elle avait construit en récupérant le félin dans ses bras, pour lui affirmer qu’il était déçu et qu’il s’attendait à plus. C’était inattendu, la blonde avait cru être claire en stoppant net le faux jeu de séduction,  ça ne l’intéressait pas. IL ne l’intéressait pas.  Personne ne l’intéressait de cette façon. Si elle lui avait octroyé un semblant d’attention, ce n’était uniquement car il lui avait échauffé les sangs à poser un jugement hâtif sur son physique de blonde aux yeux clairs. D’un soupire las, Elhiya inclina la tête sur le côté, ne lâchant pas le regard piqué d’ambre du jeune homme, et reprit avec une certaine aigreur dans la voix.

« Car tu t’attendais réellement à plus ? Selon toi, Daemon,  qu’est-ce qui est le plus frustrant ? La satisfaction d’avoir obtenu sans difficulté une faveur que tu ne mérites pas, ou, l’espoir de l’obtenir un jour, sans savoir si tu obtiendras autre chose que l’illusion que c’était à ta portée ? »

Elle lui sourit doucement, sans aucune trace de raillerie ou suffisance,  se renvoyant elle-même à ses propres souvenirs douloureux de gamine trop sensible. L’espoir, l’attente, les promesses impossibles lui paraissaient nettement plus dures à supporter qu’un simple et honnête refus de la part d’autrui.  Mais le métisse ne connaissait peut-être pas ce genre de torpeurs, celles qui vous emprisonnaient jusqu’à ce que votre esprit, éreinté d’avoir voulu trop croire abandonne à vous une simple et douloureuse réalité : l’espoir était un poison. Il fallait éviter de l’accueillir en soit avant qu’il n’apporte avec lui ses nuées de désespoir. Une douleur se fit sentir sous sa poitrine, étouffante, lancinante, latente, attendant tout insidieusement de se  manifester à la moindre occasion. Une tentative pour prendre une large inspiration pour la faire partir quand, le brun, agrippa Muffin pour la reposer à terre.

Elhiya resta un instant coite, prise au dépourvu, se demandant ce qui prenait à Daemon. Elle tenta de protester, fronçant les sourcils et entrouvrant la bouche pour râler. Mais aucun mot ne franchi la barrière de ses lèvres alors que les bras du jeune homme vinrent l’attirer à lui. D’un mouvement fluide, il profita de son effet de surprise, effleurant quasiment sa bouche sans un mot. Ce n’avait duré que quelques millièmes de seconde, mais la blonde, réellement pas à l’aise, se trouvait en proie à une multitude de pensées. Elle voulut détourner son regard, faire taire son imagination fertile, qui lui intimait de le laisser faire, mais en vain. Les battements de son cœur s’emballaient de plus belle, la dépossédant un court instant de son self-control. Elle détestait ça, tout comme elle ne supportait pas l’embrasement de ses joues. Elle pouvait les sentir tourner au rouge alors que Daemon se nichait en son cou  pour y déposer une légère caresse avant de souffler quelques mots, vraisemblablement content de lui.

Rare était les fois où cela arrivait, la blonde sentait son regard se durcir inexorablement,  donnant au doux bleu aigue-marine de ses prunelles l’éclat métallique d’une arme. Elle n’avait pas sa baguette à portée, et franchement elle n’en avait pas besoin. Son premier réflexe étant de gifler  abruptement Daemon, elle y avait peut-être été un peu fort, mais elle n’avait pu se contenir. S’il avait fait ça juste avant, pendant qu’elle jouait avec ses boutons de chemises, elle l’aurait très certainement repoussé en douceur. Mais là, prise en traite, elle n’était soudainement plus d’humeur joueuse. Reculant d’un pas, la mâchoire serrée, son cœur faisant de nouveaux bonds dans sa cage thoracique, elle n’essayait même plus de recouvrir son calme.  Elle était  hors d’elle, mais trouva la force nécessaire pour fulminer sans se repeindre en invectives.


« JAMAIS ! Tu entends ? Plus jamais tu ne m’approches de la sorte sans mon consentement ! »

Son teint de porcelaine arborait des couleurs qu’elle n’aimait pas. Et même si elle pouvait mentir et dire que c’était sous l’effet de la colère, elle savait parfaitement qu’elle ne rougissait pas uniquement suite à ce coup de sang. Daemon n’avait en soit rien fait de préjudiciable, sauf que son simple geste de main dans sa nuque lui avait donné des frissons, son bras au tour de sa taille l’avait perturbée, son souffle chaud sur ses lèvres avait activé ses sens et sa caresse dans son cou l’avait troublée. Autant être franche. Elle, si peu habituée au rapprochement physique avec un garçon, avait du mal à rebondir et faire comme si de rien n’était. Fort heureusement l’agressivité avait pris le dessus sur son bouleversement. Et si elle ne pouvait pas empêcher Daemon de constater la couleur de ses joues, elle pouvait non sans mal intimer à ce dernier qu’il n’avait pas intérêt à réitérer.

Muffin avait cessé de ronronner, tournicotant entre les jambes des deux adolescents, demandant d’un miaulement hésitant, ce qui se passait. Elhiya ne lui adressa même pas un regard, ce n’était pas le moment, elle se contentait  de regarder froidement le brun. Sa réaction était excessive, elle le savait, mais aucune excuse ne sortirait de sa bouche, à la place, un mot, un seul franchi sèchement la barrière de ses lèvres.


« Gryffondor ? »

Dédaigneux, voilà le mot qui pouvait décrire le timbre de voix  correspondant à cette question.  Ce n’était pas volontaire, juste une manœuvre d’évitement récurrente.  En acceptant de répondre à ses provocations, elle avait fini par oublier  de lui demander d’où il venait. Tout simplement car habituellement, la blonde n’avait que faire des stéréotypes qui berçaient les diverses couleurs de Poudlard. Pourtant, là, toujours en proie à une colère noire, elle ne put s’empêcher de faire le rapprochement avec les élèves de cette maison qui se croyaient de manière général tout permis. C’était un affreux cliché, car elle savait pertinemment que ni Sid, ni Aria, ni Loredana n’étaient comme ça. Pourtant ils étaient rouge également. Sans un mot de plus, comme si cette question concluait toute discussion possible, l’écailleuse toisa durement le brun.
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