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Petit moment a deux
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Ulysse Daiklan
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Re: Petit moment a deux

Message par : Ulysse Daiklan, Lun 29 Oct 2018 - 23:28



L.A Jade ♥




Un simple mordillement de lèvre qui fait apparaître un éclat que je peux sentir dans mes yeux. Sourire mutin alors que j’écoutais ce sa réponse. Pourquoi je l’embêterais hein ? Je réponds d’un simple haussement d’épaule. Qui sait, elle aurait pu être dans des recherches avancées pour diriger le monde en tant que Madame La Ministre de la Magie. Ce qu’elle pourrait totalement faire, j’en suis sûr.

Je fais la moue à sa nouvelle phrase. Des choses que l’on n’arrive pas à mettre de côté hein ? Je ne peux que comprendre au vu des derniers mois. Des cernes, et des insomnies. Des images qui reviennent, des interrogations et des peurs. Rien de plus normal après tout. Tout dépends de la notion de normalité. Je réfléchis quelques secondes avant de répondre à sa demande, détournant doucement les yeux.  

- Un peu pareil. Je suppose que tout ne peut pas être juste mis de côté, donc autant faire avec.

Je regarde le ciel, ou plutôt les branches d’arbres qui se balancent au fil du vent. Le silence autour, je pourrais presque en oublier le reste du monde dans cette petite bulle. Puis le contact, dans mes cheveux qui me donne un frisson presque immédiat. Je tourne la tête vers Jade, un sourire sur les lèvres. Je pourrais presque ronronner là, mais on va éviter, ce serait étrange pour un humain.

Le contact était simple, naturel. Quand les choses étaient-elle devenues aussi simple avec elle ? Je me souviens que les débuts étaient compliqués. Euphémisme, elle m’avait carrément envoyé ch*er lorsque j’avais osé lui parler du cauchemar. Cauchemars que nous avions eu en commun d’ailleurs, je ne serais toujours pas expliquer comment. C’était quelques jours avant. Avant cet éventement. Quand tout était plus simple. Et là, je retourne un peu à ce moment. Où tout était plus simple.

Sa question, me fait un peu plus sourire. Normal qu’elle l’ignorait. Moi-même je l’ignorais jusqu’à ce que la voix dans ma tête semble vouloir m’imposer cette idée farfelue. Puis il y avait Azénor, qui avait toujours été de bon conseil, donc j’avais décidé de l’écouter. Comme toujours.

- Quelques semaines environ. J’ai parlé à Azénor de mon projet de devenir animagus, elle m’a conseillé la méditation en premier. Donc j’ai commencé par là.

Projet dont je n’avais pas parlé à Jade d’ailleurs. Ni à Lhiya. Ni à personne à part ma mentor en fait je crois. Je fronce les sourcils en constatant à quel point je ne parle pas souvent de ce genre de choses. Puis la moue de l’Italienne me redonne immédiatement le sourire. Tout comme sa question.

- Je t’avoue que c’est compliqué. Au début, t’essaye de penser à rien. Alors tu penses que tu ne penses à rien. Alors tu te dis que penser que tu dois penser à ne penser à rien, bah c’est déjà quelque chose. Puis tu essaye de te souvenir dans quel livre il y avait les meilleures explications. Et là, tu réalise que t’as pas médité du tout, c’est assez frustrant. Mais j’ai trouvé l’astuce, et je suis sûre que tu pourrais y arriver.

Une mine joueuse sur le visage je fixe la demoiselle qui me fait face. Je pèse le pour et le contre. Pourquoi est-elle aussi peu sûre d’elle-même ? C’est quand même dommage ça. Alors que si j’y arrive, elle doit y arriver, c’est de la pure logique. Je plisse doucement les yeux.

- Tu veux essayer ? Si tu dis oui, tu pourras me demander ce que tu veux à la fin.


Je fais ma meilleure tête d’ange. Avant de prendre sa main dans la mienne, et de m’assoir. Un grand sourire sur les lèvres, je regarde la blonde, droit dans les yeux. J’ai jamais essayé de partager ma technique sur quelqu’un d’autre pour voir si ça fonctionne, mais autant essayer.

- Tu me fais confiance ? Alors ferme les yeux.

J’attends qu’elle le fasse. D’ailleurs, je ne sais pas trop pourquoi elle m’a écouté au lieu de m’assommer avec son livre mais bon. Je laisse le silence s’installer doucement, caressant sa main du bout du pouce à intervalles réguliers. Puis je me rapproche doucement d’elle, parlant plus bas mais de façon ç ce qu’elle m’entende. Une voix plus posée qu’avant.

- Ok, c’est bien comme ça. D’abord, tu dois te concentrer sur ta respiration. Pas comme si tu essayais de la maîtriser, plutôt comme si tu l’observais, en la laissant faire son boulot toute seule.

J’attends. Laissant mon pouce garder son rythme. Quelques minutes, à peine. Je l’observe, un sourire en coin. De loin je dois avoir l’air d’un psychopathe à sourire à une fille qui a les yeux totalement fermés. Je pourrais totalement l’embrasser là, maintenant. Mais je crois que ce serait contre-productif. Toujours sur un nombre pair du rythme, je reprends la parole, toujours aussi bas.

- Parfait. Maintenant, tu va essayer d’imaginer l’espace, avec toutes les étoiles. Tu flotte. Puis devant toi se trouve un trou noir. Lentement il approche vers toi. N’ait pas peur, juste attends qu’il arrive. A ton rythme. Puis tu va te sentir aspirée dedans, avant de te retrouver dans le vide complet. Tu oublies les sensations, comme un fourmillement là où tu touchais quelque chose avant. Ma voix se fait de plus en plus lointaine. Les images commenceront à venir d’elle-même lorsque tu te sentira seule avec toi-même.

Elle doit me prendre pour un fou. Et pourtant ça marche. Jamais longtemps avec moi, les images qui m’apparaissent me faisant immédiatement revenir à moi-même. Mais bon. Mon pouce n’arrête pas sa danse. Autant, ça n’a pas marché du tout et elle attend juste mon signal pour arrêter le carnage, je ne sais pas. Je fais la moue à cette idée. Deux minutes où je compte les allers-retours de mon doigt sur sa peau toute douce. Un, deux. Un, deux. Un, deux. Patiemment, j’attends. Je l’observe, sans qu’elle ne puisse le voir. Je reprends la parole toujours aussi doucement.

- Une fois que tu as finis et que tu veux revenir, il faut que tu t’imagine faire le chemin inverse. Comme si une corde dans ton dos t’attirait de nouveau en dehors du trou noir. Puis tu entends ta respiration. Puis tu pourras ouvrir les yeux.

Je me mords la lèvre, attendant qu’elle ouvre les yeux. C’est sûr elle me prend pour un fou. Elle va faire une lettre à Aaron pour me faire enfermer à sainte Mangouste. Regard prudent, toujours en me mordillant la lèvre je recommence à parler. Encore.

- Alors ?

Je fais la tête de l’enfant qui va se faire engueuler. Je n’ai pas lâché sa main, bien que l’exercice soit finit, jouant nerveusement avec ses bracelets. Je sais pas du tout ce que ça va donner. Et en plus elle a le droit de me demander ce qu’elle veut. Bon c’est pas ce qui m’inquiète le plus, mais quand même un peu. Imaginez, elle me regarde et me sort un gros « T’as pensé à te faire soigner ? ». L’enfer. Quoi qu’elle est si chou que j’aurais du mal à l’imaginer faire ça. Pitié, si elle m’insulte faites qu’elle le fasse en Italien. Ce sera toujours aussi violent mais le taux de mignonnitude fera bien mieux passer la pilule. Je tente un sourire timide. Alors ?

 

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Jade Wilder
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Re: Petit moment a deux

Message par : Jade Wilder, Jeu 1 Nov 2018 - 21:10


C'est drôle, à cet instant, Jade se sentait un peu plus proche d'Ulysse. Ils s'étaient déjà rapprochés ces derniers temps, parlant bien plus qu'avant. En même temps, elle avait aussi apprit à accepter que quelqu'un puisse l'apprécier, du moins un minimum et pourtant... il y avait encore bien des peurs qui restaient cachées dans leur tanière mais qui étaient bel et bien présentes. Si elles se cachaient, c'était pour ne pas avoir à parler, à avouer et être déçues ensuite. Ou peut-être que c'était juste elle qui avait peur d'être déçue et cachait ce qui la hantait. Certainement.

Mais là, juste à ce moment là, la pression se faisait moins importante. Juste un moment de calme, où tout pouvait être simple dans un monde où rien ne l'est jamais. Où l'injustice règne avant tout, parce-qu'il n'y a que ça pour faire tourner le Monde. Pas dans cette petite bulle, créée à la va-vite, probablement fragile mais qui tenait. Cela tombait bien, ils étaient dans un coin que les autres élèves n'avaient pas encore envahit, peut-être que cette bulle allait pouvoir survivre un peu plus longtemps.

- Un peu pareil. Je suppose que tout ne peut pas être juste mis de côté, donc autant faire avec.

Le regard de la jeune fille se posa sur le gryffon. C'était presque amusant à quel point il pouvait avoir une attitude enfantine parfois et sérieuse à d'autres moments. Elle aurait aimé pouvoir conjuguer les deux, elle aussi. Retrouver l'innocence et l'insouciance qu'elle avait avant. Elle avait remarqué qu'Ulysse semblait plus... préoccupé, depuis quelques temps. Bien entendu, elle n'avait jamais osé poser la question pour des raisons qui la dépassaient. La peur de déranger, de dire ou faire n'importe quoi... mais aussi, la peur de s'attacher. Et pourtant, c'était déjà fait. Heureusement ou malheureusement ? Pour le moment, l'adolescente était dans l'incapacité de répondre à cette question. C'était peut-être l'occasion de lui demander, alors. Et comme toujours, aucun son ne sortit de sa bouche, seul un hochement de tête, montrant qu'elle comprenait. Oh oui, elle ne pouvait que comprendre. Continuer sa vie comme si de rien n'était, alors qu'un tout autre scénario avait lieu il y a peu encore... la vie change à une vitesse folle. Sans doute trop vite pour l'être humain d'ailleurs.

La méditation pouvait-elle être un remède ? Ou au moins un début de remède ? Pour elle, ça semblait compromis, n'ayant jamais été très réceptive à ce genre de chose. A chaque fois qu'elle avait essayé de ne rien faire, de se retrouver seule avec elle-même, elle avait paniqué plus que de raison et retrouver son calme n'était pas aisé. Elle admirait beaucoup les gens qui en étaient capables car elle... sans doute pas.

- Quelques semaines environ. J’ai parlé à Azénor de mon projet de devenir animagus, elle m’a conseillé la méditation en premier. Donc j’ai commencé par là.

Regard interrogateur, tandis que les lèvres de la blondinette s'entrouvraient, des questions se bousculant sans qu'elle ne les prononce directement. Azénor ? Il la connaissait bien ? Est-ce que... est-ce qu'elle aurait pu lui parler de leur entretien ? Non, sans doute pas. Question numéro 1, c'est réglé. Enfin presque. Pour la seconde question, c'était plus corsé déjà. Les Animagus fascinaient la blondinette, vraiment. Cela lui semblait presque irréel et pourtant, elle avait lu tant de choses sur eux et vue une personne se transformer sous ses yeux. Impressionnant et difficile à comprendre quand on a été élevée dans l'optique que ce genre de chose est impossible, même en ayant déjà découvert la magie. Là encore, elle ne savait pas qu'Ulysse projetait de devenir animagus. C'était du travail d'après ce qu'elle avait lu. En revanche, elle ne doutait pas qu'il réussisse, bien au contraire. Elle l'avait vu têtu et acharné, nul doute que pour ça il le serait également.

S'ensuivit une description de la méditation made in Ulysse Daiklan. A cet instant précis, Jade aurait pu éclater de rire, car ce qu'il disait était non seulement totalement vrai, mais en plus dit avec tant d'aisance dans son absurdité que s'en était drôle. Seul un sourire prit place, amusé, pas moqueur. Jusqu'à ce qu'il émette une hypothèse dont il ne savait rien. Elle, arriver à méditer ? Cette possibilité était encore plus drôle que le reste. Elle avait beau être studieuse, elle se concentrait toujours sur quelque chose d'extérieur, pas sur elle-même. C'était ce "elle-même" qui se montrait problématique.

- Tu veux essayer ? Si tu dis oui, tu pourras me demander ce que tu veux à la fin.

Regardez moi cette bouille d'ange... Le pire, c'est qu'il parvenait à l'attendrir à partir de rien. Elle savait pourtant, qu'elle ne devait pas s'attacher, pas céder à ce regard de chaton qui attend ses câlins. Elle le savait, mais ne pouvait pas en tenir compte. En même temps, la promesse due était attirante également, parce-qu'elle avait tant de choses à lui demander. Des choses qu'elle n'arriverait jamais à prononcer, pas comme ça, pas... jamais. Elle était ridicule. Se mordant la lèvre, sceptique, la blondinette ne savait pas quoi faire. Refuser, c'était le décevoir, pas envie. Accepter, c'était se lancer dans quelque chose qui l'avait souvent déstabilisée. Et ça, elle ne pouvait vraiment pas en ce moment. Entre temps, Ulysse s'était redressé, assis en face d'elle.

- Tu me fais confiance ? Alors ferme les yeux.

Aw. Ok, cette fois elle craquait. Bien sûr qu'elle lui faisait confiance, sans doute beaucoup trop pour sa santé mentale, mais oui. Elle lui faisait confiance. Il était temps qu'elle lâche un peu du lest pour une fois... ou en tout cas, qu'elle essaye de lâcher du lest.

- D'accord... je te fais confiance.

Sourire, sincère, avant qu'elle ne ferme les yeux. Le pire étant que ça n'avait pas été difficile à dire, ni à penser, parce-que c'était bel et bien le cas. Comment, c'était une très bonne question, car jamais la jeune fille n'aurait cru pouvoir dire ça à quelqu'un aussi facilement. Quand était la dernière fois ? Avec Shela, peut-être et c'était il y a un moment déjà, sans compter que la verte avait galéré avant d'avoir cette confiance. En même temps, Ulysse également... Bon, il était temps de se lancer. Désormais, elle ne pouvait plus reculer et d'un côté... elle était curieuse. Voilà, c'est dit.

Inspirant doucement, Jade finit enfin par fermer les yeux. Rien que ça, c'était quelque chose pour elle. Une perte de contrôle, laissée entre les mains d'un autre. Se faire confiance à elle-même était cependant plus difficile que faire confiance à ce garçon. pour une fois, ça lui serait utile. Respirant doucement, la jeune fille s'efforça de se concentrer pour calmer les battements de son cœur. Voilà qui n'était pas une tâche facile, allez savoir pourquoi. Mais elle essayait.

- Ok, c’est bien comme ça. D’abord, tu dois te concentrer sur ta respiration. Pas comme si tu essayais de la maîtriser, plutôt comme si tu l’observais, en la laissant faire son boulot toute seule.

Ah voilà, on y venait. Sauf que c'était différent de ce dont elle avait l'habitude. Maîtriser, c'était son truc. Elle avait besoin d'avoir la main sur le frein pour être sûre de freiner à temps. Lâcher prise, ça signifiait uniquement qu'elle se mettait en dangers à ses yeux. Et comment était-elle sensée faire le vide, alors qu'il était tout proche. Elle sentait son coeur battre si fort qu'il pouvait sans doute le sentir lui-même, vraiment. Pourtant, elle fit de son mieux pour se calmer et faire ce qu'il disait. Mais à chaque fois qu'elle pensait qu'il ne fallait pas y penser, bah elle y pensait quand même. Exactement comme il avait dit quelques minutes plus tôt, ironiquement. Sa respiration avait au moins le mérite de rester calme par rapport aux battements de son coeur, véritable tambour dans sa cage thoracique et ce grâce à une seule chose: sa main. Ce petit contact qu'il faisait sur le dos de sa main la calmait, l'apaisait. Voilà bien quelque chose d'inédit, mais ce qui l'était plus encore, c'était qu'un tel contact ait lieu entre eux. Sachant qu'elle ne laissait quasiment jamais personne la toucher, le calcul était vite fait...

- Parfait. Maintenant, tu va essayer d’imaginer l’espace, avec toutes les étoiles. Tu flotte. Puis devant toi se trouve un trou noir. Lentement il approche vers toi. N’ait pas peur, juste attends qu’il arrive. A ton rythme. Puis tu va te sentir aspirée dedans, avant de te retrouver dans le vide complet. Tu oublies les sensations, comme un fourmillement là où tu touchais quelque chose avant. Ma voix se fait de plus en plus lointaine. Les images commenceront à venir d’elle-même lorsque tu te sentira seule avec toi-même.

Il était temps qu'elle arrête de penser à tout ce qui l'entourait, tout ce qui la hantait. Ça n'était pas gagné. Mais de son mieux, elle se laissait porter par la voix masculine, toute proche. Elle avait du mal à visualiser ce qu'il disait, en faisant une figuration plus qu'autre chose et perdant alors tout relâchement. Pourtant de l'extérieur, elle le sentait, son corps se détendait doucement, comme bercé par cette voix qui lui parlait calmement, posément. Jamais on ne lui parlait comme ça, ça faisait... du bien. Après un moment, Jade comprit ce qu'il se passait. Elle était bien loin du compte, de ce qu'il lui avait décrit, mais elle était bien. Les seuls instants qui lui étaient accordés de cette manière, c'était quand elle écoutait de la musique, seule. Autrement dit, Ulysse ne pouvait la pousser à laisser de côté ses craintes et ses doutes, mais il était capable de la détendre, la calmer et personne n'avait jamais réussit ça auparavant.

- Une fois que tu as finis et que tu veux revenir, il faut que tu t’imagine faire le chemin inverse. Comme si une corde dans ton dos t’attirait de nouveau en dehors du trou noir. Puis tu entends ta respiration. Puis tu pourras ouvrir les yeux.

Elle l'entendait à peine, ou plutôt, de très loin. Et même si elle n'était sans doute pas parvenue à ce qu'il souhaitait de base, l'Italienne n'avait aucune envie de "revenir". Elle était bien là, simplement bercée par un geste somme toute banal, mais pas pour elle. Par une voix calme, somme toute banale, mais pas pour elle. Tout reposait là dessus, visiblement. Tout reposait sur lui. Pas sur ce qu'elle était capable de faire, mais sur lui. C'était agréable, si agréable que s'en était grisant. Elle aurait pu s'endormir, là. Mais elle n'en fit rien, parce-que ça aurait signifié ne plus l'entendre comme elle l'entendait.

- Alors ?

C'était vraiment obligé ? Sans doute allait-il penser qu'elle se foutait de lui si elle ne rouvrait pas les yeux. Alors, sans répondre dans un premier temps, elle rouvrit les yeux après une ou deux minutes, tombant directement sur ses yeux à lui. Il attendait une réponse, normal après tout. Aussitôt, elle sourit, posant les yeux sur sa main tenant toujours la sienne. Elle n'avait pas envie que ce contact se termine, il était trop agréable. En attendant, elle releva les yeux vers lui, penchant doucement la tête.

- Alors je suis un cas désespéré, désolée...

Sourire véritablement désolé, parce-qu'il avait essayé et fait de son mieux, c'était elle qui avait un vrai problème. Se retrouver face à soi-même, c'était également se retrouver face à ses problèmes et ça la terrifiait. Sans doute que son cerveau lui mettait un gros stop et lui ordonnait de reculer quand elle essayait. Cependant...

- Je n'ai pas réussi, je n'arrive pas à... abandonner mes défenses, je crois. Sans mes barrières, j'ai peur de ce que je vais trouver, de ce que je vais... comprendre. Ce n'est pas ta faute.

Elle le fixait intensément.

- Tu as réussi autre chose. Je me sentais... bien. Détendue. Je ne sais pas comment te l'expliquer mais ta voix me calmait. Si bien que je n'avais pas envie de rouvrir les yeux.

Un rire nerveux lui échappa, alors que de sa main libre, elle remettait une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle était ridicule. Lentement, sa tête se baissa.

- Désolée, tu dois me prendre pour une folle...

Et il aurait probablement raison. Elle était tellement étrange, tellement en décalage avec les autres adolescents de son âge, ça ne devait pas être normal, elle devait avoir quelque chose qui clochait quelque part. C'était la réponse la plus logique après tout.
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Re: Petit moment a deux

Message par : Ulysse Daiklan, Mer 21 Nov 2018 - 0:04


L.A Jade ♥




Une minute ou deux, les notes d’une chanson oubliée auraient eu le temps de défiler dans mon esprit d’ici là. J’attends toujours nerveusement le verdict. Imaginez, elle ne répond même pas, juste un regard chelou avant de se lever et partir à reculons ? Je crois que je ne saurais pas comment réagir dans ce genre de cas. Ce serait problématique.

Mais ça va. Au bout d’un long moment, je la vois ouvrir les yeux. Puis sourire. C’est bon signe ça non ? Inconsciemment mon corps se détend. Elle regarde nos mains, sans esquisser le moindre mouvement pour enlever la sienne. Elle penche la tête, j’esquisse une moue, ne sachant trop ce qu’elle va dire. Puis après écoute, je fronce les sourcils. Elle un cas désespéré ? J’espère qu’elle ne le pense pas sérieusement.

- Tu es loin d’être un cas désespéré Jade Wilder. Dans tout les livres que j’ai lu ils disaient que c’était normal de ne pas y arriver la première fois.


Donc tu ne commences pas à te rabaisser ok ?

Bon je n’ai pas rajouté ça, mais je l’ai pensé très fort et fait passer par un sourire en coin et un levé de sourcil. Elle enchaînât, je l’écoutais. Je comprenais trop bien la sensation de peur de ce que l’on va trouver. Une vérité que j’enterre depuis des mois sous cernes et insomnies, comme si c’était la seule solution possible.

Elle me fixait, son regard plongé dans le miens, tandis que j’essayais de décrypter quelque chose dans ses prunelles. Qu’est-ce qu’elle aurait peur de savoir ? Quels secrets peuvent se cacher sous ses boucles blondes et cet accent ? D’ailleurs, comment une demoiselle Italienne est arrivée à Poudlard ? Une fraction de seconde le froncement de sourcils réapparaît. Je ne connais pas grand-chose d’elle en fait.

Je sais qu’elle est jolie – mais toute personne l’ayant croisé le sait aussi -, qu’elle a un accent charmant – mais toute personne l’ayant écouté le sait aussi -, qu’elle pourrait passer plusieurs heures sur un parchemin pour que tout soit parfait selon ce qu’elle attends, à la virgule près. Je sais qu’elle est plus fragile qu’elle ne veut le montrer. Bon déjà parce qu’elle me l’a dit il y a littéralement deux secondes, mais aussi grâce aux cours de l’autre cougar (pour une fois qu’elle sert à quelque chose elle). Qui aurait crû que la préfète indémontable des Poufsouffle pouvait se laisser atteindre de cette manière ? Vous me direz, c’est une Pouffy justement, donc attaquez-vous à leur capacité et c’est la fin. Faites-leur un câlin et c’est repartit. Oh. J’ai envie de la prendre dans mes bras du coup, c’est malin.

Le temps de ma réflexion, elle recommençât à parler. Mon regard s’attendrit automatiquement en écoutant ce qu’elle disait. Un sourire apparaissait sur mon visage, ne sachant que répondre. Y’avait-il au moins quelque chose à répondre ? A part me mordre la lèvre inférieure sans m’en rendre compte, je ne réagissais pas.

Je caressais doucement sa main du bout du pouce, comme lors de l’essai. Inconsciemment. Je la regardais, simplement. Un réchauffement de cœur sauvage apparût lorsqu’elle laissât son rire échapper, avant de s’arrêter un instant. Un geste, une simple mèche remise, comme un arrêt dans le temps.

Je ne comprenais pas d’où venais ces excuses. Pourquoi je la prendrais pour une folle ? Bien au contraire. J’ai tiré une gueule bizarre pour qu’elle dise ça ? Peut-être mon absence de réponse, ça fait qu’elle croit que je vais partir, comme j’en avait peur juste avant. Je me penche doucement vers sa joue et pose un bisou dessus, essayant de capter son regard en me penchant dans la trajectoire de ses yeux baissés.

- Pas du tout.

Je me redressais avant d’avancer la main vers son menton et lui faire doucement relever la tête, qui était tout d’un coup bien plus proche de la mienne. Mon regard encré dans le sien, et la mine terriblement sérieuse je cherchais mes mots. Quoi dire, quoi faire ? Comment la rassurer ? Je ne veux pas qu’elle pense devoir se cacher chaque fois qu’elle me parle sincèrement. Je ne veux vraiment pas. Je soupire et recommence à parler.

- Arrête de te dévaloriser comme ça. Je ne te prends pas pour une folle et je suis sûre que si tu t’entraînais sérieusement tu pourrais méditer en quelques semaines, voir jours. Capisce ? Puis t’as pas à garder tes ‘’défenses’’ comme tu dis. Pas avec moi.

Je sens mon cœur battre doucement, avant de laisser ma main retomber le long de son bras avec un sourire faible mais sincère. J’espère au moins qu’elle sait que je suis sincère. Et pas qu’elle va redoubler de défense en croyant que je vais juste jouer avec elle ou quoi.

J’ai déjà vécu ça une fois, je ne supporterais pas de le vivre une seconde fois. Voir quelqu’un de cher à mon cœur partir parce qu’elle ne me fait pas confiance, qu’elle garde ses doutes et ses peurs pour elle. Je le vivrais mal je crois. Pourquoi les filles ont-elles toujours une carapace ? Cette chose impossible à percer, qui les empêches de laisser sortir leurs mots et leurs sentiments tant qu’elles ne sont pas en colère ? Si Violet m’avait parlée de tout ça avant de.. D’exploser, peut-être que ça n’aurait pas fait autant de dégâts justement. Et en imaginant que la même chose se reproduise avec Jade je sens mon estomac se retourner.

Je ravale ma salive, toujours plongée dans son regard. J’espère vraiment qu’elle a compris que j’étais sincère.  


 

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Jade Wilder
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Re: Petit moment a deux

Message par : Jade Wilder, Sam 8 Déc 2018 - 17:20


Aux yeux de Jade, se décrire était une tâche très compliquée. Pas forcément au niveau des défauts, ça elle était une championne historique pour s'en trouver, en revanche ce n'était pas la même chanson pour les qualités... Passons, l'un de ses défauts, c'est qu'elle était têtue. Une idée dans la tête et il était presque impossible de l'en défaire, souvent mis à mal puisqu'il s'agissait rarement de bonnes choses. Comme ces derniers temps justement, où elle était persuadée d'être une incapable ne méritant absolument pas la place qu'on lui avait offerte à l'école de magie. Bien sûr, ça n'avait pas été une idée acquise toute seule en un clin d'oeil. Les cours l'avaient confortée dans cette conviction décourageante, tout comme certains professeurs ou certains évènements. Au final, c'était une tempête qui grondait au loin depuis bien longtemps et que le soleil n'avait pu repousser éternellement. Combien de temps avant que l'orage ne fasse tomber les éclairs qui détruisent et brisent ? La question pouvait se poser, mais la réponse restait très confuse. En attendant, la simple pluie ne l'aidait pas non plus. Bien sûr qu'elle était un cas désespéré, Ulysse ne se rendait pas compte à quel point. Sans doute qu'en prenant conscience de tout ce qu'elle avait dans la tête, de tout ce dont elle doutait, il fuirait lui aussi. C'était logique après tout, les gens s'approchaient, tentaient de découvrir ce qui se cachait au delà du masque et s'en allaient, ou mouraient. Dans les deux cas, ce n'était pas quelque chose qu'elle souhaitait pour lui, il ne méritait pas ça.

Quelle égoïste elle était, en ne révélant pas la réalité des choses maintenant avant que ça ne soit trop tard. Et pourtant, impossible de penser autrement qu'en se disant qu'elle n'avait pas envie de le perdre, tout simplement. Souhait puéril, guidé par des sentiments qu'elle s'était toujours interdit et qui avaient prouvé un fondement instable peu de temps auparavant. Pourquoi s'accrocher à une utopie ? Parce-qu'elle n'avait que ça. Parce-que ça lui faisait du bien d'être pour une fois normale aux yeux de quelqu'un.

Ne pas savoir quoi répondre, garder le silence sans savoir si ça valait la peine d'expliquer. C'était difficile, d'expliquer. Surtout quand on est incapable de mettre des mots sur des sentiments, de dire ce qui ne va pas, ce qui torture de façon insidieuse. Une honte que de désirer quelque chose d'impossible. C'était déjà improbable avant et elle avait depuis eu des preuves que les rêves n'étaient que des rêves. S'acharner ne servait à rien et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de le faire. D'esquisser un sourire qui se voulait rassurant pour le Gryffondor, comme si tout allait bien alors que c'était la tempête qui régnait dans sa tête. La vérité était cruelle, il l'aidait beaucoup. Depuis le début de leurs échanges, les choses avaient évolué dans un sens qu'elle n'aurait jamais pu présager. Et à présent, elle était attachée à ce garçon, ses paroles lui mettaient du baume au coeur et elle aimait à passer du temps auprès de lui. Elle, la fille si solitaire, trouvait du bonheur à ses discussions avec quelqu'un d'autre. Ces moments, ces contacts, même ces paroles qui voulaient dire tout et son contraire. Ça lui faisait du bien, tout simplement. Une dernière chose gnangnan à ajouter au tableau ? La façon avec laquelle il l'observait. Une façon bien particulière, qui ne pouvait que toucher un peu plus son coeur. Mais bon sang, qu'est-ce qu'il lui prenait...

A force de temps et d'évènements, Jade avait prit l'habitude de s'attendre au pire. Toujours. Le plus ironique étant que la plupart du temps, ça la forçait à ne pas vivre sa vie comme elle l'aurait souhaité, mais comme elle y était obligée. Se privant certainement de meilleurs moments, de ce dont elle avait vraiment envie, au final. Mais avait-elle vraiment le choix ? Voir partir les autres étaient une habitude, elle était même certaine à cet instant de faire fuir le Gryffon avec de simples mots, aussi sincères soient-ils. C'était peut-être ça le vrai problème, qu'elle soit elle-même.

Parallèlement, ce n'était qu'avec ces mêmes personnes dont elle avait si peur de la fuite que naissait aussi cette envie d'être soi. Cette spontanéité qui lui faisait peur et la soulageait d'un poids à la fois. Oppositions et rapprochements conséquents, difficile de s'y retrouver dans tout ça. De trouver une voie, bonne à prendre, sans trop de risques. Est-ce qu'elle existait au moins ? Là tout de suite, le plus simple serait sans doute de quitter les lieux tout simplement et de laisser un souvenir agréable s'évaporer sous les folles bourrasques, restant cependant au coeur de son esprit, de ses souvenirs. Ça n'aurait été que logique, sa logique, mais rien que d'envisager cette possibilité lui donnait mal au coeur. Alors elle ne bougeait pas, prenait le risque tout en l'appréhendant, sans l'assumer vraiment. M'enfin attendons un peu, qui sait ce qui allait se passer ensuite, à ses yeux il était évident qu'Ulysse finirait par la trouver trop bizarre, pas assez joyeuse, trop timide, pas assez honnête. Je vous l'ai dis, trouver des défauts était plus simple que dénicher des compliments. Un mouvement, suivit peu après d'un contact contre la joue, douceur qui ne laisse pas indifférent et qui colore à nouveau les joues, comme si la promesse de l'arc-en-ciel n'était réservée qu'à ce garçon.

- Pas du tout.

Relever alors les yeux, vers un regard ancré au sien. Un regard qui, l'espace de quelques instants, figea le reste du Monde pour ne se concentrer que sur l'essentiel. Drôle de sensation, frisson qui n'a point d'origine connue alors que les visages sont bien plus proches que ce que la prudence autorise. Son coeur battait, sans qu'elle n'ose ou n'ait envie de s'écarter. La prudence l'ennuyait alors.

- Arrête de te dévaloriser comme ça. Je ne te prends pas pour une folle et je suis sûre que si tu t’entraînais sérieusement tu pourrais méditer en quelques semaines, voir jours. Capisce ? Puis t’as pas à garder tes ‘’défenses’’ comme tu dis. Pas avec moi.

Difficile de trouver ses mots, de savoir avec quels moyens agrémenter les idées qui germaient dans son esprit. La fuite n'était définitivement plus envisageable, ça lui était tout simplement impossible. Mais que faire alors, tandis que le contact qu'il avait installé se rompait doucement. Plus que les paroles, regretter cette absence soudain pesante. Beaucoup plus qu'elle ne l'aurait dû. Un sortilège doux-amer qui ne laisse pas indifférent. Il avait l'air sincère, comment allier cette constatation avec tout le reste ? La plupart des choses étaient cohérentes, montraient là aussi qu'il ne la prenait pas pour une idiote... Et puis il y avait eu ce cours. Cours où elle était passée d'un bonheur jamais ressentit à une déception auquel son coeur était bien trop habitué sans pour autant que ça soit dans cette même situation. Comment exprimer tout ça, expliquer tout ça, comment donner un minimum d'apparence normale à ses pensées ? Et alors que ces paroles la touchaient bien plus qu'elle n'osait l'exprimer, quelque chose d'autre prit le pas. Quelque chose qu'elle ne parvint à contrôler.

- Pourquoi...

Détourner le regard, pour en cacher les débordements, eau salée qui ne venait pas des eaux déchainées mais de sentiments désordonnés. Non non non, elle ne pouvait pas craquer maintenant, elle n'avait pas le droit surtout. Secouer la tête pour occulter ce qu'il était impossible d'accepter, pour preuve, elle n'y parvint pas et prit sa tête entre ses mains.

- Tu ne comprends pas ce que je...

Impossibilité de finir cette phrase, de justifier pourquoi elle craquait. Avoir peur de le blesser alors qu'elle ne voulait que comprendre et en soi, soulager sa conscience. Avoir une réponse concrète qui anéantirait définitivement ses espoirs pour essayer de guérir ensuite et de repartir comme on peut. Plus elle entretenait cet espoir et plus la chute serait difficile alors autant crever l'abcès dès maintenant... Ça, c'était son cerveau. Son coeur lui, aurait préféré conserver l'illusion un peu plus longtemps. Inspirer lentement, faire rouler les perles en dehors des joues dans l'espoir d'un minimum de dignité. Et le regarder sans détour cette fois, pour feindre un courage qu'elle ne possédait en rien.

- Tu es amoureux d'Elhiya...

Flashs souvenirs, des regards et des échanges, un baiser et des mots tendres, chainons qui s'imbriquent parfaitement jusqu'à ce qu'elle comprenne et ne chute. Préférer cette formulation à "tu sors avec cette fille là, pas avec moi". Et ne pas ajouter "pas de moi" malgré qu'on le pense si fort. Il y avait une certaine forme de jalousie oui, qu'elle s'efforçait de conserver au fond de son coeur pour ne pas gâcher les choses. Et alors, qu'était-elle en train de faire là ? Mais ce besoin de réponse était plus fort, prête à ce que, comme prévu, la tempête se déchaine et détruise tout.
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