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Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante
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Re: Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

Message par : Invité, Mar 01 Mai 2018, 21:04



Se faire luthier ou musicien.ne en tirant sur les cordes. L’archet est la volonté, les cordes vocales l’instrument. L’imagination comme seule technique. Il y avait des mots à dire et à penser, mais n’être pas là pour abuser de l’Enfant. Simplement donner une leçon : un avant-goût de la puissance des esprits, sans pour autant la faire fuir.
Alors qu’elle tente de s’armer pour lui faire face. Le raffut des souvenirs et des pensées, comme une mer qui gronde mais à qui l’on refuse l’expression de sa sauvagerie, de sa puissance. Quelque chose d’océanique dans cet être. Caché sous les flots et les remous, le sel et les algues. Plus profondément, dans les abysses de l’être, l’épine primordiale de la pensée. Pouvoir la toucher la retirer, en rester loin, de cette intimité. S’être déjà positionné comme présence bien trop… Occupante. Place forte. Gepetto. Pygmalion. Marionnettiste et elle douce poupée au visage adolescent dont le dernier cri ne demande que la corruption.

Un rire qui s’échappe, entre ses lèvres bombées. Un rire venant de l’Ombre qui doucement se rétracte, retrouve sa voix, quitte ce corps enfantin tandis que deux mains gantées viennent encadrer son visage de poupée passive… Pas tant que cela, finalement. Avoir senti la volonté. Voir ce qu’on voulait y voir. Satisfaction.
Leçon susurrée, en récompense, sur le ton du secret, dans cette caresse des joues et des tempes et des pommettes : presque maternel. Presque pour rassurer :

« - Corruptiare, dérivé du bas latin Corrumpere, signifiant détruire, anéantir… puis par extension : gâter, détériorer, corrompre. Les lettres qui roulent dans le souffle. Deux sens qui dérivent de cela en ancien français : premier sens, endommager, détériorer, maltraiter quelque chose ou quelqu’un. Deuxième sens qui est moral : un paradigme de la douleur et de la colère comme : affliger, faire de la peine, mais aussi irriter, mettre en colère. Une pause tendre dans son amertume, tandis que les gants s’écartent de la pulpe et que la forme se relève, haute, droite, Magister des pensées pour une nuit bien trop fugace. Tu eus pût me frapper, cela t’aurais libérée. Penses-y la prochaine fois : la défense peut passer par l’attaque, et il ne doit y avoir aucun compromis dans la défense de ton esprit, ton bien peut-être le plus intime. »

Sourire à l’Enfant sous l’argile, et en lui tendant les mains, l’enjoindre à se relever. « - Nous nous reverrons. Je modèlerai ta détermination à l’image fluctuante de tes désirs intimes. D’ici là, Enfant, reste toujours digne. Bientôt, les rossignols chanteront. »

Peut-être y avait-il des ressortissants d’affection dans ces mots. Aucun geste pour trahir un sentiment, simplement un ton égal, tandis que la figure opère un départ dans cette nuit au sein lourd de promesses d’avenir.


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Anna Keats
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Re: Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

Message par : Anna Keats, Dim 27 Mai 2018, 13:34


La figure inconnue face à moi à qui le rire volait ma bouche pour laisser libre cours à ses divagations. Mes paroles semblaient l'amuser, mais je n'osais demander la raison. Le ridicule de mes idées, la satisfaction d'entendre l'attendu, aucun moyen de savoir. Seulement, je commençais à connaître le Pédagogue et je savais qu'il ne me laisserait pas sans explications.
La voix quittait mon corps peu à peu pour retrouver son enveloppe d'origine. Cette sensation, bien qu'absente, restait marqué en moi, comme une corde qui nous aurait attaché trop longtemps. Machinalement, je passais ma main sur ma gorge, entonnant un raclement rassurant et prouvant le retour du contrôle.
Ses mains gantées virent effleurer mon visage, mes joues, avec une extrême douceur. Il était impossible de lire dans le cœur d'un masque, il m'était impossible de lire sur son visage, ses intentions, de capter si hostilité il devait y avoir. Mais mon instinct me dictait de faire confiance, de se laisser gâter par la caresse, que ce privilège ne me serait que rarement accordé.

La voix de l'ombre m'explique ce mot si important: corrompre. Il sonnait si négativement, ce mot était le résultat de blessures, de malheur, de la noirceur comme on n'aimait pas la ressentir. Ainsi j'étais loin de sa réelle signification et je mesurais désormais le poids des mots sitôt prononcés. Pour moi, être corrompue signifiait juste que j'étais détournée de la voie normale, que mes idées et mes actions ne suivaient plus cette norme et la bienséance suite à leur rencontre. Telle était la réelle signification de mes mots. Ma parole ne devait pas reprocher et son explication me laissait dans un réel embarras.
Seulement, le simple fait que sa définition m'eut été donné révélait la sagesse de l'ombre. Elle comprenait le détournement du sens original que j'avais fait, car à aucun moment mes paroles n'avaient été dites dans l'intention de blâmer.

Je hochais la tête silencieusement à son message, à celui qui me dictait de me protéger, de défendre mon intimité par la violence si cela devait être nécessaire, de ne pas hésiter. Dans sa promesse de se recroiser, je ne pouvais m’empêcher d'afficher un sourire tendre. J'avais hâte de la revoir, que nous puissions continuer cet apprentissage, que je puisse me défendre et protéger. Suivre leur voie n'était pas une partie gagnée d'avance et c’était pour cela qu'il y avait tant de saveurs.

Je voyais l'ombre s'en aller, même si sa dernière phrase restait une énigme pour moi.

« Merci d'être venue. »

Une fois l'ombre disparue, je prenais le chemin dans le sens inverse, rejoignant le château dans le silence le plus complet, en espérant que le cours avec Pet.. Sir McKinnon se soit bien déroulé.

– FIN DU RP –
(merci beaucoup pour ces délicieux écrits )
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Kohane W. Underlinden
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Re: Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

Message par : Kohane W. Underlinden, Jeu 11 Oct 2018, 14:30



   Air

PV 32 ♥

Volettent
…............................................. les grains
…............................................................................................. de poussière
….................................................................................................................................................... dans le rayon de lune.

.
.
.
Ballet silencieux
Observé
Les yeux levés
En direction des cieux

Ah non
Plafond
Un p*tain de plafond
Sombre, poussiéreux, silencieux.

Qu'est-ce je fous là ? Pourquoi je suis là ? Pourquoi je suis venue jusqu'ici ?
Parce que je n'ai pas le courage de rentrer
Parce que j'ai eu envie de me trouver un coin
Où me blottir
En attendant le lendemain
Je sais que presque personne vient ici. Parfois, des adolescent-es qui font le mur après le couvre-feu et cherchent de fortes sensations. Ils repartent déçu-es ; il n'y a rien ici. Rien d'autre que la nuit et la poussière.

Volette
…................................................................ volette
….......................................................................................................................... volette
…................................................................................................................................................................. vol
….................................................................................................................................................................................................... ette

Presque hypnotiques.
Dos appuyé contre la paroi en bois, la nuque levée, je regarde, l'air absent.
Mes dents cognent contre le rebord de verre de la fiole que je tiens à la main. Récipient quasiment vide, sans étiquette ni mention aucune. Je n'étiquette pas. Puisque je ne fais qu'une seule et même potion à chaque fois depuis des semaines.
Philtre de Paix
Pour calmer les angoisses et se dire que ça nous aidera à tenir.
Je sais pas
Si c'est vrai.
J'ai quand même des cernes. Et les traits tirés. Et les membres lourds. Et l'envie, parfois, d'envoyer valser les clients parce que je ne suis pas d'humeur à leur parler.
En même temps, le philtre me permet un sommeil sans rêves. Quelques heures réparatrices, qui ne font même pas plaisir, mais sont nécessaires.

Il y a un silence de plomb.
Les bruissements extérieurs me paraissent inexistants. Je n'entends plus la rumeur nocturne du village. Quelle heure est-il ? Peut-être sommes-nous déjà demain. J'ai perdu la notion du temps, des minutes, des aiguilles qui glissent le long d'un cadran.
Alors que mes yeux suivent le mouvement des grains de poussière qui tombent du plafond, je sens mes muscles lâcher peu à peu leurs tensions. Douce torpeur qui se propage dans tout le corps. Le regard se fait trouble, un peu absent, légèrement rêveur. Je ne pense plus. Je me laisse seulement porter par les muets qui aiment habiter la cabane hurlante.
Lentement, je me laisse glisser au sol. Yeux grands ouverts. Je sens, sous mon dos, le plancher dur de la pièce. Et vois désormais le plafond dans son entier. C'est comme s'allonger dans l'herbe pour regarder les étoiles. Sauf que l'herbe est en bois. Et les étoiles tombent vers moi sous forme de poussière.

Laissant tomber ma fiole quasiment vide sur le sol, je croise mes mains sur ma poitrine. Je n'ai pas froid, enroulé dans mon gros châle d'hiver. Je ne sens pas l'inconfort du sol, plongée que je suis dans le coton de mon corps.
Je ne fais que regarder là-haut. En silence. En attendant que les heures passent.
Mon cœur a cessé de me faire mal.
Les larmes ont arrêté de vouloir forcer le passage des yeux.
Je suis presque vide. Mais dans le bon sens du terme. Légère, plutôt.
Dans une sorte de demi-conscience, je repense à Sarah, ma cousine. La dernière fois que je l'ai vue -il y a près d'une semaine. Quand j'ai, enfin, réussi à lui parler un peu de ce que j'avais sur le cœur. De comment je me sentais.

Comment tu fais, toi, quand tout va mal ? Quand ta vie entière prend l'eau sans que tu arrives à colmater les brèches ? Et que t'as l'impression de te noyer alors même que t'essaie de résister et sortir la tête de l'eau?

Nous étions allongées dans son grand-lit. Lisa, sa fille, était encore à l'école. Et James au travail.
Elle a caressé mes cheveux en un geste des plus maternels qui soit.

Il y a une très vieille métaphore qui alimente les cultures populaires et que je trouve très juste. Celle du chêne et du roseau. On a souvent tendance à essayer d'être fort comme le chêne, toujours résister face à la tempête. Mais vient un jour où le vent est tellement puissant qu'on fini déraciné. Alors qu'à imiter le roseau, on apprend à courber pour mieux se redresser. On accepte les problèmes, on accepte qu'ils puissent nous accabler et nous faire chuter. Mais ce n'est que pour mieux se relever ensuite.

Sa voix était douce. Tranquille. Rassurante.
Comme une berceuse.

Sois comme le roseau, Kohane. Tord-toi. Mais ne romps jamais.

Les grains de poussière continuent de dévaler leur échelle invisible. Parfois, ils disparaissent dans le noir ; je les perds de vue.
Mes paupières battent sur mes yeux.
Je me sens lourde. Tout en étant légère à l'intérieur. Etrange paradoxe, n'est-ce pas ?
Encore un battement de paupières.
Et le rideau se ferme. Je ne fais plus qu'écouter le silence. Contact visuel avec la poussière rompu.
Coeur apaisé, angoisses calmées. Quelques heures de sommeil sans rêve.
La voix de Sarah continue de résonner au creux de moi.

Sois comme le roseau, Kohane. Tord-toi. Mais ne romps jamais.

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Re: Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

Message par : Mangemort 32, Jeu 11 Oct 2018, 20:42


La nuit est tombée, depuis plusieurs heures. Elle est bien avancée, mais le Corbeau ne dort pas. Il dort rarement. Déjà parce qu'il dort mal, ensuite parce qu'il a mieux à faire. C'est la nuit qu'il peut se montrer, qu'il peut étendre ses ailes, les déployer, et enfin s'envoler dans une valse avec les Ténèbres. Il affectionne tout particulièrement certains endroits. La Forêt Interdite et la Cabane Hurlante notamment, lieux connus, qu'il foule depuis bien longtemps. Il aime les endroits familiers. Parce qu'il peut immédiatement voir lorsque quelque chose change.

Et c'est le cas ce soir. Lorsqu'il entre dans la Cabane, la semelle de ses bottes faisant grincer un plancher bien plus ancien que lui, il a cette étrange impression. Le bruit de ses pas ne se répercute pas de la même manière qu'habituellement. Ou alors c'est autre chose. Il perd peut être la tête. Parfois, il s'imagine des choses. Il dérive totalement, il ne sait plus faire la différence entre le songe et la réalité. Mais il est poussé vers l'étage. Il emprunte les escaliers branlants sans se soucier des craquements sinistres qu'il provoque. Il a besoin de savoir ce qui semble si différent.

Il tombe alors sur une silhouette allongée au sol, endormir. Et quelle silhouette. Il ne peut que la reconnaître. Elle est connue de l'Ordre, et connue de lui. Il s'approche, s'accroupit au dessus d'elle. Elle semble profondément endormie. Sa poitrine se soulève au rythme de sa respiration, tranquillement. Elle a l'air de s'abandonner à un sommeil bien mérité. La main du Corbeau se tend pour attraper la fiole. Il l'observe un instant, sans pouvoir l'identifier avec certitude. L'odeur ne lui donne pas davantage d'indice sur le contenu précédent. Mais il a comme l'impression qu'il sait déjà.

Il finit par avaler les quelques gouttes restantes. La potion est bien connue. Il se demande pourquoi elle en a besoin. Elle devrait pouvoir dormir sur ses deux oreilles. Son regard se pose à nouveau sur elle. Sa main gantée passe doucement sur sa joue, l'effleure, uniquement pour s'assurer qu'elle n'est pas un rêve, qu'elle n'est pas une image envoyée par son propre esprit. Mais il doit se rendre à l'évidence : elle dort réellement dans la Caben Hurlante, et à poings fermés.

N'importe qui pourrait venir ici. N'importe qui pourrait lui tomber dessus. Elle est membre de l'élite des partisans. Il ne peut laisser quoi que ce soit lui arriver consciemment. Il doit donc veiller sur elle jusqu'à son réveil. Il lui suffira alors de disparaître comme il est arrivé. Il s'assoit le long d'un mur et lève la tête vers le plafond. Il s'amuse longuement à compter les interstices du toit par lesquels quelques rayons de lune viennent éclairer la scène d'une fantomatique lueur.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 14 Oct 2018, 19:17



Les rêves se font poussiéreux. Peut-être est-ce davantage des souvenirs que des rêves ? Je ne sais pas bien.
Le voile se froisse et s'agite, laissant entrevoir par à-coups des images ou des couleurs. Parfois, on entend des sons ou on respire des odeurs.
Mon inconscient va loin chercher des bribes comme photographiées par les souvenirs. Je sens encore l'odeur des feuilles tombées au sol, la terre légèrement humide au matin, j'entends le bruit de la rivière qui coulait à côté du campement...
Un autre monde, une autre vie.
Il y a le rire de Leo qui fait écho au mien. La simplicité. L'innocence.
Le voile se froisse encore, c'est un éclat de couleurs vives. Pareilles à l'automne. C'était l'automne, ce jour-là ? Peut-être pas... c'était peut-être plutôt le printemps. Mais les souvenirs se déforment dans le sommeil. Et l'esprit plante un décor en jaune, orange, rouge, d'un rouge lumineux, comme lorsque le soleil traverse les feuilles pendues aux branches.
Avec les années, les détails s'estompent.
Mais les sensations d'autrefois demeurent. De ce temps où on était jeunes. Qu'on découvrait les choses et la vie. On découvrait le rapport à l'autre, le rapport à soi.
Nouveau froissement du voile ensommeillé. Quelque chose a changé. Quelque chose est venu troubler le diaporama des clichés d'autrefois.
L'esprit ne parvient pas encore à analyser, comprendre ce que c'est. Mais il y a eu un froissement extérieur. Bien réel. Ancrer dans le même monde que le corps.
Le cœur, soudain, se met à donner un coup plus rapide que les autres, plus fort, aussi, dans la cage thoracique. Poussant la conscience à émerger de nouveau.

C'est comme remonter du fond des abysses, traverser l'eau sans respecter de paliers de décompression. Tout est rapide. Et l'esprit reprend pied avec le monde.
La première chose que je sens : le plancher, sous moi. Yeux toujours fermés, le temps de retrouver où je suis, qui je suis. Analyser ce qui m'a sortie de mon état léthargique. Et si c'était grave ? Et si j'étais en danger ? Et si...
Mais les effets du philtre de paix empêchent de réfléchir correctement et, surtout, d'avoir un instinct de survie. Je suis presque comme une poupée de chiffon à qui l'on a insufflé une pensée. Mais dont le corps continue d'être aussi fragile et flasque.
La respiration cesse d'être lourde, elle reprend un court légèrement plus rapide alors que je me redresse en frottant mes yeux. Je ne capte pas vraiment de bruit étranger. Peut-être que ce n'est rien. Peut-être que c'est un bruissement d'air plus fort que les autres qui m'a réveillée.
Mais, alors que je tourne une tête encore ensommeillée, je la vois.
La silhouette assise, silencieuse. Anonyme parce que masquée. En noir sur noir.
Immédiatement, en une demie-seconde, ça me ramène en arrière. Une nuit, comme celle-là, dans la cabane hurlante, je suis entrée, y'avait un masque assis, seul, silencieux
La vue se trouble un peu, je ne suis pas tout à fait bien réveillée
Et la voix murmure, sans que j'aie pu y réfléchir

-Leo ?

Bien vite, les esprits se remettent en place, je réalise que non, c'est bien bête, Leo est parti, avec Tim, avec Enzo, parti loin, je ne sais où.
Ce n'est pas lui.
Je n'ai pas fait de saut dans le temps, ne suis pas revenue à la nuit charnière où je l'ai vu dans la cabane hurlante, où il m'a parlé, où il m'a demandé de lui enlever son masque pour comprendre pourquoi tout était aussi compliqué, son histoire de paternité. La nuit qui a recollé les morceaux, entre lui et moi. Là où nous avons pu parler pour de vrai.
Mais je remarque bien vite que la silhouette ne lui ressemble pas. C'est quelqu'un d'autre. Que je n'ai jamais croisé.
J'arque un sourcil, interrogateur. Mais ne ressens aucune peur, aucune méfiance, aucune angoisse. Le philtre de paix annihile ce genre de sentiments.
Ne sachant que dire ni comment réagir à cette impromptue présence non identifiée, je finis par lancer un :

-Euh... ça va ?

Un peu idiot et banal, comme question, sur le coup. Mais en même temps, chercher à savoir si les autres vont bien, c'est une bonne chose, non ? Peut-être que l'autre aurait bien aimé que je laisse un peu de philtre de paix derrière moi.
Regard pour la fiole au sol.
Immobile.
Muette.
Et la poussière.
Qui s'amuse dans la nuit.

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Mangemort 32
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Re: Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

Message par : Mangemort 32, Mar 23 Oct 2018, 21:07


Elle se réveille enfin. 32 est soulagé de voir qu'elle se redresse sans soucis. Même une fois sûr que la potion qu'elle avait ingéré n'était qu'un philtre de paix, il ne pouvait empêcher une légère inquiétude de se pointer. Elle se tourne doucement vers lui, semble découvrir sa silhouette sombre. Il ne bouge toujours pas, se contente de l'observer derrière le masque, comme pour être certain que tout va bien. Mais le nom qu'elle laisse échapper le cloue au sol. Leo… Il sait de qui elle parle. Il ne savait cependant pas qu'elle était au courant qu'il faisait parti de l'Ordre Noir. Il faut croire que c'était un secret partagé.

Un léger sourire emprunt de tristesse prend place derrière le masque. Leo lui manque terriblement. Son absence se fait un peu plus sentir chaque jour. Malgré tous les différends qu'ils ont pu avoir, le Corbeau lui faisait confiance. A présent, il a été laissé sur le côté une fois de trop. Il n'ose tout simplement plus espérer un retour. Cet espoir brisé ne saurait qu'amplifier la peine ressentie. Elle semble se rendre compte elle-même de son erreur dans le silence qui lui répond, puisqu'elle passe à autre chose.

Elle a l'air relativement à l'ouest. Plus encore que d'habitude, si c'est possible. Elle a le don de l'attendrir d'un simple regard. « C'est à vous qu'il faut poser la question, Miss. C'est vous qui étiez en train de dormir dans cette Cabane en ruine. ». Le ton est légèrement moqueur, mais il ne juge pas. Il se contente de constater un fait. Et il est de toute manière encore chamboulé par la mention de Leo juste avant. Il a du mal à laisser son esprit vaquer à d'autres considérations.

Il laisse un petit temps d'arrête avant de reprendre, légèrement curieux. « Avez-vous des nouvelles de Leo ces derniers temps ? J'aimerais savoir où il est. » Oh, oui, il aimerait savoir où il se trouve. Ou simplement savoir s'il va bien, s'il est toujours en vie, et si Tim et Enzo peuvent réellement s'en sortir avec un tel père. Il espère qu'il est parti pour mieux s'occuper d'eux, et de lui. Ils en ont tous les trois besoin.

Cependant, le Corbeau n'en reste pas là. Car s'il se préoccupe des absents, les présents sont bien plus importants à ses yeux. Ils sont ceux qui restent, ceux qui n'abandonnent pas. Et la demoiselle qui émerge tout doucement du monde des rêves en fait partie. Il veut savoir ce qui la pousse à venir ici. Ce qui la pousse à avoir besoin d'une telle potion pour dormir. Ce qui l'empêche de dormir sur ses deux oreilles sans artifices. « Qu'est-ce qui vous travaille au point de vous empêcher de dormir ? »
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Kohane W. Underlinden
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Re: Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 11 Nov 2018, 14:21



Je hausse doucement les épaules, les membres encore engourdis par le sommeil ; j'sais pas si je vais bien, pas bien, peut-être que je suis en train de me noyer mais j'essaie aussi de m'en sortir. Et dormir ici... c'était une façon d'éviter de réveiller, encore une fois, les démons du passé. Ceux qui rappellent la douloureuse absence.
Je ne réponds pas et, d'un mouvement traînant au sol, je me glisse jusqu'au pan de mur occupé par le masque, imite sa position : m'adosser. En silence. Lèvres pincées. Cœur battant des images qui sont venues titiller mon inconscient lorsque je dormais. Les souvenirs enfouis. Que j'aime bien ressortir, parfois, comme lorsqu'on feuillette un album photo.
La voix du masque reprend. Je le regarde subitement. Intriguée.
Il connaît Leo. Après tout, peut-être qu'au sein de l'Ordre, tout le monde se connaît.
Mais lui, il demande des nouvelles. Comme s'ils étaient attachés l'un à l'autre, d'une certaine façon. Proches. Curiosité qui pointe derrière le visage anonymisé.
Je secoue la tête dans un premier temps. Avant de poser quelques mots sur cette réponse négative :

-Je crois que personne ne sait où il est. Mais. J'ai confiance. Où qu'il soit, il s'en sort. Il s'en est toujours sorti. Même si, parfois, c'est pas passé loin.

Silence.
Je détourne le regard. Pour venir fixer, à nouveau, le plafond. Dans combien d'années s'écroulera-t-il ? Révélant, pleinement, les étoiles qui s'amusent à son sommet une fois la nuit venue.

-Puis il y a les enfants. Ils donnent un but. Une volonté. On cesse de vivre pour soi, on se met à vivre pleinement pour d'autres. Ca lui permettra de tenir.

J'ai toujours vu les gosses de cette façon. Comme une manière de sortir de soi. Prendre conscience qu'on est quelqu'un, dans le regard d'un autre -un autre qui a un besoin vital de nous. Un autre pas comme tous ceux et celles qu'on croise au quotidien, qui ont leur vie et peuvent continuer d'avancer même si on n'est pas là. Non. Un enfant, dans ses premières années, ne peut faire autrement que s'accrocher à nous. Instinct de survie, en quelque sorte. Faibles sont les humains à la naissance. Et le temps est si long, avant l'indépendance. Alors ils comptent sur nous. Et nous donnent le sentiment d'exister pour eux.
Avoir la responsabilité d'une vie, c'est effrayant.
En même temps, c'est beau.
En grandissant, j'ai eu cette envie. De connaître un être qui serait tout pour moi. Pour qui je pourrais vivre pleinement. Qui me donnerait, chaque matin, ma raison de me lever et me battre. Mais... c'est compliqué. La vie est compliquée. La maternité est compliquée. Surtout quand rien n'est stable.
L'autre continue, parlant cette fois-ci de moi. Une question. Qui interroge ma présence ici. La fiole -je la repère, laissée au sol ; le masque l'a vue aussi, peut-être même a-t-il analysé son contenu ou ce qu'il en reste lorsque je dormais.
Je ne sais pas si je suis tenue de répondre. Si j'ai envie de répondre.
Et, alors que je me pose la question, je prends conscience qu'en fait, j'en ai envie. Je ne suis pas du genre à étaler les tsunamis internes devant des inconnu-es. Mais, sans arriver à savoir pourquoi, je sens comme un fil de confiance qui pousse les mots, chaque seconde un peu plus loin. Jusqu'à ce qu'ils jaillissent.

-Le poids des absents, sans doute. Une torture sans fin. Les rêves évanouis, les projets abolis, du jour au lendemain, sans préavis. C'est comme... être coupée en plein élan de sa vie. Et surtout, se retrouver seule au milieu de l'absence. Ca m'angoisse tellement que j'en perds le sommeil. Même ma baguette l'a senti, j'ai de plus en plus de mal avec elle.

Confession à mi-voix. Les difficultés à m'entendre avec mon ancienne baguette, celle qui m'a été miraculeusement renvoyée par hibou express après mon enlèvement. J'étais heureuse, de la retrouver. J'avais déjà acheté une nouvelle baguette, persuadée ne plus jamais la revoir. Mais comme on me l'a rendue, je l'ai reprise. Tout allait bien.
Puis les ennuis ont commencé après la disparition de Pius.
Quand les angoisses sont revenues, puissance mille.
Que la stabilité s'est effritée et que les émotions ont commencé à faire des hauts et des bas, entre rire et larmes, sans que je ne puisse rien contrôler.
Elle a commencé à faire la g*eule, quand je me perdais dans mes tourbillons sans fin d'angoisse. A bouder encore plus quand je sautais d'émotion en émotion, perdue, sans attache, personne à qui me raccrocher. Elle s'est un peu détendue sur les moments où ça allait mieux. Avant d'opposer de nouveau une résistance chaque fois que je repartais.
Peu fiable compte tenue de mes incessantes bouffées incontrôlables émotionnelle. Apparemment, le bois de noisetier ne me convient plus. Alors j'ai commencé à m'habituer à la nouvelle baguette. Mais c'est étrange. De changer ainsi.

-Et toi, ne dors-tu pas ? Pourquoi les Ombres viennent-elles toujours dans la Cabane hurlante ?

Question que j'avais aussi posée à Leo, il y a si longtemps.
Mais je suis curieuse d'entendre l'avis d'une autre silhouette à ce propos.

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Mangemort 32
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Re: Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

Message par : Mangemort 32, Jeu 15 Nov 2018, 17:18


Elle n'a guère plus de nouvelle de Leo que lui-même. Quel dommage. Ne serait-ce qu'être sûr qu'il est en vie aurait été une annonce agréable. Mais elle garde espoir. Elle pense qu'il a changé grâce aux enfants. Elle a sans doute raison. Qui ne changerait pas pour eux ? Alors il s'autorise à espérer aussi. Pas un retour, car ce serait sans doute trop demander. Mais simplement un bonheur et une liberté enfin trouvés. Un petit sourire prend place sous le masque, caché par le bec qu'aucune réponse ne franchit.

Il ne peut s'attarder là-dessus, il a bien plus important à comprendre. Il écoute la réponse de la jeune femme avec grande attention. Le poids des absents, il connaît tout aussi bien qu'elle. Bâtir sa vie et ses projets avec quelqu'un pour ensuite que tout s'effondre lorsqu'il disparaît... Le Corbeau comprend que ses nuits soient perturbées par l'angoisse. La solitude, bien que parfois amie précieuse, peut se révéler être un poids bien trop lourd à porter.

La gorge de 32 se serre tandis qu'elle évoque les maux qui la rongent. Mais il est hors de question de la laisser ainsi, sans agir. Il oublie le vouvoiement précédent. Nul besoin de mascarade supplémentaire lorsqu'on parle à coeurs ouverts. « Tu n'es pas seule. Ne l'oublie jamais. Si certains partent, d'autres restent. Resteront toujours. » Le ton est doux, chantant. Il veut qu'elle comprenne qu'elle ne doit pas abandonner, jamais. « Et peut-être que tu as simplement besoin de changer de baguette. Si les épreuves traversées t'ont fait évoluer, pourquoi serait-ce forcément un mal ? »

Un nouveau départ peut faire peur, et pourtant. Dans ce qu'elle laisse paraître, elle en a besoin. Repartir de zéro, sur des bonnes bases qui ne s'effondreront pas comme les précédentes. Et si elle a besoin d'aide pour les construire, elle l'obtiendra. Parce qu'elle le mérite, parce qu'elle est importante. Sa flamme est bien trop puissante pour s'éteindre sous le premier coup de vent venu. Elle continue d'illuminer tout ce qui l'entoure. Elle doit sentir cette force qui est en elle.

Il s'approche, doucement. Il attrape ses mains dans les siennes. Pour qu'elle ne soit pas seule. Plus jamais. « J'aime trop le manteau de la nuit pour dormir. Et venir ici assure toujours de bonnes rencontres. » C'est un lieu qu'il affectionne tout particulièrement. Empli de souvenirs. Dont un en sa compagnie, dans un contexte tout autre. Sans vraiment savoir pourquoi, il libère l'une de ses mains pour soulever un instant le masque et laisser leurs regards se croiser. « Comme celle de ce soir. » Un sourire sincère flotte sur ses lèvres avant que le Corbeau ne reprenne la place qui est la sienne.
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 Douloureuse rencontre - Cabane Hurlante

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