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En direction du métro
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Maître de jeu
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En direction du métro
Maître de jeu, le  Ven 29 Nov - 23:02

C'est sombre, étroit, ça ne sent pas bon et pourtant c'est le chemin que la plupart des moldus empruntent.
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Re: En direction du métro
Invité, le  Sam 30 Nov - 1:20

(Rp Unique)

Lucas avançait dans la gare de Kings Cross, et plus précisément dans l'espace encombré du métra londoniens. Des clochards traînaient, des cadres attendaient le prochain train du "tube", et des jeunes squattaient les bancs destinés à attendre le métro. Lucas ne faisait que passer pour rejoindre Piccadilly Circus. L'air était chaud, et sec. Les métros qui passaient chauffaient les rails, des légères fumaient se désengorgeaient de la voie.

Trois skateurs venaient de passer, un de trois, celui de droite, tomba, ce qui fit bien rire Lucas, même si il n'arriverait surement pas à tenir dessus. Après les trois jeunes, une vieille passa. Elle demanda l'heure à Lucas, qui n'en savait rien. Est-ce qu'il agressait les gens comme ça pour savoir l'heure lui ? La chaleur l'irritait. Il envoya bouler la vieille.

Lucas fouilla dans ses poches, et réussi à trouver ses cigarettes. Au prix auxquelles il les payaient, il avait intérêt à ne pas les perdre. Il alluma sa clope. Enfin, son corps réagit à l'inhalation de la nicotine. Fumer le calmait.

Enfin, son train arriva. Il était bondé de monde, impossible de s'asseoir. Tant pis, il ne voulait pas être une énième fois en retard, et il monta tout de même dans le wagon.
Bram V. Salten
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Re: En direction du métro
Bram V. Salten, le  Jeu 5 Déc - 22:07


L'absurde et l'improbable
feat Dora B. Stone

Une cigarette glissée entre les lèvres, je libérai un léger nuage de fumée grisâtre et singulièrement parfumée. Quatre années se trouvaient déjà derrière moi. Le passé était dans mes empreintes ainsi que dans mon esprit – il me paraissait loin, flou, comme s'il m'était étranger. Je l'avais pourtant vécu, je crois. Je n'en étais pas certain, qui sait ? peut-être s'agissait-il là d'une curieuse hallucination que mon inconscient avait lié à un souvenir semi-fictif. J'ignorais même si cette pensée provenait d'un délire ou de la réalité ; cela m'importait peu, à dire vrai.


Le mégot tomba et ma chaussure vint l'écraser.


Je pris alors les escaliers qui allaient me faire descendre, aux alentours d'une station de métro qui me mènerait quelque part – je ne savais pas encore où. J'avais, dans ma valise, les vestiges d'une vie négligemment rangés et dans ma tête, une pensée passagère qui me faisait errer loin, très loin de la réalité. Je n'étais pas véritablement conscient de la direction que mes prenaient mes pas, mon esprit étant voilé par la nicotine ou, plus vraisemblablement, un captivant songe. La bête qui sommeillait aux tréfonds de mon être paraissait étrangement calme, comme apaisée par on ne sait quelle chose. Oh, cela me plongeait dans un état presque amorphe ; j'avançais mais, je me sentais ailleurs. Et puis, il y avait dans mes oreilles un rythme constant qui m’entraînait, lui aussi, dans le domaine imperceptible de l'imaginaire. Cette cadence, régulière et précise, provenait de ma démarche et du balancement constant des affaires qui trainaient dans mon manteau depuis plusieurs mois. Du reste, je n'entendais qu'un silence inaltérable, illusoire, tandis que mon regard, vagabond dans sa perdition, arpentait le sol souillé par la saleté. Je marchais parmi les tunnels sous-terrains sans percevoir les heures qui défilaient, au-dessus – dehors, là où l'aube apparaissait sous le ciel assombri par la pollution et où le crépuscule tâchait parfois le ciel de diverses nuances de couleurs. Ici, le temps n'avait pas d'emprise. C'était d'ailleurs pour cette raison que je me plaisais à m'égarer dans cet immense réseau mécanique et vivant ; un endroit où tant d'individus se rencontraient sans le savoir, et se perdaient juste après. Quand on y réfléchit, c'était plutôt dingue : personne ne se connaissait et néanmoins, s'oubliait déjà. C'était machinal, permanent et tristement banal. C'était humain, donc.

Devant mon visage, la porte d'une des voitures du train que je venais d'approcher s'ouvrit violemment et bruyamment, me sortant ainsi de ma songeuse torpeur. Je ne tardai pas à rentrer dans le compartiment, guidé par une envie spontanée, et pris la décision d'aller m’asseoir sur l'un des sièges libres. L'air était moite et malodorant, toutefois je n'en avais que faire ; j'avais autre chose à penser. Les doigts crispés autour de la poignée de mon bagage, je ne fis guère attention à ne pas bousculer la foule afin de rejoindre la place qui m'attendait, face à une tête blonde qu'accompagnait la silhouette immobile d'un enfant. Négligeant ainsi les soupirs agacés ou autres remarques désagréables que je percevais confusément derrière le silence que je m'appliquais à envelopper autour de mes idées rugissantes, je laissai mon corps voûté retomber sur la surface prévue à cet effet. Bien sûr, le brouhaha de la foule était assourdissant, néanmoins je ne l'écoutais pas et ne le considérais donc pas comme un véritable élément sonore. Il s'agissait juste d'un accessoire que je délaissais au profit de mes contemplations – un accessoire, rien de plus. Mon regard vaguement lucide glissa ensuite sur mes voisins, qui ne m'étaient pas inconnus. Oh, non, bien au contraire ; il était en fait tout à fait surprenant de voir à quel point le duo me semblait familier. Elle, elle n’avait pas changé. Quant à lui… Je me reconnaissais dans ses traits, dans ses expressions, même dans ses prunelles avides de questions et de réponses. Doralysa et Daniel. Mon ex-femme et mon fils que je n’avais pas vu depuis près de cinq ans. Ils étaient là…


… mais l’étaient-ils vraiment ?


Dernière édition par Edward F. Fitzgerald le Lun 9 Déc - 16:58, édité 1 fois
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Re: En direction du métro
Dora B. Stone, le  Dim 8 Déc - 17:26

ça devait arriver...





Dora avait quitté tôt le travail. Pas de procès aujourd'hui, on lui avait offert le droit de rentrer chez elle, ses dossiers sous le bras, en plein milieu d'après-midi. Mais comme d'habitude elle s'était tellement bien débrouillé, utilisant des formulations, des tournures de phrases, des mots qui ont presque fait croire à son employeur, qu'elle lui faisait une faveur en partant plus tôt. Satisfaite d'elle même, elle arrivait à l'hotel qu'elle avait réservé en durée indéterminée. Seule dans la suite, elle se posait sur le lit double qu'elle partageait avec Thomas. Otant sa robe de magenmage, elle restait dans cette tenue stricte d'employée au ministère. Une jupe noire, un tailleurs sombre, un maquillage léger et des escarpins ébène, elle ressortait de sa suite, son sac à main sous le bras et s'armant de courage pour prendre les transports en commun.

Il y avait des jours où elle se forçait à les prendre, non pas parce qu'elle se plaisait à être en compagnie de moldus anglais, bien au contraire, mais pour que Danny ait l'impression d'avoir une maman normale. Et surtout qu'il évite de parler de magie à l'école. Fraichement rentré en primaire, elle veillait sur lui d'autant plus. Dans cinq ans il irait lui aussi à Poudlard et elle lui promettait une belle destinée et un beau parcours. Il fallait simplement qu'il suive le chemin qu'elle lui traçait et qu'il ne se perde pas sur les traces de son père. Parce qu'après tout, c'était son gamin à lui aussi. Génétiquement du moins, il était responsable et Doralysa s'armait déjà de courage pour extraire toute trace ''Fitzgerald'' de son fils. Il ne garderait que le nom, et cela serait déjà bien assez. Prenant en sortant du métro, une pâtisserie dans une boulangerie fine, elle filait à l'école embrasser son enfant, le serrer dans ses bras. Jamais elle ne pourrait se lasser de le voir et de coller sur des joues rondes, des baisers chaleureux. Il illuminait sa vie et sans lui, elle ne serait pas grand chose. Prenant sa petite main dans la sienne, elle aspirait ses sourires et faisait mille grimaces pour le faire rire. Il était son rayon de soleil.

Sur le chemin du retour, alors qu'il grignotait son goûter, Dora le couvait d'un œil maternel. Il faisait des miettes partout et grimpait comme un singe sur les fauteuils et strapontins du métro, et ronchonnant un peu et pestant quelques fois, elle restait totalement attendrie. Ses grands yeux vairons, l'un vert, l'autre bleu. Il était tout ce qui pouvait avoir de l'importance pour elle. Lui souriant, elle l'attira de nouveau à elle, le couvrant de ses bras protecteurs. Elle l'aimait tellement qu'elle pourrait mourir pour lui. C'était l'homme de sa vie.

Quand soudain, elle croisait un regard. Sentait une odeur. Voyait des souvenirs, revivait des scènes. En un regard elle croyait avoir tout vécu. Rien qu'un hallucination et pourtant son corps se contractait autour de l'enfant.

« Qu'est-ce qui se passe Maman ? » lui demandait-il, posant ses toutes petites mains sur les joues de sa mère.

C'était une hallucination n'est-ce pas ? Rien d'autre, cela ne pouvait pas être autre chose. Cela allait faire cinq ans prochainement et elle fêterait cet anniversaire et cette absence avec joie. Passant une main dans les cheveux de son fils, elle le rassura, souriante. Quand soudain, elle risqua un regard, jeta un œil là où elle n'aurait jamais du. Et quand elle l'aperçu, elle su qu'elle n'aurait pas du, la fatalité de ses traits, son sourire fatal, ses yeux bleus rêveur. Rien que sa posture s'imprimait dans le cœur de la jeune femme, comme le coup de marteau du juge lorsqu'il condamne à mort. La cruauté de sa personne, qu'elle avait mit si longtemps à faire sortir de sa vie, la cruauté de sa présence, là, alors que rien ne l'y avait invité. Il avait brisé chaque parcelle de son corps, crachant sur sa tombe et quittant avec un air bohème tout ce qu'ils avaient pu construire. Elle avait fait comme s'il eut été mort, le pleurant et l'oubliant comme le fantôme d'un passé mortel qu'elle devait effacer. Il était fini et pourtant sa silhouette se trouvait bien là, face à elle. Un goût amer se déversa dans sa bouche, quelque chose de mauvais qu'elle avait avalé. Les portes du métro s'ouvrirent alors que soudainement elle attrapa Daniel, se ruant sur la sortie. Elle ne voulait pas le voir, elle ne voulait pas qu'il le voit. Cinq ans qu'elle l'effaçait, il détruisait tout en un souffle de vent. Elle aurait voulu qu'il soit mort. Mais Danny s’immobilisa alors qu'elle le tirait pour sortir.

« Bonjour Danny. » Les syllabes, cette voix, cet accent se confronta aux oreilles de la jeune femme. Elle lança un regard assassin à l'homme, puis à l'enfant.

« Daniel. On sort. Immédiatement. » Mais le petit restait statique, campé sur ses deux petits pieds, son regard plongé dans celui de l'homme qui se trouvait être son père.

« Maman, comment il connaît mon prénom le Monsieur ? »

Elle grogna dans sa barbe inexistante, les portes du métro se refermant comme celles d'une prison devant ses yeux. Coincée avec Edward Fitzgerald pendant quelques minutes qui sonneraient comme des heures. Dora fusilla son fils du regard, il l'avait trahi, amèrement trahi. Sa naïveté le perdrait.

« Il ne connaît pas ton prénom. C'est un coup de chance c'est tout. »et elle se tourna vers Edward, ses yeux lançant des éclairs, son cœur frappant dans ses tempes à une vitesse malheureuse. Son visage prenait une teinte rouge.

« Toi tu te tais. Tu en as assez dit. »


Dernière édition par Dora B. Stone le Ven 20 Déc - 20:38, édité 2 fois
Bram V. Salten
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Re: En direction du métro
Bram V. Salten, le  Lun 9 Déc - 21:43


L'absurde et l'improbable
feat Dora B. Stone

Je n’apparaissais dans ses iris vairons qu'en tant que spectre anonyme, un individu sans nom et dénué de toute singularité. Il était né de ma chair, il s'agissait bien de mon sang qui coulait dans ses veines, néanmoins nous étions des inconnus, l'un face à l'autre parmi une masse humaine et neutre. Un sourire apparu sur mon visage ; j'éprouvais en vérité une bien étrange satisfaction à voir ce gamin aux cheveux bruns m'observer avec une franche curiosité, à laquelle se mêlait même une crainte certaine, tandis que je me penchais lentement vers lui. Les coudes appuyés sur les genoux, je laissais mes mains pendre dans un geste négligé, mais tout à fait calculé, sans émettre le moindre son. Les mots, à ce moment-là, n'étaient que de détails vaniteux et superficiels  – la contemplation seule suffisait à combler l'instant, elle n'avait besoin de rien d'autre, et les pensées qui glissaient dans mon crâne ne faisaient qu'amplifier ce sentiment de vacuité des paroles. Le silence parlait alors pour elles, vaines choses, et mon regard ancré dans celui de mon fils m'autorisait un accès plus vaste à l'intérieur de son esprit. Je lisais en lui une tentative de raisonnement, une recherche quelconques de réponses ou n'importe quoi qui aurait pu l'aider dans sa candide poursuite. Plus d'indices, plus d'explications ! Ses yeux criaient sa nerveuse perplexité,  sa posture traduisait son indécision quant à la situation. Il hésitait, trépignait intérieurement de savoir qui était cet homme qui l'avait interpellé, qui étais-je. Qui étais-je ? En fait, je l'ignorais et je doutais que cet enfant puisse m'informer à ce sujet. Cependant, je ne pus me retenir de sourire, encore, jusqu'à ne plus savoir pour quelle raison j'arborais un tel rictus. Devait-il y avoir une raison, d'ailleurs ?

- Tu ne me reconnais pas, demandai-je sous mon souffle calme et régulier. Je suis certain de te connaître pourtant, Danny, et nous savons tous les trois que cette situation n'a rien d'hasardeuse.

Sur cette affirmation, mon attention dévia en direction de la femme que j'avais un jour aimé. Il me semble. Elle était toujours aussi resplendissante, une beauté froide que j'avais, dans le passé, possédé et chérit comme si elle eut été l'élément le plus précieux de mon existence. Sans doute l'était-elle à cette époque lointaine, je suppose.  Le temps n'avait pas entaché son charme, mais je me dis qu'après tout cela ne faisait que quatre ans. Ou cinq. Durant cette période, si brève fut-elle, elle aurait toutefois pu s'enlaidir au point de devenir une autre personne – non, en y pensant davantage, il était évident qu'un tel phénomène était tout à fait impossible. Doralysa ne pouvait perdre ce qui était ancré au plus profond de sa nature, ce qui constituait son essence ; son identité. Et ce que je trouvais de plus admirable en elle, lorsque nos prunelles s’entremêlèrent pour la deuxième fois en quelques secondes, c'était le mépris que je contemplais dans ses traits. De la courbure qu'avaient adoptée ses lèvres rouges à la raideur de son corps, la haine était illustrée par chaque mimique et chaque geste que la jeune femme produisait. Cela était jouissif. J'aimais la voir dans un tel état, j'adorais la voir décontenancée et impuissante devant les événements qui se déroulaient, qu'elle fixait dans sa stupeur acérée. Un frisson de délectation couru sur ma peau, dégringolant ainsi de mon échine jusqu'à la partie basse de mon dos ; c'était si délicieux ! Oh, oui. Je me complaisais dans sa souffrance, et les prunelles intenses du garçon m'offraient un témoin sans pareil. Lecteur, tu penseras sans doute que je n'ai rien d'aimable, et que mon âme est malsaine. Je te répondrais donc que ton opinion ne concerne pas, et mieux encore : qu'elle ne m'intéresse pas.
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Re: En direction du métro
Dora B. Stone, le  Mer 11 Déc - 15:35

ça devait arriver...




Elle se souvenait soudainement, de tout ce qui avait pu se produire. De ce soir où elle lui avait dit, les lèvres tremblantes, qu'elle ne le supportait plus. Dans leur maison à Manchester, Danny avait quelques mois... Elle entendait encore les cris effroyables, elle revoyait le teint cadavérique d'Edward, un rictus sur les lèvres. Dora en avait fini de tout cela. C'était un passé qu'elle avait laissé derrière elle et le voilà qui surgissait de sa tombe, se fichant des obstacles et brisant les chaînes. La jeune femme restait impuissante spectatrice devant le regard de l'homme qu'elle avait aimé, et celui de son fils. Paralysée, ses muscles se contractait dans le malheur de leur pupilles. Sa mâchoire ne démentait pas, et ses ongles rouges s'enfonçaient malencontreusement dans la chaire de son enfant. Edward n'avait pas le droit d'être là, et sa présence à Londres était anormale. Une alarme se déclenchait dans sa tête, le danger tambourinait à ses tempes comme une âme bloquée dans une maison en flamme. Elle se sentait trahie par quelque chose qu'elle n'arrivait pas à identifier. Un visage multiple, une identité sans nom. Tantôt son fils, tantôt Edward, tantôt son père. Tous la trahissait aujourd'hui alors qu'elle avait réussi à se relever, blessures semi soignées, des coups qu'elle avait pu recevoir. Hors de question de le laisser détruire tout ce qu'elle avait mit tant de cœur à forger. Hors de question qu'il s'inscrive, s'intègre dans sa vie, dans celle de Danny. Il avait été son père, ne l'était plus. Après tout, comment pouvait-il être attaché à un enfant qu'il ne connaissait pas ? Il n'était pas même sorti de son corps. Aucun droit. Il n'avait fait que mettre dans son programme génétique, des parcelles de tare. Edward était une erreur, et Daniel n'en serait pas une.

Les hommes se regardaient, une symbiose terrible qui rendait Doralysa hors de jeu. Sa place n'avait pas d'importance et elle avait soudain l'impression de se trouver dans une toute autre dimension. C'était quelque chose qu'elle avait du mal à comprendre. Avait-il le droit de faire ça ? L'isoler d'une situation dont elle aurait dû être maîtresse ? Bien-sûr que cela aurait dû arriver. Elle en était consciente. Seulement... Pas aujourd'hui, pas alors que Danny était si jeune... Pas sans qu'elle ne s'y soit préparée. Ed avait-il seulement pensé au choc que pourrait rencontrer son fils dans une situation pareille ? Il n'avait que cinq ans ! L'irresponsabilité de l'homme ne devait jamais se retrouver chez le fils. Elle y veillerait. Et quand d'une voix grave, rocailleuse, simple voix comme celle qui vient vous tirer de mauvais songes, il lança :

« Je suis certain de te connaître pourtant, Danny, et nous savons tous les trois que cette situation n'a rien hasardeuse. »

La ramenant dans le centre du cercle. Soudain, alors qu'elle n'existait pas quelques secondes avant, il lui redonnait vie d'une seule parole. Son regard se posant sur elle, la couvrant de ses yeux bleus, la gênant terriblement plus qu'elle n'aurait dû. Soutenant presque une seconde, elle renonça bien vite, cherchant en le visage de Danny plus de réconfort. Mais ce qu'elle y vit la percuta tellement profondément qu'elle manqua de tomber. La même expression sensiblement curieuse. Elle sentit son cœur se serrer d'une force qu'elle ne savait retenir, un tel cauchemar. Dora lâcha la main de son fils, s'échappant d'un mouvement de hanche au regard d'Edward. Brûlée à vif par leur regards avides, elle n'avait qu'une idée en tête, fuir. Et le plus tôt possible. Elle leva la tête vers le défilement de la ligne. D'ici quelques secondes, elle partirait avec son enfant, loin de lui. Loin de celui qui hantait ses rêves il y a des années et qui viendra la réveiller en sursaut les jours à suivre.
Son irresponsabilité la tuait. L'achevait.

« Comment oses-tu ? »

souffla t-elle entre ses lèvres moites. Après avoir fuit, elle attaquait finalement. La peur n'avait jamais été son amie, mais l'effet de surprise l'avait prise au dépourvu. C'était d'une tricherie sans nom. Comment osait-il ? Oh oui, comment osait-il poser son regard sur elle, et encore plus sur son fils ? Dora le défiait finalement, avec tout ce qu'elle pouvait trouver en elle de plus sombre. Son cœur battait dans ses paupières semies closes, dans ses oreilles et dans sa tête fatiguée. Elle ne l'avait pas mérité... Pas mérité une telle situation.


Dernière édition par Dora B. Stone le Ven 20 Déc - 20:39, édité 1 fois
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Re: En direction du métro
Bram V. Salten, le  Sam 14 Déc - 2:29


L'absurde et l'improbable
feat Dora B. Stone

La question demeura en attente quelques minutes, ses intonations  tremblantes rampant dans mon esprit enroué par des pensées violentes et instables. Je percevais le bruissement subtil du rapace résonner entre les parois abstraites de mon âme ; ses ailes sombres, immenses dans leurs mouvements indistincts, enveloppant ma raison sous une multitude de plumes brunâtres dans laquelle je m'effaçais. L'animal fit alors claquer son bec en une assourdissante bacchanale qui ne fit qu'encourager la débauche de mes idées  – je voulais plus et l'excitation soudaine, vorace, me pressait à agir.  Dans ma bouche,  un goût d'ivresse se répandit telle l'exquise saveur de l'alcool tandis que je caressais, du bout de la langue, le parfum de l'air. C'était âcre et infect, comme la vie en fait. Pourtant, je ne pouvais que m'en réjouir, de cette perpétuelle saleté, car elle m'assurait que tout cela était bien vrai, que je ne délirais pas. Pas encore. Je vivais, j'en avais la certitude, et  il ne s'agissait pas là d'une hallucination que l'Autre aurait placer devant mes sens pour me tromper. C'était réel.

Voyons, Darlin', je n'ai rien fait, déclarai-je d'une voix que l'agitation de mon être rendait rauque. Du moins, pas encore.

Resserrant l'emprise que  j'avais sur la poignée de ma valise, je bondis brusquement sur le sol vibrant du train afin de projeter mon corps devant celui, fin et aisément cassable, de la jeune femme. L'enfant s'agrippa impulsivement à sa mère dans un acte que je trouvais aussi naïf que pitoyable. Ridicule gamin, de quoi as-tu peur ? Ma face arborant sans cesse le même rictus inébranlable, je profitais vicieusement de la gêne que mes deux interlocuteurs ressentaient sans vraiment le cacher. Les prunelles étincelantes de celle qui fut un temps mon amante m'affrontaient avec un mélange de volonté féroce, de colère passionnée et d'épuisement désespéré alors que m'inclinais vers elle ; rejetant ainsi la présence du gosse  dans les débris ma conscience, l'effaçant de la scène en un instant et le changeant en figurant sans importance. C'est d'ailleurs ce qu'il était pour moi : rien de plus qu'un amas de chair me ressemblant. Certes, il était mon fils, toutefois je n'en avais sincèrement rien à fo*tre, car me plonger dans les orbes vertes de la blonde m'emportait dans un flou inconsistant et reculé. Le passé. L'image qui me faisait face s'associait à une multitude de souvenirs divers et variés ; des moments de perdition et de déraison, des échanges durant lesquels nous ne faisions qu'un, sous les draps, ou encore des déchaînements qu'elle faisait éclater en moi. C'était violent, constamment imprévisible mais cela me plaisait tel quel  – je n'aurais changé notre relation pour rien au monde. Elle était si fascinante, si inspirante ! La muse de mes songes, de mes nuits et de mes désirs. À plusieurs reprises, elle me fit perdre toute constance jusqu'à affranchir la folie que je renfermais d'ordinaire  sous  les apparences. ; elle me mena à la sédition ultime et délia les limites de mon imaginaire. Elle fut ma nymphe  de la démence. Etait-ce de l'amour, que j'éprouvais alors à son égard ? Tu peux supposer ce que tu veux, lecteur, je suis le seul à détenir cette réponse. Dommage

Les portes du véhicule s'ouvrirent d'un coup et Doralysa se tourna dans leur direction. Cependant, avant même qu'elle ne puisse s'échapper, je fis un pas sur le côté pour la bloquer contre la barre en métal. La tension était palpable. Baissant toujours plus ma silhouette naturellement voûtée vers la sienne, je sentis nos deux personnes se raidirent dans une réaction tout à fait instinctive. Le reste n'existait plus, il ne restait que cet absurde couple que nous formions, elle et moi. Il faisait chaud, l'atmosphère me collait à la peau comme un tissu invisible tandis que mes doigts me démangeaient, quémandant plus. Plus !  Ma veste m'encombrait, mon enveloppe charnelle m'alourdissait et je souhaitais juste me débarrasser de tout cela. La rejoindre, comme autrefois, et disparaître dans la pâleur opaline de sa chair. Mais... non. Un cri de charognard retentit dans ma tête.
 
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Re: En direction du métro
Dora B. Stone, le  Mer 25 Déc - 2:43

ça devait arriver...





La haine l'envahissait. La transperçait de part en part. Saisissant ses gestes, s'emparant de sa langue, grossissant à perte de vue chaque minute, englobant les secondes et minimisant les heures. Elle sentait son cœur se soulever dans sa poitrine, porté par des flots d'acide, obstruant sa gorge, remontant dans sa bouche. Au fond de son ventre, elle sentait que quelque chose la priait de sortir, elle sentait que quelque chose voulait s'en échapper. Quelque chose d'une violence rare. Ses mains fourmillaient de parasites désagréables et sa vue se brouillait mélancoliquement. Elle pensait inlassablement « je te hais. Je te hais. » parce qu'elle le détestait, sans pour autant savoir précisément pourquoi. Elle le détestait. Et d'une haine qui surpassait légendairement tout ce qu'elle avait pu ressentir par le passé. Son souffle avait du mal à sortir d'entre ses lèvres muées en une seule et même partie de peau, une seule chose. Incapable de parler, incapable de produire le moindre son. Et incapable de respirer. Sa salive avait le goût de pisse. D'ailleurs l'odeur du métro sentait la pisse. Tout était dégueulasse. Même lui, surtout lui.

Il se leva, se pressa contre elle. Doralysa ne pensait plus. Ne réagissait plus. Il l'avait transie, transie de haine et de chagrin. Elle n'était plus qu'une statue de cire froide, lisse, immuable. Ses grands yeux maigres se plongeait dans les siens, mais la chaleur du passé qu'il tentait d'allumer en elle ne faisait pas même une étincelle.
La main de son fils dans la sienne, Dora l'oubliait pourtant. Elle sentait, le corps de cet homme contre le sien. Ne sachant pas. Ne sachant plus. À quoi jouait-il ? Que voulait-il d'elle ? Il était parti, loin pendant des années. La laissant seule comme une idiote avec toutes les responsabilités du monde sur le dos. Bafouée. Perdue. Il l'avait brisée au cours des années où ils avaient été ensemble, mais maintenant qu'il était là, que son souffle amer se glissait dans sa nuque de marbre, Dora ne savait plus vraiment à quel moment elle avait le plus souffert. Avant le divorce, ou bien après ? Est-ce que cet abandon ne l'avait pas brisé à tel point que le monde avait le droit de s’arrêter ? Elle avait tant de fois pensé, à des vengeances toutes plus terribles les unes que les autres. Elle avait pensé à le tuer, dans sa haine, dans ses rêves les plus macabres. Elle avait pensé être faible, mais aujourd'hui elle savait que c'était lui le plus faible des deux. Lui qui avait fuit tout. Lui. Lui et seulement lui. C'était Edward le fou. C'était lui, le faible, celui qui devait s'attirer la pitié.

Dans les yeux de l'homme, elle voyait briller mille souvenirs. Retrouvait-il la mémoire ? Le mépris et la tristesse se faufilèrent soudainement au plus profond de ses entrailles. Les secouant comme de vulgaires amas de chaires... Elle sentait cette odeur, cette odeur de pisse horrible... Elle sentait ses lèvres tiquer de mépris, elle sentait la tristesse voiler profondément ses grands yeux verts. Elle voulait plus que tout au monde rester insensible à cet homme. Elle voulait continuer de le croire mort, immatériel, rien qu'un songe dans sa mémoire. De monstrueuses ébauches de souvenirs perdus. Rien de plus. Elle ne voulait pas, pas entendre ce cri. Pas ce cri de charognard. Pas celui du vautour magnifique. Dora l'entendait sournoisement se mêler, se tendre comme une toile dans chacun de ses os. Elle sentait une chaleur l'envahir subitement, elle sentait dans son ventre, l'acide la piquer... « Je ne veux pas, je ne veux pas » se répétait-elle encore et encore. Elle ne voulait pas. Terriblement pas.

Alors elle combattit, de toutes ses forces. Et alors qu'elle était restée sous son joug pendant cette trop longue minute, elle le poussa, de toutes ses forces. Elle voyait son bec, se planter dans le bras maigre de son amant passé. Elle sentit l'oxygène lui revenir par paquet, sa vue s'éclaircir. Les gens autour la regardait d'une façon étrange, mais peu importait maintenant qu'il était à distance.

«  Lâche moi. Dégage. » C'était ce qu'elle lui avait sifflé en le poussant loin d'elle.

Dora prit subitement son fils dans les bras, ses grands yeux étaient agrandit par la peur à lui aussi. Son cœur battait fort, tellement fort dans sa petite poitrine d'enfant que Dora se sentit responsable. Il ne pleurait pas, Danny ne pleurait jamais. Il avait hérité cela de son père bien plus que de sa mère. Elle, retenait encore son souffle. Dans son ventre, les choses voulaient encore sortir, mais elle ne les laisserait pas faire. Serrant son fils contre elle, elle le rassura doucement, les yeux clos, le berçant presque encore.  
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Re: En direction du métro
Bram V. Salten, le  Jeu 9 Jan - 23:38


L'absurde et l'improbable
feat Dora B. Stone

Je l'avais possédé et déjà, elle ne m'appartenait plus. J'avais encore, enfermés dans une emprise incassable, les souvenirs d'un passé commun que nous ne pouvions effacer. Du moins, pas tout à fait ; vois-tu, la mémoire se perd dans le labyrinthe de l'esprit, s'enroule dans un oubli incertain et néanmoins, des vestiges demeurent ancrés dans le présent. Immuables. Ces moments, morts dans le temps, étaient ainsi éternels lorsqu'il imprégnaient mes pensées de leurs sensations colorées et confusément parfumées par quelque réminiscence. Inconsciente, celle-ci embrumait le peu de raison dont j'étais doté d'une fumée onirique, folle comme le vertige que peut procurer le plaisir charnel, alors que je contemplais le regard perçant de Doralysa. Et ses yeux, tels deux lueurs vertes dans un brouillard opaque, annihilaient l'obscurité qui emplissait mon âme jusqu'à ce que je fusse aveuglé, perplexe devant une lumière si percutante.

Je sentis brusquement les années glissées entre mes doigts, devenus maladroits et engourdis, tandis que la fine silhouette de la jeune femme m'échappait. Elle avait craché sa réplique avec une force que lui avait insufflé la haine et  l'écho de sa voix serpentait encore sur ma peau alors que l'équilibre précaire de mon corps chancelait. Voilà une chose que je n'avais pas prévu – bien qu'en y repensant, ce rejet m'apparaît dorénavant aussi évident que logique.  Elle se déroba sous mon ombre comme une bête farouche, agile et violente, qu'un besoin instinctif poussait à fuir ma présence. Une pulsion sauvage se lisait dans ses mouvements ainsi que dans sa respiration sifflante ; ses iris, quant à eux,  me laissaient voir de larges pupilles où la lumière artificielle s'enfonçait continuellement. La noirceur se mêlait de ce fait aux nuances qu'arborait les prunelles de la sorcière et cela,  cette richesse fascinant, donnait un ensemble que je ne pouvais que disséquer de ma vue. Je voyais dans cet œil acéré une insouciance brisée, un rêve anéanti, une âme meurtrie par mes propres actes. Je lisais dans ses éclats méprisants une volonté sans faille, un espoir vain de me faire disparaître. Ou de disparaître, tout simplement. J'admirais une lutte perdue  entre la femme que j'avais épousé et la mère que j'avais abandonné. Je n'entendais, du reste, qu'un silence posé, interrompu seulement par de lourds battements d'ailes, tandis que ma concentration sombrait. Elle coulait vers un gouffre de perdition et je ne tentais même pas de la récupérer ; à quoi bon ? Je savais pertinemment que c'était inévitable et que, de toute façon, je n'avais nullement l'intention de m'y accrocher. Raison, folie – peut-on vraiment faire une différence entre ces deux là ? Je les pense indissociables, tout comme le sont la vie et la mort. Le passé et le présent. Ils sont semblables à bien des égards, contrairement à la croyance populaire. Mais ne nous égarons pas davantage, veux-tu ? Un frisson m'ébranla et la blonde s'évanouit parmi la foule tel un spectre insaisissable, emportant avec elle le gamin que j'avais, volontairement ou non, délaissé. Oh, Danny. Mon fils. J'aimerais être navré de ne pas l'aimer, de n'avoir jamais éprouvé pour lui qu'un vague intérêt, toutefois je dois être franc face à toi, lecteur : je m'en fo*tais.

Mon bras s'élança à la poursuite de l'amante de mon passé et du petit qui la suivait sans relâche. Agrippant la veste de ce dernier, je le retins sans peine ; ma main s'enfonça dans le tissu comme les serres d'un redoutable rapace et mon talon s'enfonça dans le sol vibrant du métro. Je n'étais pas prêt à renoncer, pas encore. Le jeu ne faisait que commencer, la chasse avait été trop courte. Il était trop tôt, ou trop tard, pour arrêter. Un rictus carnassier fendait encore  ma figure blafarde lorsque j'attirai l'enfant vers moi, ma vieille valise encombrant légèrement mes gestes pourtant souples. Et le volatile s'agita bruyamment dans mon crâne, fébrile devant la situation où l'absurde et l'improbable ne faisaient qu'un.
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Re: En direction du métro
Dora B. Stone, le  Mar 4 Fév - 23:27

ça devait arriver...





Le sang frappait à ses oreilles comme une rivière en  crue. Débordant de démence, surpassant les flots. Au dehors, personne n'avait le temps de se dire « Va-t-elle quitter son lit ? » elle l'avait déjà fait, coulant dans les maisons, méandrant sur les vignes, parcourant les chemins sur lesquels progressent normalement les hommes. Des mètres d'eau dans les rues, les femmes, les enfants et les hommes (surtout les hommes) s'enfuyaient de leurs maisons qui, comme des éponges, se remplissaient d'eau. Une rivière de sang frappait à ses oreilles, léchant ses tempes et glissant dans ses veines (vignes), l'écume de ses songes venait à peine blanchir le tableau, Doralysa n'avait pas le temps de penser, ses yeux passaient, filaient dans le métro, cherchant un secours qu'elle n'aurait pas. La peine à son cœur martelait franchement, la haine dérisoire brouillait d'écho son crâne vide. Tout se passait trop vite dans un monde qui n'avait que trop d'importance, c'était un rêve, même un cauchemar peut-être ? Au fond elle ne savait plus vraiment. Combien de fois avait-elle souhaité son retour ? Pleuré dans ses draps blanc, se disant que demain sûrement, il reviendrait ? Cinq ans durant, et les regrets l'avaient rongé, poncé. Les remords aussi s'y étaient attaqué. Mais c'était une lutte sans relâche à laquelle elle s'était attelée, à cœur perdu, s'accrochant de toutes ses forces à ce petit regard naïf, celui de Danny. Aujourd'hui il était revenu, avec des années de retard, mais toujours le même au fond. Elle aurait presque voulu lui dire, qu'il lui avait manqué, mais l’honnêteté dans ce couple n'avait plus lieu d'être. Dora ne comprenait pas vraiment pourquoi il s'accrochait comme ça, d'un coup. 5 ans sans nouvelles et au détour d'un métro le voilà s’appliquant à la poursuivre. Quelle logique à cela ? Aucune, aucune jamais. Mais elle n'y pensait pas. Elle n'était plus en marge de penser.

Et la petite main dans la sienne se déroba, les portes devant-elle se fermèrent de nouveau. Elle se retourna violemment, ses yeux se perdaient dans une danse folle, une transe immense. Il était là, la défiant du regard, la veste de son fils entre les mains. Danny avait un air perdu, pâle, fragile comme du verre. Le sang de Dora ne fit qu'un tour et la rivière se lança dans une dernière rasade. Elle se jeta à corps perdu contre son ancien amant, sa main percutant avec violence son visage. Elle l'avait giflé, ce réflexe désordonné, brouillon. Dans sa rage elle avait perdu et donné raison à l'homme fou qu'elle avait tant aimé. Quitter les mots pour la violence, voilà la lâcheté même.
Écumant, respirant avec difficulté, elle resta un instant chevrotante, ses mains papillonnant dans le vide, sentant ses poumons se vider. Elle était désolée mais ne le dirait pas.

Attirant son enfant à elle, la jeune femme réalisa comme ce geste l'avait pourtant détendue, le souffle acide se faisait plus lent, moins douloureux. Le niveau de la rivière descendait au rythme de ses respirations transies, elle se calmait serrant son petit contre elle. Les yeux perdu dans un vide blanc aux éclats de lumières jaunes. Elle sentait son cœur battre la chamade. Mais qu'importe elle se sentait mieux.

«Trouve moi à cette adresse demain soir aux environs de 20h. Maintenant ça suffit, le jeu a assez duré, j'espère que tu t'es bien amusé. »

Elle lui tendit une petite carte de visite au dos de laquelle elle avait gribouillé le nom d'un grand hotel londonnien. Elle avait ajouté l'heure du rendez vous également, mais elle savait pertinemment qu'il n'oublierait pas. Prestement et le souffle court, elle lui lança un dernier regard accusateur, la bouche entrouverte, laissant passer un mince filet amer. Elle avait l'impression de redevenir une gamine, d'avoir de nouveau seize ans et ses idéaux naïfs. Avalant sa salive, elle s'en fût finalement, poussant Daniel Fitzgerald devant elle, secouée.
Elle rentra avec quelques temps de retard à sa chambre. À peine arrivée, elle laissa Danny à ses affaires et entreprit de louer la chambre du lendemain. Quand Thomas rentra une heure plus tard, elle couchait son fils, lui lisant une histoire de dragons et de jeunes sorciers. Après un rapide bisou sur son petit front, elle ferma la porte. «  J'ai peur Maman quand tu fermes la porte... » alors elle laissa l'air et la lumière s'infiltrer. «  Bonne nuit chéri. »
Elle se glissa ensuite dans les bras de Thomas, qui l'embrassa distraiment. Doralysa allait lui dire qu'elle avait rendez vous le lendemain soir, quand il prit a parole :
«  Je ne serai pas là demain soir, rendez vous d'affaire important. Je rentrerai le lendemain de bonne heure toutefois ! » elle lui sourit.

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Re: En direction du métro
Bram V. Salten, le  Jeu 6 Mar - 20:39


L'absurde et l'improbable
feat Dora B. Stone

L'éclat de la gifle retentit un instant dans la rame, devenue en un sens silencieuse. C'était comme si le moindre son s'était évanoui et qu'il ne restait plus qu'un vide assourdissant. Les lumières artificielles brouillaient mes sens et je me sentais violemment désorienté, chancelant sans cesse d'une pensée à l'autre alors que la sensation de la claque ne quittait pas ma peau. Je n'y croyais pas – était-ce vraiment arrivé ? Le rictus qu'arboraient mes lèvres bascula jusqu'à disparaître sous une mimique droite et crispée. J'entendais dans ma tête l'Autre faire retentir son mécontentement à travers de longs cris bestiaux que le battement de ses ailes amplifiait, encore et encore. J'en tremblais presque, car cela provoquait en moi la montée d'un saisissant vertige, alors que mes entrailles fondaient tel du métal sous une chaleur intense. Je goûtais sur ma langue une saveur amère, porteuse d'une nausée écœurante que je voulais recracher avant que ma bouche n'en soit imprégnée. Je n'y croyais pas.

Mes mains relâchèrent violemment le gamin pour s'enrouler autour de la poignée de ma valise. Il s'agissait probablement d'un geste semi-conscient provoqué par ma raison afin de me préserver – le vautour déployait toute sa frénésie à l'égard de Doralysa et je sentais, je savais que l'emprise que je détenais sur mon alter ego défaillait. Mes doigts commençaient à prendre les caractéristiques des serres d'un rapace et un frisson faisait courir sur ma peau le début d'un sombre plumage ; l'humanité fuyait mon souffle saccadé. Confusément, je perçus la foule me bousculer et les individus se presser près des portes, leurs corps d'hommes frôlant ma silhouette semi-animale sans la moindre considération. C'était sûrement mieux ainsi. Pourtant, je m'égarais parmi ces étrangers comme si leurs présences fantomatiques me faisaient chanceler. Tomber dans l'oubli fracassant que provoquait mon ivresse frémissante. Je me détachais de la réalité et ma raison semblait disparaître dans le flot de mes pensées, la folle marée se marrant devant mon renoncement. L'oiseau criait sa hargne et les échos de ses hurlements me renversaient impétueusement ; chaque respiration que je prenais paraissait si lourde que mon équilibre s'en trouvait ébranler.

Je ne bougeais pourtant pas.
Pas physiquement, du moins.

Intérieurement, c'était une orgie d'émotions et d'idées dénuées de logique qui folâtrait dans mon crâne. Je ne discernais plus grand chose, si ce n'est cette même stupeur dont je ne pouvais me défaire. Était-ce vraiment arrivé ? Toujours cette question, qui résonnait en continue dans ma tête jusqu'à me rendre complètement taré. La gifle n'avait pourtant pas été une hallucination, j'en étais quasiment certain. Et la bête qui se déchaînait dans mon esprit me répétait sans cesse que cela avait été réel. Douloureusement réel. Des taches écarlate se rependaient sur ma vision alors que les traits de mon visage se crispaient comme si un courant électrique traversait mon squelette.

Et puis, tout s'arrêta soudainement. La voix sifflante de la muse m'interpella un instant et je fus de nouveau stabilisé dans le présent. Je n'entendais plus le charognard ; juste les mots de Doralysa. Un papier se glissa dans ma paume tandis que je prenais enfin une profonde inspiration. Le sourire revint lentement sur ma face quand la femme disparut avec son fils à la station de métro suivante. Il y avait alors en moi un silence contemplatif. Je caressais l'impression d'avoir dérobé la volonté de celle qui avait un jour partagée mon quotidien ; je l'avais retrouvé. Elle était mon passé, présent et futur – nul doute à ce sujet. Pour un jour, pour toujours, elle m'appartenait.

Oui, tout cela était bien arrivé,
L'absurde comme l'improbable.
[Fin du RP]
 
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Re: En direction du métro
Phoebe Monroe, le  Jeu 29 Mai - 15:11

[Axelle Higgs]

La main s’avance, caressant la surface verte. « Ça ! Oui, ça ! » On fait sauter le légume dans la main. « Ou bien… » Le légume est reposé parmi tant d’autres. La main tapote un autre légume. « Ça ? » Petits rires. « Non, non, non. » On reprend le premier légume, celui-ci est déposé dans un cadi plein. « Ça peut être bon… » J’avance un peu. « Qu’en penses-tu ? » Petit silence. J’avance à nouveau. « Tu aimeras, hein ? Dis… » Nouveau silence, interrompu par des petits bruits semblables aux gazouillements d’un oiseau.

Je m’arrête. « Non, je ne vais pas te prendre ça. La dernière fois, tu n’as pas aimé. » Je m’avance. Un bruit de choc retentit. « Excusez-moi ! C’est ma faute ! » J’avance de nouveau. Je m’arrête. « J’ai oublié de prendre du jus ! » Je repars en courant. « Le jus, le jus, le jus, le jus... » Je m’arrête. Je prends une brique de jus et je repars. « Dis-moi, tu aimes l’orange ? » Gazouillements d’oiseau. Je ris. « Moi aussi, j’aime beaucoup ! » Je m’avance calmement. « Tes dents, tu as toujours mal ? » Je tourne les talons. « On va à la caisse ! »

Je m’avance pour après m’arrêter et attendre. Le temps s’écoulait lentement. Dans le magasin, il y avait ces bips qui, à l’unisson, formaient une musique entêtante. Gazouillements, puis caresses. C’était à notre tour. Je pose le tout sur le tapis. Ce tapis qui mange tout, qui mange tout ce que j’achète. Devant le tapis, on me demandait d’acheter encore. J’ai pris un paquet de chewing-gum. Le tapis l’avalait lui aussi. Mais le tapis avait une maîtresse qui l’arrêtait pour ne pas qu’il mange tout, parce que la maîtresse elle avait plus intérêt à ne pas qu’il mange trop pour qu’elle puisse manger. Bip, bip, bip… Encore. On avala ma carte momentanément. « Voilà le tout, au revoir. » Pas de réponse.

J’avance, des sacs plastiques à l’épaule, une poussette à la main. « Il est quelle heure ? » Fixant les chiffres accrochés à une pharmacie. « Déjà ! » Je presse le pas. « On va l’avoir de justesse… » J’emprunte un ascenseur. Je marmonne un peu. « Déjà si tard... » L’ascenseur s’arrête. « Où est passée la journée ? » Je descends. Ticket. Bip ! Je passe. Hurlement de terreur sortant de la bouche noire. Je sursaute. Holly aussi. Hoquets, puis pleurs. « Ça va aller, ça va aller… » Je lui donne sa tétine. Plus rien, à part la foule devant les portes. J’en fais parti.

Dans un nouvel hurlement terrifiant, je m’en vais. J’attends. Ça puait, beaucoup. On me regardait. Ça sent le poisson. Les poissons me regardent. Je suis assis, la poussette devant moi. Hurlement. Je pars. Je sors de la bouche. La lumière m’aveugle. Fanfare de klaxons. Les sacs plastiques cisaillent ma chair. Je me pose sur un muret devant la bouche. Une lèvre.

Je souffle, puis j’aspire mais, après, je souffle encore plus fort. Je pose mes sacs. Présente dans ma poche. Yeux clos, elle dort. Ils font beaucoup trop de bruit. J’allais me lever pour leur demander d’arrêter la musique mais quand mes jambes se déplièrent, j’avais oublié pourquoi je voulais crier. Qu'avais-je vu ? Elle est là ? Mais est-ce bien elle ? Si, si, c’est elle.

Elle avance, elle aussi, mais pas comme moi. Elle danse dans la rue. On ne fait pas beaucoup attention à elle, mais moi je ne vois que ça. C’est un peu maladroit et très drôle. Je me souviens et quand je la vois, je vois ces souvenirs. Je vois le passé.

« Axelle ? » Je me lève, je reprends mes sacs et je pousse Holly. « Axelle ? » Je suis devant elle et je lui souris. « C’est bien toi ? » Je me frotte les yeux. « Qu… Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » Je la vois mieux maintenant. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Je regarde autour. « C’est dingue ça ! » Petits rires. « Alors ça c’est dingue ! » Un des sacs tombent un peu, je le remets bien sur mon épaule. « Je ne pensais pas qu’on se reverrait ! »
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Re: En direction du métro
Axelle Higgs, le  Ven 30 Mai - 1:08

Ça avait commencé de façon banale : des nouvelles déplaisantes et des frustrations accumulés. En somme, une mauvaise journée. Heureusement, c'était samedi et, ce jour-là, les élèves de la célèbres école de Sorcellerie avaient le droit de sortir. Ne se faisant pas prier, la Serpentard fut rapidement à l'extérieur. Comment elle était arrivé à Londres, déjà ? Ça, c'est une sacré histoire. Un récit dont la verte et argent ne se souvenait pas brève tranches. C'est dans l'allée des embrumes qu'on l'avait approché. Un ange sur sa route ? Peut-être pas, mais Higgs la verte -elle- le voyait ainsi. Ils avaient quelques peu bavardé «Ç'va assurer grave, crois-moi. Meilleure qu'celle des moldus.». Sans rien dire, elle avait sortie ses gallions, attrapé son dû et s'était enfuie, n'ayant pas trop envie de traîner longtemps avec cet "ange" qui pourrait rapidement s'avérer un démon. Il était laid et Axelle ne voulait pas qu'une de ses pattes graisseuses touchent son corps.

Du chemin des Traverse, après avoir immergé de l'allée des embrumes, la sorcière avait dû prendre le magicobus pour Londres. Enfin, c'était son hypothèse mais, sérieusement, elle s'en foutait. C'est sans réel but qu'elle déambulait dans la ville, s'extasiant sur tout : le paysage, les bruits, l'odeur. À présent, la verte avait le coeur léger, elle ne pensait plus à ses soucis ou quoi que ce soit. Elle se mit à danser. Parfois, on lui adressait des commentaires sur ses talents de danseuse et, selon son humeur, Axelle répondait «Ta gueule, toi !» ou alors «Merci ! Je vous souhaite une excellente journée !».


La Serpentard continuait ses pas de danse à travers la foule,  évitant gracieusement (?) les passants. Sa baguette était cachée sous son short taille haute délavé, le long de sa cuisse, un sort d'illusion permettant de rendre le tout invisible. C'était bizarre de se trouver dans un quartier moldu. Higgs la verte se sentait soudainement forte, d'un seul mouvement, elle pouvait prendre le contrôle de la situation. mais avant que des idées de grandeur émerge dans son esprit, son regard se stabilisa et ses pupilles se dilatèrent davantage. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un avait attiré son attention plus d'une fraction de seconde. Depuis combien l'observait-elle, aucune idée. Il s'était approché et l'interpella par son prénom. Il semblait tout aussi surpris de la voir ici, danser sur une rue passante. Il lâche un petit rire, toujours surpris de cette rencontre.

- Je ne pensais pas qu’on se reverrait !

La sorcière sourit. De son côté, elle pensait qu'ils se reverraient. Du moins, elle l'espérait. Au besoin, elle aurait forcé les choses, mais Monroe n'était plus auror, c'est ce qu'on lui avait dit. Il s'était enfui, encore ? Peu importe. À présent, elle faisait face à l'énigmatique Phoebe Monroe. Elle avait envie de lui dire mille et une choses, lui dire que c'était beau ici, ou pas, ça dépend de l'angle de vue en fait . Pis qu'elle avait envie d'une pizza ou alors d'un tartare de saumon. Ou de canard ? Mais quelque chose attira l'attention de la Serpentard qui baissa les yeux vers la poussette contenant un petit être. Oh.

- Z'êtes papa, m'sieur Monroe ?

Malgré le temps qui avait passé, Higgs la Verte n'avait jamais cessé de l'appeler ainsi. Ça avait commencé à l'époque où il enseignait à Poudlard. Il était professeur de méta... Euh... non ! D'enchantements. Dans la tête d'Axelle, ça tournait à cent à l'heure. Les pensées se bousculaient et perdaient en cohérence. Cela devait se voir dans son regard brillant, mais hagard. Elle était contente de voir à nouveau Phoebe. Ça aussi ça devait se voir. Distraite par une automobile, le regard de la sorcière se perdit quelques instants vers la droite tandis qu'elle passait une main dans sa chevelure de jais. 
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Re: En direction du métro
Phoebe Monroe, le  Mer 2 Juil - 18:10

[Ce que j'aime dans le rp, c'est le retard irrespectueux de mes réponses, c'est ce qui me motive...]

Brise mélancolique qui caressait les feuilles d’un unique arbre maigrelet. Trônant seul sur une petite place de la capitale, il faisait tourner les hommes qui, tous, se brassaient inlassablement. Cette brise qui touche les feuilles ajoutait une touche rurale dans ce portrait tristement citadin, je ne saurais dire pourquoi.

J’avais l’habitude de m’étonner des choses qui se présentent à moi, à croire que je m’étais forger une image dure d’une vie d’acier.

Petite, mais si grande ; ces yeux tonnaient dans la chaleur. Axelle. Elle était bien belle et je crois qu’à chaque fois que je la regarde, je ne peux m’empêcher de penser que les Femmes sont plus dangereuses que des fusils.

PAN !

Un matin, j’ai dû quitter mon travail, j’ai embrassé ma mère, j’ai serré la main de mon père, j’ai jeté tout mon argent, j’ai fermé à clef ma maison et je suis parti de ma ville dans ma voiture neuve. Assise à mes côtés, une femme me léchait la joue, le regard mutin. Au revoir, ma belle !

Axelle avait une démarche terriblement gauche. Elle ne me regardait plus, alors j’ai repris vaguement mon souffle. J’ai déposé mes sacs à mes pieds, de manière à ce que le premier se repose convenablement et sans me gêner sur mon jean et que le deuxième soit tout droit, il contenait plein de boîtes de conserve. « Oui » pause. « Je suis papa » nouvelle pause. La lumière descendit vers la poussette. « Elle s’appelle Holly, comme la plante, mais elle, elle ne pique pas » et je me suis mis à rire. La petite était vêtue d’une petite robe blanche déclinée en dentelles, si elle avait tout de l’ange, ses yeux étaient noirs et sans fin.

J’ai penché ma tête sur le côté. Pour le dîner, j’avais des crevettes et des pots. Je devais aussi recevoir l’appel de l’artisan qui disait avoir acheté le bois. Il y avait aussi beaucoup de lettres sur la table de la cuisine. Des vacances par chance, peut-être… Je pensais à tout ça et pardessus tout, pardessus ma vie qu’elle foutait en l’air comme on jette une vielle nappe, je pensais à Axelle et je trouvais qu’elle était tellement étrange que cela dépassait de loin la magie. « Tu n’es pas dans ton état normal, non ? », j’ai penché ma tête sur l’autre côté, « non, non, non… ».

J’ai passé ma langue sur ma lèvre, une langue rose. Mes yeux bleus criaient de partout mais surtout sur Axelle. C’était beau, Axelle, ça aspirait, ça tapait, ça sifflait et ça partait. Mais, je préférais Holly parce que ça coulait en bouche, ça coulait comme de l’eau dans une rigole, comme la pluie sur les vitres, comme les larmes sur les joues et comme la lave sur les flancs des volcans. Ça coulait comme des anges descendants des cieux.

Ma main descendit sur l’épaule d’Axelle et j’ai souris, les paupières mi-closes, le soleil blanc illuminant ma peau. « Tu veux venir chez moi ? » Mes cheveux étaient du même brun qu’Hercule, dit-on, le même ! C’était le brun des héros, pour sûr ! « On pourra discuter d’avantage là-bas ! » J’étais dans la ville des grands, dans le pays du pouvoir et de la couronne. Je pouvais tout faire ici, tout ! Même la couronne ! « Et je crois que la petite ne va pas tarder à s’impatienter... » Je portais le nom de Monroe, ma fille aussi, on était beau, on le disait ! On était faits pour être affichés sur les barreaux des lits de fer tandis que la guerre faisait rage. C’était ça ma gloire ! mon but ! « Tu sais comment sont les enfants… » Comment sont les enfants ?

L’ombre de mes…

De mes yeux ?

Oui, l’ombre de mes yeux faisait peur…

Ou alors (petit instant pour me permettre de faire le cinéma ; lèvres sur langue ou langue sur lèvres, yeux mi-clos ou mi-ouverts, vent par ci ou par là)…

Ou alors c’était Axelle et son odeur qui me rendait un peu superbe à l’ombre de ce petit arbre maigre planté sur un square de la capitale. Au fond, c’était l’arbre premier !
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Re: En direction du métro
Axelle Higgs, le  Lun 7 Juil - 23:36

La voiture s'éloigna. Vrouum ! Ça faisait un drôle de bruit. Ça devait être fatiguant, à la longue. Pourquoi c'état autant bruyant ? La sorcière retourna son visage vers Phoebe qui répondit :

- Oui

Il y eut une pause.

- Je suis papa.

Eh bien. Surprenant. Elle haussant un sourcil intrigué tandis qu'il reprit la parole après une autre pause.

- Elle s’appelle Holly, comme la plante, mais elle, elle ne pique pas

Alors que Monroe riait, la jeune femme eut envie d'ajouter « et comme ma chouette ! », mais l'homme n'aurait peut-être pas apprécié. Ou alors il aurait ri de plus belle ? Son regard se baissa vers le bambin dans sa poussette. Elle était mignonne dans sa lumineuse robe blanche et Axelle gazouilla quelque peu afin d'attirer son attention. Cela marcha plus ou moins et, à ce moment précis, la Serpentard comprit qu'elle ne possédait aucun instinct maternelle. On dit souvent que des gens sont nés avec cet instinct, mais ce n'était pas le cas de la verte et argent. Avec un bébé dans les bras, elle ne saurait pas quoi faire. Peut-être qu'avec de la chance il y aurait un déclic quand elle tiendrait son propre enfant. Enfant inexistant, d'ailleurs.

Toujours penchée au dessus de la poussette, ses grands yeux bleus -brillant toujours aussi étrangement- détaillèrent la petite, à la recherche de ressemblance avec Phoebe. Elle avait ses yeux, nah ? Et ses oreilles ? Par Merlin, Axelle était tellement nulle dans ce genre de choses. Absorbée dans sa contemplation, elle ne remarqua pas que l'ancien Gryffondor pencha la tête sur le côté, marmonnant que la sorcière n'était pas dans son état normal. Hein ? Il lui avait parlé ? État normal ? Si, si, Axelle allait rétorquer lorsque...

Un flash !

Holly ! C'est pour ça que Monroe avait subitement lâché son rôle d'auror. Elle allait le crié dans la rue, sans se soucier aucunement que pour un moldu entendre «C'est pour ça que vous ne chassez plus les mages noirs» ça ne fera aucun sens. Avant que la brune fasse une erreur, la main du sorcier se posa sur son épaule et la sorcière se redressa. Son regard ne se détacha pas d'Holly.


- Tu veux venir chez moi ? On pourra discuter d’avantage là-bas !  Et je crois que la petite ne va pas tarder à s’impatienter...  Tu sais comment sont les enfants…

Non. Elle ne savait pas le moins du monde comme sont les enfants, mais elle pouvait très bien s'imaginer. La frustration de ne pas avoir ce que l'on veut maintenant, car nous ne connaissons aucune règle dans ce monde. Ne pas se sentir en contrôle de soi-même, ça doit être horrible. Il faut tenter de communiquer avec cette version géante de nous. Quittant enfin des yeux l'enfant, Axelle releva son regard turquoise vers Monroe. Il y eut un coup dans sa poitrine. La jeune femme lui accordait de nouveau son attention. Il était beau, monsieur Monroe.

- Oui, je veux bien venir chez vous. C'est loin ?

Un ravissant sourire sur les lèvres, qui fut déformé l'espace d'une demi-seconde, tandis que la sorcière se mordilla la lèvre supérieure.



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 En direction du métro

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