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En direction du métro
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Liam Riu
Poufsouffle
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Re: En direction du métro

Message par : Liam Riu, Mar 30 Mai 2017, 23:22


{Autorisation de MM 91 et Malicia pour reprendre le sujet le temps de clôturer le RP}


Liam réalisa qu'elle était à peine attentive à ce qu'il lui disait. Il la sentait ailleurs. Était-il arrivé la faire sortir de ses gonds ? Il fallait vite en finir, elle était sûrement à bout et il finirait par en prendre plein la face très rapidement. Il continuait à faire tourner le coffret entre ses doigts, ses mouvements étaient lents, laissant planer un parfait suspens sur ce qu'il s'apprêtait à en extirper. Kyara restait tendue, elle réagissait comme il l'attendait. Ne tenant plus, et elle sûrement non plus, il commença à se détendre, une ébauche de sourire se formait tandis que le coffret émergeait de sa poche.

Mais il n'eut pas le temps d'aller jusqu'au bout de son geste. Il décela un mouvement inhabituel chez Kyara, elle bandit ses muscles d'un coup, mais fut tellement rapide que Liam ne put rien faire pour se défendre, à part remettre le coffret en lieu sûr et se protéger les parties intimes. D'un coup sec, il sentit son genou se dérober sous son poids, et surtout sous le coup de la Blanchet. Son poignet faillit rompre aussi avec la force que Kyara impulsait dans son blocage. Il sentit le sol heurter son genou meurtri, lançant une vague de douleur lui hérissant chaque poil et lui arrachant un petit cri étouffé. Il était toujours conscient du fait qu'il ne fallait pas attirer l'attention. Il se releva légèrement afin d'éviter de s'appuyer sur ce nouveau point faible. Il ne pensait pas qu'elle ait cassé son genou mais il doutait d'une bonne fracture. Il se mordait les lèvres, attendant que la douleur s'atténue alors qu'elle ne faisait qu'augmenter. Elle n'avait rien perdu de ses capacités, il la voyait déjà vieille, un sabre dans le dos, en combinaison jaune et noir Poufsouffle près à neutraliser n'importe quel ennemi qui passerait dans les environs.

Il n'eut pas la force de relever la tête lorsqu'il s'adressa à elle. Dans quel bourbier il venait de s'enfoncer ? Pour une simple petite blague en plus. Il se doutait que ce ne plairait pas à la brunette mais delà à ce qu'elle attaque, ce devait être un coup de fatigue. Ou juste une grosse exaspération, c'était lui le fautif dans ce cas. Elle le menaça, lui priant pas très cordialement de décliner son identité. Il en frémissait même.

Effectivement, il était temps de mettre un terme à ce petit jeu. Au prix d'un dernier effort de concentration - et Dieu, qu'est-ce que ça pouvait être dur quand on venait de vous réduire en miette la rotule - il changea son apparence pour revenir à celle d'origine. Ce n'était pas agréable du tout de changer sa morphologie blessé, mais il reprit une taille et une corpulence qui le caractérisait. Son visage se sculpta, son nez reprit forme, ses cheveux s'éclaircirent jusqu'à ce blond si particulier. Il était redevenu Liam mais dans des habits un peu différents de son habitude.

Il essaya vainement de changer de genou, et à défaut, hissa son genou valide qui vint faire un angle droit devant lui. Il s'appuya dessus d'un bras, attrapa le coffret d'une main, assez rapidement pour qu'elle ne réagisse pas au quart de tour. Il espérait qu'elle l'avait reconnu quand même. Il l'ouvrit, et releva la tête au même moment. Il tenta un sourire, complètement déformé par la douleur. Entre eux deux se tenait un coffret de velours où reposait une bague en argent blanc, incrustée d'une pierre ovale d'émeraude entre deux petits cristaux d'argent. Cela avait été l'horreur pour le jeune homme de trouver une bague ne sachant pas vraiment les goûts de sa petite amie en la matière et si les sorciers célébraient les mariages comme les moldus. Dans le doute, il avait fait au feeling, espérant que Kyara apprécierait le geste. De toute façon, il n'y avait que sa réponse qui l'importait.

- Kyara, épouse moi, ajoutant plus loin : S'il te plaît.

On était encore plus maladroit lorsqu'on avait un genou en moins.
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Mangemort 91
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Re: En direction du métro

Message par : Mangemort 91, Mar 06 Juin 2017, 00:41


Conclusion


Il leur suffit au final d'un hochement de tête, d'une certitude de non-trahison, qu'ils tentent autant qu'ils peuvent de sonder dans les yeux bien connus de la blonde abîmée. Un regard en croisé, sans émotions. Pour chasser les regrets sur le point d'assaillir l'âme en paix d'avoir été lâchement vengée. Le regard qu'ils détournent, par peur de virer chien sauvage. De perdre leur once d'affection au profit d'une haine sans nom qu'ils sauraient capable de les emporter. Pas contre elle, qu'ils ont assez tourmentée. Mais pour tous en général, les gens tordus, qui cassent à grands coups de bois, créateurs de monstrueuses brisures tendant comme elles peuvent à s réparer.

Quelques secondes de regard, avant de sans un mot se détourner. La laisser à son sang, à son combat invisible dont personne ne voudra ébruiter ou écouter les récits. Aller panser ses plaies. Au fond de la nuit noire, l'une de celle que l'on met au tiroir, enfermée à double tour.
Et disparaître, récupérer la peau véritable, en arrachant le plastique anonyme.  

FIN DU RP
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Isolde Hawkes
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Re: En direction du métro

Message par : Isolde Hawkes, Dim 09 Juil 2017, 18:21


RP avec Kohane.

Le cœur battant la chamade. Les poings serrés. La démarche rapide et en ligne droite. Le sac à dos jeté sur l'épaule. Isolde avait ramassé toutes les affaires qu'elle pouvait et claqué la porte sans hésiter une seule seconde. Elle avait à peine entendu sa voix la suppliant de rester. Elle avait couru au hasard, préférant les petites ruelles sombres aux larges avenues éclairées. Elle l'avait semé en quelques instants.

Laisse-moi tranquille !

Elle le haïssait.

Ce soir-là, les grandes artères de Londres étaient animées, mais dès que l'on s'en éloignait, les passants se faisaient rares. La préadolescente s'abrita sous un porche quand la pluie vint à tomber. Elle y resta vingt, peut-être trente minutes, assise par terre en attendant une accalmie. Une vieille femme passa à côté de la petite sorcière, sembla hésiter à s'arrêter puis poursuivit son chemin en traînant derrière elle un caddie. Lorsqu'elle fut de nouveau seule, Isolde ramena les genoux vers elle et y posa son front. Les reflux sanguins dans ses tempes étaient presque assommants.

T'as jamais été là pour nous.

Dans son poing serré, une photographie de son père aux côtés d'une inconnue. Isolde la déchira en mille morceaux qui s'éparpillèrent tout autour d'elle sur le sol.

La pluie ne cesserait de s'intensifier jusqu'au lendemain en fin de journée. La fillette se releva, rabattit la capuche de son épais sweat-shirt gris clair et enfonça ses mains dans la poche centrale d'où dépassait très légèrement sa baguette magique. Elle fonça au hasard, traversa plusieurs fois au rouge, manqua de se faire percuter par un cycliste qui circulait sans lumière.

Sur le visage d'Isolde, il était impossible de distinguer, parmi les gouttes qui perlaient, lesquelles étaient des larmes.

Bientôt, elle aperçut l'horloge de la gare de King's Cross. Il était vingt-deux heures passées. La sorcière pénétra dans le hall où s'alignaient différentes boutiques, pratiquement toutes fermées. Elle avisa cependant une enseigne de restauration rapide. Elle se glissa derrière un homme très corpulent et attrapa ce qui lui tombait sous la main. Personne ne fit attention à elle. La préadolescente sortit et s'éloigna d'une vingtaine de mètres avant de contempler son butin : un paquet de chips, une pomme, une barre aux graines de sésame. Elle fit la grimace ; elle n'aimait pas le sésame. Elle glissa néanmoins le tout dans son sac à dos et se remit en marche, à la recherche d'un panneau affichant l'heure de passage et la destination des prochains trains.
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Kohane Werner
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Re: En direction du métro

Message par : Kohane Werner, Mar 11 Juil 2017, 19:04




Des rails.
Des kilomètres et des kilomètres de rails.
Ils sont là.
Ils se voient, ils se croisent, s'entrecroisent.
Ils mènent tous vers des destinations différentes. Aller, d'un point A à un point B.
Ils filent à travers les paysages. Traversent parfois des lieux complètement différents les uns des autres.
C'est ça, qui est beau avec le train.
C'est monter dedans.
C'est se laisser porter au grès des rails.
Passer d'un monde à l'autre. De ville à campagne. De métropole à village.
On se laisse glisser vers d'autres horizons.
Généralement, quand les gens prennent un billet, ils savent pertinemment où ils veulent aller.
Je cherche un voyage Londres-Edinburgh
Noms de villes,
Adresse précise.
Mais certain se contentent d'acheter. Pour n'importe quel endroit. Et se laisser ensuite porter. Sur les rails. Vers un lieu auquel ils n'auraient pas pensé avant.
Dans un sens, le train, ça fait rêver. De voyages. Dépaysement complet.
Partir.
Loin.
Si loin de tout.
Si loin des autres que l'on ne côtoie que trop.
Loin
Trop loin.

Même si, dans le fond, j'arrive au même résultat sans besoin de rails.
Puis moi, j'vais pas droit. Non. Je zig et zag, sors justement des rails sans jamais y rentrer de nouveau.
Je fuis. A ma manière. Par mes propres moyens. Par mes jambes. Ou par transplanage.
Je fuis sans train.
Mais parfois, j'ai l'impression d'en être un.
Une pauvre locomotive oubliée, rouillée et pourtant toujours là.
Locomotive perdue dans la nuit. Qui continue d'avancer alors même que le monde l'a effacée des mémoires. Parce qu'elle n'est plus de son temps. Elle est trop décalée. Sur tout.
Et, malgré cela, elle continue de rouler.
A son rythme.
Sur son chemin bien à elle.
Dans la brume, vapeur lancée aux étoiles comme unique salut.
Ouais.
J'suis une locomotive décalée.
Oubliée.
Mais bien vivante.



D'ailleurs, j'vais me remettre en route.
Assez d'avoir campé face aux rails sans rien faire.
Faut que je bouge.
Oh, il ne s'agit pas de rentrer à la maison. C'est justement loin de là que je roule.
Non.
Mes roues vont s'actionner pour...
Pour...
Qu'importe.
J'vais me laisser porter.
Comme souvent.
Alors je marche.
Je regarde autour de moi.
La gare est éclairée de cette lumière artificielle. C'est qu'il doit faire sombre dehors.
Peu à peu, les quais se vident. Parce que les trains arrivent. Les gens montent. Partent.
Et bientôt, plus un rat.
Je jette un coup d'oeil à la grosse horloge de la gare de King's Cross.
Il est près de vingt-heures.
Ca va.
La nuit n'est pas encore vraiment là.
Et, comme toujours, elle sera longue. Si longue.

Je quitte les quais, prête à sortir.
Mes yeux voguent.
Parfois, je croise quelques têtes.
Ils ne me regardent pas. Ne font pas attention à moi.
Locomotive invisible dans leurs rangs.
Je vois un fléchage jusqu'au métro.
Je m'arrête un instant, œil fixé sur les panneaux.
Et si j'allais par là ?
Se laisser porter par le métro londonien, sans but ni envie, c'est aussi une activité à faire. Juste se caler dans un coin. D'un bout à l'autre d'une ligne. Puis, une fois qu'on en a fini, sauter dans une nouvelle. Ainsi, sillonner le Londres souterrain.
Evidemment, le paysage n'est ni beau ni intéressant.
Des murs, des murs, des murs tout au long.
Mais le rythme doux du métro, les arrêts, les gens qui montent, qui descendent, tout cela est fascinant.
Ca tue déjà quelques heures.
Quelques heures de nuit à ne rien faire.
A seulement chercher à s'évader.
Alors oui, pourquoi pas. Le métro.

Je me remets en route, prête à descendre sous terre et attraper une ligne au hasard.
Quand j'en aperçois une.
Une locomotive abandonnée, elle aussi.
Mais elle est jeune. Si jeune. Trop jeune pour être déjà laissée de côté.
Elle semble s'intéresser aux prochains départ.
Ses yeux fouillent les horaires avec attention.
Vers où va-t-elle, seule, si petite ?
Je pourrais passer mon chemin et continuer mon périple nocturne.
Je pourrais...
Mais en vérité, quelque chose m'attire chez elle.
Son jeune âge ? Son air perdu ? Son aspect de locomotive laissé à l'abandon, elle aussi ?



Doucement, je m'approche.
J'la connais pas. Elle me connait pas. Peut-être même aura-t-elle peur.
Qu'importe.
Si c'est une perdue de la nuit, j'peux essayer de l'aider.
A retrouver son chemin.
Ou se perdre davantage derrière moi.
Au rythme régulier du métro londonien.
Lorsque j'arrive près d'elle, je remarque ses joues mouillées.
Oh.
Tiens.
Mais

-Il pleut ? je demande simplement.

Ma tête se tourne vers une entrée de la gare.
Je regarde.
J'écoute.
Oui.
Il pleut.
Ca fait plic et ploc contre les murs. Sur le toit.
Ca alors.
J'avais même pas remarqué.

Mon attention se reporte de nouveau sur la petite fille.
Elle est si jeune.
Pourquoi est-elle là ?
A cet âge, ne devrions-nous pas rire dans une famille chaleureuse ? Ou avec des amis fidèles et tout aussi gorgés d'innocence que nous ?



J'sais plus vraiment.
Mais je suppose.
Je crois qu'à son âge, c'est ce que je faisais. Non ?
A son âge, je riais à la vie. J'étais bien avec Papa et Maman. J'avais quelques amis avec qui partager joie, jeux, folies et secrets. Une vie simple qui se contente de peu.
Je ne venais pas traîner seule dans une gare.
Sac à dos pour tout départ.
Pourquoi est-elle là ?
Depuis quand est-elle là ?
La vie n'est pas juste. Elle est trop petite. Elle a encore besoin de rire comme avant. Encore besoin d'un monde aux mille couleurs éclatantes.

-Depuis quand es-tu toi aussi une locomotive abandonnée, enfuie, rayée du monde des autres ?

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Re: En direction du métro

Message par : Isolde Hawkes, Sam 22 Juil 2017, 00:11


Isolde parcourut le panneau des yeux. L'ultime train de la journée, à destination de Doncaster, partait six minutes plus tard. Elle retint le numéro de la voie et regarda tout autour d'elle, à la recherche d'indications. Son cœur cognait de plus en plus fort dans sa poitrine. Était-ce dû à la fureur, la fébrilité ou la peur ?

Todom todom todom todom

La jeune sorcière était si nerveuse qu'elle ne parvenait pas à prendre de décision. Quitter cette maudite ville ou y rester. Plus que cinq minutes.

__________ Todom todom todom

La gare était étrangement déserte et silencieuse. Les derniers voyageurs étaient sans doute déjà à bord du train. Isolde n'aurait pas à slalomer entre les badauds. Elle courrait droit devant elle et prendrait la première à droite ; le chemin serait fléché jusqu'au quai. Elle profiterait d'un moment d'inattention du contrôleur, occupé à verrouiller les portes, pour se glisser dans un wagon. Elle irait ensuite se cacher derrière son sac à dos, parmi les valises.

Trois minutes. Isolde prit une immense inspiration. Sur son visage, un mélange d'affolement et de détermination. Elle s'apprêta à partir en chasse de sa liberté.
— Il pleut ?

____________________ Todom todom

La fillette crut d'abord que son imagination lui jouait des tours. Elle n'avait vu personne d'autre que cet homme, au loin, qui courait à perdre haleine, faisant de grands signes en direction de l'on ne savait trop quoi. Il était resté une fraction de secondes dans son champ de vision avant d'en disparaître, laissant derrière lui l'écho de ses pas précipités. Or, c'était une voix de femme qu'Isolde avait entendue. Elle avait dû rêver. Et pourtant…
— Depuis quand es-tu toi aussi une locomotive abandonnée, enfuie, rayée du monde des autres ?

La jeune fugitive fit volte-face et dévisagea l'inconnue avec un air presque féroce. Cheveux châtain, yeux ternes, teint opalin, au crépuscule de l'adolescence. Isolde ne soutint pas son regard très longtemps. Elle se cramponna fermement aux bretelles de son sac et s'élança à toute vitesse vers le quai sans demander son reste.

______________________________ Todom

Elle n'entendit pas le bruit de sa baguette qui s'échut sur le sol en béton.
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Kohane Werner
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Re: En direction du métro

Message par : Kohane Werner, Lun 31 Juil 2017, 17:16




Le visage se tourne brusquement. Ses traits sont jeunes. Mais marqués d'une férocité qui ne lui va pas.
Elle me regarde.
Comme prise sur le fait.
Face aux panneaux de départs. Elle allait partir. Quand je suis arrivée. Une locomotive qui fuit, se fuit parce que les autres s'écartent en l'abandonnant. C'est toujours la solution la plus simple : partir pour éviter d'affronter.
Mais je sais que cela ne résout, finalement, rien.
Ce n'est que repousser l'échéance.
Repousser le moment où il faudra réellement serrer les poings face au monde.
Et l'affronter.
Pour de bon.
Pour se faire entendre.
Pour se faire sa place.
Pour élever sa voix.
Fuir, ce n'est que remettre à plus tard. Remettre à un autre jour.
Moi aussi, avant, je fuyais. Je le fais encore un peu maintenant. Quand je pars pour éviter les regards familiaux. Parce que le courage me manque. Et que je ne parviens pas à leur faire face.
Malgré tout, je sais pertinemment qu'un jour, il faudra... Il me faudra m'armer de courage, inspirer un bon coup et foncer.
Je ne pourrai fuir éternellement.
Deux ans. Que je cours sans m'arrêter. Deux ans. Que je pars, moi aussi, à la dérive de l'esprit. Je ne prends pas de train -pas besoin. Je me contente de fuir dans un autre monde, calquer mes pas sur ceux d'un univers différent pour oublier celui-là.

L'oubli n'est pas une solution

Il y a bien plus de mérite à se retourner qu'à laisser derrière soi des choses inaccomplies.
Il y a bien plus de mérite à accepter de prendre les coups, les encaisser, en pleurer, en crier qu'à se contenter de zigzaguer en croyant que cela arrangera tout.
Les locomotives abandonnées ne peuvent le rester indéfiniment.
Elles ont besoin aussi, un peu, d'être considérées.
Même si elles ne sont pas rattachées aux autres.
Je ne veux pas être rattachée aux autres.
Je ne veux pas le suivre bêtement sur leur chemin tout tracé.
Je ne veux pas entrer dans le moule et me taire.
Mais je ne veux pas non plus me faire oublier.
Au contraire.
Les autres, j'aimerais qu'ils me voient. Un peu.
Et qu'ils apprennent. A accepter. La différence.
Qu'ils ne choisissent plus la déshonorable facilité de rejeter ce qui leur apparaît pas pareil.
Pourquoi devrions-nous nous plier à la majorité si c'est au prix de la déformation de notre être ? Chacun devrait pouvoir rester ce qu'il a envie de rester. Et être accepté ainsi.
Les locomotives abandonnées ne le seraient plus ; elles seraient peut-être solitaires mais par choix. Elles ne seraient plus abandonnées par la force des choses.

Et toi, petite, tu sembles vouloir fuir ce destin.
Mais tu ne le pourras jamais vraiment.
Chaque jour, ça te rattrapera. Quelle que soit la chose que tu fuies.
Il faut que tu restes.
Il faut que tu affrontes.
Il faut que tu serres les dents.
Et que tu apprennes à foncer.
Peu importe si tu te fais mal ; les blessures, ça se panse.
La fuite, elle, crée une plaie qui ne peut cicatriser tant que la fugue se perpétue.



Soudain, elle amorce un mouvement.
Rapide.
Je ne m'y attendais pas : elle se met à détaler. Courir, le sac sanglé sur le dos.
Ses petites jambes la portent avec un étonnante force.
Elle détale. Sans un mot.
Je n'ai pas le temps de l'apostropher.
Elle s'en va si vite que le bruit de la baguette en contact avec le sol s'étouffe dans ses pas. Ou dans le pas des autres qui circulent autour.
La baguette de bois tombée.
Que personne n'a remarqué.
Hormis moi.
Je ne me fais même pas la remarque que oh tiens, une sorcière
L'heure n'est pas à ces remarques sans importance.
Je ne laisse pas courir plus. Je ne pense pas aux Moldus qui sont autour. Qui, de toutes façons, ne me regardent même pas. Je suis invisible à leurs yeux. Je ne suis qu'une passagère comme une autre. Passagère sans bagage. Immobile près du panneau des départs.
Je ne suis rien.
Juste une fille.
Qui regarde une autre courir.
Et, discrètement, sort sa propre baguette. Mouvement rapide, caché. Informulé #impedimenta en direction de la fugitive.

Avant que les gens ne se ramènent pour voir ce qui se passe, je ramasse la baguette de la petite.
A grandes enjambées, je me précipite vers elle.
Elle a fui.
Elle n'a pas voulu parler.
Soit.
Je ne suis ni sa mère, ni sa sœur ni qui que ce soit. Je n'ai aucune autorité pour la retenir ici. Et je ne suis pas sûre d'avoir envie de la retenir contre son grès.
Cependant, avant qu'elle ne s'en aille, faut bien qu'elle récupère ça.

-Je crois que t'as oublié un truc.

Geste discret.
La baguette en main.
Les Moldus ne voient rien.
Ils ne voient jamais rien.
Ils sont dans leur monde. Nous dans le notre. Les deux se côtoient. Et ne se croisent jamais. Ce que je trouve, entre autre, bien dommage.

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Isolde Hawkes
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Re: En direction du métro

Message par : Isolde Hawkes, Jeu 03 Aoû 2017, 14:17


Foncer tête baissée, manquer de tomber sur le sol glissant en voulant tourner, sentir son cœur marteler sa poitrine à l'en faire exploser. Isolde était prête à tout laisser derrière elle : sa sœur, sa mère, Londres, les souvenirs et, par-dessous tout, son père. Elle estimait qu'elle ne devait désormais plus rien à personne.

Soudain, sans comprendre pourquoi, elle eut l'impression d'être violemment retenue en arrière. Ses jambes se dérobèrent sous son poids. En une fraction de seconde, elle se retrouva par terre, les mains éraflées dans une vaine tentative d'éviter la chute. Son menton manqua de heurter le sol mais par chance son visage était indemne. Isolde resta plusieurs dizaines de secondes sur le béton. Elle était complètement sonnée. Elle finit par reprendre ses esprits et sentit une douleur lancinante au genou droit ; il s'était légèrement ouvert et commençait à enfler. Isolde serra les dents et tenta de se relever.
— Je crois que t'as oublié un truc, entendit-elle.

C'était la jeune femme qui lui avait parlé quelques instants plus tôt. Elle était venue rendre sa baguette à la petite sorcière qui l'avait fait tomber. Celle-ci la lui arracha des mains et la pointa en direction de l'inconnue en affichant un air méfiant.

Le train pour Doncaster émit un signal sonore pour annoncer son départ. Le temps sembla se suspendre. Le visage d'Isolde changea d'expression. La méfiance se transforma en détresse, en tristesse. En solitude. La fillette baissa la garde et éclata en sanglots.

Isolde pleurait rarement. Elle était forte, rien ne semblait pouvoir l'atteindre. Elle avait toujours une attitude détachée, témoin de situations dont elle se faisait la spectatrice extérieure. Lorsque cela faisait mal, elle encaissait les coups sans broncher, les rendait parfois et attendait systématiquement d'être seule pour laisser les larmes perler sur ses joues. Cette nuit-là, en dépit des regards qu'on pouvait lui adresser et malgré la proximité de la jeune femme qui se tenait à ses côtés, Isolde se sentit incroyablement seule. La sonnerie du train retentissait encore dans son esprit ; elle s'intensifiait ; elle devenait cri. À moins que ce fût sa propre voix qu'elle entendait ?

Le cœur en peine leva vers l'âme charitable des yeux rougis et rongés par le chagrin. Isolde peina à articuler les deux mots qu'elle avait tenté d'ignorer des mois et des mois durant, deux mots qu'elle avait gardés pour elle en pensant qu'ils finiraient par cesser de la hanter. Ils appartenaient pourtant à l'immense partie immergée de l'iceberg.
— Au secours…

Jeune locomotive abandonnée s'abandonnant elle-même.
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Re: En direction du métro

Message par : Kohane Werner, Dim 13 Aoû 2017, 12:37




Le brouhaha de la gare. Les gens qui courent, pour rattraper leur train -dernière minute.
On entend les pas, les valises qui roulent.
Les gens ne nous voient pas.
Ils ne voient que leurs horaires. Et leur wagon.
Ils nous contournent, certes, mais j'suis même pas sûre qu'ils le fassent en sachant vraiment qu'on est là.
Ils se précipitent uniquement alors que -sifflements, gestes de la part des contrôleurs le train repart.
Les essoufflés de dernière minute s'essuient le front. Ouf. Ils sont montés.
Parfois, y'en a un ou deux qui restent sur le quai : et m*rde.
Mais c'est rare quand même.
L'activité quotidienne ne se préoccupe pas des locomotives abandonnées.
Pourtant, on est là.
Ensemble.

Elle est tombée, la petite.
La chute plus violente que je ne l'ai voulue.
Mais c'était mon seul moyen de l'arrêter.
Je l'ai vu basculer en avant contre le béton.
Petit corps tombant, s'écroulant.
Et je me suis précipitée derrière elle.
La baguette à la main. Lui rendre ce si précieux objet.

Au loin, bruits, toujours, sifflements.
Agitation.
Et la main de la petite qui se saisit brutalement de son arme avant de la pointer sur moi.
En silence, je la regarde. L'observe. Je sais qu'elle ne fera rien. Ce n'est qu'un geste réflexe face à l'adversité. Vouloir montrer qu'on est fort alors même que mille et une failles se forment sur le masque de plâtre.
Refuser de trembler, refuser de céder.
Alors, qu'au fond de soi, on a juste envie de se rouler en boule dans un coin. Cesser, pour une fois, d'être fort.
Je fixe son regard de méfiance qui tremblote.
Son regard presque prêt à s'éteindre, le voile qui se forme et l'oeil qui se transforme.

Tout le corps semble se mettre à vibrer tandis que la baguette s'abaisse.
Je ne bouge toujours pas, la regarde simplement alors que les larmes surgissent. Elles sont cent. Elles sont mille.
Et personne ne les voit. A part moi.
Personne ne regarde les êtres perdus.
Ils passent tous à côté, contournant consciencieusement ce qui les dérange.
Les larmes dégoulinent, belles perles transparentes.
Les bruits autour de nous semblent s'être amenuisés jusqu'à disparaître dans mon esprit. Je n'entends plus que les battements sourds de mon cœur dans mes temps. Les sanglots de la petite d'en face. Peut-être nos souffles, aussi, perdus dans la vie.
Et elle pleure.
Je n'ose pas bouger.
Accroupie à sa hauteur, je ne fais que la regarder. Alors qu'elle lève de nouveau les yeux sur moi. Des yeux rougis, qui appellent, qui implorent en silence. Petit animal à qui on a retiré les mots mais qui veut une main tendue.

Enfin, la voix.
Qui vibre de sa tristesse et de sa silencieuse supplique.
La voix qui sort -c'est la première fois que je l'entends.
Ne prononce que deux termes.
Qui résument, à eux tous seuls, toute la situation.

Au secours

ça me fait si étrange de les entendre. Comme si je ne les avais jamais entendus.
Et pourtant, ils sont si simples à dire. Mais personne jamais ne les prononce. Moi la première. Je ne demande pas du secours. Je me contente de crier silencieusement dans le monde. Jusqu'à ce que quelqu'un, enfin, daigne entendre mes muettes paroles me tende la main.
Mais...
au secours
Tellement simple !
Ce sont les mots sortis de la gorge de la fillette.
Ces mots tout emprunts de détresse.
Je ne peux pas m'éloigner en la laissant là. Je ne peux pas faire la sourde oreille, jouer celle qui n'a rien entendu.
J'ai toujours aimé tendre la main aux abandonnés.
Et elle... elle est si jeune ! Trop, pour être déjà dans ce cas. Ce n'est pas juste. Je me sens soudainement l'envie de la pousser de nouveau vers le monde. Parce que ce n'est pas juste. Si jeune. Et déjà...
Pourquoi ?
Ce n'est pas juste...



Je pointe ma propre baguette sur elle. Ou plutôt sur son genou blessé.
Un informulé #vulnera sanentur, répété trois fois.
La plaie se referme.
Le saignement s'estompe.
Une bonne chose de faite.
Puis je tends la main vers son visage. La pose sur sa joue trempée de larmes. Un contact qui se veut rassurant. Et un petit sourire pour compléter le tableau.

-Je peux t'aider.

Peut-être
Parfois, moi aussi
J'suis perdue
Mais
Je veux tendre la main
Aux autres
En perdition.


Je me relève.
Réémerge au milieu de la foule qui nous contourne à droite, à gauche.
Je vois, au loin, l'oeil d'un agent de gare qui semble nous regarder.
Peut-être qu'il se demande...
Ce qu'on fait là, par terre.
Il approche.
Comme quoi, certains nous remarquent. Ils ne sont pas tous aveugles comme je le croyais.
Il a un léger air inquiet -il a peut-être vu que la fillette est très jeune, sans parents, sans personne.

-Tout va bien jeunes filles ?

Je hoche la tête, un air rassurant au visage.
Un sourire poli.
Faire comme si.
Pour pas être embêtées.

-Vous en faites pas, tout va bien. Juste... une mauvaise chute. Mais rien de grave.

Il fronce les sourcils. Un peu.
N'a pas l'air très convaincu face au flot de larmes déversées par la petite.
Mon regard insiste.
C'est bon, c'est bon, une histoire qu'on va régler entre nous ; vous embêtez pas.
Il finit par repartir.
Et je me tourne vers la fillette. Lui tends la main pour lui proposer de la relever.

-Je m'appelle Kohane.

Se présenter.
Pour inspirer confiance.
Calmer les méfiances.
Et pouvoir plus facilement sécher les larmes.

-Viens, éloignons-nous un peu. On est au milieu des gens, là.

Deux locomotives abandonnées qui se croisent.
Les rails qui se mêlent.
Où donc pourront-ils nous mener ?
Qu'importe.
J'me fous bien de la destination. Tout ce qui m'intéresse, c'est avancer.

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Isolde Hawkes
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Re: En direction du métro

Message par : Isolde Hawkes, Lun 14 Aoû 2017, 01:13


Libre arbitre confié par Kohane ; je lui accorde également le mien ☆

L'on s'effraie facilement face au silence. L'on est mal à l'aise lorsqu'il s'installe, l'on se sent étouffer lorsqu'il se prolonge. Comme s'il tendait à occuper l'espace. Cela ne prend pas de place, pourtant, le silence. Une conversation qui se suspend. Une mauvaise nouvelle que l'on craint d'annoncer. Une réponse négative que l'on se refuse à donner. Le silence fait peur car il précède toujours quelque chose de désagréable, quelque chose de mauvais. Une dispute sur le point d'éclater. Des pleurs. Le silence inquiète car il nous renvoie à la mort. Les vivants parlent ; seuls les morts se taisent.

Brisée par le chagrin, Isolde n'entendait plus rien. La violente pulsation dans ses tempes lui faisait l'effet de coups de marteau cruels et répétés. Ses larmes semblaient brûler son visage gelé. Elle était prise de convulsions incontrôlables. Elle sentait le souffle chaud et étranger de la jeune femme qui s'était approchée d'elle. Son genou lui faisait terriblement mal.

Le silence d'Isolde fut suivi d'un faible appel à l'aide auquel répondit un autre silence. Mais ce silence-là fut vital. L'inconnue pointa sa baguette vers la blessure et la soigna en quelques instants. Elle tendit ensuite sa main vers le visage de la fugitive qui n'eut pas l'énergie de s'écarter. Un contact qui fut comme un électrochoc et arrêta net ses tremblements frénétiques. Une indescriptible sensation. Celle de ne plus être seule. Une bulle de silence s'était formée autour des deux silhouettes et ne se brisa pas lorsque la bienfaitrice lui affirma qu'elle pouvait l'aider.

La fillette voulut s'accrocher à la femme qui se relevait et ne la quitta pas des yeux en dépit des larmes qui lui rendaient la tâche difficile. Un homme s'inquiéta de leur état, vague onde sonore ne réussissant pas à pénétrer dans la bulle. Il n'insista pas longtemps. La jeune femme reporta son attention sur Isolde et l'aida à se remettre debout. Celle-ci grimaça de douleur – la chute avait été plus violente que ce qu'elle croyait – mais sa bouche n'émit aucun son. Les larmes continuaient de couler, serpentant le long de ses joues.
— Je m'appelle Kohane.

Kohane. Ton silence est inestimable. Ton silence est beau. Ton silence est apaisant. Tu as su l'amadouer. Tu as compris qu'il n'est pas bien méchant et qu'il ne présage rien de mauvais. Il est devenu ton docile compagnon, il t'accompagne partout où tu te rends. Ton silence vaut toutes les paroles salutaires du monde.

Isolde se laissa emmener à l'abri des passants à la fois indiscrets mais indifférents. Qu'ils restent au milieu du vacarme, qu'ils se laissent assourdir par toute cette cacophonie d'horloges qui carillonnent, de hauts-parleurs qui aboient, de pas qui martèlent, de valises qui ronflent, de portes qui claquent, de trains qui sifflent !

Les deux âmes silencieuses se dirigèrent vers un endroit moins fréquenté. La Gryffondor avait à peine conscience de ce qu'elle faisait tant elle se sentait épuisée et vide. Elles s'éloignèrent de l'atmosphère ventée de la gare pour rejoindre l'espace plus confiné et chaud de la station de métro attenante. Isolde plissa les yeux devant tant de lumière. Ils étaient tout irrités par les larmes. Elle fit un faible signe en direction d'une porte de service qu'on avait négligé de fermer. L'intérieur semblait faiblement éclairé ; il devait probablement s'agir d'une salle où était entreposé du matériel d'entretien. Isolde tira sur la manche de son ange gardien pour l'inciter à entrer.

La fillette avait vu juste. La pièce était peu profonde et sa largeur ne permettait pas à plus de deux personnes imposantes de passer de front. Çà et là étaient dispersés des seaux, serpillières, balais, éponges, gants, masques de protection, tissus et produits de nettoyage dont l'odeur s'était imprégnée dans les murs. Celui de gauche comportait une étagère inexploitée tandis qu'une petite table et trois chaises empilées avaient été installées dans le coin au fond à droite. Isolde laissa la jeune femme verrouiller la porte afin que personne ne vînt les troubler dans leur bulle de fortune.

L'endroit était tranquille ; au loin, on entendait vaguement le ronronnement d'une soufflerie. Il n'y avait désormais plus que Kohane et Isolde. Seules dans ce silence. La respiration de la fillette, jusque-là pénible et entrecoupée de violents sanglots, se fit plus calme, plus lente. Elle regarda son aînée sans mot dire. Elle était incapable d'esquisser le moindre geste, ni même de sourire. Aussi resta-t-elle plantée au milieu de la salle, chevelure ébouriffée, épaules rentrées, bras ballants au bout de l'un desquels pendaient sa baguette et son sac à dos.
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 En direction du métro

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