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Le premier départ à Poudlard
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Mered Adand
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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Mered Adand, Jeu 30 Nov 2017 - 17:36


pv avec Lizzie

King’s Cross un jour de rentrée scolaire c’était comme  un magasin de fringues lors de l’ouverture des soldes : bondé, bruyant, insupportable. Ah les sorciers, êtres soient disant plus évolués que de simples humains. Ils étaient mignons à aller en train à l’école et à communiquer via hiboux. Retour au vingtième siècle et aux pigeons voyageurs et aux machines à vapeur. Copier les moldus et leur technologie primitive car incapable de faire mieux. Peu glorieux pour l’élite de ce monde. Enfin j’en faisais partie depuis mes onze ans mais je n’avais jamais oublié mes origines contrairement à certain.es prétentieux.euses.

Les points communs s’enchainaient à y regarder de plus prés. Il y avait les enfants pleurant la séparation avec maman et leur promettant de lui écrire tous les jours. Promesse futile tant il se ferait rapidement à sa nouvelle vie et maison et que les parents passeraient après ses amis. Même moi qui adorais ma mère, je n’y avais pas échappé. Les parents câlins offrant une étreinte à leur progéniture comme s’ils ne les reverraient plus jamais. Non vraiment tout pouvait vous faire croire que vous étiez dans le monde moldu hormis l’omniprésence de volatils dans les chariots ou encore les baguettes visibles.

Mes émeraudes balayèrent les environs en quête d’une tête connue. Rien à l’horizon, pas d’Aria, pas de Violet, juste une forêt de gens tous insignifiants les uns que les autres. Sauf elle, une femme visiblement aveugle tenant dans ses mains une botte. Une perchée vous me direz ? Fort probable. La laissez à ses divagations ? En temps normal j’aurai fait ça néanmoins ce mioche qui lui tournait autour en lui faisant des grimaces méritait une leçon. C’était pas de ma faute s’il lui manquait une éducation et le respect des autres.

« Tu as l’air de bien t’amuser. Et si tu filais dans le train avant qu’une claque te tombe sur le coin du nez ? », le menaçais-je gentiment pour commencer, plutôt lui promettais-je.

J’avais pas envie de m’énerver en cette journée ensoleillée, une obéissance sans rechigner était pas de refus. Utiliser la magie en dehors des murs était répréhensible mais une bonne gifle des familles, ça je pouvais. A croire que c’était mon jour de chance, l’enfant monta dans le premier wagon à portée.

Place à cette interrogation désormais, celle qui n’était pas comme les autres. Elle tombait à pic, je détestais la banalité ! Alors alors, qui pouvait-elle être ? J’la voyais dans l’âge d’Elly. Comprenez trop vieille pour être une élève et trop jeune pour avoir un de ses gosses se rendant déjà au château. Pourtant elle était là, les orbites dans le vide. Pourquoi me compliquer la vie ? Suffisait de lui demander !

« Bonjour Miss. Un mioche se moquait de votre handicap à coup de mimiques mais il ne vous embêtera plus. Ils sont incorrigibles mais ils sont jeunes. Le Poudlard Express est à quai, puis-je me joindre à vous pour faire le voyage ? », petite pause, « Oh pardon j’ai oublié de me présenter, Mered Adand, Serdaigle entrant dans sa dernière année. Et vous ? »

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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Lizzie Bennet, Sam 23 Déc 2017 - 18:15


J’étais loin, loin dans mes pensées, dans ce futur où les Bennet-Parker découvriraient le monde, où Parker découvrirait que j’avais des gosses Parker mais qu’ils étaient pas de lui, où les poules avaient des dents et pas juste une pour casser leur coquille, où les borgnes régneraient, où les avions n’auraient pas 3h15 de retard, où la consommation de cidre dans des bouteilles en plastique serait interdite tout comme le jus de pomme sans vodka, où les enfants auraient leur première baguette et leur créature magique (parce qu’en termes non-magiques ils avaient déjà eu deux écureuils), où les habitations seraient vides, si vides d’eux et de vie — j’étais loin quand une inconnue me ramena dans le présent. D’un coup de crochet foutu à la gorge, tais-toi et regarde moi, regarde ce présent que tu oublies si souvent.

Le robinet s’est activé, les souvenirs du futur se sont tus, et je me suis contentée de l’écouter. C’était une gentille Mary-Sue qui protégeait les handicapés. Super. Longtemps qu’on me l’avait pas faite, celle-là. En vérité, je ne suis pas sûre qu’on me l’ait déjà faite. Les gens ont surtout tendance à se méfier, à avoir peur — j’ai pas trop une g*eule de demoiselle en détresse alors ils passent leur chemin un sourire au coin. Donc peut-être pas si Mary-Sue que ça ; peut-être juste bien intentionnée, mais dans ce monde sans dessus ni dessous, cela se faisait plus rare qu’il n’y paraissait.

— Oh, ça se dit encore, Miss ?
Moue grincheuse de sortie, eh bah, on a pas dit qu’on allait essayer d’être cool parce que la bienveillance se faisait rare ? Echec, échec ! Pour ma défense, elle m’a vouvoyée, vous savez très bien que je déteste ça.
— Je ne l’ai pas vu, mais merci. Hum… C’est pas que je veuille refuser ton offre, mais je ne suis pas là pour moi. Enfin un peu quand même. Mais j’vais pas prendre le train, quoi. J’ai une petite soeur, par contre, qui sera bientôt en âge, ça passe vite.

Trop vite. Souffler, changer le sujet, avant que les questions sur le gosse n’arrivent.
— Poudlard, c’est tellement prêt dans ma tête. Et pourtant sur le quai, ça me paraît si loin. Quand est-ce que ça m’est devenu un autre monde ? Que j’y suis devenue si extérieure ?

Sans vouloir me l’admettre, ces années me manquent. Que je jalouse ceux qui ont encore le droit d'avoir la vie devant eux. J'arrive en bout de course, et pour être tout à fait franche, je n'y suis pas prête.
— Profite bien de ta dernière année, elle file plus vite qu’on ne le croit.
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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Mered Adand, Mar 26 Déc 2017 - 16:05


A en voir sa frimousse, elle ne semblait pas très heureuse de mon intervention, plutôt de comment je l’avais appelé. Ben c’était universel ce terme et pas péjoratif. A défaut d’avoir son patronyme, c’était mieux que lui balancer salut l’aveugle dans la face non ? Vas-y tutoies-moi ! On est des copines de longues dates j’avais zappé. Le mioche manquait clairement d’éducation mais sa victime me paraissait pas beaucoup mieux. Je me fichais royalement de ses remerciements, je n’étais pas intervenue pour jouer ma bonne samaritaine, seulement pour corriger cet irrespect trop présent dans ce monde.

« Oh non pas tellement mais j’avais pas ton nom alors j’ai pensé que c’était préférable à l’handicapée. J’ai peut-être eu tort… Enfin je n’ai toujours pas ton nom, va falloir que tu m’aides à me décider Miss. », ironisais-je sur la situation en passant au tutoiement moi aussi.

Les choses mises au clair avec mon amie, je pouvais écouter la suite de son discours, le voyage promettait ! D’ailleurs ce dernier se ferait sans elle, la Miss n’était ni du bateau élève ni du groupe prof. Pourquoi était-il venu se perdre dans cette cohue alors ? Oh la nostalgie du passé. Ressasser sa mémoire en quête des bons moments où l’on était encore qu’un enfant loin de se soucier de la vie d’adulte. Je ne pouvais que la comprendre tellement j’appréhendais mon entrer dans ce monde dans trop peu de temps. Ces six années étaient passées trop vite et les sorciers ne savaient pas le remonter malgré leurs capacités. Soupir.

« Je compte bien en profiter je te remercie. Prépare bien ta sœur à sa rentrée. La première année on découvre, on s’émerveille et on prend ses marques au moment où les vacances estivales arrivent… »

Mon vécu parlait pour moi. Née-moldue, j’avais eu si peur de la magie que j’avais mis beaucoup de mon énergie à appréhender les lieux et mon statut. Aujourd’hui je ferai n’importe quoi pour revivre mes débuts au château, pour m’approprier plus rapidement tout ça et m’extasier du spectacle. Attends Miss, Poudlard n’était pas un autre monde et tu n’y étais pas extérieure. Suffisait de lui ouvrir les yeux. Enfin façon de parler, je ne vous rappelle pas son handicap. Plantée devant la belle, mes émeraudes dans ses… voilà quoi, je savais comment raviver sa flamme.

« Poudlard n’est pas loin de toi, il est en toi. » lui affirmais-je souriante. « Il est là… », continuais-je en lui tapotant la tempe, « …et surtout là. », poursuivis-je en touchant son cœur du doigt.

« Tes souvenirs te gardent dans ce monde. C’est à toi de les entretenir pour y rester. Et si tu commençais dès maintenant ? Raconte-moi ton plus beau souvenir de ta scolarité. »


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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Lizzie Bennet, Jeu 1 Fév 2018 - 21:10


L’inconnue poursuit encore, sans relâche. Petit complexe du sauveur blanc, j’suppose. Enfin, j’suis mal placée pour parler, vu que j’suis moi-même caucasienne, mais comme j’ai toujours haï les héros, on va dire que ça passe.
— Pour info, si tu veux faire la meuf polie et tout le tralala, il vaut mieux dire personne avec un handicap, ou personne handicapée. Parce qu’on est des personnes aussi et blablabla. Pas que j’m’en préoccupe, mais vu que t’as l’air de te soucier des codes, autant faire semblant de les maîtriser.

Expirant, je me relâche. Je sais pas pourquoi j’ai accumulé autant de tensions dans les épaules et le dos et les hanches et la mâchoire et en fait, j’devrais me mettre au yoga. Peut-être au yoga bourré ? J’ai vu que des moldus faisaient ça. Ah, non, on avait dit stop à l’alcool. Dommage.
— Et Lizzie, du coup.

Elle me raconte sa propre expérience ; même ses mots ont des paillettes sur les i. Incroyable. Enfin, pas tout non plus, l’intégration semblait avoir pris du temps, mais dans l’ensemble, ça allait. Alors que moi, j’m’étais accrochée à deux rochers pendant plus de cinq ans. Jane et Maël.

Quand l’une avait fini sa scolarité et que l’autre avait choisi de s’éloigner, il avait bien fallu me résoudre à la sociabilisation forcée. Une déchirure, mais une certaine compétition pour le vol de chien avait permis de me sortir de mon isolement. C’est immédiatement à lui que je pense quand elle tapote ma tempe du bout des doigts.

Après, clairement, comme j’y étais pas douée, j’m’étais surtout rapprochée des autres fauteurs de trouble. La sélection naturelle, on va dire. Ouais, mon « vrai » groupe de potes, en fait, il s’était formé en fin de sixième année, quoique j’avais toujours refusé de les voir comme des potes — ridicule, quand on pense que dès la première opportunité, on avait emménagé ensemble.

On était pas rapides à l’époque, c’est sûr, mais la présence d’Ebenezer était plutôt magnétique. Avec les embrouilles j’veux dire, pas forcément les amis, mais bon, les rencontres prennent parfois des tournures surprenantes. Dommage qu’on ait été si lents à savoir se dire ce qu’on pensait vraiment.

— Oh, des souvenirs, j’en ai des milles et des cents, tu vas t’endormir ! J’saurais pas te dire lequel est le plus beau, mais il y en avait quelques uns de très acceptables. Par exemple, une fois, on s’était convaincus qu’il y avait un loup-garou dans le chateau, et avait tout fait pour le rencontrer, à la pleine lune. Plus on appelle la forêt interdite, plus les gosses y sont attirés, j’suis étonnée qu’elle ait pas été rebaptisée. On avait même pillé la réserve du prof de médicomagie de l’époque… Vous avez encore ça, les cours de médicomagie ?

L'école a laissé son empreinte, définitive, dans mon esprit. Moins par les enseignements que j'avais l'habitude de sécher ou saccager que par l'exploration sociale que j'y avais réalisé. J'crois que la découverte des pairs, c'est le plus important, à l'adolescence. Le plus destructeur aussi parfois ; c'est pour ça que je suis tétanisée à l'idée que bientôt, il faille les y envoyer.
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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Mered Adand, Mer 7 Fév 2018 - 16:10


J’avais connu meilleure entrée en matière, à vouloir bien faire l’étrangère m’en voulait presque. Elle pouvait la garder sa leçon de morale à deux sous, elle n‘était pas ma mère ! J’aurai pu lui faire des grimaces et monter dans le premier wagon en la laissant plantée là avec sa bonne humeur mais je l’ai pas fait. J’aimais trop les femmes avec un caractère me renvoyant à ma propre personnalité, elle ne s’apitoyait pas sur son handicap ni ne s’en servait pour attirer l’attention. C’était tout à son honneur, beaucoup se serait plaint.

« Polie ne veut pas dire hypocrite hein. J’vais pas te prendre par la main ou encore te mettre une laisse pour te promener sous prétexte que tu es aveugle. J’sais bien que t’es une personne et c’est bien pour ça que j’ai réprimandé le mioche. Valide ou non, ça n’aurait rien changé à mon comportement. Ne vois aucune compassion de ma part à ton égard Lizzie. »

Que ça soit clair une bonne fois pour toute. Avoir pitié d’elle c’était lui manquait de respect tout comme croire que j’avais agi uniquement à cause de sa cécité. Désormais nous pouvions avoir une conversation posée entre deux individus. Ah les relations humaines et Mered, une grande histoire d’amour. Enfin bref, elle ne m’avait pas fui malgré tout. J’écoutais attentivement ses souvenirs. A l’entendre Poudlard était très loin de ne plus être proche d’elle, heureusement que je lui avais ouvert les yeux. Façon de parler quoi.

Je ne pus m’empêcher de sourire à ses mots. Ce qu’on pouvait être crédule quand on était gamin sérieusement, inconscient aussi. Partir à la chasse au loup-garou et risquer de se faire tuer si on le trouvait, mettre les pieds volontairement dans la Forêt Interdite et tomber potentiellement sur un troll ou autres joyeusetés, piller les affaires d’un prof et être comme des c*ns le jour où il en aurait besoin pour nous sauver,  stupidité de se mettre en danger inutilement. J'étais trop sage ou bien élevée pour ne jamais avoir fait pareilles idioties. Mes seules dérogations aux règles furent d’aller admirer les étoiles dans le parc ou de m’instruire dans la réserve de la bibliothèque, rien comparer à ses infractions.

« Eh ben, tu n’étais pas une élève modèle. J’espère que ta sœur ne sera pas comme toi. », éclat de rire en parallèle. « Non en vrai, ta frangine a trop de chance. J’aurai adoré avoir quelqu’un qui me raconte des anecdotes comme ça. Ça m’aurait vachement aidé à m’intégrer car quand t’es fille unique et née-moldue, tu plonges dans l’inconnu la plus totale. Au moins elle connaitra déjà des choses grâce à toi. »

J’avais dû me débrouiller toute seule dans cette jungle. Violet m’avait aidé avant de disparaître après l’attaque, solitaire comme dans mon ancienne vie hors de la magie. C’était sans doute pour ça que j’avais pris sous mon aile Aria, une envie de compenser un manque affectif, de transmettre. Une prof sur pattes en quelques sortes.

« Non pas de médicomagie au programme mais tout un tas d’autres matières dont tu connais déjà les noms. J’ai pas envie de discuter cours, j’vais le faire assez dans le train avec mes camarades. Dis, t’étais de quelle maison ? T’as pas l’air assez sage pour avoir été chez Serdaigle bien que tu sembles bien curieuse pour partir à l'aventure. »

Lizzie m’avait ouvert l’appétit, j’en voulais plus. J’avais pas oublié que dans un an je serai comme elle, en dehors de l’enceinte de l’école. Créer des liens pour ma vie d’adulte était à prévoir. Trop tôt pour affirmer que cette inconnue en ferait partie, la vie réservait son lot de surprises alors pourquoi pas. En attendant, je profitais de l’instant présent et des morceaux de sa jeunesse. Raconte-toi.
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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Lizzie Bennet, Lun 26 Fév 2018 - 13:03


La jeunotte m’agaçait autant qu’elle m’amusait. On sentait qu’on avait appuyé sur une corde sensible, et qu’elle n’aimait pas trop être renvoyée à cette partie d’elle-même, tout en ne pouvant s’empêcher de l’étaler dans la moindre de ses phrases. La colère jaillissait en réponse, bah voyons, encore heureux que tu me mets pas une laisse. T’es pourtant pas la première à y avoir pensé, mais c’était hors de question.

Enfin, le seul qui aurait pu, à une époque, c’était le Seigneur des Ténèbres, du fait de ma risible rivalité avec son serpent. Faut dire que j’aurais fait n’importe quoi pourvu que cela lui soit utile, c’était sans doute un peu démesuré l’emprise qu’il avait sur moi. Depuis, j’avais appris à faire table rase sur certaines choses. Si je tolérais un peu plus les liens humains, je ne laissais personne me connaître entièrement. J’étais une boule à facettes, et présentais les faces adaptées ou nécessaires selon les circonstances. Rien de plus.

L’omission était ma carte de visite. Mais n’est-ce pas notre cas à tous ? N’est-ce pas plutôt que j’apprenais à me soumettre à leurs codes sociaux ? Après tout, il n’est absolument pas rationnel de donner à quelqu’un le droit de décider de notre vie ou de notre mort, sur le simple motif de la confiance. Enfin, c’était plus compliqué que ça — entre lui et moi, c’était à la fois la famille, l’idéologie, l’expérience de vie qui avaient tissé ce lien si particulier. Rompu sitôt que j’avais perdu la vue.

Elle rit de mes déboires, et je l’accompagne avec sincérité. Poudlard, c’était quand même le bon vieux temps, sur certains côtés. Après, difficile de ne pas avoir la nostalgie de la vie de château quand on enchaine sur de la prison, j’ai envie de dire. Elle me raconte la solitude de ses premières années, que je ne comprends que trop. La transition entre la fin de cinquième année et le début de sixième année avait été très lourde émotionnellement, vu que ma grande soeur était partie de l’école pour ses études de médicomagie, et que je m’étais éloignée de mon pote de l’époque.
— Je vois… C’est compliqué parfois, l’isolement.

Repartir à zéro, quand on s’est toujours —trop — reposé sur son aînée. Moi qui n’avais eu à faire aucun effort de sociabilisation jusqu’alors — et qui maîtrisais trop mal les codes pour me faufiler entre les gouttes — j’avais ramé, on peut le dire. Mais finalement, c’est dans mes c*nneries que j’avais réussi à me faire des potes, et étant un peu trop grande g*eule, la liste était longue. Après Poudlard, on avait tous emménagés ensemble ; donc bon, j’dirais que je m’en sortais pas si mal pour l’intégration, même après le départ de Jane.

Comme le sujet des cours semble la blaser un peu (surprenant pour l’image d’élève parfaite qu’elle semblait chercher à vendre et revendre), on passa aux maisons. Oh, alors là… J’crois que ça avait surpris tout le monde. C’était pas si insensé en soi : ma magie avait été déclenchée dans le but de protéger Jane, et la plupart des tournants de ma vie s’étaient faits au gré des rencontres. Pis bon, vu le caractère, ça pouvait surprendre.

Un air malicieux aux lèvres, je lui confiais donc les couleurs sous lesquelles on m’avait connues pendant sept ans :
— J’crois que le Choixpeau était ivre quand il m’a répartie à Poufsouffle. Et la dirlo pareil, vu qu’elle m’avait nommée préfète. Enfin, c’était aussi via la magie du pas vu pas pris : j’crois que j’ai fait qu’une heure de retenue sur toute ma scolarité, plutôt prodigieux vu mes performances.

La nostalgie se faisait de plus en plus présente. J’aurais bien aimé grimper dans le train, et revoir la tour d’astronomie, la salle sur demande, les cachots, le parc ; ce bout de vie laisse une marque en nous, je présume. Contre toute attente, j’en profitais même pour redorer le blason de ma maison, parce que leur cracher dessus, c’était mon privilège, mais que je détestais entendre les autres s’y risquer.
— Poufsouffle, quoiqu’on en dise, c’est plutôt cool comme maison… y a des gens marrants, pas trop prise de tête. Ils osent pas assez rêver, se lancer, mais ça vient avec l’âge.

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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Mered Adand, Jeu 1 Mar 2018 - 0:48


Étais-je capable d’interagir avec autrui sans m’emporter ? C’était dans mes cordes même si ce n’était pas ma première qualité. Etre adulte ne donner à Lizzie aucun droit de me traiter de la sorte, je n’avais rien contre elle à la base, seul ce gamin m’avait énervé et elle commençait à prendre le chemin des personnes à ranger dans la case insupportable dans mon cerveau. Et pourtant elle attisait ma curiosité, sans doute car avoir du caractère me plaisait surtout chez une femme. J’aimais rencontrer une insoumise montrant les griffes à quiconque l’embêtait.

Trouver une égale, différente certes mais me ressemblant assez pour ne pas se laisser marcher sur les pieds, était inattendu ici. Ces échanges avaient eu du bon, nous rîmes de bon cœur sur ses anecdotes. De quoi considérer la hache de guerre comme enterrée, de quoi sortir la pioche désormais et me mettre à creuser dans sa vie. Que voulez-vous, je n’étais pas une Serdaigle pour rien ! Elle ouvrit une brèche dans sa carapace, évoquant l’isolement, mot fort que je n’avais pas prononcé. Un morceau de son vécu ? Probablement.

« C’est vrai que c’est parfois difficile mais on peut compter sur des gens exceptionnels pour nous en sortir. On les appelle, les ami.e.s. »

Je souriais et tant pis si Lizzie ne pouvait pas voir le bonheur sur mon visage, peut-être l’entendrait-elle ? Dans ce monde inconnu, j’avais eu peur de ne pas être la hauteur, d’échouer dans les apprentissages et le plus horrible, de décevoir ma mère. Ma jumelle m’avait guidé dans cet univers. Non sans accroc, on ne devenait pas une sorcière talentueuse du jour au lendemain. A de nombreux instants, j’avais maudit ce château qui m’avait arraché à ma vie paisible de petite fille pour au final accepter mon destin : la magie était partie intégrante de moi. Je n’en oubliais pas mes origines pour autant, quitte à taper sur les doigts des détracteurs des moldus.

Autant que la maison bleu et bronze d’ailleurs, en résumé chaque attaque portée à mes repères avaient le don de m’agacer. Je n’étais pas la plus érudite des azurs, loin s’en faut, mais qui était monocolore dans cet univers ? Toi Lizzie ? Une faille se trouverait-elle dans notre similitude ? Visiblement pas encore. A en avoir écouté son histoire, je n’aurai pas misé une mornille sur son appartenance aux jaunes et noirs. Elle-même doutait de la fiabilité du Choixpeau, pourtant il ne se trompait jamais, il parait.

« Pas mal, tu es chanceuse, vue tes exploits t’aurais pu te faire renvoyer. Enfin je suppose que tu devais pas être une mauvaise préfète et que tu as pu te planquer derrière ce statut d’élève modèle que ce poste t’offrait pour jouer avec le règlement par derrière. T’apprenais quoi aux nouveaux ? Comment s’extirper du château en pleine nuit ? Si c’est le cas, j’suis preneuse de tes conseils. »

Je pouffais à l’idée. Je me moquais d’elle, gentiment hein, une Poufsouffle rebelle c’était pas commun. Les clichés se montraient tenaces, le choix du couvre-chef ne résumait pas tout de nos caractères. Aussi magique qu’il était, il n’était pas devin et ne pouvait connaitre l’évolution de ceux-ci. Je refusais ce fatalisme et Lizzie aussi à l’entendre, décidemment elle marquait des points l’handicapée. Que les valides en prennent de la graine même si il n’y avait aucun rapport en fait. Sauf si on voyait mieux avec le cœur qu’avec les yeux. A méditer.

« Oh mais j’en doute pas. J’ai pas eu l’occasion de sympathiser avec des gens de là-bas, pas volontairement, juste que mes affinités se sont créées avec d’autres personnes. La maison m’importe peu tant que l’entente est présente et que les gens ne me prennent pas le chou. » Après une légère pause, je rebondis sur ces ultimes propos. Quelque chose me disait qu’elle me tendait une perche que je m’empressai de saisir, l’opportunité de la découvrir était trop belle. « Dis-moi Lizzie, toi tu as l’âge de rêver. Hormis retourner à Poudlard à quoi rêves-tu ? T’as déjà réalisé des rêves ? »

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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Lizzie Bennet, Ven 2 Mar 2018 - 18:19


L’enfant parlait peut-être un peu plus vite que je l’aurais fait à son âge : les ami-e-s… Un grand sujet. J’avais mis quelques décennies avant d’accepter de considérer que mes partenaires d’embrouille étaient plus que ça. J’voulais absolument être plus edgy que la plus dark de tes copines, ne laisser personne m’approcher, par peur de me briser comme cela avait été le cas quand Jane était partie à Sainte Mangouste.

Du genre à rien avaler à part des morceaux de sucre et de l’eau, juste pour tenir debout. Pour faire ma part du job, et mais incapable à faire plus. Juste le strict minimum de survie en fait. Un vrai problème avec les angoisses de séparation, je crois. Du coup, dire que j’aimais personne, c’était plus absolu, plus certain. Comme la perspective de la mort, vous voyez ? Ce qui est sûr paraît plus stable, je présume. C’était pire en amour d’ailleurs, et ça, encore aujourd’hui, c’était pas résolu.

J’ricanais un peu quand elle envisagea un renvoi. Poudlard n’en avait pas eu le choix, vu que l’incendie de Gringotts et le meurtre d’un Gobelin ou deux avait eu raison de ma fin de scolarité. Un peu trop libérée comme meuf, à l’époque. On est quand même censé maîtriser les parts les plus sombres de nous mêmes. Et les accepter ne signifie pas les laisser parler chaque fois qu’elles en ont l’impulsion.

Pourtant, préfète, ça avait été un peu différent. Bien sûr, j’adorais arroser les arroseurs, mais j’m’étais aussi découvert des facettes un peu déstabilisantes. Genre je savais pas comment gérer les chouineries des plus jeunes, donc j’abusais un peu du sort d’allégresse sur leur pif. Quelque chose de complètement illusoire, je sais, mais en même temps… Les laisser poursuivre était insupportable, et je ne savais pas régler ça avec les mots. Alors, la magie. La magie comme solution à tous les problèmes. N’est-ce pas dangereux, quand on met tous les oeufs dans le même panier ?

— Non, plutôt comment refroidir des feux ou des trucs comme ça. Du coup ils pouvaient faire leurs farces sans blesser personne, c’est déjà un pas vers la subversion.

J’armais les Arsène Lupin des temps modernes, quoi. Les gentlexen cambriolheureuses. J’aurais aimé faire un clin d’oeil, mais ne le pouvais. L’une des paupières se plissa légèrement, l’autre ne réagit pas. C’était fatiguant cette affaire.

Elle me racontait ce qu’il en était de son côté, précisant bien que la couleur des écharpes n’était pas un déterminant dans ses choix amicaux. J’ai envie de dire, encore heureux, les gens pour qui c’est le cas doivent avoir une bien triste vie, sérieux. Mais je sais pas. La façon dont elle le précisait, pour garantir ses bonnes intentions et la qualité de son fonctionnement, me dérangeait un peu. On était clairement pas faites du même bois. Bizarrement cependant, je n’aurais été qu’à demi surprise d’apprendre que les coeurs de nos baguettes étaient similaires.

— Parce que tu crois qu’il y a un âge pour rêver ? Déjà, s’il y en avait un, je l’aurais plutôt mis dans l’enfance — tellement plus d’imagination et de capacité à s’émerveiller de tout et à imaginer tous les possibles, mais bon. J’espère bien que ça s’arrête jamais, genre ceux qui disent qu’il faut voir la réalité en face n’ont probablement rien vu de vrai leur vie. Quant à mes rêves à moi… J’aimerais composer une potion qui changerait des vies. Et être une meilleure personne, surtout au sein de ma famille.
Être un peu moins dysfonctionnelle, un peu plus normale. Cela serait reposant, pour quelques temps. Expirer, indécise, et reprendre.

— Je sais pas, être mieux ancrée dans l’existence, sentir la vie des plantes ou des créatures tu sais un truc dans la connexion, le rapport au monde. J’ai l’impression de m’être trop précipitée et quelque chose de très élémentaire m’échappe. Pour ce qui est de réaliser des rêves, sans doute. Le problème est que j’avais du mal à les démêler des ambitions, je crois. Je me suis débarrassée de certaines peurs, ceci-dit, c’est déjà un début. A quoi tu rêves, toi ?


Je parle trop, sans trop savoir pourquoi. Peut-être par besoin. Le moment. Ou moi. Ou toi. Je sais pas. Mais je crois que ça me fait du bien, même s'il est pas impossible que je le regrette derrière.
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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Mered Adand, Lun 5 Mar 2018 - 0:35


Lizzie n’était pas la préfète modèle, dans le sens respectueuse des règles. Elle était à des années lumières de ceux que j’avais croisés par le passé. Entre le blasé Riri, le rouquin Galway et le zélé Peter, j’avais passé de salles quarts d’heure. J’avais rien fait de mal à chaque fois, juste découcher pour admirer les étoiles ou satisfaire mon estomac capricieux. Rien de dangereux mettant en péril la tranquillité du château quoi. A bien y penser, cette femme avait raison. Quand vous aviez conscience de ne pas pouvoir contrôler chaque élève, autant leur donner des billes pour assurer une partie de leur sécurité. Puis plus vous museliez un jeune, plus il se débattait pour se libérer. Je l’avais appris et intégré, je ne regardais plus les directives comme des évidences. Je savais lire entre les lignes.

« J’aurai aimé te croiser en tant que préfète. Peut-être pas toi par contre, jusqu’à mes quinze ans, je t’aurai fait la morale vu tes agissements. Après, je t’aurai invité à trainer dehors pour te délecter du spectacle du ciel. Suivant l’âge, tu m’aurais soit appréciée, soit détestée. »

Mered au deux visages. L’ancienne, la docile moraliste respectant chaque règle sans les remettre en question. La nouvelle, la vivante profitant de la vie, sachant qu’elle est trop courte pour se soucier de certaines futilités. Pas au détriment d’autrui non plus, au contraire, tentant de dénicher des compagnons d’aventures. Voulais-tu en être Lizzie ? Oui nos débuts furent laborieux mais je me goinfrais de ses mots. J’ignorais comment et ce que j’avais percé de ses protections néanmoins le flot était ininterrompu, un flot de pensées, de rêves, de morceaux d’elle. Je fis le tour de sa personne pour trouver le bouton off, ça allait trop vite, mon cerveau galérait à tout enregistrer.

D’âge pour rêver ? Certainement pas ! Cette capacité était primordiale pour affronter les épreuves de la vie, pour ne pas avoir peur de dormir, pour vouloir se lever le matin. Surtout quand vous étiez petit, quand le monde qui vous entourait vous était inconnu, quand les soucis des grands étaient loin de vos préoccupations. Grandir ça arrivait trop vite, le temps d’aimer sa famille, la haïr à l’adolescence puis de se réfugier dans les jupes de sa mère malgré tout. Sans oublier ce syndrome du sauveur, on voulait inventer un truc révolutionnant le quotidien des autres. Je n’y avais pas échappé, j’me voyais déjà Auror de mon côté.

« Aucun âge et ya pas de raison que ça s’arrête. Sauf à la mort peut-être mais t’as encore de belles années devant toi avant de te soucier de ça. T’as bien raison de vouloir être plus proche de ta famille, c’est important les liens du sang. Quoi que t’aies fait, j’suis sûre qu’elle t’aime toujours. », comme mon père pour moi. En prison, je pensais à lui, aux souffrances qu’il m’avait infligées ainsi qu’à maman, pourtant je ressentais un manque.

« Il n’est jamais trop tard pour revenir en arrière et reprendre ce que t’as laissé. Faut oser y retourner par contre, ça signifie lâcher un peu le présent et se plonger dans des doutes. Au final, rêver c’est aussi affronter ses peurs. S’en débarrasser n’est pas simple, faut les accepter, c’qui pas évident non plus. Les ami.e.s sont utiles ici aussi. J’crois qu’ils sont la solution à tout. » Pas que, le travail intérieur se faisait seul, souvent dans le noir à se demander qui on était et qui on voulait être.

« Moi je rêve de choses basiques : obtenir mes ASPICs avec mention ; rendre ma mère fière ; aller dans l’espace. J’ai aussi l’ambition de devenir Auror pour améliorer la vie de chacun, du moins essayer. » C’était cette époque où j’idéalisais le Ministère, je n’avais pas encore rencontré mon Livre… « Et j’ai une utopie, un truc fou, retrouver une inconnue. D’ailleurs quand j’te vois j’me dit que t’as une chance de la connaitre car elle est borgne. C’est peut-être une tes proches qui sait ? »

Continuer de rire également était un rêve, plutôt une ligne de conduite imposée. Pardonne-moi pour cette blague pas du meilleur goût Lizzie. Enfin c’était une preuve que j’me sentais bien avec toi. Allez rit avec moi steuplait, fais pas la tête. Mes barrières s’abaissaient au fur et à mesure. Quel super pouvoir avais-tu Lizzie ? C’était pas dans mes habitudes de me livrer de la sorte.







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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Lizzie Bennet, Lun 5 Mar 2018 - 17:57


Elle compare nos perceptions de la morale ; imagine ce qu’il en aurait été si l’on s’était connues à l’époque. Oh, ne te fais pas d’idée : je t’aurais haïe. Je détestais tout le monde, à l’époque. C’était ma façon de dire je t’aime, sans avoir à être vulnérable au passage.

Le temps s’étire, s’étend. Trop calme. Trop crasseux. Trop large. Trop carré. Trop chaleureux. Trop farfelu. Trop exotique. Je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression que ça va basculer, bientôt. C’est trop suspendu, trop irréel. Je n’aime pas ce que je ne peux reconnaître. Le oh-oh me rappelle le chant des sirènes, mais personne dans les environs, à moins qu’ils aient mis une baignoire dans le train.

Elle parle de la mort, déjà. Qui est-elle pour savoir que j’en suis à des années encore ? A-t-elle vu mon futur ? Comment savoir si je triomphe réellement de mes pulsions suicidaires, ou si à nouveau je me jette entre les rails, espérant en finir, pour ne plus avoir à faire d’efforts que je savais utopistes et déplacés ?

Que ma famille m’aime ? Pour ceux qui m’avaient oubliée, c’était improbable. Pour ceux qui se souvenaient de mon départ, c’était impossible. J’étais une traitresse, au fond. Rien de plus.

L’espace s’étire, s’étend. Trop assourdissant. Trop moderne. Trop exigu. Trop symétrique. Trop cher. Trop dynamique. Trop dur. Elle croit me connaître, alors qu’on est juste à causer à la gare, bottes à la main. Ouais, j’imagine que si c’est comme ça, tu peux vite considérer te faire des amis. Mais tu sais, ce sont pas des amis. Ce sont des camarades. Des coéquipiers sur ton navire. Sauf qu’au fond, les pirates ne pensent qu’à leur g*eule. Leurs besoins et envies passeront toujours avant les tiens.

C’est la règle des humains, à quelques relations près, mais on en est pas. 

Et les amis ne sont pas utiles : les vrais, ceux dont les intentions envers toi ne varieront jamais, sont la raison pour laquelle tu as encore le droit d’exister. Le problème, c’est qu’ils sont peu nombreux, et que tu ne les as pas encore rencontrés. Statistiquement, tes âmes soeurs, tu les croiseras pas. Elles seront nées un autre siècle et/ou sur un autre continent. Vous vous êtes croisées, vous avez loupé le train. On est vouées à être seules, tu sais. C’est le fardeau des vivants.

Quant à lâcher le présent pour s’occuper du passé, hors de question. Les fantômes sont trop omniprésents pour qu’on aille papoter avec eux ; c’est un plan voué à se retrouvé coincé dans le hors-temps. Être hors-jeu de sa propre vie.

Mon corps s’assouplit quand elle cesse de discuter de ce qu’elle pense connaître de moi. C’est apaisant, de ne plus être sous les feux de la rampe. Et directement, mes jugements pleuvent. Rapides, pour ne pas avoir à parler tout de suite de la bombe qu’elle vient de lâcher sur ma face.
— Tu ne crois pas que tu tends à confondre rêves et ambitions ? Ou est-ce pour toi la même chose ? Enfin, j’ai l’impression que tu mélanges certaines choses. Je vois pas comment améliorer le monde entier et aller dans l’espace ça peut être sur un pied d’égalité avec les ASPIC.


Expirer, un temps. Réfléchir. La probabilité que tu retombes sur elle était infime. Quant à ce que ce soit sur une autre gare, il fallait forcément voir un pied de nez du destin. Il ne fallait pas méditer sur les « aurais-je mieux fait de la tuer à l’époque » ; tu n’es plus capable de raisonner ainsi. On t’a trop pris pour que tu envisages la mort avec le même détachement. Sous ton ironie vis à vis de ton existence se cache une sacralisation de la vie d’autres êtres — tes enfants, par exemple. Que tu t’es affaiblie, Lizzie, vraiment. En as-tu seulement conscience ?

Oui, Sunil. Je sais. C’est raté. Tout est raté. Mais puisque je respire encore, d’autres futurs peuvent encore s’écrire. Laisse-moi rêver. Laisse-nous survivre.
— Mh, tu sais, y a pas une famille secrète unissant tous les aveugles, borgnes et autres malvoyants. Me faudrait plus d’informations sur elle pour savoir si je la connais, ton inconnue.
Raconte-moi nous. Depuis tes mots, depuis ta vue. Rappelle-toi, rappelle-moi, tout.
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Message par : Mered Adand, Mar 6 Mar 2018 - 18:20


Touchée. Oui t’avais raison Lizzie, je confondais tout : rêves, ambitions, besoins, envies, réalité, peurs, primordial, futile et tout ce que vous voulez ajouter à cette liste non exhaustive. Existait-il un  moment dans sa vie où tout était clair aussi ? Du haut des son âge, mon interlocutrice en savait-elle plus sur le sujet ? Probablement à en écouter ses remarques. On avait beau avoir des définitions, comprendre ces éléments n’était pas aisé, encore moins pour une gamine de dix-sept piges. Par contre, j’avais capté des trucs dans ce monde. Sorciers ou moldus, chacun avaient un mode de fonctionnement similaire.

« Oui c’est différent. Ils sont complexes ces concepts, tu sais vraiment distinguer les deux toi ? En fait c’est simple j’vais t’expliquer. Chez les sorciers, comme chez les moldus, on tend vers un élitisme de la société. C’est moche mais c’est comme ça.  Obtenir mes ASPICs avec mention m’ouvrira des portes, j’pourrai envisager un poster haut placé et on écoutera mes idées. Attention j’dis pas que les non diplômés sont des bons à rien et que leurs idées sont nazes hein. J’serai la première à les écouter et à les encourager. J’dis justes que malheureusement, leur voix est plus difficile à faire entendre. Regarde-toi, tu galères pas de trop avec tes recherches pour ta potion ? Quant à l’espace, c’est un rêve indépendant. A force d’admirer les étoiles du sol, j’aimerai bien les voir de plus près. »

Pourquoi j’argumentais en fait ici ? Je pouvais me contenter de son jugement hâtif. Il y avait peu de chance que je revois un jour cette femme. Aujourd’hui, elle était là, entière. Demain, elle ne serait plus qu’un corps sans prénom. Après-demain, un unique visage. Pour terminer par n’être plus qu’un souvenir lointain avant l’oubli. Les seuls capables de résister à l’érosion de ce temps qui passe étaient les amis. Les connaissances finissaient par se perdre dans les méandres de notre mémoire. Les gens de passage comme toi y déposaient leurs pieds sur le seuil avec de la chance avant de repartir illico chez eux. Puis il y avait les exceptions à toutes ces règles prédéfinies. Rien n’était jamais écrit d’avance, on avait le droit à des surprises. Comme ce Chat. Présent dans ma tête. Et dans mon cœur.

Se dévoiler c’était dangereux. Mettre en avant ses forces afin de mieux vous contrer, montrer vos faiblesses et on appuiera dessus pour vous blesser. Le Chat était l’une de mes faiblesses. Cependant personne le savait, sauf l’autre masqué rencontré. Pourquoi mettre dans la confidence Lizzie ? Peut-être car comme je l’ai évoqué, elle ne retiendra pas, elle m’oubliera, et je viderai mon esprit de cette obsession, du moins pour quelques instants. Surtout pour la protéger, une mise en garde plutôt, en remerciement de cet échange sur le quai. Déjà aveugle, je désirais pas qu’elle se blesse au contact de ce matou. La vie l’avait déjà pas gâté.

« Dommage, ça aurait pu m’être utile. Enfin, sur un malentendu, tu peux m’aider. Cette inconnue a plusieurs signes distinctifs : c’est une femme, féline, dans un costume de Chat, plus grande que toi je dirai, griffes acérées, relativement violente et n’aimant pas les moldus je crois bien. Une parfaite sauvage à éviter en somme tu vois. » Pas sympathique comme portrait, pourquoi je la recherchais déjà ? Envie de reprendre une dérouillée voire mourir ? Non, non, elle avait bien un attribut. « Ah et le plus important, une volonté de sauver ma vie au péril de la sienne même si j’suis pas sûre de ça. Un côté plus doux même si j'm'aventurerai pas à la qualifier de docile à mon égard. »

Et il était là mon problème, je savais pas, je supposais juste. Je voulais des réponses, comprendre. Deux ans s'étaient écoulés. Je revoyais son masque chaque jour, son image gravée dans mon cerveau. Le Chat n'était pas mon ami mais il faisait partie de ces gens que l'on oubliait jamais.


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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Lizzie Bennet, Mar 13 Mar 2018 - 20:59


La réponse de la Serdaigle me pousse à me renfrogner. Eh bien, les moldus ne valent vraiment pas mieux que nous. Eux aussi se reposent sur des diplômes de papier, de l’argent de papier, des vies de papier. Tout est dans le statut, etc, etc. Oh je les connais ceux-là. Quand je l’entends parler, je crois entendre mes parents, et les préoccupations qu’ils avaient quand on était jeunes, et l’admiration pour l’excellence en tous points de Jane, et les sermons de certains enseignants, et j’ai juste envie de lui faire un bras d’honneur en fait.

Parce que je les ai pas moi, mes ASPIC. J’ai pas terminé ma scolarité, j’étais trop busy à vivre à la rue, faire des c*nneries majeures et finir en taule. Oh gardez-vous votre méritocratie qui prétend qu’on est tous égaux sans vouloir regarder les différences en face. J’en veux pas. J’ai pas besoin de ça. D’ordinaire, je garde mon histoire pour moi, évitant de trop en dire sur mon parcours, par prudence comme crainte muette des stigmas. Mais j’peux pas laisser les jeunes grandir avec ces idées là en tête. Faut leur rappeler que y a tellement plus dans la vie.

— Tu sais, j’ai pas eu de mention à mes ASPIC. Je les ai pas eus tout court, en fait. Cela ne m’a pas empêchée de créer des élixirs, des artefacts, de devenir maîtresse des potions… Ne pense pas qu’aux portes. Concentre-toi sur les rêves ; ils te guideront toujours plus loin que la validation extérieure. L’espace par exemple ; c’est une pulsion qui semble ancienne en toi, et profonde. Ne la laisse pas filer.

C’est périlleux, de se découvrir ainsi. D’en dire tant en si peu de mots. Cependant, si je ne le fais pas, qui viendra défier ses idées préconçues ? De toute façon, il m’oubliera, moi. J’espère seulement que l’idée germera dans sa tête. Qu’il y a plus que ce que le système nous vend comme prioritaire.

Elle aussi prenait des risques. Evoquait une personne, et un souvenir, qui ne m’étaient que trop familiers. L’enfant bâtard de Bastet, je l’avais sous la peau. A moins qu’il y ait d’autres femmes s’habillant en chat dans le coin, mais bon. Je n’en avais jamais rencontré dans mes années de service. Quant à risquer ma vie pour une autre, hors de l’ordre, il n’y avait qu’une personne pouvant correspondre à cette description. Ma douce amie des quais.

— Eh bien ! Ce sont des critères assez spécifiques… J’m’attendais à ce que tu dises qu’elle était blonde et de taille moyenne, on peut dire qu’avec ça, y a déjà plus de pistes. Si tu penses qu’elle est à éviter, es-tu sûre qu’il soit sage de retrouver ton inconnue ? Rassure-moi, tu n’envisages pas de la rencontrer seule quand même ?

Je n’ai aucune raison censée de l’aider. C’est une folie rien que d'y penser, comme sa quête à elle. Mais tant qu’à faire, je préfère demander. Réserver mon jugement le temps de déterminer vers où l’on va.
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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Mered Adand, Ven 16 Mar 2018 - 0:37


Lizzie était une artiste, elle vivait à travers ses diverses conceptions. J’aimais ce genre de personnes, surtout leur travail. J’étais incapable d’inventer de la sorte, je devais me perdre dans les livres pour m’imaginer des mondes, mon esprit était trop rationnel par moment. Pas étonnant de l’entendre me poussait à rêver, c’était l’essence des créateurs. Leur monde différait du mien et se comprendre n’était jamais facile. Ils avaient tendance à profiter de l’instant présent, procrastiné, lorsque je préférais me préoccuper de mon avenir, de m’organiser pour tout. L’improvisation avait peu de place dans ma vie, sortir du chemin tracé c’était dangereux. Tout comme s’éloigner des règles néanmoins j’avais un côté songeuse lorsque que les étoiles pointaient le bout de leur nez.

« Félicitations Lizzie, tu montres que le talent ne se mesure pas grâce à des examens. Mais malheureusement, si je souhaite devenir Auror, je n’ai pas le choix que d’obtenir mes ASPICs avec mentions. Le système est sans doute mal foutu et formate trop les élèves sans prendre en compte leur spécificité. Peut-être qu’une personne courageuse osera changer tout ça un jour qui sait ? J’compte pas oublier mon projet de l’espace n’aie crainte, juste que la prio du moment reste ma dernière année. »

Elle était belle ma résolution, tout aussi éphémère que je venais d’évoquer la raison pour laquelle elle pourrait passer à la trappe. Ce Chat m’obsédait tellement, ça en devenait maladif. Cet été, j’étais revenue sur les lieux de notre affrontement, deux ans après jour pour jour dans l’espoir de la revoir. Dans l’utopie de croiser sa silhouette venir se planter devant moi et m’expliquer ce qu’il s’était passé. J’en avais été jusqu’à discuter avec un masqué pour réaliser ma quête, me mettant en danger. Pourtant il y avait de l’excitation dans ma recherche, un besoin vital, quitte à y laisser des plumes d’aigles. Parait que les matous peuvent manger des oiseaux.

« Je la reconnaitrais entre mille cette femme. On est tous unique mais elle a ce truc en plus que je te ne pourrai t’expliquer. Tu peux pas comprendre sans l’avoir rencontré, désolée. »

Tiens, elle voulut se faire protectrice désormais ? J’affichais un sourire à ses mots, il y avait un peu d’hôpital et de charité dans ses propos.

« Au vue de ton passé, tu me sembles pas être la mieux placée pour ma parler de sagesse. Oui cette femme est à éviter pour le commun des mortels mais j’ai besoin de la retrouver. Lorsque je me défile le film de vie, il y a un vide. Un trou noir que cette femme peut combler, c’est la pièce manquante de mon puzzle. Et comme j’ai un côté perfectionniste, j’veux pas d’un film avec une scène en moins. Le pire c’est que je me fais sans doute des idées. Peut-être qu’elle m’a juste raté ce jour-là et qu’elle essaiera de me tuer lors de nos retrouvailles mais ça me semble trop improbable. Cette prédatrice tenait sa proie entre ses griffes. J’étais à sa merci, frêle oisillon déjà dans la gueule du félin. Il ne lui restait plus qu’à croquer pour me dévorer mais j’suis vivante alors que je n’étais plus en état de me défendre. Puis sans elle, sans comprendre pourquoi je vis aujourd’hui, c’est un peu comme si j’étais morte tant ça me bouffe de l’intérieur… Cette histoire c’est entre elle et moi que ça a commencé et c’est ainsi que ça devra finir. »

Beaucoup aurait essayé d’oublier, d’effacer ce souvenir. La plupart des gens auraient en cauchemar ce visage de borgne, hantant leurs nuits, n’en parlant jamais par la simple crainte de revivre l’épisode. Et moi je le matais en boucle sans jamais m’en lasser maudissant le c*n mettant une coupure pub à chaque fois vers la fin ! En retrouvant le Chat, j'étais certaine qu'elle liquiderait le responsable.








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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Lizzie Bennet, Mar 3 Avr 2018 - 21:36


Auror ! Auror, las— les ténèbres s’enroulent autour des mille sabots de l’Enfer. Quel gâchis. L’espace perdait une grande sorcière, et j’espérais bien qu’elle finirait par changer d’avis, et sa précision m’insufflait un relent d’espoir de ce côté.
— J’compte sur toi, alors. Et eux aussi, ils t'attendent, les astres.

Après tout, j’aimais bien reconvertir les Aurors ; mais dans ce secteur plus que dans d’autres. J’connais pas bien l’espace, mais j’suis comme tous les rêveurs : les étoiles m’enivrent et l’idée de rencontrer d’autres formes de vie ne cessera de m’obséder de sitôt. Enfin, facile à dire, au fond même avec les communautés voisines, on en fait pas grand chose.

Je souris cependant à son allusion ; il est clair que Poudlard aurait besoin d’être réformé, et le système des ASPIC aussi, et les structures d’études supérieures… En éducation, le Royaume Uni se reposait sur la gloire de son passé, mais n’était pas très motivé pour s’aligner avec les besoins des temps présents. Quel archaïsme !

Sa quête en revanche — sa quête avait toute mon attention. Elle la reconnaîtrait entre mille ? Je ne pouvais comprendre ? Oh ma douce, si tu savais. C’était juste trop drôle, quand on avait tout le contexte. Comme si c’était fait exprès.

Je savais que l’aider était la pire des idées. C’est genre évident. J’avais limite perdu contact avec le Seigneur des Ténèbres et ne connaissais pas toutes les nouvelles têtes, pour des raisons très nettes, mais cela ne m’empêchait pas de chercher à les protéger. S’ils ne savaient pas que j’avais des gosses, c’était aussi car je savais que mes faiblesses pouvaient être prises comme leurs faiblesses, surtout si quelqu’un découvrait certains liens de parenté.

Mais quand elle parle de trou noir, j’ai la gorge qui se serre. Ce jour-là, ce jour-là j’avais été plus que l’autre. Pour elle je m’étais transcendée ; j’avais compris pouvoir être plus que ce que j’avais toujours cru voir. J’avais senti vibrer la corde vorace et féroce de mon appétence pour la vie — la sienne que j’avais risqué et sauvé ; la mienne que j’avais jeté et repris ; la nôtre qui balbutiait.

Si j’étais devenue masquée, c’était avant tout pour ça. Pour mon amour de la communauté, mon envie de la voir plus saine, d’offrir à mes enfants un monde où ils n’auraient pas à vivre dans l’ombre et la terreur. Les plaisirs malsains, oh, ils revenaient souvent ! Mais au fond, ce n’était que des distractions. Ce n’était pas ce qui me rattachait au monde. Pas vraiment. Derrière mes mépris et mes railleries, j’avais un profond goût d’autrui. Pas une mince affaire, pour une âme fêlée.

Le nez commençait à me piquer, et je me retins difficilement de la prendre dans le creux de mes bras. Au lieu de quoi j’ébouriffe maladroitement sa tignasse, un peu trop près de l’une des oreilles vu que mes repères étaient quelque peu perturbés.
— Je suis désolée que tu te sentes ainsi. Je ne peux rien te promettre, mais si c'est ce que tu désires, je ferais de mon mieux. J’essaierais de t’aider à entrer en contact avec elle. Qu’en dis-tu ?
Va falloir attendre un peu, par contre. Parce que bon, un Chat aveugle, ça serait un peu trop risqué.
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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Mered Adand, Ven 6 Avr 2018 - 22:55


Compter sur moi ? Avais-je une tête de révolutionnaire ? Espérais-je inconsciemment être la personne qui mettrait le coup de pied dans la fourmilière afin de redistribuer l’ensemble des cartes ? Il était vrai que mon envie d’être Auror était aussi liée à mon ambition de changer les mentalités, de faire reconnaître davantage les moldus. Intégrer l’élite  pour mieux me faire entendre, quel beau projet même si je n’avais pas réfléchi aussi loin et était encore enfermée dans mes pensées d’adolescente. A bien y regarder, tout ceci était les prémices de mes opinions antisystème, je n’étais pas faite pour être Auror, je tenais trop à mes libertés. Surtout celle que me donnait le ciel étoilé : rêver.

« J’ferai ce que je pourrai. Seule j’suis pas grand-chose mais j’pense que d’autres partage mon avis, suffit de se fédérer en soi. Et t’inquiète pas, j’te promets d’aller saluer les astres dès ce soir. Je leur passerai le bonjour de ta part si tu veux. »

S’il y avait bien quelqu’un en qui j’avais confiance en ses principes, c’était la nuit. Jamais elle ne m’avait trahi, elle répondait chaque jour présent pour illuminer ma vie. Je la questionnais souvent sur mes soucis, elle connaissait par cœur ma quête du Chat. Elle avait essayé de m’aider en me faisant rencontrer un masqué, sans succès. Peut-être que j’aurai plus de chance avec Lizzie ? Je n’avais rien à perdre.

Je sentais mon interlocutrice touchée, limite triste pour moi, de mes mésaventures. Elle tenta de jouer une sorte de maman complice en me décoiffant. Je passai le détail qu’un de ses doigts termina sa course dans une de mes oreilles, ce ne fut pas très agréable mais je souriais quand même. Avoir de l’attention était quelque chose de plaisant, par contre je ne voulais pas que ceci tourne en pitié. Je ne lui aurai pas pardonné.

« Tu n’as pas à être désolée, tu n’es pas responsable de mon état. J’fais un blocage sur cette femme, j’arrive pas à tourner la page même si c’est sans doute la meilleure solution au finale… » Impossible de l’accepter, pas sans l’avoir recroisé avant, davantage lorsqu’on m’offrait de l’aide. « J’accepte volontiers ton offre mais fais attention à toi, j’veux pas qu’il t’arrive du mal par ma faute. Sois prudente. »

Les sirènes du train étouffèrent ma dernière phrase, annonçant l’heure d’embarquer et de retourner à ma réalité d’élève. Je sortis à la va-vite un parchemin de mon sac à dos, morceau du papier qui se déchira dans la précipitation. Peu importait, il restait assez grand pour y inscrire mes coordonnées notées soigneusement. Je glissai mon gribouillis dans la botte de Lizzie.

« Le devoir m’appelle, je vais devoir te laisser… J’t’ai laissé mon nom et adresse dans ta chaussure, si tu trouves des indices, préviens-moi. Oh et si tu arrêtes de rêver ou veux entendre parler de Poudlard ou si tu veux juste discuter, tu peux m’écrire, je te répondrai. Merci pour ce moment Lizzie, j’espère qu’on se reverra. »

Je ne pris pas le temps de lui en dire plus, j’aurai pu la remercier pendant des heures. Je grimpai dans le premier wagon à portée et sentis mon moyen de transport avancé. Le nez collé au carreau, mes émeraudes fixèrent Lizzie jusqu’à ce qu’elle disparaisse de mon champ de vision. J’allai m’asseoir pour faire le trajet. Je ne pris pas en compte la joie ambiante de mes compagnons de voyage, j’avais préféré laisser des larmes couler de mes prunelles. J’avais oublié de lui demander ses coordonnées et j’avais envie de lui écrire tout ce que je n'avais pas pu lui dire. Pourvu que je ne sois pas juste une fille de passage pour elle, le temps me le dira.

Fin de rp pour moi, je te laisse conclure de ton côté.
Encore merci Lizzie et à bientôt :kiss:
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Re: Le premier départ à Poudlard

Message par : Lizzie Bennet, Mar 1 Mai 2018 - 9:36


— Avec joie.

Dans son esprit fourmillait un potentiel, des étincelles, une opposition, et mon coeur s’attendrissait en attendant son éveil. Elle saluerait les astres pour moi ; je saluerai 87 pour elle. Après tout, les aveugles sont les âmes de la nuit. Pour nous, chaque jour la lune l’emporte sur le soleil. Et c’est ce qui nous rend aussi fiables qu’elle. Ou presque. Simple sentinelle, j’allais leur arranger leur rendez-vous, aux deux. Peut-être. Sans doute pas. Evidemment. J’étais pas tout à fait décidée.

Elle me salua et j’imaginais qu’elle était déjà partie. Dans le doute, je lui disais quand même au revoir. Et puis, me sachant enfin seule, je serrais contre moi la chaussure. C’était rien. C’était tout. C’était un lien avec la femme qui m’avait bouleversée, une fois. C’était un lien avec la femme que j’avais été, avant.

Et là où elle aurait dû garder pour ce souvenir une aversion intransigeante, elle cherchait au contraire à rencontrer la Mangemort. Ou du moins ce qu’il en restait. Son fantôme. A travers elle, j’apprenais que je n’étais pas tout à fait morte. Je cillais pour refouler l’émotion qui menaçant mon visage, et disparaissais de l’autre côté de la gare.

(Fin de RP)
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