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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: Grande-Bretagne
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Jusqu'au bout de la nuit
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Elias Baxter
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Elias Baxter, Mar 04 Avr 2017, 11:06


Effectivement, ça appartient à tout le monde mais surtout à lui, nan ? Si tu veux ses plumes, tu négocies avec lui... » Et c'était bien envoyé. Mais il venait de le prouver, quelques coups de baguettes et la pauvre bête ce serait sa fête. Sauf si bien sûr la frêle sorcière se décidait à s'immiscer entre eux pour l'empêcher de jouer son jeu. « Et puis de toute manière, tu vas t'en servir pour faire quoi ? » Elias ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit encore une fois. « Ben c'est évident non ? Qu'est-ce que tu ferais toi avec des plumes et des ongles de griffons ? » Elle était lente du ciboulot ! « J'suis potionniste moi madame ! J'fais avec les moyens du bord. Maintenant si ça t'embête pas... » Il pointa sa baguette vers le poil de la bête et formula promptement un sort d'entrave, qui s'échappa de son bâton fort prestement.

« J'l'avais déjà chopé une fois, j'peux le refaire ! Laisses moi choper au moins une plume ! » Il gueulait par-dessus les cris du griffons, qui semblait pas franchement jouasse à l'idée qu'on lui prenne sa toison. Elias comprenait vraiment pas pourquoi. Si on lui arrachait des poils ça lui ferait rien du tout ! D'ailleurs ça se verrait même pas ! Ce griffon il était douillet, voilà tout. Un gros douillet, un enfant qui geignait avant d'avoir mal. Un vrai caramel mou ! Mais Elias il lâcherait pas l'affaire. Il partirait pas sans son trophée, même s'il fallait qu'il se fasse griffer pour ça. Ou même s'il fallait qu'il passe sur le corps de cette nana là.
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Heather Wells
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Heather Wells, Ven 05 Mai 2017, 23:10


Dis-donc, c'est qu'il devenait arrogant le garçon... Il ne fallait as qu'il continue sur ce ton où l'Irlandaise allait le renvoyer d'où il venait bien rapidement. Il lui expliqua alors qu'il était potionniste, comme si cela impliquait qu'elle devait l'admirer. Que nenni. Lui demandant faussement la permission, un sortilège jaillit de sa baguette et atteint l'animal qui, malgré son agitation ne parvient désormais plus à décoller du sol. Plus enfoncé dans la mouise, ça n'existait pas.

Le regard de la jeune femme s'empli peu à peu de mépris. Nullement impressionnée, elle vint se placer entre son bébé et l'homme qui lui voulait du mal.

- Si, justement, ça m'embête, commença-t-elle, appuyant sur chacun des mots. Maintenant potionniste, tu ferais mieux d'abandonner, continua-t-elle avec la plus grande condescendance, surtout si j'ai rien à y gagner...

Elle fit jouer sa baguette entre ses doigts, le sortilège de lumière à son extrémité fit danser les ombres sur son visage. Mais Heather n'était pas du tout stupide, dans l'état actuel des choses, si Elias décidait de lui envoyer un sortilège, elle allait se le prendre en pleine face. Le temps qu'elle vire son lumos et qu'elle lance un sort de protection, d'autant plus qu'elle était quelque peu rouillée. A ce niveau-là, mieux valait lancer le premier coup.

- Alors, contre quelques plumes, tu m'offres quoi ?

Avant même qu'elle ne finisse sa phrase, les ténèbres s'abattirent sur les deux sorciers et, à l'aide d'un sort informulé, elle libéra son animal. Poussée par sa maîtresse, ce dernier n'attendit pas son reste pour décoller par-dessus les arbres, hors de portée. La rousse, quand à elle s'immunisa d'un bouclier et tenta tant bien que mal de s'accommoder à la nouvelle luminosité, tout sens aux aguets afin de savoir si l'autre faisait un geste.

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Elias Baxter
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Elias Baxter, Mar 06 Juin 2017, 12:11


J'ai laissé un mois passer, fichtre !


Pour toute réponse, Heather se planta entre Elias et le griffon. Il avait presque envie de taper du pied et de bouder comme un bébé. Il voulait pas forcément avoir à lui passer sur le corps. C'est qu'en combat il manquait d'entrainement quand même. Pis elle avait l'air de savoir y faire, avec sa mâchoire carrée et ses yeux qui lui lançaient des éclairs. Si, justement, ça m'embête. Maintenant potionniste, tu ferais mieux d'abandonner, surtout si j'ai rien à y gagner... Un sourcil se haussa sur le visage du sorcier. Elle était prête à négocier ? C'est qu'elle se pensait en mauvaise posture alors... Qu'elle était peut-être aussi rouillée que lui. Sans compter qu'elle avait déjà un sort qui tirait sur sa magie depuis quelques minutes...

Alors, contre quelques plumes, tu m'offres quoi ? Elias croisa les bras. Il passa un regard inquisiteur sur le griffon. Le trophée était à portée de main. Et de mots. A moins qu'il ne se décide à attaquer la sorcière et qu'il ne mise sur un bon gros coup de chance pour s'en tirer. Sauf que maintenant qu'elle l'avait vu, elle serait capable de le reconnaître, et ça c'était pas bon. Non. Valait mieux se pencher sur les affaires, car qui sait, peut-être pourraient-ils faire du business à l'avenir ? On dit que l'argent règle tout. Mais si j'avais voulu payer pour quelques plumes de griffons je serais allé en boutique, tu t'en doutes ! Que dirais-tu d'une potion ? Qu'est-ce qui t'intéresserais... ?
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Heather Wells
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Heather Wells, Dim 23 Juil 2017, 12:35


Ces dernières précautions semblaient avec été inutiles. En effet, l'inconnu ne tenta rien. Il semblait plutôt intéressé par sa proposition. Evidemment, il ne voulait pas les acheter parce qu'il lui suffirait d'aller en boutique pour cela. De part son métier, il proposa en échange de lui fournir une potion en échange.

La jeune femme prit le temps de la réflexion. Obtenir une potion gratos en échange des plumes qui tombaient naturellement de son griffon, c'était tout bénef pour elle. Un sourire éclairait lentement son visage.

- Je peux demander n'importe quelle potion ? fit-elle sur un ton séducteur, s'approchant quelque peu d'Elias, genre même du Felix Felicis ?

Cette potion pouvait être d'une grande aide à la rousse et se trouvait difficilement. Et puis... faire ça de main en main était plus discret. Cependant, elle savait que la potion prenait énormément de temps à se préparer et n'était pas des plus simples, il fallait rendre l'offre plus alléchante. Tendant sa baguette dans son dos, elle informula un accio.

- En échange, je t'offre 1 kilo de plume de griffon. Un petit acompte maintenant, le reste à la livraison, termina-t-elle en réceptionnant un pot contenant déjà une centaine de plumes que son elfe ramassait de temps en temps.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 17 Sep 2017, 15:59




Pas de réponse depuis plus d'un mois.
Me Mp si souci Smile

Rp avec Aya Lennox


Colère


Rage

Parfois, ça vient doucement picoter sous la peau
Alors que se crispent les poings -imperceptiblement
La flamme qui lèche l'âme millimètre par millimètre
Suffirait de pas grand chose pour que

Colère

Rage

Et douce violence

Au creux des tripes

Suffirait de pas grand chose
Et il a suffi de pas grand chose
Pour apporter ce picotement de rage envers tout
Ce qui vit
Se consumer
doucement
éternellement
Comme si la colère était vouée à ne jamais repartir


Peut-être parce que j'ai croisé tout à l'heure un couple avec leur gosse tout potelé. Ils marchaient tous les trois. Les parents tenant chacun une main de leur enfant. Et hop, tu sautes et tu voles, petit ! Regarde, comme ça c'est rigolo ! Ils avaient l'air bien, ensemble. Ils avaient l'air heureux, ils rentraient tranquillement en cette belle soirée. Et je me suis vue, à la place du gosse. Et j'ai vu mes parents, à la place du couple. Et j'ai vu leurs sourires, et j'ai vu leurs yeux brillants de quand j'étais petite. Et j'ai vu leur amour et j'ai vu leur affection d'avant, de quand je croyais que tout était bien, tout serait beau. Et mes poings se sont crispés. A me demander comment, aujourd'hui, ils ont pu briser ce lien d'amour pour de l'argent. Et mes dents se sont serrées à l'idée qu'ils ne valent pas mieux que les autres et qu'eux aussi, vendraient n'importe quoi pour conserver leur tranquille confort loin de tout souci. Ils ont déjà vendu leur fille...

Ou peut-être parce que tout à l'heure, en passant près d'un parc quelconque, j'ai vu deux amoureux sur un banc, à contempler le soir s'installer. Dans les bras l'un de l'autre. Eux aussi, ils avaient l'air heureux. Sans parole. Juste une affection palpable dans l'atmosphère. Et je suis passée. Et j'ai pensé. Qu'un amour sans histoire, long fleuve tranquille, je ne l'ai jamais connu. Y'a toujours eu les démons cachés quelque part et les histoires de sang enfouies sous terre, loin, bien loin de la mémoire.
Je suis passée, j'ai rien dit, j'ai voulu ne rien voir, ne pas songer que
Mais j'ai quand même songé
Et ça a fait mal
Le monde a fait mal
Le monde fait trop mal
C'est pour ça que je le hais.

Ou peut-être encore parce que dans la rue, j'ai vu des hommes, des Moldus, en costard avec un attaché-case vissé dans la main. Qu'ils regardaient le trottoir gris et froid. Ils ne regardaient pas devant eux. Ils ne m'ont même pas vue. Ils n'ont même pas vu que je les fixais. Ils étaient là. A marcher d'un pas mécanique jusque dans la bouche de métro. Le pantalon impeccablement lissé, la cravate serrée à étouffer et l'air sérieux ou morose, suivant les interprétations. J'ai eu envie de leur sauter dessus. Leur arracher leur attaché-case. Leur crier dessus. Les secouer. Pour qu'ils cessent de devenir ces robots du quotidien qui n'ont rien d'autre à faire que se lever, partir travailler, revenir, dormir, se lever... J'ai voulu les gifler pour que leur œil si mort reprenne un peu de vivacité. Pour qu'ils cessent de porter ces ternes couleurs grisâtres, qu'ils cessent de regarder le trottoir si peu joyeux et qu'ils disent f*ck à cette société qui veut faire de nous des êtres plus tristes et plus mécaniques les uns que les autres. J'ai voulu leur hurler de cesser de jouer ce jeu bien déprimant. Cessant de vouloir faire de son corps la forme du moule. Et plutôt adapter le moule à la corps, s'il veulent avoir un cadre. Bien que le mieux serait de se débarrasser entièrement de tout ça. Et s'assumer comme on est, s'accepter pour ce qu'on est.
Je ne peux croire que tous ces hommes soient, au fond d'eux, des êtres gris, ternes, mécanisés et inintéressants.
Ils le sont uniquement parce que la société veut qu'ils le soient.
Ils doivent briser tout cela.
Pour enfin se montrer. Au grand jour. Sans honte. Sans pudeur.
C'est ça, que j'ai voulu vociférer en les croisant.
Mais je ne l'ai pas fait. Je me suis contentée de me taire. Les poings crispés dans la lueur du soir. A continuer ma route. Dans la foule automatique. La peur, soudain, de me laisser emporter et devenir aussi automatique que les autres. La peur aux tripes. La rage au cœur.



La colère est souvent la conséquence des blessures internes qu'on n'a pas vraiment refermées. Ou de l'inexplicable frayeur ressentie au plus profond de l'être.
Je ne veux pas être comme eux
Je ne veux pas être comme eux
Je ne veux pas être comme eux

Je ne veux pas

Je ne suis pas comme eux
Je ne suis pas comme eux
Je ne suis pas comme eux

Je ne suis pas

Je ne veux pas le devenir
Je ne
ne
veux
pas
pas


La voix chantonnante interne se brise dans cette silencieuse prière.
Prière à qui ?
Je ne sais pas. Je ne sais pas prier, moi. Je sais juste poser des mots au vent. Et supplier l'univers de mes lèvres muettes.
Supplier de ma sauver de la machine en route.
M'aider à sortir de là.
J'ai peur. Tellement peur.
C'est pour ça que je hais. Je hais ceux qui me font peur. J'aimerais les détruire. Pour ne plus jamais sentir mon estomac se tordre.



La porte s'ouvre. Automatique. Elle aussi. Bientôt, nous lui ressemblerons. A ne plus savoir pourquoi on fait les choses. Mais les faire. Parce qu'on a été programmé.e.s pour.
Derrière moi, c'est déjà bien nuit. C'est l'hiver. Le soleil disparaît vite à cette période-là.
Devant moi, c'est la lueur artificielle de vieux néons un peu tressautant. Ce sont les étalages d'une épicerie sans nom. Une épicerie Moldue d'une rue de quelque part. Y'a des paquets de plein de trucs différents. Je sais même pas ce que c'est. Je lis pas les étiquettes. Je passe. Seulement. Le seuil.
Le magasin va sans doute bientôt fermer. Y'a plus grand monde dedans. Les rares personnes qui y sont se préparent à passer à la caisse. Payer.
Le type, tout seul, qui fait bip, bip avec les articles. Il a un air bourru, un œil sombre, une grosse moustache. Il n'a pas l'air commode.
Au moment où je rentre, c'est une petite mamie qui met ses courses dans son cabas. D'une voix enrouée de fumeur, le type lui annonce le prix. Voilà la petite vieille qui sort son porte-monnaie et qui commence à compter. Doucement. Mais sûrement. Ses pièces. Pour arriver au compte juste. Je sens que le gars s'impatiente et qu'il fulmine. En plus, il est pas commode. Je l'ai dit tout à l'heure. Finalement, il finit par s'écrier :

-Bon, la vieille, tu te grouilles, j'ai pas que ça à faire !

Sur le seuil de la porte, je le regarde. Interloquée. C'est sûr, lui, il est pas automatique. Il est pas le robot fabriqué par une société qui se revendique bien-pensante. Mais ce n'est pas mieux.
J'hésite à m'avancer, lui faire la morale ou lui crier dessus.
Mais finalement, je reste immobile. Et la mamie, qui, heureusement, ne se laisse pas décontenancer, tend ses pièces.  Puis roule le cabas au sol ; elle sort.
Le gars, son gros cou tout rougit de son énervement, met la monnaie dans sa caisse en bougonnant. Je me décide alors à m'avancer sans mot.
Et, de coin de l'oeil, je capte le regard peu discret du gars. Il doit sans doute reluquer chaque jeune fille qui rentre dans ce magasin de cette façon. A croire qu'il veut vraiment mener son commerce à sa perte. Le climat d'insécurité et de malaise qu'il crée suffit à ne plus jamais vouloir remettre les pieds ici. Je ne comprends pas ses raisons d'agir ainsi. Mais s'il continue de me regarder comme ça... ou de crier sur de pauvres personnes innocentes...
Le picotement sous la peau reprend.
Je me force à inspirer. Pour ne pas exploser. Continuer. D'avancer. Dans les rayons. En faisant comme si je n'avais rien remarquer.
Contenir.



Colère

Rage

Violence

Foutus picotements.
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Aya Lennox
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Aya Lennox, Dim 08 Oct 2017, 21:13


L.A. de Koko emprunté pour ce post

On avait la mer pas loin
un peu comme la mer
au fond du jardin
un jour je l'ai laissée
me submerger
j'ai pas fait attention
peut-être même
que j'ai pas voulu
que j'ai fait exprès

Je sais pas pourquoi
j'étais assise sur la plage
innocemment
j'étais petite
des fois on venait, comme ça
pour passer le temps
Isabella nouait ses cheveux
en un chignon très lâche
elle portait toujours des vêtements
qui cachaient ses bras
elle voulait pas que sa peau
prenne le soleil
elle disait que ça faisait mauvais genre
c'était assez ironique
venant de sa part

Elle se contentait de marcher
elle me parlait pas
on évitait en général
de poser des mots entre nous
on voulait pas de ça
elle me haïssait
peut-être qu'elle attendait juste
que je disparaisse dans l'eau
circonstances tragiques

Elle aurait sûrement dit
« J'ai pas fait attention à la gamine
et puis c'était trop tard »

J'essayais
de construire des choses
avec le sable
mes villes
mes châteaux
ils disparaissaient peu à peu
j'avais l'impression
qu'ils me narguaient
que je ne pourrais jamais rien construire

Un jour
je me suis un peu approchée de l'eau
de la masse qui s'agitait face à moi
un peu plus loin les falaises
le flot ininterrompu s'abattait toujours sur elles
s'élançait féroce
et puis toujours la terre résistait
mais c'était loin
et je n'avais pas peur
des vagues
de ce que la surface agitée cachait
au contraire
la masse
me fascinait
m'attirait
je voulais sentir
je voulais
juste chatouiller les pieds

C'était
un arrêt de penser
c'était comme si
d'un coup
tout s'effondrait
laissant le cauchemar
lentement
tout
doucement
s'étioler

Je me suis réveillée dans mes draps
ma robe
avait disparu
je ne me souvenais pas
de pourquoi
j'étais là
pourquoi
mon visage était glacé

J'ai réussi à me lever
à atteindre la porte
ma liquette blanche ne suffisait pas
le froid était partout
partout dans mes os
partout dans mes chairs
je ne me sentais plus
juste
comme

Peu importe
j'ai tiré la lourde porte
parce que j'avais peur
et parce que la maison baignait
de cette lumière agréable
un lendemain heureux
j'entendais en bas
des bruits de pas
un rire cristallin
Moira
riait aux éclats

Je n'ai pas entendu
très clairement
c'était un peu comme si
les sons se barraient
la provenance s'échappait
la bouche s'effritait sous les mots
comme du papier de verre
j'ai juste réussi
à deviner
les syllabes
qui m'ont laissé tomber
m'échouer sur le sol

« Un peu plus et la môme disparaissait pour de bon dans la mer
Une chose de plus de réglée »


- Tu te souviens de la réponse de Moira ?

Que les occasions ne manqueraient pas.

_________________________________________

Quelque chose d'étrange se projetait sur les murs.
Des silhouettes alentours en ombres mouvantes. Une poursuite ficelée depuis les tréfonds du monde sorcier. Ça l'avait suivie depuis les murs sans échos de sa baraque. Une image, un tourment du passé. Le silence avait écopé de la colère. Un crissement pâlot des quenottes en sanglots étouffés sous le jupon. Il ne suffisait pas d'un quelqu'un au quotidien pour soigner ces lésions, ces excoriation pas tout à fait guéries.

Pourquoi venir ici plutôt qu'ailleurs ?
Peut-être par espoir fou que tout s'évaporerait ici. Que ces murs neutres, sans autre ambition que le robotique finiraient par estomper la brûlure sur la langue et cette solide impression d'être noyée toute entière. Dans son propre essaim.

On n'avait eu raison d'elle cette fois-là.
Le reflet sentait la préparation méticuleuse pour éviter d'avoir l'air de n'importe quoi. En ouvrant la porte du réfrigérateur industriel et pratique dans sa transparence toute nette et son organisation au millimètre, on oubliait un instant qu'on avait le visage fermé, terrifié de la possibilité que.
Que tout foire.

Ses longs cheveux ondulés étaient attachés en une queue de cheval basse et le sommet du crâne crêpé pour donner cette impression de volume princier, où un bijou de tête aux pierres exquises se cachait avec délicatesse. Tout était maniéré. Du chemisier de plumetis au col noué qu'on devinait sous une joli veste de brocard au motif oriental compliqué. Il fallait être idiote pour croire qu'elle passerait inaperçue.
Faire exprès.

Pourtant, quelque chose bouillonnait et sa main avait raté sa cible lorsque la voix féroce du caissier avait dérangé le silence artificiel de la boutique. Ses démons, furieusement ravalés avant de s'échapper de son huis-clos, avaient remonté la pente, fluide biliaire, lorsque le regard lubrique l'avait suivie.
Lentement pourtant, le courage avait repris ses droits. Le sang-froid, influence providentielle au creux ses veines la poussa à rejoindre l'estrade, à faire face au regard de celui qu'elle méprisait.
De ce qu'elle méprisait par-dessus tout.
Cet amas putride d'humanité qui se désagrégeait lentement.

Une autre forme passa, et le regard suivit à nouveau. Un réflexe bien ficelé par ses pensées arriérées.
Le plus pur produit d'une idiotie généralisée.
L'autre jeune fille s'arrêta à son niveau, elle ne la regarda pas. Ce monde suffisait amplement. Histoire de s'ignorer. Pourtant il émanait de ce corps la même chaleur de violence contenue.
Un astre prêt à imploser.


Dernière édition par Aya Lennox le Lun 13 Nov 2017, 08:56, édité 1 fois
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Kohane W. Underlinden
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Kohane W. Underlinden, Ven 03 Nov 2017, 22:33




Le reste du monde s'amenuise. Il n'y a plus que moi, à regarder du coin de l'oeil le type au cou rougi. Les picotements au bout des doigts. Et la boule à l'estomac, la boule qui -qui veut remonter et pourtant, je garde les lèvres closes pour l'empêcher de se déverser. Encore un peu de conscience, pas vouloir étaler sa rage devant les autres, pas vouloir les faire victimes de cette colère qui m'anime depuis si longtemps.
L'effort colossal. Comprimée. Dans ce sac de bonnes manières. Qui disent qu'il faut savoir se taire, rien laisser paraître. Faire bonne apparence. Pas pour soi. Pour les autres.
Ce monde de paraître qui, peu à peu, me broie.
Je croyais y avoir échappé, je croyais l'avoir fui avec mes parents. Parce qu'eux n'en parlaient pas, parce qu'eux ne vivaient pas dedans -pas totalement, en tout cas. Bien sûr, il y avait toujours une part du qu'en dira-t-on mais cette part n'était pas autant accentuée que dans ces autres cercles qui ne jurent que par l'apparence.
On vivait ainsi assez éloignés des sphères austères et sévères du paraître, il y avait le vent frais le matin pour apport de bonne humeur, les sourires en journée et le baiser sur le front le soir, il y avait une famille et un foyer toujours accueillant.
Puis.
Ca s'est écroulé.
Le jour où les apparences ont rattrapé le quotidien.
Le jour où mon père s'est fait rattraper par le corset familial et s'est mis à penser comme eux : ascension sociale, notoriété, position aux yeux des autres.
Tout a été détruit à partir de ce moment-là. Et on -et ils- ont voulu que j'y participe, moi aussi. De faux et hypocrites sourires. Et cette façon de souffrir en silence, de toujours se taire, cultiver le silence comme la plus précieuse des pousses. Ils ont voulu me corseter dans leurs bonnes manières à m'en étouffer.
Et ce soir, alors que je regarde le cou rougi de l'anonyme, je sens toujours ce corset se serrer davantage sur ma taille, compressant les côtes et coupant la respiration. Le corset sociétal des bonnes apparences qui ne fait qu'augmenter la fureur au creux des tripes.

Mon cœur bat les tempes.
Et il n'y a plus que des silhouettes sans consistance autour de moi.
J'entends juste. Mon cœur. Tambour. Au rythme de la colère.
Une rage
Contre tout.
Une rage
Contre lui, là-bas, à sa caisse, mais pas seulement, contre le monde, aussi, et les gens, et la société, et les sourires faux, et les mots coquilles vides, et les trahisons, et les lacets qui emprisonnent.
Une rage
Filets rougeâtres qui se baladent dans l'atmosphère. Filaments que je suis la seule à percevoir, la seule à ressentir. Il me suffirait de m'en saisir. A deux mains. Tirer dessus -un coup sec. Pour forcer tout le reste à se découdre puis s'écrouler. Pour forcer un pan de la machine à exploser.
Je sais bien qu'elle restera malgré tout sur pieds. Il en faut plus qu'une simple rage isolée pour la vaincre. C'est une vraie vague de colère qu'il faudrait pour la renverser, lui mettre la tête en bas et l'éliminer une bonne fois pour toute.
Malgré tout
Cette minuscule vague de rage
C'est un début.
Même si je suis seule dans ce tourbillon de colère, la boule au bord des lèvres, à deux doigts de la vomir sur le monde.
Puis

Soudain



Au milieu des ombres
Un corps se détache, moins ombre que les autres, plus présent. Un instant, mon attention quitte le caissier, se reporte sur elle. Je m'interroge. Pourquoi je la vois ? Pourquoi me paraît-elle si différente des autres ? Pourquoi... ?
Et
Mes yeux les perçoivent.
Ses filaments rougeâtres à elle.
Sa boule intériorisée pleine de rage.
J'entends peut-être aussi les battements de son cœur à deux doigts de l'explosion. L'astéroïde entrant en coalition avec l'atmosphère. Se désagrégeant, retombant lourdement sur ces minuscules grains de poussière que sont les humains.
Je continue de la regarder. Alors qu'autour de nous, les derniers s'en vont, peu à peu. Je n'entends plus ce qu'il se raconte entre eux et le type assis derrière sa caisse. Je n'entends plus rien, ne vois plus rien. Seulement l'astéroïde qui va exploser. Les filaments rougeâtres qui se tendent.

Et si on les cassait, dit ?
Si on tirait dessus, pour les faire exploser ?
Si on enclenchait le mécanisme de destruction?


Un pas.
Vers elle.
Dont le visage m'est étrangement familier. Je ne connais pas son nom. Mais je la reconnais. Je crois l'avoir déjà vue aux 3B. Un vague souvenir d'autrefois.
Une sorcière, alors.
Deux sorcières au milieu d'un magasin moldu.
Deux sorcières pleines de rage empêtrées dans ces filaments rougeâtres au milieu d'un monde terne, si terne et face au regard dégoûtant d'un anonyme dont on fermerait bien le clapet.
Alors
Un pas vers elle.
Et pas de mot. La boule au creux des tripes m'empêche de prononcer des mots. Peur de vomir si je l'ouvre -vomir une bile de rage.
Mes yeux se contentent de parler en silence.
Et ma main saisit son bras lorsque je suis à proximité. Ma respiration se fait plus lourde, plus lente, plus profonde. Inspirer Expirer Inspirer
-
Expirer
-

La pupille plongée dans la sienne.
Le feu, au fond, tu le vois ?
La boule se met à grossir au bord des lèvres. Et les haut-le-coeur s'accentuent. Toujours pas de mot au risque de tout déverser d'un seul coup. De tout rejeter sur ce sol qui m'apparaît soudainement dégoûtant, à l'image de son propriétaire.
Puis
De toutes façons,
Y'a pas besoin de mots.
Les vois-tu toi aussi, ces filaments de colère dans l'air ? Les tiens, les miens... je crois qu'ils se mêlent.
Jusqu'où iras-tu, pour les dénouer, les empêcher de continuer de nous enserrer ?

Moi
Je suis prête à tout. Pour me libérer de ce corset brûlant. Et ravaler cette boule-colère qui râpe mon palais.

…

Pourquoi la ravaler, d'ailleurs ?

-
La pression sur le bras de l'autre s'accentue
-

La rejeter au sol, n'est-ce pas une meilleure solution, finalement ?

-
La main relâche le bras
Et je m'éloigne
En direction de la caisse.
Il n'y a plus que nous -trois
Elle, Lui, Moi
Trois sans nom, juste Elle, Lui, Moi
Et je m'avance vers Lui, les filaments de colère toujours autour de mon corps, la boule tourbillonnant au creux des tripes. Les pupilles plongées dans les pupilles de l'autre, de Lui

-et toi, tu vois le feu qui brûle au fond de moi ?
Ce feu qui aimerait te consumer?-

Lui aussi me regarde et ne semble pas voir, les filaments.
Son sourire idiot, son œil lubrique, je crois qu'il parle mais j'en sais rien, en fait. J'entends pas. Et ma main agit seule, soudaine, violente, incontrôlable :
saisir le col, serrer le tissu, ne pas lâcher.
Plonger l'oeil dans l'oeil.
Mouvement en suspend.
Quoi faire, ensuite ? Pour se libérer de ce corset, pour rejeter la boule qui râpe la bouche.
Je sens la présence de Elle, plus loin. Et sa violence sous-jacente. Semblable à la mienne. Parallèle à  la mienne.

Et si on explosait ensemble, dis ?
Et si
On libérait tout ça
Ensemble?

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Aya Lennox
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Aya Lennox, Lun 20 Nov 2017, 19:42


Une pression, sur le bras, là, doigts plantés dans la chair, un avertissement, résonne, toujours, oui, et dans ma tête l'écho vibre, continue, lentement, un gong tremblant, présage.
Quelque chose de funeste, quelque chose de macabre. Les lèvres d'Aya se scellèrent. Quelque chose de bizarre, quelque chose de sombre voulait mais,
mais non, les mots ne sortaient pas. Le quelque chose tremblait, comme une eau trop calme dérangée par le geste.
Le geste vers elle, et puis le regard, une fraction de seconde, message passé, message reçu. Une onde sonore en mouvement de corps, c'était un hochement de tête tacite. Sans l'ombre d'un message au creux de la bouche.

sentir, c'était drôle,
mais sentir dans la chair oui
le quelque chose qui se détache du corps
j'ai mal
de sentir tout ce qui souffre autour de moi
je ne sens plus
plus que ça

En un instant, elle aurait pu dire
juste dire
dégage.
Et s'enfuir pour ne plus se laisser prendre.
Mais c'était trop tard et la main refermé était partie. Le regard, là, face à la vitrine, continuait de la hanter.

_____J'ai peur de ce que je peux faire
____quand je sens ces vagues en moi
______C'est bizarre pourtant mais
________plus les secondes passent et plus je
__________j'oublie ce qui me rattache au faux

Une préservation peut-être, naturelle, de soi et des autres. Un semblant d'empathie pour ce qui nécessite d'Être avant de penser même devenir.
Devenir rien du tout.

Il était surtout question de sa volonté.

Moment en suspension, tout, l'espace figé. Alors que rien ne bouge, la respiration se voulait peu solide. Aya ne savait pas. Quelque part, sous la fibre, elle s'éveillait, demandait à s'exprimer, au travers de la cage de ses doigts.
Dans un bruit violent de métal en chute, le rideau de fer enferma les trois protagonistes et Aya se détacha de l'étalage effet miroir pour se tourner vers les deux silhouettes.

- Vous vous complaisez dans votre misère, murmura-t-elle alors qu'un cliquetis indiqua que la porte du magasin s'était fermée. Votre pathétisme m'écoeure.
La baguette de bois de vigne qui complétait la main s'attarda à peine sur les bouteilles d'alcool, qui alimentaient l'arrière-caisse et dont l'employé aux moeurs délicates était le Cerbère.
Une à une, chaque bouteille explosa en mille morceaux de verres, colère pleinement dirigée. Colère en brisures refoulée.

Un râle, il parla, panique dans les yeux de chien fou. Elle n'écouta pas. Sa main sur l'épaule de la jeune femme, main autour de la gorge serrée.
- Personnellement, les clébards dalleux, c'est pas trop mon truc.
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 17 Déc 2017, 18:06




L'océan gronde en elle. Au rythme de l'orage interne. Je crois presque l'entendre. Ces vagues furieuses qui se fracassent contre les rochers. Alors que la bile noire tente vainement de sortir. La retenir, pour le paraître et les apparences.
Mais tout ici inspire le dégoût et l'envie de ruines.
Tout serait à refaire. A détuire.
La mer déchaînée intérieure s'agite de plus en plus. Les filaments rougeoient et cherchent à prendre en leur sein l'homme à l'origine de tout.
Alors qu'à côté, je sens cette même colère qui monte.
C'est étrange. On se connaît pas, elle et moi. Pourtant, il y a déjà ce partage, ce même sentiment véhiculé entre l'une et l'autre. Je ressens son esprit qui gronde comme elle doit entendre le mien. Sans doute. Unies dans ce même dégoût.
Mes yeux plongent dans ceux de l'homme pour ne pas le lâcher. Le capturer au creux de la pupille alors que mes filaments de colère l'enserrent -le sent-il ?
Soudain,
bruit qui fait tendre l'oreille
signe du début -commencement de la fin
la pièce close, on a fermé les portes du théâtre, la représentation peut commencer ; trois coups inaudibles frappés, les personnages mis en place masques derrière lesquels se dissimulent bien consciencieusement les comédiens et comédiennes.
Clic et clac
plus d'échappatoire
Désormais seuls en piste face à un public invisible et muet. On n'attend rien de lui, ni commentaires ni applaudissements. Juste un parfait silence attentif à ce qu'il va se passer.
Nul dramaturge n'a écrit notre pièce.
Ceci est une improvisation parfaite que nous vous présentons. Improvisation au rythme du fil de la colère.

Ma main ne lâche pas le vêtement de l'homme, alors que l'autre fille commence à parler. Ses mots fusent et se plantent comme des lames enduites d'un poison de dégoût.
Je vois sa silhouette passer et constate avec une surprise muette la baguette de bois qui fait prolongement de sa main.
Une à une, les bouteilles d'alcool explosent. Répandant leur précieux liquide au sol. Je sens l'homme s'agiter sous ma main -il voit son plus grand trésor disparaître en fumée.
Alors qu'il n'y a même pas vraiment de fumée ou de brouillard. Seulement un alcool lourd et bon marché qui coule et coule au sol en de larges flaques. A mesure que la fille-colère fait exploser les contenants.
Un râle, un sursaut de la part de l'autre, qui mots qui gargouillent au fond de la gorge -la peur dans son œil. De cette peur dont je me délecte pour y faire exploser ma rage.
Je sens une pression sur mon épaule. C'est l'autre fille, complice de cette pièce de théâtre, celle qui me donne la réplique. Elle parle, ses mots vibrent au creux de mon oreille.
Je lui jette un coup d'oeil et
lâche le col de l'homme en le repoussant violemment en arrière.
Il vacille, manque de tomber, se rattrape au bureau, sa chaise posée sur roulettes s'éloignant de lui dans ce mouvement de répulsion.
J'inspire profondément.
L'océan en furie continue de gronder en moi.



Un regard circulaire
Détailler chaque parcelle
Pour ne rien retenir
d'autre
Que le sentiment de dégoût
Dans cet espace désormais clos
Le dégoût du lieu et de l'homme le dégoût de tout j'en peux plus de voir de tels sal*peries dans le monde
L'envie de ruines pour effacer
Même si on n'oublie jamais vraiment
Au moins effacer dans le paysage
La flamme au creux des tripes qui se réveille brutalement
Le feu purificateur qui appelle
Le monde ne devrait être que ruines pour rebâtir au-dessus
Et ici, ça ne peut rester en l'état tout n'est qu'abomination de ce monde trop vieux qui coule dans son propre vice

Je fais un tour -autour de la jeune femme et de l'homme apeuré
Avant que ma main droite ne vienne, elle aussi, se faire compléter de la baguette, précieuse arme, amie de toujours.
Un regard pour la complice d'un soir, pour la fille-colère
-déployons nos ailes noires et emportons tout avec nous-
Un regard aussi pour l'homme qui ne bouge plus et, inconsciemment
fleurit le sourire sur mes lèvres
de ce sourire de parfait contentement
ce sourire d'extase en pensant à l'avenir
détruire tout cet endroit
peut-être est-ce à ça que tend notre pièce ?
Empoigner de nouveau l'homme par sa veste -il gémit, supplie, implore
Le forcer à se redresser -il n'est plus que poupée de chiffon que je parviens à manipuler sans aucun souci ; l'éloigner de sa caisse, l'éloigner des flaques d'alcool et le lancer presque sans aucune considération, le bras mû par une colère sourde, le lancer au pied de la porte fermée à clé, entrée obstruée par le rideau de fer.
Ce n'est pas un mort, que je veux ce soir.
C'est une renaissance.
Nouveau coup d'oeil à la fille qui partage ma rage. Légère inclinaison de la tête. Et la baguette se lève. Sont-ce les sabots furieux de mes démons si longtemps endormis qui se mettent à cogner mon ventre ? Ou bien est-ce le rappel de l'autre, la part du miroir perdue qui s'anime et s'extasie d'un seul coup ?
L'un ou l'autre. Ou peut-être une tierce personne qui m'habite sans que je le sache ?



Informulé #incendio
en direction d'une flaque d'alcool
un pas en arrière pour éviter de tomber soi-même dans le brasier
du feu pour renaissance
destruction pour reconstruction
anéantir dans la colère l'objet de cette même colère
Et le feu prend instantanément renforcé par le liquide gras répondu un peu partout derrière la caisse
Je recule encore de quelques pas, faisant signe à la jeune femme de faire de même.
Je sais que les incendies, ça va très vite.
On est coincés dedans, tous les trois ensemble. Soit on meurt. Soit on transplane.
Je sais que je refuse la mort et je crie la vie.
Mais
Encore un instant, voulez-vous ?
Regarder les flammes grandir, se se nourrir et vaguement entendre le jappement de terreur de l'homme qui se met à vouloir désespérément défoncer la porte, la peur de crever au ventre. Et même si tu y arrivais, que ferais-tu ? Prendrais-tu le temps de relever le rideau de fer ? Tu ne l'auras pas, ce temps. Tout va très vite, tu sais.
Je recule encore un peu.
Jusqu'à me retrouver près de l'homme qui panique carrément. Ses ongles griffent la porte qui ne s'ouvre pas et, un instant, je crois ressentir sa terreur maladive. Qui n'aurait pas peur ? Pourquoi suis-je si calme ?
Peut-être parce que le feu, je l'aime et je m'en nourris. Il m'aide à me battre et me relever.
Il n'est pas mon ennemi.
D'un geste faussement doucereux, je pose ma main contre la nuque de l'homme désormais plaqué contre sa porte, en espérant la forcer. Je le sens sursauter à ce contact inattendu de chair contre chair. Il crie, panique encore, ses yeux se posent sur moi en une incompréhension des plus totales.

-Que fais-tu ? je demande d'une petite voix tranquille. Tu n'y arriveras jamais. On pourrait tous crever ici, ensemble.

Un sourire pâle et amusé se dessine sur mes lèvres.
Mon œil brille alors que je sens la chaleur gagner du terrain.

-Mais tu as de la chance. Je refuse la mort.

Ma main lâche brusquement sa nuque.
Et mes yeux se braquent à nouveau sur la fille-colère, la fille-complice.
Instant d'attente.
Alors que nous ne l'avons plus. Le temps.

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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Aya Lennox, Jeu 11 Jan 2018, 22:55


Les débris amassés d'une histoire bien triste. On ne savait plus vraiment si on préférait détruire ou créer. L'essentiel naissait de la baguette ; une colère emmurée derrière un silence de plomb. Non, il n'y avait pas vraiment de mots établis, couchés sur le papier. Il n'y avait pas de détails à ce propos. Tout était né si vite. Tout avait émergé bien trop rapidement. Elle n'arrivait plus à se souvenir ; cette colère était-elle née au beau milieu des flots ? Ou avait-elle pris forme autre part, à un autre moment ?

Quand, exactement, avait-elle commencé à être en colère ?
Elle était une de ces gamines en colère, oui. Gamine pas prise au sérieux, gamine bercée d'idéaux foireux dans une famille qui ne voulait pas vraiment d'elle. Elle avait, longtemps, professé que c'était de la faute du monde. Peut-être que ce qui la peinait, c'était que le monde n'en avait rien à cirer. Le monde continuait à tourner. Il ne s'arrêterait jamais pour lui prendre la main, et l'emporter dans sa ronde. Le monde avait bien mieux à faire que de s'arrêter pour rien.
Cette colère, un point chaud au milieu du ventre, qui s'établissait lentement et finissait par rompre les os, dévorer les organes tranquillement. Bien au fond, tapie dans ses petites braises. Oui, cette colère chaude, qui remontait des entrailles pour s'établir en silences douloureux. Fallait-il vraiment poser des mots sur cet écart qu'elle menait dans sa propre vie, cet océan entre elle et les autres ? Fallait-il vraiment lui demander pourquoi elle serrait ainsi les dents ? Pourquoi la gamine de six, huit, dix, treize, pourquoi la gamine ravalait tout ? Pourquoi la gamine ne disait jamais rien ?

Que dire ? Qu'ils avaient finalement raison ? Qu'elle ne méritait rien, au mieux pas grand chose ? Que rien, non, née du rien, née de l'obscure association d'atomes perdus dans l'espace, elle était devenue un Tout à partir d'un Rien ? Sur quels arguments se basaient-ils ? Comment pouvaient-ils refuser son identité propre alors qu'elle vivait ? Au milieu de ce néant conçu de toutes pièces, la petite fille vivait.

Les battements confus d'un coeur. Arythmie circonstancielle.
Perdue au beau milieu des débris qu'elle avait causé. L'autre fille était là, l'autre fille avait pris le relais et la gerbe lui montait au nez. Non, ce n'était pas le moment de faiblir. Le monde était suffisamment cruel pour elle ; s'il lui suffisait pourtant d'un geste pour tout arrêter, l'envie n'était pas la même. Détruire ce qui lui avait ri au nez.

Comment juger du plus méritant à vivre ? Elle-même ne se savait pas investie d'une envie quelconque de continuer. A part peut-être pour un autre, mais pas pour elle-même. Pourquoi continuer à faire semblant ?
Entre ses doigts, elle sentit Ea agiter les marées en elle. Les Inferis criaient face au feu. C'était toujours l'eau, qui prédominait en elle. Les flots barbares qui se brisaient contre la roche. Voilà pourquoi les morts s'agitaient en son sein, dans sa paume. Un délicieux instinct de mort.

Qu'est-ce qui la motivait, exactement ?
Pourquoi elle, au milieu de ce feu ? Pourquoi la sentait-elle prendre forme alors qu'elle-même se sentait faiblir, cernée ?
Etait-ce, finalement, juste un foutu leurre ?

- Profite du spectacle, mon ami, susurra-t-elle au milieu des flammes. Puisses-tu renaître de tes propres cendres.
Sinistre, peut-être pas. Ses doigts se tendirent vers la jeune fille. Elle eut tout juste le temps d'informuler le Petrificus Totalus, avant de transplaner.

Une belle histoire de gâchis.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Kohane W. Underlinden, Lun 19 Fév 2018, 16:47




LA d'Aya

Ma respiration
Est étrangement calme. Un rythme lent alors que lèchent les flammes. Autour, ça craque. Ca respire la peur, aussi. L'angoisse de l'autre, de l'homme qui ne comprend rien et moi, je ne suis pas sûre de plus comprendre. Ce que je sais, c'est que je suis là, au milieu du feu, au milieu du Chaos, là, à attendre que s'abatte le Destin comme une lame affûtée et l'homme, l'homme qui gémit qui essaie de s'enfuir mais
Je lui ai dit,
Je refuse la Mort
Je refuse la Mort
Je l'ai toujours refusée
Je me suis toujours battue pour un souffle d'air, un battement de cœur
Alors même que les poings étrangers faisaient mal sur la chair tendre
Alors même que la griffe de l'autre ouvrait ma gorge comme mon morceau de verre ouvrait la sienne
Alors même que les sangs se mêlaient en une vaste flaque
Et que la vie fuyait telle un souffle, mince filet invisible
Espoir évaporé seconde après seconde
Et pourtant,
Je me battais, telle un lion enragé
Je me battais pour
Vivre
Ce soir encore, comme toujours
Je refuse la Mort
C'est ce que je lui ai dit -nous allons filer, s'échapper, comme l'eau glisse entre les doigts.

La fille-colère, complice d'une nuit, se penche au-dessus du type qui suinte la peur et le susurre quelque chose que je ne saisis pas à l'oreille.
Je suis perdue.
Au milieu de ce que j'ai moi-même provoqué.
Avec son aide.
Au milieu de la colère et de l'alcool répandu au sol.
Mes yeux restent captivés par les flammes, si belles, gracieuses et sensuelles. Des dames d'espoir et de chaos, qui alimentent la force tout en détruisant l'alentour. Une bulle de chaleur presque insoutenable -et la fumée qui s'élève, toxique, meurtrière. Mais je ne ressens rien -pas beaucoup. Je reste apathique, fascinée.
C'est beau.
J'oublie presque la fille-colère et le type qui tremble, qui pleure, qui geint, qui supplie, qui sait que
-la Mort
Si proche.
Ma complice tend les doigts dans ma direction. Ce geste me ramène à moi, à la réalité, à la situation actuelle : promesse d'une mort au milieu des flammes si on ne fait rien.
La fille reprend les commandes.
Je sens sa main attraper la mienne
Je crois la voir lancer un sort sur l'homme et, avant même que je puisse dire ou faire quoi que ce soit, nous partons en un CRAC caractéristique.
Mon souffle se coupe
Alors que les sensations du transplange me paraissent décuplées.
Prise dans un tourbillon qui étouffe et écrase
Temps infini
Je me perds dans cette faille spatiale
Et nous réapparaissons, toutes les deux, à l'air libre. J'ignore où on est précisément. Mais, au loin, on peut apercevoir la fumée dont nous portons responsabilité.
Le feu
Qui continue de lécher.
Dans peu de temps, nous entendrons les sirènes, les Moldus débarqueront pour tenter d'endiguer l'incendie à coup de litres et de litres d'eau.
Et
Il ne restera rien des quatre murs.
Rien des rayonnages
Puis, surtout, aucune trace de nous, invisibles et inexistantes dans le monde Moldu.
Nous disparaîtrons avec la fumée, nous nous envolerons. Regrets, remords ? Je ne sais pas. La fascination et la rage me broient encore trop les tripes pour avoir un jugement clair.

Mes poumons, tout à l'heure compressés lors du transplanage s'ouvrent subitement à l'air frais de la nuit. C'est comme une libération. Si étrange libération. Un poids qu'on retire brusquement. Ca fait presque peur de ne plus le sentir.
Mes yeux scrutent la nuit.
La fille-colère est là. Il n'y a qu'elle. L'homme. Est resté là-bas.
Cette constatation agit comme une décharge électrique alors que je comprends. Elle nous a ramenées, toutes les deux, mais pas lui. Pourtant, je lui disais. Je refuse la Mort. La mienne. Et celle des autres.
Un nouveau poids revient. Mais ailleurs. Ce n'est plus sur la cage thoracique. Sinon dans la gorge.
M*rde.
Au loin, en voit encore les flammes et la fumée.
Sans plus réfléchir, je me précipite.
Je refuse la Mort.
Elle n'a à frapper pour personne. Je n'en ai que trop vus.
Je me précipite.
Mais une main. Attrape mon aile éphémèrement retrouvée. Les doigts. Se referment sur le poignet. Interrompant toute avancée.
Brusquement, je me retourne pour regarder la fille-colère, dont les doigts me retiennent.

-Quoi ?!

Nous n'avons pas le temps de débattre.
Quand la Mort frappe. Elle est rapide. Silencieuse.Secrète. Et surtout. Ne laisse jamais le Temps.

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Alice Delacour
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Alice Delacour, Mer 11 Juil 2018, 15:37


Pv avec Alhena



Rencontre Nocturne


C'était une nuit calme. Une nuit d'été, où le chant des oiseaux venait percer le silence. Franchir les limites, les règles, les interdictions. Quoi de mieux qu'un parc d'attraction pour faire le point? Pas pour faire des attractions, au contraire, non, c'est beaucoup plus intéressant d'y aller la nuit. Autant que Alice profite de ses vacances chez sa tante en Grande-Bretagne, pour franchir des règles. Toujours les respecter à la fin, c'était lassant, très lassant. De toute manière, elle n'avait aucune mauvaise intention, alors aller dans un parc d'attraction la nuit pour faire le point sur la fin de sa scolarité à Poudlard qui approchait, ce n'était pas mal, si ?

De toute manière, personne ne la trouverait, elle avait juste tranquillement attendu dans les toilettes que le parc soit fermé, personne n'avait rien vu. Cependant, elle avait l'étrange pré-sentiment qu'elle n'était pas seule. La lionne ne saurait dire pourquoi. Mais pourtant, ce n'était pas raisonnable ce qu'elle faisait. Pas du tout. Alors pourquoi quelqu'un d'autre aurait également une idée aussi tordue ? Elle se faisait surement des idées. Oui c'était ça. Elle se faisait des idées. Ce n'était rien qu'un pré sentiment. Rien que ça.

Alice sortit silencieusement de sa cachette, plus discrète que jamais. Elle n'était pas idiote, elle savait ce qu'elle risquait si elle se faisait prendre. Mais tant pis. Ce qui était fait était fait. Elle n'allait tout de même pas attendre bêtement dans son lit de s'endormir comme chaque soir. Ce n'était pas sa faute. Pas sa faute si elle était insomniaque. Oui mais c'est ta faute si tu te fais prendre. Plein de pensées contradictoires débordaient de sa tête, ça n'en finissait pas. Alors la sorcière essayait de penser à autre chose, elle essayait de se détendre car maintenant qu'elle était dans le parc, elle regrettait. Elle regrettait d'être venue cette nuit. Petit regard jeté à sa montre, 22h30.

Elle risquait gros, mais tant pis. Elle ne pouvait pas revenir en arrière.


Elle ne pouvait plus.
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Alhena Peverell
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Re: Jusqu'au bout de la nuit

Message par : Alhena Peverell, Sam 04 Aoû 2018, 17:26


PV Alice

Elle était assise sur une balançoire d'une attraction. Elle avait le regard vide, la bouche asséchée et les mains moites. Ses pieds trainaient dans la poussière du sol. Il n'y avait personne en apparence. Simplement le silence qui hurlait dans la nuit. Fermant les yeux, s'accrochent à l'atmosphère, elle se demandait encore ce qu'elle faisait ici. C'était comme revenir sur les lieux du crime d'une enfance agonisante.
Se penchant en arrière, les émeraudes sculptent les étoiles de pensées pleines de fouillis. C'était un brouillon d'histoire, d'excuse pour ne pas réfléchir à la vie réelle. Celle de tous les jours, qui pèse sur la conscience parce que c'est difficile d'être un véritable adulte. Avoir sans cesse des responsabilités, des choix, des papiers à remplir. Être rationnel, avoir une certaine morale, respecter ce qui fait que l'harmonie du monde est ainsi. Changer les choses...
Parfois ça avait du bon de souffler. De prendre un bol d'air frais, là où seul l'inconnu pouvait vous déranger. C'était bien de laisser ses ambitions et ses envies de côté, pour simplement oublier de penser.

Sifflant une cigarette, ses oreilles bourdonnent à chaque son qui peut être émis à côté. Alors elle entend, elle sait, elle croit savoir. Elle n'est jamais certaine de rien. Y a quelqu'un ? Qu'importe, c'était si facile de faire oublier à quelqu'un sa présence, surtout avec une baguette en main. Il suffisait d'un souffle pour disparaître.
Et puis, c'était un parc d'attractions, pas une banque. Dans le pire des cas, elle allait se faire engueuler rien de bien grave. C'était probablement des moldus, ou même des gosses qui tentaient de faire l'impossible. Il n'y avait pas des gardes dans ce genre d'endroit non ? Ce serait assez bizarre.

Relevant la tête, elle tire sur sa tueuse préférée. Pendant quelques secondes, elle se demande si ce serait pas autre chose. Pas un animal, pas un moldu, pas un sorcier lambda ou même un auror. Non, juste de vieux amis qui aimeraient discuter de certaines choses en privé. Là où seuls les nocturnes peuvent tourner et faire rire les plus masqués. Dans le fond, elle n'espère pas les croiser maintenant. Pas qu'elle a peur d'une ancienne famille, mais plutôt qu'elle n'a pas l'esprit pour réfléchir à ça.
Elle soupire.
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