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Un coin sombre dans les Cachots
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Kalén Bloom
Poufsouffle
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Kalén Bloom, Mer 17 Jan 2018, 20:32


Tout est noir, mais la douleur s'est estompée. Elle ne ressent plus que des fourmillements, partout sur son corps, comme si les habitants du sol l'avaient recouverte entièrement. C'est un chaos serein qui règne tout autour d'elle, tandis qu'elle tente de s'y repérer.
Que s'est-il passé ? Elle ne se souvient que de la douleur sur son crâne, des voix, des visages des bourreaux. Tout lui laisse penser qu'elle est morte à présent. Que son esprit s'est échappé de son enveloppe charnelle et que ses sensations se sont éteintes, peu à peu.

Pourquoi ne se passe-t-il rien ? Etait-ce cela, après la vie ? Une immensité obscure où le silence est maître, laissant les pauvres âmes errer sans but dans l'infinité ?

Elle n'avais même pas vu sa vie défiler devant elle... Un léger regret, elle aurait aimé revivre les moments de jeu avec son frère...

Son frère. A sa simple pensée, le voilà qui apparaît devant elle, ouvrant ses bras, l'accueillant contre lui. Elle s'y précipite et s'y blotti, les larmes enflant dans ses yeux bleus. Que faisait-il ici d'ailleurs ?
Mais les questions n'ont pas le temps de fuser dans son esprit que, déjà, ses lèvres s'entrouvrent.

"Je sais ce que tu ressens."

Sa voix est telle un murmure, qui semble résonner à ses oreilles, sans s'étendre dans l'espace.

"Rassure-toi, tu n'es pas morte. Tu as encore beaucoup à accomplir. Et je serai bientôt avec toi. Il te faudra faire preuve de patience. Mais quand l'heure viendra, nous partirons ensemble. Tu ne seras plus jamais seule."

Ses paroles énigmatiques ne font pas sens pour la petite blairelle. De toute manière, elle ne s'en souviendra pas à son réveil, mais elles resteront ancrées en elle, sans qu'elle en ait pourtant conscience.
Elle sent alors le corps d'Owl se dissiper peu à peu sous ses doigts. Elle tente de le retenir, mais la fumée s'échappe. Son sourire reste accroché un instant dans le néant avant de s'évanouir à son tour.

Le noir s'estompe et la douleur revient, par vagues, lançant de plus en plus fort tout son corps endolori.
A travers ses paupières closes, la lueur glauque d'une torche.
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Lïnwe Felagünd
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Lïnwe Felagünd, Jeu 15 Fév 2018, 00:53


LA offert. LA Ghilsofi. MP si problème.
Arty peut intervenir suite à ce poste, ce qui clôturera la fin du RP. Merci à vous toutes !

/!\ Contenu sensible (?) /!\


L'a pas l'air de bouger beaucoup. Comme si, elle était... réellement morte. Ou pas loin, à la frontière. Elle la touche à quelques centimètres près du sous-bois obscur. Il se demande soudain ce que ça doit faire, il aimerait bien essayer ; pour expérimenter. De légers spasmes, parfois, viennent interférer avec l'absence de coordination. Ses membres sont endoloris, presque arrachés dans un étrange mélange au sol. Les torches lui offrent de belles perspectives, ombres sonores. L'gamin remue à peine, et le pire dans tout ça c'est qu'elle doit même pas se rappeler la scène. Ils y sont allés assez sévères avec le p'tit. Ce seront des mauvais parents mais y'a pas d'âge pour les bêtises.

Il a peur
d'avoir gagné une vie

témoin et investigateur
superviseur avant tout
fin tacticien
qui de sa main
devient bourreau.

Mauvais pressentiment
comme un long couloir
qu'on parcourt
infini et noir
dans ce rêve mélancolique
on en connaît la destination
et peur de la reconnaître
alors on marche
sans fin.

- Moi j'me casse.
Et toi t'as pas intérêt à en parler à quelqu'un.
- qu'il rajoute près de son oreille peut-être intacte.

- Sinon je te retrouverai. J'te coupe en deux et j'te mange.
C'est la mort dans la Pinède
un chien qui hurle
à la lune.

Prendre la fuite
suivi par la Serpentard qui bifurque autre part.

Disparaître et tenter d'oublier
dans les profondeurs de l'école

-un événement particulier.


Départs et levée des maléfices de "défense".
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Lilly Ravenborn
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Lilly Ravenborn, Ven 30 Mar 2018, 19:07


Crise errante

Feat Liz Vossor

/!\ Possibilité de contenu sensible /!\

J'avais passé toute la matinée dans mon lit, avant d'aller en cours dans l'après-midi. Une journée comme toutes les autres. En début de soirée, je marchais donc dans les couloirs, sans but réel. J'aimais beaucoup me promener dans les couloirs, cela me permettait de penser à autre chose. Par moments, j'avais besoin de me vider l'esprit. Je pensais à beaucoup trop de choses en même temps. J'aurais pu passer un merveilleux moment, mais, dans une période de calme dans les couloirs, se fit entendre quelque chose que je détestais au plus profond de moi-même. L'orage. J'avais une peur bleue de l'orage. A tel point qu'il était hors de question pour moi de mettre le moindre pied dehors durant un orage. Même pour une urgence absolue. Je n'en étais tout simplement pas capable. Pour le moment, il ne semblait pas puissant, mais l'entendre suffisait à me faire trembler comme une feuille. Il était donc nécessaire que je trouve un endroit duquel je ne l'entendrais pas. Un choix assez restreint s'offrait à moi. Il me fallait un endroit en sous-sol. Si je me dirigeais vers le bas, je n'allais plus entendre ce bruit. Bien que j'étais en train de trembler assez fortement, je me dirigeais rapidement vers les cachots. Ce lieu venait de me passer par la tête, et je n'avais pas vraiment le temps de réfléchir. A mon arrivée, je ne voyais absolument personne. J'allais donc m'asseoir dans un coin, en espérant ne plus entendre ce satané bruit.

Mais ce n'eut pas l'effet que j'espérais, au contraire. Je n'avais absolument aucune explication, mais c'était comme si le son s'amplifiait, et se répercutait dans ma tête. Même en me bouchant les oreilles, je l'entendais quand même. Quasiment roulée en boule tout en restant assise, je n'arrivais pas à me donner la motivation de me lever. Je n'arrivais tout simplement pas à expliquer pourquoi ce son agissait comme ça, car ce n'était jamais arrivé. Mes bras tremblaient, alors que j'essayais tant bien que mal de prendre ma baguette. Bien que l'endroit était quelque peu éclairé, sans plus, une lumière annexe durant un orage pouvait parfois me rassurer. Une fois ma baguette bien en main, je la tenais fermement. Déclinant lentement le geste, je lançais cette incantation que j'utilisais souvent par temps d'orage.

- Lumos.

Au bout de ma baguette se trouvait maintenant une petite boule lumineuse, qui éclairait droit devant moi. J'arborais un sourire quelque peu effacé, car je tremblais toujours, mais cette fois, du bas du corps. Je savais pertinemment que cette saloperie allait passer. Il suffisait simplement que je sois patiente. Et que je fixe mon attention sur quelque chose, même si ce son, s'amplifiant de plus en plus dans ma tête, commençait à me taper sur le système.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Liz Vossor, Ven 30 Mar 2018, 20:34


- AH MAIS C'EST PAS VRAI !!!

J'avais hurlé ça au beau milieu d'un couloir, sans me préoccuper du fait que l'on m'ait, ou non, entendue. Je devais vraiment faire quelque chose par rapport à mon sens de l'orientation, ce dernier étant totalement absent chez moi. Il suffisait que j'aie la tête ailleurs un instant et je me retrouvais à l'autre bout du château. Je cherchais la bibliothèque et je m'étais retrouvée dans les cachots. Pour la seconde fois dans la semaine.

Et dire que je m'étais simplement demandée si la magie était une solution chimique ! Ah bah oui, peut-être que la magie est magique mais il doit y avoir un lien physique ou chimique, non ? Bon, je m'étais peut-être mentalement étalée sur le sujet, mais j'étais un boulet quand même. Mais je ne connaissais toujours pas le plan des cachots, moi ! Comment j'allais bien pouvoir me sortir de ce pétrin, cette fois-ci, puisqu'aucun professeur ne semblait vouloir rôder dans les couloirs?

Je pris tout de même le soin de regarder devant moi cette fois-ci, en progressant à la recherche du couloir miracle.

*

Dix bonnes minutes s'étaient écoulées pour que je cherche la sortie à ce dédale de couloirs, lorsque j'entendis un chuchotement. Une formule magique. Un petit "lumos".

Tiens.

Il était pour moi totalement illogique de se réfugier dans un coin sombre et de chuchoter ça, alors qu'il y avait des endroits plus éclairés, même dans les cachots.

Mais bon.

Si ça se trouvait, il y avait un problème.

Je m'avançai donc en direction de l'origine de la formule, puis arrivai dans un coin relativement sombre, avec une rouge et or qui semblait s'être appuyée contre le mur et avoir glissé jusqu'au sol, repliée sur elle-même, la tête enfouie entre ses genoux, la baguette allumée tendue devant elle, comme si une horrible bestiole qui avait peur de la lumière se serait tenue devant elle.

Je détestait voir des personnes comme ça. Je fis une légère grimace, puis l'effaça rapidement de mon visage, afin de ne pas se faire sentir coupable la Gryffonne si elle relevait la tête.

Malgré tout, je ne pouvais m'empêcher d'être une personne curieuse et bavarde. Mais je me retins de poser une demande du genre "Salut ! Qu'est-ce qui t'arrives ?" ou "Hey, ça va ? Je peux appeler un prof s'tu veux !" et préférai tenter une remarque ou une question polie mais chaleureuse. Et qui ne demanderai pas intervention d'un prof, parce que la sorcière n'en voulais peut-être pas.

- Ça va ?

Pas de ton étonné, surpris ou sec. Un ton un peu doux, qui sous-entendait "Tu as besoin d'aide ?" d'une manière plus polie et moins classique, mais qui voulait faire comprendre que je pouvais partir si l'autre me le demandais. Et que ça n'avait pas l'air trop grave ou trop sérieux.

Mais je ne vous cache pas que j'étais tordue, et qu'il était improbable de penser que mon interlocuteur ou mon interlocutrice pourrait comprendre tout ça en deux mots.
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Lilly Ravenborn
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Lilly Ravenborn, Sam 31 Mar 2018, 18:29


En entendant une petite voix demander si cela allait bien, j'ouvris des grands yeux. Il n'y avait rien devant moi. Le temps de réfléchir pendant quelques secondes, et je tournais finalement ma tête vers l'origine de cette voix, tenant ma baguette devant moi. En face de moi, il y avait une fille. A en juger par son visage et son air jeune, elle devait être dans une année intermédiaire. Cela serait étonnant qu'elle soit en 6° année. Non, elle devait plutôt être en 3° voire en 4° année, du moins, c'était ce que sa jeunesse semblait me dire. Elle semblait même avoir un air inquiet. Je ne comprenais clairement pas pourquoi elle semblait être inquiète, juste en me voyant. J'étais juste assise dans un coin, simplement parce que j'avais peur de l'orage. Et j'assumais d'en avoir peur. Je gardais une petite voix car je n'étais pas très sereine dû à l'événement climatique.

- On va dire... que ça va... J'suis venue ici à cause de l'orage dehors. Je déteste ça.

Cette saloperie de bruit s'amplifiait toujours dans ma tête. A tel point que cela allait bientôt me rendre folle. Qui plus est, cela commençait réellement à me faire mal à la tête. A un tel point que je tenais finalement ma baguette entre mes dents pendant que j'essayais tant bien que mal d’atténuer ces maux de tête en me massant les tempes. Mais cela ne produisait aucun effet. Au moins, la lumière devant moi me rassurait un peu. Je ne savais pas quand cette saloperie allait s'arrêter, et pour le moment, je ne pouvais que subir ce qui m'arrivait. Je n'en pouvais plus de cette situation. Il fallait absolument que je fasse un travail sur moi au sujet des orages, mais je n'y arrivais pas. Je n'essayais sans doute pas suffisamment, du moins, c'est ce que me dirait un psy. Mais je n'avais pas confiance en eux. Ils me considéraient comme une folle, alors que je ne l'étais absolument pas. Je n'étais pas vraiment saine d'esprit non plus, mais je ne supportais pas que l'on me taxe de folle.

Reprenant donc ma baguette dans ma main, je soupirais.

- Je dois être pitoyable... Une grande fille comme moi qui se réfugie dans les cachots, simplement parce que y'a un orage. Je sais pertinemment que bon nombre de personnes se moqueraient de moi à ce sujet, je ne suis pas dupe.

Le pire, c'est que je n'osais pas lui demander de rester. Je ne supportais pas d'être toute seule dans ce genre de situations.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Liz Vossor, Dim 01 Avr 2018, 15:57


La Gryffondor releva la tête, et mis quelques secondes à remarquer que je n'étais pas totalement devant elle. Elle tourna son regard vers moi, et je pus percevoir le gris assez foncé de ses iris. Cela me donna une drôle de sensation, mais je n'y prêta pas attention.

Juste après avoir fini de parler, elle se plaqua les mains contre ses oreilles et mordit tant sa baguette magique que j'eus peur que cette dernière se casse ou que la lueur à son bout brûle la joue de la Gryffonne. Elle resta un petit moment comme ça, et, ne sachant pas quoi faire (parce que c'est bien connu, j'adore l'inaction) je lançai à tout hasard :

- Elle... euh... Ta baguette va pas se casser comme ça...?

Mais l'autre ne semblait pas m'avoir entendue, soupira, en reprenant sa baguette en main, et se qualifia de pitoyable et de tête à se faire moquer, ou tout du moins c'est ce que j'en ai compris.

Il y avait quelque chose qui me déstabilisait chez elle. J'avais jamais vu quelqu'un qui agissait globalement de la même manière. D'habitude, les gens que je croisais dans une situation à peu-près semblable assumaient leur problème ou leur défaut d'une voix tremblante, terrorisée ou larmoyante, ou refusaient catégoriquement d'en parler en se camouflant derrière une émotion en particulier. Mais la façon de cette Gryffondor de l'affirmer, c'est-à-dire avec une voix contrôlée et sur un timbre à peu près normal me surprit. Mais malgré cela, je sentais qu'il y avait quelque chose qui la tracassait. Pas dans sa voix, dans son regard. Et c'est ça que je n'ai pas compris chez elle : ses yeux et ses lèvres ne voulaient pas me faire comprendre la même chose, et j'ai un peu hésité pour savoir à qui me fier. Mais ma mère m'avait dit un jour que le mensonge ou la vérité se lisaient dans le regard.

Alors je répondis :

- De mon point de vue, en tout cas, tu n'es pas pitoyable... C'est tout à fait normal d'avoir peur de quelque chose. On a tous peur de quelque chose. Parfois au point d'en être phobique. Où, là encore, il y a plusieurs niveaux de terreur. Je sais que la phobie de l'orage existe, enfin je crois, mais je ne sais plus comment elle s'appelle. Tu es peut-être à un niveau élevé ?

Mais qu'est-ce que je racontais ? J'avais devant moi une probable Rouge et Or terrorisée par des éclairs, et je ne trouvais rien de mieux que de lui expliquer le principe de la phobie, et d'assimiler sa peur à quelque chose de scientifique ? Je savais que certaines personnes n'aiment pas que l'on classe leurs peurs, parce que ça n'avait rien à voir pour eux, que c'était plus profond que ça... Alors que ça en rassurait d'autres.

Mais c'était ça qui me dérangeait aussi, chez elle, c'est que je n'étais pas sûre de ce que je devais dire, et ça faisait un peu flancher mon assurance, qui était souvent assez utile. J'enchaînai aussitôt, de peur de l'avoir vexée, ou quelque chose de ce type, tentant de faire dériver le sujet sur autre chose :

- Je... euh... ne suis pas le genre de personnes qui se moquent, ne t'en fais pas... Euh...

Eh ben ! J'étais une lumière ! Lorsqu'il ne fallait rien dire, je parlais trop, et lorsqu'il fallait que je parle, je ne trouvais plus les mots.

Bravo, Liz.

Dans une ultime tentative pour ne pas paraître ridicule, je m'assis vivement en tailleur et lançai d'une voix rapide :

- Au fait, je m'appelle Liz.

Et je lui tendis un main peu assurée. Pour le coup, c'était moi qui était pitoyable.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Lilly Ravenborn, Dim 01 Avr 2018, 20:44


- J'en suis au point de ne plus pouvoir sortir lors d'un orage, même en cas d'urgence. J'en suis réduite au point de me cacher dans un coin, lorsque je suis dehors, s'il y a un orage. Dire que je suis phobique des orages est un euphémisme. J'en ai tellement peur que j'dois me cacher dans des coins comme ça pour ne pas le voir, ne pas l'entendre. Cela fait plusieurs années que j'essaie de m'en défaire, mais je n'y arrive pas.

Je soupirais. Même si j'étais en sous-sol j'entendais distinctement cette saloperie. Mais il allait falloir que je sois patiente. Je ne pouvais pas exiger d'un événement climatique qu'il soit conforme à ma vision des choses. Gardant toujours ma baguette allumée, je sursautais quand un bruit de tonnerre assez puissant se fit entendre. Le genre de craquement sourd suivi d'un long bruit bien fort. Me recroquevillant sur moi-même, alors qu'il y avait une personne devant moi, je tremblais à nouveau de tout mon être. Comme si cela ne suffisait pas. Il fallait que je prenne sur moi-même, mais c'était bien trop complexe. Gardant ma baguette bien face à moi, j'éclairais quelque peu la zone devant moi. Au moins, je n'étais pas dans le noir complet. Ce qui m'aurait sans doute fait pété un câble.

- Tu sais, je suis certes peureuse, mais loin d'être conne. Je sais reconnaître les gens qui sont là pour se foutre de ma gueule. Je les reconnais directement au son de leur voix. Je suis habituée maintenant. Soit on me prend pour une fragile qui a peur de tout, soit pour une folle. Y'a pas besoin de le dire. Je ne t'aurais même pas adressé la parole si j'avais un doute. Alors, il n'y a aucune raison de se justifier.

Je me relevais doucement, ceci dit. Je n'allais pas passer ma soirée assise par terre, d'autant plus car le sol commençait à être vraiment froid. Une nouvelle fois, je calais ma baguette entre mes dents, veillant à ne pas serrer les mâchoires comme une abrutie. Je connaissais la résistance de ma baguette, par conséquent, je veillais à en prendre soin. Passant mes mains sur mes jambes et l'arrière de mon pantalon, je chassais la poussière. Reprenant ensuite ma baguette, d'un geste de torsion étrange, je faisais craquer les os de mon dos. Une vieille habitude dont je n'arrivais pas à me défaire. Je savais pertinemment que cela dérangeait pas mal les autres, mais quand j'en avais besoin, je le faisais, sans me poser la moindre question. Je lui serrais tout de même la main qu'elle me tendait depuis tout à l'heure, avec conviction. Il suffisait simplement d'analyser ma poignée de main envers quelqu'un pour connaître mon état d'esprit. Si elle était faible, la méfiance s'emparait de moi. Au contraire, si elle était ferme, j'étais confiante, et quelque peu intriguée par la personne en face de moi.

- Lilly. Gardant par la suite ma baguette dans ma main gauche, je rehaussais son menton avec ma main droite. - Tu vas pas non plus commencer à faire comme moi? On va faire comment si on est deux à se morfondre. Je faisais un immense effort pour oublier l'orage, ce qui s'entendait à ma voix. Je ne surjouais pas pour paraître amicale ou quoi que ce soit, je surjouais simplement pour oublier ma phobie quelques instants.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Liz Vossor, Mar 03 Avr 2018, 17:55


Sa peur augmentait. Ça se voyait. Sa voix perdait légèrement de sa neutralité et du calme auquel je l'assimilais, et ses gestes étaient plus vifs, plus rapides, et elle sursautait à chaque éclair. Nerveuse. C'est l'adjectif qui me vint soudain à l'esprit pour la qualifier.

Se lever ne devait pas être la meilleure des solutions dans l'état dans lequel il me semblait qu'elle était, mais bon... Elle faisait ce qu'elle voulait.

- Ah, mais je ne me morfonds pas, je m'assois simplement parce que je n'aime pas rester debout, souriais-je.

J'espérai que ça lui ferait oublier, même juste quelques secondes, la pluie torride et les petits éclairs à l'extérieur, qui devaient sûrement s'éloigner un peu, depuis le temps. J'espérai enchaîner sur une blague, même un peu pourrie.

Mais il y eut soudain un violent éclair, qui me fit moi-même sursauter et me fit tourner la tête vers les murs. Le couloir fit résonner le son encore un petit moment. Même si le son m'avait surprise, je m'en remis rapidement, parce que ce son n'avait rien d'effrayant pour moi. J'irai même jusqu'à dire que j'aimais souvent m'allonger dans mon lit, et regarder la pluie s'écraser sur une vitre, et encore mieux si elle donnait directement sur le ciel. Sur mes draps, par temps d'orage, j'aimai écouter le fracas du tonnerre et des gouttes d'eau alors que j'étais à l'abri. C'était plus fort que moi. Et ce son répétitif, j'aimais aussi beaucoup l'entendre pour me détendre, après une dure journée par exemple.

Mais ce fait ne m'aidait pas beaucoup non plus dans la situation présente.

Je n'osai pas me retourner pour le moment, laissant le soin à Lilly de se calmer un peu. Je supposais que cet éclair devait l'avoir terrorisée, et elle n'avait peut-être pas envie que je ne la voie dans cet état. Alors j'attendais.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Lilly Ravenborn, Mar 03 Avr 2018, 19:15


/!\ Contenu sensible /!\

Petit à petit je me calmais. Cette lumière faisait donc bien son effet. Mais au fond de moi, je savais qu'elle n'était pas la seule responsable. Liz, qui était présente à côté de moi, y était pour quelque chose aussi. Sa simple présence suffisait, car dans ce genre de moments, je ne supportais clairement pas le fait d'être seule. Mais au moment où je commençais enfin à penser à autre chose, un violent coup de tonnerre se fit entendre, ce qui me fit non seulement sursauter, mais trembler de tout mon corps. Mais ce son, qui résonna dans les couloirs pendant un moment ne s'arrêta pas. Il continuait à se répercuter dans ma tête, de plus en plus fort, jusqu'à ce que plus le moindre son ne parvienne à mes oreilles, hormis celui-là. Ce n'était que dans ma tête, c'était un fait réel, mais pour moi, tout ce qui se déroulait dans ma tête était réel. Réel uniquement pour moi. Ce qui me valait d'être taxée de folle par des gens se revendiquant sains d'esprit. Ces gens-là ne comprenaient pas. Lâchant ma baguette parce que ma tête commençait à me faire horriblement mal, je m'adossais à un mur, inspirant et expirant lentement, histoire de penser à autre chose. Mais il n'y avait rien à faire.

Me laissant glisser contre le mur, je regardais ma baguette qui était restée par terre, et par chance, cette dernière n'était pas cassée. Je m'en serais voulu pendant un temps interminable si cela avait été le cas. Je fixais cette lumière, mais le bourdonnement ne voulait pas cesser. Après une très, très longue minute, qui pour moi semblait durer une éternité, il cessa brusquement, avant de reprendre de plus belle. Cela n'avait absolument aucun sens, mais je devais faire avec. Je savais que tôt ou tard, cela allait passer. Mais ça me faisait extrêmement peur. Ne pas pouvoir contrôler mon esprit, ne pas pouvoir contrôler ce que je pensais, être à la merci d'une influence contre laquelle je ne pouvais rien, tout cela me faisais extrêmement peur. Ma mère me disait de toujours prendre mes cachets pour éviter ce genre de moments. Et même si je les prenais, j'en arrivais toujours à ce même stade. Comme si ces derniers ne faisaient pas effet. Et comme j'avais peur, j'agissais de manière irrationnelle, sans réfléchir à ce que j'étais en train de faire. J'en vins même à me ronger la peau des bras, sans en être consciente. Dans ce genre de moments, j'agissais comme si mon cerveau était en stand-by. Je ne contrôlais pas mes actions, je voulais simplement ne plus rien entendre. Même si la douleur montait à travers ma moelle épinière, j'en faisais abstraction, et continuais à me ronger la peau de manière compulsive.

Le nombre de cicatrices que j'avais sur ces derniers suffisaient à imaginer la violence avec laquelle j'agissais. Je ressentais la douleur, mais je ne la prenais pas en compte. C'est comme si cette douleur se transformait en démangeaison, et la seule solution pour la faire disparaître, était d'agir de la sorte. Bien entendu, cela n'avait pas le moindre sens, mais la rationalité quittait mon esprit à la seconde même où j'entrais dans cet état. Je ne pleurais pas, du moins pas de manière sonore, mais il suffisait de regarder mes yeux pour comprendre à quel point j'en arrivais à me faire du mal sans même m'en rendre compte. Ce n'est seulement au moment où je commençais à avoir un goût de sang extrêmement désagréable dans ma bouche que je ralentissais la cadence. Il n'y avait qu'un moyen de me rattacher un tant soi peu à la réalité. Fixer cette lumière. Il fallait que je fixe la lumière.

**Tu n'es pas folle Lilly, tu n'es pas folle**

C'est en permanence ce que je me répétais pour me donner bonne conscience. Mais au final, j'étais malade. Je le savais, je l'avais accepté étant toute jeune, même si je n'avais pas vraiment su ce à quoi j'étais prédestinée. Et je devais vivre avec ça.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Liz Vossor, Mer 11 Avr 2018, 12:54


Reprise rapide du contenu sensible du post précédent


Je ne restai pas longtemps retournée. Le bruit d'une baguette qui tombe au sol me fit sursauter puis pivoter.

Bon, rien de bien inquiétant en soi, me dirait-on, mais c'était un peu par réflexe. Et puis peut-être aussi parce que je me demandais pourquoi Lilly lâcherait sa baguette comme ça.

Elle avait dû la lâcher en tombant contre la mur. Elle était acculée contre ce dernier, la respiration saccadée, et je la voyais fixer sa baguette sans plus de réactions. Le temps s'étirait, et plus il passait, moins j'étais sûre de moi. Je détestais me retrouver dans une situation où je ne savais pas quoi faire, surtout que celle-ci m'impressionnait, dans le sens péjoratif du terme. Et ça ne s'améliora pas : la Rouge et Or commençait à... euh... se... ronger la peau du bras ?

Je reculai de quelques centimètres, regardant la scène avec une drôle d'expression. Je ne savais pas comment réagir, même avec mon visage. Je me demandai soudain si ça allait saigner...

Je poussai un petit cri en me l'imaginant et me précipitai vers Lilly pour tenter de dégager son bras de ses dents, aussi bien pour que je n'aie pas à voir ça que pour qu'elle ne se fasse plus autant mal :

- Eh, arrête !

Bon, d'accord, c'était surtout parce que je n'avais plus envie de voir la scène. Mais un peu d'égoïsme ça fait pas de mal de temps en temps... Si ?

Je cherchai de ma main derrière moi, agrippai la baguette allumée et la lui mis entre les doigts.

- Tiens.

Mon ton n'était pas brusque, ni ferme, mais il devait sûrement laisser transparaître la frousse que j'avais eu.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Lilly Ravenborn, Jeu 12 Avr 2018, 17:49


/!\ Contenu Sensible /!\



Ayant du sang plein la bouche, je n'arrivais pas vraiment à parler. Je détestais ce goût, mais je ne me rendais pas vraiment compte de ce qu'il m'arrivait. Est-ce qu'au fond de moi je me posais la question? Pas vraiment. Je me contentais simplement d'attendre que tout cela passe. Je ne pouvais pas vraiment faire grand chose d'autre. Ce n'est qu'après un temps certain que je repris le contrôle de mon esprit, et me rendait compte que j'avais de nouveau ma baguette entre mes doigts, que mon propre sang coulait de ma bouche, et que j'avais le bras en sang. Il n'y avait pas besoin d'avoir fait plusieurs années d'études pour comprendre ce que je venais de faire, même si mon cerveau s'était dédouané de ses responsabilités pendant un certain temps. Je détestais me mettre dans cet état, mais mon psy m'avait toujours dit que c'était simplement les conséquences de ma maladie. Il fallait que je fasse avec. J'allais vivre toute ma vie avec cette saleté, mais heureusement pour moi, disait-il, mon état allait s'améliorer avec les années si je prenais correctement mon traitement. Encore fallait-il que j'aperçoive moi-même les améliorations.

Je fixais toujours avec attention la lumière. Le bruit de l'orage, heureusement, commençait à se calmer. Et le bruit dans ma tête cessa brusquement. Je m'attendais à ce qu'il revienne, mais rien. Le calme plat. Je poussais un soupir de soulagement. Sortant mon mouchoir, je m'essuyais la bouche, en l'imbibant de sang. Il faudrait que je le lave, je notais donc ceci au fond de mon esprit. Même si je venais d'arrêter de me ronger les bras, la douleur était quand même violente. Je n'avais visiblement pas fait semblant. Tiquant à cause de cette dernière, je me relevais finalement, essuyant la poussière qui s'était mise sur mon uniforme. Je reprenais enfin le contrôle de mes pensées, de mes actions. J'avais une envie infâme de vomir, à cause de tout ce sang dans ma bouche, mais je me retenais. Cela ne serait absolument pas élégant, et je n'étais clairement pas ce genre de personnes. Je savais faire preuve de retenue. Je me retournais vers Liz, un léger filet de sang s'échappait toujours de mes lèvres. Si j'avais les bras en sang, la bouche en sang, c'était tout simplement parce que je m'étais rongée les bras. Même si je ne m'étais absolument pas rendue compte de ce que je faisais précédemment, je n'étais tout de même pas née de la dernière pluie.

- Je me suis rongée les bras pendant combien de temps? Je soupirais. - Désolée que tu ai assisté à quelque de ce genre. C'est ce qui arrive quand je perds pied, quand quelque chose me fait beaucoup trop peur.

Je savais que j'étais malade, mais je n'arrivais jamais à le dire à voix haute. Sûrement car j'avais peur de la réaction des autres. Je savais ce que j'étais, mais je ne l'assumais pas. Comme si c'était un fardeau trop lourd à porter. Il m'avait dit que l'acceptation de ma maladie était un grand pas en avant... Je constatais que j'en étais toujours au même point.

Edit Megan : Bonjour Lily. Conformément au Règlement RPG, tout rp au contenu sensible doit être signalé par la mention "trigger warning + motif". Votre RP contenant ici des références claires à l'auto-mutilation, merci d'éditer votre RP en conséquence et de faire plus attention à l'avenir. Cordialement.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Liz Vossor, Dim 15 Avr 2018, 23:52


Pareil, reprise rapide du contenu sensible du post précédent.

Je l'avais lâchée au moment où elle avait regardé sa baguette. M'essuyant discrètement les mains sur ma robe en me retenant de grimacer de dégoût, j'attendais la suite des évènements.

Il y eut un blanc. De mon point de vue en tout cas, ce blanc parut interminable, et très pénible. Pénible aussi parce que je savais que je devais éviter de parler. Et j'avais envie de lui poser plein de question. Si elle allait bien, si c'était la première fois qu'un truc pareil lui arrivait, si elle avait besoin que je fasse quelque chose en particulier, et comment elle avait pu passer de phrases calmes sur sa peur de l'orage à... à... à ça !?

Je ne saurais pas décrire précisément mon sentiment à ce moment-là, mais j'avais une petite envie de vomir et de secouer la fille devant moi pour obtenir des réponses. J'avais perdu tout mon sang-froid, et j'avais vraiment besoin qu'on m'explique ce qu'il venait de se passer pour que je reprenne un minimum de calme intérieur.

Et enfin, au bout d'un moment, elle se tourna vers moi.

Je m'attendais à un regard perdu, effrayé, ou peut-être... Non, je ne savais pas à quoi m'attendre en fait, mais je ne m'attendais sûrement pas à ce qu'elle soupire et me parle sur un ton pareil. Je n'arrivais pas vraiment à analyser le ton sur sa première question, mais il était détaché sur la deuxième, j'en étais certaine.

J'avais envie de lui demander si elle s'était vue, comment elle arrivait à garder un ton aussi calme et de lui donner le paquet de mouchoirs en papier qui traînait au fond d'une poche pour lui dire de s'essuyer complètement parce que je ne supportais pas tellement la vue du sang. Mais à la place, je répondis d'une voix hésitante et étonnée :

- Euh... je... je sais pas...

Et je savais pas non plus comment répondre à la deuxième réplique non plus. Qu'est-ce que je pouvais bien dire ? Et comment poser toutes mes questions sans paraître trop impolie ou indiscrète ?

Pour le moment, je n'avais pas encore trop parlé à cause du choc d'avoir assisté à une telle scène, de mon dégoût face au sang (qui, je l'espérais, ne se voyait pas trop), et de la surprise de voir Lilly plus calme que moi. Mais ça n'allait pas tarder si mon calme à moi se volatilisait si rapidement.

J'allais sûrement baragouiner des trucs incompréhensibles dans les minutes qui suivaient si je n'avais pas une plus ample explication que "C'est ce qui m'arrive quand quelque chose me fait beaucoup trop peur.". Je savais que j'en demandais beaucoup pour une personne qui venait de vivre un tel truc et qui n'avais sûrement pas envie d'en parler, mais ça ne me suffisait pas. Je voulais comprendre. Et même avec toute la logique que je parvenais à rassembler dans mon esprit fébrile, je ne comprenais pas. Et ça me tendait encore plus.

Finalement, je parvins à formuler le plus calmement que je le pouvais :

- Je comprends bien que... ça ne me regarde pas, et que tu n'as peut-être pas envie d'en parler, mais... Je voudrais savoir comment... pourquoi tu en arrive à ces cas extrêmes à cause d'un orage ? Je veux pas minimiser ta peur, hein... mais... et puis comment tu arrives à être aussi calme...?

Je n'arrivais pas à parler sans que ma voix ne tremble : j'avais toujours en tête l'image de la scène qui venait de se dérouler. J'avais encore milles questions à poser, mais je me contentai d'attendre les réponses à celles que j'avais posé pour commencer.
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Lilly Ravenborn
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Lilly Ravenborn, Lun 16 Avr 2018, 21:51


! Possibilité de contenu sensible !

Je savais pertinemment ce qu'elle voulait. Je ne lisais pas dans ses pensées, mais toute personne aurait besoin de réponses après avoir assisté à une telle scène. Je n'avais aucune raison de lui cacher des choses. Mais je n'avais pas très envie de dire les choses telles quelles, notamment car je ne pouvais pas prévoir sa réaction. Et c'était justement sa réaction que je craignais. Comment pourrais-je réagir face à de mauvaises réactions? Je n'avais pas l'esprit suffisamment fort pour tenir tête face à quelqu'un qui réagissait de la mauvaise manière. Du moins, c'était ce que je pensais, et je pouvais très bien me tromper. Je n'étais pas experte en psychologie, ni en psychiatrie, ce qui, dans mon état, aurait pu me sauver bien des fois. Ainsi, je réfléchissais. Devais-je lui avouer la vérité, ou prendre, comme d'habitude, des images pour justifier un état? Malgré tout, je devais assumer ce que j'étais, même si cela ne me plaisait absolument pas. Je pris une grande inspiration, avant de pointer mon front.

- Tout se passe là-dedans. Mon psy m'a diagnostiquée comme schizophrène durant mon enfance. Je crois avoir accepté ça sans trop broncher à cette époque. En même temps, je ne savais pas ce que cela signifiait. Je ne sais pas si, aujourd'hui, j'en comprends la gravité. Tout cela me dépasse. J'ai beau me répéter que je suis normale, que tout va bien chez moi, mais il trouve toujours le moyen de me dire que non, tout ceci n'est pas normal. Lui dit que je suis malade. Moi... J'en sais rien... Je ne sais pas. Je sais juste que tout ceci me fait horriblement peur et que j'aurais préféré ne jamais vivre un truc comme ça. Il dit que tout ce que je vois, entend et ressent dans ces moments-là n'existe pas. Mais il ne vit pas ce que je vis. Il ne comprend pas. Tout ce que je veux, c'est que ça s'arrête. Ça semble si réel, mais personne ne voit ce que je vois. Et par conséquent je passe pour une folle.

J'étais malade, que je le veuille ou non. L'accepter ou non ne changerait pas grand chose, car j'étais réduite à vivre avec tout cela jusqu'à la fin de mes jours. Je devais simplement prendre mon traitement, et selon lui, tout irait bien. Mais il ne vivait pas ce que je vivais. Il restait bien au chaud dans son cabinet, à voir des malades tous les jours, mais il ne se mettait pas à leur place, pas une seule seconde. Comme si nous n'étions simplement que des clients. Mes parents lui faisaient confiance, mais je ne l'aimais pas. Il me promettait des tas de choses, mais je ne voyais rien venir. Pour moi, tout cela ne consistait qu'en du vent. Et rien d'autre. Heureusement, l'orage cessa, sans demander son reste. Mes tremblements cessèrent également. J'allais enfin pouvoir être calme.

- Je... Pardon... Je ne contrôle absolument pas ce qui arrive durant ces moments. Je ne sais même pas comment je peux en arriver à de telles extrémités, mais je dois faire avec. J'te demande pardon de t'avoir fait assister à ça... Je ne sais même pas comment une telle chose a pu me traverser la tête.

Une chose était sûre. Si elle restait après une telle explication, je n'allais pas m'en faire une ennemie. Les gens réagissaient souvent de deux manières après une telle révélation. Soit ils fuyaient, pensant avoir affaire à un fou, soit ils restaient et acceptaient une telle situation. Bien entendu, certains pouvaient me juger sans le dire, voire même le montrer. Et je ne pouvais pas leur en vouloir. J'espérais seulement qu'elle ne me prendrait pas pour une folle bonne à interner.
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Liz Vossor, Mer 18 Avr 2018, 22:25


POSSIBILITÉ DE CONTENU SENSIBLE : RÉFÉRENCES A LA SCHIZOPHRÉNIE

La réplique de Lilly m'avait laissée dubitative. D'autres émotions tentaient de se manifester sur mon visage, mais il y en avait tellement qu'aucune n'eut la place désirée.

D'abord, j'étais étonnée. Vraiment. Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle me sorte ça. Peut-être parce que je m'imaginais que tous ceux atteint d'une maladie mentale étaient enfermés en hôpital psychiatrique et que j'imaginais les schizophrènes avec un air lunaire. Mais ce jour-là, j'ai décidé de remettre tout ce raisonnement en doute. Je pensai au fond de moi à emprunter un bouquin à la librairie près de chez moi quand j'y serais (ça m'étonnerais que j'en trouve un de ce type à Poudlard). Ensuite, j'étais impressionnée. Elle avait parlé presque autant que lorsque je racontais une anecdote ou que je décidais d'énerver les gens avec ce que j'avais appris dans mes livres. J'étais également toujours choquée par la scène qui s'était déroulée sous mes yeux, mi-dégoûtée, mi-effrayée par l'apparence de Lilly avec le sang à la commissure de ses lèvres et sur son bras, et déstabilisée par le ton de sa voix que je ne parvenais pas à interpréter. Et pour finir, j'étais en train de me dire que son psy n'en était pas un. Ou alors il avait trafiqué ses diplômes. Ou j'y connaissais vraiment rien au monde psychiatrique.

Si je ne m'étais pas encore barrée, c'était parce que j'étais curieuse de Lilly. Je me rendais compte en l'entendant qu'il y avait des sujets où je ne m'y connaissais pas plus que ma tante sur la magie, et ça me donnait toujours envie d'en savoir plus. Mais, je pense surtout que si j'étais encore là, à l'écouter et à réfléchir à la manière de lui répondre, c'était à cause (ou grâce ?) au même sentiment qui m'avait interposée entre Lilly et son bras, au lieu de m'enfuir sous l'horreur de la scène.

Même si je n'étais toujours pas d'accord avec moi-même pour savoir en quel état j'étais (sûrement à cause de ma précipitation à vouloir rebondir), je fronçai les sourcils en répondant d'une voix qui se voulait calme, et aussi rassurante que mon état me le permettait :

- Ne t'inquiètes pas, ce n'est pas de ta faute.

Ça, c'était dit. J'aurais sûrement dû insister un peu plus là-dessus, mais ma curiosité m'avait déjà emmenée loin. Je m'assis contre le mur en regardant le plafond pour ne pas à avoir à regarder Lilly, dont l'apparence me laissait toujours écœurée et apeurée, afin de pouvoir parler plus librement. Je réfléchis pendant de longues minutes pour dire quelque chose d'intéressant, mais la seule chose qui me vint à l'esprit, c'est l'incompétence de son psy, de mon point de vue. J'avais toujours cru que les psys écoutaient plus qu'ils ne parlaient, et qu'ils ne jugeaient pas la personne. Jamais, ou très peu. Alors répéter sans cesse, à quelqu'un qui a besoin qu'on l'aide à accepter sa maladie,  "non, ce n'est pas normal" je ne m'y attendais pas. Même dans l'idée. Peut-être parce que je n'ai croisé qu'une seule psy dans ma vie.

Comme je ne savais pas comment le formuler trop brusquement, et comme je ne savais pas quoi dire d'autre, je me contentai de fixer silencieusement le plafond. Il y avait au moins un avantage à ce silence : plus il s'écoulait, plus mes tremblements et mois nous calmions, plus je tentais de me mettre à la place de Lilly (vous savez, quand on sait plus trop quoi dire d'intelligent, certains tentent des choses inattendues), et plus je me disais que cette facette de sa vie devait être horrible à supporter. Surtout qu'elle n'avait pas l'air plus atteinte que ça... En fait, elle avait l'air parfaitement saine d'esprit, excepté les moments où sa peur de l'orage devenait trop dure à supporter pour elle. De ce que j'avais vu.

Je jetai un rapide coup d'œil dans sa direction, avant de reporter rapidement mon regard vers le plafond. Zut. Est-ce qu'elle avait remarqué la manière dont je l'avais regardée ?
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Lilly Ravenborn, Jeu 19 Avr 2018, 17:32


! Possibilité de contenu sensible !

Je me débarbouillais comme je le pouvais avec mon mouchoir, sans dire un mot. Il faudra vraiment que je le lave. Je ne pouvais pas rester avec du sang plein la bouche. En ce qui concernait mon bras, j'allais m'en occuper plus tard. De toute manière, je commençais à être habituée, et je savais pertinemment ce qu'il fallait que je fasse par la suite. J'en étais arrivée au point où cela commençait à être habituel, comme si tout ceci était normal. Je ne m'en étonnais quasiment plus, malgré le fait que cela me faisait toujours aussi peur. Je ne savais donc pas sur quel pied danser. Heureusement pour moi, Liz ne s'était pas échappée en courant à toute vitesse. Je ne savais pas du tout ce qu'il se passait dans son esprit. Est-ce que je voulais vraiment le savoir? Je n'en étais pas sûre. Par moments, j'avais peur de connaître la véritable opinion des gens sur ma maladie. Tout simplement car elle pouvait les effrayer, et leur opinion pouvait me blesser au plus profond de mon être. Ce qui m'irritait, puisque je ne voulais absolument pas rester dans mon coin en permanence. Je devais par conséquent jongler entre le repli sur moi-même et être sociable. Fort heureusement, elle me disait que tout ceci n'était pas de ma faute. Mais je me demandais si c'était uniquement pour me rassurer ou si elle était sincère.

- Tu sais, tu peux aussi me dire que la simple vue du sang ne te mets pas bien. Je ne suis pas aveugle. Ceci dit, merci de ne pas être partie en courant. Ça me change la vie à un point que tu ne peux pas imaginer. Je suis fatiguée de voir à quel point mon simple état mental peut rebuter les gens à ce point. Ce n'était pas comme si j'étais dangereuse pour eux.

Une fois la bouche nettoyée de tout mon sang, je soupirais. Je rangeais mon mouchoir dans ma poche, et regardais mes doigts. Ils n'avaient rien. Je ne savais clairement pas pourquoi je regardais mes doigts. Peut-être était-ce simplement pour me rassurer. J'avais certaines manies que je ne comprenais pas. Et plus j'essayais de les comprendre, plus je terminais dans un flou sans fond. Autant arrêter de chercher des réponses pour rien. Je le savais au fond de moi-même, je devais arrêter de chercher des réponses à des questions qui n'en avaient aucune.

* Maintenant, elle va s'en doute se barrer en courant si tu continues à te plaindre. Arrête de te plaindre en permanence, ça ne va pas changer les choses, et tu le sais très bien. Alors arrête Lilly.*

Je savais pertinemment que je devais arrêter de me plaindre, mais par moments, il fallait bien que j'extériorise ma frustration.

- Bon, après tout ce remue ménage, qu'est-ce que tu peux bien faire dans cet endroit à une heure pareille, hum?
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Re: Un coin sombre dans les Cachots

Message par : Liz Vossor, Ven 20 Avr 2018, 11:38


Je rougis en entendant la question de Lilly. Pas forcément parce que sa question me gênait, mais plutôt parce que je venais de me rappeler à quel point je m'étais paumée en voulant aller à la bibliothèque. Je ne me souvenais plus à quoi j'avais réfléchit pour m'en retrouver si éloignée, mais ça devait être passionnant pour que je regarde si peu où j'allais.

- Ah, ça...! Je cherchai la bibliothèque, et j'ai eu la tête ailleurs un moment... et comme je suis déjà perdue en général, même quand je fais attention à quel couloir je prends, ben je me suis retrouvée là... Je sais que ça peu paraître un peu bizarre, mais...

Je ne finis pas ma phrase, peut-être pour ne pas avoir l'air encore plus ridicule, et enchaînai rapidement :

- C'est normal que je sois restée. Si j'aurais voulu le faire, de toutes manières, je serais partie dès que... Enfin tu vois quoi.

Je crus que je venais de commettre une bourde. Je n'aurais peut-être pas dû dire ça comme ça... Aussi, je me précipitai d'ajouter, avant que ce ne soit mal interprété :

- Mais c'était pas le cas, hein. Je suis restée...

Je détestais la sensation de n'avoir plus rien à dire. Et pourtant, j'aurais pu rebondir sur tellement de choses...! Mais j'avais peur de vexer, voire blesser Lilly en le faisant. J'aurais bien voulu discuter de son psy ou de son diagnostic, par exemple ! Histoire de m'instruire un peu si elle en savait plus que moi... Mais je supposais que c'était un sujet sensible. Il avait sûrement plein d'autres trucs à dire de plus intéressant, et de plus agréable à entendre, mais ils ne venaient pas aussi facilement que d'habitude, et cela créait un drôle de vide sur ma langue.
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