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Cimetière de Londres
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Shela Diggle
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Shela Diggle, Mer 02 Déc 2015, 19:00


Pas de résultat, ah, très bien, pas de résultat, oui, tout à fait, se raccrocher à deux trois mots, y concentrer absolument toute son attention, pas-de-résultat, intéressant, j'veux dire, c'est nul, mais ça changera, pas de soucis, faut que ça change, autrement y'aurait pas de rééducation, pas vrai, aller, encore une fois, avec exactement la même voix, la même façon de former chaque syllabe qu'elle, pas de résultat, voilà, c'est bon, chuut, doucement, le reste maintenant, le souffle le coeur, du calme, tout va bien, je gère, je gère. Et puis soudain imprévu, proximité humaine, proximité humaine non neutre, douce pression de la main sur la main, émotion, de l'instant et surtout ébullition, en moi, paf, coup au coeur, concentration qui explose, c'est la main aux ongles en plus, aucune importance mais un rien suffit à faire déborder, pas vrai, mord les joues, mord des yeux le ciel, tourne la tête le plus possible, un profil déchu vaut mieux qu'un visage tout entier. Boule à la gorge. Faire en sorte qu'elle n'éclate pas, elle aussi, pleurer est une chose, le faire en silence en est une autre, oh et puis m*rde, c'est trop tard de toute manière, y'a, quoi, peut être seulement l'énormité de ce pas super bien qu'il reste à mesurer, les larmes y sont. J'ai jamais compris les gens ayant honte de pleurer. Le problème, c'est pas pleurer, c'est se découvrir et se mettre à découvert, dangereuse mise à nu. C'est s'obliger à voir une vérité que l'on n'accepte que dans le regard de l'autre. Nan, pas accepter. Autre chose.

C'est bizarre. D'avoir le sentiment que ce truc est là depuis un temps déjà, sans pouvoir dire ce dont il s'agit exactement. Pas envie de savoir. Vraiment pas. L'idée y est. Mais j'n'avais jamais eu cette puissante et déstabilisante envie d'en relâcher quoi que ce soit. La faute, puisqu'il en faut une, sinon j'aurais à m'accuser, la faute au lieu, à l'imprévu, au temps, à Jade son arrivée, ce que vous souhaitez, mais c'n'était pas prévu, pas contrôlable, pas une chouette chose, j'ai l'air de quoi ? De ça je me fiche pas mal, jamais eu trop de mal à ce que l'avis d'autrui ne m'importe et ne m'importune point, j'ai perdu toute dignité à l'instant où la demoiselle dorée s'est pointée ici. Alors quoi ? D'où ça vient, ça ? Douloureuse rencontre. Faut donner un nom à ce truc. Ca doit bien appartenir à quelque chose, une catégorie, un nom pour le figer le ficher et apprendre à le chasser, ça doit bien exister. Boule dans la gorge. Rien que d'y penser, ça remonte, ça gronde et ça grogne, ça veut s'échapper - de mes yeux de mes lèvres de mon être - mais je recule, piaffe et désapprouve, ce n'est certainement pas le moment, il n'y a rien, surprise d'avoir été prise sur le vif, voilà tout, oublis tes idées, tout faux, tout va bien, tout est toujours bien allé, du moment que ça fonctionne, il n'y a pas à s'en faire. Pas vrai. Mais ça a dérapé, t'sais très bien c'qu'il en est, mais compromis, ça te dis ? Plis bagage, gardes ça, pour l'instant, attends encore un moment, s'te plaît, parles pas, serres les dents et reprends toi...

Brusque souvenance d'une main sur la mienne. Main inerte. J'me manipule. J'pourrais arrêter ? J'connais pas du tout cette personne. Même pas son nom. Rien du tout. Heureusement que Jade n'fait pas partie d'ces gens peu séduits par les effusions de sentiments. Mais pas envie de parler de ma famille. C'pas ça qui va mal, pas vrai ? Pas vraiment. J'suis juste tarée. Serrage de paupières. Ca empêche pas les larmes. Peut être marmonné un désolé, aussi.
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Jade Wilder
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Jade Wilder, Mer 09 Déc 2015, 05:59


Le contact, peau à peau, sembla soudain déstabiliser Shela, à un point auquel Jade ne s'attendait pas. Visiblement, elle avait vu juste Shela n'allait pas bien. Elle voulait se persuader du contraire, mais elle n'allait pas bien du tout. Ces mouvements de tête, faits pour cacher la vérité, lui sont tellement familiers. L'Italienne le savait, puisqu'elle faisait tout le temps ça lorsqu'elle perdait ses moyens. Elle niait en quelque sorte, essayait d'échapper. A quoi, on peut se le demander, mais apparemment chez elle ça fonctionnait relativement bien. Puis si ça ne fonctionnait pas, elle devenait agressive et/ou fuyait, c'était une bonne méthode aussi.

Voilà ce qu'elle voulait cacher, les larmes. Les larmes dévalant à cet instant sur la peau fine de Shela. Larmes prévues, mais inattendues à la fois. Étrange constatation. Et impuissance.

Jade voudrait pouvoir prendre Shela dans ses bras, la réconforter. Mais dans sa position actuelle, elle n'osait pas, ne se voyait pas faire ça. Le plus étrange était sans doute le fait qu'elle voulait réconforter son aînée. Elle est où la mise à part des sentiments, comment éviter les rapprochements dans de telles conditions ? Eh bien non, elle n'y pensait pas. Elle ne se freinait pas. A part qu'elle ne savait pas comment faire.

Mordillant sa lèvre inférieure, l'adolescente resserra légèrement l'étreinte qu'elle appliquait sur la peau douce. Présence oui, mais si sa présence faisait souffrir Shela, c'était cruel. Restait à discerner le vrai du faux: torture ou réconfort ? Pas de réponse, il allait falloir qu'elle trouve ça par ses propres moyens. Adieu carapace, Shela ne devait pas rester seule. Elle avait besoin de quelqu'un, d'une oreille non, sans doute pas, mais d'une présence, de quelqu'un pour lui changer les idées, sans aucun doute.

- J'connais pas du tout cette personne. Même pas son nom. Rien du tout.

Elle parlait de nouveau de la tombe. Ce n'était pas un hasard, c'était impossible un tel hasard. Quand on pète les plombs, on ne se mets pas à parler d'une chose qu'on prétends sans importance. Le doute était permis, pour le coup. Cependant la préfète continuait à nier, ce n'était sans doute pas pour rien. Bien. Lentement, la deuxième main de l'Italienne s'éleva, venant retirer un peu de la terre encore présente sur les mains en face d'elle. Simple réflexe, sans importance.

- J'suis juste tarée.

Le geste de Jade se figea d'un seul coup. Tarée ? Shela ? Quelle drôle d'idée. Elle était sans doute l'une des filles les plus sensées que Jade avait eu l'occasion de rencontrer depuis son arrivée à Poudlard. Elle avait tout, l'intelligence, mais aussi une sensibilité hors du commun. Jade n'avait plus l'habitude de rencontrer une sensibilité pareille, en fait, elle avait l'impression d'avoir affaire à son double.. Pas exactement, beaucoup de points différaient, mais les deux jeunes filles étaient incroyablement similaires question sensibilité. Jade nierait aussi, sans aucun doute, si on la surprenait dans une position difficile à justifier.

Alors, la question était toujours la même. Que faire ? Immédiatement, la voix chantante s'éleva.

- Tu es lun.. loin.. d'être tarée, Shela.

Ça, c'est fait. Ce point était tout simplement essentiel pour la suite. Mais quelle suite ? Jade n'y réfléchit même pas, les mots s'échappant avec un naturel hors du commun.

- Je suis désolée, non avrei dovuto.. dû.. te poser tutte ces doman.. questions.. Tout ira bene..

Ses derniers mots s'étaient faits rassurants, doux, apaisants. Du moins, elle l'espérait. Il ne fallait pas laisser la blondinette dans un tel moment de gêne et de douleur. Hors de question.

- Vuoi.. qu'on sorte.. d'ici ?
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Shela Diggle
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Shela Diggle, Lun 14 Déc 2015, 22:45


- Tu es lun.. loin.. d'être tarée, Shela.

Sert à rien de dire le contraire, pas vrai ? D'essayer de la convaincre. Quelle importance ? Peut être le fait que pour une fois, tu n'es pas insensible à l'avis que l'on a de toi. Pour ça peut être que t'enchéris pas. Pas seulement parce qu'elle t'écouterais pas - pas là-dessus. Je suis désolée, non avrei dovuto.. dû.. te poser tutte ces doman.. questions.. Pas ta faute si j'arrive pas à y faire face. Hasardeuse coïncidence que de s'être trouvées ici et maintenant. Tout ira bene.. Une seconde supplémentaire pour comprendre, mot presque transparent du peu de français que j'ai, ça passe; sa signification moins. Si par bien elle entendait tout ça, j'avais presque plus envie de ne pas y croire que d'y loger trop d'espoir, si l'espoir fait vivre il empêche le deuil, mauvaise idée que de trainer ça. J'analyse trop. Peut être qu'elle ne cherche qu'à parler de généralités, comme du bonjour qui ne veut plus rien dire, du comment allez vous hypocrite, seulement moins futile ou moins dur, ou les deux, ces mots là on les annonce de plus profond, à des inconnus parfois certes, mais des mots sincères toujours, ce genre de mots que l'on garde à certains - oh oh oh bonsoir fierté va-t'en. J'pensais pas comme ça, chut, laisses moi préférer les mots du cœur aux mots insensés balancés à la volée à qui veut l'entendre, s'il te plaît. Tu vois, ça se calme, la tempête s'éloigne, suffit de patienter, au mieux s'abriter, mais voilà ça retombe, plus qu'un silence d'après-guerre, une appréhension tout de même, ça peut revenir, qui sait, mais c'aurait pu être pire, y'a toujours pire. Plus que ce souffle étrange, ces drôles de soupirs d'après-pleurs dont je me refuse d'essuyer les larmes, un truc que j'ai gardé d'étant gamine, j'sais plus pourquoi, bordel de mémoire.

- Vuoi.. qu'on sorte.. d'ici ? Je jette malgré moi un coup d'œil à la tombe. Même pas trouvé ce que je cherchais. Même pas vraiment cherché, en vérité. Je sais même pas pourquoi diable je suis venue jusqu'ici, ça n'aurait en rien fait avancer les choses, j'n'aurais rien obtenu sinon la certitude d'avoir un pan de ma famille six pieds sous terre, quelle belle image. C'est dans la tête, vous m'direz, qu'j'ai besoin de voir pour continuer, vous comprenez pas, j'suis pas là pour ça, plus compliqué, ou moins justement, je vois les morts pour voir les vivants, drôle de façon de saluer la vie, pas vrai. Sortir, pour aller où ? Peu m'importe, mais c'est de la lumière que j'ai peur, le soleil désormais couché ne donne que plus de vigueur aux lumières artificielles des rues de Londres, pour un mètre d'ombre trois de clarté, c'est cher payé l'anonymat, le camouflage, je n'vois même pas ce qui te dérange encore, pleurer c'est fait, plus rien à donner. J'n'avais jamais eu de mal à me dévoiler, je comprend pourquoi; c'est seulement en contrôlant que tout va bien. Quand on s'arrête quand on souhaite, quel mot lâcher et quel mot garder, superviser, ne pas s'laisser dépasser. Peur de ce que l'ombre ne sait mettre en lumière, peur de l'avis de Jade ? Non, ce qu'on pense de ma personne m'importe peu. Peur de quoi alors ? T'vas pas aimer, mais aucune idée. Peur de briser un moment, peut être, d'aller dans un autre sans transition, trop grand décalage, sais pas, mais s'éterniser n'marchera pas, autant fuir le tout, fuir sa tête, encore de toute façon, pas une grande perte.

- Je te suis, j'te suivrais n'importe où, tu me lâche je tombe, drôle de tableau, la blessée plus forte que celle sensée tenir toute seule, fermes les yeux et disparais.
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Jade Wilder
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Jade Wilder, Sam 30 Jan 2016, 01:57


Qui avait bien pu doter Jade d'un caractère aussi instable ? En y réfléchissant bien, c'est tout de même perturbant de voir à quel point ses pensées et ses convictions avaient le don de s'opposer littéralement. Même l'adolescente elle-même ne se comprenait pas parfois. Avoir autant d'amour à donner, sans pouvoir le donner, n'était-ce pas une forme de torture ? Et puis il y avait ces fois où elle ne pouvait tout simplement rien retenir. Quoi qu'elle fasse, elle s'attachait à quelqu'un de totalement inattendu, comme Shela dans le cas présent. Shela.. était particulière.

Comme Jade, elle semblait avoir de nombreux secrets, ainsi qu'un caractère mélangeant fermeté et douceur avec un mélange subtilement dosé. Mais l'Italienne n'était-elle pas sensée garder ses distances ? Refuser de s'attacher à qui que ce soit ? Faire comme si rien ne l'atteignait était bien plus facile à ses yeux, au premier abord. Pas de problème de base donc pas de soucis par la suite, logique. Mensonge que tout cela. La vérité était bien plus habile, plus fourbe. On s'attache, et puis ça finit par exploser, ou la vie cette saleté fait en sorte que tout explose. Et puis c'est terminé, il y a le manque de l'autre, le manque d'une voix, d'une présence, d'une amitié. On s'habitue à l'absence d'une présence, certes, mais au fond ça fera toujours mal et il ne suffit pas de grand chose pour que la blessure soit rouverte, vive et douloureuse.

Que faire alors ? Céder à son instinct et laisser son coeur s'habituer à la présence de Shela ? C'était prendre un risque. Alors la seule façon que Jade avait de se consoler, c'était nier. Parce-que finalement, c'était exceptionnel. Juste ce soir, elle laissait parler son coeur, point. Juste ce soir. Mensonge conscient, mais Ô doux mensonge.

La conclusion était finalement plus simple que ce qu'elle pensait. Shela avait besoin de quelqu'un, parce-qu'elle pourrait dire ce qu'elle voudrait, Jade ne la croirait pas. La serpentard n'allait pas bien. La raison, peut-être qu'elle l'a découvrirait, peut-être pas, ça n'avait pas d'importance. La seule certitude qu'avait la blondinette, c'est qu'elle n'abandonnerait pas sa camarade. Bon nombre de fois, elle aurait voulu avoir une présence. Présence qu'elle rejetait bien entendu, si celle-ci se présentait, mais il n'est pas simple de comprendre quand une personne a besoin de quelque chose sans l'exprimer clairement. Jade n'était même pas certaine du fait que Shela avait besoin d'une présence, alors elle laissait juste faire.. ce qu'on pourrait appeler l'instinct ? Une forme de pressentiment, de sixième sens, appelez ça comme vous voudrez.

Alors, serrant légèrement les doigts de son aînée, Jade lui adressa un sourire doux et simple, comme elle en avait l'habitude. Puisque la vert et argent acceptait une présence - du moins pour le moment - Jade la lui donnerait. Elle serait là, quoi qu'il arrive.

Relâchant enfin la main féminine, Jade prit la direction de la sortie, les sens en éveil pour ne pas fixer son aînée, tout en étant certaine que celle-ci ne fuyait pas sa présence. Elle l'aurait laissée faire sans doute, aucun droit de détention, mais.. c'était sa façon à elle de contrôler un minimum les choses. Délicatesse et discrétion, une autre façon de se mentir et de mentir aux autres en leur faisant croire qu'on en a rien à faire. Tout un art qui s'apprend sur la durée et qu'elle avait développé durant de nombreuses années. Présence et distance, il fallait trouver un juste milieu qui n'était pas des plus simples. Difficile à entretenir sur la durée, surtout en restant aussi proche de la "menace" potentielle. Oh et puis zut.

On ne peut pas parler d'amitié. Du moins, Jade en avait l'incapacité. Mais pour quelqu'un s'opposant tout le temps à elle-même, n'était-ce pas exactement le contraire qui se produisait ? Seul l'avenir saurait le dire.


Fin du RP.
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Trevor Le Dragon
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Trevor Le Dragon, Sam 19 Mar 2016, 17:57


avec Kathleen Gold


C’était marrant de se promener au beau milieu de nulle part. Trevor riait tout seul, un peu c*n sur les bord, l’esprit ébranlé par les effets de l’alcool. C’tait marrant, drôle, funny, de voir ce singe fou valser au milieu de la rue, drapé dans son complet en soie rose. C’était marrant de voir ses chevilles découvertes se mouvoir au rythme de la mélodie qu’il fredonnait, parfois même elles chancelaient, le faisant trébucher. Ses chaussures parfaitement cirées blanchissaient sous la poussière qui remuait près du sol. En fait, ça n’avait aucune importance, aucun impact sur les décors de la nuit. Elle restait sombre, et plate, et froide. Sombre, plate et froide… mais surtout vide.

Vide de sens et de sons : le silence résonnait, pesant comme les paupières qui papillonnaient. La fatigue prenait place, sans que Trevor ne s’en aperçoive. Elle s’installait tranquillement dans ses membres, les ankylosant. Esprit en apesanteur, voltigeant doucement au grès des envies, au grès de la vie. Il était dans les vapes, ne comprenait pas ce qu’il foutait dehors, ne comprenait pas comment il était arrivé ici, au beau milieu de nulle part. Sa mémoire faisait naufrage, butant contre les rochers, se fracassant contre son crâne, noyée par les vagues bleues qui envahissaient son esprit.

Qu’était-il arrivé, plus tôt ? Peut-être était-il allé se bourrer la gueule dans un bar miteux qui puait l’alcool et la sueur, peut-être avait-il vidé toutes les bouteilles du quartier, engloutissant chaque gorgée comme si c’était la dernière… Qui aurait pu le savoir ? Personne aux alentours, pas même un petit chat noir, pas même un oisillon avec lequel s’amuser. Il aurait pu le déplumer, souffler son duvet dans l’air écrasant de la nuit, le regarder piailler, apeuré par ses gestes. Ça aurait pu être funny. Aussi funny que de le voir trébucher dans la rue.

La lune éclairait le ciel d’une lumière douce, pourtant aveuglante. Trevor pestait contre les étoiles qui lui faisaient mal aux yeux. Il savait pas vraiment quelle heure il était, s’il allait finir par retrouver son chemin, où s’il allait devoir dormir par terre. Il savait même plus aligner deux mots sans glousser comme un idiot ou commencer à marmonner les paroles inventées d’une chanson.

« Dans uuun… cimetière-tière-tièreuh ! Lalapidoooou, doubidabaaa ! »

Un cimetière, tiens donc. Ça lui faisait un peu peur, les cimetières. Ça lui avait toujours fait peur, mais au point où il en était, ça ne valait même pas la peine d’essayer de fuir cet endroit lugubre. S’il se mettait à courir, il allait se fracasser le crâne contre une de ces pierres tombales maudites. Il allait s'ouvrir la tête contre une pierre froide, faire couler son sang bouillonnant pour réchauffer sa surface et mourir d'un hémorragie. Quelle mort spectaculaire ! Quelle mort débile !
Nah, ça valait pas la peine.

« Y a des fantôôômeuuh ! Dans uuun cimetière-tière-tièreeeuh ! »

Il trébuche.

« La la laaa, »

Tombe par terre.
Ne se fracasse pas la tête, mais salit ses habits.

« Padiii-padouu ! »


Dernière édition par Trevor Le Dragon le Sam 24 Sep 2016, 15:19, édité 4 fois
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Kathleen Gold
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Kathleen Gold, Dim 20 Mar 2016, 21:12


Qu'est-ce qu'elle faisait à Londres à une heure pareille ?

Kathleen se posait cette question depuis quelques heures maintenant, alors qu'elle errait dans les rues de cette immense ville grouillante et puante. Elle ignorait les quelques passants qu'elle croisait, vêtue de son grand manteau noir qui avait compté une blinde à Papa et marchait lentement. Avec l'aide de son père, elle s'était échappé du manoir pour une soirée, et il devait venir la chercher dans quelques heures, comme à chaque fois qu'ils organisaient une de leurs petites sorties secrètes dans ce Londres Moldu étrange et inconnu.

Elle marchait en sentant les moldus passer à côtés d'elle, et elle regarda droit devant elle. Trop de monde, dans ces rues bondées, avec ces voitures et ce bruit incessant. Si elle aimait toujours la liberté que lui offrait ses petites escapades loin des yeux de sa mère durant les vacances, elle supportait de moins en moins les moldus, pour lesquels elle avait autrefois voué une réelle fascination. Maintenant, cet intérêt perdait de plus en plus de sa force. Elle savait qu'elle risquait de devenir comme sa mère cependant. Voilà pourquoi elle repoussait le plus possible ce genre de pensées de son esprit. Mais pour le moment, toute cette populace commençait à lui peser. Elle continua de marcher, jusqu'à s'éloigner des grandes rues. Au détour de quelques petites ruelles, elle finit par apercevoir quelque chose de très intéressant.

Elle avança à pas légers vers le cimetière, poussant la porte grillagée de sa petite main gantée fine, et entra dans le lieu à l'atmosphère sombre et mystérieuse. Elle passa devant le lavabo à côté duquel des arrosoirs avaient été déposés pour nettoyer les tombes, et commença à parcourir les allées. Elle regarda les plaques de chaque tombe, en prenant son temps, observant chaque nom, chaque date et chaque photographie quand il y en avait. Elle regarda les fleurs fanées et celles, plus fraîches, qui avaient été déposées sur les pierres froides.

Elle aimait les cimetières. Atmosphère de mort, odeur de fleurs sèches et de recueillement. Silence glaçant qui lui correspondait et qui la faisait se sentir sa place. Un jour, elle aussi serait enterrée six pieds sous terre, enfermée dans une belle boîte. Et peut-être que quelqu'un d'autre viendrait déambuler et lirait son épitaphe aussi, si quelqu'un daignait lui en écrire un. Elle aimait cette idée, qu'un inconnu s'arrête, regarde sa tombe, s'interroge sur son nom, sa vie. Sur ce qu'elle avait un jour pensé, ressenti, alors que tout ceci était désormais anéanti et mort sous le poids de la pierre et de la terre. Elle aimait ses pensées morbides.

« Dans uuun… cimetière-tière-tièreuh ! Lalapidoooou, doubidabaaa ! »

Elle tourna la tête, surprise puis agacée de se faire interrompre dans ses rêveries. Qui chantait dans un cimetière ? Qui pouvait entonner des airs aussi joyeux dans un lieu où le silence, merveilleux silence, avait tous ses droits ? Déjà, la mélodie reprenait, alors qu'elle marchait en direction de la voix, qui se faisait de plus en plus proche alors que ses pas la guidaient dans la bonne direction.

« Y a des fantôôômeuuh ! Dans uuun cimetière-tière-tièreeeuh ! »

Elle fronça les sourcils et vit la silhouette d'un homme se distinguer peu à peu. Il tanguait, chantonnait.. Il était bien bourré. Elle hésita à s'approcher, trouvant cette personne bien ennuyeuse de perturber sa quiétude. Elle s'assit un instant sur une tombe - qui dérangeait-elle, la personne était morte - et regarda le spectacle, finissant par lui trouver un certain comique en fin de compte.

Il continua de chanter, jusqu'à ce qu'il manque de tomber. Ce qui arriva justement quelques secondes plus tard, souillant des vêtements auparavant impeccables. Alors, elle se leva lentement, laissant son manteau noir amplifier la sécheresse de ses mouvements et les boutons dorés de ce dernier se refléter grâce à la lumière des réverbères. L'homme chante encore, toujours dans sa transe et sous l'effet de l'alcool, alors qu'il est face contre terre.

« Padiii-padouu ! »

Elle soupire, exaspérée, et se baisse, se sentant légèrement coupable de s'être amusée à ses dépends.

-Circé...

Elle prend pitié et - prête à saisir sa baguette à tout moment, cachée dans sa poche - elle prend son bras et essaie de le faire remonter.

-C'est mon soir de bonté.


HRP:
 
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Trevor Le Dragon
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Trevor Le Dragon, Dim 03 Avr 2016, 18:14


piiiiouf! Le Dragon, il se relevait tout seul. Comme par magie. piiiiouf! Une p’tite madame apparaissait. Une p’tite femme plutôt, c’était pas encore une madame. C’était pas non plus une p’tite fille. C’était entre les deux, un entre-deux, une phase de changement, une moche métamorphose. La fin d’une vie et le début d’une autre. Le moment perdu qui sépare deux instants. Le moment où il se passe pas grand chose, mais où il s’en passe pourtant le plus. Le silence entre deux phrases qui les sépare et les assemble. Le silence qui régnait dans le cimetière, contrastant avec les bruits dans la tête de Trevor. Qu’est-ce qu’elle faisait ici, d’ailleurs, la p’tite femme ? La nuit, le cimetière, les étranges personnes. Elle n’avait pas peur ? Non : baguette à portée de main. Mais Trevor était trop ivre pour s’en rendre compte. Il se perdait dans sa tête et peinait à aligner deux mots. Ça tapait dans son crâne, on aurait dit qu’un dragon voulait s’en échapper.

« Bien merci, m’dame m’oiselle ! »

Le dragon hurlait dans sa tête, ça faisait mal. Il foutait le bordel, crachait ses flammes un peu partout, mettait tout sens dessus dessous. Plus rien n’avait de sens, des idées volaient dans tout les sens, comme des feux d’artifices, des feux artifices, s’entortillant dans le ciel. Chancelant sur ses pieds, Trevor décida de s’asseoir sur une pierre gravée de dates et de lettres. S’asseoir sur un mort, sur ses os, sur sa terre, son adresse, le trou où il est enfermé. Peut-être que les morts allaient se réveiller un jour, comme des petites marionnettes, des zombies rampant jusqu’à l’air libre. La terre s’infiltrant sous leurs ongles rongés par la moisissure. Les yeux secs et la bouche pleine de vers. Les membres minces, la peau verdâtres collée aux os, à moitié déchirée par les insectes. Des cadavres répugnants, puants : une vision horrible dans la tête de Trevor. Alors, il dégobilla. Par terre, en prenant bien soin de ne pas souiller la pierre tombale. Le plus loin possible de la p’tite femme, aussi. Il serait dommage de tâcher ses vêtements.

« Oh. Beurk. »

L’air piteux de l’homme bourré. Il s’essuya la bouche à l’aide de sa manche, un air dégoûté collé au visage. Il sortit sa baguette et piiiiouuf! #récurvite. C’était magique, et tant pis si la p’tite femme ne l’était pas. Tant pis si elle n’y croyait pas. Tant pis si elle n’avait pas grandit dans ce monde. Who cares?
Pas Trevor, en tout cas. Il s’en foutait royalement de cacher sa magie pour l’instant. Il était pas bien dans sa tête et n’aimait pas particulièrement l’odeur du vomi. Les éclaboussures disparurent du tissu de ses vêtements, de l’herbe par terre. Et puis quoi, maintenant ? Il avait un peu faim, fouilla dans sa poche pour y trouver un paquet de bonbons. Des jellybeans colorées : des rouges, des bleues, des roses, des vertes, jaunes, oranges. Le jeune homme en croqua une, une à la pomme. Une rouge à la pomme. Pas à la pomme empoisonnée de Blanche Neige, même si son teint pâle ressemblait à celui de la princesse. Non : à la pomme rouge toute douce, contrastant avec le goût passé de l’alcool blanc. Il tendit le paquet froissé à la p’tite femme, l’air interrogateur. T’en veux ? P’t’être. Bah tiens, moi j’t’en laisse si tu veux.

« T’sais où on est ou t’es paumée aussi ? »

Ça s’trouve elle pouvait peut-être l’aider à retrouver son chemin. Ça s’trouve Trevor était pas totalement perdu. Ça se trouve, ça existait p’t’être les personnes gentilles. Mais ça, fallait pas trop en être sûr. Sinon, ça fait mal de se rendre compte du contraire. put*in. Des jurons juste pour jurer. Comme ça, sans raison. Ça défoulait son esprit. m*rde.


Dernière édition par Trevor Le Dragon le Sam 24 Sep 2016, 15:19, édité 3 fois
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Kathleen Gold
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Kathleen Gold, Dim 03 Avr 2016, 19:04


Le bourré avait désormais les vêtements tout propre, et les fesses posées sur une pierre tombale. Réjouissant. Il avait sorti sa baguette et s'en était servi tout seul comme un grand. C'était un sorcier - oui ! Au moins, elle n'allait pas buter sur ses mots ou dire des âneries  à un moldu. De toute manière, il était déjà trop mal pour le relever. Merlin l'avait récompensée pour sa miséricorde : elle n'allait pas avoir à faire grande chose, et ce ne serait pas aussi compliqué que prévu, vu qu'ils venaient tous les deux du bon côté de la réalité.

Elle se pencha un peu vers lui en croisant les bras contre sa poitrine pour l'écouter babiller, entre deux chansons et mots sans queue ni tête. Il était vraiment déchiré, le pauvre... Elle haussa les sourcils, avec un faible sourire à la fois gentiment moqueur et amusé aux lèvres. Il ressemblait un peu à un enfant avec son paquet de bonbons sorti d'on ne sait où. Enfin, à un gosse bourré... Elle secoua la tête et approcha un peu. Elle se demanda un instant si les sucreries allaient aider le jeune homme. Après tout, si le chocolat aidait contre les détraqueurs, pourquoi les dragées ne lutteraient pas contre la gueule de bois ? M'enfin, il a l'air d'apprécier lesdits bonbons.

Kathleen s'assit à côté de lui sur la tombe - de toute façon la personne est morte, elle ne lui en voudra pas - et soupira.

-On est dans un cimetière, à Londres. Le Londres Moldu pour être précise.

Il a quelques informations au moins le bougre. Il avait peut-être tout oublié, le cerveau noyé dans un bain d'alcool. Elle espérait qu'il était en état de comprendre ce qu'elle lui disait, quand même. Elle n'avait pas vraiment envie de parler dans le vide. Elle lui jeta un coup d'oeil. Bon, il était visiblement plus vieux qu'elle, mais pas trop non plus. Il avait l'alcool joyeux, et c'était déjà ça. Elle n'avait pas choisi un type violent, à qui elle aurait dû jeter un sort pour le calmer. Tant mieux. Et en plus, c'était marrant à voir. Enfin, quand il ne vomissait pas.

Elle soupira et regarde le ciel. Nuit noire. Et pas beaucoup de lampadaires. Toujours ce vieux décor, le classique. Celui que tous les auteurs décrivaient à un moment ou un autre. Elle ne comprenait pas pourquoi. Certes, c'était un cadre intéressant, mais pas désagréable. Y avait de la place pour s'asseoir, du silence pour réfléchir, et des épitaphes à lire sur les tombes. De quoi s'occuper en somme. Pourquoi avaient-ils cette image horrifique en tête ? Il n'y avait rien de bien effrayant, juste des morts enterrés six pieds sous terre. Pas beaucoup d'agitation à craindre. Sauf quand deux sorciers arrivaient pour ne rien y faire.

Surtout quand l'un est bourré.

Elle leva la tête vers lui, tout en prenant le paquet de bonbon dans ses mains. Elle commença à jouer avec. C'était fou combien elle avait toujours besoin de s'occuper les doigts. Tu ne peux pas rester deux minutes tranquilles ? Apparemment non, alors même qu'elle n'avait aucune intention de piocher dedans. Elle mangeait déjà trop ces derniers temps.

-Vous ne savez pas comment vous avez atterri là ? Vous avez bu quoi ?

S'il lui en restait un peu, elle en voulait bien. Elle n'avait pas goûté d'alcool depuis le début des vacances et cela lui manquait. Elle soupira. Elle subissait trop de mauvaises influences. Bref, elle se demandait bien comment un sorcier ivre avait bien pu finir ici. Peut-être qu'il avait laissé ses pas le guider, au hasard, comme les siens. Deux funambules dans la nuit. Le seul problème, c'était que Kate allait devoir composer avec les grammes de sang contaminés du môssieur. Et ce n'était pas forcément une bonne nouvelle.

Sauf s'il continuait à parler bizarrement et restait drôle. Là, il y avait moyen de s'arranger.
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Trevor Le Dragon
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Trevor Le Dragon, Sam 30 Avr 2016, 18:53




Semblait pas la déranger, le fait qu’il soit bourré, le fait qu’il soit un peu paumé. Non : elle eut la gentillesse de l’informer de l’endroit où ils étaient. Elle eut la gentillesse de pas le laisser en plan. Elle eut la gentillesse de n’pas préférer s’en aller tenir compagnie à un fantôme moins bruyant. Le sachet de bonbons valsait entre leurs mains, froissement plastique sous leurs doigts mouvant. La nuit se taisait, les laissait discuter, les laissait réfléchir en paix. Réfléchir ou simplement ne pas penser. Il était préférable de ne pas trop divaguer, parfois. Les pensées pouvaient se faire traitres, méchantes, menteuses…
Les pensées étaient p*tes.
Voilà pourquoi Trevor ne trouvait pas nécessaire de penser. Il s’était retrouvé dehors avec une bouteille à la main : il était maintenant perdu sans la moindre goutte d’alcool à sa portée. Il avait dû égarer sa potion magique quelque part entre deux coins de rue. Peu importait.

Comment il avait atterri ? C’tait pas un avion, p*tain. Ni un oiseau. C’était un dragon. Et un dragon ça atterrissait pas : atterrir c’pour les faibles. Nan : ça écrasait de ses puissantes pattes le sol en rugissant bien fort. Pourtant, aujourd’hui, Le Dragon n’avait pas réussit son atterrissage. Il s’était crashé un peu fort par terre, dans un cimetière, et n’était pas prêt de se relever.
Il se marra un moment, avant de reprendre son souffle.

« J’ai volé dans les airs avec mes petites ailes et j’suis tombé ici ! Piiiooooouf ! »

Trevor mima sa chute avec de grands gestes des bras, partant du ciel, finissant au sol.

« Pis j’ai perdu ma bouteille ! Quelle triste histoire, dis donc. P’t’être qu’elle se sent abandonnée la pauvre. Ça s’trouve elle a trouvé quelqu’un d’autre à saouler. Pff ! Je savais qu’elle était pas fidèle ! Sont toutes les mêmes, t’façon. Elles servent deux s’condes, pis elles dégagent ! Pouf ! Plus de bouteille ! J’bois pas beaucoup d’habitude, hein. Mais là… Mais là, je sais pas.

« Han, mais si j’sais ! J’tais en train de peindre j’sais plus trop quoi, pis c’tait… vraiment moche. ‘fin pas moche, mais moche. Quelque chose du genre. Donc ça m’a énervé, j’sais pas c’qui m’a prit, j’ai commencé à chialer comme une gamine, pis à boire comme un trou. Ahh la la. J’suis c*n des fois, quand même. Mais c’pas d’ma faute, c’est mes mains, là… Elles savent pas dessiner aujourd’hui. Sont nulles. »


Il regarda ses mains, l’air piteux d’un enfant qu’on aurait grondé. Ça servait à rien de parler, mais il avait pas pu s’arrêter. Fallait bien qu’il trouve quelque chose à faire, pis elle était sympa la d’moiselle. Il lui sourit, puis tendit sa main.

« Moi c’Trevor. »

Enchanté, tout ça. Au lieu de partir sur une présentation complète de sa personne, ledit Trevor sortit d’une de ses poches un lecteur de musique moldu. Il avait déniché ça quelque part, un jour. C’était utile pour les moments comme ceux-ci.

« Vous m’inspirez une chanson, tiens. »

Clic sur le bouton play, puis les premières notes résonnèrent dans la nuit, mélodie : Kathleen.


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Kathleen Gold
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Kathleen Gold, Sam 30 Avr 2016, 22:00


Une, deux, trois phrases... D'autres qui se succèdent, monologue sur des bouteilles/femmes, divagations d'artiste fou... Tu dis rien et t'écoutes, tu regardes ses bras bouger dans tous les sens comme un oiseau qui essaie de s'envoler. Ça tombe bien, parce que le début de son discours avec ''ses ailes'' te font bien penser à un piaf. Ailes qui se transforment en mains qui servent à rien visiblement. Peintre, simple bourré, nage en plein rêve ? Tu restes polie et t'hoches la tête à chaque fois qu'il parle le grand sorcier, tu ne sais pas trop quoi lui répondre.

Trevor. Humf. Tu sais pas pourquoi, ça te fait penser à un crapaud. Ou un chien. Mais après ça sonne plutôt bien. Tre-vor. Très ''vor''? Tu commences à te demander si te recevoir son haleine alcoolisée dans la figure t'as pas rendue bourrée toi aussi. Tu divagues encore sur son prénom un moment, te dit que ça va bien à sa belle tête. Yeux ''Très'' bleus, cheveux ''Très'' noirs, homme ''Très'' saoul. Tu prends encore un bonbon, parce que tu te dis que le sucre va t'empêcher de penser des âneries.

Tu as pas le temps de répondre qu'il sort un objet bizarre de ses poches. Ça ressemble à une petite boîte. Ça n'a pas l'air très puissant et tu ne comprends pas ce qu'il fait, puisqu'il commence à te parler de chanson, une que tu lui aurais évoquée. Tu vas ouvrir la bouche pour poser une question, faire une remarque sur son vouvoiement, quand il appuie sur un petit rond plat, et les premiers accords d'instruments se font entendre.

Les airs de batterie et la voix du chanteur s'élèvent. Le son se répercute sur les pierres des tombes, et acoustiquement, c'est assez dingue. C'est peut-être dû à l'ambiance du cimetière, lieu où le silence est censé être absolu, en signe de respect. Mais peut-être qu'il leur rendait service, après tout. C'est vrai, les morts devaient s'en doute s'ennuyer ferme sans personne, dans leurs boîtes fermés avec pour seule compagnie quelques visiteurs qui s'arrêtaient devant eux une fois par an. Un peu de gaieté ne leur ferait pas de mal.

Tu n'y connais rien en musique moldue, surtout une aussi vieille, mais les paroles te font partir loin, très loin. Tu te les appropries étrangement, tu adores chaque nouvelle phrase, chaque roulement de voix du chanteur. Tu ne sais pas vraiment pourquoi, mais tu te laisses porter. Tu ne dis pas un mot, tu imagines les notes comme des bulles de savons sortant de la petite boîte étrange, et tu les aspires dans un souffle.

Tu redescends quand la musique est terminée, perturbée par le silence qui reprend peu à peu ses droits. C'est un lieu de repos et de recueillement, mais cette absence de son te semble soudain déplacée, terrible. La chanson te manque. Tu regardes ton voisin et t'essaies de lui faire comprendre sans un mot que ça t'a vachement plu. Tu hoches la tête et déclines ton identité à ton tour.

-Je suis Kathleen.

Tu te lèves et ne vois pas son visage vu que tu nettoies de tes mains ton pantalon. Tu lui tournes le dos le temps de faire tout ça, puis tu reportes de nouveau ton attention sur lui. Tu souris un peu - tu es trop gentille ce soir, il t'arrive quoi ? - et lui tends ensuite ton bras pour l'aider à lever ses fesses engourdies de là.

-On devrait peut-être partir et essayer de retrouver votre chemin. Vous n'allez pas rester toute la nuit à décuver ici...

Ton père va te tuer, mais tu dois bien ça à celui qui t'a fait écouté un truc aussi bien. Tu fais quelques pas vers l'avant, d'un air de dire que t'en as marre de rester plantée ici et que tu aimerais bien bouger. Mais t'aller par laisser ton pauvre oiseau tout seul.
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Trevor Le Dragon, Dim 08 Mai 2016, 01:04


Musique finie : vide soudain. La voix du chanteur lui manquait, les coups de batterie, les gratouilles sur la guitare aussi. Regard perdu dans l’herbe à côté d’une pierre blanche, d’une pierre froide. La chanson, elle résonne encore en boucle dans sa tête. Il la connaît par cœur, il la replay dans son esprit, entre ses neurones. Il se souvient de chaque note, de chaque souffle, de chaque temps mort. Cette chanson, elle était ancrée en lui, dans son petit cœur sensible. Et elle allait pas s’en aller de si tôt.
Je suis Kathleen. C’tait la chanson qui parlait ou la fille là, devant lui ?
Trevor leva les yeux. C’était elle. Elle était donc chanson. Elle était la chanson, cette chanson. Les yeux turquoise la regardèrent, elle leur faisait dos, elle les r’gardait pas. Y’était bouche-bée, étonné. Y devait avoir l’air c*n, avec sa tête de mec bourré.

elle
portait le nom de la chanson qui hantait l’âme de Trevor.
elle
était chanson mélodieuse, sans même le savoir.

On devrait peut-être partir. Le bourré se lève, chancelant. Il faillit tomber sur Kathleen, sur la Chanson.
Like a drunk
who’s been on it
all morning.

Là, dans la nuit, la lune est tellement brillante qu’on aurait dit le soleil.
And the sun’s up
and my head’s f*cked.
*
Autre chanson dans sa tête. Dans sa tête f*cked. Il marche loin, il marche près. Il sait pas si la Chanson le suit, il veut juste rentrer chez lui. Il veut la remercier aussi, d’le raccompagner, d’lui tenir compagnie. Alors y s’retourne, il sourit, il marche à reculons et il parle.

« Z’avez le même nom que ma chanson ! »

Il trébuche, il s’rattrape. Ça va.
L’air se fait plus froid, alors qu’il reprend sa marche à l’endroit. Il s’arrête pas de parler, pour autant. Il a plein de choses à dire à la Chanson. Plein de choses à lui faire dire. Qui était-elle, pour de vrai ? Pas une simple chanson, non. C’était plus compliqué que ça. C’tait comme la connexion qui nous lie à la mélodie d’une précise chanson.

« Merci de m’tenir compagnie.

T’as l’aura d’cette chanson,
T’as les mêmes notes et l’même rythme. »


Elle marchait à son rythme, au rythme des coups de batterie qui résonnaient encore dans le cimetière. Si elle décidait soudainement de le laisser en plan, de disparaître comme la fin d’une chanson, honey that’s alright. Et si elle monte d’un octave, si elle fausse ou si elle pique, honey that’s alright.

*cocoon


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Kathleen Gold
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Kathleen Gold, Lun 09 Mai 2016, 16:34


Il se lève, fait un pas, manque de tomber sur toi. Tu mets tes bras devant toi, pour l'rattraper au cas où. Peut être que ses ailes sont embourbées dans l'alcool. Alcool colle, comme le goulot d'une bouteille de sirop. Colle sucre. Il remet un pied devant l'autre en continuant de babiller. Tu l'écoutes, tu es paumée, au milieu des petits Jésus en papier mâché et des grosses pierres plates qui gisent au sol comme les morts qu'elles recouvrent.

-Z'avez le même nom que ma chanson !

Hein, quoi ? Tu as du mal à percuter, tu clignes des yeux comme les idiotes essayant de ressembler à des biches effrayées dans les bars. Le brouillard s'estompe dans ta tête de gamine et tu touches du bout des doigts ce qu'il veut dire. T'as le nom d'une chanson. L'enchaînement de bruits de tout à l'heure porte ton nom. Kathleen. Tu portes le nom de la chanson qui t'a droguée, fait voir des éléphants roses et des fleurs bleues. Chanson qui résonne dans ton corps creux.

"I've gotta give it to you."

Il avance, le petit oiseau, sur ses pattes fragiles. Il bouge les bras et veut s'envoler. Il parle, il parle encore. Piou Piou d'oisillon incessant. T'écoutes en marchant, alors qu'il tourne. Il vole, virevolte, se retourne, essaie de bouger. Manque de s'ramasser. Tu avances, tu suis, bras croisés, sourcils froncés.

-Merci d'me tenir compagnie.

T'as pas vraiment le choix faut dire. Il tisse, tisse, accroche un fil qui se tord et te relie à lui. T'aimes pas trop trop ça, mais tu le suis. T'écoutes, tu regardes. Tu ris même un peu en le voyant.

-T'as l'aura d'cette chanson.
T'as les mêmes notes et le même rythme.


Compliment sur compliment, coup sur coup. Badinage, encore. Tu sais pas, la chanson te parle, te murmure à l'oreille comme ta conscience. Tout comme moi d'ailleurs. Mais tu ne sais pas si tu es la chanson. Même si l'idée te tente, te plaît, même si devenir une symphonie sur des accords de batterie et de guitare te donne envie, tu ne sais pas.

Tu avances, marches plus de plus en plus vite, et tu lui prends la main avant qu'il ne tombe le bec dans la boue, petit oiseau. Vers la sortie, les portes grillagées jolies jolies. Portes du cimetière, qui te ramènent vers le bruit, les lampadaires et ces choses cabossées appelées "voitures". Tu en as pas tellement envie. Mais il faut bien revenir à la réalité et ramener l'Oiseau dans son nid - s'il se souvient d'où il se trouve bien sûr. Alors qu'il n'arrive pas à se fixer sur le 'tu' ou le 'vous'. Tu as de l'espoir.

Tu tiens sa main et tu essaies de le faire marcher alors qu'il parle et parle et parle encore. Alors que la musique embrume encore vos cerveaux. Chut, tu veux entendre l'air siffler la mélodie et les tombes devenir des #Sonorus amplificateurs de notes de musique, pour les rendre grosses, grosses... Et il continue d'ouvrir la bouche, te rendant aussi ivre que lui avec son souffle honey whiskey, t'empêche de réfléchir alors qu'il te fait rire et tu guides sa main.

Tais toi.

"You give me problems."

Tu es la chanson. Tu en as l'aura, les notes, le rythme. Tu veux l'entendre encore, tu deviens musique. Tu le regardes. Tu as un trou noir. Tu rapproches, tu le fais taire. Tu ne sais pas comment. Tu ne sais pas si tu es restée plantée là, si tu t'es éloignée... ou si tu t'es collée à l'oiseau.

"You can leather me with your lips..."

Piou Piou.
La musique vrille tes tympans.
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Trevor Le Dragon
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Trevor Le Dragon, Dim 22 Mai 2016, 23:33





Là, dans le cimetière, ils marchent. Là, entre tombes et bouquets fanés, ils discutent, il discute, il babille, il divague. Divague sur Kathleen, sur la chanson, sur la jeune fille. Il divague sur ses traits, sur ses yeux, sur ses mains. Sur sa main, qui est venue prendre la sienne. Il divague parce qu’elle est mélodie et rythme en même temps. Il divague et se perd dans ses notes. Il divague et chavire dans sa voix. Il sait pas ce qu’il se passe. Alors il s’accroche à elle, à sa main, comme un enfant à son doudou. Il s’accroche pour pas tomber, pour sentir ces petits picotements électriques remonter jusqu'à son coeur. C'est peut-être un coup de foudre, un coup de batterie trop lourd qui bat la mesure, le rythme de son coeur. Il sait pas ce qu’il se passe. Parce qu’il sait pas si elle s’est rapprochée ou si elle s’est éloignée. Si elle a déposé sur ses lèvres alcoolisées un baiser. Il était trop bourré pour correctement penser. Alors peut-être qu’il se trompait en pensant qu’elle avait bon goût. Peut-être qu’il se trompait en pensant qu’elle l’avait embrassé. Peut-être qu’il se trompait en voulant réessayer.

Les peut-être ne comptent pas quand on est bourré. Les peut-être on les écrase dans le fond de la tête et on y pense qu'après. Les peut-être n’existent pas. Dans sa tete, il y a juste ce coup de batterie qui fait trembler le coeur, qui fait trembler les mains. Le coup qui sort d’une chanson au hasard, le coup qui assomme, qui réveille et hypnotise. Trevor venait d'être frappé par ce coup de tonnerre. Il ne savait ni comment ni pourquoi cette jeune fille l'avait ainsi bouleversé. Parce qu'elle était Kathleen, comme la chanson ? Parce que l'alcool se jouait de lui ? Parce qu'il sentait son coeur tambouriner rien qu'en la regardant ? Peu importait pour le moment.

Peu importait si elle l'avait pas attaqué avec ses lèvres rosées. Vin rosé. Dans sa tête embuée de volutes évaporées d'alcool, il ne voulait qu'une chose. Alors, il s’avance, le pitre. Il glisse sa main sur la joue de la chanson, il fait s’envoler quelques notes, quelques mesures. Il la touche presque pas, fait juste glisser ses doigts. Il regarde ses yeux, y plonge son regard ivre, ses iris turquoise. Kathleen. Elle sent bon, il remarque, au-delà des effluves de rhum qui lui remontent dans le nez. Elle est belle, il remarque, au-delà de la buée qui recouvre ses yeux. Elle est chanson qui chatouille doucement ses oreilles, qui créer des frissons Voie lactée sur sa peau.

Il l’embrasse.

Maladroit, parce que bourré. Maladroit parce que Trevor, mais il l'embrasse. Ça pète, ça boum dans sa tête, alors que ses lèvres se meuvent tout contre les siennes. Il ne sait pas si elle se recule, si elle le gifle. Ça continue dans sa tête, comme une chanson dans la tête. Ça continue pour toujours, ça continue, ça l'étourdit. C'est comme la bouffée d'air qu'on aspire quand on sort de l'eau. C'est frais, ça semble le sortir de son état éméché. Il l'embrasse. Il se perd contre elle, il arrive plus à penser. Ni à respirer. La bouffée d'air ne finit plus, elle s'éternise pour toujours dans sa tête. Mouvement des lèvres, nez chatouillé par ses cheveux, par les odeurs de la nuit. Celle de la chanson, celle d'une lessive fraîche dont la vapeur s'échappe d'une des maison. Celle de l'herbe coupée du cimetière, celle de l'alcool qui hante les veines de Trevor. Odeurs particulières, et goût de ses lèvres.

Il souffle. « Kathleen »


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Kathleen Gold
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Kathleen Gold, Lun 23 Mai 2016, 21:44


Comment en es-tu arrivée
là ?

Ton don pour te glisser dans des situations impossibles a de nouveau fait des siennes, alors que l'apparition de cet oiseau rare a ébloui tes rétines comme une brûlure de soleil. Mirage dans un cimetière, désert de pierres silencieuses, réverbérations des faibles sources de lumières qui vous entourent. Seule la musique, mélodie baume, survit dans ce monde hostile, et chante à côté de toi, près de ta poitrine.

Que se passe-t-il ?

Il s'est tourné vers toi alors que ta main enveloppait la sienne, pendant que le tempo et les notes de musique imitaient les battements de ton cœur qui résonnent dans tes tympans. Tu le traînais vers la sortie quelques secondes auparavant. Mais voilà : il a décidé de tout changer, tout retourner dans son sens, au gré de ses envies-ivresses. Il s'est tourné vers toi, et tu n'oses plus bouger, un peu comme lors des jeu des statues de pierres des enfants. Et tu l'as regardé.

''Je ne comprends pas...''

Réellement regardé. Genre, tu as la tête un peu levée pour voir tout son visage, puisque tu es haute comme trois pommes. Tu vois des yeux bleus, un peu comme les tiens. Mais beaucoup plus beaux, beaucoup plus intéressants que les tiens. Beau bleu, bleu qui vibre. Tu oublies leur intensité pour la redécouvrir dans la seconde, pour pouvoir les regarder de nouveau et te souvenir, marquer plus fort leur forme et leur couleur dans ton esprit.

Et puis

Un battement d'ailes contre ta joue. Une main-brise d'air qui se pose en laissant des caresses-pissenlit sur ta peau. Petit oiseau qui quitte le nid et s'éloigne pour se perdre. Il s'est bien paumé pour arriver jusqu'à toi, mais ça à l'air de lui plaire. Frôlement d'ailes sur toi. Qui réveille les échos laissés dans tes muscles par les cordes de guitare et de voix.

Tu frisonnes.

Et il t'embrasse.

Lèvres contre lèvres, yeux qui se closent. Souffle d'alcool, goût fort de sucre et d'ambre. Cannelle, bonbon, toutes les sucreries de l'enfance sont fades en comparaison. Chocolat, vin, bouche contre bouche.

Explosion dans ta tête.

Qu'est-ce que tu penses ? Qu'est-ce qui se passe dans ton cœur et dans ton cerveau ? C'est un homme bourré qui t'embrasse. Qui est plus âgé. Qui s'empare de tes lèvres. Tu devrais avoir peur, le repousser, crier, être dégoûtée. Tu devrais respecter le cimetière, les morts, les honneurs, tout le tralala. C'est presque une offense au ciel à ce stade. Mais pas avec lui. Non, tu sens juste un léger vent parcourir ta colonne vertébrale et ta main serrer la sienne. Tu réponds au baiser du bourré.

Ivresse à deux.

Parce que tu aimes ce baiser. Tu aimes ces lèvres aux goûts enivrant de sucreries alcoolisées. Ce parfum de rhum qui lui colle à la peau, qui inondes ta bouche à ton tour. Tu aimes respirer contre lui, chercher ton souffle contre sa joue et son nez, alors que tu bouges tes lèvres, les ouvrant et les refermant sur les siennes. Oui, tu es saoule aussi, mais pas de la même manière.

Tu serres sa main. Et tu réponds au baiser.

Kathleen, que tu entends, que tu sens prononcer sur ta bouche. Tu n'ouvres pas les yeux, tu laisses tes lèvres contre les siennes sans embrasser. Tu ne mets pas fin au contact, que tu as aimé plus que toute raison ne pourrait l'autoriser. Tu gardes ta bouche contre la sienne donc, les yeux fermés. Et tu fredonnes.

Tu fredonnes l'air qui vous unit. Qui a clôt vos lèvres. Tu fredonnes contre sa bouche. Et tu lèves ta main pour caresser ses cheveux. Petites boucles noires. Tu aimes ça.

Tu fredonnes, et tu ne veux plus bouger. Transe calme et paisible.

-Ne bougez plus.

C'est quoi ce b*rdel ?...
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Trevor Le Dragon, Ven 27 Mai 2016, 20:09





Chanson. Il est ivre, trop plein d’alcool, il est ivre, la tête frôle les nuages. Les nuages barbe à papa à l’eau. Les nuages en coton qui hantent son cerveau. Il est ivre de ce baiser, de ces lèvres en clef de sol, de ce goût sucré, bonbons en perles multicolores. Il veut rester là pour toujours, même lorsque le rhum, le vin, le cognac aura quitté ses veines. Il veut pas qu’elle lâche sa main, jamais jamais, s’il te plaît. Reste là, chanson. Reste là, doudou. Doudou tout doux. Il a atterri là, entre ses mains, comme par magie. Sa bouche a atterri sur la sienne, collée. Comme par magie. Miel, sucre, sirop.

Miel, sucre, sirop. C’est encore plus délicieux que les vraies sucreries. C’est mieux, c’est un petit bout de sucre dans la vie. Qui se dissout sur la peau en frissons électriques. En frissons notes de musique. Do, si, la. Fa, ré, mi. Frissons, frissons. Le long du dos, des bras, au creux de la nuque, sous les cheveux.

Elle fredonne contre ses lèvres, chuchote sur sa peau sa mélodie. Petites bulles éclatées de sucre, de coup de batterie. Petits frissons partout. Elle partage son rythme, sa partition, ses couplets, son refrain. Elle lui dit de pas bouger, alors il obéit. Il bouge pas, il respire doucement les effluves alcoolisées qu’il partage avec elle, désormais. Avec la blonde aux beaux cheveux, qui ont l’air tout doux sous les yeux. Il glisse les doigts dans ces mèches, découvrant leur douceur, leur texture, leur couleur, leur luxure. Il aime ça, rester collé là, les mains emmêlées dans une prison de fils dorés.

Il ne bouge plus, profite de ce sentiment qui le hante. Profite de ces lèvres étrangères sur les siennes. Profite de sa toute proche présence, de son goût mélodieux, de son souffle chanson. Il reste comme ça pendant plusieurs instants. Plusieurs instants rythmés par les battements de son cœur, de leurs cœurs. Plusieurs instants remplis par les notes de la chanson. Puis il se recule, à la fin, étouffant la dernière note dans un autre battement de lèvre.

Battement de paupière. Le bruit presque inaudible du doux glissement des cils dans le vent. La deuxième découverte de ses yeux, de son regard, de son visage. Kathleen. Il a plus rien dans l'cerveau, juste elle, sa présence. Il a peut-être réussi à la rendre ivre avec ses lèvres éponges qui dégoulinent d’alcool. Elle reste là, elle le repousse pas, comme si elle avait trouvé un rare petit oiseau dont il serait triste de se séparer. Il aime la façon dont elle le regarde.

C’est pas son premier baiser, et pourtant on dirait. C’est le premier qu’il offre avec autant de sincérité. Autant de sincérité dont il peut faire preuve tout en étant bourré, cela dit. Il tremble un peu, parce que c’est rare de ressentir ces choses. Ces choses étranges qui volent en paillettes dans son ventre et dans sa tête. Il tremble un peu, il sait pas si c’est de peur, de stress, de bonheur, ou si elle l’a juste tout retourné. Tout mélangé. Comme un puzzle qu’on détruit pour le reconstruire. Comme les lettres de Scrabble qu’on mélange pour ensuite en faire des mots.

Chamboulement dans sa tête. Comme si tout prenait un sens. Chamboulement, tempête. Il prend sa main dans la sienne et il marche vers d'autres paysages. Paysages urbains, en dehors du cimetière. Là où voitures et maisons s'alignent. Il sait pas trop où il va, où il emmène la chanson. Il se laisse porter par ses sentiments. Puis il s'arrête et fixe le vide. Elle allait bientôt s'envoler, il sentait la fin de leur rencontre approcher. Il voulait pas, il voulait pas du tout la voir lui échapper. Elle allait sûrement l'oublier. À quoi bon se rappeler d'un vieux mec bourré ? À quoi bon espérer... Il la regarde encore, cherche son regard, la courbe de ses lèvres, se souvient de leur goût. Il dessine son visage dans sa tête, parce qu'il a peur de l'oublier. Peur de se réveiller le lendemain et de ne se souvenir de rien.

Peur. Chanson. Kathleen. Reste
dans ma tête
je t'en prie.


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Kathleen Gold
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Re: Cimetière de Londres

Message par : Kathleen Gold, Ven 27 Mai 2016, 23:58


Le temps a eu un problème. Le temps s'est perdu. Les aiguilles tournent et tournent et tournent encore dans l'infini, loin de vous. Loin de toi. Les aiguilles de ta montre aussi se sont arrêtées, ont stoppé leur course folle vers le point final alors que tu écris les phrases, poèmes de ton histoire. Ajoute des virgules à chaque frôlements de vos peaux, quand tu sens ses pores contre tes doigts, et la pulpe de ses doigts se perdre sur ton crâne. Oiseau, fais moi voler.

Virgules à chaque toucher, vers et rimes qui ricochent sur ton dos parcouru de frisson quand ses yeux croisent les tiens. Tu sens ta volonté et un morceau de ton esprit chercher les paragraphes manquants. Tu laisses tes lèvres savourer encore un peu l'ambre et le sel du caramel sur ses lèvres et tu souris. Tu serres sa main et l'éternité s'épuise alors que le temps est cassé. Dieu a perdu son jouet, à cause de deux êtres vivants qui aiment entre les morts. Qui aiment entre les pierres. Dieu a perdu le temps. Vous le contrôlez, lui dites ce que vous voulez qu'il fasse. Le temps vous obéit. Il s'est arrêté pour vous. Pendant que tu le serres.

Pendant que tu goûtes encore ce gâteau au rhum, que tu rêves un peu de mordre dans ces lèvres cerises et de ne plus oublier le goût de sucre de sa bouche. Tu sens sa main se perdre dans la tienne, et l'autre caresser tes cheveux. Sentir sa bouche réclamer encore les tiennes. Tu embrasses le blasphème, le moment de perdition entre les croix ne retient pas ton attention. Tu n'as pour témoins que les âmes des morts si elles ont survécu à leur chair. Alors pourquoi ne pas savourer.

Se repaître de ses cheveux, de ses joues, de ses mains. De leur vue, de leur rendu sous tes mains. Tu souris contre sa bouche, alors qu'il t'obéit et reste la. Avec toi. Tu souris encore quand vos lèvres ne cessent de se coller l'une à l'autre. Tu serres sa mains dans la tienne, pendant que tes doigts caressent ses phalanges et que tu protèges ses serres de petit oiseau. Rien ne pourras le blesser. Ni le monde, ni lui même, ni l'ivresse qui ronge ses os, détruit ses sens, absorbe son âme. Et la tienne par la même occasion. Tu te mets devant tout cela et le serres encore. Il est beau. Genre vraiment. Comme un oiseau qui s'est perdu et serait passé dans un arc en ciel. Il a volé toute la substance de chaque couleur, teignant chaque part de lui avec un morceau de vie hypnotique. Tu souffles sur sa bouche et tu imagines ce que cela ferait d'inverser les rôles. De finir ivre à deux, mais qu'il goûte de la vodka sur tes lèvres et finisse bourré également, au lieu de rhum sur son bec.

Tu tiens sa main comme ça un long moment avant qu'il ne bouge et ne commence à marcher.  Tu le suis. Tu veux être avec lui. Plus vous marchez, plus tu perds de vue votre éternité et le temps reprend ses droits. Plus de lumière, plus de bruit. Trop de tout ça. Tu veux retourner au royaume des morts où vous n'étiez que deux vivants.

Bientôt tu retrouveras ton père qui te ramènera chez toi. God, ton père, que penserait-il s'il savait que tu bécotais des inconnus dans la nuit comme cela ? Mais peu importe.
It felt
F*cking
Right.


Tu le regardes et les pleurs d'un enfant se brise en toi. Tu serres plus fort sa main. Signifiant que tu ne veux pas partir non plus. Plus maintenant. Tu essaies de retarder le moment fatidique. Tu seras bientôt à Poudlard. L'oiseau se réveillera demain et volera. Sans toi. Tu ne seras que la chanson du mec bourré. Rien de plus. Ce n'est pas ce que tu vois dans ses yeux cependant. Et tu aimerais que ses turquoises alcoolisées reflètent la même illumination qui t'a frappée tout à l'heure. Tu embrasses sa main. Puis tu l'embrasses lui.

C'est
Tellement
Naturel.

Tu embrasses sans comprendre comment, comment tu as lancé tour cela. Tu l'ignores et tu le serres en lui volant un baiser cinéma en te souvenant que tu dois courir. Tu fermes les yeux et recules. Paupières closes.

"-Si demain vous vous souvenez...
Kathleen Gold.
Ecosse
.*

Écris moi. Je suis folle de me donner aussi vite. De tout déballer à un étranger. Mais n'oublie pas.
Tu serres encore sa main
Et tu pars rejoindre ton père. La tête dans les vapeurs du rhum. God. Tu veux retomber dans l'ivresse avec lui.

Tu ne le reverras plus.



Fin du RP pour moi


Dernière édition par Kathleen Gold le Mer 24 Aoû 2016, 17:05, édité 1 fois
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